La presse, 23 novembre 2003, L. Lectures
[" UN NOËL GOURMAND ! Le nouveau magazine Ricardo En kiosque dès maintenant Incluant les 60 recettes de l'émission La Condesa de Maria Victoria George Szanto \u203a Roman FFF PAGE 3 Maupassant Nadine Satiat \u203a Biographie FFF1/2 PAGE 5 Albert Ferland G.Dostie et J.-G.Paquin \u203a Beaux livres FFF1/2 PAGE 2 Les États vont-ils si bien?Samy Cohen \u203a Essai FFF PAGE 4 Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter \u203a Voir SIJIE en page 2 Jeunesse La longue marche de Dai Sijie Dans Le Complexe de Di, qui a valu à son auteur le Prix Fémina, Dai Sijie promène un Chinois féru de Freud et de Lacan dans une Chine en mutation.Un roman hilarant.ai Sijie appartient à cette longue lignée d'écrivains qui, en choisissant de vivre en France, ont aussi choisi d'écrire dans la langue de Molière.Comme Cioran, Andreï Makine ou Milan Kundera, pour ne citer que trois exemples parmi les plus éclatants, Sijie en use avec la finesse d'un orfèvre et cette distance ironique qui fait souvent la marque des écrivains transfuges.«Ce n'est pas vraiment un choix, explique l'auteur et cinéaste, de passage à Montréal à l'occasion du Salon du livre.Je pensais que mes romans ne seraient jamais publiés en Chine.Si je voulais être lu, il fallait que j'écrive en français.» Lemoins que l'on puisse dire, c'est que cela lui a réussi.Après l'éclatant succès de Balzac et la petite tailleuse chinoise (encensé par Bernard Pivot, traduit en 31 langues, 650000 exemplaires vendus en France, 350 000 aux États-Unis, adapté au cinéma par l'auteur), Dai Sijie a séduit le mois dernier les dames du Fémina qui lui ont décerné leur prix pour Le Complexe de Di.Dans ce roman hilarant, Muo, un Chinois exilé en France pour y apprendre les rouages de la psychanalyse, rentre dans son pays natal porter la bonne parole freudienne.Il tentera surtout de délivrer sa fiancée, Volcan de la vieille lune, de la prison où l'a enfermée le cruel juge Di, qui, en échange de certaines faveurs bien utiles dans la Chine d'aujourd'hui, réclame une vierge à sacrifier sur l'autel de sa virilité.Rentré en Chine il y a quelque temps pour y tourner un film, Dai Sijie a puobserver à loisir ses anciens compatriotes, comme s'il était au spectacle, et a redécouvert la drôlerie de ce pays pour lequel, malgré l'exil, il garde visiblement un attachement profond.PASCALE MILLOT COLLABORATION SPÉCIALE d'aujourd'hui \u203a Voir JEUNESSE en page 2 MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE n soir de semaine.Pour les élèves du secondaire, c'est la fin de la première étape.Simone devrait se coucher tôt, le lendemain sera jour d'examens, mais elle est prise dans un piège dont elle n'a pas du tout envie de sortir.Elle ne pourra fermer l'oeil avant d'avoir tourné la dernière page d'Il fait trop clair pour dormir.Avant de savoir si François va enfin sortir avec Marie-Ève, si Rajotte, l'affreux prof d'anglais, va continuer d'humilier ses élèves jusqu'au dernier cours, si Philippe va décolérer, si le psy de l'école va perdre son boulot, si Annabelle va garder son nouveau chum plus que trois jours et si, enfin, toute la bande va réussir à survivre au suicide de Carl, qui s'est jeté à la rivière, semant le désarroi autour de lui.Quand Simone tourne la dernière page d'Il fait trop clair pour dormir, il est deux heures du matin.Deux cent cinquante pages en un jour.Un record absolu! Il fait trop clair pour dormir est le premier roman de Jean- François Bernard, un jeune auteur de 21 ans.C'est aussi le premier titre lancé par les éditions Joey Cornu, une maison qui s'est donné la mission de publier des auteurs de 14 à 24 ans.Issue du milieu de la publicité, la fondatrice, Claudie Bugnon, mère de deux ados, a toujours vécu de sa plume, mais en traduction, en révision et en publicité.«Un jour j'ai décidé de mettre mon expérience au service des aspirants écrivains, explique-t-elle.J'ai vu chez les jeunes une volonté d'écrire et d'être publiés, un profond désir de communiquer, et j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de maison d'édition pour eux, une maison où ils seraient encadrés.Je vois cette maison comme une couveuse, et moi je suis l'éditeur-poule!» Jean-François Bernard, jeune auteur pour ados, et son éditrice-poule, Claudie Bugnon, de la maison d'édition Joey Cornu.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © Par des jeunes, pour des jeunes, c'est la mission des éditions Joey Cornu LE CLUB DE LECTURE LA PRESSE Raymond Cloutier et Chantal Perrault UNE DISCUSSION ENFLAMMÉE PAGE 3 LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE L'homme a tout faire de la culture REGINALD MARTEL L'oeuvre poetique d'Albert Ferland, qui presida un temps l'Ecole litteraire de Montreal, est tombee dans l'oubli.Ce jugement de l'histoire s'explique aisement.L'oeuvre est etrangere a toute modernite, tant dans la forme que dans le fond, assez semblable en cela a celle de son ami Emile Nelligan.Le poete du Vaisseau d'or , mythifie par un destin tragique qui culmina dans la folie, succeda au poete national Louis Frechette sans imposer une esthetique vraiment nouvelle.Il n'y avait plus de place, dans la veneration populaire, pour des poetes mineurs comme Ferland.Des exegetes savants pourraient nous dire si celui-ci a lu Mallarme .ou meme Baudelaire.Il n'en avait que pour la nature, dans ses couleurs laurentiennes, ce qui etonne chez un enfant qui naquit a Montreal et qui y vecut presque toute sa vie, a l'exception d'un sejour de quelques annees dans le village qu'on appelle aujourd'hui Cheneville.Autodidacte, Albert Ferland a pu manquer de maitres qui l'eussent oriente vers un art plus libre et plus complexe.Si la nostalgie de l'enfance perdue situe les vers de Ferland dans la large mouvance du romantisme europeen, l'intention descriptive n'est pas pour autant gommee.L'ame du poete s'emeut de choses aussi banales que le pas des boeufs dans l'eau, qui lui inspire Le ruisseau brouille , poeme paru dans Les Soirees du chateau de Ramezay.Paisible, le ruisseau roulait un ciel liquide, Le reve du Midi tronait sur son front pur, Quand les boeufs s'approchant de sa nappe limpide Enfoncerent l'argile ou glissait son azur.Plongeant leur mufle sombre en sa splendide moire, Les massifs animaux se haterent de boire, Et lorsque de son onde ils furent satisfaits, Le naseau ruisselant, marchant dans ses reflets, Les grands boeufs d'un pas lourd, l'oeil placide, superbes, Reprirent lentement l'etroit sentier des herbes, Tandis que le ruisseau plein de cercles boueux, Refaisant son miroir d'un gris trouble et fangeux, Semblait a ses roseaux crier l'ingratitude Que fait naitre un bienfait, parfois, dans les coeurs rudes.Toute la poesie de Ferland n'est pas de cette eau qui, meme brouillee, laisse transparaitre un message hautement moral sur les bienfaits auxquels ne repond que l'ingratitude.On retiendra plutot des poemes comme L'Ours blanc , inspires par une sympathie reelle et profonde envers les premiers occupants du sol canadien, et tout autant ceux qui, comme La verge d'or , decrivent les plantes en un langage un peu exalte certes, mais qui plaisait au scientifique et prosateur Marie-Victorin.L'amitie des deux hommes ne surprend guere : chacun a sa facon prenait possession, au benefice de la collectivite, du territoire laurentien.Un bien bel album Ferland abordait la nature avec des moyens assez varies.Par la poesie et la prose, a hauteur de ses moyens, mais surtout par le dessin et la photographie.Grace a Gaetan Dostie et Jean-Guy Paquin, on peut desormais prendre la mesure de l'oeuvre tout entier.On comprend d'abord que Ferland s'interesse a la production culturelle sous ses multiples aspects.Tout jeune, il a exerce ce qu'on appelle de petits metiers, commissionnaire, messager ou saute-ruisseau.S'il n'accede pas aux ecoles d'enseignement superieur, ayant commence a travailler quand il etait encore adolescent, il prend la peine et le temps de s'instruire en ce qui lui reussit le mieux.Le bel album de MM.Dostie et Paquin reproduit un nombre imposant de photographies d'art, qui sont des adaptations de photos plus conventionnelles.Parmi celles-la, une image magnifique de la ville de Montreal au debut du XXe siecle, vue du fleuve, qui tranche nettement sur les images bucoliques que l'artiste accompagnait de ses vers, tels les poemes affiches auxquels La Presse consacrait une page tout entiere.L'album Ferland est une oeuvre qui parle toute seule, mais qui n'en dit pas assez.Les auteurs-editeurs ont fait un immense travail de recherche et de documentation, sans oser diraiton y ajouter chacun plus qu'une breve presentation.Timidite ou humilite face a leur heros?Dans le cas de Gaetan Dostie, on sait que comme Gaston Miron, mais sans le verbe haut du grand homme, il s'est fait le publiciste de tous les poetes qui comptent, sauf lui-meme.C'est Dostie qui anime les promenades a Montreal autour des lieux que des poetes et artistes celebres et moins celebres ont hantes ou habites.Ferland luimeme fut un grand animateur culturel.Il fut le cofondateur de l'Ecole litteraire de Montreal.Il fut membre de la Societe historique de la meme ville.Il contribua a la creation de la Galerie des contemporains du Canada.Il lanca La Revue de l'art, qui n'eut qu'un numero.En raison de la rarete des travaux sur Albert Ferland, les auteurs auraient pu se permettre de completer leur riche iconographie par une critique au moins sommaire de l'oeuvre poetique et graphique, par une evaluation precise de l'influence de Ferland sur son epoque, par des renseignements biographiques plus fouilles.Ainsi, il n'est pas sans interet de savoir pourquoi vraiment Ferland a demissionne de L'Ecole litteraire de Montreal.Faut-il le croire quand il ecrit aux membres : Apres avoir ete franchement libre penseur, je suis revenu a la foi.?Il faudrait aussi chercher plus avant les circonstances de sa mort.Pauvre, il devait mendier ses medicaments ; selon un temoin, il aurait cesse de s'alimenter.S'agit-il d'un quasi suicide ?Pour comprendre le sens et la profondeur de l'action de Ferland dans son milieu, rien de ce qui le concerne n'est inutile.Peut-etre MM.Dostie