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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
L. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-11-02, Collections de BAnQ.

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[" EN VEDETTE AU SALONDU LIVREDEMONTRÉAL Un cahier s LE POLAR pécial samedi prochain dans 3182189A Le Complexe de Di Dai Sijie \u203a Roman FFFF PAGE 5 La Chance de ma vie Michael J.Fox \u203a Pop psycho FFFF PAGE 6 Casino Allan Tremblay \u203a Roman FFF PAGE 4 Natura Louise Tanguay \u203a Beaux livres FFFF PAGE 4 Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter \u203a Voir DEROME en page 2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Wilfrid Derome ( 1877-1934 ) dans son bureau.WILFRID DEROME COMMENT JACQUES CÔTÉ A SORTI DE L'OUBLI LE DOCTEUR Le Dr Wilfrid Derome a fondé à Montréal le premier laboratoire médico-légal en Amérique, qui servit ensuite de modèle au F.B.I.Sa vie de pionnier a inspiré Jacques Côté, qui a reçu le Grand Prix La Presse de la biographie, d'une valeur de 30 000 $, pour mener à bien son récit.i vous passez devant le 443, rue Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal, vous verrez unmagnifique immeublequi a connu un bien étrange destin.Après avoir été l'hôtel Richelieu («le rendez-vous du monde littéraire et du théâtre»), de 1861 à 1902, il a abrité un club privé jusqu'en 1912, puis le journal Le Devoir, quipartageait le bâtiment avec Le Nationaliste et l'Imprimerie Populaire, avant d'abriter, de 1924 à 1969, la Morgue de Montréal, le Laboratoire médico-légal et les bureaux des coroners.«Dès son déménagement sur la rue Saint- Vincent, raconte-t-on sur un site internet tenu par la ville de Montréal (www2.ville.montreal.qc.ca/vieux), les employés de la Morgue se plaignent des conditions de travail, l'édifice (.) n'ayant pas été conçu pour ce genre d'activités.Le système de chauffage est déficient, les fourgons sont sales et les cadavres disparaissentmystérieusement.» C'est dans ces lieux, où l'on retrouve aujourd'hui un restaurant de fine cuisine libanaise (!), que le Dr Wilfrid Derome, fondateur du premier laboratoire médico-légal en Amérique, a travaillé jusqu'à sa mort, en 1931.C'est son laboratoire que J.Edgar Hoover visita deux fois, à la fin des années 20.Et c'est de son expertise qu'Hoover s'est inspiré pour ouvrir celui du FBI en 1932.Pionnier de la médecine légale, expert en balistique dont le témoignage a été déterminant dans nombre de procès célèbres, son Précis de médecine légale, publié en 1920, et son Traité d'expertises en armes à feu (1929), écrit en collaboration avec le Dr Rosario Fontaine, ont été lus et étudiés aux États-Unis et en Europe.Comment un tel homme, vedette de son vivant, a-t-il pu sombrer ainsi dans l'oubli?Jacques Côté s'est posé la question.«Le hasard est l'entremetteur privilégié de la création», raconte-til dans la postface de Wilfrid Derome, expert en homicide, une biographie qui tente de rendre justice à cet homme à qui la justice a si souvent eu recours.C'est en 2000, au Salon du livre de Montréal, que le projet d'écrire sur Wilfrid Derome a vu le jour.L'auteur de trois romans (Les Montagnes Russes, Les Tours de Londres, Les Amitiés inachevées) était venu au Salon faire la promotion de son premier roman policier, Nébulosité croissante en fin de journée.Il préparait déjà un deuxième polar, et en cherchant de la documentation sur les sciences judiciaires, il a mis la main sur un essai intitulé Éléments de criminalistique, «le genre de bouquin que lisent les étudiants en science policière».Un chapitre entier était consacré à Wilfrid Derome.«Tout de suite, j'ai été fasciné par l'homme», raconte Côté.À tel point qu'il a pris rendez-vous avec l'auteur du texte, André Lauzon, directeur du laboratoire de médecine légale.«En me rendant au labo, j'avais en tête d'écrire un roman, avoue Côté, mais en découvrant l'oeuvre du Dr Derome, l'idée d'une biographie, et plus tard d'un récit biographique, s'est imposée.«J'aurais eu l'impression d'être un peu vautour en écrivant un roman.Derome méritait un rendez-vous différent avec l'histoire.Et Côté allait gagner un prix qui lui permettrait d'en faire un rendezvous mémorable.«Quand j'ai entendu parler du Grand Prix La Presse de la biographie, raconte-t-il, j'avais déjà accumulé beaucoup d'informations, et je me suis dit: tant qu'à commencer un projet, pourquoi ne pas me présenter au concours?Le personnage avait toutes les caractéristiques du pionnier.Ce qu'il avait bâti était unique en Amérique du Nord.Il avait été salué comme l'un des grands experts en balistique de son temps, non seulement ici, mais en Europe et aux États-Unis.» Le jury a choisi son projet parmi une trentaine d'autres.Côté a reçu une bourse de 30 000$.Son récit biographique, publié aux éditions Boréal, qui s'est associée à La Presse pour l'occasion, sera en librairie le 5 novembre.Côté y a mis tous ses talents de conteur, son sens du suspense, son caractère méticuleux, et le résultat est aussi convaincant qu'agréable à lire.MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE LE CLUB DE LECTURE LA PRESSE ET LA GAGNANTE EST.PAGE 2 DAI SIJIE, PRIX FÉMINA PAGE 5 Le porte-balles conçu par Wilfrid Derome.Le microsphéromètre construit d'après les données du Dr Derome. LECTURES La parole est à vous JOCELYNE LEPAGE Ouf ! Dire que nous craignions le pire : ne pas recevoir de courrier.C'est le contraire qui s'est produit.Vos lettres ont été assez nombreuses pour que l'on songe à créer un nouveau poste de trieur de courrier.De ce côté-ci de la clôture où nous sommes, Jean Fugère et moi, entrer dans l'univers des lecteurs grâce au Club de lecture fut une expérience que l'on pourrait qualifier d'émouvante.Des 70 courriels reçus \u2014 depuis la lettre d'un tout jeune homme de 13 ans jusqu'au devoir bien fait d'une dame de 83 ans \u2014 est sorti un monde de lecteurs passionnés, cultivés, sensibles, et une grande diversité de points de vue à laquelle nous ne nous attendions pas.Il ne fut pas simple de choisir la lettre gagnante, d'autant plus que nous n'avions pas fixé de normes à respecter.Désormais, nous allons limiter vos ardeurs à 500 mots.Nous avons donc opté pour une lettre courte, drôle et originale, celle de Marie-Anne Archambault Grenier, qui pourra s'acheter pour 200 $ de livres dans les librairies Renaud-Bray.Mais sachez que presque toutes les recensions qui nous sont parvenues se retrouvent sur le site du Club de lecture La Presse dans Cyberpresse et que vous pourrez les lire en tout temps.Nous avons éliminé les lettres de félicitations adressées au Club qui ne comportaient pas de commentaires sur le Livre du mois.Pour lire les commentaires des lecteurs, il suffit d'aller sur cyberpresse.ca/arts et de cliquer sur la tête de Jean Fugère (pas trop fort cependant, elle est fragile !).Apparaîtra alors une série d'hyperliens qui mèneront aux lettres, au forum, aux articles déjà parus sous la bannière du Club de lecture La Presse.La plupart des lettres sont très favorables à L'Histoire de Pi, de Yann Martel.« J'étire le plaisir de cette aventure sur le Pacifique, écrit Stéphanie Leblanc, c'est mon dessert de fin de journée.» « Lorsque la vie m'apparaîtra trop difficile, je relirai ce livre qui donne confiance et espoir », dit Louise Pichet.Commentaire semblable du côté de Josée Bilodeau : « Le message de Martel n'est pas nouveau, mais il le révèle avec un tel génie, un tel art.Pour moi, c'est une oeuvre marquante.Un livre que je voudrai relire plus d'une fois, parce qu'il me parle.» Une lettre très courte nous a beaucoup touchés.Elle commence ainsi : « Deux fois par semaine, je traverse chez mon amie Gisèle pour lui faire la lecture.Je partage avec elle de bons moments.Je remplace ses yeux qui ne lui permettent plus de s'adonner à son passe-temps préféré.Présentement, nous lisons L'Histoire de Pi.Nous n'avons pas encore terminé, mais nous avançons très vite car cette histoire nous passionne au plus haut point.Toute la symbolique du naufrage de Pi s'applique tellement à la vie de tous les jours.Nous n'en revenons pas comme nous retrouvons dans cette histoire tout ce qu'il faut pour réfléchir sur les épreuves de la vie.» (Gisèle Girard et Lucie Laroche-Tétrault).Une autre nous a particulièrement impressionnés par son savoir.Celle de J.Audet qui propose une analyse des symboles que ce lecteur, ou cette lectrice, a trouvés dans le roman.Le prénom Pi, par exemple, qui est une réduction du mot piscine, mais qui signifie aussi l'infini.Le voyage intitiatique, l'illusion anthropomorphique.« Les horreurs sont parfois si éprouvantes, écritil (ou elle), que des métaphores servent à leur donner un sens.Et c'est précisément parce qu'on peut les raconter à quelqu'un, donc en établissant une relation, que l'événement peut prendre tout son sens, comme en psychothérapie.Jusqu'à la dévotion.Certaines lettres vont jusqu'à la dévotion, mais avec un certain humour quand même.« Mais j'y pense, monsieur Martel, écrit Claire Goyette, si nous nous y mettions, ne pourrions-nous pas fonder une religion autour de votre Histoire de Pi ?» Quelques recensions sont défavorables et posent des questions très pertinentes.Certains se demandent ce qu'ils ont de pas « correct» pour ne pas vibrer comme le font tant d'autres.« Que n'ai-je pas compris de ce livre pour qu'il me paraisse si peu profond (à la limite, voire même insignifiant) ?» se demande Liliana Rus.Peut-être que ce roman qu'elle trouve si peu romanesque veut témoigner d'une seule chose, dit-elle : « .témoigner que Dieu existe, mais je préfère de loin d'autres arguments plus étoffés à ce genre de mélimélo à saveur animale.J'avoue avoir trouvé la biographie de l'auteur beaucoup plus intéressante que son livre.» « Comment puis-je avouer que je me suis ennuyée avec ce livre, écrit Françoise Hamel-Beaudoin.Ce n'est pas sur Martel que je me pose des questions, mais bien sur moi-même qui ose ne pas être d'accord avec les deux millions et demi de lecteurs de L'Histoire de Pi.» De son côté, Denis Cogger a du mal avec les Booker Prize, comme d'autres avec les prix Nobel.