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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-05-18, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0518 F-1 dimanche 7LP0101F0518 ZALLCALL 67 19:18:19 05/17/03 B Un été en fête avec Ricardo ! 60 recettes estivales En vente dès maintenant ! FILL07 EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 1 8 M A I 2003 Voir ÉCRIVAINS en F2 L'Ignorance, Milan Kundera > ROMAN \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 Lovelie d'Haïti, Sylvain Meunier > ROMAN \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 4 Ay, Paloma, Rosetta Loy > ROMAN \u0001\u0001\u0001\u0001 1/2 Page 3 Aldabra, Silvana Gandolfi > ROMAN JEUNESSE \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 2 JOCELYNE LEPAGE e Canada est le pays invité cette année à la Fiera internazionale del libro de Torino, la Foire interna-tionale du livre de Turin, le plus important festival littéraire en Italie.L'équivalent, selon Pascal Assathi-any, éditeur de Boréal, qui les fait tous, du Salon du livre de Montréal, dans la ville du saint-suaire qui compte environ un million d'habitants.La phobie du SRAS, en ce pays éminemment touristique, aura peut-être quelque peu refroidi l'ardeur des visiteurs à l'endroit des écrivains canadiens présents ce week-end à la foire.Mais les critiques et journalistes italiens qui ont été invités au Canada en préparation à cet événement, n'en reviennent pas : ce pays sur lequel veille une Chinoise (Adrienne Clarkson) a quelque chose du paradis, même s'il cherche avidement son identité nationale.Il regorge d'auteurs exceptionnels, d'origines incroyablement diverses, qui sont en train de tisser une formidable nouvelle culture.Et ces journalistes aiment le Conseil des arts du Canada.C'est en tout cas ce que l'on peut déduire des textes qu'ils ont écrits dans leurs journaux à leur retour en Italie et qui ont été traduits en anglais pour les responsables de la représentation canadienne à Turin.Pour Elizabeth Burba, de Panorama, Yann Martel dit vrai quand il décrit le Canada comme «le meilleur hôtel du monde pour les écrivains».En effet, ajoute-t-elle, ce pays est «le plus intéressant carrefour d'écrivains vivants sur la planète».Et elle y va d'exemples.Parmi les six candidats au Man Booker Prize de 2002, par exemple, il y avait trois écrivains canadiens sur les six en lice : Rohinton Mistry, Carlon Shields et, bien sûr, Yann Martel, le gagnant, dont le roman The Life of Pi vient d'être traduit en italien par les éditions Piemme.Et il ne s'agit pas seulement d'un succès de critiques, dit-elle.«Dans le pays de la feuille d'érable, l'édition croît d'une manière exponentielle.Pendant les années 70, il y avait 250 éditeurs; aujourd'hui, il y en a 640.De 1992 à 1998, le nombre d'éditeurs s'est accru de 21% par année.Qu'est-il arrivé?Aujourd'hui les éditeurs de Toronto, Montréal et Québec publient 10 000 titres par année.Les Canadiens (anglais) sont les plus grands lecteurs au monde après les Islandais: un sur trois lit un livre par semaine.» Ce pays que les artistes fuyaient dans les années 50 est maintenant la mecque de la littérature internationale, selon elle.Et si les écrivains canadiens connaissent un tel succès dans le monde, c'est à cause du multiculturalisme qui domine, des subventions du Conseil des arts et aussi un peu grâce à l'Italie, qui, de tous les pays, est celui qui traduit actuellement le plus d'écrivains canadiens.À TURIN envoyée spéciale Le Canada est le pays invité de la Foire internationale du livre de Turin, en Italie, qui bat son plein ce week-end.Notre journaliste Jocelyne Lepage est sur place.Nous vous proposons aussi une entrevue d'Elias Levy avec la plus célèbre romancière italienne, Rosetta Loy, de même qu'un reportage de Mathieu Perreault sur la jeune littérature italienne.Mais d'abord, trois journalistes italiens livrent leurs impressions sur le Canada et la littérature d'ici.LE CANADA TERRE DES E C R I VAINS Rohinton Mistry Michael Ondaatje Gaétan Soucy Yann Martel Carole David La subtile perversion du réel Page 4 Suzanne Jacob 7LP0201F0518 f2 lectures dimanche 7LP0201F0518 ZALLCALL 67 22:15:15 05/17/03 B JEUNESSE CANNIBALE Le retour du roman en Italie Jeunesse cannibale.Le nom detonne, meme dans le monde fantaisiste des romanciers.Au milieu des annees 90, une anthologie a cherche a mettre un nom sur une nouvelle vague d'ecrivains italiens, pour la plupart ages de moins de 35 ans.Les histoires que raconte Jeunesse cannibale reecrivent sur un mode mediterraneen, souvent romain, les fantasmes sanguinolents des films d'horreur, du romancier Stephen King, du cineaste Quentin Tarantino.Deux jeunes play-boys romains vont au zoo durant la nuit, tuent quelques animaux, dont une maman kangourou, terrorisent un travesti avec un pistolet, le tout sur un ton desinvolte et desoeuvre, tres euro trash.Un meridional au chomage se fait justicier et assassine immigres clandestins, vieux clochards et autres romanichels.Deux jeunes bianconi (des garcons qui ne parviennent pas a seduire de filles) regardent une video sur les changements de sexe, parce qu'elle coute moins cher que les films pornos, et finissent par passer a l'acte.Les histoires de Jeunesse cannibale, publie en francais voila quelques annees par Naturellement Editions, portent a leur extreme des situations courantes dans l'Italie d'aujourd'hui.On sent une delectation coupable a raconter les affres des adolescents et des jeunes adultes aux prises avec les problemes particuliers du pays : difficulte a se trouver du travail et un appartement a moins d'etre pistonne, pesanteur des rituels sociaux comme le pranzo della domenica (le diner dominical en famille), etc.Le pulp italien n'est que l'une des facettes d'un renouveau plus general du roman italien.Avant la fin des annees 80, il etait tres rare de trouver un romancier de moins de 30 ou 35 ans , explique Sandro Veronesi, l'un des auteurs phares de la nouvelle vague italienne, qui s'est fait lui aussi un nom en tant que porte-voix de la jeunesse.Depuis les annees 70, l'avant-garde considerait que le roman etait un instrument bourgeois.Les romanciers de mon age et moi-meme avons grandi sans litterature qui nous ressemble.Nous avions une soif tres forte de depeindre notre monde dans des romans.Nous sentions un manque de tradition a cet egard.Le modele a suivre est americain.Nous trouvions aux Etats-Unis et en Angleterre un ton inconnu chez nous, avec Thomas Pinchon, Kurt Vonnegut , poursuit M.Veronesi, en entrevue de son domicile de Testaccio, un quartier de Rome ou habitent beaucoup de jeunes artistes.Au 20e siecle, l'Amerique a eu une tradition plus forte, plus constante que l'Europe en ce qui a trait au roman.En Italie, le roman a ete un certain temps concu comme un pur instrument linguistique, qui ne devait pas refleter la realite de l'auteur.Les premiers livres de M.Veronesi, qui a 44 ans, etaient hyperrealistes : les (jeunes) personnages racontent le monde tels qu'ils le vivent, pas tel qu'il est.Les Vagualames (10-18), le livre qui l'a lance en 1990, raconte l'histoire d'un jeune Romain bourgeois, desoeuvre mais passionne de graphologie, qui tombe amoureux de sa demi- soeur.Le titre original, Gli Sfiorati (Les Effleures), rendait mieux l'egocentrisme profond des jeunes adultes qui n'arrivent pas a s'interesser aux conventions et aux interets des personnes plus agees, que la realite ne fait, justement, qu'effleurer.La Force du passe (Plon), le dernier livre de M.Veronesi, tranche fortement avec le ton hyperrealiste de ses livres precedents : un ecrivain dans la quarantaine, jeune pere, voit sa vie s'ecrouler quand un faux chauffeur de taxi lui revele que son pere, un general qu'il croyait fascisant, etait en fait un agent du KGB.Il se met a douter de lui-meme, de sa femme.Ses credos sont bouleverses et il cherche par tous les moyens a se raccrocher a la realite.Le roman decrit le renversement moral de la quarantaine avec une perspicacite qui depasse les frontieres.L'ecrivain ecorche ces familles heureuses et tetues, adeptes de l'autosuffisance, qui se rebellent devant la massification dont elles repudient non le fondement mais les details, se privant ainsi de television, de cadeaux de Noel, de matchs de football.en un vaillant gaspillage d'intelligence qui les conduit d'un systeme de consommation barbare et confus a un autre, plus chretien, plus coherent, mais tout aussi vorace .En entrevue, M.Veronesi explique son passage de l'hyperrealisme a la reflexion sur les parametres moraux et ethiques par le fait qu'il a eu trois enfants et a senti le besoin de leur expliquer le monde .De la biologie aux peurs de l'enfance Niccolo Ammaniti, l'un des auteurs les plus en vue de Jeunesse cannibale, s'est lui aussi eloigne de l'hyperrealisme, mais pour embrasser le point de vue de l'enfance.Branchies (Editions du Felin), son premier roman, raconte l'agonie d'un jeune vendeur d'aquariums et de poissons atteint d'un cancer incurable.Il se coupe de tous : ses amis, sa fiancee ultra bourgeoise qui l'aime parce que son amour pour la science-fiction detonne dans son monde branche, sa mere obsedee par son corps.Et il s'envole pour l'Inde, ou il refait sa vie avec un groupe de musique indienne qui joue dans les egouts pour profiter.de la reverberation.M.Ammaniti, un Romain de 37 ans, a ecrit Branchies en 1993 au lieu de sa these universitaire de biologie.Le temps passait, mes amis obtenaient leur diplome, se mariaient, trouvaient du travail, mouraient, et moi je continuais a etre dans mon laboratoire, explique- t-il dans la preface d'une edition italienne.Certains pensaient que j'etais concierge.La these ne fut jamais terminee.Le prolongement a outrance de l'universite est une situation tres courante en Italie.M.Ammaniti en a profite pour acquerir une connaissance tres fine des exces des fetes bourgeoises a Rome, ou il n'est pas rare que quelqu'un sorte blesse, comme dans un passage de Branchies.La nouvelle eponyme du recueil Le Dernier Reveillon (Hachette) raconte d'ailleurs l'invasion catastrophique d'une fete d'aristos par une bande de tifosi ultra (partisans exaltes, un terme dont la racine est le typhus.) d'une equipe de football de province.Dans ses deux derniers romans, Et je t'emmene et Je n'ai pas peur (Grasset), les protagonistes ont rajeuni.Ils dissequent, du point de vue de l'enfance, les rancoeurs familiales et le ressentiment du Sud de l'Italie pour le Nord, plus riche.Un autre des romanciers de Jeunesse cannibale, Andrea Pinketts, est lui aussi traduit en francais.Quatre de ses romans policiers ont ete publies chez Rivages.Sa biographie est presque trop chargee pour etre vraie : mannequin, prof de kendo, publicitaire, journaliste, et meme sherif de la ville de Cattolica, ou il aurait demasque des mafiosi.L'autoderision est caracteristique de la nouvelle vague italienne.On la retrouve aussi dans L'oeil de Carafa de Luther Blissett, un roman qui utilise les luttes sociales et religieuses de l'Allemagne du 16e siecle comme allegorie de la politique moderne.Luther