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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-05-11, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0511 F1 DIMANCHE 7LP0101F0511 ZALLCALL 67 18:00:27 05/10/03 B EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 1 1 M A I 2003 Voir HYPERPUISSANCE en F2 Lettre à une mère, René Frydman > TÉMOIGNAGE \u0001\u0001\u0001\u00011/2 Page 3 Comenius ou l'art sacré de l'éducation, Jean Bédard > ROMAN HISTORIQUE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 3 Coraline, Neil Gaiman > JEUNESSE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 3 Noureev, Bertrand-Myer Stabler > BIOGRAPHIE \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 L'HYPER PUISSANCE.e 11 septembre 2001, un raid aérien meurtrier a fait la preuve de l'extrême vulnérabilité des États-Unis.Depuis cette date, on croirait l'Amérique tout entière occupée à prouver, en Afghanistan, en Irak et ailleurs, son extrême puissance.Laquelle est évidemment bien réelle à tous points de vue, militaire, économique, technologique, culturel.Cette puissance est, en fait, sans commune mesure avec la taille et le poids de tout pouvoir qu'on ait vu régner auparavant sur le monde.Ce sont les Français qui ont inventé, pour désigner cette sorte d'accident de l'Histoire, le terme d'«hyperpuissance ».La question est : où s'en va cette hyperpuissance?Sera-t-elle ellemême victime de son hypertrophie?Les États-Unis portent «un fardeau qu'aucune société n'a jamais su porter indéfiniment.Quel que soit l'altruisme avec lequel l'Amérique définit ses objectifs, elle provoquerait en affirmant clairement sa domination, un ralliement progressif du reste du monde contre elle; et cette levée de boucliers l'obligerait à prendre des mesures qui la laisseraient finalement isolée et exsangue », prévient Henry Kissinger dans La Nouvelle puissance américaine.Le bouquin du pape de la diplomatie, traduction revue et augmentée de l'original paru en anglais en 2001, n'est qu'un parmi une multitude d'ouvrages récemment parus sur le sujet.Seulement au cours des dernières semaines correspondant à la campagne militaire en Irak, on en compte au moins une demi-douzaine, uniquement en France! On pourrait presque dire que ces essais ont en commun de soulever davantage de questions qu'ils ne donnent de réponses.HYPER-FRAGILE Où s'en vont les États-Unis ?Seront-ils eux-mêmes victimes de leur hypertrophie ?MARIO ROY Photo CP/RON WINN © Le retour de la pin up Page 5 7LP0201F0511 f2 lectures dimanche 7LP0201F0511 ZALLCALL 67 22:22:22 05/10/03 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ENTRETIENS Une fête des mots Savoureux entretiens avec Gérard Poirier SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale Prendre les pieds d'une danseuse dans vos mains, c'est comme lui offrir le monde.Pourquoi Maryse Latendresse a-t-elle écrit La Danseuse ?Parce qu'elle avait « envie du corps dans l'écriture ».La romancière n'a pas 30 ans.Elle a remporté, pour son premier roman, le prix Hurtubise HMH 2001 accordé à la meilleure oeuvre de fiction présentée en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal.Un homme qui écrit, une femme qui danse.Il y a l'amour entre eux.Louis, l'homme aux taches d'encre sur les doigts, écrit un roman qui raconte l'histoire d'un homme qui aime jusqu'à la folie une femme qui en aime une autre.L'histoire d'une rencontre, de celle qu'on ne voit jamais venir.Le personnage féminin du roman de Louis s'appelle Sara Lane.Elle est comédienne.Tous les jours Louis assiste, dans le noir de la salle, aux répétitions.Sara Lane nourrit son écriture et ses fantasmes.Le roman se construit dans sa tête progressivement.Ana, sa compagne, sent qu'elle le perd peu à peu, « mon amour pour Louis qui s'efface à mesure qu'il écrit », persuadée qu'il aime cette comédienne.Ou une autre femme.Alina son professeur et partenaire de danse, peut-être ?Le récit se développe d'énigmes en énigmes par épisodes successifs, interdépendants, dans une succession d'instantanés qui donnent au lecteur des indices jusqu'à la révélation finale.La Danseuse est un roman sur le désir amoureux et sur l'amour quotidien confronté à l'amour fantasmé, sur la dualité de l'apparence et de l'essence des êtres humains « qui se mettent en scène, se font du théâtre » réglant leurs gestes, leurs paroles et leurs moindres mouvements, en quête perpétuelle du regard des autres.Quand surgit la danse dans le récit, quand Ana travaille en duo avec Alina, l'écriture se fait sensuelle et suit le mouvement du corps et de la musique.« Je suis étourdie.Un deux.Don't resist.M'approcher d'elle, peu à peu, presque toucher sa peau.Se cambrer.L'une sur l'autre.All mine.Un tour sur nous-mêmes, encore un autre.Demitour rapide.Volte-face, éclats de rire.La chanson se termine.Alina me serre dans ses bras.Nos sueurs s'entremêlent.Elle est fière de nous.De moi.Elle dit, Très bien, recommençons.» La Danseuse célèbre l'écriture, fête les mots.Ana dort avec ses livres préférés.C'est, pour elle, une manière de s'approcher de ceux qui les écrivent.Pour Louis, l'écriture est parfois si bonne qu'il ne veut plus la quitter.L'histoire vous prend à son piège, devenant plus vraie que la vie elle-même.Partition à deux voix, monologues intérieurs d'Ana et de Louis en alternance, changement de perspective, l'écriture, comme un labyrinthe, dotée d'une architecture en répétitions, en symétries, en variations thématiques, tout concourt dans le roman à mettre en évidence l'aspect formel.L'auteur tente d'épurer les images et les sensations par l'alchimie de l'écriture, d'explorer la complexité des perceptions.Ce parti pris esthétique révèle une styliste de talent certes, mais fortement imprégnée de théorie et d'influences littéraires.Il reste à l'écrivaine à trouver sa propre voix.Qui a dit que l'écriture est comme une course de fond ?\u0001 \u0001 \u0001 LA DANSEUSE Maryse Latendresse Hurtubise HMH, coll.América, 154 pages JEAN BEAUNOYER Lire Gérard Poirier entretiens, écrit par Jean Faucher, c'est aussi jouissif que de croquer dans des biscottes au chocolat trempées dans le café du dimanche matin.En tournant les pages, c'est la petite histoire du théâtre du Québec qui défile dans nos têtes.La belle histoire du Québec comme nous la raconte Poirier, sur le ton de la conversation avec son complice Jean Faucher.Il ne s'agit pas d'une biographie, loin de là, et je suis certain qu'on a évacué bien des chagrins et des déchirures, mais c'est tout de même une belle vie qu'a eue Gérard Poirier, apparemment un homme sage, équilibré, amoureux du théâtre et de la langue française.Il ne cache pas à son ami Jean Faucher qu'il est né en 1930, qu'il a eu 72 ans et qu'il accepte bien de vieillir grâce à la complicité de sa compagne, Monique.Évidemment, il raconte son enfance dans le quartier Ahuntsic, la r e n c o n t r e avec son premier maître, un clerc de Saint-Viateur, et son intérêt, depuis qu'il est tout jeune, pour la promotion du bon parler français.Faucher le questionne, le taquine, s'inscrit parfois en faux et, tout le long du livre, on a l'impression d'entendre une authentique conversation entre deux vieux amis qui se parlent des vraies choses de la vie.Gérard Poirier s'étend assez longuement sur un personnage qui a marqué sa carrière au début de la télévision.Il s'agit de l'amoureux d'Élise Velder, dans la série La Pension Velder.Élise Velder était interprétée par Françoise Faucher, femme de l'auteur.À l'époque, Jean Faucher était réalisateur à Radio-Canada et, très souvent, il a réuni le couple Françoise Faucher-Gérard Poirier dans les fameux téléthéâtres.Les anecdotes sont nombreuses et savoureuses.C'était à l'époque où Gérard Poirier était considéré comme l'éternel jeune premier.Il a été fort heureux par la suite qu'on lui confie des rôles comiques.Une longue partie est également consacrée à Gérard Poirier le professeur, diplômé de l'École normale Jacques-Cartier, qui a enseigné le théâtre pendant de nombreuses années au Conservatoire d'art dramatique.Au cinéma, il a été le curé Folbèche dans le film Les Plouffe, à la télévision, le notaire Fournier dans Le Temps d'une paix et combien de rôles a-t-il joué au théâtre ! Guitry, qu'il semble préférer, Shakespeare, Molière et quoi encore.Il a traversé la période « joual » de notre théâtre avec certaines difficultés à l'époque, mais il a compris par la suite.Et puis, finalement, Gérard Poirier, à 72 ans, semble croire à une vision nouvelle du théâtre et à une relecture.Décidément un homme sage et confiant de surcroît, à découvrir.\u0001 \u0001 \u0001 GÉRARD POIRIER, ENTRETIENS Jean Faucher Québec Amérique, 263 pages Photo ROBERT MAILLOUX, Archives La Presse © Gérard Poirier raconte son enfance dans le quartier Ahuntsic, la rencontre avec son premier maître, un clerc de Saint-Viateur, et son intérêt, depuis qu'il est tout jeune, pour la promotion du bon parler français.HYPERPUISSANCE Suite de la page F1 Mais on y notera aussi la présence d'un fort volet historique \u2014 sur la politique extérieure américaine ou le fondamentalisme chrétien aux États-Unis, par exemple.Ainsi que des points de vue distincts sur les thèmes cruciaux des nouveaux rapports entre l'Amérique et l'Europe, la Russie en particulier.La somme de Kissinger Le plus impressionnant de ces bouquins, par l'expérience et la somme de connaissances dont l'auteur fait preuve, est certainement celui de Henry Kissinger, déjà cité, sa prose fût-elle d'une aridité presque rebutante.L'ex-secrétaire d'État américain et prix Nobel de la paix (1973) a signé cet ouvrage avant les attentats du 11 septembre 2001.Mais on trouvera, en traduction, une postface rédigée par la suite et tenant compte de cet événement majeur.Au total, l'auteur tente une sorte de synthèse entre pragmatisme et idéalisme pour définir une politique extérieure future qui serait correcte pour Washington.En dressant au passage le tableau de chacune des régions du globe.On sautera tout de suite, étant donné le contexte, sur les passages qui concernent deux points chauds : le Proche- Orient et l'Irak.Un : bien qu'il s'agisse, écrit Kissinger, du « défi majeur de notre temps », le conflit israélo-palestinien se caractérise par « l'impossibilité d'atteindre un règlement final dans les conditions actuelles.Il existe des crises insolubles, qu'il faut se contenter de gérer ».En somme, Kissinger suggère un processus par paliers \u2014 ce qui est à peu près l'état de la situation après le dépôt, il y a quelques jours, du plan de paix élaboré par le « quartette », en particulier par les États- Unis.Deux : au sujet de l'Irak, Kissinger a une de ces phrases assassines qu'il serait opportun de méditer à ce moment-ci.