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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et Spectacles - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2004-11-28, Collections de BAnQ.

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[" FRANÇOIS PÉRUSSE Un cadavre dans le placard Un gars, un micro, un bungalow DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE I.Le retour du refoulé Je roule en voiture tout en écoutant les dernières nouvelles à Radio-Canada.Comme des milliers de gens, j'imagine.Si la nouvelle est mauvaise, comme c'est souvent le cas, nous avons tous la mine basse au même moment.Quand on croise un autre conducteur, le visage renfrogné, on pense spontanément qu'il revient de voir sa mère malade à l'hôpital.Mais non, il est tout simplement en train d'écouter la même histoire que vous, celle du soldat américain qui vient d'exécuter un soldat irakien blessé et désarmé.Ce matin, c'est différent : on annonce pour l'été prochain, dans la crypte de la basilique Notre-Dame, cette exposition du trésor des papes.Et je perçois une inhabituelle excitation chez les chroniqueurs culturels, tout contents de se muer en chroniqueurs religieux.N'est-ce pas le retour du refoulé ?La voiture continue à rouler tout droit, tandis que mes pensées avaient déjà pris la tangente.Et je me suis mis à rêver que ce pays (je parle du Québec moderne, celui qui a démarré officiellement avec la Révolution tranquille) s'est construit sur un secret.Un secret que je n'arrive pas encore à percer.J'estime, aujourd'hui, après 30 ans de vie dans ce pays, être en droit de savoir certaines choses de l'histoire du Québec.J'ai quelques questions, et une angoisse, qui tournent toutes autour du même sujet : la religion.Depuis un certain temps, je ne dis plus que «nous» en parlant du Québec.Mais là, comme vous avez refusé de partager ce secret, permettez- moi de garder une certaine distance.Depuis si longtemps, je vous vois assis calmement sur un problème terriblement grave: je veux parler de cette rupture avec l'Église.Vous étiez quand même un peuple profondément religieux, et vous aviez contribué comme personne à l'évangélisation de la foi chrétienne dans le monde.Alors, je veux savoir ce qui s'est passé réellement.Ce divorce avec l'Église at- il entraîné chez vous une perte de la foi?Ou est-ce le contraire ?Dans le sens qu'une telle foi n'a plus besoin d'Église pour se fortifier et se répandre.Étrangement, ce ne sont pas les derniers croyants qui font obstacle à une plus grande lumière sur ces interrogations angoissantes, mais plutôt l'élite intellectuelle, qui a décidé qu'on avait réglé une fois pour toute cette question.Prudence, mes amis, avec une situation vieille de 2000 ans.J'aimerais quand même savoir comment vous avez pu réaliser cette rupture ?Que s'est-il passé exactement?Quand est-ce arrivé ?Vous souvenez-vous de la dernière journée, de cette journée où vous avez pris la décision de ne plus aller à l'église ?>Voir LAFERRIÈRE en page 2 D'abord les chiffres : neuf Albums du peuple totalisant des ventes de 1,3 million d'exemplaires.Des centaines de capsules humoristiques de deux minutes produites depuis 14 ans et diffusées toute l'année, aussi bien au Québec qu'en France, en Suisse et en Belgique, et maintenant, un DVD de 135minutes, tout cela signé François Pérusse, un humoriste discret, plus audible que visible, mais furieusement productif.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE François Pérusse n'aime pas les dimanches.Le jour du Seigneur, inventé pour que l'humanité se repose et prenne une pause syndicale, lui colle immanquablement le cafard.Mais au lieu de déprimer, François Pérusse a déclaré le dimanche jour ouvrable et travaillé.C'est ainsi que vers 9 h tous les dimanches matins que le Bon Dieu amène, il salue son épouse, un mot qu'il emploie aussi abondamment que Mario Dumont, referme la porte d'entrée de sa résidence principale à Saint-Bruno, enfourche un vélo ou part carrément à pied vers son bureau : un bungalow à trois coins de rues de chez lui et qui fait partie d'un patrimoine immobilier qui inclut aujourd'hui six maisons.Du dimanche jusqu'au jeudi, de 9 h du matin jusqu'à parfois 10h du soir, François Pérusse reste enfermé tout seul dans son bungalow à faire des jokes et à enregistrer des capsules humoristiques comme d'autres enfilent des perles.« C'est une vie de moine, dit-il.J'ai pas le choix.Faut que je produise une capsule par jour.Le temps de l'écrire, de concevoir les bruits d'ambiance, d'enregistrer la voix, de gosser avec la technique.Dans le temps du Journul ( la capsule d'humour diffusée à TVA et mettant en vedette le journaliste Tristan Direct), il m'est déjà arrivé de produire dans la même journée un Journul et deux capsules pour la radio.Je ne le recommande à personne.Tout cela pour dire que mes journées y passent.» Mais n'allez pas croire que l'enfermement quasi carcéral auquel François Pérusse se soumet depuis 14 ans lui pèse.Ni que le père de Tristan Direct rêve de partager son quotidien routinier avec une humanité grouillante et bruyante.« Être tout seul toute la journée à faire des jokes, c'est pas nécessairement drôle, mais j'avoue que ça me convient parfaitement.Je suis un solitaire, plaide-t-il.Je l'ai toujours été.Quand j'ai rencontré mon épouse, il y a maintenant neuf ans, et qu'on a décidé de vivre ensemble, ç'a été tout un apprentissage pour moi.Un apprentissage intéressant, mais qui m'a demandé une période d'adaptation.» Les années 50 Son épouse.Toutes les fois où Pérusse, aujourd'hui âgé de 44 ans, prononce ce mot dans le café de la rue Saint-Denis, je crois entendre un rescapé de l'époque de Papa a raison, coincé dans une banlieue des années 50.Coïncidence, François Pérusse aime particulièrement cette époque de l'histoire, aussi bien pour ses valeurs rassurantes que pour ses accessoires.« C'est vrai, je me sens très à l'aise avec la petite sécurité mongole des années 50.Avec le papa, la maman et les enfants.Comme les gens de cette époque-là, je suis très matérialiste.J'achète toutes sortes de bébelles.J'achète aussi des maisons que je rénove.Et quand j'ai une tondeuse entre les mains, je suis le plus heureux des hommes.Tout le contraire de mon père, qui n'a jamais fait marcher une tondeuse de sa vie et qui n'a jamais non plus acheté de maison.» Son père, Adélard Pérusse, haut fonctionnaire du gouvernement provincial aujourd'hui décédé, avait pourtant les moyens de devenir propriétaire mais, de toute évidence, il n'en a jamais vu l'intérêt.Quant aux deux fils qu'il a engendrés, les deux passent leur vie enfermés dans des studios et enchaînés à des machines, François à titre d'humoriste virtuel, et Marc, son aîné de trois ans, à titre de producteur de disques.François voue d'ailleurs un culte à son frère aîné, qui lui a fait abandonner les disques de Paul Mauriat pour ceux des Beatles, avant de l'engager comme bassiste dans son band de jazz.À l'époque, Pérusse, qui étudiait en lettres au cégep et qui n'a jamais obtenu son DEC, rêvait de faire de la radio.« Je me voyais faire tourner des platines et donner mes commentaires, comme j'entendais les animateurs de CHOM-FM le faire.À force d'en parler, j'ai réussi à me faire engager par une radio communautaire de Québec, où j'ai sévi jusqu'à ce que je sois engagé par CKOI à Montréal, où sont nées les 2 minutes du peuple.» Inventer un « produit » Le titre des capsules lui est venu par accident, lorsque la recherchiste de CKOI lui a annoncé qu'il avait deux minutes, pas une seconde de plus.Et qu'il fallait trouver un titre au PC.Au même moment, Pérusse regardait par sa fenêtre.Une corde à linge lui barrait l'horizon.Le mot peuple a jailli spontanément.Pas au sens de ti-peuple ni au sens de paysan.Au sens de tout le monde.François Pérusse ne se doutait pas à l'époque qu'il venait d'inventer un « produit » qui ferait sa fortune et qui franchirait les océans en faisant rigoler les Français, les Suisses et les Belges.« Chose encore plus étonnante : les capsules européennes qu'il produit quotidiennement à Saint-Bruno n'ont pas fait l'objet de grandes recherches sociales ni anthropologiques de sa part.Son inspiration lui vient essentiellement des deux ou trois séjours qu'il fait à Paris chaque année.Deux ou trois ?Pas plus ?« Non, pas plus, répond-il.D'abord, parce que je suis essentiellement un caméléon.Envoyezmoi deux jours en Jamaïque et je deviens Jamaïcain.À Paris, je m'imprègne de la vie de tous les jours.J'écoute les gens parler, surtout dans les bistrots.Ça me nourrit.Et puis, c'est drôle à dire, mais d'un pays à l'autre, c'est pas si différent que ça.On a tous des voitures, des chambres à coucher, des conjoints.» >Voir PÉRUSSE en page 6 PHOTO PIERRE McCANN, LA PRESSE © Parce qu'il ressent un trac maladif en public, François Pérusse se tient loin des caméras de télévision.Depuis 14 ans, cet humoriste discret, mais incroyablement productif, se soumet à un régime de travail quasi carcéral.« Être tout seul toute la journée à faire des jokes, c'est pas nécessairement drôle, mais j'avoue que ça me convient parfaitement.Je suis un solitaire.» P R É S E N T E L'HUMOUR LIBRE DE MARTIN 4 DÉCEMBRE, 17H ET 21H ET LES 9 ET 10 DÉCEMBRE Théâtre St-Denis 790-1111 tel-spec.com NOUVELLES SUPPLÉMENTAIRES RIEZENCORE.COM 14P NANCY HUSTON CONTRE LES INTÉGRISMES DU DÉSESPOIR PAGE 7 ARTS ET SPECTACLES DANSE Du flamenco intense et puissant STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Tout simple, intense et puissant.Voilà la seule façon de décrire le spectacle que la compagnie Noche Flamenca de Madrid présente au Kola Note jusqu'au 5 décembre prochain.Le soir de la première, toute la petite salle vibrait en symbiose avec les trois excellents danseurs, Soledad Barrio, Bruno Argenta et Antonio Rodriguez, les deux chanteurs, Manuel Gago et Emilio Florido, et les deux guitaristes, Miguel Perez et Antonio Andrade.Ici, pas d'artifices ni de contrefaçon.Sur la petite scène dénudée du Kola Note, ces artistes se sont donnés corps et âme.Et quelle âme ! Car le flamenco n'est pas qu'un déferlement de pas des plus hallucinants, des chants ondulants qui donnent des frissons dans le dos, mais c'est aussi le duende, cette façon qu'ont les danseurs de mettre leur âme à nue de manière à ce que la moindre parcelle de leur corps devienne émotion pure.Et ça, les danseurs de la compagnie Noche Flamenca le transmettent à merveille.L'ardeur se lit non seulement dans leurs pieds, mais aussi sur leur visage, froncé par l'intensité de leur présence, ou pétillant de bonheur, et sur lequel se lit tout le plaisir qu'ils ont de danser, ce soir, pour nous, pour les guitaristes et les chanteurs.Par ailleurs, ce qui fascine aussi dans le flamenco, c'est ce mélange toxique et étrange de force électrisante et de douceur : des gestes puissants et affirmés, qui côtoient, parfois simultanément, de légers effleurements très ténus du pied ou de la main, une épaule qui se lève lentement pour ajouter juste ce qu'il faut d'émotion au geste.Ce qui intrigue aussi, c'est de reconnaître, tout à coup, dans ces chants et ces danses où se mêlent des influences juive, arabe et indienne, l'écho furtif des vocalises mélancoliques du cantor juif dans sa synagogue, ou la façon si particulière qu'ont les musiciens indiens de scander le rythme pour les danseurs de Bharata Natyam qu'ils accompagnent.Ces danseurs endiablés ne sont pas sans rappeler ces gigeux de chez nous qui, tout fiers, redoublaient d'ardeur sous les regards admiratifs de leurs proches.Chacun des trois danseurs de la compagnie Noche Flamenca, présents pour cette série de spectacles à Montréal, présente un style tout à fait différent.Bruno Argenta déploie son corps élancé en des lignes pures.Sa technique plus classique, stylisée et pleine de bravoure, contraste de façon intéressante avec la puissance plus brute d'Antonio Rodriguez.Cela dit, ce dernier, avec ses airs bourrus, ses gestes moins raffinés, mais tout aussi intenses, traduit peut-être mieux l'âme paysanne à l'origine de cette danse, avant que les grands théâtres ne s'en emparent.Et que dire enfin de Soledad Barrio.Si son solo final ne vous met pas la larme à l'oeil, c'est que vous n'êtes pas vivant.Elle danse avec une telle rage, une telle fougue, qu'elle semble charrier tous les tourments de la Terre.Pourtant, ce sont ses instants de quasi immobilité qui vous coupent le souffle.Notez qu'à partir de mardi, cette généreuse compagnie présentera un tout autre programme pour ainsi permettre au public montréalais d'apprécier une grande diversité de danses différentes.NOCHE FLAMENCA, au Kola Note, jusqu'au 5 décembre.Info : 514 274-9339.PHOTO TENG HUI-EN, FOURNIE PAR CLOUD GATE DANCE THEATRE Chou Chang-Ming, l'une des 18 interprètes de Moon Water.Cloud Gate Dance Theatre de Taiwan ALINE APOSTOLSKA CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Bien sûr, on a tous regretté que Pina Bausch ne se produise qu'à Ottawa, mais il faut dire que les spectateurs montréalais, cette fin de semaine, n'ont pas été en reste.Vraiment, il faut remercier Les Grands Ballets Canadiens de Montréal et Danse Danse de s'être alliés pour nous permettre de découvrir l'incroyable et unique univers du chorégraphe Lin Hwaï-min qui, depuis trois décennies, émerveille les publics du monde entier.Moon Water, pièce exceptionnelle qui lie les symbolismes de l'eau et de la lune comme images de nos projections intérieures et de nos illusions extérieures, pièce créée en 1998 et depuis partout saluée, est un véritable enchantement.Indélébile impact que celui de cette vision en noir et blanc de ces corps (peu) vêtus de soie blanche qui évoluent sur une surface noire reflétée par un miroir, comme dans un songe, comme au travers d'une lunette de télescope, ou comme des formes nées de notre imaginaire soudain incarnées devant nos yeux.Car l'incarnation est ici parfaite.Ce n'est pas parce que ce chorégraphe chinois et ses 18 exceptionnels interprètes travaillent sur le Qi, l'énergie vitale subtile qui circule en nous et constitue la base de la philosophie asiatique \u2014et, comme telle, celle du taï chi et de l'ensemble des arts martiaux \u2014, que cette chorégraphie est abstraite.Bien au contraire, la beauté magnétique qui captive littéralement le spectateur et l'hypnotise durant 70 minutes, est aussi extrêmement sensuelle, charnelle.Les corps des interprètes, qu'ils composent des tableaux de groupe à 10, 12 ou 15, qu'ils évoluent en de virtuoses solos ou qu'ils forment des trios ou des duos sophistiqués et évocateurs, ces corps de taille et de forme différentes \u2014à l'image dirons-nous de la diversité physique du peuple chinois \u2014, sont les véhicules puissants de cette sensualité fluide qui peut soudain devenir une arme mortelle.Ainsi, dans Moon Water, Lin Hwaï-min allie la danse contemporaine, témoin du monde d'aujourd'hui, avec la gestuelle immémoriale de la tradition énergétique asiatique.Et comme dans nos rêves, attisés par la lune, sagesse et érotisme, musculature et délicatesse, fusionnent avec un parfait syncrétisme, portés par les sonorités elles aussi enveloppantes et envoûtantes des Suites pour violoncelle de Bach.On sait que le violoncelle est le son qu'entend le mieux le foetus dans le ventre maternel, dont la lune est également le symbole.Alors, à voir évoluer ces formes humaines dont la chair apparaît à mesure que le tissu s'imbibe de l'eau qui recouvre la scène, on ne peut s'empêcher de penser que cette musique a été spécialement écrite pour cette chorégraphie.Alliance parfaite entre l'Orient et l'Occident, effacement des frontières du temps et des différences de civilisation.Le tout salué par la pleine lune qui, vendredi, illuminait Montréal, comme un clin d'oeil.