« Notons qu'il s'agit du deuxième Booker Prize que je lis en moins de deux mois, écrit-il, le premier étant Le Dieu des petits riens de Mme (Urundhati) Roy, une Indienne.Je l'avais aussi trouvé très long.Question de tournure d'esprit ?.Je me souviens également que je n'ai jamais pu terminer Les Enfants de minuit, de Salman Rushdie, un autre prix Booker.Il me semble que si l'on excepte le Quignard de 2002, une exception, les Goncourt nous accrochent beaucoup plus : Ruffin, Queffélec, Emile Ajar et autres Rambaud.Est-ce que les anglophones et les francophones cherchent quelque chose de différent dans un livre ?Il serait intéressant de voir ce que les lecteurs en pensent.» Eh bien voilà, monsieur Cogger, votre message est lancé.Par ailleurs, certains se demandent pourquoi il y a deux adresses pour notre club de lecture, la première où vous envoyez vos lettres sur le Livre du mois : clubdelecture@ lapresse.ca, qui est une simple boîte postale, et l'autre, cyberpresse.ca/arts, où se trouve le forum et où vous pouvez écrire en tout temps, autant sur le livre du mois passé que sur celui du présent mois, et réagir les uns aux autres.Pourquoi pas une seule adresse, celle sur Cyberpresse ?Parce que les forums de La Presse sont des forums modérés, c'est-à-dire que les textes sont lus avant d'être publiés ; les lettres haineuses ne paraissent pas.La Presse est un lieu de référence.Il est impossible pour nous de lire instantanément des centaines de lettres par jour.N'hésitez pas à communiquer avec la responsable du cahier Lectures pour toute information à ce sujet : jlepage@lapresse.ca.La semaine prochaine, Jean Fugère vous présentera le livre qu'il a choisi pour le mois de novembre.Vous serez surpris par la pertinence de son choix en ces temps de pique-nique de nos élus chez Irving.LA LETTRE GAGNANTE Pi après?MARIE-ANNE ARCHAMBAULT GRENIER J'ai lu L'Histoire de Pi, excitée par les écrits dithyrambiques des divers encenseurs d'auteurs de nos journaux.Je partais donc avec une promesse au coeur et des attentes plein les poches pour l'aventure qu'on me vendait avec tambours et trompettes.Je n'ai pas été déçue.J'ai grandi de cette épopée comme on sort un peu changé de chaque bon livre.Mais j'aurais voulu, qu'à la traduction par ailleurs impeccable, on ajoute un «s» à « Histoire » car j'ai bien eu l'impression de lire deux histoires qui se suffisent en elles-mêmes et qui auraient pu être publiées séparément tant la dichotomie est franche.J'irais même jusqu'à pousser l'audace de dire que les deux histoires s'adressent à des publics différents.Bien qu'on retrouve le génie de l'auteur et la mélodie de son écriture en trame de fond, on assiste, en première partie, à une orchestration avec arrangements musicaux alors qu'on tombe, en deuxième partie, avec une simple flûte qui joue dans l'aigu.Comme le Yin et le Yang, comme l'Anima et l'Animus, on retrouve une partie féminine et comtemplative, toute en rondeurs et en réconforts, puis une partie mordante, acérée, mâle et crue pour ne pas dire cruelle.Nécessaire, cette lugubre descente aux plus bas instincts de l'homme, parfois plus bestiaux que ceux de la bête ?Probablement.Et possible aussi que ces descriptions vibrantes d'horreur ne soient qu'un pâle reflet de ce dont l'Homme est capable.Comme quoi l'ascension vers le sommet de la pyramide de Maslown'empêche nullement la dégringolade aux plus bas échelons.En ce qui a trait au survol de la foi, l'esquisse en est bien tracée mais nous laisse un peu pantois.Une religion est abordée sous forme de légende fantasmagorique, une autre est judicieusement questionnée et l'autre est acceptée et pratiquée d'emblée.Et que dire de toutes les autres formes de recherche de sens que l'Homme a cru bon de matérialiser en Culte ?Et qu'arrive- t-il à cette foi après le naufrage ?Un simple exercice du muscle spirituel ?Peut-être qu'ici encore, se cache un message de la part de l'auteur, une réflexion à laquelle il nous invite.Et c'est donc autant pour les « dits » que les « non-dits » que ce livre mérite d'être reconnu.Ces brefs propos, entachés de subjectivité, ne se voulaient ni laudatifs, ni vitrioliques, mais reconnaissants.Merci pour le voyage, merci pour l'appétit et, en terminant, pourronsnous lire encore de vous ?Ou, dit autrement, Pi après ?POST-SCRIPTUM Traduction, trahison?Quand la créativité entre en jeu Énigme sur fond de traduction.Comme L'histoire de Pi est le livre du mois de notre Club de lecture, nous vous proposons un petit jeu qui prouvera, hors de tout doute, que la traduction est aussi affaire de création.Voici un passage tiré de la version originale du merveilleux roman de Yann Martel, que nous avons soumis à trois traductrices.À leur version, nous avons ajouté, sans l'identifier, celle de Nicole et Émile Martel, parue chez XYZ.À vous de la trouver.Réponse la semaine prochaine Life or Pi, Chapitre 49 (page 148) « In the morning I could not move.I was pinned by weakness to the tarpaulin.Even thinking was exhausting.I applied myself to thinking straight.At length, as slowly as a caravan of camels crossing a desert, some thoughts came together.Traduction 1 : « Le matin me laissa inerte.Littéralement collé à la bâche, je peinai à la seule pensée d'avoir à réfléchir.Je fis un effort pour sortir de ma torpeur.Lentement, comme une caravane qui vient à bout de traverser le désert, quelques pensées se frayèrent un chemin dans mon esprit.» Traduction 2 : « Au matin, je ne pouvais pas bouger.La faiblesse me tenait cloué au fond de la bâche.Je n'arrivais pas à penser tellement j'étais épuisé.J'ai essayé de reprendre mes esprits.Petit à petit, aussi lentement qu'une caravane de chameaux traversant le désert, j'y suis parvenu.» Traduction 3 : « Au matin, je ne pouvais plus bouger.Trop faible, j'étais collé à la bâche.Penser m'était pénible.J'ai tenté de reprendre le fil.Peu à peu, aussi lentement qu'une caravane de chameaux traversent le désert, certaines images sont apparues.» Traduction 4 : « Le lendemain matin je ne pouvais pas bouger.La faiblesse me clouait à la toile.Même penser m'épuisait.Je m'appliquais à réfléchir sobrement.Après un temps, aussi lentement qu'une caravane de chameaux traversent un désert, certaines idées prirent forme.» Merci à Lucie Robert, Diane Clermont- Drolet et Danièle Monneron pour avoir si gentiment accepté de se prêter au jeu ! Marie Claude Fortin PHOTO LE SOLEIL Jacques Côté dans une cellule de la Vieille Prison de Québec.C'est dans une cellule de cette prison que le docteur Wilfrid Derome a interrogé la belle-mère de la pauvre Aurore dite l'Enfant martyre.La découverte d'une passion DEROME suite de la page une En une série de chapitres courts et enlevants, on suit Derome de son cours classique à Joliette à ses années de médecine légale à Paris.Avec un fort pouvoir d'évocation, Côté reconstitue la vie trépidante de son héros, nous faisant les témoins des procès célèbres auxquels Derome (surnommé Sherlock !) a collaboré, dont l'affaire Delorme, le prêtre assassin, le hold-up du siècle (celui de la Banque d'Hochelaga), et le procès de la « mégère de Sainte- Philomène », Marie-Anne Houde, belle-mère honnie d'Aurore, l'enfant martyre ! Que l'auteur du Rouge Idéal ait été attiré par la vie d'un expert en sciences judiciaires n'a rien d'étonnant.En se mettant au roman policier, Côté s'est découvert une passion.« Je ne dirais pas une nouvelle vocation, nuance-t-il, je me fermerais d'autres portes.Mais il est clair que le roman policier est une bouffée d'air frais dans mon champ de création.Je me suis découvert un autre terrain de jeu.» Le polar lui a permis de dépasser la dimension autobiographique de ses premiers romans, confesse l'auteur.« J'ai pu créer des personnages qui sont de véritables créatures de fiction et non pas des hybrides.Mais paradoxalement, je peux écrire sur des questions très personnelles sans avoir l'impression de commettre un numéro d'effeuillage.On devient plus pudique avec l'âge.» Côté a été très heureux d'apprendre que le roman policier serait le thème du 26e Salon du livre de Montréal qui ouvrira ses portes le 13 novembre.« Je ne crois pas que ce soit juste une mode ou l'air du temps qui crée le phénomène, fait-il.Les intellectuels se rendent compte que le roman policier peut aborder des questions universelles, être bien écrit, divertissant, complexe au plan de l'intrigue et de la représentation spatiale ; bref, qu'il peut faire appel à l'intelligence.Il est à parier que le polar entrera dans le hachoir des universitaires avant longtemps.» .Jacques Côté sera l'un des invités de Jean Fugère, samedi, 15h, à la table ronde organisée par le Club de lecture La Presse, à laquelle participera aussi l'auteure Kathy Reichs, digne descendante, sur le plan professionnel, de Wilfrid Derome. LECTURES LITTÉRATURE DU VOISIN Les langues mortes DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE Saviez-vous que deux écrivains ont gagné le prix Nobel en écrivant dans des langues mortes?Oui, c'est vrai.Alors, qui sont-ils ?Vous donnez votre langue au chat ?Frédéric Mistral, qui composait ses oeuvres en provençal ; son prix date de 1904.Et, il n'y a pas si longtemps, en 1978, Isaac Bashevis Singer, qui écrivait en yiddish.Quand on a demandé au nobélisé Singer pourquoi il avait choisi une langue morte pour ses romans (comme si on choisissait sa langue.), il a répondu à son interlocuteur, « Quoi de plus normal ?Tous mes personnages sont des revenants.Le yiddish, une langue morte ?Vous êtes-vous promenés dans le Mile End ou à Outremont dernièrement, ou vous êtes-vous rendus au théâtre Saidye Bronfman pour assister à une pièce dans cette langue ?Le yiddish, c'est justement un des cas qui intéressent l'auteur Mark Abley, ancien journaliste à la Gazette, quotidien francophone montréalais fondé par Fleury de Mesplet (le journal a adopté l'anglais depuis l'époque de Mesplet, vous l'aurez remarqué).Nous sommes des obsédés de la langue ici, au Québec \u2014 Mark Abley aussi.Mais il ne s'est pas limité au seul cas du français menacé en terre d'Amérique.Des langues mortes, des langues en voie d'extinction, d'autres qui ont été ressuscitées\u2014 Abley voyage de l'Australie jusqu'au pays de Galles pour examiner le phénomène.Journaliste averti, il sait qu'on n'a pas toujours besoin d'aller loin pour trouver de beaux sujets.Plusieurs chapitres de son livre se passent à Montréal ou dans la région.Une langue qui est menacée dans un contexte peut jouer un tout autre rôle dans un autre cadre.Le français, depuis le grand mouvement de centralisation qui a suivi la Révolution française, a réprimé la concurrence dans ce pays.La langue provençale et la langue occitane sont tombées devant l'assaut du parler officiel de Paris.Abley explore le cas du provençal, sa noble histoire, sa déchéance, sa relation avec l'occitan, l'autre langue du sud de la France.Pour ce qui est des langues disparues, Abley n'est pas du tout sentimental.Il a un oeil critique sur les tentatives de faire revivre ces langues.Politiquement, rappelle-t-il, les gens qui cherchent à redécouvrir leur passé linguistique sont parfois motivés par un profond conservatisme, ou une pensée réactionnaire.Si le sujet vous intéresse mais que vous doutiez de vos capacités dans la langue de Shakespeare, soyez sans crainte.Abley a fait carrière dans le journalisme au quotidien, et il nous transporte d'un territoire linguistique à un autre avec beaucoup de facilité et un minimum de jargon.Et un maximum d'exemples, souvent drôles et touchants.Dans la langue boro du nord-est de l'Inde et des territoires avoisinants, on trouve le verbe onsra \u2014 aimer pour la dernière fois \u2014 et le verbe bunhan bunahan : être sur le point de parler, et sur le point de se taire.Je ferais écho au commentaire d'Abley: comment vivre sans de tels verbes dans ma langue ?L'auteur se penche sur le cas de l'hébreu en Israël, une langue morte et ressuscitée, grâce à l'avènement d'un État politique qui a choisi cette langue comme outil au quotidien.Un outil qu'on a dû mettre à jour, car l'hébreu parlé à Tel-Aviv ou à Jérusalem n'est sûrement plus la langue sacrée chantée dans les synagogues (un peu comme le latin pour les catholiques), ni la langue que le Seigneur parlait (selon une certaine