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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-02-16, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101A0216 A1 DIMANCHE 7LP0101A0216 ZALLCALL 67 22:25:19 02/15/03 B Raz-de-marée antiguerre MONTRÉAL DIMANCHE 16 FÉVRIER 2003 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 65 1 1 9e A N N É E > N O 1 1 6 > 5 6 P A G E S > 6 C A H I E R S ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD- OUEST DU QUÉ BEC > GATINE AU-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.Des millions de NON défilent partout dans le monde FRANÇOIS CARDINAL De véritables marées humaines ont déferlé dans quelque 500 villes du monde, hier, isolant encore un peu plus les Américains dans leur volonté de déclarer la guerre à l'Irak.Ébranlés par ces manifestations ayant rassemblé quelque 10 millions de personnes, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont aussitôt retravaillé leur projet de nouvelle résolution pour en adoucir le ton.Sur tous les continents, de l'Australie à la Corée du Sud et de Damas à San Francisco, en passant par Montréal et Calgary, les citoyens ont demandé avec fougue à George W.Bush de freiner ses ardeurs belliqueuses.Mais c'est en Europe que les plus importantes manifestations ont eu lieu.En Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne, trois alliés de Washington, la mobilisation a battu tous les records et donné lieu à des rassemblements parmi les plus importants depuis la Deuxième Guerre mondiale.Selon des diplomates ayant requis l'anonymat cités par l'Associated Press, les dirigeants britanniques et américains ne sont pas restés insensibles aux énormes manifestations.Voir RAZ-DE-MARÉE en A2 > La plus grosse manifestation de l'histoire du Royaume-Uni page A3 > Desmond Tutu soulève la foule dans un climat de tension page A3 > De l'indifférence au risque «très élevé » d'attentat page A3 > Des records battus dans deux pays de la «nouvelle Europe » Arts et spectacles E1-E7 - télévision E2 À tire-d'aile F8 À votre tour A11 Bandes dessinées F7 Bridge C7 Décès C7 Éditorial A10 Êtes-vous observateur?C4 Feuilleton F7 Forum A9 Génies en herbe E7 Horoscope C6 La Presse Affaires C1-C3 La presse d'ailleurs A8 Loteries A2, B5 Monde cahier A Mots croisés E7, F7 Mot mystère C5 Petites annonces C4 - immobilier C4 - marchandises C5 - emplois C5 - automobile C5, C6 Sciences F6 M É T É O Voir D12 Ensoleillé Maximum -19 > minimum -22 PHOTO AP Comme dans bien d'autres capitales du monde, Londres a connu hier la plus importante manifestation jamais vue dans ses rues: ils étaient entre 750 000, selon la police, et 2 millions, selon les organisateurs, à manifester contre une éventuelle guerre en Irak.page A4 Merci papa! « Merci papa de nous avoir montré comment aimer.Merci pour ta grande générosité et la disponibilité que tu as eue pour nous.» C'est en ces termes que Dominique Desjardins a rendu hier un dernier hommage à son père, Marcel Desjardins, vice-président et éditeur adjoint à La Presse, décédé lundi dernier.Plusieurs centaines de personnes du milieu journalistique ont assisté aux funérailles, qui se sont déroulées à l'église Saint-Alphonse- de-Liguori, à Hawkesbury, en Ontario.Voir nos informations en C8 Près de 150 000 personnes bravent le froid dans Montréal la pacifiste LAURA-JULIE PERREAULT DES MILLIONS de personnes dans le monde ont dit non à la guerre en Irak hier.Montréal n'a pas été en reste.Près de 150 000 personnes ont bravé un froid sibérien pour demander au président des États- Unis de retenir ses missiles.Cette immense foule ne supportait aucune comparaison dans le reste du Canada.À Toronto, 10 000 personnes sont descendues dans les rues.À Ottawa, ils étaient 2000.À Québec, entre 3000 et 10 000 manifestants ont envahi la rue Saint- Jean et les environs du château Frontenac.Les organisateurs de la marche montréalaise ne pouvaient cacher leur surprise, eux qui, à leur premier appel, le 18 janvier dernier, avaient réussi à mobiliser 25 000 personnes.« Ça démontre que les Québécois sont de plus en plus contre la guerre.On savait que le potentiel était là, mais on ne savait pas qu'on pouvait rejoindre autant de monde.Depuis la dernière manifestation, il y a eu de grands efforts de mobilisation, notamment dans les communautés musulmanes et dans les milieux syndicaux », a dit à La Presse le porte-parole du collectif Échec à la guerre, Raymond Legault, quelques secondes après avoir terminé son discours devant le complexe Guy-Favreau, point d'arrivée de la marche de la paix.Voir MONTRÉAL en A2 7LP0202A0216 A2 DIMAN 7LP0202A0216 ZALLCALL 67 23:36:25 02/15/03 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 DEMAIN DANS LA PRESSE Élyse Marquis est bien entourée Fille unique, Élyse Marquis?Pas souvent devant les caméras, en tout cas.Au petit écran, la comédienne de 34 ans est particulièrement bien entourée par les temps qui courent: soeur de Marina Orsini dans Cauchemar d'amour, de Jean-François Beaupré dans les Super Mamies, conjointe de Patrick Labbé dans les pubs de Tim Horton.Elle parle de son métier à Isabelle Massé.À lire demain dans le cahier Arts et Spectacles LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 6-6-1 > À quatre chiffres : 4-5-2-2 LOTO 6/49 > 3-11-12-25-32-38 Compl.: 36 > Extra : 4-6-5-2-3-3 AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE > Découvrez notre section spéciale sur les 75e Oscars: cyberpresse.ca/oscars > Profitez de l'hiver pour faire du sport: cyberpresse.ca/hiver > Consultez toutes nos critiques des films à l'affiche: cyberpresse.ca/films Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650.Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 SUITES DE LA UNE PHOTO MARTIN TREMBLAY, La Presse Malgré un froid polaire, des Montréalais de toutes origines ont participé à la grande manifestation.Montréal figure parmi les 10 villes qui ont attiré le plus de manifestants dans le monde.PHOTO MARTIN TREMBLAY, La Presse Le chanteur Bruno Pelletier et la comédienne Macha Grenon faisaient partie de la brochette de personnalités qui ont marché pour la paix, parmi près de 150 000 Montréalais.MONTRÉAL Suite de la page A1 Des manifs diverses selon les pays Militant de la première heure dans le dossier irakien, il a rappelé aux manifestants que la première guerre du Golfe et les sanctions qui ont suivi ont fait 1,5 million de morts dans le pays de Saddam Hussein.« C'est 5000 fois le World Trade Center, a-t-il indiqué.Nous comprenons que la population américaine a été traumatisée par cet événement.Imaginez comment les Irakiens sont traumatisés! » a-t-il tonné sous les cris de la foule, qui tentait tant bien que mal de supporter le froid pendant les discours.Sur scène, le chanteur Bruce Cockburn, la militante Mary Foster \u2014 revenue d'Irak la semaine dernière \u2014 ainsi que le comédien Luc Picard ont pour leur part lancé des invectives à l'endroit du président Bush et des autres chefs d'État et de gouvernement qui appuient une intervention armée des Américains en Irak.« Ils pensent que nous sommes naïfs, mais nous sommes tout simplement bons! » s'est exclamé Luc Picard.Brochette de vedettes engagées Un collectif d'artistes, de leaders syndicaux et de politiciens s'est joint à la grande marche de la paix.Les Gilles Vigneault, Gérald Larose, Gilles Duceppe, Bruno Pelletier, Macha Grenon, Andrée Lachapelle et maints autres se sont mêlés aux milliers de pancartes, de tuques et de drapeaux qui ont envahi tour à tour les rues Sainte- Catherine et Saint-Denis et le boulevard René- Lévesque.Les premiers manifestants ont quitté le square Dominion à 13 h pile.À 14 h 30, les derniers manifestants attendaient toujours pour prendre le départ.« Je pense que, si on fait un ratio population/manifestants, Montréal est probablement l'endroit au monde où nous sommes le plus nombreux », a suggéré Gérald Larose, qui a aussi participé à la première manifestation antiguerre le mois dernier.« Ça démontre que le Québec est profondément pacifiste », a souligné le nouveau président du Conseil de la souveraineté du Québec.Le Service de police de la Ville de Montréal, qui ne dévoile habituellement jamais d'estimations de foule, n'a pas nié les chiffres avancés par les organisateurs.Les forces de l'ordre n'ont déploré aucune casse au cours de cette grande manifestation, qui a duré plus de trois heures.Participation de la communauté arabe Les manifestants étaient issus de toutes les générations et de toutes les communautés culturelles.La présence de Montréalais d'origine arabe ou de religion musulmane était notable.« Je veux montrer mon désaccord avec la guerre.On veut défendre le peuple irakien, et non le président », a dit Iman, jeune Montréalaise d'origine palestinienne.Le collectif Échec à la guerre avait demandé aux manifestants de porter du blanc en signe de désaccord avec les intentions belliqueuses de Washington.Les responsables de ce collectif, qui regroupe 130 associations de tous genres, aimeraient rencontrer le premier ministre Jean Chrétien bientôt pour lui demander de continuer à promouvoir une solution pacifique au conflit.En cas d'attaque sur l'Irak, le collectif organisera une vigile le lendemain des premières interventions armées et une autre grande manifestation le samedi suivant.Le représentant de Médecins du Monde à Montréal, le Dr Amir Khadir, a rappelé à quel point des frappes pourraient avoir des effets dévastateurs sur Bagdad.« Selon les estimations d'un groupe de médecins britanniques, entre 60 000 et 90 000 personnes vont mourir le premier jour des bombardements.À quoi s'attend-on dans une ville qui, quand je l'ai évaluée en décembre dernier, était dotée de la moitié de ses besoins en ambulances?» a demandé M.Khadir.Associated Press LONDRES \u2014 Voici les chiffres concernant la participation aux manifestations contre la guerre en Irak qui se sont déroulées hier dans le monde: > Londres: 750 000 ( selon la police ), 2 millions ( selon les organisateurs ); > Madrid: 660 000 ( police ), 2 millions ( organisateurs ); > Rome: 1 million ( police ), 3 millions ( organisateurs ); > Barcelone: 500 000 ( police ), 1,3 million ( mairie ); > Berlin: 500 000 ( police/organisateurs ); > France: 300 000, dont 100 000 à Paris ( police ); 200 000 ( organisateurs ); > Damas: 200 000 ( police ); > Séville: 200 000 ( police ); > Grèce: plus de 150 000 à Athènes et 10 000 à Salonique ( police ); > Montréal: 150 000 ( organisateurs ); > New York: 100 000 ( police ), plus de 400 000 ( organisateurs ); > Dublin: 80 000 ( police ); > Amsterdam: 70 000 ( police ); > Oslo: 60 000 ( police ); > Bruxelles: 50 000 ( police ); > Berne: 40 000 ( police ); > Stockholm: 35 000 ( police ); > Glasgow: 30 000 ( police ); > Copenhague: 25 000 ( police ); > Helsinki: 15 000 ( police ); > Vienne: 15 000 ( police ), 30 000 ( organisateurs ); > Beyrouth: 10 000 ( police ); > Mexico: 10 000 ( organisateurs ); > Afrique du Sud: 9000, dont 5000 au Cap et 4000 à Johannesburg ( police ); > Auckland: plusieurs milliers ( AP ); > Buenos Aires: 8000 ( police ); > Tokyo: 5000 ( police ); > Canberra: 3000 à 5000 ( police ); > Sao Paulo: 3000 ( police ), 20 000 ( rganisateurs ); > Santiago du Chili: 8000 ( police > Kiev: 2000 ( police ); Dacca: 2000 ( police ); > Sofia: 2000 police ); > Tel Aviv: 2000 ( police ); > Rio: 1500 ( police) 10 000 ( organisateurs ); > Minsk: 1500 ( police ); > Prague: 500 ( police ); > Chypre: 500 ( police ); > Rabat: 500 ( AP ); > Lima: 300; > Moscou: 300 ( police ); > Alger: 300 ( police ); > Guatemala: 200 RAZ-DE-MARÉE Suite de la page A1 Devant une telle opposition, ils auraient mis de l'eau dans leur vin au cours des dernières heures et adouci le ton du projet de résolution qui doit prochainement être présenté à l'ONU.Avant la réunion du Conseil de sécurité de vendredi dernier, au cours de laquelle le chef des inspecteurs en désarmement, Hans Blix, a remis un rapport d'étape relativement favorable à l'Irak, Washington et Londres préparaient un projet de résolution très dur qui leur aurait donné les coudées franches pour intervenir militairement, selon ces mêmes diplomates.Or, la nouvelle mouture ne contiendrait aucune référence explicite à des sanctions militaires automatiques.Dernier recours D'ailleurs, réagissant aux importantes manifestations qui ont ébranlé les capitales du monde, la Maison-Blanche a déclaré hier que le président des États-Unis espérait encore pouvoir éviter un conflit armé en Irak.