La presse, 1 août 2004, P. Plus - Actuel: Santé
[" PHOTOTIM BOYLE/GETTY IMAGES, AFP© Une associée de la multinationale Wal-Mart se dirige vers son travail.La plus grande entreprise privée du pays \u2014 avec 1,5 million d'employés \u2014 a remplacé Enron à titre de « punching bag officiel ».WAL-MART, LA NOUVELLE BÊTE NOIRE DES AMÉRICAINS La semaine dernière, La Presse annonçait que Wal-Mart s'apprête à s'implanter dans les petites villes québécoises, à commencer par Lac-Mégantic, en Estrie.Les commerçants sont inquiets mais ils savent que si le géant ne met pas le pied dans la ville, il ira juste un peu plus loin.Aux États-Unis, l'oppositionà Wal-Mart prend de l'ampleur.Notre journaliste est allé constater la situation à Chicago.ALEXANDRE SIROIS CHICAGO «Ne tirez pas, je veux grandir », implore un jeune Noir dont les traits n'expriment plus la naïveté de l'enfance.Deux exemplaires de l'affiche sur laquelle figure cette requête sont posés bien en évidence sur les murs du bureau du conseiller municipal de Chicago, Howard Brookins Jr.Elles en disent long sur ses préoccupations.L'arrondissement de ce politicien afro-américain est situé dans le sud de Chicago, l'une des parties les plus défavorisées de la ville.Sur son territoire, où habitent en majorité des Noirs, on trouve des poches de criminalité et un taux de chômage très élevé.M.Brookins, un homme costaud tiré à quatre épingles, a récemment cru que la chance avait tourné.Wal-Mart a manifesté le désir d'ouvrir une succursale dans son arrondissement, sur l'emplacement d'une aciérie abandonnée.Selon le plan projeté, de huit à 10 autres magasins s'y grefferaient et 700 emplois seraient créés.« Ça remonterait le moral de la communauté en entier.Pas seulement en raison des emplois, mais aussi parce que cela donnerait une impression de progrès au contraire d'une impression de dépérissement de la zone urbaine », affirme le conseiller.Rencontré récemment, M.Brookins avait lui-même l'air dépité.L'implantation du Wal-Mart sur son territoire est en effet sérieusement compromise.À la fin du mois de mai, le conseil municipal de Chicago a refusé de donner le feu vert au changement de zonage nécessaire pour la construction du centre commercial.M.Brookins espère que la proposition sera à nouveau mise aux voix et que les conseillers changeront d'avis.Mais rien n'est moins sûr.Comme de plus en plus d'Américains, plusieurs élus de Chicago sont préoccupés et troublés par Wal-Mart.La plus grande entreprise privée du pays \u2014 avec 1,5 million d'employés \u2014 a remplacé Enron à titre de « punching bag officiel », clame-ton ces jours-ci aux États-Unis.La gifle flanquée à Wal-Mart par la troisième ville la plus importante du pays n'est d'ailleurs pas un cas isolé.En avril, les citoyens d'Inglewood, en Californie, ont voté contre l'ouverture projetée d'une succursale du géant du commerce.Plusieurs autres localités ont aussi dit non à la compagnie au cours des derniers mois.Même le très sérieux New York Times a exprimé, dans un éditorial, ses inquiétudes face à la « walmartisation » de la société américaine.L'entreprise, fondée en Arkansas en 1962, enregistre des ventes de près de 260 milliards de dollars US par année, ce qui en fait le plus important détaillant au monde.Pourtant, nombreux sont ceux qui estiment qu'elle engendre la précarité tant aux États-Unis que dans les pays en développement, où sont conçus les produits qui se retrouvent sur ses tablettes.Les Américains ont découvert d'autres raisons de se méfier de Wal-Mart au cours de la dernière année.L'autorisation d'un recours collectif pour discrimination sexuelle contre l'entreprise au nom de 1,6 million d'employées, par exemple.Ou la mise au jour d'une vérification interne recensant des dizaines de milliers d'infractions au code du travail par la compagnie.Ou encore la découverte que certains de ses sous-traitants engageaient des immigrants illégaux.Le syndicat les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) a été parmi les chefs de file de l'important mouvement de protestation contre l'établissement de Wal-Mart à Chicago.S'il a freiné le projet dans le sud de la ville, la compagnie a néanmoins pu aller de l'avant avec un second plan pour la métropole : l'ouverture d'un magasin dans la partie ouest de la zone urbaine.Principal artisan de la lutte contre Wal-Mart chez les TUAC en Illinois, Tim Drea a de nombreux reproches à faire à l'entreprise.Il l'accuse par-dessus tout de ne pas être assez généreuse envers ses employés, notamment aux plans des salaires et de la couverture en matière de santé.Petit et impulsif, doté d'une voix rauque et d'un franc-parler, ce syndicaliste aux cheveux poivre et sel affirme que Wal-Mart est en train de provoquer un « nivellement par le bas» dans le secteur du commerce.Sa femme, Elizabeth, qui travaille au même syndicat, partage ses convictions.« D'autres employeurs commencent à imiter Wal-Mart.Ils se disent : si Wal-Mart peut le faire, pourquoi pas moi ?» précise cette dame au visage d'étudiante, sur un ton plus doux.« Maintenant, chaque fois que nous nous assoyons à une table de négociation avec des employeurs, ils veulent réduire les avantages sociaux, indique M.Drea.Actuellement, tout ce que nous tentons de faire, c'est de maintenir des soins de santé adéquats, des salaires adéquats et des caisses de retraite adéquates pour les familles des travailleurs.Des menaces Les employés syndiqués du secteur de l'alimentation sont parmi ceux qui se sentent le plus menacés par Wal-Mart aux États-Unis.Le géant du détail n'hésite maintenant plus à intégrer des épiceries dans certains de ses magasins.>Voir Wal-Mart en 2 Les Américains ont découvert d'autres raisons de seméfier de Wal-Mart aucours de ladernière année.À TIRE D'AILE TOUS CONTRE UN PAGE 8 Wal-Mart, la nouvelle bête noire des Américains RÉCIT D'UNE EXPULSION WAL-MART suite de la page 1 Pour faire concurrence à ce nouveau venu, les épiceries traditionnelles cherchent à réduire leurs coûts en obtenant des concessions de la part de leurs employés.Le personnel démocrate de la commission de la Chambre des représentants sur l'éducation et la maind'oeuvre s'est penché sur ce problème et a publié son rapport en février dernier.On y souligne que les employés des supermarchés américains gagnent en moyenne 2,13 $US de plus que les commis de Wal-Mart, dont le salaire annuel moyen était estimé, en 2001, à 13 861 $US.Le fait qu'il n'y ait aucun employé syndiqué chez Wal-Mart aux États-Unis favorise cet écart, précise le rapport.Les détracteurs de Wal-Mart soutiennent aussi que les salaires offerts par la compagnie mettent des bâtons dans les roues de ceux qui veulent se payer une assurance-santé.De fait, un peu moins de 50% des employés de l'entreprise s'offrent la couverture qu'elle rend disponible.Et aux États- Unis, où il n'y a pas de système de santé public universel, une assurance- santé peut parfois faire la différence entre la vie et la mort.Que «la plus importante compagnie au monde» ne veille pas à ce que tous ses employés soient couverts choque M.Drea.« Des entreprises plus petites le font.Pourquoi Wal-Mart ne le fait-elle pas ?lance-til.Je vais vous le dire : c'est par pure cupidité.» Lutte à Chicago L'un des conseillers municipaux de Chicago qui a lutté avec le plus de vigueur contre l'entrée de Wal-Mart dans sa ville, Joe Moore, tient un discours sensiblement similaire.Coloré et éloquent, ce politicien est au service des citoyens d'un arrondissement du nord de la ville depuis 13 ans.Il a pour une rare fois rompu la tradition selon laquelle les élus de la Ville ne mettent pas les pieds dans les platebandes de leurs collègues.M.Moore estimait qu'avec une première percée à Chicago, Wal-Mart pourrait plus facilement étendre son empire ailleurs dans la ville ultérieurement.Selon lui, l'arrivée d'une succursale dans son arrondissement aurait un « impact désastreux » sur sa communauté.« En soi, les bas prix ne sont pas une mauvaise chose.Il faut toutefois regarder au-delà du simple fait qu'on va payer un rouleau de papier hygiénique 20 cents de moins.Il faut se demander quel est le coût payé par la communauté », expliqueM.Moore.Qui plus est, le conseiller municipal se demande jusqu'à quel point la stratégie de la compagnie ne finit pas par desservir les consommateurs à la recherche des meilleurs prix.« Wal-Mart est devenu si gros qu'il s'est transformé en force anticoncurrence.Si l'on entre quelque part et force les autres à se retirer des affaires, alors on n'a plus de raison de garder ses prix aussi bas », dit-il.Au siège social de la compagnie, on estime que plusieurs des reproches faits à Chicago sont en fait de la désinformation.John Bisio, porte-parole de l'entreprise, affirme que le salaire horaire moyen des commis des succursales en banlieue de la métropole est de 10,77 $ US.« Nous avons été en mesure de déterminer que nos salaires sont non seulement comparables et concurrentiels avec les salaires d'employés syndiqués, mais avantageux par rapport à ceux de plusieurs de nos vis-à-vis où il n'y a pas de syndicats, comme Home Depot, Target et Kmart », indique M.Bisio.L'analyse, réalisée par « une tierce partie », demeure toutefois confidentielle.Toujours selon les données de l'entreprise, les habitants de Chicago dépensent environ un demi-milliard de dollars américains par année dans les Wal-Mart situés en banlieue.L'objectif derrière la percée souhaitée à Chicago serait donc simplement de «mieux prendre soin de ces consommateurs ».Wal-Mart n'est pas parfaite, reconnaît le porte-parole de la compagnie.Le fait qu'elle ait un grand nombre d'employés « ouvre la porte à beaucoup d'occasions, pour les gens, de ne pas toujours faire les bonnes choses ».En revanche, il estime que ces ratés sont loin de définir la compagnie et que ses détracteurs sont souvent de mauvaise foi.«À la source de beaucoup (de critiques), on trouve des groupes comme les TUAC, d'autres groupes de pression et des concurrents qui tentent de perpétuer ces mythes, cette désinformation, affirme M.Bisio.Ils voient Wal-Mart comme une compagnie en croissance qui a prouvé qu'elle est très efficiente et redoutable, et ils espèrent qu'ils pourront freiner cette croissance et ce succès avec cette désinformation.