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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et Spectacles - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2004-05-09, Collections de BAnQ.

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[" DANS Le GUIDE de vos sorties LP[2] LE JEUDI 3228199A L'ENFANT DES MOTS PAGE 7 i vous avez plus de 40 ans, il y a de fortes chances que vous ayez entendu la voix pureet jazzéede Karen Young, qui, depuis 30 ans, n'a cessé de se renouveler, passant du be-bop au jazz, dujazz auxmusiquesdumonde, des voix bulgares aux chants de la Renaissance et aux chansons de Richard Desjardins et de Gilles Vigneault, le tout en demeurant toujours elle-même.Si vous avez 20 ans et des poussières, vous venez peut-être de découvrir Coral Egan, une chanteuse de folk, de soul et de jazz-fusion qui n'a lancé que deux disques mais que l'on décrit déjà comme une nouvelle Joni Mitchell ouune future Sarah Mc Lachlan, tant sa voix envoûtante et son charisme lumineux s'imposent dès la première écoute.Bien que ces deux chanteuses évoluent dans des univers différents, elles se connaissent depuis longtemps.On pourrait même dire qu'elles se connaissent par coeur.Les deux se sont rencontrées à l'hôpital du Lakeshore il y a 30 ans.Enfin rencontrées n'est pas tout à fait le bon mot pusique Karen Young portait Coral dans son ventre depuis neuf mois lorsque cette dernière décida d'en sortir.Coral Egan n'est pas née en chantant, mais c'est tout juste.Elle se souvient qu'à 2 ans, alors qu'elle parlait à peine, elle chantait déjà en prenant son hochet pour un micro.Karen Egan, qui était encore mariée au père de Coral et qui vivait sur une ferme dans l'Outaouais, s'en souvient aussi.Elle a d'ailleurs gardé la photo pour le prouver.Même si elles sont aussi proches que les deux boutons de la même chemise, aussi soudées que la rue au trottoir, elles ne se ressemblent pas vraiment.Du moins pas au premier abord.Karen, la mère, est toute petite et menue, une poupée de porcelaine avec un nuage de cheveux gris et deux piscines turquoises au fond des yeux.Coral, la fille, est plus ronde et plus costaude.Les yeux foncés et vifs, elle respire la force et l'énergie.Des deux, on a parfois l'impression que c'est elle la mère et Karen, la fille.Maiscen'estqu'uneimpression.Deux «soeurs» Pour célébrer la fête des Mères, j'ai donné rendez-vous à Karen et Coral dans un café de leur choix.Elles ont opté en choeur pour le Santropol, un haut lieu de la sainte granole montréalaise, coin Duluth et Saint-Urbain.Pour lamèreet lafille, le Santropol est en quelque sorte l'extension de leur ancienne cuisine.Pendant presque 15 ans, Karen, Coral et son frère, Jasper, ont vécu dans une coop d'habitation au-dessus du Santropol.La première à la quitter ne fut pas la fille, mais bien la mère, pour suivre son nouvel amoureux.«Habituellement, ce sont les enfants qui quittent la maison familiale, mais on n'a jamais été une famille tout à fait comme les autres.On est des artistes, des musiciens, des bohèmes», raconte maman pendant que sa fille boit ses paroles sans offrir la moindre objection.Les rapports mère-fille sont des rapports complexes, au mieux affectifs et symbiotiques; au pire, jaloux, envieux et antagonistes.Chez Karen et Coral, on est assurément dans le meilleur cas de figure.On ne sent pas l'ombre d'une rivalité féminine entre ces deux «soeurs» qui se parlent et s'écoutent comme descopinesetqui semblentprésentes l'uneàl'autrepourlemeilleurcomme pour le pire.Quand Coral prend une rasade de whisky sur scène pourmieuxchanter, Karens'inquiète.Et au lieu de protester, Coral comprend que sa mère ne la juge pas mais lui signale un danger qu'elle a elle-même frôlé.Malgré cette complicité tacite, Coral n'appelle jamais sa mère par sonprénom, saufdevantdeschoristes et collègues de travail réunies avec elle et Karen dans le même studio.Autrement c'est toujours maman ou mom.Dans cette relation singulière, chacune a un rôle bien défini qui n'a pas changé au fil des ans.«Maman est peut-être une amie et un modèle, explique Coral mais c'est avant tout ma mère, la seule que j'ai sur terre.» PHOTO YVANOH DEMERS LA PRESSE© > Voir CHANTEUSE page 2 > Voir LAFERRIÈRE page 2 Scandale?D'abord, le vrai scandale c'est de bombarder, pour leur bien, des gens tranquillement couchés dans leur lit.Je ne pourrai jamais m'habituer à d'aussi brutales manières.Pourtant il le faudrait, car c'est la nouvelle façon de faire des pays civilisés.Et même le départ de Bush (s'il perd les élections, bien entendu) ne changera, à mon avis, pas grandchose.Ce serait trop facile de croire qu'un simple changement de président puisse donner une nouvelle direction à la politique étrangère américaine.C'est qu'il n'y a plus de ligne de démarcation entre la politique étrangère et la politique nationale depuis que New York a été touché.Bagdad commence à habiter l'inconscient collectif américain.La première pensée des Américains, au réveil, va à Bagdad.On se précipite alors sur la télé pour savoir comment Bagdad a passé la nuit.Comme ça, de temps en temps, une nouvelle ville s'ajoute dans notre esprit, de manière plutôt éphémère (on commence déjà à oublier Kaboul), à coté de Paris, Berlin, Rome ou New York.Bagdad a déjà connu son heure de gloire.On en parle même dans Les Mille et Une Nuits.Puis ce fut un long sommeil millénaire.Mais depuis cette guerre, Bagdad a drôlement remonté la pente.Si on veut bien se placer sur la scène internationale, rien ne vaut une bonne guerre contre la puissance du moment.On se souvient que Bush père, beaucoup plus rusé que son fils, s'est arrêté aux portes de Bagdad.Il fallait voir le sourire monalisien de Poutine quand Bush fils est entré dans Bagdad.C'est le genre d'endroit où, à peine entré, on sent qu'on a fait une connerie.Maintenant, on est réduit à utiliser le personnel et les méthodes de Saddam pour combattre les anciens ennemis de Saddamqui étaient un peu nos amis du temps de Saddam.Cela veut dire qu'on a fait le tour et qu'il est temps de rentrer à la maison.Ce n'est pas un orgueilleux comme Bush qui va accepter cette gifle moyen-orientale.Une forêt de caméras Ces jours-ci, ce sont les simples soldats (ceux qui risquent la mort à tout moment dans les rues de Bagdad ou des petits villages irakiens) qui donnent du fil à retordre à l'administration américaine.Bon, il y a de quoi perdre la tête quand on est dansune ville et qu'on sedemande chaque matin quel visage prendra la mort.Les gens viennent vers vous en souriant, et on ignore lequel est une bombe ambulante.On compare l'Irak au Vietnam.Chaque guerre possède ses particularités, ce qui fait d'ailleurs son charme, aurait ironisé Brassens.Au Vietnam, on ne voyait pas l'ennemi.Il était caché partout, dans les hautes herbes (la mousson), sous la terre.En Irak, un pays plutôt sec et assez dégagé, on voit tout venir.Au Vietnam les cameras de télé avaient des problèmes avec l'humidité.Safari-photo à Bagdad NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE L'UNE CHANTE En apprenant que sa fille venait de décrocher un poste à temps plein dans la section jazz chez HMV, la chanteuse Karen Young fut ravie.Mais un jour, en voyant Coral partir au travail morose et malheureuse, elle se ravisa.«Le 9 à 5, c'est pas pour toi, ma fille.T'es une chanteuse», lança-t-elle, confirmant que chez les Young-Egan, on ne devient pas chanteuse, on l'est de mère en fille.L'AUTRE AUSSI CHRONIQUE DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE AMOS OZ ARTS ET SPECTACLES L'une chante, l'autre aussi CHANTEUSE suite de la page 1 Elles font le même métier, c'est vrai.Et c'est clair que, si la fille est devenue chanteuse, c'est à cause de sa mère, qu'elle a vue chanter depuis sa plus tendre enfance et qu'elle n'a pas hésité à imiter.Mais encore.Voir son enfant s'aventurer dans un monde dont on connaît tous les pièges, est-ce souhaitable ?Savoir qu'un jour elle vous éclipsera peut-être, est-ce vivable ?Et, inversement, s'engager dans une voie tracée d'avance par sa mère, savoir qu'on sera toujours un peu « la fille de.», est-ce aussi facile qu'on le croit ?Karen et Coral se consultent du regard en se demandant qui va plonger en premier.Prérogative de l'âge oblige, maman décide d'y aller.« Je me souviens que, à la naissance de Coral, j'ai écrit une chanson qui s'intitulait Give Away.J'y évoquais le fait que les enfants sucent la vie de leur mère et la vident de son sang.Ils la quittent repus pendant qu'elle demeure seule et affamée.C'est douloureux, mais c'est une douleur joyeuse et inévitable.C'est la vie.Qu'un jour Coral m'éclipse, ça ne me dérange pas.J'ai toujours été éclipsée par les vedettes pop.De toute façon, c'est ce que je voulais.À 18 ans, j'ai tourné le dos à un contrat que Warner's voulait me faire signer.Je n'étais absolument pas intéressée à monter au top et puis à tomber.J'étais heureuse avec ma petite vie, et je le suis encore.Quand je pars en tournée, par exemple, la chose la plus importante pour moi, c'est de pouvoir promener mon chien.C'est à croire, parfois, que je préfère mon chien à la scène.» La peur de s'assumer Au tour de Coral, maintenant, de confier que l'intégrité de sa mère, son refus de faire des compromis ont longtemps freiné ses propres ambitions.« Au début, l'ambition me faisait peur.Je savais que j'étais une chanteuse, que j'avais ça dans le sang mais j'hésitais à plonger.J'ai pris du temps à émerger de mon cocon parce que j'avais peur de m'assumer comme Coral et non comme la fille de Karen.Je tournais autour du pot.Et puis j'avais une autre grande passion : le volley- ball.J'en étais addict.Je courais les championnats régionaux, y avait rien pour m'arrêter, jusqu'au jour où je me suis blessée.Comme par hasard, c'est là que ma carrière a pris son envol, comme si tout à coup je réalisais vraiment ce que ça voulait dire que d'être une artiste.» Avant cette révélation qui a tout changé, Coral était une chanteuse en gestation et une choriste un peu, beaucoup parrainée par sa mère.« Au début, quand on me proposait un contrat qui me plaisait plus ou moins, je leur disais d'appeler Coral, raconte Karen.D'un côté, ça m'arrangeait ; de l'autre, ça permettait à ma fille de gagner de l'expérience.Au fil du temps, je me suis mise à l'engager pour mes propres sessions.Au début, c'était pour qu'elle travaille, mais à la fin, c'était parce qu'elle était la seule à pouvoir me donner le son que je voulais.» Cette dernière remarque chatouille la modestie de la fille : « Voyons donc, maman ! Tu sais bien que t'en aurais trouvé, des filles qui auraient fait la job aussi bien.Le seul avantage que j'avais sur elles, c'est que j'avais écouté la même musique que toi et que je savais exactement ce que tu voulais.» Un point pour Coral, concède maman.D'autant plus que, dès la naissance de ses deux enfants, Karen Young a volontairement éteint la radio commerciale pour leur faire écouter toutes sortes de musiques : du jazz, du classique, des airs arabes, indiens, bulgares, nommez- les, ils ont tous, à un moment où l'autre, résonné entre les quatre murs de la maison.« Quand on vivait encore à la ferme, on avait un grand babillard, raconte Karen.J'y avais épinglé les photos des enfants et je les avais entourées de photos d'enfants du monde entier, des visages de toutes les races et de toutes les couleurs pour que mes propres enfants ne soient jamais racistes.J'ai fait la même chose pour la musique.» « Et ce fut une bénédiction, intervient Coral.Elle m'a donné une grande culture musicale autant qu'une ouverture d'esprit dont je ressens les bienfaits chaque jour dans mon métier.» L'harmonie entre ces deux femmes est indéniable.Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu entre elles des conflits et des petits drames.Lorsque je leur demande d'évoquer leur pire souvenir ensemble, elles se consultent du regard puis éclatent de rire.Les images et les souvenirs ne tardent pas à fuser.« Mon pire souvenir, commence Karen, remonte à son 11e anniversaire.Ce jour-là, en se chicanant avec son frère, elle a donné un grand coup sur une table en verre qui s'est brisée en mille morceaux.Son père devait les emmener se promener.Mais j'étais tellement furieuse que je l'ai punie et envoyée dans sa chambre pour la journée.Pauvre elle, punie le jour de sa fête ! Je me sens coupable chaque fois que j'y pense.» «Moi, mon pire souvenir, poursuit Coral, c'est le jour de mes 16 ans.Maman m'avait fait mon plat préféré : des fettucini aux palourdes qu'on n'a pas pu manger parce que mon frère a accidentellement renversé le bol.En plus, j'avais demandé un gâteau glacé au Kahlua, mais maman y a mis trop de Kahlua et le gâteau s'est mué en soupe.J'étais complètement découragée.» Quant aux beaux souvenirs, ils sont liés à leur métier.Coral se revoit encore en train de pleurer de fierté filiale, la première fois qu'elle a écouté Canticum Canticorum, un des plus beaux disques de sa mère.Quant à Karen, elle n'oubliera jamais l'émotion qu'elle a ressentie, pendant une soirée-hommage tenue à Québec, quand Coral s'est avancée sur scène pour lui chanter une de ses chansons.Étrangement, Karen n'avait jamais aimé cette chanson.Mais chantée par Coral, elle prenait une tout autre dimension.Ce soir-là demeure gravé à jamais dans sa mémoire, plus fort et plus beau que n'importe quoi, y compris un dimanche de la fête des Mères.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © La fille et la mère, Coral Egan et Karen Young, sont aussi proches que les deux boutons de la même chemise.Safari-photo à Bagdad LAFERRIÈRE suite de la page 1 En Irak, c'est plutôt la poussière.Mais l'image est plus nette (depuis le Vietnam, on a fait des progrès techniques là aussi).Et, il faut le dire, c'est beaucoup plus spectaculaire.Ils n'ont plus à filmer ces confettis dans le ciel, comme durant les bombardements aériens de l'année dernière.C'est au sol que ce métier de caméraman a un sens, et on y va à l'épaule.Ce qui est intéressant avec les explosions, c'est que même avec une demi-heure de retard, on peut avoir encore de bonnes images.Le feu, la fumée, une Jeep sur le dos, ça passe toujours.Il n'y a pas que les journalistes qui couvrent la guerre.Les meilleurs documents nous viennent toujours des amateurs.La plupart des soldats américains, j'imagine, possèdent un appareil photo.Il doit y avoir au moins 50 000 appareils en Irak, et des millions de photos ont été déjà prises depuis le début de cette guerre.En un an, le soldat américain a tout photographié : le paysage, les copains, les indigènes, les enfants dans les villages, les tanks, les jeux, les repas, etc.Et comme la rue est devenue de plus en plus dangereuse, les soldats passent de longs moments à la base.Les journées semblent interminables.La tension, insoutenable.Et cette chaleur, mortelle (ah, l'été arrive de nouveau).Là-bas, aux États-Unis, on ne semble se douter de rien.La télé donne l'impression que c'est constamment électrisant.En fait, on passe beaucoup de temps à attendre.Attendre quoi ?L'embêtant, c'est qu'on ne verra pas venir la mort.Ce n'est pas une guerre de tranchées.L'enfant sacré De temps en temps, il faut manifester sa présence.Honnêtement, on ne se bat pas pour faire cette tournée.Le soldat américain se demande constamment s'il peut tirer sur cette voiture qui fonce sur lui.Dix secondes pour se décider (avec le soleil dans les yeux).Pris de panique, il tire.C'était une famille entière.Il y avait des enfants, et Washington déteste quand il y a des enfants.Les enfants sont sacrés, surtout dans une guerre où ce qu'on projette importe plus que ce qui se passe réellement.Le peuple américain ignore ce qu'est un Irakien.Pour lui, c'est encore un magma incompréhensible.Langues, religions, nourriture, système politique, sens de la vie, vision de la mort, tout oppose ces deux peuples.C'est d'ailleurs pour les civiliser, c'est-à-dire les convaincre que sa façon de voir la vie est la bonne, que l'Amérique est ici.Alors ce n'est jamais bon pour l'image de tuer un enfant.L'enfant est une entité sans patrie.Il appartient au genre humain.Chacun peut le réclamer.On peut faire la guerre à l'Irak tout en adoptant un enfant irakien.Le jeune soldat se pose la question à propos de son utilité puisque cela fait un moment que la guerre est terminée.Qu'est-ce qu'il fait encore là ?On lui répond qu'on est là pour aider la démocratie à germer en Irak.Il y a toujours un petit problème avec une armée qui impose la démocratie.L'armée elle-même n'a jamais été, dans ses règlements, un modèle de démocratie.Pour le jeune soldat qui ignorait, jusqu'à son arrivée à Bagdad, où se trouvait l'Irak sur la carte, la démocratie est plutôt l'affaire des hommes de Washington.Si la démocratie passe aussi par l'information (c'est la dictature qui utilise la propagande, n'est-ce