tradition) lorsqu'Il voulait bavarder avec Ses anges.L'hébreu, c'est l'exception qui fait la règle : une langue morte qu'on a fait revivre par décret gouvernemental.Ici au Québec, nous avons protégé le français dans le discours public, mais nous n'avons pas eu à le sauver de l'oubli.Mark Abley a fait ses recherches sur notre continent aussi.Il consacre des chapitres à des langues originales d'Amérique, telle le yuchi, parlé dans l'État d'Oklahoma.Citoyen de l'île de Montréal, Abley n'avait qu'à traverser le fleuve et à visiter Kanesatake, ou Kahnawake, pour enquêter sur le sort du mohawk.Là, il a trouvé des stations de radio et des écoles de langue dont le but est de combattre la disparition de cette langue.La langue et l'identité \u2014 les deux vont de pair.Est-ce qu'on pourrait être mohawk sans parler la langue ?La question est aussi valable pour les autres contrées où Abley a mené son enquête : le pays de Galles, l'île de Manx, les groupes aborigènes d'Australie, pour n'en nommer que quelques-unes.Les voyages linguistiques de ce livre commencent chez nous : la vie et la mort des langues, nous vivons ça ici, tous les jours.Le mois de septembre dernier, au cimetière juif de Sarajevo, j'ai eu la chance de voir les traces d'une langue morte sur les pierres tombales réduites en morceaux par les batailles dans cette ville déchirée.C'était le ladino, mélange d'espagnol et d'hébreu, parlé par les Juifs d'Espagne avant leur expulsion (et l'expulsion des musulmans en même temps) de ce pays par les catholiques.Cette langue a voyagé avec les exilés, là où ils ont cherché refuge : Livourne, Istanbul, Sarajevo.Quand une langue meurt, nous perdons une partie de notre patrimoine.Le monde d'aujourd'hui est beaucoup plus pauvre à cause des langues perdues et de la poésie qu'elles portaient.C'est le constat de ce livre, constat qui imprime une grande tristesse sur ses pages.FFFF SPOKEN HERE : TRAVELS AMONG THREATENED LANGUAGES Mark Abley, Random House Canada, 322 pages Comme les Québécois francophones, Mark Abley, ancien journaliste à The Gazette, est obsédé par la langue.POLAR Traques meurtrières NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPÉCIALE nspehner@globetrotter.net Los Angeles, 1941.Une jeune veuve est retrouvée morte, électrocutée dans sa baignoire.L'inspecteur Zeke Bannon découvre que cette femme de condition modeste possédait un compte en banque de 100 000 $ alimenté depuis 20 ans par des chèques en provenance de la ville voisine de San Pietro, autrefois appelée Eureka.D'où provient cet argent ?Qui va en hériter ?Une enquête de routine pour trouver d'éventuels héritiers débouche soudain sur une affaire de meurtre, elle-même liée à des événements tragiques du passé, notamment un règlement de comptes datant de 1921.Cette année- là, le shérif d'Eureka avait été abattu dans des circonstances plutôt louches.Au coeur de cette aventure, il y a deux personnages admirablement bien campés : le détective Zeke Bannon et son adversaire, Thomas « Brodie » Culhane, l'actuel shériff de San Pietro, un héros de la Guerre de 14 qui cherche à se faire élire gouverneur de la Cal ifornie.Eureka/San Pietro a une longue histoire et de nombreux secrets qui refont surface au fur et à mesure que Bannon retrouve des témoins et qu'il reconstitue la trame du passé.Eureka, de Willam Diehl, a des dialogues percutants et subtils, c'est une mosaïque étourdissante où le passé et le présent s'entremêlent d'un chapitre à l'autre.Commençant comme un western, ce récit se transforme en roman de guerre, puis flirte avec le roman historique avant de devenir un thriller des plus intéressants.Meurtres à la mode Une proie rêvée, de John Sandford, est la 11e des aventures du commissaire Lucas Davenport, de Minneapolis.En 1989, date de la première apparition du personnage, Davenport était un simple inspecteur de police, mais qui avait un passetemps très lucratif : mettre au point des jeux de stratégie.Aujourd'hui, Davenport est riche, collectionne les voitures de luxe, il est monté en grade et n'a pas perdu son goût pour l'action violente.Une proie rêvée commence par un double meurtre.Une célèbre top model a été retrouvée étranglée au lendemain d'une fête branchée et, sur les lieux, la police découvre un second cadavre dans un placard fermé à clé : celui d'une jeune hôtesse d'un hôtel de luxe.L'enquête est à peine commencée que les cadavres se multiplient.Une série de meurtres d'une rare violence frappent les proches des deux victimes.Une course contre la montre s'engage pour traquer le tueur.Dommage que cette chasse à l'homme haletante soit parfois ralentie par quelques épisodes juteux de la vie sentimentale compliquée de Davenport, aux prises avec deux ex et une nouvelle petite amie qui n'a pas froid au yeux.Au moment où les crimes sont enfin résolus, au terme d'une enquête passionnante, riche en rebondissements, Davenport devra choisir entre trois femmes prêtes à lui mettre la corde au cou.Qu'elle est dure, la vie de flic riche et célèbre ! Mc Dermid et les tueurs en série La Dernière Tentation, de Val Mc Dermid, est le troisième thriller mettant en scène Tony Hill, un as du profilage, et l'agent spécial Carol Jordan, qui se sont illustrés dans Le Chant des sirènes et La Fureur dans le sang.Ce nouveau récit a une structure complexe où s'entrecroisent deux histoires.La première concerne un tueur en série qu'on peut qualifier de « sympathique » (à vous de découvrir pourquoi.).Un marinier, hanté par d'effroyables souvenirs d'enfance, remonte les canaux de l'Europe du Nord et s'acharne au scalpel sur des psychologues de renom.Encore ébranlé par ses aventures précédentes, Tony Hill ne peut cependant s'empêcher de reprendre du service.Il cherche à comprendre les motivations du tueur.Son enquête va mettre au jour les horreurs subies par certains enfants allemands sous le régime nazi.De son côté, Carol Jordan, parfait sosie de la défunte maîtresse d'un mafieux notoire, est envoyée à Berlin pour infiltrer son réseau de drogue et démanteler son trafic de clandestins.Son rôle : séduire, s'il le faut, le redoutable chef de gang, rendu vulnérable par la mort accidentelle de l'amour de sa vie.Quand Carol fait appel à Tony en tant que conseiller, les deux histoires, jusqu'alors parallèles, vont se rejoindre pour créer une situation potentiellement explosive.Ici, pas de roman Harlequin déguisé en suspense, mais un récit très noir, réaliste, sans artifices narratifs.Val Mc Dermid, une Écossaise qui vit à Manchester, ne fait pas dans la dentelle.Elle est l'une des figures dominantes du roman noir britannique.Ses descriptions musclées de la cruauté humaine prouvent qu'elle est aussi l'une des meilleures.Âmes sensibles s'abstenir.Nous n'irons plus au bois Richard Matheson est l'un de mes auteurs favoris, tous genres confondus.À 77 ans, il a derrière lui une oeuvre considérable de romancier et de scénariste pour le cinéma et la télévision.Mais son dernier roman, La Traque, ne passera pas à l'histoire comme étant l'un de ses meilleurs.L'argument de base est assez simple: Doug, un acteur minable, et Bob, un romancier en mal d'inspiration, entament une marche de plusieurs jours dans le décor grandiose et sauvage d'un parc du Colorado.Très vite, leurs relations se détériorent et l'expédition vire au cauchemar.Doug se met à traquer son compagnon dans le but évident de l'abattre.L'action ne manque pas, les dialogues sont écrits au rasoir, le suspense est soutenu, mais on ne peut s'empêcher de penser à Délivrance, de James Dickey, et au film de John Boorman.Avec son arc, Doug s'impose au lecteur sous les traits de Burt Reynolds, alors que Bob, alias Bobby, nous rappelle le malheureux Bobby du film dans l'atroce scène du viol.Bref, on a parfois l'impression de lire un remake, ce qui devient très embarrassant.FFF1/2 EUREKA William Diehl, L'Archipel, 482pages FFF1/2 UNE PROIE RÊVÉE John Sandford, Belfond, 421 pages FFFF1/2 LA DERNIÈRE TENTATION Val Mc Dermid, Le Masque, 550pages FFF1/2 LA TRAQUE Richard Matheson, Flammarion, 309pages APPRÉCIATION Exceptionnel Excellent FFFF Bon FFF Passable FF Àéviter AVIS DE RECHERCHE - ARTISANS DE CASSE-NOISETTE En 2003, Casse-Noisette a 40 ans et ce sera la fête ! Nous recherchons les artisans de cette grande aventure.Si vous avez été danseur, menuisier, souris d'un soir, musicien ou autre, communiquez avec nous via notre site Internet :www.grandsballets.qc.ca LECTURES BEAUX LIVRES OPINION Natura, forces de la nature Casino:dans l'enfer du jeu Lectures a demandé à Pierre Desjardins, professeur de philosophie, qui est intervenu publiquement à plusieurs reprises dans les médias pour poser de pertinentes questions sur le rôle de l'État dans les loteries au Québec, de lire Casino, le roman qu'Allan Tremblay a tiré du scénario de son père, Réjean Tremblay.PIERRE DESJARDINS COLLABORATION SPÉCIALE Il est toujours difficile, pour ne pas dire risqué, de faire un bon roman à partir d'un scénario de télésérie.S'adressant à un vaste public, ce genre de scénario est fait de dialogues courts mettant en scène beaucoup de personnages qui défileront souvent à vive allure au petit écran.Le roman, lui, de par sa nature, se veut intimiste et cherche plutôt à établir un rapport étroit entre les personnages et le lecteur.Or, un tel rapport peut être difficile à créer à partir d'un scénario, surtout lorsqu'il s'agit d'un scénario à la Réjean Tremblay où l'on retrouve des éléments clefs qui, jusqu'ici, ont fait le succès de ses téléséries.Argent, amour, sexe, action, violence : tous les éléments habituels étaient en effet là pour la production d'une télésérie qui allait sûrement, encore une fois, faire sauter les cotes d'écoute.Mais TVA, on s'en souviendra, n'a pas vu les choses de cette façon et, malgré sa commande, a tout bonnement refusé le scénario que Réjean Tremblay a présenté il y a cinq ans.Un peu plus tard, TQS, à qui l'auteur l'avait par la suite proposé, refusait également ce même scénario.C'est que, voyez-vous, Réjean Tremblay avait cette fois-ci ajouté un élément nouveau que nos diffuseurs québécois jugeaient impertinent et non conforme à ce qu'ils attendaient d'un scénario pour une télésérie grand public : c'était une critique acerbe de l'exploitation immodérée que fait Loto-Québec des jeux de hasard chez nous.Le scénario, qui tournait autour de l'histoire d'un fils qui cherche à venger le suicide de son père devenu joueur compulsif au Casino de Montréal, ne manquait pas une occasion de s'en prendre au peu de conscience morale des dirigeants de Loto-Québec.