La presse, 22 août 2004, P. Plus
[" FRÈRES RIVAUX Chacun à son tour, ils ont dirigé le Parti québécois et exercé le rôle de premier ministre du Québec.Bernard Landry et Jacques Parizeau sont depuis toujours engagés dans le même combat.Mais leur relation a connu des moments difficiles.Et la dernière sortie deM.Parizeau, qui a proposé de tenir une élection référendaire sachant que cela ne pouvait que mettre l'actuel chef péquiste dans l'embarras, n'a rien fait pour les réconcilier.Retour sur la relation tumultueuse entre deux vieux routiers du nationalisme québécois.ors d'une excursion en bateau à la fin des années 80, Bernard Landry et Jacques Parizeau, qui se connaissaient depuis des lustres mais n'avaient jamais cessé de se vouvoyer, ont tenté de donner un ton plus intime à leur relation.Dorénavant, ont-ils décidé, ils allaient s'adresser l'un à l'autre en se disant «tu».Mais peine perdue.Après 20 minutes de conversation, ils n'en pouvaient plus et le «vous» a vite repris le dessus.La familiarité du tutoiement les rendait visiblement mal à l'aise\u2026 Cette anecdote racontée par Pierre Duchesne, auteur de la biographie non autorisée de Jacques Parizeau, illustre bien les rapports plutôt distants qu'ont toujours entretenus les deux leaders souverainistes.«Ils n'ont jamais été de bons amis, mais ce ne sont pas nécessairement des ennemis, dit M.Duchesne.Ce sont des compagnons d'armes, ils sont liés, mais en même temps, il y a toujours eu une forte rivalité entre les deux.» «En général M.Parizeau est un personnage qui tient ses distances», note pour sa part l'ex-ministre péquiste, Claude Morin.Il qualifie la relation entre les deux hommes de «correcte sans être indûment chaleureuse».Pourtant, dans l'entourage des deux politiciens, on murmure qu'aujourd'hui, ils ne s'adressent plus la parole.Information que ni Jacques Parizeau ni Bernard Landry n'ont voulu confirmer.Tous deux ont d'ailleurs préféré ne pas commenter l'état de leurs relations à La Presse.Mais tous leurs proches le confirment: leur conflit, aujourd'hui exacerbé, ne date pas d'hier.Les liens entre les hommes ont longtemps été fragiles.Le coup fatal aurait été porté en 2003, en pleine campagne électorale provinciale, lorsque le libéral Jean Charest a désarçonné Bernard Landry en affirmant que Monsieur \u2014 surnom donné à Jacques Parizeau \u2014 avait remis sur le tapis sa déclaration controversée sur «l'argent et des votes ethniques».Selon un ami intime des deux politiciens, M.Landry n'oubliera jamais cette scène.Le 31 mars 2003, en plein débat des chefs, Jean Charest brandit une dépêche de presse en accusant Jacques Parizeau d'avoir répété, le jour même, devant un groupe d'étudiants, sa fameuse déclaration du soir de la défaite référendaire.Sur le coup, Landry est déstabilisé.Par la suite, il demandera des explications et apprendra finalement que les propos ont été mal rapportés, et que Jacques Parizeau s'est même réjoui du nombre grandissant d'immigrants qui appuient l'option souverainiste.Mais le mal était fait.Le spectre de l'ancien premier ministre du Québec venait de ressurgir et quelques jours plus tard, Jacques Parizeau se retirait d'une campagne électorale à laquelle il n'avait jamais été officiellement convié.«Landry a été déstabilisé et Parizeau lui en a voulu de ne pas lui avoir fait confiance, raconte un proche qui souhaite garder l'anonymat.Cet incident a eu pour effet de couper les ponts entre les deux.Et la sortie de la biographie non autorisée de Jacques Parizeau n'a pas contribué à retisser les liens.» En effet, l'auteur et journaliste Pierre Duchesne relate dans son livre qu'au lendemain du référendum de 1995, Bernard Landry a demandé à Jacques Parizeau de démissionner.L'actuel chef péquiste a toujours nié cette information, dont la provenance n'était pas clairement établie.NATHAËLLE MORISSETTE \u203a Voir RIVAUX en page 2 PARIZEAUET LANDRY ILLUSTRATION LA PRESSE © DERMATITE DU BAIGNEUR PAGE 5 PLUS Frères d'armes Deux hommes, deux parcours RIVAUX suite de la page 1 Ces deux incidents s'ajoutent à une longue liste d'accrochages survenus entre les deux hommes depuis la création du Parti québécois, en 1968.« Lorsqu'on remonte dans le temps, on constate qu'ils ont emprunté des chemins différents même s'ils ont évolué au sein de la même famille politique », explique Éric Bédard, historien à l'Université du Québec à Rimouski et président de l'aile jeunesse du PQ de 1994 à 1996.Pilier important de l'équipe de René Lévesque, Jacques Parizeau était déjà considéré à la fin des années 60 comme une figure importante en économie.De son côté, Bernard Landry tentait aussi de faire sa place dans ce domaine.« Jacques Parizeau s'est toujours défini au sein du Parti québécois comme LA référence économique, raconte Pierre Duchesne.Jacques Parizeau, l'économiste qui avait fait ses études à Londres, allait être celui qui allait faire perdre leurs complexes aux Québécois en leur disant qu'ils étaient capables de réussir sur le plan économique.Parizeau était très jaloux de son statut et chaque fois qu'il arrivait un politicien dans ce parti qui voulait se définir un statut d'économiste, il voyait là un rival.» Or, lorsque le PQ a pris le pouvoir en 1976, Bernard Landry a voulu se donner l'image d'un politicien qui pourrait s'occuper des dossiers économiques.René Lévesque lui a même confié les rênes du ministère d'État au Développement économique.Il a donc tenté de faire sa marque dans le domaine.« Mais le problème c'est que Jacques Parizeau occupait toute la place dans le milieu économique, soul i g n e M.Duches n e .Et , visiblement, il ne voulait pas que ce ministère-là (celui de Landry) fonctionne parce qu'il se sentait menacé.» Avec les années, la rivalité entre les deux hommes prend des proportions énormes.En 1978, Jacques Parizeau en a voulu à René Lévesque de l'avoir écarté de la conférence fédérale-provinciale sur l'économie, mentionne Pierre Duchesne.Ce sont plutôt Claude Morin et Bernard Landry qui avaient été choisis pour accompagner le premier ministre.Selon plusieurs sources, Monsieur était tellement furieux qu'il aurait révélé à un journaliste la stratégie du Québec, quelques jours avant le début de la conférence.« Jacques Parizeau a fait ça pour mettre Landry dans l'embarras », poursuit M.Duchesne.Le départ de Jacques Parizeau Un autre coup dur a été porté à leur relation en 1984 lorsque M.Parizeau a claqué la porte du parti, qui tentait de se relever d'un premier échec référendaire.Déçu par le « beau risque » qui avait incité René Lévesque à s'ouvrir au fédéralisme canadien, il quitte le PQ.Landry décide de rester.« Je pense que ça a été l'une des plus grosses mésententes qu'ils ont eues, se rappelle l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette.Quand Parizeau est parti, on n'était pas d'accord avec ce départ.En démocratie, il faut savoir se rallier.Partir n'était pas une solution.» Le parti a connu des années difficiles sous Pierre Marc Johnson, arrivé en poste en 1985.Puis les chemins de Jacques Parizeau et Bernard Landry se sont croisés de nouveau en 1988.Quatre ans après avoir quitté le parti, M.Parizeau revient par la grande porte et prend la tête du PQ, qui est alors dans l'opposition.Bernard Landry est nommé vice-président du parti en 1989 et deviendra vice-premier ministre lors de la victoire du Parti québécois en 1994.«À ce moment, ils redeviennent des compagnons d'armes, note Pierre Duchesne.Ils vont très bien travailler ensemble.» « Ils n'ont pas eu que des mésententes, tient à souligner l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette.Concernant la Loi 101, ou la Loi sur le financement des partis, par exemple, ils partageaient le même point de vue.» Ils s'entendaient aussi sur la place que doit occuper l'État dans le développement de l'économie québécoise, rappelle Éric Bédard.« Ils étaient tous les deux d'accord pour que les grandes institutions issues de la Révolution tranquille, comme la SGF, interviennent pour générer des investissements.» Nouvelles tensions Les tensions entre les deux hommes ont toutefois refait surface avec la campagne référendaire de 1995.Alors que M.Parizeau voulait tenir un référendum sur la souveraineté le plus rapidement possible, Bernard Landry était moins pressé.Selon Pierre Duchesne, M.Landry aurait préféré que le premier ministre de l'époque repousse l'échéance.Il n'a pas réussi à le convaincre.Finalement, les souverainistes perdent leur bataille et, au lendemain du référendum, Jacques Parizeau se retire.Il continue tout de même à graviter autour du PQ, ce qui irrite profondément Bernard Landry, particulièrement lorsqu'il deviendra lui-même premier ministre.« Landry n'appréciait pas que M.Parizeau vienne mettre son grain de sel chaque fois qu'il en avait l'occasion », mentionne M.Chevrette.Et Jacques Parizeau en a remis cette semaine en publiant une lettre dans La Presse dans laquelle il remet en question la démarche « étatiste » et évoque la possibilité de tenir des élections référendaires.« C'est toujours achalant quand ce genre d'intervention vient d'un ancien premier ministre », poursuit Guy Chevrette.« En lançant ce débat, M.Parizeau prouve une fois de plus que c'est lui qui donne le rythme, ajoute Pierre Duchesne.Le problème, c'est que Bernard Landry aimerait bien battre la mesure.» NATHAËLLE MORISSETTE 1-Études > Jacques Parizeau: Après ses études aux HEC, M.Parizeau retourne sur les bancs d'école, à l'Institut d'études politiques à Paris, pour ensuite obtenir un doctorat en économie à la London School of Economics.Il est le premier Canadien français à décrocher un tel diplôme.> Bernard Landry : M.Landry a obtenu une licence en droit ainsi qu'un diplôme en économie et en finances à l'Université de Montréal.Il a ensuite étudié à l'Institut d'études politiques à Paris.2-Fondation du Parti québécois (1968) > Jacques Parizeau: À l'époque, Jacques Parizeau est considéré comme LA référence économique du Québec.René Lévesque le recrute donc dans son équipe avec un immense plaisir, car il permettra de donner une légitimité au message souverainiste.