pas ?), je me demande si on informe les soldats américains à propos de la résistance des peuples européens face à cette guerre.Ce serait les démoraliser, j'en conviens.On peut conclure alors que la démocratie est plus facile à prêcher qu'à faire.La valse des hypocrites Alors qu'est-ce qu'on fait quand on ne fait plus la guerre et qu'on a un ennemi en face ?On rigole.On sait bien ce qu'on entend par rigoler dans une armée, surtout quand il y a des prisonniers qui traînent dans le coin.Il y a toujours un soldat qui sort son appareil photo.Les prisonniers sont bien sonnés, et les boys ont vraiment envie de déconner.Il y a même cette nana qui vient poser devant la caméra.Ne voilà-t-il pas que ces photos se retrouvent à la télé.Là-bas, dans l'Idaho, ils vont voir qu'on ne se laisse pas descendre comme des pigeons d'argile sans réagir un peu.Mais qu'est-ce qui se passe ?On parle d'horreur.Où est l'horreur ?Nous, on est dans l'horreur tous les jours.Si on ne peut plus s'amuser.Voilà Rumsfeld qui fait le dégoûté devant quelques photos.Et Colin Powell qui déclare qu'il n'a jamais vu une telle horreur durant sa longue carrière.Il dormait, quoi.Et il y a même Condoleezza Rice qui en rajoute.C'est quoi, ces faucons qui roucoulent?C'est quoi aussi, cette guerre où les Irakiens ont le droit de se faire sauter avec nous, pense ce jeune soldat, tandis que nous, on ne peut même pas se faire photographier avec eux ?Faut dire que cette situation est assez inusitée, avec des soldats qui font face à des ennemis déterminés et un président en début de campagne électorale obligé de s'ajuster par rapport à un rival agressif.Des fois, le jeune soldat se demande si son véritable ennemi ne se trouve pas plutôt à Washington.Surtout quand Bush et Rumsfeld vont jusqu'à contester son identité américaine.Bush affirme que torturer n'est pas américain.De qui se moque-ton Les photos compromettantes L'affaire, c'est qu'à Washington, on a oublié, encore une fois, de préciser les règles : « Vous pouvez les tuer, mais pas vous amuser avec.» J'imagine qu'on ne peut plus photographier en Irak, et qu'un sergent est en train de ramasser tous les appareils sur place.S'il y avait eu un tel règlement durant la Seconde Guerre mondiale, on n'aurait pas tous ces documents qui nous permettent, aujourd'hui, d'en savoir un peu plus sur les camps de concentration.Heureusement que les Allemands aimaient photographier.On trouve toujours, dans n'importe quelle guerre, des amateurs de sensations fortes pour immortaliser les scènes d'humiliation.Tous ces jeunes gens ont grandi avec les magnifiques photos de National Geographic où l'on voit toujours un chasseur souriant, le pied gauche sur un éléphant et le fusil le long de la jambe droite.De tout temps, le meilleur gibier, c'est l'homme, mais il n'y a qu'en temps de guerre qu'il peut remplacer l'animal sur la photo.Combien de familles, aux États-Unis, ont déjà reçu de leur fils ou de leur fille (on a remarqué la présence des femmes dans cette histoire) des photos comme celles que l'on voit à la télé ?On verra dans une trentaine d'années peut-être, dans les ventes de débarras, ces photos qui nous indisposent aujourd'hui.Un peu comme ces photos jaunies où l'on voit souvent des Africains aux grands yeux effrayés, sous un filet, avec un collier de bois autour du cou, et des fers aux pieds.Et si ces photos ne nous choquent plus, aujourd'hui, c'est parce qu'elles font partie de l'histoire.Comme le temps peut adoucir les choses.Surtout quand il ne s'agit pas de nous.De tout temps, le meilleur gibier, c'est l'homme, mais il n'y a qu'en temps de guerre qu'il peut remplacer l'animal sur la photo.DERNIER FILM The Hours, de Stephen Daldry DERNIER DISQUE Songs in the Key of Life, de Stevie Wonder DERNIER LIVRE Far from the Madding Crowd, de Thomas Hardy DERNIER SPECTACLE Le dj David Morales au club Stereo AIR EN TÊTE Aguas de Março, d'Antonio Carlos Jobim OEUVRE CHOC The Art of Loving, un livre d'Erich Fromm PREMIÈRES INFLUENCES Joni Mitchell ARTISTES INSPIRANTS Ma mère, Karen Young CORAL DERNIER FILM Le Bal, d'Ettore Scola DERNIER DISQUE Planète Blues, une anthologie du blues des années 60 DERNIER LIVRE The Clash of Fundamentalisms, de Tariq Ali DERNIER SPECTACLE Coral Egan au Cabaret AIR EN TÊTE Mes esprits, combats, de Guillaume de Machaut OEUVRE CHOC Le chant des singes de Bali PREMIÈRES INFLUENCES Laura Nyro ARTISTES INSPIRANTS Richard Desjardins KAREN ARTS ET SPECTACLES SIR CLEMENT COXSONE DODD, 1932-2004 PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE Pour une rare occasion, l'atmosphere est a la tristesse dans les sound systems jamaicains alors que, en debut de soiree mardi dernier, la nouvelle du deces de sir Clement Coxsone Dudd commencait a circuler dans l'ile.Fondateur de Jamaica Recording & Publishing Studio (Studio One), ce producteur de disques, homme d'affaires et rassembleur de talents est la plus importante figure de la musique jamaicaine.Un titre qu'il partage avec Bob Marley bien sur, que Coxsone fut d'ailleurs le premier a faire connaitre sur disque.Age de 72 ans, Coxsone etait entoure de ses amis dans son petit bureau a l'entree de Studio One mardi dernier quand il s'est plaint de douleurs a la poitrine.L'homme s'est alors retire dans l'arriere-boutique, ou il s'est effondre.Son deces, cause par une crise cardiaque, a ete constate a l'hopital peu de temps apres, et quatre jours seulement apres que le maire de Kingston eut preside une ceremonie pour rebaptiser Brentford Road, la rue ou Coxsone tenait boutique, en Studio One Boulevard.A plusieurs egards, la contribution de Coxsone (un bon joueur de cricket, son surnom lui vient d'une vedette anglaise de ce sport) est inestimable.Il a ete le premier Noir a gerer un studio d'enregistrement et a posseder une maison d'edition et une presse a vinyles.C'est simple, a peu pres tous les grands noms du ska, du reggae, du dub et du debut du dancehall ont, un jour ou l'autre, passe par son studio.Il etait a l'origine des sound systems : des 1952, de massifs hauts-parleurs crachaient du jazz et du r&b americain devant le liquor store de sa mere.Devant le commerce familial, il installa son populaire sound system, le Sir Coxsone's Downbeat, ou il affrontait alors le sound system du regrette producteur Duke Reid (Trojan) dans de legendaires combats (sound clashs) de danse torrides ou le public jugeait du vainqueur.Non seulement fut-il parmi les premiers a inventer le concept de discotheque telle qu'on le concoit, mais il le faisait avec les premiers rappeurs , les DJ Count Machuki et King Stitt, qui parlaient en rimant et avec rythme entre, et sur, les intros des chansons pour exciter le public.En 1963, Coxsone ouvrait Studio One au 13 Brentford Road, juste en face du quartier Trench Town de Kingston .le Concrete Jungle de la chanson de Marley.L'usine a succes, qualifiee de Motown des Caraibes, employait les meilleurs musiciens de l'ile.Les jeunes talents en quete de succes y faisaient la file pour auditionner aupres du maitre.Coxsone a decouvert les Wailers, flaire le talent de Bob Marley, qui n'avait que 17 ans lorsqu'il enregistra au milieu des annees 60 les premieres versions de ses hits aujourd'hui connus dans le monde entier.Lee Scratch Perry, legendaire realisateur de dub et de reggae, chantait et lui servait de bras droit des 1961.Le ska, trame sonore de l'independance de l'ile en 1962, est ne a Studio One.Les Skatalites, Jackie Mittoo, Melodians, Maytals, Heptones, Alton Ellis, Ken Boothe, Dennis Brown, Marcia Griffith, Dillinger et Delroy Wilson ne representent qu'un echantillon du talent qui emergea de son studio.Mais avec le recul, l'oeuvre du producteur surpasse meme son inventivite, son grand flair musical et son audace en affaires.Car c'est une identite culturelle jamaicaine qui emergea alors de Studio One sous l'impulsion de son proprietaire.C'est ce que soulignait d'ailleurs le quotidien Jamaica Gleaner dans son editorial de jeudi dernier : Implicite a cette nouvelle musique (le reggae), cette affirmation que l'on n'a pleinement comprise que plus tard : nous (les Jamaicains) ne sommes pas que des belles plages.Nous sommes un peuple.Ses amis se souviendront de lui comme d'un homme pose, drole et aimable.En janvier dernier, sir Coxsone Dodd m'avait accueilli a bras ouverts dans son bureau encombre de Studio One.Son fils etait a ses cotes, tout comme son ami King Stitt, qui travaille toujours pour Studio One.Ravi de recevoir des fans, il a pris le temps de discuter avec moi de ses nouveaux projets.Les affaires vont bien depuis que j'ai rouvert.Les gens redecouvrent mes disques et je me suis remis a enregistrer de nouveaux artistes , se rejouissait-il.J'ai fait une razzia dans l'entrepot de vinyles au deuxieme etage, Coxsone m'a griffonne une facture sur un bout de papier et, a mon depart, il m'a offert une affiche commemorative du 40e anniversaire de Studio One.Le premier ministre jamaicain, P.J.Patterson, et le chef de l'opposition, Edward Seaga, ont rendu hommage a l'homme jeudi dernier.Recompense a plusieurs reprises par l'Etat jamaicain pour l'importance de son travail, reconnu dans le monde entier pour la qualite de ses productions, respecte par tous les Jamaicains et les amateurs de reggae du monde, sir Coxsone Dodd nous a quittes avec l'assurance que, grace aux nombreux succes que les musiciens ont enregistres sous sa direction, il ne sera jamais oublie.Le jour meme de son deces, il signait son dernier contrat de disque avec le groupe Silvertones ; sa femme, Norma Dodd, a promis que Studio One poursuivrait ses activites, ainsi que l'aurait voulu Clement .DERNIERES PARUTIONS FFFF Studio One: Ska FFF1.2 Studio One: Dub Soul Jazz Records/Fusion III RECOMMANDE Studio One Story (CD+DVD) Soul Jazz Records/Fusion III Pour decouvrir Studio One, ce documentaire est essentiel.Pres de quatre heures d'entrevues avec Coxsone Dodd ainsi qu'avec une foule de musiciens, d'images d'archives, tout ca couple a une trame sonore irresistible.Le reggae en deuil de son architecte Le fondateur de Studio One nous a quittes avec l'assurance que, grace aux nombreux succes que les musiciens ont enregistres sous sa direction, il ne sera jamais oublie.PHOTOARCHIVES AP Sir Coxsone Dodd a ete recompense a plusieurs reprises par l'Etat jamaicain pour l'importance de son travail.Mort du guitariste de jazz Barney Kessel ROCK Cette bete de Burdon AGENCE FRANCE-PRESSE Le guitariste de jazz Barney Kessel, 80 ans, est mort jeudi dans sa maison de San Diego des suites d'une longue maladie.Excellent soliste, Barney Kessel avait travaille avec Charlie Parker, Billie Holiday et Art Tatum.Atteint d'une tumeur au cerveau, il ne jouait plus depuis une attaque cerebrale survenue en 1992.Ne le 17 octobre 1923, Barney Kessel a notamment participe au film Jammin The Blues (1944) produit par Norman Granz et a joue dans des grands orchestres swing.Il etait tres demande pour des seances de studio, des concerts, et des tournees dont celle du Jazz at The Philharmonic.Il a joue avec les artistes les plus renommes.PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE Avec les Rolling Stones et les Beatles, Eric Burdon et les Animals furent parmi les premiers jeunes Anglais a s'approprier la musique afroamericaine, dans les annees 60, pour la rendre acceptable a la majorite.Tombe dans l'oubli dans les annees 70, le musicien reapparait avec un nouvel album, My Secret Life.Nous l'avons joint dans un hotel de Berlin.Tout le monde connait la chanson House of the Rising Sun, interpretee par la voix lugubre d'Eric Burdon, soufflee par le jeu de B3 d'Alan Price.Ce succes des Animals, aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne, restera le pinacle de la courte carriere du groupe, dissous en 1967.Leurs concerts etaient, dit-on, tres chauds, leur rock piochant sans retenue dans le repertoire blues et r&b americain.Apres l'aventure Animals (et une parenthese baptisee Eric Burdon & The New Animals), le bonhomme, installe en Californie, craque pour un jeune groupe deniche dans un club.Ainsi naquit War, avec qui il a pondu quelques succes (dont l'incendiaire Spill the Wine) avant de quitter le groupe deux ans plus tard, en 1971.Un horaire charge La legende du rock ne semble pas dans son assiette au bout du fil.La voix est rauque, le ton grave.Ca va, Mister Burdon ?Un peu fatigue, laisse-t-il tomber.Je travaille fort ces temps-ci, mon horaire est charge pour la promotion de ce nouvel album.Eric Burdon, qui a presque 60 ans, a l'air d'un vieux malcommode.Il chiale et rechiale, sans toutefois etre desagreable.On lui coupe le sifflet.Le titre de votre album est fort a propos, puisqu'on n'a pas eu de vos nouvelles depuis l'un de vos derniers albums solo a avoir attire l'attention des melomanes, en 1976 ?Burdon repond d'un air detache : Pourtant, je n'arrete pas de donner des concerts depuis 20 ans.Quant au titre, poursuit-il, c'est d'abord celui d'une chanson de Leonard Cohen que je reprends.Je me suis dit que ca ferait un bon titre d'album.De toute evidence, My Secret Life est un hommage aux racines du rock, a la musique black americaine qui a guide Burdon tout au long de sa carriere musicale: J'ai cotoye Otis Redding, j'etais en studio lorsqu'il a enregistre Sittin' on the Dock of the Bay et Satisfaction.Avec les Animals, au debut, ca n'a pas ete facile de faire accepter cette musique, poursuit-il.Et nous croyions vraiment que nous etions les seuls kids a faire cette musique, alors que ca marchait ailleurs, notamment a Londres avec les Stones.Au-dela de la musique, le jeune Burdon a ete sensibilise a la condition des Noirs de l'epoque.Sa premiere copine etait Noire.Il avait 16 ans.Et ce n'est pas comme s'il y avait beaucoup de Noirs dans mon coin ! C'etait difficile pour eux a cette epoque.Je me souviendrai toujours de cette soiree ou nous donnions un concert a Memphis.C'etait le lendemain de la seance de studio avec Otis Redding : nous nous rendions a la salle de concert et, en chemin, nous avions croise des gens du KKK.Le nouvel album de Burdon .album sur lequel il chante mieux que jamais.doit tout a ses influences musicales : C'est en effet un hommage a toutes ces musiques qui m'ont influence, un hommage a l'histoire de la musique pop.Mais un disque nostalgique ?Pas vraiment.Desole de vous contredire, mais vous evoquez, sur la premiere chanson de l'album (Once Upon a Time), le bon vieux temps avec John Lee Hooker, Otis et Marvin Gaye.Mais ils etaient les maitres ! The best of the best ! My Secret Life, premier album de materiel original a paraitre en plus de 20 ans, est lance sur un label allemand parce qu'en Angleterre, ils ne s'interessent plus a moi, grogne-til.Ils sont tellement obnubiles par le fashion dans ce pays-la.Ce pays ou il remet rarement les pieds, pour des questions de fisc semble-t-il.Faut dire aussi que ce n'est pas toujours evident de travailler avec vous, Mister Burdon.Vos prises de bec, avec les membres des Animals ou avec War, ne sont-elles pas legendaires ?J'aime pas qu'on me fasse chier ! repond-il du tac au tac.Je ne veux plus rien savoir des musiciens de War ou d'Alan Price (organiste des Animals, mouture originale).Nous avons deja fait un Animals Reunion Tour et ca a ete la pire experience professionnelle de ma vie.J'ai vraiment manque de jugement a ce moment-la.Le dimanche 16 mai 2004 a 16h00 300, boul.de Maisonneuve Est Berri-UQAM Admission: 20,00$ Age d'or: 15,00$ Etudiants: 15,00 $ Sieges reserves Billetterie: (514) 987-6919 DIRECTION JEAN COUSINEAU et MARIE-CLAIRE COUSINEAU Petite suite Claude Debussy, orchestration de Jean Cousineau Quatuor K 590 W.A.Mozart Suite Capriol Peter Warlock Terroirs Jean Cousineau De la France au Quebec Jean Cousineau Trois pays Jean Cousineau Suite queue leu leu Jean Cousineau 3227596A PHOTO FOURNIE PAR JUSTIN TIME La legende du rock, Eric Burdon, aura bientot 60 ans.DANS HORAIRES DE CINEMA LES JEUDIS ET SAMEDIS 3226447A ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Une perle d'actrice En deux films, Lost in Translation et La Jeune Fille à la perle, Scarlett Johannson s'est imposée, en beauté et avec talent, parmi les jeunes actrices incontournables de Hollywood, note Studio, qui a fait le point avec elle sur sa carrière.QVous êtes-vous identifiée au personnage soumis de La Jeune Fille à la perle ?RComme celui de Charlotte dans Lost in Translation, le rôle de Griet m'a vidée.Dans le film, je joue une jeune femme plus mature et moins extravertie que je ne le suis dans la vie.J'étais loin du personnage, même si je pouvais comprendre aisément son sentiment d'être perdue au milieu de personnes familières.Dans La Jeune Fille., je devais être encore plus retenue, totalement maîtrisée, et c'était souvent douloureux.Je me souviens d'une pause déjeuner, après que l'on eut tourné la scène où Vermeer (Colin Firth) gifle sa femme.Moi, qui suis une servante et appartiens à la classe « inférieure », je ne devais ni bouger ni parler.J'en avais la nausée, comme si cela s'était réellement produit et que je n'avais rien pu faire.Je me suis sentie misérable et j'avais très envie d'être dorlotée, consolée.QD'où vient votre vocation ?RJ'ai voulu être actrice dès l'âge de 3 ans.J'ai grandi à New York.Mon père est architecte, ma mère était femme au foyer et nous élevait, mes soeurs, mes frères et moi, avant de déménager à Los Angeles, où elle est devenue productrice.Elle est folle de cinéma et m'a transmis sa passion.Mais ne croyez pas que ma mère soit une de ces hystériques refoulées, qui poussent leur enfant sous les projecteurs.L'envie vient de moi.Scarlett Johannson ZOOM llllllllllllllll The Rock s'explique Sans qu'il ait à se prendre vraiment pour un autre, les comparaisons viennent naturellement lorsqu'il est question de Dwayne Johnson, alias The Rock.