« La fin de la guerre du Golfe, écrit-il, a apporté une nouvelle démonstration de la difficulté congénitale de l'Amérique à transformer un succès militaire en gain politique » ! Cependant, l'auteur estime que le départ de Saddam Hussein, de quelque façon que ce soit, est \u2014 ou était \u2014 indispensable à l'équilibre politique de la région.Cela étant lu, deux ouvrages compléteront de façon fort efficace le rapide tour du monde de Kissinger.Le premier est La Grande Alliance, d'un tandem d'auteurs dont l'un est spécialiste en géopolitique et l'autre, journaliste.Ils analysent assez crûment les nouvelles relations entre l'Amérique et la Russie, désormais associées à un destin commun et mutuellement bénéfique en raison de la glaciation politique de l'Europe.Du commerce du pétrole : l'un est vendeur, l'autre acheteur.Et de la menace de l'islamisme radical, en Tchéchénie ou à New York : « Le 11 septembre 2001 et le 23 octobre 2002, date de la prise d'otages du théâtre de Moscou, ont soudé les deux nations », écrivent Frédéric Encel et Olivier Guez.Le second essai pertinent, celuici portant sur les relations avec l'Europe, est signé Robert Kagan, chroniqueur au Washington Post, qui a été associé au département d'État.Paraphrasant le titre d'un célèbre ouvrage sur les relations hommesfemmes, il écrit dans La Puissance et la Faiblesse : « Les Américains sont des Martiens et les Européens des Vénusiens ».Kagan semble bien près de croire que ce divorce est irrémédiable.Mais il suggère tout de même que, si l'Europe redevenait minimalement présente sur la scène militaire et si les États-Unis manifestaient un peu moins de paranoïa, tous deux constateraient que « leurs aspirations pour l'humanité sont très voisines, même si l'énorme disparité des forces les a placés aujourd'hui dans des situations très différentes ».Du poids de l'Histoire La perspective historique, qui permettrait de mettre en contexte la situation actuelle, est facilement perdue de vue car, à l'ère CNN, l'homme a la mémoire courte et a du mal à s'inscrire dans la durée.Des auteurs tentent de combler ce déficit.Ainsi, America is back !, claironnent en titre Gérard Chaliand et Arnaud Blin, reprenant la phrase lancée en 1991 par le président Bush père.Ils refont l'histoire de la politique extérieure américaine en la replaçant, à la fois, dans le contexte des grandes lignes de pensée ayant présidé à la fondation de la nation, et de ce qui lui a été imposé de l'extérieur \u2014 par l'Europe, en particulier, qui a été le continent le plus autodestructeur du siècle dernier et a été notoirement impuissante, depuis 1945, à résoudre par elle-même les plus mineures des crises le touchant.À résoudre par elle-même, par exemple, « des conflits concernant un État voisin de force moyenne comme la Yougoslavie.La Bosnie, puis le Kosovo en ont été les démonstrations.Dix ans après l'effondrement de l'Union soviétique, alors que l'Europe est plus peuplée et économiquement plus riche que les États-Unis, son potentiel militaire reste une caricature », écrivent les auteurs.Enfin, un petit livre vite fait \u2014 à partir de d'articles du quotidien Le Monde \u2014 et par conséquent vite lu, trouvera tout de même, dans ce contexte, son utilité.Les États-Unis, gendarmes du monde propose des instantanés de la plupart des interventions américaines dans le monde, de juin 1917 à juillet 2000, de l'entrée des Américains dans la Première Guerre mondiale jusqu'aux négociations israélo-palestiniennes de Camp David, sous Bill Clinton.C'est fait court, il faut le redire : les enjeux et les événements sont assez schématisés, parfois vus d'un « angle » qu'on soupçonne ne pas toujours favoriser l'étalage de la complète et froide vérité.Avec le recul, une pointe d'humour involontaire s'y glisse aussi à l'occasion.Ainsi en est-il de ce commentaire sur les retombées diplomatiques de l'affrontement de 1990 avec Bagdad : « La crise du Golfe a consacré, et de quelle manière ! le retour en grâce et en force de l'ONU.voilà le machin d'antan réhabilité » ! Visiblement, les crises du Golfe se suivent mais ne se ressemblent pas.LA NOUVELLE PUISSANCE AMÉRICAINE Henry Kissinger Fayard, Paris, 2003, 386 pages AMERICA IS BACK / LES NOUVEAUX CÉSARS DU PENTAGONE Gérard Chaliand et Arnaud Blin Bayard, Paris, 2003, 225 pages LA PUISSANCE ET LA FAIBLESSE / LES ÉTATS-UNIS ET LE MONDE DANS LE NOUVEL ORDRE MONDIAL Robert Kagan Plon, Paris, 2003, 160 pages LA GRANDE ALLIANCE / DE LA TCHÉTCHÉNIE À L'IRAK : UN NOUVEL ORDRE MONDIAL Frédéric Encel et Olivier Guez Flammarion, 2003, 304 pages LES ÉTATS-UNIS, GENDARMES DU MONDE collectif (journal Le Monde sous présentation de Yves Marc Ajchenbaum) Librio, Paris, 2003, 93 pages Ce qu'ils disent de l'hyperpuissance « L'AMÉRIQUE devra transformer sa puissance en consensus moral.Ce n'est pas en les imposant de force qu'elle défendra ses valeurs, mais en les faisant accepter de bon gré par un monde qui, malgré toute sa résistance apparente, a désespérément besoin d'un leadership éclairé.» \u2014 Henry Kissinger « ON PEUT arguer du fait que les Américains perçoivent leur nation comme le représentant par excellence de la souveraineté et de la loi et non des règles internationales généralement admises.Mais est-ce bien une expression de l'exception américaine ?Les États européens, du temps de leur puissance, agissaient- ils autrement ?Si les Européens sont inquiets de la politique de puissance menée par les États-Unis, ils ne peuvent que s'en prendre à eux-mêmes.On ne peut pas, décennie après décennie, déléguer sa sécurité à une puissance tutélaire en se refusant à faire l'effort nécessaire pour n'être pas marginalisés.» \u2014 Gérard Chaliand et Arnaud Blin « LE MYTHE de l'isolationnisme américain a la vie dure.Mais ce n'est qu'un mythe.Force est de constater que l'histoire de l'Amérique tout entière est caractérisée par une extension territoriale et un accroissement de l'influence qui n'ont pas été fortuits.Le désir de jouer un rôle majeur sur la scène mondiale est profondément ancré dans le tempérament américain.» \u2014 Robert Kagan « DANS LA GUERRE tous azimuts qu'ils livrent aux réseaux de la terreur, les États-Unis disposent en la Russie d'un allié de valeur, un partenaire plus résolu que l'Europe (laquelle est) plus timorée et réticente aux aventures extérieures, moins encline à la représentation du monde souvent manichéenne, pour ne pas dire simpliste, de Washington.» \u2014 Frédéric Encel et Olivier Guez « DÉSORMAIS, les États-Unis sont seuls et puissants, le modèle américain reste un symbole de prospérité.Et pour les populations fatiguées par les guerres civiles, les famines, le pourrissement des institutions politiques de leur pays, l'arrivée des Américains, sous la forme de GI's ou de dollars, accélère l'envie de sortir de la pauvreté, mais aussi amplifie l'inquiétude devant cette puissance sans limite.\u2014 Yves Marc Ajchenbaum Henry Kissinger 7LP0301F0511 f3 lectures dimanche 7LP0301F0511 ZALLCALL 67 20:43:23 05/10/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1 1 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 LITTERATURE QUEBECOISE Comenius le visionnaire REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Il faut nous mefier un peu des magiciens, meme s'ils sont aussi hommes de science.Quand il nous entraine dans le sillage de Maitre Eckhart, de Nicolas de Cues et maintenant de Comenius, Jean Bedard peut ecrire leur histoire a sa maniere, a ses fins.Sans doute, mais il a l'honnetete de dire ou il loge, des l'avant-propos : Les revolutions sociales des siecles qui le suivront (Comenius) vont avorter de la democratie dont il ne reste aujourd'hui que l'esperance.A l'heure ou le mot democratie sert essentiellement a maquiller une ploutocratie de plus en plus mondiale, il n'est pas vain de s'interesser a Comenius.Le roman historique est ainsi : au mieux il est un vehicule d'idees, voire d'opinions, qui carbure a l'invention.Des historiens patentes sauraient peut-etre interpreter autrement, c'est-a-dire avec un objectif ideologique different et sans appareil fictif, la vie et la pensee et l'epoque de Comenius.Rien ne nous empeche d'aller y regarder de plus pres.En attendant, ne boudons pas notre plaisir.Comenius est le nom latin de Jan Amos Komenski, ne en Moravie a la fin du XVIe siecle.Il appartenait a l'Eglise de l'Unite des freres, qui prolongeait l'aile moderee et pacifiste des disciples de Jean Hus .Filiation inquietante, quand on sait que Hus, grand reformateur des moeurs ecclesiastiques, fut brule comme heretique.Comenius et sa famille purent un temps exercer librement leur liberte religieuse.Leur situation ensuite n'en finit plus de se gater, ce qui les obligea a s'exiler sans cesse en des terres moins perilleuses.Selon la methode qui