La presse, 9 juillet 2004, X. Arts et Spectacles: Cahier jazz
[" ARTS SPECTACLES LA NUIT, TOUS LES CHATS SONT BLEUS PAGE 4 PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © UN GARS, UNE FILLE ET LA TOUNDRA TAIMA LA DEUXIÈME VIE DE L'ORCHESTRE SYMPATHIQUE PAGE 5 NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE i quelqu'un ce jour-là leur avait dit qu'ils feraient bientôt de la musique ensemble en mêlant le français, l'anglais et l'inuktituk, qu'ils joueraient en Norvège, à New York, au TNM pour le Festival de jazz de Montréal et sur la grande scène Pyramide du Festival de Glastonbury en Angleterre quelques heures avant les Black Eyed Peas et Paul Mc Cartney, ils ne l'auraient jamais cru.Une semaine plus tard dans la page encore blanche de leur destin, ils se sont à nouveau croisés dans une lecture de poésie au Saint-Sulpice, le temps de se reconnaître, de se saluer et de partir chacun de leur côté.Tout aurait pu s'arrêter là comme une rencontre qui n'a jamais eu lieu, une promesse de vie qui s'éteint avant même de naître.Elisapie aurait disparu à jamais dans les rues de Montréal avec ses yeux rieurs, son beau visage criblé de taches de rousseur et son vague à l'âme d'Inuk déracinée.npetrows@lapresse.ca > Voir TAIMA en 2 Ils se sont rencontrés cinq minutes une fois dans une expo de photos du Grand Nord, le temps d'échanger un regard et de se présenter.Elle s'appelait et s'appelle toujours Elisapie Isaac, venait de quitter la toundra de Salluit au Nunavut pour le béton de Montréal PQ.Lui c'était Alain Auger, guitariste et compositeur né à Montréal, mais élevé à l'ombre des cheminées d'usine de Rouyn en Abitibi. JAZZ Aimer le jazz.ça vient avec l'âge PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © On taira le nom du spectacle auquel assistait la petite Helena, croquée en pleine manifestation de désapprobation sur les épaules de son père Ralph.Un gars, une fille et la toundra TAIMA suite de la page 1 Alain Auger, de son côté, aurait continué à écrire de la musique de film et à chercher en vain l'étincelle qui l'amènerait ailleurs.Quant à nous, auditeurs, nous n'aurions jamais profité de l'envoûtement que leur musique suscite.Heureusement, la vie fait parfois bien les choses.Au lieu d'éloigner ces deux-là, elle a choisi de les unir il y a exactement quatre ans, en plein mois de juillet.Taima à l'époque n'était pas encore un duo \u2014le premier à métisser une guitare blanche et une voix inuk en balançant pardessus bord les traditions.Taima n'était qu'une expression qu'Elisapie proférait quand elle en avait marre de la vie, de son passé, de son impuissance millénaire et qu'elle broyait du noir, elle, la fille du Grand Nord élevée à broyer du blanc.Taima.Assez.Ça suffit.Coup de foudre artistique À l'époque, Elisapie se cherchait un peu, beaucoup, énormément, en écrivant, en chantant et en réalisant un premier documentaire sur son grand-père.Alain Auger, lui, cherchait.une voix.Pas une voix professionnelle et policée à la Céline Dion.Une voix libre et sauvage, sans expérience ni affectation.Il s'est subitement souvenu de la belle Inuk bourrée d'énergie dont on disait qu'elle chantait comme une Norah Jones du Nord.Il l'a appelée.Un rendez-vous a été pris et une promesse faite : celle de passer une journée complète ensemble pour voir.Ils ont pris un café au Open Da Night et se sont mis à parler, à parler, à parler comme si ça faisait 100 ans qu'ils se taisaient.« On s'est dit plein d'affaires qu'on ne dit jamais à personne.C'était complètement fou.J'avais l'impression que ça faisait des années que j'accumulais des choses à l'intérieur et que j'avais enfin l'occasion de les déverser sur quelqu'un qui m'écoutait sans me juger », raconte Elisapie.« Moi, ce dont je me souviens, poursuit Alain Auger, c'est qu'à un moment, on roulait dans ma van et j'ai glissé dans le lecteur la cassette d'une chanson d'Elisapie.Moi, quand j'écoute une toune, faut pas me parler.Je suis dans ma bulle.Je l'ai écoutée une fois sans rien dire, puis je l'ai remise, deux, trois, quatre, cinq fois.Elisapie se rongeait les ongles en silence, tandis qu'un volcan grondait en moi.Une émotion qui venait de très, très loin a surgi.Je me suis dit : Ça y est, c'est elle que je cherchais durant toutes ces années.» Les coups de foudre amoureux sont monnaie courante, mais les coups de foudre artistiques sont plus rares.C'est pourtant de cela qu'il s'agissait.L'amour n'avait rien à voir dans l'histoire.Il n'y avait aucune ambiguïté sexuelle entre ces deux-là.Seulement une complicité artistique absolue nourrie par une conscience aiguë de l'autre.« On aurait peut-être pu tomber amoureux, raconte Auger.Après tout, on est tous les deux jeunes, pas mariés et hétéros, mais, d'instinct, on a compris que c'était plus intéressant d'être des amis et complices.Étrangement, ça nous permettait d'être plus ouverts et plus intimes l'un avec l'autre.» La gestation de Taima fut néanmoins lente.Pas entièrement convaincue de son talent et voyant rarement le côté positif des choses, Elisapie se disait qu'un jour Alain allait se réveiller et constater qu'elle ne chantait pas si bien que ça.« Je voulais embarquer, mais j'étais sur la défensive.Mon passé à Salluit, les choses que j'y ai vécues, mon ambivalence à l'endroit du Sud, font en sorte que je me prépare toujours au pire par crainte d'être déçue.» Le jour où une invitation à aller chanter au Groenland est tombée du ciel, les deux ont pris conscience qu'ils avaient un avenir ensemble et qu'il n'y avait plus de temps à perdre.Taima.Assez.Au travail ! Au Woodstock britannique Le reste, comme on dit, appartient à l'histoire.Invité au Coup de coeur francophone de 2002, le duo aux mélodies étranges et planantes à mille lieues du folklore des phoques et des iglous a non seulement séduit l'auditoire, mais aussi la journaliste Alexandra Diaz de Radio- Canada, qui lui a consacré un reportage.Les participations aux festivals se sont multipliées.En novembre, le Conseil des arts a organisé un immense showcase pour les tourneurs et les directeurs de festivals canadiens et étrangers.Le duo avait à peine terminé sa deuxième chanson au Club Soda que le directeur du Festival de Glastonbury, sorte de Woodstock britannique, se précipitait en coulisses pour négocier avec l'imprésario de Taima.« Quand on a su qu'on allait faire la scène Pyramide à Glastonbury, on a capoté », raconte Auger.Le jour de leur prestation, Auger a vite déchanté.