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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Lectures - Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2005-01-09, Collections de BAnQ.

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[" Ne manquez pas nos 52 personnalités de la semaine dans le cahier spécial du Gala Excellence La Presse - Radio-Canada, samedi prochain dans VERS L'EXCELLENCE 3278432C \u203a Voir BIBLIOTHÈQUE en page 2 La Grande Bibliothèque ernard Pivot avait raison : les livres sont devenus «de féroces colonisateurs» qui «bouffent sans cesse de l'espace».Et ce n'est ni Internet ni la numérisation de la documentation qui freinera leur appétit.Bien au contraire.Aux quatre coins du monde, les bibliothèques publiques poussent en effet comme des champignons depuis une bonne dizaine d'années.«Sans concertation, et depuis quelques années, sont apparus dans le monde des projets de bibliothèques publiques d'envergure, particulièrement en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest», indique l'ancien directeur général de la diffusion à la BNQ, l'historien Yvon-André Lacroix.La France, le Danemark, les États-Unis, l'Allemagne, l'Australie et la Chine sont quelques-uns de ces pays qui ont récemment choisi de construire ou de rénover des bibliothèques publiques d'envergure.«Les 20 dernières années ont été les décennies les plus importantes dans l'histoire de l'expension des biblio-thèques, renchérit l'auteur du livre New Library Buildings of the World, Wu Jianzhong.Tous reconnaissent aujour-d'hui qu'elles sont des institutions sociales et culturelles indispensables.» Certaines sont carrément époustouflantes d'un point de vue architectural, comme celle dessinée par le grand architecte Rem Koolhaas, à Seattle.Ou comme celle de la ville de Shenzen, en Chine, imaginée par Arata Isozaki.Assurément modernes par leur enveloppe de verre, elles le sont également dans leur fonctionnement.Leur inscription dans la trame urbaine est exemplaire.Certaines sont plus classiques, comme celles de Barcelone, de Cleveland et de Stockholm, où le mobilier de bois, les plafonds magnifiques, les arcs d'ogives ou encore les vitraux accueillent les visiteurs avec de grande chaleur.Certaines, enfin, sont immenses, comme à Chicago, Paris et Londres.Les autorités ont fait le pari de la démesure en bâtissant ou en rénovant ce qui ressemble à des châteaux en l'honneur du livre et de ses innombrables dérivés technologiques.ARTS SPECTACLES IRSHAD MANJI ROCKEUSE DE LA CASBAH PAGE 7 LESNOUVEAUX TEMPLES DE LA CULTURE PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE© FRANÇOIS CARDINAL L'inauguration de la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec, le 22 avril prochain, s'inscrit dans un phénomène mondial.Depuis près de 20 ans, sur le continent comme ailleurs sur la planète, de nouvelles bibliothèques aux allures de temples de la culture voient le jour à un rythme effréné. LECTURES LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC Montréal, 2005, 33 000 m2 BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE Paris, 1998, 300 000 m2 BRITISH LIBRARY Londres, 1998, 100 000 m2 CENTRAL LIBRARY Hong Kong, 2001, 33 800 m2 CENTRAL LIBRARY San Diego, 2007, 46 100 m2 DENVER CENTRAL LIBRARY Denver, 1995, 50000 m2 DEUTSCHE BIBLIOTHEK Francfort , 1997, 77 000 m2 HELSINKY CITY LIBRARY Helsinki, 1986, 10 208m2 MINNEAPOLIS CENTRAL LIBRARY Minneapolis, 2006, 37 200 m2 NATIONAL LIBRARY Singapour, 2005, 58 783 m2 ROYAL LIBRARY Copenhague, 1999, 21 000 m2 SAN FRANCISCO MAIN LIBRARY San Francisco, 1995, 35 000 m2 SEATTLE CENTRAL LIBRARY Seattle, 2004, 33 700 m2 STATE LIBRARY OF VICTORIA Melbourne, 2005, 39 000 m2 VANCOUVER PUBLIC LIBRARY Vancouver, 1995, 37 000 m2 PHOTOANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © En lien direct avec les éléments urbains environnants, d'une grande transparence et possédant une séquence spatiale très riche, le bâtiment construit à l'angle de la rue Berri et du boulevard de Maisonneuve a comme objectif de ressouder et de revitaliser le quartier.Recoudre le tissu urbain grâce à la Bibliothèque Les nouveaux temples de la culture La future Bibliothèque nationale du Québec devrait jouer un rôle majeur dans le développement urbain de la métropole.Au-delà des bénéfices culturels évidents de l'institution, cette nouvelle venue aura l'immense tâche de réunir les deux parties d'un quartier coupé en deux depuis trop longtemps.FRANÇOIS CARDINAL Avez-vous remarqué ?Il ne vous vient jamais à l'idée de piquer vers l'est lorsque vous déambulez dans la rue Saint-Denis, dans le Quartier latin.Naturellement, vous allez arpenter la rue du nord au sud.Vous allez peut-être même bifurquer vers l'ouest en empruntant une des grandes artères perpendiculaires.La Main n'est pas loin, le Plateau non plus.Mais la partie est du Quartier latin, au nord du Village gai, semble pour sa part tout à fait inexistante.Voilà précisément à quoi devrait remédier la future Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), communément appelé la Grande Bibliothèque.En prenant la place naguère occupée par le Palais du commerce, elle devrait éliminer cette barrière psychologique, rapiéçant les deux portions du quartier qui se tournent le dos depuis bon nombre d'années.Du coup, c'est l'ensemble du secteur qui bénéficiera de cette revitalisation.Il n'y a qu'à regarder une carte de Montréal pour s'apercevoir que tout converge vers ce pôle : le métro et les autobus, la vie culturelle, la vie universitaire, les artères commerciales et même les projets culturels encore sur la table à dessin.Or, malgré cette richesse urbaine, le Quartier latin ne décolle pas.Pas autant du moins que ce quartier ayant déjà connu ses heures de gloire le pourrait.Depuis la récession des années 90 et surtout depuis que le Plateau lui a ravi le titre de quartier où il fait bon être hip, le secteur de la rue Saint-Denis tente sans succès de reprendre sa place dans le coeur des Montréalais.On s'attend ainsi à ce que la Bibliothèque réussisse là où a échoué, il y a plus de 50 ans, le bâtiment détruit pour lui laisser place, le Palais du commerce.En construisant ce lieu d'exposition, après la Seconde Guerre mondiale, on espérait en effet sortir le quartier du marasme qui l'affligeait depuis une bonne trentaine d'années.Le départ de l'Université Laval \u2014 devenue Université de Montréal \u2014, puis celui de l'École de réforme, située sur le terrain de la future BNQ, avait alors plongé le quartier en pleine crise existentielle, laquelle n'a pris fin qu'à l'arrivée de l'UQAM, dans les années 70.Une fois de plus, une institution est donc appelée à revitaliser ce secteur tantôt dynamique, tantôt apathique.C'est d'ailleurs ce qui explique, en partie, que le jury du concours international d'architecture a sélectionné en 2000 le projet de l'équipe Patkau/Croft Pelletier/ Gilles Guité.Avec raison, En lien direct avec les éléments urbains environnants, d'une grande transparence et possédant une séquence spatiale très riche, le bâtiment construit à l'angle de la rue Berri et du boulevard de Maisonneuve a comme objectif de ressouder et de revitaliser le quartier.Une simple visite de l'institution, comme celle à laquelle a eu droit La Presse peu avant Noël, démontre que plusieurs éléments s'en chargeront > Les espaces de circulation du bâtiment : généreux, ils entourent les deux chambres de bois qui contiendront les collections.Le quidam peut ainsi passer de la rue Saint-Denis à la rue Berri en traversant la bibliothèque sans vraiment avoir l'impression d'y pénétrer.Ouverte en tout temps, cette véritable « rue intérieure » accueillera, entre autres choses, une boutique, un café-resto et une aire d'exposition.> Le développement de l'avenue Savoie : ce bout de rue utilisé par les commerçants comme une vulgaire ruelle sera bientôt méconnaissable.Coincé entre les rues Berri et Saint-Denis, parallèle à celles- ci, ce tronçon sera complètement réaménagé par la Ville avant que la BNQ n'accueille des bouquinistes tout le long de sa façade ouest.Un couloir permettra d'ailleurs de prolonger la place Paul Émile- Borduas, cet espace exigu, parallèle au boulevard de Maisonneuve, qui fait le lien entre les rues Saint-Denis et Savoie à la hauteur du cinéma Quartier latin.> Les liens avec la ville et ses réseaux : en étant connectée au réseau de métro et en comblant le trou situé entre l'UQAM, la place Émilie- Gamelin, la gare d'autocar et la rue Saint-Denis, la Bibliothèque sera en interaction constante avec son environnement.Le bâtiment ne possède d'ailleurs aucune façade arrière afin de devenir un point de ralliement tous azimuts pour les citadins.On le voit bien, le pari des architectes est donc de recoudre le tissu urbain grâce à une intervention urbaine majeure.Leur projet tentera ainsi de répondre aux attentes que n'a su combler à une autre époque son prédécesseur sur ces lieux.Attentes, d'ailleurs, nées lors de la Grande Dépression alors que le lieu était abandonné une première fois.BIBLIOTHÈQUE suite de la page 1 Mais malgré leur grandes différences, toutes ont une chose en commun : elles sont de véritables bibliothèques du 21e siècle.Il n'est plus question de simples lieux de conservation et de diffusion, mais plutôt de véritables temples de la culture et de l'information.« Les bibliothèques, aujourd'hui, ne comblent plus seulement le besoin de lire des gens, mais également leurs besoins d'information, d'éducation et de divertissement », observe Wu Jianzhong dans la préface de son livre.Tout comme la future Bibliothèque nationale du Québec, qui a été construite dans le Quartier latin, toutes ces nouvelles institutions regroupent sous un même toit activités communautaires, centres culturels, lieux de réflexion et d'expression, salles d'exposition, agoras, salles multimédias et bien sûr, lieux de lecture.