Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

La presse, 2003-05-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 7LP0101F0504 F-1 dimanche 7LP0101F0504 ZALLCALL 67 18:05:18 05/03/03 B EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 4 M A I 2003 Voir IDÉAL en F2 Voir FREY en F2 L'invention des nuages, Richard Hamblyn > BIOGRAPHIE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 3 Petites histoires pour devenir grand, Sylvie Carquain > PSYCHO POP \u0001\u0001\u0001\u0001 1/2 Page 3 Freud en question, Ginette Pelland > ESSAI \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 4 Route barrée en Montérégie, François Barcelo > ROMAN COMIQUE \u0001\u0001\u0001 Page 2 C Photo RÉMI LEMÉE, La Presse © omme bien des garçons de leur âge, Matthieu, Jonathan, Richard, Nicholas et Patrick ne placent pas la lecture au top de leurs loisirs.Encore moins la lecture imposée par les professeurs du collège Loyola, où ils font leur cinquième année du secondaire.Alors, imaginez leur dépit quand ils doivent lire un roman écrit dans une autre langue que leur langue maternelle! Car les élèves du collège Loyola, une institution privée catholique pour garçons de Montréal, sont anglophones.Et leur professeure de français, Marie- France Mérette, se démène pour leur trouver des ouvrages qui parviendront à les accrocher, malgré la barrière du langage.La dame est futée : elle trouve des romans qui n'ont pas encore été traduits en anglais, puisqu'on connaît l'ingéniosité des jeunes pour trouver des raccourcis qui facilitent la tâche.Elle a d'abord trouvé Nébulosité croissante en fin de journée, un polar signé par l'écrivain québécois Jacques Côté.Un polar qu'ils ont adoré.D'autant plus qu'ils ont pu rencontrer son auteur pendant le semestre d'automne.«Il était très drôle et intéressant», se souvient Jonathan.«J'ai été impressionné par leurs travaux et les efforts qu'ils ont faits, dit Jacques Côté, qui est aussi professeur de littérature au cégep.C'est tout de même un livre de 400 pages, alors que j'hésite moi-même à en proposer d'aussi longs à mes étudiants! J'ai été charmé par leur enthousiasme.» Les élèves du collège Loyola ressemblent, avec leurs costumes et leurs bonnes manières, à ceux du film Le Cercle des poètes disparus.«Et moi, je sentais que je devais performer comme Robin Williams! » renchérit l'écrivain.Lors de cette rencontre, Jacques Côté leur a révélé en primeur une partie de l'intrigue de son roman fraîchement sorti de l'imprimerie, Le Rouge idéal, qui mettait encore en vedette le lieutenant Daniel Duval.Les aventures de l'enquêteur de la SQ avaient à ce point séduit certains garçons (environ une vingtaine) que ceux-ci ont insisté auprès de leur prof pour que le roman soit au programme du prochain semestre.Ils voulaient savoir ce qui allait arriver à leur héros, puisque Le Rouge idéal se passe quelques années après la fin de Nébulosité croissante en fin de journée.«Le problème, c'est que je ne l'avais pas encore lu!», raconte Marie-France Mérette.Mais un bon prof comprend quand il tient un bon filon et ne s'arrête pas en plein milieu d'une si belle route.Marie-France a donc fait ses devoirs pendant les vacances de Noël et a lu Le Rouge idéal.Un alléchant roman policier, avec tout ce qu'il faut d'action, de mystère.et de descriptions macabres.Nouveau problème: les parents allaientils être d'accord avec cette lecture?Après tout, ce n'est pas la première fois que des adultes s'offusquent de ce que l'on présente à leurs enfants ; on n'a qu'à se rappeler les fréquents scandales provoqués par Le Grand Cahier, d'Agota Kristof.Jacques Côté connaît cette responsabilité et ce qu'elle implique: «Quelques- uns de mes collègues ont déjà reçu des appels de parents outrés par certains ouvrages qu'ils avaient proposés aux étudiants.» La nouvelle enquête du lieutenant Duval se déroule à Québec en 1979.Un meurtrier fou sème des pistes : des bouts de poèmes, des messages misogynes écrits avec du sang, une main coupée, le cadavre violé d'une jeune fille dans un cimetière.L'homme \u2014 un veuf qui déteste la cigarette \u2014 doit en même temps composer avec le nouveau copain exaspérant de sa fille adolescente, qu'il élève seul.Humour et horreur se mélangent allègrement dans l'écriture de Côté.«Sauf que je ne tiens pas à montrer la violence en action, mais plutôt son constat, explique-t-il.Je ne me complais pas dans des scènes de violence.Le livre est dur par les thèmes, les propos, certaines scènes, il y a des modèles masculins un peu dérangeants, mais il y a aussi des modèles d'hommes qui sont très beaux.C'est équilibré, comme le ying et le yang.» Les élèves ont donc dû faire signer une décharge à leurs parents pour pouvoir lire Le Rouge idéal.Ils ont tous réussi à convaincre «les autorités»! Ils en sont bien heureux, puisqu'ils le trouvent même meilleur que Nébulosité croissante en fin de journée.«Dans le premier, on savait dès le départ qui était le meurtrier, contrairement au deuxième», dit Patrick.Disons aussi que retrouver un personnage qu'on a aimé est à la fois sécurisant et agréable.Les garçons se souviennent encore en frissonnant de la lecture des Indes noires de Jules Verne.«C'était tellement difficile qu'après ça, tout était facile», s'exclame Nicholas.Ce n'est pas un jugement de valeur.Le Rouge idéal fait tout de même 430 pages.Ce que les élèves apprécient, c'est l'actualité linguistique du roman de Jacques Côté, où se côtoient le littéraire et le langage parlé.Et le fait que l'action se déroule à Québec n'est pas non plus négligeable.«C'est une façon pour eux de s'approprier le contexte où ils vivent, c'est à dire le Québec», dit Marie-France Mérette, pour qui ce détail compte.Elle leur soumet régulièrement les paroles de chansons francophones de groupes comme Dubmatique ou Les Colocs, afin qu'ils se frottent un peu à la culture de «l'autre solitude», où ils vivent les années les plus marquantes de leur vie.Un des sujets de travail proposé à partir des romans de Jacques Côté était de dessiner la carte des lieux de l'intrigue, ce qui permettait aux élèves de mettre une image réelle sur ce qu'ils avaient lu.«Les garçons aiment beaucoup le concret », précise la prof, qui a aussi imaginé un travail vidéo où les garçons doivent écrire et interpréter un téléjournal inspiré des événements du roman.PARIS \u2014 Dans le très réjouissant film de Bertrand Tavernier, La Fille de d'Artagnan, il y a quelques années, Sami Frey avait hérité du personnage d'Aramis : le plus littéraire, calculateur, mystérieux et solitaire des célèbres mousquetaires.Même dans les comédies les plus joyeuses, Sami Frey attire à tous les coups les rôles de ténébreux.Mais rassurons-nous : mise à part une apparition, il y a quelques siècles, dans la sirupeuse Angélique marquise des anges, Sami Frey n'a pas souvent donné dans la comédie légère ou le divertissement commercial.Au cinéma, il avoue avoir eu parfois affaire à la «contingence», pour reprendre un concept sartrien: «Je ne regrette rien, mais il m'est arrivé parfois de simplement gagner ma vie».Rien de déshonorant: beaucoup de films d'auteur discrets et des rôles dans des films grand public comme César et Rosalie.Au théâtre, par contre, «Je n'ai jamais rien fait que je n'aie vraiment désiré.Je vais là où mon intérêt me porte».Ce qui nous donne un palmarès aussi brillant qu'exigeant, en compagnie des meilleurs metteurs en scène de l'époque, Chéreau, Lavelli, Régy, et d'auteurs comme Sarraute, Duras, Henry James.Sans oublier un Hathan le sage, de Lessing, monté par Denis Marleau en 1999, dans la Cour d'honneur du Palais des Papes.Non sans quelques frictions: «Marleau était un peu largué», murmure Sami Frey de façon un peu énigmatique.Et lorsque Sami Frey \u2014 par ailleurs sex symbol de toute une génération, avec Mastroiani et Gianni Esposito pour tout rival \u2014 s'est aventuré dans ce qu'il préfère, c'est-à-dire la mise en scène, la conception totale d'un spectacle de théâtre, c'était pour monter Pinter, ou alors Je me souviens, de Pérec, monté sur un vélo de course.Ou, mieux encore, le texte bien peu frivole de L'Ecclésiaste.L'ami Sami ne fait pas vraiment dans le comique troupier ou le racolage.Et tant pis si de distinguées intellectuelles ont eu pendant deux décennies sa photo épinglée au mur.De la même manière qu'il y eut des moines-soldats, celui qui forcément incarna un jour au théâtre Antonin Artaud appartiendrait volontiers à la caste des moines-acteurs, qu'on ne détourne pas facilement de leur mission.Une célébration intellectuelle Si je le vois, l'autre jour, en fin de matinée, à l'incontournable et discret bar du Lutétia, à Paris, c'est qu'il est sur le point d'amener à Montréal ce qu'on pourrait appeler son dernier «travail» : la lecture en 12 séances d'une heure des entretiens avec Sartre et Simone de Beauvoir, enregistrés par elle pendant des vacances à Rome en 1974.Le moine-acteur collaboration spéciale S A M I F R E Y collaboration spéciale Mathieu Stravo, Nicholas Grigoropoulos, Patrick Ware, Jonathan Geller et Richard le Guen ont trouvé LE livre parfait pour eux : Le Rouge idéal, de Jacques Côté.À la défense des frères Dufresne Page 3 Pauline Gill Les garçons préfèrent encore le sport, mais on peut toujours leur donner le goût de la lecture, comme l'a constaté notre journaliste, dans cette suite de notre série sur les garçons entamée hier. 7LP0201F0504 f2 lectures dimanche 7LP0201F0504 ZALLCALL 67 21:27:41 05/03/03 B LITTERATURE QUEBECOISE Trop, c'est trop REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Benjamin Tardif a longtemps roule dans sa Westfalia sur les routes des Etats- Unis.Les mesaventures n'ont pas manque .il y en avait peut-etre trop, je l'ai abandonne Pas tout a fait en Californie ., mais ce n'est pas la peine d'ecrire des romans si on n'exagere pas.Je lui ai fausse compagnie sans remords : avec la belle Soutinelle dans son lit, le voyageur n'avait surtout pas besoin de moi.Au bout de son long periple, Ben rentre chez lui, indemne.Il a dejoue ses ennemis reels ou imaginaires, il a vu des paysages extraordinaires, il a fait des rencontres memorables.Il ramene Soutinelle mais aussi, rien n'est parfait, un personnage encombrant, Justin Case, le frere blanc de la Noire.En quatre jours et autant de chapitres, le heros de Francois Barcelo retrouve donc le pays qui ne l'a jamais quitte.Il doit le presenter a ses invites, le leur faire apprecier.La tache n'est pas mince quand on a promis a l'une qu'elle deviendra actrice, a l'autre qu'il fera un excellent policier.L'une et l'autre evidemment ne causent pas francais.Ils n'arrivent pas a imaginer que des Nord-Americains puissent etre vraiment francophones, ni meme que des Quebecois ne comprennent et ne parlent pas l'anglais.Leur ignorance de la realite linguistique est une bonne source de situations comiques, que le romancier exploite comme il le peut, c'est-a-dire beaucoup.C'est l'hiver.Une tempete de neige provoque des drames qui tiennent le lecteur en haleine, sans le terroriser.Il sait que Ben survit a tous les perils, meme le mariage.Il s'agit moins de peur que de rire.L'actualite y est pour quelque chose, c'est elle qui transforme le retour au pays en roman policier pimente de donnees culturelles que la caricature deforme a peine.Dans le village sur Richelieu ou Ben et Soutinelle s'installent au moins provisoirement, on verra ainsi un mort se porter assez bien, au su de tous les villageois qui n'en diront rien.Le bonhomme veut echapper a