La presse, 22 février 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" SYLVIE MOREAU Le petit train des langues La jumelle des Jutra DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca Je sillonne, depuis une semaine, le Midwest américain (Madison, Chicago, Iowa).Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un papier sur le caucus d'Iowa, ni sur les primaires dans le Wisconsin, quoique je fus souvent à deux doigts de la joyeuse bande à Kerry, Dean et Edwards.J'aurais pu, à un moment, me mêler à eux et faire aussi campagne contre Bush, mais je voulais plutôt séduire les étudiants en littérature francophone de la région.La littérature francophone (tout le monde n'est pas obligé de savoir ces nuances) regroupe les écrivains qui écrivent en français sans être nés en France.On commence à connaître mon opinion sur la francophonie, j'y perçois un relent de colonialisme.Mais comme beaucoup d'écrivains du tiers-monde, j'ai quand même pris le train de la francophonie qui s'arrête à tous les grandes gares du monde.Un écrivain sénégalais, tunisien ou haïtien a beaucoup plus de chance de trouver un traducteur s'il écrit plutôt en français que dans sa langue maternelle.La langue française continue à rayonner dans le monde parce que la France y met le prix (cela coûte un fric incroyable pour être simplement présent sur la scène internationale).Je suis invité à faire cette tournée dans ces universités américaines parce que j'écris en français.Si mes livres étaient écrits en créole, j'aurais moins de chance de voyager.Le train du créole ne va pas aussi loin que celui du français ou celui de l'espagnol, et celui de l'anglais, j'imagine, va encore plus loin que celui du français.Il court, il court, le petit train des langues.Le silence et le bruit Il est possible de faire passer sa nature dans une langue autre que sa langue maternelle.Quand je lis Hemingway dans la traduction française, je sais très bien que je lis une certaine manière d'être américaine.Le fait d'être traduit en français ne fait pas de Miller, de Faulkner, ou d'Hemingway, des écrivains français.Comme Proust sera toujours Proust dans n'importe quelle langue.La langue n'est peut-être pas tout dans une culture, mais c'est quand même sa colonne vertébrale.C'est pour cela qu'elle se retrouve au coeur des plus rudes batailles de notre époque.La conquête n'est définitive que si on parvient à convaincre l'autre que votre langue sera sa seule fenêtre sur le monde.Un monde qu'il ne pourra déchiffrer qu'à travers votre grammaire et vos mots.Car si votre langue est plus reconnue et plus appréciée que la sienne, c'est parce que votre coeur est plus complexe que le sien, et votre nature plus riche que la sienne.Ce qui est faux, car ne pas pouvoir exprimer en paroles un sentiment ne nous empêche pas de ressentir les mêmes émotions que ceux qui ont le don de la parole.>Voir LAFERRIÈRE en 2 Ce soir, lorsqu'on déroulera le tapis rouge au cinéma québécois, Sylvie Moreau s'avancera sur la scène des Jutra en tuxedo, comme une seule femme.Pour la troisième année consécutive, elle sera une animatrice à la fois charmante et baveuse, à la fois comédienne et comique, mais jamais vache ni méchante.Affranchie de la Catherine de l'émission du même nom, pas encore la Jackie Pigeon de Camping Sauvage, elle sera l'espace de trois heures totalement et souverainement Sylvie.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca Une minute avant le gala des Jutra l'année dernière, Sylvie Moreau a perdu l'ouïe.Assise dans le noir sur une chaise droite, elle suivait le décompte final lorsque subitement, tout est devenu étrangement silencieux.Plus un son dans ses écouteurs.Pas le moindre murmure rassurant s'élevant de la salle.Rien.Le vide total et sidéral.Au lieu de paniquer, de crier ou de faire des grands gestes, Sylvie Moreau est restée clouée sur sa chaise sans bouger.Elle a pris une grande respiration, consciente que cette panne de son n'était pas une vraie panne.C'était seulement le trac qui la rappelait à l'ordre.Elle s'est mise à compter mentalement et puis subitement comme par miracle, le son est revenu.Trois, deux, un, et c'était parti.Nimbée de lumière, Sylvie Moreau s'est tournée vers la foule sans que son sourire calme et engageant ne trahisse que l'instant d'avant elle avait cru mourir.Un an plus tard, c'est le même sourire calme et confiant que je retrouve de l'autre côté de la banquette rouge du café Bagel Etc.Le sourire est identique, mais celle qui se cache derrière n'est pas l'animatrice un peu baveuse qui règne sur la Soirée des Jutra depuis trois ans ni l'exubérante nunuche prénommée Catherine qu'elle a incarnée pour notre plus grand bonheur pendant plus de six ans à Radio-Canada.Contrairement à la plupart des actrices douées d'un sens inné de la comédie, Sylvie Moreau n'est pas très comique dans la vraie vie.Ou du moins pas avec les journalistes qu'elle rencontre pour la première fois.Ce décalage entre le personnage public et la fille de chair et de sang est un peu déroutant au début.On s'assoit en s'attendant à un feu roulant de blagues, de remarques acerbes et teintées d'autodérision.On se retrouve face à face avec une femme de 39 ans, posée, sérieuse, qui s'interroge constamment sur le sens de sa vie et qui semble engagée dans une guerre à finir contre la superficialité et l'insoutenable légèreté du showbizz.Malgré le succès de Catherine, qui l'a rendue immensément populaire auprès du public et qui a fait d'elle le plus bel exemple d'un cross-over culturel réussi, Sylvie Moreau est encore décontenancée par sa popularité sinon par la popularité tout court.Mais surtout, elle refuse d'oublier que pendant 10 ans après avoir obtenu son diplôme en art dramatique de l'UQAM, elle a fait du théâtre dans la pauvreté, l'anonymat et la plus grande humilité.« La popularité, c'est ce que je vis le plus comme une étrangeté, affirme-t-elle.Je ne m'y habitue pas.Et surtout je ne comprends pas l'attrait que les gens ont pour les vedettes.C'est capoté, cette démonstration d'amour envers de purs étrangers.Moi, j'en suis incapable.» Pour la groupie et la collectionneuse d'idoles, il faudra repasser.Sylvie Moreau avoue qu'il n'existe pas une vedette au monde, sauf peutêtre Marcel Proust, pour laquelle elle ferait un détour.Sa réserve ne date pas d'hier.« Les artistes sont des humains comme les autres, poursuit-elle.Ils font un travail dont l'enveloppe est spectaculaire, mais c'est tout.Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les gens proches de moi ou alors ceux que je rencontre et que j'apprends à connaître.» Ces gens proches qu'elle évoque sont ses parents, deux enseignants qui sont tous les deux décédés, et ses quatre frères et soeurs, dont sa jumelle identique Nathalie.Pour comprendre d'où vient Sylvie Moreau et où elle va, il faut revenir à sa gémellité, un état de fait qui constitue l'essence même de sa personnalité.« C'est clair que d'avoir eu, dès la naissance, un autre moi toujours à mes côtés, comme un miroir, a été déterminant.Ma jumelle m'a permis de me connaître plus rapidement, d'avoir un sens critique et des opinions plus radicales.Et puis au plan affectif, ça te donne une puissance incroyable.On ne connaît pas la solitude ni l'isolement.On ne connaît que l'amour idéal.Plus tard dans la vie, ça fait de nous des filles plus indépendantes et des amoureuses assez semblables aux gars finalement.» Un seul accroc à ce tableau idyllique : la perte d'anonymat de Sylvie est devenue aussi le lot de sa jumelle, qui est porte-parole pour Bell Express Vue.Souvent confondue avec sa célèbre jumelle, Nathalie ne peut pas aller faire son épicerie sans être accostée par un fan de Sylvie.« Ce que je trouve plate pour Nathalie, affirme sa jumelle, c'est que moi, j'ai choisi de renoncer à mon anonymat.Pas elle.Pourtant, elle doit aussi en payer le prix.» Malgré ces petits inconvénients de la vie quotidienne, Sylvie Moreau ne renoncerait pas à sa gémellité pour rien au monde.De la même manière, elle s'accroche au souvenir de ses parents et les remercie tous les jours d'avoir fait d'elle une femme forte, fonceuse et confiante.Pourtant, elle vient d'une famille moyenne de la rue Dorion, puis de Ville d'Anjou.Ses parents étaient de fervents catholiques qui l'ont obligée à aller à la messe tous les dimanches jusqu'à 17 ans.Sylvie Moreau ne leur en tient pas rigueur même si elle affirme que Dieu est une abstraction dont elle se soucie peu.Une seule chose lui importe aujourd'hui : la ferveur que ses parents lui ont inculquée.« J'ai eu l'immense chance de grandir dans un milieu ouvert, avec des parents qui m'ont donné l'assurance et la confiance en moi et qui m'ont transmis leur ferveur pour la vie.Je me rends compte que souvent les gens sont drivés par une sorte d'insécurité qui débouche soit sur la peur, soit sur des rapports au pouvoir complètement tordus.Moi, le pouvoir ne m'intéresse que dans la mesure où je peux m'en servir pour faire avancer les choses.Pas pour dominer les gens.Quant à la peur, elle n'existe pas dans mon esprit.Je n'ai peur de rien.Ni de l'insécurité matérielle ni de l'insécurité affective.» Elle avouera un peu plus tard dans la conversation qu'en fait, il existe une chose qu'elle redoute plus que tout : la mort.>Voir MOREAU en 6 PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Contrairement aux personnages qu'elle incarne à l'écran, dans la vraie vie, Sylvie Moreau est une femme posée, sérieuse, qui s'interroge constamment sur le sens de sa vie et qui semble engagée dans une guerre à finir contre la superficialité et l'insoutenable légèreté du showbizz.« La popularité, c'est ce que je vis le plus comme une étrangeté.Je ne m'y habitue pas.Et surtout je ne comprends pas l'attrait que les gens ont pour les vedettes.» ARIANE MOFFATT AQUANAUTE 5 MARS AU MÉTROPOLIS En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Par Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 BILLETS EN VENTE MAINTENANT SUPPLÉMENTAIRE! ©photo: Laurence Labat 145 LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE VUE D'ICI PAGE 7 LE CINÉMA QUÉBÉCOIS À LONDRES PAGE 2 ARTS ET SPECTACLES Le cinéma québécois à la conquête de Londres ISABELLE HACHEY LONDRES Mardi soir à Kensington, au coeur du quartier français de Londres.La salle du Ciné Lumière est loin d'être remplie, mais les cinéphiles qui s'y sont donné rendez-vous sont de véritables enthousiastes.Il y a là une poignée d'expatriés québécois, quelques Britanniques, encore plus de Français.« Cet accent, j'adooore », s'extasie une spectatrice française alors que le générique défile à l'écran.« Mais je n'ai pas tout compris.» Il faut dire que le film n'était pas nécessairement à portée des oreilles étrangères au joual : Gaz Bar Blues, l'oeuvre touchante de Louis Bélanger, était à l'affiche dans le cadre de la « Quebec Film Week », une toute première à Londres.Le « nouveau souffle » du cinéma québécois vient d'atteindre les côtes de la Grande-Bretagne.En véritable coup de vent.Grâce à notre année millésime 2003, un nombre record de films québécois seront présentés au cours des prochains mois dans les salles et festivals du pays, de Londres à Édimbourg, en passant par Manchester, Cambridge et Birmingham.Pour la première fois cette année, les Londoniens ont pu se payer une saucette québécoise pendant toute une semaine, avec Les Invasions barbares, Le Déclin de l'empire américain, La Grande Séduction, Gaz Bar Blues, 20h17 rue Darling et Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause.« On voulait faire quelque chose pour marquer la sortie britannique des Invasions barbares.C'est ce film qui a été la locomotive », explique Vincent Mellili, responsable de la programmation à Ciné Lumière, dont la clientèle est en général formée d'environ 70% de Britanniques et de 30%d'étrangers.« Nous avons eu de très bons échos du public.Les gens étaient ravis en sortant de la salle », poursuit M.Mellili, qui voit une « identité culturelle forte » dans le cinéma du Québec, une rencontre entre deux mondes.« Un mode de vie américain, et une manière de le remettre en question très européenne, précise- t-il.Par exemple, le personnage principal de Comment ma mère.me fait penser à un mélange entre Nanni Moretti et Woody Allen.» « Il y a au Québec une nouvelle génération de cinéastes, un jeune cinéma à découvrir, plein d'originalité et de sincérité, avec un sens de l'humour authentique et toutes sortes de questionnements, de l'existence de Dieu à notre rôle dans la société, en passant par la vie de couple et le conflit des générations », peut-on lire dans le communiqué émis par Ciné Lumière.Concurrence féroce En Grande-Bretagne, les collaborations de ce genre avec nos cousins de l'Hexagone sont rares.«Les Français sont nos concurrents », explique Colin Hicks, attaché culturel de la Délégation du Québec à Londres.Des concurrents farouches.« Sur les 20 films en langue étrangère qui ont eu du succès l'an dernier en Grande-Bretagne, 10 étaient français.Ça ne laisse pas beaucoup de place pour les autres, qu'ils soient espagnols, allemands, italiens ou québécois.» En fait, les Britanniques eux-mêmes peinent à se faire une place sur leur propre terrain.« Au pays, la distribution de films est concentrée à 85% entre les mains des Américains, souligne M.Hicks.Même les Britanniques doivent se tailler une place dans les 15% qui restent.Pour arriver à percer ici, il faut non seulement du talent, mais aussi une machine derrière soi.Il faut avoir les moyens.» Les moyens et la patience.« Depuis quatre ans, on envoie des Britanniques à la semaine du cinéma québécois de Paris.Il faut créer des liens avec les gens du milieu, les distributeurs et les responsables de festivals, et ça prend du temps », raconte M.Hicks.C'est un travail de longue haleine, mais ce Britannique amoureux du Québec pense que ses efforts commencent enfin à porter fruits.Après la Quebec Film Week, le cinéma Prince Charles, au coeur du célèbre Leicester Square, consacrera une journée au Québec, mardi.Et plusieurs films québécois circuleront dans les festivals du pays, dont Le Papillon bleu, Sur le seuil, La Turbulence des fluides et La Face cachée de la lune.Mais la promotion de la culture québécoise en sol britannique reste un combat de tous les instants.« Londres est une plaque tournante, une capitale mondiale de la culture », dit M.Hicks.Et tout le monde veut y tenter sa chance.Pas moins de 83 attachés culturels jouent des coudes dans la capitale, qui offre un nombre hallucinant d'événements : 1500 par jour ! « On a le choix, admet M.Hicks.Le problème, c'est qu'on risque toujours de se perdre dans la masse.» Pour que le Québec se démarque, M.Hicks dit jouer sur l'intérêt que suscite un peuple francophone en Amérique du Nord, sorte de «bête bizarre » aux yeux des Britanniques, selon lui.Mais cet intérêt a des limites.La meilleure façon de « vendre » le Québec reste de brandir des porteétendards, ces rares noms québécois qui ont réussi à percer ici \u2014Robert Lepage en théâtre, Yann Martel en littérature, Marc-André Hamelin en musique classique et La La La Human Steps en danse, par exemple.L'invasion de Londres Le porte-étendard du cinéma québécois en Grande-Bretagne, c'est bien entendu Denys Arcand et ses Invasions barbares.Jusqu'à maintenant, toutefois, rares sont les Britanniques qui ont assisté à l'agonie de Rémy : Les Invasions ont bien été présentées au Festival du film de Londres, l'automne dernier, mais le film n'est sorti qu'à la mi-février dans les salles du pays.Les critiques, publiées la semaine dernière, sont plutôt bonnes.Le quotidien londonien The Daily Telegraph souligne que les films de M.Arcand sont « comme lui », c'est-àdire «provocateurs, drôles, sexy \u2014 parfois les trois en même temps\u2014 mais toujours guidés par une quête de compréhension, un désir de donner un sens au monde ».De son côté, The Guardian rapporte que les films d'Arcand soulèvent les passions au Québec.Le Déclin, par exemple, a été considéré chez nous comme un « commentaire sur l'échec des nationalistes de la génération d'Arcand à voir naître une nation mature et responsable », explique le journal à ses lecteurs.En leur renvoyant cette image perturbante, le film a provoqué un débat, « combustible nécessaire à la machine à construire une nation du Québec ».