La presse, 12 octobre 2003, X. La presse: Saisir le présent
[" lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Saisir le présent Montréal dimanche 12 octobre 2003 CAHIER-SOUVENIR INFOGRAPHIES UNEJOURNÉEDANS NOTRESALLE DERÉDACTION PAGE 15 MAQUETTE UNGUIDECOMPLET DENOTREREFONTE PAGES 23 À 26 NOUVELLESPRESSES : UNETECHNOLOGIE FASCINANTE PAGES 16, 17 c y b e r p r e s s e .c a PORTRAIT NOS LECTEURS AIMENTLEVÉLO PAGE 18 Ce montage, où on peut reconnaître le plongeur Alexandre Despatie aux Championnats du monde de plongeon, à Barcelone, fait partie de la campagne de promotion de la nouvelle Presse, tout comme la photo au dos de ce cahier-souvenir. 2 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Un nouvel imprimeur Mot du président du conseil de Gesca Votre nouvelle Presse Seize mois.C\u2019est le temps qu\u2019il aura fallu pour aller de la première pelletée de terre à l\u2019impression de La Presse à la nouvelle usine Transcontinental Métropolitain.Ce tour de force devient une prouesse quand on sait que la nouvelle usine est un véritable joyau technologique, tant sur le plan de la qualité générale, de l\u2019utilisation de la couleur et de la flexibilité que sur celui de la vitesse d\u2019impression.La technologie est celle de la Mainstream 80 de la firme Heidelberg- Harris.Les nouvelles presses, qui sont situées dans le parc industriel de Pointe- aux-Trembles, utilisent un procédé d\u2019impression en haute définition qui maximise l\u2019utilisation de la couleur avec une grande précision numérique.L\u2019usine a une superficie de 125 000 pieds carrés.Transcontinental inc.est le principal imprimeur indépendant de journaux au Canada et l\u2019un des plus importants imprimeurs commerciaux en Amérique du Nord.Le groupe est aussi le plus important éditeur de magazines destinés aux consommateurs du Canada et un important éditeur de presse régionale.Il y a plus de 35 ans, nous procédions à l\u2019acquisition de La Presse.Nous avons toujours eu conscience qu\u2019être propriétaire de ce grand quotidien francophone était à la fois un privilège et une responsabilité.Être chaque jour le témoin de l\u2019évolution de la société, dans tous ses aspects, est assurément un privilège.Informer avec rigueur et contribuer à élargir les débats de notre société font partie des responsabilités qui sont au coeur même de la vie de notre grand quotidien.La Presse est aussi une entreprise.À ce titre, ses propriétaires et les gestionnaires qu\u2019ils désignent doivent en assurer la bonne administration et maintenir une saine rentabilité.Ces principes de gouvernance sont les conditions essentielles à la production et au développement d\u2019un quotidien de qualité.Rouage essentiel Un journal comme La Presse est un rouage essentiel de la vie d\u2019une société démocratique.Tout comme le sont la liberté d\u2019expression et la liberté d\u2019entreprendre, celle de former et de défendre ses propres opinions à partir d\u2019une information à la fois exacte et diversifiée.Ayant comme mission principale d\u2019informer, La Presse est un lieu de prédilection pour ces libertés.Le respect des pratiques journalistiques, l\u2019encouragement et la promotion de la diversité d\u2019opinions, l\u2019investissement dans des contenus de qualité et la reconnaissance de l\u2019indépendance des salles de rédaction sont également depuis le début des valeurs que nous avons tenu à préserver à La Presse.Elles sont aujourd\u2019hui le dénominateur commun de tous les quotidiens de Gesca et se reflètent tous les jours dans leurs pages.Une institution La Presse demeure un repère pour la vaste communauté qu\u2019elle dessert.Elle est une institution qui a toujours su s\u2019épanouir au sein d\u2019un pays dont la diversité fait la richesse.En s\u2019appuyant sur une des deux cultures fondatrices du Canada, en la faisant rayonner, La Presse témoigne et participe à la vitalité de notre société.Référence incontournable en matière d\u2019information de qualité, La Presse occupe une place singulière en Amérique du Nord.Dans les marchés comparables au nôtre, peu de quotidiens consacrent autant d\u2019espace à l\u2019analyse et aux débats, en plus d\u2019offrir une couverture internationale alimentée par son propre réseau de correspondants.L\u2019excellence de ses journalistes, de ses chroniqueurs et de ses éditorialistes, l\u2019étendue de sa couverture et la variété des dossiers qu\u2019elle aborde sont autant d\u2019attributs qui la distinguent des autres.Un carrefour Avec de nouveaux moyens et dans sa formule renouvelée, La Presse est encore mieux outillée pour être un carrefour des courants économiques, politiques et culturels, des tendances de la vie moderne, des découvertes scientifiques, des innovations dans tous les domaines, des progrès technologiques et des événements sportifs.Toutes ces facettes de l\u2019activité humaine trouvent leur juste place dans les pages de La Presse.Au nom du conseil d\u2019administration, je tiens à remercier tout le personnel, l\u2019équipe de direction et Guy Crevier, président et éditeur.Leur expérience, leur talent, leur enthousiasme et leur engagement professionnel ont permis à La Presse de franchir une nouvelle étape de son développement.Toutes et tous ont eu à coeur de concrétiser ce grand projet qui apporte à La Presse des changements destinés à renforcer son succès.J\u2019en profite pour remercier tous ceux qui, au cours de la longue histoire de La Presse, ont jeté les fondations sans lesquelles le grand projet que nous célébrons aujourd\u2019hui n\u2019aurait pas pu voir le jour.Je tiens également à remercier les syndicats et les employés qu\u2019ils représentent, de leur compréhension des enjeux liés à la modernisation, des facteurs indispensables à la réussite de cette opération et à l\u2019évolution de l\u2019entreprise.Enfin, j\u2019aimerais réaffirmer notre gratitude à nos lecteurs et à nos annonceurs.La fidélité des premiers est notre principale source de motivation.La constance des seconds nous encourage à leur offrir aujourd\u2019hui un véhicule encore plus efficace pour rejoindre leurs publics.Nous ne saurions nous passer ni des uns ni des autres.Je leur réitère notre volonté de faire de la qualité de La Presse, un objectif quotidien.André Desmarais président du conseil, Gesca Un journal comme La Presse est un rouage essentiel de la vie d\u2019une société démocratique.André Desmarais, président du conseil, Gesca Rémi Marcoux est le président du conseil et chef de la direction de Transcontinental inc.3172166A L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Mot du président et éditeur La Presse, quotidien de référence Aujourd\u2019hui, La Presse franchit une nouvelle étape de son évolution.Au cours des deux dernières années, nous avons entrepris une réforme en profondeur de notre quotidien et vous avez entre les mains le fruit de ces efforts.Ce moment est particulièrement important et surtout réjouissant pour toute notre équipe, qui peut être fière du travail accompli.Dans la foulée de ces changements, notre mission essentielle demeure bien sûr de proposer la meilleure couverture possible de l\u2019actualité d\u2019ici et d\u2019ailleurs.La Presse est un quotidien de référence qui a pour objectifs de soulever les enjeux, de privilégier l\u2019analyse, de susciter les débats et de proposer un espace dynamique où s\u2019exprime la diversité des opinions.Comme vous serez à même de le constater, nous avons procédé à une révision de nos contenus afin de les rendre encore plus riches et approfondis.La Presse se présente également sous un nouveau visage, résultat d\u2019une refonte graphique destinée à faciliter l\u2019accès à toute l\u2019information.Désormais imprimé à la nouvelle usine Transcontinental Métropolitain, le journal bénéficie d\u2019une technologie de pointe qui ouvre un plus grand nombre de possibilités sur le plan de la présentation visuelle.Par l\u2019ensemble de ces initiatives, nous sommes en mesure d\u2019offrir un quotidien encore plus complet et mieux adapté aux besoins de ses lecteurs.À l\u2019affût des nouvelles tendances Notre société évolue à un rythme fascinant et nous voulons témoigner chaque jour de cette réalité aux multiples facettes : de l\u2019éducation à la culture, du sport au monde des affaires, des courants émergents aux traditions les mieux ancrées.Par l\u2019entremise de ses nombreux cahiers thématiques, La Presse va au-devant des nouvelles tendances et s\u2019adapte aux styles de vie d\u2019aujourd\u2019hui.Dans cette optique, nous entendons continuer à mettre l\u2019accent sur la présentation de dossiers et de séries sur les phénomènes de société.À la source de l\u2019actualité En complément à une salle de rédaction qui regroupe plus de 200 personnes, La Presse peut miser sur des correspondants parlementaires à Québec et à Ottawa, dont les commentaires apportent un éclairage différent sur la nouvelle.À la fine pointe de l\u2019information, La Presse se démarque par la crédibilité de cette équipe, dont la qualité est reconnue.Cette présence sur le plan national est évidemment complétée par une volonté de s\u2019ouvrir toujours davantage sur le monde, de garder nos lecteurs au coeur des grands enjeux internationaux.À cet égard, La Presse peut miser sur la contribution essentielle de ses correspondants à Paris, Londres, New York et Washington, de même que sur celle de nombreux envoyés spéciaux.Ces collaborateurs nous proposent une vision distincte et exclusive, un regard direct sur les dossiers chauds qui font vibrer l\u2019actualité de tous les continents.Alors que notre société fait face à de nombreux défis, La Presse mise également sur ces ressources pour vous tenir informé des solutions, des initiatives et des modèles mis de l\u2019avant à l\u2019étranger.Un espace ouvert à la diversité Journal de contenu, journal d\u2019idées, La Presse se démarque aussi par l\u2019importance qu\u2019elle accorde à ses pages éditoriales.Son équipe d\u2019éditorialistes commente l\u2019actualité non pour imposer son point de vue, mais pour favoriser la tenue d\u2019un débat éclairé où s\u2019affirme la diversité des opinions.Il s\u2019agit là de l\u2019objectif essentiel qui balise le contenu de notre section Forum.La Presse est aussi un journal qui réfléchit avec ses lecteurs.Cette interaction s\u2019exprime dans la place de plus en plus grande accordée aux commentaires et aux opinions de ces derniers.En tant que quotidien de référence, La Presse peut ainsi appuyer son rôle au coeur des grands débats et devenir un véritable agent de changement au sein de la société québécoise.Le reflet d\u2019une société en évolution Grâce à tous ceux et celles qui ont contribué à son développement depuis plus de 119 ans, La Presse est aujourd\u2019hui le reflet fidèle du dynamisme, de la diversité et de l\u2019ouverture qui caractérisent la société québécoise.Face aux réalités complexes de notre époque, nous entendons demeurer la source d\u2019information complète et crédible que nos lecteurs ont appris à apprécier.Je profite de cette occasion pour remercier personnellement les membres du conseil d\u2019administration, notre équipe de direction, tous les artisans de même que les syndicats qui ont collaboré à ce projet pour en assurer la réussite.Au nom de toute l\u2019équipe, j\u2019aimerais également vous remercier d\u2019être de plus en plus nombreux à nous suivre dans ces changements et à nous appuyer dans notre volonté de vous offrir une information de premier plan.Le président et éditeur, Guy Crevier Guy Crevier, président et éditeur lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © La salle de rédaction de La Presse, au coeur de la cité, est un lieu de grande activité où, certains jours, la fébrilité devient palpable.Saisir le présent Lorsque vous prenez votre nouvelle Presse dans vos mains chaque matin, vous faites bien davantage que saisir un journal.Lire La Presse d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est apprendre ce qui se passe ce matin dans le monde et dans votre monde.C\u2019est se faire raconter la vie dans les quartiers de Montréal, la vie en banlieue, la vie à NewYork, la vie à Paris, la vie à Bagdad.Lire La Presse, c\u2019est plonger dans l\u2019univers de Pierre Foglia, suivre Réjean Tremblay dans les coulisses du sport, réfléchir avec Yves Boisvert, redécouvrir Montréal avec Rima Elkouri, rigoler avec Stéphane Laporte, rencontrer les célébrités avec Nathalie Petrowski.Lire La Presse, c\u2019est avoir à portée des doigts tout ce qu\u2019il faut pour planifier sa prochaine sortie, pour cuisiner de nouveaux plats, pour suivre la mode ou s\u2019en moquer.Lire La Presse, c\u2019est être branché sur les marchés et les affaires.C\u2019est un investissement.Lire La Presse, c\u2019est être ému devant de superbes photographies.C\u2019est pouffer de rire dans son café en découvrant la dernière caricature de Chapleau.Lire La Presse, c\u2019est pouvoir tout savoir en quelques minutes, ou prendre tout son temps pour jouir du plaisir de lire.Lire La Presse, c\u2019est comprendre le monde d\u2019aujourd\u2019hui, et se préparer à celui de demain.Lorsque vous prenez votre nouvelle Presse dans vos mains chaque matin, vous saisissez bien davantage qu\u2019un journal.Vous saisissez le présent. 4 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LYSIANE GAGNON C\u2019était avant larévolution Mes premiers souvenirs de reporter à La Presse se confondent avec le fait que, à cette époque, j\u2019étais une fille de 20 ans transplantée dans un monde d\u2019hommes \u2014 le monde tel qu\u2019il était avant la révolution féministe.L\u2019histoire de mon premier papier signé commença au pupitre, par un regard circulaire que le responsable des informations générales jeta sur la salle de rédaction.Il cherchait à qui confier la tâche d\u2019aller couvrir un procès intenté à une compagnie de gaz naturel, le reporter qui suivait cette sombre affaire s\u2019étant déclaré malade.Mon patron survola la salle de rédaction de son oeil de lynx.Il n\u2019y avait personne de disponible.Enfin, si, il y avait quelqu\u2019un \u2014autant dire personne, mais bon, il y avait la petite nouvelle à qui l\u2019on ne savait pas trop quoi faire faire.J\u2019ignorais tout du gaz naturel et je n\u2019avais jamais mis les pieds au palais de justice.Il me fallut une bonne demi-heure juste pour trouver la salle où se déroulait le procès et je me suis assise, timidement, avec les spectateurs.Quand j\u2019ai sorti mon calepin, le gardien m\u2019a demandé si j\u2019étais reporter et m\u2019a fait passer dans le banc réservé aux journalistes.À un moment donné, le juge a dit à l\u2019un des avocats qu\u2019il ne respectait pas les formes (ou quelque chose comme cela).Ce à quoi l\u2019avocat répliqua d\u2019une voix de stentor : « Votre Honneur, je préfère les formes de la représentante de La Presse ! » Tout le monde s\u2019esclaffa.J\u2019étais rouge comme une pivoine.llllllllllllllllllllllllllllll Ces années-là, je couvrais souvent les déjeuners-causeries des clubs sociaux (sauf évidemment quand le conférencier était une personnalité importante).J\u2019en étais arrivée à connaître par coeur les subtiles différences entre les diverses sections des Kiwanis, Rotary et autres chambres de commerce, en particulier quant à la réaction des membres lorsque surgissait à la porte de leur cénacle cette vision saugrenue : une jeune femme ! Dans les clubs francophones, c\u2019était le tumulte.« Heille, Gerry, amène-la ici, on a une place à not\u2019 table ! On va s\u2019tasser ! » hurlait-on en choeur à l\u2019organisateur.Quand je m\u2019asseyais à l\u2019une des tables où l\u2019on m\u2019avait si bruyamment réclamée, mes voisins se calmaient instantanément ; personne ne m\u2019adressait la parole.Ce sont les autres tables qui s\u2019agitaient, multipliant les blagues, toutes plus hilarantes les unes que les autres, à l\u2019adresse de mes voisins de table : « Heille, Gaston, garde tes mains sur la table ! » Variante : « Heille, Jean-Louis, comment va ta femme ?» Dans les clubs anglophones, l\u2019atmosphère était tout autre.C\u2019est avec une froideur ennuyée que l\u2019on faisait place à l\u2019intruse.En fait, on était un peu insulté qu\u2019un journal ait osé déléguer dans ce distingué aréopage une simple apprentie \u2014pire, une apprentie de sexe féminin.llllllllllllllllllllllllllllll Un jour, quand même, je me trouvai investie d\u2019une mission importante.Le premier ministre Jean Lesage était à Montréal, et je devais couvrir quelque événement secondaire dans le même hôtel.« Va le voir et demande-lui s\u2019il a reçu des nouvelles du syndicat », dit mon patron, qui n\u2019avait pas été capable de joindre le reporter politique qui suivait Lesage (c\u2019était bien avant les cellulaires.).« Euh.Quel syndicat ?» Mais déjà mon patron, un homme toujours pressé, avait tourné les talons.Rendue à la salle où se trouvait Lesage, je pris donc mon courage à deux mains et avançai vers l\u2019impressionnante silhouette.« Avezvous des nouvelles du syndicat.?» balbutiai-je sans même savoir ce que je disais.M.Lesage baissa la tête vers moi et répondit paternellement, avec sa voix d\u2019opéra, quelque chose d\u2019où il ressortait que tout allait bien.Je rentrai avec cette réponse au journal.où j\u2019allais finalement apprendre que le mot « syndicat », qui pour moi n\u2019était pas autre chose qu\u2019une union de travailleurs, pouvait aussi désigner un syndicat financier.Dans ce cas-ci, il s\u2019agissait d\u2019un emprunt que la province venait d\u2019obtenir sur le marché américain.llllllllllllllllllllllllllllll Après avoir fait pendant deux ans le tour des clubs sociaux, j\u2019eus désespérément envie de changer d\u2019air.Je voulais aller travailler au magazine hebdomadaire que le journal publiait à l\u2019époque, là où j\u2019aurais l\u2019occasion de faire des articles plus longs et d\u2019interviewer des gens plus intéressants.Je m\u2019en ouvris au grand patron, qui afficha un air dubitatif.Le lendemain, son adjoint vint me voir : « D\u2019accord pour le magazine, on en a parlé et on comprend que tu aies besoin d\u2019horaires plus légers.» Mais de quoi diable parlait-il ?C\u2019était au contraire pour travailler plus, et sur des sujets plus exigeants, que je voulais aller à la section hebdomadaire ! Explication du quiproquo.Je m\u2019étais mariée quelques mois auparavant.Or, la maternité ne devait- elle pas suivre le mariage ?Mes patrons, incapables de concevoir l\u2019itinéraire professionnel d\u2019une jeune femme autrement qu\u2019en fonction de sa vie personnelle, ne voyaient donc qu\u2019une seule motivation à mon désir d\u2019échapper à la section quotidienne : je devais être enceinte ! llllllllllllllllllllllllllllll Quelques années plus tard, je décidai de présenter ma candidature au poste de chroniqueur à l\u2019éducation, lequel, jusquelà, n\u2019avait été occupé que par des hommes.J\u2019en parlai à mon prédécesseur, un type au demeurant fort sympathique, qui venait d\u2019être affecté aux affaires municipales.Il fut d\u2019abord incrédule.« Une femme à l\u2019éducation.Je n\u2019y aurais jamais pensé.» Il réfléchit quelques minutes, puis : « Mais dans le fond, c\u2019est plein de bon sens : l\u2019éducation, c\u2019est la pédagogie, les enfants.Voilà bien un domaine parfait pour une femme ! » Encore là, le quiproquo était énorme.La pédagogie était bien la dernière chose qui m\u2019attirait dans le beat de l\u2019éducation.Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019étaient les débats linguistiques et politiques qui agitaient alors la scène scolaire.llllllllllllllllllllllllllllll Attention, que l\u2019on n\u2019aille pas s\u2019imaginer que ce sexisme soft m\u2019a rendue malheureuse ou entravée de quelque manière que ce soit.Pas du tout.Je souhaite à toutes les femmes d\u2019avoir d\u2019aussi merveilleux souvenirs de leurs débuts dans ce métier.Oui, il arrivait \u2014rarement\u2014 qu\u2019un collègue, voire un patron, vous fasse des avances non désirées.On n\u2019avait qu\u2019à dire non et c\u2019était oublié le lendemain.Nous n\u2019aurions même pas pu imaginer qu\u2019un refus puisse entraîner des représailles, tant l\u2019atmosphère était bon enfant.Aussi minoritaires fussent-elles à l\u2019époque, les femmes journalistes étaient quand même traitées d\u2019égal à égal avec les hommes ; elles avaient depuis longtemps acquis, grâce aux syndicats, les mêmes salaires et les mêmes conditions de travail que ceux-ci.Pas une fois n\u2019ai-je eu le sentiment d\u2019être une victime \u2014au pire, il y a eu des remarques que je trouvais vulgaires ou embarrassantes, c\u2019est tout.C\u2019était comme cela, c\u2019était la vie, c\u2019était la très légère rançon à payer pour être entrée dans un monde d\u2019hommes, et à vrai dire, la situation avait aussi ses avantages.Chose certaine, on ne vous laissait jamais oublier que vous étiez une femme, ce qui, entre vous et moi, n\u2019est pas toujours déplaisant.Pas une fois n\u2019ai-je eu le sentiment d\u2019être une victime.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CAPSULE HISTORIQUE 1898-1958 Depuis sa fondation en 1884, La Presse avait toujours occupé des immeubles qui n\u2019étaient pas les siens.À la fin du XIXe siècle, devant les succès fulgurants du journal, Trefflé Berthiaume peut envisager sérieusement la construction d\u2019un édifice qui serait la propriété de l\u2019entreprise.Le 30 juin 1898, M.Berthiaume achète un emplacement délimité par la rue Saint-Jacques, la côte Saint-Lambert (actuel boulevard Saint-Laurent), la ruelle des Fortifications et l\u2019édifice Bourgeau.La construction de l\u2019édifice de La Presse commence dès avril 1898, une fois le terrain déblayé.Elle durera plus longtemps que prévu, soit 19 mois, en bonne partie à cause des problèmes que pouvaient causer les vibrations des énormes presses, qu\u2019il fallut résoudre en cours de conception.Le déménagement est terminé le 5 novembre 1900.Érigé au coût de 230 000 $, cet édifice de six étages (quatre en bordure de la rue Saint-Jacques) est remarquable pour deux raisons.D\u2019abord pour son style, d\u2019inspiration Renaissance italienne, cher au bureau d\u2019architectes Hutchison & Wood.Ensuite, pour son parement extérieur, composé de trois matériaux : de gros blocs de granit brut de Stanstead revêtent la base du bâtiment, du grès rouge saumon provenant du Maine et du New Hampshire habille le rez-dechaussée et sert pour les encadrements de fenêtres et les motifs décoratifs, et de la brique chamois complète le tout.Un édifice d\u2019une architecture remarquable Le quatrième édifice occupé par La Presse dans son histoire et qui rend de précieux services à l\u2019entreprise, au 7, rue Saint- Jacques.Quiconque regarde l\u2019édifice moderne de l\u2019ensemble de La Presse, le long de la rue Saint-Antoine, ne peut s\u2019imaginer les maux de tête qu\u2019il a causés à ses artisans ! Jadis occupé par huit édifices abritant 12 petits commerces surmontés de logements, l\u2019emplacement se trouve dans l\u2019axe de l\u2019ancienne rivière Saint-Martin, qui coulait au pied des fortifications de Montréal, dont on a d\u2019ailleurs trouvé de nombreuses traces dans la ruelle qui porte leur nom.Tout un défi pour les ingénieurs- conseils Surveyer, Nenniger et Chênevert, qui doivent évidemment résoudre avant le début de la construction le problème de la nappe d\u2019eau souterraine se trouvant à 6,2 m (20 pieds) sous la rue Craig (actuelle rue Saint-Antoine), au-dessus du roc sis à quelque 18,5m(60 pieds) de profondeur.Ils optent alors pour une solution à deux volets.D\u2019abord, l\u2019installation d\u2019une membrane étanche Icoss-Veber, une première au Canada.Ensuite, la construction d\u2019un radier en béton de 1,4 m (quatre pieds et demi) d\u2019épaisseur, ancré dans le roc par 265 pieux en béton gainé d\u2019acier, dont la tâche consistera à combattre la poussée verticale de 1300 livres au pouce carré exercée par l\u2019eau.Sans cela, l\u2019édifice aurait littéralement flotté sur la nappe d\u2019eau.D\u2019ailleurs, dans un texte descriptif publié en février 1958, l\u2019ex-éditorialiste Roger Champoux écrivit que « les fondations (de la bâtisse) sont tout simplement un bateau à cale de béton ».L\u2019image ne manque pas de véracité.Cette technologie nouvelle et audacieuse se traduisit par des dépassements de coûts qui causèrent bien des maux de tête à la présidente, Angélina DuTremblay, et faillirent conduire l\u2019entrepreneur général Charles Duranceau à la faillite.Guy Pinard Une construction rocambolesque L\u2019édifice de la rue Saint-Antoine.Les grandes fenêtres du rezde- chaussée permettaient de surveiller le travail des pressiers.79, boul.René-Lévesque Est, bureau 200 Québec (Québec) G1R 5N5 Téléphone : (418) 692-4180 Téléc.: (418) 692-5077 - (418) 692-5082 Site : www.beauvaistruchon.com Courriel : bt@avbt.com Fidèle à sa tradition d\u2019excellence, Beauvais Truchon et Associés est fière de mettre sa compétence au service du journal La Presse et de souligner sa technologie d\u2019avant-garde ainsi que sa contribution à la qualité de l\u2019information.Beauvais Truchon et Associés offre une gamme complète de services juridiques couvrant la plupart des domaines de la pratique du droit tels : 3168885 \u2022 Droit du travail \u2022 Droit de la santé et de la sécurité du travail \u2022 Litige et arbitrage \u2022 Droit civil \u2022 Droit commercial et droit corporatif \u2022 Droit des valeurs mobilières \u2022 Droit fiscal \u2022 Affaires bancaires \u2022 Insolvabilité et faillite \u2022 Droit immobilier \u2022 Droit des assurances \u2022 Droit administratif \u2022 Propriété intellectuelle \u2022 Droit de l\u2019information \u2022 Droit des médias \u2022 Droit de l\u2019environnement \u2022 Droit de la concurrence \u2022 Droit de la construction S.E.N.C. L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PIERRE FOGLIA Comment mon ami Robert Duguay est entré à LaPresse sans le savoir C\u2019est pas pour me vanter mais, en ce temps-là, j\u2019étais jeune et beau.Et gelé la plupart du temps.J\u2019allais fumer des pétards d\u2019un pied de long dans le parking du Montréal- Matin avec une collègue, Jacqueline Blouin.Ma tante Jacqueline, comme nous l\u2019appelions, décédée depuis longtemps, Dieu ait son âme, mais c\u2019est sûrement le diable et il doit bien s\u2019amuser.J\u2019étais chef du pupitre des sports du Montréal-Matin.Je ne rêvais pas tant que cela d\u2019entrer à La Presse, mais comme on n\u2019y voulait pas de moi, vous savez ce que c\u2019est, je m\u2019obstinais.Montréal venait d\u2019obtenir les Jeux olympiques de 1976.C\u2019était donc en 71.Les libéraux étaient au pouvoir, un député de Laval, j\u2019oublie son nom, avait eu l\u2019idée saugrenue d\u2019organiser un voyage en France pour une trentaine de journalistes sportifs du Québec peu accoutumés à l\u2019olympisme.Je fus de l\u2019expédition.Voyage passionnant.Nous visitions des piscines, chaque jour une piscine, chaque soir une réception où nous étions reçus par des maires pompeux qui ceignaient leur écharpe tricolore pour citer le baron de Coubertin, le baron parci, le baron par-là.Une bonne fois, un photographe de Québec, coupant l\u2019envol du pauvre maire de Bordeaux, s\u2019impatienta : cout\u2019donc, allez-vous finir par nous le présenter, ce fameux baron ?Je vous raconte ça parce que c\u2019est la fois où je ne suis pas entré à La Presse.Le boss des sports de La Presse était de ce voyage en France, il avait détesté mes mauvaises manières et mes mauvaises cigarettes.Il avait dit : Foglia ?Jamais.Je suis entré à La Presse l\u2019année suivante.J\u2019étais allé couvrir les Jeux olympiques de Munich pour le Montréal-Matin.Je m\u2019étais lié pendant les jeux avec une jeune Danoise qui travaillait à la cafétéria du village de presse.Après les Jeux, elle m\u2019invita chez elle, dans la banlieue de Copenhague.Elle disparut le lendemain de notre arrivée, me laissant avec sa mère, une petite bonne femme saoule du soir au matin qui élevait des chiens papillon.Ce sont des chiens avec de très longs poils sur les oreilles, plus cons que des caniches.La jeune fille n\u2019a jamais réapparu et Dieu sait combien de temps je serais resté là si la mère ne m\u2019avait proposé de l\u2019accompagner à Stockholm, où elle devait aller à une exposition de chiens papillon.Nous voilà dans le train avec trois de ces détestables bestioles, puis le ferry, puis le train à nouveau, elle buvait de la bière dans laquelle elle versait de larges rasades de schnaps, je l\u2019ai descendue sur le quai de la gare de Stockholm en essayant de la faire tenir debout comme on ferait pour une momie.Puis j\u2019ai déposé les cages des chiens à ses pieds et j\u2019ai disparu dans la cohue.(Permettez, avant d\u2019aller plus loin, que je m\u2019adresse un instant aux jeunes lecteurs qui se sont aventurés dans ce texte en espérant y découvrir comment on devient journaliste à La Presse.Je devine leur effarement : ne freakez pas, jeunes gens, je vous parle d\u2019un autre temps, les choses sont moins compliquées aujourd\u2019hui.Point n\u2019est besoin, aujourd\u2019hui, de passer par Stockholm pour entrer à La Presse.Il vous suffira de passer par l\u2019université la plus proche de chez vous et ensuite d\u2019être choisi parmi les 8765 autres candidats qui voudront entrer à La Presse en même temps que vous.) Je reviens à mon récit.Je laissai mes bagages à la consigne pour aboutir dans un grand parc dont j\u2019ignore le nom, où de mauvais larrons me firent fumer de la résine de haschisch.Je me souviens que nous changions de banc pour ne pas attirer l\u2019attention.À chaque banc, j\u2019oubliais quelque chose.Je revenais sur mes pas, repartais, finalement je perdis mes compagnons et un soulier.Et c\u2019est en allant acheter des gougounes dans un grand magasin que j\u2019appris que l\u2019équipe canadienne de hockey, en route pour la Russie, faisait grand scandale à Stockholm ce jour-là.C\u2019était la série du siècle.L\u2019avant-veille, les joueurs canadiens s\u2019étaient conduits comme de parfaits abrutis lors d\u2019un match amical contre les Suédois.C\u2019est du moins ce que me résuma sommairement la vendeuse de gougounes : « Vous êtes Canadien?À votre place, je ne m\u2019en vanterais pas.» C\u2019est comme ça que je me suis retrouvé à l\u2019hôtel (l\u2019Ambassador ?) où logeaient les joueurs de l\u2019équipe canadienne et les journalistes qui les accompagnaient, dont Michel Blanchard, le nouveau boss des sports à La Presse.L\u2019ancien \u2014celui qui disait Foglia ?Jamais ! \u2014 avait été affecté au dossier olympique.Salut Michel, comment va ?Ça allait, mais dans la plus grande agitation.Michel me fit un résumé des événements.La partie de l\u2019avant-veille, les coups de bâton de Cashman, les débilités des frères Esposito.Et tantôt, dans le hall, Marcel Dionne et Rod Gilbert venaient de l\u2019insulter : va chier, Blanchard.Michel s\u2019apprêtait à raconter tout cela.Je lui proposai de l\u2019aider.Mais je te sens un peu survolté, là, que dirais- tu de prendre un peu de recul pour envisager l\u2019événement dans sa globalité ?Je ne lui ai pas dit cela comme ça.À l\u2019époque, je ne parlais pas bien comme aujourd\u2019hui.Ce que je lui ai dit exactement, c\u2019est ceci : Que dirais-tu de fumer un petit joint avant de commencer ?En as-tu ?Je n\u2019en ai plus, mais bouge pas, ce ne sera pas long.Je suis retourné dans le parc.Je suis revenu.Je roulais.Michel écrivait.Puis c\u2019est lui qui a roulé et moi qui écrivais.À la fin, Michel se relut et trouva notre texte si bien roulé qu\u2019il me lança, avec cette célérité dans la décision qui fait les grands chefs : Veux-tu venir travailler à La Presse ?À une condition, lui répondis-je.Que t\u2019engages aussi mon chumBob Duguay.C\u2019est comme ça que mon ami Robert Duguay (qui travaillait au Matin avec moi à l\u2019époque) fut engagé à La Presse sans le savoir.Bob est entré à La Presse le 13 novembre 1972.J\u2019y étais depuis le 7.J\u2019ai lâché la drogue aussitôt pour ne plus jamais y toucher.J\u2019ai failli retourner à Montréal-Matin quelques années plus tard pour aller travailler avec Serge Chapleau.Nous avions le projet de publier une page à l\u2019envers, cela me stressait terriblement.Première séance de travail chez Serge, rue Saint-Denis, près du Rideau- Vert, on s\u2019assoit et Serge me dit : Que dirais-tu de fumer un petit joint avant de commencer ?Je suis parti en courant plutôt que de replonger dans le vice.Je suis retourné à La Presse.Cela fera 31 ans le 7 novembre que j\u2019y suis, il m\u2019arrive très souvent de croire que j\u2019en suis le propriétaire.Cet été, à Prague, je couvrais la réunion du CIO au cours de laquelle il fut voté que Vancouver organiserait les Jeux d\u2019hiver de 2010.Un jeune homme au curieux nom de Cinq-Mars m\u2019interpelle dans le hall du Hilton.Il me dit être un des aides de camp du premier ministre Chrétien, il me lit depuis qu\u2019il est tout petit, est-ce que cela me dérangerait qu\u2019on le prenne en photo à mes côtés ?On allait procéder quand un autre monsieur s\u2019interpose : me permettez- vous d\u2019être dans la photo aussi ?Il se présente: André Desmarais, propriétaire de La Presse.C\u2019est comme ça que j\u2019ai su que ce n\u2019était pas moi.Mais cela ne fait rien si La Presse n\u2019est pas ma propriété.C\u2019est mon port d\u2019attache.Ma maîtresse.Ma vie.J\u2019ai aimé toutes les heures que j\u2019y ai passées.Sauf la fois que Bob est mort.C\u2019était en 1999.En novembre aussi.Quedirais-tu de fumer unpetit joint avant de commencer ?lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll VOUS et la Fiducie Desjardins Depuis 40 ans Une valeur sûre CAPSULE HISTORIQUE 1884-2003 Le succès ininterrompu de La Presse depuis sa fondation réside en grande partie dans la qualité des gens qui l\u2019ont administrée.Tout commence avec le premier occupant du poste, le journaliste de carrière William-Edmond Blumhart.S\u2019il a connu un court séjour à la direction de La Presse, Blumhart aura eu le mérite de lui donner son premier souffle de vie.Puis arrive Trefflé Berthiaume, qui dirige La Presse de 1889 à 1915.C\u2019est un homme-orchestre qui, sans être journaliste, sait donner à l\u2019information ses titres de noblesse tout en la rendant accessible aux gens ordinaires.Sous son administration, La Presse prospère, s\u2019implante dans la communauté et commence le XXe siècle en étrennant un édifice construit exprès pour répondre à ses besoins, en plein coeur du quartier des affaires.De 1915 à 1967 se succèdent les représentants des héritiers Berthiaume : Arthur Berthiaume (1915 -1932), Pamphile-Réal Du-Tremblay (1932-1955), sa femme, Angélina Berthiaume-DuTremblay (1955- 1961), et Maurice Chartré (1961- 1967).Même si La Presse continue de progresser et de s\u2019imposer comme «le plus grand quotidien français d\u2019Amérique», ces pré-sidents passent presque autant de temps à régler les différends familiaux et juridiques qu\u2019à diriger leur entreprise, sauf pour Mme DuTremblay, qui pilote la construction du nouvel édifice à partir de 1957.Suit Jean Dansereau (1967- 1972).Sous son règne, l\u2019administration de La Presse se modernise, mais le mécontentement s\u2019installe dans la salle de rédaction et à l\u2019atelier de composition.Une grève de trois mois et demi marque la fin de sa présidence.La nomination de Roger Lemelin (1972-1981) surprend bon nombre d\u2019employés.Mais il entreprend de rebâtir la confiance de la salle de rédaction en la plaçant sous la direction d\u2019un jeune rédacteur en chef, Jean Sisto, tout en lui donnant d\u2019énormes moyens.C\u2019est une bonne période pour La Presse, cependant terni par une troisième grève déclenchée à l\u2019automne 1977.L\u2019arrivée de Roger-D.Landry (1981-2000) s\u2019inscrit au début d\u2019une récession majeure qui compromet dangereusement l\u2019avenir du journal.M.Landry doit donc sabrer les dépenses.C\u2019est aussi sous son règne que La Presse célèbre avec faste le 100e anniversaire de sa fondation.Guy Crevier est en poste depuis le printemps 2000.Son premier objectif : doter le journal de nouvelles presses, qui le rendront plus agréable à lire.Il a également mis sur pied, autour de La Presse, un véritable groupe de presse qui comprend sept quotidiens, deux sites internet, un éditeur de magazines et une maison de production d\u2019émissions de télévision.Une série de présidents aux mandats différents William-Edmond Blumhart (1844-1907) fonde La Presse le 20 octobre 1884.Malgré sa longue histoire, et sauf durant de courts épisodes malheureux, La Presse a toujours été la propriété de deux grandes familles canadiennes-françaises : les Berthiaume de 1894 à 1967, et les Desmarais depuis.La Presse n\u2019a pas complètement échappé aux situations énigmatiques.En fait, son histoire aurait pu se résumer à cinq ans, n\u2019eût été l\u2019arrivée au gouvernail de l\u2019entreprise d\u2019un typographe de La Minerve, natif de Saint- Hugues-de-Bagot, du nom de Trefflé Berthiaume, celui qu\u2019on qualifiera plus tard de « sauveur » et de « père » de La Presse.Revenons un instant au fondateur, William-Edmond Blumhart.Miné par la maladie et croulant sous les dettes, Blumhart se résigne à vendre La Presse tout en veillant à protéger son ami J.