Évidemment, la question que tout le monde s'est posée est de savoir s'il y avait eu des pressions ou des interventions de la part de Loto- Québec auprès desdits diffuseurs pour écarter ce scénario.On peut penser qu'effectivement Loto-Québec a probablement su tirer, où il le fallait, les bonnes ficelles pour éviter que son image soit ternie.C'est, depuis toujours, l'habitude de Loto- Québec de veiller à ce que son image reste bien propre auprès du public.D'autre part, on comprendra que, comme diffuseurs, TVA et TQS ne désiraient pas non plus se mettre à dos un de leurs meilleurs clients en termes de publicité.Surtout lorsque l'on sait que Loto- Québec dispose d'un gigantesque budget de publicité d'une vingtaine de millions de dollars, qu'elle distribue comme elle veut et à qui bon lui semble.Il n'est d'ailleurs pas étonnant d'apprendre que c'est maintenant Radio-Canada, plus indépendante que les diffuseurs privés en matière de revenus de publicité, qui songe à en racheter les droits et à finalement produire la télésérie.Retour au roman Mais, d'ici à ce que nous puissions suivre cette télésérie sur nos écrans, revenons au roman qu'en a fait Allan, le fils de Réjean Tremblay.Deux raisons précises vont motiver le personnage principal du roman, Stéphane Dumas, à revenir à Montréal après un pénible séjour de trois ans dans une prison minable de Floride.Premièrement, il veut venger son père en tentant par tous les moyens, honnêtes ou pas, de faire sauter la banque du Casino de Montréal et de récupérer ainsi les sommes astronomiques que son père a perdues avant de se suicider.Deuxièmement, il y revient aussi pour régler ses comptes avec un Montréalais d'origine vietnamienne du nom de Kim Dee, un jeune joueur mafieux, passeur de drogues, qui l'a fait condamner à trois ans de prison en cachant à son insu de la drogue dans ses bagages.Malgré la complexité de cette double intrigue qui apporte des situations presque incroyables, l'auteur du roman réussit remarquablement à garder le cap et le lecteur s'y retrouve assez bien.Le drame se jouera entre une mère éplorée, Marianne, qui craint au plus haut point \u2014 on la comprendra\u2014 que son fils ne tombe, comme son père, dans l'enfer du jeu, et les parents vietnamiens du jeune délinquant, Kim Dee.Les Nguyen sont d'honnêtes commerçants qui ont fait leur argent dans les pharmacies et qui, malgré leur âge avancé, tentent en vain d'insuffler à leur fils le respect des valeurs traditionnelles.Parallèlement, d'autres drames se jouent au Casino de Montréal.C'est notamment le cas de celui de Monique Parent, une mère de famille qui, bien qu'elle ait signé un formulaire d'auto-exclusion, se retrouve inlassablement, et sous différents costumes, aux tables de jeu.« C'est comme un feu, dira-t-elle, je suis toujours certaine que je vais gagner.Je peux pas résister.» (p.183) Finalement, après avoir tout perdu, elle en viendra à une tentative de suicide dans les toilettes du Casino.À travers ces drames se jouent également des histoires d'amour, notamment entre la psychologue attitrée du Casino pour venir en aide aux joueurs en état de crise, Maria Delluci, et le chef de la sécurité, Antoine Caron.« La principale raison de la présence de Maria au casino, peut-on lire dans le roman, était avant tout de donner bonne conscience \u2014 ou apparence de bonne conscience \u2014 à la direction de l'établissement.» (p.66) « Autant vouloir éteindre un feu de forêt avec un arrosoir de jardin.» (p.443) Bien que le personnage principal, Stéphane Dumas, nous soit assez bien décrit, on ne peut pas dire la même chose de tous les personnages du roman.C'est ainsi que la blonde de Kim Dee, Sandra, nous est présentée assez sommairement ; on peut dire la même chose de Marie- Ève Turcotte, la directrice du Casino, d'Emmanuelle Caron, la fille médecin du chef de la sécurité, ou même de Thri Tram, la soeur de Kim Dee.Pour ces personnages féminins, qui semblent souvent n'être là que comme prétexte à des scènes de sexe, il est difficile de se faire une image claire tant on ne saisit pas trop leur vraie nature.On ne peut d'ailleurs faire autrement que de noter le caractère macho de l'ensemble du récit.Est-ce là la marque indélébile de l'auteur des célèbres téléséries?«C'est tellement facile de rendre une femme heureuse, se dit Stéphane, Il suffit de lui mentir.» (p.272) Par ailleurs, d'autres personnages, bien qu'ils soient, eux aussi, décrits assez sommairement, semblent plus concrets et font rire.C'est notamment le cas du chef des motards du nom de Daddy Girard, avec qui notre jeune passeur de drogue vietnamien aura des rapports tumultueux.Mentionnons que dans le récit, les motards se retrouveront eux aussi dans les murs du Casino de Montréal, mais, situation grotesque, en veston cravate en train de blanchir poliment leur argent sous le regard complaisant de la sécurité du Casino.On reste cependant étonné de la scène finale du roman, presque surréaliste et quelque peu cliché, qui, résolument, se veut, on ne sait pas trop pourquoi, un happy end.Somme toute et malgré quelques impairs, Casino est un bon roman populaire, bien mené et bien écrit, et dont l'action et les rebondissements inattendus en font voir de toutes les couleurs au lecteur ! À quand cependant un roman original d'Allan Tremblay ?FFF CASINO Allan Tremblay, VLB éditeur, 476 pages STÉPHANIE BÉRUBÉ Louise Tanguay est fascinée par la nature, par les forces de la nature.Elle s'est un jour trouvée devant une petite feuille morte qui, poussée par le vent, creusait son chemin dans la neige.L'événement n'en aurait pas été un si elle ne s'était pas emparée de son appareil photo pour immortaliser la scène.Cette photo est devenue la première d'une longue série d'images ayant toutes pour point commun de mettre en scène la nature, sans artifice ni trucage.Natura est un album lumineux qui regroupe 150 photos de Louise Tanguay.La facture est impeccable ; les images, époustouflantes.C'est un beau livre comme il s'en fait peu ici.On a même créé une gamme de produits dérivés (agendas, livres, calendriers), ce qui est aussi très rare pour une artiste qui n'est pas connue du grand public, bien que la reconnaissance ne devrait plus tarder avec un tel ouvrage.Pour Louise Tanguay, la vision du photographe est très importante.Et elle transperce le cliché final.C'est ce qui explique, selon elle, qu'en regardant ses photographies de petites gouttes d'eau, on y voit quelque chose d'infiniment plus grand.Parce qu'on saisit une goutte de sa vision à elle.La photographe a pris le temps de voir les chemins qui parcourent les feuilles ou la lumière qui danse sur l'eau.Simple, direzvous ?Oui, justement.« Ce qui m'intéresse quand je suis en nature, c'est la diversité des formes, des couleurs, des textures », avoue la photographe qui se promène avec son appareil autour du cou depuis une vingtaine d'années.La nature, c'est un miroir.On peut y trouver matière à réflexion.» Les photographies de Louise Tanguay sont accompagnées d'extraits de poèmes de Gaston Miron, Saint-Denys Garneau, Madeleine Gagnon.On pourra voir l'oeuvre de Louise Tanguay en exposition, grandeur nature, tout le mois de novembre, à la Tour de la Bourse de Montréal, place Victoria.FFFF NATURA Louise Tanguay, Les Éditions de L'homme, 224pages APPRÉCIATION Exceptionnel Excellent FFFF Bon FFF Passable FF Àéviter 35e Grand Prix du livre de Montréal Le nom du lauréat sera dévoilé lors d'une cérémonie qui se tiendra à la Bibliothèque centrale 1210, rue Sherbrooke Est le lundi 10 novembre 2003 à 11 h Félicitations aux finalistes Mark ABLEY Spoken Here :Travels Among Threatened Languages Random House Canada Gilles CYR Erica je brise Hexagone Christiane FRENETTE Celle qui marche sur du verre Éditions du Boréal Thierry HENTSCH Raconter et mourir Presses de l'Université de Montréal LiseTREMBLAY La héronnière Leméac Grand Prix du livre de Montréal 2 O O 3 3182502A Élémentaire, moncher ! 13 au 17 novembre 2003 à la Place Bonaventure Programme complet au Salon du livre de Montréal et sur le site Internet salondulivredemontreal.com adultes 6 $ · aînés 4 $ · étudiants 3 $ Heures d'ouverture : Jeudi au dimanche 9 h à 22 h · Lundi 9 h à 18 h La lecture en cadeau Offrez un livre neuf à un enfant La garderie Legrand roulement peut s'occuper des petits de 2 à 10 ans vendredi, samedi et dimanche.Tarif horaire : 3$ 3181192A © Olivier Jean QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com La collection Autour du monde propose des récits de voyage du journaliste Pierre Vincent dans quarante-trois pays.Ce premier tome, d'une série de quatre, nous conduit dans neuf pays de l'Océanie et de l'Asie du Sud-Est et nous permet de rêver à de nouveaux horizons.Pierre Vincent 3182549A . LECTURES EN DIAGONALE LITTÉRATURE FRANÇAISE PRIX FÉMINA Le Québec, un décor, un théâtre, une source Complexe chinois JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Un psychiatre se promène en Chine, en train et à bicyclette.Idée saugrenue, et pourtant excellente.Raconter l'histoire comique d'un psychiatre en Chine où, comme on le sait, Herr Doctor Freud est, sinon tout à fait inconnu, du moins considéré comme un animal dragonnesque occidental, donc farfelu \u2014 ce qui semble prouver que la pensée chinoise mérite toute notre attention respectueuse.Ce qui ne signifie évidemment pas que les Chinois n'aient pas de complexes.Voyez par exemple un juge, le juge Di, qui répand autour de lui la violence, la sottise, la corruption, et souffre d'un affreux complexe, courant dans nos villages, qu'on ne vous racontera pas mais que vous pouvez deviner en scrutant le titre de ce roman, Le Complexe de Di.Lire lentement, bien prononcer, ça y est ?Vous savez tout.Le psychiatre en Chine, c'est un homme qui fit ses études freudiennes en France, à Paris.Il se nomme Muo.Il avait réussi, il y a 20 ans, un concours très difficile qui lui valut l'obtention d'une bourse du gouvernement français pour mener à bien une thèse de doctorat sur « les langues alphabétiques des civilisations de la Route de la soie », langues que les sables du Désert de la mort avaient doucement englouties.Voilà donc ce Muo à Paris où, fasciné par autre chose que les langues en question, obsédé par l'étude des rêves telle que préconisée par Freud, il se rendit trois fois par semaine chez Michel Nivat, psychanalyste (école lacanienne).Une sorte de vieil hermaphrodite boiteux qui rappelait à Muo sa grand-mère chinoise.Ainsi naquit, à Paris, au bout de quatre années de divan fatigué qui recevait, aussi impassible que son propriétaire, les confidences en mandarin, incompréhensibles, le premier psychanalyste chinois.Si vous le voulez bien, revenons à la Chine d'aujourd'hui.La Chine où, paraît- il, les choses ont changé.Vingt années ont passé, et Muo revient afin d'essayer de retrouver sa bien-aimée qui se nomme, comme tout le monde, « Volcan de la Vieille Lune ».Cette femme est en prison.Elle aimait trop la photographie, elle avait rendu publiques des photos interdites.Pour libérer Volcan de la Vieille Lune (.seigneur !) il faut passer par un juge, justement ce juge Di, le cruel, l'affreux, le pourri, qui sans doute représente la Chine moderne corrompue et adepte du capitalisme le plus sauvage.Nous allons donc suivre le psychanalyste Muo dans sa pérégrination à travers les bonnes et les mauvaises provinces de l'Empire du Milieu, et ce ne sera pas triste.Il y a, par exemple, un long voyage en train, au début de l'histoire, qui est une merveille de drôlerie \u2014 et un reportage sur l'éternité chinoise.Il y a surtout ce type farfelu qui parcourt son pays en bicyclette, avec un étendard représentant la psychanalyse (il faut le faire), traînant une valise Delsey attachée par un cadenas, portant des chaussures françaises et des chaussettes rouges (percées), chaussé de binocles d'un