La presse, 23 mai 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" out le gratin cinématographique s'était évidemment donné rendezvous au pied du tapis rouge pour se rendre à la très attendue cérémonie du palmarès.Les journalistes, qui sont tous assis dans une salle adjacente au Théâtre Lumière, ont d'ailleurs le loisir de voir arriver en direct toutes les vedettes sur grand écran.Àl'échelle des applaudissements, Virginie Ledoyen et Noémie Lenoir ont obtenu l'une des plus hautes notes, tout comme Carole Laure (dont le mot SWEET traversait courageusement le haut d'une robe transparente) et Clara Furey.Si Michael Moore a été porté en triomphe avant même l'annonce du palmarès, c'est Charlize Theron, très en beauté, qui a recueilli les applaudissements admiratifs les plus nourris.Quand un parterre entier constitué de reporters \u2014 réputés les plus difficiles du monde \u2014s'extasie en poussant béatement un grand «aaahhhh!» collectif en vous voyant sortir d'une bagnole, c'est que vous portez magnifiquement votre statut de star.Deux heures plus tard, ceux qui poussaient les «oh!» et les «ah!» jouaient du coude et se rendaient en courant vers la salle des conférences, où les lauréats leur étaient présentés un à un.Voici quelques-uns des commentaires recueillis.PHOTO AFP PHOTO AP PHOTO AP PHOTO AFP > Voir LAFERRIÈRE page 6 J'écris«Premierroman», et jepense spontanément à Premier amour, ce merveilleux petit livre de Tourgueniev qui a accompagné mon adolescence.Il y a quelque chose de l'ordre du sacré dans un premier roman, une émotion à la fois si dense et mystérieuse qu'elle pourrait bien rappeler un premier amour.L'image que j'ai pourtant en tête, c'est celle de quelqu'un qui vient de surgir brusquement à la surface de l'eau.Si le poète a, comme on dit, la tête dans les nuages, j'imagine plutôt le romancier en animal marin.Combien de temps vient-il de passer sous l'eau?Lui-même l'ignore.C'est un temps incalculable.Car si on peut savoir, avec une certaine exactitude, combien de temps cela a pris pour écrire un deuxième ou un troisième livre, ce sera toujours impossible pour le premier.«Et tous ces livres que j'écrivais du temps que je n'écrivais pas encore», raconte joliment Aragon.Bien souvent la source d'un premier roman remonte à la haute enfance.Et il y a bien des choses qui ne sont pas uniquement de l'ordre de l'écriture qui entrent dans l'élaboration d'un premier roman.Ah, vous écrivez?D'abord on écrit contre tous ceux qui n'ont pas terminé leur premier roman.\u2014 Ah, vous écrivez?lui demande cet homme en train de manger à la table voisine.Comme c'est impossible, avec une telle chaleur, d'écrire dans sa chambrette, il a pris l'habitude de venir travailler à ce petit café pas loin de chez lui.\u2014Non.Un peu, finit-il par répondre enrougissant commeunjeuneamoureux.En fait il (ou elle) écrit avec rage et désespoir, ne pensant qu'à cela, et ne vivant que pour nourrir ce crabe tapi dans son ventre.Il se lève la nuit pour noter des bouts de dialogue ou des descriptions de paysages qu'il vient d'apercevoir dans ses rêves.Il reste constamment émerveillé du miracle qui surgit parfois au bout de ses doigts.Comme il lui arrive aussi de passer des semaines entières dans ce tunnel noir et humide sans aucun espoir d'en voir, un jour, le bout.Et malgré toutes ces souffrances, il n'a aucune certitude à propos du résultat.Car un mauvais livre exige autant de sacrifices (et parfois plus) qu'un bon livre.\u2014 Vous écrivez ou vous n'écrivez pas?Il faut le savoir, insiste l'homme à qui on vient d'apporter son café.Comme on est souvent brutal avec ceux qui n'ont encore rien publié! Mais qui sait si ce jeune homme qui semble vouloir disparaître dans une crevasse du mur derrière lui n'est pas Réjean Ducharme?Premier roman CHRONIQUE DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE 57e FESTIVALDECANNES PAROLES DE LAURÉATS MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL CANNES HISTOIRE DE FILLES PAGE 7 57e FESTIVAL DE CANNES SURUNAIR DE COLE PORTER PAGE 3 LECTURES «Je suis Israélienne.Il faut que cesse l'occupation des territoires palestiniens.Je sais que cette position sera mal perçue par certaines personnes chez moi, mais je crois que la majorité de mes compatriotes sont demon avis.» \u2014 Keren Yedaya, réalisatrice de Or, prix de la Caméra d'or, remis au meilleur premier film toutes sections confondues.«En Thaïlande, je m'attends à ce que la réaction vis-à-vis du film soit la même que celle qu'il asuscitéeici.Certainsadoreront, d'autres détesteront!» \u2014 Apichatpong Weerasethakul, réalisateur de Tropical Malady, prix du jury.«Ceprixmevatrèsbienparce que le scénario est, selon moi, l'élément le plus important.» \u2014Agnès Jaoui, coscénariste de Comme une image, prix du meilleur scénario.«Même si je n'ai pas vu son film, je suis personnellement enchanté que Fahrenheit 9/11 ait obtenu la Palme d'or.» \u2014 Jean-Pierre Bacri, coscénariste de Comme une image, prix du meilleur scénario.«J'adore la France.C'est mon pays mais je n'y ai pas de racines.En me rendant en Algérie pour les retrouver, je me suis rendu compte que j'étais un étranger partout.Et j'avoue que ça ne me déplaît pas du tout.Depuis que j'ai revu Alger, je suis un nomade dans l'âme.C'est maintenant certifié!» \u2014Tony Gatlif, réalisateur d'Exils, prix de la mise en scène.«J'ai réveillé Yagira tantôt.Lui qui est en troisième année de collège m'a dit que ça s'était plutôt mal passé pour ses examens.Peut-être que ce prix rendra son prof plus indulgent!» \u2014Hirokazu Kore-Eda, réalisateur de Nobody Knows, en parlant de Yagira Yuya, lauréat du prix d'interprétation masculine.«Je ne crois pas que ce prix change vraiment grand-chose.Sinon de faire en sorte que certains cinéastes s'aperçoivent que j'existe!» \u2014 Maggie Cheung, vedette de Clean, d'Olivier Assayas, lauréate du prix d'interprétation féminine.«J'ai dû refaire quatre fois la fameuse prise dans laquelle je mange un poulpe vivant.Les trois premières bestioles avaient tellement peu de tonus qu'elles mouraient dès que je les croquais.Ce n'est que la quatrième qui a montré plus de résistance.Ce poulpe était plus rebelle, plus énergique.La quatrième prise fut la bonne!» \u2014Choi Min-sik, vedette de Old Boy, de Park Chan-wook, lauréat du Grand Prix.«Je suis fatigué de Jay Leno et de tous ceux qui cassent du sucre sur le dos des Français.Si les Français n'avaient pas été là, l'Amérique n'existerait pas.Ce sont d'ailleurs eux qui nous ont offert la statue qui est devenue notre plus grand symbole.Nous devrions d'ailleurs, en tant que peuple, nous excuser auprès de la France parce que nous nous rendons maintenant bien compte qu'elle avait raison de s'opposer à la guerre en Irak.Tous les grands amis des Américains \u2014 les Français, les Canadiens, les Allemands \u2014 ont essayé de nous prévenir et nous ne les avons pas écoutés.Honte à nous.» \u2014 Michael Moore, réalisateur de Fahrenheit 9/11, lauréat de la Palme d'or.Ashley Judd Quand le cinéma chasse la vidéo Le cinéma n'échappe pas à la vague numérique.Ce qu'on a baptisé « l'e-cinema » (pour cinéma électronique) s'implante chaque jour un peu plus.Le cinéma maison en offre un bon exemple : en seulement quelques années, le format DVD a pris une ampleur insoupçonnée.Dans les salles commerciales, toutefois, cette révolution tarde à se matérialiser.Mais elle commence à se mettre en place.Luc Perreault en examine aujourd'hui, dans la seconde partie d'un dossier, quelques aspects.LUC PERREAULT QUÉBEC \u2014 On a retiré les films des salles pour les mettre dans des clubs vidéo, pour reprendre en la pastichant une célèbre formule de Camil Samson.Aujourd'hui, on sort les vidéocassettes des vidéoclubs pour les remplacer par des salles ! C'est ce qui se passe au Cinéma Cartier, dans la Haute-Ville de Québec.Depuis le 22 août dernier, cet ancien haut lieu du cinéma de répertoire fermé en 1987, le pendant à Québec de l'Outremont à Montréal, transformé depuis en club vidéo, est redevenu un vrai cinéma.Alfred Hitchcock avait réuni le gratin de Québec et ses stars au Capitol lors de la première d'I Confess en 1952, mais c'est au Cartier, au même moment, qu'il avait convié le peuple.Dans la chic rue Cartier, hélas, on ne reconnaît plus l'ancien château fort de Roland Smith.Au rez-de-chaussée s'étale désormais une pharmacie à grande surface.Sa seule vue suffit à provoquer un coup de déprime chez le cinéphile qui se respecte.Un escalier de côté plutôt tristounet donnant sur un mur terne mène à l'étage, où des étagères à perte de vue font ressembler ce vidéoclub à un vaste labyrinthe.Il faut franchir un tourniquet, se diriger au fond de la vaste pièce pour qu'une porte apparaisse.Cette porte franchie, on se croirait tout à coup transporté au septième ciel.Une petite salle tout équipée surgit soudain.Bienvenue au Cinéma Cartier ! Michel Savoy, le directeur général, est fier de son bébé.Lui et le propriétaire, Martin Brandl, n'ont d'ailleurs pas lésiné sur les moyens.Cette opération a coûté au bas mot un demi million de dollars.Ils n'avaient pas prévu de gicleurs au plafond.Le service des incendies leur a rappelé que leur salle, vouée au spectacle, devait se plier aux règlements municipaux.Résultat : une note salée qui a du coup fait grimper le projet de 150 000 $.Savoy parle de ces films orphelins qui se retrouvent sur les tablettes des vidéoclubs et qu'une poignée de happy few visionnent dans leur sous-sol aménagé en cinéma maison.Orphelins, explique-t-il, parce que ces films sont privés de public.« Je vis de la vidéo depuis 20 ans.Mais, pour moi, il n'y a rien qui va remplacer l'expérience collective en salle.Il y avait un côté fou dans ce projet mais on aime trop le cinéma pour ne pas l'avoir tenté.» Point d'argentique Le vidéoclub occupe 10 000 pieds carrés, soit la plus grande partie de la surface de ce qui reste de cet ancien cinéma inauguré en 1928.Une partie toutefois restait inoccupée.On paie déjà un loyer, s'est dit Savoy.On a déjà des employés.Pourquoi ne pas y installer une salle ?Le projet au départ s'annonçait modeste.De simples chaises en bois étaient prévues.Mais, petit à petit, question ambiance et confort, la salle a pris plus d'ampleur.De confortables fauteuils de concert ont remplacé les chaises en bois.Plus question d'en faire une salle ordinaire.Il fallait innover.Le concept salon fut retenu.« Point d'argentique, prévient élégamment le document d'entreprise du Cinéma Cartier, l'image projetée y est exclusivement numérique.» Tout l'équipement est à la fine pointe, à commencer par le serveur Digiscreen de première génération, permettant ainsi de projeter sur l'écran de 22 pieds à partir d'un disque dur.Mais la salle de 117 places s'accommode aussi d'autres formats : le Betacam et même le DVD.Sa polyvalence a été mise à l'épreuve lors du récent Festival des trois Amériques.Tous les formats pouvaient s'y déployer, la pellicule argentique exceptée.Juste pour illustrer le potentiel du système, on projette devant mes yeux quelques scènes du film des frères Coen, The Man Who Wasn't There.Le résultat est confondant.Le noir et blanc de ce film n'a rien à envier à une projection traditionnelle.L'image est précise, les détails et les nuances visibles.Une autre projection en DVD, le documentaire Baraka, confirme la précision du projecteur Tri Digital de NEC, qualités sonores comprises.« On a la réputation d'être une ville difficile pour le cinéma, enchaîne mon hôte.Je ne sais pas si quelqu'un de Montréal peut comprendre la géographie de Québec.Le Clap fait un travail colossal mais c'est quand même un cinéma de banlieue.La clientèle très cultivée vit au centre-ville.Là sont les musées.Il n'existait plus de salles ici pour accueillir cette clientèle.» Des pionniers La programmation, c'est le point fort de Michel Savoy.En huit mois, il a présenté des films qui ne seraient jamais venus à Québec comme son film d'ouverture, Le Fils de la mariée de Juan Jose Campanella, une coproduction Espagne/ Argentine qui n'avait pris l'affiche à Montréal qu'au Cinéma du Parc avec sous-titres anglais.À salle spéciale, public particulier : « Le quartier Montcalm, à Québec, est le quartier où la moyenne d'âge est la plus élevée au Canada », expose Savoy.Le jour, la moyenne au Cartier tourne autour de 55 ans.Le soir, elle descend autour de 30 à 45 ans.C'est seulement le samedi soir, à 23 h, grâce à une programmation psychotronique, qu'on parvient à attirer les moins de 30 ans.» Contre l'avis d'une partie de ce public, qui préférerait les films doublés, il maintient le cap avec les sous-titres français.Il se permet aussi des rétrospectives (Welles et Truffaut) ainsi que des classiques.Comme la petite salle du Parallèle à Ex-Centris, le Cartier a obtenu de la Régie du cinéma le statut de festival permanent, ce qui lui permet de présenter des films dont les distributeurs n'ont pas de visa d'exploitation au Québec.Il a fait appel à un distributeur de Vancouver pour programmer l'excellent Goya à Bordeaux, de Carlos Saura, présenté à Montréal au cinéma du Parc.Un jour, à Paris, il a découvert parmi les DVD de la FNAC un titre : Arbres.Il s'agit d'un très joli documentaire sur les arbres présenté à la sauvette à Ex-Centris.« C'est à moi, ce film-là », jure aujourd'hui Savoy.Il en a acquis les droits et le passe une fois par jour dans sa salle.« C'est notre plus gros succès parmi les documentaires.Il va dépasser Roger Toupin.» La question des droits est rarement un obstacle.Mais certains distributeurs hésitent à sortir rapidement leurs titres en DVD, par crainte du piratage.La solution du disque dur arrive à point nommé.En tant que salle d'avant-garde, le Cartier s'insère parfaitement dans le futur réseau québécois de petites salles vouées au cinéma indépendant.Savoy compte parmi les inconditionnels du disque dur.Le moment est venu, selon lui, où l'on peut désormais se promener de ville en ville avec une mallette renfermant un festival complet.« Il n'y a pas d'autre salle numérique comme la nôtre en Amérique, se flatte-t-il.Dans 10 ans, on se rappellera que nous avons été des pionniers.On dirait en effet qu'avec le Cartier, l'histoire du Ouimetoscope se répète, le numérique en plus.Le résultat est confondant.Le noir et blanc de ce film n'a rien à envier à une projection conventionnelle.L'image est précise, les détails et les nuances visibles.CINÉMA LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE © Michel Savoy, propriétaire du Cinéma Cartier, devant la salle de projection de film en format DVD.Un exemple européen: Docuzone LUC PERREAULT NYON (Suisse) \u2014 « L'avenir est numérique », lançait récemment le Hollandais Kees Ryninks, qui a implanté un réseau de salles numériques au Pays-Bas.Son collègue allemand Björn Koll partageait le même enthousiasme : « La distribution numérique, clamait-il, est en train de se répandre à une vitesse foudroyante dans le monde.La Chine compte déjà 300 écrans ; l'Inde, 100.Tout ça engendre une énorme activité que personne n'aurait pu prévoir.» À l'occasion d'un atelier organisé en marge du Festival de Nyon, il y a quelques semaines, ces experts étaient venus faire le point sur un projet européen en train de faire tache d'huile : l'European Docuzone (EDZ).En quoi consiste ce projet?À équiper de serveurs et de projecteurs numériques des salles alimentées par satellite où seront projetés simultanément un minimum de 12 longs métrages documentaires par année.Le réseau compte déjà 175 salles disséminées dans huit pays d'Europe.Il devrait entrer en activité dès cet été.Outre les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Autriche, cinq autres pays participent à EDZ : l'Écosse, l'Espagne, le Portugal, la Belgique et la Slovaquie.Parmi les absents : la France et la Suisse.Le potentiel du « e-cinema », selon Björn Koll, est énorme.En Chine qui vient de reconnaître le principe du droit d'auteur, le public potentiel représente un milliard de spectateurs.