Érotisme et sagesse en parfaite alliance Ces danseurs endiablés ne sont pas sans rappeler ces gigeux de chez nous qui, tout fiers, redoublaient d'ardeur sous les regards admiratifs de leurs proches.Un cadavre dans le placard LAFERRIÈRE suite de la page 1 J'interroge les gens autour de moi depuis des années, et personne ne semble vouloir me répondre sur ce sujet.Quelqu'un a-t-il lancé un matin : « Bon, dimanche prochain, on n'ira plus à la messe » ?Pouvezvous faire l'effort de vous rappeler quel dimanche c'était exactement ?Je parle de ce dimanche où il y a eu, au Québec, plus de gens qui sont restés à la maison que de gens qui sont allés à l'église.Le dimanche du grand Non.Vous dites plus spontanément non que oui, j'ai remarqué.J'ai toujours pensé que la question sur l'indépendance aurait plus de chance si elle était posée à la négative.Vous n'avancez peutêtre pas vite, mais personne ne peut vous faire reculer.Meilleur à la défensive qu'à l'attaque.C'est bizarre, il m'est venu brusquement à l'idée que la question d'indépendance était intimement liée à la question de l'Église.Ce sont les intellectuels de la Révolution tranquille qui ont vraiment donné corps à cette idée d'indépendance, n'est-ce pas?Avez-vous peur en devenant indépendant de vous changer en une société totalement laïque ?Vous avez rejeté l'Église, mais vous avez gardé la foi, me semble-t-il.Alors la vraie séparation ne serait pas avec le reste du Canada, mais plutôt avec cette profonde tradition religieuse de chez vous.Ce débat entre le vieux monde et le nouveau monde.Car on ne peut pas se débarrasser de l'Église sans un vrai débat public.Maintenant, avec tous ces immigrants qui arrivent de partout, bardés de toutes sortes de croyances (tout le monde n'a pas fait la Révolution tranquille chez eux), ce sera beaucoup plus compliqué pour vous.On débarque ici, pour tomber, croit-on, dans une société religieuse.Assez rapidement, on réalise que c'est plutôt laïque.Et on découvre quelques années plus tard qu'on est entouré d'ex-religieuses et de prêtres défroqués.Je vous conseille de crever l'abcès au plus vite.II.Le téléphone L'une des choses qui m'a toujours intrigué, c'est le fait que les critiques peuvent se mettre à fredonner tous ensemble le même refrain.On a envie de dire: « Pitié, n'y a-t-il pas une autre chanson ?» Je terminais, hier soir, un bouquin que Pierre Caron (l'ami de Simenon) m'a passé au Salon du livre de Montréal.Des souvenirs de Jacques Lanzmann (1992, éditions Jean-Claude Lattès).J'ai déjà lu mieux dans le genre.Ce sont les mêmes histoires, qui changent de couleur suivant le narrateur.Je préfère Aragon qui raconte Lanzmann à Lanzmann portraiturant Aragon, c'est tout.Mais Lanzmann m'a appris une chose.Une pratique assez ancienne, puisque l'histoire qu'il relate se situe au milieu des années 50.Il faudrait que je trouve la date d'apparition du téléphone dans les foyers, car le téléphone a joué un rôle important dans l'histoire de la critique en France.À l'époque, le jeune Lanzmann venait d'être bombardé par Aragon lui-même, critique dramatique aux Lettres françaises.Il n'avait jamais été au théâtre auparavant, mais le parti, le Parti communiste en l'occurrence, en avait décidé ainsi.Comme il n'était qu'un pauvre têtard, les plus vieux critiques, parmi lesquels le redoutable Jean-Jacques Gauthier, le tenaient à l'écart.Et ses opinions étaient souvent différentes de celles de ses confrères.Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il se retrouvait toujours d'un côté, et tous les autres, de l'autre.On prétendait même qu'il déshonorait le métier, mais, commente-til, « en réalité, j'étais peut-être aussi honnête que mes chers collègues, dont certains s'interdisaient la moindre réaction en public, mais échangeaient leurs points de vue par téléphone et se rangeaient de l'avis du plus influent.Le lendemain matin, tous les papiers sonnaient du même ton.» Voilà un mystère d'éclairci.Je remarque que j'apprends beaucoup plus de choses d'un auteur que je trouve moyen, plutôt à ma portée, que d'un grand écrivain.Les grands écrivains nous intimident trop, et on ne peut pas passer sa vie à applaudir.III.L'éternel jeune homme Paul-Marie Lapointe revient en force avec L'espace de vivre (L'Hexagone, 2004).Ce n'est pas chaque jour qu'on publie ici un recueil de poèmes de près de 630 pages.C'est une collection de ses recueils parus entre 1968 et 2002.Comme il l'a fait avec Le Réel absolu en 1971, et éc Ritur Es en 1980.Voici donc le troisième volume d'une des oeuvres poétiques les plus importantes du Québec.Et je ne vois personne danser autour d'un grand feu.Pourtant Miron le tenait pour le plus grand de tous.Vous savez, Miron n'était pas un modeste, comme on a tendance à le croire (dans son for intérieur, il avait sa place qui n'était pas la dernière).De même que, quand j'entends parler de la modestie de René Lévesque, je ne peux m'empêcher de sourire.Vouloir diriger, même pour son bien, un peuple n'a rien à voir avec la modestie, qu'il ne faut surtout pas confondre avec ce mélange étrange de réalisme, d'intelligence et de naïveté qui le caractérisait.Bon, j'étais au Salon du livre en train de feuilleter le bouquin de Lanzmann que Caron venait de me passer quand j'ai vu surgir devant moi un fringant jeune homme avec une superbe «nana rose » à son bras.Le jeune homme est né en 1929.La jeune femme, peut-être un peu plus tard.C'était Paul-Marie Lapointe.J'avais un poète en face de moi, et comme chaque fois, je suis ému.Une petite philosophe de huit ans m'avait confié un jour que « les poètes sont tous morts, mais certains vivent à la campagne ».Je suis toujours heureux de rencontrer quelqu'un que j'aime, surtout quand on n'a pas cherché à forcer le hasard.Mais déjà sa femme le tirait par la manche, comme une adolescente avide d'un tête-à-tête amoureux.Je venais tout juste de lire la relation qu'a faite Lanzmann de sa rencontre avec Aragon et Elsa Triolet : « Elle me regardait curieusement de ses yeux fine-de-claire.Elle était habillée chic.Trop bien peut-être pour une communiste.Son charme opérait à toute vitesse.Jeune, elle avait dû être terrible.Lui n'était pas mal non plus dans son costume prince-de-galles, veste fendue sur le côté et pantalon à revers qui tombait impeccablement sur les chaussures de daim.Je n'en revenais pas de les voir aussi élégants.» C'est le même couple que j'avais en face de moi.Je les regardais enfin partir.C'est le poète de l'amour oral.Voici quelques vers piqués dans son recueil Bouche rouge, paru en 1976 : Il est écrit que le soleil aux ailes refermées par la bouche de la déesse chaque soir en elle pénètre.C'est pour cela qu'il filait ainsi à toute allure au bras de sa « nana culte ».IV.Les charmeuses Une définition du charme ?Quelqu'un capable de vous faire prendre un chemin que vous n'auriez jamais emprunté sans lui.Sans elles, car il s'agit ici de deux femmes.Je pourrais les suivre n'importe où.Leur chant est si mélodieux qu'il m'entraînerait facilement vers les récifs odysséens.Pour vous donner une idée, j'ai suivi la première dans les sinueux dédales du monde de la finance.Chaque matin, j'attends avidement le passage de Michèle Boisvert à C'est bien meilleur le matin, où elle fait la chronique économique.Ce rire de gorge, qui ensoleille n'importe quel ciel plombé, cette aisance pour nous faire comprendre des contrats complexes, des faillites pharamineuses, des accords tortueux, en un mot la vie quotidienne d'un monde que je voudrais bien ignorer.On a l'impression qu'elle nous donne des nouvelles de la famille (oncle Bombardier va mal, et tante Molson couche avec un Américain).Elle livre les faits tout en les commentant.Tout cela exécuté avec une grâce de gymnaste, et sans jamais cesser de rire.Le charme et l'intelligence réunis dans un même regard.L'autre, c'est Hélène Raymond, qui anime quotidiennement, à Radio- Canada aussi, cette émission sur l'agriculture ( D'un soleil à l'autre ).Même recette : charme et intelligence.Et du travail solide.L'impression qu'elle prépare minutieusement ses émissions.Les reportages sont instructifs et d'une bonne longueur.Pas le temps de s'ennuyer.Avec ses invités, elle ne tombe jamais dans le piège de la familiarité.Et il lui arrive aussi de mélanger littérature et légumes.Cela nous change des mots sans saveur.Une poésie de la terre apparaît doucement.On écoute ça, et brusquement on ne sent plus cette distance entre le citadin et le rural.Ce n'est pas folklorique pour un sou.On sait aujourd'hui ce qui se passe dans cet univers agricole (j'adore ce mot) en écoutant Hélène Raymond.Mais d'abord, la musique de cette voix.Et ce rire qu'on entend rarement.C'est une pulsion de vie qu'elle garde au creux de son ventre et qui gonfle chacun de ses mots.COURRIEL Pour joindre Dany Laferrière: dany.laferriere@lapresse.ca . ARTS ET SPECTACLES LE WEEK-END DES GÉMEAUX Un pré-gala sans scandale Grande Ourse 9, Fortier0pendant que Télé-Québec est remercié en triple LOUISE COUSINEAU TÉLÉVISION Si la tendance se maintient, la série Grande Ourse sortira grande gagnante du week-end des Gémeaux, ayant remporté neuf trophées hier lors de la soirée pré-gala diffusée à RDI.Grande Ourse avait obtenu 15 nominations, soit autant que Fortier, qui n'a rien gagné hier soir, mais qui se reprendra peut-être ce soir lors du « vrai » gala diffusé à Radio-Canada.L'autre grand gagnant d'hier est Télé- Québec, dont les émissions Les Francs-tireurs, Ramdam, À la di Stasio, Mission arctique, Le septième et Belle et Bum ont été maintes fois récompensées.Marc Cayer, réalisateur de Destin tordu : la famille Hilton, a lancé une mode lorsqu'il a dit «Merci Télé-Québec » trois fois en recevant sa statuette.La formule a été reprise plusieurs fois dans la soirée.On voulait ainsi contrebalancer les propos hargneux de Benoît Dutrizac sur Télé-Québec dimanche dernier à Tout le monde en parle, et envoyer au gouvernement provincial un message éloquent sur la nécessité de garder en ondes et en santé le réseau québécois de télé.Son budget a été coupé de 5 millions cette année.Ce pré-gala honore tout particulièrement les artisans invisibles de la télé, des auteurs aux directeurs photo en passant par les techniciens, et comportait 64 remises de trophées expédiées en trois heures.Le gadget utilisé pour stopper les remerciements trop longs : la tête de Guy A.Lepage, qui avait prononcé un discours fleuve de plus de 10 minutes l'an dernier en recevant son Grand Prix.Souhaitons que Fabienne Larouche qui lui succède ce soir sera plus succinte.Mais quelques vedettes connues participaient au gala d'hier soir.Notamment les acteurs de soutien que vous reverrez tout de même ce soir lors du grand gala.Julie Mc Clemens et Benoît Gouin ont gagné dans la catégorie série dramatique pour Grande Ourse.Marc Béland et Hélène Bourgeois Leclerc pour Annie et ses hommes, deux des rares trophées attribués à TVA.M.Béland était absent, parti en vacances.Personne n'a lancé son trophée aux orties.Véronique Le Flaguais a gagné pour son rôle de patronne exécrable dans Rumeurs.Sophie Cadieux, la soeur de Benoît dans Rumeurs, a gagné pour son rôle secondaire dans Watatatow.Claude Laroche, le mon oncle pas mal moins bandit que les autres personnages des Bougon, a dit à Antoine \u2014Junior Bougon\u2014 Bertrand, qui était aussi en nomination, qu'il avait encore bien des années pour gagner.Il a remercié ses élèves de l'avoir aidé à devenir unmeilleur acteur.Aucune émission de l'empire Novem, autrefois les Productions Guy Cloutier, n'a gagné de prix hier.Côté spéciale d'humour, l' Infoman de fin d'année a été préféré à Ceci n'est pas un Bye Bye.Malgré l'interdiction de faire des blagues sur les malheurs de l'empire Cloutier, l'animateur Laurent Paquin a poussé quelques craques à Louis Morissette pour son échec de V.I.P.Rien de bien méchant.La salle a peu réagi à la plupart des tentatives d'humour de l'animateur, pas mal moins percutant que lors de son intro du grand gala de l'an dernier.Le discours le plus amusant a été celui de l'auteure de Rumeurs, Isabelle Langlois, récipiendaire du Prix Jean- Besré pour l'imagination et l'innovation.Elle a notamment remercié sa plus grande source d'inspiration, le deadline.«Plus il approche, plus on est créatif quand on travaille pour la télé », a-t-elle dit après avoir reçu une ovation debout.Les tenues vestimentaires allaient du noir au noir, avec très peu de couleurs voyantes : si vous aviez une télé noir et blanc, vous n'avez pas manqué grand-chose.Le gros point positif de ce pré-gala, c'est que le nom des productions primées et de la plupart des récipiendaires sont écrits en bas d'écran.Mais hélas, on ne montre pas d'extraits des émissions primées.Pas le temps.L'autre grand gagnant de la soirée a été Radio-Canada, remercié presque autant que Télé-Québec par les gagnants.Marie-José Turcotte, couronnée pour Adrénaline, a même remercié le premier ministre Paul Martin et la ministre de la culture Liza Frulla pour leur aide à Radio-Canada.Si la partie humoristique a été faible, l'atmosphère chez les gagnants était chaleureuse.Plusieurs réalisateurs, notamment Pierre Séguin de l' Odyssée, ont remercié leurs assistantes, ce qui n'est pas courant.L'auteur François Avard, qui écrit Les Bougon mais a gagné hier pour Ramdam, a morigéné l'Académie de ne pas avoir inclus les recherchistes des émissions jeunesse dans ses catégories.Ils font du travail important, a-t-il dit.Un pré-gala sans scandale, mais sans génie de la part de l'animateur.Je me suis ennuyée de la superbe prestation de Gregory Charles il y a deux ans, qui avait transformé ce pensum de remise de trophées en feu d'artifice.Mais Gregory est rendu ailleurs.