La presse, 5 juillet 2004, X. Arts et Spectacles: Cahier jazz
[" ARTS SPECTACLES LE TALENTAEURAISON PAGE 5 LE 4 JUILLET ?«UN CONGÉ COMME UN AUTRE» PAGE 7 DEUX ÉCOLES, UNEMUSIQUE ALAIN BRUNET alain.brunet@lapresse.ca Les cordes et le jazz.Les bois et le jazz.Les cuivres classiques et le jazz.La musique écrite et le jazz.Peut-on encore parler de contentieux ?Nenni.Au cours du dernier quart de siècle, les préjugés se sont érodés.Lentement, sûrement.Pas complètement, mais vraiment.Jamais dans l'histoire moderne de la musique, les esthétiques n'ont convergé à ce point.La formation des professionnels du jazz et de lamusique classique tend effectivement à répondre à des standards techniques de même élévation, un respect mutuel s'est ainsi installé.Voilà pourquoi Yuli Turovsky, violoncelliste de haut calibre et directeur de l'ensemble I Musici de Montréal, ne regarde pas de haut le jazz et l'ensemble des musiques improvisées.Loin de là.Pour la énième fois, son ensemble a été recruté par le Festival international de jazz de Montréal : I Musici se produira d'abord ce soir aux côtés du guitariste, pianiste et compositeur Egberto Gismonti, puis dans le cadre de Soleil de minuit, l'événement qui clôturera l'imposant 25e.«C'est toujours un plaisir pour moi de travailler avec les artistes du jazz», amorce Turovsky, sans intention racoleuse.«Cette liberté qu'on trouve dans le jazz, estime-t-il, manque à beaucoup de musiciens classiques.L'esthétique du jazz est fondée sur l'improvisation bien qu'elle demeure très structurée.C'est très sain pour les musiciens classiques de s'y frotter, car trop d'entre eux croient encore qu'une partition écrite est une bible immuable.Alors qu'au contraire, il leur faut réaliser que la Bible est sujette à interprétation ! Le jazz est une source d'inspiration en ce sens.«Pour unmusicien classique, donc, l'improvisation est très importante.Il faut comprendre le sarcasme ou la tragédie dans une oeuvre, il faut juger de sa vitesse d'exécution dans un contexte donné.La musique écrite, donc, comporte un facteur aléatoire où l'improvisation doit être envisagée.» Le fruit défendu L'ouverture de Turovsky pour le jazz, d'ailleurs, ne date pas d'hier.«Lorsque j'étais étudiant en Union soviétique, cette musique était complètement interdite, on associait le genre aux valeurs de l'impérialisme américain\u2014boogie woogie, chewing gum et Coca Cola.L'attrait pour le fruit défendu était d'autant plus grand !» » Voir TUROVSKY en 2 Yuli Turovsky et Egberto Gismonti JAZZ PHOTOS BERNARD BRAULT, LA PRESSE© Samedi et hier, l'ensemble de Yuli Turovsky a répété avec le principal intéressé au sous-sol de la Place des Arts.La Presse y a d'ailleurs intercepté le Brésilien qui se rendait à la séance, pendant que Turovsky distribuait les consignes à sa vingtaine de musiciens, très concentrés sur le travail à accomplir.I MUSICI ET EGBERTO GISMONTI Deux écoles, une musique TUROVSKY suite de la page 1 On ne s'étonnera donc pas que Yuli Turovsky soit très au fait de l'oeuvre d'Egberto Gismonti, dont il s'apprête à jouer un volet pour le moins étoffé.« Il a eu une formation de pianiste classique, après quoi il était parti à Paris pour y étudier avec la grande pédagogue Nadia Boulanger.Au bout de deux ans d'études, elle lui avait recommandé de rentrer au Brésil, estimant que son élève devenait un compositeur trop européen.Vous, Brésiliens, êtes très irresponsables, je veux entendre cette irresponsabilité dans votre musique, lui avait-t-elle indiqué ! » raconte notre interviewé en riant.« De retour chez lui, il a entrepris d'apprendre la guitare.Presque par hasard.Il a alors développé une technique t rès particulière, car l'indépendance des mains que lui confère sa formation pianistique l'a conduit à jouer autrement la guitare \u2014 à 10 cordes.Il est aussi devenu très intéressant comme compositeur.Très moderne.» Samedi et dimanche, donc, l'ensemble de Turovsky a répété avec le principal intéressé au sous-sol de la Place des Arts.La Presse y a d'ailleurs intercepté le Brésilien qui se rendait à la séance, pendant que Turovsky distribuait les consignes à sa vingtaine de musiciens très concentrés sur le travail à accomplir.« Ça fait partie de ma vie depuis plus d'une décennie, je joue une bonne dizaine de fois par an avec des orchestres classiques.C'est néanmoins la même musique que je fais depuis mes débuts.Je ne vois pas de différences importantes entre ma musique en petite ou en grosse formation.Ça correspond exactement à mon éducation de compositeur auprès de Nadia Boulanger, car je me donne le droit de tout mélanger.Nous, Brésiliens, mélangeons tout ; cette instrumentation européenne finit donc par donner une musique brésilienne.orchestrale.» La musique la plus sophistiquée De toutes les opérations d'accompagnement de I Musici au Festival de jazz, Yuli Turovsky considère la musique de Gismonti comme la plus sophistiquée.« Notre rôle, indique-t-il, n'est pas simplement d'ajouter des harmonisations des lignes mélodiques.Le rôle de l'orchestre y est très important, c'est pour nous l'opération la plus complexe qu'il nous ait été donné de mener dans le cadre du Festival de jazz.» « Parce que le Brésil est complexe », résume à son tour le compositeur.« Toutes les partitions, indique en outre Turovsky, ont été préparées par Gismonti lui-même, contrairement à la plupart des jazzmen qui font appel à des ar rangeurs pr o f e s sionnels lorsqu'il travaillent avec un ensemble classique.Ces partitions sont d'ailleurs très bien écrites.J'ai, bien sûr, des questions à lui poser, notamment au plan des tempi.Certains pizzicatos sont décidément trop rapides, presque impossible à jouer.il faudra ralentir.Cela dit, c'est très original.Cette collaboration, apprend-on d'autre part, a été rigoureusement accomplie, dans des délais rapides mais raisonnables.Ça n'a pas toujours été le cas.« Avec Abdullah Ibrahim ça avait été épouvantable ; les partitions avaient disparu dans une valise égarée, qu'on avait finalement retrouvé à l'aéroport de Toronto.le matin même du concert ! Ça avait été un tour de force, nous avions dû procéder à une rapide lecture à vue et, somme toute, nous nous étions bien sortis de ce pétrin.» Au cours des dernières années, les collaborations de l'ensemble I Musici au Festival de jazz ont été nombreuses.L'orchestre de chambre a ainsi accompagné le contrebassiste Charlie Haden et le clarinettiste Eddie Daniels en 1997, l'accordéoniste Richard Galliano en 1998 et 2003, le pianiste Abdullah Ibrahim en 1999, le trompettiste Roy Hargrove en 2001, le guitariste Jim Hall en 2002, on en passe.Quant à la participation de I Musici de Montréal au grand événement Soleil de minuit, la difficulté ne résidera pas tant dans l'accompagnement (cette musique de René Dupéré est « jolie », estime Turovsky) que dans la logistique de cette opération considérable.Le fossé entre jazz et classique n'est-il pas en voie d'être comblé « J'ai la conviction, affirme Yuli Turovsky, que nous pouvons aller encore beaucoup plus loin.Les racines de la musique sont communes, je ne crois pas que l'on doive séparer désormais les genres.La musique, c'est la musique.Le projet orchestral du Brésilien Egberto Gismonti avec I Musici de Montréal est présenté ce soir, 18 h, au Théâtre Maisonneuve .JAZZERIES Sidney Bechet PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE© Michel Berthiaume PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE© GRANDE ROUTE «Quand on a si souvent cherché à retrouver dans le passé une de ces figures auxquelles on doit l'avènement de notre art\u2026 quelle chose émouvante que la rencontre de ce gros garçon tout noir, avec dents blanches et ce front étroit, qui est bien content qu'on aime ce qu'il fait mais ne sait rien dire de son art, sauf qu'il suit son \"own way\", sa propre voie, et quand on pense que ce \"own way\" c'est peutêtre la grande route où le monde s'engouffrera demain.» \u2014ERNEST ANSERMET, chef d'orchestre et critique suisse, à propos de Sydney Bechet.In La Revue Romande, 1919 Bechet, le prodige de la Nouvelle-Orléans (1897-1959), est arrivé en Europe comme clarinettiste - avec les Louis Mitchell's Jazz Kings, en 1919 \u2014, mais il s'est converti au saxophone soprano pendant son séjour en France.Maître de l'improvisation, le compositeur de Petite Fleur dominait par son jeu tous ses collègues.Duke Ellington - qui l'avait embauché à l'époque des Washingtonians -, dira de Bechet qu'il était «la quintessence du jazz».