l'emprise de personnages qui eux ne rigolent pas, des mafiosi a qui il doit seulement de l'argent et qui veulent sa peau.M.Barcelo ecrit vite et beaucoup.On le comprend.Il a ses fideles, qu'il a merites pour de bonnes raisons.Sa narration est precise et alerte, ses dialogues sonnent juste et les digressions et diversions sont generalement contenues, pour ne pas rompre le fil de l'histoire.Le meilleur, c'est que c'est drole ; dans le genre, Je vous ai vue, Marie, paru en 1990 et non encore reedite, etait une reussite.Certes, M.Barcelo ne fait pas dans la grande litterature.S'il en avait envie et se laissait aller, personne ne lui en voudrait.Le pouvoir de fascination de l'inceste L'inceste est un immense theme litteraire, qu'on retrouve dans les grandes oeuvres de tous les temps.Son pouvoir de fascination reste intact, dans la mesure ou les societes le considerent comme un crime.Dans la vraie vie, les histoires d'inceste n'ont pas la dimension epique de celle d'Oedipe et de Jocaste ; elles sont etrangeres aux oracles, elles sont tristes et noires, elles brisent souvent les victimes.On croirait a peine que les protagonistes de Ne dis rien ont ete inspires de la vraie vie.L'auteur, Marie-Genevieve Cadieux, a enveloppe son roman d'un appareil morbide assez improbable.La victime de l'oncle Jean son tuteur, Elise, alors adolescente, meurt.Au sous-sol d'un salon funeraire, un couple de techniciens en thanatologie, collegues de la morte, contribue a reconstituer sa vie.Elise y a sa part aussi, dans un jeu de flash-back habile.L'effet d'ensemble est bouleversant.Mme Cadieux rattrape le reel en faisant ressortir la complexite d'une relation ou le refus de la sexualite interdite, abusive certainement, peut etre nuance par le desir et le plaisir.Un salaud reste un salaud, et l'oncle Jean un affreux manipulateur, mais il semble que dans ces choses, la victime puisse etre un peu la complice.Tout se passe comme si Elise etait marquee par quelque destin tragique.Toute jeune encore, elle avait ete abusee psychologiquement par une camarade de classe.Apres la rupture avec l'oncle, elle aura un amant et avec lui une relation pas tres amoureuse mais plus egalitaire.L'homme s'appelle Camil, c'est un vieux veuf dont Elise .on n'en sort pas .a embaume la femme.Malgre la modernite de la forme, le roman de Mme Cadieux ne convainc pas tout a fait.On peut penser que la mort physique symbolise la mort de l'ame de la jeune niece.Pour se debarrasser de ses encombrants fantomes, faut-il pour autant qu'elle fasse l'amour dans un mausolee ?Faut-il aussi user d'un langage emphatique (ou peut-etre poetique) pour tenter de forcer la porte de l'indicible ?La jeune romanciere en fait trop, beaucoup trop.Aux declamations poetiques, elle ajoute meme la relation de reves manifestement trop precisement fabriques et orientes pour que l'inconscient de la pauvre Elise puisse s'y exprimer librement.\u0001 \u0001 \u0001 ROUTE BARREE EN MONTEREGIE Francois Barcelo Libre Expression, 176 pages \u0001 \u0001 1.2 NE DIS RIEN Marie-Genevieve Cadieux Les Herbes rouges, 160 pages Ubuesque SUZANNE GIGUERE collaboration speciale Cette action, qui maintenant va commencer, se deroule en Pologne c'esta- dire Nulle Part.(Ubu Roi).Cette citation, placee en exergue du roman Le Poids des choses ordinaires, annonce le ton ubuesque du recit.Par extension, cet adjectif qualifie un monde absurde, grotesque, domine par la bureaucratie et le bon plaisir des tyranneaux.Ce n'est pas tant l'acidite satirique et l'enormite verbale de la celebre comedie burlesque d'Alfred Jarry, mais bien la charge politique de la piece qui a certainement inspire Lise Demers pour son quatrieme roman.Roman-requisitoire, il traite du pouvoir, de tous les pouvoirs : amoureux, mediatique, financier, intellectuel, politique et de ses abus.L'action se deroule sur une journee pendant laquelle les morceaux emiettes du passe des principaux protagonistes s'enchevetrent au present.Devant les revelations qui menacent de faire tomber le gouvernement, un universitaire, un politicien, un journaliste et une comedienne, lies par un drame ancien qui risque de les eclabousser tous, sont pousses a jouer quitte ou double leur vie ou leur reputation.Dans un recit tendu, Lise Demers nous livre une etude psychologique et politique sur fond de crise culturelle et sociale.Etude psychologique Plus je vois clair en moi, dit Faust dans le drame de Goethe, plus obscur est ce que je vois.Les univers interieurs des personnages sont des espaces vertigineux de contradiction que la romanciere analyse avec une lucidite penetrante.Comme dans ses romans anterieurs (1), ses portraits psychologiques rendent compte d'hommes et de femmes pris dans la tourmente de leurs emotions qui se dispersent pour mieux se rejoindre non sans avoir passablement embrouille leur existence.Nous decouvrons le professeur Marceau, un personnage assoiffe de pouvoir et obsede par son desir de vaincre, soumettre, imposer sa loi et sa vision .Une sorte de pere Ubu (2) contemporain ; le vice-ministre Vincent, jadis porte par de grands ideaux de justice qui additionne les lachetes et les compromissions tout au long de son parcours politique ; Edouard, le journaliste incorruptible, contemplatif egare dans un monde mouvemente , dont la soif d'absolu et de liberte s'accorde mal avec sa vie conjugale et familiale.Dans Le Poids des choses ordinaires, ce sont les femmes, qu'elles soient mere, epouse ou amante, qui tiennent la barre, les dents serrees, le coeur plein d'ampoules et la tete haute .Elles arrivent parfois a exprimer ce qu'elles ont tu pendant des annees, a vivre des moments de tendresse et de rire partages, a connaitre des jours heureux qui confirment a tout etre humain qu'il n'a pas vecu en vain et qui lui redonnent la force de continuer .Etude politique Membre de la Federation des femmes du Quebec, Lise Demers milite activement, entre autres choses, pour les droits et libertes, pour la paix en Palestine et pour la levee des sanctions en Irak.L'ecriture prolonge son engagement civique.Dans son roman, elle montre comment, dans le contexte politique actuel mondial, la soif du pouvoir et du profit peut mener, au-dela de la corruption et de la trahison, a l'horreur indicible.Comment les regimes democratiques exercent une repression en douce et un controle sournois a tous les echelons en donnant l'illusion d'une grande ouverture d'esprit.Dans un autre registre, elle fustige l'indolence des societes .quebecoise entre autres .ou le confort et la serenite materielle valent davantage qu'une histoire officielle et une culture .Cette prise de parole critique et courageuse vise de toute evidence a secouer les consciences assoupies.Mais parfois le poids de la denonciation prend le dessus sur le romanesque.La litterature engagee a mauvaise presse.Il serait dommage de reduire Le Poids des choses ordinairesa une sorte de sismographe sociologique.Surtout que l'on sait la romanciere capable d'echappees belles.Comme celle-ci : Edouard se rememore les jours heureux quand le printemps deborde par les persiennes, nous inonde d'une energie nouvelle et de ce besoin irrepressible de sortir sur le balcon et de crier a l'air libre.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 LE POIDS DES CHOSES ORDINAIRES Lise Demers Les editions Semaphore (3), 183 pages (1) La Lecon de botanique (1996), Doubles vies (1997), Gueusaille (1999), publies chez Lanctot Editeur.(2) Heros de la comedie d'Alfred Jarry, caricature bouffonne de la stupidite bourgeoise et de la cruaute humaine.(3) Fondee par la romanciere en mars 2003, cette nouvelle maison d'edition a pour mission de publier des oeuvres a caractere social, politique ou philosophique.FREY Suite de la page F1 ROUGE Suite de la page F1 A une epoque ou Sartre etait deja tres diminue physiquement, mais pas encore aveugle, comme cela lui devait lui arriver bientot.Des entretiens de plus de 300 pages, publies presque verbatim a la suite de la Ceremonie des adieux, le journal que Beauvoir a ecrit sur les dernieres annees de Sartre.Conversation intime et parfois desordonnee, que Sami Frey lit integralement, avec pour tous accessoires, une table de bistrot, une chaise, une lampe de lecture et une pile de feuillets posee devant lui.Non, non, precise-t-il, cela n'a rien a voir avec Je me souviens de Perec, ou j'avais fait une vraie mise en scene.Il s'agit purement et simplement d'une lecture.Parce que, le jour ou j'avais lu ces entretiens, j'avais eu envie de les lire a haute voix.Peut-etre justement parce que ce n'est pas un texte ecrit, mais la restitution d'une conversation, avec ses hesitations et ses redites.Un echange intime qui parfois patauge, mais ou l'on sent la verite des rapports entre les deux protagonistes de toute une vie.Mais aussi l'affrontement de deux grands intellectuels.Il n'y a sans doute qu'a Paris qu'on s'offre de telles celebrations intellectuelles.Sami Frey, superstar romantique pour happy few, qui consacre un an et demi de sa vie a lire ces dialogues parfois laborieux ou irritants.Il fait un compte rapide : Je les ai faits au Festival d'automne de Paris en 2001.Puis en tournee.J'ai donc deja donne 120 representations.Ca m'a pris tout mon temps.Pour qu'il n'y ait pas de malentendu sur l'austerite du projet, les lectures .en pleine panique du 11 septembre .avaient lieu dans une salle de cours de l'Ecole normale superieure de Paris, ou, bien entendu, Sartre avait etudie.Une salle de 120 places a tout casser, et qui affichait complet pour 10 jours avant la premiere.Depuis, que ce soit en province, en Suisse ou a Montreal, gentleman Frey s'assure que la salle qui l'accueille ne compte pas davantage que les 120 places reglementaires.Reserve de nature, il se contente d'expliquer a la fois qu'il a ete seduit par ces entretiens des la premiere lecture et que, sans avoir vraiment connu le couple (il a dine une fois en sa compagnie), il considere Sartre et Simone de Beauvoir comme des personnages centraux de l'epoque : Sartre, c'etait une reference absolue dans les annees 60, dit-il simplement.Et j'ai ete frappe d'imaginer le couple, a l'hotel, dans la chaleur de l'ete romain en 1974, en train de fouiller la biographie et la personnalite de Sartre.Tout y passe : sa laideur, son rapport aux femmes, ses engagements politiques.Il est tres dur avec lui-meme, s'explique sur tout meme s'il ne renie rien.Sami Frey aurait pu decider de lire Les Mots, qui reste le chef-d'oeuvre de Sartre mais, sans pouvoir dire pourquoi, il a prefere ces dialogues, justement pas ecrits, pas litteraires .Des dialogues qui ne manquent certes pas d'interet : lorsque Sartre lache au detour d'une phrase cet aveu capital, qu'il a toujours refuse de devenir un adulte male , lorsqu'il evoque, meme avec mauvaise foi, son rapport aux femmes, a son corps, a la politique, a Camus.De la a dire qu'il se livre totalement, ou que Simone de Beauvoir le pousse dans ses derniers retranchements, il y a une marge.Nous sommes en 1974, Sartre est encore englue dans ses sympathies maoistes, qui evolueront mais dureront, sur un plan personnel, jusqu'a sa mort.Sur le sujet politique, il manque dans ces entretiens une veritable explication.Et, tant qu'a faire, sur le rapport Sartre-Beauvoir lui-meme.Reste cette etrange complicite, non exempte de complaisance, et dont on voit se derouler les meandres sur 300 ou 400 pages .c'est a dire 12 heures de lecture.En imaginant, comme le dit Sami Frey, la voix precise et metallique de Sartre