« On jouait à 10h du matin.Il pleuvait, il ventait, il faisait froid et, comme tout le monde avait fêté la veille, il n'y avait pas un chat devant nous.J'étais découragé.» « Je lui ai dit de pas s'en faire, que tout irait bien, se rappelle Elisapie en souriant.Et, tranquillement, les gens sont arrivés.Ils étaient environ 300.Et je me suis mise à chanter en inuk avec le vent.C'était magique.» Ce soir au TNM, il n'y aura ni pluie, ni froid, ni vent.Il n'y aura qu'un gars, une fille et un pont tendu entre la toundra du Grand Nord et le béton des villes pour abolir la distance et les clichés.Comme la promesse d'un Nouveau Monde qui sommeillait depuis longtemps en eux et en nous.TAIMA se produit au Théâtre du Nouveau Monde ce soir et demain, 20 h.JAZZERIES PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM DIANNE ET MARVIN «Il y avait beaucoup de jazz chez nous, mais j'écoutais toutes les musiques.J'étais intéressée par le Motown et la fusion en était à ses débuts \u2014 pour moi, c'est là la première rencontre du jazz avec les «musiques du monde» \u2014 tout cela m'excitait beaucoup.Un disque de l'époque Motown qui m'a très influencée est «What's Going On» de Marvin Gaye, parce qu'il parlait de son époque avec force et clarté.Il y avait aussi dans ce disque beaucoup de blues, de l'espoir déçu; c'était en même temps très ouvert, très libre, en termes de conscience.Jusqu'à ce moment, je n'avais jamais rien entendu de tel, sauf dans le jazz.Mon intérêt pour les musiques latines est né après mon arrivée à Los Angeles, en 1976, où j'ai rencontré des gens comme Eduardo del Barrio, avec qui j'ai travaillé pendant plus de 20 ans.» \u2014DIANNE REEVES, en entrevue à PBSOnline (pbs.org).La chanteuse de Detroit (Motor Town ) chante se soir à Wilfrid- Pelletier à 20 h 30.DES IGNORANTS! « Depuis 1945 environ, l'expression be bob (ou re bop) désigne une musique que certains critiques ont fait passer à tort pour du jazz.» \u2014In Dictionnaire du jazz, Hugues Panassié et Madeleine Gautier, Laffont, Paris, 1954 EN 15 SECONDES\u2026 «La différence entre la composition et l'improvisation, c'est que dans la composition, vous avez tout le temps voulu pour décider ce que vous allez dire en 15 secondes.Tandis que dans l'improvisation, vous avez 15 secondes\u2026» \u2014 STEVE LACEY SUBSTANCE JAZZ «Quand je mourrai, je veux qu'ils jouent «Black and Crazy Blues», je veux être incinéré puis qu'on mette mes cendres dans un sac de «pot» et que des gens merveilleux me fument en espérant qu'ils en tirent quelque chose.» \u2014 ROLAND KIRK (1936-1977).«Cet homme est ce que doit être le jazz », a déjà dit Charles Mingus de Kirk, saxophoniste aveugle qui pouvait jouer de deux instruments à la fois.BIG BOB ! «C'est ma vingtième année au Festival.À part Vic Vogel, c'est moi le plus vieux\u2026 pis le plus gros.» \u2014 LE BLUESMAN BOB HARRISSON, au cours de son spectacle sur la Scène Labatt Bleue (2000) qui lui appartiendra encore ce soir (19h et 23h).CLAUDE FRADETTE ! Il nous passe chaque jour des centaines de noms d'inconnus\u2026 et on se trompe sur un nom de chez nous que l'on connaît bien ! Calvaire ! Mes excuses au guitariste Claude Fradette, le compositeur de la musique du film Gaz Bar Blues, que j'ai appelé Guy, hier dans mon texte sur Jean- Jacques Milteau.Il y avait bien un Guy, hier au Spectrum, mais c'était Guy Bélanger.\u2014Daniel Lemay Dianne Reeves PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Bob Harrisson JAZZ Chanter au Festival: jazz ou pas jazz?ALAIN BRUNET CHRONIQUE alain.brunet@lapresse.ca Rien n'est moins clair que l'idée qu'on se fait du chant jazz.Doit-on absolument improviser sur ce territoire mal balisé ?Doit-on y scatter ?Doit-on s'y accompagner d'un trio acoustique ?Sur quels standards doit-on s'appuyer ?Au coeur de ces festivités jazzistiques, impossible de répondre en toute limpidité à ces questions.Lorsqu'il est question de Dianne Reeves, de Jeri Brown, de Carol Welsman, de Stacey Kent ou de Tierney Sutton, ça peut être évident.Dans bien des cas, ça ne l'est pas du tout.Rappelez-vous, les jazzophiles le moindrement avertis ont tous souri lorsqu'on leur a dit que Norah Jones était chanteuse de jazz.Prenez cette Amy Winehouse, d'ores et déjà considérée comme une révélation du 25e Festival de Montréal.J'avais d'abord écouté Frank, un disque de la jeune Britannique paru en 2003 (étiquette Island) et qui fait l'objet d'un certain buzz auprès de la branchouille.Impossible de trancher mais.quel talent brut, mes amis ! Au bout de quelques mesures, j'ai été conquis par cette voix métallique, puissante, qui n'est pas sans rappeler celle de la redoutable Mary J.Blige.Des accents de Dinah Washington et de Billie Holiday lui confèrent toutefois une sensibilité plus jazz.La fille aime projeter une image un tantinet délurée si l'on s'en tient au joint bien gras qu'elle se roule sur la pochette de son disque, à son vernis à ongles ébréché, à l'épais mascara qui lui alourdit les cils, à ses fringues très sexy dont l'objet essentiel est de mettre ses courbes en valeur.Sur disque, la sauvageonne opte pour un jazz mâtiné de soul et de hip hop, mixtion assez singulière merci.Sur la scène du Club Soda, cependant, le trio jazz était de rigueur \u2014 piano acoustique ou Rhodes, basse électrique et batterie.Et ce fut le choc, ce choc que le chroniqueur ressent lorsqu'il découvre un vrai talent.Haut perchée sur ses talons aiguilles, longue crinière en bataille, la chanteuse a mis le public dans sa robe \u2014pourtant si serrée ! Sa dégaine indolente et la vulgarité relative de son vocabulaire ont intrigué, ses réflexions empreintes d'autodérision ont dilaté les rates, sa voix a embrasé les plexus.En plus de suggérer un malaxage de références qui transgresse vigoureusement les règles, tout de cette chanteuse me plaît : le phrasé, le timbre, l'émotion à fleur de peau, tout je vous dis.Misant sur un répertoire plus jazzy que sur son disque (Caravan, etc.), Amy Winehouse nous a laissé deviner qu'elle allait faire sa marque.Au Royaume- Uni, c'est déjà fait, s'il faut se fier au dithyrambe émanant des médias branchés.La veille, une Américaine investissait le même Club Soda mais sur un tout autre mode.Belle dame aux cheveux d'or, élégante, gracieuse, Thierney Sutton semble souscrire aux critères du raffinement.en version nord-américaine.Mais il fallait se rappeler la règle numéro un de l'éclectisme festivalier : laisser ses préjugés à la porte de l'amphithéâtre, se laisser prendre par ce qui se passe devant vos yeux, par ce qui résonne dans vos pavillons auditifs.Ce qui résonnait, en fait, m'a semblé supérieur à Dancing in The Dark (étiquette Telarc) qui n'est pas un hommage à Bruce Springsteen mais bien à Frank Sinatra.Évocation du fameux crooner, ce disque de bonne qualité me semble un peu coincé dans cette esthétique d'hôtel chic, cliché bourgeois s'il en est.Au Club Soda, cependant, la chanteuse aura relevé son côté jazz.Cette soprano à la voix soyeuse peut dévoiler une puissance certaine lorsque l'occasion le lui permet.Qui plus est, l'improvisation prend une place beaucoup plus importante dans la dynamique qu'elle installe avec son trio.Moins guindé que prévu, en somme.Voilà pour ce jazz lounge haut de gamme, voilà pour cette autre vision du chant jazzistique.Je me mords encore les doigts d'avoir raté la performance incandescente de la Mexicaine Lila Downs, que j'avais découverte en décembre 2001 aux Transmusicales de Rennes.Pendant une quinzaine de minutes, lundi, j'ai quand même pu constater l'immense ascendant qu'elle avait sur le public montréalais qui la réclamera sous peu.Cette approche éclatée, à la fois très moderne et très ancrée dans son patrimoine latin, ne peut être directement connectée à la tradition du chant jazz.Mais quand même plus que.Norah Jones.Que dire alors de Badi Assad, excellente guitariste brésilienne qui se permet des vocalises sur les improvisations de ses légendaires collègues, j'ai nommé les guitaristes Larry Coryell et John Abercrombie ?Chante-t-elle du jazz ?Probablement pas.Même sa version de Insensatez, classique de la bossa nova, n'avait pas de résonance à la Astrud Gilberto lorsque cette dernière était accompagnée par feu Stan Getz.Dans un Spectrum à peu près plein, ces trois musiciens issus d'horizons fort différents nous ont rappelé que la guitare acoustique était intimement liée à la tradition qui nous occupe tant depuis le début de la semaine dernière.