« Contrairement à ce que certains affirmaient sur la place publique, aucun support n'a été éliminé par le progrès, fait remarquer M.Lacroix.Les bibliothèques intègrent aujourd'hui autant l'Internet que les supports électroniques et les livres.» Lorsque des villes comme Nashville aux États-Unis, Limoges en France ou encore Malmö en Suède décident de construire des bibliothèques aussi importantes que celle d'une métropole comme Montréal, c'est qu'il y a visiblement un important besoin à combler, ajoute-t-il.Et visiblement, c'est loin d'être un caprice.En prenant la place naguère occupée par le Palais du commerce, la Bibliothèque nationale devrait rapiécer les deux portions du quartier qui se tournent le dos depuis bon nombre d'années.MARIE CLAUDE FORTIN Vrai roman ?Fausse fiction ?Roman ou récit autobiographique ?Roman à clés ?Vous y perdez votre latin ?Réjouissez-vous.Quelqu'un \u2014 le saint homme ! \u2014 a décidé de se pencher très sérieusement sur la question, de démêler les plumes et les pinceaux, remonter le cours de l'histoire littéraire pour prouver que le phénomène est à peu près aussi vieux que la littérature ellemême.Et surtout, pour établir une terminologie précise, afin que l'on cesse de tout mélanger.L'auteur, Vincent Colonna, est aussi romancier.Il a publié Yamaha d'Alger et Ma vie transformiste.« Il a été, nous dit la quatrième de couverture de son essai intitulé Autofiction & autres mythomanies littéraires, un des pionniers de la découverte de l'autofiction, bien avant la bonne fortune critique et commerciale du pseudo genre littéraire qui en a découlé.» Petit résumé des formes de ce que l'auteur nomme poétiquement « l'affabulation de soi ».Selon Vincent Colonna, « l'autofiction », mot emprunté à Serge Doubrovsky qui fut le premier à l'utiliser en quatrième de couverture de son livre Fils (1977), se divise en quatre grandes catégories.> L'autofiction fantastique: « L'écrivain est au centre du texte comme dans une autobiographie (c'est le héros), mais il transfigure son existence et son identité, dans une histoire irréelle, indifférente à la vraisemblance.» C'est par exemple Borges dans sa nouvelle intitulée Aleph (1949).> L'autofiction spéculaire: « Reposant sur un reflet de l'auteur ou du livre dans le livre, cette orientation de la fabulation de soi n'est pas sans rappeler la métaphore du miroir.Le réalisme du texte, sa vraisemblance, y deviennent un élément secondaire, et l'auteur ne se trouve plus forcément au centre du livre ; ce peut n'être qu'une silhouette ; l'important est qu'il vienne se placer dans un coin de son oeuvre.» C'est Italo Calvino dans Si par une nuit d'hiver un voyageur.> L'autofiction intrusive: « Dans cette posture, si c'en est bien une, la transformation de l'écrivain n'a pas lieu par le truchement d'un personnage, son interprète n'appartient pas à l'intrigue proprement dite.L'avatar de l'écrivain est un récitant, un raconteur ou un commentateur, bref un « narrateur- auteur en marge de l'intrigue ».De nombreux écrivains ont pratiqué le genre, de Balzac à Flaubert et à Nabokov.> L'autofiction biographique: c'est cette catégorie qui nous intéresse, celle qu'ont popularisée les Christine Angot, Christian Mistral, Nelly Arcan, Serge Doubrovsky, etc.« L'écrivain est toujours le héros de son histoire, le pivot autour duquel la matière narrative s'ordonne, mais il affabule son existence à partir de données réelles, reste au plus près de la vraisemblance et crédite son texte d'une vérité au moins subjective \u2014 quand ce n'est pas davantage.» Pointu, érudit, fascinant, Autofiction & autres mythomanies littéraires, deviendra certainement, en cette ère d'exhibition de l'intime, un ouvrage de référence indispensable.FFFF AUTOFICTION & AUTRES MYTHOMANIES LITTÉRAIRES Vincent Colonna Tristram, 2004, 250pages Pour en finir avec l'autofiction LECTURES ANTONIO TABUCCHI, AUTEUR DE TRISTANO MEURT Je suis un ecrivain egoiste L'Italien Antonio Tabucchi est l'un des plus grands ecrivains contemporains.Traduite en 43 langues, son oeuvre remarquable fait desormais partie du pantheon de la litterature universelle.En Italie et au Portugal, il est une idole nationale.Son roman le plus recent, Tristano meurt, le meilleur de l'annee 2004 selon le magazine Lire, est un livre magnifique et tres poignant.A decouvrir.ELIAS LEVY COLLABORATION SPECIALE La litterature peut changer radicalement la vie d'un lecteur, mais aussi d'un ecrivain.Ecrire, c'est une experience humaine et intellectuelle tres troublante.Je suis un ecrivain egoiste.Je ne pense jamais a mes lecteurs lorsque j'ecris un livre.Aujourd'hui, beaucoup d'ecrivains, en quete d'un succes commercial rapide, formatent leurs livres pour plaire a un large public.Moi, je crois que la chose la plus extraordinaire qui existe en litterature, c'est l'inconnu.Le risque me passionne.C'est un feu qui embrase l'imagination et les emotions, mais qui peut aussi s'averer mortel.Essayer, sans jamais penser aux consequences.Voila ce qui motive l'acte d'ecrire.Si on commence a se demander si le lecteur aimera ce qu'on ecrit, on risque d'etre totalement paralyse.Ecrire est un acte spontane, comme l'amour ! Antonio Tabucchi a une conception bien particuliere de la litterature.Il est bien conscient que son dernier livre Tristano meurt, dont la traduction francaise vient de paraitre aux Editions Gallimard, est une oeuvre quelque peu deroutante , se situant aux antipodes de ce qu'il a ecrit jusqu'ici, susceptible d'egarer ses tres nombreux et fideles lecteurs.Mais, c'est un choix et un risque qu'il assume entierement, confie-t-il en entrevue depuis sa maison de campagne en Toscane.Auteur d'une imposante oeuvre litteraire traduite en 43 langues .constituee d'une trentaine de romans, de polars, d'essais, de scenarios de films .grand specialiste de la litterature portugaise, laureat de plusieurs prix litteraires prestigieux, dont le prix Medicis en 1987 et le prix europeen Jean Monnet en 1994, chroniqueur vedette aux journaux italien et espagnol Corriere della Sera et El Pais, membre fondateur du Parlement international des ecrivains.Antonio Tabucchi est l'un des plus importants ecrivains italiens contemporains.Ce romancier de l'incertitude, maestro elegant d'enquetes policieres vertigineuses .ses polars Pereira pretend et La Tete perdue de Damasceno Monteiro (publies en francais chez Christian Bourgois) sont devenus des best-sellers mondiaux .nous livre a travers ses livres des reflexions profondes et interpellantes sur l'etat du monde, les ruses perfides de l'Histoire, le sens metaphysique de la mort, la puissance de la litterature, les derives de la democratie en Occident.Themes de predilection qu'il aborde de nouveau magistralement dans Tristano meurt.Un roman d'une force et d'une qualite rares.L'histoire Refugie dans une maison de campagne, quelque part en Toscane.c'est dans cette region transalpine, creuset de la Renaissance italienne, que Tabucchi est ne en 1943.un vieux resistant moribond, ayant fougueusement combattu le fascisme mussolinien et le nazisme, fait venir a son chevet un ecrivain pour lui raconter sa vie.C'est a ce dernier qu'il revient de capter les dernieres paroles de ce heros, tenaille par la gangrene et les cephalees, car lui seul en verite a percu les doutes et les peurs lancinants de Tristano.Dans un long monologue, le vieillard convoque ses souvenirs et ses fantomes pour raconter les ambiguites de toute une vie a l'ecrivain de qui il a exige au prealable un mutisme absolu et une ecoute totale.Pour Antonio Tabucchi, ce roman bouleversant n'est pas un authentique roman, mais plutot une forme de confession remplie de digressions et d'allers-retours dans le passe.Tristano meurt n'est pas un roman.C'est pour cette raison que j'ai tenu a ajouter le sous-titre Une vie .Mais la vie n'est pas une categorie litteraire.Ce livre n'est pas un roman de facture classique, mais plutot une confession, un long monologue.En fait, ce n'est pas a moi de definir la categorie litteraire a laquelle appartient ce livre.C'est aux critiques litteraires de le faire ! Moi, je me limite a ecrire des livres ! lance sur un ton goguenard cet ecrivain polyglotte, qui parle couramment le francais.Ce tres beau recit, lugubre et lumineux, lui a-t-il ete inspire par un personnage que l'ecrivain aurait connu dans la vraie vie ?Tristano meurt est aussi une formidable reflexion sur le metier d'ecrivain et les vertus de la litterature.Ce livre ne serait-il pas apres tout une fiction.tres autobiographique ?Je n'aime pas les biographes.Je les trouve arrogants.Raconter la vie de quelqu'un que l'on n'a pas ou peu connu, lui preter des sentiments a tel moment precis de sa vie, pretendre qu'il a du ressentir telle chose puisqu'il a decide d'agir ainsi.sont des actes litteraires relevant d'une arrogance impetueuse.Normalement, quand on cree un personnage dans un roman, on est enclin a penser que l'auteur projette sa vie, qu'il s'agit d'une oeuvre autobiographique.Detrompezvous ! Tres souvent, c'est l'inverse qui se produit.C'est le personnage a qui il a donne vie qui penetre dans la peau et dans l'ame de l'ecrivain pour le tarauder jusqu'a la fin de son existence.Ecrire un livre, c'est une experience existentielle tres forte qui peut chambarder le cours d'une vie.Le destin insolite de Tristano s'inscrit en sequences hachees par l'agonie sur une fresque large ou defilent l'histoire de son pays, l'Italie, et d'un siecle revulse par des hecatombes effroyables ou la deshumanisation de l'etre humain a atteint son zenith.Obnubile par la figure ideale, et tres chimerique, de la democratie, l'ancien combattant s'interroge sur le pourquoi de tant de peines, de tourments et d'ideaux .Antonio Tabucchi a ecrit dans ce livre des pages passionnantes sur l'avenir de la democratie en ce debut du troisieme millenaire.Avant de mourir, Tristano nous exhorte a reflechir sur une question vitale et fondamentale : l'etat de la democratie dans le monde.Nous vivons desormais a une epoque nebuleuse fortement marquee par les confusionnismes.Il y a des pays qui s'attellent a exporter la democratie dans le monde en larguant des bombes et en menant des guerres d'invasion.On veut imposer par la force la democratie.Les egarements des Americains me rappellent les incartades de Napoleon au 19e siecle.Napoleon inscrivit sur son drapeau trois mots