« En Corée, ajoute Koll, on joue à des jeux vidéo sur grand écran.» Premières interactives Le concept de Docuzone a déjà été expérimenté à petite échelle en Hollande depuis trois ans dans 10 salles d'art et essai.La conversion de ces salles aurait coûté 2,1 millions d'euros.Une étude effectuée après la première année indiquait une assistance moyenne de 22 spectateurs par séance, la moitié de ceux-ci n'ayant pas l'habitude de fréquenter les salles.Destiné uniquement à la diffusion du documentaire, le projet Docuzone prévoit une série de 12 premières par satellite.Ces premières seraient interactives: auteurs et invités pourraient dialoguer par satellite avec les spectateurs et répondre à leurs questions.Quant aux films, à raison d'un par mois, transmis le même jour et à la même heure sur les écrans participants, ils seraient ensuite conservés sur disque dur comme dans le cas du projet québécois Digi Screen.Rien n'empêcherait entre-temps les salles de compléter par une programmation locale, suivant les lois de l'offre et de la demande.Chaque pays pourrait de cette façon mettre l'accent sur sa production nationale tout en partageant avec les autres pays européens un fond commun.Björn Koll coordonne le projet EDZ en Allemagne où déjà 112 salles se sont jointes au réseau.Contrairement à l'Autriche où l'on prévoit implanter une salle numérique dans chacun des neuf Länder \u2014sept salles étant déjà terminées\u2014 les Allemands ont décidé de couvrir leur territoire de façon plus intensive.Précisons que l'État allemand finance ce projet à 50 %.Il suffit d'oser Tout en prônant le principe qu'un film devrait être projeté dans le même format que celui dans lequel il a été tourné, Koll fait observer qu'il se tourne de moins en moins de documentaires en 35 mm.La plupart des ces derniers, note-t-il, entreprennent et finissent leur carrière au petit écran.Leur diffusion sur grand écran dans des conditions optimales et dans des salles numériques lui apparaît ainsi beaucoup plus appropriée.« En Allemagne, déplore-t-il, quand un film sort en 10 copies, elles vont d'abord circuler dans les grands centres.Ça prend six mois avant qu'un film arrive dans le bled d'à côté.Ça n'a rien de démocratique.C'est tout sauf égalitaire.De plus, cette forme de distribution coûte cher.Finalement, les salles ferment.Et quand, par miracle, un film finit par arriver dans l'un de ces cinémas, la copie se trouve dans un tel état qu'elle n'est plus regardable.Contrairement à la France, qui défend âprement son exception culturelle, les Allemands, selon Koll, préfèrent s'en tenir aux lois du marché.Mais, lui fait-on observer, cette attitude ouvre la porte aux géants américains.Un film doit s'imposer par sa qualité : pas question de jardin protégé, réplique ce défenseur de la libre circulation des films.Lors de la discussion qui a suivi l'atelier, le propriétaire d'une salle d'art et d'essai de Genève s'est dit partisan d'une autre forme de circulation libre : « Notre but, dit-il, c'est de ne montrer que des films qui n'auraient pas de distribution en Suisse.» On lui fait remarquer que, si chaque salle va ainsi s'alimenter directement auprès des producteurs, c'est la fin des petits distributeurs.De l'avis d'un grand nombre, l'avènement de ces salles numériques va de toute façon marquer le début d'une révolution en profondeur au chapitre de la circulation des films.Ce qui hier paraissait utopique va devenir tout à coup réalisable.« On pourrait organiser un festival commun dans nos 112 salles allemandes, s'enflamme Björn Koll.C'est possible.Il suffit d'oser.» ARTS ET SPECTACLES 57e FESTIVAL DE CANNES Sur un air de Cole Porter La présentation du film d'Irwin Winkler rend plus festif le week-end de clôture MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL CANNES \u2014 En lançant son week-end de clôture avec la présentation de De-Lovely, une biographie romancée du compositeur Cole Porter, le Festival a retrouvé un aspect festif qui, disent les habitués, lui a fait défaut ces dernières années.Non seulement cette présentation soulignait-elle le 80e anniversaire de la MGM, le studio qui a fait sa marque à l'époque de l'âge d'or des comédies musicales, mais elle a de plus permis à plusieurs artistes de renom de se faire valoir.Entourant le réalisateur-producteur vétéran Irwin Winkler lors d'une conférence de presse, plusieurs des chanteurs comptant une participation dans le film ont d'ailleurs exprimé avec éloquence leur attachement à la musique de celui à qui l'on doit quelques-uns des plus célèbres airs de Broadway.Tour à tour, Natalie Cole, Alanis Morissette, Lemar, Mario Frangoulis et Lara Fabian ont évoqué le génie créatif d'un homme dont les chansons, de Night and Day à What is This Thing Called Love en passant par Anything Goes et Love for Sale, révèlent une grande part de l'univers intime.« Ne serait-ce que parce que l'art de la composition est en train de se perdre, l'histoire de Cole Porter mérite d'être racontée aujourd'hui », a notamment souligné Sheryl Crow.Mettant en vedette l'excellent Kevin Kline, qui prête ses traits au compositeur à toutes les étapes de sa vie, De-Lovely trace, un peu à la manière qu'empruntait Bob Fosse dans All that Jazz, le bilan d'un homme qui, maintenant vieux, revoit sa vie en comédie musicale.C'est dire que le film est bien entendu parsemé de nombreux numéros musicaux (le répertoire de Porter est très riche), insérés ici de telle sorte qu'ils enrichissent la narration.S'articulant autour de la relation intime très forte qui liait le compositeur à sa femme, Linda (Ashley Judd), le récit fait aussi écho à la liberté d'esprit d'un couple qui, à une époque où cela ne relevait pas de l'évidence, devait composer avec les escapades homosexuelles de monsieur.À cet égard, De-Lovely n'a rien à voir avec la version aseptisée de la vie de Porter qu'a portée à l'écran le réalisateur Michael Curtiz en 1946.Winkler souligne en outre que, de son vivant, Porter a profondément détesté Night and Day, film dans lequel il était personnifié par Cary Grant.Ce vieux routier de Winkler, stimulé par le renouveau qu'a connu le genre depuis quelques années, propose ainsi un film musical qui distille un parfum «vieux Hollywood » tout à fait charmant, sans toutefois verser dans la guimauve.Kevin Kline, qui n'est pas étranger à la comédie musicale, offre d'ailleurs ici une prestation de tout premier ordre.Quant à la chanteuse Lara Fabian, que l'on voit dans deux scènes, elle affirmait hier avoir reçu cette proposition comme un «cadeau ».Elle considérerait d'ailleurs volontiers d'autres offres de cinéma si jamais celles-ci se présentaient.Débarquant sur la Croisette pour la première fois, la chanteuse a évoqué un monde aussi étonnant que surréaliste : « C'est à la fois très proche du monde de la musique et très éloigné.À cause du culte de l'apparence.» Si, au cours de cette conférence menée en anglais, Ashley Judd et Kevin Kline ont étonné bon nombre de journalistes francophones en répondant parfois à leurs questions dans la langue de Molière, Lara Fabian, par contre, a établi ses règles dès le départ : « Si vous le permettez, je vais répondre en français puisque, après tout, on est ici chez nous », a-t-elle dit d'entrée de jeu.Tout ce beau monde s'est par ailleurs produit en spectacle sur une scène aménagée sur la plage après l'annonce du palmarès, offrant ainsi aux festivaliers cette petite douceur de quitter Cannes sur un air de Cole Porter.La vie est quand même bien belle, parfois.PHOTO LAURENT REBOURS, AP Les chanteuses Lara Fabian, Sheryl Crow, Alanis Morissette et Nathalie Cole, qui apparaissent dans le film De-Lovely, ont assisté à sa présentation hier, à Cannes.EFFETS SPÉCIAUX & ANIMATION INDUSTRIAL LIGHT & MAGIC UN FILM UNIVERSAL ©2004 UNIVERSAL STUDIOS BANDE SONORE SUR ÉTIQUETTE DECCA/UMG SOUNDTRACKS UNIVERSAL PICTURES PRÉSENTE HUGH JACKMAN KATE BECKINSALE « VAN HELSING » RICHARD ROXBURGH DAVID WENHAM WILL KEMP KEVIN J.O'CONNOR SHULER HENSLEY MUSIQUE ALAN SILVESTRI PRODUCTEUR SAMMERCER PRODUIT STEPHEN SOMMERS BOB DUCSAY RÉALISÉ PAR STEPHEN SOMMERS DE EXÉCUTIF PAR ÉCRIT ET UN FILM DE STEPHEN SOMMERS (VERSION FRANÇAISE) GALAXY@VICTORIAVILLE/ CINE-PARC ST.EUSTACHE CINE-PARC JOLIETTE LOUISEVILLE CINÉMA DE PARIS CINEMA PIXEL VALLEYFIELD/ CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY/ CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE/ LE CARREFOUR 10 JOLIETTE/ CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE/ GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE/ CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE/ CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE / CAPITOL CINE-PARC LAVAL ST.JEAN/ CINE-PARC CHATEAUGUAY CINEMA 9 GATINEAU FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR / MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18/ CINEPLEX ODEON MD CHATEAUGUAY ENCORE / LES CINÉMAS GUZZO STE.THERESE 8/ CARREFOUR DU NORD TERREBONNE 14/ ST.JEROME LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO PARADIS / MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / LES CINÉMAS MD LANGELIER 6 / FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE / CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA / GROUPE MATHERS JACQUES-CARTIER 14/ ST.EUSTACHE/ FAMOUS PLAYERS MEGA-PLEXMDGUZZO COLOSSUS LAVAL / CINEPLEX ODEON LASALLE/ CINEPLEX ODEON ST.BRUNO/ MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN/ CINE-PARC TEMPLETONGATINEAU PRINCESS COWANSVILLE / CINÉMA PINE STE.ADELE / GROUPE MATHERS GALERIESAYLMER / ST.EUSTACHE/ LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10/ CARNAVALCHATEAUGUAY/ MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 / MEGA-PLEX GUZZO MD TASCHEREAU 18/ CINEPLEX ODEON MD CAVENDISH/ CINEPLEX ODEON LASALLE/ CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES/ FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ FAMOUS PLAYERS MD DORVAL 4 / FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT/ VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE À L'AFFICHE! THX ANS+ AUCUN COUPON RABAIS PRÉSENTÉ EN SON DE CINE-PARC ACCEPTE Obtenez GRATUITEMENT un coupon de cinéma pour VAN HELSING à l'intérieur de chaque DVD de Van Helsing: Assignation Londres et de The Monster Legacy Collections mettant en vedette Dracula, Frankenstein, et The Wolf Man.Valeur maximale de 13,95$.Cette offre expire le 3 juin, 2004.Détails à l'intérieur.CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS 3231030A GVISA GÉNÉRAL FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA PINE STE-ADÈLE / CINÉMA ST-EUSTACHE / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT IMAX/ FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉMA GALERIES AYLMER / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / CINÉMA PINE STE-ADÈLE / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-PARC ODÉON BOUCHERVILLE CINÉ-PARC CHÂTEAUGUAY CINÉ-PARC DRUMMOND LAURENTIEN GRENVILLE / CINÉ-PARC JOLIETTE CINÉ-PARC LAVAL CINÉ-PARC ORFORD CINÉ-PARC ST-EUSTACHE CINÉ-PARC ST-HILAIRE CINÉ-PARC TROIS-RIVIÈRES 2e film aux ciné-parcs À L'AFFICHE version française VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES DÉSOLÉ, LAISSEZ-PASSER REFUSÉS «DEUX FOIS PLUS DRÔLE QUE L'ORIGINAL\u2026 UN DES MEILLEUàRS FILMS À NE PAS MANQUER CET ÉTÉ.» Rolling Stone - Peter Travers « FOIS BRAVO.» EBERT & ROEPER «VRAIMENT GÉNIAL.VOUS ADOREREZ.» good morning america - joel siegel UNEPRODUCTION SUPERVISION MUSICALE ET ET MUSIQUE PAR D'APRÈSLE ROMANDE HISTOIRE DE SCÉNARIO PAR PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ PRODUIT PAR RÉALISÉ PAR ET TRAMESONORE DISPONIBLESUR PRÉSENTE LA TRAME SONORE DE «SHREK 2» EN VENTE MAINTENANT Mettant en vedette dans l'introduction du film la nouvelle chanson des Counting Crows «Accidentally in Love».3230947A GVISAGÉNÉRAL 3231027A version française de «MAN ON FIRE» «SAISISSANT! Scott a toujours été un maître du style, mais il n'a jamais aussi bien réussi que cette fois-ci - ni personne d'autre peut-être.UN DES MEILLEURS FILMS de Denzel Washington.» Jack Mathews VIOLENCE ANS + VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND CINÉMAS AMC LE FORUM 22 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 LE CARREFOUR 10 JOLIETTE LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO CINÉMA ST-EUSTACHE CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 v.f.de « 13 Going On 30 » «UNFILMROMANTIQUE SENSATIONNEL.» Susan Granger, SSG SYNDICATE GVISA GÉNÉRAL VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE 3230938A LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE CANNES EST UNE TRANCHE NAPOLITAINE Cannes doit être la ville la plus chère de France, et le prix du mètre carré égale celui des beaux quartiers de Paris.Lorsque le gratin du cinéma mondial descend ici, il consent à se loger dans un des quatre palaces de la Croisette s'il s'agit d'un très bref séjour.Mais, au-delà de 36 ou 48 heures, on préférera s'installer à l'écart du tumulte, dans l'une de ces villas des hauteurs de Cannes qui se vendent entre 3 et 10 millions de dollars.Mais, même si Cannes baigne dans la richesse et le luxe, tout le monde n'est pas Onassis en ville.La sociologie de Cannes ressemble à une tranche napolitaine, avec des strates de couleur très contrastée empilées les unes sur les autres.Et qui ne se mélangent pas.Pour plus de sûreté, on a résolument mis les pauvres à l'écart.Une horrible voie rapide isole d'est en ouest tout le quartier jouxtant la Croisette.Pour accéder à une sorte d'arrièrepays, il faut carrément emprunter un souterrain, situé à proximité de la gare.Au-delà, c'est un autre monde: les quartiers populaires d'une ville méridionale «normale».Mystérieusement, les prix des cafés, des restaurants, des nettoyeurs s'effondrent dès qu'on passe le mur de béton.C'est bien sûr dans ce quartier qu'on a gracieusement installé les «intermittents», qui menaçaient de mettre Cannes à feu et à sang.De l'autre côté de la ligne de démarcation, en quelque sorte.CASTES DIVERSES Donc il y a les riches, festivaliers ou retraités le reste de l'année.Et, gravitant autour d'eux, comme en Inde, les Serviteurs, les Commerçants et quelques autres castes.Sans compter les Badauds professionnels.Il y a les tenanciers des boutiques de luxe de la rue d'Antibes: haute couture, fourrures, bijouteries.De vrais notables, discrets et archiconservateurs, qui ne jurent que par leur maire, Bernard Brochant, ancien patron de la pub qui avoue sans complexe une fortune de 20 millions de dollars.Il y a les patrons de bistrots et de restaurants (souvent très mauvais, toujours chers), qui affichent leur indifférence blasée à force de voir défiler stars et potentats.Certains\u2014parmi les rares à tenir de bons bistrots\u2014deviennent plutôt amicaux après trois jours et finissent par vous garder une table à 22 h 30, privilège inouï pendant le Festival.Il y a ce patron d'un restaurant de plage, inimaginable beauf, qui finit par me dire, si je lui demande une entrée de jambon et de melon: «De melon, je n'en ai pas.Àmoins de vous donner celui qui est aux cuisines.» «Melon» est l'une des pires injures racistes désignant les Arabes.Il y a la jeunesse, plus ou moins dorée, mais qui a des ambitions et pas mal d'illusions.Les jolis garçons qui ont pendant le festival des combines plus ou moins rentables et des entrées à La Plage ou au Jane's, des boîtes sélect.De jolies filles habillées aussi sexy que possible et qui se verraient bien en starlettes, mais qui finissent plutôt hôtesses au Marché du film ou pour le journal Variety.Et puis il y a les badauds patentés.Les plus coriaces ont, dès le premier jour, installé leur matériel derrière les barrières de sécurité au pied des marches.Chaises pliantes, escabeaux de toutes dimensions, le tout fixé aux barrières par de solides antivols.Julien, 62 ans, fringant retraité, a passé l'intégralité du festival à son poste d'observation, le mieux placé pour l'arrivée des stars.Sauf entre minuit et 6h du matin, il y a toujours quelqu'un pour monter la garde sur le dispositif, pendant les heures creuses.LE TIERS-MONDE DU FESTIVAL Il ne faudrait pas croire cependant qu'on ne trouve à Cannes que des hommes d'argent, des richissimes et des profiteurs.Il y a aussi une gauche.Minoritaire et désargentée, mais fière de ses convictions.La gauche du festival \u2014 à moins que ce ne soit son tiers-monde\u2014se retrouve tous les soirs, entre 22 h et 3h du matin, sous la fenêtre de mon studio, autour d'un sympathique bistrot de quartier, le Petit Majestic.Àl'heure de pointe, ils doivent être plus de 600 à boire de la bière et du vin dans des gobelets de plastique.Ils viennent d'Amérique latine, de Scandinavie ou même des États-Unis.Ici, George Bush doit faire à peu près 2%des voix.Ce sont les producteurs de documentaires, de films très intellos ou de courts métrages.Ce sont d'infortunés scénaristes malmenés par les «studios», ou les responsables de festivals de qualité en Allemagne ou en Écosse.Le Québec y compte chaque année un délégué fidèle: Louis Dussault, distributeur de films d'art et d'essai à Montréal.Cette année, il repart de Cannes avec quelques très jolis films étrangers qui ne sont pas du tout passés inaperçus à Cannes.D'abord, Mooladé, le dernier long métrage du célèbre Sénégalais Ousmane Sembene, couronné dans la section Second Regard.Mais aussi Vénus et Fleur, un film français remarqué par les médias, narration des tribulations personnelles d'une jeune Russe et d'une jeune Française.Et, pour finir, Mon trésor, une chronique sociale israélienne sur une jeune fille et sa mère prostituée.Au Majestic, personne ne rêve de s'acheter Brad Pitt.Brad Pitt, connais pas! TAPIS ROUGE .ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Un parcours enchanté Le magazine Ciné Live est revenu avec Jean-Jacques Annaud sur sa riche carrière (La Guerre du feu, Le Nom de la rose, L'Ours, L'Amant, Deux frères.) à partir du temps où il était critique de cinéma puis metteur en scène de pub, où on lui laissait, rappelle-t-il, une liberté totale.QC'était une liberté artistique, financière.?RTotale! Écoutez, c'était incroyable, on me proposait à l'époque à peu près 200 films de pub par an.J'avais un mal fou à écrire mon premier film, La Victoire en chantant.On me proposait des trucs tellement excitants sur le plan de la technique, des rencontres, des voyages, qu'à chaque fois je me disais : « Bon allez, je fais celui-là et ce sera le dernier.» Et ainsi de suite jusqu'au jour où j'ai piqué une dépression parce que j'avais l'impression de gâcher mon énergie.Quant aux critiques, j'ai fait cela pendant cinq ou six ans, je crois.Au bout d'un certain temps c'est devenu une telle contrainte que j'allais à reculons au cinéma.J'ai compris que je n'étais plus un spectateur normal, que je passais à côté de l'essentiel, du plaisir spontané, donc j'ai arrêté.QEst-ce que votre passion est maintenant un rempart contre l'opportunisme ?RJe reçois un scénario par jour, mais qu'est-ce que vont m'apporter deux, trois films de plus ?.Je regarde tous ces scénarios mais je n'y comprends rien puisque ce n'est pas mon univers.J'ai un bureau à Los Angeles depuis 15 ans avec deux ou trois personnes qui les lisent pour moi et répondent.En fait, je suis d'une certaine manière navré de ne pas être réceptif, parce que je refuse tout.QVous n'aimez pas avoir une star à l'affiche, parce qu'elle risque d'écraser le personnage.RC'est vrai que c'est un danger.En même temps, j'ai e u un rapport très affectueux avec Brad Pitt.Il s'est coulé à sa manière dans le rôle de Sept ans au Tibet, mais effectivement, sa présence a perturbé la pureté du film.C'est aussi la présence de Sean Connery qui a fait du tort au Nom de la rose.Je le regrette, parce que ces stars ont vraiment du charisme et du talent.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © Jean-Jacques Annaud ZOOM llllllllllllllll Ron Howard, pantouflard Ron Howard a raconté au magazine Ciné Live comment il envisage sa carrière de réalisateur, d'acteur et de producteur (Splash, Apollo 13, Un homme d'exception, The Cinderella Man, The Da Vinci Code.).« Je ne suis pas du tout quelqu'un d'aventureux dans la vie, a-t-il reconnu.Tant que j'ai mes pantoufles, tout va bien, et c'est vrai que les films, les tournages me servent de catalyseurs, m'obligent à explorer des choses dont je ne connaîtrais pas l'existence autrement.Mes films m'ont éduqué, m'ont construit, ont fait de moi la personne que je suis aujourd'hui.Je ne dis pas que chaque scène, chaque plan est une découverte, je dis que j'ai appris sans cesse avec émerveillement.Et c'est cet émerveillement, cet enthousiasme que j'essaie de transmettre au public.» Un autre Hemingway Anthony Hopkins incarnera Ernest Hemingway dans Papa (son surnom) ; le film dont l'action se passe à Cuba pendant la révolution sera réalisé par Adrian Nobel.Avant Hopkins, Stacey Keach et Albert Finney ont déjà incarné l'auteur de Pour qui sonne le glas.L'histoire vraie de Pocahontas Six ans après La Ligne rouge, Terrence Malick est prêt à retrouver le chemin des plateaux pour tourner The New World.Le film racontera la véritable histoire de Pocahontas et le choc des cultures survenu entre les Indiens et les premiers Européens débarqués en Amérique.Colin Farrell devrait jouer le rôle de John Smith, le colon qui parvient à gagner le coeur de la princesse indienne ; on ignore pour l'instant qui incarnerait cette dernière.Dali boudé Lorraine Bracco, vedette de The Sopranos, a déjà envoyé paître Salvador Dali, qui voulait la voir poser nue pour lui alors qu'elle était un mannequin dans la fleur de l'âge à Barcelone, parce qu'elle estimait qu'il n'était qu'un «vieux cochon » ; il faut dire qu'il avait accompagné sa demande d'un croquis de pénis en érection.« Sans doute, trouvait-il cela flatteur mais, moi, j'ai trouvé cela insultant », a commenté la comédienne qui a offert le croquis en question à un ami qui lui avait prêté son appartement.Tom Cruise minceur.Même Tom Cruise doit se mettre au régime; les producteurs de Mission Impossible 3, estiment qu'il n'est actuellement pas assez en forme pour poursuivre l'entreprise ; l'acteur, qui est actuellement en tournée de repérage en Europe de l'est où doit se tourner le film, est soumis à un régime radical ; dans tous les hôtels où il séjourne, les cuisiniers doivent respecter rigoureusement une liste d'aliments qu'il est autorisé à consommer et préparer en conséquence des mets faibles en calories.E X P R E S S Ben Stiller a entrepris le tournage de Meet The Fockers, la suite de Mon beaupère et moi.Cette fois, c'est la fiancée du maladroit qui rencontre ses beaux-parents incarnés par Dustin Hoffman et Barbra Streisand.Après Betty Fisher et autres histoires, porté à l'écran par Claude Miller, c'est au tour de La Demoiselle d'honneur, un autre roman de Ruth Rendell, d'être adapté au cinéma.Cette fois, c'est Claude Chabrol qui s'y colle.Benoît Magimel interprète un jeune cadre sans histoires qui perd les pédales après sa rencontre avec une jeune femme énigmatique incarnée par Laura Smet.Demoiselle d'honneur au mariage de l'une de ses soeurs, cette dernière le troublera d'autant plus en lui suggérant qu'on doit savoir tuer par amour.Sources : Première, Studio, Movieline, People, Ciné Live Kevin Costner « Je n'ai pas peur de ce que l'on peut penser de moi parce que ça n'a jamais été ma manière de réagir ni de fonctionner.Qu'est-ce qui pourrait m'arriver ?Que personne ne veuille plus faire appel à moi et que je ne travaille plus jamais ?Je pourrais très bien m'en accommoder.En revanche, je serais incapable de vivre en essayant d'anticiper ce que l'on attend de moi ou en étant catalogué.Ce n'est pas un comportement très populaire, mais tant pis.Dans la vie, il faut savoir tenir bon et ne pas céder aux modes.Ciné Live Ron Howard VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION DIMANCHE THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 19H30 RDS GRAND PRIX DE MONACO En attendant que Jacques Villeneuve revienne à la compétition, nous allons regarder Michael Schumacher remporter celle-ci au circuit de Monaco.12H30 a ÉMISSION SPÉCIALEÉLECTIONS 2004, L'ANNONCE Ça va jouer dur dans les prochaines semaines sur le plan politique: Paul Martin déclenche les élections fédérales aujourd'hui.18H30 r L'ÉCOLE DES FANS Les mini-fans de l'émission réussissent à attendrir l'invitée de la semaine, Isabelle Boulay.20H a LES BEAUX DIMANCHES: LA FEMME QUI BOIT Paulette se meurt d'avoir trop bu.Elle revoit sa jeunesse et se rappelle la cuite qui lui afait tout perdre à l'âge de 46 ans.Un film magnifique de Bernard Émond mettant en vedette Élise Guilbault \u2014 stupéfiante dans le rôle de Paulette \u2014 et Luc Picard.À découvrir.20H r CINÉ-DIMANCHE: JUGÉ COUPABLE Un reporter se met en tête de prouver l'innocence d'un jeune Noir à quelques heures de son exécution.Avec Clint Easwood (qui a aussi réalisé ce film), Isaiah Washington et James Wood.21H ARTV THEMA: LA DÉTRESSE DU PEUPLE RUSSE Ceux qui aiment l'Histoire apprécieront ces deux documents racontant la Russie d'aujourd'hui.Les Cimetières de la glasnost raconte les pressions subies par la presse dans la Russie actuelle et un documentchoc de Iossif Pasternak montre qui sont vraiment les Russes de l'après-URSS.Le Téléjournal Découverte / L'Énigme du pharaon perdu LA FEMME QUI BOIT (4) avec Élise Guilbault, Luc Picard Le Téléjournal/Le Point Chansons du 7e art Le TVA 18 heures L'École des fans / I.Boulay Juste pour rire - Gala JUGÉ COUPABLE (4) avec Clint Eastwood, Isaiah Washington Surprise sur prise.(23:12) Pub (23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Deux renards en Sibérie Boston Public ENTRE LA MER ET L'EAU DOUCE (4) avec Claude Gauthier, Geneviève Bujold LE BANDIT (4) avec Sener Sen, Ugur Yucel (22:51) SURDOUÉ (6) avec Marlon Wayans, David Spade DE SI JOLIS CHEVAUX (5) avec Matt Damon, Henry Thomas Le Grand Journal L'HEURE MAGIQUE (4) avec Paul Newman News E.T.American Idol:The Phenomenon Cold Case / Dernière Law& Order: Criminal Intent Alias / Dernière CTV News News News Taken / Mini-série de Steven Spielberg CAMBRIDGE SPIES (4) avec Toby Stephens, Samuel West (1/2) Sunday Report CAMBRIDGE SPIES (4) (1/2) ABC News .Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover: Home Edition Alias / Dernière Super Millionaire Beautiful Homes Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case / Dernière SCOTT TUROW'S REVERSIBLE ERRORS avec WilliamH.Macy (1/2) News .Raymond NBC News Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Colonial House (2/4) (17:00) Trailside Naturescene Nature / Extraordinary Cats Masterpiece Theater / Prime Suspect II (2/2) DEMI-PARADISE (4) BBC News Wall Street Classic Gospel BBC News THE REIVERS .(17:30) Makeover.Biography / Laugh Out Loud Biography / Saturday Night Live Biography / Simon Cowell Airline Passion.de scène Relais.Visite libre Viens voir les comédiens Thema.peuple russe Thema: la détresse du peuple russe Gerard Depardieu Arts&Minds The True Meaning of Pictures WHERE EAGLES DARE (4) avec Richard Burton, Clint Eastwood Les Interdits Chroniques de l'Ouest sauvage Docu-d / Drogues.Sans détour / .ligne de tir Danger dans les airs Vidéo Patrouille Bilan du sièle Cette énergie que nous ne.Le Cégep.NASA Educational File Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école Kidergarten Le monde.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents /When Dinosaurs Roamed America Myth Busters / Stinky Car Daily Planet Au ciel, ô ciel! Roue de.La Route.plongée Maeva .le spa Itinéraires de rêve Bazaar Pilot Guides .(17:56) .(18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids POWDER (4) avec Sean Patrick Flanery, Lance Henriksen DREAM A LITTLE.(5) (23:09) The WB's Superstar USA (17:00) The Simpsons King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle American Idol: The Phenomenon THERE'S SOMETHING ABOUT MARY (4) avec Ben Stiller Global News Election Call .Half Men .Raymond Crossing Jordan Election Call Global Sports Trouvailles &Trésors Fidèles aux postes Tournants de l'Histoire Légendes du hockey / Gloire VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (2) avec Robert De Niro History's Courtroom / DNA Hitler's Henchmen Royal Secrets / Imposters MEAN STREETS (2) avec Harvey Keitel, Robert De Niro Manhunt Style Star Fashion File Birth Stories Adoption.Little Miracles .on Top .Weddings Merge Love 911 Skin Deep Stars &.L'Amour à.Nostalgia / The Pretenders Musicographie / M.Fleetwood Brian Wilson en tournée /Week-end de stars Musicographie / M.Fleetwood Bécosse.la peau de.Babu à bord Concert Plus / J.Timberlake Viva la Bam Groulx Luxe Pauvres Filles! Vidéo Clips Ya Sou Mizik 60 Minutes Extreme Makeover: Home Edition Jase Cafe .Vietnam Extreme Makeover Teleritmo BBC News CBC News Making it Count / Screw the Vote CBC News Special The Passionate Eye /When we were Kings Second Regard Le Téléjournal Le Journal RDI Part.(19:15) Zone libre Le Téléjournal/Le Point 5/5 Le Journal RDI La Part.Hockey (16:00) Sports 30 Sport Gillette La Série Champ Car / Monterrey Sports 30 Golf PGA / Tournoi Colonial - dernière ronde Doc Amy Le Caméléon L'Empreinte du crime Au nom de l'amour L'Oeil du crime Prime Suspect MY AMERICAN COUSIN (3) avec Margret Langrick, John Wildman Trailer Park Boys Mind of Married Man (22:04) Is Harry on the Boat?(22:45) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise CUBE 2: HYPERCUBE (5) avec Matthew Ferguson, Neil Crone RIVERWORLD (6) Hockey (16:00) Sportsnetnews Baseball / Cardinals - Cubs Sportsnetnews Au max Volt Panorama Chroniques Au-delà d'Angkor LE CHAGRIN ET LA PITIÉ (5) Documentaire (1/2) Affaires.Profils Overhaulin' Trading Spaces: Family Wild Weddings Faking it / Dry Clean.Trading Spaces: Family 2004 Champ Car World.(17:00) Sportscentre .Strongest Men Competition NBA Basketball / Séries éliminatoires: Lakers - Timberwolves Sportscentre Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Photographique SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Campus L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca It's a Living .Jungle Vox Renegedepress AMONTH BY THE LAKE (4) avec Vanessa Redgrave, James Fox SINS OF THE FATHER (1/2) Person 2.Film 101 Interventions Miracles Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage .la cigogne Ni rose, ni bleu C'est pourtant vrai Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Des valeurs à vivre Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana Jacob Two Two YTV's Hit List Mental Block Girlz TV .Hunters Timeblazers .Scholars 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane Les Chroniques du paranormal Le TVA (22:45) CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ACTUELLE ALAIN BRUNET VICTORIAVILLE alain.brunet@lapresse.ca Les murs d'amplis Marshall et leurs utilisateurs nippons n'ont pas créé l'hécatombe annoncée au 21e Festival international de musique actuelle de Victoriaville.Sous la direction de Makoto Kawabata, la formation japonaise n'a pu souffler tout ce qui bougeait au Colisée des Bois- Francs, et le tsunami a plus ou moins dérivé de sa trajectoire.Tard vendredi, le quartette japonais ne pouvait compter sur les conditions optimales pour laisser une trace indélébile dans la mémoire des festivaliers.Pour la plupart assis dans le Colisée des Bois- Francs comme s'ils assistaient à un concert de jazz contemporain, les mélomanes n'étaient pas prêts à de tels ébats.La portion minoritaire du public ayant une vraie culture rock n'a pu s'exprimer et ainsi créer la dynamique essentielle aux grandes soirées du genre.Une poignée d'inconditionnels s'est néanmoins massée au pied de la scène à la fin du concert, après de longues minutes de retenue.Fondées sur le hard rock de la fin des années 60, les propositions du groupe Acid Mothers Temple, que l'on dit parmi les leaders japonais du rock d'avant-garde, incluent des chants traditionnels (pas tout à fait orientaux) et des cris improvisés par le bassiste Tsuyama Astushi, de radicales modulations de fréquences synthétiques, des paroxysmes de bruitisme improvisé ici et maintenant.Les fans ont ainsi pu s'accrocher aux références de cet acid rock empreint de psychédélisme, ces riffs bien sentis de Stratocaster (gracieuseté de Higashi Hiroshi), ces beats martelés dans les règles de l'art, pour ainsi se laisser revoler par une explosion moins violente que prévue.Il fallait plus de volume dans la salle et une certaine unanimité au sein de l'auditoire pour que cet Acid Mothers Temple puisse vous aspirer et rendre crédibles ses propositions.La ténuité relative du son et l'incompréhension d'une portion importante de l'auditoire auront adouci la tempête.Frêle tsunami sur Victo, en somme.Loin des clichés Chaque année à Victo, je redoute ces concerts de musique improvisée qui donnent raison aux détracteurs de la musique actuelle.Prenons la performance du réputé saxophoniste (ténor et soprano) John Butcher, de l'improvisateur électronique Thomas Lehn et du guitariste Andy Moor, exactement ce qu'il ne faut pas entendre.On vous balance tous les clichés du free, on vous ensevelit de platitude.Du clarinettiste franco-colombien François Houle, un habitué de Victo cette fois associé au pianiste Benoît Delbecq, je m'attendais à une heure d'austérité comme il nous en a servi quelques-unes par le passé.Erreur.De concert avec son collègue français, il nous a proposé des impros habitées, empreintes de subtilité, de délicatesse et de haute voltige.La préparation du piano de Delbecq, dont les sonorités se sont baladées entre le gamelan balinais et le balafon ouest-africain, n'avait rien de prévisible.En symbiose avec le piano, les clarinettes de François Houle se sont enfin dégagées des lieux communs, la virtuosité du musicien étant au service de la.musique.Parfaitement connectés, ces improvisateurs nous ont menés là où ils l'ont voulu.Des résurrections Le vétéran Derek Bailey ayant fait une vilaine chute dans un escabeau, il a fallu le remplacer.au pied levé.Idem pour John Zorn, son fameux sideman, toujours une locomotive à Victo.La barre était donc haute pour le saxophoniste (alto) Charles Gayle et pour les contrebassistes William Parker et Henry Grimes.Ce dernier, a-t-on réalisé à Victo, est un véritable miraculé du free jazz dont il fut l'un des protagonistes ; ressuscité par William Parker, qui lui a fait cadeau d'un instrument après plus de deux décennies d'inactivité musicale, le vieil homme revit.Retranché quelque part à Los Angeles, le contrebassiste avait dû accepter