La presse, 8 janvier 2005, B. Actuel
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MADO : C'est simple, les drag-queens sont des acteurs alors que les travestis ne montent pas sur scène.LA MONROE : Dans mon temps, on appelait ça des «personnificateurs».MADO : Celui qui est passé tout à l'heure et à qui j'ai dit «salut les boules!» est un transsexuel.Il a subi une opération pour avoir des seins mais la plupart des drag-queens ont un corps d'homme.Dans le film Ma vie en rose, le garçon a très tôt le désir de s'habiller en fille.Dans votre cas, c'est venu quand ?LA MONROE : Je devais avoir 14 ans.Pour l'Halloween, au lieu de me déguiser en cowboy, je suis allé fouiller dans les vêtements de ma mère.Je rêvais de porter sa robe de dentelle rouge.Je me souviens qu'une fois habillé, j'ai descendu un grand escalier en disant avec beaucoup de grâce : Come with me to the Casbah! Ça été une grande émotion.DREAM : Je ne m'étais jamais déguisé en femme.Mais à cause d'un concours que j'ai gagné ici chez Mado, il y a eu un déclic.Rapidement, je suis devenu drag.J'ai lâché ma job chez St-Hubert et j'ai décidé d'en faire une carrière.MADO : Moi, j'étudiais en théâtre à Québec et un soir, j'ai commencé à danser sur un cube au Poodle.Ensuite, pour le fun, on a décidé de faire un show.Je me souviens d'une fois où je me suis déguisé en geisha.Et puis je suis devenu «Cigarette Girl» au Lézard.Comme j'étais comédien, je me suis créé un personnage.Et voilà qu'aujourd'hui je me retrouve avec un bar qui porte le nom de ce personnage.Michel Tremblay me disait qu'une dragqueen profite souvent de son costume pour dire des choses graves.C'est vrai ?MADO : Tout à fait.On m'a souvent dit qu'on me pardonnait mes «bitcheries» parce que ça sortait de la bouche de Mado.En tant que Luc, je n'oserais jamais dire ce que je raconte sur scène.LA MONROE : Le micro est une arme extraordinaire.Pendant un spectacle, un Noir m'a traité de faggot.Je suis allé vers lui et je lui ai dit : «Sir, do me a favor.Don't call me a faggot and I will not call you a nigger!» Le costume te donne parfois une incroyable force.MADO: C'est vrai ça.Lors d'un événement pour des employés de CKMF, j'avais entendu un gars se plaindre de ce «bingo de tapette».Je suis descendu dans la salle et je lui ai cloué le bec.Des filles sont venues me voir après pour me remercier de l'avoir remis à sa place.Àquel moment, dans le processus de transformation, devenez-vous quelqu'un d'autre?DREAM : Ce n'est pas vraiment pendant le maquillage ou l'habillage que ça se produit, c'est vraiment une fois sur scène.> Voir REINES en 3 AUTRES TEXTES EN 2 ET 3 Julien Cliche alias Dream et Armand Monroe dit La Monroe entourent l'impayable Mado Lamotte. MARIO GIRARD i Montréal peut aujourd'hui revendiquer le titre de drag-queen city, il fut untempsoùles travestisne l'avaient pas facile.Parmi les mesures de répression dont ils furent victimes, une descente qui eut lieu au Lion d'Or en 1950 demeure un haut fait historique.«Ça s'est passé lors d'un bal de la mi-carême, raconte Louis Godbout, président des Archives gaies du Québec.Trois cent cinquante personnes furent arrêtées dont 37 hommes déguisés en femme.C'est drôle à dire, mais les bals de la mi-carême ont été pour la société québécoise une occasion d'aborder la question de l'homosexualité.» Ces histoires de rafle au royaume desfauxcilspassionnaient également les petits journaux jaunes de l'époque.«Même si on en profitait pour se moquer des homosexuels, on leur fournissait de précieux indices sur les lieux où ils pouvaient se réunir puisque ces endroits étaient pour la plupart trèssecrets», poursuit Louis Godbout.Si depuis la loi omnibus de Pierre Elliott Trudeau en 1969, la vie privée des homosexuels est protégée, des journaux comme le Montreal Star et The Gazette publiaient sans vergogne le nom des hommes arrêtés.Cette indiscrétion malsaine causa quelques drames.«Il y a l'histoire d'un jeune médecin qui s'est suicidé au début des années 60 à cause de cela», relate Louis Godbout.Les travestis deviennent des amuseurs De ces soirées costumées qui offraient aux hommes l'occasion de vivre des désirs secrets, le travestisme devient tout doucement un divertissement visant d'abord un public d'hétéros.Un homme va cependant changer la donne.Il s'agit d'Armand Leblanc-Léveillé mieux connu sous le nom de La Monroe.«Armand Monroe a été extraordinaire en ce sens qu'il a posé comme condition qu'on permette aux hommes de danser ensemble et qu'on engage du personnel gai dans les bars où il travaillait», raconte Louis Godbout.Aujourd'hui âgé de 70 ans, La Monroe a accroché le boa.Des lunettes Chanel plantées dans une superbe crinière blanche, il accepte de parler de cette époque.«Parmi les premiers travestis, il y avait un certain M.Lesley qui venait des Cantons-de-l'Est et qui a fait carrière à Paris.Il y avait aussi la fameuse Lana St-Cyr qui a travaillé dans tous les bars de Montréal avant de faire carrière à New York.» Louis Godbout a souvent entendu parler de ce fabuleux travesti qui présentait un numéro d'effeuilleuse inspiré de Lili St-Cyr.« Il prenait un bain sur scène et en ressortait avec, comme par magie, toujours de la mousse au bon endroit.Lors d'une descente au Café Beaver, il fut cependant arrêté par la police.» En 1952, Montréal reçoit une décharge de plumes et de paillettes.Mistinguett débarque chez nous avec, parmi ses danseurs, un certain Jean Guilda.C'est lui qui, chez nous, élèvera le travestisme à un rang supérieur.«Guilda était sublime.Onallait le voir chez Parée.Il nous a tous servi de modèle», dit Armand Monroe.C'est peu après les débuts de Guilda à Montréal que La Monroe entre en scène.«J'étais l'animateur, la folle, le chanteur et l'organisateur.Et laissez-moi vous dire que mes patrons m'écoutaient.» Outre le Tropical, les travestis se retrouvaient au Monarch et aux Deux Canards dans l'Est, au Café Beaver, à la Taverne Bellevue, et, plustard, auPJ'set au Café Cléopâtre.C'est la glorieuse époque de Lily St-Clair, Lana Lamé, Nathasha, Vanessa, Bambie, Kiki Moustique, La Goulou et Lolita Lopez.«Au Tropical où je travaillais, on n'avait pas le droit de refuser l'accès auxfemmes, raconte Armand Monroe.Mais comme on avait un code vestimentaire, je disaisàcellesquiportaient un pantalon qu'il fallait une robe et à celles qui portaient une robe qu'il fallait unpantalon.» Michel Tremblay et les travestis Personne d'autre n'a aussi bien mis en scène les travestis que Michel Tremblay.«Beaucoup de gens pensent que je suis un grand spécialiste des travestis, mais ce n'est pas du tout le cas.Tout ce que j'ai écrit sur eux a été inventé dans ma tête.Ce sont des suppositions d'auteur», dit celui qui a découvert ce milieu en fréquentant les bars gais des rues Peel et Drummond lorsqu'il avait 20 ans.