La presse, 16 mai 2004, C. Arts et Spectacles
[" DANS Le GUIDE de vos sorties LP[2] LE JEUDI 3228199A MICHEL RABAGLIATI TRANCHEDE VIE PAGE 7 n principe, la présence d'une superproduction animée comme Shrek 2 en compétition aurait dû faire grincer des dents tous les disciples «purs et durs» du plus prestigieux festival de cinéma du monde.Pour un peu, on avait presque l'impression hier que tout Hollywood s'était déplacé sur la Croisette.Un journal de la région (Nice-Matin) a même révélé que le studio Dreamworks aurait dépêché ici pas moins de 180 personnes pour soutenir la présentation du film.Et parmi celles-ci, quelques-unes des plus grandes stars de la stratosphère: Cameron Diaz, Mike Myers, Antonio Banderas, Julie Andrews, Rupert Everett, Jennifer Saunders, Jeffrey Katzenberg (cofondateur de Dreamworks) et même, bien qu'il ne fasse pourtant plus de promo depuis longtemps en Amérique, Eddie Murphy.Pour la couleur locale, on est allé chercher Alain Chabat (qui prête sa voix à l'ogre vert dans la version «française de France»), qui, le pauvre, a dû faire tapisserie tout le long de la conférence de presse.Bref, on a sorti l'artillerie lourde pour assurer le coup.Katzenberg a précisé que, comme Cannes avait déjà porté chance à Shrek il y a trois ans (le premier opus avait aussi été présenté ici en compétition), il espérait une carrière tout aussi glorieuse pour cette suite, qui prend l'affiche chez nous dès vendredi.C'est dire que, avec tout le cynisme dont les festivaliers sont capables (ceux de Cannes plus que partout ailleurs!), le triomphe de Shrek 2 à la projection de presse d'hier matin n'en prenait qu'un éclat encore plus vif.Impossible \u2014 même avec la plus mauvaise foi du monde \u2014 de résister au charmeespiègle de cedétournement de conte de fées dans lequel, cette fois, le gros ogre vert tente de se faire beau pour plaire aux parents de sa dulcinée.Avec un humour délicieux qui ne se dément jamais, le récit relate en effet les efforts du couple que forment l'ogre Shrek (Myers) et la princesse Fiona (Diaz), qui avaient convolé en justes noces à la fin de l'opus précédent, pour prendre leur place, à l'invitation des parents de la princesse (qui ne savent rien de la «nouvelle vie» de leur fille), au sein du Royaume Fort, Fort Lointain.Le spectateur sera ainsi entraîné au coeur d'un conte de la folie américaine dans lequel interviennent plusieurs autres personnages de légendes (on en apprendra d'ailleurs une bien belle sur Pinocchio!), le Royaume Fort, Fort Lointain empruntant ici toutes les allures de Hollywood.On notera d'ailleurs à cet égard plusieurs références qui ne pourront être comprises que du public nordaméricain.Hier matin, la prestation désopilante de Joan Rivers, qui se parodie elle-même en décrivant l'arrivée des vedettes sur le tapis rouge menant à un grand bal, est d'ailleurs prati-quement passée inaperçue.Cela dit, il convient de souligner la magnifique qualité d'écriture de l'ensemble, écriture à laquelle ont d'ailleurs parfois contribué les interprètes.Le réalisateur Andrew Anderson a en outre confié qu'un délai dans le processus d'animation avait été prévu afin que les acteurs puissent personnaliser leurs répliques.Aux trois protagonistes\u2014Shrek, Fiona et l'une, inséparable et disert compagnon (interprété de façon toujours aussi délirante par Eddie Murphy) \u2014 s'ajoutent cette fois de nouveaux personnages, parmi lesquels le très remarqué «Chat Potté» (Puss), un petit matou rusé à l'accent hispanique qui marque ses exploits à la manière de Zorro.Antonio Banderas, qui aborde le genre pour une première fois, y montre une vivacité d'esprit de tous les instants.La Bonne Fée (Jennifer Saunders, Absolutely Fabulou) et son fils, le Prince Char-mant (Rupert Everett), ont aussi leurs bons moments.Personne ne peut dire si Shrek 2 a de réelles chances de décrocher la récompense suprême du Festival de Cannes (ce serait quand même un peu drôle, non?), mais il est clair que tous les festivaliers ont beaucoup apprécié la petite récréation.Thrillermanga à la coréenne Librement adapté d'une bande dessinée japonaise en huit volumes écrite par Tsuchiya Garon et dessinée par Minegishi Nobuaki (publiée en 1997), Old Boy a connu l'an dernier un succès tel au Pays du Matin calme qu'il aurait coiffé là-bas au poteau quelques-uns des plus grands succès américains (The Matrix: Revolutions et Kill Bill - Vol.1, notamment).PHOTO AP > Voir SHREK page 2 > Voir LAFERRIÈRE page 5 Enmatière de scandale, les démocrates se cantonnent plutôt dans le sexe, tandis que les républicains occupent le champ de la guerre.Pour Kennedy, c'était Marilyn Monroe chantant un si sensuel «Happy Birthday, Mr.President» qu'on a eu l'impression d'assister à une scène d'amour en public.Reagan, lui, a frôlé la catastrophe avec le scandale de la vente d'armes à l'Iran, car pour beaucoup de gens, la guerre n'est qu'unprétexte pour faire de bonnes affaires.Quelque temps plus tard, Clinton fut obligé d'avouer qu'il avait eu des relations sexuelles avec une jeune employée de la Maison-Blanche.Et pendant plus d'une année, l'Amérique fut obsédée par la vie sexuelle de son président.Je suis sûr que parmi ceux qui jugeaient durement Clinton à l'époque, l'accusant d'avoir plongé les États-Unis dans le puits noir de la décadence, il y en a qui regrettent, aujourd'hui, cette époquedorée oùle diable avait si fière allure.Mais comme on le sait, il n'y a que deux grands spectacles capables de distraire le peuple des tracasseries de la vie quotidienne: le sexe et la mort en direct.Le piège racial Je me suis demandé, à un moment donné, dans quel piège Bush fils allait tomber.L'alcool, c'est fini.Il l'a remplacé par la Bible, mais il me semble que, là encore, il en abuse un peu.Le sexe?Cette démarche assez raide, ces épaules bien en ligne, cette façon de regarder droit devant lui, tout cela ne présage rien de bon de ce côté.Voilà un homme qui a beaucoup de pouvoir, et presque aucun vice.Cela fait peur.Un temps, j'ai pensé à un scandale racial.Comme c'est un cow-boy qui ne mâche pas ses mots, je me suis dit qu'il finirait par lâcher, en public, un commentaire raciste quelconque.Cela ne pardonne pas aux États-Unis.Car si le président américain peut ordonner le bombardement de l'Irak, et ce malgré l'objection de la communauté internationale, il lui est par contre impossible de déclarer à la télé, par exemple, que si les Noirs vivent dans une telle misère c'est à cause de leur paresse naturelle.On peut bien les parquer dans un ghetto insalubre ou les flanquer en prison tant qu'on veut, il faut éviter, devant unmicro, toute insinuation malveillante à leur égard.Imaginons un Bush surmené qui laisserait entendre que les Noirs seraient des idiots congénitaux.Dans un tel cas, Colin Powell et Condoleezza Rice seraient obligés de démissionner immédiatement.Et Kerry ne ferait alors qu'une bouchée de Bush, mais je rêve en couleurs.Les mains La semaine dernière, la guerre est entrée pour la première fois dans les foyers américains.Des familles entières, un peu partout aux États-Unis, sont restées bouche bée devant leur télé à regarder des photos d'Irakiens, le visage sous une cagoule, en train de se faire humilier, ensuite torturer (ou les deux en même temps) par de bons soldats de l'armée du Bien.L'armée de Bush.La mort artisanale CHRONIQUE DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE 57e FESTIVALDECANNES GROS, VERT, LAID\u2026 ET POURTANT IRRÉSISTIBLE! MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL CANNES «Le spectateur sera ainsi entraîné au coeur d'un conte de la folie américaine dans lequel interviennent plusieurs autres personnages de légendes.» ARTS ET SPECTACLES PHOTO BORIS HORVAT, AFP En appui aux « intermittents » du monde de la culture, le cinéaste américain Michael Moore et le célèbre militant français José Bové (au centre à l'arrière-plan) ont pris la tête d'une manifestation plutôt maigrelette hier après-midi, à Cannes.Environ une heure plus tard, les choses se sont toutefois gâtées.57e FESTIVAL DE CANNES La fièvre monte Une manifestation des «intermittents» tourne au vinaigre LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE CANNES \u2014 La fièvre est montée brutalement hier, d'un seul coup, en fin d'après-midi, au Festival de Cannes, sur le front des « intermittents ».À peu près au moment où une manifestation de dimension modeste se dispersait sans incident en face du Palais des festivals, l'occupation d'un cinéma de la rue d'Antibes se terminait par l'intervention brutale des CRS (police antiémeute).Parmi la cinquantaine d'occupants, au moins trois blessés légers \u2014cinq selon la coordination des intermittents \u2014 et une dizaine d'arrestations.Plus tard dans la soirée, de nouveaux accrochages violents ont eu lieu boulevard Carnot, à proximité du commissariat de police.Hier après-midi, on avait l'impression que la messe était dite pour les intermittents du spectacle venus à Cannes pour faire connaître leur opposition radicale à la réforme récente de leur régime particulier d'assurance-chômage.Moins nombreux que prévu, ne sachant pas trop quelle stratégie adopter, ils s'étaient d'autant plus facilement laissés enfermer dans un accord avec la direction du Festival : montée symbolique des marches, attribution d'une salle culturelle excentrée pour leurs réunions, organisation d'une conférence de presse à la Quinzaine des réalisateurs le vendredi, puis d'une manifestation sous haute surveillance depuis la Quinzaine jusqu'aux abords du Palais.Hier devait être le grand jour.Cela a commencé, à 13 h, par un « pique- nique » raté sur la plage, où le public en principe convié brillait par son absence.Donc pas de pique- nique.L'appui de Bové et Moore À 15 h, comme prévu, la manifestation, démarrée un peu au-delà du Carlton (partiellement en grève !), s'est mise en branle, avec ses habituelles banderoles, son camion avec haut-parleur pour les slogans.Au tout début, on a même vu apparaître le grand trublion du cinéma américain, Michael Moore, venu apporter son soutien « aux travailleurs français de la culture ».Pendant un moment, il a défilé au côté du célèbre militant altermondialiste José Bové.Puis il s'est éclipsé : il devait aller mettre son smoking pour la projection officielle de Shrek 2 ! José Bové est resté, bien entendu, et s'est adressé aux manifestants : le gouvernement DOIT retirer purement et simplement le protocole entré en vigueur le 1er janvier dernier.Mais, même avec le renfort de sympathisants locaux ou de militants d'autres mouvements, le cortège ne dépassait pas les 700 ou 800 personnes, en comptant large.Plutôt rassurant pour les commerçants cannois et la direction du Festival, mais un peu mélancolique tout de même, de voir une manifestation aussi maigrelette.Avec, un peu de tous les côtés, disciplinés et plutôt discrets mais encore plus nombreux, les CRS avec leur équipement lourd.Vers 16 h 30, le cortège bute sur un cordon de CRS qui lui bloque la route.Après négociation, les manifestants obtiennent d'arriver jusque devant le Palais.Ce qui provoquera d'ailleurs une fermeture totale du Palais pendant une heure et l'annulation de quatre projections.Mais, finalement, lorsque la manifestation se disperse \u2014dans le calme \u2014, on a plutôt l'impression que le mouvement est à peu près terminé pour ce festival de Cannes.Le gros incident survenu une heure plus tard environ vient peut-être de changer complètement la donne.Déjà, dans la journée de vendredi, une vingtaine de militants avaient pris position sur le toit d'un bâtiment annexe du Palais et déployé une large banderole : « ABROGATION » (du protocole).Mais ça s'était terminé sans heurt ni drame.Un gros dérapage Hier après-midi, un groupe plus important \u2014une centaine\u2014 envahit au milieu de l'après-midi le cinéma Star, un petit complexe installé au beau milieu de la rue d'Antibes, la grande artère des commerces de luxe.Et les projections (privées) du Marché du film sont aussitôt interrompues.Moins de deux heures plus tard, c'est un fort groupe de CRS qui prend la salle d'assaut, sans sommation, et, selon les témoins présents, matraque brutalement plusieurs des occupants (dont trois ou cinq seront légèrement blessés) et en arrête une dizaine.Un caméraman de passage a d'ailleurs filmé la charge, qui était effectivement très brutale (alors que les occupants auraient sans doute accepté de quitter les lieux).Du coup, le dispositif policier autour de la Croisette est devenu beaucoup plus voyant et lourd.Pour éviter que le déploiement soit trop visible sur la Croisette même, on a bloqué les rues adjacentes, et un large périmètre est hermétiquement bouclé.Cette « nervosité » des policiers \u2014 pour ne pas dire davantage \u2014 devait provoquer une nouvelle escalade, un peu plus tard dans la soirée, aux abords du commissariat du boulevard Carnot.Selon Sylvain Garel, spécialiste de cinéma et élu vert de Paris : « Les policiers étaient deux fois plus nombreux que les manifestants et extrêmement agressifs.Un journaliste de France 3, qui tournait, a été brutalement pris à partie par eux et interpellé.Il y avait longtemps que je n'avais pas vu des policiers aussi déchaînés.C'est un gros dérapage.» Pour compléter le tableau, le film en compétition aujourd'hui est celui d'Agnès Jaoui, la comédienne et réalisatrice la plus en pointe dans le combat des intermittents.Et qui sera, à tout le moins, dans une position embarrassante.Le gros incident survenu une heure plus tard environ vient peut-être de changer complètement la donne.SHREK suite de la page une Réalisé par le cinéaste coréen Park Chan-Wook (Sympathy for Mr.Vengeance), Old Boy est un film de genre comportant des scènes d'une extrême violence (ce qui fait dire à certains que le président Tarantino risque d'y être sensible), dans lequel un homme tente de retrouver le fil de sa mémoire après avoir été enlevé puis séquestré pendant 15 ans sans raison apparente.Filmé avec beaucoup de style, ce thriller manga ne suscite pourtant guère d'enthousiasme, le cinéaste préférant se vautrer dans des effets dont l'impact s'amenuise très rapidement.Au chapitre des scènes provocantes, Chan-Wook ne fait toutefois aucun compromis.Entre le protagoniste qui avale une poulpe vivante, le quidam dont on arrache les dents avec des pinces (et dire qu'on trouvait la scène de Marathon Man effrayante !) ou le type qui choisit délibérément de se couper la langue avec des ciseaux, l'univers du manga est ici retranscrit d'une façon qui mêle la violence réaliste aux émotions de pacotille.Pas sûr toutefois (c'est du moins ce qu'on ressent à travers notre perception d'occidental) que ce mélange donne les résultats escomptés.Peut-être nous manquet- il quelques éléments de culture coréenne pour pouvoir apprécier ?Ou alors, faudra-t-il attendre le remake américain que s'apprêterait à mettre en chantier le studio Universal à partir de la même histoire La France fait aujourd'hui son entrée dans la compétition avec Comme une image, le très attendu nouveau film d'Agnès Jaoui, qui, quatre ans après Le Goût des autres, signe ici son deuxième long métrage.La réalisatrice argentine Lucrecia Martel (La Cienega) propose elle aussi en compétition son deuxième film, La Nina santa.Gros, vert, laid.et pourtant irrésistible! LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE DILEMME DE LUXE L'une des questions les plus angoissantes qui se posent à Cannes, c'est de savoir dans quel palace de la Croisette il est possible de descendre sans déchoir.Être invité dans une suite de luxe, c'est bien, être logé dans LE bon hôtel, c'est encore mieux!