des petits boulots avant que le miracle ne se produise.Hier, au Colisée des Bois-Francs, la résurrection était crédible, les contrebasses de Grimes et Parker se sont complétées magnifiquement, les coups d'archet et les notes pincées ont permis au saxophoniste alto de faire la démonstration d'une maîtrise impressionnante du langage free.Autre résurrection?Québécoise, cette fois.Au fil des dernières années, André Duchesne a lentement repris du poil de la bête qu'il fut jusqu'à la fin des années 80 : compositeur actif, guitariste allumé, improvisateur, leader d'opinion.Un passage à vide s'ensuivit.Courageux, Duchesne s'est lentement relevé.Oeuvres pour guitare, participation à la grande création de la Symphonie du millénaire (coordonnée par Walter Boudreau), on en passe.Dans la nuit de vendredi à hier, la relance du musicien est apparue imminente, dans cette même salle où il a longtemps bossé en tant que régisseur pour le FIMAV.Pour mener à bien son come back, il a créé en se penchant sur son passé saguenéen \u2014 enfance et adolescence à Arvida, une company town que Michael Moore aurait pu choisir pour une version québécoise de Roger and Me.Fort heureusement, cette souvenance n'a pas empoussiéré sa musique.Opposant un trio plutôt rock à un quatuor à cordes, Duchesne suggère des structures harmoniques simples et modernes, qu'il couche sur des patrons rythmiques plutôt exigeants.ARTS VISUELS Frêle tsunami sur Victo.Les âmes mortes JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Àcheval sur les Cantons-del'Est et le Vermont, l'Union Twist Drill Co.a un pied davantage dans le passé que dans l'avenir.Avec un projet fascinant d'Irene F.Whittome, l'usine abandonnée au bord de sa carrière de granit près de Stanstead reprend pour ainsi dire vie.Et c'est dans la petite galerie de l'Université Bishop's que le phénomène a lieu.L'exposition Conversations Adru, rassemblant photographie et installation, s'enracine dans les préoccupations qui obsèdent l'artiste depuis 30 ans: mémoire, nature, humain.Et le dialogue proposé, entre un passé fantomatique et un présent en ruines, s'avère fort troublant.L'oeuvre phare Conversations, image imposante par son horizontalité, superpose ces deux temps : l'intérieur vide et souillé de l'usine et un portrait de groupe des « Butterfield Employees in May 1936 ».Présents ici comme des âmes mortes, sur le point de réapparaître (ou de disparaître, qui sait ?), ces hommes et femmes rappellent, dans leur tenue du dimanche, à quel point l'endroit était un des fleurons de la région.Depuis trois étés, Irene Whittome se déplace dans la région à l'affût des bâtiments désaffectés.De ses pérégrinations, elle a ramené toute une série d'images, comme autant de témoignages des (tristes) conséquences de l'économie moderne.La gloire ne peut être qu'éphémère.Poétique avant d'être nostalgique, l'enseignante universitaire, une des créatrices les plus estimées (Prix Borduas 1997, puis Prix du gouverneur général 2002) et encore fort active, a imprimé au lieu sa touche bien personnelle.Un simple regard d'artiste et le tour est joué.Les séries de diptyques Beverly Junction et Ogden multiplient à qui mieux mieux les formes.C'est une vue en retrait de la carrière qui sert de point de départ.Whittome la dédouble non seulement par son reflet dans l'eau (reflet ou un autre subtil montage numérique ?), elle fait pivoter l'ensemble, transformant le bucolique paysage boisé en une étrange composition verticale, totémique.Et comme c'est un diptyque, surfaces pleines et vides s'alternent dans un inépuisable jeu optique.Des vues panoramiques Autre série photo, Adru est de nature plus classique, proche du documentaire.Mais ces vues panoram passablement imprégnées de mystère.Et les patrons suspendus, qui servaient pour tailler des pierres tombales, ont presque une allure humaine.L'artiste expose d'ailleurs ces mêmes patrons dans Ellipse, installation sonore aux parois très hautes dominant la salle.Quelque part, elle les consacre reliques, cas encore plus évident dans la dernière oeuvre, Stone Shed, où les débris de mur sont devenus, sous leur plexiglas bien encadré, une abstraction fort expressive.Stanstead et sa région peuvent être devenus site pittoresque des Cantons-de-l'Est, ils sont aussi source de création.Ceux qui arriveront à dénicher la galerie d'art et à se stationner sur le campus de Bishop's s'en rendront compte.Sinon, c'est à Ogden même qu'il faut se rendre cet été, puisque Irene Whittome proposera d'autres conversations, par un projet in situ dans une ancienne carrière.CONVERSATIONS ADRU d'Irene F.Whittome, galerie d'art de l'Université Bishop's (Lennoxville), jusqu'au 26 juin.Ouvert du mardi au samedi.Info : 819 822-9600, poste 2687.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION LUNDI THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 19H a LES GRANDS FILMS: EMPORTE-MOI Ce film de Léa Pool a remporté une foule de prix et nous a révélé le talent de Karine Vanasse.19H30 K CINÉMA: LA DERNIÈRE MARCHE Un film bouleversant de Tim Robbins à voir ou à revoir.Un homme condamné à la peine capitale pour l'assassinat de deux adolescents est soutenu par une religieuse pas comme les autres.Une réalisation d'une terrible efficacité et des performances d'acteurs à couper le souffle.Susan Sarandon a remporté un Oscar pour ce rôle et Sean Penn était en nomination comme meilleur acteur.20H RDI LES GRANDS REPORTAGES On dit que l'avenir de la monarchie repose sur les épaules du prince William.Dans Devenir prince: mode d'emploi, on retrace le parcours du petit prince.20H r MA MAISON RONA Ça se passe dans les chambres, mais personne n'a le temps de faire la sieste! 21H A L'OEIL OUVERT Pour ce documentaire, en nomination aux Oscars en 1999, le réalisateur Matthew Diamond a suivi le chorégraphe Paul Taylor et ses danseurs pendant une saison.Résultat: un plongeon vertigineux dans l'univers de la danse où l'on découvre un métier difficile, des humeurs d'artistes et.les bébés des danseuses.21H r MONK Monk découvre le scénario employé par un riche homme d'affaires pour se débarrasser de ses maîtresses.Aujourd'hui (17:30) L'union fait la force EMPORTE-MOI (4) avec Karine Vanasse, Miki Manojlovic Une émission couleur de Radio-Canada Le Téléjournal/Le Point PARTIR REVENIR (4) avec Évelyne Bouix Le TVA 18 heures Ultimatum Max inc.Caméra Café Ma maison Rona Monk Le TVA Merci bonsoir / Isabel Richer Michel Jasmin / Karine Vanasse (23:17) Macaroni tout garni Ramdam 1045, rue des Parlementaires Vidéaste recherché.e Points chauds / Birmanie, la dictature oubliée DANSER: LA COMPAGNIE PAUL TAYLOR (4) Documentaire Le Vrai Monde 1045, rue des Parlementaires Cultivé et bien élevé Le Grand Journal (16:30) Flash / Francis Cabrel Fun noir& Cie / Paul Piché LA DERNIÈRE MARCHE (2) avec Susan Sarandon, Sean Penn Le Grand Journal 110% Paris érotique Pub News Access H.e Talk Daily ABC Extreme Bloopers According to Jim / Dernière CSI:Miami / Dernière CTV News News eTalk Daily Jeopardy Canada Now This Hour.CAMBRIDGE SPIES (4) avec Toby Stephens, Samuel West (2/2) The National The National .French The Simpsons ABC News Will & Grace A BEAUTIFUL MIND (4) avec Russell Crowe, Jennifer Connelly Frasier Night.(23:35) News CBS News E.T.Yes, Dear Still Standing .Raymond .Half Men CSI:Miami / Dernière News Late.(23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.Fear Factor Law& Order: SVU Tonight.(23:35) The Newshour BBC News Profile Colonial House (3/4) Colonial House (3/4) BBC News Bus.Report The Newshour City Confidential American Justice Biography / Tom Selleck Family Plots Airline Biography / The Rock .musique Portraits.chant Jardins L'Héritage Grands Spectacles: Gala Verdi Grands Spectacles: Didon et Énée (22:40) Bravo! Videos Road to Avonlea Freedom Morcean.Streetcar SO I MARRIED AN AXE MURDERER (5) avec Mike Myers Law& Order Sans détour / .ligne de tir Biographies / Jacques Bouchard Exploits / Les Tricheurs Micro Monstres Les Nouveaux Détectives Excès de stars / Crimes.NASA Educational File Stratégie de marketing.Planète Terre Le Monde à la carte .substances psychotropes Physiologie et Vieillissement How'd they do that?Daily Planet Monster House / Hollywood Monster Garage Monster Machines / Builders Daily Planet Saveurs.de Corse Évasion.Bain de soleil Reiselust .les fous Casse-cou Gris Évasion.Documentaires européens All that That's so.Stevens Radio Free.Boy Meets.Mentors POPEYE (4) avec Robin Williams, Shelley Duvall .(22:35) The Brendan.Smart Guy Seinfeld That '70s Show Seinfeld The Swan / Dernière 7th Heaven The WB's Superstar USA Global News National Train 48 E.T.Fear Factor Artisans de notre histoire Trouvailles.métiers d'art Frontière (5/6) L'Enfer du devoir LE PÈRE DAMIEN (5) avec David Wenham, Kate Ceberano Greatest Journeys on Earth JAG The Great Sink Windsor Restored Turning Points of History JAG Zoo Diaries Dogs, Jobs .Gourmet Opening.Extra Matchmaker Med.Campus Vets Adoption.English.Graveyard.Matchmaker Qu'est-ce qui fait courir.Salut les amoureux! Musicographie / Édith Butler Génération 80 / 1987 Benezra Max Baladeur Musicographie / Édith Butler Top5M.anglo Top5M.franco Infoplus M.Net Décompte.Vidéo Clips Bécosse.Banzai Dollaraclip Dans la peau.La Forza del Desiderio Will & Grace Yes Dear Still Standing Hellas Spectrum King of Queens .arménien Late.(23:35) BBC News CBC News CBC News: Canada Now Sports Journal Fashion File The National The Passionate Eye / Sex, Drugs and Middle Age Le Journal RDI Circuit PME Le Monde La Part.Devenir prince:mode.Le Téléjournal/Le Point La Part.Le Monde Le Journal RDI Sports 30 Mag.Sports 30 Tennis / Roland-Garros Sports 30 Zone@tuning Largo Winch Brigade des mers Brigade spéciale Les Experts Agents doubles Les Condamnées Poltergeist Doc Cold Squad The Crow: Stairway to Heaven Queer as Folk HIGH ART (4) (23:10) Angel / Diffusion de 18 épisodes.(11:00) Hockeycentral Sportsnetnews World Pool Masters The Business.Sportsnetnews You Gotta.Sportsnetnews The Business.JZone Tékitoi Volt Panorama Demain.l'espace LES SANGUINAIRES (4) avec Frédéric Pierrot, Catherine Baugué Panorama Clean Sweep In a Fix Trauma / Preventive Measures The Residents Amazing Medical Stories Trauma / Preventive Measures Off the Record Sportscentre That's Hockey NHL on TSN Stanley Cup Preview WWE Raw Sportscentre Moi Willy.Sacré Andy! Yakkity Yak Ratz Porcité Fred.Les Simpson Henri, gang South Park La Clique Les Simpson Déchiqueteurs On a tout essayé (18:05) Journal FR2 Double JE Ombre.Jardins Le Journal Actuel / Du bleu dans les rues School Bus Fun Food.Horror in the East Studio 2 Inspector Morse Korea:The Unfinished War Imprint Studio 2 Maigrir.Nicolas Décore ta vie Métamorphose Diagnostic: inconnu Jeux de société Décore ta vie Métamorphose .la cigogne Oui, pour la vie! .(16:30) Connexion: la technologie.Le Guide de l'auto La Justice.Question Santé Événement spécial Le Guide de l'auto Edgemont .justiciers Une grenade Degrassi.Gilmore Girls Vice Versa .(21:25) Spongebob Odd Parents Fries with.Yvon of.Dragon Ball Dragon BallZ Radio Active Fries with.Ready or not Big Wolf.Addams.My Family Au-delà du réel .Nerdz .c'est fait Farscape Aux frontières de l'inexpliqué Cour à \"Scrap\" La Porte des étoiles That's Hockey Global News Global Sports .Air Farce CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES Premier roman SPECTACLES LAFERRIÈRE suite de la page 1 Et cette jeune femme bien cachée par ses lourds cheveux noirs est peut être Marie-Claire Blais écrivant son premier roman.Ce n'est que bien plus tard, souvent trop tard, qu'on les abordera comme on consulte un oracle.Pour le moment, ce ne sont que des fainéants qui ont du temps à perdre.\u2014Et c'est quoi?demande-t-il en terminant son café.\u2014Un roman.\u2014Oh, oh, un roman, fait-il légèrement impressionné cette fois (si c'était de la poésie, il ne lui aurait plus adressé la parole).Et ça parle de quoi ?\u2014De moi.\u2014Ah, c'est autobiographique.Si j'avais du temps, je raconterais mon histoire, moi aussi.L'écrivain sourit.Toujours le style Tout le monde croit que c'est facile de raconter une histoire, surtout si on n'a jamais essayé.L'affaire, c'est que personne ne se réveille un matin en se disant prêt à donner un concert.On ne s'improvise pas danseur non plus, cela exige un entraînement intensif et constant.Ni même peintre (on passe son temps à acheter des pinceaux, des tubes de peinture, de la toile, et c'est cher, ces trucs-là).Je ne parle même pas de talent personnel, mais simplement de l'énergie que cela exige pour construire une oeuvre.Peu de gens sont prêts à fournir un tel effort.On a souvent honte de regarder l'écriture comme un travail.Et pourtant, on descend à la mine, même si celle-ci se trouve à l'intérieur de soi.On estime, à tort, qu'écrire serait davantage à notre portée, en raison de la pauvreté des instruments de travail.Ce qu'il faut, c'est un crayon (une machine à écrire ou un ordinateur), du papier (on n'en a même plus besoin si on se sert d'un ordinateur), et une bonne histoire.Je n'ai jamais rencontré un être humain qui n'avait pas une bonne histoire à raconter.C'est la question du style qui peut faire problème.Le style s'apparente à la cuisine.Comment se faitil qu'avec les mêmes légumes, les mêmes épices et la même recette, on n'arrive pas tous au même résultat?se lamente le mauvais cuisinier.La famille On écrit aussi pour se libérer de son entourage.Il y a toujours un premier jet vengeur où l'on a jeté dans l'eau bouillante tout ce qui nous a indisposé durant ce trop long séjour avec la famille.Ce n'est pas facile de vivre en si grande proximité avec des gens qui, certaines fois, sont très loin de ce que nous sommes.Si on a un tempérament d'écrivain, alors on les observe, on les épie, et on les espionne.Et le premier roman est souvent rempli de notes prises sur le vif.On se croit libre.On est un artiste, pardieu.L'observateur froid et discret qui pénètre dans toutes les chambres, qui assiste à toutes les engueulades, qui écoute toutes les confidences.Un vrai travail de terrain.Un jour, par vanité, cet écrivain en herbe montre son manuscrit à l'oncle qu'il croyait le plus ouvert d'esprit, celui qui avait même tâté de la poésie dans sa belle jeunesse, et, le voilà qui le regarde, horrifié.Son visage se décompose au fur et à mesure de la lecture.Il lui rend finalement le manuscrit en se bouchant presque le nez.C'est vrai que le jeune écrivain y avait glissé quelques méchancetés qu'il est d'ailleurs prêt à retoucher.Mais le style, que pensez-vous du style?murmure-t-il.Il s'en fout, du style.Pour lui, il n'y a que ce jeune homme en train de livrer sur la place publique des secrets de famille.Comme tous ces écrivains qui se livrent en public ou qui racontent des choses abominables à propos de leur famille, finit-il par lancer avant de quitter la maison.Cest ainsi que toute grande carrière d'écrivain commence par une trahison et une rupture.Trois hirondelles J'aime lire les premiers romans.Les éditeurs rechignent à en publier, et c'est dommage.On veut seulement des écrivains connus.Pourtant tout le monde a commencé par un premier livre.Il y en a qui écrivent du premier coup leur meilleur livre, et, ne le sachant pas, continuent durant 50 ans à nous bombarder de mauvais romans.Il y a de bons écrivains dont le premier roman n'annonçait surtout pas un tel talent.Ces trois écrivains que j'ai choisis sont très différents l'un de l'autre, et, par chance (on ne pouvait pas le savoir avant puisque c'est leur premier), sont assez solides.D'abord Salon ( Lanctôt éditeur, 2004) de Marie Lafortune.C'est très bien ficelé.Ton vif, sec et précis.Très cinématographique.On a l'impression au départ d'avoir lu 20 fois ce genre de bouquin.L'impression est juste, mais c'est la manière qui fait toute la différence.Cela se passe principalement dans un salon de massage.C'est un endroit minable où on exploite des filles (pas de pitié, car elles ne font pas de quartier).C'est un Chinois qui possède l'établissement (j'imagine pour faire un peu exotique).C'est crasseux.Les clients sont veules.L'huile pour le massage coule en abondance.Le Chinois ferme les yeux sur les extras (c'est de l'argent qui va directement dans la cagnotte des filles).Il y a même, vers la fin, un mafioso basané qui vient, après le passage de la police, ramasser la meilleure fille de la boîte.Et ça marche surtout à cause de ce rythme toujours soutenu.Une vraie pro, cette Marie Lafortune.J'ai lu ensuite Dernier appel (Les éditions du CIDIHCA, 2004) de Jean-Marie Bourjolly.Tout le roman se passe à l'aéroport de Port-au- Prince.Un jeune homme tente de quitter son pays.Il est angoissé et miné par la culpabilité.Mais surtout il a peur.Et entre le premier et le dernier appel (il sera le dernier à monter dans l'avion), il revoit sa vie.Comme s'il était en train de mourir.En effet, c'est à une véritable agonie qu'on assiste, car il s'attend à tout moment à ce qu'un tonton-macoute vienne le cueillir.Qu'a-t-il fait ?Rien de spécial.On est sous la dictature de Duvalier.Il se rappelle cette fille d'un quartier populaire qui tend déjà à devenir une métaphore du pays.Ce pays avec ses brefs éclats de rires sa pudeur et ses terribles malheurs.Bourjolly décrit comme personne la fin des années 60 et le début des années 70.On le suit pas à pas, et on a raison, car c'est un guide fiable.Je peux en témoigner, c'est mon époque.Il y a quelques naïvetés ici et là, mais cela ne gâche pas trop les choses.L'écriture est alerte, et le livre se lit aisément.Le dernier, c'est celui de Katerine Caron (Vous devez être heureuse, Boréal, 2004).Peut-être le moins bien ficelé des trois, mais sûrement le plus ambitieux.On s'embrouille un peu avec ces deux familles, et on n'arrive pas toujours à faire la différence entre Jacqueline et Claire, ces deux mères.C'est une réflexion sur le bonheur.Ici le bonheur est plutôt monotone, et un peu terne.Caron sait décrire l'ennui, les frustrations intériorisées.Et la nature surtout.C'est un monde qui ne me touche pas beaucoup.Alors pourquoi ai-je l'impression que cette jeune romancière possède une certaine force intérieure, et que son univers est d'une réelle profondeur.Avec un petit côté anglo-saxon dans la recherche psychologique.Si elle parvient à mieux maîtriser son récit et à faire des coupes dans sa forêt de mots, on peut alors tout espérer d'elle.Malgré toutes ses faiblesses, ce roman reste l'un des plus prometteurs débuts que j'ai lus depuis un bon moment.CINÉMA AMÉLIE Cinéma du Parc, dim.: 14h.BABOUSSIA Cinéma Parallèle: 13h, 15h, 19h.BROKEN WINGS Cinéma du Parc.Dim.et lun.: 15h, 17h, 19h, 21h.