« C'est l'incessant dialogue sur leurs qualités inhérentes, leurs succès et leurs échecs qui permet aux nations sans État comme le Québec d'exister », philosophe le Guardian.Et c'est ainsi que 17 ans après Le Déclin, les Invasions ont « fait couler des gallons d'encre locale à propos de ce que ça peut bien vouloir dire sur l'avenir du Québec à l'ère de la globalisation », poursuit le quotidien.En entrevue au Guardian, M.Arcand s'est défendu de faire des films sur le Québec, expliquant que, dans ces cas-là, « tu finis par te prendre trop au sérieux, et tu deviens une sorte de représentant de cette culture ».Le journal n'en a pas cru un mot : « Le film a clairement beaucoup à dire sur le Québec, dont une bonne part est accessible aux étrangers comme aux Québécois, mais c'est une réponse compréhensible pour un artiste qui pourrait finalement passer du statut d'auteur-maison à celui de gros joueur.» « Il y a au Québec une nouvelle génération de cinéastes, un jeune cinéma à découvrir, plein d'originalité et de sincérité, avec un sens de l'humour authentique et toutes sortes de questionnements, de l'existence de Dieu à notre rôle dans la société, en passant par la vie de couple et le conflit des générations.» LAFERRIÈRE suite de la page 1 Je me demande même si nos émotions ne se perdent pas en intensité quand on cherche trop à en faire des sujets de conversation.Je ne fais aucunement l'éloge du silence, car nous savons bien qu'il n'y a rien de plus oppressant que le silence de ceux qui voudraient bien s'exprimer sans pouvoir le faire.Et le Québec se rappelle l'atmosphère lourde qui suivait les dîners familiaux où le père se taisait au bout de la table.Un personnage qu'on a dû, finalement, changer pour un poste de télévision (Parle, parle, jase, jase).Mais que gagne-t-on à remplacer le silence par le bruit ?La Maison française Ma tournée commence à Madison (plus de 43 000 étudiants) sur une population de 200 000 habitants.L'université aurait bouffé la ville si elle n'était pas la capitale du Wisconsin.Il n'y a qu'aux États-Unis qu'on trouve de ces immenses campus où dès le jeudi soir les étudiants envahissent les bars pour une longue beuverie de trois jours.Je passe à l'hôtel dont la grande majorité des clients sont des invités de l'université.Je monte dans ma chambre, défais ma valise, fais une légère toilette, que déjà le téléphone sonne.On passe me prendre dans 10 minutes pour m'emmener déjeuner au restaurant de l'université, et ensuite à la Maison française, cette jolie baraque tout au bout d'un chemin enneigé.Madison possède le plus grand département de français aux États- Unis avec plus de 60 étudiants préparant leur thèse de doctorat.La Maison possède une trentaine de chambres, une petite bibliothèque (le choix est un peu vieux jeu, très Gallimard de l'après-guerre) et une grande cuisine.Tout se passe en français, m'a glissé le directeur.Je suis toujours étonné de voir avec quelle ferveur ces jeunes Américains se mettent à l'étude de l'une des langues les plus complexes qui soient.Et ces étudiants ne viennent pas forcément de ces riches familles cultivées de Boston qu'on aurait cru les seules à s'intéresser à un produit aussi sophistiqué et luxueux que la culture française.Faire son doctorat en français (littérature, sociologie, histoire), c'est aussi adopter un art de vivre assez coûteux : au moins un voyage en France, un goût sûr pour le Bordeaux, le foie gras et le fromage de chèvre, une fréquentation assidue de restaurants français, qui sont souvent parmi les plus chers en ville, un abonnement à TV5 pour Bernard Pivot, et la découverte de ce plaisir inconnu aux États-Unis : la conversation.Mais les étudiants américains semblent plutôt intéressés par les écrivains sénégalais, camerounais, haïtiens, québécois, algériens, tunisiens, marocains, dont les aventures qu'ils décrivent dans leurs livres racontent notre vie mouvementée d'aujourd'hui.On dirait de nouveaux régiments de soldats frais et dispos (un peu comme les tirailleurs sénégalais durant la Deuxième Guerre mondiale) qui viennent grossir les rangs de l'armée française dans cette longue et harassante guerre culturelle que celle-ci mène ici au coeur même de l'Amérique.Le regard de l'autre J'arriveà Chicago.Confusion.Il y a deux sorties : une pour ceux qui ont des bagages, et l'autre si vous voyagez léger.Naturellement, on m'attendait à la mauvaise sortie.Le moindre inconvénient prend ces jours-ci une proportion démesurée dans un aéroport.C'est qu'on est constamment sur les dents.Vous laissez votre valise à 50 centimètres de vous, et déjà elle se trouve entourée par trois policiers et un chien.C'est à peine si on ne la fait pas exploser.Finalement, en fouillant dans mes poches, j'ai trouvé l'adresse de mon hôtel.Je file directement à l'université.Encore un groupe charmant d'étudiants américains.Décidément, ce pays gagne à être connu.Je parle encore une fois du rapport entre la littérature et la vie.Je ne connais pas d'autre sujet.Si les étudiants ne semblent pas intéressés, j'ai l'impression d'être inutile et vide, mais quand par bonheur leurs yeux s'allument, je me sens tout à coup vivant.L'étrange sensation de n'exister que dans le regard de l'autre.On se demande ce qui arrive à celui qui se regarde, mais peut-on vraiment se regarder, et que voiton quand on tourne le projecteur vers son propre visage ?Ce sont des réflexions (« Mes pensées sont mes catins », dit Diderot) qui nous tiennent chaud quand on doit marcher longuement face au vent glacial de Chicago.Je cours chez Rembrandt, qui vient tout juste d'installer ses pénates au Art Institute of Chicago.J'ai toujours été intrigué par ses autoportraits.S'il regarde froidement l'homme, il garde une certaine compassion pour l'enfant qu'il porte en lui.Je ne sais pas pourquoi Rembrandt m'a toujours fait penser à Montaigne.Montaigne et son obsession de se peindre tel qu'il est.Comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre.Le musée remplit la même fonction que la bibliothèque.Et c'est une grande joie de savoir qu'on peut à tout moment se trouver en face de Rembrandt ou de Montaigne.On croit lire un livre, on croit regarder un tableau, mais c'est à un rendez-vous secret qu'on se rend.C'est Rembrandt qui nous regarde, et c'est Montaigne qui nous lit.Notre énergie leur sert de carburant pour traverser les siècles.L'Intelligentsia J'aime circuler dans le métro.On sent mieux la ville quand on ne voit que ses habitants.Je scrute les visages pour savoir comment va une ville.Ceux d'ici cherchent à se terrer en attendant que l'intensité du froid baisse (cela me rappelle Montréal).Par la fenêtre, j'observe, au loin, quelques hommes, la tête baissée, en train de pêcher sur la glace dure.Glaciale solitude.Je descends à la station Belmont pour me rendre à ce petit café qui ressemble tellement à n'importe quel autre petit café du Quartier Latin de Montréal.L'Intelligentsia (tu parles d'un nom !).C'est là que j'ai rendez-vous avec Yannick Mercoyrol, l'attaché culturel français qui coordonne ma tournée dans la région.On s'est trouvé un confortable fauteuil avant d'aller commander un breuvage chaud au comptoir.Depuis quelques années, je ne bois que du thé.Le café me rend trop nerveux.J'ai découvert dernièrement que l'expresso passait sans encombre.Le café m'est donc revenu.Quelle joie ! Je n'en abuse pas de peur de le perdre à nouveau.Et la conversation a dérivé sur ces choses (un objet ou une habitude) qui disparaissent ainsi de notre regard : la cigarette, puis le couteau dans les avions par exemple.Mais dès qu'on mentionne les avions, on finit par parler de la guerre.\u2014Comment les étudiants américains ont-ils réagi face au veto du gouvernement français qui entendait stopper Bush dans sa croisade contre l'Irak ?\u2014Aucune réaction.\u2014Parce qu'on a vu à la télé des gens en train de vider des bouteilles de vin français.\u2014En tout cas, cela n'a pas entamé l'intérêt des jeunes Américains pour la France, me lance un Mercoyrol tout sourire.En tout cas, à Madison, à Chicago ou à Iowa City, je n'ai rencontré que de jeunes Américains enthousiastes.Je n'ai eu qu'une fois en face de moi ces redoutables yeux de poisson mort qui sont la hantise des conférenciers itinérants.Si les États-Unis entendent conquérir la planète d'un seul mouvement de regard, la France espère pénétrer dans le ventre du monstre, en faisant de ses propres enfants des francophiles.Poésie / Argent En quittant L'Intelligentsia, je ramasse une pile de ces magasines gratuits pour lire le soir dans ma chambre.Le Chicago culturel défile sous mes yeux.Justement dans Culture Club, ce papier fascinant sur les rapports entre l'argent et la poésie.Il y a quelques années, Ruth Lilly, cette riche héritière en produits pharmaceutiques, fit un don de 100 millions de dollars, non à un candidat à la présidence, ni même à une de ces puissantes universités qui ne sont pas moins féroces en affaires que les compagnies pharmaceutiques, tenez-vous bien, le don est allé à une revue de poésie : Poetry.Fondée en 1912 par Harriet Monroe, la revue a fait connaître la plupart des poètes américains importants du siècle dernier.Elle végétait depuis un moment dans le sous-sol d'une bibliothèque publique, avec tout de même 10 000 abonnés, quand Ruth Lilly lui envoya ses poèmes sous le pseudonyme de Guernsey Van Riper Jr.Le prestigieux magasine refusa, naturellement, les vers militons de la milliardaire qui, pour se venger, lui envoya un chèque de 100 millions de dollars.Depuis le comité éditorial passe le plus clair de ses réunions à discuter de la meilleure façon de placer l'argent, ou à se lancer dans un procès interminable avec l'Indiana Bank qui gère les fonds, car 36 millions dollars sont déjà partis en fumée.L'argent file plus vite que la poésie.Poetry a fait le grand nettoyage dernièrement en déménageant ses bureaux dans un quartier plus huppé, et en changeant son vieux directeur, Joseph Parisi, l'homme des jours difficiles, pour John Barr, un homme au parcours fascinant.En effet, ce John Barr a fait la guerre du Vietnam et Wall Street, et c'est aussi un poète régulièrement encensé par le New York Times.Il écrivait ses poèmes, la nuit, tout en travaillant, le jour, pour la Morgan Stanley (Morgan Stanley occupait plusieurs étages au World Trade Center).Barr est donc au centre de cette trilogie moderne : la poésie, la guerre et l'argent.Barr vient d'arriver à Chicago.Il promet de multiplier le nombre de lecteurs, et de récupérer les 36 millions.Il ne parle pas encore de la qualité de la revue.Ce n'est pas son premier souci.Poetry deviendra- t-il le magazine des jeunes loups de Wall Street ou des vieilles milliardaires insomniaques ?Barr ne devrait surtout pas oublier que Ruth Lilly n'aurait jamais fait un tel don à Poetry si ses poèmes avaient été acceptés.La milliardaire tenait beaucoup à l'indépendance du magasine.Le petit train des langues ARTS ET SPECTACLES FAMOUS PLAYERS DORVAL 4 / MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE / MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL / CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES AMC THEATRES FORUM / CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE/ CARNAVALCHATEAUGUAY/ CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE/ FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD/ CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY/ LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14 ANGRIGNON/ LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO TERREBONNE 14/ STE.THERESE 8/ GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS PARISIEN VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE VOYEZ-LE MAINTENANT! THX PRÉSENTÉ EN SON BandesonoremettantenvedetteletubedeLINDSAYLOHAN«Drama Queen(That Girl)» pluslaversionacoustiqueenexclusivitédutubede Simple Plan«Perfect» etlestubesdeLILLIX, CHERIE, ATOMICKITCHEN, etd'autres\u2026 GVISA GÉNÉRAL Version française de Confessions of a Teenage Drama Queen « C'EST LE FILM LE PLUS AMUSANT DE L'ANNÉE.J'ÉTAIS EUPHORIQUE EN SORTANT DU FILM.UNE MEG-A INTERPRÉTATION DE MEG RYAN! » GENE SHALIT, TODAY f r the V e rsion fr a nçais ede A ga inst t he R opes À L'AFFICHECONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS ANS+ Regardez les OscarsMD le 29 février à 17 h HNP, 20 h HNE au réseau CTV CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS 3207879A 29e NUIT DES CÉSARS Le roi Denys couronné à Paris MARC-ANDRÉ LUSSIER mlussier@lapresse.ca Poursuivant sa marche triomphale, Les Invasions barbares a raflé hier soir les trois plus prestigieux trophées de l'Académie des Césars, dont celui remis au meilleur film français de l'année.Au cours de cette cérémonie, placée sous la présidence de l'impériale Fanny Ardant, Denys Arcand a aussi obtenu le César de la meilleure réalisation, de même que celui du meilleur scénario.« C'estbeaucoup trop mais je vais le prendre quand même.Parce que je suis vaniteux ! », a déclaré l'auteur cinéaste en allant cueillir les deux récompenses lui étant directement destinées, laissant le soin à la productrice Denise Robert de formuler les remerciements d'usage lors de la remise du César suprême.« J'aimerais souligner l'apport de tous les artisans de ce film, particulièrement les acteurs », a-t-elle dit dans sa courte allocution.Le Québec fut très présent à cette 29e Nuit des Césars, tenue hier soir au théâtre du Châtelet à Paris.Non seulement à travers le cinéma, mais aussi par l'intermédiaire du seul numéro de production ayant ponctué la soirée.La troupe montréalaise de la comédie musicale Chicago, dominée par Stéphane Rousseau, est en effet venue présenter sur scène un extrait du spectacle à l'affiche actuellement dans la Ville lumière.Le hasard faisant bien les choses, Benoît Charest, compositeur de la décapante trame musicale des Triplettes de Belleville, a reçu son César de la meilleure musique (seule récompense remise au film de Sylvain Chomet) des mains de Stéphane Rousseau, tout de suite après la prestation \u2014épuisante\u2014 de ce dernier.«T'es tout mouillé ! » s'est exclamé Charest après avoir reçu l'accolade de son compatriote.« Oui, je sais ! », a laissé tomber la vedette des Invasions barbares.Les professionnels du cinéma français semblent en tout cas avoir penché du côté des Invasions de façon très nette, transformant en trophées trois des quatre nominations qu'avait obtenues le film québécois.Rappelons qu'une participation française dans le montage financier a permis au film de Denys Arcand de participer à la grande fête du cinéma hexagonal.La sélection des Invasions est d'ailleurs arrivée à point nommé puisque, de l'avis général, la France n'a pas produit de films réellement dominants en 2003.Un peu à tout le monde Au cours de cette soirée animée avec sobriété par Gad Elmaleh, les récompenses ont ainsi été partagées par un peu tout le monde.Donné favori avec ses 11 nominations, Bon voyage, cette comédie luxueuse de Jean-Paul Rappeneau, ne repart qu'avec trois Césars sous le bras (photo, décor, et meilleur jeune espoir masculin pour Grégori Derangère).Pas sur la bouche, le délicieux film d'Alain Resnais en forme d'opérette (toujours orphelin de distributeur au Québec), a aussi obtenu trois trophées : pour le son, pour les costumes, et aussi pour Darry Cowl, qui fut sacré meilleur acteur dans un second rôle.L'increvable acteur humoriste, maintenant âgé de 78 ans, y incarne une petite vieille espiègle tout à fait irrésistible.