Àune époque lointaine, tout le monde aurait sans doute opté pour le Carlton.Construit en 1926, c'était un pur classique de l'architecture de son époque.Et il occupait le centre géographique absolu de la Croisette.Mais, depuis l'ouverture du nouveau Palais des festivals, le centre de gravité s'est déplacé à l'extrémité ouest, côté Vieux-Port.Du coup, le Majestic, moins spectaculaire à l'origine, est devenu l'incontournable annexe du festival.C'est là que se trouvent les installations de la radio et de la télé publiques françaises.C'est le point de distribution du plus important des précieux journaux quotidiens professionnels.C'est là également que se donnent la moitié des rendez-vous de travail.Parmi les stars invitées par le Festival, il y a toutes celles qui ne connaissent pas les hôtels de Cannes, ou s'en fichent: ce sont des gens\u2014 Américains pour commencer\u2014qui accepteront d'être logés à l'horrible Noga Hilton ou au banal Gray d'Albion.Le genre d'exploit dont on ne devrait pas se vanter si on était au courant\u2014 mais il est probable que la direction du Festival, soucieuse de ne pas faire de jaloux entre grands hôteliers, s'efforce de distribuer les vedettes entre les cinq ou six mastodontes.Tout de même, se retrouver logé au Hilton! Bien que j'aie personnellement un faible pour l'extravagante façade rococo du Martinez (extrémité Est de la Croisette), il est clair que les aficionados, s'ils ont le choix, réclament d'être logés au Majestic.Tels, cette année, Gérard Depardieu, Benoît Poolvorde ou Laura Morante, dont le côté malin n'est pas à démontrer: eux savent.En un mot comme en cent, le Majestic est en quelque sorte un domaine réservé francoitalien.Et on abandonne volontiers les concurrents aux Américains et autres nordiques.Mais, si l'on parle des Américains pur jus, beaucoup d'entre eux recherchent d'abord la sécurité et le calme et préfèrent loger à 25 kilomètres de Cannes, dans ce camp retranché de l'Eden Roc d'Antibes.On y trouve cette année Brad Pitt et Jennifer Aniston, Cameron Diaz et Antonio Banderas.Eddy Murphy, qui a un faible prononcé pour le vrai rustique, y occupe un bungalowqui se loue normalement 4000 euros la nuit (à peu près 6400$CAN, à la condition que le taux de change du jour ne soit pas trop défavorable).STARS FUGACES ETCAPRICIEUSES Cannes serait-il un miroir aux alouettes, un pur mirage?Certes, les gens ne rêvent pas lorsqu'ils voient, bras dessus bras dessous, Laetitia Casta et Gong Li monter les marches pour la soirée Almodovar.Mais ils rêvent éveillés s'ils croient les apercevoir de nouveau en train de faire des courses dans la rue d'Antibes.Ici, la star arrive et repart.Elle est éminemment fugace.Elle arrive en limousine de l'aéroport de Nice, descend à son hôtel, entreprend une série compacte d'interviews triées sur le volet ou des séances photo.Se prépare pour la projection officielle du soir.Et repart généralement le lendemain.Des spécialistes ont établi, par de savantes méthodes, que la durée moyenne de la star sur la Croisette ne dépassait pas 36 heures.D'ailleurs, à Cannes, une star qui s'attarde est forcément une star en déclin puisque personne ne l'attend.VITESSE DE CROISIÈRE Comme on pouvait s'y attendre, le festival a pris sa vitesse de croisière à partir du jeudi soir.C'est-à-dire qu'à ce moment-là commence l'embouteillage permanent.Dans un large périmètre autour du Palais, aux heures de pointe, la foule est aussi compacte que dans un grand magasin le jour de l'ouverture des soldes.Et, surtout, il devient quasiment impossible de trouver une table dans un restaurant digne de ce nom (cher ou pas cher) entre 20 et 23h.Si vous vous pointez à 21h30, vous aurez peut-être une chance de passer à table une heure plus tard.Reste la solution d'attendre 23h, que l'horizon se dégage.Ce serait trop simple: c'est justement l'heure que choisissent tous les restaurants des rues fréquentées pour cesser le service.Soyons juste : s'il y a cet embouteillage monstre, c'est que, par ailleurs, Cannes constitue une gigantesque foire aux films, avec 15 000 professionnels dûment accrédités.On a calculé qu'entre la sélection officielle, la Quinzaine des réalisateurs, la Semaine de la critique, Un Certain Regard et, surtout, le marché commercial, il se projette en 12 jours 1340 longs métrages en tout genre.De véritables projections, sur de vrais écrans, dans de vraies salles.Vendredi après-midi, un distributeur américain était désespérément à la recherche de la salle où il avait lui-même organisé une projection pour des acheteurs étrangers.Ce n'était pas le premier multiplexe, mais le second.Un coup d'oeil dans la salle: une trentaine de clients.Gros succès : « Il y a tellement de projections en même temps !» De fait, pour la seule journée de samedi, j'ai compté 138 projections de films en vente sur le marché.Rien que de lire la liste quotidienne demande du temps.TAPIS ROUGE Laetitia Casta et Aishwarya Rai PHOTO REUTERS ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Paysages à distance JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Pour son premier solo en musée, Henri Venne expose un travail semblable à celui qu'il exerce depuis quelques années et qui lui vaut une belle reconnaissance tant de la critique que des collectionneurs \u2014 et ce, sans galeriste.Les huit diptyques allient encore une fois une photographie subtilement paysagiste, vaporeuse, et une peinture abstraite et monochrome.Un travail qui tente de saisir l'insaisissable : la mémoire.Mais l'artiste de Joliette, professeur de dessin, ne fait pas pour autant dans la redite.Les oeuvres présentées au Musée d'art contemporain, pensées et conçues pour la petite salle qui leur a été réservée, forment un ensemble presque indissociable.Il ne faut pas simplement les lire de face, séparément, mais à distance, de biais et à travers leurs propres reflets.C'est que les surfaces lustrées de chaque diptyque, secondées par le choix d'un bleu lumineux, prennent un rôle de miroir pas du tout innocent.Car (D')après nature \u2014c'est le titre du projet\u2014 n'est pas seulement une expo de tableaux accrochés aux murs, c'est une véritable installation qui exploite pleinement le petit espace investi.Les images multipliées à l'infini par ce jeu inattendu de miroirs offrent ainsi une vue panoramique et ramènent alors le visiteur à l'essence de la démarche de l'artiste, à l'origine de son travail : contempler les grands espaces, photographier le plein air.Le volet photo de ces tableaux (aux titres tout de même un peu pompeux) est en effet tiré des nombreux voyages bucoliques qu'Henri Venne aime faire dans les campagnes québécoises ou françaises.Mais ne vous attendez pas à voir des paysages romantiques.Même si vous croyez déceler une ligne d'horizon, des arbres, des nuages.Ce ne sont qu'illusions.Venne les obtient par un procédé méticuleux, en photographiant en plein air une peinture lustrée, similaire à celles exposées.En fait, il ne photographie pas la peinture, mais l'image qui s'y reflète et qui se trouve, en fin de compte, derrière sa caméra.C'est un peu ce jeu, cette mise en abyme, que (D')après nature crée.Et l'expérience de cette réalité, de cette matérialité, ne se vit pas, étonnamment, le nez collé au tableau.(D')APRÈS NATURE, Henri Venne, Musée d'art contemporain de Montréal, jusqu'au 5 septembre.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 514 847-6226.PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Henri Venne expose ses oeuvres au Musée d'art contemporain jusqu'au 5 septembre.Paroles d'artiste: Henri Venne La contemplation « Je m'inspire beaucoup des lieux de contemplation.Quand je voyage, j'aime m'asseoir devant un espace très ouvert où tu n'entends rien, t'as juste le vent qui te siffle dans les oreilles.C'est cet état de contemplation et de méditation que je veux rapporter en galerie.Comme regarder un tableau bleu de Molinari.Ça m'a toujours fasciné que l'absence de sujet plonge le spectateur dans une expérience très intense.» Un kid Kodak « J'adore faire de la photo conventionnelle.Des photos-carte-postales.En voyage, j'en fais 300, 400.Pour essayer de ramener le voyage à la maison.Ça ne fonctionne jamais, mais ça reste une source d'inspiration.Un rappel que la photographie a des lacunes.D'ailleurs, je travaille toujours comme ça, avec un éventail de photos.Je pars en safari de photos et je reviens avec 150, 200 images.» La peinture « Mes premières photos, je les retouchais déjà au pinceau.La peinture, pour moi, est expressive, émotive, réelle.Présente.L'expérience est la même, que l'on voie un Molinari maintenant ou dans 10 ans.Alors que la photographie, ce sera toujours une image du passé.» Images floues « Je cherche des espaces très ouverts, parce que j'essaie d'éviter les images descriptives, ce qu'amène la proximité des sujets.Plus le sujet s'éloigne, plus la réflexion est floue.Des choses peu reconnaissables, en train d'apparaître ou de disparaître, c'est ce que j'aime.Le sujet est quand même là, je ne vais pas l'évacuer.Mais je ne veux que son essence.Je ne tiens pas à un paysage, 12 arbres, une maison.» Voir et ne pas voir « Le reflet d'une image, c'est une façon de récupérer ce qui se perd en photographie.Voir ce qu'on ne voit pas.Tout l'espace derrière toi, quand tu es dans un lieu, tu le sens, tu le vis.Du moment qu'il est réduit par les bordures, ça devient une face plus petite que ton champ de vision normal.Tout l'espace environnant est évacué.J'essaie de dire au spectateur: prenez conscience qu'il y a quelque chose derrière une photo.» La mélancolie « Je suis un mélancolique né.Chaque fois que je pense à des événements passés, je me demande comment faire pour les garder.Et la mémoire visuelle n'est pas la meilleure pour se rappeler quelque chose qui nous prend aux tripes.Devant une photo traditionnelle, on ne fait que reconnaître un lieu.C'est pour ça que j'essaie d'éliminer toute description de mes photos.Pour que les gens ressentent ce que j'ai vécu quand je les ai prises.» .Propos recueillis par Jérôme Delgado, collaboration spéciale «BRAVO! » EBERT & ROEPER, Roger Ebert GVISAGÉNÉRAL 3229631A v.f.de « 13 Going On 30 » GVISA GÉNÉRAL VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE version française de «MAN ON FIRE» VIOLENCE ANS + VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND CINÉMAS AMC LE FORUM 22 CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE CINÉMA GALERIES GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 CINÉ-PARC JOLIETTE «UNFILMROMANTIQUE SENSATIONNEL.» Susan Granger, SSG SYNDICATE 3229413A 3224463A DANS HORAIRES DE CINÉMA LES JEUDIS ET SAMEDIS 3226447A 3227665A ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Bellucci-Cassel Dans une longue interview qui marque le 200e numéro du magazine Studio, Monica Bellucci et Vincent Cassel parlent ensemble de leur vie publique et de leur vie privée.On leur a notamment demandé quelle est leur différence essentielle.Voici ce qu'a répondu Vincent Cassel : « Sans doute, notre manière d'aborder les choses et les gens.Je suis extrêmement français ; mon identité d'acteur, je l'ai trouvée dans la ville où j'ai grandi.Monica, son identité, elle se l'est construite comme transfuge, comme apatride ; ça change tout.Moi, depuis mes débuts, je suis en colère.Contre tout.Contre le système du cinéma français.Contre les vieux réalisateurs installés qui ne prennent pas de risques.Contre les directeurs de casting qui pensent détenir la vérité, etc.Elle, elle est arrivée, supercool \u2014 ce qui n'empêche que c'est une bosseuse : quand je l'ai connue, elle ne parlait pas l'anglais et tout juste le français ! Mais elle roulait déjà dans de belles voitures ; on venait la chercher.Moi, j'ai joué dans des pièces où il y avait deux personnes dans la salle.Deux ! Quand je jouais dans la rue, il est arrivé qu'on me jette des pierres.J'ai donc d'abord appris à mordre.Je suis en plein paradoxe ; je vis de ce métier, je vis à travers lui, c'est comme ça que je me suis trouvé, que je me suis construit, que je m'accomplis ; et, en même temps, j'ai envie de fuir tout ce qui l'accompagne.Pour Monica, ça a été plus facile.Du coup, ce métier, elle l'aborde de manière plus détendue, plus détachée.Moi, je m'engueule avec tout le monde, avec le photographe, avec les costumières.Vincent Cassel et Monica Bellucci ZOOM llllllllllllllll La famille d'abord Que pense Cate Blanchett de la célébrié ?Elle l'a confié au magazine Studio : « Cela peut paraître prétentieux, mais je n'attache aucune importance à la célébrité, à la gloire.L'essentiel, c'est de rester sur la même longueur d'onde que sa famille et ses proches.Leur regard vaut tout l'or du monde.D'ailleurs, la plupart de mes amis n'appartiennent pas du tout au milieu du cinéma.C'est un bon moyen de me préserver et de garder les pieds sur terre.De toute façon, j'ai une vie assez rangée.Mon travail et mon image sont certes très exposés, mais quand je rentre chez moi, je suis une femme et une mère comme les autres.» Sindarin au programme Les élèves du collège Turves Green de Birmingham, en Angleterre, vont faire des envieux : parmi les langues en option se trouve le sindarin.Les fans du Seigneur des anneaux la connaissent bien ! Inventée par l'écrivain britannique J.R.R.Tolkien, cette langue elfique s'inspire du finnois, du gallois et du vieux nordique.L'ensemble donne un dialecte à fortes consonances celtiques.On aura par ailleurs tout le loisir d'écouter le sindarin, chanté cette fois, car la célèbre trilogie sera adaptée en comédie musicale, à Londres.Patience jusqu'en mai 2005.Le retour de Boudu Après l'abandon du projet Astérix 3, Gérard Jugnot s'est remis au travail et devrait entamer en juillet le tournage d'une transposition moderne de Boudu sauvé des eaux.Ce film, réalisé par Jean Renoir en 1932 et interprété par Michel Simon, a déjà inspiré Paul Mazursky en 1986, pour son Clochard de Beverley Hills, avec Nick Nolte.Cette fois-ci, Gérard Depardieu reprendrait le rôle du clochard qui vient perturber la vie bien tranquille d'un couple, incarné par Jugnot lui-même et Catherine Frot.La reine des Belges Après Quadrille et Le Derrière, Valérie Lemercier s'apprête à passer pour la troisième fois derrière la caméra.Intitulée La Reine des Belges, sa prochaine comédie jettera un regard ironique sur le petit monde de la royauté.Comme dans Le Derrière, l'actrice-réalisatrice figurera dans son propre film, et aura pour partenaires principaux Catherine Deneuve et Alain Chabat.Autre croisade pour Mortensen Viggo Mortensen repart en croisade.Roi de la Terre du milieu, cavalier du désert de Hidalgo, il se change aujourd'hui en mercenaire espagnol pour le rôle principal de Alatriste ; il devra affronter, dans la peau du capitaine Diego Alatriste, les conflits des guerres impériales du XVIe siècle.Un projet de plus de 30 millions de dollars, soit le plus onéreux tournage espagnol jamais réalisé.E X P R E S S Robert Benton travaille sur une adaptation d'un roman d'Elinor Lipman intitulé L'Homme qui brisait les coeurs.Tom Hanks envisage de tenir le rôle principal, celui d'un dragueur qui, après avoir abandonné une femme le jour de leurs fiançailles, revient frapper à sa porte 30 ans plus tard.Dans un remake de Plein la gueule, de Robert Aldrich, Adam Sandler sera un joueur de football professionnel qui, envoyé dans un pénitencier, est contraint par le directeur d'organiser un match entre les détenus et les gardiens.Yves Angelo va transposer à l'écran le prix Renaudot 2003, Les Âmes grises de Philippe Claudel.L'histoire: pendant la Première Guerre mondiale, les ouvriers d'une petite usine de l'est de la France sont sommés de poursuivre leur travail, alors que les soldats se battent à quelques mètres de là.Sources : Première, Ciné Live, People, Studio Sylvie Vartan « J'aurai passé ma vie à fuir vers l'ouest.Quand les communistes sont entrés au gouvernement, après l'élection de François Mitterrand à l'Élysée, en 1981, je me rappelle avoir découvert maman en train de faire sa valise ! On ne peut pas oublier ce que les communistes nous ont fait (en Bulgarie).Aujourd'hui je vis avec un égal bonheur en France et en Amérique.Le destin a voulu que l'homme que j'aime ait ses affaires à Los Angeles, mais mon public et beaucoup de ceux que j'aime habitent en France, de sorte que je garde un pied sur chaque continent.J'aime les Français comme les Américains, et quand ils entrent en conflit, comme à propos de l'Irak, je me sens déchirée, malheureuse, et bien incapable de les départager.» Paris Match Cate Blanchett VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 17H a 5 SUR 5 Qui sont ces dessinateurs judiciaires qui passent des heures dans les palais de justice à faire des croquis?18H30 RDI ÉMISSION SPÉCIALE: FUSIONS/DÉFUSIONS Le processus de signature des registres municipaux en prévision des référendums s'enclenche aujourd'hui.18H30 r L'ÉCOLE DES FANS Invités: Martin Deschamps et des tout-petits qui aiment le rock.20H ARTV VIENS VOIR LES COMÉDIENS En reprise: première partie de l'entretien entre Denys Arcand et René Homier-Roy.Le cinéaste parle de ses documentaires, de son inspiration et de son amour pour les acteurs.La suite dimanche prochain.20H r ÉMISSION SPÉCIALE: L'AVENTURE STAR ACADÉMIE 2004 On n'aura pas le temps de s'ennuyer des académiciens.Pendant 90minutes, cette émission spéciale nous propose les meilleurs moments de Star Académie 2004.Au programme: de larges extraits des galas dominicaux, des entrevues et des images inédites.21H S+ L'EMPREINTE DU CRIME Série allemande: un duo de choc composé d'un profileur et d'une détective enquêtent sur divers crimes.Ce soir: plusieurs étudiantes ont disparu et tous les indices mènent vers un homme extrêmement violent qui sévit toujours.21H ARTV THEMA: STRIP-TEASE D'abord Exotica, un film d'Atom Egoyan pour nous mettre dans le bain, suivi d'un documentaire (Strip-tease de velours) qui se demande ce qui motive les jeunes femmes d'aujourd'hui à devenir effeuilleuses.Le Téléjournal Découverte / Le volcanisme aux îles Canaries; le Sahara OTHELLO (4) avec Christopher Eccleston, Eamonn Walker Le Téléjournal La Reine des fées LA MAISON DU.