« Le président considère l'usage de la force comme un dernier recours, a indiqué une porte- parole de la Maison-Blanche, Jeanie Mamo.Il espère toujours un dénouement pacifique, mais cela dépend du ( président irakien ) Saddam Hussein.» Allié clé des États-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, le président pakistanais, Pervez Musharraf, a fait valoir par téléphone à son collègue américain, pendant la journée, que « la guerre n'est pas une bonne option ».Mais selon l'ambassadeur du Pakistan à l'ONU, Munir Akram, une résolution donnant un ultimatum à Saddam Hussein pour qu'il abandonne le pouvoir ou qu'il soit évincé par la force est toujours envisagée malgré tout.Il avoue cependant du même souffle qu'avec une telle opposition à la guerre, il sera très difficile pour son pays de voter pour une résolution autorisant des frappes.Et sans cet appui de l'ONU, Washington pourrait voir le cercle de ses amis rétrécir.Même le gouvernement britannique de Tony Blair, le plus important allié de Bush, pourrait repenser sa stratégie en raison de la très forte opposition de sa population.Hier, à Londres, les manifestants étaient entre 750 000, selon la police, et 2 millions, selon les organisateurs, à marcher contre une éventuelle guerre en Irak.Outre Londres, des diplomates du Mexique, du Chili, de l'Angola et de la Bulgarie, dont Washington pensait pourtant pouvoir obtenir le soutien, laissent déjà entendre qu'ils s'abstiendront de prendre officiellement position tant et aussi longtemps que les cinq membres permanents de l'ONU ne se seront pas mis d'accord.Or la France, la Russie et la Chine, qui font partie du conseil de sécurité, sont loin d'être chauds à l'idée d'appuyer le président Bush.Au sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne prévu demain à Bruxelles, Washington et Londres auront une meilleure idée de la date à partir de laquelle ils pourront faire circuler leur nouveau projet de résolution.Déblocage à l'OTAN?D'autre part, la crise sans précédent qui secoue l'OTAN pourrait connaître une fin au cours des prochains jours.Après avoir consulté la France et l'Allemagne, la Belgique a en effet annoncé hier qu'elle allait présenter un compromis qui permettrait de mettre fin au blocage né la semaine dernière sur la demande américaine d'aide militaire à la Turquie en cas d'attaque irakienne.Le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a précisé que les trois pays accepteraient de lever leur veto si l'Alliance atlantique adoptait une déclaration « qui dirait de façon explicite que ( l'aide à la Turquie ) n'implique pas une participation de l'OTAN à une opération militaire en Irak ».Depuis lundi dernier, les discussions sont dans l'impasse au siège de l'OTAN à Bruxelles à la suite du refus de la France, de l'Allemagne et de la Belgique d'autoriser une assistance militaire à la Turquie dans la perspective d'une guerre en Irak.Avec la collaboration de AP et de AFP.PHOTO AP L'acteur Danny Glover a prononcé un vibrant discours devant les manifestants réunis à New York pour manifester contre une guerre en Irak, hier. 7LP0302A0216 A3 DIMANCHE 7LP0302A0216 ZALLCALL 67 23:55:27 02/15/03 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 A3 La plus grosse manif pacifiste de l'histoire du Royaume-Uni Bravant ce qui passe à Londres pour un froid sibérien, au moins trois quarts de million de Britanniques opposés à la possibilité d'une guerre en Irak ont participé hier à la plus grosse manifestation pacifiste de l'histoire du Royaume- Uni.Les protestataires, un mélange éclectique de gens de tous âges, races et religions, sont descendus dans les rues de la capitale quelques heures seulement après que le premier ministre Tony Blair eut exprimé plus clairement que jamais sa volonté de faire tomber Saddam Hussein, un « acte humanitaire », at- il dit.S'exprimant au congrès du Parti travailliste à Glasgow, M.Blair a reconnu qu'il fallait donner encore un peu de temps aux inspecteurs en armement des Nations unies.Mais il a prévenu du même souffle les Britanniques du danger de l'inaction.« Si nous faisons preuve de faiblesse maintenant, si nous permettons à la demande d'un nouveau délai de se transformer en excuse et en faux-fuyant jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour agir (.), alors la menace, et pas seulement celle posée par Saddam, va augmenter.L'ONU perdra son autorité et le conflit, quand il viendra, sera encore plus sanglant », a dit le leader du Labour devant ses militants, qui lui ont réservé un accueil poli, mais sans plus.Leur réserve tranchait avec la bonne humeur qui prévalait au même moment à Londres, où les manifestants, agitant des pancartes ornées de messages tels « Pas de guerre pour le pétrole », « Pas en mon nom » et \u2014 délicieuse variante britannique d'un slogan célèbre \u2014 « Make tea, not war », s'étaient chaudement emmitouflés afin de se protéger du vent mordant qui soufflait sur le sud-est de l'Angleterre, où le mercure s'est maintenu tout juste au-dessus de zéro.Les organisateurs de la marche \u2014 la coalition Stop the War, la Campagne pour le désarmement nucléaire et l'Association musulmane de Grande-Bretagne \u2014 ont estimé que près de 2 millions de personnes venues de plus de 250 villes du pays avaient pris part à l'événement.Plus réservée, la police londonienne a évalué leur nombre à « au moins 750 000 ».Partant de deux points de rassemblement dans le centre de la capitale, les manifestants, dont plusieurs en étaient à leur première expérience du genre, ont convergé en chantant vers la statue d'Eros, à Piccadilly Circus, pour ensuite poursuivre leur route de concert vers Hyde Park, où les attendaient une série d'orateurs, du maire de Londres, Ken Livingstone, au révérend américain Jesse Jackson en passant par l'ancienne ministre travailliste Mo Mowlam, la militante Bianca Jagger et le chef du Parti libéral-démocrate, Charles Kennedy.« Les informations qu'on nous a présentées ont trop souvent été trompeuses et peu concluantes.Il n'est pas surprenant que les gens soient inquiets et préoccupés », a lancé M.Kennedy, invitant M.Blair à convoquer d'urgence la Chambre des Communes la semaine prochaine afin de débattre de la question irakienne.« Compte tenu du rapport présenté à New York par Hans Blix, il n'y a pas pour l'instant d'argument juste ou moral en faveur de la guerre en Irak », a ajouté M.Kennedy, qui n'écarte toutefois pas de revoir sa position si la guerre obtient l'aval de l'ONU.En cela, il se distingue de la plupart des manifestants d'hier, qui rejetaient \u2014 comme près de la moitié des Britanniques, si l'on en croit les sondages \u2014 toute intervention militaire en Irak.« Je travaille pour une organisation humanitaire et nous avons des partenaires à Bagdad.Le message que nous recevons, c'est que les Irakiens sont terrifiés devant la perspective d'une guerre.Une guerre ruinerait la population et ferait un nombre incalculable de morts et de blessés parmi les civils », a dit Nick Buxton, faisant une brève pause dans sa distribution de guides de résistance passive.« C'est incroyable que nous soyons tellement pressés de partir en guerre et que nous ne laissions pas le temps aux inspecteurs de faire leur travail.» « Il n'y a aucune preuve tangible de la présence d'armes de destruction massive en Irak, et ce ne sont sûrement pas les photos aériennes de camions de Colin Powell qui vont me convaincre », a dit à La Presse Tom Halsey, un créateur publicitaire dont la tête était « traversée » par un missile en carton orné de l'Union Jack, du Stars and Stripes.et du logo de la pétrolière Esso.« Le message doit être lancé au gouvernement : les gens sont mécontents et la majorité de la population s'oppose à la guerre.» À Glasgow, M.Blair s'est montré respectueux envers les protestataires, qui éprouvent selon lui « une haine parfaitement compréhensible de la guerre ».Le premier ministre a indiqué que plus de temps serait accordé aux inspecteurs de l'ONU, qui présenteront un nouveau rapport au Conseil de sécurité le 28 février.Mais il a avoué un sentiment de « déjà-vu » devant les concessions faites la semaine dernière par Bagdad.Tout en persistant à dire que son gouvernement était guidé par la volonté de désarmer l'Irak, M.Blair a pour la première fois donné un appui sans équivoque à la notion de changement de régime.« L'argument moral contre la guerre a une réponse morale : c'est l'argument moral pour chasser Saddam.» Rappelant les nombreuses violations des droits de l'homme imputées au président irakien, il a ajouté : « Débarrasser le monde de Saddam serait un acte humanitaire.En réalité, c'est de le laisser en place qui est inhumain.Malgré l'assurance dont fait preuve Tony Blair, il se retrouvera dans une fâcheuse position si l'impasse persiste aux Nations unies et que les États-Unis décident de plonger dans la bagarre sans attendre une nouvelle résolution du Conseil de sécurité.Plus de 130 députés travaillistes ont signé une pétition contre une intervention américaine unilatérale en Irak et n'accepteraient pas que leur leader emboîte le pas à George Bush.Pourtant, malgré les réticences de son parti et l'opposition de plus en plus évidente de la population, Tony Blair semble plus déterminé que jamais à aller jusqu'au bout.New York ditnon à la guerre Malgré un froid pénétrant et un dispositif de sécurité intimidant, une foule considérable s'est rassemblée hier à New York, non loin du siège des Nations unies, pour manifester son opposition à une guerre contre l'Irak.Des manifestations de moindre importance se sont également déroulées simultanément dans plusieurs autres villes américaines, dont Philadelphie, Chicago et Miami.Selon les organisateurs du rassemblement new-yorkais, plus de 400 000 manifestants ont investi la 1re Avenue, entre la 51e Rue, où se dressait une grande scène, et la 75e Rue, à Manhattan.Le chef de police Raymond Kelly a pour sa part estimé à au moins 100 000 le nombre de protestataires.« Le monde dit non à la guerre », proclamait une énorme bannière placée au-dessus de la scène, où une cinquantaine de militants et de célébrités ont prononcé des discours.L'archevêque sud-africain Desmond Tutu comptait parmi les orateurs, de même que la militante Angela Davis et les acteurs Harry Belafonte, Danny Glover et Susan Sarandon.Lauréat du prix Nobel de la paix en 1984, l'archevêque Tutu a sou levé la foule emmitouflée en l'engageant dans un dialogue vibrant.« Nous avons dit non au communisme, a-t-il déclaré aux manifestants.Nous avons dit non à l'apartheid.Nous avons dit non à l'injustice.Nous avons dit non à l'oppression.Et nous avons dit oui à la liberté.Oui à la démocratie.Maintenant, je vous demande, que disons-nous à la guerre ?\u2014 Non ! de répondre la foule en s'époumonant.\u2014 Que disons-nous à la mort et à la destruction ?\u2014 Non ! \u2014 Que disons-nous à la paix ?\u2014 Oui ! Avant de monter sur scène, l'archevêque Tutu avait confié aux journalistes : « La sécurité ne sortira jamais du canon d'un fusil.On ne peut prétendre que ces milliers de personnes son folles.» L'actrice Susan Sarandon, qui n'a jamais craint d'afficher ses opinions politiques, a pour sa part déclaré : « Notre gouvernement ne se fait pas l'écho de nos inquiétudes.Rien n'a pour l'instant été prouvé qui pourrait justifier une invasion de l'Irak.Toutes nos émotions et nos peurs nées du 11 septembre ont été prises en otage par l'administration Bush.Larguer des bombes n'est pas un moyen d'assurer notre sécurité.» La manifestation new-yorkaise s'est déroulée dans un climat de tension renforcé par la présence massive des forces de l'ordre.Plusieurs manifestants n'ont pu se frayer un chemin jusqu'à la 1re Avenue en raison des barrières métalliques installées partout dans le secteur pour diriger la foule.Des affrontements ont eu lieu, dans la 2e et la 3e Avenue, entre des manifestants et des policiers, qui ont procédé à des arrestations.Les organisateurs avaient souhaité organiser un défilé devant l'immeuble de l'ONU, mais ils s'en sont vu refuser l'autorisation par l'administration municipale, qui a prétexté des raisons de sécurité.Ils ont donc dû se contenter d'un rassemblement, à quelques centaines de mètres du bâtiment de l'ONU, où le sort de l'Irak pourrait se jouer au cours des prochains jours ou des prochaines semaines.Comme à Woodstock en 1969, le chanteur Richie Havens a donné le coup de départ de la journée en chantant Freedom, sa chanson fétiche.Dans la foule se trouvaient des New-Yorkais de tous les âges, de toutes les origines et de toutes les classes.Il y avait aussi des manifestants venus de partout dans le nord-est des États-Unis, du New Jersey au Vermont, en passant par la Pennsylvanie et le Maryland.Parmi les pancartes, certaines rendaient hommage à la France, qui joue un rôle crucial dans la bataille diplomatique engagée au Conseil de sécurité.Sur l'une d'elles, on pouvait lire : « La France a raison.» Sur une autre : « Vive la France ! » Et sur une troisième : « Déportez-moi en France ! » Mère d'un pompier tué dans une des tours du World Trade Center, Adele Welty a participé à la manifestation pour demander au président Bush de travailler avec l'ONU pour trouver une solution pacifique à la crise irakienne.