À une forme de jazz world, en fait.Larry Coryell est un pionnier en ce sens ; il fut du premier grand trio mêlant la guitare jazz au flamenco nuevo du virtuose Paco de Lucia auquel prenait part John Mc Laughlin.Dans ce cadre qui a ravi les mélomanes venus à sa rencontre mercredi soir, Coryell a entrepris de calmer le jeu.Pendant que Badi Assad assurait un soutien rythmique de haute tenue, pendant que le collègue Abercrombie tenait le phare harmonique, il s'est quand même laissé aller à la haute voltige, et ce, sans jamais sombrer dans l'ostentation.La virtuosité, faut-il le rappeler, n'a de sens que lorsqu'elle sert la musique.C'est aussi ce qu'on a vérifié au Gesù quelques minutes plus tard.Après avoir résisté à un système d'alarme déclenché par erreur, le pianiste Danilo Perez, son contrebassiste Adam Cruz et son batteur Jeff Ballard nous ont menés ailleurs.Celles et ceux venus entendre le blower qu'il a déjà été ont peut-être été déçu.C'est que l'expérience vécue au sein du quartette de Wayne Shorter a transformé le musicien.Contrairement aux escales antérieures à Montréal, ce qu'on a entendu dans la nuit était profondément contemporain, inédit.Ces trois musiciens ont lentement érigé leur édifice, laissant grandes ouvertes les portes sur le Panama natal de Perez, sur cette Amérique latine qui lui est si chère, sur un autre continent nommé Thelonious Monk.On n'aura eu droit aux salves de technique qu'en fin de parcours.On appelle ça du jazz.Du vrai.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Amy Winehouse : un vrai talent, dont la découverte se révèle tout un choc.De Ferrer à The Roots, deux concerts marquants PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE L'année 2003 n'avait pas apporté de bonnes nouvelles pour les fans du Buena Vista Social Club.En l'espace de six mois, deux de ses membres ont trépassé \u2014 le pianiste Ruben Gonzalez et le chanteur, et notoire amateur de cigares, Compay Segundo.Mais soyez rassurés sur l'état de santé de l'attachant Ibrahim Ferrer, en concert hier dans une salle Wilfrid- Pelletier bondée : à 76 ans, le crooner cubain a conservé sa belle voix et son bagout.Aux côtés du guitariste Manuel Galban, Ferrer a livré un exquis tour de chant essentiellement constitué des chansons de son plus récent album, Buenos Hermanos.La foule a accueilli l'orchestre de 14 musiciens (plus deux choristes) par une ovation debout.Il le mérite sûrement, mais ce n'était manifestement pas à lui que cette marque d'affection s'adressait.L'auditoire s'est donc relevé pour une deuxième fois, après le mambo instrumental de réchauffement, pour saluer Ferrer, impeccable dans son complet beige et coiffé d'une casquette blanche.Les cuivres à l'honneur Les cuivres se sont remis à jaillir pour Bruca Manigua, chanson extraite du premier album solo de l'ère « Ry Cooder » (Buena Vista Social Club Presents Ibrahim Ferrer).Manuel Galban, dont le dernier album a aussi été réalisé par Cooder, était mis en évidence à la droite de la scène.Sans s'imposer dans l'orchestre pour l'instant dominé par les cuivres et les percussions, il tenait doucement sa guitare.La voix de Ferrer résonnait vivement.La main gauche toujours agrippée au micro, l'homme, comme sa musique, n'avait plus d'âge.Imprégné de ses chansons, il portait ses cordes vocales dans les hautes notes sans les manquer, marquait une fin de phrase d'un geste court et sec, incarnait pour la millième fois peut-être une chanson classique comme si c'était la première.C'est un coquin, Ibrahim, qui adore amuser son public.Ses pas de danse sont applaudis par les fans.Lorsque l'orchestre jouait seul entre les couplets, nous le voyions bouillir, sautillant sur place, faisant quelques pas en tremblant, les deux bras tendus à l'avant.La danse est ensuite entrée dans la chanson titre du dernier album, Buenos Hermanos.Le jeu du pianiste Roberto Fonseca menait l'orchestre pendant que Manuel Galban s'activait sur un clavier, attendant de reprendre sa Fender pour mieux nous charmer d'un solo.Ce qu'il eut l'occasion de faire pendant la magnifique Perfume de Gardenias, ballade d'amour du compositeur d'origine portoricaine Rafael Hernandez Marin, un sacré romantique celui- là.La température avait grimpé de quelques degrés durant Hay que Entrarle a Palo a Ese (Tu dois lui servir une leçon, tiré du dernier CD), lorsque l'orchestre choisit de calmer le jeu avec Perfume.Les cuivres ont alors pris congé et pendant que Ferrer reposait sa voix sur une mélodie triste et puissante, Fonseca et Galban engageaient un dialogue avec leurs instruments.À l'unisson pendant le refrain, les voix des choristes s'élevaient pour accentuer l'étrange et magnétique tristesse de la mélodie.Un frisson a traversé la foule.Juste avant le début de l'entracte, André Ménard et Alain Simard ont fait irruption sur scène pour décerner devant le public montréalais le tout premier prix Antonio-Carlos-Jobin à la légende cubaine, qui, au micro, a lancé un timide « Merci Québec ! ».Ce prix sera décerné chaque année à l'artiste qui, par son oeuvre, aura marqué l'univers de la musique du monde.The Roots brasse le Métropolis Profitant de l'entracte à la Place des Arts, je me suis esquivé vers le Métropolis où, avec une bonne grosse demi-heure de retard, The Roots commençait tout juste son concert.La salle était pleine à craquer et l'ambiance était déjà bruyante et moite.Pour ceux qui ont assisté au concert, sachez que les 20 premières minutes du spectacle sont assez représentatives du son de ce nouvel album, The Tipping Point, en magasin le 17 juillet : une décharge de hip hop old school, un voyage dans le temps, destination New York, 1989.Du ghetto-blaster giclent les rythmes secs et lourdauds des Beastie Boys, de Public Enemy ou d'EPMD.La nouvelle chanson I Don't Care donnait le ton à ce concert déchaîné : un beat rêche, entêté, martelé par le poilu ?uestlove, sur lequel Black Thought mitraille ses rimes.Pas moyen de prendre notre souffle, il a bien fallu que le groupe se calme un peu, et c'est par le vieux succès Proceed que les grooves sont redevenus plus jazz-funk.Comme à son dernier passage en février 2003, The Roots s'est amusé à jouer les encyclopédies de la musique, citant au passage la guitare et le son des bongos d'Apache (classique du Incredible Bongo Band), les riffs de Whole Lotta Love et Seven Nation Army, les rimes de Rappers Delight.L'atmosphère était à la fête et les musiciens s'y sont donné à fond ; à un moment dans le spectacle, le petit bout de choux de l'un deux est apparu sur scène pour faire du houla-hoop ! Dynamisant.