« Prendre la place d'Arnold Schwarzenegger ou de Bruce Willis n'a jamais été mon but conscient, a-t-il pourtant confié au magazine Première.Le genre de rôles que je choisis provoque sans doute cette comparaison, tout comme le cameo d'Arnold au début de Bienvenue dans la jungle.La comparaison me flatte vachement.(Dans son autobiographie, The Rock Says, il l'a écrit noir sur blanc : The Rock pourrait devenir le prochain Arnold Schwarzenegger, mais en plus beau.) Qu'est-ce que j'étais pompeux ! J'ai écrit ça bien avant de commencer à tourner des films, et maintenant, ça me revient en plein dans ma grande gueule ! » Retour des Stooges Les frères Farrelly (Peter et Bobby) vont faire renaître les Three Stooges à l'écran ; ils entendent confier le rôle de Larry à Sean Penn, celui de Curly à Jack Black, et celui de Moe à Benicio Del Toro.Dès la première scène du film, quelqu'un lance à partir d'une auto en marche un sac qui atterrit sur le porche d'un orphelinat.Un religieuse ouvre le sac et un enfant qui en émerge lui flanque une retentissante gifle.Les Stooges n'auraient pas fait mieux (ou pire).Cassel en Mesrine Après Ocean's Twelve, la suite d'Ocean's Eleven, et Babylon Babies, Vincent Cassel incarnera le rôle-titre de Mesrine, de Barbet Shroeder ; le film sera divisé en deux longs métrages adaptés de L'Instinct de mort et Coupable d'être innocent, deux romans autobiographiques de Mesrine.Il retrace la vie de cet ennemi public numéro 1 , de son retour d'Algérie dans les années 60 à sa mort sous les balles de la brigade antigang en 1979 En trompe-l'oeil Jim Uhis, le scénariste de Fight Club, est en train d'écrire une nouvelle adaptation d'un roman de Josephine Tey, En trompe-l'oeil, déjà porté à l'écran en 1963.Ben Affleck y jouera le rôle d'un frère aîné que toute la famille croyait mort et qui réapparaît soudainement à la mort du père pour réclamer sa part d'héritage.Le Hollywood de Costner Kevin Costner n'a pas Hollywood en très haute estime.« C'est un lieu plein de confusions et de contradictions.On y valorise ce qui compte le moins et l'on y dévalue ce qui devrait être important, a-t-il confié au magazine Ciné Live.On n'a aucun respect pour ce qui ne rapporte pas d'argent et les autres pays se sont mis au diapason.Il suffit qu'un film soit épinglé comme échecici pour que le monde entier s'en fasse l'écho et juge ses qualités en fonction de ces critères tendancieux.Je trouve ça déplorable.À cause du succès phénoménal de deux récentes trilogies, vous pouvez être certains que les studios sont en train de chercher frénétiquement n'importe quelle histoire susceptible de se décortiquer en trois volets.Peu importe que ça ne soit pas approprié.» E X P R E S S Sylvain Chomet s'est attaqué à l'écriture de son nouveau long métrage d'animation.Nom de code : Barbaco.Au moins aussi délirant que ses Triplettes de Belleville sur le papier, Barbaco raconte l'histoire de l'échappée des animaux du jardin des Plantes.Parties se dégourdir les pattes dans le Paris de 1870, les bêtes sont rattrapées par quelques enfants trafiquants d'animaux.Catherine Breillat feuillette ses classiques du XIXe siècle.Sa cible no 1 : Une vieille maîtresse, de Barbey d'Aurevilly, ou les malheurs d'une femme qui voit son époux ensorcelé par un laideron espagnol.Adaptation suivante : La Fille aux yeux d'or de Balzac, romance et crime passionnel entre un dandy parisien et la belle Paquita.Qu'advient-il de Michelle Pfeiffer ?Eh bien, elle devrait être la vedette d'un remake de Témoin à charge, tiré d'un roman d'Agatha Christie; elle reprendrait ainsi le rôle tenu, en 1957, par Marlene Dietrich.Movieline, Première, Film Review Monica Bellucci « Je vis à Londres.J'aime bien.Je peux me promener dans la rue et on me fiche la paix.En France, en Italie, je suis sous pression.Vincent (Cassel) veut vivre au Brésil.Pourquoi pas?Je peux vivre partout avec le métier que je fais.Je change tout le temps d'endroit, de ville, de gens, de langue.Je passe deux ou trois mois par-ci, par là.Pour moi, c'est normal, je suis habituée.Les gens ont tendance à se créer des petits cocons dans la vie pour se protéger.Avec ma vie, ce n'est pas possible.Alors j'ai fait des points d'ancrage dans ma tête ; j'ai Vincent, ma famille, mes amis, mais ils ne font pas partie de ma vie quotidienne.Ma vie, je la vie seule.» Paris Match Dwayne Johnson VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H K CINÉMA: REVIENS-MOI Un architecte s'éprend d'une serveuse sans savoir que c'est à elle qu'on a transplanté le coeur de sa défunte femme.Avec David Duchovny et Mimi Driver.18H30 a DÉCOUVERTE : LES DERNIERS PAPILLONS MONARQUES Chaque automne, les papillons monarques entreprennent un voyage de 5000 kilomètres pour passer l'hiver dans le Sud, mais cette migration est désormais menacée.18H30 r L'ÉCOLE DES FANS Charles Lafortune reçoit Nicola Ciccone.19H D ABC SPECIAL PRESENTATION: HARRY POTTER AND THE SORCERER'S STONE Une version allongée du film Harry Potter, ponctuée d'entrevues avec ses jeunes vedettes.19H CD LE GRAND RÉCHAUFFEMENT Dernier épisode de cette série documentaire: on propose des solutions pour sauver notre planète.20H r CINÉ-DIMANCHE: COUP DE FOUDRE À NOTTING HILL Un libraire et une star de cinéma tombent en amour après plusieurs rencontres impromptues.Avec Hugh Grant, Julia Roberts et Rhys Ifans dans un petit rôle délicieux.20H30 K MOI, MA MÈRE.Émission spéciale d'une heure enregistrée au Théâtre Plaza pour la fête des Mères.Ginette Reno ouvre le bal en chanson, suivie de Martin Deschamps, Ima, Serge Postigo, Daniel Lavoie, Nanette Workman et Nicola Ciccone.Garou, Guy A.Lepage, Francine Ruel, Guylaine Tremblay, Chantal Lamarre, Marc Labrèche et Marina Orsini parlent de leur mère.Animation: Alain Dumas.BILLY ELLIOT (4) avec Jamie Bell, Julie Walters Le Téléjournal Découverte / Les Derniers Papillons Monarques IL DUCE CANADESE - LE MUSSOLINI CANADIEN avec Tony Nardi, Marina Orsini (2/2) Le Téléjournal Les Planètes L'OMBRE.(2) Le TVA 18 heures L'École des fans / N.Ciccone Juste pour rire - Gala COUP DE FOUDRE À NOTTING HILL (4) avec Hugh Grant, Julia Roberts Surprise.(23:12) Pub (23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Créatures du Pantanal Boston Public JUSQU'AU COEUR (4) avec Robert Charlebois, Claudine Monfette LES CONVOYEURS ATTENDENT (4) avec Benoît Poelvoode, Morgane Simon (22:42) REVIENS-MOI (4) avec David Duchovny, Minnie Driver Moi, ma mère./ Ginette Reno, Martin Deschamps AUSSI PROFOND QUE L'OCÉAN (5) avec Michelle Pfeiffer, Treat Williams News E.T.Team Spirit:The Jordin & Terence Tootoo Story Cold Case Law& Order: Criminal Intent the eleventh hour CTV News News News Hockey / Flames - Sharks (16:00) The Tootoo Brothers Sunday Report Last Chapter .Reflections ABC News Homeowner HARRY POTTER & THE SORCERER'S STONE (4) avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint Beautiful.Pub News CBS News 60 Minutes Survivor: All-Stars / Dernière Survivor: All-Stars Reunion News .Raymond NBC News Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Outdoor.Wildlife Story of Mothers & Daughters Nature / Seedy Side of Plants Masterpiece Theater / Prime Suspect (2/2) ANGEL ON MY SHOULDER (4) BBC News Wall Street Classic Gospel BBC News TRADING.(17:30) Makeover.Martha Stewart: Recipe for Ruin Biography / Mothers & Daughters in Tinseltown Airline Family Plots Passion.de scène Relais.Visite libre Viens voir les comédiens Thema: Dali / Salvador Dali BABAOUO avec Hugo de Campos (22:25) Keanu Reeves: Journey to.Arts&Minds Like Mother Double Portrait WORKING GIRL (4) avec Melanie Griffith, Harrison Ford COUSIN.(4) Groupe sanguin Le Grand Réchauffement Docu-d / .armes à feu Sans détour / Armoires à glace Danger dans les airs Les dessous des poursuites.Bilan du siècle La santé autrement Le Cégep.NASA Educational File Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école Kindergarten Le Monde.2004Westminster Kennel Club Dog Show / Se poursuit jusqu'à minuit.Vidéo Guide Roue de.La Route.plongée Maeva .le spa Itinéraire de rêve / Début Repères Pilot Guides .(17:56) .(18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids BABY BOOM (5) avec Diane Keaton, Sam Shepard TERMS OF.(4) (23:04) Everwood King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle Charmed Global News Global Sunday The Simpsons Malcolm.Survivor: All-Stars / Dernière Survivor: All-Stars Reunion Global Sunday Global Sports Trouvailles &Trésors Fidèles aux postes Tournants./ Midway Légendes du hockey IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST (1) avec Charles Bronson History's Courtroom Panorama:The Gulf War World in Celebration.FIRST MONDAY IN OCTOBER (5) avec Walter Matthau The Sea Hunters Style Star Fashion File Birth Stories Adoption.Little Miracles When Mom's Coming Home?Switched at Birth Little Miracles Stars &.L'Amour à.Nostalgia / The Doors Musicographie / My Way Week-end de stars / Frank Sinatra Musicographie / My Way Bécosse.Dans la peau.Babu à bord Concert Plus / Andrée Watters Viva la Bam Groulx Luxe Pauvres Filles! Les Jeunes.Vidéo Clips Ya Sou Mizik 60 Minutes .libanais .arménien Jase Cafe .Vietnam À communiquer Teleritmo BBC News CBC News For your Eyes only >play Special Sunday Report Venture Original Kin: Annie Ong Hot Type Special Second Regard Le Téléjournal Le Journal RDI La Part.Zone libre / La Torture.Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal RDI La Part.Hockey (16:00) Sports 30 Hockey / La finale du Championnat du monde: équipes à confirmer Homme, fort Sports 30 Golf PGA / Championnat Wachovia - dernière ronde Doc Amy Le Caméléon L'Empreinte du crime Au nom de l'amour L'Oeil du crime Prime Suspect ESCAPE FROM THE NEWSROOM avec Peter Keleghan Trailer Park Boys Mind of.(22:04) Is Harry on the Boat?(22:45) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise MILLENNIUM (5) avec Kris Kristofferson, Cheryl Ladd .(23:15) Soccer / Spanish Primera Liga Baseball / Phillies - Diamondbacks Sportsnetnews World Sport Au max Volt Panorama Chroniques Super Plantes / Des graines.LE CHÂTEAU DE MAMÈRE (3) avec Julien Ciamaca Affaires.Profils In a Fix Trading Spaces: Family In a Fix Faking it Trading Spaces: Family Sportscentre That's Hockey.Sportscentre Tennis Bugs.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama L'Aventure.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Campus L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca It's a Living .Jungle Vox Renegadepress The Corporation Person 2.Film 101 Interventions Miracles Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage .la cigogne Guy Corneau.toute confidence C'est pourtant vrai Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal OU Hockey Parole et Vie Doc Lapointe (sous réserves) Ma maison (sous réserves) Des valeurs à vivre Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana .(16:00) Fries with.YTV's Hit List Mental Block Girlz TV .Hunters Timeblazers .Scholars 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane Les Chroniques du paranormal Le TVA / Loteries (22:45) Le Grand Journal (23:45) World Hockey / La finale: équipes à confirmer CÂBLE PBS TVA TQc TQS CTV :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Turp: l'accent sur l'allemand CLAUDE GINGRAS La Société musicale André-Turp, spécialisée dans l'art vocal et les récitals de chanteurs, présentera six programmes dont cinq consacrés au lied (c'est-à-dire la mélodie allemande) au cours de sa prochaine saison, qui sera sa septième.Le programme d'ouverture, le 19 septembre, sera centré sur le bicentenaire d' Eduard Mörike et les lieder que ses poèmes ont inspirés à Brahms, Schumann, Wolf, Reger et Othmar Schoeck.Quatre chanteurs, dont Shannon Mercer et Michèle Losier, participeront au concert.Comme chaque saison, la Société présentera dans leurs débuts ici quelques chanteurs étrangers déjà connus par le disque.Il s'agit cette fois de la mezzo argentine Bernarda Fink et du ténor Jan Kobow et du baryton Christian Gerhaher, tous deux d'Allemagne.On entendra ceux-ci dans Schubert et Schumann respectivement.D'Allemagne encore, bien qu'en partie Montréalaise, la soprano Ingrid Schmithüsen donnera un programme centré sur la Vierge Marie.Une pièce du Montréalais Jean Lesage sera créée à cette occasion.Enfin, le baryton canadien Russell Braun chantera le cycle Winterreise de Schubert dans la nouvelle instrumentation de Normand Forget.Les concerts du soir sont devancés d'une demi-heure (19 h 30 au lieu de 20 h) ; ceux du dimanche aprèsmidi sont maintenus à 15 h.Par ailleurs, une autre salle, Claude- Champagne, s'ajoute aux Pollack et Redpath de Mc Gill où Turp oeuvre déjà.Enfin, toutes les activités pédagogiques (conférences, masterclasses, tables rondes) auront désormais lieu au Café d'Art vocal de la société (1223, Amherst).Les conférences seront données par Richard Turp et Pierre Vachon, récemment reçu docteur en musicologie; les master-classes, animées par les accompagnateurs des chanteurs.PHOTOGUY DELAHAYE, FOURNIE PAR L'USINE C Rugissant, haletant, implorant, racolant, dansant, Denis Lavant exprime en une heure 40 tous les pôles de l'expérience humaine, par les mots et par le corps.ÈVE DUMAS CRITIQUE Plusieurs l'ont déjà vu crever l'écran, avec son magnétisme quasi animal.Denis Lavant, qui brûlait les planches en France bien avant de se faire consacrer par le cinéma, se révèle une véritable bête de scène.L'expression n'est pas trop forte pour qualifier l'acteur dont le jeu déployé dans La Nuit juste avant les forêts est tout simplement renversant.Le premier texte de Bernard-Marie Koltès, écrit en 1977, est encore une fois servi par une grande virtuosité.On n'imagine pas, au demeurant, qu'un comédien médiocre ose s'essayer à ce monologue composé d'une seule longue phrase de 63 pages.Sous la direction de Brigitte Haentjens, James Hyndman nous avait pris aux tripes avec sa bouleversante interprétation de la pièce, qu'il a donnée près d'une centaine de fois.Le comédien français nous en livre maintenant une version particulièrement inquiétante.Rugissant, haletant, implorant, racolant, dansant, il exprime en une heure quarante (Hyndman livrait le texte tout d'une traite en 45 minutes) tous les pôles de l'expérience humaine, par les mots et par le corps.Cloué à un coin de rue, sous les torrents de pluie qui s'abattent sur lui, l'homme de La Nuit accoste un passant dans l'espoir d'établir un contact humain.Certes, il cherche une chambre pour la nuit, mais ce n'est pas que ça.Certes, il veut se vider le coeur, mais ce n'est pas que ça non plus.C'est la véritable communication, celle qui rime avec communion, que cherche cet être esseulé.Vous savez, ce n'est pas toujours celui qui aborde qui est le plus faible, dira-t-il en substance à un moment de son long monologue.En effet, on ne saurait accuser de faiblesse cet homme qui se livre sans pudeur à un parfait inconnu, qui essaie de vivre autrement, sans travail, sans maison, sans compromis et qui se relève après chaque coup encaissé, et dieu sait qu'il en a encaissé.Cet interlocuteur muet, qu'il tutoie mais vers lequel il lève les yeux, demeure une entité abstraite dont l'identité ne se fixe jamais, à la manière d'un Godot.Quant au narrateur, qui nous livre en pâture toutes sortes d'histoires et d'anecdotes personnelles, il demeure au final une créature énigmatique, figure emblématique de la grande solitude humaine que Koltès a si souvent exprimée dans ses pièces.S'il est seul sur scène, Denis Lavant est appuyé par une équipe forte, dirigée par le metteur en scène Kristian Frédric.Le comédien, trempé de la tête au pied, est confiné à une petite plateforme sombre déposée dans la grande boîte noire de l'Usine C.Le bédéiste Enki Bilal, qui y est sans doute pour quelque chose dans l'atmosphère apocalyptique se dégageant du spectacle, a imaginé un bout de trottoir crevassé, difficilement praticable.Il a aussi conçu l'armure d'« exécuteur » que porte Denis Lavant.