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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-01-19, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0119 f1 19 janv 7LP0101F0119 ZALLCALL 67 20:36:25 01/18/03 B Évitez de vous faire rouler par l'économie.www.lapresseaffaires.com, la nouvelle référence en information économique.Bourse en direct, forums, portefeuille personnalisé et plusieurs outils indispensables. 7LP0201F0119 7LP0201F0119 ZALLCALL 67 21:28:17 01/18/03 B F2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 9 JANVIER 2003 VERNE Suite de la page F 1 Les gros canons àvenir L'oeuvre romanesque de Verne est centrée autour de thèmes géographiques et machinistes.Il prend plaisir à nous dépeindre le flegme de Philéas Fogg du Tour du Monde ou l'emportement d'un Michel Strogoff dans l'immensité de la steppe.Le romancier met en scène des personnages qui feront un usage tantôt bienséant, tantôt malséant de leurs recherches et de leur savoir.C'est ce qui distingue fondamentalement par exemple le capitaine Nemo des 20 000 lieues d'un Robur le conquérant, aspirant maître du monde.Entre les deux, toutefois, une constante : ce sont des solitaires qui ne partagent ni leurs secrets ni leurs travaux, ce qui nous vaut quelques jolis portraits d'utopistes désenchantés ou de savants fous qui feront école dans la littérature, tant dans la science-fiction que dans le roman d'aventures à la sauce James Bond.On pourra toujours critiquer le choix des romans fait par Claude Aziza qui dirige la collection Ominibus et signe les quatre préfaces.Pourquoi, avoir écarté Les Enfants du capitaine Grant et L'Île mystérieuse, par exemple, et retenu des titres qui ont connu peu de succès comme Les Tribulations ou César Cascabel.Tel est toujours le dilemme des choix.On pourra en revanche donner à Aziza, outre le mérite de présenter de façon originale sa sélection, d'avoir composé un florilège intéressant des romans de l'auteur mort à Amiens en 1905.Son choix donne un aperçu panoramique de ce dont était capable Verne : scénariste brillant, humoriste grinçant, faiseur de rêves, peintre inquiétant, Français très chauvin, anarchiste conservateur.Certes, on s'extasie toujours des descriptions anticipatrices des progrès à venir de la science.On découvre aussi que Verne était fasciné par le côté fantastique de l'esprit humain qui ne s'exprime pas toujours par une soif de sciences.Voilà pourquoi il propose une variation inédite du thème des morts-vivants dans Le Château des Carpathes.Il s'est aussi penché sur le Gordon Pym d'Edgar Allan Poe au point de lui créer une suite, Le Sphinx des glaces.L'humour de Verne perle souvent à la lecture des noms de ses personnages.On sourit quand le placide et ténébreux parieur du Tour du monde s'appelle Fogg quand on pense au sens de ce mot en anglais.Servadac, n'est-ce pas le boustrophédon de cadavres ?Ce n'est à coup sûr pas un hasard que ce nom, pardi ! Si vous ne faites pas partie des millions de lecteurs de Verne de par le monde, l'auteur français du XIXe siècle le plus lu après Alexandre Dumas et comme lui très adapté au cinéma, ces quatre volumes sont la formule optimale pour commencer.Pour les autres, c'est l'occasion ou bien de le relire, ou bien d'aborder des titres moins célèbres qui adoucissent les durs froids de janvier, même quand les héros se dépêtrent dans les glaces polaires.JOCELYNE LEPAGE LE LIVRE N'ÉCHAPPE pas aux règles du commerce de détail.Pour lui aussi, la période des Fêtes est la plus profitable.Comme la plupart des éditeurs, André Vanasse, directeur des éditions XYZ, publie 60 % de sa production entre septembre et novembre, mois où il sort ses gros canons.« Il y a des cas où on publie un roman en février, par exemple, parce que l'attention des médias est plus favorable aux nouveaux auteurs.L'automne est plein de vedettes françaises.un jeune auteur risque d'être piétiné, c'est comme si on l'envoyait à l'abattoir.Parfois aussi, les manuscrits ne sont pas prêts à l'automne, alors, on les garde pour février.Mais si on attend le mois de mai pour publier, c'est risqué.Les émissions de radio achèvent, les médias se préparent pour l'été, on n'aime que les choses légères.« Vous savez, c'est une lutte féroce, poursuit-il.En 1961, on a publié, au Québec, 21 romans.En 2001, 469.» Le problème de surproduction n'est pas que québécois, selon lui, « on publie trop dans le monde ».Dans les années 1980, la production québécoise de livres était de 40 % inférieure à celle de la France, toutes proportions gardées, dit-il.Depuis 1997-1998, on est en surproduction, au même rythme que la France.« Il ne faut pas comparer notre production à celle des Français.Ils n'exportent ici que ce qu'ils ont de mieux.» Autre particularité de XYZ : les essais pointus.« Nos essais sont universitaires, explique-t-il.Ce sont des thèses d'universitaires d'ici ou d'Europe que l'on peut publier même en mai ou en juin, c'est un marché différent.Ça nous permet d'étaler notre production sur une plus longue période.Romans populaires pour l'été Pour Pierre Graveline, de Ville- Marie Littérature qui regroupe vlb éditeur (romans et essais), l'Hexagone (poésie) et Typo (format poche), il y a plusieurs facteurs qui déterminent le moment propice à la publication d'un livre.« Si l'on parle du roman, explique-t-il, il y a des temps forts dans l'année, dont le Salon du livre de Montréal (en novembre) et celui de Québec (en avril).Il faut que les livres de nos auteurs connus soient prêts pour les salons.Par contre, pour le roman populaire, ce n'est pas essentiel, et on en garde toujours un pour l'été.» Ce sera le cas du quatrième tome de la saga de Pauline Gill sur La Cordonnière.« Pour les essais, de la mi-avril à la mi-août, c'est généralement une mauvaise période.à moins que l'actualité n'en impose.Par exemple, précise M.Graveline, s'il y avait une campagne électorale, ce serait le moment de publier des essais politiques.De la mi-octobre à la mi-novembre, c'est terrible pour les premiers romans.Les gros canons prennent toute la place et les médias se concentrent sur les vedettes.Les Français débarquent.C'est à peu près impossible d'attirer l'attention de la critique sur un inconnu.On sortira donc un premier roman à la fin de l'été ou au tout début de l'automne, ou encore, en février et mars.» Même son de cloche chez Leméac.Pour sa directrice, Lise Bergevin, « l'automne, du 1er août au 30 novembre, c'est le fonds littéraire, la colonne vertébrale de la maison que l'on publie.Du 15 janvier au 30 avril, ce sont des livres plus grand public, des textes pour le théâtre \u2014 on rend les textes des pièces disponibles pour les écoles \u2014 et d'autres ouvrages destinés au marché scolaire, surtout en format de poche.Les livres grand public ont des chances de s'installer pour l'été.» Ce sera peut-être le cas de L'Analyste, de David Homel, dont la publication a été reportée à cause de l'échéancier de la traduction.Les gens découvriront peut-être un romancier à qui l'humour ne fait pas défaut.« De toutes façons, Homel a un lectorat, poursuit Mme Bergevin.Il y a aussi Le Journal d'une combattante de Naomie Klein.» Chez Leméac, c'est parfois jusqu'à 75 % de la production qui se fait en automne.Selon elle, il est risqué de publier le premier roman d'un inconnu en février.Les médias se préparent déjà pour l'été, ils veulent des gros canons.Le moment idéal selon elle, c'est au tout début de l'automne.« Je bénéficie d'une plus longue période pour la promotion », ajoute-t-elle.La menace française Chez Septentrion, à Québec, surtout spécialisée en histoire et dirigée par Denis Vaugeois, on a rythmé l'année en deux moitiés.« On s'aligne sur le Salon de Montréal et sur Noël, mais on a autant de publications pour l'autre saison.Pour moi, c'est essentiel de ne pas être dans la cohue.On n'a pas intérêt à s'agglutiner.On a beaucoup travaillé pour que le Salon de Québec se tienne au printemps plutôt qu'en automne.On fait aussi des livres pour le Salon de Paris, ou celui de Bruxelles.Grâce aux salons \u2014 il y a 10 salons régionaux au Québec \u2014 on peut mieux répartir notre production sur l'année.À Montréal, la production est tellement forte, nous, on est un peu perdus.» L'ancien ministre péquiste se sent moins perdu à Paris où il ira cette année faire la promotion de Les Migrants de Canniccioni, un Corse vivant au Québec qui raconte une histoire inspirée de la sienne.Il poussera aussi Empire et métissage, d'un historien français « en avance sur les Américains pour ses connaissances sur la Grande Paix de Montréal.C'est un livre savant, ditil, qui fait 900 pages, mais qui est accessible.Il sera traduit en anglais.» Chez lui aussi, on a des problèmes avec les nouveaux venus que l'on ne peut publier à l'automne.« Le problème à la rentrée, c'est l'arrivée de la production française, dit-il, comme tous les autres éditeurs québécois interrogés.Ils ont des auteurs consacrés, des vedettes, et des moyens pour les vendre.Ce n'est pas notre surproduction qui fait problème.Au Salon de Montréal, les distributeurs français prennent un espace considérable.les éditeur québécois se retrouvent dans les coins.Au Québec, il se fait de la très bonne édition, ajoute le président de l'Association des éditeurs du Québec.« Dans le livre pratique, on est imbattable, dit-il en faisant référence à Fides qui se débrouille très bien en France.Les livres jeunesse ont tellement bien fait qu'ils ont attiré une réaction protectionniste de la part des Français.Chez Québec Amérique, « on ne fait pas de différence entre les saisons, dit Normand de Bellefeuille.On a 20-25 titres en septembre, même chose en hiver.» Pour lui, l'automne est envahi par les les Européens tandis qu'à partir de janvier, les médias sont plus ouverts aux Québécois.Et la sortie d'un livre pour le Salon de Québec est aussi importante que pour le Salon de Montréal.« Mais certains titres sont mieux adaptés au mois de mars parce qu'ils ont des chances de devenir des lectures d'été : sagas historiques, romans policiers, d'amour et de voyage.Les essais conviennent mieux à l'automne.Mais si nos tirages d'automne avaient été supérieurs à ceux de l'hiver, c'est sûr que l'on changerait de tactique, ditil.Chez Boréal, Jean Bernier reconnaît que la saison d'automne est un peu plus forte que celle de l'hiver, mais la maison d'édition essaie d'étaler sa production sur toute l'année.« On profite de l'hiver pour faire connaître de nouvelles oeuvres, mais on fait aussi avec les manuscrits que l'on a, dit-il.On essaie de les publier le plus vite possible.On planifie les sorties en tenant compte des médias.» Selon lui, s'il y a plus d'essais qui paraîtront cet hiver et ce printemps chez Boréal, c'est un hasard, même s'il est plus facile de faire parler des essais plus pointus à cette période de l'année.