«Ce qui m'intéressait là-dedans, c'était leproblème d'identité.C'était les années 70et on parlait beaucoup de s'en sortir.C'est ce que dit la Duchesse de Langeais tout au long de sa vie.Et une façon de s'en sortir, c'était de se déguiser et de rêver qu'on est quelqu'un d'autre», explique l'auteur joint à Key West.Et quand on lui fait remarquer que tous ses personnages possèdent cette rage de vivre, celui qui s'est laissé de nouveau inspiré par ce milieu en écrivant son plus récent roman, Le Cahier rouge, ajoute subtilement ceci : «Oui, c'est vrai, sauf quemes travestis font quelque chose.» Montréal est aujourd'hui une ville comptant une bonne population de drag-queens.Ces quelques dizaines d'artistes peuvent compter sur le Café Cléopâtre et le cabaret Mado mais aussi des bars comme le Sky, le Parking et le Unity pour exercer leur métier.Luc Provost organise depuis sept ans l'événement Mascara, la nuit des drags qui a lieu durant la Semaine de la fierté gaie et qui réunit toutes les drag-queens de Montréal.«Même boudé par les médias, cet événement attire 30 000 personnes rue Berri», dit celui qui a visité toutes les villes friandes de drag-queens.«Montréal est, avec Sydney, la ville où il y a le plus de drag-queens au monde».AUJOURD'HUI ÂGÉDE 70ANS, LAMONROEAACCROCHÉ LE BOA.DES LUNETTES CHANEL PLANTÉES DANS UNE SUPERBECRINIÈRE BLANCHE, IL ACCEPTEDE PARLER DE CETTE ÉPOQUE.LA SÉRIE COVER GIRL UNEVISIONTRAVESTIE DE LA RÉALITÉ MARIOGIRARD Le milieu des drag-queens et des travestis a sans doute regardé d'un oeil très intéressé le premier épisode de la série Cover Girl jeudi soir.Si on se fie aux commentaires recueillis auprès de nos invités, l'accueil est pour l'instant aussi triste qu'un lait démaquillant à la fin d'une soirée.«Ils sont 10 ans en retard», lance Luc Provost en train de rejoindre son personnage de Mado Lamotte devant son miroir.«J'ai des amis qui ont fait de la figuration dans cette série.Ils sont persuadés que certains concepteurs ne sont jamais allés voir de vrais shows de drag-queens.Ceux qui ont fait Bunker ou Les Bougons connaissent bien leurs milieux.Là, on dirait qu'ils se sont dit qu'ils pouvaient aborder cet univers sans une véritable connaissance des choses.» Dans Cover Girl, la différence entre les dragqueens et les travestis demeure floue.«Le problème c'est qu'on nous présente des drag-queens qui font du spectacle mais qui ne sortent jamais de leur personnage.Ils se lèvent le matin et se mettent une perruque.Je m'excuse mais ce n'est pas comme cela que ça se passe», dit Luc Provost.Ceux qui ont regardé le premier épisode se sont rendu compte que les échanges entre les personnages n'étaient pas toujours très tendres.«C'est sûr qu'il arrive qu'on règle des choses entre nous mais jamais de la vie on se «bitche» comme ils le font dans la série», déplore Julien Cliche alias Dream.Armand Monroe a regardé les deux premiers épisodes avec trois copains du milieu des bars et des drag-queens.«La série a fait l'unanimité.On n'a pas aimé ça.C'est vulgaire et pas du tout crédible.Et en plus, ils ne savent pas marcher sur des talons hauts.» Cover Girl vise un auditoire très large.La série connaîtra-t-elle le succès populaire?«Ça devrait plaire à monsieur et madame Tout-le- Monde mais malheureusement pas aux gens du milieu», pense Armand Monroe.Armand Leblanc-Larrivée-Monroe, mieux connu sous le nom de La Monroe, dans toute sa splendeur au moment où il animait les nuits folles de Montréal.Vincent Bolduc, René Richard Cyr et Frédéric Pierre sont Joujou, Véronica et Lana dans Cover Girl, une série mal accueillie par le milieu des drag-queens.PHOTOS ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE© La loge de Mado Lamotte.Julien Cliche alias «Dream» peaufine son maquillage.ACTUEL SYLVIE ST-JACQUES Essayez donc d'obtenir un service de qualité pour une perruque à la Marilyn Monroe, quand vous vous prénommez Martin et portez la moustache.Et sachez que dans certains magasins comme La Baie, pour ne pas le nommer, les messieurs en quête de conseils pour le choix d'une tenue de soirée ont droit à des haussements de sourcils et des réactions décontenancées.Suivant l'adage «on n'est jamais mieux servi que par soi-même», Denis Legault, 44 ans a flairé la bonne affaire en offrant un choix de chaussures assez sexy pour elle, mais conçues pour lui, des accessoires coquets, ainsi que des tenues coupées pour les plus baraqués.Avec en prime un service courtois et compréhensif.«Des hommes d'affaires dans la cinquantaine visitent la boutique à l'heure du dîner.Un de mes mannequins est un super bel homme qui fait sans doute un malheur auprès des dames.» soutient Denis Legault, alias «Madame Jucyfroot».Cette dernière, nous informe son double, est d'ailleurs la seule et unique «Dame Avon» de sexe masculin! «C'était une bonne façon de vendre du maquillage.» C'est à la mi-trentaine que Denis Legault a matérialisé son goût latent pour l'accoutrement féminin, qu'il exhibe dans les sorties spéciales ou dans l'intimité de son foyer.Dans les années 80, il admirait lesmétamorphoses de David Bowie et Prince et dès sa tendre enfance, il se montrait attiré par le strass et la minijupe.«Quand je suis en femme, on s'adresse à moi avec une douceur qui tient compte de ma sensibilité.Personnellement, ça m'a guéri.Avant, j'était un homme frustré.Aujourd'hui, je suis un gentleman !» Depuis ce temps, le bas nylon n'a plus de secret pour lui, même si sa blonde se chargeait jusqu'à récemment de le ravitailler en essentiels féminins.C'est que Denis Legault, ancien Casque bleu hétéro, vit avec femme et enfant et se targue d'ailleurs d'accomplir avec vigueur les tâches les plus «mâles» de la maison.Celle qui partage sa vie n'a pas d'objection à ce que son conjoint porte la jupe portefeuille, mais exercer son veto quant à la couleur brune qu'elle exècre.Si Denis Legault a choisi un local du Vieux-Montréal plutôt qu'un local ayant pignon rue Sainte-Catherine, c'est par respect du besoin de confidentialité de ses clients.Ceux qui furetaient chez Jucyfroot, lors de notre entrevue, semblaient d'ailleurs ravis de pouvoir essayer à leur guise robes et chaussures.Évoquant l'argument de l'égalité entre les sexes («pourquoi les hommes trouvent-ils dégradants de s'identifier au sexe féminin?» fait-il valoir), Denis Legault considère que les marginaux qui épousent leur femme intrinsèque sont des avant-gardistes.«Il y a 100 ans, les femmes qui portaient des pantalons se faisaient montrer du doigt.On se demandait pourquoi elles voulaient nier leur féminité.» Froufrous, boas, talons aiguilles, dentelles, perruques, tailleurs classiques, fards et boucles d'oreilles déploient leurs charmes dans un local exigue de la rue Wellington dans le Vieux-Montréal.