La presse, 6 juillet 2004, X. Arts et Spectacles: Cahier jazz
[" ARTS SPECTACLES OÙ ESTCHARLIE ?PAGE 6 MONT R É A L M A R D I 6 J U I L L ET 2 0 0 4 TTRROOIISS PPEETTIITTSS TTOOUURRSS EETT PPUUIISS SS''EENNVVAA ALEXANDRE VIGNEAULT Z achary Richard semblait terriblement zen le jour où il nous a reçu dans son confortable appartement montréalais.Ce n'est pas l'air chaud de la ville qui lui donnait cet air serein, mais une récente escapade nature dans le golfe du Saint-Laurent.Zachary Richard est fou des oiseaux et il rentrait tout juste d'un séjour au Nouveau-Brunswickoùil travaillait àundocumentairesur lesoiseaux migrateurs.Sa passion pour les volatiles, conjuguée à son envie du recul vis-à-vis de la scène musicale québécoise, a d'ailleurs failli compromettresaparticipationauprésent Festival international de jazz.Son agent, André Ménard, aussi directeur artistique de l'événement, a travaillé fort pour le convaincre.«Il a tellement pleuré pour que je joue que je n'ai pas pu refuser, par pitié !» lance l'auteur de Cap enragé, pince-sans-rire.Si André Ménard, présent lors de l'entrevue, tenait tant à voir le musicien louisianais sur scène en cette année anniversaire, c'est qu'il a indirectement contribué à la naissance de son festival de jazz.Zachary Richard l'a hébergé, il y a plus de 25 ans, alors qu'il était de passage aux États-Unis pour étudier et s'inspirer d'un festival de jazz tenu à La Nouvelle-Orléans.«En reconnaissance de ça, il me réclame un concert», résume Zachary Richard, l'air de dire qu'il se fait avoir.Au piano Mais s'il a longtemps hésité, c'est à cause des oiseaux et parce qu'il a tourné la page sur Cap enragé et Coeur fidèle.Soucieux de ne pas «brûler» son public, il tenait à offrir quelque chose de nouveau.Le déclic a eu lieu lorsqu'il a fait une série de concerts solo où il a joué du piano sur scène pour la première fois depuis environ 15 ans.«L'idée de revisiter mon répertoire avec un piano m'a semblé intéressante», dit le musicien.Zachary Richard ne sera pas seul sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde, où il se produit jusqu'à jeudi.Deux de ses collaborateurs de longue date ont accepté son invitation : le guitariste Bill Dillon et l'as de la slide Sonny Landreth.«Je ne le lui ai pas dit, mais on a fait tout ça juste pour ravoir Sonny Landreth», blague André Ménard.» Voir ZACHARY en 2 ZACHARYRICHARD JAZZ PHOTO REMI LEMEE, LA PRESSE c La facon dont est diffusee la culture m'oblige a faire des choix.S'il n'en tenait qu'a moi, tout serait melange.C'est le meme Zachary Richard qui chante en anglais et en francais , affirme l'auteur-compositeur-interprete cajun.Trois petits tours et puis s'en va.ZACHARY suite de la page 1 On va creer un contexte inhabituel qui se distingue de ce que j'ai fait avant.Il y a aura beaucoup de chansons en anglais et je serai au piano pour au moins la moitie du concert , predit Zachary Richard, qui precise etre tres a l'aise de se produire dans le cadre d'un evenement consacre au jazz.L'essentiel du jazz, tel que je le comprends, c'est l'improvisation, pas les accords a cinq piastres.Jazz vient de jaser.L'important, c'est donc d'avoir l'espace pour jaser en musique avec mes compagnons.L'intention premiere de l'auteurcompositeur cajun n'est pas d'offrir un concert constitue de ses plus grands succes.Marjolaine, Cap enrage et L'arbre est dans ses feuilles figureront peut-etre au programme, mais il y aura aussi des chansons moins connues et meme quelques-unes destinees a son prochain disque.en anglais.Zachary Richard compte en effet retourner a sa carriere americaine.Il veut enregistrer l'album auquel il songeait avant que le succes de Cap enrage ne le kidnappe pour le ramener dans la francophonie.La facon dont est diffusee la culture m'oblige a faire des choix, regrette-t-il.S'il n'en tenait qu'a moi, tout serait melange.C'est le meme Zachary Richard qui chante en anglais et en francais.Les sentiments qui m'inspirent sont les memes.Y compris mon engagement envers la francophonie, que j'exprime aussi en anglais.Ce n'est pas une contradiction.Son triple au TNM risque d'etre la derniere occasion de le voir sur scene sous ces latitudes avant un bon moment.Le marche quebecois n'est pas aussi grand que celui des Etats-Unis, il y a une limite qu'il faut respecter, sinon on risque de redescendre la pente.Je l'ai deja fait, dit-il, faisant reference aux ventes decevante de son album Migrations, au debut des annees 80.On n'avait pas arrete d'achaler le monde.Ma maison n'est pas a vendre, mais je veux donner du repos a mes amis du Quebec et revenir avec un quelque chose de tres fort.DISQUES DU JOUR Pierre De Bethmann Ilium Quintet Effendi FFFF Pierre De Bethmann est bolle , m'assure-t-on chez Effendi, le label montrealais qui a lance son disque l'an dernier.sans que personne n'en parle.Forme en sciences, le clavieriste francais est feru de jazz, la musique aurait fini par l'emporter.Prisme, son premier groupe serieux, avait ete selectionne par la filiale francaise du label Blue Note / EMI.C'est dire le talent ! Parallelement, il a fonde cet Ilium Quintet dont il est ici question.Et puisque personne (sauf une poignee de melomanes) ne connait ce disque et que le quintette se produit aujourd'hui meme au Festival, l'occasion d'en faire la critique est tout indiquee.L'intelligence des structures, l'inspiration des melodies, les choix harmoniques et la cohesion de cet ensemble l'emportent sur les performances individuelles .fort bonnes au demeurant, notamment celle de l'excellent saxophoniste tenor David El Malek.A l'instar de l'instrumentation (Fender Rhodes, saxo, guitare, contrebasse, batterie), les references y sont resolument modernes, le classicisme a l'europeenne s'y fait aussi sentir parfois (Mussorgsky, entre autres), fluidite et coherence y sont peu communes.Ce jazz ne se prend pas la tete pour autant, la majorite des amateurs du genre devraient y trouver leur compte.Alain Brunet ROBERTSON (music by Bullfrog) Deeper Shade of Green Outside FFF1.2 Bullfrog evolue.Depuis 10 ans, la formation montrealaise, celebre pour nous avoir revele Kid Koala, tient le flambeau acid-jazz/rare groove dans les club de la ville.Les modes defilaient devant oreilles des melomanes, mais le groupe est toujours demeure fidele a ses influences.Aujourd'hui, cependant, Bullfrog s'affiche comme un orchestre soul marque par la presence sensuelle de son chanteur et guitariste Mark Robertson, qui signe sur ce EP des chansons introspectives et nettement mieux travaillees, sur le plan de l'ecriture, que ce que le groupe avait l'habitude de nous presenter.Une couleur plus sombre du vert de la grenouille funky s'exprimant par la voix haute et rocailleuse de Robertson, par ses licks de guitare electrique et l'omnipresence du Kid Koala, architecte des structures rythmiques et des scratches eclectiques.Un prometteur indice de ce que l'avenir reserve a Bullfrog, qui loge desormais a l'enseigne de la maturite sans tourner le dos au funk et au r&b.En concert ce soir au Club Soda, des minuit.Philippe Renaud, collaboration speciale JAZZERIES PHOTO AP PHOTO ARCHIVES George Bush SONDAZZ A la question Quelle personnalite serait le plus susceptible de visiter le Festival en raison de son interet pour le jazz?, les Quebecois ont d'abord cite Bill Clinton, saxophoniste connu sinon reconnu, suivi