et celle, imperative, de Simone de Beauvoir .Avec ici et la des duretes dans l'echange mais aussi des passages droles.Et cet autre aveu capital de Sartre : C'est vrai, j'avait decide a 20 ans que je serais celebre.Sami Frey entreprend la lecture des Entretiens ce soir, 4 mai, jusqu'au 17 mai, au Studio litteraire de la Place des arts, invite par le Festival international de la litterature organise par l'UNEQ (du 9 mai au 17 mai), avant de se rendre a Quebec ou il sera au Musee du Quebec, dans le cadre de Theatres d'Ailleurs, une production du Carrefour international de theatre.Entree : $33 chaque soiree.Billets : 842-2112 ou 277-1010.Bien sur, une histoire palpitante, qui donne envie de tourner les pages pour savoir ce qui va se produire, est aussi une excellente motivation.Je dirais qu'il y a plus d'action dans le premier roman et plus de suspense dans le deuxieme , affirme Nicholas pour expliquer en quoi Le Rouge ideal lui a plu davantage.Ils aiment aussi Daniel Duval.C'est un homme d'honneur, estimable et admirable , dit Patrick.En plus, il a une moto , rajoute Richard, qui a bien apprecie les courses-poursuites du premier roman.Quand on leur demande s'ils sont prets a lire, pour eux-memes, c'est-a-dire sans obligation scolaire, les prochaines peripeties de Daniel Duval, ils disent oui, spontanement.Une bonne histoire, c'est une bonne histoire, peu importe dans quelle langue elle a ete ecrite , dit Patrick.Prefereraientils qu'elles soient traduites en anglais ?Je trouve que ca perdrait de son charme , dit Nicholas.Un ecrivain ne peut pas recevoir meilleur compliment , a repondu Jacques Cote quand on lui a transmis ce commentaire.Les garcons devront attendre au moins deux ans avant de retrouver le lieutenant Duval et ses collegues.Jacques Cote doit auparavant terminer une biographie du docteur Wilfrid Derome, pathologiste quebecois fondateur du premier laboratoire de medecine legale en Amerique, qui devrait paraitre cette annee.Mais il assure que Daniel Duval est la, quelque part dans sa tete, et qu'il reapparaitra surement.Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. 7LP0301F0504 f3 lectures dimanche 7LP0301F0504 ZALLCALL 67 21:27:06 05/03/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 4 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 Marius et Oscar Dufresne, dignes fils de la cordonniere LOUISE CHEVRIER collaboration speciale Raconter l'histoire d'une famille, en l'occurrence celle des freres Marius et Oscar Dufresne, etait le point de depart du projet original de Pauline Gill, qui voulait faire revivre la bourgeoisie canadienne-francaise au tournant du 20e siecle.Au cours de sa recherche, elle a trouve pas moins de 34 familles qui faisaient l'affaire, mais les Dufresne ont emporte sa curiosite.Et pour cause.Car en cherchant a retracer les freres Dufresne, c'est leur mere qu'elle a decouverte.L'incroyable Victoire Du Sault, proprietaire d'usines, creatrice d'envergure et femme exceptionnelle, a ete laissee pour compte par l'histoire.Victoire Du Sault qui a mene ses affaires tambour battant a une epoque ou les femmes etaient mineures et frappees d'incapacite civile.Si les lecteurs se sont regales avec la trilogie de La Cordonniere .il s'en est vendu quelque 60 000 exemplaires au total, selon VLB editeur .ils seront combles par Les Fils de la cordonniere, son tout nouveau roman qui vient boucler le cycle.La cordonniere avait certes noue solidement ses lacets et n'aurait pas rougi de ses fils, Marius et Oscar, dont l'histoire, cette fois, a au moins retenu les noms.Ces derniers connaitront leur heure de gloire, mais ce ne sera pas sans difficultes, une femme de la trempe de Victoire ayant laisse un lourd heritage.Les secrets de famille planent et viendront bouleverser la vie de ces formidables batisseurs.Ce roman est le plus acheve de Pauline Gill.J'ai laisse aller plus librement la romanciere , dit-elle en entrevue.En effet, apres une trilogie ou elle aurait pu s'essouffler (1600 pages !), Pauline Gill, passionnee de la famille Dufresne, donne ici sa pleine mesure.Maitrisant son art avec assurance, elle a su tisser habilement la trame historique solidement documentee et le roman.Il faut dire que les histoires vraies depassent souvent la fiction avec des ramifications tant dans le passe que dans le present.Si le cycle entier de La Cordonniere couvre pres de 100 ans, avec l'histoire des fils, on se rapproche de plus en plus des descendants.J'ai ecrit pour le grand public, explique-t-elle, et me suis donne plus de liberte, tout en conservant un grand respect pour les descendants de la famille.Ainsi, le tres beau personnage de la servante, Marie-Ange, a la fois forte et fragile, qui tient la trame du roman entre ses mains, est un personnage riche, un bel amalgame de la vraie Marie-Ange, que Pauline Gill a eu la chance de rencontrer au debut de ses recherches, et du stereotype de la servante d'autrefois.Confidente de la mere et des enfants, la servante etait le temoin de tout ce qui ne devait pas sortir de la famille.Dans les grandes familles bourgeoises, la servante est celle qui assiste silencieusement aux intrigues familiales et est detentrice des secrets, de gre ou de force , explique la romanciere.Ce qui n'empeche pas la vraisemblance d'etre au rendez-vous car l'historienne veille.Les journaux de l'epoque, les documents publics tels les proces-verbaux de Maisonneuve et les temoignages oraux ont ete mes principales sources.Grace a Oscar et Marius Dufresne, nous assistons a la fondation du Devoir, voyageons en Europe et nous vivons intensement le terrible naufrage du Titanic, bateau sur lequel a la derniere minute, la famille d'Oscar n'embarque pas (le fait est veridique.) Nous croisons aussi Henri Bourassa, le frere Marie-Victorin et d'autres personnages importants de cette epoque.Nous decouvrons egalement la formidable culture des deux Dufresne et apprenons, ebahis, qu'Oscar Dufresne, passionne de botanique, est a l'origine des Cercles des jeunes naturalistes, qu'il etait un homme cultive, passionne d'opera, d'art, de danse et qu'il a ete un mecene eclaire.Oscar, le prefere de Pauline Gill.J'en aurais facilement ecrit 600 pages de plus ! dit-elle.Pauline Gill fait d'une pierre plusieurs coups.Elle fait plus que boucler l'histoire de cette famille qui a marque l'histoire de l'ancienne ville de Maisonneuve, plus qu'un roman historique.La fin du cycle de La Cordonniere se revele un veritable requisitoire .sur le ton plus aimable d'un roman .pour la rehabilitation de la memoire des freres Dufresne, qu'on a trop souvent affubles de l'epithete de megalomanes.Ils ont eu beau etre des mecenes et des philanthropes, on n'a jamais manque de les denigrer , s'indigne la biographe-romanciere.En effet, on est alle jusqu'a leur faire porter l'odieux de la faillite de la ville de Maisonneuve et de son annexion a Montreal, oubliant que la guerre de 1914-1918 est venue tout bouleverser.Ils ont ete des batisseurs eclaires , souligne Pauline Gill.Oscar, l'homme d'affaires, et Marius, l'architecte de talent, sont les artisans de la ville de Maisonneuve.Ils etaient a l'avant-garde de l'urbanisme, poursuit-elle.Ils revaient d'une ville harmonieuse ou l'essor industriel, l'urbanisation et la protection de l'environnement se cotoyaient.Tous deux extremement actifs dans la vie civile, Oscar comme membre du conseil municipal et Marius au service de la municipalite, ils souhaitaient faire de Maisonneuve une cite exemplaire : rues et boulevards bien dessines et maisons a l'architecture integree, parcs et grands jardins, logements decents pour les familles ouvrieres.C'est extraordinaire de voir a quel point les Dufresne etaient des precurseurs, des hommes cultives et audacieux , s'exclame Pauline Gill, rappelant que les frere Dufresne ont laisse bien plus qu'un chateau tout pres du Jardin botanique et de la Tour olympique.Je reve du jour ou la memoire collective rendra hommage a l'oeuvre des Dufresne.On leur doit entre autres le bain Morgan, le marche Maisonneuve et l'ancien hotel de ville, devenu maison de la culture d'Hochelaga-Maisonneuve, sans compter l'incomparable parc Maisonneuve.L'historienne s'etait s'eclipsee le temps d'un court roman, en 2001, Et pourtant elle chantait, un livre qui a connu un beau succes.Elle a pris gout a l'ecriture de fiction, si bien qu'elle ne peut plus se passer ni de l'histoire, ni de la fiction.Gageons qu'elle a plusieurs projets en marche.Entre-temps, tous les augures le predisent, Les Fils de la cordonniere ont toutes les chances de suivre a nouveau les traces de leur mere (qui vivra bientot au cinema), et cette fois, grace a Pauline Gill, on ne risque plus de les oublier.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LES FILS DE LA CORDONNIERE Pauline Gill VLB editeur, 603 pages ROMAN HISTORIQUE Le pelerinage facon Maryse Rouy L'image du pelerinage et, surtout, celle du pelerin, en prennent toute une dans le nouveau roman de Maryse Rouy, Au nom de Compostelle.A travers une intrigue menee sur fond d'enjeux sociaux, politiques et religieux, la specialiste du Moyen Age leve en effet le voile sur les raisons .pas toujours tres catholiques ! .qui poussaient hommes et femmes sur les routes d'Europe.Le portrait ainsi trace est (d)etonnant.Apres un detour par la Nouvelle- France et un passe moins lointain sur les traces de Mary l'Irlandaise, qui se deroulait au 19e siecle, l'auteure d'Azalais ou la vie courtoise revient plus pres des temps et des lieux de ses premiers textes.Au nom de Compostelle se deroule en 1240.A une epoque ou les Cathares sont menaces par les dominicains qui, en tant qu'inquisiteurs, ont la mission de refouler l'heresie et de convertir les heretiques.En ce debut d'ete, un groupe de pelerins quitte Montpellier pour se rendre a Saint-Jacques-de-Compostelle.Mais si le groupe compte son lot de personnes motivees par la piete, par la recherche d'un miracle de guerison pour eux ou pour un proche, ou par le desir de faire penitence, il s'y trouve aussi des gens moins bien intentionnes.Qui se joignent a la caravane pour profiter de la securite que procure le fait de voyager en groupe et des avantages dont beneficient les pelerins .entre autres, celui d'etre nourris et loges dans les monasteres ou ils s'arretent.Ainsi, au sein de la petite caravane que Maryse Rouy met en scene se trouvent une prostituee, deux mercenaires, un pelerin de metier .un homme qui vend ses services aux bourgeois qui n'auraient pas le temps ( !) de s'acquitter du pelerinage promis aux instances superieures .et les principaux protagonistes du livre : deux Cathares qui se fondent parmi les pelerins pour, soi-disant, aller demander la guerison de leur aieul ; mais qui, en realite, sont en mission vers Toulouse pour tenter de lever une rebellion afin de retablir, sur ses terres, un noble sympathique a la cause du catharisme.Une vingtaine de personnes, donc, qui se deplacent mais forment une maniere de milieu clos.Il y aura des rivalites, des jalousies et une amourette.Il sera question de vol de reliques et d'Inquisition.Et il y aura une mort violente.Une premiere.Le tueur serait-il un de ces loups-garous qui rodaient alors les nuits de pleine lune ou, plus prosaiquement, un meurtrier en serie Comme dans ses romans precedents, Maryse Rouy raconte ici les choses simplement, par l'intermediaire d'une ecriture vive et vivante, avec un souci du detail qui laisse deviner son erudition, mais sans jamais tomber dans la plate lecon d'histoire.Quant a ses personnages, ils sont absolument medievaux.La romanciere evite en effet le piege trop commun de mettre en scene des hommes et des femmes a la psychologie contemporaine dans un cadre medieval.Le resultat est un voyage dans le temps aussi divertissant qu'instructif.