Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

La presse, 2003-03-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 7LP0101F0302 F1 DIMANCHE 7LP0101F0302 ZALLCALL 67 18:00:28 03/01/03 B ROMANCIER EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 2 M A R S 2003 Voir HOMEL en F2 Devoirs et délices.Une vie de passeur, Tvetan Tederov > ENTRETIENS \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 Au coeur de l'anorexie, Gérard Étienne > ROMAN \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 Hergé : L'Hommage de la bande dessinée, Collectif > BANDE DESSINÉE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 5 Petit, il aimait tant les grosses voitures que ses parents pensaient qu'il deviendrait mécanicien.Plus grand, il a fait partie du syndicat des bouchers et des travailleurs d'abattoirs de Chicago.Il coupait des langues de boeufs et les mettait à mariner.Il s'amusait bien.Mais il préfère quand même la vie d'artiste.Travailler sans patron, s'évader.«Il est plus doux d'être écrivain», dit-il, assis à la table de son appartement de l'avenue des Pins.Il y a bien longtemps que David Homel ne dissèque plus des boeufs.Comme écrivain, il s'amuse plutôt à disséquer le monde.Dans son dernier roman, L'Analyste, qui vient d'être publié en traduction française aux éditions Leméac/Acte Sud, il plonge sa plume au coeur du conflit en ex-Yougoslavie.Il nous parle de ces guerres qui font bégayer l'actualité comme de celles qu'on se livre à nous-mêmes.Il nous parle de violence, de folie, de psychiatrie et de jeux de pouvoir.L'idée de faire un livre sur l'ex- Yougoslavie a germé dans la tête de David Homel d'une drôle de manière.C'était en octobre 1998.L'auteur participait alors à un colloque sur les écrivains migrants.Un sujet qui l'ennuie, dit-il.Il était là avec ses amis Dany Laferrière, Sergio Kokis et le regretté Émile Ollivier.Lui qui a l'habitude de faire un peu le clown en public, avait décidé ce jour-là de livrer le fond de sa pensée.«Je pense que mon discours s'intitulait: «Mon identité, c'est votre problème », se rappelle-t-il.Car l'identité, c'est quelque chose qu'on fait et qu'on défait tous les jours.Ce n'est pas quelque chose qui me préoccupe.Et j'ai dit que j'avais appris jeune que si on ne savait pas qui tu étais, on ne pouvait pas te faire du mal.» À la fin de l'allocution de David Homel, un homme s'est levé dans la salle.C'était le sociologue Alain Médam.«Mais monsieur, vous manquez entièrement de tragique!» qu'il lui a dit.Voir RACINE en F2 Cinq étoiles pour Rober Racine e mot «roman» ne suffit pas.L'Ombre de la Terre appartient tout autant à d'autres genres, poésie, théâtre et histoire, et à d'autres disciplines, musique et architecture.C'est une oeuvre complexe, qui invite à des lectures multiples, pas nécessairement convergentes.Chacune sollicite la conscience et l'égare parmi des drames qui s'additionnent et s'annulent, des images dont le négatif apparaît en filigrane, des paroles qui se résolvent dans le silence.Amour et mort, espérance et déréliction, plaisir et douleur, toute l'expérience humaine trouve un écho, plainte ou chant, dans cet inventaire des mythes du temps présent.De la naissance à la mort se joue l'incompréhensible ballet de nos errements, sous l'oeil glacé de divinités païennes, le paon Dieu et l'iguane Backup, ménagerie fabuleuse.Ces dieux mourront, ils renaîtront peut-être.Les déicides survivront-ils à leur folie assassine?Giotto est le pilier fragile de cet univers qui se délite irrémédiablement, insulte au soleil qui donne vie et lumière à la ville d'Orvita, sur l'Adriatique.C'est un vieil homme que la sagesse n'a pas atteint.Les amours perdues, les virées de l'Homme dans la banlieue de la Terre, les miracles et mirages de l'érotisme, tout l'habite et tout le mine.Il a été pilote d'avion, c'est lui qui pour la NASA a distribué aux quatre coins du monde les minéraux recueillis sur la Lune par les astronautes américains.Il soutient son petit-fils Matéo dans sa passion pour les pierres sélènes, inspire ses jeux et s'en mêle, lui instille le désir fou d'aller un jour, lui aussi, voir la face cachée du satellite.Entre l'enfant et le vieillard circule une ferveur naïve dont la couleur dominante est la tendresse.Pédagogue doué, Giotto sait emmener Matéo au delà des apparences, pour atteindre la dimension héroïque et poétique de la conquête de l'espace.Spectateur tantôt amusé et tantôt ennuyé des faits et gestes de ses concitoyens, Giotto partage son temps entre son petitfils, un ami antiquaire dément et deux jeunes femmes qui ont vingt ans à peine.À date et heure fixes, elles feignent devant lui, qu'elles touchent à peine, les cris et chuchotements de l'amour.Elles ne sont pas des prostituées, elles sont seulement gourmandes de tout.Bettina est la maîtresse d'un boxeur, Fioretta celle d'une grande vedette de rock.La première, qu'on imagine toute en aimables rondeurs, est du côté du plaisir et de la lumière \u2014 de la vie.RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca RIMA ELKOURI Photo MICHEL GRAVEL, La Presse © Le livre de poche a 50 ans Page 3 DU MOIS > MARS À lire dans le cahier FILL65P Demain dans MATCH La Focus et la Golf défient la Protegé 7LP0201F0302 f2 lectures dimanche 7LP0201F0302 ZALLCALL 67 21:29:28 03/01/03 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Blues au coeur des Balkans SUZANNE GIGUÈRE ollaboration spéciale Des musiciens tziganes débarquent au beau milieu de la nuit à Belgrade et donnent libre cours à leur musique frénétique puis bluesée.Une scène emblématique de l'atmosphère qui règne dans L'Analyste, le cinquième roman de David Homel, écrivain américain établi à Montréal depuis une vingtaine d'années.Fertile en rebondissements, tensions et digressions, ce roman raconte le mal que se sont fait mutuellement les Serbes, les Croates et les Bosniaques durant les guerres successives qui ont déchiré la Yougoslavie.Les bruits et les fureurs de cette tragédie résonnent encore aujourd'hui.Un long blues monte du coeur des Balkans.Un séjour dans cette région du monde a fourni à David Homel la matière première de L'Analyste.Dénonçant la folie de la guerre qui gangrène l'âme des peuples, son roman se veut également une méditation sur les valeurs de la création et de l'amour comme mode de guérison.Tania Nous sommes à la fin des années 1990.Après un interminable conflit en Bosnie et en Croatie, le régime de Milosevic est en train de perdre la guerre.La Serbie, sous embargo international, vacille.Aleksandar Jovic, psychologue-clinicien, est réquisitionné par l'État pour venir en aide aux soldats victimes de détresse post-traumatique.« La guerre civile est une forme de psychose suicidaire.Qui, en effet, cherchez-vous à éliminer ?Votre ancien moi.Votre vieux moi.Vous-même, un point c'est tout.» Il partage sa vie avec Zlata, psychiatre, et leur fils Goran, atteint d'une maladie incurable.La guerre civile ayant tout dévoré, jusqu'à la vie privée, le couple engourdit son mal à grands coups de poire William (rakia).De son côté, l'adolescent écoute de la musique abrutissante en rêvant de vengeance meurtrière.La rencontre avec Tania, une pathologiste judiciaire, va changer le cours de la vie de l'analyste.L'amour dans les romans de David Homel triomphe toujours de l'adversité.Amour contrarié certes, porté néanmoins par des moments d'épiphanie qui illuminent le récit.L'acte amoureux, comme une trouée de ciel bleu au-dessus de l'absurdité de la guerre.« L'important était de s'unir à un être humain et de redevenir humain.» Dans le noir de la nuit, Tania raconte à Aleksandar des faits hallucinants dont elle a été témoin sur le terrain, qui éclairent brusquement la déraison d'un régime qui est aux abois.Aleksandar qui, jusque là, « formé par la sagesse moqueuse » de son père avait su tenir à distance la tragédie de son pays, est ébranlé.« Cette nuit-là, j'entamai des procédures de divorce d'avec mon pays.» Il décide d'écrire et de publier le récit de Tania.Dans un pays où les sources indépendantes ont « la durée de vie d'une ombre qui passe sur une pelouse », le document politique est interdit dès sa parution et son auteur condamné à l'exil.« Voici le pire de deux mondes.Perdre son pays adoré, mais emporter avec soi toute la peine qu'il renferme », pense Aleksandar à bord de l'avion qui l'emmène vers Toronto.Ce rebondissement offre au lecteur l'occasion de goûter à l'ironie critique de David Homel, arme redoutable s'il en est une, quand il parle du rapport de l'artiste et du pouvoir (« L'art a le don de vous créer des ennuis.Il vous distingue ».) Ou encore, à propos des médias occidentaux qui ont tendance à faire de la souffrance des écrivainsdissidents un fonds de commerce reléguant leur oeuvre au second plan : « Ils nous sauvent, ils nous font venir chez eux.Ils nous collectionnent.Un peu comme si.nous étions des bêtes de cirque.» Autopsie d'une guerre L'Analyste atteint à l'universel par une réflexion sous-jacente sur les causes des guerres (les nations qui se posent en victime l'une de l'autre, les haines ancestrales attisées) et les dysfonctionnements qu'elles engendrent (perte de repères identitaires).« Plaise au ciel que tu n'aies jamais à t'habituer au pire parce qu'au pire tu pourrais t'habituer.» Cette maxime qu'Aleksandar, enfant, a entendue d'une vieille poissonnière du marché montre la coexistence dans tout être humain des paradoxes les plus extrêmes.L'Analyste est un roman ambitieux dont le récit sinueux suit le labyrinthe mental des personnages, sans en embrouiller la narration qui demeure fluide.Ce roman, qui oscille entre l'humour et le tragique, la légèreté et la gravité, confirme l'incontestable talent de l'écrivain David Homel.Seul bémol : la finale en forme de « happy end ».Peut-être un dernier pied-de-nez de l'auteur pour nous dire que la vie, malgré les ténèbres de l'Histoire, est plus forte que tout.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'ANALYSTE David Homel Roman traduit de l'américain par Lori Saint-Martin et Paul Gagné Leméac/Actes Sud, 389 pages Photo BERNARD BRAULT, Archives La Presse © Rober Racine VENTRE Suite de la page F1 La seconde, également acharnée à jouir, étique et maladive, possédée par ses démons et la drogue, appelle la mort qui lui répondra dans une orgie de violence.Fascinant trio que celui-là, dont les rapports sont égalitaires et que lie un goût commun pour les mystères de la création.Bettina traîne partout avec elle l'oeuvre de Rimbaud et une grenade chargée ; Fioretta, l'iguane qui lui dicte en anglais des poèmes étranges et désespérés qui ressemblent à des haïkus.La poésie de la Lune est celle de l'inaccessible.Qui peut espérer partager les sentiments purs et froids, plénitude et solitude, du cosmonaute qui marche dans ces lieux ?On sait, à l'écoute des discours de Giotto qui a fréquenté les voyageurs de l'espace, que la rareté d'une telle expérience lui confère une valeur exemplaire.S'il est impossible de la reproduire sur la Terre, il ne faut pas pour autant abdiquer tout désir.Les personnages principaux de L'Ombre de la Terre vivent intensément, dangereusement.Sous le masque d'Éros se cache, pour Fioretta, celui de Thanatos, et les petites morts de Giotto ou de Bettina ne sont que la répétition de la vraie mort.Ces mouvements vertigineux n'épargnent pas les enfants.Matéo tombe accidentellement dans un puits, comme on entre en extase, et sa petite amie Nolie avale des lucioles, comme si elle voulait absorber la voûte céleste.Tout devient dérision, déraison.L'art de Rober Racine est souverain.Une intelligence supérieure y est certainement pour quelque chose, mais il faut plus.D'abord, une culture qui embrasse tous les domaines de la connaissance et qui sert moins à briller qu'à tenter d'y comprendre quelque chose ; ensuite, une dramaturgie qui construit et ordonne rigoureusement les rapports entre l'imaginaire et le réel, les lieux et les personnages, les situations et leurs origines ; enfin et surtout, une maîtrise non seulement de la langue et du lexique, mais aussi des langages et de leurs registres.L'art naît ici des mots comme le plaisir d'une lente et patiente caresse.Implacablement, l'écrivain débusque le sens, le cerne et l'épingle, dans un mouvement plus rusé qu'innocent.Les mots se heurtent, s'apprivoisent et s'épousent.Il n'est pas étonnant que l'inattendu survienne sans cesse, au point qu'on n'attend rien de moins.Cet art, négation de la banalité et de l'insignifiance, veut dire l'indicible.