« Timothy était au World Trade Center pour sauver des vies le 11 septembre, a-t-elle déclaré en parlant de son fils.Je ne pense pas qu'il voudrait que des vies innocentes soient sacrifiées en son nom, dans ce pays-ci ou en Irak.» Rejetée par la communauté internationale, la politique de l'administration Bush vis-à-vis de l'Irak commence à susciter des doutes au sein même de la population américaine, qui voudrait donner plus de temps aux inspecteurs de l'ONU, selon les derniers sondages.Cependant, au lendemain de la présentation du deuxième rapport du chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix, le président américain a reçu l'appui de la presse américaine, qui a critiqué l'attitude de la France au Conseil de sécurité.PHOTO AP L'archevêque Desmond Tutu s'est adressé aux manifestants pacifistes réunis devant le siège des Nations unies à New York.C'estl'indifférence à la Maison-Blanche Combien de temps encore l'administration Bush pourra-t-elle résister à l'ampleur grandissante des manifestations contre son projet de guerre en Irak ?Le sujet promet d'animer les propos des analystes et des politiciens dans les talk shows de ce matin à la télévision américaine.Mais toujours est-il qu'à Washington, hier, alors que des millions de personnes protestaient dans les grandes villes du monde contre la guerre en Irak, le président Bush a choisi de passer sous silence cet appel mondial pour la paix lors de sa seule déclaration officielle de la journée.Dans son message radiophonique hebdomadaire, le président Bush a préféré donner la réplique aux critiques des derniers jours envers le « code orange » attribué à l'état d'alerte nationale, signalant un risque « très élevé » d'attentat terroriste aux États-Unis ou à l'étranger contre des intérêts ou des citoyens américains.Cet état d'alerte déclaré depuis le 7 février a incité de nombreux Américains à prendre des mesures exceptionnelles, voire exagérées selon plusieurs, pour leur protection personnelle et celle de leur famille.Hier, alors que des rumeurs à Washington voulaient que soit bientôt levée l'alerte orange, le président Bush a livré un message qui se voulait rassurant pour les citoyens américains : « Ces dangers et ces menaces sont troublants pour tous.Néanmoins, je vous assure que notre gouvernement, à tous les niveaux, fait face à cette menace et qu'il demeure en alerte 24 heures sur 24 contre le terrorisme.» Un porte-parole suppléant de la Maison- Blanche s'est en outre borné à diffuser un court communiqué rappelant que, pour l'administration Bush, une action militaire en Irak demeurait le « dernier recours » pour forcer le désarmement du régime de Saddam Hussein.Il faut dire que, à Washington même, à peine quelques centaines de manifestants pacifistes ont déambulé calmement autour du Capitole.Rien à voir avec les dizaines de milliers de manifestants qui s'étaient donné rendez-vous le mois dernier, lors de la plus grosse marche contre la guerre dans la capitale américaine depuis le conflit du Vietnam, il y a 30 ans.Les principaux leaders des groupes d'opposants à la guerre et leurs porte-parole vedettes étaient d'ailleurs presque tous à New York, à Los Angeles et à Philadelphie, où ont eu lieu les plus grosses manifestations en sol américain.Pendant ce temps, les visiteurs qui bravaient le temps froid et neigeux dans la capitale pouvaient déambuler près des principaux sites et monuments sans être importunés par les mesures de sécurité extraordinaires qui accompagnent habituellement les grands événements publics.Quant aux résidants de la région de Washington, leur attention allait bien davantage vers l'avertissement de tempête hivernale pour aujourd'hui et demain, congé officiel pour le President's Day.Les intempéries annoncées devaient laisser de 25 à 30 centimètres de neige, une quantité hors de l'ordinaire pour la capitale américaine et qui menace de paralyser les routes et les aéroports. 7LP0402A0216 a04 irak dim 16 fév 7LP0402A0216 ZALLCALL 67 23:34:27 02/15/03 B A4 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 Italiens et Espagnols disent non à Bush «Pourquoi manifester alors que le gouvernement défend la bonne politique», questionne un Parisien APRÈS L'ESCALADE verbale des dernières semaines entre Paris et Washington, on aurait pu s'attendre à ce que, dans les villes françaises, les slogans des manifestants antiguerre virent à l'antiaméricanisme primaire.Il n'en a rien été dans l'ensemble.Si l'on excepte quelques « Bush assassin » qui revenaient périodiquement, les manifestants (entre 100 000 et 200 000) qui ont défilé pendant quatre heures à Paris entre la place Denfert-Rochereau et la Bastille ressemblaient plutôt à des promeneurs tranquilles venus exprimer leur opinion, mais sans excitation.Plusieurs banderoles portaient ce slogan, qui résumait assez bien le sentiment général : « Nous haïssons la politique de Bush, mais nous ne haïssons pas le peuple américain.» À intervalles réguliers, d'ailleurs, on pouvait voir se détacher du flot des manifestants des groupes plus ou moins importants défilant sous la banderole « Americans against the war », et qui étaient chaleureusement applaudis par la foule importante massée sur les trottoirs.La manifestation parisienne d'hier, à laquelle il faut ajouter des défilés de 10 000 personnes dans beaucoup de grandes villes, comme Marseille ou Montpellier, est considérée comme un indéniable succès par les participants, même si on reste loin de certaines mobilisations à caractère historique, à commencer par la marche contre Le Pen en mai dernier.Dans toute la France, on a comptabilisé en gros un demi-million de manifestants.Une mobilisation tout de même notable car, de toute évidence, la plupart des gens étaient venus de manière spontanée, ou alors en petits groupes organisés, et les grosses machines habituelles \u2014 syndicats, partis de gauche etc.\u2014 n'avaient pas mis tout leur poids dans la bataille.Cela donnait comme résultat un tableau assez disparate.Dans le boulevard Henri IV menant à la Bastille, on pouvait voir un groupe non identifié d'une vingtaine de jeunes maghrébines coiffées du foulard islamique : « Enfants d'Irak, enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine.» Derrière, peu nombreux mais très disciplinés, en combinaison blanche uniforme, des militants de Greenpeace déployaient deux immenses banderoles : « Veto français ! » Plus loin encore, quelques militants homosexuels déguisés en pompom boys scandaient : « La guerre, vulgaire, vulgaire, vulgaire ! » Ils croisaient une poignée de militants bien seuls mais décidés et qui tentaient au mégaphone de convaincre les manifestants de ce que « L'impérialisme c'est la guerre ».Il s'agissait d'un mystérieux parti marxiste-léniniste d'Allemagne.Comme prévu, de jeunes représentants de l'immigration maghrébine en France étaient venus un peu mieux organisés que d'autres \u2014 camions avec mégaphones, petits orchestres \u2014 et détournaient légèrement le propos en direction du conflit israélo-palestinien.Quelques pancartes assimilant Sharon à Hitler.Curieusement, un militant juché sur un camion scandait : « One, two, three, four, we dont want your fuckin' war ! » avant de s'en prendre violemment à « Chirac, partisan de la guerre ».Mais tout ça se perdait dans un ensemble très bon enfant.Et les discussions entre manifestants gardaient un tour assez classique.« Et pourquoi on ne voit pas Raffarin puisqu'il est contre la guerre et qu'il est un homme de terrain ?» disait une sexagénaire parisienne.« C'est déjà beau que, pour une fois, le gouvernement de droite et Chirac aient redressé la tète en face des États- Unis », lui répondait un enseignant quadragénaire avant des reprendre ses slogans : « L'impérialisme, c'est la guerre ! » Dans l'ensemble, les quelque 80 organisations qui avaient appelé à manifester (partis communiste et socialiste, trotskistes, verts, centrales syndicales) étaient plutôt discrètes.On a vu furtivement sur la même ligne, bras dessus, bras dessous, le leader paysan José Bové, le trotskiste Alain Krivine et le vert Noël Mamère.Mais les chefs se faisaient hier plutôt discrets.C'était plutôt la fête des anonymes : beaucoup de plus de 50 ans, revenants de mai 68, mais aussi des familles paisibles, des couples avec des poussettes.Ironiquement, mais suivant en cela une certaine logique, la manifestation de Paris est tout de même restée pratiquement la moins importante en comparaison des grandes villes européennes.En comptabilisant approximativement les défilés qui ont eu lieu à Londres, Bruxelles, Rome ou Berlin, on arrive au chiffre considérable de plusieurs millions de manifestants.« Au fond, dit Michel M., technicien de cinéma, qui est contre la guerre, j'aurais certainement manifesté si j'avais été à Londres ou à Rome.Mais pourquoi le faire à Paris, alors que le gouvernement défend la bonne politique ?» Beaucoup d'Européens semblent avoir fait ce raisonnement.Bien sûr, le rassemblement de Berlin a frôlé les 500 000 personnes, alors que l'Allemagne défend une ligne ultrapacifiste.Mais, outre Londres, ce sont les deux grands pays de la « nouvelle Europe » chère à Donald Rumsfeld qui ont battu tous les records de mobilisation.Alors que Silvio Berlusconi se présentait il y a quelques jours encore en inconditionnel des États-Unis, Rome a été le théâtre de la plus imposante manifestation des dernières décennies : au moins un million de participants.Plus extraordinaire encore : alors que l'Espagne de Jose Maria Aznar est restée, vendredi à l'ONU, le seul grand pays parmi les 15 du Conseil à soutenir la ligne anglo-américaine, on a dénombré pas loin de 1,5 million de personnes dans les rues de Barcelone (3 millions d'habitants).Et sans doute 500 000 personnes à Madrid.Pour l'Italie de Berlusconi, qui a déjà commencé à faire machine arrière dans son soutien aux États- Unis, et davantage encore pour le premier ministre conservateur Aznar, en Espagne, cette déferlante humaine contre la guerre a pris hier des dimensions historiques dont il est difficile de ne pas tenir compte.pour des chefs de gouvernement soucieux de leur réélection.Photo ALFREDO ALDAI, AFP Alors que l'Espagne de Jose Maria Aznar est restée, vendredi à l'ONU, le seul grand pays parmi les 15 du Conseil à soutenir la ligne anglo-américaine, on a dénombré pas loin de 1,5 million de personnes dans les rues de Barcelone (3 millions d'habitants).Et sans doute 500 000 personnes à Madrid.Ci-dessus, le président Bush est caricaturé en dictateur et le président espagnol Aznar en pantin de Bush.3118316A Aziz prie pour la paix à Assise Associated Press ASSISE \u2014 Le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, a exhorté hier le monde à « résister à la guerre et aux intentions d'agression » durant sa visite à Assise, ville italienne célèbre pour le message de paix de saint François.Tarek Aziz, un chrétien chaldéen, a prié avec les moines franciscains en cette journée où des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes dans le monde pour protester contre une guerre en Irak.« Mon message, c'est la paix », a-t-il déclaré devant la basilique Saint-François, où des arbustes dessinaient le mot PAX (paix, en latin) sur un parterre de fleurs.« Le peuple irakien veut la paix.Et des millions de personnes dans le monde manifestent pour la paix.Alors travaillons tous pour la paix et résistons à la guerre et aux intentions d'agression.» Interrogé sur l'exploitation politique que Tarek Aziz pourrait faire de sa visite, le frère Enzo Fortunato, porte-parole des franciscains, a assuré : « Quiconque vient à Assise peut se proclamer homme de paix, mais il est appelé à mettre en oeuvre, par des geste concrets, ce qu'il proclame.» Le vice-premier ministre irakien a participé à une cérémonie sobre devant le tombeau de saint François, dans une petite chapelle de pierre, sous la basilique.