> Bernard Landry : M.Landry est également spécialiste en économie, mais il est forcé de travailler dans l'ombre de M.Parizeau, qui prend déjà beaucoup de place à l'époque.3-Élection du PQ (1976) > Jacques Parizeau: Il refuse le poste de ministre d'État au Développement économique que lui offre René Lévesque.Il se retrouve finalement à la présidence du Conseil du Trésor et devient ministre des Finances et du Revenu.> Bernard Landry : M.Landry accepte la proposition rejetée par Jacques Parizeau et prend les rênes du ministère d'État au Développement.4-Arrivée de Pierre Marc Johnson > Jacques Parizeau: En 1984, Jacques Parizeau claque la porte du parti, dégoûté par le « beau risque » qui a incité René Lévesque à s'ouvrir au fédéralisme canadien après la défaite référendaire de 1980.> Bernard Landry : Bernard Landry reste au PQ et assiste à l'arrivée de Pierre Marc Johnson à la tête du parti.Au lendemain des élections de décembre 1985, le Parti québécois se retrouve dans l'opposition.Bernard Landry perd son siège de député et va enseigner les sciences administratives à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).5-Le retour des deux hommes > Jacques Parizeau: En 1988, Jacques Parizeau fait un retour en politique et prend la tête du PQ.> Bernard Landry : M.Landry se joint également aux rangs péquistes et devient vice-président du parti.Le PQ prend de nouveau le pouvoir en 1994.6-Le départ de Jacques Parizeau > Jacques Parizeau: Après le référendum de 1995, Jacques Parizeau, qui fait face à une défaite, décide de tirer sa révérence.Il reste en poste jusqu'en janvier 1996.Lucien Bouchard devient alors premier ministre du Québec.> Bernard Landry : Bernard Landry devra attendre deux ans avant de prendre la tête du parti.Il est devenu premier ministre du Québec le 8 mars 2001.PHOTOCLEMENT ALLARD, PRESSE CANADIENNE Tous les proches de Jacques Parizeau et Bernard Landry le confirment : leur conflit, aujourd'hui exacerbé, ne date pas d'hier.«Landry n'appréciait pas que M.Parizeau vienne mettre son grain de sel chaque fois qu'il en avait l'occasion», mentionne l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette.La rubrique qui voit et entend tout (à sa façon) DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS ÉTATS-UNIS Que dirait Jésus ?Les théologiens du pays tentent de définir, à l'approche de l'élection présidentielle de novembre, pour quel candidat aurait voté Jésus.L'un des participants a soutenu sans sourciller que «le charpentier de Galilée était le premier des démocrates».Un autre a plutôt affirmé qu'il resterait au-dessus de la mêlée.Dieu seul sait ce qu'il dirait de la possibilité d'une élection référendaire\u2026 Nombre d'années qu'a dû patienter un Roumain pour obtenir une réponse (négative) de la société nationale de téléphone après avoir demandé l'installation d'une ligne dans sa maison.Une petite chronique sur la détérioration des services publics avec ça?Pourcentage d'Américains jugeant que la torture peut se justifier dans certaines circonstances liées au terrorisme, selon un sondage publié mercredi par un institut de Washington.Nombre de bières englouties par un ours noir qui a été retrouvé ivre mort récemment dans un parc à une centaine de kilomètres de Seattle.DES OH! ET DES BAH! ILS, ELLES ONT DIT.Pragmatique «Quel âge pensez-vous qu'avait le général de Gaulle quand il est devenu président de la République française?» \u2014 Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, réagissant aux questions des médias qui lui demandaient s'il n'est pas trop âgé pour mener sa formation aux prochaines élections provinciales.AFRIQUE DU SUD L'arbitre contre-attaque On ne badine pas avec le règlement en Afrique du Sud, qui présente l'un des taux de crimes violents les plus élevés de la planète.Lors d'un récent match de football dans l'est du pays, un arbitre a ouvert le feu et tué un de ses critiques après avoir suscité l'indignation de la foule en attribuant un carton jaune.Dans la même veine, des agents de bord d'Aeroflot, en Russie, ont récemment battu un passager qui leur reprochait d'avoir trop bu.Vraiment, les gens ne savent plus tenir leur rang, l'anarchie menace.EN HAUSSE.EN BAISSE > SILVIO BERLUSCONI Le premier ministre italien a ravi les médias de son pays en arborant pendant plusieurs jours un bandana blanc lui donnant des airs de pirate.Il semble que l'artifice servait à dissimuler\u2026 une greffe de cheveux.> LE BARBECUE Le précieux appareil, artifice incontournable de la vie nord-américaine, a désormais acquis le statut d'arme biologique en Israël, certaines prisons l'utilisant pour tenter de faire craquer des détenus palestiniens engagés dans une grève de la faim.Avec la collaboration de Marc Thibodeau, Agnès Gruda, l'AFP, AP et BBC PLUS Anatomie d'une campagne calomnieuse RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK Il y a un mois, lors de la convention démocrate à Boston, John Kerry a misé à fond sur son expérience militaire au Vietnam pour convaincre les Américains qu'il serait un bon commandant en chef.« Je m'appelle John Kerry et je réponds à l'appel », a déclaré le candidat présidentiel, ouvrant son discours d'investiture par un énergique salut militaire.« J'ai défendu mon pays comme jeune soldat, je le défendrai en tant que président », a-t-il ajouté.Plus tôt dans la soirée, l'ancien sénateur Max Cleland, un autre vétéran du Vietnam, avait qualifié Kerry d'« authentique héros américain », évoquant les actes de bravoure et les décorations du candidat démocrate.La stratégie a porté ses fruits, s'il faut se fier aux sondages.Au lendemain de la convention, Kerry devançait Bush sur presque tous les sujets, y compris la sécurité nationale.Le vétéran du Vietnam était en effet vu comme « le plus qualifié pour être commandant en chef », selon le sondage ABC/Washinton Post publié le 2 août \u201452% jugeaient qu'il est le « plus qualifié », alors que 44% penchaient pour le président républicain, George W.Bush.De quoi faire paniquer les républicains, qui n'ont reculé devant rien depuis pour dénigrer l'expérience militaire de John Kerry, n'hésitant pas à utiliser tous les arguments, même les plus trompeurs.Ni brave ni honnête Dans un message publicitaire diffusé dans les jours suivant la convention démocrate, un groupe d'anciens combattants du Vietnam a accusé Kerry d'avoir menti sur ses blessures de guerre et exagéré son « héroïsme » face à l'ennemi.« John Kerry n'a pas été honnête », affirme l'un des anciens combattants.Selon lui, Kerry se serait lui-même infligé la blessure qui lui a valu la première de ses cinq médailles (une Silver Star, une Bronze Star et trois Purple Heart).« John Kerry a menti pour obtenir sa Bronze Star », dit un autre.Un troisième prétend que Kerry aurait gagné sa médaille la plus prestigieuse, la Silver Star, en tuant un adolescent en train de s'enfuir.En tout, 13 anciens combattants interviennent dans l'annonce.Ils forment une association appelée Swift Boat Veterans for Truth.Comme Kerry, ils ont combattu sur des vedettes rapides au Vietnam.Mais un seul d'entre eux a servi sous les ordres de Kerry.Selon la presse américaine, le groupe est financé en grande partie par un promoteur immobilier du Texas, Bob Perry, qui est lié depuis longtemps à la famille Bush et au stratège politique du président, Karl Rove.La pub des vétérans anti-Kerry a été diffusée dans seulement trois États, mais elle a généré une tonne de commentaires à la télévision, à la radio, dans Internet.Et jeudi, elle a forcé Kerry à lancer une contre-offensive.Le message publicitaire a été suivi quelques jours plus tard par le lancement d'un livre qui reprend les accusations de Swift Boat Veterans for Truth, Unfit for Command (Inapte au commandement), écrit par Jerome Corsi et John O'Neill.Le premier a déjà publié des commentaires anticatholiques, antimusulmans et antisémites dans Internet.Le deuxième, un vétéran du Vietnam, a déjà été recruté par le gouvernement Nixon pour salir la réputation de Kerry, qui avait pris la tête du mouvement antiguerre.Cette semaine, Unfit for Command fait son apparition sur les listes des best-sellers des grands journaux.La sortie de Mc Cain Au tout début de la campagne calomnieuse, le sénateur républicain John Mc Cain a appelé la Maison- Blanche à prendre fermement ses distances, qualifiant de « malhonnête et indigne » le message publicitaire des Swift Boat Veterans for Truth.Ancien prisonnier de guerre au Vietnam, Mc Cain avait fait l'objet d'une campagne semblable durant la course à l'investiture républicaine en 2000.Après sa victoire surprise au New Hampshire, un groupe de vétérans était sorti de nulle part pour mettre en cause son équilibre mental.Or, en 2004 comme en 2000, George W.Bush a refusé de condamner directement ceux qui calomnient son adversaire.« Le sénateur (Kerry) a raison d'être fier de son action au Vietnam », a déclaré le président républicain la semaine dernière lors d'une entrevue à l'émission Larry King Live.Pressé par King, qui voulait une critique explicite, Bush a ajouté : « Je n'ai pas vu l'annonce, mais je condamne les activités financées par de l'argent non autorisé.» Le président faisait allusion à une faille de la nouvelle loi sur le financement électoral aux États-Unis.Cette faille a permis la création d'associations politiques appelées « 527 » (du nom de l'exemption fiscale dont elles bénéficient).La plus connue d'entre elles, Move On.org, est largement financée par le milliardaire George Soros, très hostile à George W.Bush.Mais la publicité et le livre des vétérans anti-Kerry ne se comparent pas aux activités de Move On.org.Une haine viscérale La semaine dernière, les médias américains ont relevé plusieurs contradictions majeures dans les témoignages des vétérans anti-Kerry.Un exemple : l'ancien lieutenant Larry Thurlow soutient que Kerry ne mérite pas sa Bronze Star pour avoir sauvé un camarade sous le feu de l'ennemi, le 13 mars 1969.Ce jour-là, selon le témoignage de Thurlow, il n'y avait pas de tirs ennemis dans le secteur où il se trouvait avec John Kerry.Or, selon son propre dossier militaire, des Vietcongs tiraient bien ce jour-là sur les patrouilleurs américains et Thurlow fut même récompensé d'une Bronze Star.Le Washington Post a obtenu le dossier militaire de Thurlow grâce à la loi d'accès à l'information.Au-delà de leurs nombreuses accusations mensongères, les vétérans anti-Kerry semblent entretenir une haine viscérale envers le candidat démocrate, auquel ils n'ont pas pardonné son rôle dans le mouvement contre la guerre au Vietnam.Cette haine est aujourd'hui exploitée par des amis et partisans texans de Bush.Jeudi, dans sa contre-offensive, Kerry a accusé le président républicain de se servir de l'association des Swift Boat Veterans for Truth « pour faire son sale boulot ».