Àla boutique Jucyfroot, l'allure «femme-femme» est à l'honneur.Pour le plus grand bonheur de sa clientèle qui, de temps à autre, aime bien porter l'étole, la manucure française et le porte-jarretelles.Bienvenue aux hommes à la première boutique de vêtements féminins pour transgenres au Canada.REINESSUITE DE LA B1 Il arrive que les drag-queens s'inventent un personnage, c'est le cas de Mado Lamotte.Mais souvent, les drag imitent des icônes comme Marilyn, Marlène Dietrich, Judy Garland.Qu'est-ce qui justifie ces choix?LA MONROE : Les actrices des années 40, 50 et 60 étaient des modèles extraordinaires.Elles avaient du panache et un côté alcool et pilules.MADO : Ah oui, on les aime donc elles.Il faut de l'exubérance, ce qui est rare de nos jours.Q'est-ce que tu veux faire, avec Julia Roberts ou Claudette Dion?LA MONROE : J'ai fait quelques personnages connus mais je suis surtout resté dans mon personnage qui était inspiré de Marilyn.Je me faisais accompagner par un pianiste et je chantais pour vrai.On ne faisait pas de lypsinch à cette époque.MADO : Je comprends, les systèmes de son n'existaient pas dans ton temps! Vos parents vous ont-ils déjà vus en drag-queen ?LA MONROE : Jamais, seulement deux de mes soeurs.MADO : Mes parents m'ont d'abord vu à la télé.C'était dur pour eux.Ils ont 80 ans et sont plutôt catholiques.Un jour, ils sont venus au bar et ont rencontré les employés.Ça les a rassurés.DREAM : C'est ça le problème.Le public a de nous une perception de gens drogués, saouls et qui se prostituent.Je me bats contre ça avec mes parents.LAMONROE : Il y a des gens qui travaillent dans des bureaux qui ont plus de vices que nous.Êtes-vous souvent l'objet de désir des hommes?LA MONROE : Oui, beaucoup.Le hic c'est qu'une fois rendus à la maison, les hommes veulent que tu restes dans ton personnage.On ne peut pas être à la maison ce qu'on est sur scène.MADO : Moi, je ne me fais pas draguer en Mado parce que mon personnage est trop gros.Je n'ai jamais couché avec quelqu'un habillé en Mado.S'il il y avait plus de drag-queens au pouvoir, qu'est-ce que ça changerait?MADO : Mais y'en a plein mon cher : Sheila Copps, Pauline Marois, Louise Beaudoin.DREAM : Tu oublies Andrée Boucher, l'exmairesse de Sainte-Foy! MADO : C'est vrai.Y'a aussi Pierre Bourque! Quels sont, parmi les hommes connus au Québec, ceux qui feraient de bonnes drag-queens ?LA MONROE : Pierre Pettigrew, il a déjà les cheveux longs!Normand Brathwaithe s'habille souvent en femme, il fait très bien cela.DREAM : Moi j'ai vu Guillaume Lemay- Thivierge en travesti dans un court métrage.Il était excellent.Vincent Bolduc qu'on voit dans Cover Girl aurait pu en faire un bon, il a des traits doux.Malheureusement, ils l'ont magané.MADO : Comme quoi, il ne suffit pas d'être beau, faut savoir s'approprier le maquillage, les perruques et les vêtements.La chose à ne pas dire à une dragqueen?LA MONROE : Tu ressembles à un autre.Ça c'est insultant! Le plus beau compliment qu'on puisse faire à une drag-queen ?DREAM : Lui dire qu'il est drôle.LA MONROE : Lui faire un standing ovation! MADO : Lui obéir.Les plus beaux moments de ma carrière ont eu lieu au Spectrum lors de mes premiers bingos.J'ai fait chanter le thème de Goldorak à 1000 personnes.Tu réalises le pouvoir que tu as, c'est merveilleux.MES PARENTS M'ONT D'ABORD VU À LA TÉLÉ.C'ÉTAITDUR POUR EUX.ILS ONT 80 ANS ET SONT PLUTÔT CATHOLIQUES.UN JOUR, ILS SONT VENUS AU BAR ET ONT RENCONTRÉ LES EMPLOYÉS.ÇA LES A RASSURÉS.Denis Legault alias «Madame Jucyfroot».PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© PHOTOS ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE© ACTUEL ACTUEL Dédé et Ludivine RAFAELE GERMAIN JE T'AIME MOI NON PLUS COLLABORATION SPÉCIALE «J'aime malgré tout, dit Ludivine.Envers et contre tous, malgré moi et malgré lui qui ne m'aime pas, malgré mes amis qui me réprimandent de moins en moins gentiment, malgré mes parents qui me regardent d'un air peiné chaque fois que je leur rends visite \u2014je la vois bien, dans leurs yeux, cette déception qu'ils n'arrivent plus à cacher derrière une prétendue inquiétude : leur fille est masochiste, leur fille est un peu pathétique, leur fille est incapable (trop fière, trop bête, trop aveugle ?) de cesser d'aimer un homme qui ne veut pas d'elle.Ludivine a rencontré Dédé il y a trois ans déjà, dans une fête chez des amis.Dédé était là avec sa copine, une blonde très pulpeuse qui riait beaucoup.Il était gentil avec tout le monde, il faisait des blagues, il roulait des joints sur le balcon en dansant doucement.Ludivine s'en souvient, un léger balancement des hanches qui lui donnait envie de le toucher.Dédé, c'était pour Dieudonné \u2014le nom que lui avaient donné ses parents à sa naissance dans un petit village pas très loin de Cap-Haïtien.Ça allait là-bas, mais quand Dieudonné est venu vivre chez une tante à Montréal, à 11 ans, il a commencé à trouver son prénom un peu lourd\u2014 il craignait les moqueries, parce qu'il était nouveau dans son école, qu'il avait un fort accent créole et un nom que les enfants blancs de son quartier n'avaient jamais entendu, à part peutêtre quand ils remontaient très haut dans leurs arbres généalogiques, là où dormaient leurs aïeux aux noms étranges, les Théodule et les Éphrem, les Marie-Barbe et les Jeanne d'Arc.Dieudonné a donc déclaré qu'il s'appelait Dédé, et il était tellement gentil, tellement drôle, tellement l'incarnation du mot cool que tout le monde, enfants comme professeurs, a embarqué.Et Dédé Toussaint a grandi, gentil, drôle, et cool, tel qu'il était lorsque Ludivine l'a rencontré.Ils se sont parlé, ce soir-là, sur le petit balcon de Rosemont de leurs amis.Ludivine a raconté à Dédé son exil à elle, son arrivée ici à l'âge de 16 ans ; elle qui avait grandi avec ses parents diplomates français dans la lointaine île de la Réunion, elle qui était née à Fort-de-France.Dédé et Ludivine avaient en commun des souvenirs lointains de palmiers et d'eaux tièdes, des souvenirs de sols arides et de villages aux cases toujours ouvertes, aux rues de terre toujours peuplées.« J'ai su dès le premier soir que je l'aimais, dit Ludivine.Je n'ai jamais cru qu'il était ma «moitié» \u2014je n'ai jamais cru à cette histoire de «moitié »\u2014 mais j'ai senti tout de suite qu'il était le corps, l'espace que j'attendais.J'ai voulu me mouler en lui, j'ai voulu habiter la silhouette de son corps.Je ne voulais même pas faire l'amour avec lui : je voulais simplement savoir que si jamais je tombais, il serait là.» Dédé a tout de suite apprécié Ludivine.Elle était différente, avec sa façon de dire «ouaaah » chaque fois qu'elle était amusée, avec ses Gitanes qu'elle fumait d'un air absent, avec son je-m'en-foutisme qui semblait trop naturel pour être étudié.Elle aimait Bérurier Noir mais aussi Richard Desjardins, elle portait de vieux Doc Martens et un drôle de petit chandail matelot.«Si quelqu'un me demandait de dessiner une Française, lui avait dit Dédé, c'est toi que je dessinerais.» Ludivine avait pris une petite voix, comme celle du Petit Prince dans le disque qu'elle avait quand elle était petite, celui qui était narré par Gérard Philipe et elle avait dit : « Dessinemoi une Française.» La copine de Dédé allait et venait, elle l'embrassait et lui chuchotait quelques mots qui la faisaient rire, mais Dédé restait près de Ludivine\u2014 il se sentait bien avec elle, il avait envie de lui parler, de lui confier des choses, même.Ils n'ont pas attendu longtemps avant de se revoir, Dédé était parti de la fête un peu plus tôt que Ludivine et lui avait donné son numéro.