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 AU NOM DE COMPOSTELLE Maryse Rouy Quebec Amerique, 275 pages Photo ROBERT NADON, La Presse c Pauline Gill L'homme qui regardait les nuages collaboration speciale Cirrus, stratus, cumulus .les noms coulent sur la langue avec une elegance toute latine.On voit tout de suite les nuages qui correspondent a ces descriptions scientifiques.Mais peu d'entre nous savent que nous devons cette classification a un Anglais qui, en 1802, par une soiree pluvieuse de Londres, dans un sous-sol au ciel assez bas, a propose une nouvelle facon de voir et comprendre le ciel.Cet Anglais s'appelle Luke Howard, et un autre Britannique, professeur d'histoire, raconte sa decouverte dans ce livre inusite, L'Invention des nuages.C'est vrai, Luke Howard n'a pas invente les nuages, malgre ce titre poetique.Howard a plutot invente un systeme pour comprendre leurs formes et leurs effets, et en ce faisant, il a lance la meteorologie moderne.Richard Hamblyn, l'auteur de ce livre hybride, quoique professeur d'histoire dument diplome, n'a rien d'un pedant.Son livre a gagne le Prix du livre du quotidien americain The Los Angeles Times, et ce journal n'a pas l'habitude de decerner son prix a des oeuvres rebarbatives.Hamblyn raconte le monde dans lequel Howard a evolue, qui me rappelle un peu celui du film The Elephant Man.Un monde ou le desir de faire de l'ordre dans le chaos naturel pousse certaines personnes vers des pseudo-sciences.Dans le Londres de Luke Howard, on pouvait assister a des soirees de philosophie naturelle , ou des savants (ou des charlatans, selon le cas) expliquaient des phenomenes physiques, alliant l'observation scientifique a la promotion de soi.Luke Howard, un jeune homme reserve .il avait 30 ans au moment de sa decouverte .ne faisait point la promotion de sa pensee scientifique.Il etait quaker, et son code moral lui interdisait toute fierte personnelle.Ce qui a lance Howard dans sa quete, ce qui l'a impressionne, ce fut l'horrible ete de 1783.Puanteur, soleil malade, automne inopine, l'air meme devenu malsain , la nature s'est dereglee pendant cet ete dans le centre de l'Angleterre.Le jeune Howard n'avait que 10 ans, mais des ce moment, il se posait des questions sur les phenomenes naturels.Bien sur, les humains posent des questions au ciel depuis leur apparition sur cette terre.Dans le livre, Richard Hamblyn decrit plusieurs de ces systemes, selon le lieu.La pensee traditionnelle chinoise voyait dans les cieux la bataille pour l'equilibre entre le ying et le yang.Dans L'Ancien Testament, lorsque Moise et son peuple quittent l'Egypte du pharaon, la nature, mue par la main du Seigneur, leur vient en aide.Les tribus de la Scandinavie .Vikings et autres .avaient aussi leur classification du beau et du mauvais temps, selon le dieu qui dominait.Ne dans un climat qui privilegiait le rationnel, fils d'une famille puritaine, Howard etait peu enclin a blamer les dieux pour la forme des nuages.Son innovation, c'est d'avoir typifie un phenomene naturel .les nuages .dans un langage accessible et logique qui pouvait voyager entre differentes cultures.C'est pour ca que le public londonien a accueilli ses nuages avec tant de chaleur.Le public, et les poetes aussi.Le pere de Luke Howard, un homme d'affaires bien etabli, accusait son fils d'avoir la tete dans les nuages.Il citait Aristophane, dramaturge grec, pour qui les nuages furent le patron des oisifs.Mais pour un oisif, Howard travaillait fort avec ses nuages.Le grand poete britannique Coleridge assistait a ses conferences pour renouveler mon stock de metaphores , disait-il.Le maitre de l'art de peindre les cieux, l'artiste John Constable, venait consulter Howard, qui a aussi inspire le poete allemand Goethe.Les artistes de l'ecole du romantisme trouvaient des idees dans la nouvelle science de Luke Howard.Richard Hamblyn nous livre un portrait d'epoque tout a fait charmant, un moment privilegie ou les arts et les sciences, ces deux solitudes, se touchaient.La version francaise est signee Gerald Messadie.Je ne connais pas les romans historiques de ce monsieur, et pourtant, il en a beaucoup ecrit.Comme traducteur en tout cas, il est hors pair.Peter Carey Lorsque j'ai commence cette chronique a l'invitation de Jocelyne Lepage en 1999, je me demandais si j'aurais assez de livres a commenter.Le voisin se revele super prolifique .mes tiroirs a La Presse sont bourres de bons trucs.Ce qui m'oblige a passer en vitesse l'excellent roman historique de Peter Carey, qui nous a deja etonnes avec La Vie singuliere de Tristan Smith.Carey a pris la legende du hors-laloi Ned Kelly, un bandit illettre australien du 19e siecle, et l'a transformee en roman dans lequel le narrateur est Kelly lui-meme ecrivant un roman.Pour mettre en mots les confessions d'un bandit sans instruction, Carey a du changer la langue anglaise, qui se retrouve plus enrichie de ces changements.A la fois brutal et delicat, ce Kelly etait un heros pour les colons du nouveau territoire, et un objet de mepris pour les autorites policieres.Peter Carey renouvelle le western avec ce roman directement sorti de la bouche de Kelly, c'est-a-dire ecrit dans une forme sauvage et desordonnee .la seule forme possible.Le heros du roman, Tristan Smith, est un genre de culde- jatte inommable qui regnait sur le monde du theatre.Pour ce roman, Carey a reconstruit la veritable histoire de Ned Kelly a partir d'un testament de 58 pages de mauvais papier .Carey aime les monstres, et il nous les fait aimer aussi.Si vous appreciez Faulkner, vous etes sur le bon chemin pour Peter Carey.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'INVENTION DES NUAGES Richard Hamblyn, traduit par Gerald Messadie JC Lattes, 320 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA VERITABLE HISTOIRE DU GANG KELLY Peter Carey, traduit par Elisabeth Peellaert Plon, 401 pages Voyez plus grand.Suivez vos gros titres en direct.www.lapresseaffaires.com, la nouvelle reference en information economique.Bourse en direct, forums, portefeuille personnalise et plusieurs outils indispensables.3107233A FILL159 7LP0401F0504 f4 lectures dimanche 7LP0401F0504 ZALLCALL 67 21:56:20 05/03/03 B POP PSYCHO ESSAI Bonne nuit! A ladefense de Freud MATHIEU PERREAULT Sigmund Freud est plus souvent conteste qu'encense ces derniers temps.Au Quebec, ceux qui le critiquent ont profite du fait que les psychanalystes evitent les medias.Dans ces circonstances, un livre defendant les idees du pere de la psychanalyse est un evenement.La collection Questions sur , de Quebec Amerique, vient de publier un essai de la psychanalyste montrealaise Ginette Pelland qui refute, point par point, les accusations contre le medecin viennois.Questions sur Freud est remarquablement clair et attrayant, avec de nombreuses photos de Freud et de personnalites l'ayant cotoye ou influence.Chaque chapitre est divise en plusieurs questions.Les propos sont bien vulgarises, sans verser dans la pop psycho des digressions culturelles .sur les relations de Freud avec Stefan Sweig et Salvador Dali, par exemple .et interesseront les plus curieux.Mme Pelland replace Freud dans son epoque.Par exemple, aux accusations de misogynie elle repond : Freud part de ce qu'il observe, au sujet du developpement affectif des petites filles dans un cadre de vie traditionnel, celui de son epoque.Au sujet de l'envie du penis, une malhabile hypothese biologisante : Ce n'est peut-etre pas tant cet organe physique que les femmes convoitent que les droits, les privileges.qui sont reserves a ceux qui en sont pourvus.Au sujet de l'homosexualite : Freud repond que tout etre humain possede des tendances bisexuelles et qu'il s'agit plutot d'essayer de comprendre pourquoi des personnes finissent par adopter une orientation sexuelle plutot qu'une autre.Elle explique de maniere assez convaincante que le jeune enfant est dans un etat d'immaturite physique, affective et rationnelle tel que les influences qu'il subit le marquent profondement, et d'autant plus lorsqu'il n'en comprend pas la signification et qu'il ne peut donc s'en defendre ni en assumer l'effet .La psychanalyste sait trouver les mots qui rassemblent.Comment peut-on nier que des individus sont portes a agir a l'encontre de leurs interets vitaux, a ruiner leurs chances de bonheur dans l'existence, a se nuire a eux-memes et a nuire a leurs semblables ?Ou que l'etre humain desire souvent oublier les moments difficiles par lesquels il est passe ?Mme Pelland parle aussi des fantasmes de la mere intrusive, castratrice, devoreuse, qui constituent le fond du machisme traditionnel .Elle affirme que l'energie sexuelle peut etre deviee de son but habituel : Ainsi un employeur peut-il trouver plaisir a humilier constamment son employe, a denigrer toutes ses realisations, a lui mettre des batons dans les roues, et eprouver une grande satisfaction a abuser de la sorte de cette personne sur qui il exerce une emprise morbide et cruelle.Freud savait pertinemment que la moralite consiste tres souvent a refouler les problemes, a les nier.Mais certains commentaires sont durs au point d'etre agacants.Cela angoisse les adultes de penser qu'ils ont tant de responsabilites a assumer a l'egard des enfants.C'est sans doute pourquoi ils preferent croire que les enfants oublieront.Ou encore : Les cas de suicide indiquent frequemment que des ecueils tres importants sont survenus au debut de la formation de la personnalite, processus dans lequel les parents interviennent au premier chef et dont ils ont a assumer la responsabilite.Dans d'autres passages, elle a des commentaires qui pourraient pousser les consommateurs d'antidepresseurs a se sentir coupables de choisir la facilite.Mme Pelland peche aussi par exces d'admiration.Freud est un exemple de courage et de determination.Il etait dote d'une energie peu commune et il etait certes tres determine, mais cela n'explique pas tout .Pour combattre les accusations de cocainomanie : Le serieux de sa vie et de son oeuvre est le meilleur garant de sa reputation.Mais quelques moments moins critiques ne gachent pas la demonstration : la moralite sert a cacher l'importance de la sexualite dans les relations humaines.