La presse, 8 février 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" DOMINIQUE BLAIN Du carnaval à la révolution La démineuse du musée DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca En 1986, à la fin du régime des Duvalier, j'ai entrepris un voyage dans le nord d'Haïti.Le pays était encore très agité.Le long des routes, je voyais passer des tontons-macoutes en fuite poursuivis par des hordes de paysans en colère.Je traversai en coup de vent, dans une bagnole poussiéreuse qu'un ami m'avait prêtée, ces villes insurrectionnelles (Saint-Marc, Gonaïves, Limbé) qui semblaient encore étourdies d'avoir mis un terme à 29 ans de dictature, pour arriver épuisé au Cap-Haïtien.Je voulais rencontrer le vieux peintre Philomé Obin.Il m'avait intrigué depuis mes premières visites au Centre d'art de Port-au-Prince.Sa manière sobre et presque solennelle le rangeait à part de ces peintres primitifs si naturellement exubérants.Pour comprendre le phénomène Obin, il faut connaître un peu l'histoire de cette région du pays.En 1806, à peine deux ans après l'indépendance, le pays (27 250 kilomètres carrés de terres montagneuses) se scinda en deux en adoptant du même coup les deux formes de gouvernement peut-être les plus opposées qui soient : la royauté dans le Nord avec Henri Christophe, et la république dans l'Ouest avec Alexandre Pétion.L'histoire haïtienne ne reconnaît que quatre grands héros indiscutables: Toussaint Louverture, qui prépara l'indépendance avant de finir ses jours dans une cellule glaciale en France, Dessalines, qui fonda la nation pour ensuite tomber sous les coups de ceux qu'il venait tout juste de sortir de l'esclavage, enfin Christophe et Pétion, qui furent les deux plus importants lieutenants de Dessalines.Deux tempéraments opposés Le Nord choisit le style volontairement rigide des Britanniques (sans la langue anglaise), tandis que l'Ouest opta pour le caractère si naturellement désordonné des Latins (je schématise, d'accord).Christophe dirigea son royaume avec une poigne de fer, bâtit des châteaux et des forteresses dont la fameuse citadelle Laferrière, pour lancer enfin d'ambitieux projets pour l'éducation, l'agriculture et la santé, mais son tempérament autoritaire le rendit impopulaire.Seul et apoplectique, il se tira une balle en or en plein coeur, en 1820.Tandis que le mou Pétion ne laissa presque rien à sa mort, sinon un peuple inconsolable qui pleura celui qu'il surnomma affectueusement « Papa bon coeur ».On ne s'étonnera pas alors qu'une majorité de présidents viennent du Nord.D'ailleurs, les premières révoltes d'esclaves sont parties des riches plantations du Nord.Le reste du pays n'est aux yeux de ces fiers nordistes qu'un ramassis de joyeux lurons sans aucun sens de l'histoire.>Voir LAFERRIÈRE en 2 Parmi la centaine d'oeuvres que Dominique Blain expose en ce moment au Musée d'art contemporain, un tapis rouge fabriqué dans une coopérative pakistanaise aurait été la pièce préférée de Lady Di.Elle y aurait vu la plus belle dénonciation des mines antipersonnel jamais imaginée.Quant au cinéaste Jean- Jacques Beneix, il a été à ce point impressionné par l'engagement de cette artiste montréalaise qu'il a décidé d'en faire le sujet d'un documentaire.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca Si Dominique Blain était née à New York ou à Paris, elle serait une star.Les altermondialistes s'arracheraient ses oeuvres.Les universitaires multiplieraient les études sur son antimilitarisme.Et les grandes agences de publicité s'inspireraient de son imaginaire foisonnant pour leurs campagnes de sensibilisation.Mais Dominique Blain est née à Montréal, une ville qui ne sait pas encore qui elle est ni ce qu'elle fabrique, en dépit du fait qu'à 47 ans, l'artiste a déjà 20 ans de production en arts visuels derrière elle, dont plusieurs oeuvres marquantes comme Missa faite de 100 paires de bottes militaires suspendues par des fils dans une pièce d'un blanc aveuglant.Avant de la rencontrer, j'ai fouillé les archives de La Presse et feuilleté les revues d'art dans l'espoir de mettre un visage sur son nom.En vain.Dominique Blain fuit les photographes de presse comme la peste.Cette fuite paraît à priori normale puisque Dominique Blain n'est ni une chanteuse populaire ni une actrice vivant de son image.Le hic, c'est qu'elle passe une grande partie de sa vie le nez plongé dans les photos de presse, un de ses matériaux de prédilection.Son atelier, rue Saint-Alexandre, est tapissé de montagnes instables de journaux qu'elle accumule comme autant de preuves accablantes.Toutes les photos du monde s'y retrouvent sauf la sienne.Ce paradoxe en est un parmi tant d'autres dans la vie et l'oeuvre de Dominique Blain.Pas très grande, plutôt brune, de la minceur nerveuse des workaholics, Dominique Blain ne tient pas longtemps en place.À peine m'avait-elle serré la main la semaine dernière qu'elle m'entraînait dans le chantier de sa salle d'exposition au pied d'une tour en papier mâché de 31 étages.Cette nouvelle pièce, simplement intitulée Village, accueille le visiteur à l'entrée de la rétrospective qui lui est consacrée au MAC depuis vendredi.Au premier coup d'oeil, on ne voit rien de très extraordinaire, sinon une structure droite et verticale, illuminée de l'intérieur et assez séduisante pour l'oeil.En s'approchant pourtant, on découvre que la structure est faite d'articles de journaux qui n'évoquent qu'un seul sujet : la guerre en Bosnie.On découvre par la même occasion que cette tour est en réalité un collage de 626 maisons, toutes de la même forme et de la même dimension.Ces petites maisons faites main par l'artiste et une poignée d'amis, représentent les milliers de demeures qui ont été incendiées, détruites et rasées pendant la guerre.Devant la minutie de leur exécution, la tour de 31 étages, ou plutôt la perception qu'on en avait, s'effondre.L'horreur de la guerre nous saute subitement au visage, anéantissant l'entreprise de séduction qui nous y avait conduit.Cette tour infernale résume bien l'approche de Dominique Blain.D'abord séduire le spectateur pour l'attirer dans son filet puis, une fois qu'il est pris, l'assommer ou du moins le secouer avec un message politique toujours dérangeant.Dominique Blain trouve ma théorie sur son travail un peu brutale.Elle affirme qu'elle ne cherche pas à assommer les gens.Elle cherche seulement à les conscientiser.Elle concède pourtant dans le même souffle qu'il y a beaucoup de choses dans le monde qui l'indignent et qu'elle ne comprend pas pourquoi il n'y a pas plus de gens aussi indignés qu'elle.« On a beau dire que l'humanité n'est pas mauvaise, explique-t-elle, qu'on est tous pareils, qu'on cherche et qu'on ne comprend pas, il n'en demeure pas moins qu'on a la capacité de tout détruire et qu'on ne s'en prive pas.» Dominique Blain, elle, ne se prive pas de nous le rappeler.Salle après salle, oeuvre après oeuvre, tout son travail tourne autour de la guerre, de la militarisation à outrance, de l'exploitation des plus pauvres par les plus démunis et bien sûr, des armes de destruction massive qui sous l'impulsion de ses mains agiles, prennent des formes parfois outrageusement belles.Je pense entre autres à cette ogive nucléaire couleur bronze qui de loin ressemble à un canot renversé.Je pense aussi au kimono vert, joliment décoré d'étampes frappées de deux mots: « Japon apologizes» évoquant les excuses officielles du Japon aux Coréennes violées pendant la guerre.Je pense enfin à son fameux tapis persan, incrusté de motifs qui sont la réplique exacte de toutes les mines antipersonnel toujours sur le marché.D'où vient cette hantise ?En parcourant son travail provocant, une question revient inlassablement.Une question que Dominique Blain se pose elle-même : pourquoi une femme blanche et privilégiée, née à Rosemont à la fin des années 50, qui n'a jamais connu la guerre ni souffert d'aucune privation ou exploitation, pourquoi une telle femme est-elle à ce point hantée par les guerres et leurs atrocités ?« Parce que, répond-elle, je suis libre et que cette liberté, dont je serai éternellement reconnaissante, m'interdit d'être indifférente à ce qui se passe.Lorsqu'on a la chance et l'immense privilège, comme moi, d'être née dans un pays paisible et démocratique, on n'a pas le droit de s'enfermer dans sa tour d'ivoire.» Ce refus de l'enfermement ne date pas d'hier.Il remonte selon elle à 1967, l'année de l'Expo.« Je dois beaucoup à l'Expo 67, raconte- t-elle.J'avais 10 ans.Mes parents m'ont acheté un passeport et j'ai visité tous les pavillons sans exception.Je me souviens de tout dans le détail comme si c'était hier.Je suis convaincue que l'Expo a joué un rôle déterminant dans mon rapport au monde et que cet événement a façonné le regard global que je pose sur les choses.» Pour ce qui est de son obsession militaro-guerrière, elle la doit aux vieux films de guerre hollywoodiens qu'elle regardait tous les samedis soirs quand elle était enfant.«Mes parents sortaient et, avec ma soeur et la gardienne, on s'installait pour regarder ces films de guerre qui n'étaient en aucun cas aussi violents que des films comme Saving Private Ryan.Et pourtant, je me souviens que ces films ont eu un tel effet sur moi que tout au long de mon enfance, j'ai été obsédée par la peur de tomber en guerre.J'avais beau savoir qu'il n'y avait aucun danger, mon imagination faisait le reste du chemin pour moi.» >Voir BLAIN en 2 PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Dominique Blain expose actuellement quelques-unes de ses oeuvres, notamment son tapis rouge, au Musée d'art contemporain.Fabriqué dans une coopérative du Pakistan selon les indications de l'artiste, ce tapis se veut une dénonciation des mines antipersonnel.« On a beau dire que l'humanité n'est pas mauvaise, qu'on est tous pareils, qu'on cherche et qu'on ne comprend pas, il n'en demeure pas moins qu'on a la capacité de tout détruire et qu'on ne s'en prive pas.» ARIANE MOFFATT AQUANAUTE 5 MARS AU MÉTROPOLIS En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Par Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 BILLETS EN VENTE MAINTENANT SUPPLÉMENTAIRE! ©photo: Laurence Labat 145 VINKO BRESAN EFFET BOOMERANG LA LITTÉRATURE AU CINÉMA PAGE 7 LA BERLINALE DES SUJETS GRAVES PAGE 3 LECTURES ARTS ET SPECTACLES La démineuse SPECTACLES du musée CINÉMAS INDÉPENDANTS AIME TON PÈRE Cinéma Beaubien: 12h, 21h30.AMOUR NU (L') Cinémathèque québécoise: 18h30.ARBRES précédé de L'ENFANT PARLE ARBRE Cinéma Parallèle: 15h30, 19h15.ATELIER COMMENT ÇA S'ANIME?Cinéma ONF: 13h.BIG FISH Cinéma du Parc (1): 17h, 21h05.CÔTELETTES (LES) Cinéma Beaubien: 12h30, 14h30, 16h45, 19h, 21h.Ex-Centris: 15h, 17h15, 19h, 21h.ENFANT QUI VOULAIT ÊTRE UN OURS (L') Ciné-Kid (Ex-Centris): 11h.(À partir de 4 ans).GIRL WITH A PEARL EARRING Cinéma du Parc (2): 14h45, 16h45, 18h45, 20h45.HUKKLE Cinéma du Parc (3): 19h30.LE CHIEN, LE GÉNÉRAL ET LES OISEAUX Cinéma Beaubien: 14h, 15h45, 17h30, 19h15.MILLE MOIS Cinéma Parallèle: 21h15.MONSTER Cinéma du Parc (1): 15h, 17h10, 19h20, 21h30.PETITE LILI (LA) Cinéma Beaubien: 12h, 21h15.Ex-Centris: 15h15, 19h30.ROGER TOUPIN, ÉPICIER VARIÉTÉ Cinéma du Parc(3): 15h.Cinéma Parallèle: 13h, 17h.TRICHE (LA) Cinémathèque québécoise: 20h30.TRIPLETTES DE BELLEVILLE (LES) Cinéma Beaubien: 14h15, 16h, 17h45, 19h30.Ex-Centris: 13h30, .17h30, 21h30.VUES D'AFRIQUE Cinéma ONF: 15h30, 19h.DANSE TANGENTE (840, Cherrier) Chassé-croisé, de Yann Lheureux, Échine Barricade, de Karine Denault, et Album, d'Oleg Soulenko: 16h.MUSIQUE POLLACK HALL DE L'UNIVERSITÉ McGILL Concours de concertos de Mc Gill: 19h (demi-finale).CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Trio Franz-Joseph.Haydn, Mozart: 15h30.BLAIN suite de la page 1 Aujourd'hui, Dominique Blain se dit incapable d'aller voir des films violents sur la guerre.Elle prétend que son regard ne supporte pas leurs images graphiques et cela, en dépit du fait que certaines de ses installations sont parfois aussi troublantes que les films les plus sanglants.Dans la pièce Something / Nothing par exemple, elle entraîne le spectateur dans une sorte de labyrinthe tapissé de photos floues d'une enfant dont on se demande si elle a été brûlée vive ou gazée.L'effroi nous gagne à chaque nouvelle photo.Ce n'est qu'en fin de parcours qu'on découvre avec soulagement que l'enfant n'a pas été mutilée.N'empêche.L'espace de quelques instants, Dominique Blain a réussi à nous glacer le sang avec des photos relativement innocentes.C'était voulu, bien entendu.En même temps, l'artiste se défend d'avoir recours à du matériel scabreux.« Vous ne trouverez jamais une photo sanglante ou sensationnaliste dans mon travail, jure-t-elle.C'est un principe auquel je tiens plus que tout.Dès qu'une photo est trop violente, je l'écarte.» Pendant longtemps \u2014toute la période des années 80 à 90\u2014 Dominique Blain a été considérée comme une artiste politique.Plus l'étiquette lui collait à la peau, plus elle la trouvait réductrice.« L'art politique, à mes yeux, est un art tapageur et à la limite de la propagande.Moi, je ne cherche pas à matraquer mon message à tout prix.Je préfère que les gens fassent leurs propres interprétations même si ça n'a rien à voir avec ce que j'ai imaginé.» Entre 1989 et 1993, Dominique Blain est allé vivre à Los Angeles, où elle s'est jointe à une école et à une écurie d'artistes aussi engagés qu'elle.Elle avait un agent et une galerie qui la représentaient.Ses oeuvres se vendaient bien et cher.Au bout de quatre ans pourtant, elle en eu assez du soleil, des palmiers et de l'immense solitude américaine.Elle est revenue à Montréal et ne l'a jamais regretté.Elle a toujours un agent aux États- Unis, où elle expose régulièrement.Le 11 septembre 2001, elle était d'ailleurs en Arizona pour y présenter son tapis contre les mines antipersonnel.Habituellement, le tapis voyage avec une immense photo du Bureau ovale de la Maison- Blanche.Grâce au miracle de l'infographie, Dominique Blain y a intégré une réplique de son tapis persan.Mais devant la gravité des événements du 11 septembre, elle n'a pas osé accrocher la photo, jugeant qu'il était inutile d'en rajouter.À Montréal toutefois, elle a ressorti son photomontage du tapis dans le Bureau ovale du président.Pour l'instant, elle ne possède qu'un seul exemplaire du tapis, qui a été conçu par elle et fabriqué dans une coopérative au Pakistan, où les artisans ont reproduit à la lettre les dessins qu'elle leur avait envoyés par ordinateur.La fabrication a pris plus d'un an.En cours de fabrication, Dominique Blain a demandé au directeur de la coopérative comment les ouvriers avaient réagi à ses dessins de mines antipersonnel.Avaient-ils été choqués ?Ont-ils posé des questions ?Oui, a répondu le directeur.Ils veulent savoir combien de tapis vous avez l'intention de leur commander.Parce que plus vous leur en commandez, plus vous les aidez à gagner leur vie.» L'histoire du tapis ne s'arrête pas là.Dominique Blain espère vendre plusieurs exemplaires de son tapis à des musées ou à des particuliers.Chaque acheteur devra s'engager à acheter un deuxième tapis et à l'envoyer à la Maison-Blanche.