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © Hélène Bourgeois Leclerc a reçu le Gémeaux accordé à la meilleure interprète de soutien dans un téléroman, non pas pour sa Dolorès des Bougon, mais pour son personnage de naïve dans Annie et ses hommes.François Girard: de Montréal à Brooklyn RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK Après avoir signé la mise en scène du Procès, de Kafka, dont la première a eu lieu au Théâtre du Nouveau Monde le 2 novembre, François Girard a changé de ville et de décor, poursuivant un parcours artistique aussi exigeant qu'exaltant.Depuis un peu plus de trois semaines, le réalisateur des longs métrages Le Violon rouge et Trente-deux films brefs sur Glenn Gould est à New York pour monter un spectacle d'avant-garde qui sera présenté en première mondiale mardi à la Brooklyn Academy of Music (BAM).Il s'agit d'un oratorio moderne, Lost Objects, dont les compositeurs \u2014Michael Gordon, David Lang et Julia Wolfe\u2014 font partie de l'ensemble de musique nouvelle new-yorkais Bang on a Can, à qui l'on doit le célèbre festival du même nom.Girard n'en sera pas à sa première expérience professionnelle à New York, ville qu'il qualifie d'« extrêmement stimulante ».Il y a déjà tourné des spots publicitaires et des scènes cinématographiques, prenant goût à son rythme endiablé.«Mes nuits sont toujours courtes à New York », confie-t-il en entrevue.Mais l'artiste de 41 ans se mesurera pour la première fois au public newyorkais en tant que metteur en scène.Et le spectacle auquel il a accepté de collaborer tranche avec tout ce qu'il a fait par le passé, que ce soit au cinéma, au théâtre ou à l'opéra.« En général, je travaille à partir d'un texte, de personnages, dit Girard.Ici, c'est différent.» Et comment ! Le livret de Lost Objects tient davantage de la poésie que du théâtre.Aucune trame narrative, aucun personnage dramatique, ne relient les textes de Deborah Artman, lesquels évoquent tout ce qui se perd dans le monde : les langues, les espèces, les rites, les objets, les peuples, les technologies.Sur le plan musical, Lost Objects est aussi peu traditionnel que le livret.L'oratorio associe ensemble baroque, formation rock et DJ (en l'occurrence DJ Spooky).Aux musiciens s'ajoutent des chanteurs solistes et une chorale.Un joli casse-tête pour un metteur en scène ! Et François Girard est celui auquel le producteur de la BAM, Joseph Melillo, a fait appel pour monter l'oratorio, qui a été diffusé en 2001 sous la forme d'un CD.« Joe suit mon travail depuis Oedipus- Rex, raconte Girard en faisant allusion au spectacle Stravinsky qu'il a monté à Toronto en 1997 pour la Canadian Opera Company.On a eu des discussions sur différents projets et il y a celui-là sur lequel nous sommes tombés d'accord.» « C'est très beau, Lost Objects, ajoute le metteur en scène.C'est un travail musical exceptionnel, très rare dans sa structure.Il y a aussi un côté textuel, qui est très poétique.» Mais comment donc adapter cet oratorio à la scène ?En compagnie de son ami et directeur artistique François Séguin, Girard s'est attaqué au problème avec l'enthousiasme et l'ingéniosité qu'on lui connaît.Il est arrivé à une solution qui repose sur l'installation de deux passerelles audessus de la scène.« Impressionnant », dit-il au sujet du décor, qui fait penser à une portée musicale.« Hallucinatoire », renchérissent les publicistes de la BAM en évoquant la mise en scène de Girard.Tout au long du spectacle, chanteurs, musiciens et danseurs évolueront sur la scène et sur les passerelles.Pendant ce temps, des extraits du livret seront projetés sur un écran, en fond de scène.Quant à DJ Spooky, il sortira de la fosse d'orchestre à trois reprises durant le spectacle pour offrir une version remixée de ce qui vient d'être entendu.« Nous voulons rendre visibles les différentes couches de musique, du baroque au contemporain », explique Girard.Des représentations de Lost Objects auront également lieu à la BAM les 2, 3 et 4 décembre.Mais François Girard aura peut-être déjà la tête ailleurs.Fin janvier, il doit monter Siegfried, opéra de Wagner, pour la Canadian Opera Compagny.Par la suite, le metteur en scène voudrait bien céder la place au cinéaste, qui dit avoir « quatre scénarios en état de démarrer ».L'un d'eux est à l'étape du casting, précise Girard.Il s'agit de l'adaptation cinématographique de Soie, le roman de l'écrivain italien Alessandro Barrico.Des démarches sont également en cours pour faire redémarrer un projet suspendu en 2002 à cause de l'épidémie du SRAS.Il s'agit du film The Far Road, dont le tournage devait avoir lieu en Chine.Pas simple, la vie d'un cinéaste.En 2001, dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre, Girard avait déjà dû quitter le Maroc, où il devait tourner The Magician's Wife, film mettant en vedette Geoffrey Rush et Kate Winslet.Deux ans plus tard, les attentats de Casablanca ont de nouveau fait dérailler le projet.« J'ai appris la patience en tant que cinéaste, dit Girard, dont le dernier long métrage est sorti en 1998.Ce n'est pas comme au théâtre, où tout est coulé dans le béton trois ou quatre ans à l'avance.Au cinéma, tout peut se décider en l'espace de quelques semaines.» C'est pour cette raison que Girardle- metteur-en-scène hésite à s'engager dans d'autres projets de théâtre ou d'opéra.Même s'il reconnaît les vertus de la patience, le cinéaste en lui a hâte de renouer avec la caméra. ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES La voie royale de Julie Andrews Allo Ciné a rencontré Julie Andrews, légendaire interprète de Mary Poppins, qu'on retrouve dans Un mariage de princesse.Qu'on se rappelle La Mélodie du bonheur, Le Rideau déchiré, Victor Victoria, That's Life.Magique.QAvec ces films de princesse, vous faites votre grand retour sur grand écran.Pourquoi une si longue absence ?RJe n'ai pas l'impression d'être vraiment partie.J'ai été très occupée à faire plein d'autres choses.J'ai fait du théâtre à Broadway, une série télévisée, j'écrivais mes livres pour enfants, et je me suis aussi occupée de ma famille.Je n'ai pas du tout l'impression d'avoir fait un long break, sinon au cinéma, en effet, mais cela a juste été une question d'occasions.QDans le dernier film, Un mariage de princesse, vous incarnez une reine particulièrement sympathique ! RMon personnage est un beau rôle pour une dame.La reine que j'incarne est à la fois élégante, dynamique, drôle, pleine de fun, mais également très forte de caractère.J'aime beaucoup ce personnage.Je pense qu'en tant que Britannique, j'ai grandi avec tout ce poids de la royauté au-dessus des épaules et que, inconsciemment, tout cet héritage m'a servi pour mon rôle.Et même pour mes rôles, puisque j'ai également prêté ma voix à la reine de Shrek 2.Deux reines en une seule année, c'est incroyable ! Je suis dans une telle phase royale que j'ai même récemment rencontré la reine d'Angleterre ! (Rires) Julie Andrews D'Alec Guinness àQueen Latifah Gérard Depardieu donnera la réplique à Queen Latifah dans The Last Holiday ; ce film est le remake américain du long métrage britannique Vacances sur ordonnance.Dans cette nouvelle version, Queen Latifah incarnera une pauvre employée qui apprend qu'elle va mourir prochainement et qui se retire dans une station balnéaire européenne, où elle se fait passer pour une riche femme d'affaires.Elle succédera ainsi à Alec Guinness qui tenait à l'origine le rôle principal.Un autre Mesrine Vincent Cassel ne sera finalement pas Jacques Mesrine; après l'avoir remplacé dans Les Rivières pourpres 2, Benoît Magimel pourrait prendre la relève dans L'Ennemi public no 1 et L'Instinct de mort, deux films de Barbet Schroeder consacrés à la vie de ce célèbre gangster.Le réalisateur retracera le destin tragique de ce criminel emblématique des années 70 à travers plusieurs étapes de sa vie : son retour de la guerre d'Algérie, son départ pour le Québec en 1968 ainsi que son exécution par la brigade antigang porte de Clignancourt, le 2 novembre 1979.Hannibal Lecter le jeune Le célèbre psychopathe Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux, Dragon Rouge, Hannibal) sera le héros de Behind the Mask, nouveau roman de Thomas Harris centré sur la jeunesse du cannibale, de son enfance en Lituanie à son arrivée aux États-Unis.Attendu pour l'automne 2005, l'ouvrage a d'ores et déjà été retenu par le producteur Dino De Laurentiis pour une adaptation sur grand écran et il a même déjà fait appel à Peter Webber (La Jeune Fille à la perle) pour le réaliser.Ce projet ne devrait logiquement pas permettre le retour d'Anthony Hopkins dans la peau du tueur en série.À moins qu'un rôle de narrateur ne soit écrit pour lui.On a parlé de Macaulay Culkin (Maman j'ai raté l'avion) pour incarner le jeune Hannibal.Le Blob: troisième! Après Danger planétaire, qui avait lancé la carrière de Steve Mc Queen en 1958, et Le Blob, son remake de 1988, ce classique de l'horreur sera remis au goût du jour avec une nouvelle version.Le « blob » désigne une chose venue de l'espace qui se transforme en masse visqueuse et dévore tout sur son passage.E X P R E S S Asia Argento sera de la distribution du prochain film de Catherine Breillat Une vieille maîtresse, adaptation du roman de Barbey D'Aurevilly; elle incarnera la jeune épouse qui voit sa vie de couple basculer le jour où son mari renoue une liaison avec une Espagnole d'une laideur ensorcelante (Jeanne Moreau).Donald Sutherland et Ralph Fiennes seront partenaires dans Land of the Blind ; l'histoire se passera dans le pénitencier d'un pays imaginaire.Thorne (Donald Sutherland), un détenu, se confie à Joe (Ralph Fiennes), un gardien de prison.Il lui raconte sa vie : son passé d'opposant politique et sa tentative ratée de renverser le régime dictatorial en place.Tom Hanks et Julianne Moore se donneront la réplique dans Boone's Lick, un western, dans lequel un homme tombe amoureux de sa belle-soeur au cours d'un dangereux périple à travers le Montana.Sources : Movieline, Variety, Premiere Film Review, The Hollywood Reporter Queen Latifah TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 VD VDO Soyons bêtes! Gros plan Il va y avoir du sport! sur.BEAU TRAVAIL (3) de Claire Denis Wonderfalls LA VÉRITÉ EST UN MENSONGE (4) de Pierre Goupil À la di Stasio Cuisine-doudou 3269497A VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 19H30 a LE GALA DES GÉMEAUX Ce sera la soirée de Grande Ourse, de Fortier, des Bougon, de Virginie ou de Fabienne Larouche?Y aura-t-il un miniscandale dont nous pourrons jaser au bureau demain?Cette 19e fête des artisans de la télé en direct du Théâtre Saint- Denis reste pleine de mystères.mais incontournable! 20H r POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Un des deux couples toujours dans la compétition se marie en direct! 20H15 K CINÉMA: FIANCÉE À LA CARTE Un homme se trouve une amie sur un site Internet russe.La belle fume comme une cheminée et ne parle pas sa langue, mais elle a d'autres talents.et des amis peu recommandables! Comédie avec Nicole Kidman, Mathieu Kassovitz et Vincent Cassel.21H CD SANS DÉTOUR À Houston, la ville américaine la plus grasse, 60%des habitants souffrent d'un excès de poids.Comment Houston est-elle devenue Obèse City?21H g THE CHRISTMAS CAROL \u2014THE MUSICAL Un classique qui nous mettra dans l'ambiance des Fêtes pour de bon.Dans le rôle de Scrooge: Kelsey Grammer.21H b WHEN ANGELS COME TO TOWN Max, un vieil ange venu sur Terre pour aider une famille à Noël, se trompe d'adresse.Son superviseur céleste lui suggère «d'accrocher ses ailes», mais Max résiste! Pour Peter Falk (Columbo), dans le rôle d'un ange sur le déclin.Le Téléjournal Découverte / Bouclier anti-missile; prévention AVC Le Gala des Prix Gémeaux Le Téléjournal Pleins Feux / Bilan Le TVA 18 heures L'École des fans / D.Boucher Demandes spéciales / Laurence Jalbert Pour le meilleur et pour le pire La Vie rurale Le TVA DOUX NOVEMBRE (5) avec Keanu Reeves, Charlize Theron Soyons bêtes! Wonderfalls LA VÉRITÉ EST UN MENSONGE (4) avec Gisèle Poupart.Danielle P.Roger Gros plan sur.Il va y avoir du sport! / Fabienne Larouche BEAU TRAVAIL (3) avec Denis Lavant PRÊTE À TOUT (4) avec Nicole Kidman, Joaquin Phoenix FIANCÉE À LA CARTE (4) avec Ben Chaplin, Nicole Kidman (20:15) Le Grand Journal (22:15) Automania (22:45) Pub (23:15) News Assignment SHREK (3) Film d'animation Desperate Housewives The Sopranos CTV News (23:12) News (23:42) News TOY STORY (3) (17:00) Marketplace Venture The Greatest Canadian Sunday Night Mary Walsh Reflections ABC News .Athlete Home Videos Extreme Makeover Desperate Housewives Boston Legal Will & Grace NFL Football (16:00) 60 Minutes Cold Case WHEN ANGELS COME TO TOWN avec Peter Falk, Katey Sagal News .Raymond News NBC News SHREK (3) Film d'animation A CHRISTMAS CAROL: THE MUSICAL avec Kelsey Grammer .Machine Regency House Party (17:30) POLLYANNA avec Georgina Terry, Amanda Burton Magic Moments:The Best of '50s Pop THE INNOCENTS (2) Broadway.(12:00) Morgan Choir: A Joyful Celebration BBC News .Lens Find, Design Makeover.Airline Dog the.CLEAR AND PRESENT DANGER (4) avec Harrison Ford, Willem Dafoe CSI:Miami Relais.Les Fous.Ces enfants d'ailleurs L'Actors Studio / Naomi Watts TOUT SUR MA MÈRE (3) avec Cecilia Roth Thema: Barcelone (22:40) .(23:25) The Definitive Elvis Arts&Minds Landscape.AWorld Away: .Regina Five UNFORGIVEN (2) avec Clint Eastwood, Gene Hackman .PRETTY HORSES .Clémence Des Rochers Docu-d / Hantise: visiteurs d'outre-tombe Sans détour Les Yamakasi à Londres Feux d'enfer Des livres.Lachimie.com Une carrière dans l'industrie.UQAR Bilan.Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école .la croissance d'une PME Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Mutants Daily Planet Vins du monde / Ontario Asslama La Route.la France .le spa Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides / Londres Les Routes oubliées / Djibouti Disney (18:06) Mentors (18:33) Radio Free.