autre âge, le sien, fumant de petits cigares bien puants et prenant de nombreuses notes au stylo dans un carnet acheté à Paris, France.Plus exotique que cela, en Chine, c'est impossible.Il court, il court, le psy, soignant au passage ceux qui n'y comprennent rien.Il avait dit, ce bon vieux Muo, « Je reviendrai un jour, avec Volcan de la Vieille Lune, quand elle sortira de prison.Elle aura apporté son appareil photo et elle prendra des clichés des pêcheurs, de leur lourd labeur, de leur misérable vie quotidienne, la plus pauvre de la Chine, si ce n'est du monde.Moi, je noterai leurs rêves, ceux des adultes et ceux des enfants.Je leur raconterai la théorie de Freud, surtout sa quintessence, le complexe d'Oedipe, et on s'amusera à voir comment ils hurleront de surprise en secouant leurs têtes basanées ».L'auteur de ce roman, désopilant et exotique, qui vient de remporter le prix Fémina, c'est Dai Sijie, celui qui écrivit Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, que l'on a envie de relire en se promenant avec Muo le myope dans une Chine d'aujourd'hui où rien, semble-t-il, n'a changé malgré les apparences.Le juge Di et Volcan de la Vieille Lune, au fond, eussent très bien pu vivre au temps des Empereurs, bien avant les psychiatres.FFFF LE COMPLEXE DE DI Dai Sijie, Gallimard, Paris, 347 pages RUDY LE COURS Ce n'est pas d'hier que le Québec inspire des auteurs français avec des succès divers.Sans réfléchir longuement, plusieurs oeuvres viennent à l'esprit.On pense tout de suite au Maria Chapdelaine d'un Louis Hémond ébloui de trouver dans la contrée profonde des personnages qui avaient gardé une foi si pure malgré une nature si dure.Ou à Bernard Clavel qui a connu un franc succès outreatlantique autant que chez nous avec sa saga Le Royaume du Nord (chez Albin Michel) où, de Harricana à Maudits sauvages, il raconte avec admiration et souffle l'histoire de l'Abitibi, des Amérindiens qui l'ont initialement peuplée et de ses colonisateurs et bâtisseurs.Cette fresque lui a valu d'ailleurs d'être fait l'an dernier chevalier de l'Ordre du Québec.Le très catholique Didier Decoin n'a pas joui de la même fortune avec son roman Louise, paru en 1998 aux éditions du Seuil, une curieuse métaphore sur la vie, la mort et l'amour sur fond d'oies blanches, au cap Tourmente.Le Grenoblois Maurice G.Dantec faisait en 1999 tout un carton et pas mal de boucan avec une autre histoire punk, nettement plus hard.Très urbain, son Babylon Babies traite entre autres choses de la guerre entre Hells et Rock Machines.Le Québec bucolique cède enfin le pas à sa vie urbaine et plonge Montréal dans un univers de violence, de guerre et de science-fiction.Cette année, c'est au tour de Jean-Pierre Le Dantec de plonger dans les grands espaces.Son roman fort bien écrit Étourdissements (Le Seuil) ne paraît pas se démarquer de la masse des nouveautés automnales, mais il peut intéresser un certain public.Celui des baby-boomers de gauche, qui ont manifesté contre la guerre du Vietnam, admiré les soixante-huitards et flirté avec l'extrême gauche.Étourdissements est découpé en trois blocs racontés chacun par un narrateur distinct.Cela s'ouvre en 2003 sur Jean qui apprend en lisant le journal la mort d'un ancien ami, David, leader autrefois d'une petite bande d'artistes anars.La nouvelle le replonge dans de douloureux souvenirs, son enfance dans une famille d'ouvriers communistes, sa révolte contre son stal(inien) de père, sa rencontre avec David et sa bande au milieu de laquelle se trouve Line, dont il devient fol amoureux.Jusqu'à ce que Line décide de s'établir en usine pour apporter la bonne parole aux masses prolétariennes.C'est la rupture.Deuxième partie, Line devient narratrice et, après son amère expérience en usine, s'en va retrouver sous la neige David, devenu tenancier d'un bar de camionneurs, à Mont-Joli.C'est 1974, « l'Hiver de force » selon la formule de Réjean Ducharme, pour qui Le Dantec a des phrases louangeuses.« Tout cela écrit dans une langue rapide, travaillée comme pour être parlée, et rythmée comme une impro de Coltrane ou de Mingus.» La bande se réunit une dernière fois à Paris en 2003, devant l'urne contenant les cendres de David.« Il est beaucoup plus petit mort que vivant », ricanera l'un d'eux, paraphrasant le fameux mot d'Henri III devant le corps fraîchement assassiné du duc de Guise.Le Dantec amalgame les niveaux de langage avec une maîtrise rare comme s'il s'agissait de matériaux.C'est sans doute sa formation d'architecte qui déteint sur son écriture et qui lui donne texture, rythme et profondeur.Cela fait le bonheur du lecteur qui aime les références ou qui a adoré par exemple un film comme La Maman et la Putain de Jean Eustache, mais qui peut rebuter celui qui reste peu familier avec ce microcosme qu'ont été les intellectuels de gauche.Autour de Robert Sur un registre complètement différent, l'Université de Montréal était le théâtre en septembre d'un colloque international consacré à la genèse et l'évolution des dictionnaires Le Robert.Que le Québec ait été le théâtre de cette rencontre ne doit pas étonner après tout.Si nous parlons la langue de Molière des deux côtés de l'Atlantique, c'est bien sur cette rive-ci qu'elle sera devenue la première fois la langue d'une société tout entière.Les actes de ce colloque savant viennent de paraître aux Presses de l'Université de Montréal.Dai Sijie Dai Sijie LE COMPLEXE DE DI Les péripéties de Muo, psychanalyste ambulant, tentant de propager la doctrine freudienne à travers une Chine métamorphosée.Par l'auteur de Balzac et la Petite Tailleuse chinoise.Gallimard PRIX FEMINA 2003 Dai Sijie sera au Salon du livre de Montréal du 14 au 16 novembre 3181957A 3122359A QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com « Livre-duvet à la tendresse contagieuse, Adieu, Betty Crocker est un roman intelligent et sensible.[.] Attachante Betty Crocker, sa bonne humeur naturelle nous laisse une impression de légèreté, comme si les mots du romancier \u201cavaient été portés par des oiseaux \u201d.» Suzanne Giguère, Le Devoir © Catherine Gravel Adieu, Betty Crocker de François Gravel 3182547A LECTURES ENTREVUE Philippe Besson: profil bas DANIELLE LAURIN COLLABORATION SPÉCIALE Son quatrième roman, Un garçon d'Italie (Julliard), faisait partie de la sélection des prix Goncourt et Médicis.À 35 ans, Philippe Besson est en train de devenir une figure incontournable des lettres françaises.Dès la parution, en 2001, de En l'absence des hommes, Prix du premier roman Emmanuel- Robès, cet ex-juriste a affirmé sa voix littéraire.Son frère, publié la même année, a fait l'objet d'une adaptation cinématographique signée Patrice Chéreau, Ours d'argent au dernier festival de Berlin.L'Arrière-saison, qui a suivi, a reçu le Grand Prix RTL-Lire 2003 et sera bientôt porté à la scène.Les livres de Philippe Besson sont traduits en six langues.Mais le romancier, né dans un petit village du sud-ouest de la France et Parisien d'adoption depuis une quinzaine d'années, a le succès plutôt humble.Quand je l'ai rencontré à Paris l'été dernier, peu avant la parution de Un garçon d'Italie, il s'attendait au pire.« Je suppose qu'on va m'attendre avec des fusils.Je suis surpris et émerveillé de l'accueil réservé à mes livres jusqu'ici, mais je me dis que ça ne va pas durer, que tout ça va s'écrouler un moment donné.Je suppose qu'un jour je serai livré aux chiens.Surtout qu'en France, on n'aime pas le succès.» Il y a quatre ans, à peine, Philippe Besson n'imaginait même pas qu'il serait un jour écrivain.Grand voyageur, il errait dans les rues de Montréal, l'âme en peine.« Je suis venu à l'écriture après une rupture amoureuse.J'ai quitté Paris, je suis parti tout seul et j'ai commencé à écrire.Mais je ne savais pas à ce momentlà que ce que j'écrivais deviendrait un livre.Je venais de vivre cinq ans avec quelqu'un, cela avait occupé toute ma vie, il n'y avait de place pour rien d'autre.Et tout d'un coup, j'avais du temps pour moi, de la disponibilité pour autre chose.Cette disponibilité, j'ai décidé de la consacrer à l'écriture.» Ce qui l'intéresse comme romancier, c'est la brèche : la petite porte secrète qui ouvre sur l'émotion, la douleur, le désir.« J'écris des livres sur les sentiments, sur les tremblements et les nuances.» Dans Un garçon d'Italie, on pénètre à pas feutrés dans l'intimité d'un trio amoureux.Le roman s'ouvre sur la mort d'un homme, Luca, retrouvé noyé à Florence.S'agit-il d'un meurtre, d'un suicide, d'un accident ?Sa compagne, Anna, enquête.Elle découvrira que pendant toutes ces années, elle a fréquenté un homme qui lui était étranger : Luca aimait aussi les garçons, il avait une relation suivie avec un jeune homme trouble, appelé Léo.L'homosexualité était présente déjà dans Son frère, et, en toile de fond, dans L'Absence des hommes.« Forcément, fait remarquer l'auteur, puisque je suis homosexuel.Mais j'essaie toujours d'aborder ce thème-là de la manière la plus universelle possible.Il faut que ce soit une vraie histoire d'amour, que tous les gens puissent s'y retrouver.Je ne ressens ni fierté ni honte à être homosexuel : c'est un état.Je n'ai absolument aucune tentation de militantisme.En revanche, j'ai envie de raconter de belles histoires d'amour.» Entre son amour pour Anna et son amour pour Léo, Luca n'a jamais voulu choisir.Un garçon d'Italie donne à penser que la liberté ultime consiste à mener une double vie.L'auteur en convient : « C'est un livre sur le fait qu'on peut aimer deux personnes complètement différentes, en même temps.J'avais eu l'idée un moment que Léo aimerait deux femmes.Mais je me suis dit que je tomberais alors dans quelque chose d'un peu classique.Et puis, la femme et la maîtresse, ça fait vaudeville, et je ne voulais pas ça.Je voulais que Luca aille chercher avec Léo quelque chose qu'il n'avait pas avec Anna et réciproquement.La différence entre Léo et Anna est fondamentale, ce n'est pas seulement une affaire de l'une est blonde, l'autre est brune.» Un garçon d'Italie est aussi un roman sur le secret, la trahison et le mensonge.Mais comme le fait remarquer l'un des protagonistes de l'histoire : « Est-ce que vous avez déjà dit toute la vérité, vous ?» Philippe Besson renchérit : « Il y a des choses qu'on cache nécessairement à la personne avec qui l'on vit.On a tous notre part de secrets, notre part d'ombre.» Toute l'habileté du romancier consiste à se glisser dans la peau de ses trois personnages, qu'il fait parler tour à tour.Chacun donne son point de vue sur les événements.Même mort, Léo a voix au chapitre.« C'était pour moi une jouissance de faire parler un mort, note l'auteur.C'est la première idée que j'ai eue.Je savais que le mort parlerait, qu'il ne pourrait rien empêcher, mais qu'en même temps, il regarderait les vivants se débattre avec le deuil, la perte de lui.» Le deuil et la perte étaient déjà au coeur de Son frère.Le roman s'ouvrait là encore sur la mort, par noyade.Dans les deux cas, Philippe Besson s'attarde avec insistance sur la description des corps qui se dégradent.Une obsession ?