La presse, 21 mars 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" Où suis-je?DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca Ceux qui n'ont jamais quitté leur pays natal peuvent bien se permettre cette question généralement restée sans réponse : qui suis-je?Il suffirait d'aller vivre ailleurs pour que la question devienne aussitôt : où suis-je?Ce serait pourtant une erreur de croire qu'il est plus facile de répondre à la deuxième question qu'à la première.LE NOM\u2014Quand on arrive à Montréal, par exemple, on est accueilli au Canada (l'aéroport étant de compétence fédérale) pour se retrouver, à peine les douanes passées, au Québec.À partir de ce moment, il faut dire « Québec » et non « Canada ».Et vous avez droit à trois faux pas.La première fois que vous direz « Canada » à la place de « Québec », on prendra la peine de tout vous expliquer à propos de la longue et harassante lutte du Québec pour conquérir son autonomie.La deuxième et la troisième fois, on rectifiera avec un léger agacement.La quatrième fois, on estimera que vous avez choisi votre camp.Le problème, quand on arrive au Québec, c'est qu'on tombe en plein milieu d'un débat commencé il y a bien longtemps.Et comme chacun connaît parfaitement sa partition, on a l'air d'un chien dans un jeu de quilles.LA RÉVOLUTION TRANQUILLE\u2014C'est mon concierge de la rue Masson qui m'avait parlé, le premier, de la « révolution tranquille ».\u2014Comment dites-vous cela ?\u2014La révolution tranquille.Dans ma culture, une révolution peut être tout sauf tranquille.Le mot révolution renvoie toujours à une foule en colère brisant tout sur son passage.Et cet homme qui m'expliquait qu'il était possible de faire la révolution simplement en remplaçant les églises par des écoles.J'étais assez perplexe jusqu'à ce que je découvre l'hiver en Abitibi.Voilà : un peuple qui peut bâtir une telle société sur un bloc de glace est capable de tout.Le feu sous la glace.D'où l'idée de révolution tranquille.LE CYCLE DE LA PAROLE\u2014Cette discussion, au début des années 80, avec cet homme qui vivait seul dans sa minuscule chambre de la rue Saint-André.Un jour que je passais devant sa porte, il m'invita à entrer.Et cet homme, qui me semblait toujours de mauvais poil, s'est révélé un hôte assez prévenant.Comme il faisait terriblement chaud cette journée-là, il m'offrit du thé glacé.\u2014Je vous entends discuter sous ma fenêtre, vous et vos compatriotes, c'est drôle à dire, mais j'ai l'impression que vous aimez ça.\u2014On aime quoi ?\u2014Parler.Vous aimez parler ?Je n'avais jamais pensé à cela de cette manière.Il y a des gens alors qui n'aiment pas parler.\u2014Vous aimez aussi manier la langue.Cela m'a pris un temps avant de sentir l'ironie qui se cachait derrière toute cette amabilité.Le problème, c'est que je n'arrivais pas à imaginer son univers de silence.La chambre était presque nue avec un petit lit, une table, deux chaises.Pas de télévision, ni radio.Aucun livre.Rien que lui.>Voir LAFERRIÈRE en 2 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Régulièrement, Gilles Vigneault a besoin de se retrouver sur scène pour communier avec un public qui le suit depuis plus de 40 ans.GILLES VIGNEAULT NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca Installé dans la vitrine mais dos à la grande baie vitrée du Petit Extra, Gilles Vigneault était en avance d'au moins 30 bonnes minutes.Son avance n'était pas une erreur ni le fruit d'une précipitation indue.C'était délibéré.Gilles Vigneault aime prendre son temps, quitte à le perdre en attendant les autres.Aucune urgence chez lui.Aucune pression non plus.Le journaliste Georges-Hébert Germain a déjà raconté l'avoir vu jouer aux échecs 30 secondes avant de monter sur scène pendant que le régisseur s'arrachait les cheveux.Je n'ai pas de peine à le croire.Son calme est si grand qu'en l'espace de quelques minutes, il a eu raison de mon agitation.J'arrivais de Los Angeles, la tête encore toute bourdonnante de la soirée des Oscars, le regard délavé par le soleil californien et encore aveuglée par la constellation d'étoiles américaines frôlées sur le tapis rouge.J'étais aussi loin de Natashquan et de Gilles Vigneault qu'on peut l'être.Des années- lumière, trois continents et deux cultures quasi contradictoires nous séparaient.Et pourtant, sans que je sache comment il s'y est pris, Vigneault m'a ramenée sur terre, chez lui.Notre table dans la vitrine, semblable à un lent et silencieux voilier, a chassé les gros horsbord américains.Le temps a ralenti comme un coeur qui se calme, comme un coureur qui reprend son souffle.Et subitement, même si les heures nous étaient comptées et que la journée était loin d'être terminée, nous avons fait comme si nous avions la vie devant nous.Nous avons parlé de mille et une choses, passé du coq à l'âne, du présent à l'éternité et au Texas, en passant par Berlin et Paris.Actualité oblige, il a d'abord été question des Oscars.J'étais convaincue que Vigneault n'avait pas regardé la cérémonie.Je ne le voyais tout simplement pas s'asseoir devant une grosse boîte noire pour admirer un défilé de stars américaines dont il ne devait même pas connaître les noms.Je me trompais.Vigneault a effectivement regardé la cérémonie, pas jusqu'au bout mais suffisamment longtemps pour voir les mots échapper à Denys Arcand.Contrairement à bien des gens, il n'en a pas voulu à Arcand de ne pas profiter du moment pour saluer le Québec.Mieux encore : il s'est identifié à lui.« La même chose m'est arrivée après la première des Invasions.En sortant, les mots m'ont manqué pour décrire tout ce que je ressentais.Je me suis approché d'Arcand et au lieu de dire quelque chose d'intelligent, je l'ai félicité de façon mièvre et convenue.Je m'en veux encore.» Le lendemain de la première des Invasions, l'émoi passé, Vigneault n'a pas changé d'idée ni d'opinion sur un film dur dont le pays n'était pas l'hiver mais le cynisme et la corruption.Cet endossement total et inconditionnel du film m'a d'autant plus étonnée que Vigneault venait de me déclarer qu'il avait toujours refusé de cultiver le désespoir parce que, au bout du tunnel, il a toujours espéré qu'il y aurait de la lumière.S'il ne croyait pas au désespoir, pourquoi alors acceptait-il sans broncher celui d'Arcand ?« Si Denys Arcand a été témoin d'aberrations, il a le droit de témoigner dans ce sens-là, plaide Vigneault.C'est une démarche honnête, fondée sur une critique efficace.Maintenant, si le portrait ne nous plaît pas, on n'a qu'à corriger la photo.ou la situation.On a le choix.De toute façon, à mon avis, le plus dur dans ce film, ce n'est pas la critique du système de santé.C'est les deux étudiants qui ont été achetés pour venir au chevet de Rémy.Là, Arcand traite l'humanité de vendue.Pas seulement l'humanité, la jeunesse ! Ça, c'est dur et cru.» >Voir VIGNEAULT en 2 Avec le temps, tout va Une tournée de 17 spectacles en Europe et de 42 au Québec.Une invitation à passer une heure chez Bernard Pivot.Un CD qui, depuis sa parution, ne récolte que des éloges.La vie est belle pour Gilles Vigneault.Belle mais pas éternelle, dit le vigoureux chêne de 75 ans en rajustant sa casquette de marin et en touchant du bois.« À mon humble avis, Star Académie est un témoignage parfait de cette absence de sens critique qu'on cultive pour faire de l'argent.» 3215298A MON T R É AL DI M A N C H E 21 M A R S 2 0 0 4 ROBERT LALONDE LE FEUSACRÉ PAGE 1 ARTS ET SPECTACLES SPECTACLES VIGNEAULT suite de la page 1 Star Académie Gilles Vigneault, lui, ne voit pas la jeunesse du même oeil.Cela ne veut pas dire qu'il donnerait le bon Dieu sans confession à tous les jeunes.Ni qu'il serait prêt à embarquer dans l'autobus de Star Académie pour une séance de chanson 101 avec les académiciens.« J'ai refusé d'y aller l'année dernière mais je ne m'en vante pas.Disons que les circonstances ont voulu que je n'y aille pas et qu'il n'y a pas de raison que cela change.À mon humble avis, Star Académie est un témoignage parfait de cette absence de sens critique qu'on cultive pour faire de l'argent.C'est-tu assez cru ?» Voyant qu'il est allé un peu loin, il pondère son élan sans toutefois le diluer : « C'est mon point de vue mais je ne détiens pas la vérité.Reste que faire semblant d'aller donner des recettes à des jeunes qui veulent faire de la scène, en une heure, je ne veux pas faire ça.Je ne sais comment.Je n'ai pas ce talent-là.Si je le faisais, j'irais contre mes principes.» Pour marquer qu'il n'a rien contre les rencontres avec des jeunes qui rêvent de faire le même métier que lui, il raconte qu'il est allé à Granby dernièrement.« J'ai passé un moment merveilleux avec 20 jeunes qui font de la chanson mais qui ne passeront jamais à Star Académie.On a parlé pendant deux heures sans caméra.Cet exercice m'a procuré un grand bonheur.On était juste entre nous.Il y a des moments dans la vie où on n'a vraiment pas besoin des caméras.» La scène Caméras ou non, il y a aussi des moments dans la vie où Gilles Vigneault a besoin de se retrouver sur scène, besoin de communier avec un public qui le suit depuis plus de 40 ans.« J'ai cru à un moment que j'allais tout arrêter à 50 ans.L'ennui, c'est que je me sens toujours aussi jeune.Pour être franc, j'ai plus de plaisir à chanter aujourd'hui qu'à 30 ans.Je connais mieux le travail, la responsabilité que ça représente.Je connais mieux les récompenses et je sais ce que le cachet veut dire.C'est clair que si je n'étais pas payé pour le faire, je ne me dépenserais pas comme un fou sur scène.J'écrirais à la maison et c'est tout.Mais dans le cachet, il n'y a pas que l'argent.Il y a les applaudissements et l'obligation de continuer à faire marcher cette grosse voiture.Il y a aussi les petits miracles qui viennent frapper à votre loge après le spectacle comme cette dame dont le fils était plongé dans un coma profond et qui s'est réveillé le jour où elle lui a fait jouer une de mes chansons.Comment voulezvous arrêter après ça ?» La tournée La tournée, avec la route qui n'en finit plus, les hôtels qui se ressemblent tous, les repas pris sur le pouce, la fatigue, le décalage horaire, Vigneault pourrait s'en passer.Mais pas du rendezvous intime et quotidien avec une salle qui n'est jamais la même, soir après soir.Ça, pour lui, c'est des vacances, alors que le reste, c'est de l'ouvrage.Avant de partir « en vacances », Vigneault se prépare des mois à l'avance.Il abandonne l'alcool complètement qu'il remplace par du thé vert, fait attention à ce qu'il mange, se négocie des plages de repos et soigne sa santé en espérant durer le plus longtemps possible, mais sans trop se bercer d'illusions.« C'est peut-être ma dernière tournée, laisse-t-il tomber.On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.D'autres l'ont dit avant lui, mais sans cette lueur inquiète qui apparaît brièvement dans son regard bleu de mer.Gilles Vigneault a beau ne pas faire son âge, il clame que son âge il le sent, veut, veut pas, et que si la poésie est éternelle, les poètes, eux, ne le sont pas.L'espace d'un instant, le temps s'arrête.Et puis Vigneault repart de plus belle, réaffirmant sa foi dans les mots capables de résoudre tous les maux de la société, la preuve étant que chaque fois qu'on enlève la parole aux gens, c'est pour mieux la donner aux fusils et aux bombes.Quittant l'Irak dévasté, Haïti à feu et à sang, il revient sur le scandale des commandites.Subitement, celui qui prétend que la rage et la colère sont des vêtements qui ne lui font pas, sort de ses gonds.« On a dilapidé l'argent des petits qu'on leur a arraché à force de loi.Je trouve cela scandaleux, tout comme je trouve scandaleux qu'on utilise mon argent pour me convaincre de quoi que ce soit.Peu importe d'où ça part, ça ne devrait jamais avoir lieu.» Il n'a pas de solutions à proposer.Il n'a que ses mots, qui sont son trésor et son tombeau, comme pour Paul-Eu Gazette, son personnage préféré.Le temps a filé trop vite dans le restaurant.C'est l'heure de larguer les amarres.Vigneault ajuste sa vieille casquette de marin.La France l'attend.Natashquan, aussi à la fin avril.Entre les deux, il y aura des dizaines de villes, de salles et de paysages différents.Et l'espoir qu'au bout de la route et du tunnel, il restera amplement de temps pour tout refaire.CINÉMAS INDÉPENDANTS ARBRES Cinéma Parallèle: 14h.AU REVOIR LENINE Cinéma Beaubien: 11h30, 14h, 16h30, 19h, 21h30.Ex-Centris: 14h30, 17h10, 19h25, 21h40.BUBBA HO-TEP Cinéma du Parc (3): 19h05.COMPANY (THE) Cinéma du Parc (2): 14h45, 17h05, 19h15, 21h25.COUP DE FOUDRE Cinémathèque québécoise: 20h30.DERNIER TUNNEL (LE) Cinéma Beaubien: 13h45, 16h15, 18h45, 21h15.DREAMERS (THE) Cinéma du Parc (1): 14h30, 16h55, 19h10, 21h30.EFFROYABLES JARDINS Cinéma Beaubien: 14h15, 18h45.ENFANTS DE LA PLUIE (LES) Ciné-Kid (Ex-Centris): 11h.(À partir de 8 ans) FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L'ART Cinéma ONF.Renseignements: (514) 874-1637.GIRL WITH A PEARL EARRING Cinéma du Parc (3): 15h.HUMANITÉ (L') Cinéma du Parc (3): 21h15.JACK PARADISE (LES NUITS DE MONTRÉAL) Cinéma Beaubien: 12h15, 16h45, 21h.LE ROI ET L'OISEAU Cinéma Beaubien: 11h45.MAKE MONEY! SALUT, BONSOIR suivi de LE GRAND DÉRANGEMENT DE ST-PAULIN Cinéma Parallèle: 17h20, 21h15.MANHATTAN Cinéma du Parc (3): 17h10.OSAMA Ex-Centris: 15h, 17h, 19h, 21h.RABBIT-PROOF FENCE Cinémathèque québécoise: 18h30.ZAMAN OU L'HOMME DES ROSEAUX Cinéma Parallèle: 15h15, 19h30.DANSE TANGENTE (840, Cherrier) Machines 11, de Luk Fleury, et Chaises, de Marie-Soleil Pilette: 16h.MUSIQUE ÉGLISE SAINT-LÉON DE WESTMOUNT Studio de Musique ancienne de Montréal.Dir.Christopher Jackson.Polyphonies de la Semaine sainte et de Pâques: 20h.ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE Judith Pelletier, narratrice, et Jacques Boucher, organiste.Spirituart: 16h VARIÉTÉS THÉÂTRE SAINT-DENIS Peter Mac Leod: 20h.SALLE PAULINE-JULIEN (15 615, boul.Gouin O.) Michel Rivard: 20h.