-Adolphe Chapleau.En 1886, il cède la Compagnie d\u2019imprimerie et de publication de Montréal (le nom de Compagnie de publication de La Presse limitée n\u2019apparaîtra que le 23 mars 1900) au notaire Clément Dansereau et à Archibald Würtele.L\u2019année suivante, ces derniers vendent l\u2019entreprise à Guillaume-Alphonse Nantel.Deux ans plus tard, ne pouvant faire face à ses responsabilités financières, Nantel cède la société à son principal créancier, J.-Adolphe Chapleau ! Déjà propriétaire de La Minerve, Chapleau confie la direction du journal à Trefflé Berthiaume.Dans un premier temps, le 15 novembre 1889, Berthiaume en devient le « locataire », en acceptant de payer un loyer annuel de 718 $ et de supporter une dette de 9000 $.Fort de ses succès éclatants, Berthiaume acquiert officiellement l\u2019entreprise en 1894.Il la conservera jusqu\u2019à sa mort, le 2 janvier 1915, sauf pour une période de deux ans (du 12 octobre 1904 au 3 novembre 1906) alors que l\u2019entreprise appartient à William Mackenzie et Donald Mann.À la mort de Trefflé Berthiaume, sa succession hérite du journal, qu\u2019elle conservera d\u2019ailleurs jusqu\u2019en 1967 bien qu\u2019elle soit déchirée par des tensions familiales et juridiques.Des tensions telles qu\u2019Eugène Berthiaume contribuera à la fondation d\u2019un concurrent, le Montréal- Matin, et que sa soeur Angélina quittera La Presse en claquant la porte en 1961 pour investir son argent dans la fondation de l\u2019éphémère Nouveau-Journal.La Corporation des valeurs mobilières Trans-Canada (future Power Corporation), dirigée par Paul Desmarais, met fin au règne et aux chicanes des Berthiaume en acquérant La Presse le 5 juillet 1967.La Presse fait aujourd\u2019hui partie de Gesca, une filiale à part entière de Power Corporation.Guy Pinard La Presse, affaire familiale 6 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX Chambre 911 Reporter à la section Arts et spectacles de La Presse, STÉPHANIE BÉRUBÉ parle couramment mandarin et connaît bien la ville de Hong Kong pour l\u2019avoir visité trois fois auparavant.Quand la crise du SRAS éclate, son nom s\u2019impose naturellement.Accepterait-elle de s\u2019envoler pour une ville où les gens meurent par dizaines chaque jour, victimes d\u2019un syndrome mystérieux sur lequel on ne sait pratiquement rien ?Coup de fil au Dr Perreault, collaboratrice à La Presse, qui rassure la journaliste : il n\u2019y a pas de danger.« Je suis arrivée dans la ville au moment où les gens reprenaient espoir, raconte Stéphanie.Tout le monde souhaitait passer à autre chose.« We are so over it », titrait même un éditorial local.Tout de même, en débarquant de l\u2019avion dans un grand aéroport immaculé où tous les employés portent des masques et même des gants, la reporter a un choc.Le soir, le marché public, habituellement bondé, est désert.La reporter passera dix jours dans cette ville qui reprend peu à peu ses activités.Elle visite le complexe immobilier Amoy Gardens, durement touché par le SRAS, où elle est accueillie plutôt froidement par les résidants, irrités par la visite d\u2019une autre journaliste étrangère.Elle se rend devant la porte du 911 de l\u2019hôtel Métropolitain, là où tout a commencé.« Des scientifiques tentaient de retracer le chemin qu\u2019avait emprunté le SRAS, de comprendre comment le virus s\u2019était répandu.Il y avait un côté enquête policière fascinant.» Ce que Stéphanie retient de ce reportage ?« Le sens de la communauté et de la solidarité qui émane de la ville et de ses habitants.» Dans une ville reconnue pour carburer à l\u2019argent et à l\u2019individualisme, c\u2019est frappant.\u2014Propos recueillis par Nathalie Collard PHOTO PRESSE CANADIENNE La réalisation de reportages en Afrique est très éprouvante moralement, particulièrement en période de famine.« Ce sont des entrevues très difficiles à faire, à la limite de la décence », raconte l\u2019éditorialiste Michèle Ouimet.La faim immense de l\u2019Afrique C\u2019est parce qu\u2019elle a déjà vécu deux ans en Afrique que MICHÈLE OUIMET s\u2019intéresse à ce continent trop souvent oublié.Elle y était retournée en 1994 pour raconter le massacre au Rwanda, elle a voulu y aller à nouveau pour décrire les ravages de la famine qui y sévit.Accompagnant l\u2019organisme international CARE \u2014 qui distribue des vivres dans les villages les plus touchés \u2014 l\u2019éditorialiste de La Presse a vu la mort de très près durant son séjour de trois semaines en Zambie et au Malawi.« Ce sont des entrevues très difficiles à faire, à la limite de la décence, raconte-t-elle.On veut amasser le plus de détails possibles mais en même temps, on hésite à poser les questions.Peut-on demander à quelqu\u2019un comment on meurt de faim?» Silence troublant Dans des villages autrefois prospères aujourd\u2019hui quasi-fantômes, Michèle a été troublée par le silence des habitants, le lit des rivières complètement à sec, l\u2019état de désolation généralisé.« Comble du paradoxe, à quelques kilomètre des villages les plus touchés, on trouve des lieux touristiques remplis de visiteurs prêts à débourser beaucoup d\u2019argent pour vivre des émotions fortes comme le safari, le saut en bungee au-dessus des chutes, etc.Ça m\u2019a profondément choqué.» Dans les yeux des gens amaigris par la faim, la journaliste voyait toutefois une lueur d\u2019espoir subsister.« Ils se disaient : si je réponds à ses questions, peut-être vais-je obtenir des grains ?» Or les journalistes reçoivent l\u2019ordre formel de ne donner ni nourriture ni argent.Difficile.Difficile aussi de s\u2019attabler au restaurant devant un repas copieux à la fin d\u2019une journée de travail éprouvante.« La culpabilité est constante.» \u2014Propos recueillis par Nathalie Collard Avocats Droit des affaires Depuis 1892 Agents de brevets et marques de commerce Protection des droits de propriété intellectuelle et des nouvelles technologies Chevauchant trois siècles d'existence commune, notre cabinet est fier de compter le quotidien La Presse parmi ses voisins, clients, fournisseurs et partenaires.ROBIC depuis 1892 \u2022 La Presse depuis 1884 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 3X2 Tél.: (514) 987.6242 Téléc.: (514) 845.7874 Courriel : marion@robic.com www.robic.ca 3168896A CAPSULE HISTORIQUE 1884 Trefflé Berthiaume et ses descendants ont tellement marqué l\u2019histoire de La Presse qu\u2019on a toujours pensé que Trefflé en était le fondateur.Erreur! C\u2019est à William-Edmond Blumhart que « le plus grand quotidien français d\u2019Amérique » doit son existence, avec en toile de fond une dispute politique rocambolesque entre deux ministres influents du gouvernement fédéral.En 1884, Blumhart, ex-propriétaire du journal Le Canadien, agit à titre de secrétaire de l\u2019homme d\u2019affaires Louis-Adélard Senécal, dont il est aussi le gendre \u2014 il avait épousé sa fille Marie-Louise Octavie.Propriétaire des journaux La Minerve et Le Monde, administrés par Blumhart, Senécal est un partisan de Sir J.-Adolphe Chapleau, ex-premier ministre du Québec et secrétaire d\u2019État dans le gouvernement de sir John A.Macdonald.Le 14 octobre 1884, avec la bénédiction de Senécal, Blumhart vend Le Monde à Hector-Louis Langevin, ministre des Travaux publics et rival avoué de Chapleau.Puis, dès le lendemain, Blumhart lance Le Nouveau Monde en utilisant l\u2019équipement d\u2019impression que Langevin lui a étourdiment laissé.Le Nouveau Monde paraît du mercredi 15 au samedi 18, pendant que la faction Langevin recourt aux tribunaux pour faire cesser la publication de ce concurrent qui, par son nom et par sa facture, sème la confusion dans le public.Ces interventions juridiques placent Blumhart devant un dilemme : ou il cesse de publier, ou il trouve un autre nom pour son journal naissant.Dans l\u2019édition du 18, Blumhart annonce que, le lundi 20, il lancera La Presse, un nouveau journal qu\u2019il veut populaire, « un quotidien indépendant du soir, de langue française, voué au commerce, à la politique, à la littérature et, par-dessus tout, à la diffusion des nouvelles », pour reprendre les mots de son avis public.Le premier numéro de La Presse paraît donc le 20 octobre 1884, au 1540, rue Notre-Dame Est, dans un édifice situé en face de l\u2019hôtel de ville de Montréal.«L\u2019université du peuple », comme se plaît à la surnommer Blumhart, célèbre donc cette année son 119e anniversaire.Guy Pinard La fondation de La Presse, «l\u2019université du peuple» Trefflé Berthiaume (1848-1915) assis à son bureau, coiffé de son chapeau melon, qu\u2019il ne quittait presque jamais L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 7 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Sous le ciel de Bagdad L\u2019impact de la guerre sur les gens ordinaires : c\u2019est ce que voulait raconter JOONEED KHAN en se rendant à Bagdad en mars dernier.Pour le journaliste, il s\u2019agissait d\u2019un deuxième séjour en moins de trois mois puisqu\u2019il avait passé trois semaines au coeur du pays chiite deux mois auparavant.Reporter international depuis une trentaine d\u2019années, Jooneed Khan savait dans quoi il s\u2019embarquait mais son entourage n\u2019affichait pas la même assurance.« Au moment du départ, ma famille était très inquiète mais en cours de reportage, elle a compris que c\u2019était important pour moi.» « J\u2019avais une responsabilité professionnelle de témoigner, poursuit le reporter de La Presse qui voyageait en compagnie du groupe pacifiste canado-américain Voices in the Wilderness.Je ne suis ni suicidaire ni héroïque, je ne vais pas courir devant les dangers.» Son travail consistait à se renseigner chaque matin sur les quartiers civils touchés.« Je me rendais dans les hôpitaux, je rencontrais les médecins et les blessés puis j\u2019allais dans les quartiers résidentiels voir où les bombes allaient tomber.Le plus fatiguant, c\u2019était de me faire intercepter par les officiels.» Il était avec des Irakiens lorsqu\u2019on a déboulonné la statue de Saddam Hussein.« Ils ne jubilaient pas, raconte-t-il.Ils étaient attristés que ce soit une mise en scène des Américains.» L\u2019arrivée des troupes américaines a été suivie de près par celle des grosses pointures du journalisme télévisé, les Christiane Amanpour, Dan Rather et autres super-vedettes qui voyageaient à bord d\u2019une caravane d\u2019une dizaine de véhicules, accompagnés de leurs guides et de leurs traducteur.«À ce moment, je me suis dit : mon travail est fait.Je rentre à Montréal.» \u2014Propos recueillis par Nathalie Collard PHOTO PRESSE CANADIENNE La correspondante à Londres de La Presse, Isabelle Hachey, s\u2019est rendue au Kurdistan pour raconter la guerre en Irak du point de vue des Kurdes.On voit ici un patrouilleur kurde photographié en périphérie de Mossoul.La guerre vue du Kurdistan Entrée par la frontière turque à bord d\u2019un convoi de journalistes, sans visa, notre correspondante à Londres, ISABELLE HACHEY, s\u2019est rendue au Kurdistan pour raconter la guerre en Irak du point de vue des Kurdes.Elle est repartie deux mois plus tard, une fois Bagdad tombée.Pendant ces deux mois, elle a vu les bombardements éclairer le ciel irakien, elle a entendu les roquettes siffler au-dessus de sa tête sur la ligne de front, elle a dormi dans des maisons de terre battue, elle a visité des villages saccagés par les pilleurs.« Nous attendions au Nord, tout est venu du Sud », raconte la reporter.Ce qui l\u2019a le plus touchée ?La vue d\u2019une jeune femme, dans un hôpital, défigurée par une bombe qui était tombée sur sa maison.« Elle avait perdu le bébé qu\u2019elle portait ainsi que son autre enfant de deux ans.Elle était assise dans son lit, aveugle.Son mari était assis à ses côtés.» Ces images hantent encore Isabelle, qui reconnaît que le retour au bercail, après deux mois de reportages intenses, n\u2019est pas chose facile.« On vit dans une bulle, hors du monde.Il faut apprendre à se réinsérer dans la vie quotidienne », raconte la journaliste, qui continue à suivre l\u2019évolution de la situation et qui ne souhaite qu\u2019une chose : repartir.\u2014Propos recueillis par Nathalie Collard Aon est fier d\u2019être associé à La Presse depuis 35 ans Bon succès! www.aon.ca Présent dans 125 pays 3168493A 8 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Partout dans le monde, les images publiées dans les journaux forment une partie intégrante de la conscience culturelle depuis plus d\u2019un siècle.Ici même, au Québec, les faits marquants captés par les photographes dans les secteurs politique, culturel,environnementalet sportif forment de précieux jalons soulignant la croissanceet l\u2019évolutiondela société.Ainsi,chaque jour, des photographes de La Presse évoluent parmi nous, pointant leurs objectifs sur différents aspects de notre vie : gens ordinaires, familles, politiciens, vedettes decinéma,personnes victimes de sinistre, etc.Leur mission primordiale de journalistes consiste à présenter visuellement ce qu\u2019est la vie quotidienne, demanière claire et compréhensible.Ce qui a débuté il y a plus d\u2019un siècle comme un procédé quasi magique, cette capacité de fixer sur papier de«vraies» images, est devenu unoutil très perfectionnéconçu pour véhiculer del\u2019information àpropos denous-mêmes et témoigner denotrepassage dans le temps.Les photos ont un impact plus rapide et plus direct que les mots.L\u2019image peut confirmer ce que disent les mots ; ellepeut ajouter à un texteet même le contredire à l\u2019occasion.L\u2019utilisation des images dans les journaux a évolué au fil des ans, mais un rôleimportant des photos consisteencore àamener le lecteur à scruter la page, à stimuler sa curiosité, à le pousser à approfondir davantage.Il ne s\u2019agit plus de simples clichés.Nous évoluons vers une composition plus élaborée.Nos photojournalistes possèdent des qualités qui vont au-delà de la simple maîtrise de leur équipement numérique très perfectionné.On attend d\u2019eux qu\u2019ils soient au courant de l\u2019événement, qu\u2019ils présentent aux lecteurs que nous sommes ce qu\u2019ils voient comme ils le voient.On leur demande de fournir une interprétation de bonne foi et présentée demanière claire.La technologieamétamorphosélaphotographie davantage au cours des dix dernières années que dans les presque cent années précédentes, c\u2019est-àdire depuis que la capture d\u2019images est devenue un médiumpopulaire à la fin du 19e siècle.Les appareils- photo numériques permettent désormais de produire des photos qui n\u2019ont rien à envier à celles sur pellicule, photos que l\u2019on peut transmettreenquelques secondes partout dans lemonde grâce au téléphone.Si la télévision a joué un rôle de premier plan dans les communications modernes, les journaux doivent pour leur part recourir à de meilleures photos, de plus grande taille, pour rivaliser avec elle.Cependant, la confiance à l\u2019égard de ce que montrent les images n\u2019est plus ce qu\u2019elle était.La confiance que peut nous inspirer la réalitédeceque l\u2019on voit s\u2019accompagnedu doute quant à la «véracité» des images produites numériquement.Facteur d\u2019uneimportance égale : les lecteurs savent que les politiciens et d\u2019autres peuvent fabriquer des occasions de photos demanière àmanoeuvrer et àprésenter des images moins qu\u2019entièrement honnêtes.Les médias d\u2019information s\u2019attaquent à ce problème en créant un code d\u2019éthique limpideconçu pour prévenir un traitement artificiel des images, identifier clairement les images et en indiquer la source.Mais lafoiqu\u2019inspirent les images demeureforte.Car nous avons tendanceàcroirecequenous voyons et c\u2019est ce qui a assuré à la photographie sa grande influence.Toutefois, les lecteurs continueront de fairepreuvede scepticismeet cedouteassurera toujours que les photographes demeurent conscients de la nécessité de faire preuve d\u2019honnêteté et de professionnalisme.Une fois entamées, la crédibilité et la confiance sont difficiles à rétablir.Les journaux doivent démontrer qu\u2019on peut leur faire confiance et qu\u2019ils ont le souci de la vérité s\u2019ils souhaitent garder leurs lecteurs au cours du nouveau siècle.Alain Pierre Hovasse Adjoint au directeur de l\u2019information Responsable de la photo PHOTO PIERRE MCCANN, LA PRESSE© Mai 1980.Un moment fébrile dans une une période survoltée de l\u2019histoire du Québec, le référendum de 1980.On reconnaît Camille Laurin, René Lévesque et Marcel Léger.Novembre 1986.Vers 18h ce 6 novembre, après sa journée habituelle de travail, Jean Drapeau quitte pour la dernière fois le bureau de maire qu\u2019il occupait depuis près de 30 ans.L\u2019image au service PHOTO MICHEL GRAVEL, LA PRESSE© L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 9 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO PIERRE CÔTÉ, LA PRESSE© Juillet 1996.Les eaux tumultueuses s\u2019engouffrent dans les rues de Chicoutimi, balayant tout sur leur passage.Seule subsiste la petite maison blanche, témoin inébranlable de la résistance humaine à l\u2019adversité.Avril 1953.Maurice Richard déjoue «Sugar» Jim Henry, son troisième but des éliminatoires de la Coupe Stanley.PHOTO ROGER ST-JEAN, LA PRESSE© PHOTO ROBERT NADON, LA PRESSE© Octobre 1970.Le photographe de La Presse est sur les lieux quand la police ouvre le coffre d\u2019une voiture abandonnée près de l\u2019aéroport de Saint-Hubert.Le corps du ministre Pierre Laporte, enlevé une semaine plus tôt, s\u2019y trouve, enveloppé.du journalisme 10 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NOS JOURNALISTES SUR LE TERRAIN PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE© « La Constitution n\u2019est pas un magasin général », a déclaré Jean Chrétien aux journalistes Vincent Marissal et Gilles Toupin, en 1998.Une petite phrase qui a eu un impact retentissant.Le «magasin général » Une toute petite phrase.Si brève que les attachés de presse du premier ministre Jean Chrétien ne l\u2019ont même pas remarquée.Et pourtant, ces paroles allaient faire beaucoup de boucan dans tout le Canada et même influencer le cours des élections québécoise d\u2019octobre 1998.« La Constitution n\u2019est pas un magasin général », a laissé tomber Jean Chrétien à VINCENT MARISSAL et GILLES TOUPIN, du bureau de La Presse à Ottawa, lors d\u2019une entrevue- bilan de ses cinq années aux commandes du Canada.« Les gens autour de lui, ses attachés de presse et conseillers, n\u2019ont pas réagi, se souvient Vincent Marissal.Je me suis rendu compte qu\u2019on tenait là une petite bombe médiatique.» Dans cette entrevue, Jean Chrétien se disait convaincu d\u2019avoir réglé les demandes traditionnelles québécoises.Il confiait aux deux journalistes que l\u2019enchâssement du caractère unique du Québec dans la Constitution canadienne n\u2019était pas nécessaire au bon fonctionnement du pays.« Il avait pourtant dit, un an plus tôt, qu\u2019il attendait l\u2019arrivée d\u2019un gouvernement fédéraliste québécois pour insérer dans la Constitution les revendications du Québec, note Vincent Marissal.Avant ces paroles, tout le monde pensait que Jean Charest allait battre Lucien Bouchard aux élections provinciales.Le vent a ensuite changé et les libéraux ont perdu.» Plusieurs médias ont repris l\u2019histoire.« Bien sûr, le premier ministre n\u2019était pas très content, se rappelle Vincent Marissal.Il m\u2019a cependant dit que mon texte était correct, même s\u2019il n\u2019avait pas aimé qu\u2019on mette le magasin général comme titre.» DENIS LESSARD, du bureau de La Presse à Québec, compare les liens entre journalistes et hommes politiques à une joute qui doit se faire la tête froide et en gardant à l\u2019esprit le droit du public à l\u2019information.« On s\u2019alimente beaucoup des rumeurs, de ce qui se dit dans les coulisses, relate-t-il.Quand les informations sortent au grand jour, les politiciens doivent revoir leur plan de match.Robert Bourassa était ainsi souvent déstabilisé par des fuites embarrassantes provenant de sources anonymes.» Les retournements de situation peuvent surprendre les journalistes eux-mêmes.« En 1997, juste avant les élections au fédéral, j\u2019ai reçu un coup de fil de M.Bourassa, qui m\u2019a donné quelques pistes.Il jouait maintenant lui-même le rôle de source.J\u2019ai senti que nous avions été de bons adversaires et que nous faisions maintenant la paix.» \u2014Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale 3168810A CAPSULE HISTORIQUE 1884-2003 De grands noms du journalisme ont jalonné l\u2019histoire de La Presse L\u2019histoire de La Presse s\u2019est écrite avec la collaboration de plusieurs des plus grands noms du journalisme.Mais avant de rappeler leur souvenir, il importe ici de souligner que la structure de la salle de rédaction a subi quelques transformations au cours de ses 119 ans d\u2019existence.Au début, la salle était dirigée par un rédacteur en chef assisté d\u2019un chef de nouvelles.Au fil des ans, pendant que le président de l\u2019entreprise ajoutait le titre d\u2019éditeur à ses fonctions, on voyait apparaître deux nouveaux postes : celui de viceprésident de l\u2019information et éditeur adjoint, et celui de directeur de l\u2019information.Et il ne s\u2019agit pas que d\u2019un maquillage sémantique : autrefois, le chef de la page éditoriale dépendait directement du président ; aujourd\u2019hui, il relève de l\u2019éditeur adjoint.Si J.-A.-Norbert Provencher fut le premier de la lignée des rédacteurs en chef de La Presse, poste qu\u2019il occupa de 1885 à 1887, ses successeurs ont marqué le journal chacun à sa manière.On pense à Oswald Mayrand (1912-1933), à Eugène Lamarche (1933-1958), qui forma un tandem assez spécial avec Hervé Major, à Jean-Louis Gagnon (1958- 1961), à Gérard Pelletier (1961-1965), à Pierre Lafrance (1967-1972), à Jean Sisto (1972-1981), sous le règne duquel le poste est devenu en 1978 celui d\u2019éditeur adjoint.Ajoutons Michel Roy (1981- 1988), qu\u2019on a ravi au quotidien Le Devoir, Claude Masson (1988-1999), mort dans les circonstances tragiques qu\u2019on connaît, et Marcel Desjardins (1999-2003), décédé dans son sommeil au printemps dernier.Le poste est actuellement occupé par Philippe Cantin.Au poste de chef de nouvelles (ou directeur de l\u2019information), les changements ont été encore plus fréquents, de sorte qu\u2019il serait fastidieux de les énumérer.Mais on s\u2019en voudrait de ne pas souligner l\u2019incommensurable apport d\u2019Hervé Major, qui occupa le poste pendant 30 ans, de 1928 à 1958.L\u2019éditorial a aussi été animé par des journalistes chevronnés.On pense aux Roger Champoux, Renaude Lapointe (première femme éditorialiste et future présidente du Sénat), Jean-Paul Desbiens (le frère Untel), Jean-Guy Dubuc et Vincent Prince, pour ne nommer que ceux-là.Le rédacteur en chef Eugène Lamarche, qui dirigea le journal de 1933 à 1958.IL ÉTAIT UNE ÉPOQUE pas tellement lointaine où les journaux dits « quotidiens » n\u2019étaient en fait publiés que six jours sur sept.Pas question de publier le dimanche, le vide étant comblé à Montréal par le Dimanche-Matin, Dernière heure et les nombreux hebdomadaires consacrés à nos artistes ou aux meurtres scabreux du crime organisé.Aujourd\u2019hui, un peu comme ailleurs en Amérique du Nord, trois des quatre quotidiens montréalais \u2014 La Presse est évidemment du groupe \u2014 publient le dimanche.La première édition dominicale de La Presse remonte aux Jeux olympiques de Montréal, en juillet 1976.À cause de l\u2019importance de l\u2019événement, l\u2019éditeur, Roger Lemelin, et le directeur de l\u2019information, Jean Sisto, avaient décidé de publier exceptionnellement, pour chacun des trois dimanches des Jeux (18 juillet, 25 juillet et 1er août) un cahier de 16 pages (20 le 25 juillet) qui leur étaient entièrement consacrées, mis à part quelques articles d\u2019information générale en page 2.Vendus 10 cents et livrés seulement au centre-ville, ces cahiers n\u2019ont certainement pas enrichi La Presse, mais ils ont contribué à augmenter encore plus le prestige du quotidien.La Presse du dimanche existe de manière ininterrompue depuis le 11 mars 1984.La direction n\u2019avait guère le choix d\u2019agir ainsi puisque ces principaux concurrents avaient décidé d\u2019emprunter cette route.Guy Pinard Même le dimanche L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 11 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Photographe : unmétier humain L\u2019incendie du bar Blue Bird a fait 48 morts en septembre 1971.Peu de gens s\u2019en souviennent, mais une image reste gravée dans la mémoire du photographe JEAN GOUPIL: un pompier sort du brasier, le corps d\u2019une jeune femme dans les bras, sous les regards désespérés de sa famille.« Ça m\u2019a vraiment marqué de voir la famille à l\u2019extérieur, qui attendait, anxieuse.Ça montre tout le côté humain de mon métier, explique le photographe, devenu depuis répartiteur.C\u2019est important d\u2019établir un bon lien de confiance avec les gens qu\u2019on photographie.En même temps, c\u2019est comme un curé qui fait des funérailles : il est touché, mais il fait son travail, comme je fais le mien.» Un travail qui a bien évolué depuis l\u2019incendie du Blue Bird.Quand Jean Goupil a fait ses débuts à La Presse comme technicien, en 1961, les photographes travaillaient avec des pellicules qu\u2019il fallait développer à toute vitesse.Maintenant, les clichés numériques ont remplacé les négatifs, et les photographes peuvent voir tout de suite le résultat de leurs prises de vue.« Les images sont de bien meilleure qualité, explique-t-il.Et avec la nouvelle impression, les belles photos seront vraiment mises en valeur.Le malheur, c\u2019est que, si on manque notre coup, ça va se voir tout de suite ! » \u2014Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Capsule 30 lignesX2 colonnes PHOTO JEAN GOUPIL, LA PRESSE© Le photographe Jean Goupil gardera toujours en tête cette image marquante, croquée lors de l\u2019incendie du bar Blue Bird en 1971.3169662A CAPSULE HISTORIQUE 1884-1910 À LA FIN DU XIXE SIÈCLE, avant l\u2019utilisation de la photographie dans les journaux, il revenait aux dessinateurs d\u2019illustrer les comptes rendus des journalistes.La Presse ne fera pas exception à la règle et recourra aux services de trois hommes en particulier : A.S.Brodeur, dès 1891, comme illustrateur puis comme caricaturiste, Raoul Barré et Albéric Bourgeois, à la fois illustrateur et caricaturiste.Au début, l\u2019illustration se fait plutôt discrète.Le premier numéro à contenir des illustrations paraît le 17 novembre 1884.On y trouve un portrait de Son Excellence Louis-François-Roderick Masson, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, et trois annonces publicitaires illustrées proposées par la maison Boisseau et Frères, la maison Lanthier & Cie et par Pentures et ressorts Geer.Mais il faudra attendre à 1891 pour que l\u2019illustration commence à occuper une place vraiment importante dans les pages de La Presse.Relevons quand même quelques dates marquantes.La première carte géographique est publiée le 14 mars 1885 et représente l\u2019Afghanistan, alors le théâtre d\u2019un affrontement militaire entre Anglais et Russes.La première carte géographique présentée sur deux pages paraîtra le 9 décembre 1899 pour illustrer la guerre des Boers.Les 7 et 8 mai 1890, pour la première fois, La Presse recourt à l\u2019illustration pour appuyer ses reportages sur l\u2019incendie de l\u2019asile de Longue-Pointe.Il faudra attendre deux ans et le cyclone de Sainte- Rose, le 17 juin 1892, pour que La Presse répète l\u2019expérience.Avec l\u2019arrivée du XXe siècle, la photo prendra graduellement la place de l\u2019illustration.Guy Pinard L\u2019illustration tarde à s\u2019implanter 12 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll RIMA ELKOURI La Presse demon grand-père On a retrouvé la lettre dans ses papiers après sa mort.Une feuille jaunie, pliée en six, portant l\u2019entête de La Presse : « Cher monsieur, Le prix de l\u2019abonnement à notre édition quotidienne est de neuf dollars pour six mois, et pour l\u2019édition hebdomadaire, deux dollars pour six mois.Je vous envoie spécimen de deux éditions et me souscris.» Le cher monsieur, c\u2019est Naïm Karazivan, mon grand-père maternel.La lettre est datée du 22 mars 1921.Elle est signée Eugène Berthiaume, directeur de La Presse à l\u2019époque.Mon grand-père était donc abonné à La Presse.Cela n\u2019a rien d\u2019exceptionnel, sauf qu\u2019il vivait à Alep, en Syrie.Quelle idée de s\u2019abonner à La Presse quand on habite un bled à des milliers de kilomètres de Montréal et qu\u2019on n\u2019a jamais traversé l\u2019océan ?C\u2019était peut-être justement ça, l\u2019idée.Assouvir sa curiosité, découvrir un nouveau monde, nourrir son rêve d\u2019immigrer en Amérique française.Mon grand-père était un lecteur boulimique, me dit-on.Francophile et autodidacte, il avait appris le français à l\u2019aide d\u2019un dictionnaire et d\u2019un vieil Assimil.Pourquoi le français ?La Syrie était à l\u2019époque sous mandat français.Aux yeux de mon grand-père, la présence de la France était non seulement salutaire et protectrice, mais elle avait aussi réussi à pacifier la région et à mettre en valeur les terres fertiles du nord de la Syrie.Il avait toujours un livre ou un journal à la main.Il lisait tout.Des livres sur le yoga aux discours de Charles de Gaulle.Des journaux à la tonne.Il faut dire qu\u2019il a longtemps pratiqué un métier qui favorisait la lecture.À Alep, il fut assistant, puis chef de gare pour le service de chemin de fer Syrie-Cilicie.Entre deux passages de l\u2019Orient-Express \u2014 le même Orient-Express que dans le roman d\u2019Agatha Christie, le crime en moins\u2014 il lisait à la lueur de la chandelle.Les passagers laissaient souvent traîner des journaux venus d\u2019ailleurs dans les wagons.Il les ramassait, les feuilletait avec avidité.À ces lectures volées s\u2019ajoutaient des abonnements soigneusement choisis.Quelques journaux français.Al Hoda, un quotidien de langue arabe de New York.Et La Presse, « le journal favori des familles canadiennes », qui détenait alors le plus fort tirage quotidien au Canada.Qui lui avait parlé de La Presse ?Peut-être un voyageur de l\u2019Orient- Express.Peut-être des amis installés à Montréal dès la Première Guerre, avec qui il entretenait une correspondance.Il recevait ses journaux du Canada par liasses.De grands paquets bruns ficelés, envoyés par bateau, qu\u2019il allait chercher au bureau de poste.Ils lui parvenaient souvent avec des mois de retard.Qu\u2019importe.Il les conservait des années durant, comme des trésors, dans la bibliothèque familiale.Il a tant fréquenté les journaux qu\u2019il a fini par vouloir aussi y écrire.Entre 1935 et 1939, il fut correspondant à Alep pour l\u2019agence Havas, ancêtre de l\u2019Agence France- Presse.Plus tard, il encouragea ses enfants à suivre sa voie.Ils devinrent tous des scientifiques.Dans quelle mesure la lecture de La Presse a-t-elle nourri son désir de venir s\u2019établir à Montréal ?Difficile à dire.Toujours est-il qu\u2019il a choisi de s\u2019établir ici en 1967, avec ma grand-mère et leurs quatre enfants.Ce n\u2019était pas la première fois qu\u2019il immigrait.En 1914, il avait dû fuir sa ville natale de Mardin, en territoire ottoman.Son père et son grand frère venaient d\u2019y être tués.