Blissett qui, par ailleurs, est un pseudonyme : il s'agit du nom d'un joueur britannique du debut des annees 80, qui est arrive en demi-dieu en Italie mais n'a jamais tenu ses promesses.Bref, Blissett est l'equivalent du hockeyeur Doug Wickenheiser.Enfin, sur un registre plus intimiste mais sans etre classique, Rossana Campo a reevalue la vie amoureuse des femmes au pays de Casanova.Mme Campo, qui a 40 ans, decrit dans A la folie (Fayard) la difficile reinsertion dans la vie civile d'une Italienne qui s'est retrouvee a l'asile, a Paris, quand son petit ami francais l'a quittee pour une autre.A toutes les deux pages, on se retrouve devant une tempete d'emotions.Pourtant, cette Bridget Jones italienne a des observations que beaucoup reconnaitront : Dommage que le bonheur soit une chose extremement fugace dans ce monde, c'est vraiment dommage, parce que je m'y habitue toujours tres rapidement , ou encore : Je me suis sentie completement isolee.completement ridicule, moi et mes amours hors du monde, moi et mes pleurs et mes peurs.J'aimerais etre faite un peu differemment.ECRIVAINS Suite de la page F1 JEUNESSE Beau voyage a pas de tortue Dans La Stampa, Mario Baudini rapporte que l'aventure litteraire canadienne n'a commence que dans les annees 60 a Toronto, quand Marshall Mc Luhan a publie sa Galaxie Gutenberg et invente le village global , suivi par Northop Frye avec son Anatomy of Criticism, un essai repute internationalement.Mais tout le monde croyait que les deux auteurs etaient Americains.C'est alors que le gouvernement federal a decide d'investir dans la culture, pour empecher l'inevitable assimiliation americaine.Petit a petit, les choses ont change, ouvrant la voie a cette litterature de grande qualite nee dans les annees 90.Le pays s'est lance a la conquete de sa juste place litteraire dans le monde.Et en Italie, pour de mysterieuses raisons, les auteurs canadiens sont devenus l'objet d'une veritable fascination.Selon le journaliste, le Canada viendra a Turin montrer un phenomene atypique et extremement moderne .Le Canada, ecrit-il, est un des pays les plus ouverts a l'immigration et les immigrants ont, en retour, nourri sa culture, encore plus qu'en Grande-Bretagne.Mistry (un autre gagnant du Booker Prize) est d'origine indienne ; Ondaatje vient du Sri Lanka, Alberto Manguel est d'origine argentine.La difference dans l'inclusion culturelle des Anglo-Indiens, Anglo-Pakistanais et Antillais n'est pas encore tres perceptible entre la Grande-Bretagne et le Canada, poursuit-il.Mais il y a un element qui fait du Canada un pays unique, et c'est le Quebec.Les francophones sont passes de la majorite linguistique a une situation de minorite en seulement 150 ans.Bien qu'opprimes, appauvris et etouffant sous la hierarchie catholique irlandaise (sic), ils ont defendu obstinement leur langue et leur esprit national canadien.Malgre cette petite erreur linguistiquo- religieuse, le journaliste, pas bete, se rend compte que toute cette effervescence litteraire canadienne doit beaucoup au Conseil des arts du Canada, cree en 1967.Le systeme fonctionne, dit-il, bien qu'il fasse l'objet de critiques.Mais le vrai probleme, c'est que chaque fois qu'un auteur canadien a du succes, il est immediatement absorbe par un editeur americain.Cocktail canadien Le Canada est un cocktail qui a tellement d'ingredients qu'on ne sait plus trop ce qu'il goute, ecrit Luigi Mascheroni dans Il Giornale.Vous pouvez gouter a certaines parties, mais la saveur de l'ensemble disparait.Ca goute bon, mais vous ne savez pas trop ce que vous buvez.Qu'est donc le Canada ?se demande-t-il.Il a l'Europe derriere lui, les Etats-Unis devant, mais ne sait pas trop ou aller.Ce n'est plus un appendice des Etats- Unis, mais il a perdu contact avec l'Europe.Ce n'est meme pas un Etat national, poursuit-il.A vrai dire, le Canada est un hybride.Il compte 40 % d'Anglais, 25 % de Francais ; 800 000 personnes sont des immigrants italiens de premiere et deuxieme generations ; il y a tellement de Chinois que leur langue est la troisieme parlee au Canada ; les Quebecois y constituent un univers a eux seuls ; il y a des Ukrainiens, des Polonais, des Allemands, des Indiens, des Juifs et des autochtones qui vivent dans des reserves.C'est un pays multiracial, mais pas un melting-pot, parce que chaque communaute y conserve sa culture.Le Canada est le deuxieme pays au monde, apres l'Allemagne, pour le nombre d'immigrants qu'il accueille : 250 000 par annee, plus 50 000 refugies.Le resultat : il n'y a pas un Canada mais une terre regie par les principes de la diversite et de la contamination.Selon lui, tous les Canadiens aimeraient etre Canadiens, mais ils sont trop cosmopolites.C'est vrai dans tout et plus particulierement dans la litterature, qui est, dit-il, un champ global interactif.Nancy Richler, la cousine de Mordecai, a ecrit Your Mouth Is Lovely au Caffe Calabria de Vancouver, gere par des immigrants italiens.Dans la famille d'Alistair Mc Leod (version canadienne de Jack London), ne au Canada de parents ecossais, le gaelique est encore parle 200 ans apres la venue des ancetres au Canada ; Michael Ondaatje, qui vit et ecrit a Toronto, est ne au Sri Lanka dans une famille d'origine hollandaise ; Leonard Cohen est un Juif de Montreal et vit en Californie ; Yann Martel est fils de diplomates quebecois, ne a Salamanque, en Espagne, et a vecu au Costa Rica et au Mexique pendant plusieurs annees ; Douglas Coupland est venu d'Allemagne au Canada ou il a ecrit Generation X ; Rohinton Mistry a emigre de Bombay ; l'origine et l'heritage culturel de Joe Fiorito et Nino Ricci se devinent aisement ; Carole Fioramore- David est nee a Montreal d'une mere italienne et d'un pere quebecois ; avant de s'installer definitivement a Montreal, Douglas Cooper a vecu a Londres et a New York.Drew Hayden Taylor, le dernier des autochtones ojibway, est ontarien.Presque tous seront presents a la foire de Turin.Autre texte en page 5.L'astuce, pour tromper la mort, c'est de se transformer, ma petite Elisa.Sur ces paroles inusitees de Mamie Eia a sa petite fille s'ouvre Aldabra .La Tortue qui aimait Shakespeare, de Silvana Gandolfi.Un roman a la fois intense et poetique, vrai dans l'emotion et les personnages malgre l'etrangete des situations.Car quand elle parle de se transformer, Mamie Eia, elle ne donne pas dans la parabole.La tortue de titre, c'est elle.Enfin, ce sera elle.On ne devient pas tortue a la vitesse de l'eclair.Bienvenue, donc, dans le monde surprenant cree par Silvana Gandolfi, auteure italienne qui a tate au roman pour adultes, au feuilleton radiophonique et a la scenarisation avant de se lancer dans l'ecriture de romans jeunesse.Avec succes, en particulier en Italie ou elle est encensee par la critique.Avec raison.Elle nous met ici en presence d'une fillette de 10 ans, Elisa, et de sa grand-mere, l'extravagante Eia, qui, en fait, porte le meme nom que sa petite-fille, consonnes en moins (ce n'est pas un hasard).Une vieille dame toujours vetue de blanc, qui avait quitte l'Angleterre pour venir a Venise ou elle avait rencontre l'homme de sa vie, qu'elle avait epouse.abandonnant pour cela une prometteuse carriere d'actrice shakespearienne, a Londres.Son epoux etait mort quelques annees plus tard, la laissant seule avec une petite fille.La mere d'Elisa.Qui, depuis des annees, peut-etre meme depuis avant la naissance d'Elisa, ne se parle plus a Eia, ne la voit plus.Ne l'aime plus, pourrait-on croire.C'est, en tout cas, ce qu'imagine Elisa.Elle posera des questions, aura des reponses.Decouvrira le secret derriere la facade enjouee de sa mamie.Et si excentricite rimait avec folie ?Mais il aurait ete trop simple d'opter pour cette voie-la.Le parcours original de la vieille dame meritait mieux que ce plat chemin.Silvana Gandolfi lui a offert des montagnes russes.Eia reve de se transformer pour echapper a la mort ?Elle se transformera.Litteralement.Reellement.En une tortue qui, au-dela des apparences, continuera a aimer Shakespeare mais qui, pardessus tout, revera de l'ile d'Aldabra.Une metamorphose qui, incroyablement, s'accepte comme un fait tant elle puise a meme la vie et tant elle sonne juste dans les mots et sous le regard d'Elisa.Il y a des moments, dans la vie, ou la realite subit un accroc, ecrit Silvana Gandolfi.Comme un rideau qui se dechire en decouvrant une realite differente, etrange et impossible.Sauf qu'impossible n'est pas francais.ni italien.En route, donc, pour un beau, beau voyage.A pas de tortue, pour mieux profiter des paysages et des gens.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 ALDABRA La Tortue qui aimait Shakespeare Silvana Gandolfi traduite par Nathalie Bauer Seuil, 155 pages (des 12 ans) Margaret Atwood Le Canada est un cocktailqui a tellement d'ingredients qu'on ne sait plus trop ce qu'ilgoute , ecrit Luigi Mascheroni. 7LP0301F0518 f3 lectures dimanche 7LP0301F0518 ZALLCALL 67 17:13:24 05/17/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1 8 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 ENTREVUE Rosetta Loy: une oeuvre faconnee par des souvenirs d'enfance E L I A S LEVY collaboration speciale Rosetta Loy, l'une des romancieres les plus celebres et importantes d'Italie, vit aujourd'hui dans un quartier cossu de Rome situe a quelques metres, a vol d'oiseau, de la via Flaminia ou elle a passe son enfance.D'une lucarne, sur la pointe des pieds, elle pouvait voir la celebre villa Borghese.De l'autre cote du Tibre, pas tres loin, il y avait et il y a toujours le Vatican.Tout l'univers de Rosetta Loy tient dans ce perimetre exigu.C'est la que tout s'est joue pour elle.Nee a Rome, en 1931, dans une famille de la grande bourgeoisie catholique italienne, elevee par une gouvernante allemande, tres antisemite, qui fut son premier grand amour .la fillette capricieuse qu'elle etait ne se remettra jamais de la fuite impromptue de cette Fraulein autoritaire ., l'univers ouate et insouciant de Rosetta Loy bascule a tout jamais le 16 octobre 1943.Ce jour-la, sa voisine de l'immeuble d'en face, une fille de son age avec qui elle jouait tous les jours, ses parents, les Levi, et une autre voisine agee qui ne cessait de la gaver de chocolats et de bonbons, la tres attachante Mme Della Seta, disparaissent brusquement sans lui avoir dit au revoir.L'adolescente se sent trahie par ces etres proches qu'elle affectionnait beaucoup.L'Italie mussolinienne et toute l'Europe commencaient a etre broyees par des forces tenebreuses.Mais lorsqu'on n'a que 12 ans, on n'est pas suppose comprendre tout cela.Ce n'est que bien des annees plus tard que Rosetta Loy realisera que ses voisins n'avaient pas demenage sans l'avoir prevenue, mais avaient ete emportes du jour au lendemain vers une terre d'ignominies et d'aneantissement d'ou ils ne revinrent plus jamais : le camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau.Cette tragedie l'a profondement marquee.Des souvenirs funestes qui, 60 ans plus tard, continuent de la hanter.C'est pour cette raison que la plupart des recits de cette grande dame