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'OMBRE DE LA TERRE Rober Racine Boréal, 276 pages HOMEL Suite de la page F1 « J'étais très fâché ! » raconte Homel, qui a pris la remarque comme un coup de poing.Car, pour lui, manquer de tragique, c'était manquer de grandeur d'âme.Homel venait alors de terminer la rédaction de son livre L'Évangile selon Sabbitha (publié en traduction française par Leméac/Actes Sud en 2000).Il était prêt à s'attaquer à un nouveau projet.Une fois la colère passée, il s'est dit : « Je vais écrire un livre sur un homme à qui il manque un sens tragique et qui se retrouve dans une situation tragique.» Il lui fallait donc trouver une situation tragique.Il a tout de suite pensé au conflit en ex-Yougoslavie.« Jusqu'à ce moment, face à l'éclatement de ce pays, j'étais comme tout le monde en Occident.On a lu beaucoup au début et puis, à un moment donné, on s'est tanné.» David Homel a décidé d'aller se documenter sur le terrain.Il connaissait déjà le pays pour l'avoir parcouru de long en large en 1971, à l'époque où il avait été d'Avignon à Athènes en Coccinelle.« Tu vas à Sarajevo ?» lui ont dit les amis à qui il faisait part de son projet de retourner en ex- Yougoslavie.« Sarajevo était alors infestée de journalistes et autres Occidentaux qui arrivaient là pour relancer leur carrière sur le dos des morts.» ditil.Alors, non, il n'est pas allé à Sarajevo.Il a choisi plutôt d'aller du côté des « méchants Serbes », à Belgrade.Guerre et folie « Une guerre civile n'est rien de moins qu'un assaut contre son propre moi », souligne Aleksander Jovic, psychologue cynique et héros du roman L'Analyste, qui est appelé à traiter des soldats traumatisés dans un centre de détresse.En rencontrant les gens sur le terrain, Homel a parfois eu l'impression que la guerre en ex- Yougoslavie était comme une grosse beuverie de samedi soir qui se termine en bagarre.« Et le dimanche matin, on se dit : pourquoi au juste on se chicane ?» Une psychiatre juive, considérée comme serbe, qu'il a rencontrée à Belgrade, lui a raconté comment son voisin de palier qu'elle connaissait depuis 25 ans \u2014 elle promenait son chien, elle arrosait ses plantes, etc.\u2014 a du jour au lendemain changé d'attitude.« Quand la guerre a éclaté, son voisin lui a dit : tu es serbe et je dois te tuer.» Lorsque David Homel est rentré à Montréal en 1999 après son voyage à Belgrade, il s'est mis à s'interroger davantage sur la psychologie qui sous-tend la guerre.« J'étais sur le toit de la maison avec mon voisin.On était en train de réparer la cheminée, de tirer les joints.Et je lui ai dit : François, je ne comprends pas.Toi, tu es catholique, moi, je suis juif.Toi, tu es francophone, moi, je suis anglophone.Toi, tu es d'origine bourgeoise, et moi, je suis d'origine immigrante ou ouvrière.Je ne comprends pas pourquoi on ne veut pas se tuer toi et moi.Je ne comprends pas comment ça marche, comment ça se fait qu'on est ici, qu'on s'amuse, qu'on s'aime bien, que nos femmes s'aiment bien, qu'on va faire un barbecue après, qu'on va boire du vin.» « En quelque sorte, cette histoire de guerre civile nous touche ici, souligne l'écrivain.Dans tous les livres, il y a des thèmes cachés.Et un de ces thèmes dans L'Analyste, c'est évidemment Montréal.Pourquoi on ne fait pas ça ici ?» Le plus franco des anglos.Né à Chicago en 1952, Montréalais d'adoption depuis une vingtaine d'années, Homel a aussi vécu à Toronto, New York, San Francisco, Paris.Montréal n'est certes pas la ville de l'ambition pour un écrivain anglophone, note-t-il.Mais ça tombe bien parce que David Homel n'est pas rongé par l'ambition.« Je veux bien vivre et m'amuser ! » dit l'écrivain, qui aime, peut-être même autant que la littérature, faire la cuisine et jouer au baseball (thème qui est la toile de fond de son roman Il pleut des rats, publié chez Actes Sud/Leméac en 1992).Il a des origines ukrainiennes et lituaniennes.Un passé évoqué dans son troisième roman Un Singe à Moscou (Actes Sud/ Leméac, 1995), version romancée de l'histoire des Homel en Amérique.Des critiques ont déjà dit de lui qu'il était le plus canadien des auteurs américains.D'autres, en France, ont parlé de lui comme du plus européen des auteurs américains.On pourrait sans doute dire qu'il est désormais le plus francophone des écrivains anglo-montréalais.Son plus récent livre, L'Analyste, est publié en traduction française avant même sa sortie en version originale anglaise.Francophile, Homel s'est toujours senti à l'écart de cette opposition entre anglophones et francophones.Au référendum de 1980, il votait OUI.Il venait de débarquer à Montréal.Il reconnaissait dans le projet indépendantiste ses convictions de gauche.Son père, athée et sympathisant du parti communiste qui écrivait des sonnets pour rendre hommage aux grévistes, lui disait qu'un Juif de droite, ce n'est pas un vrai Juif.En 1995, il votait NON.Il ne faisait plus confiance aux hommes politiques qui proposaient la souveraineté.Un vrai Juif, Homel ?Il dit avoir grandi « nourri d'images de tas de cadavres dans les camps de concentration, empilés comme du bois de chauffage.» « Voilà qui tu es, me disaient mes parents.Voilà d'où tu viens.» Mais qui voudrait venir de là ?se demandait-il.Il fut un temps où il n'aspirait qu'à une seule chose : être Américain.« Ce que je reproche à une certaine éducation juive, c'est de créer une identité autour de l'état de victime, dit-il.Il faut négocier entre la mémoire, la conscience historique et une définition de soi qui n'est pas forcément dictée par tout ce que nous avons souffert par le passé », dit-il en faisant référence à l'essai de son ami Tzvetan Todorov, Mémoire du mal, tentation du bien (Robert Laffont, 2000) (voir le texte sur Tzvetan Todorov en page 4).Être Américain, pour Homel, cela voulait surtout dire ne pas être une victime.Puis vint la guerre du Vietnam.Vint le désir d'être peut-être un peu moins Américain.Vint la colère.Une colère qui a mené à son premier roman, Orages électriques (Actes Sud, 1991).Homel ne se contente pas d'écrire des romans.Scénariste, il a déjà tourné un film IMAX sur le Grand Nord.En ce moment, il prépare un documentaire sur le tourisme en République dominicaine tel que perçu par les gens du Sud.Journaliste et critique littéraire, il signe notamment une chronique hebdomadaire à La Presse sur la littérature de nos voisins et prend plaisir à discuter de ses goûts avec les lecteurs qu'il croise dans la rue.« J'aime ça.J'ai l'impression d'intervenir dans la société et même, si vous permettez le manque de modestie, d'être écouté », dit-il, sourire en coin.Rigoureux dans ses critiques, Homel n'a pas la langue de bois.Dans notre petit monde littéraire consensuel, il s'est quelquefois illustré par son esprit de contradiction.Il est l'un des seuls, par exemple, à avoir osé critiquer Réjean Ducharme, auteur qu'il a par ailleurs aussi traduit.Il lui a reproché entre autres choses son invisibilité, son immaturité, son manque d'humour.« Le Québec change, Ducharme, non », écrivait- il dans les pages de l'hebdomadaire Voir.« C'était pas très gentil, mais j'étais tanné de la Ducharmomanie.» explique-til.David Homel est également un traducteur de renom, honoré deux fois par le prix du Gouverneur général.Il a notamment transposé en anglais des oeuvres de Robert Lalonde, de Dany Laferrière et travaille en ce moment sur le dernier roman de Monique Proulx, Le Coeur est un muscle involontaire.Dans un tout autre registre, il s'est déjà attaqué, avec son ami Fred Reed, à la biographie de Céline Dion signée Georges- Hébert Germain.Une commande qui l'a bien amusé.« Je n'ai jamais rencontré Céline.Mais j'ai appris beaucoup de choses sur le Québec, les Baronets.» dit-il, toujours sourire en coin.Tout un parcours depuis les langues de boeufs marinées.JEUNESSE Cassiopée: la conclusion Photo MICHEL GRAVEL, La Presse © David Homel SONIA SARFATI Michèle Marineau publie peu.Chacun des écrits de cette romancière plus qu'appréciée de ses lecteurs et de ses pairs est d'autant plus attendu.C'est donc un bonheur que retrouver, sous une même couverture, les deux premiers romans de l'auteure de La Route de Chlifa.En effet, Cassiopée \u2014 L'Été polonais et Cassiopée \u2014 L'Été des baleines, respectivement publiés en 1988 et 1989, sont maintenant regroupés sous le simple titre Cassiopée, dans une édition presque grand format visiblement destinée à un public qui n'est pas qu'adolescent.Et qui y trouvera son compte.En prime, et ce n'est pas un bonbon mais quelque chose de bien plus nourrissant, un épilogue inédit du diptyque.Dans une quinzaine de pages nommées L'Été de Constance, Michèle Marineau raconte Cassiopée, 15 ans après L'Été polonais.L'adolescente est à présent une femme à l'aube de la trentaine.Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis que, sur un coup de tête, elle a fugué à New York.Commençant ainsi à déchirer son enfance pour naître à l'adulte.Quelques pages qui donnent aussi rendez-vous, brièvement mais avec pertinence, à Marek, François, Suzie, Sophie et les autres.Les amis, les amours.Certains ont réalisé leurs rêves d'adolescents.D'autres pas.Des boucles se bouclent dans ces dernières pages de Cassiopée.Mais avant celles-là, il y a toutes les autres.Qui n'ont pas pris une ride en 15 ans, les chanceuses ! \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 CASSIOPÉE Michèle Marineau Québec Amérique, 277 pages 7LP0301F0302 7LP0301F0302 ZALLCALL 67 21:30:28 03/01/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 MA R S 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 Deux sortes de lecteurs, deux Canadas JOCELYNE LEPAGE Dis-moi si tu lis, je te dirai d'où tu viens.Voilà ce qui se dégage d'un sondage réalisé par Environics Research Group /Focus Canada pour l'Association d'études canadiennes.Si tel est le cas, il y a deux Canadas : celui de l'Ouest, qui lit beaucoup ; celui de l'Est, qui lit pas mal moins.D'après les données recueillies auprès de 2002 Canadiens et Canadiennes de 18 ans et plus, les Maritimes comptent le pourcentage le plus élevé de gens qui n'ont pas lu un livre au cours des six derniers mois \u2014 24 % \u2014 suivies par le Québec, où le pourcentage est de 21 %.En Ontario, seulement 12 % disent n'avoir lu aucun livre et, dans l'Ouest, 13 %.Selon Jack Jedwab, qui a fait l'analyse du sondage dont nous publions aujourd'hui une première partie des résultats \u2014 la deuxième partie dimanche prochain \u2014, le phénomène est le même quand on examine les réponses des gens qui ont lu un livre et plus.Quarante et un pour cent des Ontariens ont lu de un à cinq livres en six mois comparativement à 39 % au Québec, 36 % dans l'Ouest, 35 % dans les Maritimes.Ceux qui lisent entre six et 10 livres par six mois comptent pour 19 % dans l'Ouest et en Ontario, 16 % au Québec et dans les Maritimes.Et ceux qui lisent entre 11 et 50 livres se trouvent surtout dans l'Ouest : 27 %.En Ontario, le résultat est de 22 %, au Québec et dans les Maritimes, 20 %.Soulignons que l'Ouest n'est pas un bloc monolithique.En effet, la Colombie-Britannique y détient un record : 93 % des personnes interrogées ont lu au moins un livre en six mois.Les pourcentages correspondants dans les autres provinces de l'Ouest sont de 84 % en Alberta et en Saskatchewan et de 81 % au Manitoba.En Ontario, il est de 88 % ; au Québec, de 79 % ; dans les Maritimes, de 76 %.Prenons trois grandes villes, maintenant : Montréal, Toronto et Vancouver.L'écart entre Montréal et Vancouver est considérable.À Vancouver, 6 % seulement des gens interrogés ont répondu qu'ils n'avaient lu aucun livre au cours des six derniers mois.Ce pourcentage passe à 19 % à Montréal.Il est de 11 % à Toronto.Par contre, la proportion de gens qui ont lu entre un et cinq livres est plus grande à Montréal (37 %) qu'à Vancouver (32 %).À Toronto, il est de 39 %.Intéressant aussi à signaler : 39 % des répondants de Vancouver disent avoir lu entre 11 et 50 livres en six mois.Le pourcentage dans cette catégorie est de 24 % à Montréal et à Toronto.Mieux vaut être riche et instruit Selon Jack Jedwab, qui est aussi directeur de l'Association d'études canadiennes, plusieurs considérations socioéconomiques aident à expliquer les différences dans la fréquence de lecture.Le facteur le plus important est la scolarité.Il n'est pas étonnant de constater que 37 % des gens qui n'ont pas fait d'études secondaires n'ont lu aucun livre en six mois.Le pourcentage est de 7 % chez ceux qui sont allés à l'université, de 22 % chez ceux qui ont fait leur secondaire et de 15 % dans le cas des répondants qui ont fait leur cours collégial.Le revenu entre aussi en compte.Plus le revenu est bas, moins on lit.Parmi ceux qui gagnent moins de 20 000 $, 23 % n'ont lu aucun livre en six mois.Ils ne sont plus que 9 % quand on passe à un revenu de 80 000 $ ou plus.Par ailleurs, personne ne sera étonné : il y a un écart entre les hommes et les femmes.Dix-neuf pour cent des hommes comparativement à 12 % des femmes disent n'avoir lu aucun livre en six mois.Et 28 % des femmes comparativement à 17 % des hommes ont lu entre 11 et 50 livres.Les Canadiens choisissent en général leurs livres en fréquentant librairies et bibliothèques.Selon le sondage, cela est surtout vrai dans les Maritimes.Au Québec, selon M.Jedwab, on se fie aussi aux recommandations de quelqu'un de connu.Mais contrairement aux autres Canadiens, les Québécois n'accordent pas beaucoup d'importance à la réputation des auteurs quand vient le temps de choisir un livre.Le quart des Canadiens accorde une importance à la réputation d'un auteur contre le huitième des Québécois.Autres résultats distincts pour le Québec : il y a au Canada quelque 12 405 bibliothécaires et c'est au Québec qu'il y en a le moins par habitant, les bibliothécaires québécois ne comptant que pour 16 % du nombre total alors que sa population représente 23,7 % des Canadiens.Le dimanche 9 mars, nous publierons d'autres résultats du sondage mené pour l'Association d'études canadiennes, résultats qui portent sur le contenu des livres que nous lisons.Là aussi, nous dit M.Jedwab, il y a des différences entre les deux Canadas.Ce sondage, mené par téléphone à la fin du mois de décembre 2002 et au début de janvier 2003, a été commandé en vue du forum national organisé par l'Association d'études canadiennes portant le titre suivant : Lire le Canada \u2014 Le bien public et les plaisirs privés de la lecture, qui se tiendra à Ottawa en novembre 2003.Source: Sondage effectué par Environics Research Group / Focus Canada pour L'Association d'études canadiennes Au cours des six derniers mois, combien de livres avez-vous lu?Aucun 1-5 6-10 11-50 51 et plus Canada Provinces Atlantiques Québec Ontario Ouest du Canada Montréal Toronto Vancouver FLASH LIVRE Le Livre de Poche: 50 ans de bons et loyaux services VÉRONIQUE LE BRIS collaboration spéciale PARIS \u2014 Avec un milliard de volumes diffusés depuis sa création en 1953 et 18 millions en 2002, Le Livre de Poche arbore fièrement une cinquantaine dynamique, largement stimulée par une concurrence renouvelée.« Enchantée » d'être publiée en Livre de Poche, Amélie Nothomb ne tarit pas d'éloges sur la seconde vie que connaissent dorénavant tous ses romans.« Pour des raisons de coeur, plus que financières.Mes livres sont ainsi lus par beaucoup plus de monde.Mais c'est aussi une reconnaissance prestigieuse.Passer en petit format, c'est entrer dans la cour des grands ! » Aux côtés de Zola, Colette, Baudelaire ou de Mary Higgins Clark, PD James et Pierre Bellemare, Amélie Nothomb a déjà rejoint les valeurs sûres : 230 000 exemplaires pour Métaphysique des tubes, 150 000 pour Stupeur et tremblements dans la seule année 2002.Ainsi consacré, l'auteur s'installe dans un des plus beaux succès de l'édition française.Et peut-être même l'un des phénomènes culturels les plus importants de ces 50 dernières années, dû à l'intuition d'un homme, Henri Filipacchi.Inspiré, dit-on, par un GI qu'il a vu dévorer puis déchirer un pocket book, le secrétaire général de la Librairie Hachette qu'il était alors pressent que des livres de petit format, bon marché et jetables, trouveront leur public.Le concept n'a pourtant rien de révolutionnaire.Penguin et Nelson en Angleterre, Bentham aux États-Unis, Tauchnitz en Allemagne ou Marabout en Belgique sont déjà sur le créneau.Le titre même du Livre de Poche existe en France chez Taillandier depuis 1905 et Gallimard a lancé sa Série noire en 1945.Mais, le génie de Filippachi est d'appliquer aux grands textes la recette des romans populaires et de démocratiser ainsi la lecture.Le 9 février 1953, il lance, timidement, un livre broché, au format réduit, imprimé sur du papier médiocre et aux couvertures criardes.Villipendé par l'intelligentsia française d'alors, le succès est pourtant immédiat.Les trois premiers titres s'arrachent et nécessitent un réassortiment auprès des librairies dès la première semaine.Incontestablement, un nouveau marché est né, extrêmement porteur économiquement, attisé par la concurrence qui s'est réveillée dès 1958.Avec un chiffre d'affaires de 280 millions d'euros en 2002, le segment « poche » représente 13 % du marché français de l'édition en valeur et un livre vendu sur trois.Mais c'est aussi une manne pour les maisons d'édition et leurs auteurs puisqu'une publication en poche se monnaye d'autant plus que le livre a eu du succès en première édition, qu'elle augmente le tirage de l'oeuvre, fait circuler le nom des écrivains, les hisse dans une situation de marché et de conquête du public plus favorable pour leur prochain ouvrage.Et cela sans réelle concurrence, puisque le délai coutumier de réédition d'un livre en poche est d'environ 18 mois.« La vie de ces maisons littéraires se prolonge chez nous sous une autre forme.Nous proposons, ils décident », résume joliment Dominique Goust, directeur général du Livre de Poche depuis 1988.Mais la chasse aux titres est rude et permanente.Certes, le pionnier de l'édition bon marché sait faire entendre ses arguments : l'exclusivité, une place confortable de leader (20 % de parts de marché), une légitime antériorité, une compétence prouvée à donner une deuxième vie aux livres et un réseau de distribution efficace qui a été sa force depuis ses débuts.Mais c'est bien sûr la richesse de son catalogue (3500 titres disponibles sur les 14 000 parus depuis 1953) qui fera la différence.Déjà largement diversifié grâce à de nombreuses collections spécialisées créées au cours du temps, Le Livre de Poche a même tenu à développer de l'édition en propre qui assure 22 % de son activité et a la dimension d'une belle maison de littérature générale.Des policiers, des livres pratiques, des essais ou des encyclopédies y sont publiés.Même des classiques, comme Alphabet de Paul Valéry, édité chez lui en première édition en 2000 ! L'essentiel de son activité (près de 80 %) reste toutefois la réédition.« On me demande souvent quelle nouvelle collection je m'apprête à lancer.Mais nous couvrons à peu près tout le champ du livre.Notre ambition est plutôt de faire vivre nos collections en les alimentant de 360 nouveautés par an », prévient Dominique Goust.Ni plus, ni moins.Submerger les libraires par une offre trop abondante reviendrait à faire mourir des livres avant même qu'ils soient exposés, et il convient de maintenir une certaine sélection pour garantir l'attrait des collections.Un travail fait en concertation avec les éditeurs associés, qui pourrait bien connaître des changements prochains.Car le secteur perçoit d'un mauvais oeil la concentration qui s'annonce.Le groupe Lagardère, propriétaire du Livre de Poche et de nombreuses maisons d'édition, est plus que pressenti pour acquérir Vivendi Universal Publishing, ancien numéro 1 du secteur et détenteur d'Univers Poche \u2014 Pocket (numéro 2 avec 14,5 millions de volumes en 2002), 10/18 et Fleuve Noir.Avec bientôt 56,5 % du marché du petit format, des économies d'échelle comme de nouvelles stratégies d'éditeur pourraient s'imposer.Même si, pour l'instant, les accords prévoient encore de conserver tel quel le périmètre du Livre de Poche et de son plus direct challenger, Pocket.Mais comme le reconnaît Dominique Goust, sceptique sur une éventuelle centralisation, « qui peut affirmer de façon catégorique qu'un statu quo est à jamais intangible ?» Absurde inc.ARIANE KROL ON PEUT AVOIR au sujet de Dilbert les mêmes discussions qu'à propos des films américains : pourquoi choisir la version traduite en français quand on a accès à l'original ?Heureusement, Dilbert n'est pas Eddy Murphy.Ses répliques et celles de ses collègues survivent assez bien au passage de la langue des managers.à celle des managers, comme disent les cousins.Hormis quelques expressions qui détonnent de ce côté-ci de l'Atlantique (cafète, « ils s'en tamponnent le coquillard », « je suis méga charrette »), l'ouvrage est très fidèle au réalisme absurde de l'auteur.Scott Adams émaille ses gags en trois cases, déjà publiés dans les journaux et sur Internet, d'anecdotes vécues sur cette grande imposture qu'est, dans de nombreuses entreprises, la gestion du personnel.