La presse, 20 avril 2003, F. Lectures
[" 7LP0101F0420 F-1 dimanche 7LP0101F0420 ZALLCALL 67 17:23:29 04/19/03 B Du lundi au vendredi à 11h Une production vous llez y goûter! EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 20 AV R I L 2003 Voir SIRI en F2 S I R I H U ST V E DT Mister Candid, Jules Hardy > THRILLER \u0001\u0001\u0001\u0001 1/2 Page 3 Une constellation d'escrocs, Terry Jordan > ROMAN \u0001\u0001\u00011/2 Page 3 Il s'appelait Thomas, Claire Martin > ROMAN \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 2 L'autre histoire du Québec, Michel Lapierre > ESSAI \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 2 ette femme a tout.Grande, mince, yeux bleus, cheveux blonds, traits parfaits: Siri Hustvedt aurait pu être mannequin.Elle est critique d'art, diplômée de Columbia University, poète, romancière.Et son mari n'est nul autre que le mythique écrivain new-yorkais à succès Paul Auster.«Il m'attend à la maison avec un nouveau manuscrit pour que je le lise.» Nous sommes dans la suite 218 du Renaissance Montréal Hôtel, au dernier jour du Festival littéraire international Metropolis Bleu, où Siri Hustvedt figure parmi les quelque 120 écrivains invités.Elle frétille dans son fauteuil.«Paul m'a dit: Je ne peux plus attendre, j'ai un enfant là, j'ai un enfant!» Patience.Encore quelques heures avant qu'elle ne rentre à Brooklyn, où l'attend aussi une fille de 14 ans.Siri Hustvedt arrive de Washington, au terme d'une tournée médiatique qui a commencé au début de l'année en Europe.Moins d'un an après la parution du Maître des illusions de Paul Auster, c'est son petit dernier à elle qui est sous les projecteurs.Son troisième roman, Tout ce que j'aimais (Actes Sud/Leméac), a été encensé par la critique, porté aux nues par les romanciers Don De Lillo et Salman Rushdie.Peu de voix discordantes dans ce concert d'éloges.Presque tout le monde s'entend pour dire que l'auteure des Yeux Bandés (1992) et de L'Envoûtement de Lily Dahl (1996) a réalisé à 47 ans son roman le plus ambitieux, le plus achevé.«Je pense que c'est la meilleure chose que j'aie jamais faite», glisse en toute simplicité Siri Hustvedt.«Je le savais quand je l'ai fini et je me rappelle que je me disais: Si quiconque hait ce livre ou si c'est complètement passé sous silence, je vais souffrir.» Elle a mis six ans à concocter cette histoire de plus de 450 pages empreinte d'étrangeté et marquée par la perte, le deuil, la fragilité.On y suit deux couples à New York, des années 1970 à aujourd'hui.Le narrateur, Léo, est critique d'art, son ami Bill est peintre.Leurs femmes accouchent en même temps de garçons : l'un d'eux périra avant l'adolescence, l'autre sombrera dans l'autodestruction.Quels liens entretiennent l'art et la vie?C'est la question qui sous-tend le roman.«L'art provient toujours d'une étrange vie intérieure, lance Siri Hustvedt, le regard irradiant une fascinante lumière.C'est un peu comme faire des rêves éveillés.Je fais ça moi-même quand je travaille.Il y a plusieurs choses, plusieurs images dans mon roman dont j'ignore la provenance: elles ont été produites inconsciemment.» Le sens du travail de création échappe aux artistes eux-mêmes, tout comme le sens de la vie échappe aux être humains, laisse entendre Siri Hustvedt dans son roman.«Moi-même, je vis dans le monde avec la sensation constante que le sens de la vie est mystérieux», renchérit l'écrivaine.Mon roman se passe dans la vie domestique ordinaire, et je pense que ce sentiment d'étrangeté devient encore plus palpable dans le quotidien.» collaboration spéciale Photo BERNARD BRAULT, Presse © La Bible au féminin Page 4 Marek Halter 7LP0201F0420 f2 lectures dimanche 7LP0201F0420 ZALLCALL 67 21:56:37 04/19/03 B ESSAI LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Et si l'histoire du Qu ébec était différente.Harlequin visité par le style RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Il y a 50 ans peut-être, dans une petite ville, presque un village, située nulle part, Thomas, le nouveau pasteur, fils et petit-fils de pasteurs, vient s'installer.Le travail à venir l'intéresse peu.S'il a fait théologie, c'est pour respecter la promesse faite à sa mère qui allait mourir.Qu'ils vivent dans un bourg ou dans une mégapole, les pasteurs ont cet avantage sur les curés qu'ils peuvent se marier.Ils le doivent même, pour faire sérieux.Si l'amour n'est pas garanti, une solitude partagée leur est au moins offerte.Les bonnes dames de la paroisse voient en Thomas un bon parti pour leurs filles à marier.Puceau et timide, le jeune pasteur n'est guère empressé à prendre femme et les jeunes filles qu'on lui offre n'ont pas nécessairement le goût d'une existence aussi austère que respectable.Pour remplir sa vie, Thomas n'a guère que les livres, les siens.Il les cache bien, car dans le milieu où il vient d'arriver, on s'en méfie (on sait qu'ils existent, ce qui n'est pas si mal).La principale activité culturelle est ailleurs, dans le trafic de potins.Claire Martin, parce qu'elle vit à Québec, connaît forcément cet art de tuer le temps et les réputations, sans le pratiquer évidemment.À l'usure, mais elle est bien lente, les scandales finissent par n'en plus être.D'un de ceux-là, très ancien, Thomas, écrivant à son parrain, dira : « Maintenant, on n'en parle plus, mais on le sait encore.» Les traits de ce genre, on le sait, sont le meilleur de la manière de Claire Martin.Elle ne s'en prive ni n'en abuse, tout au long de ce roman de moeurs à la fois moderne et démodé, classique et romanesque, en quoi la sagesse et la folie font un mélange tantôt drôle et tantôt émouvant.Revenue à l'écriture après un long carême \u2014 celui de ses lecteurs, le plaisir de vivre lui inspirant sûrement mieux \u2014, Mme Martin, qui vient d'avoir 89 ans, fait désormais son livre comme les mécréants font leurs Pâques, une fois l'an.On aurait envie d'être complaisant envers elle, comme il arrive quand on dit à sa grand-mère qu'elle a le regard jeune encore.Est-ce bien nécessaire ?Il s'appelait Thomas est aux trois premiers quarts un vrai bon roman, saturé de l'atmosphère puritaine d'un milieu où l'ennui est considéré comme une vertu, l'amour, un triste devoir et le plaisir, un péché.Il faut aborder cet univers clos avec un brin de perversion joyeuse, ce à quoi parvient assez bien Clarence, le médecin du lieu.Thomas et lui, hommes de culture, deviennent tout naturellement des amis intimes.Pas au point de se tutoyer, tout de même.U n r o m a n d'amour, donc.Pas un vaudeville ; les amants, s'ils s'aiment en secret, n'ont pas à se cacher dans les placards.Clarence a une jeune maîtresse, Anna, qu'il pourra épouser quand la mère d'icelle sera morte.Décidément, les mères de ce roman ont un terrible pouvoir.Pour celle d'Anna, il est hors de question que sa fille protestante épouse un catholique, tout médecin et notable fût-il.Elle meurt enfin, et enfin chacun peut dire d'elle ouvertement tout le mal qu'il en a silencieusement pensé.Complice de leur amour (et s'attendant peut-être qu'on lui rende un jour la pareille), Thomas leur arrange un mariage qui mettra la communauté devant un fait accompli, irréversible.Le pasteur lui-même, qui connaît mieux la tristesse de la chaire que les joies de la chair, est titillé depuis un bon moment par le désir.Claire Martin ne va surtout pas le retenir.Elle met à son coquin service sa propre narration, très proche du quotidien du pasteur, et celle de Clarence, qui écrit aussi bien qu'elle.À ses protagonistes elle offre le tout ou rien : « La seule grande aventure qui mérite d'être vécue, un grand amour.» Ils en vivront ou en mourront, comme dans les romans pour jeunes filles du début d'un autre siècle, mais la romancière se sera assurée que la chasteté n'est pas sauve.C'est tant mieux et tout va assez bien, jusqu'à ce qu'une histoire bien maîtrisée et pleine de suspense sombre dans le convenu et la sentimentalité.Dans les 50 dernières pages en effet, le cliché rivalise avec le poncif et tout se délite dans l'eau de rose.C'est Harlequin visité par le style.\u0001 \u0001 \u0001 1/2 IL S'APPELAIT THOMAS Claire Martin L'instant même, 208 pages CLAUDE-V.MARSOLAIS Pourquoi sacre-t-on au Québec plutôt que d'utiliser les « four-letter words » couramment prononcés par les Anglais ?« Si nous disons hostie au lieu de fuck, nous le devons à notre clergé, qui, dans la seconde moitié du XIXe siècle, propagea le culte de la sainte hostie pour que nous résistions davantage au prosélytisme protestant ! », raconte Michel Lapierre.Et l'auteur d'expliquer que le sacre était une forme de protestation contre l'étouffement et la mort à la face du clergé.Et il critique nos historiens pour leur refus de faire une interprétation globale de notre histoire.Selon lui, seuls Jacques Ferron et Jean-Claude Germain, qualifiés d'historiens clandestins, ont défié ce modèle.C'est probablement en s'inspirant d'eux que Lapierre a, de façon délibérée, divisé son Autre histoire du Québec en trois parties : la naissance de l'Amérique québécoise (1534-1763), le pays de Papineau (1764-1900) et le siècle de la Révolution tranquille (1901-2002) afin de se démarquer par rapport à la France et à l'Angleterre.L'auteur voit en Papineau un révolutionnaire et un visionnaire.Papineau n'a-t-il pas souhaité que les deux Canadas si différents par la langue, la culture, les institutions et la religion forment, en restant distincts, deux États indépendants, associés, sinon intégrés à l'Union américaine Il l'oppose à Fernand Dumont qu'il considère comme l'abbé Groulx d'aujourd'hui.