importants, democratiques et progressistes : liberte, egalite, fraternite.C'est avec ce drapeau libertaire qu'il a envahi la Russie et la peninsule iberique.Il a ainsi mene des guerres partout au nom des valeurs de la democratie francaise.Francisco Goya a admirablement depeint dans des fresques impressionnantes les horreurs, les massacres et les destructions provoques au nom de la vision democratique napoleonienne.L'empereur a voulu imposer la democratie aux Espagnols avec la pointe des baionnettes.Bush et ses amis auraient du lire les recits des guerres napoleoniennes et contempler les oeuvres pathetiques de Goya avant d'entamer leur desastreuse campagne militaire en Irak ! Au crepuscule de sa vie, Tristano decouvre soudain, non sans amertume, qu'il a contribue a liberer son pays du joug totalitaire pour mieux le livrer a un Dieu d'un nouveau genre : le dingodingue televisuel, qui pourrit l'espace social italien.Une sorte de divinite, un Dieu tout neuf, inconnu, dont la religion est une absence de religion.Sa force extraordinaire residant dans ce manque de substance.Le recit de Tristano ne recele-t-il pas en filigrane un requisitoire cinglant contre l'Italie de Silvio Berlusconi ?Je ne me considere pas comme un ecrivain engage politiquement ou ideologiquement dans le sens sartrien du terme.Je ne suis la courroie de transmission d'aucun parti politique.Mais, mes devoirs de citoyen m'apostrophent avec force.A l'instar d'une forte majorite d'Italiens, je suis un farouche partisan d'une democratie coriace, ou le pouvoir politique doit etre entierement separe du pouvoir economique et du pouvoir mediatique.Or, nous avons aujourd'hui en Italie une situation anachronique.Le premier ministre Berlusconi possede et controle presque 85 % des moyens d'information du pays, c'est-a-dire toutes les televisions et 80% des journaux et des magazines.Je vous renvoie la question.Est-ce que les Canadiens et les Quebecois seraient preoccupes si le premier ministre du Canada etait le patron absolu de tous les reseaux de television et de 80% de la presse du pays ?L'Italie merite mieux que ca ! FFFF1.2 TRISTANO MEURT Antonio Tabucchi Editions Gallimard, Collection du monde entier, 2004, 205pages PHOTO FOURNIE PAR GALLIMARD Antonio Tabucchi est l'un des plus importants ecrivains italiens contemporains.Si on commence a se demander si le lecteur aimera ce qu'on ecrit, on risque d'etre totalement paralyse.Ecrire est un acte spontane, comme l'amour ! REGINALD MARTEL Un lancement aux Editions du Jour.Jacques Ferron y est, tenant son quant-a-soi comme toujours, avec ce sourire un peu narquois d'ou il tire peut-etre sa contenance.Il vient de remarquer la presence de Pierre Baillargeon.Il s'excuse aupres de son interlocuteur et se dirige vers l'homme de lettres, non sans avoir d'abord susurre a son sujet l'epigramme cruelle dont il avait le secret.Qu'a-t-il dit exactement ?La memoire est sans pitie et l'anecdote serait donc inutile, si elle n'illustrait pas de quelque maniere la distance que Ferron imposait a ceux qui l'approchaient.Pierre Baillargeon n'y a probablement pas echappe.Quand Ferron, etudiant en medecine, songe a devenir ecrivain, son aine de quelques annees a peine est deja edite et connu.Ferron a pour lui .ou feint d'avoir ?.une grande estime.Ils se sont connus au college Brebeuf.Ferron vit a Quebec, il ira ensuite exercer sa profession en Gaspesie ; Baillargeon est journaliste, il habite Montreal et ne s'y plait guere, la pauvrete culturelle lui etant insupportable.Il s'installe pendant plusieurs annees en Normandie, avec sa femme d'origine francaise.En voyant sa mine triste des annees soixante, il etait permis de penser qu'il n'en etait jamais tout a fait revenu.Les deux ecrivains ont entretenu une correspondance assez mince.Ferron a Petite-Madeleine ne manquait pas de loisirs, ni d'ambition.Baillargeon avait bien d'autres soucis.Il devait gagner la vie de sa famille et trouver le temps de garder vivante la revue Amerique francaise, qu'il avait fondee.Les lettres de Ferron sont relativement nombreuses, celles de Baillargeon beaucoup moins, que son correspondant n'a d'ailleurs pas conservees.Les elements existants suffisent a justifier le travail d'edition de Marcel Olscamp, un des meilleurs specialistes de Ferron.Des documents pertinents mettent en contexte et completent le peu qui existe.Ferron voussoie Baillargeon, l'inverse n'est pas vrai.Il lui ecrit l'admiration qu'il lui porte et on peut s'en etonner, le docteur Ferron ayant les effusions discretes, secretes peutetre.Meme, il se moque de cet homme qu'il trouve gros et qu'il juge engonce dans un egotisme sterile.La maniere enjouee de Ferron s'affiche de plus en plus nettement, avec une parfaite politesse evidemment, et il decrit bientot son correspondant avec une ironie qui semble bien recue.Il lui prodigue aussi ses conseils : Ne croyez a rien, et souriez.On s'attendrait que la correspondance entre l'ecrivain aspirant et l'ecrivain avere fut de nature litteraire.Elle ne l'est pas tellement.A l'occasion, Ferron evoque ses lectures, Beaumarchais ou Courteline, entre autres.Il se montre surtout avide de lire ce qui se publie a Montreal et Baillargeon a la generosite de repondre a ses attentes.L'essentiel des propos de Ferron, outre les considerations sur sa difficile naissance publique d'ecrivain, concerne sa vie quotidienne.Le pauvre homme craint de perir d'ennui.Comme avaient accoutume de le faire d'autres medecins de campagne a cette epoque, il s'offre six mois de morphinomanie.Il frequente chez son cure, moins par conviction.ce qui sierait mal au communiste qu'il est en train de devenir, que pour s'approvisionner en nourritures terrestres : Je cultive mon cure, car il est le seul homme a dix lieues a la ronde a pouvoir me fournir d'oeufs ; et pour la premiere fois dans mon existence, les poules me maintiennent dans la religion; je dois vieillir.Il ajoute, perfide : J'ecoute ma femme avec attention : il pourrait lui venir une idee.Baillargeon, tout en soutenant les entreprises litteraires de Ferron, il lui ouvre en effet les pages d'Amerique francaise, cherche aupres de celui qui se veut son disciple, en attendant de depasser le maitre, un soutien intellectuel que la societe lui refuse.Il ne manque pas de faire connaitre a son correspondant, medecin malgre lui pour plaire a son pere, ses malaises et ses maladies.Il y gagne peu : .n'ecrivez que des choses gaies et mechantes durant un an ; votre sante y trouvera son benefice, et votre gloire.Ferron a pauvre opinion d'une science qu'il pratique en artiste, davantage curieux des moeurs d'un petit peuple que lui, bourgeois de Louiseville et eleve des jesuites, connait fort peu.Le travail de Marcel Olscamp n'apporte pas a l'oeuvre et a la vie de Ferron un eclairage absolument neuf.Ecrire cela n'est pas en medire.Laisse courir ta plum.Lettres a ses soeurs 1933-1945 revelait le jeune homme qui pretend donner des lecons ; Tenir boutique d'esprit, celui qui feint d'en solliciter, aupres d'un contemporain qui fut un essayiste estimable, bien vite oublie.L'un et l'autre Ferron sont bien le meme, qui a assez d'esprit pour tenir boutique .et trop de genie pour exercer pleinement son talent.FFFF TENIR BOUTIQUE D'ESPRIT Correspondance de Jacques Ferron et Pierre Baillargeon Edition preparee par Marcel Olscamp Lanctot editeur, 150pages LITTERATURE QUEBECOISE Ferron et Baillargeon presente le en collaboration avec JUMP RHYTHM JAZZ PROJECT DE CHICAGO, NOTRE VILLE INVITEE En collaboration avec RENSEIGNEMENTS : (514) 871-1881 1 888 515-0515 .www.montrealjazzfest.com ACHETEZ VOS BILLETS 15, 17 ET 18 FEVRIER, 20 H .AU THEATRE OUTREMONT En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest FILL24 . LECTURES Imprésario et agression sexuelle Connaître, comprendre et aimer l'art PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉS Vous avez peut-être remarqué que La Presse n'a pas employé le mot gérant pour qualifier Guy Cloutier, récemment condamné à la prison, car, dans le monde du spectacle, ce terme est un anglicisme au sens d'imprésario.Soit dit en passant, la graphie francisée avec l'accent est de plus en plus répandue.C'est celle que je conseille.Notons aussi que le pluriel italien impresarii est vieilli et terriblement affecté.On écrit aujourd'hui imprésarios.On aura peut-être noté également que, dans La Presse, on a parlé d'agressions sexuelles plutôt que d'abus sexuels pour qualifier les actes de l'imprésario déchu.Pour ma part, je reste favorable à l'emploi d'agression sexuelle, terme qui, dans le Code criminel canadien, « désigne tout type de situation où un individu en contraint un autre à des activités sexuelles ».Mais il me faut reconnaître que, sous l'influence de sexual abuse, agression sexuelle subit aujourd'hui la concurrence d'abus sexuel, tant au Québec qu'en France.Cette dernière locution est tantôt employée comme un parfait synonyme, tantôt comme une sorte d'euphémisme (certaines personnes établissent en effet une distinction entre l'agression sexuelle, qui serait accompagnée de violence, et l'abus sexuel, qui relèverait plutôt de l'abus d'autorité).La locution abus sexuel est tellement répandue qu'on peut aujourd'hui considérer, comme le fait le Grand Dictionnaire terminologique, qu'elle est implantée dans l'usage.Ce qui explique qu'elle soit attestée par plusieurs ouvrages de référence, dont le Petit Robert et le Multidictionnaire.Humanitaire Cet adjectif s'emploie avec justesse pour désigner « ce qui intervient pour sauver des vies humaines dans une situation d'urgence ».On peut donc dire que les organisations humanitaires sont intervenues rapidement après le terrible tsunami qui vient de frapper l'Asie du Sud-Est, que leur défi est humanitaire, qu'elles coordonnent l'aide humanitaire.Mais la catastrophe provoquée par le raz-de-marée n'est pas humanitaire ; c'est un cataclysme qui a engendré un drame humain.La dérive du terme humanitaire est fréquente dans de pareils cas, y compris dans la presse française.On parle souvent, par exemple, de la « catastrophe humanitaire du Darfour ».Mais on ne peut pas vraiment dire que ce genre de désastre contribue «au bonheur de l'humanité ».Il vaudrait mieux parler de drame humain.Les 18 mois qu'il a passé(s) QJe ne suis pas d'accord avec votre analyse des dix-huit mois qu'il a passéS.Passer, au sens de « employer un temps », est transitif direct, comme dans « passer la soirée » ou « passer ses vacances ».Et dix-huit mois est bien un COD.On ne saurait dire « il a passé pendant 18 mois » (il a passé quoi ?), comme dans « il a vécu trois ans (ou pendant trois ans) ».La question de la distinction des COD et des CC dits de mesure est souvent délicate.Mais je crois que ce cas est clair.Michel Théoret, Magog RIl arrive effectivement que des compléments aient l'air de COD, mais qu'ils n'en soient pas.Voici quelques exemples : > Les centaines de milliers de dollars que cet appartement m'a coûté.