La presse, 20 mars 2004, C. Arts et Spectacles
[" THE VINES RÊVERIES ROCK ET POP BROUILLONNE PAGE 2 MATHIEUGAUDET LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS PAGE 3 ÈVE DUMAS utre son talent, ce qui nous rend Sophie Cadieux si sympathique est son air juvénile, son côté à la fois accessible et flyé qui lui permet justement de jouer les pimpantes soeurettes(Rumeurs)et lesados rebelles (Watatatow).C'est peut-être aussi ce qui a charmé Sylvain Bélanger, son metteur en scène, qui l'a choisie pour interpréter Braidie, une jeune fille de 15 ans enpleine prisede conscience.La comédienne avait passé une audition dans le cadre d'une résidence de traduction.On cherchait à donner corpsetvoixàlapiècedeladramaturge vancouvéroise Joan Mc Leod, The Shape of a Girl.Olivier Choinière travaillait à la version française du texte, qui fut mise en lecture au Théâtre La Licorne, à l'automne 2002.Cette fille-là s'appuie sur un fait divers qui avait vivement et longuement secoué la Colombie-Britannique.En 1997, Reena Virk, 14 ans, fut battue puis noyée par un groupe de jeunes pour avoir «volé» l'ami d'une autre.En plus d'avoir fait couler beaucoup d'encre dans les médias, l'affaire avait fortement marqué l'imaginaire de plusieurs artistes, dont le dramaturge torontois Greg Mac Arthur.Sa pièce girls! girls! girls!, présentée au Festival de théâtre des Amériques en 2001, reprenait de façon très explicite le thème de la violence chez les jeunes.L'approche intime et épurée de Joan Mc Leod est tout autre.«C'est un spectacle extrêmement simple, sans artifice, dans lequel la parole est vraiment mise à l'avant-plan.Je suis toute seule sur un bout de bois, en jeans», explique Sophie Cadieux.Sylvain Bélanger, cofondateur et directeur artistique du Théâtre du Grand Jour (quiaentreautres produit Autodafé d'Olivier Choinière, l'événement Mai 02, liberté à la carte et le Sommet sur l'engagement), s'était vivement intéressé à cette pièce qui rejoint les préoccupations de sa compagnie.Il signe avec Cette fille-là sa première mise en scène.«Le texte ne véhicule pas nécessairement une conception traditionnelle de l'engagement, mais pour Sylvain, elle contient la plus grande notion d'engagement qui soit, déclare Sophie Cadieux.Braidie n'est pas une militante, mais elle choisit sa cause, qui est sa propre personne.Ça ne finit pas nécessairement bien, elle va peutêtre finir toute seule, mais elle a quand même trouvé une petite paix.Elle a fait son premier acte d'adulte.Un acte d'affirmation de soi.» Braidie regarde le procès à la télévision.Ces filles-là portent les mêmes jeans qu'elle, parlent comme elle, rient comme elle, ont la même coupe de cheveux qu'elle.Bref, elles sont un peu beaucoup comme elle, à une différence près: ces filles-là ont assassiné cette fille-là.«Tout d'un coup, Braidie ressent le besoin de clarifier sa notion du bien et du mal.Elle se met à réfléchir sur les codes qui sont inhérents à sa propre gang de filles et doit reconnaître qu'il y a aussi parmi elles une chef de bande.Tout le monde a été la victime ou le bourreau de quelqu'un, pendant son enfance.Et des fois, c'est vraiment pour des niaiseries, comme quelqu'un qui t'a dit un jour «T'as un gros cul!».Sauf que ces niaiserieslà laissent souvent des empreintes profondes.» > Voir SOPHIE CADIEUX en 6 SOPHIE CADIEUX UNEFILLE (PAS) COMMELES AUTRES À la mention de son nom, on rencontre encore des points d'interrogation dans certains regards.Mais ceux-ci font place à des sourires attendris lorsqu'on précise qu'elle est la petite soeur de James Hyndman dans Rumeurs.Pour mieux connaître Sophie Cadieux, il faut se rendre à la Licorne à compter de la semaine prochaine.On la verra à la fois dans toute sa splendeur et dans toute sa simplicité, comme unique interprète de Cette fille-là.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © De la maison.au bureau Projecteur PB6100 Technologie DLP 3 ans de garantie Résolution SVGA de 800 x 600 Rapport de contraste de 2000:1 Luminosité de 1,500 lumens ANSI Lentille grand angle pour des images de 48\u201d @ 6.6' Financement 36 mois basé sur un taux d'intérêt de 13.5% composé mensuellement.Sur approbation du crédit.\u2020 Après 100$ en remise postale.ou 5426$ /mois 149888\u2020 UNIVERSEL ET PORTAT IF! 3208333A ARTS ET SPECTACLES THE VINES Rêveries rock et pop brouillonne ALEXANDRE VIGNEAULT À deux semaines du 10e anniversaire de la mort de Kurt Cobain, on risque d'entendre pas mal de monde deviser de l'influence de Nirvana sur le rock.Le cri viscéral du trio de Seattle a bouleversé toute une génération d'ados et de musiciens.Mais la dernière décennie a donné naissance à pas mal plus d'imitateurs de Pearl Jam et d'Alice In Chains.Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle.L'influence de Nirvana n'a rejailli qu'au tournant des années 2000.Après des années de grogne compressée et arrondie pour correspondre au format modern rock, des rockeurs animés d'une énergie brutale, voire carrément animale, ont recommencé à se faire entendre à grande échelle.The Vines, d'Australie, entre autres.Craig Nicholls, chanteur du groupe australien, ressemble pas mal à Kurt Cobain.Moins pour sa plume et l'acuité du regard qu'il pose sur le monde que pour le bruit et la fureur qu'il génère.Et le bordel qu'il provoque.Impulsif et un brin dévissé, il a détruit les instruments du groupe à la fin d'une prestation au Late Show de David Letterman.Il a aussi attaqué son bassiste au moins deux fois sur scène, en Angleterre et aux États- Unis.Pas trop reposant, le mec.