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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2004-03-24, Collections de BAnQ.

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[" Montréal mercredi 24mars 2004 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes 120e année no 153 72 pages 5 cahiers Ensoleillé, Max.3 Min.2 en sus - Édition provinciale 70¢ De l'eau salée sur Mars Insuccès des garçons au secondaire Reid veut agir dès le primaire MARIO CLOUTIER et MARIE ALLARD Pierre Reid mise beaucoup sur les initiatives locales et l'ajout de professionnels dans les écoles afin d'aider les garçons à mieux réussir à l'école, et ce dès le primaire.« Il faut commencer au niveau du primaire.C'est là bien souvent le danger, dans leur tête, qu'ils décrochent et perdent l'intérêt », a souligné le ministre de l'Éducation en réagissant aux données sur le taux de réussite des élèves au Québec.Le ministre Reid se dit « énormément » préoccupé par les statistiques qui démontrent que moins de la moitié des garçons terminent le secondaire en cinq ans.La réforme de l'enseignement en cours et le nouveau régime pédagogique aideront les garçons à mieux réussir, croit-il, mais il ajoute qu'il faudra faire mieux.« Il y a un certain nombre de solutions comme les programmes d'aide aux devoirs.Je veux augmenter ce type d'activités l'an prochain qui fait intervenir, pas uniquement l'école, mais le milieu et des professeurs à la retraite », ditil.Il cite en exemple une école secondaire de Magog, la Ruche, où il existe des classes composées uniquement de garçons, même s'il ne croit pas qu'il faille étendre cette pratique partout, de façon systématique.Le ministre Reid espère que le prochain budget Séguin consentira les sommes nécessaires à l'ajout de professionnels dans les écoles afin de redonner confiance aux garçons.Dans tous les cas, le redressement de la situation prendra du temps.« Je veux voir une remontée substantielle, pas juste 1 ou 2%.On n'arrivera pas à changer ces chiffres sur une période d'une année.Il faut travailler d'arrache-pied pour que d'ici quelques années, on voit la tendance revenir à la hausse », croit-il.Les enseignants inquiets « Il est vrai que le taux de décrochage est préoccupant, d'autant plus que ça fait quelques années qu'on tire la sonnette d'alarme », a commenté, pour sa part, Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).« Puisque le gouvernement n'investit pas réellement en éducation, les projets mis sur pied pour contrer le décrochage ont souvent un avenir incertain, ce qui compromet leur efficacité », a-t-elle fait valoir.Le programme Ça bouge après l'école, qui devait permettre l'organisation d'activités parascolaires, a par exemple été annulé par le gouvernement libéral, a rappelé Mme Fortier.Cela ne doit cependant pas empêcher les écoles de retrousser leurs manches.« Il y a un coup de barre à donner, a reconnu Denis Pouliot, porte-parole de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).Nous avons encore un problème de décrochage scolaire important et nous pensons qu'il faut rendre la formation professionnelle plus attirante pour y remédier.» La création de collèges professionnels et techniques, en collaboration avec les cégeps, est notamment proposée par la FCSQ.« Il faut aussi tenir compte du fait que l'on mise sur la réforme pour améliorer les résultats scolaires », a noté M.Pouliot.Or, la réforme ne sera implantée au secondaire qu'à partir de septembre 2005.MATHIEU PERREAULT Un robot de la NASA foule présentement une ancienne plage de Mars, que léchaient jadis des vagues d'eau salée.Opportunity, qui arpente la planète rouge depuis deux mois, vient de terminer l'analyse d'un rocher et son verdict est formel : ce rocher est composé de plusieurs couches de sédiments marins.« Nous pensons qu'Opportunity se trouve sur l'ancien rivage d'une mer salée, a déclaré, dans une conférence de presse à Washington, le chef scientifique de la mission martienne de la NASA, Steven Squyres.>Voir MARS en A16 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Le dépôt du budget a permis au ministre des Finances, Ralph Goodale, de se faire connaître.Si j'étais Paul Martin, je me méfierais.Bush se défend d'avoir ignoré la menace terroriste ALEXANDRE SIROIS WASHINGTON Accusé d'avoir ignoré la menace représentée par Al-Qaeda, George W.Bush a contre-attaqué hier en affirmant qu'il serait passé à l'action s'il avait eu vent de ce que l'organisation terroriste d'Oussama ben Laden tramait.« Si mon administration avait eu de l'information selon laquelle les terroristes allaient attaquer la ville de New York le 11 septembre, nous aurions agi », a déclaré le président des États-Unis en marge d'une réunion de son cabinet.Bush a dit avoir été informé de la menace terroriste contre son pays de façon régulière par le directeur de la CIA, George Tenet.Il a ajouté que son administration avait pris en chasse Al-Qaeda depuis les attaques de septembre 2001.« Nous avons capturé ou tué les deux tiers de leurs leaders connus et nous les poursuivons toujours.Et nous continuerons à les poursuivre tant que je serai président des États-Unis », a-t-il affirmé.Le président américain ripostait aux critiques d'un ancien responsable de la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche, Richard Clarke.Ce dernier a récemment affirmé, dans un essai et plusieurs entrevues largement diffusées, que ses avertissements au sujet d'Al-Qaeda ont été éclipsés par l'obsession irakienne de Bush.Bush et Clinton écorchés Les soucis du président dans ce dossier ne s'arrêtent pas là.Il a été écorché hier par la commission d'enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001.Celle- ci a souligné l'échec de l'administration Bush \u2014 et de celle de son prédécesseur, Bill Clinton\u2014à régler le « problème ben Laden ».La commission tenait hier des audiences à Washington sur la politique antiterroriste des États-Unis, auxquelles étaient convoqués des piliers des administrations Bush et Clinton.Y assistaient plusieurs membres des familles des victimes du 11 septembre 2001, dont certains arboraient sur la poitrine la photo de leur proche décédé.Deux rapports préliminaires publiés hier par la commission démontrent que les présidents ont préféré mettre l'accent sur la diplomatie plutôt que sur la méthode forte.>Voir BUSH en A16 Météo Ciel variable, maximum 3, minimum 2, plus de détails en page SPORTS 16 SOMMAIRE Astrologie du jour AFFAIRES 13 Bandes dessinées ARTS 6 Carrières AFFAIRES 8 Décès AFFAIRES 16 et 17 Feuilleton ARTS 6 Forum A 20 et 21 Horaire télévision ARTS 4 Loteries A 14 Mots croisés ARTS 6 et SPORTS 12 Mot mystère ARTS 6 Observateur AFFAIRES 12 Petites annonces AFFAIRES 12 et AFFAIRES 2 Vacances/voyage ACTUEL 6 à 8 AUSTÉRITÉ ET INTÉGRITÉ MILLIONS EN TROIS ANS 665 Pas de hausse ni de baisse d'impôt LE BUDGET GOODALE «Nous allons mettre en place un système moderne de gestion et de surveillance des dépenses visant à prévenir le genre d'abus financiers qui ont provoqué tant de colère chez les Canadiens.» \u2014Ralph Goodale BASEBALL LA PRESSE EN VISITE AUX CAMPS D'ENTRAÎNEMENT SPORTS PAGE 5 ARTS ET SPECTACLES LUC PLAMONDON À L'ASSAUT DU PIRATAGE PAGE 1 Lutte contre les épidémies MILLIARDS 3Objectif de compressions annuelles d'ici quatre ans JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA\u2014Après le scandale des commandites qui a durement mis àmal la réputation de bon gestionnaire des libéraux, le gouvernement Martin a voulu montrer patte blanche hier en déposant un budget d'une extrême retenue.À la veille d'une campagne électorale où rien n'est joué d'avance, le ministre des Finances, Ralph Goodale, a ainsi annoncé un train de mesures pour mieux contrôler les dépenses du fédéral afin d'éviter la répétition d'un tel dérapage financier et a aussi averti les provinces qu'elles n'obtiendront pas d'argent frais pour la santé à moins d'adopter des réformes qui limiteront la hausse vertigineuse des coûts du régime.Au lieu de se livrer au saupoudrage habituel avant de déclencher des élections générales ou d'offrir une nouvelle baisse d'impôt aux contribuables, le gouvernement Martin a optépour la retenue comme stratégie pour redorer son blason.Ainsi, le ministre Goodale a annoncé qu'Ottawa rétablira le bureau du contrôleur général, aboli en 1993, embauchera des contrôleurs agréés qui devront autoriser toute nouvelle dépense dans chacun des ministères et reverral'ensemble de ses programmes pour réaliser des économies de trois milliards de dollars par année pendant quatre ans.> VoirGOODALEen page A2 PHOTO PC Ralph Goodale, ministre des Finances.ÉRIK BÉDARD LE CHOIX D'OTTAWA LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE AU CANADA Comment est dépensé chaque dollar de nouvelles mesures ?«Nous allons mettre en place un système moderne de gestion et de surveillance des dépenses visant à prévenir le genre d'abus financiers qui ont provoqué tant de colère chez les Canadiens.En tant que gouvernement, nous assumons non seulement la responsabilité de faire face aux problèmes passés, mais aussi la responsabilité de les résoudre», a lancé le ministre.En outre, le fédéral a l'intention de mettre les bouchées doubles afin de ramener le rapport de la dette fédérale au produit intérieur brut (PIB) de 42%qu'il est aujourd'hui à 25% d'ici 10 ans.Cette mesure permettra de réduire les frais d'intérêt annuels de la dette de 37 milliards de dollars.Les sommes ainsi épargnées seront utilisées pour bonifier les programmes sociaux dans un contexte de vieillissement de la population.D'ailleurs, le ministre Goodale a confirmé que le fédéral rétablira dès cette année son fonds d'urgence de quatre milliards de dollars pour parer aux imprévus et affronter les chocs économiques tels que le SRAS à Toronto ou le cas de maladie de la vache folle en Alberta.Ce fonds, s'il n'est pas utilisé, servira à rembourser la dette accumulée, qui s'élève maintenant à 508,7 milliards de dollars.«Certains ont prétendu que nous allions nous éloigner de toute prudence en matière de gestion budgétaire.Il n'en est pas question.D'autres ont dit que nous allions nous engager dans une folie de dépenses préélectorales.Il n'en est pas question.D'autres encore ont dit que nous allions mettre en péril les progrès économiques qui ont coûté tant d'efforts aux Canadiens.Il n'en est pas question», a affirmé le ministre Goodale aux Communes.Ce budget équilibré, le septième de suite, une première depuis la Confédération, prévoit des dépenses totales de 187,2 milliards au cours du prochain exercice financier, soit une hausse de 4,4%.La plupart des dépenses importantes avaient déjà été annoncées par le premier ministre Martin au cours des dernières semaines.En matière de soins de santé, le fédéral s'est contenté de confirmer les deux milliards déjà promis aux provinces l'an dernier, même si le gouvernement Martin répète que la santé demeure sa priorité absolue.Ces deux milliards seront puisés dans les surplus du présent exercice financier qui prend fin le 31 mars, tout comme l'aide d'un milliard accordée aux éleveurs de bovins, annoncée par M.Martin en Alberta lundi.Le surplus de cette année s'élèvera donc à 1,9 milliard, somme qui sera affectée au remboursement de la dette.Les provinces devront attendre l'issue de la prochaine conférence des premiers ministres, prévue en août, avant de savoir si Ottawa est prêt à délier davantage les cordons de la bourse.Mais le ministre Goodale a déjà mis la table en affirmant hier que les provinces devront s'engager à mettre en oeuvre des réformes pour réduire les coûts croissants du régime avant d'obtenir plus d'argent.«L'argent fait bien sûr partie de l'équation, mais aussi la réforme.Nous devons apporter les changements nécessaires pour que les Canadiens puissent compter sur le système de soins de santé lorsqu'ils en ont besoin.(.) Il est temps de mettre fin aux duels à coups de campagnes publicitaires.Les Canadiens en ont assez des reproches de toutes parts», a soutenu le ministre, rappelant que les transferts en espèces du fédéral atteindront 28milliards de dollars en 2007- 2008.Cela dit, le fédéral investira 165 millions de dollars au cours des deux prochaines années pour mettre sur pied la nouvelle agence de santé publique qui aura comme mandat de coordonner la lutte contre des maladies telles que le SRAS et les interventions d'urgence lors de catastrophes naturelles.Le fédéral offre aussi 400 millions de dollars aux provinces pour les trois prochaines années pour élaborer une stratégie nationale d'immunisation des enfants et des adolescents qui sont vulnérables à certaines épidémies.Les municipalités, qui souhaitent aussi avoir une part des surplus d'Ottawa, resteront sur leur faim.M.Goodale a simplement confirmé que le fédéral leur remboursera la totalité de la TPS qu'elles paient sur les biens et services qu'elles achètent, comme le premier ministre Martin l'avait annoncé au début février.Cette mesure coûtera environ 600 millions cette année et totalisera sept milliards sur 10 ans.Tout au plus, les municipalités pourront utiliser le Fonds sur l'infrastructure municipale rurale, doté d'un budget d'un milliard et annoncé l'an dernier, sur une période de cinq ans au lieu de 10 ans.GOODALE suite de la une CROISSANCEDU PIB RÉEL AUCANADA %, d'une période sur l'autre T1 T2 T3 T4 Sources : Statistique Canada et sondage de décembre 2002 du ministère des Finances auprès des prévisionnistes du secteur privé T1 T2 T3 T4 -1 Indice, 1991 = 100 %, d'une période sur l'autre CROISSANCE DES DÉPENSES DES CONSOMMATEURS RÉELLES INDICE DE CONFIANCE DES CONSOMMATEURS T1 T2 T3 T4 %du PIB T1-1990 T3-1992 T1-1995 T3-1997 T1-2000 T3-2002 PIB 2003 > Prévu : 3,2% > Réel : 1,7% PIB 2004 > Prévu : 2,7% PIB 2005 > Prévu : 3,3% Prévisions du budget de février 2003 Données réelles Moyenne historique (1975-2003) Moyenne historique depuis 1961 Les données sont trimestrielles jusqu'en janvier 2002, puis mensuelles.Source : Le Conference Board du Canada BÉNÉFICES DES ENTREPRISES Source : Statistique Canada Source : Statistique Canada À l'exclusion des ventes de véhicules automobiles Deux risques importants pèsent sur les perspectives économiques du Canada : 1.L'incertitude quant à l'impact, sur l'économie, de l'appréciation rapide du dollar 2.La viabilité de la reprise économique aux États-Unis PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© 5,9¢ SANTÉ Versement d'une somme supplémentaire aux provinces pour la santé, création d'une agence de la santé publique et amélioration de la préparation du Canada aux urgences de santé publique.COÛT: 131 millions 17,9¢ DÉFENSE ET SÉCURITÉ Augmentation des fonds consacrés au maintien de la paix, à la sécurité et à l'aide internationale.COÛT: 397 millions 41,2¢ COLLECTIVITÉS Assainissement des sites contaminés, développement de nouvelles technologies environnementales et remboursement de la taxe de vente aux municipalités.COÛT: 913 millions 13,2¢ SAVOIR ET COMMERCIALISATION Augmentation de l'aide à la recherche et investissements pour favoriser le capital de risque.COÛT: 293 millions 11,3¢ APPRENTISSAGE Création d'un bon d'études, augmentation de la subvention pour l'épargne-étude et bonification du régime canadien de prêts et bourses.COÛT: 251 millions 10,5¢ AUTRES Révision du programme de péréquation et autres mesures budgétaires.COÛT: 233 millions COÛT TOTAL DESNOUVELLESMESURES : 2,2 milliards LE BUDGET GOODALE LES POINTS SAILLANTS n se doutait bien que le scandale des commandites obligerait Ralph Goodale à réécrire des grands pans de son budget, mais on a eu hier une preuve frappante de l'ampleur du malaise en écoutant le ministre des Finances.Dans les 16 premiers paragraphes de son discours, on retrouve pas moins de 14 références à l'intégrité, à la transparence, aux vérifications ou aux contrôles.Personne ne peut être contre les mesures de transparence annoncées par le gouvernement Martin (le retour du contrôleur général du Canada, par exemple), mais il semble bien que cette nouvelle obsession pour la saine gestion ait évacué ce qui devait être la priorité du nouveau régime : la santé.Les montants annoncés hier dans le premier budget Goodale sont en effet très loin des grands discours sur la priorité au système de santé.En tout et pour tout, Ottawa n'a trouvé que 665 millions d'argent frais étalés sur trois ans pour le financement du système de santé des 10 provinces et des trois territoires.Pour le Québec, si on lui accorde un quart des 665 millions réparti sur trois ans, cela veut donc dire 55 millions par année\u2026 Et dire que le ministre des Finances, Yves Séguin, espérait encore récemment que son homologue fédéral succombe soudainement à un élan de générosité envers les provinces.Meilleure chance la prochaine fois.