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Le chanteur cubain Ibrahim Ferrer, 76 ans, a fait la démonstration de ses talents de danseur. JAZZ La nuit, tous les chats sont bleus Ce n'est pas parce que les scènes extérieures du Festival de jazz se taisent à minuit que le coeur du centre-ville arrête de palpiter.Nous les savions déjà très vivantes, les nuits de Montréal, mais elles ne le sont jamais autant que durant le Festival de jazz.Ça grouille, ça bouille et ça s'émoustille ! Parcours à vol d'oiseau de nuit sur la musique qui joue pendant qu'on passe le balai sur le site du jazz.PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Si l'envie vous prend de plonger dans un bain de foule du troisième type, pointez-vous au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte- Catherine un vendredi soir de festival entre 2h et 3h du matin.Ouvrez grands les yeux : la faune habituellement bizarre et agitée de ce coin de rue se faufile entre les festivaliers qui vont et viennent du Savoy ou du Club Soda jusqu'à leur auto garée dans les environs.Attraper un taxi sur ce coin de rue bouchonné par les automobiles devient un véritable sport nocturne.Les policiers en service en ont plein les bras et le concert de klaxons n'aide pas à calmer l'atmosphère.La friteuse des cuisiniers bulgares qui travaillent au Montréal Pool Room fonctionne aussi à plein régime.La musique sert de moteur à ce carrousel nocturne.Plus calme, l'ambiance au Savoy fait accourir les festivaliers.Dan Thouin laisse libre cours à son inspiration savoureusement moderne.Le claviériste est secondé par deux musiciens terriblement efficaces, le batteur Max Sansalone, au jeu précis et rigide du gars qui connaît les rythmiques électronifiées, et le contrebassiste Adrian Vedady.Arrivez tôt, car le Savoy s'emplit rapidement.Les places sont majoritairement assises, le public est très attentif et, lorsque l'endroit affiche complet, ça discute joyeusement autour du bar.Vers 2 h, le Savoy s'est déjà vidé ; seuls les jeunes férus de jazz collent encore à l'ambiance feutrée du bar.Pour les fêtards Évidemment, le Festival a mis sur pied une programmation taillée sur mesure pour les fêtards.Des concerts plutôt « électroniques» débutent au Club Soda vers minuit, et il reste toujours plusieurs danseurs lorsqu'on éteint le système de son à 3 h.Il a plutôt belle allure, le Club Soda.Pour la première fois, la salle exploite au maximum ses possibilités : tous les soirs de concert, la direction rétracte le balcon grâce au mécanisme qui a été pensé pour l'endroit.Non seulement ça fait joliment aéré, mais la qualité du son est désormais aussi bonne à l'arrière qu'à l'avant de la salle.Le Soda devient enfin convaincant dans son apparat de club.La programmation nocturne du festival fait toutefois froncer des sourcils.Un hit and miss comme on dit : le 1er juillet, après l'excellente prestation du rappeur Sage Francis, le Montréalais Sixtoo n'a pas su retenir les festivaliers, m'a-t-on confié (j'ai manqué cette soirée pour cause de torticolis.).Mais c'était prévisible : la musique de Sixtoo n'est pas faite pour danser.Le lendemain, Mocean Worker a donné une prestation honnête mais ordinaire, finalement.Derrière les platines, Lady Kier (ancienne chanteuse de Deee-Lite, vous vous souvenez ?) était amusante mais n'a pas vraiment su relever cette soirée.La première surprise de cette série est survenue grâce à Soel, la formation du collègue flûtiste de St.Germain.Non seulement le groupe était supérieur à celui du populaire producteur de house français, mais ses grooves jazz-soul branchouilles ont aussi ravi la galerie, qui est ensuite restée vissée au plancher de danse grâce au set samba-house de Rainer Trüby, un DJ allemand aux goûts éclairés \u2014un 10 sur 10 pour ce samedi soir.Loupée, la prestation de Jacksoul et Andy Williams, qui m'auraient de toute façon paru bien insignifiants après avoir vu la lumière au concert des Funk Brothers dimanche dernier.Bullfrog a malheureusement offert une prestation banale ; le DJ Joseph Malik a cependant relevé la soirée d'un cran grâce à son set trop éclectique au début mais divertissant au final.Mercredi dernier, Manitoba a donné un concert extatique : des décibels en masse, une musique déchaînée, appuyée par le jeu brutal de deux batteurs.Ce producteur, qui a pris un virage rock psychédélique sur son dernier album, Up In Flames, a poussé nos tympans jusqu'au délire.Dans un choix de programmation anticlimatique, le DJ Fred Everything a ensuite martelé sa house goûteuse, imposant le rythme de danse aux festivaliers encore assommés par le concert de Manitoba.Tant pis pour les absents, vous avez manqué un remix inédit de la chanson des Triplettes de Belleville ! Enfin, hier soir, le festival affichait sa soirée la plus conséquente en jumelant les Norvégiens de Jaga Jazzist (qu'on voyait pour la première fois sur scène à Montréal) avec le duo micro-house EGG.Ce soir, combo marseillais avec les Troublemakers et leur DJ Oïl.Demain, pour la soirée de clôture, Champion et ses G-Strings (accompagné par Béatrice Bonifassi) et Barbara Brown.Ah oui ! Faudrait aussi que j'aille faire un saut au jam session de l'hôtel Hyatt.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM L'ex-Deee-Lite Lady Kier aux platines pour une soirée endiablée.LE GUIDE DUFESTIVALIER CABARET MUSIC-HALL METROPOLIS TNM CLUB SODA MONUMENTNATIONAL GESÙ - Centre de créativité SPECTRUM SALLE WILFRID-PELLETIER CLUB JAZZ Banque TD Canada Trust SCÈNE Labatt Bleue SCÈNE CARREFOUR Loto-Québec General Motors SCÈNE General Motors SCÈNE Bell LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ SCÈNE Bleue légère TERRASSE Grand Marnier HÔTEL Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry boulevard de Maisonneuve avenue Président-Kennedy Scène extérieure Salle de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival NOTRE VIRÉE HASSAN HAKMOUN Marocain installé aux États-Unis depuis de nombreuses années, Hassan Hakmoun s'est imposé au fil des ans parmi les plus intéressants rénovateurs de la musique gnawa.Partant d'une musique de transe associée à des cérémonies de guérison, il a bâti un univers hypnotique où les mélodies enlevantes et les choeurs incantatoires se soudent à un groove naturel hérité d'une tradition millénaire.Une fabuleuse combinaison de tradition et de modernité.> Scène Bleue Légère à 19h30 SONNY LANDRETH Grand ami de Zachary Richard, avec qui il a joué au Théâtre du Nouveau Monde de mardi à jeudi, le guitariste Sonny Landreth est un as de la slide guitar.On l'a déjà vu au Festival de jazz, mais c'est avec beaucoup de plaisir qu'on a appris qu'il se produirait de nouveau sur une scène extérieure.De la grande visite que les amateurs de blues des bayous et les maniaques de guitare ne devraient pas rater.> Scène Labatt Bleue à 21h BUSCEMI Avec son penchant pour le jazz, la house et les rythmes brisés, la formation Buscemi s'est taillé une place enviable dans l'univers élastique du triphop.Un premier concert a déjà eu lieu hier, les Belges remettent ça ce soir au même endroit.