« Dumont voit la nation comme une entité culturelle, un ensemble de traditions.Il refuse de la considérer comme une entité naturellement politique, dont la culture, en perpétuelle évolution, et la citoyenneté, définie dans le sens du progrès, est susceptible d'être partagées avec tous les hommes.» De Jacques Ferron, il dit qu'il a été le premier à découvrir dans le Québec sauvage, populaire et frondeur, l'avenir du monde.Lapierre s'interroge sur nos problèmes identitaires.Est-ce que le Nouveau Monde n'est qu'une réplique agrandie et maladroite de l'Ancien Monde ?comme le suggère Gérard Bouchard.L'auteur estime que le Québec ne devrait se définir que par rapport à lui-même, en rappelant que l'identité québécoise s'est formée à peu près un siècle avant l'identité française, du moins dans ses dimensions linguistique et géographique.Il note que les Québécois ont toujours été hantés par leur disparition ce qui expliquerait leur manque d'insolence, contrairement au frontiersman ou au gaucho.Le Québec, centre du monde ! Voilà une conception nouvelle de l'histoire du Québec, en effet ! En ce sens, l'ouvrage de Lapierre qui rassemble un recueil de textes, publiés dans des quotidiens comme La Presse, Le Devoir et d'autres publications comme L'Aut'Journal, L'Apostrophe ou Ici est tout à fait original et osé.\u0001 \u0001 \u0001 1/2 L'AUTRE HISTOIRE DU QUÉBEC Michel Lapierre Éditions Trois-Pistoles, 250 pages Photothèque PC © Claire Martin L'auteur voit en Papineauu n révolutionnaire et un visionnaire.SIRI Suite de la page F1 La conscience de la perte Dans Tout ce que j'aimais, les considérations sur la peinture et le travail de création recoupent les réflexions sur le couple, la famille, l'amitié.Et si tout ce qu'on aimait disparaissait ?C'est la situation à laquelle fait face le narrateur du roman, qui, rongé par une maladie qui le rend presque aveugle, raconte à rebours comment sa vie a basculé.Là-dessus Siri Hustvedt confie : « Plus je vieillis, plus je sens que tout peut arriver et que nous avons à vivre à l'intérieur de nous avec la conscience de la perte.» Elle n'y va pas de main morte dans Tout ce que j'aimais : perte de l'ami, perte de l'être aimé, pire encore, perte de l'enfant qu'on a mis au monde.Comment survivre après ça ?« La première passion dans la vie est l'amour érotique, la deuxième, c'est d'avoir un enfant, et quand vous le perdez, vous êtes écrasé », résume Siri Hustvedt.Simple coïncidence ?Dans Le Livre des illusions, Paul Auster met en scène un homme qui a perdu sa femme et ses enfants dans un accident.Dans L'Art de la faim, en 1982 déjà, il notait : « La mort d'un enfant est pour tout parent l'horreur ultime, un outrage à tout ce que nous croyons pouvoir espérer de la vie, si peu que ce soit.» « Le thème de la disparition est un thème récurrent dans l'écriture de Paul », reconnaît sa femme.Pour elle, rien d'étonnant dans le fait que l'univers romanesque de son mari et le sien convergent sur plusieurs points.« Je vis avec un artiste depuis 21 ans : c'est une expérience très intéressante.Notre sensibilité est différente, notre façon d'organiser nos histoires aussi, mais des éléments thématiques présents dans l'écriture de Paul entrent dans mes romans.Ce serait très surprenant s'ils ne le faisaient pas.» Elle est sa première lectrice, il est son premier lecteur.« Je pense que ce n'est jamais arrivé que nous n'ayons pas pris en considération les conseils de l'autre », précise Siri Hustvedt.Pas de rivalités, pas de compétition entre eux, insiste-telle, même si Paul Auster, de huit ans son aîné, a connu le succès avant elle.« Je ne crois pas que nous serions restés ensemble 21 ans si c'était le cas.Nous sommes chacun le meilleur soutien pour l'autre.» Le narrateur de Tout ce que j'aimais affirme que son mariage avec la femme de sa vie a été comme une longue conversation.« Avec Paul, je sens ça très fort, confie la romancière.C'est une communication sans fin.C'est étrange.Vous ne pouvez pas comprendre pourquoi c'est comme ça.On ne s'est jamais lassé l'un de l'autre.Je pense que ça à voir avec un certain mystère : le fait que l'autre reste toujours mystérieux.Ce qui tue l'amour, c'est quand on imagine qu'on sait tout à propos de l'autre.» « Le coup de foudre fut immédiat », disait Paul Auster en 1995 dans Le Magazine littéraire, à propos de sa rencontre avec Siri Hustvedt au cours d'une lecture de poésie à New York.Il ajoutait : « Et cela dure depuis 14 ans ! C'est incroyable ! » Dans Cité de verre, il a fait de sa femme un personnage qui apparaît sous les traits d'une « blonde grande et mince, d'une beauté rayonnante ».Dans Le Léviathan ensuite, il a mis en scène une certaine Iris (anagramme de Siri), seule femme capable d'apporter l'équilibre au narrateur, son mari.La référence était d'autant plus évidente que l'héroïne du premier roman de Siri Hustvedt, Les Yeux bandés, paru la même année que Le Léviathan et dédié à Paul Auster, se prénommait Iris.« C'est un double mariage fictionnel », commentait dans La Solitude du labyrinthe celui que les Français ont surnommé « le romancier de l'improbable ».De son côté, Siri Hustvedt admet que le beau ténébreux aux yeux verts, le peintre génial auréolé de mystère dans Tout ce que j'aimais, lui a été en grande partie inspiré par son mari, à qui elle a encore une fois dédié son roman.Mais quand on lui parle de l'aspect lumineux de son livre, du climat d'harmonie et de tendresse qu'elle y installe avant de tout faire s'effondrer, elle s'empresse d'affirmer que cela provient plutôt de sa famille.« J'ai grandi avec trois jeunes soeurs et deux parents dont je suis encore très proche.Le sentiment de tendresse et de respect dans lequel j'ai grandi, cette nécessité de la gentillesse et de prendre soin des autres, je les ai transférés dans mon roman.» Les yeux embués, elle ajoute : « Une partie du livre vient de l'affection que j'ai pour mes parents et de la connaissance que j'ai que je vais les perdre : ils ont tous deux 80 ans.» Sa mère est née en Norvège, son père aux États-Unis, mais de parents norvégiens.Ils se sont rencontrés à l'Université d'Oslo, avant de s'établir aux États-Unis.Siri Hustvedt est née et a grandi dans le Minnesota, mais avec le norvégien comme langue maternelle, et elle le parle encore aujourd'hui.Elle se dit très attachée à ses racines.« Je suis allée à une réunion de famille en Norvège avec mon mari, ma fille et ma mère l'été dernier.Je suis très connectée avec ce monde.Je pense que mes origines expliquent que je me sente plus proche de l'Europe que beaucoup d'Américains.Même si la Norvège est un petit coin du nord de l'Europe, un petit jardin, peu importe, ça donne un sens de l'histoire que les Américains n'ont pas.» La romancière précise que la Deuxième Guerre mondiale est profondément ancrée en elle, sa mère ayant vécu l'occupation nazie et son père ayant combattu comme soldat en Asie.Ce n'est pas un hasard si elle aborde en toile de fond dans son roman l'extermination des Juifs dans les camps de concentration.Sa propre fille est à moitié juive, prend-elle le soin de préciser : « Paul est américain, mais de descendance juive.C'est une partie de l'identité de notre fille.Elle a d'ailleurs étudié l'histoire juive.C'était vraiment important pour moi, autant que pour Paul.» Son prochain roman portera sur l'immigration.« Je veux parler des enfants d'immigrants comme moi, explique-t-elle, mais aussi des immigrants qui arrivent maintenant aux États-Unis, il y en a tellement.» Elle refuse d'en dire plus pour le moment sur son livre à venir, sinon pour en dévoiler le titre : The Sorrows of an American.Une chose est sûre, avant de replonger dans son propre manuscrit resté en plan, Siri Hustvedt lira celui, achevé, de son mari.« C'est ce que je vais faire aussitôt que j'arrive à la maison ! » Photo BERNARD BRAULT, La Presse © Siri Hustvedt 7LP0301F0420 f3 lectures dimanche 7LP0301F0420 ZALLCALL 67 22:19:21 04/19/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 0 A V R I L 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 POLAR Thrillers et meurtres en séries NORBERT SPEHNER nspehner@globetrotter.net collaboration spéciale Qu'est-ce qu'un thriller ?Chez les auteurs anglo-saxons, le terme désigne aussi bien les romans d'espionnage de John Le Carré, Robert Ludlum et cie, que les romans d'aventures d'Alistair Mac Lean, de Clive Cussler, ou ces hymnes à la technologie guerrière que sont les techno-thrillers à la Tom Clancy.Chez les francophones, le cas est plus complexe.Selon Yvon Allard, le pionnier québécois de la réflexion sur le récit policier, le thriller, c'est « le roman noir, dont le but réel, malgré la présence d'un élément énigmatique, est d'exciter les nerfs du lecteur par la violence des scènes, la cruauté des protagonistes, la révolte sociale, la délinquance, etc.» En fait, si je me fie aux thrillers que j'ai lus récemment, on met cette étiquette sur des récits très différents mais qui ont en commun de privilégier l'action, les rebondissements, le plus souvent dans le cadre d'une (en)quête, le tout généreusement assaisonné de suspense.Rivé dans son fauteuil, le lecteur est condamné à tourner les pages.Thriller et suspense Harlan Coben est un de ces écrivains qui pratiquent le mieux cet art consommé de jouer à la fois avec nos nerfs et avec nos tripes.Après avoir lu l'incroyable Ne le dis à personne (disponible maintenant chez Pocket), je m'étais promis de lire tous ses prochains titres.Disparu à jamais est à la hauteur du premier, même si le thème semble identique : une personne chère, que l'on croyait décédée, réapparaît quelques années plus tard.La vie de Will Klein bascule quand il apprend que son frère Ken, le héros de son enfance qu'il croyait disparu à jamais, est en cavale depuis 11 ans.Le même jour, sa petite amie le quitte sans explication.Dès lors, la plume machiavélique de Coben nous entraîne dans une course folle, une enquête dramatique où les retournements de situation s'enchaînent à une vitesse incroyable de manière crédible, sans ces artifices qui sont le lot des polars fabriqués.Et au milieu de tout ça, un personnage particulièrement réussi, particulièrement thrillant : le Spectre, un tueur de la Mafia à côté duquel Tony Soprano est un vulgaire apprenti.