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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et Spectacles - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2004-06-13, Collections de BAnQ.

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[" L'invention de l'Amérique moderne DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca Il arrive qu'on rencontre trois fois la même personne dans une seule matinée.Il s'agit, ici, d'un peintre américain mort il y a déjà 37 ans : Edward Hopper.Je ne parle pas de Hopper lui-même, mais de ses multiples projections dans le temps et l'espace.Un bon artiste ne disparaît jamais tout à fait.Sa meilleure part, c'est-à-dire son oeuvre, continue encore son chemin pour finir par nous atteindre un jour.Les contemporains font leur choix, et le temps, sourd aux rumeurs de la renommée, fait, en toute indépendance, le sien.Les contemporains privilégient souvent l'artiste ; le temps, l'oeuvre.J'ai l'air d'enfoncer des portes ouvertes, mais la publicité a pris une telle place dans nos vies qu'on aurait tendance à oublier cette ultime forme de justice.Je déambule au centre-ville tout en pensant à la nouvelle position des États-Unis dans le monde.Et à l'inquiétude croissante que cela crée chez les gens.Chez les Américains aussi.Il y a à peine quatre ans, c'était encore un pays décent.Le monde jouissait d'une relative paix car l'Amérique ne semblait se préoccuper que de faits divers locaux (les affaires Clinton et O.J.Simpson).Tout cela nous paraissait dans la droite ligne de cette bonne Amérique puritaine que nous connaissons si bien.Et pendant que l'Amérique se débobinait tout doucement sous nos regards vaguement étonnés, l'Europe se faisait, la Russie se « tiermondisait » et la Chine, comme une vieille araignée, attendait son tour.On s'ennuyait déjà un peu tant cela nous semblait prévisible.Et voilà qu'arrive Bush, élu de manière suspecte par cette ringarde Floride, et tout bascule subitement dans une sorte de troisième zone où la logique a décampé pour céder la place à la simple volonté de puissance.Je me disais que, malgré tout, ce serait injuste de croire ou de faire croire que Bush est à lui seul l'Amérique.Cette Amérique que le doute n'effleure pas qu'il veut imposer à la planète en cache une autre, qui me semble plus authentique, celle de Hopper.Et que, d'une certaine manière, l'Amérique de Bush qui est un sous-produit de celle de Reagan, risque de s'effondrer, un jour, minée au ventre par celle de Hopper.Une maladie incurable J'ai croisé trois fois en moins d'une demi-heure, sur la rue Sainte-Catherine, l'artiste américain Edward Hopper dont je suis depuis longtemps un inconditionnel.Je me suis souvent demandé lequel de ces deux artistes, Hemingway ou Hopper, aura le plus contribué à donner sa forme définitive à l'Amérique moderne?Hopper a beaucoup lu Hemingway.Celui-ci connaissait-il le peintre ?En tout cas, les oeuvres s'interpénètrent.>Voir LAFERRIÈRE en 2 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Même si tous les ornements ne sont pas d'époque (tissus muraux, tapis, lampes, lustres, murets en simili marbre, etc.), les cinéphiles qui recommenceront à fréquenter l'Impérial auront l'illusion que l'endroit a retrouvé son faste original.DANS LE VENTRE DE L'IMPÉRIAL Le cinéma de la rue Bleury ouvre ses portes après quatre ans de rénovations ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPÉCIALE C'est un gros morceau, le cinéma Impérial.Plus gros qu'il en a l'air comme ça, vu de l'extérieur, tassé entre d'autres immeubles sur un étroit tronçon de la rue Bleury.Du dehors, l'édifice \u2014rangé tout de même parmi les monuments historiques en 2001 \u2014 n'attire pas spontanément les regards fascinés, l'Impérial étant évidemment reconnu, depuis son inauguration en avril 1913, pour sa grande salle de théâtre.De théâtre, oui.Car l'Impérial fût d'abord un temple du vaudeville, construit spécialement pour la Keith-Albee Vaudeville Association.Eh ! bien, l'Impérial sera fin prêt et tout à fait présentable dès le 17 juin, si tout se passe bien, et ce n'est vraiment pas trop tôt : il en a fallu du temps et de l'argent (quatre ans et pas loin de 6 millions en tout) pour retaper le bateau, assez de temps pour inquiéter tout le monde : les journalistes, le vaste public, à commencer bien sûr par les gens du festival de films Fantasia, qui ont dû annuler leurs célébrations en 2002 \u2014 la salle n'étant pas au point\u2014 et s'exiler les années suivantes à l'Université Concordia.Reprendront-ils possession des lieux l'an prochain?C'est à voir.Le cinéma n'était pas en état de décrépitude avant d'être cédé en 1995 par la compagnie mère de Famous Players au Festival des films du monde, mais disons qu'il méritait un sérieux facelift, explique François Losique, fils de Serge et maître « d'ouvrage» du projet de rénovation.Losique n'est pas peu fier de pouvoir enfin montrer au monde le résultat de ces longs et mystérieux travaux.On peut presque lire dans son regard : « Vous voyez, je vous l'avais bien dit.» Tout n'est pas encore terminé, mais à voir s'activer sur les lieux les gars de la construction, ce devrait être fait d'ici la date prévue.Rien n'a été laissé au hasard Soucieux de préserver et même de raviver le look original de l'endroit, Losique fils et son équipe n'on rien laissé au hasard.Et si tous les ornements ne sont évidemment pas d'époque (tissus muraux, tapis, lampes, lustres, murets en simili- marbre, etc.), l'illusion est presque complète.Les fauteuils, standardisés aux critères de confort actuels, rappellent que nous sommes bien au XXIe siècle et qu'apparemment, les gens aujourd'hui sont plus gros, plus grands et ont par conséquent besoin de plus d'espace.Le gros de l'ouvrage, ce sont les plafonds, ceux de l'entrée et surtout ceux de la salle : « Avant, il n'y avait que trois couleurs, le rouge, l'or et le brun, qui masquaient tous les petits détails.On a ajouté du beige, du bleu, une dizaine de couleurs en tout pour faire ressortir ce qu'on ne voyait plus », raconte Losique.L'important étant de montrer que l'Impérial, qui n'est pas le Palais des glaces, recèle quand même des fioritures architecturales et des menues attentions esthétiques (les pâtisseries, le grand médaillon au-dessus de l'écran, jusqu'au rideau d'amiante) qui en font justement un monument historique.Les millions n'ont pas servi qu'à rafraîchir et polir le clinquant, l'Impérial a dû subir de nombreuses et délicates opérations internes : plomberie, électricité, chauffage, tout a été retapé.S'il fallait rénover l'immeuble en entier, les humides sous-sols, encore pratiquement intouchés, mériteraient un grand coup de balai.C'est dans ces caves aux odeurs de brique moisie que se trouvaient à l'époque les loges des vedettes de variétés, mais Losique ne voit pas comment ni pourquoi restaurer ces lieux, selon lui complètement pourris, à peu près irrécupérables.On n'a pas tous les jours la chance de visiter les entrailles d'un vieux cinéma, des fondements aux greniers, greniers apparemment grandioses et mystérieux, accessibles uniquement par une grande échelle et que le vertige nous a empêché d'explorer.Salle à louer La vocation de l'Impérial (super équipé et adapté aux diverses technologies, avec son écran amovible de 9 tonnes) reste inchangée.Temple du FFM, ce sera aussi une salle « à louer », pour toutes les occasions : primeurs, cérémonies, congrès, galas, etc.On pouvait toujours rêver d'un cinéma de répertoire, sorte de pendant chic et solennel de notre Cinéma du Parc préféré, qui nous aurait présenté semaine après semaine les grands classiques du septième art.Mais ça ne se fait pas comme ça.Enfin l'Impérial ouvre grand ses portes (juré) le jeudi 17 juin à partir de 17 h.Sera présenté ce soir-là, en primeur canadienne, le film Nathalie d'Anne Fontaine, avec Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu et Fanny Ardant.M O N T R É AL DI M A N C H E 13 J U I N 2 0 0 4 PAUL ARCAND IMPITOYABLE SCEPTIQUE PAGE 7 LECTURES ARTS ET SPECTACLES Bet.e à croquer Vente aux enchères d'un bronze signé CHRISTIAN CÔTÉ Katharine Hepburn CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Une centaine de fidèles ont eu vendredi soir le privilège de goûter aux nouvelles salades musicales préparées par une Bet.e en solo.Séparée récemment de son Stef, avec qui elle aura vogué sur des flots bossanova pendant une douzaine d'années, la brune chanteuse a offert quelques concoctions dignes d'intérêt dans l'humide lounge du Savoy, attenant au Métropolis.Placé sous le signe du changement, ce spectacle, intitulé Becoming.en devenir, allait nous faire entendre des choses somme toute assez familières venant de la bosseuse de la bossa.Un peu de funk par-ci, de l'acid-jazz par-là, encore quelques élans de bossa bien sûr, et une poignée d'airs du répertoire brésilien.La Québécoise au sang latin dressait ainsi devant nous le sympathique canevas de son nouveau projet.Et ça semble avoir plu aux fidèles présents.Afin de goûter à ce menu en 13 services, chaque spectateur devait allonger 40 $.De cette façon, on obtenait les nouvelles créations savoureuses réalisées par Bet.e et son bassiste / directeur musical Alan Baculis, mais aussi quelques cadeaux en prime.Les créations de Joao Bosco, qui sera du Festival international de jazz dans quelques semaines, d'Elis Regina et de la suave chanteuse brésilienne Joyce ont servi d'amuse- gueule.Des morceaux présentés dans leur exubérance naturelle, guidant les spectateurs vers une bonne humeur immédiate.En échange de notre présence vendredi et samedi soir au Savoy, la chanteuse s'engageait à faire parvenir à chacun un exemplaire autographié de son prochain album, à sa sortie en septembre.En attendant l'automne, Bet.e s'est chargée de nous présenter sa luxueuse équipe.Autour d'elle se trouvait une garde de musiciens parmi les plus aguerris de la métropole : Dany Roy (saxophone), Paul Brochu (batterie) et Jeff Johnston (claviers) avaient notamment été réquisitionnés pour ces retrouvailles heureuses.Puis, juste avant d'interpréter une Drowning Man assez pop, elle s'est empressée de révéler l'identité de l'invité très « especial » qui attendait son tour un peu à l'écart des projecteurs.« Voici l'amour de ma vie, a lancé Bet.e en faisant monter sur scène Carlos Placeres, multi-instrumentiste d'origine cubaine.Et oui, cette foislà, c'est bien vrai, je sors avec le musicien qui est à mes côtés », a-t-elle ajouté sous les rires des spectateurs.Ce solide ensemble a vogué sans trop de heurts à travers un numéro en deux actes.Les improvisations, notamment à la fin de la fiesta Ronco du doué Bosco et sur Nada Sera, un peu plus tard dans la soirée, ont démontré tout le panache du quintette accompagnant Bet.e.Seul petit accro à noter : un micro à moitié bouché qui ne renvoyait pas toute la densité et la puissance vocales de la chanteuse.Plusieurs fois on a perdu la voix de Bet.e au milieu d'envolées musicales entraînantes.Mais ce qu'on retient surtout, c'est que Bet.e rayonnait de joie avec son guitariste-percussionniste de chum à ses côtés, se délectant comme toujours en chantant ses textes multilingues.Il faudra voir ce que tout ça donnera sur CD, mais il nous semble acquis aujourd'hui que Bet.e possède toute la vigueur et la flamme pour se lancer dans l'arène musicale en solo et nous emmener avec elle au pays lascif des rythmes latins.ASSOCIATED PRESS NEW YORK \u2014 Une tête en bronze de Spencer Tracy sculptée par Katharine Hepburn a été adjugée 316 000 $US hier, à New York chez Sotheby's, au second jour de la vente aux enchères des objets et autres souvenirs de l'actrice américaine, décédée l'an dernier à 96 ans.La sculpture, posée sur un piédestal en onyx vert et en marbre, a été achetée par téléphone par un admirateur qui a gardé l'anonymat, a précisé Patty Fox, une porte-parole de Sotheby's.Jusqu'à présent, c'est la somme la plus élevée atteinte lors de ces enchères.L'objet avait été estimé pour cette vente entre 3000$ et 5000 $.Katharine Hepburn avait réalisé la sculpture représentant l'acteur, avec qui elle a eu une longue relation amoureuse, dans les années 1960.Elle la considérait comme un objet de grande valeur.Elle l'avait placée sur une table de chevet dans sa maison de New York et l'emportait fréquemment avec elle lors de ses déplacements.La broche en saphir et diamant que le réalisateur Howard Hughes avait offerte à l'actrice avait été vendue la veille 120 000$ à un admirateur anonyme.Mobilier, vêtements, photos de studio, contrats cinématographiques, oeuvres d'art de la main de la star elle- même et même ustensiles de cuisine ont été mis en vente pour le plus grand bonheur des acheteurs.La robe en velours couleur crème que l'actrice portait pour son mariage avec Ludlow Ogden Smith en 1928 a notamment été vendue pour 27 000 $.Si les acheteurs des principaux lots sont restés anonymes, Sotheby's a précisé que la romancière Danielle Steel avait acquis trois chapeaux de la star pour 3600 $.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Vendredi soir, sur la scène du Savoy, Bet.e a montré à ses fans qu'elle possède toute la vigueur et la flamme pour se lancer dans l'arène musicale en solo et les emmener avec elle au pays lascif des rythmes latins.L'invention de l'Amériquemoderne LAFERRIÈRE suite de la page 1 Le désespoir d'Hemingway s'exerce dans cet éclairage égal qu'il jette sur tout ce qu'il voit, les gens comme les paysages.Hopper remarque encore les ombres, ce qui injecte dans ses toiles cette forte dose de nostalgie.On le sent parfois à la limite de basculer dans un monde défunt.Ce qui le garde avec nous c'est d'abord la netteté de ses lignes, ces couleurs si vives qu'elles nous aveuglent, et cette obsession maniaque pour des thèmes si chers à Hemingway : la solitude, le silence impénétrable des individus emmurés dans leur univers, et une certaine forme d'héroïsme qui pourrait se résumer à un furieux désir de se tenir debout et de marcher droit malgré la perspective d'une fatale déchéance.La différence entre Hopper et Hemingway, c'est que Hopper croit que l'artiste doit rester dans l'ombre pour garder sa force intacte.Il n'est que la pile qui alimente son univers (personnages et paysages) en énergie.Tandis qu'Hemingway s'est toujours cru lui-même un personnage d'Hemingway.En ce sens, il y a une candeur chez Hemingway, d'où ses rodomontades, qui n'existe nullement chez Hopper.C'est, d'abord, en feuilletant un magazine que je découvre cette importante rétrospective des oeuvres d'Edward Hopper que présente ces jours-ci, à Londres, la Tate Modern Gallery.Continuant ma flânerie ensoleillée (ah toutes ces jeunes filles en robe d'été), je remarque à la vitrine de cette discrète librairie où l'on ne vend que des classiques de la littérature anglosaxonne, le magnifique catalogue que Gail Levin avait préparé sur l'oeuvre d'Edward Hopper pour l'exposition de 1980 du Whitney Museum, un bouquin que j'ai sûrement dans l'entrepôt où se trouvent mes caisses de livres depuis mon déménagement à Montréal.Comme il me le fallait tout de suite, par un besoin irrépressible de revoir l'Amérique de Hopper si différente de celle de Bush et Reagan, je l'ai donc acheté.C'est, finalement, au fond d'un vieux magasin de disques que je tombe sur ce tableau qui représente de plus en plus l'Amérique dans son essence la plus juste : une courageuse plongée jusqu'au fond du puits noir de la solitude.Tout ce qui va à l'encontre de l'Amérique reaganienne, cette Amérique de l'ignorance orgueilleuse et de la richesse arrogante.La guerre Ce tableau, c'est Nighthawks, 1942.Il ne parle pas de la misère ou des blessures de guerre, qui sont des malheurs terribles mais remédiables si l'on veut, mais d'une blessure incurable parce qu'invisible à l'oeil nu : la solitude.On l'a tous vu au moins une fois, ce tableau.La scène se passe la nuit dans un bar de Manhattan, un de ces derniers endroits où l'on se retrouve quand tout est fermé, vers trois heures du matin.L'architecture du café est assez étrange : on dirait un navire qui vient