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © « Il y a des moments dans la vie où on n'a vraiment pas besoin des caméras », dit Gilles Vigneault.Avec le temps, tout va « J'ai cru à un moment que j'allais tout arrêter à 50 ans.L'ennui, c'est que je me sens toujours aussi jeune.Pour être franc, j'ai plus de plaisir à chanter aujourd'hui qu'à 30 ans.» Où suis-je?LAFERRIÈRE suite de la page 1 Notre conversation était ponctuée de longs moments de silence que j'étais toujours le premier à rompre.Brusquement son oeil gauche s'allume (je commençais à connaître ses tics), et le voilà qui se moque de mon vocabulaire « riche et coloré ».Il trouvait moralement suspect qu'il y ait plus d'une façon pour dire ce qu'on avait à dire.Pour lui la profusion de mots (60 000 dans le dictionnaire) ne servait en fait qu'à cacher nos vrais sentiments.Lui, il ne parlait que s'il avait vraiment quelque chose à dire.\u2014Et vous ?me demanda-t-il avec une certaine curiosité cette fois.\u2014Moi, monsieur, je parle pour jouir de la langue, dis-je en le laissant à son silence.LA TÉLÉ\u2014Je me suis acheté une petite télé que j'ai posée sur un chiffonnier en face de mon lit.Je voulais apprendre le fonctionnement de mon nouveau pays.Assis tout au fond du lit, j'étais devenu une éponge en train de tout absorber.Pour la musique populaire, j'avais Soirée canadienne que je ne ratais pour rien au monde.Mon voisin, qui était de Rimouski (j'avais déjà quitté la rue Masson pour la rue Saint-Hubert), trouvait cette émission complètement ringarde.C'était la première fois que j'entendais une telle musique.Et quand, des années plus tard, le rock québécois a fait son apparition, j'y ai perçu certaines réminiscences venant de ces samedis soir endiablés.Pour la campagne, que je soupçonnais d'occuper un espace important dans la sensibilité québécoise, je me fiais à la La Semaine verte.On pouvait voir apparaître à n'importe quel moment le frénétique Réal Caouette qui venait vanter les mérites du Crédit social.J'étais moyennement intéressé par ces téléromans paysans dont je sentais tout le côté artificiel (tous ces paysans endimanchés toujours en train de se conter fleurette).Visiblement, c'était fait pour les gens de la ville.Quant à la religion, bien sûr que Second Regard bouchait un certain trou.Mais c'était un peu trop intellectuel à mon goût.Cela me rappelait la presse haïtienne sous Duvalier, quand on faisait des commentaires sur tout, sauf sur ce qui se passait dans le pays.Ce n'est pas en regardant Second Regard que vous saurez l'état de la foi au Québec.Les églises se vidaient et Second Regard n'en pipait mot.Au début de l'après-midi, on projetait des films dont personne n'avait jamais entendu parler, suivis de tirages où les gens gagnaient des 45-tours de Ginette Ravel.Pour la culture au quotidien, Réal Giguère tressautait devant ses invités comme s'il faisait ses interviews assis sur une chaise électrique.Et le dimanche soir, on avait droit à l'élégant Henri Bergeron en maître de cérémonie de la grande culture.Quelle époque ! UNE FAUSSE CANDEUR\u2014Ce jeune musicien qui vient de faire une tournée un peu partout au Québec.\u2014Comment c'était ?\u2014Oh, me lance-t-il tout excité, j'adore ce pays.D'abord on respire.Il y a de la place.Ce n'est pas comme à Paris où l'on se marche constamment sur les pieds.Pourquoi tu souris ?\u2014C'est ce qu'on entend toujours à propos du Québec.\u2014Je comprends mais j'étais sur la route toute cette semaine.Je ne peux pas éviter ce ciel immense.Je suis encore ébloui par ces paysages.L'automne dans ce pays est grandiose ! \u2014Il n'y a pas que la nature, il y aussi des gens, vous savez.\u2014Oh, là aussi, c'est différent de ce que je connais.Les gens sont si simples, si directs, si vrais.J'ai fait des rencontres magiques à Vald'Or.Je rentre à Paris, et, dans six mois, le temps d'avoir mes papiers, je reviens vivre ici.Tu as l'air sceptique ?\u2014Je ne mets pas en doute ce que tu as vécu.Seulement, pour moi, il n'y a pas d'être humain simple.Disons que t'en as marre en ce moment de Paris, et tu veux venir faire un tour ici.Mais tu ne peux pas demander à huit millions de gens de faire de la figuration dans ton cinéma intérieur parce que tu es en bisbille avec Paris ces jours-ci.LE SOUPER\u2014Vous êtes invité à souper chez des gens que vous ne connaissez pas encore.Vous arrivez à l'heure.Un portier à l'aspect sévère vous reçoit.Votre carton d'invitation ?Vous le lui tendez.Il l'examine attentivement, avant de vous demander ce que vous venez faire ici.Mais je suis invité.De combien d'argent disposez-vous ?Cette question vous étonne, mais vous y répondez de bonne grâce.Connaissez-vous quelqu'un dans la maison?Pas encore.Finalement, on vous laisse passer.Tout de suite, vous percevez les bruits d'une discussion assez vive.Vous comprenez les mots, mais le propos vous semble totalement étranger.Comme personne ne s'occupe de vous, vous en profitez pour visiter l'appartement.Vaste, mais un peu vide.De grands espaces blancs et froids.Quelques coins chauds.Vous avez l'impression que vous pourrez facilement vous installer ici sans que personne ne le sache.Ils semblent toujours absorbés par leur discussion.Après une demi-heure, vous comprenez que c'est une querelle de vieux couple.D'anciennes récriminations.Le mari est encore propriétaire de la maison, mais c'est la femme qui habite ici.Vous les cherchez dans la chambre.Ils sont plutôt dans la cuisine.Vous arrivez finalement dans la cuisine.Il y a de la bouffe partout.Les deux se retournent vers vous avec un sourire chaleureux.Vous comprenez que vous pouvez manger tout que vous voulez.Et boire aussi.Et puis prenez une chambre, et restez ici tant que vous voulez.Tout en mangeant, vous suivez un peu la discussion.À un moment donné, ils se tournent vers vous pour vous demander de choisir, de prendre parti.À peine arrivé.Vous ne savez pas encore trop bien de quoi il s'agit.On vous fait des menaces d'abord voilées, puis de plus en plus précises.Finalement, vous quittez la cuisine pour aller vous installer dans la petite chambre du fond.LA CORDE À LINGE\u2014Chaque samedi matin, je sortais sur le petit balcon qui donne sur la ruelle pour assister à une étrange cérémonie : ma voisine en train d'étendre son linge.Rien de plus banal, direzvous.Pas tant que cela, sinon pourquoi tous ces peintres, ces écrivains, ces cinéastes se seraient autant intéressés à un si minuscule événement de la vie quotidienne ?En Haïti, on étend le linge par terre, à l'horizontale, sur un lit de pierres.Ici, cela se fait plutôt à la verticale, le linge debout.Et cette corde à linge peut raconter tant de choses à un nouveau venu.Pour quelqu'un comme moi qui n'avait pas encore été invité dans une maison québécoise, j'avais l'impression, en regardant ainsi exposée (comme dans une galerie d'art) l'intimité des gens, de sauter une étape.La voilà, Mme Trudel, qui sort avec son grand panier rempli de draps fraîchement lavés.Et cette femme n'était, à mes yeux, nullement différente de la lavandière haïtienne.Plus tard, quand j'ai commencé à voyager, je me suis toujours intéressé aux techniques locales pour faire sécher le linge.L'étonnement ne vient jamais pour moi dans la différence (l'exotisme), mais plutôt dans le fait que les gens demeurent, malgré tous les obstacles possibles (races, classes et océans), si semblables.Que Mme Trudel fasse à peu près les mêmes gestes que cette Japonaise, cette Berlinoise ou cette Petit-Goâvienne, me semble chaque fois un miracle.LEÇON DE PHILOSOPHIE\u2014Mme Gagnon est en verve ce matin.Elle raconte avec un luxe de détails à Mme Trudel comment, seulement trois mois après la mort de leur unique enfant, le mari de sa fille aînée, un homme qui l'adorait pourtant, lui a demandé le divorce pour se remarier tout de suite après.Tout cela parce qu'elle ne pouvait plus avoir d'enfant.Et c'est lui qui l'avait convaincue de passer sur la table d'opération.\u2014Ah, les hommes, dit Mme Tremblay.\u2014Bon, dit Mme Trudel, c'est ça qui est ça.\u2014En tout cas.conclut Mme Tremblay.Je me suis promis de comprendre, un jour, toutes ces ellipses, surtout le laconique « en tout cas » de Mme Tremblay.MORALE DE LA FABLE\u2014Je connais des gens qui ont vécu 40 ans dans un pays sans jamais essayer d'en faire leur pays.Accepter un pays ne veut pas dire que vous refusez l'autre, mais plutôt que vous accueillez le présent sans renier pour autant le passé.Ne jamais oublier que dans tous les cas, il s'agit de notre vie.Et celui qui ignore le présent tentera à coup sûr de modifier son passé en le rendant plus beau qu'il ne l'était.On devient alors un homme sans passé, ni présent.Comme « ce couteau sans lame auquel manquait le manche ».DERNIER FILM Le Marais, du Montréalais Kim Nguyen, sur DVD.DERNIER DISQUE Un disque pas encore sorti.Celui d'Éric Landry, un chansonnier de Natashquan.DERNIER LIVRE : Le Poète perplexe, de Jean-Michel Maulpoix.Éditions Corti.DERNIER SPECTACLE Un concert de musique contemporaine.AIR EN TÊTE Les reels de Natashquan ou des chants grégoriens.QUELQU'UN QUI L'INSPIRE Hubert Reeves et Albert Jacquard.OEUVRE CHOC Les Fleurs du mal, de Baudelaire, lu à 17 ans.PERSONNAGE DE FICTION QUI LUI RESSEMBLE Paul-Eu Gazette, tiré d'une de ses chansons. ARTS ET SPECTACLES Soirée folle avec Courtney Love RICHARD LABBÉ rlabbe@lapresse.ca NEW YORK \u2014 Entre un détour au palais de justice, une arrestation et une petite séance de nudité à la télé américaine, Courtney Love trouve encore le temps de chanter.Ça n'arrive pas souvent, mais ça arrive.Et quand ça arrive, il s'agit carrément d'un événement.La plus imprévisible des chanteuses rock était au Bowery Ballroom de New York, jeudi soir dernier, pour y donner une de ses rares performances, devant quelque 550 spectateurs.Événement, disionsnous.Le chic club du Lower East Side était rempli de fans, bien sûr, mais aussi de visages bien connus.Vers 22 h, à l'heure où miss Love devait se pointer sur scène, on voyait entrer coup sur coup Steve Van Zandt (guitariste de Springsteen et acteur de la série The Sopranos), la chanteuse Debbie Harry (Blondie) et l'acteur Ethan Hawke.Et tout ce beau monde était là pour voir Courtney.Ou plutôt pour voir Miss World faire des folies.À ce chapitre, elle peut dire mission accomplie : ceux qui étaient là, jeudi soir, ont assisté à l'un des spectacles rock les plus bizarres des récentes années, rien de moins.Elle devait commencer à 22 h, elle a commencé vers minuit trente.Léger retard, mais bon, c'est Courtney Love, alors on comprenait.Mais quand la dame a voulu chanter Mono, le premier titre au menu, alors là, ça s'est joliment gâté.On l'a entendue tousser, hésiter, tousser encore.Et ce n'est pas cette bouteille de bourbon, à laquelle madame s'accrochait comme on s'accroche à une bouée de sauvetage, qui allait aider.« J'ai perdu ma voix, alors tous ceux qui font la critique du spectacle, m.-moi », allait ensuite lancer Love, pendant que les notes de Hold On To Me, Sunset Strip, All The Drugs et Asking For It (de l'époque Hole) sortaient très difficilement de sa bouche.Derrière, les cinq musiciennes qui tentaient de garder le navire à flot se contentaient de sourire nerveusement, pendant que la meneuse de jeu se lançait dans la foule, titubait de gauche à droite et se perdait dans des dialogues incohérents.Pour le meilleur ou pour le pire, Courtney Love en est rendue là : à jouer le rôle de la rock star finie, parce que son public l'exige.On va maintenant voir Courtney Love avec les yeux de ceux qui s'arrêtent pour regarder un accident de voiture.On y va parce qu'on sait qu'il va se passer quelque chose.Quelque chose de laid, probablement.Elle le sait, et elle agit en conséquence.Lorsqu'elle déchire ses vêtements, par exemple, ou lorsqu'elle fait monter un jeune mec sur la scène pour ensuite lui planter un baiser sec au visage.Certains trouvaient ça drôle.D'autres trouvaient ça désolant.Disons que, oui, ça allait de la comédie au théâtre punk, avec tout ce que cela peut supposer de fausses notes, de gros mots et de gestes obscènes.Comme Johnny Thunders avant elle, Courtney Love incarne une sorte de rébellion incandes cente, qui s 'approche dangereusement de la parodie par moments.Malgré tout ça, il ne faudrait pas croire que Love n'est plus capable de provoquer un peu de magie.Sa version du vieux tube Voices Carry, de Til Tuesday, avait beaucoup de mordant.Son I'll Do Anything (au riff qui évoque tant Nirvana) a touché la cible.Et cette version explosive de Miss World, livrée en fin de spectacle, a provoqué quelques bonnes collisions au parterre.C'est un peu là que se cache le grand drame de madame : quand elle s'y met vraiment, elle peut arriver à livrer un rock à la fois rageur et accrocheur.Mais elle ne s'y met pas souvent.Et puisque la voix n'y était pas jeudi soir, on l'a vue plus souvent surfer sur les spectateurs que chanter au micro.Vers la fin, elle a fini par se lancer directement sur le représentant de La Presse.Au moins, ça fera une bonne histoire à raconter au prochain party de bureau.PHOTO REUTERS © Quand elle s'y met vraiment, Courtney Love peut arriver à livrer un rock à la fois rageur et accrocheur.Le drame, c'est qu'elle ne s'y met pas souvent.MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ MEGA-PLEX GUZZO MD TASCHEREAU 18/ LES CINÉMAS GUZZO MD DES SOURCES 10/ MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / CINEPLEX ODEON MD CAVENDISH CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES AMC THEATRES FORUM / FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE/ CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE/ FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CARREFOUR DU NORD ST.JEROME GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CINÉMA 9 ROCK FOREST CINEPLEX ODEON CARNAVALCHATEAUGUAY BIERMANS SHAWINIGAN TERREBONNE 14/ CINÉMA ST.LAURENT MEGA-PLEXMDGUZZO SOREL-TRACY/ LES CINÉMAS GUZZO STE.THERESE 8/ MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / CINEPLEX ODEON MD DORION CARREFOUR CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP/ CINEPLEX ODEON ST.BRUNO CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE/ JACQUES-CARTIER 14/ MEGA-PLEX GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO PONT-VIAU 16 MD MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ GROUPE MATHERS MD ST.EUSTACHE/ CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE À L'AFFICHE! GVISAGÉNÉRAL THX PRÉSENTÉ EN SON CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS «\u2026 UNE AVENTURE COMIQUE HILARANTE remplie d'humour et d'action.» Kevin Thomas, LOS ANGELES TIMES Distributé par BUENA VISTA PICTURES DISTRIBUTION ©TOUCHSTONE PICTURES hidalgo.movies.com « UNE AVENTURE PALPITANTE » « À VOUS COUPER LE SOUFFLE! » Clay Smith, ACCESS HOLLYWOOD « QUAND SEABISCUIT RECONTRE INDIANA JONES! » James Verniere, BOSTON HERALD « UN FILM DE CAPE ET D'ÉPÉE AUDACIEUX ET EXUBÉRANT! » Roger Ebert, CHICAGO SUN TIMES Veerrssiion ffrraanççaaiissee CINÉMA PINE STE.ADELE / MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10/ MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL / CINEPLEX ODEON CAVENDISH AMC THEATRES FORUM / MAISON DU CINÉMA LOUISEVILLE/ CARNAVALCHATEAUGUAY/ SHERBROOKE CINEMA PIXEL CINÉMA 9 ROCK FOREST CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD/ CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY/ LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE / CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14/ ANGRIGNON/ MEGA-PLEXMDGUZZO TERREBONNE 14/ GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS PARISIEN/ VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS GVISAGÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS VOYEZ-LE MAINTENANT! PRÉSENTÉ EN SON THX 3214895A Britney Spears se blesse ASSOCIATED PRESS NEW YORK \u2014 Britney Spears a dû annuler son spectacle de vendredi soir dernier à Chicago car elle s'était blessée au genou la veille pendant une représentation à Moline, en Illinois.La chanteuse s'est fait mal pendant une chorégraphie alors qu'elle interprétait Boom Boom, l'un de ses nouveaux titres, peu avant la fin de son show jeudi soir.Quelques minutes après, l'artiste de 22 ans est revenue sur scène vêtue d'un peignoir blanc et s'est excusée auprès du public de ne pas pouvoir finir le spectacle.Elle avait prévu deux autres chansons pour les rappels.NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉL.(JOUR) TÉL.(SOIR) _ s.v.p.veuillez écrire lisiblement Le lundi 5 avril à 18 h 30 au cinéma IMAX® du Centre des sciences de Montréal CONCOURS Lions du Kalahari Groupe Popcorn, 2388 rue Beaubien Est, Montréal, Qc H2G 3H2 Le coupon sera publié les 20, 21 et 22 mars 2004.Le tirage aura lieu le 29 mars à midi.Les 50 gagnants recevront une invitation pour quatre personnes par la poste.La valeur des prix est de 2000$.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Règlements disponibles chez Groupe Popcorn.IMAX® invitent 50 familles à découvrir un univers fascinant en assistant à l'avant-première du film et 3211255A VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES / SON DIGITAL AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE 13 PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! ANS + CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE GVISA GÉNÉRAL VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA À L'AFFICHE! POUR LES HORAIRES version française de 50 FIRST DATES «UNE COMÉDIE ROMANTIQUE AUDACIEUSE ET IMPRESSIONNANTE.» A.O.Scott, THE NEW YORK TIMES version française de «SECRET WINDOW» «\u2039FENÊTRE SECRÈTE\u203a EST UN THRILLER PSYCHOLOGIQUE PUISSANT\u2026» Claudia Puig, USATODAY «JOHNNY DEPP EST HYPNOTISANT DANS UN RÔLE SENSATIONNEL AVEC UNE FINALE DES PLUS SURPRENANTES.» Bill Diehl, ABC RADIO NETWORK «DEUX FOIS BRAVO!» EBERT & ROEPER «DEPP EST FORMIDABLE.NE MANQUEZ PAS \u2039FENÊTRE SECRÈTE\u203a.» Richard Roeper, WBBM-TV CHICAGO 3214745A S I LA TENDANCE SE MAINTIENT\u2026.Tous les mercredis et samedis dans Tous les jours dans EN VOYAGE AVEC VOUS .ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Fanny Ardant à coeur ouvert Fanny Ardant, qui incarne dans Nathalie une quinquagénaire ne se résignant pas à l'adultère banalisé de son mari, a accepté d'aller plus loin sur ce sujet, et sur bien d'autres, avec le magazine Première.QFace à un homme qui vous trompe, vous réagissez comment ?RÇa me plaît.Parce que ça brise cette espèce de miroir lisse.Et puis c'est prévisible parce que je ne me fais pas une très grande idée de moi-même.Mais vous savez, je n'ai jamais eu peur du qu'en-dira-t-on social.Je n'avais pas peur de porter des cornes.On a l'impression que c'est le péché absolu ; moi, je pense que ce sont des vitamines sociales.QÇa ne détruit pas tout ?RAu contraire, ça raccommoderait plutôt.Bon, c'est ma façon de voir : Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, oui, bof.J'ai beaucoup d'appréhension face à la vie conjugale ; je n'ai jamais pensé que la fidélité était une qualité.Pourtant, j'aime les spaghettis et je pourrais en manger tout le temps (rires).Donc, ce que j'aime, je l'aime à tout jamais.Je ne me lasse pas.Mais, bizarrement, quand je pense à la fidélité, je ne pense jamais à moi, je pense aux autres.Et puis, plus on aime quelqu'un, plus on se dit : « Bon, allez, cet homme, je ne vais pas le garder pour moi, confiné comme une vieille boîte de sardines.Il va vivre, il va me raconter l'air du large.QVous avez pensé à consulter un psy ?RNon.Il me dirait quoi ?Vous cherchez l'échec, Madame, vous cherchez la déception amoureuse.Je n'ai pas envie de rentrer là-dedans, c'est plus compliqué.Il y a des choses sombres en nous qu'on ne peut absolument pas dominer.Bon, d'accord, je n'ai jamais eu la vocation de l'abnégation ou du sacrifice, et j'ai raté beaucoup à cause de cela.Mais c'est moi.Je revendique l'insatisfaction.QParfois, on dirait que vous regrettez la façon dont les rapports entre les hommes et les femmes évoluent.RNon, parce que moi, ça y est, je ne fais plus partie de ça.Ai-je renoncé ?Oui.Donc, tout devient un cadeau.Tout ce qui arrive est bien parce que je ne veux rien.Je suis comme une petite dame sur le quai de la gare.Avant, je prenais le train ; maintenant, je dis : « Bon, ben moi, il faut qu'on me mette dans le train.» ZOOM llllllllllllllll En inscrivant son prochain film, Billly Dead, en bourse, Ethan Hawke a créé un nouveau cas de jurisprudence cinématographique.Que ce soit pour mettre en avant le pouvoir de décision des cinéphiles comme annoncé ou pour recueillir les 8 millions de dollars nécessaires au tournage du film, le fait est que 900 000 actions sont placées sur le marché au prix unitaire de 8,75 $ pièce.La production espère ainsi pouvoir bientôt mettre en chantier son histoire de tumultueux secrets de famille.La trilogie de Lelouch Claude Lelouch s'attèle à sa grande trilogie intitulée Le Genre humain.Ciné Vision précise que ces trois films constitueront un grand fourre-tout de thèmes, de comédiens et de genres : le premier, Les Parisiens, portera un regard sur des personnages en décalage les uns par rapport aux autres ; le deuxième, Théâtre de boulevard, le bonheur c'est mieux que la vie, rendra hommage aux grands vaudevilles du répertoire ; et le troisième, Les Ricochets ou la légende des siècles, évoquera l'histoire du monde depuis la mort du Christ jusqu'à l'attentat de Sarajevo.Un petit froid Un certain malaise s'est établi entre Gwyneth Paltrow et Madonna, qu'on croyait les meilleures amies du monde.L'incident est survenu après que Gwyneth eut répondu « Stella Mc Cartney et la princesse Rosario de Bulgarie » à un magazine britannique qui lui demandait quelles étaient ses deux meilleures amies.Interloquée, Madonna lui a téléphoné sur-le-champ pour lui demander pourquoi elle n'était plus sa meilleure amie.« Tu es trop contrôlante ! » a répondu Gwyneth.Elle a quand même remercié Madonna de l'avoir aidée à arrêter de fumer, mais tout en l'accusant de bulldozer sans arrêt.Madonna a promis d'en rabattre un peu.E x p r e s s Tom Cruise aimerait mettre sur pied une adaptation de la bande dessinée Iron Man.Après Hulk, Xmen et Daredevil, c'est donc au tour de l'homme de fer de faire saliver le cinéma.Pour ceux qui ne connaissent pas le prédicat de base, il s'agit d'un jeune homme héritier d'une énorme fortune mais de santé fragile, qui se protège des méchants derrière une armure en acier, avec des armes hi-tech.La crise de la vache folle est passée en Grande-Bretagne, mais Julia Roberts, qui n'a toujours pas confiance, exige du producteur de Closer, qu'elle tourne à Londres, qu'il l'approvisionne chaque semaine en filets mignons de catégorie A importés exprès des États-Unis.Pour passer le temps pendant les longues heures d'attente et les temps morts des plateaux de tournage, Samuel L.Jackson exige dans tous ses contrats que les producteurs prennent un abonnement à un club de golf ; et il est convenu qu'il pourra jouer au moins deux fois par semaine.Studio, Vanity Fair, Globe, Ciné Live Billy Dead en bourse Jack Nicholson « Une des 10 premières phrases qu'une femme me dit quand elle me rencontre, c'est invariablement : Ce n'est pas parce que vous êtes Jack Nicholson que vous m'intéressez ! Je fais semblant de la croire.J'ai été élevé par trois fortes femmes, c'est pour cette raison que je les comprends bien.Je me suis toujours comporté avec les femmes comme un gentleman, c'est peut-être ça le secret.J'ai toujours été infidèle avec les femmes, mais fidèle avec moi-même.Depuis quelque temps, je commence à vraiment apprécier la solitude.Croyez-le ou pas, je dors souvent seul.» Paris Match Ethan Hawke VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 14H30 a CHRISTIANE CHARETTE EN DIRECT Invités: Patrice L'Ecuyer, Michel Barrette, Céline Lomez, Guy Jodoin et Marie-Chantal Toupin.18H RDS ÉRIC GAGNÉ: TROISIÈME PRISE Troisième et dernière partie de ce documentaire sur le lanceur des Dodgers au sommet de la gloire.19H30 TV5 PORTRAIT DE FAMILLE Martine Doucet offre une séance photo au caricaturiste Serge Chapleau à la pêche avec son fils.19H30 r STAR ACADÉMIE Éric Lapointe chante avec Meggie, Liane Foly interprète un pot-pourri de ses succès et Dany Bédar fait un numérosurprise.19H30 a LES BEAUX DIMANCHES: LES MUSES ORPHELINES Le film de Robert Favreau inspiré de la pièce de Michel- Marc Bouchard.Avec Marina Orsini, Fanny Mallette, Céline Bonnier et Patrick Labbé.21H CD SANS DÉTOUR Un film de l'irrévérencieux documentariste Nerenberg qui explore la stupidité dans le monde médiatique et la fascination qu'elle exerce sur nous.Il parle de Bush, de téléréalité et des bulletins de nouvelles! 21H A LE DESTIN TORDU DES HILTON Un documentaire fascinant dans lequel les membres de la famille Hilton se livrent à la caméra et racontent leurs bons coups.et leurs moins bons.Richard Martineau a aussi rencontré Dave à la prison de La Macaza.Troublant!Àvoir.21H45 K CINÉMA: 15 MINUTES Deux meurtriers espèrent devenir riches et célèbres en filmant leurs crimes.Avec Robert De Niro.Le Téléjournal Découverte / Les inondations dans la région de Montréal LES MUSES ORPHELINES (4) avec Fanny Mallette, Marina Orsini Le Téléjournal Conversation Le Garage BIENVENUE MISTER.(3) Le TVA 18 heures Juste pour rire - Gala Star Académie / Éric Lapointe, Liane Foly, Dany Bédar LA LOI DU COCHON (5) avec Isabel Richer, Sylvain Marcel Le TVA / Loteries Familles.(23:28) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Le Monde des animaux Boston Public Le destin tordu des Hilton LA VIE RÊVÉE DES ANGES (3) avec Élodie Bouchez, Natacha Régnier (22:20) La route c'est rock\u2018n roll avec Marie-Chantal Toupin L'HONNEUR À TOUT PRIX (5) avec Cuba Gooding Jr., Robert De Niro (18:59) 15 MINUTES (5) avec Robert De Niro, Edwards Burns (21:43) News Assignment Alias Cold Case Law& Order: Criminal Intent the eleventh hour CTV News News News CHICKEN RUN (3) Dessins animés Royal Canadian Air Farce Da Vinci's Inquest Sunday Report Venture Mary Walsh Reflections ABC News Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover Alias The Practice Beautiful.Pub NCAA Basketball (12:00) 60 Minutes Cold Case PROOF OF LIFE (4) avec Meg Ryan, Russell Crowe News News NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan News .Machine In Days gone by:Vermont Country Ways Dr.Wayne Dyer: The Power of Intention GASLIGHT (3) D.Dewberry's one.(17:30) BBC News Wall Street COLUMBO:A BIRD IN THE HAND (4) avec Peter Falk, Tyne Daly THE LAST KING avec Rufus Sewell, Rupert Graves ROMERO (4) (17:00) Le Magnat de la presse UNE AFFAIRE DE FEMMES (2) avec Iabelle Huppert L'Actors./ Gwyneth Paltrow Silence, on court! Ru Paul: Bravo! Profile Arts&Minds Shaping Art The Making of Snow Walker THE PRINCESS BRIDE (4) avec Robin Wright, Cary Elwes COMING TO AMERICA (5) Québec en humour Docu-D / Les Super Héros Sans détour / Stupidité Épidémies meurtrières Les Ultimes Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale et vieillissement UQAR.Bilan du siècle In Focus La Formation.Le Monde.Activités physiques.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery's Sunday Showcase / Mob Scene Disaster Detectives Daily Planet Vidéo Guide Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides .(18:20) .(18:45) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids MYSTIC PIZZA (4) avec Julia Roberts .(22:31) PRIVATE BENJAMIN (22:47) Everwood King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle Arrested.Charmed High School Reunion Global News Global Sunday .Raymond Crossing Jordan Global News Global Sports Trouvailles &Trésors Made in Québec / CKAC Série noire / Incendies JAG PATTON (3) avec George C.Scott, Karl Malden Betrayal / Mordechai Vanunu Tanks The Great Escape.THE GREAT ESCAPE (3) avec James Garner, Richard Attenborough Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / Beau Dommage Musicographie / The Bee Gees The Beach Boys Live in Concert Musicographie / The Bee Gees Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus / Nelly Furtado Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Ya Sou Mizik À communiquer Extreme Makeover La Caravane .Vietnam The Practice Teleritmo BBC News CBC News Hot Type Special NFB:Momentum Democracy Sunday Report Venture The Passionate Eye / Michael Jackson's Face Hemispheres Second Regard Le Téléjournal Le Journal RDI La Part.Zone libre Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal RDI La Part.Gagné.Sports 30 Quilles / La Classique Buffa Tennis Masters Series / Pacific Life Open - finale Sports 30 En forme.Championnat de basketball Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Sexe à New York Les Experts Prime Suspect STRIKER'S MOUNTAIN (5) avec August Schellenberg Trailer Park Boys Mind of.Is Harry on the Boat?(22:42) CSI.(23:42) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise MERCURY RISING (5) avec Bruce Willis, Alec Baldwin .(23:15) NCAA Basketball (17:00) NBA Basketball / Raptors - Hornets Sportsnetnews Drop in W.Miller Grand Galop .Palmarès Panorama Chroniques.Francophonies d'Amérique LE CRIME DE MONSIEUR LANGE (3) .