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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Cahier spécial: Columbia
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-02-03, Collections de BAnQ.

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[" 1LP0101B0203 b1 lun 1LP0101B0203 ZALLCALL 67 22:54:16 02/02/03 B 1LP0201B0203 B-2 lundi 1LP0201B0203 ZALLCALL 67 22:52:18 02/02/03 B B2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 La construction de la station spatiale internationale se poursuit malgré tout Les Russes, qui ont fait décoller un vaisseau inhabité hier, proposent de prendre la relève LAURA-JULIE PERREAULT LA TRAGÉDIE spatiale qui a coûté la vie à sept astronautes samedi n'a pas dissuadé les Russes de poursuivre la conquête de l'espace.Hier, moins de 24 heures après la désintégration en plein vol de la navette Columbia, les Russes ont fait décoller un vaisseau de leur base spatiale du Kazakhstan.Ce vaisseau, baptisée Progrès M- 47, était cependant inhabité.Il portait à son bord du fioul, des vivres, de l'équipement scientifique, de la documentation et des colis destinés aux trois astronautes, deux Américains et un Russe, qui vivent et travaillent dans la station spatiale internationale depuis maintenant 71 jours.L'envoi du vaisseau, attaché à une fusée Soyouz, laisse entrevoir l'avenir rapproché de la station.Les vols habités de la NASA étant suspendus pour le moment, les Russes proposent de prendre la relève.« Il est possible que l'approche concernant l'emploi de navettes soit révisée afin d'assurer plus de sécurité.Probablement, pendant un certain temps, l'accent sera mis sur les systèmes russes de livraison de cargaison et d'équipage », a affirmé l'astronaute russe Youri Ousatchev, hier.Il était lui-même à la tête de la deuxième équipe internationale à faire un séjour dans la station en 2001.Tenir jusqu'en juin ?La NASA soutient que les trois « citoyens » de la station internationale disposent des ressources nécessaires pour demeurer en orbite jusqu'en juin prochain.Mais advenant un problème, ils pourront en tout temps utiliser un véhicule d'urgence russe, déjà attaché à la station.« La NASA considère que ces véhicules sont sûrs et ne craint en aucun cas de les utiliser », a dit à La Presse un des agents d'information de la NASA.Ce véhicule, conçu pour trois passagers, oblige les agences spatiales à n'envoyer que trois astronautes à la fois dans l'espace.Les trois membres de l'équipe 6 de la station, Kenneth Bowersox, Donald Pettit et Nikolai Boudarine, sont en orbite à 400 km de la Terre depuis novembre dernier.La navette Endeavour les y a déposés.C'est Atlantis qui devait récupérer les astronautes en mars.Pour l'instant, les autorités de la NASA ignorent toujours si les vols de navettes pourront reprendre avant cette date.Une autre fusée Soyouz russe, qui s'y rendra en avril, pourrait aussi récupérer les trois hommes en avril.Délai dans la construction Malgré la possible collaboration russe, l'arrêt temporaire des vols de navettes de la NASA plonge l'avenir de la station spatiale dans le noir.Des délais majeurs dans la construction de la station sont déjà annoncés par les Russes et les Américains.L'année 2003 devait d'ailleurs être déterminante pour la base internationale.Cinq vols de la NASA devaient s'y rendre pour participer à son agrandissement d'ici la fin de l'année.Aucun des vaisseaux russes n'a la taille nécessaire pour transporter les pièces de construction nécessaires.Du côté américain, il était aussi dans les plans d'envoyer une enseignante dans l'espace.Barbara Morgan était prête à faire face au défi que Christa Mc Auliffe, membre de l'équipage de la navette Challenger, qui a explosé en 1986, n'a jamais eu la chance de relever.Sergei Gorbounov, porte-parole de l'agence spatiale russe Rosaviakosmos, annonçait hier que les activités d'expansion de la station sont suspendues jusqu'à nouvel ordre et que seules les expériences scientifiques pourront aller de l'avant.Les Russes n'ont pas manqué non plus de remarquer que, s'ils étaient prêts à mettre les bouchées doubles pour pallier l'annulation des vols des navettes de la NASA, ils ne disposent pas des budgets pour le faire.À l'origine, la construction de la station spatiale internationale devait prendre fin en 2004.Rassemblant 15 partenaires internationaux, le projet de 60 milliards $ est financé à 80 % par la NASA.La taille de la station spatiale actuelle est comparable à celle d'une maison de trois chambres à coucher.Cette année seulement, la station aurait doublé de volume.\u2014 Avec la collaboration du Moscow Times, d'Interfax, de Lenta.ru, de l'Associated Press et du New York Times.Photo REUTERS Le vaisseau russe Progrès M-47 a pris la direction de la station spaciale internationale hier, avec àson bord des vivres, du fioul, de l'équipement scientifique, de la documentation et des colis destinés aux trois astronautes, deux Américains et un Russe, qui vivent et travaillent dans la station spatiale internationale depuis maintenant 71 jours.La navette Columbia a connu des ennuis dès le départ, en 1981 Le premier lancement avait dû être retardé L'astronaute Jean-François Clervoy évoque une « perte de contrôle » Agence France-Presse PARIS \u2014 Le Français Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne, interrogé sur les causes possibles de l'explosion de la navette Columbia, a déclaré que « cela ressemble à une perte de contrôle ».La navette, a-t-il déclaré sur la radio France Infos samedi, requiert un « contrôle de pilotage extrêmement fin, à la fois en incidence (.) et avec une coordination d'action avec 44 petits moteurs fusée et des gouvernes aérodynamiques, et donc si le contrôle n'arrive pas à maintenir cet angle d'attaque en mode hypersonique, on peut facilement perdre le contrôle ».Quant à la perte de contrôle, « on peut tout imaginer », a-t-il poursuivi, évoquant par exemple « une perte de puissance hydraulique », ou encore, « le logiciel de vol qui aurait envoyé une mauvaise commande à un moment donné, lorsque la navette commence à entrer dans les couches denses de l'atmosphère ».Il a rendu hommage à ces « collègues et amis qui ont payé de leur vie leur volonté de faire avancer la science ».« L'équipage était l'un des plus entraînés de tous ceux qui ont volé jusqu'à présent parce que leur vol avait été retardé à plusieurs reprises, donc on peut dire que dans le cockpit, je suis certain qu'ils étaient prêts à réagir à toute anomalie.Cette perte de contrôle a dû surprendre l'équipage à bord, autant qu'elle a surpris l'équipage au sol.» « Il est souvent admis que la phase propulsée au décollage est beaucoup plus risquée que la phase de rentrée parce qu'elle met en jeu des énergies extraordinaires », a indiqué Jean-François Clervoy.« C'est toute la côte est des États- Unis en puissance électrique qui est consommée au décollage, alors qu'à la rentrée, la navette (.) effectue une trajectoire de plané, donc sans utilisation de moteur pour avancer », a-t-il fait remarquer.DENIS DION DÈS LE DÉPART, même avant son tout premier lancement, la navette spatiale Columbia a connu des ennuis de tuiles.Bien sûr, il est encore beaucoup trop tôt pour affirmer que la catastrophe de samedi dernier est attribuable en partie aux dommages qui auraient été causés aux tuiles thermiques lors d'un choc avec un isolant au moment du décollage.Ce que l'on sait, par contre, c'est que ces tuiles sont essentielles à l'intégrité physique du véhicule.Au cours du premier lancement de la pionnière des navettes, le dimanche 12 avril 1981, le décollement d'un certain nombre de tuiles du ventre de l'engin avait créé des inquiétudes sérieuses pour la vie des astronautes John Young et Robert Crippen.En relisant les articles que j'avais écrits à cette époque depuis Houston (envoyé spécial de La Presse, dont j'étais alors le chroniqueur scientifique), il m'est revenu à l'esprit que ces tuiles avaient causé toutes sortes d'embêtements aux créateurs de la navette, avant même son lancement.En fait, le premier lancement avait dû être retardé, non pas à cause des tuiles, mais parce qu'il y avait eu un problème d'ordinateurs à bord de la navette.Je me souviens de m'être levé avant l'aube, en ce vendredi 10 avril 1981, pour assister depuis le centre de contrôle à cette grande première qui allait bouleverser l'exploration spatiale.Mais au petit matin, on nous a annoncé que les ordinateurs de Columbia refusaient de communiquer entre eux.Le départ a été remis au dimanche.Ce jour-là, Columbia s'est élancée dans le ciel floridien, projectile pataud dont l'énorme réservoir central avait été peint en blanc.