« Si (George W.Bush) veut que l'on discute de nos états de service pendant la guerre du Vietnam, voici ma réponse: qu'il vienne !» a ajouté Kerry.Le camp républicain a réfuté l'accusation de Kerry.Le lendemain, le camp démocrate a demandé à Regnery, l'éditeur du livre Unfit for Command, de mettre un terme à la « vente au détail d'une supercherie ».Au fil des ans, Regnery a publié plusieurs ouvrages très critiques, voire vicieux, à l'endroit des démocrates.Au cours des prochains jours, l'équipe de Kerry diffusera son propre message publicitaire mettant en vedette les vétérans qui ont servi sous ses ordres au Vietnam.Mais la campagne calomnieuse a peut-être déjà porté ses fruits.Après la diffusion du message des vétérans anti-Kerry, le soutien du sénateur du Massachusetts a fondu parmi les anciens combattants.Et hier, les vétérans anti-Kerry ont enchaîné avec une nouvelle publicité, critiquant Kerry pour son rôle dans le mouvement antiguerre à son retour du Vietnam.PHOTO JIM BOURG, REUTERS Présenté comme un «authentique héros américain » lors de la convention démocrate qui se déroulait le mois dernier à Boston, John Kerry a remonté dans les sondages dès le lendemain de l'événement.De quoi faire paniquer les républicains, qui n'ont reculé devant rien depuis pour dénigrer son expérience militaire.La douceur des bidonvilles JOONEED KHAN ENVOYÉ SPÉCIAL jkhan@lapresse.ca CARACAS, Venezuela \u2014 Des retraités qui dansent le joropo dans une grande salle, des bénévoles qui animent une radio communautaire, un dentiste cubain qui soigne petits et grands, voilà autant de scènes de la vie quotidienne dans les barrios de Caracas.Les barrios, ce sont ces quartiers populaires de cubes de briques rouges entassés aux flancs des collines et qui sont la base sociale du président Hugo Chavez au Venezuela.Ils se trouvent à l'extrémité ouest de la principale ligne de métro, qui dans l'autre direction mène aux quartiers huppés et municipalitésjardins tels que Chacao et Altamira.Victor Nava, moustache fine et verres fumés ajustés sur la visière d'une casquette, m'attend au terminus de Propatria.Les marchands meublent leurs étals sur les trottoirs, l'arôme de poulet grillé et de crêpes de maïs se répand dans l'air pendant que les joropos font vibrer les haut-parleurs des marchands de CD.« Il y a 20 000 habitants dans ma paroisse d'El Amparo, dit Victor.Avant Chavez, élu en 1998, il y avait une seule école primaire ici, une seule école secondaire et pas d'hôpital ni de dispensaire.Nous avons maintenant sept écoles primaires, cinq lycées, des dentistes et des médecins cubains dans les cliniques », dit-il.« Je ne suis pas membre du parti de Chavez.La plupart des gens du quartier ne le sont pas.Mais nous sommes fidèles au président.Pourquoi ?Parce qu'il nous donne les moyens de nous prendre en main, de mobiliser nos énergies pour développer notre quartier.Nous avons éliminé les eaux stagnantes, nous avons des garderies, des terrains de jeu pour les jeunes, des ateliers pour leurs apprendre des métiers », dit-il.La veille, je me trouvais avec de jeunes opposants du chic quartier de Chacao.Assis à une terrasse de l'ultramoderne centre commercial San Ignacio, ils disaient combien les gens des barrios sont des « sauvages ».Pourtant, à San Ignacio, le soir, les jeunes viennent déguster des mets chinois ou thaïs, fumer des cigares dans des rhumeries, se faire voir et draguer.« La vie nocturne est devenue une industrie organisée, m'a dit Léo, mon jeune guide.Le métier de DJ est devenu sérieux.Je gagne bien ma vie.J'ai beaucoup de copines qui ont suivi des cours et qui sont maintenant serveuses de bar.» À Propatria, les jeunes apprennent la couture, l'ébénisterie, la construction, et terminent leurs études dans des ateliers financés par l'État.Jesus, diplômé d'histoire, est chef cuisinier dans une coopérative alimentaire d'El Amparo.Né dans le quartier, c'est un intellectuel engagé.Il parle de la dépendance scandaleuse du Venezuela envers les aliments importés, qui composent 85% de ce que l'on trouve au pays.« La grande bourgeoisie importatrice sabote tous les efforts d'autosuffisance alimentaire.Il y a eu une réforme agraire, mais les paysans ont dû revendre leurs terres aux grands propriétaires car ils n'avaient pas de capital pour acheter les machines et les fertilisants.La question agraire va refaire surface, c'est sûr », dit-il.À Propatria, les maisons et les échoppes sont collées les unes contre les autres.Il n'y a ni cour ni jardin.Mais les gens ont préservé les arbres séculaires qui répandent une ombre fraîche sur les petits espaces communs, où des grands-parents bavardent pendant que des enfants jouent autour d'eux.Pour un bidonville, la dignité des gens impressionne et la douceur de vivre séduit.Il n'y a pas la moindre tension, pas de présence policière ou militaire, pas la moindre peur.Au Mercal, le marché subventionné par l'État, Cristina, la patronne, jure que ses prix sont trois fois plus bas que dans les supermarchés.Les clients les plus pauvres, qui ont des cartes de l'assistance sociale, obtiennent en outre des rabais de 50 à 75 %.Au lycée Antonio-José-Sucre, vide pour les vacances, les décrocheurs payés pour finir leurs études rénovent les édifices et les terrains de jeu.Ils ont peint des fresques de l'histoire du Venezuela et de l'Amérique latine sur les murs.« Regardez au sommet de la tour de télécommunications, dit William Ledezma, un moniteur.Nos étudiants y ont installé un poster qui dit de voter Non en soutien au président Chavez.» . PLUS LA PRESSE D'AILLEURS THE NEW YORK TIMES Émondage Chez beaucoup d'économistes mais dans l'entourage du président Bush surtout, on se demande comment il se fait qe si peu d'emplois nouveaux accompagnent ce que l'on qualifie officiellement de reprise de l'activité.Un reporter du New York Times, Eduardo Porter, a fait le tour des employeurs \u2014 les gros comme les petits\u2014 pour découvrir finalement que ce sont les coûts de l'assurance- santé pour ces employeurs qui les contraignent à limiter au maximum l'embauche de personnel.Ces coûts atteignent maintenant une moyenne de 3000 $ US par année et c'est le poste de dépense qui croîtrait le plus rapidement.Ce poste de dépense serait même, à ce momentci, plus cruel pour les affaires de l'entreprise que la hausse du prix du carburant.THE BOSTON GLOBE Bavardage L'entourage présidentiel et la classe patriotique américaine s'agitent peut-être en vain.Après avoir rebaptisé les French fries Freedom fries et incité les consommateurs à laisser couler leurs bordeaux dans l'évier, voici que des chiffres leur tombent sur la tête : le tourisme américain en France a augmenté de 10% au cours du premier trimestre de 2004, et ce en dépit d'une baisse du billet vert vis-à-vis de l'euro.La France a essuyé dans le passé plusieurs campagnes anti-tourisme nées aux États-Unis, ce qui n'empêche pas l'Hexagone de demeurer le pays le plus fréquenté par les touristes dans le monde.Un chiffre peut consoler les patriotes américains cependant : Euro Disney accueille annuellement plus de monde que la tour Eiffel ou le musée du Louvre.Mais un patriote français répliquera qu'on ne fait pas la queue à Euro Disney, alors que c'est le cas à la tour Eiffel ou au Louvre.THE ECONOMIST Copinage Si des Américains comprennent mal que leurs compatriotes apprécient encore la France comme touristes, ils ne comprennent pas davantage que les Allemands se montrent de plus en plus distants à leur égard.Comment se fait-il que les citoyens d'une république formée, dans sa modernité, par des juges, des généraux et des administrateurs américains, puissent tourner le dos aux État- Unis?À moins que ce ne soit que contre George W.Bush ! Toujours est-il que les sondages révèlent une détérioration marquée de l'appréciation des États-Unis en Allemagne.Un sondage de l'institut Allensbach, cité par The Economist, dit des Allemands qu'ils jugent les Américains « irréfléchis » (à 54% contre 28 % en 1991), « violents » (54% contre 33 %) et « arrogants » (66 % contre 38 %).Un autre sondage indique que la France est désormais jugée la « meilleure amie » de l'Allemagne plutôt que les États-Unis, qui ne font plus que 15 %.THE OBSERVER Jardinage Traditionnellement, le dimanche matin, dans n'importe quelle ville anglaise, est consacré au jardinage de rue, c'est-à-dire dans le modeste espace entre le trottoir et la maison.Mais voilà une autre tradition qui se perd, l'espace en question étant de plus en plus arraché à ses expériences horticoles pour faire place à une couche d'asphalte servant de parc de stationnement.C'est une façon de vivre qui disparaît, mais c'est aussi une qualité visuelle exceptionelle que l'Angleterre offrait à ses contemporains.L'hebdomadaire The Observer constate que des rues entières de quartiers d'inspiration victorienne ont vécu cette mutation, forcée par la présence de 32 millions de véhicules personnels en Grande-Bretagne.Et voici qu'à la suite de récentes inondations urbaines dues à de grandes pluies, on découvre que l'addition de ces petites surfaces asphaltées gêne la pénétration de l'eau dans les sols et accentue le volume des eaux de ruissellement, donc l'ampleur des inondations.PHOTO AP Cet ouvrier palestinien se repose un moment, appuyé sur le mur de huit mètres qu'érige Israël, près de Jérusalem-Est notamment, en guise de protection contre des attentats pouvant venir de Cisjordanie.