La presse, 25 octobre 2003, C. Arts + Spectacles
[" SUPPLÉMENTAIRES 13 AU 15 NOVEMBRE THÉÂTRE ST-DENIS 514.790.1111 P R É S E N T E Mario Jean TÉLÉVISION MARIO CLÉMENTN'A PAS DIT SONDERNIERMOT PAGE 8 RINGORINFRET LE CLOWN N'EST PLUS TRISTE PAGE 17 ans les pays développés, le téléchargement gratuit est la cause principale d'une crise sans précédent qui secoue l'industrie de la musique.Dans les pays moins fortunés, la duplication des CD contribue tout autant au déclin de sa valeur.L'International Federation of the Phonographic Industry (IFPI)aannoncé récemment une baisse de 10,9% des ventes de disques pour le premier semestre de cette année.Les bénéfices mondiaux de 12,7 milliards US de ce premier semestre se comparent à 14,3 milliards pour la même période en 2002.Depuis 1999, en fait, le déclin des ventes de disques au détail dépasse 25%, rien de moins.Après s'être attaquée aux sites d'échanges, l'industrie du disque vise les internautes.La Recording Industry Association of America, qui a déployé une vaste campagne de dissuasion, a donné un sévère avertissement cette semaine à 204 suspects ayant téléchargé plus de 1000 chansons avant de leur proposer un accord à l'amiable.La RIAA avait entamé depuis septembre des poursuites judiciaires contre 261 internautes pour contrer la gratuité sur Internet, qu'elle associe au viol du droit d'auteur.Au Québec, l'ADISQ, qui représente les producteurs indépendants (responsables de 95% de la production locale) ne prévoit pas poursuivre les internautes, bien que.Son nouveau président, Yves-François Blanchet, a laissé entendre clairement que l'associationpourrait user de«moyens coercitifs » si la tendance semaintient.Qu'en pensent lesjeunesinternautes d'ici ?Sont-ilssensiblesauxarguments des producteurs et des distributeurs de disques, des fournisseurs d'Internet?Et comment ces derniers voientils l'avenir de leur industrie?NOTRE DOSSIER EN PAGES 2, 3 ET 4 > Texte d'Ariane Moffatt en page A14 > Éditorial de Mario Roy en page A15 ALAIN BRUNET alain.brunet@lapresse.ca La veille du fameux gala de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, le problème du téléchargement gratuit de la musique demeure entier.Il existe actuellement plus d'un milliard de fichiers sur les sites poste à poste (peer to peer) disséminés sur la planète Internet.Plus de 100 millions d'utilisateurs échangent mensuellement 2,6 milliards de ces fichiers.AUTRES TEXTES BRUNO LANDRY PERSONNAGE TIRÉ DU SITE MOBIMANI BBS / MONTAGE LA PRESSE © ARTS ET SPECTACLES COMBATTRE LE PIRATAGE OU S'ADAPTER?Qu'en pensent les jeunes internautes?Âgés entre 17 et 21 ans, nos interviewés ont grandi avec Internet.Leur pratique s'annonce irréversible : télécharger des centaines de chansons, n'acheter des CD au magasin qu'à l'occasion.Ces jeunes constituent la première génération de l'accès, c'est-à-dire qu'ils accèdent à un produit dématérialisé au lieu de le posséder.À commencer par la musique, il va sans dire.ALAIN BRUNET alain.brunet@lapresse.ca Crack de l'informatique Jean-Pierre, 20 ans, de Sherbrooke, étudiant en informatique de gestion à l'université, fut l'un des premiers de sa bande intégrer un graveur à son ordi.Il admet avoir même vendu des CD gravés « à la carte » selon les besoins de sa clientèle.Lorsque les graveurs sont devenus accessibles à tous, il a cessé son petit commerce.Jean- Pierre correspond au profil des 261 internautes poursuivis en septembre dernier par la Recording Industry Association of America (RIAA) : plus de 3000 chansons sont stockées dans le disque dur de son ordinateur personnel.« La plupart de mes amis informaticiens en ont autant que moi.J'ai aussi une vingtaine de films ; les nouveautés arrivent plus rapidement sur Internet qu'au club vidéo.» Le jeune homme admet que sa collection de fichiers musicaux est nettement supérieure à la moyenne, il croit néanmoins que la plupart des jeunes emmagasinent plusieurs centaines de chansons.« J'ai travaillé dans un magasin d'informatique, la plupart des ordinateurs à réparer comportaient une moyenne de 500 fichiers MP3 », rapporte-t-il.Récemment, Jean-Pierre a freiné ses ardeurs.« Depuis les poursuites de la RIAA, je ne vais plus sur Ka ZaA, Lime Wire ou sur le réseau MIAC.en attendant de voir ce qui va se passer.» Musicien de garage Maxime, de Saint-Jean sur le Richelieu, étudie en arts et lettres au cégep.Bassiste dans un groupe de garage, animateur à la radio étudiante de son collège, l'ado de 17 ans représente le typique mélomane avec lequel l'industrie de la musique doit désormais composer.« Je télécharge depuis quatre ou cinq ans, raconte-t-il.Ça se parlait à l'école.Mes amis et moi étions dans des groupes ; nous avions d'abord réussi à échanger nos pièces sur des logiciels de clavardage, puis nous avons continué avec nos disques.Napster est arrivé, ç'a vraiment explosé.Lorsqu'on a fermé Napster, je suis allé sur les sites P2P tels Ka- ZaA et Morpheus.» Maxime dispose de 600 chansons dans le disque dur de son ordinateur personnel, sans compter une centaine de vidéoclips et une dizaine de jeux.« Je télécharge les chansons qui sont sur un CD que je ne veux pas acheter, je cherche aussi à découvrir des groupes moins connus, comme Mars Volta ou Tool.Les Québécois ?J'aime les Cowboys fringants, Jean Leloup, Jorane et plusieurs autres.Il y a notre musique aussi : mes amis et moi sommes bien contents lorsque nous arrivons à la faire connaître sur Internet.» Musicien et fan, Maxime ne se sent pas mal à l'aise de télécharger la musique, mais estime aussi important d'acheter des disques.« C'est rendu à un point où l'on ne peut plus rien y faire.Il y aura toujours de la musique gratuite, mais il y aura aussi de la musique payante.Personnellement, j'achète un ou deux CD par semaine.» Consommateurs « normaux » Daniel, 19 ans, de Montréal, est plus représentatif de sa génération : il est un amateur « normal » de musique : « J'achète un disque à tous les deux mois.J'ai un ordinateur Mac, j'ai mis du temps avant de découvrir qu'il était possible de télécharger gratuitement sur Lime Wire.Depuis six mois, j'ai téléchargé environ 300 chansons.C'est une autre ère, on ne peut plus retourner en arrière », soutient l'étudiant en sciences humaines.Et pourquoi Marwah, 18 ans, étudiante au cégep en sciences pures, a-t-elle empilé plus d'un millier de chansons dans son ordi plutôt que 300 ?« Parce que nous avons la haute vitesse à la maison \u2014 sinon ça prendrait une éternité pour télécharger ! » La haute vitesse sur Internet est évidemment un facteur-clé dans la croissance exponentielle du téléchargement gratuit.Samuel, 19 ans vit sur le Plateau Mont-Royal, étudie au cégep en sciences humaines / profil individu.Son profil de consommateur, lui, est le plus répandu : « J'ai commencé avec Napster, vers secondaire II.Il n'y a pas si longtemps, j'ai eu un problème avec mon ordinateur, j'ai été obligé de tout effacer.Actuellement, j'ai peut-être une cinquantaine de chansons, mais j'achète aussi des disques.Un par mois.» Lorsque les jeunes se procurent un CD au magasin, en fait, c'est parce qu'ils le désirent vraiment.La plupart d'entre eux ne prendront pas de risques sur une nouveauté comme c'était jadis le cas pour les générations précédentes.Isabelle, 17 ans, de Boucherville, n'achète que deux ou trois disques par an, lorsque plus de deux chansons l'intéressent.« J'achète un album aussi pour lire les paroles des chansons.Sinon, je télécharge sur Ka ZaA », explique l'étudiante en soins infirmiers.Idem pour Marie-Ève, 17 ans, de Repentigny : « Avant, j'achetais beaucoup plus de disques, mais puisque je n'aime que deux ou trois chansons d'un artiste dans chaque album qui coûte environ 20 $, j'en achète moins », explique l'étudiante en sciences humaines.Marie-Ève soulève en outre qu'elle a déjà contracté des virus informatique en procédant à certains échanges.Ce qui a conduit sa copine Mélissa à prendre certaines précautions : « Je télécharge sur le site WinMX, mais je ne partage pas ; je vide mon fichier où l'on peut venir chercher mes chansons », explique l'adolescente de 17 ans, étudiante en techniques policières.Copier : un « service entre chums » Benoît, 20 ans, de Beloeil, prévoit aussi devenir policier.Comme la plupart des jeunes, il télécharge la musique et admet même partager des CD copiés.Il estime que cette pratique courante n'est aucunement répréhensible, contrairement à ce que pensent plusieurs représentants de l'industrie de la musique.« Mes amis et moi, on fait ça, mais ce n'est pas du commerce ; c'est un service qu'on se rend entre chums », insiste Benoît.Pour certains, le téléchargement gratuit est un acte de rébellion.François, 18 ans, fréquente le cégep mais semble s'intéresser davantage au mouvement étudiant qu'aux études.Un militant à temps plein, en quelque sorte, une espèce que l'on croyait disparue.« Je devais avoir 10 ans, relate-t-il, lorsque j'ai commencé à utiliser Internet.La majorité de mes disques sont achetés, la minorité est téléchargée et gravée.Je sais que l'industrie de la musique perd de l'argent quand je fais ça, c'est clair.Mais je n'ai pas de regrets, car les grandes vedettes que je télécharge et leurs compagnies de disques (The Police, Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers, etc.) ont déjà des tonnes d'argent.Puisque je suis anticapitaliste, ça ne me dérange pas trop.» David, 18 ans, de Saint-Léonard, n'a rien d'un militant, mais lui non plus ne manifeste aucune empathie quant à la santé précaire des multinationales du disque.Et les menaces ?« Les poursuites américaines contre les internautes me concernent peu.C'est bien, en fait, la gratuité, car ça nous permet de découvrir de nouveaux groupes.Je ne crois pas qu'il soit possible de stopper le phénomène et empêcher les gens de télécharger gratuitement.Si on neutralise Ka ZaA, le site d'échanges le plus populaire, il y en a toujours un autre qui va le remplacer.» Cela étant, David estime important d'encourager les artistes moins favorisés.