Égorgés.Victimes d\u2019un génocide qui allait entraîner dans la mort un million et demi d\u2019Arméniens.Naïm n\u2019avait que 14 ans.Avec sa mère et sa soeur, il a traversé à pied le désert pour atteindre un camp de réfugiés à Alep, en Syrie, fuyant un passé dont il ne voudra plus jamais reparler.C\u2019est donc à l\u2019automne 1967 qu\u2019il débarqua à Montréal.Il rêvait depuis longtemps d\u2019une terre d\u2019accueil francophone, chrétienne et paisible.Il avait enfin trouvé.En plus, il y avait une boîte à journaux au coin de sa rue.On raconte que la première fois qu\u2019il y a mis quelques sous pour en sortir une Presse fraîche du matin, il en avait presque les larmes aux yeux.Comme s\u2019il avait traversé l\u2019océan exprès pour aller chercher son journal.Il en avait fait un rituel.Tous les matins, en allant à la messe, il allait cueillir sa Presse.Il est mort à peine deux ans et demi après son arrivée à Montréal.Presque 50 ans de rêve achevés par une crise cardiaque.Le stress de l\u2019immigration, diton.Au fond, on n\u2019en sait rien.Si c\u2019est vrai, je trouve ironique qu\u2019il ait survécu à un génocide mais pas à l\u2019immigration.Il y a une quinzaine d\u2019années, ma mère a ressorti la lettre jaunie et pliée en six envoyée par La Presse en 1921.Elle l\u2019a fait laminer, l\u2019a suspendue à un mur.Le document m\u2019a toujours intriguée.Aujourd\u2019hui encore plus qu\u2019avant.Sous la signature d\u2019Eugène Berthiaume, on y voit l\u2019édifice de La Presse, rue Saint-Jacques.J\u2019en franchis la porte presque tous les jours.Mes parents m\u2019ont encouragée à devenir une scientifique.J\u2019ai choisi le journalisme.Et je me dis parfois que Naïm, même si je ne l\u2019ai pas connu, y est peut-être pour quelque chose.Tous lesmatins, enallant àlamesse, il allait cueillir saPresse.Naïm Karazivan, le grand-père de notre chroniqueuse Rima Elkouri, vivait à Alep en Syrie, ce qui ne l\u2019a pas empêché de s\u2019abonner à La Presse, comme en fait foi cette lettre envoyée en mars 1921 par le directeur du quotidien à l\u2019époque, Eugène Berthiaume.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CAPSULE HISTORIQUE 1898-1900 Un 100e anniversaire rempli de belles surprises Le 100e anniversaire de la fondation de La Presse n\u2019est pas passé inaperçu.Roger-D.Landry, le président d\u2019alors, avait décidé de marquer le coup de façon spectaculaire pendant une année complète et confié à un comité ad hoc présidé par Sylvie Lalande le soin de planifier et d\u2019organiser différentes activités.Tout commença en grande pompe le 20 octobre 1983 avec le dévoilement par Paul Desmarais, président du conseil d\u2019administration, d\u2019une plaque commémorative rue Saint-Jacques et par le lancement d\u2019un imposant cahier spécial de 48 pages intitulé 100 ans d\u2019actualités, encarté dans le journal et distribué gratuitement par des dizaines de camelots.À ce cahier, imprimé sur un papier artificiellement vieilli, s\u2019ajoutèrent par la suite une page quotidienne relatant les grands événements du passé et sept cahiers thématiques consacrés à différentes sphères d\u2019activité.Puis se succédèrent au fil des jours et des mois des dizaines d\u2019événements tant à l\u2019intérieur de La Presse qu\u2019à l\u2019extérieur, souvent en collaboration avec d\u2019autres médias qui voulaient souligner l\u2019anniversaire.Les retrouvailles des journalistes dans le cadre de l\u2019émission Avis de recherche de Radio-Canada en est un bel exemple.La Presse associa aussi son nom à de nombreuses activités culturelles.Intitulé Visions d\u2019avenir, le dernier cahier thématique contenait notamment la liste de tous ces événements.Il importe de souligner aussi la publication des deux tomes de L\u2019Histoire de La Presse \u2014 Le livre du peuple, de Cyrille Felteau.Dans les jours qui suivirent la fin des festivités, La Presse offrit sous forme reliée l\u2019ensemble des pages d\u2019histoire qu\u2019elle avait publiées chaque jour de l\u2019année.Cet album obtint un franc succès : on en vendit plus de 14 000 exemplaires.Les célébrations se terminèrent dans l\u2019apothéose par la présentation à la télévision de Radio-Canada du Gala des 100 ans de La Presse.C\u2019est au cours de ce gala qu\u2019on nomma le patineur et double champion olympique Gaétan Boucher « Personnalité de l\u2019année ».Depuis lors, un gala annuel perpétue cet événement, et un jury formé de recteurs d\u2019universités choisit la Personnalité de l\u2019année parmi 52 Personnalités de la semaine nommées par un comité ad hoc.Soulignons pour mémoire que cette idée commémorait une chronique quotidienne intitulée « Sur la scène de l\u2019actualité » lancée le 20 février 1924 et mettant en vedette Athanase David, secrétaire de la province de Québec.Au début, il s\u2019agissait d\u2019une caricature en pied, mais dès le 20 mars suivant, alors qu\u2019on rend hommage à J.-A.Robb, ministre des Finances du Québec, on utilise une photo pour la tête du personnage, le reste du corps se présentant sous forme de caricature.On conservera cette formule jusqu\u2019à la toute dernière image de cette chronique, parue le 25 juillet 1960 et consacrée à Camille Archambault, président du Conseil consultatif des associations des hommes d\u2019affaires de Montréal.Ce dernier allait plus tard s\u2019illustrer dans le domaine du transport routier.Les anniversaires précédents Et comment La Presse a-t-elle célébré ses anniversaires précédents ?Le 25e est souligné le 16 octobre 1909 par une première section de huit pages (sur 40) consacrée à l\u2019entreprise et à son « père », Trefflé Berthiaume.Le 13 octobre 1934, on commémore le 50e anniversaire en publiant un numéro de 120 pages (ce qui était énorme pour l\u2019époque), y compris une section rotogravure de 16 pages.Un portrait de M.Ber-thiaume fait la une.On y fait aussi référence à divers événements organisés pour souligner l\u2019anniversaire.Enfin, en 1959, le 75e anniversaire passe complètement inaperçu, sauf que la veille, le 19 octobre, on imprime sur de nouvelles presses en plus de passer à des pages de neuf colonnes.Vous aurez remarqué que ces anniversaires ont été soulignés à des dates différentes.Depuis le tout premier anniversaire, en 1885, on avait pris l\u2019habitude de s\u2019accrocher à la date du 15 octobre, date de fondation du Nouveau-Monde, ancêtre de La Presse, par William Blumhart.Il en a été ainsi jusqu\u2019au début de 1983, alors qu\u2019on avait décidé de synchroniser l\u2019année de publication avec l\u2019année civile.Or, un cafouillage survient dès l\u2019année suivante : le 3 janvier, on oublie de changer l\u2019année à la une du journal, ce qu\u2019on fait le 4 en indiquant qu\u2019il s\u2019agissait du numéro 2 de la 100e année.L\u2019administration met fin à ces incohérences en 1984 en décidant que les années de publication commenceront désormais le 20 octobre de chaque année.Guy Pinard Paul Desmarais (à droite) procédait le 23 octobre 1983 au dévoilement d\u2019une plaque commémorative, rue Saint-Jacques, marquant le début des célébrations du centenaire de La Presse.Il était accompagné de Roger D.Landry, président et éditeur. L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 13 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll YVES BOISVERT Il n\u2019yapas de petites histoires En repensant aux débuts à La Presse, je revois Paul Longpré, notre « maître de stage » en journalisme.Ou plutôt je l\u2019entends, pendant une heure et demie, au téléphone, m\u2019expliquer pourquoi je ne me qualifie pas pour l\u2019examen d\u2019entrée au stage.« C\u2019est votre lettre, votre lettre d\u2019intention.On dirait que vous m\u2019écrivez de Mars ! » Finalement, je l\u2019ai persuadé que je pouvais lui écrire une autre lettre, d\u2019une autre planète.J\u2019ai fait l\u2019examen, j\u2019ai commencé le stage.Ça fait drôle, la première fois, en entrant dans la salle de rédaction.La Presse, c\u2019était depuis toujours un objet intime chez nous.Il y avait Le Devoir le matin, et La Presse l\u2019après-midi.À cinq, six ans, je me souviens des caricatures de Girerd et des photos d\u2019Antoine Désilet, dont nous avions tous les recueils.Le soir, c\u2019était un rituel, quand mon père rentrait, je fouillais dans le sommaire pour trouver « Êtes-vous observateur ?» Je m\u2019assoyais sur ses genoux pour jouer à ce jeu des huit erreurs.C\u2019est toujours lui qui gagnait.Plus tard, j\u2019ai été camelot pour La Presse.Et un jour, je l\u2019ai même lue, c\u2019est vous dire si j\u2019avais de la suite dans les idées.Pour apprendre, pour me réjouir, pour m\u2019irriter, pour me mettre en colère, pour me faire rire, et même, c\u2019est arrivé, pleurer un peu.Tout ça pour dire que sans rien connaître, en entrant ici, je ne me sentais pas totalement étranger.Intimidé, évidemment, mais pas trop dépaysé.C\u2019était un stage d\u2019été, donc, et Paul Longpré veillait sur nous paternellement.Il lançait la journée après nous avoir donné quelques enseignements.Il avait des allures cléricales, surtout le matin, quand il parlait comme un chanoine.Il nous racontait des anecdotes et distillait pour nous sa philosophie et quelques maximes bien senties.« Il n\u2019y a pas de petites histoires, il n\u2019y a que de petits journalistes », par exemple.Après deux ou trois semaines de stage, Paul a commencé à envoyer les stagiaires à tour de rôle couvrir le concours de feux d\u2019artifice, histoire de nous voir performer sans filet, et à l\u2019heure de tombée.Moi, c\u2019était l\u2019Espagne.Avez-vous déjà essayé de décrire un feu d\u2019artifice ?Pour ma part, les seuls que j\u2019avais vus étaient constitués d\u2019une demi-douzaine de pétards que mon père allumait le soir de la Saint-Jean.C\u2019était un peu plus gros, cette fois.Je ne me souviens pas de ce que j\u2019ai écrit, sauf qu\u2019il y était question de spermatozoïdes géants, que je n\u2019ai pas été foutu d\u2019écrire quel pays était en compétition, et que mon article n\u2019a jamais été publié.Le lundi, la copie s\u2019est retrouvée sur le bureau du directeur de l\u2019information avec la mention, en grosses lettres rouges, « impubliable; bon pour la chronique extra-terrestre ».C\u2019était rigoureusement exact.Mars, encore, venait de frapper.Roch Côté, notre «tuteur », riait.Paul Longpré m\u2019expliquait qu\u2019il ne fallait pas trop déconner.Et que j\u2019étais passé près de la porte.Dans ma tête, c\u2019était évident, je retournais à l\u2019université à la fin de ce stage, il n\u2019y avait plus aucun doute.Mais pendant l\u2019été, le chroniqueur d\u2019échecs a été congédié.Roch Côté, avec qui je parlais d\u2019échecs de temps en temps, m\u2019a poussé à postuler, même si je suis un très piètre joueur.Il m\u2019a demandé si j\u2019avais déjà vu Réjean Tremblay jouer au hockey et comme je ne l\u2019avais pas vu, je suis devenu chroniqueur d\u2019échecs.llllllllllllllllllllllllllllll À la fin du stage, je retourne au journal étudiant à l\u2019UdeM.Le téléphone sonne.C\u2019était Louise Cousineau.Elle venait d\u2019être nommée boss et m\u2019offrait d\u2019aller faire un peu de remplacement.Après ça, on se demandera pourquoi elle n\u2019a été patronne qu\u2019un an.Me voici donc remplaçant au général et chroniqueur d\u2019échecs.Cette année-là, pour la première fois de l\u2019histoire des échecs, un Canadien, Kevin Spraggett, atteignait les quarts de finale du championnat du monde.Il jouait contre un Russe, bien sûr, un monsieur Youssoupov.Le match était à Québec, en février, et pouvait durer jusqu\u2019à trois semaines.Il y avait des patrons suffisamment fous pour penser qu\u2019on pouvait écrire une page làdessus dans les sports sept jours sur sept, pendant trois semaines.Merci, Louise, merci Michel Blanchard.En revenant, on m\u2019embaucha pour le week-end.Je faisais toujours la chronique d\u2019échecs.Et c\u2019est là, au beau milieu de ma probation, que j\u2019ai essayé une ultime fois de me faire congédier.La chronique d\u2019échecs était en général publiée dans les suppléments du samedi, imprimés le jeudi.J\u2019avais vu que le 1er avril tombait cette année-là (1989) un samedi.Je me suis rappelé de cette tradition perdue des journaux, qui publiaient chaque année une fausse nouvelle le jour du 1er avril, y compris en première page.Je vais écrire que Bobby Fischer revient jouer ! Je disais, dans un style très agence de presse, que La Presse avait eu la primeur, grâce aux bons offices de Roger Lemelin, exprésident du journal et maniaque d\u2019échecs.Je disais que Fischer travaillait dans un institut d\u2019ichtyologie, et que le match se tiendrait à l\u2019Aquariumde Montréal.Personne n\u2019avait relu mon papier.Et voilà que le jeudi, au fond du cahier H, apparaît mon texte préimprimé à 300 000 exemplaires.Quelqu\u2019un se réveille.Alerte les patrons.Coup de fil de Louise Cousineau.« Mais vous avez donc ben pas de jugement! C\u2019est un scoop mondial ! Une histoire de une, pas de chronique d\u2019échecs ! » Je lui explique que c\u2019est un poisson d\u2019avril.Réunion des patrons.Nouveau coup de fil de Mme Cousineau: « Mon p\u2019tit Boisvert (elle m\u2019appelle encore comme ça), mon p\u2019tit Boisvert, vous êtes dans la marde ! » Il y eut apparemment des délibérations intenses sur mon sort.Après un vote serré, ils ont décidé de me garder.Ils disaient que la crédibilité du journal était en cause, que la nouvelle serait reprise partout dans le monde.Je trouvais qu\u2019ils charriaient un peu dans les encoignures.Qui lirait ça ?Le lundi matin, le chroniqueur d\u2019échecs de The Gazette m\u2019a appelé pour me dire que ma « nouvelle » avait été reprise au bulletin national de la CBC.S\u2019cusez.llllllllllllllllllllllllllllll Je reviens à Paul Longpré, qui m\u2019a donné deux chances, et à qui nous sommes plusieurs à devoir au moins un petit quelque chose.Je me souviens comment il aimait ce métier.« Regarde-moi cette sallelà ; en ce moment, il n\u2019y a presque rien d\u2019écrit ; et demain, on va publier 60 pages de journal ; c\u2019est un livre ! Chaque jour, un livre ! Il y a tellement de talent, ici ! » Il était un peu lyrique, le Paul.Épique, aussi.Je me souviens des histoires qu\u2019il nous racontait, et dont il était le héros.Une bonne nuit que les typographes étaient en moyens de pression et qu\u2019il était chef de pupitre, il s\u2019était rendu à l\u2019atelier pour mettre de l\u2019ordre, disait-il.« Ils avaient écrit une légende en grec et ils avaient mis la photo d\u2019un cheval à l\u2019envers ! C\u2019est pas vrai qu\u2019il va y avoir un cheval à l\u2019envers dans La Presse ! » Il disait que lui, « ti-cul Longpré », gros comme un farfadet, avait menacé de casser la gueule à ces gars-là à coups de manette de plomb.Il s\u2019était assis sur la presse.Le lendemain, le cheval était à l\u2019endroit, la légende dans un français impeccable.Àl\u2019heure où ces choses-là étaient racontées, il n\u2019était pas nécessaire qu\u2019elles soient tout à fait vraies.J\u2019en ai conclu, pour ma part, que si cet homme de cinq pieds et des poussières était prêt à se battre avec des géants (car dans son histoire, il affrontait des géants), c\u2019est que ce journal n\u2019était pas qu\u2019un tas de papier imprimé.Il y eut apparemment des délibérations intenses sur mon sort.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le journalisme lié aux progrès technologiques MATHIEU PERREAULT Le changement d\u2019imprimerie de La Presse est rendu nécessaire par la multiplication des photographies et des annonces en couleurs.Cette tendance est elle-même liée aux progrès technologiques qu\u2019a permis l\u2019informatique, notamment le développement de scanners portables dans les années 80 et le traitement des photos par ordinateur.Ce n\u2019est pas la première fois que le journalisme doit s\u2019adapter à des changements technologiques.En fait, le journalisme est apparu avec le télégraphe, qui a créé le concept moderne de nouvelle, et l\u2019imprimerie de masse, qui inventait le marché publicitaire.Entre les deux, le journalisme a dû composer avec le téléphone, la radio, la télévision, le satellite, l\u2019informatique et, plus récemment, Internet.« En général, la technologie permet au journaliste d\u2019acquérir de plus en plus rapidement de l\u2019information », dit Florian Sauvageau, professeur de journalisme et directeur du Centre d\u2019étude sur les médias de l\u2019Université Laval.Par exemple, Internet a mis à la disposition des journalistes des quantités inestimables de documents écrits qui prenaient auparavant beaucoup de temps à réunir.Jusqu\u2019à la fin des années 90, on reprochait d\u2019ailleurs souvent aux journalistes de se fier surtout à des sources orales.» Pour la presse écrite, l\u2019informatisation a permis de travailler davantage la forme.« Auparavant, quand on écrivait un article, on ne pouvait le corriger autant de fois qu\u2019on le voulait, dit M.Sauvageau.Il fallait taper à chaque fois une nouvelle version.» Combinés, le traitement de texte et Internet changent le rôle des correspondants à l\u2019étranger, selon M.Sauvageau.« Il est maintenant possible d\u2019amasser presque autant d\u2019informations sans quitter le Québec.Souvent, les correspondants télé se font dire par la salle de nouvelles ce qu\u2019ils doivent dire.Il ne leur reste qu\u2019à donner leurs impressions sur l\u2019atmosphère qui règne sur place.En ce sens, on retourne à la situation qui prévalait avant l\u2019arrivée du télégraphe, quand les journalistes basés à l\u2019étranger envoyaient des lettres dans lesquelles ils livraient leurs impressions de voyages.» Publicité L\u2019informatique a aussi un impact sur l\u2019autre attribut fondamental du journal moderne : la publicité.Les pubs couleurs ont toujours coûté plus cher que celles en noir et blanc, à cause des prix différents des encres.Mais ces derniers temps, on voit une multiplication des publicités avec photos couleurs et des articles illustrés par des photos couleurs, puisque la plupart des pages n\u2019ont de la couleur que si un annonceur la défraie.« Avant l\u2019infographie et les scanners couleurs, il fallait envoyer les photos se faire traiter chez des imprimeurs spécialisés qui avaient un scanner à tambour », observe Jean- Marc de Jonghe, directeur prépresse à La Presse.Jusqu\u2019au début des années 90, il y avait très peu de photos couleurs dans les quotidiens.La possibilité de traiter au journal les photos couleurs a obligé la plupart des journaux à réviser leur impression, qui n\u2019était pas du tout conçue pour un journal avec des photos couleurs à chaque page.Certains ont dû changer de presses.» Catherine Saouter, professeure de communications à l\u2019Université du Québec à Montréal, est une spécialiste de la photographie de presse.Elle vient de publier Images et sociétés : le progrès, les médias, la guerre, un livre où elle analyse « l\u2019idéologie derrière l\u2019image ».« La photo a mis deux, trois, quatre générations à s\u2019imposer dans les journaux, note Mme Saouter.La photographie a été inventée à la fin des années 1830, mais il a fallu attendre après la Deuxième Guerre mondiale pour qu\u2019elle soit rentable pour la presse écrite.Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les faits divers et la guerre, à partir de celle de Crimée dans les années 1850, sont les grands promoteurs de la photographie de presse.Mais la plupart du temps, on publie un dessin fait à partir des photos, qui mettent huit à dix semaines à arriver, par la poste, des autres continents.La reproduction directe des photos apparaît à partir de 1900, et ne devient efficace que dans les années vingt.Les années quarante et cinquante ont été l\u2019âge d\u2019or du photoreportage, avec des magazines comme Life.Mais ils se sont heurtés à la télévision, qui remet en question le triomphe du photoreportage.» Citoyen ou consommateur Selon Mme Saouter, la photographie a accentué la concurrence dans le journalisme : il fallait être le premier à publier une photo particulière.Et le dessin a joué un rôle important dans l\u2019essor des journaux à grands tirages, à la fin du XIXe siècle.« Quand on comprend comment imprimer des journaux à grande vitesse, il faut fidéliser le public pour qu\u2019il l\u2019achète tous les jours.Alors on publie des feuilletons, l\u2019équivalent de nos téléromans, qui sont souvent illustrés car le public est friand d\u2019images.» Cette démocratisation des journaux impose un changement de ton, selon Gene Allen, un professeur de journalisme à l\u2019Université Ryerson qui travaillait auparavant à CBC, notamment sur la série Canada : A People\u2019s History, diffusée en 2000.« Avant les années 1880, n\u2019importe quel politicien pouvait publier un journal s\u2019il n\u2019était pas content des autres.La presse s\u2019adressait à l\u2019élite, avec beaucoup d\u2019informations financières, le prix du blé à Liverpool par exemple.Avec les grands tirages, le coût d\u2019un exemplaire a baissé et le lectorat est devenu la classe ouvrière.Les lecteurs n\u2019étaient plus des citoyens, mais des consommateurs, à qui on parlait de consommation, de voyages, de voitures, d\u2019immobilier, de sports.On a aussi commencé à s\u2019intéresser aux femmes, avec des sections de mode, de cuisine, de vie ménagère.Comme il fallait beaucoup d\u2019investissements pour soutenir un journal, il est devenu plus difficile pour un politicien de s\u2019offrir un journal.» À cette époque, les journalistes n\u2019étaient pas les mieux payés.Il fallait beaucoup de métiers pour arriver à publier un journal : les typographes, les pressiers, et surtout, note M.Allen, les opérateurs de télégraphes.« Ils ont été parmi les premiers à se syndiquer.C\u2019est le premier câble transatlantique, en 1866, qui a vraiment lancé le concept de nouvelle.Avant, on reprenait souvent des histoires publiées dans les journaux de Londres qui arrivaient à Halifax.À la fin du XIXe siècle, les grands journaux se sont même mis à avoir leur propre télégraphe.Le télégraphe a aussi permis l\u2019émergence des agences de presse, qui ont uniformisé le style d\u2019écriture propre au journalisme.» Lentement, mais sûrement, les journalistes ont réduit l\u2019écart qui les séparait des informations, et des presses.La machine à écrire a permis de mécaniser la transcription, note M.Allen.L\u2019informatique, d\u2019éliminer une bonne partie du travail des typographes.Maintenant, les fichiers informatiques sont imprimés directement sur des plaques, sans que des films soient tirés au préalable.Et selon Jean-Marc de Jonghe, de La Presse, des nouveaux procédés « direct to press » (par opposition au « direct to plaque «) permettront d\u2019ici 2020 d\u2019imprimer sans plaque.PHOTOTHÈQUE, LA PRESSE © Les bureaux de la rédaction de La Presse, rue Saint-Jacques, dans une illustration publiée le 3 septembre 1910.La légende se lit comme suit : «C\u2019est ici que les nouvelles sont rédigées de jour en jour.À gauche, le bureau du chef d\u2019informations.À droite, le bureau des télégraphistes et de la correspondance.« 14 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT www.inalco.com La Presse sait garder le cap sur le succès! Quand on a le vent dans les voiles, on voit les couleurs d\u2019un grand succès se dessiner à l\u2019horizon.L\u2019Industrielle Alliance est fière de faire partie de l\u2019équipage de La Presse depuis plus de 10 ans.3172188A CAPSULE HISTORIQUE 1891-2003 Si La Presse ne peut se targuer d\u2019avoir publié les premières caricatures à Montréal (cet honneur reviendrait au journal satirique Le Canard), le journal peut en revanche se féliciter d\u2019avoir eu à son service les plus grands caricaturistes de l\u2019histoire du Québec.En fait, La Presse a publié sa première caricature le 14 octobre 1891.Elle représentait sir Adolphe Chapleau en défenseur de l\u2019autonomie québécoise.La signature est hélas ! illisible.D\u2019abord engagé comme illustrateur en 1891, A.S.Brodeur fut le premier caricaturiste en titre de La Presse.En 1905 arrive Albéric Bourgeois, qui tiendra le fort pendant 49 ans, notamment en racontant les aventures du mythique père Ladébauche.Après Bourgeois, La Presse confie ses caricatures à Robert LaPalme, mais ce dernier ne reste qu\u2019un an au journal.En juillet 1961, on voit apparaître le nom de Normand Hudon, attiré à La Presse par son nouveau rédacteur en chef Gérard Pelletier.Quand Pelletier démissionne au printemps de 1965, Hudon part avec lui.Puis vient Berthio, de son vrai Roland Berthiaume.Il occupe la place pendant deux ans, avant le long règne de Jean- Pierre Girerd, arrivé à La Presse pendant l\u2019année de l\u2019Expo.Ses fidèles se souviendront avec émotion de son petit chien blanc aux longues oreilles qui venait souvent nous faire la morale à la une du journal.À la retraite de Girerd en 1996, Serge Chapleau fait son apparition en page éditoriale.En allant le chercher au Devoir, La Presse prouve encore une fois qu\u2019elle ne recule devant rien pour compter dans ses rangs le meilleur caricaturiste du Québec.Dans le sillage d\u2019Albéric Bourgeois Serge Chapleau Jean-Pierre Girerd Normand Hudon Roland Berthiaume Albéric Bourgeois L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 15 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Manifestation tumultueuse des cols bleus dans les rues de la ville.Les artêres importantes sont bloquées.Les travailleurs du centre-ville fulminent, coincés dans les embouteillages.La police tente tant bien que mal d\u2019assurer un minimum de circulation automobile.Impliqués eux aussi dans les embouteillages, les photographes ont déjà entamé leur journée; le chef de division de la photo coordonne leur travail.Le chef de division de l\u2019information générale assigne un journaliste à cet évènement.Le journaliste appelle les relations avec les médias du service de police.On sait maintenant que les cols bleus de Montréal, mécontents de l\u2019allure des négociations de leur convention collective, manifestent «spontanément» dans les rues, en utilisant les véhicules de la Ville.Le journaliste commence à recueillir des témoignages : cols bleus, chefs syndicaux, citoyens pris dans la cohue.INFOGRAPHIE JUSTIN STAHLMAN, COLLABORATION SPÉCIALE / RECHERCHE MATHIEU PERREAULT, LA PRESSE© L\u2019éditorialiste en chef se présente à la réunion : le sujet de la manifestation sera traité le lendemain en page éditoriale.Les photographes font parvenir régulièrement leurs photos de la manifestation.Imprimé, encarté et emballé (voir les deux pages suivantes), votre quotidien est placé dans des camions pour être distribué chez les camelots et dans les points de vente.Vous prenez connaissance des nouvelles, analyses et éditoriaux sur les événements qui ont perturbé la ville.Un troisième journaliste reçoit le mandat de faire un rappel historique des relations de travail entre la Ville et les cols bleus.Il aura d\u2019abord recours aux archives du journal, stockés dans une banque de données.Le journaliste qui était sur la route rentre faire son rapport au chef de division de l\u2019information générale.Le directeur artistique choisit le traitement graphique du reportage.Il fait préparer par une graphiste une carte des rues bloquées par la manifestation, ainsi qu\u2019un tableau historique des conflits de travail municipaux au cours des 10 dernières années.Les textes sont révisés avant d\u2019être mis en page.Les fautes d\u2019orthographe, les passages moins clairs, sont corrigés.Un pupitreur assemble dans un même fichier électronique l\u2019information et la publicité.Le fichier est transmis à l\u2019imprimeur.La réunion de planification de l\u2019avant-midi débute.On fait le tour des sujets susceptibles de connaître un développement durant la journée, pour publication dans le journal du lendemain.Les cols bleus continuent leur manifestation.Le centre-ville est un vaste stationnement dominé par le concert des klaxons des véhicules municipaux.Un deuxième journaliste est chargé des réactions politiques; on lui demande d\u2019évaluer les conséquences de la manifestation sur la question des défusions municipales.On décide aussi qu\u2019un columnist écrira sur le sujet.La réunion de production débute.Une quinzaine de personnes y prennent part.Chaque secteur fait un rapport commenté des événements qui feront l\u2019objet d\u2019articles.On choisit les nouvelles qui feront la Une, de même que celles qui iront en pages cahiers.La manifestation des cols bleus, qui aura duré près de quatre heures, ira évidemment à la Une.On lui accorde aussi les pages deux et trois.De son côté, le directeur photo fait une sélection parmi les photos transmises par les photographes.Une des photos est prévue pour la Une.Les photos sont traitées à l\u2019ordinateur par un technicien, selon les spécifications de calibrage données par le directeur de la photo.Le répartiteur donne le texte à un pupitreur pour qu\u2019il le place dans une page précise.Le pupitreur choisit le titre (parfois le journaliste en a suggéré un), place le texte et la photo en fonction de la longueur du texte et des directives du directeur de la photo.Il écrit les légendes des photos, si le journaliste ne l\u2019a pas fait.Il relit encore une fois le texte pour le corriger.Le pupitre entre en jeu.Le répartiteur informe les journalistes des longueurs de textes dont il a besoin, compte tenu de l\u2019espace disponible dans le journal.Le chef de division de soir discute avec les journalistes de l\u2019angle à privilégier, leur fait savoir qu\u2019ils doivent écrire plus d\u2019un papier.Les journalistes se mettent à l\u2019oeuvre : ils doivent rendre leurs articles avant 21 heures.L\u2019heure de tombée de certaines sections, comme La Presse Affaires, est plus tôt : 17h30.Une première épreuve de la page est imprimée pour qu\u2019un réviseur relise les textes, les légendes et les titres une dernière fois.Une journée dans la salle de rédaction Comment on traite l\u2019information que vous lisez dans votre quotidien ce matin 16 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 17 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Camelots Dépanneurs, kiosques Montréal Régions Encre Plaques Les deux côtés de la page sont imprimés à la fois Les rouleaux sont changés sans que la presse s\u2019arrête Magenta imprimé Papier Rouleau de papier en attente Colle Plieur La lame coupe en tournant Lame Journaux INVENTAIRE IMPRESSION ENCARTAGE DISTRIBUTION Pointe-aux-Trembles Imprimerie Métropolitaine Centre-ville Salle de rédaction 1 2 3 4 6 5 7 8 Enrouleuse contenant environ 8000 exemplaires Les sections en attente seront déroulées en séquence quand toutes les sections seront prêtes Les cahiers tombent du convoyeur Les sections sont enroulée pour stockage temporaire Blanchet Cyan imprimé Jaune imprimé Noir imprimé, dont le texte PRÉ-PRESSE Une nouvelle imprimerie pour La Presse Encartage et assemblage Pour réunir les deux phases de l\u2019impression, on se sert d\u2019une encarteuse.Les rouleaux de stockage sont tout d\u2019abord déroulés.Une pince prend le rebord supérieur du journal, qui dépasse quand le journal est plié.De l\u2019air est soufflé pour que les trois premiers cahiers s\u2019ouvrent, et les trois cahiers intérieurs y sont insérés.Ensuite, deux autres étapes permettent d\u2019encarter d\u2019autres cahiers, comme les cahiers de la fin de semaine et les encarts publicitaires.Si nécessaire, un encartage manuel est aussi possible.Les quatre encarteuses ont un débit total de 100 000 copies à l\u2019heure.Inventaire Chaque jour, une centaine de rouleaux de papier arrivent à l\u2019imprimerie.Chaque rouleau, d\u2019environ une tonne, est pesé et stocké.L\u2019encre, elle, est stockée dans des réservoirs de 9000 litres pour la couleur et de 36 000 litres pour le noir.La livraison se fait environ une fois par mois.Contrôle Une fois imprimés, les cahiers sont transportés par un système de pinces sur rails.Des copies sont prélevées pour vérifier que les coupes sont bien alignées \u2013que les pages sont bien centrées.Des vérifications supplémentaires des couleurs sont aussi effectuées : le registre des pages (la superposition des quatre couleurs, qui peut être faite avec une précision de millième de millimètre), la densité et le dosage des encres.En tout, les maîtres-pressiers supervisent environ une centaine de mesures, à l\u2019aide de lecteurs optiques fixés sur les presses.Impression Les plaques sont montées sur des rouleaux.La plaque frotte sur un rouleau d\u2019encre, puis un autre imbibé d\u2019eau, et enfin un blanchet monté sur un autre rouleau.C\u2019est le blanchet qui dépose ensuite l\u2019encre et l\u2019eau sur le papier.Après l\u2019impression, un lecteur optique analyse les bandes grises disposées au bas de chaque page, pour vérifier que les couleurs sont bien calibrées.Capacité Les deux presses ont chacune quatre séries de colonnes quatre-couleurs, une colonne n\u2019imprimant que du noir, et une plieuse.Il y a 12 dérouleuses de papier, de sorte que la capacité maximale est de 96 pages en une phase d\u2019impression (quatre pages recto-verso).La vitesse maximale des presses est de 160 000 copies par heure (80 000 par presse), et la vitesse d\u2019opération moyenne de 140 000 copies à l\u2019heure.Une phase d\u2019impression dure donc en moyenne deux heures.Réception des données Les fichiers informatiques des pages montées à La Presse, au centre-ville, sont reçus et envoyés aux imprimantes spécialisées qui produiront les plaques.Chaque plaque reçoit un numéro de série qui permettra de la suivre au fil du processus, au moyen de codesbarres.Des informations sont envoyées au logiciel qui contrôle l\u2019apport d\u2019encre sur la presse, distribuée selon les besoins des différentes pages.Création des plaques Des imprimantes au laser gravent chaque page sur une plaque de métal, à quatre exemplaires (une pour chaque couleur).La taille de la plaque est d\u2019environ 22 pouces par 25.La surface gravée est légèrement rugueuse \u2013trop peu pour que cela soit sensible au toucher, mais assez pour que l\u2019encre s\u2019y fixe.La portion non gravée de la plaque est lisse, recouverte d\u2019un polymère qui attire les molécules d\u2019eau.L\u2019imprimante a une définition de 1200 points par pouce.L\u2019extrémité de la plaque est ensuite pliée pour être fixée aux presses.Chaque plaque est envoyée automatiquement, grâce à son code-barre, à la bonne unité de presse.Chaque jour, le plan d\u2019impression et la course du papier changent, selon le nombre de pages de chaque cahier, et la disposition des pages couleurs.Système de stockage Un système de convoyage sur rails transporte les cahiers jusqu\u2019à des enrouleurs, qui les stockent sous forme de rouleaux de 200 000 pages (environ 8000 cahiers) mesurant plus de deux mètres de diamètre, entreposés dans une zone tampon.En moyenne, il faut 20 à 25 rouleaux pour stocker chaque phase d\u2019impression, qui comporte chacune trois cahiers; le samedi, il y a trois phases d\u2019impression.Grâce à ce système de stockage, on peut imprimer à vitesse constante, quoi qu\u2019il arrive à l\u2019étape de l\u2019encartage et de la distribution.Pliage Les rouleaux de papier ont une largeur de quatre pages, de sorte que le papier doit être coupé en deux avant d\u2019être plié.Il faut deux coupeuses supplémentaires pour le tabloïd des sports, qui est imprimé dans l\u2019autre sens.Le procédé quadrichromique L'image imprimée se compose d'un très grand nombre de points suffisamment rapprochés pour que l'oeil les confonde.En dosant soigneusement la proportion des points de couleurs cyan (un bleu violacé), magenta (un rouge pourpre), jaune et noire, on reconstitue des millions de teintes.Le procédé utilisant ces quatre couleurs est appelé quadrichromie.Distribution Environ 80% des copies de La Presse sont livrées à 192 000 abonnés, par 3500 camelots.Le reste est vendu en kiosque.Les premiers exemplaires partent sur six routes extérieures : Ottawa, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Abitibi-Témiscamingue et Laurentides.Ces six routes extérieures, qui correspondent à la première édition, sont imprimées depuis août par l\u2019imprimerie Métropolitaine, ce que les abonnés de ces régions auront remarqué.Les premiers camions partent vers minuit trente, les derniers à 3h.Chargement Les journaux sont empaquetés en ballots d\u2019au maximum 18 kilos.Chaque ballot reçoit une identification visuelle et électronique, puis est placé sur un tapis roulant qui passe devant les 10 portes de livraison où attendent les camions.Un lecteur optique devant chaque porte prélève les ballots qui lui reviennent.Dehors, audessus de la porte, un afficheur indique au chauffeur du camion combien de paquets supplémentaires il doit encore recevoir, ce qui permet de mieux planifier les opérations, notamment si un paquet tombe.Les chauffeurs manipulent environ 20 paquets par minute.c y b e r p r e s s e .c a INFOGRAPHIE JUSTIN STAHLMAN, COLLABORATION SPÉCIALE / RECHERCHE MATHIEU PERREAULT, LA PRESSE© La Presse est maintenant imprimée par Transcontinental Métropolitain, une imprimerie toute neuve située à Montréal, le long de l\u2019autoroute Métropolitaine, un peu à l\u2019est de l\u2019autoroute 25.La nouvelle technologie Offset permet une utilisation maximale des couleurs et une impression à grande vitesse de 140 000 copies à l\u2019heure \u2013 le papier voyage à 45 km/h.La Presse est imprimée en deux phases, ce qui ne change pas l\u2019heure de livraison, mais change les heures de tombée de certains cahiers. Des gens bien occupés Lire La Presse constitue pour nos lecteurs un plaisir et un rituel.Par des recherches sur le terrain, nous redécouvrons régulièrement l\u2019importance du temps que les lecteurs et lectrices consacrent à la lecture de leur quotidien.Pour appuyer ledéveloppement de la nouvelle maquette du journal, nous avons entendu ces derniers mois les commentaires d\u2019une centaine de lecteurs de tous âges pour valider la direction générale de la maquette et l\u2019organisation du contenu.La Presse renaît tous les jours,mais ses artisans veulent répondre aux attentes des lecteurs tout en les informant et en les divertissant.