« Je me rends bien compte qu'un particulier peut difficilement acheter ce tapis pour le mettre dans son salon.À moins d'être fou, personne n'a envie de marcher sur des motifs de mines antipersonnel.En revanche, je trouve que ce tapis irait très bien dans le Bureau ovale du président Bush.Qui sait, peut-être qu'à force de marcher dessus, le président comprendrait peut-être ce qu'il fait subir à des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants.» Le message est lancé.Si jamais quelqu'un a envie de faire un cadeau au président, il est tout trouvé.Pour de plus amples renseignements, appelez au Musée d'art contemporain de Montréal et demandez la démineuse du musée.PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Dominique Blain trouve l'étiquette d'artiste politique réductrice.Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un message à faire passer.Du carnaval à la révolution LAFERRIÈRE suite de la page 1 La peinture de Philomé Obin témoigne aussi bien de la résistance paysanne contre l'occupation américaine (1915-1934), que de certains événements relatifs à la vie privée de l'artiste, comme la visite de Sénèque Obin à son frère Philomé.Je me souviens surtout que les deux frères (cela fait un moment que je n'ai pas vu cette toile), malgré le fait qu'ils partageaient la même pièce, semblaient assez distants l'un de l'autre, et cela même si une forte affection visiblement les unissait.Le style de Philomé Obin est d'abord cette façon si personnelle d'occuper l'espace, le Nord n'ayant pas connu trop tôt la surpopulation de l'Ouest.Généralement, dans la peinture populaire, chaque millimètre de la toile est exploité.D'où l'incontournable scène de marché.Chez Obin, comme chez ses disciples, dont la plupart sont ses enfants (il y a au moins huit Obin peintres), on trouve fréquemment des portraits et des scènes d'intérieur.On a pris l'habitude de souligner le caractère solaire des Haïtiens, mais il existe aussi ce côté lunaire.Ils peuvent ainsi passer, sans crier gare, de la joie la plus explosive à la plus profonde mélancolie.Du carnaval à la révolution.Entre ces deux extrêmes, si chers aux caméras de télévision, il y a le long ruban de la vie ordinaire.Le taureau en furie À lire les journaux ces derniers jours, on n'a pas envie de se rendre en Haïti.Le jour même de mon arrivée à Port-au-Prince, avec une équipe de cinéma de près d'une vingtaine de personnes, le Globe and Mail a publié un article apocalyptique sur la situation en Haïti.Et voilà que le Journal de Montréal s'y met avec une photo en première page (jeudi 5 février) d'un tireur pointant visiblement son arme vers l'objectif de la caméra (cette sensation gênante qu'il pose pour le photographe tant son visage semble placide, un sourire lui effleurant les lèvres, et la main droite tenant nonchalamment le canon de la mitraillette).Je n'ai rien vu de toute cette violence qui ne semble, à lire le reportage, pas loin de la guerre du Vietnam.Je ne veux en aucun cas dire qu'il ne se passe rien en Haïti, mais trop de gens donnent l'impression d'attendre un bain de sang.J'ai plutôt assisté à un débat politique qui se faisait à coup de manifestations publiques, ce qui me semble dans la droite ligne de la démocratie.Le gouvernement voulait brider les manifestations en retardant le plus possible les autorisations, en compliquant à outrance le trajet, ou en dispersant la foule avec des tirs de gaz lacrymogène, mais l'opposition ne s'est pas laissé faire.Et s'il y a eu, durant mon séjour, des marches pour ou contre le gouvernement en place, jamais je ne me suis senti véritablement en danger.On me dira que c'est normal, puisque mon hôtel se trouvait dans la petite ville cossue de Pétion-ville (l'équivalent d'Outremont), et qu'on sait que, comme partout dans les pays du tiersmonde, la violence populaire épargne toujours les beaux quartiers.Eh ! bien, ce n'est plus le cas en Haïti puisque la bourgeoisie (disons une partie de la prudente bourgeoisie qui ne met jamais tous ses oeufs dans le même panier) participe activement à ce mouvement qui réclame incessamment le départ de Jean-Bertrand Aristide.Je n'aurais jamais cru qu'un jour Pétion-ville serait le fer de lance d'un mouvement populaire.Surtout quand on voit que rien n'a bougé en Haïti : les riches vivent toujours comme des pachas dans des demeures scandaleusement luxueuses sur le flanc de la montagne, tout à côté de ces immenses bidonvilles sans électricité ni eau courante.J'ai du mal à croire que ces deux groupes peuvent partager une même vision politique.Ou même que des riches peuvent affronter un pouvoir armé pour les beaux yeux des pauvres.Je ne crois pas pour autant dans le populisme d'Aristide qui agite les problèmes sociaux comme un chiffon rouge devant un taureau en furie.Ce taureau n'est autre que la masse de chômeurs (on disait autrefois la populace) qui peuplent les quartiers populaires ceinturant la ville, et qu'il nourrit juste assez pour les garder en vie et pouvoir s'en servir pour faire peur à ceux qui contestent son pouvoir.Le droit de penser J'ai fait part de ces réflexions à des amis qui semblaient bien tristes de m'entendre.(Est-il encore avec nous ?se demandaient-ils, avec une inquiétude croissante.) Bien sûr qu'ils sont conscients du désastre qu'est la politique d'Aristide, et qu'ils militent « pour un changement en profondeur », mais ils se sentent aussi mal à l'aise de manifester avec certains groupes dont les intérêts sont à l'opposé de ceux de la majorité, et aussi certains individus qui, hier encore, étaient considérés comme les hommes de main du pouvoir.Cette situation rappelle la fin de Jean-Claude Duvalier (et mon voyage dans le Nord) quand la bourgeoisie, sans aucune gêne, a pris le train en marche.Résultat : après le départ de Jean-Claude, le système restait toujours en place.Les intellectuels se taisent aujourd'hui pour ne pas fissurer la cohésion d'un mouvement qui prend de l'ampleur de jour en jour.De plus, ils ont peur de se faire ostraciser par certains ayatollahs de l'opposition s'ils osent émettre le moindre bémol.C'est toujours ainsi en Haïti : quand ce n'est pas le pouvoir qui t'interdit de penser, c'est la révolution qui s'en charge.En fait ce sont des mots qui peuvent être trompeurs, car il arrive que «le pouvoir » ne puisse gouverner pour avoir perdu ses dents, et que « la révolution » soit noyautée par la bourgeoisie.De plus en plus, Pétion-ville (la ville de Pétion) prend une place prépondérante dans ce mouvement contestataire.Et la grande manifestation de dimanche dernier est partie de la place Saint-Pierre.C'est un jeu assez dangereux, car à force de monter à Pétion-ville, les pauvres finiront par connaître le chemin.Ils risquent de lever la tête, un jour, pour découvrir les imposantes villas qui coiffent la montagne et d'où descendent dans de rutilantes Jeep certains leaders du même mouvement.C'est d'autant plus dangereux qu'Aristide pourrait à tout moment jouer la carte de la question de couleur.C'est une vieille chanson qu'on sort tous les 30 ans pour rendre les mulâtres (la couleur intermédiaire entre le noir et le blanc) responsables de tous les maux du pays.Depuis que les trafiquants de drogue occupent une bonne partie de l'espace économique haïtien, la richesse ne se concentre plus seulement sur le flanc de la montagne.Des ennemis de partout Visiblement, Aristide s'est fait des ennemis dans tous les secteurs.Mais on connaît l'avenir de ces mouvements politiques où de vieux ennemis se côtoient sans se parler.Quand on pose le problème de cette foule bigarrée, on nous répond que le plus urgent est de déposer Aristide du pouvoir.Après, on verra.Justement, c'est à la faveur d'une telle conjoncture qu'Aristide est arrivé au pouvoir.Tous les secteurs politiques s'étaient mis ensemble derrière un jeune prêtre sans passé politique qu'ils comptaient bien manipuler plus tard.Et Aristide leur a fait le coup de François Duvalier.Sitôt arrivé au pouvoir, il a réussi « un coup d'État » contre la classe politique traditionnelle qui l'avait sous-estimé.Pour ce faire, il a limogé l'armée régulière pour la remplacer par une police parallèle composée pour une bonne part de ces crève-la-faim qu'il a recrutés dans les bidonvilles, pas trop loin de son ancienne paroisse de Don Bosco.Duvalier, lui, avait gardé en place l'armée régulière, tout en plaçant (pour faire contrepoids) cependant les tontons-macoutes (ses hommes de main) dans des positions stratégiques afin d'empêcher l'armée, comme il disait avec son caractéristique petit rire de gorge, « d'osciller à droite et à gauche comme bon lui semble ».La méfiance politique règne à un tel point en Haïti que seuls les outsiders ont une chance.Mais il ne faut pas diaboliser Aristide non plus.Son discours est peut-être populiste, il reste qu'il pointe juste quand il parle de l'écart inacceptable qu'il y a entre les riches et les pauvres.Même quand il s'est rapproché plus tard de la bourgeoisie, celle-ci ne lui a jamais pardonné la frousse des premiers mois de son premier mandat.Pour la première fois en Haïti, le riche s'était senti menacé.Et il a oeuvré pour effacer cette menace.Aristide n'est pas le seul responsable dans cet échec.Dans cette foule qui s'enfle de plus en plus en Haïti, et où on trouve tout le monde et son père, il est bon de penser que les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis.La vie continue C'est difficile pour une équipe de tournage de passer inaperçue en Haïti.Comme on voulait tourner le plus de scènes de rue possible, il fallait faire bien attention de façon à ne pas mettre en danger le groupe.Mais on a vite remarqué que ce que les gens privilégient le plus, c'est qu'on tienne compte d'eux.Ils ne demandent qu'un minimum de respect.Partout, on devait prendre le temps nécessaire pour expliquer le projet, et aussi promettre qu'on n'entendait pas donner une image négative de leur vie.C'est qu'ils ne se reconnaissent pas dans le portrait qu'ils voient d'eux à la télé étrangère, où ils ne sont, au mieux, qu'un élément du décor.Un décor toujours sale.L'obsession des journalistes pour tout ce qui est sordide (la boue et les détritus) les étonne toujours.Mais ce qui les déroute, c'est de savoir que ces journalistes bien intentionnés croient sincèrement les aider en ne montrant qu'une facette de leur vie : la misère.Alors que le véritable événement en Haïti, c'est de constater que la pauvreté n'a jamais brisé ces gens qui sont, paraît- il, parmi les plus pauvres de l'hémisphère américain.On se demande chaque fois d'où vient cette lueur qui danse dans leurs yeux et qui les rend si vivants, une qualité qu'ont rarement les vivants de nos jours.Ou cette flamme qu'ils concrétisent en danse, en poésie ou en peinture.Pas loin de notre hôtel, il y a ce kilomètre de tableaux exposés le long d'un mur lézardé.Et là, caché derrière ces colorés marchés, et ces jungles où l'on voit des félins sourire eux aussi pour le photographe, j'ai reconnu dans ce sobre petit tableau le style de Philomé Obin.Bien sûr que ce n'était pas le vieux maître du Cap-Haïtien, mais j'avais subitement l'impression qu'il me faisait là un clin d'oeil.Et m'est remonté à la tête ce voyage dans le nord d'Haïti de 1986.L'étrange impression que le temps piétine dans ce pays.DERNIER FILM Nowhere in Africa, gagnant de l'Oscar du meilleur film étranger en 2003.DERNIER LIVRE L'histoire de Pi, de Yann Martel, chez XYZ.DERNIER SPECTACLE Philippe Noiret, au Monument- National.DERNIER DISQUE Soul of the tango, avec Yo Yo Ma, et Kanasuta, de Richard Desjardins.UN AIR EN TÊTE La chanson Nous aurons, de Richard Desjardins.UNE OEUVRE MARQUANTE La rétrospective de Picasso au MOMA à New York.UN ARTISTE INSPIRANT Le cinéaste japonais Kurosawa.PERSONNAGE QU'ELLE AIMERAIT ÊTRE Annie Lennox.Pour sa musique, sa voix et parce qu'elle fait exactement ce qu'elle veut dans la vie. ARTS ET SPECTACLES Avant tout, des sujets graves LUC PERREAULT À LA BERLINALE BERLIN \u2014 On a compris hier après avoir vu Witnesses, du cinéaste croate Vinko Bresan, et Country of My Skull, de John Boorman, que le Festival de Berlin privilégiait avant tout le sujet et, plus particulièrement, le sujet grave.Ces deux films s'inspirent de cas réels, comme le souligne leur générique.La guerre dans les Balkans ou l'apartheid en Afrique du Sud, voilà des sujets forts.Le reste, la forme du récit ou la forme tout court, ne serait qu'accessoire.Country of My Skull met en vedette Juliette Binoche dans le rôle d'une reporter de la radio d'origine afrikaner qui va révéler certaines atrocités commises dans son pays à l'époque de l'apartheid, dans un procès public qui va la mettre en contact avec un confrère noir américain (Samuel L.Jackson).Dans une tradition très britannique qui remonte à David Lean, John Boorman propose un voyage en Afrique du Sud qui n'a rien de touristique, ce qui ne l'empêche pas, en passant, de nous faire admirer le paysage.Son but est politique.Le prétexte : la Commission d'enquête sur la vérité et la réconciliation, qui s'est déroulée vers le milieu de la décennie précédente.Cette commission, présidée par un membre du clergé, a sillonné le pays pour entendre de la bouche même des victimes le récit de leurs malheurs, lequel était ensuite confronté à celui des bourreaux.Pour obtenir l'amnistie, ces derniers devaient prouver qu'ils n'avaient pu agir autrement.Il s'agissait moins de punir ou de venger que de réconcilier les bourreaux blancs et leurs victimes noires.« Mon intention, dit Boorman, était de mettre en scène deux personnages qui incarnent à eux deux le conflit même que la Commission est chargée d'exposer.Ces deux personnes, au départ très éloignées l'une de l'autre, vont trouver le moyen de se comprendre, de se réconcilier et même de s'aimer.» Le plus passionnant du film, c'est ce procès que mène la Commission de réconciliation.En sillonnant le pays, elle débusque des cas d'horreur dont, en Afrique du Sud même, on ne soupçonnait pas l'ampleur.Le film, sur ce plan, pourrait être qualifié de « procès de Nuremberg » itinérant.Par contre, l'intrigue amoureuse entre Binoche et Jackson paraît cousue de fil blanc.On n'y croit pas beaucoup.En voulant donner une forme trop romanesque à un drame avant tout collectif, Boorman a quelque peu forcé la note.Les deux acteurs principaux n'assistaient pas à la conférence de presse, mais John Boorman a précisé que Binoche viendrait faire un saut aujourd'hui, même si elle tourne en ce moment à San Francisco.La spirale du mal Face au sentimentalisme du film de Boorman, on s'étonne de la rigueur avec laquelle Vinko Bresan raconte un épisode de la guerre en Croatie.Lui aussi s'inspire de faits réels.Witnesses s'ouvre par un planséquence admirable qui dure près de six minutes.Trois hommes s'apprêtent à faire sauter la maison d'un Serbe, le Shylock de l'endroit.Mais c'est le Serbe lui-même qui y passe plutôt que sa maison.Durant tout le reste du film, la petite villefrontière où se déroule l'action va tenter d'enterrer cette bavure parce que sa révélation entraînerait trop de répercussions.Mais il y a aussi une vie à sauver, celle de l'enfant qui a été témoin de l'affaire.Pour exposer la complexité des liens unissant les personnages de son histoire, notamment les membres d'une même famille directement mis en cause, Bresan a eu recours à un procédé qui apparaît comme une variante de Rashomon, que tous les étudiants en cinéma connaissent bien.L'histoire est reprise trois fois à partir de la scèneclé, la maison du Serbe après l'attentat.Il ne s'agit pas à chaque nouvelle reprise, comme chez Kurosawa, de varier le point de vue mais d'ajouter des détails qui viennent compléter le tableau.Le réalisateur veut faire comprendre que, en situation de guerre, le geste le plus anodin peut avoir des conséquences désastreuses.