reussit bien a M.Bedard, l'epopee de Comenius est racontee par un proche du maitre spirituel, sa fille Elizabeth.Cette epoque est celle de la fondation de la Nouvelle-France.Nos ancetres ont ete heroiques, cela ne fait aucun doute, mais leur existence ne se compare en rien a celle des victimes des persecutions religieuses de l'Europe du XVIIe siecle.Au nom de Dieu, alors comme maintenant, on pillait et on violait et on tuait impunement.Homme de foi et de culture, de haute moralite aussi, Comenius devait vivre et penser sous la menace continuelle des catholiques ou des protestants, chretien coince entre les deux fosses de la chretiente : la dictature du pape et celle des bourgeois .Le celibat n'est pas une tare, ni une garantie de vertu.Le mariage non plus et Comenius convola trois fois.Il eut plusieurs enfants et en adopta d'autres, qui partagerent le denuement commun.Le pasteur, imprimeur de metier, donnait a de moins nantis que lui une part de sa pauvre fortune.L'inegalite entre les humains lui etait intolerable, il agissait en consequence.Sans affiliation aux Eglises qui repandaient leurs crimes dans toute l'Europe, il pouvait penser et ecrire librement (bien plus que Maitre Eckhart ou Nicolas de Cues), dans la mesure ou on lui en laissait le loisir.Son oeuvre est aussi considerable que peu connue.Il s'interessait a la philosophie, a la politique, aux langues et surtout a la pedagogie.Il visait haut.Avant qu'elles ne devinssent les piliers de la Revolution francaise, il croyait a la liberte, a l'egalite et a la fraternite de tous les humains.Si on en croit M.Bedard, il revait meme .et deja .a l'avenement d'une citoyennete universelle et de la democratie, garantes de la paix.Pour faire advenir de telles valeurs, il fallait selon lui passer par l'ecole.Une ecole qui ne servirait pas qu'au renouvellement des classes dirigeantes.Une ecole, tout au contraire, qui reunirait les enfants de tous les milieux sociaux dans une meme quete de connaissance et de liberte.Projet idealiste evidemment, mais que Comenius put realiser a petite echelle quand les conditions s'y pretaient.L'ecole selon Comenius n'avait rien d'austere : Si vous n'entendez plus rire dans une ecole, ce n'est pas une ecole , lui fait dire M.Bedard.Il avait recours a une pedagogie vivante, fondee sur la connaissance des langues et des litteratures et sur l'observation de la nature.Plutot que d'imposer des valeurs, autrement dit d'etre un instrument de propagande, elle devait faire de l'etre et ainsi participer a la creation .Voila un chretien bien peu protestant, sa vision optimiste de la nature et du devenir humains en temoignent.Dans le lit ou il va mourir, entoure des siens, Comenius dit ceci : L'espoir sans lucidite n'est qu'un reve.La lucidite sans espoir n'est qu'une demission.Deux chemins faciles et sans fruit.Si tu les fais se feconder, alors naitra la philosophie.La maieutique socratique participe de l'appareil pedagogique de Comenius.Le vrai, le bien et le beau ne sont pas des realites toutes faites, exterieures, elles sont en soi ; le maitre, par des questions qui s'enchainent inlassablement, amene les enfants a les y traquer.Il n'y a jamais de reponses definitives, les meilleures etant en fait des questions nouvelles, qui poussent l'esprit a garder vive sa curiosite.On chatie bien peu, dans l'ecole de Comenius.On eduque, en exploitant au besoin les fautes et erreurs des enfants.Psychologue fute, le maitre devinait qu'on ne nait pas mauvais et qu'on le devient plutot, par trop de souffrance subie.Les victimes sont une creation des bourreaux, parfois elles se font bourreaux a leur tour.On se sent principalement coupable de ce dont on est victime et presque innocent de ce dont on est responsable , dit-il encore.Des considerations aussi profondes pourraient affecter le rythme d'un roman biographique qui est aussi un grand roman d'aventures.Il n'est est rien.En pleine possession de sa langue et de sa culture, Jean Bedard ne perd de vue ni le fil de son epopee, ni la trame philosophique qui la soutient.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 COMENIUS OU L'ART SACRE DE l'EDUCATION Jean Bedard J.-C.Lattes, 330 pages POP PSYCHO Une belle lettre d'amour d'un pere-cigogne Detail de la couverture de Comenius, ou l'art sacre de l'education, tiree d'une oeuvre de Bruegel Le Vieux C'est une lettre, une belle lettre d'amour, simple, poetique et empreinte d'une delicatesse et d'une tendresse inouies.Ca se lit comme on laisserait un chocolat fondre sur la langue et comme ce petit gout unique et pourtant si familier, ca ne dure pas assez longtemps.On a a peine commence que deja, c'est fini.Helas ! C'est une lettre d'amour et pourtant, ca n'en est pas une, enfin, pas comme on l'entend habituellement.C'est la lettre d'un homme-cigogne , comme il se definit luimeme, a une mere, une de ces femmes et en meme temps toutes ces femmes qu'il a aidees a devenir mamans.Rene Frydman est chef de service a la maternite de l'hopital Antoine- Beclere et le pere scientifique d'Amandine, le premier bebeeprouvette francais.Sa Lettre a une mere, je l'ai lue dans la salle d'attente d'une clinique medicale.Avant qu'on n'appelle mon nom, je l'avais malheureusement deja finie.Mais malgre l'attente, dont j'ai habituellement horreur, je me sentais bien.Parce que je suis mere, tout simplement, et qu'un ami venait de me parler.Il m'a raconte la naissance d'Amandine, ses hesitations aussi : Je manipule le desir, dit-il, je l'emmene tres loin, par des voies medicales qui n'ont rien de paradisiaques.Il y perd de sa poesie, je le sais, je le vois dans les yeux des femmes et des hommes.Il m'a raconte sa naissance, a lui, en 1943, alors que les hommes n'etaient encore que des etrangers a ces affaires de femmes : Mon pere, lui, etait tapi dans la piece du dessus, il n'avait que ses oreilles pour voir.Il a survole l'histoire de cette dame qui a accouche 10 minutes apres avoir appris sa grossesse et de cet homme qui a fait une crise d'appendicite au debut du travail et qui, de retour aupres de sa femme apres son operation, l'a accompagnee couche sur son brancard, souffrant lui aussi dans son corps.Il a parle de ces Vietnamiennes silencieuses.Mais chut ! Il vous en parlera mieux que moi.Tout doucement, comme un chuchotement, a travers les anecdotes et la lettre a cette destinataire jamais nommee et qui nous englobe toutes, il raconte notre grossesse, notre accouchement, les premiers moments avec l'enfant mais aussi nos joies, nos craintes, nos hesitations.Avec emerveillement, il raconte l'eternel feminin et l'emotion d'un homme devant ce mystere sans cesse renouvele.Par pudeur, pour empecher la barriere du titre de se dresser entre nous et parce qu'il voulait surement insister sur le caractere intimiste de son message, il a prefere signer simplement Rene Frydman.Vous avez souri, ecrit-il, dans vos draps blancs, radieuse et lasse.Ces mots-la vont bien aux meres, souvent meme des annees apres l'accouchement.Merci docteur.Merci Rene.En cette Fete des meres, ce sont la les mots qu'on aime entendre.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1.2 LETTRE A UNE MERE Rene Frydman Editions L'iconoclaste (iconoclaste@easynet.fr ), 79 pages Comenius devait vivre et penser sous la menace continuelle des catholiques ou des protestants, chretien coince entre les deux fosses de la chretiente : la dictature du pape et celle des bourgeois .JEUNESSE Les nouvelles Alice Le quasi-monopole de Gallimard Jeunesse sur les series a teneur fantastique .des incontournables Harry Potter de J.K.Rowling aux classiques Chroniques de Narnia de C.S.Lewis en passant par les complexes A la croisee des mondes de Philip Pullman et les trop meconnus Sorciers Chrestromanci de Diana Wynne Jones .vient de trouver un concurrent aux dents longues : la nouvelle collection Wiz d'Albin Michel, qui compte, actuellement, les debuts des amusantes aventures d'une souris horlogere (les Hermux Tantamoq , de Michael Hoeye) ; le premier volet de la trilogie steam punk (du punk a l'ere de la vapeur, quoi !), d'Herve Jubert ; l'original Quadrille des Assassins ; et, surtout, deux incursions de l'autre cote du miroir signees par des noms importants de la litterature fantastique : Coraline, de Neil Gaiman, et Abarat, de Clive Barker.D'abord Coraline.Un court roman .mais il ne faut pas se fier au nombre de pages : son atmosphere colle a la peau longtemps apres que le livre est referme .que Philip Pullman a qualifie d'extraordinaire.On ne peut que l'appuyer : l'auteur de la serie culte The Sandman (les amateurs de comics connaissent) et du formidable American Dogs (pour lequel il a recu le prix Hugo de la fantasy) publie la un texte qui a tout pour devenir un classique.Une maniere de nouvel Alice au pays des Merveilles.Au coeur de ce livre, bien sur, une fillette.La Coraline du titre.Qui vient d'emmenager avec ses parents dans une immense maison divisee en appartements.Y vivent aussi un vieux monsieur qui apprend des tours a des souris et deux comediennes de theatre a la retraite.Coraline, elle, vit avec ses parents.Qui sont la sans y etre vraiment : ils sont tellement occupes ! Pour passer le temps, donc, la fillette explore le jardin, se glisse chez les voisins.Et, un jour, passe une porte qui s'ouvre sur une partie de la maison quasi identique a son chez-elle.La se trouve son Autre mere.Description.Elle ressemblait un peu a sa mere.Sauf que.Sauf qu'elle avait la peau blanche comme un linge.Sauf qu'elle etait plus grande et plus mince.Sauf que ses doigts etaient trop longs, qu'ils n'arretaient pas de bouger, et que ses ongles rouge sombre etaient pointus et tout recourbes.