«Tout ce qu'il a joué dans sa vie était original.Je crois sincèrement qu'il était la personnalité la plus marquante de notre musique.» Beau compliment, venant d'un homme qui en a vu\u2026 Sydney Bechet n'avait pas vraiment besoin de savoir parler de son art.OH ! LA BITCH ! «Les goûts sont dictés par les intérêts corporatistes.Sinon comment expliquer la popularité d'Al Hirt ?» \u2014 CHARLES MINGUS, qui disait que sa musique, annonciatrice du free jazz, était «colère», n'appréciait guère le succès des musiciens qui, comme Al Hirt (1922-1999), vendait des millions de disques\u2026 aux Blancs.Même s'il a enregistré avec, entres autres, Ella Fitzgerald et Wynton Marsalis, «Jumbo» Hirt (6 pieds 2, 310 livres) se considérait comme un pop commercial musician : «Je ne suis pas un trompettiste de jazz et je ne l'ai jamais été.» «JAZZ AM AGOSTO» Malgré la défaite du Portugal hier en Coupe d'Europe, le soccer pèse plus que le jazz dans le rayonnement international du pays.À preuve : un seul Portugais \u2014 le guitariste Nuno Ferreira \u2014 figure à l'affiche du Festival Jazz am Agosto (Jazz en août) de Lisbonne, perdu au milieu de noms\u2026.canadiens et québécois.Le Conseil des arts du Canada, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et le British Columbia Arts Council sont les principaux partenaires de ce festival qui se tiendra dans la capitale portugaise du 3 au 8 août (www.gulbenkian.pt).L'imposante délégation canadienne comprend l'orchestre de la violoncelliste Peggy Lee; le quartette acoustique de François Houle, un clarinettiste dont la prestation (avec le pianiste Benoît Delbecq) a été très appréciée au dernier Festival de musique actuelle de Victoriaville.Pour sa part, le DJ et bruitistemontréalais Martin Tétreault retrouvera le guitariste japonais Otomo Yoshohide, avec qui il s'était produit ici en octobre 2003 dans la série Super Option2.Lisbonne verra aussi le Paul Cram Orchestra et le duo pianocontrebasse de Paul Plimley et Lisle Ellis.La formation canado-américaine Now Orchestra ouvre le Jazz am Agosto le 3, qui met aussi à l'affiche The Thing (Norvège/Suède), l'Otomo Yoshihide New Jazz Quintet (Japon), le percussionniste allemand Günter «Baby» Sommer et le Franz Hautzinger Regenorchester XI (Autriche/Pays-Bas).GASTRO-JAZZ «Un musicien sans ordinateur personnel, c'est comme un couscous sans\u2026sans hummus.» \u2014 Le chanteur et oudiste tunisien DHAFER YOUSSEF, vendredi au Gesù, à propos du trompettiste italien Paolo Fresu, qui, à cause de son «lap-top», a éprouvé certaines difficultés douanières, jeudi, au sortir de son pays.Fresu, finalement arrivé à Montréal à temps et avec tous ses bidules, jouait encore hier avec ses collègues Hassell et Truffaz (au Spectrum).Quant au mariage du couscous et du hummus de Dhafer, c'est une affaire de goût très, très personnelle\u2026 ERRATUM End'autrescirconstances, Michel Berthiaume aurait pu être un «badaud», mais pas assis à la batterie au FIJM, où il joue avec laformation Streetnix, une vieille habituée de l'événement.La photo (ci-contre), que nous avons publiée hier en page4de notre cahier Jazz, montre à l'oeuvre Michel Berthiaume, batteurdesonétat.Etledrum sur lequel il «exerce ses talents» lui appartient.Toutes nos excuses.Daniel Lemay JAZZ Générations Motown ALEXANDRE VIGNEAULT En fin d'après-midi, hier, les préparatifs allaient bon train en prévision du concert des légendaires Funk Brothers, deuxième grand événement extérieur programmé à l'occasion de ce 25e Festival international de jazz de Montréal.Sous un soleil de plomb, le chanteur Jacksoul interprétait What's Goin' On, le vieux tube de Marvin Gaye, sous les regards attentifs de dizaines de curieux.Ce n'est pas tous les jours qu'on peut assister aux tests de son de mythes vivants de l'histoire du rock.Heureux d'êtres passés au bon endroit au bon moment, plusieurs spectateurs de la scène ont d'ailleurs applaudi les artistes.Cinq heures plus tard, le même Jacksoul est revenu sur la grande scène érigée rue Saint-Urbain, qui barrait littéralement l'avenue du Président-Kennedy et le boulevard de Maisonneuve.Cette fois, ce n'est pas devant quelques dizaines de festivaliers qu'il a chanté, mais devant quelque dizaines de milliers de fans ravis d'entendre les immortelles Let's Get It On, Mercy Mercy Me et What's Goin' On.Des tubes qui portent la griffe des Funk Brothers, groupe de musiciens anonymes en grande partie responsables du fameux son Motown, dans les années 60.« On a attendu 40 ans avant de voir vos visages », a lancé l'un des frères du funk, tellement ému qu'il voulait ramener la foule au grand complet chez lui après le concert.Peu après, il est revenu à la charge : « C'est une expérience magnifique pour nous d'être ici.On n'oubliera jamais cette soirée et on va revenir même si on doit vous payer ! » C'était juste avant la quatrième chanson.L'ambiance était bonne et c'était de bon augure pour le reste.Deux heures avant le début du concert, on n'aurait pas osé miser sur la réussite de la soirée.Une nappe de nuages grisâtres avait recouvert le ciel, lui donnant même un air menaçant.Des centaines, voire des milliers de personnes avaient déjà pris place devant la scène, mais plusieurs d'entre elles ne cessaient de lever les yeux en l'air, convaincu que le ciel allait leur tomber sur la tête.« Pensez-vous qu'il va pleuvoir ?» a demandé une jeune femme à son groupe d'amis.« Ça se peut, mais si ça se met à tomber, on ira se cacher là-dessous », a répondu le petit comique du groupe, en pointant le minuscule parasol protégeant un vendeur de crème glacée.Très loin derrière, un couple originaire de Philadelphie regarde le temps passer, très confortablement installé dans des chaises pliantes.Pourquoi êtes-vous si loin ?« Pourquoi est-ce qu'on voudrait être plus proches ?» me répond le monsieur, qui préfère rester anonyme.La vue n'est pas trop mal, en effet.Pas très loin devant eux, il y a un écran et une tour de relais sonore.« Les Canadiens fument trop pour moi, je n'ai aucune envie d'être dans la foule, ajoute ma source anonyme.J'espère que la foule ne viendra pas jusqu'ici !» Et s'il pleut ?« On va se réfugier là-bas », dit-il du même air impassible, en indiquant le pavillon des sciences de l'UQAM.Deux clôtures en barrent l'accès, mais j'imagine qu'il a déjà son plan.