À mesure que la pièce avance, le comédien en arrache des morceaux, jusqu'à se retrouver nu comme un nouveau-né, recouvert de glaise et fin prêt pour son entrée dans la forêt.LA NUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS de Bernard-Marie Koltès.Mise en scène: Kristian Frédric.Scénographie: Bruno Lahontàa et Kristian Frédric.Décors et costumes: Enki Bilal.Son: Nicolas Barrillot.Une production de la compagnie Lézards qui bougent, de Bayonne, présentée à l'Usine C dans le cadre du Festival international de la littérature.Jusqu'au 15 mai.THÉÂTRE Lavant va jusqu'au bout de La Nuit.VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES 13 PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ANS + version française «LE FILM D'ACTION LE PLUS EXCITANT DEPUIS LE PREMIER \u2018MATRIX'.» Joel Siegel, GOOD MORNING AMERICA GVISA GÉNÉRAL VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE v.f.de « 13 Going On 30 » version française de «MAN ON FIRE» «SAISISSANT! Scott a toujours été un maître du style, mais il n'a jamais aussi bien réussi que cette fois-ci - ni personne d'autre peut-être.UN DES MEILLEURS FILMS de Denzel Washington.» Jack Mathews POURLEWEEKENDDELAFÊTEDESMÈRES, ALLEZVOIR «\u2026LAMEILLEURECOMÉDIEROMANTIQUEDEL'ANNÉE!» Clay Smith, ACCESS HOLLYWOOD «UNFILMROMANTIQUESENSATIONNEL.» Susan Granger, SSG SYNDICATE «BRAVO! À NEPASMANQUER!» Richard Roeper, EBERT & ROEPER/WBBM-TV (Chicago) VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES VIOLENCE ANS + CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS DORVAL MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND CINÉMAS AMC LE FORUM 22 CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE CINÉMA GALERIES GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CAPITOL ST-JEAN CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 3227751A SPECTACLES REPRÉSENTATION SPÉCIALE AUJOURD'HUI À 14h FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14/ STARCITÉ MONTREAL/ MEGA-PLEXMDGUZZO TERREBONNE 14/ GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS PARISIEN/ FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / MEGA-PLEX GUZZO MD TASCHEREAU 18/ FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL / AMC THEATRES FORUM / VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE EN PROGRAMME RÉGULIER LE VENDREDI 28 MAI THX PRÉSENTÉ EN SON CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS GVISAGÉNÉRAL (Version française de Raising Helen) 3227888A CINÉMAS INDÉPENDANTS CANNES INTERNATIONAL ADVERTISING FESTIVAL Cinéma du Parc (3): 15h15, 19h10.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Parallèle: 17h, 19h05.CORPORATION (THE) Cinéma du Parc (1): 15h45, 18h30, 21h15.Cinéma Parallèle: 14h, 21h.DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS Cinéma Beaubien: 14h30, 19h30, 21h40.FACE CACHÉE DE LA LUNE (LA) Cinéma du Parc (3): 17h05.FESTIVAL DU FILM JUIF DE MONTRÉAL Cinéma ONF.Renseignements: (514) 448-5610.INCOMPARABLE MADEMOISELLE C.(L') Cinéma Beaubien: 11h, 13h30, 17h.INVASIONS BARBARES (LES) Cinéma du Parc (2): 15h30.MONICA LA MITRAILLE Cinéma Beaubien: 12h, 16h45, 19h15, 21h45.MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN Cinéma Beaubien: 11h30, 16h30, 21h15.Ex-Centris: 14h15, 21h30.NI ROSE, NI BLEU Cinéma Beaubien: 14h, 19h.SADDEST MUSIC IN THE WORLD (THE) Ex-Centris: 15h15, 17h15, 19h20, 21h25.DANSE SALLE W.-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Joe, de Jean-Pierre Perreault: 16h.TANGENTE (840, Cherrier) Respiro, de Gioconda Barbuto: 16h.MUSIQUE CHRIST CHURCH CATHEDRAL Choeur Musica Orbium.Dir.Patrick Wedd.Brahms, Duruflé, Monteverdi: 19h30.ÉGLISE DU SAINT-NOM-DE-JÉSUS Petits Chanteurs du Mont-Royal.Dir.Gilbert Patenaud.Janequin, Charpentier: 15h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Frank Lévy, pianiste.Schubert, Beethoven, Brahms: 15h30.POLLACK HALL DE L'UNIVERSITÉ McGILL Concours de Musique du Canada: concert bénéfice: 19h.CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS Manelli Pirzadeh, pianiste.Pro Musica: 11h.«BRAVO! » EBERT & ROEPER, Roger Ebert À L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS GVISAGÉNÉRAL 3227890A . ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Une galerie en apparence vide.L'impression d'une expo encore en montage.Et pourtant non, Occurrence, espace d'art et d'essai contemporains, n'a ni annulé ni repoussé l'événement annoncé.Il ne faut pas se laisser intimider par cette salle dépouillée.Entrez donc.L'expo s'intitule Petites pièces, grands espaces.Plutôt, Piezas pequenas, espacios grandes, puisqu'elle provient du Mexique où Lili Michaud, directrice d'Occurrence, a tissé des liens solides depuis quelques années.C'est elle qui a fait venir la rétrospective consacrée au photographe centenaire Manuel Alvarez Bravo et, en contrepartie, elle y a diffusé, bien avant le Voilà Québec en México de l'automne dernier, plus d'un artiste québécois.Petites pièces, grands espaces n'est pas pour autant un ensemble folkloriste ni un truc faisant le point sur un art national.Pas plus qu'il n'offre de l'art miniature.Les 16 univers réunis n'ont de mexicain que les noms des artistes (et encore), alors que le « petit» du titre évoque la discrétion d'une oeuvre davantage que son volume.Il faut donc faire preuve d'un bon sens de l'observation et de beaucoup de volonté pour dénicher toutes les pièces.Comme l'écrit le commissaire Leonardo Ramirez, « la sobriété de chacune des propositions exige un effort additionnel où la possibilité de se méprendre est éminente ».Objets transparents, oeuvres mimant l'aménagement, figurines miniatures (il y en a, oui), il y a bien des façons de se faire discret.Le danger d'une expo comme celle-là, c'est qu'elle ne dépasse pas le niveau du jeu de détective.Les modestes numéros collés aux murs finissent par indiquer que, tout près, il y a matière à voir.Dès qu'on comprend cette logique, la recherche de chacun tient moins, heureusement, de l'enquête.Reprenant l'idée du film Being John Malkovich de Spike Jonze, Salida de emergencia (Sortie de secours) repose sur une intrigante porte de la hauteur d'une maison de poupées.Lorena Pena a pris soin de la laisser suffisamment ouverte pour que la lumière qui en émane invite aux plus grandes rêveries.À l'instar de cette oeuvre, les petites pièces exposées dans le grand espace se valent par elles-mêmes.Cynisme et ironie : les propositions ne se gênent pas pour provoquer.Si certaines restent sages (un «Roméo » et une « Juliette » dans un coin), celles qui se sont inspirées du lieu volent plus haut.Areti Vargas a si bien imité la forme des interrupteurs électriques que son Enchufe dénonce bien discrètement nos obsessions en matière de confort.Un oeil distrait ne s'en fera pas trop de l'illogisme de ce trompe-l'oeil.Des oeuvres in situ, il y en a plus d'une, mais la plupart n'ont pas nécessairement été créées pour Occurrence.Elles n'en restent pas moins efficaces : Guia blanca (« guide blanc ») est à s'y méprendre.Avec cette pile de feuilles, Leonardo Ramirez souligne les manières souvent blasées et automates de visiter une galerie.Et entre ce qui n'est pas à voir, mais à découvrir par d'autres sens (Aire acondicionado de Victor Manuel Rivas et Breath de Marcela Armas et Gilberto Esparza, cette dernière rappelant les Bounce aromatiques de Catherine Bodmer), il y a ces choses qu'on voit et qu'on ne distingue pas.Le cube translucide dans les airs de Francisco Ugarte, le bouchon en plastique cloué au mur par Fernando Palomar ou les plaques au sol de Lothar Muller s'avérant tout de même un peu faciles, c'est l'ombre projetée sur une colonne par Ivan Puig qui vole la vedette.Le temps d'un instant, on croit réelle cette silhouette grandeur nature, pour finir par s'apercevoir qu'il s'agit d'une illusion, née d'une savante étude de l'endroit.Plus d'un artiste de cet ensemble, tel ce Puig, mériterait une expo solo à Montréal.Petites pièces, grands espaces ne cherche peut-être pas à promouvoir une nation artistique (on n'est pas à Espacio México, ici), mais elle a le mérite de démontrer l'universalité de ces Mexicains.Et leur potentiel.Le groupe se distingue d'ailleurs par sa jeunesse (neuf sont nés après 1969, un seul avant 1966) et par ses multiples origines.À peine deux des artistes résident à Mexico, comme quoi la création est loin d'être centralisée.PETITES PIÈCES, GRANDS ESPACES, Occurrence, 460, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu'au 5 juin.Ouvert du mercredi au samedi.À s'y méprendre PHOTO FOURNIE PAR LAGALERIEOCCURRENCE Lorena Pena s'est inspirée du film Being John Malkovich pour créer Salida de emergencia (Sortie de secours).EN BREF GÉNI E S EN HERBE #1092 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- ANNÉE 1914 1 L'assassinat de cet archiduc autrichien à Sarajevo le 28 juin 1914 met le feu aux poudres en Europe et déclenche les jeux des alliances allant mener à la Première Guerre mondiale.2 À quel type de guerre réfère la Grande Guerre, dans laquelle les fronts tenus par les deux adversaires sont jalonnés de fossés permettant au combat la circulation et le tir à ciel ouvert?3 Comment s'appelait le plan d'attaque allemand qui prévoyait de battre la France en six semaines, i.e.avant que la Russie n'ait eu le temps de se mobiliser?4 Quel canal, long de 64 kilomètres, est inauguré le 15 août et relie les océans Atlantique et Pacifique?5 Quel leader socialiste français et fondateur de l'Humanité est assassiné le 31 juillet en raison de son pacifisme militant?B- DOIGT 1 Comment nomme-t-on la tache blanche en forme de croissant située à la base de l'ongle chez l'humain?2 On appelle ainsi une malformation de la main lorsque les doigts sont réunis par une membrane.3 Si c'est votre petit doigt qui vous a dit la réponse à la question précédente, donnez le nom exact de celui-ci.4 On nomme ainsi une adresse manuelle ou intellectuelle, un savoir-faire ou une habileté.5 Quel adjectif réfère à ce qui appartient aux doigts?C- ESCLAVAGE 1 Quel roman de Harriet Beacher Stowe, paru en 1851, a sensibilisé l'Amérique en racontant l'histoire de l'oncle Tom, esclave sur une plantation de coton?2 Alors que la révolution française avait aboli l'esclavage en 1789, quel empereur français la rétablit en 1802?3 Au Canada, comme dans tout l'Empire britannique, en quelle année l'émancipation totale des esclaves a-t-elle été proclamée?4 Au cours de quelle guerre l'esclavage fut-il aboli aux États- Unis par l'Acte d'émancipation émis par Abraham Lincoln?5 Comment se nomme l'île située au large du Sénégal, autrefois le lieu de la traite des esclaves africains vers l'Amérique?Secrétaire d'État américain D- ASSOCIATIONS Associez le mets à son pays d'origine.1 Goulash a) Espagne 2 Poulet Tandoori b) Brésil 3 Paella c) Hongrie 4 Feijoada d) Inde G- HENRI/HENRY 1 Cet Henry a été Secrétaire d'État américain de 1973 à 1977 et l'un des principaux artisans du triangle stratégique entre les États-Unis, l'URSS et la Chine.2 Marié à Catherine d'Aragon, ce roi anglais provoqua un schisme lorsque le Pape refusa d'annuler son mariage avec elle.Il eut par la suite cinq autres femmes et se proclama chef suprême de l'Église anglicane.3 Ce prince portugais du 15e siècle fut l'instigateur des voyages d'exploration sur les côtes africaines.4 Ce roi français, ayant régné de 1589 à 1610, était un des chefs du parti calviniste avant sa conversion à la religion catholique.Il émit l'Édit de Nantes accordant la liberté de conscience et rétablissant la paix religieuse à l'intérieur du Royaume, et compta comme principal conseiller Sully.5 Ce petit-fils de Louis-Joseph Papineau était un fervent nationaliste canadien-français et fonda en 1910 Le Devoir.E- CHARADE 1 Mon premier est une plante à fleurs apétales vivant en parasite sur les branches de certains arbres, que l'on retrouve aussi dans le titre d'une chanson de Jean-Pierre Ferland, Feuille de .2 Mon second est le verbe avoir conjugué à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif.3 Mon troisième est un article défini masculin.4 Mon quatrième était au Moyen Âge un jeune noble placé au service d'un seigneur.5 Mon tout est un comédien québécois, à la fois concepteur et vedette de l'émission Un gars, une fille.F- PENSER 1 Ce mathématicien, physicien, philosophe et écrivain français du 17e siècle, nous a laissé ses Pensées, qui sont en réalité des fragments de son oeuvre non achevée, Apologie de la religion chrétienne.2 C'est le terme employé pour indiquer ce que l'on peut imaginer ou concevoir.3 Quel proverbe signifie qu'il faut mûrement réfléchir et penser avant de se prononcer sur un sujet quelconque?4 Quelle expression anglaise désigne un groupe d'experts engagés dans la recherche et/ou la résolution d'un problème?5 Quelle expression française se rapporte à une indication destinée à rappeler une tâche à accomplir?H- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Homme politique québécois né à Montréal en 1930.2 Il a étudié aux HEC de Montréal, à l'Institut d'études politiques et à la Faculté de droit à Paris et à la London School of Economics en Angleterre.3 Professeur aux HEC durant quinze ans, il a dirigé plusieurs ministères (Revenu, Finances, Institutions financières et Coopératives, etc.) sous le gouvernement Lévesque.4 Il a été élu chef du Parti québécois en 1988 et Premier ministre du Québec de septembre Politicien québécois 1994 à janvier 1996.GEN09MI SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Dominicains entêtés Autre expo faussement nationale, Curador curado, présentée à la galerie Clark, réunit trois artistes de la République dominicaine.Audelà de lier des univers distincts (les toiles organiques de Fernando Varela, les installations kitsch de Jorge Pineda et les déconstructions visuelles de Quisqueya Henriquez), Curador curado met en évidence une problématique, non seulement dominicaine, mais généralisée partout dans le tiers-monde de la culture : l'absence de théoriciens prêts à jouer le rôle de commissaire (« curador »).Devant le peu de soutien à la création, les trois artistes ont pris le taureau par les cornes et ont monté cette expo avec leurs propres moyens, l'accompagnant malgré tout d'une publication soignée.Avant Montréal, ils avaient réussi à la faire atterrir dans deux musées antillais.Parmi les quelques oeuvres exposées chez nous (une petite sélection), la vidéo El Sabor de los Estereotipos de Hernriquez se démarque par ses oppositions de formes, textures et impressions.Au 5455, avenue de Gaspé, jusqu'au 12 juin.Info: 514 288-4972.Des revues revampées En l'espace de quelques semaines, deux publications québécoises se sont refait une beauté : Esse, revenue à son logo d'origine, et Vie des arts, ont eu droit à une véritable cure de rajeunissement.Ces deux revues, actuellement en kiosque, se complètent étrangement.Pour célébrer ses 20 ans (d'engagement), Esse consacre son 51e numéro à l'art engagé et aux liens entre art et politique.Du cinéma « de l'indignation» aux politiques muséales, en passant par le féminisme, c'est tout un dossier qui est offert.Pour sa part, Vie des arts a préparé un dossier étoffé portant sur l'art et la guerre, ou comment les artistes font pour appréhender ce thème, sans nécessairement prendre position.Jérôme Delgado, collaboration spéciale Savourez le magazine Ricardo En kiosque dès maintenant ON S'ENFLAMME POUR LUI ! ELIAS LEVY COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir AMOS en page 10 JOCELYNE LEPAGE Fréquenceslimites, laradio de confrontation au Québec décortiquelesdiscours des deux plus puissants animateurs de trashradio au Québecetà Québec: André Arthur et Jean-François Fillion, maissurtout André Arthur.Une analyse basée sur desfaits:de nombreuses heuresde radio enregistréeset regroupéessous différents thèmes.Cesontdesétudiants de l'Université Lavalquiontfaitlamajeurepartie dutravail.Onymetànulamécanique \u2014bien maîtrisée \u2014quipermetàces hommesd'imposerleur pointde vue, d'écraserl'adversaire, de salirdes réputationseten même temps d'accroîtreleur proprepouvoir.On ditsouventquelesuniversitaireset lesintellectuelsviventen vaseclos etregardentde haut lesdébats qui enflammentle peuple.Leséditions Nota Bene, de Québec, spécialisées danslesessaisen scienceshumaines etsociales, viennentde prouverqu'il leur est possible d'intervenirefficacementtout en respectantlesexigences universitaires.Sous prétextedefairedelaradio de divertissement\u2014«cequilesrendrait inoffensifs»\u2014cesanimateurs-vedettes échappent, le plus souventen toute impunité, aux règlesquirégissent habituellementladiffusion de l'information.Lesenregistrements étudiés ontétéfaits avantqueles Arthur et Fillion ne semêlentdudossierde la prostitution juvénile à Québec, ce quifaitdireaux deux directeurs de l'étude, Diane Vincentet Olivier Turbide, quelechoixde leur objet de recherche n'est pasopportuniste.