(3) Le TVA 18 heures L'École des fans / M.Deschamps Juste pour rire L'Aventure Star Académie 2004 / Les Meilleurs Moments SUPERSTAR (5) avec Molly Shannon, Will Ferrell Pub (23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Les Créatures du lagon noir Boston Public Spectacle / La Dame de cent ans WESTERN (4) avec Sergi Lopez, Sacha Bourdo (22:02) CROCODILE DUNDEE À LOS ANGELES (5) avec Paul Hogan, Linda Kozlowski L'IMPECCABLE (5) avec Robert De Niro, Philip Seymour Hoffman LES BLACK PANTHERS (4) avec Kadeem Hardison (22:45) News Assignment Degrassi:The Next Generation Cold Case Law& Order: Criminal Intent the eleventh hour CTV News News News Hockey / Sharks - Flames (16:00) CBCWinnipeg Comedy Festival Sunday Report Last Chapter .Reflections ABC News .Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover: Home Edition Super Millionaire The Practice / Fin Beautiful Homes Pub News CBS News 60 Minutes HELTER SKELTER avec Jeremy Davies, Bruno Kirby News .Raymond NBC News Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Pale Male Masterpiece Theater / Prime Suspect II (1/2) BLACKMAIL (4) BBC News Wall Street Classic Gospel BBC News HOPSCOTCH .(17:30) Makeover.The True Story of Seabiscuit Playboy's 40th Anniversary Celebration Troy:The Passion of Helen Airline Passion.de scène Relais.Visite libre Viens voir les comédiens EXOTICA (4) avec Bruce Greenwood Thema: Strip-tease (22:40) Jim Carrey Arts&Minds Angela.Joseph Giunta.TWELVE MONKEYS (3) avec Bruce Willis, Madeleine Stowe FEAR.(5) Groupe sanguin - prise2 Chroniques de l'Ouest sauvage Docu-d / Les Secrets de la NRA Sans détour / Obsession Danger dans les airs Vidéo Patrouille Bilan du siècle Faculté de théologie Le Cégep.NASA Educational File Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école Kindergarten Le Monde.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Mummies of Rome Myth Busters / Sinking Titanic Daily Planet Vidéo Guide Roue de.La Route.plongée Maeva .le spa Itinéraires de rêve Repères Pilot Guides .(17:56) .(18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids THE DISTINGUISHED GENTLEMAN (5) .(22:31) ALMOST ANGELS (5) (22:48) Everwood King of the Hill The Simpsons That '70s Show Malcolm in the Middle The Simpsons Charmed Global News Global Sunday .Raymond Crossing Jordan Global Sunday Global Sports Trouvailles &Trésors Fidèles aux postes Tournants de l'Histoire Légendes du hockey L'EMPIRE DU SOLEIL (3) avec Christian Bale, John Malkovich History's Courtroom Panorama:The Gulf War Royal Secrets / Sorcery SCANDAL (4) avec John Hurt, Joanne Whalley-Kilmer Masterminds Style Star Fashion File Sports 30 Adoption.Little Miracles .on Top .Weddings Merge Love 911 Skin Deep Stars &.L'Amour à.Nostalgia / Tina Turner Musicographie / Mary J.Blige Week-end de stars / À la rencontre de Mandela Musicographie / Mary J.Blige Bécosse.Dans la peau.Babu à bord Concert Plus / Portes ouvertes Viva la Bam Groulx Luxe Pauvres Filles! Les Jeunes.Vidéo Clips Ya Sou Mizik 60 Minutes Extreme Makeover: Home Edition Jase Cafe .Vietnam The Practice / Fin Teleritmo BBC News CBC News Life and Times The Nature of Things Sunday Report Venture The Passionate Eye / Arna's Children Hemispheres Second Regard Fusions.Le Journal RDI La Part.Zone libre / Marianne Pearl Le Téléjournal La Part.5/5 Le Journal RDI .des registres Hockey (16:00) Hockey / Coupe Memorial: Medicine Hat - Gatineau Sports 30 Golf PGA / Championnat Byron Nelson Doc Amy Le Caméléon L'Empreinte du crime Au nom de l'amour L'Oeil du crime Prime Suspect THE LAST WITNESS (6) avec Natasha Henstridge Trailer Park Boys Mind of Married Man (22:04) Is Harry on the Boat (22:45) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise HIGHLANDER: ENDGAME (6) avec Adrian Paul, Christophe Lambert .(23:15) Hockey (16:00) Sportsnetnews Baseball / Angels - Orioles Sportsnetnews Au max Volt Panorama Chroniques.Super Plantes LA FIÈVRE MONTE À EL PAO (4) avec Gérard Philipe, Maria Felix Affaires.Profils In a Fix Trading Spaces: Family Overhaulin' Rides / Fast Forward Fast Back Sports Disasters Trading Spaces: Family Sportscentre Hockey / 2004 Royal Bank Cup Sportscentre Timeless Bugs Bunny .le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama L'Aventure.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.ROMAN KARMEN, UN CINÉASTE AU SERVICE.L'Esprit.Le Journal Film Festival It's a Living .Jungle Vox Renegadepress Notman's Canada DYING AT GRACE (4) Documentaire (21:05) Panel.Interventions Miracles Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage .la cigogne Guy Corneau.toute confidence C'est pourtant vrai Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Des valeurs à vivre Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana Jacob Two.Fries with.YTV'S Hit List Mental Block Girlz TV .Hunters Timeblazers .Scholars 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane Les Chroniques du paranormal Le TVA / Loteries (23:15) Le Grand Journal (22:15) Motown 45 That's Hockey.Birth Stories CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES SPECTACLES La mort artisanale LAFERRIÈRE suite de la page 1 On se doutait que la guerre n'était pas une partie de pétanque et que les soldats étaient là principalement pour tuer le plus d'ennemis possibles, mais on n'imaginait pas cela ainsi.Bush nous avait parlé d'une guerre technologique.Une guerre propre, où la main de l'homme n'était plus nécessaire.On croyait même que certaines expressions, comme « il a du sang sur les mains », allaient sortir définitivement de notre espace mental.On imaginait qu'il faudrait, dans quelque temps, des notes explicatives pour la fameuse scène où lady Macbeth est en train de se laver frénétiquement les mains de tout ce sang.C'est Rimbaud qui parle de « siècle à mains ».Fini tout cela.Cette guerre allait faire disparaître la main de l'homme.Cette main qui a engendré la torture artisanale.On tue à partir du ciel, aujourd'hui.Aucune implication de la main.Quels bonds prodigieux depuis l'époque où l'on devait égorger de ses propres mains son ennemi ! Brusquement, les geôles de Saddam nous ont paru moyenâgeuses.C'était le but: montrer que le monde islamique doit mourir parce qu'il est dépassé dans tous ses aspects.C'est un monde où, pour punir un homme d'un crime quelconque, on lui coupe d'abord la main.Mais voilà que l'Amérique découvre, avec horreur, que ses enfants en sont réduits à torturer des civils irakiens de leurs propres mains.Le retour de la main.Mais bon sang, pourquoi n'ont-ils pas utilisé les Irakiens pour torturer des Irakiens ?Ceux-ci ont acquis un certain savoirfaire sous Saddam.Une sous-traitance était donc possible.Et cela nous aurait évité cette honte planétaire.Ceux qui pensent ainsi n'imaginent pas le plaisir que l'on peut prendre à transgresser un tel tabou : la torture.C'est devenu presque impossible, de nos jours, de torturer physiquement (psychologiquement, on ne fait que cela) un homme aux États-Unis ou en Angleterre.Et là, dans cette sinistre prison de Bagdad, on avait tous les droits sur un être humain.Le droit de l'humilier, de le faire se tordre de douleur, de lui enlever toute dignité humaine.Il y a aussi la joie physique de mettre enfin la main à la pâte.Ces soldats qui viennent le plus souvent de l'Amérique profonde se méfient, d'une certaine manière, de l'énorme place qu'a prise la technologie dans la guerre.On assiste impassible aux bombardements massifs qui entraînent la mort de la multitude, mais on s'émeut aux cris de douleur d'un seul.Les visages Je n'ai pas bien compris l'usage des cagoules.Comme ce fut le cas pour la guerre du Vietnam, j'imagine que la plupart des soldats viennent des petites villes pauvres du sud des États-Unis.Là-bas, on utilise encore des cagoules, mais elles sont blanches et ce sont les bourreaux qui les portent, pas les victimes.Et quand on bande les yeux d'un prisonnier, c'est toujours pour l'empêcher de savoir où il se trouve.Mais ici, les prisonniers irakiens savaient parfaitement où ils se trouvaient.C'étaient plutôt les bourreaux qui pouvaient courir un danger du fait de montrer leur visage, pas les victimes, qui n'avaient plus rien à perdre.On se demande encore pourquoi cette frêle jeune femme (Lynndie England, 21 ans) est devenue le symbole de la décomposition de l'Amérique.C'est rare de voir une femme si intimement associée à la torture dans le carré des hommes.On imagine à peine ce que cela doit être pour un Irakien, surtout si on connaît la place de l'homme dans cette société, de se faire ainsi humilier par une femme.Si on voulait atteindre une culture au coeur, voilà, c'est fait.Autant il y a de cagoules en Irak, autant aux États-Unis les visages se dénudent.Depuis le commencement de la guerre, la caméra n'a pas quitté le visage de Rumsfeld.Au début, c'était une tête ricaneuse qui puait l'arrogance.On sentait que cet homme n'écoutait personne.Même pas Bush.Peut-être Cheney.Il semblait imperméable au doute.C'était le nouveau visage de l'Amérique.Beaucoup de gens, à Washington, attendaient la peau de banane providentielle.Même les incessantes pertes de l'armée américaine ne semblaient pas l'impressionner outre mesure.Puis arrive cette histoire de photos (le problème n'a jamais été les Irakiens torturés, mais uniquement les photos prises durant les séances, et la honte de cette Amérique donneuse de leçons) et, brusquement, Rumsfeld devient soucieux.On dirait maintenant qu'il mendie la moindre approbation de gens qu'il considérait autrefois comme d'invisibles subalternes.Le visage d'un homme défait.Le procès L'Amérique attend beaucoup de ces procès militaires qui débuteront dès la semaine prochaine, afin de retrouver un peu de son honneur perdu.Encore une fois, elle va clamer qu'elle est le seul pays à juger, en pleine guerre, ses propres soldats.Ce n'est pas la première fois qu'un tel événement se passe.Il y a déjà eu le procès de My Lai, celui de l'assassinat, le 16 mars 1968, de plus d'une centaine de civils vietnamiens dont une forte majorité de femmes, d'enfants et de vieillards.Quand on lit la transcription du procès, on a l'impression que celui-ci s'est déroulé selon les règles.Je me suis rabattu alors sur le long reportage de la romancière Mary Mc Carthy, commandé, à l'époque, par le New Yorker.Le reportage, paru aux États-Unis en 1972, est devenu en 1973 un livre coédité par les éditions du Jour au Québec et Robert Laffont en France.Mary Mc Carthy a tout de suite compris qu'elle n'avait qu'à noter simplement ce qui se déroulait sous ses yeux.Elle a suivi attentivement le procès du capitaine Medina, qui a eu lieu trois ans après les événements, au moment où la mémoire des témoins commençait à devenir un peu floue.Le procès s'est déroulé au quartier général de la 3e Armée, à Fort Mc Pherson, en Géorgie, en plein sud des États-Unis.Le procès du capitaine Medina a immédiatement suivi celui du lieutenant Calley, qui, lui, a écopé de la prison à vie.Mais devant le tollé général provoqué par cette condamnation, Nixon s'est cru obligé de réduire sa peine à trois ans et demi.D'entrée de jeu, le New York Times a qualifié le procès Medina de « concours de futilité ».Et aucune vedette de la presse américaine ne s'y est rendue.Medina a, finalement, été déclaré non coupable.Et le même jour, à la soirée donnée par l'avocat de Medina pour fêter la victoire de son client, on a vu le juge Howard et sa femme.Ce juge qui venait de présider au procès des civils vietnamiens délibérément tués par les hommes de Medina.On peut comprendre un tel sans-gêne car, après l'acquittement de Medina, le tribunal n'a reçu qu'une seule lettre de protestation du public américain.Ce qui reste dans la mémoire des gens, c'est plutôt le fait que les États-Unis ont osé juger leurs propres officiers pour des actes commis durant la guerre.Mary Mc Carthy y voit plutôt « un procès étrange où une civilisation se juge elle-même, sans aller jusqu'au bout du courage de se voir ».Ce nouveau procès sera-t-il une répétition de l'ancien?Ou un Irakgate (la nostalgie du Watergate reste vive dans la presse américaine)?Les États-Unis sont capables du pire comme du meilleur.CINÉMAS INDÉPENDANTS BREAKING THE WAVES Cinéma du Parc (3): 21h15.BROKEN WINGS Cinéma du Parc (1): 15h, 17h, 19h, 21h.CANNES INTERNATIONAL ADVERTISING FESTIVAL 2003 Cinéma du Parc (3): 15h15, 19h15.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Parallèle: 17h, 19h05.CORPORATION (THE) Cinéma du Parc (2): 16h45, 21h35.Ex-Centris: 14h, 21h15.DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS Cinéma Beaubien: 11h30, 16h30.ÉDITH ET MICHEL Cinéma ONF: 19h.ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND Cinéma du Parc (2): 19h30.INCOMPARABLE MADEMOISELLE C.