À surveiller, la sortie très prochaine de son prochain titre, annoncé au Fleuve Noir, Rupture de contrat.Thriller légal Avec Preuves accablantes, Sheldon Siegel nous propose un thriller légal dont l'essentiel de l'action se passe dans une salle d'audience au cours d'un procès pour meurtre.L'avocat Mike Dailey est chargé de défendre un homme que tout accable.Avant d'être inculpé du meurtre d'un jeune prostitué, Prentice Gates, alias Skipper, était le procureur du district de San Francisco, un personnage condescendant et rigide doublé d'un opportuniste égocentrique pour lequel son avocat n'a que peu d'estime.Une partie de bras de fer s'engage entre Dailey et l'establishment judicaire, des milieux d'affaires peu honnêtes et d'importants réseaux de prostitution.En dépit d'un point de départ pas très original, Siegel sait ménager ses effets et nous entraîne page après page dans cette affaire sordide qui combine l'enquête policière et les joutes oratoires du prétoire sans que jamais l'intérêt ne se relâche.Les répliques fusent, les coups de théâtre sont bien amenés.Le lecteur est piégé : il veut savoir.On fera sans doute des comparaisons flatteuses avec les romans de David Baldacci, Phillip Margolin et autres John Grisham, tous adeptes des courtroom novels, mais on permettra à un Grand Ancien de renvoyer plutôt à la série immortelle des Perry Mason, d'Erle Stanley Garner, qui a donné ses lettres de noblesse au thriller légal.Thriller noir Mort aveugle, de Karin Slaughter, est un thriller médicolégal de bonne facture dont l'héroïne, Sara Linton, est médecin légiste dans une paisible bourgade du Sud des États- Unis.Il s'agit ici d'une intrigue assez conventionelle : deux femmes sont assassinées dans des conditions abjectes, il faut arrêter le responsable avant qu'il ne récidive.Tout semble indiquer qu'un fanatique religieux est à l'origine de ces crimes jusqu'à ce que l'on découvre qu'ils sont peut-être reliés au passé de Sara.S'il y a encore des âmes naïves pour penser que les polars écrits par des femmes sont moins violents que ceux écrits par des hommes, je peux leur dire qu'ils se trompent du tout au tout.Mme Slaughter (dont le nom, incidemment se traduit par boucherie, carnage ou massacre) ne fait pas dans la dentelle : il y a des scènes insoutenables, d'une violence inouïe, dignes d'un récit gore.Thriller intellectuel Les trois romans précédents privilégient nettement l'action.Ce sont des machines à lire bien rodées, conçues selon les lois immuables du best-seller à l'américaine.Mais, comme le disait un de mes bons étudiants : « Ça manque tout de même un peu de substance.» Ce qui n'est pas le cas de Mister Candid, de Jules Hardy, une Anglaise qui a écrit là un roman complexe, plein d'humanité, avec un personnage extraordinaire.Le héros de ce récit, un jeune homme sensible, brillant, attachant, un génie des mathématiques, est aussi un tueur en série.On le recherche depuis 17 ans.Charlie « Chum » Kane a tué près d'une centaine de crapules de la pire espèce : des tueurs, des ravisseurs d'enfants, des pédophiles, des proxénètes (spécialisés dans la prostitution juvénile), des trafiquants de drogue et autres fripouilles.Il est tellement habile que pour la plupart des gens, il n'existe même pas.C'est un fantôme.L'auteur nous interpelle, nous pose une question bien gênante : que fait-on quand l'appareil judiciaire dérape, favorise la racaille, remet en liberté des psychopathes récidivistes ?Le roman, qui combine à merveille l'action et la réflexion, est une mosaïque qui nous raconte d'une part les destins croisés d'une série de personnages bien campés affectés par les activités de Mister Candid, et d'autre part, retrace l'histoire familiale inquiétante de ce serial killer unique dans les annales de la littérature policière.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 DISPARU À JAMAIS Harlan Coben Belfond, 419 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 PREUVES ACCABLANTES Sheldon Siegel Albin Michel, 429 pages \u0001 \u0001 \u0001 MORT AVEUGLE Karin Slaughter Grasset, 408 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1/2 MISTER CANDID Jules Hardy Seuil, 413 pages POP PSYCHO Le pouvoir du fantastique sur les ados De Tolkien et Harry Potter aux sorcières, en passant par le gothisme, le satanisme, le paranormal et les séances de Ouija, Daniel Lacombe a exploré pendant plus de 10 ans l'univers des croyances et des univers fantastiques des adolescents.Il faut dire qu'il était bien placé.Enseignant dans une école publique puis dans une institution privée pour filles à Sherbrooke, ce professeur en éthique et culture religieuse baigne depuis longtemps dans la culture adolescente.Il y a 13 ans déjà, il savait qu'il écrirait un jour Le Fantastique religieux et l'adolescence.Pourquoi ?« Parce que je voulais remplir un vide, dit-il.Parce qu'à part quelques rares exceptions, personne, chez les chercheurs ne semble s'y être intéressé.Parce que j'ai un peu envie de leur dire : Câline, occupezvous- en ! » Ce faisant, il voulait aussi rassurer les parents, trop souvent paniqués en voyant leur adolescent plonger dans une culture étrange dont ils ignorent les symboles, le langage et les codes.Même quand l'adolescent sombre dans le gore le plus dégueulasse (car il s'agit pour la plupart de garçons alors que les filles sont plus attirées par la magie, par exemple), même quand notre ado « gorophile » rigole et mange tranquillement son popcorn en regardant les victimes être démembrées, éventrées, décapitées, torturées ou toutes sortes d'autres scènes tout aussi réjouissantes, il est rare que cette fascination incompréhensible pour les parents traduise véritablement un problème majeur, estime l'auteur qui tient à dédramatiser le phénomène : « Les adolescents considèrent ce qu'ils voient et entendent comme une forme de jeu, dit-il.En réalité, les fans du gore ne prennent pas la chose au sérieux.Ils apprécient essentiellement les maquillages, les effets spéciaux, l'aspect théâtral des décors, l'imaginaire morbide de l'oeuvre.» Étrangement, les adolescents québécois (et la population en général) seraient beaucoup plus crédules au Québec qu'en France ou aux États-Unis par exemple, avance l'auteur dont l'oeuvre prend un peu la forme d'une étude universitaire vulgarisée.Pourquoi donc nos ados seraient-ils plus crédules que leurs congénères étrangers ?Parce que l'effondrement de la religion a créé un vide qui nous laisse désemparés et facilement tentés de le remplir par toutes sortes de croyances, estime l'auteur-enseignant.Des croyances et des univers qui évoluent à un rythme tel qu'il faut écouter attentivement les jeunes pour savoir où ils sont rendus.Enseignant mais aussi membre des Sceptiques du Québec, M.Coulombe espère leur inculquer une certaine objectivité et un sain scepticisme.Doit-on s'inquiéter des croyances adoptées par les jeunes ?« Pas vraiment des croyances elles-mêmes, estime M.Coulombe, parce qu'elles ne répondent pas vraiment à leur recherche de sens.Mais il est extrêmement inquiétant de se rendre compte que, comme société, on ne puisse pas leur fournir de meilleures réponses.Qui présentement leur répond quand ils s'interrogent sur la vie, sur la mort, sur les grandes questions existentielles qu'ils se posent ?» \u0001 \u0001 \u0001 1/2 Le Fantastique religieux et l'adolescent Daniel Coulombe Éditions Fides, 163 pages LITTÉRATURE DU VOISIN Comment refaire son passé collaboration spéciale Si nous avions le pouvoir de revivre notre passé, ce serait sûrement dans le désordre plutôt que dans l'ordre.Ce serait par plaques inégales, des éclairs de souvenirs, des jaillissements d'images.Cette expérience produirait un livre comme Une constellation d'escrocs, de Terry Jordan, un roman qui fait revivre le passé de la famille Mann, dominée par son patriarche- escroc, Eamon.« Les mots de l'enfance et de la détresse se cachent silencieusement derrière nos discours », lit-on sur la première page de ce livre.Pour parler de l'enfance, Jordan choisit l'image de l'étoile lointaine.On voit briller sa lumière certains soirs, même si elle est depuis longtemps froide et morte, sa source éteinte.Jordan ne donne pas la parole à Eamon Mann.Ni à son fils Ryan.C'est plutôt le jeune Nathan, un petit gars à l'affût de tous les secrets et de toutes les faiblesses, qui nous livre ce monde.Nathan se prend souvent pour un chien.Tout à fait normal dans cette famille.La question, ce n'est pas de savoir si c'est un chien ou pas.Ce sera de découvrir, pour nous et pour lui-même, ensemble, au même rythme, de quelle sorte de chien il s'agira.Un chien faible, comme son père Ryan ?Ou un chien fort et fou, capable de se défendre ?Cette Constellation a comme décor le sud de la Saskatchewan, un paysage de prairies et de collines, peuplé par des cultivateurs.L'évocation du paysage est tellement forte chez Jordan qu'il devient un personnage, au même titre que les hommes et les femmes de la famille Mann.