La presse, 17 octobre 2004, P. Plus
[" P L U S M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 PHOTOMONTAGE LA PRESSE© 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Broyer du noir aux USA L\u2019avion survole Bismarck, capitale du Dakota du Nord, située sur la rivière Missouri qui serpente l\u2019immense prairie du Mississippi aux Rocheuses.Une autre étape dans un été de fou, mon dixième aux États-Unis.Entre la convention démocrate à Boston et celle des républicains à New York, j\u2019enlève mon chapeau de journaliste et met celui d\u2019auteur.Dans les Grandes Plaines de l\u2019Ouest, je vais défendre la réputation entachée de Toussaint Charbonneau, le héros de mon roman historique La route de l\u2019Ouest (VLB éditeur), qui porte sur la célèbre expédition de Lewis et Clark (1804-1806), cette exploration de l\u2019Ouest mythique qui constitue le fondement de la culture américaine.Dans ce rôle, je me sens un peu comme un ambassadeur ou un patriote.C\u2019est une diversion bienvenue.À force d\u2019écrire sur George W.Bush et Dick Cheney, on broie du noir.Je recule donc 200 ans en arrière pour échapper à l\u2019Amérique incarnée par ces deux républicains.Peine perdue.Mais je ne le sais pas encore.En ce week-end d\u2019août, Bismarck est le site d\u2019une conférence intitulée « Lewis et Clark parmi les Canadiens ».Il y a 200 ans, non loin de cette ville, les deux capitaines américains rencontrèrent Toussaint Charbonneau, né à Boucherville en 1769, et sa femme Sacagawea.Lewis et Clark embauchèrent sur-lechamp le voyageur canadien et l\u2019Indienne comme guides et interprètes.Le troisième président des États-Unis, Thomas Jefferson, leur avait confié la mission de trouver une voie maritime vers l\u2019océan Pacifique, le rêve de tous les explorateurs français et canadiens de l\u2019Amérique du Nord, de La Salle à La Vérendrye, en passant par Joliette et Marquette.La conférence s\u2019inscrit dans le cadre de l\u2019assemblée annuelle d\u2019une fondation dédiée à la préservation de l\u2019histoire et de la piste de l\u2019expédition de Lewis et Clark.Elle attire des centaines d\u2019universitaires et de fanatiques de cette épopée, dont les Américains célèbrent le bicentenaire.À titre de conférencier, je veux expliquer que Lewis et Clark n\u2019auraient probablement jamais atteint le Pacifique sans Toussaint Charbonneau.La thèse est audacieuse, mais l\u2019audience est prête à l\u2019entendre.Toussaint Charbonneau est celui qui présenta à Lewis et Clark une de ses deux femmes indiennes, cette Sacagawea qui allait devenir aux États-Unis une figure légendaire.Âgée de 15 ou 16 ans, la jeune femme était originaire d\u2019une nation \u2014 les Shoshonies \u2014 vivant au pied des Rocheuses.Elle joua un rôle clé dans les négociations entre les explorateurs et les Shoshonies pour l\u2019achat des chevaux qui allaient permettre à l\u2019expédition de franchir la chaîne de montagnes aux cimes enneigées.Sacagawea apparaît aujourd\u2019hui sur la pièce d\u2019un dollar américain avec, sur le dos, son fils Jean-Baptiste Charbonneau, qui fit également partie de l\u2019expédition.Mais Toussaint Charbonneau, le père et le mari, n\u2019a droit qu\u2019au mépris.Les premiers historiens de l\u2019expédition de Lewis et Clark le décrivirent comme un couard, un idiot, un vaurien.Et l\u2019image du voyageur canadien ne s\u2019en est jamais vraiment remise, même si un historien de renom a qualifié récemment sa contribution à l\u2019expédition de « virtuellement indispensable ».Devant l\u2019audience, j\u2019avance que Toussaint Charbonneau fut victime des préjugés d\u2019une autre époque.Ce que les historiens et les romanciers américains ont dit à son sujet, ils le diront à propos de quantité d\u2019autres voyageurs canadiens, comme s\u2019ils voulaient les priver de leur rôle pionnier dans l\u2019Ouest américain, où ils nommèrent des villes, des rivières et des montagnes.Je donne des exemples.Je brosse un autre portrait de Charbonneau.Et j\u2019invite l\u2019audience américaine à remercier enfin ce voyageur canadien qui repoussa les frontières du monde blanc, qui se présenta à Lewis et Clark, avec sa femme, au moment où ceux-ci avaient besoin d\u2019aide.La réaction des membres de l\u2019audience est très positive.Par la suite, un homme de St-Louis m\u2019aborde, m\u2019encourageant fortement à envoyer mon roman, publié aux États-Unis sous le titre The Lost Guide, à un de ses amis, qui est responsable des achats au Store of Discovery, un magasin dédié à l\u2019expédition de Lewis et Clark et situé dans la grande arche de St- Louis.« Chaque année, il y a un million de touristes qui passent par là », me dit-il en me faisant miroiter les avantages d\u2019un tel achalandage.Quelques jours plus tard, l\u2019éditeur envoie une copie du roman au responsable du magasin qui, après l\u2019avoir lu, promet de passer une commande sous peu.Nous attendons avec impatience cette commande, qui ne vient pas.L\u2019éditeur s\u2019enquiert auprès du responsable, qui s\u2019excuse d\u2019avoir parlé trop vite.Le comité de lecture du magasin a décidé de ne pas prendre le livre.« C\u2019est à cause du surnom de Toussaint Charbonneau, dit le responsable.On le retrouve non seulement dans le livre, mais également sur le revers de la jaquette.» Le surnom en question est le plus osé des cinq surnoms que les Indiens du Haut-Missouri ont donnés à Toussaint Charbonneau : « L\u2019homme dont le membre ne se repose jamais ».« Les membres du comité de lecture jugent que cela n\u2019est pas approprié, ajoute le responsable.Plusieurs enfants fréquentent notre magasin, vous savez.» C\u2019est fort.Aujourd\u2019hui, dans l\u2019Amérique de George W.Bush et Dick Cheney, même un Canadien bandé fait peur.Mais je ne désespère pas.Quelques semaines plus tard, je m\u2019en vais en Virginie, l\u2019État natal de Thomas Jefferson, Meriwether Lewis et William Clark, pour parler encore de Toussaint Charbonneau.Un midi, je me retrouve devant un Club Rotary de la banlieue de Richmond, la capitale de la Virginie, un État du Sud.Il y a environ 70 membres dans la salle de réception d\u2019un club de golf privé.Ils sont tous Blancs, à une exception près.Dans l\u2019audience, il y a en effet un Noir.C\u2019est un comptable, m\u2019apprend mon guide.À la période des questions, cet homme est le premier à prendre la parole.« Je comprends parfaitement ce que vous dites au sujet des Canadiens français qui ont participé à l\u2019expédition de Lewis et Clark, dit-il sur un ton assuré.Nous avions un soul brother dans l\u2019expédition et il a également été oublié.» Ce soul brother, c\u2019est York, l\u2019esclave de Clark.En reprenant la parole, je précise : « Après l\u2019expédition, York a demandé à Clark de l\u2019affranchir.Mais celui-ci a laissé passer plusieurs années avant de donner à son esclave sa liberté.» Sur ces mots, une voix s\u2019élève de l\u2019audience.C\u2019est la voix d\u2019un homme blanc, qui demande, sur un ton sarcastique : « York est-il devenu comptable ?» Estomaqué, je n\u2019ai pas la présence d\u2019esprit de relever la réaction du comptable noir, qui vient ni plus ni moins d\u2019être comparé à un esclave.En quittant les lieux, j\u2019ai le coeur gros, et mon guide ne me rassure pas en m\u2019expliquant que les membres de ce Club Rotary sont tous républicains.Aujourd\u2019hui, dans l\u2019Amérique de George W.Bush et Dick Cheney, même un Canadien bandé fait peur.LE WEEK-END AMÉRICAIN UNEAMÉRIQUE DANSTOUS SES ÉTATS Le 2 novembre prochain, plus de 100 millions d\u2019électeurs américains désigneront l\u2019homme politique le plus puissant du monde.Celui qui entrera ou restera à la Maison- Blanche en janvier 2005 devra composer avec un pays dont la richesse n\u2019a d\u2019égale que la diversité.Éminemment prospère, l\u2019Amérique est aussi minée par un nombre infini de problématiques.Au cours de la dernière année, au gré des affectations, les journalistes de toutes les sections de La Presse ont visité la plupart des 51 États et district des États- Unis.Chaque fois, ils vous ont proposé des reportages de nouvelles ou d\u2019analyses qui vous ont permis de mieux comprendre, au quotidien, les grands enjeux culturels, économiques, politiques, sociaux et sportifs auxquels sont confrontés les Américains.AUJOURD\u2019HUI Ces mêmes journalistes vous proposent des textes plus personnels, plus marginaux, qui forment dans leur ensemble une mosaïque de l\u2019Amérique dans tous ses États.Jean-François Bégin, Stéphanie Bérubé, Réjean Bourdeau, Pascale Breton, AndréDuchesne, Ève Dumas, Jean-Sébastien Gagnon, MarcAntoineGodin, Richard Hétu, DavidHomel, Simon Kretz, Richard Labbé,Marie-Claude Malboeuf,Michel Marois, NathaëlleMorissette, Stéphanie Morin, Stéphane Paquet,Mathieu Perreault et Alexandre Pratt signent ces «portraits» \u2014 inspirés d\u2019une rencontre, d\u2019une visite ou d\u2019un événement \u2014, qui permettent d\u2019aborder les États-Unis sans référence directe à l\u2019enjeu électoral du mois prochain.Martin Chamberland signe quant à lui un reportage photographique éloquent sur une vision toute particulière du mariage à Las Vegas.EN INTRODUCTION Nos correspondants aux États- Unis, RichardHétu et Alexandre Sirois, procèdent dans les pages cicontre à une mise en situation générale de la réalité américaine.Depuis quelques mois, nos deux journalistes ont sillonné l\u2019Amérique de long en large, sur les trousses de John Kerry et de GeorgeW.Bush.Pour l\u2019occasion, ils ont pris une position de recul pour faire un premier bilan de ce périple.EN COMPLÉMENT Notre équipe a préparé des fiches signalétiques sur chaque État avec sa population, sa tendance partisane lors des cinq dernières élections présidentielles, ses citoyens les plus célèbres et un détail insolite amusant à connaître.EN PAGES CENTRALES Vous trouverez un guide du système électoral américain.La «bête» n\u2019est pas facile à apprivoiser et nous avons cherché à faciliter la compréhension d\u2019un système qui pourrait, encore une fois, susciter nombre de controverses si le résultat du scrutin est aussi serré que le prédisent certains spécialistes.EN CONCLUSION Nous vous proposons en page 20 un quiz, Le Grand jeu électoral, qui vous permettra de mesurer vos connaissances sur cette Amérique qui fascine autant qu\u2019elle choque.L\u2019équipe du cahier L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .PHOTO SHAUN HEASLEY, ARCHIVES GETTY IMAGES Troublante Amérique Fanatiques.Le mot m\u2019est venu à l\u2019esprit plus d\u2019une fois au début du mois de septembre, à New York, lors de la convention du Parti républicain.Assis dans l\u2019enceinte du Madison Square Garden, à quelques mètres au-dessus du parterre, j\u2019avais une vue imprenable sur les militants républicains rassemblés autour de la scène où défilaient les orateurs.Ces partisans avaient l\u2019air de véritables fanatiques.Jamais n\u2019ont-ils manifesté autant d\u2019enthousiasme que lors du discours le plus réactionnaire et intolérant de l\u2019un des ténors du parti de George W.Bush, celui de Zell Miller.« Kerry laisserait Paris décider lorsque l\u2019Amérique a besoin de se défendre.Je veux que Bush décide », a lancé, hargneux, ce politicien démocrate qui a retourné sa veste pour appuyer le président texan.USA, USA, scandaient haut et fort les milliers de militants en guise de réplique.Ils ont hurlé de plaisir tout au long de l\u2019allocution, durant laquelle Miller a aussi affirmé que c\u2019est au soldat et pas au journaliste qu\u2019on doit la liberté de presse.Que c\u2019est au soldat et pas au poète qu\u2019on doit la liberté d\u2019expression.Et encore que c\u2019est au soldat et pas au militant qu\u2019on doit la liberté de manifester.Cette allocution, comme la convention républicaine dans son ensemble, ont offert un concentré de tout ce qui est troublant aux États- Unis, ces jours-ci.Peur de l\u2019autre, repli sur soi, xénophobie, agressivité et arrogance.Loin de moi l\u2019idée de dire que les partisans républicains réunis à New York sont représentatifs de l\u2019Américain moyen.Mais la force des idées conservatrices radicales et les manifestations d\u2019intolérance au sein de la société sont néanmoins frappantes et indéniables.Peu après mon arrivée à Washington, en 2003, cela m\u2019a sauté aux yeux lors d\u2019un déplacement au Capitole.Au menu de la cafétéria où je m\u2019étais arrêté à l\u2019heure du lunch, il n\u2019y avait plus de French Fries, mais bien des Freedom Fries.L\u2019initiative puérile semblait complètement déplacée à l\u2019intérieur d\u2019un édifice qui se veut l\u2019un des symboles de la démocratie américaine.Ce n\u2019était que la pointe de l\u2019iceberg.Depuis, je ne compte plus le nombre de fois où j\u2019ai entendu des Américains, la rage au coeur, dénigrer l\u2019étranger.Se brancher pendant quelques heures sur la chaîne d\u2019informations continues Fox News est à cet égard une expérience bouleversante.On y casse du sucre, sans relâche et jamais subtilement, sur le dos des démocrates et de toutes les nations qui ne se plient pas aux quatre volontés de l\u2019administration Bush.Il faudra un jour étudier l\u2019impact de ce réseau extrêmement populaire sur l\u2019opinion publique américaine.On donne l\u2019impression que le monde entier conspire contre les États-Unis sur cette chaîne qui fait tout sauf élargir les horizons de ses téléspectateurs.Le fiel déversé par les vedettes de Fox News n\u2019a d\u2019égal que celui des éditorialistes et analystes du Wall Street Journal, un des quotidiens les plus influents au pays.On y défend bec et ongles les idées des néo-conservateurs aux commandes de la Maison-Blanche.Ces conservateurs purs et durs ont des opinions aussi tranchées que celles de leur président.Les pays qui, selon eux, ne sont pas « avec les États-Unis », doivent presque être considérés comme des ennemis de la nation.Une doctrine que certains Américains de droite utilisent aussi pour mettre au pilori leurs concitoyens qui ne partagent pas leur point de vue.Je me souviens du ton inquiet d\u2019une enseignante de l\u2019Université du Texas à Austin, qui me racontait il y a quelques mois comment elle avait retrouvé son nom sur une « liste des professeurs à surveiller ».Un groupe de jeunes républicains était à la source de ce document digne d\u2019une chasse aux sorcières.L\u2019enseignante quinquagénaire était non seulement intimidée, mais désemparée.On la regardait dorénavant avec méfiance dans son quartier.Le but avoué de cette liste était d\u2019encourager les étudiants à boycotter les cours des professeurs jugés trop libéraux.Pour les jeunes républicains, parler de « l\u2019oppression et l\u2019exploitation aux États- Unis selon la race, la classe et le sexe » s\u2019apparentait à de l\u2019endoctrinement.Des listes noires de ce type sont apparues dans plusieurs secteurs depuis quelques années aux États- Unis.Les chercheurs américains dans le domaine de la santé liée à la sexualité, les professeurs accusés d\u2019être pro-palestiniens et les artistes en faveur du contrôle des armes à feu ont aussi été mis au ban par des idéologues conservateurs.Des dérives parallèles à celles, longuement documentées, suscitées par l\u2019obsession sécuritaire.La peur, compréhensible après la tragédie du 11 septembre 2001, a servi de prétexte au gouvernement pour restreindre les libertés de ses citoyens.On ne compte plus les récits kafkaïens d\u2019immigrants détenus pendant des mois dans les prisons américaines au mépris de leurs droits les plus élémentaires alors que rien ne justifiait qu\u2019on les traite de cette façon.Encore là, la Maison-Blanche a donné le ton en qualifiant de « combattants ennemis» des centaines de prisonniers et en les enfermant à Guantanamo sans qu\u2019ils puissent contester leur détention ou même bénéficier d\u2019un avocat.Décision invalidée par la Cour suprême du pays en juin dernier.Troublante Amérique, donc, du point de vue privilégié d\u2019un observateur extérieur.Mais pas encore inquiétante.Car aux quatre coins du pays, au fil des mois, j\u2019ai rencontré des dizaines de personnes autant sinon plus troublées que moi.Chez les démocrates, mais aussi chez les républicains.Des punks, des avocats, des ouvriers, des enseignants, des médecins.tous animés par un désir ardent de faire changer les choses.Même ceux qui s\u2019étaient toujours tenus loin de la politique ont donné temps et argent pour faire triompher leurs valeurs.Les Américains, déstabilisés après s\u2019être sentis vulnérables comme jamais auparavant, semblent en train de recouvrer leur sang-froid.Trois ans après les attaques du 11 septembre, quatre ans après l\u2019élection controversée d\u2019un président qui leur a fait prendre un virage à droite sans compromis, les États-Unis sont en transition.Cet automne, la première puissance mondiale est aussi à la croisée des chemins.Hésitante, un peu sonnée par les traumatismes des dernières années, elle doit choisir la voie à emprunter à l\u2019avenir.Confrontés à deux options radicalement différentes, les Américains ont rarement été aussi divisés.Le reste du monde, avec raison, retient son souffle.L\u2019élection du 2 novembre, dont l\u2019issue est encore incertaine, déterminera où va une Amérique pour l\u2019instant désorientée.Cette allocution, comme la convention républicaine dans son ensemble, ont offert un concentré de tout ce qui est troublant aux États-Unis, ces jours-ci.Peur de l\u2019autre, repli sur soi, xénophobie, agressivité et arrogance.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS LES ÉTATS-UNIS ENBREF Nom officiel : États-Unis d\u2019Amérique Superficie : 9 640 000 km2 Capitale : Washington (5,6 millions d\u2019habitants) DÉMOGRAPHIE Population : 291,5 millions (3e rang mondial, derrière la Chine et l\u2019Inde) Densité : 30 hab./km2 Les Blancs représentent 69,1% de la population pour 12,1% d\u2019Afro- Américains, 12,5% d\u2019Hispaniques, 3,7% d\u2019Asiatiques et moins d\u20191% d\u2019Amérindiens; les immigrants clandestins sont estimés entre 5,5 et 6,5 millions (dont de 2,5 à 4,5 millions de Mexicains); 28,4millions d\u2019habitants sont nés à l\u2019étranger ; 21% des moins de 25 ans sont soit nés à l\u2019étranger soit nés de parents étrangers; 500 millions de passages aux frontières par an.Taux de fécondité : 2,1 enfants/femme.Espérance de vie : 78 ans.Vieillissement : 12,6%de la population a plus de 65 ans.Langue officielle : Les États-Unis n\u2019ont pas de langue officielle.L\u2019anglais est la langue maternelle de 80%de la population (17,3% pour l\u2019espagnol et 1,7% pour le français) ÉCONOMIE PNB en volume : 10 110 milliards PNB par habitant : 35 060$ Taux de croissance du PIB : 3,4% Inflation : 2,7% Chômage : 4,1% Importations : 1 202 milliards (1er rang mondial) Exportations : 694 milliards (2e rang mondial) Déficit commercial : 508 milliards POLITIQUE Chef de l\u2019État : GeorgeW.Bush Vice-président : Dick Cheney Secrétaire d\u2019État : Colin Powell Secrétaire à la Défense : Donald Rumsfeld Secrétaire au Trésor : John Snow Procureur général : John Ashcroft Composition du Congrès : Sénat (100 sénateurs\u20142 par État \u2014 élus pour 6 ans et renouvelés par tiers tous les 2 ans) et Chambre des représentants (435 représentants élus pour 2 ans).Chambre des représentants: 229 républicains, 205 démocrates, 1 indépendant.Sénat : 51 républicains, 48 démocrates, 1 indépendant.SÉCURITÉ Forces armées : 1 423 348 individus (31 décembre 2003) Dépenses militaires : 322 milliards En%du PIB : 3,2 % Dépenses par soldat : 235 699 $ Exportations dematériel militaire : 45 milliards 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Le premier président noir ?PHOTOTIM BOYLE, GETTY IMAGES Pratiquement inconnu il y a encore un an, Barack Obama connaît une ascension fulgurante au sein du Parti démocrate, et ils sont nombreux à croire que ce fils d\u2019un père kényan et d\u2019une mère (blanche) du Kansas puisse un jour devenir le premier président noir de l\u2019histoire des États-Unis.Le 2 novembre, c\u2019est toutefois le poste de sénateur de l\u2019Illinois qu\u2019il briguera face au républicain Allan Keyes, un néo-conservateur auquel les sondages ne donnent aucune chance.L\u2019élection d\u2019Obama, qui en ferait seulement le quatrième sénateur noir depuis la guerre de Sécession, fera-t-elle en sorte que l\u2019homme de 43 ans ravira le Sénat aux républicains ?Talkeetna Académie TALKEETNA \u2014À la réception, le marié et la mariée étaient vêtus de cuir à frange.Dehors, les feuilles dorées des bouleaux pleuvaient au milieu des flocons de la première neige.Une lourde, lourde neige de septembre, capable de blanchir les cabanes en rondins.Mais le plus étonnant à Talkeetna, un village de 600 habitants perdu au milieu de l\u2019Alaska, ce n\u2019est pas le décor.Non, le plus étonnant, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, les mariages locaux étaient presque un miracle, raconte l\u2019invitée PamRannals.Dans le bar où la costaude mère de famille ne fournissait pas à la tâche, les hommes arrivaient en tête-à-tête avec leurs carabines.« Je pouvais en garder huit, alignées derrière le bar.De l\u2019autre côté, les hommes finissaient toujours par se plaindre qu\u2019il n\u2019y avait pas une femme à la ronde.» « Je leur ai dit : Très bien, alors on va organiser un concours et vous mettre aux enchères! Les femmes viendront du monde entier pour acheter une soirée avec vous ! » Tente ans plus tard, le progrès, plus que le concours, a tranquillement fait son oeuvre.Les jeunes femmes du village posent désormais dans un calendrier, haches et fusils à la main.Un pied-de-nez aux hommes qui continuent de se vendre.mais qui n\u2019ont pas nécessairement changé, rigole Pam.