« Appelle- moi, on ira boire un verre.» Et ils étaient allés boire des verres \u2014ils aimaient tous les deux les vieilles tavernes, celles qui n'avaient pas encore été remodelées en bars branchés et surpeuplés.Ils s'installaient à une table, commandaient des bières et parlaient durant des heures.Un soir, dit Ludivine, Dédé m'a dit : « Tu sais, je n'ai jamais rencontré une fille comme toi », et c'est à ce moment-là que j'ai su.Il y avait quelque chose dans son ton qui parlait d'amitié fraternelle, quelque chose qui s'excusait déjà pour le mal qu'il avait peut-être deviné qu'il allait me faire, c'était une main tendue quand j'aurais voulu un corps au complet et son âme avec, mais une main si sincère que je l'ai prise.Voilà donc trois ans qu'ils sont amis.De grands amis, des amis proches qui se disent tout, des amis comme tout le monde rêve d'en avoir, qui sont plus fidèles que les amants et plus indulgents que les époux, plus tendres encore que la famille.Il y a deux ans environ, Ludivine a dit à Dédé qu'elle était amoureuse de lui, qu'elle l'attendrait toujours, qu'elle l'attendrait même s'il lui assurait qu'il n'arriverait jamais.Ce qu'il fit.« J'avais donc un choix, dit Ludivine.Soit je tirais ma révérence et je m'en allais comme une conne avec ma peine, soit je l'avalais, ma peine.Et c'est ce que j'ai fait.Je l'ai avalée, toute ronde, avec son goût si âpre et si exquis à la fois et depuis je la garde en moi, dans mon ventre\u2014 je ne porte pas ma peine dans mon coeur, moi, mais au creux de mon ventre.» Pendant quelques semaines, Dédé a été un peu mal à l'aise quand il revoyait Ludivine.Il a pensé rompre avec elle, lui dire que c'était peut-être mieux s'ils ne se fréquentaient plus, mais il a été égoïste, et un peu lâche.Il s'en veut encore \u2014il aime Ludivine comme une soeur, et il ne peut supporter l'idée de lui faire de la peine.Mais il l'aime comme une soeur, justement.Alors ils se revoient, et elle ne dit plus jamais rien, pas unmot, pas un seul.Elle a des amants, même des amoureux de passage dont elle lui parle.Il l'écoute.Dédé s'en veut de ne pas aimer Ludivine comme elle le voudrait.Dédé demande parfois à sa tante s'il ne devrait pas se forcer un peu, si ce n'est peut-être pas par manque d'effort qu'il ne parvient pas à se laisser aller à l'amour de Ludivine.Sa tante lui répond inévitablement : « Dieudonné, tu ne peux pas forcer un coeur à aimer.» Et Dédé hausse tristement les épaules : il sait très bien qu'elle a raison, et il a compris tout petit qu'il ne sert à rien de se blâmer soi-même pour les imperfections de la vie.« Je sais très bien que Dédé ne m'aime pas, dit Ludivine.Je suis lucide.Je vois dans ses yeux, dans ses grands gestes souples, un amour immense et pur, mais qui ne rime pas avec le mien.Mes parents et mes amis me disent que je suis sotte de m'en contenter, que j'aime à me faire du mal auprès de Dédé.Mais moi, j'aime cet amour impossible, j'aime le désespoir de ma cause.Je suis d'un romantisme douloureux et dépassé \u2014je leur réponds que c'est mon amour à moi, et que je le porte en moi comme un enfant.La tante de Dédé lui répète souvent : «Mon fils, tu ne peux pas empêcher un coeur d'aimer.» .Questions ?Commentaires ?On peut écrire à Rafaële Germain à actuel@lapresse.ca ou au 7, rue Saint- Jacques, Montréal, H2Y1K9.Un soir, dit Ludivine, Dédé m'a dit: « Tu sais, je n'ai jamais rencontré une fille comme toi » \u2014 et c'est à ce moment-là que j'ai su.Il y avait quelque chose dans son ton qui parlait d'amitié fraternelle, qui s'excusait déjà pour le mal qu'il avait peut-être deviné qu'il allait me faire.Aller en prison à la place d'un autre AGENCE FRANCE-PRESSE COPENHAGUE \u2014 Un Danois, âgé de 49 ans, a été condamné hier à deux mois de prison par le tribunal de Gentofte, près de Copenhague, pour s'être substitué à un condamné afin de purger la peine à sa place.Il s'était présenté le 28 août dernier à la police puis à la prison en lieu et place d'un ami, sans qu'on lui demande à aucun moment de présenter ses papiers d'identité.Per Thorbjoern Lonka s'est dénoncé lui-même à ses gardiens au deuxième jour de détention.« Je voulais faire un happening, juste montrer que l'on peut impunément échapper à la prison du moment qu'on est riche et qu'on peut payer quelqu'un pour purger la peine à sa place », a-t-il déclaré.La pratique de payer des « remplaçants » pour purger des peines de courte durée est relativement répandue au Danemark, au point que la ministre de la Justice, Lene Espersen, a pris l'année dernière des mesures pour l'enrayer.En janvier 2004 un quotidien danois avait révélé qu'une centaine de condamnés payaient tous les ans, jusqu'à 215$ par jour d'autres personnes pour qu'elles purgent la peine à leur place.L'Amicale des Sommeliers du Québec Section Montréal métropolitain www.asq.qc.ca DEMANDEZ NOTRE BROCHURE Montréal 31 janvier - Saint-Lambert 31 janvier Laval 2 février - Vaudreuil-Dorion 31 janvier (514) 522-7020 cours VIN sur le Réservez votre place maintenant ! 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ACTUEL Elle faisait mentir ceux qui disent qu'une femme intelligente n'est pas sexy.L'écrivaine Susan Sontag était à la fois séduisante et d'une intelligence supérieure.Elle s'était fait remarquer lapremière fois par les médias américains en publiant un texte avant-gardiste, Notes on Camp, exploration et réhabilitation de la culture gaie underground.On était en 1964, bien avant le sida, Madonna et les mariages gais.Elle avait la jeune trentaine, était divorcée, mère d'un garçon, déjà détentrice de deux maîtrises, en philo et en littérature anglaise, de l'Université Harvard.Sa réflexion, complètement originale, «a préparé le terrain à la révolution pop, qui était en soi une révolution gaie, confiait un professeur de philosophie de l'Université Columbia au New York Times, le lendemain de la mort de l'écrivaine.Par la suite, elle s'est fait connaître par ses écrits sur la maladie, Illness as Metaphor, une analyse lucide de la part d'une femme qui, durant 30 ans, aura subi plusieurs cancers avant de mourir de la leucémie.Dans cette série d'essais, elle ruait carrément dans les brancards, attaquant le discours qui veut que les cancéreux soient des êtres à part, psychologiquement différents (souvent refoulés) qui n'étaient ni plus ni moins destinés à développer un cancer.Pour elle, le cancer était une condition physique, une maladie qu'il fallait guérir, point.Elle livrait toujours ses idées et ses coups de gueule avec style.Ses détracteurs l'ont d'ailleurs souvent accusé d'en avoir plus que de la substance pour défendre ses arguments.Mais pour elle, la forme était tout aussi importante que le fond.Propos incendiaires «Je veux tout connaître», disaitelle souvent, et cette affirmation n'était absolument pas prétentieuse.Elle traduisait simplement une immense envie de savoir, de comprendre, de découvrir.Si on devait résumer son oeuvre, ce qui est assez difficile, on pourrait dire qu'elle s'intéressait à la condition moderne de ses contemporains, à leur rapport à l'art, à la culture, à la politique.Elle avait un regard original et nous encourageait à regarder le monde qui nous entoure sous un angle différent.Et surtout, elle ne craignait pas de se mouiller.Sa sortie dans le New Yorker au lendemain des attentats du 11 septembre lui a presque valu d'être attaquée dans la rue tellement elle a suscité des réactions émotives et virulentes.