(19:05) Are you afraid of the Dark (20:16) LEGENDS OF THE FALL (5) avec Brad Pitt, Aidan Quinn A CHRISTMAS CAROL (4) (23:12) Jack & Bobby ICE AGE (4) Film d'animation Charmed The Mountain Global News .Sunday Crossing Jordan .Sunday Sports Trouvailles et Trésors / Québec Destins / Bourreau Des histoires d'alcool L'Or WYATT EARP (4) avec Kevin Costner, Dennis Quaid Museum Mysteries of.Antiques Roadshow Catherine the Great NICHOLAS AND ALEXANDRA (3) avec Michael Jayston, Janet Suzman Style Star Fashion File Sexy Girl English.Little Miracles Crash Test Mommy Sexy Girl Skin Deep Med.Surgeons M.Richard L'amour à.Nostalgia / Stevie Nicks Musicographie / The Band Concert for George /Week-end de star (George Harrison) Musicographie / The Band Top5M+.Top5M+.Babu à bord Groulx luxe Pimp mon char Viva la Bam Les pourris.Filles! Les Jeunes.Le Mike.Pimp mon char Noir de monde American Dreams Extreme Makeover .arménien Acasa Boston Legal Teleritmo BBC News Inside Media the fifth estate CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night The Passionate Eye Sunday Hemispheres Second Regard Le Téléjournal Le Journal La Part.Ushuaïa Nature Le Téléjournal Le Point 5 sur 5 Le Journal La Part.NFL Football (16:00) Sports 30 Golf PGA / Skins Game Sports 30 En forme.Jeux extrêmes d'été Les Soeurs Mc Leod Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Miss Match Les Experts Prime Suspect CHASING CAIN: FACE avec Peter Outerbridge, Alberta Watson Trailer Park Boys Six Feet Under Six.(23:15) Ghost.Steve Smith Smallville Star Trek: Enterprise AU CHOIX DES TÉLÉSPECTATEURS NBA Basketball / Celtics - Heat NBA XL Beyond the Glory Sportsnetnews Soccer Au bout.Presserebelle Panorama Africa Trek Sur la trace des Celtes LA FIÈVRE MONTE À EL PAO (4) avec Gérard Philipe, Maria Felix Duos: sessions jazz Escape from the.(17:00) Trading Spaces: Family Rides / Joe Rogan's Sick Fish Officer Down Trading Spaces: Family Sportscentre Strongman.NFL Primetime NFL Football / Raiders - Broncos Curling.Eteen .le meilleur Zeroman Duck.Les Simpson Futurama Daria Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama Passepart Journal FR2 Vivement dimanche / Denise Fabre Écrans.Les Trophées de la Langue française à Ottawa Le Journal Kiosque It's a Living Reach for.Vox Out there THE QUEST (5) avec Hywel Bennett THE QUEST 2 (21:20) The Viewfrom Here (22:40) .(23:35) Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose .Ménage Dre Nadia.en toute confidence Une chance qu'on s'aime! Baise Majesté Révélation Planifiez.Lé Zarts Parole et Vie Ma maison À l'heure de Montréal City Life Gilmore Girls Smallville Charmed Edgemont Radio Free.Drake & Josh 15/Love What I Like Girlz TV Gilmore Girls YTV's Hit List 15/Love Radio Active Fries with that Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Futur extrême La Patente E.Sexe Tru Calling The Simpsons King of the Hill CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES The Pixies au CEPSUM PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Devant moi, sur le parterre du CEPSUM vendredi soir dernier, lors du premier des deux concerts que les Pixies ont donné à Montréal, s'est faufilé un fan chargé d'un plateau en carton sur lequel six bières froides étaient empilées.Ça se sentait dans le fond de l'air, l'ambiance était volatile, la foule de jeunes trentenaires (principalement) avait soif \u2014 de party et de bon rock aux relents de souvenirs.L'arrière de son chandail tout neuf déclinait l'itinéraire de la présente tournée du quartet culte, laquelle était cyniquement baptisée Pixies Sellout.Vendus, les Pixies ?À la nostalgie, sûrement.Cependant, à leur décharge, après une décennie à voir défiler les jeunes groupes rock se réclamant de l'influence du groupe de Boston, la bande à Black Francis n'a pas à se gêner de venir aujourd'hui récolter le fruit de son travail resté en marge du succès.Or, à voir les 5000 fans en liesse entassés au CEPSUM, c'est à se demander comment les Pixies n'ont pu atteindre le succès commercial à l'époque, disons, de Doolittle (1989), considéré comme le pinacle de leur discographie.Relativisons : la tournée Doolittle, de passage à Montréal au printemps 1990, leur permettait tout juste de remplir le Rialto.En 1992, ils jouaient en première partie de U2 au Forum.On connaît l'histoire.Ce ne sont pas les membres des Pixies qui ont rendu Bon Jovi et consorts obsolètes, qui ont défoncé les portes de MTV et des radios commerciales avec un rock lourd, acidulé, atypique.Plutôt, ce sont les membres de Nirvana qui ont ouvert la voie au rock alternatif dans les médias grand public.Et les Smashing Pumpkins, qui se sont glissés dans la brèche ouverte par Nirvana, n'auraient tout simplement pas existé sans Black Francis et ses collègues.Tous des fans des Pixies en plus.Coquin de sort.Pas rancuniers, les Bostoniens avaient l'air plus que ravis de l'accueil montréalais.Enfin, pas vraiment Black Francis / Frank Black, dont le charisme n'est pas ce qu'on peut qualifier de lumineux, regard voilé derrière ses lunettes fumées, adressant rarement la parole aux fans.Pour mesurer le ravissement des musiciens, fallait plutôt lorgner du côté de la bassiste Kim Deal.Sourire aux lèvres, la musicienne jetait régulièrement des regards amusés au batteur David Lovering.Ce fut un concert donnant-donnant: les fans irradiaient d'énergie, le groupe nous a retourné une trentaine de chansons avec flegme et aplomb.Un pur délice pour les fans nostalgiques, qui nous faisait même oublier les douteuses conditions acoustiques de l'endroit.Un chapelet de succès Sous les puissants cris des Montréalais, la bassiste a ouvert le bal alterno en chantant In Heaven (si mes souvenirs sont exacts), puis Black Francis, guitare acoustique au cou, s'est lancé dans une version ralentie de Wave of Mutilation (de Doolittle).Les fans, déjà survoltés, ont unanimement accueilli la suivante, Where is My Mind, que le film Fight Club avait déjà ramené à la mémoire du public : c'est vrai qu'elle est bonne, c'te toune-là ! Le concert a mis un moment avant d'atteindre sa vitesse de croisière, débutant avec cette série de chansons à l'atmosphère pesante, avant de se lancer dans un chapelet de succès « défoulatoires », puissamment balancés à la figure des quelque 5000 fans.En vrac et dans le désordre : Here Comes your Man (« Ha-w ! », chanté en choeur), la puissante Bone Machine, Tame (avec Deal, cigarette au bec, menant cette chanson de sa basse roulante), les cris stridents de Black Francis sur Velouria, Hey, I Bleed (toujours marqué par le jeu de basse de Deal), l'imparable triplé Debaser-Caribou- Gouge Away.Un véritable feu roulant de chansons-choc embrasant le public.Pas de doute, le concert d'hier soir a dû entraîner avec autant d'enthousiasme le public dans ce même couloir des souvenirs.Vendus, les Pixies ?Nous aussi.Un party de vieux ados PHOTO BOB SKINNER, LA PRESSE © Black Francis, guitare acoustique au cou, regard voilé derrière ses lunettes fumées, a rarement adressé la parole aux 5000 fans en liesse, qui s'étaient entassés au CEPSUM vendredi soir, pour faire la fête avec les Pixies.Cesoir Télé-Québec ça change de la télé 19 h Wonderfalls Jaye au coeur d'une réconciliation entre Heidi et Éric.17 h À la di Stasio Soupes et tartines.Bruschetta, tapenade, soupe aux pâtes et aux fèves.22 h L'État doit-il financer l'école privée?Tutoie-t-on trop?Il va y avoir du sport! Animation : Marie-France Bazzo Invitée : Fabienne Larouche Avec Caroline Dhavernas 3269566A LE FILM No1 AU CANADA! «\"\"\"\"(SUR 5) BOB L'ÉPONGE LE FILM EST TOUT SIMPLEMENT FANTASTIQUE! UNE VRAIE MERVEILLE! SENSATIONNEL! » BRUCE KIRKLAND, Sun Media (Version française de The Sponge Bob Squarepants Movie) CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS GÀ L'AFFICHE! VISAGÉNÉRAL GVISA GÉNÉRAL ((VVeerrssiioonn ffrraannççaaiissee ddee NNaattiioonnaall TTrreeaassuurree)) « LE MEILLEUR FILM » « D'ACTION DE L'ANNÉE! » JIM SVEJDA, KNX/CBS RADIO CINÉ-ENTREPRISE MAGOG TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINÉMA CARNAVALCHATEAUGUAY SHERBROOKE CINÉ-ENTREPRISE JONQUIERE CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP LOUISEVILLE CINÉ-ENTREPRISE CINEMA PIXEL ÉLYSÉE GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA 9 ROCK FOREST CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE GALERIES ST.HYACINTHE ST.HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 FAMOUS PLAYERS MD STARCITÉ MONTREAL CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14 ANGRIGNON MEGA-PLEX GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO TASCHEREAU 18 LES CINÉMAS GUZZO MD TERREBONNE 14 STE.THERESE 8 GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS PARISIEN CINÉMA 9 ROCK FOREST CINÉMA PINE STE.ADELE MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18 GROUPE MATHERS MD ST.EUSTACHE FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES AMC THEATRES FORUM VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE VOYEZ-LE MAINTENANT! PAUL FISCHER, DARK HORIZONS MOVIEGUIDE® « \u201cTRÉSOR NATIONAL\u201d EST \u201cL'INDIANA JONES\u201d DU NOUVEAU MILLÉNAIRE! LE FILM LE PLUS DIVERTISSANT DE L'ANNÉE.» PAUL FISCHER, DARK HORIZONS « UNE AVENTURE MYSTÉRIEUSE À LA FOIS EXUBÉRANTE, INTELLIGENTE ET QUI AMUSERA TOUT LE MONDE! » MOVIEGUIDE® www.theincredibles.com ©Disney/Pixar (Version française de THE INCREDIBLES) « Le meilleur film de l'année à date, et de loin! » « Un mélange de James Bond, Indiana Jones et les X-men, pour un spectacle qui a du mordant.» « DEUX FOIS BRAVO! » Joe Morgenstern, Peter Travers, LE FILM QUI A REÇU PARMI LES MEILLEURES CRITIQUES DE L'ANNÉE.GVISA GÉNÉRAL 3275262A «\u2026vous n'aurez pas un plus grand plaisir au cinéma cette année.» Peter Travers, ROLLING STONE «LE FILM QUI A LES MEILLEURES CRITIQUES DE L'ANNÉE!» ENTERTAINMENT WEEKLY «VERSION ORIGINALE ANGLAISE» DU RÉALISATEUR DE ÉLECTION ET MONSIEUR SCHMIDT PLUS DE 100 CRITIQUES ENTHOUSIASTES ET ENCORE PLUS A VENIR DISTRIBUÉ PAR TWENTIETH CENTURY FOX.13 ANS + Mer., jeu.: 12h45 - 13h45 - 15h45 - 16h40 18h45 - 19h35 - 21h45 - 22h25 Tous les jours: 13h45 - 16h40 - 19h35 - 22h25 CINÉMAS AMC LE FORUM 22 PARLONS DE SEXE Du scénariste et réalisateur de «Gods and Monsters» «VERSION ORIGINALE ANGLAISE» «UN CANDIDAT INSTANTANÉ AUX OSCAR®» RICHARD ROEPER, Ebert & Roeper «\u2039KINSEY\u203a RISQUE D' ÊTRE LE FILM LE MIEUX REÇU DE SA CATÉGORIE DEPUIS \u2039UN HOMME D' EXCEPTION\u203a.LIAM NEESON LIVRE UNE INTERPRÉTATION DIGNE D'UN OSCAR®» Roger Ebert, CHICAGO SUN-TIMES «PUREMENT DIVERTISSANT AUTANT QUE PROVOCATEUR ET OPPORTUN.LA DISTRIBUTION ET LES INTERPRÉTATIONS SONT SANS REPROCHES.C' EST UN DES MEILLEURS FILMS DE L' ANNÉE.» Lou Lumenick, NEW YORK POST «UNE COMÉDIE DE NOËLFFFF, TIM ALLEN N'A JAMAIS ÉTÉ SI DRÔLE! UN CLASSIQUE FAMILIAL INSTANTANÉ!» Gorman Woodfin, CBN (THE 700 CLUB) «DÉLICIEUX.HILARANT.L'ESPRIT DE NOËL EST DE NOUVEAU PARMI NOUS!» FILM ADVISORY BOARD version française de CHRISTMAS WITH THE KRANKS CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE ÉLISÉE GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CONSULTEZ LES GUIDESHORAIRES DES CINÉMAS! AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE / SON DIGITAL GVISA GÉNÉRAL L'AFFICHE! À L'AFFICHE! Tous les jours: 13h40 - 16h25 - 17h15 - 22h10 13 / SON DIGITAL ANS + CINÉMAS AMC LE FORUM 22 3274966A ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS SPECTACLES L'empire de la lenteur CINÉMAS INDÉPENDANTS ACAPULCO GOLD Ex-Centris: 15h30, 17h15, 19h15, 21h15.BACH ET BOTTINE Ciné-Kid (Ex-Centris): 11h (à partir de 7 ans) CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 16h30, 18h.CHORISTES (LES) Cinéma Beaubien: 12h15, 14h15, 19h30, 21h30.CLEAN Ex-Centris: 14h30, 17h, 19h10, 21h30.EMBARQUEMENT IMMÉDIAT Ex-Centris - cinéma Parallèle: 15h05, 19h.LITTORAL Ex-Centris - cinéma Parallèle: 13h, 17h, 21h.MÉDECINE SOUS INFLUENCE Cinéma ONF: 19h.MÉMOIRES AFFECTIVES Cinéma Beaubien: 15h45.MENSONGES ET TRAHISONS ET PLUS SI AFFINITÉS Cinéma Beaubien: 11h45, 13h45, 17h45, 19h45, 21h45.NOUVELLE- FRANCE Cinéma Beaubien: 12h, 15h, 18h, 21h.TRAVAIL AU NOIR Cinémathèque québécoise: 18h30.DANSE KOLA NOTE (5240, av.du Parc) Compagnie Noche Flamenca: 20h.MUSIQUE SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Jacques Lacombe.Angela Hewitt, pianiste, Phillip Addis, baryton, Nikki Chooi, violoniste.Concerto pour piano no 1 (Mendelssohn), extraits de Faust (Gounod) et ll Barbiere di Siviglia (Rossini), Concerto pour violon (Sibelius), Till Eulenspiegel (Strauss).Concours OSM: 14h30.Dimanches en musique.Causerie pré-concert à 13h40.POLLACK HALL DE L'UNIVERSITÉ McGILL Nathan Berg, baryton.Au piano: Michael Mc Mahon.Sechs Gedichte (Schumann), Chants et Danses de la mort (Moussorgsky), Chansons de Don Quichotte (Ibert), Songs of Travel (Vaughan Williams).Ladies' Morning Musical Club: 15h30.SALLE TUDOR DU MAGASIN OGILVY I Musici de Montréal, et Natalie Choquette, soprano: 14h30.THÉÂTRE OUTREMONT L'Arche, opéra pour enfants (Isabelle Panneton): 15h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Anaïs Vigeant, contrebassiste, Marianne Humetska, pianiste.Bottesini, Koussevitzky, Tchaïkovsky.Série Début: 15h30.JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE La fin d'année amène décidément des événements de haut calibre.À l'instar du centre Vox honorant l'art de Hannah Collins, la galerie Leonard et Bina Ellen de l'Université Concordia fait les choses en grand avec une exposition, de groupe celle- ci, liant également vidéo et cinéma.Timelength, qui fait le pont entre deux générations (celle des Pascal Grandmaison et Gwen Mac Gregor à celle des Andy Warhol et Michael Snow), prend assise sur des pratiques célébrant la lenteur et l'inactivité.Ce n'est pas nouveau comme thématique (Vox, justement, s'est déjà penché sur le mode ralenti de nos vies), mais ça va bougrement à l'encontre des valeurs prônant la productivité et la brièveté des échanges.Le film Empire, de Warhol, par exemple, est un plan fixe sur l'Empire State Building d'une durée de.8 heures.Sa seule projection fait événement.Et révèle nos moeurs : Empire sera accompagné de musique live à la Sala Rossa, le 12 décembre.Il faut bien « animer », faire du spectacle.Mais à Concordia, les oeuvres vivent par elles-mêmes.Ce sont les portraits tourmentés de la vidéo Spin (l'image est instable), de Pascal Grandmaison, qui accueillent le visiteur.De l'extérieur, le passant non pressé pourrait déjà s'arrêter devant les Screentest, de Warhol, des portraits tout aussi troublants et placides (visages immobiles et sans expression).Deux autres installations de « jeunes » artistes sont incluses, l'une de Jocelyn Robert, l'autre de Gwen Mac Gregor.Up to Eighth Floor, de ce dernier, est emblématique.Dans ce triptyque, qui recompose la façade d'un immeuble, l'image qui semble invariable est en fait la plus accélérée : une demi-heure de coucher de soleil rendue en quelques minutes.Enfin, côté plus cinéma, deux minisalles ont été aménagées, l'une consacrée à Michael Snow(Au revoir décortique chaque mouvement d'un homme quittant son bureau), l'autre à Jeroen de Rijke et Willem de Rooij, un duo néerlandais qui présente un document choc.Timelength force, avec panache, le spectateur à s'arrêter.Première expo de Michèle Thériault, nommée directrice de la galerie plus tôt dans l'année, elle annonce un virage dans la programmation, qui se voudra plus ancrée dans l'actualité de l'art.TIMELENGTH, galerie Leonard et Bina Ellen, Université Concordia, 1400, de Maisonneuve Ouest, jusqu'au 22 décembre.