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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et Spectacles - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2004-03-07, Collections de BAnQ.

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[" GUILLAUME DEPARDIEU Le sourire Au nom du père du malin DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca C'est l'obsession de l'écrivain sud-américain.Chacun essaie de dessiner, selon sa sensibilité, ce dictateur mythique.Pour l'écrivain sud-américain, le dictateur est un personnage éminemment romanesque, le seul d'ailleurs capable de le faire accéder à l'universel.Le grand roman sud-américain est donc un portrait en pied de ce monstre venu des profondeurs du rêve qui s'est imposé à la réalité des peuples.Le Guatémaltèque Miguel Angel Asturias a eu le Nobel en 1967, principalement pour ce portrait d'un réalisme halluciné (Monsieur le président, 1946).Le Colombien Gabriel Garcia Marquez a passé des années à ciseler ce complexe échafaudage rhétorique (justement trop verbeux) qu'est L'Automne du patriarche.Le Paraguayen Roa Bastos y est allé de son Moi, le suprême.Le Mexicain Juan Rulfo, lui, a installé son laboratoire dans un village dévasté qui est en fait un cimetière, et où continue à régner par-delà la mort, sur un peuple de femmes et d'enfants (toutes les femmes sont ses maîtresses et tous les enfants sont de lui), cet étrange personnage qu'est « Pedro Paramo ».Et même le Péruvien Mario Vargas Llosa, qui semblait rechigner à entreprendre une telle corvée, a finalement remis sa copie.La Fête au bouc, ce portrait en forme de thriller surréaliste de Rafael Leonidas Trujillo (le dictateur de la République dominicaine, ce pays qui partage l'île avec Haïti), l'a remis en selle pour le Nobel.Pour Haïti, c'est l'anglais Graham Greene qui s'est chargé, avec ce brutal roman qu'est Les Comédiens, de l'univers parallèle de François Duvalier.C'est un roman bien fait, mais, à mon avis, l'inventeur de la secte des tueurs aux lunettes noires (Graham Greene remarque que c'est pour qu'on ne voie pas leur regard triste qu'ils portent des lunettes noires) mérite un portrait moins réaliste.Cette petite bibliothèque, vite montée, nous donne une bonne idée de ce qu'est un dictateur sud-américain et du rapport fusionnel qu'il entretient avec son peuple.Un père et ses deux fils Cette fascination vient surtout du fait que l'écrivain sud-américain semble persuadé que le dictateur est un véritable concentré des qualités et des défauts de son peuple.Sinon, croit-il, les gens ne se reconnaîtraient pas autant en lui.François Duvalier ou Papa Doc reste, en Haïti, l'ultime référence paternelle.Le dictateur ne se contente pas uniquement de semer la terreur, il occupe une importante place dans l'imaginaire populaire.Les élites peuvent bien conspirer, seul le peuple pourrait le chasser.Et il le fait seulement si celui-ci n'arrive plus à équilibrer la part de lumière avec la part des ténèbres.Comme les gens du peuple, il faut qu'il soit capable de passer, dans un seul mouvement, du réalisme le plus cru au mysticisme le plus profond.>Voir LAFERRIÈRE en 2 Qui est Guillaume Depardieu ?Au-delà d'être le fameux fils de, qui se cache derrière ce rebelle ?Un enfant qui réclame l'attention de son père ?Un caractère fort qui essaie de s'en sortir ?Un paranoïaque qui se croit toutpuissant ?Un peu de tout cela.Mais, paradoxalement, après avoir lu son livre, on se rend compte que plus on en sait sur lui moins on sait qui il est.Portrait impressionniste.KATIA CHAPOUTIER COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014 Partir à la rencontre de Guillaume Depardieu est une expérience comme on n'en connaît pas souvent.On peut même parler de personnage, avec toute la complexité que cela peut sous-entendre.En France, il est très connu.Plus au rayon faits divers qu'au rayon critique de cinéma.Pourtant, c'est un acteur.Un très grand acteur.De ceux qui peuvent tout jouer avec une intensité à vous couper le souffle.« Je peux faire tous les rôles, sauf peut-être celui de nain brun ! » dit-il en souriant.Mais voilà, Guillaume a eu une jeunesse tumultueuse.Grandir à l'ombre d'un Gérard Depardieu n'est pas chose facile.Surtout quand celui- ci brille par son absence à la maison et par son fantôme à l'école.Alors, probablement pour éviter de se faire rejeter par les autres, l'enfant s'annonce rebelle, doublé d'une intelligence hors norme.C'est tout cela qu'il raconte dans son livre, Tout donner.Le fils Depardieu « donne tout » au fil des pages : des claques à son père, des roses à sa mère, un petit appel du pied à sa soeur et une véritable déclaration d'amour à son ex-femme.Et lui, dans tout cela ?À la question « qui êtesvous?» il répond : « Guillaume Depardieu, né le 17 avril 1971, à Paris 14e.Signe particulier : néant.Taille 1m85, 80 kilos, blond aux yeux bleus.» Et à l'intérieur ?« Je ne peux pas répondre à cette question, je me découvre tous les jours.» Il donne rendez-vous chez lui, près de Versailles, dans un village où vivent sa mère et sa soeur.Il habite dans une vieille maison dont il n'utilise que le rez-de-chaussée, et pour cause.Guillaume Depardieu a été amputé d'une jambe, à la suite d'une infection contractée à l'hôpital après un grave accident de moto.On a tellement vu le jeune homme dans tous les états à travers les médias, drogué, euphorique, désespéré, en colère, qu'on ne sait pas à qui on va faire face.Il arrive en voiture, conduit par son assistant.Il sort du véhicule en boitant légèrement à cause de la prothèse.On est alors tout de suite frappé par son regard.Un regard doux, très bleu, qui dément les nombreuses cicatrices constellant son visage.On sent tout de suite que c'est une bonne journée.La veille, il a enregistré Tout le monde en parle, l'émission de Thierry Ardisson, pour la promotion de son livre.Cela s'est bien passé.Il semble que l'enfant terrible fasse la paix avec les médias.« J'ai fait ce livre pour me débarrasser de certaines questions.Chaque fois que je fais un travail, quel qu'il soit, on me pose toujours les mêmes questions et c'était pour en finir avec tout cela, les a priori.L'idée, c'est : Je vais vous raconter toute la vérité et après, vous ferez ce que vous voudrez.» Il faut dire que pour les amateurs de potins et les unes de magazines people, Guillaume est une aubaine.Ancien héroïnomane, il a fait quelques allers-retours en prison.Pour des vols qu'il qualifie aujourd'hui de stupides, pour la drogue, pour sa capacité de bouleverser l'ordre établi et de défier la loi.À un moment, on a cru qu'il s'assagissait en se mariant et en devenant père.Il se retrouve alors amputé et part en guerre contre les hôpitaux de France.Descente aux enfers, cocaïne, alcool sont toujours au coin de la rue et les démons ne tardent jamais à se montrer.Les Français l'aiment bien, certains ont de la compassion pour lui.On le regarde comme le pauvre petit fils riche.perdu.D'autres le méprisent.Il faut dire que ses apparitions incohérentes sur les plateaux de télé ont marqué les esprits.Entre autres, celle au journal de 20 h.Le jet-set le croise dans des états catastrophiques dans les soirées.Tantôt son père le soutient, tantôt il le désavoue.Toujours par la voie des médias, rarement de visu.La mère, elle, plus discrète, tente, amour à l'appui, de protéger tant bien que mal son fils.Il réussit tous les films qu'il tourne.Même si le succès public n'est pas toujours au rendez-vous, la critique, elle, est toujours unanime.Il est particulièrement doué.Mais Depardieu fils s'en moque.« Ce n'est pas important pour moi.Quand je ne tourne pas, cela ne me manque pas.C'est juste un plus, un moment privilégié.» Point commun avec sa soeur doublement récompensée aux Césars.Non, Guillaume se veut musicien.Mais pour s'assumer en tant que tel, il a besoin de se libérer de ses vieux démons.Le mot « légitimité » émaille son discours.Il veut réussir en tant que lui-même, mais donne l'impression d'en avoir peur.Il a d'ores et déjà écrit de nombreuses chansons, pourtant il semble encore hésiter à passer à l'acte.Avec une telle sensibilité à fleur de peau, on est cependant en droit d'imaginer quelque chose d'intéressant.>Voir DEPARDIEU en 2 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Guillaume Depardieu est très connu en France.Davantage toutefois au rayon faits divers qu'au rayon critique de cinéma.Pourtant, c'est un acteur.Un très grand acteur.« J'ai fait ce livre pour me débarrasser de certaines questions.L'idée, c'est : Je vais vous raconter toute la vérité et après, vous ferez ce que vous voudrez.» INFORMEZ-VOUS CONCERNANT NOS PROMOTIONS POUR 5, 10 OU 15 NUMÉROS EN KIOSQUE DÈS MAINTENANT Ça va donner un grand coup ! ADRIEN BIGRAS PIERRE BRISEBOIS ANNE CHOUINARD MICHEL MARTIN DEBBIE SAVOY-MOREL DANIEL TALBOT Aussi, les chroniques de : Abonnez-vous ! Courriel : golfgesca@editionsgesca.ca ou par téléphone au (514) 904-5537 Sans frais : 1 877 997-4653 M O N T R É AL DI M A N C H E 7 M A R S 2 0 0 4 SYLVIEDESROSIERS DRÔLE DE VIE PAGE 7 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Molinari: le meilleur et le pire CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Le Quatuor à cordes Molinari jouait vendredi soir à la mémoire du peintre montréalais qui, décédé récemment, avait secondé les débuts du nouvel ensemble et l'avait même autorisé à prendre son nom.Malgré le caractère particulier que revêtait la soirée, celle-ci avait attiré à peine 100 personnes, dont, comme d'habitude, beaucoup d'invités.Le Molinari existe depuis maintenant sept ans et n'a pas encore réussi à se constituer un auditoire substantiel et fidèle, de 300 personnes, par exemple.La chose ne semble affecter en rien les quatre musiciens qui maintiennent, tout à la fois, leur saison et le plus haut niveau musical.De toute évidence, Olga Ranzenhofer, la fondatrice et animatrice du groupe, préfère jouer ce qu'elle aime devant 100 personnes plutôt que de faire des compromis pour en attirer deux et trois fois plus.Le Molinari ouvrait son concert avec l'unique pièce pour quatuor à cordes de Gilles Tremblay, Croissant, créée à Toronto par le Penderecki en 2001 et reprise par ce dernier à Montréal en 2002.Le groupe torontois l'avait faite en 17 minutes.Vendredi soir, j'ai compté 20 minutes et, malgré le retour un peu insistant de certaines formules, l'audition m'a paru moins longue cette fois.J'attribuerais cette impression à une meilleure acoustique de salle et à une exécution supérieure.Ainsi, chez le Penderecki, les glissandos se ramenaient à de simples miaulements alors qu'au Molinari, ils sont presque devenus voix humaines.Et les Torontois n'avaient rien tiré du très long et vigoureux duo des violons si brillamment rendu vendredi par Ranzenhofer et Jansonius.M.Tremblay assistait au concert, avec son épouse, et a semblé heureux de ce qu'il venait d'entendre.Présentement engagé dans une intégrale Bartok en vue d'un enregistrement, le Molinari consacrait tout l'après-entracte aux 30 minutes du cinquième et avant-dernier Quatuor.La clarté structurelle de la partition en facilite l'audition, ce qui n'est pas aussi évident chez Tremblay.Bartok, en effet, adopte ici la forme « en arche », avec deux mouvements rapides encadrant deux mouvements lents qui, à leur tour, encadrent un mouvement rapide.Le Molinari avait apporté au très difficile Bartok le même soin qu'au reste et le traduisit avec toute la puissance sonore et la force rythmique souhaitées.Détail d'importance, en passant : l'éloquence de Jasmine Schnarr à l'alto et de Julie Trudeau au violoncelle assure au quatuor un « côté droit » aussi fort que les deux violons, en face.L'hommage à Molinari comportait un témoignage d'Olga Ranzenhofer, la voix du peintre en interview et des projections d'un grand nombre de ses toiles, dont certaines \u2014 j'ose le dire \u2014 pourraient être confondues avec des serviettes de plage.Quant à cette chose signée Giya Kancheli, compositeur géorgien, qui complétait la soirée, elle est statique, prétentieuse et vide.Presque de la musique subliminale, c'est-à-dire à dormir debout.Je ne comprends pas le Molinari de s'intéresser à pareilles nullités.QUATUORÀ CORDES MOLINARI \u2014Olga Ranzenhofer et Johannes Jansonius (violons), Jasmine Schnarr (alto) et Julie Trudeau (violoncelle).Vendredi soir, Redpath Hall de l'Université Mc Gill.Programme: «Croissant» (2001) - Tremblay «Night Prayers» (1992) - Kancheli Quatuor no 5, Sz.102 (1934) - Bartok llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le sourire du malin LAFERRIÈRE suite de la page 1 Il nous faut distinguer un homme fort d'un dictateur.Haïti a connu des dictatures, mais un seul vrai dictateur: François Duvalier.L'homme fort s'enfuit quand cela tourne au vinaigre, mais on ne peut imaginer un vrai dictateur (je parle du personnage mythique des romans sud-américains) hors de son pays.Il doit mourir dans sa tanière.Comme Duvalier, comme Trujillo.Ainsi, Duvalier avait déclaré : « Je ne sortirai du palais national que dans mon cercueil », et c'est ce qui s'est passé.Le dictateur inspire cette sorte d'horreur sacrée mêlée de respect.On entend dire que les Américains n'auraient jamais osé traiter François Duvalier comme ils l'ont fait avec Jean- Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide.Ces deux-là ne sont, d'une certaine manière, que les deux fils (on dira qu'Aristide est le fils naturel, tandis que Jean-Claude est le fils légitime) de Duvalier père.Et les événements qui se déroulent ces jours-ci en Haïti ne sont qu'un épisode (espérons que la fin du cauchemar n'est pas trop loin) de la longue nuit duvaliérienne.La notion du peuple Aristide est bien le véritable héritier de François Duvalier.Il a repris à son compte tout le discours archaïque de Duvalier père.Un discours que Jean-Claude, lui, avait tenté de moderniser au début de son règne en déclarant : « Si mon père a fait la révolution politique, moi, je ferai la révolution économique.» Aristide, lui, ne parlera jamais d'économie.Comme Duvalier père, Aristide peut se réclamer du peuple.Si François Duvalier est le fils d'un juge d'une petite localité près de Port-au-Prince, Aristide a été repêché par des religieux qui avaient remarqué déjà son exceptionnelle force de caractère et sa vive intelligence.Les deux écrivent (tout Haïtien qui se respecte doit écrire au moins un livre dans sa vie) sur ce thème, qui est une vieille scie de la littérature haïtienne : le peuple humilié.François Duvalier a publié un poème, L'Exilé, où on suit un jeune homme (un autoportrait) en train d'arpenter, seul et désespéré, « le macadam plein d'ombres de Port-au-Prince ».Enfance surprotégée, adolescence solitaire, souvent une mère autoritaire qui est la première à planter dans l'esprit de l'enfant la graine de l'ambition démesurée.On retrouve le même topo dans la plupart des romans sud-américains qui passent le dictateur à la radioscopie.Les deux font des métiers qui les rapprochent des gens : l'un est médecin, et l'autre, prêtre.L'un soigne le corps ; et l'autre, l'âme.Et les deux, pour s'attirer la sympathie du plus grand nombre, se servent de cette même idéologie du ressentiment (le noirisme) qui fait croire que ce peuple (dans leur glossaire personnel), toujours innocent, pauvre, humilié, et surtout noir, n'attend pour le venger nul autre que le messie.Le messie On le reconnaîtra, ce messie, parce qu'il viendra les mains vides, sans aucun programme précis, mais la bouche pleine de proverbes et toute parfumée de son amour pour le peuple \u2014 le peuple, c'est bien la notion la plus floue de toute l'histoire politique haïtienne.