> Scène Bleue Légère à 22h \u2014Alexandre Vigneault VENDREDI 9 JUILLET Kiosque à musique du Festival MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL 12h Marcia Seebaran Place du complexe - Intérieur Gratuit 12h Aces of Dixieland Terrasse Grand Marnier Gratuit 13h Gadji-gadjo Terrasse Grand Marnier Gratuit 14h La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 15h Stage Band du cégep Marie-Victorin Scène General Motors Gratuit 15h30 La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 16h Cantabile Scène Bell Gratuit 17h Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band Scène du Festival Gratuit 17h30 La Parade du Festival avec Swing Tonique Départ scène Bell Gratuit 18h Effendi Jazz Lab Scène General Motors Gratuit 18h Guy Nadon et son Grand Orchestre Théâtre Maisonneuve - PDA Payant 18h Benoît Charest «Les Triplettes de Belleville» Spectrumde Montréal Payant 18h Charlie Haden Quartet West Monument-National Payant 18h Orchestre Sympathique Gesù - Centre de créativité Payant 18h Jesse Cook Métropolis Payant 18h15 Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band Scène du Festival Gratuit 18h30 Buster B.Jones & Brooksie Robinson Carrefour General Motors Gratuit 19h Bourbon Street Terrasse Grand Marnier Gratuit 19h Joel Miller Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 19h Bob Harrisson Blues Band Scène Labatt Bleue Gratuit 19h Croisière Jazz avec Pascale Lavoie&le Dixieband Bateau Cavalier Maxim Payant 19h Coral Egan Club Soda Payant 19h30 Hassan Hakmoun Scène Bleue Légère Gratuit 20h Sandy Evans Trio Scène du Festival Gratuit 20h Ivana Santilli Scène Bell Gratuit 20h Les Primitifs du Futur Scène Loto-Québec Gratuit 20h Taima Théâtre du Nouveau Monde Payant 20h30 Dianne Reeves Salle Wilfrid-Pelletier - PDA Payant 21h Bettye Lavette Scène General Motors Gratuit 21h Sonny Landreth Scène Labatt Bleue Gratuit 21h Souren Baronian's Taksim Carrefour General Motors Gratuit 21h Noma Salle Beverly Webster Rolph - MAC Payant 21h Jesse Cook Métropolis Payant 21h Ligue Nationale d'improvisation musicale Cabaret Music-hall Payant de Montréal / équipe des rouges vs équipe des jaunes 21h30 Patricia Barber Trio Spectrumde Montréal Payant 22h Ivana Santilli Scène Bell Gratuit 22h Buscemi Scène Bleue Légère Gratuit 22h Les Primitifs du Futur Scène Loto-Québec Gratuit 22h Sandy Evans Trio Scène du Festival Gratuit 22h Joel Miller Mandala Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 22h30 Jane Bunnett Duos avec Stanley Cowell Gesù - Centre de créativité Payant et David Virelles 23h Bob Harrisson Blues Band Scène Labatt Bleue Gratuit 23h Bettye Lavette Scène General Motors Gratuit 23h Jam sessions avec Thuryn Von Pranke, Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance Gratuit Frédéric Alarie&Wali Muhammad Minuit Trio Pulse Nu Jazz Sessions avec Dan Thouin, Savoy - Métropolis Gratuit Max Sansalone&Adrian Vedady Minuit Troublemakers / D.j.Ooel Club Soda Payant HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU VENDREDI 9 JUILLET Jam sessions: accès prioritaire, mais non exclusif, aux détenteurs de la carte des amis du Festival. JAZZ PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © L'embarras du choix : des amateurs s'interrogent sur leur programme de la journée au festival de jazz.Un petit jeudi mollo ALEXANDRE VIGNEAULT Déjà neuf jours de festival dans le corps.Plus que trois et ce 25e anniversaire sera chose du passé.Mais pas avant un dernier coup d'éclat.Les festivaliers les plus observateurs auront sans doute remarqué les modifications à différents points du site.Des techniciens plantent lentement (manière de parler, bien sûr) le décor du spectacle Soleil de minuit, consacré à la musique du Cirque du Soleil.Le bassin où des dizaines de personnes se rafraîchissent les jours de grande chaleur a été vidé.Le jeu de lumière y est en cours de transformation et une structure rappelant une guitare munie d'une passerelle y a été montée.Une autre passerelle a été aménagée sur le toit du Musée d'art contemporain, où se trouveront les quartiers du rêveur incarné par le comédien Paul Ahmarani.Quant à la scène principale, elle est désormais décorée d'une demi-couronne de rayons de soleil.Cette nouvelle décoration s'agençait fort bien avec l'univers réconfortant de Monica Freire, qui s'y produisait hier dans des conditions nettement plus favorables que sur l'esplanade de la Place des Arts il y a deux ans.Nul brouhaha venu d'une scène voisine n'empêchait de goûter sa voix délicieusement ronde et moelleuse.La chanteuse montréalaise d'origine brésilienne jouissait donc d'un espace privilégié pour donner un aperçu de son prochain qu'on attend depuis si longtemps.Ceux qui ont acheté le deuxième volume de la compilation Café Meliès ont déjà eu un avant-goût de la nouvelle personnalité musicale de Monica Freire, qui mêle aujourd'hui ses influences bahianaises à l'electronica.Elle n'emprunte pas la voie hard de la brazilectro, mais un chemin de traverse assez mollo.Elle étend sa voix sur des rythmes de samba ou de samba-reggae, enrobés avec goût et légèreté par des claviers ou des séquences électroniques jamais irritantes.Bref, c'est de toute beauté et on attend la suite avec beaucoup d'intérêt.Monica Freire n'était pas la seule artiste à bercer les festivaliers, hier soir.Une heure plus tôt, devant le Complexe Desjardins, Eleni Mandell a elle aussi fait la cour au public montréalais avec une genre de country jazzé tout sauf agressif.Au même moment, de l'autre côté de la Place des Arts, Les Primitifs du futur créaient une fissure temporelle et faisaient revivre une manière de swing des années 1930.Un peu de musette, une touche de guitare à la Django mollo et une discrète mélodie jouée à l'égoïne, voilà qui était suffisant pour inciter à la danse.Et malgré l'aspect nostalgique de ces musiques, ce ne sont pas les plus âgés qui profitaient de l'occasion.Dans l'entrée du stationnement sous le terrain de la Place des Arts, j'ai vu deux jeunes couples esquisser quelque pas d'une valse à « vingt ans» comme dirait Brel.Charmant.En début de soirée, le seul endroit où ç'aurait pu swinguer sérieusement, c'est au spectacle de Los Mocosos (qui signifie « les morveux », selon des amis latinophiles), un sextette latino originaire de la baie de San Francisco.Leur salsa n'était pas piquée des vers, mais après avoir vu Los de Abajo lundi, il en aurait fallu plus pour laisser une marque durable.Les gaillards ne déployaient pas une énergie du tonnerre.Sauf lorsqu'ils se sont lancés dans une chanson « skalsa », contraction de ska et salsa, qui a fait bonne impression sur une partie du public.Mais l'énergie a vite redescendu d'un cran et, lorsque j'ai mis le cap vers l'est, les musiciens s'étaient lancés dans un reggae.Ce n'était qu'un début.Peut-être que, plus tard, ils ont versé dans le punk explosif, comme l'indiquait le programme.Avant de finir, le rapport météo de la soirée : ciel nuageux, louche même, mais qui a fait preuve de retenue.C'est pas de la chance, ça ?PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Eleni Mandell devant le complexe Desjardins : rien pour effaroucher l'amateur de country jazzé.Les techniciens s'affairaient hier sur les lieux du Festival, bercé par des rythmes très relax.Réunion.sympathique! ALAIN BRUNET alain .brunet@lapress e .ca En 1976, l'Orchestre Sympathique, l'OS pour les intimes, était fondé par le flûtiste François Richard et le vibraphoniste Jean Vanasse.Le premier concert avait eu lieu au Conventum, fameux centre d'essai autogéré de la rue Sanguinet, remplacé depuis par un immeuble de l'UQAM.Dissout au milieu des années 80, l'ensemble reprend du service, 25e oblige.Les quadragénaires et plus s'en souviennent, l'Orchestre Sympathique avait fait boum sur la scène locale.C'était alors la première formation virtuose à présenter au public québécois une musique à la fois originale et très connectée au jazz de sa génération.