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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2004-10-31, Collections de BAnQ.

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[" PLUS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L\u2019ÉCHIQUIER ÉLECTORAL André Duchesne PAGE 6 L\u2019ALASKA TOURNE AUTOUR DU POT Marie-Claude Malboeuf LA CAMPAGNE ÉLECTORALE DE A À Z PAGE 3 Alexandre Sirois PAGES 4 ET 5 ILLUSTRATION STEVE ADAMS, COLLABORATION SPÉCIALE © MON T R É A L D I M A N C H E 31 0 C T 0 B R E 2 0 0 4 WASHINGTON \u2014 George W.Bush a déclaré la guerre à l\u2019Irakcontre son propre gré.À l\u2019instar de Franklin Roosevelt, l\u2019actuel président ne souhaitait pas que son pays prenne part à un conflit armé.Mais comme Roosevelt face à la Deuxième Guerre mondiale, Bush n\u2019a en fin de compte pas eu le choix.Car il «savait que la sécurité et la sûreté de l\u2019Amérique et du monde en dépendaient ».Cette version officielle et définitive de l\u2019attitude du président face à la guerre a été offerte par sa femme, Laura, à la fin du mois d\u2019août lors de la convention républicaine.Alors que les démocrates reprochent à Bush d\u2019être entré en guerre de façon précipitée, Laura a dit se souvenir de «soirées très calmes» autour de la table l\u2019an dernier avant l\u2019invasion.Elle a senti son mari déchiré parce qu\u2019il avait à prendre des «décisions douloureuses», a-t-elle ajouté.Dans l\u2019entourage du président, cette femme de 57 ans est probablement la seule qui puisse encore parler avec crédibilité de George Bush comme d\u2019un politicien modéré qui n\u2019agit pas sur des coups de tête.L\u2019une est calme et discrète.L\u2019autre est spontanée et imprévisible.L\u2019une des deux chaussera bientôt les souliers de la First Lady à la Maison-Blanche.NEW YORK \u2014 Elle ferait une First Lady exotique, née au Mozambique de parents portugais, parlant couramment cinq langues, dont le français.Encore sexy à 66 ans, elle serait la doyenne des premières dames entrant au 1600, Pennsylvania Avenue.Elle pourrait devenir la première First Lady à occuper un emploi à l\u2019extérieur de la Maison-Blanche.Elle est à la tête d\u2019une fortune estimée à plus d\u2019un milliard de dollars, provenant pour l\u2019essentiel du groupe alimentaire Heinz, fondé par la famille de son premiermari.Par l\u2019entremise de la prestigieuse fondation familiale, elle soutient dans le monde entier les causes environnementales et les droits des femmes.Elle serait populaire, selon Molly Wertheimer, spécialiste des premières dames à Penn State University, malgré ses gaffes récentes.«Je pense que le public s\u2019habituerait à elle et que sa popularité irait en grandissant», dit Mme Wertheimer en entrevue.«Et si elle continue son travail philanthropique grâce à sa fondation, cela ne peut qu\u2019aider.» Mais Teresa Heinz Kerry ne sortira pas indemne de la campagne présidentielle.\u203a Voir LAURA en page 2 \u203a Voir TERESA en page 2 LAURA TERESA?OU Laura la dompteuse Teresa la fougueuse ALEXANDRE SIROIS CORRESPONDANT À WASHINGTON RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE REUTERS / FRED PROUSER © AP PHOTO / LUIS M.ALVAREZ © .2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 31 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PLUS Une controverse mondiale L\u2019initiative du Guardian mal accueillie en Ohio: «Les Américains n\u2019acceptent pas qu\u2019on leur dise quoi faire» MARIE-CLAUDE MALBOEUF ENVOYÉE SPÉCIALE COLUMBUS (Ohio) \u2014 Devant la maison de Sarah Brown, en Ohio, la boîte aux lettres arbore fièrement le drapeau des États-Unis.L\u2019enveloppe y ayant atterri arborait plutôt, à la place du timbre, le profil de la reine d\u2019Angleterre.Le choc fut brutal.Quand Mme Brown a compris que la missive provenait d\u2019une Écossaise plaidant en faveur du démocrate John Kerry et contre la guerre en Irak, la mère de famille a vu rouge.Rouge parce qu\u2019il s\u2019agit de la couleur officielle de son parti, celui de George W.Bush.Rouge parce que la résidante de l\u2019Ohio était incroyablement en colère.« Les étrangers n\u2019ont pas d\u2019affaire à influencer mon vote ! Ça doit être l\u2019oeuvre de terroristes.Ces gens font plein de choses inimaginables », s\u2019inquiète la sexagénaire aux ongles orange, vêtue d\u2019un coton ouaté orné d\u2019arbres en paillettes roses.Sarah Brown habite Springfield, une ville de 68 000 habitants jadis choisie par la revue Newsweek comme le parfait visage de l\u2019Amérique.Typique, la mère de famille l\u2019est apparemment elle aussi.Car en une semaine, 14 000 électeurs de son comté (celui de Clark) ont reçu la même lettre qu\u2019elle, soit un électeur sur six.Et 22 000 autres en auraient reçu une si le grondement de leur colère n\u2019avait pas transformé une première mondiale en controverse mondiale.Tout a commencé lorsque le Guardian, un journal britannique de gauche, a offert au monde entier l\u2019adresse des supposés indécis d\u2019un des petits comtés les plus chaudement disputés des États-Unis.L\u2019idée : faire basculer le vote dans un État clé, qui pèse lourd au collège électoral et qui fait l\u2019objet d\u2019une lutte si serrée qu\u2019une poignée de voix risque de faire toute la différence.L\u2019Ohio est aussi l\u2019État-baromètre par excellence.Dans toute l\u2019histoire américaine, les républicains n\u2019ont jamais réussi à s\u2019emparer de la Maison-Blanche sans l\u2019avoir gagné.D\u2019après Terry Brown, le mari de Sarah, l\u2019opération pourrait bel et bien faire basculer les choses.mais pas dans le sens espéré par le Guardian.«Les Américains n\u2019acceptent pas qu\u2019on leur dise quoi faire.La dernière fois que les Britanniques ont essayé, nous avons fait la révolution ! » rappelle l\u2019ancien marine, qui a travaillé 41 ans dans une usine de camions.Cette fois, la révolte américaine a forcé le Guardian à abandonner son projet.Après quatre jours, des pirates ont saboté son site de distribution d\u2019adresses, et plus de 5000 courriels \u2014parfois positifs mais surtout injurieux\u2014 ont afflué de partout aux États-Unis.« Est-ce que l\u2019édifice qui abrite votre bande d\u2019imbéciles est sûr ?En êtes-vous certains?En êtes-vous bien certains ?» « Soyez avisé que j\u2019ai fait suivre votre lettre à la CIA et au FBI.» « Espèce de petits peureux aux dents jaunes.Je me fiche comme du cul d\u2019un rat de savoir si notre élection aura un impact sur votre minable petite vie.» D\u2019après l\u2019éditeur du Springfield News Sun, Jack Bianchi, les messages haineux sont l\u2019oeuvre de radicaux ultrapolitisés, qui habitent souvent à l\u2019extérieur de l\u2019Ohio.Et il ne s\u2019agit pas seulement de républicains, précise-t-il, des démocrates s\u2019étant montrés tout aussi outrés qu\u2019on se mêle de leur campagne.Comme une minorité de ses lecteurs (qui se disent ravis ou s\u2019excusent au nom de leurs compatriotes injurieux), M.Bianchi comprend la motivation des étrangers.« Le président des États-Unis est un gendarme mondial.On ne peut dire du même souffle : Fichez-nous la paix, mais donnez-nous donc 10 000, 15 000 de vos jeunes hommes pour qu\u2019on en fasse des soldats.» « C\u2019est difficile de jeter la première pierre compte tenu du fait qu\u2019on influence aussi les élections du reste du monde », admet pour sa part le porte-parole républicain, Dan Harkins.Alors que la poussière retombe, la plupart des analystes croient que toute l\u2019affaire ne changera finalement pas grand-chose.Le camionneur Gregory Atkin, un grand barbu à bretelles à qui on a écrit d\u2019Écosse, le confirme.« Je reçois déjà jusqu\u2019à cinq lettres électorales par jour.J\u2019ai déjà tout lu, tout entendu à la radio et à la télé.Je suis immunisé ! » blague l\u2019ancien vétéran du Vietnam.Chez les Brown aussi, le choix est déjà fait.L\u2019aîné est dans l\u2019armée ; le cadet est passé par la marine.À la porte de la maison, un aigle sculpté au moyen d\u2019une scie à chaîne surplombe une croix marquée de la date du 11 septembre 2001.Avec George Bush, le pays est davantage en sécurité, croient-ils.De la base voisine, un avion militaire s\u2019envole.« Vous entendez ce bruit ?C\u2019est le bruit de la liberté, dit Terry.Après le 11 septembre, on a connu le silence absolu.Aucun avion pendant une semaine.C\u2019était beaucoup plus angoissant.» PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS Parmi la foule bruyante et animée venue appuyer le président Bush lors d\u2019une assemblée électorale tenue cette semaine à Pontiac, au Michigan, ces deux jeunes cow-boys ont retenu l\u2019oeil des photographes.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Laura la dompteuse LAURA suite de la page 1 C\u2019est qu\u2019elle-même fait toujours preuve de retenue et n\u2019est pas aussi radicale que son mari, qu\u2019elle rappelle parfois à l\u2019ordre.