(514) 843-YOGA(9642) L'INSTITUT DE YOGA ET DE MÉDITATION COURS CONTINUS & ATELIERS DE YOGA PROGRAMME DE FORMATION ET DE CERTIFICATION DE PROFESSEURS DE YOGA 3080149A 7LP0501A0216 a05 slapo dim 16 fév 7LP0501A0216 ZALLCALL 67 20:50:10 02/15/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 6 F É V R I E R 2 0 0 3 A 5 La paix froide collaboration spéciale Ça ne lâche pas ! On se les gèle pas à peu près.Brrr ! Y fait vraiment pas chaud ! Mais que je n'en voie pas un sacrer contre le froid.Car le froid est notre sauveur.Notre protecteur.Notre plus belle richesse.Parce que si on est tellement à l'abri, ici, dans notre p'tit Québec, de tous les grands problèmes de la planète, c'est grâce au frette ! Regardez tous les endroits où ça va mal dans le monde.On les voit aux nouvelles.Ce sont toutes des places où les gens sont en manches courtes.L'Afrique, l'Irak, Israël, Haïti, l'Amérique du Sud.Le trouble est frileux Savez-vous pourquoi ?Parce que le trouble est frileux.Le trouble aime pas le froid.Le trouble aime les endroits où il fait chaud.Où il y a le beau soleil.Où il peut s'étendre et écoeurer le peuple longtemps.Y est pas fou, le trouble.Descendre dans la rue pour pitcher des roches, à 22 sous zéro, ça ne le tente pas.Se battre pour un morceau de terre qu'il faut que tu passes six mois à pelleter, y aime autant le laisser aux voisins.C'est pour ça que Stéphan Bureau, il ne parle pas souvent du Groenland, de l'Islande, du pôle Nord ou du pôle Sud dans ses manchettes.Le trouble va jamais là.C'est sûr qu'il parle du Québec.Y a pas le choix, c'est le téléjournal de chez nous.Mais les troubles qu'il raconte, c'est pas des vrais troubles.Les hôpitaux, les écoles, Gaétan Frigon, Théodore ou Garon, ça ne se compare pas à un génocide, à une révolution ou à une guerre civile.Nos problèmes sont tellement niaiseux qu'ils n'en parlent pas ailleurs.Pensez-vous qu'aux nouvelles d'Israël, le présentateur raconte les crises de Pierrette Venne ou la saga des Expos ?Non.En Israël, ils ne parlent jamais du Québec.Mais au Québec, on parle tous les jours d'Israël.Pourquoi ?Parce que là-bas, il se passe des grosses affaires.Tandis qu'ici, il ne se passe que des peccadilles.Pourquoi ?Parce que le trouble habite chez eux à l'année, tandis qu'il ne vient jamais mettre les pieds ici, de peur de se les congeler ! Nous, on n'a pas besoin de bombe atomique pour nous protéger, une vague de froid, ça vaut bien des armes de destruction massive.Quand Napoléon a conquis le monde, ses armées ont marché sur tous les beaux pays d'Europe et d'Afrique en chantant : « Haut les mains ! Lalala ! Haut les mains ! » Mais rendus en Russie, j'te dis qu'ils ont arrêté de chanter assez raide.Napoléon, y a pas juste mis une main dans sa petite poche.Y a mis les deux ! Parce qu'elles étaient bleues.L'hiver a sauvé les Russes ! Même chose pour Hitler.Ses armées ont traversé l'Europe, le bras tendu, sans problème.Mais rendu en Russie, le bras leur est tombé, gelé.Je vous le dis, le froid, c'est la paix.La sainte paix.Si au Québec il faisait beau comme en Floride, ça ferait longtemps que les Américains nous auraient annexés.Au lieu de jouer au hockey, nos garçons seraient poignés à encercler l'Irak.Patrice Brisebois, il verrait que c'est pas mal plus stressant que de se faire huer par 10 gars chauds.Mais grâce à notre climat, les Américains n'ont jamais rien voulu savoir de notre patrie.Et c'est ce désintéressement généralisé du monde entier pour les pays froids qui nous sauve de tous les grands conflits majeurs.C'est tellement pas attirant, un pays glacé, que même nous, qui habitons là, on n'en veut pas.À tous les référendums, on nous demande : « Voulez-vous de ce pays ?» Et on répond toujours : « Non merci ! » Pensezvous qu'un autre pays va se donner la peine de venir se battre pour conquérir un pays que ses propres habitants rejettent ?Pourquoi se battre pour un pays où on ne terminera même pas tes jours ?Se battre pour les terrains de golf de la Floride, OK ! Mais se battre pour quelques arpents de neige, franchement ! Cela saute aux yeux.Si nous vivons dans un endroit paisible, où même les révolutions sont tranquilles, et que le pire qu'il peut arriver, c'est le verglas, c'est grâce à notre climat nordique.Donc, au lieu de sacrer contre le froid et d'essayer tant bien que mal de se plaindre, car on a les lèvres gelées, remercions le ciel en grelottant de nous avoir offert une contrée polaire.Prions fort pour que le monde entier continue de nous ignorer et pour que l'effet de serre ne nous réchauffe pas trop vite.Vive la paix froide ! \u0001 \u0001 \u0001 Si Sheila Copps a présenté sa candidature dans un Tim Horton, est-ce parce que Paul Martin va n'en faire qu'une bouchée ?Comme avec un Timbit ! \u0001 \u0001 \u0001 Le prix de l'essence est rendu tellement élevé que c'est lui qui a dû frapper la navette.\u0001 \u0001 \u0001 Mercredi dernier, j'ai essayé de 22 h à 23 h 30 d'obtenir la ligne pour parler à la tribune téléphonique de sport de CKAC.Je voulais dire mon opinion sur l'affaire des gardiens de but.Malheureusement, c'était toujours engagé.Alors permettezmoi de vous en faire part dans ma chronique : dans le monde du spectacle, on dit d'un artiste qu'il est aussi bon que son dernier show.On devrait dire la même chose des gardiens de but.\u0001 \u0001 \u0001 Je ne connaissais malheureusement pas beaucoup M.Desjardins.Je suis collaborateur spécial à La Presse et j'écris mes chroniques à la maison.Il m'appelait quelques fois par année, pour me dire qu'il était content de mon travail.Ça me faisait tellement de bien de recevoir des encouragements venant d'un homme sincère, vrai, brillant, et qui connaissait mieux que quiconque le métier d'écrire dans un journal.Je raccrochais toujours en lui disant un gros merci.Je raccrochais toujours en voulant être à la hauteur de sa confiance.Merci pour tout, monsieur Desjardins.CONCOURS ON GAGNE À REGARDER Chaque jour un bon d'épicerie de 1000 $ À GAGNER Chaque semaine un voyage à Puer to Plata À l'hôtel RIU Merengue, offert par Tours Maison 25 00o $ Et un grand prix de Pour participer, regardez Radio-Canada, du lundi au vendredi de 19h à 20h, et repérez l'indice du jour.Donnez votre réponse avant minuit par Internet ou par téléphone.www.radio-canada.ca/television 1 900 870 2233 (50 cents par appel) Aucun achat requis.Ce concours s'adresse aux résidents canadiens majeurs.Règlement du concours disponible à Radio-Canada.Concours du 17 février au 21 mars 2003.On gagne à regarder Radio-Canada ! 3116258A 7LP0601A0216 A-6 dimanche 7LP0601A0216 ZALLCALL 67 16:43:18 02/15/03 B 7LP0701A0216 A-7 dimanche 7LP0701A0216 ZALLCALL 67 16:33:16 02/15/03 B 7LP0802A0216 A08, dimanche, AILLEURS 7LP0802A0216 ZALLCALL 67 23:36:58 02/15/03 B A8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 « Vieille» et « Nouvelle» Europe: et si c'était vrai?Les investisseurs paraissent effectivement préférer la «Nouvelle» Europe à la «Vieille» Paros est une île magnifique au coeur des Cyclades.Un couple d'amis parisiens l'ont choisie comme séjour de retraite, Anita ayant d'ailleurs des racines grecques.Ils viennent d'y construire, sur fond de retraite, une petite villa pleine de charme, à 100 mètres d'un bras de mer au-delà duquel apparaît Antiparos, l'île soeur aux contours délicats, aux teintes en mutation perpétuelle selon l'heure, le temps qu'il fait, le vent qu'il fait surtout.L'été dernier, il fallait l'équiper, cette villa.Un matin, on roule vers le village.Dans une boutique d'appareillage de cuisine, au rayon de contenants à frigo, j'en soulève un et l'étiquette révèle : « Rubbermaid, fabriqué en Hongrie.» Le suivant, d'un autre format, dit : « Rubbermaid, fabriqué en Pologne.» Un ami s'esclaffe : « Génial ! Si une usine a des problèmes de relations du travail, on la ferme et on produit dans l'autre.» Mais ce que la petite bande de journalistes que nous sommes retient finalement, c'est que dans la foulée de la fin du communisme européen, une entreprise comme Rubbermaid, flairant l'élargissement du Marché commun vers l'Est doublé d'un élargissement de l'OTAN dans la même direction, a choisi des pays comme la Pologne et la Hongrie, à faibles coûts de production, pour prendre d'assaut le marché européen et \u2014 qui sait ?\u2014 éventuellement celui de la Russie, à tribord.Cette anecdote de vacances de l'été dernier m'est revenue en mémoire grâce aux bons offices du secrétaire à la Défense des États-Unis, Donald Rumsfeld, qui a laissé échapper le mot, déjà célèbre, de « Nouvelle Europe » pour désigner justement des pays comme la Pologne, la Hongrie et la république tchèque, une « Nouvelle Europe » qu'il compare à la « Vieille Europe », incarnée par l'Allemagne et la France.La communauté des observateurs a bondi, certains y voyant l'illustration d'un mépris du faucon du Pentagone pour des alliés qui ne marchent pas dans le rang, d'autres saluant l'effet de vocabulaire de M.Rumsfeld comme bienvenu dans le débat actuel à propos d'une guerre contre l'Irak, étant donné le caractère minoritaire de l'Allemagne et de la France dans l'ensemble européen.Le chroniqueur William Pfaff, dans l'International Herald Tribune, refuse cette perspective, rappelant que les réserves exprimées par MM.Schroeder et Chirac concernant une guerre en Irak rejoignent l'opinion de 80 % des Européens de l'Ouest, voire de plus de 70 % des Européens de l'Est.(Les manifs d'hier, à Londres, Madrid et Rome, partenaires officiels de Bush, illustrent le propos.) Mais pour les observateurs qui suivent globalement l'évolution de l'Europe, dans ses dimensions aussi bien économiques que politiques, les vocables de « Vieille Europe » et de « Nouvelle Europe » ne sont pas qu'un effet de style et répondent à des réalités considérables, à des mutations profondes.Expansion à l'Est L'anecdote Rubbermaid, pour tout dire, n'est qu'un signal parmi bien d'autres, d'un important mouvement du capital vers les pays de l'Est, virtuellement au détriment d'ailleurs de l'Europe de l'Ouest.Le reporter Alan Friedman, du Herald Tribune, l'a bien senti au Forum économique mondial de Davos, fin janvier.Les dirigeants européens d'entreprises de pointe comme Hewlett-Packard, Sun Microsystems, Oracle et Cisco Systems, dit-il, sont unanimes dans leur fascination pour l'expansion des affaires en Europe de l'Est, alors qu'ils n'entrevoient que stagnation du côté de l'Europe de l'Ouest.C'est que les investissements en quincaillerie et en logiciels faits par le secteur public dans les pays de l'Est augmente de 5 % par année.Ces gens d'affaires-là ont un faible pour la Républiqe tchèque et la Hongrie.Tous les gouvernements de la région poussent la modernisation de leur technologie de l'information et de leurs infrastructures de communication.Ce mouvement pourrait conduire certains pays de l'Est à devancer l'Europe de l'Ouest, estime Kasper Rorsted, directeur général de Hewlett-Packard en Europe.Les économies des pays de l'Est croissent plus rapidement que celles de l'Ouest et cette tendance pourrait amener un déplacement vers l'Est d'emplois actuellement occupés à l'Ouest, estime Rob Lloyd, patron européen de Cisco.Même ton observé dans le Washington Post sous la plume de William Drozdiak, spécialiste des questions européennes installé à Bruxelles.L'Europe élargie vers l'Est et formant un bloc de 450 millions de citoyens va forcément voir son centre de gravité se déplacer vers le Centre et l'Est.Tant les compagnies européennes qu'américaines, dit-il, commencent à investir massivement en Europe de l'Est, où les salaires représentent un cinquième de ce qui est payé en Allemagne.L'auteur cite Jeffrey Immelt, de General Electric, qui est d'avis que les pays de l'Est constitueront une cible majeure d'investissements ces cinq prochaines années, une opération qui, à court terme, pourrait même être plus rentable que la Chine.Le moteur : des populations animées d'une soif exceptionnelle de grande consommation, de la voiture rapide à la résidence secondaire, en passant par le mobilier dernier cri et le vêtement chic.Investissements tous azimuts Il n'y a pas que les GE ou Volkswagen qui investissent massivement en Europe de l'Est, poursuit M.Drozdiak : nombre de petites et moyennes entreprises allemandes ou françaises déplacent leurs investissements vers l'Est, attirées par les coûts de production moins élevés.De fait, dit-il, la « Vieille Europe » commence « à ressembler à un musée de l'industrie habité par des retraités âgés ».Des décennies de chute des naissances en ont fait l'une des populations les plus vieilles du monde.D'ici 30 ans, un Allemand sur deux aura l'âge de la retraite.Et pendant que la sécurité sociale devient de plus en plus onéreuse, la main-d'oeuvre active est celle qui coûte le plus cher au monde (35 $US l'heure, contre 16 $ aux États-Unis).Et le coût des responsabilités de l'État est tel que l'employé ne touche que moins du tiers de son salaire brut.Ajouter à cela les 100 milliards $ par an que le pouvoir central doit verser pour la réunification, tout ça effraie les investisseurs qui jettent un oeil vers les pays de l'Est.Le frénésie de consommation qui se dessine à l'Est attire massivement les investissements dans des secteurs comme l'assurance, les supermarchés, les banques, l'automobile et la machinerie.L'ensemble formé par la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie se présente déjà comme le centre européen automobile.La nouvelle usine de Volkswagen en Slovaquie a produit plus de 225 000 véhicules l'an dernier, tant pour le marché allemand, d'ailleurs, que pour celui de l'Est, mais à une fraction du coût de ce que cela aurait coûté en Allemagne.On est loin de Rubbermaid, mais tout paraît se tenir.Le monde du capital donne l'impression de fonctionner en harmonie superbe avec les grandes orientations politiques, qu'on soit en ALENA, en Chine ou en Europe de l'Est.Et ce n'est pas nécessairement de génération spontanée.Le New York Times à cet égard lève le voile sur un personnage effacé de l'administration Bush, moins médiatisé que les ténors de guerre, mais dont le rôle est important : le représentant au Commerce des États-Unis, Robert B.Zoellick.