(.) A la place des yeux, elle avait deux gros boutons de chemise noirs.Oui, Coraline est un roman d'horreur.Mais a 100 lieues des livres en serie de R.L.Stine (Chair de poule et autres Portes du cauchemar).Le narrateur, on l'entend bien, n'est pas la fillette mais il voit a travers ses yeux et adopte son point de vue.Il s'attarde a des details qu'une voix enfantine, pour rester credible, n'aurait pu relever et il cree, a coup de mots et de phrases, une atmosphere oppressante ou l'etrange est omnipresent.Dans cette realite de plus en plus decalee, Coraline, en compagnie d'un chat d'un cynisme pleinement.felin, tentera de sauver son ame.Donc, de retourner de l'autre cote du miroir .L'enfant qui lit Coraline lit un roman d'aventures, tandis que les grandes personnes lisent un roman sur une enfant en danger , disait Neil Gaiman en entrevue.Ce qui explique que son livre soit de ceux que l'on devore avec bonheur a tout age.Un seul regret : la version originale comptait aussi les illustrations de Dave Mc Kean (son complice de Sandman), qui ajoutent en poids et en ambiance.Elles sont absentes de la version francaise.Elles sont par contre nombreuses dans Abarat, de Clive Barker : une centaine, en couleurs, angoissantes ou feeriques, et signees par le romancier lui-meme.Revisitant les grands mythes de la fantasy, celui qui est considere comme l'un des grands maitres de l'horreur et du fantastique ouvre a son heroine, une adolescente appelee Candy Quackenbush, les portes d'Abarat.Un monde parallele constitue de 25 iles qui, chacune (a une exception pres), representent une heure de la journee.Ou de la nuit.L'ile de Yebba (celle de Huit Heures du Soir), par exemple, dite La Grande Tete, est en fait une enorme sculpture reproduisant les traits de son ancien proprietaire.Celle de Onze Heures, l'ile de Sharabya, change constamment de forme.Et ainsi de suite.Quant aux habitants des lieux, ils sont a l'avenant : John Canaille, dont les bois de cerf sont ornes de sept autres tetes qui, chacune, possede sa propre personnalite ; Mendelson Morphe affiche de longs membres osseux et des excroissances dorsales cruciformes evoquant des sabres soudes a sa carapace ; des Sautilleurs marins, des Tarrieschats, et Christopher Gangrene, maitre de l'ile de Minuit qui voudrait etendre partout le pouvoir de la nuit.D'ou ses tentatives repetees de mettre la main sur Candy, qui ne se retrouve pas par hasard a Abarat .on le pressent tres tot.Classique mais, en meme temps, original.Tres.Trop, peut-etre.En ce sens que si Clive Barker trace de nouveaux motifs avec des fils souvent utilises, il ne justifie pas toujours l'utilisation de tel feu d'artifice.Comme s'il voulait, ici et la, faire dire au lecteur : Non mais quelle imagination ! Peut-etre, aussi, avait-il beaucoup de pieces de jeu a placer sur cet echiquier complexe ou la partie devrait s'amorcer pour de bon dans le deuxieme tome d'une serie de quatre.A decouvrir au plus tot, avant que cet imaginaire foisonnant ne soit formate a la mode Disney : une entente de plusieurs millions a ete conclue entre les deux parties pour la creation d'un parc thematique, d'un long metrage, d'une serie televisee et d'un jeu video.Clive Barker .comme son Alice .a trouve son pays des Merveilles, quoi ! \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 CORALINE Neil Gaiman Wiz, Albin Michel, 152 pages (des 12 ans) \u0001 \u0001 \u0001 1.2 ABARAT Clive Barker Wiz, Albin Michel, 468 pages (des 12 ans) 7LP0401F0511 f4 lectures dimanche 7LP0401F0511 ZALLCALL 67 20:39:57 05/10/03 B BIOGRAPHIE LETTRES FRANÇAISES Une nouvelle biographie pour les 10 ans de la mort de Noureev Le Capitaine Fracasse a encore frappé! DANIEL ROLLAND collaboration spéciale Il y a deux sortes de biographes.Les pr e - miers sont ceux qui partent à la recherche d'éléments nouveaux, et qui, pour c e f a i r e , vont même s'entourer d ' u n e équipe de recherchist e s , t e l Ketty Kelley.Puis il y a ceux, à la manière de Bertrand Meyer-Stabley, qui composeront un ouvrage qui fera la somme de tout ce qui a été publié sur un sujet donné.Spécialiste des têtes couronnées, ce dernier s'est attelé à cerner la per sonnalité du tsar de la danse, Rudolf Noureev.Oui, Noureev était arrogant et il ne fera rien pour se corriger.Aucun partenaire ne trouvait grâce à ses yeux s'il ne partageait sa vision de l'excellence.En parcourant la vie de Noureev, on comprend mieux pourquoi il détestait la médiocrité.Car rien au départ ne favorisait ce Tartare né le 17 mars 1938.Jeune enfant, il sera tenaillé par la faim.Et au gré des affectations militaires du paternel, la famille devra déménager maintes fois.C'est sa soeur qui lui fera découvrir la danse à Oufa, une ville de la province de Bachkirie, où la famille Noureev finira par se fixer.Mais quand l'adolescent fait part à ses parents de sa nouvelle passion, il va se heurter à un père pour qui la danse n'était pas un métier d'homme, et qui va le battre en tentant de le viriliser.Et à l'école, les petits camarades ne se gênaient pas pour le traiter de ballerina.Les épreuves vont lui forger le caractère et il finira par se définir comme un chat sauvage.Il n'a désormais qu'un but : entrer au Kirov.Le Kirov de Saint-Petersbourg (alors Leningrad), c'est le temple mythique qui a vu la création de La Belle au Bois dormant, , de Casse- Noisette et du Lac des Cygnes.Sur ses planches ont défilé les Pavlova, Fokine et bien entendu Nijinski.En audition devant la meilleur professeure de Russie, Kostravitskaïa, celle- ci lui dira : « Jeune homme, ou bien vous deviendrez un brillant danseur ou bien vous serez un parfait raté.et selon toute probabilité, un raté.» Il finira par entrer au Kirov mais trouvera le moyen de n'en faire qu'à sa tête.Il aurait pu prendre la porte bien des fois et ne jamais devenir cet artiste de légende.Mais ses grands jetés suivis de nouveaux bonds aériens excusaient ses pires caprices.En fait, il faudra un professeur du nom d'Alexandre Pouchkine pour pouvoir dominer la bête.Il lui léguera en héritage sa connaissance de la mémoire des muscles.On a beau l'entourer comme on peut, Noureev étouffe dans la société soviétique.Une date marquante, celle du 11 mai 1961.Ce jour-là, au cours d'une tournée du Kirov, il fera défection à l'aéroport du Bourget, en France, en fuyant à grandes enjambées les agents du KGB chargés de sa surveillance.Ce sera le grand saut vers la liberté.Ce chapitre est magnifiquement raconté par Meyer- Stabley avec tout ce que ça suppose de tension éprouvée.Une vie tumultueuse Vedette de la troupe du marquis de Cuevas, Noureev se fera plus provocateur que jamais.D'abord, il refusera de porter les perruques qu'on lui imposait, de même qu'il raccourcissait volontairement ses tenues de scène pour bien mettre en relief son organe viril.Très conscient de sa grande beauté, il adorait s'afficher de toutes les façons.Exhibitionniste, plusieurs intimes l'ont vu déambuler dans le plus simple appareil et ont pu juger qu'il était fort bien doté par la nature.Noureev vivait pleinement sa libido homosexuelle, aimant mettre dans son lit des célébrités.Des noms aussi connus que Anthony Perkins, Mick Jagger, Jean-Claude Brialy, Leonard Bernstein, le styliste Halston.On glisse même le nom d'Yves Saint Laurent.Il aura aussi des amours tumultueuses.Au terme de ses 250 représentations annuelles, il répondait aux diverses invitations mondaines mais prenait rapidement congé de ses hôtes afin de filer vers des saunas ou des boîtes obscures où il sacrifiait au dieu Eros.à deux, trois ou quatre.Il paiera chèrement de sa vie cette promiscuité sexuelle en mourant du sida le 6 janvier 1993.Immensément riche, parce que très bien conseillé \u2014 le magazine Forbes avait alors établi sa fortune à près de 80 millions de dollars.Le biographe consacre également de belles pages au magnifique duo artistique qu'il formait avec Margot Fonteyn, et à ses coups d'éclat comme directeur de la danse a l'Opéra de Paris.Comme pour ses sujets précédents, Bertrand Meyer- Stabley est un conteur remarquable qui ne s'autorise aucune longueur.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 NOUREEV Bertrand-Meyer Stabler Editions Payot, 274 pages JACQUES FOLCH-RIBAS Théophile Gautier ?Un poète, l'auteur d'Emaux et Camées, titre célèbre mais peu à peu oublié.Comme son auteur, ce pauvre Gautier ! L'écrivain le plus oublié du XIXe siècle.Vous savez, monsieur, ce qu'il en est des poètes.Longtemps, longtemps, après qu'ils ont disparu.on en oublie les trois quarts.Théophile Gautier ?Ah oui, vous voulez dire l'auteur de ce livre extraordinaire qui fit trembler d'aise les adolescents des années du début du siècle.Le Capitaine Fracasse ! Terrible roman d'aventures.Au moins cinq générations de jeunes gens se le sont passé.Mais à part cela, monsieur, Théophile Gautier ?Bof, je ne sais pas.Le roman d'aventures populaire, c'est un machin solitaire, un truc unique.On aime et après on oublie.Tel fut le sort du maître des poètes parnassiens.L'oubli profond comme une tombe, ce qu'il est sans aucun doute.On a écrit, à son époque, qu'il avait « la passion de l'indépendance » et qu'il se permettait « en son nom toutes les licences ».On voit la chose.Les reproches faits à Théophile tiennent de son époque, la plus bourgeoise et la plus sotte qui fût.Les noms d'oiseau dont une critique idiote et pompière l'affubla sont innombrables.Une beauté sensuelle.Le matérialisme littéraire.Une morale ouvertement païenne.Un écrivain pittoresque.On en passe, et l'on voit mal en quoi tout cela peut constituer des reproches.D'autant que, en même temps, les compliments parfois.Des phrases d'un travail merveilleux .Des périodes ouvrées comme une ogive.Des métaphores à jour comme une flèche de cathédrale (aïe !).Partout des délicatesses de style infinies.La beauté sensuelle et la morale