de la litterature transalpine abordent, directement ou indirectement, des themes inherents a cette epoque de sang et de fureur : la deportation et le genocide des juifs ; la dictature fasciste instauree par Mussolini ; l'antisemitisme dans la societe italienne ; l'attitude de l'Eglise catholique pendant que les communautes juives etaient exterminees ; les consequences devastatrices d'une guerre.Des hecatombes effroyables relatees par le biais du regard ingenu d'une adolescente espiegle.Une oeuvre autobiographique Toute mon oeuvre romanesque, qui est tres autobiographique, est nourrie et faconnee par mes souvenirs d'enfance et d'adolescence.Mon enfance a ete tres importante et est toujours tres presente en moi, avec ses souvenirs et ses angoisses tres marquees, explique Rosetta Loy, qui parle couramment le francais, en entrevue depuis sa residence romaine.Le monde des enfants est un monde magique et fascinant, mais c'est aussi un monde de souffrances.Happes par leurs propres preoccupations, ambitions et projets, les adultes ne comprennent pas grandchose au monde des enfants.Les enfants et les adultes regardent le monde avec des yeux differents.L'enfant voit des choses que l'adulte ne peut percevoir ou ne soupconne meme pas.Les enfants sont souvent dans l'ignorance de l'Histoire.Ils sont fragiles et innocents.Mais l'Histoire finit toujours par les rattraper dans leur monde protege.Ce fut mon cas pendant la guerre.Dans son dernier livre, Ay, Paloma, dont la traduction en francais est parue recemment aux Editions Rivages, Rosetta Loy revient sur la periode cruciale de septembre 1943, annee sinistre ou les lois antisemites promulguees par le regime de Mussolini battent leur plein et ou les Wafen SS nazis investissent brutalement le ghetto juif de Rome.Dans ce roman autobiographique bref mais d'une grande densite, l'ecrivaine raconte la vie et les peripeties de plusieurs familles de la bourgeoisie italienne pendant les quelques semaines qui precedent l'effondrement du regime fasciste mussolinien et le debarquement des troupes americaines.Le temps des choix est arrive.Certains decident de se battre fougueusement pour defendre l'honneur d'un regime deliquescent et aux abois.D'autres decident de se rendre ou de se joindre a la Resistance.Outre l'originalite avec laquelle Rosetta Loy aborde ce sujet grave, la reussite de ce magnifique roman, sa parfaite maitrise, sa force d'evocation tiennent dans l'alliance d'une construction ou les frontieres temporelles se renversent sous les assauts de reminiscences douloureuses et un style litteraire sobre qui parvient a transmettre les emotions les plus intimes d'une conscience.Les Editions Liana Levi ont publie en francais, a l'automne 2002, le premier roman de Rosetta Loy, La Bicyclette.Ecrit en 1966, mais publie seulement en 1974 apres avoir ete entierement reecrit, ce recit autobiographique cruellement authentique et subtilement seditieux est la chronique d'une famille bourgeoise dans l'Italie de l'immediat apres-guerre.Les Editions Rivages ont aussi reedite, en livre de poche, un des romans les plus remarques de Rosetta Loy, La Porte de l'eau.Dans ce chef-d'oeuvre de subtilite et de poesie, ecrit dans un style litteraire d'une fluidite narrative exceptionnelle, on retrouve de nouveau tous les themes qui hantent depuis presque 40 ans toute l'oeuvre de cette brillante romanciere.Rosetta Loy est aussi l'auteure d'un remarquable essai autobiographique, Madame Della Seta aussi est juive (Editions Rivages, 1999), ou elle analyse sans detours le comportement des Italiens sous le fascisme et le mutisme abyssal de l'Eglise catholique pendant la deportation des juifs de Rome.Ce livre suscita de vives controverses en Italie.Le monde catholique et les instances vaticanes ont boude et ignore pendant longtemps ce livre dans lequel je denonce l'attitude tres ambigue du Vatican face a l'antisemitisme et a la deportation vers les chambres a gaz des juifs europeens.Quelquefois, j'ai meme ete attaquee tres violemment.Mais le monde catholique commence aujourd'hui a se raviser et a reconnaitre ses fautes.Si le pape Pie XII n'a pas ete canonise, c'est parce que la these que je soutiens dans ce livre .these sur laquelle d'eminents historiens travaillent depuis longtemps .n'est plus recusee avec condescendance par une partie du monde catholique.Auteur d'une dizaine de romans et de recits autobiographiques traduits dans 35 langues, Rosetta Loy s'est fait connaitre dans le monde entier grace a son roman Les Routes de poussiere (Editions Rivages), une vaste fresque qui reconstitue la vie d'une famille piemontaise au 19e siecle.Elle a obtenu plusieurs prix litteraires italiens prestigieux, dont le prix Viareggio du premier roman.Rosetta Loy ecrit-elle parce qu'elle se sent interpellee par un devoir de memoire envers des etres chers disparus pendant la guerre ?Non, repond-elle d'une voix onctueuse et posee.Le devoir de memoire est un concept assez abstrait ressasse aujourd'hui pour n'importe quelle raison.L'ecriture n'a jamais ete pour moi une mission sacree.Je n'ai pas de message particulier a transmettre.Meme lorsque j'ai ecrit un livre comme Madame Della Setta aussi etait juive, je ne voulais transmettre aucun message ni donner aucune lecon de morale ou d'Histoire a qui que ce soit.Je voulais simplement partager avec mes lecteurs des reflexions, qui me paraissent capitales, sur les egarements de la nature humaine et ses consequences graves.L'ecriture est pour moi une raison de vie, peut-etre parce qu'elle est une certitude dans mon existence, la seule activite dans laquelle je suis completement moimeme.L'ecriture est tout a la fois.Elle est synonyme de bonheur, mais aussi de fatigue et de souffrance.Rosetta Loy ne fait pas dans la dentelle lorsqu'elle livre ses impressions sur l'etat actuel de la culture en Italie.Le gouvernement de Silvio Berlusconi a fait reculer culturellement l'Italie de plusieurs decennies , lache-t-elle sechement.Les politiques culturelles de Berlusconi m'epouvantent et me donnent la nausee.Berlusconi ne defend pas une culture, il prone sans fard l'inculture.C'est tres inquietant, dit-elle.Les analogies ineptes et fallacieuses que Berlusconi et ses collaborateurs ne cessent de faire entre le conflit en Irak et le IIIe Reich nazi des annees 1940 sont un exemple saisissant de l'inculture qui predomine aujourd'hui dans les cenacles politiques italiens.Saddam est un personnage odieux et epouvantable.Mais on ne peut pas comparer l'Allemagne de 1938 a l'Irak exsangue de ce debut du 21e siecle.C'est cette meme inculture qui est en train de sousestimer, et d'eluder parfois completement, les percees inquietantes de l'extreme-droite dans la plupart des pays europeens.Nous vivons desormais a une epoque ou les confusionnismes et les amalgames historiques les plus troublants ont pignon sur rue.Tout cela me fait tres peur, moi qui ai toujours ete horrifiee par les nationalismes sectaires, exclusionnistes et xenophobes ! \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1.2 AY, PALOMA Rosetta Loy Rivages, 73 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA BICYCLETTE Rosetta Loy Editions Liana Levi, 185 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA PORTE DE L'EAU Rosetta Loy Rivages, Collection Poche, 123 pages Rosetta Loy est l'une des romancieres les plus celebres et importantes d'Italie.LITTERATURE DU VOISIN Le nouveau syndrome de Stockholm collaboration speciale Il y a trois decennies a Stockholm, un vol de banque a mal tourne.Prise d'otages, negociations qui ont echoue, voleurs et otages enfermes dans l'enorme coffre-fort de l'etablissement.Suite au drame, on a decouvert la nature particuliere des relations qui se sont etablies entre les voleurs et leurs otages : les uns sont tombes amoureux des autres, allant meme jusqu'a faire l'amour sur le plancher du coffre-fort.Rien de surprenant si on connait un peu la psychologie humaine.Pour assurer sa survie, l'otage doit etablir des contacts avec son geolier.Et plus fort est le contact, plus grandes sont les chances de survie.Cela a marche dans la capitale suedoise, du moins pour les otages.Ainsi est ne le syndrome de Stockholm.Dans son plus recent roman, Bel Canto (gagnant du Prix PEN/Faulkner et du Prix Orange, deux tres solides recompenses), la romanciere americaine Ann Patchett a, en quelque sorte, reecrit ce syndrome.Mais elle travaille la fiction, Mme Patchett, non pas la psychologie sociale.Elle a donc revu, librement, la realite du syndrome de Stockholm et cree un roman base sur un fait reel : une prise d'otages dans une ambassade du Perou, en 1996.Sauf qu'elle a largement depasse les limites du fait divers pour nous livrer une belle histoire dans laquelle la politique du tiers-monde, le pouvoir de l'art et l'attrait des contraires s'unissent pour nous envouter.Comme le fait remarquer la revue britannique Time Out, ce livre donne l'etrange desir de vouloir etre kidnappe.Les criminels de Stockholm etaient de vulgaires voleurs de banque qui ne cherchaient que l'argent.Les terroristes de Patchett (l'etiquette s'applique a peine, comme on le verra) sont motives par une certaine idee de la justice.Un soir, ils font irruption dans la maison du vice-president d'un pays ; ils sont a la recherche du president de ce pays, esperant l'enlever et, ainsi, provoquer la chute du gouvernement et la liberation de la paysannerie.Helas, le president n'y est pas : mordu d'un feuilleton televise, il a prefere rester chez lui pour se delecter des aventures de l'heroine de la serie, au lieu de se rendre a la soiree fatidique.Il doit donc sa vie a un soap opera.Chose etonnante, ce drame de terroristes et d'otages devient une comedie.Je dis bravo a Ann Patchett, car elle est tout a fait a la hauteur de ce defi.Mettant en scene un casting de personnages divers (des Russes, un Francais, des Japonais), elle reussit a donner a chacun une realite et une chaleur humaine.Les terroristes sont menes par trois adultes, les generaux , dont un souffre d'un horrible cas de zona qui devore la moitie de son visage.Quant aux soldats sous leurs ordres, ce sont de simples adolescents sortis de la jungle pour accomplir cette mission.Une fois la belle demeure du vice-president sous leur controle, ils decouvrent des merveilles sans nom ni nombre : la television, l'eau chaude courante, des montagnes de serviettes blanches et douillettes.Les paysans arrivent en ville.En plus, deux de ces adolescents guerriers s'averent des adolescentes : Carmen et Beatriz.Beatriz est dure et rustre a souhait, tandis que la tendre Carmen, une fille belle comme une Vierge de peintre naif, tombe amoureuse de Gen, bras droit de l'homme d'affaire japonais M.Hosokawa et excellent traducteur qui manipule toutes les langues.Le plus cher desir de Carmen, lors de sa premiere rencontre nocturne avec Gen, est justement qu'il lui enseigne des langues, a commencer par l'espagnol, car elle ne parle qu'un patois peruvien.Elle passera ensuite a l'anglais et au japonais, pour mieux communiquer avec son amant.Bel Canto est un livre a themes multiples, mais son coeur se trouve du cote de l'art : l'art des langues, l'art de la communication par la musique.C'est aussi un anti-huisclos : oui, des gens se trouvent enfermes ensemble ; mais au lieu de se dechirer, ils accedent a un niveau moral superieur.Parmi eux, la cantatrice americaine Roxane Coss, qui a assiste a la soiree uniquement afin de chanter quelques arias pour feter l'anniversaire du richissime Hosokawa.Ce qui lui vaut de vivre l'experience d'etre otage.Une cantatrice otage ?Aidee par sa voix puissante qui emeut tout le monde, elle finit par organiser la vie dans cette belle demeure devenue prison.La voix de Roxane, c'est le pont entre les terroristes et les otages.C'est finalement elle qui donnera des ordres aux generaux et qui apprendra l'art de vivre aux adolescents.La transformation des jeunes soldats est un des points forts du roman, et reste entierement convaincante.Coup de genie, Ann Patchett reussit ici a tourner une prise d'otages politique en comedie sociale et en eloge de l'art lyrique.Il faudrait etre drolement optimiste de nos jours pour tenter .et reussir .ce coup-la.Les preneurs d'otages et leurs victimes finissent par trouver un equilibre, une sorte d'entente.Pourquoi le monde exterieur ne peut-il pas disparaitre, et nous laisser en paix ?se demande Carmen.Je suis si bien ici.Drole de reflexion de la part d'une jeune justiciere.Mais la machine du monde tourne, broie et ecrase des utopies comme celle qu'a cree cet etrange melange d'otages et de guerilleros.La fin est inevitable.et mettra au defi l'optimisme de l'auteur.