À ceux qui voudraient du pain, il aura toujours des mots d'encouragement.Il voudrait encore partager « sa nouvelle fortune » avec les démunis, mais il ne le fera qu'avec ceux qui ont accepté d'emblée sa vision du pays.Le reste de l'argent, il le fera fructifier en attendant que les autres comprennent et acceptent son évangile.Au début, c'était un jeune prêtre des quartiers pauvres, plein d'ardeur, qui pourfendait de sa juste colère les riches de Pétion-ville et les hommes de pouvoir de Portau- Prince qui semblaient insensibles aux cris de douleur du peuple.Il promettait de renverser la situation en distribuant une partie de la richesse nationale aux plus pauvres.Et pour la première fois, des millions de gens qui s'étaient jusqu'alors tenus loin de la politique se sont levés d'un seul coup, pour le porter littéralement au palais national.Les gens chantaient, et Aristide semblait heureux.Deux grands yeux si doux dans un visage candide.Mais le rêve n'a pas tenu deux rounds face à la dure réalité.Je crois qu'il faudrait repasser le film de la vie publique d'Aristide pour déterminer quand ses yeux ont commencé à changer.Au fur et à mesure que son ton devenait calme et monocorde, ses yeux se sont mis à lancer des éclairs de haine.Sa voix, au début, nous disait ce qu'il pensait, mais vers la fin, ce sont les yeux qui dévoileront le fond de son coeur.Ah ! cette folle haine contre l'ennemi.L'ennemi, c'est la bourgeoisie, mais une bourgeoisie plutôt rêvée puisque la plupart de ces leaders sortis de la classe moyenne n'ont jamais vraiment côtoyé les bourgeois, ce qui ne les empêche pas de fantasmer fort sur les jolies mulâtresses.Au fond, le rêve, c'est d'occuper la place des bourgeois dans les luxueuses villas des hauteurs de Pétion-ville.Lui, il fera construire sa villa à mi-chemin entre les pauvres et les riches.La fibre patriotique Je me demande si Jean-Claude Duvalier aurait résisté autant aux Américains qu'Aristide l'a fait durant cette nuit du 28 au 29 février 2004.Vous vous demandez si vraiment Aristide a résisté ?On en a la preuve puisqu'il continue à s'agiter jusque dans cette lointaine république africaine.Aristide ne décolère pas.Au retour de son exil de Washington en 1994, j'ai eu l'impression qu'il s'était juré de mourir en Haïti.Je ne crois pas que Jean-Claude Duvalier relie à ce point la mort au pouvoir.Entre la mort et le pouvoir, je le vois plutôt choisir la vie.Il ne pourra jamais devenir un personnage romanesque, car ce n'est pas la vie qui fascine les foules, mais bien la mort.Alors qu'en défiant les Américains, Aristide montre qu'il n'a pas peur de la mort.On peut à peine imaginer les menaces voilées ou ouvertes qu'il a dû recevoir, comme des gifles sèches, durant cette dernière nuit.On a dû lui faire comprendre qu'on allait rendre public son volumineux dossier tout en lui rappelant que, dernièrement, un puissant baron de la drogue venait de l'incriminer, et qu'on pourrait le poursuivre où qu'il se trouve dans le monde pour de tels crimes, on a dû lui glisser un mot sur d'autres dossiers plutôt politiques touchant la conduite des affaires haïtiennes (corruption, népotisme, détournements de fonds, la routine quoi !) et peutêtre même qu'on a été obligé de lui passer sous le nez quelques photos folichonnes l'impliquant avec quelques stagiaires du temps qu'il était à Washington (les républicains sont si friands de ce genre de scandales), et malgré cela, il a publiquement dénoncé les Américains, jetant l'administration Bush dans un certain embarras, et cela en pleine année électorale.Les autres pays de la Caraïbe, qui n'ont pas été avertis de cette action d'éclat, grommellent déjà.Ils ont l'impression que Bush aurait dû prendre un peu plus de précautions avec un président démocratiquement élu.On ne fait pas un coup d'État au nom de la démocratie.Bush donne l'impression de se croire le seul garant de la démocratie.Ce n'est pas si loin de François Duvalier, quand celui-ci affirme : « Je suis le drapeau haïtien : un et indivisible.» Cela ne rend pas Aristide moins coupable, mais en voulant résoudre de si brutale manière le problème d'Aristide, comme si Haïti était une république de bananes, Bush risque plutôt de réveiller la fibre patriotique haïtienne.Après l'Irak, on ne pensait pas qu'il agirait encore ainsi.Il y a des gens sur qui l'expérience glisse comme la pluie sur le dos d'un canard.La rencontre Je n'ai jamais rencontré un président haïtien.C'est mon grand regret.J'ai toujours rêvé de m'approcher d'un tel personnage.Comme Garcia Marquez, qui a ses entrées chez Castro.Je crois qu'il est impossible de décrire ces personnages sans en connaître au moins un personnellement.Comme ce serait intéressant de le voir dans la vie ordinaire, tout en sachant qu'il est le point de mire de millions de gens.De l'observer en train de sucrer son café, quand on sait qu'au même moment, des millions de gens commentent passionnément chacun de ses faits et gestes.Je ne parle pas de célébrité d'Hollywood, je parle d'un homme qu'on traite comme un prince le matin, et comme un chien le soir.Un homme sur qui pèse une constante menace de mort.Un homme qui fait construire un palais tout en sachant qu'il n'aura peut-être pas le temps de l'habiter.Un homme qui se demande chaque matin si c'est le dernier, tout en croyant qu'il est à cette fonction pour toujours.S'il est vrai que je n'ai jamais rencontré un dictateur de ma vie, même pas Aristide, qui a pourtant mon âge, j'en ai vu un, un jour.J'avais 13 ans.On avait convoqué tous les élèves devant le palais national.Perdu dans la foule, je ne reconnaissais François Duvalier, qui parlait à la tribune, que grâce à son fameux chapeau noir et à sa voix nasillarde.À un moment donné, j'ai pensé que j'allais mourir de soif.Il y avait, çà et là, quelques fontaines, mais les tontons-macoutes y faisaient la queue.J'ai marché jusqu'à la tribune que les ministres et le haut état-major avaient déjà désertée.Je suis entré dans le palais qui me semblait vaste et vide.J'ai erré un moment, toujours à la recherche d'un verre d'eau.Finalement, j'ai poussé une porte.Un homme était assis, seul, dans la pénombre.Il me regardait en souriant.Un sourire doux et triste.Cela m'a pris un temps pour reconnaître François Duvalier.Je n'arrivais pas à bouger, comme tétanisé.Il a continué à sourire, de ce sourire évanescent, presque irréel, avant de baisser les yeux sur le dossier qu'il était en train d'étudier.Finalement, je suis sorti à reculons, avant de détaler jusqu'à la rue.Au nom du père DEPARDIEU suite de la page 1 Aujourd'hui, son livre en raconte plus que ce que le public souhaitait probablement savoir.Oui, Guillaume Depardieu a vendu son corps à des femmes et à des hommes.Oui, il a fait souffrir démesurément.Oui, il a une tendance autodestructrice.Au passage, la bombe égratigne ses proches.À tel point que son père s'est vu obligé de faire son mea culpa dans Gala, le People français : « Je n'ai pas été un père parfait.» Mais Gérard ne peut s'empêcher de décocher une ou deux flèches.« Quelqu'un qui souffre depuis l'enfance a le droit de rugir, de mordre comme il le fait.Il est allé au bout de ce qu'il avait envie de dire.Et il a préféré le faire dans un cri.Ce livre est un cri.Moi je n'ai pas eu ce besoin.(.) Aussi parce que je n'ai pas été le fils de.» Quelques jours plus tard, on retrouvera le même père, hagard sur la scène des César.Certains parlent d'un mélange de calmants et d'alcool.On s'interroge sur ses amours nébuleuses partagées entre Carole Bouquet et Fanny Ardant.Et on se dit que, finalement, ce n'est pas facile de s'appeler Depardieu.La mère et la fille semblent, quant à elles, s'en sortir un peu mieux.Des projets plein les poches Aujourd'hui, Guillaume ne boit plus.Il a des projets plein les poches.Un roman en préparation.Des rôles en perspective.Il voudrait réaliser et produire son propre film et envisage de déménager sa boîte de production, Post Mortem, en Hongrie.« J'aime ce pays, il est au carrefour de toutes les bonnes influences artistiques », précise-t-il.Alors, qui est Guillaume Depardieu ?Un jeune homme qui en donne pour leur argent aux voyeurs qui vont acheter son livre.Un artiste.Un acteur.Un séducteur.Un extrémiste.Un révolutionnaire.Mais, aussi brillant soit-il, il n'a pas (encore ?) compris que les plus grandes révolutions se font de l'intérieur.TOUT DONNER, Guillaume Depardieu Éditions Plon, 252 pages Alors qui est Guillaume Depardieu ?Un jeune homme qui en donne pour leur argent aux voyeurs qui vont acheter son livre. ARTS ET SPECTACLES RÉÉDITIONS Zouzou la twisteuse, revenue de l'enfer Elle a fréquenté Brian Jones.Connu George Harrison et Marianne Faithful.Chanté les chansons de Jacques Dutronc et joué dans des films de Rohmer.Pourtant, Zouzou reste toujours méconnue.Disparue pendant près de 30 ans, cette muse du Paris des années 60 vient de ressusciter en France.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE jlaurenc@lapresse.ca Il y a longtemps qu'on n'avait autant parlé d'elle.Plus de 30 ans.En 1972, à la sortie d'un film d'Éric Rhomer où elle tenait le premier rôle féminin, Zouzou avait fait la manchette jusqu'à New York.Mais depuis, pffft.Happée par le tourbillon des drogues, Zouzou a erré pendant 20 ans.Une aventure dont elle a bien failli ne jamais revenir.Mais la dame est une survivante.Et voilà qu'à 60 ans, elle remonte dans l'autobus du showbiz.En novembre dernier, elle lançait Jusqu'à l'aube, son autobiographie (Flammarion).Dans la foulée, les disques Vogue ont réédité l'intégrale de ses vieilles chansons sur CD.Puis, début janvier, le Centre Pompidou lui a dédié une rétrospective cinéma qui a attiré le Tout-Paris branché.« Tout s'est combiné de façon magique », lance-t-elle au téléphone, à son appartement parisien.Déjà, les retombées se font sentir.Il y a un an, Zouzou distribuait encore le journal des sans-abri dans le métro de Paris.Aujourd'hui, elle étudie des scénarios pour le cinéma, prépare un album et s'apprête à monter sur scène pour jouer les Monologues du vagin.Pour celle qui a toujours fait passer le plaisir avant la carrière \u2014et qui en a payé le prix \u2014, voilà une chance à ne pas manquer.De Brian Jones à Éric Rhomer Elle est née Danielle Ciarlet.Mais on l'a toujours appelée Zouzou, rapport à son charmant zézaiement.Il y a 40 ans, c'était la plus belle fille de Paris.Fêtarde invétérée, elle fréquentait toutes les boîtes du Paris nocturne, où elle twistait jusqu'à l'aube \u2014d'où le surnom de « twisteuse » que lui donnera Paris-Match en 1961.Sa silhouette longiligne, presque androgyne, attirait les regards.Tous les hommes étaient à ses pieds.Yves Saint Laurent, le premier, l'engage comme mannequin.Puis ce sera Daniel Hechter.Elle n'a que 17 ans.Mais elle ne sera qu'une touriste dans le monde de la mode, trop rigide pour cette jeune fille dissipée.« Être mannequin, ça me faisait chier », siffle la dame d'un ton rauque et gouailleur, qu'on croirait sorti du Paris d'avant-guerre.En fait, Zouzou préfère le rock.Normal, c'est de son âge.Avec ses potes, elle assiste à tous les concerts de groupes anglais : Beatles, Stones, Pretty Things.Sans complexe, elle s'intègre au cercle des groupies.Fait découvrir le « Paris by Night» aux musiciens de passage.Un soir, Bob Dylan l'invite à venir s'allonger dans sa chambre.Ils parleront toute la nuit.Puis Brian Jones, des Rolling Stones, s'amourache d'elle.Ils seront amants pendant quelques mois.Ils partagent le goût de la fête et ne s'en privent pas.Mais Zouzou contemple, impuissante, la descente du petit guitariste blond, trop speed pour elle.« On était tellement déchirés, dit-elle, qu'on ne pouvait pas vraiment parler de relations sexuelles.Mais en dehors de ça, c'était un amour.» Leur relation lui attirera la jalousie, puis le mépris de Mick Jagger.Mépris qu'elle lui rend d'ailleurs très bien.Encore aujourd'hui, Zouzou prend un malin plaisir à pourfendre le chanteur aux grosses babines.« Jagger, c'est pas une dent que j'ai contre lui.C'est une mâchoire complète !» On comprendra pourquoi un peu plus loin.Zouzou a aussi de bonne amies.Elle fréquente Patti Boyd, la première femme de George Harrison.À Londres ou à Paris, il leur arrive souvent de faire du shopping ensemble.John et George ne sont jamais très loin.Mais elle préfère encore la compagnie de Marianne Faithful, dont le destin sera semblable au sien et qui est restée, dit-elle, une grande amie.En 1966, le patron des disques Vogue lui propose de graver un 45-tours.C'est l'époque où n'importe qui peut faire un disque, du moment qu'on s'amuse.« Ces genslà n'ont même pas cherché à savoir si je savais chanter, ricane Zouzou.Mais au moins je chantais juste ! » Loin d'être une belle sans cervelle, elle écrit aussi ses propres textes.Mais c'est un certain Jacques Dutronc, alors guitariste d'El Toro et ses Cyclones, qui lui écrit ses premières musiques.Plus tard, elle le poussera à faire carrière solo \u2014un conseil qui s'avérera judicieux.Loin des twisteries niaises qu'on entend alors à la radio française, les chansons folk-rock de Zouzou s'inspirent des Byrds, des Beatles et des premiers disques de Marianne Faithful.Le succès est mineur, mais suffisant pour que Vogue remette ça.Gravé un an plus tard, son deuxième 45-tours inclut une version française de Young Girl Blues, chanson que lui a « prêtée» Donovan.L'affaire passe dans le beurre, mais Zouzou fera quand même quelques spectacles.Une tournée qui la mènera jusqu'à.Montréal en 1968, où elle se produira dans une aréna, « en première partie de je ne sais plus trop qui » ! Puis c'est le cinéma.Grâce à Philippe Garrel, jeune cinéaste expérimental, elle est propulsée star de l'underground français.Avec lui, elle tournera cinq films, avant de faire le saut chez Rohmer, qui lui offre le rôle de Chloé dans L'amour l'après-midi.Le film la révèle au grand public.Elle réapparaît dans un film de Marco Ferreri.Helmut Newton et Richard Avedon se pressent pour la photographier.Des magazines américains s'intéressent à elle.Warren Beatty aussi.pour d'autres raisons.Mais Zouzou se refuse à la vie de star.« J'étais trop chien fou pour ce genre de choses.Quand on veut être une vedette, on reste à côté du téléphone.Moi ça ne me grisait pas.» D'héroïne à l'héroïne Ce qui la grise, bien sûr, c'est de faire la fiesta.Petit à petit, la jeune femme sabote sa popularité.Disparaît des projecteurs.S'isole avec ceux qui, comme elle, préfèrent le plaisir au jet-set.Lentement mais sûrement, elle plonge dans la drogue.Elle en a les moyens.Un été en enfer qui durera deux décennies.Comme toujours, cela commence de façon anodine.Une soirée, trois verres, un fix.Puis c'est l'enlisement.Deal, braquages, désintox, rechutes.Pendant 20 ans, Zouzou côtoie la mort.Elle tente de s'en sortir.Part vivre dans les Antilles.Elle devait y rester six mois, elle y reste six ans.Oubliée de tous, elle enfile les petits métiers: vendeuse de vêtements, peintre en bâtiments.À Paris, le bruit court qu'elle est morte.À son retour, la junkie retombe.Encore plus bas.Accusée de trafic, elle échoue en taule.Ses deux séjours en prison finiront par la convaincre.Au milieu des années 90, elle décroche pour de bon.Étonnant qu'elle soit encore en vie.« Je n'ai jamais fait d'héro en pensant que j'en mourrais, dit-elle.Pour moi, c'était festif.C'était une bulle protectrice.Ça me permettait d'assumer le statut de star qu'on m'avait mis sur la tête.Après, seulement, c'est devenu de l'esclavage.Cela dit, je me suis piquée avec des seringues pourries.J'ai partagé des trucs avec des gens qui sont morts aujourd'hui.J'étais inconsciente.» Non sans raison, on pourrait la qualifier de « Marianne Faithful française ».Sublime beauté devenue épave, Zouzou revient d'aussi loin.« Vrai qu'on en a morflé toutes les deux.Mais pour elle, ça a été plus tragique.Mick Jagger a été très dur avec elle.Elle s'est retrouvée dans des squats avec personne pour l'aider.Quand on est milliardaire et qu'on a déjà été avec quelqu'un, il faut l'aider.Ou au moins engager quelqu'un qui pourra le faire à sa place.Mais non.Il a préféré devenir un tiroir-caisse.Maintenant, chaque fois qu'il chante, ça fait ding ! » Et vlan dans les dents.Fini la rigolade Depuis 10 ans, Zouzou n'a plus touché à la dope.Mais elle paye toujours le prix de ses excès.Sans le sou, inscrite au programme d'aide sociale (RMI), elle a survécu pendant quelques années en vendant Le Réverbère dans le métro, équivalent de notre Itinéraire.Mais le destin recommence à lui sourire.Et depuis trois mois, tous les médias français se l'arrachent.On se passionne pour ce parcours hors norme.On est fasciné par ce personnage au passé trouble revenu de l'enfer.Zouzou espère maintenant que ce buzz va lui permettre de sortir du « mal-être social ».En 1970, la sublime jeune femme n'avait aucun plan de carrière.En 2004, la dame de 60 ans ne souhaite qu'une chose : reprendre là où elle n'aurait pas dû laisser.