« Ici, les hommes passent tout leur temps dans le bois.On a parfois beaucoup de travail au concours.Pendant 20 ans, on a eu la participation d\u2019un géologue.Un vrai rustre ! Il sent le jus de tabac, il jure et il porte une grosse barbe et des bretelles.On le lave, on le rase, on le coiffe et on lui met un tuxedo blanc.Un soir par année, c\u2019est Elvis on stage ! » « Chez nous, tu vois des gens qui te feraient peur en ville, mais ce sont des poètes, des écrivains et des musiciens extraordinaires.» Aux côtés de Pam, Ray Kramer, un biologiste aux airs d\u2019aristocrate, raconte avoir quitté Hawaii pour ramasser les carcasses d\u2019orignaux frappés par les voitures.«On les voit jusque dans les rues du centre-ville d\u2019Anchorage (la métropole de 600 000 habitants), dit-il, dans un excellent français.Un homme s\u2019est déjà fait piétiner entre deux bâtiments du campus universitaire.» « Mais ça reste beaucoup plus sûr ici, avec nos orignaux et nos ours, qu\u2019au centre-ville de Los Angeles, avec leur rage au volant! plaisante l\u2019ancien globe-trotter.Et puis, ça fait partie du thrill.» Comme Ray, Pam n\u2019échangerait pour rien au monde ses vieux souvenirs.«En 1969, l\u2019eau devait couler en permanence pour ne pas geler dans les tuyaux.On avait peur de tomber en panne sur l\u2019autoroute puisque aucune autre voiture ne passerait de la nuit.Et tu pouvais mourir en randonnée.Là, tu n\u2019as qu\u2019à sortir ton cellulaire et composer le 9-1-1 ! » expose la quinquagénaire, sans trop savoir si elle devrait s\u2019en réjouir.« Les gens s\u2019installent en Alaska parce que c\u2019est la dernière frontière, mais elle ne cesse de reculer.Maintenant que la vie est facile, on commence à étouffer ici.L\u2019été, c\u2019est Disneyland ! s\u2019exclame-t-elle.Les touristes débarquent par autobus entiers des bateaux de croisière.Ils achètent tout ce qu\u2019ils peuvent dans nos deux rues, puis ils repartent.» En décembre, par contre, Pamattendra tout l\u2019univers à bras ouverts lors de sa 24e vente de célibataires aux enchères.« L\u2019autre année, un groupe de femmes est venu de New York ! Notre vieille blague est devenue une curiosité nationale.» « Chez nous, tu vois des gens qui te feraient peur en ville, mais ce sont des poètes, des écrivains et des musiciens extraordinaires.» L\u2019exterminateur qui voulait jouer au baseball TEMPE \u2014 Les crampons aux pieds et le gant en baluchon au bout de leur bâton, ils sont plus de 1500 à courir les camps du baseball majeur, chaque printemps, dans l\u2019espoir de vivre une histoire disneyesque.Seulement chez les Expos, au cours de la dernière décennie, il y a eu un sourd, un manchot et un lanceur avec six doigts à sa main droite ! Brendan Donnelly entend parfaitement, il a deux bras et cinq doigts bien comptés dans chaque main.Physiquement, rien ne le distingue de la soixantaine de joueurs des Angels d\u2019Anaheim qui s\u2019entraînent au stade de Tempe.Ce n\u2019est qu\u2019en lisant l\u2019endos de sa carte de baseball qu\u2019on réalise pour la première fois tout le chemin que ce lanceur de 33 ans a parcouru pour avoir sa place dans la même équipe que Vladimir Guerrero.Entre 1993 et 2002, Brendan Donnelly a joué pour les équipes de Geneva, Ohio Valley, Charleston, Winston Salem, Indianapolis, Chattanooga, encore Indianapolis, Nashua, Durham, Altoona, Syracuse, Iowa, Arkansas et Salt Lake City.Pas trop de trois-étoiles des guides Michelin dans le lot.Sept organisations l\u2019ont embauché sans ne jamais lui donner sa chance dans les ligues majeures.Son séjour avec les Pirates de Pittsburgh, en août 1999, a duré exactement sept jours.« Ce fut un véritable cauchemar, se souvient-il.J\u2019ai lancé deux manches et je suis parti.» Et au-delà de son cheminement de baseballeur, il y a tout un autre parcours que ses cartes de baseball ne racontent pas.Choix de 29e ronde, il a reçu un boni de signature de 5000 $ avec lequel il a acheté.une bague de fiançailles.Les neuf années suivantes, gagnant moins de 30 000 $ par année, il a dû faire les cent métiers pendant la saison morte ET la saison de baseball pour subvenir aux besoins de sa famille.« J\u2019ai eu un parcours atypique, note- t-il.Pendant mes années dans les ligues mineures, j\u2019ai à peu près tout fait.J\u2019ai été ouvrier, j\u2019ai posé des conduites d\u2019eau, j\u2019ai vendu des articles de sport, j\u2019ai donné des leçons de baseball.À un certain moment, j\u2019ai même été exterminateur ! » En 2002, profitant assurément d\u2019une dernière chance à 30 ans, il s\u2019est présenté au camp des Angels d\u2019Anaheim, à Tempe, sans contrat garanti.Au terme d\u2019un bon camp, il a réussi enfin à prouver qu\u2019il avait sa place dans l\u2019organisation.mais au niveau AAA.Néanmoins, il saisit sa chance et avec une fiche de quatre victoires et aucune défaite, il obtient une promotion avec le grand club.La suite relève du rêve américain.Même les meilleurs scénaristes de Disney, alors propriétaire des Angels, n\u2019auraient pu écrire un tel scénario en restant crédibles : Brendan Donnelly est appelé à lancer en finale, les Angels gagnent la Série mondiale, Donnelly obtient un poste permanent la saison suivante et se rend au match des Étoiles.où il est crédité de la victoire ! « Jamais je n\u2019avais pensé un jour participer au match des Étoiles, confie-t-il.Pendant un long moment, je ne pensais même pas jouer un jour dans les majeures.C\u2019est tout dire ! » Seul hic dans cette saison de rêve : l\u2019Association des joueurs qui lui a fait des misères, car lors de la grève de 1995, il a franchi la ligne de piquetage lorsqu\u2019un directeur général lui a fait miroiter un poste dans les ligues majeures.« Mais heureusement, les gars ont tous été corrects avec moi.» L\u2019histoire disneyesque de Brendan Donnelly n\u2019est pas unique dans le baseball.En 2000, un dépisteur des Devil Rays de Tampa Bay a trouvé un joueur qui frappait la balle plus loin que Babe Ruth dans un champ de coton de la Louisiane.Une recrue de 38 ans a joué pour ces mêmes Devil Rays à la fin des années 90 et a inspiré un film à Disney.En fait, peut-être encore plus que le cinéma hollywoodien, le sport professionnel aux États-Unis offre à l\u2019homme de la rue la possibilité de voir un autre commun des mortels réussir.Et il garde le rêve américain toujours vivant.LE WEEK-END AMÉRICAIN ALABAMA Population (2003) : 4,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Helen Keller (auteure et éducatrice), Nat King Cole (chanteur), Willie Mays (baseballeur), Jesse Owens (athlète), Lionel Richie (chanteur) Insolite : Chaque année depuis 1972, la ville de Demopolis organise en décembre le festival «Noël sur le fleuve», pendant lequel est présenté un concours du meilleur cuisinier au barbecue.Afin de maintenir le caractère unique de l\u2019événement, le gouvernement de l\u2019Alabama a même voté une motion (l\u2019acte 91-739) qui fait du concours de Demopolis le championnat officiel de l\u2019État ! ALASKA Population (2003) : 0,65 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Irene Bedard (actrice, voix de Pocahontas), Scott Gomez (hockeyeur), Jewel (chanteuse), Hilary Lindh (skieuse, médaillée olympique), Tommy Moe (skieur, médaillé olympique) Insolite : Selon une étude japonaise réalisée en 1997, les populations autochtones de l\u2019Alaska parlent 21 langues différentes.Le holikachuk n\u2019est désormais compris que par 12 habitants, et l\u2019eyak, par une seule personne! JesseOwens Scott Gomez L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Porno 101 LOS ANGELES \u2014 « La première fois que j\u2019ai vu mon vagin sur grand écran, six pieds de large, j\u2019étais tellement fière.» Sharon Mitchell a commencé à tourner dans des films XXX, à NewYork, dans les années 1970.Lorsqu\u2019elle a décidé de prendre sa retraite, après 18 ans de loyaux services, elle savait qu\u2019il lui fallait faire quelque chose pour cette énorme industrie qui devait dorénavant composer avec un nouvel acteur, le sida.L\u2019ex-star porno est retournée sur les bancs d\u2019école et a décroché son doctorat en sexualité humaine.Elle a ouvert une clinique, AIM (pour Adult Industry Medical Health Care Foundation) qui est devenue une référence pour ce business de 11 milliards de dollars américains.En Californie, on estime qu\u2019environ 1200 acteurs et actrices vivent du porno, sans compter tous les amateurs, de plus en plus nombreux.AIM a maintenant une dizaine de bureaux dans le pays, dont la clinique originale du Dr Mitchell qui se trouve au nord de Beverly Hills, sur le très laid Ventura Boulevard, dans le quartier Sherman Oaks.L\u2019atmosphère y est bon enfant.Des jeunes filles aux seins immanquables arrivent au volant de leurs VUS luxueux, les garent devant la porte et causent un peu avec le réceptionniste.Les stars portent leurs vêtements de gym, ne sont pas maquillées et très jolies.Tout le monde se connaît et se tutoie, s\u2019embrasse et s\u2019informe d\u2019un ami et d\u2019un autre.On y croise des vétérans comme des jeunes premiers qui tentent leur chance dans cette industrie très glamour et très lucrative.Lorsqu\u2019un nouveau patient s\u2019inscrit chez AIM, on lui remet une montagne de documentation et une cassette instructive intitulée Porno 101.Selon Sharon Mitchell, seulement 17% des acteurs de films pour adultes utilisent le condom pour leur travail.Ceux-là se rendent une fois par mois dans la clinique AIM pour une batterie d\u2019examens, incluant le test de dépistage du sida.Les acteurs qui tournent sans condom passent les mêmes tests, mais à tous les 15 jours.Les dossiers médicaux des patients du Dr Mitchell, qui compte tout ce qui se fait de sérieux en porno en Californie, sont disponibles sur le site de la clinique, pour les membres.Les producteurs y ont accès et savent alors, avant de débuter le tournage d\u2019un film, à quand remonte les derniers tests de leurs vedettes.Et quels en sont les résultats.« La Californie est sans aucun doute l\u2019endroit le plus sécuritaire pour tourner du XXX », croit le Dr Mitchell.Car les producteurs sérieux sont plus sensibles aux MTS qu\u2019on pourrait le croire et, surtout, ils n\u2019ont vraiment pas intérêt à se retrouver avec des cas de sida sur les bras.AIM est entièrement financé par l\u2019industrie.« Je ne veux pas d\u2019argent du gouvernement, je ne veux rien avoir à faire avec les gouvernements, dit Sharon Mitchell.En plus, ma clientèle pourrait devenir méfiante.» Les producteurs préfèrent investir dans un centre où l\u2019on surveille la santé des acteurs, avec les limites que cela comporte, plutôt que d\u2019utiliser des condoms sur les tournages.L\u2019année dernière, au printemps, la communauté porno californienne a vécu une crise : une star du XXX a été testée positive à la clinique du Dr Mitchell.En moins de temps qu\u2019il ne faut pour le dire, AIM est devenu le centre nerveux de la crise.Le téléphone ne dérougissait pas, les tests se sont multipliés et la liste de tous les acteurs ayant eu des relations avec les personnes infectées, six au total, a été mise en ligne sur le site de la clinique.Depuis son ouverture en 1998, seulement 11 acteurs ont été testés positifs chez AIM, plus quelques cas de nouveaux venus pas directement attribuables au milieu du porno.Sharon Mitchell est néanmoins inquiète.Très inquiète.Lorsqu\u2019elle a commencé dans le milieu, il n\u2019y avait qu\u2019une trentaine d\u2019acteurs XXX aux États-Unis.«On couchait les uns avec les autres, dit-elle.C\u2019était une petite famille ! » Aujourd\u2019hui, il y a des centaines d\u2019actrices et d\u2019acteurs de porno.Et les films sont de plus en plus violents, remarque cette spécialiste.« Avec Internet, n\u2019importe qui avec une caméra et du Viagra peut faire du porno ! » Plus d\u2019amateurs veut évidemment dire moins de contrôle.Sharon Mitchell souhaiterait maintenant mettre en place un sceau de qualité.Les producteurs qui accepteraient de se conformer à certaines conditions sécuritaires, comme le port du condom lors de pénétrations anales, recevraient ce sceau.Sharon voudrait ensuite convaincre les chaînes d\u2019hôtels, grandes consommatrices de porno, de n\u2019acheter que des films faits par ces gentils producteurs.« On ne reviendra jamais à la porno des années 70, lorsque les films étaient présentés avec des premières très glamour, avec soirée de tapis rouge et défilé de stars, dit-elle.Il ne faut pas faire l\u2019autruche et s\u2019adapter au nouveau marché.Aussi hard soit-il.Faire semblant que cela n\u2019existe pas pourrait être très dangereux.» « La Californie est sans aucun doute l\u2019endroit le plus sécuritaire pour tourner du XXX.» Une économie fumante RALEIGH \u2014 Le tabac est à la Caroline du Nord ce que le blé est aux Prairies canadiennes : un symbole et un moteur économique traditionnel.Aujourd\u2019hui encore, lorsqu\u2019on quitte Raleigh, la capitale, située au centre de l\u2019État, pour rouler vers la côte Est, les champs de tabac font partie du paysage et rappellent que sa culture, sa transformation et son commerce génèrent des retombées économiques considérables.Tout cela n\u2019est pas sans susciter un malaise.« Quand je dis à quelqu\u2019un que je cultive le tabac, on me regarde d\u2019une étrange façon, souvent avec un air réprobateur », explique Sam Crews, qui exploite la ferme familiale défrichée par son grand-père, près d\u2019Oxford, au nord de Raleigh.Président de l\u2019Association des producteurs de tabac de la Caroline du Nord, l\u2019homme de 46 ans connaît les ravages de la cigarette mais ne s\u2019en formalise pas trop, soulignant que le tabac a été au coeur du développement économique de l\u2019État durant plus d\u2019un siècle.« Il y a 40 ans, dit-il, là où j\u2019ai grandi, la moitié des habitants vivaient, directement ou indirectement, du tabac.Les temps ont changé, mais à ce que je sache, c\u2019est encore une culture légale.» Une culture légale à laquelle sont accros plus de 45 millions d\u2019Américains, selon les dernières données gouvernementales américaines, et à laquelle on attribue 400 000 décès par an aux États-Unis seulement.Pas étonnant que le tabac constitue plus que jamais un problème épineux pour les politiciens.Ainsi, malgré les pressions des groupes de défense de la santé, qui exigent que la taxe de vente sur les cigarettes soit augmentée, on trouve peu de politiciens prêts à soutenir un projet de loi en ce sens.Il faut dire aussi que les producteurs ont connu de meilleures années.Confrontés à un marché domestique de la cigarette en déclin, une production étrangère à plus bas prix (notamment du Brésil et du Zimbabwe), les propriétaires ont réduit leur production au cours des dernières années, elle qui est dictée par un système fédéral de quotas établi durant les années 1930.Qu\u2019à cela ne tienne, malgré l\u2019émergence de l\u2019industrie de la haute technologie durant les années 1990, tabac rime toujours avec Carolina.Les quelque 7800 fermes de la Caroline du Nord produisent plus de 60% du tabac cultivé au pays ; un emploi sur 11 est lié à cette industrie.On évalue les retombées de celle-ci à 7 milliards de dollars US pour l\u2019État.« La question de la culture du tabac divise la population plus que jamais, affirme Bob Royster, directeur de production de la chaîne universitaire UNC-TV, membre du réseau de télévision public américain (PBS).La diffusion récente du documentaire North Carolina\u2019s Dependance on Tobacco a fait des vagues.Le film met notamment en relief les contradictions d\u2019une société qui soutient une industrie dont les coûts de santé qui y sont associés dépasseraient largement les bénéfices économiques.« Pour beaucoup, c\u2019est une question de loyauté, dit-il.Si vous êtes en faveur d\u2019une hausse de taxe, l\u2019industrie le perçoit comme de l\u2019ingratitude.Tant de villages ont vu le jour grâce au tabac, sans compter les importantes contributions philanthropiques des grandes compagnies.Vous savez, ils sont plusieurs à rappeler à qui veut l\u2019entendre que la prestigieuse Université Duke, à Durham, a été en partie bâtie grâce à James Duke, grand magnat du tabac du début du XXe siècle.» Ironiquement, l\u2019institution abrite un centre médical qui fait de la recherche sur le cancer du poumon.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS ARIZONA Population (2003) : 5,6 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Cochise (chef amérindien), Geronimo (chef amérindien), Lynda Carter (actrice, Wonder Woman), Charles Mingus (musicien), Linda Ronstadt (chanteuse) Insolite : Le vrai pont de Londres ne se trouve pas sur la Tamise, mais dans un bled de l\u2019Arizona! Le fondateur de la ville de Lake Havasu a acheté tous les morceaux du célèbre pont pour 2,4millions $ lors d\u2019une mise aux enchères, en 1962, et les a fait livrer en Arizona, où il a reconstruit le monument.Le pont avait été mis en vente car ses morceaux tombaient les uns après les autres dans la Tamise.Il a été remplacé à Londres par un nouveau pont.ARKANSAS Population (2003) : 2,7 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Johnny Cash (chanteur), Bill Clinton (ex-président), John Grisham (écrivain), Douglas MacArthur (général), SamWalton (fondateur de Wal-Mart) Insolite: Le championnat mondial d\u2019imitation du cri du canard se tient annuellement dans la ville de Stuttgart.Lynda Carter Bill Clinton Toutes petites Premières Nations PHOTO ANN HEISENFELT, AP Bobby Morris, 4 ans, est initiée aux danses de ses ancêtres lors d\u2019un pow wow organisé par la communauté amérindienne de Prairie Island, au Minnesota.Vivant sur un territoire sablonneux de 600 acres, les Indiens de Prairie Island forment la plus petite des 11 communautés autochtones de l\u2019État.Les rassemblements comme celui-ci sont une façon pour les enfants de rencontrer d\u2019autres Amérindiens, qui forment moins de 1% de la population américaine. 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Àprendre au pied de la lettre PHOTO LINDA SPILLERS, AP David Scott Tidmarsh, 14 ans, a été couronné, en juin dernier, champion de la 77e édition du concours national d\u2019épellation.L\u2019adolescent originaire de South Bend, en Indiana, a remporté le très convoité concours en épelant correctement le mot « autochthonous ».Avis aux intéressés : le film Spellbound, qui avait obtenu une nomination au titre de documentaire de l\u2019année à la cérémonie des Oscars de 2002, permet de découvrir la relation fascinante qu\u2019entretiennent certains enfants avec ce concours.Quand le sport devient vitrine STORRS \u2014À l\u2019époque où les sportifs universitaires venaient corriger les Huskies sur leur propre terrain, l\u2019Université du Connecticut était surnommée « Cow College ».Aujourd\u2019hui, elle est en voie de devenir la Mecque du basketball.En mars dernier, UConn est devenue la première institution à triompher la même année dans les championnats nationaux masculin et féminin.Le résultat : une visibilité médiatique sans précédent pour ce campus de 26 000 étudiants, qui a galvanisé le sentiment d\u2019appartenance.« Ces deux championnats ont enrichi la qualité de vie à l\u2019intérieur de l\u2019Université, note Dolan Evanovitch, vice-principal aux admissions.Ils ont aussi incité davantage d\u2019étudiants, attirés par la mention de notre université dans les bulletins sportifs, à s\u2019informer à notre sujet.« Plus d\u2019étudiants sont venus visiter notre campus et demander des informations sur Internet.» Le secret de ce succès, disent plusieurs intervenants, c\u2019est la philosophie de l\u2019Université selon laquelle la réussite des volets athlétique et académique va de pair.De manière générale, affirme M.Evanovitch, les grandes universités publiques américaines embrassent aussi cette idée.Au Connecticut, c\u2019est le centre des Huskies, Emeka Okafor, qui a été le modèle tout désigné d\u2019un esprit sain dans un corps sain.« Il est tout ce que devrait être le sport universitaire: un excellent joueur et un excellent étudiant, observe Michael Enright, du département athlétique de l\u2019Université.Il a été notre joueur vedette des dernières années et il a obtenu en trois ans son diplôme en finances avec une moyenne supérieure à 3,8 (sur 4).» Okafor a maintenant quitté pour la NBA, puisque les Bobcats de Charlotte, une équipe d\u2019expansion, l\u2019ont choisi au deuxième rang du plus récent repêchage.Et les Huskies, eux, sont repartis à la recherche de nouveaux talents.« On fait du recrutement partout au pays pour dénicher des étudiantsathlètes, dit Michael Enright.On cherche des jeunes qui performent dans leurs études autant que dans leur sport, et qui sont de bons citoyens moraux.Des centaines d\u2019équipes peuvent manifester de l\u2019intérêt pour les meilleurs d\u2019entre eux.La NCAA supervise le tout et réglemente, par exemple, le nombre de visites que peut faire un coach chez un jeune.» La NCAA (National Collegiate Athletic Association), c\u2019est l\u2019organisme qui chapeaute toutes les compétitions interuniversitaires aux États-Unis.Au basketball, les collèges sont répartis dans une multitude de divisions qui convergent lors d\u2019un immense tournoi national surnommé le «March Madness ».C\u2019est à l\u2019issue de ce tournoi que UConn a raflé, en 24 heures, ses deux titres nationaux.Ce résultat a fait le bonheur du Connecticut, qui ne compte plus d\u2019équipe sportive professionnelle depuis le départ des Whalers de Hartford.Les Huskies remplissent si bien le vide que les entraîneurs des deux formations, Jim Calhoun et Geno Auriemma, sont devenus des figures connues de la région.Un grand chantier Le succès sportif dans les universités apporte de l\u2019eau aux moulins des fondations, qui sollicitent le soutien des anciens étudiants et du mondes affaires.En tant qu\u2019université publique, UConn se finance à partir des taxes de l\u2019État, mais elle dépend largement de dons privés.