« Ça ne se passe pas toujours comme ça, il y a des moments où il est difficile à prendre, mais la plupart du temps, il n'y a pas de problème », assure Hamish Rosser, batteur du groupe.La longue tournée d'environ 18 mois qui a suivi la parution du disque Highly Evolved, écoulé à environ 1,5 million d'exemplaires de par le monde, n'a pas été de tout repos, reconnaît-il cependant.« La dernière partie de la tournée, dans le nord-est de l'Amérique, a été difficile, raconte-t-il.Il faisait froid.On vivait depuis longtemps dans un autobus, dans une loge ou dans des chambres d'hôtel et on n'avait jamais un moment de solitude.On a fini par se tomber sur les nerfs les uns les autres.Et on ne jouait plus aussi bien qu'on aurait dû.» Devinez quoi ?Au lieu de rentrer à la maison, le groupe s'est enfermé pendant trois mois supplémentaires dans le bout de Woodstock, pour enregistrer Winning Days (à paraître mardi), au lendemain de leur passage au Métropolis.« Les gars avaient fait le premier disque à Los Angeles, raconte Hamish Rosser, embauché juste avant la sortie de Highly Evolved.Il n'était pas question de retourner travailler là-bas.On n'aime pas cet endroit.Comme on voulait encore enregistrer avec Rob Schnapf et qu'il n'était pas question qu'il laisse sa famille pendant trois mois pour venir en Australie, Woodstock s'est avéré un bon compromis.» Trois mois plus tard, le disque était fini.Onze chansons réparties sur 39 minutes et des poussières.La plus longue, Amnesia, fait moins de cinq minutes.The Vines n'a pas effectué de virage à 90 degrés.Craig Nicholls, Patrick Matthews, Ryan Griffiths et Hamish Rosser puisent encore dans l'effervescent brouillon sonore du grunge pour bâtir des brûlots pop qui dépeignent.Mais The Vines s'autorise aussi à construire des ambiances oniriques quasi psychédéliques.Il y a du Swervedriver et du Stone Roses là-dessous \u2014 la chanson titre porte d'ailleurs le sceau de la figure de proue du rock dansant façon Madchester.« On a eu l'occasion, de peaufiner le travail, de revoir les passages qui ne nous plaisaient pas, expose le batteur.Tout s'est fait plus naturellement.Craig Nicholls doit être content.Lui qui passe son temps à se plaindre de devoir faire des spectacles \u2014 «les Beatles et les Brian Wilson n'avaient pas à tourner» a-t-il déjà fait remarquer\u2014 a eu tout le temps voulu pour fabriquer les chansons qu'il entendait dans sa tête.« Il était obsédé par l'idée du deuxième album, alors il passait son temps à dire que les tournées, c'est chiant, acquiesce Hamish Rosser.Je suis probablement celui qui déteste le moins faire de longues séries de concerts ; ça me démoralise moins que les autres.« On aimerait bien passer notre temps à enregistrer des disques, mais je pense qu'il n'y a que les Beatles qui ont eu le droit de faire ça », précise- t-il.Et The Vines ne pourrait pas faire comme les Beach Boys et laisser son principal auteur-compositeur travailler dans l'ombre pendant que le reste du groupe arpente les scènes du monde.« On pourrait jouer sans Craig, mais personne ne viendrait nous voir ! » lance-t-il en riant.Et comment ça se passe pour le groupe en Australie, sa mère patrie ?« Highly Evolved s'est bien vendu, mais la presse australienne nous déteste.Tout le monde trouve qu'on ne mérite pas le succès qu'on obtient.Il y une certaine animosité contre nous parce qu'on n'a pas joué des centaines de concerts en Australie avant de partir à l'étranger.Mais bon, je me rappelle avoir détesté Silverchair quand ils ont eu de gros hits.On savait qu'on allait se faire haïr, on s'y attendait.» .Lisez notre critique de Winning Days en page 10.PHOTO FOURNIE PAR LE GROUPE The Vines se produit au Métropolis lundi, la veille de la parution de son deuxième disque, Winning Days.LA FANFARE POURPOUR Musique pourpour tous! ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPÉCIALE Il était une fois dans les années 70.Au coeur du Plateau Mont-Royal, alors encore grouillant d'authentiques bohèmes, s'attroupaient tous les samedis après-midi quelques musiciens \u2014 plus ou moins improvisés\u2014 pour aller défiler dans les rues avec trompettes, guitares et tambours, sous les yeux des passants amusés et des autorités suspicieuses.Pour ces étranges ménestrels, il était plus important d'être ensemble et de s'éclater que de savoir vraiment bien jouer.C'était d'ailleurs un jeu ; ils jouaient à la musique.C'étaient les belles années de L'Enfant Fort, rassemblement originel qui va devenir, après 1000 transformations, la Fanfare Pourpour telle qu'on la connaît aujourd'hui.Ils sont 15 « fanfarons» en tout.C'est-à-dire 16, depuis hier, puisque la charmante Mara Tremblay vient d'ajouter son nom à côté de ceux de Lou Babin, Jaco Duguay, Jean Derome, Jonas Slowanski, Luc Proulx, Némo Venba et les neuf autres qu'on ne peut malheureusement nommer, question d'espace.La plupart sont issus de L'Enfant Fort et d'autres regroupements éclatés comme la Pouet Pouet Band et Montréal Transport Limité.Sont venus les rejoindre plus récemment quelques jeunes musiciens attirés par l'aventure.Pourpour couvre donc trois générations, l'aîné ayant soufflé ses 68 chandelles et le cadet n'ayant vu passer que 23 printemps.En guise d'ambassadeurs, Babin, Proulx et Derome ont bien voulu accueillir un journaliste pour promouvoir la parution de leur deuxième album intitulé Le Bal, qui sera lancé dans le monde au Lion d'or jeudi prochain.Deux disques en 30 ans ?On ne pourra les accuser de surexposition.