« Au fond, c'est par manque de confiance que je n'ai pas fait carrière.Au cinéma , je me trouvais abominable.Mais maintenant, je m'en fous.Tout va très bien pour mon âge.J'ai pas changé de taille.J'ai pas envie d'être botoxée.Et surtout, on ne me fait plus de pipeau ! » Pas question, du reste, de laisser passer cette seconde chance.Muse déchue d'un Paris révolu (« Cette ville est devenue triste à mourir »), Zouzou est enfin prête à assumer son statut d'artiste.« Je me suis bien amusée, dit-elle.Mais là, c'est fini la rigolade.» FFF L'INTÉGRALE Zouzou Vogue / BMG Disponible en import PHOTO FOURNIE PAR BMG CANADA Zouzou a eu un parcours à nul autre pareil: après avoir connu son heure de gloire dans les années 70, elle fut happée par le tourbillon des drogues et a erré pendant 20ans.Mais voilà qu'à 60 ans, elle remonte dans l'autobus du showbiz.« UN THRILLER SEXY ET INTELLIGENT.» Liam Mayclem, KRON-IND, SAN FRANCISCO À L'AFFICHE! 13 ANS+ CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS 3211790A Distributé par BUENA VISTA PICTURES DISTRIBUTION ©TOUCHSTONE PICTURES hidalgo.movies.com « UNE AVENTURE PALPITANTE » « À VOUS COUPER LE SOUFFLE! » Clay Smith, ACCESS HOLLYWOOD « MAGNIFIQUE! UN FILM QUI A TOUTE L'ALLURE, LA PROGRESSION, ET LE COEUR D'UN CHEFD'OEUVRE.Jim Svejda, KNX/CBS RADIO Veerrssiion ffrraanççaaiissee CARNAVALCHATEAUGUAY/ CINÉMA PINE STE.ADELE / FAMOUS PLAYERS DORVAL 4 / MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ LES CINÉMAS GUZZO MD DES SOURCES 10/ MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ GROUPE MATHERS MD ST.EUSTACHE/ FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / CINEPLEX ODEON CAVENDISH FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINÉMA CARNAVALCHATEAUGUAY/ SHERBROOKE CINÉ-ENTREPRISE JONQUIERE CINÉ-ENTREPRISE LOUISEVILLE/ CINEMA DU CAP CINEMA PIXEL CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE/ FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA 9 ROCK FOREST/ CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD/ CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY/ CAPITOL ST.JEAN / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON JACQUES-CARTIER 14/ ST.BRUNO MEGA-PLEXMDGUZZO LES CINÉMAS GUZZO TERREBONNE 14/ STE.THERESE 8 GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS PARISIEN/ VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS GVISAGÉNÉRAL VOYEZ-LE MAINTENANT! PRÉSENTÉ EN SON THX CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA 3211793A POUR LES HORAIRES «C'est \u2039Folies de Graduation\u203a en Europe! Totalement hilarant.Rien, vraiment RIEN, n'est sacré.\u201d JEFFREY LYONS, NBC-TV DÉSOLÉ LAISSEZPASSER REFUSÉS 13 ANS + FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA GALERIES AYLMER / À L'AFFICHE / SON DIGITAL 3211848A GVISA GÉNÉRAL VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA À L'AFFICHE! POUR LES HORAIRES «UNE COMÉDIE ROMANTIQUE AUDACIEUSE ET IMPRESSIONNANTE.» A.O.Scott, THE NEW YORK TIMES version française de 50 FIRST DATES 3211834A ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES L'art de rire des autres Avec Scary Movie 3, David Zucker, maître de la parodie, met en boîte, histoire de rigoler un peu, Matrix, Signes, Le Cercle.Il a fait le point sur son approche avec le magazine Ciné Live.QQu'est-ce qui rendait ces films idéalement propices à votre verve parodique ?RJe précise d'abord que je ne me suis pas ennuyé en voyant Signes, qui est plutôt distrayant, jusqu'à un certain point ! Mais c'est quand même un film parfaitement idiot et crétin, suintant de sa propre suffisance et qui se prend très au sérieux.Tout ce qui, à mon avis, en fait le candidat idéal à une parodie.Franchement, côté logique on repassera ! Comment peut-on ne pas rigoler de ces extraterrestres suffisamment dégourdis pour organiser un voyage intergalactique vers la Terre, mais incapables de passer au travers d'une porte en bois ! Quant à Matrix, soyons honnête, c'est un film prétentieux et abscons et, par-dessus le marché, bourré d'interminables monologues soporifiques.8 Mile, par contre, j'ai plutôt aimé, malgré des passages ultrasérieux bien risibles.Vous savez, si je déteste vraiment un film, je ne peux pas le parodier.J'ai besoin de ressentir un certain degré d'affection.C'était le cas avec Airport et Les Naufragés du 747, qui nous avaient inspiré Y a-t-il un pilote dans l'avion ?QEn parodie, est-ce que tout est permis ou bien vous imposez-vous des limites sur certains sujets ?RJe me considère comme quelqu'un de moralement respectable et responsable ! Certaines situations me font rire que d'autres trouveront du pire mauvais goût ! Je ne me moquerai jamais gratuitement des personnes handicapées.Mais dans Scary Movie 3, le président des États-Unis est tellement bête qu'il tabasse des handicapés car il les prend pour des extraterrestres.Le gag peut fonctionner dans cette équation.Je ne trouve pas cela déplacé ni insultant.D'autant que mon père est dans un fauteuil roulant.QY a-t-il des films qu'il serait sacrilège de parodier ?RAbsolument.Je pense notamment au Parrain.Un film tellement brillant et que je vénère par-dessus tous.Je serais incapable d'en envisager la plus infime parodie parce qu'il n'a rien de stupide ni d'idiot.Certains films « sérieux » de Woody Allen sont aussi hors d'atteinte en ce qui me concerne.Crimes et délits, par exemple.David Zucker ZOOM llllllllllllllll Le ciné permanent de Vincent Cassel Le cinéma, Vincent Cassel (qu'on retrouve dans le western Blueberry) est tombé dedans quand il est était petit.« Quand j'étais môme, a-t-il confié à Paris Match, j'ai passé beaucoup de vacances à Arcachon.Mon grand-père était directeur du casino de la plage.Il y avait un cinémathéâtre.Mon frère et moi, on dormait dans les loges du théâtre et les toilettes étaient celles du cinéma.Pour faire pipi, j'ouvrais une porte et je tombais dans le cinéma.Alors je voyais tout, Titi et Gros Minet, le dimanche après-midi, Les Hauts de Hurlevent et les films pornos le soir, et aussi les séances normales, Taxi Driver, Monty Python ! C'était comme si j'avais un cinéma dans ma chambre.Mea culpa Jack Nicholson reconnaît volontiers qu'il n'est vraiment pas un cadeau sur un plateau de tournage.« Personne, dit-il, ne crie plus fort ni ne vocifère plus que moi.Mais, le plus dur, c'est lorsque je suis rendu chez moi et que je me dis : Mais ils avaient parfaitement raison, je ne suis qu'un putain d'imbécile.Et ça se produit au moins une fois ou deux pour chaque tournage.» Clooney, espion George Clooney, qui jouait le rôle d'un agent de la CIA dans sa première réalisation, Confessions d'un homme dangereux, pourrait reprendre du servie dans Syriana.Le ton sera néanmoins radicalement différent puisque le film est une adaptation de la Chute de la CIA, un livre de Robert Baer sur le déclin de l'agence américaine de renseignements au Moyen-Orient dans la période qui a suivi la guerre froide.O.K., les remakes « On peut voir dans les remakes un manque de créativité, note The Hollywood Reporter, mais il faut se rappeler qu'Hollywood a toujours fait des remakes.Tous les 20 ans, à chaque nouvelle génération de spectateurs, on recycle les histoires ; c'est pourquoi Peter Jackson va arriver au bon moment avec celui de King Kong.Prenez un classique comme Le Faucon maltais, c'était déjà un remake.Et même lorsqu'un film original n'a pas très bien marché et qu'Hollywood pense avoir compris pourquoi, il veut faire un remake pour que, cette fois, le film soit meilleur.Hollywood est une immense machine de production, le recyclage fait donc partie de son processus.» E x p r e s s Alors qu'elle vient de décrocher son premier grand rôle dans The Village, de M.Night Shyamalan, Bryce Dallas Howard, la fille de Ron Howard, a été choisie par Lars Von Trier pour remplacer Nicole Kidman dans Manderlay, la deuxième partie de la trilogie inaugurée avec Dogville par le réalisateur.Le tournage devrait commencer sous peu au Danemark.Bernard Giraudeau s'apprête à monter sur le ring pour Chok-Dee ; il interprétera un boxeur emprisonné qui fait la connaissance d'un jeune banlieusard à qui il enseigne les rudiments de la boxe thaïe.Après 14 ans d'absence au cinéma, Jane Fonda jouera la bellemère de Jennifer Lopez dans Monster in Law, une comédie mise en scène par le réalisateur de La Revanche d'une blonde, Robert Luketic.Ayant appris qu'une boutique de Los Angeles mettait en vente un de ses anciens vestons, Rod Stewart s'est rendu sur place pour constater que le veston en question, qu'il n'avait jamais vu, était d'un mauvais goût sans nom et qu'en outre il était deux points plus petit que ceux qu'il a toujours portés.Contrit, le boutiquier s'est engagé à ne plus y accoler son nom.Première, People, Globe, Movieline Viggo Mortensen Vincent Cassel «À 45 ans, Je n'ai pas peur de vieillir.J'ai vu pas mal d'acteurs, qui commençaient à avoir de la bouteille et avaient accumulé soit les succès, soit les déceptions, soit un peu des deux, se paralyser et décider d'arrêter leurs efforts.Je peux le comprendre.Moi, je suis toujours passionné par le processus de création cinématographique, par la recherche sur les personnages.J'ai du plaisir à parler d'un film qui marche avec les journalistes et je n'éprouve aucune rancune par rapport aux échecs.Je ne fais pas de plans vraiment à l'avance.» Studio VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 11H ARTV JARDINS Incontournable pour ceux qui rêvent déjà de leurs jardins.Des designers-paysagistes transforment des cours ordinaires en petits paradis devant des propriétaires reconnaissants! Un peu de verdure ne nous fera pas demal.12H35 TV5 VIVEMENT DIMANCHE De la visite rare: Michael Schumacher.18H RDS GAGNÉ, TROISIÈME PRISE Première partie d'un documentaire sur le Québécois Éric Gagné qui fait carrière avec les Dodgers.Gagné raconte son enfance et ses débuts.Avec les témoignages de son père et d'amis.Vous aurez envie de voir la suite, les 14 et 21mars.19H K CINÉMA: PEARL HARBOUR Deux jeunes pilotes rivalisent pour l'amour d'une infirmière à la veille du bombardement de Pearl Harbour.Mégaproduction aux effets spectaculaires.19H30 a LES BEAUX DIMANCHES: BEAUTÉ AMÉRICAINE La vie terne d'un banlieusard bascule lorsqu'il craque pour la copine de sa fille.Il se retrouve chômeur, cocu et assailli de fantasmes délirants! Le bonheur est dans le scénario et le jeu de Kevin Spacey.Àvoir.19H30 r STAR ACADÉMIE Stefie Shock, Daniel Lavoie, Marie-Chantal Toupin, Dan Bigras et le retour de Marie Élaine Thibert.21H r CINÉ-DIMANCHE: LAURA CADIEUX.LA SUITE Laura et ses amis se payent du bon temps en croisière sur le Saint-Laurent.Un film de Denise Filiatrault mettant en vedette Ginette Reno, Pierrette Robitaille, Sonia Vachon.Le Téléjournal Découverte / L'Esprit humain: se faire des amis BEAUTÉ AMÉRICAINE (3) avec Kevin Spacey, Annette Bening Le Téléjournal Conversation Le Garage L'ODEUR DE.(3) Le TVA 18 heures La Poule aux oeufs d'or - Spécial Gala Star Académie / Dan Bigras, Daniel Lavoie, Marie Élaine Thibert, Marie-Chantal Toupin, Stefie Shock LAURA CADIEUX.LA SUITE (5) avec Ginette Reno, Pierrette Robitaille Le TVA Familles.(23:27) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Vie sauvage des animaux.Boston Public CRÈME GLACÉE, CHOCOLAT ET AUTRES CONSOLATIONS (5) avec Isabelle Brouillette EN ATTENDANT LE BONHEUR (4) avec Khatra Ould Abdel Kader (22:45) 101 misères de stars PEARL HARBOR (5) avec Ben Affleck, Josh Hartnett Le Grand Journal (22:45) TERREUR EXTRÊME (5) avec Richard Gere (23:16) News Assignment Alias Cold Case Law& Order: Criminal Intent the eleventh hour CTV News News News THE MIGHTY DUCKS (17:00) HARRY POTTER AND THE PHILOSOPHER'S STONE (4) avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint Sunday Report Venture Mary Walsh Reflections ABC News Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover Alias The Practice Beautiful.Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case THE SURVIVOR'S CLUB avec Roma Downey, Jacqueline Bisset News .Raymond NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine André Rieu.(17:00) Dr.Wayne Dyer:The Power of Intention In the Life / Latest Trend Play Piano in a Flash (17:00) BBC News The Editors .(17:30) Makeover.Biography / Natalie Wood Biography / Charles Manson Biography / Manson Women Biography / Sharon Tate Airline LE BATEAU-PHARE (17:00) Orgueil et Préjugés L'AVEUGLEMENT HYSTÉRIQUE (5) avec Uma Thurman L'Actors Studio / Ben Affleck Silence, on court! Whoopi Goldberg: Profile Arts&Minds Shaping Art Radical Attitudes.BLUES BROTHERS 2000 (6) avec Dan Aykroyd, John Goodman COMING.(5) Québec en humour Docu-D / James Dean Sans détour / Hockey.Attaques animales Chasseurs des mers Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale, vieillissement UQAR.Bilan du siècle Technologie.La Formation.Le Monde.Activités physiques.American Chopper / Diffusion de six émissions.Vidéo Guide Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides .(18:20) .(18:45) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids MAD LOVE (5) avec Chris O'Donnell .(22:37) THE CANDIDATE (4) Everwood King of the Hill Oliver Beene The Simpsons Bernie Mac Malcolm in the Middle Arrested.Charmed Global News Global Sunday King of the Hill Two.Half Men .Raymond Crossing Jordan Global News Global Sports Trouvailles et Trésors Made in Québec Série noire / Crise de 1929 JAG LA FILLE DE RYAN (2) avec Sarah Miles, Robert Mitchum Betrayal / Karl Koecher Tanks / Steel Tigers Crown and Country OPERATION DAYBREAK (4) avec Timothy Bottoms, Martin Shaw Manhunt Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / France Gall.Musicographie / Mitsou Week-end.Janet Jackson Week-end.Kylie Minogue Musicographie / Mitsou Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Ya Sou Mizik 60 Minutes Extreme Makeover La Caravane .Vietnam The Practice Teleritmo BBC News CBC News CBC News: Sunday Sunday Report Venture The Passionate Eye / My Flesh and Blood Débat.Le Téléjournal Le Journal RDI La Part.Zone libre / Internet et le Piratage Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.Gagné.Sports 30 Concours forestier Les Grands Prix de Formule 1 / Australie Sports 30 Championnat universitaire de volleyball Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Sexe à New York Les Experts Prime Suspect BORDERTOWN CAFE (4) avec Susan Hogan, Janet Wright Trailer Park Boys Mind of.Is Harry on the Boat?(22:40) CSI.(23:40) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise DEATH BECOMES HER (4) avec Meryl Streep, Bruce Willis .(23:15) Sportsnetnews Soccer / Spanish Premiera Liga World Sport Sportsnetnews .Skiing Sacred Ride Grand Galop .Palmarès Panorama Chroniques.Un corsaire sous la mer LA RÈGLE DU JEU (1) avec Mila Parély, Marcel Dalio Rythmes du monde Trading Spaces: Family Trading Spaces:Home Free In a Fix Trading Spaces:Home Free CIS Volleyball / Men's Championships (17:30) Curling / 2004 Nokia Brier Sportscentre Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Culture et Dépendances L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox AMAN ANDAWOMAN (3) avec Jean-Louis Tringtignant TRUTH AND CONSEQUENCES Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Célibataires:mode d'emploi Sur la colline Edgemont Loup-garou KARV.Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana Jacob Two.Mental Block YTV's Hit List Trading Spaces: Boys vs Girls Girlz TV .