« Ce film ne porte pas sur le conflit serbo-croate, a précisé Bresan.Je voulais faire un film du point de vue du coupable.Je voulais parler du mal, de cette spirale de la haine qui débouche sur le crime.» Luchini tout ouïe, Bonnaire tout sourire LUC PERREAULT BERLIN \u2014 Prenez un acteur formé à l'école de Rohmer (Fabrice Luchini) et placez-le à côté d'une actrice venue de la famille Pialat (Sandrine Bonnaire).Le défi n'est pas mince : il consiste à faire jouer l'acteur rohmérien dans le style Pialat et vice-versa.C'est à cette tâche que s'est employé Patrice Leconte dans son 21e long métrage, présenté en compétition vendredi à la Berlinale.Le résultat m'a paru tout simplement remarquable.Confidences trop intimes marque dans l'oeuvre de ce cinéaste un sommet rarement égalé jusqu'ici, sinon par Monsieur Hire ou Le Mari de la coiffeuse.Il faut convenir que, au départ, le scénariste Jérôme Tonnerre a eu une brillante idée.Une femme à l'air paumé (Bonnaire) pénètre dans le bureau d'un expert fiscal (Luchini), croyant se trouver chez le psychiatre avec lequel elle a rendez-vous.L'autre ne comprend pas tout de suite qu'elle s'est trompée de porte.Quand il finit par s'en rendre compte, un lien s'est déjà tissé entre les deux inconnus.Il y avait longtemps qu'on n'avait pas vu deux personnages aussi sympathiques.Luchini, d'habitude si bavard et extraverti, se tient ici coi, cherchant à en faire le moins possible.Fasciné par les confidences de l'autre, son personnage, timide et réservé, n'ose pas un seul geste, ne cherchant qu'à aider Anna à se sortir d'un mariage qui l'étouffe.De son côté, Sandrine Bonnaire, qui arrive dans cette histoire avec un air coincé, va peu à peu reprendre ses couleurs.« Je voulais qu'en voyant cette femme le spectateur s'interroge, a précisé Leconte.Malade ou espionne ?Je voulais faire sentir sa part de mystère, un peu comme dans les romans de William Irish.Je voulais faire de ce film un thriller sentimental.» Pour Sandrine Bonnaire, la difficulté majeure tenait dans son personnage aux multiples facettes.« Elle arrive très sombre au début.On ne sait pas si elle manipule.Elle doit aussi être attendrissante.Il me fallait trouver son mystère, son côté enfantin », a expliqué la comédienne.« LA MEILLEURE COMÉDIE DE L'ANNÉE! » Shawn Edwards, FOX -TV « ENCORE PLUS BIDONNANT QUE LE PREMIER! Il faut entendre ce que Cedric a à dire cette fois! » Pat Collins, WWOR-TV « UNE COMÉDIE DÉCHAÎNÉE.Un chef-d'oeuvre qui va droit au coeur.» Mark S.Allen, UPN-TV « UN FILM QUI SE TAILLE UN FRANC SUCCÈS! » GQ MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ MEGA-PLEX GUZZO MD TASCHEREAU 18/ MEGA-PLEX GUZZO MD LACORDAIRE 16 / CINEPLEX ODEON MD CAVENDISH CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE / FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT/ FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA 9 TERREBONNE 14/ CARNAVALCHATEAUGUAY/ ROCK FOREST LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO STE.THERESE 8/ CINEPLEX ODEON ST.BRUNO CINÉ-ENTREPRISE JACQUES-CARTIER 14/ TRIOMPHE LACHENAIE MEGA-PLEX GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO PONT-VIAU 16 MD GROUPE MATHERS ST.EUSTACHE/ LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE À L'AFFICHE! THX PRÉSENTÉ EN SON GVISA GÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS GVISA GÉNÉRAL Version originale anglaise GVISA GÉNÉRAL « MAGNIFIQUE! » Jim Ferguson, ABC-TV « SENSATIONNEL! » Bonnie Laufer, TRIBUTE « LE MEILLEUR FILM DE HOCKEY JAMAIS VU.» Steve Gow, The Movie Network DISTRIBUÉ PAR BUENA VISTA PICTURES DISTRIBUTION.©DISNEY ENTERPRISES, INC.miracle.movies.com (VERSION FRANÇAISE) MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE / MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL / CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT/ CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE/ FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA 9 ROCK FOREST CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY/ LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME/ FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14/ ANGRIGNON/ LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO TERREBONNE 14 STE.THERESE 8/ GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 CINEPLEX ODEON MD QUARTIER LATIN VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE VOYEZ-LE MAINTENANT! THX PRÉSENTÉ EN SON Regardez les OscarsMD CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS le 29 février à 17 h HNP,20 h HNE au réseau CTV 3204616A PHOTO REUTERS © Le cinéaste Patrice Leconte a rencontré les journalistes, en compagnie de Sandrine Bonnaire, vedette de son film Confidences trop intimes présenté en compétition à Berlin.version française de «SOMETHING'S GOTTA GIVE» GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS présentement à l'affiche! ou www.tribute.ca GVISA GÉNÉRAL version française de big fish sony.com/Big Fish NOMINATIONAUXOSCAR MEILLEURE ACTRICE - DIANE KEATON NOMINATIONS AUX BRITISH 7ACADEMY FILM AWARD MEILLEUR FILM DONT «\u2039big fish\u203a parvient à nous accrocher le coeur comme peu de films le font.à ne pas manquer.» Leah Rozen, people magazine 3204605A version française de «CATCH THAT KID» CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA GALERIES GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / LES CINÉMAS LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / GVISA GÉNÉRAL VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE À L'AFFICHE! / SON DIGITAL NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® LE 29 FÉVRIER GVISA GÉNÉRAL Déconseillé aux jeunes enfants CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca / SON DIGITAL version française de «MASTER AND COMMANDER:The Far Side Of The World» CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / CINÉMA ST-EUSTACHE / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE Présentement à l'affiche ! MAÎTREÀ BORD NOMINATIONS AUX OSCAR® INCLUANT MEILLEUR FILM 3204606A Les Critiques Sont En Amour Avec Tad version française de WIN A DATEWITH TAD HAMILTON «Un film de sortie romantique\u2026 pour Une Bonne Soirée, ne manquez pas \u2039Tad Hamilton.\u203a» Claudia Puig, USA TODAY «Une Comédie Romantique Charmante et des plus divertissantes.» Bruce Kirkland, THE TORONTO SUN CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / CINÉMA GALERIES AYLMER / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / G VISA GÉNÉRAL À L'AFFICHE Du réalisateur de «BLONDE ET LÉGALE» GAGNEZ UN RENDEZ-VOUS AVEC / SON DIGITAL DÉSOLÉ, LAISSEZ-PASSER REFUSÉS 3204609A Tous les jours dans TENDANCES VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION .ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Après vous, Daniel Auteuil! Dans Après vous, Daniel Auteuil est Antoine, chef de rang dans une brasserie qui recueille et sauve un pauvre type suicidaire.À l'occasion de la sortie du film, lui qui se compare volontiers au romancier Patrick Modiano, réputé pour son laconisme, a accordé une longue interview à Première dont voici un aperçu.QVous dit-on parfois : « Viens, sinon le film ne se monte pas ?» RJe rassure tout le monde : le film se fait quand même.Personne n'est irremplaçable.Nous passons d'ailleurs notre temps à nous remplacer.Par exemple, je devais faire Les Sentiments, de Noémie Lvovsky, et Jean-Pierre Bacri Après vous.Nous avons échangé.À cause de nos goûts.Et d'ailleurs, je dois dire que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive.Je devais jouer Sainte- Colombe dans Tous les matins du monde (Alain Corneau, 1991) à la place de Jean-Pierre Marielle.Et lui devait interpréter le lanceur de couteaux de La Fille sur le pont, de Patrice Leconte (1999).Comme quoi, on est vraiment interchangeables.QVous dites souvent que, plus jeune, vous ne saviez pas refuser.RJ'ai dû travailler 10 ou 12 ans avant de dire non.Savez-vous ce que représente un premier scénario qui arrive un beau matin dans votre boîte aux lettres ?D'un coup, être acteur professionnel prend un sens.Il m'est parfois arrivé de dire non.Quand les rôles qui venaient à moi étaient en contradiction avec mes rêves.Mais dire non, c'est comme ne pas se baisser en voyant de l'argent par terre.QOn dit que vous ne lisez pas les scénarios.Celui d'Après vous., vous l'avez vraiment lu ?RVous allez me faire passer pour un abruti total ! (Rires.) Non, bon.On m'a appelé pour me dire que je devrais le lire.Alors, je l'ai feuilleté (Rires).Quand Sautet venait chez moi, je n'avais pas besoin de connaître son scénario.Téchiné, non plus.On voit les gens, on sent le truc et on y va ! Si Scorsese m'appelle demain, je ne vais pas lui demander un script ! En fait, je lis plutôt les scénarios que je ne tourne pas.ZOOM llllllllllllllll On n'achève pas les chevaux Ed Zwick, le réalisateur du Dernier Samouraï est revenu avec Ciné Live sur l'ultime bataille du film et sur le défi technique qu'elle représentait.« Il nous a fallu très exactement 31 jours pour la mettre en boîte.La technique de découpage consiste à filmer en trois morceaux, si vous préférez.Plan d'ensemble, plan rapproché et plans individuels.Le tout est de ne pas perdre de vue la progression de la bataille sinon on ne comprendrait plus rien et ce ne serait qu'un foutoir confus.Côté logistique, c'est infernal ! N'oubliez pas qu'à cause de l'urbanisation galopante au Japon, il nous était impossible de trouver suffisamment d'espace libre pour filmer des séquences de batailles sans avoir des bâtiments dans le champ de la caméra.Nous avons donc tourné la majeure partie des extérieurs en Nouvelle-Zélande.J'avais auparavant passé deux semaines de repérages en hélicoptère à survoler le pays pour finalement trouver les décors parfaits à New Plymouth, en bordure de la mer de Tasmanie.Deux dresseurs de chevaux sont arrivés sur place six mois avant le tournage pour sélectionner les 50 bêtes nécessaires.Certains ont appris à tomber sur le côté gauche, d'autres sur le côté droit, car on ne peut les dresser à tomber des deux côtés.Il a fallu ensuite planifier très soigneusement les endroits où les animaux devaient tomber, puis faire creuser les trous nécessaires.Pour amortir leur chute ils ont été remplis d'un mélange de paille et de tourbe, et recouverts d'herbe.» Robert Capa avant Superman Libérée du joug de George Lucas, Natalie Portman est déjà convoitée pour une nouvelle balade en apesanteur : la Warner, qui peine à faire décoller son cinquième Superman l'imagine déjà en Lois Lane, mais elle est visiblement plus séduite par Capa, projet autrement plus ambitieux.Il s'agit de la biographie du photographe Robert Capa, playboy, reporter de guerre puis cofondateur de l'agence Magnum en 1947.Un sujet en or auquel Adrien Brody devrait lui aussi succomber.E x p r e s s Nicole Kidman a touché trois millions et demi pour un film de quatre minutes : la dernière publicité du parfum No 5 de Chanel.Elle y joue une célébrité, très inspirée de Lady Di, poursuivie par des paparazzis.La mise en scène est de Baz Luhrmann, qui l'a dirigée dans Moulin Rouge.Avant d'incarner pour la première fois une femme policier dans Le Petit Lieutenant, Nathalie Baye jouera dans 36, rue des Acacias ; elle y campera une mère excessive qui oppresse et humilie son fils en s'immisçant régulièrement dans sa vie intime.Décidé à enfanter un nouveau Harry Potter, Dimension Films lorgne du côté du roman The Lost Years of Merlin, l'apprentissage d'un jeune garçon qui deviendra un célèbre magicien.Chez MGM, on fait carrément dans la parodie en mettant sur la table Henry Bates and the Sorcerer's Balls, soit la réunion de Harry Potter et du Seigneur des anneaux.Movieline, Ciné Live, Film Review Drew Barrymore « J'aurais bien aimé être un de ces êtres languides jusqu'à la dépression qui peuvent rester trois semaines au lit jusqu'à ce que des amis viennent à leur secours.Mais, moi, dès que je me réveille, je ne peux pas rester deux minutes au lit, et je commence toujours mes journées sur les chapeaux de roues.Mes amis n'ont donc jamais l'occasion de venir à mon secours.Globe L'ultime bataille du Dernier Samouraï a représenté un défi technique particulièrement complexe.THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 15H RDS LE MATCH DES ÉTOILES José Théodore et Sheldon Souray représentent le Tricolore dans ce match des Étoiles.18H TV5 LE GÉNIE FRANÇAIS Nouvelle série documentaire présentée par Catherine Deneuve sur les artisans français qui préservent leur savoir-faire de génération en génération.19H K CINÉMA: L'HONNEUR À TOUT PRIX Un jeune Noir promu dans la marine américaine fait preuve d'une détermination à toute épreuve.Avec Cuba Gooding Jr et Robert De Niro.19H r CINÉMA DU DIMANCHE: TITANIC Faites provision de maïs soufflé pour quatre heures! C'est bon, mais c'est long.19H D ABC SPECIAL PRESENTATION: PEARL HARBOR Pas de temps mort et des scènes de bombardement qui décoiffent! Pour amateurs d'action, d'histoires d'amour et de guerre.Avec Ben Affleck, Cuba Gooding Jr (encore!) et Alec Baldwin.20H b GBL-Q THE 46th ANNUAL GRAMMY AWARDS Toutes les grandes stars de la musique sont là, même notre Céline qui remettra un prix spécial à Luther Vandross dans la première heure.Aussi: Beyoncé, Britney, Sting, Prince, Madonna, Alicia Keys, Dave Matthews, Christina Aguilera.21H a LES BEAUX DIMANCHES: LES ZAPARTISTES Les Zapartistes, qu'on compare aux Cyniques d'une autre époque, sont réputés pour leur humour corrosif.Ce Cabaret médiatique qui cible le discours politique, les producteurs, les journalistes et la convergence est grinçant à souhait.Àvoir.L'ALARMISTE (5) (23:45) Le Téléjournal Découverte / Sang de cordon; forêt de l'Aigle Les Beaux Dimanches / Qué calor! La fiesta de Gildor Les Beaux Dimanches / Les Zapartistes Le Téléjournal Conversation Le Garage NO MAN'S LAND (3) Le TVA 18 heures Un monde de fous TITANIC (3) avec Leonardo Di Caprio, Kate Winslet Familles.