« On n'a jamais pensé en termes de réussite ; au départ, ce n'était pas notre projet de faire des disques, explique Babin.On faisait de la musique pour les gens, en plein milieu de la rue.Des fois, on bloquait la circulation.On allait jouer comme ça, juste parce qu'il faisait beau.On allait répéter dehors, au grand plaisir des gens.On voulait leur donner le goût de faire de la musique.» Proulx se rappelle qu'au tout début, rue Duluth, n'importe qui voulait participer à l'expérience, avec n'importe quel instrument jusqu'à des chaudrons, si bien qu'ils ont dû être sélectifs : « Il y avait des gens qui voulaient faire de la musique avec nous, mais ça ne marchait pas.C'était cruel parfois, on commençait à nous trouver un peu « sectaires ».C'est une question d'affinité.» Les cancres n'entrent pas dans la Fanfare Pourpour, mais Babin admet que, si elle apprécie le jeu d'un musicien, elle doit d'abord aimer sa personnalité.Jean Derome, compositeur multiinstrumentiste accompli et improvisateur très respecté, agit pour ce nouveau disque en tant que grand superviseur.Il s'opère selon lui, qu'importe que les musiciens soient professionnels ou amateurs, une sorte de magie au sein de la Fanfare : « On arrive à un jeu d'ensemble qui dépasse la performance, dit-il.Le fait qu'un musicien soit très bon ou un peu moins bon n'a pas d'importance.On a enregistré tout le monde ensemble, on n'a pas mis d'écouteurs, on enregistre comme on pratique.Ça sonne super bien comme ça.» Musique du peuple Ils n'iront pas nécessairement faire leur numéro sur les planches du Téléthon de la dystrophie musculaire, mais les gens de la Fanfare n'en demeurent pas moins doucement engagés, certains enjeux sociaux leur tiennent à coeur: « On joue pour les causes qui nous touchent et qui nous préoccupent, précise Proulx, par exemple la Journée sans auto.C'est vrai que c'est une bonne idée d'enlever ces paquets de voitures de notre centre-ville une fois de temps en temps.» On a pu les voir et les entendre dans les tentes de l'ATSA (Action terroriste socialement acceptable) au parc Émilie-Gamelin ou \u2014 si vous êtes vraiment mal pris dans la vie \u2014 à la Old Mission Brewery.«C'est une façon d'aider un peu, comme on peut, de faire sourire, d'alléger la souffrance », ajoute Babin.Leur musique est d'ailleurs proche du peuple, populaire dans le sens premier, dans le sens le noble.Des airs faciles à fredonner, sans artifices, parfois dansants, parfois mélancoliques (souvent les deux en même temps), une musique qui emprunte à certaines traditions européennes et qu'on dirait presque anti-techno, comme une sorte de folklore qui n'a pas tout à fait existé : « C'est la musique du peuple, qui vient du peuple, mais ce n'est pas la musique qu'on vend généralement au peuple », dit Derome, qui déplore ces nouvelles manufactures de vedettes à la Star Académie : « On fonctionne de plus en plus par sondages.Ça donne l'impression aux gens d'avoir vraiment choisi.Vous avez voté pour tel ou tel ?Maintenant, achetez son disque, venez voir son show.J'ai l'impression que les gens qui votent à Star Académie pensent avoir enfin de l'influence, plus qu'en politique.» Ces boomers atypiques sont-ils nostalgiques?Regrettent-ils les folles années 70?Pas tout à fait, même si Proulx admet que le Plateau Mont- Royal, où tout a commencé, a beaucoup changé, et pas pour le mieux, lui qui vivait alors dans un logement de 45,50$ \u2014 qui doit coûter 4550 $ aujourd'hui, en exagérant à peine ! Pour Derome, le fameux « esprit du Plateau » n'est plus qu'une espèce de piège à touristes, d'autres choses se feront ailleurs d'où il émergera des phénomènes aussi gratuits, jouissifs et spontanés que L'Enfant Fort de 1975.En attendant, l'aventure Pourpour continue, vers Dieu sait quoi.Sans doute la Fanfare va-t-elle gagner, par ce nouveau disque débordant de chaleur et de sincérité, les coeurs d'un jeune public fatigué par la chanson pop usinée.Le lancement de l'album Le Bal aura lieu au Lion d'or (1690, rue Ontario Est), ce lundi 22 mars à 20h30 et sera suivi d'un court spectacle Pourpour, avantgoût du Bal de printemps, qu'ils donneront dans sa totalité au même endroit le jeudi 25mars (billets : 15 $ en prévente à L'Oblique, 4333, rue Rivard).PHOTO FOURNIE PAR LE GROUPE L'aventure Pourpour se poursuit : les joyeux ménestrels lancent leur deuxième album lundi au Lion d'or. ARTS ET SPECTACLES MATHIEU GAUDET Autour du feu avec Mathieu CHANTAL GUY COLLABORATION SPÉCIALE Normalement, lorsqu'un gars compose une chanson en grattant sa guitare dans sa cuisine, il n'y a pas trois millions de personnes qui regardent, quand bien même les imagine-t-il.C'est pourtant ce qui est arrivé à Mathieu Gaudet, l'un des participants de Loft Story, dont le premier album, Roadtrip, a été lancé mardi au Cabaret du Plateau.On connaît la chanson.Les murs ont des yeux, son premier hit, a été improvisé sous l'oeil des caméras du loft, avant de devenir l'une des pièces les plus demandées à CKOI, ce qui l'a mené à faire deux fois la première partie du spectacle de Marie-Chantal Toupin en décembre.Mathieu n'avait pas prévu le succès de sa toune (retouchée et diffusée à la radio à son insu), mais celui de Loft Story, oui.Car c'est précisément pour se faire voir qu'il a signé son bail de lofteur.Dans son cas, on pourrait dire que la fin justifie les moyens ; le jeune homme de 24 ans a rapidement compris qu'en devenant connu avant même de faire son album, il allait pouvoir sauter beaucoup d'étapes, entre autres celle de se plier aux idées d'un producteur ayant une stratégie pour lui faire gravir les échelons de la célébrité, justement.