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS EN BREF Une somme de sons et d'images L'ATSA à la Biennale de Paris L'Action terroriste socialement acceptable fera des siennes à la Biennale de Paris, événement créé en 1959 mais suspendu depuis presque 20 ans.Le duo formé de Pierre Allard et Annie Roy fait partie du collectif québécois bien connu pour ses interventions politisées, et s'inscrira parfaitement dans l'événement parisien, axé depuis ses origines sur une « production immatérielle » et des actions urbaines.L'ATSA proposera « un bureau mobile d'échange de devises » dans différents lieux, parcs, centres commerciaux et sur le parvis de la Bourse (les 9 et 10 mars).Un documentaire sur son travail sera également projeté.La Biennale de Paris se poursuit jusqu'au 15 mars.Mois de la photo 2005, à imaginer C'est Martha Langford, fondatrice du Musée canadien de la photographie contemporaine d'Ottawa, qui a été choisie comme commissaire général du Mois de la photo 2005.Succédant ainsi à Vincent Lavoie, cette spécialiste de grande renommée au Canada (elle prépare une biographie sur Michael Snow), auteure de nombreux ouvrages et expositions et ancienne membre du conseil d'administration du Mois (!), proposera un thème alléchant : l'imagination dans la photographie.De l'argent pour chats Le réputé artiste de Vancouver Brian Jungen, premier récipiendaire du prix Sobey en 2002 (50 000 $), s'apprête enfin à exposer à Montréal (Fonderie Darling).Mais bien avant ses préoccupations artistiques, ce diplômé de Concordia s'inquiète des chats errants.Pour marquer l'ouverture de Cité radieuse des chats, inspirée d'Habitat 67, il propose un repas bénéfice, ce mercredi à 18 h, afin d'amasser des fonds pour bâtir des refuges pour ces sans-abris à quatre pattes.Les billets se vendent 200 $.Info : 514 392-1554.Jérôme Delgado co l laboration spéciale JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Toujours aussi volumineuse, la section Miroirs de l'art du FIFA est probablement la plus éclatée et la plus expérimentale de tout le festival.On y trouve la vidéo d'art, représentée cette année par pas moins de 45 titres.Pour la deuxième année de suite, René Rozon a invité Nicole Gingras, papesse de la vidéo au Québec, à faire une sélection parmi tout ce qui se tourne au Canada.Elle a pondu deux programmes, l'un faisant le point sur la vidéo canadienne des dernières années, l'autre honorant Colin Campbell, pionnier du domaine, disparu en 2002.« Campbell est très important au Canada, dit-elle, mais ses oeuvres ont peu été vues à Montréal.Son travail est complexe, il utilise son corps comme matériau, le travestissant.Il traite de nos habitudes liées au regard, de la contemplation au voyeurisme.» « Ce qui est intéressant au FIFA, poursuit-elle, c'est qu'il permet de mettre les choses en perspective.Il ne faut pas oublier qu'au début, les vidéastes étaient seuls, ils tournaient la caméra vers eux.Puis, c'était une technologie analogique et j'ai voulu la confronter à la pratique numérique des dernières années.» Son second programme, Le Bruit des choses, diffusé en deux parties, regroupe ainsi 17 oeuvres réalisées d'un océan à l'autre.Nicole Gingras a choisi un thème pour le moins évident (le rapport entre son et image), mais qui donne l'occasion de montrer une palette diversifiée de la vidéo, de l'oeuvre éclair (C'est pas grave de la très prometteuse Julie-C.Fortier, 40 secondes) à la chronique politique (World Trade Opera d'Alain Pelletier, 27 minutes).Selon la spécialiste, la sélection s'est portée vers des oeuvres mettant l'accent sur le son.« Mais je n'ai pas négligé l'image », assure-t-elle.Elle aime d'ailleurs rappeler que le son est là depuis les origines du cinéma.« Oui, même dans le muet, insiste-telle.Il y a plusieurs façons de le représenter.En filmant, par exemple, quelqu'un qui crie.» Dans le Bruit des choses, les bandes sonores varient du bruit ambiant à la texture sonore, de la musique-espace à la presque mélodie.Mais pas de vidéoclip, avertit-elle, bien qu'il y ait du « beau travail à faire » avec ça.Parmi les bandes à signaler, Un jour une nuit, de Mario Côté, oeuvre tout juste dévoilée comme installation dans une maison de la culture, Chronopée A coréalisée par une photographe et une musicienne (Caroline Hayeur et Myléna Bergeron) ou encore les deux Daniel Olson, dont Sad Eyed Lady, qui évoque subtilement la chanson de Bob Dylan.Sinon, un autre hommage est rendu à Christophe Brech, vidéaste conceptuel d'origine allemande qui a, parmi d'autres sujets, filmé le mont Tremblant.Enfin, le dernier programme, Diagonales, renferme une vingtaine de titres, du nouveau Sylvie Laliberté (Il n'est innocent que le bonheur soit heureux) à du travail venu d'aussi loin que du Népal.En dehors du FIFA La vidéo étant aussi exposée en galerie, voici un survol de ce qui est actuellement en vue.> À la Cinémathèque québécoise : Total Recall, de Dominic Gagnon, un propos dissonant sur la déroute de la télé, sous forme de labyrinthe.Jusqu'au 14 mars.> Chez Articule (4001, rue Berri) : Britney : Still Me, de Barbara Prokop, un regard sur les obsessions envers les grandes vedettes, ici Britney Spears.Jusqu'au 14 mars.> Au B-312 (Belgo) : Currently Active Camera, de Gennaro de Pasquale, une succession d'images tirées de webcams.Jusqu'au 20 mars.> Chez Oboro (4001, rue Berri) : Octopus, de Philomène Longpré, oeuvre projetée sur une structure constamment en mouvement.Jusqu'au 20 mars.> Chez Art Mûr (5826, rue Saint- Hubert) : Cold Days, de Claude Ferland, une série d'installations sur le bonheur et la mélancolie.Jusqu'au 3 avril.> Chez Verticale (2084, boul.des Laurentides, Laval) : Requiem, d'Ariane Thézé, une plongée brouillée dans le deuil.Jusqu'au 18 avril.> Au Vidéographe (460, rue Sainte- Catherine O.) : Eternal Network, une sélection du Western Front, centre de Vancouver voué à la vidéo.Jusqu'au 31 mai.FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L'ART, du 11 au 21 mars, Info : 514 874-1637, www.artfifa.com G É N I ES EN HER B E # 1083 ghpanto@videotron.ca A- DROIT 1 Comment nomme-t-on cette source du droit qui comprend l'ensemble des décisions rendues?2 Combien de juges siègent à la Cour suprême du Canada?3 Quel avocat plaidant dans l'Affaire Scorpion a aussi défendu la municipalité de Baie d'Urfé à la Cour suprême dans le dossier des fusions municipales?4 Comment nomme-t-on un accord international conclu entre États ou organisations internationales, régi par le droit international et consigné dans un ou plusieurs instruments?5 Dans la culture traditionnelle africaine, quel est cet arbre autour duquel est rendue la justice conciliatrice à l'intérieur d'une communauté?B- OISEAUX 1 Quel oiseau est l'emblème officiel du Québec?2 Quel proverbe signifie que faute de mieux, on doit se contenter de ce que l'on a?3 Dans la mythologie grecque, Dédale construit deux paires d'ailes afin de s'enfuir du labyrinthe de l'île de Crête en compagnie de son fils.Quel est le nom de celui-ci qui, imprudemment, va s'aventurer trop haut dans le ciel et par la suite sombrer dans l'océan?4 Quel oiseau, dont l'aire de nidification est circumpolaire, parcourt 35 000 km aller-retour et forme des colonies dans les régions septentrionales du Québec?5 Comment nomme-t-on la distance entre les extrémités des ailes déployées d'un oiseau?Avocat plaidant dans l'affaire Scorpion.G- BARCELONE 1 Dans quelle région d'Espagne est située la ville de Barcelone?2 Quel parc public de Barcelone, entamé en 1900 et à ce jour inachevé, doit sa conception à l'architecte Gaudi ?3 Aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, comment a-t-on surnommé l'équipe de basketball américaine dans laquelle jouaient Magic Johnson, Michael Jordan et Larry Bird?4 Dans quel film de l'année 2003 se déroulant en partie à Barcelone retrouvons-nous un jeune Français en échange universitaire dont les colocataires forment une véritable mosaïque culturelle européenne?5 Durant la guerre civile espagnole, de quel belligérant cette ville fut-elle le bastion ?D- CHIFFRES 1 Calculez : le numéro de Mario Lemieux divisé par celui de Patrick Roy?2 C'est le nombre de territoires canadiens multiplié par le nombre de pays siégeant au Conseil de sécurité des Nations unies.3 Qu'obtenez-vous en divisant le nombre de sourates contenues dans le Coran par le nombre d'années d'un mandat présidentiel aux Etats-Unis?4 C'est le nombre de régions administratives du Québec moins le numéro de Jean Béliveau?5 Calculez : l'année où Jean Chrétien est devenu Premier ministre moins l'année du rapatriement de la Constitution canadienne?E- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Italien né à Pise en 1564 et mort à Florence en 1642.2 Il fait des expériences du haut de la tour de Pise et découvre que tous les corps sont animés du même mouvement, quelle que soit leur masse.3 Il est l'inventeur de la lunette astronomique et il découvre la présence des satellites de Jupiter.4 En 1632, il est reconnu coupable par les autorités religieuses d'avoir défendu les théories de Copernic sur l'héliocentrisme.F- TROIS 1 La Lituanie et l'Estonie sont deux des trois pays baltes, nommez le troisième.2 Quel astronome allemand a formulé trois lois décrivant les propriétés principales du mouvement des planètes autour du Soleil?3 Qui a réalisé la trilogie des films Le Parrain I, II et III?4 Le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie ont tous trois accès au même lac, lequel?5 En 333 avant Jésus-Christ, quel grand conquérant vainc le roi de Perse Darius III à Issos?Homme d'État H- ALGÉRIE 1 Par quels accords de 1962, dont le nom est aussi celui d'une marque d'eau minérale, l'Algérie obtient-elle son indépendance?2 Quel auteur français algérien est décédé dans un accident d'automobile?3 Le conflit d'Algérie mena à la chute de la 4e République française en 1958; quel homme d'État fut alors rappelé au pouvoir et mit en place la 5e République?4 Quel désert occupe la majorité de la superficie algérienne?5 Comment a-t-on appelé ces Français vivant en Algérie et dont le nom est le même que celui d'une tribu amérindienne de la famille algonquienne?Emblème du Québec C- ASSOCIEZ LE LIVRE AUX PERSONNAGES SUIVANTS 1 Winston Smith, Julia et Big Brother 2 Constance Chlore, Christian et Bérénice Einberg, 3 Ashley Wilkes, Frank Kennedy et Scarlett O'Hara 4 Jean Lévesque, Azarius et Florentine Lacasse 5 Cosette, inspecteur Javert et Jean Valjean GEN07MS SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES 21h Crème glacée, chocolat et autres consolations Les tribulations amoureuses, familiales et professionnelles de trois amis.En symbiose.Ce soir.Télé-Québec, ça change de la télé 17 h À ladi Stasio Pâtes, oeufs, poisson en conserve.Des repas improvisés avec Josée et Christian Bégin.18h30 La poudre d'escampette Chibougamau.Grands espaces avec l'animatrice Marie-Louise Arsenault.Réalisation-coordination : Martin Roy 3161727A . ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Un show extraverti sur l'introspection EVE DUMAS edumas@lapresse.ca L'entrepôt est normalement un lieu vaste où s'entassent des montagnes de marchandises.Celui dans lequel Omnibus convie les spectateurs à compter de mardi \u2014autrement connu sous le nom d'Espace Libre \u2014 est vaste, certes, mais vide.Il se remplira de la parole, des gestes et des souvenirs de cinq interprètes qui se livreront impudiquement.« Chaque année, ça me déprime de voir notre entrepôt (le vrai, situé à quelques rues du théâtre) rempli de vieux décors qui ne servent à rien.C'est du gaspillage, regrette Jean Asselin, directeur artistique d'Omnibus et coconcepteur de cette création.Ça fait plusieurs années que je demande aux scénographes de recycler, mais ils me répondent que ça coûte plus cher de transformer les anciens décors que d'utiliser des matières neuves.Je trouve lourde la machine théâtrale.J'ai un certain goût pour l'économie familiale.» Ainsi, l'aire de jeu de la prochaine production d'Omnibus sera complètement nu.Jean Asselin dit retrouver l'Espace Libre d'avant les rénovations.On a sali le plancher, bétonné des portes, bref, « enlaidi » l'espace pour lui retirer son lustre nouveau.« J'ai eu l'idée d'un espace très vide comme allégorie d'un espace intérieur.Par l'allégorie de l'entrepôt, on montrera des gens qui entrent dans leur for intérieur.C'est un show extroverti sur l'introspection.Conçu à deux têtes et quatre mains par Jean Asselin et Christian Le Blanc, un jeune auteur sorti de l'École nationale de théâtre et formé en mime corporel chez Omnibus, L'Entrepôt est parti d'un exercice impudique avec les cinq interprètes : Roxane Chamberland, Sylvie Chartrand, Mariane Lamarre, Jacques E.Le Blanc et Christian Le Blanc.Des questions personnelles « On a posé des questions personnelles aux interprètes, deux hommes et trois femmes dont l'âge varie entre 23 et 50 ans.À compter du moment où on leur a dit qu'ils avaient le droit de mentir, ils ont pu dire toute la vérité, parce que la vérité pouvait passer pour unmensonge.» Ces questions ne sont pas énoncées dans le spectacle, mais induites par les propos (tant physiques que verbaux) que tiennent les interprètes entre eux.À partir de ces « faits vécus », le scripteur du geste (Asselin) et celui de la parole (Le Blanc) ont imaginé un spectacle propulsé par des personnes et non des personnages.Bienvenue dans l'ère du reality everything.« Le sujet de la pièce, ce sont les cinq interprètes.Ce n'est pas du voyeurisme, mais on aura quand même l'impression de regarder des phénomènes dans des bocaux.L'individu ou l'introspection comme sujet, ce n'est pas neuf.Mais ce qui me semble justifié, c'est d'en parler sous cette forme artistique.» À venir Au lendemain de la première de L'Entrepôt, Omnibus accueillera pendant quatre jours une équipe de tournage française.L'artiste, écrivain et cinéaste Alain Fleischer viendra immortaliser sur pellicule La Flèche et le Coeur, une oeuvre emblématique de l'iconographie corporelle d'Omnibus.Francine Alepin et Jacques E.Le Blanc rejoueront pour la caméra un duo créé en 1991 et qui a tourné sporadiquement jusqu'en 1999, en France, au Mexique et en Espagne.Jean Asselin nous annonce aussi que sa compagnie produira, la saison prochaine, la pièce Intimité, de la toute jeune Emma Haché.Cette oeuvre a remporté la Prime à la création 2003 du Fonds Gratien-Gélinas.À la dernière Semaine de la dramaturgie du Centre des auteurs dramatiques, la pièce avait été mise en lecture par Marc Béland.Dans la production d'Omnibus, le comédien tiendra le rôle d'Alex, tandis que Jean Asselin interprétera les personnages épisodiques.On tait encore le nom de la comédienne qui jouera Frauke.Également au programme de la saison 2004-2005 : une pièce de Christian Le Blanc, qui fait désormais partie de la famille.L'ENTREPÔT, une conception de Jean Asselin et Christian Le Blanc, est présentée au Théâtre Espace Libre du 9 au 27 mars.PHOTO PATRICK SANFAÇON © Dans un Espace Libre qui ressemble davantage à ce qu'il était avant ses grandes rénovations, la troupe Omnibus présente L'Entrepôt à compter de mardi.Parmi les interprètes, on retrouve Roxane Chamberland, Sylvie Chartrand et Mariane Lamarre.Carnet de damnés ÈVE DUMAS CRITIQUE On ne se rend généralement pas à la salle Fred-Barry dans l'attente d'un chef-d'oeuvre, mais dans l'espoir de voir poindre un germe de génie, de découvrir quelques talents émergents.Ces jours-ci, la salle d'essai du Théâtre Denise-Pelletier se fait la vitrine de la cuvée 2003 de l'option-théâtre du cégep Lionel-Groulx.Depuis sa très concluante performance dans Aphrodite en 04, on sait que Francis Ducharme est promis à un avenir brillant.Aussi sa seule présence dans ce lieu conférait-elle un intérêt certain à la reprise d'un exercice pédagogique autrement plutôt scolaire.Toujours avec panache, il est le poète d'une pièce inspirée d'Une saison en enfer de Rimbaud.Dix autres « comédiens-bougeurs » partagent l'espace de jeu avec lui.On reconnaît dans cet ensemble, dont chacun se détache tour à tour, d'indéniables présences scéniques.Patricia Ubeda (aussi d'Aphrodite en 04), Enrica Boucher et Émilie Gilbert, entre autres, maximisent les courtes partitions qui leur reviennent.Pour faire valoir leurs jeunes talents, les étudiants se sont appuyés sur un génie précoce.Arthur Rimbaud n'était pas encore sorti de l'adolescence lorsque ses premiers poèmes ont été reconnus.Il achevait Une saison en enfer à 19 ans.Sorte d'« autobiographie spirituelle », le court recueil écrit parallèlement à sa tumultueuse liaison avec Verlaine, retrace les vicissitudes de l'existence du poète entre 1972 et 1973.