d'échouer sur un banc de sable.Les couleurs sont sombres, sauf les visages un peu blafards des quatre personnages.Un éclairage de néon.Deux hommes en chapeau mou, un serveur dont le blanc de l'uniforme semble absorber une grande partie de la lumière, et cette femme rousse habillée en rouge qui habite plus souvent nos rêves que la réalité.Ce n'est pourtant ni un rêve ni la réalité.L'impression suffocante d'un entre-deux.Personne ne semble s'intéresser à ce que l'autre est en train de vivre.Chacun semble emmuré dans son personnage.L'homme seul qui nous fait dos dans le coin gauche du tableau n'est rien d'autre qu'un homme seul.On sent qu'à refaire inlassablement les mêmes gestes, le serveur a fini par atteindre cette perfection qui en fait finalement un automate.L'autre homme joue, naturellement, au dur.On ne voit que son nez de rapace sous un chapeau gris.C'est le genre qui plaît aux femmes.En fait, ce n'est qu'une pâle copie de Bogart.La femme en rouge, une ancienne beauté aujourd'hui ravagée par les nuits blanches, l'alcool et la solitude.Nous sommes en 1942, et la guerre fait rage en Europe.La fondation des mythes Comme tout jeune artiste américain, Hopper avait fait quelques voyages à Paris.Comme tout vrai solitaire, il s'est posté dans un café à regarder passer les gens au lieu d'aller visiter les musées ou de faire des pèlerinages dans les studios des grands peintres.Finalement, agacé, il est rentré aux États-Unis en grommelant qu'il ne pourrait jamais être un Français, qu'il est définitivement un Américain.Mais qu'est-ce que c'est qu'un Américain ?C'est à cette tâche qu'il s'attelle.Il se met à regarder ce pays.Ses montagnes, ses arbres, ses couleurs (le jaune, l'ocre, le vert, le blanc).De 1916 à 1919, c'est une véritable orgie.Il cherche à se perdre dans l'espace américain.Le mot orgie n'est pas juste, il suggère de la sensualité alors que dans son cas, il faut voir plutôt une certaine spiritualité.Une spiritualité primitive.Le rapport avec le dieu soleil qui lave tout : les rochers, les montagnes, les arbres, les buildings, et les gens.Tout cela va culminer dans ce tableau aveuglant de blancheur (Summertime, 1943) où l'on voit une jeune fille debout devant sa maison.Tout est blanc, sauf le ruban bleu du chapeau, la petite bouche rose, et les chaussures noires.Une simple robe blanche qui met discrètement en valeur ses seins.Elle se donne au soleil.Quelques années avant sa mort, Hopper renoue avec ce thème.Dans People in the Sun, 1960, cinq personnes sont assises, tout habillées, le regard rivé sur le soleil.L'impression d'une secte en prière.Dans Second Story Sunlight, 1961, c'est un couple jouissant du soleil sur la terrasse d'un joli cottage blanc.La femme est blonde, comme souvent chez Hopper.Il y aussi ce tableau ( A Woman in the Sun, 1961) où l'on voit une femme nue, debout au milieu de sa chambre, face à la fenêtre ouverte.Son regard de somnambule se trouve équilibré par cette cigarette qu'elle tient à la main droite.Cette cigarette désacralisante est un trait moderne chez Hopper.Quand Hopper a peint un autre étrange tableau (Sun in an Empty Room, 1963) qui montre une chambre vide avec sa fenêtre vitrée par où entre un flot de lumière, quelqu'un lui demanda ce qu'il cherchait dans ce tableau, il répondit spontanément : « moi-même ».Hemingway a peur du vide ; Hopper l'affronte.La solitude à deux Les couples se parlent sans jamais se regarder chez Hopper.Et cela même après l'amour.Nulle tendresse.Dans Summer in the City, 1949 (on dirait des titres de film), l'homme est couché sur le ventre, nu.La femme assise sur le lit, déjà chaussée.Elle semble ailleurs.Dix ans plus tard, Hopper refait le même tableau, Excursion into Philosophy, à la différence que c'est la femme qui est couchée.Elle porte un corsage rose qui met en relief ses jolies fesses de femme de 40 ans.Un livre est ouvert sur le lit.L'homme semble plongé dans d'angoissantes réflexions.Il est complètement habillé.Quel monde ! Mais le tableau qui m'a broyé le coeur, c'est Room in New York, qu'il a peint en 1932, à 50 ans.La scène se passe dans une chambre sans fenêtre.Un couple.L'homme semble avoir 50 ans lui aussi ; la femme est plus jeune.L'homme lit son journal.La femme est au piano.Une charmante intimité.Alors pourquoi cette impression d'ennui mortel ?Quand on regarde attentivement, on voit que la femme ne joue que d'un doigt.Dans ces temps incertains où Bush semble vouloir un destin planétaire, il est bon que Hopper nous fasse pénétrer dans l'intimité de cette Amérique pour nous en montrer les failles et les blessures.On a vite compris que seule la guerre peut masquer une telle faillite.On se demande toujours pourquoi les Américains continuent à appuyer Bush ?C'est la masse de ces échecs individuels qui se convertit finalement en puissance collective.Dans ces temps incertains où Bush semble vouloir un destin planétaire, il est bon que Hopper nous fasse pénétrer dans l'intimité de cette Amérique pour nous en montrer les failles et les blessures.PARADE FOIRE BAROQUE MUSIQUE EN PLEIN AIR DESIGN GRAPHIQUE CD Batailles : enregistrement Festival Montréal Baroque 2003 SORTIE MAI 2004 SDC Vieux-Montréal / Quartier historique INFOS : 5 1 4 .8 4 5 .7 1 7 1 .WWW.MONTREALBAROQUE.COM Suzie Leblanc Daniel Taylor Charles Daniels (UK) Stephan Macleod (CH) Bernard Deletré (FR) Stradivaria (FR) Mercure Galant (FR) Nigel North (UK) SMAM Les Voix humaines La Nef La Mandragore Masques Eric Milnes (EU) Théâtre Lavallière et Jabot Les Boréades Thunderhawks Les Frères Thonon David Greenberg (NE) Chris Norman (NE) David Mc Guinness (UK) GRANDS CONCERTS CONCERTS INTIMES Hatez- vous, les bi l lets s, envolent ! ! ! 3236546A .Tous les samedis dans TOUS LES SCÉNARIOS\u2026 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE D'ÉTÉ Jean-Louis Roux est revenu de tout JEAN BEAUNOYER Ce jour-là, Jean-Louis Roux célébrait son 82e anniversaire à bord du bateau- théâtre L'Escale à Saint-Marcsur- le-Richelieu, où il jouera tout l'été dans La Boutique au coin de la rue, une pièce de Miklos Laszlo.C'était en mai et le producteur du spectacle, Jean Bernard Hébert, a offert un énorme gâteau au comédien.Depuis sa création au Théâtre de la Dame Blanche à Québec, l'an dernier, cette pièce doit bien avoir été jouée une centaine de fois en province et des liens se sont créés entre les comédiens, le producteur, les régisseurs et les techniciens qui oeuvrent à ce spectacle.Et Jean-Louis Roux, même s'il est devenu sage avec le temps, a participé à toutes les fêtes du groupe, ne s'est jamais isolé, n'a jamais regardé ses camarades du haut de son expérience et de son passé.Il fait partie de la famille de La Boutique au coin de la rue et adore toujours le théâtre, la grande passion de sa vie.J'ai rencontré ce soir-là un homme tolérant, un homme devenu patient, qui ne juge pas, qui ne juge plus.Il exprime des opinions avec modération, ne s'emporte jamais, comme s'il était revenu de tout.Et semble admettre que vous ne soyez absolument pas d'accord avec tout ce qu'il dit, surtout lorsqu'il s'agit de politique.D'ailleurs, il doit en avoir l'habitude puisque lui, fédéraliste à toute épreuve, a frayé avec des indépendantistes de tout acabit pendant une bonne partie de sa vie, surtout dans le monde du théâtre.Être artiste sous Maurice Duplessis Tout le monde sait qu'il a été sénateur puis lieutenant-gouverneur et président du Conseil des arts du Canada.On sait aussi qu'il a été cofondateur du Théâtre du Nouveau Monde en période de grande noirceur au Québec.Essayez de vous imaginer ce que pouvait être la vie d'un jeune artiste dans les années 40, sous le règne de Maurice Duplessis, et vous comprendrez le cheminement de Jean- Louis Roux qui s'est tourné vers la France à la fin des années 40 et qui a apprécié la confédération des provinces par la suite.Mais revenons à l'homme, que l'on a dépouillé de son titre et de ses privilèges de lieutenant-gouverneur du Québec en 1996.On a depuis oublié ses allégeances politiques pour reconnaître qu'il avait été traité durement \u2014certains diront injustement\u2014 par certaines autorités politiques et par le Congrès juif.« Je pense qu'il s'agissait tout simplement de vengeance politique, commente le comédien avec détachement.C'était une farce de carabin, de la provocation.» Rappelons qu'un magazine avait ressorti une vieille photo montrant l'adolescent Jean-Louis Roux arborant une croix gammée dessinée à la main sur son costume blanc.Cette photo avait provoqué une tempête et lui avait finalement coûté son poste à la suite de pressions exercées par la communauté juive et par le premier ministre de l'époque, Lucien Bouchard.Le Congrès juif avait exigé des excuses.En a-t-il été humilié ?« Non.Ils n'avaient pas le choix.Ils étaient pris à leur propre jeu.Dans les circonstances, c'était normal.» Pas d'amertume L'homme est serein comme s'il était à mille lieues de toute cette histoire.Je ne sais pas si c'est l'âge, l'expérience ou les souffrances de la vie, mais il n'y a ni amertume, ni rancoeur, ni désillusion dans son comportement et ses propos.Et puis, il fêtait ses 82 ans dans une auberge près du bateau-théâtre.« Si j'avais refusé de travailler avec des indépendantistes quand j'étais directeur du TNM, c'est le théâtre qui en aurait souffert.Au théâtre, il n'y a pas de place pour la politique partisane.Et puis, j'adore les blagues et le rire.» Et c'est alors que Jean-Louis Roux a repassé sa vie, émaillant ses propos d'une foule d'anecdotes qui nous faisaient revivre Batti, Dulin, Claudel, Gide, Jouvet et la France des années 40.Il a vécu cinq ans à Paris en espérant y faire une carrière de comédien.Pourquoi est-il revenu ici au début des années 50 ?« J'aurais probablement vivoté en France alors qu'ici, tout était ouvert.C'était le début de la télévision et je jouais dans La famille Plouffe.Mon personnage d'Ovide était le plus populaire auprès des téléspectatrices.» À la même époque, il fondait également le Théâtre du Nouveau Monde avec Jean Gascon et puis avec les années, la société québécoise évoluait.Le Refus Global avait réveillé les consciences et les artistes prenaient leur place.Devenu directeur général du TNM, Jean-Louis Roux a présenté Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau et Les fées ont soif, des oeuvres audacieuses et controversées, il ne faut pas l'oublier.Aujourd'hui, Jean-Louis Roux ne touche qu'un peu plus de 400$ par mois, sa rente du Théâtre du Nouveau Monde.Il a refusé de retourner au Sénat, n'occupe plus le poste de président du Conseil des arts et se contente de jouer au théâtre et d'observer la vie autour de lui.Que pense-t-il du public de théâtre ?« Étrangement, je dirais qu'il y en a moins aujourd'hui qu'à l'époque où je dirigeais le TNM.À cette époque, on pouvait jouer 30 ou 40 fois une même pièce et accueillir 25 ou 30 000 spectateurs.Je crois que les offres de divertissement sont actuellement plus nombreuses.» Bien sûr qu'on a penché du côté de la nostalgie, mais Jean-Louis Roux avait 82 ans, ce soir-là.LA BOUTIQUE AU COIN DE LA RUE sera présentée au bateau-théâtre L'Escale du 17 juin au 4 septembre.Réservations au (450) 584-4446 ou 1-866-774-4446.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Jean-Louis Roux, sur le balcon supérieur du bateau-théâtre L'Escale, à Saint-Marc-sur-Richelieu.LA TRAME SONORE DE «SHREK 2» EN VENTE MAINTENANT Mettant en vedette dans l'introduction du film la nouvelle chanson des Counting Crows «Accidentally in Love».SI VOUS NE L'AVEZ VU QU'UNE SEULE FOIS, VOUS NE L'AVEZ PAS VU AU COMPLET GVISA GÉNÉRAL À L'AFFICHE VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES / SON DIGITAL DÉSOLÉ, LAISSEZ-PASSER REFUSÉS FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / CINÉMA PINE STE-ADÈLE / CINÉMA 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GVISA GÉNÉRAL À L'AFFICHE! CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS (Version Française de \u201cThe Stepford Wives\u201d) 3235990A À L'AFFICHE DÈS LE 25 JUIN ! Remplissez ce bon de particpation et envoyez-le à l'adresse suivante: FAHRENHEIT 9 /11- VIVAFILM C.P.278, Succ.B, Montréal, QC H3B 3J7 Nom: Téléphone (jour) : Téléphone (soir) : Courriel : Cette annonce est publiée dans La Presse du 12 au 19 juin inclusivement.Le tirage aura lieu le 22 juin 2004.Les gagnants seront contactés par téléphone.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Seuls les coupons reçus par la postes sont acceptés.Valeur totale des prix : 2 000 $.Règlements disponibles chez Vivafilm.Courez la chance de gagner un des 100 laissez-passer doubles pour la première du film.vous invitent à la première du film CONTROVERSE.QUELLE CONTROVERSE ?GAGNANT DE LA PALME D'OR / FESTIVAL DE CANNES 2004 VERSION FRANÇAISE version française de «GARFIELD THE MOVIE» LE JOURD'APRÈS OÙ SEREZ-VOUS?version française de «THE DAY AFTER TOMORROW» «QUELLE AVENTURE! LE FILM POP-CORN PARFAIT!» Joel Siegel, LaLÉGENDE prend vie au GRAND ÉCRAN! CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE CINÉMA GALERIES GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL LES CINÉMAS GUZZO PARADIS MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CAPITOL ST-JEAN CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD CINÉ-PARC CHÂTEAUGUAY CINÉ-PARC DRUMMOND CINÉ-PARC JOLIETTE CINÉ-PARC LAVAL CINÉ-PARC ST-HILAIRE MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 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Captain America », Rocky et Rambo, la politique.« Je garde de bons et de mauvais souvenirs de mon enfance, a-t-il rappelé.J'étais constamment immergé dans le fantastique et l'imaginaire, je dévorais des tonnes de BD pour m'évader de la réalité.Batman, Superman, Flash.Tout jeune, j'étais accro aux superhéros.Une manière de me préserver d'un environnement familial pas très reluisant.Je me retranchais dans la lecture.Autour de moi, dans ma famille, ce n'était que cris et engueulades.C'est ainsi que, petit à petit, ma vocation d'acteur a pris forme car, pour me protéger, je devais souvent mentir ou feindre une attitude.De plus, les gens me disaient fréquemment que je possédais pas mal d'humour.Gamin, j'étais l'attraction principale de ma classe, le rigolo de service.À 6, 7 ans, je faisais bêtise sur bêtise.La satisfaction d'entendre les autres élèves, et même les professeurs, rire de mes blagues et bévues valait largement les punitions et réprimandes.« En Europe particulièrement, on me considère comme le symbole impérialiste des États-Unis.C'est un jugement qui me rend d'autant plus malheureux que la politique n'est pas liée de manière aussi étroite à mon existence.Je crois sincèrement que la politique se situe au-delà des partis et clivages.C'est une affaire d'individus.Aux États-Unis, je reconnais que les Démocrates ont abattu du bon boulot pendant un moment avant que les Républicains ne le dégueulassent.Les choses évoluent.Ce qui fonctionnait il y a 10 ans ne fonctionnera pas forcément aujourd'hui.Si je reste républicain, je ne suis pas, en revanche, pour le gouvernement Bush, avec ces types au pouvoir.Une grande partie du public croit dur comme fer que, sous prétexte que j'ai incarné Rambo, je partage ses idées et ne jure que par la bannière étoilée.Or Rambo, mais également Rocky, restent des personnages de fiction.Ils ne sont pas Sylvester Stallone.» Sylvester Stallone ZOOM Demère en fille E X P R E S S Johnny Depp souhaiterait voir Keith Richards, guitariste des Rolling Stones, faire une apparition dans la suite de Pirates des Caraïbes dans le rôle de.son père ! La présence de Richards au générique serait un amusant hommage de la part de Johnny Depp, qui n'a jamais caché s'être inspiré du look du guitariste pour composer son personnage du Capitaine Jack Sparrow.C'est l'ex-Dracula de Coppola, Gary Oldman, qui incarnera le lieutenant James Gordon dans le Batman Begins de Christopher Nolan, coiffant au poteau les autres prétendants au rôle, soit Chris Cooper, Dennis Quaid et Kurt Russell.On retrouvera auparavant le comédien britannique dans Harry Potter and the Prisoner of Azkaban où lui échoit le rôle du magicien Sirius Black.