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 FREUD EN QUESTION Ginette Pelland Quebec Amerique, 140 pages L I L I A N N E LACROIX Aune epoque ou nous passons le plus clair de notre temps loin de nos enfants, il est essentiel de creer et de cultiver des petits ilots d'intimite qui nous en rapprochent.L'histoire du soir peut non seulement constituer l'un de ces liens privilegies, mais elle renferme aussi un enorme potentiel ludique, poetique, philosophique et meme therapeutique : A travers l'histoire du soir, il ne s'agit pas de lui parler de tout notre pouvoir de mere dominatrice, mais de communier avec lui sur tel ou tel probleme , explique Sophie Carquain, journaliste et auteure de Petites histoires pour d e v e n i r grand.Q u ' i l s ' a g i s s e des disputes freressoeurs, de la peur de la noirceur, des c o m - p l e x e s d'une petite fille qui ne se trouve pas belle, de la separation des parents, de l'emprise de la publicite ou meme d'agression sexuelle, de taxage ou de mort, toutes les realites peuvent etre abordees dans les contes : L'enfant est avide de verite, dit l'auteure.Encore faut-il aborder ces sujets dans son langage a lui.On retrouvera ainsi le gros Rat Degout, les mamans a puce qui ne trouvent jamais rien a redire mais qui sont ennuyeuses pour mourir, le petit ours qui ne voulait pas hiberner, la petite fee qui voulait devenir la plus belle, le petit Roi Ego 1er, Harry le sorcier timide, le petit vampire amoureux ou cette pauvre Rosita qui avait peur de disparaitre dans une chasse d'eau.Des craintes irrationnelles des enfants aux peurs plus normales en passant par les questions philosophiques comme l'existence de Dieu, Mme Carquain aborde tout et de cette facon absolument delicieuse qui nous donne presque envie que le soir tombe au plus tot.Entrecoupees de sections-parents ou l'auteur livre des conseils pratiques, chacune des histoires constitue a la fois une nouvelle occasion d'explorer, de partager, de demythifier notre monde, mais aussi de vivre un precieux moment de poesie, de magie et surtout de complicite avec notre enfant.L'Art de rever Ecrit il y a deja 10 ans, L'Art de rever a ete bonifie de deux nouveaux chapitres et de quelques ajouts ponctuels pour refleter les connaissances les plus recentes.D'abord technicienne en medecine nucleaire, Nicole Gratton a acquis une veritable passion pour les reves, qu'elle nous apprend a imprimer dans notre memoire, a decoder et meme a utiliser dans la vie de tous les jours.Comme on peut tapoter sur les touches d'un piano ou en faire jaillir une symphonie exquise, on peut rever et subir passivement les images ou choisir de s'envoler avec grace dans le monde du reve et y puiser les richesses en p r o v e - n a n c e d ' u n e source illim i t e e , d e c l a r e l'auteure qui nous detaille les types de reves et les facons d'y acceder et d'en saisir le langage.L'art de rever, ditelle, c'est aussi l'art de vivre ; en apprenant a maitriser vos reves, vous ameliorez inevitablement le controle de votre vie eveillee.Vous demeurez sceptique sur l'existence de messages profonds livres par les reves ?Mme Gratton a prevu le coup : Fiction ou realite, imagination ou verite, peu importe, le reve est le miroir de notre etre ; nous l'avons enfante et il exprime notre essence meme.Dur de la contredire.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1.2 PETITES HISTOIRES POUR DEVENIR GRAND (A lire le soir pour aborder avec l'enfant ses peurs, ses tracas, ses questions) Sophie Carquain Albin Michel, 310 pages \u0001 \u0001 \u0001 L'ART DE REVER - GUIDE PRATIQUE POUR DEVENIR UN REVEUR ACTIF Nicole Gratton Editions Flammarion-Quebec, 223 pages Phototheque AP c Le celebre psychanalyste Sigmund Freud, sur une photo prise en novembre 1928.BIOGRAPHIE Folle, trepidante, extenuante, lavie d'Hector Berlioz JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration speciale C'etait un monsieur pas frequentable.Voila la chose dite, et parlons-en.Deja, jeune homme venu de province avec l'idee d'etudier la musique, rejete de ses parents qui n'arretent pas de lui couper les vivres, il crie et il tempete contre le monde entier.Alors, miserable, ne pouvant payer ni sa croute ni ses cours, il se formera tout seul, le ventre vide et sans professeur.Autodidacte, presque, dira-t-on, mais il va etre le plus grand compositeur de son epoque .paradoxalement, le plus grand orchestrateur.Il adorera composer pour des centaines (parfois des milliers !) de musiciens qu'il dirigera avec une tres visible jouissance, sueurs au front, cheveux au vent de ses bras mouvants comme des semaphores.Engueulant tout le monde, a l'occasion et c'est souvent, ses confreres s'il les meprise et ses amis s'ils n'aiment pas ce qu'il aime.Il essaie de les convaincre, a grands cris et a coups de pied au cul.On vous le dit, pas frequentable.Tout de meme, si.Pour les femmes, si.Il aime tant l'amour, au sens de son siecle, l'amour romantique dans des tempetes et sous des eclairs, et dans le bruit du tonnerre !.D'Ormesson disait que le romantisme, c'est l'intrusion de la meteorologie dans la litterature.Pas mal trouve.Dans la musique de Berlioz aussi.Et dans sa vie amoureuse, bourree d'ouragans et de typhons, de pluies tristounettes ou de soleils aveuglants.La passion des femmes Il aime les femmes, sans arret, l'une chassant l'autre, l'autre reveillant ses ardeurs passees.Camille, Estelle, Harriett, l'on ne vous nommera que les plus connues (vous trouverez vous-meme les autres) .celles qui tinrent la route le plus longtemps .et l'on se demande comment elles firent, avec la vie folle, trepidante, extenuante, partagee entre tant de femmes, tant de besognes et tant de chefs-d'oeuvre, tant de courses a travers l'Europe entiere comme a travers le Paris du theatre, des boulevards et des cafes ; tant d'amities indefectibles qui, de Dumas a Jules Janin, de Liszt a Chopin en passant par Pauline Viardot et George Sand, surent lui apporter le secours dans les moments de plus grand desespoir.( le grand romantique se fait en un seul modele, le desespere ) tant d'humiliations enfin, mais aussi tant de triomphes .Citation extraite de la biographie de Hector Berlioz ecrite par Pierre- Jean Remy.Et Alexandre Dumas, alors, on l'oublie ?Dans cette citation, oui, comme Donizetti, comme Saint-Saens, comme tant d'autres.Tous, a vrai dire.Tous ceux qui compterent dans le siecle.Le plus fort, c'est que Berlioz trouve encore le temps d'ecrire.Surtout, de raconter sa vie folle dans des Memoires qui sont, pas d'autre mot, admirables.Sur le XIXe siecle et ses passions, en tout cas, on ne trouvera pas plus fort.Et ces memoiresla (publiees chez Flammarion en 1991) ont cet avantage qu'en les lisant, vous entendez forcement la musique du maitre, dans ses intentions les plus secretes.La Symphonie fantastique Le 5 decembre 1830 est une date capitale dans l'histoire de la musique.On joue la symphonie de Berlioz pour la premiere fois.A la fin, on applaudit, on applaudit encore, on acclame.Un vent de folie parcourt la salle.Les journalistes, des inconnus se ruent vers l'auteur pour le feliciter, l'embrasser.On le porte presque en triomphe.Il a vingt-sept ans et, en un jour, il est devenu le heros de toute une generation de romantiques qui avaient leurs poetes, leurs dramaturges et leurs peintres et qui attendaient leur compositeur .Vingt-sept ans.Et lui, ce jour-la, il decide de reecrire une partie de cette symphonie, la Scene aux champs, parce qu'il la trouve sans effet .Ce n'est rien, puisqu'il n'a que 27 ans et qu'il en vivra 66, jusqu'en 1869.Il aura le temps, entre autres nombreuses oeuvres, d'ecrire le Requiem, la Symphonie funebre et triomphale et cette Damnation de Faust qui sera un desastre.Alors que.bon, ecoutez-la, pour voir.La biographie de Pierre-Jean Remy est tres copieuse.Trop.Mais telle fut la vie de Berlioz, non ?\u0001 \u0001 \u0001 BERLIOZ Pierre-Jean Remy Albin Michel, Paris, 659 pages 7LP0501F0504 f5 lectures dimanche 7LP0501F0504 ZALLCALL 67 22:25:38 05/03/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 4 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 L'autre passion de Kid Koala LES LIVRES ET L'ACTUALITÉ B.-H.Lévy sur Daniel Pearl: pas avant la fin de mai BERNARD-HENRI LÉVY est actuellement partout à la télé française.Son dernier ouvrage, Qui a tué Daniel Pearl ?(Grasset) est reçu avec beaucoup d'émotion et d'éloges par la plupart des critiques français.Le livre, une sorte d'enquête sur les motifs profonds qui ont pu mener à l'assassinat, l'an dernier, de ce journaliste américain de 38 ans, juif, par des islamistes, ne sera pas en librairie au Québec avant la fin de mai, s'il ne se perd pas en mer comme cela est arrivé à un contingent de livres le mois dernier.Voici un court extrait de ce qu'en dit la revue Marianne (no 314) « C'est un livre qui, à maintes reprises, fait monter les larmes aux yeux, écrit Maurice Szafran.C'est un livre qui ne peut laisser personne intact, et surtout pas l'auteur, Bernard-Henri Lévy.C'est un livre bouleversant, non pas tant sur le plan de l'écriture (limpide, sans afféterie, une très belle langue), mais parce que le projet, l'ambition, pouvait, à priopri, paraître démesurée.Car en réalité, de quoi s'agit-il ?De répondre à la question suivante : « Comment ça marche le démoniaque aujourd'hui ?» Et plus précisément encore, dévoiler, détail après détail, avec une passion quasi démoniaque de l'information juste, 100 fois vérifiée, 1000 fois recoupée, que personne ne pouvait soupçonner chez Lévy, dévoiler donc cette « partie de bras de fer que les nouveaux barbares, les fascistes du XXIe siècle, commencent d'engager avec les démocraties ».Enquête sur les islamistes, sur le jihadisme « un mode de vie et d'être au monde autant qu'une disposition à la guerre ».(voir aussi à ce sujet le texte de Louis-Bernard Robitaille, p.C8) Les 100 clés du Proche-Orient « LES RÉÉDITIONS ont parfois l'avantage de faire sentir le vent de l'histoire de manière presque palpable.La parution en poche des 100 clés du Proche-Orient, amplement enrichie par rapport à la précédente (Éd.Atelier 1996) et réintitulée (le livre se nommait auparavant Les 100 portes), en est l'exemple type.Structuré par entrée alphabétique, d'Abou Nidal, terroriste palestinien des années 1970-1980, à Yichouz, nom de la communauté juive de Palestine avant l'avènement d'Israël, le livre voit ainsi apparaître sept nouvelles « clés », toutes liées à l'actualité récente.dont Ben Laden, Hezbollah, Intifada.Accompagné de nombreuses cartes (guerres, groupes ethniques et religieux, accords d'Oslo, etc.), de tableaux (chiffres de base, armements, pétrole, etc.) l'ouvrage poursuit l'effort qui est le sien depuis son édition initiale (1986), que ses auteurs, rédacteurs en chef au Monde diplomatique, définissent ainsi : « Dépasser les a priori et les passions souvent étalées » pour ce qui touche à cette région, audelà des « sensibilités » dont ils ne font « pas mystère », pour aller au plus court, l'anticolonialisme.Grâce à sa construction même \u2014 une vraie trouvaille \u2014 et son didactisme systématique, il fournit au chercheur, à l'étudiant, mais aussi au béotien, un appareil d'une incomparable facilité d'accès à la compréhension de l'histoire contemporaine et récente, particulièrement complexe, de cette région.» \u2014 Le Monde P H I L I P P E RENAUD collaboration spéciale Les fans de Kid Koala, DJ montréalais aux mains agiles et à l'imagination fertile, avaient pris connaissance de sa discrète passion pour le dessin en se procurant Carpal Tunnel Syndrome, son deuxième album pour le label Ninja Tune.Une petite bande dessinée faisait office de livret à cet album qui élève la table tournante au rang d'orchestre.Mais rien ne nous préparait à son livre Nufonia Must Fall, bande dessinée de plus de 300 pages parue aux éditions ECW Press en collaboration avec Ninja Tune et accompagnée d'une courte trame sonore sur CD.Dans des teintes de noir et de gris dessinées d'abord à la mine de plomb puis à l'encre, Kid Koala (Eric San) a élaboré une jolie mais tristounette histoire d'amour entre Mallory, employée de bureau à l'horaire surchargé, et Robot.petit robot qui aspire au succès via un concours de chansons d'amour annoncé dans un journal.