À Washington, on raconte souvent comment elle lui a, par exemple, reproché d\u2019avoir dit vouloir capturer Oussama ben Laden « mort ou vif ».C\u2019est une « personne authentique », a déjà déclaré son mari.Une femme modeste qui, quelques mois après être devenue première dame du pays, s\u2019étonnait encore de voir des gens applaudir lorsqu\u2019elle faisait son entrée quelque part.Pour toutes ces raisons, la femme du président est aujourd\u2019hui « sans contredit, la plus populaire » de tous les membres de l\u2019administration américaine, a récemment soutenu sa biographe, Ann Gerhart.Un sondage publié cette semaine a révélé que 74% des Américains ont d\u2019elle une opinion favorable.Revirement spectaculaire Les stratèges du président l\u2019ont compris.Cette année, elle fait campagne d\u2019un bout à l\u2019autre des États- Unis avec un tel empressement qu\u2019on dirait presque que c\u2019est elle la candidate.La semaine dernière, en l\u2019espace de cinq jours, elle a prononcé des allocutions à Washington, à New York, au NewJersey, en Pennsylvanie, au Wisconsin et au New Hampshire.Un revirement spectaculaire si on tient compte du fait que, il y a quatre ans, elle était extrêmement discrète et on la qualifiait d\u2019anti-Hillary Clinton.« Elle n\u2019avait pas été à l\u2019avant-plan du tout lors de la campagne de 2000.Je pense qu\u2019elle est maintenant convaincue que, dans une course serrée comme celle-ci, elle peut faire une différence et qu\u2019elle doit essayer de le faire », affirme Bruce Buchanan, politologue de l\u2019Université du Texas à Austin, qui suit de près le couple Bush depuis de nombreuses années.« Laura Bush est un atout.Les conseillers du président savent que sa popularité est élevée.Ils savent que les gens apprécient le fait qu\u2019elle ne soit pas une politicienne professionnelle et que lorsqu\u2019elle parle, il y a plus de chances que ce soit avec son coeur », ajoute M.Buchanan.Elle est véritablement tout, sauf une politicienne, et avait jusqu\u2019ici presque toujours participé à reculons aux projets de son mari en la matière.Enfant unique, elle est née en 1946 à Midland, au Texas, d\u2019un père et d\u2019une mère qui travaillaient dans l\u2019immobilier et qui n\u2019ont jamais eu de soucis financiers.Laura a pour sa part opté pour l\u2019enseignement.Elle a obtenu son diplôme en éducation à la Southern Methodist University, également au Texas, pour ensuite enseigner à Dallas, Houston et Austin.Dans cette dernière ville, elle a décroché une maîtrise pour devenir bibliothécaire.Elle était donc à la fois enseignante et bibliothécaire lorsqu\u2019elle a rencontré George W.Bush en 1977 et l\u2019a épousé quelques semaines plus tard.Presque simultanément, il a brigué un siège au Congrès.En guise de voyage de noces, les tourtereaux ont fait campagne au Texas, en vain.Le futur président a été mis en échec.Après ce périple, Laura lui a demandé de lui promettre qu\u2019elle n\u2019aurait jamais à prononcer de discours.Plus tard, elle allait émettre de sérieuses réserves quand son époux lui a annoncé qu\u2019il souhaitait se lancer dans la course à la Maison- Blanche.À chaque occasion, elle a choisi de courber l\u2019échine.Des votes grâce à Laura Être la femme de George W.Bush « est la partie la plus importante de ma tâche, que mon mari soit président ou pas », a-t-elle expliqué à sa biographe.Un mari avec lequel cette ancienne enseignante et bibliothécaire semble pourtant partager bien peu de choses, elle qui aime les livres de Dostoïevski et les spectacles de ballet et dont la plupart des amis sont des démocrates progressistes.Sur le sentier de la guerre, elle est néanmoins une alliée fidèle.S\u2019il lui arrive de ne pas être d\u2019accord avec le président, elle n\u2019en parle jamais.Au contraire, cette ancienne démocrate a défendu les décisions des républicains avec vigueur au cours des derniers mois, y compris les restrictions controversées quant à la recherche sur les cellules souches.Ce faisant, elle a ponctué ses discours d\u2019allusions à la détermination et aux principes de son mari, tout en racontant diverses anecdotes pour le rendre un peu plus humain.Ce qu\u2019elle est en mesure de faire, estime M.Buchanan.Selon le politologue, elle pourrait véritablement permettre aux républicains de séduire un plus grand nombre d\u2019électeurs.«Particulièrement ceux qui sont ambivalents au sujet du président, explique-t-il.Ils peuvent se dire : si cette femme honorable et aimable fait confiance au président et le croit, peut-être que je devrais moi aussi.» Ce n\u2019est donc vraisemblablement pas seulement pour faire rigoler ses partisans que le président répète souvent que «la raison la plus importante de nous donner quatre ans de plus est que Laura sera la première dame pendant quatre ans de plus ».lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Teresa la fougueuse TERESA suite de la page 1 À deux semaines de l\u2019élection, dans une entrevue filmée, elle a commis une gaffe spectaculaire en déclarant, à tort, que Laura Bush n\u2019avait jamais « vraiment travaillé ».« J\u2019avais oublié que Mme Bush a été enseignante et bibliothécaire, et rien ne peut être plus important que d\u2019enseigner aux enfants », s\u2019est plus tard excusée Teresa dans un communiqué.Mais Teresa n\u2019a pas satisfait ses critiques, qui lui ont reproché d\u2019avoir oublié les mères au foyer dans ses excuses.Ce qu\u2019elles font en élevant leurs enfants à la maison, n\u2019est-ce pas un « vrai travail » ?« Ce fut une erreur, mais je crois que son importance a été gonflée », dit Myra Gutin, auteure d\u2019un livre sur les premières dames, The President\u2019s Partner.« La course a lieu entre John Kerry et George Bush ; Laura et Teresa sont à l\u2019arrière-scène.» Arrogance ou inexpérience ?Mais Teresa fascine autant que Laura.Et elle a le don d\u2019attirer la controverse.Dès le début de la convention démocrate à Boston, en juillet dernier, elle a fait les manchettes en disant à un journaliste, devant caméra, de se le « mettre où je pense » (version originale : Shove it !) Plusieurs femmes ont applaudi, dont Hillary Clinton, qui a eu ses différends avec les journalistes de la droite.Mais l\u2019épisode n\u2019a pas charmé tout le monde.Les médias conservateurs s\u2019en sont donné à coeur joie, condamnant l\u2019« arrogance » de l\u2019épouse milliardaire du candidat démocrate.Mais l\u2019arrogance n\u2019est pas le problème de Teresa, selon Myra Gutin, qui enseigne les communications à l\u2019Université Rider, au NewJersey.« Elle n\u2019est pas une politicienne, dit le professeur Gutin en entrevue.Elle n\u2019avait jamais été exposée à la presse nationale.Elle ne s\u2019était jamais retrouvée dans une situation où ce qu\u2019elle dit peut faire la une dans le monde entier.» Son premier mari, John Heinz, a certes fait de la politique, mais Teresa ne s\u2019en mêlait pas, se cantonnant au rôle d\u2019épouse et de mère.Fille d\u2019un oncologue, elle avait rencontré Heinz à l\u2019Université de Genève.Sa vie est digne d\u2019un roman, dont l\u2019histoire commence au Mozambique, puis passe par l\u2019Afrique du Sud, la Suisse et l\u2019ONU, avant d\u2019aboutir à Pittsburgh dans la famille Heinz.Sénateur républicain de la Pennsylvanie et héritier de l\u2019empire agroalimentaire, John Heinz est mort dans un accident d\u2019hélicoptère, en 1991, laissant à sa femme trois enfants et une fortune.Teresa le considère toujours comme « l\u2019amour de sa vie », ce qui est un peu gênant pour John Kerry, qu\u2019elle a épousé en 1995, trois ans après l\u2019avoir rencontré au sommet de la Terre à Rio.Et la voilà aujourd\u2019hui mêlée à la campagne présidentielle, subissant son baptême politique.Un nom de trop ?Elle n\u2019est pas la première femme de candidat à pécher par trop de candeur.En 1984, Barbara Bush avait créé un mini-scandale en critiquant de façon colorée la première candidate à la vice-présidence, Geraldine Ferraro.« Je ne peux dire ce que je pense de cette femme, mais ça rime avec rich », avait-elle dit en pensant au mot bitch.Mais Barbara Bush n\u2019en faisait pas une habitude.Tout au long de son séjour à Washington, elle a réussi à projeter l\u2019image d\u2019une grand-mère affable.Teresa Heinz Kerry n\u2019en est pas là.Son discours à la convention démocrate a suscité des réactions partagées.Dans les pages du magazine New York, l\u2019auteure féministe Naomi Wolf lui a reproché d\u2019avoir contribué à l\u2019émasculation de son mari en oubliant quasiment de parler de lui.« J\u2019ai aussi relevé ça », dit Molly Wertheimer, de Penn State University.« Mme Kerry était à peu près rendue au milieu de son discours lorsqu\u2019elle a mentionné son mari pour la première fois.Je pense que c\u2019était une faute.» Mais Naomi Wolf est allée plus loin dans ses critiques, condamnant également la décision de Teresa de garder le nom Heinz.« En gardant le nom de son défunt mari \u2014il n\u2019y a pas de façon délicate pour le dire\u2014, elle cocufie publiquement Kerry avec le pouvoir d\u2019un autre homme \u2014un républicain mort par-dessus le marché.» Pas facile la vie politique.Mais Teresa a ses fans aux États-Unis, qui aiment sa spontanéité, son ouverture, son cosmopolitisme.Comme First Lady, selon Wertheimer, elle pourrait tirer profit de ses origines étrangères.