À peine remis de sa chasse aux zombies dans L' Armée des morts, Ving Rhames sera le producteur exécutif de Night Train, évoquant l'histoire du boxeur Sonny Liston, qui a connu une ascension fulgurante avant de perdre son titre de champion du monde face à Muhammad Ali en 1962.Les circonstances de son décès, en 1970, n'ont jamais été vraiment élucidées.Officiellement, sa mort serait due à une surdose d'héroïne.Sources : Studio, Variety, Première, Monsieur Cinéma Quel effet cela fait-il à Susan Sarandon de voir sa fille Eva entrer dans le monde du showbiz ?« Je suis extrêmement heureuse qu'elle ait trouvé quelque chose qui l'intéresse autant, a-t-elle répondu à L'Écran noir.Parce que s'il y a une chose que j'ai toujours redoutée, c'est que mes enfants, comme ce sont des privilégiés, finissent par ne plus s'intéresser à rien.Je me fiche qu'ils soient passionnés de football, de badminton ou de la philatélie.Je trouve très important qu'un enfant ait une passion pour pouvoir s'épanouir.Je me suis toujours dit que je préférais que ma fille s'intéresse à ce genre de choses plutôt que d'attendre à côté du téléphone que je ne sais quel garçon l'appelle.» Vin Diesel et la mafia Vin Diesel, héros de x Xx et de Fast & Furious, devrait entrer dans la mafia pour Find me Guilty ; il incarnerait un homme de main de la mafia obligé de témoigner à la cour contre ses anciens co-équipiers.Le film, tiré d'une histoire vraie, devrait être réalisé par Sidney Lumet.Le réalisateur, s'étant consacré à la télévision, était absent des plateaux de cinéma depuis Gloria en 1998.Le tournage de Find me Guilty débuterait à l'automne.Enchantment.The Nature of Enchantment promet d'être un film original dont le scénario fantaisiste est signé Stephen Volk.Pour un budget de 18,5 millions de dollars, ce drame psychologique racontera l'histoire d'un psychiatre vieillissant, joué par Michael Caine, et dont les méthodes pour le moins inhabituelles le conduiront à se plonger dans l'univers fantastique imaginé par son patient.Tous deux partiront à l'aventure à travers les rues de New York pour découvrir l'origine du traumatisme subi par le jeune garçon, qui voit en cette ville un endroit peuplé de sorcières, ogres, trolls et autres créatures malfaisantes ; Variety précise que le tournage devrait démarrer en septembre à Montréal.Gilliam passe à Tideland Terry Gilliam revient en force avec deux films tournés dans la même année.Il devrait en effet réaliser Tideland, une adaptation du roman homonyme de Mitch Cullin.Après Brothers Grimm, le réalisateur de Brazil et de l'inachevé Lost in La Mancha enchaînera avec Tideland en septembre ; le film, écrit par Terry Gilliam et Tony Grisoni, raconte l'histoire d'une jeune fille de la campagne texane qui vit des aventures imaginaires.Elle sera accompagnée par quatre poupées désarticulées, auxquelles des acteurs célèbres prêteront leur voix.David Cronenberg « L'essence de la littérature est la métaphore, comparer une chose à une autre.C'est un travail dur à faire au cinéma, car cet art est par nature un peu documentaire, il entretient avec le réel un rapport fort.C'est très important de pouvoir éclairer, définir quelque chose en le comparant à une autre.J'ai une tendance à créer de nouveaux objets, organiques ; je cherche l'équivalent d'une métaphore, tout en tentant de garder un côté documentaire.Objectif Cinéma Susan Sarandon VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 12H RDS a LE GRAND PRIX DU CANADA C'est l'heure du Grand Prix du Canada, qui a failli nous échapper.À RDS, il est précédé d'une émission en direct du circuit avec Pierre Houde, Bertrand Houle et Christian Tortora.12H r LAROCQUE-AUGER Nouveau magazine politique où le tandem Paul Larocque et Michel C.Auger promet de ne pas tolérer le « patinage » des politiciens.18H30 r L'ÉCOLE DES FANS Invitée: Natasha St-Pier.20H a LES BEAUX DIMANCHES Premier des quatre épisodes de la série Napoléon réalisée par Yves Simoneau.Avec une prestigieuse distribution: Christian Clavier, Gérard Depardieu, Isabella Rossellini, John Malkovich et Anouk Aimée.21H CD SANS DÉTOUR On peut faire dire n'importe quoi aux sondages! C'est ce que démontre ce documentaire qui nous rappelle que durant la crise du verglas, un sondage révélait que 97% des Québécois étaient satisfaits d'Hydro-Québec!Àqui peuton se fier?21H ARTV THEMA: L'UNIVERS VIRTUEL Le premier document questionne avec humour les jeux vidéo souvent cloués au pilori parce que trop violents.Le deuxième, Des images qui soignent, prétend que l'on pourra bientôt guérir certains troubles graves grâce aux images virtuelles.21H A CINÉMA: LE GRAND BLEU Deux plongeurs, amis d'enfance et amoureux des dauphins, se demandent lequel plongera le plus loin.Un beau film de Besson sur le rêve inaccessible.Le Téléjournal Découverte / Le Canal de Panama NAPOLÉON (4) avec Christian Clavier, Isabella Rossellini (1/4) Le Téléjournal 15 Secondes Le TVA 18 heures L'École des fans Top 10: chambres d'hôtels les plus dispendieuses Comicographie \"Spécial Couples\" LE CHANTEUR DE NOCES (5) avec Adam Sandler, Drew Barrymore Le TVA / Loteries Pub (23:28) Téléscience / Les deux côtés du miroir Seconde Chance Boston Public LE GRAND BLEU (4) avec Jean-Marc Barr, Jean Reno Une fois c't'un gars UN MIRACLE SUR 19 PATTES avec Josh Hutcherson, Kate Jackson LA PETITE VOIX DU COEUR (5) avec Natalie Portman, James Frain Le Grand Journal News E.T.punk'd Pimp my Ride Cold Case SLEEP MURDER avec Jason Priestley, Kristin Booth CTV News News News Taken SHATTERED CITY (5) avec Vincent Walsh, Graham Greene (1/2) Sunday Report / Election.The Last Chapter .(15:00) ABC News America's Funniest Home Videos NBA Basketball / Finale: Lakers - Pistons Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case SEE YOU INMY DREAMS avec Aidan Quinn, Marcia Gay Harden News .Raymond NBC News U.S.Olympic Trials 2004 Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Joseph Campbell & the Power of.(15:30) Naturescene Nature / Triumph of Life Masterpiece Theatre / Foyle's War.Masterpiece Theatre / Foyle's War: German.(15:00) Joseph Campbell & the Power of the Myth (2/2) The Editors BBC News I Saw you Biography / Mama Cass Biography / Janis Joplin Biography / Jane Fonda Boomer Nation The Magic Touch of Harry Potter .Franco Folie .de scène Relais.Visite libre Viens voir les comédiens Thema: l'Univers virtuel Thema: l'Univers virtuel (22:05) Candidature (23:10) Andie Mc Dowell: Profile Arts&Minds Roland Jean Drawing out the Demons ENTRAPMENT (5) avec Catherine Zeta-Jones, Sean Connery THE MASK OF ZORRO (4) Show rire Super écran Chroniques de l'Ouest sauvage Docu-d / Terreur sur le Net Sans détour / Sondages.Danger dans les airs Vidéo Patrouille Bilan du siècle Cette énergie que nous.Le Cégep.Festifilm 2004 Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école Kindergarten Le Monde.Frontiers of Construction Daily Planet Nostradamus Night / The Real Nostradamus Myth Busters / Penny Drop Daily Planet Vidéo Guide Roue de.La Route.plongée Maeva .le spa Itinéraires de rêve Bazaar Pilot Guides .(17:56) .(18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids HANNAH AND HER SISTERS (2) avec Woody Allen WHITE WILDERNESS (23:04) The WB's Superstar USA Oliver Beene King of the Hill The Simpsons Arrested.Malcolm.Arrested.Charmed Summerland .(15:00) Global Sunday Bob &.NBA Basketball / Finale: Lakers - Pistons Global News Global Sports Trouvailles &Trésors Sucre alors! / Inventions.Tournants de l'Histoire Légendes du hockey C'EST L'APOCALYPSE (1) avec Martin Sheen, Robert Duvall War Surgeons Hitler's Henchmen Royal Secrets APOCALYPSE NOW (1) avec Martin Sheen, Robert Duvall Style Star Fashion File Birth Stories Adoption.Little Miracles Exchanging Vows Trading Places Love 911 Skin Deep Stars &.L'Amour à.Nostalgia Musicographie / Pat Benatar Céline à Las Vegas /Week-end de stars Musicographie / Pat Benatar Bécosse.la peau de Babu à bord Concert Plus / Black Eyed Peas Viva la Bam Groulx Luxe Pauvres Filles! 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Fastlane Les Chroniques du paranormal FEUX.(3) (23:49) .(22:47) CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES REEDITIONS Soir de Feist, L'heritage au-dela du buzz.de B.B.ALAIN BRUNET CRITIQUE abrunet@lapresse.ca En matiere de pop, d'aucuns savent que les emballements publicitaires et les surencheres mediatiques peuvent parfois desamorcer la lancee d'un artiste.L'effet de tremplin n'est pas assure dans cette jungle, d'autant plus que le public peut aussi decoder les stratagemes promotionnels.ou ces chroniqueurs qui s'emportent pour bien peu de choses.Si Feist, par exemple, s'etait plantee sur la scene du Cabaret jeudi soir, les appuis journalistiques de cette faiseuse de pop from Calgary (transplantee a Paris et jouissant d'un serieux hype francais) auraient ete fragilises illico.De mauvaises langues se seraient deliees.peutetre avec raison.Au mieux, on aurait dit que le concept studio de son album Let It Die etait fute, mais que le petard pourrait bientot prendre l'eau.Mais c'est aussi le risque a prendre pour le chroniqueur lorsqu'il devance l'impact commercial d'un artiste.Or voila, le jeu en valait la chandelle, car Feist a fait un petit triomphe malgre l'heure tardive de son show.Il fallait d'abord assister au concert d'Ambulance, un joli college band de New York, forme de petits gars qui ont du gout, des references amerloques et britanniques.Sympas, quoique peu magnetiques, voire chetifs.Faudra sortir les dents, les mecs, sinon on ne s'en tiendra qu'a vos enregistrements.On approche 23 h, Leslie Feist se pointe enfin.Vetements legers, tres simples, gracieux, d'un blanc immacule.La brunette est alourdie par une imposante guitare semi-acoustique dont le rouge renforce l'impression de disproportion.Mais son sourire tendre a tot fait de faire son travail, l'auditoire a tot fait d'etre tout ouie.La petite dame est entouree d'instruments plus ou moins atypiques, comme on s'en doutait : claviers minimalistes, sonorites d'orgues et de vieux synthes, percussions acoustiques ou electro, parfois deux trombones qui completent notes electriques et notes de synthese, sans compter ces riffs enregistres en direct par la chanteuse et balances en boucle.On sent planer le meme esprit de Let It Die, bien que les arrangements de Gonzales et les mixes de Renaud Letang cedent la place a un autre amalgame.Feist nous sert d'abord Gatekeeper, premier titre de Let It Die.Les accords de guitare sont plaques, deja on decele un son tres special.Feist n'est pas une virtuose mais elle a vraiment une degaine qui lui est propre, empruntant a differents styles, dont le jazzy.Des les premieres mesures, sa voix se demarque de tout ce qu'on peut entendre.Encore la, la texture, le timbre, ce petit voile a la fin de ses phrases, ces elans insoupconnes de puissance, cette maniere si brillante de composer avec ses limites.Question de nous accrocher definitivement a son charme, Feist s'impose avec cette Leisure Suite, irresistible soul rythmee doucement et surement.La voix se fraye un chemin a travers ces claviers organiques et ces deux trombones qui ronronnent paisiblement, non sans rappeler la classic pop de Burt Bacharach et sa fabuleuse interprete Dusty Springfield.Mais ces references ne sont que des materiaux pour Feist qui en fait autre chose.Quelque chose de legerement destabilisant et de contagieux.Accessible, doit-on insister; rien n'est abstrus sous la gouverne de cette originale.One Evening suit sur le meme feeling pop soul.L'auditoire est alors gagne totalement.Sans se faire prier, il goutera Anti Pioneer, une ballade qui ne figure pas sur son disque.Puis c'est Mushaboom, sa plus pop, fort jolie plongee dans les reves d'avenir d'une femme (fictive) qui ne semble pas l'avoir facile.On revient ensuite a cette blue eyed soul si singuliere avec du materiel qui ne figure pas sur le disque qu'on connait.Apres nous en avoir mis plein la gueule, les percussions ponctuent l'interpretation minimaliste de When I Was a Young Girl, dont l'air presque medieval finit par basculer dans l'avenir.Un peu plus loin, la reprise des Bee Gees (Inside And Out) s'avere tres audacieuse : a l'instar d'Ani di Franco, elle en limite l'accompagnement au seul jeu de batterie ! Pour les minutes magiques qui suivront et les rappels a repetition, le monde de Leslie Feist aura bouleverse ses fans de la premiere ligne.Peu se seront formalises de l'absence de ses reprises francaises (L'amour ne dure pas toujours, de Francoise Hardy, et Tout doucement, du tandem Clausier / Mercadier), on se rejouira plutot d'autres reprises singulieres, dont Now At Last, de la legendaire Blossom Dearie.Dix ans apres avoir fait l'experience de cette meme scene (alors qu'elle chantait punk), Feist aura elu une seconde fois domicile dans un Cabaret rempli a pleine capacite.Il y a fort a parier que le prochain soir de Feist a Montreal se celebrera dans un amphiteatre plus considerable.Parfois, le hype est justifie.En deux albums et une vingtaine de 45 tours, Brigitte Bardot a grave une dizaine de classiques et impose un style copie ad nauseam.Elle chantait mal ?Et apres ?JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE jlaurenc@lapresse.ca Aujourd'hui, l'affaire est entendue.Brigitte Bardot est une vieille hysterique, tout juste bonne a s'exciter pour la defense des animaux.Des bebes phoques aux chiens chinois, ses ruades mediatiques ont fait d'elle la risee generale.Rien que pour se caler d'avantage, la dame couche avec l'extreme droite.Elle en paye meme le prix, puisqu'on l'a condamnee cette semaine a une amende de 5000 euros pour ses ecrits racistes.Brigitte Bardot, une farce ?Sans doute.Mais ca n'a pas toujours ete le cas.Oh que non ! Il y a 40 ans, Brigitte Bardot etait le centre de l'univers.Le sex symbol absolu.La digne successeure de Marilyn Monroe.Elle n'avait besoin de personne (en Harley Davidson) et le monde lui embrassait les pieds.Les hommes la desiraient.Les femmes desiraient lui ressembler.Les magazines la voulaient sur leur couverture.Les couturiers, pour endosser la mode et le cinema, pour jouer la comedie, enfin mettons.Et puis, il y avait la chanson.Elle ne la visita qu'en touriste.Mais quel passage.En une vingtaine de 45 tours, B.B.la tornade (brune, puis blonde) aura legue une dizaine de classiques et impose un modele de chanteuse qui sera copie a outrance.Certes, elle chantait comme un pied : registre a peu pres nul, emotions raides comme du carton.Mais si B.B.avait un talent, c'etait de savoir bien s'entourer.En d'autres mots, ses tounes etaient aussi bonnes que ceux qui les signaient.On pense d'abord a Gerard Bourgeois et Jean-Max Rivier e, q ui lui do n n e r e n t l'indemodable Madrague, une des plus belles chansons d'ete-nostalgie.On pense surtout a Gainsbourg, qui etait fou d'elle et qui, inspire par leur torride aventure, lui offrit quelques memorables rengaines (Bubble Gum, Harley Davidson, Contact, Comic Strip, Bonnie & Clyde, L'appareil a sous) la revelant sous son jour le plus rock'n'roll.Sans oublier cette premiere version de Je t'aime moi non plus, censuree pendant plus de 20 ans a la demande de l'actrice.Version moins penetrante qu'avec Birkin .qui en fera le succes planetaire que l'on sait.mais sulfureuse a la maniere Bardot, par son melange d'erotisme superficiel et de theatre surjoue.Si on vous en parle, c'est que toutes ces chansons (et plus encore) se retrouvent sur le triple de compilations (deux CD et un DVD) tout juste lancees par le label Mercury.Certes, ce n'est pas la premiere fois qu'on reedite Bardot.Loin s'en faut.On s'etonne pourtant a y prendre plaisir.Comme si c'etait la premiere fois.Axe sur les grands succes, le premier CD nous amene en terrain archi- connu, des bouges gainsbouriens aux plages sexy de Nue au soleil.Un winner assure.Le deuxieme CD est consacre a la Bardot des annees 70.Une periode meconnue, qui s'achevera avec son retrait definitif du showbiz, au milieu de la decennie.Musicalement, c'est la suite logique.De la bonne pop avec des basses bien rondes, un peu de bossa, des arrangements modernes pour l'epoque.Et un peu plus de maturite dans la voix.Quant au DVD (Divine B.B.), il reunit 10 ans de clips tele enregsitres entre 1963 et 1973, dont quelques inedits pas piques des vers, comme cette marrante Bise aux hippies, trio pseudo-psychedelique avec Sacha Distel et Gainsbourg, qui apparait en guitariste acidule.Voir Bardot chanter, c'est passer de l'experience sonore a l'experience physique.C'est aussi passer du noir et blanc au technicolor.On pense au fameux Brigitte Bardot show, tourne en 1968 et offert ici dans sa totalite.Brigitte y apparait dans toute sa splendeur de muse gainsbourienne, furieusement blonde, extraordinairement femme, se detachant pour toujours du peloton de filles yeye qui tentaient en vain de la rattraper.Bref, c'est l'image de B.B.chanteuse, se cristallisant pour l'eternite.On a beau avoir vu et revu le clip Harley Davidson des millions de fois, ce coup de reins, mes amis, nous appuie toujours sur le starter.Ainsi s'est fige le personnage de B.B., deversant a l'ecran son trop plein de sex appeal.De Mylene Farmer a Vanessa Paradis, de Michele Richard a Mitsou, combien de chanteuses moyennes ont depuis tente de l'imiter, compensant leurs limites vocales par des tenues provocantes et un erotisme factice.Outre un paquet de jolies chansons, telle fut peut-etre la contribution de B.B.a la chanson francaise : avoir impose cette image de chanteuse sulfureuse, creee sur mesure pour elle par Gainsbourg, avec des chansons a double sens et une facon toute charnelle de mordre le micro.Je ne sais pas si Brigitte Bardot a influence son epoque.Mais elle a incarne un genre, un personnage sans voix qui a certainement ete apprecie plus tard, precise Monique Giroux, animatrice de l'emission Les Refrains d'abord (Premiere Chaine).Effectivement, elle avait des chansons sympas qui tiennent encore la route.De la a dire qu'elle a ete une grande dame de la chanson, il y a un pas.Mais c'est un mythe.Ce qui est etrange, c'est qu'elle ne chante plus, mais qu'elle est encore en vie.Et on en a fait un culte, comme Dalida ou Claude Francois, deux artistes qui sont morts.FFFF DIVINE B.B.