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 BEL CANTO Ann Patchett, traduit par Oristelle Bonis Rivages, 371 pages La romanciere americaine Ann Patchett.renaitre Parce que tu existes Quebec (418) 524-6038 .(514) 939-0202 Montreal pour quelqu'un Chez Portage, on peut t'aider a vaincre la toxicomanie, a reprendre gout a la vie et a prendre ton envol.Chez nous, personne ne juge personne.Parce qu'on est tous passes par la. 7LP0401F0518 f4 lectures dimanche 7LP0401F0518 ZALLCALL 67 17:09:16 05/17/03 B LETTRES FRANCAISES Milan Kundera et l'exil JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration speciale Le voila donc enfin, ce roman qui a ete publie en l'an 2000, et que nous n'avions pas pu lire en francais.Il avait ete confie a un editeur catalan, publie a Barcelone puis en Amerique du Sud.Et puis en Italie.Et aux Etats- Unis, en 2002.Il s'intitule L'Ignorance.C'est, pour Kundera, ce qui empeche les hommes de comprendre et de maitriser leur destin.Une sorte d'absence.C'est l'indifference de ces gens qui ne s'interessent pas les uns aux autres, qui les ignorent.C'est enfin la desillusion de la solitude, ou chacun est loin de l'autre, qui le lui rend bien.L'histoire est assez simple, comme souvent dans les romans de Milan Kundera.Un homme, Josef, et une femme, Irena, se rencontrent dans un aeroport.Ils sont des exiles de Tchecoslovaquie, Josef au Danemark et Irena en France, et reviennent dans leur nouveau pays, la Republique tcheque, pour une visite a leurs amis et a leurs familles, pousses sans doute par la chute du regime communiste.Deja, le malentendu s'insinue, a l'aeroport.Se connaissaient-ils vraiment ?Irena le pretend, elle en est sure, pas lui, pas trop, mais il joue la comedie de circonstance.Le mensonge pour ne pas faire de la peine.Ni pour en subir.Les comedies semblables vont se succeder tout au long de leurs deux aventures, a Prague et en province, avec leurs familles (ce qu'il en reste) et leurs anciens amis et amies (s'ils le sont encore).Kundera procede, comme d'habitude, par courtes scenes.Les personnages et les situations de fiction sont la pour illustrer ce que l'auteur pense.Ce sont de petits problemes de mathematiques, tres bien exposes, qui vont se resoudre en fonctions evidentes a deux inconnues ou davantage, (X egale deux Y).CQFD.Le romanesque est au service d'une demonstration d'idee.Ce fut toujours et c'est donc encore la technique de Kundera, la construction par courtes scenes, changeant de lieu, de temps, de personnages meme, afin de remplir et fermer bien etanche la demonstration.Ici, celle des differents avatars de l'ignorance.Comme ce fut le cas pour L'Identite, La Lenteur, L'Immortalite, bref, pour tous les romans.Il se trouve dans ce livre des rapprochements telescopiques superbes, et tres clairs.Les Emigres de la Revolution Francaise, donc les nobles privilegies, avec les fuyards modernes des regimes sovietiques.L'Odyssee et la fidelite d'Ulysse, retenu par Calypso son amante durant sept ans, mais le retour du guerrier aupres de Penelope.Et, encore L'Odyssee, le chien d'Ulysse qui fut le seul a le reconnaitre, et le berger allemand qui est le seul a reconnaitre Josef.Ce livre est probablement le plus noir des romans de Milan Kundera.On y voit passer la solitude comme un mepris, que l'on dit parfois souverain mais qui n'est souvent que vulgaire.La melancolie y apparait a chaque page .lorsque Josef contemple tristement son frere .meme lorsque deux vieillards font l'amour.On y voit vivre la mauvaise memoire, celle qui se souvient des mauvais moments.Et l'oubli, et le drame de l'exil, et celui du retour.Quelqu'un a dit on ne revient jamais, de nulle part.Il aurait pu etre Kundera.A propos Si vous etes un lecteur de Kundera, alors il vous faut lire cette etude, cet essai sur son oeuvre ecrit par Francois Ricard, brillantissime professeur de lettres francaises a l'Universite Mc Gill.Ricard suit l'auteur et l'oeuvre depuis des annees.Pour ce livre, il prend un pretexte, le personnage central de L'Immortalite (1990), Agnes.C'est le dernier jour de sa vie, Agnes doit mourir.Elle devait regagner Paris, mais voila qu'elle decide de passer encore une demi journee en Suisse.Decision incomprehensible pour le lecteur.Mais Agnes s'attarde devant la beaute des montagnes, devant ce paysage autour d'elle qui l'empeche de s'en aller.Elle se livre, comme l'ecrit Ricard, tout entiere aux montagnes.Partant de cette scene, Francois Ricard etudie et commente l'oeuvre de Kundera.C'est passionnant.Nous ne trouverons dans ce livre aucun des poncifs de l'essai universitaire (du moins ceux que nous appelons ainsi, le texte enfle et les coupes de cheveux en quatre dans le sens de la longueur) mais bien une ecriture nette, claire, directe, une connaissance approfondie de l'oeuvre qui jamais ne pese, et une pensee qui se construit devant le lecteur, par correspondances successives, dans une structure qui ressemble (sans doute une osmose) a celle des romans de Kundera.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'IGNORANCE Milan Kundera Gallimard, 181 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LE DERNIER APRES-MIDI D'AGNES Essai sur l'oeuvre de Milan Kundera Francois Ricard Arcades, Gallimard, Paris, 207 pages LITTERATURE QUEBECOISE Suzanne Jacob ou la perversion du reel REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Leur histoire a elle et lui, celle qui compte vraiment, est hors de l'histoire et ne peut etre racontee, partagee, sinon par des evenements incidents.Dans le premier temps du roman, leur mere vient de mourir.Ils vont porter leur deuil a Wells, sur la cote atlantique.Le porter comme on porte un vetement ou le porter ailleurs ?Allez savoir.Vingt ans plus tard, c'est le pere qui meurt, homme qu'ils ont jadis condamne et renie, sans l'entendre.Les deux enfants, maintenant quinquagenaires, ne se sont jamais revus.Pour l'occasion, ils projettent des retrouvailles.Deux decennies d'une apparente absence.Deux decennies de presence plutot, indefectible, telle que le neant en est une sur laquelle compter .Qui sont ces anges, elle de nuit, lui de lumiere ?Elle, c'est le roc et lui, le vent.Elle deviendra chanteuse, il heritera le commerce d'automobiles de son pere.Ils sont semblables et differents, comme les deux visages de Janus, et gardiens de leur propre secret.Chacun n'existe totalement que dans le creuset d'un amour ambigu ou le corps n'est pour rien, sinon dans la reproduction en chacun d'eux de la beaute intolerable de leur mere.Leur lieu commun n'est pas celui de l'inceste, dit-elle, il est hors d'atteinte .Leur gemellite est une enigme, les deux protagonistes ne cherchent pas a l'elucider.Tandis que la soeur, a Wells, impose a l'autre ses rites, ses manies, ses lubies, le frere les subit sans paraitre en souffrir, comme s'ils etaient le tribut oblige d'une complicite bien reelle que rien n'avere pourtant.Des heures durant, elle regarde l'horizon fixement et boit du sake, tandis que lui s'agite et observe ce qui se passe tout autour sur la plage.Elle me guide et je lui dois tout , songe-t-il, mais ce qui emane d'elle est en deca ou audela des mots, connivence aussi imperieuse qu'intangible.La dependance du frere est assumee et irremediable : Ma soeur me domine totalement par la liberte qu'elle me laisse.La soeur et le frere, couple singulier, ne semblent reunis, et seulement provisoirement, que par leur mere en-allee.Nous sommes jumeaux, c'est ce qui nous a separes.Entre eux qu'un ocean rapproche ou isole, ils n'ont meme pas tisse une correspondance qui dirait les etapes banales de la vie, carriere et amours, trahisons du corps ou de l'ame.Ils sont chacun pourtant le double necessaire de l'autre, le ce sans quoi rien n'aurait plus de sens.Incapables de realiser l'impossible fusion, en memoire inconsciente de leur sejour commun dans les eaux originelles, ils se rejoignent et s'unissent dans la distance sans calcul qui devient leur musique intime, secrete, decisive.Les arcanes de la musique et le mystere des etres sont dans Wells la matiere meme de l'oeuvre de Mme Jacob.Elle les aborde de maniere detournee, moins par timidite que par ruse, tantot avec mille precautions et tantot de facon plus decisive, sans jamais viser le devoilement, la revelation.Des personnages ne sont pas differents, tel le frere jumeau qui decrit ainsi sa relation avec sa femme : Cecilia (.) n'a jamais cesse, jour apres jour, de me donner ce dont j'avais absolument besoin : l'etrangete absolue ou rien n'est entendu, ou l'implicite doit etre invente lentement au fil du temps, ou l'entendu ne vient jamais pervertir l'entente.L'art de l'ecrivain est ainsi, il suggere plus qu'il n'affirme.Misant tout sur la beaute et ses inquietants atours, Suzanne Jacob, une fois encore, procede a une subtile perversion du reel.