de Pierre Bourque, Gilles Duceppe, Gerard Tremblay, Jack Layton, Jean Charest (ah! oui?), Stephen Harper, dit Mr.Fusion.Le nouveau PM Paul Martin arrive au dernier rang chez les Canadiens (24 %) mais Country George (Bush) est dernier (9 %).Voila la perception la plus politique d'un sondage internet realise entre le 7 et le 9 juin sur les sites Cyber Presse et Canoe ou des supersticiels (pop up) ont attire l'interet de quelque 3000 repondants.Nous voulions recueillir de l'information sur des questions qui, traditionnellement, ne sont pas abordees dans les sondages, nous disait hier Yannick Deschenes de Cossette dont la filiale Impact Recherche a mene le sondage.Tradition ou pas, voici quelques donnees sur la relation des gens avec le jazz, musique favorite de 20%des Quebecois contre 25 % pour le rock.Comme le sondage etait realise pour le compte de General Motors, le commanditaire principal du Festival, il est aussi question de chars.Ainsi, il appert que 87%des Quebecois ecoutent de la musique dans leur auto, ou ils gardent en moyenne 10,8 CD dont 1,9 CD de jazz qu'ils preferent ecouter sur l'autoroute (33 %).Jazz, musique de liberte! Ella Fitzgerald est la plus grande chanteuse de jazz pour 58 % d'entre eux, suivie de Diana Krall (19 %), qui arrive aussi deuxieme au palmares des artistes de jazz canadiens les plus reconnus dans le monde : le grand Oscar Peterson, bien sur, trone la depuis plus de 40 ans.Par ailleurs, si les gens ne pouvaient posseder qu'un seul disque de jazz, ce serait de l'album souvenir du 25e anniversaire du FIJM, suivi des Greatest Hits d'Ella ; curieusement, seulement 2%des repondants auraient un CD de Diana Krall.Quant au Festival, 73%des gens disent lui devoir la decouverte de nouveaux artistes mais la moitie des repondants ne lui reconnaissent que peu ou pas du tout d'impact sur leur interet personnel face a la musique jazz.Les strateges se pencheront sur une autre reponse : plus de la moitie des repondants (53 %) croient que le FIJM ne devrait PAS continuer d'elargir ses horizons musicaux au profit des autres styles comme le hip hop ou la musique populaire.MM.Simard et Menard, eux, seront heureux d'apprendre que 43 % des Quebecois associent le FIJM a une voiture de luxe (La Cadillac des Festivals : voila qui est vendeur) D'autre part, si le Festival etait une personne il serait plus souvent un homme (56 %), accessible mais intello (82 %), riche, avant-gardiste, extraverti et plus serieux (57 %) que drole.Finalement sachons que 47 % des Quebecois ont deja fait l'amour au son de la musique jazz; 52%ont repondu non et 1%, ne sait pas.Sait pas quoi, au juste?S'ils faisaient vraiment l'amour ou si ce qui jouait etait du vrai jazz?.DANIEL LEMAY LA PEURCREATRICE J'ai deja enregistre un duo de pianos avec Tommy (Flanagan).Je ne suis pas du genre nerveux mais cette fois-la, j'etais terrifie.Nous n'avions pas de section rythmique : c'etait juste Tommy et moi.Nous avions fait des standards, dont \"The Way You Look Tonight\".Il a commence cette longue intro et je n'en croyais pas mes oreilles.J'avais peine a jouer parce que trop concentre a l'ecouter.J'avais peur mais, en meme temps, il me stimulait.KENNY BARRON, qui se produit ce soir au Spectrum (21 h 30) avec le vibraphoniste Stefon Harris.Le disque dont il est question ici s'intitule Together .Tommy Flanagan & Kenny Barron et a ete enregistre le 6 decembre 1978 a New York.MACHOJAZZ Biederbecke, finalement, choisit un cornet argent.Il le porta a ses leves et joua une mesure.Le son qui en sortit etait comme une fille qui dit Oui.EDDIE CONDON Decede en 2001, Tommy Flanagan avait joue au FIJM de 1986, avec Hank Jones. JAZZ Jazz fusionnistes, jazz défusionnistes.ALAIN BRUNET CHRONIQUE alain.brunet@lapresse.ca « Tu vas planter le show, on sait ben », m'a lancé un fan enthousiaste, pour employer un euphémisme.M'ayant reconnu au sortir du trio « unplugged » de ces superstars du jazz fusion que sont Al Di Meola, Stanley Clarke et Jean-Luc Ponty, le jazz fusionniste avait flairé l'infidèle.Légèrement agacé par sa remarque, je lui ai répliqué qu'effectivement, je n'avais pas du tout apprécié.La gaffe.Il est toujours hasardeux de balancer un commentaire négatif aux fans en état de grâce.En plus d'être désagréable à leurs yeux, on renforce leurs préjugés, je parle évidemment des préjugés qu'on alimente sur la critique.Capricieuse, puriste, snobinarde, méprisante, dans une bulle déconnectée du vrai monde, vous vous en doutez bien.Ainsi donc, je me suis enfoncé dans cette vaine tentative de discussion à laquelle d'autres prosélytes ont pris part.« Ben voyons, il y avait une magie, c'est bien évident ! » m'a suggéré un autre inconditionnel après que j'eus tenté quelques arguments.Lorsqu'on s'oppose à la vérité immanente.Avant même que je n'ouvre la bouche, ces fans de jazz fusion avaient probablement conclu que je n'avais rien saisi de cette « magie ».D'autant plus qu'ils étaient galvanisés, les fans.Pas à peu près ! L'heure et demie que je venais de passer au Théâtre Maisonneuve avait été un véritable festival de l'ovation dont les Montréalais ont le secret.Stanley Clarke y avait fait baver ses fans en leur faisant toutes les passes imaginables sur sa basse acoustique sans compter cette contrebasse qu'il a triturée non sans efforts.Comme c'est son habitude, Al Di Meola s'est transformé en marchand de gammes, les pauvres cordes de sa guitare ont été sévèrement corrigées.Ponty, lui, s'est montré un peu moins tape-à-l'oeil au violon, sa musique n'en demeurait pas moins empoussiérée.Nostalgie oblige, on a donc eu droit aux grands succès de ces messieurs.Généreuse performance ?On en convient.Néanmoins pénible en ce qui me concerne.Alors comment expliquer à ces jazz fusionnistes au septième ciel que l'exubérance ne doit pas être confondue avec l'exhibitionnisme ?Que la performance technique l'avait emporté largement sur la musicalité ?Comment dire à ce public conquis que cette musique n'avait pas évolué d'un iota depuis un quart de siècle, si ce n'est l'assortiment des nouvelles passes de Stanley Clarke ?Que ces musiciens carburent à la redite et la nostalgie des années 70?Qu'ils sont des athlètes de leur instrument à défaut d'êtres des artistes qui cherchent ?Qu'ils épatent la galerie en en beurrant épais depuis des temps immémoriaux?Qu'ils gèrent leur popularité comme de vieilles rock stars ayant stoppé leur quête depuis des lustres ?Rien à faire, je vous dis.Cette communication est à peu près impossible.Idem pour les fidèles de Chick Corea qui ont rempli le Monument- National à quatre reprises depuis le début du festival.Remarquez, j'ai vraiment apprécié l'homme, un être charmant et convivial, excellent communicateur avec son public venu l'acclamer dans cette portion de la série Invitation.Le musicien ?Des trois tranches (substantielles) de concert auxquelles j'ai assisté, je ne conserve pas de souvenir marquant.Il y eut cependant plus de goût et de raffinement au menu de ces soirées.ayant ravi la majorité absolue de ces spectateurs.J'ai noté, entre autres dans la performance de l'Elektric Band et de son personnel hautement qualifié (qui coiffait cette portion de la série), beaucoup plus de raffinement et de rigueur qu'on a pu en débusquer au sein du trio Clarke-Di Meola-Ponty, dont les deux premiers furent ses sidemen à l'époque de son groupe Return