(On a rapidement abandonné cette pratique, pour des raisons d'économie).Peu après le décollage, il a été établi que 15 tuiles s'étaient détachées de la navette, la plus grande faisant 20 cm2.Les 14 autres tuiles, qui protégeaient le carénage des deux moteurs de manoeuvre en orbite, étaient de dimensions plus réduites.Ces tuiles sont fascinantes ; l'échantillon que j'ai chez moi, qui m'avait été donné par la NASA, me rappelle toujours leur fonction vitale.La chose pourtant ne paie pas de mine : on dirait un vulgaire morceau de foam blanc, assez rugueux au toucher.Mais ces petites merveilles, au nombre d'environ 34 000, forment le bouclier thermique du vaisseau et recouvrent près de 70 % de sa surface, plus particulièrement le ventre et le nez de l'appareil.Elles sont constituées de 90 % d'air et de 10 % de fibres de silice tirées d'un sable de très grande qualité.Toutes différentes les unes des autres, ces tuiles portent chacune un numéro particulier qui permet à un ordinateur d'en fabriquer une réplique au besoin.Elles sont collées une à une, à la main, sur une membrane elle-même collée à la « peau » de métal de la navette.Les tuiles thermiques retenues par la NASA semblent nées sous un mauvais signe : la première fois qu'elles ont été soumises à une contrainte le moindrement importante, plusieurs d'entre elles se sont en effet décollées.L'incident est survenu lors du transport de Columbia de la Californie vers la Floride sur le dos d'un Boeing 747 modifié.Il a fallu consacrer plus d'un million $ (en 1981) à leur remplacement et trouver une nouvelle Crazy Glue capable de les fixer pour de bon à la carapace de Columbia.Pourquoi ces tuiles sont-elles primordiales ?Pour la simple raison que la rentrée dans l'atmosphère est une véritable descente aux enfers pour la navette.Ainsi, on estime qu'au moment de l'accident de Columbia, samedi, la navette filait à environ huit fois la vitesse du son et qu'elle était soumise à des températures de l'ordre de 1500oC.On imagine facilement la contrainte thermique imposée à l'engin spatial si des tuiles manquent à des endroits stratégiques de sa structure.Ce ne fut pas le cas, heureusement, lors du vol inaugural de Columbia.À son retour, j'avais écrit : « Dans le ciel californien d'un bleu pur, la navette prend forme, le soleil brille sur ses flancs, un chasseur de l'aviation lui tient compagnie comme un maringouin à l'affût d'un appétissant mammifère tombé d'un arbre céleste.» Samedi dernier, le destin a abattu le grand arbre invisible.L'aile gauche de la navette aurait dû être vérifiée Photo AFP Chaque jour, de nouveaux débris en provenance de la navette Columbia sont retrouvés, comme ici, près de l'autoroute 21 à Douglas, au Texas.Associated Press BERLIN \u2014 Le spationaute allemand Ulrich Richter, qui avait voyagé à bord de Columbia en 1993, a jugé hier que la NASA aurait dû ordonner une sortie dans l'espace pour vérifier que l'aile gauche de la navette américaine n'avait pas été endommagée lors du décollage.« C'est ce que la NASA aurait dû faire.On aurait pu inspecter l'aile gauche dans l'espace et on aurait alors probablement pu déterminer qu'il y avait des dégâts majeurs », a déclaré Ulrich Richter sur la chaîne N-TV.Néanmoins, les responsables de la NASA ont écarté l'idée d'une sortie dans l'espace, et Ulrich Richter n'a pas dit si les astronautes auraient pu, selon lui, réparer un bris des tuiles thermiques pour empêcher la navette de brûler lorsqu'elle rentre dans l'atmosphère terrestre.Le chef de projet des navettes de la NASA, Ron Dittemore, a expliqué samedi que, si des dégâts au décollage étaient responsables de l'accident, les astronautes n'auraient rien pu faire en orbite pour réparer les tuiles.Même s'ils avaient pu effectuer une sortie d'urgence dans l'espace, il n'était pas possible qu'un astronaute puisse inspecter sans danger le dessous des ailes, a-t-il soutenu. 1LP0301B0203 B3LUNDI 1LP0301B0203 ZALLCALL 67 22:38:15 02/02/03 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 3 F É V R I E R 2 0 0 3 B 3 Saint-Hubert doublure de Houston?LAURA-JULIE PERREAULT EN COMPARAISON avec le célébrissime centre de contrôle du Johnson Space Center, les moyens de communication de l'Agence spatiale canadienne (ASC) de Saint-Hubert sont bien modestes.Mais peut-être plus pour longtemps.La responsable des communications de l'ASC, Monique Billette, apprenait hier à La Presse que le petit centre de contrôle de Saint-Hubert pourrait éventuellement devenir la doublure de celui de la NASA.« Ça impliquerait que nous ajoutions beaucoup d'équipements.En ce moment, notre centre de contrôle est le cinquième de celui de Houston », commentait hier Mme Billette.Advenant une panne d'électricité, une attaque terroriste ou tout autre accident qui rendrait le centre de Houston inutilisable, celui de Saint-Hubert pourrait prendre la relève pour communiquer avec les astronautes en mission.Toutefois, l'ambitieux projet n'est pour l'instant qu'à l'étape de l'étude, avoue la responsable des relations avec les médias.Que des Canadiens soient ou non à bord des navettes en mission, tous les mouvements du bras canadien installé sur la station spatiale internationale sont surveillés de près par les ingénieurs de Saint-Hubert.Une perte scientifique Les chercheurs canadiens qui confient une partie de leurs expériences à des astronautes ont aussi le loisir d'observer à partir du centre de contrôle comment se déroulent les opérations en apesanteur.« Ils peuvent même communiquer avec les astronautes s'ils le veulent », note Mme Billette.Jurgen Sygusch, professeur de biochimie à l'Université de Montréal, n'a pas communiqué directement avec les membres de la mission STS-107 qui étaient responsables d'une partie de sa recherche.« Mais vendredi, nous avons regardé les indicateurs pour voir comment tout se passait et j'étais vraiment très content.C'est la septième fois que nous envoyons un échantillon dans l'espace et nous avions réussi à éviter pas mal toutes les erreurs », explique le chercheur, responsable d'un projet de recherche sur les cristaux de protéines.M.Sygusch était atterré lorsqu'il a appris que la navette, les membres de l'équipage et les 80 expériences scientifiques qu'ils ramenaient à bord étaient perdus à jamais.« C'est une grande perte humaine.Mais, dans un deuxième temps, c'est une grande perte scientifique », croit le chercheur.Il espère convaincre bientôt les autorités canadiennes de faire une petite place à son projet scientifique sur la station spatiale internationale.« En fournissant le bras canadien, le Canada a accès à un certain nombre de mètres cubes pour les expériences scientifiques.La nôtre prendrait une toute petite fraction de cet espace », plaide M.Sygusch, qui fonde beaucoup d'espoirs sur cette éventualité.Une autre expérience canadienne, portant sur la perte de masse osseuse, a aussi été interrompue abruptement par la disparition de la navette et de son équipage.Le Dr Reg Gorczynski a vu trois ans d'effort disparaître en fumée.Cependant, cet immunologiste de l'Hôpital général de Toronto considère que le recul subi dans son travail de recherche est secondaire par rapport aux pertes humaines : « J'ai été atterré, pas comme scientifique mais comme être humain.» Il estime toutefois que la conquête de l'espace doit se poursuivre.« Autant les scientifiques que les médecins et les astronautes reconnaissent que leur vie ne compte pas pour beaucoup dans le grand tableau de l'inconnu.Par exemple, des médecins sont morts d'avoir contracté le sida lorsque cette maladie est apparue.Alors je ne crois pas qu'on puisse arrêter un projet d'exploration aussi vaste.» Photo REUTERS © Sept chandelles dans sept sacs de papier, en hommage aux sept vies nouvellement fauchées par la conquête de l'espace.Cette mise en scène un peu rustique a eu lieu au petit matin, hier, devant le Johnson Space Center de la NASA, à Houston.Julie Payette auprès d'une des familles éprouvées LAURA-JULIE PERREAULT L'ASTRONAUTE Julie Payette a dû assumer une bien lourde tâche samedi matin.La Québécoise escortait la famille de l'un des sept astronautes de la mission STS-107 quand le pire des scénarios de retour sur Terre est devenu réalité.L'astronaute montréalaise, habituellement basée à Munich, en Allemagne, où elle est le principal agent de liaison entre le Canada et le programme spatial européen, était au Kennedy Space Center, samedi matin, en compagnie des proches de l'une des victimes, lorsque le centre de contrôle de Houston a perdu le contact avec la navette.Elle était toujours là lorsque les autorités de la NASA ont admis qu'aucun des sept astronautes n'avait survécu à la désintégration de Columbia.Selon l'Agence spatiale canadienne, la Québécoise est toujours auprès de la famille en deuil.Une marque de confiance À chaque mission, les astronautes qui montent à bord de la navette choisissent une personne ressource qui s'occupera de leur famille du début à la fin de la mission.La plupart du temps, les proches des astronautes restent sur la base de la NASA jusqu'au retour des leurs.Quand tout se déroule bien, l'escorte se charge d'organiser le séjour de la famille à la base spatiale et peut donner des explications sur les différentes phases du décollage et de l'atterrissage.En temps normal, cette personne ressource est aussi celle qui conduit les familles jusqu'aux héros du jour, quelques minutes après que ces derniers ont remis les pieds sur Terre.« L'escorte est la personne qui s'arrange pour que tout soit parfait, même si ça représente beaucoup de travail », a expliqué hier à La Presse Roberta Bondar, la première femme canadienne à voyager dans l'espace, en 1992.Testament de l'au-delà Dans le cas d'une tragédie comme celle de samedi matin, le devoir d'accompagnement prend une tout autre ampleur.Avant de s'embarquer dans la navette, l'astronaute remet à l'accompagnateur une boîte contenant son testament et plusieurs objets personnels.