« Nous avons beaucoup d\u2019immigrants dans notre pays et elle a beaucoup de sympathie pour eux, dit le professeur de communications.Elle pourrait également contribuer au rapprochement avec la France et l\u2019Allemagne, deux pays qui se sont éloignés des États-Unis en raison de la guerre en Irak.» Elle pimenterait certainement la sauce américaine.NOM: Teresa Heinz Kerry ORIGINES: Née en 1938àMaputo au Mozambique MARIÉE: Depuis 1995 avec John Kerry MÈRE DE: Henry John IV, Andre et Christopher QUALITÉS: Charismatique, polyglotte et spontanée, elle humanise John Kerry, qui traîne l\u2019image d\u2019un homme distant et hautain.DÉFAUTS: Impulsive et désinvolte, elle multiplie les déclarations controversées, mettant parfois son mari dans l\u2019embarras.TRAGÉDIE: En 1991, elle perd son premier mari, John Heinz, dans un accident d\u2019hélicoptère.NOM: Laura Bush ORIGINES : NéeàMidland au Texas en 1946.MARIÉE : Depuis 1977 avec George W.Bush.MÈRE : De deux enfants, des jumelles, Barbara et Jenna, nées en 1981.QUALITÉS : Calme, posée et modérée, elle exerce une influence positive sur son mari, dont elle peut aussi redorer le blason auprès des électeurs américains.DÉFAUTS : Certains lui reprochent de ne pas avoir été assez sévère avec ses jumelles, mais on ne lui connaît pas de faux pas depuis son arrivée à laMaison- Blanche.Sa biographie s\u2019intitule d\u2019ailleurs La Femme parfaite.TRAGÉDIE :Àl\u2019âge de 17 ans, elle a provoqué un accident de voiture en oubliant de respecter un stop à une intersection.Elle a embouti un autre véhicule et tué son occupant, un collègue de classe et très bon ami, Mike Douglas. .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 31 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PLUS UN PEU D\u2019HISTOIRE 1975\u2014La Cour suprême de l\u2019Alaska décrète que le droit à la vie privée garanti par la Constitution de l\u2019État empêche les policiers d\u2019arrêter les citoyens qui gardent une quantité raisonnable de marijuana chez eux.1982\u2014Adoption d\u2019une loi fixant la limite autorisée à quatre onces.1990\u2014Référendumantipot.Une poignée de citoyens mécontents propose de recriminaliser la marijuana.Ils gagnent avec 54%des voix.1993-2003\u2014Les tribunaux invalident à plusieurs reprises la loi découlant de ce référendum.1998\u2014Lors d\u2019un premier référendum pro-pot, 58% de la population accepte de légaliser l\u2019usage de la marijuana lorsqu\u2019elle est recommandée par un médecin.2000\u2014Deuxième référendum pro-pot.L\u2019idée de légaliser la marijuana pour les 18 ans et plus ne passe pas la rampe.2003\u2014Préparation d\u2019un troisième référendum pro- pot visant à légaliser et encadrer la possession, la production et la vente de marijuana\u2014cette fois, à partir de 21 ans.Le référendumaura lieu le 2 novembre 2004.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Malgré l\u2019appui de plusieurs personnes, le deuxième référendum qui s\u2019était tenu à l\u2019automne 2000 pour la légalisation de la marijuana n\u2019avait pas passé la rampe.Mardi prochain, les électeurs de l\u2019Alaska seront appelés à se prononcer de nouveau sur la question.L\u2019Alaska tourne autour du pot En Alaska, le droit de fumer de la marijuana chez soi est protégé par la Constitution.Ainsi en a décidé la Cour suprême de l\u2019État il y a déjà 30 ans.Et ainsi le confirment depuis tous les autres tribunaux.Pour les citoyens, la chose n\u2019est toutefois pas réglée.Le 2 novembre prochain, à l\u2019occasion des élections présidentielles, ils répondront donc à leur quatrième référendum sur la question.MARIE-CLAUDE MALBOEUF ENVOYÉE SPÉCIALE EN ALASKA ANCHORAGE \u2014À 4 h du matin, autour du bar le plus ancien de Talkeetna, la fumée de la marijuana se mêle partout à la buée des haleines.« Pas besoin de te cacher.Ici, la mentalité est différente.Tout le monde fume, de 7 à 77 ans, même les conservateurs », constate Brian Castleberry, un ancien militaire de 38 ans ayant quitté Los Angeles pour découvrir l\u2019un des plus pittoresques villages de l\u2019Alaska, il y a deux ans.Tout en servant les clients du magasin général, le caissier claironne : « De toute façon, il n\u2019y a pas de policiers ici : quelques centaines de State Troopers pour 1 500 000 km2.Ils en ont déjà plein les bras avec les ivrognes au volant ! » Il est vrai que les policiers sont rares dans les montagnes de l\u2019Alaska.Mais même s\u2019ils pullulaient, cela ne changerait pas grand-chose pour ses 650 000 habitants, qui vivent une situation tout à fait méconnue et unique en Amérique du Nord.Il y a 30 ans, la Cour suprême de l\u2019État décidait que le droit à la vie privée protège les gens qui gardent une quantité raisonnable de marijuana chez eux.Le pot n\u2019est pas assez nocif pour que la police outrepasse ce droit constitutionnel, estiment les juges.Les tribunaux ont beau l\u2019avoir confirmé à maintes reprises, le sujet était trop explosif pour en rester là.En 1990, une poignée de citoyens mécontents ont recueilli assez de signatures pour tenir un premier référendum proposant d\u2019« annuler» la décision de la Cour suprême.Ils ont gagné de justesse, avec 54% des voix, et l\u2019État a recriminalisé illico la marijuana.En 2002, 1030 adultes et 37 mineurs ont donc été arrêtés par la police de l\u2019État pour possession de marijuana, selon le rapport d\u2019avril 2004 de l\u2019Office of National Drug Control Policy.« Mais la police n\u2019avait pas raison.Une simple loi ne peut pas contredire une interprétation constitutionnelle », affirme l\u2019avocat de la défense Bill Satterberg, 14 mois après avoir plaidé l\u2019affaire avec succès en Cour d\u2019appel.« C\u2019est une belle victoire, mais il faut aller plus loin pour dissiper tous les doutes, argue aujourd\u2019hui le juriste.Les gens trop pauvres pour se payer un avocat continuent d\u2019avoir peur.Sans parler de tous les gens \u2014 j\u2019en vois au moins un par semaine \u2014 arrêtés parce que la police a senti de la marijuana dans leur auto.Sans parler du marché noir, qui demeurera tant que la vente restera illégale.» Légaliser la mari pour garder son fusil.Aller plus loin ?À Anchorage, la métropole de 260 000 habitants, les pro-pot ne demandent pas mieux.Le 2 novembre, ils profiteront donc du cortège de référendums associés aux élections présidentielles pour proposer que l\u2019État légalise, encadre et taxe la vente, la production et la consommation de marijuana.En fumer au volant, en public ou avant 21 ans serait par contre interdit.De quoi donner aux partisans du pot de bien meilleures chances qu\u2019en 2000, alors qu\u2019une proposition beaucoup plus radicale avait recueilli 40 % des voix.« Les pro-légalisation ont appris de leurs erreurs.Ils sont très organisés, ils reçoivent de l\u2019aide extérieure et leurs pubs télé ont beaucoup d\u2019al lure », s\u2019inquiète l\u2019ancien procureur fédéral Wevley William Shea, dont le bureau est rempli de photos des deux George Bush et de drapeaux américains.En 1990, c\u2019est lui qui avait pressé ses concitoyens de renouer avec la prohibition \u2014des efforts qui lui avaient valu les remerciements écrits de Bush père.Presque 15 ans plus tard, l\u2019avocat républicain compte plus que jamais sur le gouvernement fédéral.« Même si la Cour a envoyé un très mauvais message aux jeunes, nos législateurs n\u2019osent pas prendre position publiquement.Ils ont trop peur de la controverse.Ici, c\u2019est une terre d\u2019individualistes, la dernière frontière.Même les conservateurs se voient comme des libres penseurs, comme des libertaires allergiques aà l\u2019autorité de l\u2019État.» Les organisateurs de la campagne Yes on 2 (Oui à la proposition no 2, celle favorable au pot), parlent d\u2019argent et de liberté.« Notre référendum ne porte pas sur la marijuana mais sur les droits individuels.Si le gouvernement ne peut nous empêcher de porter une arme, pourquoi nous empêcherait-il de fumer ?Les gens viennent en Alaska parce qu\u2019ils n\u2019aiment pas qu\u2019on leur dise comment mener leurs affaires », affirme le neurobiologiste et professeur d\u2019université Timothy Hinterberg, qui coordonne la campagne.« Il faut insister sur l\u2019argent gaspillé, faire appel à l\u2019avarice des gens », renchérit un jeune supporter entouré d\u2019une enseignante de maternelle frisottée, d\u2019une vieille hippie texane, d\u2019un jeune en casquette crochetée et d\u2019un avocat expulsé du Parti républicain pour ses vues sur la drogue, même s\u2019il lève lui-même le nez sur la marijuana et l\u2019alcool.Et il y en aura d\u2019autres ! En entrevue, le procureur général de l\u2019État, Gregg Renkes, laisse transparaître son inquiétude même si la loi l\u2019empêche de se prononcer au sujet du référendum à venir.Aux prises avec l\u2019isolement et le chômage, l\u2019Alaska se retrouve avec l\u2019un des plus hauts taux de toxicomanie des États-Unis et avec l\u2019un des plus hauts taux de violence, dit-il.Sans compter qu\u2019il s\u2019agit du cinquième producteur de marijuana au pays.« Cet État ne peut se permettre d\u2019avoir des lois plus permissives, cela accroîtrait la disponibilité de la drogue.Nous sommes déjà aux prises avec un immense problème social.» Pour l\u2019avocat Bill Satterberg, le procureur général mêle tout.