«Les soins de santé constituent la priorité des Canadiens», a pourtant affirmé hier le ministre des Finances.Sans doute, mais ce n'est plus nécessairement celle d'Ottawa.Tout ce que les provinces obtiendront pour la «priorité nationale», ce sont les 2 milliards déjà promis par Jean Chrétien en février 2003.M.Martin finance donc ses priorités avec de l'argent emprunté à son prédécesseur (c'est bien la seule chose que Paul Martin aura garder de l'ancien régime).Ce n'est pourtant pas parce qu'Ottawa n'a pas d'argent.Au contraire, à l'issue du présent exercice financier, les surplus seront au moins deux fois et demie plus élevés que prévus.On ne peut d'ailleurs s'empêcher de savourer l'ironie : le gouvernement Martin, qui prêche les vertus de la transparence à toutes les pages de son budget, continue de faire des cachotteries à ses partenaires provinciaux sur l'importance de ses surplus.Au cours des derniers jours, le gouvernement Martin a «trouvé» un milliard pour venir en aide aux éleveurs de bovins affectés par la crise de la vache folle, il a trouvé plusieurs centaines de millions pour l'éducation postsecondaire, il promet des budgets équilibrés ou excédentaires pour les trois prochaines années, il maintient sa «réserve pour éventualités» à trois milliards pour les deux prochaines années financières, trois milliards qui iront directement au remboursement de la dette s'ils ne sont pas utilisés.Donc, si l'économie se porte bien, M.Goodale versera jusqu'à six milliards de plus pour le remboursement de la dette d'ici 2006, mais il ne prévoit que des miettes pour la santé.Tout ça au moment où neuf provinces sur 10 (toutes sauf l'Alberta) luttent contre le déficit.Ça risque de ruer dans les brancards dans les provinces.S'attaquer à la dette, voilà certes un objectif louable, mais le remboursement accéléré ne fait pas l'unanimité alors que toutes les provinces s'entendent pour dire que le réseau de la santé est sous-financé.Pourtant, la santé devait être LA priorité absolue de Paul Martin.Fin octobre 2003, deux semaines avant de devenir chef du Parti libéral, il affirmait d'ailleurs dans une longue entrevue à La Presse que la réduction de la dette nationale devait se poursuivre, «mais pas au détriment de la santé».Pour ajouter à l'affront, le gouvernement Martin lance un avertissement aux provinces.«L'argent fait bien sûr partie de l'équation, mais aussi la réforme, a dit hier Ralph Goodale.Nous devons mettre l'accent sur les résultats, sur de meilleures façons de mesurer et de gérer afin de réduire le temps d'attente et d'assurer l'accès aux meilleurs soins qui soient.Nous devons aussi mettre l'accent sur une meilleure collaboration entre les gouvernements.Il est temps de mettre fin aux duels à coups de campagnes publicitaires.» En promettant de réduire la dette avec les surplus disponibles, tout en conviant les provinces à un grand remue-méninges sur la santé, Ottawa joue les bons pères de famille.Même chose pour les nouveaux programmes d'aide aux étudiants.Comment peuton blâmer un gouvernement de s'occuper de la relève et d'alléger le poids de la dette sur les épaules des générations à venir?Tout ça à la veille d'une campagne électorale, quel hasard, tout de même.Et la santé, alors?«Certains ont prétendu que nous allions nous éloigner de toute prudence en matière de gestion budgétaire.Il n'en est pas question.D'autres ont dit que nous allions nous engager dans une folie de dépenses préélectorales.Il n'en est pas question.» \u2014Ralph Goodale Paul Martin (de dos) a félicité hier Ralph Goodale, son successeur aux Finances.PHOTO REUTERS LES DÉPENSES passées au peigne fin Les programmes fédéraux devront justifier leur existence, à défaut de quoi ils disparaîtront.L'argent trouvé servira à financer les nouvelles dépenses.Le gouvernement Martin a également décidé de rétablir le Bureau du contrôleur du Canada, qui aura entre autres le mandat de nommer des contrôleursprofessionnels agréés.Ceux-ci auront laresponsabilité d'approuver, dans chaque ministère, les nouvelles mesures de dépenses.Préparé par Nathaëlle Morissette LESMUNICIPALITÉS pourront boucher leurs nid-de-poule Les villes du pays, qui doivent renouveler leurs infrastructures, recevront 7 milliards en 10 ans en remboursement de la TPS, une mesure confirmée dans le budget Goodale.Le gouvernement s'engage également à écouter davantage les demandes des municipalités par la mise sur pied d'un comité consultatif indépendant sur les villes et les collectivités.LA SANTÉ publique aura son agence Le gouvernement Martin crée une agence de la santé publique.Elle jouera un rôle prédominant dans la lutte contre les maladies et permettra d'élaborer une stratégie pour faire face à des situations d'urgence, comme le SRAS ou la vache folle.Un investissement de 665 millions répartis sur trois ans permettra de financer l'agence et contribuera à la mise sur pied d'un programme d'immunisation, par l'instauration de nouveaux vaccins.UN BOND'ÉTUDES pour les familles à faible revenu Les parents dont le revenu familial est inférieur à 35 000$ pourront bénéficier d'un bon de 2000 $ pour financer les études postsecondaires de leurs enfants nés après 2003.Une somme de 500$ sera accordée la première année et 100$ seront ensuite remis annuellement, jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge de 15 ans.LA RECHERCHE obtient 20 millions de plus Des fonds supplémentaires destinés à la recherche dans les hôpitaux et les universités permettront aux établissements d'effectuer davantage de recherches et de favoriser la commercialisation de leurs découvertes.DESMISSIONS DE PAIX mieux financées Près de 300 millions permettront de financer la participation du Canada à des missions de maintien de la paix , notamment en Afghanistan et en Haïti.En plus, le gouvernement Martin s'engage à verser 605 millions supplémentaires répartis sur cinq ans pour renforcer la sécurité nationale.LES SITES CONTAMINÉS deviennent une priorité D'ici 10 ans, Ottawa consacrera 4 milliards de dollars à la décontamination de sites pollués, dont 40 % sont situés en zone urbaine ou en périphérie.C'est quatre fois plus que ce que le gouvernement dépense actuellement.Le fédéral injectera aussi 200 millions les deux prochaines années pour le développement de technologies environnementales.LA DETTE à 25% du PIB Ottawa espère réduire la dette à 25% du PIB d'ici 10 ans.Elle est actuellement à 42%.Par cette mesure, le gouvernement espère dégager une marge de manoeuvre financière pour faire face aux nouvelles obligations engendrées par le vieillissement de la population.BUDGET TOTAL 2004-2005 187,2 milliards DETTE Au 31 mars 2004 508,7 milliards FRAIS DE LA DETTE 35,4 milliards EXCÉDENT (avril 2003 à janvier 2004) 5,5milliards LE BUDGET GOODALE VINCENT MARISSAL LE BUDGET GOODALE Les villes canadiennes auront droit à un remboursement de la TPS STÉPHANE PAQUET OTTAWA \u2014 Les grandes villes canadiennes devront attendre pour obtenir la manne qu'elles réclamaient d'Ottawa.Mis à part quelques accélérations de dépenses, le gouvernement fédéral s'est contenté, hier, de répéter que les villes ont désormais droit à un remboursement complet de la TPS.« Le gouvernement maintient son engagement à collaborer avec les provinces pour partager avec les municipalités une partie des revenus de la taxe sur l'essence ou pour trouver d'autres mécanismes financiers qui vont permettre d'atteindre les mêmes objectifs », a dit le ministre des Finances, Ralph Goodale, en livrant son premier budget aux Communes.Mais il est resté dans le domaine des intentions, les négociations avec les provinces n'étant pas terminées sur la façon de livrer plus d'argent aux villes, qui, constitutionnellement, relèvent des provinces.Le gros morceau pour les villes a donc consisté en une répétition d'un engagement du discours du Trône : les municipalités peuvent obtenir un remboursement de ce qu'elles paient en taxe sur les produits et services (TPS).Sur 10 ans, Ottawa estime que cette mesure permettra de rendre 7 milliards aux villes.Pour 2004-2005, la mesure coûtera 580 millions au trésor fédéral, une somme qui ira en augmentant avec les années.Pour les petites villes, celles de moins de 250 000 habitants, Ottawa a décidé d'augmenter la cadence du Fonds sur l'infrastructure municipale rurale.Le fonds d'un milliard de dollars pourra être dépensé sur cinq ans au lieu de 10, comme cela avait été prévu dans le budget de l'an dernier.Jusqu'à présent, ce fonds n'a permis aucun investissement dans les petites municipalités, parce qu'Ottawa n'a conclu d'entente avec aucune province sur la façon de dépenser les millions.Ottawa a prévu 25 millions de dépenses cette année pour le fonds.Pour 2005-2006, 50 millions.Il restera donc 925 millions pour les trois prochaines années.Les autochtones Ottawa a aussi décidé de doubler la somme versée aux autochtones vivant en milieu urbain.Elle passera à 50 millions.Le programme, qui est constitué de huit projets-pilotes dans l'Ouest canadien et en Ontario, a pour objectif d'aider les autochtones qui vivent « dans des centres urbains où ils sont confrontés à des problèmes et des tensions uniques », de dire le ministre Goodale.Dans le but de former les jeunes autochtones (50 % ont moins de 25 ans), Ottawa renouvelle aussi sa stratégie pour les ressources humaines autochtones et y investit 125 millions sur 5 ans.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© Un fonds d'un milliard de dollars pourra être dépensé sur cinq ans au lieu de 10.Péréquation: Ottawa plus généreux avec le Québec.qui en veut plus! STÉPHANE PAQUET OTTAWA \u2014 En reconnaissant un litige vieux de 22 ans avec le Québec sur la façon de calculer la péréquation, Ottawa soutient avoir fait un cadeau de 1,75 milliard de dollars sur cinq ans au Québec.Mais cette somme sera peu utile à Yves Séguin dans la préparation de son prochain budget.Ainsi, le gouvernement québécois, qui en arrache pour boucler son budget, recevra une augmentation de moins de 2% en vertu du programme de péréquation pour l'année 2004-2005, celle pour laquelle le ministre Séguin doit présenter son budget la semaine prochaine.En argent sonnant, cela représente 70 millions de plus sur des revenus de 3,76 milliards que procure la péréquation au Trésor québécois.Québec devra attendre l'année suivante pour voir ses transferts augmenter significativement.Une hausse de 194 millions est prévue en 2005-2006 et celle-ci atteint 560 millions en 2008-2009, pour un total de 1,75 milliard en cinq ans.Malgré ces chiffres, au sous-sol du Centre des congrès d'Ottawa, les membres de la délégation québécoise, qui y décortiquaient le budget Goodale, avaient la mine longue.« C'est la même proposition qui était sur la table le 20 février », s'est plaint un représentant du bureau du premier ministre Charest.Québec a été averti dimanche soir que la réforme de la péréquation serait annoncée dans le premier budget Goodale.Ce 20 février, Ottawa était arrivé avec une proposition qui reconnaissait un vieux litige avec Québec, celui de la valeur des impôts fonciers dans le calcul de la péréquation.On pourrait appeler ça une demande historique du Québec si la formule n'avait pas déjà été utilisée.En clair, la péréquation doit tenir compte de la valeur des maisons dans une province.En Colombie- Britannique, par exemple, où les résidences valent plus qu'au Québec, le gouvernement provincial peut augmenter ses revenus et ceux de ses municipalités en augmentant l'impôt foncier.C'est le discours que tenait le Québec depuis deux décennies.Ottawa l'a reconnu, mais à moitié seulement puisque la nouvelle formule entrera en vigueur progressivement.« Le changement visant l'impôt foncier est d'envergure et comporte d'importantes répercussions distributionnelles entre les provinces, lit-on dans une note du ministère fédéral des Finances.C'est pourquoi les changements seront instaurés par étapes et seulement 50% de la nouvelle assiette proposée pour l'impôt foncier sera utilisée au cours des cinq prochaines années.» La péréquation version Goodale promet aussi d'être plus stable, comme le demandaient les provinces.Les paiements seront calculés sur une moyenne mobile de trois ans.Étrangement, le ministre Goodale n'a pas cru bon souligner une seule fois dans son discours en Chambre la mise en place d'une nouvelle formule pour la péréquation.Il fallait se rendre à l'annexe 6 de son plan budgétaire pour trouver les détails du programme qui fait pourtant 10 milliards.La province qui souffrira le plus de cette formule est la Colombie- Britannique qui perdra, en cinq ans, 709 millions.La formule de la péréquation, qui permet d'équilibrer la richesse entre les provinces, doit être renouvelée tous les cinq ans.La précédente entente arrive à échéance le 31 mars prochain.Le budget fait saliver Montréal mais déçoit l'UMQ SÉBASTIEN RODRIGUE ET FRANÇOIS CARDINAL Le premier budget sous la houlette de Paul Martin divise le monde municipal.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay y voit la reconnaissance des villes comme « partenaires» du gouvernement fédéral, tandis que d'autres déplorent l'insuffisance des investissements pour les infrastructures.Le budget concrétise une des promesses du discours du Trône de janvier dernier, soit de donner aux villes un congé de la taxe sur les produits et services (TPS).« Le gouvernement canadien reconnaît pour la première fois que nous sommes des partenaires.Pour nous c'était l'essentiel », a déclaré le maire Tremblay.Cette mesure procurera aux municipalités canadiennes une aide financière d'environ sept milliards de dollars au cours des 10 prochaines années.Pour Montréal, ce remboursement représente des économies annuelles d'environ 30 millions.Le gouvernement Martin a aussi réitéré son intention de négocier avec les provinces pour partager avec les municipalités une portion de la taxe sur l'essence.