« Cette mesure a été mise sur pied après l'accident de la navette Challenger, en 1986.C'est horrible de faire ça.Moi, j'ai enregistré une cassette pour ma mère la veille de ma mission, à 2 h du matin.J'arrêtais la cassette aux deux minutes pour ne pas pleurer.Je ne voulais pas que ma mère entende mes sanglots s'il y avait un accident », confie l'ancienne astronaute.Julie Payette était un choix logique pour plusieurs des membres de l'équipage de la navette Columbia, souligne Mme Bondar.Elle est elle-même allée en mission avec le commandant Richard Husband et elle a étudié le pilotage avec l'Américaine d'origine indienne Kalpana Chawla.La compassion, sans formation Mais, souligne Roberta Bondar, malgré les précautions prises par la NASA, aucune escorte n'est prête à faire face au pire.Les astronautes ne reçoivent aucune formation leur permettant de gérer de manière adéquate la réaction des personnes en deuil.L'humanisme et le jugement sont les seules armes des accompagnateurs.Roberta Bondar concède que le procédé est des plus étranges pour les astronautes qui partent.Le risque pend toujours au bout du nez des amoureux de l'espace et de la science.« Mais tout ça en vaut tellement la peine.Je pense que l'espace est un des plus beaux cadeaux pour la science, surtout pour la médecine et la pharmaceutique », souligne celle qui a quitté le programme spatial en 1992 pour retourner dans un laboratoire universitaire.« À mon époque, rester dans le programme m'obligeait à abandonner ma recherche.Et je savais que je n'allais pas retourner en mission », justifie-t-elle.Mais elle est plus qu'enthousiaste pour la génération des Julie Payette et des Chris Hadfield, qui peuvent combiner travail scientifique et missions spatiales.3109793A 1LP0401B0203 B-4 lundi 1LP0401B0203 ZALLCALL 67 22:25:18 02/02/03 B B4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 Le nouveau patron de la NASA devra faire preuve de leadership WARREN E .LEARY The New York Times WASHINGTON \u2014 Pour Sean O'Keefe, patron de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) depuis à peine plus d'un an, le gros test survient plus rapidement que prévu.M.O'Keefe, 47 ans, est un administrateur spécialiste des budgets, choisi par la Maison-Blanche pour diriger la NASA avec le mandat de resserrer la gestion et de réduire son budget.Quatorze mois seulement après être entré en fonction, le nouveau patron devra maintenant mettre l'accent sur son leadership, et on le jugera sur la façon dont il s'y prendra pour amener l'agence et ses milliers d'employés à relever leur plus grand défi depuis l'explosion de la navette spatiale Challenger en 1986.M.O'Keefe, d'abord perçu par de nombreux vétérans de la NASAcomme un « obsédé des bilans », s'est toutefois attiré des appuis par sa réorganisation de l'agence.Au cours de ce processus, il s'est notamment fait l'apôtre de l'agence et des vols spatiaux.Depuis sa confirmation par le Sénat, en décembre dernier, M.O'Keefe a visité les 10 centres de la NASA, et on l'a vu très souvent aux décollages et aux atterrissages des navettes au Kennedy Space Center, en Floride.Il avait assisté au décollage de Columbia le 16 janvier dernier et il se tenait aux abords de la piste d'atterrissage avec les familles des astronautes lorsque les nouvelles touchant les ennuis de la navette ont été communiquées au centre.« Il s'agit bien sûr d'un jour tragique pour la famille de la NASA, a souligné M.O'Keefe au cours d'une conférence de presse, luttant pour retenir ses larmes.La perte de ce brave équipage est un événement que nous n'oublierons jamais.M.O'Keefe avait fait, depuis son arrivée, un effort pour revitaliser la NASA et pour lui faire adopter une nouvelle approche, axée sur la science.Il a proposé des programmes visant à mettre au point des moteurs faisant appel à l'énergie nucléaire pour propulser les véhicules spatiaux lors de longues missions.Il a également présenté des projets concernant la création d'un avion aérospatial pour remplacer la navette dans certaines missions, par exemple pour amener des équipages à la station spatiale internationale.« C'est le genre de chose que l'on redoute le plus à titre d'administrateur de la NASA, souligne Howard E.Mc Curdy, de l'American University, expert en gestion de la NASA, en faisant référence à la catastrophe de samedi.Maintenant, le travail de M.O'Keefe consistera à définir la vision de l'agence et à lui tracer la voie de l'avenir.Et cet avenir dépendra de sa compétence à exécuter cette tâche.Des coûts bien contenus Il y a moins de deux mois, M.O'Keefe annonçait que Barbara Morgan, enseignante au niveau primaire devenue astronaute, allait faire revivre le programme « Enseignant dans l'espace », annulé après la mort de Christa Mc Auliffe lors de l'explosion de la navette Challenger.M.O'Keefe éprouvait un plaisir manifeste à accompagner Mme Morgan à des événements visant à promouvoir le programme et à susciter l'intérêt des jeunes pour l'espace.Mme Morgan se trouvait à Cap Canaveral lorsque la navette Challenger a été détruite et, samedi encore, elle était là pour attendre le retour de Columbia.M.O'Keefe devait se rendre à Washington aujourd'hui pour discuter du budget de la NASA pour l'an prochain, le premier dont il est le principal artisan.Il soutient que les coûts de la station spatiale, qui avaient eu tendance à gonfler exagérément, étaient désormais contenus et qu'une agence plus responsable était maintenant en place, prête à affronter de nouvelles tâches.Sean Charles O'Keefe est né le 27 janvier 1956 à Monterey, en Californie.Il a obtenu son diplôme de la Loyola University, à la Nouvelle- Orléans, en 1977 ; il est aussi titulaire d'une maîtrise de la Maxwell School of Citizenship and Public Affairs de la Syracuse University.Lorsqu'il a été nommé à la NASA, il était directeur adjoint du Bureau de la gestion et du budget, son rôle consistant à surveiller les budgets de la NASA.Lors d'un témoignage devant le Congrès, M.O'Keefe a soutenu que l'agence avait fait du bon boulot en installant la première partie de la station dans l'espace, mais que sa prestation était moins reluisante au chapitre des coûts, ceux-ci ayant dépassé de 4,8 milliards $US le budget prévu.M.O'Keefe a ajouté que l'agence avait été bien servie par l'administrateur sortant, Daniel S.Goldin, ajoutant toutefois qu'il fallait un nouveau leadership et une gestion budgétaire plus serrée.« L'administration reconnaît l'importance d'avoir les bons leaders en place dès que possible, a-til dit, et je m'engage personnellement à ce que ce soit fait.» Maintenant, de nombreux yeux sont tournés vers la NASA pour voir s'il est la bonne personne.Photo AP Quatorze mois seulement après être entré en fonction, le nouveau patron de la NASA, Sean O'Keefe, devra amener l'agence et ses milliers d'employés à relever leur plus grand défi depuis l'explosion de la navette spatiale Challenger en 1986.D'ANCIENS ASTRONAUTES SE PRONONCENT La vitesse rend les vols spatiaux L'exploration spatiale très risqués, soulignent des experts doit se poursuivre JAMES GLANZ The New York Times MÊME SI elle ne transporte pas un satellite ou une arme mais de précieuses vies humaines, la navette spatiale court à peu près les mêmes risques de catastrophe que les autres systèmes de lancement.En dehors du programme spatial de vols habités, les systèmes les plus fiables, soit les fusées de lancement, subissent environ un échec pour 50 lancements, c'est-à-dire un taux de succès de 98 %, explique Theodore Postol.Ce physicien et expert en systèmes spatiaux complexes est professeur de science, de technologie et de politique de sécurité nationale au Massachusetts Institute of Technology (MIT).Dans ce domaine, le taux de succès habituel est d'environ 95 %, ajoute M.Postol.Ainsi, avec ses deux accidents en 113 vols, pour un taux de succès de 98,2 %, le programme de navettes spatiales n'est pas très différent du reste, affirme- t-il.Les dirigeants de la NASA ont estimé que les risques de catastrophe de n'importe quel vol de navette spatiale sont de l'ordre de 1 sur 145, ce qui correspond à un taux de 99,3 %.Toutefois, les risques de catastrophe lors d'un vol commercial, établis à une chance sur deux millions selon des estimations faites à la fin des années 1990, sont moindres.La raison de cette différence est évidente : si le moteur ou même une partie de l'aile d'un avion commercial présente une anomalie, l'appareil, qui se déplace relativement lentement, a encore de bonnes chances de pouvoir atterrir sans encombre.Il n'en va pas de même pour la navette, qui se déplace si rapidement dans l'atmosphère que ces anomalies vont presque certainement mener à la catastrophe.Une entreprise risquée L'analyse des risques effectuée par la NASA a permis de conclure que si l'on pouvait isoler les sources de risque lors d'un vol de navette spatiale, on verrait qu'il est légèrement plus probable qu'un problème grave survienne au moment du lancement plutôt qu'à la rentrée.La défaillance des moteurs principaux et des moteurs auxiliaires à poudre figurent au sommet des risques au lancement, précise l'analyse.