(L'appartement m'a coûté combien ?Complément circonstanciel.) Par contre, on écrirait : > Les efforts que cet ouvrage m'a coûtés.(Cet ouvrage m'a coûté des efforts.COD.) > Les deux ans qu'il a vécu en prison.(Il a vécu durant deux ans.) Complément circonstanciel.Par contre, on écrirait : > Les dures années qu'il a vécues en prison.(Il a vécu de dures années.COD.) En suivant cette logique, j'étais convaincu qu'il fallait écrire : les dix-huit mois qu'il a passé, mais j'ai eu tort, car passer est considéré, dans cet exemple, comme un verbe transitif.Quelques lecteurs me l'ont souligné et j'en ai rougi jusqu'aux oreilles.J'ai donc pris la résolution pour l'année qui vient de ne plus JAMAIS commettre d'erreurs semblables.Ce sera sans doute aussi ma résolution de l'an 2006.Le complément circonstanciel QJe suis enseignante dans un collège privé de Montréal depuis maintenant 12 ans.Très humblement, j'aimerais attirer votre attention sur l'utilisation des termes complément d'objet direct et complément circonstanciel.Depuis la réforme du programme de français en 1995, certaines fonctions grammaticales ont été modifiées, d'autres ont été éliminées.C'est le cas pour l'objet dans les compléments du verbe.On dira donc complément direct et complément indirect.Quant au fameux complément circonstanciel, il n'existe plus.Malheureusement, il y a encore des enseignants qui ne se sont pas mis au goût du jour ; il y a donc toujours quelques élèves qui arrivent en 1re secondaire avec cette terminologie désuète.A.M.Quesnel RJe connaissais cette réforme, mais je n'emploie pas sa terminologie pour plusieurs raisons.Primo : la plupart des lecteurs ne la connaissent pas.Secundo: beaucoup de grammaires et de dictionnaires de difficultés utilisent encore ces termes que vous considérez comme désuets.Tertio, je ne suis pas convaincu de la pertinence de cette réforme.Mais peut-être est-ce simplement parce que son vocabulaire ne m'est pas familier.J'aimerais d'ailleurs savoir ce que les enseignants en pensent.Comment prononcer idylle ?QLorsque j'ai eu à écrire le mot idylle, je me suis posé une question quant à sa prononciation.J'ai toujours dit idil.Suis-je dans l'erreur ?J'ai comparé avec les mots facile et vacille pour départager cette question de phonétique.Cependant, si je pense au mot Gilles ou bille, je ne sais quelle règle en déduire.Louise Voisard RIl faut dire, comme vous le faites, idil, comme pour rimer avec utile.Et caetera QSerait-il possible de m'éclairer sur la bonne orthographe de l'abréviation de l'expression latine et caetera (etc.)) ?En fin de phrase, doit-on mettre deux points, car etc.en prend un et la fin de phrase aussi (etc.) ?Stéphane Leroux RC'est une erreur courante d'ajouter des points de suspension après cette abréviation.Un seul point suffit.Quand etc.termine une phrase, on évitera d'ajouter un second point.Par contre, on n'omettra pas le point avant une virgule.Petits pièges Voici les pièges de la dernière chronique : 1.La publication de l'oeuvre complète de Ducharme.2.Les fabriquants vantent à l'envie la puissance de leurs voitures.\u2014 Le mot oeuvre s'écrit généralement au masculin quand il désigne « l'ensemble des ouvrages d'un artiste ou d'un écrivain ».> L'oeuvre complet de.Le masculin est cependant considéré comme littéraire.Il subit de plus en plus la concurrence du féminin, admis tant par Grevisse que par Hanse.On peut également parler correctement des oeuvres complètes d'un auteur.\u2014 La personne qui fabrique ou fait fabriquer des produits destinés à la vente est un fabricant et non un fabriquant.\u2014 La locution adverbiale à l'envi s'écrit sans e.Voici les pièges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune au moins une faute.Quelles sont-elles ?1.La mise au jeu a été retardée.2.Le porte-hélicoptère français Jeanned'Arc a quitté Djibouti.Les réponses la semaine prochaine.Paul Roux est l'auteur du Lexique des difficultés du français dans les médias, aux éditions La Presse.Faites-lui parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel à paul.roux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9.JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Un livre qui rassemblerait tout l'art du monde ?Quel défi.Pourtant, le voici.Il suffisait de publier, bout à bout, les livres et les articles d'un certain Malraux, André.Le chevalier sans peur (mais avec reproches).Vous connaissez Malraux, j'espère que vous avez pu le voir, et l'entendre surtout : éructant, grimaçant, n'arrêtant pas de deviser, de courir de droite à gauche à la recherche de quoi ?Du sens de l'art.Prodigue d'incises, de déplacements, de métaphores, de juxtapositions, de récits d'expériences personnelles.Le tout : fondé sur une connaissance encyclopédique assez vertigineuse.Pas facile à suivre, Malraux.Mais le résultat, qui était le but recherché, c'est de nous faire comprendre, et aimer, l'art.Pari réussi, sans aucun doute.Il suffit pour s'en rendre compte d'aligner quelques titres, tous célèbres en leur temps.Esquisses d'une psychologie du cinéma ; Saturne, le destin, l'art et Goya; en 1951, Les Voix du silence; un peu plus tard, sans faiblir, de 1957 à 1976, La Métamorphose des dieux ; puis Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale.encore trois tomes sur la statuaire, les bas-reliefs et les grottes sacrées, et le monde chrétien.On dirait n'importe quoi, mais ce n'est pas n'importe quoi, c'est l'ensemble, c'est le « Tout sur l'art ».Il a dit, écrit et répété, qu'il n'était pas un historien de l'art, ni un critique d'art, comme le furent avant lui Élie Faure, Baudelaire, René Huyghes, ou quelques autres.Non, l'étonnant en lui, c'est sa marque de fabrique, c'est qu'il ne donna jamais une critique, mais un renseignement.André Malraux, directeur de l'Intelligence Service et d'Interpol réunis.Agents sur le terrain : tous les artistes du monde.Il a écrit : « Si les civilisations survivent à l'homme, c'est justement grâce à l'art, qu'il nommait anti-destin, une façon d'échapper à la fin.» Dans la collection de la Pléiade, en deux tomes des oeuvres complètes (IV et V) se trouvent réunis (on a envie de dire : enfin ! ) ses livres les plus importants publiés en librairie, et parfois introuvables, avec les textes souvent inédits qui s'y rapportent.Et les préfaces, articles, allocutions dont il ne fut pas chiche.Très importantes, les préfaces: Malraux y dit son amour pour les rapprochements, à travers les arts du monde entier et de toutes les époques.Chez Malraux, maître des intuitions que l'on se surprend à trouver « géniales », et l'on croit bien qu'elles le sont, l'art n'est pas une suite d'oeuvres devant lesquelles il conviendrait de s'arrêter et qu'il faudrait expliquer, mais à la relation que l'écrivain peut faire entre elles et l'histoire.Il y a tant d'exemples dans son oeuvre, que l'on ne sait lequel citer.Tenez, sur Goya : le commentaire nous entraîne de la Grèce avec ses monstres aux premiers temps d'Orient, à l'Église et ses diables, puis à Goya.C'est la méthode Malraux, elle est d'une efficacité redoutable.Nous devenons intelligent, il nous semble que nous comprenons tout.Autre chose: les écrits sur l'art étaient illustrés, souvent en noir et blanc.Ils étaient de formats différents, au cours des années.Sans ces illustrations, les textes perdraient les effets de surprise que la pensée de Malraux a toujours utilisés.Il faut passer d'un détail de Giotto à un basrelief de Notre Dame de Paris et, la page d'après, à une mosaïque de Byzance.Élémentaire, docteur Watson, dirait Sherlock Holmes (encore un enquêteur).Il fallait donc reproduire ces illustrations.Dans une collection de la Pléiade qui ne brille habituellement pas pour ces « images ».surprise, elles sont là.On ne saurait trop recommander d'emporter sur votre île déserte que ce seul livre : il contient tout, tout, tout sur l'art de tous les temps et de tous les pays.FFFF ANDRÉ MALRAUX, ÉCRITS SUR L'ART Tomes I et II, 1590et 1776pages Éditions de la Pléiade, Gallimard, Paris POÉSIE CLAUDE BEAUSOLEIL COLLABORATION SPÉCIALE Sur la photo de couverture, on voit Gaston Miron au carré Saint- Louis entouré de manuscrits et de livres.Sur le mur au-dessus de sa célèbre machine à écrire, on peut lire, en espagnol : Mi trabajo es usted (Mon travail c'est vous).Les apparences ne sont jamais trompeuses.Gaston Miron est une figure toujours vivante dans le paysage de la poésie et de la culture québécoises.Depuis sa mort, le 14 décembre 1996, son influence ne cesse de grandir.Pas de rencontres littéraires, de débats de fond sur la littérature, la place de nos livres et de notre culture, ici et dans le monde, sans allusion à une de ses déclarations ou sans l'évocation d'un de ses poèmes.Ses affirmations, comme ses tâtonnements ressemblent à un travail de conscience en train de se déployer, comme si la poésie n'avait jamais dit son dernier mot, « le mot juste ».« Un long chemin » regroupe des textes en prose de 1953 à 1996, plusieurs inclus dans une première édition de L'Homme rapaillé, d'autres, dispersés ou inédits.L'édition annotée par Pierre Nepveu et de Marie-André Beaudet est remplie de détails accompagnant les réflexions de Miron « sur l'homme et l'écrivain québécois ».