«Maissinosanalysespeuventêtre utiles, tantmieux», conluent-ilsdans lapréface.Conscients d'ailleurs de l'utilité, dansl'immédiat, de leur ouvrage, ilsontpublié le livre directementen formatde poche.Voilà unlivrequipeut fournirdesmunitions àtous ceux quicombattentlaradio extrême des Arthur et Fillion en révélantlestactiquesde l'ennemi.Parlant, parexemple, de la«spontanéitéréfléchie » d'André Arthur, Julie Bérubéet Sophie Leclercmontrent commentl'animateur faitun«usage abondantetrépétitif» de certaines figuresde réthoriquecomme l'énumération, lagradation, l'hyperbole, la métaphore.etl'oxymore«pour ridiculiser, dramatiseretconcrétiser».Et commentil meten scène sespropos.Cen'est pasdudivertissement, soutiennentlesdirecteurs de l'étude.Etcesanimateurs sontloin d'être inoffensifs.«Cesontdespersonnages, plus grandsquenature, puissants, qui influencentle discours public.Ils influencentparcequecesontdes communicateurs etqu'àcetitreils agissentsur leur auditoire.Ilsinfluencentàcauseduton qu'ilsutilisentet quiest reproduitdanslasociété.Ils influencentparcequ'ilsontdesauditeurs quifontsortirde l'espaceradiophoniqueleurs proposinsultants, dévalorisants etmensongers.Ils influencentparcequ'ilspoussentdes gensàagir, àhaïr, àsefairejustice.», peut-on liredanslaconclusion.Une conclusion qui, àdéfaut d'analyser lesdiscours plus récents desdeux hommes, faitune large placeàleur influenceréelle sur le déroulement desprocèspour prostitution juvénile, danslesdomainescivil, politique, juridiqueetmédiatique.Fréquences limites laradio deconfrontation au Québec Sousladirection de Diane Vincentet Olivier Turbide Éditions Nota Bene,201pages AMOS OZ L'ENFANT DES MOTS ANDRÉ ARTHUR MISÀ NU mos Oz est indéniablement l'écrivain israélien le plus connu au monde.Son imposante oeuvre littéraire, constituée d'une trentaine de romans et d'essais, a été traduite en 35 langues.Son roman le plus récent, Une histoire d'amour et de ténèbres, dont la version française vient de paraître chez Gallimard \u2014 ce livre a déjà été traduit dans 24 pays \u2014 est un récit autobiographique magistral où passé et présent se mêlent pour révéler, au-delà du destin d'une famille juive native de l'Europe de l'Est ayant émigré en Palestine à la fin du XIXe siècle, l'histoire de l'édification d'une nation, Israël.Sillonnant les terroirs de l'Ukraine, de la Lituanie, de la Pologne, de l'Amérique et de la Palestine sous mandat britannique, Amos Oz retrace l'itinéraire insolite de sa famille, étalé sur trois générations.Construite comme une enquête, sans chronologie linéaire, balisée par des allers-retours et des digressions itératives, cette passionnante saga relate une épopée tumultueuse, où la vie d'un peuple et les blessures d'un homme se confondent.Pour écrire ce livre, l'auteur a dû exhumer des recoins les plus abyssaux de sa mémoire des réminiscences indélébiles de sa vie familiale, à Jérusalem, lorsqu'il était enfant, aux premiers jours de l'État hébreu.La famille a toujours occupé une place prépondérante dans l'oeuvre littéraire de cet écrivain iconoclaste.Amos Oz est aussi le fondateur du mouvement La Paix maintenant.Il vit à Arad, une petite ville située à lisière du désert du Néguev.Il a accepté d'accorder une entrevue exclusive à La Presse.«Si vous me mettez un pistolet sur la tempe et vous me demandez de vous dire en un seul mot quel est le thème que je traite sans relâche dans mon travail littéraire, je vous répondrais, sans la moindre hésitation: les familles.Si vous me demandez de résumer mon travail en deux mots, je dirais: les familles malheureuses.Si vous me donnez plus que deux mots, je pourrai alors écrire une vingtaine de romans sur ce thème grave et passionnant.Je pense que la plus paradoxale, la plus mystérieuse et la plus merveilleuse institution du monde, la plus détestable aussi \u2014 c'est le thème central d'Une histoire d'amour et de ténèbres \u2014 c'est la famille.Chaque fois qu'un homme et une femme vont au lit ensemble, ils amènent leur parentèle avec eux.Chaque acte d'amour est une orgie familiale.Les ombres et les fantômes de votre famille vous hantent et vous harcèlent jusqu'à la fin de vos jours.Impossible de s'en défaire! La trame cardinale de mon romanest lemystèreobsédant et non résolu d'un mariage malheureux, celui de mes parents, qui a été un grand désastre.Pour moi, ce cuisant échec demeure un mystère absolu, quasi théologique.Comment un mariage entre deux personnes a priori sympathiques, gentilles et sans mauvaises intentions peut-il aboutir à une colossale tragédie?» se demande Amos Oz.Né en 1939 à Jérusalem, le petit Amos Klausner a grandi au sein d'une famille d'origine lituanienne très érudite vivant dans le dénuement.Son père, bibliothécaire, «était un puits de science, un génie doué d'une mémoire phénoménale qui parlait couramment 11 langues».Sa mère était aussi une intellectuelle polyglotte, mais qui ne parlait que huit langues! Leur plus proche voisin et ami était nul autre que le grand écrivain Samuel Joseph Agnon, qui obtiendra quelques années plus tard le prix Nobel de littérature.Son oncle, le grand historien Joseph Klausner, était le plus éminent spécialiste juif du christianisme.Fous de livres, ses parents lui ont transmis très jeune l'amour des mots et de l'écriture.Amos Oz consacre dans ce roman des pages magnifiques à son amour des livres et aux bibliothèques de son père et de son oncle Joseph.Un univers rempli de livres «J'étais un enfant des mots.J'ai été élevé dans un univers rempli de livres et de bibliothèques.Mes parents savaient tout le mal que peuvent faire les mots, mais aussi la consolation d'exister qu'ils nous dispensent.Tout ce que je suis aujourd'hui, je le dois à ces merveilleux livres dans lesquels je me réfugiai pour fuir les vicissitudes d'une existence quotidienne souvent misérable.» Désireux de rompre définitivement avec une Europe qui les avait trahis, les Klausner n'enseignèrent à leur rejeton qu'une seule langue, l'hébreu.Les langues européennes étaient pour eux des idiomes de l'exil, de la haine, du désespoir.La mère de l'écrivain s'est suicidé en 1952.PHOTO JOCHAUD-GALLIMARD NOS LECTEURS BETTYACHARDET ANDRÉ BOISCLAIR PAGE 8 ESSAI LECTURES Le beau plaisir de lire d'Andre Boisclair Coup de foudre litteraire JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Je n'ai pas connu Rene Levesque.Je garde une grande admiration pour Lucien Bouchard, j'ai beaucoup apprecie Lucien Bouchard, l'homme.Un jour, dans l'avion qui nous ramenait de Chicoutimi, il avait lance : Vous les jeunes, vous n'avez qu'une connaissance FROTTEE de la litterature ! Ce frottee , Andre Boisclair l'a toujours en travers de la gorge et parle meme, en ce moment, de retourner aux etudes pour pousser plus loin ses connaissances.Je suis de cette generation qui n'a pas connu le college classique.Je me sens ignorant par rapport a des gens comme Lucien Bouchard.Il faut dire que, ne en 1966, Andre Boisclair fut l'une des malheureuses victimes de la desastreuse methode Sablier .l'enseignement du francais au son ., une formation qui a peut-etre fait de lui un homme aussi curieux que le politicien en lui est ambitieux.D'ou son grand appetit comme lecteur et ses lectures des plus eclectiques.Le leader parlementaire de l'opposition officielle avoue un faible pour les recits d'aventure, dont Far West, de Lewis & Clark (Phebus), qui raconte la conquete de l'Ouest americain une aventure aussi riche que celle des gens qui ont mis le pied sur la Lune pour la premiere fois.J'ai beaucoup aime aussi, de Richard Henry, Dana Deux annees sur gaillard d'avant, (Payot) le voyage de deux ans d'un jeune Americain, qui est parti de la Nouvelle-Angleterre pour aboutir en Californie, en passant par le cap Horn.Comme aussi ce livre que nous avions meme monte en piece de theatre quand j'etais jeune, Les Engages du Grand Portage, de Leo- Paul Desrosiers.L'ex-ministre de l'Environnement est un adepte de l'escalade, des randonnees en montagne.L'automne dernier, il est parti gravir les pentes du Kilimandjaro et projette d'aller faire l'Aconcagua, en Argentine.C'est le plaisir de la nature, dit-il, c'est en montagne que j'ai trouve les plus beaux moments de vie.La plus grande paix, la quietude, pouvoir respirer et entendre battre son coeur.J'ai toujours eu cette crainte de n'etre qu'un politicien, que quelqu'un de politique.Je redoute d'etre une personne unidimensionnelle.Si je n'etais interesse que par la politique, je ne conduirais pas de bonnes politiques.Une crainte qu'il exprimera a deux ou trois reprises et qui, on le sent, a debouche chez le trentenaire sur une regle de vie.Andre Boisclair, accorde beaucoup d'importance au week-end, au temps passe au chalet, au bord d'un lac des Laurentides, aux soupers entre amis qu'il y concocte.Plaisirs essentiels, hygiene de vie.D'ailleurs, la lecture, affirme-t-il d'emblee, est un des plus beaux plaisirs que l'on peut se procurer a soi-meme .On s'en serait doute : le destin des hommes politiques l'interesse au plus haut point.Pas le destin des politiciens mais des hommes politiques : Andre Boisclair fait une nette distinction entre les deux.Churchill etait un homme complet.Ce que j'ai aime dans la biographie de William Manchester Churchill (1.Reves de gloire et 2.Epreuve de la solitude) .les livres les plus precieux de ma bibliotheque .c'est la qualite de l'homme : son talent a inspirer son peuple et a le faire non seulement par un propos politique mais par un propos sur la vie.Son talent d'ecrivain.Deux fois plutot qu'une il cite les Memoires, de Madeleine Albright (Madame le Secretaire d'Etat, Albin Michel).Ce qui m'interesse dans la lecture, ce sont des histoires de vie, les parcours de vie.La facon dont les gens vivent leur passion, les sentiments qui les ont animes.Comme dans Le souffle de l'Harmattan, de Sylvain Trudel, la rencontre entre Hebeke, le jeune immigrant africain, et Hugues, l'enfant adopte, leur amitie.Ou encore le parcours de Talleyrand que decrit Jean Orieux (Flammarion), ou celui de Fouche .un homme rustre mais qui s'est servi de son talent pour passer a travers tous les regimes , tel que decrit par Stefan Zweig.Parlant de Stefan Zweig, il garde un souvenir memorable de La Confusion des sentiments et, au rayon des romans d'amour, il se dit encore remue par le premier roman de Philippe Besson, En l'absence des hommes, que lui a donne sa grande amie Daniele.Tous les editeurs le disent, le lecteur de theatre est un animal rarissime.Andre Boisclair en est un.Quand j'ai apprecie une representation, un de mes plaisirs est de me procurer le texte et de le relire.J'ai beaucoup frequente le vieil Espace Go, rue Clark.J'y ai decouvert Solitude dans les champs de coton, de Bernard-Marie Koltes, un dialogue exceptionnel entre deux personnages .et le theatre de Michel Garneau.D'ailleurs, je crois que nous vivons dans une societe qui produit de grands createurs, de grands talents, mais nous ne vivons pas dans une societe de culture.Quand on regarde les habitudes de consommation des gens, nous ne sommes pas une societe qui se distingue des autres.De quel livre le Quebec a-t-il besoin en ce moment ?Un livre de Pierre Vadeboncoeur, Le Bonheur excessif (Bellarmin).Parce que le Quebec a besoin d'etre plus genereux pour lui-meme.Les Quebecois ont besoin d'etre plus genereux envers eux-memes.Plus a l'aise avec le succes et le plaisir.Les Quebecois ont besoin de s'aimer davantage.REGINALD MARTEL Qui n'a connu des instants parfaits, d'une si pure magie qu'il a voulu se les rappeler a jamais ?Sans eux, pas de nostalgie et parfois, pas de litterature.Michele Peloquin y a puise largement, ou les a inventes, pour composer Les Yeux des autres, le plus beau recueil de nouvelles paru recemment.Il n'y a rien de larmoyant dans ces petites histoires un peu tristes.On devine plutot une posture affective et intellectuelle, nee de l'experience ou d'une esperance jamais perdue, qui pousse a une gentille autoderision plus qu'aux larmes.L'instant parfait n'est pas obligatoirement joyeux.Plein, lisse et rond, il est fait de ce qui arrive, la vie dans ses commencements, l'amour dans ses meandres malaises, les effluves doux et acres des saisons, le temps qui ouvre et referme les blessures.La mort elle-meme est au rendez-vous, qu'on n'a pas invitee.La voici dans la premiere nouvelle, Un ruban de satin jaune, qui s'insinue dans une fete de famille.La maman est allee se reposer, dernier repos.Un medecin est venu.Puis une espece de taxi vers l'au-dela.Pleurer alors, oui, mais en mineur.Jamais Mme Peloquin ne touche les grandes orgues.Le mot d'auteur se presente pourtant, sur la pointe des pieds, l'air de dire excusez-moi.Il sort de la bouche des personnages aussi naturellement que de celle de la narratrice, cet autre moi de l'ecrivain, et voici l'offrande d'une simplicite, d'une humilite peut-etre, auxquelles le lecteur ne resiste pas.Quelqu'un lui parle et tout est douceur, il y a de la tendresse dans l'air, la confidence va venir, cette echappee du discours convenu.Ce quelqu'un dira, tout betement comme il en va d'une evidence: J'allume une autre cigarette.Les yeux sur un pied de la table, je fais a rebours le compte de mes amours.Je repense a toutes les fois ou j'ai dit 'je t'aime au lieu de 'aime- moi''.Si le recueil propose un theme dominant, c'est probablement celui de la solitude.Il inspire a l'auteur ironie ou compassion et parfois meme une maxime comme en inventent les moralistes et autres philosophes : On cherche un sens a sa solitude, on l'appelle liberte, mais c'est un leurre : la veritable liberte est sans tourments, la solitude souvent en est pleine.Le repertoire de Michele Peloquin n'est pas que reflexif ou introspectif.Imprecation, denonciation ou condamnation, le registre est vaste.Parmi les beaux sentiments et contre eux, il y a l'inceste, le viol des petites filles, la violence conjugale, les promesses trahies, les bonheurs fragiles et la vieillesse qui dans la glace insiste de plus en plus.En filigrane se dessine un art de vivre qui n'a rien de peremptoire, une sagesse sans rien d'amer.La souffrance epuise, elle s'epuise aussi : Quand il eut epure son amour de toute rancune, quand finalement il acceda a cette indulgence qu'a soi-meme il est plus difficile d'accorder, il sut qu'il pourrait aimer de nouveau.Il ne savait pas cependant qu'un vieux copain de college allait lui presenter qui ?On rigole aussi, dans les histoires des Yeux des autres.On y rencontre, qui se promenent et reviennent a l'occasion, un petit garcon, Bilou .comme il grandit vite ! ., des amies et copines, des lieux aussi.On apprend a les reconnaitre puis a les connaitre un peu.Ils servent de reperes et de liens entre des nouvelles qui ne sont pas de meme venue ni de meme style.Le recueil, trop vite traverse, acquiert ainsi une coherence comparable a celle d'un roman reussi.Son unite essentielle tient a autre chose : une exceptionnelle intelligence du langage et de son exploitation dramatique, une precision lexicale impeccable, un don d'observation d'une parfaite acuite et une sensibilite qui n'interdit pas la lucidite.Il en faut moins pour signaler la revelation d'un ecrivain extraordinaire.FFFF1.2 LES YEUX DES AUTRES Michele Peloquin XYZ editeur, 144 pages PHOTO PATRICK SANFACON, LA PRESSE c Le leader parlementaire de l'opposition officielle, Andre Boisclair, et la journaliste Betty Achard ont accepte de lire le Livre du mois, Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.Ils nous en parleront dimanche prochain.Les coups de coeur et les detestations de Betty Achard JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Devant la maison, le muguet, le lilas et les tulipes disent le soin particulier qu'on met ici a s'entourer de vie et surtout a l'entretenir.A l'interieur, chaque objet meriterait d'etre interviewe.Sur les murs du salon, les peaux de bete, les masques africains comme l'enorme carapace de tortue affichent les racines senegalaises, celles du pere.Quand j'etais enfant, a Saint-Etienne, en France, mon pere a ete tres malade, un ulcere d'estomac qui s'est aggrave, et il a du rester longtemps alite.Mon pere me demandait alors de lui lire et de lui relire La Randonnee de Samba Diouf, de Jerome et Jean Tharaud.C'est le seul souvenir de lecture entre lui et moi.C'est un livre qui parlait de cette Afrique dont il ne nous parlait sinon jamais.Il y avait une souffrance la-dessous.Juste a cote de la table de salle a manger trone une statue de Sainte- Therese, devant laquelle brule un lampion.Therese est un prenom de femme determinant dans la vie de Betty Achard.Sa meilleure amie s'appelle Marie-Therese, et de cinq a 15 ans, il y eut soeur Therese, la deuxieme mere.Celle