À la rentrée, la perte de puissance nécessaire au train d'atterrissage présente le plus grand risque de défaillance, suivie de très près par un problème lié aux tuiles thermiques, destinées à protéger la navette de la chaleur extrême lors de la rentrée dans l'atmosphère.Une défaillance au cours de l'atterrissage lui-même ne représente que 5 % des risques totaux.M.Postol explique la différence entre les vols commercial et spatial en illustrant ce qui pourrait survenir si des tuiles thermiques présentaient des anomalies sur la navette.Supposons tout d'abord, dit-il, que des tuiles sur le fuselage fassent défaut.L'air passant à haute vitesse sur les tuiles brisées pourrait tout simplement poursuivre son chemin sans causer de dommages supplémentaires.Si la structure de la navette spatiale subissait alors une certaine hausse de température, le soutien interne pourrait absorber cette chaleur et limiter les dégâts.Cependant, une défaillance des tuiles, disons, sur le nez de l'appareil pourrait provoquer des résultats radicalement différents.Dans cette position, un espace entre les tuiles pourrait permettre à l'air de s'engouffrer dans la « blessure », créant une onde de choc et une hausse de température extrême.À cet endroit, la structure moins résistante pourrait, en théorie, s'échauffer plus rapidement, causant la destruction de l'appareil.En effet, l'acier surchauffé pourrait perdre sa résistance et se déformer, comme cela s'est produit dans les deux tours du World Trade Center à la suite des incendies.Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 L'ancien astronaute John Glenn, comme plusieurs de ses confrères, a déclaré hier que l'exploration de l'espace devait se poursuivre malgré la désintégration samedi de la navette spatiale Columbia.« Je pense que le plus grand monument qui pourrait être élevé » à la mémoire des sept astronautes de Columbia serait de « nous assurer que ce genre de recherches (dans l'espace) continue », a estimé John Glenn, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.« Nous sommes en train d'ouvrir le chapitre de la recherche dans l'espace.Et (les astronautes) la mènent parce que cela a des retombées pour tout le monde sur Terre.Voilà ce qui est important », a souligné le héros de l'espace, premier Américain à avoir fait une révolution autour de la Terre et passager d'une navette à 77 ans.Le sénateur Bill Nelson, qui avait volé sur Columbia juste avant l'explosion de la navette Challenger, en 1986, a déclaré à la chaîne de télévision NBC que « l'Amérique se remettra ».« Nous trouverons le problème, nous le réglerons et nous volerons à nouveau » car les « Américains sont des explorateurs », a-t-il ajouté.« Le vol dans l'espace est risqué, nous connaissons et nous acceptons le risque », a encore dit M.Nelson.Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir mis les pieds sur la Lune, a pour sa part déclaré sur NBC qu'il espérait que le président George W.Bush fixerait comme but aux États-Unis d'envoyer un homme sur Mars pour le siècle prochain.À peine 66 ans ont séparé le premier vol en avion des frères Wright et l'arrivée de l'homme sur la Lune, a souligné Buzz Aldrin.« Je ne suis pas sûr que la vitesse du programme spatial habité va continuer à être aussi rapide, mais je pense que des Américains se poseront sur Mars au siècle prochain.» Quant à Sally Ride, la première femme américaine à être allée dans l'espace (1983), qui avait aussi participé à l'enquête sur le drame de Challenger, elle a estimé que la flotte des navettes était encore en bon état.« La flotte des navettes peut porter le programme spatial pour les prochaines années », a-t-elle noté.« Mais il est vraiment critique de commencer dès maintenant à mettre au point une nouvelle génération de véhicules spatiaux » car leur élaboration est extrêmement longue, a-t-elle dit.Quant à la cause de la désintégration de Columbia, elle a conseillé de demeurer prudent.« J'ai appris une bonne leçon avec l'enquête sur Challenger : certaines des pistes auxquelles nous avions pensé comme cause (de l'accident) dans les deux premiers jours se sont révélées totalement fausses », a-t-elle rappelé.Photo AFP John Glenn, premier Américain à avoir fait une révolution autour de la Terre et passager d'une navette à 77 ans, est de ceux qui croient que l'exploration de l'espace doit se poursuivre. 1LP0501B0203 B-5 Lundi 1LP0501B0203 ZALLCALL 67 22:01:50 02/02/03 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 B5 Chronique d'une catastrophe annoncée De l'argent et des gens Depuis les débuts de la navette, les budgets et les effectifs ont constamment diminué O L I V I E R - L O U I S ROBERT collaboration spéciale Ainsi, le 28e vol de Columbia, le 113e d'une navette spatiale, s'est terminé abruptement dans ces traits de feu qui ont rayé le ciel bleu du Texas, samedi matin, emportant dans l'éternité ses sept membres d'équipage et détruisant les résultats d'une mission scientifique très réussie.Dixsept ans et 88 vols après le désastre de Challenger, l'icone de la puissance spatiale de l'Amérique est de nouveau ébranlée sur ses bases.Le président Bush, ému, a promis que le voyage dans l'espace continuera.Pourtant, des voix au Congrès s'élèveront sûrement pour que l'on mette fin au programme de la navette spatiale, avant même de mettre au point un autre véhicule spatial réutilisable aussi performant.Avec quel argent ?Avec la navette spatiale, la NASA a ouvert l'espace à plus d'astronautes, qui y ont réalisé plus d'expériences scientifiques que tous les programmes de vols spatiaux habités qui l'ont précédée \u2014 Mercury, Gemini et même Apollo.La préparation de la navette est un processus constant d'amélioration de la sécurité et d'innovations techniques, tout cela alors que les budgets et l'effectif qui y sont alloués diminuent constamment.Ce sont d'ailleurs ces enjeux \u2014 l'argent et les gens \u2014 qui ont influé dès le départ sur la conception de la navette spatiale.En juin 1969, un mois avant l'atterrissage historique d'Apollo XI sur la Lune, le président Richard Nixon confie à son vice-président, Spiro Agnew, la direction d'un Space Task Group (STG) chargé de dessiner les grandes lignes de l'exploration spatiale après Apollo.En septembre, Agnew remet son rapport, qui propose en gros une mission habitée vers Mars, une station spatiale pour s'y préparer ainsi qu'une navette spatiale pour transporter des équipages et du matériel vers la station, tout ça avec un échéancier assez élastique.En fait, le plan du STG propose de procéder selon les étapes logiques qui auraient dues être adoptées pour l'exploration humaine de la Lune, s'il n'y avait pas eu la rivalité entre les deux Grands.Le contexte (guerre au Vietnam, économie vacillante) ne se prête certainement pas à ce genre d'aventure.Aussi Nixon abandonne-t-il assez vite les deux premiers volets du programme proposé par son vice- président.Le 5 janvier 1972, il annonce officiellement que la NASA procédera à la mise au point d'un système de navette spatiale réutilisable, pour lequel un mince budget de 5 milliards de dollars sera accordé.Après tout, il faut ménager le Congrès, dont plusieurs membres n'ont pas encore digéré les 25 milliards du programme Apollo.Une navette faite.de compromis Enthousiasmé, George Mueller, l'administrateur associé de la NASA, promet un véhicule qui pourra décoller de n'importe quel aéroport majeur et y atterrir, et qui pourrait placer 24 000 kg de fret en orbite à un coût de.moins de 10 $ le kilo.Au cours des deux mois suivants, plusieurs propositions de véhicule réutilisable, décollant à la verticale comme une fusée et atterrissant comme un avion, sont à l'étude.Cela va d'un véhicule capable d'emporter son carburant, de réaliser son vol en orbite et de revenir sur Terre par ses propres moyens à un véhicule de deux étages composé d'une navette spatiale qui serait transportée par un propulseur d'appoint, les deux appareils étant pilotés et dotés d'ailes.On fait taire les voix qui prônent la prudence en proposant une approche par étapes pour mettre au point un véhicule dont la configuration serait basée sur une compréhension exacte des missions du futur.Naviguant de compromis en compromis, entre un Congrès qui exige la rentabilisation rapide, un Office du budget qui insiste sur des coûts de mise au point faibles, et l'Air Force qui souhaite certaines caractéristiques opérationnelles, l'agence spatiale américaine dévoile le 15 mars 1972 le concept de la navette spatiale telle qu'on la connaît aujourd'hui, un véhicule de la taille d'un avion de ligne, appuyé sur un immense réservoir extérieur et flanqué de deux propulseurs d'appoint à carburant solide.Pour bien justifier son projet sur le plan financier, James Fletcher, l'administrateur de la NASA, se tourne vers Mathematica Inc., une firme de consultants dirigée par l'économiste de Princeton, Oskar Morgenstern.Celui-ci utilise des données fournies par les éventuels constructeurs de la navette pour conclure, exactement comme la NASA souhaite l'entendre, que la navette se paiera d'elle-même si, bien sûr, sa fréquence de lancement dépasse les 30 vols par année.