À travers ces essais, conférences, discours de réception, hommages divers adressés entre autres à Pierre Perrault, Gilbert Langevin et Roland Giguère, on retrouve le Gaston Miron chaleureux, engagé, fraternel.Militant et ouvert, savant dans ses lectures et ses références, populaire dans son constant souci de l'origine, sa prise en charge de cette noirceur qu'il veut changer en or.Il écrit : « Je sais que la poésie parle la même langue dans toutes les langues.Je sais qu'elle est une autre langue dans la même langue.Je sais que la poésie n'a qu'une seule patrie, la langue, mais ma langue, elle, ma langue à moi, ma langue à nous, a une patrie : le Québec.» Gaston Miron pose sans relâche la question fondamentale de l'identité.De l'enracinement jusqu'à l'ouverture à l'universel, pour lui, la langue est le lieu privilégié de notre expression, notre différence et notre accès à l'autre.Son travail de désaliénation demeure d'une superbe nécessité, empreint d'humilité et de courage, des mots qui ne sont pas à la mode, mais qui décrivent bien la compassion qui traverse ce parcours d'intellectuel avouant avec générosité : « Mes maîtres, ce sont tous les poètes et écrivains québécois depuis les tout premiers jusqu'à moi, tous sans exception, les plus minables comme les plus sublimes.» Que de sagesse dans cette déclaration d'un grand poète avouant sa confiance reconnaissante dans sa littérature, la nôtre, qu'il porta partout, ici comme ailleurs, dans les débats, lectures publiques, festivals ou projets éditoriaux.Ce fort volume de presque 500 pages \u2014 c'est beaucoup pour un auteur dont on a souvent dit qu'il avait peu écrit \u2014 est tissé de réflexions et de traces autobiographiques.Avec sincérité, Miron livre son évaluation personnelle des conditions, même les plus difficiles, de notre littérature et de notre culture.Le Québec moderne est là dans ses combats, ses risques et, pour le poète Miron, le penseur Miron, l'éditeur Miron, le sort de chacun est lié à l'affirmation d'une volonté d'être ensemble, avec tous, « en une seule phrase nombreuse ».Marie-Andrée Beaudet dans sa présentation rappelle que « les proses de Miron dessinent les contours d'une véritable politique de la présence ».D'une voix forte et inquiète à la fois, celle d'un poète original et flamboyant, Gaston Miron demande encore et toujours le droit de parole pour tous.Un long chemin est un livre essentiel.On peut saisir dans son foisonnement, l'itinéraire d'un intellectuel québécois enraciné dans ses rêves aux conséquences humaines.L'amour de la langue française, l'amour du Québec, la conscience d'une lente marche par Un long chemin, Gaston Miron s'en fait par tous les moyens de son écriture, le chantre souverain.FFFF UN LONG CHEMIN, proses 1953-1996 Gaston Miron Montréal, L'Hexagone, 2004, 482pages Souverain Miron PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE © Gaston Miron est une figure toujours vivante dans le paysage de la poésie et de la culture québécoises.Depuis sa mort, le 14 décembre 1996, son influence ne cesse de grandir. LECTURES POLAR Cauchemar au Cachemire Trois reussites: les amateurs sont bien gates NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE Au Quebec, ces derniers temps, les amateurs de bons romans d'espionnage ou de thrillers d'intrigue internationale auront ete gates.Apres Le Bien des autres, de Jean- Jacques Pelletier (Alire), Les Enfants de chienne, de Camil Bouchard (La Veuve noire), La Femme de Berlin, de Pauline Vincent (Libre Expression), et Operation Iskra, de Lionel Noel (Alire), voici l'excellent Cachemire, de Mario Bolduc, un scenariste bien connu (Le Dernier Tunnel) dont c'est ici le premier roman.Cette histoire aux multiples rebondissements aurait pu etre sous-titree: une aventure de Max O'Brien, un Arsene Lupin quebecois.En effet, O'Brien, un type plutot sympathique, est un escroc professionnel de haute volee, specialise dans les coups fumants, tordus mais payants.Traque sans cesse par sa nemesis, le policier Luc Roberge, qui reve depuis des annees de lui mettre la main au collet, Max est soudain entraine dans une aventure a la fois exotique et tragique.Son neveu, David O'Brien, un jeune diplomate canadien en poste a New Delhi, a ete victime d'un attentat au retour d'un voyage d'affaires a Katmandou.Grievement blesse, il est rapatrie et transporte a l'Hopital general de Montreal.Onze ans plus tot, Max avait promis a son frere, assassine en Amerique centrale, de veiller sur le garcon.Il decide donc de se lancer a la poursuite des terroristes et debarque en Inde au moment ou ce pays s'apprete a entrer en guerre avec le Pakistan.Avec l'aide de son ami Jayesh, un Indien ne a Montreal, Max suit les traces de son neveu, ce qui l'entraine, a ses risques et perils, dans le monde de l'extremisme et de l'intolerance, alors que Luc Roberge, une vraie teigne, le talonne toujours de pres.Habile conteur, Mario Bolduc entraine son lecteur dans un thriller palpitant qui mele avec bonheur emotion, exotisme et histoire contemporaine.Chose rare, le recit est exempt des defauts qui affligent trop souvent l'intrigue d'un premier roman.La machine narrative est bien rodee, les dialogues coulent de source, les personnages sont bien types et l'histoire est captivante.Que peut-on souhaiter de plus ?Quand le reve devient cauchemar.William Bayer est un de ces ecrivains qui ne m'a jamais decu.Avec Le Reve des chevaux brises, il signe une de ses meilleures oeuvres.Ce thriller psychologique a haute tension est l'histoire d'une obsession : celle de David Weiss qui tente de faire la lumiere sur un double meurtre, tres mediatise, il y a deja 26 ans.Ce jour-la, dans une petite ville du Midwest, par un apres-midi torride, un homme et une femme etaient en train de faire l'amour dans une chambre de motel minable quand ils furent abattus par un inconnu.Les deux victimes etaient Tom Jessup, un modeste professeur, et Barbara Fulraine, une grande bourgeoise a la beaute spectaculaire.Comment une femme d'une telle classe a-t-elle pu finir de facon aussi sordide et tragique ?Telle est la question lancinante que se pose David Weiss et a laquelle il va tenter de repondre tout au cours de cette histoire enigmatique et torride a souhait.Pour cela, il se plonge dans les documents relatifs a l'affaire, notamment dans les papiers de son pere, le psychanalyste de la victime, qui s'est suicide sans raison apparente.Tout en finesse, ce recit dont le titre, tres poetique, renvoie a un reve obsessif de Barbara, nous entraine insidieusement dans une histoire complexe ou la psychologie prime sur l'action somme toute assez reduite sans que cela nuise d'aucune maniere au plaisir de la lecture.L' ombre de la peste brune En Allemagne, le krimi est un genre tres populaire, les ecrivains de talent ne manquent pas, mais peu d'entre eux voient leurs oeuvres traduites en francais.Reiner Sowa est un ancien commissaire de police (Homicides, puis Stupefiants) qui s'est reconverti dans l'ecriture en creant une serie originale mettant en vedette Ulrich Schwartz, un entrepreneur de pompes funebres, et son ami, le commissaire Kascheck.Dans le polar, les croque-morts ont largement de quoi gagner leur croute, mais il est plutot rare qu'ils jouent le role d'enqueteur.Dans L'Ombre de la Napola, Schwarz recoit un courriel etrange lui enjoignant de reparer le mal qui a ete fait jadis a un jeune homme prenomme Adi et dont on lui indique la tombe.Ses recherches sur le defunt le meneront au chateau de Bensberg, qui a abrite pendant la Seconde Guerre mondiale, une Napola , l'une de ces ecoles speciales qui formaient l'elite nazie.Alors que Schwarz doit remonter la piste de l'Histoire, plonger dans la passe peu glorieux de l'Allemagne nazie, le commissaire Kascheck est aux prises avec une non moins etrange affaire de disparitions d'enfants que l'on retrouve morts sans que les corps ne presentent des marques de violence.Assez rapidement, Schwarz et Kasceck vont s'apercevoir que leurs enquetes respectives presentent de singuliers points communs.Du coup, la question est de savoir s'il y a un lien entre la mort de ces enfants et cette ancienne institution du troisieme Reich.Des personnages attachants, une intrigue bien construite, un contexte historique fascinant, ce roman de bonne facture n'a qu'un defaut mineur resultant de la traduction : dans sa version francaise, des la premiere page, la traductrice nous donne, probablement sans le savoir, un indice (inexistant dans la version allemande) sur l'identite eventuelle d'un coupable.A vous de decouvrir lequel et d'en tirer les consequences.FFFF CACHEMIRE Mario Bolduc Libre Expression, 460 pages FFFF LE REVE DES CHEVAUX BRISES William Bayer Rivages, 355 pages FFFF L'OMBRE DE LA NAPOLA Reiner Sowa Editions Alvik, 236 pages COURRIEL Pour joindre NORBERT SPEHNER nspehner@globetrotter.net 3281962A BEAUX LIVRES Une formidable chronique Les amateurs d'histoire et de photos d'archives militaires se delecteront en feuilletant l'imposant livre L'Oeil de la Guerre.Mots et images du front, qui vient de paraitre aux editions Presses de la Cite.Cet album, qui comprend quelque deux cents cliches, est une formidable chronique de l'evolution des conflits armes vue par les combattants, les victimes et les photographes qui ont vecu dans leur chair les affres de ces batailles meurtrieres, et qui ont relate cette experience existentielle eprouvante en mots ou en images.Ce livre retrace magistralement un siecle et demi de guerres, qui ont engendre souvent des hecatombes effroyables.Depuis la guerre de Crimee, en 1855, en passant par la guerre americaine de Secession, les deux Grandes Guerres mondiales, le conflit du Vietnam, la premiere guerre du Golfe, les guerres fratricides dans les Balkans et la guerre qui fait rage aujourd'hui en Irak, des photographes professionnels valeureux, dont Robert Capa, Eugene Smith, Don Mc Cullin, ont croque sur le vif des scenes abjectes depeignant eloquemment la folie belliqueuse des hommes dans tous ses etats.En associant d'extraordinaires images a des temoignages de premiere main, cet album est aussi une meditation interpellante sur ce terrible, cruel et sanglant gachis qu'est la