(23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires - Nature / Fifi, la chimpanzé Boston Public Spectacle / Durocher le milliardaire SOIRÉE D'ANNIVERSAIRE (4) avec Alan Cumming, Gwyneth Paltrow(22:34) 101 misères de stars EXPRESS EN PÉRIL (6) avec Steven Seagal, Eric Bogosian ALERTE SOUS LA TERRE (5) avec Steven Seagal, Marg Helgenberger News E.T.8Simple Rules Cold Case Law& Order: Criminal Intent CTV News News News TREASURE PLANET (4) Film d'animation This is Wonderland Da Vinci's Inquest Sunday Report Venture Mary Walsh.Reflections ABC News Homeowner PEARL HARBOR (5) avec Ben Affleck, Josh Hartnett Beautiful.Pub .(15:00) News 60 Minutes The 46th Annual Grammy Awards News News NBC News Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent News .Machine Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Diamonds Masterpiece Theatre / The Forsyte Saga II (1/3) THE RED HOUSE (4) BBC News Wall Street Togbe BBC News PRIDE.(17:30) Makeover.Crossing Jordan America's Top Dog / Diffusion de quatre émissions.C'EST QUOI LA VIE?(17:00) Orgueil et Préjugés VIDOCQ (5) avec Gérard Depardieu, Guillaume Canet L'Actors Studio / M.Douglas Silence, on court! Keanu Reeves.Arts&Minds Shaping Art The World According to Keith DUETS (5) avec Maria Bello, Andre Braugher LOST.(4) Québec en humour Docu-D / La Mort sous microscope Docu-D / Commerce de la mort Sans détour / Cowboy.Étreintes mortelles L'Ultime avion de combat Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale, vieillissement UQAR Bilan.Technologie Formation Le monde.Activités physiques.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery's Sunday Showcase / Shark Roulette Disaster Detectives Daily Planet Vidéo Guides Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides Hoze Houndz (18:20) .(19:10) King (19:35) Disney, I Shrunk the Kids F/X (4) avec Bryan Brown, Brian Dennehy .(22:31) CLUE (4) (22:47) Everwood King of the Hill Oliver Beene The Simpsons Bernie Mac Malcolm.Arrested.Charmed The Surreal Life Global News Global Sunday Bob &.Grammy.The 46th Annual Grammy Awards .(23:35) Trouvailles &Trésors Made in Québec Série noire / St-Jean-Vianney JAG NICOLAS ET ALEXANDRA (3) avec Michael Jayston, Janet Suzman The World in Art / 1603 Warships / Big Guns Crown and Country GLORY (3) avec Matthew Broderick, Denzel Washington Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Nostalgia Nostalgia / Les Beatles Musicographie / Les Sultans I WANNA HOLD YOUR HAND (5) avec Nancy Allen Musicographie / Les Sultans Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus / M.-C.Toupin Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Music Box 60 Minutes In Montreal .arménien La Caravane .Vietnam JAG Teleritmo BBC News CBC News Startup.com Sunday Report Venture The Passionate Eye / Helen's War.Foreign.Second Regard Téléjournal Le Journal La Part.Zone libre / L'Armée canadienne.Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.Sports 30 Golf PGA / Pebble Beach National Pro-am - dernière ronde Sports 30 Hockey / Match des Étoiles Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Hommes en quarantaine Les Experts Prime Suspect NORTH OF SIXTY: TRIAL BY FIRE avec Tina Keeper Trailer Park Boys TenaciousD Is Harry on The Boat?Relic Hunter V Star Trek: Enterprise CONAN THE DESTROYER (5) avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones .(23:15) .Skiing World Sport Soccer / Spanish Premiera Liga KOTV / Boxing Sportsnetnews W.Miller Sacred Ride Grand Galop .Palmarès Panorama Yparaît que.Les Secrets de dame Touti L'ATALANTE (1) avec Jean Dasté, Dita Parlo Rythmes du monde / Sunpie Wild Weddings Trading Spaces: Family For Better or for Worse Trading Spaces: Family .(15:00) NFL Countdown NFL Football / Pro Bowl Sportscentre Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.Soluble.Journal FR2 Portrait.Campus / L'Enfance abusée Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox THE REMAINS OF THE DAY (3) avec Anthony Hopkins, Emma Thompson .(22:15) .(23:05) .(23:35) Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Célibataires:mode d'emploi Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Dawson Degrassi.Montana .Brown Mental Block YTV's Hit List Girlstuff Girlz TV .Scholars .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone Le TVA / Loteries (23:15) Le Grand Journal (23:15) Degrassi:The Next Generation CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS EN BREF Les écureuils comme portrait de société Charmeur pour les uns, danger public pour d'autres, l'écureuil est, oui, un proche parent du rat.Chez Ani Deschênes, le premier devient la mascarade du second en prenant des formes presque diaboliques et sanguinolentes.Qu'à cela ne tienne, Animal de jardin, son tout premier solo en galerie, n'est dénué ni d'humour ni de fantaisie.Ni de tendresse, puisque l'artiste invite les gens à cajoler une des peluches suspendues au plafond.À la fois commentaire social et fable urbaine, le projet révèle les paradoxes que l'on entretient avec ces animaux sauvages presque domestiques et pointe, de façon plus large, notre amour-haine de la nature.Dessins au mur, bibelots et.un vrai rat dans sa cage complètent l'expo.À Plein Sud (cégep Édouard-Montpetit), 150, rue Gentilly Est, jusqu'à cet après-midi, 17 h.Info : 450 679-2966.Vaillancourt inédit Armand Vaillancourt, artiste engagé sur plus d'un front, expose à plus de 70 ans dans une galerie hors du circuit bcbg de l'art contemporain (à Clair obscur, à côté du cinéma Beaubien) un tirage inédit d'estampes extraites d'un vieux cahier de dessins.Et qu'il accompagne de textes, à la fois poétiques et politiques.Toujours prêt à faire plus, le vénérable artiste sera sur place, aujourd'hui, pour la dernière journée de l'expo.Au 2373, rue Beaubien Est.Info : 514 596-0943.Chantiers d'Occident Transformer des lieux désaffectés (usines, ateliers, voire quartiers entiers), en condos de luxe est devenu une pratique courante en Occident.Et gênante, tellement des individus se font du capital sur le dos des plus démunis.Grand nombre d'artistes s'y sont intéressés et, parmi eux, Edward Hillel, photographe montréalais.Invité à séjourner à Manchester, en Angleterre, il a tiré une série documentaire fort éloquente sur un quartier ouvrier totalement en chantier.La galerie Lilian Rodriguez montre une sélection du projet Coming Soon, qui aurait très bien pu révéler une réalité québécoise.Au 372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu'au 14 février.Info : 514 395-2245.L'art pour soulager Deux encans bénéfices se tiennent à quelques jours d'avis.D'abord, aujourd'hui, l'Organisation montréalaise des personnes atteintes de cancer met en vente des oeuvres de 75 artistes (Vaillancourt, Pellan) au Marché Bonsecours.De 13h à 16 h 30 (514 729-8833).Puis, à compter de mardi, Les Impatients, centre d'art thérapeutique (100, rue Sherbrooke Est), exposent un lot d'oeuvres (signées Gauvreau, Ferron, Marc Séguin).Les enchères se dérouleront le 9 mars (514 842-1043).Jérôme Delgado co l laborat ion spéciale PHOTO GRACIEUSETÉ ART MÛR Un regard approfondi sur l'éclairage de nuit, une oeuvre de Dennis Ekstedt, à la galerie Art Mûr.Peinture et paysage JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE La peinture figurative et le paysage comme genre ont regagné force et intérêt ces dernières années, notamment grâce à l'engouement qu'ils suscitent auprès de jeunes artistes.Dennis Ekstedt et Dominique Goupil sont certainement deux d'entre eux.Et ils n'hésitent pas à revisiter le sujet (le paysage horizontal) avec une approche favorisant la verticalité dans la composition.S'inspirant de l'effet photographique, comme d'autres, Dennis Ekstedt s'évertue depuis quelques années à peindre des vues urbaines la nuit.Suivant une technique proche du pointillisme, il compose des scènes très noires, où les couleurs découlent de son acharnement à représenter la lumière.Artificielle, celle-ci surgit à l'horizon, comme lorsqu'on regarde l'étendue d'une ville.La galerie Art Mûr a fait de lui un de ses protégés l'an dernier et c'est là que sa production récente est exposée en long et en large.Pour cette nouvelle série, des huiles sur bois à un cas près, il a approfondi ce regard sur l'éclairage de nuit et, par conséquent, sur les artifices de notre confort urbain.Résultat : le premier plan dévoile cette douce ironie en quelques motifs d'intérieur (lampes de chevet, rideaux, vitres).La palette, elle, s'est adoucie, alors que paradoxalement les textures sont plus opaques.Si un certain maniérisme, voire une fidélité à la réalité un peu lourde, est encore latent, les paysages d'Ekstedt jouent plus que jamais sur plus d'un plan.Tant mieux.Dominique Goupil, elle, fait partie d'une galerie plus prestigieuse (Simon Blais).Mais c'est à la maison de la culture Frontenac, là où Ekstedt avait exposé préalablement, qu'elle dévoile un corpus tout frais.Une douzaine d'huiles, certaines de très grand format, continuent à traiter du même motif : le paysage, de terre à ciel, brumeux et insaisissable.Désignées par des titres peu explicites (Série E no 3 \u2014 un grand paysage vallonné), ses oeuvres ont un pied dans l'abstraction, un autre dans la figuration.L'image est subtilement suggérée, soit par une mince ligne d'horizon, soit par des changements de tonalités.Mais sa force, reste l'utilisation de la matière (des matières, plus précisément), le bois du panneau servant autant de pigment que le vernis de lumière.La peinture de paysage demeure un terrain miné.La redondance guette les artistes, le glissement vers un tableau trop littéral est tentant.Goupil s'en sort par des solutions chromatiques, son travail variant d'un gris riche en significations à un brun rugueux, loin des tons facilement séducteurs.Seuls quelques bleus, trop lumineux, trop clairement identifiables à l'eau, viennent briser cette belle sobriété.DÉRIVE, de Dennis Ekstedt, galerie Art Mûr, 5826, rue Saint-Hubert, jusqu'au 14 février.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514-933-0711.DOMINIQUE GOUPIL, maison de la culture Frontenac, jusqu'au 22 février.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 514-872-7882 Politicien québécois G É N I ES EN HER B E # 1 0 79 ghpanto@videotron.ca A- QUATRE 1 Habituellement, on les désigne comme les Trois Mousquetaires, mais en réalité, ils étaient quatre.Pouvez-vous les nommer?2 Quel musicien italien est l'auteur des Quatre Saisons?3 Quels deux pays scandinaves affrontent le Canada et les États-Unis lors de la Coupe des Quatre nations au hockey féminin?4 Qu'est-ce qui était au nombre de quatre dans le livre de l'Apocalypse?5 Quel motif floral se retrouve quatre fois sur le drapeau québécois?B- ALLEMAGNE 1 Dans quelle ville allemande se tient chaque année le festival de la bière appelé Oktoberfest?2 À quelle date précise associezvous la chute du Mur de Berlin?3 Qui est l'actuel chancelier de l'Allemagne?4 Comment les Allemands appellent- ils leur langue?5 À quel célèbre musicien allemand la ville de Bayreuth consacre- t-elle chaque année son festival d'opéra?C- QUI SUIS-JE?1 Je suis un philosophe grec très connu malgré le fait qu'on ne me revendique aucune oeuvre écrite et je mourus après avoir bu de la ciguë.2 Célèbre physicien naturalisé Suisse, je remportai le prix Nobel de physique en 1921 pour une découverte qui n'est pas ma plus connue et je mourus à Princeton au États-Unis en 1955.3 Né à Kapilavastu à une date inconnue, je me nomme Siddharta Gautama et on me reconnaît comme le fondateur d'une grande religion.4 Malgré ma taille miniature, j'ai réussi à maintes reprises à sauver mon maître et son fidèle comparse de situations délicates, mais j'ai aussi souvent failli être écrasé par les menhirs de mon maître.5 Je suis né à Seattle en 1955, j'ai un penchant pour l'informatique et le bridge, mais c'est surtout la grande compagnie que j'ai fondée et ma fortune colossale qui font ma renommée.Musicien italien D- ROUGE 1 Quel est le nom de ce célèbre livre écrit par le président chinois Mao Zédong qui se veut le programme de la Révolution culturelle chinoise de 1966?2 À quelle sorte de bonbons associe- t-on originalement la phrase : «Je garde les rouges pour la fin.»?3 Quel est le nom du premier des deux robots à s'être posé sur la planète rouge en janvier 2004?4 Quel est le nom de l'équipe professionnelle de baseball qui évolue à Cincinnati?5 Quel homme politique québécois, fondateur du journal Le Devoir, a-t-on surnommé le castor rouge?E- GALAS TÉLÉVISÉS 1 Animé depuis quelques années par Guy A.Lepage, à quel gala récompensant la musique et le spectacle au Québec remet-on les Félix?2 Quel gala de cinéma américain considère-t-on généralement comme un avant-goût des Oscars?3 À quelle chaîne de télévision associez-vous l'Antigala animé par l'humoriste Patrick Groulx?4 Quel est le nom du gala récompensant les gens de la télévision où les gagnants sont choisis par les gens du public qui peuvent voter en allant faire leur épicerie?5 Dans quelle industrie évolue celui ou celle qui remporte un Grammy?F- ÉNERGIE 1 Comment appelle-t-on une centrale qui produit de l'énergie à l'aide de la force des marées?2 À quelle fréquence FM pourrezvous entendre la station Radio Énergie à Montréal?3 Quel est le nom de la seule centrale nucléaire au Québec située dans la ville de Bécancour?4 Quel est le nom de l'appareil qui transforme de l'énergie mécanique en énergie électrique?5 Quel village gaspésien, au nom félin, est célèbre pour ses éoliennes?G - LÉGUMES 1 À Bruxelles, ils sont petits et verts, mais chez les Rôtisseries St-Hubert, on les retrouve dans une vinaigrette crémeuse ou traditionnelle.2 Quelle partie de la plante bisannuelle appelée carotte consomme- t-on?3 Quel légume rouge mélange-ton avec le chou pour obtenir du bortsch?4 À quelle famille de plantes appartiennent le concombre, la courge et le melon?5 Quel légume, apparenté à l'oignon, se compose d'un bulbe blanc allongé suivi de longues tiges vertes?H- ASSOCIATIONS Associez la citation à celui qui l'a prononcée 1 À la guerre «.» il n'y a pas de gagnants, il n'y a que des perdants 2 L'État, c'est moi! 3 Prolétaires de tous les pays, unissez-vous 4 L'exactitude est la politesse des rois.5 Dites à votre général que je lui répondrai par la bouche de mes canons A Louis XVIII B Frontenac C Louis XIV D Karl Marx Célèbre physicien E Arthur Neville Chamberlain GEN08FR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Ce soir.Télé-Québec, ça change de la télé Le bonheur des riches.17 h À la di Stasio Gâteau chaud pur des Caraïbes, brownies, shooters, granité au café.21h Durocher le milliardaire Comédie cynique de Robert Gravel.Trois cinéastes se retrouvent dans un château confrontés au bonheur d'un milliardaire.Choco, chocolat.3161700A ARTS ET SPECTACLES CÉLÉBRITÉS.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?CELEB_08FR JOYEUX ANNIVERSAIRE À JACQUELINE DE TILLY-TREMBLAY Qui a célébré ses 80 ans le 4 février 2004.