« On a emporté un parapluie », glisse sa femme, Jan.Lorsque le concert a finalement débuté, à 21 h 30 précises \u2014 l'avantage des concerts diffusés à la télé, c'est qu'ils commencent à l'heure \u2014, mon oeil de lynx m'a permis d'évaluer que si le couple de Philadelphie n'avait pas bougé, il devait se trouver exactement au milieu d'un groupe de Québécois qui fumaient comme des cheminées.Au moment de mettre sous presse, aucun chiffre officiel n'avait été divulgué, mais il semblait raisonnable d'estimer l'assistance à 100 000 spectateurs.Des gens particulièrement enthousiastes de pouvoir danser sur les tubes de leur jeunesse.ou les vieux classiques de leurs parents.Pas de pluie à l'horizon non plus.On savait déjà que le Festival international de jazz est important et que ses responsables ont des contacts partout.Mais après une soirée comme celle-là, on va finir par croire qu'ils connaissent quelqu'un qui connaît quelqu'un qui peut soudoyer celui ou celle qui fait la pluie et le beau temps ! PHOTO BRAULT, BERNARD LA PRESSE© Le spectacle des Funk Brothers a réjoui des milliers de fans venus entendre les tubes associés au fameux son Motown.Les hits paradent dans la rue PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Les Funk Brothers avaient peine à croire qu'il y avait autant de monde « dans leur cour arrière », a blagué le percussionniste, vibraphoniste et maître de cérémonie attitré de la soirée, Jack Ashford.Le chiffre émanant de l'organisation faisait était de plus de 150 000 spectateurs ! De la scène au coin de rue, une mer de mélomanes, férus de Motown ou fans qui s'ignorent.Ces derniers se sont cependant reconnus assez vite, hit après hit, redécouvrant le son merveilleusement bien conservé des Brothers.En fermant les yeux, on se croyait presque en 1966.Vêtus de vestons rouges, les Funk Brothers sont montés sur scène sans grande cérémonie, prenant tranquillement leur place en attendant le signal de départ.Quelques longues minutes d'attente pour le public, mais je devine qu'elles étaient nécessaires aux musiciens, estomaqués par l'ampleur de ce public dont ils ont été privés pendant tant d'années.Dès les premiers battements de tambour, une choriste à la voix forte et torride a pris l'autoroute des souvenirs en s'engageant dans You Can't Hurry Love, succès des Supremes.Oooh Baby Baby de Smokey Robinson & The Miracles était beaucoup plus convaincante.En dépit d'une sono déficiente en basse (à cause de limitations imposées au nombre de décibels, présumons-nous), le groove prenait forme sous les martèlements du batteur Uriel Jones, précis comme un métronome à l'âge de 70 ans ! Un autre choriste, un homme, a en quelque sorte annoncé le prochain segment, dédié à Marvin Gaye, en refaisant Pride & Joy.Le Torontois Haydain Neale, chanteur de Jacksoul, a reconnu l'honneur qui lui revenait de se faire accompagner par ces légendes de l'ombre.« It's a dream.» a-t-il confié aux festivaliers.Même qu'il paraissait intimidé au moment de se lancer dans son triplé de classiques de Gaye avec Let's Get It On, summum du prélude à l'amour, dont la langueur collait autant à la peau que l'humidité ambiante.Sa voix prenait le minimum de place sur l'accompagnement somptueux des Brothers, pour ensuite s'imposer davantage pendant Mercy Mercy Me.Sur What's Going On, qui n'a rien perdu de sa fraîcheur, le public a dansé et tapé des mains.Ce fut ensuite le tour de la chanteuse Joan Osbourne, auteure d'un succès pop il y a quelques années qui accompagne régulièrement les anciens employés de Berry Gordy depuis la réalisation du documentaire Standing in the Shadow of Motown.Après des salutations chaleureuses et de gentils petits commentaires sur ces musiciens qu'elle a appris à connaître, la dame se lance dans For Once in My Life (de Stevie Wonder) et nous révèle du même coup tout le grain et l'âme de sa voix.Sa chanson suivante, Love is Like a Heat Wave (de Martha & The Vandellas), était faite de la même matière à frissons que Pride & Joy ou Let's Get it On: l'interprétation était si fidèle à l'enregistrement original que, en négligeant la voix, nous avions l'impression d'écouter un vieux vinyle ! Tout le swing des Brothers était comprimé dans cette charge d'explosion musicale, qui ne laissait personne immobile sur le boulevard de Maisonneuve et l'avenue du Président-Kennedy.Même émotion en savourant ses reprises suivantes, la douloureuse ballade What Becomes of a Broken Hearted de Jimmy Ruffin et I Heard It Through the Grapevine \u2014 cette dernière nous faisant un peu regretter la carence en basses fréquences.Et là, un moment historique s'est produit devant nous : la rencontre sur scène des architectes de Motown et d'une légende de Stax ! Nul autre que Sam Moore, la voix survivante du duo Sam & Dave, accompagné par ces grands, Jones, Ashford, Eddie Willis à la guitare (aaah ! Ce son, chik-chik.) et ceux que j'oublie.« Un gars de Stax devant des gars de Motown, s'étonnait-il aussi.It's a bomb ! » Comble de bonheur, la voix du gaillard (qui a assez galéré merci) était encore solide, si imprégnée de gospel, rageuse et portante dans le ciel grisâtre de Montréal.Higher & Higher, Shop Around, une géniale version de Ain't Too Proud To Beg, des Temptations, toutes lancées avec coeur dans la foule.Malheur ! J'ai dû filer pendant le medley des Four Tops, en plein pendant Standing in the Shadow of Love, qu'ils ont enfilée après la minisymphonie r&b Reach Out I'll Be There.Ils étaient impeccables avec leurs vestons bleus scintillants sous les projecteurs et leurs petits pas de danse.Ai-je besoin d'ajouter que c'était bon, que j'entends encore résonner ces refrains en tapant sur le clavier ?Ils étaient impeccables avec leurs vestons bleus scintillants sous les projecteurs et leurs petits pas de danse. JAZZ LOS DE ABAJO Du punk tropical! ALEXANDRE VIGNEAULT Cousin de Mano Negra, émule de Manu Chao, frère d'âme de P18, Chango Family ou Sergent Garcia, le groupe mexicain Los de Abajo pourrait très bien créer une commotion dans cette ville où on aime bien le rock latin doté d'un esprit punk.Encore mieux, ces révolutionnaires du son latino savent se tenir en équilibre précaire entre chanson engagée et divertissement échevelé.Los de Abajo tire son nom d'un roman de Mariano Azuela portant sur la révolution mexicaine de 1910.Un livre politique, bien sûr, mais axé sur les passions des gens, leur ferveur à la fois humaniste, idéaliste et anarchiste.Le lien n'est ni fortuit ni cosmétique.Lider Teran, le meneur du groupe peste notamment contre la corruption et l'exploitation des plus faibles.Son groupe appuie d'ailleurs le combat des zapatistes, regroupement qui réclame plus d'autonomie pour le Chiapas, province du sud du Mexique.Issu des rues de Mexico, Los de Abajo (littéralement : « Ceux d'en bas ») s'est formé il y a plus d'une décennie, en 1992.L'ensemble a fait ses premiers pas sous la forme d'un quatuor surtout versé dans le ska à tendance punk.Mais à mesure que le cercle s'est agrandi, le son a évolué et s'est transformé en un indescriptible \u2014 et très accrocheur \u2014 amalgame de rap, de rock, de salsa, de ska, de cumbia et d'autres musiques afro-latines aux accents chaleureux.Après avoir vainement tenté de décrocher un contrat de disques au Mexique, la bande s'est finalement trouvé un toit aux États-Unis.Pas dans un petit label de rien du tout, mais chez Luaka Bop, étiquette consacrée aux musiques du monde mise sur pied par David Byrne.