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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-03-09, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0309 F-1 dimanche 7LP0101F0309 ZALLCALL 67 23:23:30 03/08/03 B Savourez le magazine Ricardo En vente dès Incluant toutes les recettes de l'émission maintenant UN GOÛT DE PRINTEMPS ! EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 9 M A R S 2003 Voir PROSTITUTION en F2 Un siècle pour rien Lacouture, Tueni, Khoury > ESSAI \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 3 Bach, une vie David Maroney > BIOGRAPHIE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 Contes de sable et de pierres France Renaud > CONTES \u0001\u0001\u0001 Page 4 «Je me vois comme une poubelle, une poubelle qui a été souillée, qui a été lavée, qui a été blanchie à l'eau de Javel, mais qui est encore souillée.» Il est jeune, à peine l'âge de la majorité si on se fie à la moyenne des travailleurs comme lui, mais déjà, il est usé à la corde.C'est un des garçons de la dérive, un de ces jeunes qui, pauvres et le plus souvent toxicomanes, vivent quasi exclusivement de la prostitution de rue, la plus visible mais aussi la plus dangereuse, la moins payante et la plus méprisée, même par les autres gars du métier.Les réalités tout comme les statuts et les motivations varient grandement quand on parle de prostitution masculine.Pendant quatre ans, Michel Dorais, professeur à l'Université Laval, s'est penché sur cette réalité avec son groupe de chercheurs et nous livre ses conclusions dans son dernier ouvrage, Travailleurs du sexe, publié chez VLB.Si certains jeunes dérivent vers la prostitution, d'autres y voient un chemin déjà tracé, une appartenance, notamment à cause du milieu familial, nous explique-t-il.«Il ne s'agit pas alors d'un pis-aller mais de quelque chose qui va de soi, d'un moyen honorable de gagner sa vie, en dépit des aléas que comporte cette occupation», dit M.Dorais.La rue, c'est souvent leur univers.Si la réalité peut être la même pour les deux groupes, la perception, elle, est complètement différente pour celui qui pratique le métier.Pour «joindre les deux bouts ou se payer des petits luxes», d'autres auront recours à la prostitution d'appoint.Ils sont plus vieux (autour de 28 ans) et plus scolarisés.Ils travailleront alors comme danseurs nus s'ils sont hétérosexuels et comme escortes lorsqu'ils sont homosexuels.Enfin, pour certains homosexuels, la prostitution peut constituer une forme de «libération» et une facon de vivre ses fantasmes, de connaître de nouvelles expériences et de nouveaux partenaires tout en tirant profit de ces découvertes.Voir SPIDER en F2 : Le livre errière tous les grands films, dit-on, il y a un grand livre.Prenez l'exemple de mon film préféré, Le Conformiste, de Bernardo Bertolucci.Derrière lui on trouve l'oeuvre de l'auteur italien Alberto Moravia.Ce n'est pas le seul cas du genre.Lorsqu'un film est réussi, on a l'impression qu'il illumine et élucide le livre sur lequel il est basé.Comme Le Patient anglais, le roman de Michael Ondaatje.En voyant cette oeuvre au cinéma, nous étions plusieurs à nous exclamer: «C'est donc ça que l'auteur voulait dire!» J'avais à peu près le même sentiment en lisant le roman de Patrick Mc Grath, Spider, duquel est tiré le dernier film de David Cronenberg, le cinéaste canadien.Le livre, je l'ai lu il y a quelque temps, attiré par le bandeau rouge qui proclaimait la parenté entre l'oeuvre littéraire et l'oeuvre cinématographique.Pour des raisons qui m'échappent, le film a mis du temps à paraître sur nos écrans.Voilà, il est arrivé, avec le grand fracas qui accompagne à juste titre la parution d'une oeuvre de Cronenberg.J'ai fini par faire le doublé: le livre et le film.Lequel des deux préférer?Et comment choisir?En plus, l'auteur Patrick Mc Grath a eu le plaisir rare d'avoir écrit le livre, et ensuite d'en avoir fait un scénario.C'est une entreprise dangereuse, car un film, pour réussir, doit en général quitter le livre qui lui a donné naissance.Mc Grath semble être un spécialiste de la folie.Né à Londres en 1950, il a grandi près de l'hôpital psychiatrique de Broadmoor, dont son père était le directeur médical.Vivre son enfance à l'ombre d'un asile de fous, ça marque, à en croire l'oeuvre de Mc Grath.L'autre influence, à part la faune hospitalière dont son père s'occupait, c'était le 19e siècle britannique, surtout le roman gothique.Le gothic novel, ou roman gothique, est un genre d'anti-Harlequin, mais tout aussi romantique, quoique son romantisme trouve son appui sur ce qui est malsain, non pas sur ce qui aspire à la lumière.Somme toute, c'est le roman d'horreur psychologique avec, à la base, un secret familial souvent d'ordre sexuel, une vérité effoyable qui finit par surgir, détruisant l'édifice fragile de la famille.Sans le savoir, le roman gothique a anticipé de deux générations l'oeuvre de Freud.Wilkie Collins, romancier de la première moitié du 19e siècle, en est son plus grand artisan.Patrick Mc Grath suit les traces de Collins.Il met en scène Dennis Cleg, le jeune Spider, fils d'un plombier de l'East End de Londres, quartier ouvrier.La famille Cleg habite une maison en face des usines à gaz, et cette image va nous hanter tout le long du livre.La famille Cleg vit comme elle peut: le père travaille lorsque l'occasion se présente, et la mère, idéalisée par son fils, essaie de fournir un environnement sain, tout en tentant d'empêcher son mari de boire sa paie à la taverne The Dog and Beggar (le chien et le mendiant).Mais le père est attiré par la chair, surtout par les marques bon marché, et il tombe sous l'emprise d'une prostituée qui s'appelle Yvonne, qui aime le gin plus que les hommes.Il l'invite à sa cabane, dans un lotissement où les habitants ont des potagers, pour consommer leur relation.LILIANNE LACROIX DAVID HOMEL Photo ALAIN ROBERGE, La Presse © Le code secret des filles Page 5 collaboration spéciale L I T T É R AT U R E D U VO I S I N Spider PROSTITUTION AU MASCULIN «.ceux qui ont besoin d'être aidés, qu'on les aide.Les autres, qu'on leur fiche la paix !» \u2014 Michel Dorais 7LP0201F0309 f2 lectures dimanche 7LP0201F0309 ZALLCALL 67 20:32:08 03/08/03 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un Barcelo comique qui a un peu vieilli RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca François Barcelo a la réputation d'écrire des livres comiques.Il l'a bien méritée, lui qui ne rigole pas avec l'humour.Il faut lui savoir gré en effet d'éviter en règle générale les effets faciles, qui sont à la littérature ce qu'est la démagogie à la politique, avec la même impunité.Avant de se faire écrivain, M.Barcelo était rédacteur publicitaire.Il en va de même du protagoniste et narrateur du Voyageur à six roues, roman paru en 1991 et dont la Bibliothèque québécoise fait paraître une nouvelle édition.L'alter ego s'appelle B.Cossette (bécossette !), ce qu'il n'a jamais pardonné à ses parents.Comme son créateur il est parti un jour faire le tour des États-Unis, en auto et caravane.Pour flâner, pour écrire.Il flâne plus qu'il n'écrit.Non seulement son canevas de roman est-il encore un peu maigre \u2014 un homme qui se baigne nu à la mer se fait voler tout ce qu'il possède \u2014, mais encore les décors repérés ne l'inspirent-ils pas du tout.Ne cherchons pas du côté de Kerouac une parenté littéraire.Le road novel est ici prétexte à rigolade et guère plus.Cossette d'ailleurs n'a rien d'un beatnik.On le décrirait plutôt comme un bourgeois assez conservateur, dont le but dans la vie est de profiter de la vie.Il y parviendrait sans doute, si des ennuis ne venaient sans cesse menacer sa sérénité.Pneus malicieusement mis à plat, jours de pluie interminables ou, dans un registre plus grave, maîtresses quittées qui lui font savoir qu'elles sont enceintes.Il en faut moins pour qu'un personnage un peu paranoïaque, qui de surcroît a fait assez de vacheries dans sa vie pour se faire un tas d'ennemis, se prenne pour l'objet d'une vengeance.La meilleure défense, c'est l'attaque.Encore faut-il ne pas se tromper d'ennemi.Cossette se fie à son instinct, qui le trahira.À moins qu'il ne soit trahi par qui aura sa peau et lui volera son histoire ?Si Cossette arrive mal à écrire son roman, M.Barcelo ne se débrouille pas beaucoup mieux.Il faut lire plusieurs dizaines de pages, bourrées de notes anodines sur les lieux visités, avant d'entrer dans le suspense proprement dit.L'écrivain a souvent déclaré qu'il se lançait dans un roman sans savoir où il allait.Fort bien, mais il faut tout de même y aller le plus vite possible, pour ne pas risquer de distiller l'ennui.Le Voyageur à six roues fait partie des premières oeuvres de M.Barcelo.La même virée états-unienne a inspiré trois autres romans, qui ne sont pas les meilleurs mais qui étaient plus courts, sauf erreur, et plus denses, certainement.Celui-ci, qui a la forme d'un journal, ne manque pas de remarques qui tombent à plat (comme des pneus), inspirées par un diariste qui n'en finit pas de se dégonfler.Avec l'expérience, M.Barcelo a heureusement appris à épargner ce mou à ses lecteurs.Les aperçus sur la société et les moeurs américaines, qui pourraient être le sel de ce plat un peu étiré, ne sont pas très originaux.Cossette sait s'émouvoir devant les paysages, ceux qui sont « à couper le souffle », mais il ne manifeste aucun intérêt, contrairement au type paumé avec qui il fait une partie du voyage, pour la flore ou la faune ou les minéraux.Il n'est pas plus curieux des humains, même les filles dont il aurait bien envie de tomber amoureux s'il ne risquait d'y perdre la liberté qu'il chérit par-dessus tout.Les rares personnages qu'il rencontre, le plus souvent malgré lui, correspondent assez exactement au modèle caricatural de l'Américain bien-pensant, maniaque d'armes à feu et de religion, inculte jusqu'à l'os.À vrai dire, Cossette ne s'intéresse qu'à lui-même, à ses manies et à ses sous.Sans doute M.Barcelo a-t-il voulu le rendre assez antipathique pour mériter les humiliations qu'il lui a concoctées.Sous plusieurs aspects, Le Voyageur à six roues a vieilli.On pouvait en 1991 s'extasier devant les merveilles de l'informatique ou les aléas de la téléphonie portable, qui ont ici beaucoup d'importance.M.Barcelo, mine de rien, réussit tout de même à intéresser ses lecteurs au criminel qui peut-être dort en eux et que la paranoïa risque de réveiller brutalement.Ils comprendront que les psychopathes et les salauds se tirent généralement bien des mauvais pas, même si parfois ils y perdent la face ou la vie\u2014 ou les deux.\u0001 \u0001 \u0001 LE VOYAGEUR À SIX ROUES François Barcelo Bibliothèque québécoise, 264 pages Photothèque PC © David Cronenberg SPIDER Suite de la page F1 Mais sa femme, sentant que quelque chose cloche, y va aussi et tombe sur une scène assez sauvage entre Yvonne et son mari.Le mari, enragé, tue sa femme à l'aide d'une pelle.Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue, mais il suffit de dire qu'Yvonne prend la place de la mère de Spider.Le jeune Spider, traumatisé, rêve à la vengeance.Et sa vengeance, il l'aura.Mais quelle vengeance, et qui en paiera la note ?C'est ici que l'ambiguïté s'installe.Est-ce que Spider est victime ou bourreau ?Ou les deux en même temps ?Quand j'ai lu le livre de Mc Grath, surtout dans sa traduction française assez boueuse, j'ai trouvé l'atmosphère surfaite, comme si l'auteur nous prenait pour des habitants de l'asile de son père, et qu'il se croyait obligé de nous expliquer tout.La pluie, la grisaille, le brouillard de Londres jouent le rôle principal, mais tout est trop appuyé.Cronenberg allège l'ambiance en installant une série de personnages dans l'asile où est interné Spider, dont un homme qui paraît tout, sauf fou.Spider se plaît à porter plusieurs chemises incitant son voisin à faire cette remarque : « L'habit fait l'homme.Et quand il n'y a plus d'homme, il ne reste que l'habit ! » Visuellement, Cronenberg nous donne une image très moderne des usines à gaz, les transformant en objets sculpturaux, les sortant de l'atmosphère veillotte du livre de Mc Grath.Spider est tellement dérangé que nous nous mettons à nous poser cette question : son comportement n'est-il pas qu'un jeu ?Est-ce qu'il joue sa folie ?Qu'en est-il de sa souffrance ?Sans tout dévoiler, Spider se révèle une médaille à deux faces.Il n'est pas que l'enfant martyr.Il sait faire souffrir les autres aussi.Tueur ou victime, ou les deux simultanément \u2014 c'est une intrigue rêvée pour Cronenberg, et il s'en délecte.En plus, le cinéaste a dirigé ses comédiens de main de maître.Sous cette main-là, je dirais que le film surpasse nettement le livre.Mais je vous le promets, en sortant de l'un comme de l'autre, vous n'allez pas bien dormir.La folie vous guettera.\u0001 \u0001 \u0001 SPIDER Patrick Mc Grath Traduction de Martine Skopan Calmann-Lévy, 249 pages Et vogue la galère.vers Ville-Marie LOUISE CHEVRIER collaboration spéciale Il est rare d'avoir entre les mains un roman historique d'un tel calibre.Quasi un tour de force que les historiens, qui regardent souvent le roman historique avec suspicion, y aient leur content tandis que les amateurs de romans historiques se délectent.Cet exploit, Josée Mongeau le réussit merveilleusement bien avec un premier roman, Et vogue la galère.Chroniques de Ville- Marie, 1659-1663, paru récemment chez Septentrion.Douée d'un solide talent de conteuse, elle s'appuie sur une recherche rigoureuse et bien documentée pour nous plonger au coeur des héroïques débuts de Ville-Marie.« Les hommes sont devenus fous ! Depuis le passage des Montréalistes, voilà un mois, ils ont du mal à accepter l'autorité du seigneur.(.) Ma soeur Louise se désespère, son mari voudrait partir pour le Nouveau Monde.» Marie Garnier se croit bien à l'abri des rêves des hommes de Maran en Aunis, petit bourg près de La Rochelle ; son Olivier est trop âgé pour tenter l'aventure.Elle s'embarque pourtant à bord du Saint-André, avec ses soeurs, Michelle et Louise, leurs maris respectifs, Simon Cardineau, Pierre Goguet et Olivier Charbonneau.Après l'effroyable traversée dans un navire infecté et quelques morts, on arrive à bon port à Ville-Marie, en Nouvelle- France.Entre des intrigues sentimentales réelles pour la plupart, on découvre une Jeanne Mance, un Maisonneuve ou une Marguerite Bourgeoys, croisant au passage Lambert Closse ou Dollard des Ormeaux.Chronique sociale bien ficelée autour d'histoires familiales et sentimentales, Josée Mongeau joue avec l'histoire sans tricher et romance avec bonheur.L'écriture est souple, le texte coule et les émotions sont au rendez-vous.« Une poignée d'irréductibles cachés derrière une colonne de pieux, voilà Ville-Marie ! Quelle déception ! Je m'attendais à voir une ville au moins aussi grosse que Québec.Mais non, ici c'est au coeur de la forêt qu'est construite la ville, que dis-je, le village », constate avec effroi la narratrice, Marie Garnier.Partis pleins d'espoir pour un monde meilleur, la tête remplie d'un idéal de liberté et du désir de posséder leur bien, le découragement des colons est incommensurable.Il n'aura d'égal que leur détermination à bâtir, malgré les guerres iroquoises, un pays neuf.Plus qu'un roman, Et vogue la galère instruit.Posant des hypothèses plausibles, la romancière pousse l'audace jusqu'à les mettre en scène.Les amateurs d'histoire apprécieront, en fin de volume, la partie intitulée « Le vrai et le faux ».Vraie la description du voyage de Jeanne Mance en France en 1658.Ou l'aventure invraisemblable de Mathurine la veuve, qui se remarie innocemment à un homme déjà marié.Bien réel, ce Simon Cardineau, ancêtre des familles Cardinal du Québec.Vrai aussi l'enlèvement par les Iroquois de Pierre Goguet, époux de Louise Garnier, dont les aventures pendant son séjour chez les Indiens sont inspirées de récits véridiques.La terre promise finira-t-elle par tenir ses promesses ?On quitte à regret les dernières pages d'Et vogue la galère.On en veut encore.Vivement la suite ! \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 ET VOGUE LA GALÈRE.CHRONIQUES DE VILLE-MARIE Josée Mongeau Septentrion, 343 pages PROSTITUTION Suite de la page F1 De tout temps, Michel Dorais, auteur de Mort ou fif.La face cachée du suicide chez les garcons et de Les Enfants de la prostitution notamment, s'est intéressé aux marginaux : « Mes sujets d'étude ne sont pas toujours très bien accueillis chez les chercheurs, admet-il.S'intéresser aux marginaux, ça marginalise.» Pour M.Dorais, il semble toutefois tout à fait naturel de se pencher sur ces réalités : « C'est mon monde.J'ai été élevé dans un quartier défavorisé, coin Panet et Robin.Mes grands-parents étaient illettrés et j'ai commencé à travailler à 16 ans.Si on m'avait dit qu'un jour, j'aurais un doctorat, je ne l'aurais jamais cru.Alors, je suis très à l'aise avec ces gens-là, je les ai côtoyés toute ma vie et je sais bien que ceux qui ont l'air le plus tough, c'est ceux qui ont le plus peur.» Travailleur social de formation, M.Dorais se sent aussi le devoir de lever le voile sur certaines réalités : « Je recois des subventions pour mes recherches.Il est donc normal que je retourne un peu de tout cela à la société.Et ces gens-là n'ont pas de lobby.Leur seul lobby, ce sont les chercheurs.» Que les prostitués soient hétérosexuels ou homosexuels, leurs clients sont très majoritairement des hommes : « Les hommes séparent facilement le sexe et l'affectivité, avance M.Dorais.C'est pourquoi ils peuvent payer pour une relation homosexuelle et vivre pleinement leur vie d'hétéro avec femme et enfant.Pour eux, il s'agit d'un achat de service.Alors que les hommes érotisent le corps, la femme, elle, érotise la relation.Tandis que le client veut aller au motel, la cliente, elle, veut jaser.Alors, généralement, les femmes sont pas mal moins payantes.» La clientèle féminine Par contre, les femmes sont plus fidèles que l'homme, qui cherche fréquemment de la nouveauté : « Dans les clubs, souvent, celui qui gagne le plus, c'est le nouveau danseur.Même si les clients mâles monopolisent le marché de la prostitution, M.Dorais estime que la clientele féminine augmente tranquillement.Les proxénètes sont pratiquement absents de la prostitution masculine, du moins les souteneurs tels qu'on les connaît : « Les vrais proxénètes, ce sont les vendeurs de drogue, dit le chercheur.Ils contrôlent la vie de bien des prostitués.» S'il connaissait bien la réalité de la prostitution, M.Dorais a toutefois été surpris de l'âge des prostitués : « Les danseurs, qui sont d'ailleurs très réticents à admettre qu'ils font de l'overtime, et les escortes prennent bien soin de leur corps et ont l'argent pour quelques petites interventions esthétiques s'il le faut.Même à 40 ans, ça roule encore très fort.Chez les femmes notamment, la demande va plus vers des gars plus mûrs alors que les hommes se tournent vers les jeunes.» Pour la plupart des 40 hommes interrogés durant l'enquête, la prostitution de rue constitue « le bas de l'échelle », la danse nue un « entre-deux » et l'escorte, le « top de l'échelle ».Mais les clients aussi sont catégorisés : les jeunes versus les vieux, les « amicaux » ou les « cochons », ceux qui veulent surtout une présence attentive et une qualité d'écoute ou, à l'inverse, ceux qui ne sont là que pour le sexe et qui en veulent plus que pour leur argent ! D'ailleurs, si les jeunes prostitués de la rue couraient presque après les chercheurs pour toucher les 20 $ que leur vaudrait une entrevue, les danseurs et les escortes, qui peuvent toucher 500 $ par client et même plus, ont collaboré surtout pour qu'on jette un regard un peu nouveau sur leur métier.S'il a voulu faire connaître une réalité, M.Dorais se défend bien de juger ou de passer des messages.« Ou plutôt si, j'en aurais, un message : la réalité de la prostitution est bien plus complexe et diversifiée qu'on se l'imagine.Alors, ceux qui ont besoin d'être aidés, qu'on les aide.Les autres, qu'on leur fiche la paix ! » \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 TRAVAILLEURS DU SEXE Michel Dorais VLB éditeur, 2003, 103 pages Photo MARTIN TREMBLAY, La Presse © Michel Dorais 7LP0301F0309 7LP0301F0309 ZALLCALL 67 20:16:08 03/08/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 9 MA R S 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 JEAN LACOUTURE «Le monde arabe estdans un état de prostration épouvantable» E L I A S LEVY collaboration spéciale BIOGRAPHE, historien et journaliste de renommée mondiale, Jean Lacouture est aussi un fin connaisseur du Moyen-Orient arabe, qu'il observe depuis plus de 50 ans.Dans un livre de synthèse remarquable, Un siècle pour rien \u2014 Le Moyen-Orient arabe de l'Empire ottoman à l'Empire américain, paru dernièrement aux Éditions Albin Michel, ce brillant intellectuel et deux grands spécialistes des questions proche-orientales, Ghassan Tuéni, ancien ministre libanais et directeur du grand groupe de presse de Beyrouth An-Nahar, et l'historien franco-libanais Gérard Khoury, s'interrogent sur le désarroi actuel du monde arabe en remontant le fil d'un siècle d'événements politiques et historiques qui ont radicalement changé le cours de l'Histoire du Moyen-Orient.Jean Lacouture nous a accordé une entrevue récemment.Q Pourquoi avez-vous intitulé ce livre Un siècle pour rien ?R Jean Lacouture : Ce livre est celui de trois personnes qui s'intéressent de longue date au monde arabe et s'interrogent avec angoisse sur son évolution, son avenir.Pour ce qui est du titre du livre, je crois que votre question recèle la réponse.Ce fut en effet un siècle pour rien.Pendant un siècle, les Arabes ayant vécu sous le joug de l'Empire ottoman se sont rassemblés pour essayer de faire revivre ce qui avait