guerre.Preface par le grand historien militaire americain John Keegan, L'Oeil de la Guerre rappelle aussi comment les techniques de guerre ont evolue autant que celles des appareils qui en delivrent les sanglantes images.Au fur et a mesure que les armes devenaient de plus en plus sophistiquees et meurtrieres, les outils photographiques devenaient aussi plus petits, plus rapides et plus precis.Il y a une chose qui ne changera jamais malgre les progres sociaux et scientifiques majeurs accomplis par l'homme au fil du temps : la clameur de la guerre ! Elias Levy, collaboration speciale FFFF1.2 L'OEIL DE LA GUERRE.MOTS ET IMAGES DU FRONT Presentation de Philip Knightley et de John Keegan Editions Presses de la Cite, 2004, 288 pages Immense ouvrage La Somme est un departement de la France ou moururent plus d'un million de soldats au cours de la Premiere Guerre mondiale.On ne s'etonne guere d'y voir erigee, au chateau de Peronne plus precisement, une institution se voulant a la fois musee et memorial consacree a ces quatre annees qui bouleverserent l'Europe.Ses responsables viennent d'accoucher d'une brique de 1345 pages, L'Encyclopedie de la Grande Guerre 1914-1918.Sous sept grands chapitres, l'histoire du conflit est dissequee sous toutes ses formes a travers une centaine d'articles specialises.Quelques exemples: les enfants dans la guerre, les intellos, les armes chimiques, le role des tranchees, la guerre sousmarine, la politique.Ceux qui cherchent un grand ouvrage narratif ou evenementiel feront mieux de regarder ailleurs.Mais pour comprendre la guerre au-dela des dates, voila un ouvrage a considerer.A noter : l'incroyable iconographie et une bibliographie de trente pages ! Une deception ?La tres petite douzaine d'entrees sur le Canada dans l'index.Andre Duchesne FFF ENCYCLOPEDIE DE LA GRANDE GUERRE 1914-1918 Sous la direction de Stephane Audoin-Rousseau et Jean-Jacques Becker, Bayard, 1345 pages Retour chez les Anishnabes C'est un mode de vie aujourd'hui revolu qu'evoque Michel Noel dans ce bel ouvrage qui rend hommage a la culture amerindienne.Ecrivain et ethnologue, cet auteur metis considere comme un specialiste des autochtones du Quebec s'est inspire de sa propre enfance en milieu algonquin et de ses ancetres anishnabes.Il decrit sur un ton emu l'existence au temps des chasseurs nomades et des chiens de traineau.Il fait revivre la vie sous la tente, la traite des fourrures et les soirees au tambour qu'il a connues jadis.Outre les dessins de Jacques Newashish, cette edition de luxe (135 $) comporte une trentaine de reproductions de tableaux (colles a la main) d'artistes, amerindiens pour la plupart.Luc Perreault FFF SPLENDEURS AMERINDIENNES Michel Noel Tableaux d'artistes amerindiens, dessins de Jacques Newashish, Henri Rivard Editeur, 200 pages Vous avez jusqu'au 25 janvier pour faire parvenir vos commentaires sur notre livre du mois, Ma vie en trois actes, de Janette Bertrand (Libre Expression).Quel role Janette Bertrand a-t-elle joue dans l'emancipation des femmes au Quebec, et dans celle des gais ?A-t-elle eu une influence sur votre propre vie ?Croyezvous que la retraite peut tuer, comme le dit Mme Bertrand, et qu'il faut se mettre en colere pour cela, ou pensezvous, au contraire, qu'etant donne la proportion de gens ages dans la population, il serait bon de faire plus de place aux jeunes ?Envoyez vos reponses a ces questions ou a d'autres que vous inspire l'ouvrage de cette grande communicatrice a clubdelecture@lapresse.ca ou en ecrivant directement dans le Forum du Club de lecture sur cyberpresse.ca/arts, Lectures, Forum du Livre du mois.La meilleure lettre vaudra a son auteurun bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies Renaud-Bray. MONTRÉAL, 21H46 Marc-André Gilbert suivit le portier.La scène centrale avait la forme d'une immense roue d'engrenage.Des chaises avaient été insérées dans les espaces vides entre les dents.Ces dernières servaient de tables individuelles pour les clients.Gilbert eut à peine le temps de s'asseoir qu'une danseuse lui apportait une bière.- Aux frais de la maison, ditelle.Quelques instants plus tard, les lumières s'éteignaient.Un cercle de lumière se découpa au centre de la scène.Une bonne main d'applaudissements, messieurs, pour la sexy Sharon.Allez, on l'applaudit!.La danseuse surgit dans le cercle, puis traversa la scène et alla directement vers Gilbert, entraînant la lumière avec elle.Elle s'agenouilla devant lui, jambes écartées, fit mine d'enlever son soutien-gorge et se releva.Elle répéta le même manège de chaque côté de la scène avec d'autres clients, comme pour ne négliger aucune partie du public.Elle revint ensuite vers Gilbert, croisa les jambes autour du poteau à côté de lui et se laissa descendre jusqu'au sol.Sa jambe gauche, allongée, reposait sur la table.trouvé sur Hope Fund Management, mais la boîte continuait de faire l'objet d'une surveillance par l'Institut.- À ta place, répondit Yvan, je ferais attention dans quoi je m'embarque.- Ils sont cool.Écoute! Il faut que tu entendes ça! - Qu'est-ce que c'est?- Un MP3 que je viens de trouver sur le Net.Il sortit un CD d'un étui et l'introduisit dans le lecteur.- Je viens juste de le graver, expliqua- t-il.Plus de cent MP3.C'est la première pièce.- C'est quoi la merveille?- Le deuxième microsillon des Dead Kennedys, répondit Chamane, comme si l'annonce devait générer un enthousiasme exubérant chez tout auditeur potentiel.- 255 - - Tu travailles pour la CIA! - Tu promets?- OK, je promets.- Je travaille pour les flics.- Les flics! - Une sorte de flics.- Tu espionnes tes amis hackers pour le compte des flics! - Pas du tout.Je surveille des transferts d'argent par ordinateur.- Tu fais du hacking pour eux?- On pourrait appeler ça comme ça, répondit précautionneusement Chamane.- Comment est-ce que tu t'es retrouvé mêlé à ça?- Un truc que j'ai fait à la CIA.- J'avais raison! Tu as travaillé pour la CIA! - Pas du tout, j'ai craqué leur site.Pendant une heure et demie, tous ceux qui entraient sur le réseau étaient accueillis par le symbole Peace and Love et un extrait de All you need is love.Mais je me suis fait prendre.Normalement, j'aurais dû aller en prison, mais il y a quelqu'un qui est intervenu: si j'acceptais de faire des jobs pour eux de temps en temps, j'évitais la tôle.En plus de me payer, ils me fournissent tout l'équipement dont j'ai besoin.- Ce que tu fais pour eux, c'est relié à du blanchiment d'argent?- Ils ne m'ont rien dit, mais presque tout ce que je surveille aboutit dans des paradis fiscaux.- Est-ce qu'il y a beaucoup de gestionnaires de Montréal sur ta liste?- Tu peux dormir tranquille, ton nom n'est pas là.- Peut-être qu'il y a des gens que je connais.- Je ne peux pas te répondre, fit Chamane, subitement mal à l'aise.Je t'en ai déjà trop dit.Il venait de se rappeler le travail qu'il avait effectué pour Hurt, au printemps.On n'avait jamais rien À S U I V R E Les Éditions Alire inc.www.alire.com © 2001 Éditions Alire inc.& Jean-Jacques Pelletier ROMAN09JR LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PRATIQUE DU LANCER HORS-SAISON DES POISSONS EN BISCUITS AVEC DES VERS EN GÉLATINE?PEANUTS IMPERTURBABLE.PHILOMÈNE RENTRE-LE DANS LA BANDE! LANCE! DÉGAGE! GROUILLE! PATINE! VOICI LE CÉLÈBRE JOUEUR DE HOCKEY QUI SE PRÉPARE À LA MISE AU JEU.PASSE! LANCE! METS-LE EN ÉCHEC! ATTRAPE LA RONDELLE! FRAPPE-LE! LANCE! GARFIELD DEUX MINUTES POUR AVOIR FAIT TRÉBUCHER, DEUX MINUTES POUR AVOIR DONNÉ DU COUDE, DEUX MINUTES POUR CINGLAGE, DEUX MINUTES POUR BATON ÉLEVÉ, DEUX MINUTES POUR ASSAUT, DEUX MINUTES POUR RETENUE, DEUX MINUTES POUR DOUBLE ÉCHEC, CINQ MINUTES POUR RUDESSE CONTRE LA CLÔTURE ET DIX MINUTES POUR MAUVAISE CONDUITE.MAIS JE SUIS UN GARÇON SI GENTIL.UN COUP DE SIFFLET! QUI, MOI?!- FERDINAND COMICJJMMM Comment le livre circule-t-il dans la vie?DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE L'autre jour, chez Bazzo, j'avais quelque difficulté à me rappeler la fameuse attaque du roman d'Aquin.Immédiatement, des auditeurs sont venus à ma rescousse.Je suppose que beaucoup d'entre eux avaient été, comme moi, époustouflés par ce que je crois être la plus somptueuse attaque de toute la littérature québécoise.Au milieu de ces excitantes années 60, un jeune dandy, au regard oblique et à l'intelligence inquiétante, changea le cours de la littérature québécoise avec cette unique phrase, la première de son premier roman (Prochain épisode, 1965) : « Cuba coule en flammes au milieu du lac Léman pendant que je descends au fond des choses.» On n'était plus dans l'enfermement identitaire des années 50.L'année suivante, Réjean Ducharme lui fait écho avec son non moins fameux « Tout m'avale » (L'Avalée des avalés, 1966).Deux tempéraments apparemment opposés, mais assez proches quand on les observe attentivement.Des esprits sans cesse obsédés par l'idée de disparition, tout en restant habités par cet orgueil démesuré qui les empêche de quitter la scène sans laisser de traces.Je suis encore abasourdi par le fait que toute l'oeuvre (et peut-être la vie) d'Aquin pourrait trouver son sens dans cette énigmatique première phrase qui ressemble fort à un code secret.Quand Ducharme écrit « Tout m'avale », on se demande ce qu'il pourrait ajouter de plus.L'impression que, encore là, tout est dit à propos de l'homme comme de l'oeuvre.Il faut faire attention aux premières phrases capables de faire pâlir le reste d'une oeuvre, si riche soit-elle.J'ai l'impression que pour certains écrivains parmi les plus vrais, une bonne partie de ce qu'ils ont à dire se niche assez souvent dans la toute première phrase.Cette première phrase qui me fait plutôt penser à une poignée de main.Selon la pression, le poids ou la texture de la paume, on sait tout de suite à qui on a affaire.Tout le reste ne sert à rien si la main vous a déçu.L'angle mort Je suis en train de lire le dernier bouquin d'Alberto Manguel (Journal d'un lecteur, Actes Sud/Leméac, 2004)), et ce diable d'homme ne cesse, comme son vieux mentor Borges, de nous pousser à lire autrement.Dans ce dernier livre, il entreprend de tenir un journal de ce qui lui arrive entre deux gorgées de phrases (« Ma lecture s'attache à tout ce que je fais, à tous les lieux où je me rends »).En effet, c'est un lecteur qui bouge sans cesse et qui n'hésite nullement à faire entrer la vie quotidienne dans son univers de rêveur.Certains lecteurs nous donnent trop souvent l'impression d'ignorer ce qui se passe autour d'eux durant le temps sacré de la lecture.Comment peut-on lire sans se sentir aussi interpellés par les hurlements et les sirènes de ce monde constamment au bord de l'apocalypse Quant à moi, je lis Manguel en ce moment sans parvenir à quitter des yeux cette télévision où je vois ces villes du sud-est asiatique dévastées par un monstre marin au nom bien poétique de tsunami.Manguel ne lit pas pour échapper à la grisaille quotidienne, ni même pour mieux se comprendre : il lit pour faire partie du monde.