À travers nos recherches, nous avons constaté à quel point les lecteurs prennent possession de leur journal.Cette Presse vous appartient et, quand on vous demande d\u2019en parler, vous faites souvent référence à «Ma Presse».Et chaque lecteur ou lectrice façonne «sa» Presse, en assemblant à son goût les contenus, un peu comme les convives d\u2019un restaurant qui choisissent les plats qui leur conviennent.Les services de recherche de La Presse, à travers les données accumulées, ont dressé un portrait de vous, lectrice et lecteur.Pas de révélations, pas de secrets intimes, mais un clin d\u2019oeil sous forme de collage, en utilisant le filtre des loisirs et du divertissement, deMonsieur Lecteur et de Madame Lectrice.Nous espérons que vous vous reconnaissez un peu dans ces portraits, qui ont aussi pour objectif de vous faire sourire.Un peu de méthodologie Pour faire le portrait d\u2019un lecteur ou d\u2019une lectrice de La Presse, on a fait appel à une base de données, en l\u2019occurence celle de l\u2019étude de NadBank, la base de données de l\u2019industrie des quotidiens au Canada.Cette étude mesurelelectorat des principaux quotidiens au Canada, y compris La Presse.Plus spécifiquement, l\u2019étudecompte sur 2589 répondants dans la grande région de Montréal, aussi bien francophones, anglophones qu\u2019allophones.Avec cette taille d\u2019échantillon, la marge d\u2019erreur est d\u2019environ 2 %.L\u2019étude Nadbank est menée conjointement par les quotidiens, les annonceurs et les agences de publicité ; les résultats de l\u2019étude constituent la base par laquelle les quotidiens sont évalués pour des fins de placement publicitaire.L\u2019étude est gérée par un organisme sans but lucratif.En 2002, elle s\u2019est dérouléependant 33 semaines, à raison de 75 à 80 entrevues par semaines dans la région de Montréal.Les lecteurs La Presse se procurent très majoritairement leur copie par abonnement, àdomicile.L\u2019exception constitue l\u2019achat de La Presse du samedi en kiosque, achat de routine lorsque nos lecteurs font « leurs courses du samedi» .Au total, près de90 %des lecteurs deLaPresse achètent leur copie.PIERRE ARTHUR DIRECTEUR, RECHERCHE ET MARKETING Les recherches permettent de mieux connaître les lectrices et lecteurs de La Presse ILLUSTRATION PIERRE-PAUL PARISEAU, COLLABORATION SPÉCIALE On croyait savoir que nos lectrices aimaient faire la cuisine ; on aura appris qu\u2019un lecteur sur trois mettait la main à la pâte.Mais les femmes adorent aussi aller dans un bon restaurant.Un lecteur sur deux utilise un téléphone cellulaire.Le quart des lecteurs fait du ski alpin et presque autant du ski de fond.Deux fois plus d\u2019hommes que de femmes disent raffoler du golf.Elle et lui préfèrent le vin rouge, mais elle aime aussi le vin blanc, en tout cas plus que lui.Quand ils prennent des vacances, les lecteurs et lectrices de La Presse choisissent les destinations suivantes : les villes de Québec, Ottawa, Toronto, la Nouvelle- Angleterre et la France (aussi populaire que la Floride).Une lectrice sur trois s\u2019implique dans les rénovations intérieures.Autant le lecteur que la lectrice de La Presse adorent le cinéma : huit sur dix ont vu un film dans la dernière année.Théâtre et musées : la moitié de nos lectrices en raffolent.Presque autant de nos lecteurs préfèrent le sportspectacle, et au premier chef, le hockey.Trois lectrices sur dix vont à des spectacles musicaux, et elles aiment autant la musique classique que le rock ou le jazz.Les hommes préfèrent le rock et le jazz.Une lectrice du dimanche sur deux s\u2019adonne au jardinage et une sur cinq pratique l\u2019observation des oiseaux.Le vélo plaît à la moitié de nos lectrices ; le quart aime bien les patins à roues alignées.18 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 19 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CLAUDE PICHER Mon histoire à LaPresse Dans le petit monde québécois des communications, un emploi de journaliste à La Presse compte sans aucun doute parmi les plus convoités.Pourtant, le 30 janvier 1979, quand je suis entré aux pages économiques et financières de La Presse, je haïssais profondément ce journal.Un mois plus tôt, le regretté Montréal-Matin avait fermé ses portes, victime du long et dur conflit de travail qui avait opposé La Presse et ses employés en 1977-78.Je travaillais au Montréal- Matin depuis quatre ans, et jamais, en 15 ans sur le marché du travail, un emploi ne m\u2019avait procuré autant de satisfaction.Le vaillant petit quotidien du boulevard Saint-Joseph venait d\u2019être acheté par La Presse, qui, visiblement, avait l\u2019intention d\u2019y injecter beaucoup de ressources pour en faire un tabloïd de qualité.Il régnait alors, dans la salle de rédaction du Montréal-Matin, autour de grands noms comme Jean-V.Dufresne, Marcel Desjardins, Jean de Guise, Gérald Leblanc, Marc Laurendeau, Berthio, Bernard Brisset, Jean Aucoin, Denis Brodeur (et je pourrais en nommer beaucoup d\u2019autres) une ambiance extraordinaire, chacun redoublant d\u2019efforts pour surpasser le grand rival d\u2019alors, le Journal de Montréal.Mais le Montréal-Matin a fini par être presque totalement intégré à La Presse.L\u2019édifice du boulevard Saint-Joseph a été vendu.Les rotatives ont été vendues.À l\u2019automne 1977, le Montréal-Matin ne se résumait plus qu\u2019à une salle de rédaction et à quelques services de vente et de soutien installés dans les locaux de La Presse.Lorsque celle-ci s\u2019est laissée entraîner dans un conflit de travail majeur, le Montréal- Matin a été pris dans le tourbillon.Malgré une héroïque tentative de relance après le conflit, il ne s\u2019est jamais remis du coup et a brusquement cessé de publier, fin 1978, entre Noël et le jour de l\u2019An.Un quart de siècle plus tard, j\u2019ai encore bien vivace dans mon esprit les immenses sentiments de stupeur, de colère, de tristesse et d\u2019impuissance qui ont secoué la rédaction du Montréal- Matin cette journée-là.Et malgré toutes les divergences normales qui peuvent opposer les gens dans une salle de rédaction, nous étions unanimes à blâmer La Presse pour cette tragédie : La Presse, c\u2019est-à-dire ses syndicats, ses journalistes, ses cadres, sa haute direction, toute La Presse.Après la fermeture, je suis passé aux pages financières du Devoir.Bien que j\u2019aie eu le grand plaisir d\u2019y travailler avec un professionnel de la trempe de Michel Nadeau, je n\u2019y étais pas heureux.Presque tout, dans la culture du Devoir, était aux antipodes de ce que j\u2019avais connu au Montréal-Matin.Aussi, au bout de quelques semaines, lorsque le regretté Roger Leroux, alors directeur des pages financières de La Presse, m\u2019a invité à faire partie de son équipe, je n\u2019ai pas hésité longtemps.llllllllllllllllllllllllllllll Au début, je me suis senti un peu dérouté par l\u2019ampleur et la complexité d\u2019une aussi grande boîte.Les plaies du conflit étaient encore béantes, et le climat de travail n\u2019était pas très bon.Au début de 1979, au cours de mes premiers mois à La Presse, deux événements m\u2019ont cependant ébranlé.Un jour, on m\u2019a envoyé couvrir un colloque sur l\u2019avenir des communications.Tous les spécialistes s\u2019entendaient pour prédire un brillant avenir aux télécommunications et, par la même occasion, décréter l\u2019inéluctable naufrage des médias écrits.« Les quotidiens ?Bof ! Cela ne vaut même plus la peine d\u2019en parler », concluait Louis Martin, ci-devant journaliste à Radio- Canada et un des « spécialistes » invités au colloque.Je suis revenu au journal, bouleversé.Combien de temps un quotidien comme La Presse pourrait-il survivre ?Un an, deux, peut-être trois avec un peu de chance ?Toujours est-il que, en rédigeant mon article, je me suis rendu compte que je commençais à m\u2019attacher à ce journal.Quelques semaines plus tard, une ex-collègue du Montréal-Matin, qui avait décroché un poste important au gouvernement québécois, m\u2019a rendu visite.Elle voulait me proposer un emploi dans la fonction publique.Pour me décider à accepter, elle m\u2019a dit qu\u2019elle tenait de « source absolument certaine » que La Presse ne passerait pas l\u2019hiver.Cette collègue avait la réputation d\u2019être très bien renseignée, et je savais qu\u2019elle n\u2019avait pas l\u2019habitude de dire n\u2019importe quoi.Pourtant, j\u2019ai décliné son offre.Je préférais rester journaliste, quitte à risquer de me retrouver au chômage quelques mois plus tard.À ce point, j\u2019avais réussi à bannir de mon esprit les mauvais souvenirs entourant la fermeture du Montréal-Matin.N\u2019empêche que dans les semaines qui ont suivi, cette décision m\u2019a coûté plusieurs nuits de sommeil.L\u2019hiver a passé, et La Presse était toujours là.En 1980, Roger Leroux m\u2019a demandé si j\u2019étais intéressé à faire une série de reportages de grande envergure.Il s\u2019agissait de tracer les portraits d\u2019une douzaine de millionnaires québécois, mais en sortant des sentiers battus, c\u2019est-à-dire en évitant les noms connus.La série devait aussi déborder du cadre classique des profils, pour aborder des questions plus vastes : combien y a-t-il de millionnaires au Québec ?Dans quels secteurs les trouve-t-on ?Quelle est la composition type de leurs portefeuilles ?J\u2019ai accepté avec enthousiasme.Le projet était terriblement exigeant : j\u2019ai essuyé d\u2019innombrables refus avant de trouver une poignée de gens prêts à raconter leur histoire.En même temps, j\u2019ai découvert à quel point les moyens d\u2019un journal comme La Presse pouvaient être précieux pour ce genre de reportage de longue haleine.On m\u2019a donné tout le temps voulu, et je disposais de tous les budgets de dépenses nécessaires.Jamais je n\u2019aurais pu faire la même chose au Montréal-Matin, encore moins au Devoir.La série a eu, à l\u2019époque, un retentissement considérable.J\u2019étais épuisé, mais heureux.On m\u2019avait fait confiance, et j\u2019avais livré la marchandise ! Après cette série, je suis devenu très « La Presse ».Comme successeur de Roger Leroux à la direction des pages économiques et financières, en 1981, puis comme chroniqueur en finances personnelles entre 1984 et 1988, puis comme chroniqueur à l\u2019économie depuis maintenant 15 ans, j\u2019ai côtoyé des professionnels du plus haut calibre.La Presse, et plus particulièrement les éditeurs adjoints avec qui j\u2019ai eu le plaisir (et ce n\u2019est pas une formule vaine, le plaisir, vraiment) de travailler\u2014 Jean Sisto, Michel Roy, Claude Masson, Marcel Desjardins, Philippe Cantin, tous des passionnés de l\u2019information\u2014, m\u2019a toujours fait confiance.Aujourd\u2019hui, alors que La Presse vit un moment important de son histoire avec l\u2019inauguration de ses nouvelles presses, je suis plus que jamais fier, heureux et flatté de me compter parmi les artisans de ce grand journal, et plus particulièrement de faire partie de l\u2019équipe du cahier La Presse Affaires, sans contredit la plus complète et la plus compétente au Québec.Quand je suis entréà La Presse, je haïssais profondément ce journal.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Toujours à vos petits soins, pour vos séjours sans soucis! Pour en savoir davantage sur nos centres de service à Hallandale Beach et à Pompano Beach, adressez-vous à votre caisse Desjardins ou composez le 1 800 CAISSES Dépôt àdistance disponible grâceà www.desjardins.com/floride en Floride 3169886A CAPSULE HISTORIQUE 1965-2000 S\u2019IL EXISTE un service où l\u2019informatique a complètement transformé les manières de faire, c\u2019est bien l\u2019atelier de composition.Là où on trouvait des dizaines de linotypes bruyantes et salissantes utilisées par plus de 200 typographes, on ne trouve plus qu\u2019une série de serveurs, dont on perçoit à peine le ronronnement, sur une surface quatre fois plus petite qu\u2019à l\u2019origine.L\u2019arrivée de l\u2019informatique à l\u2019atelier, en 1965, ne signifie pas la disparition immédiate des linotypes.L\u2019ordinateur IBM 1620, le premier dans un quotidien québécois, permet de composer le texte sur ruban perforé, lequel passe ensuite dans un lecteur spécial qui insère les commandes.C\u2019est grâce à ce ruban que la linotype peut composer le texte.Fini le métier de typographe! En 1969, La Presse acquiert un ordinateur IBM 1130.Cet appareil fonctionne de la même manière que son prédécesseur, mais il est beaucoup plus rapide, d\u2019autant plus qu\u2019il est raccordé à une première photocomposeuse, modèle Photon 532, acquise la même année.En 1974, le fabricant Harris fait son entrée à l\u2019atelier avec le modèle 2200.Couplé à trois photo-composeuses Metro Set, dès 1976, le Harris 2200 permet à l\u2019atelier de composition de se départir de ses 37 vénérables linotypes.En 1982, La Presse achète un ordinateur DEC avec logicielAtex pour la composition des textes rédactionnels et publicitaires.On a ensuite remplacé le DEC par le Harris 8300, en février 1989, puis par le Harris 8900 et enfin par le Dash, en 1995.L\u2019 atelier comprend d\u2019autres appareils électroniques.Les annonces publicitaires sont préparées à partir d\u2019ordinateurs APS5 et APS6 reçus en février 1992.Enfin, les maquettes des pages du journal sont préparées grâce à un ordinateur Layout 8000.Cet ordinateur fonctionne depuis 1986, mais sa programmation évolue constamment.1965, année historique pour l\u2019atelier de composition SI, AU MILIEU du siècle dernier, quelqu\u2019un s\u2019était aventuré à prédire que la linotype et la machine à écrire deviendraient obsolètes dans moins de trois décennies, on l\u2019aurait sans doute regardé avec un sourire amusé, en se demandant quelle mouche avait bien pu le piquer.Pourtant, depuis 1980, ces deux instruments ont effectivement disparu du paysage à La Presse, supplantés par la magie de l\u2019informatique.Mais ce n\u2019est ni à l\u2019atelier de composition ni dans la salle de rédaction qu\u2019elle a fait son entrée dans nos vénérables murs.C\u2019est à l\u2019étage des petites annonces, au début de 1965, selon le retraité Richard Bombardier.Et depuis, sauf pour la paie (confiée à un sous-traitant depuis 1993), les différents services de l\u2019entreprise sont administrés avec l\u2019aide appréciable de l\u2019informatique à partir d\u2019une salle où sont regroupés tous les serveurs \u2014 minuscules, si on les compare à ceux du début \u2014 de l\u2019administration de La Presse (des salles semblables existent pour la salle de rédaction et l\u2019atelier de composition).Comme l\u2019explique Gilles DeGuise, actuel directeur de l\u2019informatique à La Presse, les services sont gérés grâce à quatre programmes.Le progiciel Smart Stream anime les services financiers depuis mai 1996.Le tirage se trouve sous la coupe du progiciel Collier Jackson depuis avril 1997.En publicité, les grandes annonces sont l\u2019affaire du progiciel Sisca depuis novembre 1998.Enfin, le secteur des petites annonces, là où l\u2019aventure informatique a commencé, est géré grâce au progiciel CASH depuis juin 1999.Guy Pinard 1965, les petites annonces à l\u2019heure de l\u2019informatique QUAND L\u2019INFORMATIQUE fait son entrée dans la salle de rédaction, en mai 1981, de nombreux journalistes manifestent leur inquiétude, et certains iront même jusqu\u2019à résister en gardant leur machine à écrire à proximité.Leur principale préoccupation?Ils crai-gnaient de perdre leurs textes.Quant aux nostalgiques, ils disaient s\u2019ennuyer du cliquetis bruyant des machines à écrire, qui, à l\u2019heure de tombée, les forçait parfois à crier à tue-tête lors de leurs conversations téléphoniques.Les premiers ordinateurs sont de marque Atex et munis du logiciel de traitement de texte connu sous le nom de XY Write.Les propriétés de ce logiciel sont assez limitées mais déjà suffisantes pour que les journalistes de bonne volonté reconnaissent les nombreux avantages de la composition électronique, comme la possibilité de changer des mots ou de déplacer des paragraphes sans être obligé de tout recommencer sur une page neuve.Les premiers ordinateurs personnels, de marque IBM, font leur apparition enmars 1988.Et même si on conserve le logiciel XY Write, les journalistes découvrent toutes les possibilités de l\u2019écriture électronique.Ils peuvent désormais justifier leurs textes et surtout les conserver dans leur propre ordinateur, ce qui était impossible avec Atex puisque tout le travail se faisait à partir du serveur central.L\u2019étape suivante survient en 1994, avec l\u2019implantation de la mise en page électronique au pupitre grâce à des appareils Harris.Pour ne pas retarder la production, les maquettistes passeront graduellement du système manuel au système informatisé entre mars et novembre de cette année-là.Mais étant donné la popularité mondiale et la grande polyvalence du logiciel Word, il était inévitable qu\u2019on l\u2019installe dans la salle de rédaction.Sauf pour de rares exceptions, l\u2019installation de nouveaux appareils IBM a été terminée à la fin de 2002.Quant au réseau Internet, son accès était d\u2019abord limité à quelques écrans dans la salle de rédaction, mais tout le monde peut y accéder de son poste depuis 2000.Petit détail en passant : on pensait bien que l\u2019informatique permettrait d\u2019éliminer l\u2019utilisation du papier dans la salle de rédaction.Mais, dès le départ, il a fallu installer des imprimantes afin de rassurer les journalistes qui craignaient de voir leurs textes disparaître à jamais dans les limbes de l\u2019électronique\u2026 et le papier continue de circuler allègrement.1980, l\u2019informatique envahit la salle de rédaction CAPSULE HISTORIQUE 1969-2000 Comme on a pu le lire ailleurs, La Presse a souvent innové afin d\u2019assurer une plus grande diffusion des informations véhiculées par le journal.Et faisant partie de Gesca, la filiale de Power Corporation, il arrive qu\u2019elle partage avec les publications soeurs du groupe les importants moyens de diffusion qu\u2019elle se donne.Le magazine de télévision en est un bel exemple.Encarté dans la livraison du samedi, ce magazine-horaire a vu le jour sous le nom de Télé-Presse le 11 janvier 1969.On ne rajeunira personne en rappelant que la une du tout premier numéro présentait une photo de Bobinette\u2026 En 1990, après avoir porté brièvement le nom de Télé-Tribune (pour encart dans La Tribune de Sherbrooke), et justement parce qu\u2019on voulait desservir tous les journaux de la chaîne, le magazine prit le nom de Télé- Plus, sans que sa vocation change.En septembre 2000, est apparu le Voilà! qui laisse place aujourd\u2019hui à Actuel Magazine/ Voilà! Soulignons que, du 4 novembre 1977 au 25 février 1978, La Presse a publié, sous le nom de Télé-Spec, un télé-horaire quotidien qui venait compléter le premier.Cyberpresse a permis aux journaux deGesca de sauter de plain-pied dans le XXIe siècle.Accessible grâce à cette autre merveille informatique qu\u2019est Internet, ce journal électronique propose des manchettes et des informations percutantes des sept journaux deGesca.L\u2019électronique facilite l\u2019accès au journal de deux autres façons.Depuis 1991, grâce à Cedrom Technologies, les lecteurs peuvent consulter les archives du journal sans quitter leur foyer, moyennant finances évidement.Et depuis cette année, ils peuvent s\u2019abonner à l\u2019édition électronique du quotidien.La Presse s\u2019est aussi lancée dans la production télé.La première série, Ricardo, est présentement diffusée à la première chaîne de Radio-Canada.Et la naissance des Éditions Gesca pour la publication d\u2019ouvrages n\u2019est pas sans nous rappeler les Éditions La Presse, très réputées jusqu\u2019à leur fermeture au milieu des années 80.Enfin, il importe de souligner ici l\u2019existence de Probec, responsable de la vente de la publicité dans La Presse et les autres journaux de Gesca.Guy Pinard La Presse et la télévision Le magazine de télévision à l\u2019époque où il portait les noms de Télé-Presse et Télé-Tribune.Une «vieille» idée 1922-2003 Dans l\u2019esprit des gens, la convergence des médias est un concept nouveau.Selon ce concept, les groupes qui se forment dans son sillage s\u2019implantent dans différents modes de communications, de la presse quotidienne à l\u2019Internet en passant par les magazines, la radio et la télévision, afin de permettre à chaque média de se nourrir des autres et réciproquement.Or, l\u2019idée de regrouper plusieurs médias sous un même chapeau émane originellement de la famille Berthiaume, propriétaires de La Presse à l\u2019époque.Rappelons quelques faits.Le 3 mai 1922, La Presse inaugurait le poste de radio CKAC, l\u2019ancêtre des stations radiophoniques de Montréal.À peine 10 ans plus tard, le 19 juillet 1932, les studios de la rue Sainte- Catherine de CKAC-La Presse permettaient à une trentaine de témoins d\u2019assister à la première « séance » de télévision de l\u2019histoire du Canada, en provenance du vieil édifice de La Presse.Les Berthiaume ont également été propriétaires de l\u2019hebdomadaire La Patrie et de la station radiophonique CHLP, aujourd\u2019hui disparus.Quant à CKAC, il n\u2019appartient plus à La Presse depuis une trentaine d\u2019années.La Presse a aussi fait deux tentatives avantgardistes afin d\u2019assurer une plus grande diffusion de ses informations.En 1959, elle inaugurait les Nouvelles de La Presse, un service de manchettes lumineuses qui défilaient au sommet d\u2019un édifice à l\u2019angle des rues Peel et Sainte-Catherine.Cette stratégie n\u2019était pas sans rappeler la belle époque où les badauds se réunissaient à l\u2019entrée du journal, rue Saint-Jacques, pour lire le résumé des nouvelles de la journée sur de grands panneaux en attendant de mettre la main sur un exemplaire de leur journal préféré.Puis, en 1983, on assiste à une première mondiale avec la naissance des Télé-Informations La Presse, un mariage entre la télévision et le journal traditionnel.On prévoyait que trois ou quatre ans plus tard, le «télélecteur» serait en mesure de commander le texte intégral d\u2019un article à partir de son domicile, un peu comme on le fait aujourd\u2019hui avec Cyberpresse.Le concept a fait long feu.La Presse n\u2019est pas demeurée seule longtemps dans la besace de journaux de Power Corporation.Et aujourd\u2019hui, Gesca, la filiale qui regroupe les médias d\u2019information de Power Corporation, comprend, outre La Presse, La Tribune de Sherbrooke, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Voix de l\u2019Est de Granby, Le Soleil de Québec, Le Droit d\u2019Ottawa, et Le Quotidien de Chicoutimi.Ces trois derniers ont été achetés d\u2019Unimédia le 18 janvier 2001.Le Montréal-Matin s\u2019est également retrouvé dans le giron de Power Corporation du 3 août 1973 à sa fermeture, le 22 décembre 1978.Guy Pinard Les manchettes lumineuses défilaient au sommet d\u2019un édifice à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et Peel, un peu comme à Times Square, à New York.20 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Quand les mots «dimanche» et «maîtresse» étaient tabous.CLAUDE GINGRAS Lorsque je suis entré à La Presse, le 5 avril 1953 (ce qui fait de moi un journaliste demicentenaire), « le plus grand quotidien français d\u2019Amérique », comme on l\u2019appelait à l\u2019époque, logeait entièrement dans l\u2019immeuble victorien qui trône encore à l \u2019 a n g l e Sai n t - J a cque s / Saint-Laurent et abrite maintenant des services administratifs.L\u2019actuel édifice moderne de l\u2019angle Saint-Antoine/Saint-Laurent n\u2019existait pas.Chaque fois que j\u2019entre par Saint-Jacques, je revis ce jour du 5 avril 1953 où j\u2019ai franchi cette grande porte.pour en ressortir une heure plus tard avec, de la part du directeur de l\u2019Information de l\u2019époque, Hervé Major, un sec « Vous commencez aujourd\u2019hui ! » Et le 5 avril 1953, je couvrais un film musical du grand ténor Beniamino Gigli au Her Majesty\u2019s de la rue Guy.Aujourd\u2019hui démoli, le théâtre s\u2019appelait His ou Her Majesty\u2019s selon que le trône d\u2019Angleterre était occupé par un homme ou par une femme.Car j\u2019ai eu la chance d\u2019entrer immédiatement aux pages artistiques.Nous écrivions « théâtre » en guise de code sur nos feuillets dactylographiés ; dans la salle de rédaction, nous étions « les clubs ».À l\u2019époque, le clergé exerçait une influence énorme (« influence » et « énorme » étant des euphémismes) partout au Québec, y compris dans les journaux et jusque dans les pages artistiques de ceux-ci.Le directeur \u2014 et instigateur \u2014 de ces pages à La Presse, Jean Béraud (en fait, Jacques LaRoche, les pseudonymes étant alors de rigueur), aimait bien les photos d\u2019actrices aux décolletés osés ; il aimait surtout partager ce plaisir avec les lecteurs.Il allait parfois un peu loin, selon certains.Comme je l\u2019assistais à la maquette du journal, je l\u2019imitais cordialement.Occasionnellement, on nous faisait part d\u2019un appel téléphonique.Toujours le même.Et nous tremblions.Un certain Monseigneur Chaumont, farouche gardien de la moralité publique, avait signalé le scandale à l\u2019épouse du propriétaire du journal, Madame DuTremblay, qui, elle, téléphonait non pas au responsable de nos pages mais à ce qui était manifestement son unique contact avec la salle de rédaction, un certain Ernest Paquin, simple commis au service photographique.« Vous n\u2019auriez pas dû passer cette photo », me disait M.Béraud sur un ton sévère.Indiscipliné \u2014 déjà ! \u2014, je laissais passer quelques semaines et je passais.une autre photo jugée scandaleuse.Nouveau coup de téléphone, nouvelle attitude de repentir, puis.nouvelle photo.Et, cette fois, aucun coup de téléphone.Avec l\u2019âge, la vue de nos deux lecteurs les plus assidus baissait, me disais-je.Pis encore, la liste des mots à ne pas utiliser dans les pages artistiques.« Dimanche », par exemple.La consigne était claire : « Le dimanche, on ne va pas au spectacle.On va à l\u2019église.» Il fallait donc jongler avec les « demain », « aprèsdemain », « hier », « avant-hier », etc.Je faisais plus ou moins cas de ces tabous, jugeant ridicule d\u2019annoncer, par exemple, le vendredi 12, que tel spectacle aurait lieu « le 14» alors qu\u2019il aurait lieu deux jours plus tard, un dimanche.« Vous avez écrit dimanche.Vous savez pourtant très bien que.», me rappelait M.Béraud en fronçant les sourcils, visiblement plus agacé par l\u2019interdit que par le sujet lui-même.J\u2019attendais quelques semaines et j\u2019écrivais encore «dimanche ».Nouveau rappel à l\u2019ordre.Deux fois, trois fois.Un jour, plus rien.De toute évidence, Mme DuTremblay avait cessé de lire son propre journal.Quant à Mgr Chaumont, je crois me rappeler que son influence (comme sa vue, sans doute) avait beaucoup diminué à un moment donné.Le même ostracisme pesait sur d\u2019autres mots, principalement « sensuel » et « maîtresse ».Concernant « sensuel », rien à faire : il fallait absolument trouver un autre qualificatif.«Maîtresse » me posait un problème quasi hebdomadaire car je couvrais aussi le cinéma.Il fallait écrire « amie ».C\u2019est-à-dire que bien des acteurs, sans le savoir, entretenaient un nombre incalculable de maîtresses ! « Ledimanche, onneva pas au spectacle.Onva àl\u2019église.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Onfaitlaune avec de vie illesnouvel les.www.abicon.com ChezAbitibi-Consolidated,nous pensons quemêmelesvieilles nouvellespeuvent êtred\u2019actualité.C\u2019est pourquoi nous réutilisons prèsde 25 %desvieux journaux etmagazines récupérésenAmériqueduNord.De plus,bon nombrede nosusinesproduisent dupapiercontenant jusqu\u2019à 100 %de fibrerecyclée.Ça, c\u2019est unebonnenouvelle.Abitibi-Consolidated est un fierpartenairedela Pressequi reflètebienlesvaleursde laSociété quant àl'innovation etlaqualitédujournal.Meilleur succèsdans vosprojets d'avenir.3170672A L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 21 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NATHALIE PETROWSKI Tu n\u2019entreras jamais à LaPresse «Tu n\u2019entreras jamais à La Presse.» Voilà ce que m\u2019a balancé Foglia alors que, éplorée et au bord de la crise de nerfs, je lui demandais quelles étaient mes chances d\u2019entrer au « plus grand quotidien français d\u2019Amérique ».C\u2019était il y a plus de 15 ans.À deux reprises déjà, j\u2019avais fait des appels de phare, rue Saint-Jacques, dans l\u2019espoir d\u2019y être adoptée et de quitter Le Devoir, où je sévissais depuis trop longtemps.La première fois, un grand patron de La Presse m\u2019avait répondu : « On ne peut pas faire ça au Devoir.Ils vont nous accuser de maraudage.Et puis on n\u2019a rien à vous offrir à La Presse, sinon de couvrir des chanteuses de bas étage.Vous y serez plus malheureuse qu\u2019autre chose.» Mais j\u2019adore les chanteuses de bas étage, ai-je objecté avec une conviction qui, à l\u2019évidence, ne l\u2019a pas convaincu de quoi que ce soit.La deuxième fois, un patron (moins grand que le premier) m\u2019avait promis qu\u2019il essaierait de plaider ma cause, tout en me disant que je ne devais pas m\u2019attendre à des miracles.Deux mois plus tard, étant toujours sans nouvelles, j\u2019en conclus que les miracles, rue Saint- Jacques, étaient en rupture de stock.Une fois de plus, les portes de La Presse, qui maintenant m\u2019apparaissaient nimbées d\u2019or comme les portes du ciel, me restaient résolument fermées.Mais enfin, c\u2019est quoi, le problème ?ai-je éructé dans l\u2019oreille de Foglia.Je n\u2019ai quand même pas la lèpre ! Le problème, ma fille, c\u2019est que t\u2019arrêtes pas de planter La Presse dans tes papiers.Tu mords la main avant même qu\u2019elle t\u2019ait nourrie, m\u2019a-t-il répondu avec une logique qui, sur le coup m\u2019échappa complètement.« Tant pis pour eux s\u2019ils ne savent pas prendre une plaisanterie », lui ai-je répondu.Arrive Pâques 1992.Je sais maintenant que je veux quitter Le Devoir, que je DOIS le faire coûte que coûte, quitte à me recycler comme taxidermiste ou agente immobilière.N\u2019ayant plus rien à perdre et prenant mon courage à deux mains, je passe un coup de fil à Dieu le Père, le grand, grand patron de La Presse, celui-là même dont je m\u2019étais payé la gueule dans mon journal, en signalant au crayon gras sa manie de se faire prendre en photo un peu trop souvent.Comme je ne suis pas rancunière, je me dis que, avec un peu de chance, il ne l\u2019est pas lui non plus.Il me reçoit dans son grand bureau, m\u2019écoute attentivement.Je lui dis que j\u2019ai besoin de tourner la page, de changer d\u2019air, de relever de nouveaux défis.Je lui dis aussi que je suis prête à tout.Les chiens écrasés ne me font pas peur.Les chanteuses de bas étage non plus.Il me demande à brûle-pourpoint : oui, mais êtes-vous loyale ?\u2014Loyale ! Vous voulez rire ?Ça fait plus de 15 ans que je suis loyale à un journal confidentiel qui manque de fermer chaque semaine.Je suis tellement loyale à ce journal qu\u2019au lieu de protéger mes arrières, je n\u2019arrête pas de planter La Presse ! Pour tout vous dire, mon cher monsieur, ma loyauté à mon employeur est telle que, par moments, elle confine à l\u2019idiotie.Donnez-moi une job à La Presse et je serai la loyauté incarnée.Dieu le Père m\u2019a reconduite à la porte d\u2019un air songeur.Il m\u2019a dit que l\u2019embauche, ce n\u2019était pas son domaine, que tout cela était bien délicat, mais qu\u2019il verrait ce qu\u2019il pouvait faire.Ce que j\u2019en ai compris, c\u2019est que mon chien était mort et qu\u2019il n\u2019y avait plus rien à espérer du plus grand quotidien français d\u2019Amérique.Un mois plus tard, pourtant, le téléphone sonna.