« Avec les corps, vous avez tout : la sensualité, l'amour, les sensations tactiles, et puis le risque, le danger, la mort.J'ai perdu des gens que j'aimais dans des circonstances un peu difficiles, alors qu'ils étaient jeunes.L'idée de jeunesse qui se perd, ça figure dans tous mes livres.C'est très présent dans ma vie aussi.À 15 ans, je pensais que j'étais très vieux, que tout était très grave, que tout était terminé.Je pensais qu'il fallait que je fasse le deuil de l'enfance, à 20 ans, le deuil de l'adolescence et à 30 ans, le deuil de la jeunesse.Je passe mon temps à faire mon deuil.» PHOTO REUTERS Michael J.Fox POP PSYCHO Comment la maladie a sauvé Fox de la déchéance Philippe Besson LILIANNE LACROIX Comme acteur, il nous a fait rire pendant des années et quand il n'a plus été capable de jouer, il a entrepris de nous faire réfléchir.Vedette des films Retour vers le futur et de comédies télévisées comme Sacrée famille ou Spin City, Michael J.Fox a été frappé par la maladie de Parkinson alors qu'il n'avait même pas 30 ans.Alors que toute sa vie, il avait cherché à transcender sa très petite taille et à se distinguer par son intelligence et son originalité, il devenait un des rares cas de manifestation précoce de cette maladie habituellement associée au vieillissement.Une façon de se distinguer dont il se serait bien passé.Du moins au début.Car dans La Chance de ma vie, le p'tit Canadien qui rêvait de hockey et qui a dû « se contenter » de devenir une star multimillionnaire de Hollywood, explique que la maladie, loin de constituer la fin qu'il avait d'abord envisagée, l'a plutôt sauvé.C'est bien simple, la célébrité et l'alcoolisme aidant, Michael J.Fox s'enfonçait de plus en plus dans une vie superficielle, inutile et vide qui lui aurait fait perdre, à plus ou moins court terme, sa femme Tracy et probablement le respect de ses proches, de ses collaborateurs et en fin de compte du grand public qui l'adorait comme son petit gamin espiègle.Des questions financières jusqu'à sa famille ou aux chaussettes qu'il n'achetait plus lui-même, sa vie entière lui échappait.En lui donnant la plus grande gifle de sa vie, la maladie l'a forcé à puiser en lui-même et à reprendre contact avec ses véritables valeurs.En témoignant au Sénat, alors qu'il avait choisi volontairement de ne pas prendre ses médicaments pour montrer la maladie dans toute sa nudité, il a vu le chemin qu'il avait parcouru : « Ma tête bougeait brutalement, ce qui faisait glisser mes lunettes\u2014comme si une brute invisible me frappait derrière la tête.Je luttais pour garder en main les feuilles de mon discours, mes bras se balançant comme s'ils voulaient empêcher quelqu'un de mes les arracher.Mais à aucun moment de mon intervention, je n'hésitais.Ironie du sort, alors même que je tremblais comme une feuille, il y avait une stabilité enmoi.» Ça ne s'est pas fait tout seul.Toute sa vie, Michael J.Fox avait triché un peu.Sur sa taille dont il s'était servi pour avoir des rôles destinés à des plus jeunes.Sur l'ampleur de ses problèmes d'alcool aussi, qu'il avait longtemps camouflés.Longtemps, par peur plus que par malice, il a triché aussi sur sa maladie.Àun moment, alors qu'il espérait encore garder la réalité secrète, il passait plus de temps à calculer le moment propice pour prendre le médicament et jouer sa scène « sans trop que ça paraisse » qu'à se concentrer véritablement sur son rôle.S'asseoir sur sa main gauche qui s'agite malgré lui, s'appuyer sur unmur, manipuler des accessoires, faire tourner ses doigts, il connaissait tous les trucs, mais toute son énergie y passait.« Tout cela était aussi absurde qu'épuisant.Quel que soit le mouvement que l'on me voyait exécuter sur le plateau, j'étais en réalité en train d'en faire un autre pour dissimuler mes symptômes.» De plus en plus difficiles à maîtriser, ses passages du « carrosse à la citrouille » le terrifiaient.La progression de la maladie lui montrait crûment l'illogisme d'une philosophie- paravent qu'il s'était bâtie de toutes pièces : « Pourquoi la maladie de Parkinson se serait-elle distinguée des autres aspect de ma vie ?Ne payais-je pas quelqu'un pour s'en occuper ?» Toute vedette qu'il fût, il a appris que, cette fois, il devrait s'en mêler et qu'il ne pouvait plus refiler la patate chaude à quelqu'un qu'il paierait pour accomplir les tâches rebutantes.Quand il a compris cela, il a pu vivre les plus belles années de sa vie avec sa femme, son fils et ses trois filles.Tout comme la réaction de sa famille, empathique et chaleureuse, la réaction respectueuse du public à la nouvelle de sa maladie qu'il ne pouvait plus cacher l'a surpris agréablement.Incapable de poursuivre sa carrière d'acteur et conscient de l'impact qu'il peut avoir sur le public et sur les décideurs, il a accepté de servir de porte-drapeau dans la lutte contre la maladie.Cette autobiographie simple et franche où il accepte de livrer une partie de cette intimité toujours jalousement préservée constitue clairement une concession à cette croisade et un message d'espoir aux malades et à leurs familles.FFF1/2 LA CHANCE DE MA VIE Michael J.Fox, Éditions Libre Expression, 250pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Des nouvelles sans grand intérêt RÉGINALD MARTEL «Des histoires où il ne se passe rien \u2014 ou presque.» Dans le texte liminaire de son recueil de nouvelles, André Berthiaume éprouve le besoin d'expliquer à ses lecteurs ce qu'il a fait, comment il l'a fait et pourquoi.Comme s'ils n'étaient pas assez futés pour répondre eux-mêmes à ces graves questions, si seulement ils se les posaient.Il y a un os : aucune clé de lecture dans ces deux pages, tout juste un discours aussi vague qu'emphatique, qui tendrait à démontrer ce que personne n'ignore, à savoir que l'art est difficile, mais qu'il apporte des consolations.Après des citations de Marcel Proust et Marcel Tournier, la première à propos du plaisir de mentir vrai, la deuxième à propos de la joie qui à l'occasion écrase la tristesse, on s'attendrait à un art d'écrire plus tonifiant.Cet art présumé ne trouve pas à s'exprimer davantage dans la pratique réelle que révèlent les nouvelles, joliment intitulées Les Petits Caractères.Elles sont nombreuses, qui tiennent en quelque 125 pages.Cela fait court pour chacune, heureusement, car chacune efface l'autre, tant l'intérêt de ces fictions est limité.Il faut attendre « Altitude », aux trois quarts du recueil, pour trouver enfin une nouvelle construite selon une stratégie dramatique convaincante \u2014et peu importe que la fin soit prévisible.C'est l'histoire d'un rédacteur de résumés de films qui se fait écrivain public d'occasion.Il doit répondre à la demande d'un handicapé de l'écriture qui ne sait pas comment annoncer à celle qui est sa femme depuis 25 ans qu'il la quitte.M.Berthiaume amène habilement son narrateur à substituer sa propre situation, celle d'un homme qui a une liaison depuis 25 mois, à celle de son client.Presque tous les textes ont déjà été publiés dans des revues, entre 1987 et 2003.Il est donc naturel que le recueil n'ait pas cette cohésion d'ensemble à laquelle les nouvellistes tendent de plus en plus.L'organisation séquentielle des nouvelles ne permet pas non plus d'observer une évolution de la manière de l'auteur.Une impression se dégage pourtant : on dirait qu'elles ont été écrites sans intention préalable, à partir d'un petit rien dont il fallait extraire le plus de substance possible.À moins que l'écrivain, soudain mu par une ferveur créatrice incoercible, se soit vingt fois attelé à la tâche d'en découdre avec le tout et le rien et se soit dit chaque fois : aujourd'hui, j'écris une nouvelle.Peut-être après tout la démarche générale correspond-elle à un des énoncés du texte liminaire : « Les signes (.) tu aimes quand ils te prennent par la main et te conduisent là où tu n'avais pas prévu d'aller.» S'il consent à une dépendance aussi périlleuse, l'auteur devrait permettre à ses lecteurs de lui dire que les signes ne sont pas fiables nécessairement et qu'il est sage de garder libre la main qui écrit.Au besoin, l'autre peut biffer à mesure.F1/2 LES PETITS CARACTÈRES André Berthiaune, XYZ éditeur, 136 pages La vie trop quotidienne Les nouvelles de Chocs légers disent la vie quotidienne, trop quotidienne.Des protagonistes, qui s'évadent un instant de la routine des jours, se rappellent soudain que le bonheur existe \u2014 ou qu'ils y aspiraient.La plupart du temps, ils ne font rien d'extraordinaire pour courir vers cette douce fiction.À peine s'inventent-ils, dans la lourde réalité des jours qui passent, un espace de silence, secret il va de soi, où la sérénité devient presque possible.Si aucune nouvelle ne raconte exactement cela, qui relève du mobile plus que de l'action proprement dite, on devine que là est le prétexte de la fiction et la légitimité de son expression.On ne doit donc pas s'attendre, dans l'instant partagé avec ces femmes et ces hommes, à trouver quelque art de vivre ou de ne pas mourir que l'auteur aurait voulu exemplaire.La manière de Rachelle Renaud est ainsi : toute simple et lestée de ces artifices auxquels beaucoup d'écrivains ne résistent pas, trop occupés à vouloir impressionner leurs lecteurs.« Je vous raconte des histoires », semble dire l'auteur, « faites-en ce que vous voulez.» Et justement, sans attentes particulières, on aborde une à une ces dix-huit nouvelles (trois sont inédites) dont aucune ne cause un choc même léger, ni ne laisse un souvenir précis.Le plaisir de lire ne s'émousse pas pour autant.Il semble être un effet du plaisir d'écrire avec naturel et sans prétention.FF CHOCS LÉGERS Rachelle Renaud, Le Nordir, 112pages . THE NEW YORK TIMES Solaire C'est plutôt long à venir, mais certains grands intérêts américains commencent à s'ouvrir aux sources alternatives d'énergie.La société pharmaceutique Johnson & Johnson par exemple vient d'équiper son usine de Titusville, au New Jersey, de 2500 panneaux capteurs d'énergie solaire.Cette installation, l'une des plus importantes sur la côte est des États-Unis, n'assurera que 10% de la consommation d'énergie de l'usine, mais c'est un début, écrit le New York Times.Les capteurs solaires coûtent encore très cher.Un entrepreneur compte généralement amortir ses équipements énergétiques sur deux ou trois ans, mais il faut mettre de cinq à neuf ans dans le cas du solaire.Par contre, le système peut procurer ensuite une énergie gratuite pendant 15 ans ou plus, mais ce n'est pas le genre que projection que font les industriels.L'énergie solaire ne représente encore qu'un trois centième de 1 % de toute l'énergie électrique produite dans le monde, mais les ventes d'équipement progressent rapidement : une croissance de 20% par an dans les années 90 et de 33% ces trois dernières années.BUSINESS WEEK Salaires La bonne nouvelle, c'est que deux fois plus de femmes qu'en 1995 occupent de hauts postes de gérance dans l'entreprise.La mauvaise, c'est qu'elles ne représentent encore que 16% de ce personnel, et n'occupent que 13% des fauteuils dans les conseils d'administration, écrit l'analyste Laura D'andrea Tyson, dans Business Week.Les femmes ne comptent que pour 5 % des cinq postes les plus importants et 2% des postes de directeur administratif des entreprises américaines dont le chiffre d'affaires atteint les 5 milliards de dollars.Seulement six des PDG des 500 plus importantes entreprises établies par Fortune sont des femmes.