À part les nouveaux moteurs cryogéniques, la navette doit être construite à partir de technologies éprouvées.Le réservoir extérieur, non réutilisable, et les propulseurs d'appoint (boosters) récupérables sont conçus pour garder les coûts en deçà des paramètres budgétaires fixés par l'Office du budget, même s'il s'avérera par la suite que cette configuration entraîne des coûts additionnels au lancement.Un problème de poids La livraison dans les délais du premier orbiteur, Enterprise, le 17 septembre 1976, cache mal ce qui se passe derrière la scène.Des pépins, normaux dans la mise au point d'un système aussi complexe, s'accumulent aux usines de Rockwell International (maintenant Boeing) à Palmdale, en Californie.Les réductions dans les budgets de la NASA signifient qu'il n'y a pas d'argent pour empêcher que ces ennuis ne deviennent de gros problèmes.Inévitablement, il faut trouver une solution au problème du poids croissant de la navette.On se résout à enlever les deux fusées de sauvetage devant être placées à l'avant du nez lors du lancement.On laisse tomber les moteurs à réaction prévus pour assister la navette durant l'atterrissage.Le programme de navette spatiale est appelé officiellement Space Transportation System (STS, c'est toujours la signification des trois lettres qui précèdent le numéro de mission, comme celui du vol fatal de Columbia, immatriculé STS-107).Cette dénomination reflète bien la philosophie qui avait présidé à son lancement : la navette spatiale devait être un véhicule économique et tout-usage, qui remplacerait éventuellement toutes les fusées existantes.Pourtant, il était évident, même avant l'explosion de Challenger, que la navette, telle qu'elle avait été conçue, ne pourrait jamais atteindre les objectifs qu'on avait fixés à l'origine : une fréquence de 50 vols par année à un coût ne devant pas dépasser 18 millions de dollars.La NASA estimait que le lancement de satellites commerciaux lui permettrait de rentabiliser sa flotte de quatre navettes vers 1985.Or, en 1991, les vérificateurs du Congrès révélaient qu'on avait englouti depuis le début du programme la somme astronomique de 50,6 milliards.LOUISE LEDUC ALORS QUE d'anciens astronautes rappellent depuis hier que de flirter avec la mort fait partie de leur métier, de nombreux rapports dévastateurs sur la NASA ont noté dans le passé que des budgets minceur successifs exposaient indûment les équipages aux pires périls.« Le manque de fiabilité des navettes m'inquiète comme jamais auparavant », déclarait sans détour au Congrès, en avril 2002, Richard Bloomberg, président du comité conseil de la NASA pour la sécurité aérospatiale.Deux ans plus tôt, en mars 2000, un autre comité, présidé celui-là par Henry Mc Donald, directeur du Centre de recherches Ames, en Californie, abondait dans le même sens.Mis sur pied dans la foulée d'un vol désastreux de la navette Columbia en juillet 1999, marqué par un court-circuit et par une fuite de carburant, le comité était venu dire publiquement ses préoccupations « face à la volonté de réductions de coûts qui fait passer au second plan les impératifs de sécurité ».En plus d'assurer un suivi aux incidents de juillet, le rapport du comité, long de 135 pages, devait servir de fer de lance à la NASA dans sa quête d'une première augmentation de budget en six ans.Sur la foi de ce rapport, Joe Rothenberg, administrateur associé de la NASA, avançait alors que la l'agence spatiale devait insister davantage sur les mesures de sécurité auprès de ses sous-traitants, Boeing et Lockheed Martin, chargés des préparatifs de lancement.M.Rothenberg avait aussi reconnu à l'époque que la NASA « devenait probablement un peu trop confiante, un peu au-dessus de ses affaires ».Les dernières années, marquées par quelques sueurs froides lors de certaines missions, par la perte de deux sondes martiennes et par des dépassements de coûts exponentiels à la station spatiale internationale, ont obligé la NASA à recentrer le tir, sous les pressions d'un Congrès américain de moins en moins patient avec elle.Cela étant, l'administrateur de la NASA, Sean O'Keefe, annonçait en avril 2002 que l'agence allait se concentrer sur la recherche scientifique et sur l'exploration lointaine et réduire les dépenses consacrées aux vols habités.L'un de ses grands projets à la tête de la NASA était la mise au point d'une nouvelle génération de vaisseau spatial propulsé par l'énergie nucléaire.Ces ambitions ont tôt fait d'être mises à mal.En novembre 2002, la NASA annonçait qu'elle faisait volte- face devant l'investissement prohibitif de 25 milliards que supposerait la mise au point d'une nouvelle génération de navettes.On a alors décidé de prolonger de 25 ans la durée de vie des navettes existantes.Avec le New-York Times Photo Reuters © La navette Columbia, au moment de son lancement le 16 janvier dernier.Petite histoire d'une navette Les prochaines missions seront consacrées à la Station spatiale > 5 janvier 1972 : le président Nixon annonce le lancement du programme de navette spatiale.> 15 mars 1972 : la configuration définitive de la navette spatiale est dévoilée.> 17 septembre 1976 : la NASA prend livraison de son premier orbiteur, Enterprise, qui servira, entre février et novembre 1977, à effectuer des essais d'approche et d'atterrissage.> 8 mars 1979 : la NASA prend livraison de la navette Columbia.> 12-14 avril 1981 : premier vol d'essai dans l'espace de la navette Columbia.> 12-14 novembre 1981 : premier déploiement du bras canadien lors de la mission STS-2.> 30 juin 1982 : livraison à la NASA de la navette Challenger.> 16 octobre 1983 : livraison à la NASA de la navette Discovery.> 5-13 octobre 1984 : vol de Marc Garneau, le premier Canadien dans l'espace, à bord de la navette Challenger.> 6 mars 1985 : livraison à la NASA de la navette Atlantis.> 28 janvier 1986 : une explosion détruit la navette Challenger et son équipage 73 secondes après le lancement.> 29 septembre 1988 : reprise des vols de la navette avec la mission STS-26, à bord de Discovery.> 25 avril 1991 : la NASA prend livraison de la navette Endeavour.> 2-13 décembre 1993 : première mission d'entretien du télescope spatial Hubble.> 27 juin au 7 juillet 1995 : amarrage historique de la navette Atlantis à la station spatiale russe Mir.> 11-24 octobre 2000 : 100e vol de la navette spatiale, une mission d'assemblage de la station spatiale internationale.> 19 avril au 1er mai 2001 : au cours de la mission STS-100 à bord de la navette Endeavour, Chris Hadfield devient le premier Canadien à marcher dans l'espace lorsqu'il contribue à installer le bras Canadarm2 sur la station spatiale internationale.> 1er février 2003 : destruction de la navette Columbia lors de son retour sur Terre au terme d'une mission de 16 jours à laquelle participait Ilan Ramon, le premier Israélien dans l'espace.\u2014 Olivier-Louis Robert collaboration spéciale ANDRÉ DUCHESNE HORMIS LE voyage de Columbia qui s'est terminé tragiquement audessus du Texas samedi matin, le programme des navettes spatiales américaines prévoyait cinq autres missions en 2003, en très grande partie consacrées à la Station spatiale internationale (SSI).D'abord, la mission STS-114 devait s'amorcer le 1er mars avec le lancement de la navette Atlantis, transportant sept astronautes.Trois d'entre eux, les Russes Yuri Malenchenko et Alexander Kaleri ainsi que l'Américain Edward Lu, devaient alors remplacer les trois astronautes séjournant à bord de la station.Cette mission, d'une durée de 11 jours, devait aussi servir au ravitaillement de la Station spatiale.Le 23 mai, on planifiait le lancement de la navette Endeavour pour le début de la mission STS-115, consacrée à l'assemblage de la station spatiale.Plus précisément, il s'agissait d'installer les sections P3 et P4 de la grande poutrelle recouverte de panneaux solaires utilisés dans l'alimentation énergétique de la SSI.Six astronautes, dont le Canadien Steve Mc Lean, devaient y participer.Le 24 juillet, Atlantis devait repartir avec sept personnes à son bord pour relever de nouveau les trois astronautes séjournant dans la station spatiale.À noter que le commandant du trio de relève, l'Américain Michael Foale, devait ainsi accomplir son sixième séjour dans l'espace.Le 2 octobre 2003, nouvelle mission d'assemblage de la grande poutrelle de la SSI avec le décollage de la navette Endeavour.La mission STS-117 devait être d'une durée de 10 jours et transporter six astronautes.Enfin, le Canadien Dave Williams faisait partie de l'équipage de la mission STS-118, dont le départ à bord de Columbia était prévu le 13 novembre prochain.Plusieurs expériences scientifiques dans le module de recherche Spacehab devaient être réalisées.Évidemment, cette mission, du moins dans sa version originale, n'aura jamais lieu, la navette Columbia n'étant maintenant plus qu'un tragique souvenir.On se rappellera que, à la suite de l'explosion de la navette Challenger, 73 secondes après son décollage, le 28 janvier 1986, le programme de lancements des navettes avait été interrompu durant 32 mois, le temps de procéder à une vaste enquête sur les causes de cette catastrophe.Dans le cas actuel, cependant, les vols pourraient reprendre aussi rapidement qu'en juin prochain, a laissé entendre hier l'administrateur en chef de la NASA, Sean O'Keefe.Interrogé sur la possibilité qu'une navette soit lancée d'ici juin pour relever l'équipage à bord de l'ISS, M.O'Keefe a déclaré : « Nous allons certainement n'écarter aucune possibilité.» Outre le site Internet (très fréquenté) de la NASA, on peut trouver plusieurs renseignements intéressants sur les missions spatiales américaines (passées et futures) sur le site du journaliste et écrivain scientifique Claude Lafleur (www.sciencepresse.qc.ca/ clafleur), qui s'intéresse aux questions spatiales depuis la mission Apollo 8. 