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 848-2424, poste 4750.PHOTO TIRÉE DE LA VIDEO, AVEC LA PERMISSION DE L'ARTISTE Signée Hannah Collins, La Mina est une des oeuvres les plus fortes vues cette année à Montréal.Cette installation vidéo, d'envergure cinématographique, traite avec beaucoup de soin de la marginalité, à travers un regard sur une communauté gitane.JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Ça s'appelle La Mina, ça tient sur cinq écrans et c'est une des oeuvres les plus fortes vues cette année à Montréal.Cette installation vidéo, d'envergure cinématographique, traite avec beaucoup de soin de la marginalité, à travers un regard sur une communauté gitane.Signée Hannah Collins, artiste très internationale (elle travaille à Londres et à Barcelone, est représentée, entre autres, par la galerie Leo Castelli de New York et participe régulièrement aux grandes manifestations, genre Biennale de Venise ou Festival international du film de Rotterdam), La Mina est l'occasion d'une de ses rares présences en sol canadien \u2014 10 ans après sa dernière au Power Plant de Toronto.C'est grâce à ses liens avec la Catalogne que le centre Vox présente cette oeuvre.Tournée en banlieue de Barcelone, La Mina fait presque office de film par sa durée (40 minutes), son support (35 mm) et son approche très documentaire (certains passages sont quand même mis en scène).C'est dans sa forme, éclatée et disparate, qu'elle se distingue.Hannah Collins, née à Londres en 1956, bénéficie bien sûr de la frénésie suscitée par la vidéo monumentale, qui consacre les Shirin Neshat et Isaac Julien, celui-ci actuellement au Musée d'art contemporain.La présentation sur cinq écrans pourrait étourdir, voire rendre confuse la lecture.Au contraire.L'oeuvre gagne beaucoup dans la dispersion des points de vue (plus d'un angle souvent pour une même scène).Étonnamment, on arrive à suivre le déroulement du récit.Des récits en fait : un jeune qui rêve de cinéma, une dispute de rue atténuée par l'influence d'un aîné, concerts improvisés ; bref, le quotidien d'une communauté.La trame ne suit pas les conventions cinématographiques.Par bouts, chaque écran semble partir sur des pistes éloignées.Pendant qu'un ancien acteur de films western, sur deux écrans, évoque son passé, ailleurs, des guitaristes grattent leurs instruments.Impossible de tout regarder, et même d'écouter (ou de lire les sous-titres).Mais cette confusion, ce désordre narratif correspond à la vie.Tout finit par se joindre à la tombée du jour.Bien sûr, La Mina veut contrer les clichés autour des gitans, les montrer comme des gens normaux.Mais au-delà de ça, Hannah Collins s'est intéressée à cette cité catalane comme à un résidu de l'histoire, de la grande histoire occidentale.C'est sa signature, elle, dont le travail antérieur, davantage photographique, a déjà traité des ruines d'Auschwitz.Pour La Mina, comme pour ses autres volets gitans, telle la série Medir la Verdad (« évaluer la vérité »), dont un exemple est exposé dans la salle du fond, Collins cherche à évaluer les « restes du fonctionnalisme architectural », pour reprendre les termes de Vincent Lavoie, auteur du texte accompagnant l'expo.Les gitans, rejets de la société capitaliste, sont consignés à vivre dans des zones plus ou moins salubres.Dans La Mina, ce ne sont pas les campements aux abords de carrières que l'on voit, comme ceux que Hannah Collins a déjà photographiés, mais cette grisonnante tour d'appartements longeant une autoroute, point central de l'oeuvre, qui en dit beaucoup.Malgré tout, le misérabilisme n'est pas de mise ici.Et on sort de Vox la tête pleine d'images et de sons réjouissants.HANNAH COLLINS, Vox, centre de l'image contemporaine, 1211, boulevard Saint-Laurent, jusqu'au 11 décembre.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 390-0382.Mine d'or Un gars, unmicro, un bungalow PÉRUSSE suite de la page 1 Malgré la notoriété que les 2 minutes lui ont procurée, Pérusse ne rêve pas et n'a jamais rêvé de transposer son monde sur scène.Le contact direct avec le public, très peu pour lui.« Je suis essentiellement une bibite qui vit encastrée dans son studio.Faire de la scène, j'en suis incapable.J'ai trop le trac.C'est maladif.À l'école, les fois où j'ai fait du théâtre, j'ai voulu mourir.Être obligé de performer devant des gens qui ont les yeux rivés sur moi, ça me terrorise.Y'en a que ça motive, moi ça me paralyse.Le spotlight, très peu pour moi, je ne suis même pas à l'aise à la télé, alors.» Son ami Mario Ses gratifications, François Pérusse les trouve ailleurs.Dans la solitude de son studio, mais aussi parfois dans les centaines de courriels qu'il reçoit de gens de tous les âges et de toutes les conditions.Parmi ceux-là, il se souvient encore du message d'un psy lui annonçant qu'il faisait jouer ses CD dans l'aile psychiatrique d'un hôpital pour calmer les patients et faire sourire les moins souriants.« J'étais vraiment content de l'apprendre.Pour une fois, j'ai eu l'impression de faire quelque chose pour la société.» Cette dernière remarque ne veut pas dire que François Pérusse nourrit l'ambition de devenir travailleur social ou de se lancer en politique.La politique, il laisse cela à son ami Mario Dumont qu'il fréquente depuis maintenant 10 ans.Leur amitié est née par hasard, pendant la défunte émission Bla bla bla animée par Danielle Ouimet et diffusée le matin à TVA.Sachant que Dumont appréciait l'humour de Pérusse, l'animatrice a demandé à l'humoriste d'appeler Dumont en studio pendant l'émission.Le courant a passé.Quelques mois plus tard, Pérusse était invité à l'anniversaire de Dumont par sa conjointe.« On a eu énormément de fun, on s'est découvert plein d'affinités et on se fréquente depuis ce temps-là.Comme Mario est souvent sur la route et que la route c'est long, il m'appelle et on a de longues conversations au téléphone.C'est quelqu'un qui a un grand sens de l'humour, dont, à mon avis, il ne tire pas assez partie.En plus, il est d'une logique déconcertante.Disons qu'on est de la même famille d'esprit.C'est vrai que j'ai voté pour lui à la dernière élection même s'il m'avait dit que ça servait à rien et que stratégiquement, je devrais voter pour un autre parti.Mais c'est mon chum.» Cette amitié n'a pas empêché Pérusse de voter oui au dernier référendum.Mais impossible de lui coller une étiquette de souverainiste.« Je ne suis pas adéquiste ni souverainiste.Ma politique, c'est aimonsnous les uns les autres, et mon pays, c'est Saint-Bruno.Mais j'ai voté oui aux deux référendums.Et quand j'ai vu Monsieur Parizeau ben paqueté ce soir-là à la télé, avec ma blonde, on a pleuré.Vraiment pleuré, parce qu'il venait de tout scrapper.C'est à ce moment que je me suis dit que c'est pas tout de faire passer la souveraineté, encore faut-il qu'après ça soit bien fait et qu'il y ait pas une bande de tarlas qui viennent nous scrapper ça en administrant le pays comme des caves.» Le seul politicien à jouir de sa confiance pour l'instant est bien entendu Mario Dumont.« Si Mario était premier ministre, j'aurais pas peur de ce qu'il ferait.» Il ajoute toutefois: « En même temps, je ne connais pas les membres de son équipe.Il ne les a pas présentés.On ne parle pas vraiment de ces affaires-là.La seule chose qui m'inquiète, c'est que le jour où Mario va devenir PM, il va se faire rentrer dedans avec un 2x4.Il va être obligé de jouer la game.Je ne lui en voudrais pas, au contraire.Je trouve que ça prend énormément de courage pour se lancer en politique.Je ne dis pas ça seulement pour Mario, mais pour tous les politiciens, peu importe leur qualité.» D'ici 10 ans, si jamais Mario est élu à l'Assemblée nationale, cela changera sa vie, mais pas celle de son ami Pérusse.Aujourd'hui ou dans 10 ans, Pérusse se voit toujours au même endroit : tout seul dans son bungalow à faire des jokes et à les enfermer comme un génie dans une bouteille.Le produit sera peut-être différent, le rythme de travail moins exigeant, il y aura peut-être des enfants dans les parages ou peut-être pas, mais François Pérusse, lui, sera toujours le même.COURRIEL Pour joindre Nathalie Petrowski nathalie.petrowski@lapresse.ca Venez discuter du livre du mois\u2026 La Brûlerie d'Émile Ollivier Jean Fugère anime un débat : Comment, venus d'ailleurs, les exilés en viennent-ils un jour à se dire d'ici ?Ses invités : Georges Anglade, écrivain, Rima Elkouri, chroniqueure à La Presse, et Ariane Émond, directrice générale de Culture Montréal.Le dimanche 5 décembre, chez Renaud-Bray, succursale Champigny 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal.Dès 15 h 30 C'est un rendez-vous, dimanche prochain.3274739A DERNIER FILM Le Dernier Tunnel d'Éric Canuel sur DVD DERNIER LIVRE Da Vinci Code de Dan Brown DERNIER DISQUE Chris Whitley, Rocket House DERNIER SPECTACLE Martin Petit au Corona UN CHOC ARTISTIQUE La musique du bassiste Jaco Pastorius, mort comme un clochard après avoir connu un succès fulgurant dans le monde du jazz ARTISTE INSPIRANT Joni Mitchell et son frère, le producteur de disques, Marc Pérusse.S'IL ÉTAIT UNE VILLE Pergusa, en Sicile S'IL ÉTAIT UN PERSONNAGE DE FICTION L'homme invisible pour voir sans être vu. L'année CHA20P0L4EAU La meilleure façon de garder un bon souvenir de 2004 120 pages · 19,95 $ 3273931A \u203a Voir HUSTON en page 8 LECTURES Exceptionnel / Très bon FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter Rachel au pays de l'orignal qui pleure Claude Jasmin / roman / Page 8 FFF 1/2 Miracles en série Carol Shields / nouvelles / Page 9 FFF 1/2 L'Envers de la pilule Jean-Claude St-Onge / essai / Page 11 FFF Baisée Marie Raspberry / roman / Page 8 FFF CHANTAL GUY COLLABORATION SPÉCIALE Paris, on sort les crocs ou on n'en parle pas.Nancy Huston a «commis » un «ouvrage» de philosophie, Professeurs de désespoir, dans lequel elle palpe du testicule, pouvait-on lire dans Le Nouvel Observateur, qui demande: «Pour ou contre Nancy Huston ?» «Ça donne une bonne idée de la réponse des journalistes parisiens, tranche la romancière et essayiste, rencontrée juste avant sa séance de dédicace au Salon du livre de Montréal.Réduire cet essai au fait que j'ai soupesé les testicules de penseurs occidentaux pour vérifier qu'ils ne s'étaient pas reproduits, c'est quand même un résumé rapide du travail que j'ai fait.» Il faut dire que dans ce nouvel essai (son dixième, qui paraît en même temps que le recueil Âmes et corps ) elle ne tâte pas n'impor-te quel bijou de famille.Une famille de «néantistes» (un néologisme qu'elle préfère à «nihilistes») qui se veut sans mère, tient-elle à rappeler.Ce sont des joyaux de la pensée occidentale, à défaut d'être des jo-yeux : Schopenhauer, Beckett, Cioran, Bernhard, Kundera pour ne nommer que ceux-là.Mais elle choisit les appeler par leur «petit» nom, celui qui a précédé leur «immortalisation» dans le dictionnaire : Arthur, Samuel, Emil, Thomas et Milan.Comme leurs mères devaient les appeler\u2014celles que, précisément, ils ont voulu nier de leur existence, puisqu'ils refusent d'avoir été créés par quelqu'un d'autre qu'eux-mêmes et, par conséquent, la pro-création, qu'ils abhorrent tous.En somme, un sacerdoce littéraire, dans la plus belle tradition monothéiste, qui méprise la femme beaucoup trop proche de la nature et de la vie.«J'ai décidé de façon provocatrice d'avoir à leur égard une attitude maternelle et de les lire en tant quemère, explique Nancy Huston.Je ne lis pas tout le temps en tant quemère et là n'est pas mon identité unique, mais je trouvais que c'était défendable de dire que je lis aussi en tant quemère.» La «fessée» est d'autant plus cuisante que ces «professeurs de désespoir» sont des héros littéraires.Nous les admirons.Mais nous nous abîmons en eux en croyant nous élever, nous dit en substance Nancy Huston, qui ose parler de «grégarité élitiste» pour expliquer leur succès.«Rien n'en sort indemne, hormis notre propre regard hautain » écrit-elle, à propos de l'oeuvre de Jelinek, dernier prix Nobel de littérature.Cette littérature qui s'abîme aussi de plus en plus dans des sujets limités ou des formes arides, puisqu'on encense ces «mélanomanes » ( autre néologisme forgé par Huston ), jusqu'à Houellebecq ou Angot.Ce qui lui fait écrire : «Où allons-nous si c'est cela la littérature que nous consommons et récompensons ?Jusqu'où sommes- nous prêts à nous faire violence au nom sacro-saint de l'art ?Que se passe-t-il si le fait de piétiner ainsi méticuleusement l'humanité suscite notre approbation esthétique ?» Bref, au-delà d'une certaine limite, le nihilisme n'est plus valable.