et Paquin voudront-ils un jour pousser plus loin leur enquete sur celui qui, il y a un siecle, fut l'homme a tout faire de la culture quebecoise.FFF1.2 ALBERT FERLAND, 1872-1943 .Du pays de Canard Blanc Wabininicib au plateau Mont-Royal Gaetan Dostie et Jean-Guy Paquin Ecrits des Hautes-Terres, 280pages llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Un pays tres cocasse De vrais ados SIJIE suite de la page 1 Vous savez, la Chine est un pays tres cocasse.Et meme la Chine communiste n'etait pas triste comme les pays d'Europe de l'Est.Avez-vous remarque que les Chinois ne pleurent jamais ?En fait, la Chine du Nord est tres politisee, tres serieuse.En Chine du Sud, les gens sont plus nonchalants, plus rigolos, moins marques par l'ideologie.Avec son sourire de gamin espiegle et son air decontracte, inutile de preciser de quelle partie du pays est issu le romancier.Dai Sijie etudiait la peinture chinoise a l'universite, dans sa province du Sichuan, quand il a ete recu a un concours national permettant a des etudiants d'aller poursuivre leurs etudes aux Etats- Unis, en Grande-Bretagne ou en France.Apres quelques mois passes a apprendre les rudiments de la langue francaise a Pekin, il debarque a Paris en 1984.Il a 29 ans, aime le cinema, la litterature, et devore tout ce qui peut lui faire comprendre l'esprit occidental, surtout les ouvrages de psychanalyse.Cinq ans plus tard, il realise Chine ma douleur, un premier long metrage autobiographique qui met en scene un jeune garcon envoye en camp de reeducation dans les montagnes.Le film est recompense par le prix Jean Vigo en 1989, mais ses deux films suivants passent inapercus.Dai Sijie decide alors de s'essayer au roman, patiemment, minutieusement, dictionnaire en main, ciselant son ecriture classique et diablement visuelle.Pivot tombe sous le charme de cette petite tailleuse dont la vie est transformee par la decouverte de Balzac, et la carriere de Dai Sijie est lancee.Adepte depuis des annees de la simplicite volontaire , Dai Sijie se decouvre aujourd'hui sensible aux honneurs et aux recompenses.Avant, je meprisais ce genre de choses, mais je dois l'avouer, je trouve ca plutot agreable , dit-il visiblement ravi de sa situation.Avec l'argent gagne (les droits du Complexe de Di viennent en outre d'etre vendus aux Americains pour 225 000 $), Dai Sijie devrait avoir les moyens de tourner tous les films dont il reve.Mais l'argent n'ouvre pas toutes les portes, surtout pas celles de la Chine populaire de 2003.On vient en effet de lui refuser l'autorisation d'y tourner son cinquieme long metrage, Les Filles du botaniste chinois, une histoire d'amour entre deux femmes.Quant a son premier roman, qui vient finalement d'etre traduit la-bas, il a ete assaisonne de critiques virulentes qui ont profondement choque l'ecrivain.On m'a traite de traitre, d'esclave des Occidentaux ; on a ecrit que cette histoire blessait l'amour-propre de la nation.J'ignorais que l'amourpropre de la nation etait si fragile ! On a par ailleurs ajoute au recit une postface ou l'editeur affiche son desaccord avec ce roman trop influence par la litterature occidentale .Derriere les yeux rieurs de ce quinquagenaire aux allures juveniles, derriere les blagues de celui qui a decide d'en rire plutot que d'en pleurer, on sent, pas tres loin, la blessure d'un homme qui revait d'un pays ou il ferait bon vivre libre.Vous savez, nous sommes nombreux a etre venus en Occident avec l'espoir de retourner en Chine pour changer ce pays.Mais la Chine n'a pas change.Et la litterature, la psychanalyse, toutes les connaissances en sciences humaines que nous avons acquises ne nous servent a rien la-bas.Ses mots a lui, en tout cas, ont ete entendus par plus d'un million d'etres humains ! JEUNESSE suite de la page 1 C'est trop hot ! s'enthousiasmait Simone au lendemain de sa decouverte.Les personnages parlent ex-acte- ment comme tout le monde a mon ecole, les relations entre les gars et les filles, les conflits entre les gangs, les partys, les profs qu'on aime et ceux qu'on hait, c'est vraiment comme ca que ca se passe, au secondaire.Le roman du jeune Bernard a rapidement fait le tour des amis.Justine a lu le roman en un temps record.Maxence, qui avait delaisse la lecture au profit de la guitare, l'a traverse en une journee.Meme Hugo, grand amateur de Stephen King, de fantastique et de romans d'horreur, a ete transporte par le destin de cette bande d'ados qui detestent l'ecole presque autant que lui.Le secret de cet engouement ?Ici, les ados sont de vrais ados, pour le meilleur et pour le pire.Ils fument du pot, boivent de la biere, se tabassent, pensent a decrocher et, dernier des tabous, fument la cigarette ! Les dialogues sont calques sur la langue des ados, avec les raccourcis, le jargon des cours d'ecole, les anglicismes.Quatre ans de secondaire m'avaient appris a economiser mes mots, dira le narrateur, a tenir un langage minimum, pas trop forcant a prononcer.Genre.La vraie vie?Mieux vaut etre averti, les parents qui liront ce roman que Bernard a ecrit quand il etait en cinquieme secondaire risquent d'avoir un choc.On est a des lieues des histoires de sorciers, des aventures edifiantes de Jeanne, fille du roy (lecture obligatoire dans plusieurs colleges), ou des suspenses a la Chair de poule.Il fait trop clair pour dormir parle de la fin de l'adolescence, du suicide, des amities que l'on voudrait eternelles, sur un mode resolument realiste, quitte a choquer.Ce qui n'a pas empeche l'ecrivain Noel Audet de signer la preface, et le juge Michael Sheehan, dont le fils s'est suicide il y a quelques annees, et qui depuis offre son aide aux parents qui ont vecu cette tragedie, de cautionner le roman de Bernard en en signant la postface.Prof de francais dans un college prive de Saint-Hyacinthe, Robert Fournier connait bien l'univers des ados.Il a eu Jean-Francois Bernard comme eleve, avait lu le premier jet de son roman, l'avait encourage a poursuivre son travail.Invite au lancement de son protege, Fournier est reparti avec son livre et l'a relu d'une traite .Jean-Francois peint merveilleusement bien le ghetto, presque inaccessible pour un adulte, de l'adolescence, ou savoir pourquoi on existe est une question de vie ou de mort.Quant a recommander la lecture de ce roman aux eleves du secondaire, Fournier n'hesiterait pas.On y aborde le theme du suicide.Or s'il y a un endroit ou on n'a pas le droit de fermer les yeux sur cette realite, c'est bien chez nous.Le livre de Jean-Francois est une main tendue a quiconque perd l'espoir de s'en sortir.La force de l'amitie y est magnifique.On y parle aussi de la drogue, on ne joue pas au moralisateur, elle est presente et, comme l'alcool, elle est souvent le remede a l'inquietude et, malheureusement, le test de passage pour faire partie de la gang.Faire comme si cette realite n'existait pas sous pretexte qu'on ne la desire pas serait plus qu'hypocrite.De toute facon, c'est pour ses amis, et non pour leurs parents, que l'auteur a ecrit ce roman.Ce n'est pas qu'ils n'ont pas leur role a jouer, explique le jeune romancier, mais mon livre portait surtout sur l'amitie, et ce que je voulais montrer, c'est qu'au secondaire, on vit vraiment dans une bulle.La vie a la maison, c'est comme une autre vie .Ce qui ne veut pas dire que les parents ne devraient pas lire Il fait trop clair pour dormir, au contraire.Le roman raconte vraiment ce que les ados vivent, soutient Claudie Bugnon (qui vient de lancer Le Journal d'un joyeux anarchiste, d'Antoine Joie, et se prepare a publier un roman historique).C'est une fenetre ouverte sur leur interiorite, sur leur vie, sur la realite qu'ils vivent.Quand on sait qu'il n'y aura jamais eu, dans le monde, un aussi grand nombre d'adolescents (pres de la moitie de tous les humains seraient ages de moins de 25 ans) et que le taux de suicide chez les ados au Quebec est affolant, on aurait tort de ne pas profiter de cette chance : comprendre ce que les adolescents vivent de l'interieur, et les lire dans leurs propres mots.P.S.: Une editrice debrouillarde Comme les editions Joey Cornu n'ont pas encore droit aux principales subventions aux nouveaux editeurs, sa fondatrice n'a pas hesite a frapper aux portes du secteur prive.Ainsi, Qui hiberne, qui hiverne (un essai de la collection J'instruis mes parents signe Serge Gagnier) est commandite par les compagnies BFI Environnement et Nove Environnement ; Il fait trop tard pour dormir, par les Entreprises Forlam et Stratem, et le Journal d'un joyeux anarchiste, par le Groupe BO Concept, Promoflex International, Pothier Delisle, societe d'avocats et le Groupe Deschenes ! L'editrice a aussi lance, sur son site (www.joeycornuediteur.com), le concours Ma vision du Quebec dans 20 ans ou elle invite les ecrivains en herbe a donner leur vision de l'avenir.P.P.S.: Un editeur debrouillard S'il y a une chose qu'on ne peut reprocher a Michel Brule, des Intouchables, c'est de ne pas faire preuve d'originalite dans son travail de promotion.Apres avoir loue l'un des panneaux publicitaires qui surplombe le pont Jacques-Cartier pour faire la promotion d'Aurelie, de Claire Pontbriand, puis de la serie jeunesse Amos Daragon, il prenait d'assaut les Marches Louise Menard de la Rive-Sud avec une publicite qu'on ne pouvait pas manquer : on marchait dessus ! Sur le plancher, a l'entree du IGA, on avait colle une affiche reproduisant la page couverture de Les Femmes en font trop !, l'essai coup de gueule de William St-Hilaire.Aux caisses, on pouvait s'inscrire a un concours en remplissant un coupon.Parmi les prix a gagner, 25 exemplaires du livre de St-Hilaire, ou un forfait Pur Delice pour les femmes epuisees.! , gracieusete du Spa Source d'Eden.Il fallait y penser ! Dai Sijie Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Àéviter LECTURES Une rencontre mouvementée AU TOUR DES LECTEURS En cette troisième semaine de notre deuxième Livre du mois, nos deux lecteurs, Raymond Cloutier et Chantal Perrault, discutent, vivement, de La Malédiction Henderson, du romancier canadien méconnu David Adams Richards, publié aux éditions de la Pleine Lune.La semaine prochaine, ce sera votre tour, lecteurs, de donner votre point de vue.Rappelons que la meilleure recension sera publiée dans Lectures et vaudra à son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres chez Renaud-Bray.Et que toutes vos lettres, envoyées à clubdelecture@lapresse.ca, seront aussi publiées sur cyberpresse/ arts.ca à compter de dimanche prochain.