« Le premier ministre confirme qu'il est prêt à nous donner cette nouvelle source de revenus lorsque nous aurons fait la démonstration que nous sommes capables de générer une croissance additionnelle », a précisé le maire de Montréal, visiblement satisfait du budget.De son côté, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) est restée sur sa faim.La présidente de l'UMQ et mairesse de Drummondville, Francine Ruest-Jutras, reproche au gouvernement de s'être contenté d'annonces déjà faites lors du discours du Trône en janvier dernier.L'UMQ, qui regroupe 230 municipalités, estime que l'accélération du programme d'infrastructure municipale d'un milliard sur cinq ans au lieu de 10 ans est insuffisante.Selon l'organisme, cette annonce représente 250 millions pour les cinq prochaines années, alors qu'elle estime les besoins à 1,1 milliard par an.Le maire de Laval et président de la Coalition pour le renouvellement des infrastructures, Gilles Vaillancourt, souligne lui aussi l'insuffisance des fonds pour les routes et les réseaux d'eau.M.Vaillancourt considère que ce budget est un «pas dans la bonne direction », mais que cet argent ne permettra pas de rénover les infrastructures les plus vieillissantes.Le secrétaire parlementaire du premier ministre chargé des villes, John Godfrey, souligne pour sa part que ce budget est un «beau départ» pour travailler en partenariat avec les villes, notamment en accordant un congé de TPS.REMBOURSEMENT DE LA TPS Lesmunicipalités toucheront 7 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années grâce au remboursement de la TPS en vigueur depuis le 1er février, dont 580millions en 2004-2005.FINANCEMENT DE L'INFRASTRUCTURE La somme de 1 milliard de dollars affectée au Fonds sur l'infrastructuremunicipale rurale sera dépensée au cours des cinq prochaines années, plutôt que sur 10 ans comme prévu au départ.Le fonds finance des projets modestes (transport local, réseau d'eau potable, etc.).FORMATION DES IMMIGRANTS Une somme supplémentaire de 15 millions par année sera consacrée aux programmes de formation linguistique pour aider les nouveaux immigrants à s'intégrer plus rapidement.PARTAGE DE LA TAXE SUR L'ESSENCE Ottawa négociera avec les provinces dans le but de partager avec lesmunicipalités une partie des revenus provenant de la taxe sur l'essence, ou pour trouver d'autres mécanismes fiscaux qui produiront les mêmes résultats.ASSAINISSEMENT DES SITES CONTAMINÉS Une somme supplémentaire de 3,5 milliards sur 10 ans sera versée pour accélérer l'assainissement en cours des sites fédéraux contaminés.AUTOCHTONES EN MILIEU URBAIN La Stratégie pour les autochtones vivant en milieu urbain sera étendue à un plus grand nombre de collectivités, et son budget sera doublé, passant de 25 à 50 millions de dollars.L'ESSENTIEL DU NOUVEAU PACTE POUR LES COLLECTIVITÉS Source : Ministère des Finances Canada LE BUDGET GOODALE PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Pendant que ce jeune garçon fait consciencieusement ses devoirs dans une école primaire de Montréal, le gouvernement d'Ottawa songe à ses études universitaires.ÉDUCATION 30 millions de plus pour le Québec MARIE TISON OTTAWA \u2014 La bonification du régime canadien de prêts et bourses annoncée hier par le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, permettra au gouvernement du Québec d'empocher une somme additionnelle de 30 millions de dollars.Si Québec décide d'affecter cette somme à son propre régime de prêts et bourses, les étudiants québécois pourront en bénéficier dès l'année scolaire 2005-2006.Dans son discours sur le budget, le ministre Goodale a insisté sur l'importance de l'éducation, qui « peut permettre aux gens de surmonter les différences attribuables à leurs origines ».Il a reconnu que le Programme canadien de prêts aux étudiants devait être remis à jour pour refléter davantage le coût réel des études postsecondaires.Il a ainsi annoncé une hausse du plafond hebdomadaire des prêts, le faisant passer de 165 $ à 210 $.Il a indiqué que les frais admissibles seront révisés pour inclure les ordinateurs dans la liste des fournitures essentielles.Il a également fait savoir que davantage d'étudiants seront admissibles au programme parce que le gouvernement réduira la contribution parentale exigées des familles à revenu moyen.Le ministre Goodale a aussi annoncé que les étudiants provenant de familles à faible revenu pourront bénéficier d'une nouvelle bourse pouvant atteindre 3000 $ pour la première année d'études postsecondaires.Ces mesures représentent une somme additionnelle de 137 millions, sur un programme qui nécessite des investissements annuels de 900 à 950 millions.Le Québec a son propre régime de prêts et bourses, avec ses règles spécifiques.Comme la province ne participe pas au régime canadien, Ottawa lui fait parvenir chaque année un paiement compensatoire qui représente entre 20 et 25% de l'enveloppe canadienne.Le Québec devrait donc recevoir le même pourcentage de la somme additionnelle de 137 millions, soit une trentaine de millions de dollars.En vertu de l'entente Québec-Ottawa, le gouvernement du Québec n'est pas tenu de verser cette somme additionnelle dans son propre régime.Le ministre Goodale a annoncé hier d'autres mesures liées au domaine de l'apprentissage qui s'appliqueront au Québec.Ainsi, il a reconnu que le crédit d'impôt pour études, qui aide les étudiants à assumer les dépenses autres que les droits de scolarité, décourage ceux qui voudraient accroître leurs compétences parce qu'il ne s'applique pas aux employés qui s'inscrivent à des cours connexes à leur emploi.« Nous mettrons un terme à cette restriction et nous donnerons accès au crédit d'impôt à tous les travailleurs canadiens qui étudient dans leur domaine de carrière », a déclaré M.Goodale.Le ministre a également annoncé hier la création d'un nouveau bon d'études pour les enfants de familles à faible revenu nés après 2003 et une bonification de la subvention canadienne pour l'épargne-étude dans le cas de familles à revenu faible ou moyen.RÉACTIONS Le milieu québécois de l'éducation a réagi très diversement au budget fédéral.Nicolas Brisson, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), a par exemple souligné qu'en donnant des bons d'études aux bébés, Paul Martin favorisera l'accès à l'université.en 2022.« Nous sommes très déçus », a-t-il dit.La chambre de commerce du Montréal métropolitain a de son côté salué la volonté du gouvernement fédéral de faciliter l'accès des jeunes à l'université, en encourageant de façon importante l'épargneétudes.Marie Allard Ottawa rend les études plus abordables Des milliers de dollars pour les plus pauvres avec le Bon d'études FRANCIS VAILLES OTTAWA \u2014 Planifier des études postsecondaires pour ses enfants est désormais plus facile pour de nombreuses familles, selon les mesures proposées hier dans le budget fédéral.Ottawa lance le Bon d'études canadien, une mesure pour aider les familles à faible revenu à financer les études universitaires (ou de cégep) de leurs enfants nés après 2003.En outre, le gouvernement fédéral majore la subvention qu'il accorde pour le Régime enregistré d'épargne-études (REEE).Le Bon d'études vise les familles admissibles au supplément de la Prestation nationale pour enfants (PNE), c'est-à-dire celle dont les revenus sont de 35 000 $ ou moins.Ottawa versera 500 $ pour la première année et 100 $ par année par la suite jusqu'au 15e anniversaire de l'enfant.Tout enfant né le 1er janvier 2004 ou après est admissible.Les fonds doivent être placés dans un REEE, un véhicule qui se crée simplement avec une visite à son institution financière.La contribution initiale de 500 $ est en fait versée dès que la famille devient admissible au supplément de la PNE, même si c'est plusieurs années après la naissance.Pour une famille qui, durant 15 ans, a toujours été admissible au supplément de la PNE, le versement de capital maximum est de 2000 $.En supposant que les fonds obtenus soient placés à un rendement de 7% \u2014dans des fonds communs, par exemple\u2014 un enfant pourrait bénéficier d'une somme de quelque 4800 $ pour ses études.« Ce qui est intéressant, c'est que la mesure incitera les parents à contribuer eux-mêmes au REEE créé pour les fins du Bon d'études », souligne Stéphane Leblanc, fiscaliste de Ernst & Young qui a effectué les simulations de rendement pour La Presse.Précisons que l'enfant ou les parents perdront la totalité des fonds accumulés si ces fonds ne sont pas utilisés pour les études postsecondaires de l'enfant.En outre, contrairement à la Subvention canadienne pour l'épargne-études (SCEE), versée avec un REEE pour une contribution parentale, les fonds ne sont pas transférables à un autre enfant si le premier ne poursuit pas ses études.Le fédéral majore par ailleurs cette subvention pour les familles à faible et à moyen revenus.Avant le budget, pour chaque contribution parentale au REEE, le fédéral ajoutait une subvention de 20% jusqu'à concurrence de 400 $ par enfant.Dès le 1er janvier 2005, cette subvention passera à 40% si le revenu familial ne dépasse pas 35 000$ et à 30% s'il dépasse 35 000 $, mais n'excède pas 70 000 $.Ces nouveaux taux ne s'appliquent toutefois qu'à la première tranche de 500$ de cotisations à un REEE.Ernst & Young a fait une simulation pour une famille avec des revenus de 30 000 $ qui cotise 1000 $ par année au REEE, en plus de bénéficier du Bon d'études.Dans un tels cas, les revenus accumulés après 18 ans seront d'environ 52 000 $ avec un rendement annuel de 7 %.En comparaison, une famille qui cotise la même somme, mais qui n'a droit ni au Bon ni à la majoration de la subvention, accumulera quelque 43 700 $.La SCEE bonifiée coûtera 80 millions par année à partir de 2005 et 4,5 millions d'enfants y seront admissibles.Quant au Bon d'études, il coûtera 85 millions et 120 000 enfants y auront droit.ÉPARGNE-ÉTUDES : L'IMPACT DES NOUVELLES MESURES Quatre simulations en fonction du revenu familial Source : simulation préparée par Ernst&Young Sans contribution au REEE Avec contribution de 1000$ par année au REEE Revenu familial net 30 000$ 30 000$ 60 000$ 90 000$ Année de naissance Bon d'études versé par le fédéral1 500$ 500$ 0$ 0$ Contribution du parent au REEE 0$ 1 000$ 1 000$ 1 000$ Subvention fédérale pour le REEE 0$ 200$ 200$ 200$ Jusqu'à l'âge de 15 ans (à partir de 2005) Bon d'études versé par le fédéral 100$ 100$ 0$ 0$ Contribution du parent au REEE 0$ 1 000$ 1 000$ 1 000$ Subvention fédérale pour le REEE2 0$ 300$ 250$ 200$ Âge : 16 et 17 ans Bon d'études versé par le fédéral 0$ 0$ 0$ 0$ Contribution du parent au REEE 0$ 1 000$ 1 000$ 1 000$ Subvention fédérale pour le REEE 0$ 300$ 250$ 200$ Capital total injecté 2 000$ 25 300$ 22 450$ 21 600$ Capital accumulé à un rendement moyen de 7 %3 4 768$ 51 723$ 45 305$ 43 655$ 1 Bon de 500$ pour la première année d'admissibilité 2 En fonction des nouvelles mesures applicables à la première tranche de 500$ de contribution 3 Présume des versements au REEE fait en début d'année Assurer les soins des enfants 91 93 Aider les familles à planifier les études postsecondaires 105 302 Encourager l'apprentissage permanent 25 40 Offrir des débouchés aux Canadiens autochtones 30 31 TOTAL 251 466 L'AIDE À L'APPRENTISSAGE En millions de dollars Source : Ministère des Finances Canada LE BUDGET GOODALE Congé d'impôt pour certains militaires ANDRÉ DUCHESNE OTTAWA \u2014 Les membres des Forces armées canadiennes qui participeront dorénavant à des missions jugées à risque élevé bénéficieront d'une exonération de l'impôt, fédéral et provincial, sur le revenu.Cette mesure permanente entraînera des coûts annuels estimés à 30 millions, a indiqué hier le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale.Le ministre a indiqué que l'adoption de cette nouvelle mesure était en quelque sorte une forme de reconnaissance aux militaires envoyés en missions à l'étranger.« Très souvent, le visage que le Canada projette à l'étranger est celui des Canadiens qui composent nos forces armées.Ces hommes et ces femmes portent le fardeau et acceptent des dangers propres à leurs missions.Nos héros méritent toute la gratitude de leurs concitoyens », a indiqué le ministre.Cette exonération concerne uniquement les missions jugées à haut risque, là où les militaires peuvent être fréquemment exposés à des menaces ennemies.À titre d'exemple, les soldats actuellement déployés en Afghanistan sont affectés à une mission dite à haut risque.Par contre, ceux qui ont été déployés au cours des derniers jours en Haïti ou qui sont en voie de l'être ne sont pas encore touchés par cette mesure car le ministère de la Défense n'a pas encore terminé l'évaluation du degré de risque de cette mission.Selon le Ministère, environ 70 % des quelque 3800 militaires actuellement déployés dans le monde au sein d'une douzaine de missions sont concernés par la mesure d'exonération.Actuellement, un caporal des Forces armées canadiennes déployé en Afghanistan reçoit un salaire mensuel de base de 3989$ plus une prime de mission de 1763 $.Sur une période de six mois, l'exonération représente une économie d'impôt fédéral de 4600 $.Réserve pour missions prolongées À propos des missions à l'étranger, le ministre Goodale a précisé que le prolongement de la participation militaire canadienne à l'opération Athena, en Afghanistan, et à l'opération de lutte contre le terrorisme dans la région du golfe Persique entraînera des dépenses additionnelles de 250 millions.De cette somme, 60 millions seront consacrés à l'opération Athena, 20 millions à l'opération Altair (contre le terrorisme), alors que 115 millions sont mis de côté en cas de dépenses supplémentaires, pour un total de 195 millions en 2004-2005.Une somme de 55 millions est mise en réserve dans l'éventualité où le gouvernement fédéral prolonge sa participation aux missions en 2005-2006.Quant à la décision prise le 5 mars d'envoyer 450 militaires canadiens en Haïti, elle nécessitera une dépense de 50 millions, a précisé le ministre.Le budget 2004 contient peu de nouveautés relativement aux différents projets d'acquisition de matériel militaire du gouvernement fédéral.Tout au plus a-t-on mentionné que le programme de remplacement des vieux aéronefs Hercules et Buffalo, destinés à la recherche et au sauvetage, sera accéléré.Ce projet prévoit l'achat de 15 nouveaux avions sur une période de quelques années pour un montant évalué à 1,3 milliard, dont 300 millions en 2004-2005.La livraison des appareils débutera d'ici 12 à 18 mois.Tous les autres programmes d'acquisition d'équipement suivent leur cours, notamment celui du remplacement des hélicoptères maritimes Sea King.Les deux firmes encore dans la course pour l'octroi de ce contrat évalué à plus de 3 milliards doivent déposer leur offre d'ici la fin d'avril.Les sommes destinées aux différents programmes d'immobilisations sont incluses dans le budget global de la Défense, évalué cette année à 13,3 milliards, par rapport à 12,7 milliards l'an dernier.PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE© Les soldats canadiens actuellement déployés en Afghanistan sont affectés à une mission dite à haut risque et auront donc droit à une exonération de l'impôt, fédéral et provincial, sur le revenu.Ceux qui sont en Haïti pourraient toutefois ne pas profiter du même privilège.«Nos héros méritent toute la gratitude de leurs concitoyens.» 