À une mère jeune de coeur et d'esprit, dont les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants sont tous fiers.Nous t'embrassons très fort.Ta famille et Oncle Florent MUSIQUE Inégal Buck 65 PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Drôle de soirée vendredi au Club Soda, au cours de laquelle Rich Terfry (Buck 65) s'alliait aux Vaudevillains, clownesque formation d'origine montréalaise, selon quelques infos glanées ça et là durant le concert.Car à défaut de savoir capter notre totale attention, la prestation présentée ce soir-là alimentait les discussions : « Il se passe quoi, là ?» « C'était bon, Talkin' Honky Blues, hein ?» « T'as vu, on dirait que tout le monde a son trucker hat Buck 65.» Soyons franc, n'eût été la flopée de chansons inédites présentées durant le concert, nous aurions été vraiment déçus.Terfry a deux formules de concert : avec ou sans musiciens.Lors du concert au Campus en septembre dernier, les musiciens y étaient.La magie aussi : les dimensions blues et folk de l'album Talkin' Honky Blues prenaient alors tout leur sens dans la démarche de Terfry.Du point de vue de la prestation live, Buck 65 damait alors le pion au son Southern des Bubba Sparxx et consorts qui, eux, n'arrivent pas à élaborer une performance à la hauteur des influences bluegrass dont ils se réclament.Mais un échange avec l'imprésario de Buck 65 nous a rassurés : la formule avec musiciens, on y retravaille.La prochaine fois, peut-être aurons-nous la chance de goûter de nouveau cette savoureuse prestation qui nous avait émerveillés la fois précédente.Remarquez, même sans groupe, Buck 65 sait aussi mettre le public dans sa poche.Pour vous en convaincre, promenez votre souris à cette adresse : bbc.co.uk/dna/collective/A1172846.Vous y trouverez la captation vidéo d'un concert présenté à Brighton en septembre dernier.Amusant, drôle, simple et captivant.Tout ce que nous espérions du concert de vendredi dernier.Pour que ça marche cependant, toutes les conditions devaient être réunies : bon son (ce qui n'était pas tout à fait le cas au Club Soda), ambiance intimiste (là aussi, ça n'y était pas exactement), écoute attentive du public (au début, ça y était), et un artiste en verve.Vendredi, Buck 65 jasait moins, mettant de côté son talent manifeste d'entertainer pour laisser la scène aux Vaudevillains.Forcément, ça donne un spectacle décousu.Quelques chansons interprétées à l'aide d'une bande préenregistrée sur Mini Disk branché à son mixer, dont il se servait, ainsi que d'une platine, pour faire ses scratches.Et entre ces chansons, un numéro des Vaudevillains au lieu de ses amusantes digressions.Ils étaient drôles, les Vaudevillains, mais un brin amateurs.Ce qui les rendait encore plus drôles, mais lassants à la fin.Pensez aux défunts Foubracs, l'inventivité en moins.Gauches numéros de jonglerie, un numéro de claquettes par-ci, un séance d'harmonies vocales à la Barbershop ou Four Freshmen par-là, une chanson de Buck 65, et ainsi de suite pendant deux bonnes heures.Même Terfry semblait fatigué.Les nombreux déplacements, sûrement, comme il a pris la peine de le noter en ouverture de concert.Pas tellement fatigué dans la voix, qu'il avait aussi écorchée que sur disque (faites toutes les analogies avec Tom Waits que vous voudrez, elles seront justifiées), mais fatigué dans la prestance, dans ce personnage qu'il se plaît généralement à présenter aux fans et qui semble masquer énergiquement toute la sensibilité de ses textes, pas toujours jojo.Faudrait mettre un psy là-dessus : je suis certain qu'il aurait un tas de théories sur ce Jean-qui-rit-davantage-sur-scène qu'il ne pleure sur Talkin' Honky Blues.Enfin.Le public était au rendez-vous, et les fans francophones ont davantage répondu à l'appel qu'en septembre dernier.On leur souhaite un meilleur prochain concert de Buck 65, avec l'assurance que les musiciens seront de la tournée.Faudrait mettre un psy làdessus : je suis certain qu'il aurait un tas de théories sur ce Jean-qui-rit-davantage-surscène qu'il ne pleure sur Talkin' Honky Blues.3198682A Le 14, on se donne des airs Des airs\u2026 et des disques ! Achetez un disque d'un artiste québécois pour la Saint-Valentin et recevez gratuitement une boîtecadeau pour offrir ce disque à la personne aimée.Pas besoin de carte ou d'emballage: vous pourrez y écrire le message de votre choix ! À la Saint-Valentin, soyez original! Offert chez les disquaires participants : Archambault, HMV, les Librairies Renaud-Bray, Music World et Musigo.Boîte-cadeau offerte jusqu'à épuisement des stocks.Quand on aime la musique pour vrai LA COPIE, NON MERCI.3199558A LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter FANTASMES AU FÉMININ PAGE 8 Nouvelles complètes Henry James \u203a Nouvelles FFFF PAGE 10 Table rase Louis Lefebvre \u203a Roman FFF 1/2 PAGE 10 Quatres soeurs Malika Ferdjoukh \u203a Jeunesse FFF 1/2 PAGE 11 Le Québec et la guerre Jean-Marie Fallu \u203a Histoire FFF PAGE 10 LA LITTÉRATURE AU CINÉMA MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir CINÉMA en page 8 u'ont en commun Nathalie Petrowski, Patrick Sénécal et Marcel Talon, braqueur de banque?Ils ont écrit des livres.Des romans, des récits autobiographiques qui bénéficieront d'une seconde vie, ces prochains mois, grâce à la sortie en salle de leur adaptation au cinéma.Tout comme Germaine Guèvremont et son Survenant; comme Un été à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche; 5150, rue des Ormes, Le Passager ou Les Sept jours du Tallion, de Patrick Sénécal; La Brèche, de Marie-Sissi Labrèche; La Peau blanche, de Joël Champetier; Chercher le vent, de Guillaume Vigneault ou Le Goût des jeunes filles, de Dany Laferrière.Une seconde chance, c'est une occasion inespérée pour un écrivain, à une époque où les «nouveautés» ont une vie en librairie terriblement courte\u2014«trois ouquatremois, estime Yves Guillet, propriétaire de la librairie Le Fureteur, à Saint-Lambert, et viceprésident de l'Association nationale des libraires.Après quoi, on retourne les invendus à l'éditeur, faute d'espace.» Il faut donc savoir tirer profit de cette manne inespérée.Et dans ce domaine, les gens du livre savent se serrer les coudes.Éditeurs, distributeurs, libraires, travaillent de concert avec les producteurs pour profiter de l'intérêt médiatique que suscite la sortie d'un film.«Quand un film adapté d'un livre prend l'affiche, explique Carole Morency, directricedescommunicationschez Renaud- Bray, les fournisseurs vont nous appeler, les représentants vont venir nous voir, nous parler de promotions.On va alors faire des «mises en place» spéciales.Tout le monde se concerte, on profite tous du battage médiatique.» «On essaie de maximiser l'impact, explique Johanne Guay, PDG des éditions Stanké et Libre expression, qui relancera, à l'occasion de la sortie du film Monica la mitraille, labiographie romancée de Georges- Hébert Germain intitulée Souvenirs de Monica.On y voit tous notre intérêt».Car si le film est un succès, l'impact sur les ventes du roman est à l'avenant.Le cas d'Un homme et son péché en est un exemple éclatant.«Comme c'est un roman beaucoup étudié dans les écoles, raconte Johanne Guay, on en vend environ 10 000 exemplaires par année.Or l'an passé, année de la parution du film de Charles Binamé mettant en vedette Pierre Lebeau, Roy Dupuis et Karine Vanasse, nous en avons vendu autour de 50 000!» Même phénomène observé chez l'éditeur de Chrystine Brouillet.«Quand Le Collectionneur a paru, en 1995, explique Louise Mongeau, responsable des communications à La Courte Échelle, nous en avons vendu 25 000 exemplaires.À la sortie du film, en 2002, nous avons réimprimé le roman avec une nouvelle couverture.Nous en avons alors vendu 15 000 de plus!» L'automne dernier, quand le film Sur le seuil a pris d'assaut les salles, aux éditions Alire, on était fin prêt.Effet boomerang LECTURES ENTREVUE Shan Sa: un bruissement sur la montagne STÉPHANIE BÉRUBÉ « Je suis sans domicile fixe.Une nomade qui a ses propres racines et qui porte en elle plusieurs cultures, dit Shan Sa, en pesant ses mots.Je crois que c'est bien d'être étrangère partout.On a toujours suffisamment d'intérêts et de détachement.L'auteure chinoise Shan Sa, un nom qu'elle a choisi et qui signifie le bruissement du vent sur la montagne, était de passage au Québec la semaine dernière.Quiconque s'intéresse à la littérature le sait déjà, puisqu'on lui a réservé le traitement royal.Plus d'une douzaine d'entrevues en trois, quatre jours.On l'a vue à la télévision, entendue à la radio.Car l'auteure qui vit en France depuis une quinzaine d'années s'exprime parfaitement en français.Elle a d'ailleurs décidé d'écrire ses romans dans la langue de Molière, même si cela lui demande un effort considérable.« Écrire est un combat », tranche-telle.Écrire dans une langue étrangère ne rend pas les choses plus faciles.Ça lui a néanmoins permis de trouver un style qu'elle aime.Shan Sa est fière de sa précision dans l'écriture, ce qui est possible, croit-elle, précisément parce que le français n'est pas sa langue maternelle.Lorsqu'elle met un mot sur une feuille, il a été minutieusement choisi.« J'écris sur le fil de tranchant, explique-t-elle.Mon écriture est très précise, très économique.Un auteur qui met trois pages pour écrire une scène, moi, je mets cinq lignes.» Un style passionné Il y a aussi que la belle auteure a du métier.Vingt-sept années, précise- t-elle.Shan Sa a 31 ans.En Chine, très jeune, elle écrivait de la poésie.Des recueils de ses poèmes ont été publiés.Maintenant elle écrit de la poésie pour elle, et des romans pour le public.Son livre La Joueuse de go, publié en 2001, a été très, très bien reçu, a récolté plusieurs prix et s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires en France.Son dernier roman, Impératrice, paru l'automne dernier, aurait déjà vendu autant dans l'Hexagone.D'où vient cet engouement ?« Je pense que ce succès n'est pas accidentel, dit-elle, très simplement.C'est plutôt un engouement pour cet univers que je crée.C'est un attachement à mon style d'écriture, à ce style de roman passionné.» Impératrice est un roman important pour Shan Sa.Très important.Elle voulait depuis toujours raconter, à sa façon, l'histoire de cette femme portée au pouvoir par un détour du destin.Une femme à la fois fragile et forte.« C'est à la fois une beauté et un monstre, avoue l'auteure.Elle a fait le monde et le monde l'a faite.C'est le propre du pouvoir, de savoir donner la vie, la fortune et de savoir retirer la vie, la fortune.L'histoire se passe au VIIe siècle, dans la Cité interdite de Pékin.Et au XXIe, à Paris.Car entre la vie de cette impératrice déracinée et celle de Shan Sa, les croisements sont nombreux.« Elle a été dès l'enfance arrachée à son destin de femme ordinaire où à 12 ans, il faut se marier, à 14 ans, enfanter et à 30 ans, on devient grand-mère.Dès l'enfance, elle a été projetée dans la Cité interdite, qui est une prison pour les femmes.Où il y a un homme pour 10 000 femmes.Elle a su se faire une identité alors qu'on lui demandait de ne surtout pas avoir d'identité.J'ai pu la comprendre parce que lorsque je suis arrivée en France, après Tiananmen, j'étais dans un pays étranger.Ce n'était pas mon pays, pas mon destin.J'étais dans une société codée.C'est moi qui était l'étrangère sans identité.On ne s'intéressait pas à la Chine.J'étais une immigrée.C'est arrivé à elle, c'est arrivé à moi.Et quand j'ai commencé à écrire dans la langue française, je voulais crier : écoutez-moi ! » Et on l'a écoutée.« En chinois, je récris tout » Les histoires de Shan Sa ont été traduites en 22 langues jusqu'à présent.Dont en chinois, sa langue maternelle.« En chinois, je récris tout le livre, après que le traducteur a fait son travail.On y perd un peu de la poésie de la langue française.Mais ça donne une énergie nouvelle.Le roman est plus sauvage en chinois, plus raffiné en français.» Les livres de Shan Sa ne sont pas vendus par tous les libraires de la Chine continentale.Porte de la Paix Céleste, par exemple, cette histoire ayant pour cadre la place Tiananmen au printemps 1989, est vendue à Taiwan et à Hong Kong, mais pas à Pékin ni à Shanghai.Et son Impératrice impitoyable ?Son histoire sera-t-elle vendue partout en Chine ?L'auteure croit que oui.Car lorsqu'elle va faire de la promotion en Chine, elle est très bien reçue.Comme une Chinoise qui n'a jamais quitté son pays.Le prochain livre de Shan Sa se passera à la fois en Chine et en France.« Je vais plutôt donner une vision occidentale de la Chine », dit-elle.Cette histoire, elle en parle très peu.Sûrement par prudence, puisque l'auteure a été prise dans une tempête juridique l'année dernière au moment où elle a annoncé qu'elle changeait d'éditeur.Grasset prétendait avoir la paternité du livre à venir, Shan Sa a plaidé la liberté de choix des auteurs.L'histoire a été amplement médiatisée en France et l'écrivaine a trouvé cette expérience sous les projecteurs bien pénible.Alors maintenant, elle est plus discrète lorsque vient le temps de parler de ses histoires en gestation.Mais le prochain livre, ce n'est pas pour demain.Chaque histoire, Shan Sa la porte en elle pendant des mois.Parfois des années.« Je prends des notes, je me documente.Je me nourris.» Ensuite, vient la phase des faux romans.L'auteure écrit des livres pour elle.« Durant ce processus, l'histoire change.Finalement, je ne me rends jamais à l'endroit où je croyais d'abord aller.» Puis, au moment de l'écriture du roman, du vrai roman, tout est très condensé.Intense et douloureux, dit-elle.Pour accoucher d'un livre, l'auteure s'astreint à un rythme essoufflant.Elle écrit quinze heures par jour, de la première à la dernière ligne.Pour créer une énergie unique.Presque violente.Mais essentielle.J'ai besoin d'écrire.Si je n'écrivais pas, je pense que je ferais un enfant.Il faut porter quelque chose en soi.» PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © « J'ai besoin d'écrire.Si je n'écrivais pas, je pense que je ferais un enfant.Il faut porter quelque chose en soi », conclut Shan Sa.Et «rejaquettons» le livre! CINÉMA suite de la page 7 L'automne dernier, quand le film Sur le seuil a pris d'assaut les salles, aux éditions Alire, on était fin prêt.« Le roman se vendait déjà bien, explique l'éditeur Jean Pettigrew.Mais on a décidé d'en réimprimer 7000 exemplaires en grand format.Non seulement on les a pratiquement tous vendus, mais en plus, on a vendu autour de 10 000 exemplaires du petit format.» Et ça pourrait bien ne pas s'arrêter là.« Les droits de remake ont été achetés par ceux qui ont acheté The Ring aux Japonais.Sans révéler de chiffres, je peux vous dire qu'ils ont payé plus cher pour Sur le seuil ! Si le remake américain sort chez nous, on pourra peut-être refaire un tirage avec l'affiche de leur film.» Une « remise en vente » Fort de cette expérience, Alire prépare déjà la relance de La Peau blanche, de Joël Champetier.Quand l'adaptation cinématographique signée Daniel Roby prendra l'affiche en mars, l'éditeur fera un nouveau tirage gand format de ce très bon roman fantastique paru en 1997.