(22:15) Francophonie d'Amérique Trading Spaces:Home Free Trading Spaces: Family Trading Spaces:Home Free While you were out Trading Spaces: Family CIS Basketball (16:30) Sportscentre Hockey / Red Wings - Mighty Ducks Sportscentre Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Culture et Dépendances / Toujours de Gaulle L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox AMAN OF NO IMPORTANCE (4) avec Albert Finney WALLS OF SILENCE (2/2) Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à Los Angeles! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison J'te parle! genre.Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana Jacob Two.Mental Block YTV'S Hit List Trading Spaces: Boys vs Girls Girlz TV .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone Dr.Wayne Dyer: The Power of Intention CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Ils font dans la peinture, la sculpture, la vidéo, la photo.Ils proposent du sobre et du spectaculaire, de la couleur et de la matière à l'état presque pur.Ils racontent, suggèrent, documentent.Bref, c'est un véritable bouillon de création qui a été mijoté.Un bouillon d'art, des arts, ou comme le dit joliment le tire de l'expo, Bouillon de Lézarts.Lézarts, c'est l'appellation que s'est donnée ce groupe à la démarche sociale assumée.Ce n'est pas un collectif comme un autre, ni un centre d'artistes comme il y en a déjà plein, mais une coopérative.Une coop d'habitation, ouverte depuis deux ans dans le quartier Centre- Sud et réservée exclusivement à des artistes.Des 32 membres de la coop, 17 exposent dans ce premier événement.Sans être une expo-manifeste, Bouillon de Lézarts a la particularité de montrer des travaux autrement peu défendus par les lieux de diffusion.Pourtant, parmi ces marginaux de la création, certains débutants, d'autres moins, les talents ne manquent pas.Sophie Castonguay est d'ailleurs une des mieux établies, elle qui a déjà été présentée comme faisant partie de la nouvelle peinture figurative, groupe mis de l'avant par un certain Marc Séguin.Sa toile, La Montagne, offre un jeu d'échelle pas du tout inintéressant.La Croisée des chemins, de Christine Juillard, ensemble composé de cubes peints et de tableaux aux murs, se démarque pour la façon d'occuper l'espace et de traiter la matière picturale.C'est coloré à souhait, tout en restant dosé, qualité qui manque ailleurs.Avec un personnage métallique suspendu dans les airs, Magali Chouinard est de loin la plus visible.Et l'intérêt de son Fais-moi danser réside dans l'interaction qu'il impose au spectateur, obligé autant à participer qu'à retenir ses gestes.Il n'est pas étonnant sinon de voir des oeuvres à caractère social, tels les portraits de Pierre Lacroix qui redonne à trois camelots de L'Itinéraire une stature rarement mise de l'avant.Ou encore le projet architectural de Claude Boullevraye de Passillé, qui n'a pas peur d'aller à l'encontre de bien des énoncés en matière d'urbanisme.Le robot statique d'Éric Nadeau, le paysage de Julie Desmarais et bien d'autres susciteront sûrement l'intérêt.BOUILLON DE LÉZARTS \u2014COULEUR CAMÉLÉON, maison de la culture Frontenac, jusqu'au 28mars.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 514 872-7882 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS La solution coopérative Les Démons JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Marc Séguin a réussi un exploit remarquable : exposer en solo, en moins de quatre ans, dans deux musées.Après Les Rosaces au Musée d'art contemporain (automne 2000), peintures qui circulent toujours, le voici au Musée des beauxarts avec Les Démons, 13 dessins à la mine sur du papier kraft rehaussé de feuilles d'or ou d'aluminium.Défendu aujourd'hui par deux galeristes, Simon Blais à Montréal et Leo Kamen à Toronto, ce jeune artiste québécois \u2014il n'a pas encore 35 ans\u2014 présente une maturité certaine.Son travail se caractérise par l'amalgame de techniques et de matériaux.Séguin s'inspire encore de pratiques ancestrales : la feuille d'or et son usage ornemental.Ses compositions, grand format une fois de plus, représentent la souffrance humaine, suite logique de la solitude et de la folie qu'il a souvent traitées en peinture.Un contenu propre à l'enfer, des connotations bibliques et mythologiques.Cependant, l'artiste ne propose aucune morale.Pas de chapitre, pas de logique séquentielle.Ce désordre laisse croire que tout est loin d'être dit, que seuls quelques éléments sont exposés.Les moins scabreux, peut-être.Les titres restent tout de même descriptifs.Démon baptisant ses fidèles, Exécution, Les Démons tourmentant les luxurieux et un Sans titre qui parle par lui-même, sa scène, de sodomie, étant des plus salées.Et au-delà de ce portrait de société (on peut y voir l'illustration cachée de péchés contemporains), ce qui fascine, c'est l'habileté du coup de crayon.À peine appuyé, le tracé n'est visible que si on y colle le nez.La galerie montréalaise de Séguin présentera dès mercredi un complément de ce nouveau corpus.De format plus petit, celui-ci porte davantage sur le thème de la sorcière.LES DÉMONS de Marc Séguin, Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu'au 23 mai.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 514 285-2000.MARC SÉGUIN \u2014 DESSINS, galerie Simon Blais, 5420, boulevard Saint-Laurent, du 24 mars au 1er mai.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 849-1165.PHOTO LÉZARTS La Croisée des chemins, (détail) de Christine Juillard.GÉNI E S EN HERBE #1085 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A-UNION EUROPÉENNE 1 Quel traité, signé en 1957, crée la Communauté Économique Européenne, étape importante de la construction de l'Europe actuelle?2 Combien de membres l'Union européenne comptera-t-elle en 2004, suite à son expansion vers l'Est?3 Alors que le Parlement européen est l'organe législatif de l'Union européenne, quel en est l'organe exécutif?4 Malgré les revendications belges et le jugement en attente de la Cour de Justice des Communautés européennes, dans quelle ville siège présentement le Parlement européen?5 Quel homme politique français, président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, a présenté en octobre 2003 le projet de Constitution européenne au Parlement européen?Homme politique français 2 Quel architecte brésilien a conçu les édifices publics de la nouvelle capitale fédérale, Brasilia, dont la Place des Trois- Pouvoirs et le Palais d'Alvorada vers la fin des années 50 et le début des années 60?3 Quel pays européen était autrefois la métropole du Brésil?4 De quelle organisation régionale, créée en 1991 et visant principalement à favoriser l'intégration économique de ses membres, font partie le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay?5 Quelle compagnie brésilienne de la sphère aéronautique a eu gain de cause dans un différend l'opposant à Bombardier, lequel fut tranché par le Tribunal de Règlement des différends de l'OMC ?F-XVIIIe SIÈCLE 1 Quel qualificatif est couramment employé pour désigner ce siècle?2 En quelle année eut lieu la Grande Paix de Montréal, proclamée lors de la signature d'un traité de paix réunissant 39 nations autochtones du Nord-Est américain et les autorités coloniales françaises?3 Quelle guerre, amorcée en 1776 sur le territoire de la Nouvelle- Angleterre, se solde en 1783 par le traité de Versailles?4 En France, quel homme politique et militaire, qui se proclamera Empereur au siècle suivant, est nommé lors du Directoire (1795-1799) commandant en chef de l'armée de l'Intérieur et mène les campagnes d'Italie et d'Égypte?5 Quelle célèbre invention de James Watt marque le début de la première révolution industrielle en Grande-Bretagne vers la fin du 18e siècle?G-ENVIRONNEMENT 1 Quel protocole, portant le nom d'une ville asiatique, enjoint les pays l'ayant ratifié à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2012 à un niveau inférieur de 5,2% par rapport à celui de 1990?2 Parmi les ressources suivantes, lesquelles sont considérées comme renouvelables : pétrole, gaz naturel, charbon, eau?3 Quel est le nom la centrale thermique que projette de construire Hydro-Québec, et contre laquelle un tollé de protestations s'est élevé, le tout ayant abouti à confier une enquête à la Régie de l'énergie?B-COULEURS 1 Ce type de gris provient du nom d'une houille de catégorie supérieure riche en carbone et utilisée comme combustible, i.e.un type de charbon.2 Cette couleur, dont le nom est avant tout celui d'un bois recherché provenant d'Afrique, de couleur noire parfois veinée de blanc, est souvent employée pour décrire la chevelure foncée d'une personne.3 Cette couleur est la pierre de naissance du mois de décembre, à laquelle le cuivre donne une couleur bleutée et le fer une couleur verte, mais elle s'emploie aussi pour décrire la mer dans des endroits de villégiature.4 Le nom de cette variante de la couleur rouge est employé dans le titre d'un roman de Nathaniel Hawthorne.5 Choisissez la bonne orthographe de la couleur suivante : fuschia, fuchsia, fushia.Président du Brésil C-ASSOCIATIONS 1 James Rosenquist A Campbell's Soup 1 2 Andy Warhol B Orange and yellow 3 Jackson Pollock C President Elect 4 Mark Rothko D Number 7 4 Quel concept environnemental est ainsi défini en 1987 par le rapport Brundtland de la Commission des Nations Unies sur l'environnement et le développement: « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.»?5 Que signifie le sigle CFC, désignant les gaz responsables de l'amincissement de la couche d'ozone stratosphérique?D-PUBLICITÉ 1 Quel est le nom de l'acteur des célèbres publicités de Familiprix, publicités qui se sont d'ailleurs mérité le Grand Prix aux Cassies, concours pancandien récompensant les campagnes publicitaires les plus efficaces?2 Tous médias confondus, qui était le plus grand annonceur au Québec en 2002 avec 2,9% de parts de marché?3 Quelle loi protège les consommateurs et empêche notamment la publicité à des fins commerciales aux enfants de moins de 13 ans?4 Quelle compagnie est représentée à l'écran par un jeune couple formé de Patrick Labbé et Élyse Marquis?5 Quel terme désigne l'ensemble des actions coordonnées en vue de développer les ventes d'un produit ou d'un service?H-SPORTS SAISON 2003-2004 1 Quelle équipe affrontait les Alouettes lors de la finale de la coupe Grey à l'automne 2003?2 Quel film, sorti en 2004, relate la victoire historique de l'équipe américaine de hockey aux Jeux Olympiques de Lake Placid en 1980?3 Quelle édition du Superbowl les Patriots ont-ils remportée 32 à 29 contre les Panthers le 1er février dernier?4 Quel joueur-vedette des Thrashers d'Atlanta a eu un accident d'automobile en compagnie de son coéquipier Dan Snyder, ce dernier y ayant trouvé la mort?5 Quel joueur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre a reçu le trophée de joueur le plus utile à son équipe pour la seconde fois en trois ans dans le cadre du Superbowl?E-BRÉSIL 1 Quel ancien chef syndicaliste et chef du Parti des travailleurs est devenu président du Brésil en novembre 2002?SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Ce soir.Télé-Québec, ça change de la télé La boxe dans le sang.17 h À la di Stasio Cuisine indonésienne.Satay de poulet, boisson au lait de coco.21h Le destin tordu des Hilton La fascinante histoire d'une des familles les plus tourmentées et les plus célèbres du Québec.3161740A B r a v o a ux c omédiens , aux a ute urs e t a ux 2 , 6 millions de s pec t a t e urs! Le 21 mars 1979, LA PRESSE y était.Qui aurait cru qu'un jour on verrait\u2026 2 5 A N S 3207487A Venez discuter du livre du mois\u2026 Le Survenant : Qu'est-ce qu'il incarne?Qu'est-ce qui nous séduit encore?Jean Fugère anime un débat avec ses invités : La scénariste Diane Calhier, l'anthropologue Jean-Pierre Desaulniers et Clémence Desrochers.Le dimanche 21 mars, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15h30 à 17 h.C'est un rendez-vous, aujourd'hui ! 3213685A LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE obert Lalonde a un parcours unique, une carrière multiple, des passions innombrables.Homme de théâtre, auteur, lecteur, penseur, il a publié, depuis La Belle Épouvante, en 1980, 10 romans, un recueil de nouvelles, une pièce de théâtre, des collections d'histoires, de textes épars, de «notes sur l'art de voir, de lire et d'écrire».Deux ans après son Jardin entouré de murailles, le comédien nous livre, avec Iotékha', ses réflexions intimes, ses observations sur le monde qui l'entoure, ses impressions de lecture.«Des pages que j'ai écrites en même temps que le journal que je tiens depuis 30 ans, ex-pliquet- il, et parallèlement à mes textes de fiction.» C'est qu'il est accro du crayon, l'auteur du Fou du père, accro de ses calepins qu'il traîne partout avec lui et dans lesquels il note tout, tout le temps, pris d'«une curiosité un peu folle.«J'ai un besoin physique, organique, d'être entouré de ces papiers que je supplie les gens de ne pas toucher, quand je les dépose quelque part, car je suis le seul à me comprendre.» «Pas de paix possible sans l'écriture», tranche-t-il dans Iotékha'.Et sans la lecture, il va sans dire, sans les livres dont sa jolie petite maison de Saint-Henri est remplie \u2014 il y en a des piles partout, sur la table de la salle à manger, sur le buffet, sur les comptoirs de cuisine, dans chaque recoin du salon.Si l'on faisait la liste des auteurs cités dans Iotékha', on remplirait une petite bibliothèque passionnément hétéroclite.De Helen Keller (The World I Live In), qui était sourde, muette, aveugle, et qui pourtant «a longuement écrit à propos des formes, des sons et des couleurs», aux orages et aux éclairs de John Farrand Junior (Climats), dont Lalonde parlait déjà dans Le Vacarmeur; de Henry Miller à Proust, de Teilhard de Chardin à Thérèse d'Avila, Sartre et Camus, en passant par Tolstoï, Prévert, Thoreau, Cendrars.Tout m'avale, pourrait dire Robert Lalonde, à l'instar de la Bérénice de Ducharme.Le cinéma de Suzan Styron (Shadrach), le théâtre de Tchekov et de Pirandello, la peinture de Van Gogh, de Riopelle ou de Suzanne Laplante (dont une toile immense donne ses couleurs au salon de l'auteur), les sciences, l'astronomie, la photographie, l'aquarelle, tout ce que l'homme curieux s'ingénie à vouloir comprendre ou à vouloir créer.