605 millions de plus pour la lutte contre le terrorisme ANDRÉ DUCHESNE OTTAWA \u2014À quelques mois de l'adoption de sa toute première politique en matière de sécurité nationale, le gouvernement canadien annonce l'injection d'une somme de 605 millions d'argent frais sur cinq ans afin de renforcer la sécurité nationale.Cette somme prévue au budget 2004 déposé hier porte à presque 9 milliards de dollars, étalés sur huit ans, le budget qu'Ottawa entend consacrer à la sécurité nationale, que ce soit dans l'embauche de personnel ou dans l'achat de nouvelles technologies destinées à faire échec aux menaces terroristes de toutes sortes.Son virage sécurité, le gouvernement fédéral l'a pris dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.Du jour au lendemain, l'administration fédérale a adopté un train de mesures qui ne cessent de s'accumuler pour faire face à la menace terroriste, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.En 2001, un budget initial de 7,7 milliards de dollars (sur cinq ans) a été annoncé pour bonifier les initiatives en matière de sécurité, que ce soit le renforcement des appareils de détection et les points de contrôle dans les aéroports, le contrôle des nouveaux arrivants au pays, la protection civile, les mesures d'urgence, etc.Le budget 2001 prévoyait également une réserve de 345 millions de dollars sur cinq ans pour répondre à d'autres besoins en matière de sécurité.L'an dernier, le scénario s'est répété avec la mise de côté d'une autre somme de 75 millions sur deux ans.Hier, le ministre Ralph Goodale en a remis avec une nouvelle tranche de 605 millions.« Ces fonds serviront à répondre à des priorités en matière de sécurité telles que les activités de renseignement, la protection des frontières et la sécurité maritime et informatique, ainsi qu'à renforcer la coordination des systèmes, de l'information, de l'évaluation des menaces et des interventions en cas d'urgence », lit-on dans le plan budgétaire dévoilé hier.Comme il est question de sécurité, on se fait plutôt avare d'exemples lorsqu'on demande à quoi, concrètement, servira l'argent.À tout le moins a-t-on laissé entendre qu'une partie des nouveaux investissements permettra à la Gendarmerie royale du Canada d'acquérir et de mettre en fonction un nouveau système d'identification des empreintes digitales.Les droits de passage Le premier budget Goodale réservait aussi une (très) petite surprise aux Canadiens appelés à se déplacer en avion.À compter du 1er avril, l'imposition des droits pour la sécurité des passagers du transport aérien sera en effet légèrement diminuée ; les droits passeront de 7$ à 6$ par aller simple sur les vols intérieurs.Les droits seront aussi ramenés à 10 $ pour les vols transfrontaliers et à 20$ pour les vols transcontinentaux.En général, ces frais sont déjà inclus dans le coûts des billets d'avion.L'imposition de ces droits découle également des nouvelles mesures de sécurité adoptées après le 11 septembre 2001.Quelques mois après les attaques, le gouvernement avait créé l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), une société d'État chargée d'administrer l'ensemble des programmes et des mesures de sécurité dans les aéroports.Les frais inhérents à l'amélioration de la sécurité dans ce domaine nécessitent une dépense de 2,2 milliards de dollars (incluse dans la somme de 7,7 milliards indiquée plus haut), laquelle est financée par l'imposition des droits pour la sécurité.Le gouvernement s'est engagé à réduire les droits perçus aux voyageurs à mesure que les sommes perçues permettaient de rembourser les dépenses du programme.D'ailleurs, une première réduction de ces frais avait été annoncée au budget 2003.Le Canada, pays industrialisé parmi les moins endettés FRANCIS VAILLES OTTAWA \u2014 La dette du Canada a longtemps été perçue comme un boulet pour l'économie canadienne.Or, le Canada est aujourd'hui l'un des pays les moins endettés des pays industrialisés et sa dette descend graduellement vers son niveau des années 70.En 1996, la dette fédérale représentait 68,4 % des revenus annuels de l'économie (produit intérieur brut ou PIB).Cette proportion a reculé à 42% en 2004 et au rythme où vont les choses, la dette du fédéral ne représentera plus que 25 % du PIB d'ici 10 ans.Aujourd'hui, la dette s'élève à 508,7 milliards de dollars.Elle sera réduite de 3 milliards par année si Ottawa applique sa réserve pour éventualité en réduction de la dette, comme il l'a toujours fait ces dernières années.Au terme de l'exercice financier 2013-2014, la dette aura été donc réduite de 30 milliards.C'est surtout la croissance du PIB, le dénominateur de l'équation, qui permettra à la dette canadienne de descendre sous la barre des 25 %.Pour arriver à ce seuil, les économistes du ministère des Finances estiment que la croissance économique nominale sera, en moyenne, de 5 % par année au cours des cinq prochaines années, et de 4,75 % pour les cinq années suivantes.En termes réels, c'est-à-dire une fois l'inflation soustraite, la croissance du PIB serait d'environ 3 %.Les 30 milliards de remboursement de la dette permettront au gouvernement d'atteindre le seuil de 25 % une année plus tôt (2014 plutôt que 2015).Ce seuil de 25 % ramènerait l'endettement du fédéral au même niveau qu'au milieu des années 70.« Il devient de plus en plus nécessaire de réduire le fardeau de la dette et, partant, celui des frais d'intérêt sur la dette publique, compte tenu des tensions économiques qui découleront du vieillissement de la population », est-il écrit dans le budget.Au cou rs de l ' exe r c i c e 2003-2004, les frais de la dette ont représenté 19,8 % des 181,1 milliards de revenus du gouvernement.Dans 10 ans, cette proportion sera de 12 %, calculent les économistes du Ministère.Situation enviable Selon le budget fédéral, le Canada deviendra en 2004 le pays le moins endetté du G7 (les sept plus grands pays industrialisés).En 2003, un seul pays avait un fardeau de dette moins lourd: le Royaume-Uni.Cette analyse du budget porte sur l'ensemble des administrations publiques (fédérale, provinciales, municipales) et fait abstraction du passif de certains régimes de retraite gouvernementaux pour obtenir une meilleure comparaison.Sur cette base, le rapport dette-PIB avoisinait les 70 % en 1995, contre moins de 50% pour l'ensemble du G7.Cette année, ce rapport est descendu à quelque 35 % au Canada, contre une moyenne de 50% pour les pays du G7.Précisons que la dette n'est réduite que de 1,9 milliard cette année plutôt que 3,0 milliards, puisqu'une partie de la réserve (un milliard) a été utilisée pour venir en aide aux agriculteurs de l'Ouest canadien aux prises avec la maladie de la vache folle.Taux 1er avril actuel 2004 Vol intérieur (aller simple) 7$ 6$ Vol intérieur (aller-retour) 14$ 12$ Vol transfrontalier 12$ 10$ Autre vol international 24$ 20$ Note : Le cas échéant, les sommes indiquées comprennent la TPS ou la composante fédérale de la TVH.SÉCURITÉ AÉRIENNE: LES DROITS RÉDUITS Coût des droits par passager Source : Ministère des Finances Canada LA DETTE FÉDÉRALE En pourcentage du PIB Source : Ministère des Finances du Canada Objectif fédéral de 25%en 2014 Prévisions LE BUDGET GOODALE Peu d'argent frais en santé GILLES TOUPIN OTTAWA \u2014 Les soins de santé sont certes « la priorité des Canadiens », comme l'a dit hier le ministre des Finances, Ralph Goodale, mais cette priorité ne se traduit guère, dans son budget, par un financement accru susceptible de calmer les hauts cris des provinces.Ces dernières, qui reprochent à Ottawa de ne pas faire sa juste part en santé, s'attendaient à un geste beaucoup plus significatif du gouvernement Martin, notamment un nouveau transfert en matière de santé.Elles ont certes accueilli avec bonheur la rallonge de 2 milliards annoncée par Ottawa en janvier, mais elles souhaitaient vivement que ce geste de bonne volonté \u2014 amorcé par Jean Chrétien en 2003\u2014 soit suivi par un engagement financier plus important du gouvernement fédéral, ce qui ne s'est pas produit hier.Pierre Paquette, le député bloquiste responsable du dossier des finances, estime que le gouvernement fait passer encore une fois le remboursement de la dette avant la santé, puisque le budget avance un surplus de 4 milliards pour 2004-2005.« Au lieu de se rapprocher de l'objectif de la commission Romanow, a-t-il dit, qui proposait que le gouvernement fédéral assume 25 % des coûts des soins de santé, l'effort fédéral recule avec ce budget, passant de 16% à 14,5 % des dépenses totales.» En tout et partout, le budget d'hier ne prévoit que quelque 665 millions de nouvelles dépenses en santé ; et encore là cette somme est répartie sur trois exercices financiers (de 2003 à 2006).De cette somme, 165 millions seront investis au cours des deux prochaines années (80 millions en 2004-2005 et 85 millions en 2005-2006) dans ce que M.Goodale a appelé « les capacités d'urgence », soit les laboratoires, le système de surveillance et les recherches qui permettront de trouver de nouveaux vaccins et de nouveaux traitements.En fait, ces missions seront menées par la nouvelle Agence de santé publique du Canada, dont la création a été annoncée lors de la rencontre des premiers ministres en janvier.Cette Agence sera dirigée par un agent de santé publique en chef, qui devra travailler en consultation étroite avec le gouvernement fédéral et les provinces.De plus, Ottawa verse aux provinces, toujours sur trois ans, 400 millions (inscrits au budget 2003-2004), dont 300 millions serviront à appuyer une stratégie nationale d'immunisation et 100 millions à soulager les tensions qui se sont exercées sur les réseaux de santé publique des provinces touchées par l'épidémie du SRAS.Québec estime que cet argent ne lui servira pas puisqu'il a déjà son propre Institut national de santé public.Une autre somme de 100 millions, celle-là aussi inscrite dans le budget 2003-2004, sera affectée à Inforoute Santé du Canada afin de permettre aux provinces d'investir dans les logiciels et le matériel informatique destinés à évaluer, concevoir et mettre en place un système perfectionné de surveillance en temps réel de la santé publique.Ottawa pense évidemment surtout aux maladies infectieuses et souhaite avoir en main un système technologique capable de faire face à toute nouvelle épidémie.Le discours du ministre des Finances a d'ailleurs pris le ton du reproche, hier, lorsqu'il a abordé la question de la santé aux Communes.Comme un instituteur d'antan, il a tapé sur les doigts des mauvais élèves, les provinces, leur faisant porter tout le fardeau des failles du système de santé.Le ministre a en effet parler de la notion de « viabilité » du système.« L'argent fait bien sûr partie de l'équation, a-t-il dit, mais aussi la réforme.Nous devons apporter les changements nécessaires pour que les Canadiens puissent compter sur le système de soins de santé lorsqu'ils en ont besoin.Nous devons mettre l'accent sur les résultats, sur de meilleures façons de mesurer et de gérer afin de réduire le temps d'attente et d'assurer l'accès aux meilleurs soins qui soient.Nous devons aussi mettre l'accent sur une meilleure collaboration entre les gouvernements.Il est temps de mettre fin aux duels à coups de campagnes publicitaires.Les Canadiens en ont assez des reproches de toutes parts.Ils veulent que leurs élus se battent pour le régime d'assurance- maladie et non pas en raison du régime.» Intégration des handicapés Un volet du budget a porté également sur l'intégration en milieu de travail des personnes handicapées.Le budget hausse notamment de 30 millions, à compter de 2004-2005, les fonds affectés aux programmes provinciaux d'aide à l'emploi de ces personnes.Il prévoit aussi pour les personnes qui s'occupent d'un proche handicapé qui est à leur charge de déduire davantage au titre des frais médicaux et des dépenses connexes.Le montant maximum pris en compte pourra désormais aller jusqu'à 5000 $.Cette nouvelle initiative coûtera 20 millions au Trésor public dès cette année.RÉACTIONS Le milieu de la santé est déçu de ne pas trouver de nouveaux investissements dans le budget fédéral.À commencer par le ministre responsable au Québec, Philippe Couillard, qui continuera d'exiger d'Ottawa un engagement ferme à investir davantage pour « assurer la pérennité du système de santé ».« Ce sont des sommes qui avaient déjà été annoncées », résume pour sa part la directrice générale de l'Association des CLSC et des CHSLD, Marie-Claude Martel, au sujet des 2 milliards de dollars promis aux provinces l'an dernier.« Quand il a été nommé premier ministre, M.Martin a dit que la santé des Canadiens était sa priorité numéro un et on ne retrouve pas ça dans le budget », déplore de son côté le viceprésident à la direction de l'Association des hôpitaux du Québec, Daniel Adam.Même déception chez les centrales syndicales FTQ, CSN et SCFP.« C'est pas le budget d'un gouvernement, c'est le budget d'un banquier obsédé par le remboursement de la dette », dit notamment la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.Ariane Krol et Mario Cloutier PHOTOARCHIVES AP En tout et partout, le budget d'hier ne prévoit que quelque 665 millions de nouvelles dépenses en santé.Et cette somme sera répartie sur trois exercices financiers, de 2003 à 2006.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Les derniers projets Concert de critiques dans l'opposition de Chrétien mis au rancart ISABELLE RODRIGUE PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Bloquistes, conservateurs et néodémocrates ont uni leurs voix, hier, pour dénoncer un budget qui fait la preuve, selon eux, que le gouvernement Martin a oublié les besoins de la population.Que ce soit en santé, en éducation, ou encore pour appuyer les villes, le premier budget du gouvernement Martin est, aux yeux des partis de l'opposition, décevant.« Le scandale des surplus cachés se poursuit et ça, au détriment de la santé alors que tous les premiers ministres, le Québec en premier lieu, réclament plus d'investissements en santé », a dit le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.« Plutôt que de mettre 500 millions dans une agence sur la santé, on aurait dû remettre cet argent aux provinces, celles qui assurent les soins de santé à la population », a souligné le chef du Bloc.Le chef néo-démocrate, Jack Layton, estime que le budget laisse en plan le « monde ordinaire » au détriment du remboursement de la dette.« Le choix le plus important que ce gouvernement fait, c'est de rembourser la dette rapidement, mais ce n'est pas une chose qu'on peut se permettre actuellement, a indiqué M.Layton.C'est comme si on décidait de rembourser l'hypothèque quand le toit de la maison prend l'eau, votre grand-mère est malade et votre enfant veut aller à l'université.» « Si on continue de sous-financer la santé, cela obligera les provinces et le système de santé à se tourner vers la privatisation, craint M.Layton.C'est ça, le plan secret du gouvernement Martin.» Pour sa part, le chef conservateur, Stephen Harper, a tourné le budget en ridicule.« C'est un gouvernement qui est en poste depuis 10 ans, a-t-il rappelé.Si la meilleure chose qu'il peut trouver à mettre dans son budget ce sont des promesses d'améliorer ses propres méthodes de gestion, cela dit tout de son échec.» Les trois partis de l'opposition se sont dits impatients de confronter les libéraux et leur budget à l'occasion d'élections lors d'une élection.