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Parallèle: 17h, 21h.CORPORATION (THE) Cinéma du Parc.Lun.: 16h.Ex-Centris: 12h.DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS Cinéma Beaubien : 16h30.DAWN OF THE DEAD 2004 Cinéma du Parc.Dim.: 21h45.DEPUIS QU'OTAR EST PARTI Ex-Centris: 14h30, 17h10, 19h10, 21h15.DOGVILLE Cinéma du Parc.Dim.: 16h20.INCOMPARABLE MADEMOISELLE C.(L') Cinéma Beaubien: 15h15.JEUX D'ENFANTS Cinéma Beaubien: 14h, 16h, 20h, 22h; lun.: 14h, 16h, 22h.MONICA LA MITRAILLE Cinéma Beaubien: 13h45, 19h, 21h30.MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN Cinéma Beaubien: 12h, 18h; lun.: 12h.NI ROSE, NI BLEU Cinéma Beaubien: 19h15, sauf lun.SUPER SIZE ME Cinéma du Parc.Dim.et lun.: 15h30, 17h30, 19h30, 21h30.TAXI DRIVER Cinéma du Parc.Lun.: 19h15.TOUTES LES FILLES SONT FOLLES Cinéma Beaubien: 13h15, 17h15, 21h15; lun.: 13h15.UZAK (LOINTAIN) Ex-Centris: 15h05, 17h15, 19h20, 21h25.Le style s'apparente à la cuisine.Comment se fait-il qu'avec les mêmes légumes, les mêmes épices et la même recette, on n'arrive pas tous au même résultat ?se lamente le mauvais cuisinier.GÉNI E S EN HERBE #1094 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca F- CHARADE Note : les accents ne sont pas pris en compte 1 Mon premier est un terrain cultivé fermé par des murs, des haies ou des fossés.2 Mon second est le surnom d'un révolutionnaire cubain d'origine argentine tué lors de la guérilla bolivienne en 1967.3 Mon troisième est une préposition indiquant le temps, l'origine, la cause, le point de départ, etc.4 Mon quatrième est la fourrure du petit-gris, écureuil de Russie et de Sibérie au pelage gris argenté.5 Mon tout est le titre d'une pièce de théâtre présentée à l'hiver 2004 au théâtre de Quat'sous et mettant en vedette Céline Bonnier dans un rôle à résonnance autobiographique sur l'écrivaine Sylvia Plath.A- EMPIRE ROMAIN 1 Cet écrivain latin a relaté l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C., catastrophe ayant enseveli les villes de Pompéi et d'Herculanum?2 On appelait ainsi les pièces bouffonnes portant sur la vie quotidienne et familiale et les personnages caricaturaux qui animaient la vie des citoyens de l'Empire romain?3 Par opposition aux plébéiens, comment appelait-on les membres des grandes familles formant une caste de privilégiée et détenant le droit de citoyenneté dans la société romaine antique?4 Quel édit fit de tous les hommes libres de l'Empire des citoyens romains en 212 après Jésus-Christ?5 C'est l'honneur le plus élevé décerné à un chef militaire romain et pour lequel ses troupes doivent lui donner le titre d'impérator (commandant victorieux).Le Sénat doit entériner la décision de l'armée et le tout se terminer dans un cortège cérémonial à Rome, le chef militaire étant couronné de lauriers et vêtu d'une toge de pourpre.César obtint cette récompense après sa conquête de la Gaule.Millionnaire à 25 ans C- MÉCANIQUE AUTOMOBILE 1 Nommez les deux types de freins que l'on retrouve dans une automobile.2 Les voitures les plus courantes sont à traction avant, i.e.que leurs roues motrices sont à l'avant.Quel type de voiture a son moteur à l'avant et des roues motrices à la fois à l'avant et à l'arrière?3 De quelles deux substances l'alimentation par carburateur ou l'injection servent-ils à faire le mélange?4 Si l'on vous parle de sparkplugs, de quelles parties de votre automobile vous parle-t-on, parties essentielles au démarrage par l'étincelle qui jaillit et met le feu au mélange gazeux ?5 Que signifie l'acronyme ABS, système permettant de garder le contrôle de la direction en cas de freinage d'urgence en calculant la pression de freinage?G- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Né en 1929 à Oak Lake au Manitoba, il entre en poste aux Nations Unies à l'âge de 17 ans.2 Il quitte son emploi à l'ONU pour ensuite faire fortune dans l'industrie pétrolière et des matières premières; il est millionnaire à 25 ans.Il sera par la suite président de Power Corporation, d'Hydro-Ontario et de Petro-Canada.3 En 1972, il est à la direction du Sommet international sur l'environnement à Stockholm, il devient président-fondateur du Programme des Nations Unies pour l'environnement la même année eet est un des directeurs du Sommet de la Terre en 1992.4 Ce récipiendaire de l'Ordre du Canada est depuis janvier 2003 envoyé spécial de Kofi Annan en Corée du Nord et en est à son huitième mandat comme sous-secrétaire général des Nations Unies.B- HOMONYMES 1 Cet homonyme désigne à la fois un conifère à baies rouges et une préposition de langue anglaise?2 Cet appareil électroménager destiné à expulser ou à recycler l'air chargé de vapeurs grasses désigne aussi un adjectif de langue anglaise?3 Lequel des homonymes suivants devons-nous mettre dans le phrase qui suit : Quand/ quant/qu'en à l'heure de notre départ, je souhaite uniquement qu'elle ne soit pas trop tardive.4 Cet homonyme désigne à la fois un moyen d'attirer ou de tromper et un adjectif possessif.5 Cet homonyme peut être un adjectif éveillant une émotion esthétique ou le pluriel du terme désignant l'octroi ou la concession contractuelle d'un bien de location.D- ASSOCIATIONS Associez l'oeuvre littéraire au nombre de livres/tomes qui la composent.1 Le Seigneur des Anneaux 2 Les Rois maudits 3 À la recherche du temps perdu 4 Les Rougon-Macquart 5 Harry Potter a 5 b 7 c 3 d 7 e 20 H- DOCUMENTAIRES 1 Quel documentaire, réalisé par les Canadiens Mark Achbar et Jennifer Abbot, aborde le sujet des multinationales et dresse un profil psychologique troublant d'égoïsme et d'amoralité?2 Qui a réalisé le documentaire À hauteur d'homme, en suivant pas à pas Bernard Landry durant les trois derniers mois de son mandat et au cours de sa campagne électorale?3 Réalisé par Marquise Lepage en 1999, ce documentaire ayant remporté trois Prix Gémeaux en 2000, décrit la vie de jeunes filles dans divers pays en voie de développement et les discriminations dont elles sont victimes?4 Ce documentaire de Benoît Pilon raconte l'histoire de la vie d'un épicier du Plateau Mont- Royal qui voit son commerce chamboulé par la multiplication des supermarchés?5 Quel auteur-compositeur-interprète de l'album Tu m'aimestu?a réalisé L'Erreur boréale, documentaire critique de l'industrie forestière québécoise et ses conséquences néfastes sur l'environnement?E- AMÉRIQUE CENTRALE 1 Quel est le seul pays d'Amérique centrale à ne pas avoir d'armée en tant qu'institution permanente, tel que prohibé à l'article 12 de sa constitution?2 Quel est le pays ayant la plus petite superficie de l'Amérique centrale, avec 21 000 kilomètres carrés?3 Quelle ville est le siège de la cour interaméricaine des droits de l'homme?4 Quel pays a connu la dictature des Somoza de 1936 à 1979, renversée par le Front sandiniste de libération nationale et suivie d'un rapprochement avec l'URSS et Cuba?5 Autrefois connu sous le nom de Honduras britannique, ce pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1981 et a l'anglais comme langue offi Réalisateur cielle.GEN23MI SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Venez discuter du livre du mois\u2026 Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.Jean Fugère anime un débat: «Sommes-nous en train de créer de nouvelles solidarités, de nouvelles tribus?Y a-t-il une vie en dehors de la famille?» Ses invités : Lise Ravary, rédactrice en chef du magazine Châtelaine, Nicolas Langelier, journaliste et chroniqueur et Johanne Charbonneau, sociologue à l'INRS.Le dimanche 30 mai, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15h30 à 17h.C'est un rendez-vous, dimanche prochain.3231129A LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE éunies dans un café de la rue Laurier, Louise Simard, Marcelle Racine et Diane Lacombe ont l'air de trois copines qui ne se seraient pas vues depuis la petite école.Or elles ne se connaissent pas, à peine se sont-elles croisées dans quelque salon du livre.Pourtant, elles n'ont pas hésité à venir de Montréal (Diane Lacombe), Sherbrooke (Louise Simard) et Montmagny (Marcelle Racine) pour partager pendant une petite heure cette passion qui les relie comme une amitié: l'histoire, avec ou sans la majuscule, qu'elles s'ingénient à reconstituer avec une minutie de dentellières.L'histoire qui sert de toile de fond à leur dernier roman : celle de l'Écosse médiévale pour Diane Lacombe, des États-Unis de la guerre de l'Indépendance pour Louise Simard, et du Canada français du début du siècle pour Marcelle Racine.Trois mondes, trois temps et trois romans qui n'ont rien en commun.C'est dire à quel point ce genre littéraire que l'on appelle le roman historique peut ratisser large.«J'ai fait un doctorat sur le sujet», raconte Louise Simard, auteure d'une douzaine de romans et sagas historiques dont la très populaire Thana, la fille-rivière (grand prix littéraire Archambault), «et en quatre ans, je n'ai jamais réussi à trouver une définition satisfaisante! Il y a des romans historiques qui sont exclusivement fictifs et, à l'autre extrême, des romans rigoureusement historiques où il n'y a rien d'inventé.Entre ces deux pôles, il y a tous les jeux possibles.» Diane Lacombe, qui vient de faire paraître Sorcha de Mallaig, la suite de La Châtelaine de Mallaig (qui s'est vendu à plus de 110 000 exemplaires !), fait évoluer les personnages qu'elle a inventés «dans le décor le plus authentique possible».Marcelle Racine, dont Éva Bouchard, la légende de Maria Chapdelaine, est le premier roman, fait revivre une galerie de personnages qui ont tous existé, sur fond d'histoire rigoureusement documentée.Et Louise Simardse plaît à mettre en scène des personnages historiques et des héros fictifs.«Ce qui est extraordinaire dans le roman historique, s'enthousiasme cette dernière, c'est que l'auteur a une liberté fabuleuse.On a un outil, l'histoire, qui est malléable, on peut jouer avec, en faire à peu près ce qu'on veut.L'historien s'arrête au moment où il n'a plus de documents pour prouver ses dires.Or c'est exactement là où le romancier commence à s'amuser !» \u203a Voir FILLES en page 8 Harry Potter et la science Roger Highfield \u203a Documentaire FFFF PAGE 10 Lettres d'un cracheur d'étoiles Alain Bernard Marchand \u203a Roman FFF PAGE 9 Les 20 000 femmes de la vie d'un homme Gabriel Osmonde \u203a Roman FFF PAGE 9 ANN PACKER, DE L'OMBRE À LA LUMIÈRE PAGE 9 De gauche à droite: Diane Lacombe, Marcelle Racine et, à l'avant plan, Louise Simard, auteures de romans historiques.La Promesse, de Louise Simard (Libre Expression) Époque : fin XIIIe siècle Lieux : États-Unis (Alabama, Géorgie, New York), Nouvelle-Écosse Personnages principaux : Isaac et Sarah, deux esclaves noirs qui se sont liés d'amitié sur la terre de leur nouveau propriétaire ; Ovaldo, un jeune mulâtre qui les accompagneradans leur périple.Résumé : en 1781, alors que la guerre de l'Indépendance ébranle l'Amérique, les Anglais invitent les esclaves noirs à trahir leurs maîtres et à joindre leurs rangs, en échange de quoi on leur promet la liberté.De Mobile, Alabama, aux bas-fonds de New York, jusqu'aux rives de la Nouvelle Écosse, le périple d'Isaac et de Sarah expose une page d'histoire largement méconnue.Éva Bouchard - La Légende de Maria Chapdelaine, de Marcelle Racine (VLB éditeur) Époque : première moitié du XXe siècle Lieux : le Québec (Péribonka, Québec, Montmagny, Beauce); Paris Personnages principaux : Éva Bouchard et sa famille, l'écrivain Louis Hémon, l'éditeur Bernard Grasset.Résumé : en voyage au Canada français, en 1912, le journaliste et écrivain Louis Hémon est hébergé par une famille de cultivateurs de Péribonka.Quand il meurt, quelques années plus tard, et que son roman, Maria Chapdelaine, connaît un succès retentissant, bien des gens croient reconnaître en la célèbre héroïne Éva Bouchard, une célibataire tourmentée que cette soudaine notoriétémarquera à jamais.Sorcha de Mallaig, de Diane Lacombe (VLB éditeur) Époque : Moyen Âge Lieux : Écosse (île d'Iona, Edimbourg, Mallaig) Personnages principaux : Socha Lennox, fille d'un grand propriétaire foncier, sa mère, la châtelaine de Mallaig, et son fils, Baltair Résumé : en 1437, après l'assassinat du roi d'Écosse auquel un membre de leur famille a été mêlé, Sorcha de Mallaig et sa mère vivent réfugiées dans un couvent de l'île d'Iona.Sorcha a 10 ans.Pendant qu'elle apprend, avec ses amis\u2014un moine bègue et une vieille servante \u2014 à chercher des trésors et à guérir par les plantes, à Mallaig, le jeune Baltair surmonte une à une les épreuves qui le feront sacrer chevalier.Leurs destins, bien sûr, vont se croiser.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © LECTURES Àl'Est, du nouveau Le Québec vu d'ailleurs De nouvelles trouvailles du géographe Luc Bureau GÉRALD LeBLANC Luc Bureau aime dire qu'il fait de la géographie culturelle, c'est-àdire qu'il s'intéresse non seulement au climat et au relief mais aussi aux relations de l'homme avec la nature de son environnement.Pas surprenant donc que les essais de ce professeur de l'Université Laval aient des titres qui conviendraient fort bien à des recueils de poésie : Géographie de la nuit, La Terre et Moi, Les Fondements de l'espace québécois.Notre géographe lyrique est aussi un collectionneur qui ne cesse d'amasser les récits de voyage de célébrités qui ont visité notre pays du Québec, de 1850 à 1950.Déjà en 1999, il publiait Pays et mensonges, une première anthologie géolittéraire de témoignages de sommités comme Pierre de Coubertin, Mark Twain, Paul Claudel et Julien Green.Avec Mots d'ailleurs \u2014 Le Québec sous la plume d'écrivains et de penseurs étrangers (tome 2), il reprend semblable formule et livre les récits d'une trentaine d'autres célébrités : Albert Camus, Friedrich Engels, Lady Dufferin, Raymond Aron et compagnie.Un pot-pourri qui pique et nourrit la curiosité plutôt qu'une analyse géo-sociologique de notre coin de pays.Certains témoignages ne sont retenus qu'en raison de la célébrité de leur auteur, tel l'écrivain Camus, qui finit par avouer qu'il n'a rien à dire du Québec, ou le philosophe Engels, venu en Amérique en 1888 avec la fille de Karl Marx, qui ne trouve pas grandchose à dire sur le Canada, « un pays positivement retardataire et en décadence ».Venu aussi en 1880, l'économiste belge Gustave de Molinari fournit une explication peu flatteuse de notre propension à faire de la politique : « Les Franco-Canadiens mettent en ligne leurs meilleures troupes, tandis que les Anglais ne fournissent guère à la politique et à l'administration que les traînards et les fruits secs du monde des affaires.» D'autres ne tarissent pas de louanges pour la beauté du fleuve Saint-Laurent et de la ville de Québec.En voyage de pêche au lac Saint-Jean en 1877, l'essayiste naturaliste américain John Burroughs nous a laissé de splendides descriptions de notre grand fleuve : « Là où il accueille le Saguenay, il fait vingt milles de largeur, et quand il débouche dans le golfe, il en fait cent.C'est en vérité du commencement à la fin, une succession de sublimités homériques.Et Rupert Brooke, un des grands noms de la poésie romantique anglaise, parle de notre Vieille Capitale en termes fort élogieux : « Y a-t-il une autre ville au monde qui se tienne aussi noblement que Québec ?La Citadelle couronne un cap de trois cents pieds de haut qui surplombe audacieusement le Saint-Laurent.