\u203a Voir ADOS en page 8 \u203a Voir SACRÉ en page 8 Erec et Enide Manuel Vazquez Montalban \u203a Roman FFFF PAGE 10 Le Vent qui gémit Tony Hillerman \u203a Polar FFFF PAGE 9 Albumde finissants Mathieu Arsenault \u203a Roman FFFF PAGE 8 Le feu du temps Thierry Labrosse \u203a BD FFF 1/2 PAGE 9 RÉGINALD MARTEL ersonne à ce jour n'a exprimé avec autant d'intensité le désarroi des élèves de l'ordre secondaire, propulsés vers des sommets de compétence (transversale) et de conformisme (bourgeois) auxquels ils n'aspirent pas nécessairement.Mathieu Arsenault, doctorant de moins de 30 ans, signe une première oeuvre qui devrait, s'il y avait une justice, le situer parmi nos romanciers vedettes.À défaut d'une telle reconnaissance, il pourra se satisfaire d'avoir trouvé, mieux que quiconque, les mots qui disent la souffrance et l'ennui des adolescents que l'école est censée préparer à «la vraie vie».On se dit en lisant ces pages vibrantes que leur auteur exagère, que les élèves sont moins malheureux qu'il ne l'écrit et que l'école n'est pas nécessairement une prison.Peut-être, mais il n'y a pas de pamphlet \u2014 ni de littérature \u2014 sans exagération.Elle commence ici dans la forme même, de très courts chapitres aux titres brefs et rédigés sans ponctuation, ce qui est moins une coquetterie qu'une façon de traduire le stream of consciousness, cet espace où s'agite, dans la plus grande confusion souvent, la prégnante expérience d'exister.Un essai savant ne pourrait pas témoigner plus efficacement de ce qui occupe les jours et les nuits des filles et des garçons d'aujourd'hui, appelés à satisfaire sans rechigner aux exigences des parents et des maîtres sans négliger pour autant la formation de leur propre jugement et de leur propre liberté.On peut supposer que la plupart y parviennent, même si les cours sont souvent ennuyeux, même si les devoirs et leçons peuvent être accablants, même si l'utilité des apprentissages n'est pas évidente.Cela laisse quand même songeur, que ce qu'on est convenu d'appeler «les plus belles années» puisse être si mal vécu.Si on en croit les adolescents et adolescentes auxquels Album de finissants donne la parole, l'école ne leur offre qu'une alternative: viser la performance à tout prix ou sombrer dans une totale apathie.Ils ne trouvent pas, ou ne cherchent pas, ce qui donnerait un sens à chaque journée vécue entre l'autobus et l'école, la radio et le dodo, les interminables leçons et les examens qui «comptent pour la moyenne».Ils ne jugent même pas, et c'est là le plus désolant, le système aveugle qui leur impose cette manière de ne pas vivre.Lisons l'auteur pas si imaginaire de Ça se resserre, inspiré par Émile Nelligan: «Plus je me débats plus ça se resserre l'étudiant modèle sur les dents poussin courbé lapin étouffe dans un collet mais il sourit quand même quand il reçoit sa belle note de fin d'étape signez signez parents de février au sinistre bulletin des choses signez au stylo sur les lignes de genévrier pleines de neige de celui qui n'en finit plus de tomber du stress de performer à l'école comme dans la vie tes notes c'est tout ce que t'as mon grand garçon fais pas honte à ton éducation.» Lamento pour les ados ROBERT LALONDE LE FEU SACRÉ PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © LES MOTS ET L'ACTUALITÉ PAGE 11 LECTURES POESIE Oh les beaux jours de la poesie! CLAUDE BEAUSOLEIL COLLABORATION SPECIALE La poesie, dont c'est aujourd'hui la Journee mondiale, est bien vivante au Quebec.Malgre sa presque absence inquietante des librairies, son recul dans les acquisitions en bibliotheque et les rares commentaires qu'on lui consacre dans les divers medias, la poesie se porte bien.Les lectures publiques organisees dans des cafes et des bars attirent toujours des fideles et des curieux, les etudiants la decouvrent, des festivals comme celui de Trois-Rivieres ou le Marche francophone de la poesie qui se tient a Montreal au mois de mai lui assurent une visibilite qui ne cesse de croitre.Et en fin de semaine, c'est le Printemps des poetes qui s'ouvre au Quartier latin, rue Ontario, et la Quinzaine de la poesie dans les maisons de la culture, depuis le 12 jusqu'au 28 mars.C'est comme si la plus ancienne des formes litteraires n'avait jamais dit son dernier mot.Si publier et faire circuler la poesie demeure toute une aventure, les editeurs quebecois tiennent le coup, publiant des livres originaux, souvent novateurs, au rythme de quelque 150 titres chaque annee.Et non seulement ils les publient, mais ils les reeditent.C'est le cas de plusieurs titres recemment, dont les tres beaux Poemes, d'Alain Grandbois.Jacques Brault, en preface, dit combien cette poesie nous est essentielle et definit sa modernite.Quoi qu'il en soit, ecrit-il, les trois recueils que Grandbois a voulus et qui composent, avec les poemes ajoutes, cet ouvrage, constituent le maitre-livre de la poesie quebecoise.Avec Grandbois, les rythmes et les horizons s'ouvrent.Il ecrit dans L'Etoile pourpre (1957) : Et je voyais alors/Tout ce que je n'avais jamais vu .Saccadee et lyrique comme un vent balayant les memoires, cette poesie s'adresse a l'universel besoin d'amour en chacun : C'est a vous tous que je fais appel/o beaux Visages de mon passe/C'est a vous tous et a chacun de vous.Relire Grandbois, c'est plonger dans des images libres qui montrent le chemin vers Les Iles de la nuit.Parmi ces reeditions, on trouve Terre Quebec suivi de L'Afficheur hurle et de L'Inavouable, de Paul Chamberland.Ces poemes lumineux sont des classiques de notre poesie.Ils disent le territoire parcouru pour que de La naissance du rebelle au Meridien de la colere , en passant par les Traces de l'obscur une conscience surgisse.Le poeme se fait miroir d'une transformation de l'etre et du tableau social.Il s'agit donc bien de poesie engagee, ou le defi d'une relation contraignante au reel est releve avec bonheur , comme le rappelle Andre Brochu en preface.C'est dans une perspective de relecture d'enjeux determinants dans l'avenement d'une conscience culturelle et politique au Quebec que ces trois recueils fondateurs demeurent d'une grande actualite.Du detail quotidien a la denonciation de l'alienation, insinuant une presence du cosmique, la pensee de Chamberland est une traversee, une sorte de bilan des dernieres decennies.Reedite recemment, Terroristes d'amour suivi de L'Endroit ou se trouve ton ame, de Carole David, decoupe autrement le rythme poetique, le rend haletant, cru.Sa tonalite revele Des paysages insupportables .Et cet univers sombre et ironique, dur, sans romantisme conduit au Saut de l'ange , image brutale qui ferme le second recueil : L'histoire tire a sa fin ; l'autre s'impatiente.Il en sait maintenant plus que moi.Il prevoit les chutes, la vitesse des corps et leur intensite.Je lui dis que nous sommes prets, qu'il peut me lacher la main./Je saute pendant que la voiture roule.D'une ecriture concise, nee du mot juste cernant l'implacable, cette prose poetique hachure les breves scenes d'instants paniques.Pour dire avec efficacite que l'intolerable serait de ne pas nommer les choses, Carole David est une des voix singulieres de sa generation.Son secret, elle l'habite captive et relire ses textes sans concession aucune seduit et glace.Je lui ai crie : Parlemoi ! , ecrit-elle, avec un realisme a cran d'arret .Pour connaitre le passe recent de notre poesie, je recommande Un poete et son double, premier tome de la biographie du poete Jean Narrache par Richard Foisy.Ce chercheur passionne fait revivre toute une epoque .1893-1932 .pendant laquelle la parole commence a ouvrir ses ailes.Du square Viger a la rue Rachel en passant par Nicolet, le poete prend son inspiration dans ce qui l'entoure.Il cherche a rendre justice aux plus demunis et se fait le chantre des petites gens comme Clement Marchand le fera vers la meme epoque.Ecouter Les mots de tous les jours , le menera a se pencher avec compassion su c'tableau plein d'vie reelle .Jean Narrache, ne Emile Coderre, annonce les Gerald Godin, Yves Boisvert ou Patrice Desbiens qui a sa suite glisseront dans leur poesie une musique quotidienne.Ce que j'ai appris nous introduit a la venue a la langue populaire decouverte avec respect et emerveillement par le poete pharmacien.Histoire de se tenir le moral en forme malgre les coupures et les alarmes, je serais curieux de connaitre a combien d'exemplaires se sont vendues, toutes editions confondues, les poesies d'Emile Nelligan, L'Homme rapaille, de Gaston Miron ou la classique anthologie La Poesie quebecoise, de Laurent Mailhot et Pierre Nepveu dans Typo ?J'ai l'intuition que la poesie au Quebec ne se porte pas si mal que ca, malgre ce que je vous racontais au debut de l'article.Car, il y a les traductions de plus en plus nombreuses, aux Ecrits des Forges surtout, au Noroit egalement, le travail des nombreuses revues, la proliferation d'anthologies diversifiees, la presence des poetes et de leurs poemes a l'etranger.Mais y a-t-il de nouvelles voix ?Il faudrait nommer, entre autres, Martine Audet, qui dans Les Melancolies (L'Hexagone) investit avec sensiblilite et rigueur des variations formelles, Percant le froid du vent/qui soutient d'autres ciels , ou Louis-Jean Thibault, qui, pour la suite des choses dans Geographie des lointains (Noroit), ecrit Entre deux edifices commerciaux, /un terrain vague, oublie, ou poussent au hasard/les reliquats de la beaute.Ou encore, Dominic Gagne, dont Ce beau desordre d'etre (L'Hexagone), affirme en modulations maitrisees, a partir d'un manque ou tout commence , que l'univers n'a plus rien a cacher .Plus vivante que jamais, la poesie quebecoise a de beaux jours devant elle.FFFF1.2 POEMES Alain Grandbois L'Hexagone, 224pages FFFF1.2 TERRE QUEBEC suivi de L'AFFICHEUR HURLE et de L'INAVOUABLE Paul Chamberland, Typo, 304pages FFFF TERRORISTES D'AMOUR suivi de L'ENDROIT OU SE TROUVE TON AME Carole David Collection Territoires Les Herbes rouges, 150pages FFFF UN POETE ET SON DOUBLE, TOME 1 Richard Foisy Collection Documents et biographies Les Editions Varia, 510pages POST-SCRIPTUM Le 21 mars ne marque pas seulement l'arrivee du printemps, c'est aussi la Journee mondiale de la poesie.A cette occasion, la maison de la culture Frontenac organise un evenement intitule Naive, la poesie ?qui se deroulera autour de l'exposition Des lieux et des ecrivains quebecois de Solange Hubert.De 13h a 17 h, nous apprend un communique de l'UNEQ, on offrira aux amateurs de poesie une visite guidee de l'exposition, des lectures de poemes et des ateliers d'ecriture.Un concours de poesie en mots et en dessins sera organise a l'intention des grands et des moins grands .Pour toute information : (514) 872-7888.M.-C.Fortin Le feu sacre SACRE suite de la page 7 Tout m'interpelle, dira-t-il, aussi bien les propos du chauffeur de taxi qui vient me chercher que ce nid d'oiseau que je trouve, en plein mois de fevrier, et dans lequel, mystere, il y a encore un oeuf.Tout m'interesse, autant ce que je fais au theatre que les livres, autant les chercheurs que les artistes.Eclectique, Robert Lalonde ?La definition de Diderot ( L'eclectique est un philosophe qui, foulant aux pieds le prejuge, la tradition, l'anciennete, le consentement universel, l'autorite, en un mot tout ce qui subjugue la foule des esprits, ose penser de luimeme ), lui va comme un gant.Tout au long des pages d'Iotekha', l'auteur du Petit Aigle a tete blanche effectue d'innombrables et fascinants aller-retour, entre l'intime et l'universel, entre son passe d'enfant seul, petit Venusien devie de son orbite et tombe chez les hommes , et son present d'aspirant sage pris de passion pour l'art de voir et pour les humains qui voient .Un don qu'il a certainement recu, lui qui reussit a voir dans le cadavre encore tiede d'un oiseau ce qui pourrait le faire revivre.J'ai, d'une main tremblante, pieuse, arrache toutes ses plumes au pic flamboyant .les noires, les jaunes, les grises tachetees de noir et de rouge.pour en faire cadeau a mon amie tisseuse de capteurs de reves.Dans ses carnets qui se lisent a petites doses, l'auteur fait feu de tout bois, sautant avec grace du coq a l'ane, du je au tu , de ses lectures a son travail d'ecrivain.Chacun doit tracer sa vie comme il tracerait un chemin dans la brousse, note-t-il de cette ecriture riche et texturee, la foret vierge, les fardoches a perte de vue d'une savane.Chemin faisant, il rafistole le monde, qui de nos jours, comme de raison, va de travers .Comment travaille cet homme qui semble ne jamais manquer de temps, qui lit pendant ses tournages, reflechit en arpentant sa campagne bienaimee, prend des notes en lisant ?Comment arrive-t-il a deviner les liens invisibles qui unissent, par exemple, l'acrobate jongleur ukrainien Viktor Kee, apercu hier soir au Cirque du Soleil, le martin-pecheur d'Amerique, apercu ce matin au bord du lac, et Joseph H.Reichholf, ecologiste allemand, que je dechiffre a l'instant ?Comment ses incalculables lectures reussissent-elles a ne pas se perdre dans ses souvenirs ?Je n'ai aucune memoire sauf pour les textes, explique Robert Lalonde.C'est ma deformation d'acteur.J'apprends des textes par coeur meme quand je ne joue pas.Il faut que le muscle de la memoire soit entraine, sinon il rouille.C'est ainsi qu'un jour, il ouvre le livre d'un entomologiste quebecois, Jean-Paul Laplante, et, tombant sur cette phrase : L'ensemble des facettes des grands yeux composes permet au papillon d'apercevoir un objet en vision mosaique , il se rappelle ce vers de Miron : Tu as les yeux pers des champs de rosees/Tu as des yeux d'aventure et d'annees-lumiere , rapprochant deux pensees, deux mondes que l'on n'aurait jamais imaginer voir se superposer.J'aime tricoter ensemble des choses comme celles-la, dit-il, qui sont separees, qui normalement ne se juxtaposent pas.Si j'ai un choc en le faisant, je me dis que le lecteur peut aussi en avoir un.Et si je n'ai pas de choc, les pages ecrites serviront a partir le feu.Au bout de ces pages eclairantes qu'il nous donne a partager (le ton de ces carnets, dit-il, c'est vraiment celui d'une conversation d'intimite avec le lecteur), reste l'image d'un homme que l'espoir ne lache pas, un auteur qui s'acharne a chercher dans les plus petites choses la beaute du monde.En fait, resume Robert Lalonde, dans tout ce que je fais, chaque fois, le point de depart est le meme : j'essaie de montrer qu'il y a une survie a l'univers, a une epoque ou on declare, de facon convergente, que tout est a peu pres foutu.FFFF IOTEKHA' Robert Lalonde Boreal, 2004, 164pages Mathieu Arsenault Lamento pour les ados ADO suite de la page 7 Les pathetiques heros d'Album de famille vont du desir de se dissoudre absolument dans le decor a celui de tout faire sauter.Velleitaires plus que volontaires, ils ne font rien du tout.Si quelques-uns semblent consommer des drogues, ils le font sans pavoiser.D'autres cherchent un salut provisoire dans l'amour, avec une maladresse et une naivete qui les rend plus touchants encore.Quoi qu'il leur arrive, M.Arsenault trouve le ton juste, realiste a l'occasion mais le plus souvent poetique, pour exprimer dans un registre plausible tous les sentiments, meme confus, qui hantent ses jeunes personnages.On ne peut qu'admirer sa demarche pleine de tact et de respect.Album de finissants, un essai en forme de tableaux, est une extraordinaire reussite.FFFF ALBUM DE FINISSANTS Mathieu Arsenault Triptyque, 152pages . Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Aeviter LECTURES BANDE DESSINEE Miracle a la quebecoise ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPECIALE Publier un album de bande dessinee en Europe francophone est pour un Quebecois tout un coup de chance.En faire paraitre un deuxieme releve de l'exploit, mais revenir avec un troisieme, c'est presque un miracle et c'est exactement ce qui est arrive a Thierry Labrosse, qui vient de sortir Le Feu du temps, le troisieme volet de son interessante serie de bandes dessinees Morea, aux Editions Soleil.Pas mon troisieme album, mais plutot mon quatrieme , precise d'entree de jeu le dessinateur qui avait deja publie en 1995 Big Hunter aux Editions Soleil, sa premiere collaboration avec Arleston, pere du celebre Lanfeust de Troy .Mais comme nous n'avions pas eu de succes important a l'epoque, c'est un peu normal que peu de personnes s'en souviennent.Si le premier essai n'a pas vraiment ete concluant, Mourad Boudjellal, proprietaire des Editions Soleil, a quand meme assez cru au talent de Labrosse pour lui donner une seconde chance qui s'intitule Morea.Une serie de science-fiction ou le dessinateur se sent particulierement a l'aise.La serie me ressemble beaucoup plus.Arleston a ecrit sur mesure ce thriller de science-fiction ou je peux m'eclater graphiquement , dit-il.Et comme la science-fiction n'est pas la tasse de the d'Arleston, ce dernier a cru bon pour le nouvel opus de demander l'aide de Dominique Latil, scenariste de Guerriers et du Manuscrit de Sang, publies par la meme maison.Arleston est surtout un auteur d'Heroic Fantasy.Il est plus ou moins a l'aise avec la mecanique interne de la science-fiction.Latil est la pour garder l'esprit SF.Mais Arleston reste toujours maitre de l'histoire, c'est lui qui l'ecrit.Latil est beaucoup plus un consultant , souligne Labrosse.Rappelant a la fois Highlander et Blade Runner, Morea raconte un episode crucial dans l'implacable conflit que se livrent deux clans d'immortels, les anges et les dragons, pour le controle de l'avenir terrestre.Les anges se nourrissent de la peur et des souffrances et reservent un avenir desastreux a l'humanite, les dragons cherchent la paix et l'harmonie avec l'environnement comme a l'epoque du paradis terrestre.En toile de fond, les createurs tracent un portrait d'une terre divisee en grands blocs economiques ou les Etats-Unis, en pleine crise paranoiaque, s'isolent du reste de l'univers .le premier tome a ete fait avant le 11 septembre, rappelle Labrosse .et ou la capitale mondiale se nomme La Havane, un terrain de jeu paradisiaque pour les incessants affrontements des immortels.Un decor lumineux pour ce polar de science-fiction qui tranche avec les univers glauques des grandes megapoles americaines deshumanisees associees a ces romans noirs futuristes.D'habitude, pour ce genre d'histoire, les auteurs utilisent les coins les plus inquietants de villes comme Los Angeles ou New York.Mais nous trouvions qu'en sortant notre recit de ce type d'environnement, qu'en le situant a Cuba sous un soleil reconfortant, une lumiere eclatante et des couleurs chaudes et vivantes, ca lui donnait une autre dimension moins stereotypee.Et meme si le nouvel opus se passe principalement dans l'espace et sur Mars, le pays de Fidel reste toujours au coeur de l'intrigue.Pour faire rebondir l'histoire, nous avons decide de la deplacer un peu, mais les prochains tomes devraient se derouler de nouveau a La Havane , precise le dessinateur qui a beaucoup apprecie ce court sejour dans l'espace.En representant l'espace, j'ai pu me permettre d'utiliser des couleurs plus froides, plus sombres, beaucoup moins lumineuses que celle que j'utilisais dans les tomes precedents.Peu loquace sur les preoccupations du scenariste, Thierry Labrosse est presque muet sur la suite des aventures de sa pulpeuse heroine.Je connais les grandes lignes des prochains albums, mais je prefere qu'Arleston me surprenne.Alors je ne m'implique pas vraiment dans la conception de l'histoire et c'est la meme chose pour lui, dans le dessin.On se fait entierement confiance, souvent il recoit mes pages deja encrees.Une situation inusitee dans le monde de la bande dessinee, qui n'est pas ideale, reconnait-il, mais qui leur convient parfaitement.Dans un monde parfait, j'habiterais en France et je serais plus implique dans l'histoire.Mais je demeure ici et je n'ai pas l'intention de demenager pour l'instant, alors nous nous accommodons de ce modus operandi , rencherit le dessinateur, qui y voit beaucoup d'avantages.En recevant le scenario au complet et non au compte-gouttes, je decouvre l'album a mesure que je le dessine, je suis toujours surpris et enthousiaste.Ce qui ne serait peut-etre pas le cas si je ne faisais que deux ou trois planches par semaine , conclut Thierry Labrosse, qui, grace a une entente avec son editeur, peut enfin vivre de Morea et laisser tomber les contrats d'illustrations.Et ca, c'est peut-etre le vrai miracle ! FFF1.2 LE FEU DU TEMPS Troisieme tome des aventures de Morea sur un scenario d'Arleston et de Latil Thierry Labrosse, Editions Soleil PHOTOTHEQUE LA PRESSE c Thierry Labrosse POLAR Meurtres sans reserve NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE nspehner@globetrot ter.net Les decors sauvages des deserts du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, des Indiens Navajos, une legendaire mine d'or, un meurtre et des fusillades.Ca pourrait etre un de ces bons westerns d'antan.En realite, il s'agit du dernier roman policier de Tony Hillerman, Le Vent qui gemit, dont l'action est contemporaine et qui met en scene des flics de la reserve Navajo, le sergent Jim Chee, le lieutenant a la retraite Joe Leaphorn et une nouvelle venue, la recrue Bernadette Manuelito.L'editeur nous annonce que Hillerman signe son premier roman feminin , ce qui n'est pas tout a fait exact.Quand l'officier de police Manuelito decouvre un homme mort dans une camionnette abandonnee, elle commet des erreurs de debutante en contaminant la scene du crime.Elle se meprend sur la cause du deces, qu'elle juge, a tort, naturel.Il faudra l'intervention tres paternaliste de ses collegues masculins pour lui eviter de serieux ennuis.La decouverte du cadavre et les circonstances entourant le crime rappellent a Joe Leaphorn une vieille affaire classee non resolue, une histoire d'arnaque suivie d'un meurtre et d'une disparition.Chassez le naturel du flic et il revient en voiture de police, meme s'il est a la retraite.Leaphorn ne peut s'empecher de decouvrir la verite.Si Bernadette Manuelito contribue a l'enquete, a sa modeste maniere, c'est Leaphorn qui est le veritable maitre d'oeuvre.C'est lui qui va resoudre le mystere de la mine du Veau d'Or et de l'etrange plainte entendue par des enfants dans un ancien depot de munitions.Lire un roman de Tony Hillerman est toujours une experience enrichissante.Les histoires qu'il nous raconte sont a l'antipode du thriller : rien de trepidant ni de haletant, pas de surprises ni de rebondissements intempestifs.Bien au contraire, l'action est lineaire, plutot lente, menee au rythme du temps navajo .Les mysteres du pays navajo, ses traditions et ses coutumes, incomprehensibles pour les Blancs, sont un element essentiel de l'intrigue.L'exemple parfait en est l'interrogatoire de Hostiin Peshlakai, un vieux chaman, soupconne d'avoir tire sur la policiere.Les agents du FBI sont brusques, impatients, ont des questions bien precises a lui poser, alors que Chee et Leaphorn prennent tout leur temps.On fait d'abord du cafe, on parle de tout et de rien, non sans avoir au prealable informe le suspect de tout l'arbre genealogique tribal et clanique de chacun des policiers.Apres quoi on esquisse des semblants de question, on tourne longtemps autour du pot, sans jamais brusquer le vieil homme, pendant que les membres du FBI, incredules, s'arrachent les cheveux et cultivent leurs ulceres ! Une scene memorable et typique des polars dits ethnologiques de Hillerman, un auteur-culte qui fait partie de mes ecrivains favoris.Robert Ellis, la decouverte de l'annee ?J'ai decouvert Robert Ellis, un nouveau venu dans le monde du polar americain, en lisant Un crime bien maquille(Pygmalion, 2003).Si vous etes sensible aux odeurs de corruption issues de la classe politique, ce livre vous otera vos dernieres illusions.Dans ce thriller diablement bien ficele, Ellis, qui a travaille pendant 10 ans dans une agence de communication politique, nous fait un portrait devastateur des dessous sales de la vie politique ou tueurs a gages et politiciens vereux se tiennent la main.Un meurtrier ideal, son deuxieme, traite d'un tout autre sujet, mais est tout aussi reussi.Le heros, Teddy Mack, a choisi de traquer les erreurs judiciaires, souvent suscitees par les politiciens locaux attires par la notoriete.Il fait alliance avec William Nash, un professeur de droit qui poursuit le meme but.Ensemble, ils se penchent sur le cas d'Oscar Holmes, accuse du meurtre d'une jeune femme.Tout l'accable, son cas parait indefendable et pourtant, Teddy Mack est persuade qu'il est innocent.Malgre la decouverte de nouveaux cadavres, ce qui disculpe Holmes, la police s'acharne a l'accabler.Le procureur, un type ambitieux qui ne recule devant aucune bassesse, a besoin d'un coupable et d'une peine exemplaire.Ellis pose un probleme moral : jusqu'ou peut-on aller quand la justice derape, que l'injustice est flagrante, prouvee, que peut-on faire quand les seules solutions pour sauver un innocent passent par l'illegalite, voire pire ?Le denouement en surprendra plus d'un, c'est le moins qu'on puisse dire ! Robert Ellis est du calibre des Harlan Coben, Robert Crais, et autres vedettes du thriller contemporain.Une fois commences, ces romans sont difficiles a lacher.Un auteur a suivre.Ou il y a du Tchechene, il n'y a pas de plaisir ! Changement radical de decor, d'ambiance et de sujet avec La Tete du cobra, un thriller d'intrigue internationale signe Vincent Crouzet.Version moderne du mythe de Pygmalion, ce roman nous fait penser au film de Luc Besson Nikita (1990).Un specialiste francais des services secrets arrache la jeune Yasmine aux griffes de ses maquereaux et en fait une super-espionne.La jeune fille est particulierement douee, apprend vite et se revele d'une efficacite redoutable.Elle partira en mission dans les endroits les plus chauds du globe, a Beyrouth, au Kosovo, en Serbie, a Moscou, ou elle participera, avec un commando tchechene, a la prise d'otages d'octobre 2002, et se mesurera, actualite oblige, aux sbires d'Al- Qaeda.L'action ne manque pas, les cadavres s'accumulent, le denouement est une bombe, mais l'ecriture bizarre de ce roman n'est pas du tout adaptee au rythme trepidant d'un thriller.Le style est elliptique, nerveux, souvent penible.Les chapitres sont brefs, la chronologie est chaotique, on a du mal a suivre et il faut etre tres attentif, ce qui entre en conflit avec le vecu trepidant des personnages.Moralite : quand on veut ecrire un thriller d'espionnage credible, il vaut mieux eviter de se prendre pour Marguerite Duras ! FFFF LE VENT QUI GEMIT Tony Hillerman Rivages, 240pages FFFF UN MEURTRIER IDEAL Robert Ellis Pygmalion, 380pages FFF LA TETE DU COBRA Vincent Crouzet Albin Michel, 297 pages 115 . LECTURES Le Survenant séduit hommes et femmes JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE Clémence le signalait dimanche dernier : son père, le poète Alfred Des Rochers, a joué un rôle déterminant dans l'élaboration du roman Le Survenant.Germaine Guèvremont venait régulièrement lire ses chapitres à la maison Des- Rochers et une centaine de lettres témoignent de cette étroite collaboration.Or, Yvan G.Lepage, de l'Université d'Ottawa, grand manitou de l'oeuvre de Germaine Guèvremont, va plus loin encore : Alfred Des Rochers a été non seulement un mentor mais le modèle du Survenant.« Mon père a toujours rêvé d'être un Survenant, avoue Clémence.C'était un père de famille, il a eu six enfants, mais dans le fond c'était un homme qui aurait été beaucoup plus heureux d'être libre.Il a toujours gardé le désir des grands espaces.Je rêve d'aller comme allaient les ancêtres, écrivait-il.» Une sorte de bum ?Le mot est trop fort, selon elle.Aventurier, plutôt.Nos deux lecteurs, après tant d'autres, sont tout à fait sous le charme du Survenant, le granddieu- des-routes, l'éternel vagabond.Réunis à la table branchée du restaurant Leméac, Yves Lanthier et Clémence renchérissent sur ses forces d'attraction.« C'est merveilleux, dit Clémence, d'être capable de faire toute une vie sans s'attacher à rien ni à personne, en vivant sur la route.Et aussi en se rendant utile.C'était un homme vaillant, le Survenant, il savait tout faire sur la ferme.Aujourd'hui, il débarquerait chez nous, on saurait pas quoi faire de lui : on lui ferait nettoyer le frigidaire ?» (rires ) C'est vrai qu'il incarne une ligne de force de notre imaginaire, qu'il représente un idéal d'homme que l'on retrouve à doses variées aussi bien chez le coureur des bois François Paradis que chez l'Ovila d'Arlette Cousture ou dans le Jack Kerouac de Sur la route.Pour Yves Lanthier, le personnage séduit autant les hommes que les femmes.Une image de force.Germaine Guèvremont, dit-il, en a fait un personnage qui maîtrise totalement l'art de vivre, « qui sait parler quand il le faut, se taire quand c'est nécessaire, connaît le bois, possède un savoir très vaste et rapporte plus d'argent que n'importe qui dans la famille Beauchemin ».Bref, il est toujours en adéquation avec la vie, et même quand il boit, dès l'aube du lendemain, il est à nouveau sur pied, paré comme si de rien n'était.Pour Clémence, au-delà du personnage, la construction du roman de Germaine Guèvremont est exceptionnelle.