ouvertement païenne, c'est à cause du roman Mademoiselle de Maupin dans lequel Théophile Gautier traite de l'homosexualité, de surcroît féminine.Horreur et damnation ! En 1835 ! Or, cette histoire aujourd'hui nous ferait quasiment rire, par complication et dissimulation.Mademoiselle de Maupin, Rosalinde (excusez du peu, c'est d'époque) se déguise en homme, et la voilà rendue Théodore.Comme homme, on s'éprend d'elle, une certaine Rosette, et les apparences sont sauves, et la dissimulation aussi.Mais pourtant, on va en vouloir à Gautier, longtemps, longtemps, après que les écrivains auront disparu.Si l'on vous parle de Théophile (1811-1872), c'est que la Pléiade (où n'entre pas qui veut) vient de publier son oeuvre, en deux tomes.On aime bien les réhabilitations, sans pourtant être dupe.Gautier, qui est un maître du fantastique et un romancier novateur, ne sera probablement jamais aussi célèbre qu'il le faudrait.Tant pis.Dommage.Pour nous amuser, piquons au hasard dans le tome I.Voici un texte intitulé Le Roi Candaule.Le roi Candaule, personne ne devait voir le visage de sa femme, sous peine de mort.La beauté de Nyssia la sauvageonne, grâce aux voiles dont elle était entourée, devenait une sorte de mythe, de canevas, de poème que chacun brodait à sa guise.Or donc, le roi Candaule était fort content de garder pour lui, et pour lui seul, cette merveille, ce « monstre de beauté ».Content ?Mais tout de même, qu'est le plaisir, le bonheur, si l'on ne peut le partager avec personne ?Le roi Candaule réfléchissait beaucoup.Il avait un favori, un certain Gygès, auquel il s'ouvrit de son trouble.Il lui proposa de contempler Nyssia en secret, un soir, caché derrière une porte alors qu'elle quitterait son voile pour son roi.Ainsi Gygès saurait combien son roi était heureux.Comme le dira plus tard Oscar Wilde, ce n'est rien d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux.Quelle fut la vengeance de Nyssia ?Et celle de Gygès ?C'est un conte de 40 pages.Ce n'est rien, mais c'est l'art de Gautier, qui est grand.Trop grand, d'abord, pour son époque entièrement subjuguée par Victor Hugo que Gautier admirait et auquel il voulait s'égaler.L'ombre de Hugo plane sur Théophile, Celle de Baudelaire aussi, qui le traita dans sa dédicace des Fleurs du Mal, de « poète impeccable ».\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 ROMANS, CONTES ET NOUVELLES I ET II Théophile Gautier Pléiade, Gallimard, 1582 pages chacun Comme le dira plus tard Oscar Wilde, ce n'est rien d'être heureux, encore fautil que les autres soient malheureux.3121386A FRANÇOISE DAVID Solidaire, d'abord ! Une entrevue inédite de Pierre Maisonneuve EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE www.novalis.ca Une humaniste féministe qui inclut les hommes dans sa lutte contre la pauvreté et sa passion pour la justice L'une des femmes les plus influentes au Québec\u2026 Découvrez sa vie, sa carrière et la source de son engagement social 156 pages - 21,95 $ 3141736A LE SAMEDI 17 MAI, FAITES LA FÊTE AU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN ! 11H DE L'HISTOIRE AU ROMAN, LA PASSION DU SAGUENAY UN BRUNCH LITTÉRAIRE EN COMPAGNIE DE GÉRARD BOUCHARD MAISON DES ÉCRIVAINS, 3492, AVENUE LAVAL, MÉTRO SHERBROOKE ENTRÉE LIBRE.RÉSERVATION OBLIGATOIRE : 514.277.1010 15 H POURQUOI LE SAGUENAY EST-IL SI THÉÂTRAL ?TABLE RONDE AVEC MICHEL-MARC BOUCHARD, DANIEL DANIS ET PIERRE MICHEL TREMBLAY ANIMATION : JEAN FUGÈRE LIBRAIRIE OIVIERI, 5219, CHEMIN DE LA CÔTE-DES-NEIGES MÉTRO CÔTE-DES-NEIGES ENTRÉE LIBRE 20 H 30 APRÈS NOUS LE DÉLUGE ! SPECTACLE DE CLÔTURE DU FIL 2003, ANIMÉ PAR LOUISE PORTAL ET PAULINE LAPOINTE, AVEC DANIEL DANIS, DANIELLE DUBÉ, ANDRÉ GIRARD, YVON PARÉ, STANLEY PÉAN, HÉLÈNE PEDNEAULT, TONY TREMBLAY, ÉLISABETH VONARBURG, MONIQUE FAUTEUX, BENOÎT SARRAZIN ET FRANCIS STEPHENSON UNION FRANÇAISE, 429, RUE VIGER EST, MÉTRO BERRI-UQAM ENTRÉE : 10 $ (RÉGULIER) / 8 $ (ÉTUDIANTS ET MEMBRES DE L'UNEQ) BILLETTERIE : 514.277.1010 Info-festival : 514.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival UNE PRÉSENTATION DU 9E FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE 3139085A J'ai show! disait Clémence en 1990.Retrouvez sur DVD ces moments drôles, fous et touchants : Ma ménopause Les jeudis du groupe Le ski alpin la partie de scrabble\u2026 1 h 30 de pur bonheur En vente chez : Archambault HMV Renaud-Bray Sillons Québec 3137932A 7LP0501F0511 f5 lectures 7LP0501F0511 ZALLCALL 67 20:57:26 05/10/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 1 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 Le retour de la pin up ROBERT LAPLANTE collaboration spéciale Avant les affrontements irakiens, la débâcle vietnamienne et la stagnation coréenne, il y eut le glorieux deuxième conflit mondial, où l'Amérique triomphante envoyait ses petits gars sur tous les fronts de la guerre : de l'Europe au pays du Soleil levant, en passant par les sables brûlants du Proche-Orient.Si les rues de Saïgon vibraient au rythme du rock « sixties » des GI américains, les plages et la forêt luxuriante de Guadalcanal tombaient sous le charme des exploits des pin up, ces séduisantes héroïnes des bandes dessinées patriotiques destinées aux soldats.Un théâtre idéal pour la naissance de Pin-up, une des bandes dessinées les plus imaginatives de ces dernières années.Invité du dernier Festival international de la bande dessinée francophone de Québec, Philippe Berthet en a profité pour nous présenter la réédition en format poche du premier opus de sa série chez Librio.« Yann Le Pennetier, le scénariste, a toujours été intéressé par la culture des pin up.Il est attiré par le nose art, ces dessins de demoiselles légèrement vêtues peintes sur les carlingues des avions militaires américains.Il voulait raconter l'histoire de ces filles qui avaient, à leur façon, contribué au bon moral des soldats », souligne le dessinateur.Mais plus qu'une histoire sur l'érotisme de papier, c'est avant tout une histoire de l'Amérique mythique, celle de James Ellroy, à la fois lumineuse et obscure, puritaine et dépravée, attirante et répulsive, que nous livrent Yann et Berthet.« J'ai une fascination pour cette société, même si je n'y suis jamais allé.J'ai l'impression que tout peut arriver là-bas », confie Berthet.De la Deuxième Guerre mondiale à la contre-culture des années 60, en passant par les tensions de la guerre froide, Dottie, une ancienne pin up, tente, tant bien que mal, d'accomplir son rêve américain, se liant au passage avec Francis Gary Power, Howard Hughes, Frank Sinatra, Hugh Hefner et Virginia Hill (ancienne propriétaire du fameux casino Pink Flamingo) et avec d'autres personnages qui auront marqué, à leur façon, l'imaginaire américain.C'est ce fascinant entrelacement entre le mythe et la réalité, entre l'imaginaire et la fiction que nous proposent en huit volumes Berthet et son acolyte.« Au-delà de l'histoire de la pin up, ce qui nous intéressait, c'était de l'ancrer dans l'histoire récente de l'Amérique et c'est pourquoi on a fait apparaître Kennedy, Hefner et plein d'autres personnages », renchérit-il.La combinaison Berthet, Yann, l'Amérique et la pin up, avait tout pour séduire les lecteurs de bandes dessinées qui ont rapidement fait un accueil plus que favorable à cette nouvelle série.« Nous avons été surpris par le succès immédiat de la série.Mais nous avions, dès le départ, pas mal d'atouts dans notre jeu.Le titre, Pin-up, était déjà très évocateur et, sur la couverture, nous avions une représentation très sensuelle de Dottie », rétorque le bédéiste belge qui, malgré le succès, s'apprête à prendre une pause de son héroïne.« Nous sommes rendus aux limites temporelles de notre personnage.Il ne faut pas oublier que la pin up n'existe plus, pas dans son esprit originel du moins ; les premiers numéros du magazine Playboy furent son chant du cygne.Elle a été remplacée depuis par les top models », explique Berthet, qui reconnaît que son personnage est condamné à errer éternellement dans les années 60.« Nous pourrions la faire vivre éternellement, mais je n'ai pas vraiment envie de me sentir piégé par une série, je n'ai pas envie de perdre mon enthousiasme.On préfère garder un bon souvenir de Dottie et la laisser où elle est, c'est-à-dire dans le vol qui la transporte vers Hawaii.On pourrait penser à pire endroit pour finir sa vie.PIN-UP, de Yann et Berthet, est publié aux éditions Dargaud (huit volumes) et vient d'être réédité en format poche et en noir et blanc chez Librio.Décerné chaque année à des Canadiens de langue anglaise ou française, ce prix a été créé pour appeler l'attention sur le rôle fondamental de la politique gouvernementale et récompenser les meilleurs travaux dans ce domaine.Ces livres vous amèneront à réviser votre conception du Canada.Félicitations La Fondation canadienne Donner est heureuse de vous présenter le remarquable ouvrage sélectionné pour le Prix DONNER 2002/2003, décerné au meilleur livre traitant de la politique gouvernementale canadienne : LAURÉATE : 25 000 $ John F.Helliwell GLOBALIZATION AND WELL-BEING (UBC Press) DEUXIÈMES PRIX EX-AEQUO : 10 000 $ CHACUN Christopher Essex and Daniel Stoffman Ross Mc Kitrick WHO GETS IN: WHAT'S WRONG TAKEN BY STORM: THE TROUBLED WITH CANADA'S IMMIGRATION SCIENCE, POLICY AND POLITICS OF PROGRAM - AND HOW TO FIX IT GLOBAL WARMING (Key Porter Books) (Macfarlane Walter & Ross) 3138684A HISTOIRE Canadiens français et volontaires pour combattre Louis Riel CLAUDE-V.MARSOLAIS L'historiographie québécoise a toujours laissé entendre que les Canadiens français avaient sympathisé unanimement avec la rébellion des Métis du Nord-Ouest canadien, dirigée par Louis Riel, et que sa condamnation à la pendaison en 1885 avait donné lieu à de grandes manifestations