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 WELLS Suzanne Jacob Boreal, 88 pages Le dernier livre de Milan Kundera (notre photo), L'Ignorance, est probablement le plus noir des romans de cet auteur.LITTERATURE QUEBECOISE 3121399A Enfance volee SUZANNE GIGUERE collaboration speciale Sylvain Meunier a publie des romans, des recits policiers, des contes et des nouvelles pour les jeunes et les adultes.Enseignant a Montreal en adaptation scolaire, il a accueilli dans ses classes, au cours des dernieres decennies, une multitude de jeunes nes dans les Antilles.Ces enfants lui ont d'ailleurs inspire le roman Lovelie d'Haiti.Bien que ses rencontres furent pour la plupart heureuses, precise-t-il dans la preface de son roman, l'auteur a choisi de raconter le destin douloureux d'une petite Haitienne qui se retrouve domestique dans une famille haitienne, dans le Quebec des annees 80.Il peint en toile de fond une societe quebecoise qui, confrontee a la diversite culturelle, n'etait pas a l'abri d'actes et de comportements individuels racistes.Il ouvre une fenetre sur des facettes de la culture haitienne qui relevent davantage de perceptions que d'une analyse approfondie de cette culture.Le roman, emouvant et grave, traite de facon oblique de l'immigration illegale, de l'exploitation des enfants, de la prostitution juvenile et du phenomene des gangs de rue.Elle s'appelle Lovelie d'Haiti.Dans un pays ou, comme le dit un proverbe, Bourik travay, chwal galonnen (l'ane travaille, le cheval parade), ses parents n'arrivent plus a joindre les deux bouts.Un cousin les convainc d'envoyer leur fillette au Quebec avec la promesse d'un avenir meilleur.Lovelie a six ans.Des son arrivee dans sa famille d'accueil, le cauchemar commence.Le pere est un ancien macoute recycle en homme d'affaires magouilleur.Victime de l'hostilite de ses hotes, sequestree et maltraitee, Lovelie n'a que sa poupee a qui confier ses malheurs du jour.Dans sa vie de soumission, elle evitait desormais autant que possible de parler, se contentant de repondre par des oui, madame, non, madame, gardait les yeux baisses, frottait, recurait, et torchait sans se hater inutilement, avec a l'esprit l'unique objectif de s'epargner les chatiments.Rude apprentissage pour Lovelie.Elle se lie d'amitie avec une petite voisine mais subit la xenophobie de sa mere, Germaine Brulotte, qui ne deteste pas vraiment les noirs mais qui pense neanmoins qu'ils devraient rester chez eux dans leur pays .Emerveillement Un jour, un vicaire haitien vient la visiter et lit dans ses yeux la souffrance.Lovelie lui confie son plus cher desir, celui d'aller a l'ecole.Le pretre fait pression sur son pere adoptif.Lovelie n'a pas assez d'yeux pour s'emerveiller de tout ce qu'elle decouvre.Elle aurait voulu avoir quelques oreilles de plus pour mieux saisir tout ce que la maitresse disait ; les mots tombaient les uns pardessus les autres comme s'ils avaient ete decharges d'un camion a benne ! L'embellie est de courte duree.Apres la misere physique, Lovelie connait la misere morale.Elle est victime, une fois de plus, des sombres plans de Charline, l'ainee des Jolicoeur.Obligee de rembourser une dette au caid du gang de rue, elle oblige Lovelie a devenir l'esclave sexuelle d'un pedophile du quartier.Lovelie, ravagee, aneantie, doit son salut au pretre haitien qui decide une fois pour toutes de mettre un terme aux traitements abjects dont est victime l'enfant.Il lui trouve une autre famille.L'action du roman s'accelere.Des revelations bouleversantes se succedent.Finalement, l'arrimage reussi de Lovelie a sa nouvelle famille quebecoise, les Brulotte, presage d'un avenir meilleur et d'une victoire sur le racisme.Lovelie d'Haiti est peuple d'etres mal-aimes mais aussi de personnages pleins de vitalite comme madame Moise, la professeure haitienne de Lovelie.La durete des situations decrites est temperee par des scenes ou l'emotion gagne les mots.Celle, par exemple, qui nous montre Lovelie desemparee devant l'absence du pere qui doit la ramener a la maison apres sa premiere journee d'ecole.Lovelie eut ete prete a mourir la, tout de suite, rien que pour le bonheur de poser une derniere fois sa joue dans la paume d'Elmeryse (sa mere), autant rude de travail que douce d'amour.Pour traduire les chocs culturels que Lovelie ressent, le recit est emaille de mots d'enfant sur le Quebec qui sont autant d'oasis de fraicheur.Pour elle qui vient d'un pays dirige par un seul et unique president a vie, il ne semble pas y avoir, dans son nouveau pays, de president du tout ! Plutot des dizaines de chefs qui se promenent partout et qui discutent avec tout le monde tels des badauds sur la place du marche, sans costume d'apparat ni soldats.Quand elle decouvre le mot referendum dans le journal, elle comprend tout au plus que c'est quelque chose a perdre ou a gagner, une sorte de jeu de oui ou non .Lovelie d'Haiti est un roman populaire arcboute sur des portraits psychologiques fouilles.Il suscite a la fois la reflexion et l'emotion.Le roman fait partie d'une trilogie qui, au fil des tomes, prendra l'allure d'une saga historique contemporaine, allant des annees 80 a nos jours.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 LOVELIE D'HAITI Sylvain Meunier La Courte Echelle, coll.roman adulte, 348 pages 7LP0501F0518 f05 lectures dim 18 mai 7LP0501F0518 ZALLCALL 67 21:11:18 05/17/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 8 MA I 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 LA FOIR INTERNATIONALE DU LIVRE DE TURIN Alberto Manguel, d'unfestival à l'autre Les Italiens préfèrent les étrangers JOCELYNE LEPAGE TURIN \u2014 Signe des temps : la Fiera internazionale del libro de Torino, la Foire internationale du livre de Turin, se déroule dans des bâtiments abandonnés de la compagnie Fiat, dans un quartier excentrique à la ville, qui constituait autrefois une ville de compagnie.C'est énorme et c'est là que se trouvent aussi, en plus d'un centre commercial, les bureaux du comité préparatoire des Jeux olympiques qui auront lieu en février 2006.De la culture et des jeux pour remplacer les industries en déclin, on a déjà vu ça ailleurs.C'est une foire du livre gigantesque, la plus importante en Italie, une foire animée par des milliers d'enfants qui y circulent et y courent dans les allées.Mille deux cents éditeurs se partagent de grands espaces dans trois bâtiments.Des écrivains y font des lectures, donnent des conférences, les activités d'animation ressemblent à ce qui se fait à Montréal.Une foire qui a 16 ans et qui a une âme : Ernesto Ferrero, Turinois d'origine, 65 ans, auteur de plusieurs ouvrages dont une traduction, en italien, du Voyage au bout de la nuit, de Céline, et un essai sur Napoléon qui porte, en français, le titre N.M.Ferrero adore la littérature canadienne, celle des dix dernières années.C'est lui qui a fait connaître Mordecai Richler dont les Italiens sont fous aujourd'hui et qui a traduit Michael Ondaatje.Si le Canada est le pays invité cette année à Turin, c'est « simplement parce qu'il s'y fait de la très bonne littérature, dit-il en entrevue.Les Italiens sont les plus grands importateurs de livres canadiens.Comment explique-t-il cet engouement ?« Les romanciers canadiens parlent de la réalité, à partir d'une multitude de points de vue ; ils ne parlent pas seulement d'eux, comme c'est le cas en Italie.Et puis, le Canada est un bon endroit pour explorer ses racines.C'est un pays libre d'idéologies.Ce n'est pas comme en Europe où les gens sont très divisés, où tout est noir, ou blanc.Le fait que les Canadiens viennent de partout au monde leur permet d'avoir une vision plus profonde de l'univers.» Et il reconnaît que le succès de plus en plus grand des Canadiens à l'étranger est dû en bonne partie aux efforts du gouvernement pour aider éditeurs et auteurs à exporter leurs livres.« En Italie, il n'y a rien de comparable », déplore-t-il.La littérature italienne Et comment va la littérature italienne, lui demandons-nous ?Pas trop fort, dit-il.« Il y a en Italie un noyau dur de lecteurs qui lisent tout, peut-être trois millions sur la cinquantaine d'Italiens.Mais les autres lisent à peine un livre par année, et c'est un best-seller.Comme les polars d'Andrea Camilleri, mais aussi toutes sortes de livres comiques.Moravia est aujourd'hui un écrivain oublié.» « La littérature italienne souffre d'« altérophilie » si le mot existe », explique à son tour Mario Baudino, journaliste prestigieux de La Stampa qui en a déjà dirigé les pages culturelles.La Stampa est un journal national basé à Turin \u2014 le seul qui ne soit pas à Rome \u2014 et qui appartient à Fiat.« Nous aimons tout ce qui vient de l'étranger, explique-t-il.Nous sommes un des premiers pays au monde pour la traduction d'auteurs étrangers.Nos auteurs ont donc une forte concurrence à affronter.Les romanciers italiens ont du mal à vendre leurs livres.En moyenne, ils tirent 6000 exemplaires.» Selon lui, le marché de l'édition est faible.Il n'augmente pas depuis des années.« Le taux de lecture y est très bas, ajoute-t-il.Le taux de lecteurs qui lisent un livre littéraire par année est de 30 %.Si on met toutes les sortes de livres ensemble en comptant les livres pratiques, on arrive à peine à 50 %.» Mais le problème est encore plus criant dans l'Italie du Sud.« Le problème remonte loin, dit-il.Avant la naissance de l'Italie au XIXe siècle.La distribution coûte trop cher ! » La Foire de Turin ne change pas le monde, comme on dit chez nous.« Elle ne change pas le marché, mais elle le soutient, dit Mario Baudano.Et elle est très importante pour la ville.» Une ville que les Jeux olympiques à venir dynamisent, obligeant les Turinois à voir d'autres ressources naturelles, et culturelles, en dehors des moteurs de Fiat.JOCELYNE LEPAGE À TURIN envoyée spéciale Alberto Manguel, qui vit aujourd'hui en France, dans un presbytère, après avoir passé une vingtaine d'années au Canada, fait partie des écrivains canadiens invités cette année à la Fiera internazionale del libro de Torino.Lui qui est né en Argentine, se considère-t-il comme un écrivain canadien même s'il ne vit pas au Canada ?« Le Canada, c'est un choix d'amour, dit-il.Je tiens à m'identifier à cette nationalité encore plus en cette époque de chaos.C'est un pays qui respecte les droits individuels.Mes enfants sont canadiens.Je serai toujours canadien.» Jeudi après-midi, il errait un peu dans l'édifice où se trouve l'espace du Canada à la Foire de Turin, se demandant ce qu'on attendait de lui, en quelle langue il allait parler \u2014 il en parle six \u2014 et de quoi au juste il serait question.L'heure de sa rencontre avec le public avait changé, tout était compliqué.« La foire de Turin ressemble un peu à celle de Montréal, dit-il.C'est le genre de foire qui donne au public la chance d'acheter des nouveautés.C'est vivant, c'est animé, c'est plein d'enfants.Les foires de Londres et de Francfort, qui sont plus grosses, c'est une question d'affaires entre éditeurs, c'est ouvert au public, mais ce sont les affaires qui comptent.Le plus important festival littéraire au monde, c'est celui de Toronto, à Harbourfront.Le saviez- vous ?Mon Dieu, c'est encore deux solitudes au Canada.C'est un festival auquel participent les écrivains les plus importants au monde.Une cinquantaine de Prix Nobel y ont été entendus.On y fait des lectures.Les écrivains sont choyés, logés, nourris.» La veille, il quittait un autre genre de festival, celui du premier roman qui a lieu à Chamberry, en France.Et le lendemain, il partait pour l'Espagne, parler devant des bibliothécaires.« Le festival de Chamberry a quelque chose de génial, s'exclame- t-il.