« Alors que nous étions au coeur de cette série victorieuse, les appels de dons ont augmenté dramatiquement, explique Paul Brawley, l\u2019un des viceprésidents de la Fondation de UConn.En fin de compte, on a amassé plus de fonds que lors de n\u2019importe quelle autre année, soit plus de 471 millions.» UConn est au milieu d\u2019une vaste campagne de modernisation de son campus, un projet étalé sur 20 ans dont le budget total est de 2,3 milliards.Preuve que la roue tourne : des étudiants de talent se sont laissés séduire par les nouvelles infrastructures ; puis le succès qu\u2019ils ont apporté aux équipes de basketball a contribué à dynamiser le projet en ajoutant de la visibilité à l\u2019établissement.Quant aux demandes d\u2019admission, elles sont passées de 10 000 à 20 000 depuis 1995, l\u2019année où les femmes ont gagné le premier de leurs cinq titres.Les hommes, eux, en ont raflé deux lors des cinq dernières années.« Ce serait toutefois erroné de tracer un lien direct entre ces championnats et la hausse des demandes d\u2019admissions, prévient Dolan Evanovitch.Les demandes se terminent en février.Or, à cette époque, l\u2019hiver dernier, nous n\u2019avions pas encore gagné.« Et puisque les admissions ont lieu entre novembre et février, il est encore trop tôt pour dire si ces succès sportifs auront un impact sur les admissions de l\u2019année prochaine.» Le succès sportif dans les universités apporte de l\u2019eau aux moulins des fondations, qui sollicitent le soutien des anciens étudiants et du monde des affaires.La passion des silos nucléaires COOPERSTOWN \u2014 Larry Vetter a un rêve : devenir le conservateur du premier musée de silos nucléaires du Dakota du Nord.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il a été militaire, bien qu\u2019il ait piloté un hélicoptère au Vietnam: ce qui le passionne, c\u2019est le génie civil.Son histoire d\u2019amour avec les silos nucléaires a commencé en 1989.« J\u2019avais quitté l\u2019armée au début des années 1970, après deux affectations au Vietnam, et j\u2019étais devenu ingénieur civil », explique M.Vetter, en entrevue à 15 mètres sous terre, dans la salle de contrôle « Oscar Zéro » où des «missiliers» ont veillé sur de l\u2019armement nucléaire pendant 30 ans.« En 1989, un ami m\u2019a suggéré de poser ma candidature à un poste d\u2019entretien des silos nucléaires.Quand j\u2019ai vu comment ils étaient faits, j\u2019ai été très impressionné.» Les silos du Dakota du Nord ont été construits en plein hiver, en 1965, à un paroxysme de la Guerre froide.Ils étaient conçus pour résister à un tremblement de terre de force neuf à l\u2019échelle de Richter (le tremblement de terre de Californie en 1994 avait une force de sept).« Pour les détruire, il aurait fallu que les missiles soviétiques les frappe directement, dit M.Vetter avec admiration.Même quelques dizaines de pieds à côté, ça n\u2019aurait pas marché.Pour un ingénieur, c\u2019est incroyable de voir ce qu\u2019on peut faire avec un budget illimité : creuser dans le sol gelé en plein hiver, couler des murs de trois mètres d\u2019épaisseur, ça dépasse l\u2019imagination.Ceux qui ont conçu les silos ont pu utiliser des marges d\u2019erreur dont tout ingénieur rêverait, pour être certains qu\u2019ils tiendraient le coup.» Avec la chute de l\u2019Union soviétique, les silos nucléaires des grandes plaines du centre des États-Unis ont perdu leur raison d\u2019être.La moitié des missiles Minuteman ont été mis au rancart après la signature du traité Start en 1991.Le traité prévoyait également que les silos seraient détruits.Pour ce faire, il fallait 400 kilos de TNT par silo, quatre fois plus que la quantité de dynamite nécessaire pour abattre un immeuble de 10 étages.Troisième puissance nucléaire Le Dakota du Nord a perdu son statut de « troisième puissance nucléaire mondiale » avec Start.Les États-Unis comptent maintenant 550 missiles intercontinentaux, contre 1000 voilà 10 ans.« Les silos nucléaires font partie de l\u2019identité du Dakota du Nord », explique Rachel Retterah, directrice des communications au département du tourisme de l\u2019État.« Quand les silos ont été détruits, en 2000, il y a eu beaucoup de journalistes étrangers qui cherchaient des fermiers qui étaient contre les missiles, mais ils n\u2019en ont pas trouvé beaucoup », explique M.Vetter, qui est au début de la soixantaine et a toujours vécu au Dakota du Nord.« Nous avons voulu sauver Oscar Zéro pour en faire un musée.Ce serait le troisième aux États-Unis : il y en a déjà un au Dakota du Nord, et un autre en Arizona.Ici vivait l\u2019équipe de deux missiliers qui contrôlaient les missiles.Ils avaient 10 silos sous leur contrôle et pouvaient en contrôler jusqu\u2019à 50 si d\u2019autres postes de commande étaient touchés par une attaque.En cas d\u2019attaque, ils pouvaient survivre deux semaines sans recevoir de l\u2019air de l\u2019extérieur.» Le père de M.Vetter était fermier.Il n\u2019a pas été à la Deuxième Guerre mondiale parce que sa famille était trop nombreuse.« Je ne viens pas d\u2019une famille de militaires, dit M.Vetter.Quand je me suis enrôlé au Vietnam, c\u2019était pour éviter d\u2019être dans l\u2019infanterie, si j\u2019étais conscrit.» Son expérience du Vietnam lui donne-t-elle une perspective particulière sur l\u2019Irak ?M.Vetter attend un moment.« J\u2019ai été deux fois au Vietnam », dit-il finalement, comme pour clore la discussion.LE WEEK-END AMÉRICAIN CALIFORNIE Population (2003) : 35,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Leonardo DiCaprio (acteur), George Lucas (réalisateur), Richard Nixon (exprésident), George Patton (général), TigerWoods (golfeur) Insolite : À Pacific Grove, une loi prévoit une amende de 500$ pour quiconque maltraite.un papillon! CAROLINEDUNORD Population (2003) : 8,4millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Roberta Flack (chanteuse), Billy Graham (évangéliste), Andrew Johnson (exprésident), Floyd Patterson (boxeur), TomWolfe (écrivain) Insolite : Fayetteville a vu naître Babe Ruth et les terrains.de mini-putt! CAROLINEDUSUD Population (2003) : 4,15 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : James Brown (chanteur), Joe Frazier (boxeur), Dizzy Gillespie (musicien), Andrew Jackson (ex-président), Jesse Jackson (leader des droits civiques) Insolite: Depuis 1933, on rapporte fréquemment qu\u2019un monstre se cache dans le lac Murray, si bien que les autorités locales mènent une véritable enquête sur le sujet depuis 1990.Le biologiste chargé de l\u2019enquête dit n\u2019avoir jamais vu le serpent de mer de 60 pieds de long, mais il croit que le monstre pourrait être à l\u2019origine d\u2019immenses trous laissés dans ses filets placés un peu partout dans le lac.COLORADO Population (2003) : 4,55 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Tim Allen (acteur), Jack Dempsey (boxeur), John Elway (footballeur), Douglas Fairbanks (acteur), Willard Libby (inventeur de la datation au carbone 14) Insolite : Denver a vu naître le cheeseburger.Denver compte plus de microbrasseries que n\u2019importe quelle autre ville aux États-Unis.C\u2019est aussi la ville américaine où on compte la plus forte proportion de personnes obèses.James Brown Devenir le coeur des Amériques L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 7 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Les couloirs de la mort sont bien remplis PHOTO AP Depuis 1977, 935 personnes ont été exécutées aux États-Unis.Plus du tiers de ces condamnations ont été prononcées au Texas.Si une majorité de Blancs ont été victimes de la peine de mort depuis 30 ans, le tiers des exécutés étaient Afro-Américains, une proportion qui dépasse largement leur représentation dans la population américaine.Le dernier en lice, Adremy Dennis, a reçu mercredi une injection létale dans une prison de l\u2019Ohio.Jésus crucifié pour 29,99$ US ORLANDO \u2014 Jésus est là, crucifié, face à la foule.Sa tête, sur laquelle un soldat romain a enfoncé une couronne d\u2019épines, se balance lourdement sur sa poitrine.Son corps est couvert de plaies, maculé de sang.Autour de lui, ses fidèles crient leur désespoir.Dans la foule, quelques personnes essuient une larme.et prennent des photos.Cric-cric-cric fait le bruit de leur appareil jetable qu\u2019ils s\u2019empressent de recharger alors que, sur le calvaire, le Christ est déjà en train d\u2019être descendu de croix.Vite, il ne faut pas rater le moment où, ressuscité, il reviendra au sommet de la montagne, triomphant de la mort, ses bras grands ouverts vers le ciel, le tout nappé d\u2019une musique de circonstance.Bienvenue à Holy Land, un parc thématique d\u2019Orlando, en Floride, inauguré en février 2001.Parc dont les attributs et caractéristiques détonnent dans cette ville mieux connue pour ses immenses lieux de divertissements à la Disney et autres Universal Studios.« Nous ne sommes pas dans le business du divertissement, dit le président et fondateur Marvin Rosenthal, 68 ans, un Juif converti au christianisme et devenu ministre baptiste.Holy Land est une partie de notre ministère qui enseigne la Bible, l\u2019oeuvre de Dieu, l\u2019amour de Dieu et la manifestation de cet amour pour l\u2019homme à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus.C\u2019est éducatif, spirituel, moral.» Ici, il n\u2019y a pas de manèges, pas de clowns ni de barbe à papa.Mais on peut voir Jésus se faire crucifier tous les jours dans un spectacle de 20 minutes parcourant à toute vitesse sa marche sur le chemin de croix, sa mort et sa résurrection.Au restaurant, les mets ont des noms bibliques comme le Goliath Burger ou la Centurion Salad.Dehors, les allées sont bordées de plantes et d\u2019arbres évoqués dans la Bible.Et tous les employés croisés au hasard de la promenade vous balancent un « Shalom ! » avec leur plus beau sourire.En franchissant le tourniquet, le visiteur est, prétend-on, immergé totalement dans une réplique de la ville de Jérusalem d\u2019il y a 2000 ans.Construits au coût initial de 16 millions$ sur un terrain de 15 acres, les aménagements évoquent le temple d\u2019Hérode, les cavernes des manuscrits de la Mer morte, une réplique de la Via Dolorosa qu\u2019a empruntée le Christ vers le calvaire.« Nos prochains projets sont la construction d\u2019une grande réplique de l\u2019Arche de Noé et une exposition sur le créationnisme », ajoute M.Rosenthal.Pour les besoins de reconstitution historique, la majorité des employés sont costumés.Doivent-ils être croyants pour travailler ici ?« Oui, répond du tac au tac M.Rosenthal.On est un ministère au même titre qu\u2019une église.Donc, nos employés doivent croire.» Pour mieux se plonger dans cette atmosphère biblique, le visiteur doit faire un petit effort et oublier ce qui, inévitablement, le ramène au 21e siècle : les nombreux points de vente de souvenirs, les bouteilles d\u2019eau à 2,35 $ l\u2019unité, les bruits des véhicules passant sur l\u2019autoroute 4 située tout près, ou les inévitables conversations sur cellulaire.En général, toutefois, le public est on ne peut plus attentif.« Notre clientèle vient de tous les coins du monde et de tous les horizons.Nous avons des athées, des agnostiques, des gens de différentes congrégations protestantes, des Grecs orthodoxes, des Catholiques, des Juifs, des coptes d\u2019Égypte », ajoute le président en entrevue téléphonique.N\u2019empêche.Une petite controverse a précédé l\u2019ouverture du parc lorsque des membres de la communauté juive ont accusé M.Rosenthal de prosélytisme.Pour eux, l\u2019endroit ne servait qu\u2019à tenter de convertir les Juifs au christianisme.L\u2019un d\u2019eux était Irv Rubin, un Juif d\u2019origine montréalaise qui s\u2019est suicidé en 2002 après avoir été arrêté et accusé d\u2019un complot visant à faire sauter une mosquée.Plusieurs articles de journaux écrits à l\u2019époque indiquent que le parc a aussi tenté de se faire attribuer le statut d\u2019église, question d\u2019être exonéré d\u2019impôt.Sans succès.Des poursuites ont même été entreprises par les responsables contre l\u2019État et le comté.Selon la publication touristique Frommers, le refus essuyé par Holy Land d\u2019être désigné comme une église, conjugué à un nombre de visiteurs inférieur aux projections de départ, s\u2019est traduit par une hausse substantielle des prix \u2014 de 17 $ à 30 $ pour une entrée adulte \u2014 et l\u2019imposition d\u2019un tarif \u2014 5$ \u2014 pour le stationnement.M.Rosenthal est cependant catégorique : le parc dépasse l\u2019objectif d\u2019achalandage fixé au départ.« D\u2019ici quelques semaines, nous allons accueillir notre millionième visiteur », lance ce dernier, qui a bien d\u2019autres projets en tête et encore des terrains pour les développer.En franchissant le tourniquet, le visiteur est, prétend-on, immergé totalement dans une réplique de la ville de Jérusalem d\u2019il y a 2000 ans.ATLANTA \u2014 Avec son centre-ville qui donne l\u2019impression de rendre l\u2019âme à la fermeture des bureaux, on imagine mal Atlanta comme le coeur des Amériques.Et pourtant.José Ignacio Gonzalez tente de convaincre les 34 pays qui négocient la Zone de libre-échange des Amériques, la ZLÉA, de venir installer leur secrétariat dans cette ville du sud-est des États-Unis, capitale de la Géorgie.Atlanta est d\u2019abord reconnue comme la ville abritant le siège social de Coca-Cola et celui de CNN.La compagnie aérienne Delta et UPS, le transporteur de colis, y ont aussi installé leurs pénates.Mais de là à se prétendre la capitale des Amériques.M.Gonzalez reconnaît lui-même qu\u2019il présente la candidature de sa ville comme « le deuxième choix de tout le monde ».Autrement dit, Atlanta a des chances si la décision est prise par consensus et non par vote.Si le choix est décidé par scrutin, il croit que Port of Spain, à Trinidad-et-Tobago, coiffera la capitale géorgienne au fil d\u2019arrivée.Miami et Panama sont aussi des concurrentes féroces, reconnaît-il, parmi la dizaine de villes candidates dont aucune n\u2019est canadienne.Économiquement, Atlanta a de quoi se péter les bretelles, des arguments pour faire mousser sa candidature.« Le produit intérieur brut de la ville est d\u2019environ 280 milliards, souligne M.Gonzalez.C\u2019est deux fois et demi celui de la Colombie.» En fait, poursuit-il, le poids économique d\u2019Atlanta est plus important que celui de tous les pays de la ZLÉA, sauf les États-Unis, le Canada, le Mexique et le Brésil.Après New York et Chicago, Atlanta est la ville américaine qui compte le plus de sièges sociaux de compagnies inscrites au Fortune 500.Plus encore, souligne-t-on dans les documents de candidature de la ville, il y a pour environ 14 milliards de dollars de construction dans des projets actuellement en cours, soit « plus que dans n\u2019importe quelle autre ville des États- Unis ».En février dernier, le Nouveau- Brunswick et le Manitoba y ont d\u2019ailleurs mené une mission économique conjointe, question de comprendre cette géante économique du Sud qui aspire à devenir une porte d\u2019entrée vers l\u2019Amérique du Sud.Mais il y a plus que l\u2019économie qui boume à Atlanta : la ville se présente comme un important centre intellectuel.Les collèges et universités d\u2019Atlanta comptent pas moins de 200 000 étudiants.Fait rare sinon unique, la ville a également ses deux Prix Nobel de la Paix en Jimmy Carter et Martin Luther King.Ce dernier illustre sans doute mieux que quiconque le chemin parcouru par Atlanta, d\u2019abord détruite par la Guerre civile puis fortement marquée par les luttes d\u2019émancipation des Afro- Américains dans les années 60.Cette image de lutte et d\u2019émancipation, Atlanta l\u2019utilise aussi pour courtiser les pays latino-américains qui pourraient y voir une source d\u2019inspiration.Atlanta n\u2019obtiendra peut-être pas le secrétariat de la ZLÉA si les discussions des 34 États membres finissent par aboutir.Mais une chose est sûre, la ville bouge davantage que ne laisse croire la quiétude de son centre-ville quand les travailleurs sont retournés dans leur banlieue.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS CONNECTICUT Population (2003) : 3,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : P.T.Barnum (gérant d\u2019un cirque), Samuel Colt (inventeur du revolver), Katharine Hepburn (actrice), J.P.Morgan (financier), Benjamin Spock (pédiatre) Insolite : C\u2019est à New Haven, en 1878, que fut publié le premier bottin téléphonique de l\u2019histoire.Il ne comportait que cinq noms! DAKOTADUNORD Population (2003) : 0,6 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Angie Dickinson (actrice), WilliamGass (écrivain et philosophe), Phil Jackson (basketteur et entraîneur), Harold K.Johnson (général), Peggy Lee (chanteuse), Insolite : Deux fois, des citoyens locaux ont voulu débaptiser l\u2019État pour l\u2019appeler simplement «Dakota».Les deux motions, présentées en 1947 et 1989, ont été battues à l\u2019Assemblée législative.DAKOTADUSUD Population (2003) : 0,75 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Sparky Anderson (entraîneur au baseball), Tom Brokaw (chef d\u2019antenne), Sitting Bull (chef amérindien), Hubert Humphrey (politicien), Mamie Van Doren (actrice) Insolite : Chaque année, à Clark, se tient le festival de lutte dans les patates pilées.Les enfants sont invités à y participer.DELAWARE Population (2003) : 0.8 million Tendance électorale: 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : E.I.DuPont (industriel), Henry Heimlich (médecin et inventeur de la méthode Heimlich), Robert Montgomery Bird (écrivain du XIXe siècle), George Read (signataire de la Déclaration d\u2019indépendance) Insolite : Le Delaware est au second rang des plus petit état du pays.Pas surprenant alors qu\u2019on dise de Delmar qu\u2019elle est «une petite ville trop grosse pour un seul État» : la moitié de la ville se trouve au Delaware, l\u2019autre au Maryland! Peggy Lee Sparky Anderson La revanche des Nerds PHOTO RICHARD KOCI HERNANDEZ, AP Avec leur tête de tronche, les fondateurs de Google, Serguei Brin et Larry Page, n\u2019ont rien des milliardaires typiques.Ils trônent pourtant au 43 e rang du palmarès Forbes des gens les plus riches au monde.Les informaticiens, qui n\u2019avaient pas 25 ans lorsqu\u2019ils ont inventé le moteur de recherche en 1998, auraient chacun quatre milliards dans leur tirelire, principalement sous forme de titres de la compagnie.Un magot qui risque encore d\u2019augmenter puisque l\u2019action de Google, inscrite sur le Nasdaq, valait 137,40$US au début de la semaine, en hausse de près de 45 $ par rapport à son prix de lancement, le 19 août dernier.8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Souverainisme.à l\u2019hawaïenne! KAILUA-KONA \u2014 L\u2019archipel d\u2019Hawaii est une mosaïque ethnique et culturelle sans pareil.Ici, plus qu\u2019ailleurs, l\u2019Amérique prend plusieurs visages.Dans tous les sens du terme.À Honolulu, sur l\u2019île d\u2019Oahu, comme à Lihue, sur celle de Kaui, en passant par Hilo, sur le Big Island, le visiteur qui fait son épicerie au supermarché local est à la fois étonné et emballé par la diversité de ce chapelet d\u2019îles situé en plein coeur de l\u2019océan Pacifique Nord, dernier État à joindre la famille américaine en 1959.Plus de 40%de la population de 1,2 million d\u2019habitants est d\u2019origine asiatique (surtout japonaise et philippine), 25% est caucasienne (ce qui fait d\u2019Hawaii le seul État américain qui ne soit pas majoritairement composé de citoyens blancs) et plus de 10% est d\u2019origine autochtone (Native Hawaiian).Et ici, le métissage n\u2019est pas un sujet tabou : un cinquième de la population s\u2019est dite issue de deux races ou plus au dernier recensement.Ce n\u2019est pas le paradis (malgré ce que l\u2019on raconte dans les brochures touristiques), mais tout ce beau monde vit dans une relative harmonie.« Les communautés se respectent, s\u2019apprécient même, dans l\u2019ensemble », affirme Fred Ruben, retraité californien dans la cinquantaine installé depuis 30 ans dans la petite ville de Kailua-Kona, sur le Big Island, et qui boucle ses fins de mois en travaillant dans un modeste dépanneur, rue principale.« Les autres États américains devraient tirer des leçons de l\u2019expérience hawaïenne.» À Hawaii, justement, on ne se sent pas très américain.Et certains beaucoup moins que d\u2019autres.«Nous sommes la dernière étoile à avoir été ajoutée au drapeau américain.Notre souhait est d\u2019en être la première retirée », affirme Kea Li\u2019i Gora, directeur de la gestion des immeubles au Centre d\u2019études hawaïennes de l\u2019Université d\u2019Hawaii, à Honolulu.L\u2019autochtone de 39 ans souscrit au mouvement d\u2019autodétermination d\u2019Hawaii et rêve de voir l\u2019État quitter la belle famille américaine.Il n\u2019est pas le seul.Cette année, lors de la fête du Travail, plus de 10 000 personnes ont marché dans les rues d\u2019Honolulu en faveur des droits des premiers habitants.«Regardez ce que notre gouvernement a fait en Irak, dit M.Gora.C\u2019est un peu comme ça qu\u2019il s\u2019est emparé d\u2019Hawaii.» Presque.S\u2019il est vrai que des hommes d\u2019affaires et diplomates américains ont participé au renversement de la reine Liliuokalani, en 1893 (le Congrès américain s\u2019en est officiellement excusé en 1993, à l\u2019occasion du centenaire de l\u2019événement), l\u2019idée de voir Hawaii redevenir un pays demeure le rêve d\u2019une infime minorité.Qu\u2019à cela ne tienne, depuis quelques années, les écoles d\u2019immersion en langue hawaïenne se multiplient et l\u2019intérêt pour la culture autochtone connaît un essor sans précédent depuis plus d\u2019un siècle.Il reste que le détachement des Hawaïens face au reste du pays, peu importe leurs origines, est bien visible.Les maisons qui arborent le drapeau américain sont rares.Même les commerces ne jouent pas la carte du patriotisme, malgré la période tumultueuse que traversent les États-Unis, et cela même s\u2019il existe ici une forte tradition militaire (Pearl Harbor, sur l\u2019île de Oahu, demeure une importante base navale).« Dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre, des touristes américains étaient vexés de ne pas voir plus de drapeaux, raconte Dean Alegado, directeur du Département d\u2019études ethniques de la Faculté de sociologie de l\u2019Université d\u2019Hawaii, à Honolulu.Mais vu d\u2019ici, le continent américain semble si loin.Los Angeles est à cinq heures d\u2019avion.Washington, à 11 heures.» Né aux Philippines, le professeur spécialisé en immigration a vécu à San Francisco avant de s\u2019établir à Hawaii il y a six ans.Il se réjouit du mouvement valorisant l\u2019esprit des premiers habitants, mais il rappelle que ce coin du monde est imprégné de plusieurs autres cultures.« La plupart des Hawaïens s\u2019entendent pour dire qu\u2019une certaine forme d\u2019autonomie serait légitime, mais je doute qu\u2019on puisse arriver à trouver ne seraitce qu\u2019un semblant de consensus sur la forme qu\u2019elle devrait prendre.La diversité culturelle, c\u2019est aussi une diversité d\u2019intérêts sociaux, économiques et politiques.Mais disons que l\u2019État est dans une période des plus intéressantes.» Join the club.« Nous sommes la dernière étoile à avoir été ajoutée au drapeau américain.Notre souhait est d\u2019en être la première retirée.» .Aimer une équipe qui perd CHICAGO \u2014 Le vieux Mr.Wrigley, le roi de la gomme à mâcher, a toujours refusé d\u2019installer des réflecteurs dans son stade de baseball où jouaient, et jouent encore, les Cubs de Chicago.C\u2019est un quartier d\u2019honnêtes travailleurs, raisonnait-il, il faut qu\u2019ils se lèvent tôt le matin.Les réflecteurs, les foules tard le soir, les empêcheraient de dormir.Ce que le gardien moral des travailleurs n\u2019a pas dit, c\u2019est qu\u2019un ouvrier fatigué est un ouvrier moins productif, et un ouvrier moins productif fait moins de profit pour le patron.N\u2019empêche que le Wrigley Field, depuis 1914, occupe un site tout spécial dans la géographie urbaine.Il est entouré des quatre côtés par des blocs d\u2019appartements à trois étages en brique rouge, qui rappellent les triplex de Montréal.Un circuit bien frappé risque de tomber dans la rue résidentielle de Waveland Avenue.Ou encore, rebondir sur l\u2019asphalte et fracasser une fenêtre de salon du rezde- chaussée.L\u2019accès au stade est à l\u2019image de son intégration au quartier.On prend le « El » \u2014 pour elevated train, ou métro aérien \u2014 qui mène à ses portes.Le métro passe tellement proche de Wrigley que, pour quelques secondes, les passagers peuvent suivre le match.Grâce au système de transport en commun, on peut débarquer à l\u2019aéroport O\u2019Hare, prendre le «El » et, après un seul changement de ligne, se trouver devant le stade, tout cela pour le prix d\u2019un simple billet de métro.Lorsque les visiteurs pensent à Chicago, ils voient les gratte-ciel.et avec raison.Mais cette ville doit son charme à son plan d\u2019urbanisme.Après l\u2019incendie désastreux de 1871, les notables de la ville ont décidé que le lac Michigan appartenait à tous ; ses rives devaient être accessibles à toute la population.On en voit le résultat aujourd\u2019hui.Des kilomètres de plages, des terrains de jeu, des sentiers pour le vélo, des parcs.Le même esprit d\u2019urbanisme continue.Lors de la construction du Northwest Expressway, l\u2019autoroute urbaine qui mène à l\u2019aéroport, la ville n\u2019a pas négligé de construire un corridor de transport en commun au milieu de l\u2019autoroute, où passent des trains de métro de surface.Plus vite que les voitures à côté, il va sans dire.Dernièrement, il y a eu des changements au Wrigley Field.En 1988, on a installé des réflecteurs, histoire de satisfaire aux exigences commerciales du sport.Et les « honnêtes travailleurs » de monsieur Wrigley ont cédé la place aux jeunes cadres dynamiques qui ont mis la main sur le quartier.On a baptisé le district «Wrigleyville » pour faire plus chic ; avant, il était sans nom.Mais le stade est toujours rempli \u2014 ça n\u2019a pas changé.Lorsque toutes les places sont vendues, on permet aux spectateurs fervents de payer une place debout \u2014 standing room, on appelle ça.Cette ferveur persiste, malgré les déceptions annuelles que souffrent l\u2019équipe et ses partisans.Ne pas se rendre au stade parce que l\u2019équipe perd ?Impensable.Les gens de Chicago aiment leurs Cubs, qu\u2019ils perdent ou qu\u2019ils gagnent.On y va pour la convivialité, le partage, pour le cadre presque bucolique du stade, et non pour savourer une victoire.La capacité d\u2019aimer une équipe qui perd \u2014c\u2019est le début de la sagesse.David Homel est romancier et chroniqueur à La Presse.LE WEEK-END AMÉRICAIN DISTRICT DE COLUMBIA Population (2003) : 0,56 million Tendance électorale : 1984 (DEM), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : J.Edgar Hoover (directeur du FBI), Edward Albee (dramaturge), Duke Ellington (musisien), Goldie Hawn (actrice), WilliamHurt (acteur) Insolite : La répartition des groupes ethniques dans le district n\u2019est pas du tout le reflet de la réalité américaine.La communauté noire prend sa large part du gâteau (60%) alors que les Blancs ne constituent que 30.8% de la population.Curieusement, la portion asiatique n\u2019est que de 2,7%! FLORIDE Population (2003) : 17 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Steve Carlton (baseballeur), Fay Dunaway (actrice), Jim Morrison (chanteur), Sidney Poitier (acteur et réalisateur), David Robinson (basketteur) Insolite : Le Musée de Sanibel compte deux millions de coquillages et se vante d\u2019être le seul musée au monde consacré uniquement aux mollusques.GÉORGIE Population (2003) : 8,68 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Jimmy Carter (ex-président), Ty Cobb (baseballeur), Hulk Hogan (lutteur), Martin Luther King (leader des droits civiques), Burt Reynolds (acteur) Insolite : Le Coca-Cola a été inventé en 1886 à Atlanta par le Dr John Pemberton, mais la personne qui a suggéré le nom Coca-Cola portait le même nom que l\u2019entraîneur-chef des Expos, Frank Robinson.HAWAII Population (2003) : 1,25 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Junior Ah You (ex-footballeur avec les Alouettes), Tia Carrere (chanteuse et actrice), Kamehameha I (premier roi de Hawaii), Don Stroud (acteur), Yokozuna (lutteur sumo) Insolite : Hawaii est le seul État américain dans lequel on peut cultiver le café! Hulk Hogan Yokozuna L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 9 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Un esprit sain, un corps, des seins PHOTO GEROGE HOLZ, FHM/AP Le magazine FHM a semé la controverse peu avant les Jeux d\u2019Athènes en montrant en page frontispice cinq olympiennes américaines en petite tenue, afin de célébrer l\u2019union de la beauté et de la prouesse athlétique.Plusieurs ont peine à y trouver une valeur sportive.Si la mode des athlètes qui se dévêtent ne date pas d\u2019hier, elle a sûrement connu son faîte à l\u2019approche des derniers Jeux.La nageuse Amanda Beard (deuxième à gauche), qui a aussi posé pour la revue Maxim du mois d\u2019août, a beaucoup grandi depuis 1996 quand, sur le podium d\u2019Atlanta, elle avait reçu une médaille d\u2019or avec un ours en peluche à la main ! Amy Acuff (à droite), elle, s\u2019est également dévêtue pour Playboy.S\u2019agit-il d\u2019une exploitation mercantile du corps, ou d\u2019une façon habile d\u2019attirer l\u2019attention sur des athlètes amateurs qui pourraient facilement passer sous le radar ?Le débat continue ! Une ville portée par ses avions WICHITA \u2014 Impossible de manquer la gigantesque affiche dans les dédales de l\u2019aéroport : Bienvenue à Wichita, capitale mondiale de l\u2019aviation.Cette industrie a non seulement fait grandir la ville, elle en rythme encore l\u2019économie aujourd\u2019hui.Quatre compagnies \u2014 Bombardier, Boeing, Cessna et Beechcraft (Raytheon)\u2014 y sont établies et emploient des dizaines de milliers de personnes, sans compter les emplois secondaires qui en découlent.Quant à la base militaire de la force navale, également installée dans cette ville du Kansas, elle compte près de 3000 personnes.Walter House a vécu toute sa vie à proximité des avions.Lorsqu\u2019il était enfant, son père travaillait dans les raffineries de pétrole et la famille résidait dans les petites maisons en rangées fournies par la compagnie.«Mon voisin avait un avion et quand il atterrissait dans le champ derrière les maisons, les enfants couraient autour de lui.Il me donnait de vieux magazines d\u2019aviation », se remémore- t-il.Il a grandi, mais sa passion pour l\u2019aviation n\u2019a jamais disparu.Comme mécanicien d\u2019avions, il a été à l\u2019emploi de l\u2019armée américaine pendant une vingtaine d\u2019années, puis tout aussi longtemps chez Boeing.Aujourd\u2019hui, à 73 ans, il est bénévole au Musée de l\u2019aviation du Kansas, à deux pas de la base militaire, dans ce qui fut l\u2019aéroport de Wichita de 1929 à 1963.Cette année-là, les vols commerciaux ont été transférés dans le nouvel aéroport construit dans l\u2019est de la ville, et le bâtiment a été laissé à l\u2019abandon.Une trentaine d\u2019années plus tard, en 1991, le musée a installé ses quartiers généraux dans l\u2019ancienne bâtisse administrative.Encore aujourd\u2019hui, l\u2019endroit souffre de décrépitude, due aux années d\u2019abandon.La peinture s\u2019écaille et on aperçoit des trous par endroits dans le plafond.Vivant uniquement des dons, le musée a cependant réussi à faire quelques rénovations, comme la restauration de la devanture de l\u2019édifice de style art déco, arborant aujourd\u2019hui une représentation de l\u2019avion de Charles Lindbergh, premier pilote à réussir la traversée de l\u2019Atlantique, raconte M.House avec passion.C\u2019est au Kansas, et à Wichita précisément, que plusieurs compagnies d\u2019aviation ont vu le jour.Au rez-dechaussée du musée, le mur couvert de photographies des personnages influents qui ont forgé l\u2019histoire de l\u2019aviation et de la ville, en témoigne encore aujourd\u2019hui.La croissance de la région est intimement liée à l\u2019aviation, autant pour les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui que ça l\u2019était pour leurs parents.Le problème est que plusieurs l\u2019ignorent, explique la directrice du musée, Teresa Day.« Ils ne savent pas que Lindbergh, pour faire son vol de NewYork à Paris, avait demandé à une compagnie de Wichita de construire un avion et qu\u2019ils ont refusé.Ils ne savent pas qu\u2019avant d\u2019oeuvrer chacun de leur côté, Clyde Cessna et Walter Beech ont travaillé ensemble dans la même compagnie.Ils savent juste qu\u2019aujourd\u2019hui, ils vont bosser à ces compagnies qui leur donnent un chèque pour nourrir leur famille.C\u2019est pour ça qu\u2019on doit maintenir cette histoire et l\u2019enseigner aux enfants car notre industrie a été la base de notre communauté pour les derniers 80 ans.Et qu\u2019elle a émergé en raison de cette industrie », explique la directrice.Lorsque les ventes d\u2019avions ont chuté, au lendemain du 11 septembre, cette ville du Midwest a encaissé durement.Trois ans plus tard, toutefois, l\u2019économie est en train de refleurir.« Toute la région est tributaire de l\u2019aviation.Ici, que ce soit les magasins, les restaurants, même les vendeurs de voitures, la plupart de l\u2019argent vient de cette industrie », souligne M.House qui, se fiant aux prévisions optimistes, envisage avec confiance les prochaines années.« Toute la région de Wichita est tributaire de l\u2019aviation.Ici, que ce soit les magasins, les restaurants, même les vendeurs de voitures, la plupart de l\u2019argent vient de cette industrie.» .Les 150000 colonels du Kentucky LOUISVILLE \u2014 Aussi diverses que leurs carrières puissent l\u2019être, Oprah Winfrey, Muhammad Ali, Bing Crosby, George Bush et Tiger Woods ont pourtant un point commun.Ils ont tous été faits colonels du Kentucky, un titre que seul le gouverneur de l\u2019État peut donner.Au-delà du colonel Sanders et de sa chaîne de poulet frit, il existe en effet un véritable Ordre des honorables colonels du Kentucky, un regroupement dont les membres ont pour mission d\u2019être des ambassadeurs pour l\u2019État, peuplé d\u2019un peu plus de quatre millions d\u2019habitants et réputé pour sa verdure et ses pâturages.Malheureusement, diront certains, c\u2019est souvent la popularité du vieil homme à la barbichette blanche qui l\u2019emporte et éclipse le regroupement, si bien que plusieurs ignorent encore que les colonels constituent en fait une oeuvre caritative.« Je ne sais pas si c\u2019est bon ou mauvais pour nous.Le colonel Sanders est un grand homme, il a créé une identité pour transporter le nom du Kentucky, alors je pense qu\u2019il a été un bon ambassadeur », indique d\u2019un ton prudent Glen Bastin, ambassadeur senior de l\u2019Ordre.Fondé en 1931 par le gouverneur Flem Simpson, l\u2019Ordre compte aujourd\u2019hui près de 150 000 colonels, dispersés dans 32 nations différentes et dans les 50 États américains.« Il y en a même 522 au Canada, mais je suis désolé, je suis incapable de dire combien à Montréal », lance en boutade M.Bastin, rencontré dans son quartier général de Louisville.Ancien reporter puis directeur des nouvelles à la station de radio locale, M.Bastin a été fait colonel en 1973, un signe de reconnaissance qui lui a été offert pour son implication auprès de la communauté afin de l\u2019aider à se relever de la série de tornades et de catastrophes qui avaient frappé sa région au début des années 1970.Il y a quatre ans, il a ensuite été nommé ambassadeur senior, le titre le plus élevé de l\u2019Ordre : avec le conseil d\u2019administration, c\u2019est lui qui veille à la bonne gouverne de l\u2019organisation.Les colonels sont des ambassadeurs.« Notre première mission est d\u2019aller chercher le meilleur de chacun et de les aider dans la mesure où nous en sommes capables », explique M.Bastin avec un sourire bienveillant.Grâce à la contribution volontaire des membres, l\u2019Ordre réussit à aider financièrement ceux qui sont dans le besoin.L\u2019éducation est le secteur où les colonels du Kentucky sont les plus impliqués, offrant notamment des bourses d\u2019études pour aider les jeunes mères monoparentales à reprendre le chemin de l\u2019école.En 2004, c\u2019est une somme de 1,4 million qui a ainsi été versée à des oeuvres diverses, non seulement dans le domaine de l\u2019éducation, mais aussi auprès des sans-abri et des victimes de désastres naturels.Au lendemain du passage de l\u2019ouragan Charley, en août, les colonels ont acheminé 25 000$ pour aider leurs compatriotes de la Floride.Une contribution financière avait aussi été versée à la Croix-Rouge après les attentats du 11 septembre, à NewYork.Même si on les retrouve un peu partout dans le monde, il reste que la terre natale des colonels est le Kentucky.« Toute la beauté de l\u2019État fait que c\u2019est mythique, explique M.Bastin en véritable ambassadeur.Un homme qui avait quitté la région et qui est revenu s\u2019y établir avait dit que le paradis devrait être une copie du Kentucky.» C\u2019est d\u2019ailleurs dans un lieu tout aussi mythique, Churchill Falls, pas très loin de Louisville, que quelque 400 colonels de partout dans le monde se donnent rendez-vous tous les premiers week-ends de mai, profitant du Derby du Kentucky \u2014 la plus grosse compétition de chevaux aux États-Unis \u2014 pour se réunir, socialiser et faire le point sur leur mission.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS IDAHO Population (2003) : 1,3 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Gutzon Borglum (sculpteur du mont Rushmore), Carol Brink (écrivaine), Harmon Killebrew (baseballeur), Henry Spalding (grand missionnaire), Picabo Street (skieuse) Insolite : En Idaho, une loi interdit à un citoyen de donner à un autre citoyen une boîte de bonbons qui pèse plus de 50 livres ! ILLINOIS Population (2003) : 12,6 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Cindy Crawford (mannequin), Miles Davis (musicien), Walt Disney (producteur et réalisateur), Ernest Hemingway (écrivain), Ronald Reagan (exprésident) Insolite : C\u2019est à Chicago qu\u2019on trouve la plus grande usine de fabrication de biscuits au monde.Àelle seule, l\u2019usine de Nabisco produit 16 milliards de biscuitsOreo par année! INDIANA Population (2003) : 6,2 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Larry Bird (basketteur), James Dean (acteur), James Hoffa (leader syndical), Michael Jackson (chanteur), David Letterman (animateur) Insolite : Il n\u2019est pas faux de dire que l\u2019Indiana est le carrefour des États-Unis: c\u2019est l\u2019État américain où l\u2019on retrouve le plus d\u2019autoroutes au pied carré.Cindy Crawford James Dean Michael Jackson 10 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 04 P L U S 11 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LEWEEK-ENDAMÉRICAIN 3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS DEUXGAGNANTS, UNPRÉSIDENT?Le système électoral américain est ainsi fait que le vainqueur du vote populaire à l\u2019élection présidentielle n\u2019est pas assuré d\u2019être élu président des États-Unis.Les votes sont comptabilisés par État et ce sont les États qui désignent le président par l\u2019intermédiaire d\u2019une institution appelée le Collège électoral.Chaque État désigne un nombre variable\u2014proportionnel à sa population\u2014 de grands électeurs, qui sont tenus d\u2019exprimer le choix populaire des électeurs de leurs États.De cette façon, un candidat peut obtenir plus de votes populaires, mais perdre l\u2019élection au Collège électoral.La chose est arrivée à Al Gore, en 2000, et plusieurs spécialistes croient qu\u2019un tel scénario pourrait se répéter en 2004.LE PROCESSUS ÉLECTORAL Il y a 538 grands électeurs répartis dans les 50 États et le district de Columbia (Washington).Il faut donc un minimumde 270 votes au Collège électoral pour devenir président des États-Unis.En 2000, George W.Bush a obtenu 271 votes, Al Gore 266 (un grand électeur s\u2019est abstenu.).C\u2019est pourtant le candidat démocrate qui avait remporté le scrutin populaire avec 50 992 335 votes (48,38%), contre 50 445 156 votes (47,87%) au candidat républicain.Avec 2 882 897 votes (2,74%) le candidat du Parti vert, Ralph Nader, n\u2019a obtenu aucun vote au Collège électoral, mais il a influencé directement le résultat dans plusieurs États, en Floride, auWisconsin, en Iowa, entre autres.Dans la carte ci-dessous, les États ayant voté pour les républicains sont en rouge, ceux qui ont opté pour les démocrates sont en bleu.Les chiffres indiquent le nombre de grands électeurs, les chiffres entre parenthèses rappellent le nombre de grands électeurs en 2000 dans les 18 États qui ont gagné ou perdu des sièges au Collège électoral depuis la dernière élection en raison de l\u2019évolution démographique des États-Unis.CINQGRANDS PRÉSIDENTS DU PASSÉ LES DERNIERS PRÉSIDENTS AMÉRICAINS GEORGEWASHINGTON (1er) (1789-1797), premier président américain GERALDFORD (38e) (1974-1977), républicain JIMMYCARTER (39e) (1977-1981), démocrate RONALDREAGAN (40e) (1981-1989), républicain GEORGEBUSH (41e) (1989-1993), républicain BILL CLINTON (42e) (1993-2001), démocrate GEORGEW.BUSH (43e) (2001- .), républicain F.D.ROOSEVELT (32e) (1933-1945), démocrate HARRYTRUMAN (33e) (1945-1953), démocrate JOHNF.KENNEDY (35e) (1961-1963), démocrate L.B.JOHNSON (36e) (1963-1969), démocrate RICHARDNIXON (37e) (1969-1974), républicain THOMAS JEFFERSON( 3e) (1801-1809), principal auteur de la Déclaration d\u2019indépendance des États-Unis (1776) ABRAHAMLINCOLN (15e) (1860-1865), républicain, adversaire de l\u2019esclavage, assassiné THEODOREROOSEVELT (26e) (1901-1908), républicain, impérialiste et interventionniste WOODROWWILSON (28e) (1913-1920), démocrate, fondateur de la Société des Nations L\u2019EXEMPLE DU NEWHAMPSHIRE Population 1,3 million collège électoral 4 grands électeurs RÉPUBLICAIN Bush-Cheney 273 559 votes 48,07% DÉMOCRATE Gore-Lieberman 266 348 votes 46,80% VERT Nader-La Duke 22 198 votes 3,90% DÉMOCRATE Gore-Lieberman 266 votes VERT Nader-La Duke 0 vote LES 4 GRANDS ÉLECTEURS AUX RÉPUBLICAINS VOTE POPULAIRE (résultats 2000) ÉLECTION AU COLLÈGE ÉLECTORAL (résultats 2000) Avec sa population de 1,3 million d\u2019habitants, le New Hampshire dispose de quatre grands électeurs au Collège électoral, le minimumde trois garanti à chacun des 51 États et district, et un siège supplémentaire attribué en fonction de son poids démographique.Comme dans 47 autres États, les grands électeurs du New Hampshire votent en bloc.En 2000, ils ont donc tous été mandatés pour voter pour le ticket républicain Bush-Cheney, même si ces derniers n\u2019avaient obtenu que 48,07%du suffrage exprimés et une faible majorité de 7211 votes sur le ticket démocrate Gore-Lieberman.Après le scrutin populaire, les grands électeurs se réunissent pour procéder à l\u2019élection formelle du président et du viceprésident.Tous sont tenus de voter conformément aux résultats du vote populaire dans chacun des États qu\u2019ils représentent.En 2000, les quatre grands électeurs du New Hampshire se sont donc ajoutés aux 267 autres envoyésàWashington pour voter en faveur des républicains.Compte tenu du résultat très serré de l\u2019élection, il aurait suffi qu\u2019un peu plus de 3700 électeurs du New Hampshire optent plutôt pour les démocrates pour que les quatre grands électeurs de l\u2019État changent de camp et qu\u2019Al Gore devienne président.RÉPUBLICAIN Bush-Cheney 271 votes LE CALENDRIER ÉLECTORAL Pourquoi un collège électoral?