Évacuation de Gaza et mur en Cisjordanie: Sharon n'a plus qu'à convaincre les siens Les Palestiniens paraissent ne jamais avoir été autant abandonnés à leur sort RÉAL PELLETIER Accident de parcours ou visée machiavélique ?Toujours est-il qu'un récent livre d'art intitulé Merveilleux Israël reproduit une carte dite d'Israël sur laquelle on ne trouve aucune trace des territoires palestiniens occupés.Le magazine Jeune Afrique- L'Intelligent s'en avise : « On n'y trouve pas la moindre mention de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza.Le Golan, bien sûr, y est intégré à l'État hébreu.Lequel n'hésite pas à englober tout le mont Hermon qualifié, dans le texte, de « point culminant d'Israël .» Et l'auteur de poursuivre : « Ainsi les Israéliens font-ils exactement ce qu'ils reprochent à certains manuels palestiniens et arabes où Israël ne figure pas : pour eux aussi, la moindre esquisse de la Palestine est décidément inexistante.» Le caractère anecdotique de l'événement n'en rappelle pas moins les tendances lourdes qui animent le Proche-Orient, maintenant soumis au plan du premier ministre d'Israël, Ariel Sharon, d'évacuer la bande de Gaza en échange \u2014 de facto \u2014 d'une consolidation des positions coloniales israéliennes en Cisjordanie, une terre beaucoup plus convoitée que celle de Gaza par l'État hébreu.Nouvelles colonies En début de semaine dernière, le gouvernement israélien a lancé des appels d'offres pour 1001 nouveaux appartements, subventionnés par l'État, en Cisjordanie occupée.La feui l l e de route internationale vers la paix, acceptée par Israël, prévoyait pourtant le gel de toute expansion d'implantations israéliennes en territoires occupés.Les autorités israéliennes insistent sur le fait que les nouvelles implantations ne constituent que des ajouts aux implantations existantes, dont elles ne dépassent pas les frontières.Un diplomate occidental signale au New York Times qu'on voit mal comment Washington pourra accepter cette explication, mais on n'ignore pas, dans la communauté diplomatique, qu'Israël, sous divers régimes et depuis des années, érige des colonies de peuplement en territoires occupés contre la volonté formelle des États- Unis.(En derniere heure hier, le New York Times signalait que Washington vient d'approuver l'initiative du gouvernement Sharon.) Le président Bush, rappelle Steven Erlanger, le correspondant du New York Times à Jérusalem, est un solide partisan du premier ministre Sharon.D'ailleurs Eliot Abrams, directeur des affaires du Moyen- Orient au Conseil national de sécurité des États-Unis, a fait savoir aux Israéliens que le président Bush leur fait confiance en matière d'expansion des implantations coloniales.De toute manière, on conçoit assez qu'une campagne électorale aux États-Unis ne soit pas la période idéale pour rouvrir le dossier, chaud s'il en est, des rapports entre Washington et Tel-Aviv.Et il paraît peu vraisemblable que l'opposant démocrate, John Kerry, veuille le faire.Dans le camp de Kerry comme dans celui de Bush, on est sensible au vote juif, notamment en Floride, un État clé lors du scrutin de novembre.John Kerry a été heureux de découvrir, l'an dernier, que ses grands-parents paternels, d'origine irlandaise, étaient juifs.Quant à son frère, l'ex-catholique Cameron Kerry, il a épousé une juive il y a un quart de siècle et s'est converti au judaïsme pour mieux accomplir son engagement d'éduquer leurs enfants dans la religion juive.M.Kerry ne donne aucun signe de vouloir ouvrir le débat sur la politique de Washington à l'égard d'Israël.Dès avril dernier d'ailleurs, M.Kerry avait déjà fait son lit en la matière.Le chroniqueur Gerard Baker, du Financial Times, de Londres, avait remarqué que M.Kerry était complètement d'accord avec l'administration Bush quant à l'approbation du plan Sharon pour les territoires occupés.Le candidat démocrate est même allé plus loin que l'administration Bush en endossant l'assassinat du leader du Hamas, Abdel Aziz Rantisi.Le chroniqueur Baker a recueilli, chez les diplomates européens, le sentiment d'une « génuflexion cynique de M.Kerry devant le lobby pro-israélien des États-Unis, un simple calcul indiquant que les juifs de Floride et de Pennsylvanie comptent plus que les Palestiniens de Ramallah ou de Bethléem ».Qu'on aime ça ou non, conclut M.Baker, « l'appui des États-Unis à Israël et à ses initiatives est authentique, bipartisan et profond ».Ce qui ne fait rien pour nourrir l'espoir chez les Palestiniens.Palestiniens abandonnés On touche ici un point vital.Le politologue Walter Russell Mead, membre éminent du réputé Council on Foreign Relations, aime bien sortir de son bureau et aller tâter le terrain.Intrigué par l'anti-américanisme qui anime le Moyen-Orient, il y a passé cinq semaines pour essayer de comprendre.Il en dégage le sentiment net que ce que les populations reprochent avant tout aux États-Unis, ce n'est pas l'appui à Israël en soi, pas plus que l'invasion de l'Irak, mais le fait que Washington ne paraît aucunement intéressé aux droits et aux besoins des populations palestiniennes.Il est entendu, par exemple, que des millions de réfugiés palestiniens ne pourront pas réintégrer leur pays d'origine, mais pourquoi les États-Unis, avec l'appui des Européens, ne prendraient-ils pas le leadership d'un programme offrant compensation à ces réfugiés?demande M.Russell Mead, dans l'International Herald Tribune.Où ces réfugiés palestiniens peuvent-ils se présenter pour faire valoir leurs revendications ?Quel tribunal entendra leurs plaintes ?Quelles normes s'appliqueront ?D'où viendra l'argent pour donner justice à ces réfugiés ?Vu l'état des esprits dans la région, pareille initiative américaine ne promettrait pas la paix, mais elle aurait l'avantage d'atténuer l'anti-américanisme qui hante le monde, musulman ou autre.Affrontements Entre-temps, les deux vieux lions du conflit israélo-palestinien, Ariel Sharon et Yasser Arafat, se disputent les tribunes dans leur combat, chacun se retrouvant aux prises toutefois avec une contestation intérieure.Le chef de l'Autorité palestinienne, tout en maintenant son statut de leader historique, se fait désormais montrer du doigt par plusieurs des siens comme manipulateur et dilapidateur de l'aide internationale.Ariel Sharon, de son côté, a choisi de faire la preuve que son plan d'évacuation de la bande de Gaza est le meilleur, quitte à se distancer de l'extrême-droite israélienne tout en se redonnant une base politique consistante en Israël.James Bennet, ex-chef de bureau du New York Times à Jérusalem, rentre d'un voyage dans la région et a produit dans le magazine dominical, la semaine dernière, un impressionnant grand reportage sur les visées d'Ariel Sharon, qu'il a interviewé d'ailleurs dans son ranch, le plus grand d'Israël.Ce qui s'en dégage, c'est qu'Ariel Sharon ne croit plus à la négociation, qu'il a décidé de prendre le taureau par les cornes et d'établir ce qui lui paraît comme l'espace minimal dont a besoin Israël pour vivre.M.Bennet n'a pas interviewé seulement M.Sharon, mais aussi plusieurs de ses conseillers.L'un d'eux avoue : « Ce que nous voulons réellement, c'est tourner le dos aux Arabes et ne plus jamais avoir à négocier avec eux.» Le mur en construction qui isole la Cisjordanie \u2014 et la gruge\u2014 serait plus qu'une réalité matérielle : il traduirait aussi une réalité mentale.L'auteur cite, à ce propos, le brigadier général Eival Gilady, devenu conseiller du gouvernement israélien en matière de sécurité et d'affaires internationales et qui serait « le père intellectuel des détails du plan de désengagement de Sharon ».Qu'en est-il de ce plan ?Le journaliste Bennet explique : l'armée israélienne a quadrillé les enclaves juives et arabes de Cisjordanie, et la carte commence à prendre forme.Israël a commencé à creuser des tunnels sous les zones qu'il contrôle pour permettre de relier les Palestiniens entre eux.La Cisjordanie devient ainsi un microcosme de mobilité pour gens habitués aux clôtures et souterrains vivant dans une cage un peu plus petite que le Delaware.Le conseiller Gilady espère ainsi que les postes de contrôle vont disparaître d'une enclave palestinien à une autre et que, ces irritants s'estompant, le goût de la paix viendra.C'est que M.Gilady a des principes : « La paix n'apporte pas la sécurité, mais la sécurité apportera la paix.» Ariel Sharon ne voit aucun avantage pour Israël à conserver la bande de Gaza : « Je n'y vois aucun avenir pour la vie juive », dit-il.La Cisjordanie, c'est autre chose.Or M.Sharon a décidé de remplacer, en Israël, l'esprit de peur et de ghetto à l'européenne par le pouvoir militaire et l'ambition territoriale.En lieu de la religion et de la prière autour de Jérusalem, il préconise la fierté ethnique et la possession de la terre.« Sharon n'est pas un homme religieux », dit M.Bennet.Il a des références bibliques, mais qui sont plus géographiques que spirituelles.Pour lui, « les vieilles nations juives ont disparu.Elles n'existent plus.Mais les juifs existent ».Quand il circule dans la région de Ramallah, M.Sharon n'y voit assurément pas l'univers d'Arafat, mais il ferme les yeux et y imagine l'ancienne tribu de Benjamin qui, armée de lances, dominait les terrasses.Et, d'ajouter M.Sharon, « ces terrasses n'ont pas été construites par les Arabes.Ce sont de vieilles terrasses juives.» DERMATITE DU BAIGNEUR Le parasite qui colle à la peau PAUL JOURNET Au lendemain d'une baignade dans le lac Borrier, à 30 minutes au nord du Mont-Tremblant, 150 boutons rouges sont apparus sur le corps d'une résidante d'Ottawa.« Ses boutons ressemblaient à de grosses piqûres de maringouins, mais à la puissance 10 », relate son mari, Pierre Jury.La démangeaison devenait insoutenable et des cloques ont apparu.Personne ne pouvait l'expliquer.« Puis, j'ai allumé, se souvient Pierre Jury.Mon fils avait déjà eu des plaques semblables après avoir nagé dans un lac il y a deux ans.Les médecins en ignoraient aussi la cause au début.» L'explication est devenue évidente à ses yeux : la dermatite du baigneur venait de faire une nouvelle victime dans la famille.Bon an mal an, plusieurs Québécois deviennent aussi malgré eux les hôtes du parasite causant la dermatite du baigneur.Heureusement, les symptômes sont rarement aussi graves.« Le nombre de boutons rouges est habituellement limité », assure le dermatologue Alain Ouellet.Plus chanceux que la baigneuse d'Ottawa, Pascal Lavoie s'en est ainsi tiré avec une dizaine de points rouges sur les jambes.« Ils sont apparus après une baignade l'année dernière dans le lac Nairne, dans Charlevoix, raconte le jeune homme de 25 ans.