«Pleurons ensemble mais ne soyons pas stupides ensemble», écrivait-elle, critiquant la politique extérieure du gouvernement Bush et remettant en question l'aveuglement hyper patriotique qu'elle voyait se développer chez ses compatriotes.« On peut dire bien des choses à propos des terroristes qui ont foncé dans les tours mais ils n'étaient pas des lâches», ajoutait-elle.Une déclaration qui lui aura valu d'être qualifiée d'antiaméricaine.La photographie avant tout Auteure de l'incontournable essai On photography, elle avait découvert la photo lors d'une exposition de Diane Arbus.«Ce fut le début de ma réflexion sur la photographie d'un point de vue esthétique, moral et politique », a-t-elle expliqué lors de son passage au festival Metropolis Bleu, à Montréal, en avril 2002.« Je persiste à croire que les photos ont le pouvoir de nous changer », écrivait-elle dans le New York Times Magazine lors de la publication des photos de tortures dans les prisons d'Abou Ghraib, en Irak.Faisant référence à la censure exercée par le gouvernement américain afin de ne pas diffuser les photos des victimes des attentats du World Trade Center, elle ajoutait : «La preuve, c'est qu'aujourd'hui, il y a des photos qu'on ne montre pas parce qu'elles sont insoutenables et qu'elles peuvent provoquer un choc moral.Cette question de censure me fascine.» Et elle n'était pas de ces intellectuels désincarnés qui critiquent sans quitter le confort de leur bureau.Durant deux ans et demi, elle s'est rendue à Sarajevo, en plein conflit, pour monter la pièce En attendant Godot de Beckett avec une troupe de comédiens bosniaques.Certains ont voulu la ridiculiser, mais c'était sa façon à elle de s'engager.La culture, disait-elle, est une forme de résistance à la barbarie.Enfin, elle était la compagne de la photographe Annie Leibovitz avec qui elle a signé un magnifique livre consacré aux femmes (Women, Random House).Véritable icône de la vie culturelle new-yorkaise (elle a même joué son propre rôle dans Zelig de Woody Allen), elle n'avait pas peur des médias.On la voyait souvent à la télé, elle signait des textes dans les magazines, on a même pu l'entendre quelques fois au micro de Marie- France Bazzo, à l'émission Indicatif présent.Mais ce qu'il y avait de plus remarquable chez cette femme, féministe affirmée, c'était sa passion, sa fougue, sa soif de vivre, cette énergie à ne pas perdre une seconde, à maximiser chaque instant de la vie.« Plus je vieillis, plus mes amis sont jeunes, me disait-elle en avril 2002 lorsque j'ai eu la chance de l'interviewer pour La Presse.J'aime beaucoup sortir.Quand j'ai le goût d'aller voir un film à minuit, je n'appelle pas quelqu'un de mon âge.Il dort sûrement.Mes amis, mes vrais amis, ont aujourd'hui dans la trentaine ou la quarantaine.Nous partageons la même énergie, la même curiosité, la même ouverture d'esprit.Il y a tant de choses à voir et à faire.» En apprenant sa mort, je n'ai pu m'empêcher de remarquer à quel point les modèles féminins de sa trempe sont rares aujourd'hui.Les universitaires sont cloîtrées dans leur tour d'ivoire et continuent à bouder les médias.Les seuls modèles qu'on propose aux femmes ces tempsci sont des reines de la domesticité, des femmes capables de réussir leur soufflé au chocolat sans salir leur tablier blanc immaculé.On croirait revisiter les années 50 tellement nous sommes inondées de livres sur l'éducation des enfants, la popote et la décoration.Les autres modèles, si on peut parler de modèles, sont des femmes d'affaires épuisées qui ont tout sacrifié à l'autel de la performance.Bref, des modèles de femmes qui pensent, qui critiquent, qui réfléchissent et qui s'investissent dans le débat public, il n'y en a pas.Susan Sontag, vous nous manquez déjà.Je suis travailleuse autonome.Mon conseiller financier me suggère de m'incorporer et de devenir actionnaire unique de cette nouvelle entreprise, ce qui me permettrait de payer moins d'impôt.Y a-t-il quelque chose de répréhensible sur le plan éthique ?Pour le même revenu, je contribuerais moins à la société, et je n'arrive pas à me convaincre que cela puisse être tout à fait correct.Mais si tout le monde cherche à payer moins d'impôt, ne suis-je pas désavantagée si je ne le fais pas ?\u2014Anonyme, Montréal.Commençons par les choses sur lesquelles la plupart d'entre nous sont d'accord : 1) Tous les citoyens doivent payer leur juste part d'impôt 2) Tous les citoyens doivent respecter les lois de l'impôt.Mais les choses se compliquent dès que nous essayons de définir ces propositions.Qu'est-ce que notre«justepart»?Est-ce leminimum que la loi exige de nous, ou le maximum de ce que nos moyens nous permettent ?Et quand on parle de respecter la loi, veut-on dire sa lettre ?Son esprit ?L'interprétation la plus favorable à notre endroit que l'on puisse adopter sans risquer de payer une lourde amende ?Et comme si les choses n'étaient pas assez floues comme ça, s'ajoutent toutes les injustices, réelles ou imaginaires, qui entourent notresystèmefiscal:pourquoicertaines entreprises arrivent-elles à payer dessommesdérisoiresd'impôt, malgré des bénéfices importants ?Pourquoi les individus plus fortunés peuventils employer des spécialistes qui leur permettront de payer moins d'impôt ?Pourquoi payer sagement notre impôt alors que notre premier ministre lui-même n'a pas hésité à faire appel à d'indécents paradis fiscaux ?Et cetera.Pas facile, donc.Mais certaines distinctions relativement claires peuvent tout de même être faites.Entre «entièrement honnête» et «hmm, ouain, pas sûr», par exemple.Ou entre «crédit d'impôt» et «échappatoire fiscale» : il y a une différence assez évidente entre le fait de profiter des déductions offertes par le gouvernement, et rechercher activement desmanièresunpeu/beaucouptordues de payer moins d'impôt.C'est, comme bien d'autres choses, une question de jugement individuel.Si, par exemple, le gouvernement accorde un crédit d'impôt aux gens contribuant à un REER, c'est qu'il estime qu'en les encourageant à le faire, la collectivité ensortira gagnante.Un individu qui refuserait de profiter de cette déduction sous prétexte qu'il doit payer sa «juste part» se priverait pour rien.À l'inverse, un contribuable qui transfère artificiellement une partie importante de ses biens à sa femme ou ses enfants afin de les soustraire au fisc manque visiblement à son devoir de payer sa juste part.Oui, je sais: beaucoup le font.Ce qui ne rend pas la chose honorable pour autant.Où cela vous place-t-il, quant à votre dilemme fiscal ?Si c'est ce que vous souhaitez, vous pouvez suivrelasuggestiondevotreconseiller sans trop de troubles de conscience.Il ne s'agit pas d'une obscure échappatoire fiscale, mais bien d'une structure légale fort répandue et accessible à tous les travailleurs indépendants.Une mise en garde, cependant : oui, vous paierez (un peu) moins d'impôt, mais cette forme juridique implique des frais importants qui pourraient annuler lesdites déductions.Une deuxième opinion professionnelle ne serait pas de trop.Vous avez des interrogations éthiques, des dilemmes moraux déchirants et autres questionnements existentiels ?