« Notre direction a eu une inspiration l'autre jour.Il fallait accroître les ventes de l'un de nos produits leaders.Et ils ont réussi.Vous voulez savoir comment ?Facile, ils ont juste collé le nom de ce produit à tous les autres.» L'auteur reçoit plus de 300 courriels du genre chaque jour.Pas étonnant qu'il soit inspiré.LES FOURBERIES DE DILBERT Scott Adams\u2014 First Edition, 314 pages Tout ce qu'il faut savoir pour garder du jus.DOSSIER SPÉCIAL QUELLE VIE DE FOU LE SAMEDI 8 MARS ET LE DIMANCHE 9 MARS DANS TROP PRESSÉ? 7LP0401F0302 f4 lectures dimanche 7LP0401F0302 ZALLCALL 67 19:52:21 03/01/03 B ENTREVUE L'humanisme, selon Tzvetan Todorov É L I A S LEVY collaboration spéciale Àune époque morose où le bruit et la fureur jaillissant de guerres fratricides et de génocides ethniques continuent de retentir avec force, la notion d'humanisme est plutôt malmenée et, bien souvent, tournée en dérision.Le réputé essayiste, sociologue et historien français d'origine bulgare Tzvetan Todorov est l'un des rares intellectuels à se référer très explicitement à la notion d'humanisme, alors que celle-ci fait l'objet d'une certaine condescendance, voire d'un pur mépris, comme si cette tradition intellectuelle n'était plus qu'un vague ramassis de notions vertueuses et ineptes.Mais les critiques cinglantes formulées par les contempteurs de l'humanisme ne semblent pas l'importuner outre mesure.« Si mes convictions humanistes reposaient sur l'idée que les êtres humains forment une espèce paisible et généreuse, elles seraient effectivement ébranlées par les événements dont j'ai été témoin depuis plus de 60 ans : guerres, exterminations, terreur, oppression.Mais tel n'est pas le cas.Les valeurs auxquelles nous adhérons ne découlent pas automatiquement de nos connaissances.Ce n'est pas parce que tous les hommes sont égaux (ils ne le sont pas, du reste) que l'égalité mérite d'être notre idéal.Nos valeurs sont un effet de la volonté, non de la connaissance.C'est pourquoi il n'existera jamais une politique ou une éthique scientifique.Ce n'est pas parce que les hommes sont bons que je suis humaniste, c'est parce qu'ils ne le sont pas.C'est ainsi qu'ont procédé les humanistes du XXe siècle que j'admire : Vassili Grossman, Primo Levi, Romain Gary, Germaine Tillion.C'est parce qu'ils avaient vu tout le mal que l'homme peut faire à l'homme qu'ils ont choisi de faire de l'homme une valeur », explique Tzvetan Todorov, qui a très affablement accepté de répondre à nos questions par écrit.Né en 1939 à Sofia, cet universitaire polyglotte, qui est considéré comme un des plus importants intellectuels européens de sa génération \u2014 mari de la Canadienne Nancy Huston \u2014 vit en France depuis bientôt 40 ans.Directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, traduits dans 40 langues, traitant de littérature, d'histoire, de politique et de morale.Dans un passionnant livre d'entretiens avec la journaliste Catherine Portevin, Devoirs et délices.Une vie de passeur, paru aux Éditions du Seuil, ce brillant penseur retrace, à partir de sa jeunesse bulgare, les principales étapes de son parcours intellectuel très singulier.Une vie de passeur Tzvetan Todorov a mené une « vie de passeur », traversant inlassablement une nuée de frontières extérieures et intérieures.Frontières d'abord entre pays, langues, cultures.Mais frontières aussi entre le banal et l'essentiel, le quotidien et le sublime, la vie matérielle et la vie de l'esprit.Demeurant très fidèle à ses origines bulgares, qu'il n'a jamais mythifiées obsessivement, il s'est forgé une identité multiculturelle porteuse de plusieurs racines identitaires.Cette hybridité culturelle est, à ses yeux, un des plus grands atouts de l'être humain.« Tout individu est pourvu d'une identité multiculturelle, rappelle-t-il.Seulement, certains en sont plus conscients que d'autres.Chacun de nous participe de nombreuses identités collectives : selon le sexe, l'âge, la profession, le milieu social, la langue, la religion, l'appartenance administrative.Nos sociétés sont à leur tour formées par des ingrédients multiples.Mais je reste convaincu en même temps que, pour bien fonctionner, une société a besoin d'une certaine unité.Autrement, elle engendre exclusions et ghettos.Chacun de ses membres doit, pour échapper à la discrimination, maîtriser certains codes communs.Pluralité et unité ne se contredisent pas.Et pour revenir à mon petit exemple : j'apporte à la culture française quelque chose de particulier, dû à mon parcours individuel.Mais pour faire exister cette contribution, je dois l'exprimer dans la langue française qui, elle, est une.» Le social prime sur l'économique La mondialisation économique et culturelle, qui bat actuellement son plein, est en train d'exacerber la « fièvre identitaire » nationale, surtout des petites patries.Ce phénomène inéluctable inquiète-t-il ce démocrate invétéré qui a connu pendant sa jeunesse les affres du communisme ?« Il est vrai que ces deux mouvements se nourrissent mutuellement, mais aucun d'entre eux n'est irréversible.Le social doit primer sur l'économique.Les États doivent encadrer la mondialisation \u2014 celleci n'est pas un but en soi, seulement un moyen de la prospérité ; quand elle cesse de l'être, il faut la contenir.Je ne suis pas sûr que la mondialisation culturelle à laquelle on assiste soit aussi importante qu'elle paraît à première vue.Les modes de vie et de pensée changent très lentement.Français et Allemands s'apprécient davantage aujourd'hui que par le passé, mais se ressemblent-ils beaucoup plus ?Ce n'est pas parce qu'ils achètent les mêmes produits au supermarché ou voient le même feuilleton à la télévision qu'ils conçoivent le monde de la même manière.Quoi qu'il en soit, je persiste à croire que rien au monde n'est vraiment inéluctable.Les individus peuvent toujours, disait Rousseau, acquiescer ou résister.Toujours, même face à l'extrême.Donc, quand il le faut, résister.» Dans ce beau livre d'entretiens, Tzvetan Todorov explore ses thèmes de prédilection avec toujours plus d'acuité.Plusieurs de ces thèmes sont au coeur de nos interrogations contemporaines : la mémoire et ses enjeux politiques ; le totalitarisme ; l'avenir de l'humanisme ; le sens moral de l'histoire ; la critique du structuralisme ; les égarements de la science ; les dysfonctionnements de la démocratie ; les dérives de la justice.Le devoir de mémoire Il nous livre des réflexions judicieuses et très éclairantes sur « le travail et le devoir de mémoire ».La mémoire, explique-t-il, est comme un langage, un instrument en lui-même neutre, qui peut être mis au service d'un noble combat comme des plus noirs desseins.Le « devoir de mémoire », ajoute-t-il, n'est pas moralement justifié si le rappel du passé nourrit avant tout un désir de vengeance ou de revanche, s'il nous permet simplement d'acquérir des privilèges ou de justifier notre inaction dans le présent.L'« instrumentalisation » de la mémoire par des peuples et des États, phénomène qui n'a cessé de s'accentuer depuis la fin du communisme, n'est-elle pas en train de dénaturer l'essence même du « devoir de mémoire » ?« Je ne pense pas que l'instrumentalisation de la mémoire soit de plus en plus fréquente.Je pense qu'elle est de tous les temps.Les peuples ont toujours voulu se souvenir de ce qui les arrange.Essentiellement, des moments du passé où ils ont été, ou des héros, ou des victimes.On oublie volontiers, en revanche, les moments peu glorieux, ceux où l'on s'est rendu soimême responsable du malheur des autres ou ceux où l'on attendait, impuissant, l'aide des autres.Est-ce un pur hasard si l'on commémore à Washington l'Holocauste des juifs européens, dont le gouvernement des États-Unis n'est pas responsable, mais non l'extermination des Indiens, l'esclavage, le lynchage, la discrimination dont ont été victimes les Noirs, l'anéantissement des populations de Hiroshima et de Nagasaki, au Japon, pendant la Deuxième Guerre mondiale ?C'est pourquoi je ne peux me satisfaire de la formule devoir de mémoire.Il ne suffit pas de dire qu'il faut se souvenir, encore faut-il préciser de quoi et quel usage veut-on faire de ce rappel du passé ?» Un intello iconoclaste Intellectuel iconoclaste, Tzvetan Todorov récuse les jugements maximalistes et réducteurs.Sa condamnation catégorique des régimes totalitaires ne l'empêche pas de constater qu'ils appartiennent au même « genre prochain » que la démocratie \u2014 ce que nous appelons la « modernité » \u2014 ni de critiquer ce qui ne va pas dans les démocraties, ni enfin de voir que la société totalitaire n'est pas entièrement noire (des pages passionnantes sont consacrées à cette question épineuse).Il est très critique à l'égard de la notion de justice, telle qu'elle est interprétée et appliquée aujourd'hui dans les démocraties occidentales.« Dans notre société individualiste, on oublie de plus en plus le sens et les fonctions de la vie proprement politique de la communauté.Du coup, quand on cherche une sanction publique à tel ou tel acte, on se tourne vers la justice, unique représentation des valeurs communes.Mais cette omniprésence de la justice me paraît dangereuse.On ne doit pas juger les individus pour faire un exemple, ou pour rappeler une page de l'histoire.Un autre type de détournement de la justice consiste à lui demander de réglementer les rapports personnels entre individus, naguère régis par la seule négociation, en dehors de tout contrat juridique.Il y a là un effet négatif du politiquement correct (souvent un moralement correct), qui parasite l'esprit véritable de la démocratie.» \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 DEVOIRS ET DÉLICES.UNE VIE DE PASSEUR Entretiens de Tzvetan Tederov avec Catherine Portevin Éditions du Seuil, 2002, 397 pages Tzvetan Todorov, réputé essayiste, sociologue et historien français d'origine bulgare.L'anorexie comme métaphore de l'Acadie CHRONIQUE Qui veut la peau du critique?ALEKSI K .LEPAGE collaboration spéciale Robert Lévesque : par quel bout le prendre ?Et avec quoi ?Des pincettes, des gants blancs ou une pelle ?Et après, faudra-t-il le mettre en boîte ?Certains rêvent sans doute, et depuis longtemps, de lui régler son compte, au bonhomme, des gens de théâtre surtout, décidément très fragiles.D'autres, plus sadiques (« passifs agressifs », comme on dit) font semblant de l'ignorer.Lui ne les ignore pas.Et il revient à la charge de temps en temps, voir s'ils existent, s'il existe luimême.Sans ennemis, réels, potentiels ou virtuels, Lévesque se verrait peut-être sombrer dans le néant, pour notre grand malheur.Car ce monsieur n'a pas que des ennemis.Lui qui veut n'être « l'allié de personne », bougon dans son coin, réussit quand même à se faire, sinon aimer, au moins admirer par certains.Pour sa culture \u2014 qu'on devine assez intimidante.Pour ses dons de communicateur \u2014 ce n'est pas vrai qu'il n'écrit que pour lui seul.Pour sa franchise \u2014 rien à voir avec la plate honnêteté.Et pour sa liberté \u2014 qui fait tant défaut à ces « généralistes » que nous sommes et qu'il pourfend sans relâche.