« Je ne sais pas qui je peux remercier », a-til dit.« Ah si ! Un petit bonhomme extrêmement doué: Alain Resnais, à qui je prédis une brillante carrière ! » Omar Sharif fut sacré meilleur acteur grâce à sa prestation dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, une adaptation du roman d'Éric-Emmanuel Schmitt qu'a réalisée François Dupeyron (bientôt à l'affiche chez nous), tandis que la toujours remarquable Sylvie Testud obtenait, pour son rôle dans Stupeur et tremblements, le César de la meilleure actrice.Rappelons qu'Alain Corneau a porté à l'écran le roman d'Amélie Nothomb et que Testud a notamment dû apprendre la langue japonaise pour les besoins d'un film dont la date précise de sortie, bien qu'il ait été acquis par un distributeur, n'est pas encore déterminée au Québec.Par ailleurs, Julie Depardieu est devenue, avec Gérard et Guillaume, la troisième de sa famille à obtenir un César.Ou plutôt deux.Pour son rôle dans La petite Lili de Claude Miller (coproduit avec le Québec !), l'actrice fut à la fois sacrée meilleure actrice dans un second rôle et meilleur jeune espoir féminin (« J'ai quand même 30 ans, il faudrait le noter ! »), coiffant notamment à l'arrivée Marie- Josée Croze, sélectionnée dans cette dernière catégorie.La remise de ce trophée a d'ailleurs donné lieu à l'un des moments les plus flous de la soirée, papa Gérard, flanqué du jeune fils de Maurice Pialat, apparaissant des coulisses pour venir féliciter sa fille sur scène.« Je ne vais pas faire Gainsbourg ! », a-t-il prévenu avant d'embrasser Julie, faisant ainsi référence au célèbre baiser qu'avait donné papa Serge à cette petite Effrontée de Charlotte il y a plus de 15 ans dans les mêmes circonstances.Gérard s'est toutefois un peu attardé, formulant des commentaires parfois confus qui semblaient traduire une certaine douleur.« Ça fait longtemps que je ne suis pas venu ici.Vous avez l'air étrange ! », a-t-il dit.Good Bye Lenin !, la formidable comédie allemande de Wolfgang Becker (qui prendra enfin l'affiche au Québec le 12 mars), fut choisi meilleur film de l'Union européenne; Mystic River, de Clint Eastwood, reparti bredouille du Festival de Cannes l'an dernier, a obtenu le César du meilleur film étranger.Le cinéaste américain n'était toutefois pas présent pour aller chercher son trophée.PHOTO JEAN-LOUP GAUTREAU, AFP © Sylvie Testud et Omar Sharif, choisis meilleure actrice et meilleur acteur de l'année, posent fièrement avec leur César respectif.version française de «WELCOME TO MOOSEPORT» NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® LE 29 FÉVRIER «Ceci est unGRANDfilm.Vivifiant.EXALTANT.» «\u2018Innocents The Dreamers' est de la posésie pure.» PREMIERE, Glenn Kenny EBERT & ROEPER, Roger Ebert Trame Sonore Disponsible sur Étiquette PROPRIÉTÉ DE FOX.USAGE PROMOTIONEL SEULEMENT.VENTE, REPRODUCTION OU AUTRE TRANSFERT DE CE MATÉRIEL STRICTMENT INTERDIT.frontières de la sexualité explicite d'un tel tour de force depuis son mondialement SCANDALEUX «M.Bertolucci n'a pas repoussé les «SÉDUIT AVEC DE L'ÉROTISME ET FAIT RÉFLÉCHIR AVEC DES IDÉES.» ROLLING STONE, Peter Travers «Une ardente CHANSON ROMANTIQUE au sexe, au CINÉMA des années 60.» THE NEW YORK TIMES, A.O.Scott \u2018Dernier tango à Paris' il y a plus de ans.» THE NEW YORK OBSERVER, Andrew Sarris et à l'esprit INNOCENTS Un nouveau film de Bernardo Bertolucci (v e rsion f r a n çais e) NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® LE 29 FÉVRIER / SON DIGITAL CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / CINÉMAS AMC LE FORUM 22 / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA GALERIES GRANBY / LES CINÉMAS LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE GVISA GÉNÉRAL À L'AFFICHE! 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Totalement hilarant.Le continent ne sera jamais plus le même.Rien, vraiment RIEN, n'est sacré.\u201d JEFFREY LYONS, NBC-TV Trame Sonore avec GOLDFINGER WAKEFIELD et «SCOTTY DOESN'T KNOW» par LUSTRA 13 ANS + NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® LE 29 FÉVRIER À 20H00 VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES 3208012A AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / VERSION FRANÇAISE VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR7 LE 29 FÉVRIER À CTV DÈS 20H00 G À L'AFFICHE VISA GÉNÉRAL / SON DIGITAL version française de 50 FIRST DATES version française de big fish sony.com/Big Fish «\u2039big fish\u203a parvient à nous accrocher le coeur comme peu de films le font.à ne pas manquer.» Leah Rozen, people magazine VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR7 LE 29 FÉVRIER À CTV DÈS 20H00 G présentement à l'affiche! VISA GÉNÉRAL VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES «UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉ.» Peter Travers, Rolling Stone LE FILM NO1AU CANADA «UNE COMÉDIE ROMANTIQUE AUDACIEUSE ET IMPRESSIONNANTE.» A.O.Scott, THE NEW YORK TIMES 3208014A . VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Derrière le sourire.Trois ans après Erin Brockovich, on retrouve Julia Roberts dans le rôle d'un professeur d'histoire de l'art, dans Le sourire de Mona Lisa.Ce n'est pas tout à fait un hasard.Le magazine Studio est revenu avec elle sur son parcours.QAvant d'être actrice, vous vouliez devenir institutrice.RJ'ai eu trois très bons profs d'anglais.À travers eux, j'ai réalisé qu'enseigner la littérature était proche du métier de comédien ; c'est pour ça que j'ai, un temps, envisagé de me diriger dans cette voie.Dans les deux cas, vous « racontez des histoires» et vous devez capter l'attention d'un public.Mes parents étaient eux-mêmes enseignants.Avant leur divorce, dans les années 60, ils avaient créé un atelier pour acteurs à Atlanta.C'est là que j'ai attrapé le virus.QLa fraîcheur, la spontanéité sont vos atouts clés, une partie de ce qui crée votre magie à l'écran.Comment fait-on pour garder ces qualités ?ROn m'a souvent demandé ce qui me rend attirante à l'écran, et j'ai toujours répondu que je ne savais pas, et ne voulais pas le savoir.Si je deviens trop consciente de cette « magie », je vais devenir mauvaise.De la même façon, même si je me prépare comme tous les acteurs, je n'aime pas décortiquer la façon dont j'aborde mon travail, et ce, justement, pour préserver cette fameuse fraîcheur.QAllez-vous retravailler prochainement ?RSi je ralentis encore, je vais me retrouver au point mort ! (Rires.) Je n'ai rien tourné depuis Le sourire de Mona Lisa.Mais j'ai produit un documentaire, Old Friends, sur l'amitié de trois femmes, qui ont aujourd'hui 95, 102 et 103 ans et qui dure depuis de longues années.Je vais reprendre mon rôle dans Ocean's Twelve.Et je serai photographe dans Closer de Mike Nichols, avec Jude Law, Natalie Portman et Clive Owen.Julia Roberts ZOOM Marx tendance Groucho Dans le cadre de sa rubrique Événements DVD, le magazine Ciné Vision a retenu quelques grandes questions tirées de films des Marx Brothers.En voici quelques exemples.> « Voulez-vous m'épouser ?Dites oui et vous ne me voyez plus.» \u2014 Groucho à Margaret Dumont dans Monnaie de singe.> «Vous voulez être esclave ?Qu'est-ce qui est à la base de l'esclavage du salariat ?Les salaires ! Or, je veux que vous soyez libre.» Groucho dans Noix de coco.> Elle : « Si on vous trouve, vous êtes perdus ! » Lui: « Comment voulez-vous qu'on soit perdus si on nous trouve ?» \u2014 Chico dans La Soupe au canard.> « Voulez-vous m'épouser ?Votre mari vous a-t-il laissé de l'argent ?Répondez d'abord à la deuxième question.» \u2014 Groucho dans La Soupe au canard.> Margaret Dumont : « J'ai peur que lorsque nous aurons été mariés quelque temps une jolie fille vienne à passer et que vous m'oubliez.» \u2014 Groucho : « Ne soyez pas bête ! Je vous écrirai deux fois par semaine ! »\u2014Dans Les Marx au grand magasin.Bon voyage « Je pars pour l'Angleterre, tourner avec John Malkovich et Harvey Keitel.En France, la corruption, la bourgeoisie, l'Église ont gagné, a déclaré Jean-Pierre Mocky à Libération.Et il n'y a plus d'acteurs.J'ai 74 ans, 45 films, c'est le début d'une nouvelle carrière.Comme un rêve américain.Le temps est venu de rejoindre le grand cinéma.».L'un reste, l'autre part Après la parution de son Autoportrait et sa nomination à la tête de la Cinémathèque française, Claude Berri s'apprête à revenir derrière la caméra avec L'un reste, l'autre part, un scénario qu'il a écrit et qui, comme à son habitude, est inspiré de sa propre expérience.L'histoire de deux couples \u2014 l'un interprété par Daniel Auteuil et Charlotte Gainsbourg, l'autre par Pierre Arditi et Nathalie Baye qui se croisent et se défont.E x p r e s s Ben Affleck et Matt Damon, grands habitués des casinos, misent cette fois sur une télésérie-réalité qui porterait sur le poker et qu'ils produiraient ; ils comptent bien que CBS tentera sa chance.Josh Hartnett rejoindra Johnny Depp dans The Rum Diary, sous la direction de Benicio Del Toro.Julia Roberts a appelé sa nouvelle maison de production Red Om Films, d'après le nom de son mari, Danny Moder, écrit à l'envers.Soucieuse de sa sécurité et de celle de ses trois filles, Demi Moore, qui s'est jointe à l'escouade de vigiles volontaires de Beverly Hills, ne rechigne pas à faire sa ronde de surveillance dans les rues de son quartier lorsque vient son tour.Endeuillé par la perte d'un rôle où il devait faire face aux fantômes de ses petites amies dans Ghost of Girlfriends Past, Ben Affleck est repris au vol grâce à Glory Road, une histoire vraie qui le voit dans la peau d'un instructeur sportif, qui devait mener vaille que vaille la première équipe de basket noire jusqu'à la victoire ultime, en 1966.C'est Gwyneth Paltrow, et non pas Madonna comme on le croyait, qui a décroché le rôle de Joan Harrington, une voleuse de bijoux, dans les années 80.L'adaptation de sa vie s'intitulera I am what I am (Je suis ce que je suis).Studio, Film Review, Ciné Vision, Star Tom Cruise « Je me souviens que pendant le tournage de Taps, mon tout premier film, Harold Becker m'avait dit de savourer à fond chaque instant de cette première expérience, car elle risquait de ne jamais se renouveler.Sur les films qui ont suivi, j'ai découvert que j'aimais vraiment le cinéma.Je n'ai jamais fait un film pour l'argent.Même si j'en ai gagné énormément.J'en suis fier.J'ai toujours su que je serais capable de me débrouiller tout seul.Même si je devais tout perdre demain, je saurais comment m'en sortir.Le plus satisfaisant est de tester mes limites et me dépasser.» Ciné Live Groucho Marx THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 8H30 TV5 OMBRE ET LUMIÈRE Pour les lève-tôt: Lynda Lemay se confie à Philippe Labro.14H30 a CHRISTIANE CHARETTE EN DIRECT Invités: Roy Dupuis, Lise Dion, Alain Lefèvre et le cinéaste Jean-Claude Labrecque.En prestation: Taima.18H30 ARTV TAPIS ROUGE POUR LES JUTRA Un avant-goût de la remise des prix Jutra: René Homier-Roy rencontre huit de nos stars de cinéma pour de courtes entrevues.Marie-Christine Trottier recueille les commentaires des artistes au cocktail d'ouverture.19H30 a LA SOIRÉE DES JUTRA Si ce sixième gala des Jutra est à l'image de notre cinéma en 2003, il sera magique! Sylvie Moreau anime cette soirée qui récompensera les meilleurs films.Côté variétés: Ginette Reno, Bob Walsh, Ariane Moffatt et Dawn Tyler Watson ont préparé des numéros spéciaux.Parmi les présentateurs: Patrick Huard, David La Haye, Caroline Dhavernas, Clémence, Mitsou, Raymond Bouchard, Serge Thériault et Geneviève Brouillette.19H30 r STAR ACADÉMIE Lara Fabian, Garou et Claude Léveillée chantent avec les recrues et un premier garçon quitte l'académie.21H30 K CINÉMA: LA JURÉE Jurée dans le procès d'un caïd de la mafia, une jeune femme est soumise à un terrible chantage.Avec Demi Moore, Alec Baldwin et James Gandolfini.21H HBO SEX IN THE CITY Grande finale ce soir: Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte tirent leur révérence! Préparez vos mouchoirs.Le Téléjournal Découverte / L'Esprit humain: apprendre Les Beaux Dimanches / La Soirée des Jutra Le Téléjournal L'Invitation aux images Le Garage Le TVA 18 heures Juste pour rire - Gala Multianimateurs Star Académie / Lara Fabian, Garou, Claude Léveillée LA VIE APRÈS L'AMOUR (5) avec Michel Côté, Sylvie Léonard Familles.(23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Crocodile du Nil.Boston Public DEUX ACTRICES (4) avec Pascale Bussières, Pascale Paroissien LUMUMBA (4) avec Eriq Ebouaney, Alex Descas (22:45) 101 misères de stars LA PLANÈTE DES SINGES (4) avec Mark Wahlberg, Helena Bonham Carter LA JURÉE (5) avec Demi Moore, Alec Baldwin News E.T.Alias Cold Case Law& Order: Criminal Intent The Eleventh Hour CTV News News News TARZAN (4) Dessins animés Cirque du Soleil's Solstrom Da Vinci's Inquest Sunday Report Venture Mary Walsh .Reflections .(15:30) Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover Super Millionaire The Practice Beautiful.Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case RAISING WAYLON avec Thomas Gibson, Poppy Montgomery News .Raymond NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent .Machine Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Holy Cow Masterpiece Theatre / The Forsyte Saga II (3/3) ANGEL ON MY SHOULDER (4) BBC News Wall Street A Lot in Common Masterpiece Theatre Hines Farm Blues Club BBC News 10 (4) .(17:30) Makeover.Crossing Jordan Biography / Oscar Biography / Oscar .(17:00) Tapis rouge pour les Jutra Orgueil et Préjugés RKO 281: LA BATAILLE DE CITIZEN KANE (4) L'Actors Studio / Sissy Spacek Silence, on court! Dustin Hoffman: Bravo! Profile Arts&Minds Shaping Art Sketches of a New World OUT OF SIGHT (3) avec George Clooney, Jennifer Lopez KING.Québec en humour Docu-D / Playboy et l'époque des Bunnies Sans détour Attaques animales Chasseurs des mers Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale, vieillissement UQAR Bilan.Technologie.La Formation.Le monde.Activités physiques.Myth Busters / Poppy Seed Drug Test - Biscuit Bazooka Myth Busters / Exploding Toilet - Cell Phone/Gas Station Explosion Vidéo Guide Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides .(18:20) .(18:45) .(19:10) King (19:35) Disney, I Shrunk the Kids BORN YESTERDAY (5) avec Melanie Griffith .(22:41) OH GOD! YOU DEVIL! (22:57) Everwood King of the Hill Oliver Beene The Simpsons Malcolm in the Middle Bernie Mac Charmed The Surreal Life .(15:00) Global Sunday King of the Hill .Raymond The Shield Global News Global Sports Trouvailles et Trésors Made in Québec Série noire / Accidents.JAG LE BÂTARD DE DIEU (4) avec Pierre-Olivier Mornas The World in Art / 1812 Hitler: In his own Words (1/2) Crown and Country ONE FLEWOVER THE CUCKOO'S NEST (2) avec Jack Nicholson, Louise Fletcher Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / Harmonium Musicographie / Gino Vannelli Week-end./ Gino Vannelli Week-end./ Norah Jones Musicographie / Gino Vannelli Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus / Red Hot Chilli.Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Music Box 60 Minutes Extreme Makeover La Caravane .Vietnam The Practice Teleritmo BBC News CBC News the fifth estate Hot Type Special Sunday Report Venture Passionate Eye / Kidnapping of Ingrid Betancourt Sec.Regard Le Téléjournal Le Journal La Part.Zone libre / Le Bioterrorisme Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.