« Bien sûr, c'est un peu de notre faute si les artistes et les compagnies de disques font moins d'argent.C'est pourquoi j'achète les CD de petits groupes montréalais ou québécois.Je fais donc un choix conscient lorsque j'achète un disque.Dissidents d'Internet Il arrive même que des jeunes s'inscrivent en faux contre la tendance généralisée au téléchargement.« Je ne télécharge pas ; je trouve le principe un peu ridicule.Ce n'est pas correct pour les créateurs québécois qui font beaucoup moins d'argent qu'aux États- Unis », explique Amélie, 21 ans, étudiante en cinéma.Son collègue Mathieu, 18 ans, rejette Internet pour les bonnes vieilles raisons : « J'aime bien acheter un CD, je suis assez matérialiste ; j'aime avoir la pochette d'un disque, j'aime l'objet.C'est pourquoi je possède 500 disques.» Une « autre » pratique ?Chantal, 18 ans, de Saint-Léonard, ne ressent aucun danger lorsqu'elle télécharge de la musique.« J'ai au moins 500 chansons dans mon ordinateur.Je ne me sens pas responsable de la chute des ventes de disques \u2014 j'en achète deux par mois.Si, toutefois, je veux découvrir une nouvelle chanson, je vais la télécharger.Je pourrais aussi l'enregistrer à la radio, ça donnerait le même résultat avec une qualité d'enregistrement un peu moins bonne.Alors pourquoi doit-on m'empêcher de télécharger gratuitement ?» L'étudiante en sciences humaines soulève une question intéressante, le noeud du problème : le téléchargement gratuit sur Internet serait-il une « autre » pratique, différente de l'achat de disques et de l'écoute radiophonique ?PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Maxime Boivin, de L'Acadie, télécharge de la musique à partir de son ordinateur, au sous-sol de la maison de ses parents.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Isabelle Dufour, au premier plan, Marie-Ève Girard et Mélissa Brien, en arrière, téléchargent de la musique de leurs groupes préférés provenant d'Internet, ensuite elles la gravent sur disque. ARTS ET SPECTACLES COMBATTRE LE PIRATAGE OU S'ADAPTER?Les fournisseurs d'accès dans la mire de l'industrie ALAIN BRUNET « La musique gratuite sur Internet, c'est un mythe.Des millions sont générés actuellement par le trafic illicite des oeuvres musicales et ces millions ne vont tout simplement pas au bon endroit.» Ainsi parle Daniel Lafrance, président de l'Association des professionnels de l'édition musicale (APEM).En mai dernier, l'APEM a initié une coalition pancanadienne pour les ayants droit musicaux sur Internet, regroupant entre autres associations la SOCAN, la SODRACQ, l'UDA et l'ADISQ, qui n'a pas tardé à se prononcer sur la question.La semaine dernière, l'ADISQ rendait publique sa demande de créer un fonds de production prélevé à même les bénéfices annuels réalisés par les fournisseurs d'accès, c'est-à-dire 3% de 1,9 milliard.Mise de l'avant depuis le printemps dernier, cette idée a émergé sous la présidence de Jacques Primeau, elle a été reprise par le nouvel élu, Yves-François Blanchet.«Et ce 3% exigé par l'ADISQ, ajoute Daniel Lafrance, ne règle en rien la question des droits sur Internet.Rien n'est réglé à ce titre, en fait.et nous avons pourtant l'assurance que les fournisseurs d'accès se font des couilles en or.» La SOCAN, qui représente les créateurs de musique et de chansons, avait déjà déposé un projet de tarification sur Internet en vertu de la loi sur le droit d'auteur.La Commission du droit d'auteur avait ensuite rendu une décision : elle déterminait que les fournisseurs d'accès Internet n'étaient pas responsables des redevances aux créateurs, attribuant plutôt la responsabilité aux fournisseurs de contenu \u2014 les sites Internet.Ce que la SOCAN a contesté en cour d'appel fédérale.Cette dernière a maintenu en majeure partie la décision de la Commission du droit d'auteur, la SOCAN a porté cette cause en Cour suprême, elle sera entendue en décembre prochain.« La SOCAN tente de nous faire payer des droits, elle a pourtant admis qu'elle poursuivait les fournisseurs d'accès parce que cette solution lui semblait commode d'un point de vue administratif.Ce qui ne signifie en rien que cette mesure est justifiée au plan légal », soutient Jay Thomson, président de la Canadian Association of Internet Providers (CAIP), qui regroupe notamment Bell Canada, Telus, AOL Canada, Allstream (AT&T) et Sprint Canada.Est-il besoin d'ajouter qu'il réprouve les nouvelles demandes de l'ADISQ.« Internet, insiste Thomson, n'est que le médium; nous estimons donc être la mauvaise cible.Il faudrait plutôt s'attaquer à ceux qui ont des pratiques que l'industrie de la musique juge répréhensibles.C'est comme si on exigeait des constructeurs d'une autoroute de payer les contraventions des automobilistes qui y circulent trop rapidement.Nous croyons, en ce sens, que l'ADISQ n'a pas non plus fait ses devoirs.Nous sommes favorables à la mise en place d'un régime de droits sur Internet, mais nous ne croyons pas que les fournisseurs d'accès doivent payer ces droits afin de compenser les pertes d'une autre industrie », pense le président de CAIP.Luc Lavoie, vice-président exécutif chez Quebecor, semble partager cette vision, même si l'entreprise produit, distribue et vend des disques.en plus d'être un fournisseur d'accès Internet.« Le piratage de la musique, fait-il d'abord remarquer, nous cause un tort considérable: nous sommes le premier distributeur indépendant (Sélect) avec une part de marché qui dépasse 70%, nous sommes le premier détaillant avec les magasins Archambault dont la part de marché dépasse 25%, nous avons aussi produit le disque le plus vendu de l'année (Star Académie).Nous sommes prêts à monter aux barricades pour que quelque chose soit fait.« Cela étant dit, la stratégie que propose l'ADISQ consiste à seulement « taxer» les fournisseurs d'accès ; ainsi l'industrie de la musique va faire des CD, elle va en vendre un peu moins et l'argent prélevé chez les fournisseurs d'accès va compenser.À mon sens, l'approche proposée par l'ADISQ ressemble un peu à la prohibition dans les années 20 aux USA.Ce que propose l'ADISQ ne fera que maintenir le statu quo en refusant d'admettre que le vieux modèle économique ne peut plus résister.» C'est pourquoi, chez Quebecor, on espère que convaincre l'ADISQ d'adopter une « approche multiforme », pour reprendre l'expression de Luc Lavoie : « campagne d'éducation contre le vol de la musique sur Internet », « attaques juridiques sérieuses contre ceux qui se rendent complices du téléchargement gratuit» et « l'acceptation que l'Internet et les fichiers MP3 sont des véhicules qui ne disparaîtront pas.» On comprendra que Luc Lavoie croit ferme à l'émergence de modèles payants sur Internet.« Et ce n'est pas vrai que le fournisseur d'accès Internet va compenser les producteurs qui veulent maintenir le statu quo » tranche- t-il.On le comprendra.L'approche de Quebecor, au fait, peut-elle être autre que « multiforme » ?En plus de produire et distribuer des disques, le conglomérat ne possède-t-il pas Vidéotron, une entreprise de câblodistribution qui est aussi un puissant fournisseur d'accès Internet ?À long terme, c'est-à-dire lorsque la vente des disques au détail ne sera plus la source principale des profits des producteurs de disques, les compensations exigées par l'ADISQ et autres associations d'ayants droit n'iront-elles pas puiser directement dans la cagnotte de Vidéotron ?La position de Quebecor est celle d'un véritable conglomérat, ce qui n'est pas le cas des autres producteurs membres de l'ADISQ, sans compter tout les autres ayants droit liés à l'industrie musicale \u2014 créateurs, interprètes, éditeurs.Ces organisations visent désormais les fournisseurs d'accès parce que les modèles payants de consommation en ligne ne fonctionnent pas.ou si peu.Le seul exemple probant : lancé par Apple en avril dernier, i Tunes Music Store a vendu 13 millions de chansons à 99 cents auprès des utilisateurs d'ordinateurs Mac Intosh.Depuis le 16 octobre, son modèle adapté à Windows (97% du marché des ordinateurs personnels) a vendu plus d'unmillion de chansons en ligne.Daniel Lafrance, lui sugère cette nuance : « Pendant qu'on a vendu un million de chansons ces derniers jours, il s'est téléchargé 2,8 millions de logiciels Kaz Aa.Nous ne pensons donc pas qu'il est possible d'éradiquer le phénomène du téléchargement gratuit.Tenter de l'éradiquer n'est pas une bonne solution.Nous croyons plutôt qu'il faut mieux acheminer les sommes générées par le phénomène Internet.afin que les ayants droit puissent aussi en tirer profit.» « Pendant qu'on a vendu un million de chansons ces derniers jours, il s'est téléchargé 2,8 millions de logiciels Kaz Aa.» Baissemoins marquée pour le disque québécois ALAIN BRUNET Le Canada ne fait pas exception à la tendance mondiale : les statistiques les plus récentes de la firme Soundscan, qui recense avec une grande précision les ventes de CD au détail, indiquent que 30 413 900 disques (dont 29 803 400 albums) ont été vendus entre le 1er janvier et le 12 octobre 2003.Voilà qui représente une baisse de 9% par rapport à la même période en 2002.Au Québec, cependant, Soundscan n'annonce qu'une baisse de 2,8%, ce qui constitue en soi une performance exceptionnelle dans le contexte de crise que traverse l'industrie de la musique.Il s'y est effectivement vendu 8 246 800 disques entre janvier et octobre, alors que les consommateurs québécois en avaient acheté 8 484 200 à pareille date l'an dernier.Répétons-le, ce n'est pas rien.Comment expliquer cette performance ?La vigueur de l'industrie indépendante, responsable de 95% de la production des disques d'ici ?Le traitement spécial qu'accordent plusieurs jeunes « téléchargeurs» aux produits québécois, qu'ils disent acheter davantage en magasin ?Peut-être, mais la baisse moins marquée des ventes de disques au Québec est d'abord attribuable à l'impact phénoménal des ventes de « produits dérivés » issus de la télé-réalité ; les 565 000 exemplaires de Star Académie, et les plus de 200 000 exemplaires de Mix Mania ont freiné le déclin.Ces statistiques éloquentes camouflent donc une réduction marquée de la diversité musicale, tant à la radio que dans les magasins de disques.Une poignée d'artistes (dont plusieurs amateurs !) réalisent l'ensemble des ventes de disques au Québec.On remarquera, par ailleurs, que la baisse des vente de disques est beaucoup plus marquée chez les détaillants (Archambault, HMV, Renaud Bray, Music World, Future Shop, Musigo, etc.) que dans les grandes surfaces (Wal-Mart, Costco, Zellers).Chez les détaillants, les ventes de disques ont effectivement chuté de 11,1% par rapport à l'an dernier, pendant que les ventes n'ont diminué que de 2,7% dans grandes surfaces.Jean-Claude Dumesnil, gérant des ventes au Québec pour le produit francophone à l'emploi de la chaîne de détaillants HMV, se réjouit néanmoins de la performance du disque québécois dans le contexte actuel.