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Raymond Cloutier, Jean Fugère et Chantal Perrault.JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE clubdelecture@lapresse.ca Ouh ! là! là! quelle discussion ! L'histoire du jeune Lyle et du vieux Sydney Henderson, inventée par l'auteur David Adams Richards, a projeté nos deux lecteurs, Chantal Perrault et Raymond Cloutier, dans les deux coins opposés du ring.En cet après-midi très novembre, dans un Renaud-Bray accueillant, nous voilà sans détour au coeur du sujet : CHANTAL : « C'est une découverte.J'ai trouvé que c'était un excellent roman.J'ai aimé que ça se passe dans un milieu très pauvre et, pour une fois, un milieu très pauvre anglophone ! Le Sydney de Richards n'est pas sans rappeler le Ovide Plouffe de Roger Lemelin : il a lu beaucoup de livres mais les livres ne l'aident pas.On a beau avoir lu tous les livres, ça ne mène nulle part, c'est plutôt désespéré.RAYMOND : « Pas d'accord avec cette analyse, avec le fait que la culture ne puisse pas nous donner les outils pour réussir.Je ne peux pas croire que Sydney, ayant toute la bibliothèque du monde dans le cerveau, soit encore aussi « christique ».J'ai de la misère à vivre avec le fait que tant de culture mène à tant d'ignorance dans le comportement quotidien.C'est une insulte à l'intelligence de me faire marcher dans ce procédé-là jusqu'à la fin du livre.» Que peut la littérature ?À quoi bon la droiture morale ?voilà deux questions fondamentales soulevées par le roman et par la discussion entre nos deux lecteurs.Toute la vie de Sydney Henderson est un chemin de croix sans répit.On l'accuse à répétition d'actes qu'il n'a pas commis et lui n'y oppose toujours que son pacte avec Dieu, cette résolution prise à 12 ans de ne jamais lever la main sur autrui car quiconque fait le mal s'avilit et « ce que l'on détruit chez les autres nous détruit nous-même ».RAYMOND : Pour moi, malheureusement, le roman est un affreux mélodrame.CHANTAL : Moi, je trouve que la ligne est mince entre la légende et le mélodrame.C'est vrai que le personnage de Sydney est d'une naïveté incroyable mais, poussée à un tel point, est-ce que cela ne relève pas de la légende ?Ou de la parabole, à la limite.La particularité et l'originalité de l'écriture de Richards tiennent là.Tout ce qu'il décrit est d'un réalisme puissamment détaillé mais en même temps, à cause du credo de Sydney, c'est un réalisme à dimension pure.Ce Sydney Henderson est désespérant, horripilant, car c'est est un homme qui, dans sa non-violence, cause beaucoup de tort autour de lui.RAYMOND : Ce n'est pas un père, ce n'est pas un mari, ce n'est pas un citoyen.C'est un Christ qui se promène.CHANTAL : Quand même ! Il a une bonne épouse, de bons enfants, de bons amis.Il ne bat pas ses enfants, il travaille, aide les autres et il réussit à transmettre quelque chose à son fils.Au fond, le sous-entendu fondamental du livre semble être le suivant : peu importe que l'on fasse le bien ou que l'on fasse le mal, le pire est toujours sûr.N'est-ce pas là au fond l'essence même du tragique ?Le summum de l'absurdité humaine n'est-il pas de causer du tort en ayant cherché le bien ?À travers cette grande noirceur néobrunswickoise, c'est toute la condition humaine que met en lumière le roman dostoievskien de Richards.Cela me rappelle les 400 pages du récit du général Dallaire, lues cette semaine.Littéralement, il est comme Sydney : on le regarde aller, on se dit que ça n'a pas de bon sens d'avoir un boy-scout pareil à la tête des Casques bleus, qu'il va finir par comprendre un jour que le monde ne veut pas l'aider.Mais non, à ses yeux, c'est impossible qu'on laisse mourir 800 000 Rwandais, et pourtant, bien sûr, le monde étant le monde, rien n'arrive.Comme pour Sydney, littéralement.RAYMOND : Reste qu'il y a des scènes extraordinaires dans le roman, des moments de grâce dans l'écriture : c'est évident que le super-méchant Mathew Pit m'a beaucoup plu, le mal a des vertus que la vertu n'a pas.Mais comparé à Robertson Davies, à Margaret Atwood ou à Mordecai Richler, Richards est loin derrière.Sa célébrité m'étonne.CHANTAL : Moi, je crois qu'il est des ligues majeures.Mais je dois dire que j'ai lu la moitié du livre en anglais et l'autre en français et je crois que la traduction française ne lui rend pas justice.Il est meilleur en anglais .Avis aux lecteurs Il vous reste quelques jours, en fait jusqu'au mercredi 26 novembre \u2014si vous participez au concours de la meilleure recension\u2014 pour nous dire ce que vous pensez de La Malédiction Henderson.S'agit-il d'un chef d'oeuvre, comme l'a prétendu le Maclean's?David Adams Richards est-il « une des voix les plus puissantes et des plus nécessaires de la fiction au Canada » (Ottawa Citizen) ?À vos ordis ! Le gagnant ou la gagnante recevra un bon d'achat de 200 $ en livres de la chaîne de librairies Renaud-Bray.P.S.: Comme vous l'avez réclamé dans vos courriels, voici à l'avance notre livre du mois de décembre : Harry Potter et l'Ordre du phénix, de J.K.Rowling, dont la sortie, en français, chez Gallimard est prévue pour le 3 décembre.Lectures lance ainsi un appel aux jeunes et moins jeunes : vous êtes tous invités à nous écrire, de 7 à 77 ans et même plus, et même moins, à clubdelecture@lapresse.ca.Recherche : Marie Sterlin LITTÉRATURE DU VOISIN Les mystères du Michoacán DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE George Szanto correspond à une certaine image de l'écrivain idéal: celui qui erre, qui voyage, qui change de pays sans cesse.Né en Irlande du Nord, en 1940, de parents qui ont fui la ville de Vienne à cause des nazis, Szanto est arrivé aux États-Unis à l'âge de 8 ans.Il y a fait des études, sans négliger des séjours en France et en Allemagne.Enfin, en 1974, il est venu enseigner au Canada, à l'Université Mc Gill.Et pour continuer le périple, dernièrement, grâce à une retraite anticipée et bien méritée, il s'est installé à Gabriola Island, un de ces petits bouts de paradis au milieu du golfe de Vancouver.Je me souviens de mes conversations avec George Szanto lorsqu'il vivait encore avenue Laval, pas loin du square Saint-Louis à Montréal.Vous qui vivez ici depuis longtemps, je lui demandais, pourquoi regardez-vous ailleurs pour le sujet de vos romans ?Pourquoi les écrivains anglophones de Montréal n'écrivent-ils pas plus souvent sur leur ville ?La réponse de Szanto était simple et logique.Ce lieu ne leur appartient pas, me disait-il.Ce n'est pas leur territoire.Ils sont obligés de chercher leurs histoires ailleurs.Et voilà qu'il a cherché ailleurs, George Szanto.Il a fait du Mexique \u2014plus précisément, de l'État de Michoacán\u2014 le territoire préféré de ses romans.Peut-être se sent-il à l'aise dans ce paysage si fabuleux, au centre de ce pays si mystérieux pour nous.Car il maîtrise les personnages, le caractère et les légendes de cette région avec un rare bonheur, et sa maîtrise est très évidente dans son dernier roman, La condesa Maria Victoria.Parmi les détails historiques que Szanto a retrouvés en séjournant dans cette région, il a déniché le suivant : au milieu du 18e siècle, sous la domination espagnole, les femmes géraient souvent les grandes fincas, ces propriétés qui s'étendaient à des centaines de kilomètres à la ronde.Pourquoi justement les femmes à cette époque, où on les imagine sous la férule des hommes, et de l'Église catholique ?Selon une certaine pensée philosophique, les femmes étaient moralement supérieures aux hommes, plus habilitées à gérer les terres et ceux qui y vivaient et à protéger les grandes fortunes de la main des hommes, impulsifs, dépensiers, destructeurs et autodestructeurs.D'où la condesa Maria Victoria, une sorte de comtesse, et l'héroïne du roman le plus récent de Szanto.C'est une femme qui règne sur sa famille et ses terres, qui n'a aucune peur du prêtre local, lequel, à son avis, n'est pas plus proche du Seigneur qu'elle.Cette femme libre du 18e siècle est une force de la nature ; d'elle émanent une sensualité et un pouvoir temporel qui en ont fait un mythe.Il y a de belles pages d'une force onirique ici, comme si on refaisait l'histoire du Mexique par le rêve.Un pays de poésie où l'ardeur du sang ne saurait obéir aux règlements de l'Église et de l'État.Dans ce pays imaginaire et ancien, arrive un personnage tout à fait moderne.C'est Jorge (ou George, en français), envoyé par le PEN Club pour enquêter sur le sort d'un écrivain injustement emprisonné, accusé d'avoir attaqué une banque.Mais le prisonnier n'est pas sans tache.Son nom, Mono Loro (qui veut dire « Singe Perroquet »), sème le doute sur la pureté de ses actions.Mais Jorge est quand même là pour rencontrer les autorités politiques et pour obtenir qu'on libère ce prisonnier au nomsi loquace et moqueur.Il y a deux histoires qui se touchent dans Maria Victoria : l'ancienne et la moderne.Il y a le monde moderne de Jorge, le nôtre, et son voyage jusque dans un pays incertain pour tenter de libérer le prisonnier politique.Sa quête va trouver des échos dans la vieille légende de Maria Victoria, surgie du 18e siècle.Autre touche moderne, sa femme et leur jeune fille vont accompagner Jorge dans son voyage au Mexique.Ensemble, ils forment une unité harmonieuse ; Szanto fait face ainsi à un des défis redoutables de la littérature : comment écrire sur une famille heureuse, là où le conflit est absent ?Finalement, le danger arrive de l'extérieur.Leur fille devient l'objet de convoitise d'une secte religieuse, la Nueva Belén (« Nouveau Bethléem »), dont les leaders ont décidé que sa pureté leur était indispensable.S'ensuit un enlèvement, et Jorge doit se tourner vers Ali Cran, un personnage mystérieux qui a déjà joué un rôle dans un de ses romans précédents, La Face cachée des pierres, également très bien traduit en français par l'écrivain François Barcelo.Cet