(15:30) Sports 30 Hockey / Avalanche -Wild .forestier Sports 30 En forme.Golf PGA / Omnium Nissan Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Sexe à New York Les Experts Prime Suspect ANOTHER COUNTRY:A NORTH OF 60 MYSTERY avec D.House Trailer Park Boys Mind of.Is Harry on the Boat?(22:40) .(23:40) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise TIMECOP (5) avec Jean-Claude Van Damme, Ron Silver .(23:15) Sportsnetnews CHL Hockey / Kingston - London Sportsnetnews World of.Sacred Ride Grand Galop .Palmarès Panorama Yparaît que.Karakoum, la civilisation.LA CHARTREUSE DE PARME (4) avec Gérard Philipe Rythmes du monde / No Jazz David Blaine - Street Magic Trading Spaces: Family Junkyard Mega-Wars: At the Movies Rides / Codename: Daisy Trading Spaces: Family Sportscentre The Season Curling / 2004 Scott Tournament of Hearts Sportscentre Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Culture et Dépendances / Dieu, l'Islam.L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca A History of Britain / Diffusion de cinq émissions.(16:00) SECRETS OF THE DEAD Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Célibataires:mode d'emploi Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Dawson Caitlin Montana Jacob Two Two Trading Spaces YTV's Hit List Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone Le TVA / Loteries (23:15) Hemispheres CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Obsessions créatives JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Son obsession à accumuler les choses sans valeur et sa manie de répéter les mêmes gestes de bricolage produisent encore des pièces d'une magie contagieuse.Mille cigarettes tranchées en petits bouts, mille attaches de sacs à poubelle enroulées sur elles- mêmes, mille morceaux de plastique coupés soigneusement en triangles.Tout ça empilé, assemblé, étalé comme de véritables trésors.Jérôme Fortin, sculpteur pour certains, illusionniste pour d'autres, livre à Plein Sud (centre d'exposition du collège Édouard-Montpetit) une autre série d'oeuvres à partir des mêmes babioles que la société de consommation génère.Jadis les assemblages étaient étalés à l'horizontale, ici ils ont pris une certaine verticalité, une certaine hauteur.Mais ne croyez pas que l'ensemble prend des dimensions disproportionnées.Il faut s'en approcher, de très près, pour reconnaître la matière première.Cet ensemble, intitulé Après l'atelier, marque pour l'artiste la fermeture de son local de travail.Plutôt que de jeter tout cet inventaire au moment d'empaqueter, il l'a fait oeuvre d'art.C'est la fin d'un cycle, entamé il y a quelques années par ses tables de curiosités.Au même moment, à la galerie Pierre-François Ouellette \u2014Art contemporain, l'artiste dévoile ses premières estampes, dans la technique dite de collagraphie.Du travail de graveur qu'il a découvert à la faveur d'un stage aux Ateliers Graff, découle encore la même obsession, dans ce cas-ci un geste répétant pli sur pli.Pour les 15 collagraphies Tondos, l'artiste a peut-être fait appel à une matière plus homogène, dans sa forme (du papier), et il a collecté une grande variété de textures.Ces papiers, découpés en lanières, demeurent des résidus industriels, extraits qu'ils sont de bédés et, devine-t-on, d'une multitude de publications.Le résultat donne des compositions très riches, tout en étant restreint à une même surface circulaire, celle des Marines fort appréciés que Fortin a créée il n'y a pas si longtemps à partir de contenants en plastique.Encore une fois, il réussit à produire mille images avec une seule idée.En variant simplement la façon de coller le papier, de le plier, comme ailleurs il torturait le plastique ou le métal, Jérôme Fortin donne à voir des scènes à la fois équilibrées et chaotiques, planes et creusées.Mais toutes méticuleusement construites.Et puis, pour démystifier ce travail, pour prolonger le délice visuel, le galeriste expose aussi trois des 15 plaques originales.Cette double exposition, non seulement montre-t-elle le bel engouement qui s'abat sur Fortin depuis quelque temps, elle place l'artiste à la croisée des chemins.Entre ses montages artisanaux qu'il semble abandonner juste avant d'en faire un de trop et cette nouvelle aventure de l'estampe, la voie sera sûrement aussi obsessive et magique.APRÈS L'ATELIER, Plein Sud, 150, rue de Gentilly Est (Longueuil), jusqu'au 14 mars.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 450679-2966.TONDOS, Pierre-François Ouellette\u2014 Art contemporain, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu'au 13 mars.Ouvert du mercredi au samedi.Info : 514 395-6032.PHOTO COURTOISIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN Tondo III, de Jérôme Fortin.EN BREF G É N I ES EN HER B E # 108 1 ghpanto@videotron.ca A- RUSSIE 1 Quel fleuve, le plus long d'Europe, coule en Russie?2 Quel célèbre train nous amène de Moscou à Vladivostok en une semaine?3 Quelle association, fondée en 1991 à l'initiative de la Russie, de la Biélorussie et de l'Ukraine, regroupe 12 des 15 anciennes républiques soviétiques socialistes?4 Quelle chaîne de montagnes sépare la Russie occidentale de la Sibérie?5 Combien de fuseaux horaires occupent la vaste superficie russe?B- ANAGRAMMES : MALADIES 2 E A M H T S 3 E E A I T T P H 5 I I Y S S P H L C- ISLAM 1 Quel est le livre saint de l'islam?2 Comment appelle-t-on le mois de jeûne et de prière, de pardon et de non-violence?3 Dans quel pays est située la capitale religieuse de l'islam, La Mecque?4 Comment s'appelle le lieu de culte des musulmans?5 Dans quelle oeuvre littéraire a été immortalisé le calife Haroun al Rashid?D- FEMMES 1 De quel État Golda Meir fut-elle le Premier ministre de 1969 à 1974, notamment durant la participation de celui-ci à la guerre du Yom Kippour?2 Comment a-t-on appelé ces militantes qui réclamaient au début du 20e siècle le droit de vote pour les femmes?3 Qui est cette romancière et poétesse québécoise, décédée en janvier 2000, dont un des romans s'intitule L'enfant chargé de songes?4 Reine de France par son mariage avec Louis XIII, elle est régente pendant la minorité de son fils Louis XIV, qui est-elle?5 Qui est cette Américaine, à la fois sourde, aveugle et muette, qui a publié son autobiographie Histoire de ma vie en 1902?Romancière et poétesse québécoise E- DANSE 1 Quelle danse argentine, à la fois passionnée et mélancolique, est née de la fusion de danses européennes et autochtones, telles la contradanza espagnole et la milanga argentine?2 Quel roi français créa en 1661 l'Académie royale de danse et fut appelé le « Roi danseur »?3 Quelle danse cubaine, originaire des descendants des esclaves noirs introduits dans l'île par la colonisation espagnole, est caractérisée par la sonorité des bongos et des maracas?4 Quelle célèbre danseuse américaine mourut accidentellement en 1927 lorsque son foulard se prit dans les roues de sa voiture?5 Quelle troupe de danse fut fondée en 1957 par Ludmilla Chiriaeff?F- L'OEUF 1 Quel adjectif désigne la forme d'un oeuf?2 Comment appelle-t-on un animal qui se reproduit par des oeufs ?3 Comment se nomme le blanc de l'oeuf?4 Quel est le nom de cette pâtisserie légère à base de blancs d'oeufs battus et de sucre?5 Complétez ce proverbe : « Donner un oeuf.» G - ANNÉE 1968 1 Quel pasteur noir, chef de file du mouvement de protestation non violente contre les lois de la ségrégation raciale, meurt assassiné à Memphis?2 Quel pays est paralysé par une grève générale due à un mouvement de protestation étudiant et ouvrier au mois de mai?3 Quel film de Stanley Kubrick met en scène une mission dans l'espace où l'ordinateur de bord, HAL-9000, tente de tuer les astronautes?4 Quel nom porte cette offensive du Viêt-cong sur plus de 100 villes et bases militaires du sud Viêt-Nam, amorcée lors d'une rupture du cessez-le-feu proclamé pour le nouvel an vietnamien?5 Quel Premier ministre québécois meurt d'une attaque cardiaque lors d'une visite d'inauguration au barrage Manic 5?H- ASSOCIATIONS Associez le monument à la ville 1 La Cité interdite A- Istanbul 2 Basilique Ste-Sophie B- Agra 3 Le Potala C- Beijing Pasteur noir 4 Le Taj Mahal D- Lhassa GEN22FR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Neiges sales et belles Catherine Bodmer s'intéresse au banal.Mieux : à l'invisible et au laid.Dans le cadre de La Mouvance, une exposition sur les changements imperceptibles provoqués par le temps, elle fait même dans l'odorant.Bounce, installation presque clandestine déjà montée lors du dernier Art qui fait boum !, parfume une salle où il n'y a rien à voir, si ce n'est de la fumée.Mais c'est avec les photos Déplacer des montagnes qu'elle frappe fort.A priori images sans intérêt, repoussantes, ces montagnes de neige sales et grises ne manquent pas d'ironie.Ni de poésie : elles deviennent illustration de textes qu'on aurait davantage destinés aux Alpes.L'expo comprend aussi une installation spectaculaire mimant ciel et mer signée Catherine Ross.À Expression, 495, rue Saint-Simon (Saint- Hyacinthe), jusqu'au 7 mars.450 773-4209.L'art à Grafika Remis il y a quelques semaines, les prix Grafika ont, comme à leur habitude, salué l'art contemporain d'ici à travers la multitude de prix honorant l'année 2003 en design graphique.Le centre Skol, pour le dépliant signé Patrick Pellerin, a reçu le Grand Prix dans sa catégorie en plus d'être un des Coups de coeur.Le même homme a aussi été gagnant dans le Catalogue d'exposition pour l'ouvrage consacré à Alain Paiement (Un Monde en chantier, UQAM), une expo également honorée dans Design d'exposition.Enfin, le sac en papier kraft de l'expo Buy-Sellf (Fonderie Darling) a été retenu comme un des meilleurs cartons d'invitation.Jérôme Delgado co l laborat ion spéciale 21h Deuxactrices De Micheline Lanctôt avec Pascale Bussières.Une jeune fille reçoit la visite d'une inconnue qui se prétend sa soeur.Visite troublante.Cesoir.Télé-Québec, ça change de la télé Qu'est-cequi mijote?17 h À la di Stasio Lapin au miel et au thym, soupe à l'oignon, agneau braiséaubrocoli et côtes braisées.3161715A ARTS ET SPECTACLES Josh Groban au Centre Bell La jumelle Une saveur des Jutra du jour un peu fade MOREAU suite de la page 1 Déjà toute petite, l'idée qu'elle allait mourir un jour la révoltait profondément.Elle s'entêtait d'ailleurs à répéter que non seulement elle ne voulait pas mourir mais que ça ne lui arriverait jamais.La disparition de ses parents à deux ans d'intervalle alors qu'elle venait d'avoir 30 ans fut une des plus grandes douleurs de sa vie.Et ce qui la peine encore davantage, c'est que ses parents n'aient pu être témoins de ses succès.«Mes parents n'ont vu que mes 10 ans de vaches maigres au théâtre.Ils n'ont pas connu la suite et c'est dommage parce que je sais que ça leur aurait fait plaisir.» Elle se souvient encore de Helter Skelter, une pièce éclatée et délirante montée par la troupe Momentum dont elle faisait partie.Elle y jouait le rôle d'une sorcière hallucinée.Sa mère, qui se remettait à peine d'une douloureuse chimio, était assise dans la salle avec son visage émacié et sa perruque.«À un moment donné, nos regards se sont croisés et j'ai compris qu'elle trippait comme une petite fille de me voir sur scène et d'être là au théâtre avec moi.» Elle se souvient aussi d'une pièce sado-maso qu'elle avait interprétée en duo avec François Papineau, son amoureux.« J'ai appelé mon père pour lui dire que ce n'était peut-être pas une bonne idée qu'il vienne me voir jouer.La pièce était un peu osée.Il risquait d'être choqué.Mon père m'a lancé une réplique dont je me souviendrai toute ma vie : « Ma petite fille, si t'es capable de le faire, je suis capable de le regarder.» Confinée pendant 10 ans dans un théâtre de création marginal, Sylvie Moreau a explosé au petit écran avec la célèbre Catherine.Les téléspectateurs ont immédiatement vu en Catherine, l'alter-ego sinon la jumelle de Sylvie Moreau.Rien n'était plus faux.Les deux sont aussi éloignées l'une de l'autre que Michèle Richard l'est de Françoise Faucher.Sylvie concède pourtant qu'elle a beaucoup appris au contact de Catherine.« Elle m'a réconciliée avec ma féminité.Par nature et par tempérament, je suis plutôt sportive et garçon manqué.Cela m'a pris des années avant de comprendre que j'avais du sex-appeal, des années aussi avant d'assumer la séduction.J'ai été élevée selon des valeurs de grande discrétion.Chez nous, on n'était pas beaux, on était propres.L'orgueil, la vanité, tout cela était interdit.Bref, ç'a été long avant que je me trouve cute et Catherine n'y est pas étrangère.» Sylvie Moreau n'est pas triste pour autant d'avoir renoncé à Catherine et à sa joyeuse bande.N'eut été des producteurs, elle aurait mis fin à l'émission un an plus tôt.L'envie de passer à autre chose la tenaillait depuis un certain temps.Elle a déjà un projet en tête qu'elle entend proposer à une chaîne spécialisée comme ARTV, avec Réal Bossé et François Papineau, ses fidèles complices.La dictature des cotes d'écoute l'énerve au plus haut point.Les auditions où on demande aux actrices de brailler sur commande devant « un kodak frette » aussi.L'humour l'intéresse plus que l'émotivité parce que l'humour selon elle, est traversé par une réelle humanité qui permet l'expression directe et privilégiée des failles.Elle se voit mal jouer dans un téléroman à cause du « buvage» trop fréquent de café.Elle ne se voit pas non plus devenir animatrice de métier.« Animer pour animer, dit-elle, ne m'intéresse pas.D'abord parce que je suis trop contrôlante et aussi parce que je n'ai pas envie d'être interchangeable.Quand on me prend pour animer, c'est moi, ma couleur, mes idées, que l'on prend.Pas ceux de quelqu'un d'autre.» J'ignore si tous les jumeaux ont autant d'aplomb et d'opiniâtreté que Sylvie Moreau.Si c'est le cas, ceux qui n'ont pas de jumeau manquent décidément quelque chose.CHRISTIAN CÔTÉ CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Josh Groban a tout du phénomène irrésistible, du moins sur papier.En vérité, sous les projecteurs, c'est autre chose.À 22 ans, Groban profite du fait que les portes des arénas d'Amérique s'ouvrent devant lui pour accumuler les salles combles.Étonnamment, le Californien se révèle assez fade sur scène, laissant ses pièces de « popéra» faire le travail seules, n'ajoutant pas de véritable piquant à l'enchaînement de chansons.De quoi nous laisser sur notre faim.Josh Groban s'est taillé rapidement une place au sein de l'internationale des solistes bien en voix et faisant preuve d'un romantisme exacerbé.Découvert par le musicien et compositeur canadien David Foster, il fait partie de la nouvelle génération de chanteurs de « popéra », ce sirupeux cocktail mariant une part d'opérette à deux parts de pop mielleuse.En anglais, en italien, en espagnol et même en français, Groban s'applique à nous chanter la pomme, et c'est ce qu'il a fait vendredi soir au Centre Bell.Pour l'appuyer, on a eu affaire à moult envolées d'instruments à cordes, histoire de titiller un peu les glandes lacrymales des spectateurs.Un des morceaux emblématiques de ce genre particulier qu'est le « popéra » demeure la pièce Caruso.Depuis quelques années, aussi bien Bruno Pelletier qu'Andrea Bocelli ou Florent Pagny l'ont entonnée joyeusement sans aucune honte apparente.Et Josh Groban se l'est évidemment appropriée, nous la proposant en deuxième partie de concert.Il avait d'ailleurs commencé la soirée de façon expéditive en servant Oceano, avec projections de vagues déferlantes à l'appui.Ce que l'on ne savait pas à ce moment-là, c'est que ce court vidéo en surimpression sur un rideau diaphane allait devenir presque le seul élément de mise en scène.Le reste de la soirée, on allait se taper un Josh Groban trônant sur scène, souvent de façon statique devant son orchestre, gravissant de temps en temps les trois immenses escaliers pour créer un minimum de mouvement.