À la poésie orageuse de Rimbaud, le jeune collectif répond par un spectacle s'ouvrant dans le bruit et la fureur.Musique tonitruante, texte à peine audible, mouvements violents des corps, chorégraphies convenues : « La soirée sera longue », ai-je d'abord pensé.Heureusement, quelques accalmies permettent au spectateur de souffler.Se dessinent peu à peu les tourments d'une âme navigant entre extase et mortification, innocence et mauvaise conscience, révolte et soumission.Incarnations des nombreux démons du poète, muses ou acteurs de ses délires, les interprètes accusent dans le chaos la complexité du personnage central.L'inspiration visuelle de Carnet de damnés trouve vraisemblablement son explication dans le titre du recueil.Nous sommes en enfer, un enfer de cendres et de lambeaux.Les costumes déchiquetés de Valérie Desrosiers et le décor « fin de monde» de Jacinthe Lévesque et Karine Perrault extériorisent les déchirements intérieurs du poète.Le metteur en scène Claude Laroche fait un parallèle entre la révolte du poète et celle des jeunes d'aujourd'hui.Ce que réaffirme par ailleurs la bande sonore, résolument moderne dans son éclectisme \u2014on passe de Björk au chant grégorien.Carnet de damnés a les défauts et les qualités de l'exercice pédagogique.On y sent par exemple la nécessité de distribuer des rôles et un temps de scène égaux à chacun des comédiens.En revanche, l'équipe a pris le risque de créer une oeuvre à son image pour mieux faire valoir les forces de chacun.CARNET DE DAMNÉS, d'après Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud.Mise en scène de Claude Laroche.Avec Enrica Boucher, Julie Carrier, Jean Chapleau, Mathieu Desjardins, Francis Ducharme, Mira Gauthier, Émilie Gilbert, Marie-Claude Hénault, Mélanie Pilon, Yan Rompré et Patricia Ubeda.Mouvements: Dave St-Pierre.Voix: Marie-Lise Hétu.Décor: Jacinthe Lévesque et Karine Perrault.Costumes: Valérie Desrosiers.Lumière: Alexandre Pilon-Guay.Bande sonore: Maryse Fortin et Béatrice Lord.Une production du collectif Fragmen Théâtre présentée à la salle Fred- Barry jusqu'au 20mars.Une saison en enfer SPECTACLES DÉBALANCEZ VOTRE ROUTINE La compagnie de ballet, déjà aventureuse, nous est révélée sous un jour encore plus audacieux.(Stéphanie Brody, La Presse) Mi nus One Chorégraphie:Ohad Na harin Musique: diversextraits Photographe: Roland Lorente Billets:514842-2112·Groupes:514849-8681 www.grandsballets.qc.ca 10 ,11, 12 ET 13 MARS 20 04 COMPLET 3207775A CINÉMAS INDÉPENDANTS ARBRES Cinéma Parallèle: 14h ARIEL Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 20h30 DREAMERS (THE) Cinéma du Parc (1): 14h30, 16h55, 19h10, 21h30 DRÔLE DE FRANÇAIS Cinéma Parallèle: 15h30, 19h15 EFFROYABLES JARDINS Cinéma Beaubien: 19h30, 21h30 FESTIVALISSIMO - BLACK BOX (CAJA NEGRA) Cinéma du Parc(3): 17h FESTIVALISSIMO - PLAYING SWEDE (HACERSE EL SUECO) Cinéma du Parc (3): 21h30 FESTIVALISSIMO - SMOKING ROOM Cinéma du Parc (3): 19h30 FESTIVALISSIMO - SOLDADOS DE SALAMINA Cinéma du Parc (3): 15h15 HAMLET GOES BUSINESS Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 18h30 JACK PARADISE (LES NUITS DE MONTRÉAL) Cinéma Beaubien : 19h15, 21h15 LA MORT SUSPENDUE (TOUCHING THE VOID) Cinéma Beaubien: 17h, 19h, 21h MADAME BROUETTE Ex-Centris: 15h15, 17h30, 19h30, 21h35 McDULL DANS LES NUAGES Ciné-Kid (Ex-Centris): 11h.(À partir de 4 ans) OSAMA Cinéma du Parc (2): 15h, 17h, 19h, 21h.Ex-Centris: 15h, 17h, 19h, 21h OTAGE (L') Cinéma Parallèle: 17h15, 21h15 ROGER TOUPIN, ÉPICIER VARIÉTÉ Ex-Centris: 13h FIFEM FESTIVAL DE FILMS POUR ENFANTS DE MONTRÉAL Cinéma Beaubien EMBARQUEMENT IMMÉDIAT: 13h30 ENFANTS DE MA SOEUR DANS LA NEIGE (LES): 15h ERNST: 10h HOP: 10h30 IL ÉTAIT UNE FOIS L'AVENTURE.MISSION ARCTIQUE: 13h30 JIMMY GRIMBLE: 11h30 LE CHIEN, LE GÉNÉRAL ET LES OISEAUX: 9h30 LE GOLEM DE MONTRÉAL: 17h15 LE ROI ET L'OISEAU: 11h15, 15h15 LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE: 16h45 MANCHESTER UNITED (LA): 13h MUSIQUE ÉGLISE ST.ANDREW AND ST.PAUL Passion selon saint Matthieu (Bach).Choeur et orchestre.Dir.Julian Wachner: 16h CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS Quatuor à cordes Renoir.Haydn, Schumann.Pro Musica: 11h ÉGLISE ST-NOM-DE-JÉSUS Ligue d'improvisation à l'orgue: 15h CHIROLOGIE CLAIRVOYANCE PARANORMAL MÉDITATION SPIRITUALITÉ RÉINCARNATION LIVRES MÉDIUMS ASTROLOGIE SANTÉ HEALING AURAS TAROT 39e SALON INTERNATIONAL DE l'ÉSOTÉRISME de Montréal Prix d'entrée : Adultes : 9 $ Aîné(e)s : 6 $ (Taxes incluses) 5 mars 16 h - 23 h 6 mars 11 h - 22 h 7 mars 11 h - 19 h Conférences et démonstrations MARCHÉ BONSECOURS 350, rue St-Paul Est Vieux-Montréal P Champ-de-Mars Édifice Chaussegros-de-Léry Vieux-Port de Montréal Savourez le magazine Ricardo En kiosque maintenant CÉLÉBRONS LE PRINTEMPS ! Incluant toutes les recettes de l'émission 3212559A .LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter CLUB DE LECTURE DANS QUEL MONDE VIVEZ-VOUS, MONSIEUR BEAULIEU ?PAGE 11 PASCALE MILLOT COLLABORATION SPÉCIALE ylvie Desrosiers n'est pas le genre à abriter pudiquement sa vie sous le voile de la fiction.Et à l'instar de Flaubert avec son Emma, elle aurait pu s'écrier: «Léa, c'est moi», tant l'hilarante héroïne de son tout nouveau roman pour adultes, Voyage à Lointainville, lui ressemble.Pour la petite histoire, elle a d'ailleurs donné à sa narratrice le patronyme de sa propre grandmère: Latulipe.Une Latulipe qui épousera un Desrosiers: il y a des rencontres qui ne s'inventent pas! La vie de Sylvie Desrosiers est comme ça: la réalité et la fiction s'y entremêlent sans vergogne.Et ce, depuis plus de 25 ans, alors qu'elle est entrée en écriture, comme on entre en religion, en signant, pour le défunt magazine Croc, des chroniques humoristiques sous le pseudonyme d'Éva Partout.Elle y parlait d'amour toujours d'amour, des hommes, des femmes et de l'abîme d'incompréhension qui les sépare souvent.Les relations amoureuses, c'est son dada, sa spécialité, son domaine de prédilection.«L'amour et les hommes qui sont passés dans ma vie m'ont donné bien des sujets de livres.Je les en remercie», dit en riant celle qui, à 50 ans, a signé 27 romans (quatre pour adultes, 23 pour les jeunes) et en a vendu plus de 500 000 exemplaires.L'amour \u2014 ou sa quête \u2014, c'est aussi le sujet principal de Voyage à Lointainville, un récit drôle et chargé de réflexions intelligentes sur la vie des femmes d'aujourd'hui.Comme Sylvie, Léa est écrivaine et mère d'un garçon qu'elle couve jalousement.Elle a un ex un peu «inadéquat» mais plutôt sympathique, une copine sexy et délurée, Claudine, qu'elle déprime avec sa «vision désespérée» et son «amère lucidité».Alors qu'elle est en route pour un salon du livre dans le nord du Québec, une voiture dérape et sombre dans une rivière gelée.Quelle n'est pas sa surprise quand le noyé vient s'installer sur la banquette arrière de son automobile.Cet être (un revenant?le fruit de son imagination ?la projection de l'homme idéal ?) l'accompagnera tout au long de ce périple au bout d'elle-même et de la connaissance de cette espèce complexe qu'est l'Homme avec un grand H.Qu'elle écrive pour les petits ou pour les grands, Sylvie Desrosiers possède cette rare qualité de traiter avec humour de sujets graves, sans jamais tomber dans la superficialité.Son roman est ainsi jalonné de perles de drôlerie.Comme celle-ci, dans laquelle se reconnaîtront bien des femmes: «Femme, quarantaine classique, c'est-à-dire légèrement ménopausée, fatiguée, stressée, et pas encore assez vieille pour un lifting, encore jolie avant neuf heures du soir ne cherche plus personne mais aimerait bien qu'on la trouve.» Il faut dire que Sylvie Desrosiers a aiguisé ses armes : après Croc, elle a signé les 16 titres de la très populaire série mettant en vedette le chien Notdog (La Courte Échelle); elle a aussi coscénarisé le film Nez rouge et a écrit des textes pour plusieurs galas Juste pour rire.L'auteure prend en effet la vie bien trop au sérieux pour ne pas en rire.«J'ai toujours eu besoin de rire de moi.Ça me permet de relativiser.Mais je ne suis pas dans la légèreté.J'aime traiter de choses importantes sans les souligner à gros traits.Au fond, Voyage à Lointainville parle de la solitude.C'est terrible.Je connais tant de femmes belles, jeunes, dynamiques, intelligentes et seules.Si l'on n'en rit pas, autant se tirer une balle dans la tête tout de suite.» \u203a Voir DRÔLES en page 8 \u203a Voir SYLVIE en page 8 Expérience Martin Amis \u203a Récit FFFF PAGE 10 Femme artistes Simona Bartolena \u203a Beaux livres FFFF PAGE 10 Le Meilleur Ami de l'homme Patricia Highsmith \u203a Nouvelles FFFF PAGE 8 Ne touchez ni aux appareils.Nicole Filion \u203a Roman FFF 1/2 PAGE 8 MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Ça nous est venu comme une vague, à la fin des années 90.Des livres dont nous étions les (anti) héroïnes.Des récits drôles, écrits par des femmes drôles, qui cultivaient l'humour et le sens de l'autodérision commeon s'entraîne à l'autodéfense.Du Journal de Bridget Jones, de Helen Fielding, mettant en scène une célibataire pas du tout endurcie, à Je ne sais pas comment elle fait, d'Allison Pearson, où une femme d'affaires tentait de survivre, submergée par les tâches de sa double vie de mère et de carriériste, voilà que des auteures prenaient plaisir à rire de leurs travers et des nôtres, à dédramatiser leurs angoisses et les nôtres, à trouver le point de vue précis d'où la pire des situations pouvait paraître comique, quitte à se contorsionner.Or, l'humour et le sens de l'autodérision ne sont pas l'apanage des auteures anglaises.Pas plus qu'ils ne sont réellement une nouveauté.Lucie Joubert le sait, elle qui a fait de l'ironie et de ses variantes dans l'écriture des femmes du Québec son domaine de prédilection.Auteure du Carquois de velours, L'ironie au féminin dans la littérature québécoise de 1960 à 1980 (L'Hexagone), et de L'Humour du sexe (Triptyque), elle travaille présentement sur L'ironie et ses variantes dans l'écriture des femmes du Québec depuis 1980 : l'expression d'une protestation.«L'humour au féminin, affirme ce professeur au département des Lettres françaises de l'Université d'Ottawa, c'est vraimentma source d'énergie!» Dernièrement, on a pu découvrir l'humour presque noir de Danielle Phaneuf avec sa Folle de Warshaw, celui, acéré, de Suzanne Myre (Nouvelles d'autres mères), le sens de l'autodérision de Sylvie Desrosiers (Voyage à Lointainville, voir entrevue ci-contre), celui de Diane Bérard et de Martine Turenne, auteures de Deux filles le mercredi soir !.Ces joursci, les éditions Trois-Pistolespublie unrécit écrit par Nicole Filion, paru en 1994 aux défuntes éditions Machin Chouette.«Une toute nouvelle édition de l'ouvrage, tient à préciser l'éditeur, le texte ayant été retravaillé d'un bout à l'autre par l'auteure.» Le récit d'une femme, mère de deux adolescents, en voyage avec son mari pour la première fois depuis longtemps, devine-t-on, mais qui ne cesse de penser à ses garçons restés au bercail et d'imaginer les pires catastrophes.En librairie dès le 15 mars, Ne touchez ni aux appareils électriques ni à la cafetière distille une ironie douce-amère, une drôlerie enrobée d'élégance par un style mêlé de poésie.Drôles de dames ILLUSTRATION DE CLAIRE BRETÉCHER POUR «VOYAGE À LOINTAINVILLE» LA DRÔLE DE VIE DE SYLVIE DESROSIERS Dans la vie de cette auteure prolifique, fiction et réalité s'entremêlent depuis plus de 25 ans. LECTURES LITTERATURE ETRANGERE Patricia Highsmith, dans tous ses etats (parfois inedits) JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE On publie des nouvelles de Patricia Highsmith, decedee en Suisse, a Locarno, en 1995, nous laissant une oeuvre complexe et fascinante.C'est un evenement, si l'on songe que beaucoup d'entre ces nouvelles etaient introuvables.C'est un recueil superbe ou les lecteurs de la grande dame du roman noir , la mechante, la desabusee, la misanthrope, l'insolite .on l'a affublee de tous ces noms d'oiseau1.retrouveront l'esprit acere et sans concessions de celle qui n'aimait semble-t-il que les animaux (et encore, se permet-on d'ajouter), et surtout le fond animal de l'humanite.Difficile de parler des intrigues et des personnages de ces nouvelles.On peut toujours essayer, pour quelques-unes, sans evidemment donner le fond de ces histoires terribles.Voila Monsieur Mc Kenny, de New York.Vieux retraite.Collectionne les perroquets.Lit les petites annonces : Perroquet perdu, jaune, ailes bleues.Recompense.La recompense est interessante.Il parait que beaucoup de ces oiseaux s'enfuient par une fenetre ouverte, et ne savent plus ou se refugier ensuite.Monsieur Mc Kenny les retrouve, et les rapporte a leur proprietaire.C'est gentil, non ?L'action de ce monsieur, c'est gentil, et l'ecriture de cette nouvelle intitulee L'amateur d'oiseaux, aussi.Mais l'auteur, c'est Patricia.Vous vous dites : Il y a surement un truc.Il y a un truc.Voici Le Meilleur ami de l'homme.Cette nouvelle raconte les rapports etranges qui existent entre le docteur Fenton, dentiste amoureux transi, et son gros chien Baldur.On decouvrira la complicite entre l'homme et son chien.C'est tres beau, la aussi.Mais l'auteur est toujours Patricia, et c'est vous dire que cette complicite va tres loin, dans l'amour comme dans le mepris, et que ce ne sera jamais ce que l'on attendait en lisant les premieres lignes, qui se produira.Suspense garanti, naturellement.Chacune de ces nouvelles est un petit chef-d'oeuvre de cruaute, d'ambiguite, de cupidite, de lachete aussi: les personnages, comme les animaux, sont effrayants sous leur apparence bonasse.Madame Highsmith n'aime pas les hommes (comprenant les femmes), c'est bien connu, et l'on peut se demander si elle ne s'est pas servie des meilleurs amis de l'homme, et de la femme, pour decrire les dessous, les fonds, d'une humanite sordide et souvent suicidaire.Certaines nouvelles de Highsmith furent celebres, et meritent de le rester.On pense a La Rancon du chien, L'Amateur d'escargots, La Proie du chat.Celles-la ne figurent pas ici, dans ce recueil divise en deux parties, les nouvelles de jeunesse (1938-1949) et les nouvelles de la maturite (1952-1982).Mais que l'on se rassure, celles qui s'y trouvent valent bien notre admiration.Elles racontent une Amerique que nous n'avons pas l'habitude de lire, peuplee d'etres secrets, angoisses, etranges, mal dans leur peau.Elles commencent toujours par un recit qui semble anodin, qui nous hypnotise peu a peu, qui se deroule avec rapidite et simplicite et qui installe un suspense, sans qu'il y paraisse, pour se terminer par une chute inquietante, insoupconnable.Hitchcock ne s'y etait pas trompe, lui qui avait adapte L'Inconnu du Nord-Express.D'autres cineastes avaient transpose la serie des Ripley, des romans noirs que l'on disait faits pour le cinema ou la television.Chacune de ces nouvelles retrouvees et traduites (il y en a 20) procedent de la meme maniere.Elles pourraient etre de Henry James, voire de Tchekhov.Elles ne seraient en aucun cas de Fitzgerald dont les decors, les personnages et les scenes sont d'une Amerique des riches de la cote Est de Nouvelle- Angleterre, et d'un siecle deja oublie.Notre Patricia bien-aimee, elle, est bien d'aujourd'hui.C'est a lire avec un grand plaisir, colore de fascination.FFFF LE MEILLEUR AMI DE L'HOMME ET AUTRES NOUVELLES Patricia Highsmith Calmann-Levy, Paris, 342pages llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Droles de dames DROLES suite de la page 7 La narratrice est le prototype de la mere inquiete.A peine embarquee pour une croisiere sur le Saguenay, la voila prise d'un horrible sentiment de fatalite.Pour etre tout a fait franche, a l'heure ou je vous parle, fait-elle, s'adressant en pensee a ses enfants, une sorte de resignation froide et taciturne s'est emparee de moi.Les jeux sont faits !, me dis-je.C'est que tout l'inquiete, meme l'eventualite d'oublier d'etre inquiete.Une mere qui se respecte ne cesse jamais de s'inquieter, s'enflamme-t-elle.Il y a de quoi : certains lits d'enfants ne sont meme pas securitaires ! Votre pere ne croit pas a la necessite de l'inquietude , dit-elle plus loin, desesperee.Il faut pourtant que quelqu'un se devoue.C'est etrange, remarque Nicole Filion (qui vient de remporter le premier prix du concours litteraire annuel de Radio-Canada pour son texte Librairie de la place), je n'aime pas l'autoderision et pourtant j'en fais.Ce n'est pas la premiere contradiction qu'elle partage avec son heroine.Mere envahissante, elle doute d'etre vraiment essentielle a ses enfants.Peut-etre aije ete et suis-je encore trop presente a vos cotes, quelque chose comme pas assez morte.Peut-etre aurait- il mieux valu pour vous que je meure tragiquement a l'age de 31 ans.Fou de douleur, votre pere vous aurait laisses a vous-memes, et vous auriez grandi seuls, a la fois plus vite et plus longuement que les autres.L'humour comme bouee de sauvetage En 1999, Ileana Doclin, recherchiste a la pige pour la television, entamait une correspondance avec une amie qui