« Il y avait déjà pas mal de bonnes combinaisons de rock, de salsa, de reggae et de cumbia.On leur a demandé de voir une performance live et ils nous ont envoyé la cassette vidéo d'un concert donné à l'occasion d'un rassemblement syndical, a déjà raconté l'ex-Talking Heads.Pendant qu'ils jouaient leur rock à la sauce salsa, les gens dansaient comme des fous.» Ils ont vu et ils y ont cru.Cybertropic Chilango Power, deuxième album des Mexicains (ne le cherchez pas, il n'est plus vendu au Canada), possède une personnalité unique, à la fois joyeuse et impulsive.D'un côté, des cuivres lustrés (des trompettes mariachis, entre autres), de l'autres, des rythmes syncopés et des voix théâtrales.Une effervescence pétaradante qui laisse croire que lorsque ces musiciens montrent les dents, ce n'est pas juste pour sourire.Los de Abajo offrira ce soir à Montréal son tout premier concert en sol québécois et poursuivra sa route jusqu'à Québec, où il se produira dans le cadre du Festival international d'été.Puisqu'il faut le voir pour le croire, vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous être un aficionado de la Chango Family ou de Colectivo.« Ceux d'en bas» mettront peutêtre la place sens dessus dessous ! .Los de Abajo se produit ce soir, 19h30, sur la scène Bleue Légère.Issu des rues de Mexico, Los de Abajo (littéralement : « ceux d'en bas ») s'est formé il y a plus d'une décennie, en 1992.12h Kuumbwa Honors Jazz Band Place du Complexe - Intérieur Gratuit 12h L'esprit de la Nouvelle-Orléans Terrasse Grand Marnier Gratuit 13h The Fat Tuesday Brass Band Terrasse Grand Marnier Gratuit 14h La petite école du Jazz Place du Complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 15h German Youth Jazz Orchestra Scène General Motors Gratuit of Hessen Bandleader Wolfgang Diefenbach 15h30 La petite école du Jazz Place du Complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 16h The Fat Tuesday Brass Band Scène Bell Gratuit 17h Sweet Dixie Scène du Festival Gratuit 17h30 La Parade du Festival avec Swing Tonique Départ scène Bell Gratuit 18h Owen Howard & Andrew Rathbun Quintet Scène General Motors Gratuit 18h Concert spécial: Egberto Gismonti's Théâtre Maisonneuve - PDA Payant Orchestral Project avec I Musici de Montréal 18h John Cale Spectrumde Montréal Payant 18h Rémi Bolduc et Kenny Werner Gesù - Centre de créativité Payant 18h15 Sweet Dixie Scène du Festival Gratuit 18h30 Tommy Emmanuel Carrefour General Motors Gratuit 19h Streetnix Terrasse Grand Marnier Gratuit 19h Blake Tartare Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 19h Stephen Barry Band Scène Labatt Bleue Gratuit 19h Croisière Jazz avec Pascale Lavoie Quintette & Bateau Cavalier Maxim Payant le Dixieband 19h Lila Downs Club Soda Complet 19h30 Los de Abajo Scène Bleue Légère Gratuit 20h Jillian Lebeck Scène du Festival Gratuit 20h Matt Dusk Scène Loto-Québec Gratuit 20h Dessy Di Lauro Feat.Ric'key Pageot Scène Bell Gratuit 20h30 The Four Tops / The Temptations Salle Wilfrid-Pelletier - PDA Payant 21h Joe Bonamassa Scène Labatt Bleue Gratuit 21h Buyu Ambroise «Blues in Red» Carrefour General Motors Gratuit 21h BeshODrom Scène General Motors Gratuit 21h «Translate» Michel Benita avec Erik Truffaz et Salle Beverly Webster Rolph - MAC Payant Judith Darmont 21h Stochelo Rosenberg Trio / Jeszcze Raz Métropolis Payant 21h30 The Bad Plus Spectrumde Montréal Payant 22h Dessy Di Lauro Feat.Ric'key Pageot Scène Bell Gratuit 22h Jillian Lebeck Scène du Festival Gratuit 22h Blake Tartare Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 22h Matt Dusk Scène Loto-Québec Gratuit 22h Sekoya Scène Bleue Légère Gratuit 22h30 Steven Bernstein Millenial Territory Band Gesù - Centre de créativité Payant 23h BeshODrom Scène General Motors Gratuit 23h Stephen Barry Band Scène Labatt Bleue Gratuit 23h Jam sessions avec Thuryn Von Pranke, Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance Gratuit Frédéric Alarie&Wali Muhammad 0h30 Joe Bonamassa Spectrumde Montréal Gratuit HEURE ÉVÉMEMENT LIEU HEURE ÉVÉMEMENT LIEU LE GUIDE DUFESTIVALIER CABARET MUSIC-HALL METROPOLIS Club Soda MONUMENTNATIONAL GÉSÙ - Centre de créativité SPECTRUM SALLEWILFRID-PELLETIER CLUB JAZZ Banque TD Canada Trust SCÈNE Labatt Bleue SCÈNE SPÉCIALE Labatt Bleue pour les Funk Brothers SCÈNE CARREFOUR Loto-Québec General Motors SCÈNE General Motors SCÈNE Bell LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ SCÈNE Bleue légère TERRASSE Grand Marnier HÔTEL Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry boulevard de Maisonneuve avenue Président-Kennedy Scène extérieure Salle de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival NOTRE VIRÉE LOS DE ABAJO Sr.Judas est l'une des chansons les plus excitantes de la compilation New Latin Nouveau, lancée il y a deux ans.Ses auteurs, le combo mexicain Los de Abajo, concoctent un mélange bouillonnant de rap, de ska, de reggae et de musiques latines très au-dessus de la moyenne.Puisque leur disque Cybertropic Chilango Power n'est plus disponible ici, ne ratez pas l'occasion! L'invitation s'adresse tout particulièrement aux fans de Manu Chao, Sergent Garcia et P18.> Scène Bleue Légère à 19h30 MATT DUSK Rénover des standards est un art qui a la cote par les temps qui courent.Warner a Michael Bublé, très apprécié l'an dernier, et Universal mise désormais sur un autre canadien, Matt Dusk.Un autre jeune crooner dans la vingtaine\u2026 tout le plaisir sera pour les dames! > Scène Loto-Québec à 20h SEKOYA S'inspirant autant du jazz (la chanteuse aime le scat), du break beat que du trip-hop, cet ensemble inusité originaire de la Colombie-Britannique propose une musique originale et à l'architecture complexe.En plus, c'est plutôt sexy.Voilà un groupe qui pourrait réconcilier les amateurs de jazz électro et de musique charnelle.> Scène Bleue Légère à 22h Alexandre Vigneault LUNDI 5 JUILLET Jam sessions: accès prioritaire, mais non exclusif, aux détenteurs de la carte des amis du Festival.Kiosque à musique du Festival MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL LUNDI 5 JUILLET JAZZ Les conditions de la reussite ALAIN BRUNET alain .brunet@lapress e .ca La reussite d'un concert de jazz tient a l'equilibre delicat entre de multiples facteurs : les compositions en jeu, la qualite de leurs interpretes, la renommee de ces derniers, les conditions de leur livraison sur scene, la sonorisation de la salle, la preparation du public selon les informations obtenues par la publicite et les medias.Prenons le cas de l'Americain Kurt Rosenwinkel, un guitariste inconnu des festivaliers.venus en tres grand nombre assister a son concert .samedi soir au Theatre Maisonneuve.Ces bonnes gens s'y etaient rendus d'abord pour ses sidemen, a commencer par le pianiste Brad Mehldau et le saxophoniste Joshua Redman.Deja, il y avait risque de confusion.On venait y entendre des vedettes confirmees, sans savoir que cette musique serait axee essentiellement sur la composition.d'un inconnu.Que l'ecriture de Rosenwinkel serait au centre du jeu et non une rampe de lancement pour l'impro comme c'est souvent le cas dans le jazz.Que cette musique serait jouee pour la premiere fois en public a Montreal, point de depart d'une longue tournee au bout de laquelle on enregistrerait un disque en studio.Alors ?Alors les premieres livraisons de la soiree ont ete laborieuses, effectuees avec stress et retenue.On a senti les musiciens colles a leurs partitions, particulierement leur leader, qui devait aussi distribuer les consignes a ses collegues.Qui plus est, la sonorisation approximative n'aidait en rien l'apprivoisement.Crispation normale, si vous voulez mon avis.Les propositions du guitariste americain n'etaient