« Il existait alors des groupes du genre, nuance François Richard, mais notre approche était unique.Notre projet, en fait, était de créer une musique originale qui témoignait de nos influences classiques, jazz ou funk.» « L'instrumentation était aussi distincte : flûte, vibraphone et section rythmique, c'était très rare à cette époque », ajoute Jean Vanasse.« Ça nous avait aussi permis de nous faire connaître, bien au-delà du jazz.Par exemple, j'avais créé une partie de la bande originale du film Les Bons Débarras de feu Francis Mankiewicz.Le succès qu'on a eu nous a aidés », estime François Richard.On se souviendra aussi des musiques de l'OS créées pour les Frères Brosse, pionniers de l'humour absurde dont l'album Un Opéra Cric Crac Croc a immortalisé le style.Rappelez-vous cette chanson de gars gelés au temps des Fêtes : Il neiiiige.il neiiiige deh rs.La musique était de l'OS.Cinq ans en Europe Si le tandem de compositeurs a toujours tenu les rennes de l'Orchestre Sympathique, plusieurs sections rythmiques s'y sont tour à tour succédées: Christopher Fleishner, Warren Stolow, Jacques Laurin, Mathieu Léger, Eduardo Pipman, Pierre «Bourbon» Gauthier, sans compter les sections françaises de la formation québécoise.Jean Vanasse et François Richard s'étaient effectivement expatriés dans l'Hexagone pour y résider cinq années, dès 1981.« Ce fut magnifique pour nous, se rappelle le vibraphoniste.Nous avons roulé notre bosse partout en Europe.Nous nous sommes frottés à d'incroyables musiciens, issus de tous les pays, de tous les horizons.Nous nous sommes produits dans beaucoup de festivals, nous avons assisté à des concerts extraordinaires.Très enrichissant.» L'expérience de l'OS, qui fut parmi les têtes d'affiche locales des premières présentations du Festival international de jazz de Montréal, a duré une décennie.Avant le règne d'Uzeb, l'OS donnait une moyenne de 150 concerts par an.Jean Vanasse parle d'une époque faste.et se souvient que la culture s'est ensuite mise à fréquenter assidûment le marché.« Maintenant, ç'en est devenu risible.Il n'y a plus de circuit de concerts », maugrée le cofondateur de l'Off Festival de jazz de Montréal.Pourtant.L'OS aurait pu tabler sur sa réputation et poursuivre contre vents et marées.Mais l'inspiration n'y était plus : « Nous étions à Paris, nous avions envie d'autre chose, d'autant plus que nous n'avions plus d'agent pour nous représenter.Nous étions prêts pour un changement », explique Vanasse.Les voies du vibraphoniste et du flûtiste (très bon pianiste au demeurant) se sont ainsi séparées jusqu'à tout récemment.De l'Off à l'OS Il y a quelques mois, Jean Vanasse a reçu un coup de fil du président du Festival international de jazz de Montréal.« Alain Simard m'a dit au téléphone qu'il avait pensé à l'Orchestre sympathique pour le 25e anniversaire.Je lui ai répondu que ça demandait réflexion, mais il me fallait d'abord consulter François.qui s'est finalement montré intéressé.De l'Off à l'OS, donc.Délicat, Jean Vanasse ?« Certains me diront que je joue sur les deux plans, mais je n'en ai rien à cirer, c'est la musique qui passe avant tout.Nous ne sommes pas en guerre avec le Festival, nous évoluons en parallèle.Un festival off n'est-il pas la conséquence normale d'un gros festival ?» demande le musicien.« Il faut rendre à César ce qui appartient à César, ajoute son collègue flûtiste.Lors des premières années du festival de Montréal, nous en avons vraiment profité.» Plus critique, le vibraphoniste nuance illico le propos de son collègue.« Mettons que nous nous sommes aidés mutuellement.S'il n'y avait pas eu de bons musiciens locaux qui faisaient de la musique originale, le festival ne serait pas devenu ce qu'il est devenu.C'était donnant donnant.Quant à la suite, c'est une autre histoire.» Qu'à cela ne tienne, l'OS est bel et bien remis sur les rails.« Nous avons beaucoup répété avec notre nouvelle rythmique, Tommy Babin à la basse et Michel Bernard à la batterie.On a repris le vieux matériel et nous avons ajouté quelques nouvelles pièces de chacun.Il faut faire une actualisation de chacun », indique Jean Vanasse.« C'est quand même drôle de se souvenir par coeur de ces thèmes lorsqu'on se met à les rejouer », glisse François Richard.Une génération plus tard, messieurs, regrettez-vous d'avoir suspendu les activités de l'OS ?« Uzeb s'est aussi arrêté.réplique François Richard.À bien y penser, ç'aurait peut-être été une bonne chose de continuer, mais, à l'époque, ces considérations n'étaient pas importantes.» Jean Vanasse tient d'ailleurs à préciser que cette relance ne repose sur aucune stratégie de carrière, encore moins sur une quelconque nostalgie du bon vieux temps.« On ne sait pas où cela va nous mener.Une chose est sûre, nous avons beaucoup de plaisir à jouer de nouveau ensemble, et nous ne sommes pas fermés à la demande.On verra bien.» .L'ORCHESTRE SYMPATHIQUE se produit aujourd'hui au Gesù, 18 h.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © L'Orchestre Sympathique reprend du service pour son 25e anniversaire : François Richard, Tommy Babin, Jean Vanasse et Michel Bernard. JAZZ Milteau à l'apéro: parfait mais tôt « C'est l'heure de l'apéritif ; on va attendre un peu avant de se lancer dans le rock'n'roll.» Il était 18 h et Jean-Jacques Milteau arrivait sur la scène du Spectrum : un peu tôt en effet pour un show de blues.Mais Jean-Jacques Milteau, il le dit lui-même, n'est pas un bluesman.Il a lancé cette belle soirée avec Ode to Billy Joe (de Bobby Gentry), entouré de musiciens qui ne jouaient pas une note de trop : suave Manu Galvin à la guitare, un Benoît Sourrisse qui fait sautiller l'orgue Hammond B3.Batterie discrète de Charlier, un Américain (Rangell) tout en humour au sax et à la flûte.Un saut à Chicago, Turtle Walk jusqu'à Englewood (N.J.) où Milteau a enregistré son dernier (Blue 3rd).Puis Ti-Guy Bélanger est arrivé avec Claude Fradette et tout le monde a joué des extraits de Gaz Bar Blues.Tout ça en parfaite amitié de souffle et de coeur.Un petit shuffle à deux, puis G-L-OR- I-A pour finir.Le FIJM en doit une à JJM : à payer plus tôt que tard avec une case plus tard que tôt.Dan i e l Lemay 3241236A 199819e FIJM 1999 20e FIJM Textes et recherche : Daniel Lemay NOS ANNÉES JAZZ PRAISE THE LORD ! Bunny Wailer pose un lapin au FIJM et fait une entrée remarquée sur la blacklist d'André Ménard\u2026 Une «pluie» d'annulations fait baisser les ventes de bière\u2026 Le Grand Événement présente la flamboyante Queen Esther Marrow et les Harlem Gospel Singers : plus de 100 000 personnes\u2026 Radio-Jazz diffuse en collaboration avec CISM au 89,3 FM\u2026 Le prix Miles-Davis à John Scofield, l'Oscar-Peterson à Guy Nadon\u2026 Le John Stetch Trio remporte le Prix de jazz Du Maurier DANS LA PRESSE «Les solistes sont les de l'orchestre et moi, avec les arrangements, je les «habille» en fonction de leur personnalité et de leurs forces et faiblesses.Et quand un soliste quitte le band, je fais de nouveaux habits, sur mesure, pour son successeur.» \u2014Vic Vogel, pianiste, chef d'orchestre et chroniqueur invité de La Presse.Pour sa 25e apparition au FIJM, Vic joue avec son big band, demain à la Place des Nations (18h).