« Je sais que le premier ministre veut déclencher des élections mais je me demande vraiment s'il pense pouvoir faire campagne avec ce budget », a lancé M.Harper.Jack Layton a pour sa part mentionné que «si c'est un budget préélectoral, j'ai hâte de demander aux Canadiens s'ils partagent la vision des libéraux de Martin.» GILLES TOUPIN OTTAWA \u2014 Certains y verront un autre règlement comptes de Paul Martin à l'endroit de Jean Chrétien, d'autres des mesures de compression nécessaires pour rassurer la population sur la capacité d'économiser des libéraux.Il n'empêche que certains des projets qui ont été remisés ou mis à la poubelle, hier, dans le budget fédéral faisaient partie du testament de Jean Chrétien.Le ministre des Finances, Ralph Goodale, a d'abord sonné le glas du Musée d'histoire politique, annoncé en grande pompe par Jean Chrétien en mai 2003.Il a ensuite mis un terme au fameux fonds secret du premier ministre pour l'unité nationale qui a servi, toujours sous M.Chrétien, à dépenser des centaines de millions de dollars pour promouvoir le fédéralisme au Québec.Et il a surtout renvoyé aux calendes grecques l'annonce spectaculaire de M.Chrétien, faite le 24 octobre 2003, d'investir 700 millions de dollars dans VIA Rail, la société présidée à l'époque par son ami et ancien chef de cabinet, Jean Pelletier, afin de réaliser une voie rapide dans le corridor Québec- Windsor.M.Goodale a aussi comprimé les programmes de publicité du gouvernement et il a fait part d'une réduction du budget des ministères à compter du 1er avril 2004.M.Chrétien, qui a une affection particulière pour les musées, avait annoncé qu'il en coûterait 90 millions de dollars pour réaliser son musée dédié à l'histoire du Canada.Quant à la réserve pour l'unité nationale, elle a coûté aux Canadiens environ 50 millions par année, de 1996 à 2003.Évidemment, on ne connaît toujours pas la nature de l'ensemble des projets et des événements qui ont été financés par cette caisse secrète.Pour l'année financière 2004-2005, M.Goodale a annoncé qu'il allouera encore 40 millions à ce fonds avant qu'il ne disparaisse complètement l'année suivante.Le gouvernement Chrétien et son ministre des Transports, David Collenette, avaient qualifié à l'époque les nouveaux investissements dans VIA Rail de «chapitre important de l'histoire du transport ferroviaire», chapitre qui à l'époque n'a pas du tout plu à M.Martin, qui ne prisait guère que M.Chrétien engage le futur gouvernement dans des projets de cette envergure.Des 700 millions annoncés, 325 millions devaient être utilisés pour la mise sur pied du train rapide Québec- Windsor.Le reste de la somme était destiné à l'amélioration de la capacité des voies ferrées, à l'achat de locomotives plus rapides et à la remise à neuf de wagons.Selon Denis Allard, le président du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire, l'argent devait également servir à la transformation des toilettes des trains en toilettes accessibles et à installer des détecteurs de boîtes chaudes sur chacun des essieux des équipements dits Renaissance.«La décision de M.Martin de sabrer ce budget, a affirmé à La Presse M.Allard, oblige VIA à retirer du service tous ses équipements Renaissance, soit une centaine de voitures.» Pour M.Allard, la décision du gouvernement est une «très bonne chose » puisque les équipements Renaissance, «choisis par Jean Pelletier» et achetés en Europe, sont «des équipements à très faible capacité d'accueil qui sont responsables de l'augmentation du déficit de VIA Rail pour l'année 2003.» Les Canadiens payeront encore moins d'impôt FRANCIS VAILLES OTTAWA \u2014 Le gouvernement fédéral n'a pas annoncé de nouvelles baisses d'impôt dans son budget présenté hier, mais son plan quinquennal de réduction d'impôt adopté en 2000 continue progressivement de s'appliquer.Ainsi, le régime fiscal est indexé encore cette année, ce qui fera épargner des centaines de dollars d'impôt aux particuliers.Le montant personnel de base passe ainsi de 7756$ à 8012 $ et les niveaux de revenus à partir duquel les divers taux d'imposition s'appliquent augmentent.Selon les calculs de la firme comptable Ernst & Young, un célibataire gagnant 75 000$ de revenus d'emplois par année économisera 355$ d'impôt cette année au fédéral.Autre exemple : une famille avec deux enfants dont les deux parents travaillent paiera 375 $ de moins d'impôt.Pour la Prestation fiscale pour enfants, l'indexation permettra à une famille de deux enfants de moins de 7 ans qui fait moins de 22 615$ de revenus de toucher 181$ de plus par année.Cette augmentation diminue progressivement pour les familles qui ont un revenu plus important.Elle disparaît pour les familles qui gagnent plus de 71 175 $ par année.Par ailleurs, rappelons que cette année, le plafond de cotisations annuelles à un régime enregistré d'épargneretraite (REER) passe de 13 500$ à 15 500 $.D'ici 2006, ce plafond sera relevé à 18 000 $ ; il sera par la suite indexé selon la croissance moyenne des salaires au Canada.Les particuliers qui n'ont aucun régime de retraite peuvent cotiser jusqu'à 18%de leurs revenus de travail à un REER.Pour les autres, le plafond diminue en fonction de leur cotisation à un régime privé de retraite et de la cotisation de leur employeur.C'est en 2000 que le ministère des Finances d'alors, Paul Martin, a présenté son plan de réduction d'impôts de 100 milliards de dollars sur cinq ans.Les trois quarts de cette réduction profitent aux particuliers, surtout ceux dont les revenus sont modestes.En moyenne, le plan aura donné lieu à une baisse de l'impôt fédéral de 21% pour les particuliers d'ici la fin de l'exercice 2004-2005.Cette année, le taux d'imposition marginal maximum pour les résidents du Québec ne change pas, à 48,22%, mais le niveau de revenus où les contribuables commencent à être imposé à ce taux passe de 104 648 $ à 113 804 $.LES DÉPENSES EN SANTÉ AU CANADA En milliards de dollars Source : Institut canadien d'information sur la santé, Tendances des dépenses nationales de santé, 1975-2003 8,8% 9,2% 9,6% 10,0% LE BUDGET GOODALE Bono ne va pas être content de son ami Paul GILLES TOUPIN OTTAWA \u2014 Il y a fort à parier que le chanteur rock Bono ne sera pas du tout content de son copain, le premier ministre Paul Martin, lorsqu'il prendra connaissance des engagements budgétaires de son gouvernement en matière d'aide internationale.Lors de la nomination de M.Martin à la tête du Parti libéral, à la minovembre à Toronto, Bono avait supplié le futur premier ministre de faire plus pour l'aide internationale, ce à quoi M.Martin avait acquiescé.M.Bono lui avait dit que si le Canada triplait son aide aux pays en développement, il mettrait le reste du monde dans l'embarras.« C'est ce que nous voulons du Canada, avait-il ajouté.Bref, je vais être le plus grand emmerdeur de Paul Martin.» Le présent budget, pourtant, ne faire guère plus que maintenir l'engagement du budget de 2003 de Jean Chrétien d'augmenter l'aide internationale de 8 % pour 2004-2005.Il ajoute cependant, p o u r l ' a n n é e pr o cha i n e (2005-2006), une autre augmentation de 8 %, ce qui représente 248 millions de dollars de plus.De ces 248 millions, la moitié sera destinée à l'Afrique, ce qui confirme que le gouvernement Martin maintient l'engagement en ce sens pris par Jean Chrétien en 2002 lors du sommet du G8 à Kananaskis.Lors de son discours d'avril 2003 sur la politique étrangère, M.Martin avait promis d'accentuer la présence du Canada dans le monde.Le gouvernement a toujours dit d'ailleurs qu'il avait fermement l'intention d'atteindre les fameux objectifs de développement du millénaire énoncés par les Nations unies en décembre 2002.Parmi ces objectifs, entérinés par la communauté internationale, les pays développés se sont engagés à progresser vers l'objectif de 0,7% du revenu national brut consacré à l'aide internationale afin de réduire la pauvreté, la faim, l'analphabétisme, la discrimination à l'égard des femmes et la dégradation de l'environnement d'ici 2015.Le budget d'hier démontre que le Canada est très loin de cet objectif.Si, comme il l'a promis, il accepte d'accroître son aide internationale de 8 % par année d'ici 2009, sa participation à cette aide ne sera que de 0,32% du revenu national brut en 2009.Pour atteindre les objectifs du millénaire (0,7 %), selon les estimations du Conseil canadien pour la coopération internationale, le Canada devra accroître son effort dans une proportion de 12 à 15 % chaque année d'ici 2015.Le ratio canadien d'aide internationale était de 0,44% à l'arrivée au pouvoir des libéraux en 1993-94, soulignait le 9 mars dernier la députée bloquiste de Mercier, Francine Lalonde.Ce ratio, sous le ministre des Finances Paul Martin, a diminué constamment pour se situer à 0,27% en 2001-2002, soit le même que celui affiché actuellement.Quatre milliards pour la décontamination RÉACTIONS Le premier budget de l'ère Martin est « ahurissant » côté environnemental, selon Bernard Bigras, critique du Bloc québécois en matière d'environnement.« Il n'y a aucune mesure concrète pour atteindre les objectifs de Kyoto, dit-il.Il n'y a rien pour le transport en commun.On met de l'argent dans la recherche et le développement alors que la technologie existe.Ça prend des incitations fiscales aux consommateurs pour qu'ils se la procurent, comme les voitures hybrides.Même le dernier budget Chrétien était meilleur que ça.» Même son de cloche chez John Bennett, du Sierra Club.« Je ne crois pas que le gouvernement Martin comprenne l'urgence d'agir dans le dossier des changements climatiques.J'aurais cru qu'ils prendraient l'argent gagné à détruire le climat, avec la vente de Petro Canada, pour réduire nos émissions.À la place, ils donnent ça au fonds Technologies du développement durable Canada.» Charles Côté ANDRÉ DUCHESNE ET CHARLES CÔTÉ Le gouvernement fédéral entend consacrer quatre milliards de dollars au cours des 10 prochaines années à l'assainissement de terrains contaminés dont il est entièrement ou partiellement responsable, une somme largement supérieure à ce qui a été investi par le passé.Depuis 10 ans, le fédéral consacrait 100 millions par an à la décontamination.Pour l'année financière qui se termine, cette somme tournait autour de 75 millions de dollars.L'annonce faite hier représente un investissement annuel moyen de 400 millions.Dans son discours du budget, le ministre des Finances, Ralph Goodale, a insisté sur les bénéfices de cette mesure qui permettra dans l'immédiat la création d'emplois, notamment chez les autochtones ?En effet, 60% des fonds seront utilisés dans le nord du pays où sont situés des terrains très contaminés, dont la mine Giant, située à cinq kilomètres de Yellowknife et contaminée à l'arsenic, les rives de l'ancienne localité de Port Radium dans les Territoires du Nord-Ouest et toute la ligne du réseau d'alerte avancée (DEW).Parmi les autres projets inscrits dans la liste des terrains fédéraux contaminés, il y a ceux du parc national de Banff, où se trouvent d'anciens dépotoirs, le canal de Lachine, l'ancienne caserne Harvey près de Calgary, ainsi que les eaux souterraines de la base de Valcartier, une menace constante pour la municipalité voisine de Shannon.Au total, le gouvernement canadien a l'entière responsabilité de la décontamination de quelque 3800 lieux dispersés partout au pays.Un milliard pour les technologies environnementales Par ailleurs, Ottawa a annoncé qu'il retiendra un milliard de la vente de ses actions dans Petro-Canada pour le financement de nouvelles technologies environnementales.Cette somme ne fait pas partie des quatre milliards de dollars d'investissements dont il est question plus haut.Hier, Ottawa a effectivement confirmé son intention de se départir du bloc d'actions \u2014 18,7%\u2014 qu'il possède encore dans la société pétrolière.Deux cents millions seront investis au cours des deux prochaines années dans Technologies de développement durable Canada, une fondation indépendante pour le développement et la commercialisation de nouvelles technologies vouées à régler les problèmes issus des changements climatiques et de la qualité de l'air.Avec cette somme, le financement du fonds grimpe à 550 millions.Quant aux 800 millions restant, ils seront investis au cours des cinq prochains exercices financiers pour le développement de nouvelles technologies environnementales, au fil des découvertes et des priorités.Un problème majeur, selon des critiques, c'est comment cet argent sera distribué et à qui.« Le gouvernement prend une partie des millions de Petro- Canada et la met dans une fondation qui a été dénoncée par la vérificatrice générale, note Bernard Bigras, du Bloc québécois.Cette fondation échappe complètement au contrôle du Parlement et elle distribue des fonds à des grandes entreprises du secteur pétrolier.» Le gouvernement prévoit que cette fondation, appelée Technologies du développement durable Canada, va aussi aider l'industrie automobile à mettre sur le marché des voitures moins polluantes, une mesure critiquée par Steven Guilbeault, de Greenpeace.« Je ne pense pas qu'on ait besoin de donner de l'argent à l'industrie automobile, dit-il.Il suffit qu'on adopte des normes de pollution.Rien pour Kyoto Le grand absent du budget 2004, c'est le financement de la lutte contre les changements climatiques.Pour respecter le protocole de Kyoto, le Canada doit d'ici 2010 réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6% par rapport à 1990, alors qu'elles ont augmenté de 20% depuis cette date.Pour y arriver, disent les écologistes, il faut mettre en place à grande échelle des technologies moins énergivores.Le ministre de l'Environnement, David Anderson, reconnaît qu'il n'y a aucune nouvelle somme dans le budget 2004 pour atteindre cet objectif, mais c'est parce qu'il en reste des budgets précédents, plaide-t-il.« Dans les budgets de 2001 à 2003, il reste 560 millions, dit-il.Cette fois, il n'y a pas de nouvelles sommes, mais ce n'était pas nécessaire.Ce budget parle de technologies qui donneront des résultats dans 10 ou 15 ans.Kyoto n'est pas suffisant et il faut aller plus loin.» Taux de location fermé de 48 mois au taux annuel de 3,0 % offert aux clients admissibles par Audi Finance chez les concessionnaires participants.Acompte de 5 786 $ ou échange équivalent, dépôt de garantie remboursable de 850 $ et première mensualité de 768,88 $.Obligation totale découlant du bail : 36 906,24 $.Montant dû au début du bail : 8 004,88 $.Montant calculé en fonction du PDSF de la Audi A6 2.7 T S berline 2004 de 63 800 $, incluant quattro.Frais de 0,25 $/km pour le kilométrage supérieur à 20 000 km par an assumés par le locataire à la fin du bail.Contribution du concessionnaire requise pouvant modifier la transaction finale négociée.\u2020Financement au taux annuel de 2,9 % offert aux acheteurs admissibles par Audi Finance pour un contrat de 60 mois sur tous les nouveaux modèles Audi A6 2.7 T S berline 2004.Aucun acompte ou échange requis.Exemple de financement : 20 000 $ au taux annuel de 2,9 % correspond à 358,48 par mois pendant 60 mois.Coût d'emprunt de 1 508,80 $ pour une obligation totale de 21 508,80 $.Les mensualités et le coût d'emprunt varient en fonction de la durée, du montant de l'emprunt et de l'acompte ou échange.Dans les deux cas, taxes, immatriculation, droits, frais de titre et de documentation, inspection de prélivraison, assurances, frais administratifs (y inclus les frais d'inscription, jusqu'à 46 $, au Registre des droits personnels et réels mobiliers), transport de 600 $ et autres options en sus.Livraison avant le 31 mars 2004.Offres d'une durée limitée pouvant changer sans préavis.Demandez les détails au concessionnaire.