« Le commerce, explique M.Zoellick, c'est plus que la performance économique ; ça concerne le rôle des États-Unis dans le monde.» Ainsi, « la guerre au terrorisme doit être menée en gardant à l'esprit le commerce, l'ouverture et la croissance : persuader les autres pays d'accepter les idées américaines en matière de réformes qui peuvent éventuellement toucher presque tous les aspects de la vie quotidienne ».C'est au niveau de hauts fonctionnaires comme M.Zoellick qu'apparaît la vraie nature de l'action américaine dans le monde, le lien pas toujours évident, dans l'actualité telle que nous la vivons, entre les interventions politiques qui font la une des médias et les initiatives économiques qui prennent surtout le chemin des pages d'affaires.En s'installant en Pologne et en Hongrie peu après la chute du mur de Berlin, Rubbermaid est un joli cas de cette symbiose entre le politique et l'économique.Le propos de Donald Rumsfeld sur la « Vieille » et la « Nouvelle » Europe avait probablement plus de cohérence qu'il n'en paraissait à première vue.Encore que, sur un strict plan politique, la formule ne satisfait pas tous les esprits.Pour l'ex-chef d'analyse de la CIA Graham E.Fuller, il faut renverser les termes, parler plutot de « Vieille Amérique », axée qu'elle est sur la notion d'État-nation qui domine les autres et de « Nouvelle Europe » en lieu de « Vieille Europe », en ce sens que des pays comme l'Allemagne et la France ont amorcé un nouvel « empire » qui, lui, « est fondé sur le consensus et la coopération plutôt que le pouvoir et la conquête ».La Pax Americana, fondée sur la monopolisation du pouvoir plutôt que sur le consensus façon « Vieille Europe », ne peut guère être décrite comme étant le « Nouveau Monde », explique M.Fuller dans l'International Herald Tribune.Photomontage JEAN-SÉBASTIEN MERCIER, La Presse Pressions Relations Dissensions Protections IL EXISTE, dans la chimie de la société américaine, ce réflexe collectif sans pareil de boycotter les produits d'un pays que, pour des raisons fondées ou non, on juge hostile aux intérêts américains.Les Français ont périodiquement vécu ces campagnes, vins et fromages de l'Hexagone se retrouvant incapables pour un temps de rejoindre normalement le marché américain.Les industriels allemands appréhendent pareille réaction, depuis que le gouvernement Shroeder entretient des réserves à propos d'une guerre contre l'Irak dont l'administration Bush se fait le champion.Le marché américain, explique le Wall Street Journal, est le second en importance (67,8 milliards d'euros), après le marché français, pour les exportations allemandes.Advienne aux États-Unis une campagne contre les produits allemands, la chute des exportations pourrait être de 10 %, ce qui voudrait dire une baisse de 0,33 % du produit intérieur brut de l'Allemagne.Des partenaires américains ont déjà fait savoir aux Allemands qu'ils hésitaient à renouveler des contrats, en raison des divergences sur l'Irak.D'où les pressions exercées sur M.Schroeder à Berlin, la semaine dernière, par les entrepreneurs allemands, qui rappellent que l'Irak ne vient qu'au 75e rang pour leurs exportations, avec 336 millions d'euros.DONALD RUMSFELD est le descendant d'Heinrich Rumsfeld, un Allemand qui a émigré aux États-Unis au XIXe siècle.Le secrétaire à la Défense des États-Unis conserve donc de lointains parents en Allemagne, dans la région de Brême.M.Rumsfeld a renoué avec la parenté alors qu'il occupait le poste d'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, à Bruxelles, il y a 25 ans.Mais aujourd'hui, la parenté, offusquée par l'approche guerrière du cousin américain dans le dossier de l'Irak, ne souhaite guère le revoir, explique un reporter du Sunday Telegraph, de Londres, qui est allé les rencontrer.Margarete Rumsfeld, 85 ans, et sa fille Karin n'en reviennent pas que ce Rumsfeld tienne le langage actuel qu'on lui connaît.Devant le Comité des services armés de la Chambre des représentants, Donald Rumsfeld était allé jusqu'à comparer l'Allemagne « à la Lybie et à Cuba », ces pays « qui ne veulent aider d'aucune façon » à lutter contre l'Irak.Donald Rumsfeld avait rendu visite à trois reprises à ces lointains cousins il y a 25 ans, se faisant traiter la dernière fois à la soupe au poulet et au rôti de porc, se rappelle Margarete.Karin avoue qu'aujourd'hui, la famille « est gênée d'avoir un lien de parenté avec lui ».AVANT MÊME que l'épineux différend sur l'Irak ne vienne troubler le rapport entre Européens et Américains, d'autres dossiers faisaient déjà l'objet de sérieux désaccords de part et d'autre de l'Atlantique.Le New York Times évoque dans cette veine le délicat dossier des aliments génétiquement modifiés.Le reporter a constaté, en Grande-Bretagne, en France et en Italie à quel point l'opinion publique rejette les OGM.Même dans un pays comme l'Autriche, des politiciens se sont fait élire sur ce thème, en dénonçant le « Frankenfood ».La répugnance est profonde, constate le reporter, et elle tient à une culture séculaire de l'alimentation.L'administration refuse de prendre en considération la dimension culturelle du problème et accuse volontiers l'Union européenne de « protectionnisme » commercial dans son aversion pour les OGM.Le représentant du Commerce Bob Zoellick est allé plus loin en accusant les Européens d'« immoralité » en ce sens qu'ils conditionnent des pays africains frappés de famine à refuser les aliments génétiquement modifiés.Mais le refus des OGM paraît marcher tout seul.Récemment, des centaines de chefs de cuisine réputés ont formé le groupe Euro-Toques pour lutter contre les OGM.Monsanto, dans l'intervalle, voit filer des profits énormes.MALGRÉ le 11 septembre, l'idée d'invulnérabilité continue de nourrir l'imaginaire américain.Peut-être même que l'avènement d'Al-Qaeda a enrichi le réflexe.Au point qu'une entreprise comme Ford a entrepris de fabriquer une voiture, de fonction ou privée, capable de défier un certain nombre d'attentats.La Lincoln Town Car BPS (pour Ballistic Protection Series) sera mise en production cette année, avec un air de voiture de luxe ordinaire mais protégée en fait comme un petit char s'assaut, note le quotidien britannique The Independent.L'époque est à cela et Ford l'a compris.Le marché ciblé : les grands patrons d'entreprise, les leaders politiques, les agences gouvernementales, les citoyens ordinaires et les agences de location.La version anti-attentats de cette voiture coûtera trois fois le prix du modèle de base, dans les 140 000 $ US ; sensiblement plus lourde, elle aura une consommation exigeante.La voiture pourra continuer de rouler même si on a fait éclater les pneus.Elle pourra résister à de petites explosions, aux balles d'armes de poing et même à celles d'armes puissantes, grâce à une série de mesures de protection comme des céramiques spéciales et un châssis plus résistant.Des experts estiment la croissance de la demande à 20 % par année dans le monde.Les Américains devaient être de la course : BMW et Mercedes ont déjà leurs voitures à l'épreuve des attentats. 7LP0901A0216 a9 dimanche 7LP0901A0216 ZALLCALL 67 15:04:27 02/15/03 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 A9 La manie du refus global «Dès la fin des années 60, l'héritage historique faisait l'objet d'un discrédit total.» JACQUES GRAND'MAISON L'auteur est sociologue et théologien.Nous publions ici un extrait de son livre intitulé « Questions interdites sur le Québec contemporain » (Fides), qui sera en librairie cette semaine.« ON NE PEUT jouer à ce point l'utopie de la table rase sans un profond traumatisme non seulement collectif, mais aussi jusqu'au fond des consciences.» Avec une certaine distance, on admet mieux aujourd'hui que la Révolution tranquille, non pas la mythique mais la réformiste, a été tributaire d'une évolution historique trop méconnue.La filiation religieuse chrétienne, par exemple, en témoigne.Combien d'acteurs sociaux des années 40 et 50, tout en se démarquant des pouvoirs cléricaux religieux et civils, se sont inspirés d'une foi et d'une éthique chrétiennes ressourcées et renouvelées.Ils ont été par la suite des artisans importants dans les réformes des années 60.(.) La visée de cette société autre telle qu'elle a été vécue, était accompagnée d'un sentiment qu'il fallait faire table rase avec une radicale discontinuité historique.Cet état d'esprit a fini par gagner plusieurs acteurs chrétiens qui ont rejoint par la suite les tenants laïques de la table rase et du refus global du passé.Dès la fin des années 60, l'héritage historique faisait l'objet d'un discrédit total.J'ai participé aux débats de l'époque et je me souviens du silence massif des chrétiens eux-mêmes devant ce rejet de leur propre héritage religieux historique.Le trou noir Mais ce que je retiens principalement, c'est un autre silence, un autre trou noir beaucoup plus large et profond, un drame souterrain rarement évoqué, à savoir ceci : On ne peut faire une rupture historique aussi radicale et jouer à ce point l'utopie de la table rase sans un profond traumatisme non seulement collectif, mais aussi jusqu'au fond des consciences.La psychanalyse pourtant nous alerte sur ce genre de démarche de refus péremptoire de tout son propre passé et ce retour aveugle et sauvage du refoulé avec ses effets pervers souvent dévastateurs.L'indécision politique des Québécois, l'alternance maniaco-dépressive entre la déprime sur euxmêmes et leur exaltation du genre : « nous sommes la société post-moderne la plus avancée de la planète » ne sont que la pointe de l'iceberg de ce traumatisme souterrain méconnu ou bien nié.À ce chapitre la rupture religieuse que j'ai évoquée plus haut est un « révélateur », un marqueur de ce traumatisme historique, culturel et politique dont beaucoup de Québécois ne se sont pas remis.Le fait qu'on ait rayé l'enseignement de l'histoire dans nos écoles publiques pendant un bon moment est un autre effet pervers du refus global avec son illusoire utopie de la création ex nihilo.Ce qu'aucune autre société n'a fait.Souvenons-nous du slogan : « Personne ne transmet rien à personne.» Est-il une seule étude ou un seul ouvrage qui ait fait un examen sérieux de ce qui s'est passé réellement en matière de transmission intergénérationnelle depuis 30 ans ?Pensons aux récentes mises massives à la retraite anticipée sans politiques ou stratégies de transmission aux générations qui nous suivent.En combien d'autres domaines n'a-t-on pas mis les compteurs à zéro, d'une réforme régionale à l'autre, d'une réforme scolaire à l'autre.En quelques décennies on est passé du tout religieux au tout politique, puis au tout culturel et enfin au tout économique.(.) Allez dire que J.S.Bach est dépassé ! J'entendais récemment un jeune intellectuel dire que Fernand Dumont, un de nos plus grands penseurs du Québec, est « complètement dépassé ».Tout au plus lui reconnaissait- il quelques bonnes questions.Un signe parmi cent de l'idéologie du « changement » conçue en termes de pure rupture innovatrice.Allez donc dire que J.S.Bach est complètement dépassé.Le ground zero quoi ! C'est ainsi qu'on finit par perdre de vue l'histoire de ce petit peuple francophone qui a maintenu depuis plus de trois siècles sa singularité culturelle identitaire au milieu d'un vaste continent anglophone.Entre cette conscience historique et la démission actuelle, que s'est-il passé pour en arriver à pareille dérive ?Plusieurs se posent la question.Mais combien s'interrogent sur la portée mortifère du refus global d'hier et de l'utopique création ex nihilo d'un Québec moderne qui a balayé d'un revers de la main toute référence au Canada français historique, culturel et religieux.Quand on fait une impasse aussi totale sur la moindre filiation historique, on se plonge dans une crise identitaire même si on prétend le contraire.Je le redis : combien d'acteurs de la Révolution tranquille, chrétiens ou d'idéologie laïque ont été par la suite semblables aux soixante-huitards qui les contestaient.Partis en quête d'une société nouvelle, plusieurs parvenus de la Révolution tranquille se sont investis dans une poursuite sans fin de leur moi identitaire.D'où une société thérapeutique comme jamais on en a vue.D'où un idéal de retraite prise de plus en plus jeune et conçue comme un décrochage de la société, garant de bonheur.Comment alors convaincre les décrocheurs scolaires et les jeunes suicidaires de ne pas lâcher ?On ne me fera pas accroire qu'il n'y a aucun lien entre notre grande rupture historique et tous ces décrochages que je viens d'évoquer, entre le rejet global de notre histoire passée et de notre propre héritage religieux d'une part, et d'autre part, nos façons de miner notre mini État, de discréditer la politique, d'utiliser pour ses intérêts individuels immédiats nos ressources et institutions publiques.Sans compter les dérives pop-psychologiques du culte du nombril et d'un « religieux » crédule, éclaté, sans véritable ancrage dans une tradition éprouvée.Sans compter aussi un univers médiatique de plus en plus narcissique et son jeu de miroirs entre les vedettes qui le monopolisent.Et ces sondages à répétition qui tiennent lieu de politique en s'appuyant sur l'opinion du moment, formulée en quelques secondes.Dans cette société « passoire », on en vient même à soutenir que n'importe quel mode de parentalité peut sainement permettre à ses enfants de construire leur identité psychique, sexuelle, personnelle et sociale.Ce qui contredit les acquis psychologiques les plus élémentaires sur les processus de différenciation incontournables qu'appellent les repères de rôles, de sexes et de générations.On a même inscrit cette indifférenciation dans une législation présentée comme la plus ouverte et progressiste du monde et on l'a votée à l'unanimité.