pas faciles a transcender d'entree de jeu, meme pour des musiciens aussi extraordinaires.Il leur fallait prendre un temps minimum pour bien les sentir en public, il fallait assimiler ces concepts d'improvisation a deux ou trois voix ou meme en collectif.Il fallait s'adapter au contrepoint de Rosenwinkel s'ajoutant aux structures habituelles du jazz.theme, solo, chorus.Evidemment, lorsqu'on a affaire a des pointures du jazz, les choses se passent vite.A la fin de la premiere partie, on sentait deja que l'ensemble etait plus.ensemble.On devinait que cette musique serait eventuellement concluante sur scene.Progressivement, les solos de Brad et Joshua se sont imposes a travers les partitions, le soutien rythmique du contrebassiste Larry Grenadier et du batteur Ali Jackson s'est raffermi de piece en piece.Egalement sideman de Wynton Marsalis, ce Jackson s'est d'ailleurs fait de nouveaux fans, deployant un jeu absolument virtuose double d'une qualite d'ecoute exceptionnelle.Rosenwinkel nous a offert, somme toute, une part de son lyrisme et de son esthetique, peut-etre parfois un peu trop collee sur ce jazz fusion a l'americaine qui vieillit si mal.Neanmoins riche et sensible, la musique de ce guitariste encore jeune, qui nous en dira beaucoup au cours des annees a venir.Dommage qu'on n'ait pas eu droit a cette performance en quintette quelques semaines apres sa mise en forme sur scene.Si l'ecriture l'a emporte sur l'impro et l'interaction spontanee, ce fut l'inverse au Gesu et au Spectrum, ce meme samedi.C'est d'ailleurs ainsi que le jazz procede generalement.Au Spectrum, d'abord.Revele par Miles Davis lors de ses dernieres escales montrealaises, Kenny Garrett se distingue pour l'etonnante robustesse de sa sonorite a l'alto .et meme au soprano.Parti pris pour les paroxysmes, frequentation reguliere des notes suraigues, spirales enflammees de bas en haut du registre, voila de quel bois se chauffe le New-Yorkais.Vous n'avez qu'a vous farcir son Standard Of Language (paru en 2003 chez Warner), vous constaterez a quel point Kenny Garrett a durci le ton.Plus que jamais, ce mode d'expression a ete mis de l'avant a Montreal cette annee.Dans le tapis ! Il a joue fort, il a joue enrage, ses musiciens en ont fait autant, revelant une energie afro-americaine typique d'un certain jazz au tournant des annees 60.Il fallait voir le pianiste Carlos Mc Kinny battre son clavier, encore plus virulemment que ne le faisait Mc Coy Tyner dans le quartette de Coltrane.Il fallait voir le travail sans repit de cette section rythmique composee du bassiste Kris Funn et du batteur Ronald Bruner.Les imbrications asiatiques de Garrett (japonaises et coreennes, pour etre precis) ne nous ont pas rendus plus zen, ses citations amusantes de classiques du jazz noir (Miles Davis, Herbie Hancock facon Headhunters, etc.) n'ont pas non plus calme le jeu.Et hop ! Garrett etait reparti dans le hip hop.Et moi, j'etais parti.Dans un autre monde, celui de Brad Mehldau, qui a gentiment accepte de presenter son trio dans un cadre exceptionnellement intimiste vu sa renommee : le Gesu.Lors de son fabuleux concert livre en trio l'automne dernier, je croyais sincerement qu'il serait impossible de faire plus intime qu'au Spectrum, et voila que quelques centaines de chanceux ont pu se payer le trio de Brad dans un amphitheatre encore plus petit.Le grand luxe.Au risque de vous faire baver d'envie, je dois malheureusement vous dire que ce fut un delice pour l'oreille.Le genie Jarrett a dit de Brad qu'il etait inconsistant?Pauvre Keith.Il devrait garder pour lui ces remarques qui tiennent de l'insecurite affective plutot que de l'observation eclairee.Le trio de Brad n'a peut-etre pas l'age et la maturite du sien (mon prefere malgre ses remarques desobligeantes), il le suit neanmoins de tres pres au plan de la consistance.Une fois de plus, la soudure etait parfaite entre le pianiste, le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Jorge Rossy, ensemble depuis pres de 10 ans.Hypersensible, Mehldau a aussi le sens des montees dramatiques, des pauses sensuelles, des parentheses intellectuelles et des references actualisees qu'elles fussent jazz, classiques ou pop.Le standard All The Things You Are fut l'introduction de cette veritable messe.S'ensuivit Tres palabras, sensuel bolero cubain .deja joue par Charlie Haden sur l'album Nocturne, repris par le trio sur son Anything Goes, son plus recent.Puis le trio a accelere le tempo avec une version brillante de Skippy, une autre incontournable de Thelonious Monk.Les jeunes jazzophiles presents se sont ensuite delectes de la version poignante de Knives Out, qui s'ajoute aux fameuses relectures du repertoire de Radiohead .c'est devenu une specialite du trio dont on ne se lasse pas ; chaque concert de Brad nous en fait decouvrir une nouvelle On reviendra aux valeurs sures avec You Do Something To Me de Cole Porter, pour finalement conclure avec la jazzification de deux grands crus de la pop culture : She's Leaving Home des Beatles et America de Simon & Garfunkel.Et les rappels se sont multiplies.Au dernier, Brad s'est assis face a l'auditoire, sans dire un mot.Ses mains nous ont fait signe qu'il acceptait les demandes speciales.Les titres ont fuse de toutes parts, Exit Music (For A Film) a ete choisie.Et jouee magistralement Lorsque toutes les conditions sont reunies.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSEc Kurt Rosenwinkel nous a offert, somme toute, une part de son lyrisme et de son esthetique, peut-etre parfois un peu trop collee sur ce jazz fusion a l'americaine qui vieillit si mal.DISQUE DU JOUR Jazz Buyu Ambroise Blues In Red FFF1.2 Mirage / Justin Time Jazz haitien, quand tu nous tiens! Encore tres peu de musiciens de jazz d'origine haitienne ont mis en oeuvre la fusion de leurs rythmes, melodies, musiques profanes ou sacrees.Le guitariste montrealais Harold Faustin s'y consacre avec grand talent, voila qu'un saxophoniste a entrepris de faire de meme a partir des Etats-Unis.Pour standards, c'est-a-dire ces themes connus servant de pretextes aux jazzmen pour decoller vers d'autres contrees de l'imaginaire, Buyu Ambroise a choisi des chants traditionnels du peuple haitien (Konbit Zaka, Minis Azaka, Kote Moun Yo, Kouzen, One Note Rara) ainsi que des chansons originales creees dans son ile natale (Dessalinienne, Complainte Paysanne, Minouch et Konviksyon).Le seul vrai standard au menu est Caravan, un incontournable de Duke Ellington.Buyu Ambroise s'y avere un solide saxophoniste (tenor et soprano), en phase parfaite avec ses deux cultures, sa formation revele aussi une instrumentation interessante .piano, contrebasse, trombone, percussions variees.Voila donc une autre occasion de voir comment le jazz moderne et acoustique peut se fondre aisement dans le patrimoine d'Haiti, la ou les sonorites de la mere Afrique ont ete les mieux preservees dans le Nouveau Monde.Voila une vraie contribution a ce sous-genre que l'on nomme world jazz.Jazz haitien, quand tu nous tiens ! Alain Brunet L'age d'or de Motown PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE Dans la foulee de la performance des Funk Brothers d'hier soir, le Festival de jazz presente ce soir a la Place des Arts deux groupes vocaux issus des studios Motown, les Four Tops et les Temptations.Des groupes aux hits immemoriaux dont l'histoire illustre bien les hauts et les bas de l'ecurie qui les a vus naitre.Glorieux hymnes soul ! Reach Out I'll Be There, Bernadette et It's