to Forever.D'autant plus qu'il a pris la peine de nous présenter du matériel inédit, très complexe au plan de sa livraison, donc spectaculaire.et hautement prévisible.Mon adolescence fut totalement meublée par cette musique de Corea, Di Meola et autres Ponty.Mais.que voulez-vous, ces formes redondantes et platement commerciales ont fini par faire de moi un jazz.défusionniste.Question de perception et de goût, dirons certains.Peut-être, mais je persiste à croire qu'un artiste qui se respecte ne se vautre pas dans ses lauriers.Des vétérans de la musique peuvent chercher leur vie durant.Des exemples?Il y en a plein, dont ceux-ci : David Byrne, Frank Zappa, Robert Fripp, Paul Simon, Keith Jarrett, Miles Davis, Alain Bashung, Jon Hassell.Prenons John Hassell, puisqu'il était parmi nous ce week-end.Jamais la quête du Californien de 67 ans ne s'est arrêtée.Chaque chapitre de ce trompettiste, compositeur, concepteur et initiateur des filtres électroniques pour instrument à vent nous a proposés de nouveaux sédiments de fréquences, textures en lente ébullition.Un tout autre monde de mélomanes était présent à cette rencontre dominicale entre la formation de Jon Hassell et les trompettistes vedettes que sont Paolo Fresu et Éric Truffaz \u2014sans compter le guitariste Eivind Aarset et le chanteur et oudiste Dhafer Youssef , qui ont été invités à se greffer in extremis au concept.Le Spectrum était rempli de fans de cette musique, acoustique, électrique, électronique, résolument planante.Qui se déploie dans l'infiniment petit.C'est à l'intérieur de cette trame apparemment linéaire et sans relief que se terrent de petits trésors.C'est dans la richesse de ces textures que la magie s'opère.C'est au bout de longues minutes que ce minimalisme hypnotique fait son effet.Des amateurs de jazz (et autres musiques) venus par curiosité n'ont certes pas perçu les choses ainsi.D'aucuns se sont demandés pourquoi des trompettistes aussi loquaces que Fresu et Truffaz jouaient si peu dans ce contexte.Tentons cette réponse : leurs interventions dans ce monde de Jon Hassell (dont ils se réclament tous deux) ne peuvent qu'être ténues, d'une extrême délicatesse.Même certaines interventions vocales de Dhafer Youssef m'ont semblé un peu trop appuyées dans le contexte.Au sortir de cette séance, il aurait certes pas fallu qu'un rabatjoie des médias vienne me dire que c'était nul ! Encore un de ces critiques frustrés, aurais-je évidemment conclu.PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE © Le trompettiste Jon Hassell en spectacle au Festival de jazz de Montréal, en juillet 2002.Gismonti orchestral: une grande réussite ALAIN BRUNET Le Nouveau Monde et l'Ancien ne sont plus confinés à leurs espaces géographiques, culturellement du moins.L'Ancien vit dans les trois Amériques, le Nouveau irradie le continent européen de ses rythmes et sonorités métisses, ce brassage des cultures ne cesse de s'accentuer depuis l'aube de la modernité.Et ce qu'on a entendu hier au Théâtre Maisonneuve en est une démonstration éloquente, pour ne pas dire exceptionnelle.Il était question d'improvisation et de musique écrite pour orchestre de chambre.Il n'était pas question de jazz mais bien de musique brésilienne orchestrale, pour reprendre l'expression de son concepteur, le guitariste et pianiste Egberto Gismonti.Nous assistions ainsi au déploiement de musiques aussi singulières que complexes, imaginées par un créateur brésilien dont on ne connaissait pas l'envergure dans un tel cadre.On avait entendu Gismonti dans de multiples contextes, généralement en solo, en duo avec d'autres pointures du jazz ou autres formations réduites.Jamais avec un orchestre de tradition classique des plus ouverts, qui laisse une place de choix à des pratiques qui ne lui sont pas familières.Concert très équilibré de surcroît.Gismonti a amorcé le tout en solo avec ses guitares si particulières (12 et 14 cordes), on a pu observer de nouveau cette technique néoclassique qui lui est propre, ses riffs touffus, denses, parfois hirsutes.La première pièce au menu, d'ailleurs, était dédiée à Baden Powell qui, selon notre hôte, a ouvert la voie à la guitare brésilienne.Jusque-là, rien de neuf sous le soleil.lorsqu'on connaît ce musicien qui fascine les amateurs de musique improvisée depuis les années 70 \u2014 puisqu'il fut l'une des premières stars de l'étiquette ECM.Lorsque l'ensemble I Musici de Montréal entre en jeu, nous passons à une autre dimension.La guitare de Gismonti demeure au centre des deux oeuvres de la première partie, on a l'impression que l'écriture orchestrale a été bâtie à partir de l'instrument, lequel ne cessera d'interagir avec l'orchestre tout au long de la livraison.Jamais n'ai-je entendu un tel langage, dont l'objet (selon les dires du compositeurs) est de célébrer la plénitude de l'immense forêt amazonienne ou encore d'évoquer les rituels africains transplantés au Brésil.À travers Danço dos esclavos et Lundu, on imagine les bruits de la forêt tropicale, sa faune, ses Amérindiens qui en sont les gardiens.On reconnaît des fragments de samba, des airs métissés du Nordeste, des bruits du marché, des danses profanes ou sacrées.Fascinant.Les consignes indiquées dans les partitions, imagine-t-on, révèlent un rare coefficient de difficulté, cordes et vents doivent s'exprimer dans des modes inhabituels, les instruments s'enchevêtrent dans un chaos magnifique, superbe évocation de la complexité brésilienne.Après l'entracte, le piano devient l'instrument central des autres oeuvres au programme \u2014 dont on ne nous a pas révélé les titres.Livrées en guise de préambule à la deuxième intervention de l'orchestre, les improvisations pianistiques en solo me semblent moins convaincantes que son travail à la guitare, les limites de Gismonti y sont plus évidentes.L'orchestre entre de nouveau en jeu, l'écriture y est plus mélodique (au sens classique du terme), le contrepoint y est plus prévisible, ce travail renvoie à des références mieux connues.Le piano mène-t-il Gismonti à composer de manière plus conventionnelle ?Pas tout à fait, les pièces suivantes le démontrent bellement.Les cordes se remettent à faire la pluie (tropicale) et le beau temps, les sections de l'orchestre rivalisent de virtuosité, se donnent la réplique, finissent immanquablement par faire l'unité.Au terme de la dernière livraison, c'est le triomphe.Egberto Gismonti et Yuli Turovsky se font l'accolade, réalisant qu'ils viennent de réaliser une fusion unique entre deux mondes.Peut-être la plus belle aventure du genre jamais réalisée au Festival international de jazz de Montréal.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Il n'était pas question de jazz mais bien de musique brésilienne orchestrale hier, au Théâtre Maisonneuve, pour reprendre l'expression du guitariste et pianiste Egberto Gismonti. JAZZ Encore une rivalité Québec-Montréal! Des musiciens montréalais et québécois se livreront à des matchs d'improvisation musicale PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE De tous les attributs du jazz, l'idée d'improvisation, de création instantanée, de dialogue entre musiciens, est peut-être l'un des plus excitants.On ne s'étonnera donc pas de voir des musiciens montréalais et québécois se livrer à des matchs d'improvisation musicale dans le cadre du Festival de jazz.Des matchs ?Que dis-je : de véritables batailles sans lendemain! L'apocalypse musicale, maintenant ! Avant que ne commence ce soir au Cabaret Music- Hall le premier match de la Ligue nationale d'improvisation musicale (LIM), La Presse s'est infiltrée dans les camps des équipes rivales pour mesurer leurs forces et faiblesses.La LIM s'est implantée à Montréal l'an dernier, cinq ans après que des musiciens de la capitale eurent présenté cet art martial du son où shurikens et sabres sont remplacés par basses et guitares.