« Je peux compter sur les doigts d\u2019une seule main les clients ayant commis un crime violent après avoir fumé un joint.Mais des causes de violence commise par des gens qui boivent, j\u2019en ai plein mes tiroirs ! » « Ici, les lois sur la marijuana coûtent 24 millions par an.Chaque poisson qu\u2019ils attrapent coûte très cher.Qu\u2019ils utilisent cet argent pour enquêter sur toutes les causes de viol non résolues », dit Mariann Wizard, une organisatrice dépêchée du Texas.D\u2019une certaine manière, le chef de police d\u2019Anchorage, Audie Holloway, est bien d\u2019accord : « La police ne devrait pas se pointer chez les gens pour des choses mineures.On se fiche bien qu\u2019un bon citoyen fume un ou deux joints chez lui.» L\u2019idée de légaliser la vente n\u2019a toutefois rien pour plaire à cet ancien directeur de la brigade antidrogue, qui continue d\u2019arrêter les producteurs et les revendeurs.« Si on va trop loin, le pot va finir par sortir des maisons, craint-il.Les gens hésiteront moins à conduire après avoir fumé un joint.Et on enverra un mauvais message aux jeunes : certains s\u2019abstiennent de fumer parce que c\u2019est illégal, mais là, on lèverait une barrière.» Quoi qu\u2019il en soit, les antiprohibitionnistes ne sont pas au bout de leurs peines.Car la marijuana est aussi illégale en vertu des lois fédérales, qui, elles, ne semblent pas près de changer.Sans compter que l\u2019État envisage déjà de faire échec à leur référendum en maintenant le statu quo pendant deux ans, puis en faisant adopter une loi de son cru.« Ensuite, ce sera à la Cour suprême de l\u2019étudier, explique le procureur général Gregg Renkes.Elle n\u2019a pas porté de regard neuf sur la question depuis 30 ans.Or, la situation a changé : le pot est de 10 à 15 fois plus nocif qu\u2019avant.» Bref, que les pro-pot gagnent leur référendum ou pas, ce ne sera sans doute pas le dernier.« Ici, c\u2019est une terre d\u2019individualistes, la dernière frontière.Même les conservateurs se voient comme des libres penseurs, comme des libertaires allergiques à l\u2019autorité de l\u2019État.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L\u2019échec de la prohibition MARIE-CLAUDE MALBOEUF ENVOYÉE SPÉCIALE ANCHORAGE (Alaska) \u2014 Monté sur son cheval borgne, Howard Wooldridge, un policier retraité, a passé six mois à jouer les hommessandwichs d\u2019un bout à l\u2019autre des États-Unis.En 2003, le polyglotte aux allures de cow-boy a franchi 5200 km vêtu du même curieux t-shirt intriguant : « Cop says legalize pot.Ask me why ! » De la Géorgie à l\u2019Oregon, les Américains l\u2019ont pris au mot.Lorsque La Presse l\u2019a interrogé en Alaska, le cavalier militant était prêt: « La prohibition est un échec total : 80% des voleurs que j\u2019arrêtais étaient accros aux drogues.Pourquoi ne pas les laisser avoir toute la drogue qu\u2019ils veulent au lieu de causer toute cette criminalité ?» Depuis six ans, Howard Woolridge a donné 150 conférences ciblant les « non-convertis » : églises, clubs Lions et Rotary.«Le fait d\u2019avoir été policier me donne de la crédibilité à leurs yeux », dit-il.Un original ?Pas tant que ça, puisque le résidant du Texas fait partie d\u2019une association regroupant près de 2000 policiers, juges, procureurs, gardiens de prison et agents du FBI, tous bien décidés à mettre fin à la lutte contre les drogues d\u2019ici 10 ans.« La majorité de nos membres sont libertaires.Ce qu\u2019ils veulent, c\u2019est réduire la taille du gouvernement fédéral.Ils se battent pour un contrôle minimal de l\u2019État », dit-il. 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 3 1 O C T O B R E 2 0 0 4 L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 3 1 O C T O B R E 2 0 04 P L U S 5 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PRÉSIDENTIELLE 2004 PRÉSIDENTIELLE 2004 A E F G H K I J LM N Q P O R S T V W U X Y Z B AK-47 C D Dix ans après son adoption par le Congrès américain, la loi interdisant la vente d\u2019armes semi-automatiques aux États-Unis\u2014dont les AK-47 \u2014 n\u2019a pas été renouvelée cette année.John Kerry a accusé GeorgeW.Bush de ne pas être intervenu en faveur de la législation et d\u2019avoir ainsi rendu «plus facile» le travail des terroristes.En contrepartie, il s\u2019est fait photographier aussi souvent que possible avec un fusil de chasse à la main pour ne pas rebuter les électeurs pro-armes à feu.Ennemis «Franchement, je trouve scandaleux que le président tente de se faire réélire en disant qu'il a fait du bon travail contre le terrorisme.Il l'a ignoré», a affirmé en mars l\u2019ancien tsar antiterroriste de laMaison-Blanche, Richard Clarke.L\u2019essai où il expose les ratés de l\u2019administration Bush en la matière, Contre tous les ennemis, a eu l\u2019effet d\u2019une bombe.Tout comme son témoignage devant la commission sur les attaques du 11 septembre 2001, où il a étayé son argumentation et offert ses excuses aux proches de victimes.Impôts Si l\u2019économie américaine reprend du poil de la bête, c\u2019est en grande partie grâce aux réductions d\u2019impôts de GeorgeW.Bush.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme le président, qui n\u2019est bien sûr pas sur la même longueur d\u2019onde que les démocrates à ce sujet.John Kerry estime plutôt que l\u2019initiative démontre que les républicains se préoccupent avant tout des plus riches.S\u2019il est élu, les ménages dont les revenus sont de plus de 200 000$ US par année n\u2019auront plus droit à cet avantage fiscal.Jeunes Le nombre d\u2019Américains de moins de 30 ans qui iront voter le 2 novembre est susceptible de grimper à 20 millions, soit 2 millions de plus qu\u2019il y a quatre ans.Après une mobilisation sans précédent, certains estiment que ce vote jeune, vraisemblablement sous-estimé par les sondeurs, fera triompher John Kerry.Chose certaine, avec une élection aussi serrée que celle qui s\u2019annonce, les jeunes pourraient faire la différence.Kay En démissionnant de son poste de chef des inspecteurs américains et britanniques en Irak en janvier dernier, David Kay a dit croire qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive dans ce pays lorsque la guerre a été déclenchée.Il a été l\u2019un des premiers au sein de l\u2019appareil gouvernemental américain à faire mentir le président dans ce dossier.Depuis, ces suppositions ont été plusieurs fois confirmées.Obama «Il n'y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche et une Amérique hispanique: il y a les États-Unis d'Amérique», a affirmé BarackObama lors de la convention démocrate en juillet à Boston.Né d\u2019un père originaire du Kenya et d\u2019une mère du Kansas, Obama a été consacré étoile montante de son parti grâce à son allocution électrisante.Depuis, au lieu de s\u2019occuper de sa propre campagne (il est certain d\u2019être élu sénateur), il prête main-forte aux autres démocrates du pays qui aspirent à un siège au Congrès américain.Pontage Les organisateurs de la campagne de John Kerry s\u2019étaient promis de ne pas répéter l\u2019erreur commise par Al Gore.En l\u2019an 2000 le candidat démocrate avait décidé de tenir Bill Clinton à l\u2019écart de sa campagne ce qui, rétrospectivement, a probablement été l\u2019une des causes de sa défaite.Or, Clinton n\u2019a malheureusement pas pu promouvoir la candidature de Kerry comme prévu, ayant dû subir d\u2019urgence un quadruple pontage deux mois avant l\u2019élection.Il a néanmoins effectué quelques apparitions remarquées en fin de campagne.Quinze La majorité des Américains ont été tenus à l\u2019écart de la course à laMaison-Blanche cette année.Les deux candidats à la présidence ont été aux petits oignons avec les citoyens d\u2019uniquement une quinzaine d\u2019États dont le coeur balance encore entre républicains et démocrates.Parmi ces «swing states»\u2014dont le nombre serait cette semaine tombé à 11, selon le quotidien The New York Times \u2014 les plus importants à surveiller le jour du vote seront la Floride, l\u2019Ohio et la Pennsylvanie.Unanimité De par le monde, GeorgeW.Bush a fait l\u2019unanimité\u2026contre lui.Rarement aura-t-on vu autant de grogne contre le président américain sur la scène internationale.Un sondage mené récemment à l\u2019initiative de La Presse par 10 quotidiens auprès de plus de 10000 personnes sur quatre continents en a fait la preuve.Il a démontré que si le monde entier avait le droit de vote le 2 novembre, John Kerry remporterait une victoire éclatante.Vietnam Àun certain moment au cours de la campagne, le Vietnam faisait les manchettes si souvent qu\u2019on aurait cru que les États-Unis étaient encore en guerre contre ce pays et non pas contre l\u2019Irak.Revenu du Vietnamtel un héros, John Kerry a tenté de mettre à profit son passé de militaire pour inspirer confiance à ses citoyens.Ce passé l\u2019a pourtant desservi.Il a été dénoncé par un groupe d\u2019anciens combattants \u2014 les VietnamVeterans for Truth\u2014qui ont entaché sa réputation même si plusieurs de leurs allégations ont été démenties.Wilson En janvier 2003, Bush a affirmé que Saddam Hussein avait tenté d\u2019acquérir de l\u2019uraniumau Niger.Le hic, c\u2019est que JosephWilson s\u2019était rendu dans ce pays plusieurs mois auparavant à la demande de la CIA et avait dégonflé ces allégations.Il l\u2019a fait savoir haut et fort après la sortie du président.En guise de représailles, la Maison-Blanche a révélé à