À lire régulièrement ses chroniques, on est bien forcé de concéder à Robert Lévesque quelques mérites en voie de disparition.Les critiques et les chroniqueurs impitoyables \u2014 dans le genre chic \u2014 sont plus rares ici que les bons romanciers.Lévesque a trouvé son petit recoin de confort et de délivrance dans l'hétéroclite hebdomadaire Ici, à deux pages des commérages de la fantasque Mado, pas très loin de l'horoscope et des annonces classées.C'est là qu'il livre chaque semaine à ceux que ça intéresse une nouvelle tranche de ses « carnets », maintenant tous ramassés et publiés (aux éditions Boréal) dans ce volume justement intitulé L'Allié de personne.Suivant les aléas de son humeur, le critique y critique la critique, s'énerve contre la médiocrité intellectuelle de la société québécoise, décrypte les écrits de tel dramaturge ou de tel penseur injustement oublié, cite les plus grands à tour de plume, étale ses amours littéraires, se moque de ses têtes de turc favorites, règle quelques comptes et, plus généralement, parle d'art.Comme c'est écrit en quatrième de couverture, « Lévesque brille par la hauteur de ses exigences ».Se trouvant lui-même incapable de plus d'imagination et d'originalité que celles dont il fait preuve dans l'exercice de ses fonctions, cet homme saura poliment éviter au monde un autre roman de journaliste.En vérité, Robert Lévesque écrit bien, c'est son job.Serait- il le dernier des salauds que ça n'y changerait rien.« Allez, soyez généreux, détestez abondamment », écrit-il à la fin.Il ne faut jamais fuir un misanthrope, disait Cioran.Bientôt on apprendra \u2014 avec déception presque \u2014 que Lévesque était au fond un ami de l'humanité, ami des artistes surtout, et qu'il ne s'est toujours emporté que par manque d'amour.En attendant que Denise Bombardier, enfin défâchée, daigne lui proposer une longue entrevue \u2014 où tout se saura \u2014, profitons de la prose élégante, souvent malcommode, toujours passionnée, de notre Léautaud national.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'ALLIÉ DE PERSONNE Robert Lévesque Boréal, Collection papiers collés, 324 pages ROBERT LAPLANTE collaboration spéciale Et si l'anorexie était en fait la manifestation d'un rejet identitaire, un rempart défensif contre une société en mutation, l'ultime résistance face à un monde déshumanisé ?Cette constatation surprenante ne provient pas d'une étude scientifique, mais plutôt des réflexions du grand écrivain d'origine haïtienne Gérard Étienne, qui vient de publier Au coeur de l'anorexie, son tout nouveau roman aux Éditions du CIDIHCA.« J'ai toujours cru qu'il y avait un mensonge autour de l'anorexie.Pour moi, ce n'est pas tant une maladie qu'une réaction contre la société et ses fausses valeurs », dit l'auteur en entrevue.À travers la maladie de la jeune Nelly, le romancier trace un portrait surprenant de la société acadienne, une peinture très différente de celle brossée par Antonine Maillet et les autres écrivains acadiens.Une Acadie sclérosée qui s'adapte difficilement à sa nouvelle réalité multiculturelle, une Acadie qui se replie sur son passé et qui refuse de regarder devant elle.C'est cette Acadie passéiste que rejette la jeune Nelly, en la vomissant de toutes ses forces.« La réalité que je décris n'a pas encore été abordée par les écrivains acadiens, ni celle du rejet et encore moins celle de l'exil dans son propre pays et c'est moi, un Haïtien, un étranger qui leur parle de ça.» Il faut admettre que l'auteur connaît bien ces questions puisque, en 1964, il quittait son pays natal après avoir été emprisonné et torturé par le gouvernement dictatorial de François Duvalier.Exilé en Acadie, Gérard Étienne pratique depuis une littérature de l'immigrant, à cheval entre deux cultures, les auscultant de son regard perçant.« Même si j'ai passé 30 ans en Acadie, même si je m'y suis parfaitement intégré, je continue de l'observer avec mes yeux, ceux de l'autre qui me permettent d'avoir un regard critique sur ce milieu.» Conscient de la virulence de son implacable constat, l'auteur du Nègre crucifié insiste sur son rôle de témoin.« Écoutez, je n'invente rien ! On m'en parle tous les jours.Quand mes étudiants venaient me voir dans mon bureau de l'Université de Moncton, c'est de ces problèmes qu'ils me parlaient, de leurs difficiles relations familiales, des problèmes de communication et de ce sentiment d'exclusion à l'intérieur et à l'extérieur de la société acadienne.» L'anorexie est, selon lui, une réaction à ce malaise.Une maladie qu'il utilise comme une allégorie, qui lui permet de s'interroger sur l'identité et sur l'ostracisme.Comme si l'Acadie tout entière rejetait son identité, que ce soit ces francophones qui anglicisent leur nom, ces étrangers que la communauté isole inconsciemment ou tout simplement cette jeune génération à la recherche d'une identité représentative de l'évolution de la société acadienne.Nelly est le symbole de cette génération qui tente de redéfinir l'appartenance acadienne.« Nelly est dans une quête, elle se cherche.Elle ne se reconnaît pas dans l'Acadie de son père, elle est Acadienne oui, mais elle refuse de se laisser enfermer dans une cage où les contacts avec l'autre, avec l'étranger sont absents.Elle est à la fois proche et différente de son père, une Acadienne oui, mais humaniste et ouverte sur l'avenir.» Gérard Étienne croit en cette Acadie métissée.« Le métissage a toujours existé, toutes les grandes civilisations sont issues de ces rencontres entre étrangers.Le développement et le rayonnement des collectivités passent par cette hybridation.» Nelly est le nouveau visage d'une Acadie dynamique, prête à jouer son rôle dans le village planétaire.« Ce qui fait la force du Québec c'est ce métissage », dit l'écrivain qui espère que le phénomène sera aussi positif pour les communautés francophones des Maritimes qu'il l'a été pour la Belle Province.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 AU COEUR DE L'ANOREXIE Gérard Étienne Éditions du CIDIHCA, 154 pages 7LP0501F0302 f5 lectures dimanche 7LP0501F0302 ZALLCALL 67 21:03:26 03/01/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 MA R S 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 INTERVIEW L'ami Nougaro KATIA CHAPOUTIER collaboration spéciale PARIS \u2014 À l'occasion de la sortie de son recueil L'Ivre d'images, nous avons rencontré Claude Nougaro, magnifique sculpteur de la langue française.Chez lui, à quelques pas de la cathédrale Notre-Dame de Paris, il nous a accordé une entrevue.Q Alors, commençons par une question facile.Qui êtes-vous, Claude Nougaro R (Rires.) Je suis un homme.Je suis entré dans la cage des hommes en septembre 1929.Je pourrais donc vous répondre dans un seul élan : je suis un vieil homme qui a la chance de continuer à faire le métier qu'il aime, c'est-à-dire celui d'artiste, et de sortir de soi en ne cessant pas de creuser, cherchant quelques pépites, quelques clés qui me donnent une porte de salut.Ma porte de salut c'est évidemment l'art, mineur ou majeur, l'art, c'est-à-dire la possibilité de créer un instant, une heure de bonheur.Le bonheur c'est l'heure du beau.Et quand je suis heureux de donner du bonheur et que ce bonheur me rend heureux, il y a vraiment quelque chose qui fait plaisir à ceux qui m'aiment.Q Comment créez-vous ?Tous les jours ?Dans la douleur ?R Des fois il faut souffrir pour être beau, comme on dit.Dans ma vie, je suis sujet à des alternances de fertilité et ensuite je plonge dans un désert total.Et il y a un cheminement là-dessous et puis la source ressurgit.C'est un travail mental.Créer c'est un grand mot, mais s'exprimer, avoir affaire aux mots et à leur musique.J'ai des comparaisons facilement plastiques avec l'écriture, il faut qu'elle soit picturale, qu'elle fasse image.Il faut qu'elle soit sculptée.La matière des mots est une musique déjà où les sons sont aussi importants que les sens.Je suis enfermé dans la langue française.J'aurais aimé tellement être polyglotte et prendre les langues de l'intérieur.Mais non ! c'est la langue française parce que j'ai aimé cette langue à travers la littérature et la poésie.Il me semblait que dans la voix de ces poètes, il y avait mon chant qui sortait, mon blues baudelairien.Les mots sont des objets vivants pour moi, je m'enlace à eux, je les étreins, ils me refusent et je refrappe de nouveau à la porte.À la porte des mots.Q On imagine que vous devez toujours jouer aux dés avec les mots.Cela ne s'arrête jamais.R Cela ne s'arrête jamais car je suis en quelque sorte leur prisonnier.Leur prisonnier volontaire.Pour moi, la liberté c'est d'avoir pu choisir mes barreaux.Alors je lime.Q Si Nougaro adolescent rencontrait le Nougaro d'aujourd'hui, il le verrait comment ?R Le reconnaîtrait-il ?Imaginez que dans la rue on se croise.Moi je reconnaîtrais le petit garçon mais le petit garçon, il passerait à côté de moi, peut-être en swinguant.Alors je le suivrais sans oser l'aborder.Et si je lui mettais la main sur l'épaule et je lui disais « c'est moi ! », il me dirait « quoi toi ?».Je me demande bien la pièce qui commence, quel est le dialogue.Mais je ne pense pas que je sois vraiment sorti de mon enfance.Je lisais une lettre d'un cher ami où il me dit que finalement un artiste c'est celui qui n'est pas sorti de ce qu'on appelle l'enfance.Dans le livre Souffleur de vers qui vient de sortir sur moi, je vois le cinéma de ma vie passer sous mes yeux.Je souhaite maintenant une « happy end ».La vie est faite maintenant avec ses erreurs, avec ses victoires.Mais mon parcours de coeur battant n'a pas été vain.Q Votre plus grande fierté ?R (Silence, puis il rit.) Ma plus grande fierté c'est quand je chante vraiment bien.Et chaque jour ma fierté a disparu et c'est la fierté de ce soir sur scène qui va me donner la réponse.Quand je vis comme cela, je me lève, je me lave, je marche.Maintenant quand je me lève, difficilement, j'ai affaire à mon corps.Faudrait moins fumer, je refume.Faudrait pas boire, je rebois.Alors là il n'y a pas de fierté.Ma fierté serait un jour de devenir ascète.Q Alors ce livre ?R Le livre, c'est Hélène, ma compagne, qui s'est amusée à faire le tri dans mes carnets de bord.Q C'est beau, votre histoire avec Hélène.R Oui.Je l'ai connue quand j'étais en tournée.J'étais seul avec mes musiciens.On a était à l'île de la Réunion.J'étais au bord de la piscine de mon hôtel.Il y avait une jeune femme, presque une jeune fille \u2014 elle avait 22 ans \u2014 qui se baignait.Elle s'appelait Hélène, elle était Toulousaine comme moi.Elle était venue avec son diplôme de kiné travailler dans un institut de la Réunion.On s'est connus là et on ne s'est plus quittés.J'ai rencontré une sorte d'âme soeur.Elle a déjà ce côté garçon qui chez les femmes me fascine.Q Quand on repense à l'époque de Nougayork, c'est extraordinaire le retour en force que vous avez réalisé.R C'était spectaculaire car je venais d'être viré d'une maison de disques.Cela faisait longtemps que je voulais aller à New York, alors on est partis tous les deux avec Hélène.J'ai rencontré une série de hasards et j'ai fait ce disque qui m'a fait revenir pendant un moment sur le devant de la scène du showbiz.Q Quel regard portez-vous sur cette période ?R Elle se situe pas mal dans la géographie de ma vie de petit Toulousain.Quand j'étais gosse, je faisais des rêves que je me baladais dans New York, c'était tout rouge.Et puis j'y suis allé, et puis je l'ai chanté et cela a fait un tabac.Bravo ! À l'époque, les puristes ont trouvé que je me prostituais, enfin prostituer c'est pas le mot.Mais bon, ils trouvaient qu'avec ce Nougaro sauce rock j'avais trahi mon chemin.Après cette petite odyssée américaine où j'avais un orchestre flambant de New-Yorkais, cela a duré deux ans, je suis retourné au classique avec Maurice Vender.Q Vous auriez pu seulement écrire ?R Je savais que je n'étais pas un écrivain, je n'étais pas Balzac ou Stendhal.