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Le 22 juillet, la famille Syed a puisée dans ses économies afin de payer les 120 $US nécessaires pour se rendre à New York.«Papa, est-ce qu'on peut Un reportage de Caroline Touzin Photos d'Ivanoh Demers Gulfraz et Nahida Syed ainsi que leur petite Anoosha, originaires de la région du Cachemire située du côté pakistanais, sont arrivés au Canada le 14 janvier 2002 et ont demandé le statut de réfugié.Le 22 juillet dernier, leurs espoirs ont été anéantis.Après avoir épuisé tous les recours disponibles, la famille Syed, à laquelle se sont ajoutées Zahra et Iman, toutes deux nées au Canada, a été expulsée vers les États-Unis.La Presse a suivi les Syed durant quatre jours, de Montréal à New York.Voici le deuxième et dernier volet de ce récit amorcé dans notre numéro d'hier.CAROLINE TOUZIN Anoosha et Zahra ne tiennent pas en place.Les deux petites font des allers- retours en courant près du comptoir d'accueil des bureaux des douanes américaines de Lacolle sous le regard réprobateur de plusieurs agents frontaliers.Elles ont besoin de se dégourdir les jambes après avoir passé de longues minutes assises sagement devant deux agents qui ont pris les passeports de toute la famille en plus de poser de nombreuses questions.Maman et papa ont dû expliquer la raison et la durée de leur dernier séjour aux États-Unis et surtout pourquoi ils reviennent au pays de l'Oncle Sam.Après avoir fourni la lettre écrite par la soeur de Nahida faisant la preuve qu'ils auront de l'aide une fois rendus aux États-Unis, les Syed sont retournés dans la salle d'attente.Il n'est pas encore 11 h, les agents leur promettent qu'ils auront des nouvelles vers 18 h.Ils ne peuvent ni faire d'appels téléphoniques, ni aller se chercher quelque chose à manger.L'entrée aux États-Unis leur sera-t-elle refusée ?Gulfraz sera-t-il emprisonné ?Les Syed craignent le pire.13 H 30, JEUDI 22 JUILLET Leur angoisse diminue deux heures et demie plus tard.Un agent vient leur porter une lettre les conviant à se présenter le 26 août prochain devant un juge d'immigration à San Francisco en Californie, lieu de résidence de la soeur de Nahida.Comme le stipule la lettre, s'ils ne se présentent pas à ce rendez-vous, ils seront expulsés en vertu de trois raisons : ils n'ont pas la citoyenneté américaine, ils sont citoyens pakistanais et ils sont restés aux États-Unis après la date d'échéance de leur visa de visiteurs le 29 mars 2002.« Ce n'est pas vrai.On est partis en janvier pour le Canada, mais on n'a pas déclaré notre sortie », répond Nahida.Elle le fera valoir le 26 août.Pour l'instant, l'objectif est de se rendre à New York, car aller jusqu'en Californie coûte trop cher.Aussi, il est plus facile de travailler à New York sans permis de travail qu'à San Francisco.Durant les 150 premiers jours aux États-Unis, les gens en attente du statut de réfugié ne peuvent obtenir ce permis.La famille puise donc dans ses économies afin de payer les 120 $ US nécessaires pour prendre le bus en direction de la Grosse Pomme.Le départ est prévu à 17 h 30.1 H 30, VENDREDI 23 JUILLET Après un long voyage avec un seul arrêt à Saratoga Springs pour changer les couches d'Iman et de Zahra et nourrir les trois petites, la famille Syed débarque en pleine nuit au centre-ville de Manhattan, au coin de Broadway et de la 42e avenue.Nahida et Gulfraz sont terrifiés.Ils en sont à leur première visite à New York, trois enfants endormis dans les bras et leurs cinq valises sur le trottoir.« Les gens nous regardent comme si on venait d'une autre planète », lance Gulfraz.Heureusement, après avoir contacté l'homme chez qui ils vont passer la nuit, un chauffeur de taxi d'origine cachemire les embarque gratuitement.Un geste d'humanité dont ils avaient bien besoin.Une heure plus tard, la famille pénètre dans un minuscule appartement du quartier Queens, dans l'est de New York, près de l'aéroport John F.Kennedy.Nahida et Gulfraz n'arrivent pas à dormir.Une odeur d'urine règne dans le 3 1/2.7 H, VENDREDI 23 JUILLET Tôt le matin, Gulfraz appelle sa mère au Pakistan pour la rassurer.« Elle a pleuré au téléphone.Elle prie Allah pour nous », dit-il en raccrochant.L'homme habituellement calme s'emporte : « Ce n'est pas une place pour élever des enfants ici.On a de la difficulté à respirer ».La famille qui les héberge est en vacances au Cachemire.Le père de famille, qui lui est resté à New York, a été contacté par le mari de la soeur de Nahida, il y a quelques jours.Il a accepté de les aider temporairement.Ce matin, il est au travail.« Comment Paul Martin réagirait si c'était ses enfants qui vivaient ici ?» lance Nahida en larmes.Les bagages de la famille ne sont pas défaits.Elle veut trouver autre chose le plus vite possible.La petite Anoosha, elle, parle comme si elle était encore au Canada.« Papa, est-ce qu'on peut aller au Festival de jazz ?» demande- t-elle en pahari (un des dialectes montagnards de la région du piémont de l'Himalaya).Gulfraz tente de lui expliquer qu'elle est maintenant loin de Montréal, mais le coeur n'y est pas.13 H, VENDREDI 23 JUILLET En après-midi, la famille Khan prend contact avec les Syed.Les appartements sont tellement dispendieux à New York qu'elle a eu l'idée de louer un logement avec eux.Pour l'instant, les Khan vivent dans un petit sous-sol mal éclairé du quartier Jackson Heights, surnommé «Little Pakistan » par plusieurs.Il est situé à deux pas des locaux de DRUM, un organisme d'aide aux nouveaux arrivants originaires d'Asie.DRUM les a pris en charge dès leur arrivée, leur fournissant nourriture, cellulaire et même un bénévole pour les accompagner dans leur recherche d'appartement.Les deux familles décident de se rencontrer le lendemain à l'organisme DRUM.Étape suivante : se trouver un endroit plus salubre pour passer la nuit.Leur cousin Arshid leur a fourni le numéro d'un ami originaire, lui aussi, du Cachemire et qui habite dans le quartier Yonkers avec sa femme et sa fille, à environ une heure de route de Queens.Cet ami, Mahmood Khan, est Canadien.Il a été transféré aux États-Unis dans le cadre de son travail de chauffeur pour l'ambassade coréenne.Mahmood est prêt à les accueillir à bras ouverts.19 H 30, VENDREDI 23 JUILLET À leur arrivée, la famille Syed voit des matelas et des couvertures empilés sur un sofa du salon.Nahida et Gulfraz sont soulagés.L'appartement est petit, mais accueillant.Même si le couple est gêné, il accepte l'offre de Mahmood d'y rester durant une semaine.Mahmood les met en garde contre New York.Le père de famille veut retourner au Canada dès que son contrat prendra fin aux États-Unis.« Ici, la vie est mauvaise.Les logements sont difficiles à trouver.Je reste dans l'immeuble le moins cher de Yonkers.C'est laid et je paie 800$ US par mois », raconte-t-il en montrant du doigt son petit 3 1/2.Gulfraz est découragé.Il ne prévoyait pas dépenser plus de 700 $ US par mois pour un logement.Il regrette son 4 1/2 à 600 $ par mois dans l'arrondissement de Lachine.Mahmood l'écoute attentivement lui confier ses problèmes.« Sans permis de travail, je vais être obligé de travailler dans une épicerie, une station d'essence ou comme chauffeur de taxi.Nous devons tout recommencer depuis le début.En plus, avec des enfants, on ne sait jamais ce qui nous attend.Ici, on n'aura jamais d'assurance-maladie comme au Canada », déplore-t-il.En soirée, après avoir mis les enfants au lit, Nahida fait quelques appels pour rassurer ses amis à Montréal.Vers 22 h, le couple se couche à son tour, complètement exténué.10 H, LE SAMEDI 24 JUILLET À leur arrivée dans les locaux du DRUM le lendemain, la famille Syed est accueillie par les quatre enfants de la famille Khan.Leurs parents, Naeem Khan et Shamim Akhtar, sont partis à la recherche d'un appartement.« Comment Paul Martin réagirait si c'était ses enfants qui vivaient ici ?» lance Nahida en larmes.Les bagages de la famille ne sont pas défaits.Elle veut trouver autre chose le plus vite possible. RÉCIT D'UNE EXPULSION PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © La famille Syed a été accueillie par une famille pakistanaise qui habite le quartier Yonkers.Un geste d'entraide bienvenu.aller au Festival de jazz?» Demande à contrecoeur La famille Syed n'a jamais voulu demander le statut de réfugié aux États-Unis.Et pour cause, le filet social y est bien plus mince pour les gens en attente d'un statut qu'au Canada.« En général, c'est beaucoup plus difficile d'obtenir le statut de réfugié aux États- Unis », explique Janet Dench, directrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés.Son organisme travaille avec des organismes américains, entre autres pour aider les gens qui se font expulser du Canada à faire une autre demande, cette fois-ci aux États-Unis.Au pays de l'Oncle Sam, contrairement au Canada, les Syed ne pourront avoir accès à un service d'aide juridique.En cas d'urgence, ils ne bénéficient d'aucune couverture médicale.S'ils veulent obtenir un permis de travail, ils peuvent en faire la demande seulement 150 jours après avoir revendiqué le statut de réfugié en sol américain.Il n'est pas automatiquement attribué.Au Canada, ils le reçoivent entre un mois et demi et deux mois après leur arrivée.« Il faut être indépendant de fortune pour demander le statut de réfugié aux États- Unis, sinon ce n'est pas évident de pouvoir survivre », conclut Mme Dench.Les Syed pourraient toutefois suivre l'exemple de la famille Borja, une famille colombienne expulsée du Canada vers les États-Unis il y a plus d'un an et qui a reçu la permission cette semaine de revenir au pays.Les Borja, une fois aux États-Unis, ont envoyé une demande d'immigration à l'ambassade canadienne à Bogota.Ils pourront ainsi revenir au Canada en tant que résidents permanents dès la semaine prochaine, lorsque les autorités américaines auront donné leur accord pour leur retour.« S'ils (les Syed) veulent revenir au Canada, ils doivent avoir un visa d'immigrant et une autorisation spéciale de la ministre (de l'Immigration) pour faire en sorte que l'interdiction à vie d'entrer en territoire canadien soit levée », explique Robert Gervais, porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada.En effet, une mesure d'expulsion s'accompagne toujours d'une interdiction de revenir en sol canadien, et ce, pour la vie.Les murs de l'organisme sont tapissés d'affiches militantes du genre « War targets poor people of color (la guerre vise les gens de couleur pauvres) ».Shan Khan, 13 ans, assis sur un sofa, flatte un chaton né il y a quelques jours à peine.Il l'a trouvé enfermé dans un sac de plastique, dans une poubelle près de chez lui.