À plus d'un point de vue, l'homme à la crinière bouclée s'est avéré déroutant.Bien sûr, il chante avec une voix de miel, son vibrant You Raise Me Up en était la preuve ultime.Mais lorsque vient le temps de s'adresser à la foule, c'est un garçon à la voix saccadée, quasiment militaire, qui prend la parole.Tout à coup, on le sent plus froid et moins romantique.Le meilleur moment de la soirée a eu lieu en deuxième partie, entre plusieurs extraits de son plus récent album, Closer.Une pièce pop, My December (une ballade signée Linkin Park), a permis de révéler chez Groban un vibrato et un ton de voix rappelant étrangement celui de David Gahan, chanteur de Depeche Mode.Malgré cela, on croit que Groban aurait pu se donner un peu plus pour ce premier spectacle qui se voulait d'envergure internationale.La voix est là, mais le sens du « show» du bonhomme est trop embryonnaire pour divertir comme il se doit.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Sylvie Moreau aurait aimé que ses parents soient témoins de ses succès.Lorsque vient le temps de s'adresser à la foule, c'est un garçon à la voix saccadée, quasiment militaire, qui prend la parole.Tout à coup, on le sent plus froid et moins romantique.SPECTACLES Voix d'Amériques MUSIQUE ÉCOLE VINCENT-D'INDY Les Petits Violons.Dir.Jean Cousineau.Corelli, Leclair, Wieniawski, Mozart: 16h.POLLACK HALL DE L'UNIVERSITÉ McGILL Ladies' Morning Musical Club.Wiener Klaviertrio.Trio no 28, en mi majeur (Haydn), Trio op.3 (Zemlinsky), Trio op.90 (Dumky) (Dvorak): 15h30.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Marie-Andrée Benny, flûtiste, Mathieu Lussier, bassoniste, Sandra Murray, pianiste.Beethoven, Villa-Lobos, Blavet: 15h30.DANSE CENTRE PIERRE-PÉLADEAU (Salle Pierre-Mercure) Quartango: 20h.KOLA NOTE (5240, av.du Parc) Noche Flamenca: 20h30.SALLE PAULINE-JULIEN (15 615, boul.Gouin O.) Loha & Thok (production de Roger Sinha Danse): 15h.VARIÉTÉS LE MEDLEY (1170, rue Saint-Denis) Opeth: 20h.LE CABARET (2111, boul.Saint-Laurent) Jorane: 20h.LA PLACE À CÔTÉ (4571, rue Papineau) Une chanson avec ça?: 20h.Bilan positif CHANTAL GUY COLLABORATION SPÉCIALE Le Festival Voix d'Amériques (FVA) a vu son assistance presque doubler pour sa troisième année.Selon D.Kimm, directrice artistique de cet événement consacré au spoken word, environ 2250 personnes ont fréquenté la Sala Rossa, la Casa del Popolo et le Sergent Recruteur, les trois adresses officielles du FVA qui s'est déroulé du 13 au 19 février.Un bilan positif, donc, pour ce festival multilingue plutôt exigeant envers son public, mettant en vedette la littérature orale dans une programmation éclectique et éclatée.Il faut dire que le FVA comptait en 2004 deux jours de plus à sa programmation.Mais il n'y a pas que la durée du FVA qui s'est allongée ; les soirées aussi se terminaient plus tard puisque la Fanfare Pourpour était invitée à fermer les activités, avec pour conséquence que l'on fêtait bien souvent jusqu'à 1h30 à la Sala Rossa.« Cette année, on sentait vraiment un feeling de festival, a constaté D.Kimm.Les gens revenaient et passaient d'un spectacle à l'autre, il y avait une fidélité.» Plusieurs représentations payantes affichaient « complet» et on a souvent dû refuser des visiteurs à la porte.La soirée Body and Soul du 16 février\u2014avec les invités vedettes du FVA, les Américaines Anne Waldman et Ursula Rucker\u2014, de même que le showde clôture du 19 février \u2014avec Tomàs Jensen et Urbain Desbois, invité d'honneur du FVA\u2014 ont été les spectacles les plus populaires.Les 5 à 7 ont attiré tellement de gens que la directrice artistique songe à changer d'endroit l'an prochain, mais pas question de quitter la Sala Rossa, une petite salle qu'elle adore.La directrice artistique a par ailleurs été particulièrement touchée par la soirée multilingue Sweet Nothing\u2014 Quelqu'un à l'horizon ?du 14 février, un spectacle qui lui tenait vraiment à coeur, mettant en vedette des artistes autochtones avec qui elle compte monter un gros projet pour la prochaine édition du FVA.« Je veux repenser beaucoup de choses, parce que je veux qu'il y ait le plus de rencontres possibles, car l'esprit de ce festival est un mélange de genres, d'artistes et de publics différents.» CÉLÉBRITÉS.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?celeb 12/02/04 EMA PROCHAZKA LAFLEUR FÉLICITATIONS POUR TES 80 ANS Nous t'aimons et sommes fiers de toi De ton époux, enfants et petits-enfants DERNIER FILM Gaz Bar Blues, de Louis Bélanger DERNIER DISQUE Want One, de Rufus Wainright DERNIER LIVRE Shutter Island, de Dennis Lehane, chez Rivages.DERNIER SPECTACLE L'Asile de la pureté.Texte de Claude Gauvreau avec Marc Béland.Au TNM.UN AIR EN TÊTE Raindrops keep falling on my head, de B.J Thomas UNE OEUVRE CHOC À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust, un livre qui a changé sa vie.DES ARTISTES INSPIRANTS Rufus Wainright et les soeurs Mc Garrigle PERSONNAGE DE FICTION QUI LUI RESSEMBLE La reine Marguerite dans les Henri VI de Shakespeare.Une femme qui passe pour une midinette et une minaudeuse mais qui finira par devenir reine. Venez discuter du livre du mois\u2026 Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants, du pédopsychiatre Marcel Rufo.Jean Fugère anime un débat avec ses invités : Denise Bombardier, le pédiatre Jean-François Chicoine et Jocelyne Robert (sexologue et pédagogue).Le dimanche 22 février, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15h30 à 17 h.3206710A C'est un rendez-vous, aujourd'hui.Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter PAN BOUYOUCAS SUR L'ÎLE DE LEROS PAGE 9 MARIE-CLAUDE FORTIN \u203a Voir HAÏTIENNE en page 8 Recherchée Karine Alvtegen \u203a Polar FFFF PAGE 11 Anna pourquoi Pan Bouyoucas \u203a Roman FFF1/2 PAGE 9 La Mort proche Claude Jasmin \u203a Journal FFF PAGE 8 Accident nocturne Patrick Modiano \u203a Roman FF1/2 PAGE 9 C' ILLUSTRATION (DÉTAIL) DE DAVERTIGE POUR SON ANTHOLOGIE SECRÈTE PUBLIÉE PAR MÉMOIRE D'ENCRIER, 2003 © LA LITTÉRATURE VUE D'ICI HAÏTIENNE est le pays le plus pauvre du continent américain; une population d'un peu plus de huit millions d'habitants dont 80% vivent sous le seuil de la pauvreté.«Comment expliquer qu'un pays affligé d'un taux d'analphabétisme scandaleusement élevé ait pu produire une littérature aussi abondante et diversifiée?» Voilà le paradoxe haïtien qu'énonce, «sous forme de question sans réponse», l'auteur et journaliste Stanley Péan dont les parents, immigrés dans les années 60, comptent aujourd'hui parmi les quelque 80,000 Haïtiens établis au Québec, où ils constituent la 5e communauté étrangère de Montréal.Alors qu'Haïti devrait célébrer ses 200 ans d'indépendance, le pays traverse une crise qui semble sans issue.Pour mieux comprendre « ce peuple définitivement condamné à choisir entre les démagogues et les cyniques », comme l'écrivait Dany Laferrière dans l'une de ses dernières chroniques, pour qu'Haïti ne soit pas réduite à « une suite de chiffres : la comptabilité de la mort », pour emprunter, encore une fois, les mots de l'auteur du Goût des jeunes filles, il y a sa littérature, ses livres qui s'ouvrent comme autant de portes sur une culture extraordinairement riche.Qu'est-ce que la littérature haïtienne peut apporter au lecteur québécois?« Beaucoup, beaucoup, beaucoup » répond le poète et éditeur Rodney Saint-Éloi, (Cantique d'Emma ; J'avais une ville d'eau de terre et d'arcs-en-ciel heureux), qui fondait, en 2003, Mémoire d'encrier, une petite maison d'édition et de diffusion qui cherche à créer « un pont entre les cultures et les imaginaires du Nord et du Sud », et principalement entre Haïti et le Québec.« Les lecteurs trouveront dans cette littérature un certain sens du combat et de la dignité, une certaine idée de l'Amérique, une certaine forme de la condition humaine.Les littératures haïtienne et québécoise se ressemblent beaucoup plus qu'on ne le croit », fait-il encore remarquer. LECTURES PHOTOANDRÉ LEBLANC FOURNIE PAR ÎLE EN ÎLE PHOTO ARCHIVES GÉRALD BLONCOURT PHOTO PATRICK BEAUCHAMP (ÎLE EN ÎLE) PHOTO FOURNIE PAR ÎLE EN ÎLE PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Quelques-uns des auteurs haïtiens les plus importants : Marie-Célie Agnant, Jacques-Stephen Alexis (en 1961), Joël Des Rosiers, Rodney Saint-Éloi et Émile Ollivier.La littérature haïtienne vue d'ici HAÏTIENNE suite de la page 7 « Ces deux littératures sont nées d'un combat pour consolider l'indépendance ou pour exister comme entité nationale souveraine, dans un contexte linguistique difficile (françaiscréole en Haïti, français-anglais au Québec).Elles sont marquées par un surgissement post-colonial (tuer les maîtres pour arriver à notre propre parole), nées toutes deux sur une même terre, et doivent tout mériter de cette grande Amérique qui ne sait rien donner.» « C'est une littérature extrêmement riche, ajoute Thomas C.Spear, professeur de littérature à la City University of New York, spécialiste des littératures insulaires francophones \u2014 le site Île en île (http : www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile) qu'il a mis en ligne est un outil de référence inestimable.Une littérature où l'on retrouve une grande richesse textuelle, visuelle, imaginaire », ajoute l'auteur de La Culture française vue d'ici et d'ailleurs (Karthala).Beaucoup d'auteurs haïtiens ont fait leur carrière au Québec fait encore remarquer Spear.« Les plus notoires sont bien sûr Dany Laferrière, Émile Ollivier (mort en 2002), Stanley Péan, Joël Des Rosiers, ou Gérard Étienne.Mais il y en a beaucoup d'autres qui sont encore méconnus.» Comme Anthony Phelps, Rodney Saint-Éloi ou Davertige, ce poète qui vit à Montréal depuis plus de 25 ans, « qui mériterait une consécration », dixit Dany Laferrière, et dont les paroles éveillent aujourd'hui, alors qu'Haïti est déchirée par les conflits internes, des résonances terriblement troublantes : « Toutes les portes des nuages étaient fermées Je suivais / Les rues sans les identifier Et je pleurais comme / Un enfant abandonné comme un orphelin dans la nuit / Seul je m'en allais seul dans les rues folles seul avec mes mirages secrets Comme un fou mon ombre suicidée sous mes talons / La ville aux bras d'obscurité tenait les fleurs de la semaine / Semblable aux arcs-en-ciel sans fond / Tout était deuil dans nos coeurs ivres de verveines» (Extrait de « La grande aventure de mon ombre », tiré du recueil Davertige, Anthologie secrète, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, 2003.) Une littérature haïtiano-québécoise Y a-t-il une littérature haïtienne de l'exil ?Une littérature haïtienne typiquement québécoise ?« Selon la perspective choisie, répond Maximilien Laroche, professeur à l'Université Laval, sommité en la matière, on peut considérer les écrits des Haïtiens vivant au Québec aussi bien comme faisant partie de la littérature haïtienne que de la littérature québécoise.» « Je parlerais plutôt d'une littérature haïtiano-québécoise », renchérit Rodney Saint-Éloi, représentée ici par des auteurs comme Émile Ollivier (Passages, Mille eaux), Dany Laferrière (L'Odeur du café, Le Pays sans chapeau), Stanley Péan (Le Tumulte de mon sang, Zombie blues), Marie-Célie Agnant (La Dot de Sarah, Le Livre d'Emma).Comme aussi Georges Anglade (Blancs de mémoire, Ce pays qui m'habite), Joël Desrosiers (Savanes ; La Traversée du chien) ou Gérard Étienne (Le Nègre crucifié).« Ces auteurs sont à la fois québécois et haïtiens, poursuit Saint Éloi.Non seulement par leurs passeports, mais par leur vécu, leur univers familier \u2014 le Québec est tout aussi important que leur univers d'enfance.Ils sont complètement entre pays réel et pays rêvé.C'est de ce dilemme que naît leur littérature, écartelée entre ici et ailleurs, entre l'enfance et l'âge adulte, entre le jour (québécois) et la nuit (haïtienne).» Deux pays littéraires qui connaissent, ajouterions-nous, de graves problèmes de diffusion hors de leur territoire.Une situation que Rodney Saint-Éloi entend améliorer.C'est grâce à son travail considérable que l'on peut désormais trouver, au Québec, la poésie complète de Davertige, l'introuvable trilogie de Marie Chauvet, Amour, Colère et Folie, considérée par les spécialistes de littérature haïtienne comme un chef-d'oeuvre incontournable, une oeuvre qui demeure encore, selon Stanley Péan, rédacteur en chef du magazine Le Libraire et animateur de l'émission Bouquinville, « la meilleure représentation du climat de peur, d'angoisse, de brutalité gratuite et de barbarie sous les régimes autocratiques haïtiens ».Ce qui fait la spécificité de cette littérature, c'est aussi «le côté oral de l'écrit littéraire haïtien », explique Maximilien Laroche.Ce en quoi, encore une fois, elle se rapproche de la littérature québécoise.« Haïti est l'un des rares pays de l'Amérique à parler le français, ajoute Rodney Saint-Éloi, d'où son isolement linguistique.Par ailleurs, la vraie langue parlée en Haïti est le créole, ce qui cause une difficulté majeure.un écartèlement entre les deux langues.Mais il y a aussi la réalité post-coloniale.Là où la négritude s'est mise debout pour la première fois, comme l'a dit Aimé Césaire.Haïti est un terroir de révolte.Sa littérature en est un reflet.» Elle est aussi double en tout, comme le souligne Stanley Péan.« Elle s'écrit en français et, depuis quelques années, de plus en plus en créole.Elle s'écrit en partie au pays, dans des conditions pas toujours favorables, et aussi à l'étranger.» Si la littérature haïtienne est encore largement méconnue, les problèmes de diffusion ne sont pas seuls responsables de cet état de fait.« Je ne pense pas que les écrivains haïtiens puissent faire mieux que de bien écrire, explique Maximilien Laroche.C'est au lecteur québécois à éprouver la curiosité d'aller lire les écrivains haïtiens.Un peu la même chose que devraient faire les lecteurs français pour la littérature québécoise.» Une fois qu'il aura appris à mieux connaître les auteurs haïtiens d'ici, il aura envie de lire les autres, « ceux qui n'ont pas de passeport canadien, fait Rodney Saint-Éloi.Car l'intérêt est aussi de penser à la réciprocité, en établissant le pont entre le Québec et Haïti, en entretenant des rapports beaucoup plus sérieux, solidaires et humains entre les deux plus grands peuples francophones d'Amérique.» .Les chiffres et statistiques sont tirés de l'excellent dossier sur Haïti mis en ligne sur le site de Radio-Canada : http:// www.radio-canada.ca/url.asp?/ nouvelles/dossiers/haiti/index.shtml PHOTO FOURNIE PAR MÉMOIRE D'ENCRIER Le poète Darvertige et Dany Laferrière, en 2003.Les deux auteurs ont adopté Montréal et le Québec, des lieux qui habitent leurs écrits autant que LES MEILLEURS SELON.leur Haïti natale.Stanley Péan « Parmi les classiques : Jacques Stéphen Alexis, Marie Chauvet, René Depestre, Émile Ollivier et Anthony Phelps.Parmi les voix actuelles : Frankétienne, Lyonel Trouillot, Syto Cavé, Edwidge Danticat et Yanick Lahens.» Maximilien Laroche « Oswald Durand et Davertige, en poésie.Justin Lhérisson, Jacques Roumain et Marie Chauvet, pour le roman.» Thomas C.Spear « Jacques-Stephen Alexis, brillant, médecin, grand écrivain.assassiné trop tôt par Duvalier père ; Marie Chauvet et son chef-d'oeuvre Amour, Colère et Folie, Jacques Roumain, Frankétienne.» Rodney Saint-Éloi Davertige ; Edwidge Danticat ; Jacques Stephen Alexis, Émile Ollivier, Jacques Roumain.PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE© Stanley Péan, écrivain, rédacteur en chef du magazine Le Libraire et animateur de l'émission Bouquinville à Radio-Canada.