Écrivez-nous à Questions existentielles, à ethique@lapresse.ca ou au 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 NATHALIE COLLARD BILLET NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE Échappatoire morale ?L'éthique dans la vie de tous les jours.QUESTIONS EXISTENTIELLES Informations, observations et poésie chaque samedi NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE GROSSE SEMAINE POUR.LE HAÏKU José Théodore La Suède, on le sait, est la nation occidentale la plus touchée par le désastre en Asie du Sud-Est.Ce qui a probablement poussé plus d'un Suédois à se poser de lourdes questions existentielles, du genre «Quel est le sens de tout ce skräck ?Pourquoi notre pays profondément humaniste et socialdemokratiska, soucieux du bien-être de la planète et de son accès à des meubles au design agréable et au prix irrésistible, pourquoi notre pays pur et bon, donc, est-il ainsi puni par Dieu, l'univers, den öde ?».Bonnes questions.Mais au milieu de ces ténèbres, un événement s'est produit cette semaine qui est sûrement venu illuminer l'âme des Suédois : sans doute poussé par la famine et la nécessité de faire vivre sa famille, José Théodore s'est joint à l'équipe de Djurgarden, en banlieue de Stockholm.Ah, douce félicité.Tenez, voici comment le quotidien national Svenska Dagbladet rapportait l'heureux événement, si on en croit du moins la traduction que nous en a fait un site Internet spécialisé.L'article serait intitulé «Plus nouveau gardien» et ça continue comme suit (on remarquera que les sites de traduction ne sont pas encore vraiment au point).«José Théodore vraiment voulait action si NHL conflit stupéfiant en travers de Noël : «Moi-même eu entendu tellement véritable bien de Stockholm, moi-même a fait clairement pour mon représentant : trouver une équipe dans Stockholm», dit Théodore (.).Il avait proposition aussi de beaucoup russes clubs de golf, mais allait postérieur coeur.«Moi-même voulait à Stockholm.C'est Montréal approximatif», dit Théodore en facilement cassé franglais \u2014 il est de Laval.» LE MOT À SUPPRIMER Branché Encore un mot que personne n'utilise dans la vraie vie.Et cela pour une raison fort simple : quiconque prononce ce mot se sent immédiatement ridicule.C'est comme préservatif, ou PPP.Mais, bien sûr, cela n'empêche pas branché d'apparaître régulièrement dans des articles, chroniques, communiqués de presse.Peut-être parce que leurs auteurs ne lisent pas leurs textes à voix haute.Quoi qu'il en soit, branché est insupportable.C'est le Jean Lapierre des mots.Et cela dans ses deux types d'utilisation : a) ironique/méprisante, et b) sincère.Dans sa forme ironique/méprisante, branché est utilisé avec condescendance, avec une connotation du genre «N'est-il pas un peu ridicule, ce resto/bar/jeune/nouveau type social ?».Ici, le sous-entendu est bien sûr que c'est l'auteur lui-même qui est véritablement branché, puisque, en usant avec dérision du qualificatif branché, il se positionne au-dessus de ces futiles affectations, et est donc franchement cool.Dans sa forme sincère, branché est tout aussi irritant, mais d'une tout autre manière.Le problème étant que la chose sincèrement qualifiée de branché (le magazine, le bar, la compilation, la casquette) ne l'est jamais.Pourquoi ?Ce serait trop long à expliquer.Supprimons branché, ça va être plus simple.Tsunamis, famines, Bombes à Bagdad, Détect Inc.Dur début d'année LE TOP Les sujets les plus recherchés sur Google Canada, en 2004 : L'actualité hebdomadaire sous la forme du poème classique japonais.The Arcade Fire Le groupe du Mile End s'est distingué dans les bilans de fin d'année, de Montréal à Seattle.En 2005, l'Europe?Roberto dal Bosco La veille du jour de l'An, ce maçon italien, dans un geste spontané, a lancé un trépied au premier ministre Berlusconi, et il est en train de devenir une sorte de Che Guevara moderne.L'oenologie de supermarché Nous sommes en train de devenir de véritables experts des vins d'épicerie, non ?Les détoxications de janvier La nôtre aura duré exactement deux jours.Les aberrations reproductives Parce que sa fille ne pouvait avoir d'enfant, une Américaine de 55 ans a fait la mère porteuse, accouchant après Noël.de ses propres petits-enfants.Hmmm.Les baby-boomers qui adooorent Loco Locass Il y a quelque chose là-dedans auquel on n'arrive juste pas à s'habituer.ACTUELITÉS CE QU'ON AIME CE QU'ON AIME MOINS ELLE LIVRAIT TOUJOURS SES IDÉES ET SES COUPS DE GUEULE AVEC STYLE.ncollard@lapresse.ca Susan Sontag, 1933-2004 GÉNÉRIQUE Son site Internet : www.susansontag.com (pas tout à fait à jour) Le dossier très complet du New York Times http://www.nytimes.com/indexes/2003/03/23/books/authors/index.html?8dpc Ce billet a été écrit dans le silence absolu 5) Canadian Tire 4) Air Canada 3) Avril Lavigne 2) Family Guy 1) Inuyasha ACTUEL SAVEURS Des moules et des frites FRANÇOISE KAYLER RESTAURANTS Du steak et des frites pour les Français, des moules et des frites pour les Belges, l'image est tenace.Et l'on y tient ! Le restaurant belge l'Actuel lui a été fidèle.Et c'est pour la défendre qu'il avait ouvert ses porte en 1982.Dire qu'il a aidé à faire connaître ce petit coquillage n'est sans doute pas faux.C'est un beau restaurant.Un restaurant urbain.Du haut de son premier étage, il domine un des jolis paysages montréalais.L'hiver, surtout, lorsque la neige recouvre le parc, que les lampadaires jettent une lumière irréelle sur une circulation automobile bicolore et devenue muette derrière les grandes fenêtres qui jettent aussi un oeil sur celles de son voisin, le Windsor.La salle est grande, haute de plafond, bien éclairée, agrandie du côté de son mur aveugle par un pan de miroirs.Les tables sont grandes, habillées de blanc.Les sièges sont confortables.L'ambiance est conviviale.Cela tient sans doute à l'agencement de cette salle.Et cela tient aussi à l'humeur du service.Un service qui semble heureux de faire ce qu'il fait et qui communique bien cet état d'esprit à ceux qui viennent chercher là quelques heures de détente.Le restaurant ne sert pas que « des moules et des frites ».Inscrite sur un grand panneau mural, une table d'hôte offre des plats de viande et de poisson.La carte propose elle aussi quelques plats de cuisine francobelge.Et des classiques y figurent, au chapitre des entrées notamment.La petite crevette grise importée de Belgique et, plus simplement, le gratin d'endives.C'est un petit gratin, mais un peu trop copieux pour une entrée (à moins de vouloir éviter le dessert, ce qui serait dommage !).Le plat sort du four.La sauce est brûlante, crémeuse, bien enveloppante, et sous le léger gratin, l'endive est exactement comme elle doit l'être.Le hareng pomme à l'huile est généreusement servi, bien préparé, avec un hareng traité pour être de texture souple et de pleine saveur sans pécher par excès.L'oignon, l'huile, la pomme de terre jouaient leur rôle avec conviction dans cette assiette qui disparaît