«Les gens qui veulent me tourner en dérision peuvent très facilement dire «la mère Huston , «elle pense qu'il faut une littérature de petits oiseaux et de petites fleurs, elle est pour la vie matérielle», enfin bref, des conneries comme ça, concède-telle, même si quiconque connaît son oeuvre romanesque sait très bien que là n'est pas vraiment sa tasse de thé.Pour lanuance Plusieurs trouveront Nancy Huston gonflée et tiqueront sur la forme de cet essai où l'auteure s'adresse constamment à une «Déesse Suzy» pour contredire Bernhard sur le fait qu'il est impossible au féminin d'être un sujet d'adoration divine, mais personne ne devrait lui reprocher d'avoir lancé un pavé dans la mare, comme on dit.NANCY HUSTON Contre les intégrismes du désespoir LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE Les amours cannibales Une jeune femme qui a un jour servi de modele a un auteur, prend aujourd'hui la plume (et le pseudonyme que lui donnait l'auteur !) pour raconter son point de vue de la meme histoire, ou presque.Quand l'autofiction se nourrit d'elle-meme.MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPECIALE Al'automne de 1989, a Montreal, alors que la Foire du livre bat son plein, une jeune secretaire dingue de litterature fait la rencontre d'un ecrivain de genie, Rejean Milrats, au stand de son editeur, Coeur d'Amerique.Audessus de leurs tetes, c'est le coup de tonnerre, le ciel qui se dechire, les eclairs de desir, le coup de foudre.La lectrice achete le roman de Milrats, tout jeune mais deja aureole de gloire, et lui demande une dedicace.L'ecrivain inscrit : A Mar i e -Raspbe r r y, So l e i l de novembre .C'est le debut d'une fulgurante histoire d'amour.Marie Raspberry est aux anges, elle a conquis le coeur de cet homme qui est, a 24 ans a peine, incontestablement un genie .Elle croit en lui comme on croit en Dieu.Grace a lui, suppose- t-elle, elle pourra enfin liberer ses propres muses et se mettre a ecrire, ce qu'elle fait.Elle abandonne son boulot de secretaire dans un bureau de medecins du centre-ville, abandonne son colocataire pour s'en aller vivre aupres de Milrats, quitte a partager le meme toit que ses excentriques amis.La vie est belle, trop belle, si belle que lorsque Marie Raspberry apprend qu'elle partage l'amour de Milrats avec une certaine Josyane, elle refuse tout simplement d'y croire.Et c'est le debut de la fin, le chateau qui s'ecroule.Marie Raspberry et son editeur, Jacques Lanctot, auraient pu emprunter a Raymond Queneau sa fameuse exergue au Dimanche de la vie : Les personnages de ce roman etant reels, toute ressemblance avec des individus imaginaires serait fortuite.Mais ils ont prefere y aller d'une variante un peu moins humoristique : Toute ressemblance avec des personnes ou des personnages ayant deja existe est le fruit du hasard , est-il ecrit au debut de Baisee.Petite phrase anodine qui devrait nous mettre la puce a l'oreille.Car voila, Marie Raspberry ressemble comme deux gouttes d'eau a un personnage ayant deja existe.Il est meme impossible de parler de Baisee, de Marie-Francoise Taggart alias Marie Raspberry, sans parler de Valium, de Christian Roy, alias Christian Mistral.Paru en 2000, 10 longues annees apres Vautour, Valium mettait en scene, entre autres personnages, Marie-Raspberry Scott, jeune auteure en herbe avec qui Mistral le narrateur entreprenait une liaison passionnelle, a l'automne de 1989.En fait, Baisee raconte, a tres peu de choses pres, la meme histoire que Valium, mais du point de vue de Marie Raspberry (avec trait d'union chez Mistral, et en deux mots chez Taggart).Et l'on ne saurait trop recommander de lire ou relire Mistral avant d'entreprendre la lecture de Baisee.Et de s'amuser a comparer les deux autofictions.L'exercice est fascinant.Alors que le Mistral de Valium cohabite avec Elvire, puis Leo et son fils Jeep, Milrats cohabite avec Evline, Gabrielo, et son fils Popol.Miklos, l'amant hongrois dans Valium, s'appelle ici Miklodus et vient de quelque part dans les pays de l'Est .Dans Valium, le premier rendez-vous entre l'auteur et sa lectrice aura lieu au Grand Cafe.Dans Baisee, c'est aux Grandes Balivernes.L'amante rivale, chez Mistral, s'appelle Jo Genet, et chez Taggart, Josyane Jolicoeur.Parfois, l'auteure de Baisee emprunte a Mistral les noms qu'il s'amusait a deformer dans Valium (la revue Taxi pour parler de la revue Stop, ou ont ete publiees ses premieres nouvelles), ou de nouveaux derives (le magazine Nuit Blanche, rebaptise Insomnie, chez Mistral, devient Insomniaques chez Taggart).Mais dans les deux romans, Mistral, auteur de Vamp, et Milrats, auteur de Tarentule, habitaient rue Robin avant d'emmenager dans un appartement plus grand que l'on baptise La Pompe , ont tous les deux 24 ans quand parait leur premier roman, et ecrivent, a un trait d'union pres, la meme dedicace sur la page de garde de leur livre : A Marie Raspberry, Soleil de novembre .En ecrivant son roman dans le sillage d'un autre, Marie-Francoise Taggart s'exposait, c'est inevitable, aux comparaisons.La creature a-telle surpasse son createur ?La muse a-t-elle surpasse le maitre ?Peu s'en faut.Ce deuxieme roman de Taggart (Paye moi une bouffe, poete, est paru en 1990), est un concerto pour flute seule, celui de Mistral, un choeur pour voix mixtes .la sienne, celle de ses deux amantes, celle de ce doux dingue de Leo, et celle, lointaine, de Fantasio (Fantastico, dans Taggart).Dans le roman de Mistral, chaque chapitre est un ruisseau qui se jette dans le meme fleuve, tout concourt a nous porter vers la tragedie finale.Dans celui de Taggart, tout ce qui se passe en dehors du coup de foudre et de la relation amoureuse, notamment les scenes au bureau de Marie, les relations avec les autres secretaires, les rates de la photocopieuse, les crises du patron, les conversations de cuisinette d'employees, sont, helas sans interet.Le petit suspense de la fin, amusant, mais mal developpe, semble plaque sur l'ensemble.Et si les scenes erotiques sont particulierement reussies, la plupart arrivent mal a s'enchasser dans l'ensemble, quand elles ne paraissent simplement injustifiees (comme ce long fantasme de la secretaire qui s'ennuie).C'est lorsque l'auteure exprime la passion ivre qui habite son personnage, que son style prend son envol, que l'histoire decolle enfin.Quand elle la fait evoquer l'extraordinaire pouvoir de fascination qu'exerce sur elle l'ecriture de Milrats, meme si elle lui reconnait une propension a l'exces.Il y avait parfois une foison de mots si dense, tant d'adverbes agglutines aux verbes rares qu'on avait envie de secouer le bouquin dans les airs, legerement, pour en faire tomber l'excedent, comme on ferait avec un pinceau de maquillage apres l'avoir impregne de poudre.Roman inegal, porte par une voix qui cherche le bon ton, hesitant entre la derision et la detresse (rappelons que l'histoire de Baisee, comme celle de Vamp, se termine par un vrai drame), la legerete et le tragique, Baisee reste un livre fascinant pour quiconque s'interesse au phenomene de l'autofiction.Et aura, en prime, le merite de nous inciter a relire l'oeuvre de Mistral (reeditee, rappelons-le, en Boreal compact), et de constater a quel point le romancier nous manque.FFF BAISEE Marie-Francoise Taggart Lanctot editeur, 2004, 292pages FFFF VALIUM Christian Mistral Boreal Compact, 2004, 377 pages Marie Raspberry aurait pu emprunter a Raymond Queneau sa fameuse exergue au Dimanche de la vie : Les personnages de ce roman etant reels, toute ressemblance avec des individus imaginaires serait fortuite.Contre les integrismes Une brique legere de Claude Jasmin HUSTON suite de la page 1 Un pave pertinent, d'une grande actualite, qu'on soit d'accord ou pas avec ses conclusions.Et tout a fait coherent dans l'oeuvre de Huston, en ligne directe avec Journal de la creation, qui abordait deja la question il y a plus de 20 ans.Je publie depuis plusieurs annees et j'ai quand meme l'habitude qu'on mentionne mes publications.Alors j'en conclus que j'ai frappe juste, note-t-elle pour expliquer le quasi-silence de la grande presse parisienne.Ils preferent que ca ne suscite pas la discussion.Je veux dire, ma table des matieres, c'est la liste de leurs idoles, donc c'est logique.Ils ne pourraient plus continuer de faire l'eloge de ces auteurs s'ils trouvaient que c'est un bon livre.Ils gardent la forteresse.Une forteresse de l'edition ou etre a l'ecoute de la poubelle est le nouveau mot d'ordre, selon une anecdote que Nancy Huston aime bien raconter.Avec beaucoup d'humour .et, oui, de la condescendance maternelle .l'essayiste s'attaque a des monuments litteraires non pour leur reprocher leur talent (certains ont aussi ete, de toute evidence, ses professeurs), mais leurs feux croises d'idees semblables qui ont faconne notre regard sur le monde depuis un demi-siecle.Notre facon de juger la profondeur.A la limite, ce que Nancy Huston ecorche n'est pas tant ces auteurs que notre fascination pour eux.Notre obeissance absolue a leurs desespoirs intimes qu'ils ont eriges en verite absolue de la condition humaine.C'est justement le mot absolu qui explique tout et c'est la qu'il faut faire le rapprochement avec la religion.C'est que le bonheur n'est jamais absolu.Le bonheur, c'est un instant, des jours, parfois des mois, mais c'est toujours mitige, on ne peut pas compter dessus, on ne peut pas le vivre des annees de facon ininterrompue, c'est une chose fragile.Mais le malheur peut etre absolu.On peut compter dessus.Si on decide que c'est ca la verite, on peut se fier a cette verite-la, elle ne bougera pas.Et les gens ont une soif d'absolu.Le noir est absolu et la couleur est relative.La lumiere montre la variete des couleurs, c'est ca justement l'idee de la nuance, qui devrait etre le but de l'art.Mais pour eux, ce ne l'est pas.Ce qui me frappe, c'est leur cote extreme.Dans Professeurs de desespoir , Nancy Huston en profite une fois de plus pour rendre hommage a Romain Gary, celui qui lui a redonne la foi en la forme romanesque .avec, notamment, Pour Sganarelle .comme elle l'explique aussi dans Ames et corps.Le roman francais, au moins depuis la Guerre, sinon avant, rase les murs ! s'exclame-telle.Il ne se pose pas de grands defis, que de petits defis qui relevent de l'orfevrerie, du style extremement raffine.On a tourne le dos a cette fonction noble du travail romanesque, qui nous plonge dans une autre realite, qui nous oblige a etre plus grands que nous-memes en se glissant, en creant des personnages, dans la peau des autres.Paradoxalement, Gary est le seul, avec Jean Amery, a s'etre suicide, dans la galerie de melanomanes de Huston, qui pourtant pronent constamment le suicide ou l'extinction de l'humanite.Ca prouve que Romain Gary n'etait pas un professeur de desespoir , croit Nancy Huston.Pourquoi ?Parce qu'un professeur de desespoir s'aime trop.Il est trop dans la complaisance, dans cette image presque divinisee de lui-meme.Par opposition, la maternite est recalee au rang d'horreur absolue pour ceux qui voient l'autosuffisance comme le grand ideal.A la limite, on n'en parle que pour la denoncer, et Nancy Huston croit ainsi que la maternite est le grand in-pense de notre civilisation.Les femmes vivent probablement une autre metaphysique que les hommes parce qu'elles sont incluses differemment dans le temps, dit-elle.Ces auteurs se sont crees du centre a partir de cette notion tres singuliere de liberte, de solitude totale.D'une certaine facon, cette attitude adolescente, qu'ils appellent la liberte, est une position tres pauvre, parce qu'ils restent au debut de la vie adulte, au moment ou les possibilites sont infinies.Pour moi, le vrai courage, ce sont les engagements, le courage de faire des choix, c'est ce qui fait de vous un etre humain riche, capable de recevoir, de donner et d'echanger, d'avoir une histoire.A mon avis, ils ne sont pas courageux, mais pusillanimes.Tout de meme, elle avoue que si elle avait a refaire Professeurs de desespoir, elle changerait peut-etre le mot professeur.Parce qu'il implique qu'ils enseignent et que la lecon que nous tirons de leurs livres est le desespoir ; et ca, ce n'est pas vrai.Ils professent le desespoir, et souvent, ils le font de telle facon qu'on en tire la lecon contraire, on est revigore, galvanise, on rigole, on se sent inclus dans un groupe elitiste special qui comprend toute la tragedie de l'existence humaine.On n'est pas comme les masses grouillantes qui font des choses normales, ordinaires, banales comme se reproduire ou aimer la vie ! (rires) Ou aimer le desespoir, aurait- on envie d'ajouter, puisque aimer la vie n'est plus aussi banal qu'auparavant.Du moins en litterature.FFFF PROFESSEURS DE DESESPOIR Nancy Huston Actes Sud/Lemeac FFFF AMES ET CORPS, TEXTES CHOISIS 1981-2003 Nancy Huston Lemeac/Actes Sud REGINALD MARTEL C'etait fini, le roman.A jamais, disait- il.Claude Jasmin a eu la bonne idee de changer d'idee.Voici Rachel au pays de l'orignal qui pleure.Une brique vraiment, 300 pages, mais legere.Grave, aussi.Le romancier ne cherche pas a se cacher derriere ses personnages.Ce Vincent retraite qui, au bord d'un lac, polemique ici ou la et cultive ses emerveillements, c'est bien lui.Et Rachel sa femme, qui fut realisatrice a la television, on devine un peu qui l'a inspiree.Elle a le beau role dans ce polar qui ressemble a un commentaire sur l'etat du monde, ou inversement.Un role de victime si on veut, qui sait pourtant se defendre.Un comedien sans talent, Albert (cessons ici de chercher les sources d'inspiration), harcele Rachel depuis longtemps.Pour l'amour, pour des roles importants.Elle a dit non et non encore.Les douzaines de roses arrivaient regulierement, comme les comptes des fournisseurs, et elles etaient recues avec le meme enthousiasme.Fru, l'Albert.Il machine un enlevement et voici notre Rachel bientot en route vers le Mexique, ou elle va diriger un navet mettant en vedette, premier role et scenario, devinez qui.Cette histoire est-elle plausible?Quelle question! La fiction peut tout et l'essentiel n'est pas la.Claude Jasmin a longtemps pratique l'historiographie familiale.Le romancier n'a pas perdu la main.Il mene son recit avec une verdeur, un naturel, une efficacite peu communs.Il a aussi tout plein d'astuces.Son heroine est a moitie morte ?Qu'a cela ne tienne.Elle quitte mentalement la cambuse ou elle agonise et elle se promene dans les rues de son village.Elle voit tout et elle entend tout et personne ne la voit ni ne l'entend.Une serenite nouvelle l'habite, celle qu'on prete aux morts.Elle a beaucoup change, constate-t-elle.Peutetre.Elle se sent detachee de la realite .on le serait a moins.Elle est loin cependant d'etre indifferente au monde des vivants.L'injustice, l'inegalite, la guerre, elle n'accepte pas, semblable en cela a Vincent, l'homme de sa vie.On devine que l'ecrivain a utilise la desincarnation de Rachel pour faire mousser les causes qui lui tiennent a coeur.L'ennui, c'est qu'il en abuse.Il aurait pu resserrer les 50 premieres pages et entrer ainsi plus rapidement dans le suspense.Rendu la, on n'a pas envie de decrocher.Cette ecriture presque toute au present, ces descriptions precises de la nature ou de la ville, ces portraits criants de verite, cet