« J'entends souvent dire que j'ai profité de la téléréalité, mais qui n'en profiterait pas s'il le pouvait ?demande-t-il, candidement.Je pense que c'est normal.Tant qu'à y être ! Chaque artiste cherche une visibilité et Loft Story, c'est une des meilleures visibilités que je pouvais avoir.Je ne renie pas que c'est ce qui m'a fait connaître, mais cette période est finie.C'est sûr qu'il y a des artistes qui me regardent de travers, qui se disent que ça fait longtemps qu'eux travaillent, etc.Moi, j'ai vu une opportunité et j'ai sauté dessus.» Oui, mais, tant qu'à y être, comme il le dit si bien, pourquoi n'a-t-il pas choisi Star Académie plutôt que Loft Story, si une carrière musicale était son but?«Parce qu'à Star Académie, on cherche des chanteurs, des voix exceptionnelles, de l'interprétation, tandis que moi, je fais partie du band, je suis le gars qui est avec le groupe de musique derrière moi, avec qui je jamme.Et puis, ce sont mes chansons, mes textes.Si j'avais fait Star Académie, je n'aurais pas pu chanter seulement mes compositions.Je n'aime pas l'interprétation, parce que, justement, je n'ai aucune technique de chant.Je chante mes tounes à ma manière.Je ne pense pas que j'aurais été choisi de toute façon ! » «J'veux faire un CD» Où serait Mathieu aujourd'hui s'il avait refusé d'être de Loft Story?Le garçon avait son démo tout chaud en main lorsqu'on lui a annoncé qu'il était choisi pour l'émission.C'est pour cette raison, affirme-t-il, que l'album a pu se faire aussi rapidement, puisqu'il avait déjà 15 chansons à présenter à Guy Cloutier lorsqu'il lui a demandé s'il en avait d'autres dans son sac à surprises.Ainsi, toutes les pièces de Roadtrip sont signées Mathieu Gaudet, qui a tout de même bénéficié des talents de Nicolas Maranda pour la réalisation.À sa sortie du loft, l'auteur-compositeur-interprète originaire des Laurentides était bien sûr heureux du succès de Les murs ont des yeux, mais aussi inquiet des arrangements qu'on avait imposés à sa chanson.« Heureusement, Nicolas a bien compris ce que je voulais comme son, explique-t-il.Pour toutes les autres chansons, j'ai participé aux arrangements, et ça va être encore plus le fun pour moi si mon prochain extrait, J'veux voyager, monte dans les palmarès.» Et ça risque d'arriver.Après tout, le gars est mignon et a du charisme, c'est bien pour ça qu'il a été retenu dans une émission destinée aux rencontres amoureuses \u2014 et non, il n'a toujours pas rencontré l'amour, pour celles que ça intéressent.De plus, on sent les influences de Jean Leloup, Paul Piché ou Daniel Boucher dans ce Roadtrip, un album concocté pour être écouté dans une voiture, autour d'un feu de camp ou dans un party de cuisine, selon les propres suggestions de Mathieu.«Mon album, c'est du Mathieu Gaudet, insiste-t-il.Quand on sort un album, c'est sûr qu'on se fait comparer à d'autres artistes.Mais peut-être qu'un jour les gens vont dire d'un nouvel artiste: Ah ! Ça sonne comme du Mathieu Gaudet.Ce serait cool ! En tout cas, le concept de l'album, c'est que je suis un gars qui aime faire des voyages de char de dernière minute.J'appelle mes chums et je leur dis : « Ça vous tentetu ?» Je voulais un CD à mettre dans une voiture.C'est aussi la trame sonore d'un film qu'on a imaginé, moi et mon guitariste, Martin Richard.Eh oui, beaucoup de chansons ont été créées autour d'un feu de camp.» Ou dans sa cuisine.La dernière pièce de l'album, Dans ma cuisine \u2014 rassurez-vous, ce n'est pas une reprise du succès de Normand L'Amour \u2014 rend hommage à ses soirées Les Pièces du lundi, chez lui.À ce chapitre, on découvre le côté bizarre et humoristique de Mathieu, diagnostiqué par le Doc Mailloux comme un gars « incapable de dévoiler sa personnalité ».Les Pièces, c'est une inside joke de sa bande d'amis.Mathieu aime répondre au téléphone en disant « les pièces », comme chez un concessionnaire automobile; c'est le nom de baptême de son appartement, ce fut le nom de son fan club pendant Loft Story et c'est maintenant le nom de sa maison de production, qui n'en est, pour l'instant, qu'à l'étape des papiers.Mais le jeune homme compte bien en faire l'entreprise qui dirigera sa carrière, qui réalisera ses vidéoclips et ceux des autres, de même que des pochettes d'album, comme ce fut le cas pour Roadtrip.Il faut dire que Mathieu Gaudet a fait son baccalauréat en communications à Ottawa dans le domaine de la publicité et de la gestion d'événements, une branche dans laquelle il a travaillé d'ailleurs, en autres en organisant le concours Ontario Pop, l'équivalent franco-ontarien du Festival de Granby.En marge de ses études, Mathieu a commencé à chanter dans les bars, utilisant son prêt étudiant pour s'acheter une belle guitare acoustique.Parce qu'il rêvait depuis l'adolescence d'être sur la scène, même s'il étudiait pour travailler derrière.Depuis l'âge de 6 ans, en fait, quand son père lui a mis une guitare dans les mains.Mais c'est à sa mère, morte il y a un an et demi, qu'il dédie Roadtrip, « parce qu'elle m'a toujours dit que j'allais percer un jour ».C'était bien sûr avant Loft Story, où il s'était inscrit avec ses chums à la blague.Lui seul a été retenu et est devenu le sujet des blagues de ses chums.