« C'est le 40e anniversaire de Boréal le 4 juin, cette année, alors on a trois romans en réserve pour le mois de mai.C'est aussi le 40e anniversaire d'écriture de Gilles Archambault, on fêtera ça aussi.» Dans son dernier ouvrage, qui paraîtra en avril chez Boréal, Gil Courtemanche veut que les Québécois fassent une Nouvelle révolution tranquille.Le quatrième tome de la saga de Pauline Gill sur La Cordonnière sera fin prêt pour l'été.Aux éditions vlb.Boréal fêtera le printemps prochain les 40 ans d'écriture de Gilles Archambault.Le Journal d'une combattante (Leméac), de Naomie Klein, devrait sortir au début de février.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Sur la pointe des pieds RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca POUR NE RIEN bousculer, il vaut mieux entrer dans l'univers romanesque de Dominique Blondeau sur la pointe des pieds.Tout y est doux, feutré, de teintes pastel.C'est un monde de femmes, presque exclusivement.L'écrivain les présente dès le début, dans les formes.On rencontre Agnès, puis sa cadette Anne qui la recevra tout à l'heure à l'occasion de son cinquantième anniversaire.Une amie, Ulla Sylvia, sera de la fête.Le fils d'Anne aussi, Anthony, éternel adolescent.Avant le dîner, les trois femmes se préparent, choisissent toilette, bijoux ou parfum.Tout devrait bien se passer, même si le contentieux entre les deux soeurs n'a jamais été résolu.Il règne en effet entre Agnès et Julia « une tension insupportable » qu'elles ont appris à supporter, sinon à résoudre.Tout, depuis l'enfance, sépare les deux soeurs.Leur père n'aimait pas Anne, n'en ayant que pour Agnès.Anne s'est réfugiée du côté de la mère, personnage aigri, déçu, hargneux presque.On comprend qu'Anne éprouve des « violences souterraines » : à 20 ans, pour rompre avec sa famille, elle s'enfuit à Paris où elle rencontre Kristen, un photographe de réputation internationale.Il lui fait un enfant et puis l'abandonne, tout en la comblant d'argent.Il verra souvent son fils, qui l'accompagnera partout dans le monde et admirera les innombrables conquêtes de cet être séduisant.De retour à Montréal, Anne est très mal reçue par sa famille, Agnès comprise.Elle gagnera sa vie comme employée d'une fleuriste et consacrera la suite de ses jours à regretter et détester à la fois le père d'Anthony, qui n'a jamais voulu la revoir.Elle en a terminé avec les hommes.Agnès aime les livres, la musique, l'harmonie en toutes choses.Elle vit très bien seule avec son chat.À 50 ans, il n'y a plus d'hommes dans sa vie.Elle a bien eu « deux ou trois histoires amoureuses invraisemblables », et quelques aventures et liaisons banales, mais cela est du passé.Ne reste dans son décor affectif qu'un poète de 25 ans, dont elle n'attend rien vraiment.Sans risquer de se tromper, on la croirait heureuse, en accord parfait avec elle-même.S'il n'y avait pas le conflit latent avec sa soeur Anne, qu'elle voudrait régler mais ne sait comment, elle vivrait des jours d'un bonheur simple, entre son appartement du plateau Mont-Royal et la librairie où elle travaille.Agnès a du talent pour le bonheur, qui est pour elle un projet sage.Peut-être s'illusionne-t-elle ?Allez savoir.Mme Blondeau observe ses personnages de loin, dirait-on, comme pour ne pas violer la conscience intime de chacune.Tant de sobriété pourrait distiller un certain ennui, si l'auteur ne brisait à quelques occasions, pas nécessairement heureuses, les limites qu'elle s'est imposées.D'abord en philosophant, sur un mode déclaratoire un peu désuet.À la vue de l'eau d'une baignoire qui se vide : « La vie s'enfuit de même, mais avant d'en arriver là, il faut en subir la tragique épopée, la délirante comédie.» Ensuite en pratiquant une préciosité récurrente qui n'est pas sa meilleure manière : « Julia sort de sa chambre et, dans le couloir qu'elle emprunte, un miroir inscrit son visage dans son cadre en cuivre.» L'écriture de Dominique Blondeau est à l'opposé même de ce qui fait mode : un langage bousculé, près de l'oralité, des scènes dramatiques intenses, des rebondissements inattendus ou un érotisme conquérant.Nous sommes i c i plutôt dans la lenteur, les demi- teintes et une certaine langueur qui n'est pas sans sensualité.Rien n'est plus féminin que cette écriture, en tout cas d'une certaine féminité.Et d'un certain féminisme militant, peu subtil et apparemment sans appel.Sauf Anthony, l'adolescent de 26 ans, les hommes sont tous instables, coureurs de jupons, lâches, irresponsable ou violents ; les femmes, sauf Agnès, toutes des victimes, mais une amie de celle-ci, Axia, a subi adolescente l'agression simultanée de trois garçons de son âge.Même Ulla Sylvia, la très belle et mystérieuse galeriste, adepte des théories nouvelâgeuses, grande dispensatrice d'harmonie, a dû se défendre jadis contre le mari de sa mère, un sorte de monstre grossier, poilu et dégoûtant.Si on cherche quelque bémol à cette condamnation globale, on la trouvera peut-être dans les rapports heureux d'Agnès avec son père, qui ont contribué à faire d'elle un être équilibré, tandis que le rejet d'Anne par le même homme a rendu celle-ci insatisfaite de tout.Le bonheur des filles viendraitil des pères ?Au dîner d'anniversaire en l'honneur d'Agnès, il ne se passe pas grand-chose.On boit, on mange, on bavarde, on danse.Quand une étincelle risque de rallumer les vieilles querelles d'Agnès et d'Anne, Ulla ou Anthony font diversion.Une provocation du jeune homme, qui rêve peut-être d'une réconciliation entre sa mère et son père, fait long feu.Il annonce que Kristen viendra fêter Noël en famille.Anne ne réagit pas, du moins extérieurement.Tout se passera plutôt dans le monologue intérieur des trois femmes, qui s'évadent chacune dans son passé pour essayer de comprendre d'où elles viennent, où elles en sont, où elles s'en vont.L'enfance a été décisive.Ces pages, qui constituent la meilleure partie de Larmes de fond, sont une habile et efficace tentative d'exploration de ce qui détermine le destin des êtres.Dans ce registre tout en nuances et délicatesses, Mme Blondeau atteint au meilleur de son art.\u0001\u0001\u0001 LARMES DE FOND Dominique Blondeau Éditions de la Pleine Lune, 156 pages 4LP0301F0119 f3 lectures dimanche 19 4LP0301F0119 ZALLCALL 67 22:36:22 01/18/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1 9 J ANV I E R 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 POP PSYCHO Le pere, Il suffit de demander cet inconnu collaboration speciale La maternite est une certitude et la paternite, une hypothese, disait on ne sait plus trop quel papa illustre, mais lucide ou frustre.C'est peut-etre pourquoi notre geniteur donne malgre lui l'impression qu'il daigne nous choisir.Et qu'il demeure sa vie durant un grand mystere a elucider, cependant que nous tentons de nous sortir de l'etreinte etouffante de la mere, qui ne connait pas le doute.Anne-Laure Schneider a reuni, dans Toi, mon pere, differents temoignages et souvenirs d'artistes, d'ecrivains, de chanteurs et de comediens sur leurs peres.Le resultat n'a rien de nunuche.Ce collectif est plutot revelateur du sempiternel questionnement sur la figure paternelle.Car Schneider n'a pas voulu creer ici un hommage aux peres en selectionnant les plus belles pages d'amour filial, mais simplement un livre sur la diversite des relations avec cet eternel inconnu, qu'il soit absent, omnipresent, omnipotent ou impotent.Ainsi, Jean-Paul Sartre estime qu'il n'a pas de Sur-Moi n'ayant pas connu son pere, mort en bas age .Romain Gary n'a jamais rencontre le sien non plus, sauf par le temoignage ecrit, un soir de gala, d'un employe des camps de la mort qui lui raconte, dans la bete intention de le soulager, que son pere n'est pas mort dans les chambres a gaz mais juste avant, foudroye par la peur.Revelation tardive qui foudroie le fils couvert d'honneurs.Pour Niki de Saint Phalle, tous les hommes sont des violeurs puisque son papa a commis avec elle l'irreparable.Anais Nin, qui a consciemment commis l'irreparable avec le sien, affirme avec superbe que cet homme n'est que la moitie de moimeme , tandis que Bukowski, dans des pages tres dures, se demande si ce pere qui le bat regulierement (et qu'il etampera dans le mur en retour) a quelque rapport avec ce qu'il est.Frederic Dard .alias San Antonio .raconte avec tant d'affection et d'humour la mort de son pere, qu'on ne sait plus si cette petite goutte dans l'oeil est causee par le rire ou l'emotion.Semblable plaisir avec Gainsbourg, qui conserve pour son pere une haute estime, meme s'il le trouve un peu coince, malgre qu'il lui ait appris a diriger son tutu pour ne pas pisser sur les cotes.Pas moins de 70 fistons et filles se souviennent, avec talent, dans Toi, mon pere : Brassens, Brel, Depardieu, Duteil, Anne Goscinny, Alexandre et Pascal Jardin, Francois et Jean Mauriac, Moustaki, Mozart, Nothomb, Pennac, Perec, Prevert, Renard, Roth, Sollers, Yourcenar, Zola.il y en a pour chaque lettre de l'alphabet, finalement.C'est dire a quel point le sujet ne manque pas de temoins, ni de substance.Entre haine et remords, amour et pardon, admiration et mepris, l'un des sentiments les plus recurrents de Toi, mon pere est le regret.Qui etait cet homme ?Qu'ai-je rate en ne m'approchant pas de lui ?M'a-t-il aime ?L'ai-je aime ?Et ce n'est pas sans emotion que nous lisons ces temoignages d'enfants devenus hommes et femmes, sans pour autant avoir cesse d'etre orphelins, toujours trop tot, peu importe leur age.