1LP0602B0203 B06, lundi, COLUMBIA 1LP0602B0203 ZALLCALL 67 09:01:03 02/03/03 B B6 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 Houston magistralement calme durant l'épreuve PAUL RECER Associated Press HOUSTON \u2014 Sans relâche, le centre de contrôle de Houston a appelé la navette Columbia sur une fréquence radio, puis une autre, mais seul le silence ininterrompu provenait de l'espace, ne laissant aucun espoir.Pourtant, les voix sont restées calmes, professionnelles, alors qu'il devenait évident que la navette spatiale et son équipage de sept astronautes traversaient de graves difficultés au cours de leur voyage de retour sur Terre.Des témoins en Californie, au Texas et en Arkansas ont tous raconté avoir vu des éclairs de couleur, peut-être des débris en combustion, alors que la navette zébrait le ciel.Mais les experts de la mission de contrôle n'ont vu dans un premier temps que les données habituelles arrivant jusqu'à la Terre sous forme de millions de points électroniques.Soudain, un changement spectaculaire s'est produit dans l'indicateur de température.Puis le silence.Pas d'information, pas de voix radio, plus de traces radar.Et, rapidement, plus d'espoir.La navette Columbia voyageait à plus de 26 400 km/h en approchant de la côte californienne, peu avant 9 h, heure locale.À ce moment-là, il n'y avait plus de communication avec les astronautes.Comme pour tout retour de l'espace, le commandant de la navette, Rick Husband, et son copilote, William Mc Cool, s'étaient assis sur les sièges devant le pare-brise du cockpit, entourés d'instruments de contrôle sophistiqués, notamment des écrans d'ordinateur.Juste derrière, à la droite de Mc Cool, se trouvait Laurel Clark, un médecin.Derrière eux était assise l'astronaute Kalpana Chawla.Dans le petit compartiment situé sous le cockpit étaient installés les trois autres astronautes, Michael Anderson, David Brown et Ilan Ramon, le premier Israélien dans l'espace.L'annonceur James Hartsfield, qui s'adresse au monde avec un microphone depuis le centre de contrôle, a calmement observé la procédure de routine lors d'un atterrissage, énumérant la vitesse, l'altitude, et la distance à laquelle la navette se trouvait par rapport à la piste.Il a ensuite expliqué comment l'engin spatial en pilotage automatique a entamé la première série de manoeuvres de virage afin de ralentir l'appareil lors de son entrée dans l'atmosphère.À 8 h 53, les ingénieurs de la mission de contrôle ont remarqué la disparition subite des mesures de température du système hydraulique de l'aile gauche.Les capteurs n'envoyaient plus d'information.Trois minutes plus tard, la NASA n'a plus reçu de mesures des capteurs de température du principal train d'atterrissage gauche.La mission de contrôle l'a alors signalé à un écran électronique du cockpit.Milt Heflin, directeur en chef du vol, a assuré que l'équipage avait eu connaissance du signal, mais on pensait qu'« il n'y avait pas de problème à ce moment-là ».Une disparition des indicateurs de température s'était déjà produite par le passé.James Hartsfield a poursuivi l'annonce des informations sur l'atterrissage, signalant que la navette atteignait la frontière entre le Nouveau- Mexique et le Texas à une altitude d'environ 64 km et à une vitesse de 21 200 km/h.La navette Columbia avait encore 2250 km à parcourir, soit 20 minutes de vol, avant d'atteindre la zone d'atterrissage.À cet instant, un bruit étouffé a été entendu via la radio.L'astronaute chargé des communications avec l'équipage (capcom), Charlie Hobaugh, a alors brisé un long silence en appelant les astronautes.« Columbia-Houston, nous voyons vos messages sur la pression des pneus et nous n'avons pas bien reçu le dernier.Columbia répond, par la voix de Rick Husband : « Bien reçu, euh.» Et la communication a été coupée brutalement, sans que le dernier mot soit prononcé.Il est alors suivi par des parasites.À peu près au même moment, tous les signaux de données ont cessé : les ordinateurs de Columbia ne communiquaient plus rien à la mission de contrôle.Il était alors aux alentours de 9 h, a précisé Milt Heflin.« C'est à ce moment-là que nous avons perdu tout contact avec la navette, et c'est là que nous avons su que nous vivions un mauvais jour.» La navette Columbia se déplaçait à une vitesse 18 fois supérieure à celle du son, à 62 km au-dessus du Texas.James Hartsfield ne s'est pas départi de son calme pour déclarer que les ingénieurs « continuaient de rétablir la communication avec la navette ».Le « capcom » Hobaugh a entamé une série d'appels, d'une voix toujours professionnelle et maîtrisée de vétéran de l'aviation.« Colombia, Houston », a-t-il lancé.« Vérification com (communications) ».« Columbia, Houston », a répété Charles Hobaugh par une autre fréquence radio.« Vérification com ultra-haute fréquence (UHF) ».Silence.« Columbia, Houston, vérification com UHF », a-t-il persisté.Silence.À quatre reprises, Hobaugh a tenté d'entrer en contact avec eux, sans succès.Espérant encore, Hartsfield a rappelé que « les contrôleurs du vol attendent les données du radar de la station de Merritt Island ».Et de nouveau, il a déclaré au monde que la mission de contrôle cherchait et appelait Columbia.Mais seul le silence résonnait.« Nous ne pouvons rien faire », a conclu un responsable de la mission de contrôle.« Juste observer.» Dans l'heure qui a suivi, le drapeau du centre spatial Kennedy était mis en berne.De New York à Tucson, en passant par Pékin, la presse mondiale se répand sur la tragédie de Columbia.Secousse médiatique mondiale ANDRÉ DUCHESNE « L'espace en deuil.» C'est le titre qui coiffait hier après-midi l'article publié en manchette du quotidien belge Le Soir sur son site Internet.Un exemple parmi des milliers d'autres du traitement accordé par les médias du monde entier à l'annonce de la désintégration de la navette spatiale Columbia alors qu'elle égrenait les dernières minutes d'un voyage de 16 jours autour de la Terre.Des quatre coins du monde, de Vancouver à Shanghai, de Londres à Calcutta, d'Albany jusqu'à Paris, tous les grands médias en ligne et réseaux de nouvelles continues déversaient des milliers et des milliers d'articles résumant les événements des 24 dernières heures, d'analyses, d'hommages et, bien sûr, d'images.Les médias d'Israël insistaient évidemment sur la présence du colonel Ilan Ramon, le premier astronaute israélien, à bord de la navette Columbia.Le Jerusalem Post rappelait notamment les paroles de l'homme de 48 ans qui, peu avant son départ, avait déclaré que ce vol historique était en partie imputable au miracle survenu 50 ans plus tôt dans les camps nazis de la mort, où des membres de sa famille avaient survécu.L'Israeli Insider rapportait pour sa part des éléments de la conversation téléphonique entre le premier ministre Ariel Sharon et la veuve d'Ilan Ramon, Rona, peu après l'annonce de la catastrophe.« Il travaillait pour un monde meilleur », a-t-elle dit.Dans le dernier courriel envoyé à sa femme avant son retour sur Terre, Ramon avait écrit : « En dépit du fait qu'ici, tout est absolument extraordinaire, je suis impatient de te retrouver.» En Inde, on insistait, comme on pouvait s'y attendre, sur la disparition de l'astronaute d'origine indienne Kalpana Chawla.Mais déjà, en après-midi, d'autres nouvelles prenaient le pas sur la catastrophe de la navette.Ainsi, la manchette de l'édition Internet du quotidien The Times of India annonçait la décision de l'Inde de ne pas soutenir une action militaire unilatérale des Américains en Irak.Quant à l'article consacré à Mme Chawla, il faisait notamment la liste des objets que cette dernière avait emportés avec elle à bord de la navette : un oriflamme du planétarium Nehru, des épinglettes des écoles et collèges qu'elle avait fréquentés, etc.« Kalpana Chawla a rendu l'Inde fière », ajoutait le média.En France, le journal Le Monde insistait sur les suites de la catastrophe.« Columbia : après le choc, les interrogations », jouait-on en manchette.Le quotidien publiait également un article détaillant les principales étapes jalonnant la dernière heure de la descente d'une navette spatiale, lorsque celle-ci passe d'une vitesse de 27 400 km/h à 480 km/h au moment où elle atteint le seuil de la piste.« Sixteen minutes from home » titrait pour sa part le quotidien australien The Sydney Morning Herald hier matin, une façon de dire à quel point les sept astronautes étaient près du but au moment du drame.Plus près de nous, de l'autre côté de la frontière, le Burlington Free Press a traité la nouvelle selon la vieille recette du sondage populaire auprès des passants.Certaines personnes ont déclaré avoir pensé à un acte terroriste, d'autres ont tracé un parallèle avec la catastrophe de Challenger en 1986, etc.Au Japon, le Japan Times Online indiquait que, dans les heures ayant suivi la catastrophe, les responsables du programme spatial japonais se sont réunis afin d'évaluer l'impact des événements sur leurs propres recherches.