onirisme dechaine, tout cela impose un rythme soutenu.On approche a regret de la fin du roman, essouffle et ravi.Et puis voici le denouement et la, on se dit qu'on aurait pu, qu'on aurait du le prevoir.Eh ben non ! FFF1.2 RACHEL AU PAYS DE L'ORIGNAL QUI PLEURE Claude Jasmin, Editions Trois-Pistoles . LECTURES ESSAI Une musulmane canadienne pourfend l'islam SOPHIE BROUILLET COLLABORATION SPECIALE Nous sommes en crise et nous entrainons le monde entier avec nous.Tel est le cri d'alarme que lance la musulmane canadienne Irshad Manji, sous la forme d'une ardente lettre ouverte a ses coreligionnaires et a l'Occident.Ce dernier, croit-elle, se laisse endormir par l'idee de multiculturalisme et est trop tolerant face a une religion aux tentations totalitaires.Musulmane mais libre est la traduction francaise de Trouble with Islam, un brulot lance l'an dernier au Canada anglais, ou il a fait beaucoup de bruit et valu des menaces a l'auteure.Mme Manji est nee en Ouganda et a ete elevee dans l'islam.Sa famille ayant emigre en Colombie-Britannique durant son enfance, elle a vecu un veritable choc de civilisations.Le principal point de rupture entre le monde musulman et l'Occident, c'est, selon elle, la liberte ou non de penser.A l'ecole coranique, on reprimait avec mepris ses questions sur l'islam.Quelle surprise de voir celles qu'elle posait sur Jesus encouragees a l'eglise ou son pere la faisait garder, et les debats d'idees promus par le directeur protestant de son college ! Plus tard, le contact avec le judaisme lui a procure le meme etonnement : interpretations diverses de la Torah, debats incorpores dans le Talmud, decouverte d'Israel ou une presse libre se permet d'attaquer la religion.En comparaison, dit Manji, la plupart des musulmans considerent le Coran comme un document a imiter plutot qu'a interpreter , car ils y voient un livre parfait, dicte entierement par Dieu plutot qu'inspire.Cette interdiction de penser est, selon elle, le veritable probleme du monde musulman.Est-ce une coincidence que les economies et la situation des droits de l'homme de pays musulmans tres divers se trainent loin derriere le reste de la planete ?Qu'il se soit traduit moins de livres dans le monde arabe en mille ans qu'en Espagne chaque annee ?Que la majorite des refugies du monde viennent de pays islamiques et que la plupart des guerres civiles opposent des musulmans ?Nous ne pouvons pas imputer nos maux les plus ignobles a l'Amerique, lance Irshad Manji.Le cancer commence chez nous.Elle refute l'idee que le 11 septembre n'ait rien a voir avec l'islam dominant.Elle qui demeure croyante et se nourrit d'une lecture personnelle du Coran, pense qu'un islam ouvert jusqu'au 13e siecle s'est durci par la suite, sous l'effet d'alliances politico-religieuses et aussi du choc de voir l'Occident surpasser le monde arabe.C'est la racine nevrotique du fondamentalisme , dit-elle de ce dernier facteur.Aujourd'hui animatrice de television au Canada anglais, Irshad Manji implore les Occidentaux d'oser poser des questions aux musulmans.Votre silence ne nous rend pas service , clame-telle, denoncant notamment un antiamericanisme qu'elle juge anesthesiant.En observatrice avertie de la scene internationale, la jeune auteure avance aussi des pistes dignes de consideration pour une reforme du monde musulman : il faut donner du pouvoir aux femmes, les grandes perdantes dans l'islam, qui ont donc interet a faire changer les choses.Elle propose des micro-prets venus de l'etranger pour leur permettre de se lancer en affaires.De maniere generale, poursuitelle, il faut tout faire pour creer de la richesse a la base des societes musulmanes afin d'enrayer la mentalite de mar t y re qui y regne.Enfin, le financement de televisions locales aiderait au pluralisme, sans qu'on puisse accuser l'Occident d'intrusion.Il est urgent de guerir l'islam, dit Manji, en soulignant que la denatalite de l'Ouest contraste avec un baby-boom des musulmans arabes.Un livre choc, heureusement egaye par le sens de l'humour de l'auteure.Il bouleverse aussi par sa sincerite et son courage.FFFF MUSULMANE MAIS LIBRE Irshad Manji, Grasset, 355 pages Le principal point de rupture entre le monde musulman et l'Occident, selon Irshad Manji, c'est la liberte ou non de penser.PHOTO FOURNIE PAR TVONTARIO La musulmane canadienne Irshad Manji Tel a lance un cri d'alarme, sous la forme d'une ardente lettre ouverte a ses coreligionnaires et a l'Occident.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LITTERATURE DU VOISIN La douce verite de Carol Shields DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE Decedee en 2003, Carol Shields a fait toute sa carriere en dessinant la vie des femmes.Le monde de Shields, et celui de ses personnages aussi, est un lieu sur et rassurant, ou la famille prime, ou les mariages sont prudemment construits et faits pour durer.Le coup de theatre, l'eclat soudain de la violence .tres peu pour elle.Elle avait plutot le don d'observation des petits moments-cles qui, dans la vie d'un couple, permettent a chaque partenaire de se definir.Son dernier roman en francais, Bonte, est sorti l'an dernier.Mais aujourd'hui, grace au petit editeur montrealais Triptyque, et au traducteur Benoit Leger, professeur au departement d'etudes francaises de l'Universite Concordia, Shields revient parmi nous avec un recueil de courts textes, Miracles en serie.Ces miracles-la datent de 1985, ce qui prouve qu'un vieux livre peut revivre grace a la traduction.En exergue, Shields place une citation du poete americain Emily Dickinson : Tell all the truth but tell it slant .dites toute la verite mais pas crument.Dans ce recueil, Shields livre de petits moments de vie, et la forme de ses nouvelles s'apparente plus au recit francais qu'au short story anglais, car ce dernier tend a une fin plus dramatique, definitive, qui change le destin des personnages.L'approche de Shields, elle, est plus delicate.Shields sonde le coeur des gens avec une douce ironie.Dans la nouvelle qui donne le titre au recueil, en parlant d'un couple, Shields ecrit : Carl et elle font partie d'une generation qui croit qu'il ne devrait pas y avoir de secrets entre epoux.On pourrait croire a l'ironie, mais dans le cas de Shields, on sent qu'elle fait partie de cette generation aussi, qui appuie cet ideal (ou est-ce un cauchemar ?) d'une vie sans secrets.Pourtant, chaque femme cache un secret.c'est peut-etre ca la philosophie de Carol Shields en tant qu'ecrivain.Lorsque la voisine, Mrs.Turner, tond son gazon, elle saute dans un vieux short, noue dans le dos les cordons de son corsage, enfile des sandales de caoutchouc, puis cache sa tignasse rousse et grise dans une vieille casquette de golf.Rien de tres appetissant, surtout que son corps parait moins bien dans un short, et il fait peur aux jeunes filles en fleurs qui passent.Mais derriere cette image, il y a une femme qui a mange un chrysantheme frit dans l'huile a Tokyo, qui a voyage, qui n'a peut-etre pas tout compris de ce qu'elle a vu, mais quand meme.C'est ainsi que Shields termine : Il faut voir Miss Turner quand elle tond le gazon ; pareille a un bijou, elle brille.La famille est incontestablement la cible preferee de Carol Shields.La famille, et les negociations quotidiennes qu'elle doit faire pour fonctionner dans la quietude.Comme toujours lorsque je suis mal a l'aise, dit l'une des narratrices de Shields, je sors et vais acheter un cadeau a ma mere.D'ou vient ce malaise, et comment le cadeau pourrait-il le calmer ?Nous n'apprenons rien sur la genese du mal ; il est la, tout simplement, comme le noyau dans le fruit.Le voyage en Europe fournit le pretexte a plusieurs nouvelles du recueil.Chez Shields, il s'agit souvent de couples a l'age de la retraite qui partent pour l'Europe, un peu incertains de leur statut de touristes intellectuels .car ce sont souvent des profs qui prennent l'avion pour admirer les vieilles pierres.Le voyage deroute, les personnages perdent le poids reconfortant de leurs habitudes.On se leve dans une chambre etrange, ou apparemment un fantome rode (comme dans la nouvelle intitulee Braconnage.Ou bien, on est expose a des mets etranges, aux langages dont on ne saisit rien.Une breche s'ouvre dans les habitudes, mais les personnages de Shields sont fideles a leurs vies.Ils se hatent de corriger toute atteinte a la normale.L'exception a cette regle se trouve dans Scenes, une nouvelle qui louvoie et qui substitue l'etrangete a l'habitude.Frances, une prof d'universite, raconte quelques scenes qui sont habitees par l'etrangete.Sa grand-mere meurt, lui laissant un meuble a miroir : Pour Frances, ma vaniteuse petite- fille , ecrit-elle.Plus tard, elle touchera a la bouche de sa grandmere morte : C'etait comme enfoncer le doigt dans une balle de caoutchouc , note-t-elle.Une bibliothecaire fait l'eloge des livres, mais se lamente du mauvais traitement que certains leur infligent, comme utiliser une tranche de bacon comme signet.A son sommet, Carol Shields explore le surrealisme du quotidien.Le reste du recueil raconte les efforts que l'on fait pour garder l'etrangete au loin, pour mieux proteger l'ordre des choses.Les deux faces de la meme medaille.FFF1.2 MIRACLES EN SERIE Carol Shields, traduit par Benoit Leger.Triptyque, 232 pages PHOTO REMI LEMEE, LA PRESSE c David Solway est a la fois un poete, un Anglo et un Juif.L'Anglo qui a gagne le Prix de la ville de Montreal DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE Lorsqu'on a annonce que l'heureux gagnant du Grand Prix du livre de Montreal se nommait David Solway, pour son recueil de poesie Franklin's Passage, plusieurs se sont interroges sur l'identite de l'ecrivain.C'est qui, Solway ?se demandait-on.La question n'est pas bete, car David Solway appartient a deux categories qui se retrouvent souvent dans l'obscurite quand vient le moment de distribuer des prix litteraires au Quebec : c'est un poete, et oui, c'est un Anglo.C'etait aussi un voisin de Gaston Miron.Les deux ont grandi a Sainte- Agathe, dans les Laurentides, a quelques rues l'un de l'autre.Mais ils ne se sont connus qu'a Quebec, en 1989, lors d'une rencontre d'ecrivains.Un soir, au grand etonnement des invites europeens, quand Miron a sorti son harmonica, Solway a pris des cuilleres pour battre le rythme.Le reel a ete lance .et une amitie aussi.Les deux ecrivains se sont mis d'accord sur un principe important, que Solway a evoque lors de la remise du Prix le 15 novembre.Nous parlons une troisieme langue, a-t-il rappele a la foule a l'hotel de Ville, la langue de la poesie.Et ensuite Solway a cite un vers de Hector, de Saint-Denys Garneau : Je veux ma maison bien ouverte.Mais ceux qui connaissent David Solway savent bien qu'il ne tentait pas d'impressionner la foule, ni de lui montrer qu'il est un bon Anglo de service.En premier lieu, comme beaucoup de poetes de langue anglaise au Quebec (on pense a Irving Layton, a Leonard Cohen), c'est un Juif, et etre juif, c'est loin d'etre anglo .tres loin, meme.En plus, Solway, c'est un homme qui aime la controverse, et qui en suscite avec grand plaisir.Dans ses textes polemiques, il s'attaque aux poetes et aux ecrivains qui seraient, selon lui, indignes du nom (Anne Carson, c'est sa cible preferee, par exemple).Il peste contre le manque de pedagogie serieuse dans son essai Education Lost.Il explore son amour de la culture grecque, et dans le meme livre (The Anatomy of Arcadia), il se moque joyeusement des Grecs d'aujourd'hui.C'est un joueur de tours : il est alle jusqu'a inventer un poete grec qu'il a ensuite traduit, mais en realite, ce poete grec n'est nul autre que lui-meme.Ce n'est pas du tout un comportement typique d'Anglo (c'est quoi, au juste un Anglo ?) Pedagogue, prof a la retraite du John Abbott College, poete, le dernier des playboys juifs, David Solway n'arrete pas de nous etonner.Je n'ai aucun doute que le recueil Franklin's Passage merite le Prix de la ville de Montreal.P R E S E N T E THEATRE ST-DENIS www.tel-spec.com 514.790.1111 12P . LECTURES Photo : ©www.jimmyhamelin.com Moi, si j'étais une fille de Marc Boilard 160 pages - 19,95 $ «Sans prétendre détenir la vérité\u2026, il a décidé de dire aux filles célibataires ce qui clochait dans leur comportement.Quoi de mieux qu'un autre célibataire pour parler à d'autres célibataires ?» Valérie Lessard, Le Droit, le 13 novembre 2004.3273823A Comment traduire senior?PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉS QJe sais que le mot senior ajouté au nom d'un professionnel est un anglicisme, par exemple, un tel, ingénieur senior.Quel est le terme qui conviendrait le mieux pour désigner un professionnel expérimenté ?Charlotte Desroches ROn traduit généralement senior, dans ce contexte, par premier, principal, confirmé, expérimenté ou chevronné.Mais ces différentes épithètes ne sont pas rigoureusement synonymes.Les termes premier et principal indiquent un « rang supérieur dans une hiérarchie ».Les adjectifs chevronné et expérimenté désignent plutôt une « personne confirmée sur le plan professionnel ».> Le vice-président principal.> Le premier secrétaire.> La première vendeuse.> Un ingénieur confirmé.> Un médecin expérimenté.> Une architecte chevronnée.Soulignons au passage que le mot sénior désigne correctement et depuis longtemps en français des « sportifs adultes ou une ligue leur étant réservée ».> Il a repris sa carrière chez les golfeurs séniors.> La Ligne sénior du Québec.On aura sans doute remarqué que j'ai employé la graphie sénior.Le Petit Robert la conseille et la nouvelle orthographe la recommande.Je crois que le temps est venu de l'adopter.L'exception et la règle QDans un article de Marie Allard portant sur la fermeture d'écoles à la CSDM, j'ai lu cette phrase qui me laisse un peu perplexe : « .c'est l'exception qui confirme la règle.» Ne devrait-on pas utiliser le verbe infirmer au lieu de confirmer ?Chi-Thanh Quach RLa formule consacrée est l'exception qui confirme la règle.Je peux comprendre votre perplexité, car cette affirmation semble absurde de prime abord.Mais elle veut dire qu'il n'y aurait pas d'exception s'il n'y avait pas de règle, ou encore, qu'il n'y a pas de règle sans exception.Cette formule est souvent employée en français, langue qui comprend de nombreuses règles et de non moins nombreuses exceptions.Et ce.QQue pensez-vous de l'expression et ce, qui semble à la mode en ce moment et qui quelquefois me tombe sur les nerfs ?Par exemple, on entend à la radio des phrases comme celle-ci : Nous avons déjeuné sur l'herbe et ce, dans un décor champêtre féerique.Dans cet exemple, le et ce est inutile.Quand il apporte plus de clarté, pourrait-on dire et cela ?Il me semble que ça sonnerait mieux, à mes oreilles du moins.Anne-Marie Bilodeau, Montréal RC'est un tic de langage.Moimême, j'en suis parfois atteint.Cela dit (autre tic), dans l'exemple que vous donnez, il est certain que le et ce est inutile.Quant au et cela, il n'ajouterait rien de plus.