(BBC/Mercury/Universal) FFFF THE BEST OF BARDOT (Mercury/Universal) FFF1.2 BRIGITTE BARDOT (Mercury/Universal) Feist n'est pas une virtuose mais elle a vraiment une degaine qui lui est propre, empruntant a differents styles, dont le jazzy.Ce n'est pas la premiere fois qu'on reedite Bardot.Loin s'en faut.On s'etonne pourtant a y prendre plaisir.Comme si c'etait la premiere fois.SPECTACLES LA SAISON BAROQUE 2004-2005 CINEMAS INDEPENDANTS BABOUSSIA Cinema Parallele: 13h40, 15h30, 19h15.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinema Parallele: 12h, 19h30.CORPORATION (LA) Cinema Beaubien: 13h15, 16h30, 19h, 21h30.Ex-Centris (salle Fellini): 12h, 14h50, 21h30.DEPUIS QU'OTAR EST PARTI Cinema Beaubien: 14h, 16h15, 18h45, 21h.Ex-Centris (salle Cassavetes): 14h30, 17h10, 19h10, 21h15.FESTIVAL PRESENCE AUTOCHTONE 2004.Cinema ONF.Renseignements: (514) 573-VUES.LADYKILLERS (THE) Cinema du Parc (2): 19h40.LE BONHEUR C'EST UNE CHANSON TRISTE Cinema Parallele: 17h25, 21h05.LORD OF THE RINGS (THE): THE RETURN OF THE KING Cinema du Parc (2): 14h.MONICA LA MITRAILLE Cinema Beaubien: 13h45, 16h30, 19h, 21h30.SUPERSIZE ME Cinema du Parc (2): 17h40, 21h30.THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED/DISCORDIA Cinema du Parc (3): 14h, 16h40, 19h20, 22h.YOUNG ADAM Cinema du Parc (1): 15h15, 17h15, 19h15, 21h15.UZAK (LOINTAIN) Ex-Centris (salle Fellini): 17h30.DANSE STUDIO DE L'AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier) La Pudeur des icebergs, de Daniel Leveille.Avec Frederic Boivin, Mathieu Campeau, Stephane Gladyszewski, David Kilbrun, Ivana Milicevic et Dave St-Pierre: 20h.MUSIQUE CHALET DE LA MONTAGNE Festival de musique de chambre de Montreal.Lara St.John, violoniste, et Daniel Taylor, haute-contre.Bach, Handel, Schmelzer: 20h.EGLISE ST.ANDREW AND ST.PAUL Ottawa Bach Choir.Dir.Lisette Canton et Julian Wachner.Schutz et Bach.Entree libre: 14h.FACULTE DE MUSIQUE DE L'UdM Institut canadien d'Art vocal: master-classes publiques: Joan Dornemann: 19h30.VARIETES CITE DES ARTS DU CIRQUE (8181, 2e av.) 3, spectacle des eleves de l'Ecole nationale de cirque: 19h30.THEATRE OLYMPIA (1004, Sainte-Catherine E.) Rent, opera rock de Jonathan Larson.Mise en scene de Evan Ensign: 15h et 20h.Avec Lulu Hugues, Marie-Mai, Jean-Franois Bastien, Ariane Gauthier, Yanick Lanthier, Gardy Fury, Annie Hebert, Marc-Andre Thibault, Caroline Mailhot, Baptiste, Yvan Pedneault, Tania Langlois.Productions Sandler-Poulin et Juste pour rire: 15h et 20h.CABARET DU CASINO DE MONTREAL Viva Casino ! : 21h.THEATRE HECTOR-CHARLAND (225, boul.l'Ange-Gardien, L'Assomption) Party retro avec Gilles Girard, Cesar et les Romains, Guy Harvey et les Gendarmes: 20h.Treize a la douzaine GUY MARCEAU COLLABORATION SPECIALE Pour la premiere fois, les 13 ensembles les plus actifs et connus du milieu baroque montrealais se sont regroupes comme dans une grande fete de famille, vendredi dernier, a midi, pour lancer leur saison 2004-2005 respective (Arion brillait par son absence).Si les medias font d'une pierre 13 coups, les ensembles profitent de l'occasion pour demontrer la grande vitalite de la musique ancienne qui foisonne en nos murs, et surtout l'atmosphere de convivialite et de fraternite qui regne la ou tous devraient se battre pour une part de marche.Samuel Beckett dirait des similitudes parmi les differences , en cela que la plupart des musiciens pigistes et surnumeraires jouant d'un instrument d'epoque se produisent avec a peu pres tous les ensembles baroques montrealais.On pourra donc entendre les violonistes Olivier Brault, Helene Plouffe, les gambistes Susie Napper, Margaret Little, Elin Soderstrom et Melisande Corriveau, les clavecinistes Olivier Fortin, Dorothea Ventura, Genevieve Soly et Luc Beausejour, les flutistes Matthias Maute, Sophie Lariviere, Francis Colpron et Natalie Michaud.aux Boreades (quatre concerts), aux Idees heureuses (cinq), au SMAM (quatre), chez Masques (quatre), au Quatuor Franz-Joseph (trois poursuivant son integrale des quatuors de Haydn), a la Nouvele Sinfonie (un).parmi d'autres.En chiffres eloquents, comme l'enoncait Francoise Davoine, de Radio- Canada, qui animait le mega lancement, la saison ressemble a ceci : 51 concerts a Montreal, 28 ailleurs au Quebec, 79 au Canada, 35 a l'etranger, 17 disques compacts lances, 18 a paraitre, 21 groupes invites d'ici et d'ailleurs.Christopher Jackson, chef du SMAM qui a connu les debuts timides de la musique baroque a Montreal en 1974, a parle de l'importance de Radio-Canada / CBC a la diffusion de la musique, mais n'a pas annonce les 30 ans de son ensemble cette annee; si le SMAM ne souligne pas la chose en grande pompe, il n'en reserve pas moins des surprises qui seront devoilees en septembre.Deux concerts a noter : un programme tout Charpentier (18 juin au Festival Montreal Baroque), et les Vepres a la Vierge de Monteverdi (25 fevrier).Evidemment, les contenus sont trop abondants pour se lancer dans une enumeration, mais soulignons tout de meme quelques hauts faits : la Nouvele Sinfonie (40 musiciens) n'offre une fois de plus qu'un seul concert (31 octobre / 1er novembre), Don Quichotte chez la Duchesse, un rare opera de Joseph Bodin de Boismortier.Aux quelques solistes de chez nous (Shannon Mercer, Vincent Ranallo), se joindront les chanteurs francais Francois-Nicolas Geslot (haute-contre) et Gaelle Mechaly (soprano).La Nef (quatre concerts) reinvite la soprano Meredith Hall pour des Noels celtiques (25 novembre), et l'eclate Robert Marcel Lepage signera a nouveau la creation du secteur Musiques nouvelles (3 avril).L'excellent choeur Viva Voce (trois concerts) offrira les six motets de Bach (28 fevrier), les Boreades, de la musique instrumentale de Charpentier, annee anniversaire oblige (12 novembre), Les Voix Humaines invitent deux chanteurs, l'alto masculin Matthew White (10 novembre) et la mezzo Guillemette Laurence (13 avril).Les Idees heureuses, dans un concert hors-serie (25 octobre) proposent un portrait musical et theatral de la fantasque Duchesse du Maine, Louise-Benedicte de Bourbon (1676-1753) avec la soprano Suzie Le Blanc, la comedienne Anne-Marie Cadieux et la danseuse baroque Marie-Nathalie Lacoursiere.Masques accueille deux clavecinistes de renom, Skip Sempe et Pierre Hantai en classe de maitre d'abord (1er octobre) puis en concert musique-theatre le 2 (Lord's Masque (1613) de Thomas Campion) et le 3, avec de la musique elisabethaine a trois clavecins, incluant Olivier Fortin, fondateur de l'ensemble.Clavecin en concert (cinq) accueille de son cote la claveciniste francaise Blandine Rannou dans Bach et Rameau (18 mars) ; la pianiste jazz Lorraine Desmarais est l'invitee de l'ensemble de flutes Caprice (11 septembre) dans Sweet Follia, avec des oeuvres de Bach, Rossi, Maute et Desmarais.Et une nouvelle venue : la flutiste Mika Putterman offre trois programmes (francais, italien et allemand) avec des invites a la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours ; sa saison s'intitule tout simplement Autour de la flute. ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Encore les années 60 JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE La Terre est peut-être ronde, son satellite, pour le vidéaste Nelson Henricks, est bipolaire.Bicéphale.À deux têtes, deux sources.Et plat.Comme une projection vidéo, mariant image et son.Sa toute nouvelle oeuvre, Satellite, composée de deux écrans connexes et adjacents propose une entraînante et amusante vision de la chose.Créée et présentée dans le cadre de Zone libre, la série consacrée à des projets d'art actuel du Musée des beaux-arts de Montréal, Satellite est une bande vidéo de 10 minutes à apprécier en sirotant un smart drink.Du moins, la musique techno qui sert de trame sonore pourrait inciter plus d'un à se dandiner.Peu importe que l'on soit au musée.Illustrative, cette musique n'est est pas moins pas pour autant précieuse.D'une facture évidemment actuelle, elle sert de contrepoids, avec cynisme, à un contenu (textes et images) évoquant des temps révolus.Des temps imprégnés de la foi dans la science, d'où le titre de l'oeuvre, référence aux premières explorations spatiales.Cette époque, les années 60, a décidément pris racine au MBA, qui les a célébrées avec faste il y a quelques mois à peine.Stéphane Aquin, conservateur de l'art contemporain et responsable de Zone libre, aurait très bien pu intégrer Satellite à l'expo Village global : les années 60, dont il était le commissaire.Amalgame d'images récupérées dans des documentaires d'un certain âge (Henricks est de ces artistes qui collectionnent et rassemblent des fragments du passé (comme la musique techno), Satellite, « une parabole de l'entendement », écrit Aquin, disserte sur les dualités de l'être humain : deux sens élémentaires (l'ouïe et la vue), deux hémisphères du cerveau, deux oreilles, deux yeux.Le volet écrit, apparaissant parfois en intertitres ou sous forme de jeu graphique, est offert dans les deux langues « officielles» (clin d'oeil aux débuts de l'ère Trudeau), chacun sur son écran.Des textes qui ne manquent ni de punch (le Tous les enfants veulent aimer leurs parents est suivi de son contraire) ni d'absurdité, voire de musicalité (main d'oeuvre, de main en main, la Main).Cette obsession bilingual, qui vient sûrement de l'exigence du musée de présenter un contenu français, fonctionne à merveille, tant et si bien que ça reste équitable.Pour les autres fois, où le français apparaît en sous-titre d'une voix off, le rythme et l'ambiance sont quelque peu cassés.La musique, elle, ne s'arrête jamais.Acquisitions En marge de ce nouveau Zone libre, le musée inaugurait cette semaine une expo temporaire sur sa collection permanente.En fait, avec Repères, Stéphane Aquin veut montrer la diversité et l'à-propos des acquisitions du MBA en art contemporain.Il y en a effectivement pour tous les goûts dans cette sélection de 41 oeuvres (des 1200 achetées en 10 ans).On passe des installations vidéo ou holographiques de Gisèle Amantea et de Michael Snow à des oeuvres clés de l'art canadien (Un tournesol de Jeff Wall, Le Chasseur d'images de Roberto Pellegrinuzzi), puis à des pièces dévoilées ici, tant à la Biennale de Montréal que dans les galeries les plus pointues.Betty Goodwin, Geneviève Cadieux, Barbara Todd, Eric Cameron, parmi les plus « vieux », Nicolas Baier, Massimo Guerrera, Ed Pien, Alexandre Castonguay, parmi les « jeunes », c'est un véritable portrait de famille qui est servi.Avec un nouveau venu à découvrir, Damian Moppet, et une oeuvre magnifique à voir, Le Théâtre du son de Raymond Gervais, et sa multitude de boîtiers CD.SATELLITE de Nelson Henricks, jusqu'au 17 octobre, et REPÈRES : ART CANADIEN CONTEMPORAIN.DIX ANS D'ACQUISITION, jusqu'au 3 octobre, Musée des beaux-arts de Montréal.Info : 514 285-2000.PHOTO GRACIEUSETÉ MUSÉE DES BEAUX-ARTS Une image tirée de Satellite, de Nelson Henricks : une bande vidéo de 10 minutes à apprécier avec un smart drink.GÉNI E S EN HERBE #1097 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- CINÉMA FRANÇAIS 1 Quel cinéaste français a réalisé l'adaptation du roman de Louis Hémon, Maria Chapdelaine, en 1934 avec Jean Gabin dans le rôle de François Paradis?2 Ce compositeur mort à la guerre en juin 1940, plus jeune avocat de France à l'âge de 19 ans, a renoncé au barreau pour se consacrer totalement à sa vocation musicale en 1923.Il a entre autres dirigé les réalisations musicales des films Quatorze juillet (1933), Carnet de bal et Le quai des brumes (1938).3 Quel film de Julien Duvivier, réalisé en 1935, dont le sujet était la Légion étrangère espagnole fut dédié au colonel Franco qui lui avait alors accordé son concours, mais pour lequel la dédicace fut supprimée lors de la réédition du film en 1952?4 Quel film de Henri Georges Clouzot, datant de 1943, fut violemment attaqué par la presse clandestine de la Résistance, car produit par la société allemande Continental, et accusé d'être au service de l'idéologie de l'ennemi.Il fut interdit à la Libération et Clouzot se vit alors interdire de travailler durant 2 ans?5 Cette actrice française, née en 1934 à Paris, commence par poser comme modèle avant d'être découverte par l'assistant de Marc Allégret, Roger Vadim, son futur époux et réalisateur du film Et Dieu créa la femme qui l'imposera comme sex-symbol.ACTRICE FRANÇAISE C- MÉTIERS 1 Ce métier, pratiqué par l'ancien premier ministre du Québec Adélard Godbout, a pour objet l'étude des relations entre les plantes cultivées, le sol, le climat et les techniques agricoles.2 Ce métier inusité est pratiqué par celui chargé de soigner et de conduire les éléphants.3 Celui qui pratique ce métier est maître chez soi.4 André Pratte, Michèle Ouimet et Mario Roy en sont.5 Celui qui pratique ce métier est chargé de la conservation des minutes, des pièces de procédure, de la délivrance des copies et de l'assistance des magistrats.D- ASSOCIATIONS Associez ces noms de parfums à leur créateur.1 Ultraviolet a- Ralph Laurent 2 Deep Red b- Paco Rabanne 3 Boudoir c- Hugo Boss 4 J'Adore d- Vivienne Westwood 5 Romance e- Christian Dior E- CHARADE 1 Mon premier est une interjection exprimant le rire.2 Mon second est un féculent pouvant être réduit en poudre et parfumé pour le maquillage.3 Mon troisième signifie un camarade, un copain ou un ami.4 Mon quatrième est le symbole chimique de l'erbium.5 Mon tout est un personnage inventé par J.K.Rowlings et mis en scène dans cinq romans dont le dernier est L'Ordre du Phénix.F- IDENTIFICATION D'UN PERSONNAGE 1 Né le 15 août 1888, il étudie l'histoire et l'architecture médiévale à Oxford.Lors de ses voyages en Orient, il participe à des fouilles pour le compte du British Museum.2 Lorsque la guerre éclate, il est dans les services de renseignements et participe à la création du Bureau arabe du Caire.Dès 1916, il sert de contact entre