été un grand moment de l'humanité, la civilisation arabe.Cette tentative de « Renaissance arabe », appelée « la Nahda », a eu lieu dans les années 1860-1870, à peu près en même temps que le mouvement sioniste.Alors que le sionisme a, grosso modo, atteint son objectif, en tout cas il est parvenu à créer un État juif, qui est devenu au fil des années puissant et très dynamique, le grand espoir de « Renaissance arabe » n'a connu qu'un élan éphémère.Depuis, les Arabes sont divisés, incapables de s'unir et subissent presque passivement la Loi de l'étranger.Les co-auteurs de ce livre d'entretiens voulaient comprendre pourquoi le sionisme a réalisé l'essentiel de ses objectifs tandis que le mouvement visant à recréer la Nahda est allé de déceptions en ruptures, d'abandons en désespérance.Q Vous démontrez dans votre livre que la crise profonde qui sévit aujourd'hui dans le monde arabe a des racines historiques.R Si le monde arabe a manqué son rendez- vous avec l'Occident, c'est parce que les puissances étatiques occidentales sont arrivées dans la région, pendant l'effondrement de l'Empire ottoman, d'une façon extrêmement divisée.Les rivalités féroces qui opposèrent les grandes puissances, surtout la France et la Grande-Bretagne, n'ont sûrement pas donné aux Arabes une idée très positive de ce que l'Occident était capable de leur apporter.Par contre, le colonialisme occidental dans le monde arabe aurait pu être créateur d'une certaine façon.La brutalité des politiques anglaise, française, américaine.aurait pu exacerber le patriotisme arabe.De l'oppression peut naître parfois la vitalité, la virilité nationales.L'unité italienne s'est faite sous la menace lancinante des Autrichiens.L'unité allemande s'est faite très largement sous la menace des Français d'un côté, des Russes de l'autre.Les grandes puissances occidentales n'ont fait au Moyen- Orient que leur métier de grandes puissances, c'est-à-dire réaliser à tout prix leurs desseins hégémoniques territoriaux.Les Arabes n'ont pas su saisir ces menaces pour dynamiser leurs aspirations nationales.Cette présence coloniale aurait pu être un bel élément d'émulation et de rivalité positive.Q Le bilan esquissé à travers ce livre à trois voix ressemble à un constat de faillite sur fond de nostalgie.Le diagnostic que vous formulez sur l'état actuel du monde arabe est « assez sinistre », pour reprendre votre expression.R Oui.Je suis très pessimiste.Étant donné les profondes divisions qui minent aujourd'hui le monde arabe, la situation économique désastreuse qui prévaut dans la majorité des pays arabes, le contrôle que la politique américaine exerce sur ces contrées, le blocage du mode arabe face à Israël, je ne vois pas beaucoup de lueurs d'espoir poindre à l'horizon.Les perspectives actuelles du monde arabe sont extrêmement bouchées.Il y a quelques mois, au dernier sommet de la Ligue arabe, à Beyrouth, les dirigeants arabes n'ont même pas été capables de se mettre d'accord sur une cause sacrée, le soutien au peuple palestinien.Il y a eu encore une fois mésentente sur cette question capitale.Je constate avec beaucoup de tristesse le grand désarroi qui afflige en ce moment le monde arabe.J'ai beaucoup de sympathie pour les Arabes.Je considère cependant qu'actuellement ils sont en train de gaspiller leurs cartes.Il leur reste le pétrole, c'est vrai.Mais une intervention militaire des États-Unis contre l'Irak risque de confisquer certains des pouvoirs pétroliers du monde arabe.Je ne veux surtout pas jouer les prophètes.Mais il me semble qu'aujourd'hui les Arabes sont en train de regarder passer le cours de l'Histoire comme les vaches voient passer les trains.Q Le monde arabe semble aussi impuissant face à une imminente attaque militaire des États-Unis contre l'Irak.R Le comportement du monde arabe dans cette crise irakienne est d'une mollesse et d'une fadeur extraordinaires.L'un des pays membres du monde arabe, quoique l'on pense du détestable gouvernement de Saddam Hussein, est sous la menace d'une grande puissance étrangère et les Arabes restent complètement amorphes.Il y a 30 ou 40 ans, les choses ne se seraient pas passées comme ça.Toute attaque d'un pays arabe par une puissance occidentale provoquait la colère et l'indignation des peuples arabes.Quelquefois, les gouvernements arabes se taisaient, mais les opinions publiques arabes protestaient véhémentement.Il y avait alors une vitalité au sein des nations arabes.Aujourd'hui, on a l'impression que le monde arabe s'est enferré, résigné, dans un sommeil profond.Cela ne veut pas dire du tout que le monde arabe est condamné à entrer dans le coma et va vers la mort.Je dis simplement que dans ce début du XXIe siècle, le monde arabe est dans un état de prostration épouvantable.Q Une intervention américaine en Irak pourrait-elle avoir des conséquences fâcheuses sur le monde arabe ?R D'un point de vue militaire, l'opération américaine sera assez rapide.L'Irak n'a plus du tout les moyens militaires pour affronter la puissante machine de guerre américaine.En 1990, pendant la guerre du Golfe, alors que l'Irak avait une assez bonne armée, celle-ci fut rapidement écrasée.Je crois que les troupes de Saddam Hussein seront écrasées encore plus rapidement cette fois-ci.Le caractère proprement scandaleux de l'opération américaine, qui ne se fonde sur rien de sérieux mais seulement sur les visées stratégiques des « faucons » de Washington, provoquera indéniablement des contrecoups très dangereux et profonds dans le monde arabe, notamment en Jordanie, en Égypte, en Arabie Saoudite et dans les autres pays du Golfe.Je crois que l'objectif des Américains est un redécoupage, une redistribution des cartes du Moyen-Orient.En dépeçant l'Irak, en détruisant l'horrible pouvoir actuel en place à Bagdad, ils vont vers une redistribution des cartes plus audacieuse que celle de 1917-1919.Cette guerre contre l'Irak risque d'attiser le terrorisme islamiste, dans la mesure où l'on démontre cruellement aux Arabes qu'ils n'ont pas les moyens de résister aux caprices de la superpuissance américaine.Quand on enferme quelqu'un dans une prison d'impuissance, le reclus n'a comme ultime ressource que d'essayer de faire exploser la prison.C'est une école de folie ! Q Cette guerre est-elle inévitable ?R Oui.Les Américains ont tellement investi dans cette opération que ça leur coûterait aussi cher de ramener des dizaines de milliers de soldats à la maison.Alors que, probablement, en redistribuant les profits pétroliers et en jouant avec les prix du pétrole, lorsqu'ils contrôleront les puits de pétrole irakiens, ils arriveront à financer le coût démesuré de cette guerre.Ramener les boys sans s'être battus, ne sera pas une opération très payante pour le gouvernement Bush, ni financièrement ni politiquement.Je n'ai pas une grande estime pour le groupe actuellement au pouvoir à Washington.Je lui appliquerais volontiers l'adjectif qu'une fonctionnaire canadienne, dont je ne me rappelle pas le nom mais que j'admire beaucoup, a utilisé récemment pour définir l'actuel chef de la Maison-Blanche.Elle a eu le courage de dire le seul mot qui s'imposait à l'égard du président Bush.Personnellement, je pense que les Américains iront jusqu'au bout de cette opération.La mise de fonds est telle qu'ils doivent absolument rentabiliser cette guerre.Comme lorsqu'on achète une société, il faut que ça paie ! Les Américains ne peuvent pas se permettre de tourner casaque.S'ils le font, ils perdront la face.Il n'ont pas un autre choix que de finir par appuyer sur la gâchette.\u0001\u0001\u0001\u0001 UN SIÈCLE POUR RIEN.LE MOYEN-ORIENT ARABE DE L'EMPIRE OTTOMAN À L'EMPIRE AMÉRICAIN Jean Lacouture, Ghassan Tuéni et Gérard D.Khoury Éditions Albin Michel, collection « Itinéraires du savoir », 2002, 376 pages Jean Lacouture est très pessimiste quant à l'avenir du monde arabe.« Étant donné les profondes divisions qui minent aujourd'hui le monde arabe, note-t-il, la situation économique désastreuse qui prévaut dans la majorité des pays arabes, le contrôle que la politique américaine exerce sur ces contrées, le blocage du mode arabe face à Israël, je ne vois pas beaucoup de lueurs d'espoir poindre à l'horizon.» LES HABITUDES DE LECTURE DES CANADIENS Le Québec vraimentdist inct JOCELYNE LEPAGE « DIS-MOI ce que tu lis, je te dirai d'où tu viens.» Voilà ce que l'on peut déduire de la deuxième partie d'un sondage sur les habitudes de lecture des Canadiens.La semaine dernière, nous nous intéressions au nombre de livres que lisaient les Canadiens.Il en ressortait qu'au Québec et dans les Maritimes, les gens lisent moins que dans le centre et l'ouest du Canada.Parmi les exemples donnés, le plus spectaculaire était l'écart entre Vancouver et Montréal.Six pour cent des gens de Vancouver interrogés par les sondeurs ont répondu n'avoir lu aucun livre au cours des six derniers mois.À Montréal, le pourcentage grimpe à 19 %.Dans la deuxième partie de ce sondage mené par Environics Research Groupe / Focus Canada pour l'Assocation des études canadiennes, les questions portent sur ce que les Canadiens lisent.Encore une fois, il y a une différence entre l'est et l'ouest du pays, mais surtout entre le Québec et le reste du Canada.Les sondeurs ont demandé aux gens dans quelle proportion ils lisaient des livres de fiction (romans, nouvelles, poésie.) et des livres dits de « non-fiction », terme utilisé aussi en français dans le sondage (livres pratiques, essais, histoire.).Les Québécois interrogés disent lire de la « non-fiction » dans une proportion de 57 %.Dans toutes les autres régions, les résultats se situent entre 43 % et 44 %.Selon Jack Jedwab, il semble que cette différence soit reliée à un facteur linguistique plutôt que régional.En effet, les lecteurs francophones dans l'ensemble du Canada, et non seulement au Québec, préfèrent des ouvrages de « non-fiction ».Voici comment se répartissent les résultats : 41 % d'anglophones contre 22 % de francophones ont lu au moins un livre de fiction au cours des six derniers mois ; 43 % d'anglophones par rapport à 59 % de francophones ont lu au moins un livre de « non-fiction ».Seize pour cent d'anglophones et de francophones ont lu aussi bien de la fiction que de la « non-fiction ».Hommes et femmes Par ailleurs, certains facteurs socioéconomiques ont, cette fois encore, une incidence sur les résulats.Ainsi, 40 % des femmes contre 31 % des hommes ont lu au moins un livre de fiction ; 52 % des hommes contre 42 % des femmes ont lu autre chose que de la fiction.Les réponses selon l'âge ne varient pas beaucoup, sauf chez les 60 ans et plus qui lisent de la fiction dans une proportion de 30 % (contre 37 % dans les autres groupes d'âges), et 51 % qui lisent autre chose que de la fiction (46 % dans les autres groupes).Les partisans des libéraux fédéraux sont plus nombreux à lire de la fiction (41 %) que ceux du Bloc québécois (21 %) ; les chiffres pour les amis du Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et l'Alliance sont, dans l'ordre : 39 %, 38 % et 35 %.Quant aux résultats selon les revenus, ils ne présentent pas d'écart considérable.Ceux qui gagnent moins de 20 000 $ par année sont 34 % à lire de la fiction, 52 %, autre chose ; entre 20 000 $ et 40 000 $, ils sont 32 % à lire de la fiction et 49 % de la « nonfiction » ; entre 30 000 $ et 40 000 $ : 36 % lisent de la fiction et 48 % préfèrent la « non-fiction » ; entre 40 000 $ et 60 000 $, 38 % choisissent la fiction, 48 % la « nonfiction » ; de 60 000 $ à 80 000 $ : 41 % donnent dans la fiction, 39 % la « non-fiction » ; enfin, 80 000 $ et plus : 38 % fiction, 47 % « non-fiction ».Les plus riches et les plus pauvres ici se ressemblent.Ce sondage a été mené auprès de 2002 Canadiens et Canadiennes de plus de 18 ans à la fin de décembre dernier et au début de janvier 2003.La marge d'erreur est de 2,2 %, 19 fois sur 20.Il a été commandé en vue du Forum national Lire le Canada \u2014 Le bien public et les plaisirs liés à la lecture, organisé par l'Association d'études canadiennes, qui aura lieu en novembre 2003.Devenez un requin de la finance.www.lapresseaffaires.com, la nouvelle référence en information économique.Bourse en direct, forums, portefeuille personnalisé et plusieurs outils indispensables. 