(L') Cinéma Beaubien: 11h15, 15h15.JEUX D'ENFANTS Cinéma Beaubien: 14h, 16h, 20h, 22h.MONICA LA MITRAILLE Cinéma Beaubien: 13h45, 19h, 21h30.MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN Cinéma Beaubien: 12h, 18h.Ex-Centris: 15h, 17h, 19h, 21h15.SADDEST MUSIC IN THE WORLD (THE) Ex-Centris: 17h15, 19h20.STARSKY AND HUTCH Cinéma du Parc (3): 17h15.TOUTES LES FILLES SONT FOLLES Cinéma Beaubien: 13h15, 17h15, 19h15, 21h15.VUE DE L'EST précédé de IL FAIT SOLEIL CHEZ TOI Cinéma Parallèle: 15, 21h.DANSE TANGENTE (840, Cherrier) Conte de poussières, de Marie-Julie Asselin: 16h.MUSIQUE SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Jacques Lacombe.Measha Brueggergosman, soprano, Annamaria Popescu, mezzosoprano.The Garden of the Heart (Schafer), Wesendonk Lieder (Wagner), Schéhérazade (Rimsky- Korsakov).Dimanches en musique: 14h30.THÉÂTRE DE LA VILLE (Longueuil) La Grande Duchesse de Gérolstein (Offenbach).Production: Théâtre lyrique de la Montérégie: 14h.SALLE PIERRE-MERCURE Les Petits Violons.Dir.Jean Cousineau.Debussy, Mozart, Kreisler, Warlock : 16h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Julie Boulianne, soprano.Au piano: Louise Pelletier.Heggie, Poulenc, Debussy, Wolf, Korngold: 15h30.CHAPELLE NOTRE-DAME-DEBON- SECOURS Festival de luth Paul Chomedey de Maisonneuve.Récital et conférence: 15h et 20h.UNIVERSITÉ CONCORDIA Ensemble Sinfonia.Dir.Louis Lavigueur.Mendelssohn, Brahms, Bruch: 19h30.VARIÉTÉS THÉÂTRE DES MUSES DE LA MAISON DES ARTS DE LAVAL (1395, boul.de la Concorde, Laval) Fusion.Présentation de l'Académie de danse de la Troupe Fantasia: 14h.On imagine à peine ce que cela doit être pour un Irakien, surtout si on connaît la place de l'homme dans cette société, de se faire ainsi humilier par une femme.Si on voulait atteindre une culture au coeur, voilà, c'est fait.Photo à titre indicatif seulement.Paiements de location basés sur un contrat de 60 mois pour la SONATA GL 2004 à partir de 205 $/mois.L'obligation totale du consommateur pour 60 mois est de 15 295 $.Comptant de 2 995 $, aucun dépôt de sécurité requis, transport, préparation, taxes et immatriculation en sus.Financement au détail disponible à un taux de 0 % jusqu'à 60 mois.Un report de paiement d'un an (365 jours) est offert pour tous les véhicules neufs 2004.Aucuns frais d'intérêt ne s'appliquent aux 335 premiers jours suivant la prise de possession d'un véhicule participant par son propriétaire.Après ces 335 jours, les intérêts commencent à s'accumuler et l'acheteur doit payer mensuellement le capital et les intérêts au taux de 7,89 % par année jusqu'à la fin du contrat.Le premier paiement est dû le 366e jour après la livraison du véhicule.La durée de contrat maximum est de 48 mois, sans compter le report de paiement de 12 mois.Un versement initial ou un échange peuvent être requis.En sus, frais administratifs de 350 $ reliés au contrat de location pour les modèles 2004.Kilométrage annuel de 20 000 km, 10 ¢ par kilomètre additionnel.Les frais d'inscription au Registre des droits personnels et réels mobiliers sont en sus.Option d'achat au terme de la location.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Sujet à l'approbation du crédit.Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails.Véhicules en inventaire seulement.Offre d'une durée limitée avec livraison d'ici au 31 mai 2004.Sonata GL EN LOCATION à partir de par mois/60 mois 205$ 0$ 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ARTS ET SPECTACLES EVE DUMAS edumas@lapresse.ca QUÉBEC \u2014 Le septième Carrefour international de théâtre nous promet « cruauté, grâce et loufoquerie ».Au deuxième jour de ses activités, ces trois pôles étaient déjà atteints, d'une part par l'infinie douceur de Te Amo, présenté en ouverture mercredi, et d'autre part par l'univers sans pitié du Cirque des travailleurs, d'Arpad Schilling, que les Montréalais auront la chance de vivre cette semaine à Théâtres du monde et sur lequel je reviendrai au cours des prochains jours.Mais revenons à la grâce, celle de Te Amo, que j'ai vu vendredi soir.Le spectacle est une magnifique ode à l'amitié féminine, créée par l'artiste suisse Daniele Finzi Pasca et la comédienne mexicaine Dolores Heredia.Celleci est sur scène avec sa soeur trisomique, Ana.Elles jouent les touchantes retrouvailles de deux vieilles copines, qui causent épilation, garçons et premier baiser comme toutes les autres.La première descend du ciel pour réapprivoiser la seconde, qui dort les lumières allumées dans sa belle chambre de sirène inquiète.Autrefois victimes d'un ouragan qui avait tout emporté sur son passage, les deux femmes s'inventent aujourd'hui des histoires et des jeux qui leur permettent de tromper l'ennui, la peur et la douleur.Il y a quelque chose d'éminemment mexicain dans cette manière de ne jamais perdre sa bonne humeur même lorsque la vie nous donne la pire des raclées.Mais derrière le poétique et le ludique, la peine muette de ces survivantes transparaît quand même, surtout lorsque Cassandra (Dolores) s'adresse directement au public dans son français approximatif, mais combien imagé, pour raconter leur histoire.Le reste du temps, Cassandra et Afrodita jouent, rigolent et retombent en enfance.Elles nous permettent de faire de même et peut-être aussi de verser une petite larme douce-amère.En vrac Avis aux promeneurs du dimanche qui auraient envie de faire une petite virée dans les quartiers de Québec : Olivier Choinière présente encore ce soir son théâtre sonore pour un seul spectateur, intitulé Beauté intérieure, balade urbaine.L'auteur, traducteur et metteur en scène participe également à l'écriture de Théâtre à relais, laboratoire de trois jours au cours desquels deux auteurs, deux chefs d'équipe, 10 comédiens, deux scénographes et deux musiciens créeront un spectacle.L'aventure qui débute ce soir n'est pas sans rappeler Aphrodite en 04, pièce d'Évelyne de la Chenelière présentée récemment au Nouveau Théâtre expérimental, et les sprints théâtraux de La Langue à terre.Également au programme aujourd'hui : les dernières représentations de W-Munkascirkusz (Le Cirque des travailleurs), de L'Impératrice du dégoût (dont je vous reparle demain) et de Cul-de-sac.TE AMO, création de Dolores Heredia et Daniele Finzi Pasca.Mise en scène: Daniele Finzi Pasca.Avec Ana Heredia et Dolores Heredia.Scénographie: Eugenio Caballero.Musique originale: Maria Bonzanigo.La coproduction du Teatro Sunil et de Poramor Producciones SC, etc.était présentée au Carrefour international de théâtre de Québec.CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE Un «je t'aime» plein de grâce C'est grâce à plusieurs commanditaires que cette promotion de grande envergure fut rendue possible.De gauche à droite : Renault Poliquin (Vice-président ventes et marketing, Groupe TVA), Gilles Lamoureux (Adjoint à l'éditeur et vice-président des ventes, Journal de Montréal), Guy Brouillette (Vice-président des opérations, Brault & Martineau) et Michel Désy (Représentant TVA).Les heureux gagnants ont été accueillis par l'équipe de Brault & Martineau.Ils ont reçu lors de cette soirée les documents nécessaires à leur voyage à Las Vegas ainsi qu'un sac de voyage et des lunettes de soleil.Dans le cadre de la promotion «Réalisez votre rêve à Las Vegas!», Brault & Martineau a tenu récemment une soirée au Casino de Montréal en l'honneur des gagnants.Cette somptueuse soirée avait pour but d'informer les heureux gagnants sur ce voyage de rêve pendant lequel ils assisteront au spectacle de Céline Dion.3228742A GÉNI E S EN HERBE #1093 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE DU NORD 1 Quelle métropole est présente en Afrique du Nord, notamment en Algérie, au Maroc et en Tunisie?2 Déposé et exilé en 1953, ce souverain marocain revient au pays en 1955 à la demande du gouvernement français et devient roi lors de l'accession à l'indépendance en 1956?3 De son côté, le conflit en Algérie s'internationalise et, suite aux pressions politiques, la 4e République française s'effondre.Quel homme est alors rappelé au pouvoir en 1958?4 De Gaulle envisage d'accorder peu à peu l'autonomie puis l'indépendance à l'Algérie.Quelle faction effectue un putsch en avril 1961 afin de marquer son opposition à cette éventualité?5 Quel territoire, situé sur la côte ouest du continent entre le Maroc et la Mauritanie, est administré par le Maroc, mais clame son indépendance par le biais du Front Polisario depuis plus de 20 ans?B- VERT 1 Comment nomme-t-on le pigment responsable de la coloration verte des végétaux et essentiel dans le processus de photosynthèse?2 Comment se nomme cet économiste et président de la Réserve fédérale américaine en poste depuis 1987?3 Quel pays, dirigé par Muammar Kadhafi, a un drapeau de couleur verte?4 Cet écrivain américain d'expression française, décédé en 1998, a écrit des romans tels que Adrienne Mesurat et Moïra?5 On appelle ainsi cet hydrocarbonate de cuivre qui se forme sur les objets de métal sous l'action du gaz carbonique et de l'humidité.Il est rappelé au pouvoir en 1958.F- CHAPEAUX 1 C'est le nom du chapeau que l'on porte avec une toge à la graduation, mais aussi celui d'un récipient dans lequel on broie avec un pilon.2 Comment appelle-t-on la personne dont le métier est de fabriquer des chapeaux?3 Ce mot de deux syllabes identiques réfère à un petit chapeau de femme.4 Du nom d'une ville marocaine, cette calotte en laine est traditionnellement portée en Afrique du Nord et au Proche- Orient.5 Ce nom composé (verbe et nom) désigne de façon générique ce qui sert à couvrir la tête.3 Quelle couleur est associée au fleuve Huang He, long de 4845 km et se jetant dans le golfe de Bohai?4 Quelle région chinoise où l'on retrouve la plus haute chaîne de montagnes au monde, l'Himalaya, a été annexée par la Chine en tant que région autonome en 1965?5 Quel territoire, situé sur le côté sud de la Chine et reconnu pour ses casinos, était sous administration portugaise depuis 1557 avant d'être rétrocédé à la Chine en 1999?D- ASSOCIATIONS Associez ces produits avec leurs formules chimiques.1 Eau de javel 2 Sel 3 Sucre 4 Bicarbonate de sodium 5 Glucose a NaHCO3 (hydrogénocarbonate de sodium) b Na Clo (hypochlorite de sodium) c NaCI (chlorure de sodium) d C6H22O6 e C1 O11 (saccharose) G- L'ANNÉE EN MUSIQUE 1 Quel album de Michael Jackson, sur lequel on retrouve les chansons Billie Jean et Beat It remporte huit Grammy en 1994?2 Ce chanteur de soul est abattu d'une balle par son père le 1er avril au cours d'une dispute familiale.3 De quel chanteur est l'album le plus vendu en 1984, Born in the USA?4 Leur album The Unforgettable Fire sort en octobre 1984 alors que leurs précédents albums October et War figurent toujours parmi les 100 meilleures ventes.5 Cette chanteuse québécoise interprète en 1984 la chanson thème du film La guerre des tuques et sort le volume 1 de son album destiné aux toutpetits.E- CHARADE 1 Mon premier est une boisson obtenue par la fermentation alcoolique de raisins.2 Mon second suit Lady dans le diminutif de la princesse de Galles décédée en 1997.3 Mon troisième est la note de musique Do en nomenclature anglo-saxonne.4 Mon quatrième qualifie ce qui vient avant le temps, précoce.5 Mon tout est un adjectif qui manifeste un désir de vengeance.C- GÉOGRAPHIE CHINOISE 1 Quel désert est situé à la frontière entre la Chine et la Mongolie?2 Quel barrage, situé sur le fleuve Yangtsé et dont la construction entraîne le déplacement d'environ 1,5 million de personnes, est en construction et représentera le plus grand complexe hydroélectrique au monde?H- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Selon la légende, cette ville aurait été fondée par le roi Byzas après qu'il eut consulté l'oracle de Delphes.2 On estime toutefois sa fondation à 685 avant Jésus-Christ par des colons grecs attirés par l'avantageuse géographie du site, au confluent de la mer de Marmara, du Bosphore et de la Corne d'Or.3 On y retrouve le palais Topkapi et la basilique Ste-Sophie.4 Sous l'Empire romain, elle est renommée Constantinople, puis après sa chute aux mains des Turcs en 1453, on lui donne son nom actuel.Cette ville est Chanteuse québécoise.la capitale de la Turquie.GEN16MI SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Savourez le magazine Ricardo En kiosque dès maintenant ON S'ENFLAMME POUR LUI ! «D GÉRALD LeBLANC orénavant, il fait partie de lacourtelistedeslibérateurs de peuple », avaitdit Félix Leclerc, dont lesmots furentgravéssur lapierre tombale de René Lévesque.Déjàtrèspopulairedeson vivant, autantàlatélé qu'en politique, Ti-Poil, comme le surnommaientmaints Québécois, devint, àsamort, unpersonnage mythiquequ'on ne pouvaitplus critiquer.Plus marquée dansune petite nation comme lanôtre, labéatification deshérosposeunsérieux problème àceluiquiveut profiterdeserreurs dupassépour construirel'avenir.Nous sommes encorebien loin duregardcritique sur les Drapeau-Lévesque-TrudeauqueleréseauPBS aportésur le président John F.Kennedy, que samort tragiqueavaittransformé en monumentnational.Lévesquen'aurait-il pasdû démissionneraprèsn'avoirobtenu que40%desvotesauréférendum de 1980?Aurait-il dûgarder Claude Morin, dontil connaissait lescontacts suspects aveclaGRC, pour lacruciale négociationsqui devaientmeneraurapatriement de les Constitution sansl'accord du Québec?C'est le genredequestionsque pose Martin Bisaillon, quin'avait que17ansàlamort de Lévesque, en 1987, dansunpetitlivred'une centaine de pagesparu récemment aux Intouchables.Désireux de sortirdessillons danslesquelssesontemprisonnéeslesgénérationsprécédentes, le jeune historien nous promet une nouvelle version dupersonnage Lévesque, quin'apaslibéré maisaffaibli son peuple.D'oùle titre: Le Perdant .«Lévesqueest un mythe puissant.Ildépassedéjàla réalitéhistorique.Jesaisquecertainstrouverontmadémonstration trèsdure», écrit-il en conclusion de son pamphlet.Leproblème n'est pasladureté ducritiquemaisson incompétencecrasse.Commenten effet prêterfoi àl'auteur d'unlivre, un genreplus «songé »quel'improvisation oumême l'article quotidien, danslequel on trouvetant d'affirmationsécervelées?Pétard mouillé LE PERDANT ort de deux albums de bandes dessinées appréciés par le public, salués par la critique et auréolés de nombreux prix au Québec et aux États-Unis, Michel Rabagliati continue d'exploiter la veine de ses souvenirs dans son nou-vel opus, Paul en appartement, publié aux éditions La Pastèque.Bienvenue dans la bande dessinée du «Cocooning»! «Il ne s'agit pas de tous mes souvenirs.J'en ai emprunté quelques-uns uns à des amis et à des voisins, mais ils auraient pu tout aussi bien m'appartenir», précise le dessinateur qui, avec ce troisième bouquin, continue de créer une oeuvre rassembleuse qui rejoint aussi bien les baby boomers tardifs qu'une bonne partie de la génération X.«Je ne sais pas si je suis membre de la génération X ou de la précédente mais ça n'a pas vraiment d'importance.Paul est avant tout une éponge, un monsieur Tout-le-Monde, il est très représentatif de son époque.C'est pourquoi je tente toujours dans mes histoires de restituer le plus fidèlement l'époque, ses décors, sa musique et bien sûr ses préoccupations.On retrouve donc au fil des pages non seulement des mélodies oubliées, des émissions télévisées disparues mais aussi des coins de Montréal qui ne vivent plus que dans nos réminiscences mélancoliques, le Jardin des merveilles du Parc Lafontaine par exemple, ou encore le minuscule et très branché Cinéma Parallèle du boulevard Saint-Laurent, où Paul est initié au film d'auteur et à Marguerite Duras.«J'avoue que l'oeuvre cinématographique de Marguerite Duras n'est peut-être pas l'outil idéal pour initier un jeune banlieusard, inexpérimenté comme Paul, au cinéma d'auteur », précise-t-il dans un immense éclat de rire.«On a tous des anecdotes sur les films et sur le public du Parallèle ou du Ouimetoscope.C'est pour ça que j'emprunte des souvenirs à gauche et à droite, ça renforce la crédibilité de mon univers et ça permet au lecteur de mieux s'identifier à mon histoire», renchérit Rabagliati qui maîtrise à merveille ce principe fondamental de la bande dessinée d'auteur.Grand amateur de bandes dessinées d'aventures, c'est pourtant dans la narration de la banale quotidienneté de la vie de Paul que Rabagliati a décidé de faire sa marque.«C'est vrai que j'aime beaucoup la bédé d'aventure comme la série des Blake et Mortimer (de E.P.Jacobs), mais je suis incapable d'en faire.Je suis beau-coup plus à l'aise dans les tranches de vie, dans des histoires qui respirent, qui prennent le temps de se développer, de s'incruster dans l'esprit du lecteur.Pendant longtemps je me sentais inférieur graphiquement aux autres dessinateurs.Avec le temps, je me suis aperçu que j'étais un conteur et que mon dessin devait avant tout appuyer mes propos.» Et comme un conteur de grand talent, le dessinateur d'Ahuntsic installe tout doucement, dans ses 110 pages, un univers fascinant, porteur d'une nostalgie bienveillante et réconfortante, une comfort bédé remplie de petits bonheurs et de petits plaisirs à la Amélie Poulain.Une production réjouissante, dynamique, pleine de vitalité, très loin de ce qu'offrent habituellement les auteurs de ce style.