\u0001\u0001\u0001 1/2 TOI, MON PERE Recits et temoignages recueillis par Anne-Laure Schneider Albin Michel.314 pages Deux mois avant de completer sa maitrise en physique et malgre les cris d'horreur de ses parents, un medecin et une institutrice catastrophes, Pierre Morency a decide de tourner le dos a l'universite pour joindre les rangs d'une des plus grandes societes de marketing au pays.Quand ses parents ont vu qu'il y gagnait des salaires faramineux, ils se sont rassures jusqu'a ce qu'encore une fois, cinq ans plus tard, leur fils decide que sa vie etait ailleurs et abandonne la compagnie torontoise pour partir a son compte.A 36 ans, amoureux de la meme femme depuis 20 ans, pere de trois jeunes enfants et d'une petite derniere sur le point de naitre, Pierre Morency passe parfois pour un fou ou un illumine, mais demeure avant tout un homme qui refuse d'avoir une vie ennuyeuse et qui court apres ses passions pendant que, ce faisant, l'argent court apres lui.Dans Demandez et vous recevrez, un ouvrage surprenant et parfois destabilisant, Pierre Morency partage avec nous ses experiences et nous livre les recettes qui ont fonctionne pour lui tout en nous prevenant qu'il nous reste maintenant a faire nos propres tests pour decouvrir notre voie a nous.Le but : vous devez trouver votre role dans la vie.Si tout va mal dans votre vie, si vos finances, votre couple, votre travail, votre sante et votre vie sociale ne sont pas a votre gout, ne travaillez pas sur les symptomes, propose l'auteur.Remontez a la vraie cause : vous n'etes pas au bon endroit ! Comment les trouver, cet endroit et ce role qui nous conviennent si parfaitement ?Decouvrez ce que vous feriez si vous aviez tout l'or du monde et faites-le, conseille l'auteur.Vous aurez tout l'or du monde.Pierre Morency, lui, a decouvert son role : c'est de nous botter le derriere , de nous brasser la cage, de nous pousser a faire, nous aussi, nos propres experiences sans nous contenter d'un statu quo qui ne nous satisfait nullement.Pierre Morency a d'abord ete fascine par la physique et est devenu physicien.Pas pour l'enseigner ni pour y travailler.Mais pour savoir, parce que ca l'interessait tout simplement.Puis, le marketing l'a attire et il s'y est jete a corps perdu.Tout cela, il l'a fait avec passion, oui, mais en meme temps il l'a fait comme on ferait un test scientifique, en notant ses observations, en constatant ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.Maintenant, comme tout scientifique qui se respecte, il veut partager le resultat de ses recherches.Et comme le bon motivateur qu'il est devenu, il nous encourage a entreprendre nous aussi nos propres experiences.L'Entertrainer C'est sur le modele de ses conferences en motivation qu'il a concu son ouvrage.D'ailleurs, il ne parle pas de conferences pour decrire ses seances avec le public, mais d'entertraining , a la limite entre le spectacle et la seance d'entrainement.Dans Demandez et vous recevrez, il n'ecrit pas, on l'entend presque discuter, repliquer, nous picosser ou nous faire rire.Il choque aussi, car le physicien a son petit cote iconoclaste.Quand il nous suggere de balancer tous nos REER pour les investir immediatement dans ce qui nous passionne vraiment, on fremit un peu malgre son assurance que l'argent suivra ; quand il nous propose de nous rejouir d'etre dans la marde , parce que c'est le moment parfait d'initier des changements, on se dit qu'il est completement saute, mais on ne peut s'empecher de se dire que, quelque part, il a peut-etre raison.Il va meme plus loin : si vous n'etes pas au bon endroit, vous etes comme un cancer pour le reste de la societe et la vie se chargera de vous le faire comprendre.Quand vous aurez trouve votre chemin dans la vie, non seulement le succes personnel viendra, mais vous jouerez le role qui vous convient le mieux.Vous trouvez que votre situation n'est pas si pire mais vous n'etes tout de meme pas sur d'etre au bon endroit ?L'auteur ne met guere de temps a vous repondre et n'y va pas par quatre chemins pour vous le faire comprendre : Trouver son role dans la vie, c'est comme atteindre l'orgasme.Si vous vous demandez si vous l'avez atteint, ce n'est pas ca ! \u0001 \u0001 \u0001 1.2 DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ Pierre Morency Editions Transcontinental, 176 pages Photo REMI LEMEE, La Presse c Pierre Morency passe parfois pour un fou ou un illumine, mais demeure avant tout un homme qui refuse d'avoir une vie ennuyeuse et qui court apres ses passions pendant que, ce faisant, l'argent court apres lui.LITTERATURE DU VOISIN L'homme au masque de chien collaboration speciale C'etait vers l'an de grace 1975, au tout debut de mon immigration au Canada.Je me trouvais a Toronto, une zone anglophone ou personne ne comprenait mon anglais.J'etais sans le sou, j'etudiais la litterature.C'est tout dire : j'etais perdu dans tous les sens du terme.Un soir, je suis alle voir une piece au Theatre Passe- Muraille, drole de nom dans le tres anglophone Toronto.Une piece ?Plutot un monologue qui durait plus d'une heure.Le spectacle m'a etonne.Un homme, tres grand, a l'accent du Sud des Etats-Unis a couper au couteau, qui portait un masque de chien qui cachait entierement son visage, racontait la vraie histoire de William Shakespeare.Tiens, tiens, me dis-je.Ce pays serait peut-etre habitable apres tout.L'homme derriere le chien, aije appris ce soir-la, s'appelait Leon Rooke.La vraie histoire de William Shakespeare est un sujet qui obsede le monde des lettres anglo-saxonnes, surtout les professeurs en tous genres.Selon les experts homosexuels, le meilleur ami de Shakespeare .et son amant aussi, bien sur .a ecrit toutes les pieces de Shakespeare.Selon les experts feministes, la femme de Shakespeare a ecrit toutes ses pieces, mais elle n'a evidemment pas pu les signer, etant donne l'epoque peu genereuse envers les femmes.William Shakespeare seul n'aurait pas pu produire une oeuvre si immense, trop immense et trop variee pour un seul homme.Dans la version de Leon Rooke, c'est son chien qui raconte sa vraie histoire.Qui connait mieux le maitre que son chien ?Un chien qui se nommait Hooker.Un vieux nom anglo-saxon qui signifie a la fois trainee et petit voleur.Sur scene, ce bon Hooker, ou plutot son maitre, Leon Rooke, dissimule derriere ses gros yeux tristes de chien, racontait avec compassion et poesie les splendeurs et miseres du plus grand ecrivain de la langue anglaise.Et il fallait un Americain de la Caroline du Nord, aussi perdu que moi dans ce pays nordique, pour le faire.Tout d'un coup, je me suis senti moins seul, dans la mesure ou j'ai compris que le Canada se peuplait de personnes deplacees comme Leon Rooke, et que peutetre, il y aurait de la place pour moi aussi.Rooke a transforme sa piece en livre, et il a merite le prix du Gouverneur general en 1981.D'autres livres ont suivi.Dans Fat Lady, un homme aime tant son epouse tres grosse qu'il l'enferme pour l'empecher de manger, la protegeant d'elle- meme.Dans A Good Baby, les citoyens d'un bled perdu dans le Sud se disputent la propriete d'un orphelin magique.Dans son recueil Painting the Dog (encore des histoires canines !), la nouvelle Who Do You Love ?met en scene une mere qui balance son fils sur ses genoux, lui chantonnant Qui aimes- tu ?La vraie question, c'est Qui aimes-tu le plus, Papa ou moi ?Et parce que Papa est tres loin, sur la route, a la recherche d'aventures, le petit garcon le prefere a sa mere toujours presente.Who Do You Love ?est aussi le titre d'une chanson de Bo Diddley, qui a appris aux Rolling Stones comment jouer de la guitare.L'enfance, un pays fabuleux L'enfant abandonne, l'enfant orphelin, pere ou mere manquant, laissant un vide a combler par des inventions extravagantes, c'est la clef de l'oeuvre de Leon Rooke.Dans En chute libre, le premier roman de Rooke a paraitre en francais, la tendance se maintient.Sauf que, cette fois, c'est la femme qui est partie, laissant a son mari et a sa fille le soin de se lancer a sa recherche.L'enfance, chez Leon Rooke, est un pays assez fabuleux, mais jamais innocent.Tout s'y trouve, justement, sauf l'innocence.On ne cache rien a Juliette Daggle, cette fille de 11 ans qui partage la vedette de ce roman avec son pere, un vaurien adorable qui s'appelle Raoul Daggle.Ensemble, ils prennent la route a la recherche de Joyel Daggle, la femme fugueuse.Le resultat est un chasse-croise sur fond americain, le genre de road novel perfectionne par les ecrivains americains.En route, tout s'apprend.La fille apprend sur l'amour de son pere pour le whisky.Et son amour pour sa mere aussi.Et sur toutes les fois ou il l'a trahie, sa femme, avec d'autres femmes, et avec le whisky.La fille est gourmande.Elle veut savoir tout, que ce soit sur la vraie nature de la passion entre hommes et femmes, ou sur la destination secrete des chevreuils lorsqu'ils disparaissent dans les forets profondes qui longent les routes.Quoiqu'un continent les separe, la jeune Juliette Daggle nous rappelle la Zazie de Zazie dans le metro du Francais Raymond Queneau.Deux petites filles qui n'ont pas la langue dans leur poche, qui en connaissent beaucoup sur le monde des adultes, meme si elles ne peuvent pas tout mettre en mots, qui ont un oeil critique sur les moeurs de leurs parents, a commencer par ce mystere qui s'appelle le sexe.Dans le roman d'aujourd'hui, la famille et ses secrets soulevent beaucoup d'amertume .c'est a la mode.Pas chez Leon Rooke.Dans son univers, la famille est un carnaval, avec du beau et du laid et beaucoup d'illusions, et le tout est porte par une plume qui alterne entre le surrealisme et le lyrisme.Pour lancer ce livre en France, l'editeur a sorti les gros canons, l'entourant de belles citations de Russell Banks et de Michael Ondaatje.Vous pouvez leur faire confiance : sous la plume de Leon Rooke, la famille dysfonctionnelle devient une fete foraine.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 EN CHUTE LIBRE Leon Rooke Traduction francaise de Richard Crevier, Phebus, 301 pages Leon Rooke L'enfant abandonne, l'enfant orphelin, pere ou mere manquant, laissant un vide a combler par des inventions extravagantes, c'est la clef de l'oeuvre de Leon Rooke.Monument-National 1182 boul.St-Laurent, Mtl Billetterie : (514) 871-2224 St-Laurent ou Place d'Armes 9 et 10 Mai 2003 (514) 790-1245 1 800 361-4595 .Dufresne romantique, Dufresne dechirante , Dufresne rock ! .MARIE-CHRISTINE BLAIS, LA PRESSE DIANE DUFRESNE en liberte conditionnelle 7LP0401F0119 f4 19 janvier 7LP0401F0119 ZALLCALL 67 22:40:36 01/18/03 B RÉCIT ESSAI Inuits dans la tourmente À contre-courant ROBERT LAPLANTE collaboration spéciale Comme le Chinook, ce fameux vent chaud qui déferle sur les plaines gelées des prairies nord-américaines et qui bouleverse toutes les données météorologiques, Dorothée Banville-Cormier nous a présenté cet automne Mémoire d'Inuksuk, un recueil de quatre récits qui chamboule complètement toutes nos idées sur la société inuit.L'auteure, qui se considère avant tout comme une conteuse, propose des contes résolument actuels, des instantanés d'une société inuit en éclatement, tiraillée entre la modernité et la tradition.« J'étais infirmière dans le nord du Québec en 1975 et cette société était encore très traditionnelle.Il y avait beaucoup d'entraide et de solidarité, mais maintenant, c'est chacun pour soi.Toutefois leur pauvreté leur permet de garder encore certaines valeurs comme la famille élargie.» Ce qui ne serait pas le cas chez les Cris, beaucoup plus scolarisés et riches et qui, selon elle, adopteraient de plus en plus des comportements importés des sociétés occidentales.