«Ah, ils m'ont niaisé pas mal, avoue-t-il en riant, avant de mimer leurs commentaires : « On ne te connaissait pas de même, t'as échappé la boulette de steak haché à terre, t'es un écoeurant ».Mais je ne le regrette pas pantoute ! Ce fut un beau trip.» En fait, le vrai trip vient tout juste de commencer pour Mathieu, puisqu'il part on the road dès le début avril pour sa tournée.Lisez notre critique de Roadtrip en page 10 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE© Mathieu Gaudet s'est servi de Loft Story pour se faire connaître et pour lancer sa carrière de chanteur : « Chaque artiste cherche une visibilité et Loft Story, c'est une des meilleures visibilités que je pouvais avoir.» EN RAFALE La Presse : Le dernier album acheté ?Mathieu Gaudet : Chacun dans son espace de Vincent Vallières.LP :Le dernier spectacle vu ?MG : Coldplay à Montréal, l'été dernier.LP :Le dernier film ?MG : Bad Boys II, un film d'action.Il était 2h du matin, je ne voulais pas dormir.C'est bon, ça réveille ! LP :Tes influences musicales ?MG : Depuis 10ans, j'écoute beaucoup de francophone, parce que je compose en français et que je ne voulais pas imiter une personne en particulier.J'écoute Jean Leloup, Paul Piché, Daniel Bélanger, Daniel Boucher, Ariane Moffatt, Marc Déry, Beau Dommage.Après ça, viennent AC/ DC, Coldplay, Radiohead.LP :Qu'est-ce qui te fait le plus peur dans la vie ?MG : Perdre mes mains.Je ne pourrais plus jouer de la guitare.En fait, j'ai peur de me réveiller à 60 ans et de me dire que je n'ai pas fait ce que je voulais faire.Là, je suis en train de m'arranger pour que ça ne m'arrive pas.LP :Ta conception du bonheur ?MG : Donner une entrevue à La Presse avant de lancer un premier album (rires).Mon autre conception du bonheur, c'est d'avoir le temps chaque année d'aller à mon chalet de pêche, de m'asseoir dans la chaloupe et de ne rien entendre.Rien autour, juste la chaloupe, en train de pêcher avec des chums.Et toujours du gâteau Deep'n Delicious pas loin.\u2014 L'équipe des Arts + Spectacles HÉROS ET ZÉRO > L'HÉROÏNE: WHITNEY HOUSTON Les jours sombres de la chanteuse semblent être derrière elle.pour l'instant.Celle qui a admis consommer des drogues dures est récemment entrée en cure de désintoxication.Enfin ! On aura une pensée pour Dieu, car c'est la prière qui aurait permis à la femme de Bobby Brown de faire le point sur sa vie et d'aller chercher de l'aide.Pour une fois, le mot héroïne est, en ce qui concerne la chanteuse, utilisé de façon positive.> LE ZÉRO: BERTRAND CANTAT Le témoignage du chanteur de Noir Désir, qui a envoyé Marie Trintignant au ciel l'été dernier, nous remémore à quel point la haine de Nadine Trintignant, mère de l'actrice, est justifiée.«Vous êtes dans la souffrance.C'est invivable, je sais, a dit le chanteur à son procès, cette semaine.Je sais que vous êtes dans la haine et je comprends.» Mais, ça ne ramènera pas l'actrice ! ENTRACTE DANS LA PEAU DE.François (Jean L'Italien) à Hélène (Linda Sorgini), dans Smash, à Radio- Canada : «Le corps, c'est comme une maison.Avec le temps, il faut que tu rénoves.» Bill Clinton (Darrell Hammond) à Saturday Night Live (NBC et Global), qui commente ses chances d'être choisi à la vice-présidence par le candidat démocrate John Kerry: «J'ai l'intention de ramener le vice à la vice-présidence.» Pierre-Paul (Christian Bégin), qui souhaite désespérément sortir avec une fille, à Benoît (James Hyndman), dans Rumeurs, à Radio-Canada: «Toi, tu préfères ta mauvaise humeur pour te tenir compagnie.Moi, c'est les femmes.» PHOTOREUTERS PHOTOGETTY IMAGES ILS, ELLES ONTDIT.\u2014GREGORY CHARLES, à Des airs de toi, à la Première Chaîne de Radio-Canada.«Prendre un apéritif.Quel drôle de concept! S'ouvrir l'appétit.alors qu'il y a tant de gens sur la planète qui ne peuvent jamais le fermer.» \u2014CHRISTOPHERHALL, chroniqueur d'Indicatif présent, à la Première Chaîne de Radio-Canada, au sujet de la participation de Samantha Fox à Star Académie : «Je ne vois vraiment pas ce qu'elle peut apprendre aux académiciens, sinon comment devenir \"has been\" avant l'âge de 30 ans.» \u2014GUYLAINE TREMBLAY, au gala Metro Star (TVA), après avoir remporté un trophée.«Merci papa de garder les enfants ce soir.» \u2014ROGER FRAPPIER, à Indicatif présent, à la Première Chaîne de Radio-Canada, sur son refus de continuer de travailler à Los Angeles avec Robert Altman, il y a 30 ans.«Si j'étais resté à L.A., je serais peut-être mort d'une overdose.» \u2014GEORGE MICHAEL, qui a fait savoir qu'il offrirait gratuitement toutes ses futures chansons sur Internet.«J'ai été très bien rémunéré pendant des années.Je n'ai pas besoin de l'argent du public.» PHOTOBERNARD BRAULT.LA PRESSE© PHOTOBERNARD BRAULT.LA PRESSE© PHOTOARMANDTROTTIER.LA PRESSE© Gregory Charles Guylaine Tremblay Gerry Boulet Une rubrique moins prévisible que les gagnants du gala Metro Star LA RELATIONNISTE EST EMBALLÉE Grosse nouvelle provenant de Musi Max : un communiqué envoyé aux journalistes annonce une première semaine de ventes remarquable pour le DVD sur la vie de Gerry Boulet, que la station musicale a concocté et lancé le 2 mars.