À son pied, à flanc de colline, monte la ville où maisons, flèches de clochers et masures s'empilent les unes sur les autres.Québec possède l'originalité et la fierté d'une ville où de grands événements se sont déroulés et bien des ans se sont écoulés », écrivait-il dans la Westminster Gazette, en 1913.Du grand journaliste français Raymond Aron, on retrouve dans le recueil de longs extraits d'articles parus dans le Figaro, de 1964 à 1976, où l'analyste, qui a manifestement visité le Québec à plusieurs reprises, dégage avec perspicacité et grande clarté les enjeux de notre place dans le Canada.C'est souvent en dépouillant les grandes revues \u2014 il a passé trois mois d'une année sabbatique à la Bibliothèque nationale de Paris\u2014 que Luc Bureau découvre ses futures pièces de collection.Notre géographe-littéraire nous dit faire face à deux grandes difficultés : il doit souvent traduire lui-même le récit de voyageurs non francophones.Pour l'anglais ça va, mais l'obstacle se révèle insurmontable pour le merveilleux témoignage d'un Brésilien, par exemple.Il lui faut aussi affronter le fardeau des droits d'auteur de célébrités telles que Soljenitsyne ou Simenon, deux de la trentaine de voyageurs étrangers encore dans la mire de Luc Bureau.Après Pays et Mensonges et Mots d'ailleurs, entend-il produire un troisième tome dans cette série Le Québec sous la plume d'écrivains et de penseurs étrangers?«Quand j'ai pris ma retraite l'année dernière, je pensais me consacrer à la rédaction d'essais de géographie culturelle, comme ceux produits dans le passé, mais il n'est pas facile d'oublier les récits de célèbres visiteurs qui dorment dans mes dossiers », répond le sympathique géographe.Il faut espérer qu'il succombe à la tentation d'un troisième volume, pour les perles qu'on ne manquera pas d'y trouver et pour ret introductions dont il fait précéder chaque récit retenu dans ses anthologies.FFFF MOTS D'AILLEURS Le Québec sous la plume d'écrivains et de penseurs étrangers (tome 2) Luc Bureau Boréal, 373pages JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE J'arrive de Sudbury.\u2014 Pauvre toi ! Un aller-retour en navette spatiale ?Toujours les mêmes farces plates, les mêmes préjugés indécrottables, les mêmes allusions au paysage lunaire.Basta ! Il y a des lacs, des rivières, du vert à Sudbury, et on y trouve même de la verpe de bohême, un champignon rarissime au Québec ! On aime ne pas aimer Sudbury, probablement comme on aime ne pas aimer Toronto.Osez avancer que la vie culturelle de la métropole ontarienne est peut-être aussi riche et stimulante qu'à Montréal et suivez le regard qui vous étiquettera sans merci fédéraliste arriéré ou moron certifié.Impossible, en société québécoise, d'aimer Toronto et d'aimer Montréal d'un même élan.C'est aussi suspect que la bisexualité.Alors, aimer Sudbury, imaginez ! J'aime Sudbury, sa rage de culture.On y trouve une maison d'édition, un festival du film, le théâtre du Nouvel-Ontario, un fabuleux musée consacré aux sciences et toute une pépinière de jeunes artistes.En littérature, Sudbury, c'est d'abord la maison d'édition Prise de parole.On y a publié et on y publie toujours deux des voix les plus percutantes, les plus singulières et les plus étonnantes de notre littérature française en Amérique: Patrice Desbiens et Jean-Marc Dalpé.Et où trouve-t-on, sinon à Sudbury, un anglophone \u2014 Robert Dickson \u2014 qui publie sa poésie en français et qui a remporté l'an dernier le prix du Gouverneur général ?Sudbury, c'est aussi, depuis cette année, un salon du livre.Et c'est aussi, depuis quatre ans, le Prix des lecteurs Radio- Canada/Ontario.Que voilà un concept brillant d'animation du livre et d'une littérature ! Dix lecteurs, comme vous, ont été choisis parmi une centaine de candidatures pour lire 10 romans de littérature franco-ontarienne.Chaque semaine, à la radio de Radio- Canada, on interviewe un des auteurs sélectionnés et, à tour de rôle, chacun des jurés-lecteurs vient présenter au micro son commentaire sur un des romans.Dix semaines à faire vivre la littérature franco-ontarienne et à la diffuser sur les quatre stations régionales de l'Ontario.Brillant, non ?Qui osera, ici, s'inspirer d'une si bonne idée ontarienne?Notre club de lecture ?Ajoutez à cela des heures de pures délices en tant que président du jury.Pour l'animateur d'un club de lecture, l'ultime de l'ultime, c'est de se retrouver ainsi en compagnie de 10 lecteurs à discuter librement de lectures communes.Pas parmi un jury d'experts, pas un jury de copains, pas de stratégies secrètes, pas de guéguerres d'éditeurs, non, 10 lecteurs qui n'ont d'autre intérêt que le pur plaisir de lire.Je n'en suis pas encore revenu.Et que dire de la diversité de cette littérature ?Cette année, sur les 10 auteurs, trois étaient d'origine africaine.Aristote Kavungu (Un train pour l'Est, L'Interligne) raconte un voyage en train à Moscou et il fait aussi noir entre ses lignes que dans un tunnel.Didier Leclair (Ce pays qui est le mien, Vermillon) révèle les dessous pas reluisants de l'immigration africaine à Toronto.Melchior Bponimpa (Le Dernier Roi faiseur de pluie, Prise de parole) offre un roman initiatique au coeur de l'Afrique tribale.Passionnant.Tout cela s'est écrit dans une francophonie voisine.Et, comme vous, jusqu'à la semaine dernière, je l'ignorais.N.B.1\u2014Le lauréat est Doric Germain, de Hearst, auteur de Défenses légitimes (Éditions du Nordir), un roman historique sur les événements tragiques de 1963, près de Kapuskasing, qui ont opposé les syndiqués de la Spruce Falls à des travailleurs autonomes.N.B.2\u2014Est-ce que la littérature vous aide à vivre ?Avez-vous aimé notre livre du mois Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda ?Vous avez jusqu'au 26 pour répondre à l'une de ces questions.L'auteur du meilleur texte recevra un bon d'achat de 200 $ dans les librairies Renaud- Bray.PHOTO MICHEL BOULIANE, PHOTOSIN Avec Mots d'ailleurs \u2014 Le Québec sous la plume d'écrivains et de penseurs étrangers (tome 2), le géographe Luc Bureau livre les récits d'une trentaine de célébrités : Albert Camus, Friedrich Engels, Lady Dufferin, Raymond Aron et compagnie.Histoires de filles FILLES suite de la page 7 Mais qui, de la férue d'histoire ou de la romancière, vient en premier?Quelle passion alimente l'autre ?« C'est sûr que j'ai un goût très prononcé pour l'histoire, répond Louise Simard.Quand je regarde la télé, je m'ennuie et je zappe jusqu'à ce que je voie un costume d'époque.C'est instinctif ! La mémoire me fascine.Pour moi, quelqu'un qui n'a pas de mémoire, c'est comme un cerf-volant pas de corde (rires à la ronde) ! Mais je n'aime pas l'histoire avec un grand H, faite de dates, de statistiques.Je trouve que c'est froid.Quand j'écris un roman historique, je veux entendre des battements de coeur derrière les documents.» Du côté de Diane Lacombe, c'est la passion pour l'époque médiévale qui a tout déclenché.« Et pour l'Écosse, ajoute-t-elle.J'ai des tiroirs remplis de documents sur l'époque médiévale, je lis sur le sujet depuis très longtemps, j'ai fait beaucoup de recherches.Mais je trouve que le rôle du romancier ou de la romancière, c'est de nous décrire ce que les écrits ne nous décrivent pas, et de faire vivre des gens ne fait pas partie des livres d'histoire.» Marcelle Racine est venue au roman historique «un peu par hasard », raconte-t-elle.Un jour, elle entend parler d'Éva Bouchard par un membre de sa belle-famille.Sa curiosité est tout de suite piquée.« On disait qu'elle avait été l'inspiratrice de Louis Hémon, qu'elle avait fait construire une auberge et que lorsqu'elle signait son nom, elle ajoutait M.Chapdeleine entre parenthèse.Ça m'a vraiment intriguée ! Je voulais savoir la vérité.» Cinq ans plus tard, Marcelle Racine commençait à rédiger son roman.« Au début, j'ai hésité.Je voulais faire quelque chose de très rigoureux, raconte-t-elle, mais j'avais aussi le goût de m'amuser, de me faire plaisir.Un jour, j'ai entendu quelqu'un dire que le roman historique, c'était l'Histoire avec des rires et des pleurs.Et j'ai pensé que ça définissait bien le genre.Je me suis mise à romancer des scènes, à créer des dialogues, et à véritablement m'amuser.» Si les trois auteures s'accordent le droit de prendre certaines libertés, toutes s'entendent pour reconnaître qu'elles ont aussi leur part de responsabilités.Car les lecteurs, eux, prennent pour vraie la part historique de leurs romans.Et les chasseurs d'anachronismes les guettent.« Il y en a toujours un qui va venir te demander s'il y avait vraiment des croissants à cette époque ! raconte Louise Simard, déclenchant l'hilarité de ses consoeurs.«S'il faut toujours garder les deux pieds sur terre, poursuit-elle, et rester cohérent avec l'époque que l'on décrit, il faut aussi se fier à soi-même.À la longue, on acquiert une sorte d'instinct de romancier historique.Par exemple, il m'arrive de chercher un renseignement et de ne pas le trouver.Alors j'invente.Et quand, trois mois plus tard, je trouve la réponse, souvent, je découvre que j'avais vu juste ! » En attendant leurs prochains romans (un troisième tome aux aventures de Sorcha de Mallaig pour Diane Lacombe ; un roman qui se situera encore dans le Canada français du début du siècle, pour Marcelle Racine ; et un autre qui relatera une page méconnue de l'histoire des Amérindiens du Montana pour Louise Simard), les trois auteures retournent plonger le nez dans les fiches, livres et cahiers (et sites Internet spécialisés), pour cette partie de travail que toutes affectionnent : la recherche.Et peut-être aussi pour relire les livres qu'elles chérissent, leurs classiques : Mémoires d'Hadrien, de Marguerite Yourcenar, l'oeuvre de Wilbert Smith, celles de Jeanne Bourin et de Ken Follet, Robert Merle et son extraordinaire Fortune de France.« Que voulez-vous, résume Louise Simard, certains sont fascinés par le futur, par la science-fiction.Nous, c'est par le passé.» . LECTURES De l'ombre à la lumière LITTÉRATURE FRANÇAISE Un bateau pour Éros PASCALE MILLOT COLLABORATION SPÉCIALE Ann Packer n'en revient pas encore.Paru en anglais il y a un an, son premier roman, The Dive from Clausen's Pier, s'est écoulé à 500 000 exemplaires aux États-Unis.Il a été traduit en japonais, en hébreu, en allemand, en italien, en néerlandais, et la traduction française, Un amour de jeunesse, vient tout juste de paraître aux Éditions du Boréal (pour le Québec) et à l'Olivier (pour la France).« C'est tout simplement incroyable, explique l'écrivaine de 45 ans.Cela va bien au-delà de tout ce que j'avais imaginé.» Le succès a une saveur douceamère pour cette auteure discrète, adepte du yoga, qui cultive la tranquillité dans sa maison près de San Francisco.« C'est très étrange de passer ainsi de l'ombre à la lumière.Cela renforce la confiance en soi, mais en perdant l'anonymat, on perd aussi une certaine forme d'insouciance.Si cela m'était arrivée plus tôt dans la vie, cela aurait été très difficile pour moi.Aujourd'hui, je me connais suffisamment pour ne pas être dérangée par le regard des autres et ce que l'on pense de moi.» Le hasard fait parfois bien les choses, car Ann Packer a mis 10 ans (écrit neuf versions et eu deux enfants) pour accoucher de cette brique de près de 600 pages, réécrivant, reprenant, tricotant sans cesse de nouvelles ramifications au destin de son héroïne, Carrie.La narratrice a 23 ans quand s'ouvre Un amour de jeunesse, et elle doit épouser Mike, un « gars bien» qu'elle fréquente depuis le lycée.Mais voilà, Carrie nourrit encore beaucoup de tendresse et de respect pour son amour de jeunesse, mais la passion s'est évanouie depuis belle lurette.La jeune femme semble bien prête à rompre son engagement quand, au cours d'un pique- nique avec des amis, Mike plonge d'un rocher et se brise le cou.Quand il sort du coma, il est tétraplégique.Et Carrie se retrouve face à un choix impossible : rester ou partir.Si le roman repose sur une question morale \u2014 est-on redevable envers ceux qui nous aiment au point de sacrifier sa vie pour eux ?\u2014 il relate plus profondément une crise existentielle, l'histoire d'un passage, d'une transition, celle de la jeunesse à l'âge adulte.« Je ne pensais pas que les gens allaient lire mon livre comme un roman à suspense en se demandant quelle décision Carrie allait prendre.Pour moi, il s'agit davantage d'un roman d'apprentissage.» Si Ann Packer se défend d'avoir fait oeuvre autobiographique (quel auteur d'un premier roman ne se défend pas d'avoir écrit un livre autobiographique ?), elle reconnaît que Carrie lui ressemble à bien des égards.Ann Packer est née en Californie, d'un père professeur de droit et d'une mère professeure de lettres.Elle a grandi sur le campus de l'Université de Stanford, à San Francisco, où ses deux parents enseignaient.Comme Carrie, elle a côtoyé de près le drame d'un être privé brutalement de l'usage de ses membres.Son père est en effet resté paralysé à la suite d'une crise cardiaque alors qu'elle n'était qu'une enfant.À 18 ans, Ann Packer a, comme Carrie, ressenti le besoin d'aller chercher ailleurs des raisons d'exister.Elle a quitté la Californie pour aller étudier la littérature à l'Université de Yale, dans le Connecticut.Puis, elle s'est installée quelques années à New York, comme son héroïne, qui a fui son Wisconsin natal pour tenter de trouver sa véritable identité, loin du regard de la petite communauté de Madison.Mais contrairement à Carrie dont la créativité s'est épanouie dans l'anonymat de la Grosse Pomme (elle dessine et fait des vêtements), Ann Packer, elle, était incapable d'écrire à New York.De toute façon, plus jeune, elle ne pouvait s'imaginer devenir écrivain, même si elle avait grandi dans un environnement littéraire et fréquenté nombre d'écrivains amis de la famille.« Marcher dans les pas de ma mère était trop effrayant.Plus tard, elle publiera pourtant nombre de nouvelles, entre autres dans le magazine New Yorker et un recueil remarqué : Mendocino and Other Stories.Mais c'est en revenant vivre à San Carlos, tout près de l'endroit où elle a grandi, et de sa mère, qu'elle est devenue romancière.Quant à savoir si Carrie aussi reviendra sur ses pas, il faudra la suivre tout au bout de cet amour de jeunesse.JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Le nom de l'auteur est un pseudonyme.Il paraît qu'on ne saura jamais qui a écrit ce roman, qu'il s'agit d'un auteur caché, phénomène qui éclate parfois au ciel de l'édition et dont nous nous contrefichons, notre plaisir de lire cette histoire ne venant pas des anecdotes publicitaires mais de la qualité du texte.Or, cette qualité est certaine.Quelle belle main d'écriture.C'est l'histoire plaisante d'un obsédé du sexe.D'un certain Alexis Touraneau qui se fait vite appeler Al-Taran, sans doute pour faire étranger et anonyme (comme l'auteur), et qui s'aperçoit que la Terre est couverte de femmes (belle découverte, en vérité) dont il pourrait connaître un bon million (au moins).Poussant ses calculs un peu plus loin, il s'aperçoit que sa propre vie compte seulement vingt mille journées (et nuits).Horreur.Il trouve que c'est peu, on le comprend.Faudrait-il connaître, bibliquement s'entend, cinquante femmes par jour pour atteindre le chiffre fatidique ?Cela lui semble difficile, on le comprend encore.Si bien qu'il s'obsède avec ce chiffre : 20 000.Al-Taran rêve.De femmes qui, pour lui, doivent posséder d'énormes seins.Il y a des goûts ainsi faits.