Ça m'a piqué pendant une semaine et le problème n'a jamais réapparu.» Invisibles à l'oeil nu La maladie est causée par des parasites d'eau (ou larves cercaires), invisibles à l'oeil nu.Ils se réfugient généralement dans un canard ou un rat musqué.Le système digestif de l'animal leur sert d'hôte.Puis, ils sont éjectés avec les selles.Lorsqu'ils tombent dans le lac, les parasites se développent dans des escargots.Une fois ressortis, ils errent dans l'eau.Si un nageur a le malheur de les croiser, ils se collent à sa peau.Ne pouvant vivre chez l'homme, ils meurent après environ 10 jours.Ce bref séjour suffit quand même pour causer des inflammations gênantes sur la peau.Une fois leur oeuvre commencée, les parasites sont difficiles à arrêter.Le seul traitement possible est le soulagement des symptômes.Des antihistaminiques, comme le Benadryl, et de la crème de cortisone peuvent diminuer la démangeaison, mais ces médicaments ne peuvent pas tuer le parasite.Éviter l'infection n'est pourtant pas difficile.Règle générale, s'essuyer vigoureusement avec une serviette permet d'enlever les parasites de la peau.À preuve, la grande majorité des plaques de la conjointe de Pierre Jury étaient en arrière de ses genoux et de ses bras, là où on s'essuie moins.Pour ne plus revivre le même cauchemar, la mère de 45 ans adopte maintenant un remède musclé.En plus d'utiliser une serviette, elle évite de nager près de la rive où l'eau est stagnante et elle se lave dès sa sortie du lac avec de l'eau et du vinaigre.« Ça semble avoir marché, car nous nous sommes baignés plusieurs autres fois dans le lac sans ravoir de parasites », constate Pierre Jury.Bref, un baigneur averti en vaut deux.C'est pourquoi les autorités se pressent d'alerter la population dès que la dermatite du baigneur fait des siennes.« Quand un cas est signalé dans un lac, on avertit ses résidants et la municipalité, et on distribue un petit document d'information », explique le Dr Jean-Claude Dessau, de la direction de la santé publique des Laurentides.Les parasites se promènent parfois de lac en lac, ce qui complique la tâche de sensibilisation.Par exemple, Pierre Jury se baignait depuis 40 ans dans le lac Borrier sans problème.Ses proches ne prenaient donc pas de précaution, laissant ainsi les pores de leur peau grands ouverts aux parasites.Avec un peu de chance, les parasites disparaissent des eaux.En 1999, les célèbres canards du lac Brome, en Montérégie, avaient déversé avec leurs selles un cadeau empoisonné aux baigneurs.Le problème semble aujourd'hui avoir disparu.« Par chance, aucun cas de dermatite n'a été rapporté depuis longtemps », se réjouit le maire de Lac-Brome, Richard Wisdom.Le seul traitement possible est le soulagement des symptômes.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Les joies de la baignade peuvent être assombries par certains parasites qui se collent à la peau.Ne pouvant vivre chez l'homme, ils meurent après environ 10 jours.Ce bref séjour suffit quand même pour causer boutons, cloques et démangeaisons.Une plante toxique fait des ravages en Russie En contact avec la peau nue, cette herbe géante provoque des brûlures graves, voire mortelles AGENCE FRANCE-PRESSE ISTRA \u2014 Enfants aux lèvres brûlées par ses tiges imprudemment transformées en sarbacanes, jeunes beautés au visage couvert de cloques après s'être éventées avec ses feuilles, amoureux pleins d'ampoules après un rendez-vous à son ombre : une plante toxique géante, le borchtchevik, s'est échappée des champs russes et elle attaque aujourd'hui la population.Heracleum Sosnowski pour les savants, sous-espèce plus toxique du Heracleum mantegazzianum (Berce du Caucase), est une herbe pernicieuse qui se propage en Europe avec une rapidité inquiétante.Elle est omniprésente près d'Istra, à 50 km au nord-ouest de Moscou.Des régiments de ses ombelles blanches longent les routes, assaillent les villages et font irruption jusque dans les cours des maisons.« Il y a tout juste cinq ans, nous avions deux ou trois victimes chaque été.Cette année, on arrive déjà cinq ou six personnes par semaine », raconte Elena Svirkina, qui est chef du service dermatologique de la clinique d'Istra.À 14 ans, Ania savait bien que les immenses « parasols » poussant aux bords de la rivière Kolokolenka étaient dangereux.Par curiosité, elle a effleuré une tige avec sa jambe mouillée.Une heure plus tard, souffrant d'une forte brûlure, elle a couru à l'hôpital.Mais la plupart des patients du Dr Svirkina ignorent que tout contact de la peau nue, surtout humide, avec le borchtchevik, provoque, après exposition au soleil, des brûlures graves, voire mortelles.Neuf centimètres par jour Atteignant parfois quatre mètres de hauteur, le borchtchevik, dont la croissance peut atteindre jusqu'à neuf centimètres par jour et qui survit à moins 40 degrés, est originaire du Caucase.Il n'a pas été «importé d'Amérique du Sud » ni « semé par des agents secrets ennemis », comme le veulent certaines légendes populaires.C'est Staline qui a ordonné, en 1947, de le cultiver massivement comme fourrage riche en protéines et devant assurer un rendement record.La campagne pour sa culture n'atteint son apogée que dans les années 1970, de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) à la Sibérie et au-delà du cercle polaire, sans oublier les Pays baltes et la Pologne.Cette dernière réussit à refuser l'innovation.« En 1972, juste après la campagne de plantations massives du maïs, Moscou nous a imposé le borchtchevik Sosnowski, une culture inoffensive pour le bétail, mais pas pour les hommes », se souvient Vitali Goudkov, expert du département de l'agriculture de la région de Vologda (nord), l'une des plus touchées par « l'invasion ».« Augmenter le rendement était alors prioritaire », indique- t-il.À la fin des années 1970, un chercheur géorgien a tenté de sélectionner une espèce non toxique à l'Institut du fourrage, près de Moscou.Peine perdue.« Dès que le taux des substances toxiques baissait, la fertilité baissait aussi, et nous avons arrêté », raconte une ex-collaboratrice de l'Institut, qui a gardé pendant des années des traces de brûlures aux mains.Depuis 1980, les régions commencent à se débarrasser des géants dangereux, les tracteurs montent à l'assaut de champs entiers qui sont rasés sans aucune pitié.Trop tard.Le borchtchevik est partout.En dehors des champs, il ne peut être éradiqué que par des agents chimiques, trop chers.Les titres des journaux sonnent comme des communiqués de défaite.« Le borchtchevik envahit les rues de Syktyvkar » (nord), « Aucune résistance au borchtchevik à Velikye Louki » (ouest), « Mourom assaillie» (est de Moscou).Et enfin : « Le monstre échappé des champs déjà à Moscou », constate le quotidien Tribouna.En dehors des champs, il ne peut être éradiqué que par des agents chimiques.POUR PLUS D'INFORMATION SUR LA SANTÉ DES PIEDS OU SUR NOTRE ÉVALUATION COMPLÈTE EN CLINIQUE : WWW.LANGELIER-LANOUE.COM Dr André Perreault M.D.Sans liste d'attente HORS RAMQ 2320, Fleury Est, Montréal (514) 387-3871 Chirurgien orthopédiste De plus, certaines chirurgies de la cheville ou de la main peuvent être faites en privé.Montréal : (514) 385-6333 Beloeil : (450) 467-0762 Laval : (450) 662-0850 Orthésistes, prothésistes et techniciens en chaussures Laissez-nous vous libérer de la douleur Des orthèses plantaires peuvent mettre fin à votre mal Chirurgie du PIED en privé 3201214A ACTUEL SANTÉ ACTUEL SANTÉ SITE INTERNET DE LA SEMAINE RAYON X Contrairement au tabac, les timbres de nicotine ne devraient pas être réservés aux adultes.Une nouvelle étude démontre en effet qu'ils peuvent aussi aider les adolescents qui veulent cesser de fumer.Cette recherche, qui paraît dans le numéro d'août du Journal of Consulting and Clinical Psychology, conclut que les adolescents qui essaient de cesser de fumer avec l'aide de timbres de nicotine obtiennent des taux de succès similaires à ceux des adultes.Pendant longtemps, les chercheurs ont cru que les adolescents avaient moins de mal à cesser de fumer étant donné qu'ils avaient adopté cette mauvaise habitude depuis moins longtemps.Mais il se trouve que cette prémisse est fausse.« Les adolescents deviennent tout aussi accros que les adultes, donc nous ne devrions pas nous attendre à ce que cesser de fumer soit facile pour eux », a indiqué Thomas Glynn, de la Société américaine du cancer.source : Heal th Scout En Europe, on se sert de la myrtille depuis près de 1000 ans, notamment pour traiter la diarrhée et la dysenterie, pour interrompre la lactation et pour soulager les symptômes du scorbut et de la dysurie.On a également employé les feuilles pour faire baisser les taux de glucose sanguin chez les diabétiques.La tradition veut que les fruits permettent de traiter les troubles de la circulation veineuse et certaines maladies de l'oeil, usages thérapeutiques qui sont encore populaires auprès des médecins européens.Au risque d'être rabat-joie, nous vous proposons, en cette semaine olympique, de tout apprendre sur le dopage en visitant le site www.dopage.com.On y trouve des nouvelles d'actualités sur le dopage sévissant aux jeux d'Athènes, des listes des substances interdites, un quiz, des dossiers fouillés sur le sujet.Bref, c'est une bonne référence pour qui veut se familiariser avec ce côté obscur du sport.Dans le dernier numéro de L'actualité, on parle de bricoler génétiquement des aliments anti-allergènes et sans risque.Dans un texte intitulé OGM à la rescousse, la journaliste Valérie Borde expose les enjeux de cet ambitieux projet des Monsanto de ce monde.Solution bénie pour les allergiques, les OGM soulèvent de nombreuses questions sans réponse quant à leurs répercussions sur la santé humaine.Une question d'éthique et de gros sous, à suivre de près.