«Selon les statistiques de Sound Scan, il est entré en 14e position du palmarès de DVD musical au Canada.» Ce qui équivaut, dans ce cas-ci, à 322 DVD vendus ! Pas 32 200 ni 3220, mais 322 ! «Les résultats positifs de cette première semaine démontrent l'importance de cette légende du rock québécois qu'est Gerry Boulet et l'amour que lui portent encore et toujours ses nombreux fans.» Comment le défunt chanteur a-t-il fait pour remplir le forumavec Offenbach, en 1980, avec ses 322 nombreux fans ? ARTS ET SPECTACLES WALTER ROSSI 40 ans de guitare, 20 ans de silence JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Il y a 15 ans, peu de gens connaissaient Walter Rossi.Aujourd'hui, on le connaît encore moins.Ça ne l'empêchera pas de remonter sur scène ce soir, après un long silence de presque deux décennies.«Ça fait longtemps, mais c'est comme si c'était hier », lance le chanteur et guitariste montréalais, rencontré cette semaine dans un café de la Petite Italie.Prodige de la six cordes, Walter Rossi est ce qu'on appelle un musician's musician.Dans le milieu, il est adulé et sollicité.Il a longtemps été très en demande pour toutes sortes de sessions de studio.Mais, malgré une demi-douzaine d'albums à son nom, il reste un mystère pour le grand public.Inclassable, il a tâté du rhythm'n'blues, du hard rock, du rock fusion et de la disco.Électron libre, il a accompagné des vedettes aussi diverses que Wilson Pickett (dans les années 60), Buddy Miles (ex-batteur d'Hendrix), Nanette Workman et Michel Pagliaro.Sans oublier ses propres groupes de rock, de Charlee à The Influence, en passant par le Walter Rossi Band.« J'ai eu toutes les phases », ditil.Mais à la veille de lancer son premier album en 20 ans, il ne souhaite qu'une chose : « Que ma musique fitte avec mon visage.» Redoutable C'était les années 70 et CHOMFM était la meilleure radio de Montréal.Pendant qu'Harmonium et Beau Dommage chantaient le Québec sur la montagne, les disques solo de Walter Rossi se vendaient par pochetées dans tout le Canada anglais.Sa barbe, son gros poil et sa tête de hors-la-loi lui donnaient des airs d'ours dangereux.Il portait des bracelets de force avec des clous et se faisait prendre en photo avec des colts à la ceinture.Plus vite que son ombre, il était un des plus redoutables guitaristes du Québec, une terre pourtant peu fertile en guitar heroes.Jusqu'au début des années 80, sa carrière a marché très fort.Avec April Wine et Mahogany Rush, il s'est imposé comme un des meilleurs ambassadeurs du rock anglo à Montréal.Ses succès d'un océan à l'autre lui vaudront même un Juno, en 1979, dans la catégorie du Meilleur espoir.vocal.Puis, la situation s'est détériorée.Alors qu'April Wine et Mahogany Rush perçaient à l'étranger, la carrière américaine de Walter Rossi n'a pas décollé.Et, suite à un incident qu'il préfère garder off the record, le guitariste s'est complètement dérenché la main.Frustré, cassé et amoché, il a décidé de vendre tous ses amplis et de prendre une pause.« J'étais à un cheveu d'avoir un hit majeur, dit-il.Mais il y a des gens autour de moi qui ont fait des bad fucking moves, explique le musicien dans un franglais typique des Italo-Montréalais.Ça m'a découragé.De toute façon, je n'en pouvais plus.» À l'exception d'un album \u2014 qu'il déteste \u2014 sorti en 1984, Walter Rossi passera les 20 années suivantes à l'écart des projecteurs, à produire des albums pour les autres.Pendant sa longue relation de 14 ans avec la comédienne Louise Portal, son nom est parfois remonté à la surface.Mais pour le reste, il était bien tranquille à la campagne, à tripper sur ses chevaux et à bidouiller dans son studio.« J'ai vécu un autre genre de vie, dit-il.Sans stress.» «A fucking shy gentleman» Walter Rossi a tout fait pour oublier la vie de rock star.Mais en 2000, son ancienne vie l'a rattrapé.Après une présence fugace dans un spectacle de blues collectif, « l'envie de jouer » lui est revenue comme une poussée d'adrénaline.Ce « réveil » coïncidait en outre avec la réédition CD de tous ses vieux albums, dont le fameux Six Strings Nine Lives, considéré comme un disque-culte par bien des amateurs de guitare électrique.Étonnamment, le guitariste n'a pas profité de l'occasion pour revenir officiellement sous les projecteurs.Mais les quatre dernières années lui auront permis de fonder sa propre étiquette de disques (Cosmic Forces) et d'enregistrer un nouvel album (Secret Sins) qui doit être lancé dans la foulée de son concert au Spectrum.À noter que Walter Rossi n'est plus propriétaire de ses anciennes chansons, le musicien ayant cédé tous ses droits à l'étiquette montréalaise Unidisc.Des regrets ?Plus ou moins.« Ça m'a permis de boucler un chapitre de ma vie », explique-t-il.Cheveux rasés, barbichette blanche, anneau de pirate : Walter Rossi a toujours sa tête de tueur à gages.Mais ses années de réflexion l'ont visiblement transformé.à l'intérieur.