« Le Canada nous a expulsés comme des animaux, dit-il tristement.Peut-être que, parce que j'ai sauvé un animal, quelqu'un va nous sauver maintenant.» Sa grande soeur Sadaf, 17 ans, perd espoir.« On est nés réfugiés, on vit comme des réfugiés et on va mourir comme des réfugiés.On n'aura jamais nos papiers », déplore- t-elle.L'adolescente a recommencé à cracher du sang cette semaine.Elle avait été hospitalisée à Montréal le 28 juin pour le même problème.Sa famille devait être expulsée le lendemain, ordre qui a été repoussé au 13 juillet à cause de son état de santé.11 H 30, LE SAMEDI 24 JUILLET Quand Naeem et Shamim entrent dans les locaux de DRUM vers 11 h 30, Nahida les serre très fort contre elle.Elle trouve pour la première fois à New York des gens qui comprennent exactement ce qu'elle vit.Les Khan, eux aussi, n'ont pas beaucoup d'argent.À peine de quoi payer deux mois de loyer.Leur audience pour demander le statut de réfugié est fixée au 9 septembre, à New York.En attendant, tout le monde se cherche du travail.« En gagnant 3 $ US ou 4 $ US sans permis de travail, les filles ne pourront pas continuer à étudier.Elles devront travailler aussi », dit leur mère, Shamim.MIDI, LE SAMEDI 24 JUILLET À l'heure du dîner, les deux familles partagent des samosas, du thé pakistanais et.leur désespoir.« Tous les Canadiens qu'on a rencontrés ont bon coeur.Pourquoi les gens de l'immigration et les politiciens sont si différents ?Ils nous ont jetés, nous et nos enfants », affirme Shamim.Nahida fait un signe approbateur.Après le repas, Sadaf et Sadia, les deux filles aînées des enfants Khan, participent à une manifestation organisée par le DRUM contre la discrimination que vivent les enfants de couleur dans les écoles depuis les événements du 11 septembre 2001.Entre-temps, les autres membres des deux familles vont visiter un appartement à 400 $ US qu'ils pourraient louer ensemble.Déception.Arrivés sur place, ils découvrent un petit sous-sol avec une seule chambre à coucher.En début d'après-midi, les Syed sont exténués.Et puis les petits doivent faire une sièste.Ils décident de retourner dans le Yonkers.Les deux familles se quittent en se promettant une chose, ils mettront tous leurs efforts pour éviter ce qui les hante jour et nuit : le retour au Pakistan.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © La famille Syed dans un centre d'aide pour les réfugiés dans le quartier Jackson Heights, dans la ville de New York. PLUS LA PRESSE D'AILLEURS THE SUNDAY TIMES Extension Tout gorgé de pétrole que soit son sous-sol, la Russie n'en conserve pas moins un attachement pour son nucléaire.Avec une variante : Moscou compte construire deux centrales nucléaires flottantes, de près de 300 millions de dollars US chacune, pour servir des collectivités isolées dans le grand nord (mer de Barents) et dans la région orientale de Kamcharka.Les spécialistes de la sécurité nationale préviennent déjà que de pareilles centrales constituent des objectifs de choix pour des terroristes, mais le gouvernement est d'autant plus désireux d'aller de l'avant qu'une clientèle étrangère manifeste de l'intérêt pour le projet : la Chine, l'Inde et l'Indonésie.Ça fait d'ailleurs plus de 10 ans que les Russes rêvent de centrales nucléaires flottantes : les deux centrales projetées fonctionneront sur assez d'uranium enrichi pour fabriquer 10 petites bombes nucléaires, selon le mouvement écolo Green Cross.La beauté de l'idée : déménager ces centrales ailleurs par halage si elles ne sont plus nécessaires.THE NEW YORK TIMES Rétorsion Autre idée géniale des Russes, mais déjà mieux connue celle-là : les Kalashnikov, ces fusils connus aussi sous le nom de AK-47 qui font un malheur un peu partout où l'humanité militariste se démène.Et les Kalashnikov sont l'occasion pour les Russes de prendre leur revanche sur les Américains, pas par les voies militaires, mais par la guerre commerciale.Montrés du doigt par les États-Unis comme trafiquants de propriété intellectuelle (films, disques, logiciels, etc.), les Russes répliquent en accusant les Américains de trafiquer leur Kalashnikov, le fusil d'assaut le plus efficace jamais inventé.L'inventeur du AK-47 lui-même, Mikhail T.Kalashnikov, se plaint de ce que les Américains équipent des troupes ici et là dans le monde de « Kalashnikov venant d'ailleurs », non fabriqués en Russie.C'est vrai des forces de sécurité nationales à Kaboul et à Bagdad.Les Russes éprouveraient à l'égard du Kalashnikov le type de fierté industrielle nationale que les Américains vouent à Ford.THE WALL STREET JOURNAL Prévision Les économistes, comme on le sait, n'ont pas nécessairement bonne presse à Wall Street.Et pourtant, ils prétendent souvent gérer avec efficience les balises de l'évolution de la performance.Au point que deux d'entre eux, Andrew Bernard, de Dartmouth College, et Meghan Busse, de l'Université de la Californie à Berkeley, prétendent pouvoir, à partir de la science économique, établir combien de médailles obtiendront 34 pays participant aux Jeux olympiques à Athènes, sans ne rien savoir sur les athlètes en cause.Leur modèle informatique tient compte de la taille de la population, du produit intérieur brut (PIB) par tête, des performances nationales antérieures, etc.Aux jeux de 2000 à Sydney, ils sont tombés pile sur le nombre de médailles qu'obtiendrait la Corée du Sud et ont erré de quatre médailles en moyenne pour l'ensemble des pays compris dans leurs prédictions.Cette année, ils prédisent que les États-Unis obtiendront 93 médailles, que la Russie se classera deuxième avec 83 et l'Allemagne quatrième avec 55.C'est bon pour les Américains, mais pas à tous les rayons: à Barcelone, les Américains ont récolté 13,2% des médailles, 10,4 % à Sydney et devront se contenter de 10,1 % à Athènes, selon nos devins.C'est qu'une vraie analyse économique ne peut pas ne pas tenir compte de la mondialisation et de l'expansion des plus faibles.THE OBSERVER Diversion Arrive, salle Wildrid-Pelletier, ce moment sublime du cinquième concerto de Beethoven où le pianiste vous tient aux tripes ; arrive au cinéma cette scène émouvante des retrouvailles des amoureux.Et vlan ! Le cellulaire du voisin vous sort ses jingles issus de l'enfer.La scène est rapidement devenue un classique des affres de la contemporanéité.On a songé au pilori ou au supplice de la roue pour régler le problème, mais des scientifiques britanniques ont eu l'idée d'une solution plus contemporaine : isoler les murs de l'enceinte d'un papier peint capable d'intercepter les ondes et formant écran.Encore qu'il faille garder les portes fermées.PHOTO D'ARCHIVES AP Un peu tout le monde ordinaire commence à en avoir assez du carburant au pétrole qui pollue et qui coûte cher : un record de 43,80 $ US enregistré la semaine dernière, sous l'effet, dit-on, de la menace de fermeture temporaire de la production de Ioukos, la plus grande pétrolière russe.L'ex-patron de Ioukos, Mikhail Khodorkovsky, souriait il y a un an à sa sortie d'une rencontre avec des procureurs de l'État.Il est aujourd'hui en prison et fait face à de nombreuses accusations d'évasion fiscale et de fraude, ignominie qui rejaillit sur Ioukos.Pollution et prix élevés commencent à généraliser la suspicion envers le pétrole Déboussolés, les assoiffés regardent néanmoins la Russie avec convoitise RÉAL PELLETIER Au fur et à mesure que s'épaissit le dossier scientifique du réchauffement de la planète, l'esprit de Kyoto prend de la valeur à la Bourse du sens commun universel, même si de gros poids pendent à ses basques : les pétrolières, les constructeurs d'automobiles et la Maison- Blanche de Bush-Cheney.À travers les ouragans médiatiques qui dominent le paysage \u2014 l'Irak, le Darfour, le terrorisme, la campagne présidentielle américaine \u2014, l'évocation du remplacement du pétrole comme source dominante d'énergie dans le monde gagne des adeptes.Au point que les pétrolières elles-mêmes et les cerveaux du milieu boursier commencent à ressentir la pression.Mais quoi qu'il advienne à long terme d'un hypothétique recours à des énergies de remplacement propres et renouvelables, l'exploitation du pétrole demeure à court terme une obsession fondamentale pour les pays développés.La Russie, seule capable de faire contrepoids au Moyen-Orient en termes de réserves, s'offre volontiers comme sauveur de circonstance, mais la gestion qu'en fait Vladimir Poutine en fait tiquer plusieurs.Au point où la semaine dernière, le prix du baril de pétrole a atteint un record moderne (43,80 $US) face à l'éventualité d'une fermeture temporaire de la production de Ioukos, le principal producteur russe, traîné devant les tribunaux de Moscou pour malversations diverses.Le Wall Street Journal rappelle que Ioukos, avec son 1,7 million de barils par jour, assure déjà à lui seul 2% de la production mondiale de pétrole, à une époque où les réserves diminuent en mer du Nord et en Amérique du Nord.