venait de demenager dans la region de Quebec.Un echange par fax (a l'epoque, l'usage du courrier electronique n'etait pas aussi repandu).L'auteure racontait, avec beaucoup d'humour, ses deboires de mere separee vivant avec deux adolescents charmants et recalcitrants, eternellement au bord du gouffre financier, proprietaire d'une maison chroniquement en proie aux fuites d'eau, et de deux chiens adorablement toques.C'est incroyable, une fois de plus, je constate a quel point nos echanges telecopies me sont therapeutiques ! ecrivait-elle.Il y a une heure, j'avais le gout d'aller faire du parachutisme sans parachute et, apres avoir bien ri, je songe a aller faire du deltaplane.Tous les deboires de la mere celibataire y passaient.Du manque de pot ( qu'est-ce qu'on fait lorsque l'on aspire a devenir bouddhiste mais qu'il y a des souris dans la maison ?) au manque de peau ( Il y a trois semaines, j'ai fait enlever mon sterilet.Peut-etre allaitil rouiller a force de ne pas servir.) a l'absence totale de confiance en soi : Apres avoir passe une heure utopique a tenter de dresser Kadhafi-e, le tout agremente d'un petard (je suis la Charles Baudelaire du Quebec), (.) je suis retournee balayer et cette nouvelle realite menagere m'a sensibilisee au fait que j'ignorais ou il faut garder la sauce soya.Au refrigerateur (comme je le fais depuis toujours) ou dans l'armoire ?Incertitude.Au fond, remarque Lucie Joubert, l'autoderision c'est l'elegance du desespoir.Et si les femmes font beaucoup plus d'autoderision que les hommes, selon mon hypothese, c'est au fond parce qu'elles veulent menager l'autre, elles n'oseront pas faire de l'humour ou de l'ironie aux depens des autres.Et c'est aussi formidablement therapeutique , ajoutera Ileana Doclin, qui nous revient, ce moisci, avec L'Autruche celeste, cinq ans plus tard.Un livre plus grave (l'auteure y regle ses comptes avec son pere et parle de la depression qui a suivi la parution de son premier livre), mais ou, encore une fois, l'humour tient lieu de veritable bouee de sauvetage.Ruinee, apres des mois de conges de maladie non payes (le statut de pigiste etant ce qu'il est), l'auteure quitte le logement qu'elle habitait au-dessus de chez ses grands enfants pour le louer a trois jeunes hommes beaux comme des dieux.Mes Chippendales ont les mamelons perces, ecrit-elle a son amie.Je suis devenue toute rouge lorsque je les ai vus torse nu dans le jardin.Je te rappelle que j'ai 46 ans.Maintenant je mets du rouge a levres pour passer le rateau dans le jardin (.) ! Et elle continue d'en arracher, de tirer le diable par la queue, de rire des pitreries de ses chiens et d'ecrire a son amie qui parfois s'inquiete d'elle.Depuis que j'ai retrouve la faculte de me laisser enchanter par un pipi de chien en forme de coeur sur le tapis, a court terme le vent s'annonce bon.Dans les annees 70, aux Etats- Unis, il y a eu ce qu'on appelait les housewife novels, explique Lucie Joubert.Des romans qui mettaient en scene des menageres qui n'en pouvaient plus de leur vie, qui etaient vraiment lasses de leur quotidien et qui se livraient a de l'autoderision mur a mur, systematique.Aujourd'hui, les femmes sont sorties de leur maison, mais ca ne veut pas dire que leurs problemes soient regles ! Plutot que des housewife novels, on pourrait parler de super woman spleen novels ! Les femmes n'en peuvent plus, poursuit Joubert, mais comment oser se plaindre quand on a tant lutte pour se retrouver dans cette situation ! Le seul moyen, c'est l'autoderision.L'humour reste le refuge par excellence.Car tant qu'il y a de l'humour, il y a de l'espoir.FFF1.2 NE TOUCHEZ NI AUX APPAREILS ELECTRIQUES NI A LA CAFETIERE Nicole Filion Editions Trois-Pistoles, 2004, 152 pages FFF1.2 L'AUTRUCHE CELESTE, CINQ ANS PLUS TARD Ileana Doclin Flammarion Quebec, 2004, 199 pages PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE c Ileana Doclin PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE c Sylvie Desrosiers Nicole Filion Lucie Joubert Drole de vie SYLVIE suite de la page 7 Comme Lea, c'est l'humour qui lui permet de triompher de tout : des ruptures, des echecs, des deprimes, de la solitude, et d'une enfance qu'elle n'a pas passee dans la ouate.Deuxieme de six filles, Sylvie Desrosiers est nee dans un quartier de paniers de Noel , Hochelaga- Maisonneuve.Ma mere etait couturiere a domicile.Elle decousait de vieux vetements et gardait le fil pour en faire d'autres , se souvient-elle.Plus tard, Sylvie fera mille petits boulots pour financer ses etudes en arts visuels et cinema a l'Universite de Montreal.C'est la, alors qu'elle organise, avec d'autres etudiants, un festival de bandes dessinees, qu'elle rencontrera la celebre bedeiste francaise Claire Bretecher.Vingt ans plus tard, les deux femmes ont renoue des liens d'amitie et Bretecher a offert a Sylvie Desrosiers d'illustrer son roman.Un cadeau du ciel , reconnait l'auteure.Mais la vie ne lui a pas fait que des cadeaux.En 2000, Sylvie Desrosiers a eu un cancer du sein.Elle a eu peur .de mourir, de laisser son fils de 6 ans seul au monde .elle s'est sentie perdue, epuisee, desesperee.Bref, elle a traverse ce long tunnel qui mene du diagnostic terrifiant a la guerison, ou plutot, puisque, dit-elle, on ne guerit jamais totalement d'un cancer , a la remission.Mais au lieu de s'enfouir la tete dans le sable ou sous l'oreiller, Sylvie Desrosiers a fait comme d'habitude : elle a ecrit un livre (Le Jeu de l'oie, Petite histoire vraie d'un cancer, La Courte Echelle) ou elle raconte sa maladie, son cheminement, mais aussi la rencontre de toutes ces femmes unies contre le meme ennemi.Quelques heures avant notre entrevue dans un cafe de Montreal, elle avait participe a une reunion de la Fondation quebecoise du cancer du sein pour laquelle elle donnera une conference, le 26 avril prochain, au dejeuner-benefice de l'organisme.Sensibiliser les femmes a cette maladie est devenue une activite parallele pour moi.Je suis supposee faire du bien a des femmes malades, mais en fait, c'est a moi que je fais du bien.Quand elle parle de ca , il y a pourtant dans sa voix, parfaitement perceptible, un leger tremblement.Cela me remet chaque fois devant mes propres peurs.Elle est comme Lea, Sylvie Desrosiers : son rire s'etouffe parfois dans ses larmes.Mais n'est-ce pas cela, etre en vie ?VOYAGE A LOINTAINVILLE Sylvie Desrosiers La Courte Echelle, 208pages AIMEZ-VOUS LA MUSIQUE ?La Courte Echelle, 96pages. LECTURES JOSETTE D.NORMANDEAU Au pays des grands maitres des arts martiaux LILIANNE LACROIX Ce recit de mon voyage autour du monde a la rencontre de grands maitres est l'aboutissement d'une frequentation des arts martiaux qui remonte a mes 17 ans, alors que j'en ai maintenant 50.Voyage initiatique, voyage culturel, voyage historique, c'est a ce multiple et fascinant cheminement que nous convie Josette D.Normandeau, qui nous accompagne, nous precede et nous guide, a la fois en decouvreuse intrepide et en solide initiee, A la rencontre des grands maitres.ette demarche unique bien loin des modes d'emploi ou des introductions aux techniques d'entrainement, bien peu de gens auraient pu la realiser.Plusieurs journalistes auraient pu obtenir une entrevue un peu superficielle avec un maitre, mais c'est de l'interieur, aupres de veritables legendes mais aussi au fin fond de chaque culture et en s'investissant elle-meme physiquement que Mme Normandeau a reussi a penetrer, dans l'espoir de les faire connaitre au monde entier, certains arts martiaux comme le karate, l'aikido et le muay thai (ou boxe thailandaise), mais aussi la savate francaise, la capoeira bresilienne, nee de la misere et de l'esclavage noir, et le kalaripayattu indien, completement meconnu mais qui serait l'ancetre de tous les arts martiaux asiatiques.Alors que le projet initial se limitait au livre (qu'elle imaginait alors beaucoup plus simple que la magnifique version finale, avec sa presentation soignee et ses images superbes), ses voyages aux quatre coins du monde ont aussi donne naissance a la serie documentaire Bushido, la voie d'une guerriere, diffuse presentement a Canal D.Presidente et productrice chez Idacom, elle avait les moyens techniques pour realiser son immense projet.Restait maintenant la credibilite.Ceinture noire troisieme dan en karate et ceinture noire en aikido, elle etait allee depuis longtemps au-dela des simples performances physiques et avait integre le do , la voie , la discipline, la facon de vivre et de penser qui fait d'un art martial une veritable philosophie.Elle allait maintenant devoir le demontrer.Pour reussir a approcher les maitres, elle a d'abord du se munir de solides lettres de recommandations de maitres aupres desquels elle s'etait entrainee.Mais pour etre prise veritablement au serieux, il fallait beaucoup plus.Je savais que je devrais aller au bat , admet-elle en souriant.A Okinawa, elle a, pendant des semaines, travaille un kata ; ailleurs, elle a du combattre et demontrer qu'elle etait une vraie .Au-dela de la simple performance physique, les maitres devaient, pour croire en sa sincerite, constater cette volonte de s'entrainer jusqu'a l'epuisement dans l'espoir de se depasser, ce desir integre de saisir l'ame et la culture derriere le sport et puis, enfin, reconnaitre en elle la guerriere.A partir de la, je n'avais plus d'age, de sexe ou de pays, dit-elle.J'etais simplement un compagnon d'armes.A Bahia, la capoeira est plus qu'un art martial : c'est un outil d'affirmation, de fierte et de revendication identitaire, ecrit-elle en plongeant aux sources de la discipline.Tres loin du fair play anglais, la capoeira, c'est la ruse d'une sorciere, decrit-elle.La plainte qui monte du quartier des esclaves.C'est aussi, de nos jours, l'expression joyeuse, batailleuse, provocante, souvent aguichante de la culture afro-bresilienne , en meme temps qu'une veritable torture pour ses menisques dechires.En France, elle explore, en compagnie de maitre Lafond (l'homme derriere l'assurance elegante de John Steed, vedette de Chapeau melon et bottes de cuir), l'art aristocratique de la canne, devenue arme quand les duels a l'epee furent interdits.Mais elle force aussi les maitres de la savate a redecouvrir les racines populaires de cette discipline meconnue, nee dans la violence des impasses et des coupe-gorge de Paris et devenue art martial de la grande bourgeoisie.Ca prend bien une Canadienne pour nous faire redecouvrir notre art , s'etonnent-ils pendant son sejour.En Inde, son instinct lui permet d'ecarter sans detour un des professeurs les plus charismatiques du pays, chez qui elle detecte un maitre de l'esbroufe bien plus qu'un veritable modele de sagesse.Il y a des fous arrives dans tous les arts martiaux, ditelle.Mais quand tu es un grand maitre, tu n'es pas la pour impressionner le monde.C'est ainsi qu'en Thailande, ajarn Manote, un homme elance mais d'une grande timidite, incarne pour elle le d'Artagnan de la Thailande, grand expert du krabi (le sabre) .krabong (le baton).En empoignant ses sabres, constate-t-elle, il se transfome litteralement et les lames fendent l'air avec rapidite et precision .Tout au long de son voyage, qu'elle compte maintenant poursuivre avec six autres arts martiaux, Mme Normandeau a essaye de comprendre, puis de nous transmettre, l'ame d'un peuple.Pour veritablement comprendre un art martial, il faut en connaitre l'histoire et se familiariser avec la culture et la philosophie du pays dont il est issu , nous dit Dan Inosanto, un maitre qui s'est lui-meme penche sur diverses disciplines et qui a preface le livre de Mme Normandeau.J'ai compris que, dans ce voyage initiatique, c'est finalement avec moi-meme que j'avais pris rendezvous , conclut Mme Normandeau.FFF1.2 A LA RENCONTRE DES GRANDS MAITRES Josette D.Normandeau Editions de l'Homme, 255 pages J'ai compris que, dans ce voyage initiatique, c'est finalement avec moi-meme que j'avais pris rendez-vous.PHOTO ANDRE PICHETTE, LA PRESSE c Josette D.Normandeau HORTENSE DUFOUR Passionnee des femmes plus grandes que nature Ecrivaine et biographe, la Francaise Hortense Dufour a une passion : raconter des destins exceptionnels.Au-dela de la quete historique et de la litterature, c'est une facon pour l'ecrivaine de decrire les conditions de vie des femmes, qui, selon elle, n'ont pas evolue autant qu'on le pense.Rencontre avec une femme qui s'inquiete.NATHALIE COLLARD Sissi, George Sand, Colette, Cleopatre, la comtesse de Segur.Hortense Dufour a une passion pour les femmes qui ont des personnalites plus grandes que nature.Ces femmes m'interpellent, explique l'ecrivaine, jointe par telephone a son domicile de Paris.Il y a un cousinage entre elles et moi.Elles m'interessent parce qu'elles ont sacrifie leur reputation, leur vie privee, pour leur liberte.Certaines ont connu une mort violente.Dans tous les cas, on a sanctionne leur caractere farouchement independant.Hortense Dufour se reconnait aussi dans le fait que la plupart de ces femmes aient choisi l'ecriture comme moyen d'expression.Elles ont ose, chacune a leur facon, s'exprimer, souligne-t-elle.Elles ont bouscule un tabou .celui d'une femme qui prend la parole.Elle se sont egalement detachees de l'homme .tout en continuant a l'aimer .ce qui represente aussi un autre grand interdit.Redonner vie a ces femmes hors de l'ordinaire a permis a Hortense Dufour de revisiter les epoques et de mettre en perspective l'evolution des droits des femmes.Je m'interesse au contexte social, economique et politique de l'epoque, explique Hortense Dufour.Prenons l'exemple de l'accouchement : au XIXe siecle, une femme pouvait accoucher 10 fois sans jamais connaitre le nom de ses parties genitales.C'etait considere comme etant sale.Une femme qui voulait gagner sa vie se faisait humilier, poursuit l'ecrivaine.Sur l'acte de deces de George Sand, il y avait inscrit en toutes lettres : divorcee, sans profession .On ne reconnaissait pas son metier d'ecrivain, il y avait une negation.Pensez seulement qu'un etre aussi intelligent que Colette soit morte quelques annees seulement apres l'obtention du droit de vote par les femmes.C'est inadmissible.Si elle est passee a travers, c'est parce qu'elle adorait sa vie.Quant a la comtesse de Segur, elle aura tout de meme eu le droit de signer un cheque avant sa mort.A travers Cleopatre et Sissi, Hortense Dufour a pu aborder un autre sujet qui a malheureusement transcende les epoques, soit l'obsession de la beaute et de la jeunesse.Les siecles passent, remarque l'auteure, mais la peur de vieillir demeure neanmoins une horrible nevrose qui mine la vie des femmes.Quand je vois des pots de creme anti-age, je bondis.Les femmes n'ont pas le droit de vieillir.On peut vite vous caser alors que vous etes en pleine action.Cleopatre vivait dans la terreur d'avoir 39 ans.Elle etait toujours tres preoccupee par son image.Sissi, elle, depossedee de ses enfants, a defendu la seule citadelle qu'il lui restait : sa chevelure, et sa beaute.Il faut accepter notre visage.A nous d'imposer nos rides et nos kilos.La chirurgie esthetique est une prison insidieuse.Nous devons remplacer notre beaute et notre jeunesse par notre humanisme et notre intelligence.A travers ces biographies, Hortense Dufour aborde donc des questions on ne peut plus actuelles.Des questions qui, selon elle, definiront le siecle de demain.Nous devons etre vigilantes, lance-t-elle avec force.Nous entrons dans un siecle difficile ou les integrismes risquent de prendre le dessus et ce, au detriment de la femme.Dans certains endroits du monde, les femmes n'ont pas le droit d'ecrire ni de parler.La femme est victime de la grande turbulence entre l'Occident et l'Orient.Elle est dans le sacrifice.On lui voile le visage, on lui defend l'acces a l'education.La facture est cher payee.Nous, les femmes, ne sommes pas dans une situation de confort ces temps-ci.Pessimiste, Hortense Dufour ?Je regarde ma fille de 19 ans et je constate qu'elle est moins encouragee que ses ainees, elle sait qu'elle devra lutter car rien n'est acquis.Moi, en ecriture, je dois travailler plus fort que mes confreres.Je ne suis pas feministe dure comme ces femmes qui se faisaient ligaturer les trompes dans les annees 60, mais la situation des femmes m'inquiete.Avec mes livres, j'essaie d'ouvrir des bouches d'aeration.Hortense Dufour est l'invitee