À 55 ans, le musicien a troqué ses studs et ses revolvers contre un peu de sagesse.D'ailleurs, quand on lui demande s'il se voit comme un rocker, la réponse ne se fait pas attendre : « Je ne suis qu'un fucking shy gentleman.» Même son approche de la guitare a changé, avoue-t-il : « Je ne joue plus de la même façon.Ce n'est plus du flash.On associe à tort le pouvoir avec le nombre de décibels.Mais le pouvoir, c'est pas seulement une question de volume.C'est savoir être noble et franc.» Son nouveau disque a été fait dans cet esprit.Enregistré dans une ambiance intime, l'album n'était pas destiné au grand public.Rossi en parle comme d'une expérience thérapeutique, qui lui a permis de « régler certaines affaires » personnelles.Mais son entourage, enthousiaste, l'a incité à partager la chose avec son public.À quoi s'attendre du concert de ce soir au Spectrum ?Le musicien hausse les épaules.Sa popularité n'a jamais été aussi grande que celle de Frank Marino, l'autre guitar hero montréalais.Vu sa très longue absence, on l'avait peut-être même un peu oublié.Mais comme beaucoup de prodiges de la six cordes, Rossi compte sur une base de fans fidèles et dévoués.De toute façon, ajoute-t-il, « ce spectacle, je ne le fais pas pour avoir un hit.C'est quelque chose que je dois vivre.» Six cordes, nouvelle vie ?PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE© À la veille de lancer un premier album en 20 ans, le guitariste montréalais Walter Rossi, prodige de la six cordes, ne souhaite qu'une chose : « Que ma musique fitte avec mon visage.» «On associe à tort le pouvoir avec le nombre de décibels.Mais le pouvoir, c'est pas seulement une question de volume.C'est savoir être noble et franc.» PHOTO FOURNIE PAR WALTER ROSSI L'Italo-Montréalais avec son look d'ours dangereux, dans les années 70, à l'époque où il se faisait prendre en photo avec des colts à la ceinture.(514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca 2 SOUPERS-THÉÂTRE 100 $ avec l'aimable autorisation des Productions et de Jean Leclerc de Marie Jones trad.et adapt.René-Daniel Dubois mise en scène Yves Desgagnés avec Emmanuel Bilodeau et Bernard Fortin Concepteurs Éric Champoux, Judy Jonker, Carole Castonguay, Claude Lemelin, Jérôme Labrecque, Geneviève Dorion-Coupal JUSQU'AU 27 MARS 2004 «Bilodeau et Fortin acrobates du théâtre (.) un pur plaisir.» - Journal de Montréal «On les savait talentueux et rigolos, on les découvre ici virtuoses.» - Voir «Un véritable triomphe (.) Une grande page du Rideau Vert.» - Cyberpresse.ca «Pièce qui explore les bases du jeu, en les portant plus haut et plus loin.» - Échos vedettes «Les deux comédiens maîtrisent manifestement leur art (.) un impressionnant «two men show.» - Devoir, L'Agenda «Voilà indéniablement un tour de force qui mériterait de parcourir la province.» - Infoculture.ca «Emmanuel Bilodeau et Bernard Fortin atteignent des sommets sous la direction d'Yves Desgagnés.» - La Presse «Ces deux acteurs doivent compter l'un sur l'autre comme si leur vie ne tenait qu'à un fil.Ou à une réplique.» - Radio-Canada \"The translation is peppered with witty, very well-observed local references.\" - The Gazette 8de r nièr e srepr é s ent a t ions 3206747A DÈS LE 30 MARS 514.866.8668 www.tnm.qc.ca AVEC BENOÎT BRIÈRE + VIOLETTE CHAUVEAU + PIERRETTE ROBITAILLE + RÉMY GIRARD + CATHERINE TRUDEAU + ALAIN ZOUVI + ROGER LA RUE + FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU + DAVID-ALEXANDRE DESPRÉS + ÉMILIE DIONNE + SÉBASTIEN DODGE + MATHIEU GOSSELIN + GUILLERMINA KERWIN + JEAN-DOMINIC LEDUC + YVES MORIN ET CLÉMENTINE + JULIETTE + ROSINE + SANDRINE ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE JULIE BEAUSÉJOUR CONCEPTEURS JEAN BARD + SUZANNE HAREL + CLAUDE ACCOLAS + YVES MORIN + NORMAND BLAIS + JACQUES-LEE PELLETIER + RACHEL TREMBLAY UNE PRÉSENTATION DE MISE EN SCÈNE DE L'HÔTEL DU LIBRE-ÉCHANGE 3210678A ARTS ET SPECTACLES Le whippet me tue MARC CASSIVI BILLET mcassivi@lapresse.ca Si la femme vient de Vénus et l'homme de Mars, comme le veut la croyance populaire, Charles Paquin doit venir de Sedna.En tout cas, on ne vit pas sur la même planète, lui et moi.Charles Paquin est ce concepteur publicitaire et romancier qui a fait paraître, le mois dernier, un essai sur la dérive du couple québécois.L'Homme whippet \u2014 Le couple québécois en miettes, annoncé comme un pamphlet coup de poing, détonne comme un pétard mouillé sur la Lune.C'est le brûlot antiféministe du moment, rédigé par un jeunehomme- en-colère de 36 ans, dans le style « cinquième secondaire pas fort ».Pour faire court, disons que c'est un ramassis très peu convaincant de conversations de taverne, de citations prises hors contexte, de recherches Google sous « relations de couple pour les nuls » et de lieux communs 100 fois visités, avec en prime une analyse psychosociale du personnage principal de L'Avaleur de sable.Du sérieux.Je m'en confesse : L'Homme whippet n'a rien à voir dans ces pages.Ce n'est pas le genre de sujet dont je traite habituellement.Je me permets cette digression parce que Charles Paquin raconte n'importe quoi au nom des gars de ma génération : sur la vie de couple, les hommes et les nouveaux papas (j'en suis).C'est peut-être pour cette raison que tout le monde me parle de L'Homme whippet depuis que le cahier Actuel en a fait sa une, samedi dernier.La thèse de Charles Paquin tient en une phrase : c'est parce qu'il est trop paresseux, trop mou, trop asservi que l'homme est contraint à la monogamie.