7LP0401F0309 7LP0401F0309 ZALLCALL 67 18:58:15 03/08/03 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE BIOGRAPHIE Shéhérazade contemporaine SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale MARIE-JOSÉ THÉRIAULT me confia un jour à la radio de Radio-Canada qu'elle avait découvert Les Mille et une nuits à Tanger alors qu'elle voyageait avec son père, l'écrivain Yves Thériault.Âgée de 8 ans, elle avait sous les yeux cet Orient des contes qui allait la marquer pour la vie : les bruits de la ville arabe, les odeurs, les lumières, les silhouettes des femmes voilées en blanc et des hommes dans leur burnous(1).Jusqu'à ce jour, elle demeurait un des rares écrivains québécois à avoir écrit des histoires orientales dans la tradition des contes arabes(2).À son tour, France Renaud, scénariste et photographe, nous propose ses Contes de sable et de pierres, un premier livre qui réunit neuf récits inspirés des souvenirs d'un long séjour de l'auteure au Maroc et en Algérie.Dépaysement et plaisir garantis.Quand l'art du conte rencontre l'art de vivre et d'aimer.Récits de brigands Loin de l'Orient fictif peuplé de tapis volants et de lampes d'Aladin, France Renaud situe l'action de ses contes dans le Sahara « roussi par le soleil ».Des brigands \u2014 clin d'oeil à Ali Baba et les 40 voleurs \u2014 réunis dans une caverne autour du feu, forment une joyeuse assemblée.« Dans ces visages où la vie rude avait gravé ses traits, surgissaient des lueurs égrillardes.» Selon la coutume orientale du samar (conversation du soir), ils prennent la parole et racontent à leurs compagnons jusqu'à une heure avancée de la nuit des histoires liées à leur existence.L'important est que la magie et l'enchantement agissent, grâce à l'imagination, à l'habileté et à la force de conviction de chaque conteur.Dans l'espace de la nuit naissent ainsi des contes merveilleux et poétiques centrés sur des aventures amoureuses, des contes humoristiques et des contes de sagesse.L'art d'aimer « Un jour sans aimer, sans désirer, pour moi ce jour est un jour perdu.» Ce vers du poète persan Omar Khayyâm (XIe siècle)(3) donne le ton et la couleur dominante du recueil.Farouk, charmeur impénitent, raconte qu'enivré par « des essences de santal et de rose » qui flottaient dans un hammam (bain de vapeur) pour femmes, il a connu des voluptés telles qu'il a cru « goûter une portion d'éternité ».Dans le conte suivant, Abdel décrit comment les notes d'un oud (luth arabe) l'ont libéré d'un chagrin d'amour.Puis vient le tour du Bossu qui captive son auditoire en expliquant qu'il a vécu dans la plus grande solitude pendant 20 ans.Alors, gardien d'un champ d'artichauts, il acceptait cette fatalité.« Un certain ordre des choses est écrit, on ne peut pas le forcer.» Jusqu'au jour où il connut son premier désordre amoureux : « Je me mis à regretter le temps où j'étais seul, où je ne connaissais pas d'attentes.» Au plus profond de la nuit, Driss, un jeune adolescent, évoque le manuscrit écrit par sa mère dans lequel elle raconte de quelle manière, emprisonnée par les brigands, elle tomba amoureuse de Raschid, le guerrier taciturne.Chaque jour, quand il glissait sous la porte de son cachot le plat qui la nourrissait, seules leurs mains se rejoignaient : « Ses caresses résonnent jusque dans les profondeurs de mon corps, soulevant un désir inconnu, une sorte de tumulte intérieur qui m'aspire et me laisse en suspens, longtemps après son départ.je garde sa senteur sur mes paumes longtemps après qu'il m'a quittée.» Aux heures pâles de la nuit, Raschid le veilleur, dans un conte lucide et pénétrant, dit à qui il doit sa rédemption alors qu'il était depuis des années enfermé « dans une sorte d'inexistence qui l'étouffait ».Et comme au pays des contes, la gravité est toujours passag è r e , A b o u Daoud, le hardi brigand, explique comment, le jour où il a rencontré plus filou que lui, il a été sauvé par son approche souriante de la vie : « Lorsque tu veux connaître ce qu'un homme pense vraiment, fais-le rire, pousse encore, exagère.Il ne se méfiera pas.Il prendra de l'aise et voudra rivaliser d'humour avec toi.C'est alors que tu sauras ce qui le soutient et l'anime, ce qu'il poursuit secrètement.» Écrits dans une langue qui a conservé la spontanéité, la verve et la créativité de l'oral, relevés par une prose rythmée et poétique, les Contes de sable et de pierres de France Renaud, à la différence des contes de la Persane Shahrâzâd, ne réussiront pas à faire renoncer les va-t'en-guerre à leur dessein, mais ils charmeront certainement le lecteur en l'emportant « loin des remous du monde ».Une sorte de sauf-conduit pour traverser ces temps troublés.\u0001\u0001\u0001 CONTES DE SABLE ET DE PIERRES France Renaud Éditions Triptyque, 152 pages (1) Burnous : grande cape de laine avec capuchon.(2) L'Envoleur de chevaux et autres contes, Boréal, 1986.(3) Omar Khayyâm, Les Quatrains (Rubâ'iyât), éditions Seghers, 1982 Aimez-vous Bach?JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale ON CONNAÎT plus de 80 musiciens du nom de Bach, tous de la même famille.Plus de la moitié d'entre eux étaient organistes.C'était du côté d'Eisenach, une petite ville de Thuringe, au centre de l'Allemagne.Et lui, le petit Johann Sebastian, le plus précoce d'entre eux, est né le 21 mars 1685.Précoce, vous avez dit précoce ?À 12 ans, il décide de copier un volume de musique qui appartient à l'un de ses oncles et contient des oeuvres des plus grands compositeurs du temps (dont Pachelbel, qui l' inspirera).Six mois de travail, la nuit, au clair de lune, en cachette (c'est nous qui croyons rêver).À 14 ans, il entreprend des voyages vers Hambourg afin d'entendre les meilleurs organistes du temps : à pied, chaque dimanche.Voilà le genre de petites anecdotes que raconte ce livre dont la différence avec les habituelles biographies d'artistes est dans la sobriété, l'accessibilité et l'intérêt pour le lecteur.On est accroché dès les premières pages, on découvre un monde qui s'éclaire à la bougie, où l'on porte une épée au côté (Bach, mauvais caractère, la tirera lorsqu'il le faudra), un monde dans lequel l'effort se pratique continuellement et tout naturellement parce qu'il est soutenu par l'amour de la musique.Disons-le tout de suite : l'amour de la beauté, celui de l'art.Cet amour est si visible, si palpable, que l'on se prend à désirer avoir vécu là, en ce siècle-là, auprès de ces artistes-là.Regrets d'un vieux croulant ?Ce n'est pas certain.Lisez ce tout petit grand livre, ensuite vous me direz.Pourtant, l'époque était dure.Il faisait froid, il faisait faim, et souvent Jean Sébastien souffrait comme un damné.La fringale, surtout, qui ne le laissait pas en repos.On raconte qu'un jour qu'il n'avait plus un sou (un schilling), dans la cour d'une auberge, il entendit s'ouvrir une fenêtre d'où jaillit soudain un paquet de têtes de hareng.Il se précipite, l'affamé, prêt à s'en nourrir, et surprise : dans chacune des têtes, quelqu'un a caché une pièce d'or, un « ducat ».Bienfaiteur anonyme, on ne saura jamais qui, mais Bach se souviendra toute sa vie de ces têtes de hareng.Et le thème de la nourriture se trouvera dans plusieurs de ses cantates.Les dons de nourriture feront d'ailleurs partie de ses honoraires : une lettre de Bach au financier d'un duc est restée célèbre, le remerciant pour « une belle pièce de venaison rôtie ».Rarissime gueuleton pour un artiste qui se nourrissait surtout de légumes.On trouvera dans la dernière des Variations Goldberg une allusion légumière, par le biais d'un air populaire : « Chou et betteraves m'ont fait fuir ».Comme quoi Bach avait aussi de l'humour.La vie de Bach, orphelin à 10 ans, c'est une suite de postes, souvent très mal payés, au service des grands de l'époque.Organiste et compositeur de cour pendant 14 ans, à Armstadt, à Lübeck, à Weimar.Mais aussi violoniste.Et bientôt marié avec Maria Barbara, qui lui donnera sept enfants.Plus tard, sa seconde femme lui en donnera 13 de plus.Mais nous touchons là au mystère d'une vie privée qui reste peu connue, et de ces 20 enfants, surtout quatre seront célèbres par leurs oeuvres.Du dernier, Johann Christian, que Mozart considérait comme « le grand Bach », nous ignorons pourtant les grandes compositions.Ensuite, six autres années : compositeur de cour et professeur.Un prof au caractère impossible, moqueur, rude, terrible parfois.Puis, « cantor » et directeur de la Musique municipale de Leipzig, durant 27 ans, jusqu'à sa mort en 1750.Et l'on raconte qu'il était à ce moment-là moins connu que l'un de ses fils, Carl Philipp Emmanuel.Une vie, donc, dont d'énormes pans restent inconnus.La vie du plus grand compositeur que la planète ait porté, probablement (avec toutes les excuses aux autres qui seront sans doute d'accord).Une vie pour laquelle les biographies se sont succédées \u2014 leur poids de papier, dit-on, dépasse celui d'un orgue.Mais celle-ci est un petit bijou : courte, sympathique, agréable, dans cette collection Babel en format de poche à laquelle il faut prêter attention.\u0001\u0001\u0001\u0001 BACH, UNE VIE Davitt Moroney Babel / Actes Sud, Arles, 214 pages ESSAI À l'assaut des « maîtres du monde» À la base du plus récent essai de Jean Ziegler, Les Nouveaux Maîtres du monde, une question lancinante : comment se peut-il que des millions d'êtres humains continuent de vivre et de mourir dans la misère extrême sur une planète abondamment pourvue de richesses ?