« La navette vieillissait », a confié à ce média Mamoru Mohri, le premier astronaute japonais, qui avait fait ses classes avec trois des sept disparus.En Israël, une presse d'autant plus attentive qu'une des victimes est un des leurs.Important avis de risque d'accident La Baie prend très au sérieux ses responsabilités et son engagement envers ses clients.Dès que la Compagnie découvre un problème avec un produit, tout est mis en oeuvre pour en informer ses clients.Pour toute autre question, veuillez communiquer avec le magasin la Baie de votre région.Les bougies de réchaud « gel des fêtes » étaient vendues en paquet de quatre pour 3,99 $ (ou moins lorsque soldées).Les bougies sont en gel rouge translucide qui épouse la forme cylindrique du contenant de plastique transparent.Les bougies de réchaud « étoiles des fêtes » étaient offertes dans un fini or ou argent et vendues en paquet de seize pour 8 $ (ou moins lorsque soldées).Le dessus de la bougie a la forme d'une étoile recouverte de brillants or ou argent et la cire épouse la forme cylindrique de son contenant de métal.La Baie a retiré de ses magasins toutes les bougies qui présentaient des risques et demande à ses clients de cesser de les utiliser immédiatement et de les retourner dans n'importe quel magasin la Baie pour obtenir un remboursement.Nous venons d'apprendre que deux modèles de bougies Mantlesmc vendus dans tous les magasins la Baie du pays depuis novembre 2002 peuvent constituer un risque pour votre sécurité.Ces deux modèles sont les bougies à réchaud « gel des fêtes » et les bougies à réchaud « étoile des fêtes ».Lorsqu'elles sont allumées, ces bougies produisent une flamme et une chaleur qui peuvent présenter un risque d'incendie.Notamment, certains clients se sont plaint à cet effet.3115567A L'hebdo américain a fait sa une avec un rappel des tragédies antérieures.Les journaux allemands y sont allés hier de longs reportages sur le drame de Columbia.La presse dominicale britannique, particulièrement abondante, s'est adonnée à sa concurrence fébrile habituelle. 1LP0701B0203 EB7LUNDI 1LP0701B0203 ZALLCALL 67 22:00:47 02/02/03 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 B7 Dur pour les jeunes vocations KARIM BENESSAIEH L'AMBIANCE était feutrée, presque endeuillée en fin de semaine au lieu de rendez-vous des jeunes amateurs d'exploration spatiale, le Cosmodôme de Laval.« Nous nous attendions à une ruée après l'annonce de l'accident, ça n'a pas du tout été le cas, note Francine Lapierre, porte-parole.Les gens vont probablement vouloir digérer leurs émotions avant de venir voir.» Par un heureux concours de circonstances, le Cosmodôme n'offrait pas son populaire camp spatial en fin de semaine dernière.Plusieurs fois par année, on y reçoit des jeunes de neuf à 15 ans qui vont simuler une mission à bord d'une navette.L'aventure dure d'une demijournée à six jours, pendant lesquels les jeunes vont subir une batterie de tests, tâter des appareils les plus déroutants, occuper la navette ou assurer la supervision à partir du centre de contrôle.« Avoir de jeunes enfants ici, alors qu'ils sont éloignés de leurs parents et vivent dans un nouvel environnement, et leur apprendre que sept astronautes sont morts en mission, ça aurait pu être très difficile, confie Mme Lapierre.Les enfants réagissent différemment mais, pour certains, l'émotion aurait pu devenir incontrôlable.» De toute évidence, souligne la porte-parole, les enfants qui viennent aux expositions ou au camp spatial sont des mordus de l'astronautique.« Sinon, vous iriez au Musée des beaux-arts ou au cinéma.Seuls certains indices rappelaient encore aux visiteurs, hier, qu'une tragédie avait eu lieu 24 heures auparavant.Sur le terrain du Cosmodôme, en bordure de l'autoroute 15, les drapeaux étaient en berne.Sur quelques écrans, à l'intérieur du musée, défilaient les photos et les noms des sept victimes.« Je l'ai appris ce matin (hier), et j'étais sous le choc, affirme David, 12 ans, un scout qui s'occupait des vestiaires du Cosmodôme dans le cadre d'une activité de financement.Je suis un grand adorateur de l'espace.Quand j'ai vu le film sur la navette qui a explosé, je n'arrivais pas à y croire.» Sans gravité Charles-Antoine, un petit visiteur de 8 ans, devait quant à lui aller faire un tour au Cosmodôme samedi.Il a plutôt passé une bonne partie de la journée à regarder les nouvelles et a reporté sa visite au lendemain.« J'aime beaucoup les fusées parce que j'ai déjà pris l'avion », explique-t-il avec assurance.Sa vocation d'astronaute s'est toutefois affaiblie depuis l'accident.« J'aurais trop peur de mourir.Et dans l'espace, on ne peut pas respirer.» Lawrence Anthony Ratelle, 10 ans, aime un aspect bien particulier de l'espace : l'absence de gravité.Il a appris avec joie que le Cosmodôme lui offrait une simulation de cette sensation sans qu'il ait à se retrouver dans la stratosphère.« Ce qui est arrivé, ça a un peu défait mes rêves.Mais j'aimerais bien essayer le camp une bonne fois.Je trouve que les astronautes sont des héros, mais ils savaient ce qu'ils faisaient : quand on décide de prendre le risque, on y va, oui ou non.Si tu y vas, tu y vas.» Avec un sens de l'analyse décapant, Karl-Antoine, 11 ans, affirme avoir trouvé les médias américains « niaiseux » quelques minutes après l'annonce du drame.« Parce qu'il y avait un Israélien, on a tout de suite relié ça au terrorisme.» Le pire dans tout cela, soutient-il, c'est que les familles des astronautes les attendaient au sol et ont vu, sur les écrans, la navette se désintégrer.Amélia, 11 ans, a dû puiser dans son meilleur vocabulaire préadolescent pour expliquer ce qu'elle avait ressenti samedi : « Ma meilleure amie m'a téléphoné pour me l'apprendre, j'étais comme.full capotée.Je capotais : hein, comment ça, pourquoi c'est arrivé ?» Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Lawrence Anthony Ratelle, 10 ans, affirme que la désintégration de la navette Columbia a « un peu » défait ses rêves.« Je trouve que les astronautes sont des héros, mais ils savaient ce qu'ils faisaient : quand on décide de prendre le risque, on y va, oui ou non.Si tu y vas, tu y vas.» 11 septembre et Columbia, un doublé tragique pour la famille de Laurel Clark Le cousin de l'astronaute travaillait au WTC MIRANDA LEITSINGER e t PAULINE ARRILLAGA Associated Press DES MOINES, Iowa \u2014 Pour la famille de Laurel Clark comme pour celles des six autres astronautes qui se trouvaient à bord de la navette américaine Columbia, le 1er février était censé être un jour de fierté et de joie.Mais samedi matin, Doug et Betty Haviland ont assisté en direct, devant leur téléviseur, aux derniers instants de leur nièce, à quelque 62 km d'altitude dans le ciel du Texas.C'est la deuxième fois en 17 mois que le deuil les frappe de plein fouet.Le 11 septembre 2001, ils ont perdu leur fils dans l'attentat contre le World Trade Center à New York.Timothy travaillait au 96e étage de la tour Nord.« C'était comme une impression de déjà vu, vous savez ?Nous avons regardé ces tours fumer puis finalement s'effondrer et puis on a vu cette navette se désintégrer.Tout recommençait », raconte Doug Haviland, pasteur à la retraite de 76 ans vivant à Ames, dans l'Iowa.Pour Betty Haviland comme pour de nombreux Américains, la proximité de ces deux drames symbolise toute la cruauté du destin et des hasards de la vie.« Le deuil et la mort frappent beaucoup de gens, mais en général on n'y assiste pas en regardant la télévision nationale, pas seulement une fois, mais des milliers de fois.Et vous ne pouvez pas ne pas regarder parce qu'il s'agit de notre fils, et de notre nièce », explique-t-elle.Le père du premier astronaute israélien, Eliezer Wolferman, donnait une entrevue à la télévision de son pays, pour lequel le colonel Ramon était un modèle, lorsque la nouvelle du drame est tombée.Les journalistes ont interrompu l'entretien.Mais quelques minutes plus tard, les yeux incrédules emplis de larmes, M.Wolferman reprenait la parole : « Je repense à tout ce qui est arrivé, du jour où il est né jusqu'à maintenant, a-t-il déclaré.Je n'ai plus de fils.C'est très triste, et je ne sais pas quoi dire d'autre.» La femme du colonel Ramon et ses quatre enfants se trouvaient, eux, avec les autres proches des membres d'équipage de Columbia, en Floride, au majestueux endroitconstruit pour eux près de Cap Canaveral.De cette plate-forme, la poitrine gonflée de fierté, ils attendaient le retour triomphal des leurs.Lorsque la NASA a perdu le contact avec la navette, ils ont aussitôt été conduits dans les quartiers de l'équipage, où les responsables de l'agence spatiale américaine leur ont annoncé la terrible nouvelle, et où ils ont aussi reçu par téléphone les condoléances du président George W.Bush.Les familles sont restées protégées et enisolement jusqu'à leur départ pour Houston, où les astronautes s'entraînent et vivent entre deux missions.Ailleurs aux États-Unis, d'autres membres des familles luttaient entre choc et désespoir.De Milwaukee, Daniel Salton, le frère de Laurel Clark, s'était levé à 5 h du matin pour assister au retour de Columbia.« Que cela arrive à 15 minutes de la fin était tout simplement incroyable ».La veille seulement, il avait reçu un courrier électronique de sa soeur, qui lui disait à quel point elle se réjouissait de son premier voyage dans l'espace.