« On isole même les vieillards de la communauté, on les retrouve de plus en plus dans les maisons de retraite de leurs villages.Sans contact avec les jeunes, ils ne peuvent plus jouer le rôle essentiel de transmetteur de la tradition.» Les jeunes souffrent aussi de cette société en mutation.Sous-scolarisés, sans travail, étouffant dans leur communauté, ils rêvent des mirages de l'El Dorado du Sud.« À cause de leur sous-scolarisation, le rêve du Sud leur est à peu près inaccessible ; ils trouvent peu de compréhension auprès des adultes, l'avenir semble bouché et la drogue qui vient de la société des Blancs devient alors un moyen pour fuir une existence peu valorisante.La drogue du sud a fait de véritables ravages dans les villages septentrionaux.» L'explosion de l'identité et des valeurs ancestrales est au coeur des formidables récits de Banville-Cormier.Une explosion qui souffle tout sur son passage, qui fait table rase des moindres parcelles identitaires.Et comme lorsque un blizzard les frappe, les Inuits tentent tant bien que mal de se protéger en espérant qu'ils survivront.« Quand j'étais infirmière à la Baie d'Hudson, toutes les maisons du village où je vivais étaient reliées par des cordes, c'était le moyen le plus efficace pour ne pas se perdre dans la tourmente.Si un habitant était pris dans la tempête, une expérience plutôt terrifiante, il n'avait qu'à agripper une corde qui le menait dans un endroit sauf.Présentement, les Inuits cherchent cette corde qui leur permettrait de rester en vie.» C'est la quotidienneté de cette hésitation entre l'adapt a t i o n e t l a disparition que décrit l'auteure.Ce moment tragique où la valse s'arrête et où le dernier pas décidera de l'avenir des danseurs : le pas en avant ou celui en arrière.« Les Inuits sont au bout du quai, devant eux c'est la mer et derrière c'est la société des Blancs, les prochaines années seront cruciales pour ce peuple du Nord.» L'écrivaine de descendance huronne se défend bien de tracer un portrait pessimiste de ce peuple en mutation qu'elle adore.« Je suis une métisse, je n'appartiens à aucun peuple.Je peux donc porter un regard plus froid sur eux en montrant leurs forces et leurs faiblesses mais surtout leur désarroi face à ces transformations trop rapides », conclut l'auteur de ce bouleversant recueil.Dorothée Banville-Cormier a publié Mémoire d'Inuksuk aux Éditions de la Pleine Lune.CLAUDE-V.MARSOLAIS «Àmoins d'un débat public sérieux, nous risquons tôt ou tard d'aboutir là où veut nous conduire la Commission royale sur les peuples autochtones.Le Canada sera alors redéfini comme un État multinational comprenant un archipel de nations autochtones qui seront propriétaires d'un tiers du territoire canadien, exemptes d'impôts fédéraux et provinciaux, économiquement soutenues par des paiements de transfert provenant des contribuables, autorisées à ne plus se soumettre aux lois fédérales et provinciales et libres d'entretenir des relations diplomatiques de nation à nation avec ce qui restera du Canada », affirme Tom Flanagan, auteur de Premières nations ?Seconds regards, publié chez Septentrion.Qui est Tom Flanagan, qui ose remettre en question l'orthodoxie qui préside aux politiques publiques relatives aux populations autochtones du Canada ?C'est un Américain, né au Michigan, qui est venu s'établir à la fin des années 1960 à Calgary où il se dénicha un poste à l'université.Sur le plan social, écrit en préface Guy Laforest, professeur au département de science politique de l'Université Laval, il est un conservateur, promoteur des valeurs que l'on associe au libéralisme classique, à savoir : gouvernement limité, libertés individuelles, égalité devant la loi.Pas étonnant qu'il se soit retrouvé dans les propositions véhiculées par le Reform Party de Preston Manning et plus récemment au sein de l'Alliance canadienne alors qu'il a agi comme organisateur de la campagne au leadership de Stephen Harper.Ses propositions concernant les peuples autochtones devraient intéresser directement les Québécois étant donné la controverse provoquée par l'entente de principe conclue entre le gouvernement du Québec et les Innus sur la Côte-Nord.L'auteur s'en prend aux huit propositions qui forment l'orthodoxie autochtone.Nous en retiendrons quatre qui sont contenues dans le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones.Une forme de racisme La première veut que les autochtones diffèrent des autres Canadiens, parce qu'ils ont été les premiers à occuper le territoire.En tant que « Premières nations », ils ont des droits particuliers, y compris le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale.Selon Flanagan, les peuples autochtones étaient presque toujours en mouvement et dans une grande partie du Canada, leur habitat actuel est postérieur à l'arrivée des colons européens.« Les Européens, écrit-il, constituent en l'espèce une nouvelle vague d'immigrants qui prirent le contrôle du territoire comme l'avaient fait les premiers autochtones.Distinguer entre les droits des premiers et des derniers immigrants constitue une forme de racisme.» La deuxième proposition de la Commission royale stipule que les cultures autochtones étaient de même niveau que celle des colonisateurs européens.La distinction entre civilisé et non-civilisé est un instrument d'oppression raciste.L'auteur répond que la civilisation européenne était en avance de plusieurs millénaires sur les cultures autochtones en Amérique du Nord.« À cause de cet abîme qui les séparait, la colonisation européenne de l'Amérique du Nord était inévitable et, si l'on accepte l'analyse philosophique de John Locke et d'Emer de Vattel, justifiable », écrit-il.La troisième proposition de la Commission veut que les peuples autochtones étaient souverains, qu'ils le sont demeurés, mais qu'ils parlent maintenant du « droit inhérent à l'autonomie gouvernementale ».La souveraineté est un attribut d'État Rappelant que la souveraineté est un attribut du statut d'État, Flanagan soutient que les peuples autochtones n'avaient pas, avant d'avoir pris contact avec les Européens, atteint le même niveau d'organisation politique susceptible de les constituer en États.De la quatrième proposition voulant que les peuples autochtones étaient, et sont, des nations au sens culturel et politique du terme, faisant que ce statut coïncide avec leur souveraineté, l'auteur répond que le concept européen de nation ne rend pas compte de la nature des communautés tribales autochtones.« Sauf à vouloir transformer le Canada en version moderne de l'empire ottoman, il ne peut exister qu'une seule communauté politique suprême \u2014 une seule nation \u2014 au Canada.Les communautés subalternes, telles les provinces, les villes et les groupes ethniques ou religieux, ne peuvent être des nations.Se basant sur les travaux de l'historien Philip White, il soutient que cinq critères sont indispensables à la notion de nationalité, soit la civilisation, l'importance numérique, le territoire, la solidarité et la souveraineté.Flanagan reconnaît que les peuples autochtones sont de nos jours civilisés, mais ce n'était pas le cas au XVIIIe siècle, lors de la colonisation européenne alors qu'ils étaient à l'état sauvage ou primitif.De l'importance numérique, il note que les Nations Unies ont assoupli leurs règles en reconnaissant la nationalité à six pays de moins de 100 000 habitants.Mais au Canada où l'on dénombre 610 000 Indiens, ils sont 625 à revendiquer le statut de nation.« Même s'ils se regroupaient en 70 ou 80 nations autochtones comme le suggère la Commission royale, la plupart de ces petites nations ne seraient guère plus populeuses qu'une petite ville », donc infiniment plus petites que la plus petite nation onusienne.De la notion du territoire, l'auteur rappelle que les revendications des autochtones visent à récupérer environ le tiers du territoire canadien (notamment le Nunavut, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest).Flanagan estime que deux problèmes empêchent de considérer ces vastes espaces comme territoire national.D'abord, l'essentiel est détenu en fiducie par l'État canadien et, deuxièmement, la base territoriale des autochtones est une sorte d'archipel constitué de milliers de portions de territoire séparées les unes des autres qui ne sont viables qu'avec le soutien financier du gouvernement fédéral.Sur le plan de la solidarité, l'auteur reconnaît que le sentiment d'identité nationale existe au niveau local chez les Premières Nations, mais non au niveau pancanadien, où souvent les groupes se combattent entre eux.En ce qui concerne la souveraineté, il signale que les Canadiens sont disposés à déléguer d'importants pouvoirs aux communautés autochtones et à protéger leurs droits dans la constitution mais ils n'entendent pas souscrire à une théorie explicite de la souveraineté autochtone.Au mieux, ils accepteront la notion vague de droit inhérent à l'autonomie qui semble sauvegarder l'intégrité de l'État canadien.Plus loin, Flanagan note que le nationalisme québécois satisfait aux cinq critères de White en termes de civilisation, de population, de territoire, de solidarité et de souveraineté.« Le nationalisme québécois peut potentiellement détruire le Canada de sorte que les Canadiens y ont réagi en refusant d'admettre la notion même d'une nation québécoise.» Il rappelle ironiquement que le Parlement s'est empressé, en 1983, de reconnaître les 600 Premières Nations alors que l'ex-premier ministre Trudeau s'était toujours refusé à reconnaître le concept des « deux nations ».Il en explique la raison ainsi : « deux nations constituent une menace, six cents ne sont qu'un désagrément ».On retrouvera à la fin de l'ouvrage les commentaires de l'économiste Jean-Luc Migué, du juriste Ghislain Otis, du sociologue Jean-Jacques Simard et du philosophe Charles Taylor sur la thèse controversée de Flanagan.