« J'ai passé beaucoup de temps, et j'ai dépensé beaucoup de sous, m'a dit Jordan, pour que le paysage soit vivant.» C'est typique du roman de l'Ouest canadien : on ressent le paysage comme si c'était un être humain.Le Nord aussi s'installe dans notre imagination littéraire.Chez nous, et chez le voisin, la nature joue un rôle dominant.C'est pour ça que les lecteurs d'ici vont se sentir bien chez eux dans ce roman, le premier de la plume de Jordan, bien qu'il ait fait du théâtre avant de se lancer dans la fiction.Le sujet nous est familier.En milieu rural, sans beaucoup d'issues de secours, un homme fait régner sa tyrannie sur toute sa famille.C'est Eamon Mann, le patriarche, l'escroc du titre.Son escroquerie opère autant, sinon plus, sur le plan émotif que sur le plan de l'argent.Son coup, c'est de rabattre son fils Ryan.Personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi un parent chercherait à démolir son enfant, bien que le phénomène soit très répandu, je l'avoue.Pour se sentir plus puissant, je suppose.Eamon Mann est justement ce genre d'homme.C'est un père qui fredonne à son fils comme berceuse : « Peux-tu prouver que tu es toi ?Parce que tu ressembles à quelqu'un qu'on aurait criblé de plomb pendant qu'il courait se mettre à l'abri.» C'est de la poésie, peut-être.Mais c'est aussi de l'abus.Ryan subit cet abus sans se révolter.Lui, c'est le chien faible.Ce sera à la prochaine génération, à Nathan, de se lever et réclamer une juste vengeance.Une constellation d'escrocs sera l'histoire de sa révolte.Et un chien y sera impliqué, mais je n'ose raconter l'événement, de peur de vendre la mèche.Disons simplement que dans ce roman, chaque homme (et chaque garçon) a son double, qui est un chien, un animal totémique qui porte ses espoirs et ses peurs.« Ton père et ta mère, ils te permettaient d'être chien ?» demande Nathan à son père Ryan.La réponse, c'est oui, car se voir en chien lui permettait de s'endurcir.Mais se transformer en animal ne protège pas de tout.Il y a une très belle scène dans laquelle Palliser, le chien de Nathan, s'en prend à un castor.Le combat s'enclenche et, contre toute attente, le castor tue le chien, le noyant dans un lac.J'ai entendu l'auteur lire ce passage à Montréal, et l'effet a été saisissant.Jamais la nature n'avait parlé comme ça.Cette Constellation est aussi un livre charnel.Ne vous attendez pas à des scènes crues avec des descriptions techniques.La spécialité de Jordan, ce sont des atmosphères et des moments clés qui définissent subitement les personnages du livre.Le jeune Nathan évoque l'amour charnel entre ses parents, et tout est là : la gêne, mais la fierté aussi, la force féminine de sa mère et ses tentatives pour donner à son mari la confiance en soi qui lui manquait.Dans ce livre, l'érotisme est plutôt la propriété des femmes, et c'est une femme \u2014 Madeleine, l'épouse d'Eamon \u2014 qui secouera l'ordre familial en quittant son tyrannique mari.Jordan, qui vit aujourd'hui entre la ville de Winnipeg et sa maison dans une petite localité de la Saskatchewan, a vécu parmi nous, à Montréal, en 1999 et 2000.Peutêtre le Québec a-t-il laissé des traces dans son subconscient d'écrivain, car son prochain livre aura comme décor notre province, celle de la Nouvelle-Écosse, et ira jusqu'à la Nouvelle-Orléans.Des lieux où l'on parle par la musique, si j'ai bien saisi le sens de ses recherches.J'ai hâte à cette danse-là.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 UNE CONSTELLATION D'ESCROCS Terry Jordan Traduit par Sylvie Schneiter, JC Lattès, 298 pages RABAIS POUR LES DÉTENTEURS DE LA CARTE MASTERCARD BANQUE NATIONALE Profitez d'un rabais de 2 $ par billet lorsque vous utilisez votre carte Master Card Banque Nationale pour régler vos achats de billets du Jazz à l'année.Certaines restrictions s'appliquent.BILLETS : (514) 790-1245, AUX COMPTOIRS ADMISSION, AU SPECTRUM WWW.ADMISSION.COM WWW.SPECTRUMDEMONTREAL.CA RENSEIGNEMENTS : (514) 871-1881 1 888 515-0515 WWW.MONTREALJAZZFEST.COM présentent Théâtre Maisonneuve, Place des Arts Dimanche 27 avril, 20 h 33,50 $ - 43,50 $ (taxe et frais de service en sus) Nouvel album : Kurt Weill, Astor Piazzolla et Jacques Brel 7LP0401F0420 f4 lectures 7LP0401F0420 ZALLCALL 67 22:09:22 04/19/03 B ENTREVUE L'extraordinaire modernité des femmes de la Bible selon Marek Halter E L I A S LEVY collaboration spéciale Conteur hors pair, romancier doté d'une imagination foisonnante, inlassable scrutateur de la Bible, l'écrivain juif d'origine polonaise Marek Halter atteint avec son dernier roman la perfection de son art.Sarah, premier tome d'une trilogie intitulée « La Bible au féminin », qui vient de paraître aux Éditions Robert Laffont, est un roman magnifique, puissant et passionnant qui raconte l'extraordinaire modernité des femmes de la Bible.Dans le premier volet de ce grand roman historique, Marek Halter relate l'itinéraire insolite de Sarah, une aristocrate sumérienne passionnément amoureuse du patriarche Abraham, fondateur du monothéisme.Le récit de cette saga biblique se déroule, il y 4000 ans, aux environs d'Ur, en Chaldée, en plein coeur d'un pays qui est actuellement sous les feux de l'actualité, l'Irak, non loin d'une ville qui porte aujourd'hui le nom de Bassora.L'Histoire interpelle encore une fois avec force le présent ! « Les récits bibliques nous donnent souvent la clé pour comprendre des événements historiques contemporains, explique Marek Halter en entrevue.La Bible est née en Irak.Cette partie du monde est très présente dans notre mémoire collective.D'après les récits bibliques, le jardin d'Éden se trouvait entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate.Le déluge s'est produit aussi sur ces terres, dans une vallée, sise dans les hauteurs de l'Arménie, qui s'étend jusqu'au Golfe persique.Ce n'est pas par hasard si l'on dit que l'arche de Noé se trouve sur le mont d'Ararat, situé en Arménie.La tour de Babel a été aussi édifiée dans ce terroir.C'est là que sont nés l'idée et le désir des hommes d'égaler le pouvoir de Dieu.Et, chaque fois que l'homme a essayé d'égaler Dieu, il a été puni.La première fois que l'homme a voulu être comme Dieu, raconte la Bible, il a été chassé du paradis.Lorsqu'il a ensuite érigé la tour de Babel pour essayer d'avoir un pouvoir analogue à celui de Dieu, le langage s'est brouillé.Cette incompréhension perdure toujours aujourd'hui.Bush ne comprend plus Chirac, Chirac ne comprend plus Blair, Blair ne comprend rien de ce que dit l'Allemand Schröder.Sans parler, bien sûr, du Russe Poutine que personne ne comprend.Cette punition biblique, nous la vivons au quotidien.Tout cela est très troublant ! » Qu'est-ce qui a motivé l'auteur de La Mémoire d'Abraham (best-seller mondial traduit dans une soixantaine de langues) et du Vent des Khazars à se lancer dans une aventure littéraire aussi ambitieuse « Ce projet littéraire a germé dans ma tête il y a de nombreuses années.Que l'on soit croyant ou incroyant, force est de reconnaître que la Bible est un des plus beaux livres écrits au cours de la tumultueuse histoire de l'humanité.Les récits bibliques sont peuplés de personnages en chair et en sang qui nous ressemblent beaucoup.Des personnages qui sont travaillés par des passions qui sont aussi les nôtres : l'amour, la haine, la jalousie, la volonté de dominer les autres et d'imposer sa puissance.Mais il y a dans les textes bibliques comme des vides, des oublis, des invraisemblances.Marek Halter n'est pas du tout étonné que les rédacteurs de la Bible aient sciemment dépouillé le corpus biblique de toute écriture féminine.« Au premier siècle de notre ère, les rédacteurs et les compilateurs de la Bible étaient déjà misogynes, rappelle-t-il.Or, à l'époque sumérienne, les femmes jouaient un rôle extrêmement important.La plupart des dieux sont des déesses, la plupart des prêtres sont des prêtresses.Des femmes enseignent aussi l'écriture.J'imagine que c'est Sarah la Sumérienne qui a enseigné l'écriture à ce petit Sémite des banlieues qu'était Abraham.Ce que j'ai voulu faire dans cette trilogie dédiée aux femmes de la Bible, c'est me mettre dans la peau des rédacteurs et des compilateurs pour essayer d'ajouter aux textes bibliques les écrits de trois grandes héroïnes de cette époque.Curieusement, tout devenait alors beaucoup plus clair.» Stérile, Sarah est une femme opiniâtre qui se bat fougueusement afin d'imposer sa place dans une société très conservatrice qui méprise les épouses au ventre sec.Combat épique qu'elle mène pendant qu'Abraham poursuit son dialogue avec un Dieu unique et invisible, qui souhaite sceller une alliance avec les hommes.Prenant à contre-pied des idées reçues, le portrait de Sarah dépeint par Marek Halter exhume des traits de caractère féminins très actuels.On a même l'impression que la compagne d'Abraham a été la première figure de proue du mouvement féministe mondial ! « Vous avez raison ! répond Marek Halter en pouffant de rire.Sarah est une femme très moderne.Les personnages bibliques sont extrêmement contemporains.Sarah fut la première femme de l'histoire à vouloir gérer son corps librement.C'est ce que demandent aussi les féministes d'aujourd'hui.Sarah refuse le mariage que son père lui a arrangé.Sa seule échappatoire sera de faire croire à son père qu'elle n'est pas féconde.Elle avale alors une drogue conçue à partir de plantes et qui, trop fortement dosée, la rendra stérile pendant plusieurs décennies.Elle fut une des premières femmes à utiliser des moyens de contraception.C'est extraordinaire et très avant-gardiste ! » Sarah n'est pas uniquement un roman historique, d'aventures et de culture.Ce livre recèle aussi des réflexions judicieuses sur les grandes menaces qui pèsent sur l'humanité et sur les « atouts » dont dispose l'homme pour éviter que d'autres hécatombes effroyables ne se reproduisent.Deux de ces « atouts » sont l'Histoire et la mémoire.