«J'adore Seth et Chester Brown, deux des chefs de file de cette bande dessinée introspective, mais je ne suis pas un être torturé, j'aime ma vie et mon entourage.Je n'avais pas envie de faire de la bande dessinée déprimante, pas pour l'instant du moins.Peut-être qu'un jour je ne serai plus heureux et il y aura Paul a des idées noires ou encore Paul en dépression.Pour l'instant, Paul traduit parfaitement mon état d'esprit.» Mais avant d'aborder les moments les plus sombres de la vie de Paul, s'il le fait un jour, le gagnant d'un Harvey Award en 2001 (les Oscars du monde anglo-saxon de la bande dessinée) a un filon presque intarissable à exploiter.«Tout est permis avec Paul, il me reste énormé-ment de souvenirs à exploiter dont plusieurs peuvent devenir des occasions de faire des retours dans le passé.» Une technique que le dessinateur utilise à merveille mais parcimonieusement et qui lui permet de réaliser les pages les plus sensibles, les plus évocatrices de son nouvel album.«Dans le prochain album, une excursion de pêche sera prétexte à un long flash back, confie le bédéiste, qui reconnaît l'avantage de ce procédé littéraire.«C'est beaucoup plus facile de faire une bédé sur la jeunesse parce que le héros découvre la vie.En devenant adulte, les occasions de découvertes sont beaucoup plus rares.En utilisant cet artifice, je garde le suspense tout en permettant au lecteur de mieux comprendre l'évolution de Paul», dit le dessinateur, qui s'amuse déjà des futures péripéties que son alter ego devra vivre dans cette fameuse partie de pêche.«Surtout qu'il ne connaît rien à la pêche.Ses réactions devraient être surprenantes.» FFFF PAULENAPPARTEMENT Michel Rabagliati, Éditions La Pastèque, 110 pages TRANCHES DE VIE ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir LÉVESQUE en page 8 LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter L'Africain J.M.G.Le Clézio \u203a Récit FFFF PAGE 10 Bronx Boy Jerome Charyn \u203a Roman FFFF PAGE 9 Les Mortes du blavet Laurent Laplante \u203a Polar FFF 1/2 PAGE 9 Comme un beau grand slow collé Bertrand Latour \u203a Roman FFF 1/2 PAGE 8 CORPORATION OU ENTREPRISE?PAGE 10 MICHEL RABAGLIATI PHOTO ROBERTMAILLOUX, LA PRESSE © PHOTO PC René Lévesque LECTURES ENSEMBLE, C'EST TOUT Un roman du dimanche matin JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Du pop art ?Des bonbons nouveau genre ?Non, une boite de pastels tout simplement sur la couverture.En librairie, ces alveoles mordorees remplies de rose fuchsia, de vert pomme et d'orange fluo attirent immanquablement le regard.Pour Andre Boisclair, le leader de l'opposition parlementaire qui a accepte de lire Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda, c'est un tres bel objet, un livre qui donne le gout d'etre pris, d'etre touche .J'y suis entre comme un couteau dans du beurre mou et je me suis laisse envahir, comme on l'est par une soupe chaude quand on rentre du froid ! Reconfortant, apaisant, bienfaisant, calmant sont des qualificatifs qui reviennent sans cesse dans la conversation entre la journaliste Betty Achard, notre autre lectrice, et Andre Boisclair.Si, pour Aragon, tout est affaire de decor, ici, tout est affaire de personnages.Ils sont quatre, de ceux que l'on appelle par leur prenom et que l'on tutoie d'emblee : Camille, la technicienne de surface (femme de menage) et artiste- peintre, Frank, le cuisinier, Paulette, la grand-mere de 83 ans, et Philibert (Marquet de la Durbelliere), un jeune aristocrate dechu dans l'appartement duquel va finalement se retrouver tout ce beau monde.Des personnages, precise Betty Achard, qui deviennent des amis durant tout le temps de la lecture et meme apres.Ce n'est pas tant l'histoire qui m'a interessee que l'histoire de vie qu'ils portent.Des histoires pleines de bleus, d'enfance ratee et d'adolescence meurtrie.Des vies de misere professionnelle, sexuelle ou de celle propre a la vieillesse et qui vont trouver leur sens dans le partage.Le succes sans l'entraide est bien peu, affirme Andre Boisclair.Nos succes dans la vie ne sont pas que le reflet de nos succes individuels.Ensemble, c'est tout est un appel.C'est une affirmation qui marque un engagement politique.Ils ont atteint ensemble un succes qui est sans doute plus grand que chacun de leurs talents.Dans la vie politique, le mot ENSEMBLE est un mot a ecrire en majuscules.Impossible quand meme avec Gavalda de se croire un seul instant dans une commune des annees 70.Non seulement parce qu'on n'y entend pas Harmonium ou The Doors.Mais surtout parce que rien ne subsiste de la candeur et de la naivete de ces annees-la.Tous les personnages de Gavalda sont passes par le feu de l'epreuve et par la durete de notre epoque qui cree l'exclusion.Ils n'attendent rien de personne sinon d'eux-memes, affirme Andre Boisclair.Ils sont capables de souffrir.Ce sont des personnages, des gens qui portent leurs bleus, leurs deuils, leurs souffrances mais qui reussissent a developper une convivialite qui va au-dela des souffrances et qui meme les amene a reprendre contact avec la vie.Sur le plan intergenerationnel, c'est assez interessant cette alliance des petits-enfants et des grands-parents contre les boomers.Frappant, en effet, de voir a quel point les baby-boomers sont absents du roman.Lorsqu'on les y trouve, ce sont ceux par qui les malheurs arrivent.Le roman temoigne bien d'une nouvelle donne d'epoque.Serions-nous en train de creer de nouvelles solidarites sociales ?C'est tout sauf utilitaire, ce livre, repond Andre Boisclair.On n'est pas dans un univers de performance.Il n'y a pas de heros la-dedans.C'est peut-etre cela, la petite lecon de vie du roman : la solidarite sociale est seulement possible si le respect est la.Pour moi, qui suis au carrefour d'une reflexion, j'apprecie beaucoup le fait que ce livre dise qu'il y a une vie au-dela de la politique, au-dela du metier, au-dela des personnages que nous pouvons jouer dans nos vies professionnelles.Est-ce un roman qui donne la peche ou autant le gout de vivre que le film Amelie Poulain comme on a l'a dit en France ?Pour Betty Achard, ce n'est pas le meme monde que celui d'Amelie Poulain.C'est moins tout-le-monde- il-est-beau-tout-le-monde-il-estgentil.Il y a dans le roman un esprit de clan, de tribu qui est quand meme plus fort parce qu'on est dans un monde plus difficile que celui d'Amelie Poulain.Est-ce un autre effet propre au roman d'Anna Gavalda ?Il est clair que cette rencontre dans la salle arriere du Bistro Unique est tout a coup de la meme intimite ouverte que les repas entre amis.Comme si ce roman detenait aussi le pouvoir d'ouvrir les vies.Betty Achard est plus qu'emue par cette vieille Paulette placee en centre d'accueil avant d'etre prise en charge par ses proches.Qui nous prendra en charge, nous ?lit-on dans son regard.Si je regarde dans ma vie, confie Andre Boisclair .mes amis sont beaucoup des amis d'enfance .je vois qu'au cours des dernieres annees, je me suis fait seulement deux nouveaux amis.Anna Gavalda nous ramene a un essentiel.Au-dela du succes, il s'agit d'entreprendre et de garder aupres de soi des gens qui nous sont chers.Est-ce que la litterature aide a vivre ?En tout cas, le roman de Gavalda favorise les mises au point et ces rapprochements ou le coeur affleure.Malgre ses 604 pages, Ensemble, c'est tout est sans lourdeur et le style de Gavalda est d'une grande efficacite.Pour Betty Achard, un style sans recherche de style, un roman qui pourrait etre lu a voix haute .Tandis que pour Andre Boisclair, il n'y a rien de clinquant ici, on est dans la simplicite J'ai apprecie le style, les dialogues surtout.J'etais heureux ce matin de me lever a 5 h 30 pour en poursuivre la lecture.C'etait agreable de se reveiller avec ce livre-la.Ce n'est pas un livre du samedi soir, c'est un livre du dimanche matin.Recherche: Marie Sterlin PHOTO PATRICK SANFACON, LA PRESSE c Les personnages, raconte la journaliste Betty Achard, deviennent des amis durant tout le temps de la lecture et meme apres.PHOTO PATRICK SANFACON, LA PRESSE c Pour Andre Boisclair, leader de l'opposition parlementaire, Ensemble, c'est tout est un livre qui donne le gout d'etre pris, d'etre touche .A votre tour de nous faire connaitre votre opinion sur Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda (ed.Le Dilettante) ou de repondre a la question suivante : la litterature aide-t-elle a vivre ?Vous avez jusqu'au 26 mai pour ce faire, par courriel, a clubdelecture@lapresse.ca.Vos lettres se retrouveront sur cyberpresse.ca/arts et la lettre gagnante sera publiee dans Lectures, le 6 juin.Elle rapportera a son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies de la chaine Renaud-Bray.Le Perdant Beau projet, pietre realisation Histoires de gars MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPECIALE Dans une tres courte entrevue parue dans L'actualite du 15 mai dernier, Jean-Guy Noel disait s'etre inspire d'un fait divers pour ecrire son roman le plus recent, Un homme est un homme, un polar ou il ramene l'enqueteur qu'il avait mis en scene dans Merci de ne pas m'avoir tuee.Le fait divers en question, dixit L'actualite : Une jeune prostituee issue de la bourgeoisie est assassinee par un immigrant polonais.Si l'auteur n'a pas cru prudent d'emettre l'avertissement d'usage (les personnages et les situations de ce recit etant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait etre que fortuite), certains lecteurs feront peut-etre le rapprochement avec un crime qui a fait les manchettes il y a une dizaine d'annees a Montreal.Une triste histoire de meurtre qu'on ne revelera pas ici, de peur de reveiller la douleur de ceux qui l'ont vecue de pres.Depuis qu'il a decide d'ecrire des romans, Jean-Guy Noel, cineaste capable du meilleur (Ti-Cul Tougas) comme du pire (Tinamer), semble vouloir se specialiser dans le fait divers.Dans La Presse du 21 novembre dernier, on racontait qu'il avait assiste a une partie du proces de Marlene Chalfoun, cette ex-agente de probation accusee (puis acquittee) d'avoir complote avec deux predateurs sexuels notoires.Jean-Guy Noel planche sur un projet de livre , pouvait-on lire dans l'article.Dans Merci de ne pas m'avoir tuee, son roman precedent, paru il y a tout juste un an, l'auteur s'etait aussi directement inspire d'un fait divers scabreux, l'histoire de ce couple maudit qui, en 1999, avait enleve six femmes qui sortaient d'un centre commercial de l'est de la ville pour les torturer avant de les violer.Le fait divers est une espece de messe, elaborait l'auteur en avant-propos de ce qu'il nous presentait alors comme un docudrame , avec sa liturgie propre, reunissant des protagonistes qui partagent la meme fascination pour le sordide, pour le derapage moral, pour l'humanite qui se cache derriere chaque crime.Jean-Guy Noel serait-il en train d'inventer le roman jaune , comme on le dit des journaux ?C'est arrive pres de chez vous Revenons-en au roman en question.Une jeune femme, diplomee de l'UQAM en danse, fille unique nee de pere inconnu, d'une mere egoiste qui n'avait rien trouve de mieux a (lui) transmettre que sa nevrose , decide, par defi ou depit, de se prostituer.Je soulageais la misere sexuelle du monde.C'etait une perversion, une drogue, un besoin.Pour raconter son histoire, Jean- Guy Noel a recours au meme procede narratif utilise dans son roman precedent, les voix croisees.On entendra celle de tous les protagonistes, sans exception, de la jeune prostituee a sa mere, dont on ne saura pas grand-chose, sinon qu'elle a un jour ete realisatrice et qu'elle a multiplie les amants ; du meurtrier, un emigre arabe, a son avocat ; du policier charge de l'enquete, a un corbeau (!) doue de parole et d'intelligence, qui guide le policier dans son enquete.Un petit artifice qui aurait pu etre amusant (l'auteur a d'ailleurs affuble nombre de ses personnages de noms relatifs aux oiseaux, Corneille, Loiselle, Byrd, Kildir, etc.), si l'histoire l'etait le moindrement.Et si le defile de cliches et de phrases creuses ne nous avait deja mis dans les plus mauvaises dispositions.Des exemples ?Il existe, chez chaque individu, deux voix.Celle que l'autre entend et celle que seule la personne concernee entend, c'est-a-dire la voix interieure.On peut tout envisager, sauf jusqu'ou on peut s'abaisser.Les gros sont souvent ainsi, ils manquent de discretion, ils comprennent mal que les minces ne supportent pas qu'on empiete sur leur espace.Celui qui ne croit pas au destin n'a rien compris a la vie.Et cette autre sentence, qui donne son titre au roman : Un homme est un homme, il a besoin d'une vie sexuelle normale.Les dialogues volent tout aussi bas que le vocabulaire est pauvre.Me croyez-vous, maintenant, quand je dis qu'il se passe quelque chose de bizarre entre les oiseaux et la police ?.Disons que c'est dur d'y croire, mais devant les coincidences qui s'accumulent, je vais finir par y croire.C'est vraiment incroyable.Incroyable, en effet, que pas un correcteur ou reviseur n'ait souligne les innombrables repetitions que l'on retrouve dans ce livre ou rien ne se tient, ni l'intrigue, ni la psychologie des personnages, ni la reflexion sur les aleas du destin, ni le denouement, totalement invraisemblable.Montreal vu par Dans un tout autre registre, une veritable curiosite qui nous vient de chez Denoel : Comme un beau grand premier recueil de nouvelles ecrites par un Francais de 40 ans lors de son sejour d'un an au Quebec.Huit nouvelles qui ont en commun Montreal, vu par une narratrice ou un narrateur francais.Montreal tel que le decouvre un etudiant de passage, tel que le reve un narrateur ou une narratrice qui n'en peut plus de la France, Montreal comme point de chute pour repartir de zero, comme symbole d'espoir d'une vie meilleure et porte ouverte sur l'Amerique.Premiere surprise, le Montreal vu par Bertrand Latour est parfaitement bilingue.Dans plusieurs nouvelles, on parle litteralement l'anglais, l'auteur traduisant en bas de page, tout comme il traduira les multiples quebecismes, ce qui nous donne des passages franchement droles.Fais pas frette (froid) t'sais ! Cette chaleur, elle me tombe sur les narfs (nerfs) , J'suis magane (fatigue) ; c'est pas un jour a chauffer un char (conduire une voiture) ; Correct (O.K.) ; et autre Il te niaise (il te charrie) ; ou c'est poche (ringard) .Fred Vargas, qui s'est essayee a une retranscription du parler quebecois dans son dernier roman, aurait du suivre des lecons avec Bertrand Latour.Malgre un gout manifeste de choquer pour choquer, quitte a etre au mieux vulgaire, au pire affreusement misogyne, ces nouvelles mettent en scene un ecrivain ambulancier en panne d'inspiration ; le frere d'un jet-setter qui fraye avec la haute bourgeoisie anglo-westmountoise ; un fils a papa pris au piege par une fille obsedee par la maternite ; une fille complexee qui decouvre les pouvoirs de ses charmes ; une autre, jalouse a mort de la beaute d'une consoeur.Il faut l'admettre, Bertrand Matour a un style brillant et vif, tout en plus-queparfait du subjonctif et en passe anterieur, d'une drolerie irresistible.Une maniere de croquer sur le vif de surrealistes et hilarantes scenes ou le choc des cultures fait un tintamarre le plus souvent joyeux et divertissant.UN HOMME EST UN HOMME Jean-Guy Noel Libre Expression, 2004, 299 pages FFF1.2 COMME UN BEAU GRAND SLOW COLLE Bertrand Latour Denoel, 2004, 338pages LEVESQUE suite de la page 7 Par ce referendum (celui de 1980) et par cette question, Rene Levesque et Claude Morin vont detruire l'elan de la Revolution tranquille au Quebec.(P.64) > La campagne referendaire salira le peuple quebecois.Les tendances et les defauts les plus ignobles de la nation quebecoise seront pousses a leur paroxysme, et cela aux yeux du monde.(P.66) > Une societe (le Quebec) ou les quotidiens les plus lus publient des horoscopes.Une societe qui meprise les arts et la culture.