« La faim persistante et la sous-alimentation chronique sont faites de main d'homme.Elles sont dues à l'ordre meurtrier du monde.Quiconque meurt de faim est victime d'un assassinat », tranche en préambule l'auteur, qui est Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation.Au premier rang des accusés, les États- Unis, ici désignés comme « l'Empire », ainsi que les multinationales qui, au dire de Ziegler, imposent leur volonté aux quatre coins du monde par la force et l'usage d'institutions internationales asservies à leurs désirs comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).Au coeur des actions des « maîtres », le consensus de Washington, une série de principes qui viseraient à obtenir « le plus rapidement possible, la liquidation de toute instance régulatrice, étatique ou non, la libéralisation la plus totale et la plus rapide possible de tous les marchés et l'instauration à terme d'une « stateless global governance », d'un marché mondial unifié et totalement autorégulé.» Les tenants de cette approche, souligne l'auteur, affirment qu'elle est « naturelle » et garante de l'enrichissement de l'ensemble de la planète.Rien de tel ne se matérialise, déplore cependant Ziegler, en soulignant par exemple que le revenu par habitant a chuté dans plus de 80 pays depuis le début des années 1990.Les pratiques de libéralisation à outrance favorisent le développement du commerce mondial mais elles sapent en même temps la notion même de société et facilitent l'accumulation dans les mains d'acteurs privilégiés de fortunes colossales, accuse l'auteur.« En marge de l'humanité solidaire » Ces « prédateurs », dit-il, s'installent, de par leur conduite quotidienne, « en marge de l'humanité solidaire ».Ce sont des êtres « perdus » qui vivent et meurent « sans jamais avoir ouvert les yeux sur les hommes qui les entourent.» Les charges contre la Banque mondiale, le FMI ou encore l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et leur asservissement supposé aux diktats des multinationales et des pays riches sont monnaie courante dans les écrits des opposants à la mondialisation « sauvage ».Le livre de Ziegler a le mérite d'étoffer la critique en donnant une vision plus poussée du fonctionnement interne de ces institutions et de leurs acteurs ainsi qu'une kyrielle d'exemples de l'impact de leurs exigences sur les pays les plus mal en point de la planète.On y apprend par exemple que près d'une quarantaine d'États membres de l'OMC sont trop pauvres pour se payer l'entretien d'une mission diplomatique permanente à Genève, où ont lieu les négociations courantes.Les décisions « démocratiquement prises » qui les concernent leur seront souvent signalées a posteriori par fax, ironise Ziegler.Si l'essai frappe fort en matière de diagnostic, il se montre beaucoup plus timide du côté des solutions.Ni l'État, mis à mal par le pouvoir des multinationales et la volatilité des capitaux, ni l'Organisation des Nations unies, qui peine par ses multiples bras humanitaires à contrer l'impact de la Banque mondiale ou du FMI, ne peuvent dénouer l'impasse, juge Ziegler.Il mise plutôt sur l'émergence d'une nouvelle « société civile planétaire », cette nébuleuse de mouvements contestataires \u2014 syndicats, ONG, etc.\u2014 qui multiplient les initiatives locales tout en manifestant à grand bruit à chaque réunion des dirigeants des pays du G8.Les « combattants de l'espérance savent avec certitude ce qu'ils ne veulent pas, mais leur certitude s'arrête là », résume l'auteur, qui parle de ce courant avec un langage lyrique faisant contraste avec la terminologie belliqueuse, et un brin lassante, retenue dans les premières sections du livre.Qui aurait pu deviner ce qui suivrait la prise de la Bastille ?avance-t-il à l'attention de ceux qui veulent immédiatement savoir quelles sont les solutions de rechange envisagées à l'ordre mondial actuel.Malgré les raccourcis de la dernière section, l'essai de Ziegler constitue un puissant réquisitoire.Lequel des « maîtres » mis en cause prendra la peine de lui répondre ?\u0001\u0001\u0001\u0001 LES NOUVEAUX MAÎTRES DU MONDE (ET CEUX QUI LEUR RÉSISTENT) Jean Ziegler Fayard, 360 pages AVEZ-VOUS LU?Zak, le fantôme Texte : Alain M.Bergeron Illustrations : Martin Goneau Zak, le fantôme erre depuis trente ans dans la classe de Patricia.Pourquoi est-il condamné à rester dans cette école jusqu'à la fin des temps?Patricia ne le laissera pas tomber en tout cas.Zak, le fantôme un roman qui ne passera pas inaperçu! Coll.Chat de gouttière Pour les 9 à 11 ans 112 pages / 8,95 $ Soulières éditeur Le don de la Septième Texte : Henriette Major Henriette Major invite le jeune lecteur à revivre l'été de 1945, celui qui a connu la fin de la Seconde guerre mondiale.Les familles comptaient souvent 14 enfants avec tout ce que cela suppose de promiscuité, d'amitié et de conflits.Un passé pas si lointain.Coll.Graffiti Pour les 11 ans et plus 160 pages / 9,95 $ Soulières éditeur 7LP0501F0309 f5 dimanche 7LP0501F0309 ZALLCALL 67 17:47:07 03/08/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 9 MA R S 2 0 0 3 F 5 HISTOIRE Quand les militaires canadiens-francais faisaientpart ie de l'elite PIERRE VENNAT A L'EXCEPTION peut-etre du general Georges Vanier .et encore dans un role purement honorifique en tant que gouverneur general du Canada ., le chef militaire canadien-francais est historiquement absent de la scene politique du Quebec et meme du Canada.L'officier moderne francophone n'appartient plus tout a fait au tissu social quebecois des qu'il choisit de faire une carriere militaire.Et c'est encore plus vrai maintenant qu'Ottawa a ferme le College militaire de Saint-Jean et que les jeunes francophones desireux de faire carriere dans le metier des armes doivent s'exiler a Kingston pour y suivre leur cours d'officier d'active.Bref, pour faire une carriere fructueuse, l'officier canadien- francais, plus souvent qu'autrement, doit se detacher de son milieu et cela est percu comme l'etat normal des choses.Mais il n'en fut pas toujours ainsi, comme l'explique Roch Legault, professeur d'histoire militaire canadienne depuis deja 10 ans au College militaire royal du Canada, a Kingston, dans un petit ouvrage intitule Une elite en deroute.En effet, au temps de la Nouvelle-France, l'elite canadienne- francaise se confondait avec l'elite militaire.La gentilhommerie canadienne (terme qui n'incluait, a l'epoque, que les francophones) avait pris gout a la vie et a l'activite militaires sous le regime francais.Comme la France, d'ou rayonnait la plus puissante noblesse d'epee de toute l'Europe, voulait sa colonie a son image, il fut fait en sorte que les conditions du service avantagent ceux qui formaient la caste militaire .La situation strategique de la Nouvelle-France faisait d'ailleurs du choix du metier des armes une necessite.Apres la conquete, l'elite militaire canadienne francaise etait toute disposee a reprendre les armes apres 1760, d'autant quelle souffrait d'etre privee des privileges dont elle avait beneficie sous le regime francais.Craintif, le regime britannique ne voulut pas et l'elite militaire francophone n'a jamais repris le lustre perdu.Le professeur Legault dirige maintenant chez une nouvelle petite maison d'edition, Athena, une collection d'histoire militaire qui peu a peu s'enrichira de titres interessants.Deja, la meme maison avait lance, il y a quelque temps, un ouvrage d'un Alsacien vivant maintenant au Quebec et intitule Incorpore de force dans la Wehrmacht, preface par le chef de la Direction histoire et patrimoine au ministere de la Defense, a Ottawa, Serge Bernier.L'histoire militaire des Quebecois connait, depuis quelques mois, un essor considerable.Meme les anglophones s'en melent, avec la publication, en anglais, chez l'editeur montrealais Vehicule Press, d'un ouvrage de Patricia Burns, They Were So Young, qui decrit comment des dizaines de Montrealais, tant francophones qu'anglophones, tant veterans qu'orphelins ou veuves de guerre, ont vecu la Deuxieme Guerre mondiale.Ouvrage qu'un editeur aurait interet a traduire en francais.\u0001\u0001\u0001 UNE ELITE EN DEROUTE : LES MILITAIRES CANADIENS APRES LA CONQUETE Roch Legault Editions Athena, 202 pages \u0001\u00011.2 INCORPORE DE FORCE DANS LA WEHRMACHT Jean Lemble Editions Athena, 236 pages \u0001\u0001\u0001 THEY WERE SO YOUNG : MONTREALERS REMEMBERS WORLD WAR II Patricia Burns Venture Books, 267 pages Photo BERNARD BRAULT, Phototheque La Presse Le langage secret des femmes c'est avant tout la solidarite feminine.ESSAI Le code secretdes filles L I L I A N N E LACROIX LA COMMUNICATION que nous partageons consiste a suivre le rythme de l'autre, a repondre a ses pensees et a ses paroles jusqu'a ce que l'une de nous eclate de rire.C'est pourquoi le langage secret des filles est de la musique a mes oreilles.Une amie comprehensive vaut tous les therapeutes .et elle ne coute rien ! Dans Le Langage secret des filles, enfin traduit en francais apres sa sortie dans la version originale anglaise l'ete dernier, la journaliste torontoise Josey Vogels parle de ce code bien particulier qui fait que les femmes se comprennent a demi-mot, que le langage corporel constitue pour elles un livre ouvert, qu'elles peuvent passer du coq a l'ane sans jamais perdre le fil de leur propos et discuter sur un ton aussi badin de cette sublime petite robe entrevue la veille ou des contre-performances de leur dernier amant.Mais ce dont Mme Vogels parle d'abord et avant tout, c'est de solidarite feminine, de ces liens bien particuliers qui nous cimentent les unes aux autres et qui lui fait dire sans hesiter que ses meilleures amies compteront toujours plus pour elle que n'importe quel homme.Nous avons beau vouloir partager la vie d'un homme, declare-t-elle, celui- ci ne nous comprendra jamais aussi bien que nos amies.Conscients que ce langage leur echappe, les hommes ont longtemps tente de faire taire les femmes, banalisant leurs echanges, les traitant de commeres et allant meme jusqu'a les taxer de sorcellerie : On a beau critiquer depuis des siec l e s l e s conversations feminines, cette attitude negative ne nous a jamais fait taire ni incitees a parler moins, declare-telle.Parler est beaucoup trop important pour nous.Du reste, nous y excellons.Les vains efforts qu'ont deployes les hommes pendant des siecles pour nous faire taire n'ont reussi qu'a cimenter les liens qui nous unissaient et a renforcer le langage secret des filles.La derniere fois que vous avez invite les gars pour un bon vieux brin de causette, c'etait quand ?Jamais.demande l'auteure d'entree de jeu en fournissant aussitot la reponse.A la fois recension des diverses etudes sur lesquelles l'auteure prend appui et ensemble de reflexions et de theses plus personnelles sur le sujet, Le Langage secret des filles joue sur ces deux tableaux.Si le ton est leger et fluide, la traduction pose certains problemes et le propos semble avoir perdu un peu de son humour percutant en francais.Ainsi, des 26 expressions relevees pour designer discretement les menstruations, a peine trois ou quatre avaient quelque resonnance pour moi ou les autres femmes m'entourant.Quant aux balancelles a lapin signifiant les serviettes hygieniques, on aurait sans doute plus de chance de cliquer dans un autre coin de la francophonie qu'au Quebec.Etrangement, ce probleme semble s'attenuer au fil des pages.A la toute fin du livre, d'ailleurs, le glossaire, un petit bijou en soi, offre des exemples absolument tordants des messages enonces par les femmes et de leur reelle signification.On vous en donne un petit echantillon.Ainsi, si une femme dit : C'est a toi de decider , comprenez plutot : Tu peux bien decider ce que tu veux, mais tu devrais savoir ce que j'en pense a l'heure qu'il est et, si tu ne le sais pas encore, nos problemes sont bien plus graves que je ne le croyais et j'ai la ferme intention de faire en sorte que tu t'en rendes compte.Ou bien le simple Dors-tu ?qui contient un message non equivoque : Reveille-toi.Il faut qu'on se parle.A lui seul, le Je n'ai rien qui donne lieu a huit interpretations possibles detaillees par l'auteure est une veritable piece d'anthologie.Messieurs, si vous voulez comprendre un tant soit peu ces etres bizarres que sont les femmes, jetezvous immediatement sur le glossaire.Ou bien vous allez tout comprendre, enfin presque tout, ou bien vous pourrez vous conforter dans l'idee que, decidement, les femmes n'auront jamais aucune logique et constituent, a coup sur, des cas desesperes.