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE RÉGINALD MARTEL Mon cher Claude, Comme d'habitude, tu exagères.La Mort proche ! A-t-on idée ?Avant de songer à la mort, il faudrait commencer par vieillir.Tu n'y es pas encore.En une saison, tu as rédigé ce journal de plus de 300 pages que Victor-Lévy a possiblement amputé un peu beaucoup, car tu as la plume bavarde.C'est dans ta nature et, avec le temps, les qualités innées prennent plus de relief.En plus, tu as participé à des émissions de télé \u2014 jamais regardé Tous les matins, excuse-moi \u2014, tu as fait une expo de tes aquarelles pour financer une bonne oeuvre, tu t'es occupé de tes enfants et de leurs enfants, tu as entretenu les alentours de ta maison de Sainte- Adèle, tu es allé au théâtre et quoi encore ?Ah oui : tu n'as pas cessé un instant de t'intéresser à l'actualité intérieure et internationale, au cinéma et à la télévision, aux essais et aux romans, à la richesse des êtres et des choses.Si on peut s'agiter autant sans s'épuiser, c'est qu'on est jeune et pour longtemps.Tu sais tout cela, évidemment.Ce dont tu es moins sûr, c'est la valeur de ton oeuvre.Quand on touche à tout, polémique, téléroman, théâtre, critique d'art, scénographie, céramique, aquarelle, roman, poésie et j'en oublie peut-être, on n'a guère le loisir ou l'idée de faire le point sur ce qu'on a raté ou réussi.Ta compagne Raymonde, devenue Aile dans ton journal, est certes là pour te rassurer (et pour t'enguirlander au mérite), mais tu as besoin d'une reconnaissance extérieure.Certains intellectuels, ou envieux de ta notoriété ou méprisants envers l'autodidacte que tu es, t'ont tenu la dragée haute.En se taisant surtout.Je ne suis pas de ceux-là, tu le sais.J'ai frappé fort quand tu balançais des livres qui étaient bien au-dessous de ton talent.Tu m'en voulais à mort, jusqu'au moment de reconnaître que j'avais un petit peu raison.Il suffisait ensuite, pour que tu me trouves très perspicace, d'un article plus élogieux.Je comprends ton besoin d'être reconnu pour ce que tu crois être et que tu es : un fameux conteur, un homme exubérant et généreux qui parfois ne fait pas grand cas du bon sens, un pourfendeur infatigable de ceux qui ne pensent pas comme toi, bref, un don Quichotte, version Petite Patrie, sympathique et attachant.Je te dis cela à ma manière et ce n'est sans doute pas la bonne, car tu écris à propos de moi : « Sa prose hebdomadaire est comme un devoir scolaire, il n'y peut rien.Il y a du prof ennuyeux chez lui.» Tu as probablement raison (pour une fois !).Tu ajoutes : « Dans la vie, l'homme est autrement chaleureux.(Il) aime la franchise et n'est pas rancunier.» Il y a des choses moins agréables à lire.Donc, tu veux être reconnu.Tu l'as écrit, 10 fois plutôt qu'une, dans Pour l'argent et pour la gloire.Si tu y tiens tant, fais-toi joueur de hockey ou chanteur populaire.Un journal, forcément daté, peut vite dater.Tu commentes tes lectures de journaux et revues et tes moments passés devant le téléviseur.C'est l'actualité toute crue, fugitive, sans intérêt durable.On se rend bien compte en te lisant que l'actualité est le plus souvent un prétexte pour revenir aux quelques opinions qui fondent ta personnalité, ton histoire propre et un peu celle de tes contemporains.Tu as gardé la faculté de t'émerveiller, celle aussi de te scandaliser face aux horreurs et erreurs anciennes, dont collectivement nous payons encore le prix.Comment ne pas être d'accord avec toi quand tu dénonces la main-mise grossière et totale de la publicité sur la télévision, même publique ?Quand tu reviens sur la stupidité coupable des inventeurs du multiculturalisme?Quand tu dénonces la part congrue concédée à la littérature dans les médias ?Ta Rossinante a les reins solides et tu vas la chevaucher longtemps encore avant que les Québécois, auxquels tu t'identifies absolument, ne se rebiffent contre ce qui les heurte ou les brime.Il n'empêche que tu as le nationalisme un peu trop nerveux à mon goût.Tu as tendance à imputer aux anglophones en général les sottises de l'un ou l'autre d'entre eux, à la façon de l'Église romaine qui jugeait tous les Juifs responsables de la mort du Christ.La polémique peut s'accommoder de ces raccourcis, mais on ne polémique pas tout seul en écrivant son journal, même s'il doit être publié.J'en ai aussi, je n'y peux rien, contre tes jugements péremptoires sur tout et sur rien, quand un brin de nuance leur donnerait quelque sérieux.Si tu t'opposes à la mixité dans les écoles, par exemple, pourquoi ne pas apporter une argumentation un peu plus étoffée qu'une référence vague à la psychologie ?Pour tout dire, mon cher Claude, j'ai bien aimé ton journal.Il est brouillon, emphatique, légèrement répétitif et infesté de bons sentiments.Il te ressemble et nous sommes plus nombreux que tu ne le penses à t'apprécier tel que tu es.Il faut continuer.Tu ne vas quand même pas te contenter d'une cinquantaine d'ouvrages ! Tu avais abandonné le roman.Tu songes à y succomber encore, avec une histoire de missionnaire québécois en Amérique latine, contraint pour des raisons culturelles de vivre avec une femme, mais en toute chasteté.On va rigoler.Dépêche-toi, au cas où la vieillesse finirait vraiment par te rattraper.Ton groupie bourru, Réginald .FFF LA MORT PROCHE Claude Jasmin Éditions Trois-Pistoles, 360 pages Lettre à un honnête homme dérangeant LECTURES PAN BOUYOUCAS JEUNESSE Dans l'une des 1400 iles de la Grece Une chatte sur un toit brulant.d'actualite SONIA SARFATI Le nom d'Annie M.G.Schmidt ne dira rien au plus grand nombre mais la dame est une personnalite tres connue dans son pays d'origine, la Hollande, car elle est l'un des ecrivains jeunesse les plus lus des Pays-Bas.En 1970, elle publiait Minoes .un livre charmant qui raconte les peripeties vecues par une chatte transformee en jeune femme.Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinematographique signee Vincent Bal, dont la version francaise arrive sur nos ecrans le 27 fevrier sous le titre Miaou ! Titre qu'adopte aussi l'edition quebecoise du roman lance a La courte echelle .qui utilise la traduction realisee en 1982 par Olivier Sechan, lorsque le livre, alors intitule Cette mysterieuse Minouche, a ete publie dans la classique Bibliotheque rose.Miaou !, donc, trace le portrait amusant d'une rencontre entre deux timides.D'un cote, Minoes, qui etait chatte il n'y a pas si longtemps et qui a conserve d'embarrassante attitudes chattesques : monter aux arbres a la vue d'un chien, devorer en trois bouchees le contenu d'une boite de sardines, se frotter la tete contre les gens, se balader sur les toits, etc.D'un autre cote, Tibber, un journaliste qui aime les chats.parce qu'il est plus a l'aise avec eux qu'avec ses semblables, et qui aime ecrire des nouvelles concernant les chats.Le hic, c'est qu'il est menace de renvoi par un patron qui veut plus de sensationnel.C'est la que Mlle Minoes, qu'il a recueillie, intervient : les chats de la ville lui confient des nouvelles de leurs proprietaires (le maire, le vieil enseignant, le patron de la parfumerie, etc.), qu'elle transmet a Tibber.Qui multiplie ainsi les scoops.Jusqu'a ce qu'il mette dans l'eau chaude un puissant individu.Erreur.Une aventure delicieusement rocambolesque qui fera ronronner les amis de Minette, Noirot et autres minous.Et, bien sur, impossible de ne pas faire le lien avec le film : le roman en a adopte les couleurs.FFF MIAOU ! Annie M.G.Schmidt La courte echelle, 246 pages, des 9 ans GERALD LeBLANC La Grece compte 1400 iles dont 169 habitees, selon le ministere du Tourisme.Dispersees dans la mer Ionnienne, face a l'Italie, et dans la mer Egee, devant la Turquie, ces terres emergees sont tantot grandes, comme Crete qui a plus de 600 000 habitants sans compter ceux qui ont emigre, notamment a Montreal, et tantot petites, comme Leros, ou se deroulent les deux derniers romans de Pan Bouyoucas, un ecrivain montrealais d'origine grecque.Pourquoi avoir choisi Leros ?Tout d'abord parce que ma mere y est nee, dit M.Bouyoucas.Et que j'y suis souvent alle, apres que ma famille se fut refugiee a Beyrouth au Liban, ou je suis ne, et depuis mon enracinement a Montreal en 1963.Mais aussi parce c'est une des plus belles iles de la mer Egee, avec de merveilleuses plages et un promontoire qui abrite un monastere d'ou on voit les iles, notamment Patmos et Rhodes, et la cote de la Turquie.Une ile qui a ete occupee tour a tour par les Ottomans, les Italiens, les Allemands et les Anglais, en raison de sa position strategique et de ses immenses baies capables d'accueillir d'imposantes flottes de guerre.Avant la guerre, on trouvait quelque 20 000 habitants a Leros mais il n'en reste que 5000, poursuit l'ecrivain.Elle a abrite des prisons, ou fut enferme le musicien Mikis Theodorakis, un hopital psychiatrique et un monastere, mais peu de touristes, car le gouvernement voulait limiter l'acces a ce poste strategique.C'est meme lors d'un de ses derniers voyages a Leros qu'il a trouve le titre de son dernier roman .Anna pourquoi.un graffiti repete trois fois sur les flancs de la montagne conduisant au monastere, ecrits d'abord decouverts par sa compagne, justement prenommee Anne.Il s'agit d'un petit roman d'une centaine de pages, tout comme le precedent .L'Autre .et comme le dernier de la trilogie, deja complete et qui paraitra cette annee.Je ne peux vous donner le titre car je ne le connais pas.C'est souvent l'editeur qui les trouve , precise le prolifique ecrivain.Son editrice a la maison Les Allusifs, Brigitte Bouchard, publie, dit-elle, des romans miniatures .en anglais on utilise le vocable novella.mais l'auteur Bouyoucas prefere l'expression romans courts .Des romans d'une centaine de pages, ajoute-t-il, on en trouve parmi les grands chef-d'oeuvre de la litterature : L'Etranger, de Camus, Candide, de Voltaire, Des souris et des hommes, de Steinbeck, Le Vieil homme et la mer, d 'Hemingway et tant d'autres.Les deux premiers romans courts de sa trilogie de Leros ne sont pas des polars, comme ses premiers romans, campes eux dans le Montreal du Mile End, notamment La Vengeance d'un pere, paru en 1996 et charge des tensions entre les nationalistes du Quebec et la communaute grecque de Montreal.L'Autre et Anna pourquoi sont plutot des recits de la vie quotidienne de gens entraines dans la profondeur du drame humain, une sorte de rappel des themes universels du destin, de l'amour et de la mort, au coeur des tragedies grecques.Des romans tisses dans la trame des villages, du promontoire et, bien sur, de la mer.Aussi l'histoire, puisque tout le premier roman de la trilogie .L'Autre .tourne autour de ce jeune Grec mutile par un obus, reliquat de guerres anterieures, et voyant arriver dans l'ile son sosie, celui qu'il serait devenu sans l'obus maudit.Une question philosophique puisque chacun se demande, un jour ou l'autre, ce qu'il serait devenu s'il avait tourne a droite et non a gauche, a un moment precis de sa vie , explique l'auteur.Dans le second roman de la trilogie qui vient de paraitre .Anna pourquoi .tout gravite autour du monastere, garde par une moniale d'un certain age que vient seconder une belle jeune novice.Tout fonctionne au rythme eternel de la montagne jusqu'a ce qu'arrive un diacre tout en chair qui modifie la trajectoire de l'une et l'autre religieuses.Bouyoucas fait souvent penser a notre Victor-Levy Beaulieu.Comme lui, il nous entraine dans les profondeurs du destin humain, sans jamais perdre contact avec la realite des joueurs et de la scene, des personnages et de l'ile.Une ecriture soignee et efficace contribue au plaisir de lire Bouyoucas ecrivait a propos d'un autre de ses livres mon lettre confrere, Reginald Martel.On pourrait ajouter le don des langues de ce traducteur de metier qui a, entre autres, remporte le prix de la Quebec Writer Federation pour sa traduction, en francais, du roman de Sheila Arnopoulos : Dans l'ombre de Maggie.Il ne faudrait pas non plus oublier les nombreuses pieces de notre traducteur-romancier-dramaturge qui furent jouees au Theatre d'aujourd'hui durant le regne de Michele Rossignol.Vraiment, un secret bien garde que ce Bouyoucas, un peu comme l'ile Leros.Un personnage qu'on gagne a frequenter.FFF1.2 L'AUTRE Pan Bouyoucas Les Allusifs, Montreal 2001, 102 pages FFF1.2 ANNA POURQUOI Pan Bouyoucas Les Allusifs, Montreal 2003, 101 pages Bouyoucas fait souvent penser a notre Victor-Levy Beaulieu : comme lui, il nous entraine dans les profondeurs du destin humain.PHOTOMARIE-REINE MATTERA, COLLABORATION SPECIALE Pan Bouyoucas LITTERATURE FRANCAISE L'inspecteur Modiano enquete dans ses souvenirs JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Paris, il y a quelques annees.Le mystere des rues, le souvenir des lieux et des gens, la nostalgie, les coincidences troublantes.Une enquete du narrateur.C'est le roman, toujours inacheve, fait de differents tomes, ecrit par Patrick Modiano.Il nous a emmenes par la main un peu partout dans les rues de Paris (plus rarement celles de province), a la poursuite de quoi ?Tous ces tomes pretendent que le narrateur cherche quelqu'un.En realite, je crois bien qu'il cherche le temps perdu, comme son predecesseur Proust, qui faisait cela chez les comtesses et les invertis.Mais les salons de la Belle epoque n'existent plus, faut-il s'en plaindre, et Modiano frequente ce qu'un comique quebecois nomma un jour le monde ordinaire .Avec un peu moins de bonheur, tout de meme, que Marcel.Cette fois, avec Accident nocturne, Patrick Modiano a eu un petit ennui, et ce sera le pretexte de la recherche.Un soir, il a traverse une place de Paris, la place des Pyramides ou se trouve cette statue de Jeanne d'Arc que les Allemands avaient fait dorer, durant l'Occupation, pour bien marquer leur hostilite envers les Anglais .ces pyromanes qui, tels des Romains de la decadence, brulaient les Saintes avant meme qu'elles ne le fussent.Mais, contrairement a une habitude modianesque, cette statue celebre n'aura rien a voir avec l'histoire.Soudain, une voiture arrive, elle renverse le narrateur, elle fait une embardee, elle bute contre l'une des arcades de la place.La portiere s'ouvre, une femme sort en titubant.Car de police, on emmene les deux blesses legers aux urgences de l'Hotel-Dieu .ils ont aussi cet article a Paris.Le narrateur est blesse a la jambe, il a meme perdu une chaussure, on l'opere, il s'endort gentiment dans les vapeurs d'ether.Vous pensez bien que ces vapeurs anesthesiques vont declencher en lui toutes sortes de souvenirs.La premiere fois qu'on l'endormit, pourquoi, comment, et toute cette sorte de choses du temps de jadis retrouve.Mais pour le moment, il semble bien au narrateur qu'il a deja vu cette femme qui conduisait une Fiat couleur vert d'eau, qui semblait blonde, qui portait un manteau de fourrure assez banal, et qui lui a touche le poignet lorsqu'elle etait couchee sur le lit voisin du sien.A la sortie, notre brave garcon decide de retrouver la femme qui l'a renverse.Voila le pretexte.Nous n'avons aucun doute qu'il y parvienne, il y a eu un rapport de police, on sait son adresse et son nom, Jacqueline Beausergent, le suspense de cette recherche-la sera donc faible, inutile de demander l'inspecteur Navarro.Mais Modiano s'en moque.Ce qui l'interesse, c'est ce que vont lui rappeler les moments forts, ou faibles, de son enquete.Des rues, des