(P.98) Au-dela de ce style ronflant d'affirmations gratuite, a la Pierre Bourgault, ce qui agace le plus chez Bisaillon, c'est cette conviction de n'avoir aucune responsabilite, seulement le droit de demolir les autres.Facile en effet de condamner le tandem Levesque- Morin qui a sacrifie l'ideal de l'independance sur l'autel du realisme electoral.Mais comment aurait-on fait avancer le projet en ne prenant pas le pouvoir et comment avoir pris le pouvoir sans embrasser le peche de l'etapisme ?Il faudrait nous le dire si l'on veut etre cru.On peut refuser les compromis requis pour gagner les elections, mais il faut nous dire comment, dans notre systeme a nous, on peut diriger la nation sans etre elu.Peut-etre finalement que Martin Bisaillon n'avait pas l'etoffe pour realiser le grand deboulonnage annonce par son editeur, selon qui, Rene Levesque est un perdant sur toute la ligne .Une grosse commande que n'a pu realiser le poulain du sieur Brule.Beau projet donc et pietre realisation : des etoiles pour l'ambition et pas grand-chose pour la realisation ! Dommage parce que c'est plutot bien ecrit et que le recit est generalement fidele aux evenements.FF1.2 LE PERDANT Martin Bisaillon Les Intouchables, 99 pages Huit nouvelles qui ont en commun Montreal.Montreal tel que le decouvre un etudiant de passage, tel que le reve un narrateur ou une narratrice qui n'en peut plus de la France, Montreal comme point de chute pour repartir de zero, comme symbole d'espoir d'une vie meilleure, et porte ouverte sur l'Amerique. LECTURES Quelques bons polars quebecois LITTERATURE QUEBECOISE Erotisme de bon gout REGINALD MARTEL Maryse Latendresse a su attirer et retenir l'attention grace a son premier roman, La Danseuse, paru en 2002 chez Hurtubise HMH.C'etait une histoire aux ramifications complexes, racontee par des narrateurs dont l'identite etait fluide ou incertaine.Elle exigeait des lecteurs qu'ils se fissent limiers ou demineurs.La tres manifeste volonte d'originalite de l'auteur n'empechait pas pour autant l'expression soutenue d'une thematique bien reconnaissable, la naissance du desir et sa resolution dans l'amour.La deuxieme oeuvre du jeune ecrivain, Quelque chose a l'interieur, est d'inspiration semblable.La seduction y a sa place, moins comme activite consciente que comme situation de fait a laquelle les protagonistes se conforment sans hesiter.Le desir est souverain et la vie est courte, n'est-ce pas ?Alex, qui est la compagne d'Hubert, aimera desormais Paul, le nouvel amant de sa demi-soeur Lisa.Je remarque, dit-elle, que la distance entre eux est la, palpable, qu'elle se voit, qu'elle ne s' en ira pas.Bon, si ca l'arrange.Tout serait dit, si Mme Latendresse n'avait pas ce talent assez rare d'inventorier les ravages du desir dans toutes ses dimensions, psychologiques et physiologiques.Le desir est la chose la mieux partagee au monde, ce qui ne simplifie rien.Il y a dans le passe d'Alex une histoire de desir qui la hante encore.C'est celle qui a desuni ses parents.Elle n'a pas pardonne a son pere la trahison, si c'est est une, a laquelle elle consent pourtant tres volontiers pour elle-meme.Serait-ce pour rejeter sur le pere la responsabilite de la faute de la fille ?Serait-ce meme pour le punir par personne interposee, puisque les circonstances et les protagonistes s'y pretent?Allez savoir.En tout cas, le lien entre les deux situations n'est pas transparent.Ce qui fait surtout probleme chez Alex la narratrice, c'est sa disposition a lancer comme verites definitives des lieux communs et autres banalites, des generalisations aussi.Les hommes sont ci, les femmes sont ca.Les petites trouvailles stylistiques, effets de surprise et tournures originales, n'allegent pas ces lourdes declarations qui pretendent decrire tout entieres l'une ou l'autre moitie de l'humanite.Elles seraient plus efficaces, ces fantaisies d'ecriture, si elles etaient appuyees sur une connaissance plus precise du sens de certains mots et locutions.L'expression de l'erotisme, au contraire, ne manque pas de relief.Elle se passe du recours aux images rebattues d'une certaine pornographie qui la plupart du temps a peu de merite litteraire, mais peut regarnir les coffres vides de certains editeurs.Si le bon gout vaut mieux que le mauvais, ce qui reste a voir, il est ici bien servi.FFF QUELQUE CHOSE A L'INTERIEUR Maryse Latendresse Hurtubise HMH, 224pages NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE Apres avoir publie un premier polar intitule Des Cles en trop, un doigt en moins (L'instant meme, 2001) avec lequel il avait remporte le prix Saint-Pacome du roman policier, Laurent Laplante recidive avec Les Mortes du Blavet.Dans ce recit de bonne facture, plus maitrise que le premier, on retrouve les inspecteurs Pharand et Marceau, qui collaborent avec un flic francais, l'inspecteur Yann Feroc.Celui-ci enquete sur la mort de deux Quebecoises, mere et fille, retrouvees mortes dans le Blavet, une riviere de Bretagne.L'intrigue (une histoire d'heritage) se deroule en alternance en France et au Quebec, mais la partie la plus importante (dont le denouement) se joue outre-atlantique.Dans ce deuxieme roman, Laurent Laplante a evite les principaux ecueils du premier : il n'y a ni longueur ni deus ex machina, aucun de ces trucs faciles susceptibles de contrarier un lecteur sagace et exigeant.L'action est menee a un rythme de senateur, mais sans temps mort.L'auteur privilegie l'univers psychologique des personnages, les pensees priment l'action dans ce livre joliment presente qui est tout autant roman de moeurs que polar.Laplante a un style et une approche qui rappellent davantage l'univers, l'ambiance des romans de Simenon que celui des thrillers a l'americaine.Pour une fois, nous ne contredirons pas l'editeur, qui pretend, a juste titre, que ce roman possede tout ce qu'il faut pour faire honneur au polar quebecois .Une jobine pas jobarde pour Jobin Tout comme Laurent Laplante, Andre Jacques vient de publier un deuxieme roman policier, La Commanderie, qui met en scene l'antiquaire Alexandre Jobin, deja rencontre dans Les Lions rampants (Quebec-Amerique, 2000).Jobin, officier retraite des services de renseignement de l'armee canadienne, est engage par une vieille et riche heritiere pour faire evaluer des toiles et des aquarelles impressionnistes.En fait, cette expertise d'oeuvres d'art de grande valeur est une couverture pour une operation plus delicate : retrouver la petite-fille disparue de la richissime commanditaire, tombee dans les griffes d'une secte esoterique dont le centre strategique est une commanderie, situee a Fontecreuze, en Haute-Provence.Avec l'aide de Chrysanty, une belle jeune femme rencontree au cours de l'aventure precedente, Alexandre Jobin se lance dans une aventure pleine de rebondissements, de surprises et de dangers.On ne s'attaque pas aux membres puissants d'une secte impunement.Andre Jacques sait raconter une histoire et maitrise parfaitement cette intrigue ou se melent les milieux de l'art, les sectes esoteriques, les trafiquants d'images pornographiques, les partis d'extreme droite et la mafia russe.On appreciera au passage les clins d'oeil a Maurice Leblanc, que l'auteur semble apprecier.Ne vous fiez pas aux apparences.La couverture (fort belle) et le titre evoquent plus un roman historique qu'un polar.La Commanderie est un bon thriller d'aventures, distrayant, non exempt d'un humour bon enfant, tres agreable a lire.Qui trop embrasse.Les Douze Pierres est un thriller judiciaire d'Ann Lamontagne qui raconte le proces de Serge Levis, accuse du meurtre avec premeditation de tous les membres de sa famille.Estil reellement coupable?Telle est l'epineuse question a laquelle doivent repondre les 12 heros de ce recit, soit les membres du jury.La partie essentielle de ce proces est racontee en fonction de ce que vivent ces sept hommes et cinq femmes tout au long d'un proces tres eprouvant.Mais voila, il ne s'agit pas d'un groupe de citoyens ordinaires.Meme si aucun d'entre eux n'a de casier judiciaire, plusieurs ont ete meles a des activites louches, parfois illegales, voire criminelles.De plus, ils ne respectent pas toujours les consignes et prennent beaucoup de libertes avec les regles, au risque de graves ennuis avec la justice et, bien sur, de faire avorter le proces.Les Douze Pierres, (reference biblique: jeter la pierre a quelqu'un.) se lit bien, ne manque pas d'interet mais souffre tout de meme de quelques problemes.Le premier defaut concerne le nombre trop eleve de personnages.Outre les 12 jures, il y a l'accuse, le juge, le procureur, l'avocat de la defense et les temoins.Le projet est ambitieux, mais comme dit l'adage, qui trop embrasse, mal etreint .Le lecteur a du mal a differencier certains personnages, surtout les membres masculins du jury.Il y aussi un probleme de vraisemblance, certains episodes etant plutot difficiles a avaler.La fin est decevante, le verdict paraissant plutot absurde dans les circonstances.A mon humble avis, justice n'a pas vraiment ete rendue, mais il reviendra a chaque lecteur de tirer ses propres conclusions.Aussi dans le collimateur.Ces derniers mois, plusieurs autres polars ont ete publies au Quebec.Parmi ceux qui sont dignes de mention, il y a Rebecca, de Carol Neron (Editions JCL, 2003), une histoire de tueur en serie pas trop mal ficelee, mais qui souffre de longueurs inutiles et d'une structure bizarre.La premiere partie, qui se deroule dans le village (imaginaire) de Taissak, par un ete torride, est la meilleure, avec son ambiance gothique, ses personnages etranges et le climat de terreur insidieux qui gangrene le tissu social.Enfin, les fans de Jean-Jacques Pelletier seront ravis d'apprendre que le deuxieme tome du roman Le Bien des autres (Editions Alire, 2004) est paru.Il ne vous reste donc que 651 pages bien tassees avant de decouvrir comment se terminent les aventures de l'inspecteur-chef Theberge et de la journaliste Pascale Devereaux dans un Quebec politiquement destabilise et secoue par des attentats terroristes.FFF1.2 LES MORTES DU BLAVET Laurent Laplante Editions JCL, 305pages FFF1.2 LA COMMANDERIE Andre Jacques Quebec-Amerique, 422 pages FFF LES DOUZE PIERRES Ann Lamontagne Vents d'ouest, 313pages LITTERATURE DU VOISIN Gangster ou ecrivain?DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE Le jeune Jerome Charyn, un garcon du Bronx dans ce recit d'enfance qui s'appelle justement Bronx Boy, se trouvait a un croisement critique.Pour sortir de l'obscurite, pour acceder au pouvoir, pour se faire aimer et craindre un peu, il avait le choix entre deux possibilites.La delinquance, la criminalite, le banditisme.Ou l'art de raconter une bonne histoire, une marchandise dont tout le monde a besoin.Heureusement pour nous, il a pris le deuxieme chemin.Bronx Boy, c'est le recit de ce choix dans un milieu a la fois defavorise et mythique.Le livre fait partie d'une collection privilegiee chez Gallimard, Haute Enfance .Nous sommes dans les annees 30, quoique aucune date exacte ne soit indiquee.Mais la presence de Meyer Lansky, qu'on appelle Le Petit Homme dans le quartier, semble placer le livre a la belle epoque du gangsterisme.Mais qu'importe l'epoque precise.Nous sommes dans le Bronx, a New York, les temps sont durs pour tout le monde et les horizons, petits.C'est un moment difficile pour un jeune qui a des ambitions.La mention de Meyer Lansky est importante.J'ai souri en lisant son nom, car dans la grande histoire du gangsterisme americain, Lansky etait le comptable d'Al Capone, celui dont les Juifs vertueux sont le moins fiers.Et s'il est la, dans Bronx Boy, c'est Charyn qui nous dit : Nous sommes ca aussi, nous, les Juifs.Cette plaisanterie date de l'aube des temps et je l'ai entendue 1000 fois dans ma famille : Si t'es Juif, pourquoi t'es pas riche ?Le monde de Charyn, justement, ce sont les Juifs sans argent, avec peu de foi, des mangeurs de cotelettes de porc, ceux qui rient du rabbin et violent les dix commandements avec ardeur et regularite.Le pere de Bebe Charyn ( Bebe , car c'est le plus jeune de la famille) travaille dans la fourrure quand il veut bien travailler.Son salaire finit plus vite dans les bourses satinees des filles de joie que dans le tresor familial.Et Mme Charyn, qu'on appelle Faigele, ou Petit Oiseau , la croupiere la plus courue du Bronx, est a la hauteur de son mari.Meme si le glaucome l'a rendue presque aveugle, on l'apprecie tellement qu'on la demande pour distribuer les cartes lors des soirees mondaines.Heureusement, elle a son Bebe pour lui signifier lesquelles sont les piques, lesquelles les carreaux.Elle beneficie ainsi de la protection des puissants de son quartier.C'est une comedie de moeurs, Bronx Boy, avec les familles nobles, ou qui se croient nobles, les Roth et les Russkoff, dont les filles ne sortent que rarement de peur que le trottoir salisse la semelle de leurs fines bottines.Le pere Roth est le roi de la fourrure, bien que son fils Basil soit un gangster en herbe.Marginalise dans sa propre maison par ses filles trop belles et entreprenantes et sa femme trop aigre, il trouve refuge chez Sara Dove, prostituee qui vend ses services a tous les commercants du coin.Les policiers et les gangsters se donnent rendez-vous sans le savoir dans son lit.Et qui s'occupe de son horaire archi- charge?Voyons donc, notre ecrivain debutant, Bebe Charyn, bien sur.C'est lui qui compte les clients, recoit les honoraires et lave le dos de la belle Sara apres ses ebats a la fois epuisants et mercantiles.Une drole d'education sentimentale pour un garcon a l'oree de la puberte, et qui idealise les femmes.Bebe Charyn finira-t-il par coucher avec sa belle ?Je ne vendrai pas cette meche-la.Dans la chambre de Sara, on trouve un tableau qui represente Judith et Holopherne.Ce dernier etait le roi assyrien qui a perdu sa tete aux mains de la belle Juive Judith, laquelle sauve son peuple en decapitant le general ennemi.Ce tableau et l'evenement qu'il evoque reviennent souvent dans Bronx Boy, car c'est l'image meme de la trahison necessaire.Oui, Judith seduit Holopherne, et apres leur nuit d'amour, elle le tue.Mais quand meme, elle tient a garder la tete de son amant, bien que son meurtre ait sauvegarde son peuple.S'il y a tant d'ecrivains juifs, c'est qu'ils sont nourris a ces histoires ambivalentes.La trahison necessaire est au coeur de l'ecriture .c'est ca, le sens l'histoire de Judith et Holopherne.Bebe Charyn, avec son livre a la main, un roman de Dostoievski ou de Flaubert, est le phenomene du quartier.Le marchand d'oeufs l'accuse d'etre un dibbouk, l'esprit errant d'un mort qui cherche un corps a habiter.C'est parce que le jeune Charyn a appris a bien trahir .a ecrire.qu'il a pu echapper a la violence de son quartier du Bronx.De serveur de glace dans une boite de mafieux, puis apprenti- croupier, Bebe deviendra le conteur de son milieu.Il tournera le dos au nihilisme et a la violence ordinaire, pour trouver un langage bien a lui.FFFF BRONX BOY Jerome Charyn, traduit par March Chenetier Gallimard, 332 pages BILLETS RENSEIGNEMENTS : GEORGE BENSON PREMIERE PARTIE : RICHARD BONA 2 JUILLET, Salle Wilfrid-Pelletier, PdA, 20 h 30 PLEINS FEUX A LA BILLETTERIE CENTRALE Spectrum de Montreal : (514) 861-5851 318, rue Sainte-Catherine Ouest A LA PLACE DES ARTS www.pda.qc.ca / (514) 842-2112 www.t i c k e t p r o .c a ( 5 1 4 ) 9 0 8 - 9 0 9 0 134 . LECTURES Une corporation n'est pas une entreprise PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉ proux@lapresse.ca Au moment où passe le documentaire The Corporation, il me paraît opportun de rappeler que le terme corporation se dit correctement en français d'un «ensemble de personnes exerçant le même métier ou la même profession ».En ce sens, corporation est un quasi-synonyme d'ordre professionnel.> La Corporation professionnelle des ingénieurs.En revanche, corporation est un anglicisme au sens de compagnie, entreprise, société, municipalité ou organisme public.De la même façon, l'adjectif corporatif se dit correctement de « ce qui est relatif à une corporation ».