À ma connaissance, il n'y a pas eu de réactions publiques de psychologues, de psychiatres, de travailleurs sociaux, comme s'il n'y avait plus matière à débat.Décidément, on est en train de faire dire n'importe quoi à la Charte des droits, juges en tête et Parlements « suiveux ».La république des satisfaits, quoi ! Diogène a éteint son fanal.Dans la nuit tous les chats sont gris.Tout est égal.Il y a bien des façons de se plonger dans la Grande Noirceur, à gauche comme à droite, au présent comme au passé.Ces néo-conformismes n'ont rien à envier à ceux d'hier.Et l'on se plaint de la perte de repères chez les jeunes.Quelle contradiction inconsciente ! Les catégories droite-gauche, privé et public restent bien abstraites par rapport aux comportements ambivalents ou contradictoires d'une majorité de citoyens qui sont plutôt progressistes-conservateurs, à la fois fédéralistes et nationalistes, individualistes et socialistes, étatistes et contre l'État, pour moins de taxes et plus de services, et quoi encore du même cru.Comment donc faire des choix collectifs sensés avec cet écheveau inextricable de comportements contradictoires que des esprits fins-fins trouvent très intelligents et rusés, alors que nous sommes dans une société de plus en plus bloquée.Le fait qu'on ait rayé l'enseignement de l'histoire dans nos écoles publiques pendant un bon moment est un autre effet pervers du refus global avec son illusoire utopie de la création ex nihilo.Photothèque, La Presse En 1960, lorsque le Parti libéral accéda au pouvoir, le Québec entra dans une ère de profonds changements.Jean Lesage (à droite) fêtait sa victoire en compagnie de René Lévesque, qui devait devenir ministre des Richesses naturelles.Le cardinal Paul-Émile Léger serrant la main de Maurice Richard, l'idole incontestée des années 50 et 60.«D'où vient donc cette confusion mentale et sociale?» DANS UNE enquête récente sur les orientations sociales, culturelles, morales et spirituelles des Québécois, une des remarques les plus fréquentes de gens de tous milieux sociaux et de tous âges, était celle-ci : « on ne comprend plus ce qui se passe, on se sent impuissant.» D'où vient donc cette confusion mentale et sociale ?N'a-t-elle pas quelque chose à voir avec le traumatisme que j'ai évoqué plus haut en relation avec nos assises identitaires historiques, culturelles et religieuses ?Comment bien intégrer ou simplement bien accueillir les autres communautés culturelles et religieuses si nous sommes nous-mêmes toujours aussi confus historiquement, politiquement, culturellement et religieusement.Encore ici l'aire religieuse est révélatrice.C'est dans l'indifférence générale que se ferment nos Églises et que même l'enseignement culturel des patrimoines religieux historiques est réduit à presque zéro dans les nouvelles politiques du ministère de l'éducation.En combien d'autres domaines la passivité et l'indifférence prennent le pas sur tout le reste ?On ne réagit que lorsque ses intérêts immédiats sont menacés.J'entends ici déjà de vives protestations, du genre : « Vous êtes trop pessimiste.» Toujours le même refus global d'examiner sérieusement ce qui mine nos meilleures réformes, ce qui nous a amenés à tous les décrochages actuels de la société, à ce repli sur soi et à cette confusion de tant de consciences.Bien sûr, nous ne sommes pas au point zéro.Nous avons fait des choses très valables depuis quarante ans.Nous avons plusieurs atouts en main.Mais on n'y gagne pas à renvoyer sous le tapis les problèmes cruciaux que je viens de souligner.Ils nous invitent à aller chercher en nous des ressources plus profondes. 7LP1001A0216 a10 dimanche 7LP1001A0216 ZALLCALL 67 15:13:25 02/15/03 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 Travailler le français a p r a t t e @ l a p r e s s e .c a Les immigrants récemment arrivés au Québec utilisent davantage l'anglais au travail que ceux qui venaient ici dans les années 1980.Ce constat, tiré de données du recensement de 2001 publiées la semaine dernière, a suscité beaucoup de perplexité chez ceux qui s'intéressent à la promotion du français comme langue de travail au Québec.Dans l'immédiat, la vigilance est de mise bien plus que l'inquiétude.Diverses études ont indiqué, au cours des dernières années, une progression constante du français comme langue d'usage à la maison, dans les lieux publics et au travail parmi les Québécois immigrants.Ayant suivi pendant 10 ans quelques centaines d'immigrants arrivés en 1989, l'équipe du sociologue Jean Renaud, de l'Université de Montréal, avait conclu qu'après trois ans, les deux tiers d'entre eux utilisaient surtout le français au travail.Les données publiées ces jours-ci par Statistique Canada semblent contredire ce portrait rassurant.Des immigrants arrivés au Québec entre 1996 et 2001, 37 % utilisent surtout l'anglais au travail, contre seulement 28 % chez ceux qui sont venus 15 ans plus tôt.Le français serait-il en recul dans les entreprises québécoises ?L'intégration de ces immigrants au Québec francophone sera-t-elle possible, étant donné qu'ils passent le gros de leurs journées à parler anglais ?À l'Office québécois de la langue française comme au ministère de l'Immigration, on ne croit pas qu'on puisse tirer de conclusions très solides à partir des chiffres de Statistique Canada.D'abord, parce que c'est la première fois que ces questions étaient posées dans le cadre du recensement.On ne dispose donc pas de base de comparaison.Car il faut bien comprendre que, lorsque les chercheurs de l'agence fédérale comparent les immigrants arrivés depuis cinq ans à ceux qui sont arrivés plus tôt, ils les comparent à des périodes différentes de leur intégration.Il se peut fort bien que dans cinq ou 10 ans, les immigrants arrivés au Québec entre 1996 et 2001 soient aussi nombreux à travailler en français que le sont aujourd'hui ceux qui sont arrivés dans les années 1980.On peut aussi se rassurer en se rappelant qu'on parle ici des immigrants en âge de travailler.Leurs enfants, eux, feront leurs études en français, loi 101 oblige, et s'intégreront sans doute plus aisément à la culture francophone du Québec.\u0001 \u0001 \u0001 On doit néanmoins s'interroger sur le fait que, 25 ans après l'adoption de la loi 101, un si grand nombre d'immigrants, au moins dans les premières années, travaillent en anglais au Québec.C'est le cas même si les immigrants connaissant le français à leur arrivée sont de plus en plus nombreux aujourd'hui (47 % en 2001, contre 36 % cinq ans plus tôt).Il existe donc une foule de milieux, probablement des PME, où l'anglais est la langue de travail.Ces lieux échappent aux outils réglementaires : ils sont tout simplement trop nombreux.Que faire pour y encourager l'usage du français Le gouvernement a certes une responsabilité de promotion et d'éducation.Mais c'est aussi le cas du milieu des affaires.Depuis quelques années, celui-ci n'intervient dans le dossier de la langue que pour dénoncer toute velléité de réglementation supplémentaire.Pour le reste, chambres de commerces et associations diverses mettent toutes leurs énergies sur les dossiers strictement économiques.Il est temps pour ces groupes \u2014 qui entretiennent des liens avec une multitude d'entreprises, petites et grandes \u2014 d'agir avec plus d'énergie en faveur du français au travail.Il ne s'agit pas de mener une nouvelle bataille linguistique.Il s'agit de contribuer à la prospérité du Québec.Les gens d'affaires ont trop tendance à l'oublier : le dynamisme et la créativité de l'économie québécoise sont tributaires de cette culture originale qui est la nôtre.Patrick Dea pdea@lapresse.ca, collaboration spéciale Droits réservés D'UN CANADA À L'AUTRE Le Canada n'a plus les moyens de ses ambitions JEFFREY SIMPSON Analyste politique réputé, l'auteur est chroniqueur au Globe and Mail.HABITUELLEMENT, les Canadiens, où qu'ils vivent et qu'ils parlent français ou bien anglais, déclarent aux sondeurs qu'ils sont fiers de l'image que leur pays projette dans le monde.Les Canadiens sont persuadés que leur pays s'attire un grand respect sur la scène internationale.Ils pensent que le Canada exerce une influence considérable.Ils croient que le Canada joue un rôle constructif.Et ils souhaitent que leur pays participe activement à la résolution de problèmes internationaux.Cependant, en ce qui touche la politique étrangère du Canada, le fossé s'élargit de plus en plus entre l'image et la réalité, entre les ambitions et les capacités.La position du Canada dans le monde s'amenuise, en particulier à Washington, mais ailleurs aussi.Les Canadiens n'ont pas consenti à appuyer avec de l'argent leurs ambitions et leurs prétentions internationales.Le résultat ?Bien que les Canadiens pensent que le monde porte attention à leur pays, c'est exactement le contraire qui se produit.Dans chaque secteur de sa politique étrangère, que ce soit l'aide à l'étranger, la diplomatie, la promotion du commerce ou la défense, le Canada en fait moins qu'auparavant et moins que ce qu'il devrait faire.Bien sûr, il s'agit là d'une erreur dans le contexte du « village global » où les développements dans d'autres pays sont susceptibles d'entraîner un effet direct sur le Canada.Commençons par l'aide à l'étranger.La part du produit intérieur brut que le Canada consacre à l'aide aux pays pauvres a baissé année après année jusqu'à ce que, récemment, le gouvernement Chrétien annonce des hausses annuelles de 8 %.Il était déjà désolant de constater que le budget de l'aide à l'étranger consenti par le Canada baisse à un point tel qu'il se situait parmi les plus bas dans les pays industrialisés de l'Occident.Pis encore, le Canada éparpille son aide étrangère en sommes plus petites que tout autre pays.Nous dépensons de modestes fonds dans de nombreux endroits plutôt que de concentrer notre aide pour la rendre plus efficace dans moins de pays.Le Canada poursuivra malheureusement cette politique même avec les nouveaux fonds prévus pour l'aide à l'étranger.La nouvelle aide s'adressera à environ dix pays d'Afrique, mais le reste du budget sera saupoudré, comme auparavant, dans des dizaines et des dizaines de pays.La politique étrangère maintenant : le Canada payait ses diplomates de carrière moins cher que presque tout autre pays.Aussi, l'été dernier, de nombreux agents du service extérieur ont-ils presque fait la grève.Des dizaines d'entre eux ont quitté le gouvernement parce que leurs revenus étaient de beaucoup inférieurs à ce qu'ils pouvaient gagner dans le secteur privé.De plus, le Canada a fermé des missions et des ambassades, en particulier aux États-Unis, un pays où se font la diplomatie et la promotion du commerce, non pas seulement à Washington, mais également dans les capitales d'État et parmi les groupes industriels dans tout le pays.Autre élément : la politique canadienne en matière de défense a été une sombre farce pendant des années.L'une des premières décisions du gouvernement Chrétien en 1993 fut d'annuler un contrat pour des hélicoptères qui devaient accompagner les frégates canadiennes.Près de dix ans plus tard, aucun appareil de rechange n'a été acheté et les demandes de propositions n'ont même pas été rendues publiques.Tout est à la baisse : le nombre de personnes dans les Forces armées, l'équipement qu'elles utilisent, l'entraînement qu'elles reçoivent, tout.Il en résulte que les militaires canadiens ne sont pas en mesure de remplir nombre de tâches qui leur sont assignées, que ce soit pour combattre ou pour maintenir la paix.Le Canada a bien envoyé des soldats en Afghanistan, mais ils n'ont pu y demeurer que six mois.Il n'y avait pas d'autres troupes pour les remplacer.Le Canada se fait une fierté de ses contributions au maintien de la paix.Le gouvernement canadien a même fait ériger un monument aux gardiens de la paix au centre d'Ottawa.Mais le Canada doit dorénavant diminuer sa participation aux missions de maintien de la paix ou faire seulement des contributions modestes, parce que nous n'avons pas les troupes, l'argent ou l'équipement nécessaires.Toutes ces insuffisances se trouvent illustrées à l'occasion de la guerre qui s'annonce contre l'Irak.Même si le Canada décide que, en effet, il faut remplacer Saddam Hussein par la force, nous ne pourrons faire qu'une contribution marginale à l'effort militaire.Et si le Canada dit qu'il ne doit pas y avoir d'action militaire, mais qu'il consentirait à aider les États-Unis à recourir à d'autres moyens, on se demande quelles contributions d'importance nous pourrions faire en personnel et en équipement.Une dangereuse tentation surgit lorsqu'un fossé se creuse entre les prétentions et la réalité.Plutôt que d'être capable d'aider, de faire des choses concrètes, d'y aller de propositions vraiment sérieuses, le Canada est tenté de faire la morale aux autres, de dire ce qu'il faudrait faire sans être capable de le faire lui-même.C'est ce qu'on appelle la supériorité morale et il s'agit d'un piètre succédané à une contribution concrète.Pire encore, les pays ont horreur de se faire sermonner, en particulier les États-Unis, qui nourrissent leur propre sens de supériorité morale.Il y a trente ans, un Américain a fait observer que les États-Unis pouvaient « toujours compter sur le Canada