l'émir Fayçal qui dirige la révolte arabe contre les Turcs.3 En Arabie, il est le stratège principal de la révolte des peuples arabes du désert contre le joug ottoman et mène la prise du port d'Aqaba.4 Participant de la conférence de Versailles en tant qu'expert des problèmes arabes, il publie la Révolte et les Sept Piliers de la sagesse.G- NUTRITION 1 Quels types d'aliments simples ont pour fonction principale de fournir de l'énergie et se retrouvent dans les aliments féculents tels le pain ou les pâtes ?2 Selon le Guide alimentaire canadien, combien de portions de fruits et légumes devezvous prendre chaque jour?3 Cette vitamine stimule la formation par le foie d'une protéine nécessaire à la coagulation du sang et se retrouve dans des aliments tels que le foie, les choux, les épinards et les oeufs.4 Quel organe de l'être humain produit les deux tiers du cholestérol présent dans le corps, l'autre tiers provenant de la consommation de produits d'origine animale?5 Quelle substance, après avoir été ingérée par un adulte, a une demie-vie de quatre à six heures, n'a aucune valeur nutritive, augmente la perte des minéraux et diminue l'absorption du fer?H- TERMES POLITIQUES Identifiez correctement le terme politique décrit cidessous.1 Ensemble des doctrines théologiques favorables au pouvoir absolu du pape.2 Politique d'un État visant à réduire d'autres États sous sa dépendance politique, économique ou militaire 3 Acte par lequel un parti politique désigne officiellement un candidat à une élection.4 Personne qui exerce un métier manuel ou mécanique, a un niveau de vie relativement bas dans l'ensemble du groupe social et ne possède que son salaire pour vivre 5 Système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange.On y recherche le profit, l'initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises.CRÉATEUR DE PARFUM B- GUERRE DU GOLFE 1 Les missiles Patriot américains sont des antimissiles déployés durant la guerre du Golfe, notamment en Israël, afin de contrer quel type de missiles soviétiques conçus dans les années 60 et à la précision incertaine?2 Quels deux faucons de l'entourage actuel de George W.Bush étaient respectivement à l'époque de la guerre du Golfe secrétaire à la Défense et commandant en chef des troupes?3 Parmi les pays suivants, lequel ne s'est pas impliqué militairement avec les États-Unis contre l'Irak : Arabie Saoudite, Allemagne, Canada, France et Japon?4 Quelle menace, proférée par Bagdad en cas d'attaque américaine, a été mise à exécution lors du retrait des troupes irakiennes du Koweït en février 1991, causant une véritable catastrophe écologique?5 Comment a-t-on nommé l'opération militaire américaine, déclenchée le 7 août 1990, qui prévoyait le déploiement de forces dans la région afin d'assister les Saoudiens dans leurs positions défensives?GEN13JN SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Tous les vendredis dans LA VIE FORMAT MAGAZINE Venez discuter du livre du mois\u2026 Da Vinci Code de Dan Brown Jean Fugère anime un débat : «Y a-t-il eu historiquement une conspiration de l'Église contre les femmes ?Que révèle le livre de Dan Brown de notre rapport au religieux?».Ses invités : Hélène Pedneault, écrivain et essayiste, Pietro Boglioni, historien et Solange Lefebvre, théologienne.Le dimanche 13 juin, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15h30 à 17h.C'est un rendez-vous, aujourd'hui.3232146A \u203a Voir SCEPTIQUE en page 8 \u203a Voir SAND en page 8 «I RUDY LE COURS Amandine Aurore Lucie Dupin, baronne Dudevant, auraiteu200 ansle premierjuillet, aussifêtedu Canada, quiseraprétextepour certainsàsouffler137 bougies.Celle quichoisitde devenir écrivaine en adoptant, en 1832, le pseudonyme de George Sand reste aujourd'huiassociée àsajeunesse libertine oùelle arborepantalon, redingoteetcigare, etàdeux ou troisromanschampêtrestels La Mare audiable ou La Petite Fadette , vus par sesdétracteurs comme de banales bluettesàdonneren pâtureaux préadolescents.Avecle recul, Sand est pourtant l'une destroisgrandesfemmesdes lettresfrançaisesduXIXe siècle avec Sophie Rostopchine, comtessede Ségur, et Germaine Necker, dite madame de Staël, àrésisteràl'oubli.Comme elles, dusang bleucoulait danssesveines, étantde parson père, mort prématurément, l'arrièrepetite- fille dumaréchalde Saxe, maisaussiroturièredeparsamère, une bohémienne de moeurs légères.Sesadmirateurs fontbeaucoup pour lagarderaugoût dujour, ayant même réclamé son entrée au Panthéon aprèsavoirapprisqueson contemporain Alexandre Dumas avaiteudroitàcetinsigne honneur en 2002, année de son bicentenaire.Legouvernementfrançaisaplutôt décrété2004année de George Sand etorganiséquelquesmanifestations de circonstance.Ilaencouragé la réédition de sesoeuvresoulapublication d'ouvragesquiluisont consacrés.Caril faut bien l'admettre, sibien desgenssaventqu'elle acompté parmi sesamants Alfred de Musset et Frédéric Chopin, peuseraient capablesde nommercinq de ses quelque110romansouune seule de ses25piècesde théâtre.C'est direpourtantcombien la dame aétéplus industrieuseencore quebutineuse, elle quiaaussiécrit maints textesautobiographiques, d'innombrablesarticlesde journaux etdesmilliers de lettresdontla publication, avisaux intéressés, fait 25tomesaux éditions Garnier.Une romantique George Sand faitson entrée parmi lesromantiquesen 1832 avec Indiana , histoired'une Créole malmariée.Àl'époque, Auroretrompe son mari, Casimir Dudevant(quienfait autant), avecunjournaliste-écrivain dunom de Jules Sandeau.Elle pond avecluidesécrits àquatremains signésJ.Sand.Lorsqu'elle veut publierseule, son éditeur luisuggèredegarder le nom de Sand.Pour les 200 ans de George Sand l y a bien eu Bob Morane et, au secondaire, les lectures obligatoires comme Le Libraire, de Gérard Bessette ou Gatsby le Magnifique, de Scott Fitzgerald.Mais j'avais une passion, pour ne pas dire une fixation sur les essais.» Paul Arcand le dit sans ambages et sans emballage : il est un lecteur d'essais.Rien ne le motive autant que la vérité, il aime l'heure juste en tout temps.Né à Saint-Hyacinthe, dans une famille de six enfants, dont un frère jumeau, le roi des ondes a grandi entre un grand-père et un père agronomes, qui avaient tous deux la passion de l'actualité.Journaux, magazines, livres furent présents en quantité et en tout temps.«Dans une ville francophone à 99%, mon grand-père recevait tous les jours le Montreal Star.Le premier livre qui m'a vraiment marqué, préciset- il, c'est Nègres blancs d'Amérique, de Pierre Vallières.J'avais 16 ans, c'était six ans après la Crise d'octobre, ce livre-là m'a accroché et après j'ai tout lu, je pense, ce qui s'est écrit là-dessus.J'ai suivi tous les mouvements de libération avec intérêt.Je voulais voir les différences qui existaient entre le Québec et d'autres pays.» Suivent des études en sciences politiques, l'idéal pour une véritable immersion dans les systèmes de pensée et l'acquisition des outils d'analyse.Marx, Frantz Fanon, il se familiarise avec tous les grands courants et s'intéresse aux coulisses comme aux dessous du politique.«J'ai fait un travail à l'université sur le fonctionnement de la Maison- Blanche.En prenant la liste des secrétaires, des gens en pouvoir, je mesuis aperçuqu'en gros, ilsvenaient de trois universités.Un club fermé.Souvent on ramène la décision à la personnalité du chef ou à quelque chose d'émotif.Ce n'est pas vrai : il y a des intérêts, des lobbies.C'est ça qui m'intéresse.Pas juste les chiffres, les données, mais le fonctionnement réel, par exemple, du Parti libéral du Canada.» Pas étonnant qu'outre les essais, il plonge aussi volontiers dans les livres d'analyse et les biographies politiques.Autant en anglais qu'en français.Parmi les noms qui reviennent le plus souvent dans sa conversation, Bob Woodward, le journaliste devenu célèbre pour son enquête menée avec Carl Bernstein (All the President's Men) qui a entraîné la démission du président Nixon en 1974.«J'ai lu tout ce qu'il a écrit.Son dernier Plan of Attack, mais aussi The Agenda, Bush at war, The Commanders, etc., jusqu'à cet ouvrage moins connu sur la Cour suprême, sur les nominations et l'orientation des politiques (The Brethren).» Il parle aussi avec ferveur de l'oeuvre d'Éric Laurent qui a écrit sur la présidence de Bush (Le Monde secret de Bush, Plon) un livre qui met en lumière l'importance de l'Église baptiste dans la culture des Bush.Détenteurs de la vérité, investis d'une mission, ils se doivent d'évangéliser la planète.Rarement ai-je rencontré lecteur aussi peu «adhésif», si l'on peut dire.Paul Arcand est sceptique, profondé-ment, c'est une lame de fond de sa personnalité.La moindre de mes affirmations est scrutée au laser de l'examen critique.«À l'université, je passais d'un cours sur le marxisme à un autre avec Rodrigue Tremblay \u2014 la droite conservatrice donc \u2014 et je m'amusais à utiliser les arguments de l'un envers l'autre.J'ai tout le temps fait cela.Je suis critique face à tout.Je ne suis ni partisan ni militant.Par exemple, je trouve que Michael Moore (Mike contre-attaque, Tous aux abris! Dégraissez-moi ça!), que je lis avec intérêt, est un peu trop en admiration devant le Canada, un peu naïf dans sa lecture du Canada.» Et le code de Vinci?C'est avec le même scepticisme et le même goût de la vérité qu'il a traversé le livre de Dan Brown, Da Vinci Code.«Àla base, dès qu'on parle de forces occultes, ça m'intéresse.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © PAUL ARCAND, LECTEUR DU MOIS IMPITOYABLE SCEPTIQUE LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter Le Rendez-vous Sergio Ferrero \u203a Nouvelles FFFF PAGE 10 6 juin 1944 En collaboration \u203a Histoire PAGE 11 Open Lisa Moore \u203a Nouvelles FFF PAGE 9 LE DESTIN INSOLITE D'AMIN MAALOUF PAGE 9 L A P R E S S E JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE George Sand vue par A.de Musset (1833) LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Moebius, toujours innovatrice RÉGINALD MARTEL Àson centième numéro et après 25 ans d'existence, la revue Moebius est toujours vivante et innovatrice.L'avant-dernière livraison porte le titre «QV 2003 ».Ceux qui d'habitude lisent sans devoir prononcer les syllabes finissent par découvrir que QV veut dire cuvée.La cuvée de 2003 réunit des textes reçus au cours de l'année, « lesquels ne répondaient pas aux thèmes annoncés mais méritaient certainement quelques égards ».Plus d'égards parfois et parfois moins, certainement, mais la direction d'une revue n'a pas à oser l'odieux d'établir un palmarès.Innovation bien inspirée, Moebius présente un texte déjà publié, relu et commenté par un autre écrivain.« La mer à boire » est l'oeuvre d'une romancière et poète considérable, Élise Turcotte, à qui on doit par exemple Le Bruit des choses vivantes (2001) et La Maison étrangère (2002).L'oeuvre est commentée par un essayiste, romancier et poète non moins important, André Brochu, qui a vu dans ce texte déjà ancien la source fondatrice des productions futures de Mme Turcotte.Il y débusque le contenu sous-jacent, l'intention cachée peut-être, qui signalent tout en la taisant la transmutation de l'expérience vécue ou observée en création artistique singulière.Voilà une pièce de résistance qui en effet résiste un moment, tant elle donne à penser sur la prégnance du quotidien et son effet parfois délétère sur le tissu intime de l'existence.Car étrangement, elle offre des clés de lecture pour quelques-uns des textes qui suivent, d'inspiration pourtant différente.Les nouvelles des femmes surtout, qui illustrent par la dérision, ou par l'émotion pure, aussi bien le désir de consentir à l'amour que la volonté de préserver les conditions d'une liberté qui plus tard, les grands feux de la passion une fois éteints, sera le recours nécessaire d'une existence rétrécie.Un bel exemple : « Promesse », de Bianca Côté.Place à l'humour ! Il y a de quoi sourire dans l'aventure que raconte Marie Langis, celle d'une femme qui se fait voyeuse, « car le vice sied mal à cette fraîche quinquagénaire », et passe ses heures libres dans un parc à observer les gens, à leur inventer une histoire.Le passe- temps est innocent, jusqu'au moment où, Éros s'en mêlant, un silencieux et prudent rapprochement avec un étranger précipite d'un et l'autre dans les délires du désir.Andrée Proulx n'est pas en reste.Une jeune femme \u2014 enfin, moins jeune qu'elle le voudrait \u2014 part en vacances avec un presque inconnu.Un commis de librairie qui ne connaît même pas Raymond Carver, mais enfin.L'homme à la Jeep est attaché à un cochonnet.La bête aura droit à tous les égards, la belle, à rien du tout.La voyageuse est même larguée « à la brunante sur la route déserte, en pleine nature déchaînée ».Le destin, qui manque généralement de retenue, la vengera de manière exemplaire.Dans « Il l'aime tant », de Suzanne Myre, un homme se raconte.Il est fou d'une femme qu'il ne croit pas mériter et qui lui impose toutes les brimades.Elle l'oblige même à maigrir.A-t-on idée?Il accepte tout, jusqu'au moment où il n'accepte plus rien.Pour ne pas brûler la chute, disons seulement que la belle n'en reviendra pas.Place à la compassion aussi.Dans le texte sobre et beau de Véronique Bessens sur la visite d'un père à son fils déficient, dans un hôpital dont ce dernier semble ne devoir jamais sortir.Et aussi dans le récit, par Marc-Alain Wolf, de la presque amitié de deux militaires, un Allemand et un Français.Le premier sauve la vie du second, un juif que des SS, la guerre déjà perdue pourtant, s'apprêtaient, dans leur fureur tenace, à fusiller.Parmi les autres textes de ce numéro, il s'en trouve de bons, de passables et de.C'est sans doute normal.Si les choses se passent dans les revues de nouvelles comme dans les revues de poésie, on a intérêt à lire le petit essai aux allures de nouvelle imaginé par Isabelle Zribi et qu'elle a intitulé « Qu'est-ce qu'un bon ou un mauvais texte ?».Il s'agit de ce que doivent accepter, sous peine de représailles, les directions éditoriales des revues : « .montrer de la sévérité envers un membre du milieu de la poésie, c'est se faire un ennemi qui peut vous nuire en retour ».La raison en est bien simple : « Le milieu de la poésie est si petit que ses membres occupent toutes les places en même temps.Les critiques écrivent, les écrivains sont critiques, les éditeurs, critiques et écrivains.» Et qui sont les jurés des organismes qui subventionnent les revues, pensez-vous ?Deux textes primés du Marathon d'écriture intercollégial 2003, sur un thème ardu, « Pourquoi deux, alors que trois suffisent ?», complètent ce numéro très substantiel de Moebius, ainsi qu'une lettre à un écrivain vivant (de Ginette Chicoine à Christian Bobin) et les recensions habituelles.MOEBIUS, no 100 En collaboration Montréal, 156pages Impitoyable sceptique Da Vinci Code, un plagiat?Dan Brown, l'auteur du Da Vinci Code, vendu à des dizaines de millions d'exemplaires dans le monde, serait un plagiaire s'il faut en croire Lewis Perdue, qui a l'intention d'intenter une poursuite contre lui.Selon M.Perdue, Da Vinci Code ressemble étrangement à The Da Vinci Legacy, un roman que luimême a publié en 1983 et qui fut suivi, en 1985, de Daughter of God.C'est ce qu'on peut lire actuellement sur le Net, en associant les mots Dan Brown et plagirist.John Olsson, chef de la Forensic Linguistics Institute, qui aide Perdue \u2014gratuitement dit-il \u2014 à étoffer ses accusations, prétend qu'il y a beaucoup trop de similitudes entre les deux oeuvres pour qu'il ne s'agisse que de coïncidences.Par exemple, l'action est déclenchée par le meurtre d'un expert en arts qui écrit des signes mystérieux avec son sang avant de mourir.Le héros, qui connaît l'expert en arts, est accusé du crime.Le rébus laissé par l'expert mène le héros et l'héroïne devant une peinture sur bois dont le titre fait référence à la femme vénérée dans l'histoire.Le conservateur en charge du tableau donne à l'héroïne une clé en or qui ouvre un coffre dans une banque de Zurich contenant un autre coffre que l'on ne peut ouvrir qu'en connaissant la combinaison, etc.Il y en aurait d'autres, selon Olsson.L'affaire est à suivre et suscite déjà de nombreux commentaires en tous genres sur Internet.Da Vinci Code étant le livre de l'été choisi pour notre club de lecture, une visite guidée par Google apporte un éclairage très intéressant, non pas tant sur la possibilité qu'il y ait eu plagiat \u2014 de telles accusations sont souvent portées contre ceux qui connaissent d'immenses succès de ventes\u2014 mais sur les nombreuses discussions que l'ouvrage, considéré par certains comme du recyclage pour féministes mystico-new-age, par d'autres comme la récupération d'une certaine hargne anticatholique à la suite des récents procès de prêtres pédophiles, par d'autres encore comme un amusement inoffensif.