d'indignation partout au Québec.Or, voilà que Pierre Vennat, collègue de La Presse à la retraite, et le major Michel Litalien, du ministère de la Défense, vont en quelque sorte à contre-courant en nous racontant la participation de deux régiments francophones constitués de volontaires, les Fusiliers Mont-Royal et les Voltigeurs de Québec, à la répression du soulèvement des Métis.Mais ils ont été postés bien loin de la ligne de front.Qu'est-ce qui a bien pu motiver les Canadiens français à se porter volontaires afin de combattre un des leurs dans l'Ouest ?Michel Litalien nous apprend que le ministre de la Milice et de la Défense de l'époque, Adolphe Caron, était considéré comme un « assimilé », c'est-à-dire un francophone qui parlait mieux l'anglais que les anglophones, qu'il était un vaniteux et un « patroneux » et qu'il a pesé de tout son poids pour favoriser la participation des Canadiens français à la répression du soulèvement métis.Quant aux motivations des volontaires, elles s'expliquent par le prestige qui découlait de la participation à la milice dans la société de l'époque.De plus, l'Église manifestait une aversion non dissimulée pour Riel, qui l'avait reniée et dont les sympathisants avaient tué deux missionnaires.Litalien note qu'il fut assez facile de pourvoir les postes d'officiers mais qu'il fallut se fier à des recrues pour garnir les rangs des soldats.Sans aucune expérience, ils furent entraînés durant le trajet vers l'Ouest.Les volontaires de la milice active non permanente ne recevaient pas de solde.On leur fournissait uniforme et arme et on les nourrissait.Il ne faut pas s'étonner du fait que, au départ du régiment des Fusiliers Mont-Royal, le maire de Montréal, Honoré Beaugrand, leva une collecte de fonds afin de venir en aide aux familles des soldats.Le commandant de l'expédition, Frederik Middleton, qui se méfiait des régiments canadiens-français susceptibles de sympathiser avec les rebelles, dépêcha les Fusiliers Mont-Royal (appelés à l'époque Carabiniers Mont-Royal) à Calgary, où le bataillon eut comme tâche d'assurer la protection d'un convoi.Ils ne furent impliqués que dans une seule bataille.Quant aux Voltigeurs de Québec, après s'être morfondus longtemps à Winnipeg, ils furent envoyés à Calgary afin d'assurer la sécurité de la ville et ils ne participèrent à aucun engagement.\u0001 \u0001 \u0001 CARABINIERS ET VOLTIGEURS CONTRE LOUIS RIEL Pierre Vennat et Michel Litalien Méridien, 2003, 310 pages 15 mai 1943 - Déjà 60 ans de mariage Marguerite Gaudette et Jean Robert Un amour exemplaire qui a fleuri à Brownsburg, Hull et maintenant à l'île Paton.Leurs trois fils (Pierre, Daniel, François) et conjointes, la famille et leurs amis leur souhaitent de poursuivre leur amour encore de nombreuses années.Félicitations! Mariette et Claude Hurteau 14 FÉVRIER 1953 FÉLICITATIONS! 50e ANNIVERSAIRE DE: Yves, Alain, Sylvain, Claude junior et leurs familles.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?CÉLÉBRITÉS.Célébrités_11mai ENFANCES SPECTACLE LITTÉRAIRE Il n'est pays que l'enfance ROLAND BARTHES ÉCRIVAINS-LECTEURS : CARMEN BOULLOSA (MEXIQUE) ABDELKADER BENALI (MAROC / PAYS-BAS) MAÏSSA BEY (ALGÉRIE) HÉLÈNE DORION (QUÉBEC) CHARLES JULIET (FRANCE) HÉLÈNE MONETTE (QUÉBEC) EUGÈNE SAVITZKAYA (BELGIQUE) COMÉDIENNES : JULIE MCCLEMENS ET MONIQUE MILLER METTEUR EN SCÈNE : MARTIN FAUCHER CONSEILLER LITTÉRAIRE : STÉPHANE LÉPINE MUSICIENNE : MARYSE POULIN ÉCLAIRAGES : ÉTIENNE BOUCHER Diffusion en différé sur les ondes de la Chaîne culturelle de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Les décrocheurs.d'étoiles.Réalisation : Christine Germain.MERCREDI 14 MAI, 19 H 30 CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS Entrée : 12 $ (régulier) / 8 $ (étudiants) Billetterie : 514.277.1010 / 514.842.2112 Info-festival : 514.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival UNE COPRODUCTION DU 9E FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE ET DU STUDIO LITTÉRAIRE DE LA PLACE DES ARTS 3139084A MARIE GAGNIER © Martine Doyon Roman 324 pages 24,95 $ « Un très bon récit, de ceux qui savent vous happer très tôt [\u2026] et dont vous pressentez qu'il ne vous laissera pas tomber en cours de lecture.» Robert Chartrand, Le Devoir « Un morceau de choix pour gourmets avertis.Un coup de maître.» Marie-Claude Fortin, Voir console-moi « C'est le meilleur livre que j'aie lu dans la dernière année.Un récit qui nous captive du début à la fin.Une découverte.» Pascale Navarro, Indicatif présent, Radio-Canada www.editionsboreal.qc.ca 3141415A 7LP0601F0511 F6 DIMANCHE 7LP0601F0511 ZALLCALL 67 20:45:26 05/10/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 1 MAI 2003 EN BREF Concerto pour gène et orchestre CELA devait arriver tôt ou tard.Deux microbiologistes se sont mis en tête de composer une pièce musicale basée sur l'ADN.Inspirés par Jean-Sébastien Bach, qui avait composé une pièce basée sur les quatre lettres de son nom, Aurora Sanchez-Sousa et Fernando Baquero, de l'hôpital Ramon et Cajal de Madrid, ont décidé de composer une pièce basée sur les quatre « lettres » de l'alphabet génétique (A, C, T, G) : à chacune de ces lettres est attribuée une note et une seconde mélodie suit la séquence des acides aminés encodés dans ces gènes.Les « compositeurs » y ont ajouté une petite touche personnelle et ont donné leur premier « concert » en novembre, pendant la Semaine de la science de Madrid.Ils en sont déjà, ont-ils raconté à la revue Science, à une dizaine de pièces, chacune née d'une séquence génétique différente.Prochaine étape : le CD, bien sûr ! Le livre du non-sens « SI LA PLUPART d'entre nous n'utilisons que 10 % de notre cerveau, comme on l'affirme souvent, pourquoi n'a-t-on jamais entendu un médecin dire à son patient : la balle a détruit 90 % de votre cerveau qui n'est pas utilisé ! Nous sommes chanceux, revenez me voir demain matin.», ironise Christopher Wanjek dans son ouvrage Bad Medicine.Il y dénonce les pseudo explications des gourous et adeptes du paranormal.Sans compromis, il présente des mythes médicaux, anciens ou du Nouvel Âge, mais aussi certaines thérapies alternatives qui se basent plus sur les croyances que sur de la science.http : www.wiley.com/ Le singe qui parle UN SINGE a surpris tout le monde en démontrant qu'il pouvait prononcer quelques mots.C'est du moins ce qu'affirment des chercheurs d'Atlanta qui, enregistrement à l'appui, affirment que Kanzi, un bonobo \u2014 un cousin du chimpanzé, souvent décrit comme le plus intelligent de tous les singes \u2014 émet des sons spécifiques à telle et telle activité : s'il veut une banane, un jus, sortir de sa cage, etc.On connaît bien sûr les singes qui parlent par l'intermédiaire du langage des sourds-muets, ou avec l'aide d'un clavier spécialement conçu.Mais la plupart des experts prennent pour acquis depuis les années 60 que les singes n'ont pas notre capacité à parler, au sens propre du terme.Si Kanzi peut leur prouver qu'il est bel et bien capable d'émettre des sons ayant une signification particulière \u2014 bref, des mots \u2014 il fera reculer encore un peu plus les limites que l'on avait imposées à sa race.Le secret du Nobel QUE FAIT un Prix Nobel quand il ne travaille pas ?Un professeur de physiologie à l'Université d'État du Michigan, Robert Root-Bernstein, a eu la curieuse idée de comparer les passe-temps de 134 gagnants du Nobel de chimie avec ceux d'un nombre comparable de scientifiques.Sa conclusion : les Nobel sont très actifs à l'extérieur de leur laboratoire.« Plus de la moitié ont au moins une occupation artistique, et presque tous ont un passe-temps durable, des échecs jusqu'à la collection d'insectes.Un quart des Nobel étaient des musiciens, et 18 % pratiquaient des arts visuels tels que la peinture ou le dessin.» En comparaison, parmi les membres de la fraternité scientifique Sigma Xi, moins de 1 % était engagé dans un hobby.A-t-on découvert le secret du Nobel ?Recherches gratuites EN 2001, un nouvel organisme, appelé Public Library of Science (PLoS), tentait d'inciter les chercheurs à boycotter les revues savantes qui ne permettaient pas aux internautes d'accéder gratuitement à leur contenu.La campagne a eu un succès mitigé, mais elle pourrait connaître un nouvel élan : PLoS a obtenu, à la fin de 2002, une subvention de neuf millions du gouvernement américain afin de lancer sa propre maison d'édition.Il faut donc s'attendre à voir apparaître, en 2003, deux revues, PLoS Biology et PLoS Medicine, qui seront accessibles gratuitement sur Internet \u2014 la version imprimée, elle, sera payante.Les chercheurs auront, eux, des frais pour voir leur oeuvre publiée dans ces pages, comme c'est parfois l'usage dans le domaine très sélect des revues savantes.Merde radioactive LES CROTTES d'oiseaux de mer pourraient transporter.des polluants radioactifs.Et ce qui n'arrange rien, le risque est probablement plus élevé dans les régions plus froides, soit là où les écosystèmes sont les plus fragiles.Deux chercheurs norvégiens ont passé deux années à ramasser des échantillons de sol, de végétation et de guano (le terme savant pour vous savez quoi) dans un archipel lointain de l'Arctique.Ils y ont trouvé des concentrations d'isotopes radioactifs comme le caesium-137, qui n'existe pas dans la nature, et qui pourrait donc provenir de tests nucléaires effectués des décennies plus tôt.Les oiseaux l'ont sans doute absorbé à travers les poissons, puisqu'une fois que cette radioactivité se retrouve là, elle se propage dans la chaîne alimentaire.Ainsi, les plantes dont la croissance a été favorisée par le guano \u2014 un puissant engrais \u2014 présentent elles aussi un taux de radioactivité supérieur.et les plantes seront un jour mangées par des animaux, qui seront à leur tour mangés par des humains.Le fils de la NASA IL Y A trois décennies, au lendemain du débarquement sur la Lune, la NASA a essayé de convaincre les pays européens de participer à ses futures missions spatiales.Mais l'agence spatiale américaine, révèlent des documents britanniques récemment rendus publics, tenait tellement à partager les coûts avec les Européens sans partager ses secrets, qu'outre-Atlantique, on a mal réagi, ce qui a conduit, au milieu des années 1970, à la création de l'Agence spatiale européenne.Laquelle, aujourd'hui, est à l'occasion un partenaire de la NASA, mais est aussi, sur le plan commercial, son plus dangereux concurrent.