the Same Old Song du quatuor vocal The Four Tops ; My Girl, I Wish It Would Rain, Cloud Nine, Ball of Confusionet Papa Was a Rolling Stone des Temptations.Voici un resume de l'histoire de ces ensembles qui comptent parmi les plus influents de l'histoire de la soul.The Temptations Des Temptations originaux, il ne reste aujourd'hui qu'Otis Williams, ses quatre collegues (Eddie Kendricks, David Ruffin, Melvin Franklin et Paul Williams) ayant tous passe l'arme a gauche.Du milieu des annees 60 jusqu'en 1975, les Temptations auront durablement marque leur epoque, tant par leur image que par leurs chansons.Decouverts en 1960 par Berry Gordy, patron de Motown, le quintette vocal a du attendre 1965 pour decrocher son premier numero 1, My Girl, compose par Williams Smokey Robinson (qui travaillait bien pour Gordy et non chez Stax comme on l'a dithier.).Le groupe etait deja repute pour ses spectacles : les cinq puissantes voix du groupe se mariaient parfaitement et leurs performances etaient toujours enjolivees de pas de danse etudies.Une poignee d'autres succes ont suivi, notamment l'ambitieuse ballade I Wish It Would Rain, avec ses magnifiques orchestrations de cordes et les bruits de pluie et d'oiseaux.En 1968, les Temptations delaissent leur image de p'tits gars bien sapes pour embrasser le psychedelisme avec le tube Cloud Nine, faisant vaguement reference a la drogue.Desormais, la musique comme les propos du groupe s'inspireront des positions sociales et revendicatrices des Afro-Americains, ainsi qu'en temoigne l'enorme Ball of Confusion (1970, composee par Norman Whitfield), mue par une des plus celebres lignes de basse de l'histoire de la soul.Alors que Kendricks et Ruffins tentent l'aventure solo au debut des annees 70, le groupe, aux prises avec ses problemes internes, pond un dernier classique : Papa Was a Rolling Stone, memorable proto-disco avant-gardiste de 11 minutes.Avec la fermeture des Studios Motown de Detroit en 1973, les Temptations perdent leur pertinence et traversent les annees suivantes d'un album ordinaire et d'un drame a l'autre.The Four Tops Les Four Tops ont eu un plus de chance dans la vie : seul Lawrence Peyton est decede, en 1997, d'un cancer.Le grand Levi Stubbs, qui connait des problemes de sante, a pris sa retraite du showbusiness dans les annees 90.Il ne reste donc que Renaldo Obie Benson et Abdul Duke Fakir dans les rangs.Le groupe, forme en 1954, a d'ailleurs celebre il y a quelques jours son 50e anniversaire au cours d'un concert a Detroit.Les Four Tops, associes au trio de compositeurs Brian Holland, Lamont Dozier et Edward Holland Jr., ont grandement contribue a mettre Motown sur la map , comme on dit dans le Michigan.Exuberant et resolument pop, le style vocal des Four Tops ravit pour la premiere fois la position de tete du Billboard en 1965 grace a I Can't Help Myself.La magnifique imploration amoureuse Reach Out I'll Be There fracasse a nouveau les palmares en 1966.Tres productifs, les Four Tops enfilent les albums .mais moins les succes .jusqu'a leur depart de Motown en 1972.Les annees 70 verront le groupe s'enliser dans des productions plus pop et plus racoleuses, mais le souvenir de leurs succes chez Motown assurera toujours le respect de ces chanteurs, intronises en 1990 au Rock'n Roll Hall of Fame.The Four Tops&The Temptations, ce soir a la salle Wilfrid-Pelletier, 20h30.Stochelo ne vient pas! Pretextant des problemes de sante qui toucheraient deux des trois membres de son trio, le guitariste Stochelo Rosenberg a decide d'annuler son concert au FIJM.Le trio tzigane, qui devait se produire ce soir au Metropolis (21 h) avec la formation montrealaise Jeszcze Raz, sera remplace par l'Orchestre des Pas Perdus.Les detenteurs de billets qui veulent se faire rembourser doivent se presenter au Metropolis, au Spectrum ou a la billetterie centrale, sur le site du FIJM.Avec le trompettiste Wynton Marsalis, il s'agit de la deuxieme annulation d'importance depuis le debut du festival.PHOTO ARCHIVES LA PRESSEc De la formation originale des Temptations dont il etait le leader, Otis Williams est le seul survivant.En 1973, c'etait la coupe afro, les jump suits semillants et le cuir vernis. 3239731A JAZZ UN SITE UNIQUE Le Festival abandonne complètement la rue Saint-Denis et concentre ses nombreuses activités autour de la PdA; première série au TNM\u2026 Sur le boulevard René-Lévesque et sous la pluie, le Grand événement Alcan réunit Celia Cruz , Oscar D'Leon , David Newman et Chico Freeman.Salsa!.Le prix Oscar-Peterson est remis à Oliver Jones\u2026 Creatures of Habit (Vancouver) remporte le Prix de jazz\u2026 Lorraine Desmarais, lauréate de 1984, devient la première musicienne de jazz à se joindre à La Presse comme chroniqueuse invitée durant le Festival.DANS LA PRESSE «Le Festival de jazz a créé une jurisprudence dans le domaine du Droit à la culture.» \u2014 Mario Roy LOURDES PERTES Né : le Bloc québécois, dirigé par Lucien Bouchard.Lancés : la télésérie animée Les Simpson et le premier CD anglais de Céline Dion (Unison).En crise : le village d'Oka.Réunifiées : les deux Allemagnes.Disparus : Sarah Vaughn (66 ans), Stevie Ray Vaughn (35), Gerry Boulet.Sur nos ondes : Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours (Richard Desjardins), Cookie (Jean Leloup).LA RUEDES GITANS En ouverture, Dave Brubeck Quartet et son oratorio To Hope!; UZEB en clôture.On se souviendra de Branford Marsalis, du Ed Blackwell Project, de Four pianos for Phineas, Davis Sanborn, Salif Keita, Steve Lacy, Alain Caron/Michel Donato, des chanteuses Holy Cole et Liane Foly, de l'organiste Barbara Dennerlein.Soir après soir, la série gitane électrise la foule : Stochelo Rosenberg, Bratsch, Strunz&Farah.FAIT MAL\u2026 Déluge d'annulations, dont Steve Winwood, Junior Wells, Courtney Pine, Dianne Reeves, John Surman\u2026 Le prix Oscar-Peterson est remis au trio UZEB\u2026 Le trio du pianiste Steve Amireault remporte le prix de jazz\u2026 Un million de visiteurs : c'est devenu la norme.«ET POURTANT, ELLE TOURNE\u2026» Passée à l'Histoire : l'Union soviétique qui cesse d'exister.Lancée : l'opération Tempête du Désert, première phase de la guerre du Golfe.Décédés : Miles Davis, un vieil ami du Festival, Serge Gainsbourg, Leonidas Fender, père de la guitare électrique (1948), Freddie Mercury du groupe Queen.Le Québec écoute : Persona non grata (Madame) et Aux portes du matin (Richard Séguin).1990 11e FIJM NOS ANNÉES JAZZ 1991 12e FIJM Textes et recherche : Daniel Lemay Arthur H PHOTO ROBERTMAILLOUX, LA PRESSE © Branford Marsalis DANS LA PRESSE «\u2026 j'ai tenu un pari lancé à mes boss : depuis le début du festival, je n'ai pas écrit une seule fois le terme JAZZISTIQUE.» \u2014 Alain Brunet, notre chroniqueur de jazz émérite En ouverture : Pat Metheny avec Herbie Hancock, Dave Holland et Jack De Johnette; en clôture, le vibraphoniste Lionel Hampton.De France : Arthur H, Paul Personne, les Négresse vertes.Plus : Cassandra Wilson, Ray Anderson, Michel Camilo, Milston Hascimento, Dr.John, Shorter/Zawinul, Stern/Berg.Moins : Wilson Pickett, Joao Bosco, la pluie, le manque de bière.INVASION FRANÇAISE PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © JAZZ PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © Pour une foule de Montréalais, le 4 juillet ne rimait pas tant avec le jour de l'Indépendance américaine ou avec la finale de l'Euro 2004 qu'avec une autre journée à se faire dorer la couenne au son de la musique jazz.Indépendance