À vous de juger et de nous faire parvenir vos commentaires d'ici le 12 août à clubdelecture@ lapresse.ca.Vous pouvez aussi écrire à Jocelyne Lepage, La Presse, 7, rue Saint- Jacques, Montréal H2Y 1K9.La meilleure lettre apportera à son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies de la chaîne Renaud-Bray.Jocelyne Lepage ARCAND suite de la page « Et l'histoire offre beaucoup de mystères », poursuit Paul Arcand.L'essentiel du roman, rappelonsle, se fonde sur l'hypothèse que l'Église catholique aurait vécu sur un mensonge pendant 2000 ans et que la vérité serait enfin sur le point d'éclater.« Je crois, oui, que des forces occultes opèrent, que les pouvoirs religieux sont plus puissants qu'on pense.L'Opus Dei du roman existe réellement, j'ai vu son building et je ne crois pas que cela soit uniquement une organisation religieuse.Je serais curieux de savoir qui fait partie de l'Opus Dei, qui sont ses sympathisants.Je sais qu'ils se réunissent à Westmount une fois par an, mais qui est là-dedans ?N'oublions pas que dans l'esprit des évangélistes, la mondialisation de la foi va de pair avec l'évangélisation de l'économie.Peut-être, oui, que l'Opus Dei a d'autres mandats que spirituels.Le livre met en lumière le fait qu'à l'intérieur des organisations, il y a des forces qui travaillent dans l'ombre.S'il est dit qu'ils travaillent dans l'ombre, il n'est pas dit qu'ils ne font pas autre chose.» À ses yeux, il est évident que le succès du livre ne s'explique pas uniquement par le marketing.En ce moment, le terrain est fertile.Crise des valeurs, insatisfaction, sentiment de vide et, depuis le 11 septembre, vulnérabilité accrue.D'ailleurs l'analyse d'Arcand se distingue des autres.Selon lui, après des années d'hédonisme, de valorisation des plaisirs, nous serions dans une époque de valorisation de la souffrance, du sacrifice qui donne sens à la vie.« Pourquoi le pape se montre-t-il encore ?Pour montrer sa souffrance.Pourquoi Mel Gibson cible- t-il son film sur la souffrance extrême, sur la crucifixion ?Moi, je crois que la souffrance \u2014y compris celle du roman avec les cilices, etc.\u2014 permet de justifier la souffrance des soldats en Irak, permet d'exercer un certain pouvoir de domination.Dans un monde où il n'y a plus de valeurs, où les enfants sont laissés à euxmêmes, on envoie le message : Vous allez être bien quand vous allez souffrir.» De quel livre le Québec a-t-il besoin ?« Ce livre-là n'existe pas.Ce serait un essai qui expliquerait le pouvoir au Québec.Qui l'exerce et comment.On a des bouts, des éléments de réponse, mais pas d'analyse exhaustive.Je souhaite un jour faire un documentaire, Memphremagog inc., parce qu'ils sont tous là.Du gars de la Caisse de dépôt à la Banque Nationale en passant par Transcontinental et Paul Martin, ils sont tous là.Ceux qui exercent le pouvoir.Demain, il y a une bombe qui tombe sur Memphémagog, le Québec inc.n'existe plus et la cl a s se po l i t i que es t rasée ! » .Recherche: Marie Sterlin PHOTOASSOCIATED PRESS Dan Brown, auteur de Da Vinci Code.Débat autour du livre Aujourd'hui à 15 h 30, n'oubliez pas notre rencontre-débat autour du livre de Dan Brown, Da Vinci Code.Pietro Boglioni, historien, y sera.La théologienne Solange Lefebvre aussi, de même que l'écrivain, essayiste et grande gueule Hélène Pedneault.Pour les 200 ans de George Sand SAND suite de la page 5 Quand elle manifeste le désir d'adopter un pseudonyme masculin, il lui suggère Georges, dont elle retient l'orthographe anglaise, soit parce que la décision a été prise le jour de la fête du saint qui a terrassé le dragon, soit parce qu'enfant sa grand-mère lui avait imposé le pensionnat au couvent des Dames anglaises de Paris.Ses débuts sont couronnés de succès : Valentine, Lélis, Leone Leoni, Mauprat, etc., réédités opportunément en un volume chez Omnibus.Dans un ouvrage savant intitulé Signer Sand (chez Bélin), Martine Reid analyse de fond en comble les pages d'Histoire de ma vie dans lesquelles l'écrivain livrerait quelques clés, dont sa bisexualité (elle reconnaît une brève liaison avec la comédienne Marie Dorval, aussi maîtresse de Vigny, Hugo et Dumas) et sa dualité de femme et d'écrivain.Ceux et celles qui voudraient se faire eux-mêmes une idée pourront se plonger dans les quelque 1500 pages de cette ambitieuse autobiographie (Quarto Gallimard), annotées par Mme Reid.Ils y découvriront non pas un recueil de souvenirs, encore moins un journal, mais le portrait (et non la confession) d'une enfant de son siècle.Sand dépeint Aurore à la fois mue par la soif de vivre libre comme un homme et par un idéal social empreint de christianisme et de communautarisme.On sera déçu si on y cherche des détails croustillants sur ses nombreuses liaisons de jeunesse, mais on pourra suivre le parcours singulier d'une femme engagée, aimante, idéaliste, parfois capable de grandes injustices ou de colère, comme avec sa fille Solange, qui lui disputait les faveurs d'un Chopin malade, et qu'elle saura déshériter le moment venu.La châtelaine de Nohant Durant la deuxième moitié de sa vie, Sand s'est beaucoup repliée à sa demeure de Nohant, dans le Berry, où son fils bien-aimé, Maurice, un marionnettiste, montait des pièces.Elle y côtoie surtout les paysans qui l'inspirent par leur simplicité.De là plusieurs titres, a posteriori associés au roman champêtre, un genre dont on lui attribue même la.paternité.Elle tient aussi salon à Nohant, où sont venus tour à tour Delacroix, Fromentin, Flaubert ou Dumas fils.Ces fréquentations lui inspirent plusieurs autres romans.Les éditions Omnibus en reprennent neuf, dont Les Maîtres sonneurs, coiffés du titre Vies d'artistes.Cela dit, Sand demeure pour le plus grand nombre un personnage fascinant plutôt qu'un écrivain de génie.Ceux qui n'ont pas le courage ou le temps d'aborder sa monumentale autobiographie voudront peut-être feuilleter Les Plus Beaux Manuscrits de George Sand (chez Perrin).Régine Deforges, Jean-Pierre Guénon et Roselyne de Ayala ont choisi plusieurs pages de l'auteure de manière à éclairer ses nombreuses facettes.Le tout est richement illustré de lettres autographes, dessins et aquarelles de l'écrivain ou de ses proches, dont le fameux portrait à l'éventail qu'avait fait d'elle Alfred de Musset.Toujours soucieuse de remettre au goût du jour des ouvrages d'importance, mais oubliés, la collection GF Flammarion propose de son côté Les Lettres d'un voyageur, où Sand étale sans ambages toute sa subjectivité, et les Contes d'une grand-mère, écrits à la fin de sa vie et où elle plonge dans le merveilleux et trempe même parfois le gros orteil dans le fantastique. LECTURES AMIN MAALOUF Une destinée insolite ÉLIAS LÉVY COLLABORATION SPÉCIALE Pour écrire Origines, son plus récent ouvrage \u2014qui vient de paraître aux Éditions Grasset\u2014, plutôt que d'inventer un univers romanesque, l'écrivain libanais Amin Maalouf a décidé cette fois de tourner le dos à la fiction pour se faire scribe de la mémoire de ses ancêtres, remontant sur les traces de son grand-père Botros, un dandy lettré rêvant de bâtir un monde plus équitable et paisible, où des communautés de diverses origines culturelles cohabiteraient harmonieusement, et de son grand-oncle cubain Gebrayel, conquérant du Nouveau Monde.Cette superbe saga débute au milieu du XIXe siècle dans une petite ville ottomane à mi-chemin entre Beyrouth et Damas, pour se clore un siècle plus tard au fin fond du Massachusetts.Pour composer cette vaste fresque familiale et relater la destinée insolite de ses aïeux, l'auteur de Léon l'Africain et du Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993) a mené une enquête minutieuse pendant plusieurs années, au cours de laquelle il a sillonné les routes sinueuses empruntées par quelques membres de sa « tribu qui nomadise depuis des lustres ».« J'avais depuis longtemps envie de raconter l'histoire de ma famille.Mais c'était un projet littéraire qui me paraissait gigantesque, ingérable.Je me suis toujours senti dépositaire de la mémoire des miens mais je ne pouvais pas écrire sur ma famille tant que mon père et ma grand-mère étaient en vie.Après leur mort, j'étais toujours réticent à me lancer dans cette ambitieuse quête des origines car ce n'est pas dans mon tempérament de me dévoiler.Ce qui m'a motivé à le faire, c'est une rencontre avec un ami diplomate de passage à Paris.Lorsqu'il était en poste à Cuba, il avait connu quelqu'un qui portait le même patronyme que moi.Je me suis alors souvenu qu'effectivement mon grand-oncle avait émigré à la Havane vers la fin du XIXe siècle.Quelques mois plus tard, ma mère m'a ramené du Liban trois lettres de ce grand-oncle.En 2001, lors d'un voyage au Liban, j'ai retrouvé dans la maison de ma grandmère une malle contenant les papiers de mon grand-père Botros.En découvrant ce qu'il avait écrit de proprement littéraire, une pièce de théâtre et des poème et aussi, dans une feuille volante, une note personnelle exprimant son désir de publier un jour ses écrits, je me suis dit que je n'avais pas le droit de passer cette fois par le roman pour raconter sa vie », explique Amin Maalouf en entrevue.Débute alors une longue et haletante enquête qui, depuis la montagne libanaise, l'entraîne aux États-Unis puis à Cuba, où s'est installé Gebrayel en 1899, après s'être exilé de son pays natal à 18 ans sans parvenir à convaincre son frère aîné, Botros, de le suivre.Amin Maalouf a pu reconstituer le périple des siens, commerçants, intellectuels et francs-maçons, grâce à un imposant livre généalogique : L'Arbre.« Le nom de « Maalouf », qui signifie en arabe « le gros, le bien-nourri », est attesté depuis au moins le XVe siècle, précise-t-il.Si j'avais voulu, j'aurais pu remonter à 15 ou 20 générations, grâce à ce livre que j'appelle L'Arbre, consacré à ma famille et publié en arabe, en 1907, à L'Imprimerie ottomane.Dans mon village de la montagne et les villages alentour, tout le monde appartient à la même « famille », au sens oriental.Tous les Maalouf du monde, quel que soit leur nom actuel et le pays où ils habitent, ont le sentiment d'une appartenance commune.Amin Maalouf a intitulé cette saga familiale Origines car il n'aime pas le mot « racines », et l'image encore moins.Les « racines », rappellet- il, s'enfouissent dans le sol, se contorsionnent dans la boue, s'épanouissent dans les ténèbres.Elles retiennent l'arbre captif dès la naissance, et le nourrissent au prix d'un chantage : « Tu te libères, tu meurs ! » « Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines, les hommes pas.Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c'est pour pourrir.Lorsqu'on parle de « racines », j'ai le sentiment qu'on essaye de se recroqueviller sur quelque chose de passéiste.On se limite ainsi à un lieu très particulier, dit-il.Moi, je préfère le mot « origines» parce que celui-ci prend en compte le fait qu'on a besoin de savoir d'où l'on vient et qui ont été ceux qui nous ont précédés.Ce qui est le propos de mon livre.J'associe beaucoup le mot « origines» à la notion de route, d'itinéraire.Je suis issu d'une communauté minoritaire \u2014la communauté melkite\u2014 qui, au fil du temps, s'est répandue un peu partout dans le monde.Donc, dès que je veux raconter l'histoire d'un membre ou d'une branche de ma famille, je prends une carte de géographie pour retracer l'itinéraire qu'il a suivi.L'idée des routes me paraît beaucoup plus éloquente pour évoquer nos vies.J'aime bien l'idée d'une route pour chacun d'entre nous commençant en un point qui, en lui-même, est déjà une intersection entre deux routes.J'aime aussi l'idée que notre route croisera un jour d'autres routes.Je préfère cette métaphore.Je la trouve plus parlante, et beaucoup plus juste, que la traditionnelle métaphore végétale que renferme le mot « racines ».Botros et Gebrayel étaient deux frères que tout opposait.L'un partira.L'autre restera.L'un rêvait éperdument du Nouveau Monde.L'autre rêvait d'un Orient moderne et prospère, capable de rivaliser avec l'Occident.Pétri de culture européenne et nourri des idées révolutionnaires du siècle des Lumières, Botros crée, en 1913, l'École Universelle, ouverte aux filles et aux garçons de toutes confessions.Une grande gageure dans un pays où le communautarisme ne cesse de se renforcer.«Mon grand-père Botros rêvait de vivre dans un monde ottoman où les gens pourraient être traités comme des citoyens égaux et à part entière, quels que soient leurs religions, leurs langues, leurs lieux de naissance.Ma famille appartient à une petite communauté qui a toujours été extrêmement minoritaire.Le monde dans lequel elle pouvait vivre le mieux était un monde où les gens ne seraient pas considérés en fonction de leurs appartenances religieuses ou communautaires.C'était l'attitude de mon grand-père.C'est aussi mon attitude.Mon rêve est de vivre dans un monde où les gens sont considérés en fonction de ce qu'ils font et non en fonction d'appartenances qu'ils n'ont pas choisies », confie Amin Maalouf.Origines n'est pas seulement un bouleversant récit de mémoires.Ce livre sur la transmission est aussi un vibrant plaidoyer pour la paix, la tolérance et la coexistence entre des communautés de différentes cultures et religions.Le voeu caressé par l'auteur de bâtir un monde plus fraternel, épuré de nationalismes chauvins et d'identités meurtrières, n'est-il pas chimérique, surtout par les temps qui courent ?« Vous avez raison, admet-il.Je constate avec amertume que les rêves que je porte en moi depuis très longtemps sont plutôt malmenés par les temps présents.Mais ces rêves sont toujours légitimes.On ne peut pas accepter que le monde continue à évoluer d'une manière aussi délétère.On n'a pas le droit de se résigner et d'accepter impavides que l'évolution actuelle du monde, ponctuée de déchaînements d'identités haineuses, violentes, meurtrières, suicidaires, soit notre avenir.C'est la survie de l'espèce humaine qui est en jeu.Soit nous allons arriver à une autre approche des identités et à une autre manière de voir les hommes, leurs appartenances, leurs différences et leur désir de coexistence, soit on s'en va vers l'enfer qui semble s'installer.Je ne vous cache pas que je passe par une période de profondes inquiétudes et tristesse.Je vois bien que le monde dont je rêve, le monde pour lequel j'ai envie de me battre, n'est pas celui qui est en train d'émerger.Cette confrontation entre l'Orient et l'Occident, je la pensais évitable.Or, aujourd'hui, nous vivons le pire des scénarios.Cela dit, je ne dirais jamais que je suis un rêveur ou un utopiste.Les « réalistes» auraient- ils finalement raison ?Faut-il laisser notre monde s'en aller vers des affrontements sempiternels et de plus en plus meurtriers ?Non ! Il est de notre devoir d'empêcher que l'humanité s'engage dans une voie aussi destructrice.FFFF ORIGINES Amin Maalouf Éditions Grasset, 486pages Amin Maalouf : « Faut-il laisser notre monde s'en aller vers des affrontements sempiternels et de plus en plus meurtriers ?Non ! Il est de notre devoir d'empêcher que l'humanité s'engage dans une voie aussi destructrice.» LITTÉRATURE DU VOISIN Dans l'intimité des délinquantes DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE Chaque année, une nouvelle fournée de romans et de nouvelles arrive des provinces maritimes, surtout de Terre-Neuve.Cette région du Canada est devenue une grande productrice de littérature en tous genres, que ce soit les fresques gigantesques d'Anne-Marie Mac Donald, les récits celtes d'Alistair Macleod ou de Joan Clark, ou bien les chroniques de misère de David Adams Richards.Souvent, ces écrivains trouvent écho au Québec.Ils ont tous été traduits en français, et Mac Donald, elle, a eu ici un succès comparable à celui qui l'a comblée au Canada anglais.En général, les écrivains de l'est du Canada travaillent avec la matière première de leur région.Leur terroir.La pauvreté, rendue supportable par la musique et les chansons, les racines irlandaises ou écossaises, l'aliénation et la fierté.Et voilà qu'arrive Lisa Moore avec son recueil de nouvelles Open.Elle brise toutes les attentes que nous pourrions avoir sur la littérature des provinces maritimes, et c'est tant mieux.Car la toute jeune Lisa Moore (elle est née en 1964) ne veut pas raconter les histoires de ses aînés.Loin d'elle le terroir, les ancêtres, les luttes entre les Anglais et les Écossais qui remplissent, d'une façon divertissante quand même, les pages d'Alistair Macleod.Les nouvelles de Moore sont plutôt peuplées de filles délinquantes, de jeunes épouses plus ou moins satisfaites de leur état, de soirées bien arrosées qui finissent par des révélations qu'on regrettera le lendemain.En un mot, ce sont des chroniques de jeunesse.Entre les mains de Lisa Moore, la nouvelle est construite de petits instants qui comptent gros.Dans « Faim », une fille sort du marché de vins (c'est sûrement la version terre-neuvienne de notre chère SAQ).