« Cet automne, affirme-t-il, les ventes sont très bonnes.La qualité du produit est là, le marché est en hausse, c'est positif.L'implantation de prix réduits (14,99 $) chez Universal n'a certes pas nui, c'est aussi positif.De là à déduire que le marché va bien à cause de cette réduction, il y a une marge.Il faut dire que les multinationales EMI et BMG avaient déjà procédé à une baisse des prix de certains de leurs produits.On remarque aussi que de nouveaux artistes francophones sont vendus à des prix « développement », c'est-à-dire 12,99 $ et 13,99 $.» On en déduira que le prix du disque n'a pas chuté globalement.Sauf Universal (qui n'a pas baissé le prix de tous ses produits, soit dit en passant), les autres majors n'ont pas encore emboîté le pas, idem chez les détaillants, sauf exception \u2014Future Shop a vraiment procédé à une baisse généralisée d'environ 30 %.Entre le 1er janvier et le 12 octobre, toujours d'après Soundscan, les parts de marché au Canada auront été les suivantes : Universal arrive en première position avec 28,8 %, suivi de Warner (14,6 %), EMI (14,4 %), Sony (13,7 %), BMG (9,8 %).Les étiquettes indépendantes n'occupent que 18,7% du marché canadien.Répondez à notre appel à tous Pirater, est-ce voler ?Envoyez vos textes à : forum@lapresse.ca \u2014 L'équipe des Arts + Spectacles HÉROET ZÉRO > L'HÉROÏNE : CHLOÉ SAINTE-MARIE Qui aurait cru, dans les années 80, que Chloé Sainte- Marie irait, un jour, quérir un prix, non pas au nom de son cinéaste de conjoint, mais en son nom ?Lors du gala hors d'ondes de l'ADISQ, lundi dernier, la muse de Gilles Carle a remporté le Félix de l'album folk contemporain pour son magnifique Je marche à toi.Après les tomates, les dithyrambes.Il n'a fallu à la belle que deux albums pour acquérir le respect de toute une académie.La Guêpe pique maintenant.la curiosité.> LE ZÉRO (DE CONDUITE) : KIMBERLY MATHERS Voilà de quoi donner de l'inspiration à Eminem : son ex-femme (qu'il a déjà eu envie de découper en petits morceaux dans une chanson) a omis à deux reprises, cette semaine, de se présenter en cour.La grande fille de 28 ans a été arrêtée en juin dernier pour mauvaise conduite au volant.Monsieur l'agent avait alors trouvé de la cocaïne sur elle.Oups.ENTRACTE DÉCOR CONVERGENT Rien n'est laissé au hasard dans les publications de Quebecor.Dans une page du Décoration chez soi de novembre soulignant le chic design d'un salon, on peut apercevoir dans le téléviseur de la pièce Marie-Élaine et Wilfred de Star Académie.ILS, ELLES ONT DIT.MARIE EYKEL, à Infoman, qui rappelle que même les idoles des enfants ont une libido.«À l'époque, quand je sortais dans un bar, des gens étaient insultés de découvrir que la petite Passe-Partout baiserait peut-être ce soir-là.Et je fumais en plus!» BIEN (MAL) DIT ÉMILY, ex-Star Académie et désormais coanimatrice, devant plus d'un million de téléspectateurs.«Mitsou, merci d'avoir venu à Demandes spéciales.» Vite un béchamel, s'cusez, un Bescherelle! La rubrique à lire avant de donner son journal à son toutou TRISTE FINALE La mort du cabot de Ringo Rinfret, Pantoufle, a été annoncée\u2014comme celle de Poppy, le chien de Michèle Richard \u2014 dans un communiqué de presse.En trottant chez sa voisine et maîtresse pittbull, chienchien a été frappé de plein fouet par le destin «déguisé en camion 10 roues».Pantoufle a rendu l'âme dans le petit sac en papier brun que tenait Ringo Rinfret (Bruno Landry), qui \u2014 un hasard?\u2014 lance un album, mercredi, sur lequel on retrouve la chanson Reviens Pantoufle, apprend-on dans le même communiqué.Au diable, le respect des pitous quand vient le temps de faire de la promotion ! DIALOGUE DE COUPLE «On nous appelle souvent pour faire des choses ensemble (pub, animation, cause à défendre.).Mais je n'ai pas étudié quatre ans à l'École nationale de théâtre pour être un couple.J'ai autre chose à offrir.Et ce n'est pas si facile de travailler avec son conjoint.C'est une pression supplémentaire sur le couple, car on travaille différemment.On m'a appelée récemment pour jouer dans une pub avec mon chum.J'ai refusé.Mon couple n'est pas à vendre.» \u2014 Sophie Prégent, à La Presse, comédienne et conjointe de Charles Lafortune.Ringo Rinfret Thom Yorke PHOTO AP LE MONDE CHANGE, RADIOHEAD AUSSI «Des phénomènes comme i Tunes et le collage des chansons, je suis plutôt en faveur.J'écoute toujours la musique sur random.» Celui qui parle ainsi, le chanteur Thom Yorke du groupe Radiohead, disait du même souffle à l'agence AP que l'industrie de la musique sera forcée de changer parce que la façon dont les gens écoutent la musique change.Et Yorke d'ajouter qu'il ne sait pas vraiment ce que va faire Radiohead désormais mais qu'il est peu probable que le groupe produise un autre album.«Ç'a toujours été album, album, album, » Probable qu'ils feront désormais des EP. ARTS ET SPECTACLES LES 25 ANS DE L'ADISQ Le Québec, royaume des indépendants ALAIN BRUNET « Le Québec est le seul marché du disque au monde qui soit dominé à ce point par les producteurs indépendants \u2014 à hauteur de 95 %.L'existence d'une association forte qui rassemble ces producteurs n'est pas étrangère au phénomène », clame fièrement Yves-François Blanchet, nouveau président de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo qui célèbre ses 25 ans d'existence.Un rappel historique s'impose.Solange Drouin, directrice générale de l'organisation, aime employer la métaphore de l'édifice lorsqu'elle souligne les acquis de l'industrie québécoise de la musique.Cet édifice est évidemment soutenu par les piliers suivants.Primo, la directrice générale rappelle le mandat de la promotion collective, « c'est-à-dire créer une vitrine à la télévision afin que le public québécois puisse avoir accès à ses artistes ».Cette vitrine, c'est évidemment le fameux gala télédiffusé en direct demain soir (qui complète le gala hors d'ondes, tenu lundi dernier) sans compter trois émissions de télé / radio.Secundo, le dossier de la radiodiffusion a pesé lourd dans les acquis historiques de l'ADISQ.« Nous avons défendu les quotas de musique vocale de langue française (65 %) depuis le milieu des années 80 de façon à ce que les stations de radio les respecte.À l'ADISQ, on considère toujours qu'il s'agit d'une mesure essentielle.Depuis 1998, nous avons fait pression pour que le CRTC impose un quota de 55% de langue française aux heures de grande écoute (de 8 h à 18 h, du lundi au vendredi) ; il nous fallait contrecarrer une pratique répandue, celle de ne diffuser de la chanson francophone qu'en soirée.» Tertio, explique Solange Drouin, l'ADISQ a participé à la rénovation de la Loi sur le droit d'auteur.« L'association a largement contribué à ce qu'on instaure au Canada un régime de droits voisins et de copie privée, régime qui a des retombées réelles sur les ayants droit.Pour les artistes interprètes et les producteurs, le régime de droits voisins a d'ores et déjà généré des retombées de 30 millions de dollars et le régime de copie privée a procuré 58 millions pour l'année 2000 à 2002.» En quatrième lieu, le financement étatique aux producteurs a été accru ces dernières années.« Les actions de l'ADISQ ont permis à l'ensemble du milieu de compter sur un financement additionnel cumulatif de 65 millions depuis 1997.Au cours de l'année financière 1996-97, nous n'avions droit qu'à moins de 5 millions alors qu'aujourd'hui le milieu de la musique peut compter sur 25 millions », indique la directrice générale.Des bémols Il y a quand même des bémols, en particulier le Programme des entrepreneurs de la musique (PEM) administré par Téléfilm Canada.« Téléfilm, soulève Solange Drouin, disposait d'un budget bien en deçà des besoins exprimés par l'industrie.En 1999, on nous avait promis 106 millions, nous en avons finalement obtenu 51, dont 23 pour le PEM.Avec cet argent, Téléfilm n'a pu aider qu'un nombre limité d'entreprise, ce qui a causé un effet de déséquilibre dans l'industrie québécoise de la musique.C'est pourquoi l'ADISQ a fait des représentations pour obtenir des sommes supplémentaires afin de rétablir cet équilibre ; pour l'instant nous poursuivions les démarches, en plus de nous inquiéter des sommes sur lesquelles nous pourrons compter à partir du 1er avril 2004, sommes qui n'ont pas encore été rendues publiques.» Cinquièmement, le secteur des relations de travail : « L'ADISQ, résume la directrice générale, a négocié de bonne foi au nom de ses membres des ententes dans les domaines du phonogramme et du spectacle de variétés.» Et comment envisager l'avenir dans ce contexte de crise généralisée de l'industrie de la musique ?Comme les producteurs et créateurs du monde entier, les membres l'ADISQ entendent s'attaquer au phénomène de l'appropriation sans droits de musique, c'est-à-dire l'absence de revenus générés sur Internet.