américaine et patriotisme grec au FIJM ALEXANDRE VIGNEAULT Jour de l'Indépendance ou pas, ce n'est pas le drapeau américain qui avait la cote, hier, aux alentours de la Place des Arts.Environ une demi-heure après la fin de l'ultime match de l'Euro 2004, des supporteurs de l'équipe grecque ont commencé à parader dans le centre-ville, fiers, bruyants et bien identifiables avec leur drapeau bleu et blanc.En traînant pendant la moitié de l'après-midi au centre-ville, je n'ai aperçu qu'un seul Américain afficher ses couleurs.Il arpentait dignement le boulevard René-Lévesque en direction ouest en tenant bien haut sa bannière étoilée.sans susciter beaucoup d'émotion parmi les passants.Comme si ses compatriotes en vacances chez nous préféraient passer inaperçus.Des Américains, il y en a partout au centre-ville pendant le Festival international de jazz.Plusieurs d'entre eux se trouvent sur les scènes, mais la majorité se fond évidemment dans la marée humaine qui ne manque pas d'envahir les environs de la Place des Arts dès le début de l'aprèsmidi.Comment les reconnaîton ?Au son, bien sûr, et à leur air un peu plus désinvolte que les autres.Maureen et Rudy Roberts, originaires de Scarsdale, dans l'État de New York, passent une semaine à Montréal chaque été depuis six ans pour profiter de l'ambiance du Festival de jazz.« Nous aimons l'atmosphère, on adore la ville, les gens sont sympathiques et c'est un endroit relaxe, explique Maureen.Et puis il y a toutes sortes de musique.« J'aime ce festival parce qu'il me donne la chance de découvrir avant tout le monde des artistes qui deviennent populaires six mois plus tard, ajoute-t-elle.Comme Bebel Gilberto, je l'ai vue ici, sur une scène extérieure, et exactement six mois après, les gens on commencé à en parler chez nous.» Son ami Lawrence Pizzi, un résidant de New York, aime Montréal pour la nourriture, le magasinage et les drinks.Lorsqu'on l'a croisé, il revenait d'ailleurs d'un des bars Grand- Marnier, une sorte de slush pour adulte dans la main.« J'ai essayé toutes les combinaisons, sauf une, précise-t-il.Ce soir, je les aurai toutes essayées.Que pensent-ils de l'idée de célébrer le 4 juillet à Montréal en écoutant les classiques américains des Funk Brothers ?« Oh ! Vous ne parlez pas aux bonnes personnes, avertit Maureen.Nous sommes anti-Bush et anti-guerre, alors le 4 juillet n'a pas la même signification pour nous que pour d'autres.Aujourd'hui, pour nous, c'est simplement une journée de congé.» N'empêche, ils n'allaient pas rater le spectacle des Funk Brothers.Mais pas avant d'aller se reposer et de se rafraîchir.Le trio compte revenir assez tôt pour se trouver une bonne place.« La première fois, nous ne savions pas que la moitié de la ville venait voir ces grands concerts et qu'il fallait se dépêcher.Après six ans, nous avons appris », précise Maureen.« Nous avons développé des trucs, nous sommes presque comme les locaux », s'amuse Lawrence.Arriver tôt n'était pas la seule précaution à prendre, hier, pour profiter pleinement du grand concert gratuit.Compte tenu de la température, s'armer de quelques bouteilles d'eau fraîche n'avait rien de superflu.Un risque d'orage planait, mais il n'y avait pas lieu de prévoir un système de refroidissement d'urgence \u2014 bouteilles d'eau gratuites et camion à incendie \u2014 comme au concert de King Chango, il y a deux ans.Vers une année record?Si la chaleur accable certains festivaliers, le soleil fait sourire la direction du Festival international de jazz.« Tout va très bien », assure d'ailleurs Myriam Achard, directrice des communications, tout en précisant qu'aucun chiffre ne sera divulgué avant la conférence de presse-bilan, dimanche prochain.« Pour l'assistance, ça va très très bien, dit-elle.Samedi soir, il y avait tellement de monde qu'on se serait cru un soir de grand événement.Pour les ventes sur le site \u2014 nourriture, boissons, etc.\u2014 ça va bien aussi.» Jusqu'ici, la performance à la billetterie est très satisfaisante, elle aussi.Bon an mal an, 20 % des billets de concerts sont vendus pendant la durée du Festival de jazz.Aucune tuile majeure n'est tombée sur l'événement hormis l'annulation du concert de Wynton Marsalis, mercredi dernier.En fait, si la tendance se maintient, les organisateurs de l'événement annonceront sans aucune doute une autre année record.« On a commencé en lion avec un grand concert extérieur », confirme Myriam Achard.Mais elle ne veut pas se vanter tout de suite.de peur d'attirer la malchance.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © La petite Elisabeth Morin s'amuse avec son papa Éric sur l'esplanade de la Place des Arts.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Roumaine Valentina fait quelques pas dans les souliers de sa maman. TÊTES D'AFFICHE Le Chic Resto Pop a besoin de 1,6 million en dons de la population pour compléter le financement de ses travaux de relocalisation dans l'église Saint-Mathias- Apôtre, projet pour lequel l'organisme communautaire a bénéficié de près de 3 millions en subventions des trois paliers de gouvernement.L'établissement de services communautaires (formation, services de repas et d'information) compte tout de même compléter ses travaux d'aménagement à temps ( le grand déménagement est prévu pour août) et célébrer dignement son vingtième anniversaire au tout début de l'an prochain.Renseignements ; 514-521-4089 Les enfants malades sont aujourd'hui des patients moins stressés, grâce à la Fondation Ordinacoeur, qui s'est donnée pour mission d'offrir des divertissements aux jeunes patients des services pédiatriques.Créée par Benoît Delorme, un policier de Saint- Jérôme, à la suite de l'hospitalisation de son fils à l'hôpital Saine- Justine, cette fondation a drôlement contribué au mieux-être des enfants hospitalisés un peu partout au Québec.En plus d'installer des ordinateurs pour communiquer par Internet et s'amuser avec des jeux électroniques, Ordina-coeur a instauré des activités de loisirs comme des sauts en parachute et vient d'inaugurer une initiation à la peinture grâce à la collaboration du peintre André Roger, recordman de la vitesse d'exécution au pinceau.Renseignements : www.ordinacoeur.org La Banque Nationale, en signe d'appui à la relève musicale, vient de cont r ibuer pour 150 000 $ au Concours international de Montréal (piano), présenté par les Jeunesses musicales du Canada, en partenariat avec l'Orchestre symphonique de Montréal.Francine Le Grand, présidente du conseil d'administration de la caisse populaire Desjardins du Saultau- Récollet vient de remettre un don de 10 000 $ de cette institution financière à la directrice générale de la Fondation du centre hospitalier Fleury, Lorraine Denis.L'initiative d'un jeune, Martin Picard, qui a décidé de parcourir le pays d'un océan à l'autre à bicyclette, tout en amassant des fonds en cours de route pour la Fondation des maladies du coeur, (1710 $ l'an dernier) a fait du chemin pour être reprise une deuxième année par le couple François Lebeau et Eve-Lyne Rochon, qui se sont rendus en Colombie-Britanique ce printemps, pour enfourcher leur bécane et pédaler jusqu'à Saint- Jean Terre-Neuve où ils arriveront à la fin de l'été.Renseignements : 1 - 8 8 8 - 4 7 3 - 4 6 3 6 , www.miracle.qc.ca/ideatric.ca/ canadaenvelo2004 Nicolle Barrette Ryan, pour avoir contribué à faire connaître les vins français au Québec, et Marcel Gagné, pour son rôle d'acheteur à la SAQ, ont reçu de la France, la médaille de chevalier dans