Ali Cran (de alacrán, ou « scorpion ») sort directement des contes classiques.Il est là pour aider, conseiller, mettre notre Jorge sur la bonne voie.Dans Maria Victoria, il est même prêt à se déguiser en pape pour sauver la vie de Kiki, la fille de Jorge.Il y a de la magie dans ce sauvetage, et du drame aussi.Parions que le fantôme de la condesa approuverait \u2014elle était friande de légendes, car légende elle-même.FFF LA CONDESA DE MARIA VICTORIA George Szanto, traduit par François Barcelo XYZ Éditeur, 325pages LECTURES EN DIAGONALE ESSAI Paroles, paroles, paroles Les États vont-ils bien?NATHALIE COLLARD Au Québec, la mode est aux entretiens : racontez-moi votre enfance, votre premier amour, votre vie de famille.Ce sont des livres qui s'écrivent vite \u2014on appuie sur la touche RECORD de notre magnéto, on retranscrit les propos et le tour est joué \u2014 et le résultat n'est pas toujours convaincant.Après Paroles d'hommes, de Mathias Brunet, paru l'an dernier chez Québec-Amérique, voici Paroles de femmes, un écho féminin aux propos des Foglia, Lepage, Garneau et compagnie.Le sous-titre, entretiens sur l'existence, est un peu pompeux mais les femmes qui ont accepté de jouer le jeu\u2014Diane Dufresne, Pauline Marois, Louise Portal, Michaëlle Jean et soeur Nicole Fournier\u2014 le font en toute modestie, sans jamais donner l'impression qu'elles détiennent la Vérité ou qu'elles ont des leçons de vie à donner.Au contraire.S'il y a quelque chose qui les unit, c'est cette quête perpétuelle, ce désir de comprendre, d'avancer, d'aller toujours plus loin.L'enfance, la famille, l'amour, la mort, le sens de la vie, on parle de choses sérieuses dans ce livre.Michaëlle Jean, très touchante, raconte son enfance à Haïti, la violence, l'exil, la maladie d'Alzheimer de sa mère, son métier basé sur le paraître alors qu'elle souhaite avant tout « être ».Louise Portal réfléchit sur l'amour, Pauline Marois sur ses origines modestes et le fait d'être une femme de pouvoir.Il n'y a pas de révélations fracassantes (ce n'est pas le but du livre) mais des réflexions profondes de la part de femmes qui ont déjà accompli un bon bout de chemin.La seule critique qu'on pourrait faire, c'est que contrairement aux hommes de Mathias Brunet qui se font rares dans les médias, les femmes d'Anne-Marie Villeneuve se sont déjà confiées \u2014sauf exception\u2014 dans la presse féminine.On a moins l'impression de « découvrir » leur pensée.Ce qui n'enlève rien à la valeur de leurs propos et de leur témoignage, bien sûr.PAROLES DE FEMMES \u2014 ENTRETIENS SUR L'EXISTENCE Anne-Marie Villeneuve Québec-Amérique, 240pages Féministe ou pas Dans les ambivalences de l'émancipation féminine, la sociologue Nathalie Heinich, coauteure entre autres de l'excellent Mère, fille, une relation à trois, parle de la difficulté de conquérir le pouvoir et de s'émanciper dans une société ou l'ordre traditionnel demeure présent.Dans son livre, elle veut montrer qu'il n'existe pas un, mais bien des féminismes et qu'on peut très bien se dire féministe et ne pas partager les mêmes positions que sa voisine qui, elle aussi, se définit comme telle.Par exemple, il existe des dissensions au sein des féministes entre celles qui sont pour la liberté d'expression et celles qui sont en faveur de la censure de la pornographie.En France, il y a des féministes qui militent en faveur de la féminisation des termes et d'autres qui s'y opposent farouchement (l'auteure est une de celles-là).Comme dans Mère, fille, Heinich a pigé dans les textes littéraires (Colette, George Sand, etc.) pour illustrer ses propos.Un texte imagé qui pose de bonnes questions.LES AMBIVALENCES DE L'ÉMANCIPATION FÉMININE Nathalie Heinich Albin Michel, 157 pages Femmes et sida En 1991, une femme atteinte du sida confie à son médecin qu'elle a eu des relations sexuelles avec une cinquantaine de joueurs de la Ligue nationale de hockey.Panique au Forum de Montréal, pris d'assaut par les journalistes.Résultat : les médias ne s'intéressent pas à la victime du sida, mais plutôt aux moeurs sexuelles des joueurs de hockey.Voilà un des exemples qu'on retrouve dans l'ouvrage de Maria Nengeh Mensah, Ni vues ni connues \u2014 Femmes, VIH et médias.Cette professeure de l'École de travail social de l'UQAM s'est intéressée à montrer la place des femmes séropositives (11 des diagnostics au Québec depuis 1979) dans les médias.Première question : en ont-elles, une place, ou sont-elles carrément invisibles ?Si les médias sont le quatrième pouvoir, il faut y être vue et entendue pour exister aux yeux de la société et faire entendre son message.L'auteure a passé au peigne fin la couverture médiatique des 20 dernières années.Son constat : d'un côté, il y a une machine médiatique bien huilée qui dépasse difficilement les stéréotypes de femmes séropositives (la victime, la pute, la toxicomane infectée) et de l'autre, des groupes communautaires sans moyens et des victimes sans ressources qui aimeraient bien qu'on dépeigne une réalité plus nuancée.NI VUES NI CONNUES \u2014 FEMMES, VIH, MÉDIAS Les Éditions du remue-ménage, 221 pages Elles en font trop (bis) Parlant d'émancipation.Un petit mot sur la plaquette de William St- Hilaire, auteure de nouvelles érotiques à ses heures, qui nous rejoue Je ne sais pas comment elle fait, version québécoise.C'est court (on a l'impression que c'est écrit sur le coin de la table), mais l'auteure nous fait quand même rire à plusieurs reprises en visant là où ça fait mal (manque de temps, souci de la perfection, obsession de la performance, etc.).On connaît la chanson (relaxez donc, les filles !), mais ça fait toujours du bien de réentendre l'air de temps en temps.LES FEMMES EN FONT TROP ! William St-Hilaire Éditions Les Intouchables, 90pages NICOLAS BÉRUBÉ L'État est attaqué de toutes parts.Pour les militants de gauche, l'État est profondément malade : au lieu d'aider les plus faibles, il se prosterne désormais devant l'autel du pouvoir économique tout puissant.Pour les militants de droite, il faut couper, couper, couper et laisser la place au privé : l'État est un éléphant paresseux qui bloque la piste de Formule 1 où les gens d'affaires foncent pour sauver l'humanité.Ces discours opposés arrivent à la même conclusion : les États ne sont plus capables d'assurer le bien-être collectif.Ils sont dépassés.Ils ne tirent plus les ficelles, ne dressent plus l'ordre du jour.Désormais, ce sont les organisations non gouvernementales (ONG) comme OXFAM ou Greenpeace qui défendent les droits de l'homme et de l'environnement.Et, à l'autre bout du spectre, ce sont les multinationales qui dirigent le commerce mondial.Cette vision des choses agace profondément Samy Cohen.Dans son tout dernier livre, La Résistance des États (Seuil), le directeur de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) de Paris s'attaque à ce qu'il appelle « le mythe de l'État moribond ».Pour Cohen, l'idée que l'État n'est plus un acteur décisif sur la scène mondiale est un concept à la mode qui ne résiste pas à l'examen des faits.Observant certains cercles militants, Cohen note « qu'une nouvelle croyance voit le jour selon laquelle les citoyens pourraient améliorer le sort du monde en se passant des États, rendus impuissants par la mondialisation, et des hommes politiques corrompus ».Au cours de la lecture de La Résistance des États, on peut facilement imaginer Samy Cohen s'indignant, tantôt à la lecture d'un article de journal, tantôt lors d'un bulletin télévisé, de voir l'État présenté comme un concept désuet, inefficace, incapable de tenir le coup face aux multinationales dopées à la productivité et aux ONG, qui semblent détenir le monopole du bon sens moral.Car les multinationales, rappelle-til, sont le fruit des politiques de libéralisation des échanges adoptées.par les États.«La mondialisation n'est pas une forme sournoise d'attaque contre la souveraineté des États.C'est le pouvoir politique qui dicte la marche à l'économie », écrit-il.Les ONG, qui semblent avoir pris la place des États pour faire avancer les droits de la personne et décrier les problèmes environnementaux, sont rarement écoutées au plan international, analyse Cohen.« Les ONG n'ont pas réussi à avoir une influence efficace sur le problème des inégalités entre pays riches et pays pauvres », écrit-il.La décennie 90 a été, de manière générale, la décennie des conventions internationales, «mais, malgré la convention sur l'enfance ratifiée en 1990, près de 11 millions d'enfants meurent chaque année encore de maladies pourtant évitables ».En fait, c'est davantage l'échec des ONG que celui des États que relève l'auteur.La Résistance des États est donc un pas de côté : il sert davantage à remettre les pendules à l'heure, à redonner au débat sa juste dimension, qu'à proposer des pistes de solution.Bien que la prose de Samy Cohen s'apparente davantage à celle d'un travail universitaire qu'à un brûlot polémique, on sent qu'il prend plaisir à renvoyer toute une classe d'altermondialistes faire leurs devoirs.N'en déplaise à certains, les États sont là pour rester et leur structure est éminemment plus solide qu'on le laisse entendre.Mais à force de se battre contre l'idée voulant que le pouvoir de l'État s'effrite, l'auteur sème un doute dans l'esprit du lecteur.Le libre penseur n'est-il pas, lui aussi, prisonnier de sa démarche qui vise à réhabiliter l'État ?