« Quand un long métrage tiré de l'un de nos romans sort, on se coordonne avec les producteurs et distributeurs, explique Pascal Assathiany, directeur général de Boréal, éditeur de Maman last-call, de Nathalie Petrowski, ce récit autobiographique adapté par l'auteure et le réalisateur François Bouvier (dont le superbe long métrage, Histoires d'hiver, était aussi tiré d'un livre).On « rejaquette » le livre avec une photo de plateau ou avec l'affiche, on envoie du matériel aux libraires, on fait des vitrines, c'est vraiment ce qu'on appelle une remise en vente, explique l'éditeur.Si le film marche bien, ça a un effet direct sur le livre.On trouve alors un nouveau lectorat.» Mais si le film ne connaît pas de succès, les résultats sont pratiquement nuls.Du temps qu'il était directeur de VLB éditeur, Jacques Lanctôt a vendu les droits d'excellents romans qui ont malheureusement fait des films, au pire, médiocres, au mieux, très moyens.Souvenez-vous de Tinamer, tiré de L'Amélanchier, de Jacques Ferron ; de Coyote, adapté du roman de Michel Michaud, ou de Comment faire l'amour avecun nègre.de Dany Laferrière.« Évidemment, explique l'éditeur, qui a récemment vendu les droits d'adaptation de Les Nuits tomberont une à une, de son frère François Lanctôt, et de Haine-moi !, de Paul Rousseau, l'impact des films a été minime.» La vie après la mort Paru à l'automne 1996 dans l'indifférence générale, Et que ça saute, le récit autobiographique de Marcel Talon, ex-truand reconverti en délateur, bénéficiera lui aussi d'une seconde vie.Rebaptisé Le Dernier Tunnel, mettant en vedette Michel Côté dans le rôle de Marcel Talon, ce « bandit high tech », ainsi que le surnommait Yves Boisvert dans La Presse de juillet 1994, année de sa capture, ce récit autobiographique sera réimprimé par Stanké pour le lancement du film, en mars.C'est Érik Canuel (La Loi du cochon, Nez rouge) qui en assurera la réalisation.Le même Érik Canuel qui réalisera un monument de la littérature québécoise : Le Survenant, de Germaine Guèvremont.La littérature québécoise bénéficie- t-elle de l'engouement du public pour le cinéma québécois ?« Pour moi ça ne fait pas de doute, affirme Yves Guillet.Le cinéma aide le livre.» Mais l'inverse est aussi vrai.Pour les producteurs, le fait de travailler avec, comme base, un roman, est aussi un atout.« Surtout si on adapte un livre qui a eu du succès, évidemment, précise la productrice Nicole Robert, de chez Go film, qui a produit Sur le seuil, et qui prépare l'adaptation de Cheech, la pièce de théâtre de François Létourneau, avec Patrice Sauvé (La vie, la vie, Grande Ourse) à la mise en scène.On part alors avec une convergence promotionnelle intéressante, explique-t-elle.Ça ne rend pas l'adaptation plus facile, ce n'est pas parce que le roman existe qu'il y aura moins de travail à faire, mais on a une histoire qui est écrite, un auteur, des personnages, des décors, on a donc une base, et c'est un atout quand il s'agit d'aller chercher du financement et de convaincre des gens.» Et si le film est à son tour un succès, ça rejaillit sur le livre.Acheter n'est pas lire L'industrie de l'édition y trouve donc son dû, c'est clair.La littérature avec un grand L y gagne-t-elle pour autant ?C'est une autre question, moins facilement vérifiable.Comme disait le féroce Pierre Jourde dans La Littérature sans estomac (Presse Pocket, collection Agora), « acheter n'est pas lire ».Et il y a fort à parier que les gens qui ont découvert Un homme et son péché grâce au film de Charles Binamé abandonneront en cours de route leur lecture du roman de Claude-Henri Grignon.Parce qu'ils ne reconnaîtront pas du tout Roy Dupuis sous les descriptions du pâle (et très secondaire) personnage d'Alexis.Que, de toutes façons, il n'y a pas la moindre histoire d'amour entre Alexis et la fidèle Donalda.Et que le roman est aussi aride et sec que le film était romantique et sentimental.P.S.: Il y a les livres que l'on adapte pour le cinéma, mais il y a aussi le le phénomène inverse : les scénarios que l'on publie.Lanctôt éditeur a publié plusieurs scénarios, dont L'Ange de goudron, de Denis Chouinard.Quant aux Invasions barbares, le scénario de Denys Arcand publié aux Éditions du Boréal est en train de battre un petit record.« Habituellement, ce genre depublication ne se vend pas, explique Pascal Assathiany.Or nous en sommes à 6000 exemplaires, ce qui est déjà exceptionnel.» Et si Denys Arcand remporte le prix du meilleur scénario aux Oscars, ça devrait continuer.P.P.S.: Il y a les livres que l'on adapte pour le cinéma, les scénarios que l'on publie, et les hybrides.Le cinéaste Claude Fournier a commencé par écrire un roman, Je n'aime que toi, il y a trois ans.« Son travail de cinéaste l'avait forcé à abandonner, peut-on lire en quatrième de couverture du livre publié chez Lanctôt éditeur (qui y joue d'ailleurs un rôle).L'automne dernier, il eut envie de mutation : transformer en scénario le roman inachevé.» Et mettre un point final à l'un et l'autre.Au moment où le film mettant en vedette Noémie Godin-Vigneau et Michel Forget paraissait en salle, le roman gagnait les librairies.Le résultat ?On pourrait dire, à la suite de Magritte et des pubs de Desjardins, « ceci n'est pas un roman ».C'est un embryon de roman.C'est un scénario remplumé.Un calque du film.Mais le livre, à notre humble avis, est un peu meilleur que le film. LECTURES Femmes et fantasmes Au Québec comme ailleurs, de plus en plus de femmes trempent leur plume dans l'encre sulfureuse de la littérature à connotation sexuelle.Mode passagère ou phénomène de société ?PASCALE MILLOT COLLABORATION SPÉCIALE «Oui, la vie m'a traversée, je n'ai pas rêvé, ces hommes, des milliers, dans mon lit, dans ma bouche, je n'ai rien inventé de leur sperme sur moi, sur ma figure, dans mes yeux, j'ai tout vu et ça continue encore, tous les jours ou presque, des bouts d'homme, leur queue seulement, des bouts de queue qui s'émeuvent pour je ne sais quoi car ce n'est pas de moi qu'ils bandent.Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, voilà le début de Putain, de Nelly Arcan, paru en 2001 et récemment réédité en livre de poche.Ce lancinant récit d'une prostituée qui enfile des clients à la chaîne dans un meublé de l'avenue du Docteur-Penfield est porté par une des voix majeures de cette nouvelle génération de femmes qui s'aventurent, la plume alerte et l'esprit libre, sur ce terrain qui leur fut longtemps interdit : la mise en scène et en mots de la sexualité féminine.En France, les prises de parole violemment impudiques de Catherine Breillat (Romance), Virginie Despentes (Baise-moi), Catherine Millet (La Vie sexuelle de Catherine M) ou Christine Angot (L'Inceste) ont fait du bruit dans les salons et sur les plateaux de télé.Au Québec, elles s'appellent Nelly Arcan, Marie-Sissi Labrèche, William St-Hilaire, Lyne Dunberry, Marie Gray, Renée Robitaille, Ariane Fyfe (dont le premier recueil érotique paraîtra en avril aux Éditions de Mortagne).Elles ont (presque) toutes moins de 40 ans et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ne craignent plus d'appeler une chatte une chatte.« Je veux boire et baiser à tout rompre.Je veux être la plus traînée des traînées.Je veux que tu m'encules, que tu m'attaches », ordonne un des personnages de La Femme papillon, de William St- Hilaire.Et cette drôle de Marie- Kiki dans La Brèche qui annonce ses couleurs : « Je suis la fille d'une folle et d'un voleur de banques (.), la fille couchée nue à côté de lui, les jambes ouvertes jusqu'aux oreilles, la fille qu'il doit pénétrer, baiser, fourrer, enfiler à lui en défoncer le col de l'utérus, mais ça ne marche pas, sa queue ne veut pas de ma brèche (.).» « Mon but n'est pas de provoquer, dit pourtant l'auteure, Marie- Sissi Labrèche, mais de mettre le doigt sur le non-dit.Pour moi, la sexualité n'est pas un tabou et j'en parle crûment, car c'est aussi naturel que de parler de cuisine.Elles ne sont pas les premières : avant elles, Alix Renaud (À corps joie) Claire Dé (Le Désir comme une catastrophe naturelle), Anne Dandurand (La Salle d'attente) ou Jeanne Leroy (La Zébresse) avaient posé les pieds dans ce champ sulfureux.Mais elles semblent aujourd'hui plus nombreuses que jamais.Il y a les gentils fantasmes de Marie Gray, les couples pleins d'audace de Lyne Dunberry, les libertins et autres « laboureurs de sillons mouillés » de Renée Robitaille dont les délicieux Contes coquins pour oreilles folichonnes viennent d'être réédités.Il y a les super women cochonnes de William St-Hilaire, reines de la fellation dans les embouteillages, l'héroïne tragi-comique de Marie-Sissi Labrèche qui ouvre les jambes pour faire taire son mal de vivre et la putain de Nelly Arcan qui vomit les hommes et sa mère.Une riposte Bref, dans toute cette joyeuse (et moins joyeuse) diversité se dessine une tendance qui révèle davantage que l'émergence d'un genre jusqu'ici peu pratiqué au Québec.« Il a fallu du temps avant que les femmes investissent la littérature érotique.C'est à mon avis un effet lointain du féminisme, estime Lori Saint-Martin, professeure de littérature à l'université du Québec à Montréal.Pendant longtemps, les femmes n'ont pas pu écrire sur la sexualité.Le faire aujourd'hui est une façon de renverser la situation, une riposte.» Une riposte qui prend différentes formes.Ainsi, si Nelly Arcan parle de sexe, c'est pour mieux dénoncer l'aliénation à laquelle il nous soumet.« Aujourd'hui, la sexualité est un enfermement, un symptôme du narcissisme ambiant, une façon de se faire valoir.Tu allumes la télé, tu regardes les magazines de mode, tu écoutes les conversations dans les cafés, et il y a de fortes chances pour que tu entendes parler de sexe.Dans mon livre, je pose la question : quelles sont les conséquences d'une société où on fait un tel étalage.Quand il n'y a plus ni religion ni morale ni barrière intérieure pour baliser la sexualité, on assiste au retour du babouin, de ce qu'il y a de plus primitif en l'homme.Et je ne pense pas que cet étalage signifie une intimité plus grande entre les hommes et les femmes.Au contraire, nous vivons dans une société de branleurs où les gens pratiquent le sexe seul.» Ironie du sort : l'écrivaine participe en quelque sorte à la commercialisation qu'elle dénonce.Son éditeur, Le Seuil, a en effet choisi, pour illustrer la version en poche de Putain, une image très suggestive qui devrait attirer un public plus intéressé aux histoires de fesses qu'à la névrose d'une étudiante enragée : on y voit une jeune femme en petite tenue glisser la main dans sa culotte.« Je n'étais pas d'accord, mais je n'ai pas vraiment eu le choix, explique l'écrivaine de 29 ans.Ceux qui achètent mon livre en espérant y trouver une quelconque excitation sexuelle risquent par contre d'être plutôt désappointés ! » Si Nelly Arcan veut dénoncer plus qu'exciter, d'autres, comme Marie Gray, alias Marie-Claire Saint-Jean, avouent sans fausse pudeur des motivations bien différentes.« Beaucoup de mes lecteurs achètent mes livres dans le but de retrouver une certaine intimité sexuelle, d'avoir accès aux fantasmes des autres, de se redonner de l'imagination.Ce sont des stimulants qui peuvent remplacer les films ou les objets érotiques.Et ça marche ! Ses Histoires à faire rougir (Guy Saint-Jean éditeur) se vendent comme des petits pains chauds (275 000 exemplaires pour les cinq tomes) et sont souvent lues à quatre mains par des couples qui fréquentent davantage les sex-shops que les librairies.« Il y a deux sortes de productions littéraires qui parlent de sexualité en ce moment au Québec.L'une est véritablement novatrice.L'autre est au contraire très conformiste.Il n'y a pas beaucoup d'audace à écrire sur le sexe quand on applique des recettes qui reproduisent les stéréotypes sociaux au lieu de les remettre en question », estime Lori Saint-Martin.Il est vrai que certains écrits érotiques actuels ne bousculent pas vraiment les vieux clichés.Au contraire, ils mettent et remettent en scène les éternels fantasmes de la femme dominée et de l'homme.dominant.De la belle en manque d'amour et de l'amant indépendant.Le genre a ses limites William St-Hilaire avoue sans hésiter avoir commencé à écrire des histoires de cul pour tenter de reconquérir son mari parti batifoler avec une autre, plus belle, plus sexy, plus jeune.Elle n'a pas plus sauvé son mariage que si elle avait enfilé porte-jarretelles et talons aiguilles, mais, à quelque chose malheur est bon, elle a réussi un beau petit succès de librairie : ses recueils Banquette, placard, comptoir et autres lieux et Au fond des choses, tous deux publiés chez Lanctôt, se sont chacun vendus à 7000 exemplaires.Reste à voir si sa Femme Papillon, qui vient tout juste de sortir titillera autant de lecteurs.Car le genre a ses limites : les combinaisons ne sont pas infinies, les positions non plus, les registres de vocabulaire pas plus.La plupart des auteures interviewées estiment d'ailleurs que le sexe en littérature, c'est bien, à condition d'en sortir.Lyne Dunberry, auteure du recueil de nouvelles érotiques Jus de fruits (en lice pour le Grand Prix littéraire Archambault) travaille à une histoire d'amour et de trahison où un homme guérit grâce à différentes femmes croisées sur son chemin.