l'Ordre du Mérite agricole français, alors que Champlain Charest, réputé comme restaurateur et pour sa prestigieuse cave à vins, et Jules Roiseux, auteur et chroniqueur de vin et gastronomie, ont été élevés au grade d'officier.Marc Champeau est le dixième Québécois a recevoir la Croix de chevalier de l'Ordre du mérite de la République fédérale d'Allemagne, pour son engagement en faveur des jeunes, tout particulièrement en ce qui a trait à des programmes d'échanges d'élèves et de stages, nous fait savoir une fidèle lectrice de La Presse, de l'île Perrot.Randonnée pédestre de trois jours (13, 14 et 15 août) dans les Laurentides, organisée par la Fondation le Grand circuit, au bénéfice du Comité des personnes atteintes du VIH et du Centre sida Mc Gill.Chaque randonneur doit amasser 2000$ en commandites.Renseignements : 514-289-1002, www.legrandcircuit.org Julia Chamard-Bergeron de l'Université de Montréal, Sacha Poitras-Stewart de l'Université Laval, et Anne-Marie Auger du Collège de Sherbrooke, ont remporté les honneurs d'un concours organisé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse et le consulat général de France.Ils bénéficieront donc d'un séjour à Paris et Lille en compagnie de 200 jeunes de 39 pays.Les étudiants de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal pourront bénéficier de bourses pour financer leurs stages à l'extérieur, grâce à un don de 450 000 $ de l'Institut Jos.- Rhéaume, fidèle supporter de la faculté depuis une dizaine d'années.Le Fonds Jos.-Rhéaume ainsi créé servira également à financer l'étude de l'impact des productions animales sur la santé des écosystèmes et plus particulièrement la santé publique comme la santé animale.Les prix Denis-Lazure, destinés à rendre hommage à des employeurs qui embauchent des personnes handicapées, ainsi qu'aux personnes handicapées qui ont relevé le défi de créer leur entreprise, de la Montérégie, ont été attribués pour la toute première fois à : La Maisonnée de l'ABC (St-Jean-sur-Richelieu), Tim Hortons (St-Hyacinthe et Ste-Hélène-de-Bagot), Trial Design (Valleyfield), l'Association des aidants(es) naturels(les) du Bas-Richelieu (Sorel), la municipalité de Saint-Chrysostome, et Robert Thibert, artisan-camionneur de Longueuil.Mgr Berthelet, évêque de Saint- Jean-Longueuil, et Tony Leroux de l'Institut Raymond-Dewar, sont les patrons d'honneur de la campagne de financement annuelle de la Fondation de la surdité de Montréal.Renseignements : 514-284-2214, poste 3440.Léola Albert, de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, est la lauréate de cette année de la bourse d'études (1000 $) de la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises qui veut ainsi soutenir une femme de la francophonie canadienne vivant en milieu minoritaire et qui effectue un retour aux études au niveau collégial ou universitaire.La Fondation des parlementaires québécois a pu expédier des milliers de manuels scolaires à des écoles de Madagascar grâce au concours de l'Administration portuaire de Montréal et des compagnies de transport Lykes Lines et Gt Group.La charrue qui a établi le record du monde de labour du plus grand nombre d'hectares labourés en 24 heures effectuera une démonstration publique les 31 août, 1er et 2 septembre, à Saint-Liboire, dans le cadre des Journées de champs provinciales du Salon de l'agriculture.Renseignement s : ht tp : / / salonagr.qc.ca/.Une soirée-bénéfice (vins et fromages) organisée par la Fondation du Collège de Maisonneuve a permis d'amasser 32 375 $ pour financer un programme de « bourses du secondaire ».Cette activité était l'occasion de souligner le 75e anniversaire de la maison d'enseignement fondée par les pères de Sainte- Croix, le Collège de Sainte- Croix ayant dispensé le cours classique avant d'être transformé en cégep en 1967.Les caisses populaires Desjardins, région Est de Montréal, ont profité de la tenue de la Soirée du mérite scolaire de Collège de Maisonneuve, au cours de laquelle 88 collégiens ont obtenu un prix d'excellence ou une mention, pour offrir un don de 25 000 $ à la fondation du collège.Afin d'encourager les jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve à poursuivre des études collégiales, le Collège de Maisonneuve vient de créer des « bourses du secondaire » pour favoriser le passage des études secondaires aux études collégiales.Les deux tout premiers lauréats en sont : Josée Desormiers et Jonathan Sénésac qui terminent leurs études à secondaire Chomedey-De-Maisonneuve.Le souper-bénéfice de la Fondation du cégep du Vieux-Montréal a permis d'amasser 60 000 $, somme qui sera consacrée à des projets de développement et l'achat d'équipements, de préciser le directeur général de la fondation, Michel Gagné.Louise Vandelac, professeure à l'Institut des sciences de l'environnement et de sociologie de l'Université du Québec à Montréal, chercheuse au Centre d'études des interactions entre la santé et l'environnement, et directrice du Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé, la société et l'environnement vient d'être admise au Cercle des Phénix au côté des Laurent Lemaire, Pierre Dansereau, Louis-Gilles Francoeur, Clifford Lincoln, etc.déjà faits membres de ce groupe sélect de personnalités du domaine de l'environnement.Cet honneur a été attribué lors de l'annonce des seize lauréats des prix Phénix attribués à des organismes, des municipalités ou des entreprises du Québec dont les réalisations ont contribué à la préservation de l'environnement et à la promotion du concept de développement durable.Les lauréats montréalais sont: Bell Canada, Kruger (division forêts et produits forestiers) et Delirium environnemental (magazine radio de quatre étudiants de l'UQAM).821 700$ au profit de Leucan La soirée bénéfice Jardins d'espoir, célébrée au Fairmount Reine Élisabeth le 28 avril dernier, est venue clore en beauté l'année de célébrations entourant les 25 ans de Leucan, l'Association pour les enfants atteints du cancer.L'événement, qui a attiré près de 600 personnes, a permis de recueillir 821 700 $.De nombreux commanditaires, dont Loto- Québec, Hydro-Québec et Power Corporation, ont permis la tenue de cette soirée mémorable.Ci-dessus : Michèle Dionne, coprésidente d'honneur de la soirée, Tracy Bibeau et Odette Savard, coprésidentes, et Brian Mulroney, coprésident d'honneur.Don des employés de La Presse PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Les profits d'un encan organisé par les employés des services de l'information de La Presse et Cyberpresse au bénéfice d'organismes communautaires ont été remis au Camp des Arts de la Petite-Bourgogne.Participaient à la remise du don : Johanne Aubrey, Ann Dynes (coordonnatrice du camp), Evone Francis (présidente de l'Association des Voisins du Parc Campbell), Julien Chung, Christian Paré, et derrière : Denis Desjardins, Éric Clément, Serge Lafrenière, et Michel Cusson.De l'eau pour le Cambodge PHOTO FOURNIE PAR L'ADEDS L'installation de puits pour remplacer les mares d'eau contaminées où s'abreuvent les habitants de villages éloignés des grands centres urbains (au Cambodge et au Laos), constitue la première amélioration apportée au sort de ces populations par une organisation québécoise qui construit également des écoles et des cliniques pour ces populations démunies.Renseignements: Association des droits de l'enfance en difficulté et dans la souffrance (ADEDS), www.adeds.org, tél.514-355-6395."]
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