Émoi chez les nantis Le couple jugé maléfique des pétrolières- constructeurs d'automobiles et même la Maison-Blanche commencent à frétiller d'inconfort devant la pression environnementaliste.La semaine dernière, en pleine convention démocrate, la Maison- Blanche a annoncé que les États- Unis se joignent à sept autres pays pour améliorer la récupération du méthane émanant de sources industrielles et agricoles.Sont déjà sensibilisés à cet effort l'Australie, l'Inde, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni et l'Ukraine.Le Canada et la Russie pourraient se joindre au camp, précise le Wall Street Journal.Du côté des grandes pétrolières, une compagnie comme BP diffuse régulièrement sur CNN, depuis quelques semaines, une publicité où elle met en évidence son intérêt pour les ressources alternatives du pétrole, allant jusqu'à faire un jeu de mots avec son logo : BP pour « Beyond Petrol », c'est-à-dire « au-delà du pétrole ».Dans le monde puissant des constructeurs d'automobiles américains, on ne peut plus se satisfaire du refus de l'administration Bush de souscrire au protocole de Kyoto et dormir là-dessus.On ignore d'abord qui occupera la Maison- Blanche en 2005 ; ensuite, c'est le monde même des investisseurs qui commence à grogner, soupçonnant que les constructeurs américains sont mal préparés aux chambardements qui pourraient se produire dans l'encadrement juridique des énergies.Dans les petits souliers Le New York Times de dimanche dernier signalait un fait peu commun : la réputée maison Merrill Lynch a tenu une téléconférence sur l'impact que peuvent avoir pour les constructeurs américains les lois de plus en plus sévères qui se profilent un peu partout dans le monde (y compris en Californie et dans certains États du Nord-Est des États-Unis) pour améliorer le rendement énergétique des véhicules.L'analyste John Casesa, de Merrill Lynch, a présenté à ses interlocuteurs l'étude produite conjointement par le World Resources Institute, de Washington, et le Sustainable Asset Management, de Zurich, démontrant que ce sont General Motors et Ford qui sont les plus mal préparés pour faire face aux restrictions de consommation de pétrole qui vont prendre force de loi aux États-Unis, en Europe et au Japon au cours de la prochaine décennie.Si de telles lois s'appliquent, Ford devra dépenser 403 $ US de plus sur chaque véhicule produit ; GM, 377 $ de plus.Chez Honda, le coût supplémentaire ne sera que de 24 $.Pour BMW, le coût augmentera de 649$ mais cela aura moins d'impact parce qu'il s'agit ici de voitures déjà chères.Le reporter Danny Hakim, du NYT, souligne que ce qui sera le plus difficile pour GM et Ford, c'est que les nouvelles lois avantageront des constructeurs étrangers comme Toyota qui ont déjà investi beaucoup plus que leurs concurrents américains dans les technologies de rendement énergétique.Ces lois seront d'autant plus dures pour GM et Ford que leurs profits émanent principalement des gros véhicules utilitaires sport (VUS) et des camions pick-up, les deux catégories les moins efficaces en termes de rendement énergétique.L'analyste financier Niki Rosinki, qui a collaboré à l'étude, rappelle que 60% des ventes mondiales de Ford se font en Amérique du Nord et que sur le marché nord-américain, 60% de ses ventes se composent de ce type de véhicule ; ces deux familles de véhicules rapportent 80% des profits touchés par Ford sur ses opérations nord-américaines.Au rythme où les lois environnementales évoluent, le profits de Ford pourraient avoir baissé de 10 % en 2015, par rapport à une situation où les conditions actuelles seraient maintenues, et ceux de GM de 7 %, conclut l'étude.Le règne de la soif Mais dans l'immédiat, ces gros véhicules personnels gros consommateurs de carburant qui encombrent nos routes doivent continuer à rouler, comme ceux que l'on continue de vendre massivement.Et quelle qu'elle soit, la prochaine administration, à Washington, n'échappera pas à la pression de la soif de carburant de ses commettants.D'où l'attention particulière portée par la Maison-Blanche et les analystes financiers aux événements entourant la pétrolière Ioukos en Russie, pays devenu au fil des ans le deuxième plus important exportateur de pétrole, après l'Arabie Saoudite.Au mieux pour l'industrie, la Russie s'offre comme supplément au Moyen-Orient face à une demande en forte croissance aux États-Unis, en Chine, en Corée du Sud et au Japon.Au pire, la Russie se présente comme solution de rechange à un Moyen-Orient qui s'embraserait politiquement.Le secrétaire à l'Énergie des États- Unis, Spencer Abraham, cité par le Los Angeles Times, ne s'est pas caché de l'intérêt de l'administration Bush pour le pétrole russe, lors d'une visite à Moscou le mois dernier : « Nous avons pour objectif de diversifier nos sources d'approvisionnement dans le monde et nous nourrissons l'espoir de nous approvisionner massivement en Russie », a dit non sans candeur M.Abraham.Mais le reporter Kim Murphy, du L.A.Times, a constaté sur place que les Russes demeurent indécis, sollicités qu'ils sont par des clients comme la Chine et le Japon, plus rapprochés géographiquement, plus voraces virtuellement et ouverts à de meilleurs arrangements financiers.Le problème des Russes, dit-il, se situe au niveau de l'exportation de son pétrole.La société d'État Transneft, qui contrôle les pipelines, ne peut exporter que 4 millions des 8,9 millions de barils produits chaque jour dans le pays.Or le Japon est disposé à garantir à hauteur de 12 milliards de dollars le financement d'un pipeline de 4000 kilomètres apportant le pétrole de Sibérie à la ville côtière russe Nakhodka, d'où il serait expédié au Japon.Les États-Unis dans l'intervalle lui préfèrent un pipeline conduisant vers un port de l'ouest de la Russie comme Mourmansk, sur la mer de Barents, ouvrant sur l'océan Arctique.Le patron de l'Agence fédérale russe de l'énergie, Sergei Oganesyan, ne cache pas que la proposition américaine n'arrive qu'en troisième place dans l'ordre des priorités de Moscou, une préférence étant accordée à un pipeline vers la Baltique et à la proposition japonaise vers l'Est, qui permettrait aussi de servir la Chine.Le cas Khodorkovsky Et c'est là qu'intervient la question très actuelle du procès intenté à l'ex-patron de Ioukos, Mikhail Khodorkovsky, notamment pour défaut de paiement fiscal de l'ordre de 6 milliards de dollars, au risque d'une mise en faillite de l'entreprise.L'administration Bush brandit l'évangile enseignant que la procédure menace la confiance des investisseurs et met en cause la règle de droit et la sécurité des investissements privés en Russie.Mais il est admis que M.Khodorkovsky, avant son arrestation, négociait avec les Chevron Texaco et Exxon Mobil la vente de blocs d'actions importants de Ioukos, ce qui aurait eu pour effet de transférer au Texas ou en Californie des centres de décision de première importance pour l'économie russe.Pire: M.Khodorkovsky se faisait le promoteur d'une privatisation des pipelines de Russie, avec préférence pour l'acheminement du pétrole vers les ports du nord (au goût des Américains).Du coup disparaissait la société des pipelines d'État Transneft.Cité par le Los Angeles Times, un analyste senior d'Aton Capital Group, Steven Dashevsky, est d'avis que « la propriété des pipelines constitue la façon la plus efficace et la moins coûteuse d'en arriver à contrôler tout le secteur pétrolier de la Russie.(.) Khodorkovsky tentait d'implanter sa politique énergétique personnelle» en Russie.On imagine qu'un certain Vladimir Poutine veillait au grain, d'autant que l'ex-patron de Ioukos cachait mal ses ambitions politiques.Tous les patrons du pétrole ne peuvent aboutir à la tête de l'État. Retrouver l'effeuilleuse en soi SYLVIE ST-JACQUES Adossées contre le mur d'un studio de danse du West Island, Robyn, Barbara, Cora, Kristina et moi, toutes chaussées de talons hauts, prenons une pause à la Marilyn Monroe, en attendant notre cue.Sur l'inoubliable Black Velvet d'Alanna Myles, nous obéissons aux directives de notre gourou, la sexy et voluptueuse Vered Haiun.« Massez la tête contre le mur, tournez, descendez, remontez, push up, un pas en avant et MARCHEZ ! », commande Vered, comme si nous avions fait ça toute notre vie.Timorées, inhibées et prudes prenez garde : la danse érotique, une forme de danse-exercice inspirée des performances de danseuses « exotiques », possède le redoutable pouvoir de réveiller l'effeuilleuse qui sommeille en vous.À condition bien entendu de jouer le jeu en laissant à la porte ses angoisses corporelles.« Toutes les petites filles rêvent d'être ballerines.Mais quand elles deviennent des femmes, elles rêvent d'être effeuilleuses », lance Vered Haiun dans un grand éclat de rire.Dans les cours de Vered Haiun \u2014la flamboyante brunette enseigne aux quatre coins de la ville \u2014, des femmes de tous les âges, styles, poids et formes sont les bienvenues.« Je travaille avec des pompiers et je suis entourée d'hommes tous les jours.Évoluer au quotidien dans un environnement complètement masculin brime ma féminité.Les cours de danse érotique permettent de m'exprimer.C'est bien de se redécouvrir comme femme et de se sentir à nouveau sexy », dit Barbara, coquette et costaude trentenaire.Lors de notre visite, nous avons aussi rencontré une mère au foyer, une étudiante, une employée d'une école secondaire.Une fois par semaine, elles se rassemblent dans un studio pour exécuter des séries de mouvements « sexy » inspirés de diverses formes de danse.Elles sont aussi initiées aux techniques de l'effeuillage.« Je leur demande de porter plusieurs couches de vêtements puisqu'en classe, on apprend à enlever tantôt le pantalon, tantôt le chemisier.Si elles veulent ensuite faire un strip-tease à la maison, elles ont l'expérience en classe », fait valoir Vered.C'est en septembre 2003 que Vered s'est lancée dans l'enseignement de la danse érotique.Forte d'une vaste expérience en danse, elle avait tâté l'effeuillage, non pas en tant que danseuse mais plutôt comme chorégraphe.« C'est très populaire à Los Angeles, surtout chez les vedettes.Mais c'est surtout un bon exercice pour beaucoup de filles qui n'aiment pas aller au gym ou être entourées d'hommes pendant qu'elles s'entraînent », dit Vered.Elle soutient que des femmes de toutes les tranches d'âge (jusqu'à 70 ans !) et de tous les types physiques forment sa clientèle.« Au gym, on voit souvent des filles superbes avec des corps parfaits qui se comparent entre elles.Ça devient malsain.L'exercice devrait être une activité positive sur notre esprit, et non le contraire.Pourquoi sommes-nous devenues si exigeantes envers nous-mêmes ?» demande Vered.Selon elle, il est grand temps que les femmes se réapproprient la féminité.Et le fait d'avancer en âge ne devrait en rien nous soustraire à ce plaisir.Pour plusieurs femmes vieillir signifie souvent prendre un abonnement aux antidépresseurs, dépenser une fortune en thérapie, renoncer à être sexy ou engloutir son fric dans les cliniques de chirurgie esthétique.« C'est bien de se sentir jeune et d'avoir du plaisir.Mais le stress d'être une femme de carrière, une épouse, une mère nous fait trop souvent délaisser notre féminité », estime Vered.Robyn, jeune et jolie mère au foyer, se révèle très convaincante dans sa description de l'effet « magique » des classes de danse érotique.