Àl\u2019origine, les rédacteurs de laConstitution américaine voulaient s\u2019assurer que les petits États puissent s\u2019exprimer dans l\u2019élection présidentielle.Comment le Collège électoral est-il formé?Chaque État ou district a un minimumde 3 grands électeurs.Le reste des 538 grands électeurs est réparti en fonction de la population des États.La Californie, l\u2019État le plus peuplé des États-Unis a 55 grands électeurs; le Wyoming, le moins peuplé, n\u2019en a que trois, comme sept autres États.Après chaque recensement national, le nombre de grands électeurs et de représentants est ajusté, certains États faisant des gains, d\u2019autres des pertes.Les grands électeurs existent-ils vraiment?Oui, ce sont des individus désignés après l\u2019élection populaire pour aller exprimer le choix de l\u2019État au vote du Collège électoral.Ce sont habituellement des responsables politiques de l\u2019État, des membres du parti vainqueur ou même des amis du candidat désigné.Les grands électeurs sont-ils tenus de voter pour le candidat désigné par le vote populaire dans leur État?Aucun article de la Constitution ne le prévoit, pas plus d\u2019ailleurs que l\u2019existence du Collège électoral (il n\u2019y a qu\u2019une mention aux «électeurs»).Certains États ont toutefois des lois qui prévoient des amendes aux grands électeurs rebelles.Dans la réalité, les problèmes sont évités par une présélection méticuleuse des candidats au Collège électoral.Les grands électeurs votent-ils tous en bloc?Non.Ils le font dans 48 États, mais le Maine et le Nebraska répartissent leurs grands électeurs en fonction des résultats dans chaque district du Congrès.Les électeurs du Colorado devront décider cette année par référendum s\u2019ils veulent que leurs votes au Collège électoral (9) soient répartis, dès cette élection, en fonction du pourcentage des votes populaires obtenus par chacun des candidats.Ce système imparfait a-t-il déjà fait l\u2019objet de tentatives officielles de réformes?Oui.Depuis l\u2019adoption de la Constitution américaine, au XVIIIe siècle, plus de 700 tentatives d\u2019amendement ont été déposées devant le Congrès, le plus souvent à la suite d\u2019élections dont le vainqueur avait obtenu moins de votes populaires que son principal rival.La chose s\u2019est produite quatre fois dans l\u2019histoire américaine (1824, 1876, 1888 et 2000).Automne 2003 Les candidats à la présidence des deux partis évaluent leurs appuis, tentent d\u2019augmenter leur visibilité à l\u2019échelle nationale et récoltent des fonds pour financer une éventuelle campagne.Mi-janvier 2004 «Caucus» de l\u2019Iowa Premier test de la popularité des candidats dans un État rural du Midwest.Fin janvier Primaires du New Hampshire Deuxième test, face aux électeurs plus huppés de la Nouvelle- Angleterre.Les candidats commencent à comptabiliser leurs «délégués», une hiérarchie se dessine parmi les favoris.Fin février - débutmars «Super Tuesdays» Une série de primaires et de caucus sont organisés simultanément dans plusieurs États, dont certains très importants, New York et la Californie notamment, afin de désigner un favori et d'écarter les candidats secondaires.Début du printemps Fin des primaires Les candidats distancés se retirent de la course et les tractations s\u2019amorcent en coulisses pour la formation d\u2019un «ticket» (président et vice-président) Été Conventions des deux partis Les délégués de tous les États, désignés lors des primaires et des caucus, se réunissent pour la convention nationale de leur parti.Pendant quatre jours, les principaux dirigeants du parti et les proches du candidat «présomptif» font l\u2019apologie de celui qui est formellement désigné lors d\u2019un vote à voix haute des délégations des États.L\u2019avant-dernière soirée est habituellement réservée au candidat à la viceprésidence, la finale au candidat à la présidence.Septembre-octobre Campagne électorale Deux mois frénétiques au cours desquels tous les coups sont permis, enfin presque.Discours, sondages, voyages incessants dans les États où la partie n\u2019est pas encore jouée \u2014 les fameux «Swing States» \u2014, publicités dans tous les médias, débats télévisés, les candidats mettent toute leur énergie dans la balance \u2014 en plus des dizaines de millions de leur parti.2novembre Vote populaire Traditionnellement organisé le mardi qui suit le premier lundi de novembre, le vote ne sert pas qu\u2019à désigner le président des États-Unis.Sénateurs, représentants, juges, shérifs et plusieurs autres responsables civiles peuvent être désignés au cours du même scrutin.Certains États en profitent également pour tenir des référendums.13décembre Élection Le Collège électoral se réunit le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre pour voter et désigner, État par État, le président des États-Unis.5 janvier 2005 Enregistrement du résultat Le président du Sénat (le vice-président Dick Cheney) procède au décompte des votes devant le Congrès et enregistre le résultat de l\u2019élection.S\u2019il y a majorité, c\u2019est à ce moment que le président est officiellement élu.En cas d\u2019égalité, le président est élu par un vote de la Chambre des représentants, le vice-président par un vote du Sénat.20 janvier Entrée en fonctions Le président prête serment devant le Capitole et entre à la Maison- Blanche pour un mandat de quatre ans.2004 2005 Source : electoral-vote.com FL 27 (25) NM 5 TX 34 (32) OK 7 (8) KS 6 NE 5 SD 3 DN 3 MT 3 WY 3 CO 9 (8) UT 5 ID 4 AZ 10 (8) NV 5 (4) WA 11 CA 55 (54) OR 7 KY 8 ME 4 NY 31(33) PA 21 (23) MI 17 (18) VA 13 (11) VO 5 OH 20 (21) IN 11 (12) IL 21 (22) NC TN 11 15 (14) SC AL 8 9 MS 6 (7) AR 6 LA 9 MO 11 IA 7 MN 10 WI 10 (11) GA 15 (13) AK 3 HI 4 VT 3 MA 12 RI 4 CT 7 (8) NJ 15 DE 3 MD 10 DC 3 NH 4 D.D.EISENHOWER (34e) (1953-1961), républicain 12 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Le français à la sauce américaine BATH \u2014Quand il était jeune, Barry Roderick était fasciné par l\u2019Écosse.Il dévorait tous les livres sur les châteaux.Il a appris à jouer de la cornemuse.Il ne dédaignait pas mettre le kilt à certaines occasions.À l\u2019université, il s\u2019est rendu à Dublin apprendre le gaélique, une langue très proche de l\u2019écossais.Puis, dans la vingtaine, il s\u2019est trouvé, pendant les longs de l\u2019hiver de l\u2019Alaska où il s\u2019était fait pêcheur, un intérêt pour la généalogie de sa famille, qui habitait dans le Maine depuis plusieurs générations.Quelle n\u2019a pas été sa surprise de constater qu\u2019un de ses ancêtres s\u2019appelait Rodrigue et venait du Québec.Il avait changé son nom pour Roderick afin de se fondre dans la société anglo-saxonne du Maine.« J\u2019ai finalement changé mon nom », dit Barry Rodrigue, qui est maintenant professeur d\u2019études franco-américaines à l\u2019Université du Maine du Sud à Lewiston.« Ma famille m\u2019a boudé pour ça.Ça a fait de la chicane.Ils ne parvenaient pas à se défaire de l\u2019idée qu\u2019ils étaient des Roderick, des Écossais.» Le Maine vit une renaissance du français : des associations d\u2019affaires franco-américaines voient le jour, les cours de français reviennent timidement dans les écoles.Et un député de l\u2019État, Rosaire Paradis, a lancé un regroupement de politiciens d\u2019origine francophone, Francofun.« Nous avons aussi lancé une campagne de valorisation du français, avec des affiches qui indiquent les magasins où on parle français », dit M.Paradis, un démocrate, en entrevue dans le capitole de l\u2019État, à Augusta.« Le français dans le Maine a été miné par des décennies de dénigrement, et pas seulement par les anglophones.Souvent, on nous disait que notre français n\u2019était pas assez bon pour qu\u2019on le parle.» Avec sa femme Judy, une ex-sénatrice de l\u2019État, M.Paradis a lancé en 1993 le mouvement Save Our French, qui tient des réunions sociales (souvent en anglais), et en 1994 le Club français, un groupe de pression.Mme Paradis est aussi la présidente de la Société acadienne du Maine, et avait fait les manchettes en 2002 en demandant elle aussi des excuses à la Reine d\u2019Angleterre pour la déportation des Acadiens.Vivre en anglais Ces nouveaux Franco-Américains, qui se retrouvent un peu partout en Nouvelle-Angleterre, se sentent d\u2019origine canadienne-française mais vivent en anglais.Pour eux, il n\u2019y a pas de paradoxe à cela.Une jeune Bostonnaise, Kara Nadeau, n\u2019a réalisé qu\u2019à l\u2019adolescence que « pépé » et « mémé », les surnoms de ses grands-parents, étaient des mots d\u2019origine française.« Je me suis fait tatouer un drapeau français sur le bas des reins, dit Mme Nadeau.Puis, une amie française m\u2019a dit que ce drapeau n\u2019existait pas quand mes ancêtres étaient partis pour le Canada.J\u2019ai été très déçue, mais maintenant je m\u2019intéresse au Québec.» Susan Pinette, qui dirige la chaire d\u2019études franco-américaines à l\u2019Université du Maine à Orono, était mal à l\u2019aise de faire une entrevue en français, même si elle le parle très bien.« Je préfère l\u2019anglais parce que le français est une langue privée, réservée à la famille », explique-telle.Il n\u2019y a guère que dans le nord de l\u2019État, près du Nouveau- Brunswick, que le français est encore parlé couramment dans les commerces.Les défenseurs traditionnels de la culture francophone en Nouvelle- Angleterre n\u2019aiment pas ces jeunes Franco-Américains qui parlent parfois avec un énorme accent.« Souvent, les vétérans des cercles culturels francophones vont critiquer les jeunes qui « osent » parler un mauvais français, dit Barry Rodrigue.Voilà 100 ans, l\u2019identité franco-américaine était liée à l\u2019Église catholique ; puis, elle est devenue liée à la langue.Mais pour les plus jeunes, c\u2019est une question de généalogie, un peu comme pour les italo- américains ou les Américains d\u2019origine grecque.» .L\u2019adoption, façon Boston CAMBRIDGE \u2014 Une visite à Boston entretient le mythe d\u2019une Amérique choyée et ce n\u2019est nulle part plus vrai qu\u2019à Cambridge, une banlieue aisée, célèbre pour ses institutions universitaires réputées (Harvard et MIT).Et comme pour ajouter à ce portrait idyllique, la région est l\u2019une de celles aux États-Unis où la proportion d\u2019adoption internationale est la plus élevée.Il est donc fréquent de croiser dans les cafés de Harvard Square des familles multiraciales évoluant, en apparence du moins, à l\u2019abri des tensions qui déchirent encore les États-Unis.Le Dr Joyce Maguire Pavao est la fondatrice et l\u2019âme du Center for Family Connection à Cambridge.Elle-même adoptée, longtemps professeure à Harvard, Mme Maguire Pavao est l\u2019une des plus grandes spécialistes mondiales de l\u2019intervention en adoption internationale.Depuis plus de 25 ans, elle oeuvre au sein d\u2019organismes et de programmes communautaires qui offrent une foule de services destinés à faciliter l\u2019intégration des enfants des familles multiraciales.« Cambridge est certainement une ville privilégiée au plan des services sociaux, mais rien n\u2019est acquis, explique-t-elle d\u2019entrée.Nous sommes partis de rien avec l\u2019idée d\u2019aider les familles confrontées aux difficultés de l \u2019adoption, du placement en service d\u2019accueil, des divorces.Nous travaillons beaucoup avec les enfants, dont les besoins particuliers sont souvent négligés.Nombre de parents adoptifs occultent encore le passé de leurs enfants.» Aussi étrange que cela puisse paraître, une telle approche est exceptionnelle, même au Québec où la qualité de nos spécialistes est pourtant indéniable.Les services, encore embryonnaires, s\u2019adressent en priorité aux parents et les enfants n\u2019ont pas encore accès à des groupes d\u2019aide propices à favoriser un sentiment d\u2019appartenance.La veille de notre visite à Cambridge, plusieurs adolescentes d\u2019origine chinoise rencontraient deux finissantes, de la même origine, du Harvard Business School.« Ces femmes vont diriger des compagnies un jour et elles constituent des modèles extrêmement positifs pour les jeunes filles.Des liens sont parfois tissés dans ces rencontres qui vont aider un enfant dans son cheminement tout au long de sa vie.» Le Centre favorise aussi les échanges entre les enfants et leurs parents.« Nous offrons régulièrement un séminaire ouvert aux familles, raconte le Dr Maguire Pavao.Les enfants et les parents discutent entre eux, chacun de leur côté, de ce qu\u2019ils aimeraient changer dans leur famille.Quand nous réunissons le groupe, des porte-parole des enfants et des parents dressent la liste des suggestions.Les parents ne sont jamais sûrs de ce qu\u2019ont pu dire leurs enfants, ces derniers ne savent pas ce qu\u2019ont pu dire leurs parents, mais tout le monde doit porter attention aux suggestions.» Quels que soient les efforts des organismes comme le Center for Family Connection, l\u2019intégration raciale reste difficile aux États- Unis.Boston compte aujourd\u2019hui une importante minorité latine qui ne dispose pas, loin de là, des services offerts aux enfants de l\u2019adoption internationale.Dans les années 1990, Mme Maguire Pavao a été invitée par Bill Clinton à siéger sur une commission d\u2019enquête sur l\u2019intégration raciale.Le rapport de cette commission dort sur une tablette, quelque part à Washington.George W.Bush et John Kerry déploient beaucoup d\u2019énergie afin de gagner le vote «ethnique », mais aucun n\u2019a promis quoi que ce soit en échange.LE WEEK-END AMÉRICAIN IOWA Population (2003) : 3 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Buffalo Bill (héros populaire), George Gallup (sondeur), Herbert Hoover (exprésident), Glenn Miller (musicien), John Wayne (acteur) Insolite : La basilique Saint-François- Xavier de Dyersville est la seule basilique aux États-Unis qui ne se trouve pas dans un centre urbain.KANSAS Population (2003) : 2,7 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Bob Dole (politicien), Dennis Hopper (acteur), Buster Keaton (acteur), Barry Sanders (footballeur), EugeneW.Smith (photographe de presse) Insolite : La petite ville de Cawker City est fière d\u2019être le domicile de la plus grande balle de ficelle jamais fabriquée.La balle, qui est à l\u2019abri sous un toit, pèse neuf tonnes et est composée de 2137 kilomètres de ficelle ! KENTUCKY Population (2003) : 4,1 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Muhammad Ali (boxeur), Rosemary Clooney (chanteuse), DavidW.Griffith (réalisateur), AbrahamLincoln (exprésident), Kevin Richardson (chanteur, Backstreet Boys) Insolite: Mamooth Cave est la grotte souterraine la plus longue au monde.Ouverte en 1816, elle est au deuxième rang des plus vieilles attractions aux États-Unis, après les chutes du Niagara.LOUISIANE Population (2003) : 4,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Louis Armstrong (musicien), Truman Capote (écrivain), Jerry Lee Lewis (chanteur), Wynton Marsalis (musicien), Zachary Richard (chanteur) Insolite : 98%des écrevisses de la planète vivent en Louisiane! John Wayne Muhammad Ali PHOTO PETER MORGAN, REUTERS Beau temps, mauvais temps, Robert Burck enfile ses bottes, son chapeau.et pas grand-chose d\u2019autre avant de filer à Times Square, à New York, pour y gratter sa guitare.Un gagne-pain comme un autre, mais qui lui rapporte jusqu\u2019à 1000 $ par jour, selon lui.Celui qui s\u2019est autoproclamé la plus importante attraction en ville, après la statue de la Liberté et l\u2019Empire State Building, s\u2019est même payé une tournée au Japon l\u2019an dernier.Un cowboy dans la ville .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 13 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le cartel des Nobel PHOTO BRIAN SNYDER, REUTERS Chercheur au prestigieux Massachusetts Institute of Technology, Frank Wilczek est le dernier corécipiendaire du prix Nobel de physique.Ses travaux ont permis de mieux comprendre le comportement des quarks, ces particules qui sont à la base même de la matière.Depuis leur fondation, le tiers de tous les prix Nobel ont été remportés par des Américains ! ROCHESTER \u2014 Everett Breyer ne le sait pas encore, mais la paroi de son coeur est en train de s\u2019épaissir dangereusement.À 79 ans, ce résidant de La Crescent, dans l\u2019est du Minnesota, a ralenti un peu.Mais pas assez pour l\u2019empêcher de travailler dans son commerce d\u2019équipements de ferme, ou de pelleter le toit de sa maison après une tempête de neige.Pourtant, il va apprendre cette semaine qu\u2019il souffre de cardiomyopathie hypertrophique, une condition qui peut mener à une mort subite.M.Breyer \u2014 «comme la crème glacée », dit-il en riant \u2014 est un patient de la clinique Mayo, à Rochester, un des centres médico-hospitaliers les plus prestigieux des États-Unis.Bon an mal an, Mayo se classe dans le Top.2 du palmarès des hôpitaux du magazine U.S.News and World Report.M.Breyer a rendez-vous ce matin avec le Dr Lynne Shuster, l\u2019interne en charge de son dossier.Hier, on lui a installé temporairement un moniteur cardiaque et un tensiomètre.Demain, il sera vu par le Dr Jamil Tajik, un cardiologue qui lui suggérera une intervention consistant à injecter de l\u2019alcool dans la partie affectée du coeur.Dans l\u2019intervalle, on aura eu le temps d\u2019ajouter un rendez- vous avec un dermatologue qui examinera un grain de beauté un peu inquiétant.Tout ce beau monde, relié par un dossier médical informatisé, travaille en étroite collaboration.C\u2019est la marque de commerce de la clinique Mayo, où l\u2019on a pour ainsi dire inventé la pratique médicale de groupe, il y a un peu plus d\u2019un siècle.« Vous devez être un joueur d\u2019équipe pour pouvoir travailler à Mayo, dit le Dr Shuster.Les prima donna et les égocentriques n\u2019ont pas leur place ici.» La clinique Mayo est aujourd\u2019hui un véritable empire.Rien qu\u2019à Rochester, elle emploie 26 000 personnes, dont 1600 médecins.Elle possède des antennes en Floride et en Arizona et reçoit plus de 2,2 millions de visites par année.Le petit centreville de Rochester, une agglomération de 80 000 habitants perdue dans les plaines du Midwest, est monopolisé par les pavillons de la clinique et les hôtels où descendent les malades et leurs familles.Les origines de Mayo sont pourtant modestes.En 1883, une tornade avait dévasté la région.Le Dr William Worrall Mayo et ses deux fils, Charles et William, répondirent à l\u2019appel des Sisters of St.Francis, un ordre religieux catholique, et fondèrent un hôpital pour soigner la population locale.Les fils Mayo étaient de grands innovateurs.C\u2019est à leur clinique, par exemple, que sont apparus les premiers dossiers médicaux centralisés.Les Mayo ont aussi instauré un système où les médecins sont salariés et les profits \u2014 61,3 millions sur un chiffre d\u2019affaires de 4,4 milliards en 2002 \u2014 n\u2019aboutissent pas dans les poches de riches actionnaires, mais sont plutôt réinvestis directement dans la recherche, l\u2019éducation et les soins aux malades.C\u2019est une sorte de spirale de l\u2019excellence.La clinique attire des patients de partout dans le monde (quoique 79% de la clientèle provient du Minnesota et des États voisins) parce qu\u2019on y trouve les meilleurs spécialistes.Et la crème de la relève médicale rêve d\u2019y travailler parce que l\u2019abondance de patients permet d\u2019être confronté aux maladies et aux syndromes les plus rares.Tout le monde à Mayo semble être animé par un dévouement que le Dr Tajik n\u2019hésite pas à qualifier de « zèle missionnaire ».« Ça tient à la sélection.On forme beaucoup de gens ici (pas loin de 2000 fellows par an), mais seule une petite proportion est sélectionnée pour rester avec nous.Il y a plein d\u2019incitatifs \u2014 le salaire, la météo, etc.\u2014 qui peuvent attirer les jeunes ailleurs.Ceux qui restent adhèrent complètement à notre approche.» Une approche indissociable de l\u2019environnement où elle a vu le jour, selon le Dr Hugh Smith, président du conseil d\u2019administration de Mayo-Rochester.«Le Minnesota est une grande communauté agricole, caractérisée par une très forte éthique de travail, souligne ce cardiologue canadien.Cette mentalité a exercé une grande influence sur la culture de Mayo.» Everett Breyer, lui, n\u2019a que du bien à dire de son personnel soignant, même s\u2019il hésite encore, au moment où nous nous quittons, à subir l\u2019intervention que préconise le Dr Tajik.« Les gens sont vraiment gentils à Mayo, dit-il.Mais le traitement va attendre : je veux d\u2019abord aller à la pêche.» Le Minnesota n\u2019est pas l\u2019État des Mille Lacs pour rien.La clinique qui soigne ses méthodes « Vous devez être un joueur d\u2019équipe pour pouvoir travailler à Mayo, dit le Dr Shuster.Les prima donna et les égocentriques n\u2019ont pas leur place ici.» LAS VEGAS \u2014 Ce n\u2019est pas surprenant que le plus grand hôtel au monde se trouve dans une ville démesurée comme Las Vegas.Le MGM Grand, l\u2019un des neuf hôtelscasinos appartenant à la Metro Goldwin Meyer, est un microcosme des changements s\u2019opérant depuis quelques années dans cette capitale du kitsch désormais branchée.Son président, Gamal Aziz, est bien décidé à offrir qualité, originalité et raffinement à ses clients.Depuis que cet épicurien, homme d\u2019affaires et chasseur de grands talents culinaires, a pris les commandes du MGM Grand \u2014 après avoir travaillé au Caesar\u2019s Palace et au Bellagio \u2014, l\u2019établissement s\u2019est refait une réputation.Presque tous les restaurants de l\u2019hôtel ont été démolis pour faire place à de grandes tables dirigées par des chefs de renommée internationale, dont Michael Mina, Wolfgang Puck et Emeril Lagasse.Son « ultralounge» bien fréquenté, Tabù, est l\u2019un des bars les plus courus de Las Vegas (il s\u2019est même retrouvé sur la couverture du Time en juillet dernier, aime rappeler M.Aziz).Mais, au dire du président, la pièce de résistance de toutes ces nouveautés sera KÀ, le nouveau spectacle du Cirque du Soleil mis en scène par Robert Lepage, pour lequel on a complètement refait un théâtre de 1950 places au coût de 135 millions.Avec ses 5000 chambres \u2014 auxquelles s\u2019ajouteront bientôt 1725 appartements- condos \u2014, ses 29 villas, ses 8000 employés, ses 93 ascenseurs, sa vingtaine de restaurants, ses quatre boîtes de nuit, ses cinq piscines, ses boutiques, son aréna, son habitat à lions et, bien entendu, son casino, l\u2019hôtel \u2014 que dis-je, le méga-gigacomplexe hôtelier \u2014 est une ville en soi.Un « tout-inclus » rêvé pour ceux qui adorent être pris en charge.Mais ce mammouth architectural ne seraitil pas plutôt une prison dorée ?Dans les propos de Gamal Aziz, on entend clairement que le but ultime de sa démarche est de garder le client en captivité.