À une époque où le tribunal de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) peut trancher les litiges commerciaux sans que les États aient leur mot à dire, où les usines quittent le Mexique pour la Chine (moins chère !) et où les pays font table rase de leurs lois et créent des « zones franches » pour faire de l'oeil aux multinationales, peut-on encore vraiment croire que «le pouvoir politique dicte la marche à l'économie » ?Que l'on soit de droite ou de gauche, force est de constater que cette affirmation est pour le moins fragile.L'ériger en dogme peut paraître révolutionnaire et anticonformiste pour certains ; pour d'autres, dont nous sommes, c'est aller un pas trop loin.FFF LA RÉSISTANCE DES ÉTATS Samy Cohen, Seuil, 258 pages 3184521A Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Aeviter LECTURES BIOGRAPHIE HISTOIRE Les passions selon Guy de Maupassant Deux opinions sur le createur du premier ministere de l'Education, P.J.O.Chauveau JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Ceux qui aiment lire, longtemps lire, plonger dans une histoire et ne la quitter que lorsqu'elle est vraiment finie, ceux-la seront combles par ce livre qui est une biographie, qui est un roman, qui est une histoire au merite d'un personnage passionnant .et passionne, Henri Rene Albert Guy de Maupassant.On croit que l'on sait tout sur Maupassant.Ce n'est peut-etre pas exact, il faut aller voir ce livre tout en nuances qui a le merite de s'appuyer sur une enquete minutieuse.Pas un document n'a, semble- t-il, ete oublie.Pas une lettre de l'ecrivain, pas un mot a un ami, a une maitresse (le diable sait s'il en eut), pas meme un ragot qui soient oublies par l'auteur, Nadine Satiat.Elle en tire, de tout, le maximum.C'est un flic, cette femme, un flic comme on les aimerait connaitre, fouilleur et subtil, impartial, lucide, avec un peu d'humour pour ne rien gater.A ce degre de conscience, on est emballe.On va de l'avant, on lit, on continue, c'est passionnant.Tant pis pour les textes courts, pour les textes modernes, que l'on aime tant, maigres et courts comme les contes de Maupassant justement, tant pis, on reste accroche a ce texte long, on aime.Il est ne en Normandie, dans un chateau?Dans quelle tour du chateau de Miromesnil?Meme cela, vous le saurez.Sa mere, Laure le Poittevin, l'elevera seule, son mari l'a abandonnee.On aura beau dire et ecrire que le petit Guy est en realite le fils de Flaubert, un peu plus tard, lorsqu'il sera devenu l'eleve, le disciple de Gustave, rien ne le prouve, et Madame Satiat n'essaiera pas de le prouver.Le voila au seminaire.Il ecrit des vers.On voit la scene, Maupassant au seminaire, allons donc, c'est a mourir de rire.Plus tard, a la guerre de 1870, il s'engage dans l'armee.A la fin de la guerre, il monte a Paris.C'est parti.La grande vie et la gloire.Fonctionnaire pour gagner sa vie, il vit sa vie en forcat du plaisir.Il est gai, c'est un grand blagueur, il est beau, il est aime des femmes et il les adore.Les seules personnes dont le commerce me plaise vraiment.Pourtant, celui des ecrivains et des poetes, aussi.Il rencontre tout le monde.Donc Flaubert, le maitre, le Patron, qui va lui enseigner tout.Ce que doit etre un journaliste, ce que doit etre la rigueur d'un ecrivain, la sobriete, la froideur sensible, se mefier des emotions, bref, tout, pour ecrire .puisqu'il a attrape le virus des l'enfance, avec sa mere qui lui faisait naguere lire Shakespeare et dont l'influence litteraire est evidente.Les annees passent avec le foisonnement des ecrits, tous celebres sitot que publies, ses ecrits dans lesquels la tragedie et la comedie se melent.L'amour et la haine, l'intelligence et la sottise.Et aussi, avec cet autre amour de Maupassant, la Seine.Curieusement la Seine, l'eau de Seine qu'il parcourt avec sa yole, souvent la nuit, qui le calme, qui le berce, l'eau lente de la Seine que remplacera bientot l'eau de mer.Son yacht nomme Bel Ami.L'oubli, l'endormissement sur le mouvement des vagues.Etrange inquietude de Maupassant le comble ?.C'est que quelque chose le mine, qui n'est pas seulement la maladie, le mal honteux, mais aussi et surtout le degout profond de la frequentation des hommes .il trouve que tout est odieux, absurde, que rien n'a de sens, que tout est pourri.On parlerait aujourd'hui de depression, on disait en ce temps-la melancolie.On savait aussi que la maladie de l'amour s'etait depuis longtemps installee.Migraines, lente perte de la vision, troubles mentaux, disons le mot folie que personne ne voulait prononcer mais que tout le monde pensait.Lui aussi.Il se rend compte qu'il plonge dans l'alienation, il essaie meme de se tuer (avec le coupe-papier de l'ecrivain celebre, derisoire et significatif).A la fin d'une vie, a la fin de ce livre, voila le recit absolument sec, sans cette emotion que Flaubert avait conseille de trucider, du passage dans la clinique du Docteur Blanche ou l'on devra le faire interner et ou il mourra dans d'affreuses convulsions, a l'age de 43 ans.Oui, ce fut une vie terrible et glorieuse, et c'est un livre intelligent, qui ressemble a son sujet.Fataliste comme lui.Un destin terrible ne cesse d'y planer.FFF1.2 MAUPASSANT Nadine Satiat Grandes biographies Flammarion, Paris, 712pages CLAUDE-V.MARSOLAIS Pierre-Joseph-Olivier Chauveau fut le premier premier ministre de la province de Quebec lors de la creation de la Federation canadienne en 1867.Comme il avait occupe le poste de surintendant de l'Education du Bas-Canada, de 1855 a 1867, il ne faut pas s'etonner qu'il ait cree le premier ministere de l'Instruction publique du pays lorsqu'il dirigea la province.Helene Sabourin, qui vient de publier un essai biographique sur Chauveau chez Lemeac, intitule A l'ecole de P.-J.O.Chauveau, estime que Chauveau elu comme conservateur etait un esprit eclaire mais pragmatique et qu'il etait determine a faire valoir sa conception d'une education ouverte et permanente en y engageant l'Etat malgre les reticences de l'Eglise catholique romaine.Toutefois, l'adoption de la Loi creant le ministere de l'Instruction publique ne se fit pas sans compromission puisqu'elle prevoyait la creation du Conseil de l'instruction publique, domine par des membres du clerge catholique et protestant, et son article 4 permettant l'abolition du Ministere si le gouvernement jugeait que cela n'etait pas necessaire.La biographe soutient que cet article fut le resultat d'un compromis apres de difficiles tractations avec des eveques catholiques.Or, ce qui devait arriver arriva.Apres sa demission comme premier ministre en 1873, son successeur Boucher de Boucherville abolit le ministere de l'Instruction publique en 1875, sous la pression de l'episcopat ultramontain, dont l'eveque de Montreal, Ignace Bourget.Il faudra attendre les annees 1960 avant qu'un nouveau ministere de l'Education soit cree au Quebec.Dans Une histoire de l'education et du syndicalisme enseignant au Quebec, Pierre Graveline (aussi editeur) constate que la victoire de l'episcopat catholique contre la laicite de l'education produira des effets negatifs.Le clerge catholique parviendra a empecher en 1901 et meme en 1919 l'adoption d'une loi imposant la frequentation scolaire obligatoire.Il faudra attendre 1942 avant qu'une loi n'oblige la frequentation scolaire jusqu'a l'age de 14 ans.Selon l'auteur, le taux de scolarisation des Canadiens francais du Quebec demeurera peu eleve au cours des decennies qui s'echelonnent de 1867 a la Seconde Guerre mondiale.Dans les annees 1920, la vaste majorite des eleves du secteur franco-catholique ne parviendra toujours pas a terminer le cours primaire.Et meme apres la Seconde Guerre, a peine 25 % des eleves francophones accederont a la huitieme annee.Il conclut que le regne d'airain de l'Eglise catholique sur l'education se traduira par un retard historique des jeunes francophones .Peut-on conclure que la clericalisation a outrance de l'education nous a conduits directement au regne le la grande noirceur du regime duplessiste ?Il faut croire que malgre ses visees avant-gardistes relativement a l'education, notamment par la creation d'ecoles normales et le systeme d'inspection des ecoles, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau n'aura pas ete en mesure d'assurer le developpement futur de l'education au Quebec a cause de son trop grand esprit de compromis a l'endroit des elites ultraconservatrices de son epoque, en particulier l'episcopat catholique canadien-francais.FFF A L'ECOLE DE P.J.O.CHAUVEAU Helene Sabourin Lemeac, 230 pages FFF UNE HISTOIRE DE L'EDUCATION ET DU SYNDICALISME ENSEIGNANT AU QUEBEC Pierre Graveline Typo, 200 pages 3122364A Helene de Champlain LA GRANDE SAGA HISTORIQUE 29,95$ 700 pages Disponible partout Un roman de Nicole Fyfe-Martel 3183497A www.editionsboreal.qc.ca WILFRID DEROME expert en homicides Recit biographique 448 pages .32,95 $ 32 pages de cahiers-photos c Archives Le Soleil L'auteur est un bon conteur et on se prend rapidement au jeu en suivant les recits policiers composant la biographie de Wilfrid Derome.[] Tout ca comme si on y etait.Stephane Despatie, Voir JACQUES COTE 3185021A . LECTURE ENTREVUE L'alchimie d'un succes?PASCALE MILLOT COLLABORATION SPECIALE Depuis quelques semaines, John Ward a l'impression d'etre plonge au coeur d'une de ces histoires merveilleuses, a mi-chemin entre reve et realite, qu'il affectionne depuis l'enfance.Je vogue sur un petit nuage , explique l'ecrivain avec son accent a couper au couteau.Et pas seulement parce que cet Ecossais pure laine de mouton vient de traverser l'Atlantique pour la premiere fois, experimentant du meme coup les affres du decalage horaire.En fait, depuis la publication de son roman Le Secret de l'alchimiste, premier tome de la trilogie Le Destin de la pierre, sa vie a pris des allures de conte de fees.Imaginez un professeur d'anglais a la retraite, pere de quatre enfants, s'adonnant a sa passion d'ecrire dans sa ville d'Inverness, en Ecosse.Imaginez qu'un editeur montrealais (Robert Davies, qui a publie, entre autres Et Dieu crea les Francais, de Louis-Bernard Robitaille) decouvre par ami interpose l'histoire inventee par cet aspirant ecrivain.Imaginez que ledit editeur tombe sous le charme de cette aventure pleine de rebondissements ou s'entremelent magie et histoire de l'art, philosophie et litterature, amour filial et amour tout court, amitie et mystere.Imaginez enfin que, trois ans et un manuscrit maintes fois remanie plus tard, l'editeur en question decide de publier le roman simultanement en francais (La Courte Echelle) et en anglais (Studio 9), d'organiser une importante campagne mediatique au Quebec, aux Etats- Unis, en Ecosse et en Grande-Bretagne, avec le desir non dissimule de faire de ce roman destine aux jeunes a partir de 12 ans un succes planetaire et, pourquoi pas?murmure-t-on a mots a peine voiles, comparable a celui de Harry Potter ! Robert Davies semble en effet convaincu d'avoir trouve la formule