\u0001\u0001\u0001\u0001 PREMIÈRES NATIONS ?SECONDS REGARDS Tom Flanagan Septentrion, 306 pages Dorothée Banville-Cormier BEAUX LIVRES Une nuit avec Marilyn Elle a hanté les esprits et les nuits de générations de cinéphiles et continue encore de le faire, des décennies après sa mort.Marilyn Monroe est une femme de rêve et on ne compte plus le nombre d'hommes qui auront eu pour fantasme de passer ne serait-ce qu'une nuit avec elle.C'est ce qui est arrivé en 1961 au \u2014 chanceux! photographe Douglas Kirkland, qui raconte son expérience dans Une nuit avec Marilyn, un beau grand livre où texte et photographies se déclinent en rose, blanc et noir.Toute sa vie, Douglas Kirkland a eu à détailler cette nuit magique où la star blonde, vêtue de son plus simple appareil, s'est vautrée langoureusement sous son regard dans des draps de soie blanche.Elle l'a même invité à venir la rejoindre sous la couverture.On apprend que, bien que chaste, cette nuit fut tout de même inoubliable.Et les photographies de Marilyn sont là pour alimenter son souvenir impérissable.Mais Kirkland doit encore expliquer aujourd'hui par quel tour de force il a pu refuser l'invitation de Marilyn.Elle n'en est, probablement, que plus présente dans ses rêves.Chantal Guy collaboration spéciale \u0001\u0001\u0001 UNE NUIT AVEC MARILYN, Douglas Kirkland, Albin Michel Les petites annonces : 987-VENDU Interurbains sans frais : 1 866 987-VENDU Télécopieur : (514) 848-6287 petitesannonces@lapresse.ca Le forfait romantique aura lieu le 14 février 2003.Tous les annonceurs qui auront publié un message d'amour dans les petites annonces de La Presse seront admissibles au concours.Le tirage aura lieu le 11 février à midi aux bureaux de La Presse.La personne gagnante devra répondre à une question d'habileté pour mériter son prix.Règlements du concours disponibles à La Presse.La valeur totale approximative des prix est de 350 $.Les textes devront être reçus à La Presse avant 16 h le 10 février 2003.Pour participer : Publiez votre message d'amour le 14 février dans la rubrique Saint-Valentin des petites annonces de La Presse À GAGNER (2,88 $ chaque ligne additionnelle, taxes en sus) Un forfait pour deux personnes incluant : - Deux billets pour le souper-spectacle du 14 février - Une nuitée à l'hôtel Intercontinental - Petit déjeuner 5 lignes d'amour pour seulement 14,40$ La SAINT-VALENTIN AVEC Roch Voisine 3110348A BEAUX LIVRES Himalaya bouddhiste « Une photo vaut mille mots », dit-on, que dire alors de 1000 photos?C'est à un véritable voyage dans les hauteurs que nous convie : Himalaya bouddhiste.On ouvre l'album immense et lourd de plus de 400 pages, aux photos glacées, prises par des bouddhistes qui n'avaient pas d'autre intention que de nous faire aimer ce qu'euxmêmes croisent quotidiennement sur leur route.Les enfants, les femmes, les vieillards de cet Himalaya troublant et lointain, où les moines tibétains trouvent refuge.Et maintiennent envers et contre tous, bien vivante, la conscience du monde sur l'héritage de ce Tibet fertile et fragile.Les textes sont un travail collectif, chacun des 21 auteurs de six nationalités différentes, apporte sa part de spiritualité et de témoignages.Une grande famille remplie de compassion qui contribue à alimenter notre monde intérieur.Anne Richer \u0001\u0001\u0001\u0001 HIMALAYA BOUDDHISTE, Matthieu Ricard, Olivier et Danielle Föllmi, Éditions de La Martinière, 423 pages 7LP0501F0119 f5 19 janvier 7LP0501F0119 ZALLCALL 67 22:19:16 01/18/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1 9 J ANV I E R 2 0 0 3 F 5 LITTERATURE QUEBECOISE LITTERATURE FRANCAISE Le narcisse amoureux Rire haitien SUZANNE GIGUERE collaboration speciale Ce pays qui m'habite est le troisieme recueil d'une fresque sur l'itineraire de la premiere generation de Haitiens exiles a Montreal dans les annees 1970.Il nous ramene dans le village invente de Quina, le paradis perdu de l'enfance, puis a Portaux- Morts, metaphore de la repression et de la violence sous la dictature duvalieriste, et enfin a Nedge, qui sonne comme NDG, le quartier montrealais de Notre- Dame-de-Grace.Ce parcours de l'enfance a l'age d'homme, de l'emigration a l'impossible retour, du pays natal perdu au pays d'accueil, n'a pas reussi a etouffer le rire haitien, comme en temoigne ce recueil de lodyans.Georges Anglade a fait connaitre aux Quebecois la lodyans haitienne dans ses precedents recueils 1.La lodyans (l'audience) est un art oral centenaire lie au patrimoine culturel haitien.Ce sont, en general, de courtes histoires souvent humoristiques, farcies de metaphores qui dissimulent une redoutable critique sociale ou politique.Si subversif qu'il soit, ce genre litteraire n'en demeure pas moins une veritable fete de l'imaginaire qui repose sur de joyeux delires, de delicieuses menteries et des situations cocasses.Dans le langage populaire, on dit tirer une lodyans, avec des yeux rieurs, il va de soi.Les souvenirs d'enfance affluent sous le regard amuse de l'auteur.Il se rappelle la petite revolution creee par les filles qui, en cet ete 1954, s'emparent des lieux publics masculins, la grande place, les plages et le marche pour faire grimper et descendre de la tete aux pieds leur hoola hoop et le faire virevolter au bout de leurs mains.De ce tribun qui maniait les deux langues, creole et francaise, en une succession de petites explosions aux couleurs des feux d'artifice, du juge de paix au verbe acrobatique a la Cyrano.De ce match de soccer, ou le but de la victoire a ete marque de maniere spectaculaire grace a la trajectoire incurvee du ballon.Port-aux-Morts Dans la seconde partie du recueil, l'auteur explore la memoire douloureuse du peuple haitien.Ses souffrances, plus suggerees qu'affirmees, en sont d'autant plus poignantes.Maniant l'ironie avec doigte, l'auteur qualifie de petites defaites de ce temps les annees de plomb vecues sous la dictature des Duvalier, pere et fils, dans un climat de peur et de terreur.Des annees noires ou la liberte d'expression et les libertes civiles sont confisquees.A cette epoque, tous les livres suspects et subversifs a couverture rouge, associes au communisme, etaient saisis.L'auteur raconte comment son pere, traumatise par cet episode, recouvre encore de papier d'emballage brun la couverture magenta de ses livres, 35 ans plus tard, en Haiti.En ces temps maudits ou il fallait se mefier de ses paroles jusque dans les reves des autres, les rumeurs deviennent l'arme des vaincus et triomphent de l'adversite.Nedge La derniere partie du recueil s'ouvre sur la reconfiguration de l'identite quebecoise a l'heure du metissage culturel.A la garderie de Nedge, qui constitue une petite societe des nations, les enfants exiles de toutes les dictatures ont enfoui dans leurs valises vers Montreal des secrets douloureux qui rejaillissent en classe.Des jumeaux arabes evoquent leur ville en ruines et les mitraillettes qui disent des gros mots a longueur de journee, caca-caca-caca-caca-caca-caca.Ce qui fait rire tout le monde.Dans l'eclat de ces rires d'enfants se levent toutes les esperances des lendemains qui chantent.De leur cote, les parents cherchent a dorloter les impuissances de l'exil.Un des grands heritages de la lodyans tropicale donne lieu a de longues soirees d'hiver passees autour des tables a manger a discourir des heures entieres sur des themes reves.Le regard s'attendrit.Le titre du recueil trouve ici sa pleine resonance.Puis le rire se fait plus discret.L'auteur s'autorise un bref commentaire sur sa petite ile ubuesque marquee par l'ecart abyssal entre les riches, l'inamovible 2% de l'elite, et les pauvres, ou toute possibilite de democratie et de developpement est bloquee par la spirale du surendettement.Haiti n'en demeure pas moins un pays d'esperances profondes, de traditions marronnes et de resistances insondables.Gourmand des mots George Anglade est un gourmand des mots.Ajoutez un style alerte, un ton railleur et un langage colore.L'ensemble produit un effet rejouissant.Ce pays qui m'habite est un livre au comique riche en nuances, au rire mesure et au pathetique latent qui rend compte du passage du pays perdu des parents migrants au pays nouveau des enfants.Georges Anglade gagne le pari de faire monter a travers ses lodyans la succulence de la vie de tous les Haitiens de la diaspora qui sont devenus des Montrealais.\u0001\u0001\u00011.2 CE PAYS QUI M'HABITE (LODYANS) Georges Anglade Lanctot Editeur, 122 pages (1) Les Blancs de memoire (Boreal, 1999), Leurs jupons depassent (Cidihca, 2000) JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration speciale Il y a une fois.un ecrivain.Fichtre, ce n'est pas nouveau.Et pourtant, des le debut de ce roman qui me semble recommandable .surtout parce qu'il est drole, et au demeurant parce qu'il parle de Montreal et du Quebec avec une chaleur nouvelle et non affectee ., l'auteur nous met en garde, en se moquant tres fort de ce personnage incroyable et pourtant bien reel que l'on nomme un ecrivain .Tenez, seulement pour vous donner bonne bouche : Le petit esprit egocentrique et megalomaniaque du heros ecrivain, de croire qu'il peut interesser tout le monde avec des histoires et des situations qui ne regardent que les ecrivains aussi mediocres que lui.Quelqu'un que j'aime bien (que cela reste entre nous) a dit qu'un ecrivain est celui qui croit qu'il ecrit.Passons donc sur ce debut pourtant desopilant, et revenons a notre personnage qui se nomme Christophe.Bref, dit-il, j'etais un ecrivain et ma femme frappa trop poliment a la porte de ma piece de travail.Trop poliment, deja, pour dire la reticence entre Estelle et lui.Elle se nomme Estelle.Professeur au caractere difficile dans un college difficile, mere de deux enfants, Marco et Ninon.Elle, dit Christophe, qu'aucun de mes deux prix litteraires ni mon passage chez Pivot, qu'aucune des celebrites (certes mineures mais de qualite) dont j'avais le numero de portable, ni aucun de mes honorables droits d'auteur, ne pouvaient abuser.Brave Christophe.Il se considere comme un lache, il pretend aimer Estelle mais mal, apres 14 ans de vie commune sans aucune infidelite.Il a voulu fuir Paris, s'installer pres de Grenoble, excellente et belle ville, on ne fait pas plus province, loin des sollicitations des jeunes attachees de presse dans les cocktails, des etudiantes enamourees presentes a mes dedicaces dans les librairies et des jolies anonymes croisees dans les squares et aux terrasses des cafes .Et puis voila : aujourd'hui, on lui offre un travail a Paris, inventer une emission litteraire pour un producteur celebre .et debile.Ouf ! Sans parler de ce voyage qu'il doit faire, a Montreal, ou l'on est en train de monter un spectacle inspire d'un de ses livres.Le bonheur, on vous dit.Mais si vous lisez ce roman, intitule One Man Show, vous verrez comment l'auteur, Nicolas Fargues, traite ce bonheur, et cette gloriole.C'est vache, tres vache, desopilant comme toute vacherie lorsqu'elle touche la ou cela fait mal, surtout racontee a la premiere personne, comme si le brave Christophe etait le mechant Nicolas .ce que nous avons tendance a croire.Tout a coup, c'est l'accident, celui des sentiments.Une certaine Sidonie, l'assistante du celebre .et debile .producteur.Sans presque y preter attention, ce cynique et ce narcissique se prend d'amitie amoureuse pour cette Sidonie.D'accord, on ne peut pas vivre ensemble parce que je me suis deja engage avec une famille entiere, parce que nous sommes des gens raisonnables toi et moi, mais, dismoi, n'est-il pas encore plus complique d'accepter une situation aussi tordue ?