« Mais c'est un robot, alors il ne peut pas vraiment écrire des bonnes chansons d'amour », résume Koala, joint au début de sa tournée des libraires où il brise les règles du jeu de la promotion en apportant son instrument de prédilection à ses séances de signature.La petite histoire imprimée sur papier glacé ne se fie qu'aux images pour toucher le lecteur.Il n'y a aucun dialogue, et les quelques mots qu'on peut y lire servent à situer le lecteur dans le décor montréalais de son scénario.« Je m'ennuie beaucoup de Montréal lorsque je n'y suis pas », indique San, qui a entrepris la rédaction de sa BD en tournée \u2014 avec Radiohead, notamment \u2014 au cours des deux dernières années.« C'est ce que je fais en tournée : dessiner.Nufonia Must Fall, je l'ai dessiné dans les hôtels ou assis dans le camion.C'est une petite histoire d'amour qui a mis du temps à se développer mais en même temps, ça m'a permis d'étirer l'histoire originale, de lui ajouter autant de détails que je le voulais.» De la table tournante à la table à dessin Sa petite bande dessinée dans Carpal Tunnel Syndrome a été l'élément déclencheur de Nufonia Must Fall, raconte Kid Koala : « Je ne suis pas un auteur.Je scratche, c'est ce que je fais pour payer mon loyer, et cette bande dessinée est presque arrivée par accident.Tout a commencé lors de la parution de Carpal Tunnnel Syndrome.La CBC est venue faire une entrevue pour The National.Ils ont filmé une petite performance de scratch et le journaliste a montré les pages du livret.Ça a intrigué les gens de la maison ECW Press, qui ont ensuite pressenti le DJ pour lui proposer d'éditer une bande dessinée.« Ça va te paraître un peu bête, mais ma première question a été : C'est quoi, un livre ?Je voulais dire, comment on fait ça ?» Il croyait qu'on lui demanderait de dessiner un manuel sur l'art du turntablism (la discipline très technique du scratch).Bien humblement, Koala ne se croit pas une autorité en la matière, « mais s'il y a quelque chose dont je peux prétendre être une espèce d'autorité ou, à tout le moins, être en connaissance de cause : les histoires d'amour, les relations amoureuses ! Pas que j'en aie eu tant que ça, mais j'aime ce genre d'histoire, je lis des romans et je vois des films sur ce sujet.Je suis donc parti en tournée pour en revenir avec l'histoire de Mallory et de Robot.» Dans son camion de tournée, en dessinant, il écoutait la bande sonore du Fabuleux destin d'Amélie Poulain.« J'adore ce film, confie le DJ.C'est très créatif, il y a beaucoup de détails et de bonnes idées.À chaque fois que je le revois, je découvre toujours quelque chose de nouveau.D'ailleurs, mon livre est en ce sens un espèce de story-board.» Les rapports entre cinéma et bande dessinée ont été largement documentés ; Koala, qui dessine en dilettante, ne prétend pas bien connaître le monde de la BD, bien qu'il ait fait beaucoup de travail d'animation à l'université.Mais le cinéma, ça, oui.« Les gens me demandent si ce livre est inspiré par d'autres bédéistes, mais je n'en lis pas vraiment, alors.Cependant, j'aime les histoires au cinéma, et certaines d'entre elles ont à voir avec mon livre.Louisa (Schabas, coloriste) et moi avons beaucoup visionné Roman Holiday (1953), un des premiers films d'Audrey Hepburn.Nous nous sommes inspirés de ce film pour peaufiner les teintes de gris de la bande dessinée.» Une BD autobiographique ?Difficile de ne pas associer à Kid Koala le personnage du Robot mélomane fini qui trouve toujours une musique pour accompagner les épisodes de sa vie quotidienne \u2014 Music For Commuters dans le métro, Music for Delis lorsqu'il bosse dans son comptoir à sandwiches, etc.De la même façon, on peut faire le lien entre le musicien- dessinateur et son personnage de DJ (Skid) dans la BD du livret de Carpal Tunnel Syndrome.« Nufonia Must Fall n'est pas autobiographique, se défend Koala, mais comme pour n'importe qui développant des personnages, il y a toujours un peu de vrai là-dedans, ne serait-ce que pour les rendre plus dimensionnels.» L'histoire, simple et amusante par moments, se termine toutefois sur une note un peu triste.Pourtant, défend Koala, « je ne suis pas sûr que ce soit si triste.Bon, peut-être un peu, mais je pense que comme dans toute histoire romantique, y'a des choses pas évidentes.Ça rend le récit plus réaliste, je crois.» À Nufonia Must Fall est joint un CD de matériel original du DJ, dont on attend d'ici la fin de l'année le véritable successeur de Carpal Tunnel Syndrome, intitulé Some Of My Best Friends Are DJs (sur Ninja Tune).« Lorsque j'ai remis la première épreuve du livre aux éditeurs, ils jugeaient que ce serait drôle si on y mettait la Robot Love Song que soumet Robot dans l'histoire.À l'origine, on voulait la presser sur un flexidisc (petit vinyle mince comme une feuille de papier), juste une chanson, mais on n'a pas trouvé d'endroits qui en faisaient encore.Un CD alors ?Ouais, mais je vais me sentir obligé d'en faire plus qu'une.Les neuf chansons \u2014 totalisant une quinzaine de minutes de musique \u2014 portent en guise de titre le numéro de la page qui s'y réfère.On lit ainsi la BD en écoutant sa bande sonore comme on se fait notre cinéma en tournant les pages.« En plus, j'ai été inspiré par les films muets, ajoute Koala.Puisqu'il n'y avait pas de dialogues dans mon histoire, ça passe bien, surtout avec le piano honky tonk de ma musique.C'est très tranquille, à l'image de l'histoire.» Et différent du prochain album, que Kid Koala annonce être à mi-chemin entre Carpal Tunnel Syndrome et la courtepointe sonore de Scratchappyland, son premier mixtape qui, incidemment, s'écoutait comme un véritable film d'action pour les oreilles.Extrait de Nufonia Must Fall, de Kid Koala Photo ARMAND TROTTIER, Archives La Presse © Kid Koala CONFIRMATION Félicitations à notre fille Christina pour sa confirmation Christina est une fille enjouée et intelligente qui est appréciée de tous.Nous lui souhaitons de réaliser tous ses rêves.De Chantal et Robert.FÉLICITATIONS! SUZANNE LANGEVIN BÉNÉVOLE DE L'ANNÉE 2002 Dans le cadre de La semaine des Bénévoles, AFS Interculture Canada désire profiter de l'occasion pour honorer Madame Suzanne Langevin, nommée \"Bénévole de l'Année 2002\".Pour célébrer cette nomination, VOYAGE CAMPUS, notre agence de voyages attitrée, lui a généreusement remis un certificat cadeau d'une valeur de 1500$.Merci et félicitations! De toute l'équipe de AFS Interculture Canada tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?CÉLÉBRITÉS.Célébrités_4mai 3121385A Une présentation du 9e Festival international de la littérature en collaboration avec le Studio littéraire de la Place des Arts > 4 au 17 mai 2003 (relâche les 10 et 12 mai) Billets en vente : 514.842.2112 514.277.1010 > Info-festival : 514.277.1010 www.uneq.qc.ca/festival ENTRETIENS AVEC JEAN-PAUL SARTRE AOÛT-SEPTEMBRE 1974 de Simone de Beauvoir Lecture intégrale en douze épisodes par Sami Frey 3139061A 7LP0601F0504 F-6 dimanche 7LP0601F0504 ZALLCALL 67 22:24:16 05/03/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 4 MAI 2003 EN BREF Nuts LA GRAND-MÈRE de toutes les noix est menacée par un pipe-line.C'est ce que prétendent des généticiens qui s'inquiètent d'un projet de 132 millions piloté par la compagnie de gaz naturel de Bolivie, elle-même contrôlée par les géants Shell et Exxon.Ce pipe-line traversera la forêt Chaco, habitat de plusieurs espèces rares dont, peut-être, l'ancêtre génétique de toutes les espèces d'arachides domestiquées, affirme notamment l'Institut international de ressources génétiques végétales, basé à Cali, en Colombie.C'est que les arachides ne sont plus ce qu'elles étaient: au fil des siècles, les hommes les ont tant et si bien croisées, pour obtenir la plus belle ou la plus croquante, qu'elles en ont perdu des gènes, notamment des gènes de résistance à certains insectes.Les scientifiques espèrent donc remonter à la source, retrouver l'ancêtre et du même coup, retrouver ces gènes perdus.Mais ils pourraient être perdus pour de bon, si le pipe-line se taille un chemin dans la forêt.Les visites d'El Niño SI VOUS en avez assez d'entendre parler d'El Niño, consolez-vous par le fait qu'il fut un temps où il repassait nous voir beaucoup plus souvent.Des sédiments recueillis dans les lacs d'Amérique du Sud, là où ce phénomène climatique frappe d'abord, démontrent qu'il y a 1200 ans, soit à l'époque de Charlemagne, El Niño revenait en moyenne tous les trois ans, alors que son cycle varie aujourd'hui entre deux et huit ans.En remontant plus loin encore dans le temps, une équipe de géologues de l'Université Syracuse, dans l'État de New York, affirme qu'il y a 7000 à 12 000 ans, El Niño ne réapparaissait avec vigueur que cinq fois par siècle.Sa fréquence a augmenté jusqu'à atteindre ce sommet d'il y a 1200 ans et, depuis, la courbe redescend.Nul n'est en mesure de dire pendant combien de temps elle poursuivra cette descente.Mini-arme de mini-destruction LA GUERRE au terrorisme de l'administration Bush n'en finit pas de faire des petits.Voilà qu'elle frappe de plein fouet.les amateurs de fusées miniatures.En vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, qui doit entrer en vigueur en mai, ceux qui pratiquent ce hobby devront s'enregistrer auprès du Bureau de l'alcool et des armes à feu (ATF), où ils seront photographiés et soumis à la prise d'empreintes digitales, en plus de devoir payer un permis de 25$.«Le carburant qu'ils utilisent est un explosif», se défend le porte-parole de l'ATF, lorsqu'interrogé par les journalistes.Ce que nient les quelque 8000 amateurs, dont la National Association of Rocketry conteste la nouvelle loi devant les tribunaux.Docteur, vous êtes trop gros SI LE médecin est trop gros, ses patients lui font moins confiance.Cruelle réalité à laquelle ils devront faire face, affirme Robert Hash, de l'Université Mercer à Macon en Géorgie, après avoir interrogé 200 patients: ceux-ci étaient «moins impressionnés» lorsque le conseil provenait d'un gros médecin, plutôt que d'un fluet.Et ce, même si le conseil n'avait rien à voir avec la santé ou l'alimentation.Peut-être que ces patients se demandent si le médecin qui fait de l'embonpoint est enclin à suivre ses propres conseils en santé?Pas vu pas pris BONNE nouvelle pour les timides: quand vous faites une gaffe, peu de gens s'en aperçoivent.«Et ceux qui s'en aperçoivent nous jugent beaucoup moins sévèrement que nous ne l'imaginons», écrit Kenneth Savitsky, psychologue au Collège Williams de Williamstown, dans le Massachusetts.Il n'y a pas que lui à avoir identifié ce phénomène: une quantité croissante de recherches, révèle un reportage du Los Angeles Times, arrive à la conclusion que nous sommes souvent les seuls à remarquer nos faux pas, et que les gens nous observent beaucoup moins que nous ne le craignons.En d'autres termes, nous exagérons l'importance de l'attention que les autres nous portent quand nous sommes au milieu d'un groupe, ou lors d'un repas.Serions- nous tous égocentriques?Le ver à collagène DES VERS à soie ont été génétiquement modifiés afin qu'ils produisent une protéine dans leur cocon et pas n'importe quelle protéine: le collagène, cette substance bien connue des chirurgiens esthétiques.Dans la description que fait de sa recherche l'équipe de l'Université d'Hiroshima on sent pointer les dollars: sachant, écrivent-ils, que la production de ver à soie est une industrie majeure dans plusieurs pays, il y a un potentiel drôlement intéressant pour l'industrie du collagène.La douche qui réveille VOUS N'AVEZ pas le temps de prendre votre café le matin?Une compagnie américaine vous propose de prendre une douche.au café.Elle vend plus précisément un savon, Shower Shock, qui contient de la caféine, en quantité suffisante, assure-t-elle, pour libérer 200 milligrammes par douche.Soit l'équivalent de deux cafés.Ce qu'elle oublie de dire par contre, c'est que cela équivaut à verser une cuillerée de café.dans plusieurs gallons d'eau.