magique du succes.Cela fait 35 ans que je pratique le metier d'editeur.Je suis capable de juger du potentiel commercial d'un livre.La reaction des libraires, des lecteurs et des agents litteraires est tres positive.J'ai ete pressenti par un producteur d'Hollywood.Et je suis en pourparlers pour vendre les droits de la trilogie dans une dizaine de pays.Je crois que ce livre a tout ce qu'il faut pour se tailler une place de choix dans la litterature adolescente contemporaine , affirme l'editeur.Alors voyons voir ce qui se cache derriere cette couverture coloree et attrayante apte a accrocher le regard des adolescents.Lors d'un festival litteraire consacre a Dante Alighieri, Helene, jeune fille de bonne famille au caractere en acier trempe, fait la connaissance de Jake, jeune homme plus timore.Pendant ce temps, le pere d'Helene, un escroc de bas etage, derobe a la famille de son ex-femme un tableau du XVIe siecle intitule Le Secret de l'alchimiste.Ce qu'il ignore, c'est que l'oeuvre est convoitee par un sinistre individu du nom d'Aurelian Pounce, persuade que celle-ci contient le secret de la pierre philosophale, a qui les alchimistes pretaient jadis la vertu de transmuer les metaux vils en or.Appeles a venir en aide au pere d'Helene, les deux jeunes amis seront entraines dans une course folle qui les conduira de Florence a Venise en passant par la Suisse, Londres et la Provence.De proces fantoche en apparitions spectrales, de poursuites haletantes en rebus a dechiffrer, ils devront apprendre a discerner le bien du mal, a surmonter leurs peurs et les terrifiants ennemis qui jalonnent leur parcours.Car si la magie convoquee par Harry Potter est souvent bien inoffensive, celle d'Aurelian Pounce est noire comme la suie.De nos jours, la raison est mise sur un piedestal et nous nions l'irrationnel, explique John Ward.Mais au fond, nous nous leurrons, car il y a bien des choses qui nous echappent.La litterature de l'imaginaire, la magie me permettent de mettre en scene le conflit entre le rationnel et l'irrationnel.Et ce qui est formidable quand on s'adresse aux jeunes, c'est qu'ils s'attendent a ce que la vie .et les livres.les surprennent, alors que les adultes preferent se barder de certitudes.Philosophe de formation, John Ward cite volontiers Aristote et Platon et a truffe son roman de references culturelles et litteraires : de Dante a Thomas d'Aquin en passant par Faust et Leonard de Vinci.Mon souhait le plus cher serait qu'apres avoir lu mon roman, les ados disent : Dante, c'est cool ! L'avenir le dira.Et dira aussi si le voeu des editeurs de transformer ce Secret de l'alchimiste en argent sonnant et trebuchant se realisera.En attendant, voici un livre reussi, a mettre entre toutes les mains.FFF1.2 LE DESTIN DE LA PIERRE, Tome 1 LE SECRET DE L'ALCHIMISTE John Ward, traduit de l'anglais par Agnes Guitard La Courte Echelle, 330 pages PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE c John Ward cite volontiers les grands philosophes et Dante dans ses livres.Mon souhait le plus cher, souligne-t-il, serait qu'apres avoir lu mon roman, les ados disent : Dante, c'est cool ! Bonnes nouvelles pour les mordus de la lecture ! Certains titres non-disponibles dans toutes les librairies.20% de rabais sur nos titres a succes en francais ! Un choix de livres des plus allechants a devorer ! De plus, Economisez 10 % sur tous les titres en librairie, y compris les livres en solde, en vous inscrivant au programme Participez a notre concours A table Plus de 1000$ en prix a gagner details en magasins 19,95$ 31,95$ 26,95$ 22,95$ 14,95$ 24,95$ 19,95$ 19,95$ 19,95$ 24,95$ 12,95$ 19,95$ 19,95$ 27,95$ 11,95$ 14,95$ 19,95$ 3181685A Six naufrages, trois romans, un auteur SONIA SARFATI Un revolver a ete trouve dans le casier de Luke.La derniere dispute de Will et Lyssa a ete a ce point violente qu'ils se sont mutuellement envoyes a l'hopital.La television et l'ordinateur sont le centre de l'univers de Ian au point ou la realite n'a plus prise sur lui.Le sport semble etre la bouee de sauvetage qui permettra a Charla de sortir de la misere .a condition que ses nerfs ne lachent pas, chose qu'ils viennent justement de faire.L'argent et la celebrite de son pere ont fait de J.J.un pauvre petit garcon riche .avec les caprices et les frasques que cela suggere.Bref, six enfants qui n'ont rien en commun.Jusqu'a ce qu'ils se retrouvent a bord du Conquerant, navireecole du programme Changement de cap.C'etait ca ou la maison de correction, le divan du psy, etc.Ainsi en a decide le romancier Gordon Korman .Montrealais d'origine et new-yorkais d'adoption, qui a publie son premier livre a l'age de 12 ans.A 40 ans, il en a maintenant pres d'une cinquantaine a son actif .dont les trois titres de Naufrages : La Tempete, La Survie et L'Evasion.Car Le Conquerant en question va couler et ses six jeunes membres d'equipage se retrouver sur une ile deserte.qui ne l'est pas vraiment .sinon, ou serait l'interet ?! Aux simples (!) problemes de survie .se nourrir, se desalterer, s'abriter.s'ajoutent donc bientot de veritables perils.Des contrebandiers, une blessure par balle en voie d'infection et, tant qu'a y etre, une bombe.Atomique, la bombe.Les pas joyeux naufrages s'en sortiront, bien sur, en surmontant leurs differences et en utilisant leurs atouts .lesquels ne sont pas sans lien avec les.problemes comportementaux qui les ont conduits sur Le Conquerant.D'accord, Naufrages n'est pas Sa Majeste des mouches de William Golding ni Robinson Crusoe de Daniel Defoe.Mais c'est un livre d'aventure efficace qui plaira aux jeunes garcons, reputes refractaires a la lecture.On peut par contre regretter le niveau de francais tres relache des dialogues.Il y a moyen d'etre naturel sans sombrer dans les T'as le reste de la nuit pour decamper et autres Y'a beaucoup de mots qui te decrivent, bon en fait pas partie .A utiliser en cours de francais, peut-etre, dans les exercices du genre : Corrigez les phrases suivantes.FFF NAUFRAGES LA TEMPETE, LA SURVIE et L'EVASION Gordon Korman, Editions Scholastic, 126 pages chacun, des 10ans . THE NEW YORK TIMES Sinécure Avec un taux de chômage frisant le 6 %, les États-Unis devraient faire envie au Canada, mais la perte d'un emploi chez nos voisins n'a pas la même portée qu'elle peut avoir ici.Elle signifie souvent, pour le citoyen américain, une rupture de son filet de protection en matière de soins de santé.Le New York Times constate que les pertes d'emplois, doublées de la hausse vertigineuse des coûts de santé qui se répercute sur les coûts des assurances pour les travailleurs, font que plus de 43 millions d'Américains \u2014une fois et demie la population du Canada, six fois celle du Québec\u2014 sont laissés à eux-mêmes financièrement s'ils tombent malades et ce nombre est en croissance rapide.Et ce ne sont pas tous des chômeurs, mais plutôt, souvent des gens de la classe moyenne ou de petits travailleurs qui ne peuvent plus absorber les primes d'assurance- maladie.Dans le sud de la Californie, 70 000 employés d'une chaîne de supermarchés sont en grève parce qu'on veut leur enlever leurs avantages sociaux en matière de soins de santé.C'est dans l'important État du Texas qu'on retrouve le taux le plus élevé de non-assurés : une personne sur quatre.THE NEW YORK TIMES Armature « Ask your doctor ! - Interrogez votre médecin ! » entend-on souvent au terme d'un message publicitaire sur les médicaments, à la télé américaine.C'est que, là comme ici, les pharmaceutiques tournent comme des mouches autour des médecins pour les convaincre des merveilles de leurs nouveaux produits.Ce que la clientèle ignore, écrit dans le New York Times le professeur émérite Arnold S.Relman, de l'École de médecine de Harvard, c'est que le jugement des médecins est souvent conditionné par le fabricant du médicament.La plupart des médecins aujourd'hui, dit-il, prescrivent les médicaments et leur usage en fonction de cours programmés par les compagnies pharmaceutiques.Ces médecins doivent se plier à des cours ne serait-ce que pour renouveler leur droit de pratique et souvent ces cours sont fortement empreints de préoccupations de marketing.Le professeur déplore que les écoles de médecine, les associations professionnelles et les centres hospitaliers acceptent ces pratiques.THE NEW YORK TIMES Imposture ?Le Québec manque-t-il de radiologues ?Il existe pourtant une solution de rechange toute simple : faire analyser les films transmis électroniquement en Inde par des radiologues indiens.Cette pratique se répand aux États-Unis au grand dam des radiologues américains, écrit le New York Times.Le problème est simple : pourquoi payer un radiologue américain 250 000$ par année si le même travail peut être fait à distance par un radiologue indien rémunéré 25 000 $ par an ?On en est là, aux États-Unis, dans le débat qui prend une envergure nationale sur l'« outsourcing », cette pratique qui permet aux entreprises et aux institutions \u2014y compris aux gouvernements locaux \u2014 de confier à des sous-traitants lointains des tâches professionnelles traditionnellement assumées par des Américains.Grâce aux techniques de communication modernes, on peut ainsi faire faire divers travaux pour une fraction de ce qu'il en coûte en Amérique.Et l'Inde, rompue à la langue anglaise, regorge de professionnels en tout genre capables de répondre à la demande.Le débat promet d'être intense aux États-Unis.THE WALL STREET JOURNAL Fourniture Le temps n'est peut-être pas loin où les acheteurs d'automobiles n'auront plus à fréquenter une demi-douzaine de concessionnaires avant de fixer leur choix, mais pourront le faire sous un même toit où des produits concurrentiels seront exposés.C'est ce que prédit un spécialiste, J.D.Power, dans un article que reproduit le Wall Street Journal.L'industrie automobile a fortement rationalisé ses méthodes de production, mais la distribution coûte encore très cher, avec ses 22 000 points de vente aux États-Unis, même si ce chiffre atteignait 50 000 il y a quelques années encore.Il s'agit en somme de « walmartiser » le commerce de l'automobile en substituant la notion de « retailing » à celle de « franchising ».L'Union