«Obsession complémentaire », dirait le psychiatre de Woody Allen qui, l'on s'en souvient sûrement, avait le même goût pour les poitrines triomphantes.Mais la femme de notre Alexis n'a presque pas de seins.La brouille viendraitelle de cela ?Quoi qu'il en soit, ils se séparent, et notre héros pourra rêver en paix de 20 000 femmes (donc : 40 000 seins, énormes) en compagnie de ses parents, à la plage, en regardant passer des « créatures » fort dévêtues.Sombres vacances.La chair est triste, disait le poète.Le problème d'Alexis, tout comme celui de l'auteur du roman, c'est qu'il le sait, et qu'il a horreur de l'érotisme à la mode.Ainsi, paradoxalement, ce livre est un roman contre l'érotisme de pacotille, celui des amants coupables et dissimulés, celui des intellos qui jouent le désabusement.Pour lui, les nombreuses anecdotes de coucheries ratées et d'aventures lamentables, d'amours de chambre d'hôtel, ont un goût de médiocrité libidineuse, qui ressemble aux récits à la mode du roman actuel.On le comprend de mieux en mieux.Contre l'érotisme ?Mais tout contre, alors.Car Al-Taran, devenu libre de femme, déçu par ses expériences putassières et rêvant de quelques femmes à gros seins rencontrées dans les pages des magazines, va s'offrir une croisière à bord du Queen of the Baltic, une croisière érotique de première classe (prix bénéficiant de rabais aux obsédés sexuels avérés), une croisière érotique entre Helsinki et les îles Lofoten, capable de vous jeter à terre, épuisé, après les réjouissances organisées à bord par une agence de voyages à l'imagination inépuisable, elle, (et probablement composée de frustrés).Quelques exemples : le Gala Belle Epoque, la Soirée égyptienne, le Nocturne Décadence, on en passe, toutes manifestations données au large, pour l'extase des hommes à bord (je n'ai pas rencontré de passagères), qui ont payé très cher leur croisière.Ce bateau est un lupanar flottant.Il va faire les délices d'Alexis, dès le premier chapitre du livre, et les nôtres par la même occasion.On n'y croit pas un seul instant, ce qui prouve qu'il s'agit bien de fantasmes.Et comment le dégoût s'emparerat- il de l'homme aux 20 000 femmes (rêvées) ?Va-t-il se suicider de désespoir ?Va-t-il découvrir, au fond d'une forêt, dans une ancienne datcha abandonnée, la femme qui le sauvera, par son érotisme, ou autre chose, de son obsession ?Tout cela n'est pas sûr.Mais c'est assez drôle.FFF LES 20 000 FEMMES DE LA VIE D'UN HOMME Gabriel Osmonde Albin Michel, Paris, 298 pages «Je ne pensais pas que les gens allaient lire mon livre comme un roman à suspense en se demandant quelle décision Carrie allait prendre.Pour moi, il s'agit d'avantage d'un roman d'apprentissage.» PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DU BORÉAL Ann Packer est une femme discrète qui écrit lentement dans sa maison de Californie.Le succès de son premier roman l'a littéralement prise de court.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le vieil homme et les lettres RÉGINALD MARTEL Alain Bernard Marchand est une des figures dominantes de la littérature francophone de l'Ontario.D'abord peu connu au Québec, cet écrivain y a été remarqué surtout grâce à un essai publié aux Herbes rouges en 1996, Tintin au pays de la ferveur.Tintin est un nom porteur, comme le Petit Prince, mais le premier personnage est moins encombré que le second de morale à deux sous.Quelques mots de cet ouvrage peuvent servir de clé de lecture pour l'ensemble de l'oeuvre (fort modeste encore) : « L'enfant, dit-on, pleure sa peine ; l'adolescent, sa rage ; l'adulte, sa mémoire.» Cet aphorisme un peu triste convient très exactement aux Lettres d'un cracheur d'étoiles, roman épistolaire.Un vieil homme qui va mourir adresse à des destinataires multiples, les lecteurs et aussi un être aimé et jamais oublié, l'adieu de celui qui entend ainsi se donner quelque éternité dans la mémoire des survivants.C'est dire l'importance pour lui, et probablement pour M.Marchand, de la littérature comme art de vivre et de ne pas mourir.L'épistolier a retenu de l'enfance, comme autant d'étoiles à « cracher vers le ciel », des images diverses : une vieille dame accueillante, une mère moins nettement définie, des champs et des forêts, des nuits et des aubes.L'enfant est de nature rêveuse et solitaire ; il le deviendra davantage quand la passion amoureuse cherra sur lui.Elle lui vient d'un garçon qui lui offre sa nudité, sans peur et peutêtre sans calcul.Tout n'était pas joué.À 12 ans, il a remarqué une fille qui en avait quinze : « Dans mes rêves, je bondis sur son coeur et le mords jusqu'au sang.» C'est en trop pour elle certainement, qui le rejette et l'humilie.« Elle sera la dernière femme de ma vie.Son désir est un destin qui m'indique le mien.Je n'aimerai par la suite que des hommes inépuisables.Je saurai bientôt que les garçons qui ont vu leur mère tant espérer l'amour d'un homme finissent aussi par y succomber.» Son homosexualité trouve-t-elle là ses sources, vraiment ?Laissons cela aux spécialistes.Ce qui importe, et qui reflète une époque peut-être disparue, c'est la difficile traversée de l'adolescence, ce temps où « pleurer sa rage ».Bafoué et méprisé par les autres écoliers en raison de sa différence, le fragile adolescent se réfugie dans un univers quasi névrotique.La littérature et le ciel sont son unique recours, son unique secours : « Les livres ont rempli ma vie, et chacun de leur mot (sic) entrait en moi comme la lumière des étoiles qui nous atteint de si loin.» Il lui faudra laisser venir l'âge adulte pour s'accepter tel qu'il est et tel qu'il veut être désormais.Les amours auxquelles il consentira seront fugitives, mais il n'en fera pas un drame : « Nous croyons à tort que les autres arrivent dans nos vies pour rester mais, dès le premier regard, ils viennent pour que nous apprenions à vivre sans eux.» Ses activités professionnelles lui offrent l'occasion de voyager et d'ajouter aux images de l'enfance en milieu rural celles du vaste monde.La Grèce et le Tibet, particulièrement, font partie de ce qu'il entend léguer, pour ne pas mourir tout à fait, à ceux qui le liront.Ces souvenirs sont un peu convenus, ce qui explique sans doute la nécessité de les relier sans cesse à ce qui constitue à la fois le prétexte et le but du roman, écrire les temps forts d'une existence et les relier à la manière des Anciens, qui projetaient dans le ciel leurs mythes et leurs légendes, dessinant et nommant ainsi les constellations.Les Lettres d'un cracheur d'étoiles sont émouvantes.Malgré le flou poétique qui embrouille parfois ce texte et qui peut n'être qu'une forme de pudeur, il est composé de façon cohérente et souvent convaincante.Il n'empêche que la métaphore astronomique, ajoutée aux justifications interminables et répétitives qui occupent le premier cinquième de l'oeuvre, lui impose une lourdeur bien terrestre.Et il n'est pas sûr qu'il soit si facile, pour un écrivain comme Alain Bernard Marchand qui est loin de la vieillesse, de se mettre dans la peau d'un homme qui lance un dernier cri avant de retourner au silence des morts.FFF LETTRES D'UN CRACHEUR D'ÉTOILES Alain Bernard Marchand Les Herbes rouges, 112pages «Nous croyons à tort que les autres arrivent dans nos vies pour rester mais, dès le premier regard, ils viennent pour que nous apprenions à vivre sans eux.» Henri Salvador LE PÈRE DE LA BOSSA-NOVA! Les Événements FO RD ESCA PE 1 er AOÛT À20h, Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts Achetez vos billets PA RTÉLÉPHONE: (514)908-9090 ou (514 )842-2112 PARINTERNET: www.ticketpro.ca ou www.pda.qc.ca EN PERSONNE:au Spectrum, 318, rue Sainte-Catherine Ouest 142 . LECTURES Le participe passé des verbes pronominaux LITTÉRATURE JEUNESSE PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉ proux@lapresse.ca QQuelle est la règle à suivre pour l'accord des participes passés des verbes pronominaux ?On m'a expliqué qu'il faut distinguer entre les verbes qui sont toujours employés à la forme pronominale et ceux qui le sont à l'occasion.Pourtant, j'ai l'impression que cette règle n'est pas totalement claire.Pouvez-vous m'aider ?\u2014Louis Samson RRéglons d'abord le cas le plus facile, celui des verbes qui sont toujours pronominaux : se suicider, s'évanouir, s'enfuir, etc.Le participe passé de ces verbes s'accorde toujours avec le sujet du verbe, à l'exception du participe passé de s'arroger.> Elles se sont évanouies, elles se sont enfuies, etc.C'est que le sujet de ces verbes désigne le même acteur que le pronom réfléchi se.Dans le cas du participe passé des verbes occasionnellement pronominaux, la façon la plus simple de procéder est de remplacer (mentalement) l'auxiliaire être par l'auxiliaire avoir et de se demander si le pronom se est complément d'objet direct.> Elles se sont retrouvées.C'est-à-dire : elles ont retrouvé qui ?Elles.En revanche, on écrira : > Elles se sont succédé.C'est-à-dire : elles ont succédé à qui ?À elles.Le participe passé des verbes transitifs indirects employés pronominalement est toujours invariable.> Ils se sont plu à jouer ensemble.Ces quelques règles permettent de résoudre la presque totalité des cas.Cela dit, je sais bien qu'elles ne sont pas simples, mais j'espère qu'elles seront un peu plus claires.Olympiques ou olympiades ?QL'utilisation du terme olympique comme nom estelle correcte ?Ne faut-il pas dire les olympiades ou les jeux olympiques, les installations olympiques, etc., et non pas les olympiques ?Qu'en pensez-vous ?\u2014André Malouin RLe terme olympique est un adjectif, non un substantif.On ne peut donc parler des Olympiques.On peut par contre employer la locution Jeux olympiques ou le mot olympiades (au singulier, olympiade désigne la période de quatre ans entre deux jeux olympiques).> Les Jeux olympiques auront lieu à Athènes cet été.> Il s'entraîne pour les olympiades.Par ailleurs, il est préférable d'écrire Jeux olympiques plutôt que jeux Olympiques, car l'usage veut qu'on écrive les noms des grandes manifestations sportives, commerciales ou artistiques avec une majuscule initiale au premier substantif.Quant à l'adjectif, il ne prend une capitale que s'il précède le premier substantif.Une après-midi ?QAprès m'être fait dire et redire à l'école, que c'est UN aprèsmidi et non pas UNE après-midi que l'on dit, voilà que j'apprends que les deux termes sont acceptés.Est-ce bien vrai ?\u2014Francine Sanscartier, Piedmont RLe mot après-midi était féminin jusqu'à la septième édition du Dictionnaire de l'Académie, qui date tout de même de 1878.Aujourd'hui, le féminin est très rare, sauf peut-être au Québec.Compte tenu de l'usage contemporain, le masculin est nettement préférable.Faire du sens QOn entend souvent dans la bouche de nos compatriotes l'expression « faire du sens ».J'ai toujours cru que c'était une forme fautive de « avoir du sens », calquée de l'anglais « to make sense ».Il me semble qu'on devrait dire : « Cette histoire n'a pas de sens » plutôt que « ne fait pas de sens ».Or, quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques mois, de lire sous la plume de Maurice Druon dans Les Rois maudits : « Il savait bien que cela ne faisait pas de sens.» Tout de même.Maurice Druon, de l'Académie française.Par la suite, il m'est arrivé de l'entendre dans la bouche de certains Français à TV5.Serait-ce que cette expression est française après tout ?\u2014Normand Lefebvre RLe fait que cette locution est employée en France ne la rend pas plus française.Faire du sens est bel et bien un calque de to make sense.En français correct, il faut plutôt dire d'une chose qu'elle a du sens ou qu'elle n'a pas de sens, qu'elle est logique ou illogique, qu'elle est sensée ou insensée, qu'elle est intelligible ou inintelligible, qu'elle a du bon sens ou qu'elle est sans bon sens.> J'ai écouté ses explications ; cela avait du sens.En revanche, la locution faire sens est tout à fait française, mais elle est rare et un peu littéraire.À travers le monde QIl me semble qu'en français on ne peut utiliser l'expression à travers dans le sens géographique.Nos journalistes (même à La Presse), animateurs, chroniqueurs, lecteurs de nouvelles, etc., nous servent abondamment du à travers le Québec, le Canada, l'Amérique du Nord, l'Europe, le monde.au sujet d'une tournée, d'une campagne, d'une renommée.Me trompai-je ?\u2014Alain Gervais, Saint-Hyacinthe RLe Colpron considère la locution à travers le comme un calque de around ou de across.C'est pourquoi on ne dira pas qu'une personne est connue à travers le Québec, par exemple, mais dans toute la province, partout au Québec, ou encore, aux quatre coins du Québec.Pour la même raison, on ne dira pas de quelqu'un qu'il voyage à travers le monde, mais dans le monde entier ou autour du monde.Cela dit, ce calque est très répandu, particulièrement au Québec, mais aussi en France.Cependant, ce n'est pas une raison pour l'employer, les solutions de rechange étant nombreuses.Notons enfin que la locution à la grandeur de, employée au sens de partout au, est un québécisme inutile.L'orthographe et l'Office L'OQLF vient de faire connaître sa position par rapport à la réforme de l'orthographe.« Dès 1991, peut-on lire dans un communiqué, l'Office québécois de la langue française s'est déclaré, de façon générale, favorable à l'application des rectifications de l'orthographe, mais, étant donné les réticences, voire l'opposition, qu'elles soulevaient dans divers milieux en France et ailleurs, il n'a pas voulu faire cavalier seul et imposer cette nouvelle norme au public québécois.« Depuis lors, l'Office suit l'évolution de l'accueil réservé aux rectifications dans la documentation ainsi que dans la société québécoise et la francophonie, et il les prend en considération dans ses travaux et dans les services qu'il offre au public.« Dans Le Grand Dictionnaire terminologique (GDT), l'Office applique déjà les graphies nouvelles dans le cas des néologismes et des emprunts.Dans ses autres travaux et publications, il donnera désormais priorité aux nouvelles graphies dans la mesure où elles sont attestées dans les dictionnaires usuels.L'Office estime qu'en cette période de transition ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives.Je me réjouis de cette prise de position sage et prudente.Petits pièges La semaine dernière, les phrases suivantes contenaient chacune une erreur : > À prime abord, cette solution est attrayante.> Elle est allée sur Nice.\u2014L'expression à prime abord est incorrecte.On dira plutôt de prime abord ou au premier abord.Il aurait donc fallu écrire : > De prime abord, cette solution est attrayante.\u2014La locution aller sur (une ville) appartient à la langue familière et son emploi est critiqué à juste titre.Il aurait donc fallu écrire : > Elle est allée à Nice.Voici les pièges de cette semaine.Les phrases suivantes contiennent chacune deux fautes.Quelles sontelles > La lutte à la pauvreté pourrait être un des enjeux de l'élection fédérale.> L'équipe manque sa vedette, au rancart en raison d'une blessure.Les réponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions à Paul Roux par courriel à proux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9.Quelques autres dessous de Harry Potter SONIA SARFATI Ce devrait maintenant être fait : à l'aube de la sortie du film Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, le 4 juin, les fans du jeune magicien créé par J.K.Rowling devraient déjà avoir fini (au moins une fois) la lecture de L'Ordre du Phénix.Ils devraient aussi, s'ils ont bien fait leurs devoirs ( !), avoir relu Le Prisonnier d'Azkaban.Que faire, alors, pour patienter jusqu'à la journée magique où ils retrouveront leurs héros sur grand écran ?Plonger dans les livres qui se penchent sur les dessous du monde de Harry, Hermione, Ron et compagnie.Il en existe deux nouveaux : le très pertinent Harry Potter et la science du journaliste Roger Highfield et l'anecdotique mais pas inintéressant Guide magique du monde de Harry Potter d'Edi Vesco \u2014 qui connaît un beau succès en Italie, où il s'est actuellement vendu à plus de 40 000 exemplaires.Auteur de plusieurs essais de vulgarisation scientifique, journaliste à la BBC et au Daily Telegraph de Londres, Roger Highfield apporte ses lumières (et elles sont vives !) aux phénomènes « magiques » présentés dans les romans de J.K.Rowling.Dans des chapitres courts, il met en perspective, avec clarté et humour, ce que la science pense \u2014 et sait \u2014 des balais volants, de la téléportation, des créatures magiques, etc.C'est aussi passionnant que fascinant.Le Guide magique du monde de Harry Potter, lui, trouve naturellement sa place aux éditions de L'Archipel qui multiplie les publications « potteriennes» non officielles (Mon pote Harry Potter d'Antoine Guillemin, Le Livre de l'apprenti sorcier d'Allan et Elizabeth Kronzek) sur le sujet.