« Vous aimeriez faire quoi au juste, à La Presse?me demanda le patron de la rédaction.\u2014 Tout ce que vous voulez, y compris laver les planchers », fisje avec un enthousiasme quasi suicidaire.Je l\u2019entendis réfléchir un instant au bout du fil puis couvrir de sa main le récepteur de l\u2019appareil pour parler à quelqu\u2019un.J\u2019entendis les secondes tomber sur le plancher comme des gouttes de sang sur mon CV.Un instant, j\u2019eus peur qu\u2019il change d\u2019idée et que le rêve imprimé qui miroitait au bout du fil se mue en cauchemar.Tous ceux qui travaillent dans le domaine de la presse écrite sauront de quoi je parle.On a beau chialer contre La Presse, la traiter de Pravda, de vieille pute ou de grosse bourgeoise, on rêve tous un jour d\u2019y travailler.Pour son tirage, sa réputation, son rayonnement, ses moyens.Et parce que, soyons honnête, c\u2019est le seul vrai grand journal du Québec.Pendant que je retenais mon souffle, le patron de la rédaction est revenu au bout du fil.J\u2019en ai profité pour me transformer en vendeuse d\u2019assurances, voire en colporteuse de police qui pardonne.« Vous savez, ai-je affirmé, je suis très polyvalente.Je peux couvrir une très grande variété de sujets, des arts de la scène jusqu\u2019au pneus d\u2019hiver.En plus, même si j\u2019ai la réputation d\u2019être une caractérielle avancée, en réalité, je suis gentille et docile.» Le patron de la rédaction s\u2019est esclaffé.Comme les deux chaussettes dépareillées d\u2019un cul-de-jatte, « gentille » et « docile» n\u2019étaient pas des mots qu\u2019il associait nécessairement à mon nom.Il m\u2019a laissée braire un instant puis a lâché sa bombe.« Columnist, ça vous dirait ?\u2014Pardon ?\u2014Je sais que le terme n\u2019est pas vraiment français, mais nous, à La Pr.Je l\u2019ai coupé sans faire exprès.\u2014Vous m\u2019offrez un poste de COLUMNIST ! ! ! ! fis-je, en proie à une crise d\u2019apoplexie.Vous êtes formidable.Vous êtes extraordinaire.Vous êtes mon héros.Est-ce que je peux vous épouser ?» Je suis rentrée à La Presse officiellement le 14 septembre 1992.Je m\u2019en souviens comme si c\u2019était hier.Il faisait soleil et, en foulant le seuil de la rédaction, j\u2019avais l\u2019impression non pas de rentrer travailler, mais de partir en croisière.Contrairement aux deux autres fois où je me suis pointée pour ma première journée dans un autre quotidien français d\u2019Amérique, on ne m\u2019a pas accueillie comme une plante ou un chien dans un jeu de quilles en m\u2019indiquant un bureau bancal et poussiéreux près d\u2019un calorifère épileptique.On m\u2019a fait faire le tour de la salle.On m\u2019a présenté tout le monde : une entrée en matière civilisée et souriante.Ne manquait que Foglia.Que je me suis empressée d\u2019appeler.C\u2019est fait, lui ai-je annoncé.Je suis enfin entrée à La Presse.« Tu sais que, lorsqu\u2019on y entre, on n\u2019en sort plus, fit-il.\u2014Oui mon vieux, je le sais.Et devine quoi ?J\u2019en suis ravie.» Onabeauchialer contre La Presse, latraiter de Pravda, devieille puteoude grossebourgeoise, on rêvetous un jour d\u2019y travailler.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Actuelle dans sa pensée comme dans sa présentation.depuis plus de 100 ans.Les avocats et membres du personnel de Davies Ward Phillips & Vineberg félicitent La Presse.Un nouveau look, de nouvelles presses, toujours le même dévouement à son milieu et à sa vision.Nous sommes fiers de nous compter parmi les collaborateurs d'un membre aussi précieux de notre communauté.Bravo La Presse ! Impressessionnant ! M O N T R É A L \u2022 T O R O N T O \u2022 N E W Y O R K \u2022 B E I J I N G \u2022 P A R I S 3168889A CAPSULE HISTORIQUE 1899-2003 SELON LE VIEUX dicton, une photo vaut mille mots.Aujourd\u2019hui, on tient la photo pour acquise : quand on lit un article aisément illustrable, on se sent un peu frustré si aucune photo ne l\u2019accompagne.Et pendant la première moitié du XXe siècle, avant l\u2019apparition de la télévision, jamais un dicton n\u2019aura autant collé à la réalité que celui-là.Le souci d\u2019illustrer occupait sans cesse l\u2019esprit des rédacteurs en chef.Comme on a pu le constater dans un autre article, pendant les deux premières décennies d\u2019existence de La Presse, la tâche d\u2019illustrer les articles incombait à des dessinateurs, qui devaient coucher sur papier des scènes que, bien souvent, ils avaient dû imaginer faute d\u2019avoir assisté à l\u2019événement.La photographie fait son entrée dans nos pages le 22 avril 1899.Il s\u2019agit de trois photos de la Lune, prises au télescope par les Français Deloncle et Gautier, publiées en première page.Le 18 novembre suivant, la maison de pianos Mason et Reisch, du square Philips, utilise une photo de la cantatrice Adée Neilson pour illustrer l\u2019annonce de son prochain concert.Les premières photos reliées à un événement montréalais en particulier paraissent le 8 mai 1900.Elles représentent W.G.P.McDonald et le capitaine E.J.Chambers, tous deux candidats au poste de surintendant du parc du Mont-Royal.Le premier reportage photographique est publié le 23 juin suivant.Ce sont des photos de Colón, au Panama, et de laGrenade, sous le titre « Dans la mer des Antilles ».La première photo d\u2019actualité paraît le 12 juin 1901 pour illustrer la visite que sir Wilfrid Laurier avait faite la veille au Bout-de-l\u2019île.Enfin, le premier grand reportage d\u2019actualité illustré de photos paraît les 26 et 27 juillet 1901 et permet aux lecteurs de La Presse de constater les importants dégâts causés par le feu lors de la conflagration de LaPrairie.Comment s\u2019y prenait-on pour reproduire ces photos?En recourant à la photogravure, un procédé consistant à transformer la photo, à l\u2019aide d\u2019une trame, en une série de petits points de différentes grosseurs de manière à respecter les tons de la photo qu\u2019on veut reproduire.Cette méthode sera utilisée pendant 70 ans avant de céder la place à la « dilitho », une technique qui demandait moins d\u2019étapes que la photogravure.Comme on le sait sans doute, aujourd\u2019hui, les photos sont traitées électroniquement, avec autant de facilité que le font les propriétaires d\u2019un appareil photo numérique.La photo couleur La photo couleur fait son apparition dans nos pages dès 1960, mais on la réserve aux reportages préparés à l\u2019avance.Au début des années 1970, on publie quelques photos d\u2019actualité en utilisant des télécopies de la Presse Canadienne, chacune d\u2019elles représentant une des trois couleurs maîtresses.Les résultats sont plutôt décevants.Rapidement, les photographes de La Presse commencent à se promener avec deux appareils au cou, l\u2019un pour le monochrome et l\u2019autre pour la couleur.Dans le cas de la couleur, il s\u2019agit de diapositives qu\u2019on fait développer à l\u2019extérieur.Ce n\u2019est qu\u2019à partir de 1984 que le journal deviendra complètement autonome en utilisant des films à négatifs couleur de 21/4 sur 21/4que les photographes développent dans une chambre noire aménagée au fond de la salle de rédaction.Guy Pinard La photographie, de plus en plus indispensable Ses photos terminées, Alain Roberge les transmet à La Presse.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE© 22 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll RÉJEAN TREMBLAY L\u2019amour d\u2019une vie La dernière fois, c\u2019était aux Jeux olympiques de Salt Lake City.J\u2019étais installé à la première rangée derrière le siège de l\u2019annonceur Michel Lacroix pour le match d\u2019Équipe-Canada avec Mario Lemieux, Martin Brodeur et tous les autres.«Le plus incroyable, c\u2019est que nous sommes payés pour être assis ici », avais-je dit à Simon Drouin, mon jeune confrère, qui en était à ses premiers Jeux.J\u2019étais aussi fébrile que lui, même si les années m\u2019avaient appris à mieux le cacher.La fois d\u2019avant, j\u2019étais avec Franco Nuovo à Nagano, pour la fusillade entre Dominik Hasek et Patrick Roy.Puis avant, à Jerez, avec Christian Tortora, pour la victoire de Jacques Villeneuve contre Michael Schumacher.À New York pour la Coupe Stanley des Rangers.Ou à Lillehammer pour Myriam Bédard, à Sarajevo avec Gaétan Boucher.À Wimbledon, à Paris ou en Australie, avec Martin Laurendeau ou Sébastien Lareau, avec Jimmy Connors, John McEnroe, Ivan Lendl ou Andre Agassi.Et je ne rêve plus à Gabriela Sabatini.À Moscou pour les Jeux de 1980 dans la capitale de l\u2019empire soviétique.Et à Memphis pour les funérailles d\u2019Elvis.Et dans le grand stade pour les cérémonies d\u2019ouverture des Jeux de Montréal.Toujours pour La Presse, toujours le coeur serré, toujours les sens en éveil pour essayer de m\u2019imprégner des odeurs, des bruits, des couleurs, pour partager ce que je vivais avec les lecteurs de mon journal.Avec les limites de mon talent.Toujours conscient que c\u2019était un privilège, même si ce privilège cachait un dur boulot, de longs voyages et des nuits trop courtes.llllllllllllllllllllllllllllll Je suis tombé amoureux de La Presse avant d\u2019y travailler.À Chicoutimi, c\u2019était déjà le modèle pour le jeune journaliste que j\u2019étais.Je ne comprenais pas comment les journalistes de ce grand journal pouvaient être aussi libres dans leurs propos et leur style, alors qu\u2019au Quotidien, fallait être si « fesses serrées ».Coudonc, y avait personne qui lisait Pierre Foglia ou Robert Duguay ?Ou Louise Cousineau, ou Claudette Tougas ?Je me souviens de mon arrivée à La Presse.Il était 18 h, le 19 août 1974.Journaliste aux faits divers de soirée et de nuit.J\u2019ai été « chanceux » : grève du transport en commun, le Week-end rouge qui avait marqué la grève des pompiers, cinq meurtres à Saint-Joseph, les 13 morts du Gargantua, la mort de Richard Blass, ça n\u2019arrêtait pas.Il n\u2019y a pas de meilleure école que les faits divers de nuit pour découvrir une ville et apprendre tous les rouages du métier.C\u2019était les années 70 et La Presse était joyeusement libre.Elle l\u2019est restée.Les patrons s\u2019appelaient Jean Sisto, Yvon Dubois, Claude Saint-Laurent, Claude Masson, François Trépanier et Michel Blanchard.Fallait que ça swingue.J\u2019ai pu écrire à mon goût, comme je le sentais, pas comme l\u2019imposaient les normes journalistiques habituelles.Toute ma vie, je serai reconnaissant à ce journal de m\u2019avoir laissé trouver mon style.Puisque le style, c\u2019est l\u2019homme, le style a dû être tout croche de grands bouts, mais c\u2019était moi comme j\u2019étais capable d\u2019être moi.Dès 1976, j\u2019ai découvert que mon journal se comparait avantageusement aux plus grands quotidiens au monde.Les meilleurs journalistes du Monde, du New York Times, du Chicago Tribune ou du Times de Londres étaient à Montréal pour les Olympiques, et ce qu\u2019ils écrivaient n\u2019était pas meilleur que ce qu\u2019on faisait rue Saint-Jacques.J\u2019ai su à Moscou, à Sarajevo, à Paris ou à Kuala Lumpur que Lysiane Gagnon, Claude Picher, Yves Boisvert ou Claude Gingras et tant d\u2019autres se situaient dans les grandes ligues.Et en haut du classement, si on veut rester dans le sport.Je le sais avec mes tripes.llllllllllllllllllllllllllllll J\u2019ai reçu des offres alléchantes pendant ces années souvent turbulentes.Mon ami Roger-D.Landry aurait voulu que je devienne city columnist pour partager la page 5 avec Foglia.Mais j\u2019ai compris très tôt que, dans le métier, on ne joue pas sur le terrain de Foglia.Il est trop bon.Veux pas être comparé.Tellement que je refuse de couvrir un événement sur le même continent que lui ! On a droit à son orgueil.Deux fois, M.Pierre Péladeau m\u2019a offert d\u2019aller travailler à son journal.Il m\u2019offrait le poste de rédacteur en chef pendant six mois et ensuite, celui d\u2019éditeur.J\u2019ai longtemps réfléchi.Mais j\u2019étais trop en amour avec La Presse.C\u2019est fou, dans la vie, j\u2019ai divorcé deux fois, mais jamais de La Presse.Liberté 55, très peu pour moi.Être au coeur de l\u2019action, au coeur des événements, être témoin en essayant d\u2019être honnête, respirer fort et sentir l\u2019adrénaline à l\u2019approche de l\u2019heure de tombée, trouver la lettre qui donnera le scoop, écrire ce qu\u2019on pense même si les bigots hurlent de rage, pensez-vous sincèrement que j\u2019aurais une plus belle vie si je rêvais à ma retraite ?Claude Gingras a fêté le 50e anniversaire de son entrée à La Presse.Et c\u2019est mon idole.Faut que je fasse le calcul.J\u2019aurai quel âge ?Bah ! Avec plein de jeunes pour m\u2019entourer, deux genoux en titane, une épaule en kevlar et une 14e transplantation de cheveux, ça devrait aller.« Leplus incroyable, c\u2019est quenous sommes payés pour être assis ici.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CAPSULE HISTORIQUE 1884-2003 Une image constante Même si elle célèbre cette année son 119e anniversaire, l\u2019image de marque de La Presse a connu relativement peu de changements.En fait, pendant les 77 premières années de son histoire, La Presse conserve le même logo, les deux mots étant écrits en majuscules dans un caractère serif ou à empattements.La forme elliptique, ou le «cigare» , comme on dit dans le jargon de la boîte, apparaît le 18 août 1961 : dans cette présentation, les deux mots La Presse s\u2019inscrivent dans une forme elliptique de couleur rouge, accompagnés, à droite, de l\u2019expression «Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique».Tous les changements suivants sont de simples modifications cosmétiques apportées au «cigare».Ainsi, à partir du 4 janvier 1969, on décide de remplacer le caractère à empattements par un caractère gras plus moderne, et d\u2019utiliser les minuscules dans les mots la presse.La mention «Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique» se trouve tantôt en dehors de l\u2019ellipse, tantôt à l\u2019intérieur, sous les mots la presse.Soulignons que, du 20 octobre 1983 au 20 octobre 1984, une autre ellipse, plus petite et portant les mots 100 ans, s\u2019accroche à l\u2019ellipse principale, dans la partie inférieure de son extrémité de droite.Le 15 novembre 1986, les majuscules reprennent leur place, mais seulement pour la première lettre de chaque mot.On lit donc désormais La Presse.Lors de la dernière refonte complète du journal, le 4 mars 1996, on a légèrement raccourci la forme elliptique, mais en lui laissant ses extrémités arrondies.Le «cigare» aux extrémités carrées date du 15 septembre 2000, et l\u2019adresse électronique cyberpresse.ca est venue s\u2019ajouter depuis lors.Guy Pinard Quand arrive le temps des Fêtes, les lecteurs de La Presse sont toujours impressionnés par le nombre de pages des livraisons du samedi, généreusement augmentées par des encarts publicitaires qui dépassent souvent la dizaine.Les lecteurs ont aussi remarqué que le journal est bien structuré.Cherchent-ils les cotes de la Bourse, les résultats sportifs de la veille ou le sulfureux compte rendu du critique musical, ils savent où les trouver rapidement malgré le nombre élevé de pages, aidés dans leur démarche par les cahiers thématiques.Au début de l\u2019histoire de La Presse, tout est moins compliqué.Quand elle paraît pour la première fois, le 20 octobre 1884, elle compte quatre pages.Ce nombre passera à huit le samedi dès le 3 janvier.Au début de 1893, le journal passe à six pages en semaine, et à 12 pages le samedi à partir du 22 avril 1893.Une extravagance à souligner : le numéro de 24 pages du 24 juin 1893, publié à l\u2019occasion de la Saint-Jean-Baptiste.La fête y occupe évidemment la place de choix, qu\u2019elle doit cependant partager avec des illustrations des différents services du journal.Autre extravagance, le numéro de 56 pages publié le 22 décembre 1900 pour souligner la fête de Noël.Le 16 avril 1896, le journal de semaine passe à huit pages, tandis que la livraison du samedi passe à 16 pages dès le 25 avril, puis à 20 pages le 19 novembre 1898 et à 24 pages le 24 décembre suivant.C\u2019est à partir de 1899 que le nombre de pages varie en fonction de l\u2019actualité.Quant à la pagination, elle fait son apparition seulement le 21 janvier 1891.Sans doute avait-on conclu que tous les lecteurs savaient compter au moins jusqu\u2019à quatre\u2026 La Presse recourt au principe des sections, aujourd\u2019hui connues sous le nom de « cahiers », pour la première fois le 5 août 1905.La première section comprend alors quatre pages et la deuxième, 24.Une troisième apparaît pour la première fois le 16 janvier 1907.À cette époque, la pagination est continuelle d\u2019une section à l\u2019autre.Ainsi, la section 1 comprend les pages 1 à 16, la section 2 les pages 17 à 28, et ainsi de suite.Le changement majeur suivant survient le 16 septembre 1970 quand, pour la première fois, La Presse utilise des lettres pour marquer les cahiers, dont la pagination est complète.Autrement dit, si le cahier A contient 16 pages, la première page du cahier B porte le chiffre 1 et non pas 17 comme dans le système précédent.Cela permet d\u2019ajouter facilement des pages si l\u2019actualité le commande sans revoir la pagination de l\u2019ensemble du journal.Guy Pinard Un début tout en modestie L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 23 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS+ SPECTACLES BJÖRK ET MADONNA MÊME COMBAT PAGE D1 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll STÉPHANIE MORIN ENVOYÉE SPÉCIALE AU GP DE HONGRIE Les possibilités de revoir les voitures de Formule 1 dans le circuit Gilles-Villeneuve en 2004 restent minces, très minces.Les membres de la coalition Mission Grand Prix ont passé la journée d\u2019hier à discuter avec les têtes dirigeantes de la F1 pour leur vendre l\u2019idée de venir courir à Montréal l\u2019année prochaine malgré les lois contre les publicités du tabac.Ils ont serré des mains, dîné avec le grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone, rencontré des patrons d\u2019écurie, des fabricants de pneumatiques et des constructeurs d\u2019automobiles, mais, au terme de la journée, ils n\u2019étaient pas beaucoup plus optimistes qu\u2019à leur arrivée en Hongrie.«Jeudi, j\u2019évaluais nos chances de sauver le Grand Prix du Canada à 5 %.Je repars, et les chances restent de 5%», a expliqué Normand Legault, promoteur de l\u2019événement.La journée n\u2019a pas été perdue pour autant, estime Martin Cauchon, ministre fédéral de la Justice.«On a vu des portes ouvertes, mais dont l\u2019ouverture est très petite.Soyons clairs: je ne veux pas du tout, du tout créer d\u2019espoir.Il y a encore beaucoup de travail à faire.» Normand Legault, Martin Cauchon, Gérald Tremblay, maire de Montréal, Jean-Marc Fournier, ministre québécois responsable de la métropole, et Benoît Legault, président de la Chambre de commerce de Montréal, ont discuté notamment avec les patrons d\u2019écurie et les constructeurs d\u2019automobiles de la possibilité d\u2019ajouter un 18e Grand Prix au calendrier l\u2019an prochain.Cette solution pourrait satisfaire l\u2019industrie du tabac, qui exige un minimum d\u2019épreuves pour annoncer ses produits.A priori, les dirigeants d\u2019écurie ne sont pas opposés à l\u2019idée.Seulement, plusieurs demandent une compensation financière pour disputer ce Grand Prix supplémentaire, non prévu dans l\u2019accord de concorde (le document qui régit la F1).Voir GRAND PRIX en A2 Mission Québec veut sauver le Grand Prix du Canada «NOS CHANCES SONT FAIBLES» TRISTAN PÉLOQUIN ET JOËL-DENIS BELLAVANCE Encore loin d\u2019être maîtrisés, les 850 incendies de forêt qui font rage en Colombie- Britannique ont forcé depuis jeudi soir l\u2019évacuation de plus de 12 500 personnes, dont les maisons sont de plus en plus sérieusement menacées par les flammes.Craignant le pire, la Ville de Vancouver, située à plus de quatre heures de route des incendies, a pris les grands moyens pour prévenir la catastrophe.Au moins 2000 propriétés étaient menacées par un immense brasier, hier, à Kelowna, dans le parc des monts Okanagan, où plus de 10 000 résidants ont dû être évacués d\u2019urgence.Selon les autorités, ce foyer d\u2019incendie apparu le week-end dernier et devenu en quelques jours le deuxième en importance dans la province, atteint maintenant plus de 200 kilomètres carrés.Au moins une vingtaine de maisons ont été détruites par les flammes.Voir INCENDIES en A2 12 500 personnes évacuées en raison des incendies de forêt PIERRE FOGLIA ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS Il fait encore chaud à Paris, mais ouf, il n\u2019y a plus de cadavres dans les rues.Il fait encore chaud, mais c\u2019est supportable sauf pour le président, Jacques Chirac, qui vient d\u2019imputer les 10 000 morts de la canicule au manque de «solidarité familiale» des Français.Comme disait le garçon au Café des Deux Gares ce matin: «Il ne connaît pas ma belle-mère pour dire des conneries pareilles.Je te dis que, si elle avait eu chaud, c\u2019est pas moi qu\u2019aurais fait l\u2019éventail.» Ce que je fais à Paris?En vacances.Les championnats du monde d\u2019athlétisme, qui commencent aujourd\u2019hui au Stade de France.L\u2019athlétisme, c\u2019est des vacances.Après la criarde kermesse du vélo, la messe tout court.La messe dans une chapelle, une grande chapelle où peuvent tenir 80 000 spectateurs, mais une chapelle quand même, au sens de coterie, de clique, au sens où l\u2019athlétisme est en train de devenir un sport presque confidentiel dans les pays riches.Un sport d\u2019initiés.Et pourquoi pas?Pourquoi n\u2019y aurait-il pas des sports d\u2019initiés, comme il y a des livres difficiles, des musiques pas pour tout le monde?Je vous dis ça en guise d\u2019avertissement.Hier, j\u2019ai fait un effort, je suis allé à la tour Eiffel, mais à partir de tout de suite je campe au Stade de France.Vous viendrez me lire dans le cahier des Sports, ou vous ne viendrez pas, c\u2019est pas grave, je suis parfois plus fier des lecteurs que je ne n\u2019ai pas que des autres.Voir FOGLIA en A2 Situation dramatique en Colombie-Britannique llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO PC Incrédules, des résidants de Kelowna, une ville de 100 000 habitants, observent les flammes qui se rapprochent dangereusements de leur quartier.Devant l\u2019ampleur du brasier, les autorités ont ordonné l\u2019évacuation de 10 000 personnes.ALEXANDRE SIROIS LA PRESSE À WASHINGTON Si le terroriste saoudien Oussama ben Laden est l\u2019ennemi public numéro 1 des États-Unis, le président américain George W.Bush est dorénavant «l\u2019ennemi numéro 1 de l\u2019islam», a soutenu le mouvement radical palestinien Hamas, à qui Washington a de nouveau mis des bâtons dans les roues.Le gouvernement américain a décidé hier de geler les avoirs de six des dirigeants du Hamas et de cinq organisations accusées de le soutenir.La veille, le Hamas et le Jihad islamique avaient officiellement fait savoir qu\u2019ils mettaient fin à la trêve avec Israël décrétée à la fin du mois de juin.«M.Bush a pris une décision contre le Hamas, qui est un mouvement islamique.Donc, il a pris une décision contre l\u2019islam», a déclaré à l\u2019Agence France-Presse Abdelaziz al- Rantissi, un des dirigeants du mouvement radical.Il a ajouté que le président américain «est un sioniste, ennemi numéro 1 de l\u2019islam».La Maison-Blanche a annoncé hier par communiqué la décision critiquée par le Hamas.«J\u2019appelle toutes les nations soutenant la paix au Proche-Orient à reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste et à prendre toutes les mesures appropriées pour le priver de soutien», a indiqué M.Bush dans ce communiqué.«En revendiquant sa responsabilité pour l\u2019ignoble attentat du 19 août, le Hamas a réaffirmé qu\u2019il était une organisation terroriste qui se consacre à la violence contre les Israéliens et veut miner les progrès vers la paix entre Israël et les Palestiniens », a ajouté le président.Cet attentat, le plus grave en Israël depuis le début de l\u2019année, est l\u2019oeuvre d\u2019un Palestinien de 25 ans qui s\u2019est fait exploser dans un autobus bondé, tuant 20 personnes et faisant plus de 100 blessés.L\u2019attentat se voulait une réplique à la mort en août de deux membres du Hamas et d\u2019un membre du Jihad islamique, tués par Israël.Jeudi, en guise de représailles à cet attentat, Israël a tué un haut dirigeant du Hamas, Ismaïl Abou Chanab.Un hélicoptère israélien a tiré plusieurs missiles sur son véhicule, tuant instantanément le Palestinien ainsi que ses deux gardes du corps et blessant 14 personnes.Hier, à Gaza, plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ont assisté aux funérailles de ce militant jugé modéré, dont l\u2019assassinat a été qualifié de «crime odieux» par le premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas.Voir BUSH en A2 J\u2019suis snob «Bush est l\u2019ennemi no1 de l\u2019islam» Le Hamas condamne le gel des avoirs de ses dirigeants par Washington RIMA ELKOURI Le nombril montréalais PAGE A5 PLUS LE FFM NE TOURNE PAS ROND PAGE B1 MOLSON INDY CARPENTIER: UNE VOITURE, MAIS PAS DE MOTEUR SPORTS G1,G3 ET G5 CINÉMA MON PÈRE, CE HÉROS PAGE C1 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Aujourd\u2019hui Horaire spectacles .C6 Horaire télévision .C8 Horoscope .C4 Jeux .E6 Décès .E6 Éditorial .A18 Petites annonces - Immobilier .E4 - Marchandises .E6 - Emplois .E6 Météo Ciel variable, Maximum 3, minimum -3 Plus de détails en page S16 6 21924 12350 9 Mon clin d\u2019oeil Stéphane Laporte Pourquoi dépenser pour aller à La Ronde quand il y a l\u2019échangeur Turcot.c y b e r p r e s s e .c a VOTRE GUIDE Une nouvelle famille de police de caractères et une hiéarchie de l\u2019information claire, pour faciliter la lecture de votre journal.Une seconde police de caractère nettement distinctive, afin de vous aider à mieux repérer vos chroniqueurs et chroniqueures favoris.Un logotype rafraîchi, au dessin contemporain, qui exprime clairement le dynamisme de votre journal.La nouvelle maquette de La Presse est encore plus claire, uniforme et contemporaine.Elle réflète sa personnalité et ses valeurs; clarté, cohésion, simplicité et dynamisme.Grâce à la vitrine en équerre, vous voilà informé en un coup d\u2019oeil, des éléments essentiels de votre quotidien.Un sommaire abrégé vous permettant de retracer facilement vos rendez-vous préférés.Une nouvelle palette de couleurs originales vous permettant de distinguer les éditions de semaine et de week-end, ainsi que chacun des cahiers thématiques Stéphane Laporte et son regard rafraîchissant de l\u2019actualité vous accompagne encore tous les jours.À la découverte de votre nouvelle Presse Le corps du texte demeure inchangé.La même clarté efficace et une lisibilité maximisée par une nouvelle impression d\u2019une qualité exceptionnelle.Q La lecture du journal sera-t-elle plus facile ?R Cette nouvelle facture plus moderne vise à faciliter la navigation à travers les pages du journal.Elle permet ainsi d\u2019optimiser la recherche et la lecture de l\u2019information que l\u2019on y trouve.Cette présentation actualisée rend ainsi plus conviviale la lecture du quotidien, notamment grâce à l\u2019ajout de repères simples et clairs avec code de couleurs, ainsi qu\u2019à une mise en page plus aérée, à une utilisation plus marquée de la photo, à l\u2019ajout de nouveaux cahiers et à l\u2019augmentation de l\u2019espace consacré aux nouvelles brèves.Q Pourquoi l\u2019ordre des cahiers a-t-il été changé ?R Les différents cahiers sont désormais insérés les uns dans les autres automatiquement selon l\u2019ordre d\u2019impression.Ainsi, les cahiers imprimés le plus tôt sont stockés puis insérés à l\u2019intérieur de ceux imprimés plus tard en soirée.Afin d\u2019être au plus proche de l\u2019actualité, et d\u2019offrir les informations les plus récentes (notamment au chapitre de l\u2019actualité montréalaise, des comptes rendus de spectacles ou encore des résultats sportifs), les cahiers imprimés en dernier sont le cahier A, les Sports et les Arts et Spectacles.L\u2019ordre peut donc varier selon l\u2019actualité.Q Pourquoi les cahiers ne sont-ils pas pliés au milieu?R La nouvelle usine où est imprimée La Presse est dotée d\u2019un système d\u2019encartage qui assemble automatiquement les cahiers.Pour bénéficier des avantages liés à cette technologie, les cahiers ne sont pas pliés exactement au milieu de la page, mais marquent un décalage pouvant aller jusqu\u2019à un demi pouce.Cette dimension suffit pour permettre au système d\u2019ouverture de déplier correctement les cahiers extérieurs au centre desquels les autres prennent place.Ces plis asymétriques expliquent la différence dans la taille des pages des cahiers en format tabloïd.La mise en page de la nouvelle Presse tient donc compte de ce décalage.Q Pourquoi le tabloid Sports est-il agrafé ?R Le tabloïd des Sports se trouve dorénavant placé dans une position ouverte, afin de recevoir les autres cahiers.Nous avons choisi de l\u2019agrafer afin de faciliter la manipulation du journal sans risquer l\u2019éparpillement des pages sportives imprimées dans le format tabloïd.Q Est-ce que ça veut dire que je ne pourrai plus envoyer les cahiers agrafés au recyclage ?R Tous les cahiers agrafés peuvent être recyclés.Les usines de récupération sont équipées de systèmes magnétiques conçus pour recycler tous les types de documents agrafés, incluant ceux insérés dans La Presse.Q Qu\u2019est-ce que ces petites barres grises au bas des pages de la nouvelle Presse ?R La nouvelle usine où est imprimée La Presse est dotée d\u2019un système avant-gardiste de contrôle de l\u2019équilibre des encres.Ce procédé de lecture optique permet d\u2019évaluer la qualité d\u2019impression et, le cas échéant, de l\u2019ajuster automatiquement.Pour fonctionner, elle imprime au bas de chaque page un code de référence appelé «barre de gris», sous la forme d\u2019une succession de rectangles de différentes tailles et teintes.L\u2019analyse de ces «gris» de référence permet de s\u2019assurer de l\u2019équilibre parfait des couleurs et donc de la qualité d\u2019impression de La Presse.Imprimée dans une nouvelle usine, La Presse propose une série d\u2019innovations.Ces améliorations sont assorties d\u2019un certain nombre de réalités technologiques, et de changements dans le processus de fabrication.La Presse profite de cette nouvelle liberté graphique pour revoir sa maquette ainsi que son contenu.Voici les réponses à quelques questions que vous pourriez vous poser sur le sujet.Des réponses à vos questions lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 24 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3CL2001D0924 3CL2001D0924 ZALLCALL 90 14:57:26 09/24/03 B D20 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 24 SEPTEMBRE 2003 101 ÎLE DE MONTRÉAL ABSOLUMENT A CONSIDÉRER Rosemont, duplex réno 2x51/2, rue paisible, près parc, école, s/sol fini, garage, 249 000 $ nég R.Raffa, Sutton 514-727-7575 AHUNTSIC, boul.Gouin, triplex d\u2019époque rénové, la cour adossée au parc de la Visitation.Site unique.S/sol fini, 7 pièces, proprio occupant + un 51/2 et 4,1/2.549 000 $.Salvatore Cuffaro 514-248-8989 Re/Max Alliance AHUNTSIC,triplex 37 x 38, impeccable, 3 ch., s-sol fini avec goût, garage double.Tout libre à l\u2019acheteur.Près parc de la Visitation.Christiane Pilon 514 387-4423 Re/Max crtr AHUNTSIC duplex + bach.10188 St -Charles près de Pr.Fleury, services.S.Thomas (514) 381-8553.Excelsior Crt 101 ÎLE DE MONTRÉAL ST-MICHEL, très beau duplex brique, semi comm.Poss.occ.double.Vendeur très motivé, 139 000 $.La Capitale Avantage, Pascal Roy, 514-382-8000 V.M.R.,maison de ville, 3 ch., 2 s/bains, garage double, 339 000 $.223 Glengarry.Me Langlois, 514-340-1552.V.M.R., Square Mont-Royal, grand cottage jumelé, impeccable, 4 + 1 ch., 3 s/bains, s/sol fini, garage.70, Trenton.Me Langlois, 514-340-1552.VILLERAY, joli triplex avec beaucoup de cachet, garage.Prix 290 000 $.Claude Vandal Sutton crtr, 514-727-7575 106 RIVE-SUD COLLECTIVITÉ NOUVELLE cottage détaché, thermopompe, garage, foyer, piscine creusée, terrain clôturé, 3 chambres, s/ manger et s/séjour, occ.peut être rapide.329 000 $ LONGUEUIL, bungalow détaché, 2+1 chambres, s/bains et cuisine rénovées, très belle cour, occ.flexible.135 000 $ LONGUEUIL, quadruplex jumelé, 4-4-3-6, garage, superbe terrain paysager, logement libre à l\u2019acheteur.399 000 $.MAURICE CHAPUT Re/Max Longueuil Inc.Courtier immobilier agréé (450) 651-8331 GREENFIELD PARK, cottage attaché, garage.109 900$ Re/Max Performance Pierre Héroux 514-910-5050 111 EXTÉRIEUR DE MONTRÉAL MONT STE-ANNE, au pied des pentes, studio Queen, Village touristique, foyer, a/c, rénové l\u2019an dernier.Clé en main.69 000 $.418-833-1852.112 BORD DE L\u2019EAU BORDURE lac Beauport, résidence en pierre, 4 c.à c., foyer, 475 000 $, 418-849-4259.115 CONDOMINIUMS, COPROPRIÉTÉS AHUNTSIC, 41/2, récent, 2e étage, foyer, près Bois de Boulogne, 138 000 $.514 332-4066 AHUNTSIC, condo béton, 1580 117 CHALETS À VENDRE BORD de l\u2019eau, 15 km Magog, tout remis à neuf , 4 saisons, foyer, quai, boiseries, confortable, paisible.450-619-0751 NOTRE-DAME-des-PRAIRIES, près de Joliette.Bungalow 3 saisons, au bord de l\u2019eau.99 000 $.Fouad Senoussi, Remax crtr 514-383-2727 121 FERMES, TERRES ST-CALIXTE 75 arpents boisé, chalet et garage, 125 000 $; ROXTON POND, fermette de 3 acres zonée comm.149 500$ PRÈS DE COWANSVILLE, fermette de 50 acres, maison, bâtiments, équipement, partie boisée, ruisseau, 249 000$ RÉGION MEMPHRÉ MAGOG, 131 À LOUER ÎLE DE MONTRÉAL METRO Jean-Talon, 61/2, 1er, bois, cour, garage, 850 $/mois, libre, 450-465-8319 MÉTRO Jolicoeur, r.