« Je perds tellement de calories pendant un entraînement que si jemangeais seulement des aliments sains, je serais mince comme un cure-dents.» Le lutteur Guivi Sissaouri, en entrevue à La Presse.L'athlète de 33 ans a confié son goût pour la malbouffe et affirmé qu'il engouffrait régulièrement sa ration de hamburgers, de pépites de poulet et autres mets à haute teneur en matières grasses.DÉCOUVERTE LA SANTÉ DANS LES MÉDIAS CITATION DE LA SEMAINE COMPRIMÉS AGENCE-SCIENCE PRESSE L'estomac entrepôt Chez les manchots Empereur, ces cousins des pingouins, les mâles ont un estomac assez spécial : ils peuvent avaler un poisson et l'entreposer dans leur estomac.Autrement dit, ils bloquent le processus de digestion en produisant moins d'acides gastriques.Et pas juste quelques heures : ils peuvent laisser le poisson à cet endroit pendant trois semaines (!), afin d'avoir une réserve de nourriture pour leurs petits, en cas d'urgence.Des chercheurs du CNRS français ont été conduits sur cette piste en raison du fait que chez les manchots Empereur, c'est le mâle qui est le dernier à couver les oeufs.Il peut donc être obligé de rester là pendant des jours, voire des semaines, si la femelle, partie se refaire des forces \u2014 et partie chercher, elle aussi, de la nourriture pour les petits \u2014 est retardée sur le chemin du retour.Ne dites pas clonage thérapeutique.Toujours désireux de blanchir leur nom, les scientifiques qui travaillent sur des cellules souches réclament que soit éliminé du langage le terme clonage thérapeutique.Ce terme est apparu il y a 10 ans pour désigner le clonage de cellules d'embryons à des fins médicales, par opposition au clonage reproductif, celui par lequel on copie un individu \u2014comme la brebis Dolly.Or, inquiets de constater que la plupart des gens ne voient que le mot clonage, la Société internationale pour la recherche sur les cellules souches propose donc de remplacer clonage thérapeutique par.transfert de noyau.Ce qui est scientifiquement plus exact, mais guère plus clair.La cannelle contre la fièvre jaune Au lieu de lutter contre les moustiques à coup d'insecticides chimiques, il suffirait peut-être de vaporiser de l'essence de cannelle sur les eaux stagnantes.Des chercheurs taïwanais ont en effet découvert que l'huile essentielle de cannelle est très efficace pour tuer les larves d'Aedes aegypti, le moustique qui transporte la fièvre jaune.Quatre composés odoriférants de la cannelle se sont avérés de bons larvicides et les chercheurs comptent bien les tester sur d'autres types de moustiques.« Nous pensons que l'huile de cannelle pourrait également affecter les moustiques adultes en agissant comme répulsif » disent par ailleurs les chercheurs.En attendant leurs résultats, on peut toujours se parfumer à la cannelle avant d'aller dans le bois ! Trompeuse douleur d'homme Voici qui va faire mal.à l'amour-propre.Une « douleur d'homme » est en réalité.moins douloureuse.Hormones à l'appui.L'hormone mâle, la testostérone, « masque » en effet la sensation d'inconfort, écrivent des chercheurs américains dans la revue Hormones and Behaviour.Il y aurait même derrière cela une cause bêtement liée à l'évolution biologique : cela permet au mâle de maintenir sa volonté pendant un combat.voire d'oublier qu'il a eu mal et de participer à d'autres batailles, écrit la physiologue animale Michaela Hau, de l'Université Princeton (New Jersey).Efficace, le sirop?Si votre enfant attrape une vilaine toux, n'attendez pas de miracles des sirops contre la toux : pour la deuxième fois depuis 2002, une étude affirme que leur efficacité est singulièrement limitée.à supposer qu'il y ait une efficacité ! Une revue de la littérature sur le sujet, il y a deux ans, avait conclu par la négative.Ian Paul, du Collège de médecine de Pennsylvanie, s'est demandé si, au moins, ces sirops n'auraient pas un effet sédatif sur l'enfant, donc apaisant.Sur 100 parents interrogés, dont une partie a reçu un sirop pour les fins de l'étude, et l'autre partie rien du tout, l'amélioration de la qualité du sommeil, pendant deux nuits consécutives, a été la même, sirop ou pas.Grands-parents.inégaux Tous les grands-parents n'accordent pas la même attention à leurs petits-enfants.Une étude australienne démontre que les grandsmères maternelles remportent la médaille d'or.Dans ce palmarès affectif, elles sont suivies des grands-pères maternels, des grands-mères paternelles et, en dernière position, des grands-pères paternels.Selon les chercheurs, la génétique expliquerait ce comportement.Au départ, une mère serait plus proche de son enfant parce qu'elle serait certaine d'avoir un lien génétique avec lui.De ce point de vue, c'est donc pour un grand-père paternel que l'incertitude envers ses petits-enfants est la plus élevée ! Entre ces deux extrêmes, la grand-mère maternelle sait qu'elle a mis au monde une fille, qui à son tour, a donné naissance à un enfant.L'étude est parue dans la revue Personnality and Social Psychology.Saviez-vous que.Les abeilles utilisent leurs ailes comme système de climatisation.s'il fait trop chaud dans la ruche ! Lorsque la température devient trop élevée, elle se mettent en effet à travailler de concert pour ramener la température aux environs de 35 degrés, la température idéale pour elles, et surtout pour leurs oeufs.PHOTOASSOCIATED PRESS Le manchot Empereur mâle dispose d'un estomac qui peut « entreposer » un poisson pendant trois semaines.Communiquez au : (514) 890-8383 (Laissez message dans boîte vocale) Équipe du Dr Louis-Georges Ste-Marie Ostéoporose Centre de recherche du CHUM Hôpital Saint-Luc recrute femmes de 50 à 85 ans ÉTUDE : Évaluation d'un médicament expérimental dans le traitement de l'ostéoporose PROFIL DES CANDIDATES: Être ménopausée depuis au moins 5 ans; Ne pas avoir eu de cancer depuis 5 ans; Ne pas prendre d'hormones, de cortisone, de Didrocal, de Fosamax, D'Evista, ni de Miacalcin 6 mois DURÉE DE L'ÉTUDE : PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE Les sirops contre la toux ont une efficacité limitée.PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE Précieuse cannelle : unique sur le plan gastronomique, on vient de lui découvrir des vertus insecticides.RONFLEMENT CENTRE DU RONFLEMENT DE MONTRÉAL (514) 327-5060 TRAITEMENTS AU LASER PAR DES OTO-RHINO-LARYNGOLOGISTES www.ronflement.qc.ca AMAIGRISSEMENT MAIGRIR: Vous avez vécu plusieurs échecs.Vous voulez comprendre pourquoi.VOUS VOULEZ RÉUSSIR.Une équipe de professionnels (médecin-psychothérapeute, diététiste, éducateur physique) vous attend.Clinique de Médecine et de psychothérapie (514) 252-0898 Le samedi dans POUR TROUVER.Tous les vendredis dans LA VIE FORMAT MAGAZINE ACTUEL SANTÉ PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Un entraînement du Club de canotage de Cartierville, sur la rivière des Prairies.Emmenez vos parents! RICHARD CHARTIER OXYGÈNE rchartie@lapresse.ca « Trop jeunes pour travailler, trop vieux pour les camps de jour.» C'est par cette petite phrase qui en dit long qu'Anne Laframboise décrit la clientèle cible du Club de canotage de Cartierville.L'institution, qui fête cet été son centième anniversaire, offre une solution de rechange au Nintendo et au gang de rue : le canoë et le kayak de compétition, des sports très formateurs pratiqués dans un environnement des plus stimulants tout au long de la saison estivale.Fille d'un ancien commodore du club, elle-même compétitrice à l'âge de l'adolescence et maintenant mère d'un jeunot qui manie la pagaie, Anne Laframboise pourrait arpenter les yeux fermés chaque mètre carré du domaine établi au bord de la rivière des Prairies, tout juste à l'ouest du pont de Cartierville.Tout y est comme depuis toujours, les bâtiments, les équipements, les arbres et le quai.Enfin, pas tout à fait : la magnifique piscine qu'on y trouve a été l'une des premières construites par la compagnie Valmar en 1960 et le chalet principal, tout de bois peint en blanc, a été \u2014à une époque où le club en avait les moyens\u2014 haussé d'un bloc pour créer un étage de plain-pied où sont entreposées les nombreuses embarcations.Anne Laframboise n'a pas besoin de surveiller son Pierre-Olivier, 13 ans, qui s'active avec la douzaine d'autres jeunes à sortir les canoës, les kayaks, les pagaies et tout le tralala d'une journée normale d'entraînement du milieu de l'été.Quelques autres parents sont là, venus conduire leurs athlètes maison.Il est 8 h du matin, la rivière des Prairies est encore calme à cette heure, mais une aura tiède monte déjà du plan d'eau, qui offre une vue des plus vertes sur l'autre rive, lavalloise.Cent ans, donc.Le Club de canotage de Cartierville, qui a connu des années de gloire, aborde son deuxième centenaire avec une énergie d'autant plus remarquable qu'il ne jouit d'aucune subvention de quelque nature que ce soit, pas même municipale.La rivière des Prairies offre un cadre magnifique pour la pratique des sports nautiques non motorisés.La disparition de Dupuis Marine dans le voisinage a contribué à diminuer le nombre d'embarcations motorisées sur le plan d'eau, le rapide du Cheval-blanc, en amont, et le barrage hydroélectrique Rivièredes- Prairies, en aval, limitant grandement le territoire dans lequel les pestes \u2014comme ces motomarines qui, paraît-il, ont presque disparu\u2014 peuvent faire leur boucan et soulever des vagues.Le Club d'aviron de Laval, en face, a déjà vu une de ses longues et fragiles embarcations casser en deux après avoir été frappée par une contrevague ! Le commodore Gilbert Massicotte s'amène pour nous parler et c'est bien parce que nous avons demandé à le voir.Cet ingénieur à la retraite ne porte pas de casquette à bordure dorée.Il s'occupe de tout, des plus menues réparations à l'intendance générale.Sa passion se reflète dans la philosophie du club : vocation familiale, accessibilité complète.« Notre objectif est de donner un service à la population.» Rappelons que nous sommes ici dans un club nautique privé.Les faits appuient bien le discours.Outre l'entraînement à la compétition, le club permet de pratiquer le canoë et le kayak pour le plaisir ou pour la mise en forme et propose un grand terrain où on peut se prélasser, jouer au galet, pique-niquer, s'amuser dans la piscine, jouer au volleyball ou au basketball.Et il y a des courts de tennis derrière le chalet principal.À quel prix ?Quinze dollars par personne, par jour, gratuit pour les moins de 6 ans.Une fois entré, on n'a pas à repayer pour partir en canoë, en canot ou en kayak, jouer au tennis ou utiliser l'équipement.Mais pour bien vérifier s'ils aiment ça, les non-membres ne paient que 7 $ par jour à leurs trois premières visites.Les tarifs d'abonnement sont à l'avenant : une famille complète, peu importe le nombre d'enfants, s'abonne pour 350 $ la première année (450 $ par la suite) ; le canoteur qui participe aux compétition : 150 $.