« Tout est ici sous le même toit.On n\u2019a pas à quitter le MGM Grand pour faire ce qu\u2019on est venu faire à Las Vegas.» Et qu\u2019est-ce qu\u2019on vient faire aujourd\u2019hui à Las Vegas ?S\u2019amuser, se divertir, oublier.Cela n\u2019a pas changé.Ce qui a changé, cependant, c\u2019est la manière.Les touristes \u2014 il en débarque 35,5 millions par année \u2014 sont beaucoup moins attirés par les tables de black-jack et de plus en plus intéressés par les spectacles (ceux du Cirque du Soleil, celui de Céline et tous les autres), les emplettes, la bonne bouffe et les boîtes de nuit branchées.« Las Vegas est vraiment devenue une destination avec une infinité de services et d\u2019aménagements à offrir.Je suis ici depuis huit ans et j\u2019ai vu la ville se transformer deux fois déjà.Nous sommes passés de capitale du jeu à destination familiale au milieu des années 1990, puis à destination multidimensionnelle tout récemment.Une partie des nouvelles installations de Las Vegas a été pensée en fonction des nombreux congressistes qui viennent chaque année d\u2019un peu partout dans le monde.C\u2019est vraiment ce qui a donné son essor aux industries du divertissement et de la restauration haut de gamme qui, il y a 10 ans, n\u2019existaient pas à Las Vegas.» Mais n\u2019allez pas croire que la ville n\u2019est qu\u2019un dortoir pour congressistes tirés à quatre épingles qui décompressent dans les « Gentlemen\u2019s Clubs » le soir venu\u2014même si l\u2019industrie du divertissement érotique a connu une croissance incroyable récemment, avec un spectacle coquin dans presque chaque hôtel.« Las Vegas se réinvente continuellement et, dans le processus, elle intéresse tout un nouveau profil de consommateurs que nous ne voyions pas autrefois.Le Las Vegas d\u2019hier attirait les 35-65 ans, alors qu\u2019aujourd\u2019hui, on voit les 21 à 75 ans arriver.Il y a quelque chose pour tout le monde, incluant les familles », affirme Gamal Aziz.On peut avoir du mal à imaginer que des êtres humains normalement constitués vivent dans cet environnement de surexcitation permanente.Mais de tous les grands centres américains, Las Vegas est celui qui connaît la croissance démographique la plus importante.Sept mille personnes s\u2019y installent tous les mois.Le chômage y est inférieur d\u2019un tiers à la moyenne nationale et les travailleurs de la construction y sont les plus occupés au pays.Ironiquement, les « permanents » n\u2019ont que faire, pour la plupart, de toutes ces stimulations urbaines qu\u2019offre Las Vegas.« La majorité des gens n\u2019habitent pas sur la Strip mais vivent une vie de banlieusards bien tranquilles, avec de beaux quartiers et de belles familles.Las Vegas est devenue une ville où il fait réellement bon vivre.Pour cette raison, et parce que c\u2019est un des meilleurs endroits où travailler lorsqu\u2019on évolue dans le milieu hôtelier, c\u2019est la ville dans laquelle je me suis installé le plus longtemps », explique M.Aziz, qui est né au Caire et qui a vécu à Paris, à Londres, à New York, à Washington et à San Francisco, entre autres.N\u2019empêche que Las Vegas est sans doute le plus artificiel des paradis.« Je détesterais vraiment que ce soit la première ville des États-Unis que découvre un étranger », me confiait mon voisin de tabouret au Wolgang Puck Bar and Grill, un ingénieur de Nashville, Tennessee.En effet, si la ville la plus visitée d\u2019Amérique nous donne plusieurs raisons d\u2019adorer les États-Unis, elle nous en donne tout autant de les honnir.Think big! .3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS MAINE Population (2003) : 1,3 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : John Ford (producteur et réalisateur), Stephen King (écrivain), Henry Longfellow (poète), HiramStevens Maxim (inventeur d\u2019une des premières mitraillettes), Percy Spencer (inventeur du four micro-ondes) Insolite : Le Maine produit 99% des bleuets et 90%des cure-dents des États-Unis.C\u2019est aussi le seul État continental qui ne touche qu\u2019à un seul autre État! MARYLAND Population (2003) : 5,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : JohnWilkes Booth (assassin d\u2019AbrahamLincoln), Philip Glass (compositeur), Johns Hopkins (financier), Babe Ruth (baseballeur), Frank Zappa (chanteur) Insolite : Au XVIIe siècle, la ville d\u2019Annapolis était surnommée l\u2019Athènes des Amériques et elle fut même la capitale des États-Unis! MASSACHUSETTS Population (2003) : 6,43 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : John Adams (ex-président), George Bush père (exprésident), Benjamin Franklin (politicien et inventeur), John F.Kennedy (ex-président), Edgar Allan Poe (écrivain) Insolite : James Michael Curley fut le premier maire de Boston à posséder une voiture.Le numéro de sa plaque d\u2019immatriculation était 576, soit le nombre de lettres dans chacun des trois noms qu\u2019il portait.Encore aujourd\u2019hui, la plaque d\u2019immatriculation de la voiture officielle du maire porte ce numéro.MICHIGAN Population (2003) : 10 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Francis Ford Coppola (réalisateur), Henry Ford (industriel), Magic Johnson (basketteur), Charles Lindbergh (aviateur), Madonna (chanteuse) Insolite : Contrairement à la croyance populaire, la première boisson gazeuse aux États-Unis ne fut pas le Coke, mais bien du ginger ale créé au Michigan pendant la guerre civile, en 1862.Babe Ruth Madonna .14 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Vivre libre ou.déménager MANCHESTER \u2014 Quand Patrick Houlmiere, un Américain d\u2019origine algérienne, s\u2019est installé dans sa nouvelle résidence de Stratford, au New Hampshire, ses voisins ont haussé un sourcil.Que venait faire cet étranger un peu original dans les douces montagnes du Nord ?« Il est rare que l\u2019on déménage pour des raisons politiques.Mais lorsque ma femme et moi avons entendu parler du Free State Project à la radio, il y a deux ans, nous n\u2019avons pas hésité une seconde.» Le Free State Project (FSP) est un ambitieux programme politique qui vise à déplacer au New Hampshire, d\u2019ici 2006, 20 000 personnes partageant les valeurs du Parti libertaire américain.Une fois sur place, ils militeront en faveur d\u2019une foule d\u2019idées chères à cette frange de la droite made in USA : peu de gouvernement mais surtout, beaucoup de libertés.Non aux programmes sociaux, non aux subventions, mais oui au port d\u2019armes, à la décriminalisation de la drogue, au mariage homosexuel, à la prostitution, alouette ! Séduits notamment par la devise de l\u2019État \u2014 Live Free or Die \u2014 les militants du FSP ont choisi le New Hampshire en septembre 2003 à la suite d\u2019un vote sur Internet.Dix autres États étaient dans la course, dont l\u2019Idaho, le Montana, le Maine et même l\u2019Alaska.Pour Evan Nappen, avocat du New Jersey et vice-président du mouvement, le New Hampshire est un véritable paradis.« Simplement en déménageant ici, je vais payer 50% moins d\u2019impôts, affirme celui qui milite depuis longtemps pour le droit au port d\u2019armes.Notre maison est déjà achetée.» Jusqu\u2019ici, environ 6000 personnes se sont engagées à y déplacer biens et familles.Près de 300 l\u2019ont déjà fait.« Ils ont bien fait leurs devoirs, reconnaît Michel Pratt, professeur d\u2019histoire américaine au Collège Maisonneuve.Ils ont sélectionné un État dont la population est déjà très près de leurs valeurs.Les gens du New Hampshire, très puritains, sont traditionnellement attachés à la protection de la vie privée.» Jason Sorens, étudiant au doctorat en science politique de l\u2019Université Yale, est à l\u2019origine du mouvement.« Les candidats libertaires ne récoltent jamais plus de 1 % des voix aux élections présidentielles », reconnaît- il dans un article publié en juillet 2001.Pourquoi ne pas unir nos votes et prendre le contrôle d\u2019un État comme le New Hampshire, qui ne compte que 1,2 million d\u2019habitants ?s\u2019est-il demandé.Le gouvernement du New Hampshire est l\u2019un des plus accessibles aux États-Unis.La Chambre des délégués compte 400 membres \u2014 la plus nombreuse au pays.De plus, les primaires du NewHampshire, les premières à se tenir à chaque élection présidentielle, confèrent au petit État une visibilité nationale assurée.Aujourd\u2019hui, les dirigeants du mouvement ont baissé le ton.Ils ne parlent plus de « prise de contrôle », surtout devant les réticences de leurs concitoyens qui voient pratiquement le FSP comme une invasion.« Nous voulons seulement renforcer les rangs du mouvement pro-liberté, très présent au New Hampshire », indique la présidente du mouvement, Amanda Phillips.Et ils connaissent déjà un certain succès.Le gouverneur de l\u2019État, le républicain Craig Benson, a confié à huit partisans du FSP le soin de le conseiller sur l\u2019amélioration des services publics au New Hampshire.Toutefois, des militants réalisent aussi que la tâche sera difficile, voire impossible.« Nous avons obtenu l\u2019appui de 5000 personnes en 2003, dit Patrick Houlmiere.Depuis, on progresse au rythme de 1000 personnes par année.C\u2019est clair que notre cible est très élevée.» Le militant Jerry Bennett, lui, reviendra cet hiver au New Hampshire avant de se décider.« Je veux savoir ce que c\u2019est de passer un hiver les deux pieds dans la neige », admet-il.Comme quoi, la liberté a parfois son prix dans les douces montagnes du Nord.Les deux New York NEW YORK \u2014 Les deux New York se rencontrent régulièrement au marché de Union Square, à Manhattan.Les fermiers vendent leurs primeurs, récoltées dans la partie de l\u2019État appelée Upstate, une région qui englobe l\u2019immense territoire situé au nord de la ville de New York et ses banlieues.Ceux-là viennent de la vallée de la rivière Hudson et des Catskills.Ils ont les joues aussi rouges que leurs pommes.Les citadins au visage bronzé ou très pâles achètent des fruits et des légumes et se zieutent, tout en badinant avec les fermiers.Le marché attire le beau monde de New York, qui goûte ainsi un peu à la campagne, en plein coeur de Manhattan.Les citadins fortunés ne s\u2019arrêtent pas là.Ils sont de plus en plus nombreux à acheter des terrains dans la vallée de la rivière Hudson et les Catskills, où ils construisent leurs résidences secondaires.Et ils fredonnent New York State of Mind, la chanson de Billy Joel, qui prenait jadis l\u2019autobus Greyhound pour s\u2019échapper de la ville et gagner l\u2019Upstate.Bien sûr, ils ne roulent pas en autobus, mais en VUS.Mais il ne s\u2019écoule pas beaucoup de jours avant qu\u2019ils ne s\u2019ennuient de leur ville.Comme Billy Joel, ils ont besoin de son give and take, de son New York Times, de son Daily News.Les deux New York se croisent, mais ils donnent parfois l\u2019impression de ne partager qu\u2019un nom.Plusieurs New-Yorkais d\u2019Upstate entretiennent un certaine antipathie pour la ville, qui est trop bruyante, trop populeuse et un peu trop progressiste à leur goût.En ce sens, ils ne sont pas tellement différents des habitants du Midwest, qui visitent volontiers New York, mais qui n\u2019y habiteraient « jamais de la vie ! » À l\u2019inverse, les citadins regardent le reste de l\u2019État de haut, ne se reconnaissant pas dans ses habitants plus conservateurs, plus religieux et beaucoup plus blancs.Les Noirs de la ville n\u2019ont notamment pas oublié le verdict d\u2019acquittement d\u2019un jury d\u2019Albany, capitale de l\u2019État de New York, dans le procès des quatre policiers new-yorkais \u2014 tous Blancs \u2014 qui avaient criblé l\u2019immigrant africain Amadou Diallo de 18 balles en 1999.Le procès avait été déménagé de New York à Albany sous prétexte qu\u2019un jury impartial n\u2019aurait pu être sélectionné dans la ville d\u2019adoption de Diallo.C\u2019est un peu comme si l\u2019Amérique rouge et l\u2019Amérique bleue se côtoyaient dans un même État.L\u2019Upstate est dominé par les républicains, même s\u2019il lui arrive de voter démocrate, comme il l\u2019a fait pour les Clinton, Bill et Hillary.New York, la ville, est un bastion démocrate, où seuls les républicains les plus modérés sur les questions sociales peuvent se faire élire, comme Rudolph Giuliani ou Michael Bloomberg, les deux derniers maires de la Grosse Pomme.Les deux New York se sont rapprochés dans les mois qui ont suivi le 11 septembre 2001.Les drapeaux ont flotté à la ville comme ailleurs dans l\u2019État.Plusieurs mois avant le déclenchement de la guerre en Irak, cependant, la ville a rangé ses drapeaux.L\u2019Upstate, où la bannière étoilée est omniprésente, est dans un autre état d\u2019esprit.LE WEEK-END AMÉRICAIN Fanatiques d\u2019Amérique PHOTO CAROLYN KASTER, AP Même s\u2019il ne compte que quelques milliers de militants, le mouvement néo-nazi est toujours actif aux États-Unis.Charles J.Juba (au centre) et August B.Kreis (à droite) sont les dirigeants d\u2019un groupe appelé Nations aryennes, qui tenait un rassemblement en septembre dernier en Pennsylvanie.Des membres des Nations aryennes ont notamment été impliqués dans une fusillade survenue dans une garderie juive de Los Angeles en 1999.L\u2019enfant sur la photo est la fille d\u2019August B.Kreis.MINNESOTA Population (2003) : 5,1 millions Tendance électorale: 1984 (DEM), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Bob Dylan (chanteur), Francis Scott Fitzgerald (écrivain), Charles Monroe Schultz (créateur de Charlie Brown), Mike Modano (hockeyeur), WilliamMayo (chirurgien et fondateur de la clinique Mayo) Insolite : Le Metrodome de Minneapolis est le seul stade aux États-Unis à avoir accueilli un Super Bowl, une Série mondiale et une finale du championnat de basketball universitaire dans son enceinte.MISSISSIPPI Population (2003) : 2,9 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Brett Favre (footballeur), Jim Henson (créateur de Sesame Street), B.B.King (guitariste), TennesseeWilliams (dramaturge), OprahWinfrey (animatrice) Insolite : Le Temple international de la renommée du jeu de dames se trouve à Petal.MISSOURI Population (2003) : 5,7 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Josephine Baker (danseuse et chanteuse), T.S.Eliot (poète), Edwin Hubble (astronome), Harry Truman (ex-président), Mark Twain (écrivain) Insolite : L\u2019exposition universelle de 1904 présentée à St-Louis aura vu naître deux aliments encore très populaires de nos jours : le thé glacé et le cornet de crème glacée.Le cornet a été créé par nécessité, alors qu\u2019un vendeur en manque de coupes a dû emprunter des gaufres à un autre vendeur pour les enrouler autour de la crème glacée.MONTANA Population (2003) : 0,92 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Dana Carvey (acteur), Gary Cooper (acteur), Evel Knievel (cascadeur des Daredevils), David Lynch (réalisateur), Jeannette Rankin (première femme élue au Congrès américain) Insolite : Le saphir Yogo du Montana est la seule pierre précieuse à figurer sur une couronne royale de l\u2019Angleterre.BobDylan .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 15 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS NEBRASKA Population (2003) : 1,75 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Fred Astaire (acteur et danseur), Marlon Brando (acteur), Warren Buffet (investisseur), Gerald Ford (ex-président), Malcolm X (leader des droits civiques) Insolite : Le système de communications 911 pour les urgences a été mis au point et utilisé pour la première fois à Lincoln.NEVADA Population (2003) : 2,25 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Andre Agassi (tennisman), Hobart Cavanaugh (acteur), Thelma Pat Nixon (femme de Richard Nixon), Lute Pease (caricaturiste), JackWilson (prophète amérindien qui avait prédit le déclin des Blancs) Insolite : Plus de 85% du territoire du Nevada appartient au gouvernement fédéral, dont la fameuse zone secrète Area 51, située près du village de Rachel.NEWHAMPSHIRE Population (2003) : 1,3 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Mary Morse Baker Eddy (leader religieuse et fondatrice du Christian Science Monitor),WilliamPitt Fessenden (avocat antiesclavagiste, politicien et financier) John Irving (écrivain), Franklin Pierce (ex-président), Alan Shepard (astronaute) Insolite : Le seul traité mettant fin à une guerre étrangère signé sur le territoire des États-Unis fut celui de la guerre r usso-japonaise en 1905.Les deux parties s\u2019étaient rencontrées à Portsmouth, au New Hampshire.NEWJERSEY Population (2003) : 8,63 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Edwin Aldrin (astronaute), Jack Nicholson (acteur), Frank Sinatra (chanteur), Bruce Springsteen (musicien), William Carlos Vanderbilt (financier) Insolite : Newark est la capitale mondiale du vol de voitures.Il y a plus de voitures volées dans cette ville du New Jersey qu\u2019à New York et Los Angeles combinées! Andre Agassi Minoritémilitaire PHOTOARCHIVES REUTERS En 2002, Vanessa Dobos est devenue la première femme formée à l\u2019utilisation d\u2019un canon aérien dans la US Air Force.Selon les dernières données disponibles, 212 266 femmes sont membres de l\u2019armée américaine, soit 17%du corps militaire.En croisade contre le mariage gai COLUMBUS \u2014 « L\u2019homosexualité est un choix et je pense que cette orientation sexuelle peut être destructrice physiquement, émotionnellement et spirituellement.» En croisade depuis plusieurs mois afin de demander la tenue d\u2019un référendum le jour des présidentielles pour que la définition traditionnelle du mariage soit amendée dans la constitution de l\u2019Ohio, Barry Sheets, directeur de l\u2019organisme pro-famille Citizens for Community Values, est formel.« Il y a des standards à respecter dans ce pays », a-t-il lancé lorsque La Presse l\u2019a rencontré dans un édifice à bureau du centre-ville de Columbus.Et pour faire «respecter ces standards », le groupe qu\u2019il représente fait circuler une pétition exigeant la tenue d\u2019un référendum sur la question.Un nombre minimal de 322 899 signatures est nécessaire.Jusqu\u2019à maintenant, la campagne de l\u2019Ohio pour la protection du mariage (The Ohio Campaign to Protect Marriage) en a amassé 391 794.Pourquoi Barry Sheets fait-il des pieds et des mains pour que le mariage se définisse exclusivement par l\u2019union entre un homme et une femme ?C\u2019est qu\u2019il craint que les fondements même de la société américaine soient mis en péril si les mariages gais deviennent monnaie courante.M.Sheets se défend bien d\u2019être homophobe, mais il déclare d\u2019un ton assuré que les unions entre homosexuels peuvent avoir une incidence négative sur l\u2019éducation des enfants.« Il est difficile pour des enfants de comprendre que si John et Mary s\u2019aiment et forment un couple, Élizabeth et Suzie s\u2019aiment et forment aussi un couple, même si ce sont deux femmes », expliquet- il, assis confortablement sur sa chaise.L\u2019homme, qui représente un organisme non-religieux, craint également que les unions homosexuelles mettent de côté l\u2019objectif premier du mariage : la procréation.Visiblement convaincu du bien-fondé de ses démarches, il semble prêt à tout pour préserver les valeurs qu\u2019il tente d\u2019inculquer à ses enfants.Les gens de l\u2019Ohio partagent-ils le point de vue de Barry Sheets ?Difficile à dire.Toutefois, Donald Cuccioletta, politologue à l\u2019Université de Plattsburgh, estime que les électeurs de l\u2019Ohio sont beaucoup plus conservateurs que ceux d\u2019autres États qui auront à se prononcer sur la même question, comme l\u2019Oregon, par exemple.Le débat qui a présentement cours dans cet État considéré comme un des swing states \u2014 ces États qui votent différemment d\u2019une élection à l\u2019autre \u2014 pourrait peut-être donner des munitions aux deux partis qui tentent de marquer des points en vue de l\u2019élection du 2 novembre, dont les résultats s\u2019annoncent très serrés.Si le démocrate John Kerry n\u2019est pas en faveur des mariages gais, il estime néanmoins que les homosexuels devraient avoir droit aux avantages que donne le mariage aux hétérosexuels.À l\u2019opposé, l\u2019actuel président, George W.Bush, appuie l\u2019idée d\u2019un changement constitutionnel pour interdire les mariages entre conjoints de même sexe.Reste à voir si les électeurs indécis de l\u2019Ohio se laisseront influencer par la position des deux partis lorsqu\u2019ils devront, en plus de choisir un nouveau président, se prononcer sur l\u2019épineuse question des mariages homosexuels.