pour offrir toute son assistance, mais sans aller jusqu'à les aider vraiment ».Le bien-fondé de cette remarque n'a jamais été aussi évident parce que même si le Canada souhaitait offrir une « aide » véritable, il disposerait de moyens limités pour ce faire.LA BOÎTE AUX LETTRES Beau gaspillage LE PÉTAGE de bretelles des CLCS dans les journaux, voilà un beau gaspillage d'argent, surtout quand on connaît la rapidité de leurs services.L'an dernier mon médecin spécialiste a demandé une évaluation d'une ergothérapeute de ma situation pour l'obtention d'un quadriporteur électrique et l'on m'a répondu que l'on me verra dans un an, alors il ne me reste qu'à faire appel au privé, qui me reçoit le jour même et à payer de ma poche.LOUIS ROUX Bizarre JE LISAIS avec intérêt que Daniel Gourd ne se souciera plus des côtes d'écoute, mais d'avantage de l'image de Radio-Canada auprès du public.Assez paradoxal comme propos, compte tenu du fait que ce sont les côtes d'écoute qui déterminent l'appréciation du public.Si la crise d'identité de Radio-Canada est terminée, comment se fait-il qu'elle ait tant besoin d'être rassurée à propos de son image ?Bizarre.SIMON DALLAIRE Le pétrole du Nord Monsieur Chrétien, AFIN DE rassurer les Américains sur des approvisionnements sécuritaires en pétrole, pourquoi ne leur offrez-vous pas d'investir davantage dans les sables bitumineux de l'Alberta ?Je crois qu'une infime proportion de ce qu'ils sont disposés à investir dans une guerre en Irak servirait mieux leurs intérêts à long terme.ANDRÉ MAINGUY PHOTOTHÈQUE, La Presse Les militaires canadiens ne sont pas en mesure de remplir nombre de tâches qui leur sont assignées, que ce soit pour combattre ou pour maintenir la paix.APPEL À TOUS Qu'attendez-vous du budget Manley?Le ministre des Finances, John Manley, présentera son premier budget dans deux jours.Si vous étiez son principal conseiller ou sa sous-ministre en titre, quels conseils lui donneriez-vous ?Imposer davantage les riches ?Hausser le plafond des REER ?Abaisser les cotisations à l'assurance-emploi ?Changer le taux de certaines taxes comme celles sur l'essence et les cigarettes ?Lancer de nouveaux programmes ?Écrivez-nous en grand nombre.Les meilleurs textes, idéalement entre 200 et 300 mots, seront publiés mardi matin.Notre adresse : forum@lapresse.ca 7LP1101A0216 a11 dimanche 7LP1101A0216 ZALLCALL 67 15:17:26 02/15/03 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 A 1 1 Allez vous rhabiller! Le paysage est un bien collectif ROXANNE HARVEY L'auteure est enseignante à Grand-Mère.MARDI DERNIER, il faisait un froid de canard.Les piétons étaient cachés derrière tuque, foulard, bandeau, capuchon.Plusieurs voitures se sont montrées frileuses, et les compteurs d'Hydro-Québec fonctionnaient à plein régime.Momifiée derrière ma tuque, mon foulard, mon bandeau, mon capuchon, j'avais à peine posé le pied dans le dépanneur du coin que je vis un spectacle ahurissant : une adolescente vêtue d'une jupe courte, trop courte, de bas de Nylon, de hautes bottes de cuir et d'un manteau en cuirette laissant entrevoir une fine bretelle.Je me trompe ou nous sommes à la fin janvier ?Je me trompe ou il fait si froid que mes cils sont instantanément givrés dès que je mets le nez dehors ?Le pire, dans tout ça, c'est qu'il n'était pas 21 heures, ni même 18 heures.Il était 7h30 du matin.Mais où diable allait-elle à une heure pareille ?Sûrement pas faire le trottoir.Non, cette adolescente, un jour de semaine comme les autres, se dirigeait tranquillement, docilement, vers l'école secondaire.Comment je le sais ?J'enseigne à cette école.Tous les jours, dans les corridors, je vois des nombrils, des épaules dénudées, des jupes courtes, des décolletés démesurés.Et, bizarrement, je vois des pantalons, des gilets, des vestes et des jupes qui montent, descendent, se mettent ou s'enlèvent selon qu'un adulte patrouille dans le coin ou non.Ou selon qu'un adulte les remarque ou non.Parce qu'à force de trop en voir, on devient aveugle.En plus, avec les températures sibériennes qui nous ont frigorifiés ces dernières semaines, l'école est glaciale au petit matin.Ciel ! Portez au moins un gilet avec des manches ! Gardez la camisole pour la canicule ! Pas jalouse Quand je sors mon courage de sa cachette et que j'ose apostropher une de ces fillesfemmes, je me fais dévisager comme si je datais de la Première Guerre mondiale.Quoi ! À ce que je sache, on n'est pas obligé de se dénuder à la Britney Spears ou à la Christina Aguilera pour avoir un tantinet de goût vestimentaire Non.Je ne suis pas jalouse.Ni frustrée.J'assume entièrement mes 27 ans (c'est si jeune, diront certains, et c'est si vieux, diront ces filles-femmes).Je suis simplement stupétrie, comme dirait Daniel Bélanger, de voir que les adolescentes sont à ce point inconscientes.Inconscientes de l'image qu'elles dégagent par leur habillement.Moi aussi, à l'occasion, je porte des vêtements plus légers, plus suggestifs.Mais pas le lundi matin.Et surtout pas à l'école.Même si c'est la mode.Qu'on les croise un matin de semaine ou le vendredi soir à 22 h, ces filles sont vêtues de la même manière.Pourtant, le contexte est fort différent.À force de les avertir d'aller se rhabiller, de baisser leur gilet, de monter leur pantalon, de rallonger la jupe.je me demande si ça ne serait pas plus simple de leur imposer l'uniforme.Ces filles-femmes, ou leurs parents (ou.à qui la faute ?) semblent avoir caché leur jugement vestimentaire.Faudra-til vraiment que l'école rhabille les jeunes ?J'en suis de plus en plus convaincue.À titre d'auteure de la lettre primée de la semaine, Mme Harvey recevra une copie laminée de cette page.LUC NORMANDIN L'auteur réside à L'Acadie.J'HABITE L'ACADIE, j'y habite parce que j'aime la campagne quand elle est valloneuse, quand elle est variée, quand elle est changeante, tantôt boisée, tantôt en culture, tantôt peuplée d'animaux domestiques, tantôt grouillante de vie sauvage.La semaine dernière, en me rendant au village (j'en profite pour utiliser ce terme avant qu'il ne soit trop tard), j'ai remarqué qu'un bout de petit bois était en train de disparaître, au fond d'une terre tout près de chez moi.Ma première réaction en fut une de colère et en fait, cette colère perdure.Vous me direz que ce n'est pas ma terre, que le propriétaire peut en faire ce qu'il en veut de sa terre ! En effet, si la proportion d'érables n'est pas assez grande pour que le bois puisse être utilisé à des fins d'exploitation des produits de l'érable, il devient un bien négligeable et peut donc être rayé de la carte en toute impunité (Ceci m'a été confirmé par la Commission de protection du territoire agricole).Le fait que le propriétaire de la terre ait le droit ou non de raser sa terre comme bon lui semble serait un moindre mal si on pouvait se fier à sa conscience environnementale.Il fut un temps où on voyait en « l'habitant » le garant de la nature, aujourd'hui on a souvent l'impression de faire garder ses moutons par le loup et ses poules par le renard.Si on utilise fréquemment et depuis un certain temps la route 104 entre Saint-Luc et Laprairie et l'autoroute 10 entre Chambly et Brossard on réalise que tous les ans, de plus en plus de parcelles de bois disparaissent.Et qui n'a pas remarqué l'augmentation des camions forestiers partout au Québec ?Les bois ne comptent plus que pour 11 % du territoire de la MRC du Haut-Richelieu et 17 % de celui de la MRC de Rouville (si on exclut les collines montérégiennes).Ils abritent une faune et une flore qui disparaîtront au même rythme que ceux-ci.Il semblerait que des entreprises de coupe sollicitent même les producteurs agricoles pour leur offrir leurs services.On sait aussi que souvent ces terres sont déboisées pour pouvoir épandre du purin importé d'autres régions.Le droit de produire Si la loi 23 sur le droit de produire ne s'appuie pas sur des critères tel le développement durable, cette loi devrait être complètement revue, car de même qu'on ne laisse pas le volant entre les mains d'un enfant, on ne devrait pas laisser la nature entre les mains de l'industrie agricole qui n'en a que faire.Cette loi qui favorise l'industrie agricole au détriment du reste de la population, rurale ou touristique est un réel danger pour l'environnement et par le fait même le patrimoine paysager qui du reste aurait grand besoin d'un lifting.Ce n'est pas parce que le pape du complexe agro-industriel (M.Pellerin de l'UPA) lance du développement durable à qui mieux-mieux (d'ailleurs en connaît-il vraiment la signification ?) qu'on doive être rassuré, surtout quand on peut se demander s'il existe encore un ministère de l'Environnement quelque part à Québec ou à Ottawa ! Ces petits bois qui disparaissent ne reviendront jamais.L'endroit qu'on paysage et où on plante des arbres s'appelle un parc, pas un bois.Quand la campagne ne sera plus que de grandes étendues plates, n'aurons-nous pas honte de dire à nos enfants que dans notre temps, il y avait des endroits pleins d'arbres et diverses plantes qui servaient de refuge à toute une vie sauvage qui aura disparu faute d'habitat, à cause de gens qui n'avaient que l'appât du gain comme motivation ?Le paysage est un bien collectif, gardons- en quelques miettes pour les générations futures.Un environnement sain, un beau paysage, une agriculture respectueuse sont autant de valeurs sûres propres à encourager le tourisme et une vraie qualité de vie.« Tous les jours, dans les corridors, je vois des nombrils, des épaules dénudées, des jupes courtes, des décolletés démesurés.», remarque Roxanne Harvey (à gauche), jeune enseignante au secondaire à Grand-Mère.Le déficit démocratique n'est pas une maladie.DARKY GAGNÉ L'auteur réside à Aylmer.DÉFICIT DÉMOCRATIQUE.Deux mots qui sonnent comme un couple mal assorti, mais qui traduisent bien notre réalité politique.Ça signifie quoi ?Ça signifie que les décisions importantes, celles qui nous affectent à tous les jours, sont prises de plus en plus à huis clos.Ça signifie que les faibles taux de participation aux différentes élections permettent à des élus de parler au nom de la majorité alors qu'ils sont souvent élus par une minorité.On peut bien se vanter en effet d'avoir recueilli 40 % des votes, mais avec un taux de participation de 27 %, ça oblige à plus de modestie.Ça signifie que le pouvoir est de plus en plus concentré dans les mains du conseil des ministres, provincial ou fédéral, au détriment des parlementaires qui s'en plaignent ouvertement d'ailleurs.Ça signifie qu'à l'échelle mondiale, des organismes comme le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'arrogent le droit d'adopter des politiques qui affectent la vie de millions de pauvres dans le monde sans que les gens qui les prennent n'aient de comptes à rendre.Plus près de l'actualité, ça signifie que des élus puissamment appuyés par leurs lobbies internes, s'arrogent le droit de partir en guerre contre l'Irak malgré l'opposition grandement majoritaire de leurs citoyens.Ça signifie que de plus en plus d'organisations dites de la société civile descendent dans les rues et sentent le besoin d'investir le champ politique pour faire contrepoids au pouvoir économique des corporations privées qui utilisent l'État à leurs propres fins.Ça signifie que la majorité de nos médias de masse, de plus en plus dominés par des intérêts corporatifs privés, n'expriment que le point de vue dominant qui comme toujours, profite aux plus forts.Perte de confiance Ça signifie que le citoyen ordinaire qui veut se faire entendre, a de moins en moins de tribune pour le faire.Le déficit démocratique c'est ce qui explique la perte de confiance grandissante envers nos institutions politiques et envers la politique elle-même.Comment en effet, peut-on faire confiance à des institutions qui font trop souvent la place belle aux plus forts au détriment des plus démunis, du niveau local au niveau mondial ?Ça signifie surtout que face à ce constant, il faut s'informer, il faut agir, il faut réinvestir les lieux de décision et y promouvoir un agenda basé sur les droits sociaux plutôt que sur le seul droit au profit et au pouvoir des plus forts.Il est insensé que si peu d'individus, le plus souvent non représentatifs en soient venus à imposer leurs vues à la majorité sans que ceci ne fasse l'objet de débats publics plus importants.Recyclons, oui, mais recyclons mieux! JEAN-MARC MIGEOTTE J'AI LU récemment que le gouvernement du Québec voudrait inciter les gens à recycler davantage.Je me permets de donner quelques suggestions, tant aux consommateurs qu'aux entreprises de recyclage.> Disposer d'une infrastructure adéquate.Par exemple, des bacs munis d'un couvercle afin que les matières recyclables ne s'envolent pas et ne polluent pas davantage.De plus, pourquoi ne pas remettre les « cloches » dont nous disposions il y a quelques années ?> Former les gens qui font la récupération.Est-ce normal, si je dépose des matières recyclables dans une boîte en carton, que le préposé ne la ramasse pas ?Les matières recyclables doivent-elles absolument être dans un bac vert ou bleu (pour les Outremontais) pour être récupérées ?Est-ce normal, après que le camion de recyclage soit passé, que la rue que j'habite ressemble à un dépotoir ?