La presse, 15 novembre 2003, K. Cinéma
[" 3100053A 3164705 GOTHIKA LE CINÉ SELON MATHIEU LOS ANGELES \u2014 Il était presque inévitable que Mathieu Kassovitz quitte un jour la France pour aller travailler aux États-Unis.Le cinéaste \u2014acteur à ses heures mais de moins en moins \u2014 flirte en effet avec Hollywood depuis un bon moment.Il y a quelques années, il caressait même le projet de fonder une maison de production avec ses potes Jan Kounen et Luc Besson afin d'aller conquérir le marché américain \u2014 par ricochet le marché mondial \u2014 en élaborant des productions européennes en collaboration avec les grands studios.Le projet ne s'est pas concrétisé précisément de cette façon, mais il n'en demeure pas moins que Kassovitz est aujourd'hui à la tête d'une société (MNP Entreprise) dont le mandat est similaire.«Je préfère être seul et m'associer avec différents producteurs plutôt que de dirigerune sociétéavec des collègues réalisateurs partageant une même expertise», confie le cinéaste en entrevue à La Presse.C'est dire que dans l'esprit de Mathieu Kassovitz, Gothika, le thriller surnaturel qu'il a tourné à Montréal avec Halle Berry, Penélope Cruz et Robert Downey Jr (à l'affiche vendredi prochain), constitue en fait la première étape d'une démarche plus globale.Ironiquement, bien que le film ait été élaboré dans un contexte hollywoodien, le cinéaste n'a jamais été obligé de travailler aussi promptement.Sautant sans filet, Kassovitz est même arrivéà Montréal deux jours seulement après avoir lu le scénario que lui a fait parvenir le producteur Joel Silver.«Je me suis dit que ça valait la peine d'essayer, note le cinéaste.Si je me plante, Gothika ne devient qu'un mauvais film hollywoodien de plus ; si je parviens à en faire quelque chose de bien, des portes s'ouvriront.Très franchement, je n'avais rien à perdre.» Àvrai dire, le réalisateur des Rivières pourpres mène sa barque l'esprit plutôt léger.Dans la mesure où il a bien entendu tenté de faire le meilleur film possible, mais qu'il s'agit quandmême d'une commande.Rien de moins, rien de plus.«Il s'agit probablement du tournage le plus «tranquille» que j'ai vécu.Je n'ai pas eu à plancher du tout sur le scénario et j'ai eulachancedecollaborer avec des producteurs qui connaissent bien leur métier.Il ne me restait plus qu'à m'occuper de mise en scène.» En clair, et c'est là où réside selon lui la différence fondamentale entre les modes de fonctionnement américain et français, les producteurs à Hollywood prennent toutes les responsabilités à leur charge quand des problèmes surgissent.«La production en Amérique, c'est une force de frappe, explique le cinéaste.Le revers de cette technique, c'est qu'il faut travailler très vite.Pour Gothika, nous n'avons eu droit qu'à 45 jours de tournage.C'est deux fois moins que le temps de tournage dont j'ai bénéficié pour Les Rivières pourpres alors que Gothika coûte pourtant deux fois plus cher.Sur les plateaux français, on aurait besoin de plus de monde ; sur les plateaux américains, de plus de temps !» La conquête du système Lucide, Kassovitz affirme être pratiquement inconnu à Hollywood en tant que cinéaste.«Si j'ai une petite réputation, elle provient surtout de La Haine», fait-il remarquer.Joel Silver, l'un des producteurs les plus puissants (il a notamment produit The Matrix), a d'ailleurs «découvert» le talent du cinéaste en voyant par hasard Les Rivières pourpres à bord d'un avion.«Joel a demandé à me rencontrer à Paris et m'a alors fait part de son intérêt, relate le réalisateur.Il m'a ensuite fait parvenir quelques scénarios qui ne m'inspiraient pas.Jusqu'à ce que nous tombions d'accord sur Gothika.Le genre m'attirait beaucoup.» Bien sûr, Gothika tranche nettement avec le cinéma à caractère social avec lequel Kassovitz a fait sa marque dans les pays francophones.Le cinéaste reconnaît d'emblée la rupture qui s'est opérée après Assassin(s), une expérience douloureuse qui a entraîné chez lui une profonde remise en question.«Quand on écrit, qu'on réalise son propre cinéma, on est évidemment entièrement responsable de son oeuvre.Cela devient très lourd à porter quand un film est attaqué de façon aussi violente.Après cette expérience, j'avais non seulement envie de plus de légèreté, mais j'ai aussi compris que pour être un bon metteur en scène, il faut pouvoir tout faire, aborder tous les genres.» Autrement dit, Kassovitz a dès lors voulu perfectionner son métier en se mettant au service des histoires des autres.Éventuellement, il compte proposer des films de facture plus personnelle avec, cette fois, des budgets plus conséquents.«Pour en arriver là, il faut toutefois composer avec le système, fait-il remarquer.Dans mon esprit, un metteur en scène n'est pas un artiste ; plutôt l'un des maillons d'une chaîne dans une industrie.MARC-ANDRÉ LUSSIER mlussier@lapresse.ca \u203a Voir GOTHIKA en page 2 PHOTO AP \u2014Mathieu Kassovitz LOONEY TUNES LES PERLES DE LA WARNER EN DVD PAGE 3 NOS CRITIQUES Master and Commander FFF1/2 PAGE 3 Il est plus facile pour un chameau FFF1/2 PAGE 11 Once Upon a Time in the Midlands FFF1/2 PAGE 5 Shattered Glass FFF 1/2 PAGE 7 Ichi the Killer (Koroshiya 1) FFF 1/2 PAGE 7 Looney Tunes : Back in Action FFF PAGE 8 Ni pour ni contre (bien au contraire) FFF PAGE 6 «Mon coeur est français mais mon cul est international !» Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter CINÉMA .L'actrice d'origine australienne Frances O'Connor, qui a vécu à Montréal l'an dernier pendant les cinq mois de tournage de Timeline, apprécie notamment la ville pour sa dimension humaine, la chaleur de ses habitants, la culture, la gastronomie, de même que pour la qualité des séances de.yoga! «Pendant mon séjour, j'ai pu exercer cette discipline avec d'excellents maîtres, c'était magnifique!», confiait l'actrice aux journalistes réunis pour une rencontre de presse à Los Angeles.«C'est l'un des plus beaux souvenirs que je ramène de Montréal.» Ben cou'donc.JACK VALENTI AU FRIGO! Pour faire écho aux listes des personnes les plus influentes publiées par des publications spécialisées comme Entertainment Weekly ou Premiere, Film Threat, un magazine disponible sur Internet, a dressé la liste des personnes les plus «froides» du milieu.Succédant à Russell Crowe, grand vainqueur l'an dernier, l'heureux élu n'est cette année nul autre que Jack Valenti, l'increvable président de la Motion Pictures Association of America
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