« Il est difficile pour des enfants de comprendre que si John et Mary s\u2019aiment et forment un couple, Élizabeth et Suzie s\u2019aiment et forment aussi un couple, même si ce sont deux femmes.» Décriminaliser les malades PORTLAND \u2014Décriminaliser les patients, voilà la mission que s\u2019est donnée Doug MacVay, directeur-adjoint de l\u2019organisme Voter Power.Afin d\u2019alléger ses douleurs quotidiennes et celles de plusieurs autres malades, cet homme qui éprouve des problèmes à l\u2019abdomen mène une campagne acharnée afin que les électeurs de l\u2019Oregon se prononcent, le 2 novembre, en faveur d\u2019une mesure permettant à certains patients de se procurer de la marijuana en toute sécurité par le biais d\u2019un organisme.C\u2019est à l\u2019intérieur de locaux exigus, d\u2019où émane une forte odeur d\u2019humidité, que Doug MacVay nous a expliqué ce qu\u2019il souhaitait faire pour alléger les souffrances des cancéreux et des malades chroniques.« Nous demandons la mise sur pied d\u2019un organisme sans but lucratif qui pourrait fournir de la marijuana, en toute sécurité, aux gens malades qui en ont besoin », mentionne- t-il.Debout au beau milieu d\u2019une minuscule salle de réunion, il parle avec émotion du combat qu\u2019il mène chaque jour.« Vous savez, c\u2019est difficile de vivre constamment avec la douleur, explique M.MacVay, au bord des larmes.Heureusement, j\u2019ai été chanceux.J\u2019ai été capable de trouver des gens pour me garder en vie.J\u2019ai des amis qui cultivent la marijuana et c\u2019est comme ça que je peux m\u2019en procurer.D\u2019autres tentent de l\u2019obtenir comme ils le peuvent, mais ce n\u2019est pas toujours évident.» D\u2019ici le 2 novembre, jour du référendum, M.MacVay veut convaincre les électeurs de l\u2019importance de cet enjeu.« Les gens doivent être conscients que c\u2019est une question cruciale pour les malades chroniques, affirme-t-il.Il faut que les Américains cessent d\u2019être hypocrites : ils agissent comme si la marijuana était plus nocive pour la santé que la cigarette ou l\u2019alcool, alors que ce sont aussi des drogues ; c\u2019est seulement qu\u2019elles sont plus acceptées socialement.» M.MacVay est confiant de pouvoir changer les choses en Oregon.Les électeurs de cet État ont souvent la réputation d\u2019être assez ouverts sur les questions sociales telles que le mariage gai et la légalisation de la marijuana.Selon plusieurs sondages, les gens de l\u2019Oregon sont plutôt favorables à l\u2019idée que des malades puissent obtenir légalement de la marijuana.« Toutefois, quand on leur demande s\u2019ils appuieront cette mesure lors du référendum, 45 % d\u2019entre eux répondent OUI, 44% disent NON et 11% sont indécis », mentionne le directeur adjoint de Voter Power.Selon l\u2019homme de 41 ans, la marijuana peut, dans certains cas, être plus efficace que bien des médicaments.Il espère donc que les électeurs feront preuve de compassion envers les malades qui veulent consommer cette drogue en toute sécurité.« Quand j\u2019en prend, la marijuana atténue mes douleurs, me permet de retrouver l\u2019appétit et m\u2019aide aussi à me concentrer et à être plus positif », affirme-t-il d\u2019un ton convaincu. 16 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .NEWYORK Population (2003) : 19,2 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Tom Cruise (acteur), George Gershwin (compositeur), Michael Jordan (basketteur), John Rockefeller (financier), Franklin Delano Roosevelt (ex-président) Insolite : Si tous ont encore en mémoire les deux avions qui se sont écrasés dans les tours jumelles du World Trade Center en septembre 2001, peu se souviennent que le 28 juillet 1945, un avion B-25 de l\u2019armée américaine avait percuté le 79e étage de l\u2019Empire State Building.NOUVEAU-MEXIQUE Population (2003) : 1,87 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Robert Crichton (écrivain), Conrad Hilton (fondateur de la chaîne hôtelière Hilton), Demi Moore (actrice), Al Unser (pilote automobile), Victorio (chef apache) Insolite : Les lacs et les rivières ne comptent que pour 0,002%de la superficie totale de l\u2019État.Presque tous les lacs ont été créés de toute pièce par les humains, dont le réservoir Elephant Butte, plus grand lac de l\u2019État.OHIO Population (2003) : 11,44 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Neil Armstrong (astronaute), Ulysses Grant (exprésident), Paul Newman (acteur), Jack Nicklaus (golfeur), Ted Turner (fondateur de CNN) Insolite : Coïncidence ou non, les premiers feux de circulation, la première station d\u2019essence, les premières voitures de police et la première caserne de pompiers professionnels aux États-Unis sont tous apparus en Ohio.OKLAHOMA Population (2003) : 3,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Garth Brooks (chanteur), Ron Howard (réalisateur), Mickey Mantle (baseballeur), Brad Pitt (acteur), Jim Thorpe (athlète) Insolite : À Oklahoma City, il y a un puits de pétrole en exploitation sur le terrain même du Capitol Michael Jordan DemiMoore Le pétrole n\u2019est pas texan BRADFORD \u2014 Bill Bryner suit les murs du Club pétrolier de Bradford en montrant les photographies d\u2019époque.On voit la ville en 1870, hérissée de dizaines de derricks, ces tours de bois érigées au-dessus des puits de pétrole d\u2019antan.Plus loin, la Bourse du pétrole, qui a fonctionné pendant une quinzaine d\u2019années à la fin du 19e siècle.Non, nous ne sommes pas au Texas mais bien en Pennsylvanie, à quelques heures au sud de Toronto.Dans la région où le premier puits de pétrole au monde a été foré, en 1859, par le célèbre colonel Drake.Le grand-père de M.Bryner était un « oilman », et son père aussi.Il a repris la tradition familiale quand il est revenu de la Deuxième Guerre mondiale.Mais ses propres enfants ont quitté la région.« Il n\u2019y a pas beaucoup de travail à Bradford aujourd\u2019hui pour les jeunes.Le gouvernement n\u2019aide pas beaucoup les petits producteurs de pétrole, même s\u2019il y a depuis quelques années une nouvelle technologie qui nous permet de rouvrir les anciens puits taris.Il n\u2019y en a que pour le pétrole étranger et les grandes compagnies.Le Club pétrolier de Bradford a 100 ans mais, dans les années 1970, on a dû accueillir des gens d\u2019autres professions parce qu\u2019il n\u2019y avait plus assez de membres.» La Pennsylvanie a une perspective unique sur l\u2019or noir.C\u2019est là qu\u2019est née l\u2019industrie pétrolière mondiale.Depuis, la région a connu une série de boums et de creux, quand les puits se sont taris, puis quand ils ont pu être à nouveau exploités grâce à de nouvelles technologies.L\u2019État a fait un parc avec les restes de quelques villes fantômes, dont la population avait atteint plus de 10 000 habitants dans les années 1870 avant de disparaître.Les raffineries ferment les unes après les autres dans la région du pétrole de la Pennsylvanie, où sont nées les compagnies de lubrifiants Penzoil et Quaker State.On est loin du Texas et de l\u2019image opulente que donnait des magnats du pétrole la série Dallas.Le très modeste musée du pétrole qu\u2019a érigé M.Bryner sur la route 219, juste au sud de Bradford, est coincé sur une étroite bande de terre et n\u2019a pas le côté grandiloquent des Texans.Les puits de pétrole irakiens, qui seraient selon plusieurs la motivation profonde de l\u2019invasion américaine, viennent également à l\u2019esprit : le désert tranche avec les douces vallées verdoyantes de la Pennsylvanie.Se salir les mains Justement, que pense M.Bryner de la guerre en Irak ?« Il fallait se débarrasser de Saddam, c\u2019était un tyran.Mais maintenant, nous sommes dans un beau panier de crabes.» Que pense-t-il du pétrole irakien ?« On a en masse de pétrole aux États-Unis.Il y a le Texas, l\u2019Alaska et aussi la Pennsylvanie.Il faudrait aider les petits producteurs plutôt que les grands importateurs, au lieu de se mêler de la politique au Moyen-Orient.» Bill Bryner a des affinités avec George W.Bush parce qu\u2019il a frayé dans l\u2019industrie du pétrole.Mais il est aussi ambivalent envers les Texans.« Bien sûr, le pétrole, c\u2019est une grande fraternité.Mais en Pennsylvanie, nous réglons les problèmes avec nos mains, alors qu\u2019au Texas, ils brassent des affaires sans faire le travail eux-mêmes.» Au musée d\u2019État du pétrole, à Titusville, une heure au sud-ouest de Bradford, la curatrice Susan Beates confirme que les opinions de M.Bryner reflètent bien le sentiment général.« La région du pétrole est très républicaine, dit Mme Beates, qui est démocrate.Mais les gens sont aussi très méfiants du gouvernement, qu\u2019ils soient d\u2019un parti ou de l\u2019autre.Nous sommes furieux contre le ministère de l\u2019Environnement qui rend si difficile la production de pétrole.Nous ne pouvons pas travailler sur les terres que nos ancêtres ont défrichées voilà 100 ans.» Pour ne rien arranger, le dernier boum s\u2019est accompagné d\u2019une vague d\u2019acquisitions des petits producteurs par des compagnies texanes.Cela ne plaît guère à M.Bryner.« Le pétrole est devenu une affaire de gros sous, déplore-t-il.Il n\u2019y a plus de place pour les familles comme la mienne.» « En Pennsylvanie, nous réglons les problèmes avec nos mains, alors qu\u2019au Texas, ils brassent des affaires sans faire le travail eux-mêmes.» Là où les choses tournent.ovale BRISTOL \u2014 Le soleil était à peine levé sur le circuit ovale de Bristol, au Tennessee, que Julia Schwartz et son mari Williams étaient déjà postés à l\u2019entrée pour attendre les pilotes de NASCAR.Les Schwartz ne gagnent pas une fortune \u2014 lui conduit de la machinerie lourde, elle reste à la maison \u2014, mais ils ont mis de côté une bonne partie de leurs économies pour venir jusqu\u2019à Bristol, une petite ville à cheval entre le Tennessee et la Virginie.On y trouve l\u2019un des circuits les plus prisés des aficionados du NASCAR, car les courses tournent ici souvent en derby de démolition.Autour du circuit se dressent des commerces aux noms évocateurs, comme Top Nutch Guns ou Hillbilly Body Shop.Des panneaux clament aussi qu\u2019« il est temps de mettre ses comptes à jour avec Dieu ».C\u2019est dans ce terreau fertile du Sud américain que le NASCAR a planté ses racines jusqu\u2019à devenir le sport ayant la plus grande croissance aux États-Unis.« Quand on arrive au circuit, on se sent en famille, lance Julia Schwartz.On partage une même passion pour le sport, les mêmes valeurs que les autres amateurs.» Les amateurs de NASCAR répondent à des profils divers, mais ce sont généralement des ouvriers issus des zones rurales, qui gagnent des revenus moyens ou peu élevés.Ils sont aussi de fervents croyants, affichent avec fierté leur patriotisme et placent la famille tout en haut de leur échelle de valeurs.Quand Jeff Gordon, un des héros du NASCAR, a divorcé de son épouse, les amateurs lui en ont voulu à mort.« Gordon a trompé sa femme et je n\u2019ai aucun respect pour des gars pareils », lance Julia Schwartz d\u2019un ton dur.Même unanimité quand un prêtre prend le micro avant la course pour remercier Dieu pour les « pilotes, les partisans et les commanditaires » : les spectateurs lèvent leur bière au ciel à l\u2019unisson en disant amen.Ils applaudissent aussi en choeur les soldats de la Air Force venus prêter serment au pays devant ces gradins décorés de milliers de drapeaux américains.Les dirigeants du NASCAR se plaisent à revendiquer 75 millions d\u2019inconditionnels.C\u2019est un incroyable bassin d\u2019électeurs auquel républicains et démocrates font la cour avec une ferveur égale.Les stratèges politiques ont d\u2019ailleurs ciblé les « NASCAR Dads » comme le groupe démographique susceptible de faire la différence au scrutin présidentiel.Comment s\u2019étonner alors que le président George W.Bush ait prononcé lui-même le fameux « Gentlemen, start your engine » lors de la première épreuve de la saison, à Daytona, en Floride ?Julia Schwartz estime que la politique occupe déjà trop d\u2019espace en NASCAR.«Aucun président ou candidat à la présidence ne devrait se présenter aux courses.Si Bush est venu, c\u2019est parce qu\u2019il pense que tout le monde va voter pour lui.Pas moi.Il est en train de détruire ce pays.» Les stratèges politiques n\u2019ont toutefois pas l\u2019intention de laisser les amateurs s\u2019amuser à regarder les bolides tourner en rond.En 1996, les démocrates avaient courtisé les « Soccer moms », ces mères de famille de banlieues chics qui ne travaillent pas.C\u2019est au tour des NASCAR Dads de se faire chanter la pomme.Et parfois, le bruit de la politique arrive à couvrir le vrombissement assourdissant des voitures.LE WEEK-ENDAMÉRICAIN Le champion du country PHOTO TONY GUTIERREZ, AP L\u2019année dernière, l\u2019industrie américaine du disque a noté une baisse des ventes de 10% dans sa section country.Est-ce à dire pour autant que les Américains délaissent cette musique qu\u2019ils ont eux-mêmes créée ?Oh que non ! La preuve se nomme Toby Keith, champion vendeur de musique country en 2003 avec pas moins de 2,3 millions d\u2019exemplaires écoulés de son album Shock n Y\u2019All.Keith est aussi la preuve que la mondialisation a ses limites puisqu\u2019ils sont rares au Québec à connaître cette « vedette ». L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 17 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Jamais sans mon fusil HOUSTON \u2014 « Vous êtes du Canada ?Il paraît que vous ne verrouillez jamais vos portes.» Le nom de l\u2019interlocutrice a depuis été oublié.Son âge aussi.Ce qui est plus sûr, c\u2019est qu\u2019elle était conseillère municipale à Houston, en plus d\u2019être l\u2019une des nombreuses personnes à accueillir les médias du monde à l\u2019Aquarium de Houston, à quelques jours du Super Bowl de février dernier.Son nom a été oublié, mais pas l\u2019expression de son visage.« Il paraît que vous ne verrouillez jamais vos portes.» Le regard incrédule.Un petit sourire gêné.Et des yeux grands comme le Texas.On était là pour causer football.Pour causer de Panthers et de Patriots.Mais la dame ne voulait pas vraiment parler du Super Bowl.En voyant les deux journalistes canadiens devant elle, une image lui est vite venue en tête : celle du réalisateur Michael Moore qui, dans son documentaire Bowling for Columbine, s\u2019amusait à entrer dans ces maisons canadiennes aux portes jamais verrouillées.Elle voulait en être sûre : « Vous aussi, vous ne verrouillez pas vos portes?Est-ce que vous êtes tous comme ça au Canada ?C\u2019est incroyable.» Le ton était donné.Au cours des jours suivants, ce séjour parmi les dieux du football américain s\u2019est vite transformé en voyage au coeur du Far-west.C\u2019est qu\u2019au Texas, le fusil est roi.On peut se trouver un fusil sans problème dans les magasins, sans période d\u2019attente en plus.À l\u2019entrée de certains bars, des affiches vous rappellent de laisser votre flingue au vestiaire.À l\u2019arrière des « pick-ups sales », on voit souvent un fusil de chasse traîner sur la banquette arrière.C\u2019est sans compter toutes ces expositions, les gun shows où l\u2019on peut acheter un fusil sur-le-champ, « no questions asked », comme le clament les pubs dans les journaux.C\u2019est sans doute pour ça qu\u2019ils verrouillent leurs portes.En cette semaine de Super Bowl, Houston avait choisi de se faire belle pour la visite.Le centre-ville, d\u2019ordinaire un véritable no man\u2019s land, avait été transformé à grands coups de restos chics et de bars branchés.Mais une fois la nuit tombée, certaines rues n\u2019inspiraient plus confiance.Et quand la bagarre éclatait au coin d\u2019une boîte de nuit, on priait très très fort pour que personne n\u2019ait la bonne idée de sortir un fusil.Après tout, Jim Brown, un des dirigeants de la Texas State Rifle Association, a déjà déclaré : « Il y a environ 17 millions de gens au Texas, et probablement trois fois plus de fusils.» Mais c\u2019est comme ça.Au Texas, le fusil fait partie d\u2019une culture qui ne veut pas mourir, comme la culture du football et la culture de Dieu.Tout le monde le sait, surtout les politiciens qui cherchent à gagner la faveur du public.Il y a deux ans, John Sharp visait le poste de lieutenant- gouverneur du Texas.Pour courtiser les électeurs, il avait déclaré ceci au Dallas Morning News : « J\u2019ai une trentaine de fusils.J\u2019en ai probablement plus que j\u2019en ai besoin, mais j\u2019en ai moins que j\u2019en voudrais.» Ça explique pourquoi cette conseillère municipale de la ville de Houston peinait à comprendre un bout de Bowling for Columbine.Ça explique pourquoi ses collègues de travail, tous présents à ce cocktail d\u2019ouverture du Super Bowl, regardaient eux aussi les deux journalistes canadiens avec une pincée d\u2019admiration.La conseillère, elle, semblait envier le Canada au grand complet.« On dirait que personne n\u2019a un fusil par chez vous.Ici, ce n\u2019est pas du tout comme ça.» De quoi verrouiller ses portes à chaque jour.À l\u2019entrée de certains bars, des affiches vous rappellent de laisser votre flingue au vestiaire.BucoliqueWoodstock WOODSTOCK \u2014 Imaginez une charmante municipalité de 3500 habitants, campée au pied des collines verdoyantes du Vermont.Ici, ce sont les maisons de bois blanches de style Nouvelle-Angleterre avec leurs volets noirs, leurs allures centenaires et leurs drapeaux étoilés bien en vue.Là, les commerces en briques rouges « du bon vieux temps », sur une Central Street restaurée, bordée d\u2019arbres généreux, où l\u2019on vend encore de la crème glacée maison.Pour ajouter à cet effet « carte postale », ajoutez un ciel bleu et un pont couvert sous lequel coule la rivière Ottauquechee.Nous sommes à Woodstock, la plus belle petite ville d\u2019Amérique, selon le Ladies Home Journal.Dans cette petite communauté tissée serrée, tout le monde se connaît.On se rencontre dans les activités de bénévolat, dans les champs, à l\u2019église et à l\u2019école.Mais au-delà de sa beauté extérieure, ce village bucolique, qui semble pourtant coupé du reste du monde, a abrité trois fils aux destins tout à fait exceptionnels qui ont nourri le rêve américain.Tout d\u2019abord, ce petit bled a vu naître George Perkins Marsh, considéré comme le premier écologiste.En 1864, ce politicien et diplomate a écrit le livre Man and Nature pour démontrer l\u2019impact des décisions humaines sur l\u2019environnement.Sa maison a été achetée cinq ans plus tard par Frederick Billings, un avocat qui est retourné dans son village natal après avoir fait fortune pendant la Ruée vers l\u2019or en Californie et dans la construction des chemins de fer dans l\u2019Ouest.La ville de Billings, au Montana, porte d\u2019ailleurs son nom.Constatant la coupe éhontée des forêts dans la région de Woodstock et ses conséquences sur l\u2019érosion des sols, il a mis sur pied une ferme modèle axée sur le développement durable et le reboisement.Sa petite fille, Mary French, née également à Woodstock, a épousé l\u2019héritier milliardaire Laurance S.Rockefeller.La maison de Marsh et de Billings leur a servi de résidence d\u2019été.M.Rockefeller, conseiller spécial à l\u2019environnement pour cinq présidents américains, est décédé cet été, à 94 ans, sept ans après sa femme.Ayant consacré une grande partie de sa vie et de son argent à la conservation des forêts et à la protection de l\u2019environnement et des animaux, il a légué sa résidence de Woodstock \u2014 avec ses meubles, ses livres et ses toiles, de même que 555 acres de terrain \u2014 pour en faire le premier parc national du Vermont.À cela s\u2019ajoute la Billings Farm & Museum, que les gens peuvent également visiter.On pourrait dire que M.Rockefeller, dont le grand-père John D.s\u2019est fabuleusement enrichi avec le pétrole au début du siècle dernier, a consacré du temps et des millions à la conservation de la nature pour se donner bonne conscience.D\u2019autant plus que ses activités d\u2019investisseur lui ont permis de multiplier l\u2019héritage familial.Pensons qu\u2019il a notamment avancé le capital pour acheter une petite filiale d\u2019aviation appartenant à General Motors, devenue le géant Eastern Airlines.Il a aussi, à l\u2019époque, investi du capital de démarrage dans deux petites firmes informatiques prometteuses : Apple et Intel ! D\u2019autres répondront que Laurance S.Rockefeller et Frederick Billings n\u2019étaient pas obligés de faire du mécénat et qu\u2019ils ont posé ces gestes pour redonner une (toute petite) partie de leur richesse à leur communauté.Quoi qu\u2019il en soit, on peut se demander si ce type de mentorat et de philanthropie «à l\u2019américaine» ne mériterait pas d\u2019être plus présent chez nos gens d\u2019affaires québécois.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS OREGON Population (2003) : 3,56 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Raymond Carver (écrivain), Douglas Engelbart (inventeur de la souris d\u2019ordinateur), Matt Groening (créateur des Simpson), Linus Carl Pauling (Prix Nobel de chimie), Pat Schroeder (politicienne) Insolite : La noisette est la noix officielle de l\u2019État.L\u2019Oregon est d\u2019ailleurs le seul État à avoir proclamé une noix officielle\u2026 PENNSYLVANIE Population (2003) : 12,36 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Daniel Boone (héros populaire), George Marshall (général, inspirateur du plan Marshall), Arnold Palmer (golfeur), Robert Peary (découvreur du pôle Nord), Honus Wagner (baseballeur) Insolite : Vous avez vu le film Le Jour de la marmotte?Eh bien c\u2019est à Punxsutawney que la marmotte Phil! vit et voit son ombre (ou pas) chaque fin d\u2019hiver.RHODE ISLAND Population (2003) : 1,07 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Bobby Hackett (trompettiste), David Hartman (ancien animateur de Good Morning America), H.P.Lovecraft (écrivain), Oliver Hazard Perry (commandant naval), JemimaWilkinson (leader religieuse) Insolite : La Taverne de la maison blanche, située à Newport, est la plus vieille taverne en activité des États- Unis.Elle a ouvert ses portes en 1673 TENNESSEE Population (2003) : 5,84 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : Chat Atkins (guitariste), Davy Crockett (héros populaire), Morgan Freeman (acteur), Aretha Franklin (chanteuse), Tina Turner (chanteuse) Insolite : C\u2019est le Tennessee qui comptait le plus fort contingent de soldats de la Garde nationale envoyés au front lors de la première guerre du Golfe.C\u2019est aussi le Tennessee qui comptait le plus de soldats au front pendant la guerre de Sécession Tina Turner Un phénomène télé qui dure PHOTO TERU IWASAKI, AP Le dessin animé aux États-Unis connaît présentement son âge d\u2019or.Des Simpsons à South Park, en passant par les Rugrats, les dessins animés ont réussi une fascinante conversion en adoptant un ton qui plaît autant aux parents qu\u2019aux enfants.Aujourd\u2019hui, c\u2019est Bob l\u2019Éponge qui a la cote.Cinq ans après la création de la sympathique bibitte sous-marine, le réseau Nickelodeon soutient qu\u2019il rejoint 60 millions de téléspectateurs par mois, dont 27,1 millions d\u2019adultes, ce qui en fait l\u2019émission pour enfants la plus regardée aux États-Unis pour la troisième année consécutive.Les produits dérivés représentent une vraie manne qui génère plus de 500 millions.Et le long métrage qui sortira bientôt ne calmera pas le jeu.De quoi faire sourire Jeff Dunn, le président des Entreprises Nickelodeon ! 