« Audi », « quattro », « A6 » et l'emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.« Suivre, jamais.» est une marque de commerce de AUDI AG.« Avantage Audi » est une marque de service de Audi of America, Inc.© Audi Canada 2004.\u2020\u2020Pour en savoir plus sur Audi et l'Avantage Audi, voyez votre concessionnaire, composez le 1 800 367-AUDI ou visitez-nous à l'adresse audicanada.ca.Suivre, jamais.audicanada.ca La nouvelle A6 2.7 T S est comme un top modèle avec un doctorat en génie.Le galbe marqué de sa ligne de toit sème l'émoi.Sa calandre de bolide fait tourner les têtes.Et sa vigueur accrue par son V6 biturbo de 265 chevaux, sa mordante traction intégrale quattroMD et sa suspension sport conçue pour la course font tourner toutes les routes à son avantage.La A6 2.7 T S : force, grâce et génie en parfaite harmonie.Avantage Audi : Services d'entretien périodique sans frais pendant 4 ans ou 80 000 km\u2020\u2020 Louez une A6 2.7 T S 2004 769$ par mois Taux de financement à l'achat de 2, 9%\u2020 sur 60 mois disponible.Visitez 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maintien du déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et les provinces.Le secrétaire général de la Fédération, René Roy, a également dénoncé le fait que le régime d'assurance- emploi ne soit pas amélioré, malgré les revendications en ce sens de tout le mouvement syndical et de plusieurs groupes sociaux.La CSN considère de son côté que le premier ministre Martin se comporte comme un banquier : il est obsédé par le remboursement de la dette et néglige de ce fait les besoins fondamentaux des Québécois.La dette avant la santé, déplore sa présidente, Claudette Carbonneau.Alain Pélissier, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec, s'est insurgé pour sa part contre l'instauration de bons d'études pour les enfants de familles démunies, notant la ressemblance dans l'action avec les bourses du millénaire.M.Pélissier y constate « encore de l'ingérence » du gouvernement fédéral dans un champ de compétence provinciale.PASCALE BRETON QUÉBEC \u2014 Le budget fédéral est accueilli par une vive déception à Québec.Tant le gouvernement Charest que l'opposition dénoncent les nouvelles intrusions du fédéral dans les compétences provinciales et l'absence de transferts additionnels tant espérés, particulièrement en santé.« C'est décevant et je pèse mes mots.C'est décevant parce qu'il n'y a rien pour les provinces, rien pour le Québec, rien à la santé surtout, rien à la péréquation », a déclaré le ministre des Finances, Yves Séguin.En prévision de son budget qui sera déposé le 30 mars, M.Séguin s'est cependant fait rassurant, affirmant qu'il sera équilibré.Mais il a préparé les contribuables « à des décisions difficiles », reconnaissant qu'il s'attendait à un coup de pouce de la part du fédéral.« Je vais devoir dans ce cas-là préparer un budget sans compter sur des revenus que nous anticipions », a-t-il déclaré, se disant « déçu, mais pas découragé ».En matière de santé, le gouvernement fédéral respecte sa promesse de verser aux provinces une somme de deux milliards, mais ne s'engage pas davantage.Pendant ce temps, le fédéral continue d'engranger les surplus.Ils se chiffreront à plus de 10 milliards pour les deux prochaines années alors que les provinces peinent à boucler leur budget, a aussi dénoncé le ministre, qualifiant de « considérable» la marge de manoeuvre dégagée par Ottawa.Le ministre des Finances du Québec entend tout de même poursuivre les pressions auprès d'Ottawa, notamment sur la question des transferts, affirmant que tous les espoirs sont permis tant que le projet de loi sur la réforme de la péréquation n'aura pas été adopté.M.Séguin s'est par ailleurs dit étonné des nouvelles intrusions du fédéral dans les compétences provinciales, notamment avec l'annonce hier de la création d'une nouvelle agence fédérale de valeurs mobilières pour remplacer les actuels commissaires aux valeurs mobilières.« Il n'en est pas question », a-t-il prévenu.Le chef de l'opposition, Bernard Landry, s'est de son côté montré ironique hier.« C'est un peu surprenant que le gouvernement Charest soit déçu alors qu'il n'a rien demandé », a-t-il lancé, ajoutant : « Il n'a rien demandé, il n'a rien eu.» Pour le Parti québécois, l'élection d'un gouvernement libéral au Québec il y a près d'un an n'a finalement rien modifié aux relations avec Ottawa.Les choses ne vont pas mieux, elles empirent, a même affirmé M.Landry.«Le modèle instauré par Paul Martin (à l'époque ministre des Finances) d'étranglement fiscal suivi d'envahissement s'applique parfaitement.Il n'y a pas de nouvelle ère, il y a l'ère de la continuité.» Une vision que partage l'Action démocratique du Québec.Le chef adéquiste, Mario Dumont, a d'ailleurs ridiculisé « la nouvelle ère de la coopération » tant promise par les libéraux de Jean Charest en campagne électorale.« Vous ne trouverez pas le germe du début du commencement d'une nouvelle approche entre le fédéral et les provinces.C'est dans la droite ligne de ce que à quoi le Parti libéral du Canada nous a habitués », a déclaré M.Dumont en prévenant que l'opposition devra désormais s'interroger davantage sur la stratégie préconisée à ce jour par le gouvernement Charest dans ses relations avec le fédéral.À LIRE La prudence en cadeau - L'éditorial d'André Pratte page A20 Pas de « petro-points » pour Bombardier - La chronique de Sophie Cousineau La Presse Affaires, page 1 Ottawa fait le plein - La chronique de Michel Girard La Presse Affaires, page 4 Un accueil tiède du milieu des affaires La Presse Affaires, page 5 AVEC BERNARD DEROME DU LUNDI AU JEUDI AVEC CÉLINE GALIPEAU VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE LE TÉLÉJOURNAL 22h Le Réseau de l'information de Radio-Canada 21h www.radio-canada.ca/tj UN GRAND RENDEZ-VOUS QUOTIDIEN 3214488A . ©2004 E R N S T & YOUNG s .r.l ./ S .E .N .C .R .L .OTTAWA, le 23 mars 2004 \u2014 Le programme du gouvernement Martin, dont on a eu un aperçu dans le discours du Trône le mois dernier, a été élaboré dans le premier budget du ministre des Finances, qui comprend toutefois d'importantes nouvelles dépenses pluriannuelles.Le programme de réaffectation des dépenses vient compenser en partie ces dépenses pluriannuelles.Par ailleurs, pratiquement aucun nouvel allégement fiscal n'est annoncé, pas plus qu'une réduction audacieuse de la dette.Comme dans les dernières années, un budget équilibré est prévu pour l'exercice courant et les deux prochains, l'excédent des recettes budgétaires sur les dépenses étant affecté aux réserves pour éventualités et prudence économique.En plus des 2 milliards de dollars que le Premier Ministre avait convenu de fournir aux provinces pour la santé il y a un an, une aide directe de 1 milliard de dollars sera consacrée au secteur agricole et, en date du 1er février 2004, les municipalités ont droit à un remboursement intégral de la TPS.Le Ministre promet également d'autres fonds pour la santé ainsi que des mesures d'amélioration d'un grand nombre de priorités, comme l'apprentissage, le savoir et la commercialisation, les collectivités et les affaires internationales.Ces initiatives de dépenses, combinées avec celles annoncées dans les budgets des exercices antérieurs, et entre les budgets, représentent des engagements de plus en plus coûteux pour les exercices à venir.Le pays peut se permettre de telles dépenses seulement si le programme de réaffectation des dépenses est mis en application.Et même là, nous serons coincés pour faire face aux nouvelles dépenses à venir inévitables et aux dépenses incontournables qui découleront du vieillissement de la population.Les projections économiques pourraient décevoir de nouveau La performance économique hésitante dans l'ensemble au Canada depuis le milieu de 2002 n'a en rien facilité la planification financière et l'équilibre budgétaire.La croissance de la production en 2003 est estimée aujourd'hui à seulement 1,7 %.C'est un taux inférieur au gain de 1,9 % enregistré lors de l'année de récession 2001 et seulement la moitié de la solide progression de 3,2 % projetée dans le budget précédent.La reprise vigoureuse qu'avait prévue le gouvernement ne s'est jamais réalisée.L'augmentation des dépenses des consommateurs comme des entreprises a été pour ainsi dire neutralisée par une baisse des volumes des exportations et une hausse des importations, qui reflètent en partie l'appréciation notable et rapide de la contre-valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain.Le Ministre s'attend à une bien meilleure performance pour l'exercice courant et le prochain.Le PIB réel, soit le volume total des biens et des services produits, devrait progresser de 2,7%en 2004 et de 3,3 % en 2005.Le taux d'inflation et le taux d'intérêt graviteraient encore autour de leurs faibles niveaux actuels en 2004 et monteraient quelque peu en 2005.Des améliorations modestes au chapitre de l'emploi devraient mener à un léger recul du taux de chômage.Cependant, cette prévision d'une bien meilleure croissance est entachée non seulement par les risques importants habituellement associés aux projections économiques - dont la performance des économies américaine et mondiale, les prix des ressources naturelles, l'instabilité des marchés des capitaux et les considérations géopolitiques - mais aussi par un risque nouveau : l'incidence incertaine d'une valorisation sans précédent de près de 20 % du dollar canadien par rapport au dollar américain au cours de la dernière année.Si cette évolution du pouvoir d'achat relatif de notre monnaie se maintient pendant un certain temps, la compétitivité du Canada et ses profits tirés des exportations pourraient subir des pressions de plus en plus fortes.Il est fort possible que de nombreux exportateurs et fabricants canadiens finiront par apporter les rajustements appropriés pour faire faceàcenouvel environnement, mais personne ne peut dire avec une grande certitude combien de temps il leur faudra et dans quel état en sortiront ces secteurs clés de l'économie.Selon les estimations, la croissance économique plus faible que prévu en 2003-2004 aura coûté au gouvernement 3,1 milliards de dollars en recettes provenant de l'impôt des particuliers et 2,3 milliards de dollars en perceptions de la TPS.La somme de ces deux montants dépasse le total de 4 milliards de dollars des attributions à la réserve pour éventualités et à la prudence économique, mises de côté dans le budget de l'an dernier pour parer à ce genre d'imprévus.À notre avis, les risques qui menacent l'économie pour les deux prochains exercices demeurent considérables.Déjà, selon les estimations du secteur privé, les perspectives pour le présent exercice sont moins favorables que celles sur lesquelles les projections du présent budget sont fondées.Les recettes pourraient donc être beaucoup moins élevées que prévu dans le budget.Une hausse des dépenses exclut une réduction notable des impôts et de la dette Dans le présent budget, comme dans ceux des deux derniers exercices, les nouvelles dépenses l'ont emporté sur tout effort important de réduction des impôts et de la dette.Le ministre des Finances a annoncé de nouvelles dépenses s'élevantà6,6 milliards de dollars pour l'exercice en cours et les deux prochains.Comme c'est devenu la coutume dans les récents budgets, le Ministre a conclu qu'il lui restait une marge de manoeuvre plus grande qu'il ne le pensait en matière de dépenses pour l'exercice courant.En tirant parti de la souplesse supplémentaire qui en découle, le gouvernement s'est concentré exclusivement sur les dépenses nouvelles ou améliorées; aucune autre baisse d'impôt n'est offerte, et aucun engagement d'affecter plus de 1,9 milliard de dollars à la réduction de la dette n'a été pris, si cette somme est disponible lorsque les comptes du gouvernement seront définitivement arrêtés à l'été.Outre les 2 milliards de dollars supplémentaires distribués aux provinces pour les soins de santé, 1,5 milliard de dollars de nouvelles dépenses doivent être engagés dans le présent exercice.D'après les estimations budgétaires, les dépenses de programmes de 2003-2004 augmenteront de 7,6 %, soit un point de pourcentage de plus qu'en 2002-2003.Pour les deux exercices, les dépenses de programmes montent beaucoup plus rapidement que la production économique et les recettes budgétaires; en effet, ces dernières progressent à un rythme équivalant à moins de la moitié de celui des dépenses.Le taux de croissance des dépenses de programmes demeure élevé et devrait continuer de devancer le taux de croissance des recettes au cours des deux prochains exercices.D'ici 2005-2006, le Ministre estime que les dépenses de programmes dépasseront celles de 1999-2000 de plus de 45 milliards de dollars.Même si aucune nouvelle initiative n'est annoncée au cours des cinq prochains exercices, les dépenses continueront de croître considérablement.Les plus récentes projections financières à moyen terme de l'automne 2003, fondées sur les prévisions économiques du secteur privé, qui ne tiennent pas compte de l'incidence des nouvelles mesures de dépenses annoncées dans le présent budget, laissent entendre que le total des dépenses de programmes augmentera à un taux annualisé de 4,4 % jusqu'en 2008-2009.Ainsi, les dépenses de programmes atteindront 178 milliards de dollars en 2008-2009, comparativement à 143 milliards de dollars en 2003-2004.En réalité, cette projection pourrait sous-estimer l'ampleur des pressions existantes sur les dépenses, car elle suppose que le programme de réaffectation des dépenses permettra de réaliser les économies annuelles promises de1 milliard de dollars.De plus, pour que ces pressions soient allégées, le Comité d'examen des dépenses se doit de réussir à cerner des économies additionnelles d'au moins 3 milliards de dollars par année sur une période de quatre ans.Afin d'en arriver à une meilleure gestion des dépenses de façon continue, le gouvernement s'est concentré sur l'annonce de contrôles plus rigoureux des dépenses, en réinstituant le Bureau du contrôleur général du Canada, tout en renforçant les mandats des contrôleurs des ministères et des vérificateurs internes.Peu d'allégements fiscaux pour les Canadiens Comme dans le cas du budget de l'an dernier, aucune nouvelle baisse importante d'impôt n'est proposée.Malgré les récentes diminutions d'impôt, le fardeau fiscal des Canadiens, les particuliers comme les entreprises, demeure plus lourd que celui des Américains.Seulement 10% des réductions d'impôt au cours des cinq dernières années se rapportaient directement aux bénéfices des sociétés, et le taux d'imposition réel du capital des entreprises demeure l'un des plus élevés du monde.Cette situation nuit gravement au volume des nouveaux investissements des entreprises et a pour effet de limiter la croissance de la productivité et la création d'emplois.Au moment de prendre des décisions d'investissement, les investisseurs considèrent principalement l'impôt sur les bénéfices et l'impôt sur le capital.Faute de pouvoir financer un allégement du fardeau fiscal des entreprises à l'égard de ces impôts sans augmenter d'autres impôts et taxes, le gouvernement devrait se tourner vers les taxes à la consommation comme source de recettes de remplacement.La réduction de la dette n'est pas une priorité Encore une fois, le budget a omis d'intégrer toute mesure précise de réduction de la dette.Pour les deux prochains exercices, les seules réductions prévues de la dette fédérale toujours colossale de 510 milliards de dollars proviennent des fonds de la réserve pour éventualités, pour ce qu'il en restera à la fin des exercices.C'était là tout l'engagement du gouvernement envers la réduction de la dette au cours de chacun des derniers exercices.Au cours des derniers exercices, des surplus plus importants que prévu ont permis au gouvernement de ramener le rapport dette- PIB de 68 % à 44 %.L'objectif du gouvernement est maintenant de réduire ce rapport à 25 % dans les dix prochains exercices.Il s'agit là d'une étape positive.Pourtant, il est bien connu qu'il est très risqué pour un gouvernement de fonder sa stratégie de gestion de la dette sur pareille projection à long terme.En outre, il est décevant de voir que le gouvernement ne se soit pas fixé un objectif plus audacieux.