la presse que la femme de cet ancien ambassadeur était une agente de la CIA.Une enquête est en cours pour trouver le responsable de ce crime.Botox Les conservateurs américains ont tout fait pour tenter de miner la crédibilité de John Kerry au cours de la campagne, allant même jusqu\u2019à l\u2019accuser d\u2019avoir eu recours au Botox! En début d\u2019année, certains ténors de la droite ont colporté une rumeur selon laquelle le sénateur aurait utilisé ce moyen pour avoir un visage plus lisse.Un peu plus tard, ces mêmes polémistes allaient l\u2019accuser d\u2019avoir eu une liaison avec un jeune stagiaire.Tout a été démenti, mais ces controverses ont certes donné quelques rides de plus à Kerry.Coke GeorgeW.Bush aurait sniffé de la coke dans la résidence présidentielle de Camp David alors que son père occupait la Maison-Blanche.C\u2019est ce qu\u2019a allégué la biographe Kitty Kelley dans un livre controversé paru en septembre, ajoutant que Laura, femme de l\u2019actuel président, a déjà vendu du pot.Le livre est devenu un best-seller mais les accusations se sont envolées en fumée.Dean L\u2019automne dernier, les médias américains n\u2019en avaient que pour Howard Dean.L\u2019ancien gouverneur du Vermont était donné gagnant de la course au leadership du Parti démocrate.On l\u2019a même vu apparaître à la une du Time et du Newsweek au cours de la même semaine.Il s\u2019est cependant effondré face à John Kerry et a creusé sa tombe en rugissant devant ses partisans après une défaite.C\u2019est néanmoins Dean qui a permis aux démocrates, secoués par la tragédie du 11 septembre 2001, de retrouver leur fougue.Fuck Le mot tabou a été lancé par le vice-président des États-Unis sur le parquet du Sénat l\u2019été dernier.Cette brusque sortie de Dick Cheney à l\u2019endroit d\u2019un sénateur démocrate aura été pour certains républicains la goutte qui a fait déborder le vase.Ils ont exhorté GeorgeW.Bush à remplacer son bras droit, ce qu\u2019il a refusé de faire.Cheney l\u2019a remercié, en quelque sorte, en attaquant avec une efficacité redoutable le tandem John Kerry-John Edwards.Girouette «J\u2019ai voté pour les 87 milliards avant de voter contre», a lancé John Kerry en tentant d\u2019expliquer pourquoi il s\u2019était opposé à l\u2019octroi d\u2019une telle somme, l\u2019automne dernier, pour financer la guerre en Irak.Depuis, les républicains ne cessent de répéter cette déclaration avec enthousiasme.Elle illustre à la perfection leur argument massue contre le sénateur démocrate: c\u2019est une girouette (flip-flopper) et on ne peut donc pas lui faire confiance pour diriger le pays.Heinz L\u2019héritière de l\u2019empire du ketchup et épouse du candidat démocrate à la présidence, Teresa Heinz Kerry, n\u2019a pas la langue dans sa poche.Elle l\u2019aura prouvé pendant toute la durée de la campagne.On se rappellera son altercation avec un journaliste conservateur qu\u2019elle a envoyé promener sans ménagement.Ou, plus récemment, sa sortie au sujet de Laura Bush.Elle a déclaré que la femme du président n\u2019avait «jamais vraiment travaillé» et a dû rapidement présenter ses excuses.Lesbienne La fille lesbienne de Dick Cheney, Mary, aura été plusieurs fois sous les projecteurs au cours de la course à laMaison-Blanche\u2026 bien malgré elle.Son père l\u2019a d\u2019abord nommée en faisant savoir qu\u2019il s\u2019opposait à un amendement constitutionnel pour interdire le mariage gai.Les démocrates John Kerry et John Edwards ont ensuite mentionné son nom en parlant d\u2019homosexualité lors de leurs débats.C\u2019est toutefois GeorgeW.Bush, promoteur de l\u2019amendement controversé, qui a véritablement fait des unions entre conjoints de même sexe un enjeu majeur de la campagne.Moore Avec son film Fahrenheit 9/11, MichaelMoore n\u2019a peut-être prêché qu\u2019aux convertis, mais il a certainement fouetté encore un peu plus l\u2019ardeur des opposants à GeorgeW.Bush dans tout le pays.Et il leur a donné des munitions, entre autres en montrant comment le président est demeuré stoïque après avoir été mis au courant des attaques du 11 septembre 2001.Le mordant pamphlétaire a fait campagne sans relâche.Il a récemment offert des caleçons propres aux jeunes pour les encourager à s\u2019inscrire sur les listes électorales.Nader Si Ralph Nader n\u2019avait pas été candidat à la présidence américaine en l\u2019an 2000, le démocrate Al Gore occuperait aujourd\u2019hui la Maison-Blanche, estiment de nombreux analystes.Obstiné, Nader a décidé de livrer bataille cette année encore, mécontent de l\u2019attitude des démocrates et irrité par la façon dont GeorgeW.Bush dirige le pays.Il pourrait encore une fois contribuer à la victoire du Texan cette année.Reagan Inévitablement, la mort de Ronald Reagan en juin s\u2019est transformée en événement politique.George W.Bush n\u2019a pas hésité à dresser des parallèles entre ses idées et celles de l\u2019ancien président.Ce décès a aussi relancé la controverse au sujet de la recherche sur les cellules souches, freinée par Bush.La veuve de Reagan, Nancy, a fait connaître sa désapprobation et a refusé de participer à la convention républicaine.L\u2019un de ses fils, Ron, a poussé l\u2019audace jusqu\u2019à se pointer à la convention démocrate et à dénoncer publiquement l\u2019actuel président.Springsteen Pour la première fois en trois décennies, Bruce Springsteen a décidé de descendre dans l\u2019arène de la politique partisane.«Les enjeux sont devenus beaucoup trop importants pour ne pas prendre parti dans cette élection», a-til indiqué dans une lettre publiée par le New York Times au cours de l\u2019été.Passant de la parole aux actes, il est devenu la tête d\u2019affiche de la tournée Vote for Change, exhortant les Américains à changer de président.Terrorisme Même si les Américains font davantage confiance à John Kerry pour ce qui est de l\u2019économie, de la santé et de l\u2019éducation, ils continuent de penser que GeorgeW.Bush est celui qui saura le mieux lutter contre le terrorisme.Ce n\u2019est pas un hasard si les républicains ont constamment cherché à en faire l\u2019enjeu principal de la campagne en cours, quitte à parfois faire peur à leurs citoyens.Et quitte à exploiter la tragédie du 11 septembre 2001 à des fins politiques.Xénophobie Les États-Unis n\u2019ayant pas pu convaincre l\u2019ensemble de la communauté internationale d\u2019attaquer l\u2019Irak l\u2019an dernier, le ressentiment est grand en sol américain à l\u2019égard des pays qui ont boudé la guerre.La France et l\u2019ONU sont régulièrement raillées avec férocité par les républicains, comme on a pu le constater à New York à la fin du mois d\u2019août lors de la convention du parti.Yale Tant GeorgeW.Bush que John Kerry sont passés par la prestigieuse Université Yale.Le premier avait la réputation d\u2019être un élève dissipé alors que le second était le champion des débatteurs.Ce contraste a refait surface cette année lors des trois joutes oratoires entre les deux hommes.Kerry a supplanté Bush et les débats ont été jugés comme un tournant dans la campagne du sénateur démocrate.Zarqaoui Si GeorgeW.Bush a rarement prononcé le nom d\u2019Oussama ben Laden au cours de sa campagne, il a en revanche abondamment parlé d\u2019Abou Moussab Al-Zarqaoui.L'islamiste jordanien est l\u2019ennemi numéro un des États-Unis en Irak.«Nos soldats battront Zarqaoui et ses pairs en Irak, ainsi nous n'aurons pas à leur faire face chez nous», déclarait récemment Bush, qui utilise dorénavant la présence de ce terroriste au pays de Saddam Hussein pour justifier sa guerre.L\u2019INTERMINABLE COURSE À LA MAISON-BLANCHE TIRE À SA FIN.À QUELQUES JOURS DE L\u2019ÉLECTION, NOTRE CORRESPONDANT À WASHINGTON, ALEXANDRE SIROIS, RAPPORTE LES MOTS QUI ONT ÉTÉ SUR TOUTES LES LÈVRES PENDANT CETTE LONGUE MAIS PASSIONNANTE CAMPAGNE.LA CAMPAGNE DE À ALEXANDRE SIROIS \u2014 WASHINGTON .6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 31 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .L\u2019ÉCHIQUIER ÉLECTORAL LES RÉPUBLICAINS Il y a les idéologues mondialement connus, il y a les membres de la famille, et il y a les stratèges de l\u2019ombre.Dans la partie d\u2019échecs qui donnera la Maison-Blanche à John Kerry ou GeorgeW.Bush pour les quatre prochaines années, les hommes et les femmes qui entourent chacun des deux candidats jouent un rôle crucial.voici les principales pièces de cet échiquier électoral.LES DÉMOCRATES JohnKerry Moins à l\u2019aise avec les gens que le président Bush, le sénateur démocrate du Massachusetts n\u2019en est pas moins un féroce débatteur, ce que les Américains ont pu constater lors des trois débats l\u2019opposant à son adversaire républicain.Résultat, l\u2019écart entre les deux hommes s\u2019est rétréci dans les plus récents sondages.Mary BethCahill Chef de cabinet du sénateur Ted Kennedy, Cahill formait un duo de choc avecShrumjusqu\u2019audébut de septembre, mais son étoile aurait pâli.Elle dirige toujours la campagne du candidat démocrate.Le Washington Post affirme qu\u2019elle est davantage une administratrice qu\u2019un stratège politique.EdGillespie Président du Comité national républicain, Gillespie a de multiples responsabilités: collecte de fonds, recrutement de membres, mise en