Ça, c'est de la démocratie ! La tradition a été créée en anglais, il va sans dire.Le Cartierville Boating Club a été couronné neuf fois « CAA Dominion Champions » dans ses époques plus fastes, dont neuf fois de suite au cours des années 1950 et 1960.Les noms et les photos de nombreuses brochettes de champions, aujourd'hui oubliés, ornent les murs de la grande salle de réception.Un nom, quand même, s'impose dans les souvenirs les plus récents : Lucie Guay, médaillée de bronze en K-4 sur 500 mètres aux Jeux olympiques de 1984, à Los Angeles.S'il n'en tient qu'à l'entraîneure Mylène Leboeuf-Gagné, une ancienne compétitrice, le passage à vide que le club a vécu dans la deuxième moitié des années 1990 sera bientôt oublié.Mylène et Francine Guimond ont convaincu le club d'embaucher cette année deux nouveaux entraîneurs pour concrétiser la « redynamisation» en cours au sein du club depuis trois ans.À 4000 $ pour un simple C-1, il n'est pas évident de renouveler la flotte.« Je passe beaucoup de temps à réparer les bateaux, explique Mylène.Les clubs riches ont des entraîneurs spécialisés pour chaque aspect de la compétition et pour les différents groupes d'âge.» Évidemment, les résultats sont à la hauteur de ces efforts.La « redynamisation » du club de Cartierville passe par un membership accru et c'est pourquoi il y aura un événement portes ouvertes le week-end prochain.Tout sera gratuit.« Apportez votre maillot de bain et votre lunch », lance Mylène.L'événement vise aussi à recruter des jeunes désireux de s'entraîner à la compétition à partir de l'été 2005 (on peut commencer vers l'âge de 10 ans), ce qui fait dire à l'entraîneure : « Vous avez le droit d'emmener vos parents.» Tout en fraternisant avec les membres déjà inscrits, les jeunes nouveaux pourront essayer les embarcations (C-1, C-2, C-4, K-1, K-2, K-4, le chiffre indiquant le nombre de rameurs dans le bateau) de même que les impressionnants canoës de guerre, des bateaux de 15 places, la différence avec les rabaskas étant que les rameurs ont un genou au fond du canoë.Les parents pourront toujours chercher à en apprendre davantage auprès d'Anne Laframboise ou du commodore Gilbert Massicotte.Ils en ont long à raconter.C'est pas tous les jours qu'on a 100 ans ! .LE CLUB DE CANOTAGE DE CARTIERVILLE, 12530, rue Cousineau, Montréal, une rue à l'est du pont de Cartierville, par le boulevard Gouin.Portes ouvertes les samedi et dimanche 28 et 29 août, à compter de 10h.Il s'agit d'un événement familial gratuit auquel sont conviés les plus jeunes comme les plus vieux.On pourra faire l'essai de tous les types d'embarcations de compétition ou simplement envisager la pratique pour le loisir sportif.Pré-inscriptions possibles en vue de l'année prochaine.On se renseigne au 514-333-1289.Les 24 heures de la nature Le quatrième mouture des 24 heures de la nature aura lieu au parc-nature de la Pointe-aux- Prairies du samedi 28 août à 16 h jusqu'au dimanche 29 août à 16 h.Pendant 24 heures, jour et nuit, la population est invitée à découvrir la nature sous toutes ses formes au moyen des arts, de randonnées, de causeries, de nombreux stands d'information et d'une foule d'activités inusitées.Près de 60 activités gratuites sont au programme avec la participation de plus de 50 partenaires.Pour plus d'information, on peut consulter le site Internet www.ville.montreal.qc.ca, prendre un dépliant dans un des parcs-nature ou faire le (514) 280-6691.Aliments et anticoagulant: unmélange explosif ?JACINTHE CÔTÉ LA NUTRITION COLLABORATION SPÉCIALE En juillet dernier, le site Internet de Santé Canada recommandait aux personnes prenant des anticoagulants de limiter ou d'éviter de consommer du cocktail de jus de canneberge.Cette boisson, ainsi que d'autres aliments et nutriments, pourrait interagir avec ce type de médicament et augmenter les risques d'hémorragie.Depuis, un hôpital a retiré ce jus de fruits du menu, bien qu'elle soit utile pour aider à prévenir les infections urinaires.Des consommateurs, mal informés, ont cessé de boire leur drink préféré vodka-canneberge ! Les producteurs de canneberges, inquiets, attendent des résultats d'études plus probants.Les légumes vert foncé feuillus et les huiles de soja, de canola, de coton et d'olive riches en vitamine K sont déjà à proscrire pour les personnes qui prennent des anticoagulants.Voilà que d'autres aliments pourraient s'ajouter à la liste.Ces personnes doivent- elles arrêter de manger ?Le cas particulier des coumarines Les anticoagulants sont des médicaments qui ont pour effet de réduire la viscosité du sang.Ils empêchent les plaquettes de s'agglomérer et de former des caillots.Cela permet au coeur de travailler moins fort, car il pompe le sang plus facilement.Les anticoagulants à base de coumarine (Warfarine®, Coumadin®), plus particulièrement, sont prescrits après une crise cardiaque ou pour la prévenir en cas de risque accru.Ils peuvent aussi réduire les risques de thrombose, soit la formation de caillots dans les veines et les artères entravant la circulation sanguine.Les coumarines sont aussi un remède de choix pour traiter la fibrillation cardiaque (contractions anormalement rapides et irrégulières du muscle cardiaque).Ce problème touche plus de 5 % des personnes âgées de 65 ans et plus.Gare aux hémorragies Malheureusement, en cas de coupures ou d'ecchymoses, les anticoagulants ont aussi pour effet d'augmenter les risques de saignements et d'hémorragies.Plus le taux sanguin d'anticoagulant demeure élevé, plus cet effet secondaire est fréquent.C'est pourquoi on s'intéresse aux facteurs pouvant influencer la gestion que le corps fait des anticoagulants à base de coumarines, une fois qu'ils sont ingérés.Toxicologie 101 Le corps considère un médicament comme une substance toxique.Quand il est absorbé, une partie, et éventuellement sa totalité, est métabolisée, transformée et éliminée.Le foie est le principal organe responsable de ces actions.Ses cellules contiennent plusieurs enzymes capables de désagréger les liaisons chimiques attachant les molécules qui forment un médicament.Sous forme de résidus de molécules, le médicament peut ensuite être éliminé par les reins dans l'urine.Interactions à surveiller Les nutriments présents dans certains aliments peuvent empêcher momentanément les enzymes du foie de faire leur travail.Le médicament demeure alors plus longtemps dans l'organisme.Puisqu'on ne change pas une ordonnance en fonction de son alimentation, il est possible de sentir les effets d'un médicament plus fortement.C'est d'ailleurs ce qui semble être arrivé à un Britannique qui s'est mis à boire deux litres de jus de canneberge quotidiennement.On soupçonne que les nutriments naturellement présents dans la canneberge (flavonoïdes et acides phénoliques) ont bloqué l'action des enzymes du foie et que cette personne est morte d'une hémorragie interne à cause d'un taux sanguin de Warfarine trop élevé.Se basant sur seulement huit études de cas signalés en cinq ans (!), le Committee on Safety of Medicines et le Medicines and Healthcare products Regulatory Agency du Royaume-Uni ont donc décidé de recommander aux patients prenant des anticoagulants à base de coumarines de limiter leur consommation de jus de canneberges.D'où l'initiative de Santé Canada d'émettre un avis semblable sans pour autant fouiller d'avantage la question.Arrêter de manger?À cause de leur teneur élevée en flavonoïdes et en acides phénoliques, plusieurs autres aliments pourraient agir sur le métabolisme des anticoagulants à base de coumarines et augmenter leurs effets positifs et secondaires.Les agrumes (pamplemousse et orange de Séville surtout), la pomme, l'oignon, l'ail, le brocoli, l'huile de bourrache, le gingembre, les baies, le chou, la patate, le poivron rouge, le kiwi, le thé vert et la protéine de soja (lait, tofu, protéine de soja hydrolysée, etc.) sont tous riches en flavonoïdes et en acides phénoliques.Leur consommation pourrait donc potentiellement accentuer l'action des anticoagulants à base de coumarines et augmenter les risques d'hémorragie interne.À ce rythme-là, les personnes qui prennent des anticoagulants à base de coumarines n'auront plus rien à manger ! En même temps que leurs risques de crise cardiaque ou de thromboses vont diminuer, leurs risques de carences en vitamines, en minéraux et en composés bioactifs vont augmenter.Le pouvoir de l'alimentation Au lieu de prescrire ce type d'anticoagulants ayant de nombreux effets secondaires, pourquoi les médecins ne recommandent-ils pas la consommation d'aliments ayant un pouvoir anticoagulant ?On sait qu'un apport insuffisant en vitamine B6 (légumineuses, soja, noix, graines, riz brun, levures, blé entier), en vitamine B12 (foie d'agneau ou de boeuf, reins, coeur, moules, huîtres, lait, crabe, sardine) et en acide folique (légumineuses, épinard, asperge, laitue, jus d'orange et d'ananas, graines de tournesol) peut augmenter la concentration sanguine d'homocystéine.Ce composé a un effet toxique sur la paroi des vaisseaux sanguins et favorise la formation de caillots.Une plus grande consommation de magnésium (800 mg à 1200 mg) pourrait avoir un effet bénéfique contre les risques de thrombose.Les légumineuses, les graines, les noix, les grains entiers, le germe de blé, les légumes à feuilles vert foncé sont de bonnes sources de magnésium.Des études ont aussi démontré que la consommation de gras oméga- 3 à longues chaînes (thon, saumon, maquereau, bar, hareng, truite, flétan) et de thé vert préviendrait l'agglomération des plaquettes pouvant mener à la formation de caillots et aux thromboses.N'allez surtout pas jeter votre ordonnance d'anticoagulants après avoir lu ceci, cela pourrait avoir des conséquences fatales.Vous pouvez toutefois demander à votre médecin un traitement autre que ce médicament.L'auteure de cette chronique hebdomadaire est membre de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec.Une fois par mois, la chronique nutrition porte sur vos questions et commentaires.Adressez-les à : Chronique nutrition, La Presse 7, rue Saint-Jacques, Montréal, QC, H2Y1K9 ou par courriel à : questiondenutrition@hotmail.com PLUS SCIENCE/TECHNOLOGIES ACFAS 2004 Concours de vulgarisation scientifique Depuis 12 ans, l'Acfas \u2014 Association francophone pour le savoir \u2014 invite les chercheurs de tous les domaines à s'exercer à la vulgarisation de leurs travaux et à témoigner du dynamisme de la recherche scientifique d'ici.Cette année, les cinq lauréats du Concours de vulgarisation scientifique 2004 nous amènent du côté des recherches en philosophie, en physiologie animale, en nanomatériaux, en informatique et en chimie pharmaceutique.La Presse publie aujourd'hui dans cette page un bref résumé des recherches des cinq chercheurs primés.On peut lire leurs textes complets dans Cyberpresse, à l'adresse www.cyberpresse.ca/acfas Les erreurs informatiques ou comment déjouer les menteurs Polonais d'origine et formé à l'Université de Varsovie, Andrzej Pelc est professeur à l'Université du Québec en Outaouais et chercheur en informatique.Il est très intéressé par le défi que représente l'application des raisonnements mathématiques à la résolution des problèmes informatiques.