> Un groupement corporatif, un esprit corporatif.Mais corporatif est un anglicisme au sens de « ce qui est relatif à une compagnie, à une société commerciale ».Dans ce cas, on traduira corporate, non pas par corporatif, mais, selon le contexte, par de la compagnie, d'entreprise, de l'entreprise, de la société ou par général.Les loges louées à des compagnies au Centre Bell, par exemple, ne sont pas des loges corporatives.Loges suffit dans ce cas.Si l'on tient absolument à ajouter une précision, on pourra parler de loges d'entreprise.Un client corporatif est tout simplement une compagnie, une entreprise ou une société.Un agenda corporatif est un plan d'activités (d'entreprise).Un avocat corporatif est un avocat en droit des sociétés.Un conseiller corporatif est un conseiller d'entreprise.Quant à la planification corporative, c'est une planification générale.Les partenariats public-privé Lorsque la présidente du Conseil du Trésor a présenté son plan de réorganisation de l'État la semaine dernière, elle a parlé, entre autres choses, de partenariat public-privé.Il s'agit d'un calque de public-private partnership.Il sera difficile de s'opposer à cette locution en raison de sa brièveté, mais on dirait plus justement partenariat entre le secteur public et le secteur privé ou partenariat entre le public et le privé.Ceux qui opteront pour partenariats public-privé doivent savoir qu'il ne faut pas mettre public-privé au pluriel.Les lecteurs qui veulent en connaître davantage sur le sujet pourront consulter l'entrée partenariat publicprivé dans le Grand Dictionnaire terminologique de l'Office (www.granddictionnaire.com).On notera, au passage, que Monique Jérôme-Forget n'a pas employé l'affreux réingénierie, lui préférant modernisation.De toutes les solutions de rechange possibles, la ministre a choisi la plus positive.Modernisation laisse entendre, en effet, que l'État québécois, dans sa forme actuelle, est dépassé.Je laisse aux chroniqueurs politiques le plaisir de débattre de la question.En tant que chroniqueur de langue, je me bornerai à souligner que les termes reconfiguration, réorganisation, restructuration ou révision auraient été plus neutres, mais évidemment moins accrocheurs.Deuxième ou Seconde Guerre ?QJ'aimerais que vous me disiez si Paris Match, que je lis à l'occasion, utilise correctement l'expression Seconde Guerre mondiale.À mon avis, Seconde Guerre mondiale est un calque de l'anglais Second World War.En deuxième lieu, quand j'ai fait mon cours classique, on m'a appris qu'on ne pouvait utiliser second que lorsqu'on était certain qu'il n'y aurait pas de troisième.Or, comment pourrait-on être certain qu'il n'y aura pas de troisième guerre mondiale ?Surtout pas dans le contexte actuel, n'est-ce pas ?Alors qu'en est-il ?\u2014Guy Pinard RIl est vrai que second et deuxième ne sont pas parfaitement synonymes.Le premier ne s'emploie en principe que lorsqu'il n'y a que deux éléments.> La seconde demie d'un match de football.> La deuxième période d'un match de hockey.Mais il est vrai que cette distinction est de moins en moins respectée.Pour ce qui est de Seconde Guerre mondiale, ce n'est pas un calque de l'anglais.On trouve cette dénomination dans des ouvrages plus fiables que le Paris Match, comme le Petit Robert et le Petit Larousse.La logique veut qu'on parle de la seconde puisqu'il y a eu deux guerres mondiales.Mais cette logique, j'en conviens, est une logique optimiste.Trop ?Espérons que non.Tournures anglaises de être QDans votre réponse du 2 mai, sur le démembrement, vous écrivez : « Le Vocabulaire juridique définit ce mot comme étant la division.» J'ai déploré à maintes reprises, auprès de la rédaction de La Presse, l'usage du verbe être calqué sur les tournures anglaises to be et as being.Cet anglicisme alourdit des phrases qui n'ont absolument pas besoin du verbe être surtout que cette faute est souvent commise en accompagnement d'un verbe qui contient déjà la notion d'être (sembler, se révéler, s'avérer, etc.) ou de comme qui introduit un état.\u2014André Dupuis, rédacteur en chef Inter-mécanique du bâtiment RCette remarque est tout à fait judicieuse.Je vous remercie d'avoir souligné mon erreur avec amabilité.Qu'est-ce qu'un perronisme ?QDans votre chronique du dimanche 2 mai, dans le paragraphe intitulé « Acculer au pied du mur », vous utilisez le mot perronisme.Tout le monde ici se demandait ce que cela pouvait bien vouloir dire, jusqu'à ce quelqu'un fasse le lien entre ce mot et un certain M.Perron qui a déjà travaillé pour le club de hockey Canadien.Il fallait le savoir.Quoi qu'il en soit, les guillemets étaient obligatoires et leur omission nous étonne un tout petit peu ! Cela ne nous empêche toutefois pas de nous dire très heureux de l'existence de cette chronique et de vous en remercier.\u2014Florent Gaudreault RDésolé d'avoir créé un moment de confusion.Mais j'ai fait un tout petit peu exprès, car j'avais l'intention de revenir sur les perronismes.Ce terme vient effectivement d'un ex-entraîneur du Canadien de Montréal, Jean Perron, considéré comme le maître de la déformation (involontaire) des proverbes et locutions.C'est lui qui aurait dit, notamment, « il y a loin de la soupe aux lièvres », au lieu de « il y a loin de la coupe aux lèvres ».Les bons mots de Perron ont inspiré de nombreux humoristes, qui se sont ingéniés depuis à inventer de faux perronismes, du genre «il ne faut pas chercher de midi à l'an 40 », « on lui a déroulé un plateau d'argent », « échanger quatre 30 sous pour quatre piastres », « ça commence à sentir l'eau chaude », etc.Pour ceux que la chose intéresse, on trouve une collection de perronismes tordants dans Les Perronismes, un ouvrage publié par Les Intouchables, ainsi que sur le site www.chez.com/ zoneluco/ perron1.htm.Le perronisme de la chronique du 2 mai est attribué à Bernard Geoffrion, qui aurait déclaré, tout d'un trait : « On était accumulés au pied du mur, on travaillait comme des arrache-pied.» Petits pièges La semaine dernière, les phrases suivantes contenaient chacune une erreur : > Elle vit dans un monde enchanté, un monde de conte de fée.> Les visiteurs s'y rendent en masse à l'année longue.\u2014 Dans la locution conte de fées, le mot fées doit être au pluriel.Il aurait donc fallu écrire : > Elle vit dans un monde enchanté, un monde de conte de fées.\u2014 La locution à l'année longue est un calque de all year long.On évitera l'anglicisme en disant plutôt à longueur d'année ou toute l'année.Il aurait donc fallu écrire : > Les visiteurs s'y rendent en masse à longueur d'année.Voici les pièges de cette semaine.Les phrases suivantes contiennent chacune une faute.Quelles sont-elles > À prime abord, cette solution est attrayante.> Elle est allée sur Nice.Les réponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions à Paul Roux par courriel à proux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9.ESSAI La littérature a fait la langue française PIERRE MONETTE COLLABORATION SPÉCIALE Le français n'est pas la langue que nous parlons, mais celle que nous devrions parler.La Fabrique de la langue, de Lise Gauvin, professeure à l'Université de Montréal, retrace, à partir de textes littéraires des cinq derniers siècles, la constitution de cet idiome dont s'extasient les accros de la dictée, qui fait le succès des pushers de subjonctifs, dans lequel on n'écrit jamais tout à fait comme on le parle, qui voudrait plutôt nous faire parler comme il s'écrit.Lorsqu'il publie, en 1549, sa Deffence et illustration de la langue françoyse, Joachim du Bellay » s'engage dans une démarche qui le pose comme utilisateur mais aussi comme inventeur de langue, position qui sera, au cours des siècles suivants, largement imitée.« Ainsi s'instaure une tradition qui perdure : écrire en français, c'est militer en faveur de l'emploi de certains mots, de certaines tournures.On n'écrit pas comme ça vient, mais pour aller quelque part : du temps des rois, c'était afin d'être reçu à la cour ; c'est désormais en espérant se retrouver sur un plateau de télévision.Quand Gauvin se penche sur les classiques du 17e siècle, elle constate que « l'importance de ce siècle a été déterminante dans la codification du français tel qu'on le connaît et pratique encore aujourd'hui ».C'est depuis lors que « la littérature est perçue comme modèle de la langue » : que nos dictionnaires se servent d'exemples extraits de textes littéraires pour illustrer leurs définitions.Au 19e siècle, les auteurs prétendront imiter la réalité.Lorsque Hugo invente Gavroche, les mots qu'il met dans la bouche de son personnage se veulent l'écho de ceux qu'emploient les enfants des rues.Mais c'est la réalité qui se mettra à imiter la littérature, et les gamins de Paris adopteront l'argot et la dégaine de Gavroche.Quand, au 20e siècle, Louis-Ferdinand Céline renouera avec une truculence verbale rappelant celle de Rabelais, ce sera pour subvertir « à la fois le langage littéraire par la parole et la langue populaire pas la norme littéraire ».La même chose s'est passée ici avec le joual, qui était censé calquer la langue des quartiers populaires de Montréal.Sauf que personne, dans la vraie vie, ne parle mal aussi bien que le font les personnages de Michel Tremblay ou de Réjean Ducharme.Un des grands intérêts de La Fabrique de la langue est l'importance que les derniers chapitres de l'ouvrage accordent aux expériences littéraires québécoises et des Caraïbes.Tiraillées entre la langue des dictionnaires et les créolismes ou les québécismes, ces littératures sont les lieux d'expression d'une « surconscience linguistique ».Le choix du moindre mot devient une forme d'engagement culturel et linguistique : un « langagement », selon la formule de Gauvin, qui renoue avec celui de du Bellay.La Fabrique de la langue nous arrive auréolé du prestige associé à une parution au sein d'une collection française de renommée.On savait qu'on avait ici souvent autant de talent que les Français ; il est agréable de constater qu'ils s'en rendent parfois compte.LA FABRIQUE DE LA LANGUE DE FRANÇOIS RABELAIS À RÉJEAN DUCHARME Lise Gauvin Éditions du Seuil, coll.Points Essais série Lettres, 345 pages LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE «Mon père, ce héros au sourire si doux » JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Il est courant que l'écrivain vieilli (cet adjectif n'a rien ici de péjoratif, on le verra plus loin si l'on a la patience d'attendre) se sente pris du « désir de père ».Il se donne alors rendez-vous avec l'un des personnages les plus secrets du monde, le géniteur.Que de mots ne dit-on pas sur le mystère des origines, le pays, les ancêtres, l'Histoire, la langue maternelle (notez bien : maternelle, comme si celle du père n'avait guère d'importance).Tout cela est sans doute bien beau, mais où est donc passé papa ?Parfois, une recherche ou un souvenir flou, ce désir de père, dure des années.C'est ce qui est arrivé, paraîtil, à Le Clézio.L'écrivain a essayé de comprendre, au plus près de la vérité, un homme secret, rude, qui lui donna la vie et qui pourtant était resté un parfait inconnu.Un certain Raoul Le Clézio, dont on ne saura même pas comment il est mort \u2014 la pudeur, chez son fils, atteignant depuis toujours les sommets du silence.J.M.G.Le Clézio est un écrivain secret, depuis son premier roman intitulé Le Procès-Verbal, qui obtint le prix Renaudot.Il devint célèbre dans les universités de Paris et les chaumières de province, par son écriture exceptionnelle et son physique à la Robert Redford.Mais cela n'éclairait en rien, pour ses lecteurs, les sentiments qu'il pouvait avoir pour son père, ni ceux de son père pour lui.Plus tard, le fils écrivit des livres qui vantaient la pureté, les déserts, les légendes, la mer, l'aventure, les étoiles, les oiseaux, et même certains artistes dont l'oeuvre le fascinait.Ces livres, on le sait, sont chaque fois magnifiques.Mais, encore là, pas un mot sur papa.« J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire.Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger.Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain.Cela a été difficile à admettre.Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre.En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre.» À l'âge de huit ans, le petit Le Clézio vit à Nice, avec son jeune frère et leur mère.Le père est exilé au Nigéria, il est médecin, il soigne les Africains les plus démunis, sur un territoire immense, allant jusqu'au Cameroun de l'Ouest.Un seul médecin sur des kilomètres de forêt, de rivières, de brousse.Ce médecin est un Mauricien de nationalité britannique.Il est révolté contre le colonialisme, il est rude, il est parfois brutal et souvent incompréhensible.Alors, la famille niçoise s'en ira, fuyant la France vaincue, en bateau, rejoindre ce père mythique.C'est ce que raconte aujourd'hui le petit garçon devenu un homme célèbre.La découverte de ce continent sera une révélation.La lumière.Les couleurs.La forêt, les rivières immenses.Le corps, la sensualité: « L'Afrique, c'était le corps plutôt que le visage.C'était la violence des sensations, la violence des appétits, la violence des saisons.(.) Je suis dans la cabine du bateau qui longe lentement la côte, au large de Conakry, Freetown, Monrovia, nu sur la couchette, hublot ouvert sur l'air humide.(.) Ce que je recevais dans le bateau qui m'entraînait vers cet autre monde, c'était aussi la mémoire.Le présent africain effaçait tout ce qui l'avait précédé.La guerre, le confinement dans l'appartement de Nice (où nous vivions à cinq dans deux pièces mansardées, et même à six en comptant la bonne Maria dont ma grand-mère n'avait pas résolu de se passer), les rations, ou bien la fuite dans les montagnes où ma mère devait se cacher, de peur d'être raflée par la Gestapo\u2014tout cela s'effaçait, disparaissait, devenait irréel.Désormais, pour moi, il y aurait avant et après l'Afrique.» C'est écrit ainsi, tout du long, et illustré de quelques photos vieilles, couleur sépia.Ce n'est pas un «petit livre », parce qu'il est à la gloire de ce père avec lequel, dit le fils, « je me suis mal conduit » (on verra pourquoi), qui méritait cent fois cet hommage et cette amitié, la forme la plus haute de l'amour.FFFF L'AFRICAIN J.M.G.Le Clézio Traits et portraits, Mercure de France, 105 pages PHOTO PHOTOSIN © J.M.G.Le Clézio est un écrivain secret. LECTURES MEMOIRES CURIOSITE George, Saddam et moi Le requin blanc ANDRE DUCHESNE Hans Blix etait a la retraite.Simples touristes en Patagonie, sa femme et lui patientaient dans une file pour un avion a destination d'Ushuaia, la ville la plus au sud du monde et passage oblige vers l'Antarctique, leur destination finale, lorsqu'une preposee de la compagnie aerienne demanda a haute voix que M.Blix rappelle un certain M.Kofi Annan a New York.Si elle ignorait totalement qu'il etait secretaire general des Nations unies, d'autres personnes dans la queue le savaient et nous devisagerent curieusement en nous voyant sortir du rang pour, une fois de plus, trouver une cabine telephonique , raconte Blix, chef des inspecteurs en desarmement de l'ONU en Irak, de 2000 a 2003, dans Irak, les armes introuvables.L'anecdote demeure mineure dans cet ouvrage ou Blix relate comment, a titre de president de la Commission de controle, de verification et d'inspection des Nations unies pour l'Irak (COCOVINU), il a vecu ces trois annees, plus particulierement les derniers mois avant l'assaut de mars 2003.Mais elle decrit parfaitement la facon dont l'auteur a construit son ouvrage : narration des evenements avec mille et un details, le tout matine de quelques elements de sa vie personnelle et pimente de commentaires .pas toujours flatteurs .sur ses interlocuteurs.Le melange est convaincant ; la pate leve.Rappelons qu'a la suite de l'expulsion des troupes de Saddam Hussein du Koweit en 1991, l'Irak se vit imposer par l'ONU un regime d'inspection des stocks d'armes de destruction massive (ADM).Le travail etait partage entre la Commission speciale des Nations unies (UNSCOM) pour les armes chimiques et biologiques et l'Agence internationale de