« Nous sommes conscients, admet Solange Drouin, qu'il s'agit là d'un problème à visages multiples.Nous sommes aussi conscients que nous ne pouvons avoir qu'un impact limité puisque le problème appelle des solutions à l'échelle mondiale.Nous allons donc agir au niveau de la sensibilisation, c'est-à-dire en déployant une campagne de valorisation du disque dès l'hiver 2004.Nous pensons aussi que les fournisseurs d'accès Internet devront contribuer au développement du talent canadien, exigence qui pourrait être imposée par le CRTC en vertu de la Loi sur les télécommunications.« L'ADISQ croit aussi qu'il est nécessaire que d'autres modifications soient apportées à la Loi sur le droit d'auteur de façon à ce que nous ayons tous les outils juridiques pour mieux agir dans le nouveau contexte numérique.Il y a un processus en cours et l'ADISQ compte bien y participer en faisant des représentations.En dernier lieu, la diversité musicale à la radio est un enjeu crucial pour l'ADISQ dans un avenir proche.«À la radio, soulève Solange Drouin, le son de la plupart des stations de radio est devenu homogène.En février dernier, nous avons démontré au CRTC que les 50 premières positions du top 100 francophone s'accaparent 50% de toutes les rotations.Les 85 autres positions se partagent le reste.Les quotas de 65 % sont respectés, on en convient, mais l'objectif sous-jacent aux quotas est d'offrir une vraie diversité au public.Cet objectif n'est manifestement pas atteint.» On rappellera que le CRTC est sur le point d'initier un processus de révision de la politique de la radio commerciale, l'ADISQ entend mettre sa position de l'avant dans le cadre de ce processus.À ce titre, Yves-François Blanchet souligne qu'il faudra d'abord employer la méthode douce.« Nous essaierons de nous entendre avec les radiodiffuseurs, afin de nous présenter au CRTC avec un maximum de positions consensuelles.On sait que le déclin de la diversité musicale à la radio est une tendance lourde, mais notre responsabilité est de mettre toute la pression requise pour maximiser cette diversité.» Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ.Yves-François Blanchet, président de l'ADISQ.Sensibiliser les internautes Yves-François Blanchet insiste sur le fait que l'ADISQ est prête à s'adapter au nouveau contexte du téléchargement musical, sans s'attaquer aux internautes.« Nous n'avons absolument aucune intention d'entreprendre des mesures contre les utilisateurs d'Internet, nous désirons simplement les sensibiliser à la nécessité de percevoir des revenus pour poursuivre la création et la production.Être contre la technologie, c'est comme être contre la météo ! » blague le président, évoquant le caractère irréversible des bouleversements technologiques en cours.« Mais cette technologie, tient-il à préciser, devra être réglementée.Dans cette optique, la solution passe par une contribution des fournisseurs d'accès Internet à la production musicale.Tant mieux si on finit par vendre de la musique en ligne, mais il n'y a pas d'indications concrètes que ce soit porteur d'avenir.» Billets en vente au théâtre (514) 286-7884 Admission - achats téléphoniques (514) 790-1245 ou au www.admission.com Groupes (514) 527-3644 à l'Olympia 1004, rue Ste-Catherine Est, Montréal avec Michel Côté Marcel Gauthier Marc Messier une comédie de Claude Meunier Jean-Pierre Plante Francine Ruel Louis Saia Michel Côté Marcel Gauthier Marc Messier 3 février 4 février 5 février 6 février 7 février 21 oct.22 oct.23 oct.24 oct.25 oct.28 oct.29 oct.30 oct.31 oct.1ernov.25 nov.26 nov.27 nov.28 nov.29 nov.2 déc.3 déc.4 déc.5 déc.6 déc.COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET s s s s s COMPLET (514) 790-1245 3179982A Gilles Vigneault accompagné par: Norman Lachapelle contrebasse Jocelyn Guilmette violon, saxophone, flûtes Bruno Fecteau piano et direction musicale Au bout du coeur mise en scène de Jean Bissonnette Au Th é â t re Corona à 20h Vigneault: Admirable et indémodable.Voilà un artiste immense.N'hésitez pas à vous rendre au Corona.- La Presse Vigneault : un miracle d'interprétation et d'orfèvrerie\u2026 Charmé, captivé, ému.je m'émerveille de cette voix.- Le Devoir C'est l'émerveillement\u2026 il faut voir ce spectacle.- TVA Salut Bonjour ! Vigneault un formidable allumeur de conscience.il est magistral.Un triomphe.- SRC, Aujourd'hui Vigneault un redoutable conteur.Un spectacle rare ! - SRC Montréal Express SUPPLÉMENTAIRES 14-15-16 NOVEMBRE www.gsimusique.com L es R e f r a i n s .avec Monique Giroux COMPLET COMPLET NOUVELLE DATE 18 NOVEMBRE COMPLET DERNIER SOIR 3178830A 3179292A TENDANCES Tous les jours dans ARTS ET SPECTACLES Le loft m'attend MARC CASSIVI BILLET mcassivi@lapresse.ca La nouvelle a surpris tout le monde, mardi soir.À un point tel que TQS a ouvert son bulletin d'information avec cette catastrophe très peu naturelle: Yanick, dit Phalange imberbe, et David, alias Tintin au Témiscamingue, ont quitté le loft.Pas pour manger des gâteaux dans le jacuzzi ou vérifier si leur appartement était entouré de gazon naturel.Non.Yanick, dit La Police épilée, et David, alias Albert Londres avec un toutou sur la tête, ont quitté le loft pour de bon.Ils ont troqué la télé-réalité pour la dure réalité.Désormais, on ne rira plus d'eux à la télévision, mais en personne.On n'arrête pas le progrès.Imaginez la scène.Vous faites de la vitesse sur l'autoroute.On vous arrête.Vous reconnaissez dans le rétroviseur le policier qui s'approche de votre voiture.C'est Yanick, alias Pec Taureau.Pourrez-vous vous empêcher de rire en pensant que vous avez vu cet homme se raser le torse à la télévision devant un million et demi de spectateurs ?De quoi je parle?De Loft Story, bien entendu.N'essayez pas de me faire croire que vous n'avez jamais entendu parler du bébé-réalité de Guy Cloutier.Vous n'avez peut-être, comme moi, pas « vu » Yanick, dit Gel coiffant, s'exfolier les phalanges.Mais vous êtes plusieurs, j'en suis sûr, à avoir appris entre les branches que ce policier de 31 ans originaire de La Salle passe le plus clair de ses avant-midis à s'épiler le torse et à placer soigneusement chacun de ses cheveux peroxydés à l'aide d'un fixatif.Mardi, j'ai finalement fait la connaissance de Yanick, alias Broue dans l'toupet.Je l'avais sûrement entrevu une ou deux fois en faisant le zapping-tour des chaînes, mais cette semaine, je ne pouvais pas le rater.En général, je regarde assez peu la télévision, sauf en fin de soirée, lorsque les bulletins de sport sont présentés et que Letterman fait de l'ironie.Mais mardi, entre deux manches de balle, je suis tombé sur un ersatz de 110 % consacré entièrement à Yanick et à son ami David, un journaliste de 28 ans.J'ai eu beau zapper de temps à autre au baseball, je suis resté scotché à TQS jusqu'à minuit et demi, à écouter un gars qui s'épile les phalanges expliquer pourquoi il avait pris, après mûre réflexion, la décision de quitter un loft sans lave-vaisselle de Saint-Hubert peuplé d'une bande d'adolescents attardés qui se moquent de lui depuis trois semaines.Il y en a qui ne connaissent pas leur chance.Lorsque Yanick, dit L'Intuitif, a confié au Doc Mailloux, alias L'Homme des cavernes, qu'il avait compris au bout d'un certain temps que les concurrents de Loft Story « jouaient un jeu », j'imagine que je n'ai pas été le seul à me demander « Pourquoi diable est-ce que je regarde cette connerie ?» Et pourtant, je suis resté à l'écoute, en poste comme le chien de Pavlov devant un bortsch passé date.Quand Yanick, alias Jack quart d'heure, s'est demandé comment il réagirait à sa nouvelle notoriété, j'ai eu envie de lui crier que ses quinze minutes étaient échues, que sa carrière d'acteur venait de prendre fin et qu'il aurait intérêt à se dénicher un nouveau psy (ou à consulter un professionnel de la santé qui n'est pas en faveur de la lobotomie pour fins d'expérimentation et qui ne considère pas l'épilation comme un symptôme de démence).Pour tout dire, Loft Story m'a fait réagir.D'ailleurs, ai-je constaté depuis quelques semaines, tout le monde a son opinion sur Loft Story.On a beau haaaaïïïr la télé-réalité \u2014 j'en suis \u2014, ces jours-ci, elle nous rattrape dans le détour : au supermarché, au bureau, dans les réunions de famille, dans les soupers d'amis.Pour les uns, Loft Story témoigne d'un phénomène de société fascinant, pour les autres, c'est une merde de bouc insignifiante.Ce que tous ces gens ont en commun, c'est qu'un jour, quelque part, par hasard ou par intérêt, en première diffusion ou en fin de soirée, ils ont « consommé » de la télé-réalité, vu Loft Story et peut-être même Yanick.C'est d'ailleurs ce que j'ai fait mercredi soir.Je me suis tapé un épisode complet de cette bouillie, qui a culminé avec une séance de baise collective dans un bain à remous.Eh qu'il doit y avoir des papas et des mamans fiers de leur progéniture cette semaine ! Insignifiant, Loft Story ?Minable et pathétique aussi, mais bon, si Guy Fournier aime ça.Mercredi, je me suis couché moins niaiseux, comme le veut le proverbe.Je savais déjà que les Académiciens n'étaient pas tous des gens de lettres ; maintenant, je sais que Le Confessionnal n'est pas seulement le meilleur film de Robert Lepage et qu'on n'envoie pas au ballottage que des joueurs de hockey.Aujourd'hui, comme Paul Arcand, je pose les vraies questions.Pas « Qui va gagner 50 000 $ et se faire construire un château à Outremont ?» mais bien « Le pourcentage d'hommes blonds dans Loft Story est-il représentatif de l'ensemble de la société québécoise ?» Et surtout : « Cou'donc, c'esttu arrangé avec le gars des vues cette cochonnerie-là ?» Disons que Guy Cloutier n'avait pas l'air trop mécontent d'accueillir les démissionnaires à leur sortie du loft et de voir la partie de fesses qui a suivi dans le jacuzzi.Évidemment qu'il faut prendre tout ça avec philosophie.Loft Story reste de la tivi, dans le sens le plus abject du terme, mais il n'y a certainement pas là matière à crier au scandale.Quelques lofteurs garderont assurément de cette expérience des séquelles psychologiques pour le restant de leurs jours.Mais j'imagine que dans une trentaine d'années, on aura épuisé toutes les moqueries à propos du gars chauve un peu débile et de la fille à la tête rasée.Dans quelques mois même, on aura oublié ces rats de laboratoire lobotomisés.D'autres rongeurs les auront déjà remplacés.D'ailleurs, je vous laisse.Le loft m'attend.