(.) Merde, est-ce qu'un homme n'a pas le droit de tomber amoureux d'une autre femme que la sienne, dans sa vie ?C'est toute la question.Les amours contrariees, il n'y a que cela de vrai en litterature.Le brave Christophe prend l'avion dans un etat de desemparement.Et la, nous avons un portrait de Montreal (avec un quartier qui ressemble au Plateau) et de quelques Quebecois, qu'il faudrait faire lire aux Parisiens, au moins, pour qu'ils apprennent la douceur, la tendresse, et bien d'autres choses encore.De Montreal, on s'en va aux Etats- Unis : une Amerique contee avec tact, les petits coins et les petits Americains, jamais racontes de cette facon, me semble-t-il.New York aussi, tres bien vu.Et a New York, surgit.Sidonie ! A laquelle le brave Christophe a donne rendezvous.L'auteur, nous dit-on, est parti a Madagascar, ou il va vivre avec femme et enfants durant quatre ans.Son succes, et son talent, n'ont pas l'air de l'impressionner beaucoup.Il a raison, mais on esperera son prochain roman, tout de meme.\u0001\u0001\u00011.2 ONE MAN SHOW Nicolas Fargues Editions P.O.L, Paris, 240 pages HISTOIRE 3097824A 4100 noms dans Le Dictionnaire encyclopedique des patriotes CLAUDE-V.MARSOLAIS L'histoire des Patriotes de 1837-1838 semble un sujet inepuisable.Apres les essais de Aegidius Fauteux, de L.O.David, de Jean-Paul Bernard ainsi que d'innombrables monographies, Alain Messier propose le Dictionnaire encyclopedique et historique des patriotes 1837-1838, qui vient de paraitre chez Guerin.L'ouvrage est divise en deux parties, la premiere decrivant le contexte politique et social qui a conduit aux rebellions ainsi que les batailles et faits d'armes ayant eu lieu au cours de ces deux annees.La deuxieme enumere quelque 4100 noms, ainsi qu'une courte biographie, de patriotes qui ont ete relies directement ou indirectement aux soulevements.C'est une tache considerable d'avoir rassemble autant de noms alors que les ouvrages reunis de Fauteux et Bernard n'en denombrent que 2100.L'auteur, un policier a la retraite, qui a utilise ses temps libres sur les bancs de l'Universite de Montreal, ou il a obtenu un bac en histoire et consacre six ans a la recherche et la redaction de l'ouvrage, a pris le parti de citer toutes les personnes qui se sont ralliees aux idees de Louis-Joseph Papineau, meme celles qui n'ont pas pris une part active aux combats.On y trouve surtout des patronymes a consonance francaise, mais aussi des anglophones et des allophones, et meme des femmes qui, sans s'illustrer au combat, ont neanmoins aide, par exemple, a fabriquer des balles.Il faut reconnaitre a Alain Messier le merite d'avoir decrit avec clarte les evenements, notamment les agissements des Fils de la liberte, qui manifestaient a Montreal et qui ont eu des demeles avec les Loyalistes regroupes au sein du Doric Club quelques mois avant le debut des hostilites.Sans compter les batailles de Saint-Denis, de Saint-Charles, de Saint- Eustache et de Lacolle, qu'il a illustrees avec des cartes provenant des archives militaires.Dommage que l'editeur n'ait pas cru necessaire d'inserer une table des matieres et une introduction afin de faciliter la comprehension des chapitres qui precedent le dictionnaire des noms de patriotes.Cela dit, il s'agit d'un outil de reference essentiel pour tous les descendants des Patriotes qui veulent connaitre les motifs ayant conduit leurs ancetres a se soulever contre la tyrannie.\u0001\u0001\u0001\u0001 DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE ET HISTORIQUE DES PATRIOTES (1837-1838) Alain Messier Guerin, 500 pages 7LP0601F0119 f6 dimanche 19 janvier 7LP0601F0119 ZALLCALL 67 19:07:18 01/18/03 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 9 JANVIER 2003 SCIENCES EN BREF Il y a un pe u du Canada à bord de Columbia Le pays fournit deux expériences à cette mission scientifique à laquelle participe un premier citoyen israélien Un mort pour un mort SI LE TAUX de suicide est élevé dans un pays, le taux de meurtre est bas.Et vice-versa.C'est l'une de ces bizarreries statistiques qui ressortent du dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé sur la violence et la santé.Consacré aux meurtres rituels, viols, violence urbaine et guerre, il révèle par exemple que l'Afrique et les Amériques présentent une moyenne de 20 meurtres par 100 000 habitants, contre six ou sept suicides par 100 000 habitants.À l'inverse, en Europe et dans la région du Pacifique, on compte une vingtaine de suicides par 100 000 habitants, contre moins de 10 meurtres.Seul le Moyen-Orient s'en tire avec des proportions égales: six ou sept meurtres et cinq ou six suicides par 100 000 habitants.La jugee t lece llulaire UNE JUGE du Maryland a rejeté cet automne les prétentions d'un homme selon qui le téléphone cellulaire était à l'origine de son cancer du cerveau.Christopher Newman réclamait 800 millions à la compagnie Motorola.Et il était arrivé devant la cour avec un dossier scientifique d'autant plus solide qu'il était lui-même neurologue.Sauf que, tout solide qu'il soit, son dossier était rempli de trous, a conclu la juge de la Cour de district Catherine Blake: dans le monde, en dépit de 10 années de peur et d'angoisse, et contrairement à la croyance populaire, jamais une étude scientifique n'a pu démontrer qu'il y avait un lien entre téléphones cellulaires et cancer du cerveau.Plusieurs de ces recherches ont émis des soupçons à partir de petits groupes de gens, trop petits pour être significatifs.Leplus petit mâledu monde CHEZ UNE ESPÈCE rare de pieuvre des mers du Sud appelée Tremoctopus gelatus, la vie sexuelle du mâle n'est pas de tout repos: celui-ci fait à peu près la taille d'une grosse noix, soit à peu près la grandeur.de l'oeil de la femelle.Madame pieuvre, chez cette espèce très particulière, est en effet 40 000 fois plus grande que son compagnon.Ou plutôt ses compagnons, puisque cette espèce ne vit pas en couple.Compte tenu de sa taille minuscule et du fait que la femelle, toujours en mouvement, ne touche jamais le fond marin, le mâle passe l'essentiel de sa vie à chercher la femelle.En fait, toutes ses ressources sont consacrées au sexe, écrit sans rire Mark Norman, zoologiste marin au Musée Victoria de Melbourne, en Australie.Giboulées de Mars SI LE SOLEIL fut jadis 7% plus massif qu'aujourd'hui, et 5% plus brillant, cela suffirait à expliquer qu'il y ait eu de l'eau sur Mars.C'est le scénario concocté par deux astronomes pour résoudre ce vieux casse- tête: pourquoi y aurait-il eu de l'eau sur Mars, à l'aube de son histoire, il y a près de quatre milliards d'années, alors qu'il n'y en a plus maintenant?Arnold Boothroyd, de l'Université de Toronto, et Juliana Sackmann, de l'Institut de technologie de Californie, se sont donc rivés à leurs calculatrices et ont essayé d'imaginer les paramètres qui résoudraient ce mystère.Un Soleil plus massif n'est pas impossible puisqu'on sait que les étoiles peuvent parfois perdre une partie de leur masse, au fur et à mesure de leur évolution.Grenouilles à gogo TANDIS QUE la population de grenouilles décline dans le monde sans qu'on sache trop pourquoi, une équipe d'herpétologues vient d'en découvrir 100 nouvelles espèces, toutes dans une petite région (750 kilomètres carrés) d'une petite forêt humide du petit État du Sri Lanka.Il semble que le caractère relativement isolé de cette région ait permis à ces grenouilles de se développer de multiples façons, sans être embêtées par des prédateurs.Cela n'atténue toutefois en rien la baisse démographique des grenouilles, là comme ailleurs: cette découverte signifie simplement que le nombre d'espèces de grenouilles menacées de disparition vient d'augmenter.Sauvé par unepatate UNE POUDRE provenant de l'amidon des pommes de terre favoriserait la coagulation du sang et pourrait ainsi sauver des vies, selon un chercheur de la clinique Mayo, au Minnesota.Cette poudre, au contact du sang, formerait immédiatement un caillot, a expliqué Mark Ereth lors du dernier congrès de la Société américaine des anesthésistes.Selon lui, contrairement aux agents coagulants actuels, à base de protéines, cette poudre d'amidon n'aurait pas besoin d'être réfrigérée avant d'être utilisée.Et sa structure chimique ferait en sorte qu'elle se décompose dans notre corps en moins de 30 minutes, ce qui réduit les risques de réaction du système immunitaire.Hyperactif obèse SI VOUS êtes obèse, il est possible que vous souffriez d'un problème d'hyperactivité.Ce qui expliquerait pourquoi tant d'adultes obèses ont de la difficulté à suivre un régime ou un programme d'exercices.Selon Jules Altfas, psychiatre au Centre médical du comportement, à Portland, 27 % des 215 personnes obèses observées souffraient en effet de ce que les experts appellent le syndrome du déficit d'attention (Attention Deficit Disorder), une forme d'hyperactivité.Tête rouge, coeur chaud LES ROUQUINES souffrent-elles plus que les blondes et les brunes?C'est en tout cas ce que prétend le chercheur américain Edwin Liem, qui affirme qu'il leur faut un cinquième d'anesthésique de plus qu'aux autres pour ne plus sentir de douleur.Il faudrait une étude plus poussée pour en être sûr, mais il pourrait y avoir une explication logique: les cellules de la peau et des cheveux ont des récepteurs dont le rôle est d'ajuster la pigmentation.Ces cellules, chez les roux, produisent davantage d'une hormone qui active ces récepteurs \u2014 mais qui active également un récepteur du cerveau qui augmente la sensibilité à la douleur.\u2014Agence Science-Presse O L I V I E R - L O U I S ROBERT collaboration spéciale Deux expériences en sciences de la vie, commanditées par le programme des sciences spatiales de l'Agence spatiale canadienne (ASC), sont présentement en orbite dans le cadre de la mission STS-107 qui se déroule à bord de la navette Columbia.L'expérience OSTEO-2 (pour OSTeoporisis Experiments in Orbit-2) étudie les mécanismes de la décalcification causée par l'ostéoporose, en plus d'évaluer un nouveau traitement pour cette maladie, qui touche 1,4 million de Canadiens.L'expérience portant sur la croissance de cristaux de protéines dans l'espace, à laquelle collaborent l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'Université de Toronto, l'Université de la Saskatchewan ainsi que l'Institut de recherche en biotechnologie, trouvera à terme des applications dans la lutte contre le cancer et le diabète, ainsi que contre les bactéries antirésistantes.Lors de son vol historique, en octobre 1998, le sénateur John Glenn s'était désigné lui-même pour s'occuper de la première version d'OSTEO, vu son intérêt personnel pour toutes les expériences contribuant à mieux comprendre le processus de vieillissement sur Terre.