« Elle a créé son roman dans un coin de pays qu'elle adorait.Elle sait tellement bien décrire où il est, où il vit.On voit, on sent toutes les saisons.Le chenal du Moine, les canaux, l'eau qui monte, les canards.J'adore la vie qu'elle montre.C'est sûr que le Survenant est un grand personnage, mais ça pourrait être plate si elle n'avait pas réussi à faire vivre le milieu où il se trouve.Il n'y pas que le Survenant dans le livre.Il y a les autres, tous les autres personnages.« C'est riche ! Fourni, comme on le dit d'un sapin de Noël bien choisi dans le bois ! » corrobore Yves Lanthier.Quel était le juron du Survenant ?Clémence pouffe : « Sainte- Bénite ! » Un subtil rappel du nom du personnage qu'elle a joué à la télévision.Trois minutes de récréation.C'est à qui relèvera les régionalismes les plus savoureux, parmi la centaine qui jalonnent le roman et nous remplissent les narines du terroir sorelois.La crémone, sorte de foulard, le détourreux, celui fait des détours ou joue des tours.Chez Germaine Guèvremont, on n'a pas la tête dans les nuages, on est « intentionné ailleurs ! » Et les « liards » qui sont cités de si nombreuses fois, qu'estce que c'est ?Des peupliers noirs.Mais l'amour dans tout cela ?Qu'y a-t-il dans ce lien secret entre Angélina et le Survenant ?L'amour que l'effacée, la boiteuse \u2014si parente au fond de certains personnages de Clémence \u2014, porte au Survenant reste un mystère.« Je ne sais pas si elle irait jusqu'à coucher avec lui », dit Clémence.Lui, il est content d'être aimé, il sait qu'elle l'aime d'amour fou, il ne déteste pas cela, mais d'après moi, il ne la désire pas.C'est à peine s'il la touche.» Yves Lanthier se démarque un peu : « Il envisage de répondre oui à l'amour d'Angelina, mais il prend la décision contraire parce que la liberté est plus forte.» En tout cas, les deux se rallient autour du fait que le silence, le non-dit, relève surtout des moeurs de l'époque.Tandis que l'animateur circonspect trouve qu'il existe des amours non abouties à toutes les époques.N'est-ce pas précisément la richesse de ce type d'amour que Germaine Guèvremont voulait montrer ?Pour Clémence, je vais trop loin, mais comme dirait le Survenant : « Ah, nevermagne ! » .Comment expliquez-vous l'attrait qu'a exercé le Survenant sur les hommes autant que sur les femmes ?Pourrait-il séduire encore aujourd'hui ?Représente-til un certain homme québécois ?Voilà des questions qui seront débattues aujourd'hui même, de 15 h 30 à 17 h à la librairie Champigny/Renaud Bray, située au 4380, rue Saint-Denis.Jean Fugère accueillera Clémence Des Rochers, la scénariste Diane Calhier (qui a transformé le roman en scénario de film) et l'anthropologue Jean-Pierre Desaulniers, spécialiste de la télévision.Àvotre tour, faites-nous connaître votre avis aussi bien sur le personnage du Survenant que sur le roman lui-même d'ici le 31 mars en envoyant vos messages à clubdelecture@lapresse.ca.La meilleure lettre vaudra à son auteur un chèque-cadeau de 200$ en livres de Renaud-Bray.Recherche : Marie Sterlin PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Clémence Des Rochers et Yves Lanthier ont relu Le Survenant.DISPONIBLE EN LIBRAIRIE Les Éditions Libre Expression félicitent ARLETTE COUSTURE pour sa nomination à titre de Chevalier de l'Ordre de la Pléiade Photo : ©Panneton-Valcourt 3215272A LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Lemonde épique de Montalban JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE On se souvient sans doute de Manuel Vazquez Montalban.Il s'est rendu célèbre en inventant un flic privé nommé Pepe Carvalho, un ancien communiste et ancien membre de la CIA (!), très politisé, anti-franquiste, qui débrouillait avec désinvolture les intrigues les plus farfelues.Carvalho était un gastronome émérite, il parsemait ses enquêtes de recettes de cuisine craquées, surréalistes, qui firent beaucoup pour sa réputation.Hélas ! Montalban vient de mourir à l'aéroport de Bangkok, d'un malaise cardiaque.Ce roman intitulé Erec et Enide nous parvient comme une sorte de testament de celui qui s'appelait lui-même un «anarchiste du centre ».C'est un livre d'intellectuel et c'est un roman remarquable, d'une écriture souple et d'une pensée acérée.De quoi s'agit-il ?Nous sommes dans une petite île, au large de la Galice espagnole.Il y a là un congrès de savants médiévistes au cours duquel on décernera un prix littéraire prestigieux au célébrissime professeur Julio Matasanz qui est un spécialiste de la « geste arthurienne» et qui prononcera une conférence sur le premier roman de Chrétien de Troyes, Erec et Enide.Boufre ! Monseigneur, comme vous y allez !.Sachez que nous ignorons tout de ce premier roman de Chrétien de Troyes, sinon qu'il tomba jadis dans l'oubli.Mais heureusement, le célèbre professeur Julio Matasanz, dans sa chambre d'hôtel répétant à voix haute sa conférence, nous donnera l'occasion de nous pencher avec une curiosité un peu amusée sur le monde médiéval du roi Arthur, des chevaliers de la Table ronde, de la cour de Bretagne, et le reste et le reste, comme sur les aventures maritales de cet Erec qui, paraît-il, emmena son épouse Enide dans ses péripéties guerrières, afin sans doute de se l'attacher davantage.Ce qui ne se faisait pas chez les chevaliers du XIIe siècle, imbus de leurs privilèges de guerriers « machos ».Et voilà les invités du colloque qui arrivent.Parmi eux, une certaine Myrna, maîtresse habituelle de Julio.Vite, celui- ci avale un comprimé de Viagra afin d'agrémenter la nuit qu'il espère.Nous vous dirons tout de suite que ce sera un fiasco.Les vieilles choses étant ce qu'elles sont, Matasanz devra se rendre à l'évidence, cette nuit sera un adieu.Le lecteur, lui, en profitera pour faire mieux la connaissance du vieux professeur que le roi d'Espagne honore de son amitié, pensez donc.Cynique, désabusé, égoïste, portant sur le monde qui l'entoure le regard froid des véritables séducteurs et des savants comblés d'honneurs.Rien n'échappe à ce regard désenchanté et mélancolique.qui est évidemment le regard de Manuel Vazquez Montalban.Julio Matasanz est marié à Madrona, restée à Barcelone pour préparer les fêtes de Noël.Au passage, Montalban nous donnera bien quelques recettes du potau- feu catalan ?(Merci, nous essaierons peut-être un jour de réaliser ce superbe plat).Madrona est une grande bourgeoise, fille de famille fortunée, très attachante, un coeur d'or.Elle vient d'apprendre de son médecin, un ancien amant assez lamentable, qu'elle est atteinte d'une leucémie galopante.Elle décide de ne rien dire, ni à Julio ni à personne.Elle essaie d'entrer en contact avec son fils adoptif, Pedro, parti en Amérique du Sud avec sa femme bien-aimée Myriam.Médecin volontaire pour une organisation non gouvernementale (ONG), et Myriam infirmière.Madrona essaiera de les faire revenir au plus vite, pour Noël si possible.Les voir avant de mourir.Avec les aventures invraisemblables de Pedro et de Myriam, que nous vous laissons découvrir, va s'établir une sorte de contrepoint de celles d'Erec et d'Enide.Cent batailles et péripéties, parfois tragiques, souvent cocasses, attendent notre couple de Modernes Chevaliers.Ces deuxlà connaîtront tous les tourments d'une geste médiévale.Au passage, la situation politique et sociale de certains pays d'Amérique du Sud nous semblera aussi mythique que celle du Moyen Âge arthurien.Et papa Julio continuera de pérorer.Et papa Montalban de rire en sa moustache.FFFF EREC ET ENIDE Manuel Vazquez Montalban Seuil, Paris, 275 pages Nouveauté La demande des homosexuels confrontée à des enjeux politiques, législatifs et religieux inédits au regard de l'histoire.Le mariage pour qui ?72 pages / 7,95 $ En librairie le 24 mars Leministre français de la Culture aime tataouiner La neuvième Semaine de la langue française et de la francophonie, qui se déroule chaque année en France et dans le monde, a pris fin hier.« Au cours de cette semaine, peut-on lire sur le site de l'événement, chacun est invité à fêter la langue française, à lui témoigner son attachement en mettant en avant sa richesse, sa diversité et sa vitalité.» Cette année encore, 10 écrivains et personnalités du monde francophone étaient invités à choisir 10 mots qui allaient être au coeur d'activités diverses.Parmi les invités, la Brésilienne Yasmina Traboulsi, la conteuse haïtienne Mimi Barthélémy, l'Ivoirien Ahmadou Kourouma, Gilles Vigneault et Dany Laferrière.Le mot choisi par Gilles Vigneault ?Espérance.Celui de Dany Laferrière ?Tataouiner! «Verbe intransitif qui signifie, précise-t-on, tergiverser, discuter sans arrêt au lieu de prendre une décision, hésiter ; pas de tataouinage ! pas de temps à perdre ! on dit aussi : pas de niaisage ! » Le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, a particulièrement aimé le mot de Dany Laferrière, pouvait-on lire dans Le Monde.Les autres mots sont bouline, brousse, déambuler, lumière, ombellifère, tactil, et farfadet, tiré de l'oeuvre de George Sand, dont on célébrera en 2004 le bicentenaire de la naissance.Marie-Claude Fortin collaboration spéciale . Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / A eviter LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE Prenons un livre et une bonne biere Alain Beaulieu: une voix qui s'affirme de mieux en mieux JOCELYNE LEPAGE Une nouvelle initiative est nee cette semaine pour rapprocher les livres du public : le Bar litterature.Les bars litterature sont d'un tout autre genre (que les colloques, conferences, salons et lancements de livres), peut-on lire dans le communique emis par le Consulat general de France, qui s'est associe dans cette aventure au Libraire (magazine sur les livres distribue gratuitement dans les librairies).Il s'agit d'un cadre permettant un contact direct entre le public et le milieu litteraire.Les invites etant repartis dans la salle et n'ayant pas le monopole de la parole, le contexte decontracte du lieu permet de demystifier les gens de lettres et d'ouvrir un veritable debat avec le public.Le bar, lieu public par excellence, semble bien adapte a ces exigences.Selon Francois Guyot, du Service de presse du Consulat general de France, le Bar litterature s'inspire des cafes philosophiques en France.La rencontre se deroule dans un bar, explique-t-il.On met les invites dans la salle, a differents endroits, et ils presentent leur point de vue.La discussion est plus vivante, plus naturelle, en tout cas elle donne l'impression d'etre plus naturelle.L'experience du Consulat avec les Bars sciences menee en association avec Quebec-Sciences aurait ete concluante, selon lui.Le bar qui servira la litterature avec la biere est le Barouf .bar francais qui deborde sur les trottoirs pendant les finales de soccer europeen.Pourquoi le Barouf ?Le bar nous accueille, dit M.Guyot.Il est bien situe.Les organisateurs esperent que l'evenement deviendra mensuel.La meme chose sera faite dans un bar de Quebec, Le Libraire ayant la ses quartiers.On veut plus tard exporter la formule a Rimouski, par exemple, ou ailleurs en region.Disons que pour sa premiere aventure, le Bar litterature n'a pas choisi un sujet facile.Le theme : Ecrire dans un monde globalitaire (pour global et totalitaire).Seront donc repartis dans le bar France-Isabelle Langlois, d'Alternatives, Jocelyn Coulon, du Centre Pearson pour le maintien de la paix, auteur de L'Agression : les Etats-Unis, l'Irak et le monde ; Jacques B.Gelinas, auteur de Et si le tiers monde s'autofinancait et La Globalisation du monde, et, grande vedette francaise, Jean-Christophe Rufin, qui vient de publier Globalia, un roman d'anticipation politique.Le tout sera anime par Marie-Andree Lamontagne.Le premier Bar litterature aura lieu le mardi 30 mars, de 17 h 30 a 19 h 30.Le Barouf est situe au 4171, rue Saint-Denis.REGINALD MARTEL La voix d'Alain Beaulieu s'affirme de mieux en mieux.Elle n'est pas sans fausses notes, ce qui ajoute a son charme.Composee d'exuberance, d'enormites et d'humour noir, sa tessiture est riche.C'est que le romancier prefere les histoires complexes et touffues, pleines de sentiments et de rebondissements, aux petits romans gadgets qui font tendance.L'important est que ces histoiresla seduisent, par la derision ou l'emotion ou les deux a la fois.Il en va ainsi du Joueur de quilles, le plus recent roman de l'ecrivain originaire de Quebec.Voici le melange risque de deux histoires, de trois meme, qui s'imbriquent sans trop d'hiatus.Le realisme et le lyrisme y font une jolie paire, le premier moins bien servi que le second.Le pretexte romanesque n'est pas neuf.Un honnete ecrivain, pas tres riche donc, se voit offrir, moyennant genereuse retribution, la tache d'ecrire une biographie.Il ne manque pas de notables qui ont une haute estime d'eux-memes, qui pensent que leur vie a valeur d'exemple et qu'elle merite d'etre revelee a un vaste public.Un travail de negre, donc, que Samy Martel accepte avec reticence, en se disant que l'argent gagne lui permettra de mieux se consacrer plus tard a des activites litteraires moins alimentaires.Il ne cache pas ce qu'il mijotait, une satire qui mettrait en scene, dans un cafe parisien, des ecrivains des litteratures francaise et quebecoise, morts ou vivants.Le contrat de redaction vient a point nomme, l'ampleur du projet suffisant a le rendre irrealisable.Va donc pour la biographie de Remi Belleau, sauf que le commanditaire est un baron des affaires.Et de quelles affaires ! Ne dans un quartier pauvre de Quebec, avec ses freres il a echappe a sa condition, grace a des activites dont aucune n'est honorable.Vol, extorsion, drogue, prostitution et assassinats, son dossier judiciaire serait lourd s'il en avait un.Il a eu la chance de s'en tirer indemne.Mieux meme, il s'est fait philosophe en vieillissant.Au moment de s'offrir une retraite