À mon étage à moi, je voyais davantage la forme poétique.Dans les mots, il y avait justement une certaine naïveté que j'appelle maintenant le « cinémots ».Les mots sont faits pour dire l'indicible et il y avait cet indicible-là qui me parlait davantage dans la littérature poétique que quand on s'enfonce dans Alexandre Dumas ou Victor Hugo où là, ce sont des cerveaux équipés pour faire vivre tout un tas de héros.Ce sont des athlètes de la narration alors qu'un poète est seul.Il n'a affaire qu'à lui-même, c'est la traversée de son propre miroir, ses fantasmes.Un poète ne parle que de lui.Q On peut définir Claude Nougaro en quelques mots ?R Je ne peux pas me définir en quelques mots.J'ai quelque part en moi la bêtise de mon grand-père.Je suis un plouc aussi.Je viens de l'Italie, je suis aussi un esthète.Je suis naïf et précieux en même temps.Ce n'est pas facile de vivre avec moi.Pour moi, je veux dire, c'est très ennuyeux.Mais je pense qu'on apprend beaucoup de moi dans ce livre.Vous savez, on peut le lire en ouvrant n'importe quelle page.Q Vous avez des regrets ?R Qui n'a pas de regrets ?Évidemment ! J'étais fou.Je suis un homme de scène et cela décuple les sensations.J'avais dit un jour de tension extrême : « Les anges laissent derrière un sillage de souffre.» Je voulais dire que la beauté fait mal, que la conscience, la lumière brûlent, sans doute.Mais derrière moi, je crois que je laisse un bon sillage, une belle écume, bien blanche.L'IVRE D'IMAGES Claude Nougaro Éditions du Cherche Midi CLAUDE NOUGARO, SOUFFLEUR DE VERS Alain Wodrascka Coédition Didier Carpentier et France Inter Disponible à www.fnac.com FLASH LIVRE Un petit vingtième pour Hergé Claude Nougaro ALEKSI K .LEPAGE collaboration spéciale Si, par un étrange détour, vous devez passer par la petite ville française d'Angoulême, vous aurez probablement l'occasion de traverser la rue Hergé.C'est qu'Angoulême, on le sait, accueille chaque hiver un festival de bande dessinée plus couru d'année en année.Or, depuis janvier, l'une des artères piétonnières de cette honnête municipalité porte le nom du créateur de Tintin.Hergé s'est éteint le troisième jour de mars 1983 ; comptez sur vos doigts, cela fait 20 ans.Et qui dit 20 ans dit 20e.C'est le signal des grandes réjouissances, toute l'Europe francophone va célébrer la mémoire de Georges Remi et on peut s'attendre à recevoir sous peu (trois semaines plus tard au Canada) des caisses de livres nouveaux sur le monsieur, sa vie et son art.En hors-d'oeuvre, Casterman nous envoie L'Hommage de la bande dessinée, en vérité la luxueuse réédition d'un numéro spécial de la défunte revue BD (À Suivre) hors-série entièrement consacré à Hergé.Publié quelques semaines après la mort de l'auteur, ce numéro s'est vite envolé des kiosques, devenant ni plus ni moins qu'un objet de collection.On y trouve les planches d'artistes renommés (entre autres Fred, Mézières, Tardi, Comes, Boucq, Bilal, Druillet, Schuiten et F'murr) toutes spécialement préparées pour l'occasion, en plus des témoignages d'écrivains, d'essayistes et de créateurs en tous genres : Gabriel Matzneff, Alain Resnais, Pascal Bruckner, Edgar P.Jacobs ou même, de loin, Andy Warhol.Du respect à l'admiration, du pastiche poli à la moquerie sans conséquence, chacun y va de son style et de son gré.Comes dessine un poème, Philippe Bertrand remet en question la virginité du jeune reporter, Franc aborde les aspects économiques de l'empire Hergé, Sokal s'inquiète pour le vieux Haddock etc.Tintin, avec son faciès asexué, son grand pantalon et sa houppette blonde, appartient dorénavant au monde.Plus que jamais il est une image, une icône, presque un symbole, reconnaissable parmi 1000.L'Hommage de la bande dessinée évite la complaisance et propose des portraits, pas tous flatteurs mais tous honnêtes et pertinents.Les tintinophiles à qui manquerait ce (À Suivre) hors-série de 1983 peuvent à présent l'ajouter à leur collection.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 HERGÉ : L'HOMMAGE DE LA BANDE DESSINÉE Collectif Réédition 2003, Casterman, 97 pages 3107518A 3122617A Extrait de Hergé: l'Hommage de la bande dessinée Tintin vu par Boucq. 7LP0601F0302 F6 DIMANCHE sciences 7LP0601F0302 ZALLCALL 67 18:07:30 03/01/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 2 MARS 2003 EN BREF LE CIEL DE MARS Longue vie aux marées noires LORSQUE, dans 30 ans, le déversement pétrolier du Prestige ne sera plus qu'un mauvais souvenir, les plages de la Galice seront probablement toujours contaminées, nettoyage ou pas.Cette conclusion provient d'une étude réalisée sur les côtes du Massachusetts où, en 1969, la barge Florida a déversé 700 000 litres de pétrole.Le chimiste et océanographe Christopher Reddy, de l'Institut océanographique Woods Hole, a retrouvé des poches de pétrole de cette époque dans un marais salin.Ses résultats l'ont laissé pantois : la quantité de pétrole et sa composition chimique, 30 ans après le déversement, sont sensiblement les mêmes que peu après la catastrophe.Cela indique que les bactéries n'ont pas réussi à dégrader la substance.« Une telle contamination de l'environnement semble donc pouvoir durer indéfiniment », craint Reddy.Paul Boehm, océanographe consulté par New Scientist, affirme qu'un tel résidu de pétrole n'a pas nécessairement de conséquences négatives sur la vie qui l'entoure.Les écosystèmes semblent en effet revenus à la normale sur la côte américaine.Néanmoins, des études plus approfondies sur les organismes vivant dans les profondeurs du sol, tels que certains mollusques, pourraient démontrer le contraire.Obsession canine IL Y A les gens que l'on appelle obsessifs-compulsifs, un syndrome défini ainsi par les psychologues, caractérisé par des comportements et des gestes répétitifs.Mais il y a aussi des chiens qui en souffrent : jusqu'à 2 %, affirme Andrew Luescher, de l'Université Purdue (Indiana), qui expérimente actuellement un traitement pour nos amis à quatre pattes, le but étant de voir si les médicaments utilisés chez les humains fonctionnent chez eux.Que fait donc un chien obsessif-compulsif, demandezvous ?Eh bien, il court maladivement après sa queue ou bien se lèche sans arrêt les flancs.Mais attention, votre chiot qui court après sa queue de temps en temps ne mérite pas nécessairement une visite chez le Dr Freud.Les arbres ne vous sauveront pas PLANTEZ davantage d'arbres et vous réduirez la pollution puisque ceux-ci avaleront davantage de dioxyde de carbone.Telle est la base de l'hypothèse inscrite dans le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, hypothèse en vertu de laquelle des pays pourront obtenir des « crédits de pollution » s'ils accroissent leurs forêts.Or, les scientifiques qui sont derrière cette hypothèse ont peut-être fait une grave erreur de calcul : ils n'ont pas tenu compte des sols où seront plantés ces arbres.Selon Carbo Europe, un programme de recherche européen, les sols forestiers et leur matière organique contiennent en moyenne de trois à quatre fois plus de carbone que la végétation au-dessus d'eux.Lorsqu'on y plante des arbres, une partie de ce carbone est relâchée dans l'air, provoquant un surplus de dioxyde de carbone, qui dépasse facilement la quantité que les arbres sont capables d'absorber.Et ce, pendant les 10 premières années, au moins.Aucun des calculs sur les « crédits de pollution » ne tient compte de cette réalité, dénonce Carbo Europe, ce qui, à long terme, risque de fausser considérablement toutes les belles prévisions sur l'absorption par la nature des gaz polluants.Le Nobel du pauvre L'ACADÉMIE des sciences du tiers-monde a décidé de contrecarrer ce qu'elle considère comme une injustice flagrante des prix Nobel, en créant son propre « Nobel du pauvre ».Le prix, dont le véritable nom est le Prix Trieste, d'une valeur de 100 000 $, ne pourra être remis qu'à des scientifiques travaillant dans des pays en voie de développement.Détail non négligeable : depuis un siècle qu'existe le Nobel, seulement trois scientifiques du tiers-monde en ont décroché un, soit les Argentins Luis Leloir (chimie, 1970) et Bernardo Houssay (médecine, 1947) et l'Indien C.V.Raman (physique, 1930).L'odeurdes récifs COMMENT les poissons des récifs, qui vivent leurs premières semaines en plein milieu de l'océan, retrouvent- ils leur chemin vers les coraux où ils sont nés ?Grâce à leur odorat, assurent une équipe de chercheurs américains et australiens.« Ces poissons reconnaissent l'odeur des coraux et la différencient de celle de l'océan, grâce à une signature chimique », expliquent-ils dans la revue Marine Ecology Progress Series.Si leur hypothèse est exacte, elle est toutefois inquiétante : les ravages de la pollution endommagent actuellement les récifs de coraux, de sorte que ces poissons risquent de ne plus pouvoir suivre leur odorat et de déserter les récifs.ce qui accélérera encore plus leur déclin.\u2014 Agence Science-Presse Les marées noires durent- elles indéfiniment?Carte MARC JOBIN, Planétarium de Montréal, collaboration spéciale La carte montre le ciel tel qu'on pourra le voir à la mi-mars vers 22 h 30 (heure normale de l'Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin.Pour l'utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux.Les lignes pleines définissent les constellations, tandis que le bande claire indique le tracé de la Voie lactée.Que la lumière soit! MARC JOBIN collaboration spéciale L\u2018arrivée du mois de mars s'accompagne toujours d'une certaine fébrilité, et pour cause : le pire de l'hiver, grands froids et obscurité compris, est enfin derrière nous.Maintenant, place à la lumière et à la chaleur ! L'équinoxe de printemps aura lieu cette année le 20 mars à 20 heures précises (heure de l'Est).Le Soleil se trouvera alors exactement au-dessus de l'équateur de la Terre et éclairera de manière égale les hémisphères Nord et Sud de notre planète.À ce moment, nuit et jour sont d'égales durée.en principe ! Dans les faits, l'atmosphère terrestre incurve légèrement les rayons du Soleil lorsqu'il se trouve près de l'horizon : son lever se produit donc un peu plus tôt et son coucher un peu plus tard que s'il n'y avait pas d'atmosphère.Ainsi, le 20 mars, le jour dure déjà 12 heures et cinq minutes ! C'est donc quelque temps avant l'équinoxe, soit le 18 mars, que la nuit et le jour se partagent le plus équitablement la période de 24 heures.C'est d'ailleurs autour de l'équinoxe de printemps que la durée du jour s'accroît le plus rapidement : à cette époque de l'année, nous gagnons plus de trois minutes d'ensoleillement par jour ! Au cours du mois de mars, la durée du jour augmente au total d'une heure et trois quarts, et nous franchissons allègrement le cap des 12 heures de clarté : c'est bon pour le moral ! La voûte étoilée Si les jours allongent, les nuits, elles, raccourcissent d'autant.Cela ne doit pas nous faire oublier qu'on trouve des choses merveilleuses dans le ciel étoilé du mois de mars, qu'on pourrait d'ailleurs qualifier de ciel de « transition ».