place de stratégies destinées à présenter une image positive du parti.C\u2019est lui qui a organisé la convention d\u2019août 2004àNewYork.Il a son «blog» sur le site du Parti.KenMehlman Sur l\u2019immense site OpEdNews.com, un article consacré à ce stratège usait d\u2019une image forte pour illustrer comment ce proche du président Bush reste dans l\u2019ombre: seulement 4000 inscriptions lui sont consacrées sur lemoteur de rechercheGoogle! Il n\u2019en tient pas moins un rôle pivot dans l\u2019organisation.Robert Rubin Le gourou de John Kerry sur toutes les questions économiques.Il a été secrétaire au Trésor sous Bill Clinton.Président de la puissante banque Citigroup, il a repris du service pour les démocrates au printemps.Si Kerry est élu, il pourrait aller remplacer Alan Greenspan à la tête de la Réserve fédérale américaine.Mark McKinnon Un ancien démocrate dont le but ultime, a-t-on déjà écrit dans Time Magazine, est de convaincre ses anciens collègues du parti de l\u2019âne que Bush est un bon gars.Consultant en médias avant son saut en politique, il fait le même job avec l\u2019équipe Bush.DickCheney Avec Dick Cheney, la droite radicale a planté ses racines dans le bureau Ovale.En fait, d\u2019aucuns croient que ce dernier, déjà considéré comme l\u2019un des plus puissants vice-présidents de l\u2019histoire des États-Unis, est celui qui mène à la Maison- Blanche.MichaelGerson «Il met les mots dans la bouche de Bush» titrait un article de USA Today consacré aurédacteur des plus importants discours du président Bush.Gerson, 36 ans, est l\u2019équivalent \u2014 en vrai\u2014de SamSeaborn de la série TheWestWing.Il a étudiée la théologie dans un collège du Midwest.Mike McCurry Issu de l\u2019ère Clinton, Mike McCurry fut appelé à la rescousse par l\u2019équipe Kerry à la mi-septembre.Secrétaire de presse durant trois an sous Clinton, il veille à faire passer le message quotidien du candidat démocrate.C\u2019est lui qui a orchestré la prise de photos de Kerry revenant de la chasse.LES AUTRES Stéphanie Cutter (directrice des communications), Joel Johnson, Doug Sosnik, HowardWolfson, Cameron Kerry (frère de John Kerry).LES AUTRES JohnMcCain,RudyGiuliani, Arnold Schwarzenegger, George Bush père et Jeb Bush (gouverneur de la Florideet frère duprésident).LE BUTIN En 2003 et 2004, les républicains leur ont amassé plus de 242millions $ US dont 209ont été consacrés à la présente campagne électorale.LE BUTIN Les démocrates ont amassé plus de 233 millions $US, dont 185 déjà dépensé.Ils ont plus d\u2019argent que les républicains pour terminer la campagne.John Sasso Alors que la campagne de Kerry n\u2019allait nulle part, le candidat démocrate a appelé ce stratège à la rescousse.Sasso est devenu le plus proche conseiller de Kerry avec qui il voyage constamment.Le ton plus mordant de Kerry à l\u2019endroit du président Bush porte sa signature.BobShrum Si John Sasso est monté en grade, Shrum a perdu de l\u2019influence au cours de la campagne, notent de nombreux journaux américains.Certains le montre du doigt comme le responsable du peu d\u2019impact qu\u2019a eu la campagne démocrate au cours de l\u2019été.Il se concentrerait davantage sur la stratégie publicitaire.GeorgeW.Bush Élu président des États-Unis avec moins de voix que son adversaire démocrate en 2000, le chef du Parti républicain mise son va-tout sur la sécurité nationale des Américains.Son bilan économique est moins reluisant avec un déficit d\u2019emplois à la fin de son mandat, une premièreen70ans, et undéficit budgétaire de 413 milliards de dollars en 2004.TeresaHeinz La bouillante épouse de John Kerry fait souvent parler d\u2019elle mais pas toujours de la façon qu\u2019elle le souhaiterait.Sa plus récente sortie, contre Laura Bush, dont elle a dit qu\u2019elle n\u2019a peut-être jamais eu de réel emploi, l\u2019a mise dans l\u2019embarras.Très riche, elle aurait dit-on de l\u2019influence sur le candidat démocrate.Terry McAuliffe Cet autre proche de Bill Clinton est à la tête du Democratic National Committee.Depuis trois ans, il a réussi à mettre de l\u2019ordre dans le parti et aussi dans ses finances.Il a également réussi à éliminer sa dette, une première dans l\u2019histoire de la formation politique.Laura Bush Certaines épouses de chefs de parti sont plus médiatiques que d\u2019autres.Laura Bush est de celles-là.Combien de fois l\u2019a-t-on vue à Larry King Live, par exemple?Structurée et assez sûre d\u2019elle, bien que certains la disent timide.A de l\u2019influence sur son mari.Karl Rove Associé au Parti républicain depuis une trentaine d\u2019années, c\u2019est le conseiller numéro un du président, au point qu\u2019on le nomme parfois le «cerveau de Bush».On lui attribue les idées et les tactiques les plus machiavéliques afin de permettre à son candidat de conserver laMaison-Blanche.KarenHughes Très proche conseillère de Bush depuis 1994.En avril 2002, elle annonçait son départ de la Maison-Blanche.Mais celle qu\u2019un autre haut conseiller du président a déjà qualifiée de «personne la plus influente dans la carrière politique de Bush», a récemment repris du service TadDevine Autre conseiller d\u2019expérience de John Kerry, Devine était de la campagne de 2000 aux côtés d\u2019Al Gore.Comme Joe Lockhart, il connaît les numéros de téléphone des journalistes par coeur et ne se fait pas prier pour répondre aux attaques des républicains.John Edwards Le charismatique sénateur de la Caroline du Nord est reconnu pour être le défenseur des petites gens, ce qui fait contrepoids au caractère plus coincé de John Kerry.Mais ce côté «Sunny Boy» lui a joué un tour lors du débat télévisé contre le vice-président Dick Cheney.Joe Lockhart Ancien porte-parole de laMaison-Blanche sous\u2026 Bill Clinton.Apprécié des journalistes, ce conseiller chevronné de John Kerry est un excellent spin doctor avant et après les interventions publiques de son patron.On l\u2019a beaucoup vu lors des trois débats télévisés entre les deux candidats à la présidence.MatthewDowd Avec Karl Rove, c\u2019est l\u2019autre grand penseur du clan Bush.Officiellement désigné stratège en chef, il travaille à contrôler la perception du public sur la campagne du président.Terre à terre, il tient à maintenir une vision «réaliste» de tout ce qui se passe chez les autres membres de l\u2019équipe.Marc Racicot Ancien gouverneur duMontana et président de la campagne républicaine.On dit qu\u2019il a un fort ascendant sur la machine de son parti.Sources : CNN, USA Today, Le Nouvel Observateur, The Globe and Mail, Time Magazine, The New York Times, The Washington Post et plusieurs autres.INFOGRAPHIE LA PRESSE © TEXTES ANDRÉ DUCHESNE PRÉSIDENTIELLE 2004 .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 31 O C T O B R E 2 0 0 4 P L U S 7 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LA PRESSE D\u2019AILLEURS PLUS Comment les républicains sollicitent le pouvoir et ce qu\u2019ils en feront THE NEW YORK TIMES Une démographie en mutation La composition sociale de l\u2019électorat américain évolue à folle allure et c\u2019est le démographe Sam Roberts qui nous le rappelle dans le livre Who We Are Now, dont rend compte le New York Times.Dans la décennie de 1990, les États-Unis ont vu leur population augmenter de 32,7 millions de nouveaux citoyens.Ça aura été une décennie record, accroissant de 57 % le nombre d\u2019Américains nés à l\u2019étranger.En 2001, le mouvement continue: un million d\u2019immigrants en situation régulière se sont ajoutés.La ville de New York est un pôle remarquable : 28 % de sa population n\u2019était pas née aux États- Unis en 1990 et ce taux atteint 40 % en 2000.Les L a t i n o s -Amér i c a i n s comptent pour 52% des Américains nés à l\u2019étranger.Les Hispaniques forment une partie plus importante de la population que les Noirs depuis 2002.Les Blancs de souche non hispanique constituent désormais moins de la moitié de la population de la Californie et du Nouveau-Mexique, et bientôt peut-être du Texas.Au rythme actuel, les Blancs nonhispaniques deviendront une minorité nationale entre 2055 et 2060.Changements aussi dans la structure des ménages.Les gens qui vivent seuls forment désormais 26 % des ménages, soit plus que les ménages avec enfants (23,5 %).Et depuis 1960, la proportion d\u2019enfants vivant avec leurs deux parents biologiques est passée de 88% à 68 %.En 1960, 9 % des enfants vivaient avec un parent unique ; le taux est passé à 28 % en 2000, 53 % d\u2019entre eux étant des Noirs.L\u2019institution du mariage est battue en brèche : en 2001-2002, un bébé sur trois est né hors mariage (près de deux sur trois chez les Noirs).