« Aussitôt qu'on enfile les talons hauts, on devient une toute autre personne.» Cela dit, jouer les effeuilleuses fait aussi travailler les abdos, les cuisses, les fesses et le cardio.Comme pour n'importe quelle activité physique, la danse érotique stimule la production d'endorphine, un antidépresseur et aphrodisiaque naturel.« Si vous vous faites refaire les seins ou remonter le visage, votre malaise intérieur ne bougera pas », estime Vered.Après avoir accouché ou être passé à travers la ménopause, poursuit-elle, plusieurs femmes cessent de se sentir sexy.La danse érotique, soutient Vered, peut les amener à se sentir bien à nouveau, sans avoir besoin de se bourrer de médicaments.« Et le fameux poteau ?» est évidemment LA grande interrogation de quiconque s'intéresse à la danse érotique.« Pour l'instant, on s'en passe.Mais ça viendra plus tard, lorsque la classe sera plus avancée, parce que le poteau demande plus de force intégrale », explique Vered.Cet automne, Vered continuera de donner des classes de danse érotique dans plusieurs studios de Laval, Hudson, Dollard-des- Ormeaux et s'occupera du studio Erotek, situé boulevard Pierrefonds.« Chose certaine, il y aura des poteaux pour les classes avancées dans notre centre », dit Vered.Voilà qui redéfinit le concept de « cours du soir».Pour informations : 514 386-9789 « C'est bien de se redécouvrir comme femme et de se sentir à nouveau sexy.» PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Vered Haiun enseigne la danse érotique à des femmes de tout âge et de toute morphologie.Cette forme de danse-exercice inspirée des effeuilleuses fait aussi travailler les abdos, les cuisses, les fesses et le cardio.Faites la guerre à l'acrylamide! LA NUTRITION COLLABORATION SPÉCIALE L'acrylamideest une substance qui entre dans la composition d'agglomérants utilisés dans le traitement des eaux usées et les procédés de transformation du papier.On la trouve également dans la fumée de cigarette.En avril 2002, sa présence a été signalée dans les frites, les chips, les craquelins et les céréales à déjeuner.Étant classée comme une substance neurotoxique et probablement cancérigène pour l'humain, l'acrylamide dans l'alimentation inquiète.En apprenant cette nouvelle, Louise Poissant s'est demandé comment s'y prendre pour limiter sa consommation d'acrylamide.Voici donc les plus récentes recommandations.Celles-ci ont été émises par un groupe d'experts en contamination alimentaire, en octobre dernier, lors d'une rencontre du Conseil général en santé et protection du consommateur de la Commission européenne.Révision du traitement des pommes de terre La présence d'acrylamide dans les pommes de terre cuites à haute température (frites et chips) serait en grande partie liée à leur teneur en glucose, dextrose et fructose, des hydrates de carbones simples.Malheureusement, quand les pommes de terre sont entreposées à des températures inférieures à 8 degrés C, la concentration de ce type d'hydrates de carbone tend à augmenter.Pour minimiser l'apparition d'acrylamide, il serait donc recommandé d'entreposer les pommes de terre dans un endroit sombre et dont la température est maintenue autour de 8 à 10 degrés C.Pour conserver les aliments périssables (lait, viande, oeuf, etc.), le rhéostat du réfrigérateur doit normalement être réglé entre 2 et 4 degrés C.Le réfrigérateur n'est donc pas un bon endroit pour entreposer les pommes de terre, mais ça, vous le saviez peut-être déjà On peut aussi réduire la concentration d'hydrates de carbone simples dans les pommes de terre en les laissant tremper dans l'eau, une fois coupées, et en les égouttant ensuite comme il faut avant de les cuire au four ou de les frire.Les blanchir avant la cuisson donnerait un résultat semblable.La température et la durée de cuisson seraient les autres facteurs impliqués dans la formation d'acrylamide dans les pommes de terre et les produits à base de céréales (céréales à déjeuner, produits de boulangerie, craquelins, gâteaux).Plus la température serait élevée, plus la concentration d'acrylamide serait importante.En effet, l'acrylamide serait produit quand des températures de cuisson dépassent les 120 C (248 F).Plus le temps de cuisson serait long, plus les quantités formées seraient importantes.Les aliments bouillis n'en contiendraient pas, puisque la température de ce mode de cuisson se maintiendrait en dessous de 100 C (212 F).Il faudrait donc éviter de frire ou de cuire les pommes de terre et les céréales jusqu'à ce qu'elles développent une coloration brune.Leur cuisson devrait cesser une fois qu'une couleur jaune dorée est obtenue.Pour se faire, il faudrait essayer de ne pas dépasser les 175 C (347 F) pour la friture de ces aliments.La cuisson au four ne devrait pas excéder 200 C (392 F).Adieu bicarbonate d'ammonium et recyclage du pain Il a été démontré que le bicarbonate d'ammonium, de plus en plus utilisé pour faire lever la pâte des produits de boulangerie et des desserts commerciaux, favoriserait la formation d'acrylamide.En remplaçant cet ingrédient actif par du bicarbonate de soude ou des levures, il serait possible de minimiser considérablement la présence d'acrylamide dans ces produits.Idéalement, il faudrait aussi éviter de recycler les restants de pain ou de céréales en les faisant chauffer au four pour les assécher.Cette pratique courante permet de produire de la chapelure utilisée pour recouvrir les aliments à frire ou pour donner de la texture à d'autres.Cela pourrait augmenter la teneur en acrylamide de ces aliments.Toutes ces recommandations sont également valables pour les fabricants agroalimentaires et les chaînes de restauration rapide.Aucune loi n'a cependant été adoptée pour les obliger à modifier leurs conditions d'entreposage, de préparation et de cuisson des pommes de terre et des céréales.Les viandes marinées : bonnes ou mauvaises ?À l'occasion, Julie Meunier achète des viandes (poulet, porc, agneau) déjà marinées.Commodes et savoureuses, elle se demande toutefois si leur valeur nutritive est tout aussi attrayante.Il faut savoir que les marinades employées par les fabricants agroalimentaires peuvent avoir différentes compositions.En général, elles sont composées de sel, de phosphate, d'eau ou de bouillon, de vinaigre ou des acides, et d'assaisonnement.La présence de tous ces ingrédients permet d'obtenir une viande attendrie au maximum, savoureuse et qui ne sèchera pas même si on la cuit trop.Parfois on ajoute aussi de l'amidon, des protéines végétales (du soja surtout) ou des protéines laitières (caséine) pour épaissir les marinades.Certaines marinades contiennent aussi du maltodextrine ou des solides de sirop de maïs.La présence de ce type d'ingrédient aide la viande à prendre une couleur dorée rappelant la cuisson au BBQ.Les marinades peuvent aussi contenir des agents antimicrobiens comme des nitrites.La viande peut macérer dans la marinade pendant plusieurs heures.L'injection de la marinade permet toutefois d'obtenir le même effet attendrissant, mais en beaucoup moins de temps.C'est pourquoi les fabricants agroalimentaires ont tendance à utiliser cette méthode.Consommées occasionnellement, ces viandes marinées ne devraient pas nuire à la santé.Mis à part l'ajout excessif de sel et la présence de nitrites, les ingrédients entrant dans la composition des viandes marinées sont généralement inoffensifs.Il peut être intéressant de rechercher les produits réduits en sel et sans nitrites.L'auteure de cette chronique hebdomadaire est membre de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec.Une fois par mois, la chronique nutrition porte sur vos questions et commentaires.Adressez-les à : Chronique nutrition La Presse 7, rue Saint-Jacques Montréal, QC H2Y1K9 ou par courriel à : questiondenutrition@hotmail.com Nagano présente Réservez dès maintenant ! 514.842.9951 osm.ca Kent entre en scène2005Saison 101 .ACTUEL SANTÉ ACTUEL SANTÉ LA SANTÉ DANS LES MÉDIAS DÉCOUVERTE RAYON X SITE INTERNET DE LA SEMAINE Soixante pour cent des parents américains qui ont participé à un récent sondage ont révélé qu'ils craignaient que leurs enfants contractent le sida.Cette enquête menée par l'Associated Press a aussi dévoilé que même les adultes sans enfant craignaient que le virus touche leur enfant, dans l'éventualité où ils deviendraient parents.Une majorité de participants (55 %) ont affirmé que le fait d'encourager des pratiques sexuelles protégées était la meilleure façon de prévenir le sida.En revanche, 40% des parents étaient plutôt favorables à promouvoir l'abstinence.Seulement un répondant sur 10 s'est dit craintif de contracter lui-même le virus et quatre personnes sur 10 ont dit qu'elles connaissaient une personne infectée ou morte du sida.Généralement, le taux de fertilité chez la femme décroît à partir du début de la trentaine.Ainsi, à 40 ans, les chances de concevoir sont réduites.Une femme dans la vingtaine mettra environ cinq à six mois pour concevoir, alors qu'à 40 ans il faudra entre 14 et 15 mois, puisque non seulement les ovulations sont moins fréquentes, mais certains états, comme l'endométriose, peuvent empêcher la fécondation.Toutefois, de nos jours, plusieurs causes d'infertilité sont traitées avec succès.Source : www.s e rvicevi e .com Le dernier numéro du Sélection du Reader's Digest propose un article sur les problèmes de dépression chez les adolescents.Les Blues de l'ado relate ce problème typique des sociétés occidentales qui, selon les statistiques, ressemblerait à une épidémie.En plus de dresser un portrait des enjeux sociaux de ce problème, ce texte donne certaines pistes pour détecter la dépression ainsi que des conseils pour amener les jeunes à cultiver des idées plus positives.Les amateurs de thé aimeront le site www.tea.co.uk, qui relate l'historique de la célèbre boisson, énumère ses vertus pour la santé et décrit l'industrie du thé, à l'échelle mondiale.Amusant : on y trouve même une section de lecture virtuelle de notre avenir dans les feuilles de thé.CITATION DE LA SEMAINE « Il prenait un médicament qu'on peut acheter sans ordonnance dans n'importe quelle pharmacie en Russie.Un peu comme si on prenait des aspirines pour soigner le sida.» \u2014David Mulder, le médecin du Canadien.Il a fait cette déclaration alors qu'il commentait l'état de santé et les traitements désormais administrés au joueur de hockey Andrei Kostitsyn, qui a été victime de crises d'épilepsie répétées pendant son passage à Montréal ces dernières semaines.Des ostéopathes québécois au Pérou PASCALE BRETON Médecine de riches, l'ostéopathie ?Pas toujours.La preuve, un groupe d'ostéopathes québécois s'envolera sous peu pour la région d'Arequipa, au Pérou, afin d'y soigner la population moins fortunée de l'endroit et lui faire découvrir cette médecine naturelle.C'est la première fois que des ostéopathes du Canada participent à une telle mission humanitaire, souligne Jocelyne Saint-Laurent, professeure au Collège d'études ostéopathiques, à Montréal, et participante au projet.Ils sont 17 professeurs et étudiants à prendre part à ce séjour de deux semaines dans une région juchée à quelque 2300 mètres d'altitude.Invités par le gouverneur de la région, les ostéopathes sont logés et nourris, mais assument eux-mêmes les frais de transport, en plus d'offrir leurs services bénévolement.Le plus grand espoir du groupe est que cette première mission ne soit que le prélude à plusieurs autres successives, explique le président du collège, Philippe Druelle, ajoutant que dans cette foulée humanitaire, il vient de fonder Ostéopathes sans frontières.