\u0001\u0001\u00011.2 LE LANGAGE SECRET DES FILLES Josey Vogels Editions de l'Homme, traduction de l'anglais, 2003, 223 pages 3107540A Un livre a lire absolument pour comprendre les enjeux des prochaines elections ! 22,95 $ www.hurtubisehmh.com 3123399A BEAUX LIVRES Splendeurs de l'artkhmer JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration speciale ENTRE LE IXe et le XIIIe siecles, la civilisation khmere donna naissance a un art somptueux.Deux influences, celle du bouddhisme et celle de l'hindouisme qui etait la religion officielle de la Cour.Aujourd'hui, le Laos, la Thailande, le Cambodge sont en partie couverts de monuments fascinants derriere lesquels se profile tout un symbolisme cosmique, par l'emplacement et l'orientation de ces constructions qui devaient en quelque sorte garantir la fertilite de la terre et la prosperite du royaume khmer.Ces batiments etaient en general construits au centre de bassins parfois vastes, relies par des canaux et alimentes par un systeme hydraulique complexe.L'unite du pays se fit par ce tissu aquatique, dont le centre etait situe dans la plaine d'Angkor qui devint rapidement le grenier a riz de toute l'Indochine.Mais ces temples sont aussi, et surtout, des merveilles d'architecture.Une alliance entre les exigences symboliques, religieuses, et les necessites pratiques, ils furent construits par des souverains belliqueux, fiers de leur monarchie absolue, du culte des ancetres et des genies du terroir.Influences complexes, donc, qui ont donne ces architectures-sculptures, pleines, sans vides, decorees de signes qui sont une ecriture.C'est grace a elle que nous savons quelque chose de l'histoire khmere et de ses dynasties de souverains, de leurs idees, de leurs actions religieuses.Il y a dans cet album l'essentiel de nos connaissances des empires khmers, dans des textes remarquables.Il y a aussi, en parallele, des illustrations somptueuses.Il faut egalement signaler un excellent petit album consacre aux temples d'Angkor, avec des photographies couvertes de moines et de moinillons, et un texte qui nous resume l'histoire de ces temples.Ce livre s'intitule Sanctuaire, les temples d'Angkor, par le photographe Steve Mc Curry, avec une introduction de John Guy.Il est de format 19x28 cm, 120 pages, edite par Phaidon, Paris.\u0001\u0001\u0001 ANGKOR, SPLENDEURS DE L'ART KHMER Marilia Albanese Edition francaise : Grund Paris 7LP0601F0309 F-6 dimanche 7LP0601F0309 ZALLCALL 67 23:23:48 03/08/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 9 MARS 2003 EN BREF La fausse malédiction de la momie LES AMATEURS de noires légendes seront amèrement déçus de l'apprendre : le sort funeste qui pèserait sur les découvreurs de la momie de Toutankhamon est une histoire qui ne repose sur absolument rien.Selon cette légende, tous ceux qui étaient présents à l'ouverture du tombeau de ce pharaon égyptien, en février 1923, auraient connu une fin tragique, à commencer par le commanditaire de l'expédition lui-même, Lord Carnavon, décédé quelques mois plus tard d'une maladie exotique transmise par une piqûre de moustique.Or, 25 Occidentaux étaient présents lorsque les scellés de cette tombe furent brisés pour la première fois depuis près de 3000 ans \u2014 et une recherche récente révèle que leur espérance de vie ne fut pas inférieure à la moyenne des gens de leur époque.Mark Nelson, de l'Université Monash (Australie), écrit dans le British Medical Journal avoir en effet retracé le parcours de ces gens, ainsi que d'une douzaine de personnes qui faisaient également partie de l'expédition, mais n'étaient pas dans la tombe au moment de son ouverture.En moyenne, les 25 Occidentaux sont morts à l'âge de 70 ans, contre 75 ans pour les autres : si la momie leur a vraiment jeté un sort, celui- ci a mis pas mal de temps à se manifester.Three Mile Island sans effet sur le cancer CEUX qui résidaient dans le voisinage de la centrale nucléaire de Three Mile Island au moment de la fuite de gaz radioactifs de 1979, ne meurent pas plus du cancer que la population en général.Des chercheurs de l'École de santé publique de l'Université de Pittsburgh ont combiné les informations provenant d'interviews faites dans les semaines qui ont suivi l'accident auprès de 32 135 personnes (qui vivaient dans un rayon de 8 km autour de la centrale), avec les registres des décès de cette région jusqu'en 1998.On affirme que ce délai de près de 20 ans est suffisant pour l'apparition de la majorité des cancers, principalement ceux causés par des radiations.Il y aurait bel et bien un lien entre l'exposition dans les 10 jours suivant la fuite et une légère augmentation du risque de souffrir d'un cancer lymphatique ou hématopoïétique chez les hommes.Chez les femmes, les auteurs notent une légère augmentation du risque de mourir de ces mêmes cancers, mais cette fois le risque est associé à l'exposition normale autour de cette centrale et non à la fuite elle-même.Des microbes artificiels PLUSIEURS biologistes s'enthousiasment depuis près d'un an pour la création, que l'on dit imminente, des premiers microbes artificiels : plusieurs laboratoires travaillent en effet sur de telles bestioles, qui seraient spécialement créées pour, par exemple, nettoyer des dépôts de déchets toxiques ou des nappes de pétrole.Mais d'autres biologistes se demandent si, au-delà de l'exploit scientifique que cela représenterait, il ne s'agirait pas d'un gaspillage d'efforts.Il serait probablement moins coûteux « d'ajuster » des bactéries qui existent déjà dans la nature, conteste par exemple Brune Logan, de l'Université d'État de Pennsylvanie, dont l'équipe travaille justement à modifier génétiquement une bactérie productrice d'hydrogène.L'Américain Craig Venter, celui qui fut derrière le premier décodage commercial du génome humain, et qui n'en est pas à son premier coup de marketing, est l'un des plus bruyants promoteurs de cette ère du « microbe artificiel ».Créations humaines DANS la plus grande discrétion, l'humanité a créé cet automne, pour la première fois, une nouvelle espèce.Mais si cela est demeuré discret, c'est bien parce que le public risque de n'y voir rien de bien spectaculaire.Ici, on ne parle pas d'une bestiole artificielle, mais d'une nouvelle espèce de levure, engendrée à partir de l'union de deux espèces.La partie la plus remarquable de cette percée, résume le New Scientist, c'est combien elle a été facile.Il a simplement fallu deux semaines à une équipe américano- britannique pour créer, en laboratoire, 80 nouvelles espèces de levure, ce microbe bien connu pour sa capacité à convertir le sucre en alcool.En temps normal, l'union de deux espèces différentes, même cousines, engendre des rejetons stériles, mais il y a un truc, qui s'applique à une levure sur 100 : une des cellules commence par se cloner elle-même, et l'un des rejetons change de genre, ce qui lui permet de se reproduire.En fait, note le New Scientist, le phénomène se produit sûrement déjà dans la nature, mais chose certaine, les espèces créées par cette équipe-ci n'ont jamais été recensées en-dehors des laboratoires.À surveiller en 2003 QUELLES couches de glaces seront les premières à fondre, et quel lien pourrait-il y avoir entre les cycles solaires et les changements climatiques ?Ce sont là deux des champs de recherche que voit la revue Science dans sa boule de cristal, pour l'année 2003.Une fois n'est pas coutume, les rédacteurs de cette revue qui, outre les recherches hautement pointues de chercheurs réputés, s'amusent à jouer aux astrologues : ils ont profité de leur traditionnel bilan de l'année pour consacrer quelques paragraphes à ce qu'ils prévoient être les champs de recherche à surveiller au cours des 12 mois à venir.Et on ne s'étonne pas d'y trouver, en tête de liste, le climat.Mais il n'y a pas que lui.Pendant que les glaciologues tenteront de déterminer quels glaciers et quelles calottes polaires fondront le plus vite \u2014 des renseignements qui pourraient s'avérer vitaux pour une foule de communautés, sans parler des écosystèmes côtiers \u2014 la génomique sera indubitablement au centre de beaucoup d'attention : scientifique et politique.« Avec en main les séquences de gènes de la plupart des grands groupes de microbes, et encore davantage d'ADN d'organismes complexes », écrit Science, les chercheurs s'attendent à pouvoir donner davantage de sens aux nombreuses interrelations entre les espèces, au fur et à mesure que se déroule le tapis de l'évolution.Pourquoi cette espèce-ci s'est-elle dissociée de celle-là, et de cette façon plutôt que d'une autre, à quel moment telle autre a-t-elle développé telle caractéristique et pourquoi.Et toutes ces questions finiront inévitablement par aboutir, bien sûr, à ce qui a fait de nous, il y a quelques millions d'années, des singes un peu différents des autres.