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1/2 SARAH TOME 1 DE « LA BIBLE AU FÉMININ » Marek Halter Éditions Robert Laffont, 298 pages Une présentation du 9e Festival international de la littérature en collaboration avec le Studio littéraire de la Place des Arts > 4 au 17 mai 2003 (relâche les 10 et 12 mai) Entrée : 33 $ (taxes et redevances incluses) Forfait pour les 12 représentations : 297 $ Quantité limitée / Disponible jusqu'au 26 avril 2003 Billets en vente : 514.842.2112 514.277.1010 > Info-festival : 514.277.1010 www.uneq.qc.ca/festival ENTRETIENS AVEC JEAN-PAUL SARTRE AOÛT-SEPTEMBRE 1974 de Simone de Beauvoir Lecture intégrale en douze épisodes par Sami Frey 3134701A Photothèque ROBERT MAILLOUX, La Presse © Marek Halter Photo : ©Robert Etcheverry EN VENTE PARTOUT ROSE-MARIE CHAREST vous invite à regarder la vie\u2026 avec psychologie dans un livre issu de ses chroniques hebdomadaires dans le cadre de l'émission C'est bien meilleur le matin sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada.PRÉFACE DE RENÉ HOMIER-ROY 3131581A Photo : ©Panneton-Valcourt EN VENTE PARTOUT ARLETTE COUSTURE vous emmène Tout là-bas, à Harrington Harbour, le temps d'un roman ensorceleur comme l'île qui l'a inspirée.3131577A 7LP0501F0420 f5 lectures dimanche 7LP0501F0420 ZALLCALL 67 22:01:19 04/19/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 0 A V R I L 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE TÉMOIGNAGE De petites griffes d'encre Encore les motards.ANDRÉ CÉDILOT Un ancien chef de bande des Rock Machine, Peter Paradis, constate qu'il a beaucoup de chance : il est sorti vivant de la terrible « guerre de sept ans » avec les Hells Angels et se dit aujourd'hui un vrai repenti.« Il m'a fallu tout apprendre.Je ne savais même pas comment fonctionne un guichet automatique, je payais tout en cash », a-t-il dit au cours d'une entrevue antérieure avec La Presse.Digne des meilleurs romans policiers, Sale job, traduction de Nasty Business, publié à la fin de l'automne, raconte les dessous du terrible affrontement qui a pratiquement rayé de la carte les Rock Machine / Bandidos dans le lucratif commerce de la drogue à Montréal, à Québec et dans une partie de l'Ontario.Sans chercher à berner personne, Paradis donne une vue directe du milieu des motards, avec ses hauts et ses bas.Bien que l'argent coule à flots en temps de paix, la violence reste omniprésente.Inutile de parler du climat qui règne quand la chicane prend avec un ennemi aussi redoutable que les Hells Angels.Et, comme l'a vécu Paradis, que tes plus fidèles alliés tombent comme des mouches ou passent dans le clan adverse.« Avec la police qui te talonne et t'arrête avec la moitié de tes troupes, il n'en faut pas plus pour comprendre que ton règne tire à sa fin.» D'autant qu'il en était rendu à voler des steaks pour survivre.En 1999, après 20 ans de cette « merde », Paradis est devenu le premier de son rang à trahir les Rock Machine, en passant délateur.La décision a été loin d'être facile, son frère Robert étant toujours membre du gang.La qualité de la traduction se comparant à la belle plume du « nègre » anglophone qui a écrit la version originale, Sale job demeure un plaisir à lire.\u0001 \u0001 \u0001 1/2 SALE JOB Peter Paradis Les Éditions de l'Homme, 315 pages SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale «Nous entrons dans ce monde du fleuve, jardin humide qui vibre d'insectes et royaume boueux sur lequel le commerce transite d'un pôle à l'autre du pays.Il s'agit du dernier voyage avec le Consul.Nous l'ignorons parfaitement.C'est merveilleux.Juin vient de commencer.» Une voix de femme évoque le souvenir heureux d'un ferry qui glisse sur le fleuve Niger.Elle a 15 ans.Fille de diplomate, elle vit avec sa famille dans un pays du Sahel.Dix ans plus tard, assise à sa table, elle tente de conjurer le désastre de la mort brutale, inattendue de son père, grand voyageur et amoureux de la vie.Cette mort produit « une souffrance suffisamment colossale pour faire un livre ».Le coeur serré, prostrée dans la douleur, la narratrice d'Un petit bruit sec affronte « la grosse masse noire du deuil ».Dans une écriture brève et hachée qui rappelle celle des livres à réciter de Marguerite Duras, elle suit la progression de l'inexplicable, depuis la maladie jusqu'à la mort.« Le passé assaillant ramène le père dans de petits intervalles coupants.» La séparation vécue dans le présent se répand dans le cri.La douleur née de l'arrachement se manifeste d'abord par un sentiment de colère et de refus : « Saistu qu'il y a encore des gens qui ne savent pas que tu n'es plus là ?Je te le répète, tu dois revenir et remettre ta mort à bien plus tard.Je te rappelle que tes projets sont inachevés, que ton livre n'est pas écrit.Le futur est invraisemblable sans toi et tu le sais.» Quand arrive le 31 décembre, l'absence se fait cruellement sentir durant ces jours de réjouissances.Tout comme le premier anniversaire inscrit au calendrier avec « de petites griffes d'encre », qui est marqué par l'impossibilité de la joie : « On ne sait pas comment se préparer à un tel jour.on sait que pour la première fois on ne pourra pas lui parler.» Sans la joie, la gravité n'apparaît que lourdeur.Dans l'attente d'un nouveau sursaut de vie, la narratrice retourne vers l'Afrique de son adolescence, en ces années d'insouciance où elle faisait avec son père de longues promenades à cheval dans les « clairières remplies de lumière verte ».Le rappel de ce « bonheur extraordinaire sur un continent extraordinaire » recouvre d'une très fine, d'une très légère rosée l'intensité de la peine.Il permet un soudain élargissement de la vue.La vie, l'écriture « Il faut que le coeur se brise ou se bronze », écrivait Kierkegaard dans son Journal.Les années passent.La narratrice mariée et mère d'un jeune enfant comprend que la mort de son père profondément aimé la harcèlera tant qu'elle n'aura pas terminé l'écriture de ce livre.Les mots servent aussi à cela, à recomposer une présence, à entourer les vivants de la présence invisible des disparus.À les héberger dans notre mémoire.« Je continue d'écrire afin de laver les grosses taches de l'oubli qui s'installent un peu partout autour de moi.» En mettant un peu de lenteur dans la lecture de cette phrase, on peut entrevoir un vieux proverbe africain qui dit qu'un mort n'est jamais mort tant qu'un vivant se souvient de lui.La mort prend les formes d'une rencontre, d'une musique, d'une odeur ou d'un rêve dans Un petit bruit sec.Le Requiem inachevé k.626, « la musique préférée que mon père écoutait la nuit », s'infiltre partout dans le roman.Avec son alternance de clartés et de passages sombres, l'oeuvre de Mozart, pénétrante, ajoute une note déchirante au roman de cette jeune auteure de 27ans.Un roman rempli de promesses.\u0001 \u0001 \u0001 1/2 UN PETIT BRUIT SEC Myriam Beaudoin Triptyque, 116 pages CÉLÉBRITÉS.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?Célébrités 3 Joseph-Bruno Laurin - 95 ans 20 avril 1908 C'est avec fierté, affection et tendresse plus que les mots ne peuvent l'exprimer, que nous voulons vous souhaiter joie, santé, bien-être et bonheur pour votre 95e anniversaire.Que Dieu vous garde.La famille.Montréal Accueil Bonneau/édition Adage 427, rue de la Commune (514) 845-3906 Lecture de poésie par Pierre Hamel.De 9 h 30 à 11 h 30 et 13 h 30 à 15 h 30 Bibliothèque Centrale-Jeunes 2225, rue Montcalm (514) 872-9541 Rencontre avec l'auteure Manon Plouffe 13 h 15 Bibliothèque d'Anjou 7500, av.Goncourt (514) 493-8270 Activité 1 Jeu-questionnaire pour des élèves du primaire.Toute la matinée Activité 2 Exposition de documents sur la thématique du livre et du droit d'auteur.Toute la journée Bibliothèque de Dorval 1401, chemin du Bord-du-Lac (514) 633-4170 Rencontres avec les auteurs Derek Grant (de 14 h à 15 h) et Patrick Sénécal (de 20 h à 21 h).Bibliothèque de Langelier 6473, rue Sherbrooke Est Exposition de livres sur le jardinage.Conférence de l'auteur Benoit Prieur.14 h 30 et 19 h 30 Bibliothèque de Saint-Laurent 1380, rue de l'Église (514) 855-6130 Activité 1 LA PROVENCE DES ÉCRIVAINS avec la professeure Andrée Lotey 12 h Activité 2 L'auteure Diane Groulx rencontre des élèves du primaire.En après-midi Bibliothèque de Saint-Léonard 8420, boul.Lacordaire (514) 328-8589 Activité 1 PLACE AUX QUESTIONS HORTICOLES De 13 h à 16 h 30 Activité 2 Jeux, devinettes, bricolage et expérimentations sur le thème des fleurs.De 15 h 30 à 16 h 30 Activité 3 Exposition de photos.Du 23 avril au 11 mai Bibliothèque de Verdun 5955, Banantyne (514) 765-7256 Activité 1 Spectacle de lecture publique d'extraits de romans jeunesse.Pour les 9-12 ans.Organisé par Communication-jeunesse.Réservation : (514) 286-6020, poste 23 De 10 h et 13 h 30 (2 représentations) Activité 2 Rencontre avec l'auteur André Mathieu 19 h 30 Bibliothèque du Plateau Mont-Royal/ Bibliothèque de Mile-End Activité 1 Bibliothèque Plateau Mont-Royal 465, av.du Mont-Royal Est (514) 872-2270 Bibliothèque Mile-End 5434, av.du Parc (514) 872-2141 Jeu questionnaire sur la littérature.Durée du concours : du 1er au 23 avril Activité 2 Tournée littéraire du Plateau Mont-Royal Départ Place Gérald Godin, en face de la bibliothèque Plateau Mont-Royal.18 h Activité 3 Bibliothèque Plateau Mont-Royal Rencontre avec l'illustrateur Stéphane Poulin.10 h Activité 4 Bibliothèque Mile-End Rencontre avec l'illustrateur Stéphane Jorisch.13 h Bibliothèque Mercier 8105, rue Hochelaga (514) 872-8736 Rencontre avec l'auteur jeunesse Yanick Comeau.13 h 30 Bibliothèque municipale de l'Île Bizard 500, rue de l'Église (514) 620-6331, poste 142 Des jeunes de 3 à 16 ans rencontrent l'auteure Sophie-Luce Morin 13 h 15 Bibliothèque municipale Saul Bellow 3100, rue Saint-Antoine, Lachine (514) 634-3471 Rencontre avec l'écrivain Yves Beauchemin et le libraire Henri Tranquille 19 h Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis (514) 873-1100 IMAGINE TA BIBLIOTHÈQUE IDÉALE Exposition de maquettes, dessins et textes de jeunes de 5 à 16 ans.Du 23 avril au 31 mai, du mardi au samedi, de 9 h à 17 h Bibliothèque publique de Pointe-Claire 100, av.Douglas Shand (514) 630-1218 Activité 1 (en anglais) Rencontre avec des auteurs de romans policiers.19 h 30 Activité 2 Des élèves du primaire rencontrent l'auteure Marthe Pelletier.13 h 30 Activité 3 L'heure du conte pour les enfants de 4 à 8 ans (sur réservation).De 19h à 19h45 Activité 4 (en anglais) 68, av.Prince-Edward (514) 630-1219 A story celebrating books for the 4 to 8 years old (Registration required) 7:00 to 7:45 p.m.Bibliothèque Reginald-J.