À notre avis, un tel objectif devrait viser une réduction importante de l'encours de la dette et des mesures de réalisation plus rapides que le gouvernement ne l'envisage à l'heure actuelle.Malgré des taux d'intérêt les plus bas en près de 40 ans, le coût annuel du service de la dette dépasse toujours 35 milliards de dollars, ou à peu près 20% des recettes budgétaires totales du gouvernement.Malheureusement, l'absence d'efforts résolus de réduction de la dette au cours des prochains exercices fait planer un risque inacceptable qu'un accroissement des taux d'intérêt n'alourdisse davantage ce fardeau.Améliorer notre situation financière Nous croyons que le gouvernement devrait tirer parti de la souplesse que lui offre la solidité actuelle de sa situation financière pour entreprendre diverses initiatives financières stratégiques vitales, dont les suivantes : \" Amener le Comité d'examen des dépenses à trouver suffisamment d'économies pour réduire la croissance des dépenses de programmes à un taux beaucoup plus bas que le taux de croissance prévu de l'économie de manière à faire place à une diminution concrète des impôts et de la dette.\" S'engager envers une réduction annuelle minimum de la dette de 3 milliards de dollars.Il faudrait alors traiter ce montant de réduction de la dette comme une dépense prioritaire, et non comme un objectif à réaliser seulement si la réserve pour éventualités n'est pas utilisée ailleurs.Tout surplus découlant de la dernière éventualité devrait également être affecté à la réduction de la dette.\" Prévoir un calendrier précis, avec des indicateurs de progrès mesurables, en vue d'atteindre un rapport dette-PIB de 25 %.Nous convenons que ce rapport de 25 % est raisonnable à court terme, bien qu'il ne soit pas nécessairement l'objectif ultime adéquat.\" S'engager envers un autre allégement du fardeau fiscal global des entreprises.Dans la mesure nécessaire, le gouvernement peut devoir réviser la composition de ses recettes fiscales, dans le but de combler tout manque à gagner par un élargissement des taxes à la consommation.La pierre angulaire du premier budget du gouvernement Martin est une saine gestion financière.Bien qu'une certaine surveillance des dépenses soit essentielle, l'amélioration des contrôles financiers et le programme de réaffectation des dépenses ne suffisent pas à ralentir la croissance des dépenses de programmes.Le gouvernement se doit de prendre des mesures pour limiter cette croissance en deçà de celle des recettes pour passer à une réduction significative des impôts et de la dette.Ernst & Young analyse le budget fédéral 2004 2, HAFKAK @A HJGBJ?EEAK # 0HAJ'M @M KL?LM IMG 841 FGECF?D 9 23 >0 : 4 0< 476 06 6 = 3 5 5 3 8 : & > 4 ; 4 7 6 ; 4 > 4 ; 2 5 2 4 &$ '$ ($ )$ +$ , $ 3DEAEL DBJ?F 2G-L BC F?BCLLC HM@FEIMC Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAUX La prudence en cadeau apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE Les budgets présentés à la veille des élections sont généralement bourrés de cadeaux, souvent au mépris des réalités financières.Dans le Canada post-scandale des commandites, le ministre des Finances, Ralph Goodale, a choisi une approche radicalement différente : séduire les électeurs canadiens par sa prudence.Peu importe que les motifs soient électoralistes ou non, ce choix est intelligent et sain.La manifestation la plus frappante de cette prudence est la stratégie de réduction de la dette annoncée par M.Goodale.Malgré les récriminations des provinces, le ministre maintient la réserve pour éventualités de 3 milliards par an.En l'absence d'une crise majeure, ces 3 milliards seront chaque année versés au remboursement de la dette.D'ici dix ans, la dette du gouvernement du Canada sera passée de 510 milliards à 480 milliards.Certains spécialistes diront que cet exercice n'est pas nécessaire, que le poids relatif de la dette diminue de toute façon au rythme de la croissance économique.Les gouvernements provinciaux soutiendront qu'au lieu de jouer les grippe- sous, M.Goodale aurait mieux fait de leur donner ces milliards pour qu'ils puissent les consacrer à la santé.Une telle générosité aurait été populaire, mais irresponsable.Contrairement à une perception très répandue, les surplus du gouvernement fédéral ne sont pas gigantesques : entre 2 et 4 milliards par an d'ici à 2005-2006.Si Ottawa transférait cet argent aux provinces plutôt que de se constituer une petite réserve, il prendrait le risque qu'un choc économique (ou environnemental, ou sanitaire, ou militaire) le replonge dans le rouge.En outre, la dette fédérale est lourde à porter, grugeant 21 cents de chaque dollar de revenus ; c'est deux fois plus que le service de la dette des gouvernements provinciaux.En accélérant le remboursement de sa dette, Ottawa se donne une marge de manoeuvre qui atteindra deux milliards dans dix ans.Dans la foulée du scandale des commandites, le ministre Goodale a annoncé la mise en place d'« un système moderne de gestion et de surveillance des dépenses ».Le gouvernement dépensant 180 milliards par an, comment se fait-il qu'un tel système ne soit pas en place depuis longtemps ?Il est difficile de savoir, à la lecture, si les décisions annoncées pourront vraiment empêcher les abus.Par exemple, le rétablissement du Bureau du contrôleur général du Canada : les fonctionnaires du ministère des Finances avaient bien du mal hier à expliquer ce que fera le contrôleur qui n'était pas déjà fait.Plus prometteur est l'exercice de révision des dépenses, qui doit dégager chaque année une somme de 3 milliards.Les sept critères qui guideront l'exercice sont pareils à ceux qui ont été établis par le gouvernement Charest à Québec : le fédéral fera de la réingénierie sans le nom.Lors des deux budgets précédents, à la faveur de la forte croissance économique, les libéraux étaient retombés dans leurs travers financiers.Rien de tel cette fois-ci : la plupart des mesures annoncées entraînent des déboursés modestes.Les dépenses les plus importantes profiteront directement aux provinces et aux villes.Notamment, le budget Goodale annonce une réforme longtemps attendue de la péréquation.Le Québec en est le grand bénéficiaire : il recevra 349 millions de plus par an pendant les cinq prochaines années.Malgré ces changements significatifs, les premiers ministres provinciaux déchireront encore une fois leur chemise au sujet de la santé.Pourtant, qui dit qu'une contribution additionnelle du gouvernement fédéral entraînerait une amélioration concrète des soins ?Les milliards supplémentaires investis depuis quelques années ontils fait une si grande différence sur le terrain ?Le fédéral a décidé, avec raison, de ne pas investir davantage que ce qui est déjà prévu\u2014une augmentation substantielle de plus de 6 milliards en 4 ans\u2014avant un examen en profondeur de la viabilité du système de santé.C'est la prochaine étape, urgente et essentielle : trouver le moyen de freiner la croissance des dépenses en santé.Cette étape devra absolument être franchie, peu importe la date des élections, et peu importe le parti qui sera au pouvoir.serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS DOCUMENT 52milliards remboursés Les Canadiens savent d'instinct qu'il faut payer notre dette nationale Si Ottawatransférait plus d'argent aux provinces plutôt quedese constituer une réserve, il prendrait le risquequ'unchoc économique le replonge dans le rouge.RALPH GOODALE Nous vous présentons ici un extrait dudiscours dubudget présentéàla Chambredes communes, hier après-midi, par le ministredes Finances du Canada.« Une politique budgétaire responsable, prévoyant la mise de fonds réservés aux événements imprévus, est la clé de la performance solide et vigoureuse de l'économie canadienne ces dernières années.L'an dernier, cette politique était plus importante que jamais, car la population canadienne a été confrontée à des réalités difficiles et imprévues.Qu'il s'agisse de la crise de la maladie de la vache folle, de l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère, de la panne de courant majeure en Ontario, de l'ouragan Juan dans les provinces de l'Atlantique ou des feux de forêt qui ont dévasté la Colombie- Britannique, l'année 2003 a été clairement marquée par l'adversité.Cette combinaison extraordinaire d'événements extrêmes a eu un impact important sur le mieux-être de tous les Canadiens.En 2003, l'économie a progressé de 1,7 %, soit environ la moitié de ce que les économistes du secteur privé avaient prévu au départ.Mais grâce à la solidité des composantes fondamentales de l'économie à laquelle les Canadiens ont tant contribué, notre pays a été en mesure de résister à la tempête et de terminer l'année 2003 en meilleure posture que la plupart des observateurs ne l'avaient prévu.En effet, c'est en période de difficulté qu'une réserve pour éventualités trouve tout son sens.C'est ce qui nous a permis de nous attaquer à certains des graves problèmes attribuables au syndrome respiratoire aigu sévère et à la maladie de la vache folle.Avec cette réserve, nous avons affecté 1 milliard de dollars en soutien direct aux producteurs agricoles pour les aider à surmonter les conséquences désastreuses de la maladie de la vache folle et les baisses soudaines de leurs revenus.Voilà pourquoi une réserve pour éventualités est si valable et si nécessaire.À la fin du présent exercice, nous prévoyons que la réserve va s'élever à 1,9 milliard de dollars.J'ai le plaisir d'annoncer que, pour 2004-2005 et 2005-2006, la réserve pour éventualités sera de 3 milliards de dollars.Si elle n'est pas nécessaire pour répondre aux imprévus, comme ceux qui sont survenus l'an dernier, ce montant servira chaque année à réduire notre dette.En plus de la réserve pour éventualités, le présent budget rétablit une marge ou une mesure de prudence économique de 1 milliard de dollars, montant qui augmentera au cours des prochaines années.Si cette mesure supplémentaire n'est pas nécessaire au cours d'une année donnée, elle servira à financer les priorités des Canadiens.Économies d'intérêts Les Canadiens savent d'instinct qu'il faut rembourser la dette, que ce soit pour eux-mêmes ou pour le gouvernement.Et, de fait, nous avons remboursé jusqu'à présent une tranche de plus de 52 milliards de dollars de notre dette, ce qui représente des économies d'intérêt d'environ 3 milliards de dollars chaque année.Cet argent sert maintenant à investir dans des domaines prioritaires comme les soins de santé et l'apprentissage.Pendant la même période, le ratio de la dette au PIB (produit intérieur brut), qui indique l'ampleur de notre dette par rapport à la taille de l'économie, a également diminué.En fait, il est passé d'un sommet de 68 %, en 1995-1996, à tout juste un peu plus de 42 %, en 2003-2004.Je sais bien que seul un ministre des Finances ou un économiste solitaire peut trouver excitante la baisse du ratio de la dette au PIB mais, ce qu'il faut retenir, c'est que tout le monde y gagne.Pourquoi ?Parce que la baisse de ce ratio se traduit par une situation financière plus forte dans l'ensemble, ce qui aide à maintenir des taux d'intérêt peu élevés.Ainsi, les gens peuvent acheter leur première maison, lancer une entreprise, acheter du matériel agricole neuf ou investir dans leur avenir.Et si nous jetons un regard vers l'avenir, nous pouvons constater que le vieillissement de la population aura au moins deux conséquences marquantes pour notre société.D'une part, il y aura moins de gens qui travaillent, et donc moins de personnes qui contribuent aux programmes sociaux que nous avons tant à coeur.D'autre part, la demande pour ces mêmes programmes va augmenter, en particulier dans le domaine des soins de santé.En exerçant dès aujourd'hui une gestion financière prudente, nous pourrons disposer des ressources dont nous aurons besoin pour mieux répondre à cette demande de plus en plus forte.Je propose donc que le Canada se donne un objectif raisonnable, celui de réduire le ratio de la dette fédérale au PIB à 25 % d'ici 10 ans.C'est cette même prévoyance qui nous a permis de rétablir les bases de notre régime de pensions universel afin que les Canadiens puissent compter sur ce régime le moment venu.Le Régime de pensions du Canada sera en bonne santé actuarielle pendant au moins les 50 prochaines années.Il s'agit là d'un des très rares régimes de pension publics au monde à être en aussi bonne posture.» PHOTO REUTER© Ralph Goodale En2003, l'économie a progresséde 1,7 %, soit environ lamoitié de ceque les économistes du secteur privéavaient prévu audépart.Le syndrome Ralph Nader kgagnon@lapresse.ca KATIA GAGNON La gauche québécoise est en ébullition : une aile se forme au sein du Parti québécois et un nouveau parti politique rassemblant les forces de gauche pourrait naître à l'automne.Il faut saluer ces initiatives, qui ont le mérite de soumettre une autre vision des choses au débat public.Les deux façons de faire sont diamétralement opposées.Un groupe, dominé par d'anciens syndicalistes, a décidé de créer une aile gauche au sein du Parti québécois pour porter les idées progressistes, certes, mais également une certaine vision de la souveraineté.La démarche de l'ancienne présidente de la Fédération des femmes, Françoise David, est tout autre : tout indique qu'elle voudrait rassembler les forces vives de la gauche (y compris l'actuelle Union des forces progressistes) en vue de se lancer dans le combat électoral.Et on peut parier que la souveraineté ne fera pas partie de ses priorités.De prime abord, la démarche des Monique Richard et Marc Laviolette semble plus porteuse.Le Parti québécois est sans conteste le plus à gauche sur l'échiquier politique québécois.Ce parti constitue donc un terreau fertile pour ce type d'idées.En revanche, la démarche de Françoise David pourrait contribuer à l'élection d'un parti plus à droite en divisant les voix qui devraient normalement échoir au PQ.Mme David deviendra-t-elle la Ralph Nader du Québec ?Les voix récoltées par le chef du Parti Vert lors des présidentielles de 2000 avaient coûté la victoire au candidat démocrate Al Gore.Un scénario semblable constitue, pour la gauche, le grand risque de créer un nouveau parti.Mais si d'aventure ce nouvel organe réussissait, en créant un véritable rapport de force, à pousser le Parti québécois vers ses racines progressistes, la gauche pourrait alors crier victoire.Dans cette optique, Mme David est probablement la seule personne au Québec qui a la stature pour réaliser une vraie union des forces de gauche, affligées, ici comme ailleurs, d'une forte tendance à s'entre-déchirer.Elle jouit également de la crédibilité nécessaire pour tenter de convaincre le grand public de la validité des idées de gauche.Elle aura tout un défi, cependant, pour amener un peu de réalisme au programme.Rappelons simplement que l'Union des forces progressistes proposait, aux dernières élections, un réinvestissement de dix milliards dans la santé, le salaire minimum à 10 $ l'heure, ainsi que l'instauration de la semaine de 32 heures.Le Canadadevrait sedonner unobjectif raisonnable, celui de réduire leratio de ladette fédérale auPIBà25%d'ici 10ans. FORUM Pour lemariage gai?