À noter toutefois que celles qui aboutissent à ces niveaux touchent des rémunérations équivalentes à celles des hommes.Mme Tyson, qui est doyenne du London Business School, constate que les hommes sont plus portés que les femmes à négocier de meilleurs salaires, de l'avancement et une reconnaissance dans le monde des affaires.Ce qui explique que les salaires de départ sont généralement plus faibles pour les femmes.THE WALL STREET JOURNAL Déplaire Le Sénat des États-Unis vient de voter en faveur d'un projet de loi diminuant les restrictions imposées aux Américains qui souhaitent se rendre à Cuba.L'initiative heurte de front le président George W.Bush qui veut au contraire accroître les sanctions contre le régime de Fidel Castro, histoire de se ménager les faveurs de l'électorat cubain de Floride.Dix-neuf sénateurs républicains, y compris les présidents des commissions sénatoriales sur le renseignement et sur les armées, ont joint leurs voix à celles des démocrates pour faire adopter la mesure, par 59 voix contre 36.Un résultat équivalent s'était manifesté déjà à la Chambre des représentants le mois dernier, ce qui rend la tentation du veto plus délicate pour le chef de la Maison- Blanche, signale le Wall Street Journal.Un lobby qui favorise l'autorisation de voyage de citoyens américains à Cuba indique que ceux-ci peuvent constituer les meilleurs ambassadeurs de bonne entente qui soient entre les deux pays.THE SUNDAY TELEGRAPH Défaire Ernest Hemingway s'en retournera dans sa tombe car voilà que Barcelone, qui a accédé depuis les Jeux olympiques au statut de grande ville internationale, envisage d'interdire la tauromachie.L'opinion publique de Barcelone, la deuxième ville d'Espagne, vient de virer capot à propos de ce sport, conduisant le conseil municipal et le Parlement catalan à explorer l'idée d'interdire les combats de taureaux.« Ce n'est plus qu'une question de temps » avant que la tauromachie soit interdite à Barcelone, de confier au Sunday Telegraph, de Londres, un haut dirigeant du Parti nationaliste catalan, au pouvoir.Les adversaires de la tauromachie estiment que la mise à mort de plus de 100 taureaux par année pour l'amusement du public est anachronique et incompatible avec l'image que veut projeter Barcelone de ville d'art et de culture de calibre international.Un groupe de défenseurs des animaux veut que l'interdiction survienne avant le Forumuniversel de la culture, organisé par l'UNESCO, qui doit avoir lieu à Barcelone en 2004.Plusieurs municipalités catalanes ont déjà banni la tauromachie et le Parlement régional a interdit l'accès aux arènes aux moins de 14 ans.La «dictature du pétrole» continue de peser sur l'économie mondiale The Economist et d'autres évoquent le 30e anniversaire du grand choc pétrolier déclenché par l'OPEP RÉAL PELLETIER LA PRESSE D'AILLEURS L'actualité étant ce qu'elle est, nos médias ont accordé peu d'attention au 30e anniversaire, le 17 octobre dernier, de la décision prise par l'OPEP \u2014 l'Organisation des pays exportateurs de pétrole\u2014 de prendre une série de mesures amorçant non seulement une hausse du prix de l'or noir mais aussi un contrôle de sa production.Des historiens y décèlent une date charnière de l'histoire contemporaine, en tout cas le premier grand déclencheur d'une réflexion, qui n'a pas cessé depuis, sur l'importance mais aussi la pertinence du pétrole comme source fondamentale d'énergie dans nos sociétés.Ce 17 octobre 1973, Henry Kissinger, grand stratège planétaire qui occupait alors le poste de secrétaire d'État des États-Unis, venait de rencontrer quatre ministres des Affaires étrangères de pays arabes et confiait à son entourage qu'il était peu probable que les pays arabes brandissent l'arme du pétrole contre les États-Unis.Mais on était en pleine guerre du Yom Kippur, rappelle le Financial Times, de Londres, et ce même jour, neuf ministres du Pétrole se rencontraient dans la capitale du Koweït pour explorer une punition possible contre les États-Unis et les Pays- Bas qui appuyaient Israël dans cette guerre.Fouad Ajami, spécialiste du Moyen-Orient à l'Université Johns Hopkins, rappelle les faits dans le New York Times.Le 17 octobre 1973, l'OPEP décrète que le baril de pétrole passe de 3 $US à plus de 5 $.Le lendemain, on annonce que la production de l'OPEP diminuera de 5 %.Et trois jours plus tard, l'OPEP imposait un embargo sur les exportations de pétrole aux États-Unis.Poursuivant le combat, le shah d'Iran convainc l'OPEP, un peu avant Noël, de faire passer le prix du baril de pétrole à 11,65 $.Le mouvement, rappelle le professeur Ajami, « visait à amorcer le plus important transfert de richesse de l'histoire des nations ».M.Kissinger lui-même devait plus tard reconnaître, dans ses mémoires, l'ampleur de l'événement : « Jamais dans l'histoire un groupe de nations relativement aussi faibles a-t-il pu imposer, avec si peu de contestation, un changement aussi dramatique dans le mode de vie d'une majorité aussi forte du reste du genre humain.» De fait, le « genre humain » auquel M.Kissinger faisait référence concernait essentiellement les sociétés industrielles : l'Europe, et les États-Unis surtout où on s'est mis alors à faire la queue aux postes d'essence pour faire le plein, alerté par des « experts » annonçant une extinction prochaine de la ressource pétrole.Réjouissances ailleurs En pays arabo-musulmans et en périphérie par contre, c'était la consécration d'un objectif latent, voire d'une vengeance.Une sorte de seconde grande bénédiction historique, la première ayant été l'avènement de l'islam dans la première moitié du VIIe siècle.Mais la richesse anticipée ne fut guère partagée, aboutissant entre les mains d'élites et rompant le tissu social.La révolte s'installa dans des pays comme l'Iran, où le shah fut évincé, et l'Algérie où des islamistes se livrèrent à des massacres de population, pendant qu'un Oussama ben Laden, fils de la révolution du pétrole, profitait des pétrodollars pour aller fomenter sa révolution dans les montagnes de l'Afghanistan.La révolution du 17 octobre 1973, finalement, se sera révélée un échec pour le monde arabe mais des générations actuelles entendent bien réanimer l'esprit d'octobre 1973, explique le professeur Ajami.L'OPEP n'a pas, depuis cette date, répété avec pareille ampleur son « chantage » auprès des pays consommateurs de pétrole.Mais l'Arabie Saoudite et quatre de ses voisins conservent la mainmise sur les deux tiers des réserves de pétrole connues dans le monde, ce qui entretient la menace d'une rupture d'approvisionnement.Et leur part de marché mondial, vu l'explosion actuelle de la demande, ne peut être appelée qu'à augmenter.Cela dit, explique The Economist, une nouvelle opération du type d'octobre 1973 aurait des conséquences moins remarquées chez les pays consommateurs.En 30 ans, une forte portion de l'activité économique a été transférée de l'activité industrielle vers une économie de services et de communications, sensiblement moins vorace en énergie.Ensuite, il y a quand même eu des progrès réalisés en ce qui concerne le rendement énergétique.Entre 1978 et 1987, l'efficacité des moteurs sous le rapport de la consommation d'essence s'est accrue de plus de 40 %.Ce qui a entraîné qu'entre 1977 et 1985, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a augmenté de 27 % mais que le volume de pétrole consommé a baissé de 17 %.Pendant cette période, les importations nettes de pétrole aux États-Unis ont chuté de 50 %, ce qui a eu pour effet de casser l'emprise de l'OPEP sur les prix, qui sont demeurés relativement bas et stables dans les années 90.Vieilles habitudes Mais voilà : les constructeurs d'automobiles ces dernières années sont retournés à leurs anciennes façons de faire, mettant en marché des véhicules lourds et puissants, sous formes de camionnettes et de VUS de tout acabit.Avec le résultat que l'efficacité énergétique des véhicules américains depuis deux ans est à son plus bas depuis 20 ans, activant la demande et réexposant l'ensemble de l'économie à un nouveau choc pétrolier, note The Economist.Bien sûr, les grands pays industriels se sont donné l'Agence internationale de l'énergie qui veille notamment à ce que ces pays disposent en permanence de réserves pétrolières de 90 jours.La mesure a placé le plus important pays producteur, l'Arabie Saoudite, en position d'agir comme une sorte de régulateur du marché.Problème minimal dans la mesure où les intérêts de la famille au pouvoir en Arabie Saoudite rejoignent ceux des grands constructeurs automobiles.Mais la stabilité du régime saoudien est loin d'être assurée, les fondamentalistes du pays dénonçant les liens qui unissent les États- Unis au prince Abdallah.Les attaques terroristes se multiplient dans le pays, ouvrant éventuellement la voie à un leader radical du type ben Laden.Le sens commun chez certains Américains les amène à dire qu'un putschiste devrait lui aussi vendre son pétrole pour nourrir son peuple, mais d'autres n'excluent pas que pareil individu veuille porter un grand coup à l'Ouest et couper totalement l'approvisionnement.Auquel cas les armées de l'Ouest pourraient intervenir, mais l'expérience chancelante de réanimation de l'industrie pétrolière en Irak donne à réfléchir.Ce qui fait dire à The Economist, en éditorial, que la fin de « l'ère du pétrole» approche, pour peu que les gouvernements s'en donnent la peine.Cette «dictature du pétrole » coûte très cher.Une étude du gouvernement des États-Unis citée par l'hebdo établit qu'en 30 ans, 7000 milliards de dollars de la richesse des consommateurs américains sont passés aux mains des pays producteurs du seul fait de prix imposés dépassant le jeu normal du marché.Et cette perte n'inclut pas les subsides qu'elle a provoqués pour la recherche pétrolière en territoire national, de même que les dépenses militaires au Moyen- Orient.Il faut tenir en compte aussi les coûts du pétrole pour l'environnement et la santé humaine.Une solution radicale La pile à combustion et le « bioéthanol » offrent des solutions de rechange intéressantes, mais ne pourront concurrencer efficacement le pétrole avant une décennie ou deux.Malheureusement, ajoute The Economist, toute la politique énergétique du président Bush reste rivée à l'augmentation de l'offre pétrolière plutôt qu'à la réduction de la demande et au développement de solutions de rechange.Et le très conservateur Economist est pris en flagrant délit de proposer une taxe sur l'essence : pareille taxe, petite mais croissante, ferait plus pour encourager l'innovation technologique et améliorer la sécurité énergétique que tous les projets d'exploitation de l'Alaska.Rien n'annonce pareil débat à court terme à Washington « et c'est une grande honte », de conclure l'hebdo. Le cacatoès : un amour difficile à vivre PIERRE GINGRAS À TIRE D'AILE pgingras@lapresse.ca Bien difficile de ne pas craquer devant ces grands yeux attendrissants, cette huppe qui se dresse à tout moment et ce plaisir manifeste qu'ils ont à se laisser caresser et manipuler durant des heures.Suffit parfois d'un simple regard et c'est le coup de foudre.Aussi ne faut-il pas s'étonner que le cacatoès soit souvent le premier grand perroquet dont on tombe éperdument amoureux.Pour le meilleur et pour le pire.Si la vie commune est très agréable pour plusieurs, des amateurs doués d'un grand sens de l'abnégation et d'un amour sans borne, il faut bien le dire, pour d'autres, probablement une majorité, l'emportement des premières rencontres vire au drame.Pour cette raison, le cacatoès est le perroquet le plus souvent confié aux refuges d'oiseaux ou offert en adoption.Les experts sont unanimes : le cacatoès n'est pas un oiseau pour néophyte.Il s'agit d'un des perroquets les plus difficiles à garder en captivité.Voilà qui ne fera pas plaisir aux animaleries qui en vendent.Dans son livre destiné aux amateurs d'oiseaux de compagnie (Les cacatoès ; Éd.de Vecchi), Emanuelle Figueras affirme : « Avoir un cacatoès chez soi est une source de plaisir, mais c'est aussi un sacerdoce prévu pour durer.40 ans en moyenne.» Spécialiste du comportement des perroquets, Johanne Vaillancourt a hébergé des dizaines de cacatoès.