-P.-Dawson 1967, boul.Graham (514) 734-2969 DU LIVRE AU PAPLIÉ « SCULPTURE-PLIURE » OU L'EFFET DE BOOMERANG Atelier de Paule Samson.(Inscription obligatoire) 14h(en français) et 15h15 (en anglais) Bibliothèque Robert-Bourassa 40, av.Saint-Just (514) 495-6270 Activité 1 Concours SI J'ÉTAIS UN HÉROS DE LIVRE, JE SERAIS\u2026 Du 1er au 23 avril Activité 2 Des élèves du primaire rencontrent l'auteure Cécile Gagnon.10 h Activité 3 Concours MON COUP DE COEUR Heure du tirage : 18 h Bibliothèque Saint-Michel 7601, rue François-Perreault (514) 872-3910 Des jeunes de 6 à 12 ans rencontrent l'auteure Nadia Ghalem.14 h Centre biblio-culturel de Montréal-Nord 4255, place de l'Hôtel-de-Ville (514) 328-4151 Des jeunes de 6 à 12 ans rencontrent l'auteur François Gravel.13 h 30 Centre des femmes de Montréal 3585, rue Saint-Urbain (514) 842-4780 Rencontre avec l'auteure et travailleuse sociale Claire Leduc.De 13 h 30 à 15 h 30 Coopsco Brébeuf Collège Jean-de-Brébeuf, Local G1-62 5625, av.Decelles (514) 342-3665 Rencontres avec des auteurs, anciens de Brébeuf.De 12 h 45 à 14 h 25 CPE Notre-Dame-de-Grâce 4020, av.Hingston (514) 484-3352 Exposition de livres réalisés par des enfants, rencontre avec l'auteure Dominique Jolin et ateliers sur la littérature pour la jeunesse.De 15 h à 19 h Éditions Triptyque et la revue Moebius Chez Baptiste 1045, rue Mont-Royal Est (514) 522-1384 LECTURE-SPECTACLE PUBLIQUE 20 h Fondation pour l'alphabétisation Centre Patro Le Prévost 7355, rue Christophe-Colomb (514) 289-1178, poste 221 L'auteure Marie Laberge et Alain Denis rencontrent des adultes en démarche d'alphabétisation.De 13 h à 16 h 30 Librairie Biosfaire 4571, rue Saint-Denis (514) 985-2467 Activité 1 RÉFLEXION SUR LE SYSTÈME MÉDICAL AU QUÉBEC 15 h Activité 2 LE CANCER : TOUTES LES RÉPONSES À VOS QUESTIONS 19 h Librairie Monet 2752, rue De Salaberry (514) 337-5982 Rencontre avec l'auteur Pierre Légaré.De 16 h à 18 h Librairie Le Parchemin/ Éditions Trait d'union 505, rue Sainte-Catherine Est (514) 845-5243 Lecture de poésie pour les 16 à 30 ans 11 h L'Itinéraire, Café sur la rue Café sur la rue 1104, rue Ontario Est (514) 597-0238, poste 32 Rencontre avec l'auteure Monique Proulx 11 h La Magnétothèque 1055, boul.René-Lévesque Est, bureau 501 (514) 282-1999 La comédienne et auteure, Francine Ruel, remet le prix Raymond- Charrette.De 11 h 30 à 13 h 30 L'Union Française 429, rue Viger (514) 845-5195 LES PÉCHÉS CAPITAUX ET LA LITTÉRATURE avec l'écrivain Nadine Grelet.19 h Maison des écrivains 3492, av.Laval L'écrivain au coeur du livre et du droit d'auteur, troisième table ronde de la série L'ÉCRIVAIN AU COEUR DU MONDE, animée par la journaliste et écrivaine Aline Apostolska.Avec Chrystine Brouillet, Dyane Léger, Catherine Mavrikakis et Serge Patrice Thibodeau.Diffusion en direct sur la chaîne culturelle de Radio-Canada (100,7 FM) 19 h Laval Bibliothèque Émile-Nelligan 325, boul.Cartier, Laval-des-Rapides (450) 662-4973 LE RENDEZ-VOUS SCIENTIFIQUE DU PROFESSEUR TECTONIK 13 h Bibliothèque Gabrielle-Roy 3505, boul.Dagenais, Fabreville (450) 978-8909 VACCINS ET VACCINATION 13 h Bibliothèque Germaine-Guèvremont 2900, boul.De la Concorde Est, Duvernay (450) 662-4002 Activité 1 LA CHIMIE DU CORPS HUMAIN 13 h Activité 2 Exposition d'oeuvres littéraires.De 10 h à 21 h Bibliothèque Laure-Conan 4660, boul.des Laurentides, Vimont (450) 662-4975 DES SOULIERS À TALONS AIGUILLES AU FOUR MICRO-ONDES 19 h 30 Bibliothèque Marius-Barbeau 1245, montée du Moulin, Saint-François (450) 978-3940 Activité 1 LE RENDEZ-VOUS SCIENTIFIQUE DU PROFESSEUR TECTONIK 10 h Activité 2 SPÉCIAL LIVRES (Inscriptions requises au 450-978-3940) 19 h Activité 3 OFFREZ UN BILLET DOUX\u2026 Toute la journée Bibliothèque Multiculturelle 1535, boul.Chomedey, Chomedey (450) 978-5995 LE FONCTIONNEMENT DE L'OEIL ! 10 h Bibliothèque Philippe-Panneton 4747, boul.Arthur-Sauvé, Laval-Ouest (450) 978-8919 Activité 1 UN AIR DE FAMILLE 10 h Activité 2 Heures du conte Toup'tilitou, pour les 0-5 ans.13 h et 14 h 30 Bibliothèque Sylvain-Garneau 187, boul.Sainte-Rose, Sainte-Rose (450) 978-3940 Activité 1 Rencontre avec l'illustratrice Doris Barrette 10 h Activité 2 Lancement du livre de Yvonne Gardy-Trillaud De 16h à 18h Activité 3 LE CLONAGE : LE QUOI, LE COMMENT ET LE POURQUOI ?19 h 30 Bibliothèque Yves-Thériault 670, place Publique, Sainte-Dorothée (450) 978-6599 Activité 1 Heures du conte Toup'tilitou, pour les 0-5 ans.10 h Activité 2 MICRO « BINGO » : LES CINQ FAMILLES DE MICROBES 19 h Centre de ressources documentaires Alain-Grandbois 4300, boul.Samson, Chomedey (450) 978-3671 HISTOIRE DE LA MICROBIOLOGIE 19 h 30 Rive sud de Montréal Bibliothèque municipale de Longueuil 100, rue Saint-Laurent Ouest (450) 463-7181 Activité 1 L'HEURE DU CONTE EN PYJAMA AVEC L'AUTEURE MARIE-NICOLE MARCHAND.10h et 18h 30 Activité 2 RAYMOND LÉVESQUE : DES MOTS\u2026 À LA PAROLE 19 h 30 Librairie Alire 825, rue Saint-Laurent Ouest (450) 679-8211 Rencontre avec l'auteur Kees Vanderheyden 10 h Librairie Le Fureteur 25, rue Webster (450) 465-5597 Rencontre avec l'auteur Jean-Michel Lienhardt 10 h 30 Yvonne\u2026 simplement Décrétée en 1995 par l'UNESCO, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur fête sa 8e édition au Québec.Pour célébrer cette fête du livre, de nombreuses activités sont organisées à travers la province.Pour informations : 1 800 459.0775 www.jmlda.qc.ca 3135732A 3107988A 7LP0601F0420 F-6 7LP0601F0420 ZALLCALL 67 23:13:27 04/19/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 20 AVRIL 2003 photo SPACE IMAGING EURASIA Le satellite IKONOS photo DIGITALGLOBE Le satellite Quick Bird Un oeil dans l'espace au-dessus de l'Irak Les satellites de reconnaissance américains auront été un élément vital dans la préparation des opérations militaires en Irak O L I V I E R - L O U I S ROBERT collaboration spéciale Il ne s'est pas écoulé trois heures, durant la campagne américaine en Irak, sans que le territoire de ce pays ne soit observé par un satellite américain de reconnaissance à haute résolution.Le National Reconnaissance Office (NRO), l'organisme chargé d'exploiter ces satellites-espions pour le compte du Pentagone, de la CIA et de la National Security Agency, emploie trois satellites-optique et trois satellites-radar.Les premiers, des Keyhole Advanced KH-11, sont capables d'observer en lumière visible et en infrarouge.Les trois autres, connus sous leur nom de code Lacrosse, sont capables de fonctionner de nuit comme de jour et de voir à travers les nuages ou la fumée.Ils sont particulièrement utiles au repérage des blindés.Leur précision leur permet notamment de faire la différence entre un char et un transport de troupes.Chacun de ces six satellites, d'un poids de 15 tonnes et de la taille d'un autobus scolaire, a été placé sur une orbite polaire de manière à produire des images sur lesquelles on peut distinguer, de jour, des objets d'à peine 10 cm, et de nuit, des détails d'un mètre.Ils ne peuvent pas voir à travers les bâtiments, mais les images 3D qu'ils fournissent sont déterminantes pour évaluer avec précision les forces de l'ennemi et pour planifier les stratégies d'attaque.Selon Craig Covault, le vétéran chroniqueur de l'espace au magazine spécialisé Aviation Week & Space Technology, les images envoyées par satellites-relais au siège de la National Imagery and Mapping Agency (NIMA) à Dulles, en Virginie, pour y être traitées, sont retransmises presque en temps réel au théâtre des opérations au moyen d'un système de télédiffusion directe à haut débit.« Ces images, couplées aux enregistrements de conversations captées par les satellites d'écoute électronique, ont servi à cibler, par exemple, les bâtiments où auraient pu se cacher Saddam Hussein et son état-major, lors de l'attaque du 20 mars.Les pilotes des deux F-117 qui ont lancé leurs bombes guidées par le système GPS pouvaient consulter les images les plus récentes sur leur écran de bord.» Le Pentagone étant avare de détails au sujet de ces satellites, c'est par des recoupements d'informations recueillies par des analystes indépendants, tels Dwayne Allan Day, du Musée national de l'air et de l'espace, à Washington, ou encore Ted Molzcan, astronome amateur de Toronto, qu'on peut se faire une idée précise de leurs capacités opérationnelles.Les révélations de Hubble C'est en établissant une comparaison avec le télescope spatial Hubble que ces analystes ont pu déduire les capacités des satellites électrooptiques Keyhole de la série KH- 11.« On sait aujourd'hui que le Hubble a emprunté toute sa technologie, même celle de l'optique adaptable, qui a amélioré sa vision, aux KH-11, dont le premier exemplaire a été mis sur orbite en 1976, explique Ted Molzcan.À partir de là, on peut donc calculer avec assez de précision la résolution de l'image du gros satellite de reconnaissance.L'optique du KH-11, basée sur la technologie CCD utilisée dans les caméras vidéo, lui permet de capter des images où on peut discerner des détails de 6 à 10 cm, selon l'altitude du satellite.» Évidemment, il faut d'abord connaître les paramètres orbitaux de ces KH-11, s'empresse d'ajouter M.Molzcan, qui se spécialise justement dans la poursuite par télescope de ces objets spatiaux.