Êtes-vous d'accord avec la décision de la Cour d'appel qui ouvre la porte au mariage de conjoints de même sexe au Québec?Voici un échantillon des courriels que nous avons reçus à la suite de notre appel à tous.> OUI >NON Un grand pas vers l'égalité Amendons la Charte La seule raison pour laquelle la Cour d'appel a trouvé anticonstitutionnelle la requête, c'est la Charte des droits et libertés, et non le bon sens.Conséquemment, il faut amender cette charte qui ne vaut pas le papier sur laquelle elle est écrite.Yvon Cyrenne Orléans .Et la procréation ?Le récent jugement de la Cour d'appel du Québec confirme la position de la magistrature de notre pays en faveur du mariage homosexuel.Il faut donc prendre acte de cette interprétation de la Charte des droits et libertés relativement à la loi actuelle sur le mariage.Cela étant, on peut quand même se demander si le dernier mot appartient aux tribunaux ou au Parlement représentant le peuple.J'ai cru, peut-être à tort, que le mariage et la procréation était intimement liés.J'ai cru que toutes les civilisations avaient institué le mariage pour offrir un cadre sécuritaire et durable à la famille issue de l'union d'un homme et d'une femme.Les juges nous disent qu'il n'en est rien.Si cela a déjà été vrai, ça ne l'est plus maintenant.Le mariage et la procréation sont désormais clairement dissociés.J'y vois une dévalorisation de la procréation.La procréation est une option, sans plus.Le désir et la volonté d'avoir des enfants ne sont plus essentiels pour un couple qui demande le mariage.La dénatalité des pays occidentaux s'explique, en partie, par la valeur accessoire que la procréation a prise.Une natalité suffisante est nécessaire à la survie d'une société.La société québécoise « moderne » ne valorise pas suffisamment la procréation, les enfants et la parentalité.Une redéfinition du mariage pourrait participer à une revalorisation de la procréation.Les Canadiens devraient pouvoir redéfinir ensemble le mariage et non pas laisser les juges le faire à leur place.Le mariage n'est pas qu'affaire de droits individuels, il est un instrument du bien commun dont la société a besoin pour assurer sa survie.François Beaulé Montréal Adam et Louis ?Une bien triste nouvelle.Un couperet dans la stabilité de la famille, laquelle est la survie et la base de la société.Quant à la position de l'Église catholique, elle ne changera pas car elle suit les enseignements de Dieu.Et pour notre bonheur, Notre Père a créé Adam et Ève ; non pas Adam et Louis.M.J.Trudel .Droits fondamentaux Je ne suis pas d'accord avec la décision de la Cour d'appel.Que les personnes homosexuelles puissent avoir une protection légale en étant conjoints de fait, d'accord.Mais le mariage est, fondamentalement, et doit demeurer une union entre un homme et une femme, pour s'aimer et fonder une famille, dans un engagement mutuel, stable et complémentaire.L'homme et la femme ont été créés égaux et complémentaires physiquement et spirituellement.On ne peut exiger d'aucune religion, chrétienne, juive, musulmane ou autre de changer leur enseignement fondamental sur ce sujet.La liberté d'expression et la liberté de religion font partie de nos droits fondamentaux.En ce qui concerne l'Église catholique, la position est claire : c'est entre un homme et une femme.Élizabeth Verge .Du pur verbiage La Cour d'appel du Québec reconnaît la légalité des mariages homosexuels.C'était à prévoir, comme il est à prévoir que la Cour suprême rendra, elle aussi, un jugement dans le même sens.En étudiant la question sous les seuls angles des Chartes et de la discrimination légale, les tribunaux, toutes instances confondues, ne peuvent arriver qu'à cette conclusion.Le droit positif, le droit actuel, passe comme les civilisations, mais la loi naturelle inscrite au plus profond de la personne demeure.Et cette loi naturelle, indépendamment de toute considération religieuse, sera toujours que le mariage est une union réservée à deux personnes de sexe différent.Tout le reste n'est que pur verbiage.Michel Lebel ANDRÉ BOYER L'auteur demeureà Repentigny.J'ai douté une partie de ma vie de la légitimité de la place que j'occupais dans la société.Pourtant, je puis me considérer comme un privilégié.J'ai réalisé une partie des rêves que j'avais.Dieu merci, il m'en reste de nombreux en tête.Pourtant, longtemps on m'aura refusé les mêmes droits qu'à la majorité.J'ai des valeurs dites traditionnelles.Le respect, la tolérance, l'engagement social, l'entraide, la culture de la cellule familiale, font partie de ma vie.Je devrais plutôt dire font partie de notre vie.Mon conjoint depuis 14 ans m'aura certainement aidé à faire abstraction des différents signes que certains individus nous envoient pour nous signifier leur « supériorité » ou plus subtilement, la « non-légitimité » qu'ils nous confèrent.Heureusement qu'il y a tous les autres.D'autres, comme cet ami Alain, qui ne fait pourtant pas partie de mon « groupe », m'auront fait comprendre que je dois faire partie du changement.Que j'ai droit à ma place.Que mon droit de vie est légitime.Et puisque mon droit de vie est légitime, mon droit au bonheur l'est tout autant.Lionel, mon amour, nous pourrons enfin unir notre amour dans les valeurs auxquelles nous croyons.« Un petit pas pour l'Homme, un grand pas vers l'égalité et le respect ».PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© André Boyer et son conjoint Lionel Desgagné pourront enfin, légitimement et légalement, unir leurs destinées.Les pieds dans le plat En tant que travailleur de l'information à l'emploi d'un magazine gai, je suis avec intérêt depuis longtemps tout ce qui se rapporte au mariage pour les conjoints de même sexe.Je suis heureux du récent jugement de la Cour d'appel.Reste maintenant à connaître celui de la société québécoise.Mais je dois avouer qu'il m'importe autant de savoir si mes voisins du deuxième palier acceptent le fait que je puisse me marier que de connaître l'opinion de la caissière à l'épicerie à propos du contenu de mon panier.J'ai une recette à faire et même si je risque de casser un oeuf en raison de mon inexpérience devant les fourneaux, je vais tout de même essayer d'en faire le meilleur plat qui soit.Tant pis si j'abandonne après quelques tentatives infructueuses.J'aurai eu le loisir de tenter la manoeuvre parce que j'y avais autant le droit de réussir que de m'y casser la figure.Nous sommes de moins en moins à cuisiner et à vouloir se marier.Ce n'est pas grave.L'important est de pouvoir se cuisiner un bon plat à la maison dès que l'envie s'en fait sentir.Pas quand le gouvernement aura finalement voté que tout le monde à droit de vouloir sustenter sa faim.Dominic Ratthé rédacteur en chef, La Voix du Village .Citoyens égaux Les homosexuels sont des citoyens égaux à tous les autres, et les couples qu'ils forment sont aussi égaux à tous les autres couples.Ce jugement historique est donc le seul qui pouvait résulter de ce débat.Tous les arguments fallacieux contre le mariage civil entre conjoints de même sexe ont été déboutés un par un.Par exemple, le mariage a pour but de procréer.C'est totalement faux puisque ce n'est jamais un critère de validité dans le cas des mariages entre conjoints de sexe différent.Dominique Dubuc Sherbrooke .« Il était temps.» Le jugement de la Cour d'appel permettant aux conjoints de même sexe de se marier est de son temps.Avec les années, et le temps qui passera, le mariage gai entrera dans les moeurs et perdra justement son appellation de « mariage gai ».La perception de mariage, ou de famille, c'est plus précisément la perception d'une définition.Ce à quoi on est habitué.Le connu.L'inconnu est toujours insécurisant mais il n'y a pas d'évolution possible quand on reste attaché au passé.Une phrase de l'auteur brésilien Paulo Coelho me revient en tête : « Il est vrai que le bateau est plus en sécurité quand il est au port, mais ce n'est pas pour cela qu'ont été construits les bateaux.» Probablement qu'au début, il y aura beaucoup de mariages célébrés dans la communauté homosexuelle, un mouvement spontané libérant un désir depuis trop longtemps refoulé, mais avec le temps, ce type de mariage fera partie du décor.Comme le reste.L'important, c'est de savoir que de permettre le mariage gai ne va pas faire en sorte que l'homosexualité va « proliférer », ces hommes et ces femmes s'aiment déjà, ou vivent ensemble.Non, le jugement de le Cour d'appel leur permettra simplement de vivre l'expérience du mariage, intime et recueillie, d'unir leur destinée devant « Dieu et les Hommes ».Je ne veux pas, et ne peux pas, parler pour Dieu, mais probablement qu'il se dit : « Il était temps.» Benoît Courtois Laval .Àprendre ou à laisser Le mariage gai ne changera en rien la perception du mariage au Québec.C'est plutôt notre perception du mariage depuis 30 ans qui nous conduit au mariage gai.On ne se marie plus pour fonder une famille ou si peu.La dénatalité en est la preuve.Le mariage est encore un engagement d'amour mais sans promesse de durée.Un mariage sur deux se termine par le divorce.Nous concevons le mariage comme un geste d'amour mais sans famille ni durée.Il serait injuste alors de le refuser aux gais ou à qui que ce soit.Quant à l'Église catholique, elle colle à l'Évangile sur la question du mariage.À prendre ou à laisser.Elle dure depuis 2000 ans.Albert Champagne Saint-Jean-sur-Richelieu .Passons à autre chose ! Je suis pour le mariage gai.Et je suis aussi pour qu'on cesse d'en parler une fois pour toutes.Le vécu quotidien et les angoisses des gais.ne pourrait-on passer à autre chose ?Va-t-on maintenant entendre parler de tous les divorces gais à mesure qu'ils se produiront ?Et de tous les enfants adoptés par ces couples ?Un peu de décence.Quand va-t-on cesser de nous rebattre les oreilles avec ces fadaisesréalité ?Les émissions, articles, photos, sur ce sujet, c'est assez.La fierté gaie, rasle- bol ! Les hétéros sont aussi fiers d'être hétéros, mais ils ne vont pas se caresser ouvertement dans les rues à 60 ans que diable.Les gais ne sont qu'une autre minorité visible après tout.Petite question : Les homosexuels « mariés » auront-ils maintenant tous les droits légitimes et légaux alors que les conjoints de fait « standard » n'en ont aucun ?Je suis pour le mariage gai.Et pour le mariage hétéro.Et pour les conjoints de fait.Et pour l'union libre.Mais qu'on arrête de parler du mariage gai comme si c'était l'invention du siècle.Qu'on les laisse à leur petite vie.Diane Descoteaux Montréal, arr.Outremont PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE© Yves Deslauriers en compagnie de son épouse Monique.Laissons l'histoire trancher YVES DESLAURIERS L'auteur demeureà Prévost.Pendant que, d'une part, la ruée vers le mariage semble vouloir s'engager, d'autre part, c'est un peu la désertion qui sévit.Assisterons- nous à la négation d'une tendance par rapport à l'autre ?À une cohabitation pacifique, orageuse ?Mariez-vous et qu'on n'en parle plus ! À une certaine époque, on se mariait parce que la chasteté avait ses raisons que la raison ne comprenait pas toujours.On se mariait par obligation pour ne pas avoir écouté sa raison.On se mariait pour fonder une famille.On se mariait pour mettre un frein à la bamboche.On se mariait pour ne pas aller à la guerre.On se mariait dans le but de s'aimer, d'apprendre à s'aimer et de se soutenir mutuellement, de préférence à forces égales et selon les préceptes de l'Église.On se mariait uniquement entre homme et femme.Pendant que les « invités » (les hétéros) s'éloignent de la table des noces, les « exclus » (les gais) se débattent pour s'y asseoir.« Un jour historique dans l'évolution du Québec », selon M.Bellemare.Laissons l'histoire trancher.Les gais ont obtenu l'égalité avec les hétéros, soit.Il reste à savoir si le fruit convoité et cueilli sera frais ou talé.Aura-t-il la couleur d'un gain chèrement acquis dans la déférence ou d'une perte évitée dans l'opprobre ?Le goût sera-t-il bon, amer, éphémère ?Laissera-t-on le fruit se putréfier sur la tablette dans l'indifférence et l'abandon ?Par chance et n'en déplaise à M.Bellemare, le Québec compte d'autres jours historiques à son palmarès qui ont traversé les temps et les tempêtes.Si, entre-temps, la revanche des hormones n'a pas lieu.Il y a le mariage.Il y aura peut-être les enfants.Les enfants et l'adoption.Il y aura les mariages ratés et les divorces.Il y aura la garde des enfants.Verra- t-on deux mondes parallèles, en opposition ou convergents ?Est-ce ça l'évolution dont parle M.Bellemare ?À ce compte-là, je dois confesser l'immobilisme ou le conservatisme de ma vision « rétrograde » du mariage. fous de jalousie C E S O N T L ES PE T I TS DÉ TA I L S Q UI RE N D E N T FOUS DE JALOUSIE.ça fait changement! Tous nos articles sont assortis de notre garantie du plus bas prix.Si vous trouvez un meilleur prix annoncé, nous l'égalerons.Si vous présentez un bon-rabais d'un concurrent, nous l\u2018accepterons avec plaisir.Plus besoin de comparer les prix, Déco Découverte, le supermagasin d'articles pour la cuisine, la salle de bains et la chambre à coucher le fait pour vous, tous les jours.Anjou 7550, rue Béclard (514) 351-0384 Marché Central 1001, rue Marché Central (514) 383-8939 Mascouche 111, Montée Masson (450) 966-0002 Centre Fairview Pointe-Claire 6815, aut.Transcanadienne (514) 426-9031 Sainte-Dorothée 880, aut.Chomedey O., Laval (450) 969-0041 Saint-Bruno 800, Claude-Jutras (450) 653-6398 Le choix de couleurs, modèles et motifs varie selon le magasin.Lampes Room in a Box Emballage contenant 3 lampes élégantes en laiton au fini antique.Gravures sur base rigide Bel assortiment de modèles mesurant 20 cm x 25 cm et 41 cm x 51 cm.Reproductions sur toile Gamme de reproductions mesurant 41 cm x 51 cm et 91 cm x 61 cm.Parfaites AILLEURS 4999 pour créer un joli décor.3999 Collection de meubles Élégants meubles en noyer foncé.Dans le lot : vitrine, table d'appoint ronde, élément mural et porte-bouteilles à plateau amovible.Tables d'appoint Jeu de tables gigognes de style Queen Anne ou console en demi-lune (hors photo).Variété de miroirs Superbes modèles décoratifs à bords biseautés.AILLEURS 10499 Lampes de table décor Modèle à base bronze et abat-jour rouge et modèle articulé.depuis AILLEURS 1499 depuis depuis5999 Tapis tous azimuts Grand éventail de tapis tissés de formats variés.Depuis 9,96 $ (61 cm x 122 cm).183 cm x 244 cm L evenement BON DODO BONS PRIX ´ ´ rabais jusqu'à 50 % Superbe choix de literie.Précisions en magasin.3205790A "]
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