-de-ch., 51/2 patio, face beau parc, 650$, 1er oct., non chauffé 514-237-5532 MÉTRO Joliette, 41/2, 2 ch.fermées, r.de ch.de duplex, libre 690$ cour, stat., 514-525-0826 MÉTRO Joliette, 51/2 réno, pl.bois franc, entrée lav./séc., réf.,570$, libre, 514-575-1453 MÉTRO Langelier; haut duplex, 51/2, 3 ch.fermées; secteur tranquille, pas d\u2019animaux.1er déc.650$mois.514-259-3867 MÉTRO Pie IX, beau 51/2, 795$, cachet, boiseries, bois franc, 2 ch.fermées, 2e, entrées lav./ séc., oct., 514-382-9111.MÉTRO 131 À LOUER ÎLE DE MONTRÉAL N.D.G.41/2, chauffé, eau chaude, 900 $, libre imm.514-485-2287 OUTREMONT, 41/2 chauffé, boiseries, balcon, calme, 1er déc., 1095$.514-271-8004 OUTREMONT, av.Dunlop, haut duplex dét., 81/2 chauffé, 2 s/bain, électros, 2250$.Oct., 514-341-9557, 450-227-5664 OUTREMONT, haut duplex, 51/2, ensoleillé, coin Bloomfield et Van Horne.514-272-0351 OUTREMONT, L\u2019EMINENCE entre St-Joseph / Laurier, 31/2 900$, 41/2 1600$, chauffés, tout équipés, piscine et sauna.514-272-8086, 514-271-1541 OUTREMONT, le Phénix, luxueux condo 41/2 équipé, 131 À LOUER ÎLE DE MONTRÉAL PLATEAU, 41/2, r-de-ch, entrées, bois franc.900$ chauffé.LOFT: 3è étage.Entrées, bois franc 650$.514-598-5872.PLATEAU, 51/2 rénové, 3e, oct., 760 $.Visite dim.28 sept.de 14 à 16 h: 3973 Henri-Julien .PLATEAU, à voir! 1450 pi2, St- Hubert/Roy, 2e triplex, superbe réno, bois franc, boiseries, plafonds 11 pi, balcon, 4 électros neufs, 1480$.514-287-1504 PLATEAU, des Érables / Laurier, 41/2 r.-de-ch., réno, les entrées, 750 $, 514-389-8848.PLATEAU, Papineau et St-Joseph, beau 41/2, 2 pièces doubles, les entrées, 2e, bois franc, oct., 625 $, 514 528-5227 PLATEAU, RUE BORDEAUX 131 À LOUER ÎLE DE MONTRÉAL 131 À LOUER ÎLE DE MONTRÉAL Immobilier Résidentiel - vente .100-129 Résidentiel - location .131-156 Commercial - vente .160-173 Commercial - location .180-192 Montréal samedi 13 septembre 2003 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique 65¢ + taxes 119e année no 297 60 pages 6 cahiers \" Ciel variable, Maximum 28, minimum 18 VINCENT MARISSAL C\u2019est arrivé près de chez vous PAGE A5 ARTS+SPECTACLES UN GRAND BLOND AVEC UN SHOW À LUI PAGE D1 HISTOIRES DE FILLES RIMA ELKOURI RENCONTRE TROIS TRAVAILLEUSES DU SEXE PAGE B1 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll JOËL-DENIS BELLAVANCE La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a récemment élargi son enquête dans le dossier du controversé programme fédéral des commandites en demandant aux dirigeants du Parti libéral du Canada (PLC) à Montréal de lui fournir les états de compte du parti entre 1997 et 2002.Les limiers qui enquêtent sur ce fameux programme depuis16 mois tentent de déterminer s'il y a eu malversation entre les agences de publicité de Montréal qui ont obtenu du gouvernement fédéral des millions de dollars en contrats de commandite et le Parti libéral, a appris La Presse hier.Les enquêteurs de la GRC ont formulé cette requête «au cours des dernières semaines» et les dirigeants de l'aile québécoise du PLC s'apprêtent à obtempérer.Un refus aurait contraint la GRC à obtenir un mandat de perquisition afin d'obtenir ces documents, ce qui aurait pu provoquer une embarrassante publicité pour les dirigeants du PLC.Voir PLC en A4 Maudite liste d'attente SILVIA GALIPEAU ATTENDRE: UNE SÉRIE SUR LES GARDERIES SAM 1> 199e sur la liste On parle beaucoup de l'avenir des garderies à cinq dollars.Pendant qu'on discute, des dizaines de milliers de parents attendent en espérant une place.Dans ce premier volet d'une série de trois, La Presse vous propose un aperçu de l'enfer de ce que vivent tous ces parents.PROGRAMME DES COMMANDITES LA GRC ÉTEND SON ENQUÊTE AU PLC lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll JOHNNY CASH MORT D\u2019UNE LÉGENDE DU COUNTRY ARTS+SPECTACLES D20 FRANÇOIS MORENCY «J\u2019 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ÉVELINE GÉLINAS LA BELLE BOSSEUSE PAGE 14 RUFUS WAINWRIGHT Photo ROBERT MAILLOUX La Presse © Desjardins ALEXANDRE VIGNEAULT ai dû combattre plusieurs dragons pour trouver la vérité», assure Rufus Wainwright, au bout du fil.Sorti intact d\u2019un tourbillon de sexe et de drogue pas mal rock\u2019n\u2019roll, le songwriter montréalais installé à New York a composé 14 nouvelles chansons opulentes comme autant de stations disposées sur le chemin de sa rédemption.Quelques jours avant la sortie de Want One, en magasin mardi, il parle de son père et de son envie de devenir aussi populaire que Michael Jackson ! Le cours des jours n\u2019est pas toujours un mystère.Poses, deuxième album de Rufus Wainwright paru en 2001, faisait la chronique de tous ses excès.«Les cigarettes et le lait au chocolat ne sont que quelquesuns de mes péchés, avertissait-il.Tout ce que j\u2019aime est un peu plus fort, un peu plus gros, un peu plus dangereux pour moi.» Peut-être est-il normal qu\u2019à force de jouer L\u2019âme d\u2019un chevalier CART BOURDAIS TRIOMPHE À CLEVELAND PAGE 2 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 3 EXPOS BIDDLE FLANCHE PAGE 5 PHILIPPOUSSIS DE L\u2019ENFER AUX PORTES DU PARADIS PAGE 5 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SPORTS Michel Blanchard > Hugo Girard s\u2019entraîne en tirant sa camionnette! PAGE 6 plus llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll STÉPHANIE MORIN ENVOYÉE SPÉCIALE AU GP DE HONGRIE Les possibilités de revoir les voitures de Formule 1 dans le circuit Gilles-Villeneuve en 2004 restent minces, très minces.Les membres de la coalition Mission Grand Prix ont passé la journée d\u2019hier à discuter avec les têtes dirigeantes de la F1 pour leur vendre l\u2019idée de venir courir à Montréal l\u2019année prochaine malgré les lois contre les publicités du tabac.Ils ont serré des mains, dîné avec le grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone, rencontré des patrons d\u2019écurie, des fabricants de pneumatiques et des constructeurs d\u2019automobiles, mais, au terme de la journée, ils n\u2019étaient pas beaucoup plus optimistes qu\u2019à leur arrivée en Hongrie.«Jeudi, j\u2019évaluais nos chances de sauver le Grand Prix du Canada à 5 %.Je repars, et les chances restent de 5%», a expliqué Normand Legault, promoteur de l\u2019événement.La journée n\u2019a pas été perdue pour autant, estime Martin Cauchon, ministre fédéral de la Justice.«On a vu des portes ouvertes, mais dont l\u2019ouverture est très petite.Soyons clairs: je ne veux pas du tout, du tout créer d\u2019espoir.Il y a encore beaucoup de travail à faire.» Normand Legault, Martin Cauchon, Gérald Tremblay, maire de Montréal, Jean-Marc Fournier, ministre québécois responsable de la métropole, et Benoît Legault, président de la Chambre de commerce de Montréal, ont discuté notamment avec les patrons d\u2019écurie et les constructeurs d\u2019automobiles de la possibilité d\u2019ajouter un 18e Grand Prix au calendrier l\u2019an prochain.Cette solution pourrait satisfaire l\u2019industrie du tabac, qui exige un minimum d\u2019épreuves pour annoncer ses produits.A priori, les dirigeants d\u2019écurie ne sont pas opposés à l\u2019idée.Seulement, plusieurs demandent une compensation financière pour disputer ce Grand Prix supplémentaire, non prévu dans l\u2019accord de concorde (le document qui régit la F1).Voir GRAND PRIX en A2 Mission Québec veut sauver le Grand Prix du Canada «NOS CHANCES SONT FAIBLES» PIERRE FOGLIA ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS Il fait encore chaud à Paris, mais ouf, il n\u2019y a plus de cadavres dans les rues.Il fait encore chaud, mais c\u2019est supportable sauf pour le président, Jacques Chirac, qui vient d\u2019imputer les 10 000 morts de la canicule au manque de «solidarité familiale» des Français.Comme disait le garçon au Café des Deux Gares ce matin: «Il ne connaît pas ma belle-mère pour dire des conneries pareilles.Je te dis que, si elle avait eu chaud, c\u2019est pas moi qu\u2019aurais fait l\u2019éventail.» Ce que je fais à Paris?En vacances.Les championnats du monde d\u2019ath- Situation dramatique en Colombie-Britannique llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll J\u2019suis snob RIMA ELKOURI Le nombril montréalais PAGE A5 PLUS LE FFM NE TOURNE PAS ROND PAGE B1 MOLSON INDY CARPENTIER: UNE VOITURE, MAIS PAS DE MOTEUR SPORTS G1,G3 ET G5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll c y b e r p r e s s e .c a NFL LES INCONNUS DE SEATTLE PAGE 4 7 1 EXPOS SOIRÉE DE LUXE POUR VIDRO PAGE 5 JOSÉ THÉODORE FACE AUX SÉNATEURS\u2026 ET À SON PUBLIC PAGE 5 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SPORTS Réjean Tremblay > Bernie Ecclestone ne comprend pas les Québécois PAGE 5 Les couleurs étaient vives, toniques et omniprésentes au dernier Salon maison&objet de Paris.Des preuves?Jetez un oeil à cette verrerie des Fêtes signée Leonardo ou aux tabourets-cultes des années 70, qui ont été récemment réédités par Branex Design.SALON MAISON&OBJET DE PARIS PEIRRE GINGRAS DÉLICIEUSES ASIATIQUES PAGE 15 LES CONSEILS DE L\u2019ARCHITECTE ATTENTION AUX IDÉES DE GRANDEUR PAGE 14 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll MONT IT LA DÉCO llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll VÉLO DE MONTAGNE LES 10 MEILLEURES STATIONS PAGE 4 VACANCES VOYAGE Dawson City: après l\u2019or, les touristes MARIO FONTAINE «DE L\u2019OR, du whisky et des femmes.» Sa devise officieuse, Dawson City ne l\u2019a volée à personne: on ne s\u2019ennuyait pas une seconde, en 1898, dans cette ville champignon qui fut au coeur de la ruée vers l\u2019or.On ne s\u2019y ennuie pas davantage aujourd\u2019hui, mais disons que les plaisirs sont différents.Cette petite ville du Klondike a en effet beaucoup changé depuis un siècle.Elle ne compte plus que 2000 habitants, quinze fois moins que durant son éphémère apogée.On y vient maintenant comme en pèlerinage, sur les traces des quelques chanceux qui ont fait fortune et des milliers d\u2019autres qui n\u2019ont rien trouvé ou à qui la chance a souri, mais qui ont laissé leur chemise aux tables à cartes ou au bordel.Dawson City cultive ce côté mythique.Ses maisons anciennes sont soigneusement protégées, avec leurs LA SEMAINE SAMEDI DIMANCHE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll La Presse innove en semaine en vous présentant six cahiers thématiques identifiés par des bandes de couleur qui permettront, comme plusieurs autres changements graphiques, une meilleure navigation dans nos pages.Vous remarquerez que la disposition des cahiers a aussi changé : le cahier Sports se retrouve désormais en deuxième position, suivi du cahier Arts+Spectacles, etc.Autre nouveauté : les pages du cahier Montréal Plus sont maintenant réunies dans le cahier A, tandis qu'un nouveau cahier Monde, publié du lundi au vendredi, permettra de faire le point sur l'actualité internationale.Plus de couleurs, une mise en page dynamique : les cahiers Mon Toit et Vacances / Voyage qui étaient déjà des favoris de nos lecteurs deviennent des compagnons indispensables du week-end. L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 25 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LA GARANTIE EN PIÈCES DÉTACHÉES LORSQUE VIENT LE temps d\u2019arrêter leur choix, les acheteurs québécois privilégient la fiabilité de la marque, révèle le sondage 2002 du CAA.La garantie ne vient qu\u2019au 10e rang.La couverture du système antipollution, qui dure huit ans, peut aussi être oubliée en cours de route.Pourtant, « elle touche beaucoup d\u2019éléments, tels le catalyseur et le module électronique, dit Raynald Côté.Qui plus est, elle profitera davantage aux consommateurs dans un éventuel programme contre les émissions polluantes, puisqu\u2019elle procure une garantie de conformité aux inspections» «À l\u2019inverse, reprend M.Côté, toute garantie comporte une période d\u2019ajustement, habituellement de 12 mois.L\u2019acheteur doit savoir qu\u2019il n\u2019a pas toute la vie pour faire ajuster, On dit souvent que l\u2019automobile constitue l\u2019achat le plus important d\u2019une vie après la maison.Malgré tout, bien peu de gens considèrent les garanties du constructeur comme un élément décisif ou même comme un élément d\u2019intérêt lorsqu\u2019ils magasinent un véhicule.Peut-être même ont-ils déjà payé une réparation pourtant sous garantie.LA CHRONIQUE DE BERTRAND GODIN LE RAFFINAGE ET LE SOUFFRE PAGE 3 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NADINE FILLION collaboration spéciale BANC D\u2019ESSAI LES FAMILIALES PAGES 10 ET 11 NOTRE GUIDE CULTUREL DU JEUDI LES MEILLEURES SORTIES EN VILLE > NOS SUGGESTIONS DE LA SEMAINE LP[ ] VINCENT MARISSAL DÉPENSE OU INVESTISSEMENT?PAGE 3 LA LENTE REMONTÉE DU PÉTROLE IRAKIEN Un reportage de Mathieu Perreault PAGES 4 et 5 DES OH! ET DES BAH! PAGE 6 LES PRODUCTEURS AGRICOLES INQUIETS Un texte d\u2019Hélène Baril PAGE 5 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PLUS L\u2019impérialisme est mort Vive l\u2019impérialisme! Les États-Unis doivent-ils assumer pleinement leur rôle d\u2019empire tirant les ficelles du pouvoir dans tous les recoins de la planète ?La chute de Bagdad a mis cette question crûment sur la table.Et si de nombreuses voix appellent Washington à freiner son appétit de conquête, l\u2019impérialisme, ce terme lomgtemps honni, fait un retour en force dans les salons.ertains plient bagage et partent en claquant la porte.D\u2019autres viennent ici après leurs études et ne repartent jamais.D\u2019autres encore décident de vendre leur maison, d\u2019abandonner leur emploi et de repartir à zéro au pays de leurs rêves: le Canada.COLLABORATION SPÉCIALE C Un soldat américain remplace le drapeau du parti de Saddam Hussein par le drapeau américain après la chute de Bagdad.RICHARD HÉTU PHOTO AP © FAMILLE COMBIEN COÛTE UN TROISIÈME ENFANT?PAGE 7 À VOS AFFAIRES llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll l a p re s s e a f fa i res.com LA PRESSE AFFAIRES Préparez-vous : la télé-réalité, au sens pur et dur du terme, débarque en force sur nos écrans cet automne, avec ses jeunes célibataires, gars et filles, ses maisons et lofts et, surtout, ses caméras qui épient sans répit.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll JACK CARTER JEAN-NICOLAS VERREAULT LE HÉROS PAGE 3 ARTS SPECTACLES LOUISE MARLEAU LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE PAGE 7 téléréalité en tête La MATCHSTICK MEN La récréation de sir llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll GAZ BAR BLUES PETITES VIES, GRANDE HUMANITÉ PAGE 4 CINÉMA NOS CRITIQUES Exceptionnel \"\"\"\"\" / Très bon \"\"\"\" / Bon \"\"\" / Passable \"\" / Sans intérêt \" À cinq heures de l\u2019après-midi \"\"\"\" PAGE 9 Gaz bar blues \"\"\"\" PAGE 4 À hauteur d\u2019homme \"\"\"\" PAGE 5 The Cuckoo \"\"\"\" PAGE 4 Dirty Pretty Things \"\"\"\" PAGE 2 Dickie Roberts :Former Child Star \"\"\" PAGE 8 RIDLEY CARRIERES P R O F E S S I O N S + F O R M A T I O N Tél.: (514) 285-7320 Télécopieur : (514) 499-2053 carrieres@lapresse.ca LE PLUS IMPORTANT SITE D'EMPLOIS AU CANADA En partenariat avec La Presse CAHIER I L A PRE S S E MONTR É A L SAMEDI 20 SE PT EMBRE 2 003 en collaboration avec présente le 2 21 salons spécialisés jours seul endroit Établissements participants : Algorithme Pharma inc.Centre hospitalier de St.Mary Centre hospitalier Richardson CLSC - CHSLD des Patriotes Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James HÉMA-QUÉBEC Hôpital Charles LeMoyne Hôpital général Lakeshore Hôpital Maisonneuve-Rosemont Institut de Cardiologie de Montréal Les Centres d\u2019hébergement de Longueuil Les CHSLD du Plateau Mont-Royal MDS Pharma Services Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik Résidences Mance-Décary (C.H.S.L.D.) SFBC Anapharm Le Salon des professionnels de la santé (Diplômés, professionnels, étudiants) Condition d\u2019admission : CV obligatoire Postes offerts: Audiologiste - Diététiste - Éducateur spécialisé - Ergothérapeute Infirmier - Infirmier auxiliaire - Inhalothérapeute - Orthophoniste - Pharmacien Phlébotomiste - Physiothérapeute - Préposé aux bénéficiaires - Psychologue Technicien / Technologue - Travailleur social Postes offerts: Administrateur de réseaux - Administrateurs de système (SUN, UNIX, HP-UX, Windows, Novell) - Agent support technique - Analyste assurance/ qualité - Analyste-programmeur - Animateur 3D - Architecte d\u2019applications d\u2019affaires - Architecte de réseaux - Architecte technologique - Chef d\u2019équipe intégration fonctionnelle - Chefs de projet principaux - Concepteur d\u2019applications Conseillers en intelligence d\u2019affaires - Contrôleurs de projet (PCO) - Ingénieur de projets - Ingénieur en automatisation - Ingénieur en validation - Ingénieur mécanique /dessinateur/concepteur - Modeleur de personnage 3D - Programmeur de logiciel senior - Programmeur senior portail/service au joueur - Technicien en automatisation Textureur 3D Entreprises participantes : Ajilon Services-conseils CAE inc.(présente le 25 sept.seulement) Cap Gemini Ernst & Young CGI inc.Groupe LGS inc.Invensys Kaba Ilco Ubi Soft Plus d\u2019info et pré-inscription au NN \u2019\u2019 oo uu bb ll ii ee zz pp aa ss dd \u2019\u2019 aa pp pp oo rr tt ee rr vv oo tt rr ee CC VV EE nn ttrr éé ee gg rr aa tt uu ii tt ee !! Une production 24 - 25 septembre 2003 Mercredi de 14h à 19h Jeudi de 11h à 19h Palais des Congrès de Montréal Place d\u2019Armes Le Salon des emplois techniques et technologiques (Professionnels) Conditions d\u2019admission : CV obligatoire et 2 ans d\u2019expérience pertinente 3159399A Cherchez-vous un emploi dans une zone de conflit, pas très bien rémunéré, avec Tous les jeudis, vous pourrez consulter notre tout nouveau magazine LP2, un guide culturel de format tabloïd produit par les journalistes des cahiers Arts+Spectacles et Cinéma.Les lecteurs de La Presse trouveront dans ce nouveau cahier les horaires des films, des spectacles, des pièces de théâtre, expositions et autres événements culturels à voir en ville.Les lundis, le populaire cahier L\u2019Auto continue d\u2019offrir chroniques et reportages sur le monde fascinant de l\u2019automobile.Le samedi, en plus de nos cahiers habituels et du cahier Sports grand format, vous retrouverez les grands reportages de notre cahier Plus, ainsi que des cahiers Arts+Spectacles et Cinéma renouvelés.Le samedi, La Presse présente un nouveau produit, Actuel Magazine, un cahier de format tabloïd de 64 pages qui regroupe la personnalité effervescente du cahier Actuel du samedi et celle du magazine télé Voilà!.Les lecteurs de La Presse du samedi découvriront dans ce magazine un contenu riche en nouveautés, des dossiers complets sur les préoccupations d'aujourd'hui, ainsi que leurs chroniques préférées du cahier Actuel du samedi.Le dimanche, nos cahiers habituels - Sports Plus, Arts+Spectacles, Actuel Santé et Lectures - vont présenter des contenus également renouvelés : le cahier Lectures invitera notamment nos lecteurs à faire partie d'un club de lecture La Presse, tandis qu'Actuel Santé présentera pour sa part une nouvelle page consacrée à la science.L'équipe chevronnée de La Presse Affaires a enfin préparé le nouveau cahier À vos affaires, qui consacrera plusieurs pages aux finances personnelles, à la consommation et aux investissements.LA FRANCE SOUS L\u2019AVALANCHE Illustration STEVE ADAMS, collaboration spéciale © llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll La Main de Dante Nick Tosches \u203a Roman \"\"\"\" PAGE 3 Louis Malle, le rebelle solitaire Pierre Billard \u203a Biographie \"\"\"\" PAGE 5 The Einstein File Fred Jerome \u203a Essai \"\"\"\" PAGE 4 Adieu Betty Crocker François Gravel \u203a ROMAN \"\"\" PAGE 2 Exceptionnel \"\"\"\"\" / Très bon \"\"\"\" / Bon \"\"\" / Passable \"\" / Sans intérêt \" VERS LE GONCOURT PAGE 3 ALICE FERNEY Entre Montréal et Sainte-Anne-des- Lacs, enfin seule dans son auto, Nicole Champagne en profitait pour se laisser enfin aller.La tête partait dans une espèce de mouvement sinueux qui semblait partir du milieu du dos pour rejoindre l\u2019épaule et tordre le cou avant de finir au sommet de la tête.D\u2019autres fois, c\u2019était le bras : «Quand j\u2019arrivais à la maison, j\u2019étais épuisée, tous les muscles me faisaient mal.Mais c\u2019était plus fort que moi, il fallait toujours que quelque chose bouge.» Petite, elle pouvait se ronger les ongles jusqu\u2019à ce que ça saigne.Ensuite, elle s\u2019est fait craquer les doigts à répétition, s\u2019est mise à cligner des yeux et à grimacer sans cesse.À l\u2019école, elle affichait tellement de tics que ses compagnons l\u2019avaient surnommée «Flasher» avant de l\u2019isoler, comme les autres enfants jugés marginaux.Ça ne s\u2019est pas arrangé en vieillissant mais, avec l\u2019âge, elle a tout de même appris à camoufler : «Parfois, j\u2019arrivais à réduire un Gratter la tête Ronger les ongles Tordre le cou Gratter le bras FINIS LES TICS NERVEUX DANS VOTRE ASSIETTE L\u2019AUTRE VEAU DE GRAIN PAGE 5 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANIELLE PERREAULT DU NOUVEAU CONTRE L\u2019ECZÉMA PAGE 4 LILIANNE LACROIX lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 26 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 7LP1001V0803 voila p10 7LP1001V0803 ZALLCALL 90 15:26:49 09/24/03 B 10 V O I L À ! S E M A I N E D U 3 A O Û T 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAMEDI 3 AOÛT LE DÉFILÉ DE LA FIERTÉ GAIE Boulevard René-Lévesque, entre les rues Guy et Berri, des dizaines de milliers de spectateurs suivent la parade la plus colorée de l\u2019année : celle de la fierté gaie ! Pénélope McQuade et l\u2019incontournable Mado Lamotte se promèneront dans les rues afin de recueillir les réactions des personnalités politiques et artistiques qui prendront part au défilé.Cette année, des membres du groupe juif gai Feygelah, des associations gaies des collèges Édouard-Montpetit et Marianopolis et de l\u2019équipe de soccer Pacifix prendront part au défilé pour la première fois.TQS, mardi 20 heures LE TOP 10 DE L\u2019IMAGINATION HUMAINE\u2026 L\u2019imagination humaine a parfois repoussé les limites de l\u2019impossible et réussi à créer des structures étonnantes.TVA vous propose ici un autre Top 10, celui des merveilles créées par l\u2019Homme.Parmi celles-ci : le Taj Mahal, un temple indien dédié à l\u2019amour, le Sydney Opera House, le pont Golden Gate de San Francisco, la Grande Muraille de Chine, le mont Rushmore, le barrage Hoover, l\u2019impressionnant canal de Panama et le train trans-sibérien.TVA, mardi 19 heures LA FACE CACHÉE DU SAHARA Au coeur du Sahara, cette fournaise aride de sable en mouvement et de dunes qui se forment et se déforment au gré du vent, l\u2019eau est si rare et les variations climatiques entre le jour et la nuit si extrêmes que la vie ne tient qu\u2019à un fil.En 1933, un aventurier y a découvert, dans une grotte préhistorique, des fresques illustrant des hommes et des femmes se baignant, entourés de girafes, de zèbres et de gnous.En 1933, un aventurier y a découvert, dans une grotte préhistorique, des fresques illustrant des hommes et des femmes se baignant, entourés de giraf Se pourrait-il que le plus grand désert du monde ait jadis abrité une mer intérieure ?Ce documentaire présenté dans le cadre de Découverte se demande ce qu\u2019il est advenu de ce paradis luxuriant\u2026 Radio-Canada, mardi 18h30 Le Téléjournal 58029 La Petite Vie 69181 LA NEUVIÈME PORTE (4) avec Johnny Depp, Emmanuelle Seigner 329278 k CRIMINOLOGIE APPLIQUÉE (5) avec Peter Falk, Stephen Caffrey (16:00) 8181 Le TVA 18 heures 9549 INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT (4) avec Harrison Ford, Kate Capshaw 952549 SOUS PRESSIONk LA CHOUETTE.(15:30) 750891 Le Grand Journal 877365 Spécial - Faut le voir pour le croire 646617 MENTEUR MENTEUR (4) avec Jim Carrey,Maura Tierney (sous réserves) 1050346 L'ENNEMI AUX PORTES (4) k Les Grands Documentaires / Vivre en solo 96723 Malcolm 36839 Le Septième 10891 Les Francs-tireurs 96452 Belle et Bum 92346 Football (15:00) 556278 Sat.Report 7549 Wayne & Shuster Super Special 91013 LILO & STITCH (4) Dessins animés 67346 k ONE FINE DAY (4) (16:00) 288758 CityPulse 839926 Fashion TV 820278 MovieTV 196723 StarTV 819162 MediaTV 105471 Speakers.191278 A GIRL IS A GIRL k Mysterious Ways (16:00) 12988 News 69384 The Habs.8297 W-Five Presents 21C 12452 Sue Thomas: F.B.Eye 21100 Comedy Now 76162 Reg.Contact 50636 The Simpsons (16:30) 980723 Mystery Ink 583549 Inside E.T.670029 Moneywise Primetime 952655 Tarzan / Début 938075 Hack 958839 k Global News 583549 Ontario 670029 College Football / Michigan - Iowa (15:30) 998655 Raceline 44384 LILO & STITCH (4) Dessins animés 29758 k NCAA College Football / Alabama - Georgia (15:30) 157181 News 2100 King of Queens 87 48 Hours Mystery 6669 Hack 6425 k Baseball / Match éliminatoire de division: équipes à confirmer (16:00) 269297 That '70s.80162 Seinfeld 32013 Cops 98810 America's most k Horse Racing (16:30) 8502365 News 6389487 NBC News 6207839 Stargate SG-1 8830297 ACE VENTURA: PET DETECTIVE (5) avec Jim Carrey, Sean k Bus.School 289487 Scully.832013 BBC News 839926 The Editors 820278 It's an Age.196723 McLaughlin 819162 Monarch of the Glen 711181 The Blues / k Antiques Roadshow 94365 The LawrenceWelk Show 84278 As Time.95094 Waiting, God 14617 My Hero 53182 .Served?90549 People in the News 737094 CNN Live Saturday 234617 Capital Gang 353181 CNN Presents / Wasted 442029 Larry King Live k Sat.Report 4918891 Fashion.6948520 BBC News 6945433 Hemisph.6969013 >play 5912520 World View 4914075 Foreign.4926810 Sat.Report 1361471 Le Journal 3144346 Le Monde 8646162 La Semaine verte 9424146 Le Journal 3157810 La Facture 8663839 Arnaque au nom de Dieu 6670181 Téléjournal 2006346 The Kathy Durst Case 865655 Parole Board 842839 City Confidential 945365 American Justice 954013 Cold Case.216365 LES FEUX DE L'ÉTÉ (4) avec Paul Newman, JoanneWoodward 835029 Moi, l'Autre 499636 Prise.vues 112075 Viens voir./ Macha Grenon 402984 Thema: Inde k .(15:30) 561549 Gzowski in.281365 Arts &.288278 StarTV 375758 Satie and Suzanne 184013 MSO Plugged:The Red Violin 2455839 BBC Sauvage 4800810 Toujours drôle / P.Légaré 8530966 Québec en humour 6975549 Comico./ Jean-Michel Anctil 6984297 Bio./ M.Jagger k .automobile (16:30) Contes.73384 Kindergarten 70297 .Langagier 61549 Le Monde des affaires 23520 Prévention des toxicomanies 49568 Mondiali.94520 How'd they do that?787278 How it's Made 200839 Frontiers of Construction 310655 Monster House 396075 Monster Garage k .de luxe 62758 .des génies 11568 Journée.21051 Soleil express 92433 Tous les fous 79094 Carnets.98617 Les Jardins 88742 .de France 74549 Zone limite 34162 Champs de bataille / Hastings 6434162 Histoire maritime du Canada 3782181 Made in Québec 4619839 Face cachée./ Opération Lune 4791487 JAG 4608723 k Weddings 6832487 Matchmak.6282520 .Wheels 6289433 Weird.6203013 At the Post 6749723 .Dogs 6209297 Zoo Diaries 6758471 Dogs, Jobs 6744278 Matchmak.1150471 .collection (14:00) Made in.9028487 .Élégance 9945100 Benezra 9936452 Génération 80 / 1983 1913758 Musico./ O.Newton-John 1826278 XANADU (5) k M.Net 552365 Infoplus 278891 Box Office 275704 Les Pouces 299384 .peau de 645029 Exposé 295568 Exposé 558549 Karaoclip 560384 Osbourne 459839 Les Experts 188704 Aventures et Associés 601365 Doc 728471 La Loi & l'Ordre: crimes sexuels 704891 Sexe à New York k At Home with the Braithwaites 138988 Clocking off 740487 GIANT MINE (4) avec Peter Outerbridge,Thomas Mitchell 634487 Da Vinci's k Farscape 6867810 Tekwar 2222988 Starhunter 1976384 The Chronicle 1952704 DESTINY TO k LE BON GROS GÉANT (16:30) 3673636 Tékitoi 9739384 Volt 9720636 Panorama 2446365 Villages.9719520 Jean Cocteau, autoportrait.8486433 LE SANG D'UN k À communiquer 922100 Trading Spaces: Family 992094 While you were out 376100 Trading Spaces 271556 k Journal b.400742 Cuisinez! 133568 Face à l'image 482471 Journal FR2 497278 Jacques Brel: le droit de rêver 628988 Modern Marvels 38723 Ancient Clues 37384 National Geographic / Wolf Pack 21162 A STREETCAR NAMED DESIRE (2) avec Vivien Leigh, k Pour un flirt 3808891 Jeux de société 3856839 Décore.3809520 Métamor.9927704 Je le veux! 3825568 .cigogne 3804075 Éros et Cie k Cour à \"Scrap\" 180162 Robot Wars 603723 Métal hurlant 800029 Poltergeist 713549 Twilight Zone k Championnat du monde de golf (16:00) 707029 Sports 30 271988 Circuit 547433 Baseball / Séries de divisions: équipes à confirmer 930181 k Baseball / MLB Playoffs: équipes à confirmer (16:00) 264181 News 8346 Baseball / MLB Playoffs: équipes à confirmer 256162 k Boxing (16:00) 854549 Sportscentre 844297 Nine Ball Challenge 947723 Boxing 775177 k SCOOBY DOO AND THE LEGEND OF THE VAMPIRE 7846988 .meilleur 9930278 Silverwing 3818278 Dilbert 9929162 Scooby Doo 1813704 Simpson 1483655 Sabrina.550907 .j'aime 276433 Réal-TV 273346 Degrassi.297926 Charmed 179181 Roswell 268029 Buffy contre les k SABRINA.(16:00) Girlstuff 422839 Moville.412452 Freaky.403704 Martin.786549 Spider-Man 409988 THE ADDAMS FAMILY (4) avec Anjelica Huston, Raul k Adrénaline (16:00) 32549 Automotive 63907 :TVA: :TQS: :TQ: :CBC: :CITY: :CTV-M: :CTV-O: :GBL-Q: :GBL-O: :ABC: :CBS: :FOX: :NBC: :PBS-P: :PBS-B: :CNN: :NW: :RDI: :A&E: :ARTV: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :HI: :LIFE: :MMAX: :MP: :S+: :SHOW: :SPA: :TFO: :TLC: :TV5: :TVO: :VIE: :Z: :RDS: :SPN: :TSN: :TTF: :VRAK: :YTV: :SRC: :TQc: CANAUX 17h00 17h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 CANAUX 17h00 17h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 S E M A I N E D U 3 A O Û T 2 0 0 3 V O I L À ! 11 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3AOÛT SAMEDI k Le Téléjournal 79100 PRÉSUMÉ INNOCENT (3) avec Harrison Ford, Greta Scacchi 68322471 k (5) avec Charlie Sheen,MareWinningham 24655 Le TVA 2274297 TÉMOIN MUET (5) avec Francesca Brown,William Hurt (23:28) 7179029 k avec Jude Law, Joseph Fiennes (20:45) (sous réserves) 85836988 Le Grand Journal 801617 Sex-shop 544476 LISTE D'ATTENTE (4) avec Vladimir Cruz,Tahimi Alvarino 5054617 COMPLOT POUR UN MAGOT (3) avec Glenn Close, Charles S.Dutton (23:19) 49794182 k THE GODFATHER III (3) avec Al Pacino, Andy Garcia 325520 k (4) avec Andrew McIntyre, Paige Morrison 721568 CityPulse 627146 SexTV 339636 THE FLORENTINE The Osbournes 47051 The Osbournes 60162 Comedy Inc.79810 CTV News 88907 News 6707655 The Sex Files (00:05) 2633940 k L.A.Dragnet 951926 JR Digs 228100 Saturday Night Live 942839 Global News 228100 k L.A.Dragnet 35365 Steel Dreams 19839 Pub 3573785 k The District 3162 News 7636 Entertainment Tonight 27549 kWanted 85346 TheWest Wing 88433 Mad TV 58839 Buffy the.243389 k Young 8810433 Law & Order 8839568 News 1159742 Saturday Night Live 5830051 kPiano Blues 86029 BBCWorld 627146 LON CHANEY: A THOUSAND FACES Austin City Limits 56471 The Blues 247105 k 359365 CNN Saturday Night 352452 CNN Presents / Killing Pablo 222487 Larry King 544209 One.6806433 Rough Cuts / Human Trials 5911891 >play 8900365 Sat.Report 1822679 .aventure 4474641 Enjeux 6660704 Grands Reportages 1153636 Téléjournal 6340766 RESERVOIR DOGS (3) avec Harvey Keitel,Tim Roth 718075 Am.Justice 225105 k 1716433 Thema: Inde (21:50) 7487988 Thema.(22:50) 46092891 PEAU.706495 Irish Music.(21:15) 30318452 Strip Search 898704 Sex and the City 5663988 Queer Eye.(23:45) k 6964433 Secrets intimes d'Hollywood 6967520 Sexe Réalité 9578520 LA NUIT.5076037 Histoire des formes urbaines 408704 Le Folklore.80988 NASA Educational File 29926 Santé.894037 k 316839 American Chopper / Race Car 319926 Guinness World Records 176433 Sex Files 878263 Les Routes oubliées 955966 Pilot Guides 952159 .Cuba 34384 Saveurs.405871 k 2001: L'ODYSSÉE DE L'ESPACE (1) avec Keir Dullea, Gary Lockwood 2267278 Hollywood 3841988 English.6267723 Out.City 6276471 Sexual Secrets 5752278 Faking it 8272132 k avec Olivia Newton-John,Michael Beck 1829365 Musico./ O.Newton-John 9082162 Ohhh Oui!!! 1505563 Dollaraclip 626029 Artiste du mois / Jane's Addiction Live à M+ 405758 Vidéo Clips 708742 Banzai 952292 k 724655 En quête de preuves 727742 Témoins silencieux 153758 Doc 498679 k Inquest 774839 REQUIEM FOR A DREAM (3) avec Ellen Burstyn, Jared Leto 4414365 kORDER (5) avec Stephen Ouimette 1955891 Robocop: Dark Justice 6639988 kPOÈTE (3) avec Enrique Rivero, Lee Miller 8489520 Cent ans de mémoire de jazz 1115597 Volt 1570327 k Date Patrol 726641 Trading Spaces 320641 k Journal 740907 d.759655 MAIGRET ET LA VENTE À LA BOUGIE 8407297 kMarlon Brando 1947297 THE ROMAN SPRING OF MRS.STONE (4) avec Vivien Leigh (22:20) 14475100 k 1824810 Une chance qu'on s'aime 1834297 Le monde est sexe 9180758 CHOIX.7836501 k 726013 Les Médiums 729100 Alias 378948 Monstres.490037 k Sports 30 890162 Circuit 436988 Championnat du monde de golf 343365 k Sportsnetnews 60384 WWE Afterburn 76452 k Sportscentre 611181 CFL.503407 .Arts 227563 Henri pis.3853742 .maniac 4642365 Quads! 4651013 Simpson 1488100 Déchiquet.5988617 Bugs.7816747 k vampires 175365 kJulia 398433 TeenWolf 670549 IT CAME.278209 Musicians 74988 :TVA: :TQS: :TQc: :CBC: :CITY: :CTV-M: :CTV-O: :GBL-Q: :GBL-O: :ABC: :CBS: :FOX: :NBC: :PBS-P: :PBS-B: :CNN: :NW: :RDI: :A&E: :ARTV: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :HI: :LIFE: :MMAX: :MP: :S+: :SHOW: :SPA: :TFO: :TLC: :TV5: :TVO: :VIE: :Z: :RDS: :SPN: :TSN: :TTF: :VRAK: :YTV: :SRC: 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 MINUIT CANAUX 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 MINUIT CANAUX Et si le secret de la vie sur Terre se cachait sur Mars Mardi 20h30 www.radio-canada.ca/cinema EN PREMIÈRE AUX GRANDS FILMS MARS MISSION SUR 5 14 17 16 NOTRE GUIDE CULTUREL DU JEUDI LES MEILLEURES SORTIES EN VILLE > NOS SUGGESTIONS DE LA SEMAINE DANS LE VENTRE DE THE MATRIX NOTRE CHRONIQUEUR INVITÉ SURPRISE LE BILLET Hugos Dumas N\u2019importe quoi.FLÂNER Une visite du quartier portugais avec Rima Elkouri THÉÂTRE Ève Dumas Le grand défi de Hamlet LP[ ] CINÉMA> X2: X-Men unis De Bryan Singer avec Hugh Jackman, Ian McKellen et Patrick Stewart.D\u2019entrée de jeu, le plaisir que prend Bryan Singer à entraîner tout de suite le spectateur dans le feu de l\u2019action est manifeste.N\u2019étant plus embarrassé par les contraintes liées à la présentation des personnages, lesquelles ne pouvaient faire autrement que d\u2019alourdir une bonne partie du premier opus des aventures des XMen, le réalisateur de The Usual Suspects orchestre en effet une scène d\u2019ou-verture impressionnante dont l\u2019onde de choc sera ressentie dans les moindres recoins du récit.La scène est puissante.Et permet ainsi à Singer de poser les jalons d\u2019un récit qui démarre sur les chapeaux de roue, tout en donnant au spectateur une idée des effets spectaculaires qui ponctueront l\u2019action au cours des deux prochaines heures.Le plus beau de l\u2019affaire, c\u2019est que ces effets, contrairement à ce qu\u2019on trouve dans tant d\u2019autres productions du même genre, servent ici le récit à bon escient, d\u2019autant plus que celui-ci fait à sa manière écho au contexte sociopolitique dans lequel le monde est plongé.VOIR L\u2019HORAIRE CINÉMA en page 13 LES SORTIES DE LA SEMAINE vous guide chaque semaine parmi les dizaines de propositions culturelles que contient ce cahier.Cette semaine, un menu alléchant, du spectacle musical Le Petit Prince, au film X2: X-Men Unis, sans oublier le spectacle au Centre Bell des Red Hot Chilli Pepper qui nous ont offert toute une prestation.Bonnes découvertes! lle est là, affalée sur le comptoir de service,quandellen'estpascarrément assise dessus, ses cheveux bouclés mauves balayant le clavier de son ordinateur-caisse.Un client entre et la jeune commis daigne à peine détourner les yeux de Breakfast Club, complètement absorbée par Molly Ringwald qui s'applique du rouge à lèvres sans l'aide de ses mains.Sa collègue, pas beaucoup plus vieille, une blonde d'environ 20 ans, jacasse bruyamment au téléphone à propos d'un de ses ex, le dos tourné à la longue file de gens qui poireautent pour payer.On ose à peine les déranger, de peur que a) la première nous crache au visage l'énorme gomme qu'elle mâche ou que b) la seconde nous assomme avec le combiné.