qui l'a accompagnee durant toutes ses annees de pensionnat en France et qui l'a eveillee a la vie, dont celle des livres.Elle m'aimait, je l'aimais, j'etais la seule enfant noire, je ne voulais surtout pas la decevoir.Alors sous l'aile des religieuses, j'ai lu Saint- Exupery, les vies de saints, Gilbert Cesbron, Han Suyin, Henri Troyat, Herve Bazin.Que des lectures edifiantes ! Journaliste a la pige .entre autres a Madame .Betty Achard a ete, pendant des annees, l'oeil et la main correctrice de l'hebdo VOIR.La reviseure.C'est d'ailleurs avec des amies et collegues du milieu de travail qu'elle a tenu chez elle, pendant cinq ans, un club de lecture.Un club de lecture qui arborait ses couleurs dans un nom des p lus l oufoques PFGC : Petit Format et Gros Caractere ! Le club se reunissait toutes les cinq semaines, autour de romans essentiellement.On y a lu et on y a vu aussi .puisqu'ils l'ont tous honore de leur presence .Guillaume Vigneault, Maxime- Olivier Moutier, Gaetan Soucy et le regrette Emile Ollivier.Betty Achard garde un souvenir ebloui de deux romans quebecois, Le Cercle de Clara de Martine Desjardins (Lemeac) et La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaetan Soucy.Elle deplore par ailleurs qu'on n'ait pas assez parle du tres beau La Gueusaille de Lise Demers, aujourd'hui editrice des Editions Semaphore.Dans un grand eclat de rire, Betty Achard avoue ses detestations avec autant de plaisir que ses coups de coeur.Ca m'a longtemps genee de ne pas aimer Marguerite Duras.Mais bon, je ne l'aime pas, je n'entre pas dans ce monde.Ce cote je m'ecoute-ecrire- et-je-vous-regarde-me-lire .Pas de plaisir pour moi.Pour des raisons differentes, l'autre Marguerite, Marguerite Yourcenar, n'a pas non plus la cote.J'aurais aime aimer Marguerite Yourcenar.Mais ca me demande une concentration dont je n'ai pas envie.On lit la phrase et puis il faut la relire pour comprendre.Avec l'age, je suis devenue plus paresseuse.C'est vrai, c'est comme ca, je le dis.Bon, j'ai ete incapable de terminer Pelagie-la-Charrette d'Antonine Maillet .tous ces personnages ! .et avec Rejean Ducharme, c'est plus d'ordre intellectuel.En le lisant, j'aime ce qu'il arrive a faire avec les mots, mais une fois le livre termine, l'emotion l'est aussi.Je suis contente de l'avoir lu mais sans plus.Dans le gourmand besoin de lecture de Betty Achard, il y a un besoin d'evasion mais l'evasion pour mieux se connaitre.La litterature m'extrait de la vie, formule- t-elle fort justement, pour mieux m'y replonger.J'aime beaucoup la musique, j'aime beaucoup la peinture, mais ce sont les livres qui m'emportent le plus et me rendent le mieux a moi-meme.Si on m'enlevait les livres, je ne pourrais pas vivre.D'ou l'importance, a une certaine periode de sa vie, d'Annie Ernaux, qui a ete son auteure preferee parce qu'elle decrit exactement dans ses trois premiers ouvrages (Les Armoires vides, Ce qu'ils disent ou rien, La Femme gelee) ce que j'ai vecu avec mes parents.D'ou l'importance aussi du recit Des mots pour le dire de Marie Cardinal, un grand livre pour moi et que je donne d'ailleurs toujours regulierement en cadeau .encore il y a trois semaines, tiens ! .a des amies plus jeunes.Arriver a parler de soi avec une telle impudeur, c'est admirable et ca me fascine.Elle le dit et le repete : elle adore donner des livres en cadeau.Passionnement.A des gens qui n'aiment pas beaucoup lire, elle va offrir des romans qui vont capter l'attention.Le Parfum, de Patrick Suskind ou les livres de Michel Folco.Personnellement, je ne lis pas de romans policiers, alors j'offre ces romans qui tiennent en haleine.Comme les romans d'Agota Kistof (Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisieme Mensonge).Elle aime beaucoup lire sur les marginaux.Son livre de chevet, une lecture marquante, a ete le Therese Desqueyroux de Francois Mauriac .qui parle d'une femme qui avait tente d'assassiner son mari, et elle est toute admirative devant Grace et Denuement, le roman qu'Alice Ferney a consacre aux Gitans.De quel livre le Quebec a-t-il besoin ?Ce que le Quebec vit de plus extraordinaire et de plus bouleversant en ce moment, c'est la presence des autres, les autres d'une autre couleur, qui parlent une autre langue.Ce n'est pas toujours facile d'accueillir l'autre, alors disons un livre qui parlerait d'accueil aux autres.Recherche: Marie Sterlin Betty Achard et Andre Boisclair lisent le Livre du mois, Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda, publie aux editions Le Dilettante, dont ils parleront dimanche prochain.Un roman tendre mettant en scene des personnages qui ont tous besoin les uns des autres.Un livre reconfortant sur lequel vous pouvez vous prononcer en ecrivant, d'ici le 26 mai, a clubdelecture@lapresse.ca ou a La Presse, 7 ouest, rue Saint-Jacques, Montreal H2Y 1K9.Vous pouvez aussi choisir de repondre a la question suivante : La litterature aide-t-elle a vivre ?La lettre gagnante sera publiee dans notre le cahier, le dimanche 30 mai, et elle vaudra a son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies de la chaine Renaud-Bray. LECTURES LITTERATURE FRANCAISE CARNETS D'UNE SOUMISE DE PROVINCE Lamanie des Une enigme vertigineuse collections peut nous entrainer loin Caroline Lamarche, discrete litteraire belge, vient de publier un grand roman, encense par les uns, et dont l'obscenite derange les autres.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPECIALE PARIS .Je sais, dit pensivement la longue jeune femme : en ecrivant ce roman je prenais le risque de provoquer une reaction de rejet ou de repulsion.A cause de ce sujet, de cette maniere de brouiller les pistes et les frontieres entre l'onirisme, l'obscenite, l'amour et la soumission extreme.Mais en litterature on ne choisit pas, on va la ou l'on doit aller.L'auteur doit se debrouiller avec sa gene.(Leger sourire.) Je dois etre un peu masochiste.On en a vu de toutes les couleurs litteraires a Paris, et depuis longtemps.Aujourd'hui encore, on a peine a imaginer qu'une grande bourgeoise intellectuelle comme Dominique Aury, secretaire generale de la NRF, ait pu ecrire un texte aussi violent, malgre son esthetique glacee, qu'Histoire d'O.La surprise ne venait pas tellement de l'obscenite du sujet, mais du fait que celle-ci etait legitimee par les prestigieuses editions Pauvert et la preface, elegante et tout aussi scandaleuse, de Jean Paulhan, haute figure du monde litteraire de l'apres-guerre.Dans un genre voisin, La Vie sexuelle de Catherine M, oeuvre de la tres chic directrice de Art Press, n'etait pas mal non plus.Disons que Carnets d'une soumise de province, de Caroline Lamarche, est un livre juste un peu plus scandaleux que tout ce qui a precede : d'ou l'interet, mais aussi le malaise suscites.Parce que, a une tres grande qualite litteraire maitrisee sur 36 courts chapitres, il juxtapose non seulement des passages SM d'une obscenite extreme, mais egalement cet aveu implicite que la narratrice .la Renarde ., se confond avec celle qui signe ces carnets .Seraitelle une simple habituee du milieu SM qui temoigne , ce serait presque banal.Mais Caroline Lamarche, nee en 1955, issue d'une tres ancienne famille d'industriels wallons ( Ma famille deteste ce que j'ecris ), a deja publie deux romans aux editions de Minuit, un autre chez Gallimard, collabore a la NRF, a de nombreuses emissions litteraires.Bref c'est une jeune femme fort distinguee, dont l'elegance vestimentaire semble viser a passer inapercue.D'ou la gene chez beaucoup de critiques ou de lecteurs, que Caroline Lamarche est la premiere a admettre : C'est le risque a prendre.Exemple : dans le Nouvel Observateur, Pascal Bruckner, tout en soulignant la langue epuree de ce recit, ironise sur le cote popote du sadomasochisme , et ce couple maitre- Renarde qu'on retrouve, quelques gifles et sodomies plus tard, en train de manger des pizzas .Comme souvent, chez les lecteurs deranges par l'etalage cru de cette perversion, on gere son malaise a la blague ou en invoquant le cote repetitif et ennuyeux du sujet.C'aurait pu etre bien pire, dit la romanciere a propos de cet article.Et cela m'a fait plaisir qu'il soit illustre par une photo de soiree SM.Tout comme, d'ailleurs, elle s'est rejouie de decrocher le titre de livre du mois sur un site SM.Le Monde consacre un article fort elogieux a ce beau livre, grave et serieux, (qui) brouille les frontieres par l'acuite, la force du regard qui se deploie dans ces pages apres, violentes et sombres.La puissance de devoilement par l'obscenite n'a que peu de rapport avec le sexe comme divertissement.Tout est dur, tranchant, cru, parfois insoutenable.En tombant sur ce livre, un peu par hasard, en fevrier dernier, je me suis dit qu'il constituerait le prochain scandale de librairie du printemps.De fait, ces Carnets ne sont pas du tout passes inapercus, et Caroline Lamarche a eu plus que sa ration de medias parisiens : Monde, Nouvel Obs, Canard enchaine, mais aussi France-Culture, les Inrockuptbles.C'est-a-dire les medias qui font l'opinion litteraire.Mais, ici et la, il etait evident que le recit provoquait un leger malaise, notamment au cours d'emissions litteraires a la tele : J'ai ete invitee a l'emission de Poivre d'Arvor, certainement a cause du sujet, dit-elle, mais du coup celui-ci semblait prendre des pincettes pour parler du livre.Le plus serieusement du monde, Caroline Lamarche s'etonne d'ailleurs du scandale provoque par le livre de Catherine Millet : C'est tellement innocent comme livre, dit-elle.Et puis l'echangisme, c'est quand meme assez tranquille.Son livre a elle raconte la liaison, qui semble durer une saison .quelques mois , precise-telle .entre la Renarde et le maitre.Ils se voient dans differentes villes du nord de l'Europe, souvent dans des hotels de banlieue assez glauques.Signent un contrat detaille de soumission .Frequentent parfois des donjons avec la moquette qui sent le sperme .Attirail et accessoires connus : menottes, chaines, cravaches etc.Si l'on comprend bien, la narratrice a en quelque sorte le devoir de n'omettre aucun detail : Histoire d'O, dit-elle, est une reference indepassable, mais j'ai longtemps trouve que la relation etait trop stylisee, trop abstraite.Dans le cas present, tout est fait pour indiquer au lecteur qu'il s'agit d'une histoire vecue , meme si la figure du Maitre demeure en partie cachee.On sait, dit-elle, que c'est un Juif Ashkenaze, un grand maniacodepressif, qui a ete un aventurier et un militant pro-palestinien, et qu'il a ete torture dans des prisons israeliennes.La victime transformee en tortionnaire avec une soumise qui se laisse battre pour eponger les humeurs de son maitre : le terrain est mine, les analogies derangeantes.Je sais, dit-elle, que mon livre n'est pas politiquement correct.Difficile en effet de ne pas etre trouble lorsque la romanciere vous dit sur le ton de la constatation : Je recois parfois des courriers de femmes qui sont dans le milieu SM.Certaines craignent la destruction ou la mort.La soumission est un cheminement initiatique, une ascese qui renvoient aux oeuvres de Bataille .a cette nuance pres que chez ce dernier il s'agissait de litterature et de fantasmes, du moins le croyait-on.Dans le cas present, c'est le glissement perpetuel entre fiction et realite qui produit le scandale : Carnets d'une soumise de province n'est pas un simple recit fantasmatique, une allegorie, mais une description minutieuse d'une mystique , dont la romanciere precise que cette appartenance totale a l'aime comporte des risques physiques et mentaux .Le sujet de ce livre remarquable .l'eloge de la soumission .demeure une enigme.Vertigineuse.FFFF CARNETS D'UNE SOUMISE DE PROVINCE Caroline Lamarche Gallimard, 202 pages JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Avoir envie de s'amuser, et tomber sur ce petit roman au titre accrocheur : Le Potentiel erotique de ma femme.Belle et bonne coincidence.Voila un livre que l'on recommandera sans hesiter a quelques bons amis decoinces , qui aiment l'erotisme mais n'en font pas toute une histoire.Il s'agit d'abord d'un personnage obsede par les collections, un collectionneur compulsif.Curieux debut : l'auteur essaie-t-il de nous endormir afin de mieux nous reveiller, plus loin, avec le Potentiel erotique de ma femme?Peut-etre, mais alors notre premier sommeil sera peuple de bien droles de situations.Le personnage principal, Hector, vient de vivre le plus grand moment de sa vie ; alors qu'il ne s'y attendait pas le moins du monde, il s'etait retrouve nez a nez avec un badge Nixon is the best datant de la campagne electorale pour les primaires republicaines de 1960 .Or, Hector doit participer au Concours national du meilleur detenteur de badge de campagne electorale .ce qui n'est pas plus debile que le Festival international de la patate, bien connu par chez nous .Voila qui est excellent.Hector se promet une victoire eclatante.Il a deja battu un Polonais qui arborait un badge de Lech Walesa.Ridicule.Elimine en demi-finale, le Polonais.Il y a bien un Suedois (pharmacien dans le civil) qui semble posseder un badge secret, mais notre ami Hector est tranquille : on ne peut mieux faire que : Nixon is the best .Comique, ce roman, et inattendu.Helas, le Suedois va tricher.Eh oui, ca arrive.Mais nous avons par la meme occasion compris ce monde merveilleux des collectionneurs, et la manie d'Hector.Toute sa vie, il n'avait ete qu'un coeur battant au rythme des decouvertes.Il avait collectionne les timbres, les diplomes, les peintures de bateaux a quai, les tickets de metro, les premieres pages des livres, les touilleurs et piques aperitifs en plastique, les bouchons, les moments avec toi, les dictons croates, les jouets Kinder, les serviettes en papier, les feves, les pellicules photo.(J'en passe, j'en passe.) Son existence respirait la frenesie: avec toutes les periodes d'euphorie pure et d'extreme depression que cela pouvait impliquer.Il serait heureux aux States, ce type- la.Chaque fois que j'y mets les pieds, je reste saisi devant ces magasins specialises en rien .il y en a tous les coins de rue .for collectibles.Bref, Hector est un Don Juan de la chose.Mais il se soigne.Il essaie d'arreter, avec l'aide de ses collegues, avec l'aide de son grand frere Ernest, avec l'aide de sa mere, Mireille, et de son pere, Bernard.C'est tordant, ce livre.Si vous croyez que c'est facile, de se delivrer de la collectionnite, vous etes dans l'erreur.Un vrai collectionneur peut aller jusqu'au mensonge (voir le Suedois), jusqu'au vol, le meurtre n'est pas loin mais non, Hector reste tout de meme un insignifiant petit bourgeois moderne, francais et comique.Voila qu'il rencontre Brigitte.Elle sera le declencheur de la guerison, tandis qu'un ami bienveillant, Marcel, va devoiler a Hector l'existence de reunions de collectionneurs anonymes .De plus en plus drole, ce livre.Et soudain.Soudain, Hector decouvre quelque chose qui concerne sa femme et lui, lui et sa femme, qu'on ne vous dira evidemment pas, vous nous en voudriez comme un collectionneur frustre.Le voila bien, ce potentiel erotique de Brigitte.Et la voila bien la manie compulsive du collectionneur, dont il ne guerira jamais.Pas meme jusqu'a l'accouchement de sa femme, et la naissance, de combien d'enfants, avec-vous dit ?FFF1.2 LE POTENTIEL EROTIQUE DE MA FEMME David Foenkinos Gallimard, Paris, 145 pages PHOTO FOURNIE PAR GALLIMARD Caroline Lamarche : En ecrivant ce roman, je prenais le risque de provoquer une reaction de rejet ou de repulsion.A cause de ce sujet, de cette maniere de brouiller les pistes et les frontieres entre l'onirisme, l'obscenite, l'amour et la soumission extreme.PSYCHO POP L'homme n'est pas une femme LILIANNE LACROIX Pour une femme, un homme, c'est infiniment mysterieux.Pourquoi ?D'abord, parce que les femmes ne peuvent pas se contenter de voir la verite en face et la realite droit dans les yeux.