des menus des restaurants.Entrée simple et bien faite, le toast aux champignons n'avait que la prétention de servir avec générosité des champignons tendres et fermes à la fois et, surtout, très savoureux.La spécialité de l'Actuel, ce sont, évidemment, les moules.On peut les choisir en coquille ou sorties de leur coquille.Le résultat est fort différent.Décoquillées, noyées, mais un peu trop, dans un fond crémeux nourri de petits légumes, d'oignons, relevé avec discrétion, le plat était sympathique tout en manquant de nervosité.Et de goût de mer.Le plaisir est plus du côté de la présentation en casserole, du couvercle que l'on ouvre et qui laisse échapper une vapeur odorante, des coquillages dont on extrait la chair, cas par cas.C'est un plat de longue durée.Quand on arrive au fond, il reste le bouillon, il reste les légumes qui l'ont aromatisé, que l'on choisisse l'une ou l'autre des versions proposées.Et puis, il y a les frites.Elles sont servies à volonté.C'est-à-dire par petites quantités ce qui assure au convive qu'elles sont toujours fraîches.et brûlantes.Ce sont parmi les meilleures frites servies en ville ! Le moment du dessert n'est pas à dédaigner.Le menu précise que le baba est « maison ».Pour les amateurs, c'est une retrouvaille au restaurant avec cette pâtisserie vraiment imbibée d'un sirop généreux en rhum.La « Brésilienne» n'est pas non plus banale, un bel et bon arrangement, dans un verre à long col, de glace vanille, caramel et crème fouettée.L'ACTUEL 1194, rue Peel 514 866-1537 Ouverture : du lundi au vendredi, de midi à 23h30.Le samedi, à partir de 17h.Fumée : oui Service rapide, avant spectacle, pour les événements du Centre Bell.Menu : Hareng pomme à l'huile Toast aux champignons Moules (décortiquées) Actuel Moules à l'ail et petits légumes Brésilienne Baba au rhummaison Café Menu pour deux, avant vin, taxes et service : 84 $.Le plaisir est plus du côté de la présentation en casserole, du couvercle que l'on ouvre et qui laisse échapper une vapeur odorante, des coquillages dont on extrait la chair, cas par cas.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE© Le verre et l'assiette FRANÇOISE KAYLER LIVRES «L'examen sensoriel d'un vin tel qu'il est pratiqué par les professionnels est un exercice utile et intéressant, même ludique, mais ce n'est certainement pas la manière la plus adéquate de mettre en valeur le breuvage lui-même.La place d'honneur d'une bouteille, c'est à table, accompagnée d'un plat qui lui va.» Telle est l'entrée en matière de ce livre, Le vin se met à table, qui traite d'un sujet fort à la mode, l'harmonisation des vins et des mets.L'auteur fait remarquer « qu'il n'y a que très peu d'accords parfaits, définitifs, obligatoires.Pour un même plat, il y a plusieurs vins possibles, il suffit de chercher de proche en proche ».Et ce « proche en proche » se traduit dans ce livre par une construction d'accords entre le verre et l'assiette, basés sur des « familles de vins ».Aucune illustration, aucune étiquette, aucune marque dans ce livre clair, d'une consultation aisée et rassurante.Chacune des « familles » rassemble des vins qui ont des caractéristiques communes.L'auteure, qui est une spécialiste, a choisi des vins classés par « profils gustatifs ».Quatorze groupes sont ainsi présentés : les ronds, les opulents, les complexes, les pointus, les chaleureux, les solaires, etc.Dans chacun de ces chapitres, les appellations les plus connues sont données (on insiste évidemment sur les vins français en donnant quelques vins étrangers).Les accords avec un certains nombre de plats suivent et quatre suggestions de menus (avec un seul vin) sont données.Un chapitre de recettes complète chacune des familles de vins présentées.De belles et bonnes recettes très bien expliquées.Intitulé « Pour que l'accord sonne juste », le premier chapitre, en termes clairs et sans ambages, explique ce qu'il ne faut pas faire et ce qu'il faut faire pour que le vin se mette à table harmonieusement.Et ce n'est pas si compliqué ! C'est un livre à offrir à ceux que le discours des professionnels intimide.Jacques Orhon est un oenophile bien connu, un sommelier et l'auteur de plusieurs livres.Il s'intéresse à tous les vins.Ceux de France et de Navarre.Il les a mis a contribution dans Harmonisez vins et mets, le nouveau guide des accords parfaits.C'est un livre imposant proposant plus de 1000 mets et 50 recettes de chefs ainsi que 500 suggestions d'achat de vins.Un livre à lire avec attention.Ce n'est pas un livre que l'on consulte pour avoir une réponse rapide.Il foisonne de renseignements.Il faut le décoder et tracer ses propres pistes au risque de perdre la tête au milieu de toutes les suggestions.L'auteur a choisi de partir de l'assiette pour choisir le verre.Les chapitres vont donc de l'entrée au dessert, en passant par toutes les viandes, gibiers, poissons, volailles, etc.Un chapitre propose quatre menus, chaque plat accompagné d'un vin différent identifié au producteur.De la même façon, un « coup de coeur» accompagne chacun des plats du chapitre des recettes de chefs.Le livre est beau, le papier glacé, les illustrations colorées.À ne pas offrir à un débutant.LE VIN SE MET À TABLE Sandrine Audegond Albin Michel.HARMONISEZ VINS ET METS Jacques orhon Les Éditions de l'Homme.Traitement expérimental contre le PSORIASIS Des dermatologues de Montréal participent à un projet de recherche visant à évaluer l'efficacité d'un produit naturel, extrait de protéines du lait, pour le traitement du psoriasis.Critères : Homme ou femme de plus de 18 ans Présenter un psoriasis léger à modéré ne se limitant pas au cuir chevelu Pour plus de renseigenements, (514) 521-3111 Vous recevrez une compensation financière pour vos frais de déplacements.BB I S T RR O BB A RR RREESTOTAPPAS an.Resto 4 Spécial du dim.au jeu.2495$ par pers.7 soirs, 4 services, 35$ par pers.FADOS, guitare, piano 33e Anniversaire 26 ans dans le Vieux-Montréal au 111, rue Saint-Paul Est, Montréal Tél.: 861-4562 Téléc.: 878-4764 Menu table d'hôte, souper dansant avec Aldo - Vendredi, samedi Fondée en 1960 et dimanche 3132, rue Sherbrooke Est, Montréal Réservation : 527-8313 521-0194 Terrasse Service de valet Gastronomie italienne LE CÉLÈBRE BRETON vous propose FINE CUISINE FRANÇAISE 1550, rue Fullum (coin de Maisonneuve) (514) 523-2551 www.armoricain.com Espace fumeur et non-fumeur Une table d'hôte Sa carte de saison son menu dégustation Vendredi et samedi soirée musicale avec orchestre SAVEURS ACTUEL Des vins de la cave.JACQUES BENOIT DU VIN Àquelque chose, malheur est bon, dit le proverbe.Ainsi, les consommateurs qui disposent d'une petite réserve de vins \u2014 et encore davantage ceux qui ont une véritable cave, riche de quelques centaines de bouteilles\u2014 y puisent comme jamais et redécouvrent de la sorte des vins qu'ils n'avaient pas goûtés depuis longtemps.Ou même, parfois, carrément oubliés.