Ça fait 16 ans qu'il existe.Les gens là-bas cherchaient à faire quelque chose d'original.Il sort au moins 200 premiers romans par année dans la francophonie.Ils répartissent ces romans entre 14 différents groupes, ce peut être des écoliers, des pompiers, des gens dans des hôpitaux.Les 14 choisis sont accueillis chez les gens qui participent.Il faudrait proposer la même idée au Canada, on pourrait le faire dans le nord du Québec.Moi, je fais partie des écrivains qui viennent parler aux romanciers en herbe, et au public.« En Espagne aussi, c'est intéressant parce que je m'adresse à des bibliothécaires.Je prépare un livre sur l'idée de la bibliothèque comme un signe de notre volonté de vouloir ranger le monde.C'est une idée ancienne, mais je la reprends.Les bibliothécaires sont des gens très courageux, ils défendent les livres.Vous savez que le FBI a demandé aux bibliothécaires de leur rapporter ce que lisent certaines personnes ?Ils se sont révoltés à cette idée.Et quand il a été question de changer la date de parution du livre de Michael Moore sur les Américains (Mike contre-attaque !) parce que ça nuisait à Bush, ils se sont soulevés d'indignation.Jeudi après-midi, Carole David était là elle aussi.Pour parler de son livre, Impala, traduit en italien.Elle aussi se sentait un peu perdue.Mais son éditeur italien, Pietro Lombardi, l'était moins.C'est que la démarche de cette poète et romancière intéresse les Italiens, vous allez comprendre pourquoi.« Ma mère a souffert d'être une fille d'immigrants, a-t-elle dit.Elle a abandonné son nom italien et elle n'a jamais voulu parler de ses racines.C'était un secret.Moi, je suis de la troisième génération, j'ai eu la chance d'étudier.je suis très fière de mes origines italiennes qui sont restées vivantes grâce à ma grandmère.Je veux les laisser en héritage à mes deux enfants.J'ai été obligée de tout découvrir par moimême.Il a fallu que j'invente mon propre roman familial.» À Turin, ce qui frappe le plus, c'est la multitude d'éditeurs italiens qui y participent.Il y en a 1200, dont beaucoup de micro-éditeurs.Pietro Lombardi est un petit éditeur de la Molise qui dirige la collection Cosmos de la maison d'édition Iaonne Editore.Il est fasciné par ce que les Molisanais et leurs descendants laissent dans la culture des autres pays.Et montre étalés sur des étagères les livres qu'il a publiés en italien.Il y est question, par exemple, d'Halifax, « l'autre porte d'Amérique », une sorte d'Île de la Quarantaine pour les immigrants italiens ; de Toronto où les travailleurs de la construction italiens ont joué un rôle immense dans les premières années soixante ; des Italiens faits prisonniers pendant la Deuxième Guerre uniquement parce qu'ils étaient Italiens.Leurs auteurs, Frank Colantino, Pietro Corsi, Mario Duliani, qui s'ajoutent à Carole Fioramore, David et Mary Melfi (Riti di infertilita) sont des Montréalais originaires de la Molise, ajoute-t-il avec fierté.Ce voyage a été fait à l'invitation de la ville de Turin et de la Fiera internazionale del libro de Torino qui ont payé une partie des frais de transport et l'hébergement.Photothèque La Presse Polyglotte, l'écrivain Alberto Manguel est invité à de nombreux festivals du livre.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?CÉLÉBRITÉS.celeb_18_mai Heureux 50e anniversaire de mariage à PIERRETTE et JEAN-JACQUES Le 16 mai 53, vous vous êtes engagés dans une belle histoire d'amour, de celles qui ne finissent pas.Aujourd'hui et toujours, vos enfants sont de tout coeur avec vous afin que se poursuivent vos rêves les plus fous.Alexandre, Céline, Charles, France, Jackie, Jade, Jean-Marc, Louise, Mario, Mathieu, Michèle-Andrée.ENFIN LA RETRAITE POUR RAYNALD! Le meilleur cueilleur de fruits au Québec Tes voisins d'en haut, Johanne et Robert 40 ANS TOUTES SES DENTS BON ANNIVERSAIRE ANNE! Photo : ©Panneton-Valcourt EN VENTE PARTOUT ARLETTE COUSTURE vous emmène Tout là-bas, à Harrington Harbour, le temps d'un roman ensorceleur comme l'île qui l'a inspirée.BEST-SELLER depuis sa parution exemplaires déjà! 3143119A 7LP0601F0518 F-6 dimanche 7LP0601F0518 ZALLCALL 67 19:38:16 05/17/03 B SCIENCES F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 8 MAI 2003 EN BREF Les maths du maniacodépressif LA MANIACODÉPRESSION se traduit par une baisse d'aptitudes.en mathématiques.Dans une exploration de cet aspect pour le moins méconnu de la maladie, des chercheurs signalent en effet une diminution significative du « raisonnement mathématique » chez les 120 adolescents qu'ils ont étudiés.Et ce, peu importe que ces adolescents prennent des médicaments ou non.En revanche, leurs notes en lecture, écriture et « intelligence non verbale » ne semblent nullement touchées.Les résultats ont été publiés dans l'American Journal of Psychiatry, mais l'équipe du Dr Diane C.Lagace, de l'Université Dalhousie, à Halifax, ne se risque pas à avancer une explication.Les écoliers connaissent bien leurs bières UNE MAJORITÉ d'écoliers américains connaissent davantage les marques de bière.que les noms de leurs anciens présidents.C'est ce que révèle un sondage réalisé par le Center for Science in the Public Interest auprès d'élèves de 8 à 12 ans.Pas étonnant, diront certains, puisque chaque année, plus d'un milliard de dollars sont investis dans la publicité visant à promouvoir la consommation d'alcool.Une récente étude du National Longitudinal Alcohol Epidemiologic Survey démontrait d'ailleurs que près de la moitié de ceux qui commencent à consommer de l'alcool avant l'âge de 13 ans souffriront, au cours de leur vie, d'une solide dépendance à l'alcool.De quoi inquiéter plusieurs parents.et politiciens.\u2014 National Geographic Filtre portatif UNE AUTRE preuve que les recettes les plus simples sont souvent les meilleures : les cas de choléra dans des villages du Bangladesh ont diminué de moitié lorsque les femmes ont pris l'habitude de se servir de leurs vieux saris comme filtres pour l'eau qu'elles recueillent dans les rivières et les étangs.Le sari est cette longue étoffe qui enveloppe les femmes, en Asie du Sud.Or, il se trouve en effet que l'étoffe suffit à retenir 99 % des bactéries causant le choléra : une surprise, quand on sait qu'une bactérie serait normalement assez petite pour passer à travers les fibres du tissu, mais qui s'explique quand on apprend que ces bactéries s'accrochent au plancton qui, lui, ne passe pas.Des dizaines de milliers de personnes meurent chaque année dans le monde de déshydratation consécutive aux diarrhées causées par la malaria.L'arroseur arrosé ALAN Ralsky porte un titre peu enviable : il est le roi des spammeurs, c'est-à-dire ces gens qui vous envoient, jour après jour, des courriels non sollicités sur les offres les plus inutiles et les plus stupides qu'on puisse imaginer.Mais il y a une justice en ce bas monde : un article qui lui était consacré sur Internet a permis à de sympathiques pirates informatiques de le localiser et de l'abonner à des tonnes de listes d'envoi par courriels, campagnes de publicité, etc.Interrogé par le London Free Press, Alan Ralsky a déclaré qu'il ne la trouvait pas drôle et qu'il avait contacté le cabinet d'avocats Bloomfield Hills afin de poursuivre les spammeurs.Une étoile froide UN RECORD : l'étoile la plus froide.En fait, elle est à peine plus chaude qu'un four bien chauffé : environ 450 degrés Celsius, ce qui est très loin des 6000 degrés de notre Soleil.L'explication ?Cette étoile, découverte en 2001, mais qui n'a été « mesurée » que récemment, est ce qu'on appelle une naine brune, une classe d'étoiles trop faibles et trop petites pour émettre de la chaleur et même briller.En fait, il existe un débat d'experts parmi les astronomes : faut-il vraiment classer les naines brunes parmi les étoiles, ou ne s'agit-il pas plutôt de très grosses planètes ?Les dessous du marketing pharmaceutique DANS SES publicités, l'industrie pharmaceutique fait systématiquement référence à des essais cliniques afin de promouvoir ses produits.Une équipe de chercheurs espagnols de l'Escuela Valenciana de Estudios para la Salud a donc voulu vérifier l'exactitude de ces essais cliniques.Sur 102 publicités, il s'est avéré que 45 comportaient des erreurs majeures ; par exemple, plusieurs des tests en question ne correspondaient pas aux bons médicaments.Selon Robert Fletcher, épidémiologiste à l'École de médecine d'Harvard, au Massachusetts, le problème est largement répandu, mais les réglementations sont rarement mises en application.Et ces fausses manoeuvres ne nuisent pas à la vente de médicaments, au contraire, puisque celle-ci est en constante progression.Clonage humain : les hommes d'abord ?ON PRÉTEND que l'homme serait plus enclin à prendre des risques que la femme.C'est ce que confirme un sondage téléphonique réalisé par le Centre de génétique et de politique publique de l'Université Johns Hopkins de Washington.La majorité des 1211 adultes interrogés approuvent la manipulation génétique à des fins thérapeutiques.Cependant, hommes et femmes divergent lorsqu'il est question de modifier les gènes afin de créer des bébés « à la carte » : 28 % des hommes y sont favorables contre seulement 12 % des femmes.Même chose pour le clonage humain : 27 % des hommes l'approuvent alors qu'à peine 11 % des femmes l'acceptent.Le sondage révèle également que 33 % des hommes et 22 % des femmes sont favorables à des techniques génétiques qui leur permettraient de choisir le sexe de leur enfant.Quant au clonage des animaux, il recueillerait l'approbation de 49 % d'hommes et de 27 % de femmes.\u2014 Agence science-presse Grâce à la biodiversité, la variante humaine de la maladie de la vache folle, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, ne tuera qu'un maximum de 200 personnes dans les cinq prochaines années.Et l'épidémie reliée aux bovins n'aura pas fait plus de 7000 victimes humaines lorsqu'elle s'éteindra, en 2080.MALADIE DE LA VACHE FOLLE La biodiversité à la rescousse de la race humaine Photo Archives, La Presse Un bambin atteint de choléra.SYLVAIN BASCARON En 2000, des experts prévoyaient que des centaines de milliers de personnes mourraient après avoir consommé de la viande contaminée par l'encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle).Les scientifiques savent maintenant que cette catastrophe sera évitée grâce à la biodiversité.Il y a trois ans, l'alarme était déclenchée.Il était démontré que le prion pathogène (la protéine qui cause la maladie de la vache folle) pouvait s'attaquer aux humains qui avaient consommé de la viande contaminée.Cette nouvelle a frappé de plein fouet les Britanniques, qui avaient cru leur premier ministre John Major, en 1995, quand il avait déclaré : « J'affirme que, clairement, les humains ne contractent pas la maladie de la vache folle.» Le Royaume-Uni a retenu son souffle : chez les bovins, l'épidémie de la vache folle a atteint son sommet en 1992.Chez l'humain, chaque année, le nombre de victimes doublait.Si la maladie mettait 20 ans à se développer chez l'homme, le sommet serait atteint en 2012 et près de 300 000 personnes étaient déjà condamnées, impuissantes.Mais les Britanniques peuvent respirer : la variante humaine de la maladie, dite de Creutzfeldt-Jakob, ne tuera qu'un maximum de 200 personnes dans les cinq prochaines années.Et l'épidémie reliée aux bovins n'aura pas fait plus de 7000 victimes humaines lorsqu'elle s'éteindra, en 2080 (ces chiffres devraient être révisés à la baisse dans les prochains mois).