\u2014 Agence Science-Presse Photo Archives La Presse Un partisan de l'équipe russe de hockey sur glace pleure la défaite de son pays devant les Américains, lors des derniers Jeux d'hiver.Des chercheurs européens soutiennent qu'une émotion trop intense, notamment provoquée par des événements sportifs, peut entraîner un infarctus du myocarde.Le stress du supporteur peut être fatal En 1998, le jour du huitième de finale de soccer opposant l'Angleterre à l'Argentine, le nombre de crises cardiaques a augmenté de 25% outre- Manche.Une émotion trop intense lors d'un match sportif peut provoquer un infarctus du myocarde.CYRILLE LOUIS Le Figaro Le 30 juin 1998, David Batty faisait pleurer l'Angleterre en manquant, au terme d'un quart de finale héroïque contre l'Argentine, le tir au but de la dernière chance.Douloureux souvenir que le joueur, n'en doutons pas, se serait bien passé d'entendre ressasser par la presse plus de quatre ans après les faits.Le British Medical Journal vient en effet de révéler que les hôpitaux britanniques ont, ce soir-là, enregistré un nombre anormalement élevé d'infarctus du myocarde.Un constat qui semble pour la première fois apporter la preuve formelle d'un lien \u2014 longtemps soupçonné mais jamais établi \u2014 entre émotion violente et incident cardio-vasculaire.S'ils ont bien démontré la responsabilité du stress chronique dans la dégradation générale de la santé artérielle des sujets à risque, les médecins peinent depuis longtemps à identifier les facteurs susceptibles de déclencher un infarctus.« Nous savons d'expérience que de nombreux accidents surviennent juste après un effort violent ou à la suite d'une expérience traumatisante, mais on manque encore de données pour relier formellement les deux événements », explique le professeur Alain Deloche, chirurgien cardiaque à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP).Ces vingt dernières années, plusieurs indices ont alimenté la réflexion scientifique sur ce thème.Des chercheurs ont ainsi relevé un nombre anormalement élevé d'infarctus dans les heures qui ont suivi plusieurs catastrophes naturelles : tremblements de terre à Athènes en 1981, en Californie en 1994 (le nombre de crises cardiaques avait alors augmenté de 35 %), ou encore au Japon.Lorsqu'en janvier 1991 l'Irak a lancé des missiles Scud sur Israël, les hôpitaux de Tel-Aviv ont traité deux fois plus de crises cardiaques qu'en temps normal.« Mais ces travaux, si intéressants soient-ils, n'ont pas suffi à apporter une preuve définitive, explique le professeur Nicolas Danchin, cardiologue à l'HEGP.Les observations faites au cours de telles crises sont en effet très délicates à interpréter.» Or, le soccer semble bien avoir récemment apporté à la recherche le terrain d'expérience qui, jusqu'à présent, lui faisait défaut.D'abord en juin 2002 lorsque la planète a appris, ébahie, que deux supporteurs coréens avaient été terrassés par une crise cardiaque au cours du match qui opposait leur équipe à l'Italie.Puis, de façon plus tangible encore, quand Douglas Carroll, professeur de physiologie à l'Université de Birmingham, a mis la dernière touche à une étude portant sur les registres hospitaliers britanniques du mois de juin 1998.« Le risque d'admission pour un infarctus aigu du myocarde a brusquement augmenté de 25 % le jour du match Angleterre- Argentine, et ce pour 48 heures, décrit le chercheur.Ce qui, dans la mesure où l'abus d'alcool ne peut être seul mis en cause, semble devoir être attribué à la brusque bouffée de stress suscitée par l'épreuve des tirs au but.» La survenue d'une émotion violente a en effet la particularité de provoquer une brusque hausse du taux de catécholamines dans le corps.Ce groupe d'hormones, qui comprend notamment l'adrénaline, déclenche à la fois une contraction des vaisseaux sanguins et la génération de nombreuses plaquettes favorisant la coagulation.Double phénomène susceptible de provoquer une obturation des artères et, dans le pire des cas, une crise cardiaque.« Si cette étude confirme la responsabilité du stress dans certains infarctus, elle ne saurait faire oublier l'importance d'un terrain prédisposant à ce type d'accident, note pour sa part le professeur Daniel Thomas de l'hôpital La Pitié-Salpêtrière.Je ne pense pas qu'une émotion, si grosse soit-elle, puisse foudroyer un sujet qui n'a ni cholestérol, ni hypertension, ni aucun autre facteur de risque.» Alain Deloche, lui, n'exclut pas totalement cette hypothèse : « Certaines études américaines menées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ont relevé des cas de crises cardiaques dans les camps de concentration nazis.Les conditions de vie ne prédisposaient guère au développement de cholestérol ou aux excès alimentaires.Aussi me paraîtrait-il intéressant de creuser plus avant la question.» Pour Douglas Carroll, en tout cas, la cause est entendue : « Nos travaux confirment que des événements extérieurs graves, comme une catastrophe naturelle ou une forte déception culturelle, sont capables de provoquer un infarctus du myocarde.Dès lors, nous devrions envisager des stratégies pour contrer les effets de ce type de crise.» Et le chercheur de suggérer, sans sourire, une suppression pure et simple des épreuves de tirs au but au terme des matchs à élimination directe.Proposition qui, compte tenu des progrès qu'il reste à accomplir en matière de prévention plus traditionnelle \u2014 limitation du tabagisme, dépistage des facteurs de risque.\u2014, devrait laisser les autorités sanitaires pour le moins songeuses.Un enfant rejeté à l'école l'est pour longtemps ISABELLE VAILLANCOURT Agence Science-Presse VOTRE enfant fait partie des moins populaires de l'école, ceux avec qui on ne veut pas jouer?Il est probable que cette situation durera pendant plusieurs années.Changer l'enfant d'école ou de classe n'y changera rien.C'est ce que montrent les recherches de Mara Brendgen, psychologue à l'UQAM et membre du GRIP, un groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale.Dans un groupe témoin de 300 enfants, 90% de ceux qui faisaient partie du groupe « impopulaire» le sont restés pendant au moins quatre ans du cours primaire.De ces 50 enfants impopulaires, un seul, et pour un an seulement, a réussi à passer au groupe « populaire».Enfin, même si 35 enfants « impopulaires» ont réussi à se glisser dans le groupe « moyen», ce ne fut que pour de brèves périodes d'un à trois ans.Qui plus est, il semble qu'on puisse prédire dès la petite enfance (2-3 ans) si notre enfant sera rejeté.Selon la chercheuse, qui étudie présentement 647 paires de jumeaux et de jumelles du Montréal métropolitain, un rejet continu peut provenir du comportement de l'enfant.« Les enfants les plus à risque d'être marginalisés, donc de se retrouver dans le groupe impopulaire», sont ceux qui combinent agressivité et timidité», explique Mme Brendgen.« La violence enfantine, qu'elle soit physique ou psychologique, doit donc être désamorcée très tôt.Évitez à tout prix d'encourager les crises de colère d'un enfant en lui cédant quand il en fait une.Un enfant apprend très tôt les stratégies agressives pour obtenir ce qu'il désire, et utilisera cette même stratégie par la suite.» Les parents doivent aussi superviser les contacts sociaux de leur enfant.« Il faut absolument séparer votre enfant de ses amis agressifs, s'il en a.Les amis sont un des facteurs de renforcement les plus importants, dès l'âge préscolaire.Si votre enfant est timide, trouvez-lui un ami, et si possible un enfant qui fait preuve de leadership et pourra l'aider à s'intégrer.» Un groupe d'experts canadiens en développement de la petite enfance conseille de consulter si un enfant de 3 ans n'a toujours pas appris à maîtriser son agressivité ou s'il ne semble pas se soucier des sentiments des autres.Il est effectivement bien connu qu'anxiété sociale, dépression, problèmes scolaires et éventuellement délinquance guettent les enfants exclus.Photo ARMAND TROTTIER, Archives La Presse Anxiété sociale, dépression, problèmes scolaires et éventuellement délinquance guettent les enfants exclus. 7LP0701F0309 F-7 dimanche 7LP0701F0309 ZALLCALL 67 19:52:17 03/08/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 9 MA R S 2 0 0 3 F 7 LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC09MSM - 47 - Kevin riait aux éclats quand Denise rentra à la maison.Elle prit tout son temps pour ranger ses courses; elle avait engagé Émilie Sansfaçon pour l'avant-midi.Elle aimait bien Émilie, la fille des voisins.L'adolescente n'était pas très futée et même lente d'esprit, mais elle rangeait toujours la chambre de Kevin avant de partir.Et Mme Sansfaçon ne manquait pas de remercier Denise de confier des responsabilités à sa fille, chaque fois qu'elle la croisait au supermarché.- Votre confiance touche Émilie, elle se sent utile.- Elle est très bien élevée, répondait invariablement Denise Poissant.- Ce n'est pas comme les jeunes qui habitent dans l'immeuble en face de chez vous.L'hiver, ça peut toujours aller, mais l'été, avec les fenêtres ouvertes, on entend leur musique à n'importe quelle heure.J'ai déjà prévenu la police, vous savez.Oui, Denise Poissant savait.Elle était en train d'habiller Kevin dans la maison pour l'emmener à l'hôpital quand une voiture de police avait surgi au bout de la rue.Un patrouilleur lui avait demandé si c'était elle qui avait déposé une plainte.Elle avait soulevé Kevin dans ses bras d'un air harassé: elle avait des préoccupations plus graves qu'un niveau de décibels trop élevé.Le patrouilleur lui avait offert de l'accompagner au CHUL, mais elle avait décliné son offre.L'idée d'arriver avec une telle escorte à l'hôpital ne lui aurait pas déplu si elle n'avait craint que des voisins le mentionnent à Bernard et qu'il complique tout en lui reprochant de ne pas l'avoir appelé.Elle secoua le flacon contenant les comprimés d'Ativan; elle avait ce qu'il fallait pour dormir.Et endormir.Chapitre 7 - Alors?demanda Trottier à Graham.Tu as profité de ton séjour à Montréal?Tu as l'air reposée.Salut, Berthier! Maud Graham se renseigna sur l'état de santé de son collègue.- Tu vas mieux?- Je l'espère! Elle lui sourit avant de gagner son bureau où s'amoncelaient les messages reçus en son absence.- Et Luc Lapierre, Trottier, on a du neuf?- Non.C'est sacrant d'imaginer qu'il se promène en liberté quand on sait qu'il est un maillon important dans des trafics.- Pas de preuves, pas de condamnation.Graham grimaça en buvant son café froid, se jura pour la centième fois de s'acheter un thermos et de le remplir chaque matin de thé vert au lieu de s'imposer le jus de chaussette de la distributrice.- Le café est encore pire qu'avant, fit Berthier.Sa seule qualité, c'est d'être chaud.- Et encore.- Vous vous intéressez toujours à Lapierre?Il s'est calmé après son arrestation.Il a vraiment eu peur de rester en dedans.Si l'arme n'avait pas disparu.- Qu'est-ce qui s'est passé?J'étais en vacances au début du procès.À S U I V R E la courte échelle Les éditions de la courte échelle inc.5243, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec) H2T 1S4 © 2000 Les éditions de lacourte échelle inc.ROM09MS Berthier fit une moue d'impuissance; le saurait-on un jour?L'arme qui incriminait Lapierre s'était volatilisée.On avait enquêté sans éclaircir le mystère.Il penchait pour une complicité.De l'intérieur.- De l'intérieur?Vous devez avoir interrogé tout le monde.