du Salon du livre de Quebec et sera donc au Quebec du 13 au 19 avril.Elle est notamment l'auteure de Colette la vagabonde assise et George Sand la somnambule, aux Editions du Rocher, et de Sissi Les forces du destin, aux editions Flammarion.PHOTO JOHN FOLEY, OPALE Hortense Dufour L ES BAL L E TS AFRI CAI N S Une presentation des Productions Nuits d'Afrique www.f esti v alnu itsd a f rique .com Un ouragan de joie venu d'Afrique.Ils produisent assez d'energie pour illuminer une ville entiere.New York Daily News 175, rue Ste-Catherine Ouest, Montreal 5 0 e a nniv e rsa ire Dimanche 14 mars 16h et 20h30 LECTURES LITTÉRATURE DU VOISIN LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Mon père était célèbre, et moi aussi DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE Je ne saurai jamais ce que c'est d'avoir eu un père célèbre, et si je me fie à Martin Amis dans Expérience, j'en déduis que c'est un plaisir ambigu.Le père de Martin s'appelait Kingsley, et même si peu d'entre nous ici connaissons ses oeuvres, Kingsley Amis faisait la pluie et le beau temps dans les lettres britanniques à partir de la Deuxième Guerre mondiale.Il était écrivain, le père, mais beaucoup plus : sa vie était un spectacle très public.C'était un misogyne, réactionnaire, antisémite, qui aimait bien la dive bouteille, selon des témoins dignes de foi.Son fils Martin, également écrivain, lui est dévoué à l'extrême, ce qui prouve la véracité du vieux dicton : on aime quelqu'un pour ses défauts, et non pas pour ses vertus.Kingsley est mort en 1995, et maintenant, Martin, l'auteur d'une bonne dizaine de livres, a décidé de régler ses comptes.De « commémorer son souvenir », comme il le dit au début de ce volume costaud, de « rétablir la vérité et parler, pour une fois, sans artifice ».Le monde des livres est rempli d'écrivains qui font le procès de leurs parents, qui s'attaquent à des icônes, qui révèlent les scandales et les abus dont ils ont été victimes, jeunes ou moins jeunes.Amis n'a pas l'intention de participer à cette mode, et tant mieux.Expérience entend dire la vérité sur Kingsley Amis, son monde et sa famille, sous l'angle de l'amour filial.D'ailleurs, comment ne pas aimer un homme qui t'a présenté à des gagnants de prix Nobel comme Saul Bellow, à des poètes célèbres comme Philip Larkin, qui t'a ouvert grandes les portes de la bonne société ?Martin est reconnaissant, avec raison, des avantages qu'il a eus grâce à son père.Tellement reconnaissant qu'il ne peut s'empêcher de nommer les grands de ce monde avec qui il a mangé, discuté, bu, d'évoquer les conversations intimes et les beaux jeux de mots prononcés par un tel, les savoureuses incartades vécues avec une telle.Expérience est un livre multiple : récit de famille, livre d'histoire littéraire, comédie de moeurs.C'est aussi un recueil de potins.Ceux qui apprécient les coulisses du monde des écrivains en auront pour leur argent.Quoique raconté sur un ton léger, Expérience a sa part d'ombre.L'ombre la plus noire : le meurtre de Lucy Partington, cousine de l'auteur, victime d'un psychopathe qui s'appelle Frederick West, qui a fini par se suicider en prison.À plusieurs reprises dans ce livre, Martin Amis revient à la courte vie et à l'horrible mort de sa cousine, mais aussi au personnage de West, un tueur en série notoire en Angleterre.Cette histoire équilibre le ton désinvolte du livre.Amis explore une autre source de souffrance, plus banale cette fois : ses dents.Il ne souffrait pas de quelques caries, le pauvre.Il a dû subir plusieurs interventions chirurgicales importantes pour rebâtir sa mâchoire.C'est peutêtre la douleur qui a fait de lui un écrivain.Finalement, Martin Amis entretient une relation d'adversaire avec la partie inférieure de son propre visage qui met en valeur ses capacités d'écrivain comique.Quand on a mal, il faut rire deux fois plus fort.Quelle sorte d'homme rendrait publiques les lettres qu'il a écrites à ses parents à l'époque de ses études collégiales et universitaires?Et encore, quelle sorte d'homme les aurait gardées ?Un homme conscient de sa propre importance, un homme qui déjà savait que la célébrité était à sa portée.Bien sûr, il avait raison, le jeune Martin, mais cet aspect de son personnage est moins attirant.Arrivé aux lettres à mamanpapa, je me prévaux d'un des droits fondamentaux du lecteur selon Daniel Pennac : le droit de sauter les pages.Je file tout de suite vers des passages plus émouvants.Comme la description que Martin Amis nous offre de la visite, en compagnie de son frère, à son père, qui vient de quitter leur mère pour s'installer avec une autre femme.Plus âgée, avec plus d'expérience \u2014 d'où le titre du livre.Ce passage raconte un moment pénible dans la vie du père et du fils : celui où le fils comprend que le père n'est qu'un homme comme les autres, avec tous les défauts des autres hommes.Mais Martin le décrit sans jugement moral, comme s'il pardonnait d'avance tous les égarements de son père.Est-ce dû à son admiration du père, ou à son peu d'égards pour sa mère ?Oui, Expérience agace parfois par son ton presque suffisant, né du sentiment de privilège de la famille Amis.Le livre est moins émouvant, moins troublant que Patrimoine de Philip Roth, qui raconte la vie et la mort de son père.Mais ce livrehommage de Martin Amis est tellement riche en anecdotes, et si bien guidé par l'intelligence de son auteur, qu'une fois entré dans son « angoisse filiale », le lecteur ne sort qu'à la fin du voyage.FFFF EXPÉRIENCE Martin Amis Gallimard, 606 pages Trop de nouvelles.RÉGINALD MARTEL Dans la nouvelle, tout est possible.Un simple geste saisi au vol et figé dans les mots, une immense tragédie réduite à son seul dénouement, un paysage fulgurant aperçu dans l'absolu de sa beauté.Gilles Pellerin, qui est un théoricien de la nouvelle, pratique cet art avec la compétence attendue.Si on ne lui connaît pas de manière singulière, c'est probablement parce qu'il veut, en bon pédagogue, se faire l'illustrateur de plusieurs manières.Elles se retrouvent nombreuses en effet dans Ï (ï tréma), son plus récent recueil, ainsi intitulé pour une raison inexpliquée.Les plus longues nouvelles sont courtes, trois pages tout au plus, ce qu'il faut pour raconter une histoire quand on a le don d'aller à l'essentiel sans prendre le chemin des écoliers.D'autres font quelques lignes, mais il s'agit moins de nouvelles que de ce que l'auteur appelle des « textes narratifs », encore que parfois ils ne narrent rien.Ainsi cette « Épitaphe », « Il ne faisait jamais rien de bon ; le reste, il le faisait mal.», qui ressemblerait plutôt à une épigramme.Le recueil contient plus de quatre- vingts textes.C'est beaucoup.Il s'en trouve deux douzaines au moins que l'auteur, s'il avait été édité par un autre que lui-même, n'aurait peut-être pas retenus.Tantôt parce qu'ils manquent de clarté, tantôt parce que la densité dramatique n'y est pas.Dans l'un et l'autre cas, c'est beaucoup demander aux lecteurs que de reconstruire une mécanique qui n'a pas fonctionné : ils sont déjà occupés souvent à recoudre le tissu d'une histoire aux épisodes lacunaires.De plus, la brièveté de l'écrit appelle dirait-on une lecture rapide, sauf à y consacrer une componction qui interdirait presque le plaisir.On se perd dans ce recueil parce que trop de textes y abolissent le précédent, sans laisser de traces durables.M.Pellerin aurait pu contourner cette difficulté en regroupant les textes en quelques grands chapitres, selon le genre dans le genre ou selon les sources d'inspiration.Celles-ci sont assez variées, où on reconnaît quelques leitmotive.Parmi eux, des scènes de la vie quotidienne dans un univers hautement technicisé, des impressions de voyages avec à la clé le dépaysement attendu ou inattendu, des images de la nature ramenées d'excursions heureuses, plus rarement enfin quelques évocations de la douceur d'aimer et d'être aimé, les sentiments bons ou mauvais n'étant pas du registre habituel de l'écrivain.Il y aurait aussi de l'humour, selon le communiqué de l'éditeur.Il se trouve surtout dans le jeu avec les mots.L'exercice réussit souvent à Gilles Pellerin, surtout dans le vaste domaine de l'absurde, et à l'occasion, beaucoup moins.« La mort de l'angle », puisqu'un angle mort doit nécessairement y être passé, est un texte peu convaincant.Un personnage doit vivre un deuil, celui de son angle mort justement, qui ne convainc guère.Il faut parfois sacrifier ce qui ne vient pas aisément, ce à quoi le nouvelliste ne semble pas se résigner.Sa vaste culture est l'atout principal de M.Pellerin.Il y recourt sans fausse pudeur, selon les exigences exactes de son propos.La connaissance approfondie de la langue française est aussi un atout, pas aussi fréquent qu'on le croit.On remarque ainsi à coup sûr la précision du lexique, qui sert la concision propre à la nouvelle, et forcément, par contraste, la surprenante confusion entre deux mots qui se ressemblent phonétiquement, munificence et magnificence.FFF Ï (I TRÉMA) Gilles Pellerin L'instant même, 156 pages BEAUX LIVRES Marquer son époque à coups de pinceau MADELEINE BERTHAULT Femmes artistes, c'est l'histoire de femmes exceptionnelles qui ont marqué leur époque à coups de pinceau.Émancipées bien avant nombre de leurs consoeurs, les femmes artistes ont acquis auprès de leurs collègues hommes une assurance et des compétences certaines.Plusieurs ont dépassé leur maître.De rares maris se sont effacés devant le talent et le succès de leur femme.De la Renaissance au XXe siècle, il n'a pas été facile pour les femmes de choisir une carrière en art.Il fallait une détermination à toute épreuve pour passer outre aux conventions sociales qui réservaient aux hommes la réalisation des grandes oeuvres en peinture et en sculpture.De Sofonisba Anguissola (XVIe) à Joan Mitchell, Georgia O'keeffe ou Judy Chicago (XXe) en passant par Berthe Morisot, Mary Cassat, Camille Claudel, Sonia Delaunay, Barbara Hepworth, Frida Kahlo et toutes les autres, ce recueil de femmes artistes signé par l'Italienne Simona Bartolena s'adresse aux amateurs d'art curieux d'histoire.Aux six chapitres historiques succèdent 15 chapitres thématiques, une bibliographie sommaire et un index des artistes.Des pages hors texte présentent quelques artistes de façon plus particulière.La première partie situe les femmes artistes et leurs oeuvres dans le temps.Certaines ont pu profiter de la complicité d'un père, d'un frère ou d'un mari artiste et ont eu la chance de commencer comme apprenties en atelier.C'est le cas aux XVIe et XVIIe siècles où être la fille d'un peintre ouvre les portes de l'atelier et permet de jouir d'une certaine crédibilité.Ainsi, l'Italienne Lavinia Fontana signe- t-elle Lavinia fille de Prospero Fontana.Mais les femmes artistes ont aussi souvent été incomprises dans leurs oeuvres et réflexions sur la vie, l'art, la mort.Plusieurs, peintres de la vie quotidienne, ont laissé un témoignage des femmes et des enfants de leur époque dans de nombreuses illustrations des activités domestiques.Et elles n'ont pas toutes été reconnues en leur temps.C'est au XIXe siècle que le nombre de femmes qui se consacrent à l'art augmente de façon remarquable et cela influence l'opinion commune qui accepte plus facilement qu'une femme soit artiste.Avec le XXe siècle on ne parle plus seulement de peinture et de sculpture, mais aussi de photographie, de montage et d'installation.Dans les arts appliqués et le design, arts assimilés aux activités domestiques, tissage et céramique notamment, on distingue création et exécution.La fondation du Bauhaus en 1919 modifie un peu cet état de fait puisque les élèves femmes y sont très nombreuses.La partie historique qui représente la moitié du livre, se lit comme un roman.Les anecdotes nombreuses racontées dans un style vivant soutiennent l'intérêt.Les textes mettent en perspective les faits de société qui permettent de comprendre la place qu'ont occupée les femmes dans les arts et leur contribution particulière.On y rappelle que les femmes ont été longtemps exclues des écoles d'art et des académies et qu'il leur était interdit de copier le nu d'après nature.Donc, les sujets religieux, art considéré comme majeur, sont alors en pratique réservés aux hommes.Pour ces femmes peintres du passé à qui l'on déniait le droit d'étudier le corps humain, l'autoportrait constitue une solution intéressante.On raconte qu'Artemisia Gentileschi se servait d'un miroir pour découvrir les secrets de l'anatomie humaine dans son propre reflet.L'autoportrait permet aux femmes peintres de se démasquer, certaines offrant d'elles une image réaliste et vivante, d'autres se déifiant.Leonor Fini rend hommage aux chats, auxquels elle s'identifie, en accentuant les traits félins de son propre visage.Au XXe siècle, l'autoportrait devient une sorte de manifeste des femmes artistes qui l'utilisent pour illustrer leur émancipation.Ainsi, Tamara de Lempicka, qui se représente en femme moderne au volant d'une voiture sport (1932).Les illustrations de cet ouvrage sont nombreuses et d'excellente qualité, bien identifiées.Les textes biographiques consacrés à plusieurs femmes peintres illustrent la difficile conciliation entre identité féminine et vocation artistique pour des raisons historiques et culturelles.Dans la présentation, Aucun égard particulier, Franca D'Agostini parle de « ces itinéraires artistiques, souvent inachevés, aboutissant presque toujours à une gloire incomplète ».Mais il ne s'agit pas d'un manifeste revendicateur devant la marginalisation et l'exclusion historique des femmes.C'est simplement de constater que dans les arts comme en d'autres domaines, égalité et différence doivent caractériser la cohabitation des femmes et des hommes.« L'art est neutre, en même temps masculin, féminin et androgyne.» L'idée de regrouper ces femmes spéciales est bonne et plutôt rare, démontrant que, depuis des siècles, les femmes ont aussi leur place dans les arts, au même titre que les hommes, sans égard au fait qu'elles sont femmes.Soulignons toutefois qu'il s'agit d'une histoire non exhaustive, couvrant d'abord l'Europe, de la Renaissance au début du XXe siècle.Les Américaines sont surtout regroupées dans le chapitre New York, New York, et aucune Canadienne n'y figure.FFFF FEMMES ARTISTES DE LA RENAISSANCE AU XXIe SIÈCLE Simona Bartolena Traduit de l'italien par Ida Giordano Gallimard La partie historique qui représente la moitié du livre, se lit comme un roman.Les anecdotes nombreuses racontées dans un style vivant soutiennent l'intérêt. LECTURES JOCELYNE LEPAGE Nos jeunes sont si seuls au monde, le texte de Victor-Lévy Beaulieu sur les jeunes écrivains, publié dimanche dernier dans Lectures, a suscité des commentaires « percutants », autant de ceux qui étaient visés que des autres.Certains ont été choqués par le ton « condescendant» qu'aurait employé l'écrivain, en soumettant à sa grille sociopolitique et esthétique un peu vieillotte, de jeunes auteurs qui ont des préoccupations aux antipodes de ceux qui les ont précédés autant dans la littérature que dans la vie.D'autres ont été choqués que le même Victor- Lévy Beaulieu soit traité de «vieux schnock » dans le petit texte qui demandait aux lecteurs de réagir aux propos pessimistes de M.Beaulieu, et ils ont donc pris sa défense.