\u2014 Agence Science-Presse Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse « Quand tout va bien, le tuteur n'intervient pas et les étudiants solutionnent le problème par euxmême », explique Mireille Poulin, étudiante à la maîtrise et graduée du programme d'APP en biologie.La formation sans cours ni professeurs Depuis sept ans, le baccalauréat en biologie de l'UQAM est transformé.Les étudiants apprennent les mêmes notions, mais par euxmêmes, en solutionnant des problèmes.La pédagogie sur laquelle s'appuie un tel programme est à la base de la réforme du cours au secondaire que le Québec commence à vivre.SYLVAIN BASCARON Àquoi ça sert ?La question de tous les étudiants tombe invariablement dans chaque classe, de toutes les écoles du monde.Souvent, l'enseignant reste bouche bée.La solution du département de biologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) : répondre aux étudiants avant même qu'ils ne posent cette question.Depuis 1996, les futurs biologistes de l'UQAM goûtent à l'approche « apprentissage par problème » (APP).Pas de cours, pas d'exposé magistral.Seulement des « prosits » (pour PROblème-SITuation) : un tuteur, anciennement professeur, plonge une douzaine d'étudiants dans une situation réelle ou réaliste.Dans cette situation, un problème se pose et des lectures pour le résoudre sont suggérées.Pendant deux ou trois jours, les étudiants lisent.À la séance suivante, en table ronde, ils discutent de leurs solutions.« Quand tout va bien, le tuteur n'intervient pas et les étudiants solutionnent le problème par eux-même », explique Mireille Poulin, étudiante à la maîtrise et graduée du programme d'APP en biologie.« Si les étudiants oublient des informations ou s'ils empruntent une mauvaises piste, le tuteur est là pour les rediriger », précise-t-elle.Tranquillement, d'un prosit à l'autre, d'un livre à l'autre et d'un article à l'autre, les étudiants bâtissent leur bagage de connaissances.Ils assemblent les pièces du casse-tête qui, un jour, constituera leur diplôme.Étienne Dorval, un collègue de Mireille, pense que l'APP l'a mieux préparé à la maîtrise : « J'ai appris à aller chercher l'information moi-même et j'ai découvert ma méthode de travail personnelle.L'APP replace la biologie dans le vrai monde, où les biologistes doivent toujours convaincre leur entourage de leurs conclusions », explique-t-il.Après sept ans de fonctionnement du programme APP, Laurent Poliquin, directeur au premier cycle du département de biologie de l'UQAM est en mesure d'en faire un premier bilan : « Depuis que nous offrons ce programme, notre taux de diplomation a augmenté et plus d'étudiants se dirigent vers la maîtrise.C'est au début de la maîtrise que nous observons la différence majeure entre les étudiants qui proviennent de l'APP et ceux qui ont fait un bacc traditionnel : ils sont plus autonomes et démontrent une plus grande aptitude à la réflexion », croit-il.Les théoriciens qualifieraient ce genre d'enseignement de « socio-constructivisme ».Cette pédagogie permet à l'étudiant de construire ses apprentissages à partir de ses intérêts et de son interaction avec ses pairs.« L'objectif est de faire plus que des apprentissages cognitifs », explique Gilles Lemire, professeur en sciences de l'éducation à l'Université Laval et co-auteur du livre La Nouvelle Éducation qui traite notamment de socioconstrutivisme.« C'est par des expériences touchant aussi le corps et les émotions qu'une personne élabore ses propres théories », ajoute-t-il.Et c'est en les confrontant à celles des autres ou à de nouvelles expériences qu'une personne poussera ses apprentissages plus loin et plus en profondeur.« Par exemple, note Gilles Lemire, l'engagement émotif d'enfants qui font germer des fèves et qui les observent jusqu'à l'apparition d'une première fleur va plus loin que la lecture d'explications sous une photo dans un livre.» Cette démarche permet à l'enfant d'acquérir des compétences en plus de connaissances.À la base de la réforme pédagogique L'approche pédagogique utilisée au département de biologie de l'UQAM est à la base de la réforme de l'enseignement au cours secondaire, déjà amorcée mais qui atteindra sa vitesse de pointe en septembre 2004.Cette réforme jettera aussi les bases de l'enseignement par compétences transversales.L'école gardera sa mission d'élargir les connaissances des étudiants, mais y ajoutera l'objectif de développer des compétences en méthode de travail, en communication, en création etc.Par des projets d'équipe, la réforme prévoit que les adolescents développeront aussi leurs aptitudes personnelles et sociales.De plus, les enseignants auront la tâche de tisser des liens entre les disciplines.Par exemple, un projet pourrait demander à une équipe d'étudiants de développer un site web (informatique) regroupant des textes (français) sur l'influence de l'histoire dans les découvertes scientifiques (physique, chimie et biologie).« Le temps dont nous disposons avant la mise en place de la réforme permet aux enseignants de mieux comprendre les philosophies qui la motivent », explique Réjean Parent, président du syndicat de l'enseignement de Champlain.Mais l'auteur Gilles Lemire trouve les ambitions du gouvernement trop grandes pour le temps qu'il se donne.« Une telle réforme doit se faire en trois étapes, explique- t-il.D'abord, il faut modifier l'infrastructure physique du milieu d'apprentissage pour permettre le nouvel enseignement.Ensuite, on doit former les enseignants avant d'implanter la nouvelle façon d'enseigner », précise-t-il.Selon lui, le temps planifié pour implanter la réforme au secondaire est trop court et exigera de négliger les deux premières étapes.« L'ajustement des conventions collectives des enseignants est une étape encore plus difficile que la modification des infrastructures », note Nicole Gagnon, de la direction de la formation générale des jeunes du ministère de l'Éducation du Québec.« La réforme modifiera en profondeur la pratique des enseignants et les conventions collectives ne s'appliqueront que difficilement, explique-t-elle.Mais certains nous accusent d'être déjà en retard avec la réforme.Nous voudrions que les choses aillent plus vite, mais la réforme doit avoir lieu et les éléments de contextes devront suivre », tranche-t-elle.La réforme au secondaire étendra la pédagogie du socio-constructivisme à toutes les matières.Mais comme elle s'apparente à la méthode scientifique, il est permis de croire, selon des spécialistes de l'éducation et de la formation universitaire, qu'elle poussera plus de jeunes Québécois vers des carrières scientifiques.Plusieurs universités du monde appliquent déjà la pédagogie de l'apprentissage par problème.Cette méthode est surtout utilisée pour la formation de scientifiques tels que des médecins, des ingénieurs et des biologistes.Elle permet aux étudiants de répondre eux-mêmes à la question « à quoi ça sert » et repousse les limites de leur curiosité, sans les démotiver. 7LP0701F0511 F7 DIMANCHE 7LP0701F0511 ZALLCALL 67 17:25:42 05/10/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 1 MA I 2 0 0 3 F 7 L E P A R I de Dominique Demers - 6 - Un infirmier maladroit heurta sa civière en passant, ce qui provoqua une plainte étouffée, déchirante.La vieille dame manquait visiblement de force pour exprimer davantage la douleur qui lui tordait le visage.Elle bougea à peine la tête, battit des paupières, ouvrit bien grand les yeux et promena lentement son regard presque mauve dans la salle avant de perdre à nouveau conscience.En quinze ans de pratique, j'avais soigné des tas de vieillards maigres, fragiles et souffrants, mais je n'avais jamais ressenti le trouble que j'éprouvai ce matin-là.C'est son regard, d'abord, qui m'a captivée.Pendant un bref instant, ses yeux s'étaient posés sur moi et j'y avais découvert une lueur d'une intensité surprenante.Je m'étais souvenue des paroles d'un vieux routier, médecin aux soins palliatifs, lors de mon premier stage auprès des mourants.Il m'avait parlé d'un certain regard très saisissant qu'ont parfois les patients âgés.«On dirait du feu, avait-il raconté.Ils peuvent mourir demain, leur corps est ravagé, mais ils ont le regard très vif.Il y a, au fond de leurs yeux, une flamme, une brillance qui nous surprend toujours.On a l'impression de se trouver devant un être d'exception et on se surprend à vouloir connaître l'histoire de cette vieille personne agonisante.Le tableau tracé par garde Bégin n'avait rien de glorieux.La vieille dame s'était brusquement effondrée sur le trottoir en plein centre-ville, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis.Un étudiant de l'Université du Québec à Montréal avait composé le 9-1-1 et attendu le secours des ambulanciers.La vieille n'avait pas repris conscience à l'arrivée du véhicule.Elle avait tout d'une clocharde.Elle portait plusieurs couches de vêtements dépareillés, des souliers trop grands, bourrés de papier au bout, qui semblaient avoir fait trois fois le tour de la planète, et elle n'avait pas un sou en poche.rendre visite?Qu'est-ce qui vous arrive?Elle a gardé les yeux rivés aux miens.Son regard avait quelque chose d'envoûtant.