places.Voici que surgissent des femmes qu'il a rencontrees la, ou ailleurs, comme cette Genevieve Dalame, cette Helene Navachine.Et naturellement des hommes que ces femmes rappellent, ou qu'elles n'ont meme pas connus.Comment se fait-il ?Le narrateur semble un aveugle tatant du bout de sa canne une chaine de trottoir, un bout de mur, sans pouvoir les identifier sinon par le souvenir de personnages qui, il y a des annees, passerent par la.On comprendra que nous ayions envie souvent, tout en lisant Modiano, de prendre l'aveugle par le bras et de l'amener.Mais ou ?.Cela me rappelle ce petit scout qui arrive en retard a la reunion .C'est que j'ai fait ma BA.J'ai fait traverser la rue a un aveugle .On ne voit pas ce qui t'a mis en retard .C'est que l'aveugle ne voulait pas.L'auteur lui-meme avoue.J'aurais voulu que quelqu'un me prenne par le bras et me dise des paroles rassurantes.Il faut s'y faire, les enquetes du commissaire Modiano ne menent nulle part.On finira par trouver Jacqueline Beausergent, mais c'etait tellement facile.A la fin, dans l'ascenseur qui mene chez elle, sa main se posera sur l'epaule du narrateur, et elle lui chuchotera un mot a l'oreille.Nous ne saurons jamais quel mot.Restera une atmosphere, sans aucun doute, une sorte de flou artistique, une brume, ce que Durrel un jour appela l'esprit des lieux .FF1.2 ACCIDENT NOCTURNE Patrick Modiano Gallimard, Paris, 148 pages L E S BAL L E T S A F R I CA I N S Une presentation des Productions Nuits d'Afrique www.f esti v alnu itsd a f rique .com Un ouragan de joie venu d'Afrique.Ils produisent assez d'energie pour illuminer une ville entiere.New York Daily News 175, rue Ste-Catherine Ouest, Montreal 5 0 e a nniv e rsa ire Dimanche 14 mars 20h30 LECTURES MARCEL RUFO Retrograde ou avant-gardiste?JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Rencontre au Whisky Cafe entre Sophie Faucher, comedienne, mere d'une fille de 8 ans et Jean-Francois Martin, enseignant et pere de quatre enfants, entre 2 et 14 ans, pour discuter de l'ouvrage recent du pedopsychiatre francais Marcel Rufo, Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualite de vos enfants.Le medecin etait de passage a Montreal il y a quelques semaines pour defendre ses positions.Le moins que l'on puisse dire, c'est que ses declarations ont souleve quelques inquietudes chez nous, en particulier celles qui ont trait a l'allaitement .il trouve que les femmes en font trop.aux roles des peres et meres .qu'il ramene a l'ideal des annees cinquante.et a la pudeur qu'il concoit comme une vertu a faire croitre aussi bien chez les enfants que chez les parents.Autant j'ai adore certains passages, avance Jean-Francois Martin, autant j'ai bien aime la structure de l'essai avec l'alternance des cas et des questions-reponses, autant il y avait des moments ou je voulais lancer le livre au bout de mes bras.Tout ce qui parle des peres, par exemple.Il faut dire que Marcel Rufo appuie les stereotypes sexuels : les garcons ne jouent pas avec des poupees, les filles si, etc.Toute sa differenciation dans les roles parentaux .la mere est une affection primaire, le pere une affection secondaire.indispose.Que les peres ne puissent jamais jouer le role de la mere, je ne suis vraiment pas d'accord, ajoute le papa quebecois.Ca dement tout ce que j'ai vecu : moi j'ai eu le role de mere a la maison, de par mes fonctions.Il aurait avantage a venir faire un autre p'tit tour au Quebec, rencherit Sophie Faucher.Car ici, le macho l'est moins, les femmes ne sont pas autant femmes-enfants qu'en France.La femme quebecoise est dynamique, elle repond du tac au tac, elle met le doigt sur ce qui cloche etc.Et les gars ont change enormement, les gars s'occupent des enfants, ils ont eu des meres quebecoises qui les ont eduques et des blondes qui ont fait pareil.Une affirmation qui surprend Jean-Francois Martin.A ce point-la vraiment, demande-t-il ?Je doute que les hommes aient change tant que ca.Les statistiques montrent que c'est la femme qui fait la majorite des taches menageres en plus de travailler a l'exterieur.Oui, mais il y a quand meme eu une evolution, reprend la comedienne.Moi je pense que j'ai une autorite naturelle, que l'on s'amuse beaucoup avec moi, comme mere, mais que je peux aussi avoir une fermete, que mon mari peut etre plus coulant que moi.Il faut les deux.Du moment que mon enfant a la fermete et la douceur.Tous les deux s'accordent cependant sur le diagnostic de Rufo : On ne dira jamais assez que l'un des problemes majeurs pour les enfants d'aujourd'hui est d'avoir des parents trop comprehensifs, des parents brazeltonises (du nom du psychiatre T.Berry Brazelton), doltoises (Francoise Dolto), toujours attentifs, trop parfois.Le regne de l'enfant-roi perdure, helas.Quant a la position de Rufo sur l'allaitement, elle n'a pas l'appui de maman Sophie.Ce trois mois d'allaitement maximum prescrit par le pedopsychiatre, c'est trop peu, dit-elle.Il n'y pas de loi, chaque cas est particulier.J'arrive de Republique dominicaine ou une mere a allaite son petit jusqu'a l'age de deux ans parce qu'elle souhaitait immuniser l'enfant, qu'elle voulait le proteger et ca se comprend.Par ailleurs, Sophie se demande si la difference de rythme entre le Quebec et la France ne joue pas ici.Il est vrai que le trois mois d'allaitement , vivement conteste au Quebec, vient du fait qu'en France, apres trois mois, la mere retourne sur le marche du travail, ce qui n'est pas le cas ici.Et puis, ajoute-t-elle, le rythme de developpement du petit Francais au primaire est beaucoup plus rapide qu'ici.L'eloge de la pudeur Par ailleurs, pas une page du livre de Rufo qui ne soit une invitation a la pudeur.Tout dire, tout devoiler, tout discuter, tres peu pour lui.De Boris Cyrulnik, on garde l'idee de la resilience.Qui sait si de Rufo on ne retiendra pas l'idee de la pudeur.Tout a coup, voila un medecin qui revele la fonction essentielle de la pudeur dans nos vies, car c'est grace a elle que l'on peut se construire.Pudeur dans les paroles, pudeur dans les gestes : ne pas prendre de bain avec son enfant apres trois ans, ne pas lui decrire l'acte sexuel dont il est issu, eviter d'offrir des condoms au copain de son adolescente, etc.Mettre des limites de pudeur comme parent et laisser a son enfant sa zone de pudeur, son jardin secret, pour qu'il se construise dans son intimite, a son rythme.Et que va-t-il arriver avec l'acces a Internet?demande Jean-Francois.Presentement, tu ecris n'importe quel mot et le moteur de recherche te donne acces a tout : seins, penis.Il va falloir conscientiser les parents.Faire savoir aux enfants qu'il y a un on and off et qu'un ordinateur, tu ne le mets pas dans leur chambre mais dans le salon ! Notre monde n'en est-il pas un d'impudeur generalisee ?Avec les Loft Story ou on a des cameras 24 heures sur 24, ou on voit des gens se brosser les dents, se coucher, enchaine Sophie, tout le monde se raconte, tout cela, c'est completement a l'encontre de ce que pense Rufo.Presentement on dit tellement trop a tout le monde et tellement vite ! Nos deux lecteurs reconnaissent que Rufo donne souvent dans le peremptoire, dans la phrase prescriptive qu'il n'explique pas et qu'il developpe peu ou mal les conclusions qu'il tire de ses cas cliniques.Par ailleurs, on convient dans le meme souffle que Marcel Rufo n'est pas dogmatique.Sa plus grande qualite est peut-etre d'etre un accompagnateur, un accompagnateur d'enfants essentiellement, qui connait bien les etapes, comme les embuches du developpement, et souhaite accompagner au mieux les enfants dans leur traversee.C'est un praticien qui voit les detresses, les vices de developpement et ne reagit pas seulement en psychanalyste qui applique sa grille ou en medecin, mais aussi en humain qui ne connait pas tout.Moi, je n'irais pas le consulter avec mon enfant.Je le trouve trop freudien, dit Jean-Francois.Il neglige trop l'approche sociale.Moi oui, j'irais le consulter, avoue Sophie.J'adorais Marcus Welby ! (rires) Je trouve que Rufo est un homme de coeur.Il a beaucoup pratique l'humain.Et j'aime les gens dont la vocation est de faire du bien aux autres.Je crois que c'est un grand parleur et un grand faiseur ! Recherche : Marie Sterlin PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE c Jean Fugere en compagnie de Jean-Francois Martin et Sophie Faucher, nos deux lecteurs du mois.Exprimez-vous ! A votre tour de nous donner votre opinion sur les declarations du docteur Rufo que vous trouverez sur www.cyberpresse.ca/ arts a la rubrique Club de lecture.Il a en effet accorde une entrevue a Lilianne Lacroix que nous avons intitulee Laissez les enfants croire aux cigognes .Jean Fugere, dans un autre article ( Cachez ce sexe aux enfants ), explique pourquoi l'ouvrage du pedopsychiatre a ete choisi Livre du mois de fevrier.Bien sur, si vous avez lu Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualite de vos enfants (editions Anne Carriere), vous etes encore mieux places pour donner votre avis.Vous avez jusqu'au 25 fevrier pour envoyer vos messages a clubdelecture@ lapresse.ca.La meilleure lettre apportera au gagnant ou a la gagnante un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies Renaud-Bray.Et elle sera publiee dans nos pages dimanche prochain.Par ailleurs, la librairie Champigny/Renaud-Bray situee au 4380, rue Saint-Denis, accueillera Jean Fugere et ses invites : le bon docteur Jean- Francois Chicoine, la sexologue Jocelyne Robert et l'auteure et animatrice Denise Bombardier qui discuteront entre eux et avec le public des idees de Marcel Rufo ce dimanche 22 fevrier, a 15h30.Venez nombreux.Le prochain livre du mois est Le Survenant, de Germaine Guevremont, un livre que l'on peut trouver en format de poche et que l'on pourra voir bientot au cinema.Le tournage devrait commencer dans les prochaines semaines.DESIGN Le design quebecois est partout FRANCOIS CARDINAL Le design quebecois est partout.Dans la chambre du bebe avec le detecteur de mouvements Angelcare, sur l'auto avec le porte-skis Sport Rack, dans la rue avec les vetements signes Marie Saint Pierre ou Philippe Dubuc, sur les murs avec les affiches de Mario Mercier.Mais existe-t-il un design quebecois pour autant ?Non, soutient le plus connu des designers d'ici, Michel Dallaire, en preface de l'ouvrage Le Design au Quebec, recemment publie par Les Editions de l'Homme.Evidemment, nous avons nos particularites linguistiques et culturelles qui peuvent se transposer dans les objets, les affiches, les vetements.Mais nos differences sont, en quelque sorte, dissoutes dans le multiculturalisme de notre societe, affirme Dallaire.D'une part, notre culture se distingue historiquement par le fait que nos origines sont latines (.), precise-t-il.Nous sommes aussi, et surtout, nordiques au temperament latin, un melange pour le moins singulier.D'autre part, ajoute-t-il, la societe quebecoise d'aujourd'hui est de plus en plus heterogene.Le multiculturalisme est en soi une grande richesse, mais il rend complexe la tache de donner une couleur locale a notre design national.Cela dit, la place du design quebecois sur la scene internationale se defend tres bien, peut-on constater en parcourant le livre qu'a dirige Marc H.Choko, celui-la meme qui a dirige L'Affiche au Quebec, un titre qui a connu un franc succes lors de sa parution.Il faut voir cote a cote les lampadaires du Quartier international de Montreal dessines par Michel Dallaire, la station de travail Aura avec sa plate-forme rotative (oeuvre collective pour Poetic Technologies) et l'ensemble de verres et carafe Drop, d'Itai Azerad, pour saisir tout le potentiel de cette creativite transposee dans les objets du quotidien.On peut en dire autant des affiches de KO Creation et des vetements signes Denomme Vincent, par exemple.Mais attention: le Quebec a beau tirer son epingle du jeu, il ne rivalise pas pour autant avec les Etats europeens, scandinaves ou encore avec les Etats-Unis.L'absence de couleur locale fait malheureusement du Quebec, sur la planete design, un joueur parmi tant d'autres.Le Japon et les autres La maison d'edition Taschen nous permet d'ailleurs de comparer le design du Quebec, sous l'angle du graphisme, avec celui d'un joueur qui a su se tailler une place de choix dans le monde : le Japon.En effet, Taschen vient tout juste de publier, en trois langues dont le francais, Japanese Graphics Now ! Affiches, publicites, identites visuelles et documents imprimes se retrouvent dans ce volumineux ouvrage, veritable catalogue honorant la singularite nippone.On voit la les influences des grands courants au Japon tels que le manga, ces bandes dessinees toutes japonaises qui font des emules jusqu'ici, et le kawai , cette fascination pour les petits animaux mignons que l'on retrouve un peu partout dans le travail des graphistes.Les representations graphiques japonaises peuvent vous faire naviguer entre le passe et le present sans que vous vous en rendiez compte.Vous ne verrez peut-etre meme pas la difference entre les deux , peut-on lire a cet effet dans la courte preface de ce livre.Enfin, pour les mordus qui souhaitent elargir la comparaison, Taschen a egalement publie, l'an dernier, un recueil des realisations des 100 meilleurs designers au monde.Intitule Graphic Design for the 21st Century, cet ouvrage, encore une fois publie en trois langues dont le francais, montre le travail de ces artisans et surtout l'influence grandissante des differents mediums que sont le cinema, la musique et le graffiti.A la lecture de ces trois livres, on voit bien comment des artistes qui travaillent tous aujourd'hui avec les memes technologies, les memes materiaux et les memes procedes de mise en forme peuvent en meme temps realiser des choses aussi differentes que le sont, justement, leurs differentes cultures.FFF1.2 LE DESIGN AU QUEBEC Marc H Choko, Paul Bourassa et Gerald Baril Editions de l'Homme, 384 pages FFF GRAPHIC DESIGN FOR THE 21ST CENTURY Charlotte Fiell Taschen, 640 pages FFF JAPANESE GAPHICS NOW Julius Wiedemann Taschen, 608 pages . LECTURES POLAR La filiere suedoise NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE Au milieu des annees 60, les amateurs de romans policiers ont pu decouvrir le polar suedois grace au couple Maj Sjowall et Per Wahloo, auteurs d'une dizaine de romans mettant en scene l'inspecteur Martin Beck, de la police de Stockholm.Dans un style hyperrealiste, depouille et descriptif, ces auteurs proposaient alors une radioscopie desesperee d'une societe suedoise en pleine decomposition, de plus en plus victime d'une violence endemique et proteiforme.Les 10 romans de cette serie-culte ont ete traduits et sont disponibles dans la collection Les Grands detectives des editions 10/18 qui ont entrepris une reedition de ces ouvrages.Aujourd'hui, leurs dignes successeurs s'appellent Henning Mankell, Ake Edwardson, Lisa Marklund, Karin Alvtegen.Le taciturne commissaire Kurt Wallander, personnage phare des romans de Mankell, est un heritier direct de Martin Beck.Toutes ses enquetes sont disponibles aux editions du Seuil ou en version de poche, dans la collection Points, y compris la premiere, Meurtriers sans visages, d'abord publiee chez Bourgois.Un denomme Edwardson Marketing oblige, tous les auteurs de polars suedois contemporains sont desormais compares a Mankell, qui jouit d'une reputation internationale bien meritee.Dans les faits, ces comparaisons, strictement opportunistes, ne resistent pas a l'analyse.Prenons le cas d'Ake Edwardson.Son premier roman, Danse avec l'ange, mettant en scene le commissaire Erik Winter, ne m'avait guere impressionne avec ses dialogues dejantes, sa traduction approximative