« Une foule de conditions doivent être réunies pour qu'une personne développe une encéphalopathie spongiforme à partir d'un prion », explique le Dr Richard Marchand, médecin microbiologiste et infectiologue qui s'intéresse aux prions depuis 1997.« La probabilité de réunir ces conditions est très faible.» Pour comprendre ces conditions, on doit d'abord mieux connaître le prion.Or, « en quatre ans, note le Dr Marchand, les connaissances à ce titre ont fait un bond extraordinaire ».On sait aujourd'hui que tous les humains possèdent cette protéine dans leurs cellules nerveuses.Elle peut se « plier » de plusieurs façons ; chaque forme différente se nomme plicature.Une plicature bien précise, un environnement moléculaire particulier et des prédispositions génétiques sont essentiels pour qu'un prion devienne pathogène au point de tuer son porteur.Quand ces « conditions perdantes » sont réunies, et alors seulement, le prion pathogène agit comme un leader négatif : il incite les prions normaux qui l'entourent à adopter sa plicature.Au rythme de 1 mm par jour, la maladie avance sur la voie des cellules nerveuses.Les prions pathogènes se regroupent, ils forment des chaînes qui finissent par tuer les cellules qui les contiennent.Une fois ces cellules évacuées, elles laissent derrière elles des trous donnant aux tissus nerveux une allure d'éponge (d'où le nom d'encéphalopathie spongiforme).À force de perdre des cellules de son cerveau, la victime perd sa motricité.Suivront les démangeaisons maladives, l'insomnie, les troubles sensitifs, la démence et la mort.Cette conjecture peu probable a tué à ce jour 122 Britanniques.« Dans le cas du Royaume-Uni, nous pensons qu'une plicature plus à risque s'est répandue d'un coup chez les bovins, explique le Dr Marchand, et qu'une espèce bovine présente en Grande-Bretagne y était plus sensible.Ce genre de situation est appelé à se reproduire, ajoute-t-il, si l'humain fausse encore les règles de la biologie.» L'industrie de l'élevage a justement tendance à « fausser les règles de la biologie ».Quand, par exemple, un même taureau devient, par insémination artificielle, le père de centaines de veaux, la biodiversité s'en trouve réduite.Si un prion particulièrement pathogène pour cette famille de bovins s'y répand, il fera des ravages comme ce fut le cas en Grande-Bretagne.« Il faut donc sensibiliser nos gouvernements et l'industrie, explique le Dr Marchand.Ils doivent comprendre qu'une réduction des élevages à une espèce très performante (au plan de la reproduction, de la production laitière ou de la qualité de la viande) est liée à une augmentation des risques pour la santé publique », prévient-il.La science gagne du terrain Les dangers potentiels pour l'homme de l'épidémie de la maladie de la vache folle ont propulsé les recherches sur le prion.Ainsi, il est maintenant possible de diagnostiquer la maladie de Creutzfeldt- Jakob chez des personnes toujours vivantes.Cette possibilité aurait sauvé des millions de bêtes en Grande-Bretagne quand, au plus fort de la crise, le moindre soupçon entraînait l'abattage de troupeaux entiers.Elle permettra maintenant, en milieu hospitalier, de savoir si un instrument chirurgical a été mis en contact avec un prion pathogène.Un tel contact cause des maux de têtes à de nombreux chercheurs.C'est que le prion est tenace : il s'accroche aux instruments médicaux et résiste aux méthodes traditionnelles de stérilisation.« Tout récemment, les recherches scientifiques ont abouti à des techniques permettant de détecter une quantité presque nulle de prions sur un instrument », explique le Dr Marchand.Mais encore aujourd'hui, cette détection ne servira qu'à établir quels instruments doivent être mis aux poubelles.Le hic, c'est que ces outils peuvent valoir plusieurs dizaines de milliers de dollars l'unité.Au Québec, deux équipes de recherche élaborent chacune une technique pour débarrasser des objets de tout prion.Jean Barbeau et Michel Moisan, professeurs respectivement de médecine dentaire et de physique à l'Université de Montréal, travaillent à un stérilisateur par plasma.Le plasma, c'est par exemple ce gaz qui permet aux tubes fluorescents de briller.Selon Michel Moisan, « le rayonnement ultraviolet causé par un certains plasma a prouvé son efficacité à éroder des microorganismes ».L'équipe, optimiste, pense démontrer que ces micro-organismes pourraient être des prions.C'est avec l'ozone que la compagnie TSO3 espère éliminer les prions.Son président, Jocelyn Vézina, estime que « jusqu'à maintenant, les résultats obtenus sont aussi bons que ce que nous prédisions ».L'avantage net des deux techniques québécoises repose sur la basse température de stérilisation.D'autres techniques donnent de bons résultats pour l'élimination des prions, mais la vapeur d'eau utilisée à 132 degrés pendant une heure élimine aussi l'instrument luimême.De justesse, une catastrophe vient d'être évitée.Mais de récentes recherches démontrent que près de 10 % des bovins de la planète entière porteraient sainement des prions potentiellement dangereux pour l'homme.« Nous ne sommes pas à l'abri d'autres épisodes comme celui dont nous nous sortons aujourd'hui, pense le Dr Marchand.La recherche et ses résultats sont encourageants, mais il faut continuer.» Souffrir pour être belle?Agence Science-Presse ILS SONT beaux, ils sont jeunes, ils sont minces ! Mais certains adolescents sont prêts à s'infliger les pires tortures physiques et morales pour maintenir leur fameuse silhouette de rêve.Une étude dirigée par le Dr Anca Codruta Rafiroiu, à l'Université d'État de Cleveland, démontre que les adolescents, qui utilisent des méthodes radicales comme les médicaments ou les vomissements pour se faire maigrir, sont également plus nombreux parmi les victimes d'excès de drogues, d'alcool et même de suicide.Tous ceux qui veulent maigrir ne sont pas « à risque » : sur 4187 adolescents ayant participé à cette étude, 43 % surveillent leur poids en modifiant leur alimentation et en pratiquant de l'exercice physique, sans tomber dans l'excès.Mais ils sont tout de même 19 % à utiliser des méthodes d'amaigrissement radicales.Or, si l'étude montre qu'il existe des différences notables entre les méthodes d'amaigrissement utilisées par les filles et les garçons, les Noirs ou les Blancs, il reste que le taux élevé de méthodes d'amaigrissement extrêmes demeure inquiétant pour la santé des jeunes en général.Les données révèlent que les jeunes filles blanches sont plus enclines à employer des méthodes radicales d'amaigrissement que les garçons, mais la proportion est inversée chez les jeunes Noirs.Dans tous les cas, l'apparence physique prend de plus en plus de place chez les jeunes, constatent les chercheurs, qui notent en particulier une croissance de cette préoccupation parmi les garçons.Les conclusions de l'étude remettent par ailleurs en évidence le lien flagrant entre cette obsession du poids, le manque d'estime de soi et la place du regard du groupe sur le comportement de l'adolescent.Autant de pistes de solution pour venir à bout du trop célèbre : il faut souffrir pour être belle. 7LP0701F0518 F-7 dimanche 7LP0701F0518 ZALLCALL 67 17:18:31 05/17/03 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 8 MAI 2003 F7 devina, sa main relâcha la mienne.Alors, j'ai fléchi les genoux, projeté mes bras vers l'avant et je me suis élancée.Je me souviens de cet instant de surprise lorsque j'ouvris les yeux dans l'eau noire et glacée.Puis j'ai vu la lumière étoilant la surface de l'eau et, d'un puissant coup de pied, je me suis propulsée vers le ciel.En crevant l'eau de nouveau, j'eus l'impression qu'il m'était poussé des ailes.- Youhou! Doc-teur La-fo-rest! Où êtes-vous?Lemieux semblait bien décidé à me ramener sur terre.- Je nageais.en plein bonheur, bredouillai-je en sentant mon visage s'empourprer.Il me fixait de ses yeux sombres dans lesquels dansait un éclair espiègle.Du revers de la main, je frottai nerveusement mes lèvres puis réajustai la pince pourtant bien en place dans mes cheveux, comme si ces gestes avaient le pouvoir de m'ancrer de nouveau dans le présent.- Alors, tope là! C'est tout trouvé puisque tu en rêves.Je parie que la vieille., euh la patiente du B7 quittera l'hôpital les pieds en premier d'ici trois semaines.Si je me trompe, je devrai une pleine journée de bonheur au bon docteur Max Laforest.L E P A R I de Dominique Demers - 13 - Lemieux avait les yeux ronds de surprise.Quant à moi, j'avais l'impression que la proposition venait d'une autre.J'étais là, assise, hébétée, pendant qu'une écervelée improvisait une gageure.- Un pari! Tu m'étonnes, Laforest.Moi qui t'imaginais si raisonnable.J'aime trop parier pour refuser.Apprends, ma belle, que l'homme devant toi fait fortune dès qu'il met les pieds au casino.Je pousse la porte et les machines se mettent à cracher des jetons.Tu veux gager?Pas de problème! Je n'en démords pas : ta vieille ne tiendra pas trois semaines.Tu verras.Malgré tout, le projet m'exaltait.J'avais envie de voir cette vieille dame sourire, de la chouchouter, de la dorloter, de lui faire plaisir.C'était sans doute un peu tordu.Ala devait-elle remplacer l'enfant que je n'avais pas eu ou la grand-mère que je n'avais plus?Tant pis! Je voulais que, grâce à moi, la petite lueur continue de briller dans ses yeux gris-bleu.Carl Lemieux m'observait avec amusement.