« Il va vivre avec une femme à contrecoeur, va lui faire des enfants, souvent à contrecoeur, et va devenir malheureux.C'est presque automatique », écrit-il.Presque automatique.Vous voyez le genre.Le reste de la diatribe n'est qu'une variation sur ce même thème manichéen, étiré sur 130 pages.Voyez encore: « Les seuls hommes monogames sont ceux qui ne pognent pas ou encore qui ont un problème de libido.Ils sont donc monogames par défaut.» Il fallait y penser.Le problème de notre whippet en chef n'en est pas un de libido.Au contraire, à en croire Charles Paquin, le sexe est la seule raison d'être des relations hommes-femmes.Le problème du ti-whippet tient au fait que son essai, l'un des rares sur le sujet écrits par un homme dans la trentaine, est bâclé, confus, paresseux, plus mou que de la guimauve : bref, tout ce qu'il reproche à l'homme québécois.L'Homme whippet est tellement caricatural qu'on se demande si ce n'est pas une blague.Fait sérieusement \u2014 ou avec de l'humour \u2014 il aurait sans doute poussé à une réflexion intéressante sur les rapports hommes-femmes de ma génération.C'était sans compter sur cet adolescent attardé qui nous ressort le vieux discours éculé des baby-boomers aigris payeurs de pensions alimentaires.Tout n'est pas rose dans le couple québécois, soit.Charles Paquin, lui, n'y voit que du noir.Il soutient que toutes les femmes dénigrent l'homme qu'elles prétendent aimer (« c'est inévitable ») et que, par conséquent, l'homme « devient une pâle copie de la femme ».La femme, cette empêcheuse de virer une brosse, est représentée tour à tour par l'auteur comme un monstre dominant, une araignée qui tisse sa toile, un scorpion empoisonneur, une figure diabolique et un bourreau esclavagiste qui maintient « l'homme castré » dans un « régime totalitaire », en banlieue de Greenfield Park.Quand ça va mal ! Le texte de Charles Paquin transpire le ressentiment (pour ne pas dire le sexisme).Il doit y avoir une ex-blonde quelque part avec qui ça s'est mal terminé.Quoi qu'il en soit, si l'homme québécois ressemble à ce M.Paquin, je plains toutes les Québécoises ! Car ce qui est désespérant à la lecture de L'Homme whippet, ce n'est pas la situation de l'homme de 30-40 ans au Québec, mais le discours de ce Beigbeder bas de gamme qui fait passer pour avantgardistes ses relents de conservatisme.« Au début de la relation, c'est vrai, la femme est parfaite, écrit-il.(.) Elle boit, elle déconne, elle fait la fête jusqu'à trois heures du matin, elle aime les amis de son chum et, au lit, elle est très, très satisfaisante.» Le plus irritant dans L'Homme whippet, ce n'est pas tant son propos simpliste.C'est son ton.Le ton prétentieux de l'observateur qui sait tout et l'exprime au nom de tous les hommes de sa génération.Ainsi, Charles Paquin écrit souvent « dans la très grande majorité des cas» à propos de tout et n'importe quoi : à propos du couple, décrit comme « une prison », une « situation médiocre », un «festival du compromis », à propos de la tyrannie de la femme en rut, à propos de la naissance d'un enfant, véritable hérésie.« Après 18 ans, on pense que les problèmes sont terminés.Eh bien non, ils ne font que commencer.Ce qu'il (l'enfant) détruit coûte de plus en plus cher.Je pense ici à la voiture, entre autres », note l'auteur.L'Homme whippet est à ranger au rayon des livres psycho-pop cheapo dans la catégorie « Pour tout comprendre sur l'homme et sa dominatrice en 11 étapes faciles ».On ose espérer que l'auteur a voulu que son brûlot soit lu au second degré (peu importe le degré, c'est raté).J'en suis même à me demander si ce biscuit fadasse n'est pas qu'une farce de mauvais goût pour narguer les médias, à qui Charles Paquin consacre un chapitre sans queue ni tête.Je l'imagine dire à ses chums : « Regardez- moi bien aller.Je vais écrire une grosse baudruche sur les rapports hommes-femmes et je vais devenir chroniqueur culturel à la radio de Radio-Canada.» Si c'est le cas, ce concepteur de pub a du génie.Mais si ce livre n'est pas un canular, ce ti-whippet est vraiment pathétique.J'en suis même à me demander si ce biscuit fadasse n'est pas qu'une farce de mauvais goût pour narguer les médias.P R É S E N T E l'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL 514 842 9951 www.o s m .c a .Billets à partir de seulement 1750$ AVENTURES EN AMÉRIQUE Un programme de musique américaine, incluant la Fantaisie pour trombone de Paul Creston, interprétée par James Box, trombone solo de l'OSM et AN AMERICAN IN PARIS de GERSHWIN.ARRIVEZ TÔT ! Dès 9 h 30, café et collations seront servis.> Mercredi 31 mars > 10 h 30 Mars LA PREMIÈRE SYMPHONIE DE BRAHMS YOAV TALMI, directeur artistique de l'Orchestre symphonique de Québec et grand spécialiste du répertoire germanique, dirige la Première Symphonie de BRAHMS.Le violoniste VLADIMIR SPIVAKOV, un des virtuoses russes les plus en vue et chef fondateur des Virtuoses de Moscou, interprète le Concerto de Hartmann.> Mardi 23 et jeudi 25 mars > 20h CLASSIQUES AMÉRICAINS Jazz, comédie musicale, cinéma\u2026 une aventure dans l'univers de deux géants de la musique américaine : GERSHWIN et BERNSTEIN.> Mardi 30 mars > 1 9 h 30 3214961A www.duceppe.com « Moment de totale légèreté, la mascarade avec les vêtements de maman est un petit délice de pure complicité.» Journal de Montréal « La Mémoire de l'eau est une jolie comédie dramatico-psychologique » « Une pièce qui a énormément de matériel psychologique, un très gros potentiel dramatique et de beaux personnages.» Aux arts, etc, Chaîne culturelle JUSQU'AU 27 MARS 3204638A #\"$ (0., - 02=7:\"5<
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