« Un sac en plastique d'un jaune farouche est venu se coller contre mon tibia, raconte-t-elle.Je l'ai décollé, du jus de viande courait dans les plis comme une créature vivante.» La fille se libère de l'étreinte de ce sac louche, qui « s'est enroulé d'une manière tout aussi vicieuse autour d'un poteau de téléphone ».Sur ce même poteau est collée une affiche publicisant un groupe de rock mené par une chanteuse avec qui notre héroïne était liée, il y a 20 ans.Et voilà que la nouvelle est lancée, entre souvenirs et nostalgie, les folies d'un passé et les responsabilités d'une jeune mère.Car la maternité est un des thèmes majeurs de ce recueil.Et ce n'est pas une maternité tranquille.Il y a la tristesse post-partum, et la crainte qu'un mal n'arrive au petit.Et l'insécurité aussi, car la jeune femme, une fois mère, craint de ne plus pouvoir attirer les hommes.En parlant d'un voisin, la narratrice de « Faim» déclare que «ça me trouble qu'Allan n'ait jamais flirté avec moi ».Les filles de Open veulent tout : les plaisirs de la maternité, la stabilité du couple, la passion du début \u2014 et qui pourrait les blâmer Parfois ces filles vont réussir, bien qu'elles restent insatisfaites.Celle qui raconte « Les parents naturels » se laisse pénétrer par un dénommé Bernard pendant qu'elle regarde courir son mari et ses amis sous un orage.« Quand il jouit, note- t-elle, je pense, sans le vouloir, à quelque chose que j'ai entendu dire au sujet du thon.S'il a peur au moment de sa mort, on peut goûter la panique dans la chair du poisson.» Bernard a peur de l'orage, ce qui confère une odeur de terreur à sa peau.Et elle, est-ce qu'elle le reçoit en elle pour calmer ses propres peurs ?On ne saura jamais.Ce livre est fait de moments de ce genre, tout à fait réels, surréels, je dirais, qui nous font découvrir des personnages qui vivent souvent en-dehors de leurs propres actions, comme si elles arrivaient à d'autres.Open explore le passage du temps et ses effets sur la vie des jeunes femmes.Les amies sont au coeur de ces réflexions.La nouvelle « Ferme les yeux» met en scène des filles sur un yacht qui lisent Marguerite Duras, tout en se faisant bronzer.Pour elles, Duras est un modèle à suivre, une femme courageuse qui a fait fi des conventions sociales.« Mais aujourd'hui, l'histoire me semble très différente de ce que je me rappelais », avoue une des filles.L'histoire des filles, oui, mais surtout l'histoire de Duras.L'image de la célèbre écrivaine française sera revue et corrigée, tout comme le passé des personnages de cette nouvelle.L'auteur, Lisa Moore, laisse flotter une certaine atmosphère d'ambiguïté sur son recueil.Souvent, ses personnages (de jeunes femmes \u2014 les hommes sont plutôt des faire- valoir pour l'entreprise des femmes) n'ont pas de nom.Souvent, Moore met tellement de gens en scène qu'on a l'impression d'assister à une fête où on ne connaît personne.C'est voulu, peut-être.C'est à nous, lecteurs, de deviner les liaisons entre les invités à cette fête.FFF OPEN Lisa Moore, traduit de l'anglais par Dominique Fortier Boréal, 284 pages FILL257 LECTURES Le bon francais quebecois PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITE proux@lapresse.ca La critique que j'ai faite, il y a deux semaines, du projet d'un grand dictionnaire amenagiste parraine par l'Etat quebecois a suscite quelques reactions, mais finalement assez peu nombreuses.Je crois neanmoins opportun de revenir sur le sujet pour apporter quelques precisions.Je reste songeur, ecrit Eloi Pare, devant l'argument : les Americains le peuvent, les Bresiliens le peuvent, mais nous ne le pouvons pas car nous sommes trop petits.Nous ne sommes pas trop petits, M.Pare, seulement trop peu nombreux.Prenons juste le domaine de la traduction.Nous ne pourrons jamais traduire qu'une fraction des livres, des logiciels, des films, des emissions de tele, et j'en passe, que les Francais traduisent.Ce n'est pas une question de petitesse, mais de moyens et de marche.Ne serait-ce que pour cette raison, mais il y a en bien d'autres, nous avons besoin de la France et, par consequent, d'une norme qui, pour l'essentiel, reste commune.Un autre lecteur me dit que le bon francais quebecois, ca existe.Bien sur ! Je n'ai jamais affirme le contraire.Le bon francais d'ici, c'est tout simplement le francais.On le trouve notamment dans des revues comme L'actualite.On l'entend encore souvent a Radio-Canada.On peut en lire bien des exemples dans des journaux comme Le Devoir ou La Presse.Il parait meme qu'on en trouve dans le Journal de Montreal.Ce francais, il est vrai, contient des quebecismes.Il s'agit, en general, de mots qui decrivent nos realites (caisse populaire, pourvoirie, CLSC, etc.) ou encore de termes qui se substituent a des mots anglais qu'emploient les Francais et qui nous agacent (magasinage au lieu de shopping, traversier au lieu de ferry, vol nolise au lieu de charter, etc.).Si c'est ca, le bon francais du Quebec, j'en suis.Mais je doute fort que notre grand dictionnaire amenagiste s'en tienne a ces quelques centaines d'emplois deja repertories, pour la plupart, dans le Multidictionnaire.Jo Skompiek, quant a lui, nie que le dictionnaire de l'Universite de Sherbrooke ne soit l'affaire que d'un petit groupe de linguistes.Je crois que mon correspondant confond nombre et influence.Les amenagistes sont incontestablement influents et intrigants, a tel point qu'ils ont fini par noyauter la plupart des organismes decisionnels en matiere de francais.Mais leur projet ne fait pas consensus pour autant.Un des opposants, le Pr Lionel Meney, auteur du Dictionnaire quebecois-francais, a cherche a obtenir le nom des experts externes qui ont evalue le projet.Cela reserverait des surprises interessantes, m'ecrit-il.Mais le Fonds quebecois de recherche sur la culture, qui a chapeaute l'operation, s'y refuse.L'affaire devrait etre jugee bientot par la commissaire de la Commission d'acces a l'information.Doit-on en conclure, M.Skompiek, que les motifs qui ont incite le Fonds quebecois a favoriser ce dictionnaire etaient plus politiques que linguistiques ?Puis-je vous aider ?QFredelin Leroux, auteur de Mots de tete (Editions David), me demande : Etes-vous bien sur que l'expression Puis-je vous aider ?est un calque de l'anglais ?Le Colpron n'est quand meme pas infaillible.M.Leroux ajoute : A propos de l'expression en question, on trouve dans le Robert-Collins je peux vous aider ?et dans le Harrap's, puis-je vous aider ?.Le Hachette-Oxford, pour sa part, distingue trois situations : (dans un magasin) vous desirez ?; (au telephone) j'ecoute ; (a la reception) je peux vous aider ?.La publicite de la Banque nationale evoquee par votre lecteur se rapproche etrangement du cas de la receptionniste.Je vois mal comment on pourrait condamner carrement ce soi-disant calque.RVos sources etant excellentes et n'etant pas puriste, je suis tout dispose a reconnaitre que la condamnation de puis-je vous aider ?est excessive.Titre d'emploi QVoici une question pour laquelle nous avons beaucoup de discussions mes collegues et moi : doit-on employer le pluriel dans titre d'emploi, si l'on doit rediger un tableau a cet effet ?.M.Beland RIl ne faut pas mettre de s a emploi.Mais il ne faut pas non plus parler de titre d'emploi, qui est un calque de job title.On parlera plutot d'appellation d'emploi.Les handicapes QIl y a deux ans, j'ai entendu un animateur, a la television, mentionner qu'il ne fallait pas faire de liaison lorsqu'on dit les handicapes, bien que, selon moi, il vaille encore mieux dire les personnes handicapees.Un ami m'obstine que la liaison doit se faire.Pourtant, on ne fait pas la liaison lorsqu'on dit les heros.En est-il de meme pour les handicapes ?.Louise Labelle RDe fait, il ne faut pas faire la liaison, car handicape commence par un h aspire et non par un h muet.A mon avis, il n'est pas necessaire de dire personne handicapee.Handicape suffit, car on sait bien qu'un handicape est une personne.Petits pieges La semaine derniere, les phrases suivantes contenaient chacune une faute : > Les liberaux promettent d'ajouter un cent millions a ce programme.> Paul Martin a fait de la sante sa premiere priorite.Mettre un article indefini devant un chiffre comme cent millions est une tournure anglaise.En francais, on dira plutot une somme de cent millions ou tout simplement cent millions.Il aurait donc fallu ecrire : > Les liberaux promettent d'ajouter (une somme de) cent millions a ce programme.Ce qui est prioritaire, c'est ce qui passe avant toute chose .Parler de la premiere priorite, comme on le fait souvent, est donc un pleonasme.Ce dernier nous vient sans doute de l'anglais, qui emploie la locution first priority.Il aurait donc fallu ecrire : > Paul Martin a fait de la sante sa priorite.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes contiennent chacune une faute.Quelles sont-elles ?> Les deux partis sont nez a nez dans les sondages.> Le Parti liberal fait campagne sous le theme de la sante.Les reponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions a Paul Roux par courriel a proux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9.LITTERATURE ETRANGERE Les mini-lectures.JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Voici quelques bouquins de petite taille qui se distinguent par la qualite rare de l'ecriture, qualite qui transparait curieusement a la traduction .soit que les traducteurs aient bien du talent, ce qui nous semble evident, soit que la maniere de raconter, d'ecrire, de louvoyer, de creer du suspense, fasse merveille dans toutes les langues .ou les deux ensemble.Textes courts.Mini-lectures.Le bonheur.C'est dans les petits flacons qu'on met les meilleurs parfums?Nous avons si souvent lu que les lecteurs n'aiment pas lire des nouvelles, des textes courts, que nous avions fini par le croire.Or, ce n'est pas vrai.Demandez a vos amis.Sergio Ferrero est italien.Quatre de ses nouvelles ont ete traduites par Daniele Valin.Le livre porte le titre Le Rendez-vous.Il s'agit des relations curieuses, etranges, inattendues, privilegiees, qui s'etablissent parfois entre amis, entre voisins de palier, entre maitres et domestiques, meme entre vivants et morts.Chaque fois, ces relations nous semblent impossibles, du moins improbables.Mais Ferrero sait menager le suspense et retourner ses personnages comme des crepes.Ses lecteurs aussi.Ne lisez pas ce livre si vous etes au seminaire, vous finiriez par defroquer comme le petit Bruno .et epouser Madame Ada.Dans Le Phare de Monhegan, traduit par Jean-Luc Piningre, Richard Russo qui est un ecrivain americain met en scene des personnages etranges, dont le moins curieux n'est pas cette soeur Ursula, appartenant a un ordre de soeurs belges, que l'auteur voit apparaitre un jour dans sa classe de creation litteraire .Cette etudiante, que l'on considererait a priori comme une eleve modele, se revelera au contraire, dans ses ecritures, une redoutable pecheresse et s'offrira une confession publique .puisque dans ces cours de creation litteraire on soumet les textes a toute la classe.On ne vous en dit pas plus, sinon le titre de cette nouvelle : La Fille de la putain.Il y a dans ce petit livre sept histoires du meme humour, et du meme tonneau.Revelations de secrets, sentiments dissimules en tous genres.On peut dire : pour lecteurs romantiques realistes d'aujourd'hui ?En ce qui concerne Antonio Munoz Molina, son dernier texte court est presente comme un roman, et c'en est un.Traduit par Philippe Bataillon, voici En l'absence de Blanca.Molina est espagnol, sudiste, on le compare souvent a Faulkner (pour la noirceur ?).C'est un des ecrivains les plus connus de la Peninsule.Son style, sa maniere d'ecrire, est fouille, louvoyant autour des faits et des caracteres.Il y a toujours un mystere dont le lecteur approche et s'eloigne, et revient.Parfois, on dirait la maniere de Borges, ou celle de Nabokov.Ce roman, donc, est celui de l'amour decu.Blanca, c'est la femme de Mario qui l'aime eperdument.C'est une Emma Bovary moderne.Le monde des artistes, la mode, les choses dans le vent et les gens dont on parle attirent Blanca.Elle est aimantee.Elle est ridicule.Trouvez le detail ridicule chez la personne que l'on aime, et tout s'ecroule , dit Molina.Mario, soudain, va trouver.A partir de la, ce sera le desamour.Un sentiment tres difficile a montrer, a ecrire, au moins autant qu'a vivre.Le mari d'Emma, lui, avait aime sa femme jusqu'a la fin.La se trouve la difference entre lui et Mario.Peutetre celui-ci a-t-il decouvert chez son oie provinciale petite-bourgeoise qui ne s'interessait qu'aux choses de la communication le detail ridicule ?Les nombreux details, a vrai dire.On peut lire ce roman court avec un grand plaisir, comme celui que l'on prend a une longue nouvelle.FFFF LE RENDEZ-VOUS Sergio Ferrero Livres poche.Rivages.Paris, 114 pages FFFF LE PHARE DE MONHEGAN Richard Russo Quai Voltaire, Paris, 269pages FFFF EN L'ABSENCE DE BLANCA Antonio Munoz Molina Roman, Seuil, Paris, 125pages Centre Canadien d'Architecture 1920, rue Baile, Montreal 514 939 7026 Ouvert du mercredi au dimanche, 10 h a 17 h; le jeudi, 10 h a 21h.Entree libre le jeudi soir a compter de 17 h 30.pensez Bouquinez a la Librairie du CCA, qui offre un vaste choix de publications sur l'architecture, l'histoire des villes et des jardins, la photographie et le design graphique.www.cca.qc.ca pensez architecture POLAR Version revue et bon marche MARIO ROY Le tandem Lapierre-Collins, qui a produit dans le passe quelques chefs-d'oeuvre de politique-fiction et de dramatisation historique, revient avec New York brule-t-il , un thriller.nucleaire, pour ainsi dire.L'action est contemporaine.La megapole americaine de l'apres-11 septembre est victime d'un chantage a la bombe extreme.Il met en cause Israel et Ariel Sharon, le Pakistan et le general Moucharraf, New York et le maire Bloomberg, George W.Bush, Oussama ben Laden et quelques flics cyniques mais devoues meublant inevitablement ce type de roman.Or, malgre l'indeniable maestria dont font preuve les auteurs, on ne peut s'empecher de penser qu'il s'agit la d'une version courte, revue et bon marche du Cinquieme cavalier, le thriller absolument genial dont Lapierre et Collins avaient accouche il y a pres d'un quart de siecle.Non seulement l'intrigue est-elle la meme .il ne s'agit que de remplacer le Libyen Kadhafi par l'ami Ben, et un contexte politique par un autre.Mais encore quelques trouvailles du Cinquieme cavalier se retrouvent- elles a l'identique dans New York brule- t-il ?C'est le cas, par exemple, des pigeons irradiants.Ou du fonctionnaire expert en evacuation, qui n'a encore rien appris de la vraie vie.Bref, ce n'est pas si mauvais, bien entendu.Mais on conseillera a ceux qui n'ont pas encore lu Le Cinquieme cavalier de se procurer l'original .toujours en librairie .plutot que la pale copie occupant actuellement l'etalage des nouveautes.FF1.2 NEW YORK BRULE-T-IL ?Dominique Lapierre et Larry Collins Robert Laffont, 297 pages LECTURES Le crépuscule d'un dieu ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPÉCIALE Véritable légende de la bande dessinée, témoin privilégié de ses débuts héroïques, Roba, le créateur de Boule et Bill est toujours aussi populaire.Et même s'il profite d'une retraite bien méritée et qu'il a troqué la plume pour le sac à dos, parcourant le vaste monde, le sympathique dessinateur belge continue de participer aux nombreux festivals de bande dessinée de la francophonie, dont celui qui s'est déroulé cette année à Québec.