\u2014 Agence Science-Presse Carte MARC JOBIN, Planétarium de Montréal, collaboration spéciale La carte représente le ciel tel qu'on pourra le voir à la mi-mai vers 23 h 30 (heure avancée de l'Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin.Pour l'utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux.Les lignes pleines marquent les constellations, tandis que le bande claire indique le tracé de la Voie lactée.LE CIEL DE MAI Éclipse lunaire LOUIE BERNSTEIN collaboration spéciale Le mois de mai est idéal pour se familiariser avec la voûte étoilée.Les nuits s'adoucissent, et les insectes piqueurs ne sont pas encore présents en trop grand nombre.Et en prime, cette année, une éclipse totale de la Lune éveillera la curiosité des plus blasés d'entre nous ! Une éclipse de Lune se produit chaque fois que notre satellite passe dans l'ombre projetée par la Terre.Mais pour qu'une éclipse ait lieu, l'alignement du Soleil avec la Terre et la Lune doit être presque parfait : cette condition ne se matérialise en moyenne qu'une à deux fois par année, bien que certaines années comptent jusqu'à trois éclipses de Lune.tandis que d'autres n'en ont aucune ! Le 15 mai prochain, ces conditions idéales seront réunies et nous aurons droit à une éclipse totale de Lune.Pour comprendre comment cela se produit, il suffit d'observer attentivement la Lune pendant quelque temps.La Lune voyage autour de la Terre à plus de 36 000 kilomètres à l'heure : à cette vitesse, elle boucle son circuit à tous les 27 jours et un tiers environ.En fait, il est même possible de voir le mouvement de la Lune autour de la Terre : à chaque heure, notre compagne se déplace de l'équivalent de son diamètre, vers l'est, par rapport aux étoiles.Pour s'en rendre compte, il suffit de noter la position de la Lune par rapport à quelques étoiles de l'arrière-plan : avec un peu de patience, son déplacement est facilement détectable.Bien entendu, la rotation de la Terre entraîne le mouvement apparent de toute la voûte céleste : ainsi, la Lune et les étoiles sembleront tout de même se lever à l'est et se coucher à l'ouest.Le 15 mai, vous aurez une excellente occasion de constater de visu avec quelle rapidité la Lune se déplace sur son orbite.À 22 h 02, la pleine lune commencera à glisser dans l'ombre de la Terre, et à 23 h 14, elle y sera complètement plongée.Puis, à partir de minuit et 6 minutes, la Lune en émergera progressivement.Le milieu de l'éclipse aura lieu à 23 h 40 ; profondément enfouie dans l'ombre de la Terre, la Lune ne disparaîtra pas complètement pour autant ! Elle apparaîtra considérablement assombrie et prendra même une teinte cuivrée.En effet, l'ombre de la Terre n'est pas parfaitement noire : elle est d'un rouge profond, de la même manière que le Soleil couchant nous apparaît rouge.La lumière du Soleil est diffusée par les molécules et les poussières en suspension dans l'atmosphère et les seules couleurs qui parviennent à la traverser sont le rouge et l'orangé.Dans les faits, la couleur de la Lune varie beaucoup d'une éclipse à l'autre, selon la quantité de nuages et de poussières présents dans l'atmosphère terrestre.Parlant de nuages.Croisons-nous les doigts et espérons que le ciel sera bien dégagé le soir du 15 mai.Et si par malheur la météo refusait de collaborer, nous aurons une autre chance d'assister à une éclipse totale de Lune, le 8 novembre prochain.Jupiter et Saturne La scène est plutôt tranquille ce mois-ci du côté des planètes.Saturne, qu'on pouvait admir e r a u - d e s s u s d'Orion cet hiver, se couche de plus en plus tôt : on peut encore l'apercevoir au crépuscule, en direction ouestnord- ouest, mais elle disparaîtra complètement dans les lueurs du Soleil à la fin du mois.La planète Jupiter, par contre, est encore assez haute pour être observée convenablement.Impossible de la manq u e r : c ' e s t l'« étoile » la plus brillante qu'on voit à l'ouest dès la tombée de la nuit.Avec une bonne paire de jumelles ou une lunette d'ornithologie, on peut même distinguer ses quatre principales lunes : Io, Europe, Ganymède et Callisto.Elles apparaissent sur une même ligne, parallèle à l'équateur de la planète.Observez-les régulièrement pendant une semaine et vous les verrez changer de position au fur et à mesure qu'elles tournent autour de Jupiter.Les constellations du printemps Le mois de mai nous fournit de belles occasions de faire connaissance avec les constellations printanières.Les sept étoiles du Chaudron de la Grande Ourse, qu'on retrouve au-dessus de nos têtes à chaque printemps, constituent d'ailleurs un excellent point de départ : le Chaudron (ou le Chariot) est facile à reconnaître et les étoiles, qui le dessinent, sont visibles même en pleine ville.Les trois étoiles du manche incurvé et les quatre étoiles du récipient du Chaudron représentent respectivement la queue et l'arrière- train de la Grande Ourse.En prolongeant la courbe amorcée par le manche du Chaudron, on rencontre bientôt Arcturus, l'une des étoiles les plus brillantes du firmament.Il s'agit de l'étoile principale de la constellation du Bouvier et on la retrouve très haute au sud-est à la tombée de la nuit.Les deux étoiles du récipient du Chaudron, situées du côté opposé au manche, pointent vers l'étoile Polaire.Contrairement à ce que l'on entend souvent, l'étoile Polaire n'est pas la plus brillante \u2014 c'est même une étoile plutôt faible ! Son importance tient plutôt au fait qu'elle repose presque exactement dans le prolongement de l'axe de rotation de la Terre : au cours des siècles, la Polaire a donc servi de repère à la navigation, en indiquant la direction du nord.Les deux étoiles du dessus du récipient du Chaudron pointent quant à elles vers une autre étoile brillante, Capella, qui se trouve au-dessus de l'horizon nord-ouest à la tombée de la nuit.Capella est l'étoile principale de la constellation du Cocher \u2014 une constellation visible surtout l'hiver.Mais à la latitude de Montréal, Capella demeure visible toute l'année : elle frôle l'horizon nord pendant les nuits d'été.On compte environ 14 constellations printanières visibles de nos latitudes.La plupart sont faciles à repérer, même en ville.Tout ce dont vous aurez besoin pour entreprendre votre découverte des constellations, c'est d'une carte simple du ciel étoilé, comme celle qui accompagne cette chronique.Continuez à nous lire.Bonnes observations ! Louie Bernstein est animateur au Planétarium de Montréal.La Lune traversera l'ombre de la Terre le soir du 15 mai 2003 : cela nous vaudra une éclipse totale de la Lune, la première facilement visible du Québec depuis janvier 2000.(Figure : Marc Jobin/Planétarium de Montréal, d'après des données de F.Espenak, NASA/GSFC) À l'affiche au Planétarium LES SAMEDIS et dimanches matins à 10 h 30, les 4 ans et plus seront ravis de prendre part à notre spectacle interactif : Le grand voyage de Petite Ourse.Pour les 9 ans et plus, du lundi au dimanche à 13 h 15 et 15 h 45, Les mystères de Jupiter nous dévoile les secrets de la plus grosse planète du système solaire.Enfin, du vendredi au dimanche à 20 h 30, le spectacle multimédia Du Big Bang.au Big Crunch ?est présenté jusqu'au 11 mai : à compter du 16 mai, nous vous proposons Ciel de nuit ! une animation en direct où vous découvrirez les merveilles du ciel de la saison.Renseignements et réservations de groupes : (514) 872-4530.Visitez notre site Internet au www.planetarium.montreal.qc.ca NORD EST OUEST Arcturus Régulus Castor Pollux Antarès Spica Altaï La Capella Déneb Véga LA GRANDE OURSE LE BOUVIER LA COURONNE BORÉALE HERCULE LA LYRE LE LE SERPENTAIRE LE SCORPION LA BALANCE LE SERPENT LA LE LE LION L'HYDRE LES GÉMEAUX LE COCHER LA PETITE OURSE CASSIOPÉE CÉPHÉE PERSÉE LE CYGNE L'AIGLE LE CANCER Jupiter 7LP0701F0504 F-7 dimanche 7LP0701F0504 ZALLCALL 67 16:45:20 05/03/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 4 MA I 2 0 0 3 F 7 - 101 - - Non! S'il faut commencer à tout expliquer.Veux-tu conduire?C'est toujours Rouaix qui prend le volant.Rouaix.Le reverrait-elle?Les portières claquèrent dans la nuit.Graham attacha sa ceinture de sécurité; la conduite sportive de Papineau était célèbre.Elle téléphona à Nicole et n'essaya même pas de lui masquer la vérité; elle était la femme d'un policier.Nicole l'écouta attentivement et finit l'entretien sur une parole d'encouragement.- André soutient toujours que tu es la meilleure.C'est l'occasion de le prouver.Moi, je vais essayer de calmer Martin.Il se sent tellement coupable! Un sanglot réprimé modifia la voix de Nicole.- Et moi aussi.Si je ne vous avais pas mêlés au cas de Denise Poissant.- Arrête! Tout est de la faute de cette femme, pas de la tienne.Rouaix serait fâché que tu croies ça! - J'attends de vos nouvelles, soupira Nicole.J'en veux des bonnes.L'autoroute laurentienne n'avait jamais paru si longue à Maud Graham.La sirène et le gyrophare obligeaient les automobilistes à leur céder le passage, mais la neige se moquait bien de la loi.La chaussée était glissante et Papineau devait souvent ralentir.Il sacrait, les mains crispées sur le volant, tandis que Graham lui apportait de nouveaux détails sur Denise Poissant.- Ça ne se peut pas, répétait Jean Papineau.Une mère qui veut que son enfant soit malade! Ma femme panique quand la petite fait une indigestion.Ils lurent enfin des panneaux indiquant la sortie pour Chicoutimi, pour le lac Delage, le lac Clément, le lac Beauport.Papineau coupa la sirène.Marjolaine avait bien dit que l'entrée du lac privé se trouverait sur leur droite.Ils faillirent la rater, mais Graham s'écria qu'elle avait vu une - On y va, fit Graham.Couvremoi.Elle gravit les marches, mit sa main gauche sur la poignée de la porte, la fit tourner et donna un coup de pied en hurlant: «Police!» L'homme qui menaçait Denise Poissant se retourna et Graham lut une consternation absolue sur son visage.- Berthier?Le déclic de son arme fit réagir Papineau qui se jeta sur sa collègue, la protégeant du tir de Berthier, recevant une balle dans le dos.Alors que Papineau roulait sur lui-même, Graham vit Denise Poissant sauter sur Berthier.La détonation résonna dans le chalet.Denise tressaillit de tous ses membres et s'écroula.Au même moment, Graham aperçut Rouaix.Allongé dans un coin de la pièce, bâillonné, attaché, les yeux fous de terreur.Elle leva la main, visa Berthier, l'atteignit à l'épaule.Il hurla avant de s'enfuir par la porte arrière.Graham se rua vers Rouaix à qui elle arracha le bâillon, tira son laguiole de sa poche pour trancher ses liens.- Tu es venue, parvint-il à articuler.Va voir Papineau.Celui-ci grimaçait de douleur; il rassura néanmoins Graham.- La balle m'a traversé juste la chair sur le côté.Ça pince en sacrement, mais ce n'est pas grave.Cours après Berthier! pancarte.Ils firent marche arrière.Ils étaient bien arrivés.- On descend ici, déclara-t-elle.Je vais voir si je reconnais la voiture de Denise Poissant.Elle vit deux automobiles.