« C'était une façon de jouer entre nous, d'improviser, dans un cadre différent de celui des jam sessions » explique Sébastien Doré, bassiste au sein du groupe Interférence Sardine et porte-parole du « Capitaine Québec », le batteur Mathieu Doyon, occupé hier à peaufiner sa stratégie offensive.Car en tant qu'instigateurs du mouvement d'improvisation musicale, les joueurs de Québec entendent bien user de leur vaste expérience pour ravir à Montréal le titre de champion de la ligue.« Même si l'important est seulement d'avoir du plaisir.» désamorce Doré.Méfions-nous, le porte- parole veut peut-être seulement banaliser l'aspect compétitif du jeu pour profiter d'un effet de surprise psychologique.Le bassiste Frédéric Boudreault \u2014 qu'on a vu jouer avec Jorane et Urbain Desbois, entre autres \u2014, capitaine de l'équipe montréalaise qui a remporté la première saison de la LIM au Café Campus, use de la même tactique : « C'est l'fun, le côté compétitif, mais on ne fait pas ça pour gagner.Surtout que ça ne nous donne pas vraiment plus d'argent qu'avant ! » Les musiciens apprécient l'environnement différent et l'esprit d'équipe, ainsi que la chance de jouer des choses nouvelles devant un public nombreux.À Montréal comme à Québec, chaque match attire au moins 200 personnes.« C'est l'fun lorsque les gens réagissent à ce qui se passe, qu'ils encouragent les joueurs ! » Pour devenir fin stratège dans la LIM, il faut savoir utiliser à son compte les règlements de la Ligue que se charge d'appliquer l'arbitre Jean Bélanger, « un homme important pour la réussite des matchs \u2014 il agit comme un espèce de metteur en scène de la soirée », indique Boudreau.On verra bien s'il sera sensible aux flatteries de Capitaine Montréal.Les improvisations, décrites par des commentateurs comme au hockey, sont divisées en deux catégories : mixtes (les deux équipes ensemble) ou comparées (une équipe à la fois).Un thème est imposé et le public accorde des points aux équipes en fonction du respect du thème et de la pertinence des impros.« Il peut y avoir des pénalités pour rudesse lorsqu'un musicien joue trop fort, ou pour décrochage si une équipe s'égare du thème imposé.» Un six-pouces dans les côtes avec le manche de ta basse, ça vaut combien de minutes sur le banc, Fred?«Euh.Y'a pas de ça.Mais c'est déjà arrivé que les musiciens trashent sur scène au Campus ! » Effectivement, le style de jeu montréalais est considéré plus « physique », alors que celui des Québécois serait plus étudié.Doré et Boudreault croient que ces différences sont dues à la différence d'environnement dans lequel évoluent les joueurs.« Le centre La Méduse à Québec n'est pas un bar comme le Campus, explique Doré.Le système de son est moins fort et la disposition de la salle est complètement différente et propice à des improvisations plus minimales, plus bruitistes.» On verra bien si, du style épuré des Québécois où de la tactique du taureau montréalais sera la plus efficace.La liste des musiciens participants est riche : Carl Bastien, J.-F.Lemieux, Nicolas Letarte, Bernard Falaise, François Chauvette, Rémi Leclerc, j'en passe.Aux joueurs réguliers se joindront aussi des invités spéciaux.Ce soir, Claude St-Jean et Marie-Jo Thério ; demain, Mara Tremblay et Ariane Moffatt ; jeudi, Guy Bélanger et Urbain Desbois et vendredi, Charles Imbeau et un invité-surprise.Samedi soir se tiendra le vrai match, celui opposant les équipes montréalaise et québécoise, où la rivalité sera sûrement aussi enflammée qu'à la belle époque des Nordiques et des Canadiens.Le premier coup de sifflet se fera entendre à 21 h, arrivez tôt si vous voulez une place assise dans les rouges.La Ligue nationale d'improvisation musicale, de mardi à samedi 21 h, au Cabaret Music Hall, 2111 St-Laurent PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE © Ariane Moffatt jouera dans le match de la LNIM, demain ; Mara Tremblay s'alignera pour l'autre équipe.Comme dirait Pierre Houde : « Voilà un match qui promet.» LE GUIDE DUFESTIVALIER CABARET MUSIC-HALL METROPOLIS Club Soda MONUMENTNATIONAL GESÙ - Centre de créativité SPECTRUM SALLEWILFRID-PELLETIER CLUB JAZZ Banque TD Canada Trust SCÈNE Labatt Bleue SCÈNE SPÉCIALE Labatt Bleue pour les Funk Brothers SCÈNE CARREFOUR Loto-Québec General Motors SCÈNE General Motors SCÈNE Bell LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ SCÈNE Bleue légère TERRASSE Grand Marnier HÔTEL Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry boulevard de Maisonneuve avenue Président-Kennedy Scène extérieure Salle de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival NOTRE VIRÉE EX-CENTRIC SOUND SYSTEM Second passage au Festival pour l'Ex-Centric Sound System, formation regroupant des musiciens israéliens et ghanéens distillant un groove ethnique agréable et autrement mieux fait que celui de Deep Forest\u2026 Le bassiste Yossi Fine, fondateur du groupe, a déjà tourné avec David Bowie.> Scène Bleue Légère, 19h30 SYLVAIN COSSETTE QUARTETTE Eh ben non, il ne s'agit pas du Sylvain Cossette que vous connaissez\u2026 En voilà cependant un autre qui mérite d'être connu! Également dans les rangs des participants aux prix Grand Prix du Jazz GM et Étoile Galaxie.Ugo Di Vito l'accompagne à la batterie, Bruno Lamarche au sax et Marc Lalonde à la contrebasse.> Esplanade de la PDA, 20h, 22h, GARLAND JEFFREYS Est-ce que ce sera la revanche de Garland Jeffreys?En 2002, l'auteur, compositeur et interprète attirait une foule imposante, trop même pour l'espace disponible devant la petite scène (pas toujours bien sonorisée\u2026) de l'esplanade de la PDA.Justice lui a été faite : Jeffreys, sa dégaine et sa guitare, occupera la grande scène pour deux concerts.>Grande scène General Motors, 21h, 23h.Daniel Lemay MARDI 6 JUILLET Kiosque à musique du Festival MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL 12h Alan Gerber Solo Place du complexe - Intérieur Gratuit 12h Aces of Dixieland Terrasse Grand Marnier Gratuit 13h Bourbon Street Terrasse Grand Marnier Gratuit 14h La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins - Gratuit Intérieur 15h La Bande à Jazz de l'école Curé Antoine-Labelle Scène General Motors Gratuit 15h30 La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins - Gratuit Intérieur 16h Bourbon Street Scène Bell Gratuit 17h Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band Scène du Festival Gratuit 17h30 La parade du Festival avec Swing Tonique Départ scène Bell Gratuit 18h Yvan Belleau Scène General Motors Gratuit 18h Tamango's Urban Tap avec invité spécial Théâtre Maisonneuve - PDA Payant David Murray / première partie: Keziah Jones Solo 18h Cachaito Lopez et Manuel Galban Special Project Spectrumde Montréal Payant 18h Large Ensemble Gesù - Centre de créativité Payant 18h15 Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band Scène du