À l'est apparaissent les constellations mieux observées plus tard au printemps (Hercule, le Bouvier, la Vierge), tandis qu'on retrouve encore, à l'ouest, les brillantes constellations de l'hexagone d'hiver.Il est donc encore temps d'explorer Orion et les constellations voisines avant qu'elles ne disparaissent dans les lueurs du crépuscule : les nuits de mars sont sensiblement moins « mordantes » qu'en janvier ou février, ce qui rend l'expérience d'autant plus agréable.À chaque printemps, la Grande Ourse passe au-dessus de nos tête en soirée.C'est le moment tout désigné pour découvrir en entier cette vaste constellation.Les sept étoiles qui dessinent le fameux « chariot » (ou « chaudron ») ne constituent en effet qu'une petite partie \u2014 l'arrière- train et la queue \u2014 de l'ourse céleste : celle-ci possède également des pattes, une tête et un museau ! La Grande Ourse arrive au troisième rang en terme de superficie occupée sur la voûte céleste.Autre constellation vedette, le Lion occupe une place de choix en soirée à cette époque de l'année.Avec sa tête en forme de « ?» renversé, son corps et sa queue qui s'étirent vers la gauche, le roi des animaux céleste semble prêt à bondir.ou à piquer un somme ! Un vrai chat, quoi ! Voilà une constellation qui ressemble à l'animal qu'elle représente.Vous retrouverez le Lion très haut vers le sud, juste à la gauche de la brillante Jupiter.Les planètes du soir Hormis la Lune, Jupiter est l'astre le plus brillant qu'on puisse apercevoir en ce moment dans le ciel en soirée et jusqu'à son coucher, vers 5 h du matin.Pour les prochaines semaines, la planète géante nous apparaît au voisinage d'un bel amas d'étoiles (M44, l'amas de la Crèche, au centre de la constellation du Cancer) : les deux objets sont visibles dans le même champ d'une paire de jumelles et font un joli tableau.Le 14 mars, la Lune se retrouve à 3 degrés et demi au-dessus de Jupiter.Saturne se trouve quant à elle entre les cornes du Taureau, au coeur du fameux hexagone d'hiver.La planète aux anneaux se couche présentement vers 1 h du matin.Il faut donc profiter du moment où elle est encore très haut au Sud-Ouest, dès le début de la soirée, pour y pointer un petit télescope : un spectacle inoubliable vous attend ! Les 10 et 11 mars, le premier quartier de Lune sera tout près de Saturne et vous aidera à l'identifer.Deux planètes à l'aube Depuis la fin de novembre dernier, un astre très brillant attire l'attention de tous ceux qui regardent vers le sud-est aux aurores : il s'agit de l'éclatante planète Vénus qui se donnait en spectacle en pleine heure de pointe du matin ! (Prenez note que notre carte montre le ciel étoilé et les planètes visibles en première moitié de nuit : Vénus et Mars ne se lèvent qu'en toute fin de nuit et n'y apparaissent donc pas.) Cette période de gloire tire maintenant à sa fin.Au début du mois de mars, Vénus se lève encore près de deux heures avant le Soleil, mais à la fin du mois, l'écart n'est plus que d'une heure et quart.Et comme le jour arrive de plus en plus tôt, la fenêtre d'observation de Vénus en fait autant : à la fin du mois, c'est vers 5 h qu'il faudra se lever pour saluer l'Étoile du matin ! Vous constaterez également que Vénus est de moins en moins haute sur l'horizon : il est probable que vous la perdiez de vue derrière des arbres ou des bâtiments, à moins que vous ne disposiez d'un horizon parfaitement dégagé en direction du Sud-Est.La planète Mars nous convie également à un rendez-vous matinal.Vous la retrouverez dans le même coin de ciel, mais plus haut et à la droite de Vénus.Mars est cependant beaucoup plus discrète : elle est présentement 100 fois moins brillante que Vénus ! Pour vous aider à l'identifier, le 25 au matin, vers 5 h, le dernier quartier de Lune se trouvera un peu en bas et sur la droite de la planète rouge.Le meilleur reste à venir pour Mars : en août et septembre prochains, la planète deviendra l'objet céleste le plus brillant après Vénus.Bonnes observations ! Marc Jobin est astronome au Planétarium de Montréal Il ne suffit pas de planter des arbres pour contrer la pollution.À l'affiche au Planétarium Les samedi et dimanche matins à 10h30, les 4 ans et plus seront ravis de prendre part à notre spectacle interactif : Le grand voyage de Petite Ourse.Pour les 9 ans et plus, du lundi au dimanche à 13h15 et 15h45, Mille milliards de planètes (jusqu'au 16 mars) fait le point sur la question de l'heure en astronomie: on a trouvé au cours des dernières années des planètes en orbite autour d'autres étoiles, mais aucune d'elles ne ressemble à la Terre.Pourquoi?À compter du 20 mars, partez à la découverte des Mystères de Jupiter.Enfin, à 20h 30, du vendredi au dimanche, pour les 12 ans et plus, nous vous proposons Du Big Bang.au Big Crunch ?Renseignements et réservations de groupes: (514) 872-4530.Relâche scolaire du 3 au 7 mars: horaire spécial en vigueur; consultez notre site Internet au treal.qc.ca.nm Offrez-vous l'expérience active de la découverte ! La carte de membre du Centre des sciences de Montréal permet un accès illimité, toute l'année durant, aux expositions et au ciné-jeu Immersion ainsi qu'à des laissez-passer gratuits pour le cinéma IMAX®.Sans compter qu'elle vous permet de profiter d'une multitude de privilèges.Un cadeau génial ! www.Centredes Sciencesde Montreal.com Fondation Centredes Sciences@vieuxportdemontreal.com (514) 496-1960 3121919A 7LP0701F0302 F7 DIMANCHE 7LP0701F0302 ZALLCALL 67 17:59:23 03/01/03 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 2 MARS 2003 F7 - 40 - - Sa tante lui prête son auto pour aller au réveillon du jour de l'An et il la remercie en la démolissant.Tout ça pour une fille qu'il vient de rencontrer et.Imagine s'il s'était tué.Je préfère ne pas y penser.J'ai averti André que je voulais qu'on rencontre un psychologue pour discuter de Martin.Je ne sais plus comment agir avec lui.Je le sens tellement en colère, mal dans sa peau, et j'ai l'impression que nous ne pouvons pas l'aider.Il a eu une peine d'amour cet été et tout se déglingue depuis.Mais ce n'est pas notre faute si Amélie l'a repoussé! - Il ne veut pas mettre la faute sur elle, car il l'a idéalisée pour l'aimer.Alors c'est à vous qu'il s'en prend.- À André surtout.Il lui reproche son métier.Il est toujours prêt à le critiquer, il le contredit sans cesse.C'est épuisant! Il cherche la petite bête noire.- Heureusement que Martin ne conduisait pas très vite, ni le conducteur qu'il a heurté.C'est une vraie chance.- La chance, c'est que son père soit immobilisé ici.Sinon, il serait allé l'étriper à Sainte-Adèle! On n'a pas mérité ça! - Si ça allait selon le mérite.tu n'aurais pas autant de malades.- C'est vrai qu'il n'y a rien de plus injuste que la maladie, admit Nicole.Quand je pense à tous ces enfants, Rébecca, Élodie, Kevin.- À propos, est-il revenu ici?Sa mère avait l'air inquiète quand je suis allée porter le cadeau.Nicole eut un signe de dénégation et soupira: - Peut-être que tout est rentré dans l'ordre.- Tu manques de conviction.Tu n'y crois pas.- Toi non plus, Maud.Ni le Dr Mathieu.Mais on n'a aucune preuve.Je ne sais même pas de quoi on devrait se méfier.On voudrait savoir si elle est allée dans d'autres hôpitaux, mais c'est contre la déontologie.- Mais la DPJ peut contourner le problème de la confidentialité.charge.Elle doit se sentir très seule.Nicole éprouvait autant de compassion que d'agacement envers Denise Poissant et ce sentiment paradoxal la troublait.Mme Poissant était une mère dévouée, trop peut-être.- C'est tout de même curieux qu'elle se préoccupe de l'état de son ex-mari, reprit Maud Graham.- De son ex?- Elle a raconté à Maxime qu'elle allait à son chevet quand elle a quitté l'hôpital, à Noël.- Elle ne nous a rien dit de tel.Elle a parlé d'une crise de panique.- Quand j'ai abordé le sujet, elle a nié ce qu'elle avait dit à Maxime.Et il est vrai que, chez elle, je n'ai remarqué aucune trace de cet attachement, aucune photo du père de Kevin dans la maison.Alors pourquoi en a-t-elle parlé?Espérait-elle inconsciemment une réconciliation?- Ça m'étonnerait.Bernard Rivet a abandonné Denise Poissant parce qu'il ne supportait pas d'avoir un enfant malade, reprit Nicole.Il aurait pu faire preuve de maturité.Il est assez âgé pour ça.- Âgé?- Selon Denise Poissant, il a été plusieurs fois décoré.Il doit avoir plusieurs années de carrière.L'agressivité est peut-être utile au front, mais Rivet est violent en privé.Quand il boit.C'est bizarre que Denise Poissant ait dit à Maxime qu'elle allait le voir.- Est-ce qu'on devrait déposer une plainte?Même sans motifs concrets?Elle a perdu un premier enfant.Toutes les femmes à qui pareil drame est arrivé ne deviennent pas folles, mais c'est un traumatisme très grave.Imagine si on ajoute l'insulte à la douleur.- Elle doit avoir peur de perdre Kevin.C'est pourquoi elle vient fréquemment à l'hôpital.Pour se faire rassurer et prouver qu'elle est une bonne mère qui s'inquiète vraiment pour son enfant.Dans ce cas-ci, le mieux semble être l'ennemi du bien.Tu vas sûrement la revoir sous peu.- Pas sûr.Je l'ai contredite quand elle a exigé une appendicectomie.Si ses yeux avaient été des pistolets, j'aurais été pulvérisée sur-le-champ.- Qu'est-ce que vous pouvez faire?Nicole haussa les épaules.Le Dr Mathieu essaierait de convaincre Denise de rencontrer un psychologue si elle se représentait au CHUL.- Il ne peut lui dire qu'il la croit malade, mais elle a sans doute autant besoin d'aide que Kevin.C'est peut-être ce qu'elle désire; qu'on s'occupe d'elle, qu'on la prenne en À S U I V R E la courte échelle Les éditions de la courte échelle inc.5243, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec) H2T 1S4 © 2000 Les éditions de la courte échelle inc.ROM02MS BEN LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC02MS 7LP0801F0302 f08 dimanche 02 mars 7LP0801F0302 ZALLCALL 67 17:39:33 03/01/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 2 MARS 2003 Le chien, la mangeoire et la leptospirose À TIRE D'AILE Curieuse histoire que celle de ce Yorkshire qui avait contracté, il y a deux semaines, une maladie très grave attribuable à la présence de mangeoires d'oiseaux.« Mon petit chien a été amené chez le vétérinaire car il était très souffrant.Comme nous avons beaucoup de mangeoires, le spécialiste a tout de suite soupçonné la leptospirose, une maladie mortelle qui peut être transmissible aux humains, écrit Micheline Hould, une résidante de Rosemère.Nous avons donc spontanément enlevé toutes nos mangeoires, à notre grand désespoir d'ailleurs.