- T'es tout un numéro, Laforest! On parie quoi alors?Qu'est-ce qui te ferait plaisir?La question résonna étrangement à mes oreilles.Ce qui me ferait plaisir?Le savais-je seulement?Depuis des mois, je me sentais comme un coureur de fond engagé dans un marathon impossible.Mes jambes étaient de plomb, mes poumons comprimés n'arrivaient plus à fournir suffisamment d'oxygène, j'avais l'impression de courir depuis des siècles, comme pour me sauver de quelque chose ou de quelqu'un mais sans jamais y parvenir.Et voilà qu'on me demandait ce qui me ferait plaisir! Je n'avais pas de temps, pas d'espace, pas d'énergie pour le bonheur.Et puis soudain, sans que je puisse m'en protéger, les souvenirs ont afflué.Je me suis retrouvée au bord du lac Lara, tout au bout de la route qui grimpe les montagnes à quelques kilomètres de Murray, de l'autre côté du pont Thorne.L'image était extraordinairement nette, le souvenir presque douloureusement précis.Ce jour-là, j'avais été heureuse comme jamais auparavant, comme jamais depuis.Jeremy et moi étions grimpés sur la falaise, le lac à nos pieds.Il me tenait encore la main.Mon cour cognait fort et mes paumes étaient moites.Je n'avais jamais plongé d'aussi haut.J'enviais Jeremy chaque fois qu'il s'élançait dans le vide alors que je restais prisonnière de mon vertige.Ce jour-là, j'avais décidé de plonger.Il avait promis de ne pas me presser.Les arbres tremblaient doucement et quelques mésanges trouaient parfois le silence.J'avais peur, mais je savais que je plongerais.Les secondes s'écoulèrent lentement.J'attendis qu'un nuage glisse plus loin dans le ciel afin que le soleil soit témoin de ma prouesse.Je me sentais heureuse, vibrante, fabuleusement vivante.J'avais l'impression qu'en tendant bien l'oreille j'aurais pu entendre mon cour battre et le sang gicler dans mes veines.J'aspirai profondément, humant l'air à pleins poumons.Jeremy me À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 1999 Éditions Québec Amérique Inc.ROMAN18MI LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC18MIM 7LP0801F0518 F8 DIMANCHE 7LP0801F0518 ZALLCALL 67 20:30:25 05/17/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 8 MAI 2003 LE CARNET D'OBSERVATION Pêche ornithologique dans Papineau-Labelle JE REVIENS tout juste de mon voyage de pêche annuel dans la réserve de Papineau- Labelle, cinq jours où les ombles de fontaine se faisaient parfois prier.Un moment agréable pour les découvertes ornithologiques sur les innombrables lacs et points d'eau rencontrés le long des routes qui serpentent dans le territoire.Année après année, sur les mêmes petits lacs, quelques couples de harles couronnés (bec-scie couronné) sont toujours au rendezvous.Quel beau canard ! Le mâle déploie parfois sa grande huppe blanche pour nous impressionner.Ce palmipède à tête noire, au poitrail blanc et aux flancs marron niche dans les arbres.Son cousin, le grand harle, un autre mâle magnifique, fait aussi partie du paysage de la réserve.C'est aussi le cas du garrot à oeil d'or, du canard branchu, du colvert, et du filigule à collier (petit morillon).J'ai pu découvrir aussi un magnifique filigule à tête rouge, une première pour moi dans ce coin de pays.La réserve compte aussi quelques héronnières même si elles ne sont pas très populeuses.Celle du lac Boisvert, dans l'est, compte deux nids situés à quelques dizaines de mètres de la route, ce qui permet facilement d'en observer les occupants, qui étaient à couver lors de notre passage.Soit dit en passant, le printemps tarde à venir dans cette région où il y avait encore au début de la semaine quelques amas de glace dans certains coins bien ombragés.L'absence de feuilles a d'ailleurs facilité l'observation de certaines parulines, de becs-croisés bifaciés, de même que d'une multitude de gros-becs errants.Voilà des années que je ne les avais vus aussi nombreux sur ce territoire.Mentionnons que l'accès à la réserve est gratuit.On s'y rend facilement par la route 117, au nord de Montréal.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Il est relativement facile d'apprivoiser un bébé corneille, d'autant plus que cet oiseau est un des plus « intelligents » qui soit.Mais cette pratique est interdite par la loi pour des raisons évidentes.Oubliez les corneilles! À TIRE D'AILE Voilà venu le temps de la nidification.Comme chaque année, plusieurs tomberont sous le charme d'un oisillon tombé du nid ou délaissé temporairement par ses parents.De grâce, ne vous laissez pas attendrir, car votre geste d'affection et de solidarité pourrait lui être fatal.Si vous trouvez un oisillon sur le sol, ramenez-le simplement à son nid.Si vous décidez de le nourrir, vous découvrirez vite que le rôle de « maman oiseau » est épuisant.Mais pis encore, en dépit de vos bons soins, la diète ne sera probablement pas adéquate et votre pensionnaire mourra d'une carence alimentaire, comme cela se produit souvent.La situation est la même pour les oiseaux qui ont quitté le logis familial mais qui volent à peine.N'ayez crainte, les parents veillent, même s'ils se font évidemment discrets, sachant que vous êtes à deux pas de leur progéniture.Si vous décidez d'élever néanmoins les petits, les déceptions risquent d'être plus grandes encore, parce que vous aurez le temps de vous attacher à ce petit paquet de plumes qui devra bien voler un jour de ses propres ailes.Habitué à se faire servir sa nourriture à cause de votre bienveillante présence, l'oiseau sera pris au dépourvu le moment venu de vous quitter.Dure période.Lorsqu'il quitte le nid, l'oiseau peut compter sur l'aide de ses parents pendant encore quelques jours.Mais quand « papa et maman » décident que « l'adolescent » doit être autonome, la loi du plus débrouillard prévaut.C'est souvent une période dramatique.Plusieurs jeunes meurent de faim parce qu'ils n'ont pas l'expérience requise pour trouver de la nourriture.Laissez donc les parents s'occuper de leur progéniture et n'ayez pas mauvaise conscience.Un petit compagnon Par ailleurs, il peut arriver que l'amour des oiseaux vous pousse à vouloir un petit compagnon à plumes à vos côtés.Comme Geneviève Boucher, qui rêve depuis son enfance de posséder une corneille et de l'apprivoiser tout en la laissant libre à l'extérieur.« J'avais une tante des Îles-de-la-Madeleine qui avait trouvé une corneille blessée et l'avait soignée à la maison, écrit-elle.Quelle ne fut pas sa surprise de réaliser que l'oiseau ne voulait plus partir une fois guéri.J'habite Ottawa, dans un quartier où les corneilles abondent.Je voulais savoir s'il s'agit d'un oiseau facile à apprivoiser ou s'il est plutôt grégaire.J'ai entendu dire qu'une fois adulte, il était trop tard.» Il est vrai qu'il est relativement facile d'apprivoiser un bébé corneille, d'autant plus que cet oiseau est un des plus « intelligents » qui soit.Mais il faut s'en occuper presque continuellement, du moins quand il est en bas âge.Et cette pratique est interdite par la loi pour des raisons évidentes.Il n'est pas permis, en effet, de garder des oiseaux sauvages en captivité.Bien sûr, plusieurs vont oublier la réglementation pour nourrir un oisillon qui semble abandonné par ses parents.Malheureusement, si l'oiseau se laisse apprivoiser, sa dépendance envers son maître n'en sera que plus grande.Il vaut mieux laisser les oiseaux sauvages dans la nature.Si vous tenez à avoir un compagnon ailé, pourquoi ne pas opter pour un oiseau de cage, notamment ceux de la grande famille des perroquets, comme les perruches, les callopsittes, les amazones, sans oublier ce grand parleur qu'est le perroquet gris d'Afrique, pour ne mentionner que ceux-là.Vous pouvez les acheter en bas âge et vous aurez un plaisir fou à les voir évoluer.Mais oubliez les corneilles.Photo YVES-GUY ROY, collaboration spéciale Couple de filigules à tête rouge (le mâle est à droite) photographié à l'Écomusée de Sainte-Anne-de-Bellevue.Ce cliché a été soumis au concours Biodôme-La Presse.Pics au travail DEPUIS quelques semaines, un pic s'en est pris aux murs en bois de la maison d'Alain Cloutier, de Québec.L'oiseau a d'abord percé un trou d'environ 3 cm de diamètre.« Puis nous avons découvert à bonne hauteur un chantier de cinq trous en plus d'une foule d'essais désastreux (pour nous évidemment), écrit-il.Comme l'entrepreneur a été très productif en peu de temps et qu'il travaille le jour, en notre absence, nous craignons beaucoup.Que faire ?» Malheureusement les solutions ne sont pas nombreuses.Il y a toujours le 12 ou la carabine à plombs.Brutal, bruyant, peu convenable en milieu habité, illégal, mais efficace, il faut bien le dire.On peut aussi placer des objets suspendus à la corniche qui flottent au vent.En plus d'être inesthétique, l'efficacité de ce moyen est souvent limitée, surtout si le pic a détecté des insectes entre les joints de vos planches, dans le bois ou encore s'il trouve votre demeure suffisamment attrayante pour y nicher à tout prix.Autre solution : recouvrir les murs d'un filet fin jusqu'au moment où l'oiseau abandonne la partie.Très efficace.Ce n'est plus qu'un jeu de patience.Bonne chance ! Pour sa part Pierre Monette, de Sainte- Thérèse, déplore la cacophonie métallique désagréable provoquée par un pic amateur de tambour.« Un dimanche, me voilà donc en pantoufles en train de pister l'importun qui dérangeait ma tranquillité.Un pic tapochait la plaque indicatrice du coin de la rue.À chaque 30 secondes, la mitraillette repartait.Qu'arrive-t-il à ce pauvre volatile ?Estce le son qui l'attire ?Essaie-t-il d'endurcir son bec ?Devient-il psychotique ?» Rassurez-vous, l'oiseau est tout à fait normal.Plus encore, ce comportement est une des facettes de sa personnalité.Il tambourine sur un objet métallique pour que le bruit soit entendu le plus loin possible, de façon à signaler sa présence aux madames pics du voisinage et pour aviser les autres mâles des limites de son territoire.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Lorsqu'il quitte le nid, l'oiseau, comme ce jeune merle d'Amérique, peut compter sur l'aide de ses parents pendant encore quelques jours.Mais quand « papa et maman » décident que « l'adolescent » doit être autonome, la loi du plus débrouillard prévaut.VIRUS DU NIL Déjà une quarantaine d'oiseaux à analyser UNE QUARANTAINE de carcasses d'oiseaux font actuellement l'objet d'analyses afin de déterminer si elles sont contaminées par le virus du Nil, a indiqué jeudi le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages.La majorité de ces oiseaux sont des corneilles auxquelles s'ajoutent quelques geais bleus et un certain nombre de quiscales bronzés, récupérés par erreur.Si des tests confirment la présence du virus, on procédera à une autre analyse pour faire une vérification supplémentaire.Les premiers résultats devraient être connus d'ici quelques jours.Le programme de détection mis de l'avant par le ministère québécois de la Santé vise à récupérer les carcasses de corneilles, de corbeaux, de geais bleus et de mésangeais du Canada, afin de suivre la progression du virus à travers la province et de mesurer son expansion sur un territoire donné.Les corvidés sont utilisés à cette fin car ils meurent très rapidement après avoir été contaminés, habituellement en quelques jours.L'an dernier, 139 oiseaux étaient porteurs du virus, surtout des corneilles, mais aussi une quinzaine de rapaces.Si vous trouvez une carcasse de corvidé dans votre cour, on vous demande d'appeler immédiatement le 1-800-363-1363.Le préposé de Communication Québec vous demandera alors si vous êtes bien certain qu'il s'agit d'une des espèces recherchées.Si tel est le cas, on vous demandera de signaler un autre numéro de téléphone où un autre préposé vous indiquera la marche à suivre pour que l'on récupère la dépouille.Parlant de virus du Nil, je me permets de vous rappeler que tout traitement domestique de votre propriété pour éradiquer les larves de maringouins tel que proposé par plusieurs compagnies est inutile et une pure perte d'argent.Seuls des arrosages sur de grandes surface, dans tout un quartier par exemple, sont efficaces.Photo JEAN BOISSONNEAULT, collaboration spéciale Le pic flamboyant est un de ceux qui s'en prend parfois aux murs des maisons en bois.Il est aussi un tambourineur réputé.Ce cliché a été soumis au concours Biodôme- La Presse."]
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