>Voir LAFERRIÈRE en page 8 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Un an et demi après la parution de son livre, traduit en français chez Grasset sous le titre de Musulmane mais libre, Irshad Manji se promène seule et à visage découvert avec comme seule armure sa foi et sa conscience.IRSHADMANJI Rockeuse de la casbah Irshad Manji avait tout pour être heureuse : un travail intéressant d'animatrice à la télé, un bon patron, de l'argent, l'amour et la liberté d'être qui elle voulait.Mais tant de confort a fini par contrarier cette musulmane lesbienne et féministe de Toronto.C'est pourquoi elle a écrit The Trouble With Islam, une critique dure et sans pitié de sa religion qui a fait d'elle l'ennemie des mollahs et de l'Islam, une traîtresse, une paria mais aussi une star.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE Depuis la parution de son livre The Trouble With Islam en septembre 2003, Irshad Manji, 36 ans, a hérité de mille sobriquets et surnoms : « cauchemar de ben Laden », « malédiction des mollahs », « Stockwell Day des musulmans canadiens » ou encore «Salman Rushdie des Rocheuses », où elle grandi.Elle a été l'objet d'injures, de désaveux et de menaces de mort.Les vitres de sa maison à Toronto sont blindées et, pendant un certain temps, elle s'est promenée avec un garde du corps, mais plus aujourd'hui.Un an et demi après la parution de son livre, traduit en français chez Grasset sous le titre Musulmane mais libre, Irshad Manji se promène seule et à visage découvert avec comme seule armure sa foi et sa conscience.Il lui arrive même de prendre le métro pour se rendre aux studios de TV-Ontario, à Toronto, où elle anime chaque semaine l'émission Big Ideas.Le métro ?« Oui, le métro, répond- elle en souriant de toutes ses blanches dents dans le salon de thé de l'hôtel Reine Élizabeth, où elle était de passage cette semaine pour faire la promotion de son livre.« Je le fais au nom de tous les musulmans, à qui je demande de réfléchir, de poser des questions et de parler librement.C'est une question d'honnêteté intellectuelle.Je ne peux pas d'un côté revendiquer la liberté d'expression et, de l'autre, me promener sous haute protection.Ce serait hypocrite.Dans le salon feutré et désert, un homme vient de s'asseoir sur un canapé à quelques mètres de nous.Un sourire narquois aux lèvres, il nous lance des regards obliques comme s'il cherchait à attirer notre attention tout en mijotant des plans pas très catholiques.« Vous le connaissez ?» je demande à Irshad Manji en sentant une certaine paranoïa me gagner.« Non, pas du tout », fait-elle sans même se retourner et en poursuivant la conversation animée, comme si de rien n'était.« Vous n'avez jamais peur ?» Nouveau sourire.« Peur de quoi ?Ceux qui sont en désaccord avec mes écrits n'ont aucun intérêt à me tuer.Ils savent très bien que me tuer me fera vendre davantage de livres.En plus, je deviendrais une martyre.Or ces gens-là aiment les martyrs pour autant qu'ils les choisissent.Ils veulent des martyrs à la Mohammed Atta, pas des dissidentes comme moi.Alors pour répondre à votre question, non je n'ai pas peur.Si je dois mourir, eh bien je mourrai, mais cela ne changera rien à ce que je pense ni à ce que j'ai écrit dans mon livre.Ça, personne ne peut me l'enlever.» En guerre contre les intégristes Petite, toute menue, les cheveux striés de mèches décolorées et hérissés de pics, les yeux encerclés de grosses lunettes, Irshad Manji ressemble à un personnage de bande dessinée, sinon à une version canadienne d'Oprah Winfrey.Elle est peut-être très sérieuse quand elle écrit, et encore plus sérieuse quand elle affirme vouloir réformer le Coran, mais dans la vie elle est aussi souriante, joyeuse et bavarde qu'une animatrice de Much Music.La comparaison n'est pas boiteuse dans la mesure où c'est Moses Znaimer, le père de Much Music, mais aussi de City-TV, qui est à l'origine de sa déclaration de guerre contre les intégristes musulmans.C'est lui qui a engagé Irshad Manji pour qu'elle anime Queer Television, le premier magazine d'affaires publiques pour gais et lesbiennes.Au fil du temps, leur passion commune pour les débats d'idées a soudé leur amitié.C'est ainsi qu'un jour de l'été 2000, Znaimer a envoyé à Manji une dépêche de presse sur la condamnation à 180 coups de fouet d'une musulmane de 17 ans qui avait été violée.La dépêche était suivie du commentaire : « Un jour, Irshad, il faudra que tu m'expliques comment tu concilies ce genre de folie avec ta foi musulmane.« Sur le coup, raconte Irshad, je n'ai pas apprécié le commentaire, mais alors pas du tout, même si je savais que Moses ne me l'envoyait pas pour me blesser mais pour provoquer un débat.Sur le coup, j'ai donc tenté de chasser cette histoire de ma tête mais, peine perdue, elle revenait me hanter.Elle m'a fait prendre conscience que, finalement, je menais une vie confortable et un brin égoïste dont l'adage était : si c'est bon pour moi, c'est OK ; tant pis pour les autres.Subitement, j'ai compris que le fait d'être bien dans ma peau de musulmane et de lesbienne n'était pas suffisant et qu'il fallait que je m'ouvre et me tourne vers les autres musulmans, surtout les femmes et les jeunes, qui n'avaient pas eu ma chance.» Sa chance, Irshad Manji affirme qu'elle l'a en quelque sorte découverte à Montréal, où elle n'a pourtant jamais vécu.«Montréal, affirme-t-elle, fut le premier point de chute de ma liberté et de mon émancipation même si, à l'époque, je n'avais que 4 ans.C'est ici que, en 1972, ma mère, mon père, mes deux soeurs et moi avons atterri.Chassés de l'Ouganda par le régime d'Amin Dada, les Manji, dont le père était vendeur de Mercedes-Benz, sont arrivés au Canada à titre de réfugiés sans rien savoir du pays.« C'était au mois d'octobre, nous étions habillés en tenues d'été et l'officier d'immigration québécois a senti notre peur et notre désarroi.Voyant qu'on n'avait jamais connu l'hiver de notre vie, il a décidé de son propre chef de nous rediriger vers la Colombie-Britannique à cause de son climat plus clément.Ce petit geste de rien du tout fait que je serai éternellement reconnaissante à ce pays qui m'a accueillie chaleureusement et sans me juger.» Irshad Manji maintient que c'est dans son statut de réfugiée qu'il faut trouver la source de sa rupture avec la pensée monolithique musulmane.« Si j'étais restée dans un pays musulman, je suis convaincue que je serais aujourd'hui athée, cynique et désabusée.Mais le Canada m'a permis non seulement de cultiver et de chérir ma foi, mais aussi de ne pas avoir peur de la remettre en question et de vouloir qu'elle évolue et se modernise comme toutes les autres religions.Élève modèle du système d'éducation canadien, lauréate d'un prix du gouverneur général pour ses performances en histoire des idées, Irshad a fréquenté une madrassa (école coranique) tous les samedis jusqu'à 14 ans, âge où elle a dû faire le choix le plus important de sa vie : se taire et suivre les dogmes du Coran à la lettre, ou poser des questions et prendre la porte de la madressa.>Voir IRSHAD MANJI en page 9 « Subitement, j'ai compris que le fait d'être bien dans ma peau de musulmane et de lesbienne n'était pas suffisant et qu'il fallait que je m'ouvre et me tourne vers les autres musulmans, surtout les femmes et les jeunes, qui n'avaient pas eu ma chance.» ARTS ET SPECTACLES ARTS ET SPECTACLES RÉÉDITIONS Aux sources du rock moderne Plusieurs albums de Can et de Brian Eno remasterisés et offerts en version SACD PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Au courant de l'automne, les labels Virgin et Mute ont procédé à une nouvelle remasterisation des bandes originales de certains albums de Can (les quatre premiers) et de Brian Eno.Désormais offerts en version SACD (Super Audio Compact Disc, compatible avec les lecteurs CD ordinaires et les lecteurs DVD qui acceptent ce format), ces albums de rock futuriste et d'électro précoce se dévoilent enfin à nous dans toute leur visionnaire splendeur, celle d'artistes animés par les pulsations motorisées de la scène allemande des années 70.Survol de ces oeuvres dont on ressent plus que jamais l'importance dans la pop made in 2005.Eno l'excentrique Visionnaire, idéaliste, excentrique, Brian Eno est un « non-musicien » (selon ses propres termes) difficile à cerner.D'abord reconnu pour son travail avec Roxy Music, Talking Heads et David Bowie, Eno a longuement travaillé avec U2 (il participe d'ailleurs à quelques chansons de How to Dismantle an Atomic Bomb) ainsi qu'avec Robert Fripp, Robert Wyatt et Daniel Lanois.Ah oui : il aimait s'habiller en femme et prétend aussi avoir pissé dans l'urinoir de Marcel Duchamp ! Que David Bowie, qui a toujours su bien s'entourer, ait fait appel au flair hors du commun d'Eno n'est qu'un indice de la pertinence de ses idées musicales.En 1977, Bowie l'a invité à Berlin pour enregistrer d'abord Low, l'album que l'on désignera comme le premier de la fameuse trilogie berlinoise de feu Ziggy.Eno, qui compose avec Bowie plusieurs chansons, sera du voyage pour Heroes (1977) et Lodger (1979), qui complètent la trilogie.De la multitude d'albums solo de Brian Eno, EG / Virgin a procédé à deux séries de rééditions.Pour la première, on s'attarde aux albums « rock » : Here Comes the