« Avez-vous eu connaissance d'autres cas similaires ?Croyez-vous que nous avons agi hystériquement ?Nous nourrissons les oiseaux depuis plusieurs années et il n'était jamais arrivé un tel malheur à notre chien.Nos mangeoires doivent-elles être condamnées à tout jamais ?» C'est la première fois que j'entends parler de cette maladie, mais il y a tout lieu de croire, en effet, que vous avez été beaucoup trop alarmiste, indique l'experte consultée sur le sujet, la vétérinaire Chantal Vincent.Elle est coordonnatrice aux zoonoses (maladies des animaux transmissibles aux humains) au ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.Il est vrai que la leptospirose peut être fatale pour les chiens, précise-t-elle, mais les cas de mortalité ne dépassent guère 10 % des animaux atteints, ce qui représente théoriquement trois victimes pour l'ensemble du territoire québécois l'an dernier, un nombre minime par rapport à la population de canidés du Québec.Les victimes d'accidents de la circulation, par exemple, sont infiniment plus nombreuses.Par ailleurs, à ce jour, on ne connaît pas de cas d'humain ayant contracté la maladie au Québec, indique le médecin vétérinaire.Chez l'humain, les symptômes associés à la maladie s'apparentent à ceux d'une grosse grippe et le taux de mortalité atteint autour de 5 %.Il peut toutefois augmenter chez certains sujets plus à risques comme les personnes âgées.La maladie peut se transmettre au toucher, notamment lors du toilettage ou de l'entretien de la cage, et il est conseillé de se laver les mains après chaque manipulation.L'an dernier, au Québec, 29 chiens ont été victimes de la leptospirose, moins que l'année précédente, mais comme il ne s'agit pas d'une maladie à déclaration obligatoire comme la rage, par exemple, le nombre de victimes est probablement plus élevé.La plupart des cas surviennent en milieu rural, habituellement l'automne.Signalons qu'il existe un vaccin efficace et relativement peu coûteux.Les étangs et les flaques d'eau Mais quel est le rapport entre la maladie et les oiseaux ?C'est que la leptospirose est provoquée par plusieurs bactéries du genre leptospira, surtout par quatre types particuliers (on dit sérovars, en médecine vétérinaire).Or, l'agent pathogène provient de l'urine de rongeurs (rats, souris, etc.), surtout les ratons laveurs et les mouffettes (les écureuils ont aussi été en cause à l'extérieur du Québec), des animaux souvent attirés par les rejets de mangeoires d'oiseaux.Dans les traités de médecine vétérinaire, on indique que la faune sauvage, en général, de même que les rongeurs peuvent être des vecteurs de la maladie.Attendez ! N'allez pas vider vos mangeoires inutilement.Selon Chantal Vincent, il serait plutôt surprenant que les oiseaux puissent être la cause des problèmes, même indirectement, surtout en plein hiver.Et cela, même si une odeur de bête puante a été perçue sur le terrain où le Yokshire a gambadé.« La bactérie est rapidement détruite par le gel et ne peut survivre plus de deux heures dans un milieu sec », explique le Dr Vincent.La présence d'eau est un facteur essentiel à la survie de la bactérie, ce qui explique, que sur le continent, la contamination se produit surtout entre les mois d'octobre et de décembre, par temps frais et humide.C'est en se baignant dans les étangs contaminés ou encore en buvant dans des flaques d'eau souillées que les chiens contractent la maladie.Mais si la maladie existe bel et bien, il ne faut surtout pas paniquer, insiste la vétérinaire.Au lieu d'éliminer votre poste d'alimentation, il serait préférable de faire vacciner votre fidèle compagnon, d'éviter qu'il circule autour des mangeoires quand il pleut, et qu'il boive dans les flaques d'eau avoisinantes.Il est important aussi d'éliminer le surplus de graines tombées au sol, comme il est essentiel de nettoyer régulièrement vos plateaux pour limiter, cette fois, les risques de transmission de salmonellose entre vos visiteurs à plumes.Aux dernières nouvelles, le Yorkshire était en voie de guérison et des résultats de tests ont indiqué que le petit Brutus n'avait pas la leptospirose.Photo IVANOH DEMERS La Presse © Après avoir consacré des décennies à l'ornithologie, Normand David demeure toujours un passionné de l'observation des oiseaux.Normand David honoré FIGURE dominante de l'ornithologie québécoise, Normand David vient d'ajouter une page de plus à son curriculum déjà bien garni.La Société des ornithologues du Canada vient de lui décerner le prix Doris Huestis Speirs, l'honneur le plus prestigieux dans le domaine ornithologique au Canada.Décerné pour la première fois en 1986 au célèbre Earl Godfrey, l'auteur de l'ouvrage bien connu Les oiseaux du Canada, ce prix est donné pour la seconde fois seulement à un Québécois.Il souligne la contribution du récipiendaire à l'ornithologie canadienne.Doris Huestis Speirs est une ornithologue amateur qui a vécu dans les années 1940.Âgé de 58 ans, érudit, dynamique, toujours passionné, auteur d'environ 200 publications scientifiques et de vulgarisation sur les oiseaux, Normand David est directeur général de l'Association québécoise des groupes d'ornithologues depuis 1988, un organisme dont il est l'un des cofondateurs quelques années plus tôt.Historien, il a été attiré par l'observation des oiseaux dès son adolescence.Il rappelle avec humour qu'à cette époque, ceux qui se promenaient les jumelles au cou pour découvrir quelques paquets de plumes étaient souvent considérés comme des efféminés.Chercheur puis administrateur durant 13 ans du défunt Centre de recherche écologique de l'Université de Montréal, M.David a été un des pères de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.Sa contribution à l'essor de l'ornithologie au Québec est d'autant plus considérable qu'il a été un des premiers à rédiger des ouvrages à la portée de tous sur le sujet (Observer les oiseaux au Québec ; Comment nourrir les oiseaux autour de chez soi ; Les meilleurs sites d'observation des oiseaux au Québec) en plus d'avoir collaboré étroitement à la traduction du guide d'identification de Roger Tory Peterson, Eastern Birds (Les oiseaux de l'est de l'Amérique du Nord, éd.Broquet ; autour de 100 000 exemplaires vendus) et du Guide d'identification des oiseaux de l'Amérique du Nord de la National Geographic Society (éd.Broquet ; environ 50 000 exemplaires vendus).Reconnu pour son franc-parler, Normand David est aussi un vulgarisateur scientifique souvent cité par les médias.Photo PIERRE McCANN, La Presse © La leptospirose est une maladie bactérienne mortelle transmise par l'urine des rongeurs et qui affecte parfois les chiens.Au Québec, les cas de contamination sont surtout attribuables auxmoufettes et auxratons laveurs.Ailleurs, l'écureuil (ci-contre un écureuil noir) serait aussi en cause.La bactérie est transmissible auxhumains et les animauxsauvages comme le chevreuil peuvent en être les vecteurs.Mais ce n'est pas une raison pour éliminer vos mangeoires! LE COURRIER Des oiseaux fidèles > « EST-IL EXACT que les hirondelles qui viennent au printemps se percher sur les fils, près de la maison, avant que j'installe mon nichoir, sont des rejetons de l'année précédente ?» demande Robert Fortin, qui insiste aussi sur le fait que « ses » hirondelles ont toujours réussi à déloger les moineaux nichant déjà dans leur cabane.Après avoir passé l'hiver parfois à des milliers de kilomètres de leur territoire de reproduction, les oiseaux ont tendance à revenir faire leur nid au même endroit chaque année, souvent dans le même nichoir ou dans le même arbre, explique André Desrochers, professeur à la faculté de foresterie de l'Université Laval, à Québec, un chercheur qui s'est longtemps penché sur ce sujet.Plus encore, ils vont souvent nicher avec le partenaire de l'année précédente, même si mâle et femelle ont passé la saison froide à des lieues l'un de l'autre.Bien sûr, il s'agit ici des oiseaux qui ont survécu aux migrations de l'automne et du printemps ainsi qu'à leur séjour dans le sud.Il faut se rappeler en effet que le taux de mortalité est souvent très élevé durant l'aventure migratoire.Intempéries, accidents de toutes natures, prédations par les rapaces, épuisement, la migration n'est pas un voyage de tout repos.Selon le chercheur Desrochers, on a constaté par ailleurs que les mâles reproducteurs sont plus fidèles au site de reproduction que les femelles, alors que la situation est exactement contraire chez les mammifères, une distinction qui n'a pas encore trouvé d'explication, fait-il valoir.Les hirondelles de M.Fortin sont-elles les rejetons de l'année ?Probablement pas.Contrairement à la croyance populaire, les ornithologues ont constaté que les jeunes oiseaux ne revenaient habituellement pas sur le territoire qui les avait vus naître, ce qui permettrait d'éviter la consanguinité.Des hirondelles sur le balcon > Parlant d'hirondelles, Angéline Tremblay, de La Salle, explique que son appartement en face du fleuve est doté d'un grand balcon qui est visité presque tous les jours par des hirondelles riveraines, « probablement, ditelle, pour y manger quelques graines ici et là.Je me demande s'il est conseillé d'y installer une petite cabane.Quel type d'oiseau puis-je y attirer ?» demande-t-elle, en précisant ne rien connaître sur la faune ailée.Si les hirondelles visitent votre balcon aussi fréquemment, c'est qu'elles sont probablement tentées d'y nicher.Ce n'est pas pour y manger des graines puisqu'il s'agit d'un oiseau insectivore.Par contre, il faut se demander de quelle espèce d'hirondelles il s'agit.Si elles décident de loger dans votre nichoir, dont l'ouverture doit avoir 4 cm de diamètre (1,5 pouce), il s'agit vraisemblablement d'hirondelles bicolores.Par contre, l'hirondelle rustique s'installera sur une simple plateforme accrochée sous le plafond du balcon.Mais si elles se font nombreuses à faire des gourdes de boue accrochées sur la bordure du balcon, vous aurez affaire à l'hirondelle à front blanc.Des geais bleus qui aboient ! >Georges Madore, de La Pêche, dans l'Outaouais, a constaté que les geais bleus dérobaient allègrement la bouffe en granules déposée dans l'écuelle de son chien.« Les geais bleus sont-ils omnivores ?Cela peut-il leur nuire ?Et s'il fallait qu'ils se mettent à japper ?» lance-t-il à la blague.Par ailleurs Réal Chevalier, de Duvernay, se montre étonné que les étourneaux sansonnets se soient délectés des morceaux de truite cuite qui étaient destinés à son chat.Ces deux oiseaux sont des omnivores, même si le régime alimentaire de l'étourneau est composé en très grande partie d'insectes durant la belle saison.Mais il aime bien aussi les petits fruits, et les jardiniers qui entretiennent des cerisiers en savent quelque chose.Durant la saison froide, il mangera presque tout ce qui lui tombera dans le bec, notamment de la viande ou encore du suif.Le menu du geai bleu est beaucoup plus diversifié, même si la nourriture d'origine animale ne compte que pour le tiers de son alimentation.Il mange une variété de noix, de petits fruits, de nombreuses espèces d'insectes, mais aussi des oeufs d'oiseaux, des oisillons, des souris, des petits poissons, des grenouilles, des escargots et, à l'occasion, des chauves-souris.Toujours au sujet des étourneaux, Anne- Marie Rainville a constaté l'an dernier qu'un couple avait élevé une petite famille dans le conduit de l'échangeur d'air de sa thermopompe.Mais un des oiseaux a décidé de conserver l'abri pour s'y réfugier au cours de l'hiver.Elle demande quand expulser l'intrus sans mettre son existence en danger.Eh bien ! Avec le mois de mars qui commence, vous pouvez sans remords mettre l'oiseau à la porte en vous assurant toutefois de placer un grillage pour éviter qu'il ne vienne s'installer de nouveau chez vous.Photo PIERRE McCANN, La Presse L'hirondelle bicolore affectionne les nichoirs installés à son intention."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.