et son personnage pas tres consistant.Un cri si lointain est nettement meilleur.Edwardson a pris de l'assurance et nous propose un second roman de procedure policiere tout a fait remarquable.L'histoire se passe sur fond de canicule dans une ville de Goteborg en ebullition.Erik Winter, le plus jeune commissaire de Suede, est parti en vacances.Il se laisse pousser les cheveux, fait du velo, prend des bains de mer.Son seul souci est d'ordre sentimental car sa compagne du moment, Angela, aimerait bien se marier, ce qui n'est pas exactement dans les plans du dandy celibataire.Quand le corps d'une inconnue est decouvert pres d'un lac des environs, Winter reprend du service et se lance dans une enquete complexe qui implique les bandes de motards.Cette affaire complexe l'oblige a enqueter au Danemark, ce qui nous vaut un episode juteux sur les relations entre Suedois et Danois.Ce livre nous presente un personnage principal plus elabore, plus concret, mais qui, hormis son metier, n'a finalement que peu de choses en commun avec l'unique Wallander.Un best-seller de Liza Marklund Liza Marklund est un phenomene unique en Suede car elle a vendu trois millions d'exemplaires de ses six romans qui ont ete traduits en 20 langues.La Fondation Paradis est son troisieme roman a etre traduit, et c'est aussi la troisieme aventure d'Annika Bengton, secretaire de redaction dans un grand quotidien de Stockholm.A la suite d'un curieux appel nocturne, elle se lance dans une enquete journalistique qui ne sera pas de tout repos sur une mysterieuse fondation officiellement vouee a la protection des personnes menacees.En fait, cette fondation est un ecran derriere lequel se cachent des activites plus que douteuses.Pour corser le tout, une affaire de double meurtre, reliee aux trafics de la mafia yougoslave, vient interferer avec celle de la fondation.Troisieme complication : la vie personnelle d'Annika est bouleversee par le deces de sa grand-mere et par la rencontre avec Thomas, un fonctionnaire qui a des demeles avec la Fondation Paradis.Independante, ambitieuse et determinee, Annika Bengton fait partie de ces heroines qui n'ont pas froid aux yeux.Il n'y a rien d'artificiel, ni hasard malencontreux, ni coincidences heureuses, dans ce thrill er a u x n omb r e u x rebondissements.Liza Marklund, une journaliste, leve le voile sur les nombreux trafics de la mafia yougoslave en Suede et dans les pays limitrophes ainsi que sur les carences des services publics.Il y a quelque chose de pourri au royaume de Suede et, pour une fois, le Danemark n'y est pour rien ! Un suspense signe Alvtegen Nee a Stockholm en 1965, Karin Alvtegen est l'auteure de trois polars.Recherchee est son deuxieme.Publie dans 20 pays, il a recu le Prix du meilleur roman policier nordique et fait l'objet d'une adaptation cinematographique.Recherchee est un roman a suspense dans la meilleure tradition du genre, un roman de la victime d'une efficacite redoutable.Sybilla, jeune fille de bonne famille, qui a rompu tout lien avec les siens, vit au jour le jour.Bref, elle se debrouille meme si pour cela il faut parfois mentir un peu, magouiller, faire preuve d'audace et d'initiative.Mais un jour, un de ses petits tours de passe-passe va se reveler fatal.Un homme a ete brutalement assassine, un homme avec qui elle a passe la soiree, avec qui elle a ete vue.Du jour au lendemain, cette jeune femme discrete est devenue l'ennemi public numero 1.Les meurtres se multiplient, avec sa signature.Tout l'accable.Il ne lui reste qu'une solution : trouver elle-meme le veritable assassin.Pour ce faire, elle aura l'aide providentielle de Patrick, un adolescent non conformiste de 15 ans, dont la mere travaille dans la police.Le portrait de Sybilla est trace avec finesse, son aventure est credible, le suspense est constant.Mais quoi qu'on dise, la encore, l'univers romanesque d'Alvtegen n'a rien a voir avec celui de Mankell.Ce livre est different, original et se defend tres bien tout seul.Pas besoin pour cela de comparaisons oiseuses ! FFF1.2 UN CRI SI LOINTAIN Ake Edwardson, Lattes, 520 pages Marketing oblige, tous les auteurs de polars suedois contemporains sont desormais compares a Mankell, qui jouit d'une reputation internationale bien meritee.Dans les faits, ces comparaisons, strictement opportunistes, ne resistent pas a l'analyse.FFF LA FONDATION PARADIS Liza Marklund, le Masque, 405 pages FFFF RECHERCHEE Karin Alvtegen, Plon, 271 pages Adresse courriel nspehner@globetrotter.net 3208144A EN DIAGONALE Fins sourires a rebrousse-poil RUDY LE COURS L'epoque merveilleuse que nous traversons est meurtrie par l'omnipresence d'un certain humour, rehausse plus souvent qu'autrement d'ingredients feculents ou flatulents qui abrutissent les esprits.Cela donne envie de se plonger les yeux dans un livre ou le rire, sinon mieux le sourire, resulte d'une plaisante reflexion sur les evocations d'un texte, sur la puissance d'un style qui regorge par ailleurs d'atours de toutes sortes.A rebours, de Joris-Karl Huysmans (Chez GF), se veut un essai-roman sur la decadence d'une epoque, celle de la Troisieme Republique qui fut la sienne, une epoque qui, par maints aspects, n'est pas sans rappeler la notre, a sa lecture.Son heros, Des Esseintes, est un riche oisif, erudit et hautain, qui laisse errer son esprit au fil de digressions, divagations et souvenirs aussi futiles que subtils, empreints tantot d'une siderante lucidite, tantot d'une ridicule fatuite, le tout livre par une plume aussi precise et tranchante que le scalpel.Des Esseintes decide-t-il de s'acheter un beau tapis d'Orient aux reflets chatoyants qu'il constate que l'etoffe precieuse paraitrait mieux encore si un objet se deplacait dessus pour activer le lustre des poils de soie et de laine.Il se procure une enorme tortue et constate que son bouclier dorsal tete-de-negre est si terne qu'il decide de le faire glacer d'or.Cela ne suffira pas : le metal jaune appelle les pierres fines et nous vaut une brillante lecon de gemmologie puis ce denouement absurde : Sans doute habituee a une existence sedentaire, a une humble vie passee sous sa pauvre carapace, elle n'avait pu supporter le luxe eblouissant qu'on lui imposait, la rutilante chape dont on l'avait vetue, les pierreries dont on lui avait pare le dos, comme un ciboire.Que les gagnants de Loto- Quebec se le tiennent pour dit ! Plus loin, le heros, qui a ses fixations, expliquera pourquoi le mobilier Louis XV s'impose dans l'alcove : Seul en effet le XVIIIe siecle a su envelopper la femme d'une atmosphere vicieuse, contournant les meubles selon la forme de ses charmes, imitant les contractions de ses plaisirs, les volutes de ses spasmes, avec les ondulations, les tortillements des bois et du cuivre, epicant la langueur sucree de la blonde, par son decor vif et clair, attenuant le gout sale de la brune, par des tapisseries aux tons douceatres, aqueux, presque insipides.Bref, A Rebours se lit a petites doses, comme on boit une fine.Un roman loufoque de Dumas Il en va tout autrement du Capitaine Pamphile, d'Alexandre Dumas (chez Folio).Roman baroque, loufoque et echevele, il se revele une suite de metaphores sur les travers des hommes.Le recit alterne entre l'histoire des betes qui forment la menagerie d'un ami et celle du capitaine Pamphile, un personnage connu de cet ami.Les scenes animalieres n'ont rien a voir avec l'anthropomorphisme gnangnan disneyen.Dumas depeint singes, tortue, ours sans complaisance, mais avec empathie, comme pour mieux refleter les faiblesses de leurs maitres.Dans cette oeuvre de jeunesse, ecrite 10 ans avant Les Trois Mousquetaires, Dumas maitrise deja la narration nerveuse qui etonne toujours le lecteur.Ainsi en est-il de l'episode ou un artistepeintre croit son singe epris de son tableau en chantier alors qu'il en raffole plutot.En fait le quadrumane lechait le blanc de plomb jusqu'a la toile de sorte que le cadavre de l'amiral etait deja avale ; il y avait encore la potence et la corde, mais il n'y avait plus de pendu.C'etait une execution a refaire .Pamphile, c'est au contraire un personnage cupide, fort et naif qui se retrouve un jour jete par-dessus bord par son equipage mutine.Il se retrouvera sur le dos d'une carcasse de baleine, tiree par un canot de Hurons du Cap-Breton.On s'esclaffe par tant d'anachronismes et d'invraisemblances dans cette peripetie qui le conduira aux abords de Montreal, de l'Outaouais et de Philadelphie en moins d'une semaine, ou il aura l'occasion de se mesurer en plein ete a un boa et a s'abreuver d'eau d'erable.Dumas n'est jamais venu en Amerique, mais il a lu les descriptions farfelues d'une flore americaine dans l'Atala de Chateaubriand, qui lui servit de temoin a son mariage.Dumas n'a heureusement d'autre pretention que de divertir un lecteur qui gagnera en plaisir a le lire avec attention.Une reflexion pointilliste Avec un titre comme La Deconfite gigantale du serieux, on se croit invite a une critique mordante de la levre pincee et roide.Il n'en est rien dans ce curieux, bref ouvrage de Pietro di Vaglio qui parait une premiere fois en francais (Editions Leo Scheer) meme s'il date de plus de 150 ans.Il s'agit plutot d'une reflexion pointilliste, ou regne l'ellipse, sur le sens de la vie et de la litterature.Ne d'une mere italienne et d'un pere francais qui mourra avant sa naissance, Di Vaglio voit le jour en France et sera eleve par celle qui ne maitrise pas la langue de sa terre d'accueil.Ils reprendront le chemin de la peninsule alors que rentrent en France les troupes defaites de l'empereur.Ils seront de nouveau percus comme des etrangers meme dans la terre maternelle.Heureusement pour lui, il a traine un livre, le Gargantua, de Rabelais, qui le reconforte.Et l'inspire meme, comme dans cette scene ou l'urgence d'une vidange incongrue le force a voler le mouchoir parfume d'eucalyptus d'une belle pour terminer sa toilette.Ca ne me brulait pas, mais c'etait plus intenable qu'une demangeaison, ecrit-il.Une femme me chatouillant n'eut pas obtenu de moi plus beau dehanchement.SALON DU LIVRE ANCIEN DE WESTMOUNT le dimanche 29 fevrier 2004 au Selwyn House School, 95 ch.Cote St-Antoine, Westmount, de 10 h a 17 h - Entree: 2$ Rens.: 935-9581 LIBRAIRES 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Porte-parole de 22 communautés religieuses dans les dossiers socialement chauds, la religieuse de 68 ans s'est retrouvée à l'avant-scène de l'actualité lors des débats suscités par le projet du Suroit.JEAN-PAUL SOULIÉ ouràtour éducatriceet animatrice, responsable de paroisse et bâtisseuse d'église, militante de la protection des ressources naturelles, de la qualité de l'environnement, de la justice sociale et de la défense de la condition féminine, Soeur Esther Champagne s'est retrouvée à l'avantscène de l'actualité lors des débats suscités par le projet du Suroît \u2014 la centrale thermique au gaz naturel d'Hydro-Québec.La religieuse de 68 ans, entrée dans la congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal à l'âge de 20 ans, est membre du comité de direction du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE), une coalition de 22 communautés religieuses.Elle n'en était pas à ses premières armes dans ce genre de controverse environnementale: le RRSE a souvent croisé le fer avec des entreprises forestières, des compagnies minières, des pétrolières canadiennes, mais rarement de façon aussi publique et directe.La Presse salue l'intervention des 22 communautés religieuses dans les dossiers socialement chauds et nomme leur porte-parole, Soeur Esther Champagne, la Personnalité de la semaine.Depuis le milieu du siècle dernier, les communautés religieuses voient leurs effectifs diminuer; leurs membres vieillissent, et leurs revenus baissent pendant que leurs dépenses augmentent.«Nous devons défendre les biens qui nous restent et être vigilantes sur le pouvoir de nos avoirs, dit Soeur Esther Champagne.Nous intervenons auprès des compagnies dans lesquelles nous avons des actions ou des obligations.Entendons-nous bien: nous nous défendons sans être \"en lutte\", comme le disent les syndicats.» Pourtant, dans le regard vif de la religieuse, une petite lueur montre toute la détermination et l'énergie qu'elle met à défendre ses dossiers.Née à Lanoraie, sixième d'une famille de neuf enfants (cinq garçons et quatre filles), Esther Champagne est la fille d'un producteur de tabac et d'une institutrice.«Dans la vie, j'ai deux amours : ma famille et ma communauté».Sa mère, qui aura 99 ans, lit religieusement La Presse, en particulier tous les articles publiés sur sa fille, dont elle est très fière.«J'ai choisi ma communauté à cause des idéaux de sa fondatrice, Marie Gérin- Lajoie, qui voulait plus de justice sociale et l'avancement de la condition féminine».Soeur Esther Champagne a été institutrice au primaire pendant quatre ans, professeure ausecondairependant quatreans également, puis a oeuvré pendant 10 ans comme animatricedepastoraledansune polyvalente de Ville-Saint-Michel.Un de ses meilleurs souvenirs demeure son passage à Pointe- Calumet, où elle était responsable de la paroisse.«Nous avions une église qui ressemblait plus à une cabane à sucre qu'à un temple, affirme-t-elle.Nous avons vendu le presbytère et mis sur pied un comité d'églisedont lamoitié desmembresn'étaient pas des pratiquants.Ilyavait dubon monde.Tous se sont donné la main, tous ont eu à coeur cette cause collective.À coup de bingos pendant six mois et de corvées de fins de semaines, nous avons amassé 270 000$ et construit une église.J'ai été partout sur le chantier.Je peux dire que j'ai construit une église au Québec.» Aujourd'hui, en plus de son travail de porte-parole du RRRS, Soeur Esther Champagne apporte son aide au Centre social d'aide aux immigrants (CSAI).Situé à Westmount, dans une grande demeure bourgeoise léguée à la communauté par une de ses religieuses, le CSAI vient aujourd'hui en aide à des réfugiés.«Nous nous sommes toujours adaptées aux besoins de notre histoire, explique Soeur Esther Champagne.Il y a 53 ans, la communauté accueillait ici les jeunes filles venues de Gaspésie et d'Abitibi pour se placer comme domestiques dans les familles riches.Nous leur offrions un endroit pour parler de leurs problèmes, suivre des cours.Aujourd'hui, ce serait sans doute encore nécessaire».Mais il y a eu des problèmes plus urgents.Comme celui de la trentaine de Polonais réfugiés en Angleterre, puis au Canada, arrivés à Halifax, et que la communauté a cachés à Drummondville pendant longtemps.«Àl'époque, les autorités craignaient les espions allemands, explique Soeur Esther Champagne.Selon les problèmes mondiaux, nos clientèles ont changé.Aujourd'hui, nous pouvons répondre à nos réfugiés dans 16 langues différentes.Ce matin, nous avions le cas d'un Iranien qui allait être déporté.Souvent, les fonctionnaires ont l'air de ne rien comprendre.On peut être dans le cadre de la loi mais donner quand même une chance à l'humanité!» «On n'a pas le droit d'être bien tout seul.Il faut éveiller la conscience sociale de tous, et quand nous nous battons contre les pollueurs, c'est la même chose.Il faut être batailleurs, pas contre quelqu'un, mais pour une cause, la justice sociale ou la promotion de la personne, femme, enfant ou homme.Nos richesses collectives nous concernent tous : l'eau appartient à tout le monde».On le constate bien, Soeur Esther Champagne se retrousse déjà les manches pour passer à l'action! Soeur Esther Champagne «Nous devons défendre les biens qui nous restent et être vigilantes sur le pouvoir de nos avoirs.» PHOTOS RÉMI LEMÉE LA PRESSE © "]
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