« Ce sont les psittacidés les moins bien adaptés à la vie en captivité, soutient-elle.Ce n'est pas un oiseau pour ceux qui travaillent de 9 h à 17 h.Il lui faut une attention presque continue, ce qui convient assez bien à une personne qui ne travaille pas à l'extérieur.C'est un oiseau brillant, manipulateur, qui peut prendre rapidement le contrôle de la maison.S'il est contrarié, s'il ne participe pas aux activités de la maison, il crie, il hurle, ce qui amène les gens à s'en débarrasser.Dans un texte publié sur son site Internet, elle écrit : « Pour ceux qui aiment les animaux de compagnie, le cacatoès offrira des heures et des heures d'occupation, et vous servira bien.» Mais c'est un conquérant, dit-elle, et votre maison est un territoire à soumettre.Propriétaire de l'Hôpital pour oiseaux et animaux exotiques Rive- Sud, à Saint-Hubert, spécialisée notamment dans le traitement des perroquets, la vétérinaire Michèle Pilotte indique pour sa part que plusieurs ont une relation très harmonieuse avec leur cacatoès, mais que la cohabitation est souvent tumultueuse.S'il ne faut jamais acheter un perroquet sous l'impulsion du moment, le conseil prend toute son importance dans le cas des cacatoès.« Ce sont des oiseaux charmeurs, très attachants, qui aiment être manipulés.Mais ils ont tendance à s'attacher à une seule personne et peuvent être agressifs envers les autres.Ce sont aussi des espèces qui ont de la difficulté à composer avec les stress.Et elles sont souvent sujettes au picage.» Pour le vétérinaire Jean Gauvin (Clinique vétérinaire Lachine), qui consacre la moitié de sa pratique aux oiseaux exotiques, le cacatoès a le défaut de ses qualités.« C'est un dépendant socio-affectif, lance-t-il.Il est très attachant, joueur, et aime se faire tripoter.Mais il exige une attention constante.C'est un bébé qui ne vieillit jamais.Ce n'est pas un oiseau pour néophyte.En réalité, pour la plupart des gens, ce n'est pas le perroquet à garder en captivité », tranche-t-il.Il confirme aussi que plusieurs s'adonnent au picage, une conséquence du stress de la vie en captivité.« Ce sont des oiseaux qui vivent en groupe.Et en dépit de toute la bonne volonté du monde, il ne nous sera jamais possible de recréer leur environnement social.» On compte 20 espèces de cacatoès, toutes originaires d'Australie et des archipels avoisinants comme la Nouvelle-Guinée, l'Indonésie, et jusqu'au Philippines au nord.Friands de graines, de noix et de fruits, ce sont des oiseaux relativement sédentaires mais extrêmement grégaires, qui vivent en colonies pouvant atteindre des dizaines de milliers d'individus.Certaines espèces comme le magnifique cacatoès rosalbin, à la poitrine et à l'abdomen rose vif, sont considérées comme une vraie peste par les producteurs de céréales qui les abattent en grand nombre.Les cacatoès sont interdits d'exportation et plusieurs sont menacés en raison de la déforestation et de la capture illégale.On trouve cependant des élevages de par le monde qui alimentent le marché commercial, du moins pour les espèces qui se reproduisent facilement en captivité.Le plus grand de la famille et un des plus rares à l'état naturel est le cacatoès noir, qui peut atteindre 70 cm de longueur.Il est doté d'un bec énorme, recourbé, un des plus gros chez les perroquets.Une sous-espèce est de couleur bleue.Parmi les plus petits du groupe, le cacatoès de Goffin, originaire d'Indonésie, est un des plus populaires comme oiseau de compagnie en raison de sa petite taille et de son coût moins élevé que les espèces plus grandes.Mais il a le même caractère que ses congénères et il faudra dépenser habituellement plus de 1000 $ pour s'en procurez un.Le cacatoès à huppe jaune, une autre espèce très populaire, le cacatoès blanc et le cacatoès à huppe rouge (cacatoès des Moluques) peuvent dépasser les 2000 $.Tous ces oiseaux ont le plumage blanc.Une cage, des jouets, beaucoup d'amour Mais peu importe l'espèce achetée, la cage qui l'abritera la nuit et durant vos absences devrait être la plus grande possible, une dépense qui dépasse souvent 500 $.Attention, cette cage devra être fermée avec un cadenas, car son hôte excelle dans l'art de l'évasion.Il faudra aussi prévoir quelques grands perchoirs et une bonne quantité de jouets qu'il massacrera avec un plaisir évident.Un cacatoès doit passer le minimum de temps dans sa cage.Lors de l'achat, une bonne animalerie ou un éleveur consciencieux vous demandera aussi de faire examiner votre protégé à vos frais chez un vétérinaire, quitte à le reprendre s'il présente des problèmes de santé.La même consigne s'applique d'ailleurs pour l'achat de la plupart des perroquets.Côté nourriture, les points de vue sont divergents, ce qui reflète probablement la personnalité de chacun, certains étant extrêmement difficiles alors que d'autre bouffent allègrement tout ce qu'on leur présente.Il faut cependant surveiller de près leurs habitudes alimentaires afin d'éviter les carences relativement fréquentes chez cette espèce ou encore une tendance à l'embonpoint.Quant aux maladies, la grande sensibilité émotionnelle de l'oiseau amène plusieurs individus à s'arracher les plumes (picage) et même à s'automutiler, un comportement très rare chez les grands perroquets.Soulignons par ailleurs que les cacatoès ne sont pas considérés comme de grands parleurs et qu'ils vont baragouiner quelques mots tout au plus.Sylvie Aubin, du zoo et refuge d'oiseaux exotiques Icare, à Roxton Pond, grande amatrice de cacatoès, ne partage pas ce point de vue et estime au contraire que plusieurs d'entre eux n'ont rien à envier aux amazones, par exemple.La plupart apprennent quelques mots et des phrases simples.Ils ont la belle voix d'un enfant de 3 ans, soutient-elle.Il n'en reste pas moins que pour plusieurs, leurs cris forts et puissants représentent leur principal défaut.Si vous êtes toujours séduit, jetez votre dévolu sur un spécimen femelle qui a été nourri à la main, quitte à payer pour le certificat d'authentification du sexe de l'animal.Le dimorphisme sexuel est limité chez ces oiseaux et il faut souvent attendre deux ans avant de savoir qui est quoi.Vaut mieux une analyse sanguine pour éviter tout quiproquo.Sachez que plusieurs grands mâles peuvent devenir de véritables tyrans quand ils sont en période de reproduction.Ils sont alors très désagréables pour l'entourage.Johanne Vaillancourt va même plus loin.Selon elle, certains peuvent alors manifester une grande agressivité même envers le compagnon préféré.Si vous n'avez pas une certaine autorité sur votre préféré, « vous pourriez figurer au tableau des statistiques de victimes de violence conjugale », fait-elle valoir avec une pointe d'humour.Pas toujours facile de vivre une grande passion ! PHOTO PIERRE CÔTÉ, LA PRESSE © S'il est plus petit que ses congénères, le cacatoès de Goffin n'est pas un perroquet pour débutant.PHOTO PIERRE CÔTÉ, LAPRESSE © Le cacatoès blanc.Des yeux charmeurs, un oiseau attendrissant, mais dont la cohabitation peut virer au cauchemar.LE CARNET D'OBSERVATION Conférence sur Oiseau rare en vue les perroquets Johanne Vaillancourt a acquis au cours des années une expertise reconnue au Québec en matière de comportement des perroquets et elle a tenu un refuge qui a parfois abrité autour de 150 psittacidés, pour la plupart des oiseaux abandonnés par leurs maîtres.Au début du mois d'octobre, Mme Vaillancourt a formé le Club du Centre aviaire Johanne Vaillancourt, une organisation vouée à l'information et à la formation des propriétaires de perroquets.Le club tient notamment une réunion mensuelle à laquelle participe un conférencier.Le public peut participer à une première conférence sans avoir à payer la cotisation annuelle et sans autre engagement que de verser des droits d'entrée de 10 $.La seconde réunion se tient aujourd'hui à 13 h, à Saint-Jean, à l'auberge Harris, 576, rue Champlain.La conférencière est la vétérinaire Michèle Pilotte, auteure de plusieurs volumes sur les oiseaux de compagnie (Le perroquet ; Les inséparables ; Les pinsons, etc.).Mme Pilotte parlera des diverses maladies qui peuvent affecter les perroquets et expliquera comment prévenir notamment certaines viroses mortelles.On peut se renseigner en téléphonant sans frais au 1-866-603-4343, ou en cliquant : www.perroquet-perroquets.com.Le site est très intéressant.Les périodes migratoires du printemps et surtout de l'automne sont habituellement les meilleurs moments de l'année pour observer des oiseaux inusités au Québec, des individus qui se sont justement trompés de trajet et qui s'attardent chez nous quelques jours pour reprendre leurs forces.On peut d'ailleurs suivre quotidiennement la découverte de ces arrivées en cliquant le site Internet de l'Association québécoise des groupes d'ornithologues sous la responsabil i té de Louise Simard (http : p a g e s .i n f i n i t .n e t / s i m a r d l / lesoiseauxraresduquebec.htm).Parmi les dernières raretés signalées, notons ce bécassin à long bec repéré au cours de la journée de l'Action de grâces, à Sainte-Martine, sur la Rive-Sud.Il s'agit d'un migrateur qui niche en Alaska, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.Il se dirige vers les côtes du golfe du Mexique et passe habituellement à l'ouest des Grand Lacs.Mais bon an mal, quelques spécimens sont signalés au Québec, toujours à ce temps-ci de l'année.Comme vous êtes probablement en mesure de le constater avec la photo ci-contre, il s'agit d'une espèce extrêmement difficile à identifier et plusieurs la confondent avec la bécassine, explique Pierre Bannon, de la Société québécoise de protection des oiseaux.Même l'adulte en plumage nuptial est souvent difficile à distinguer de son cousin du Nord québécois, le bécassin roux.Quant au juvénile, là encore, la confusion est courante puisque seul le cri permet vraiment de faire la distinction entre les deux oiseaux.Même un bon guide d'identification de suffit pas à la tâche.PHOTO PIERRE BANNON, COLLABORATION SPÉCIALE Bécassin à long bec."]
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