À cause, bien sûr, de la grève à la SAQ, toujours en cours au moment où ces lignes sont écrites.Certains de ces vins déçoivent, soit qu'ils aient passé leur apogée ou aient mal vieilli.D'autres éblouissent ! En voici donc quelques exemples, à la fois pour le côté instructif de la chose, si l'on peut dire, mais aussi à l'intention de ceux qui ont de ces vins en leur possession.Les vins en question, tous déjà bons à boire, sont notés sur l'échelle de une à cinq étoiles, et j'en ai indiqué le potentiel de garde approximatif à partir de maintenant, mais, ce qui serait inutile, sans les numéros de code ni les prix.Regoûté \u2014 et bu ! \u2014 la veille de Noël, le Médoc 1995 Château Rollan de By, du Bordelais, montre à quel point on a raison de tenir en haute estime ce bordeaux rouge d'une appellation secondaire et, somme toute, assez peu réputée par rapport à d'autres, telles que Pauillac, Margaux, Saint-Julien, etc.Sa couleur est encore bien jeune, son bouquet nuancé, très.bordeaux, distingué, et la bouche suit, comme on dit.Un peu plus que moyennement corsé, c'est en effet un vin aux belles saveurs franches, aux tannins tendres, avec encore beaucoup d'éclat.On s'incline.FFF(F), à boire, 2-3 ans.Bue à la même occasion, la cuvée prestige du Dao 1996 Quinta dos Roques (il existe aussi une cuvée courante, moins chère), du Portugal, est un vin qui fait encore plus jeune, à la robe bleutée, au bouquet de fruits noirs très marqué par des notes boisées épicées, corsé, aux tannins fermes et solides.Le tout assez carré, sans la distinction du Médoc, et quand même savoureux.On peut le boire dès maintenant, mais, de toute évidence, il aura gagné en complexité d'ici quelques années.FFF(F), à boire, 5-6 ans au moins.De Toscane (Italie), le Chianti Classico Riserva 1997 Poggio Rosso San Felice, au fruité éblouissant dans sa jeunesse, à l'heure actuelle d'un grenat foncé et à reflets orangés, demande un bon moment d'aération dans le verre avant de s'exprimer.Il est muet, et fermé, comme on dit.En l'agitant longuement (on fait tourner le vin dans le verre dans le sens contraire des aiguilles des montres, et en gardant le verre posé sur la table, rappelons- le), il finit par s'exprimer.On a droit alors à un bouquet bien Sangiovese, mais tout d'un bloc, du moins pour l'instant, de fruit rouges bien mûrs.La bouche, elle, est corsée, dense, avec des tannins rudes, astringents, de style chianti traditionnel.S'assouplira-t - il avec le temps ?L'avenir le dira (« Time will tell »), comme le soulignent en pareil cas les dégustateurs anglais.Bref, il ne faut pas craindre les tannins pour apprécier ! FFF, à boire, donc, si on n'est pas rebuté par les tannins, et 4-5 ans environ de potentiel de garde additionnel.Superbe vin de la vallée du Rhône dans sa jeunesse, le Châteauneuf- du-Pape 1990 Château de Beaucastel, de couleur acajou et donc à reflets orangés (un signe d'âge), est moins convaincant en ce moment.Son bouquet est complexe, évolué, tertiaire, avec surtout des notes de fruits cuits et de cuir.Velouté, très goûteux sans être très concentré, l'après-goût persiste un long moment.Fort bon, mais on s'attend à plus de ce vin.FFF, à boire.Chose à retenir, enfin : comme pour tous les vins qui arrivent à un âge pareil \u2014 bientôt 15 ans dans ce cas \u2014, il y a souvent des variations importantes d'une bouteille à l'autre.Autrement dit, une autre bouteille du même vin pourrait être passablement différente de celleci.De Bourgogne celui-là, le Gevrey- Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 1996 Esmonin Père & Fille, d'un grand millésime pour les bourgognes rouges, est pour sa part une pure merveille.D'un rouge foncé pour un bourgogne, tout en restant bien transparent, il enchante, d'abord, par l'ampleur et la pureté de son bouquet, toujours très jeune.Suit une bouche magnifique, bien en chair, aux saveurs tout aussi pures que le laisse présager le bouquet, et aux tannins bien ronds.Un régal, quoiqu'il n'ait pas du tout atteint son apogée.Grand bourgogne, donc.FFFF(F), à boire, 5-6 ans au moins.Deux portos Comment vivre sans porto ?Car rien de tel, après un bon repas, qu'un verre de porto à boire, lentement, en digestif.Très coloré, très dense dans sa jeunesse, le LBV 1992 Quinta do Noval a pour sa part perdu de sa concentration \u2014 comme le font d'ailleurs à peu près tous les vins rouges qui ont pris de l'âge \u2014, tout en ayant acquis une distinction dont il était alors dépourvu.Resté bien frais (comme on le dit des fruits), avec par conséquent ses arômes de jeunes fruits, son bouquet est dominé par des nuances de fruits rouges, et c'est en bouche un porto de type LBV moyennement corsé, au bon goût de fruits.Et une preuve additionnelle que les LBV dits traditionnels (non filtrés et bouchés avec un bouchon standard plutôt qu'à couronne de plastique) tiennent étonnamment bien la route.FFF, à boire, 2-3 ans au moins.On grimpe dans l'échelle de la qualité en passant au porto millésimé, ou vintage, Dow's 1995, d'un millésime, curieusement, assez comparable à ce qu'il fut pour le Bordelais.Car tout en étant moins concentrés que d'autres, tels les 1994 et les 1997, les portos millésimés 1995 séduisent par leur raffinement et la netteté de leurs saveurs.Ainsi en va-t-il du Dow's 1995, au ravissant bouquet, d'une pureté d'arômes exemplaire, peu sucré comme l'est toujours ce vin, aux saveurs irrésistibles, et d'un équilibre sans failles.Grand vintage.FFFF, à boire, 6-7 ans au moins.Pour la réouverture.Vin rouge d'Afrique du Sud, le Coastal Region Cabernet Sauvignon 2002 Porcupine Ridge, grenat foncé, n'est pas pour sa part un modèle de raffinement, tout en emportant l'adhésion grâce à sa générosité et à son prix doux.Vanillé, avec des notes de pain grillé (le bois), son bouquet est intense, nuancé, et on retrouve en bouche \u2014 une bouche corsée, aux tannins fermes \u2014les mêmes arômes boisés, avec aussi tout le fruit voulu.Très bon à sa manière.S, 573717, 16,95 $ FFF(F) à boire, 3-4 ans.D'Espagne celui-là, le Yecla 2002 Castano Coleccion, élaboré avec surtout du Mourvèdre, ou Monastrell (80 %), et du Cabernet Sauvignon (20 %) a quelque chose de similaire, en ce sens qu'il brille lui aussi par sa générosité plutôt que par sa finesse.Pourpre foncé et à reflets bleutés, son bouquet, au boisé très présent, épicé, est dominé par des nuances de fruits noirs.Lui succède une bouche corsée, compacte, aux tannins gras, avec des arômes de pâtisserie (le bois) dans l'après-goût.Le style est moderne, donc, sans être caricatural.À goûter.une fois la paix revenue.S, 894170 20,05 $ FFF(F) à boire, 3-4 ans également.Certains de ces vins déçoivent, soit qu'ils aient passé leur apogée ou aient mal vieilli.D'autres éblouissent! TÉL.: (514) 987-8044 1307, SAINTE-CATHERINE (ANGLE DE LA MONTAGNE) 3E ÉTAGE WWW.OGILVYCANADA.COM SUR MARCHANDISES SÉLECTIONNÉES FOURRURES DE CRÉATEURS ZUKI FÉRAUD CHRIST 70 % Jusqu'à de rabais QUALITÉ ET BON PRIX, SEULEMENT CHEZ OGILVY.SALON DE FOURRURES AU 3E.PROMOTION SE TERMINANT LE 31 JANVIER.SOLDE FINAL DE FOURRURES DE LUXE ! 70% de rabais jusqu'à LYNX ZIBELINE SWAKARA CHINCHILLA VISON RASÉ VISON BLACKGLAMA CASTOR RASÉ 3280236A 3281843A Christine Larose, professeur de français.Aime vraiment son emploi.3283186A "]
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