> Former les gens qui remplissent les bacs (les consommateurs).Combien de personnes trient convenablement leurs matières recyclables ?Très peu et moi le premier (mea culpa).De plus, il apparaît évident que bien des gens ne récupèrent pas du tout.Plus que les gens, je crois que ce sont les entreprises qui recyclent le moins ; si je me trompe, dites- le moi.Cela m'amène à parler d'un projet dont j'ai été témoin en Belgique dans les années 90.En Belgique (Gembloux), un projet-pilote a été mis en place afin d'inciter les gens à recycler plus.Lors de la collecte des ordures, tous les foyers disposent d'une poubelle en plastique identique.Cette poubelle, avant d'être vidée dans le camion, est pesée.De cette façon, on sait combien de rebuts chaque foyer envoie au dépotoir.Chers automobilistes, ne craignez rien, cette étape est un peu plus longue mais pas au point de vous faire dresser les cheveux sur la tête.Donc, la poubelle est pesée.Chaque foyer dispose à tous les mois d'un maximum de kilos de déchets qu'il peut mettre à la poubelle.Dès que ce maximum est dépassé, des frais s'appliquent.Ainsi, les gens y pensent deux fois avant de jeter des boîtes de conserves ou autres matières recyclables.Instaurer cette façon de faire au Québec serait une solution intéressante.Je ne suis pas un spécialiste de la récupération des ordures.Je ne peux en évaluer les coûts, les inconvénients et les délais que ce projet peut comporter mais je crois que ça vaut la peine d'y penser sérieusement.Combien de personnes trient convenablement leurs matières recyclables ? 7LP1202A0216 A12, dimanche, AILLEURS 7LP1202A0216 ZALLCALL 67 00:04:33 02/16/03 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 6 FÉVRIER 2003 MONDE Une seconde résolution pourrait être nécessaire Agence France-Presse ABOU DHABI \u2014 Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a affirmé hier que le Conseil de sécurité pourrait adopter une nouvelle résolution sur l'Irak, mais il a estimé qu'une guerre n'était pas inévitable.« Une seconde résolution pourrait être nécessaire, mais le Conseil de sécurité devra décider quand il faudra l'adopter », a déclaré M.Annan dans une interview à la télévision satellitaire d'Abou Dhabi, dont la traduction en arabe a été obtenue par l'AFP.« Je pense qu'une seconde résolution sera la continuation des conditions de la résolution 1441 » adoptée le 8 novembre 2002 et durcissant le régime des inspections en Irak, a-t-il ajouté.« Conformément à la résolution 1441 et aux rapports des inspecteurs, le Conseil de sécurité peut décider si l'Irak a commis une violation matérielle (.).S'il se comporte sérieusement et répond aux exigences du Conseil de sécurité, l'affaire sera réglée », a-t-il dit.La résolution 1441 menace l'Irak de « conséquences graves » en cas de violation constatée, ce que les États-Unis interprètent comme signifiant une offensive armée contre Bagdad.Londres et Washington sont en faveur de l'adoption rapide d'une seconde résolution, que certains pays du Conseil de sécurité, comme la Russie, jugent « pas nécessaire ».Selon M.Annan, « le Conseil de sécurité doit assumer ses responsabilités » si les inspecteurs en désarmement présentent des preuves sur la violation par l'Irak de la résolution 1441.« Je pense que deux conditions sont demandées : la coopération totale (de l'Irak) et l'efficacité des inspections », a-t-il déclaré, préconisant la poursuite des inspections.Le travail doit continuer « Je pense que les inspecteurs doivent poursuivre leur travail, avec la présence d'un nombre suffisant d'experts et des équipements qui les aideraient dans leur travail pour que l'Irak s'engage à coopérer », a dit le secrétaire général de l'ONU.« Mais s'il n'y a pas de coopération, le Conseil verra si (les inspections) n'ont plus de sens et s'il faut les arrêter.Une nouvelle fois, la balle est dans le camp de la direction irakienne », a dit M.Annan, en estimant que « la guerre n'est pas inévitable ».Vendredi, les chefs des inspecteurs, Hans Blix et Mohamed El Baradei, ont fait état devant le Conseil de sécurité de progrès dans la coopération de l'Irak avec les inspecteurs, tout en notant la nécessité d'une plus grande transparence de la part de Bagdad.Lors du débat qui a suivi, la plupart des membres du Conseil de sécurité ont demandé une poursuite des inspections en Irak, mais le secrétaire d'État américain Colin Powell a estimé que Bagdad était « en violation patente » de ses obligations et que le Conseil devait être prêt à envisager « dans un avenir très proche » de « graves conséquences ».Le prochain rapport des chefs des inspecteurs est prévu pour le 28 février.Destruction d'unchar israélien: soldats tués SAKHER ABOU EL-OUN Agence France-Presse GAZA \u2014 Quatre soldats israéliens ont été tués hier lorsque leur char a sauté sur une charge de très forte puissance dans la bande de Gaza, a-t-on appris de sources concordantes, militaire israélienne et palestinienne.Par ailleurs, quatre Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens dans le secteur de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon des sources sécuritaires palestiniennes.Le char israélien a sauté sur l'engin près de la colonie juive de Dougit, lors d'une incursion israélienne en zone autonome palestinienne, dans le secteur de Beit Lahia.Le char a pris feu, ses obus ont explosé et il a été totalement carbonisé avec son équipage, a indiqué un porte-parole militaire.Le commandant de la région sud d'Israël, qui couvre la bande de Gaza, le général Doron Almog, a précisé à la radio que la charge était composée de 100 kg d'explosifs et qu'elle avait sauté près du char après le passage d'un bulldozer qui ouvrait la voie.Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement radical Hamas, ont aussitôt revendiqué dans un communiqué l'attaque et promis la « poursuite du jihad » contre Israël.L'attaque a également été revendiquée dans un communiqué par les Brigades des martyrs d'Al- Aqsa, un groupe lié au Fatah du dirigeant palestinien Yasser Arafat mais disposant d'une large autonomie, et par les Brigades Al-Qods, la branche armée du mouvement radical Jihad islamique.Le général Almog a pour sa part estimé que l'attaque avait été perpétrée par le Hamas.Ces nouveaux décès portent à 2949 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, dont 2199 Palestiniens et 694 Israéliens.À la suite de cette attaque, des bulldozers militaires israéliens ont détruit trois maisons à Beit Lahia, selon des sources sécuritaires palestiniennes.Dans le secteur de Rafah, quatre Palestiniens, dont un enfant de 11 ans, ont été blessés par des militaires israéliens qui ont ouvert le feu sur eux alors qu'ils tentaient de s'opposer à des travaux de terrassement opérés par des bulldozers israéliens près de la frontière avec l'Égypte.Un porte-parole militaire israélien a indiqué que les soldats avaient tiré pour riposter à des jets de grenades.À Naplouse, en Cisjordanie, les forces israéliennes ont arrêté un militant des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, selon des sources sécuritaires palestiniennes.L'armée israélienne a prolongé sine die hier soir le bouclage total des territoires palestiniens, selon un porte-parole militaire.« Le bouclage a été prolongé jusqu'à nouvel ordre à cause de menaces redoublées d'attentats », a déclaré à l'AFP ce porte-parole, sans donner plus de précision sur ces menaces.Dans le cadre de la campagne mondiale contre une offensive américaine en Irak, plus de 600 Palestiniens ont manifesté à Ramallah (Cisjordanie), a constaté un correspondant de l'AFP.À Bethléem (Cisjordanie), quelques dizaines de personnes, dont plusieurs religieux, ont défilé dans la ville en brandissant des banderoles aux slogans hostiles à une intervention militaire américaine en Irak, selon un photographe de l'AFP.Photo AP L'émissaire du pape, Mgr Etchegaray, chez Saddam Hussein hier.Le Vaticandépêche unémissaire en Irak Mgr Etchegaray s'abstient de divulguer la teneur de la lettre et de la rencontre HAMZA HENDAOUI Associated Press BAGDAD \u2014 L'émissaire spécial du pape Jean-Paul II a rencontré hier le président irakien Saddam Hussein dans le cadre des efforts internationaux déployés pour résoudre la crise irakienne de façon pacifique.Le cardinal français Roger Etchegaray, arrivé à Bagdad mardi, a remis au raïs une lettre du souverain pontife, qui a déjà dit plusieurs fois son opposition à une attaque menée unilatéralement par les États- Unis contre l'Irak.À l'issue de la rencontre entre les deux hommes, qui a duré environ 90 minutes, Mgr Etchegaray a refusé de donner des détails sur la teneur de leurs discussions ou de la missive papale.« Il s'agissait de voir si tout a été fait pour garantir la paix en rétablissant un climat de confiance qui permette à l'Irak de retrouver sa place dans la communauté internationale », a déclaré le prélat.« L'Église, selon le mot du pape Jean-Paul II, se fait le porte-parole de la « conscience morale de l'humanité à l'état pur, d'une humanité qui désire la paix, qui a besoin de la paix ».Quant à Saddam Hussein, la télévision d'État a indiqué qu'il avait assuré l'émissaire pontifical que son pays ne possédait aucune arme de destruction massive et qu'il était victime de « discrimination raciale et religieuse ».Le raïs irakien a noté qu'Israël possédait en revanche de telles armes et indiqué que le pape avait « une « responsabilité historique devant Dieu » de rendre cette information publique.Manifs en Amérique latine contre une guerre en Irak Agence France-Presse MONTEVIDEO \u2014 Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier dans plusieurs pays d'Amérique latine contre une guerre en Irak, et notamment à Montevideo, où ils étaient 50 000, selon les organisateurs.Dans la capitale uruguayenne, plusieurs dizaines de responsables politiques, de dirigeants syndicaux, de représentants d'organisations humanitaires ou d'universitaires se sont mêlés aux manifestants dont le nombre a dépassé 50 000, selon les organisateurs.Les opposants à une guerre en Irak étaient 3000 dans la capitale chilienne, Santiago, selon les organisateurs de la marche.À Santiago, les manifestants se sont regroupés devant le palais présidentiel de La Moneda où ils ont brûlé des drapeaux américains.Les manifestants s'étaient rassemblés à l'appel notamment d'Amnesty International, du réseau antimondialisation Attac, de syndicats et d'organisations d'étudiants.« Nous sommes convaincus que la guerre peut être évitée », a déclaré Victor de la Fuente, un responsable d'Attac.Plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés également à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, ainsi que dans plusieurs grandes villes du Brésil.À Rio de Janeiro, ils étaient des milliers sur la plage de Copacabana.EXPRESS INTERNATIONAL Bahreïn « terroristes » arrêtés CINQ HOMMES âgés de 31 à 41 ans ont été arrêtés au Bahreïn et sont soupçonnés d'avoir préparé des actes terroristes contre les « intérêts nationaux et d'avoir mis en danger des vies innocentes », a rapporté hier l'agence officielle de l'émirat.Les policiers ont saisi des armes et des munitions chez ces cinq Bahreïnis qui avaient l'intention de les utiliser dans le cadre de leurs « activités terroristes », selon un responsable cité par l'agence.\u2014 d'après AP Science Prudence de mise LES DIRECTEURS des principales revues scientifiques mondiales ont appelé hier à la prudence et à la vigilance quant à la publication d'études potentiellement exploitables par des terroristes pour la mise au point d'armes chimiques ou bactériologiques.Ces responsables de grandes revues, plutôt que de se voir soumis à une réglementation gouvernementale, ont appelé les scientifiques à une « autodiscipline » dans le choix des études publiées et les détails fournis dans ces publications.Les scientifiques estiment que le risque est difficile à définir.\u2014 d'après AFP Iran Fatwa contre Rushdie LES GARDIENS de la Révolution, principal corps auxiliaire de l'armée iranienne, ont renouvelé l'appel à tuer le prix Nobel de littérature Salman Rushdie, condamné à mort par Téhéran il y a 14 ans à cause de son livre jugé blasphématoire, Les Versets sataniques.La fatwa (édit religieux) prononcée par l'ayatollah Ruhollah Khomeini le 14 février 1989 est « irrévocable », selon les Gardiens de la révolution, cités vendredi soir par l'agence de presse iranienne IRNA.\u2014 d'après AP Découvrez les nouveaux modèles des grands manufacturiers: motos, vêtements et accessoires.Rencontrez les principaux exposants et experts du monde de la moto au Québec.Admirez une collection de motos customs personnalisées et de motos antiques.Assistez aux défilés de mode «Saison 2003».Mesurez vos connaissances et participez aux quiz sur l'histoire et la sécurité moto.Relaxez à la terrasse de la Fédération motocycliste du Québec.Contribuez à notre clinique de sang à la mémoire de Yves-Martin Proulx.Une présentation média de et de 3108298A "]
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