européenne a déjà élargi les lois sous ce rapport et un « megastore » de l'automobile vient d'ouvrir à Manchester, en Grande- Bretagne, offrant 25 produits concurrents, regroupés par catégories de véhicules plutôt que par marques.L'entreprise a vendu 150 voitures les six premières semaines.Elle compte en vendre 60 000 par année dans une chaîne de 12 magasins d'ici sept ans.PHOTO REUTERS L'injure populaire suprême infligée au président des États-Unis, George W.Bush, la semaine dernière dans les rues de Londres : le déboulonnement de sa « statue », façon Saddam Hussein, il y a quelques mois.Le poids des États-Unis dans le monde: 12 heures d'événements, ce jeudi 20.11.03 Une journée qui met en relief l'importance du leadership américain dans le monde et les diverses appréciations qu'il suscite RÉAL PELLETIER LA PRESSE D'AILLEURS Anderson Cooper, la vedette montante prime time de CNN, a ouvert son bulletin d'information de 19 h, jeudi dernier, avec l'arrestation de la vedette pop Michael Jackson.Le lendemain matin à 5 h 05, René Homier-Roy ouvrait son émission sur le même thème.Les directions d'information de tous les grands médias de la planète, pendant ces heures fébriles, pouvaient compter sur une panoplie d'événements à caractère mondial qui ramenaient tous aux États-Unis : >Au moment où Michael Jackson se rendait à la police, le président des États-Unis achevait sa visite d'État en Grande-Bretagne, destinée à couronner de l'auréole de Buckingham Palace la mission que sont donnée les deux pays de refaire l'Irak.>Quelques heures plus tôt cependant, des terroristes venaient, à Istanbul, de faire dévier la thématique de la rencontre avec deux attentats, aussi spectaculaires que meurtriers, contre des intérêts britanniques: dizaines de morts, centaines de blessés.>Dans l'intervalle, la police de Miami repoussait des manifestants qui tentaient de forcer les portes du meeting de 34 ministres du Commerce des Amériques qui planchaient sur le projet d'union économique de l'Arctique à l'Antarctique \u2014800 millions d'habitants \u2014 promise à devenir le plus grand marché commun du monde.Et pendant qu'Anderson Cooper parlait au petit écran jeudi soir, le chancelier allemand Gerhard Schröder dînait tranquillement à New York, presque clandestinement, avec des banquiers et hommes d'affaires de premier plan.Pas très bien vu de la Maison- Blanche, le chancelier a profité de l'absence de M.Bush pour aller expliquer aux élites financières, dans la foulée des divergences à propos de l'Irak, ses rapports avec l'Europe en général et la France en particulier, et son intérêt pour les États-Unis.Ce tableau, des avatars de la vedette internationale Michael Jackson aux banquiers new-yorkais accueillant le leader du plus important pays d'Europe, en passant par la relation privilégiée États- Unis-Grande-Bretagne, l'Irak, le terrorisme et la construction commerciale des Amériques, mesure assez, en une douzaine d'heures de notre temps réel, l'impact des États-Unis sur la vie de cette planète.C'est une bien grosse présence que celle des États-Unis.Michael Jackson et la rencontre de Miami mis à part, tous les grands événements de ce jeudi 20 novembre se rapportaient à l'Irak.L'hostilité et le doute qui ont marqué l'entrée en guerre contre ce pays persistent alors que beaucoup de gens de par le monde attendent des leaders étatsuniens une envergure et un doigté qu'ils n'ont pas perçus dans le traitement du dossier irakien.Réticences européennes Même chez l'allié des alliés, la Grande-Bretagne, la multitude de sondages qui ont précédé la visite de George W.Bush la semaine dernière ont indiqué un net décalage entre l'admiration vouée au peuple américain et le doute, sinon la critique sévère qu'inspire l'actuelle Maison-Blanche en matière de politique étrangère.À l'échelle européenne, la critique devient dévastatrice.Selon un sondage commandé par la Commission européenne, 53% des Européens estiment que les États- Unis de M.Bush, ex aequo avec l'Iran et la Corée du Nord, constituent une menace sérieuse pour la paix dans le monde, juste derrière Israël (59 %).L'intervention militaire en Irak était-elle justifiée ?Seul le Danemark, de l'Europe des 15, répond oui, à 57%; la Grèce répond non à 96 % pendant que les Européens en général disent non à 68 %.Serait-ce l'effet d'une manipulation médiatique européenne, comme le voient certains observateurs anglo-saxons ?Peut-être pas car aux États-Unis mêmes, le doute grandit sur le mérite de l'intervention en Irak et sur la qualité de la politique étrangère pratiquée par Washington.Brzezinski intervient Les voix se multiplient, aux États-Unis, chez les observateurs chevronnés de la scène internationale, contre la vision du monde qu'entretient l'administration Bush.L'une des critiques les plus virulentes, ces derniers jours, aura été celle de Zbigniew Brzezinski, reproduite dans l'International Herald Tribune.L'ex-conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter parle d'une « vision paranoïaque » du monde entretenue par Washington, illustrée dans la phrase devenue célèbre : « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous.» Cette phrase, note M.Brzezinski, Lénine l'avait déjà utilisée contre les socio-démocrates pour pouvoir les désigner comme antibolcheviques.En faisant de la « guerre au terrorisme » la préoccupation centrale des États-Unis dans le monde actuel, l'administration Bush traduit une vision étroite et extrémiste de la politique étrangère de la superpuissance qu'elle dirige.Une nation qui, pourtant, est une grande démocratie animée d'authentiques traditions idéalistes.La crise de confiance que traversent les États-Unis et l'isolement auquel elle confine résultent d'une impuissance à comprendre vraiment ce qui se passe à l'étranger, poursuit l'auteur.Le pays a décidé de décréter des guerres de « préemption » contre des pays susceptibles de posséder des armes de destruction massive, mais sans savoir : sans revitalisation de leurs services d'espionnage, les États-Unis ne peuvent tout simplement pas s'engager avec assurance dans la « préemption ».Les États-Unis viennent de vivre (référence à l'Irak) la pire faillite d'espionnage de leur histoire, s'appuyant sur une démagogie extrémiste qui a projeté les scénarios les plus graves et engendré la peur.Le leadership de la peur M.Brzezinski pose la question : « Une superpuissance peut-elle assumer un leadership planétaire sur la base de la peur et de l'anxiété ?Les États-Unis peuvent- ils s'assurer l'appui des autres, de leurs amis en particulier, en leur disant : vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ?» Et ce n'est pas en appliquant un langage théologique au « terrorisme » qu'on arrivera à quelque chose, car le terrorisme n'est pas un ennemi, mais une technique pour tuer des gens.Ce qu'il faut savoir c'est qui est l'ennemi et qu'est-ce qui le motive.Dans cette perspective, les États-Unis doivent redémarrer leur politique des alliances, avec l'Europe en particulier, plutôt que de s'enferrer dans des tactiques à court terme du genre diviser l'Europe entre la « vieille » et la « nouvelle ».C'est d'une stratégie dont les États-Unis ont besoin, qui implique en l'occurrence une Europe élargie à la Russie.Autres critiques Dans son grand cahier du dimanche consacré aux affaires nationales et internationales, le Chicago Tribune aborde fréquemment le problème des rapports devenus difficiles entre les États-Unis et le reste du monde, ses alliés en particulier.«C'est comme si vous n'aviez plus un ami au monde» titrait très gros ce cahier, il y a quelques semaines.Un analyste évoque lui aussi, comme M.Brzezinski, la « paranoïa » qui a frappé la classe politique à Washington et qui déteint sur le pays au point où, comme le révèlent des sondages, des pays comme la France et l'Allemagne en sont venus à être considérés comme « hostiles » plutôt qu'« alliés ».Un autre cite des politologues français selon qui la France, pourtant, n'attend que le départ de George W.Bush pour reprendre son histoire d'amour avec les États-Unis.À l'échelle de l'Europe, les sondages indiquent qu'on aime toujours les Américains mais qu'on ne fait pas confiance à son leadership.Mais au rythme où vont les choses, écrit l'analyste R.C.Longworth, on en viendra à constater que nous sommes aussi détestés par nos anciens alliés que les Russes pouvaient l'être en Europe de l'Est. .Une horloge qui chante faux L'été dernier, en visitant une petite boutique de jardinage à Saint-Bruno, sur la Rive-Sud, mon attention a été attirée par une « horloge chantante » semblable à celle que j'ai achetée il y a quelques années à la pharmacie Jean-Coutu au coût de 30 $.Elle est toujours sur le mur de mon bureau.Mise en marché par la National Audubon Society à la fin des années 1990, cette horloge émet les chants de 12 espèces d'oiseaux, un par heure.Les enregistrements proviennent aussi de Cornell.Le produit a connu un succès exceptionnel puisqu'on en a vendu 3millions en deux ans (dont plusieurs milliers au Québec).On a ensuite cessé d'en fabriquer, ce que j'ignorais.Me voilà donc en train d'examiner cette horloge dont le prix était autour de 60 $.Devant mon étonnement, la vendeuse insiste pour dire qu'il s'agit de la « vraie » horloge Audubon.Je me dis que la mienne à la maison n'est peut-être qu'une vulgaire imitation.Pourtant, elle chante si bien.J'achète la fameuse horloge avec l'intention de l'offrir en cadeau.À ma grande surprise, les oiseaux chantent épouvantablement faux.Comme un grand naïf, je me suis fait avoir par les bons mots de la vendeuse.La vraie Audubon est celle achetée à la pharmacie.Un chant de carouge, ça ne trompe pas.PHOTO PIERREMcCANN, LA PRESSE Quelques membres de la famille Audubon : la mésange à tête noire, l'oriole de Baltimore, le chardonneret jaune et le cardinal rouge.Les peluches chantantes d'Audubon : un succès fou PIERRE GINGRAS À TIRE D'AILE Ils ont troqué leurs plumes contre la peluche, se laissent câliner et tripoter sans jamais protester, mais ne vont pas jusqu'à manger dans la main.Par contre, une simple pression amicale sur la poitrine suffit à les faire chanter, exactement comme ceux qui sont dans la nature.Les oiseaux en peluche de la Société Audubon sont mignons comme tout.Et je ne peux résister à leur appel.