« Pourquoi diable est-ce que je regarde cette connerie ?» Yanick, c'est ce policier de La Salle qui passe le plus clair de ses matinées à s'épiler le torse et à placer soigneusement chacun de ses cheveux peroxydés à l'aide d'un fixatif.DU 29 OCTOBRE AU 6 DÉCEMBRE www.duceppe.com traduction de Benoit Girard de Ronald Harwood mise en scène de Serge Denoncourt Denis Bernard Michel Dumont Micheline Bernard Luc Bourgeois Benoit Girard Monique Miller Louise Cardinal Jean-Pierre Chartrand Jean-Marie Moncelet Claude Préfontaine décor Louise Campeau costumes François Barbeau éclairages Martin Labrecque musique Stéfane Richard l'habilleur Présenté en collaboration avec 3177547A DÈS MARDI ! 514.866.8668 www.tnm.qc.ca UNE COLLABORATION LES PRÉCIEUSES RIDICULES MISE EN SCÈNE DE AVEC FRANCE ARBOUR + VALÉRIE BLAIS + STÉPHANE BRETON + PIERRE COLLIN + RENÉ GAGNON + CLAUDE GAI + MARIE-FRANCE LAMBERT + JEAN MARCHAND + DENYS PARIS ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE Manon Bouchard DÉCOR ET ACCESSOIRES Mario Bouchard COSTUMES Ginette Noiseux ÉCLAIRAGES Luc Prairie MUSIQUE Silvy Grenier CHORÉGRAPHIES Danielle Hotte CONCEPTION DES MAQUILLAGES Jacques-Lee Pelletier 3177406A le théâtre au bout du doigt.en collaboration avec Alstom-Télécité, Châtelaine, Loto-Québec, Pattison, Radio Rock Détente, Télé-Québec et Zoom Média.Photo : Ève Cadieux Graphisme : Alegria design 3177523A ARTS ET SPECTACLES Du 28 octobre au 22 novembre 2003 www.theatredaujourdhui.qc.ca de Pierre-Michel Tremblay Mise en scène de Martin Faucher assisté de Nadia Bélanger Avec Christian Bégin Marie Charlebois Patrice Coquereau Pier Paquette Isabelle Vincent Les concepteurs Jonas Veroff Bouchard Marc Senécal Etienne Boucher Stéfan Boucher Suzanne Trépanier EN COLLABORATION AVEC Une coproduction et Théâtre d'Aujourd'hui le théâtre de la création québécoise 3900, rue Saint-Denis, Mtl (514) 282-3900 DIRECTION René Richard Cyr, Jacques Vézina, Gilles Renaud 3178134A Les amateurs d'humour absurde des films Airplane et Naked Gun craqueront sans doute pour Le coeur a ses raisons, parodie de soap née au Grand Blond, avec Marc Labrèche et Anne Dorval.Marc Labrèche prépare son retour à TVA dans le soap Le coeur a ses raisons LOUISE COUSINEAU TÉLÉVISION lcousine@lapresse.ca Les fans de Marc Labrèche qui dépérissent depuis la fin du Grand Blond avec un show sournois peuvent reprendre espoir.TVA vient d'accepter d'aller en développement dans l'écriture de trois textes du Coeur a ses raisons, la folle parodie de soaps américains née au Grand Blond.Les aventures de Bret- Brad, joués par Marc Labrèche et d'Ashley \u2014 Cricket, la plantureuse créature interprétée par Anne Dorval, se sont attiré un public qui éprouve actuellement un grave état de manque.La série de 13 épisodes de 30 minutes prendra l'affiche de TVA en janvier 2005, si les trois textes commandés sont satisfaisants.Elle sera, comme Le Grand Blond, produite par Zone 3, et dirigée par Dominique Chaloult.Depuis la fin du talk-show de Marc Labrèche, on s'attendait à ce qu'il passe à Radio-Canada, et il y a quelques jours, on lisait dans Le Journal de Montréal que Radio-Canada lui déroulait le tapis rouge.Que s'est-il donc passé ?Marc Labrèche racontait hier qu'effectivement, il a rencontré avant la fin du Grand Blond le nouveau directeur des programmes de Radio-Canada Mario Clément, qui s'est montré très intéressé par un projet de Labrèche pour la couverture des Jeux olympiques d'Athènes, dans lequel il aurait enseigné la mythologie grecque aux Québécois.M.Clément et ses adjoints rêvaient aussi d'un talk-show animé par Marc Labrèche.Mais voilà que malgré cet enthousiasme évident, les gens de Radio- Canada n'ont jamais recommuniqué avec Marc Labrèche, qui soupçonne les compressions budgétaires.Et la vice-présidente aux programmes de TVA Sophie Pellerin veut beaucoup avoir une suite au Coeur a ses raisons.C'est donc réglé et de toute façon, dit Marc Labrèche, « on se sent bienvenus à TVA ».C'est l'auteur Marc Brunet qui a eu le premier l'idée de cette parodie de soap américain dont le générique d'ouverture est un pastiche de celui des Feux de l'amour, le soap qui ravit les spectatrices de TVA depuis des années.« Un jour, nous avions comme invitée Lise Dion et on cherchait une idée pour la mettre en valeur.Le coeur a ses raisons est né ce jour-là » rigole Marc Brunet qui compare l'esprit de son soap à l'humour absurde des films Airplane et Naked Gun, qu'on ne se lasse jamais de revoir parce que chaque fois, on découvre un détail qui nous avait échappé.Oui, mais les épisodes présentés au Grand Blond étaient courts, entre cinq et sept minutes, et le plus long, le grand spécial du temps des Fêtes avait duré 20 minutes.Peut-on allonger sans risquer de perdre cet esprit absurde et complètement pété ?M.Brunet est confiant.D'abord, les nouveaux épisodes seront à suite : à la fin de chacun, on voudra savoir ce que nous réserve le suivant.Les décors seront renouvelés et on pourra même sortir à l'occasion.L'idée, de dire Marc Brunet, c'est de trouver les gags d'avance et de bâtir le scénario autour.Et puis, comme dans tout vrai soap, on peut prendre des libertés interdites aux téléromans.Ainsi, le personnage de Cricket, qui était sur le point d'accoucher à la fin du Grand Blond, ne sera non seulement plus enceinte, mais elle sera devenue journaliste d'enquête à la télévision.On a tous hâte de voir ses reportages ! Ce changement de métier amènera d'autres personnages, notamment un lecteur de nouvelles.On se souviendra que dans Dallas, Bobby, le frère de J.R.avait ressuscité 18 mois après sa mort.Quant aux deux personnages de Marc Labrèche, Bret le médecin et Brad le méchant au métier indéterminé, ils seront toujours là.Incidemment, il arrive souvent à Marc Labrèche de ne plus savoir s'il est Bret ou Brad.Marc Brunet ignore encore si la constipation de la célèbre, mais jamais vue Mme Crawford guérira durant les 13 premiers épisodes.Quel suspense ! Comme au Grand Blond, le scénario permettra d'avoir des vedettes dans certains rôles.Marc Brunet se souvient avec émotion de la prestation de Pascale Bussières en ex-fiancée empoisonnée à l'hélium.Et de la mère de Bret, qu'on verra plus souvent.Quand je demande à Marc Brunet ce qu'il fume avant d'écrire Le coeur a ses raisons, il rétorque : « Il faut au contraire avoir l'esprit très clair pour entrer dans ce délire ! » Quant à Marc Labrèche, qui tourne actuellement dans Monica La Mitraille, le film scénarisé par Luc Dionne et réalisé par Pierre Houle, l'équipe du tonnerre d'Omertà, où il joue le père de l'héroïne, il a très confiance à la nouvelle formule de 30 minutes du soap.« Avec les extérieurs et plus de temps, on va pouvoir pousser l'affaire.» Et la parodie du générique des Feux de l'amour va elle aussi changer.On s'embarque dans une nouvelle aventure, encore plus pétée que la première.J'ai hâte ! Circuit théâtral de l'Halloween Les 29, 30, 31 octobre et 1er novembre 2003 Représentations à 18 h, 19 h et 20 h Billets 9 $ (places limitées) Réservation: (514) 861-3708 Cortège Sortilège&s lieu historique national du Canada de Sir-George-Étienne-Cartier Une réalisation de: En collaboration avec: 3180532A La série de 13 épisodes pourrait prendre l'affiche de TVA en janvier 2005.www.riezencore.com P R É S E N T E 13 AU 15 NOVEMBRE 2003 THÉÂTRE ST-DENIS réservations: 514.790.1111 par internet: www.tel-spec.com NOUVELLES SUPPLÉMENTAIRES! Mario Jean à Québec 29 oct.au 1er nov.Salle Albert-Rousseau Québec 1.877.659.6710 7 et 8 novembre Salle Albert-Rousseau Québec 1.877.659.6710 MARIO JEAN 3175791A . AVEC LA PARTICIPATION DE LA PLACE DES ARTS.CRÉÉE EN COPRODUCTION AVEC LE THÉÂTRE FRANÇAIS DU CENTRE NATIONAL DES ARTS.+ ANDRÉ BARNARD + PIERRE BENOIT + LUDOVIC BONNIER + JEAN-GUY BOUCHARD + MICHEL-ANDRÉ CARDIN + JULIE CASTONGUAY + GUILLAUME CHOUINARD + CLAUDE DESPINS + ÉRIC FORGET + NORMAN HELMS + JACINTHE LAGUË + SYLVIE MOREAU + DOMINIQUE QUESNEL AVEC PIERRE LEBEAU + FRANÇOIS PAPINEAU LE THÉÂTRE IL VA SANS DIRE ET LE THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE PRÉSENTENT L'ODYSSÉE D'APRÈS ADAPTATION MISE EN SCÈNE MUSIQUE ORIGINALE DÈS LE 31 OCTOBRE «QUI N'A PAS VU L'ODYSSÉE?VOUS?ALORS, COUREZ-Y VITE\u2026» \u2014LA PRESSE «UN VOYAGE INOUBLIABLE\u2026» \u2014LE JOURNAL DE MONTRÉAL «UN PUR BONHEUR\u2026» \u2014LE TVA, GROUPE TVA «MUSIQUE DE PIERRE BENOIT ENSORCELANTE\u2026SPECTACLE MAJESTUEUX\u2026 UN TEXTE MAGISTRAL\u2026LE HIT DE LA SAISON THÉÂTRALE\u2026» \u2014VOIR EXTRAITS DE CRITIQUES\u2014FÉVRIER 2000 AU THÉÂTRE MAISONNEUVE DE LA PLACE DES ARTS 3179174A (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca À PARTIR DU 11 NOVEMBRE 2003 Laaubocouitnique de la rue ABONNEMENT DÉCOUVERTES de Miklos Laszlo trad.et adapt.E.Fallot et J.J.Zilbermann d'après le film d'ernst lubitsch mise en scène Pierre-Olivier Scotto et Martine Feldmann avec Jean-Louis Roux, Myriam Poirier, Louis-Olivier Mauffette, Jean-Bernard Hébert, Réjean Vallée, Sylvain Dubois, David Fontaine, Marjorie Vaillancourt, Sylvio Archambault et Odette Lampron CONCEPTEURS FRANCINE BOULAY, MARIO BOUCHARD, DENIS DENONCOURT, CHRISTIAN FONTAINE 3171602A Une communication d'orangetango :: Illustration de Lino :: Photographie de Marc Montplaisir 1_6_8_12 ET 15 NOVEMBRE 2003 À 20 H LYNE FORTIN_THAÏS :: GAETAN LAPERRIÈRE_ATHANAËL :: PAUL CHARLES CLARKE_NICIAS :: GREGORY ATKINSON_PALÉMON L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL SOUS LA DIRECTION DE BERNARD LABADIE :: MISE EN SCÈNE DE RENAUD DOUCET :: DÉCORS ET COSTUMES D'ANDRÉ BARBE ABONNEMENTS À 3 OU 4 OPÉRAS À PARTIR DE 109 $ :: PRIX SPÉCIAUX 17-30 ANS :: BILLETS À PARTIR DE 39,75 $ ODM 514.985.2258 :: PDA 514.842.2112 :: www.operademontreal.com UNE PREMIÈRE À L'OPÉRA DE MONTRÉAL ! LE TANDEM DOUCET-BARBE RÉUSSIT À NOUS ÉTONNER UNE FOIS DE PLUS ! « UNE PRODUCTION HAUTE EN COULEURS ET RAFFINÉE » OPERA NEWS 3175547A \" Gilles Maheu est un créateur essentiel, La bibliothèque ou .s'ajoute dans le palmarès de ses plus beaux spectacles.