« J'ai toujours été frappé par la similarité entre ce qui arrive aux astronautes dans l'espace et ce qui affecte les personnes âgées ici sur Terre », avait-il déclaré à La Presse peu de temps avant sa participation à la mission STS-95.« Dans les deux cas, (.) les tendances à l'ostéoporose sont plus élevées.» Lors de séjours de longue durée dans l'espace, les astronautes peuvent perdre jusqu'à 2 % de leur masse osseuse chaque mois.Le mécanisme moléculaire responsable de cette déperdition osseuse est encore mal connu et aucune contremesure efficace n'existe à ce jour.À la suite du retour au sol d'OSTEO- 1, on a constaté une décroissance nette de la minéralisation osseuse des cellules cultivées dans l'espace.OSTEO-2, qui se déroule dans un caisson-laboratoire mis au point par la firme Millenium Biologix, de Kingston, en Ontario, devrait donc améliorer la compréhension de ce phénomène.En fait, l'expérience regroupe trois projets de recherche.Une équipe de l'hôpital St.Michael's de Toronto étudie l'utilisation des hormones dans le but d'accroître la formation osseuse en microgravité.Une équipe de la University Health Network, de Toronto, étudie la manière dont les troubles du sommeil et des fonctions immunitaires peuvent avoir une incidence sur le métabolisme osseux.Dennis Sindrey, de Millenium Biologix, étudie quant à lui, de concert avec le Dr Bradford Brinton, de NPS Pharmaceuticals, les effets, à l'échelle moléculaire, de l'ajout d'une hormone qui pourrait accroître efficacement la densité osseuse.Cela permettrait, par exemple, de prévenir les fractures chez les femmes ménopausées.L'Europe à bord Fait à noter, une autre expérience sur l'ostéoporose se trouve à bord de la navette Columbia.Il s'agit de l'expérience ERISTO (European Research in Space and Terrestrial Osteoporisis).Grâce à une entente entre l'agence canadienne et l'ESA (Agence spatiale européenne), Eristo se déroule sur l'installation de culture cellulaire utilisée lors d'OSTEO- 1.Pour réaliser son expérience sur la croissance de cristaux de 10 protéines, l'Agence spatiale canadienne a réservé 144 puits de cristallisation sur les 1008 que contient l'installation commerciale CMPCG (Commercial Macromolecular Protein Crystal Growth).Afin de maximiser sa participation à la mission de Columbia, l'ASC a établi une coopération scientifique avec l'agence spatiale japonaise NASDA (qui a aussi réservé 144 puits) pour échanger les résultats scientifiques.« La raison pour laquelle on fait croître des cristaux dans l'espace, c'est avant tout parce qu'il est difficile sur Terre d'obtenir des cristaux de protéines bien formés, à cause d'effets associés à la pesanteur comme la sédimentation et la convection », explique Jurgen Sygusch, biologiste spécialisé en structures chimiques à l'Université de Montréal.« Nous étudions les protéines cristallisées pour comprendre l'interaction des molécules entre elles.» Une compréhension précise de la structure moléculaire d'une protéine aide à mettre au point des médicaments plus efficaces et comportant moins d'effets secondaires.« Plus un cristal de protéine est pur, plus, par la suite, on a de connaissance de sa structure moléculaire et surtout, de son site actif.Après ça, c'est la grande aventure de l'analyse et de la conception du médicament qui commence.» Les sept astronautes de Columbia, en orbite depuis jeudi, travaillent à réaliser les quelque 80 expériences de la mission STS-107 en sciences spatiales, en sciences de la terre, en développement de technologies avancées ainsi qu'en sciences de la vie.Une mission scientifique qui complémente les recherches menées à bord de la Station spatiale internationale.Afin de permettre des opérations 24 heures sur 24 pendant cette mission d'une durée de 16 jours, ils sont divisés en deux équipes.Le Red Team est composé du commandant Rick Husband (il avait été le pilote de la mission STS-96 à laquelle avait participé Julie Payette en mai 1999), des spécialistes de mission Kalpana Chawla et Laurel Clark, ainsi que du spécialiste de charge utile Ilan Ramon, le premier citoyen israélien dans l'espace.Le Blue Team réunit le pilote William Mc Cool ainsi que les astronautes David Brown et Michael Anderson.Provenant des États-Unis, de l'Europe, de la Chine, du Canada, du Japon, d'Israël et d'Australie, ces expériences sont logées pour la plupart dans le module double Spacehab, installé dans la soute de Columbia, ainsi que dans le compartiment intermédiaire de la navette.Ilan Ramon, un colonel de l'armée de l'air israélienne né le 20 juin 1954 à Tel Aviv, est notamment responsable de l'expérience israélienne MEIDEX (Mediterranean Israeli Dust Experiment), une caméra multispectrale qui étudie la distribution et les propriétés physiques de la poussière de désert au-dessus de l'Afrique du Nord et de la Méditerranée.La caméra MEIDEX est montée, avec les six autres équipements formant les expériences Freestar, sur une pallette située à l'arrière de la soute de Columbia.Fait à noter, la présente mission de Columbia est la première à être soutenue par le Centre d'appuis PCG de l'Agence spatiale canadienne, à Saint-Hubert.Le téléphone cellulaire, objet de controverse.Photothèque La Presse, la NASA et OLIVIER-LOUIS ROBERT, collaboration spéciale Le Dr Jurgen Sygusch (en haut à gauche), biologiste spécialisé en structures chimiques à l'Université de Montréal, s'intéresse aux protéines cristallisées pour comprendre l'interaction des molécules entre elles.L'expérience de Columbia lui permettra de réunir de précieuses données à cet effet.Ce dispositif de culture cellulaire d'ostéoporose (en haut à droite), de conception canadienne, a été utilisé lors de la mission de John Glenn, en 1998.Il l'est de nouveau au cours de la présente mission Columbia.Quant à Ilan Ramon, au centre à droite), il est le premier le premier citoyen israélien à voler dans l'espace.En bas, la navette Columbia, alors qu'elle se trouvait encore sur sa rampe de lancement. 7LP0701F0119 f7 19 janv 7LP0701F0119 ZALLCALL 67 18:15:30 01/18/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 9 J ANV I E R 2 0 0 3 F 7 - L'Europe, ce sera pour une autre fois, ajoute-t-il.Il n'en dit pas davantage.Un ange passe.Puis un deuxième.Une armée angélique envahit l'espace.Je ne peux pas la combattre.- Et ce texte que tu veux me faire lire?demande-t-il.- Demain?dis-je.- J'ai hâte.J'avais tellement hâte que j'ai troqué Paris pour Dawson City! Le pire, c'est que c'est vrai, et je n'en reviens tout simplement pas.CHAPITRE 130 Mon cahier sous le bras, je mords ma lèvre inférieure.- Es-tu prête?demande Emmanuel, qui vient de s'asseoir au bord du Klondike.Je lui fais signe que oui et je lui tends La Lumière blanche.Il entame la première page.Je reste debout, me place derrière lui de façon à pouvoir lire par-dessus sa tête.Je suis rongée par le trac, autant qu'avant d'entrer en scène.Pur calvaire.- 114 - Je suis très gênée tout à coup.Très-très-très gênée.Je lance: - Bon, moi, je vais avoir grand besoin de me rafraîchir le gosier! - Bonne idée! me dit-il.- Je me change et je te rejoins au bar! - À tout à l'heure, fait-il avant de quitter la loge.- Very nice boy, me dit Amy qui a fini de se démaquiller.Clara et Gyna dite Carmencyta, les deux autres danseuses, ne manquent pas de renchérir en sifflant allègrement et en choeur les premières notes d'une marche nuptiale archi-connue.Je leur tire la langue puis je m'assois face au miroir illuminé.En m'emparant du pot de démaquillant, je sens les picotements qui recommencent à s'agiter au bout de mes doigts.Je fais bouger mes mains pour activer ma circulation sanguine.La pensée qui me traverse l'esprit me secoue.En me déshabillant, je me surprends à dire: - Zifirine, tu y comprends quelque chose, toi?CHAPITRE 129 Il m'attend à une table, au fond de la salle.En traversant la pièce, je sens la nervosité m'envahir.Il me voit.Je m'assois en face de lui.Il me demande: - Et le Yukon?Je lui parle de l'immensité, de la lumière rose, des nuits claires, de mon ami Sylvain, de sa pièce, de sa copine Sylvie.Je ne dis rien à propos de ma rencontre avec Sabrina Rasa.Je lui demande: - Et toi?- J'ai travaillé très fort.J'étais mûr pour des vacances.Il s'apprêtait à partir pour l'Europe.Ma lettre lui a fait changer sa destination.Avec plaisir.Emmanuel tourne la première page.La bougeotte me démange.Je me mets à mordiller l'intérieur de ma joue.Il faut que je déguerpisse d'ici au plus sacrant; sinon, je risque de m'adonner à l'autocannibalisme.- Je vais me promener, dis-je à Emmanuel.Il n'a même pas levé les yeux.Je ne vais pas loin.En réalité, je rôde, anxieuse, aux alentours de mon lecteur complètement absorbé.Je lui jette un coup d'oeil, puis m'éloigne de nouveau, pour revenir aussitôt et repartir aussi vite.C'est intenable.CHAPITRE 131 Le cahier déposé sur ses genoux, Emmanuel ne parle pas.Il me regarde.J'attends.Je ne sais pas quoi au juste, mais j'attends.- Tu ne t'assois pas?me demande- t-il enfin.- Non.J'aurais envie de me remettre à errer dans les environs.Je me retiens.Les accusés en attente de leur jugement doivent ressentir une peur semblable.- Si je te dis que j'ai vibré de la première à la dernière page, tu vas penser que je veux te faire plaisir.Alors je ne le dirai pas.Je regarde Emmanuel.À demi incrédule, à moitié soulagée, je me laisse tomber dans l'herbe.Au ralenti.À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 2000 Éditions Québec Amérique Inc.ROM19JR BEN LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC19JRM 7LP0801F0119 F8 dimanche oiseaux 7LP0801F0119 ZALLCALL 67 22:12:23 01/18/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 9 JANVIER 2003 Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Même si plusieurs individus passent l'hiver avec nous, la majorité des étourneaux sansonnets hivernent un peu plus au sud.Merlebleus d'hiver À TIRE-D'AILE p g i n g r a s @ l a p r e s s e .c Le monde des oiseaux ne finit jamais d'étonner.Prenez le merlebleu de l'Est, par exemple.Mercredi dernier, chez Pierre Chartrand, à Hemmingford, ils étaient sept ou huit dans l'érable, en face de la maison.Le thermomètre indiquait -22°.Petits cachottiers ! « Les oiseaux avaient gonflé leur plumage de telle sorte qu'ils ressemblaient presque à des tourterelles tristes, raconte-t-il.