l'energie atomique (AIEA) .que dirigeait Blix .pour l'armement nucleaire.Apres sept annees de travail difficile, de relations tendues, de jeux du chat et de la souris entre les membres du regime de Saddam Hussein et les representants onusiens, ceux-ci, accuses d'espionnage, se virent montrer la porte.Du necessaire remodelage est nee la COCOVINU.Qu'on se rappelle aussi ces quelques mois intenses d'avant l'attaque du 19 mars 2003 : ce sont les inspecteurs de cette commission qui, chaque matin, partaient en convoi dans divers points de l'Irak a la recherche d'ADM.Pendant ce temps, au conseil de securite de l'ONU, les Americains, obsedes par l'idee que ces armes devaient absolument etre cachees quelque part, accentuaient la pression pour l'obtention de resultats.Et affutaient leurs armes aux portes de l'Irak.L'ouvrage est accessible, ecrit sans fioritures mais avec un bon sens de la narration.Nul besoin d'etre un expert en relations internationales pour s'y retrouver.Au contraire, Les Armes introuvables est un bon outil de reference pour comprendre l'essoufflant ballet diplomatique ayant precede la guerre du printemps 2003.Chez nos voisins du Sud, on a plutot bien accueilli la version originale, Disarming Iraq, meme chez les plus cinglants critiques de Blix.On reconnait dans plusieurs recensions le serieux du travail et le fait que l'auteur n'est pas aveugle.Blix aussi estimait que l'Irak cachait des ADM.Mais le diplomate suedois croyait egalement que la commission qu'il presidait aurait eu les vraies reponses si seulement elle avait eu quelques mois supplementaires a sa disposition pour terminer le travail.Pour lui .et contrairement a d'autres analystes.ce ne sont pas les failles des services de renseignement mais bien l'impatience des hommes d'Etat .lire : les faucons de la Maison-Blanche.qui ont conduit la ou en sont les choses actuellement.Quelques mois de plus et, croit-il, les Etats-Unis auraient obtenu le soutien tant recherche du Conseil de securite si le programme de verification n'avait pas ete concluant sur l'absence d'ADM dans les cavernes de Saddam.Sans ce soutien, la legitimite de l'intervention a ete compromise, la credibilite des gouvernements erodee et l'autorite du Conseil de securite amoindrie , ecrit-il en guise de conclusion.D'aucuns affirment qu'avec cet ouvrage, Blix ne se fera pas de nouveaux amis (en avait-il ?) dans la haute administration americaine actuelle.Un peu plus et on parierait qu'a la Californie, il preferera encore la Patagonie pour ses prochaines vacances.FFF IRAK, LES ARMES INTROUVABLES Hans Blix Fayard, 456pages ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPECIALE Il se degage de ce petit livre un leger parfum d'horreur et d'apocalypse, bien qu'il n'y soit pas precisement question de conflits nucleaires, de cataclysmes bibliques ou d'invasions extraterrestres.Quoi qu'a bien y penser, oui, il y a bien un monstre dans Le Parachute de Socrate, une creature gigantesque, tentaculaire, indomptable et particulierement vorace : le capitalisme, dechaine, qui avale tout ce qui a le malheur de trainer sur son sinistre passage.Le personnage de ce court roman est l'un des sbires de ce monstre.Expert en marketing proche de la retraite, l'homme accepte un ultime contrat et livre au PDG d'une richissime fabrique de chaussures les secrets d'une incroyable strategie qui, a moyen terme, devra hisser l'entreprise aux plus hauts sommets de la reussite.Strategie apparemment invraisemblable qui vise ni plus ni moins a abrutir les masses acheteuses les moins nanties .par mille moyens assez discutables.afin de leur imposer de nouvelles habitudes de consommation.Le vieil expert propose l'invention et la distribution du soulier jetable, semelle fournie gratuitement et garantie a vie, gamme infiniment variee d'ornements perissables, tous offerts au modeste cout de 3 $.Nous vous laissons le plaisir de decouvrir les multiples subtilites de cette strategie machiavelique, terrifiante parce que plausible.Ecrit simplement mais jamais sans classe, Le Parachute de Socrate se presente sous la forme d'une seule conference.L'auteur, Sinclair Dumontais (un pseudonyme), luimeme apparemment conseiller en marketing, doit avoir l'habitude de s'exprimer devant des petits groupes.Sa fiction .trop vraie pour etre belle.se lit d'une traite, presque sans pause, comme si nous assistions vraiment, en direct, a une sordide reunion d'affaires.On n'en sait pas tellement sur cet obscur Sinclair, auteur de L'Empecheur (Stanke) et concepteur du site www.dialogus2.org ou il invite les internautes a questionner des auteurs et des personnages historiques (Antigone, Celine, Jacques Cartier, Einstein et mille autres.) A l'instar du Francais Beigbeder, qui dans 99 F.reglait ses comptes avec son metier de fils de pub , Dumontais livre dans ce pamphlet ironique les plus noirs aspects d'un boulot qu'il semble assez bien connaitre.Ce faisant, il denonce en les glorifiant a l'exces (par les propos de son personnage mythomane et sans scrupules), les innombrables crimes contre l'humanite commis en toute liberte par les multinationales et leurs dirigeants affames, sans aucune menace de represailles.Signalons par ailleurs la qualite du graphisme de la couverture, on n'est pas habitue a cela.FFF LE PARACHUTE DE SOCRATE Sinclair Dumontais Editions Hurtubise, 176pages PHOTOREUTERS c Irak, les armes introuvables, d'Hans Blix, est un bon outil de reference pour comprendre l'essoufflant ballet diplomatique ayant precede la guerre du printemps 2003.3201292A ROMAN ETRANGER MATHIEU PERREAULT Tracy Chevalier a une fixation pour la France et les Pays-Bas d'il y a 500 ans.La Jeune Fille a la perle, dont la version cinematographique est sortie cet hiver, raconte les liens entre le peintre Vermeer et l'une de ses domestiques, qu'il prend pour modele.The Virgin Blue, qui n'a pas encore ete traduit, suit l'enquete d'une Americaine a la recherche de ses ancetres huguenots qui ont fui la France apres le massacre de la Saint-Barthelemy.Son roman le plus recent, La Dame a la licorne, raconte les peregrinations amoureuses du peintre a l'origine de cette celebre tapisserie qui trone dans une salle du musee du Moyen-Age de Cluny, a Paris.La Dame a la licorne entrelace histoire de l'art et fiction.Le peintre Nicolas des Innocents est reellement celui qui a fait le dessin, et il a reellement eu plusieurs enfants illegitimes.Mais il n'est pas certain que la tapisserie ait ete faite a Bruxelles, ou le peintre parisien trouble la vie tranquille de la famille du tisserand.En filigrane, Mme Chevalier esquisse un portrait des chatelaines francaises de la fin du 15e siecle, s'attardant notamment sur le phenomene des riches bourgeois qui parvenaient a epouser une noble .les parvenus de l'epoque .et sur l'opprobre qui s'abattait sur une femme n'arrivant pas a enfanter un garcon.La Dame a la licorne se distingue par la place assez equilibree que Mme Chevalier laisse aux huit personnages principaux : le peintre parisien ; le tisserand bruxellois, son fils, sa femme, sa fille et son beau-fils ; et la chatelaine et sa fille.Chaque chapitre raconte l'histoire du point de vue d'un personnage.Dans ses autres romans d'epoque, les femmes avaient le premier role.On peut voir ici une progression : La Jeune Fille a la perle etait raconte uniquement par un personnage, et l'avant-dernier roman, La Dame en bleu, par deux femmes au destin entrecroise : l'Americaine qui veut s'integrer a la France a notre epoque, et son ancetre protestante qui fuit les catholiques assoiffes de sang.Cette histoire double celle de Mme Chevalier, dont les ancetres ont suivi un itineraire similaire : huguenots, ils ont quitte la France pour la Suisse, ou son pere est ne.Dans son premier roman, Le Recital des anges, qui tracait le portrait du monde des suffragettes britanniques de la fin du 19e siecle, il y avait aussi plusieurs voix.Mais le ton .par ailleurs morbide .n'etait pas au point.Tracy Chevalier utilise toujours la premiere personne, ce qui rapproche la trame du lecteur.Grace a un texte visiblement tres travaille, elle arrive a eviter l'ecueil de l'imposture, qui menace les romans ecrits au je .Ce ton convient aussi parfaitement a l'approche de l'histoire sociale, que privilegie Mme Chevalier.Ses livres examinent les coulisses d'evenements celebres, donnant la parole aux gens qui ne l'ont jamais eue : des paysans, des petits artisans ou des domestiques.L'intrigue est racontee par des femmes.L'auteure a un sens du detail impressionnant, qu'on ne peut s'empecher de rapprocher du fait que son pere etait photographe pour le Washington Post.Elegance Tracy Chevalier rend tres bien les meandres des negociations entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui n'en ont pas, entre les hommes et les femmes.Au debut de La Dame a la licorne, le peintre recoit d'un noble le mandat de faire le dessin d'une grande tapisserie de bataille.Le bras droit du noble l'oblige a accepter un salaire de misere, lui faisant miroiter la renommee que la tapisserie lui apportera, et le courroux du noble s'il n'accepte pas le contrat.Ensuite, la chatelaine le fait demander et l'informe que c'est elle qui a suggere son nom a son mari.Et elle lui dit qu'elle veut une tapisserie sans sang, mais plutot avec des licornes.Le peintre est sidere mais n'a pas le choix.Par chance, il parvient a croiser le chemin de son client, et lui dit que les licornes sont tres a la mode ces temps-ci a la cour.ce qui est faux.Le noble accepte.Cette finesse psychologique se transcrit par un realisme envoutant dans les transitions psychologiques.La fille du tisserand bruxellois se fait seduire par le peintre, une peripetie un peu forcee qui est rendue vraisemblable par l'addition de details incongrus.Je n'aurais jamais imagine qu'un jour je finirais dans les bras d'un homme tout en m'inquietant de mes plantes ! dit-elle, allongee dans son jardin.L'elegance de la trame mene a une conclusion tres elegante, un happy ending qui ne parait pas trop force.FFF1.2 LA DAME A LA LICORNE Tracy Chevalier Quai Voltaire, 300 pages Tracy Chevalier: apres la perle, la licorne 3219547A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Force tranquille à l'extérieur, bouillonnant en profondeur.Ambitieux et résolu.Comme tous les partisans du Canadien, Bob Gainey, vice-président et directeur général du Club de hockey Canadien, a été à deux doigts d'y croire.Mais il y a parfois loin de la coupe aux lèvres «L «Il y a au hockey une discipline, un travail à faire, des règles.Mais il y a aussi les émotions.Et c'est de là que viennent la magie du jeu, la joie de jouer et celle des partisans.» ANNE RICHER e but ultime, c'est de gagner le championnat, mais il y a des étapes à traverser.C'est comme un ascenseur qui monte et descend.» Cependant, après une seule année en poste, il a réussi les meilleures récoltes des 10 dernières années, à fouetter l'ardeur des partisans, à rajeunir le public et à prouver que les Glorieux ont encore beaucoupà donner.Une histoire à suivre dès septembre prochain.La Presse tient à souligner le leadership de Bob Gainey en le nommant Personnalité de la semaine.Lorsqu'on pratique un sport sérieusement, particulièrement un sport d'équipe, on a besoin de victoires.«Il ne s'agit pas de gagner à n'importe quel prix, mais de donner son maximum», dit-il en ajoutant que le mot même peut signifier différentes choses.Il perçoit son travail comme celui d'un motivateur, d'un animateur, d'un chef d'équipe, rassembleur:«J'ai toujours faitpartiedegroupes.Et je sais qu'on ne peut pas gagner seul.» Une vie de sport Le 2 juin 2003, Bob Gainey est devenu le 15e directeur général de l'histoire du Club de hockey Canadien.C'est, selon ses propres termes, l'aboutissement naturel d'une longue carrière dans le hockey.«Ce travail est une grande partie de ma vie, et chaque fois un nouveau défi.Je reconnais que j'ai de la chance de faire ce que j'aime.Ce qui m'étonne le plus, c'est d'aller au bureau lematin, ajoutet- il, pince-sans-rire.Pour quelqu'un qui n'a jamais voulu aller à l'école.» Il est né le 13décembre1953à Peterborough, en Ontario.Il est l'enfant du milieu d'une famille de sept, le père ouvrier d'usine, la mère à lamaison.«Une grande famille signifie plus de liberté, explique-t-il, mais en même temps, si on voulait quelque chose, il fallait le mériter.» Il a 12 ou 13 ans lorsqu'il tient le tableau des comptes après chaquemanche au baseball, pour gagner ses premiers sous.Son deuxième emploi, il l'obtient ensuite dans un club de golf.Ce goût pour les sports l'amène à croire que cette passion sera sa vie.Donc, l'école, bof.«Cependant, j'adorais l'histoire, particulièrement les récits d'aventures, ceux de la découverte de l'Amérique du Nord surtout.» Lehockeyeuraporté l'uniformedu Canadien de 1973 à 1989, dont huit saisons à titre de capitaine.Contributions à la Coupe Stanley, championnats, trophées, il a collectionné les succès.Au terme d'une année à la tête d'une équipe à Épinal, en France, il s'est installé aux États-Unis comme entraîneur des North Stars du Minnesota, en 1990.Mais il a eu le temps de découvrir des pays d'Europe.S'il rêve aujourd'hui d'aller en Australie, le pays qu'il aime par-dessus tout demeure le sien, le Canada.«J'ai des amis dans chaque coin de campagne», dit-il.L'instinct avant tout Grand, solide, il est bâti comme.un joueur de hockey.Ses collaborateurs l'appellent simplement «Bob».Animé de l'énergie du coureur de fond, il en impose et accepte en même temps que chacun ait sa compétence dans son champ d'action.S'il n'aime pas parler en public ou répondre aux questions, c'est qu'il veut laisser toute la place à ses joueurs.L'une de sesgrandesforcesest laconnaissance des hommes.Une sorte d'empathie le lie à eux.«Je sais ce qu'ils ressentent, je suis passé par là, je peux me mettre facilement à leur place.» Il n'est pas du genre à s'épancher sur les états d'âme, mais chaque membre de son équipe sait qu'il peut compter sur lui, sur son écoute.Ce réalisateur optimiste, volontaire et ouvert en dépit de ce qu'il laisse paraître, souhaite avant tout l'harmonie, l'équilibre.«Il y a au hockey une discipline, un travail à faire, des règles.Mais il y a aussi les émotions.Et c'est de là que viennet la magie du jeu, la joie de jouer et celle des partisans.» Il aimerait bien, parfois, garder cette émotion vive en laisse, empêcher ces jeunes hommes de laisser trop de place à la testostérone.«Mais c'est normal, dit-il.Ce qui l'est moins, c'est que cette «normalité» s'applique aux jeunes qui jouent au hockey.Il faut faire la différence entre le jeu, le plaisir, l'exercice physique, le travail d'équipe chez les enfants et une équipe de hockey professionnelle ».Veuf depuis 1995, il a vécu 20 ans de mariage et est père de quatre enfants : Anna, Steven, Laura et Colleen.Il connaît l'état de parent unique, il sait que l'adolescence n'est pas toujours facile.«Ma jeunesse et la leur n'ont rien de commun.Aujourd'hui, ils sont inondés de choix.» Ce qui a été bon pour lui devrait être bon pour tous.«Le sport est idéal pour la santé physique et mentale.C'est quelque chose que l'on conserve toute sa vie.» Il a horreur de l'irrespect, du je-m'enfoutisme.Et il ne se départ pas de son sens de l'humour pince-sans-rire, qui doit être compris par ceux qui l'aiment.Il lit deux ou trois livres en même temps, des biographies surtout, et recherche partout où il va de petites boîtes sympathiques où on joue du blues, sa musique préférée.Dans sa maison au bord d'un lac, il se permet même de cuisiner «un peu», dit-il.La solitude lui est parfois nécessaire, il ne la fuit pas, c'est comme cela qu'il trouve l'équilibre si précieux à ses yeux.Et il adore Montréal, cette ville «où tout le monde est expert en hockey, le journaliste comme l'homme de la rue», déclare-t-il avec un grand sourire.Bob Gainey PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © "]
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