« J'ai écrit un livre érotique pour prouver que j'en étais capable, pour me faire connaître et pour le plaisir de jouer avec des mots jouissifs et jubilatoires, explique cette mère de trois enfants, rédactrice et conseillère en communication.Mais après 21 nouvelles, je n'avais plus d'idées.Vous savez, je vis avec le même homme depuis 22 ans.J'ai mis dans ce recueil tout ce que je ne ferai jamais.Maintenant, je veux passer à autre chose.William St-Hilaire vient de publier un petit essai sur le perfectionnisme des femmes, Les Femmes en font trop (Les Intouchables), et Marie Gray jure qu'elle publiera l'année prochaine son dernier recueil de contes érotiques.Marie-Sissi Labrèche, elle, est en train d'écrire un scénario à partir de La Brèche dont l'adaptation cinématographique sera produite par Max Films, et prépare un troisième roman sans sexe (« Si j'y arrive », prévient-elle).Seule Nelly Arcan exploitera de nouveau le côté sombre de la sexualité dans son prochain livre.Parions qu'on en jasera encore abondamment dans les chaumières l'automne prochain.Putain, Nelly Arcan, Points Seuil ; La Brèche, Marie-Sissi Labrèche, Boréal ; La Femme papillon, William Saint-Hilaire, Lanctôt ; Jus de fruits, Lyne Dunberry, Lanctôt ; Histoires à faire rougir (cinq tomes), Marie Gray, Guy Saint-Jean éditeur ; Contes coquins pour oreilles folichonnes, avec CD, Renée Robitaille, Planète Rebelle William St-Hilaire Lyne Dunberry Nelly Arcan PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE © Marie-Sissi Labrèche LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE HISTOIRE Quand Baptiste s'en va-t-en guerre Les aleas de l'ecriture REGINALD MARTEL Le defi est difficile a relever.Louis Lefebvre a ecrit un des grands romans du corpus quebecois, Le Collier d'Hurracan (Quinze, 1990 et Boreal, 2004).C'etait son premier.Apres, on espere un nouveau miracle.Il ne vient pas.Table rase, le troisieme, est un bon roman, point.On y retrouve, dans un contexte geographique bien quebecois cette fois, plutot qu'antillais, un des themes dominants de la premiere oeuvre.Dans les profondeurs de chacun existerait, defi de la nature a la culture, une volonte de puissance et de domination, suicidaire d'une certaine facon puisque la punition est a la cle, qui irait jusqu'au desir de mutiler .et meme de tuer .ses semblables.Une telle folie passe par la tete du narrateur et protagoniste.Il est difficile de croire qu'un homme civilise, plutot maitre de lui-meme malgre quelques obsessions avouables, peut ceder ne serait-ce qu'un instant a une pensee aussi demente.Concedons que l'irritation et l'impatience provoquent parfois des attitudes dont on n'imagine pas la demesure.Marc- Andre Nadeau, ecrivain en panne d'inspiration, s'en va se balader au pays de ses ancetres, l'ile d'Orleans.Il espere y trouver l'etincelle qui embrasera sa ferveur et lui permettra de remonter l'histoire familiale jusqu'au lointain exil de celui qui, croyant partir vers Saint-Domingue, faute de savoir lire le contrat d'embauche s'embarqua sans le savoir pour la Nouvelle-France.Dans l'ile, Nadeau accueille une toute jeune femme qui fait de l'auto-stop.Il ne la trouve pas tres belle, sinon de profil, et il ne la desire pas vraiment.Sa femme l'ayant quitte recemment, il a besoin surtout d'une oreille disponible.La passagere est epatee un peu, pas trop, de rencontrer un ecrivain (il y a de quoi !).Elle lui fait raconter le roman dont lui-meme ne sait pas grand-chose encore.Il invente du mieux qu'il peut, ce qui ne la satisfait pas tout a fait.Elle apprecie son histoire mais l'interrompt sans cesse, pour critiquer les comportements qu'il prete a ses personnages.Il en viendr a , un instant seulement et sans doute inspire par le decor envoutant des chutes Montmorency, a penser l'y jeter.Sous cette querelle anodine se dessine un autre theme du roman, le fosse culturel qui separe les generations.L'ecrivain, qui est dans la trentaine avancee et dont la culture est plutot classique, vit dans le temps de l'Histoire, tandis que la jeune fille est tout entiere occupee par l'instant.Il a cesse de rever, elle ne fait que cela.Elle se voit deja, avec son amant musicien, trouver en Californie le paradis qui lui fera oublier son ile-prison et la mentalite passeiste de la ferme familiale.Ce qui la separe du narrateur attire celui-ci.La jeunesse a la fois exuberante et inquiete de sa passagere .elle a peur d'etre tombee sur un violeur .lui fait prendre conscience de la perte de la sienne, irreparable.Peut-etre le desir lui vient-il ainsi, peu a peu, qu'il taira de peur d'etre rabroue.Sa convoitise est stimulee par ce qui devrait le heurter au moins un peu, le langage vert de sa passagere.Il veut y voir une confiance et une connivence dont il espere secretement etre le seul beneficiaire.Lucide presque malgre lui : C'etait cela, l'amour, et rien d'autre, pensa-t-il, et surtout pas la petite chaleur aux entrailles qui s'apparentait tellement a l'indigestion et a la nervosite.Et rien d'autre ?Voire ! Table rase est tout en contrastes : culture et nature, maturite et jeunesse, desabusement et idealisme, convention et invention ou enracinement et evasion.La saga de l'ancetre, qui refuse de quitter son espace et son temps pour devenir un vrai personnage, vient briser utilement cette dimension duale du roman.La compagne imprevue n'est pas impressionnee pour autant : Bon, desolee.Nous les filles, on veut pleurer quand on lit.Les romans Harlequin, c'est comme les livres de cul pour les gars, c'est juste que ca ne vise pas les memes liquides, mais on a besoin de la meme boite de Kleenex a cote.Roman dans un roman, ce qui n'est pas tres original, Table rase, se demarque par la qualite des reflexions sur les aleas de l'ecriture.Par exemple : A quoi servaient tous ces personnages s'ils ne pouvaient lui murmurer a l'oreille des choses qu'il ignorait ?C'etait pour apprendre qu'il avait voulu ecrire et pas pour raconter des choses qu'il savait deja.On retiendra aussi la construction serree et les dialogues efficaces.Et on oubliera que le narrateur en sait un peu trop sur ce qui se passe dans la tete de personnages tellement peu importants qu'il les congedie des qu'ils ont cesse d'etre utiles.FFF1.2 TABLE RASE Louis Lefebvre Boreal, 186 pages PIERRE VENNAT La participation importante de troupes canadiennes en Afghanistan et la guerre en Irak ont ravive l'interet des Canadiens pour les questions militaires.On l'a constate en novembre dernier alors que le Jour du souvenir et la Semaine nationale des anciens combattants ont connu un regain de ferveur sans precedent depuis la fin de la guerre de Coree et que la vente de coquelicots, embleme de cette commemoration, a battu tous les records.Cet interet a cependant l'inconvenient de donner l'impression que la guerre fut generalement l'affaire des autres, alors qu'il en fut tout autrement, en particulier lors des deux grandes guerres mondiales qui firent leurs ravages au XXe siecle.Quelques historiens ont voulu, ces derniers mois, remettre les pendules a l'heure.Les Publications du Quebec, organisme gouvernemental, ont meme procede, sous la presidence du premier ministre Jean Charest lui-meme, le 11 novembre dernier, Jour du souvenir, au lancement d'un ouvrage, Le Quebec et la Guerre 1860-1954, de l'historien gaspesien Jean-Marie Fallu.L'evenement merite d'etre souligne puisque c'est la premiere fois qu'un gouvernement quebecois reconnait ainsi publiquement l'apport des notres a l'effort de guerre.Simultanement, l'historien Jacques Castonguay, ancien recteur du College militaire de Saint-Jean, rappelle, dans C'etait la guerre a Quebec 1939-1945, paru chez Art Global, que pas moins de 150 000 francophones se sont engages volontairement dans l'armee canadienne entre le 1er septembre 1939 et 1944, au moment du Jour J.Ce qui n'est pas rien quand l'on considere la population totale de Canadiens francais a l'epoque.Comme le souligne toutefois Gravel, quand on s'enrole, c'est rarement pour de grands ideaux.Les raisons evoquees le plus couramment sont davantage d'ordre personnel : le desir d'aventure, le besoin de s'affirmer en dehors du cadre familial et l'attrait de la solde.Ce qui ne l'empeche pas de faire remarquer avec justesse que l'armee canadienne, retranchement ultime du pouvoir, prendra du temps a accepter les francophones.Peu d'ouverture est faite a ces Quebecois dans la marine et l'aviation.A cause de leur langue, on les cantonne dans l'armee de terre, le corps d'armee le plus meurtrier.Le Canada anglais aura du mal a comprendre qu'on ne peut exiger l'egalite de la part des francophones sans leur accorder au prealable l'egalite des chances .Comme le demontrent Gravel et Fallu, beaucoup de choses se sont passees ici meme dans les annees 40, alors que la guerre s'etait transportee sur nos cotes.Le livre de Gravel regorge de photos montrant les victimes de sous-marins allemands qui ont torpille plusieurs navires au large de villages gaspesiens.On a meme arrete un espion allemand a New Carlisle et une torpille allemande avait fait voler en eclat les vitres de plusieurs maisons de Saint-Yvon.Enfin, le livre parle beaucoup des femmes au travail et de l'influence de la Deuxieme Guerre mondiale sur leur emancipation.Castonguay aborde sensiblement les memes sujets, mais rappelle aussi l'important sommet de Quebec qui, en 1943, reunit dans la Vieille capitale Churchill, Roosevelt et Mackenzie King et fut determinant pour la suite des operations alliees.Cela dit, ces deux publications et celles de quelques autres, dont Michel Litalien, historien attache a la direction Histoire et Patrimoine du ministere de la Defense qui vient de publier chez Athena un ouvrage intitule Dans la tourmente, sur l'histoire peu connue de deux hopitaux militaires que les Canadiens francais ont administres en France durant la Premiere Guerre mondiale, rappellent que les Quebecois, loin d'etre tous antimilitaristes ou deserteurs, ont au contraire combattu nombreux depuis la Confederation, que ce soit dans les rangs des Zouaves pontificaux pour la defense du Pape au XIXe siecle ; aux cotes des Britanniques lors de la guerre des Boers en Afrique du Sud ; dans l'armee canadienne lors de la Premiere Guerre mondiale ; dans le bataillon Mackenzie-Papineau lors de la Guerre civile espagnole ; aux cotes des allies durant la Deuxieme Guerre mondiale et celle de Coree et aujourd'hui dans les missions de paix de l'ONU et en Afghanistan.La jeune maison d'edition Athena entend d'ailleurs continuer a publier dans sa collection d'histoire militaire d'autres ouvrages interessants comme ceux parus recemment de Patrick Bouvier sur les deserteurs et les insoumis de la Premiere Guerre mondiale et le Guide du maintien de la paix, du commentateur bien connu Jocelyn Coulon.Comme quoi les recents conflits, malgre leurs degats, auront au moins fait reflechir les Quebecois sur le fait qu'ils ne peuvent vivre en vase clos sans s'interesser a ce qui se passe autour d'eux.FFF LE QUEBEC ET LA GUERRE 1860-1954, Jean-Marie Fallu, Publications du Quebec, 205 pages FFF C'ETAIT LA GUERRE A QUEBEC, Jacques Castonguay, Art Global, 189 pages FFF DANS LA TOURMENTE : DEUX HOPITAUX CANADIENS-FRANCAIS DANS LA FRANCE EN GUERRE (1915-1919), Michel Litalien, Athena Editions, 160 pages LITTERATURE ETRANGERE Des nouvelles de Henry James: il entre dans la Pleiade JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Henry James est-il americain, ou anglais?Grave question qui agita ses lecteurs, tous fanatiques.Nous n'aurons pas la pretention de trancher le probleme de l'ane de Buridan qui, comme on le sait depuis le XIVe siecle, est celebre pour n'avoir pas su choisir entre une botte de foin et un seau d'eau.Il en mourut, le pauvre, de faim autant que de soif.La botte de foin de Henry James, c'est l'Amerique de la Cote Est ou il naquit en 1843, a New York meme, en un lieu de grace d'epoque, Washington Place, ou son ombre passe encore aujourd'hui d'aventure devant les regards de ses admirateurs.Cette Cote Est de laquelle sortit toute vivante, telle l'Eve biblique, la grande societe americaine que Mister Henry James frequenta assidument.Le seau d'eau, c'est l'Angleterre ou il s'exila en 1875.Il y vecut 40 annees, preta serment a la Couronne en 1915 et mourut sujet britannique en 1916, apres avoir recu les honneurs du Roi George.Ses cendres furent alors transportees aux Etats-Unis par les soins de sa veuve, Mrs William James .- clandestinement en raison des complications creees par la guerre a laquelle il avait tant incite l'Amerique a participer.Afin de defendre ce qu'il nommait le cosmopolitisme et la liberte, et contre la barbarie du monde .Il y eut a cette occasion une grande emotion americaine.On ecrivit force compliments a propos des themes et du style singuliers de cet immense ecrivain et philosophe dont on dit qu'il se refusait a satisfaire la demande du public (que c'est gentil, non ?) et que ses romans etaient empreints d'une philosophie particuliere, se terminant souvent abruptement et laissant le lecteur en proie au doute .Le doute, toujours le doute.On vous le disait.Et ses obseques au cimetiere de Cambridge, pres de Boston, prirent soudain la valeur d'un retour symbolique dans une patrie qui lui avait toujours semble limitee.On ne parlait guere de ses nouvelles.Laissons pour une fois les romans a leur soi-disant incertitude.Considerable et merveilleux Cherchons notre bonheur de lecture dans les Nouvelles que l'on vient d'editer au complet et qui font de Henry James un considerable et merveilleux ecrivain.Cet homme a rencontre, aime, frequente, les meilleurs esprits de son temps, en Amerique comme en Europe.Hawthorne, Howells, Adams, Wharton, pour l'Amerique.Stevenson, Meredith, Daudet, Tourgueniev, Conrad, pour l'Europe qu'il a parcourue en tous sens.La liste serait longue, Henry James fut tres vite considere comme un maitre de la nouvelle, et lui, de son cote, s'en allait glaner les pensees et le style de ceux qu'il aimait tant.Tres attire par la France, il fut longtemps l'admirateur de Balzac.Il se disait blotti dans la grande ombre de Balzac, fascine par l'immense assemblage de figures, de passions, d'evenements de La Comedie Humaine , et il avait fait le projet de relater l'abondance vertigineuse du reel .Quel meilleur moyen que la nouvelle pour ce vaste programme ?Il en avait ecrit une bonne centaine en Amerique, elles parurent dans des periodiques, puis quelques-unes en recueil.Il poursuivit son travail de nouvelliste en Europe.Les deux volumes de La Pleiade en contiennent 51.Il y aura un troisieme volume.La voila bien l'abondance vertigineuse du reel.C'est la premiere edition complete, et coherente, d'une oeuvre pointilliste, raffinee, ou le melange des genres et en meme temps l'assemblage forment bien une autre Comedie Humaine.Comment parler d'elles, chacune un bijou ?Tant pis pour les amateurs, on ne resistera pas au plaisir de vous en resumer une : Monsieur revient chez lui.Il ecrit une lettre a Madame pour le lui annoncer.Il arrive de New York, il est a Southampton, il va prendre le prochain bateau et sera la, au Havre, bientot.Madame est folle de chagrin.Elle met au point une combinaison machiavelique pour noyer son mari.Elle envoie un tueur, un marin.Madame a un amant, qui justement se trouve a Southampton et cherche a embarquer pour le Havre.C'est l'amant de Madame qui sera noye, aux frais de Madame.L'absurde camusien est tout entier la, 50 ans avant le Malentendu.C'est ainsi, en petits recits bourres de suspense, que James va decrire le monde victorien qui l'entoure.Un monde dans lequel les Madames s'habillaient pour le diner du soir, meme si elles dinaient seules, tout en concoctant d'affreux crimes.C'est aussi du Fitzgerald, avant l'age, avec beaucoup plus de mechancete.Henry James, l'un des grands ecrivains d'Amerique et d'Europe.Joseph Conrad disait un historien des consciences delicates (a prendre au quatrieme degre, sans doute).A consommer de suite, et lentement, a l'aide de ce bouquet de nouvelles.Les abus n'offrent aucun danger, le plaisir croit avec l'usage.FFFF NOUVELLES COMPLETES, t.1 et 11 Henry James Gallimard, bibliotheque de la Pleiade, Paris.1568 et 1632 pages, avec tout 3204265 l'appareil critique.Pas de t emps pour lir e u n b on r oma n : l a s olution www.livrepa r l a n t .c om . LECTURES Cachez ce sexe aux enfants JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Lors de son passage au Quebec, le Dr Marcel Rufo a touche bien des cordes sensibles et interpelle bien des meres et des peres quebecois.Parions qu'on discute encore dans les chaumieres pour savoir si l'on PEUT ou non poursuivre l'allaitement au-dela de six mois et s'il vaut mieux etre l'enfant d'un homosexuel pudique que d'une heterosexuelle impudique Neuropsychiatre, pedopsychiatre, avec plus de 25 ans de pratique sous le sarrau, Marcel Rufo est un des medecins les plus mediatises de France : il a publie six livres de psychologie pratique, on l'entend regulierement a toutes les tribunes et on vient de lui offrir sur un plateau d'argent, a 58 ans, la creation et la direction de la Maison des adolescents a Paris.C'est un Marseillais passionne, tant pis pour la redondance ! L'homme ne mache pas ses mots, possede un sens aigu de la formule et une bonhomie rassurante.Pardela le titre tres woodyallenien de son livre, Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualite de vos enfants est un guide .plus qu'un manuel .sur le developpement des garcons et des filles.Quelles sont les etapes qui menent a l'individuation et a la constitution de l'identite sexuelle chez l'enfant, de la naissance jusqu'a l'adolescence ?Guide a l'usage des parents qui trouveront la les balises du developpement sexue de leur enfant et surtout des reperes, beaucoup plus que des reponses, dans l'exercice de l'autorite parentale.Faut-il obliger un adolescent a se laver ?Encourager une adolescente a prendre la pilule ?Quel est exactement le role d'un pere par rapport a la mere dans l'education d'un enfant ?Jusqu'ou un parent doit-il faire preuve de comprehension ?Rufo a sa maniere : une quinzaine de chapitres, avec chaque fois, pour chaque sujet, des exemples vecus, des cas cliniques suivis de reponses aux questions frequemment posees : Est-il normal qu'un enfant veuille jouer avec les organes genitaux de ses parents ?Reponse : On interdit aussitot, surtout a partir de 3 ans, au moment de l'entree dans la phase oedipienne.