À PART DE ÇA\u2026 Brrr : le verglas paralyse une partie du Québec.En stage : Monica Lewinsky fait des heures sup à la Maison-Blanche.Décédés : Frank Sinatra (82 ans), le jazzman français Errol Parker.Àl'écran : Titanic.Tounes : Le Temps des cathédrales (Bruno Pelletier; tirée de ND de Paris) et Je t'oublierai, je t'oublierai (Isabelle Boulay).frontmen LE JAZZA100 ANS En ouverture : Cassandra Wilson (prix Miles-Davis); en clôture : Hommage à Ella Fitzgerald avec Jeri Brown, Ranee Lee, Karen Young et le big band de Vic Vogel.Invitations de Joe Lovano et Oliver Jones.Aussi : Mc Laughlin, Veloso, Shepp, Parlan Dans la rue: Ray Gelato Giants, 8-Souvenirs, Oscar Lopez, The Dry Martinis.La parade de la Louisiane, une vraie.Les célébrations du 20e anniversaire se poursuivront au Palais des congrès le 31 décembre: Jazz Milleniumavec Dee Dee Bridgewater et le «concert d'adieu» d'Oliver Jones.DURE, DURE ANNÉE, DURE\u2026 Paco de Lucia et Harry Connick Jr.annulent\u2026 Une grève à la PDA oblige le Festival à déménager 17 spectacles et à réassigner quelque 30 000 sièges.Le tout sans anicroche majeure\u2026 Sous le leadership spectaculaire d'Émile Subirana, la Guilde des musiciens met le FIJM sur la liste de ses «interdits» : grosse chicane\u2026 Radio-Jazz a 10 ans\u2026 Diane Schuur devient la première récipiendaire du prix Ella-Fitzgerald; le trompettiste Maynard Ferguson reçoit le prix Oscar-Peterson\u2026 Le Chris Mitchell Quintet remporte le Prix de jazz Du Maurier\u2026 DANS LA PRESSE «Nous construisons un immense mur de son qui nous permet de projeter notre âme vers l'auditoire» \u2014Le DJ Carl Craig, fort en gueule, avant le Grand Événement qui n'en fut pas un.Le mur de son était là, l'auditoire aussi, mais l'âme s'était sauvée.MANCHETTES Gagnés : les droits égaux aux conjoints (québécois) de même sexe.Séparés : Mick Jagger et Jerry Hall Décédés : Gratien Gélinas (89 ans), Stanley Kubrick (70), J.-L.Millette (64).Célébré : le 30e anniversaire de Woodstock Après la pause : Calvaire (La Chicane) et Belle (Garou/Fiori/Lavoie).Cassandra Wilson En ouverture : Hommage à Gershwin avec le chanteur Michael Feinstein et Adam Makowicz; en clôture : le Montreal Jubilation Gospel Choir.Dans la série Invitation: John Scofield (bravo, Toots Thielemans!) et Richard Galliano.Aussi : David Sanchez, Ray Charles, Ahmad Jamal, John Zorn, Herbalizer, Compay Segundo, Bran Van 3000, Diana Krall dans «le concert de la consécration», Joe Lovano.Nuit africaine avec Keita, Papa Wemba.Dans la rue : Liquid Soul, Susie Arioli, l'Orchestre national de Barbès, Bernard Allison, Novamenco.KRALL : LA «CONSÉCRATION» John Scofield PHOTO AP PHOTO ÉRIC ST-PIERRE, LA PRESSE © JAZZ Le contrebassiste Skip Bey s'est éteint ALEXANDRE VIGNEAULT Un peu plus d'un an après Charles Biddle, voici qu'un autre pilier de la scène jazz montréalaise disparaît.Le contrebassiste Kaspar « Skip» Bey est mort dans la nuit de mercredi à hier des suites d'une longue maladie à l'âge de 67 ans.Sa dernière présence sur scène remonte au 27 juin, lorsqu'il se produisait dans le cadre de l'Off Festival de jazz de Montréal, en compagnie de son grand ami, le pianiste Tim Jackson.« Oliver Jones n'arrêtait pas de me dire qu'on était le meilleur duo en ville, se rappelle Tim Jackson, visiblement sous le choc, à l'autre bout du fil.On avait la même façon d'approcher les morceaux, on s'entendait toujours sur le genre d'harmonie qu'on voulait créer.On avait l'habitude d'accompagner des chanteurs et je pense qu'on formait une solide équipe derrière eux.» Originaire de l'Ohio, Skip Bey est arrivé au Québec à l'orée des années 80, en provenance de Burlington.« On a commencé à jouer sept ou huit mois après son arrivée, se rappelle Tim Jackson.On a jammé ensemble et on a vu que ça marchait bien.On n'a jamais répété.» Leur collaboration aura duré 23 ans.Oliver Jones, avec qui Skip Bey a enregistré son unique disque au Québec, a fait la rencontre du contrebassiste américain à la même époque.Charles Biddle le lui avait présenté et l'avait proposé comme remplaçant lorsqu'il prenait congé.« Il a été très courageux.Chaque fois que les docteurs voulaient qu'il reste à l'hôpital, lui, avait autre chose en tête : il voulait jouer, assure Oliver Jones.À la minute qu'il commençait à jouer, on voyait le changement dans son visage.Ça le rendait heureux.» Les deux pianistes soulignent par ailleurs que Skip Bey était très apprécié de plusieurs jeunes contrebassistes québécois, qu'il encourageait beaucoup.« Quand je suis arrivé à Montréal, il y a environ huit ans, on me l'a présenté et il est tout de suite devenu mon mentor, confirme Alex Bellegarde, très ébranlé par le décès de son ami.Il m'a appris à jouer avec mon coeur, pas avec ma tête.Il m'a mis sur le bon chemin.» Skip Bey était atteint d'un cancer depuis plusieurs années, mais il n'a jamais voulu cesser ses activités musicales.«Je veux jouer jusqu'à la fin », avait-il dit à Simon Fauteux, agent de promotion chez Fusion 3.En montant sur scène une dizaine de jours avant sa mort, avec Tim Jackson, on peut dire que son voeu a été exaucé.Soulignons par ailleurs que l'album Then & Now (Justin Time, 2002), enregistré en duo avec Oliver Jones, a remporté l'automne dernier le Félix de l'album jazz de l'année.Une soirée en l'honneur du musicien disparu sera présentée au Lion d'or prochainement.Les détails seront annoncés ultérieurement.PHOTO FOURNIE PAR : MICHEL PINEAULT Skip Bey voulait jouer jusqu'à la fin.Sa dernière présence sur scène remonte au 27 juin, dans le cadre de l'Off Festival de jazz de Montréal.L'Off renouvelé gagne son pari PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE La cinquième année de l'Off Festival de jazz, qui s'est terminée dimanche, s'est avérée des plus encourageantes pour l'équipe de bénévoles qui a mis sur pied cette célébration annuelle du jazz québécois.Les modifications apportées à l'événement ont permis à l'Off d'accueillir un nombre record de spectateurs : tout près de 5000 entrées payantes pour 32 concerts, un peu plus de mélomanes que l'an dernier, pour lequel on affichait 50 spectacles ! Il y a plus : le dialogue entre le Festival de jazz et l'Off, qui avait repris dès la deuxième année, suppose même une collaboration dans l'avenir.Pour les musiciens qui ont fondé l'Off en réaction aux politiques de programmation du grand Festival, c'est un changement qui équivaut à enterrer la hache de guerre et par lequel on peut déduire que l'organisation du Festival de jazz n'a pas fait la sourde oreille aux revendications de l'Off.Rappelons qu'en 2000, des musiciens de la scène jazz québécoise organisaient le premier Off en réponse au manque de visibilité des jazzmen d'ici dans la programmation du Festival de jazz.