À ce ludique programme : des quiz sur les romans et les films, des recettes, des mots croisés, alouette ! Après de telles lectures, la seule épreuve qu'il restera pour être accepté à Poudlard sera de prouver que l'on n'est pas un Moldu ! FFFF HARRY POTTER ET LA SCIENCE Roger Highfield Flammarion, 334pages FFF LE GUIDE MAGIQUE DU MONDE DE HARRY POTTER Edi Vesco L'Archipel, 243pages PHOTO RICK RICROFT, AP Au singulier, le mot olympiade désigne la période de quatre ans entre deux jeux olympiques.EN DIAGONALE NATHALIE COLLARD La planète des hommes est bel et bien ébranlée par un petit tremblement de terre et ceux qui en doutent encore (même après avoir entendu la série documentaire animée par Denise Bombardier sur la première chaîne de Radio-Canada ou encore après avoir vu le film Ni rose ni bleu sur Canal Vie) n'ont qu'à visiter leur librairie préférée pour s'en convaincre : la quantité de livres qui se publient sur le sujet confirme que le mâle est bel et bien à l'étude, à l'université comme dans la vie.Parmi les plus récents ouvrages écrits sur le sujet, il y a Nos hommes mis à nu, une suite de témoignages recueillis par la journaliste française Valérie Colin-Simard, bien connue des lecteurs de Psychologies Magazine, qui avait publié l'an dernier un ouvrage fort remarqué sur les relations pères-filles, Pères d'aujourd'hui, filles de demain.Cette fois, la journaliste donne la parole aux hommes qui, dit-elle, n'ont pas accès au même espace que les femmes pour exprimer leurs sentiments.Les hommes interviewés par Colin- Simard, identifiés seulement par leur prénom, proviennent d'horizons divers et leurs confidences sont intercalées de commentaires de psychanalystes de renom : Willy Pasini, Paule Salomon, Guy Corneau, etc.Déceptions sentimentales, obsession de la performance, recherche de modèles masculins, difficultés dans les relations hommes-femmes.Au fil des ouvrages qui se publient depuis quelque années, des thèmes reviennent, un portrait général se dessine.Le livre de Colin-Simard permet de découvrir des angoisses masculines qui ne s'expriment pas souvent sur la place publique.On entend aussi des propos très durs de la part d'hommes qui semblent gérer leurs relations amoureuses comme d'autres gèrent leurs placements.D'une façon ou d'une autre, on est dans la franchise.À la fin du livre, l'auteure dresse la liste des sept changements de l'homme, changements qui permettent d'expliquer la mutation actuelle : la remise en question, la recherche de nouveaux repères, la conquête de leur féminité, l'acceptation de leur vulnérabilité sans renier leur virilité, bref atteindre l'équilibre entre le côté homme et le côté femme ; et, le dernier mais non le moindre, l'apprentissage de la réalité du quotidien, le fameux terrain de bataille où s'affrontent trop souvent les hommes et les femmes.Dans le même ordre d'idée mais sur une note plus théorique, la revue Mouvements a demandé à des penseurs, des chercheurs et des auteurs de réfléchir à la crise identitaire masculine.Parmi les textes qui valent le détour dans ce dossier Les hommes en crise ?, il y a celui de Francis Dupuis-Déri, chercheur en sciences politiques au Massachusetts Institute of Technology (qui a exprimé ses positions pro-féministes à quelques reprises dans les médias québécois).Il aborde la délicate question de la « contre-attaque » masculiniste au Québec, sujet explosif s'il en est un.Après avoir passé en revue tous les termes péjoratifs employés par les masculinistes pour dénigrer le féminisme \u2014 on pense entre autres à l'expression « féminazisme », pas particulièrement amicale \u2014 il souligne la malhonnêteté intellectuelle de ces groupuscules qui réduisent souvent la pensée féministe à deux ou trois déclarations chocs des années 60, habituellement sorties de leur contexte.L'auteur explique entre autres comment ces groupes carburent souvent à la frustration.Un exemple : des pères qui ont perdu la garde de leurs enfants et qui en rejettent la faute sur les féministes plutôt que d'assumer leur rôle.Dupuis-Déri ajoute : « Le plus répugnant reste cette récupération que les antiféministes font des suicides des hommes.Vrai, trois à quatre fois plus d'hommes que de femmes s'ôtent la vie au Québec, mais cet écart est à peu près similaire dans tous les pays.» Et de conclure, comme bien des gars sensés de sa génération : « Plutôt que de se recroqueviller dans des rôles stables mais contraignants et inégalitaires, les hommes et les femmes doivent chercher ensemble à recomposer leurs identités.» À méditer.NOS HOMMES MIS À NU Valérie Colin-Simard Plon, 233 pages LES HOMMES EN CRISE ?Le masculin en questions Revue Mouvements Éditions La Découverte Lemâle à l'étude LECTURES ANTONIO MUÑOZ MOLINA Derrière l'histoire officielle de l'Espagne ELIAS LEVY COLLABORATION SPÉCIALE Après le succès mondial qu'a connu son roman Séfarade, traduit en 23 langues, l'écrivain espagnol Antonio Muñoz Molina a publié En l'absence de Blanca, dont la traduction en français est parue dernièrement au Seuil.Ce sobre et bref récit centré sur une passion amoureuse est aussi le portrait décapant d'un homme aux abois, qui essaie désespérément de sauver son couple d'un naufrage inéluctable, et d'une femme ambitieuse que rien n'arrête dans l'exploration de ses désirs, au mépris de sa famille et de la société.Dans ce roman aussi sombre que magnifique, Antonio Muñoz Molina, lauréat de plusieurs prix littéraires prestigieux (dont le Planeta, l'équivalent espagnol du prix Goncourt ; et le Fémina étranger qu'il a obtenu pour Pleine Lune), décrit une passion amoureuse dans une ville de province espagnole dans les années 80, années fatidiques de la consolidation démocratique, du développement économique et de la modernisation culturelle d'une Espagne qui venait de se dépêtrer de quatre décennies de dictature.À travers cette histoire d'amour très poignante, l'auteur de L'Hiver à Lisbonne et de Carlota Fainberg fait une radioscopie fascinante de l'Espagne de la Movida \u2014 terme employé par les Espagnols pour décrire l'époque d'effervescence que leur pays a connue après la fin de la dictature franquiste.« Il y a des histoires qui trottent dans ma tête depuis de nombreuses années, explique-t-il en entrevue.Des histoires fantastiques qui m'ont profondément marqué.Quand j'étais adolescent, j'ai lu une nouvelle de Giovanni Panini qui racontait l'histoire d'un homme qui rentre chez lui, est accueilli par sa femme et se rend compte que ce n'est pas sa femme.J'ai décidé de reprendre cette histoire fascinante et de la réécrire à mon goût en introduisant de nouveaux éléments de fiction.Après Séfarade, je voulais écrire un court roman contemporain pour relater une histoire d'amour se déroulant dans une ville de province espagnole, au moment où l'espoir et une certaine frivolité remplaçaient la lutte anti-franquiste.Ce roman ouvre une fenêtre sur le fantastique, un espace de tous les possibles, à la manière de Henry James dans Le Tour d'écrou.Comme lecteur et écrivain, je crois que la dimension fantastique doit être un des ingrédients d'une histoire.» L'histoire se passe à Jaen, petite ville d'une province d'Andalousie, terroir où l'auteur est né, en 1956, dans une famille d'agriculteurs.Mario est un jeune et paisible fonctionnaire qui a très peu d'ambitions, sinon d'aimer éperdument sa femme, Blanca, une riche bourgeoise libérée que fascinent les artistes marginaux, le clinquant de l'avant-garde et les paillettes de la modernité.Une jeune femme acariâtre et excentrique qu'il a miraculeusement épousée après l'avoir sauvée de la déchéance.La routine s'installe peu à peu dans leur vie.Et entre ces deux êtres que tout oppose, l'incompréhension et la souffrance s'installent.L'amour peut-il survivre à sa propre disparition ?« En l'absence de Blanca est une réflexion personnelle sur les passions amoureuses qui rongent l'âme d'un être humain.C'est une méditation sur l'impossibilité de tout savoir sur celui ou celle qui partage votre vie.Les contrastes existant entre Mario et Blanca sont sidérants.Lui a dans sa vie quelque chose qu'il tient absolument à conserver et à protéger parce qu'il est persuadé qu'il possède déjà tout ce dont un homme de sa classe sociale a besoin.Elle, au contraire, croit que tout ce qu'elle a dans la vie est bien en deça de ce qu'elle souhaiterait ou pourrait avoir.Ces visions de l'existence se situant aux antipodes l'une de l'autre engendreront des conflits destructeurs.La passion amoureuse, ce n'est pas la connaissance de l'autre mais la projection de nos rêves sur l'autre.On ne sait pratiquement rien du personnage de Blanca parce qu'on ne la voit qu'à travers Mario.Lui, ne sait rien de sa femme, ou ne veut rien savoir d'elle, car il est tout simplement aveuglé par son amour.Une passion qui n'est pas symétrique.Le philosophe espagnol Ortega y Gasset a tout à fait raison lorsqu'il dit que « l'amour est un phénomène d'attention excessive ».Une attention tellement excessive qu'on en devient aveugle.À noter que les Éditions du Seuil viennent de rééditer Beltenebros, un thriller où Muñoz Molina relate la fougueuse lutte clandestine menée par un groupe de militants antifascistes contre le régime franquiste.L'histoire de l'Espagne contemporaine nourrit en effet la trame romanesque des oeuvres de cet homme de lettres qui appartient à la génération d'écrivains espagnols animés par une volonté inébranlable de fouiller l'histoire, immédiate ou lointaine \u2014 particulièrement l'éprouvant chapitre de la guerre civile de 1936 à 1939 \u2014 afin de libérer leur pays des carcans, des tabous et des idées reçues.« L'explosion de liberté engendrée par l'avènement de la démocratie a fourni aux jeunes écrivains espagnols un matériau littéraire d'une richesse inouïe.La littérature espagnole de ce début du troisième millénaire a comme fondement le choc brutal entre un présent interpellant et un passé que nos grandsparents et nos parents ont essayé de nous camoufler, dit-il.Aujourd'hui, les Espagnols sont avides de découvrir tout ce qui a été enfoui délibérément, pendant des décennies, derrière une histoire «officielle » \u2014 il insiste sur les guillemets \u2014 truffée de mensonges grotesques.Il y a quelque chose qui relève du thriller policier dans cette quête éperdue de la vérité.C'est ce qui rend le travail des jeunes écrivains espagnols encore plus passionnant.» Enfin, mentionnons qu'Antonio Muñoz Molina, qui est chroniqueur au quotidien El Pais, vient de publier Ventanas de Manhattan (Fenêtres de Manhattan) aux Éditions Seix Barral, un journal de chroniques, de promenades et de souvenirs de New York, ville où il se trouvait le 11 septembre 2001.FFFF EN L'ABSENCE DE BLANCA Antonio Muñoz Molina Éditions du Seuil, 125pages FFFF BELTENEBROS Antonio Muñoz Molina Éditions du Seuil, 234pages PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DU SEUIL « Je voulais, dit Antonio Muñoz Molina, relater une histoire d'amour se déroulant dans une ville de province espagnole, au moment où l'espoir et une certaine frivolité remplaçaient la lutte anti-franquiste.» EN BREF 3201294A MARY HIGGINS CLARK Plus que jamais la reine du suspense ! De passage à Montréal et à Québec.B.Vidal ELLE RENCONTRERA SES LECTEURS : MONTRÉAL: Le jeudi 27 mai de 17 h à 19 h, Librairie Renaud-Bray, Carrefour Laval Le vendredi 28 mai de 12 h à 14 h, Librairie Indigo, Place Montréal Trust QUÉBEC: Le samedi 29 mai de 12 h à 14 h, Librairie Renaud-Bray, Place Laurier Le déclin de la France Les Français connaissent un ralentissement de l'exportation de leurs livres.C'est en Amérique du Nord que le recul est le plus grand, peut-on lire dans J.A.L'Intelligent (du 25 avril au 1er mai), qui cite Livres Hebdo.Un recul de l'ordre de 20,2% par rapport à 2002 aux États-Unis.La hausse de l'euro est peut-être en cause, mais il semble que sur une période plus longue, le déclin du livre français soit généralisé dans les zones non francophones, aussi bien en Amérique qu'en Asie ou dans l'Europe unie.On y apprend aussi que la Belgique, la Suisse et le Canada absorbent plus de 45% des exportations françaises.Si vous croyez à l'existence de la maladie mentale, lisez ce livre.Vous allez peut-être changer d'avis ! Essai ALAIN BACHAND Éditions Contre-Courant 206 p.24,95 $ Disponible chez Renaud-Bray et Raffin 3229824 .Tous les samedis dans TOUS LES SCÉNARIOS\u2026 3219547A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Écrire pour vivre, certes.Une nécessité absolue.Mais gagner des prix de littérature, ce n'était pas à son agenda.Pourtant, Lise Tremblay en gagne beaucoup, et son dernier livre, La Héronnière, publié chez Leméac, en témoigne.Grand Prix du livre de la Ville de Montréal en 2003, prix des Libraires du Québec en 2004, d'autres à venir.«L «Je n'ai pas beaucoup joué étant enfant.C'est sans doute pour cette raison que je considère l'écriture comme un jeu.Créer des personnages, inventer des histoires.Écrire nous rend toutpuissant, d'une certaine manière.» ANNE RICHER e lecteur voit plus de choses dans le livre que l'écrivain», dit Lise Tremblay.Et on imagine que ceci explique cela, que son livre suscite des coups de coeur à répétition.Et qu'elle entraîne son lecteur ailleurs, dans sa propre vision du monde.La Presse souligne 13 années d'écriture, quatre livres qui confirment Lise Tremblay parmi les écrivains dont il faut tenir compte.La Héronnière est un recueil de cinq nouvelles qui se situent dans un village sans nom précis, où, avec un rythme soutenu, elle décrit une violence certaine, des personnages qui se cherchent dans la vie, «issus d'une société homogène où la différence n'est pas favorisée».Et c'est aussi, dans ce livre à l'écriture tranchante et fluide, sans compromis, au souffle de vent du Nord, aux fonds de drames, aux démons, une quête de bonheur quasi impossible, emprisonné qu'il est dans le mensonge.Une femme ordinaire Elle aura 47 ans au mois de juin et ne craint pas de dire son âge ni de parler de ménopause.Son regard est clair et net.Dans le petit café du marché Jean-Talon où nous nous sommes rencontrées, elle est venue avec son chariot pour faire ses courses en même temps.Elle dit d'entrée de jeu: «Je me sens plus rebelle qu'à 20 ans.» C'estpoursignifierenréalitéqu'elle ne sera pas politically correct, qu'elle ne craint pas les questions ni le franc-parler.«C'est ma liberté.C'est vrai que parfois elle coûte cher, cette liberté, mais je ne crains pas son prix.Je me sens de plus en plus libre.» L'écritureest savie, mais commelamajorité des écrivains, elle ne peut en vivre.Donc, pour gagner des sous, elle enseigne au cégep du Vieux-Montréal, la littérature aux ados, ce qu'elle adore, du reste.«Je publie un livre en moyenne aux quatre ans.Il n'y a pas le feu.Je le construis à l'intérieur de moi, je sais quand c'est prêt.L'important est d'aller au bout de ce que l'on porte en soi.» Elle ajoute: «Une part de l'inconscient collectif est révélée par l'écrivain.C'est quelqu'un qui saisit quelque chose.» La bourse du Grand Prix du livre de la Ville de Montréal lui a permis de prendre le large pendant plusieurs semaines, en Bulgarie notamment, oùelle a tentéd'attacher les maillons de son prochain roman.«C'était pour aller voir.» Elle et son mari, le poète Michael Delisle, en sont revenus éblouis.«J'ai été bousculée profondément.Laissezmoi encore quelque temps pour que j'en découvre enmoi toutes les richesses.» Elle va d'abord retourner enseigner au cégep parce qu'il y a eu plusieurs mois d'absence.Elle a hâte, mais quand elle enseigne elle n'écrit pas de livres.Lorsqu'elle est prête pour l'écriture, qui devient un appel impératif, elle s'installe à sa table tôt le matin, entre 6 et 10 h.Surgissent alors des moments de grâce absolue.«Et des moments de blocage, avoue-t-elle.C'est souvent relié à ce que je vis, à ce que je suis, et je me demande où je ne veux pas aller.Quand c'est réglé, l'écriture renaît.» Les oeuvres dépassent la personne, insistet- elle.«Je suis la personne la plus ordinaire de la planète.J'aime la vie, marcher, manger, faire le ménage et de la littérature.» L'écriture, un jeu Née au Saguenay, l'écrivaine vità Montréal depuis 21 ans, à peu près toujours dans le même quartier, ayant planté là ses racines d'exilée sans jamais s'extraire du décor qui l'a vue naître.Elle est l'aînée de cinq enfants, avec ce que cela veut dire de responsabilités, de complicité, avec une mère sévère, exigeante.Son père, conducteur de machinerie lourde, pour la neige et les forêts, n'avait plus beaucoup de temps pour la maison.«Le goût de l'écriture me vient de ma mère, peut-être de la mauvaise communication que j'ai eue avec elle», explique-t-elle en riant.Jeune, elle a beaucoup lu et écrit de nombreuses lettres à un jeune amoureux, un exercice qui fut révélateur de la somme de mots qui vivaient en elle.«J'ai eu beaucoup de chance», dit-elle.Après des études en psychoéducation, un milieu finalement où elle ne se sentait pas à l'aise, elle a entrepris une maîtrise en études littéraires, et son texte était si bon qu'il a tout de suite été publié.Et puis il y a eu un certificat en journalisme.C'est une lectrice boulimique qui se sent plus près des auteurs américains que des européens.«Je suis carrément dans la vie nord-américaine.C'est une grande chance d'être Québécois.Deux cultures.Conquis et dominés.Ça nous rend performants et intelligents.» Elle en est un exemple.Frottée à la rudesse d'un paysage hors du commun, élevée sévèrement entre les fleurs de sa grandmère et les gourganes du jardin familial, au milieu d'une marmaille, elle a appris à reconnaître d'un seul regard la souffrance des enfants, l'ambition et la fierté.On retrouvera tout cela dans son oeuvre.«Écrire n'est pas une décision de ma part.» C'est loin d'être fini pour elle et pour nous.Lise Tremblay PHOTOS PIERRE CÔTÉ, LA PRESSE © "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.