\" André Ducharme RADIO-CANADA avril 03 \" Mots graves, pesés, recueillis, qui sont présentés comme autant de portes ouvertes sur la compréhension du monde.\" Hervé Guay LE DEVOIR avril 03 \" La bibliothèque ou.est un bel objet, rempli de poésie, de douceur, de perles et de petits bonheurs fugitifs.\" Ève Dumas LA PRESSE mars 03 521.4493 790.1245 www.usine-c.com présente DE GILLES MAHEU DU 21 OCTOBRE AU 7 NOVEMBRE À L'AFFICHE MAINTENANT À NEPAS MANQUER ! 3173371A . ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Mario Clément n'a pas dit son dernier mot HUGO DUMAS Réglons le cas tout de suite : que pense Mario Clément, le nouveau directeur des programmes de Radio- Canada, de la téléréalité ?Selon lui, les Loft Story et Star Académie qui envahissent nos écrans ont peu à voir avec la réalité proprement dite.« Quand on met 12 personnes dans un loft, on ne parle plus de réalité.On parle d'individus réels, on parle de comportements réels, mais les conditions dans lesquelles ils sont, ce n'est pas la réalité.À part en prison, il n'y a personne qui est confronté à des situations comme celleslà », dit Mario Clément, qui a reçu La Presse cette semaine.Même s'il ne semble pas un grand fan à première vue, Mario Clément, 48 ans, ne snobe pas la téléréalité.Au contraire.« S'il y a deux millions de personnes qui regardent une émission, mon travail est de trouver pourquoi autant de gens s'y intéressent.La téléréalité a donc des qualités.», souligne-t-il.Et quelles sont les qualités de la téléréalité ?« Les gens se reconnaissent très bien à travers les personnages de la téléréalité, enchaîne-t-il.Il y a des individus auxquels on s'attache, d'autres moins.Tout ça est vécu d'une façon très spontanée.Et cette spontanéité, cette émotion qui se dégage, c'est ce qui fait que ça parle aux individus, que ça les rejoint.Ces gens-là ressemblent beaucoup à ce qu'ils sont.» Après un passage remarqué de six ans à Télé-Québec, une station qu'il a sauvée du naufrage, Mario Clément est en poste à Radio-Canada depuis mai dernier et prône un retour à la simplicité et à la crédibilité en télévision.« Il faut être près de la réalité.On a peut-être perdu de vue certains aspects de ça dans la fabrication de nos produits.Et c'est ce qu'on va travailler dans les prochains mois, les prochaines années », souligne-t-il.Début octobre, Mario Clément a fait une sortie contre Quebecor et ses émission vedettes de téléréalité.Questionné à ce sujet, il a précisé que c'était plutôt l'arrogance de TVA qui l'avait irrité.« TVA détient des leviers économiques importants et peut faire une surenchère promotionnelle sur beaucoup de produits.Ils sont capables de voir émerger des phénomènes artificiels et surdimensionnés par rapport à ce que c'est culturellement, dit-il.Ce qui a fait que le disque de Star Académie a été l'un des plus vendus de l'histoire, c'est qu'on a bâti un univers commercial autour de ça, un univers qui est capable d'occulter l'ensemble de la culture sur un territoire avec cette surenchère de promotion afin de vendre des produits, vendre des magazines, vendre des disques, vendre des artistes, vendre ceci, vendre cela.» D'ailleurs, Radio-Canada n'entend plus se laisser attaquer par Quebecor, qui lui a administré quelques claques en mai dernier alors que Raynald Brière, le président et chef de la direction de TVA, et Pierre Karl Péladeau, le grand patron de Quebecor, accusaient la télévision publique d'être trop financée par le gouvernement.« Ce qui m'a le plus enragé, c'est le comportement de Pierre Karl Péladeau qui a dit de Radio-Canada qu'elle n'était qu'une bureaucratie stérile.Je travaille dans une institution publique qui est fondamentale pour la culture et nous allons nous arranger pour faire émerger des artistes et faire que cette culture existe dans tout son éclectisme.C'est ça, le rôle d'une télévision publique, explique Mario Clément.Il n'y a pas un privé qui va venir remettre ce rôle-là en question.Quand on possède l'ensemble des médias artistiques, qu'on a une part de marché de 38% et qu'on se permet de cracher sur une institution publique, je trouve ça inadmissible.Ça m'enrage comme citoyen, car n'eut été des fonds publics, Pierre Karl Péladeau n'aurait pas la télévision qu'il a.Elle est quand même financée avec la Caisse de dépôt et il y a énormément de fonds publics dans la programmation de TVA, au-delà de 50 millions.» De grands défis Cela étant réglé, Mario Clément, un ancien producteur du secteur privé, a de grands défis devant lui, notamment celui de bâtir la grille d'automne.Il souhaite faire de la télé publique une référence en ce qui concerne l'audace, la qualité, l'innovation, la crédibilité, la passion et l'émotion.« J'ai toutes sortes de publics qui regardent Radio-Canada et il faut que j'aie un ensemble de produits qui répondent aux besoins de ces publicslà.C'est comme peindre : il y a des tons qu'on va utiliser et qui ne touchent pas certains publics, on le sait.Et ainsi de suite.» Radio-Canada veut ramener les jeunes et les hommes devant leur téléviseur, deux publics qui ont délaissé la télé d'État dernièrement.Mario Clément prévoit l'ajout d'une nouvelle émission jeunesse à moyen terme.Quant aux hommes, il remarque que les téléspectateurs masculins apprécient des produits comme Le Dernier chapitre, Omertà, les films et les journaux télévisés.Et le sport, aussi.« Pendant des années, il y a eu du sport à Radio-Canada.Et quand tu as du sport à ton antenne, tu sais qu'il y a une clientèle masculine qui est servie.À partir du moment où tu l'enlèves, il faut le remplacer par un produit qui répond à cette clientèle-là », constate-t-il.Le directeur des programmes n'a pas encore complètement arrêté sa stratégie.Chose certaine, il ne serait pas contre l'arrivée d'un talkshow sur les ondes de la télévision d'État.Car Radio-Canada doit s'occuper de la culture populaire et développer des produits qui rejoignent tout le monde, répète M.Clément tout au long de l'entrevue.Une stratégie qui ne plaira certainement pas à TVA, à qui Mario Clément n'entend pas laisser le champ libre.« TVA n'aime pas nécessairement avoir des concurrents.Ils aimeraient bien qu'on fasse autre chose que de la télévision populaire.Mais notre mandat, c'est vraiment d'être capables d'être en concurrence », indique-t-il.Mais les haut dirigeants de Radio- Canada ne plaident-ils pas qu'il ne faut plus être à la remorque des cotes d'écoute ?« Si tu fabriques un produit en télévision, tu veux qu'il soit écouté.Alors qu'est-ce que ça veut dire de ne pas se préoccuper des cotes d'écoute ?Ça veut dire je ne prendrai aucun projet en fonction de : est-ce que ça va marcher », rappelle Mario Clément.Radio-Canada misera plutôt sur l'innovation.L'originalité.L'effet de surprise.C'est d'ailleurs ce que Mario Clément aime de la télévision : qu'on le surprenne, qu'on le transporte dans des univers inconnus, qu'on stimule son intelligence.Pas surprenant qu'il craque pour des séries comme 24 Heures chrono et Six pieds sous terre.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE© Mario Clément a un grand défi devant lui, bâtir la prochaine grille d'automne de Radio-Canada.Il souhaite faire de la télé publique une référence en termes d'audace, de qualité, d'innovation, de crédibilité, de passion, d'émotion.VENDREDI 28NOVEMBRE MÉTROPOLIS GAGNANT D'UN FÉLIX Vidéoclip de l'année : Dans un Spoutnik BILLETS EN VENTE MAINTENANT ! BILLETS EN VENTE au guichet du Spectrum et sur Admission (514) 790-1245 www.admission.com DANIEL BÉLANGER 2 NOMINATIONS AU GALA DE L'ADISQ 2003 Interprète masculin de l'année Chanson populaire de l'année 3180832A Ce qu'il pense de.PAUL ARCAND : « C'est un très bon communicateur.C'est un gars pour qui j'ai beaucoup d'estime et c'est évident qu'il serait un atout pour Radio-Canada.MARC LABRÈCHE : « C'est avec ce genre de personne que j'aimerais bâtir Radio-Canada.J'aimerais beaucoup travailler avec lui.» VÉRONIQUE CLOUTIER : « On va bâtir quelque chose de majeur avec elle.Elle va être à l'antenne l'automne prochain.» VIRGINIE : « Virginie, (qui affronte Loft Story tous les soirs) c'est un téléroman de qualité, avec des contenus originaux.Il a une très grande valeur pédagogique.C'est un produit qui va très bien, faisant 20% de parts de marché.On ne le déplacera pas.