« Les objectifs de notre mission sont de soulager la population démunie, de faire connaître l'ostéopathie et de donner des conférences au corps médical », explique-t-il.Au Pérou, les visiteurs sont attendus avec impatience.Les patients se sont d'ailleurs inscrits depuis longtemps pour bénéficier d'un traitement.Chaque jour, les ostéopathes devraient recevoir quelque 80 patients dans une vaste salle communautaire aménagée en petits postes de travail pour l'occasion.Ils se rendront aussi dans deux villages, ceux de Mollendo et Cabana, rencontrer les gens directement chez eux.L'ostéopathe est un ingénieur du corps humain, illustre M.Druelle.Les spécialistes s'appliquent donc à traiter le corps globalement, en s'attardant davantage aux causes des dysfonctions de l'organisme plutôt qu'aux seuls symptômes.Même avec un seul traitement, les péruviens devraient profiter des bienfaits, ajoute-t-il.Pendant leur séjour en terres péruviennes, les ostéopathes s'attendent à recevoir des femmes enceintes, des paysans aux prises avec des douleurs musculo-squelettiques ou des enfants qui présentent des retards de développement et des troubles d'apprentissage.Cette visite sera une révolution pour une majorité de Péruviens qui ignorent encore les bienfaits des techniques d'ostéopathie, croit Tatina Vera-Lescano, étudiante au Collège des études ostéopathiques de Montréal, elle-même originaire de cette région du Pérou.« Ça fera tellement de bien aux gens, il y a tellement de besoins.C'est une aide énorme pour la population surtout que la plupart des gens ne connaissent pas l'ostéopathie.Ce sont souvent des paysans, ils travaillent fort physiquement et lorsqu'il arrive des accidents de travail, ils n'ont aucun recours.» Pour arriver à communiquer, patients et ostéopathes devront recourir aux services d'interprètes puisque la majorité des Péruviens ne parlent que l'espagnol tandis que certains s'expriment encore avec des dialectes du pays, très difficiles à décoder.« Je trouve ce projet emballant, enrichissant.Je n'avais jamais fait de bénévolat de cette façon », lance Mme Saint-Laurent avec enthousiasme tandis que le président du collège, qui a déjà vécu une expérience similaire en Inde, ajoute qu'« on revient toujours très riche intérieurement de ce genre de mission.» Encore méconnues, la méthode et les applications de l'ostéopathie ont été élaborées par Andrew Taylor Still en 1874, mais c'est véritablement à compter des années 1960 que cette médecine naturelle a pris son essor.Depuis, plusieurs collèges ont ouvert leurs portes en Europe, en Asie et aux États-Unis.Le Collège d'études ostéopathiques de Montréal a pour sa part été fondé en 1981 et plusieurs ramifications canadiennes ont ensuite vu le jour.Le Code des professions du Québec n'a toutefois pas encore reconnu le travail des ostéopathes \u2014 les ostéopathes espèrent que ce sera fait bientôt \u2014 mais leur savoir-faire, lui, commence à être connu mondialement.Les Québécois sont fréquemment appelés à donner des conférences en Europe, aux États- Unis et même au Japon, souligne M.Druelle.L'expérience au Pérou est un exemple de plus.POSTURE AU TRAVAIL Àgauche, la souris ISABELLE BURGUN AGENCE SCIENCE-PRESSE Déplacer sa souris pourrait changer le mal de place.C'est ce que pense Alain Delisle, chercheur à l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail.Il est l'auteur d'une récente étude sur l'usage de la souris et ses effets sur la posture.« Mettre sa souris à gauche du clavier s'avère un aménagement peu coûteux qui diminue l'extension du poignet et donne un meilleur alignement du bras », soutient le biomécanicien.De cette façon, le bras est plus rapproché du corps, ce qui est également bénéfique pour l'épaule et le poignet, ainsi mieux alignés.C'est ce qu'a révélé l'étude en comparant la posture des travailleurs dans les deux situations.Lorsque la souris est à droite du clavier, la personne doit davantage déplacer sa main et adopte une moins bonne posture.Par contre, si le clavier n'est pas standard \u2014 sans le petit clavier numérique et les flèches \u2014 la posture s'améliore car la souris reste plus proche du clavier.Et là, il y a moins d'avantages à modifier sa manière de travailler.L'étude a montré qu'après une sensibilisation et une formation, 17 personnes sur les 27 participantes ont finalement adopté la souris à gauche.Changer régulièrement sa souris de place peut également avoir un effet bénéfique.Étonnamment, c'est plus souvent à droite que l'on trouve les souris.même chez les gauchers! «L'avantage pour les gauchers, c'est que cela libère leur main gauche pour écrire.Si les droitiers changeaient leur souris de place, ils en tireraient le même bénéfice », note Alain Delisle.Cette étude entre dans le cadre d'un programme sur l'ergonomie et la sécurité de l'IRSST qui offre des programmes de sensibilisation en milieu de travail.L'objectif est de prévenir les troubles squelettiques et autres tendinites.Les douleurs ont le plus souvent plusieurs causes : mauvaise posture, travail statique, absence de pause, outils peu adéquats.La combinaison de ces facteurs varie d'une personne à l'autre.Il s'avère toutefois particulièrement mauvais de faire un travail statique.« Ne pas bouger demande une sollicitation continue des muscles, ce qui explique les douleurs de la région cou-épaules », souligne Alain Delisle.Si le sexe de la personne n'influence pas vraiment la posture, sa taille peut être déterminante.Pour la même largeur de clavier, les personnes de petites tailles sont désavantagées.Dans une seconde étude, le chercheur s'est aussi penché sur la nécessité d'avoir un mobilier adéquat.La configuration qui permettait de poser les avant-bras sur le bureau et d'ajuster le clavier en hauteur était la meilleure.« Cela diminue la sollicitation des épaules, particulièrement du côté gauche », précise Alain Delisle.Delisle, Alain ; Larivière, Christian ; Plamondon, André ; Imbeau, Daniel, Troubles musculosquelettiques et bureautique : impact du mobilier de bureau sur la posture et la sollicitation musculaire du membre supérieur.Études et recherches Rapport R-325, 2003 www.irsst.qc.ca/fr/\u2014publicationirsst\u2014868.html Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) www.irsst.qc.ca/fr/accueil.html Si vous êtes un homme ayant des troubles érectiles, nous apprécierions votre collaboration via une étude, visant à améliorer la compréhension de la nature de cette condition S.V.P.contacter 1 800 361-1318 afin de savoir si vous êtes admissible.Stephen Murphy, sans frais, du lundi au vendredi , entre 9 h et 20 h (HNE), au numéro De l'ordre dans l'assurancemaladie PARIS \u2014 Le parlement français a adopté définitivement vendredi la réforme de l'assurance maladie, présentée par le gouvernement pour tenter de remettre à flot ce système créé il y a près de 60 ans et aujourd'hui lourdement endetté.Le texte comporte une série de mesures qui s'attaquent aux abus et fraudes, pour combattre le déficit croissant, qui devrait approcher cette année les 13 milliards d'euros.Il met notamment en place un dossier médical personnel informatisé, centralisant toutes les informations sur le patient.Il prévoit la désignation d'un «médecin traitant» (généraliste ou spécialiste), sous peine de moindre remboursement.\u2014AFP . ACTUEL SANTÉ K2: une histoire honteuse RICHARD CHARTIER OXYGÈNE rchartie@lapresse.ca Il y a eu 50 ans hier, le K2 était conquis par quatre hommes : Achille Compagnoni, Lino Lacedelli, Walter Bonatti \u2014 trois Italiens \u2014 et Mahdi, un Hounza.C'est ce que l'Histoire a longtemps refusé de dire.Qui fallait-il croire ?Le Club Alpin Italien qui avait retenu la version des deux premiers et du chef de l'expédition Ardito Desio, décédé en 2001 à l'âge canonique de 104 ans ?Ou celle de Bonatti qui, pendant un demi-siècle, a crié qu'il fut, avec Mahdi, dans la nuit du 30 au 31 juillet 1954, la cible d'une véritable tentative de meurtre ?Les plus hauts sommets sont comme le fond des océans : ils cachent des secrets terribles et servent de linceuls à des crimes accomplis dans la plus grande discrétion ou à des actes de lâcheté à donner des frissons dans le dos.Ces hauteurs insondables sont aussi le théâtre d'actes de bravoure et de gestes héroïques écrits dans la neige et effacés par le blizzard.Difficile d'aller enquêter à 8000 mètres, puisque ce n'est déjà plus la Terre.Les lois qui y ont cours sont celles des individus qui s'y trouvent, quand les dieux de la montagne leur font droit, bien entendu.La conquête du K2, le 31 juillet 1954, mêle la lâcheté et la bravoure.Les événements perpétuent une ère de terreur sur la pyramide du Karakoram, car le deuxième sommet du monde (8611 mètres) ne s'est pas beaucoup laissé conquérir et a tué sans compter : en 1986, le K2 a réclamé 16 vies en une semaine ! Affirmer qu'une ombre lugubre plane sur le K2 serait réducteur ; c'est plutôt le K2 qui jette une ombre lugubre sur le monde.Le 29 juillet 1954, donc, les quatre hommes mentionnés au début de notre histoire passent la nuit au camp VIII, à 7627 mètres.Au