18 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B RE 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .La folie des super-églises PHOTO MICHAEL STRAVATO, AP On n\u2019en comptait qu\u2019une dizaine dans les années 1970 ; il y en a plus de 740 aujourd\u2019hui.Les super-églises (megachurches) sont des centres de prière non catholiques qui peuvent accueillir plus de 2000 fidèles.L\u2019une possède un réseau satellite qui lui permet de diffuser dans 260 prisons.D\u2019autres possèdent leur étiquette de disques.L\u2019église Lakewood (notre photo), qui contient plus de 25 000 personnes, est la plus grosse aux États-Unis.Elle dépense plus de 12 millions par année en temps d\u2019antenne télé.Elle est logée dans le Compaq Center, l\u2019ancien amphithéâtre des Rockets, l\u2019équipe de basketball de Houston ! Au pays des hillbillies OAK HILL \u2014 L\u2019an dernier, la compagnie Abercrombie & Fitch, qui fabrique des vêtements sport à la mode, a lancé un nouveau t-shirt où on pouvait lire : « It\u2019s all relative in West Virginia ».Sous couvert d\u2019un jeu de mots, la phrase faisait référence à la réputation qu\u2019a la Virginie occidentale d\u2019être un haut lieu de la consanguinité.Le gouverneur de cet État rural, Bob Wise, a immédiatement exigé des excuses d\u2019Abercrombie, et le retrait des t-shirts du marché.La réponse d\u2019Abercrombie a été ironique : le hasard fait bien les choses, nous avons vendu tous les t-shirts « It\u2019s all relative in West Virginia ».La Virginie occidentale fait rarement les manchettes et quand les médias parlent d\u2019elle, leurs propos sont rarement flatteurs.Récemment, le quotidien Boston Globe a inclus le comté de McDowell, dans le sud de l\u2019État, dans une série sur le Tiers-monde.Les articles politiques sur la Virginie occidentale, qui est passée du camp démocrate au camp républicain aux dernières présidentielles, font presque toujours référence au fait qu\u2019il s\u2019agit du « pays de Delivrance ».Delivrance est ce film de John Boorman dans lequel des citadins venus chasser dans cet État se font kidnapper et violer par des « Hillbillies », des Blancs pauvres habitant dans les bois.Le mépris et la violence des kidnappeurs, qui disent « couine comme un cochon » à l\u2019une de leurs victimes (tous des hommes) quand ils la violent, est devenu l\u2019un des symboles de l\u2019État, à tout le moins dans les métropoles de la côte Est.Plusieurs commentateurs estiment que les habitants de la Virginie occidentale ont voté pour George W.Bush parce qu\u2019ils en ont assez du mépris des citadins, associés au Parti démocrate.Évidemment, plusieurs en Virginie occidentale déplorent cette image.Mais pas Brian Ferguson.Jeune photographe établi à Oak Hill, à mi-chemin entre la capitale Charleston et le comté de McDowell, M.Ferguson est fier du caractère humble de ses concitoyens, qu\u2019il veut préserver dans un grand projet photographique.Une de ses photos montre les trois seules diplômées d\u2019une école secondaire de McDowell, pour rappeler qu\u2019il existe encore des écoles de rang en Virginie occidentale.«Mon grand-père publiait un journal, le West Virginia Hillbilly, dans une petite ville au nord de Charleston », raconte M.Ferguson, début de la trentaine, dans son studio aux murs défraîchis.« Il était fier d\u2019être un hillbilly.J\u2019ai continué la tradition familiale de journalisme et travaillé pour le quotidien principal de l\u2019État, le Charleston Gazette.Mais j\u2019ai senti le besoin de me rapprocher de la vraie Virginie occidentale.Je n\u2019ai rien contre la réputation de violence et de consanguinité, parce que ça éloigne les touristes et les gens de Washington qui cherchent des résidences secondaires.Nous restons entre nous.On dit souvent que nous sommes 10 ans en retard sur le reste du pays.Être en retard a des bons côtés : notamment, nous n\u2019avons presque pas de Wal Mart.» Le terme hillbilly désigne en fait tous les habitants des coins isolés des Appalaches, une chaîne de montagne qui va du Canada à la Géorgie.Entre autres pratiques surprenantes, les hillbillies ont l\u2019habitude de manger de l\u2019écureuil.Ils pratiquent aussi le « Appalachian Chic »: puisque les maisons sont isolées et n\u2019ont pas toujours de sous-sol, les hillbillies entreposent souvent leur ferraille sur leur terrain.Il n\u2019est pas rare de voir une voiture à moitié démontée ou des électroménagers rouillés devant les maisons.M.Ferguson défend le « Appalachian Chic» en proposant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une manifestation de la tolérance des habitants de la Virginie occidentale, tolérance qui explique que l\u2019État a longtemps été solidement démocrate.Les origines de la réputation de la Virginie occidentale sont difficiles à cerner.Mais selon Denise Giardina, une romancière de Charleston qui écrit beaucoup sur les conflits ouvriers dans les mines (l\u2019armée fédérale y était même intervenue en 1920, sa seule intervention en territoire américain à part la Guerre de sécession), a une explication : la réputation de sauvagerie a été inventée de toutes pièces par les médias de la côte Est.« Le terme hillbillies a commencé à être utilisé à la fin du 19e siècle après la publication d\u2019une série d\u2019articles à New York sur une querelle sanglante entre des familles de la Virginie occidentale », explique Mme Giardina en entrevue dans un restaurant de la capitale.« Mais quand on regarde les fichiers policiers de l\u2019époque, il s\u2019agissait en fait d\u2019une toute petite querelle.Je pense que les grands industriels de la côte Est ont fait passer les habitants de la Virginie occidentale pour des sauvages afin de les discréditer, dans le but de faire passer des lois très avantageuses pour les compagnies minières.Ils voulaient être en position de dire : ces gens-là sont incapables de gérer leurs affaires, il faut que nous nous en occupions.» La Virginie occidentale fait rarement les manchettes et quand les médias parlent d\u2019elle, leurs propos sont rarement flatteurs.L\u2019art naïf, c\u2019est du sérieux BARABOO \u2014 Tom Every a un problème: son propriétaire veut l\u2019évincer.Il n\u2019est pas le seul dans cette situation.Mais, pour lui, le déménagement est plus compliqué : il a sur son terrain des milliers de sculptures de métal, dont certaines pèsent plusieurs tonnes.M.Every est un «roadside artist » : il fait de l\u2019art autodidacte, un genre d\u2019art naïf monumental qui consiste en des sculptures de ferraille installées dans un terrain vague, en face d\u2019une immense base militaire.« Nous incorporons de tout dans nos sculptures, nous avons même une chambre de décontamination du programme Apollo », remarque Eleanor Every, l\u2019épouse de M.Every, qui a fait visiter le jardin de sculptures à La Presse le printemps dernier.« Nous travaillons toute la famille ensemble : je peins les pièces plus petites, et mon fils Troy a récemment commencé à faire ses propres sculptures.Il s\u2019est spécialisé dans les oiseaux.C\u2019est vraiment une tragédie pour nous de devoir déménager tout ça.» Le chef-d\u2019oeuvre de M.Every, dont le nom d\u2019artiste est « Dr.Evermor », est le « Forevertron », un monstre de 300 tonnes, haut de 30 mètres, qui ressemble vaguement à un manège et rassemble un fouillis indescriptible de ferraille.Le Forevertron est en partie mobile, et certaines de ses sections sont mues par 18 compresseurs à vapeur, chacun de la taille d\u2019une fourgonnette.Le terrain de M.Every, qui a la jeune soixantaine, est situé près de Baraboo, une ville du centre du Wisconsin.Quand on pense au Wisconsin, on pense généralement au fromage, à la bière ou aux Harley Davidson.Les célèbres motos sont fabriquées à Milwaukee, la métropole de cet État des Grands Lacs, ville dont l\u2019équipe de baseball s\u2019appelle les Brewers.Une autre ville du Wisconsin, Green Bay, abrite une équipe de football, les Packers, dont les partisans se promènent avec des chapeaux en forme de fromage pour souligner l\u2019importance de l\u2019industrie laitière dans la région.Mais le Wisconsin est aussi l\u2019un des hauts lieux de l\u2019art naïf aux États- Unis.Plus particulièrement, les élites culturelles de l\u2019État s\u2019intéressent aux « sculpteurs autodidactes », ceux qui n\u2019ont jamais eu d\u2019éducation artistique formelle, qui ont souvent commencé à produire après leur retraite et utilisent généralement des rebuts \u2014 ferraille, bouteilles, retailles de bois \u2014 comme matériaux.Sur la côte Est, les grandes familles industrielles ont financé des musées d\u2019art européen, comme le Metropolitan à NewYork ou le musée Barnes à Philadelphie.L\u2019une des grandes fortunes du Wisconsin, celle des Kohler, qui ont fait fortune dans la tuyauterie, a plutôt construit un musée en l\u2019honneur de la sculpture autodidacte.Ils organisent la transformation en musées à ciel ouvert des terrains où les « sculpteurs naïfs» entreposaient leurs oeuvres, souvent à côté de chez eux.Thérapie M.Every n\u2019est pas formellement soutenu par le musée Kohler, mais il se trouve sur tous les guides de sculpture autodidacte du Wisconsin.Il a commencé son oeuvre à la fin des années 1960, en guise de thérapie après une dépression.Sa fragilité émotionnelle explique en partie ses difficultés à trouver un mécène qui prendrait en charge son parc de sculptures.Son épouse Eleanor a d\u2019ailleurs confié qu\u2019ils sont formellement séparés, mais qu\u2019elle continue de l\u2019appuyer dans son art et de s\u2019occuper de lui.« Sans moi, il ne pourrait pas se nourrir ou laver ses vêtements », a-t-elle expliqué.La popularité de la sculpture autodidacte au Wisconsin peut sembler triviale.Mais elle illustre des courants culturels très forts.« Le Wisconsin a une éthique du travail très poussée et a été peuplé par des immigrants d\u2019Europe du Nord qui ont trimé dur », explique Leslie Umberger, la conservatrice du musée Kohler, en entrevue à Sheboygan, sur la côte du lac Michigan.« L\u2019idée de recycler des rebuts, et l\u2019idée de continuer à travailler après la retraite \u2014 deux éléments importants du genre de sculpture que nous appuyons \u2014 dérivent probablement de là.« Aussi, le Wisconsin a connu une prospérité importante vers la fin du 19e siècle, à un moment où les moyens de communications et des transports étaient peu rapides.La côte Est, avec sa fascination pour l\u2019Europe, était très loin.Nous avons donc développé une culture indépendante et nous n\u2019avons pas eu les mêmes influences de la peinture européenne.L\u2019art naïf, pour nous, c\u2019est de l\u2019art au même titre que Picasso ou Van Gogh.» .LE WEEK-END AMÉRICAIN TEXAS Population (2003) : 22,1 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Denton Cooley (pionnier de la chirurgie cardiaque), Dwight Eisenhower (ex-président et général), Ben Hogan (golfeur), Janis Joplin (chanteuse), Ross Perot (politicien et philanthrope) Insolite : L\u2019État fut une nation indépendante de 1836 à 1845.Au cours de son histoire, il a connu huit gouvernements différents : Espagne (1519-1685), France (1685-1690), Espagne (1690-1821), Mexique (1821-1836), République du Texas (1836-1845), États-Unis (1845- 1861), États confédérés (1861-1865), États-Unis (1865 à aujourd\u2019hui).UTAH Population (2003) : 2,35 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Butch Cassidy (hors-la-loi), WillardMarriott (fondateur de la chaîne hôtelière Marriott), Donny et Marie Osmond (chanteurs), BrighamYoung (leader religieux des mormons) Insolite : Des entrepreneurs locaux brassent la bière Monogamy, clin d\u2019oeil aux mormons qui acceptent la polygamie au sein de leur Église.VERMONT Population (2003) : 0,62 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Chester Alan Arthur (ex-président), Calvin Coolidge (ex-président), John Deere (inventeur), Elisha Graves Otis (inventeur de l\u2019ascenseur), Joseph Smith (fondateur de l\u2019Église mormone) Insolite : Montpelier est la seule capitale d\u2019État à ne compter aucun restaurant McDonald\u2019s! VIRGINIE Population (2003) : 7,4millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Arthur Ashe (tennisman), Ella Fitzgerald (chanteuse), Thomas Jefferson (exprésident), Robert Lee (général), George Washington (premier président des États-Unis) Insolite : La Virginie a vu naître plus de femmes de présidents \u2014 six! \u2014 que n\u2019importe quel autre État Janis Joplin George Cohon, le grand patron de la chaîne de restaurant McDonald\u2019s L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 19 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .Semarier à Las Vegas Notre photographe Martin Chamberland s\u2019est rendu le mois dernier à Las Vegas pour y croquer ces moments où des couples ont choisi d\u2019unir leur destinée.pour le meilleur et pour le pire.Un mariage à la sauce Graceland dans une chapelle de la Strip.Des néons, des limos et pas mal de kitsch : voilà ce qu\u2019offre la Little White Wedding Chapel, située boulevard Las Vegas.Pour 800 $, on peut y obtenir le forfait Honeymooner Complete, comprenant musique, photos et une cérémonie dite « traditionnelle ».Tous les accoutrements sont permis dans les chapelles de Las Vegas.À gauche, un couple s\u2019embrasse après s\u2019être marié dans une chapelle dotée d\u2019un service au volant.Une future mariée arrive dans une chapelle de Las Vegas en Cadillac rose conduite par nul autre que le King lui-même.3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS VIRGINIE OCCIDENTALE Population (2003) : 1,8 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (REP) Cinq personnalités : George Brett (baseballeur), Pearl Buck (écrivaine, Prix Nobel de littérature), Mary Lou Retton (gymnaste), Lewis L.Strauss (directeur du programme de développement de la bombe H), Chuck Yeager (pilote d\u2019avion et général) Insolite : La plus grosse livraison d\u2019allumettes de l\u2019histoire est partie de Wheeling vers Memphis (Tennessee) le 26 août 1933.Elle consistait en 20 camions, ou 210 millions d\u2019allumettes! WASHINGTON Population (2003) : 6,13 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Chester Carlson (inventeur de l\u2019électrophotographie, qui nous a donné la photocopieuse moderne), Kurt Cobain (chanteur de Nirvana), Bing Crosby (chanteur), Jimi Hendrix (musicien), AdamWest (acteur, Batman) Insolite : Spokane fut la plus petite ville à avoir accueilli une exposition universelle, celle de 1974.WISCONSIN Population (2003) : 5,5 millions Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (DEM), 1992 (DEM), 1996 (DEM), 2000 (DEM) Cinq personnalités : Eric Heiden (patineur de vitesse, médaillé olympique), Harry Houdini (magicien), Liberace (pianiste), Orson Welles (acteur et publiciste), Frank LloydWright (architecte) Insolite : La ville de Green Bay s\u2019est autoproclamée la capitale mondiale du papier hygiénique \u2014 un titre que Montréal ne lui enviera pas! WYOMING Population (2003) : 0,5 million Tendance électorale : 1984 (REP), 1988 (REP), 1992 (REP), 1996 (REP), 2000 (REP) Cinq personnalités : Dick Cheney (vice-président), Esther Hobart Morris (pionnière des droits des femmes), Jedediah Smith (explorateur, a découvert la Californie depuis l\u2019est), Washakie (chef amérindien), James Watt (politicien) Insolite : L\u2019État le moins populeux du pays a inspiré le titre d\u2019un film du cinéaste québécois André Forcier, Le vent du Wyoming.Kurt Cobain Dick Cheney (vice-président) 20 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .LE GRANDJEU ÉLECTORAL LA STATUE DE LA LIBERTÉ LE GRAND CANYON DISNEYWORLD LA SEARS TOWER LE PONT GOLDEN GATE LE CAPITOLE LE MONT ST.HELEN L\u2019UNIVERSITÉ HARVARD L\u2019ARCHE DE ST.LOUIS LE MONT RUSHMORE ALABAMA ARKANSAS CAROLINE DU NORD CAROLINE DU SUD COLORADO CONNECTICUT DAKOTA DU NORD DAKOTA DU SUD DELAWARE FLORIDE GÉORGIE IOWA KANSAS KENTUCKY LOUISIANE MAINE MISSISSIPPI MISSOURI MONTANA NEBRASKA OKLAHOMA OREGON PENNSYLVANIE RHODE ISLAND TENNESSEE VIRGINIE OCCIDENDALE WASHINGTON WISCONSIN IDAHO WYOMING NOUVEAU MEXIQUE ILLINOIS INDIANA MARYLAND MASSACHUSETTS MICHIGAN MINNESOTA NEW JERSEY NEW YORK OHIO UTAH VERMONT VIRGINIE CALIFORNIE ARIZONA NEVADA NEW HAMPSHIRE TEXAS Combien de votes sont nécessaires pour obtenir la majorité au Collège électoral?Un candidat peut-il être élu président des États-Unis avec moins de votes populaires que l\u2019un de ses rivaux ?Ralph Nader a-t-il obtenu des votes au Collège électoral en 2000?Combien de votes populaires a-t-il recueillis approximativement: 28 000 votes?280000 votes?2 800 000 votes?28 000 000 votes?Un seul président américain s\u2019est marié pendant son mandat.Lequel?Qui a été le plus grand (en hauteur.) président américain?Comment l\u2019évolution de la population dans les États américains depuis 2000 peut-elle influencer l\u2019élection du président en 2004?Quelle a été l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire américaine?Lequel de ces États a le plus grand nombre de grands électeurs: NewYork?Texas?Californie?Floride?Pennsylvanie?Le Collège électoral est-il inscrit dans la Constitution américaine?2 6 9 12 7 3 3.L\u2019AMÉRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS Deux de ces hommes n\u2019ont jamais été présidents des États-Unis.Lesquels?George Washington?Benjamin Franklin?Ulysse S.Grant?John.F.Kennedy?Nelson Rockefeller?Quels présidents ont été le moins longtemps et le plus longtemps en poste?La tradition veut que les présidents américains et leur famille aient des animaux domestiques.Quel animal, prénommé Rebecca, le président Calvin Coolidge et sa femme Grace ont-ils amené avec eux à la Maison-Blanche?RÉPONSES GÉOGRAPHIE ALASKA HAWAII SITUEZ SUR LA CARTE CHACUN DE CES CÉLÈBRES MONUMENTS AMÉRICAINS 1 A B C D E F H G I J 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 .Comme le Collège électoral est formé de 538 grands électeurs, il faut 270 votes pour être élu.En cas d\u2019égalité à 269, c\u2019est un vote du Congrès qui détermine le nouveau président.2.Oui, la chose s\u2019est produite quatre fois dans l\u2019histoire américaine.En 1824, Andrew Jackson a obtenu plus de votes, mais il a perdu l\u2019élection face à John Quincy Adams; en 1876, Samuel J.Tilden a obtenu le plus de votes, mais Rutherford B.Hayes a été élu; en 1888, Grover Cleveland a remporté le scrutin populaire, mais il a été battu par Benjamin Harrison; en 2000, Al Gore a obtenu 537 179 votes de plus que GeorgeW.Bush, mais ce dernier a été élu au collège électoral.3.Le nombre de grands électeurs dans chaque État est déterminé, en partie, par leur population.Àla suite du dernier recensement, pas moins de 18 états ont vu leur nombre de grands électeurs modifié.Une majorité de ceux qui ont voté démocrate ont perdu des électeurs, une majorité de ceux qui ont voté républicain en ont gagné; on peut dire que les Républicains pourraient être avantagés par l\u2019évolution démographique aux États-Unis.4 .Non.Aucun article n\u2019en fait mention, même indirectement.Il n\u2019y a dans le document fondateur des États-Unis qu\u2019une référence aux «Électeurs».5 .La Californie (55), devance le Texas (34), New York (31), la Floride (27) et la Pennsylvanie (21).6.Nader n\u2019a obtenu aucun vote au Collège électoral, mais il a récolté 2 882 897 votes.7.En 1960, John Kennedy a été élu avec une majorité d'à peine 100 000 votes sur Richard Nixon.Avec seulement 49,72%des voix (contre 49,55% pour Nixon), Kennedy avait pourtant été facilement élu au collège électoral en raflant 303 votes contre 219, les 15 grands électeurs de l'Alabama et du Mississippi s'abstenant au moment du vote officiel.8 .Benjamin Franklin, auteur de la Déclaration d\u2019indépendance et de la Constitution américaine, n\u2019a jamais été président, pas plus que Nelson Rockefeller (l\u2019héritier de la StandardOil), qui n\u2019a été que vice-président (sous Gerald Ford, après la démission de Richard Nixon en 1974).9 .WilliamHarisson n\u2019a occupé le poste que pendant 31 jours, en 1841; élu le4mars, il est mort d\u2019une pneumonie le 4 avril.Franklin D.Roosevelt est le seul président à avoir été élu quatre fois et il a été en poste pendant 13 ans (1932-1945).10.Il s\u2019agit de Grover Cleveland, qui a épousé Frances Folsom, de 27 ans sa cadette, le 22 juin 1886 à la Maison-Blanche.11 .Il s\u2019agit d\u2019AbrahamLincoln, qui mesurait 6\u2019 4\u2019\u2019.Lyndon Johnson est le suivant à 6\u2019 3\u2019\u2019.Le plus petit, James Madison, ne mesurait que 5\u2019 4\u2019\u2019.12.Il s\u2019agit d\u2019un raton-laveur! RÉPONSES 1 I 2 C 3 G 4 F 5 B 6 H 7 A 8 J 9 E 10 D "]
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