« L'inclinaison et l'altitude de l'orbite sur laquelle ces satellites évoluent révèlent beaucoup d'indices quant à leur mission puisque cela affecte directement le degré de résolution de leurs images.» Ainsi, les trois satellites optiques Keyhole Advanced KH-11 présentement dans l'espace suivent une orbite inclinée à 98 degrés par rapport à l'équateur.Comme il s'agit d'une orbite excentrique, l'altitude de ces objets varie entre 412 km et 853 km.Plus ils sont près de la Terre, meilleure sera la résolution de leurs images.Le plus récent de ces satellites, lancé en octobre 2001, utilise ses instruments infrarouges pour observer Bagdad, qu'il survole chaque jour vers 2 h (heure locale) en direction nord.Le second KH- 11, lancé en décembre 1996, survole d'abord la capitale irakienne en matinée, en direction sud.Puis il revient au-dessus du centre de l'Irak un peu avant minuit, se dirigeant vers le nord cette fois.Enfin, le troisième KH-11, lancé en décembre 1995, suit les traces du premier.Le plus ancien des satellites-radar Lacrosse, lancé en 1991, parcourt une orbite inclinée à 57 degrés alors que les deux plus récents de la série, lancés respectivement en 1997 et en 2000, ont été placés sur une orbite de 68 degrés, évoluant à une altitude de 684 km audessus de la Terre.Leur imagerie, couplée à celle produite par les satellites optiques, permet d'établir une cartographie numérique des accidents et des élévations de terrain.On a pu récemment se faire une idée des capacités opérationnelles des satellites Keyhole, à la suite de la tragédie de Columbia.Le Washington Post, dans sa livraison du 14 mars dernier, rapportait qu'un analyste de la NIMA aurait offert à la NASA de mettre à sa disposition, dès le 18 janvier, des satellites KH- 11 qui auraient pu observer à distance Columbia afin de déterminer l'étendue des dommages à ses tuiles.Devant cette révélation impliquant la sécurité nationale, l'avocat- conseil de l'agence spatiale américaine enjoignait aux gestionnaires de la NASA de ne pas discuter auprès des médias de l'emploi de satellites de reconnaissance ultrasecrets.« Bien avant cet avertissement, je me suis fié à certaines informations qui m'ont amené à conclure que la navette Columbia aurait bel et bien pu se faire observer par un KH- 11et ce, à plusieurs reprises », raconte M.Molzcan.« J'ai alors mis au point un logiciel pour calculer en détail ces occasions de photographier le ventre de la navette spatiale.» L'astronome amateur a découvert sept occasions, entre le 20 et le 30 janvier, alors que la distance de 220 km entre les deux vaisseaux spatiaux aurait permis d'obtenir une résolution de 6 cm.Toutes proportions gardées, c'est comme si, de Pointe-aux-Trembles, vous pouviez observer la tête de la reine sur une pièce de 10 cents qui, elle, se trouverait 32 km plus à l'ouest, à Sainte-Anne-de-Bellevue, à l'autre extrémité de l'île de Montréal.photo SPACE IMAGING EURASIA Vue d'une partie de l'aéroport de Bagdad, du satellite Ikonos.Des clients militaires pour les satellites commerciaux LE LANCEMENT, le 24 septembre 1999, du satellite Ikonos a marqué de façon éclatante l'entrée du secteur commercial dans le nouveau marché de l'imagerie satellitaire à haute résolution.Ikonos, exploité par la société Space Imaging de Denver (Colorado), une filiale du groupe Lockheed Martin, voyage à 680 km au-dessus de la Terre, sur une orbite inclinée à 98,19 degrés par rapport à l'équateur.Le satellite de 720 kg est doté d'une caméra unique, produite par Eastman Kodak, capable de produire des images en noir et blanc d'un mètre de résolution et des images multispectrales (photos couleur) d'une résolution de quatre mètres.Un mètre, c'est encore loin de la résolution d'un satellite militaire Keyhole KH-11, mais ça permet tout de même de voir avec netteté des autos, des camions, des routes, des pipelines et des arbres.Le satellite Ikonos a provoqué une véritable révolution dans l'observation de la Terre en procurant au marché commercial et aux médias un accès réservé jusque-là aux militaires et aux gouvernements, à une imagerie satellitaire de haute qualité.Durant la guerre d'Irak, on a vu régulièrement sur CNN ou RDI des images satellitaires de Bagdad fournies gracieusement par Space Imaging et par Digital Globe, un compétiteur de Longmont (Colorado) qui, lui, exploite Quick Bird, un satellite en orbite depuis le 18 octobre 2001, et qui est encore plus performant qu'Ikonos puisqu'il peut produire des images de 61 cm de résolution.Les militaires ont pris acte de l'émergence de cette nouvelle réalité.Alors que le NRO \u2014 National Reconnaissance Office \u2014 construit et lance les satellites de reconnaissance, la NIMA (National Imagery and Mapping Agency, créée en 1996, qui assigne une mission à ces satellites et qui coordonne l'analyse des images satellitaires destinées aux utilisateurs du Pentagone et des organisations nationales de sécurité) est submergée de requêtes en imagerie de la part de ses clients militaires.Pour y répondre efficacement, elle a lancé une initiative visant à utiliser les mêmes technologies de l'information en pratique dans les marchés commerciaux en vue de provoquer une révolution au sein de la communauté américaine du renseignement.Pour ce faire, il s'agit d'intégrer rapidement les images provenant des satellites commerciaux à celles produites par les satellites secrets de reconnaissance et en augmenter la valeur en les combinant avec des données géospatiales et des informations recueillies par des avions de reconnaissance ou des drones Predator et Global Hawk.L'agence s'est donc mise à utiliser les satellites commerciaux comme source principale des données de cartographie numérique qu'elle élabore. 7LP0701F0420 F-7 dimanche 7LP0701F0420 ZALLCALL 67 17:26:40 04/19/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 0 A V R I L 2 0 0 3 F 7 Graham avait de la chance.Enfin! Chapitre 13 Le rideau avait bougé; Denise était certaine que son nouveau voisin avait jeté un coup d'oeil par la fenêtre.Il devait vérifier si la rue avait été dégagée après la bordée de neige.Il ne pouvait pas s'aventurer en béquilles sur des trottoirs encombrés.Et si elle allait frapper chez lui?Lui offrir de faire ses courses?Elle voulait en savoir plus sur le Dr Legault.Était-il vraiment différent des autres médecins?André Royer avait vanté sa grande qualité d'écoute, sa disponibilité.Le cas de Kevin devrait l'intéresser.Plus que vingt-cinq heures.Demain midi, Kevin serait de nouveau près d'elle.Elle était trop en colère contre les médecins pour prendre les comprimés qu'on lui avait donnés à l'hôpital.On lui avait vanté l'effet des calmants, mais elle s'était fiée à ses bons vieux somnifères.Elle avait vu le visage de Maxime avant de s'endormir.Maxime! Elle n'aurait jamais dû le laisser s'approcher de Kevin, entrer dans leur chambre au CHUL, s'imposer.Le gamin n'avait pas pu s'empêcher de vouloir se faire remarquer en parlant de l'injection d'insuline à Nicole Rouaix.Et, bien sûr, celle-ci s'était empressée de tout rapporter au Dr Mathieu.Un hypocrite qui soutenait qu'il voulait les aider, Kevin et elle.- 88 - - Et à mentionner l'énigmatique Dr Legault.Ses yeux se sont allumés! - Tu lui refileras bientôt le numéro du Dr Legault?- Oui, dit Rouaix, la visite filmée chez un médecin et l'achat illégal de médicament, d'un médicament dont vous pourrez faire le dosage, seront de bonnes preuves en cour.- Parfait.Comme son mari ne lui répondait pas, Nicole l'interrogea.- Tu as de la difficulté à la croire coupable?- Non.Oui.C'est tellement sordide.J'étais ravi de jouer l'agent double, mais je me sens mal à l'aise depuis que j'ai rencontré Denise Poissant.J'aime mieux avoir affaire à des motards.C'est sale, c'est violent, c'est dur, mais.- Les règles du jeu sont claires.Il ne serait pas allé jusqu'à vanter la transparence des rapports entre la police et le milieu, qu'il s'agisse des motards ou de la mafia, mais il préférait nettement ceux-ci au lien qu'il entretenait avec Denise Poissant.Il avait fait un cauchemar où elle avait un corps d'araignée et s'avançait vers lui pour l'emprisonner d'un fil gluant.Elle s'apprêtait à découper Kevin et il ne pouvait rien faire pour l'empêcher parce qu'il était collé dans sa toile.- Si moi je fais de pareils cauchemars, imagine ceux du petit! Est-ce qu'il pourra se remettre d'avoir eu une telle mère?- J'ai lu le témoignage d'une femme qui est aujourd'hui sereine avec son mari et ses enfants après avoir suivi une longue thérapie.Sa mère l'avait pourtant martyrisée jusqu'à l'âge de neuf ans.- Est-ce que c'est moi qui vieillis ou le monde est-il de plus en plus fou?- Tu n'es pas si vieux, mon chéri.Tu séduis de belles blondes.- Je vais parler à Martin ce soir.Qu'il m'appelle dès qu'il rentrera à la maison.Quand il saura exactement ce que je fais ici, il comprendra que je ne m'amuse pas autant qu'il le croyait.C'est tout de même flatteur.moi, un grand séducteur! Il souriait encore quand elle raccrocha.Il lui tardait d'être auprès de sa femme.Il achèterait des fleurs avant de rentrer chez lui.Des roses.Elle avait été tellement émerveillée par celles qui envahissaient les jardins du musée Rodin à Paris, qu'elle avait tenté d'en planter de semblables à Québec.Les rosiers ne s'étaient pas élancés aussi haut que ceux qu'elle avait vus là-bas, mais Nicole avait répété tout l'été que leur parfum embaumait le ciel.Il s'arrêterait rue Cartier, chez Fleurs d'Europe.Alain Gagnon y achetait les bouquets subtils qu'il offrait à Graham.On pouvait se fier au médecin légiste pour exiger de la qualité.Rien n'était jamais trop beau quand il s'agissait de Graham.Rouaix s'en réjouissait.Il aim professionnalisme, son intérêt pour le travail des enquêteurs.Il était rapide, efficace, précis.Et modeste.Rouaix appréciait par-dessus tout cette qualité.Gagnon ne donnait pas de leçons; il partageait ses informations.