Festival Gratuit 18h30 Tommy Emmanuel Carrefour General Motors Gratuit 19h The Granary All-Stars Blues Band Scène Labatt Bleue Gratuit 19h Gadji-gadjo Terrasse Grand Marnier Gratuit 19h Pierre De Bethman Ilume Quintet Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 19h Croisière Jazz avec Pascale Lavoie Quintette & bateau Cavalier Maxim Payant Le Dixieband 19h Tierney Sutton Club Soda Payant 19h30 Ex-Centric Sound System Scène Bleue Légère Gratuit 19h30 Charlie Haden Duos avec Monument-National Payant Egberto Gismonti Et John Taylor 20h Sylvain Cossette Quartette Scène du Festival Gratuit 20h Dapp Theory Scène Bell Gratuit 20h Zachary Richard avec Sonny Landreth et Bill Dillon Théâtre du Nouveau Monde Payant 20h Joan Bender Scène Loto-Québec Gratuit 21h Garland Jeffreys Scène General Motors Gratuit 21h Harmonica Knights Scène Labatt Bleue Gratuit 21h Nathalie Cora Carrefour General Motors Gratuit 21h Ligue nationale d'improvisation musicale Cabaret Music-hall Payant de Montréal / équipe des bleus vs équipe des rouges 21h «Tranzitions» Richard Pinhas et Jérôme Schmidt Salle Beverly Webster Rolph - MAC Payant 21h Georges Thorogood / Colin James Métropolis Complet 21h30 Kenny Barron Quintet avec Stefon Harris Spectrumde Montréal Payant 22h Dapp Theory Scène Bell Gratuit 22h Joan Bender Scène Loto-Québec Gratuit 22h Yerba Buena Scène Bleue Légère Gratuit 22h Sylvain Cossette Quartette Scène du Festival Gratuit 22h Pierre De Bethman Ilume Quintet Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 22h30 Aldo Romano, Danilo Rea et Remi Vignolo Gesù - Centre de créativité Payant 23h Garland Jeffreys Scène General Motors Gratuit 23h The Granary All-Stars Blues Band Scène Labatt Bleue Gratuit 23h Jam sessions avec Thuryn Von Pranke, Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance Gratuit Frédéric Alarie&Wali Muhammad Minuit Trio Pulse Nu Jazz Sessions avec Dan Thouin, Savoy - Métropolis Gratuit Max Sansalone&Adrian Vedady Minuit Bullfrog / Joseph Malik Dj Club Soda Payant 0h30 Harmonica Knights Spectrumde Montréal Gratuit HEURE ÉVÉMEMENT LIEU HEURE ÉVÉMEMENT LIEU Jam sessions: accès prioritaire, mais non exclusif, aux détenteurs de la carte des amis du Festival.MARDI 6 JUILLET JAZZ PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Fans de jazz, petits et grands, n'ont pas hésité à affronter la pluie, hier, au Festival de jazz de Montréal.Énergisante fiesta mexicaine! ALEXANDRE VIGNEAULT Encore une fois, on l'a échappé belle.Côté météo, s'entend.L'indicateur d'humidité piquait dans le rouge \u2014ça n'avait rien de relatif, quoi qu'en disent les météorologues \u2014 et le ciel n'avait pas l'air trop sûr s'il n'allait pas se soulager sur le centre-ville.Un peu avant 19 h, il a osé.L'espace d'un moment, il s'est légèrement répandu en une bruine passagère.Rien de bien effrayant.Ceux qui avaient déjà mis le cap sur la Place des Arts n'ont pas déserté l'endroit en courant.La plupart des festivaliers n'ont d'ailleurs même pas pris la peine d'ouvrir leur parapluie.Il n'y avait pas foule aux « jazz bars », mais j'ai quand même aperçu quelques jeunes gens qui trouvaient que c'était une température à crème glacée.Pourquoi pas ?D'un pas franchement paresseux \u2014comme il n'y avait pas foule sur le site, j'en profitais pour traîner les pieds \u2014 je me suis dirigé vers l'espace Tropiques (le no man's land qu'on appelle pompeusement le « parc des festivals ») pour entendre mon coup de coeur de la programmation extérieure : Los de Abajo.Le collectif mexicain amorçait chez nous sa toute première tournée canadienne \u2014signalons immédiatement qu'il se produira les 8 et 9 juillet au Festival international d'été de Québec.Mon petit doigt me dit que Liber Teran (et non Lider Teran, comme je l'ai écris hier) et sa bande se sont fait pas mal d'amis à Montréal.Et pas seulement parmi la communauté mexicaine.Une petite demi-heure après le début de leur spectacle, les applaudissements n'étaient plus seulement polis, mais carrément enthousiastes.Dans les premiers rangs, ça grouillait ferme lorsque la section rythmique s'emballait et la moitié des neuf membres se mettaient à sauter à l'unisson.La partie n'était pas gagnée d'avance.Los de Abajo fait une musique pour le moins déroutante.On a beau dire que c'est dans le même esprit que Manu Chao, Sergent Garcia et tous les autres Latinos qui ruent dans les brancards, ce n'est toujours qu'un raccourci.Sur disque comme sur scène, ces neuf musiciens ne cessent de brouiller les pistes.Ils peuvent partir sur une lancée ska-rock, virer abruptement à la salsa et même se permettre une incartade rap dans une seule et même chanson.Pas facile de danser avec eux sans perdre un peu le nord ! Mais une fois la surprise passée, on s'est collectivement mis à apprécier ce joyeux bordel.On regrette seulement que leur performance ait été assombrie par quelques pépins techniques : des voix inaudibles ici, une guitare silencieuse là, etc.Bref, côté sono, ça ressemblait un peu trop à de l'improvisation.Et puis répétons-le, le son n'est jamais assez puissant à notre goût sur cette scène où on programme pourtant des groupes festifs.Los de Abajo est peut-être trop fucké pour obtenir un succès aussi important qu'un Manu Chao sous ces latitudes, mais avec une promo adéquate, il me semble qu'il pourrait se constituer un public non négligeable.Autrement dit, ça ferait plaisir de les revoir dans en salle, le son dans le piton ! Une seule autre escale figurait à ma virée, hier soir.Quittant à regret la fiesta mexicaine, je me suis glissé dans l'univers nostalgique de Matt Dusk.Jeune (il a 24 ans) et Canadien (il est né en Ontario), il est pressenti comme the next big thing dans le monde des crooners.Il a le physique de l'emploi (beau gosse, beau sourire, bien peigné et tout) et le costume qui va avec (un complet, un peu étroit, tout de même).Mais sa voix à tendance nasillarde n'est pas particulièrement onctueuse.Il aura fort à faire s'il veut déloger son compatriote Michael Bublé du coeur de ces dames.Mais bon, le milieu de la rue n'est peut-être pas le meilleur endroit pour goûter ces chansons à l'élégance surannée.Laissons la chance au coureur.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Matt Dusk a le physique de l'emploi pour devenir le prochain crooner.Mais il aura fort à faire s'il veut déloger son compatriote Michael Bublé du coeur de ces dames.1992 13e FIJM NOS ANNÉES JAZZ 1993 14e FIJM Textes et recherche : Daniel Lemay Astor Piazzola PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © MONTRÉAL 1642-1992 Charlie Haden et son Liberation Music Orchestra en ouverture , avec Nina Simone; en clôture, le Concert de Montréal avec Oliver Jones, Vic Vogel et son big band et le Montreal Jubilation Gospel Choir.On avait aimé Keezer/Redman/Mc Bride, Paul Bley, le batteur Max Roach avec son Double Quartet, René Lussier et son Trésor de la langue, Barbara Dennerlein et Joey De Francesco à l'orgue B 3.Dans la rue : le Paris Musette, les Heavy Metal Horns, Bryan Lee et les «guétares» d'ici : Bouchard/Smallwood/Haworth.DANS LA PRESSE «On ne peut pas écouter Michel Cusson en mangeant».