« Il y a plus de décalage entre les mathématiques et l'informatique qu'entre la Pologne et le Québec », avoue-t-il.Il travaille entre autres à l'amélioration de la capacité des systèmes informatiques à traiter les erreurs.Toujours plus puissants, ces systèmes n'en sont pas moins sujets aux bris et donc à l'erreur.Les programmes qui « plantent» et les courriels qui se perdent en sont des effets bien visibles.Pour expliquer son approche, Andrzej Pelc compare les erreurs à des mensonges, et il utilise la métaphore du « jeu des 20 questions ».Disons, par exemple, que Pierre choisit un objet dans une pièce et que Marie doit trouver cet objet en posant au plus 20 questions.La stratégie la plus efficace est de partager les objets en deux groupes de même nature et de demander si l'objet inconnu fait partie de l'un des deux groupes.Il s'agit, en fait, de continuellement subdiviser les possibilités en deux groupes égaux.On parle alors de « recherche binaire ».Avec cette méthode, Marie pourra avec ses 20 questions trouver l'objet parmi un million d'autres.Si, par contre, Pierre a le droit d'insérer un mensonge parmi ses réponses, le nombre minimal de questions passe alors à 25 et la tâche de Marie devient beaucoup plus complexe.Andrzej Pelc travaille donc à contrer cette complexité et à optimiser les capacités d'action des codes correcteurs en réduisant le nombre de « questions ».Ses recherches visent à mettre au point des systèmes informatiques robustes au plus bas coût possible.Cette structure de polymère, dénommée « micelle », est un nanovéhicule destiné à médicaments insolubles dans le réseau sanguin.PHOTOMARC PUIG, COLLABORATION SPÉCIALE Des sous-marins en plastique.pour médicaments ! Le transport des médicaments jusqu'aux cellules cancéreuses est un problème très complexe.Plusieurs médicaments, par exemple, se révèlent hydrophobes, c'est-à-dire qu'ils sont insolubles dans le sang.On utilise alors des agents solubilisants mais les effets secondaires sont extrêmement sérieux.François Ravenelle est chimiste dans le domaine pharmaceutique.Il travaille à la création de véhicules moléculaires destinés au transport des médicaments dans le corps humain.Ces véhicules sont composés de polymères.Ces longues chaînes de petites molécules, attachées les unes aux autres tels les wagons d'un train, existent dans la nature ou peuvent être fabriquées en laboratoire.On peut alors en modifier la taille, l'architecture et la composition.François Ravenelle a toujours été intéressé par le formidable potentiel de création qu'offrent les polymères pour la médecine.Depuis 2002, il dirige une équipe chez Labopharm dont l'objectif est de mettre au point des « sous-marins » permettant d'améliorer les capacités d'action des médicaments destinés à combattre le cancer.Il s'agit d'une chimie de haute précision puisque le travail s'effectue à l'échelle nanométrique.Un nanomètre est un million de fois plus petit qu'unmillimètre.La stratégie adoptée par l'équipe de François Ravenelle consiste à utiliser un nanovéhicule, dénommé «micelle », composé d'un polymère combinant des sections hydrophobes et hydrophiles.Les sections hydrophobes migrent vers le centre pour former un noyau, où se retrouvera le médicament, et les sections hydrophiles forment une couronne assurant que la micelle demeure dans le sang.Ainsi transporté, le médicament hydrophobe aura la chance de se rendre à la tumeur.Ces micelles devraient permettre de réduire les effets secondaires et de traiter les patients avec des doses plus appropriées.Le nez électronique, les nanotechnologies et vous La puissance de notre nez est fort limitée.Les faibles concentrations de gaz lui échappent ; il s'accoutume rapidement aux odeurs ; il devient hors d'usage lorsqu'il s'enrhume ; et il est tout simplement insensible à certains gaz toxiques comme le monoxyde de carbone.Richard Dolbec est un ingénieur qui se passionne pour les nouveaux matériaux.Plus particulièrement, c'est aux nanomatériaux, un champ de recherche en pleine expansion, qu'il a consacré ses études de maîtrise et de doctorat.Il est tout simplement fasciné par le potentiel révolutionnaire de ces matériaux qui, travaillés au milliardième de mètre, possèdent rien de moins que de nouvelles propriétés.Les recherches de Richard Dolbec avaient pour objectif d'appliquer ce potentiel à la mise au point de nouveaux capteurs à gaz ultra-sensibles, la composante au coeur des « super » nez électroniques.La particularité des capteurs mis au point par Richard Dolbec réside dans l'utilisation de nanomatériaux afin d'augmenter leur sensibilité envers un gaz particulier.En effet, en travaillant à l'échelle « nano », on diminue le diamètre des particules du matériau tout en augmentant la surface par rapport au volume.Ainsi, plus la surface est grande, plus le nez est fin.Avec les nanomatériaux c'est donc une nouvelle génération de capteurs aux capacités de détection inégalées qui se pointe à l'horizon.Un tel « nez» pourra déterminer avec précision la concentration d'un gaz dans l'air, évaluer la fraîcheur des aliments ou encore analyser un arôme ou un parfum.Richard Dolbec poursuit aujourd'hui ses recherches en nanotechnologie pour une entreprise sherbrookoise, Tekna Systèmes Plasma, en travaillant à la mise au point d'outils destinés à la fabrication industrielle des nanomatériaux.PHOTO MARIEVE DESJARDINS, COLLABORATION SPÉCIALE Le loup de mer est un poisson de fond du fleuve Saint-Laurent.Sa chair délicate à bonne teneur en omégas-3 et ses protéines antigel, utilisables en médecine ou en alimentation, en font un excellent candidat à l'élevage.Le loup demer, une mine d'or moléculaire?Le loup de mer, un grand poisson de fond à la dentition rébarbative, est peu connu malgré ses grandes qualités : une chair blanche délicate à bonne teneur en omégas-3, une bonne résistance aux maladies, une capacité à vivre entassé, une croissance rapide en eau froide et un cuir de grande qualité.Sa carcasse recèle de plus un surprenant potentiel : des protéines antigel.Originaire de la Côte-Nord, Mariève Desjardins s'est toujours intéressée à la vie marine et aux capacités d'adaptation au froid des êtres vivants.En 2001, elle entreprend, étudiante en maîtrise, des recherches sur le loup de mer.Plus particulièrement, avec une équipe de l'Université du Québec à Rimouski dirigée par le Dr Pierre Blier, elle s'intéresse à l'élevage de ce poisson du fleuve Saint-Laurent qu'elle qualifie de « meilleur espoir québécois en mariculture ».Le loup de mer, tout comme la morue ou l'éperlan, ne craint pas les grands froids car des protéines antigel font décroître le point de congélation de son sang.Ces protéines, présentes essentiellement dans le sang, sont récupérables après l'abattage.Mariève Desjardins étudie la capacité de synthèse ou de « fabrication » de ces protéines par le poisson.Les résultats obtenus ont déjà démontré que plus la température de l'eau baissait, plus les concentrations de ces protéines s'élevaient.Un calcul rapide a permis d'estimer que le contenu en protéines antigel d'un loup de mer de taille commerciale, soit 5 kg, aurait une valeur d'environ 6000 $.Pour l'instant, les tentatives pour intégrer ces protéines à divers procédés se limitent encore à la phase expérimentale.Mais le potentiel est prometteur : les protéines antigel pourraient servir à améliorer la survie des organes conservés à basse température en vue de transplantations, à mettre au point des crèmes pour protéger la peau du froid ou encore à empêcher la formation de cristaux dans la crème glacée.L'audace du philosophe devant l'univers François Dion communique sa passion pour le ciel depuis très longtemps.À 15 ans, par exemple, il lance un club d'astronomie et donne ses premières conférences pour le grand public.Mais l'astronomie le laisse insatisfait.Cette science ne répond pas à certaines de ses questions : la place de l'être humain dans l'univers, ou encore les questions de morale.Il se tourne alors vers la philosophie mais sans jamais délaisser le cosmos.En effet, cet intérêt partagé le mènera à la réalisation d'une thèse de doctorat où il examinera la vision de l'univers du philosophe allema n d Emma n u e l K a n t (1724-1804).Dans cette thèse, François Dion mettra de l'avant les étonnantes et fort justes intuitions du philosophe mieux connu pour sa Critique de la raison pure.Près de 150 ans avant qu'un télescope assez puissant puisse confirmer ses intuitions, Kant avait écrit sur la présence de galaxies au-delà de notre Voie lactée, sur l'évolution de l'univers et sur le fait que la bande blanche traversant notre ciel fait partie du disque d'étoiles constituant notre galaxie.On doutera de ces faits jusqu'au début du 20e siècle.Ce sont les observations d'Edwin Hubble, dans les années 20, avec son télescope de 2,5 mètres, qui confirmeront les avancées de Kant.C'est dans son Histoire générale de la nature et théorie du ciel, publié en 1755, que Kant se révèle audacieux.Partant de la théorie newtonienne de la gravitation, il propose un modèle où la matière, sous l'effet de la gravitation, s'assemble progressivement en systèmes planétaires et en galaxies.Cette vision évolutive de l'univers devance largement celle de Newton qui attribuait l'origine du système solaire à une intervention divine."]
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