À 11,7% en 2001, l\u2019indice de pauvreté est de moitié ce qu\u2019il était en 1959, mais il inclut 30,2 % de tous les enfants noirs et 28 % des enfants d\u2019origine hispanique.THE FINANCIAL TIMES Le Big Business est pro-Bush, mais discret On se doutait un peu que le Big Business américain aime bien George W.Bush, ne serait-ce qu\u2019en raison de sa politique fiscale.Le consultant International Strategy & Investment a sondé le monde des investisseurs de Wall Street \u2014 les courtiers en fait\u2014 qui entrevoient à 75 % une victoire de M.Bush, rapporte le Financial Times, de Londres.Réflexe aussi bien personnel que professionnel puisque les hauts salariés, comme les entreprises, ont largement profité de la générosité fiscale du président sortant.On aurait cependant tort de lire dans ce comportement l\u2019effet d\u2019une longue tradition.Une étude historique commandée par Barclays Capital explique que les gains de capitaux en Bourse ont atteint 10,6% de croissance sous des présidents démocrates contre seulement 3,7% sous des présidents républicains.Trois époques de marchés boursiers lourdement stagnants se sont produites sous des présidents républicains et les marchés boursiers ont connu une baisse près d\u2019une année sur deux sous une administration républicaine.Quoi qu\u2019il en soit, tout le Big Business, singulièrement silencieux à ce moment-ci, ne souscrit pas à George W.Bush.Le Wall Street Journal se fait un devoir de rappeler que de gros bonnets comme le financier George Soros, le patron de l\u2019assurance Peter Lewis et le magnat hollywoodien Stephen Bing y sont allés de contributions phénoménales pour faire battre M.Bush.À eux trois, ils ont investi de leur argent personnel quelque 50 millions de dollars pour financer notamment l\u2019inscription de nouveaux électeurs.C\u2019est beaucoup d\u2019argent dans un contexte de situation très serrée observée dans une dizaine d\u2019États, voire une initiative capable d\u2019assurer un revirement, estime l\u2019analyste Alan Murray, du WSJ.RÉAL PELLETIER L\u2019électeur américain n\u2019en finit pas, semble-t-il, de peser et soupeser la valeur des deux hommes en présence pour la présidence.The Economist rappelle qu\u2019on n\u2019a pas seulement affaire à deux hommes résolument dissemblables, mais également à deux partis politiques aussi dissemblables et en pleine mutation.Le Parti démocrate fut longtemps le parti de pouvoir par excellence.Il y a 40 ans, on comptait deux électeurs démocrates inscrits contre un républicain.Les démocrates ne dépassent plus les républicains que de quelques points à ce chapitre.Il y a 40 ans, les démocrates contrôlaient les chambres ; les républicains le feront vraisemblablement mardi soir.Le Parti républicain fonctionne aujourd\u2019hui sur le modèle de la grande entreprise : dirigé du sommet et sévèrement discipliné.Le Parti démocrate n\u2019est plus qu\u2019une sorte d\u2019« adhocratie » : une collection de groupuscules d\u2019intérêts rassemblés ponctuellement pour une victoire électorale.Les républicains ont réinventé leur parti en fonction de l\u2019étalage de la banlieue : le quartier général Bush- Cheney, à Arlington, en Virginie, dirige une structure sophistiquée faite de responsables au niveau des États, des circonscriptions, des villes et des quartiers.Toute initiative électorale est faite maison.Les démocrates ont largement recours, pour la mobilisation du vote, à des organismes contractuels comme MoveOn.Org ou America Coming Together.George W.Bush s\u2019est révélé l\u2019un des plus fervents bâtisseurs de parti qu\u2019on ait vus à la Maison-Blanche et a entraîné dans son sillon ses principaux collaborateurs de la Chambre des représentants et du Sénat.Les démocrates ont toujours compté sur le monde syndical comme principaux agents de terrain, mais le syndicalisme s\u2019effrite aux États-Unis et ce sont les avocats de poursuites collectives, les trial lawyers, peu nombreux et fort occupés, qui prennent la relève.Le Parti démocrate a perdu son âme et les républicains comptent bien l\u2019enterrer en raflant la présidence et les deux chambres.Le cas échéant, selon l\u2019analyste de l\u2019Economist, les républicains voudront, sous un second mandat de George W.Bush, s\u2019attaquer au coeur même de la mouvance démocrate : >>Convertir à la sous-traitance des centaines de milliers d\u2019emplois fédéraux.>>Limiter les sanctions financières imposées aux entreprises dans les poursuites collectives (par exemple l\u2019amiante, le tabac), ce qui réduira les revenus des avocats de poursuite.>>Permettre aux travailleurs des entreprises syndiquées qui le veulent de ne plus payer de cotisations syndicales.>>Impliquer de plus en plus de monde dans l\u2019actionnariat privé et dans le système capitaliste en commençant à privatiser la sécurité sociale.THE WALL STREET JOURNAL Indigeste, le bulletin de vote Le réseau CNN nous disait la semaine dernière que certains bureaux de scrutin n\u2019ont pu faire voter que six électeurs par jour lors de sessions du vote par anticipation.Cela tient sans doute à de la mauvaise procédure, mais aussi au volume considérable de décisions que l\u2019électeur américain est appelé à prendre lors de son passage dans l\u2019isoloir.On vote à plusieurs postes électifs bien sûr, mais aussi sur une foule de référendums sur des sujets d\u2019envergure nationale décrétés par les États, sans compter les référendums sur des sujets purement locaux.Le Wall Street Journal a identifié 163 référendums qui auront lieu dans 34 États, sur des sujets aussi importants que le mariage entre homosexuels, les erreurs médicales et la recherche sur les cellules souches.La Californie, qui a une longue histoire de référendums percutants, y va cette fois d\u2019une proposition visant à investir 3 milliards de dollars dans la recherche sur les cellul es souc h e s, al o r s que l\u2019administration Bush n\u2019y a consenti qu\u2019un maigre 25 millions pour l\u2019ensemble du pays l\u2019an dernier.On a remarqué, à propos de ce dossier, une faille idéologique entre le président et le gouverneur Arnold Schwarzenegger, de la Californie.Le gouverneur y voit un avantage économique pour son État, et compte à cet effet sur la sympathie d\u2019un électorat sensible aux drames de la santé que sont le Parkinson, l\u2019Alzheimer, l\u2019autisme et autres maux du siècle.Mais les électeurs de plusieurs États américains se retrouvent ainsi avec des listes d\u2019épicerie abondantes capables de les confondre, sinon de les décourager.NEWSWEEK Institutionnaliser le désarroi ?On comptera entre 118 et 121 millions d\u2019électeurs aux urnes mardi, contre 105 millions en 2000, estime Curtis Gans, directeur du Comité d\u2019étude sur l\u2019électorat américain, cité par le chroniqueur Robert J.Samuelson, de Newsweek.Les prévisions de M.Gans s\u2019appuient sur l\u2019hypothèse d\u2019une participation de 60% des électeurs inscrits, ce qui serait l\u2019indice le plus élevé depuis l\u2019élection de 1968.M.Samuelson souhaite que quel que soit le gagnant, il puisse l\u2019emporter par une solide majorité, sans quoi on assistera, sous l\u2019autorité des seigneurs de guerre des partis, à des combats juridiques interminables.Voilà une guérilla née du scrutin de 2000 en Floride, amplifiée cette année, et capable de s\u2019inscrire désormais dans la culture électorale du pays.Il s\u2019agit officiellement de garantir les « droits» des électeurs et de faire obstacle à la « fraude », mais cette guérilla dans les faits a pour effet d\u2019éroder la confiance populaire dans l\u2019intégrité du scrutin.Déjà que seulement 62% des Américains croient fermement que le décompte du vote se fera avec honnêteté.On croyait pourtant, chez les Américains, avoir atteint un grand raffinement dans la qualité démocratique de l\u2019exercice électoral.Objectif atteint de haute lutte.L\u2019historien Alexander Keyssar, de Harvard, rappelle qu\u2019en 1790, la plupart des 13 États existant alors exigeaient des électeurs blancs qu\u2019ils aient été propriétaires fonciers et qu\u2019ils aient payé leurs taxes locales.Ce qui conférait le droit de vote à 60 à 70 % des mâles blancs.Règle générale au 19e siècle, les élites craignaient qu\u2019un plus grand nombre d\u2019électeurs ne menace leur pouvoir et que laisser voter les « indésirables » ne détruise la démocratie.Aussi tard qu\u2019en 1824, des États refusaient que leurs commettants votent directement pour le président et confiaient cette tâche à de grands électeurs désignés par les pouvoirs locaux.Si on a accordé le droit de vote aux femmes en 1919, c\u2019était pour les remercier d\u2019avoir vendu avec ferveur des obligations de guerre, d\u2019avoir tricoté des vêtements pour les soldats et de leur avoir fait des cadeaux.