matin, Lacedelli et Compagnoni grimpent en direction du camp IX, prévu à 8060 mètres sous le Goulot, une formation qui s'ouvre sur l'arête sommitale : ils doivent ainsi se retrouver le lendemain en position d'atteindre le sommet.Pendant ce temps, Bonatti et Mahdi redescendent pour aller cueillir deux bouteilles d'oxygène abandonnées un peu au-dessus du camp VII, leur objectif étant d'apporter les précieuses bouteilles à Lacedelli et Compagnoni pour leur attaque sommitale.Ce genre de sacrifice personnel est parfois nécessaire pour soutenir les grandes réussites en altitude.Des hommes servent de marchepied à ceux qui font la conquête ; une tradition de fair-play veut que les noms des individus qui ont atteint la cime soient indifféremment mêlés à ceux qui ont participé à l'offensive sur la montagne, le succès étant autant celui des uns que des autres.Une vaine tentative À la nuit tombée, Bonatti et Mahdi ont vainement tenté d'atteindre Lacedelli et Compagnoni.Ils les ont appelés de toutes leurs forces et à répétition, ils ont vu de la lumière à un certain moment derrière un rocher, ils ont même finalement pu leur parler puisqu'ils étaient à portée de voix.Lacedelli et Compagnoni affirmeront avoir en toute bonne foi dit à Bonatti et Mahdi de laisser là les bouteilles, croyant que les deux hommes étaient sains et saufs et qu'ils étaient prêts à redescendre.Bonatti soutient que les deux grimpeurs s'étaient postés plus haut que prévu, devenant du coup inaccessibles aux deux porteurs des lourdes bouteilles en sachant très bien qu'ils allaient être au bout de leurs énergies.Compagnoni et Lacedelli voulaientils échapper à l'obligation de partager leur étroite tente et leurs provisions avec les deux autres?C'est ici que Bonatti crie à la tentative de meurtre.Bonatti et Mahdi ont été contraints de bivouaquer à 8100 mètres sans provisions ni même eau (un bivouac consiste à passer la nuit sans tente ni sac de couchage).De longues heures durant, le froid et le vent ont cherché à tuer les deux hommes, précairement juchés dans une pente abrupte.Survivre à cela relève du miracle.Mahdi a déliré et est redescendu au petit matin (son état allait nécessiter des amputations), Bonatti l'a suivi un peu plus tard.Ce jour-là, Lacedelli et Compagnoni, ayant récupéré les bouteilles, parvenaient au sommet du K2 à 18h après avoir manqué d'oxygène, tournant dans un honteux brouillard l'une des plus grandes pages de l'histoire de l'alpinisme.(La conquête du K2 posant un défi technique beaucoup plus difficile que cecelle de l'Everest.Encore aujourd'hui, il n'y a pas de touristes au K2, encore moins sur son sommet qui accorde les audiences au compte-gouttes.) Le plus grand de son temps Bonatti était alors un tout jeune guide de montagne confronté aux plus grands alpinistes italiens de l'heure.Il s'est d'abord tu, désireux de ne pas entacher la réussite et convaincu que la vérité allait bientôt éclater au grand jour.L'avenir allait d'ailleurs le confirmer comme le plus grand alpiniste de son temps.Quant à Mahdi, il n'était pas n'importe qui : c'est lui qui, l'année précédente, avait sorti sur son dos le Tyrolien Hermann Buhl en proie à des hallucinations après son héroïque conquête en solitaire du Nanga Parbat (8125 mètres), épopée au cours de laquelle l'Allemand avait bivouaqué sous le sommet sans oxygène ni provisions.Étrange et cruel retour du destin pour Mahdi, un surhomme des hauteurs.Mais la discrétion de Bonatti ne l'a pas servi.Lacedelli et Compagnoni ont accusé Bonatti d'avoir tenté d'entraîner Mahdi dans un complot.Selon les vainqueurs officiels du K2, Bonatti aurait même fait usage de l'oxygène des bouteilles dans un effort pour les doubler et atteindre le sommet avant eux, ce qui explique qu'elles se soient vidées prématurément au cours de l'attaque sommitale.Pire, Mahdi devait quelques années plus tard faire une déposition allant dans le sens de l'accusation et bien que son témoignage ait été confus et truffé de contradictions, il allait être retenu par le Club Alpin Italien.Bonatti a finalement eu gain de cause en justice contre un journal qui, en 1961, l'avait publiquement mis au pilori.Mais les autorités alpines et nationales sont restées sur leur quant-à-soi.Une preuve documentée Bonatti détenait du reste une preuve des mieux documentées contre les accusations de Compagnoni et Lacedelli: s'il transportait les bouteilles d'oxygène, les masques et les valves étaient déjà en possession de Compagnoni et Lacedelli.En somme, Bonatti n'aurait pas pu les utiliser, même s'il l'avait voulu ! Walter Bonatti a publié en 1995 un livre, K2 \u2014 Storia di un Caso, dans lequel il étale sa version des faits et tous les documents qui entourent cette triste histoire.Ce n'est que cette année que le Club Alpin Italien, cédant aux pressions de journalistes et de montagnards réputés, a enfin consenti à répudier la version officielle du vieil entêté Desio et à reconnaître, intégralement et jusque dans les moindres détails, la version de Bonatti.Lacedelli refuse encore de commenter.Mais il pourra partager son embarras avec ceux qui ont toujours eu intérêt à mentir dans cette histoire.L'explication, publiée dans Le Monde sous la plume de Charlie Buffet, le 9 mai dernier, offre cet éclairage : « Humiliée par l'occupation américaine, l'Italie post-fasciste applaudissait Desio le Ducetto, artisan d'une revanche sur les Américains qui, en 1953, avaient échoué sur le même K2.» (chronique Oxygène Le sommet de l'enfer du 11 janvier 2004) La colère toujours intacte, Walter Bonatti a eu 74 ans le 22 juillet.Il n'était pas à la fête italienne, au pied du K2, hier.Buffet le citait là-dessus : « Je ne participerai pas aux célébrations du cinquantenaire, dit-il.Ma célébration à moi, c'est celle que je vis aujourd'hui, la victoire de la vérité.» L'affaire est classée sur les flancs de La Grande Assassine.L'affaire du K2, par Walter Bonatti, Éditions Guérin, 2001, 274 pages, 53,95 $.PHOTOARCHIVES REUTERS Affirmer qu'une ombre lugubre plane sur le K2 serait réducteur ; c'est plutôt le K2 qui jette une ombre lugubre sur le monde.Quinze Montréalais sur le toit de l'Afrique JULIE PARENT Monter à 6000 mètres d'altitude.Poser le pied sur le plus haut sommet d'Afrique, le mont Kilimandjaro.Voilà l'objectif que s'est fixé un groupe de 15 Montréalais, la plupart travaillant dans le domaine de la santé.Ce ne sont ni des alpinistes aguerris, ni des fanatiques de plein air, mais des citoyens qui veulent amasser des fonds pour aider les enfants africains porteurs du VIH.C'est au cours d'autres voyages humanitaires que l'idée de monter au sommet du Kilimandjaro a germé dans la tête de Wilhelmina Fredericks, fondatrice de l'organisme sans but lucratif Zerf Productions.« Je suis souvent passée à côté de cette montagne, et chaque fois, je regardais son sommet en me disant : Je finirai bien par l'escalader, mais j'ai besoin d'une raison pour le faire.« Un jour, je suis allée livrer des couvertures dans un village sudafricain, où la moitié des habitants étaient infectés par le VIH.Durant mon séjour, j'ai assisté à des funérailles.Il y avait 22 cercueils, la moitié d'entre eux contenaient des corps d'enfants.J'avais trouvé ma raison d'escalader le Kilimandjaro.» Objectif : 20 millions de dollars Le 18 septembre prochain, son groupe s'envolera pour la Tanzanie.« L'ascension de la montagne durera sept jours.Nous devrions atteindre le sommet le 29 septembre », explique Mme Fredericks, qui a baptisé son projet Kilimandjaro 20/20.Le but de la mère de trois enfants est ambitieux : amasser 20 millions de dollars pour les 20 millions d'enfants africains atteints du VIH.La somme peut donner un peu le vertige.Mais pas à cette Montréalaise d'origine sud-africaine, une femme à la personnalité forte que rien ne semble pouvoir arrêter.« On a besoin d'argent, je supplie pour avoir de l'argent ! Je ne crains pas de supplier les gens, parce que c'est pour une bonne cause, s'exclame l'ancienne étudiante en théâtre.Si chaque Canadien donnait un dollar, l'objectif serait amplement dépassé.» Les fonds serviront à acheter du matériel médical qui sera acheminé en Afrique par Production Zerf.Depuis 1988, sa fondatrice va livrer du matériel médical et de la nourriture dans des villages africains.L'an passé, elle a reçu une médaille du Jubilé de la Reine Élizabeth pour son travail humanitaire sur ce continent.La plupart des participants oeuvrent dans le domaine de la santé.Comme Jacqui Quinlan, 23 ans, qui fait sa maîtrise en génétique humaine à l'Université Mc Gill.« J'ai déjà fait beaucoup de bénévolat dans le tiers-monde, notamment en Haïti.J'ai eu de bonnes expériences et j'ai voulu continuer, raconte-t-elle.Et j'ai toujours voulu aller en Afrique.» Leonard Mbaididje, lui, a pratiqué la médecine durant deux ans au Gabon.« J'ai souvent été en contact avec des gens atteints du sida et j'ai pu ainsi constater l'ampleur de ce fléau », dit l'homme de 55 ans.C'est l'automne dernier que les grimpeurs ont commencé à se préparer en vue de leur périple.Un programme d'entraînement a été conçu spécialement pour eux par les YMCA de Westmount et Notre-Dame-de-Grâce.Depuis ce temps, les 15 Montréalais marchent plus que jamais.« Malgré sa hauteur, le Kilimandjaro est à la portée de tous.Il faut être en bonne condition physique, mais on n'a pas besoin d'être un super athlète pour se rendre au sommet », explique Patrick Scott, l'un des participants.L'homme de 34 ans est directeur du laboratoire de diagnostic moléculaire à l'Hôpital de Montréal pour enfants.