- Tu avais raison, Papineau, chuchota-t-elle.Il y a quelqu'un avec elle.Ils s'approchèrent lentement, guettant le moindre mouvement aux abords du chalet tout en s'efforçant de marcher dans les pistes molles creusées par le passage des deux véhicules.Une lueur dorée indiquait que le chalet était éclairé par des lampes à huile.Le fracas d'une branche qui se brise fit sursauter Graham et Papineau qui s'immobilisèrent, soufflèrent doucement, recommencèrent à avancer.Le vent du nord leur brûlait le visage, mais ils ne sentaient rien; ils ne pensaient qu'à avoir les bons réflexes pour protéger Rouaix et Kevin.Graham se demanda durant une fraction de seconde si la peau de sa main resterait collée sur le métal de son arme.Ils firent le tour du chalet, aperçurent un homme de dos qui menaçait Denise Poissant d'une arme.Rouaix n'était pas visible.- Qu'est-ce que ça signifie?À S U I V R E la courte échelle Les éditions de la courte échelle inc.5243, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec) H2T 1S4 © 2000 Les éditions de lacourte échelle inc.ROM04MI LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC04MIM 7LP0801F0504 F-8 dimanche 7LP0801F0504 ZALLCALL 67 21:21:37 05/03/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 4 MAI 2003 Le condor toujours menacé CARNET D'OBSERVATION Exposition à Marieville À TIRE D'AILE En dépit des efforts et des sommes considérables investis pour éviter qu'il ne disparaisse à jamais, le condor de Californie n'est manifestement pas au bout de ses peines.Par exemple, à la mi-février, on retrouvait un spécimen abattu par balles, une femelle qui avait jadis été capturée en 1987 et relâchée en l'an 2000 après avoir donné naissance à une dizaine de rejetons.L'oiseau, qui avait vraisemblablement une trentaine d'années, venait d'ailleurs d'être traité à la suite d'une intoxication au plomb après avoir mangé une carcasse qui contenait de la grenaille de cartouches.Abattre un condor est passible d'un an de prison et d'une amende 100 000 $ en Californie.L'espèce ne compte plus que 79 oiseaux « à l'état sauvage » et 118 individus sont toujours gardés en captivité à des fins de reproduction et de réintroduction éventuelle dans la nature.Doté d'une tête peu banale, le condor de Californie est l'espèce nord-américaine qui a la plus grande envergure d'ailes : un peu plus de 3 mètres.Son poids de 10 kilos fait aussi de lui un des plus gros rapaces au monde.Ce charognard se nourrit habituellement de grosses proies et, s'il en a l'occasion, il avale quotidiennement plus d'un kilo de nourriture, bien qu'il puisse aussi jeûner durant plusieurs jours d'affilée.Il atteint sa maturité sexuelle seulement à l'âge de 5 à 7 ans et produit un unique rejeton par année.Son histoire est fascinante.Il avait déjà son allure particulière il y a 1 million d'années et, comme de nos jours, son habitat était surtout confiné aux grandes régions montagneuses.Au cours du siècle dernier, la chasse généralisée aux rapaces, la consommation de chair de coyotes qui avaient été empoisonnés pour en limiter la population, l'empoisonnement au plomb et la contamination indirecte aux pesticides ont provoqué un déclin très rapide de l'espèce.Si bien qu'au début des années 80, on ne comptait plus que 22 oiseaux dans la nature.Les autorités gouvernementales décidèrent de tous les capturer afin de les faire se reproduire dans un milieu assurant de meilleures chances de survie pour les petits.Toute l'espèce en captivité Dans une livraison du magazine The Economist de janvier, on raconte notamment que plusieurs de ces grands oiseaux furent capturés selon une méthode peu orthodoxe qui consistait à creuser un trou sur le flanc d'une colline où se cachait le chasseur.Il suffisait alors d'attirer le rapace tout près de la cache grâce à un appât puis de l'attraper en lui saisissant les deux pattes.Les condors se sont bien multipliés en captivité et les premiers lâchers ont commencé en 1992.Malheureusement, faute d'avoir été élevés par leurs parents et sans aucune culture « condorienne », les premiers oiseaux introduits ont eu une attitude plutôt déconcertante, qui avait peu à voir avec les objectifs de réadaptation de l'espèce.Les jeunes n'étaient pas assez farouches et surveillaient souvent du haut des airs, d'un oeil intéressé, les amateurs de barbecues en train de cuisiner, ce qui n'était pas sans inquiéter plusieurs virtuoses du hamburger au gril.D'autres atterrissaient parfois sur les camions stationnés et s'ingéniaient à démembrer leurs essuie-glace.On parle aussi de dommages à plusieurs édifices locaux.Autant de facteurs qui altéraient le peu de sympathie existant envers le gros volatile en plus de provoquer un taux de mortalité annuel de 40 %.Depuis cette époque, on a décidé de nourrir les rejetons à l'aide d'une marionnette qui imite un condor adulte et de maintenir les oisillons en compagnie de condors plus âgés.L'automne dernier, un nouveau programme de réintroduction fut entrepris, cette fois, de l'autre côté de la frontière, dans l'État mexicain de la Basse-Californie, un endroit de montagnes et de grandes pinèdes peu habitées où les proies bien faisandées sont relativement abondantes.Les nouveaux venus sont plus craintifs, plus aptes à survivre, croit-on.Et on se croise les doigts pour qu'ils décident un jour de se reproduire en pleine nature, un événement qui ne s'est pas produit depuis 1980.LA MUNICIPALITÉ de Marieville, à deux pas de Chambly, organise en fin de semaine prochaine une exposition polyvalente sur le thème des oiseaux.Au programme : les conseils de Lina Racine sur les maladies et l'achat d'oiseaux de volière, les recommandations d'un expert sur le comportement des perroquets et un atelier pour les enfants.Des pensionnaires du Zoo et refuge d'oiseaux exotiques de Roxton Falls ainsi que des rapaces de l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie et des animaux de bassecour seront sur place.S'ajouteront des stands où seront offerts ou fabriqués céramiques, tableaux, vitraux, sculptures, nichoirs.Il y aura aussi démonstration sur l'art de la sculpture à la tronçonneuse et quelques conférences sur la gent ailée.L'an dernier, lors de sa première présentation, l'événement avait attiré 3000 personnes.L'entrée est gratuite et le rendez-vous a lieu à la polyvalente de Marieville, au 667, rue Desjardins.Les portes sont ouvertes le samedi 10 mai, de 12 h à 21 h et le dimanche 11, de 10 h à 17 h.On se rend à Marieville en empruntant l'autoroute des Cantons-de-l'Est (la 10) puis la sortie 37 (Marieville- Sainte-Angèle-de-Monnoir).Initiation à l'ornithologie Le parc national des Îles-de-Boucherville offre deux stages d'initiation aux oiseaux le 17 mai, lunettes et guides d'identification fournis.L'excursion se déroule de 9 h à 12 h et les frais sont de 10 $ (12 ans et plus).On réserve sa place au (450) 928-5088.Par ailleurs, il y aura une excursion d'observation sur le mont Royal dimanche prochain, 10 mai, de 8 h à 10 h, organisée par les guides du Centre de la montagne.Les frais sont de 5 $ (2 $ pour les 6 à 12 ans).Réservations : (514) 843-8240.La semaine dernière, j'avais inversé les deux dates.Mes excuses ! Vos observations sur le Net « Dans une de vos récentes chroniques, vous avez énuméré la présence de plusieurs oiseaux dans les environs de Montréal.J'aimerais savoir s'il existe un site Internet qui nous permet de faire part de nos observations ou simplement de mentionner quels oiseaux nous avons vus dans notre région à différentes époques de l'année », demande Benoit Marois.Les observations dont je vous fais part à l'occasion proviennent la plupart du temps d'observateurs chevronnés et sont habituellement mentionnées quotidiennement sur le site Les Oiseaux rares du Québec(1).Elles sont compilées par Louise Simard pour l'Association québécoise des groupes d'ornithologues.Comme le nom du site l'indique, ce sont les espèces inusitées qui sont signalées.Espèces suffisamment rares d'ailleurs pour amener les amateurs à se déplacer pour les observer à l'endroit mentionné.Le site de Louise Simard rapporte aussi les mentions de hiboux, de rapaces diurnes, d'oiseaux exotiques et de sous-espèces.Il n'existe toutefois pas de site Web au Québec, du moins à ma connaissance, où on compile sur base régulière la présence de toutes les espèces dans un lieu où une région donnée.Probablement parce que l'information deviendrait vite redondante, les mêmes oiseaux se retrouvant habituellement dans les mêmes lieux, aux mêmes périodes de l'année.Il faut dire aussi que la mise à jour d'un site semblable n'est pas une sinécure.Par contre, vous pouvez toujours échanger sur votre sujet préféré en devenant membre du groupe de discussions Ornitho-Qc(2).On y trouve aussi des réponses aux questions les plus fréquemment posées.Le groupe compte autour de 500 membres et si vous en faites partie, vous recevrez une trentaine de courriels par jour, missives qui font surtout état des oiseaux que leurs rédacteurs ont observés dans leur patelin.(1) Les Oiseaux rares du Québec h t t p : / / p a g e s .i n f i n i t .n e t / s i m a r d l / lesoiseauxraresduquebec.htm (2) Ornitho-Qc www3.sympatico.ca/glauziere/ Photo Reuters © Un condor de Californie femelle prend son premier envol à l'air libre après avoir été libéré de sa cage au refuge faunique de Ventana.Photo MARTINE JUTRAS, collaboration spéciale Ce bébé calopsitte est âgé de 3 semaines, mesure à peine 8centimètres de longueur et n'est pas encore en mesure de se tenir sur ses pattes.Les oiseaux du concours GROS PLAN sur la calopsitte élégante aujourd'hui.Ce sont deux « cockatiels » qui ont mérité à leurs propriétaires le premier et le deuxième prix de notre concours de photos le Biodôme- La Presse, dans la catégorie oiseaux de compagnie.Étudiante en architecture, Myriam Sergerie, de Montréal, possède depuis deux ans sa calopsitte, une femelle aux coloris « cannelle perlé », selon les critères de classification en usage.Même si son oiseau est plutôt criard, elle y est très attachée.Sa préférée ne pond pas encore d'oeufs mais il lui arrive de voler des capsules de vitamines et de les cacher afin de les couver.sans pour autant compromettre l'avenir des compagnies pharmaceutiques.Myriam Sergerie fait de la photo depuis deux ans seulement et elle a choisi un gros plan pour mettre en valeur le caractère intense et intime de l'oiseau, ce qui lui a valu le premier prix.Le bébé calopsitte aux allures de punk est signé Martine Jutras, de Sainte-Rose.Elle est « maniaque » des oiseaux, selon sa propre expression, puisqu'elle en a élevé plusieurs ces dernières années, notamment des youyous du Sénégal, des inséparables et des calopsittes.Elle a nourri à la main une trentaine d'oisillons, une tâche gratifiante et intéressante, mais un travail très exigeant malgré tout.Le sixième repas de la journée avait lieu vers 23 h, fait-elle valoir.Elle se souvient aussi d'avoir sauvé un bébé d'hypothermie en le frictionnant durant une heure d'affilée.Spécialiste en mise en page, elle a délaissé récemment l'élevage faute de temps, même si cette activité s'est avérée instructive pour ses trois jeunes enfants.Martine Jutras a reçu son premier appareil photo à sa première communion, à l'âge de 7 ans.« Il était en plastique mais prenait d'excellentes photos », dit-elle.Quant à la vedette du jour, elle est âgée de 3 semaines et n'est pas encore en mesure de se tenir sur ses pattes.Elle mesure à peine 8 centimètres de longueur.Ses plumes en devenir sont encore encastrées dans leur fourreau de kératine, ce qui leur donne une texture et une allure très rigide.Photo MYRIAM SERGERIE, collaboration spéciale La photo de cette femelle calopsitte aux coloris « cannelle perlé » est l'oeuvre de Myriam Sergerie, de Montréal."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.