À chaque fois que nous les apercevons, c'est la surprise.Quand les Chartrand ont emménagé dans leur coin de pays, en 1994, un ornithologue amateur leur a suggéré d'installer des nichoirs à merlebleus dans leur jardin.Ils ont été comblés.Si bien que même si le verger tout près a depuis laissé la place à un champ de maïs et que le verglas de 1998 a massacré la végétation environnante, deux couples nichent encore chez eux.Mais les oiseaux doivent batailler ferme contre les hirondelles pour conserver leurs nichoirs, fait valoir l'observateur.C'est la première fois que les merlebleus restent si tardivement.Ils se nourrissent notamment dans les sorbiers couverts de fruits rouges, un festin bien apprécié.Est-il normal d'observer ce bel oiseau en plein hiver ?Comme c'est le cas pour une foule d'espèces, ce n'est pas tant le froid qui fait obstacle à la présence du merlebleu chez nous durant la saison froide.C'est plutôt la difficulté de trouver de la nourriture.Je me souviens de cet éleveur qui gardait ses canaris en volière à l'extérieur durant tout l'hiver et de cette conure veuve, un joli perroquet vert, qui a aussi survécu au froid hivernal.Mais ces oiseaux pouvaient manger à leur faim, ce qui leur permettait de combattre les rigueurs du climat efficacement.La situation est bien différente dans le cas des espèces exclusivement insectivores.En dépit de son comportement estival, le merlebleu, lui, ne fait pas partie de ce groupe puisqu'il se nourrit de fruits ou de petites baies au cours de l'hiver.D'ailleurs, son régime alimentaire est plus varié qu'on le croit généralement.L'été, s'il se précipite au sol du haut d'un perchoir pour capturer des sauterelles bien dodues, il avalera volontiers un ver de terre, un petit lézard ou même une grenouille arboricole, s'il en a l'occasion.Il ne dédaigne pas non plus grignoter du beurre d'arachides mélangé à de la farine de maïs, comme cela se fait parfois sur les territoires d'hivernage, aux États-Unis, nous dit John K.Terres dans son Audubon Society Encyclopedia of North American Birds.Il n'en reste pas moins que la présence de merlebleus au Québec en plein hiver est exceptionnelle.Habituellement, ils migrent dans le sud, du centre des États-Unis jusqu'au Mexique.Mais il leur arrive de quitter leur territoire de nidification nordique tardivement, parfois en janvier.En fin de semaine dernière, trois d'entre eux était encore observés au bois de l'Île-Bizard.En 1993, une quinzaine d'entre eux avait été signalés jusqu'au 15 janvier au parc d'Oka.Mais le plus étonnant, c'est que depuis deux ans, quelques-uns ont passé tout l'hiver chez nous, justement dans le coin d'Hemmingford.Rappelons que le merlebleu de l'Est niche à partir du sud du Québec jusqu'en Amérique centrale (Nicaragua) en passant par l'est des États-Unis et le Mexique.Chez nous, il s'agit d'un migrateur printanier hâtif, car il nous arrive souvent dès la mi-mars, une période qui n'est pas la plus chaude de l'année.L'espèce élève deux couvées par année.Le merlebleu niche dans des cavités d'arbres, mais doit cependant faire face à la compétition de l'hirondelle bicolore, du moineau domestique, et dans une moindre mesure, à celle du troglodyte et de l'étourneau sansonnet, qui l'évincent sans ménagement de son nid.Mais cette compétition aurait peu d'impact sur la population puisque de nombreuses cavités restent libres, notamment les nichoirs construits à son intention.Une étude réalisée en 1993 par la Société linnéenne du Québec avait permis de déterminer que sur 4359 nichoirs à merlebleu examinés en fin de saison de nidification, 35 % n'avait pas été occupé.Le merlebleu s'était installé dans 11 % d'entre eux, mais pas moins de 47 % des nichoirs avaient été utilisés par l'hirondelle bicolore.Le moineau domestique et le troglodyte familier avaient pris possession à parts égales d'environ 90 nichoirs soit autour de 2 % des cabanes.L'étourneau sansonnet ne figure pas dans les statistiques, l'entrée des nichoirs étant trop petite pour qu'il puisse s'y faufiler.Étourneaux du froid Parlant de froid et d'étourneaux, Michel Périard, de Repentigny, s'étonne pour sa part d'avoir vu plusieurs de ces oiseaux, il y a une quinzaine de jours.« Est-ce à dire que certains sujets demeurent au Québec durant l'hiver ?J'ai été frappé d'en voir une bande si tard en saison.Suis-je si peu observateur ou est-ce un phénomène plutôt rare?» demande-t-il.C'est que M.Périard a toujours cru que les grands rassemblements d'étourneaux au cours de l'automne étaient précurseurs de la migration vers le sud.Aujourd'hui, il est sceptique, les ouvrages qu'il a consultés n'étant pas clairs sur le sujet.La plupart de « nos » étourneaux hivernent en effet un peu plus au sud, dans les États américains.Toutefois, plusieurs passent aussi l'hiver avec nous, notamment en milieu urbain où ils peuvent trouver des endroits confortables où passer les nuits froides.Certains peuvent aussi s'attarder très tardivement dans le nord.Lors des recensements de Noël qui ont lieu du 14 décembre au 5 janvier, ils figurent toujours parmi les oiseaux les plus nombreux.Ces populations hivernantes sont composées à 70 % de mâles et s'installent non loin de sources alimentaires comme les dépotoirs ou, en milieu rural, près des réservoirs à grains.Ce qui n'empêche pas plusieurs oiseaux de mourir de froid et de faim, particulièrement par températures sibériennes ou encore quand la nourriture est plus difficilement accessible, à la suite d'une tempête de neige ou de la formation de verglas.Par ailleurs l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec nous dit que certains étourneaux ne migrent pas tous les hivers et que le comportement migratoire peut même varier parmi les individus d'une même nichée.Quel est l'avantage pour un étourneau ou un merlebleu de passer l'hiver ici ?Ils seront les premiers sur place au printemps pour s'approprier les meilleurs territoires de nidification.Photo LOUISE MORIN, collaboration spéciale.Cliché soumis au concours Le Biodôme/La Presse Avec son dos bleu ciel et sa poitrine rousse, le merlebleu de l'Est a toujours été un oiseau apprécié, d'autant plus qu'il s'installe volontiers dans les nichoirs installés àson intention.Insectivore l'été, il se nourrit de petits fruits au cours de l'hiver, ce qui permet àcertains individus de passer la saison froide avec nous au lieu d'émmigrer vers le sud.LE CARNET D'OBSERVATION Mangeoires : les visiteurs se font attendre ENCORE DE nombreux courriels ces derniers temps déplorant l'absence d'oiseaux aux mangeoires.Clément Vaillancourt, de La Malbaie, demande par exemple si les vaporisations d'insecticides reliées au virus du Nil occidental pouvaient être en cause.Je ne le crois pas.S'il y traitement des eaux stagnantes au printemps dans certaines municipalités, c'est pour réduire la population de maringouins et nous rendre la vie plus agréable durant l'été.Comme le territoire où évoluent les oiseaux se mesure à l'échelle régionale sinon continentale, ces contrôles n'ont probablement aucun impact sur la prolifération du virus.Signalons d'autre part que la rareté d'oiseaux aux mangeoires peut être attribuable à de nombreux facteurs, notamment à la grande quantité de nourriture disponible dans leurs habitats, le couvert de neige étant encore limité, du moins c'était toujours le cas au début de la semaine.Et il est difficile de généraliser la situation.Les réseaux de mangeoires entretenus par le Jardin botanique de Montréal et les Amis de la montagne, sur le mont Royal, semblent être fréquentés assidûment, du moins si on se fie à ceux qui les entretiennent.Par contre au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin, à Granby, les visiteurs du poste d'alimentation situé devant le pavillon d'accueil se font plus rares cette année par rapport à janvier 2002.D'ailleurs, le dernier recensement de Noël mené sur ce territoire a aussi été peu productif.Par ailleurs, la mangeoire installée derrière la maison, chez moi sur la Rive-Sud, n'a pas été très fréquentée non plus, les oiseaux préférant plutôt la table bien garnie du voisin.Mais une quinzaine de tourterelles tristes s'y donnent rendez-vous chaque jour et certaines y font même la sieste.Son de cloche très différent cependant de la part de Danielle Pomerleau.Il y a foule chez elle.« Ne cherchez plus les chardonnerets, ils sont tous à Sainte-Adèle, écrit-elle.Nous avons le grand plaisir d'accueillir à notre silo à chardon jusqu'à 20 chardonnerets à la fois.Comme on n'y compte que huit perchoirs, plusieurs patientent en consommant du carthame et du tournesol noir.» Chez les Pomerleau, mésanges à tête noire et geais bleus, parfois en groupes de six ou sept, se bousculent aussi quotidiennement aux mangeoires, sans oublier d'autres visiteurs comme la sittelle à poitrine rousse et le pic mineur.Un dernier mot : il faut se rappeler que si bon nombre de chardonnerets jaunes passent l'hiver avec nous, la grande majorité est migratrice et hiverne plus au sud.En bref.> « HIER (c'était en septembre), nous avons eu la chance d'observer cinq pics flamboyants qui se nourrissaient d'insectes dans les arbres et au sol, dans un petit bois, à Aylmer, dans l'Outaouais, écrit Michel Proulx.C'était la première fois qu'on avait la chance d'observer ce bel oiseau.Est-il inhabituel de le retrouver en groupe ?» Pas vraiment.On peut les voir souvent en couple, mais aussi en famille, comme cela semble être le cas ici.> À LA SUITE de la chronique sur les oiseaux familiers qui viennent manger sur le bout de nos doigts, Marc-Antoine Montpetit mentionne que sa copine a déjà vu un bruant chanteur se poser dans sa main au Jardin botanique de Montréal.Pour sa part, il est arrivé à quelques reprises que des bruants se posent sur sa tête lorsqu'il était à l'affût, à la chasse aux canards.> PAUL MARLEAU, rue Saint-Urbain, à Montréal, demande s'il est habituel qu'un cardinal se frappe à la fenêtre tous les jours, le matin et en après-midi ?L'oiseau vient d'ailleurs cueillir des graines de tournesols noirs qui sont déposées sur le rebord de cette fenêtre.La scène donne lieu « à un ballet quotidien dont toute la famille est enchantée », écrit-il.Nous avons abordé ce sujet à maintes reprises dans nos pages.Votre oiseau, ne fait que tenter de chasser le reflet de son image dans la vitre, reflet qu'il confond avec un autre mâle envahissant son territoire.> « Juste un petit mot pour vous informer que l'on observe un corbeau albinos dans notre région depuis quelque temps.Je l'ai vu à deux reprises la semaine dernière.Nous demeurons à Val-David, près du lac à la Truite, dans le domaine Chanteclerc.» C'était signé Gilles Bourgoin, 25 décembre.> LETTRE accompagnée de photos d'un oiseau totalement albinos photographié à Baie-Comeau en août dernier par Valois Turcotte.L'oiseau était sur le sol avec plusieurs congénères noirs.Il s'agit probablement d'un vacher à tête brune, le cliché n'étant pas assez clair pour permettre une identification formelle.Photo JEAN BOISSONNEAULT, collaboration spéciale.Cliché soumis au concours Le Biodôme/La Presse Pic flamboyant en train de nourrir sa nichée."]
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