« Il faut toutefois surmonter la fatigue et s'habituer au manque d'oxygène.Le défi se situe également au niveau mental.» .www.kilimanjaro2020.com PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Le 29 septembre prochain, Wilhelmina Fredericks, Jacklyn Quinlan, Leonard Mbaididje et Patrick Scott fouleront le sommet du Kilimandjaro. LOISIRS À TIRE-D'AILE Harcèlement.PIERRE GINGRAS pgingras@lapresse.ca La scène est cocasse et intrigante à la fois.Très fréquente aussi, surtout en période de reproduction.Un ou deux oiseaux de petite taille, carouges ou étourneaux, par exemple, poursuivent une corneille et vont parfois même jusqu'à la toucher.Pourtant la corneille est 20 fois plus volumineuse que ses poursuivants et pourrait probablement leur faire un mauvais parti.Au contraire, le gros corvidé noir fuit, manifestement embarrassé sinon désemparé par ce harcèlement.Il arrive également que des corneilles s'en prennent à un grandduc, à qui elles vouent une aversion particulière difficile à expliquer.Elles peuvent s'installer près de lui, tenter de l'intimider en volant autour et en criant sans arrêt, parfois durant des heures.Habituellement, le rapace s'enfuit plus loin, hors de leur vue, pour retrouver la paix.Très étonnant encore, quand on pense qu'un tel oiseau parvient à capturer lièvres, mouffettes et chats domestiques sans trop de difficulté ! Il lui serait donc aisé de mettre la patte sur une de ses assaillantes un peu trop imprudente.Et pourtant, au cours de ces opérations de harcèlement, la chose semble se produire très rarement, même si la corneille figure de temps à autre au menu du grandduc.Du roitelet au goéland En réalité, une foule d'espèces s'adonnent au harcèlement, du petit roitelet jusqu'aux goélands en passant par les bruants, vachers, hirondelles, pics, parulines et bien d'autres.Cette semaine, j'ai vu plusieurs hirondelles noires (photo à la une du cahier PLUS) poursuivre un gros rapace en trissant sans relâche.Une audace qui est souvent le lot des geais bleus quand ils aperçoivent un oiseau de proie.Par ailleurs, il arrive fréquemment que plusieurs individus de différentes espèces unissent leur voix et leurs énergies pour chasser un ennemi commun qui peut être un oiseau, mais aussi un chat, un chien, un serpent ou même un humain.Plus encore, il semble que les oiseaux puissent apprendre les uns des autres quel ennemi harceler, mentionne The Birder's Handbook (éd.Simon & Schuster).Les origines de ce comportement demeurent obscures, affirment les scientifiques, mais on estime qu'il est défensif.Si la tactique vise d'abord à chasser l'intrus, elle atteint également plusieurs autres objectifs.Elle permet d'abord aux oiseaux des environs d'être alertés de la présence d'un intrus, de le localiser et d'éviter qu'il ne fasse bonne bouffe en attirant son attention ailleurs.Et la stratégie fonctionne généralement.D'ailleurs, certaines espèces de goélands vont mettre une énergie particulière dans leur harcèlement, allant même jusqu'à déféquer et vomir sur leur victime du moment, et ce, avec une grande précision.Si l'ennemi s'en tire habituellement avec plus de peur que de mal, la situation peut devenir plus dramatique.Dans son ouvrage The Audubon Society Encyclopedia of North America Birds, John K.Terres signale qu'un harfang des neiges a été agressé puis tué par un groupe de sternes arctiques et qu'une crécerelle d'Amérique a été contrainte à plonger dans l'eau par une petite volée de carouges à épaulettes.L'auteur rapporte également le cas d'un balbuzard pêcheur qui a été harcelé en Floride par des frégates jusqu'à ce que noyade s'ensuive.Alfred Hitchcock n'a rien inventé.Si les relations entre les corneilles et les grands-ducs sont toujours houleuses, les scientifiques restent muets sur les cas de harcèlement de la chouette rayée par les gros oiseaux noirs.Par contre, ce qui est évident, c'est que la corneille fait partie du menu régulier de la chouette, comme en fait foi cette photo inusitée de Louise Goulet soumise au concours Le Biodôme-La Presse.LE CARNET D'OBSERVATION Un moqueur chat dans l'eau Bien peu d'activités cette semaine chez moi, d'autant plus que les oiseaux se font moins volubiles après la période de reproduction.Ce n'est toutefois pas le cas des hirondelles noires de mon condo, dont deux appartements sont occupés.Mais les couvées ne sont pas très importantes cette année puisque chaque nid ne compte qu'un seul petit.Les jeunes sont sur le point de prendre leur envol.Dans ma grange, le couple d'hirondelles rustiques couve toujours et l'éclosion est prévue pour ces joursci.Impossible cependant de savoir combien de petits comptera cette deuxième nichée car le nid demeure inaccessible.Par ailleurs, j'ai droit à une surprise agréable depuis quelque temps dans mon ruisseau à l'eau recyclée : après, entre autres, l'oriole de Baltimore, le cardinal, le geai bleu, le chardonneret jaune et le carouge, voici qu'un moqueur chat s'est ajouté à la liste des baigneurs.Espèce au cri très caractéristique qui ressemble à un miaulement, le moqueur chat vit dans les buissons touffus et reste habituellement discret.J'ai la nette impression qu'il niche près de la maison, mais je n'ai pu voir de petits jusqu'à présent.Congrès d'ornithologie La ville de Québec sera l'hôte d'un prestigieux congrès d'ornithologie du 16 au 21 août, une rencontre qui réunira les membres de l'American Ornithologists Union (AOU) et ceux de la Société des ornithologues du Canada.On y attend plus de 700 chercheurs et près de 500 conférences et séances d'affichage sont au programme.Certaines d'entre elles devraient d'ailleurs avoir écho dans cette chronique.Le mercredi 18 août en soirée, le public aura accès aux locaux du congrès pour visiter l'exposition de tableaux et de photos.On pourra aussi assister à la session d'affichage (les exposés scientifiques sont sur affiches) toute la journée de jeudi.Le congrès se déroulera au pavillon De Koninck de l'Université Laval, rue des Sciences humaines, sur le campus, dans l'arrondissement de Sainte-Foy.Fondée en 1883, l'AOU est la plus vielle association professionnelle consacrée aux oiseaux et la plus importante au monde avec ses 4000 membres.Elle publie le magazine ornithologique The Auk, dont la réputation n'est plus à faire.PHOTO ARCHIVES AFP La recherche sur le rôle du bec dans la séduction chez les oiseaux a porté sur le diamant mandarin et le merle noir.Le martin-chasseur gurial, une espèce spectaculaire de la jungle de Singapour, pourrait également mériter une attention particulière à cet égard.Un bec séducteur L'expression avoir une belle gueule pourrait avoir son pendant dans le monde des oiseaux : un beau bec, tout un bec, un bec de Casanova.Des chercheurs ont découvert en effet que la couleur du bec était un élément de séduction capital auprès des femelles lors de la période de reproduction.Et pour cause.Même si le séducteur sait faire étalage de tous ses talents, madame ne s'y trompera pas.Un coup d'oeil discret sur le bec du charmeur lui fera décider de la suite des choses.C'est que la production des pigments dans le bec est tributaire du système immunitaire de l'oiseau.Les coloris du bec sont donc étroitement reliés à son état physiologique, comme si son bulletin de santé était affiché à la vue de tous.Selon un numéro de la revue Science, des chercheurs britanniques avaient haussé artificiellement la quantité de carotène dans le sang de diamants mandarins mâles, un petit oiseau de compagnie très populaire.Résultat : le système immunitaire des oiseaux s'est amélioré, le bec est devenu plus rouge, et ils ont obtenu un succès fou auprès de ces dames.Pour leur part, des scientifiques français sont arrivés à des résultats similaires avec le merle noir, le petit cousin européen de notre merle d'Amérique, mais à la livrée noir jais et au bec jaune vif.Dans ce cas, c'est l'intensité du jaune qui est déterminante lors de la campagne de séduction.Un colibri blanc et une famille d'accueil VIENT DE PARAÎTRE.Louise Cardinal envoie plusieurs photos, notamment pour montrer un colibri complètement albinos parfaitement identifiable, même si les clichés sont un peu flous.« J'étais trop excitée et mon film n'était pas assez sensible », écrit-elle.C'est la première fois que je vois un colibri blanc.Si je me fie à quelques ouvrages de référence, l'albinisme complet serait excessivement rare chez le colibri.Mme Cardinal a également été étonnée par cette scène inusitée au cours de laquelle un bruant chanteur nourrit un oiseau quémandeur et criard, beaucoup plus gros que lui.« Pouvez-vous m'éclairer ?» demande-t-elle.Il s'agit tout simplement d'un bruant en train de nourrir son rejeton adoptif, un bébé vacher à tête brune, une espèce parasite qui fait élever ses petits par les autres.Le bruant chanteur et la paruline jaune figurent souvent parmi les victimes du vacher.Maman vacher attend que le bruant quitte son nid pour aller se nourrir et va pondre en grande vitesse son oeuf parmi les autres.Habituellement la couveuse n'y verra que du feu.Le hic, c'est que l'oeuf de vacher éclôt habituellement en premier.Les parents vont alors se mettre à le nourrir.Grand bec affamé, le vacher mange goulûment et les autres petits du nid devront se contenter des miettes.Il arrive même qu'en raison de la taille de l'adopté, les autres oisillons légitimes passent par-dessus bord.Même quand il vole de ses propres ailes, le vacher continuera d'être nourri durant quelques jours par ses parents adoptifs.Par la suite, il ira joindre ses semblables laissant sa famille d'accueil passablement épuisée.Histoire de pénis La maison Hurtubise HMH vient de publier un bouquin bien attirant sur le comportement des oiseaux.Les oiseaux racontés aux enfants explique notamment les facettes du plumage, la forme et l'usage des divers types de bec, comment se construit un nid, les migrations, la prédation, l'éclosion, etc.Les photos sont excellentes et l'illustration appropriée.Pour les parents, une belle occasion de se familiariser avec un sujet souvent méconnu, une occasion aussi pour initier les enfants en leur lisant quelques pages avant le dodo.Par contre, on peut se poser de sérieuses questions sur l'absence de certains aspects scientifiques dans l'ouvrage, si l'on se fie du moins à quelques textes, notamment les maigres lignes sur la copulation, un sujet susceptible de soulever bien des questions chez les jeunes.On y lit entre autres que «seuls les mâles canards sont pourvus d'un pénis ».S'il est vrai que peu d'oiseaux ont un pénis érectile, il n'en demeure pas moins que les oies, les autruches, les coqs de nos poulaillers et les dindons en sont également pourvus.Voilà pas mal d'omissions à mon avis, même s'il s'agit d'un livre destiné aux enfants.Évidemment, il n'était pas nécessaire de préciser qu'un pénis d'autruche en pleine extension atteint 20 cm de longueur.Les oiseaux racontés aux enfants par Philippe J.Dubois et Valérie Guidoux ; photos de Gilles Martin ; éd : Hurtubise HMH, Montréal 2004, 78 pages, 22,95 $."]
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