Ça fait sept ans que c'est là et que c'est un rendez-vous pour 500 000 personnes.» présente Concours MA PREMIÈRE PLACE desARTS 10e ÉDITION QUI ?Vous êtes auteurcompositeur et/ou interprète et chantez en français OÙ ?Au Studio-théâtre de la Place des Arts QUAND ?Les lundis soirs de janvier à juin PRIX À GAGNER ! F PRIX DISTINCTION FONDATION RENÉ MALO F PRIX HYDRO-QUÉBEC F PRIX PREMIÈRE CHAÎNE RADIO-CANADA F PRIX ÉTOILES GALAXIE DE RADIO-CANADA F PRIX OFQJ/MUSICACTION/ SODEC LE GRAND 8 RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTION Jusqu'au 15 novembre (514) 285-4343 sacef.com 3172364A LES 20 ET 21 DÉCEMBRE 2003 EN VENTE MAINTENANT M É T R O Berri 1594rue St-Denis Renseignements: 849-4211 Achats par carte de crédit : 790-1111 www.morisod.com Productions Daniel Larose Les oeufs limpide La plainte aquatique Le fier monde 20 -21-22 NOVEMBRE, 20 H 3180935A ARTS ET SPECTACLES DANSE Simplicité et complicité STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Belle soirée placée sous le signe de la simplicité cette semaine à Tangente.Deux chorégraphes d'âge mûr, Sylvain Poirier et Sarah Bild, nous y livrent des oeuvres dépouillées et personnelles.Le solo Are we there yet ?, interprété par Sarah Bild elle-même, se veut un parcours qui n'est en rien linéaire.Tantôt voilée dans la pénombre, tantôt plantée bien d'aplomb devant les spectateurs, Bild livre les doutes inscrits dans sa tête et dans son corps.Sa danse, intense et précise, gicle par petites secousses, ça et là sur la scène.Ses paroles se font saccadées lorsqu'elle décrit le formulaire de subvention qui tient sa création en otage.Puis elle hurle, ordonne au public de quitter la salle parce qu'elle juge que sa pièce n'est pas prête.Tout est offert par éclats, et tissé de soupirs.Merci pour ce petit bijou précaire et compact, livré avec candeur.La seconde oeuvre signée Bild est un duo, interprété par Karen Guttman et Stephen Thompson.Crush se décline en une suite de variations sur un même enchaînement de mouvements.Celui-ci sera donc repris avec des qualités différentes, soit avec lenteur ou nervosité, soit de manière fluide ou fragmentée.Puis, les danseurs décriront, à voix haute, les gestes qu'ils exécutent, avant que chacun ne refasse son propre parcours seul.Si elle se perd un peu en longueur, Crush reste une oeuvre ludique, qui tient en haleine, et qui se termine par une explosion de danse bondissante et généreuse.Sylvain Poirier a été interprète pour une foule de chorégraphes montréalais.Avec Les Mémoires, sa véritable incursion à titre de chorégraphe, il cherche à réconcilier toutes ces oeuvres inscrites au fil des ans dans sa mémoire corporelle.Dans ce trio quasi expiatoire, chaque geste explose férocement hors d'un corps, pour être aussitôt réabsorbé par un autre danseur qui le fera doucement mourir ou le relancera dans l'espace pour augmenter la cadence de l'onde de choc.Qu'ils soient en synchronisme ou en opposition, Poirier, Elinor Fueter et Zoë Poluch semblent reliés en permanence par un fil invisible, leur torse prisonnier d'un rythme giratoire qui se communique rapidement au public.En jouant ainsi sur quelques idées, simples et claires, Les Mémoires réussit à soutenir l'attention, avant de se poser, toute en douceur.LES MÉMOIRES de Sylvain Poirier, ARE WE THERE YET ?et CRUSH de Sarah Bild, jusqu'à demain à l'Espace Tangente ; infos : 514 525-1500.Billets en vente à la Billetterie du Centre Bell, sur Admission ou composez le 514 790.1245 / 1 800 361.4595 www.admission.com www.geg.ca www.geg.ca Re nouezle s l i e n s avec votre e n f a n c e ! 3180576A DIANE DUFRESNE en liberté conditionnelle Monument-National 1182 boul.St-Laurent, Mtl Billetterie : (514) 871-2224 St-Laurent ou Place d'Armes 14 Novembre (514) 790-1245 1 800 361-4595 O C T O B R E Tournée 2003-2004 25 - La Salle (514) 790-1245 31 - Terrebonne (450) 492-4777 1er - Drummondville (819) 477-5412 7 et 8 - Ste-Geneviève (514) 626-1616 5 - Val d'Or (819) 824-2666 6 - Rouyn (819) 797-7133 7 - Amos (819) 732-9233 13 - Québec (418) 643-8131 / 1 (877) 643-8131 21 - Terrebonne (450) 492-4777 27 - Hull (819) 772-2530 COMPLET EN NOMINATION POUR 6 FELIX À L' A D I S Q N O V E M B R E MARS 2004 F É V R I E R 2004 DERNIÈRE REPRÉSENTAT ION 15 NOVEMBRE 3180958A 65$ 2 SHOWS Frais de service en sus.89$ 3 SHOWS Frais de service en sus.110$ 4 SHOWS Frais de service en sus.P R É S E N T E THÉÂTRE ST-DENIS réservations: 790.1111 www.riezencore.com 26 AU 29 NOVEMBRE 2003 DISPONIBLE EN FORFAIT LES 26 ET 27 NOVEMBRE 03 CLAUDINEMERCIER 25 AU 29 NOVEMBRE 2003 2 AU 6 DÉCEMBRE 2003 DISPONIBLE EN FORFAIT DU 2 AU 4 DÉCEMBRE 03 DU 25 AU 29 NOVEMBRE 03 MARTINMATTE 12 ET 13 NOVEMBRE 2003 Supplémentaires du 13 au 16 JANVIER 2004 DISPONIBLE EN FORFAIT LES 12 ET 13 NOVEMBRE 03 ET DU 13 AU 15 JANVIER 04 GARYKURTZ MARCDUPRÉ 14 (COMPLET) ET 15 NOVEMBRE 2003 Supplémentaires les 17 et 18 JANVIER 2004 DISPONIBLE EN FORFAIT LES 15 NOVEMBRE 03 ET 18 JANVIER 04 3175797A . PUNK-ROCK The Distillers Coral Fang FFFF Sire / Hellcat / Warner La femme la plus détestée au monde.Vous connaissez l'histoire de Brody Dalle?C'est assez tordu, mais en gros, ça ressemble à ceci : une fille qui quitte l'Australie pour aller à L.A., qui vit dans la rue et tombe en amour avec Tim Armstrong de Rancid, qui divorce et part dans les bras de Josh Homme des Queens of the Stone Age.Enfin, elle monte son propre band et se fait des ennemis.C'est pourtant le fabuleux destin de Brody Dalle, la chanteuse des Distillers, autoproclamée « femme la plus détestée au monde ».On vous raconte tout ça parce que le bagage de miss Dalle sert à expliquer toute la rage repérée sur Coral Fang, le troisième compact des Distillers.Ça faisait une mèche qu'on avait entendu du punkrock aussi méchant, sale et hargneux.Du punk-rock de rue, authentique, craché par une fille qui n'a plus rien à perdre.En Brody Dalle, les Distillers se retrouvent avec la chanteuse la plus charismatique du moment, genre de croisement entre Courtney Love pour la voix et une jeune Joan Jett pour le look et l'énergie.Les refrains explosent.Les mélodies accrochent.Et la majorité des titres touchent la cible, même Deathsex, un bordel sonore qui s'étire sur 12 minutes.On attendait Brody Dalle au tournant.Elle n'a pas déçu.Richard Labbé HIP HOP Bubba Sparxx Delivrance FFFF1/2 Interscope / Universal Épatant, ce rappeur d'Atlanta Pas moyen de l'enlever du discman, ce nouveau Bubba Sparxx.Le deuxième album du rappeur d'Atlanta \u2014 capitale du rap déjanté, de toute évidence, après la parution du magistral Outkast \u2014 recèle tant de bon grooves, démontre une telle progression du rappeur que c'en est épatant.Rappelons que son premier CD nous avait aussi séduits: Sparxx, une alternative à Eminem?Vrai que les rappeurs blancs américains ne sont pas légion, souvent considérés comme des Vanilla Ice en devenir.Pas Sparxx, un protégé de Timbaland \u2014 caution que la majorité des rappeurs recherche, qu'ils soient blancs ou noirs.On l'a d'ailleurs taxé de parasite, Sparxx, lui qui ne cherche qu'à profiter des bons beats du fameux producteur.C'est oublier la saveur « sudiste » qu'on retrouve dans ses textes intelligents, dans ses raps (son accent) et, plus évidemment sur Delivrance, dans la musique.L'harmonica dans Jimmy Mathis ou le fiddle (et le sampling d'un groupe de bluegrass) dans la contagieuse Comin'Round côtoient des ambiances plus street qui visent directement le plancher de danse.Philippe Renaud collaboration spéciale JAZZ Dorothée Berryman P.S.I Love You FFF La Factrie Parfum de femme Un changement d'étiquette n'a pas ralenti la course de Dorothée Berryman vers sa passion.Quittant l'écurie de Guy Cloutier pour la jeune Tribu, la comédienne-chanteuse se refait une douce gâterie en retournant sur les lieux de la nostalgie.Elle y explore à nouveau le jazz, celui des belles d'époque en tenue de soirée, dans une atmosphère résolument lounge.Sur ce charmant disque, des monuments comme la Caravan de Duke Ellington, So Near And Yet So Far, de Cole Porter, et Que reste-t-il de nos amours, de Trenet, trônent aux côtés de pièces moins souvent ressassées.P.S.I Love You est de ces ouvrages qui s'offrent comme une visite d'un paradis perdu.Tout aussi précieux qu'ils soient, la plupart de ces paradis ont quand même été maintes fois ressuscités depuis des décennies.Il s'agit donc d'un album fleurant un peu le camphre, mais qui demeure doté d'une riche émotion qu'insuffle une Dorothée Berryman chaleureuse et sympathique.À déguster sans presse.(En magasin mardi) Christian Côté collaboration spéciale ÉLECTRO Free worm Solar Power FFF1/2 Audiogram/ Select Le nouvel alphabet de Freeworm Nous vous avions prévenus, le nouveau Freeworm, c'est du Freeworm nouveau.Qui surprend et accroche dès le premier titre, sur lequel sont condensées les idées motrices de ce nouveau son : mur de voix en premier plan, rythmique hip hop lourde, groove imparable, sons inattendus.Plus près de l'esquisse que de l'oeuvre aboutie, Solar Power n'en est pas moins fascinant.D'abord pour l'audace, ensuite pour les nombreux bons coups qui émergent de cette bouillie psychédélique franchement inégale.Les premiers pas de Vincent Letellier dans l'univers de la chanson (la pop Dirty as a Hog), les deux raps (de son pote Chimwemwe et des Catburglars), les petits refrains en créole font sourire.À d'autres moments par contre, on se demande bien ce qui passe par nos hauts-parleurs.Trop de surprises, peut-être ?Originalité qui aurait pu être mieux canalisée, plus concise ?Solar Power est l'album de l'immaturité, déclarait Letellier, son vrai premier disque, celui où il réapprend à parler.Nous devrons réapprendre à l'écouter, avec l'assurance que la suite des choses soit aussi excitante soit plus raffinée.Philippe Renaud collaboration spéciale ÉLECTRO Colder Again FFF1/2 Output / Fusion III Hommage assumé au son de Manchester Derrière le pseudonyme Colder, un graphiste français du nom de Marc Nguyen Tan, fan du légendaire label anglais Factory.Ça saute aux oreilles dès la première pièce, Crazy Love : du Joy Division maquillé façon électro moderne.Entre les deux pôles d'influences Joy Division / New Order, Colder impose son propre univers parfois teinté de dub et de house sombre, de chansons grises et de chant monocorde.Le plus difficile ici était de ne pas taper dans la redite ou de faire de ce projet musical un bête hommage aux groupes susmentionnés.Again, ce premier album de Colder, n'est franchement pas tellement original, mais séduisant, ça, oui.On embarque dans son trip cold-wave sans résister parce que cette musique, malgré ses références soulignées au crayon gras, ne masque pas l'inspiration et l'originalité (relative) du graphiste.De plus, un DVD accompagne en images certaines chansons de l'album.Colder est en concert au Métropolis ce soir, avec Fischerspooner et Tiga, dans le cadre du MEG.Philippe Renaud collaboration spéciale Être membre des Strokes, ce n'est pas si facile.Voyons un peu.Il y a eu l'adoration dangereuse des médias avant même la sortie d'Is This It (2001), le premier cédé au succès d'estime planétaire.Il y a eu les révélations sur ce passé de jeunes hommes choyés, gosses de riches qui ont eu tout cuit dans le bec sans avoir eu à suer trop longtemps dans les clubs du Big Apple.Il y a eu les histoires, vraies ou pas, impliquant certaines actrices de Hollywood.Il y a eu les inévitables rumeurs de soirées trop arrosées.Il y a eu la fin abrupte de cette association avec le réalisateur émérite Nigel Godrich (Radiohead, Beck), qui aurait claqué la porte en raison du comportement erratique des p'tits gars.Et maintenant, il y a ce deuxième album que tout le monde attend au tournant.Parce que les groupes du genre, c'est connu, ont l'habitude de se péter la gueule au deuxième tour de piste.Confrontés à tant de défis, à tant de questions, les Strokes avaient le choix : ou bien c'était la séparation \u2014 et, par le fait même, une place de choix au panthéon des rockers mythiques qui savent disparaître plus tôt que trop tard \u2014 ou bien c'était la poursuite du rêve et l'accouchement d'un deuxième compact aussi fort, sinon plus, que le premier.Sagement, ils ont choisi la deuxième option.La deuxième option se nomme Room On Fire, qui poursuit sur la route déjà empruntée par Is This It il y a deux ans.Les références sont vaguement les mêmes, des pères fondateurs de la scène punk de New York (Television en tête) aux groupes irrévérencieux qui ont suivi par la suite.En gros, les Strokes refont ce qu'ils faisaient sur Is This It.mais cette fois, c'est encore mieux.C'est encore mieux parce que le groupe, malgré le jeune âge de ses membres, a pris un peu d'expérience.