\u2014 Normand Brathwaite, notre chroniqueur invité et, à l'époque, animateur de la quotidienne haute en musique Beau et chaud à Radio-Québec, expliquant que tous les syles ne se prêtaient pas au «jazz & ribs» du resto-club de Charlie Biddle, décédé depuis.ASTOR PIAZZOLA 1921-1992 Le premier dimanche du Festival, on apprend la mort du bandonéoniste argentin Astor Piazzola, 71 ans ; le «père du tango» avait joué quatre fois au FIJM ; en 1984, 1986,1987 et 1989\u2026 Plus de 90 000 personnes accueillent UZEB au Grand Événement, dans le cadre des célébrations du 350e anniversaire de Montréal\u2026 Vic Vogel reçoit le prix Oscar-Peterson\u2026 Le James Gelfand Trio (Qc) remporte le Prix de jazz\u2026 Le Festival accueille 1,3 million de visiteurs en 12 jours.AUXNOUVELLES\u2026 Élu : Bill Clinton, à la présidence des États-Unis.Fermé : le dernier goulag russe en Oural.Mariés : Bobby Brown et Whitney Houston.Séparés : Charles et Diana.Àla radio d'ici : Sèche tes pleurs (Daniel Bélanger), L'Aigle noir (Marie Carmen).MÉMORABLE Ouverture : Herbie Hancock Trio; clôture : Ginette Reno et Oliver Jones.De son propre avis, Keith Jarrett donne une des meilleures prestations de sa carrière (avec Gary Peacock et Jack De Johnette).Bons souvenirs du Charlie Haden Quartet West, Enrico Pieranunzi, Ray Bryant/Chucho Valdes, Gerry Mulligan/Dave Brubeck, Arthur H et son «cool jazz».Àl'église St.James, 5000 personnes applaudissent Petro Guelfucci et Voce di Corsica.Le gospel envahit la rue : Gospel Hummingbirds, les Fairfield Four, les Victory Travelers.Au Grand Événement Du Maurier, plus de 150 000 personnes assistent au spectacle du groupe britannique Galliano ( G.B.).DANS LA PRESSE «Les chanteurs de blues sont les Janette Bertrand du jazz.» \u2014 Julie Snyder, animatrice de L'Enfer, c'est nous autres et chroniqueuse invitée à L.P.AUTRES MANCHETTES Élu : Jean Chrétien, «le p'tit gars de Shawinigan», premier ministre du Canada.Couronné : le Canadien remporte sa 24e Coupe Stanley\u2026 Ouvert : le Casino de Montréal.Décédés : le trompettiste Dizzy Gillespie, Frank Zappa, le danseur Rudolf Nuyerev.Au palmarès : Julie (les Colocs), Y'a des mots (Francine Raymond).TORRIDE Au Cabaret du Club Soda pour la durée du festival, Blossom Dearie et Little Jimmy Scott donnent un des spectacles les plus ennuyeux de l'histoire du FIJM\u2026 Le FIJM fait du Cat de la Sainte-Cat sa mascotte permanente\u2026 La Musique de l'Artillerie royale canadienne marque la première participation de musiciens militaires au FIJM\u2026 Le prix Oscar- Peterson va à Fraser Mac Pherson\u2026 La formation ontarienne Chelsea Bridge remporte le Prix de jazz Du Maurier\u2026 Affluence : 1,4million de visiteurs. 3240951A JAZZ « C'est une des semaines les plus signifiantes de toute ma vie », avait conclu Charlie Haden en 1989 au terme de la série Invitation.Où est Charlie?Au Monument-National ALAIN BRUNET alain .brunet@lapress e .ca Pour Charlie Haden, qui demeure l'un des plus importants contrebassistes de son époque, le plus beau souvenir de ses nombreuses escales au Festival international de jazz de Montréal demeure la prestigieuse série Invitation dont il fut le premier titulaire en 1989.Ça se passait alors à l'UQAM, on n'y avait invité qu'un seul artiste pour une semaine entière \u2014deux musiciens de renom se partagent désormais la série.« Oh man ! I'm almost in heaven ! C'est une des semaines les plus signifiantes de toute ma vie », avait-il conclu en 1989 au terme de la série Invitation.Il y a 15 ans, Charlie Haden venait de s'établir en Californie avec sa femme, son nouveau Quartet West (Ernie Watts, Alan Broadbent, Larance Marable) et sa célébrissime cage de plexiglas qui le protège des irritants (sonores) lorsqu'il monte sur scène.C'est d'ailleurs à son domicile californien (et non dans sa cage, tout de même.) que La Presse l'a joint il y a quelques jours.Comme c'est toujours le cas, la fébrilité du personnage se fait aussitôt sentir au bout du fil, après de longues minutes d'attente \u2014Charlie devait se faire un café, essentiel à son bon fonctionnement selon ses dires.Au cours de la demi-heure, le contrebassiste devra interrompre la conversation à plusieurs reprises, en raison d'autres appels téléphoniques.Il entreprend la discussion avec une réaction identique à celle de 1989 lorsqu'on lui rappelle qu'il fut le pionnier de la série Invitation.« Man, ce fut tout simplement fantastique ! Sauf celui avec Pat Metheny, tous les concerts de cette série ont d'ailleurs été enregistrés» souligne le contrebassiste, qui aura 67 ans en août prochain.La voix est toujours haut perchée, chevrotante, le ton toujours fébrile et passionné.On aura tôt fait de revenir sur le clou de cette série de 1989 (à laquelle j'avais assisté dans sa totalité), c'est-à-dire le dernier soir, un concert exceptionnel du Liberation Music Orchestra.De grands musiciens faisaient alors partie de cette formation à géométrie variable que son leader remet sporadiquement sur les rails : le trompettiste Tom Harrell, les saxophonistes Ernie Watts, Joe Lovano, Ken Mc Intyre, le batteur Paul Motian.Quinze années plus tard, l'alignement est certes moins spectaculaire ; seuls la corniste Sharon Freeman, le tubiste Joe Daley et leur employeur sont de la partie.Il faut aussi dire qu'en d'autres temps, l'inénarrable Carla Bley, qui sera présent jeudi soir au Monument National, a déjà touché les ivoires au sein de l'orchestre.Haro sur Bush! On y reprenait jadis des hymnes révolutionnaires et autres chants de résistance tels La Pasionaria, Silence, We Shall Overcome ou encore Sandino.Jeudi, Haden promet de la musique essentiellement américaine, question de présenter un autre angle de son pays et de changer un tant soit peu l'idée qu'on peut s'en faire en ces temps incertains.« En plus d'avoir volé les élections, le gouvernement Bush est en train de détruire mon pays, tonne Charlie Haden.Les laissés pour compte de la société ne cessent de se multiplier, la violence ne cesse d'augmenter, la culture y est démolie jour après jour.La politique étrangère de ce gouvernement corrompu a fait des dégâts irréparables.L'intervention militaire en Irak n'est pas une défense de la liberté et de la démocratie, ce n'est pas une guerre.C'est une agression et une occupation ! « C'est un échec politique et moral qui m'atteint au plus profond de mon âme, qui m'affecte même physiquement.C'est pourquoi je veux au moins me donner l'impression de faire ma part en opposant un peu de beauté, en relançant notamment le Liberation Music Orchestra », explique le musicien, qui a toujours affiché ses convictions progressistes.C'est toujours le cas, force est de constater, mais notre rebelle sexagénaire a aussi son petit côté pépère grincheux.« Non seulement les jeunes Américains, se plaint-il, ne lisent plus mais encore sont-ils programmés par ce gangsta'rap si dur ou cette foutue musique techno (traduction libre de techno bullshit) qui nous détruit le système auditif.Pas moyen de passer à côté d'un utilitaire sport sans qu'en retentisse cette merde qui nous bousille les oreilles ! » Bon bon.Alors, Charlie, vous terminerez cette série Invitation avec votre Quartet West et vous l'amorcerez (ce soir) avec deux duos consécutifs ?