- Vous êtes tombée.Avez-vous mal?Avez-vous reçu un coup?Quelqu'un vous a-t-il agressée?- Il n'y avait pas de marques autres que celles dues à la chute, m'informa garde Bégin.- Est-ce la première fois que vous tombez comme ça?M'entendez- vous?Elle m'observait toujours, immobile et muette.Je me sentais de plus en plus impuissante.- Elle parle peut-être allemand, italien ou hindi, suggérai-je cyniquement à garde Bégin.À ce moment, j'eus l'impression que la patiente tentait de sourire.Elle poussa un faible gémissement, à peine perceptible, et un bras décharné émergea péniblement de sous le drap.D'un geste timide et presque élégant, elle tenta de désigner une partie de son corps.Je soulevai immédiatement le drap de coton et découvris que la posture de sa jambe droite était anormale, le pied pointant curieusement vers l'intérieur.- Elle a quelque chose de brisé.Sans doute une fracture de la hanche.La vieille dame m'observait toujours.Je décidai de poursuivre l'interrogatoire médical afin de profiter de sa lucidité passagère pour recueillir le maximum d'informations.J'espérais que nous puissions retracer son dossier médical dans un autre hôpital et communiquer avec un parent.- Comment vous appelez-vous?Il ne lui manquait que le traditionnel sac à poignées des clochards, sans doute abandonné sur le trottoir.- Pas de sacoche, pas de sac, pas de cartes, se plaignait garde Bégin.Et semi-consciente en plus.Le bonheur, quoi! Ça va être beau pour dresser l'histoire de cas, hein docteur Laforest?Quel âge a-t-elle, pensez-vous?J'ai réussi à détacher mes yeux du visage émacié.- C'est difficile à dire.Soixantedix ans peut-être?Mais allez donc savoir! Si elle cale les fonds de bouteille depuis longtemps, elle paraît sans doute plus vieille que son âge.Sans compter qu'on ne sait pas ce qui la ronge.Les rares informations au dossier n'apportaient guère d'éclaircissements.Confusion, pression et signes vitaux normaux, fièvre, respiration difficile, toux, teint grisâtre.J'ai pris sa main, l'ai tapotée gentiment sans obtenir de réaction, puis j'ai caressé doucement une épaule frêle.Lentement, elle a ouvert de nouveau les yeux et replongé son regard si intense dans le mien.- Bonjour.Je suis le docteur Laforest.Vous avez décidé de nous À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 1999 Éditions Québec Amérique Inc.ROMAN11MI LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE COMIC11MIM GARFIELD FERDINAND 7LP0802F0511 F8 DIMANCHE - 2 7LP0802F0511 ZALLCALL 67 19:40:32 05/10/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 1 MAI 2003 LE CARNET D'OBSERVATION Effervescence.EFFERVESCENCE printanière ! Plusieurs oiseaux sont en train de couver et les éclosions sont même commencées chez certaines espèces, notamment le merle d'Amérique.Plusieurs quiscales sont installés au nid dans les arbres sur le terrain.Une tourterelle niche sur l'une des galeries et un couple de moineaux a trouvé refuge dans une épinette.Plus osée, une autre tourterelle a décidé d'occuper de peine et de misère une des cases ouvertes de mon nichoir à hirondelles noires, qui n'est pas encore juché au sommet de son poteau.Beau problème en perspective.Que faire quand mes hirondelles arriveront ?Je vais probablement laisser en paix la tourterelle et sa progéniture, mais en refermant les portes des autres appartements avant de hisser le condominium.Les hirondelles bicolores n'avaient pas encore emménagé chez moi mercredi dernier même si quelques- unes ont fait une brève visite.J'ai d'ailleurs profité de l'occasion pour installer plusieurs nichoirs à leur intention, mais sans susciter d'intérêt.Pas de nouvelles, non plus, des hirondelles des granges, que j'attends toujours avec impatience.Ce printemps, j'ai même ajouté trois perchoirs au toit de ma grange pour qu'elles puissent se loger encore plus confortablement.Autre absence, les martinets ramoneurs.Aucun ne s'est encore manifesté dans les alentours.Pourtant, je viens de faire ériger toute une fausse cheminée sur la toiture de la maison dans le but de les attirer.Une autre de mes folies ornithologiques.Je vous en reparle.Virus du Nil: la collecte commence LA COLLECTE des carcasses de corvidés en vue de détecter la présence du virus du Nil occidental et de suivre son évolution au Québec, a débuté cette semaine.Il suffit de composer le numéro de téléphone du Centre de signalement des corvidés : 418-654-3140.Le préposé vous posera une série de questions et la carcasse sera ramassée par un inspecteur du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) ou encore par un agent de la Société de la faune et des parcs.Le service est coordonné par le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages.Mais contrairement à l'an dernier, les analyses seront faites ici plutôt qu'à Winnipeg.Les résultats devraient être connus quelques heures après l'examen des oiseaux.L'an dernier, on a découvert la présence du virus chez 139 oiseaux, surtout des corneilles, quelques geais bleus mais aussi une quinzaine de rapaces.Rappelons qu'il est inutile de faire appel à un exterminateur pour tenter de détruire les larves de moustiques sur votre terrain.Cette mesure ne peut être efficace que si on y recourt à grande échelle, dans toute une municipalité par exemple.Même si vous réussissez à éliminer les futurs moustiques des eaux stagnantes de votre terrain, les maringouins de vos voisins seront toujours en quête de chair tendre.Vos observations sur Internet « DANS UNE chronique, vous avez énuméré plusieurs observations faites dans les environs de Montréal.J'aimerais savoir s'il existe un site Internet où nous pouvons faire part de nos observations », demande Benoit Marois.La plupart du temps, je cite des observateurs chevronnés dont les découvertes sont mentionnées quotidiennement sur le site Les oiseaux rares du Québec, compilées par Louise Simard pour l'Association d'ornithologues.(1) Comme son nom l'indique, ce sont les espèces inusitées qui sont signalées, suffisamment rares d'ailleurs pour amener les amateurs à se déplacer pour les observer.Le site rapporte aussi les mentions de hiboux, de rapaces diurnes, d'oiseaux exotiques et de sous-espèces.Il n'existe pas de site au Québec, du moins à ma connaissance, où l'on compile sur une base régulière la présence de toutes les espèces dans un lieu où une région donné.Probablement parce que l'information deviendrait vite redondante, les mêmes espèces se retrouvant habituellement dans les mêmes lieux à la même époque.Par ailleurs, vous pouvez échanger sur votre sujet préféré en devenant membre du groupe de discussions Ornitho-Qc.(2) On y trouve aussi des réponses aux questions les plus fréquemment posées.Le groupe compte autour de 500 membres et si vous en faites partie, vous recevrez une trentaine de courriels par jour.1Le site des oiseaux rares du Québec pages.infinit.net/simardl/ lesoiseauxraresduquebec.htm 2Groupe de discussions Ornitho-Qc www3.sympatico.ca/glauziere/ Photos PAULE BAILLARGEON, collaboration spéciale © Le bruant chanteur de Paule Baillargeon, adepte de la photo d'oiseaux.Trois oiseaux, une photographe À TIRE D'AILE Paule Baillargeon a été initiée à l'ornithologie toute petite.Sa mère attirait son attention sur les oiseaux qui se présentaient aux mangeoires dans la cour de la maison familiale.Aujourd'hui, c'est sur son propre terrain, à Drummondville, qu'elle donne rendez-vous à ses préférés.À 43 ans, la photographe amateur a jumelé ses deux passions.En plus d'observer les oiseaux, elle les immortalise grâce à son appareil numérique.« Toujours à travers la vitre de ma fenêtre qui donne sur la cour », dit-elle.La connaissance de ses visiteurs familiers et la maîtrise de la technique lui ont permis de réaliser des clichés remarquables.Paule Baillargeon a raflé tous les honneurs du concours le Biodôme/ La Presse dans la catégorie « Oiseaux de ville et de banlieue », en obtenant les trois prix.Une première depuis les débuts de cette compétition amicale.« L'utilisation d'un appareil numérique me permet de prendre davantage de photos à un coût qui n'est pas comparable à celui de la pellicule, explique- t-elle.Règle générale, je ne conserve que trois clichés sur 100.C'est sur le toit d'une remise, située à environ un mètre d'une fenêtre, qu'elle dépose des graines pour attirer ses modèles.L'appareil photo est placé sur un trépied.« Certains sont des habitués.Par exemple, un quiscale bronzé, que je peux distinguer grâce à ses deux plumes blanches dans la queue, vient dans ma cour depuis deux ans.» La photographie d'oiseaux représente un défi même derrière une fenêtre.« Il faut que l'éclairage soit adéquat, que l'oiseau se présente dans une position intéressante et qu'il reste suffisamment longtemps sur place pour pouvoir saisir le bon moment.» Le bruant chanteur, qui lui a valu un prix, est, par exemple, toujours en mouvement.Mais sur cette photo, il semble fixer la photographe dans les yeux.Nombreux aux mangeoires, les quiscales bronzés sont plus faciles à croquer.On peut en voir un en pleine séance d'intimidation, pointant le bec vers le haut dans une pose caractéristique de cette espèce.Quant à l'étourneau sansonnet, le troisième prix, il s'agit d'une espèce très difficile à photographier, insiste Mme Baillargeon.« Il ne reste jamais sur place et disparaît aussitôt qu'il a pris sa pitance.Sur ce cliché, l'oiseau était encore en plumage d'hiver.Ses plumes sont lustrées comme si elle étaient enduites de brillantine.» Quiscale bronzé en posture d'intimidation.Étourneau sansonnet, troisième prix de la catégorie « Oiseaux de ville et de banlieue »."]
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