- Évidemment, une arme ne se volatilise pas si facilement! Il y a eu plein de changements au poste pendant cette période-là.Mais ni moi ni Moreau ne pourrions accuser un tel ou un tel.Lapierre s'en est sorti en riant.Cela dit, il se tient tranquille maintenant.- Tranquille où?- Il n'est plus dans la Beauce?- On essaie de le joindre depuis une semaine, sans succès.Il est mêlé à l'affaire Desrosiers.À Saint- Roch.- Ah oui?Ta source, Graham.Quel est le lien avec Lapierre?- Les types qui ont tiré sur Desrosiers ont dit qu'il avait vendu Lapierre.C'est faux, Desrosiers ne m'a jamais parlé de Lapierre.Je veux donc la version de ce monsieur.C'est le principal intéressé, non?S'il nous cachait un détail important?- Comme quoi?- Il sait quelque chose sans savoir qu'il le sait.- Et c'est ça qui stresserait Lapierre?hasarda Berthier. 7LP0801F0309 f08 dimanche 09 mars 7LP0801F0309 ZALLCALL 67 22:08:23 03/08/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 9 MARS 2003 Histoires de bec À TIRE D'AILE « Le bec de votre perroquet dépasse presque sa taille normale.Il ne faudrait pas qu'il soit trop long.Sinon, une taille sera nécessaire.En dépit des soins attentifs et des tonnes d'amour que je donne à Gri-Gri, voilà que mon perroquet gris a le bec trop long, a dit la vétérinaire.Enfin, pas tout à fait, mais presque.Théoriquement, la partie supérieure ne devrait guère dépasser la mandibule inférieure.En plus de sa mauvaise habitude de se déplumer au cours de l'hiver, il faudra surveiller de plus près son appendice crochu.Photopériode ?Alimentation inadéquate ?Foie trop gorgé ?Parasites externes ?Hérédité ?Maladies ?Les causes de l'allongement excessif du bec chez les oiseaux domestiques peuvent être nombreuses.Le phénomène existe aussi chez les oiseaux sauvages et s'ils ne peuvent s'adapter à leur infirmité, la mort est inévitable.C'est que l'extrémité du bec s'use constamment, mais plus ou moins rapidement selon le mode d'alimentation.Cette usure sera plus grande chez les espèces qui mangent des graines par terre, en frappant le sol, comme les gallinacés (poules, gélinottes, faisans), ou encore chez d'autres oiseaux, comme les perroquets, qui doivent décortiquer des matières dures.En milieu naturel, des difformités du bec sont très rares car l'oiseau n'y survit pas longtemps.Elles sont habituellement le résultat d'accident, une des extrémités des mandibules s'étant brisée, si bien que l'usure du bec n'est plus uniforme.Même si la victime réussit tant bien que mal à manger et à boire, elle éprouvera des difficultés à se lisser les plumes, un exercice essentiel pour assurer la propreté, l'étanchéité et la capacité isolante du plumage.De plus, elle ne pourra plus éliminer les parasites de la peau.Ainsi handicapé, l'oiseau ne peut survivre bien longtemps.Un problème de foie L'allongement excessif d'une des mandibules du bec est beaucoup plus répandu chez les oiseaux domestiques, notamment pour des raisons génétiques, la déformation pouvant se transmettre de génération en génération sans pour autant compromettre la vie de l'animal.« Chez les oiseaux de compagnie, une alimentation adéquate devrait permettre une usure normale du bec, explique Michèle Pilote, propriétaire de l'Hôpital vétérinaire pour oiseaux et animaux exotiques Rive- Sud, à Saint-Hubert.Si la taille du bec est indolore pour l'animal, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une intervention qui doit être faite par un vétérinaire, car les risques de saignements sont grands.Et puis cette malformation n'est que le symptôme d'un autre problème qu'il faut diagnostiquer et traiter.Je me souviens, dit-elle, d'une perruche qui avait la mandibule supérieure si longue que son extrémité touchait et blessait le cou de l'oiseau.» Une des causes fréquentes de l'allongement anormal du bec est un foie engorgé, conséquence d'une nourriture trop grasse composée uniquement de graines de tournesol, par exemple.Dans ce cas, il faut modifier l'alimentation.Sans qu'on sache vraiment pourquoi, la corne du bec est alors affectée de petites hémorragies qui forment des taches noires bien visibles.Jadis fréquentes chez les perruches, les malformations congénitales ont été par ailleurs progressivement éliminées chez cette espèce et plusieurs autres lignées d'oiseaux de cage.Mais elles persistent chez certains descendants de grands perroquets qui ont alors les mandibules asymétriques.Les carences en calcium provoquent pour leur part une excroissance et un ramollissement du bec, un phénomène qui affecte surtout les tourterelles et les pigeons.Les sinusites sont aussi la cause de plusieurs cas de croissance excessive des mandibules, notamment chez les canaris et les calopsittes élégantes (cockatiels).Les mites causent de nombreux ennuis notamment chez la perruche, l'oiseau de cage le plus populaire.« Le bec devient affecté par les gales.Il devient long, difforme et sa texture s'apparente à celle de la tige éponge.Chaque semaine, j'en vois au moins un cas.Nous taillons le bec, mais il faut toujours trouver la cause du mal pour obtenir une guérison définitive », fait valoir Mme Pilote, qui a signé plusieurs volumes sur les oiseaux de compagnie.Propriétaire de la Clinique vétérinaire de Lachine, Jean Gauvin, un autre spécialiste des oiseaux, estime pour sa part qu'une luminosité déficiente, comme c'est souvent le cas au Québec durant nos longs hivers, peut aussi provoquer une croissance excessive du bec.Il connaît un perroquet gris âgé de 25 ans qui vit cette difficulté.M.Gauvin signale par ailleurs avoir utilisé des bouts de bois en pin perforés où était inséré du beurre d'arachides pour mettre un terme à la croissance excessive du bec d'un cacatoès.« J'ai réussi à amener l'oiseau à gruger ces morceaux de bois.En trois semaines, le bec était revenu à sa taille normale », raconte-t-il.(Je tente actuellement l'expérience avec Gri-Gri, mais il préfère le beurre d'arachides sur son petit morceau de pain grillé, au déjeuner !) Les deux experts indiquent aussi que l'utilité des perchoirs en grès est sujette à caution en matière d'usure du bec.Par contre, ils sont utiles pour éviter une trop grande croissance des griffes, à la condition toutefois que le volatile ne s'y perche pas trop souvent, ce qui peut provoquer alors une irritation des pattes.Pas toujours simple de vivre avec des amis emplumés ! Photos PIERRE McCANN, La Presse, et FRANÇOIS GAUTHIER, collaboration spéciale Mon perroquet Gri-Gri (photo du haut) a-t-il le bec top long?Théoriquement, la mandibule supérieure doit dépasser quelque peu la mandibule inférieure.Le bec est un organe aux usages multiples.Outil de travail chez la plupart des oiseaux, c'est aussi une arme de défense et d'agression pour de nombreuses espèces.Chez le fou de Bassan (photo de droite), mâle et femelle se frappent délicatement dans le cadre d'un rituel qui raffermit les liens du couple.La photo des fous de Bassan a été soumise au concours Le Biodôme-La Presse.LE CARNET Unoutil à tout faire D'OBSERVATION LE BEC EST UN ORGANE aux multiples usages.Bien sûr, il sert d'abord à manger.Chez les canards barboteurs, les flamants et une foule d'oiseaux de rivage, il agit comme un filtre permettant de retenir les minuscules proies aquatiques.Pour l'huîtrier, il sert de couteau qui ouvre les mollusques alors que la bécasse s'en sert pour ausculter le sol à la recherche de vers de terre.Le bec sert aussi d'instrument de travail pour construire le nid et devient chez le pic un ciseau à bois pour creuser des cavités.Le perroquet s'en sert pour grimper.Chez un bon nombre d'espèces, le bec devient une arme défensive ou encore instrument d'intimidation envers un congénère.Il s'agit aussi d'un organe essentiel pour les travaux d'hygiène quotidiens, car il lisse les plumes et les nettoie, en plus d'éliminer les parasites.La mandibule inférieure du bec est la seule mobile, la partie supérieure étant fixée au crâne.En dépit de leur apparence, les mandibules sont dotées d'un système vasculaire important, mais sont recouvertes de kératine chez un grand nombre d'espèces, une substance protéique très dure apparenté à la corne, aussi présente dans les griffes et les plumes.La plupart des oiseaux possèdent des mandibules d'égale longueur, exception faite des perroquets et des rapaces, chez qui la partie supérieure est plus longue.Les narines sont situées habituellement dans la partie cornée du bec.Mais chez les colombidés, les perroquets, les rapaces et la majorité des pluviers, elles sont à la base de la mandibule supérieure, dans une zone plus molle, appelé cire, et qui a la forme d'une protubérance chez les pigeons.Chez le perroquet, cette partie elle est recouverte de minuscules plumes.Une fois de plus, il y a exception à la règle : les narines du nocturne kiwi de la Nouvelle-Zélande se trouvent à l'extrémité de son long bec.Contrairement à la plupart des membres du monde ailé, les trois espèces de kiwis sont dotées d'un excellent odorat qui leur permet de localiser leurs proies la nuit, notamment des vers de terre, des limaces et divers insectes.Effervescence chez le moineau GRANDE effervescence chez le moineau depuis un petit moment.Avec le printemps qui s'en vient, notre pierrot, comme l'appellent parfois les Français, commence à charmer les femelles de son entourage.C'est aussi la période où il commence à repérer les lieux de nidification potentiels, notamment les nichoirs.C'est donc le moment où jamais d'interdire l'accès à vos cabanes, quitte à ouvrir les portes à l'arrivée des hirondelles bicolores.Certains moineaux auront alors commencé à nicher, ce qui théoriquement laissera un plus grand nombre de logements vacants pour la petite migratrice.Vient de paraître.L'AUTEUR et ornithologue amateur Jean-Pierre Pratte a publié récemment le deuxième tome de son Petit répertoire ornithologique du Québec, un volume en deux parties dont la première est consacrée aux circuits d'hiver qui offrent un certain nombre de mangeoires, permettant presque à coup sûr d'y rencontrer de la visite.L'idée est d'autant plus intéressante que les espèces présentes aux postes d'alimentation varient sensiblement d'une région à l'autre du Québec.La seconde partie du bouquin est encore plus originale, car elle présente, carte à l'appui, les endroits où les amateurs sont susceptibles de découvrir le harfang des neiges, notre emblème aviaire.Les dernières pages présentent plus de 200 adresses de sites Internet mises à jour.Petit répertoire ornithologie du Québec, Tome 2, Sites et trajets d'hiver, par Jean- Pierre Pratte; éd.Broquet; Saint- Constant, 2002; 128 pages; 14,95 $.Photo PIERRE Mc CANN, La Presse L'extrémité du bec de l'oiseau croît sans cesse, mais il se regénère constamment.L'importance de l'usure varie selon l'usage, comme chez ce grand pic en plein travail.3123638A "]
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