À toutes les fois où je mets les pieds au club vidéo près de chez moi, où il y a des tonnes de copies, mais jamais sur les tablettes, cette scène rejoue, avec quelques variantes, mais le constat reste le même : j'ai l'impression qu'on se fout royalement de ma gueule.«C'est bien le film Dude, Where's My Car?», me demande, avec le plus de sarcasme possible, la commis à la chevelure multicolore en s'assurant, évidemment, que les vilains mots Dude, Where's My Car?résonnent bien fort aux quatre coins du club vidéo.«Ouin, la semaine a été pas mal dure, je n'ai pas vraiment le goût de me casser la tête ce soir.» Je repars donc avec la cassette de la honte sous le bras, comme si c'était une XXX.Et je sais qu'au moment même où je franchis la sortie de ce club vidéo, les deux jeunes commis se lancent dans une inspection complète de mon dossier pour vérifier si je n'aurais pas également loué, par inadvertance, Legally Blonde, Scary Movie ou American Pie (deux fois), de grands classiques du cinéma qui n'ont pas été réalisés par Pedro Almodovar et/ou Lars Von Trier.Verdict?Coupable! Je le sais, car il n'y a pas si longtemps, je l'ai fait.J'ai été ce commis baveux, et un peu nerd sur les bords, qui riait des films «vraiment trop poches», comme tous ceux de la collection «Cas Vécus», que les gens louaient.C'était au milieu des années 90, aussi bien dire la préhistoire.Pendant un quart de travail, on pouvait faire jouer Reality Bites à quatre reprises et on réécoutait au minimum 26 fois, sans exagérer, les premières minutes de Benny & Joon uniquement pour entendre la chanson 500 Miles des Proclaimers.Notre patron pestait souvent : pensez donc aux clients «Les clients?Rapport.C'est nous qu travaillons ici 12 heures par jour», se répondait-on entre nous.Les clients, nos clients, on connaissai tout d'eux.Monsieur Untel qui, tous le samedis matin, se pointait à l'ouverture du magasin (à 10h) et en ressortait systéma tiquement avec trois films délicatemen choisis derrière les portes western.Ou Madame Chose, une dame un peu pincée, qui glissait toujours un coquin What About Boob?entre deux dessin animés de Walt Disney pour ses enfants question de pimenter ses soirées.Le plus drôle restait cependant la liste LA fameuse liste.Rigoureusement tenue par quelques malins commis, dont moi évidemment, cette liste contenant tou les titres de films que les clients massacraien bien malgré eux, ce qui nous faisait croule de rire à tout coup.Exemple.\u2014 Salut boss, avez-vous reçu ça Le Nouveau Top Gun?\u2014Hein?Le Nouveau quoi?\u2014Ben oui, vous savez, c'est le film où il y a unmongol qui court vite.\u2014Ah, vous voulez dire Forrest Gump.\u2014C'est pas ça que j'ai dit?Croix de bois, croix de fer, cette situation est véridique.Tout comme celle-ci : un gentil monsieur qui me tend un bout de papier chiffonné sur lequel était écrit Baizine King Sting.«Je veux louer ce film là», disait-il, sérieux comme un pape Après de longues minutes de questionne ment et, finalement l'intervention du gérant, un fils àmamande 35 ans, on a fina lement compris qu'il s'agissait de.Basi Instinct, avecSharon Stone etMichaelDouglas J'ai malheureusement égaré la fameuse liste, mais on chuchote qu'elle s'allonge encore.Récemment, Pleasantville (un film avec Reese Whiterspoon et Tobey Maguire) devenait, sur une note plu locale, Bienvenue à Plessisville.Maintenant, j'ose à peine imagine comment ont été déformés Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ou Commen ma mère accoucha de moi durant sa ménopause.LE BILLET DE HUGO DUMAS E Le nouveau Top Gun ROCK>Red Hot Chili Pepper Red Hot Chili Peppers et Queens of the Stone Age, ce soir, 19h30, au Centre Bell.Le temps n\u2019a pas d\u2019emprise sur les Red Hot Chili Peppers.Flea, Anthony Kiedis et Chad Smith ont beau être des quadragénaires, leur musique énergique n\u2019a rien perdu de son impact sur les jeunes amateurs de rock.Àne pas manquer.PHILIPPE RENAUD *** 1/2 MARC-ANDRÉ LUSSIER CINÉMA> > > Confidence De James Foley avec Ed Burns, Rachel Weisz et Dustin Hoffman.Pour rembourser sa dette à un dangereux caïd, un jeune escroc et sa bande montent une arnaque complexe.Les amateurs de films policiers s\u2019amuseront à aller puiser dans leur culture cinéphile les références qui mettront à sa juste place Confidence dans la tradition.VOIR en page13 *** CHANTAL GUY SPECTACLE> Le Petit Prince Théâtre Saint-Denis jusqu\u2019au 1er juin.L\u2019essentiel est invisible pour les yeux, Saint- Exupéry lui-même l\u2019a écrit dans Le Petit Prince il y a 60 ans.La formule s\u2019applique également au spectacle musical tiré de cet ouvrage mythique.Une fois le rideau tombé sur les éclairages complexes, les projections souvent magnifiques, le décor parfois surprenant, la musique lyrique, les paroles lourdes, que reste-t-il du Petit Prince?VOIR L\u2019HORAIRE SPECTACLE en page 17 MARIE-CHRISTINE BLAIS Les Invasions barbares De Denys Arcand avec Rémy Girard et Stéphane Rousseau.Il s\u2019agit, et je pèse mes mots, du chefd\u2019oeuvre de Denys Arcand.Autant Le Déclin de l\u2019empire américain dont on retrouve presque tous les personnages dans Les Invasions barbares se voulait drôle, caustique et frivole, autant ce nouveau film cherche-t-il la gravité, le sérieux et la densité.VOIR en page14 ***** LUC PERREAULT FAMILLE> La vie en Arctique Biodôme du 20 juin au 3 septembre.Le Biodôme a complètement revampé la section arctique de son exposition permanante avec l\u2019aide du zoo de Stockholm.Le montage original, les images noires et bleues, douces et dépouillées, et la musique juste ce qu\u2019il faut de perceptible.reste pour qu\u2019on absorbe, les yeux grands ouverts, cette histoire aussi terre-à-terre que surnaturelle.VOIR L\u2019HORAIRE FAMILLE en page 20 CHANTAL GUY DownWith Love De Peyton Reed avec Renée Zellweger et Ewan McGregor.Pouvait-on imaginer couple plus mignon que celui formé de Renée Zellweger et Ewan McGregor?Le romantique Christian deMoulin Rouge et la sulfureuse Roxie de Chicago?Dans DownWith Love, ils ne sont pas à Paris au début du XXe siècle, pas plus qu\u2019àChicago dans les années 20, mais dans le NewYork des années 60.VOIR en page 12 *** 1/2 CHANTAL GUY HUMOUR> Les Noces de tôle Marc Messier, Serge Thériault et Claude Meunier au Théâtre Jean-Duceppe.Pôpa et môman célèbrent leur 50e anniversaire de mariage.Tout un surprise party sur la scène! perceptible.reste pour qu\u2019on absorbe, les yeux grands ouverts, cette histoire aussi terre-à-terre que surnaturelle.Et ce, même si on a passé les faits à la moulinette hollywoodienne.SONIA SARFATI FLÂNER > Portugais et exquis La Main a beau courir à vive allure, le temps semble à jamais suspendu tout près.Rima Elkouri salue au passage des papis immigrants à béret en filant vers les commerces du quartier portugais.VOIR page17 RIMA ELKOURI Howie le Rookie De Tom O\u2019Rowe, avec Claude Despins et Maxime Denommée à la Licorne.Est-ce parce que le sang irlandais coule dans bien des veines québécoises?Howie le Rookie n\u2019a pourtant rien de verdoyant, de frais, de propre ou de printanien.Dans un quartier très défavorisé de Dublin, deux gars viennent tour à tour nous raconter leurs histoire.Cru, direct, intense, fascinant, rough and.soft.VOIR L\u2019HORAIRE THÉÂTRE en page19 THÉÂTRE> ÈVE DUMAS NIGHT LIFE> Area 5348, rue Sherbrooke Sans perdre ses qualités de fraîcheur et de délicatesse, elle a mûri, s\u2019est étoffée.Plus composées, les saveurs sont plus denses.Et du côté des desserts, le changement est surprenant.En restauration, rien n\u2019est jamais acquis, mais la jeunesse de cette maison semble se passer si bien que l\u2019avenir ne doit certainement pas lui faire peur.VOIR page 19 HUGO DUMAS [ ] MARIAGE GAI lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 DOSSIER lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 11 ne photo, volontairement provocatrice, a fait la une d\u2019un magazine gai torontois Fab, le mois dernier : une homme, qu\u2019on imagine être le marié, est tout de blanc vêtu.Mais sa tenue (de cuir) est pour le moins minimaliste.Il porte un bouquet, mais celui-ci est franchement phallique.Bien sûr, tous les mariages gais ne seront pas si provocateurs.La plupart seront d\u2019ailleurs probablement plus traditionnels.À chacun son style.Mais qu\u2019ils soient simples ou, disons, originaux, une foule de questions, certaines plus cocasses que d\u2019autres, se posent.Qui porte du blanc?À qui va le bouquet?Et que dire de la jarretière?Qu\u2019importe, dans le fond?Phoebe et Millie (noms fictifs) sont deux filles franchement traditionnelles, disent-elles.Toutes deux tenaient à un mariage célébré dans les règles de l\u2019art.Respectant tous les manuels du mariage parfait, la veille du jour J, elles ont fait chambre à part et ont gardé secrètes la coupe et la couleur de leurs tenues.Et pour la fête, elles ont mis le paquet : bouquets, jarretière, diamants, et nuit de noces, évidemment.«Nous n\u2019avions pas de robes de mariée», prend la peine de préciser Phoebe.Exit le look meringue, donc, et place aux chic robes longues, bordeaux pour l\u2019une, champagne pour l\u2019autre.Les deux nouvelles mariées se sont aussi pliées aux règles les plus traditionnelles du mariage.Elles ont eu droit à un enterrement de vie de jeune fille en bonne et due forme, avec, mariage lesbien oblige, une jolie danseuse sexy.Les deux mariées ont aussi chacune eu un bouquet et une bague de diamants, et même deux jolies mariées sur leur gâteau de noce.«On a même fait le petit jeu de la jarretière», précise Phoebe.>>> U Pendant que le débat fait rage, des centaines de gais et de lesbiennes continuent de s\u2019unir, à la vie à la mort, quoique sans Dieu ni loi.Au delà des questions de morale, de religion et de filiation entendues ces derniers jours, osons aborder ce dossier avec un peu de légèreté : comment s\u2019habille-t-on à un mariage gai ?Un reportage de SILVIA GALIPEAU «C\u2019est stressant, toute cette préparation.Que tu sois homo ou hétéro, il n\u2019y a aucune différence.» l\u2019 SAVEURS lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 TROUVAILLES Daniel Vézina collaboration spéciale lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 23 PHOTOS ALAIN ROBERGE LA PRESSE© SAVEURS Les légumes oubliés automne est arrivé et les feuilles qui tombent nous ont déjà fait oublier les pommiers en fleurs, les tapis de marguerites et de pissenlits, le chant des cigales et quoi encore.Je crois profondément qu'il est dans le tempérament des gens d'oublier pour mieux redécouvrir la beauté véritable de la nature et de ses fruits.Chaque nouvelle saison est porteuse de découvertes et c'est merveilleux comme ça.Depuis plusieurs années on entend parler de légumes ou de fruits oubliés.Quels sont ils?Pourquoi tout à coup gagnent-ils la faveur des gastronomes?Pourquoi refont-ils surface sur nos tables après plusieurs années d'absence?C'est peut-être à cause des discours écologiques qui incitent les gens à faire un retour à la terre ou encore des diététistes qui veulent nous ramener vers une alimentation plus saine?Ou est-ce ce végétarisme qui prend de plus en plus d'ampleur ?Pourquoi ne seraitce pas simplement le goût du vrai, de la découverte, de sortir de notre routine, qui nous amènerait à rechercher dans notre passé les petits bonheurs qu'on aurait oubliés ?Il est sûr que l'oubli a fait disparaître certains légumes ou fruits autrefois appréciés.Mais quels sont les mécanismes de l'oubli et comment éviter de refaire les mêmes erreurs et de priver à nouveau les gastronomes des générations à venir de ces légumes extraordinaires, comme le céleri-rave, la bette à carde, le panais, le chourave, tous oubliés pendant des décennies ?Racines et petits fruits Les premiers humains qui ont foulé notre Terre se nourrissaient de racines, de petits fruits et de gibiers sauvages, ce qui, soit dit en passant, pourrait être l'une des meilleures diètes a suivre par les temps qui courent .Se peut-il qu'en plusieurs centaines de milliers d'année on n'ait rien compris?Le jour ou les Hommes ont troqué la cueillette pour le jardinage a été probablement celui où on a commencé à oublier certains légumes.Il était plus facile d'aller en arrière de sa demeure chercher des maïs (l'un de nos premiers joyaux de l'agriculture) que de descendre quelques kilomètres en bordure de la rivière pour trouver quelques racines en rares quantités.Même à l'époque de la Grèce Antique plusieurs légumes populaires cultivés dans les Jardins de Babylone furent oubliés alors qu'on les reléguait à la soupe du pauvre, l'ancêtre de ce qu'on appelle aujourd'hui dans la plupart des foyers ou restaurants du Québec la crème de légumes ! Et on a dû attendre l'arrivée de l'Italienne Catherine de Médicis en France pour y redonner à certains légumes une notoriété oubliée.IL ÉTAIT UNE fois un garçon né à Verdun à Montréal dans une famille peu nombreuse.Sa mère, originaire de Québec, réussit à convaincre son père de déménager dans la vieille capitale.C'est donc en banlieue de cette magnifique ville que le garçon grandit et c'est particulièrement à la résidence d'été de la famille, à l'île d'Orléans qu'il apprend les rudiments de la gourmandise.Et c'est celle-ci, la coquine, qui le conduira direc-tement à l'école de cuisine de Charlesbourg.Plusieurs années à travailler aux meilleures tables de Québec et la passion pour son métier l'amènent à explorer la cuisine sur tous ses angles.Le rêve qu'il chérit depuis cet amour pour les saveurs devient une autre passion.C'est pourquoi il se met à animer des émissions de cuisine, à chroniquer à la radio, à écrire des livres de recettes.Un jour, on lui demande même d'écrire dans La Presse ! un quotidien de sa ville natale.Après s'être creusé la tête \u2014 comment atteindre et toucher les lecteurs, répondre à leurs besoins à travers l'écriture?\u2014 il se dit que s'il arrive à les faire saliver, à leur donner le goût d'aller au marché, à leur donner envie de cuisiner, à leur apprendre l'histoire, la provenance de certains aliments, etc, que cela peut-être l'aiderait à toujours conserver sa motivation, sa curiosité, son besoin de communiquer et sa soif d'apprendre.Alors, c'est avec joie qu'il accepte l'offre.Allons-y ! >>> Vos choix télé LES NOUVEAUX VISAGES DE L\u2019INFORMATION SIMON DURIVAGE GILLES GOUGEON À RADIO-CANADA AUX GRANDS FILMS Mission sur Mars Page 7 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll STÉPHANIE GRAMMOND FAMILLE COMBIEN COÛTE UN TROISIÈME ENFANT?PAGE 7 À VOS AFFAIRES llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll l a p re s s e a f fa i res.com LA PRESSE AFFAIRES Un chez-soi à sa mesure Pour éviter de se mettre la corde au cou, il faut fixer ses limites L\u2019habitation représente la dépense la plus importante des Québécois, qu\u2019ils soient locataires ou propriétaires.Pour avoir un chez-soi à la mesure de son portefeuille, il est important de bien mesurer les coûts véritables d\u2019une maison afin de soupeser correctement les conséquences financières de ses choix de vie.> Voir CHEZ SOI en C2 Avant d\u2019entreprendre des transformations majeures dans sa résidence, il faut savoir que la rénovation n\u2019est pas nécessairement un investissement rentable.Lorsque les gens rénovent, ils peuvent rarement s\u2019attendre à récupérer la totalité des coûts des travaux.Page 5 Des outils pour des rénovations rentables LES 10 PROJETS LES PLUS RENTABLES Proportion des frais pouvant être récupérés à la revente 1 > Peinture et décoration intérieure 73% 2 > Rénovation de la cuisine 72% 3 > Rénovation de la salle de bain 68% 4 > Peinture extérieure 65% 5 > Réfection des planchers 62% 6 > Remplacement des portes et des fenêtres 57% 7 > Ajout d\u2019une salle familiale au rez-de-chaussée 51% 8 > Ajout d\u2019un foyer 50% 9 > Rénovation du sous-sol 49% 10 > Remplacement du système de chauffage 48% RÉNOVATION SOURCE : INSTITUT CANADIEN DES ÉVALUATEURS Vous rêver d\u2019acquérir votre première maison, dans un parc de maisons neuves ou sur le marché de la revente?Vous songez à déménager?Ou encore vous aimeriez agrandir votre demeure ou entreprendre d\u2019autres travaux de rénovation?Peu importe l\u2019avenue envisagée, on devrait mieux connaître les frais effectifs reliés au logement.D\u2019ailleurs, quelle somme devriezvous consacrer au logement, au juste ?La Société canadienne d\u2019hypothè-ques et de logement estime que les frais mensuels du logement ne devraient pas dépasser 32% du revenu familial brut (avant impôt).Par exemple, un couple dont les revenus annuels totalisent 60000$, soit 5000$ par mois, ne devrait pas consacrer plus de 1600$ par mois à son logement (y compris l\u2019électricité, les frais de chauffage et l\u2019impôt foncier).Une approche plus sage consisterait à ne pas contracter une hypothèque dont les paiements mensuels excèdent le quart de ses revenus nets (après impôt).Par exemple, une personne qui gagne 60000$ par année, soit 42157$ après impôt (ou 3513$ par mois après impôt), devrait se limiter à des versements mensuels de 878$.Évidemment, cela n\u2019inclut que le prêt hypothécaire.Non seulement cette méthode est beaucoup plus prudente, mais elle est aussi plus précise puisqu\u2019elle tient compte du taux d\u2019imposition, qui est progressif, c\u2019est-à-dire qu\u2019il augmente à mesure que les revenus augmentent.Cela dit, le ménage québécois moyen dépense 8533 $ par année pour se loger, ce qui représente 18% de ses dépenses totales.C\u2019est le plus important poste après l\u2019impôt, selon Statistique Canada.Pour avoir un portrait juste des coûts véritables du logement, il faut regarder beaucoup plus loin que le coût de l\u2019hypothèque ou du loyer.V BLOC-NOTES 40 000$ Régime d\u2019accès à la propriété > Le maximum admissible de REER admissibles au régime RAP par famille pour l\u2019achat d\u2019une maison neuve.Notre collaborateur Gilles Gagnon explore les meilleures avenues pour les acheteurs d\u2019une 300 à 500$ > Avant d\u2019acheter une maison, on doit faire inspecter le remblai pyriteux, une opération qui peut coûter de 300 à 500 dollars.Stéphanie Grammond dresse une liste des frais auxquels vous devez vous attendre avant de faire l\u2019acquisition et d\u2019aménager dans une nouvelle demeure.Page 8 15 M$ US > Le salaire annuel du président de la Bourse de New York avec les dividendes.Le public et scandalisé et l\u2019homme doit démissionner maigré des résultats remarquables.23 CONSEILS > Tout ce qu\u2019il faut savoir sur les tendances du marché immobilier selon notre chroniqueur vedette.Michel Girard, page 7 Trois nouveaux cahiers LP2, le nouveau cahier culturel de format tabloïd publié le jeudi dans La Presse, est le guide de sorties culturelles le plus complet à Montréal, produit par les journalistes des cahiers Arts et Spectacles et Cinéma.Chaque semaine, la une de LP2 traitera du spectacle ou du film à voir pour les lecteurs qui sont toujours à l\u2019affût de découvertes et de nouveautés.On pourra aussi y lire deux chroniques signées par notre journalisteHugo Dumas et par un artiste invité.Les lecteurs de La Presse trouveront dans ce nouveau cahier les horaires des films, des spectacles, des pièces de théâtre, expositions et autres événements culturels à voir en ville.Ces horaires détaillés seront enrichis des suggestions de notre équipe de journalistes présentées sous forme de capsules illustrées.Les suggestions de sorties de la semaine engloberont la culture dans son sens le plus large.On y trouvera des capsules sur les bars aussi bien que sur les activités pour tous les âges ainsi que des suggestions pour découvrir une rue ou un quartier intéressant de Montréal.Deux pages seront également consacrées aux restaurants et au vin.LP2 est unélément-clédes cahiers culturels deLaPressequi s\u2019imposera comme la référence en matière de sorties à Montréal.Actuel Magazine, nouveau cahier de format tabloïd dans La Presse du samedi, regroupe en un même magazine à la personnalité effervescente le contenu bonifié du cahier Actuel du samedi et celui du magazine télé Voilà.Les lecteurs de La Presse du samedi découvriront donc un magazine divertissant et instructif qui mise beaucoup sur le visuel enrichi du télé-horaire Voilà.ActuelMagazine réunira les éléments qui ont fait le succès du cahier Actueldu samedi,dont la chronique de la jeune journaliste Rafaële Germain sur les relations hommes-femmes et les pages Saveurs comprenant la chronique sur l'accordentre les mets et les vins du réputé sommelier François Chartier ainsi que celle sur les nouveaux arrivages de Jacques Benoit, une référence en matière de vin, et celle sur les restaurants de Françoise Kayler.S'y ajoutera lanouvelle chronique deDanielVézina, chef du restaurant Laurie Raphaël de Québec, qui communiquera à nos lecteurs sa passion pour la cuisine et l'alimentation avec en prime, une recette de son cru.Actuel Magazine proposera à nos lecteurs deux dossiers hebdomadaires bien illustrés sur des sujets d'actualité qui étonneront par leur contenu, leur originalité et leur présentation visuelle.Et on y trouvera de nouvelles chroniques et courtes rubriques qui répondront aux questions que seposent nos lecteurs dans la vie de tous les jours.La section Voilà suivra immédiatement les pages Actuel et comprendra, sur 32 pages, un reportage sur une vedette de la télé ou une émission importante de la semaine ainsi que les informations essentielles aux lecteurs du télé-horaire: liste des films, des émissions sportives et des téléromans de la semaine.Enfin, les grilles-horaire faciles à consulter seront bonifiées par l'ajout dans la même page de suggestions d'émissions et d'infos complémentaires pour mieux guider nos lecteurs dans leurs choix.Finances personnelles, consommation, investissements\u2026 voilà les sujets abordés chaque dimanche dans le nouveau cahier À VOS AFFAIRES.L\u2019équipe chevronnée de La Presse Affaires et ses collaborateurs vous présentent des dossiers, reportages et chroniques sur les grands enjeux de l\u2019heure.Dans chaquenuméro, consultez le cas de finances personnelles décortiqué dans la chronique Sous la loupe, trouvez réponses à vos questions de consommation, découvrez le profil d\u2019une grande entreprise, faites le point sur les dossiers chauds en matière d\u2019investissements, prenez connaissance des livres qui permettent de rester à l\u2019affût des grandes tendances de la vie économique, apprenez les dessous de la publicité, profitez des conseils des meilleurs spécialistes, etc.C\u2019est un rendez-vous chaque dimanche, dans La Presse.Permettre à La Presse de se démarquer grâce à ses nouvelles capacités d\u2019impression tout en préservant sa personnalité, voilà le défi qu\u2019a accepté de relever Lucie Lacava, responsable de la refonte graphique du journal que vous avez entre les mains.Undéfi de taille,mêmepour une«architecte de journaux» qui a renouvelé la maquette de nombreux quotidiens dans le monde, dont le National Post, Le Devoir, le Chicago Tribune et El País, en Espagne.«La Presse a toujours fait fi des grandes tendances graphiques et préféré mettre de l\u2019avant sa propre identité, explique la designer montréalaise.Et avec sa nouvelle maquette, on peut direque c\u2019est unjournal qui ne ressemble à aucun autre au Canada ou aux États-Unis.» «C\u2019est la maquette la plus moderne que j\u2019ai fait jusqu\u2019à présent, poursuit Mme Lacava.Tout a été hiérarchisé, organisé afin de faciliter la lecture et la recherche d\u2019informations.Chaque cahier, par exemple, a désormais ses propres couleurs.La mise en page est aussi beaucoup plus aérée, notamment parce que les titres sont maintenant alignés à gauche.» Autre nouveauté, en une du journal celle-là, la vitrineenéquerre.Une premièremondiale, dit Mme Lacava.«La plupart des journaux se servent soit de la vitrine de haut de page soit de la colonne de gauche pour présenter le contenu de leurs multiples cahiers, précise-t-elle.Pour La Presse, j\u2019ai combiné les deux.En un coup d\u2019oeil, les lecteurs saurons donc tout ce qui se cache à l\u2019intérieur de leur journal.» Contrairement à ce qu\u2019elle a fait pour d\u2019autres quotidiens, Lucie Lacava n\u2019a pas misé sur un look traditionnel pour La Presse.«Dans les années 90, j\u2019étais fascinéepar lamaquette classique où dominent les éléments verticaux.Pour La Presse, j\u2019ai souhaité innover avec une maquette horizontale.» «L\u2019arrivée des nouvelles presses est un moment historique.La direction du journal souhaitait marquer le coup avec une maquette résolument tournée vers l\u2019avenir, résume Mme Lacava.Grâce à celle-ci, une fois de plus, La Presse prouve qu\u2019elle est un journal unique,qui se tient debout!» Propos recueillis par Simon Chabot, collaboration spéciale Une maquette unique pour un journal sans pareil lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Lucie Lacava 11 22 33 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 27 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Publicité: un avenir haut en couleur ISABELLE MASSÉ imasse@lapresse.ca Sur une pleine page blanche, deux rectangles de prières s\u2019élèvent.De la forme des tours jumelles du World Trade Center de New York.Cette publicité de l\u2019Archevêché de Montréal a été imprimée dans les quotidiens francophones de la province les jours suivant les attaques du 11 septembre 2001.« Ce dimanche, que toutes nos prières accompagnent les victimes du 11 septembre », pouvait-on lire en bas de page.Significatif et on ne peut plus d\u2019actualité, ce message, conçu par l\u2019agence Bos, a remporté la plus haute distinction, en 2002, au concours des Extra, qui récompense les meilleures créations publicitaires publiées dans les quotidiens du Canada.Il n\u2019y a pas que les messages à la télé qui renversent et font jaser.Bien utilisé, l\u2019espace d\u2019un quotidien est parfois l\u2019hôte des plus beaux concepts.« Les quotidiens permettent d\u2019être très opportuniste.De saisir un événement au vol, de récupérer l\u2019actualité », constate Marie-Claude Ducas, rédactrice en chef du magazine spécialisé Infopresse.« Avec le quotidien, on peut réagir.au quotidien », ajoute Philippe Meunier, vice-président création de l\u2019agence de publicité Diesel, qui a présidé les Extra en 2002.Il y a eu les annonces de CKAC avec un seul mot au centre d\u2019une page, et celles de PCN Physiothérapie et médecine de sport de Québec (« Cheviye.On la corrigera »).Les créatifs aiment s\u2019amuser avec leur dictionnaire.« Traditionnellement, la télé était le médium de prédilection des créatifs, mais il y a eu une saturation, comme il s\u2019y fait trop de merde, explique Jean-Jacques Stréliski, vice-président à la direction de l\u2019agence Taxi Montréal.Il y a donc eu une sorte d\u2019anoblissement du quotidien.On y voit de plus en plus de grands annonceurs internationaux.C\u2019est un support formidable, car on accorde un moment privilégié à son journal.» Les mots ont du pouvoir dans les pubs d\u2019un quotidien.pour autant qu\u2019ils soient imprimés en noir sur fond blanc ! Les créatifs en agence optent souvent pour les contrastes dans les journaux, et ce, pour plusieurs raisons.Entre autres, à cause de la qualité d\u2019impression.« Au Québec, la faible qualité visuelle des journaux nous a empêchés de faire certaines choses, avoue Marc Fortin, directeur de création de Cossette Communication-Marketing.On a quelques années à rattraper.On le voit dans les concours.Il y a beaucoup de blanc dans nos annonces ! Les pubs qui gagnent des prix ont souvent quatre couleurs.» « On a longtemps vécu dans le Pérou de la pub imprimée, poursuit Philippe Meunier.Pour un annonceur, c\u2019est comme diffuser un message sur un écran noir et blanc alors que la haute définition existe ! » Les choses changeront-elles maintenant que La Presse est imprimée sur de nouvelles presses ?Maintenant qu\u2019on pourra concevoir des pubs colorées?L\u2019ajout de plusieurs couleurs augmenterait de 60 % l\u2019impact d\u2019une pub.Quel lecteur de quotidien se rappelle que le logo officiel de Bell est bleu.et jaune?«On va pouvoir recommencer à créer pour les quotidiens comme on le fait pour des panneaux ou des magazines, dit Marc Fortin.On est à convaincre Bell de diffuser des annonces en quatre couleurs.» De son côté, Diesel vient de concevoir une publicité pleine page pour GazMétro sur fond bleu « avec une photo en couleur et des subtilités dans le bleu, explique Philippe Meunier.Les créatifs ont longtemps été déçus et senti qu\u2019ils travaillaient pour rien lorsqu\u2019ils faisaient des pubs dans les quotidiens.Pourtant, il n\u2019y a rien comme la surprise du matin quand on ouvre son journal.» Simplicité Reste que, selon plusieurs, simplicité doit rester le mot d\u2019ordre en pub.« Il n\u2019y a pas 50 000 façons de faire une bonne pub, dit Jean-Jacques Stréliski.Les annonceurs commencent à comprendre qu\u2019il faut moins de texte, car on les lit peu.La qualité du message à envoyer prime.Les créatifs doivent gérer l\u2019espace.Plus on en a, plus on est content.Mais avoir beaucoup de blanc autour, ce n\u2019est pas grave.La pub doit d\u2019abord interpeller et séduire.» C\u2019est à l\u2019agence Taxi qu\u2019on doit les annonces « Le futur est simple », de Telus, avec salamandres, reinettes et autres charmants petits animaux.« Dans un quotidien, on prend toute la place, même si on prend peu de place ! Les pubs au concept simple et aux images de belle qualité tranchent avec celles hyperchargées de textes, de rabais, de prix et de pourcentages », note Marie-Claude Ducas.Grâce aux nouvelles techniques d\u2019impression, La Presse retrouvera plusieurs annonceurs, croit Jean Durocher, vice-président, ventes et marketing du quotidien: « Les journaux qui augmentent leur qualité d\u2019impression voient leurs revenus s\u2019accroître, dit-il.D\u2019autant plus que le quotidien est devenu le seul média de masse, comme on assiste depuis quelques années à la fragmentation de l\u2019écoute en télévision, à cause de la multiplication des chaînes.» Les annonceurs comme Brault & Martineau, Toyota et autres concessionnaires, qui utilisent la pub principalement comme vitrine pour leurs soldes, risquent aussi d\u2019y trouver leur compte.Même si leurs pubs ne sont pas ce qu\u2019il y a de plus attrayant à regarder.«Le quotidien permet de communiquer vite, estime Marie-Claude Ducas.Les milieux de l\u2019automobile et du commerce de détail en bénéficient.» « Quand il faut donner des informations et des prix, ça n\u2019emballe jamais les créatifs, soutient toutefois Jean-Jacques Stréliski.Mais quand il s\u2019agit de passer le message fort d\u2019une marque, ça les exalte.» Une nouvelle ère ?Plusieurs croient que les campagnes d\u2019images, comme on en voit souvent à la télévision, seront désormais plus courantes.« J\u2019ai hâte qu\u2019on puisse découvrir le pouvoir du quotidien », mentionne Philippe Meunier.« Nous allons maintenant évoluer plus vite », ajoute Marc Fortin.Ouvrez votre journal pour constater ! Un des panneaux publicitaires installés un peu partout à Montréal à l\u2019occasion de la sortie de la nouvelle Presse.Une envolée haute en couleurs WWW.DDSM.CA FÉLICITATIONS À LA PRESSE POUR CE VIRAGE TECHNOLOGIQUE QUI VOUS PROPULSE VERS DE NOUVEAUX SOMMETS.NOUS SOMMES HEUREUX D\u2019ÊTRE TÉMOIN DE CETTE GRANDE RÉALISATION.3175917A Le leader québécois en valeurs mobilières et en financement de sociétés salue le plus grand quotidien français d'Amérique 3170435A 28 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NOS JOURNALISTES SUR LE TERRAIN Quand on met la main à la pâte.Justice et information « J\u2019ai cuisiné des boulettes de viande aux tomates et au basilic avec John Irving ! » SONIA SARFATI se souviendra toujours de l\u2019entrevue qu\u2019elle a réalisée avec l\u2019écrivain dans sa maison du Vermont, les deux mains occupées à couper des tomates, pour la sortie du roman La Quatrième main, en avril 2002.« C\u2019était vraiment la maison de mes rêves, raconte la journaliste aux Arts et spectacles depuis 1989.Située en haut d\u2019une montagne, elle était faite de bois et de verre, il y régnait une chaleur et une lumière incroyables.Sur les murs, aucune oeuvre d\u2019art, seulement des dizaines de photos de ses enfants.C\u2019est d\u2019ailleurs pour son fils que nous cuisinions ces boulettes ! » Encore plus que les moelleux divans de cuir ou les boiseries, c\u2019est l\u2019univers intime du romancier que Sonia Sarfati a aimé explorer à travers sa demeure.« John Irving déteste les entrevues à la chaîne, qui se font dans des hôtels anonymes, explique-t-elle.Il invite un ou deux journalistes chez lui, en têteà- tête, pour qu\u2019on comprenne vraiment qui il est.Et c\u2019est ce que j\u2019ai vraiment aimé : découvrir la personne au-delà du personnage de l\u2019écrivain.Ce fut vraiment une belle rencontre.» « Ces moments-là sont rares, précise ALAIN DE REPENTIGNY, maintenant directeur du cahier Arts et spectacles après de nombreuses années comme journaliste.Il y a souvent un mur entre les artistes et les journalistes.C\u2019est normal : les attachés de presse, les agents et l\u2019entourage les protègent pour qu\u2019ils ne soient pas envahis.Mais une fois qu\u2019on a accès à eux directement, le temps ne compte plus, ils sont très généreux.» Il se rappelle d\u2019ailleurs une entrevue qu\u2019il a faite avec Bono, le chanteur de U2, après un spectacle que le groupe irlandais avait donné en banlieue de Boston, en août 1992.« Nous nous sommes assis dans sa roulotte et on a jasé de sujets très variés, de la musique à l\u2019échec du lac Meech, se souvient-il.Il ne se sentait pas attaqué et se laissait aller à répondre à des questions de fond.L\u2019entrevue a été tellement longue que j\u2019ai manqué le dernier autobus pour le centreville.Bono m\u2019a offert un lift dans sa limousine ! » Certaines entrevues sont certes marquantes, mais pour MARIECHRISTINE BLAIS, passionnée de musique, les spectacles sont des moments encore plus particuliers.