À S U I V R E la courte échelle Les éditions de la courte échelle inc.5243, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec) H2T 1S4 © 2000 Les éditions de lacourte échelle inc.ROM20AL LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE JE VIENS JUSTE DE SERRER LA MAIN AU BEAGLE DE PÂQUES ET IL M'A DONNÉ UN OEUF PEINT! LE «BEAGLE DE PÂQUES»?GARFIELD FERDINAND COMIC20ALM 7LP0801F0420 F-8 dimanche 7LP0801F0420 ZALLCALL 67 18:00:16 04/19/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 20 AVRIL 2003 Nos gagnants LE CONCOURS de photos d'oiseaux le Biodôme/La Presse a connu un autre succès cette année puisque que près 600 clichés ont été soumis par les participants, une centaine de plus que l'an dernier.Presque une centaine de photos a aussi été présentée dans la catégorie « oiseaux de compagnie », une progression considérable.Et la plupart étaient de grande qualité.Le jugement a eu lieu jeudi le 10 mars et le jury était composé de Normand David, directeur général de l'Association des groupes d'ornithologues, de Pierre Mc Cann, photographe à La Presse et de l'auteur de ces lignes, sous la supervision du directeur du Biodôme de Montréal, Jean-Pierre Doyon.Toutes les photos seront présentées lors d'une exposition qui se tiendra dans le cadre d'Ornithologie en fête, au Biodôme, du 3 au 25 mai.Les auteurs et « leurs » oiseaux seront dûment identifiés.Plusieurs photos seront ensuite utilisées pour illustrer la chronique À tire d'aile, en plus des photos gagnantes, qui auront droit, comme par le passé, à un traitement plus élaboré.Le jugement a aussi donné lieu à une surprise de taille cette année puisque les trois photos gagnantes de la catégorie « oiseaux de ville et de banlieue » étaient signées par la même personne, Paule Baillargeon, de Drummondville.Les juges ont aussi décerné une mention spéciale à Michel Lavoie, de Laval.Dans la catégorie libre, les 1er, 2e et 3e prix sont allés respectivement à Claude Ponthieux, de Sherbrooke, Michel Boulet, de Montréal, et Vincent Lamoureux, de l'arrondissement de Pierrefonds.Mention spéciale à Alois Venerel, de Montréal.Par ailleurs, les photographes à l'honneur dans la catégorie « oiseaux de compagnie » sont, dans l'ordre : Myriam Sergerie, de Montréal, Martine Jutras, de Sainte-Rose, et Suzanne Martin, de l'arrondissement de La Salle.Mention spéciale à Michel Aubin, de Roxton Pond.Une trentaine de prix de participation ont aussi été attribués par tirage au sort.On peut consulter la liste des gagnants sur le site Internet du Biodôme : www.biodome.qc.ca.Le grand gagnant est Louis Vaillancourt, de Mascouche.Il gagne un séjour d'une semaine pour deux, tout frais payés, à l'auberge Fort Prével, en Gaspésie, propriété de la SEPAQ.Félicitations aux auteurs primés et grand merci à tous les participants.Attention ! Ne rangez pas votre appareil.Le concours revient l'an prochain.Et avec le printemps qui arrive, voilà autant d'occasions de croquer d'excellents sujets.LE CARNET D'OBSERVATION Le retour du cardinal Femelle branchue devant son nid dans un petit bois du quartier Chomedey, à Laval.Cette photo de Louis Vaillancourt a obtenu le grand prix du concours le Biodôme-La Presse 2003.Sur la photo de droite, le mâle.Histoire d'une cane et de sa photo À TIRE D'AILE Elle n'a rien du panache de son mâle, c'est le moins qu'on puisse dire.Avec sa livrée flamboyante, le canard branchu mâle est souvent considéré comme le plus beau de tous les canards, sinon de toute notre faune ailée.Et c'est sans contredit le plus spectaculaire.Madame se fait beaucoup plus discrète avec sa robe grise et ses yeux cerclés de blanc, si différente à vrai dire, qu'elle semble d'une autre espèce.L'évolution a voulu, semble- t-il, que celle qui a charge de la progéniture attire le moins l'attention possible.Beau cas de dimorphisme sexuel, comme disent les biologistes.Comme son nom l'indique, le canard branchu niche dans les arbres, dans la forêt humide, souvent dans un milieu sujet aux inondations printanières.Il aménage habituellement son logement dans un nid de grand pic ou dans une anfractuosité, mais il s'installera volontiers dans un nichoir artificiel construit à son intention.L'entrée de la cavité peut être d'un diamètre aussi étroit que 9 cm, mais elle est habituellement un peu plus grande, parfois jusqu'à 30 cm.Comme pour bien d'autres dans le monde ailé, une foule de tâches domestiques incombent à madame.C'est elle qui choisit l'emplacement du nid, qui le garnit, qui y pond une douzaine d'oeufs qu'elle couve seule alors que monsieur monte une garde plus ou moins attentive non loin du nid.D'ailleurs il quittera les lieux avant la fin de la couvaison pour disparaître dans le décor, nous dit l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.C'est donc elle qui s'occupera aussi de faire l'éducation des petits, éducation qui sera plutôt de courte durée, les petits étant souvent laissés à eux-mêmes en bas âge.Il faut dire toutefois qu'il s'agit de la seule cane parmi toutes ses congénères nord-américaines à couver deux fois par année, même si le phénomène n'est pas régulier.Et quelques petits de plus ne seront guère de trop, en effet.Si les oisillons doivent faire un saut périlleux lors de leur sortie du nid, parfois d'une dizaine de mètres, l'expérience se déroule habituellement sans trop de heurts.Les prochains pas s'annoncent cependant beaucoup plus dangereux et nombreux sont les canetons qui n'atteindront jamais l'étang ou le lac recherchés.Les prédateurs de toutes sortes sont aux aguets sans oublier les accidents de parcours.Un bois en voie de disparition Ce fut probablement le cas de la couvée de notre vedette du jour, surprise par Louis Vaillancourt, de Mascouche, chercheur en chimie médicale, le gagnant du grand prix du concours de photo le Biodôme/La Presse, édition 2003.Employé d'une compagnie pharmaceutique installée dans le parc scientifique de Laval, dans le quartier Chomedey, M.Vaillancourt s'intéresse aux oiseaux depuis son tout jeune âge (ses parents en entretenaient plusieurs).Ce n'est que depuis deux ans qu'il s'adonne régulièrement à la photo de nature, depuis qu'il a acheté un bon équipement, précise-t-il.Il raconte que lors de sa promenade du midi, dans un bois tout près, il avait noté la présence d'un gros trou dans un arbre.Or, par une journée de beau temps, il décide de traîner son appareil avec lui.«Surprise, je réalise qu'une cane est confortablement installée devant le trou, manifestement en train de prendre une petite pause, raconte-t-il.L'oiseau est immobile, la tête sous les plumes, bien camouflé par rapport à son environnement immédiat.J'ai obtenu l'entière collaboration du sujet.Si bien qu'à un moment donné, la cane a levé la tête pour offrir un meilleur profil.» Ce qui étonne toutefois le photographe, c'est que la rivière des Prairies est à plusieurs pâtés de maisons du nid, plusieurs rues plus loin.«Je me demande comment les petits ont pu se rendre à l'eau sans encombre.Il y a fort à parier qu'une partie de la marmaille effectivement disparu chemin faisant.M.Vaillancourt signale par ailleurs que le petit bois en question s'est rétréci depuis l'an dernier et que cette année, des habitations poussent tout à côté de l'arbre de madame branchue.Signalons justement que les femelles de cette espèce ont tendance à revenir au même nid année après année et que leurs petits, du moins les femelles, s'installeront aussi dans les environs du logement qui les a vu naître.Le taux de mortalité relativement élevé des oisillons n'a pas empêché la population de branchus de progresser vers le nord du Québec ces dernières décennies.Au point qu'il s'agit aujourd'hui d'une des espèces qui figurent le plus souvent au tableau de chasse des chasseurs de canards québécois.Mais l'oiseau a connu des jours infiniment plus sombres.Au début du siècle, il était décimé.Si bien que la chasse a été fermée durant des décennies, jusqu'en 1950.LE CARNET D'OBSERVATION PLUSIEURS APPELS et courriels de lecteurs ces trois dernières semaines pour signaler, une fois de plus, le manège de cardinaux à leur fenêtre.Espèce très territoriale, le cardinal rouge se lancera à l'assaut de votre fenêtre, qui, comme un miroir, refléte sa propre image.Il croit voir un rival.Malheureusement, il est bien difficile d'expliquer la situation au cardinal et le manège peut se poursuivre durant des jours, sinon des semaines, avec la pluie de déjections qui s'ensuit.Malheureusement, encore une fois, il faudra vous astreindre à faire fuir l'oiseau au moyen d'objets qui pendent au-dessus de vos fenêtres, à l'extérieur, où encore à faire de la lumière à l'intérieur pour atténuer ou éliminer l'effet-miroir.Certains conseillent aussi de placer un carton à la fenêtre qui suscite l'instinct belliqueux de l'oiseau, histoire d'éviter la réflexion.Il n'existe pas d'autres recettes miracles, que je sache, et les trucs mentionnés ne donnent pas toujours des résultats immédiats.Plusieurs autres espèces, dont le merle d'Amérique, s'adonnent au même manège durant la période de reproduction, mais la situation prend fin quand le mâle doit aider la femelle à nourrir la marmaille.Rendez-vous dans les îles de Boucherville LE PARC national des Îles-de-Boucherville vous invite à participer à son programme d'activités ornithologiques qui débute dimanche prochain, le 27 avril, par une tournée d'observation en canot rabaska dans un paysage fort agréable.En circulant dans les chenaux, on pourra découvrir canards, poules d'eau ainsi que plusieurs échassiers.L'excursion, qui sera aussi offerte chaque dimanche de mai, est d'une durée de deux heures et demi.Le départ aura lieu à 9 h 30.Le nombre de participants est limité à 24.Les frais sont de 5 $ par adulte (2,50 $ pour les enfants de 12 ans et moins).Il est conseillé de réserver au (450) 928-5088.On pourra aussi s'inscrire à deux stages d'initiation à l'observation d'oiseaux qui auront lieu les 2 et 7 mai.Les lunettes d'approche et les guides d'identification sont fournis.Cette activité est d'une durée de trois heures et les frais sont de 10 $ (12 ans et plus).On accède au parc par le pont-tunnel Louis- Hippolyte-Lafontaine.Les droits d'entrée sont de 3,50 $ par personne ( tarif familial: deux adultes, deux enfants): 7 $.Le stationnement est gratuit.Photo ANDRÉ GIRARD, concours le Biodôme/La Presse "]
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