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO D\u2019ARCHIVES AP Le rêve secret de tout candidat à la présidence des États-Unis : avoir un jour sa statue à Washington, comme Abraham Lincoln.BUSINESS WEEK L\u2019écart entre riches et pauvres Pendant que de ce côté-ci de la frontière, certains s\u2019acharnent sur le déséquilibre fiscal, certains penseurs, aux États-Unis, scrutent avec passion le déséquilibre social dans leur société.C\u2019est le cas notamment de Laura D\u2019Andrea Tyson, doyenne du London Business School qui, dans le Business Week de la semaine dernière, s\u2019arrête sur l\u2019écart croissant aux États-Unis entre les ménages riches et les autres.Cela n\u2019a pas joué un rôle déterminant dans la campagne qui s\u2019achève, mais l\u2019écart entre riches et pauvres ne fait que s\u2019accroître.En 2000, 10% de la classe économiquement supérieure des ménages aux États-Unis touchait 44% des revenus totaux des ménages dans le pays.Ce taux n\u2019était que de 33 % en 1980.Aujourd\u2019hui, poursuit Mme Tyson, 1 % des ménages les plus aisés touchent un revenu avant impôt plus élevé que les 40% de la classe inférieure.Ce 1% possède près de 40% des biens de l\u2019ensemble des ménages, soit plus que 90% de la tranche inférieure des ménages.La disparité entre les riches et les autres est encore plus marquée qu\u2019elle ne l\u2019était dans les années 20.Or les réductions d\u2019impôt adoptées par l\u2019administration Bush ont augmenté le revenu net de ce 1% des ménages de 10 %, contre 2,3% seulement pour les ménages de la classe moyenne gagnant 57 000 $ par an.Quant aux 20% des ménages gagnant moins de 17 000 $ par an, l\u2019augmentation de leur revenu n\u2019aura été que de 1,6 %.Sans compter que les seules réductions fiscales des superriches auront privé l\u2019État de 90 milliards par année, de quoi financer le plan de santé proposé par John Kerry ou le programme scolaire promis par M.Bush \u2014 mais pas encore financé \u2014, baptisé le No Child Left Behind.Mme Tyson est conseillère occasionnelle du candidat démocrate John Kerry.THE BOSTON GLOBE Le puissant vote juif George W.Bush n\u2019a obtenu que 19% du vote juif en 2000 et compte bien hausser son score cette fois-ci, en misant sur trois catégories : les Juifs orthodoxes, les jeunes Juifs et les militants de la cause israélienne.Jonathan D.Sarna, spécialiste de l\u2019histoire des Juifs américains à l\u2019Université Brandeis, explique dans le Boston Globe que le vote juif, bien que pas particulièrement nombreux, s\u2019exprime dans des régions clés de la présidentielle de mardi.Déjà reconnus comme singulièrement présents dans les affaires communautaires, les Juifs investissent beaucoup dans les campagnes électorales et votent beaucoup aussi : une participation collective de 80 %, bien au-delà de la moyenne nationale.On les retrouve également concentrés en milieu urbain : 85% vivent dans une vingtaine d\u2019agglomérations métropolitaines, ce qui signifie que de légers déplacements de leurs votes peuvent faire basculer les résultats dans des États clés comme la Floride, l\u2019Ohio ou la Pennsylvanie.En 2000, plus des deux tiers des grands électeurs des États appuyant Al Gore ont été enregistrés dans huit des neuf États comptant les plus forts pourcentages d\u2019électeurs juifs : New York, New Jersey, Massachusetts, Maryland, Connecticut, Californie, Pennsylvanie et Illinois.Sans ces États, Gore aurait été battu par une forte majorité.M.Sarna croit que les Juifs se sentent moins liés qu\u2019ils l\u2019étaient au Parti démocrate, les jeunes surtout, sans compter les Juifs de l\u2019ex- URSS qui avaient d\u2019abord voulu remercié Ronald Reagan pour son discours anti-communiste.Et l\u2019ensemble de la communauté apprécie l\u2019appui de M.Bush à Israël.ce qui ne convainc pas le chroniqueur William Safire, du New York Times, qui pense à regret que huit Juifs sur 10 encore cette fois vont voter pour battre Bush.THE WALL STREET JOURNAL Les ratés du vote high tech L\u2019avalanche d\u2019interventions judiciaires anticipées à compter de mardi soir, si les résultats s\u2019avèrent serrés, font craindre des scénarios inquiétants, comme l\u2019annulation de l\u2019élection, encore que personne soit en mesure d\u2019expliquer comment cela pourrait se faire juridiquement parlant.Reste que le précédent de l\u2019an 2000 en dérange plusieurs.Parmi les nouveaux facteurs de trouble, il y a l\u2019émergence dans le décor des nouvelles machines à voter électroniques.Une entreprise domine le marché actuellement: Diebold a installé 48 000 machines dans 10 États, note le patron de l\u2019entreprise, Walden O\u2019Dell.Le Congrès ayant fait miroiter les milliards que l\u2019État fédéral pourrait investir dans le vote électronique, Diebold est tout aise.Diebold a plongé dans cette aventure six jours à peine après l\u2019élection controversée de novembre 2000.Sa valeur en Bourse a augmenté de 27 % entre l\u2019élection du 7 novembre et la décision de la Cour suprême accordant le pouvoir à George W.Bush, le 13 novembre.Mais l\u2019appareillage électoral est un « champ miné », redoute quand même M.O\u2019Dell.Trois cas : >>Le logiciel secret de la machine à voter Diebold s\u2019est retrouvé par accident sur Internet et plusieurs spécialistes y ont découvert des trous.>>Walden O\u2019Dell lui-même, fournisseur de la caisse électorale des républicains, a commis la gaffe suprême en envoyant aux partisans républicains une lettre promettant de procurer à M.Bush le vote des grands électeurs de l\u2019Ohio cette année.L\u2019Ohio est l\u2019un des États clés pouvant déterminer l\u2019issue du scrutin.>>En Californie, Diebold est poursuivie pour fraude civile dans le retard de son système lors d\u2019élections primaires à San Diego en mars dernier.Signe avant-coureur ?. 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 31 O C T O B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .PLUS SCIENCES .PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © ILLUSTRATION AINSLEY SAVAGE ILLUSTRATION AINSLEY SAVAGE PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © Fossile d\u2019un escargot d\u2019environ 285 millions d\u2019années trouvé sur le dessus du mur du jardin duMount Royal Club, au 1175, rue SherbrookeOuest (photo du bas, encerclé en rouge).On peut voir le dessin de l\u2019animal à gauche.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PR Les céphalopodes sont des mollusques plus évolués à corps symétrique.L\u2019animal occupe l\u2019ouverture du coquillage, qui peut être droit ou enroulé.La tête de l\u2019animal est entourée de tentacules qui se terminent par des crochets ou des ventouses.Les calmars, les seiches et les pieuvres sont les seuls céphalopodes encore vivants.C\u2019est évidemment le coquillage (en rouge) qui s\u2019est incrusté dans la pierre.Un groupe de chercheurs de fossiles menés par Ingrid Birker (au premier plan), devant Les Appartements le Château, au 1321, rue Sherbrooke Ouest.On peut voir plusieurs fossiles dans ces pierres, dont des gastèropodes, des colonies de coraux ainsi que des céphalopodes.MATHIEU PERREAULT Ingrid Birker n\u2019aurait jamais imaginé que sa passion générerait une tradition.Quand cette paléontologue a quitté son Toronto natal pour Montréal, au début des années 80, elle a été frappée par la diversité des pierres des édifices.« On ne trouve pas autant de différentes pierres plus à l\u2019intérieur du continent, par exemple à Toronto, dit la paléontologue du musée Redpath, à McGill.J\u2019ai commencé à remarquer qu\u2019il y avait beaucoup de fossiles dans la pierre calcaire.En général, les constructeurs cachaient les pierres comportant des fossiles, parce qu\u2019elles étaient considérées comme imparfaites.Mais on peut en trouverbeaucoupsur lesmurs latéraux.J\u2019ai pris des notes et j\u2019ai commencé à organiser des petites visites des édifices les plus intéressants, pour des collègues.Puis j\u2019en ai parlé à des visiteurs du musée.» Ces petits pas ont mené, en 2002, à la publication d\u2019un guide en bonne et due forme :What Building Stones Tell.Depuis, deux fois par année, Mme Birker organise des visites guidées pour le public.Mais le guide est tellement bien fait qu\u2019on peut facilement s\u2019en servir soi-même.Il répertorie les 14 édifices étudiés où on peut trouver des fossiles dans les murs.Par exemple, on trouve des fossiles de mollusques, ressemblant à une coquille Saint-Jacques, ayant vécu entre 250 et 540 millions d\u2019années avant notre ère, sur le bas dumur ouest dumusée Redpath, dans le campus de l\u2019Université.Au passage, on pourra s\u2019arrêter pour une visite du musée.Le squelette d\u2019albertosaure est particulièrement impressionnant.D\u2019autres coquillages se trouvent dans des pierres de la maison Atholston, au 1172, rue Sherbrooke Ouest, sous les fenêtres.AuclubMont- Royal, 1175, rue Sherbrooke Ouest, c\u2019est un escargot ayant vécu environ 470 millions d\u2019années avant notre ère, dont on peut voir les circon-volutions sur les pierres des plates-bandes à l\u2019ouest de l\u2019escalier.ChezHoltRenfrew, l\u2019extrémitésuddubas dumur donnant sur la rue Union abrite des fossiles de la colonne vertébrale et de la bouche d\u2019un animal ressemblant à une plante, appelé crinoïde \u2014 un cousin des concombresdemer.Etauxappartements LeChâteau,1321,rueSherbrookeOuest, on voit très clairement des fossiles de céphalopodes, desmollusquesmarins, sur le bas du mur est.Le guide examine quelques processus géologiques, et aussiunecuriosité dudébut de l\u2019ère industrielle: des traces de chat laissées dans des briques du clubdes professeurs de McGill, au3450 McTavish.Ces chats ont visité la cour de la briqueterie Laprairie, où séchaient les briques, voilà 100 ans.Mme Birker a même entendu parler d\u2019un club de passionnés de l\u2019architecture qui se spécialise dans l\u2019identification de maisons où des briques portent la trace de pattes de chats.DES Montréal compte un nombre important d\u2019édifices publics dont le revêtement extérieur est constitué de pierres, qui elles-mêmes portent l\u2019empreinte d\u2019animaux et de plantes disparus depuis des millions d\u2019années.Informations: ingrid.birker@mcgill.ca FOSSILES DANS LA VILLE "]
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