« Certains shows sont véritablement des instants uniques, où il y a une réelle communion entre l\u2019artiste et la salle.Quand ça arrive, c\u2019est magique !» note la collaboratrice de longue date du cahier Arts et spectacles, qui vient d\u2019obtenir un poste permanent.« Il y a des spectacles qui me nourrissent pour six mois, racontet- elle avec un enthousiasme débordant.J\u2019ai vu Rachid Taha cet été aux FrancoFolies, c\u2019était vraiment le show de l\u2019année ! J\u2019ai attaché mes lunettes et je suis allée tout près de la scène, avec les vrais fans.Il devait faire 42 degrés, c\u2019était extraordinaire ! J\u2019en ai encore pour deux mois à redescendre de mon nuage.» \u2014 Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale « Les ristournes données aux pharmaciens propriétaires par les compagnies pharmaceutiques sont un des plus gros scandales de corruption du Canada.C\u2019est près de 500 millions de dollars par année qui sont volés aux patients et au gouvernement ! » ANDRÉ NOËL, journaliste spécialisé dans les dossiers de fond, ne mâche pas ses mots quand il se rappelle l\u2019enquête sur l\u2019industrie pharmaceutique qu\u2019il a menée durant deux mois au début de l\u2019année.C\u2019est d\u2019ailleurs cette indignation qui l\u2019empêche de devenir cynique devant les injustices sur lesquelles il se penche depuis plusieurs années.«Notre rôle, en tant que journalistes, est indispensable, note-t-il.C\u2019est toute la société qui paie pour ce genre d\u2019abus.Nous sommes des chiens de garde.» C\u2019est aussi l\u2019avis d\u2019ANDRÉ CÉDILOT, qui a couvert le mégaprocès des Hells Angels.« Les gens n\u2019imaginent pas à quel point le crime organisé peut avoir un impact sur leur vie, explique-t-il.Par nos textes, on espère améliorer la société, mais une société, ça prend du temps à changer ! » Du temps, il en faut aussi beaucoup pour fouiller des dossiers comme le font les reporters affectés au journalisme d\u2019enquête.« Ça prend un journal qui croit en l\u2019importance de ce type d\u2019articles, ajoute André Noël.On y met beaucoup de temps et il y a toujours le risque qu\u2019une enquête n\u2019aboutisse pas.Mais en révélant l\u2019ampleur de certains scandales, on rend un service public.» La mission d\u2019information prime en général sur le côté justicier du journalisme.BRUNO BISSON se rappelle que la crise d\u2019Oka a été « l\u2019affectation la plus affreusement stimulante » de sa carrière.« On découvrait tout à coup une situation explosive que nous n\u2019avions pas vue venir et qui se déroulait juste à côté de Montréal, rappelle-t-il.On devait comprendre tous les enjeux identitaires, politiques et historiques à une vitesse folle pour être capables de les transmettre aux lecteurs.» \u2014Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE© Sonia Sarfati se souviendra toujours de l\u2019entrevue qu\u2019elle a réalisée en coupant des tomates avec l\u2019écrivain John Irving, dans sa maison du Vermont, pour la sortie du roman La Quatrième Main, en avril 2002.Depuis plus de 10 ans, nous archivons et diffusons sur cédérom et Internet le contenu rédactionnel de La Presse.Aujourd\u2019hui nous sommes heureux de nous associer à cette impressionnante évolution du plus grand quotidien français d\u2019Amérique.Félicitations ! www.cedrom-sni.com 3170920A 3168741A L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 29 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SAISIR LE PRÉSENT Des affaires à la démocratie Quand on lui demande pourquoi il écrit depuis 30 ans pour le cahier Affaires de La Presse, LAURIER CLOUTIER répond tout simplement en riant : « Parce que c\u2019est le meilleur quotidien en ville ! » Non, il n\u2019a pas reçu de supplément de salaire pour cette phrase ! C\u2019est que, à La Presse, Laurier Cloutier exerce un métier qui lui donne le sentiment d\u2019accomplir une certaine mission sociale.« Le journalisme en démocratie, c\u2019est le quatrième pouvoir, c\u2019est un moyen de rendre justice, de faire connaître aux gens des situations inadmissibles, explique-t-il.J\u2019ai choisi le journalisme d\u2019affaires parce que c\u2019est là, selon moi, que se trouvent les vraies questions importantes, celles qui touchent au quotidien des gens, de leur vie de famille à leur carrière.» Par ses reportages, il essaie d\u2019aider les lecteurs à prendre des décisions éclairées quant à leurs finances personnelles bien sûr, mais également au plan collectif.« Je me rappelle que, durant les années 70, j\u2019avais fait quelques textes sur l\u2019absurdité du fait que les avoirs du gouvernement du Québec et d\u2019Hydro-Québec étaient gérés par un syndicat financier de courtiers en valeurs mobilières de Toronto.Comme ils décidaient des taux d\u2019intérêt, le gouvernement québécois devait dépenser des sommes folles pour emprunter.Ça n\u2019avait pas de sens et, à titre de contribuable, c\u2019est toute la population du Québec qui y perdait.» La Caisse de dépôt et placement du Québec devait voir le jour peu après.\u2014Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE Le directeur général du Canadien, Bob Gainey, accompagné ici de Pierre Boivin, président de l\u2019équipe, est un personnage-clé de l\u2019actualité sportive montréalaise.Au-delà du sport « Depuis que j\u2019ai 12 ans que je rêve de couvrir le Canadien pour La Presse ! » Les lecteurs du cahier des sports savent bien que le rêve d\u2019enfant de MATHIAS BRUNET s\u2019est concrétisé depuis quelques années.Celui qui couvre le hockey depuis maintenant plusieurs années se souvient encore du premier match auquel il a assisté à titre de journaliste sportif, en janvier 1995.« J\u2019étais assez stressé parce que c\u2019était la première fois de ma vie que je couvrais un match de hockey, raconte-t-il.Et ce n\u2019était pas n\u2019importe lequel.C\u2019était le match d\u2019ouverture au Madison Square Garden, à New York, après le lockout qui avait paralysé le hockey professionnel durant 103 jours.En plus de tout ça, je devais faire un texte pour la une du journal ! » Avec des dossiers sur des sujets épineux comme l\u2019éphédrine ou l\u2019avenir des équipes de sport professionnel, les sports sont effectivement loin de faire figure de parent pauvre à La Presse.« Nous nous distinguons parce que nous allons au-delà des pointages, au-delà du sport comme tel, remarque PHILIPPE CANTIN, journaliste sportif durant une dizaine d\u2019années et maintenant vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint.Nous suivons l\u2019actualité et les grands enjeux sportifs qui ont des implications sociales et politiques.» Philippe Cantin, qui a couvert avec autant de passion la politique que les sports, parle d\u2019expérience : lorsqu\u2019il était journaliste parlementaire, à tout juste cinq mois du référendum de 1995, Jacques Parizeau, alors premier ministre du Québec, avait reçu les chefs des grandes centrales syndicales pour discuter du renouvellement des conventions collectives des employés des secteurs public et parapublic.« L\u2019événement était très important puisqu\u2019un quart du budget de l\u2019État québécois était en jeu, explique Philippe Cantin.Tous les journalistes de la tribune se sont précipités sur lui.pour le questionner sur l\u2019avenir des Nordiques ! Il était furieux, mais je crois qu\u2019il avait mal évalué l\u2019importance des sports dans la vie des gens.» \u2014Propos recueillis par Myriam Berthelet, collaboration spéciale www.snclavalin.com SNC-LAVALIN est à l\u2019écoute de ses clients aux quatre coins du monde afin de pouvoir leur proposer des solutions sur mesure en matière d\u2019ingénierie, de construction, de propriété et de gestion d\u2019infrastructures.En mettant notre polyvalence et notre savoir-faire à votre disposition et en alliant nos compétences, nous voulons partager votre vision pour mieux la réaliser.Savoir écouter.3172025A 3169948A 30 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll FORUM André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAUX Qui sommes-nous?« Non mais, qui êtes-vous pour faire la lecon à tout le monde ?» nous disent parfois des lecteurs.C\u2019est une question qu\u2019il nous arrive de nous poser nous-mêmes : qui sommes-nous pour proposer notre point de vue à des centaines de milliers de gens ?Qui nous sommes ?Surtout, surtout, nous ne cherchons pas à faire la leçon ou à imposer nos opinions.Profondément convaincus de l\u2019importance du débat en démocratie, nous tentons modestement d\u2019offrir à nos lecteurs des éléments susceptibles de contribuer à leur propre réflexion sur les défis auxquels fait face la société moderne.Il peut s\u2019agir de santé ou de finance, d\u2019alimentation ou de politique internationale, de famille ou de science, de musique ou d\u2019éducation, nos intérêts sont aussi variés que ceux de nos lecteurs.Nous n\u2019écrivons pas nos éditoriaux comme on donne un coup de poing sur la table.Nous allons sur place, nous lisons beaucoup, nous parlons à plein de gens, nous discutons longuement entre nous.Comme dans toute famille, il nous arrive même de nous chicaner, parce que chacun arrive à la table avec son âge, son expérience de vie, ses connaissances, sa personnalité.Par-dessus tout, nous avons un plaisir fou à faire notre métier.Parce que nous savons à quel point pouvoir exprimer ses opinions dans les pages de La Presse constitue un extraordinaire privilège.André Pratte éditorialiste en chef Le sénat « T\u2019es pas un peu jeune pour être sénateur ?» Ç\u2019a été la réaction d\u2019un collègue en apprenant qu\u2019à l\u2019âge vénérable de 31 ans, je devenais éditorialiste.Douche froide sur mon enthousiasme.Mais faisons le test ensemble.Si je dis : éditorialiste, que voyez-vous ?Probablement un vieux croûton dans un bureau enfumé qui passe son temps à lire les journaux et ne s\u2019aventure jamais sur le plancher des vaches.Bref, un sénateur.Comment faire pour vous convaincre que l\u2019éditorial n\u2019est pas un poussiéreux placard de fin de carrière ?Je déclare forfait d\u2019avance, car le préjugé semble tenace.Mais sans violer les lois sur la vie privée, je peux vous révéler quelques faits qui entameront peut-être vos certitudes.D\u2019abord, les chiffres.Surprise : la moyenne d\u2019âge de l\u2019équipe dépasse à peine la mi-quarantaine.Et il arrive souvent au plus vieux de la bande (je ne dévoile pas de nom) d\u2019arriver à la réunion matinale caché derrière ses lunettes fumées pour masquer les effets délétères d\u2019un party.Je sais, je n\u2019ai pas réussi à vous convaincre.Je vous soumets donc nos prises de positions.Décriminalisation du pot, adoption par les gais, réduction du temps de travail, légalisation de la prostitution et de l\u2019euthanasie : sur toutes ces questions, les vieux croûtons de l\u2019éditorial sont à l\u2019avant-garde.Si c\u2019est ça le sénat, je veux bien être sénateur.Katia Gagnon serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LA BOÎTE AUX LETTRES Écrivez-nous! Un attentat survient en Israël.George W.Bush parle devant l\u2019Assemblée générale des Nations unies.Normand Legault annonce la disparition du Grand Prix du Canada.Chaque fois qu\u2019un événement majeur se produit, nous savons, à La Presse, que vous serez nombreux et rapides à réagir.Nombreux, vous l\u2019êtes d\u2019autant plus que nous vous avons beaucoup incités, ces dernières années, à nous envoyer beaucoup de textes et que nous avons décidé de leur accorder une place toujours grandissante dans le journal.Rapides, parce que plusieurs d\u2019entre vous en êtes rendus à commenter les événements de façon quasi instantanée, un peu à l\u2019image de nos plus chevronnés chroniqueurs.Et le plus souvent, ces textes sont pertinents et touchants.Nous vous imaginons, dans votre salle de travail, au bureau ( ?), sur le coin de la table de cuisine, tard le soir (après le bulletin de nouvelles) ou au petit matin (la nuit porte conseil !) essayant de nous livrer votre point de vue sur telle ou telle question ou nous raconter l\u2019histoire pathétique de votre grand-père qui n\u2019a pas reçu les soins appropriés à l\u2019hôpital avant de mourir.Nous savons que cette démarche n\u2019est pas facile et que vous y mettez tout votre coeur.C\u2019est pour cela que nous traitons vos textes avec beaucoup d\u2019attention et que nous éprouvons beaucoup de regret quand, faute d\u2019espace, nous devons rejeter un texte qui nous semblait malgré tout excellent.C\u2019est un peu pour connaître cet état d\u2019esprit dans lequel vous vous trouvez quand vous écrivez à La Presse que nous avons demandé à quatre habitués de La boîte aux lettres de nous expliquer leur démarche d\u2019« auteur ».Pierre-Paul Gagné Adjoint à l\u2019éditorialiste en chef Ne sait pas / sans opinion Quel plaisir que celui de n\u2019avoir strictement aucune opinion sur un sujet donné, lorsque le métier consiste à toujours en avoir une ! On se sent en congé, en vacances, comme un camionneur lorsqu\u2019il n\u2019est pas au volant.Naturellement, l\u2019humain a tendance à juger \u2014 juger les gens, les situations, les événements, tout ce qui se présente à lui.Le processus se déroule automatiquement, plus ou moins inconsciemment, dans les cas simples : si la grêle ravage votre récolte, vous serez probablement contre la grêle ! Mais il n\u2019y a plus de cas simples dans nos sociétés.À moins de décider par avance \u2014et, à ce moment-là, on parle de religion ou d\u2019idéologie \u2014, la plus bénigne matière à jugement ne déclenche aucun automatisme.Et ne doit pas en déclencher.Se faire une opinion sur les grandes choses \u2014 le sens de la vie, par exemple ! \u2014 est, justement, l\u2019oeuvre d\u2019une vie.Or, tout le reste, l\u2019idée qu\u2019on aura des mille trivialités de l\u2019existence comme des grands faits de société, en découle jusqu\u2019à un certain point.Une opinion est toujours inachevée et temporaire.Aux mille questions qui se présentent, je suis fort souvent tenté de répondre, dans le langage des sondeurs : « Ne sait pas / sans opinion ».Et je n\u2019en suis pas fâché.Mario Roy lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le besoin d\u2019écrire Un journal ; un courrier ; des lecteurs.J\u2019écris parfois de rage, car l\u2019homme vient me chercher aux tripes mais alors les mots blessent souvent trop pour que l\u2019article ne paraisse et ma rage s\u2019éteint seule et sans but.J\u2019écris parfois de colère car l\u2019homme est arrogant et prétentieux.Les mots jugent alors sans contrainte et condamnent sans appel ; l\u2019article paraît souvent car il a l\u2019odeur et la voix du peuple en colère.J\u2019écris parfois comme incrédule car l\u2019insignifiance et la stupidité sont trop souvent le lot de l\u2019homme.Les mots pour le dire viennent alors avec un sourire comme lorsqu\u2019on écrase un moustique irritant.L\u2019article paraît toujours car il est une réjouissance pour l\u2019esprit.J\u2019écris parfois avec le coeur car j\u2019ai senti l\u2019événement comme on respire une fleur qui trop tôt se fannera.Les mots arrivent alors sans qu\u2019on les appelle vraiment, émergeant comme vivants à travers une plume.L\u2019écrire devient alors comme une musique venue d\u2019ailleurs.L\u2019écriture déclenche souvent de lentes révolutions car les mots sont des pièges qui parfois captent l\u2019esprit.J\u2019écris car je ressens intensément le peu de temps qui reste pour le tant à dire.Lorsque l\u2019article paraît, la semence est jetée ; je n\u2019ai pas pensé en vain.Bernard Viau Saint-Jérôme .Quelle influence ?Il n\u2019est pas toujours facile d\u2019avoir une idée bien précise de l\u2019influence que peut avoir l\u2019opinion de gens ordinaires et de simples contribuables comme vous et moi.Il arrive aussi qu\u2019une lettre sur un sujet nous tenant particulièrement à coeur ne soit pas publiée.En dépit de tout ça, je crois essentiel pour le citoyen ordinaire de participer au débat public par le truchement de la « boîte aux lettres » de La Presse.Tel que je le conçois, une communauté est composée d\u2019une série d\u2019individus fonctionnant sur une base du donnant-donnant.En somme, si je suis intéressé à connaître l\u2019opinion des autres, je dois aussi faire l\u2019effort de faire connaître la mienne.Il n\u2019y a pas de communauté sans participants.Le plaisir d\u2019écrire, le défi de bien présenter les idées et les événements particuliers de la journée suffisent souvent à chasser la fatigue au moment où l\u2019heure du repos du guerrier semble sonner.L\u2019écran de l\u2019ordinateur s\u2019ouvre alors sur la question : « Qu\u2019est-ce qui mérite d\u2019être commenté aujourd\u2019hui ?» Il est assez rare que la page reste blanche.Daniel Savard Beloeil .Fourbir les mots Je suis une fervente amateure du forumde La Presse.N\u2019ayant pas la plume dans ma poche, j\u2019aime bien y participer.Il m\u2019arrive aussi de me réjouir des écrits incisifs d\u2019autres lecteurs.Selon moi, l\u2019effet de ces mots qui se révèlent et se percutent est important.Parfois, les opinions émises portent sur ce qui est jugé remarquable ou répréhensible chez autrui.En quête d\u2019une meilleure harmonie, je suppose que l\u2019on tente de s\u2019y ajuster.Certaines règles tacites ont certainement pris forme dans les pages du forumde cette façon.Quant aux décideurs, je prétends que l\u2019effet que les mots ont sur eux, c\u2019est qu\u2019ils résonnent comme les aboiements d\u2019un chien de garde.Ils ne peuvent les ignorer.Surtout que les Québécois sont très lucides.Et aussi très expressifs.Cette verve peut certainement faire bouger les choses.Il n\u2019y a que la météo que nous ne pouvons changer.Bref, ici en cas de désaccord, nous ne fourbisons pas les armes, mais le mots.Nous sommes très peu armés d\u2019ailleurs.C\u2019est noble, et je sais que ce type d\u2019entente n\u2019est pas l\u2019apanage de tous les pays.Considérant notre société comme la moins imparfaite, je me plais à penser que notre opinion ainsi exprimée y soit pour beaucoup.de même que les médias qui la véhiculent.Stéphanie Leblanc Montréal .Un impact insoupçonné ! La première fois où je me suis aperçue que les gens lisaient le courrier des lecteurs des journaux, j\u2019ai été impressionnée.Auparavant, je me disais : bah ! les gens sont intéressés par les écrits des journalistes « chevronnés » ayant des années de métier.Ce fut une surprise agréable.Surtout les gens que je rencontrais et qui me disaient : » Continue ! tu écris exactement ce qu\u2019on pense.toi tu as la plume facile ! » D\u2019autres, en parfait désaccord, sentaient le besoin de répliquer, de corriger mes perceptions.J\u2019ai en mémoire un texte où je prenais position contre l\u2019appellation capitale « nationale » pour parler de Québec.Ce fut un « tollé » de contestation, de protestations, d\u2019objections.Encore un peu et j\u2019étais « clouée » au pilori sur la place publique.Une immense vague nationaliste m\u2019a secouée jusque dans mes certitudes et retranchements.J\u2019avais touché une « corde sensible ».Non seulement il n\u2019y a pas eu d\u2019indifférence mais il y a eu ingérence (selon la formule consacrée.) parfois brutale.Même après cette « tornade » nationaliste, je n\u2019ai pas changé d\u2019idée : Ottawa est toujours la capitale « nationale » de mon pays, le Canada.Y aura-t-il encore des rebondissements, des secousses sismiques, des soubresauts ?Marie-France Legault Québec Le doute Le doute.Le foutu doute.Celui qui nous réveille la nuit et nous pousse à repenser à notre texte, à en soupeser chaque paragraphe, chaque mot.Les journalistes \u2014 et les éditorialistes ne font pas exception \u2014doivent souvent travailler plus vite que leur ombre.D\u2019où le doute.Évidemment, le doute n\u2019est pas toujours présent mais certains sujets sont plus complexes, plus délicats, plus explosifs.Les fusions municipales, par exemple.Un dossier où les demi-teintes sont insoutenables.On est pour ou contre les défusions.Bref, il faut choisir son camp, se faire une opinion.Après, on nuance.Évidemment, on se trompe.Parfois.Mais comment soupeser le pour et le contre, comment se forger une opinion sur la gueule alors que l\u2019événement est encore tout chaud?Donc, on doute et on se trompe.Ou on dérape.Un peu.On tape trop fort sur un élu, on excommunie une idée, on la déboulonne, on la déchiquette et à la fin de l\u2019éditorial, il n\u2019en reste plus rien.Et le doute revient.Mais on se réconforte en se disant que les éditorialistes sont moins influents que l\u2019on croit.Bien sûr, les politiciens en font tout un plat et ils ont l\u2019épiderme sensible mais les gens ordinaires, eux, sont plus imperméables, moins portés, peut-être, à lire un éditorial.Mais est-ce vraiment le cas?Encore le foutu doute.Michèle Ouimet Journalisme extrême Comment décrire le métier d\u2019éditorialiste et expliquer ce qu\u2019il représente, lorsqu\u2019on ne le pratique que depuis à peine trois mois ?Tout un défi, à la hauteur de mon tout nouveau métier.Car l\u2019éditorial est pour moi une forme de journalisme extrême.Pourquoi extrême ?Tout simplement parce qu\u2019il faut se commettre, donner son opinion et assumer du même coup que l\u2019on risque de se tromper.Chaque éditorial me demande encore un temps fou, car une opinion, que l\u2019on espère juste, ne se forge pas en un éclair.Il faut d\u2019abord lire, fouiller, appeler, bref accomplir ce que tout bon journaliste fait pour bien comprendre et posséder son sujet.Mais c\u2019est après que commence pour moi le travail de haute voltige.Une fois toute l\u2019information recueillie, l\u2019éditorialiste doit amener le sujet un cran plus loin.Qu\u2019est-ce que j\u2019en pense, quels sont les enjeux majeurs, quelles questions valent-elles la peine d\u2019être soulevées ?C\u2019est un métier de sensations fortes, où le vertige qu\u2019il nous donne, n\u2019a d\u2019égal que la satisfaction qu\u2019il procure.Rien de plus stimulant en effet que de sentir que l\u2019on doit aller au bout de ses capacités.Stimulant et épuisant.Il m\u2019arrive parfois de rêver d\u2019être déjà une vieille éditorialiste.Michèle Boisvert L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 2 O C T O B R E 2 0 0 3 31 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll YVAN ALLAIRE L\u2019auteur est professeur émérite de stratégieàl\u2019UQAM.«Si une nation croit qu\u2019elle peut être ignorante et libre, elle croit en ce qui n\u2019a jamais été et ne sera jamais.Quand la presse est libre et que chaque citoyen sait lire, alors la nation est en sécurité.» \u2014Thomas Jefferson Les choses ont bien changé depuis Jefferson mais son propos, adapté à notre contexte, garde toute sa pertinence, nous interpelle avec une force surprenante.La presse est-elle libre ?Le groupe « Reporters sans frontières » nous informe que depuis le début de l\u2019an 2003, déjà 22 journalistes ont été tués et 138 emprisonnés de par le monde.Ce même groupe attribue une note à tous les pays selon un indicateur de liberté de la presse.Le Canada fait belle figure avec une 5e place alors que les États-Unis n\u2019arrivent qu\u2019au 17e rang après le Costa Rica ! Le 11 septembre 2001 a ouvert un nouveau front dans la lutte pour la liberté de la presse au pays de Jefferson.En fait, cet indicateur ne mesure que les vexations, intimidations et emprisonnements infligés aux membres de la presse.Il ne peut rendre compte des dangers plus subtils pour la liberté de la presse que sont l\u2019autocensure, l\u2019orthodoxie, l\u2019idéologie, le corporatisme et les lois des marchés.À chaque âge, les périls prennent des habits différents.La propriété concentrée des médias, par exemple, peut s\u2019avérer d\u2019un impact neutre, bénéfique ou maléfique sur la diversité et la liberté de la presse, selon les valeurs qui animent les propriétaires et l\u2019efficacité des contre-poids aux velléités d\u2019ingérence.Or, notre époque n\u2019est-elle pas florissante de médias offrant la nouvelle et le commentaire 24 heures sur 24, sept jours semaine ?L\u2019Internet ne devient-il pas un formidable camelot électronique livrant dans nos maisons et bureaux tous les journaux du monde, et plus encore ?Alexis de Tocqueville, ce libéral sentencieux mais prescient, écrivait dans Democracy in America : « C\u2019est un axiome de la science politique en Amérique que la seule façon de neutraliser l\u2019influence des journaux est d\u2019en multiplier le nombre.» Si l\u2019on remplace «journaux» par « médias », son commentaire devient remarquablement contemporain.Le citoyen sait-il lire ?Bien sûr, l\u2019enjeu n\u2019est plus celui de l\u2019alphabétisation comme au temps de Jefferson.Cette question en notre temps nous rappelle notre responsabilité de citoyen ; « Savons-nous, voulons- nous nous informer ?» Une consommation quasi exclusive de médias électroniques, un phénomène en croissance, produira-t-elle des citoyens informés ?On peut en douter.La vivacité de l\u2019image, la rapidité du traitement, la facilité intellectuelle sont de grandes séductrices.La presse écrite par contre permet d\u2019ajuster le rythme à la difficulté, de relire, de conserver, de confronter les arguments.La presse écrite est aux médias électroniques ce que le roman est au film.« C\u2019est le signe d\u2019un citoyen éduqué que d\u2019être profondément ému par des statistiques », a écrit Oscar Wilde quelque part.Peut-être les journaux devraientils inscrire à leur frontispice l\u2019avertissement de Jean-Jacques Rousseau aux lecteurs du Contrat Social : « Je ne sais pas l\u2019art d\u2019être clair pour qui ne veut pas être attentif.» Une presse libre et des citoyens « attentifs» en quête d\u2019informations sont le pile et face de la monnaie démocratique, aujourd\u2019hui comme au temps de Jefferson.FORUM Pour un débat public Foruma invité quelques-uns de ses collaborateurs réguliers à expliquer pourquoi, à leurs yeux, la presse écrite joue un rôle fondamental dans le débat démocratique La kermesse des médias PHOTOCOLLECTION PERSONNELLE LUCIEN BOUCHARD À l\u2019été de 1961, le stagiaire Lucien Bouchard, au premier plan, partageait la salle de rédaction de La Presse à Jonquière avec Réal Huot, chroniqueur sportif, et Gaston Ouellet, journaliste.Le coup de foudre pour les journaux La presseécriteest aux médias électroniques ce que le romanest aufilm.LUCIEN BOUCHARD L\u2019auteur a été premier ministre du Québec de 1996 à 2001.J\u2019ai eu le coup de foudre pour les journaux à cinq ans, en découvrant le supplément illustré de L\u2019Action catholique du samedi.Je rêvai ainsi (en couleurs) de la Toupie du temps de Jacques le Matamore, des tours de magie de Mandrake, des énormes sandwiches de Lucien Tête-bêche, des exploits du Fantôme, de Tarzan et de Jane (si légèrement vêtue), de Philomène et de Mutt & Jeff.La bande illustrée m\u2019amena, pour ne pas dire me précipita, dans la lecture du petit nombre de livres qu\u2019on pouvait alors emprunter à Jonquière.Cette ancienne frustration de devoir relire sans cesse les mêmes romans a certainement compté dans ma décision de construire une Grande bibliothèque.Pour ce qui est des journaux, je n\u2019en restai pas à la BD.Je devins un habitué du Réveil (encore publié à Jonquière) puis du Progrès du Saguenay de Chicoutimi (devenu depuis Le Quotidien) et du Soleil, de Québec.Je fus vite consumé par le désir d\u2019y écrire moi-même.Ah ! L\u2019indicible joie de voir son nom au bas de son premier article ! Après avoir travaillé au Réveil et cofondé au Collège de Jonquière le journal Le Cran, je fus embauché comme journaliste durant deux étés par La Presse de Montréal.Le mode de rémunération stimulait singulièrement l\u2019inspiration : j\u2019étais payé selon la longueur des colonnes, à un dollar cinquante le pouce.Je pus acheter une Volkswagen (vert pâle) et verser la scolarité de deux années universitaires.Le souvenir de ma coccinelle bien-aimée m\u2019aida plus tard à subir avec mansuétude les critiques occasionnelles de La Presse à l\u2019endroit de mon gouvernement.Je me passionnai aussi pour les débats d\u2019idées, d\u2019abord comme rédacteur en chef des Cahiers de Droit et du Carabin, journal des étudiants de l\u2019Université Laval, ensuite par des chroniques que j\u2019ai tenues dans Le Devoir et Le Journal de Montréal et par la lecture d\u2019innombrables journaux.Je suis un fidèle de la page éditoriale de La Presse et de la tribune offerte à ses lecteurs.Convenons- en : l\u2019écrit est infiniment plus dense et plus nuancé que les dix ou quinze secondes allouées par la télévision à qui souhaite justifier une position ou énoncer une idée.Rien de tel qu\u2019un texte bien construit pour susciter les débats et alimenter la réflexion.Je salue donc cette Presse rajeunie, curieuse de tout et toilettée de neuf.À n\u2019en pas douter, elle confirmera la suprématie des pouces sur les secondes.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll La décadence PHOTO, ARCHIVES LA PRESSE Lucien Bouchard DAN BIGRAS M.Bigras est auteur interprète et comédien.Je suis le plus fort, mon intelligence est la plus sûre, mon Dieu est le seul vrai et surtout, ma morale est la seule valable.Il est de mon droit et de mon devoir de l\u2019enseigner aux autres.Ceux qui ne sont pas comme moi m\u2019inquiètent.Je dois les réformer et me rassurer.Je mènerai un combat puissant : « Le bien contre le mal.» C\u2019est un combat que je dois mener, il m\u2019arrive trop souvent d\u2019être dégoûté par les sentiments, la façon de faire et même la sexualité des « autres ».Quand ce n\u2019est pas comme la mienne, c\u2019est absolument dégoûtant.Je ferai donc changer les « autres », par la persuasion ou par la force et je prierai pour eux, car je possède un Dieu de compassion.Mais j\u2019entend des voix.Elles veulent discutailler, rouspéter, elles veulent des « débats ».En fait, je suis fréquemment dérangé par ces voix, elles appartiennent à des gens pauvres, laids, différents, toujours en colère.La colère est un mal toujours à l\u2019affût du plus faible.Comme leur vie doit être compliquée, il leur serait tellement plus simple d\u2019être moi.J\u2019ai une maison, une auto, une carte de crédit, il me semble que c\u2019est une preuve évidente que mon système fonctionne.Quelques fois, une de leurs idées me saute en pleine face, je n\u2019ai pas eu le temps de l\u2019esquiver.Cela me replonge dans des zones d\u2019angoisses, des anciens moments de ma vie où je n\u2019avais pas encore raison.Cela me cause de la douleur et je n\u2019aime pas la douleur.Il ne faudrait quand même pas confondre ma bienveillance avec ma patience.Je suis un homme de démocratie et mon Dieu en est un de pardon, mais si «les autres » s\u2019entêtent je vais devoir me fâcher, mes forces de l\u2019ordre leur enseigneront ma démocratie et mon Dieu leur pardonnera le mal qu\u2019ils se sont infligés.C\u2019est « bien ».Aujourd\u2019hui, mes voix sont « politiquement correctes ».Je les entend vaguement, comme au loin, il y a un filtre sur ce qu\u2019elles disent, un filet de sûreté.Mes zones de douleurs ne se manifestent plus.Je suis « bien ».En « ordre », dans mon « ordre ».Mon âme est en paix mais c\u2019est étrange, je me sens seul, très seul.Mes voix m\u2019ont dit aujourd\u2019hui que mon état d\u2019âme portait un nom ; Elles ont dit que cela ce nommait.« La décadence ».Signé : Mr Vertueux.La différence est souvent mince entre Mr Idéaliste et Mr Vertueux, mais alors que Mr Idéaliste aura besoin de l\u2019opinion de l\u2019autre et cherchera le débat, Mr Vertueux ne pourra même pas l\u2019envisager.Ce sera son opinion ou la guerre et en ce qui me concerne, il peut lui arriver encore pire que la guerre.Il peut la gagner.La décadence est un mal toujours à l\u2019affût du plus fort.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll «Tu as encore écrit à La Presse!» JANA HAVRANKOVA L\u2019auteure est endocrinologueà l\u2019hôpital Saint-Luc/CHUM.«Penses-tu que cela change quelque chose ?» Je dois l\u2019admettre : « Je ne sais pas si cela change quelque chose, mais je sais que cela me fait beaucoup de bien.» De plus, j\u2019aime écrire.Je vois tant de choses autour de moi qui défient le bon sens, qu\u2019il me devient impossible de ne rien dire.Quand j\u2019entends ou quand je lis des énormités, je m\u2019esclaffe : « Ridicule ! » ou « Ça n\u2019a pas de bon sens !« ou « Voyons donc ! » et mon ordinateur commence à chauffer.Je devrais peut-être dire que j\u2019ai commencé à écrire à La Presse parce que je pensais que le débat public était important dans une démocratie.Évidemment, je le crois.Mais mes lettres viennent beaucoup plus des réactions spontanées, viscérales.Des dizaines de sujets qui surgissent de l\u2019actualité et qui me font sursauter je choisis en général ceux que je connais le mieux.Ainsi, j\u2019écris le plus souvent à propos du système de soins de santé en général et du CHUM en particulier.Comment se taire quand le ministre de la santé octroie des notes aux urgences des hôpitaux à tort et à travers ?Quand le CHUM est blâmé pour ces déficits et que nous savons que le CHUM se retrouve avec les cas les plus lourds, donc les plus coûteux ?Comment ne pas sauter au plafond quand le ministère décrète que les facultés devront former plus de médecins et qu\u2019il ne se soucie pas où, comment et par qui cette formation va être donnée ?Comment ne pas se questionner sur la pertinence de la construction de deux mégahôpitaux à Montréal ?Dans le passé, je me disais que quelqu\u2019un, quelque part allait faire le nécessaire, protester publiquement, mais non, le silence tombait, comme si cela n\u2019avait pas d\u2019importance.Comme si rien n\u2019avait de l\u2019importance.« Qui ne dit mot consent ».Quand je ne peux pas consentir, je dois m\u2019exprimer.Je rencontre beaucoup de gens qui ont des points de vue intéressants et originaux, mais pour toutes sortes de raisons préfèrent ne rien dire ou s\u2019exprimer en privé.Parfois, on me dit : « Tu devrais écrire à propos d\u2019un tel sujet ».J\u2019encourage la personne : « Vas-y toi-même, c\u2019est ton idée ! » Alors, les protestataires de la table de cuisine, à vos stylos et ordinateurs ! Vive le débat public ! Saisir le présent lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll HISTOIRE DESMOMENTS CLÉS DANSLAVIEDELA PRESSE CHRONIQUEURS DESTEXTESDEPIERREFOGLIA, YVESBOISVERT,RIMAELKOURI ETPLUSIEURSAUTRES ENVOYÉS SPÉCIAUX DESREPORTAGES QUIONTMARQUÉ NOSJOURNALISTES "]
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