« Absolument.Egberto Gismonti avait fait partie de la première série de 1989, ce sera aussi le cas cette année.Je garde un excellent souvenir de notre collaboration.Quand à John Taylor, j'ai déjà travaillé avec lui en Angleterre.J'adore son style si fluide, si musical.Quant au Quartet West, nous n'avons pas de projet spécial à proposer comme nous l'avons déjà fait à Montréal; nous comptons plutôt repiquer dans notre répertoire, essayer d'en trouver de beaux extraits pour l'occasion.Notre discographie nous le permet, n'est-ce pas ?» On lui donnera raison.Au fil des ans, les albums The Art of the Song, Now Is The Hour, Always Say Goodbye, Haunted Heart, In Angel City ont effectivement maintenu le raffinement et l'inspiration de cette formule quartette.Demain (mercredi), l'évocation du trio mythique Old And New Dreams, composé naguère de feu Don Cherry et Dewey Redman, ne sera pas totale.« Nous ne reprendrons pas uniquement la musique d'Ornette Coleman, à qui la musique du trio était alors consacrée.J'adore Ornette, mais nous avons aussi d'autres musiques à proposer.Et je suis très heureux de travailler de nouveau avec Dewey qui était mon âme soeur à l'époque où je jouais avec Keith Jarrett.» Pourquoi, au fait, ne pas avoir convoqué Son Altesse Jarrett pour participer à cette série?« J'aurais adoré.Il faudrait le lui demander.» .À compter d'aujourd'hui, Charlie Haden se produit quatre soirs consécutifs, 19 h 30, au Monument- National «En plus d'avoir volé les élections, le gouvernement Bush est en train de détruire mon pays, tonne Charlie Haden.Les laissés pour compte de la société ne cessent de se multiplier, la violence ne cesse d'augmenter, la culture y est démolie jour après jour.» JAZZ FOUR TOPS ET THE TEMPTATIONS Négligés, mais pas trop Malgré des problèmes de sonorisation, les deux groupes ont refait vivre leurs gloires de la belle époque PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Pour clore le chapitre Motown qui, on peut déjà le dire, restera dans les bons souvenirs du 25e Festival de Jazz grâce au succès du concert des Funk Brothers, rendons hommage aux compositeurs, souvent eux-mêmes réalisateurs, des perles pop du répertoire des Four Tops et des Temptations qui, hier soir, faisaient salle comble à la salle Wilfrid- Pelletier de la Place des Arts.Attention, les Funk Brothers ne sont pas les seuls oubliés du grand public dans ce fantastique pan de l'histoire de la pop.Hormis les distingués membres de la Songwriters Hall of Fame, peu de gens connaissent les Norman Whitfield et le trio Edward Holland Jr., Lamont Dozier et Brian Holland, qui signaient leurs chansons Holland-Dozier- Holland.Ils sont pourtant aussi importants au succès de l'entreprise de Berry Gordy que les Brothers et les interprètes des chansons.Cette évidence me revenait aux oreilles de plein fouet en entendant d'abord les Four Tops \u2014 dont il ne reste que Renaldo « Obie » Benson et Abdul « Duke » Fakir, qui ont pris soin de rendre hommage à leurs collègues disparu (Lawrence Peyton) et retraité (Levi Stubbs) \u2014 puis les Temptations menés par le survivant Otis Williams.Ils étaient chics dans leurs vestons scintillants sous les spots, les Four Tops, et occupaient toute la scène grâce à leur dynamisme.Cependant, la voix des membres originaux servait surtout d'accompagnement au jeune soliste Theo qui reprenait le rôle premier de Stubbs au sein de la formation.Supportés par un généreux orchestre \u2014pas moins de 10 cuivres ! \u2014, le tour de chant des Tops a pris des airs de spectacle de casino : arrangements hyper-léchés, deux synthétiseurs émulant les cordes et autres apparats sonores, clinquants éclairages mauves et blancs.Nous avions devant nous les Four Tops de l'époque « pop adulte-consensuelle » de la fin des années 70 et au début des années 80, jusqu'à aujourd'hui.Pour les fans à l'oreille exigeante qui étaient dans la rue pour entendre les Funk Brothers dimanche dernier, le contraste était cruel.Avec les Brothers, nous faisions un authentique voyage dans le temps.Nous avons entendu ce soir là les plus fidèles versions des succès des Tops qu'il est possible d'entendre dans le cadre d'un spectacle.Or dans Wilfrid- Pelletier hier soir, les Tops sonnaient bien fades, la voix souvent noyée dans les cuivres, le son de batterie lourdaud et poisseux.Ils ont enfilé, parfois avec brio, parfois plus difficilement, l'incroyable florilège de chansons d'amour composées par le trio H.- D.-H.: Baby I Need Your Loving, Bernadette, Walk Away Renee, Still Water (ouf !, moyen.).Ils ont fait siffler la foule pâmée d'entendre la voix du jeunot roucouler Ask The Lonely, ils se sont remis à danser sur une belle version de I Can't Help Myself.Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me demander : qu'est-ce qu'on est venu voir, au juste ?Des gens qui n'étaient pas là à l'époque où ces classiques on été créés, qui, hormis Obie et Duke, n'ont jamais joué une seule note de ces chansons qu'ils exhibaient hier soir comme s'ils en étaient les fiers propriétaires.Mais à la toute fin de la partie des Tops, les premiers coups de cymbale (grinçante) et la flûte (synthétique) de Reach Out I'll Be There ont retenti.Mon coeur a fait un tour.Je me suis levé d'un bond comme tout le monde.Et j'ai chanté « I'll be there.to love and confort you.».Et je suis resté debout, avec le même plaisir, pour Standing in The Shadows of Love.Après l'entracte, les cinq chanteurs des Temptations « reconstitués » sont arrivés vêtus de longs vestons jaune-taxi new-yorkais.Le quintette accompagnait ses interprétations de captivants pas de danse évoquant la fameuse Temptation Walk de la belle époque.L'orchestre était semblable au précédent, le son toujours aussi quelconque, d'autres inconnus entouraient Otis Williams, mais l'émotion était au rendez-vous donné par ces immortelles compositions.Après The Way You Do The Things You Do, le public s'est spontanément levé pour taper dans les mains.Des ponctions de basse ont annoncé Ball of Confusion, à ce moment- là je n'entendais plus les défauts de ces versions infidèles à celles gravées sur disque pour la postérité.J'entendais le génie de Norman Whitfield.C'est avec regret que j'ai du quitter cette prometteuse deuxième partie de concert, juste à la fin de la touchante I Wish it Would Rain.À la fin, et pour toute justification, il ne nous reste que les chansons.Gloire à leurs auteurs.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Les cinq chanteurs des Temptations sont arrivés sur scène vêtus de longs vestons jaune-taxi new-yorkais.Le quintette accompagnait ses interprétations de captivants pas de danse évoquant la fameuse Temptation Walk de la belle époque.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18h30 r SUCRÉ SALÉ La comédienne Anne Dorval s'entretient avec Guy Jodoin.19h a UNE ÉMISSION COULEUR DE RADIOCANADA Invités : Simon Durivage, Christiane Ayotte, Michel Cusson, François Gagnon et Jean Lessard.En performance : François Bourassa.19h30 K PARTIS POUR L'ÉTÉ Jean-Nicolas Verreault, Gildor Roy et Guy A.Lepage font du dune-buggy, des manèges et dansent la salsa pour l'animatrice Chantal Lacroix.20h K CINÉMA : NI VUE NI CONNUE Après avoir été témoin d'un meurtre, une agente immobilière est traquée par le tueur.Un autre suspense signé Mary Higgins Clark.21h a RÉVÉLATIONS Un thriller britannique en quatre parties\u2014version française de The Whistle Blower\u2014mettant en vedette Amanda Burton, Bill Paterson et Neil Pearson.Première heure ce soir : Laura Tracey se rend compte que la banque qui l'emploie blanchit de l'argent pour le compte de trafiquants de drogue.Elle révèle l'histoire au grand jour, mais le cartel impliqué n'a aucune intention de la laisser témoigner.21h CD TIREURS D'ÉLITE Qui sont ces tireurs d'élite qui se terrent pendant des heures sur les champs de bataille, l'oeil dans le viseur, afin de protéger leurs troupes ?Une émission consacrée à ces impitoyables chasseurs, les tueurs les plus craints lors de conflits armés.Aujourd'hui (17:30) Catherine Une émission couleur de Radio-Canada / Simon Durivage La Vie la vie Révélations (1/4) Le Téléjournal/Le Point MON FILS JOHNNY (4) avec Rick Schroder, Corin Nemec Le TVA 18 heures Sucré-salé / Anne Dorval Clin d'oeil / Gino Chouinard Km/h 100 Détours Fortier III Le TVA Juste pour rire en direct Sucré-salé / Loteries ALERTE EN PLEIN.