« Si on me convie à ces événements, c'est pour savoir ce qui m'a poussé à prendre ma retraite et à remettre entre les mains d'un autre dessinateur les destinées de Boule et Bill », explique, amusé, le dessinateur qui visiblement a répondu plus d'une fois à cette question.Père de l'une des plus grandes réussites populaires et commerciales de la planète bande dessinée \u2014 «qui n'a pas lu un « Boule et Bill » ?» s'exclame son épouse qui assiste à la conversation \u2014, Roba reste pourtant modeste devant le succès de sa création, rejetant du revers de la main toutes les allusions à son statut mythique ou légendaire.« Je ne suis pas une légende, je n'ai pas cette prétention.Boule et Bill oui, ce sont eux les personnages légendaires.En m'invitant, les organisateurs invitent Boule et son petit monde », précise- t-il.Des personnages légendaires qui méritaient de survivre à la retraite du créateur.Roba a dû délaisser le dessin depuis le début des années 90, à cause d'une forme particulièrement souffrante d'arthrite.« J'ai toujours voulu qu'ils poursuivent leur vie », affirme le bédéiste, qui refuse de parler de sa maladie.« Boule et Bill sont mes enfants et en cessant leurs aventures, j'aurais l'impression de commettre un infanticide.» C'est pourquoi il a décidé de passer la main à son ancien assistant, Laurent Verron, créateur de la série « Odilon Verjus ».Une décision audacieuse qui tranche radicalement avec celle d'Hergé et de sa veuve qui ont toujours refusé de confier le sort du célèbre Tintin à d'autres dessinateurs qui auraient pu le modifier.« C'est sûr qu'il y a ce risque, acquiesce Roba, mais le dessinateur actuel, Verron, a été mon assistant pendant quelques années et il connaît parfaitement l'univers de Boule et Bill.» Même s'il lui laisse carte blanche pour moderniser les personnages, Roba continue de suivre avec intérêt les péripéties de ses créations.«Laurent Verron me consulte régulièrement pour avoir mon avis sur ses planches.Je l'aide avec plaisir, mais je ne veux pas m'imposer.Tant qu'il respecte l'esprit de Boule et Bill, c'est parfait ! » Un esprit hérité de l'âge d'or de la maison d'édition Dupuis et du journal Spirou, le phare de la bande dessinée franco-belge des années 60 et 70.« Ce sont les plus belles années de ma vie.Nous étions une bande de scouts qui créaient un métier qui n'existait pas », raconte le dessinateur qui regrette l'industrialisation de la bande dessinée.«À l'époque, les éditeurs \u2014 les Charles Dupuis, les George Dargaud et même la famille Casterman \u2014 avaient un certain goût artistique et une passion pour la bande dessinée.Il y avait un petit côté artisanal sympathique.Maintenant, ce sont des technocrates, des gestionnaires qui sont à la tête des maisons d'édition et qui ne pensent qu'en termes de profits et de rentabilité.C'est véritablement devenu une industrie », renchérit Roba, qui illustre ses propos par la complexité de plus en plus incroyable des contrats.« Il faut maintenant engager des conseillers juridiques et des comptables avant de signer avec un éditeur.» Nostalgique de ces grandes années, Jean Roba se compte chanceux d'avoir pu côtoyer les Franquin, Peyo, Morris et autre Jidehem qui ont dessiné certaines des plus belles pages de l'histoire de la bédé.« Il y avait un esprit de camaraderie incroyable chez Spirou qu'on ne retrouvait pas dans la revue Tintin par exemple.Nous étions toujours ensemble à nous aider.Quand un copain avait de la difficulté avec son histoire, nous accourions à sa rescousse », ajoute-t-il avec un enthousiasme communicatif, profitant de l'occasion pour rendre un hommage au grand Jijé, première véritable légende, avec Hergé, de la bande dessinée francophone.« Je crois que c'est lui le grand responsable de cette fraternité.Beaucoup de dessinateurs qui travaillaient pour Spirou avaient été ses élèves.Il les avait habitués à collaborer ensemble.Maintenant âgé de 75 ans, Roba, qui a débuté dans le milieu de la bande dessinée à 15 ans, dresse un bilan plus que positif de sa carrière.« Je suis plutôt privilégié.Quand j'étais gamin, je rêvais de travailler pour Spirou.J'ai réalisé mon rêve de jeunesse tout en rendant heureux d'autres mômes.Qu'est-ce qu'on peut demander de mieux ?» confesse avec une fierté évidente le dessinateur en nous serrant la main.PHOTOTHÈQUE LA PRESSE © Stéphane Venne : «On ne peut pas suivre (avec compétence) deux « chemins mentaux » en même temps.» La musique et l'écriture Drôle deménage « .Ceux qui connaissent la musique écrivent leurs textes dans le silence alors que ceux qui ne la connaissent pas peuvent en écouter tout en écrivant.» C'est l'hypothèse qu'émet l'auteur-compositeur Stéphane Venne dans une lettre qu'il a fait parvenir à La Presse cette semaine.M.Venne réagissait aux réponses fournies par des écrivains à la question que leur avait posée Marie Claude Fortin sur la musique qu'ils écoutaient en écrivant, s'ils en écoutent.L'article est paru le dimanche 6 juin, dans Lectures.Le compositeur aurait bien aimé que l'on sache si les écrivains interrogés connaissaient ou non la musique.« Car il m'apparaît que pour quiconque la connaît, écrire en écoutant de la musique est comme écrire tout en suivant une conversation (que l'on comprend) à côté de soi.Impossible ! On ne peut pas suivre (avec compétence) deux « chemins mentaux» en même temps.» Pour Stéphane Venne, la musique fait partie du même groupe de phénomènes que la langue parlée.« .Quand on pige les marches harmoniques, les structures mélodiques, la créativité (ou la non-créativité), la construction orchestrale, la justesse des notes, bref quand on « comprend » les enjeux de la musique au même titre qu'une parole », comment peut-on écouter de la musique en écrivant?demande-t-il.D'ailleurs est-ce qu'un musicien peut écrire de la musique en écoutant celle d'un autre ?Et comme bien des lecteurs, le compositeur se demande ce qu'en pensent les psychologues ou les neurologues.Au fond, écrit-il en terminant, il envie ceux qui, parce qu'ils ne connaissent pas la musique, s'en servent comme d'une « enveloppe étanche qui, en bloquant les « distractions », favorise leur concentration» ou font sur eux l'effet d'un massage mental.Pour lire la lettre intégrale de Stéphane Venne, il suffit d'aller sur cyberpresse.ca/arts, à la rubrique Club de lecture.Vous pouvez nous faire connaître votre opinion sur le sujet en écrivant à clubdelecture@lapresse.ca Les explications des spécialistes sont particulièrement bienvenues.Jocelyne Lepage PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Le créateur de Boule et Bill, Roba, photographié à l'hôtel Ritz Carlton, à Montréal.Trois historiens racontent le 6juin 44 3201297A ÉLIAS LÉVY COLLABORATION SPÉCIALE L'opération Overlord, dont on a commémoré la semaine dernière le 60e anniversaire, a été la plus imposante, et aussi la plus sanglante opération militaire de l'histoire contemporaine.Pour mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale et accélérer l'effondrement d'un régime nazi aux abois, les Alliés ont mis le paquet.Une gigantesque croisade de 156 000 soldats, dont 23 500 parachutistes, 5000 navires, 11 600 avions, des dizaines de milliers de véhicules.Dans un livre-événement, 6 juin 44, qui vient de paraître aux Éditions Perrin/Le Mémorial de Caen, trois importants historiens américain, français et allemand, Robert Paxton, Jean-Pierre Azema et Philippe Burrin, spécialistes incontestés de la Seconde Guerre mondiale, relatent les dessous de la préparation de l'opération Overlord.Montrent, moult documents inédits à l'appui, les rivalités stratégiques existant entre les Américains, les Anglais et les Soviétiques.Analysent exhaustivement les stratégies défensives élaborées par le Reich hitlérien pour contrer toute éventuelle attaque des forces alliée.Décortiquent la préparation des différentes opérations constituant la genèse du Jour J.Évaluent les conséquences du débarquement sur les plages de Normandie sur la suite de la guerre.Ce livre, remarquable évocation du Jour J, associe le meilleur état de la recherche historique à une riche iconographie \u2014400 documents et photographies souvent inédites, cartes, archives visuelles.D'après les trois coauteurs, « à la différence majeure de ce qui s'était passé pour ceux de Verdun ou de Passchendaele, ou pour les rescapés d'Hiroshima ou des camps d'extermination nazis, il n'y a pas de « survivants » du Jour J.Vivants et morts sont entrés ensemble et en même temps dans un univers qui semble épargné par l'abrasion historique ou mémorielle ».Paxton, Azema et Burrin estiment que les leçons du débarquement furent peu encourageantes.Le coût humain de l'opération, qui se solda par plusieurs milliers de morts et de blessés graves, ses péripéties hasardeuses incitèrent le G.Q.G.américain à en revoir le déroulement, puis à y surseoir au profit de l'arme atomique.« Compte tenu des inconnues techniques et tactiques subsistant autour de la bombe A en 1945, le choix de l'arme nucléaire contre le Japon marque une volonté d'éviter un nouveau Jour J.Par la suite, les effets diplomatiques ou politiques des débarquements furent systématiquement contre-productifs : en Corée, alors qu'il s'agissait pourtant de répondre à une guerre d'agression ; sur le canal de Suez, où l'irruption franco-britannique de 1956 fut aussitôt assimilée à une vulgaire manoeuvre coloniale ; au Panama, aux îles de la Grenade et même en Somalie malgré l'affichage humanitaire, les débarquements pâtirent de la confusion entre pratiques impériales et prétentions pacificatrices », rappellent-ils.Des pages passionnantes, richement illustrées avec des photos d'archives, relatent aussi le rôle crucial joué le 6 juin 1944 par les soldats canadiens.6 JUIN 44 Jean-Pierre Azema, RobertO.Paxton et Philippe Burrin Perrin/Le Mémoriel de Caen, 205pages 3232779A 3219547A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Gil Rémillard, cofondateur avec sa femme, Marie Du Pont, de la Conférence de Montréal, mesure le progrès accompli dans la réflexion et la pertinence des débats de cette importante réunion, qui fête son 10e anniversaire.La Conférence de Montréal, qui a réuni près de 2500 participants du 7 au 10juin, avait pour thème central «Le défi de la concurrence: les stratégies gagnantes».«Chaque progrès dans le monde du travail a créé sa révolution.Depuis la création du chemin de fer jusqu'à la robotique et à la technologie en général, en passant par l'arrivée de l'électricité, l'homme a dû s'adapter.» ANNE RICHER il Rémillard et Marie Du Pont ne cachent pas leur fierté d'avoir pu réunir dans notre ville des sommités du monde entier en matière d'affaires et d'économie.La Conférence de Montréal est le seul forum économique international des Amériques.«Un lieu apolitique», tient à souligner M.Rémillard.Cette semaine, La Presse souligne la conviction et l'opiniâtreté de Marie Du Pont et de Gil Rémillard dans l'organisation de cette conférence, qui donne àMontréal unautre fleuron en lesnommant Personnalité de la semaine.Un cheminement impressionnant M.Rémillard, on le sait, a été ministre à l'Assemblée nationale, notamment de la Justice, pendant six ans.À ce titre, il a présidé à la refonte du Code civil de la province.Reçu au Barreau en 1969, il a beaucoup enseigné et continue de le faire à l'École nationale d'administration publique.Il est avocat-conseil au cabinet Fraser Milner Casgrain.Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages et articles traitant notamment de droit constitutionnel.La liste de ses réalisations est fort longue.Il était inévitable que cet homme, mordu de politique, habitué aux débats, questionneur et entreprenant, ne diminue en rien ses activités au début de la soixantaine.Pour Marie Du Pont, l'expérience de la Conférence, qui nécessite une organisation de premier ordre, une infrastructure rigoureuse, c'est aussi une belle aventure de couple.Chacun, avec ses différences, est animé de la même passion pour les personnages qui réfléchissent et pour Montréal, qui les reçoit.«Beaucoup de gens ont participé à la réalisation de ce projet, il serait fastidieux de les nommer tous, il a bénéficié de nombreux appuis depuis 10 ans.Nous avionsle rêvecommundefairede Montréal un centre international.On voulait le réaliser dans la ville, qu'il y plonge ses racines.» La transparence «Nous avons opté pour un langage franc, direct, ouvert à tout le monde», souligne Marie Du Pont.Desétudiants, recommandés par leurs professeurs, qui désirent avancer dans leurs travaux ont accès à la Conférence à un prix abordable.On imprime des documents qui servent d'outils de travail et de réflexion.La Conférence, ne l'oublions pas, ne prend pas de décision, ne fait pas de recommandations.Les hommes d'affaires, quant à eux, sont en communication directe avec des banquiers importants, des ministres responsables d'économie, des leaders qu'il serait illusoire de penser rencontrer dans un autre contexte.Les représentants du Chili, de la Roumanie, du Mexique, du Brésil et de bien d'autres pays échangent notamment sur le travail dans le cadre de la mondialisation des économies.«Personne en principe n'est contre la mondialisation, on sait qu'on ne fabrique plus les automobiles comme avant, mais il faut tenir compte de l'aspect humain de ces changements.» C'est en pensant aux conséquences des changements de société qu'est née l'idée d'un forum indépendant «qui puisse rassembler les leaders et faire le point».Une année, ce n'est pas trop pour organiser cette rencontre, qui met à contribution une équipe fidèle.Un thème est choisi et, au fil des mois, les conférenciers sont sollicités.«Au début, il y a 10 ans, on devait convaincre et rassurer.Aujourd'hui, l'habitude est créée.Montréalestdevenuincontournable dans l'agenda des décideurs même les plus occupés», explique Marie Du Pont.Elle ajoute: «Les gens d'ailleursycroient, parconséquent ceuxd'ici aussi.» L'énergie qui s'en dégage apporteaux organisateurs une source certaine de plaisirs.Gil Rémillard confie que la politique ne lui manque pas.«J'ai retrouvé ici l'esprit d'équipe.Travailler et apporter une contribution tangible au développement social apporte une très grande satisfaction.» «Notre pays a un rôle important à jouer», rappelle Gil Rémillard.Territoire neutre.Ambiance sereine.Sécurité.Pour ce fils d'hôtelier de Baie-Saint- Paul, l'hospitalité est un principe sacré.Marie partage entièrement cet avis.Il y a fort à parier que leur fils, Nicholas- Philippe, âgé de 28 ans, suivra cette voie.Le monde est en effervescence, tout va très vite, il faut constamment être bien informé.Si, au départ, l'idée de cetteconférencesemblaitdifficileàréaliser, en ce 10e anniversaire, le couple Du Pont-Rémillard avoue avec le sourire que «c'était peut-être une folie, mais organisée, persévérante».Dont ils sont fiers, à juste titre.PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © Gil Rémillard et Marie Du Pont "]
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