Ça a surpris QEn lisant votre chronique de dimanche dernier, petit pincement (mais c'est pas grave).Dans vos petits pièges, vous écrivez qu'il aurait fallu écrire : Ç'a du sens.Je vous soumets très humblement qu'il aurait fallu écrire : Ça a du sens.En d'autres termes, apparemment (vérification faite dans le Multidictionnaire) il n'y a pas d'haplologie (ou d'élision) avec le mot ça devant une voyelle.Je conviens avec vous que ça nous change « de d'autres » petites erreurs qu'on entend constamment au Québec.Stéphane Dupuis, Montréal RDans le Dictionnaire des difficultés du français (Usuels du Robert), Colin écrit que l'élision est rare après ça, mais il ne la condamne pas.Il en donne d'ailleurs un exemple tiré de Duras (Ç'avait éclaté.).Colin ajoute que les auteurs évitent généralement la séquence ça a par souci d'euphonie.Ouf ! J'ai eu chaud.Signer un joueur QQue penser de l'usage abusif et, sauf erreur, inapproprié des expressions licence (comme par exemple licence du CRTC) et signer un joueur, que l'on entend et lit abondamment ces temps-ci ?Pierre Paul Scott RLe terme licence est tout à fait correct au sens d'« autorisation administrative permettant, pour une durée déterminée, d'exercer une activité réglementée ».Pour ce qui est de signer un joueur, c'est effectivement un calque de to sign a player.En français, on dira plutôt qu'une équipe a embauché un joueur, qu'elle lui a fait signer un contrat ou qu'elle l'a mis sous contrat.Quand un joueur fait déjà partie d'un club, on dira que son contrat a été renouvelé.Bonnes et mauvaises pubs L'OLF a lancé récemment un « concours par lequel la population québécoise est invitée à signaler les publicités qui se distinguent par la qualité de leur français ».On trouvera le bulletin de participation sur l e s i te de l' o r g a n i sme (www.oqlf.gouv.qc.ca).Il s'agit d'une excellente initiative.Pour ma part, comme j'ai l'esprit un peu tordu, j'incite plutôt les lecteurs à me signaler les publicités qui se distinguent par la mauvaise qualité de leur français.Vous verrez, c'est beaucoup plus facile.Prenez les récentes réclames de Bell : on vous offre l'interurbain pour des pinottes ou une cordée de nouveautés pour s'encabaner ; on vous apprend que l'Internet arrête pas de s'emmieuter.Ses concepteurs me répondront sans doute que ce qui est drôle, c'est d'utiliser des mots démodés pour annoncer des produits branchés.L'ennui, c'est que cette parlure est demeurée vivante.Ces pubs sont représentatives du Québec d'aujourd'hui ; elles nous montrent une nation dynamique qui se complaît dans son vieux canayen.Faites parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel à paul.roux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9.Le magazine de toutes les tendances MERCREDI dans La Presse LE BONHEUR D'OFFRIR COMMENCE ICI Ne manquez pas styles de vie | bien vivre | mode | maison | cuisine | 3274786A 3223294A 3274357A LECTURES Quand Big Pharma nous dore la pilule ANDRÉ NOËL En 1954, le docteur Jonas Salk met au point le vaccin contre la poliomyélite.En 10 ans, le nombre de cas de polio aiguë passe de 58 000 à 121 aux États-Unis.Un jour, le Dr Salk se fait demander qui détient le brevet de son invention.Il répond: « Personne ! Pourriezvous breveter le soleil ?» Le médecin américain suivait l'exemple de Wilhelm Röntgen, l'inventeur des rayons X.Cet Allemand, premier Prix Nobel de la physique, avait refusé de prendre un brevet, afin de faire profiter l'humanité de sa découverte.Aujourd'hui, seul le profit domine, explique Jean-Claude Saint- Onge, dans un brûlot dénonçant les pratiques de l'industrie pharmaceutique.« La cupidité n'a plus de limites », écrit-il.Des sociétés ont même breveté les cellules du cordon ombilical des nouveau-nés et les gènes du curcuma et du margousier.Pourtant, les propriétés biopesticides du margousier étaient connues des populations indiennes bien avant que les scientifiques ne les découvrent.Le sida fait trois millions de morts chaque année en Afrique.Des thérapies existent.Mais les grandes sociétés pharmaceutiques ont poursuivi l'Afrique du Sud pour avoir adopté une loi permettant l'importation de génériques et la fabrication de copies de médicaments brevetés antisida.Le Vatican a accusé l'industrie pharmaceutique de « génocide » à l'égard des sidéens.L'auteur français Philippe Pignarre affirme que l'attitude de l'industrie et des pays riches est, à cet égard, aussi immorale que l'esclavage.Mais pas besoin d'aller en Afrique pour constater l'immoralité de l'industrie pharmaceutique, ajoute M.Saint-Onge.Ici même, son puissant lobby est en train de menacer la survie du système de santé public.« De l'avis de certains spécialistes, entre 1992 et 2010, la protection des brevets au Canada coûterait entre 3,6 et 7,3 milliards de dollars aux consommateurs.» Au Québec, la part du budget consacrée aux médicaments dans les dépenses de santé a triplé entre 1980 et 2000.Cette hausse faramineuse se fait au détriment des soins directs à la population.En quatre ans, à la fin des années 90, les budgets des établissements du réseau québécois de santé ont diminué de 537 millions de dollars pendant que les dépenses en médicaments progressaient de 382 millions.L'industrie prétend que les médicaments font réaliser des économies.Mais est-ce vraiment le cas ?« Que nous coûtent les pratiques des multinationales qui font pression pour que leurs médicaments figurent sur les listes des produits remboursables par les gouvernements ?» demande M.Saint-Onge.Les compagnies pharmaceutiques réalisent des taux de profits records, explique M.Saint-Onge, qui a longtemps enseigné l'économie.Elles n'hésitent pas à mettre sur le marché des médicaments qu'elles savent dangereux.En conclusion, l'auteur fait plusieurs propositions.Selon lui, la recherche du profit devrait passer au second plan, derrière les besoins et la santé des citoyens.« À cette fin, le contrôle des prix devrait être renforcé ; seules les molécules essentielles et moins chères, lorsqu'elles sont équivalentes, devraient être remboursées par les systèmes de santé publics.Le monopole des médicaments devrait être sévèrement restreint en faveur de la production et de l'importation de médicaments sous licence ; les règles de déontologie des organisations professionnelles devraient avoir plus de poigne, et la publicité devrait être bannie et remplacée par une éducation objective sur les médicaments, produite par des organismes indépendants.FFF L'ENVERS DE LA PILULE Les dessous de l'industrie pharmaceutique Jean-Claude Saint-Onge Écosociété, 228pages Conte pour unmusée JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Historien de l'art et directeur du Musée national des beaux-arts du Québec, auteur de plusieurs ouvrages savants et de multiples expositions, John Porter se fait maintenant écrivain.Diseur de contes.Pour le sixième livre d'une série de livres pour enfants inspirés d'oeuvres de la collection du musée qu'il dirige, Porter s'est lui-même invité à en écrire l'histoire.Un geste de trop.Joséphine et le vieux sculpteur raconte l'histoire de Jean-Baptiste Côté (1832-1907), un artiste oublié du quartier Saint- Roch de Québec.Oublié, entre autres, parce qu'une part de son oeuvre a disparu.Gros défi donc que celui de publier un livre illustré sans la matière première.D'où l'originalité, et seule force, de cet ouvrage : faire appel à André-Philippe Côté, caricaturiste du Soleil, pour « boucher » les trous.Le récit, lui, colle trop à la réalité.Porter n'a pu vraisemblablement s'empêcher de faire dans le descriptif.Derrière ce conte qui met en scène une fillette béate devant les personnages en bois du sculpteur, se cache un parcours biographique des plus classiques.Avec comme finalité, croit-on, celle de faire visiter le MNBAQ, où est conservée « une modeste Adoration des bergers» d'un « certain » Jean-Baptiste Côté.L'auteur a manqué de recul.FF JOSÉPHINE ET LE VIEUX SCULPTEUR John Porter et André-Philippe Côté, Musée national des beaux-arts du Québec, 38pages 3257369A LE PÈRE NOËL EXISTE ! Offrez un abonnement à La Presse du lundi au dimanche pour 13 semaines.Seulement 50,18 $ (taxes en sus).PENSE AUSSIÀ VOUS ! En offrant La Presse en cadeau, vous recevrez GRATUITEMENT, à votre choix un de ces trois livres.Informez-vous de notre offre promotionnelle : (514) 285-6911 Interurbain (sans frais) : 1 800 361-7453 Valeur : 26,95$ Valeur : 26,95$ Valeur : 29,95 $ 137 .Tous les jours dans EN PRIMEUR, CE SOIR.Tous les jours dans LA NOUVELLE SOCIÉTÉ 3244848A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Entre le ténor et la basse, le baryton Phillip Addis, 27 ans, a trouvé sa voix.Une voix dont les accents plaisent assurément, car il vient de remporter le premier prix et huit des 12 prix secondaires à la finale du 65e Concours OSM, compétition ouverte aux concurrents de tout le pays, consacrée cette année aux cordes et au chant.Phillip Addis «Je ne peux pas imaginer vivre sans la musique.Elle touche quelque chose qu'on ne peut pas mettre en mots.» ANNE RICHER epuis sa fondation en 1940, ce concours est soutenupar d'importants mécènes et des bénévoles passionnés.Il s'agit d'un lieu privilégié pour les jeunes artistes qui lancent leur carrière.Phillip Addis participait à ce concours pour la première fois, bien préparé, en voix.Il s'y est rendu confiant et serein.«Je préfère l'expérience elle-même au résultat», dit-il.On doit rappeler que l'année dernière, il remportait le premier prix au Concours de concerto canadiens de l'Orchestre de Québec.Stagiaire à l'Atelier lyrique, il en est à sa troisième et dernière année, et doit désormais passer de nombreuses auditions pour poursuivre sa route de baryton.Le Concours OSM lui ouvrira certainement bien des portes.La Bottine Souriante Il est devenu soliste à tout juste 21 ans.On peut s'étonner qu'un jeune homme moderne à peine sorti de l'adolescence fasse de l'opéra.«Il y a beaucoup plus d'intérêt de la part des jeunes qu'onlecroitgénéralement»assure-t-il, enajoutant avec un sourire entendu que les jeunes ne sont pas toujours ce que l'on croit.Pour lui, toutes lesmusiques sont intéressantes, et il a en écouté beaucoup, qu'il s'agisse des Beatles, de pop ou même de folklore.Il gratte aussi la guitare, «mais maladroitement», insiste-t-il.Né à Port Colborne, en Ontario, le 25mai 1977, il a étudié la musique à l'Université Queen's de Kingston et à l'Université de Toronto.Il a également vécu à Halifax avec ses parents et ses deux soeurs.C'est là qu'il a commencé à étudier la musique, vers l'âge de 9 ans.Maintenant installé à Deux-Montagnes et marié depuis un peu plus d'un an à Emily Hamper, chef de chant et répétitrice, il adore la vie artistique de Montréal et la grande diversité des spectacles et des artistes.«On est allés entendre la Bottine Souriante, dit-il avec unimmensesourire.Et j'adore les fromages québécois.Vous êtes très chanceux de vivre dans un tel environnement.» Il parle français avec un doux accent et un vocabulaire à faire pâlir bien des francophones.«C'est l'undes grands cadeaux quemes parents m'ont fait: l'immersion française dès la maternelle.Et plusieurs autres cadeaux qui expliquent que jen'aipas étéunrebellependant l'adolescence, dont une grande liberté, mais toujours avec ungrand respect de part et d'autre.Si jamais je deviens parent, je voudrais être comme eux.» Le goût de la musique est né en même temps que lui au sein d'une famille où la guitare et les chansons animent les fêtes, où toutes lesmusiques dumonde, les classiques et les autres, sont omniprésentes.Avec ses soeurs, il a fait partie de chorales.Il chante dans sa tête Tout le temps.Sa tête est une machine à partitions, à mélodies.«Sous la douche?Oui!» s'exclame-t-il.Comment a-t-il pu penser un instant devenir ingénieur?«Je construisais beaucoup de choses avec les Lego.Je crois que l'étude d'une partition est la même démarche que la construction d'un train.Je suis toujours curieux de savoir comment ça marche.Parvenir à bien le comprendre donne une dimension plus profonde au rôle qu'on doit interpréter.Ondoit pouvoir entrer dans l'histoireque l'opéra raconte.» Il adore aussi l'architecture.Mais quand est venu le moment de l'orientation définitive, il a opté pour ce qu'il aimait vraiment.Avec cette même curiosité, il s'est demandé jusqu'où pouvait aller sa voix et l'a travaillée pendant un certain temps comme un ténor.«Non, ce n'est pasmoi.Je veux devenir un bon baryton.» Il explique que c'est dans la quarantaine que l'artiste atteint une maturité vocale formidable.«On a cette chance, nous les chanteurs, comparativement aux musiciens qui doivent performer tout de suite.Avec la voix qui se module différemment avec le temps, on est moins impatient, la maturité devient un but à atteindre.» En attendant, il faut faire ses vocalises.«On doit prendre soin de sa voix, on la porte avec nous, en nous.De plus, il faut être sérieux et travailler fort.Ne pas renoncer à l'équilibre de la vie etmultiplier ses intérêts.» Un chanteur d'opéra qui possède une belle voix, c'est important.«Mais il faut aussi être un interprète, améliorer sa présence sur scène, partager l'émotion.Ce sont toutes les facettes d'un véritable artiste.Et surtout ne pas oublier qu'un opéra est un travail d'équipe.» Il travaille actuellement L'Arche d'Anne Hébert et Isabelle Panneton.Si on lui propose un rôle dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, ce sera un grand rêve réalisé.Il lui arrive de faire des tests de voix dans leslieuxlesplusinsolites, «justepour le plaisir», comme un gamin.«Je ne peux pas imaginer vivre sans la musique.Elle touche quelque chose qu'on ne peut pas mettre en mots.On a tous des liens avec la voix humaine.Chanter vient ressusciter cette mémoire-là.Celle de la mère, des cris de bébés, des rires, des pleurs.Ce sont les sons humains.» Aussi anciens que la Terre elle-même.PHOTOS PIERRE McCANN, LA PRESSE © "]
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