(23:32) Ramdam Cultivé et bien élevé .Canada français Les Grands Documentaires - Sciences 24 heures chrono REFLETS DANS UN OEIL D'OR (4) avec Elizabeth Taylor, Marlon Brando Le Grand Journal (17:00) Fun noir & Cie Partis pour l'été MARY HIGGINS CLARK: NI VUE NI CONNUE (5) avec Emma Samms, Hannes Jaenicke Le Grand Journal Caméra extrême Pub News The Next Action Star According to Jim The Amazing Race CTV News News Canada Now American.Coronation.This is Wonderland Da Vinci's Inquest The National The National .of Britain The Simpsons ABC News Will & Grace 8Simple Rules I'm with her According.Jim .than Perfect NYPD 24/7 Frasier Night.(23:35) News CBS News E.T.Big Brother 5 The Amazing Race News Late.(23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.The Next Action Star Last Comic Standing II Law & Order: SVU Tonight.(23:35) The Newshour BBC News Outdoor.Nova / 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Le Guide.Maisons et Jardins Coup de.Vos droits Maisons et Jardins Majeurs et Avertis Musique.Tourisme.Radio Enfer Radio Free.Totalement jumelles Charmed Degrassi.Bob.Spongebob All Grown up Martin.Yvon of.Dragon Ball Dragon BallZ .Hunters Timeblazers Fries with.Mental Block .Weird My Family Au-delà du réel .Nerdz Technofolie Andromeda Au-delà du réel Semaine thématique.Mutant X Method & Red Method & Red CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CINÉMA PHOTO ANDRÉ TREMBLAY LA PRESSE © L'équipe de Camping sauvage est arrivée en autocaravane au Cinéma Impérial, histoire de ne pas se sentir trop dépaysée.PREMIÈRE DE CAMPING SAUVAGE Vue sur herbe ISABELLE MASSÉ Roulez le tapis rouge et sortez vos habits du dimanche.après-midi ! Pas question d'être glamour à la première montréalaise de Camping sauvage.Directive des organisateurs de l'événement aux invités: s'habiller comme si on s'apprêtait à passer deux semaines au Camping Tropicana, de Granby, lieu de tournage du premier film de Guy A.Lepage et Sylvain Roy.C'est dire à quel point on avait hâte que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, fassent leur entrée au Cinéma Impérial, hier soir ! Déception ! Disons que bien des invités présents n'ont pas osé troquer leurs vêtements « 9 à 5 » contre ceux du week-end.Mais les organisateurs, eux, avaient décidé de jouer le jeu jusqu'au bout.C'est un tapis vert forêt et non rouge sang qu'ont foulé convives et comédiens.Comme lors d'une conférence de presse importante du Festival Juste pour rire, il y a quelques semaines.Nouvelle tendance ?« On a semé l'herbe ce matin, raconte André Ducharme, coauteur et metteur en scène de Camping sauvage.On a aussi semé des tentes, mais elles n'ont pas eu le temps de pousser.» C'est donc à bord de deux autocaravanes que l'équipe de production et une quinzaine de comédiens du film se sont rendus au Cinéma Impérial, hier soir.Aucune limousine dans les parages, mais des autocaravane assez grosses pour bloquer momentanément la circulation.« Quand on fait un film, on l'assume, explique Emmanuel Bilodeau, qui incarne un motard de second ordre dans Camping sauvage.On se prête à fond au jeu de la promotion.C'est ma plus grosse première.C'est formidable qu'on ait compris comment mettre un film en marché au Québec.» « On embarque sans se poser de questions », ajoute Sylvie Moreau, une habituée des tapis rouges.et vert, désormais.La première de Camping sauvage survient près de trois semaines après la réouverture du célèbre cinéma de la rue de Bleury retapé à neuf au coût de six millions.De quoi émouvoir Yves Pelletier, qui incarne aussi un motard dans la comédie estivale.« Je suis curieux.Cette première est une excellente occasion de constater les changements », mentionne celui qui a travaillé comme placier à l'Impérial, en 1979 «alors qu'on y présentait une comédie musicale sexuelle baptisée Let My People Come.J'ai eu la chance de visiter les coulisses, à l'époque.Depuis ce temps là, je ne mange plus de maïs soufflé au cinéma.» « Je suis content que la première ait lieu ici, car je déteste la salle Wilfrid- Pelletier (de la Place des Arts), sans âme », affirme Guy A.Lepage.La première montréalaise de Camping sauvage survient un an après le tournage du film, à Granby, et plusieurs mois après le début d'une promotion monstre.De quoi créer des attentes énormes.Stressé, le coréalisateur qui est également une des vedettes du film?« J'ai présenté le film dans quatre villes (Chicoutimi, Gatineau, Sherbrooke et Montréal, dans un autre cinéma, la semaine dernière).Le public a tellement bien réagi que ça m'a enlevé de la pression.» «À la fin de chacune des projections, les gens sont sortis avec un gros sourire, note Sylvain Roy.J'ai maintenant hâte de voir comment ceux qui vont payer pour voir le film vont l'accueillir.» Camping sauvage, pour ceux qui ont campé sur la lune, ces derniers mois, raconte l'histoire d'un courtier prospère (Lepage) forcé de se métamorphoser physiquement et de se terrer dans un camping, après avoir identifié un criminel.Là-bas, il fera la connaissance de l'exubérante propriétaire radine des lieux (Sylvie Moreau) et d'une bande de motards que personne ne craint.« On était en famille, note Emmanuel Bilodeau, qui a également été dirigé par Sylvain Roy et Guy A.Lepage sur le plateau d'Un gars une fille.Jouer était un pur plaisir.On arrive au travail détendu quand il existe déjà une certaine complicité entre un réalisateur et un comédien.» Pour sa première histoire sur grand écran (une idée de Tony Roman, « le gars qui a couché avec Nanette », nous a rappelé Guy A.Lepage, avant la projection d'hier soir), le coréalisateur s'est entouré d'amis.Aux côtés des Ducharme, Pelletier, Bilodeau et Moreau, on retrouve Réal Bossé, Louis Champagne, Bruno Landry, Normand D'Amour et Sylvain Larocque.C'est évidemment avec une grande fierté que Lepage a présenté son film.Ou plutôt sa « vue », comme il préfère qualifier Camping sauvage (en salle vendredi).« Gaz Bar Blues est un film.Louis Bélanger et ses acteurs ont mis leurs tripes sur la table en le tournant.Et ce genre de films nous transporte.Les Aventures de Rabbi Jacob, Dans une galaxie près de chez vous et Les Ripoux sont des « vues ».C'est l'intention derrière le projet qui fait la différence.On fait une « vue » pour divertir.Et ce soir, nous vous présentons une vue.» PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Sylvie Moreau et Guy A.Lepage ont semblé avoir beaucoup de plaisir à la première de Camping sauvage.C'est évidemment avec une grande fierté que Lepage a présenté son film.Ou plutôt sa «vue», comme il préfère qualifier Camping sauvage.3230044A ."]
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