À chacun sa folie.Je ne compte plus ceux que j'ai donnés aux amis, mais surtout aux enfants des amis.Je ne suis pas le seul à les apprécier.Lancée il y a trois ans, la série d'oiseaux en peluche connaît un succès fou sur le continent.Au cours des deux premières années, on en a vendu environ 3 millions et l'année 2003 s'annonce aussi bonne avec des ventes de plus de 2,5 millions, explique Cindy Clough- Pinto, directrice du franchisage chez Audubon.« La série d'oiseaux s'inscrit dans nos programmes éducatifs, tout en nous procurant des fonds au moyen des licences.Chaque jouet est accompagné d'un feuillet où l'on donne de brèves données sur l'espèce.La nouvelle série sur les « oiseaux emblèmes » a aussi un aspect éducatif important en permettant notamment de sensibiliser jeunes et moins jeunes à certaines espèces.» Les peluches sont fabriquées par Wild Republic, une firme reconnue pour ses jouets dont le thème est la nature.Les coloris et l'apparence de chaque oiseau sont choisis par un comité spécial de la Société Audubon.Mais ce qui fait aussi le charme de ces oiseaux jouets, ce qui les rend irrésistibles, c'est leur chant identique, ou presque, à l'espèce qu'ils représentent.Les sérénades ont été enregistrées par le célèbre Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, à Ithaca, New York.La date de l'enregistrement est même indiquée sur l'étiquette accompagnant chaque oiseau.Ce chant est émis par un petit appareil camouflé dans le corps en peluche et il est la plupart du temps d'un réalisme incroyable.Certains enregistrements semblent toutefois mieux réussis que d'autres.C'est le cas notamment du carouge à épaulettes, mon préféré, de la mésange à tête noire, de l'oriole de Baltimore (malheureusement appelée loriot de Baltimore), de la bernache du Canada ou du merle d'Amérique.Le chant du cardinal rouge est à ce point semblable qu'il peut attirer les vrais cardinaux.Si vous faites chanter votre jouet à l'extérieur et qu'il y a un cardinal dans les parages, l'oiseau se montrera immédiatement.Le mécanisme qui produit les chants peut être actionné jusqu'à 4000 fois avant de rendre l'âme, insiste Cindy Clough-Pinto.Les bris seraient très rares, moins de 1 %, si on se fie aux oiseaux rapportés au magasin, indiquent pour leur part les responsables du réseau de librairies Renaud-Bray, principaux points de vente au Québec avec les boutiques de jouets éducatifs.Les oiseaux Audubon viennent d'être choisis pour une deuxième année consécutive parmi les 50 meilleurs jouets aux États-Unis par le magazine Nick Jr, une publication et un site Web très populaires auprès des parents.En mai, la nouvelle série sur les oiseaux emblèmes des États a reçu le sceau d'approbation du National Parenting Center, une organisation informant les parents sur des produits et services offerts aux enfants.Les oiseaux ont été sélectionnés pour leur design, leur présentation, leur durabilité et leur impact positif sur la stimulation interactive.Quelques mois auparavant, une autre organisation parentale leur avait accordé le Parent's Guide Award, un honneur récompensant un jouet qui encourage le sens de la découverte et développe la créativité.Les oiseaux d'Audubon comptent autour de 70 espèces mais une trentaine d'autres devraient prendre leur envol au cours de l'année prochaine.Wild Republic a même lancé quelques spécimens en format réduit, destinés spécifiquement aux ados.Ils sont dotés d'une attache permettant de les fixer à un sac à dos.Ils se vendent d'ailleurs autour de 5 $, presque la moitié du prix de leurs congénères.Ce sont les oiseaux familiers qui demeurent les plus populaires, notamment le cardinal et l'oriole de Baltimore.Quatre espèces ont même déjà été retirées du marché, dont le tangara écarlate, (magnifique, encore disponible au Québec) et la sarcelle à ailes vertes.Au Québec, selon le palmarès établi par la maison Renaud-Bray (26 librairies : 20 000 oiseaux vendus), le plongeon huard est le plus populaire suivi du cardinal rouge, puis du passerin bleu (une espèce établie aux États-Unis), de la mésange à tête noire, du roselin pourpré et du canard colvert.Parmi les vedettes montantes de l'année, signalons le moqueur roux et le pic flamboyant.Par contre, les espèces exotiques comme le toucan (pourtant fort joli) et les perroquets sont peu populaires.Du café équitable Vouée à la protection de l'environnement, mais particulièrement des oiseaux, la Société Audubon a vu le jour en 1886 à la suite de l'initiative de l'éditeur du magazine Forest and Stream, George Bird Grinnel, qui avait lancé une pétition demandant aux autorités d'interdire les mauvais traitements aux oiseaux.Près de 40 000 personnes ont signé le document et sont devenues le noyau du groupe de la nouvelle société, nommée en l'honneur du célèbre peintre animalier John James Audubon, d'origine française mais né à Haïti.L'engouement suscité par le groupe fut trop important pour Grinnel, qui le saborda.Une dizaine d'années plus tard, une autre société Audubon fut mise sur pied au Massachusetts afin de lutter contre la chasse aux aigrettes et autres espèces dont les plumes servaient à orner les chapeaux.D'autres sections furent ensuite créés un peu partout sur le territoire américain pour former en 1905 la National Audubon Society.C'est un groupe d'éducation et de pression très important aux États-Unis et sur la scène internationale, engagé dans de nombreux projets de recherche et d'aménagement d'habitats.La société recueille environ 20 millions de dollars par année grâce à ses nombreuses publications, aux cartes de crédit lui donnant droit à une ristourne et à de nombreux produits dérivés comme les oiseaux en peluche.Au début de la semaine, elle a même lancé sa propre marque de café, un café « équitable» provenant de plantations cultivées en harmonie avec la forêt et les oiseaux qui l'habitent, mentionne le communiqué de presse.Un dernier mot : méfiez-vous des imitations.Il y a sur le marché d'autres oiseaux en peluche qui chantent, mais leur cri est loin d'être comparable à celui des enregistrements de l'Université Cornell et ils ne portent pas l'étiquette Audubon.Mais ce qui fait aussi le charme de ces oiseaux jouets, ce qui les rend irrésistibles, c'est leur chant identique, ou presque, à l'espèce qu'ils représentent.PHOTO AP Un grand héron prenant son envol.Le grand héron ne craint pas l'eau froide LE CARNET D'OBSERVATION Le recensement de Noël : peu de participants Le recensement de Noël demeure peu populaire au Québec, même chez les membres des clubs d'ornithologues amateurs.L'an dernier, 733 observateurs ont participé à l'événement, environ 70 de plus que l'année précédente, dont une centaine de propriétaires de postes d'alimentation qui ont fait leurs relevés dans leur cour.La participation québécoise est l'une des plus faibles au Canada.Le Québec arrive presque au dernier rang, même après Terre-Neuve et la Saskatchewan.Pourtant, il s'agit d'une expérience intéressante et agréable.Plusieurs clubs acceptent les participants qui ne sont pas membres.Il est encore temps de vous y inscrire ; les réunions préparatoires ont habituellement lieu au début de décembre.La journée du recensement se déroule entre le 14 décembre et le 5 janvier.Grande fête Le club d'ornithologie de Longueuil invite les observateurs à se joindre à lui pour cette grande fête ornithologique populaire.La soirée d'organisation aura lieu le mercredi 10 décembre à 19 h 30, au pavillon d'accueil du Parc régional de Longueuil, 1895, rue Adoncourt, au coin du boulevard Curé-Poirier.Vous pourrez alors vous inscrire dans l'équipe de votre choix, notamment en fonction du territoire couvert, qui s'étend de Repentigny au quartier Saint- Léonard, en passant par Varennes, Boucherville et une partie de Longueuil.Quant au recensement, il aura lieu le dimanche 14 décembre.La journée se terminera par un souper au parc régional, vers 450-646-7183, entre 17 h et 21 h).Par ailleurs, on pourra trouver les coordonnées des autres clubs en visitant le site Internet de l'Association québécoise des groupes d'ornithologues : www.aqgo.qc.ca.Premier rencensement Le premier recensement de Noël a eu lieu en 1900 dans le but de protester contre la chasse qui, à cette époque, visait à abattre le plus de gibier possible.C'est en 1905 que la National Audubon Society a commencé à organiser ce genre d'événement.L'an dernier, 45 000 amateurs y ont participé dont 7000 au Canada (sans compter les 3888 propriétaires de mangeoires).On y a localisé 69 millions d'oiseaux, dont 3,3 millions en territoire canadien.Au Canada, les espèces les plus fréquemment observées à cette occasion sont l'étourneau sansonnet, la bernache du Canada, la corneille d'Amérique, le canard colvert et le pigeon biset.Le nombre de moineaux domestiques signalés a diminué de 5% par rapport à l'année précédente, alors que chez la mésange à tête noire, cette baisse a été de 9 %.Le grand héron est un oiseau qui peut s'attarder longtemps au Québec durant l'automne.Parfois même jusqu'au début de l'hiver.On a déjà observé l'échassier à la mi-janvier, sur les rives du Saint-Laurent, là où le courant empêche la glace de se former.En fin de semaine dernière, j'ai justement rencontré un spécimen qui chassait dans les herbes en bordure d'un étang.Le hic, c'est que le point d'eau était entièrement gelé.D'ailleurs, l'oiseau qui chassait à l'affût était à ce point immobile qu'il semblait gelé lui aussi.Que pouvait-il donc chercher dans cet habitat hivernal ?Les grenouilles, salamandres, couleuvres, insectes, crustacés et poissons, habituellement inscrits au menu quotidien de l'oiseau, sont en état d'hibernation ou impossible à atteindre.Le chasseur était peut-être en quête d'une proie plus intéressante encore.Le grand héron se nourrit assez souvent de petits rongeurs, comme les souris, les mulots et campagnols qui abondent dans les milieux humides.PHOTO AP Une volée d'étourneaux sansonnet, l'espèce la plus souvent signalée lors du recensement de Noël."]
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