« Nous sommes en 2004, écrit Anne- Marie Savoie, jeune auteure de Ego (Lanctôt éditeur).Le temps de se battre pour l'indépendance du Québec n'est plus à l'agenda, monsieur Beaulieu.Je désire me battre afin de garder bien en vie notre société qui en est une distincte, mais marcher dans la rue pour que notre province se sépare du reste du pays me semble futile et hors propos.Quand je marche dans la rue, c'est pour protester contre la guerre, ou pour manifester contre une mondialisation qui, elle, menace d'ensevelir non seulement notre culture, mais notre véritable indépendance en tant qu'individu et ce, au niveau planétaire.Peut-être est-ce là une des raisons qui poussent les jeunes auteurs à décrire un voyage au Mexique plutôt qu'à Beaubassin.Enfin, monsieur Beaulieu, dans quel monde vivez-vous ?» « Quel dommage, écrit de son côté Yvan Guay, restaurateur-serveur de 38 ans.Le conflit des générations fait encore une victime.Le vieux VLB rejoint les rangs des baby-boomers qui tentent de combler le fossé en y déversant leur triste fiel.Ceux qui ont châtié le grand ordre patriarcal en érigent un nouveau en s'attaquant à leurs propres enfants ! Le discours est le même, les armes sont les mêmes : dogmatisme, narcissisme, révisionnisme, condescendance, généralisations.Stéphane Dompierre (Un petit pas pour l'homme, éd.Québec-Amérique) un des jeunes auteurs visés, écrit : « Cette belle époque, longuement décrite dans votre article, était portée par un sentiment collectif et un idéalisme dont vous semblez vous ennuyer.Pas moi.Si je peux oser une mince théorie sur «ma génération », c'est que celle-ci est formée de gens qui souhaitent s'exprimer en tant qu'individu et non en tant que collectivité.Peut-être, simplement, voit-on s'ériger une littérature nouvelle, menée par de jeunes auteurs, qui, chanceux de voir leur premier effort publié, s'apprêtent à nourrir toute une génération de leurs voix.Une littérature humblement portée par des questions plus que par des réponses.» Philippe-Jean Poirier, un autre jeune écrivain (La Tête de Philippi, L'Amour est un cargo sans pilote, chez Stanké) est habile.Il compare le premier roman de Victor-Lévy Beaulieu, Race de monde, à ceux des jeunes.« Votre Abel (Beauchemin) délire dans l'ivresse jusqu'à la fin du récit, sans même voir ni comprendre le monstre urbain.En plus, il baise à tour de bras des filles en se foutant bien de l'Amour.Alors, évidemment, vous me faites bien rire lorsque vous constatez que c'est encore le cas aujourd'hui.Vous soulevez un fait très important: les familles sont beaucoup moins nombreuses.Ce qui a pour conséquence, comme vous le dites si bien, qu'on recherche désormais « nos frères et nos soeurs» à l'extérieur de la cellule familiale.Pour pallier à cette situation, les amis deviennent d'après moi de vrais partenaires de vie.Ce qui contraste définitivement avec l'opinion d'Abel, encore lui, qui voit les amis comme des bouche-trous, voire des marionnettes ridicules.» La réaction de Christian Mistral « .Je vous en veux de m'obliger à répondre à ce brûlot de Beaulieu », écrit Christian Mistral en s'adressant à La Presse, mais en écrivant à ses amis, dont Victor-Lévy lui-même, plutôt qu'au Club de lecture.« Comment avez-vous pu le convaincre de générer ce texte-là, c'est au-delà de moi, écrit-il.Vous avez dû évoquer la noble tradition pamphlétaire, Voltaire et Ferron dans le même baluchon, Victor Hugo, évidemment, et déplorer le décès du débat d'idées, et vous décharger de l'urgent pesant fardeau de le ressusciter sur les larges épaules de l'ermite de Trois-Pistoles.Vous l'exposez à la colère, au ridicule et au sourd silence respectueux, écrasant, sinistre qu'on réserve aux statufiés vivants de la nation.Il mérite mieux que ça.Exagère-t-il?Pas le moins du monde.Il est honnête, il est candide (Arouet encore).A-t-il frappé juste ?Il ne frappe pas.bien au contraire : il dessine, il moule, il parle avec ses mains métaphoriques, exprimant ses soucis et son idée, mais il prend soin de ne jamais frapper.S'il voulait, il pourrait : on parle d'un seigneur des mots, après tout.Est-il un vieux schnock ?Non.Il n'est pas si vieux.Trempe-t-il dans un bain de nostalgie?Outre que l'image est bien vilaine, je répondrais que oui.Quel écrivain majeur ne macère pas dans ce jus-là ?.» « Oui, vos jeunes sont seuls au monde, en ceci qu'ils sont sans vous, poursuit Mistral, en s'adresant cette fois aux boomers.Mais ça n'a rien de neuf pour eux.Ils sont ensemble cependant : même sans sortir de chez eux, devant leur clavier, reliés les uns aux autres d'une manière que vous refusez de considérer, ils communiquent cent fois plus qu'en prenant l'autobus pour Pointe-aux-Trembles.Et on les retrouve à Québec se faisant gazer pour une cause, et à Montréal squattant et occupant un édifice municipal désaffecté pour une cause, et créant leurs propres revues et leurs propres maisons et leurs propres réseaux de distribution, et cela, c'est un fait.» Christian Mistral, dans son texte qui s'étend sur plusieurs pages, a écrit un éloge mémorable à Victor-Lévy Beaulieu.Mais je tiens ici à le rassurer : ce n'est pas La Presse qui manipule Victor- Lévy Beaulieu ; plutôt le contraire.Si Christian Mistral nous autorise à publier ce texte au complet sur cyberpresse, c'est lui le gagnant du bon d'achat de 200$ en livres chez Renaud-Bray.Et comme il le recommande dans sa lettre, nous le ferions alors au nom du Fonds des détenus de Bordeaux.On peut avoir accès au texte de Mistral en allant à l'hyperl i en s u i v a n t : h t tp : / / pages.infinit.net/mistral/archives/ .Vous pouvez lire le texte de Victor-Lévy Beaulieu sur le site www.cyberpresse.ca/arts, à la rubrique Club de lecture, de même que toutes les lettres que nous avons reçues.Vous pouvez continuer à réagir au texte de Victor- Lévy Beaulieu.En bas du texte lui-même sur Cyberpresse, vous aurez accès à un formulaire qui vous permettra d'envoyer vos commentaires, lesquels seront ensuite publiés sur le site.RAPPEL Le livre du mois demars est Le Survenant, de Germaine Guèvremont, que l'on peut acheter en format de poche dans la collection BQ.Et nos lecteurs sont: Clémence Des Rochers et Michel Lanthier.Jean Fugère vous les présentera dimanche prochain,14 mars.«Monsieur Beaulieu, dans quel monde vivez-vous?» PHOTO LA PRESSE Victor-Lévy Beaulieu PHOTO LA PRESSE Stéphane Dompierre PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Christian Mistral 3196655A EN DIAGONALE NATHALIE COLLARD Dans les sondages d'appréciation, les journalistes ne se trouvent jamais bien loin des vendeurs de voitures d'occasion, des arracheurs de dents et des politiciens.N'écoutant que son courage, et pour faire suite aux ouvrages qui ont terni l'image de la profession (on pense entre autres à La face cachée du Monde), une journaliste d'Europe 1, Élizabeth Martichoux, s'est donné pour tâche d'expliquer au public les dessous du métier.Publié dans la collection « Idées reçues », cet ouvrage a donc pour objectif de déboulonner certains mythes à propos du métier.Reprenant un à un les clichés les plus tenaces (les journalistes sont formés sur le tas.Ils obtiennent leur carte de presse dans une pochette.Ils n'ont pas de règle professionnelle), l'auteure signe un ouvrage très didactique, bourré d'exemples, qui a pour objectif de faire comprendre au commun des mortels les rouages de la profession et le travail au quotidien des reporters, présentateurs, rédacteurs, photographes, etc.L'auteure en profite pour dire quelques mots sur la couverture journalistique de la guerre en Irak et sur la prolifération des blogues, ces sites personnels qui se multiplient.Il faut préciser qu'il s'agit d'un ouvrage très franco-français.Or, en France, les journalistes ont encore moins bonne presse qu'ici, si c'est possible, car ils bénéficient de nombreux passe-droit (la carte de presse est l'équivalent d'un « Sésame ouvre- toi ») qui ne contribuent pas à leur popularité.Hélène Pedneault se souvient En choisissant de publier ses chroniques écrites entre 1990 et 2003, Hélène Pedneault nous offre son analyse bien personnelle de la dernière décennie et du début de ce nouveau siècle.Cette femme à la langue bien pendue, qui se fait plutôt rare dans les médias ces temps-ci, porte un regard exigeant sur l'actualité, la politique, les questions environnementales, etc.Àla lecture de ces textes (publiés dans La Vie en rose, Voir, La Presse, Le Devoir), ces conférences et ces chroniques radio-canadiennes, il se dégage une cohérence intellectuelle, un refus d'accepter son sort, une remise en question constante du pouvoir établi et de ses corollaires ainsi qu'une recherche de la justice, avec un grand J.Avec beaucoup d'humour et d'autodérision, Pedneault est sans pitié quand il est question de politique, de droits des femmes et de l'exploitation des plus faibles.Elle se fait toutefois très tendre lorsque vient le temps de parler de son enfance « à l'eau maudite », pour reprendre ses termes, de ses plaisirs et de sa vie.Écrites dans une langue imagée et parfaitement maîtrisée, ces chroniques viennent jeter un éclairage différent (parfois même surprenant) sur les petites et les grandes questions qui traversent nos vies.Michael Moore en remet Michael Moore n'a plus besoin de présentation.Avec les années, ce cinéaste-essayiste- militant s'est taillé une place de choix à l'intersection de la politique et du show-business.Avec son don pour la formule choc (on vend d'ailleurs son dernier livre comme une arme de « dérision massive »), il avait mis un peu de piquant lors de la cérémonie des Oscars, en 2003, en lançant, une fois sur scène pour venir récolter son prix, un tonitruant « Shame on you Mr Bush ».Son livre Tous aux abris (traduction de Dude, Where's my Country) est en quelque sorte l'explication de ce cri du coeur lancé au président, une dénonciation de la propagande du gouvernement Bush, son utilisation des attentats terroristes à des fins partisanes, le tout accompagné d'un petit guide personnel de prévention des attaques terroristes.Écrit dans un style familier, le livre carbure à l'humour et à l'indignation, et parfois à la grossièreté intellectuelle.Reste que le style Moore est efficace.À lire en français, en attendant son prochain film, qui exposera les liens entre les familles Bush et Ben Laden.LES JOURNALISTES, Collection Idées reçues, Élizabeth Martichoux, Éditions Le Cavalier Bleu, 128 pages MON ENFANCE ET AUTRES TRAGÉDIES POLITIQUES : JOURNAL INTIME ET POLITIQUE, Hélène Pedneault, Lanctôt Éditeur, 439 pages TOUS AUX ABRIS, Michael Moore, Boréal, 300 pages Les journalistes ont mauvaise presse Finaliste du prix des libraires w w w .v a r i a .c o m Pascale Roman 176 pages isbn 2-922245-89-6 18,95 $ « C'est un livre écrit avec beaucoup de tendresse, sans complaisance [\u2026], un livre qui nous prend aux tripes.» Danielle Laurin, Bouquinville, Radio-Canada.3211528A JEUNESSE SONIA SARFATI Se déroulant, de quasi classique manière, en trois temps (donc trois livres), La Quête d'Ewilan s'amorce avec D'un monde à l'autre, se poursuit dans Les Frontières de glace et trouve sa conclusion sur L'Île du destin.On y suit Camille.Adolescente de 14 ans, vie banale, parents ordinaires mais qui l'ont adoptée, copine de Salim.En rentrant du lycée, un soir, elle passe à un cheveu de se faire heurter par un camion.Elle fait un « Pas de côté ».Avec un P majuscule.puisqu'elle bascule ainsi dans le monde de Gwendalavir.Qu'elle a pour mission de sauver.Mais elle ne sera pas seule.Salim passera avec elle de l'autre côté.Leur mission : affronter les Ts'liches, éveiller les Sentinelles, déverrouiller les Spires de l'Imagination.Surtout ne pas s'effrayer : Pierre Bottero rend l'intrigue et les concepts si clairs que le lecteur, même jeune, intègre très rapidement les principes en action.À ne pas négliger comme destination pour les prochaines vacances, de longues bien sûr, car la trilogie fait 1000 pages.FFFF LA QUÊTE D'EWILAN Pierre Bottero Rageot Éditeur, dès 12 ans De la fantasy à la française 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Àprocès extraordinaire, procureure hors du commun: Me Giauque dirigeait l'équipe des procureurs de la Couronne dans le superprocès qui a mené à la condamnation de Hells Angels pour gangstérisme.Son travail acharné est l'une des clés de la réussite de ce procès.«Ma grande surprise, c'est l'impact que le verdict a eu sur la population.On m'arrête à l'épicerie pour me dire merci, me féliciter.Pourtant, il ne s'agit que de notre travail quotidien.» PHOTO YVANOH DEMERS, LA PRESSE © JEAN-PAUL SOULIÉ e lundi 1er mars 2004, quand le juré n° 8 a pris la parole pour rendre compte du verdict de ses pairs dans le superprocès historique des neufs motards accusés notamment de gangstérisme, Madeleine Giauque, principale procureurede la Couronne, a euunmoment d'émotion intense.Le premier accusé figurant sur la liste alphabétique allait être le seul à se voir acquitté sous le seul chef de complot pourmeurtre.Suivit ensuite la longue liste des 26 chefs d'accusation sous lesquels les neufs accusés étaient reconnus coupables par le jury.Pour Me Giauque, c'était la fin de 13 longs mois de travail intensif au cours du procès proprement dit, mais aussi l'aboutissement d'un engagement dans le dossier qui remonte à août 2000.L'équipe que dirigeait Me Giauque était constituée de quatre procureurs de la Couronne, ces substituts du procureur général de la province à qui la loi fixe un devoir de conseil auprès des policiers enquêteurs sur la marche à suivre.Ils étaient 50 sur le terrain, sans compter leurs supérieurs.La preuve qu'ils ont amassée au cours des dernières années et qui a été divulguée aucours duprocès était constituée de 177 CD, de quelques tonnes de papier et d'une quantité énorme de bobines, le tout distribué à pleines caisses aux avocats de la défense et expliqué aux jurés dans les moindres détails, avec précision et clarté.Au terme d'une aventure judiciaire qui a débuté en septembre 2001, la preuve est maintenant faite que la loi antigang est efficace et qu'il est possible de mener à bien des superprocès.La Presse souligne l'extraordinaire travail accompli par l'équipe des procureurs de la Couronne dans cette affaire et nomme le principal procureur du procès, Me Madeleine Giauque, Personnalité de la semaine.Àun procès extraordinaire, il fallait un substitut principal hors du commun.Le parcours de Madeleine Giauque laqualifiait absolument pour le poste.Née en 1952, elle est la fille d'une ingénieur minier originaire de Suisse, qui va promener sa famille au gré des chantiers dans tout le Québec.«Mon père a fait Manic 5, Manic 3, nous avons vécu à Baie-Comeau, dit-elle.Ma mère a été la première femme blanche à vivre dans un village montagnais, près de Saint-Félicien.Puis il y a eu Churchill Falls, Asbestos, enfin pratiquement tout le Québec.Et nous allions passer nos vacances, mon frère et moi, dans la maison de notre grand-père, à Kamouraska.» À 18 ans, Madeleine a une fille qu'elle élève tout en travaillant.Elle est aujourd'hui trois fois grand-mère.«J'ai été pendant 13 ans secrétaire dans des compagnies, parfois dans de gros cabinets d'avocats.» À28 ans, elle entreprend son droit, une vocation tardive qu'elle suit aux cours du soir.«Deux ans et demi pour la première année.Je travaillais le jour et je m'occupais de ma fille.» Puis elle entre à l'Université de Montréal à temps plein, en ne travaillant que quelques soir par semaine.En 1986, elle est assermentée après un stage en droit criminel au ministère fédéral de la Justice.Elle a pour professeur le juge Pierre Béliveau.Elle quitte la Couronne fédérale pour la cour municipale de Montréal, puis entre à la Couronne provinciale en 1987.Procureure itinérante en Montérégie, Me Giauque s'occupe principalement de causes de narcotiques et des affaires spéciales.Le superprocès qu'elle et ses collègues viennent de remporter leur a demandé énormément de travail.«De 7h du matin à 7 ou 8h le soir, avec très peu de congés, c'était beaucoup.À la fin, au moment des plaidoiries, nous étions deux, mon adjoint, Roger Carrière, et moi.Nous avions chacun un calepin où, le soir, nous notions des idées, pour les entrer le lendemain dans l'ordinateur.» Pendant les longs mois qu'a duré le procès, par équipes de deux, les procureurs de la Couronne se sont relayés entre la salle d'audience et leur bureau de conférence, préparant minutieusement les pièces à présenter.Sur ce même bureau traîne encore un flacon de vitamines C.«Il paraît que c'est bon pour surmonter la fatigue! dit Me Giauque en riant.On se le passait autour de la table.» «Nous avons reçu des félicitations des ministres, des sous-ministres, des gens avec qui nous n'avons que de très rares contacts.Mais ma grande surprise, raconte Me Giauque, c'est l'impact que le verdict a eu sur la population.On m'arrête à l'épicerie pour me dire merci, me féliciter.Pourtant, il ne s'agit que de notre travail quotidien.Cette fois-ci, l'affaire est tellement importante que tout le monde nous a remerciés, du ministre Bellemare, qui m'a appelée, à des inconnus croisés dans la rue et qui venaient de nous voir à la télé.Moi, je ne me considère que comme un des procureurs de la Couronne parmi les quelque 400 que compte la province.» Madeleine Giauque "]
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