(Car) il n'y a pas plus bouchee que celle qui ne veut pas comprendre.Journaliste et ecrivain a Paris, Ellen Willer ne fait pas dans la dentelle et plante son decor des l'introduction de Les hommes, le sexe, etc., un plongeon fascinant au coeur de la masculinite franchement devoilee.Sans doute fatiguee des discussions de filles qui tournent en rond, interessee a plonger au coeur du mystere plutot qu'a continuer a bitcher a l'aveuglette contre le male, cet etre rustre et sans coeur dont on ne peut se passer, elle a choisi d'interroger directement des hommes.Non pas SON homme, qui y aurait vu une intrusion inopportune, mais des hommes inconnus, des dizaines de males qui, sentant que, cette fois, ils ne risquaient pas de dommages personnels, ont bien voulu satisfaire franchement sa curiosite.Pourquoi un homme normalement constitue est-il si hesitant a conforter sa compagne en lui disant je t'aime a l'occasion?Tout simplement parce qu'il est branche sur le mode information.Comme il l'a deja dit une fois, il considere que c'est regle, un point, c'est tout, explique l'auteure, eclairee par ses dizaines de confidents.Et puis, il demeure avec elle.N'est-ce pas la preuve ?Pourquoi faudrait-il le dire en plus ?Pendant que la femme babille, l'homme, lui, laisse ses gestes parler.Pourquoi ne rappelle-t-il pas ?Question torturante que toute femme, a moins d'etre une top-modele doublee d'une mata-hari, s'est deja posee ! Dans les films americains, les types qui ne rappellent pas, c'est parce qu'ils sont morts a la guerre, pris comme otages, dans le coma apres un accident, lance Denis 37 ans.Dans la vraie vie, c'est beaucoup plus basique et infiniment plus mechant : c'est juste parce qu'on n'en a pas envie.Et vlan ! Un homme, ca ne fonctionne pas comme une femme.On s'en doutait, mais on dirait qu'il faut toujours se le repeter pour bien comprendre.Alors les hommes interroges nous assenent cette verite a repetition, comme Dominique, 42 ans.Quand une femme rencontre un homme, elle cible aussitot tout ce qui ne va pas en lui.Si, malgre ca, elle se laisse tenter, elle va changer d'optique.Et, une fois qu'elle a couche avec lui, elle cherche plutot tout ce qui pourrait faire de lui un compagnon convenable.Nous, c'est exactement le contraire.Avant, on ne voit que ses qualites, tout ce qui fait qu'on est attires.Apres, ce sont tous ses defauts qui nous sautent aux yeux.Tant qu'a y etre, puisque les hommes ont choisi de deballer leur sac et qu'ils nous servent ca tout cru, plongeons donc au coeur des confidences.Mais attention, il ne faut pas etre trop douillettes : Pourquoi les hommes vont-ils voir les putes ?Parce qu'avec une femme qu'ils paient, ils n'ont pas besoin de se casser la tete : Ce n'est pas commode, la jouissance de la femme.C'est comme ces meubles qu'on vous livre avec un mode d'emploi traduit en francais du japonais par des Hollandais.Tout est la, mais on ne sait pas comment ca se monte , dit Jean-Charles, 49 ans.Hubert, 33 ans, se charge de la suite : Si je suis honnete, je crois que c'est ca qui me pousse a aller voir les putes.Oublier qu'il y a en face une femme qu'il faut faire jouir.Et risquer d'encourir la critique, admettent plusieurs males interroges.Ou pire, de la meriter, ce qui represente le summum de la decheance pour un male programme a livrer la marchandise.Pourquoi s'endort-il tout de suite apres ?Pour les femmes, explique l'auteur, les hormones du sommeil sont liberees 30 a 40 minutes apres l'orgasme.Pour les hommes, c'est carrement simultane.Elles foncent tout droit dans le sang tout juste apres l'ejaculation.Et nous voila enfin rassurees! Et prises d'une folle envie de deposer un baiser sur le front du ronfleur.Pourquoi les hommes ne pensentils qu'a ca ?Parce qu'ils sont tirailles par la testosterone, tout simplement.Et cette obsession-la ne disparait jamais.Tout en admettant vivre des problemes d'erection, Christian, 78 ans, dit : On desire autant, mais on se satisfait moins.Si vous voulez, on continue d'avoir faim.Mais on n'a plus la force de mordre, de macher et d'avaler.FFFF LES HOMMES, LE SEXE, ETC.Ellen Willer Editions Marabout, 246pages LECTURES Mettre ou ne pas mettre une virgule apres or ?PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITE proux@lapresse.ca QLine Doucet, Sherbrooke .Dans quels cas doit-on mettre ou ne pas mettre de virgule apres la conjonction or en tete de phrase ?Dans le Larousse et dans le Robert, on met une virgule apres or.De plus, le Multi dit que la conjonction or est generalement suivie d'une virgule.Une de mes collegues (excellente en francais) me dit qu'elle suivait la regle qu'elle avait lue dans La Maitrise du francais ecrit (Helene Cajolet-Laganiere, Editions Laganiere).Voici ce que dit madame Cajolet-Laganiere a ce sujet : On ne met pas de virgule apres or, sauf si ce qui suit est un complement en inversion ou une incise.Exemples : > Or cette hypothese n'a jamais ete confirmee.> Or, annonca-t-elle, je ne suis plus de votre camp.Voici ce que dit madame de Villers dans le Multi : > La conjonction or est generalement suivie d'une virgule.Un exemple est donne dans le Petit Robert : > Or, un dimanche elle apercut tout a coup une femme qui promenait son enfant.(Maupassant) RLes grammairiens prudents et avises vont diront qu'en general les conjonctions de coordination, placees en tete de phrase, sont suivies d'une virgule, pour detacher et mettre en relief ce qui suit.Mais cette regle, rappelons-le, n'est pas absolue, de sorte que de nombreux auteurs, et des meilleurs, ne la suivent pas, ou du moins, pas toujours.C'est affaire de rythme, de contexte, voire de sensibilite.Ainsi, dans Le Guide du redacteur (qui soit dit en passant est de bon conseil en matiere de ponctuation), on suggere la virgule apres or, si la phrase est longue, mais on la deconseille si la phrase est courte.Autre exemple tire de la meme source : le mais place en debut de phrase est suivi d'une virgule si l'on veut marquer une hesitation, mais on omet la virgule quand on considere que mais forme un tout avec les mots qui suivent.Tout cela m'amene a conclure que grammairiens et professeurs ne devraient jamais presenter comme absolues des regles qui ne sont que relatives.Et j'ajoute que les correcteurs devraient laisser, en la matiere, une grande liberte aux auteurs qu'ils corrigent.Deux buts chaque QRejean St-Pierre.J'ai entendu lors d'un match de hockey : deux buts chaque.Ne devrait-on pas employer chacun ?RAu Quebec, l'emploi de chaque apres le substantif, a la place de chacun, est considere comme un anglicisme.C'est ainsi qu'une phrase comme ils ont obtenu deux buts chaque est jugee fautive.En France, on trouve le meme usage, sans qu'il soit pour autant taxe de calque de l'anglais.On estime plutot qu'il s'agit d'une tournure familiere.Mais en francais soigne, comme le rappelle le grammairien Joseph Hanse, il convient plutot d'employer chacun.> Ils ont obtenu deux buts chacun.Enfin, soulignons que chaque ne s'emploie que devant un nom singulier.On ne dira pas, par exemple, chaque deux semaines, mais toutes les deux semaines.Les argents QSuzanne Royer, Sherbrooke .J'aimerais savoir si le nom argent peut s'employer au pluriel.Je lis et j'entends les argents, nous avons attribue ces argents a tel projet.Cela m'agace les oreilles et je me questionne sur la justesse de l'emploi de ce substantif au pluriel.RL'emploi de la locution les argents au pluriel est une traduction litterale de the moneys.On peut traduire cette locution, selon le contexte, par argent (singulier), argent liquide ou comptant, budget, capitaux, credits, encaisse, especes, fonds, recettes, ressources financieres ou somme(s).> Les credits alloues aux garderies ont ete augmentes.> Il prefere payer son loyer en especes.> Cette societe recevra une somme de 17 millions de dollars du gouvernement du Quebec.L'ellipse du ne QMaurice Locat, La Prairie .Suis-je en retard d'une reforme ?Je constate que la negation, a l'ecrit, se resume de plus en plus a un seul mot : Ecoute pas ca (J.-P.Ferland), Le cinema, ca change pas l'ecrivain, sauf que.(La Presse, 18 avril 2004), gagner a la loterie, ca change pas le monde (Loto-Quebec), etc.Qu'en est-il de la regle du ne.pas que nous avons apprise et qui est toujours enseignee dans les ecoles ?RLa langue parlee fait souvent l'economie du ne, du moins quand le registre est familier.Mais dans la langue ecrite, le ne demeure de rigueur, du moins dans un registre soigne.Apporter et amener QFrancyne Ricard.Je me demande pourquoi les gens a la television semblent ne plus faire de distinction entre les verbes apporter et amener.On entend tres souvent : j'ai amene telle chose au lieu de : j'ai apporte.Est-ce devenu desuet de faire cette distinction ?RCette distinction n'est pas desuete.Premiere precision : amener et emmener sont relatifs aux personnes ou aux animaux, apporter et emporter sont relatifs aux choses.On amene ses enfants au gymnase, mais on apporte leur equipement.On peut emmener son chien en voyage, mais on emporte ses valises.Autre distinction : contrairement a emmener, amener suppose que l'accompagnateur quitte la personne a l'arrivee , comme le souligne le Petit Robert.On amene donc son enfant a la garderie, mais on l'emmene en vacances.Il faut aussi distinguer apporter et emporter.Comme le fait remarquer le Multidictionnaire, le verbe apporter comporte l'idee de point d'arrivee, d'aboutissement, alors que le verbe emporter comprend l'idee de point de depart .> Je vous ai apporte des bonbons.> Les voleurs ont emporte toute ma collection de disques.> Votre sandwich, est-ce pour emporter ?Quant a transporter, il designe l'action de deplacer d'un lieu a un autre en portant .Ce verbe peut donc s'appliquer tant aux personnes qu'aux objets.Un camion, par exemple, peut transporter aussi bien des gens que des marchandises.Notons qu'on n'emploierait pas transporter pour des objets legers.En revanche, on peut sans doute utiliser apporter meme pour des objets lourds.> Il a apporte une caisse de livres.Petits pieges La semaine derniere, les phrases suivantes contenaient chacune une erreur : > Aristide est parti precipitamment, laissant son pays sans dessus dessous.> On vient de decouvrir un systeme solaire semblable au notre, a 41 millions d'annees-lumieres de la Terre.La locution juste est sens dessus dessous.Elle signifie a l'envers .La confusion avec sans vient en partie de ce que le s de sens ne se prononce pas dans cette expression.Il aurait donc fallu ecrire : > Aristide est parti precipitamment, laissant son pays sens dessus dessous.Le compose annee-lumiere s'ecrit sans s a lumiere au pluriel.Il signifie en effet annee de lumiere .Il aurait donc fallu ecrire : > On vient de decouvrir un systeme solaire semblable au notre, a 41 millions d'annees-lumiere de la Terre.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes contiennent chacune une faute.Quelles sont-elles > Elle vit dans un monde enchante, un monde de conte de fee.> Les visiteurs s'y rendent en masse a l'annee longue.Les reponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions a Paul Roux (de grace, ne m'appelez pas Proulx) par courriel a proux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9.CURIOSITE Generation sous pression ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPECIALE Le livre avec lequel on batit un monde meilleur.Oui, lecteur, c'est ecrit en sous-titre sur la jaquette : LE livre, carrement.Ne cherchez plus, c'est ce bouquin-la.On serait fou de ne pas l'acheter, d'autant plus qu'il n'est pas cher (8, 95 $).Le jeune auteur de ce tout recent Generation idealiste, un certain Sebastien Filiatrault, ne manque certainement pas de toupet.Et les gens des Intouchables demontrent une fois de plus leur sens du timing , du marketing et du packaging .Mais laissons immediatement ces considerations commerciales et hatonsnous de l'ouvrir, ce paquet, justement.Filiatrault, ne en 1978, aujourd'hui brave etudiant en sciences politiques, veut par ce livre donner espoir .ou un bon coup de pied dans le cul .aux gens de son age, c'est-a-dire de cette generation no name , garante, selon lui, de la survie de l'humanite .Car, non sans raison, le jeune essayiste craint pour l'avenir du monde.Il est vrai qu'on ne fait pas souvent cadeau de compliments aux 18-30 ans, soupconnes par les plus vieux d'a peu pres toutes les lacunes : manque de modeles, desengagement politique, vide spirituel, manque d'esprit collectif, desinteret pour l'histoire, apathie intellectuelle et tout le catalogue .recemment augmente dans ce cahier par Victor-Levy Beaulieu .des carences et deficiences propres aux non-boomers (ca fait beaucoup de monde !) Filiatrault veut dire au bon peuple et principalement a ses pairs : on est capables ! Capables de freiner et de faire bifurquer la direction prise par l'homme .Capables de changer le cours des choses qui, de l'avis de l'auteur, n'augure rien qui vaille.Desinformation, convergence des medias, acculturation des masses abruties, surconsommation, corruption politique, pollution atmospherique, desagregation de l'ecosysteme, dependance envers la technologie, cheap labour, faim dans le monde etc.Tous les ennuis de l'humanite sont entasses dans l'entonnoir de Generation idealiste.Etrangement, le livre n'aborde pas, ou effleure a peine, le sujet du conflit des generations.On s'y laisse poliment enseigner ce qu'on sait deja ou ce qui a ete deja dit et ecrit mille fois, et mille fois mieux : Que le sensationnalisme fait vendre , que la politique, c'est de la marde , que l'un des plus grands moteurs technologiques, c'est la guerre ou encore que les valeurs relatives a la famille ont grandement evolue depuis quelques annees .A chaque probleme Filiatrault trouve une solution, toujours valable, presque trop evidente, idealiste en somme.Generation idealiste n'est pas un grand essai, ni meme un bon livre mais un bouquin encourageant, tonifiant, fait dans l'enthousiasme et la meilleure volonte.Fait dans la hate aussi .dans l'urgence, dirait probablement Filiatrault ., comme si le gaillard avait ete soumis au supplice de la date limite.Presse de tout dire, qu'importe comment, l'auteur s'egare parfois en observations plus ou moins vaseuses sur des sujets trop vastes et trop complexes pour etre reduits a des dissertations de quatre ou cinq pages.Il y a plusieurs livres dans Generation idealiste ; aucun n'est vraiment abouti.Mais ce n'est pas grave.Ca serait mesquin de reprocher a un jeune etudiant de ne pas avoir pondu la these du siecle.Aussi, idealiste, nous n'en parlerons pas comme d'un essai rate mais comme de la maquette d'un veritable essai a venir.FF1.2 GENERATION IDEALISTE Sebastien Filiatrault Les Intouchables, 154 pages L'enfant des mots AMOS suite de la page 7 Amos, qui n'a que 13 ans, est profondement terrasse par ce drame.Quelques annees plus tard, il decide de changer le nom de ses ancetres en Oz, qui signifie force en hebreu, et d'aller vivre dans un kibboutz.Il ne lui reste alors qu'une patrie, une seule famille : la langue hebraique, dont il est aujourd'hui un des plus illustres artisans et ambassadeurs.Je suis tres chauvin lorsqu'on me questionne sur ma langue maternelle.L'hebreu est mon instrument de musique favori.L'hebreu est pour moi ce qu'un violon est pour un violoniste.C'est une langue fascinante, dans laquelle rien n'est fige.Un volcan en eruption.Pendant 17 siecles, l'hebreu fut une Princesse au Bois dormant.On l'utilisait uniquement dans la liturgie, mais pas dans les chambres a coucher, rappelle-t-il.Cette langue ne se reveilla qu'en 1900, lorsque le sionisme mit en contact des Juifs orientaux, qui parlaient un derive de l'espagnol .le ladino.et des Juifs est-europeens, qui s'exprimaient en yiddish.L'hebreu est devenu ainsi la glu qui a soude le peuple d'Israel.Je crois que cette langue tres vivace est vouee a un avenir prometteur, et cela malgre la predominance linguistique et culturelle mondiale de l'anglais.L'hebreu est aujourd'hui dans une situation similaire a celle de la langue anglaise a l'epoque de William Shakespeare.Cette langue, qui a ete au fil des annees refaconnee et enrichie, connait actuellement un essor important.Je vais sans doute vous surprendre, mais les gens qui parlent aujourd'hui l'hebreu dans le monde sont plus nombreux que ceux qui parlent le norvegien ou le danois ou qui parlaient l'anglais a l'epoque de Shakespeare.Amoz Oz ne cesse de s'interroger dans ses livres sur l'entreprise sioniste.Est-ce une reussite ?Un echec?Une reussite malgre les echecs ?Un echec malgre les reussites La question reste ouverte, dit-il.Aux yeux d'un observateur exterieur, nous donnons souvent l'image d'une tour de Babel : impossible de trouver deux Israeliens d'accord entre eux.Israel n'est en fait ni un peuple, ni un pays, ni une societe, mais une collection de motifs personnels.Nous sommes un Etat de six millions de citoyens, juifs et arabes .ces derniers sont plus de un million ., dont presque chacun est premier ministre, prophete, messie ou bien sauveur, dont chacun et chacune croit detenir la formule magique pour resoudre des problemes insolubles.C'est a vous donner le vertige.A croire que ces profondes divisions sont notre malheur, que les Israeliens ne font rien d'autre que s'entredechirer.C'est vrai que nous nous chamaillons avec vehemence pendant environ la moitie de la journee, mais pas toute la journee ! L'anarchie est comme un gene dans la tradition juive.Ce gene constitue la seve vivifiante de la tres bordelique democratie israelienne.Mais, rassurez-vous ! Les Israeliens font aussi d'autres choses.Malgre ses nombreuses tares, Israel est l'une des societes les plus passionnantes au monde.J'aime Israel, meme dans les moments ou je suis en