Ça se sent.Une pièce comme The End Has No End (peut-être la meilleure au menu) aurait été un fouillis de distorsion il y a deux ans.Ici, ce titre est livré tout en nuances, mené par un riff de clavier qui ne s'oublie pas.You Talk Way Too Much, craché par un Julian Casablancas baveux au possible, de plus en plus confortable avec son rôle de rock star, se profile déjà comme un incontournable dans le répertoire du band.Et What Ever Happened ?, la première pièce au programme, est centrée sur un riff de guitare qui confirme l'existence d'un « son » The Strokes.C'est précisément ce qui étonne le plus : malgré les emprunts répétés de cette bande qui ne semble jamais avoir rien inventé, il y a bel et bien un « son » The Strokes.Une signature propre à eux, qui leur permet de sortir du rang.Room On Fire n'est qu'un deuxième pas, mais déjà, les Strokes se forgent une identité, se font une place sur le territoire miné du rock à la new-yorkaise.Et voilà qu'on y croit.Voilà qu'on pense ce que l'on jugeait impensable il y a deux ans : oui, ces petites teignes pourraient aller loin.À condition de ne pas s'autodétruire avant d'arriver au zénith, bien entendu.Richard Labbé DISQUES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Àéviter C'est encoremieux la deuxième fois FFFF ROCK The Strokes Room On Fire RCA / BMG MUSIQUE DU MONDE Lhasa The Living Road FFFF Audiogram/ Sélect Superbe disque d'atmosphère Entre La Llorona et The Living Road, Lhasa a fait pas mal de chemin.Artistiquement parlant, je veux dire.Elle a beau conserver son âme gitane, ici et là, son deuxième disque témoigne avant tout d'un profond remue-ménage de son univers musical.En compagnie de François Lalonde et de Jean Massicotte, Lhasa a fabriqué un superbe disque d'atmosphère, à la fois sombre et accueillant, où les percussions, les cordes (pincées, grattées ou étirées) et les vents (trompette et clarinette, notamment) transmettent un sentiment d'urgence.On écoute ce disque comme on avancerait sur une route dont on ignore le tracé, habité par une certaine crainte, mais surtout poussé par une irrépressible curiosité.Lhasa, ses collaborateurs et les nombreux musiciens de passage ont conçu un disque hanté, vivant, émouvant \u2014 Abro La Ventana, La marée haute, La Frontera, Soon This Space Will Be Too Small, My Name, les grands moments sont nombreux.Mariant habilement classicisme, synthétiseurs et percussions poétiques, The Living Road place Lhasa dans le peloton de tête des créateurs d'une chanson québécoise moderne et ouverte.Un univers de mélancolie et de beauté.Alexandre Vigneault CHANSON Catherine Lambert et Normand Vanasse Des mots qui vont très bien ensemble FF1/2 Disques XXI Les Beatles.en français L'idée de faire des versions françaises des chansons des Beatles est aussi vieille que le groupe lui-même.Après les Baronets, les Sinners, Renée Martel, les Milady's et quantité d'autres artistes des années 1960, voici que la chanteuse Catherine Lambert (connue pour ses relectures de chansons médiévales) et le guitariste Normand Vanasse ajoutent leur grain de sel à cette presque tradition.L'approche se veut respectueuse à la fois des musiques et des textes, tous retraduits pour ce projet.Ça n'empêche pas le musicien de donner une légère teinte flamenco à Here, There And Everywhere, par exemple.Dépouillées de leurs habits rock, les chansons des Beatles prennent ici un air presque bucolique, impression rehaussée par la voix cristalline de Catherine Lambert, et perdent pas mal de leur intensité.Within You Without You, habillée à l'ancienne, surprend agréablement, mais l'ensemble du projet ne dépasse pas l'étape de l'exercice de styles.Alexandre Vigneault POP Majoly Les Deux Pieds sur terre FFF1/2 Mosaïque Des racines et des ailes Décidément, la simplicité et le dépouillement en séduisent plus d'une ces temps-ci.Après Carla Bruni, Coralie Clément, Keren Ann et, plus près de chez nous, Ariane Moffatt, voici qu'une nouvelle voix s'élève.Majoly a concocté son premier album presque en vase clos : de l'écriture à la réalisation, il s'agit de son bébé à part entière.Quelques rares personnes ont collaboré à cet album intimiste dont le célèbre complice de Majoly Serge Fiori, qui laisse planer son ombre un peu partout au fil du laser.De fait, le son Majoly ramène plusieurs effluves autrefois générés par l'Harmonium de Fiori : flûte traversière, accords de guitare en cascade, construction des choeurs, les liens sont là.Mais ça n'empêche pas Majoly de livrer un plaisant et apaisant instantané de sa carte du Tendre.Un album tout en douceur, terre-à-terre, qui révèle une auteure sensible.Ne pas s'attarder à la pochette «so-so », ce qui est gravé sur laser vaut plus qu'une écoute furtive.Christian Côté collaboration spéciale POP Dido Life For Rent FFF1/2 Arista / BMG Quand facilité rime avec qualité Sans le méchant Eminem, Dido ne serait probablement pas une star.En repiquant un extrait d'une chanson de la Britannique pour en faire le refrain de son tube Stan, le rappeur par qui le scandale arrive a attiré l'attention sur cette voix ronde et éthérée.Conséquence directe : No Angel, le premier album de Dido, s'est écoulé à plus de 12 millions d'exemplaires.Life For Rent, lancé à la fin de septembre, séduira probablement ceux qui apprécient déjà sa pop angélique.Le ton est semblable, la manière tout aussi soignée et les chansons fort bien ficelées.Sa plus grande qualité demeure toutefois d'arriver à ne pas se répéter tout en fabriquant un disque au son unifiée.Que ce soit par son phrasé, une particularité des arrangements ou une légère inflexion de la voix, elle parvient à donner un cachet unique à chacune de ses chansons.Du easy listening de qualité.Alexandre Vigneault POP The Rapture Echoes FFF1/2 Vertigo / Universal Retour vers le futur (encore) Non, les années 1980 ne veulent pas mourir.Pour une raison que la raison ignore, tout ce qui est 1980 est maintenant « in : le glam-métal, les jambières, le fixatif, le but d'Alain Côté aussi.Il faut maintenant ajouter à cette liste le groupe new-yorkais The Rapture, qui s'amuse à piger dans l'héritage new-wave de l'époque.Fraîchement arrivé dans les bacs, Echoes nous ramène au moins 20 ans en arrière.Les froids synthés, les petits cris à la Robert Smith, cette basse à la Peter Hook.Difficile de faire plus rétro.Et quand le groupe ne fait pas 1980, il recule d'une dizaine d'années le temps de quelques ballades, dont Open Up Your Heart, aux arrangements qui évoquent fortement le Five Years de Bowie.C'est un peu le problème de groupes comme The Rapture : la moindre pièce rappelle un air déjà entendu quelque part.Mais bon, il ne faudrait quand même pas trop leur en vouloir, aux petits.Echoes est un album énergique, très bien emballé \u2014 la réalisation du duo DFA permet de prévoir quelques incursions sur les palmarès \u2014, et hautement contagieux.Comment ils appellent ça, déjà ?Du discopunk- funk ?Très bien.On ne va pas crier au génie, mais force est de constater que les jeunots ont fait leurs devoirs.Richard Labbé ACHETEZ VOS BILLETS RENSEIGNEMENTS : (514) 871-1881 1 888 515-0515 WWW.MONTREALJAZZFEST.COM Sur Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 MICHEL CUSSON Samedi 1er novembre, 20 h, au Théâtre Outremont Automne 2003 Les grandes musiques de Michel Cusson : Un Homme et son péché et plus.10 musiciens sur scène billetsenvente maintenant ! (514) 790-1245 En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Album disponible Dès le 13 novembre Au Théâtre Outremont Billets : (514) 790-1245 1248 rue Bernard Ouest, Outremont « Une qualité de jeu exceptionnelle .les voix sont remarquables.» La Presse « .les interprètes sont fabuleux! Une fée s'est penchée sur ces artistes.» SRC, Montréal ce soir « Mon Dieu que l'on a du talent au Québec.» CKAC Normand Lévesque « .un DESMOND BIGRAS délicieusement cynique.» La Presse « Génial.une performance exceptionnelle.» CKAC « .nous fait crouler de rire.» SRC, Montréal Express Geneviève Alarie « OLIVE HOUDE style Marilyn, sublime.» SRC, Montréal Express « La grande découverte de ce spectacle.» SRC, Montréal ce soir Carl Poliquin « FRANÇOIS PERDU, solidement joué.» SRC, Montréal Express « Une vraie nature de comédien.» Le Devoir Annie Girard et Pascale Montreuil « Les groupies sont formidables ! » SRC, Montréal Express « Saluons la performance de Pascale Montreuil, en DOLBIE STÉRÉO.» Journal de Montréal MISE EN SCÈNE DE SERGE DENONCOURT CHORÉGRAPHIES VINCENT PATERSON COSTUMES FRANÇOIS BARBEAU SCÉNOGRAPHIE MARC SENÉCAL ÉCLAIRAGES MARTIN LABRECQUE Enfin à Montréal ! LA COMÉDIE MUSICALE DE MARC DROUIN ET ROBERT LÉGER 3179788A 2@ 34?90A>'0@?3A 2
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