doree au Mexique, il veut que soient consignes les faits et gestes marquants de sa prodigieuse carriere.Il ne s'agit pas pour lui d'orgueil.Il a passe l'age de ces vanites pour entrer dans celui de la sagesse.Il veut seulement, grace a la puissance d'un ecrit qu'il n'entend pas faire editer, proteger sa retraite doree et, contre des represailles toujours possibles, la memoire de ceux qu'il aime ou a aimes.Ce qui s'annoncait comme une simple relation d'affaires, tout ardue fut-elle, devient peu a peu, au dela de la mefiance reciproque qui qualifie au depart les relations entre l'intellectuel idealiste et le truand peu raffine, une amitie aussi reelle qu'improbable.Elle est sans cesse remise en question, d'abord parce que la femme de Martel n'apprecie guere qu'il se fasse l'apologiste d'un bandit.Ensuite et surtout parce que Martel a de bonnes raisons de penser que Remi Belleau, ou un de ses sbires, est responsable de la mort de son meilleur ami, qui etait aussi son beau-frere, mari de la soeur de sa femme.Pour rendre cette amitie vraisemblable, il fallait donc beaucoup de finesse psychologique et M.Beaulieu n'en a pas manque.Martel et Belleau, deux etres qui pourtant n'ont rien en commun, franchissent avec succes les etapes delicates qui menent de la crainte au respect de l'autre.Il y a dans la maniere de M.Beaulieu un enthousiasme qu'il n'entend pas contenir.Il lui arrive quelquefois, par la bouche de Belleau, d'annoncer des developpements extraordinaires qui ne le sont pas tant que ca, car on sait deja que le clan Belleau ne recule devant rien pour defendre ses interets.Faute d'etre impressionne, le lecteur peut toujours folatrer dans l'intertexte ou l'ecrivain, mine de rien, reprend les idees et les themes qui habitent et nourrissent son oeuvre depuis ses commencements.Une vision genereuse de la justice sociale a construire, par exemple, ou l'evocation nostalgique de l'enfance vecue dans les zones grises de la capitale nationale.Dans ce registre, l'ecrivain oublie un peu les beaux mensonges de la litterature au profit des dures verites de la vie telle qu'elle est.L'economie generale du Joueur de quilles ne souffre pas de cette diversite d'inspiration qui se manifeste jusque dans l'expression stylistique proprement dite.Le roman est une mosaique bigarree, un peu brouillonne a l'occasion, mais on la traverse avec un plaisir certain et on la quitte avec un regret egal.FFF1.2 LE JOUEUR DE QUILLES Alain Beaulieu Quebec Amerique 264pages 3196659A PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITE proux@lapresse.ca Certains lecteurs se souviendront sans doute de la rubrique Le mot du jour, ou j'abordais chaque jour une difficulte du francais, dans l'en-tete de la page 3 de La Presse.A compter d'aujourd'hui, c'est dans le cahier Lectures que je traiterai chaque dimanche du francais au Quebec.J'y parlerai des mots qui se retrouvent au coeur de l'actualite et j'y repondrai aux questions des lecteurs.Je suis tres heureux d'etre de retour.Tele-realite ou telerealite ?L'an dernier, l'usage hesitait entre telerealite et telerealite.Mais, la persistance du phenomene aidant, la graphie en un mot et sans trait d'union est en train de s'imposer, ce qui est tout a fait logique.> La telerealite connait un grand succes au Quebec.Ce terme est une traduction de reality show ou reality television.Il designe des emissions ou les participants vivent en direct diverses situations , comme Star Academie.En revanche, la telerealite ne designe pas les emissions fondees sur des faits vecus .Dans ce cas, on parlera plutot de television verite.La telerealite se distingue egalement du docudrame, qui est un documentaire dont certaines parties sont des reconstitutions dramatiques .Reingenierie Le terme reingenierie, qu'affectionne particulierement Jean Charest, est une traduction de re-engineering.Ce calque appartient au vocabulaire de la gestion.Selon Le Monde diplomatique, la reingenierie consiste a cibler dans l'entreprise, les activites qui constituent son metier coeur, en eliminant ou en sous-traitant toutes les autres.Remplacez entreprise par gouvernement et voila defini le nouveau credo liberal.Dans le domaine politique cependant, les termes reconfiguration, reorganisation, restructuration ou revision conviendraient sans doute davantage.> Jean Charest a propose une reconfiguration de l'Etat.> Le cabinet Charest a entrepris une revision du role de l'Etat.On peut egalement substituer a reingenierie, dans certains contextes, les mots modernisation, redefinition, redeploiement, refonte, remaniement ou remodelage.Cela dit, il est difficile de se debarrasser completement de reingenierie, ne serait-ce que parce qu'il est couramment employe.Mais il est preferable de limiter son usage aux citations.Les Invasions barbares triomphe ou triomphent ?Lorsque le sujet est un titre d'oeuvre commencant par un article, le verbe s'accorde generalement en nombre .et, le cas echeant, en genre .avec cet article.Il est donc tout a fait logique d'ecrire : > Les Invasions barbares triomphent a Cannes.> La Grande Seduction a ete recompensee par sept Jutra.Cela dit, l'usage est parfois hesitant.Il arrive donc que le verbe reste au singulier, meme si le sujet est un titre d'oeuvre commencant par un article.Le titre est alors considere comme un sujet neutre.> Les Invasions barbares remporte l'Oscar du meilleur film etranger.Lorsqu'un titre est un nom sans article, ce nom fut-il pluriel ou feminin, l'accord du verbe se fait presque toujours au masculin singulier.> Stupeur et Tremblements a valu a Sylvie Testud le Cesar de la meilleure actrice en 2004.Dedales ne lui avait pas permis de decrocher cette recompense l'annee precedente.L'adjectif numeral un QJe remarque que les articles elides disparaissent de plus en plus frequemment devant l'adjectif numeral un ( un investissement de un million ).On m'a deja repondu a ce sujet que la langue francaise permettait d'ecrire cela pour mettre l'accent sur l'importance du nombre, mais il me semble que l'importance en question survient de plus en plus souvent.Richard Daigle RLorsque un est adjectif numeral, l'usage est assez flottant.Certains grammairiens recommandent de ne pas faire l'elision lorsque un n'est pas suivi de decimales.> Une cloture de un metre de haut.> Une cloture d'un metre trente.Mais cette regle est loin d'etre toujours suivie.D'une facon generale, il est preferable de ne pas faire l'elision lorsqu'on veut insister sur la notion de mesure ou de quantite.> Une carpette de un metre sur deux.> Une somme de un million de dollars.> Une piece de un dollar.Debuter ou commencer ?QVous et tous les autres journalistes soucieux de la langue et possedant plus ou moins quelque tribune devriez vous lancer dans une campagne intensive pour eradiquer le vicieux usage de debuter comme verbe transitif.Partout, mais vraiment partout, sur les ondes publiques et privees, dans la presse en general de meme que chez l'homme de la rue, on y va de son debuter quelque chose .C'est pourtant si simple de dire commencer.L'usage va-t-il finalement consacrer cette pratique generalisee ?Ce serait dommage, car aucun besoin ne s'impose a ce propos.Pierre Olivier Desilets RLe verbe debuter est effectivement intransitif.Il ne peut donc, comme vous le soulignez fort justement, avoir de complement d'objet direct.On peut debuter dans un metier, par exemple, mais on ne peut debuter un match ; on le commence, on l'entreprend.On peut aussi utiliser, selon le contexte, les verbes amorcer, ebaucher, engager, entamer, lancer, mettre en marche, mettre en train, etc.Il n'y a donc aucun besoin de faire de debuter un verbe transitif.Aussi est-il peu probable que le francais standard finisse par consacrer cet usage.Petits pieges Les phrases suivantes contiennent chacune une faute.Quelles sont ces fautes ?> Les enfants reclament une petite boule de poil a cors et a cris.> Les clients aiment qu'un restaurant ait un atmosphere agreable.Vous trouverez les reponses dans la chronique de la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions ou commentaires par courriel a paul.roux@lapresse.ca ou par courrier a Paul Roux, 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9.Du Mot du jour aMots et actualite Ce livre nous rappelle qu'on ne doit pas considerer la vie comme acquise et qu'il faut la vivre pleinement avec ferveur, curiosite et gratitude.En se servant d'anecdotes puisees a meme sa propre vie, Christopher Reeve temoigne de notre capacite a traverser ces epreuves apparemment insurmontables.3925, rue Grande-Allee, Saint-Hubert, Quebec J4T 2V8 .Tel.: (450) 656-2660 .Fax : (450) 445-9098 .Site Internet : www.umd.ca .Courriel : info@umd.ca .EN LIBRAIRIE DES MAINTENANT Rien n'est impossible Reflexions sur la vie \" CHRISTOPHER REEVE 3213462A 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Après une étonnante carrière dans les communications, Daniel Lamarre est devenu, en janvier 2001, directeur des divisions Spectacles et Nouvelles entreprises du Cirque du Soleil.Depuis février dernier, il est PDG de la multinationale du spectacle, à laquelle il entend bien conserver son âme.L «Nous sommes une des marques les plus reconnues dans le monde, particulièrement en Amérique du Nord.Ce succès québécois est un tremplin de création fulgurant.Mon rôle est d'en assurer la pérennité.» PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © JEAN-PAUL SOULIÉ eCirquedu Soleilvientderemporter avec son spectacle Saltimbanco un succès éclatant à Lyon, en France.Àla veille de la création à Las Vegas du spectacle de Robert Lepage, Daniel Lamarre, directeur depuis 2001 des divisions Spectacles et Nouvelles entreprises, a été nommé président-directeur général le26févrierdernierdelaplusbrillante réussite québécoise dans le show-business mondial.Daniel Lamarre, 50 ans, est donc à la tête d'une organisation créée il y a 20 ans.En 1984, 73 personnes travaillaient pour le Cirque du Soleil.L'entreprise compte aujourd'hui près de 3000 employés dans le monde entier, dont plus de 600 artistes.Depuis 1984, les spectacles de tournée du Cirque du Soleil ont fait près de 250 arrêts dans 90 villes de la planète devant plus de 40 millions de personnes, dont 7 millions en 2003.La Presse salue l'arrivée de Daniel Lamarre au poste de PDG du Cirque du Soleil et lenomme Personnalitédelasemaine.Né à Grand-Mère, en Mauricie, Daniel Lamarre est marié et père de deux enfants.Il a derrière lui une carrière étonnante de quelque 34 années dans le secteur des communications.Le nouveau PDG du Cirque du Soleil a poursuivi de longues études, couronnées par un diplôme en communications de l'Universitéd'Ottawa.Parallèlement à ses études, à Trois- Rivières puis dans la capitale fédérale, il a travaillé pendant 10 ans pour le quotidien de la Mauricie, Le Nouvelliste.«J'aidébutécomme journaliste à 16 ans, dit-il.J'étais en cinquième secondaire.» Daniel Lamarre sera ensuite directeur des communications à la Fédération des Caisses populaires, puis directeur des relations publiques chez Cogeco.Il ouvre deux bureaux de la firme internationale Burston-Marsteller, le plus important cabinet de relations publiques au monde, avant d'entrer chez National, où il est resté 13 ans et a occupé le poste de président.En 1997, Claude Chagnon, président de Vidéotron, cherche un président pour TVA, qu'il vient d'acheter, et offre le poste à Daniel Lamarre.«Ça a été un coup de coeur, dit-il.J'ai toujours été attiré par tout ce qui est artistique.Chez National, je trouvais toujours unmoyen pour orienter mes clients vers les médias d'information.Le milieu m'attirait.» La décision de répondre à l'offre que lui fera Guy Laliberté, grand patron du Cirque du Soleil, a été tout aussi émotive que celle qui l'avait fait entrer à TVA quatre années plus tôt.«J'ai toujours rêvé de voyager, de rencontrer d'autres cultures.Et j'étais fasciné par l'homme qu'est Guy Laliberté et par ses succès.J'étais très intrigué par ce qui avait germé dans la tête des pionniers du Cirque du Soleil, comme Gilles Sainte-Croix, par exemple.J'avais travaillé jusque-là comme consultant dans beaucoup d'entreprises.Mais je n'avais encore jamais vu rassemblés autant de gens aussi compétents.Des créateurs de théâtre comme Robert Lepage, des sommités du marketing comme Mario d'Amico, des gymnastes devenus des créateurs mondialement reconnus comme Line Heyward ou André Simard.Et tout ça à partir de ce qui a été construit sur le site des anciennes Carrières Miron.» Très modeste, Daniel Lamarre rappelle qu'il n'est au Cirque du Soleil que depuis trois ans.«J'ai fait beaucoup moins que tous cesgens-là, dit-il.Maisici, nous sommes un tremplin.Guy Laliberté, c'est une porte ouverte sur le monde.C'est un grand visionnaire.Moi, mon rôle, c'est de faire arriver ses projets.Je suis un catalyseur à l'intérieur de l'organisme qu'est le Cirque du Soleil.» Le Cirque du Soleil n'a que 20 ans, et pourtant son PDG n'hésite pas à le comparer à des empires déjà fort anciens, Disney et MGM.«Nous sommes différents de Disney ou de MGM parce que c'est la création qui est notre moteur.Mon défi, pour les prochaines années, c'est de garder cesvaleurs.Ce serait une catastrophe de les perdre.Les analystes financiers et les banquiers ne comprennent pas notremodèle, pourtant bien simple.Nous vivons pour créer des oeuvres artistiques.Nos chances sont alors très bonnes pour que le public nous suive.Je ne veux pas voir diluer ce message, pas plus que tous les employés du Cirque du Soleil.» «Être une entreprise privée à capital fermé, dit Daniel Lamarre, nous met à l'abri des investisseurs: nous ne sommes pas obligés de faire des compromis.C'est Guy Laliberté qui nous protège de ça.Ici, ce n'est jamais l'économie qui l'emporte, ce sont les impératifs artistiques.» Avec cinq spectacles de tournée, dont la longévité se situe entre 12 et 15 ans, le Cirque du Soleil entend maintenir la qualité de ce qu'il présente.«On ne peut pas produire plus d'un spectacle par an, dit Daniel Lamarre.Il faut trois ans pour en monter un, d'où l'importance de l'infrastructure.Nous sommes une des marques les plus reconnues dans le monde, particulièrement en Amérique du Nord.Ce succès québécois est un tremplin de création fulgurant.Mon rôle est d'en assurer la pérennité.» Daniel Lamarre "]
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