tres colere contre ses elites dirigeantes, que je n' arrete pas d'envoyer au diable ces derniers temps ! Je ne pourrai jamais vivre ailleurs.Aidez-nous a divorcer Chef de file de l'intelligentsia progressiste israelienne, fondateur du mouvement La Paix maintenant, architecte, aux cotes de Yossi Beilin et de Yasser Abed Rabo, du Plan de paix de Geneve, Amos Oz prone avec entrain depuis 37 ans l'evacuation de tous les territoires occupes palestiniens .une gangrene qui pourrit la societe israelienne , dit-il .et la creation d'un Etat palestinien independant.Voeux qu'il reitere avec force dans un court essai, Aidez-nous a divorcer ! Israel-Palestine : deux Etats maintenant, (Gallimard).Il recuse vigoureusement l'idee, tres en vogue ces derniers temps, de creer un Etat binational, ou Juifs et Arabes vivraient ensemble.C'est une idee absurde, utopique et irrealisable, retorque-t-il.Imaginez quelqu'un qui en 1945 aurait propose l'idee de creer une nation commune au sein de laquelle auraient vecu les Allemands et les Polonais ou les Allemands et les Francais apres plus de 100 ans de conflits meurtriers.Cette option est simplement une maniere sournoise de proner la disparition d'Israel et son remplacement par une entite etatique qui, a long terme, ne pourra etre qu'un Etat islamique.C'est une idee inacceptable pour la majorite des Israeliens.D'apres Amos Oz, les Israeliens et les Palestiniens forment aujourd'hui une famille tres malheureuse , dont les membres n'ont qu'un choix : se separer radicalement.Les deux parties ont besoin d'urgence d'un divorce juste et equitable, pas d'une lune de miel.Ces deux nations qui n'ont nulle part d'autre ou aller et qui ne formeront jamais une famille heureuse doivent divorcer, c'est-a-dire accepter de diviser la maison dans laquelle elles vivent en deux appartements.Dans mon vocabulaire, le mot compromis est synonyme de vie et son contraire n'est ni integrite, ni idealisme, ni patriotisme, c'est fanatisme et mort.Il y a deux manieres de resoudre une fois pour toutes le drame israelo-palestinien.Soit on s'inscrit dans la tradition de Shakespeare, et l'on se retrouve a la fin de la piece avec une scene jonchee de cadavres et de fortes probabilites que la justice regne un jour.Soit on opte pour la maniere Tchekhov : a la fin tous les personnages sont amers, decus et tristes, mais vivants.Moi, depuis presque quatre decennies, je ne cesse de preconiser une solution a la Tchekhov.Les Tcheques et les Slovaques ont prefere cette solution pragmatique et viable.FFFF1.2 UNE HISTOIRE D'AMOUR ET DE TENEBRES Amos Oz Gallimard, 545 pages FFF1.2 AIDEZ-NOUS A DIVORCER ! ISRAEL-PALESTINE : DEUX ETATS MAINTENANT GALLIMARD, 39pages Amos Oz : Nous sommes un Etat de six millions de citoyens, juifs et arabes, dont presque chacun est premier ministre, prophete, messie ou bien sauveur. FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE LECTURES QUELQUES SUGGESTIONS PASCALE MILLOT COLLABORATION SPÉCIALE Paul Fournel est un homme qui aime « aller à la librairie feuilleter des livres, en acheter, aller fouiller dans les bacs à CD en les faisant claquer les uns contre les autres, en acheter, manger au restaurant des choses différentes, bavarder de littérature, faire les vitrines, conduire vite, faire du vélo un peu chaque jour et beaucoup chaque dimanche, aller à l'Oulipo, préparer les « Papous », boire du bon vin, marcher en ville.» Toutes choses dont cet amoureux des mots, de la bonne chère et de l'effort physique a été en partie privé pendant les trois années qu'il a passées au Caire, comme attaché cuturel du gouvernement français.Tant mieux pour ses lecteurs.Moins enveloppé dans « le tissu des jours », l'écrivain a eu tout le loisir d'observer la ville et d'en tirer matière à littérature.Nous l'avons joint en France cette semaine par téléphone avant son départ pour Montréal où il participera au Festival international de la littérature.Chaque matin, sans faillir pendant 500 jours, Paul Fournel a écrit une petite chronique de sa vie dans la capitale égyptienne, qu'il a envoyée quotidiennement à 98 amis.De retour en France, il y a près d'un an, il a décidé de publier ces délicieux Poils de Cairote (Le Seuil), recueil dans lequel il porte un regard limpide, empreint de finesse et d'ironie, sur Le Caire, ses habitants, sa folie, et la trépidante existence de cette ville loufoque et tragique.« Travailler et vivre à l'étranger aiguise le regard, dit-il.On est toujours un peu obligé d'ouvrir l'oeil pour essayer de comprendre ce qui se passe autour de nous, de rester soi-même tout en découvrant le monde des autres.Cela oblige à tenir une attention permanente que l'on n'a plus quand on est dans son pays, où l'on ne voit plus les choses, parce qu'on a l'impression qu'elles nous sont données.» Homme orchestre de la chose littéraire, Paul Fournel a tâté de tout ce qui constitue la « machine-littérature ».Romancier et nouvelliste (Des athlètes dans leur tête, Un homme regarde une femme), il s'est longtemps plu à publier les livres des autres (il fut éditeur chez Hachette puis directeur des Éditions Ramsay et Seghers).Il a enseigné la littérature et l'édition dans deux universités parisiennes.Et il entame cette année son mandat à la direction littéraire du Centre régional du livre du Languedoc- Roussillon, dans le Sud de la France.Mais surtout, cet homme de lettres a, dans le cadre de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) pris à bras le corps la matière littéraire, travaillant au coeur de la fabrication du récit et du texte.Ce fils de coiffeuse à la moustache impeccablement taillée avait 25 ans quand il a eu la chance de croiser sur sa route Raymond Queneau, auquel il a consacré son mémoire de maîtrise.Cofondateur de l'Oulipo, Queneau recruta illico le jeune homme pour en faire « l'esclave » de ce regroupement littéraire qui est aujourd'hui le plus vieux d'Europe.Au sein du groupe, Fournel a travaillé de près avec Georges Perec, Italo Calvino, Jacques Roubaud et tous ces autres artisans qui considèrent la littérature comme un jeu drôlement important.« L'idée de l'Oulipo est d'interroger les mathématiques, les sciences et la littérature elle-même pour essayer de trouver de nouvelles formes susceptibles de servir de support à des oeuvres littéraires.Ensuite, les auteurs en font l'usage qu'ils veulent, exactement comme un poète utilise la règle du sonnet, de l'ode ou du haikai japonais.» Certains furent de véritables virtuoses de la contrainte oulipienne comme Georges Perec et sa Disparition (un roman écrit sans la lettre e) ou Calvino et son roman à tiroirs (Si par une nuit d'hiver un voyageur).Paul Fournel, aujourd'hui président de l'Oulipo, a la contrainte légère, mais la fibre oulipienne profonde.Depuis son retour d'Égypte, il a repris avec bonheur ses fréquentations oulipiennes.Il participe assidûment aux rencontres (un dîner de travail tous les mois), aux lectures publiques (le premier jeudi de chaque mois) et aux différentes activités (stages, ateliers d'écriture, conférences, etc.) de ce regroupement qui a fait des petits.L'Italie a désormais son Oplepo et la France son Oupeinpo (Ouvroir de peinture potentielle), son Obapo (Ouvroir de bandes dessinées potentielle), son Omupo (Ouvroir de musique potentielle) et son Oulipopo (Ouvroir de littérature policière potentielle).À quand un Ouquélipo ?(Ouvroir québécois de littérature potentielle).Paul Fournel participera à trois événements dans le cadre du Festival international de la littérature.> Les Grandes Rencontres: Oulipiens, des athlètes dans leur tête?Entretien avec Jean-François Chassay, aujourd'hui, de 15 h à 17 h, à la librairie L'Écume des jours, 125, rue Saint-Viateur.> Les Grandes Rencontres: Errances égyptiennes.Entretien avec Danielle Laurin.Le 12 mai, de 16h à 18 h, à la librairie Monet, 2752, rue de Salaberry.> Soirée de lectures en compagnie d'autres écrivains : Errances, le jeudi 13 mai, à 20 h, au Studio- théâtre de la Place des Arts.Pour en savoir plus sur le Festival : uneq.qc.ca/ festival ou 514 277-1010.PAUL FOURNEL Homme orchestre de la littérature Le président de l'Ouvroir de littérature potentielle vient porter la bonne parole oulipienne à Montréal.Apportez votre lunch Les Midis littéraires sont une nouveauté au FIL cette année, en ce 10e anniversaire.Ils se déroulent au Studio-théâtre de la Place des Arts.On peut y entendre, de midi à 12 h 50, des artistes lisant des extraits d'oeuvres « incontournables » d'écrivains québécois.Demain, par exemple, Marcel Pomerlo lira du Saint-Denys Garneau.Mardi : Chloé Sainte-Marie lira Gaston Miron, qu'elle a connu puisque le poète était un grand ami de Gilles Carle, qui avait fondé avec lui les éditions de L'Hexagone.Les oeuvres et les artistes qui les lisent ont été choisis par Stéphane Lépine.Entrée : 10 $ Rencontre avec Lepape Pierre Lepape est cet intellectuel français, biographe et journaliste (Monde diplomatique) qui avait sa place, il n'y a pas si longtemps dans les pages du Monde comme feuilletonniste (on dirait ici columnis).On lui doit Diderot (Flammarion), Voltaire le conquérant et André Gide : le messager (Seuil).Son essai le plus récent, Le Pays de la littérature \u2014 Des serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre, a été louangé par la critique.On dit qu'il est un merveilleux conteur.Il sera demain, à 18 h, à la Salle de lecture de la Bibliothèque nationale du Québec (1700, rue Saint-Denis).L'entrée est libre.Robert Lalonde (bis) Dommage que cet événement, L'Échappée belle, ne soit présenté qu'une seule fois pendant le FIL, le jeudi 13 mai (à 20 h, au Gesù).L'écrivain-comédien Robert Lalonde a remanié deux de ses récits pour en faire une pièce de théâtre qui sera interprétée par Jean-François Blanchard et le violoncelliste Claude Lamothe.La mise en scène est de Martine Beaulne.Entrée : 15 $ (12$ pour les étudiants et les membres de l'UNEQ).Billetterie 861-4036.Bière et littérature Le Consulat de France au Québec remet ça : un autre Bar littéraire au L'Barouf, lundi soir, de 17 h 30 à 19 h 30, qui réunira la romancière française Michèle Gazier, notre ami David Homel, son amie à lui, Brina Svit, romancière slovène qui écrit en français, Alberta Johanna van de Pol (Pays-Bas) et l'écrivain mexicain Jorge Volpi.Marie-Andrée Lamontagne assure l'animation.Le thème de la rencontre : d'une langue à l'autre.Entrée libre, mais la bière n'est pas gratuite.4171, rue Saint-Denis.Le Festival international de la littérature se poursuit jusqu'au 15 mai.(www.uneq.qc.ca/festival ou 514 277-1010) 3201291A PHOTO GABRIELLE CAUCHY, COLLABORATION SPÉCIALE Paul Fournel avait 25 ans quand il a été recruté comme « esclave » de l'Oulipo, ce regroupement littéraire qui est aujourd'hui le plus vieux d'Europe.Richard Hétu à la conquête des lecteurs new-yorkais PHOTO JESSE WINTER, COLLABORATION SPÉCIALE Richard Hétu a lancé mercredi dernier son roman historique La Route de l'Ouest, à New York.Intitulée The Lost Guide: The Man Behind the Lewis and Clark Expedition, la version anglaise de l'ouvrage est publiée par East Village Press, une maison d'édition new-yorkaise fondée par deux Québécois dont la mission première est d'ouvrir le marché des États-Unis aux auteurs francophones.Le lancement a eu lieu à la Délégation générale du Québec.Paru à Montréal en 2002 chez VLB éditeur, La Route de l'Ouest met en lumière le rôle de Toussaint Charbonneau dans la célèbre expédition qui a exploré l'Ouest américain de 1804 à 1806. 3219547A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Ni triomphalisme, ni fausse modestie.On ne surprendra pas Rémy Girard à perdre la tête.De toute façon, il est bien trop occupé pour prendre le temps de peaufiner une image qui n'est pas lui.La plus grande qualité de cet acteur est sans doute de ne pas se prendre pour un autre.«C'est vrai que l'âge, l'expérience de la vie aident à jouer.Tous ces honneurs pourraient changer quelque chose dans ma carrière, dans ma vie.» ANNE RICHER n le lui pardonnerait cependant, compte tenu de tous les honneurs, prix et témoignages qui, telle une brassée de fleurs encombrante mais joyeuse, s'accumulent sur son travail d'acteur.Dix-sept ans après Le Déclin de l'empire américain, un prix Génie (enfin!) pour son rôle fort dans Les Invasions barbares, reconnaissance américaine de son talent par un article dans le New York Times Magazine, le mettant sur un pied d'égalité avecles Sean Penn, Diane Keatonetplusieurs autres grands du cinéma.«Je garde la tête froide mais, je dois l'avouer, je suis content.» Heureux aussi d'accepter le titre de Personnalité de la semaine que La Presse lui décerne naturellement.«C'est le summum, dit-il en riant.Je ressens une certaine pression, je dois continueràsurprendrepournepasdécevoir.» Toucher les autres «C'est pour cette raison que l'on fait ce métier, cetterelation intimeavecle spectateur, l'émouvoir, le toucher.» L'aîné de six enfants, originaire de Jonquière, croyait, la cinquantaine venue, qu'il serait moins en demande, qu'il aurait plus de temps pour méditer dans sa forêt.C'est tout le contraire.Le métier qu'il a choisi il y a de cela plus de 33 ans continue de le combler.Le théâtre et le cinéma ne semblent pas vouloir se passer de lui.«C'est fascinant.À l'école, plus jeune, je jouais des rôles de père et non pas de jeune premier.J'ai rejoint l'âge de mes rôles», ajoute-t-il en sourcillant.Submergé de travail depuis toujours, ilneditjamaisnonàunenouvelleexpérience qui le mènerait ailleurs, au bout de luimême.«C'est vrai que l'âge, l'expérience de la vie aident à jouer.Tous ces honneurs pourraient changer quelque chose dans ma carrière, dans ma vie.» Ce n'est pas la grossemachine américaine qui l'intéresse, mais un rôle à sa mesure aux États-Unis, unprolongement de cequ'il faitmaintenant.«Ils ont découvert qu'on existait! Qu'on n'est pas juste un country up North.» Est-ceunhasard?«Sur le planpersonnel, je suis assez ours», me confiait-il un jour.Donc, «Papa Bougon» ne peut pas laisser le téléspectateur indifférent.Alors que l'acteur défend aux États-Unis notre système de santé en dépit de ce que les spectateurs ont vu dans Les Invasions barbares, il se transforme ici, avec les Bougon, en une espèce de thérapeute.Car il touche encore une fois.«Les gens viennent me parler spontanément, les hommes surtout.» Il y a du brasse-camarade dans sa tête, il l'admet.Les grandes questions telles que la maladie et la mort ne le laissent plus aussi indifférent depuis qu'il a tourné avec Denys Arcand.Il doit se soucier d'un petit garçon de 7 ans, son fils handicapé, son rayon de soleil et son amour.«Je suis toujours inquiet de ce qui pourrait lui arriver.» Il confie qu'il a cessé de fumer, surveille un peu mieux son alimentation et, sans être un grand sportif, il marche dès qu'il en a l'occasion.Mais Rémy Girard est un épicurien.«Il ne faut pas renoncer à toutes les bonnes choses de la vie!» Une activité contrôlée Au lieu de l'anéantir, les épreuves personnelles l'ont fouetté : «Je ne suis pas du genre à m'écrouler.» Sa façon d'être et de réagir est un peu calquée sur celle de son père, son héros, qui aimait le répéter: «Il faut regarder en avant.» La vie, l'espoir, comme celui qui l'anime lorsqu'il s'émerveille devant le moindre progrès cognitif chez son fils.«Je me nourris de ses réussites, de ses bons coups.» Et il vit à son rythme, première grande leçon que le fils, quotidiennement, donne à son père.Pour passer outre la fatigue, l'acteur, qui connaît la valeur du temps qui passe, n'est pas du genre non plus à faire de la chaise longue.Il boulonne (et non pas bougonne) et déboulonnedurant desheures l'une des nombreuses radios qu'il collectionne.Il fait du ménage dans sa forêt, le plein de solitude, de vie douce.«Je suis du genre paresseux, rêveur», confiet- il, mi-sérieux, mi-badin, en ajoutant qu'il a tendance à faire de la procrastination lorsque vient le temps de payer les factures! Cequetoutescesrécompensesluidonnent sur le plan personnel?Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une plus grande assurance.«Je me réserve encore le droit de me planter.» En attendant : «Ça m'a donné de l'assurance.Ce n'est pas toujours aussi simple de faire le point sur ses idées.Je ne peux pas toujours me retirer derrière un personnage.Je dois assumer et en discuter.Tout cela à cause d'un film, me voilà investi d'une mission involontaire.» Il ajoute que c'est certainement aussi la mission de l'art que de faire réfléchir.Àla fin de l'interview, il claironne avec un regard clair qu'il est heureux, tout ce qu'il fait sur le plan professionnel semble lui réussir, la relation avec son fils est une véritable passion.«Et puis ça va bien avec ma blonde.Que demander de plus?» Rémy Girard PHOTOS MARTIN CHAMBERLAND LA PRESSE© "]
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