(.) De meme que son sexe est a lui, votre sexe vous appartient et il n'a pas a le toucher, comme vous ne vous autorisez plus a toucher le sien.Je dirais qu'il faut etre pudibond avec ses organes genitaux.Le mieux etant sans doute de ne pas les exhiber devant son enfant.Voila qui a le merite d'etre clair ! Tout l'esprit du livre, ses deux grandes vagues de fond, tient dans cette clarte : etre parent, c'est favoriser la separation d'avec son enfant, donc, eviter de materner, de fusionner, de surproteger.On est tout a fait dans la lignee du poete Khalil Gibran : Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils arrivent a travers vous mais non de vous et quoiqu'ils soient avec vous ils ne vous appartiennent pas.Et puis, deuxieme grande idee : Toute verite n'est pas bonne a dire.Rufo est un adepte de la pudeur.Si on a dit qu'il etait une sorte de professeur Mailloux francais mais avec l'humanite de Janette Bertrand , reste cette difference de taille : il n'est pas du tout en faveur de la transparence absolue, du deballement integral, pas plus que de la nudite devant ses enfants ou des ados qui baisent sous le toit et sous le nez des parents.Plus j'avance, plus je suis convaincu que l'on se souvient d'autant mieux de la tendresse paternelle qu'elle a ete rare, en tout cas un peu reservee, un peu moins demonstrative que celle dela mere , affirme-t-il.Sommes- nous la au coeur d'une importante difference entre la culture quebecoise et francaise ?En tout cas, a la lecture, le fosse entre le pere quebecois et le pere francais est evident.Et vous, ou vous situez-vous sur l'echelle de Rufo ?Dites-le nous en nous ecrivant a clubdelecture@lapresse.ca Vous avez jusqu'au 25 fevrier pour vous exprimer.La meilleure lettre gagnera un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies Renaud-Bray.La semaine prochaine, portrait de nos deux lecteurs du mois qui auront lu Rufo : la comedienne Sophie Faucher, presentement en tournee avec Appelezmoi.maman ! du Theatre juste pour rire et Jean-Francois Martin, professeur en education specialisee.Par ailleurs, le Club de lecture vous invite a venir discuter du livre de Rufo avec le bon Dr Jean-Francois Chicoine, la sexologue Jocelyne Robert et l'auteure et animatrice Denise Bombardier a la librairie Champigny, a 15 h 30, le 22 fevrier.JEUNESSE Une pour toutes et toutes pour une SONIA SARFATI Les quatre soeurs Verdelaine sont cinq.Mais la romanciere Malika Ferdjoukh a joue, a sa maniere, les Alexandre Dumas et a intitule sa serie Quatre soeurs .Quatre soeurs pour quatre romans delicieux destines aux lecteurs ( trices surtout) de 11 ans et plus.Parfois, Enid aurait aime avoir un peu moins de soeurs , commence Enid.Etre fille unique, j'aurai adore , commence Hortense.Parfois, Bettina pensait que si elle n'avait pas eu de soeur, elle ne s'en serait pas portee plus mal , commence Bettina.Genevieve adorait avoir des soeurs , commence Genevieve.En realite, elles sont toutes comme Genevieve.Elles ne se passeraient pas les unes des autres.Et pas seulement parce qu'elles sont recemment devenues orphelines .leurs parents etant morts dans un accident d'automobile.Charlotte, dite Charlie, 23 ans, a abandonne ses etudes en medecine pour s'occuper de cette tribu qui ne deparerait pas dans le paysage de celle des Malaussene de Pennac : Genevieve, 16 ans, qui prend des cours de boxe thaie mais qui le cache a la famille en pretendant qu'elle va garder chez des voisins ; Bettina, 14 ans, qui ne doute pas de sa place dans le monde : elle en est le nombril ; Hortense, 11 ans, qui passe son temps dans les livres .ceux qu'elle lit et celui qu'elle ecrit ; et Enid, 9 ans, qui s'occupe de Blitz et de Swift (un ecureuil et une chauve-souris : on a les amis qu'on a, hein !).Elles vivent dans une grande et vieille maison battue par les vents et plantee au sommet d'une falaise donnant sur la mer.Autour d'elle, outre la menagerie d'Enid, quelques fantomes.Celui qui hante (peutetre) le vieux puits.Et papa et maman, qui apparaissent a l'une, a l'autre.Toujours quand elles sont seules.Resultat : chacune croit etre la seule a les voir.Une note decalee qui donne le ton de l'ensemble, et il n'est pas celui de l'hyperrealisme ou du miroir.En fait, si miroir il y a, il est legerement deformant.Provoquant ainsi des sourires (le serial farceur qui oeuvre dans Bettina est une perle) .mais pas que des sourires.J'ai regarde dans le frigo tout a l'heure.Il y avait des yaourts achetes par maman, des compotes, du riz au lait.des trucs quelle avait achetes avant sa mort.Et j'ai sanglote en pensant que la date de mort de toute cette nourriture arrivait apres celle de papa et maman.Je l'ai imaginee en train d'acheter ces compotes, riz, moutarde, jambon, de verifier les dates de peremption sans se douter qu'ils allaient lui survivre , peut-on lire dans Hortense.Bref, on suit ainsi, du rire aux larmes, de tome en tome, le quotidien des cinq orphelines.Gravitent autour d'elles leurs amis, leurs amours.Leur famille.Le tout est amene par des dialogues piquants (Malika Ferdjoukh est egalement scenariste) et des situations qui auraient pu etre ordinaires sans le vent de folie douce qui souffle sur l'ensemble et le rend irresistible.FFF1.2 QUATRE SOEURS : Enid, Hortense, Bettina et Genevieve Malika Ferdjoukh L'ecole des loisirs (des 11 ans) RETOURNER A : LETTRES QUEBECOISES : 1781, rue Saint-Hubert, Montreal (Quebec) H2L 3Z1 Telephone : (514) 525.95.18 .Telecopieur : (514) 525.75.37 .Courriel : info@xyzedit.qc.ca .www.xyzedit.qc.ca NOM: .ADRESSE : .VILLE : .CODE POSTAL : .TEL.: .CI-JOINT 20 $ POUR UN ABONNEMENT D'UN AN : 4 CHEQUE 4 O 4 A NO : .EXP.: .SIGNATURE : .DATE : .LP Lettres quebecoises la revue de l'actualite litteraire FINALISTE AU GRAND PRIX 2003 DU CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL pour la richesse de son information et la qualite de sa reflexion sur l'actualite litteraire.(Les membres du jury) 3203949A Le premier palmares des lecteurs 1.Yann Martel, L'Histoire de Pi, 24 2.Philip Roth, La Tache, 12 3.E.E.Schmitt, La Part de l'autre, 11 4.Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais, 8 5.Paul Auster, Le Livre des illusions, 8 6.Milan Kundera, L'Ignorance, 6 7.Patrick Senecal, Sur le seuil, 6 8.Henning Mankell, Les Nuits de la Saint-Jean, 5 9.J.K.Rowling, La serie des Harry Potter, 4 10.Guillaume Vigneault, Chercher le vent, 4 DE PALMARES EN PALMARES A partir des coups de coeur de nos lecteurs pour l'annee 2003, le Club de lecture La Presse avait etabli un premier palmares des lecteurs contenant les 10ouvrages le plus souvent retenus (28 decembre 2003).Par la suite, Lectures avait lance un appel a tous pour determiner lequel, parmi les 10 elus remportait la palme.Voici donc le nouveau Palmares etabli a partir des reponses envoyees sur Cyberpresse aux cotes du premier Palmares.Le nombre inscrit corrrespond au nombre de votes recus.A titre comparatif, le troisieme tableau presente le Palmares des ventes chez Renaud-Bray pour l'annee 2003, livres grand format, format de poche et livres jeunesse combines.Le palmares nouveau 1.J.K.Rowling, La serie des Harry Potter, 24 2.Guillaume Vigneault, Chercher le vent, 22 3.Yann Martel, L'Histoire de Pi, 19 4.Paul Auster, Le Livre des illusions,18 5.Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais,18 6.Henning Mankell, Les Morts de la Saint-Jean, 17 7.Philip Roth, La Tache, 17 8.E.E.Schmitt, La Part de l'autre, 8 9.Patrick Senecal, Sur le seuil, 6 10.Milan Kundera, L'Ignorance, 6 Le Palmares Renaud-Bray des ventes pour 2003 1.J.K.Rowling, Harry Potter et L'Ordre du Phenix, 28, 515 2.Yann Martel, L'Histoire de Pi, 16, 655 3.Servan-Schreber, Guerir, 11, 425 4.Arlette Cousture, L'Abandon de la mesange, 8,307 5.Goscinny, Asterix et la rentree gauloise, 7 707 6.Paolo Coelho, L'Alchimiste, 6683 7.E.Laurent, La Guerre des Bush, 5 837 8.J.K.Rowling, Harry Potter and the Order of the Phenix, 5 352 9.J.Spencer, Qui a pique mon fromage, 5 231 10.Brashares, Quatre filles et un jean, 5014 Grand format, format de poche, et livres pour jeunes combines Le nombre qui apparait correspond au nombre d'exemplaires vendus en 2003. 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Admis à la faculté demédecine à l'âge de 17 ans, le titulaire de la nouvelle chaire Spizer en athérosclérose, à 39ans, est une sommité internationale en cardiologie.Le Dr Tardif est aussi directeur du Centre de recherche de l'ICM, l'une des plus importantes institutions de cardiologie du monde, qui fête cette années ses 50ans d'existence.L' PHOTOS ARMAND TROTTIER LA PRESSE© JEAN-PAUL SOULIÉ Institut de cardiologie de Montréal (ICM), la société phar-maceutique Pfizer, les Instituts de recherche en santé du Canada et l'Université de Montréal viennent de créer la chaire Pfizer en athérosclérose.Le nouveau titulaire de cette chaire est un jeune médecin de 39 ans, le Dr Jean-Claude Tardif, cardiologue praticien et directeur du Centre de recherche de l'ICM.Le Dr Tardif est une sommité mondialement reconnue dans le domaine de la recherche en cardiologie.Il dirige une équipe de 40 personnes travaillant sur l'athérosclérose, la principale cause de décès dans le monde.En 1996, 7,2 millions de personnes sont mortes de cette maladie.Au Canada seulement, pour l'année 1993, les dépenses découlant de l'athérosclérose s'élevaient à 8 milliards de dollars.Cette maladie touche des personnes de plus en plus jeunes.En 1997, le Dr Jean-Claude Tardif a signé, avec deux collègues de l'ICM, un article publié dans le New England Journal of Medicine qui présentait une approche novatrice faisant appel à des antioxydants pour traiter l'inflammation des artères, le problème qui est au coeur de l'athérosclérose.En 2002, la revue américaine Time a décrit le Dr Tardif comme l'un des chercheurs les plus prometteurs de la nouvelle génération.Considéré comme l'undes principaux spécialistes mondiaux de la théorie des antioxydants comme facteur de lutte contre l'athérosclérose, le Dr Tardif a été nommé directeur du Centre de recherche de l'ICM, l'une des plus importantes institutions de cardiologie du monde, qui fête cette années ses 50 ans d'existence.La Presse souligne la création de la chaire Pfizer en athérosclérose à l'Uni-versité de Montréal et nomme son titulaire, le Dr Jean- Claude Tardif, Personnalité de la semaine.Né à Montréal, le Dr Tardif a passé toute sa vie à Laval, dans le quartier Saint-Vincent-de-Paul.Son père était dans les assurances, et sa mère est restée au foyer pour élever leurs trois enfants: une fille aujourd'hui institutrice, un fils devenu banquier et le jeune Jean-Claude, qui, dès l'âge de 5 ans, rêvait d'être médecin.À 17 ans, en 1982, il est accepté à la faculté de médecine de l'Université de Montréal et commence ses études à 18 ans.En 1987, il fait sa résidence dans presque tous les hôpitaux de Montréal, puis part pour Boston en 1992 avec sa femme et leurs deux enfants, pour deux années d'études postdoctorales.C'est à la Tufts University de Boston que le chercheur va mettre au point l'Intravascular Ultra Sound Imaging, un procédé qui permet de réaliser de véritables inspections à l'intérieurdesartèresdontlesparoisdurcissent et se sclérosent, entraînant des morts subites, des angines, des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux.En plus de ses activités de cardiologue, de professeur agrégé de médecine à l'Université de Montréal, de chercheur et de directeur du centre de recherche de l'Institut de cardiologie de Montréal, le Dr Jean- Claude Tardif dirige des essais cliniques de grandeenvergurequirassemblentdespatients et des chercheurs de France, d'Espagne, d'Angleterre, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Australie, d'Afrique du Sud, des États- Unis et du Canada.Un de ces projets dispose d'un budget de 50 millions de dollars américains et regroupeàlui seul 4000 patients de 18 à 80 ans, des deux sexes, souffrant de problèmes d'athérosclérose.Considéré comme un bourreau de travail, le Dr Jean-Claude Tardif commence ses journées à 6 h et les termine à 19 h.Il réserve ses fins de semaine à sa famille, sauf quand il est de garde.Il joue aux échecs, au tennis et au ping-pong avec ses fils, qui ont 12 et 14 ans.«Nous avons établi une tradition de repas du vendredi soir au restaurant: nous passons la soirée à discuter, toujours au même endroit, près de chez nous.» «Les gens me voient comme un chercheur, dit le Dr Tardif, mais il ne faut pas oublier que, si je suis devenu médecin, c'est pour aider les malades.La recherche et les découvertes, c'est le but ultime, mais je continue à accomplir des tâches cliniques.Il y a des idées qui germent grâce au contact avec de vrais patients.» «La santé, note le Dr Tardif, ce n'est pas seulement l'affaire des chercheurs et des pilules miracles.Je donne beaucoup de conférences sur la prévention, et je donne des conseils dans mon travail clinique.La prévention devrait commencer très tôt dans la vie.J'ai des enfants qui font très attention à ce qu'ils mangent, parce que nous leur donnons l'exemple.On ne peut pas manger n'importe quoi et compter sur des pilules miracles.» Dr Jean-Claude Tardif «Si je suis devenu médecin, c'est pour aider les malades.La recherche et les découvertes, c'est le but ultime, mais je continue à accomplir des tâches cliniques.Il y a des idées qui germent grâce au contact avec de vrais patients.» "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.