« Je suis simplement très heureux qu'elle ait eu la chance d'aller dans l'espace et de le voir parce que c'était un vieux rêve », a-t-il expliqué.D'autres ont exprimé tout leur soutien à une poursuite du programme spatial.Photo AP Tommy Peltier, un résident de Houston, photographié hier devant un reste de la navette spatiale Columbia, tombé à San Augustine, au Texas.Des milliers de personnes à la recherche de débris PATRICK MOSER Agence France Presse HEMPHILL (États-Unis) \u2014 Des milliers de personnes ont ratissé hier un vaste territoire à cheval sur le Texas et la Louisiane, à la recherche des débris disséminés de la navette spatiale Columbia et des restes des sept astronautes tués.Hier, les autorités du seul comté texan, Nacogdoches, ont fait état de débris éparpillés en plus de 1200 endroits.Certains, a précisé le shérif local, Thomas Kerss, sont minuscules.D'autres, comme des morceaux de fuselage de la navette, faisaient plus de 2 mètres.La veille, des restes humains carbonisés avaient été retrouvés près de la ville de Hemphill, à 50 km à l'est.Dans ce comté, les autorités ont signalé des débris en plus de 150 endroits différents.« Nous allons les transmettre au FBI, a déclaré hier le shérif de Hemphill, Tom Maddox.».« Nos équipes sur place ont trouvé un coeur, une jambe et des doigts, dont l'un avec une bague », a confié Shorty Wilson, pompier bénévole participant aux recherches dans le secteur de San Augustine, dans le comté voisin.Selon lui, des câbles et des morceaux d'ordinateur, ainsi que des tuiles de protection thermique de la navette ont été retrouvés.« Des bâtiments et des véhicules ont été frappés par les débris, mais personne n'a été blessé », a pour sa part déclaré le shérif de Nacogdoches.Les équipes sur le terrain utilisent le système GPS (global positioning system) pour « marquer » les débris découverts et permettre ainsi à la NASA et au FBI de les récupérer, a précisé M.Wilson.La recherche de restes humains se concentrait hier autour de Hemphill, mais les débris de la navette ont été éparpillés sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, et leur quête devrait durer des jours.« Nous cherchons tout, même des débris de la taille d'une pièce de monnaie », explique Chris Overbee, d'un groupe de volontaires de la ville de San Augustine.Certaines informations ont fait état d'un bloc de la taille d'une voiture, tombé dans un lac près de Hemphill.Des plongeurs vérifiaient l'information en cours hier.Les recherches ne sont pas toujours faciles.« Le terrain est très difficile, irrégulier, et il y a beaucoup d'eau », explique Billy Smith, responsable local de l'Agence fédérale de gestion des situations d'urgence (FEMA).De nombreux bénévoles, mais aussi des enquêteurs de la NASA, du FBI, des polices locales et des pompiers y participent aux côtés de la garde nationale et d'équipes spécialisées dans les substances dangereuses.« Beaucoup de gens ont ramassé des débris dans leur jardin », a souligné M.Maddox.« N'y touchez pas, appelez-nous », a pour sa part insisté le shérif de Nacogdoches, rappelant qu'une ligne téléphonique avait été spécialement mise en place.Dan Salton, hier à la sortie du service funèbre en hommage à sa soeur, l'astronaute Laurel Clark. 1LP0802B0203 B-8 recast 1LP0802B0203 ZALLCALL 67 09:01:33 02/03/03 B B8 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2003 EN BREF Combien pour mon morceau de navette?Boeing aidera auxrecherches sur les causes de l'accident LA SOCIÉTÉ BOEING, le principal partenaire de la NASA, a annoncé qu'elle ferait tout pour aider à découvrir les causes de la disparition de la navette spatiale Columbia.La compagnie aérienne, basée à Chicago, tire près de deux milliards de dollars de ses bénéfices (soit environ 4 % de son activité) de sa coopération avec la NASA, notamment sur les navettes spatiales et la Station spatiale internationale (SSI).Selon un analyste, il est encore trop tôt pour spéculer sur les conséquences de la disparition de Columbia sur la compagnie aérienne, car les causes de l'accident ne sont pas encore clairement établies.« Ils vont probablement rester discrets jusqu'à ce qu'ils découvrent ce qui n'a pas fonctionné, mais ils vont poursuivre leur programme.Il ne faut donc pas s'attendre à un impact financier énorme », a déclaré Cai Von Rumohr, un analyste aérospatial.Columbia a été construite par l'entreprise Rockwell International qui a ensuite cédé son programme sur les navettes spatiales à Boeing au milieu des années 1990.\u2014Associated Press Cérémonie au Centre spatial Johnson LE PRÉSIDENT des États-Unis, George W.Bush, assistera aujourd'hui à Houston (Texas) à une cérémonie officielle organisée par la NASA en mémoire des sept astronautes de la navette spatiale Columbia morts samedi.Le président et son épouse Laura seront présents au Centre spatial Johnson, où se tiendra la cérémonie, prévue pour 12 h 45 (heure de Washington).- Agence France-Presse Rona Ramon: «Le programme de la NASA doit continuer» LE PROGRAMME SPATIAL de la NASA « doit continuer, car c'est un programme qui est tout simplement merveilleux », a déclaré hier soir Rona Ramon, la veuve de l'astronaute israélien Ilan Ramon, à la télévision publique israélienne.Rona Ramon s'est déclarée réconfortée et soutenue par la NASA, qui représente, selon elle, une « grande famille ».« Ils s'aimaient tellement les uns les autres.C'étaient des anges et ils le demeureront », a-t-elle ajouté, faisant référence aux sept membres d'équipage disparus dans la catastrophe de la navette Columbia, dont faisait partie Ilan Ramon, son mari.Au moment du décollage de la navette, le 16 janvier, seule sa fille Noa, 5 ans, a eu un pressentiment de la catastrophe, car, a-t-elle raconté, elle s'est écriée en voyant la navette s'envoler : « I lost my daddy.» \u2014 Agence France-Presse Hassan Nasrallah: «L'Amérique n'est pas Dieu» LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL du Hezbollah chiite libanais, cheikh Hassan Nasrallah, a jugé hier que l'accident survenu la veille à la navette spatiale américaine Columbia était un message divin prouvant que les États-Unis ne sont pas invincibles.« Ce qui s'est passé hier est un message à toute l'humanité, notamment aux peuples arabes et musulmans et aux peuples du tiers monde, et à tous ceux qui ont cru ces dernières années que les États-Unis sont un dieu », a déclaré le chef de la formation intégriste lors d'une cérémonie oratoire dans la banlieue de Beyrouth.Il s'agit également, selon lui, d'un message à « ceux qui ont cru que les souhaits des États-Unis sont une volonté divine et que l'Amérique ne peut être battue ou ignorée.» \u2014 Agence France-Presse LOUISE LEDUC AU MOMENT où le monde entier apprenait avec consternation la désintégration de la navette Columbia, des internautes se sont plutôt rués sur le site d'encan électronique eBay pour y vendre des morceaux de débris tombés sur le Texas.« Le premier morceau semble avoir été mis en vente entre 6 h 30 et 7 h, heure du Pacifique, a confirmé à l'agence Reuter hier le porte-parole de e Bay, Kevin Purseglove.Une poignée d'autres débris ont aussi été affichés au cours de la journée.» Dans leur message de sympathie aux familles éprouvées, les administrateurs de eBay en ont profité pour rappeler aux usagers la stricte interdiction de vendre des morceaux de navette.Ceux qui tentent de vendre ou d'obtenir des morceaux de navette le font à leurs risques et périls.Non seulement peuvent-ils être blessés s'ils les manipulent, mais ils s'exposent à de sévères sanctions judiciaires.Au Centre spatial Johnson, à Houston, Michael Shelby, procureur pour le sud du Texas, a ainsi rappelé que quiconque touche les débris de la navette encourt une peine de prison de 10 ans.Des amendes de 10 000 $ sont aussi prévues.Ce n'est pas la première fois que les encanteurs qui fréquentent e Bay font preuve d'un goût douteux.Des morceaux du World Trade Center et du Pentagone avaient aussi été proposés sur le site dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.Hier encore, le site e Bay proposait des écussons et des photos de la navette Columbia, mises à l'encan après la tragédie.Des photos de l'effondrement du World Trade Center sont également toujours en vente.\u2014Avec Associated Press Photo AP Un écusson portant les noms des sept astronautes de la navette Columbia a été retrouvé à San Augustine, Texas.solded'unjour encore plus Journée des aînés Mardi 4 février FEMME 40 % de rabais SOUTIENS-GORGE ET SLIPS WONDERBRA SOUS BOÎTE 25 % de rabais SÉLECTION MODE GRIFFÉE POUR FEMME 20 % de rabais MODE FÉMININE ALIA ET ALIA SPORT 25 % de rabais additionnel MODE GRIFFÉE À PRIX DÉJÀ RÉDUIT POUR FEMME.SUR NOS DERNIERS PRIX ÉTIQUETÉS.LINGERIE, TENUES DE NUIT, PEIGNOIRS, DESSOUS DE JOUR, SOUTIENS-GORGE ET SLIPS MODE À PRIX DÉJÀ RÉDUIT POUR FEMME.SUR NOS DERNIERS PRIX ÉTIQUETÉS.50 % de rabais additionnel MODE GLOBAL MIND® À PRIX DÉJÀ RÉDUIT POUR ELLE ET LUI SUR NOS DERNIERS PRIX ÉTIQUETÉS.HOMME ET ENFANT 30 % de rabais GANTS, CHAPEAUX ET ÉCHARPES À PRIX ORDINAIRE POUR HOMME SOUS-VÊTEMENTS ET CHAUSSETTES POUR HOMME STANFIELD'S, JOE BOXER, PRODIGE, MCGREGOR, LEVI'S®, DOCKERS®, NIKE®, CCM ET WEEKENDER EXCEPTION :PROMO DE CHAUSSETTES « 3PAIRES POUR.».CHEMISES DE VILLE ET CRAVATES MODE JEAN POUR BÉBÉ ET ENFANT TOGOmc, POINT ZERO ET RERUN.ENFANT, TAILLES 2 À 16.TENUES DE NUIT BÉBÉ,0À 24 MOIS, 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