« Surtout dans la programmation en salle », précise le pianiste François Marcaurelle, l'un des instigateurs de l'Off.« C'est vrai qu'au début, notre geste était réactionnaire, convientil.Bien sûr, en dépit de l'ouverture du Festival aux autres musiques comme le world, il y avait quand même de la place pour des concerts de jazz québécois à l'extérieur.Mais pour les fans, ceux qui suivent la scène jazz d'ici de près, il était de moins en moins possible d'entendre nos artistes se produire dans les meilleures conditions qu'offrent les salles de spectacle.» Marcaurelle semble aujourd'hui satisfait de la place accordée au jazz québécois dans la programmation intérieure du Festival de jazz.La série Jazz d'ici en est un beau reflet : présentée tous les jours à 18 h au Gesù, la série propose les spectacles de Jean-Pierre Zanella, du trio de Jean Beaudet, du Large Ensemble de Dan Thouin (qui a aussi élu résidence au Savoy tous les soirs), Michel Donato, le quartette de François Bourassa.« Plusieurs de ces musiciens devaient courir du Festival de jazz à l'Off \u2014 et vice versa \u2014pour présenter leurs concerts ! » Le musicien et porte-parole constate de plus que le choix qu'a fait son équipe de présenter moins de concerts a rapporté.Moins éparpillé, l'Off a resserré sa programmation, notamment afin de se garder des munitions pour des séries de concerts « hors-saison » que les organisateurs espèrent pouvoir présenter en septembre ou en février, révèle François Marcaurelle.Autre facteur déterminant du succès de cette cinquième mouture : la décision de changer les dates de l'Off qui, cette année, a commencé quelques jours avant le Festival de jazz (le 25 juin) pour se terminer le 4 juillet.« Ça faisait un bout de temps que cette idée circulait dans les coulisses de l'Off.Tenir notre événement un peu avant le Festival permettait aussi aux médias d'assister à un plus grand nombre de nos concerts.C'est important pour une petite organisation comme la nôtre qui n'a pas les moyens de se payer beaucoup de publicité.» Ainsi, Marcaurelle voit en l'Off une extension de la belle saison jazz, une façon de commencer le party avant le Festival.Et peut-être aussi une manière de consolider les liens rétablis depuis quelques années avec le gros Festival : « Dès notre deuxième année, le dialogue avait commencé à reprendre, affirme Marcaurelle.Ils comprenaient notre point de vue et désiraient collaborer avec nous.Mais nous sentions qu'il fallait développer notre autonomie avant d'agir.» Aujourd'hui, l'Off est un acteur sur qui il faut compter.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H30 r SUCRÉ SALÉ Invité : Michel Barrette.19H00 HI ARTISANS DE NOTRE HISTOIRE : VIC VOGEL Il est l'un des acteurs privilégiés de la scène jazz à Montréal depuis un demisiècle et le seul musicien à n'avoir manqué aucun festival depuis le lancement de l'événement en 1980! Pour tout savoir sur Vic Vogel et en apprendre beaucoup sur les nuits folles du Montréal des années 50.20H00 A À LA DI STASIO Dans les coulisses du fameux bistro L'Expressà Montréal, le chef Chapoulie dévoile quelques-unes de ses meilleures recettes.21H00 a CAMÉRA TÉMOIN : S'ENVOYER EN L'AIR Des mordus du sexe nous font découvrir leur univers et nous disent pourquoi ils ont tellement besoin de s'envoyer en l'air.21H30 TV5 DANIEL LAVOIE, JOURS DE PLAINES Un hommage à Daniel Lavoie en direct des plaines d'Abrahamà l'occasion du Festival d'été de Québec.Les plus belles pièces de l'auteurcompositeur- interprète sont chantées par Marie-Jo Thério, Luce Dufault, Luck Mervil, Boom Desjardins, Bruno Pelletier et Yann Perreau.22H00 a LE TÉLÉJOURNAL / LE POINT Une rencontre avec le skipper George Leblanc, qui se prépare à participer à la Transat Québec-Saint-Malo ce week-end.Aujourd'hui (17:30) Catherine Une émission couleur de Radio-Canada Tag Caméra Témoin / S'envoyer en l'air Le Téléjournal/Le Point Bunker, le cirque Le TVA 18 heures Sucré-salé / Michel Barrette Ma sorcière bien-aimée Les Arpents verts LE DIAMANT DU NIL (4) avec Kathleen Turner, Michael Douglas Le TVA Juste pour rire en direct Sucré-salé / Michel Barrette Hollywood.(23:33) Xcalibur Ace London Les Grands Documentaires / De Gaulle/Churchill À la di Stasio / Le Restaurant L'Express CAPITAINE CONAN (3) avec Philippe Torreton, Samuel Le Bihan À VENDRE (23:14) Le Grand Journal (17:00) La Porte des étoiles LÉGENDES URBAINES: LA SUITE (6) avec Jennifer Morrison, Matthew Davis Le Grand Journal Swing avec le Tigre Lady Chatterley News Access H.e Talk Daily Joan of Arcadia Degrassi:The Next Generation Law& Order CTV News News eTalk Daily Jeopardy Canada Now .Trail Coronation.Air Farce This Hour.Just for Laughs The National The National BIRD (3) Simpsons ABC News Will & Grace George Lopez Married.Hope & Faith .Bonnie 20/20 Frasier Night.(23:35) News Evening.E.T.Joan of Arcadia JAG 48 Hours Investigates News Late.(23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.U.S.Olympic Trials / Natation Dateline NBC / Las Vegas.Las Vegas Tonight (23:35) The Newshour BBC News Vermont.Nowwith Bill Moyers Washington Wall Street Vermont's Film Showcase / Legal Person BBC News Nightly Bus.The Newshour Roadside.Behind.Good Time.High Stakes Nowwith Bill Moyers BBC News Charlie Rose City Confidential / Cherry Hill American Justice Biography / Aileen Wuornos Biography / Richard Speck Biography / The Green Speck American Justice Prise de vues Moi & l'autre Les Feux./ John Malkovich Silence, on court! VAN GOGH (3) avec Jacques Dutronc, Alexandra London Videos Sir Arthur Conan Doyle's.Scanning.Banff.RASPUTIN (4) avec Alan Rickman, Greta Scacchi Law& Order La Terre en péril Biographies / Frank Serpico Génies du crime Les Nouveaux Détectives Dossiers FBI Sexstar Un nouveau souffle Les Conférences de la Chaire publique de l'AELIÉS .d'histoire In Focus .entreprises touristiques Les Conférences de.Exhibit A Time and.Discovering Super Ships / High Seas Muscle Frontiers of Construction Myth Busters / Barrel of Bricks Mind of a Murderer Odysseus .à l'art Évasion.la France Tour de France / Bonneval - Angers Évasion.Destination Monde Amanda Show .Stevens Teen Angel CLIFFORD (5) avec Martin Short, Charles Grodin TOP GUN (5) avec Tom Cruise, Kelly Mc Gillis BREAKING IN (4) avec Burt Reynolds (22:33) Seinfeld That '70s Show Seinfeld Bernie Mac The Jury What I Like Grounded.Reba Global News National Train 48 E.T.The Simpsons Bob & Margaret Blue Murder 20/20 Global News Sports Histoires de trains Artisans./ Vic Vogel Sous-marins / I-52 L'Enfer du devoir L'HONNEUR D'UN CAPITAINE (4) avec Nicole Garcia The Fifties JAG Disaster of the Century History Mini-Series Manhunt JAG Zoo Diaries Dogs, Jobs Who's on.Love 911 Extra Matchmaker America's Next Top Model Say yes.Sex Toys &.Kink Matchmaker Qu'est-ce qui fait courir.Le Top 20 Musi Max Musicographie / Robert Charlebois Nostalgia Max Baladeur Cocktail.Musicographie / Robert Charlebois Top5M+.Top5M+.Box Office Made in.Décompte Musique Plus Bécosse.Banzai .Filles! 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