Warm Jets (1974), Taking Tiger Mountain (by Strategy) (1974), Another Green World (1975) et Before and After Science (1977).Dès le début des années 70, avec Roxy Music, Brian Eno utilisait un (primitif) synthétiseur pour mener des expériences sonores qui marqueront le son du groupe et alimenteront ses productions futures.Après sa démission, en 1973, il s'allie d'abord à Robert Fripp (King Crimson) pour réaliser un album marquant, No Pussyfooting, qui préfigure déjà tout ce que le trip hop a prétendu inventer dans les années 90.La somme de ces expérimentations pop le mènera à la parution de son premier album solo pour EG / Virgin, Here Comes the Warm Jets.Un disque bucolique, de facture peu sérieuse en dépit des dérapages sonores contrôlés qu'on y découvre.De même que sur les albums suivants, Eno fait appel à de nombreux collègues, parmi lesquels Andy Mackay (Roxy Music), Robert Wyatt, Phil Collins, Robert Fripp, Daniel Lanois.On y reconnaît déjà un son, un style de composition, qui ressemble parfois à celui que Bowie abordera sur Low, Heroes et Lodger.Rock déjanté, références juvéniles, instrumentation radicalement originale, pop avantgardiste.Cependant, Another Green World marque un tournant, à la fois pour Eno et pour l'avenir du rock : alliant aux guitares des ambiances électroniques hypnotiques, répétitives, Eno crée un curieux mélange de genres qui mettra des années avant de s'imposer dans la pop.L'excellent Before and After Science, qu'il a enregistré peu près avoir commencé à collaborer avec Bowie, semble être la somme des idées amenées sur ses trois précédents albums rock.En 1975, en convalescence chez lui après avoir été heurté par une auto, Eno a la révélation de ce qu'il sera le premier à appeler la « musique ambiante ».Discret Music (1975) est le premier disque du genre : débutant par une longue et méditative succession d'harmonies électroniques, de mélodies superposées, Eno s'applique ensuite à déconstruire une oeuvre familière \u2014 les Canons de Pachelbel\u2014 pour en faire une sorte de rêve lointain aux oreilles des auditeurs.La musique ambiante, selon la définition d'Eno, se doit d'être intéressante si on s'y attarde, et confortable si on n'y porte pas attention.Quoi que semblables dans leurs déploiements, parmi les albums ambiants d'Eno, le deuxième, Music for Airports, pourrait être considéré comme le meilleur.La machine Can Tant a déjà été dit sur ce groupe, notamment dans ces pages : Can la génératrice à rythmes portée par le jeu rigide, précis et incroyablement inventif du batteur Jaki Leibezeit, le jeu d'orgue déchaîné d'Irmin Schmidt, la basse pondérée de Holger Czukay et la guitare plus traditionnellement rock de Michael Karoli.De tous les groupes krautrock, Can est probablement celui qui a le plus ouvert son spectre d'influences.Les quatre premiers albums \u2014 Monster Movie (1969), Soundtracks (1970), Tago Mago (1971), Ege Bamyasi (1972) \u2014 en sont d'épatants témoignages.L'évolution du son de Can y est déjà fortement remarquée, passant d'un rock expérimental à une fusion instable de funk blanc, de rock et de musique électronique primale.Si vous devez ne vous en procurer qu'un seul, que ce soit Tago Mago, classique de la discographie « canesque » \u2014Mute procédera ultimement à la remasterisation en SACD du catalogue entier du groupe.Originalement un album double, Tago Mago déploie des compositions qui s'écoutent comme on regarde un film : on s'assoit et on regarde passer les images que porte cette musique.Des titres comme Oh Yeah, Mushroom et la longue Halleluhwah semblent de véritables tourbillons sonores dans lesquels est emporté le chanteur Damo Suzuki.Sidérant et radicalement original pour l'époque.> PHOTO ARCHIVES AFP L'auteur des Carnets du Major Thompson est décédé à l'âge de 91 ans, à Paris.Mort de l'écrivain Pierre Daninos ASSOCIATED PRESS PARIS \u2014 L'écrivain et humoriste Pierre Daninos, auteur des inoubliables Carnets du Major Thompson, est décédé vendredi à l'âge de 91 ans à Paris.«L'humour est une plante gaie arrosée de tristesse », a cité le premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, en lui rendant hommage hier.Né à Paris en 1913, Daninos le journaliste reçoit le prix Interallié pour Le Carnet du Bon Dieu, en 1947.Mais la gloire arrive avec la naissance, dans Le Figaro, de l'inénarrable W.Marmaduke Thompson, officier dans l'armée de sa Gracieuse Majesté la Reine, « so British » jusqu'au bout des moustaches et du parapluie, observateur distancié de ces étranges animaux mangeurs de grenouilles que sont les Français.Chroniques devenues livres, Les Carnets et leurs suites, traduits dans 27 pays, sont l'un des plus grands succès des années 50, tandis que leur auteur reste à jamais associé à son personnage.Auquel il ressemblait d'ailleurs un peu, moustache en moins.Également auteur de Vacances à tous prix, le Veuf joyeux, Le Pyjama ou encore de Candidement vôtre et de Quarante ans de vacances, Pierre Daninos était quelque peu oublié par les jeunes générations.Il aura pourtant entretenu un vivier inépuisable de petites perles, citations et définitions loufoques.Au hasard : « Les grandes personnes ne sont que des enfants déguisés ».« Caméra : merveilleux instrument de tourisme auquel le voyageur fait voir le pays avant de le voir lui-même ».« La cuisine de l'Angleterre est à son image : entourée d'eau ».« Le cerveau, comme le parachute, doit être ouvert pour fonctionner ».Ou encore : « Eureka : exclamation poussée par Archimède en sortant du bain et repoussée par les historiens sérieux ».Avec lui disparaît donc « une figure profondément attachante de l'humour français ; un humour fondé sur l'acuité du regard, le talent de l'écrivain et du journaliste et enfin sur un amour d'autrui intense et indulgent », note le ministre de la Culture de France, Renaud Donnedieu de Vabres, dans un communiqué diffusé par ses services.« En nous faisant rire de nos travers, il nous aidait à nous corriger, poursuit- il.Ce champion littéraire du regard croisé nous aidait déjà ainsi à être plus européen.» LAFERRIÈRE suite de la page 7 Le livre que nous sommes en train de lire, même s'il est d'un écrivain mort depuis longtemps déjà, fait partie autant que nous de ce monde d'aujourd'hui.Manguel le dit plus brutalement: « Je lis Chateaubriand en contemporain ».Manguel a beaucoup parlé du livre, mais du point de vue du lecteur.Cet étrange écrivain semble accorder plus d'importance à la lecture qu'à l'écriture, et cela, à une époque où l'on prend trop souvent les lecteurs pour un troupeau de fidèles.Manguel croit qu'un bon lecteur peut faire preuve d'autant d'imagination qu'un écrivain.Assis dans sa bibliothèque, celui-ci a la possibilité de faire dialoguer les auteurs entre eux en ignorant la barrière du temps ou celle des genres.Simenon n'aurait pas été invité à la même partie fine que Valéry, mais le lecteur peut les réunir sans grand heurt sur sa table de chevet.Depuis quelques décennies, Manguel travaille sans relâche à reprendre la lecture des mains glacées de l'université, dont les thèses à la fois savantes et futiles ont depuis effrayé le simple lecteur.Pour Manguel, lire est avant tout un plaisir, à la fois physique et intellectuel.Pourtant, les écrivains qu'il choisit de relire, de juin 2002 à mai 2003, ne sont pas tous de joyeux lurons, sauf peut-être Conan Doyle.Je dis « peut-être », car on peut voir dans les aventures de Sherlock Holmes autre chose que de rutilantes machines déductives fabriquées par un esprit morbide.(« A-t-on jamais vu un monde aussi lugubre, maussade et déprimant ?» se demande pourtant le détective cocaïnomane.) Mais qui sont ces écrivains qu'on trouve dans la besace de Manguel : Adolfo Bioy Casares, H.G.Wells, Rudyard Kipling, Chateaubriand, Goethe, Kenneth Grahame, Cervantès, Dino Buzzati, Sei Shônagon, Margaret Atwood et Machado de Assis.On peut dire que notre homme est un lecteur éclectique.Il y a une séduisante nonchalance dans le choix des livres de Manguel.Le livre fétiche Si Manguel a insisté sur le lecteur, je voudrais m'intéresser au livre lui-même, à son parcours.Et d'abord me demander si c'est le livre qui choisit son lecteur ou viceversa.On voudrait savoir quel chemin tel livre a pris pour se retrouver un jour sur notre table de chevet, quand ni l'auteur ni le sujet ne nous est familier.Était-ce dû à l'insistance d'un ami ?Le livre étant un des rares cadeaux que l'on peut faire à quelqu'un en pensant à soi.On peut offrir à un ami un briquet sans être fumeur, ou une cravate sans en porter soi-même, mais il est assez difficile de donner un livre qu'on n'aime pas (je connais quelqu'un qui n'arrête pas de distribuer depuis des années le même livre).On cherche à savoir plus tard, un peu par la bande, si l'autre a aimé son cadeau.Et s'il n'a pas aimé, on se sent comme rejeté.Quant à moi, je pourrais difficilement m'entendre avec un type qui trouverait ennuyeux L'Attrape-coeurs de Salinger.Mais qui donc m'a refilé ce bouquin ?Je l'ai lu vers 23 ans.C'est un livre à découvrir à 16 ans, à la suite de ces livres à grand déploiement qui nourrissent l'adolescence (Dickens, Dumas, Twain).Je ne connaissais pas Salinger, et je n'ai jamais été un lecteur bien curieux.Ce n'est pas moi qu'on prendra à essayer un de ces écrivains dans le vent.Alors Salinger ?Qui me l'a refilé (on dirait une de ces maladies vénériennes dont on arrive mal à se débarrasser ) ?L'Écume des jours de Boris Vian aussi (j'ai été heureux de le voir cité dans le livre de Manguel).Je crois que tout écrivain devrait au moins se faire le champion d'un autre écrivain.Cela nous donnerait la possibilité de parler de littérature, sans que ce soit de nos livres.Ce que fait volontiers Robert Lalonde.Mais tout cela ne nous explique pas encore comment tel livre s'est retrouvé, un jour, dans notre bibliothèque.La route du livre Il y a différentes possibilités pour qu'un livre arrive jusqu'à nous en empruntant d'autres chemins que les médias et la rumeur.Dans beaucoup de cas, c'est le livre qui nous choisit et non le contraire.L'héritage \u2014 Une vieille tante meurt, et sachant que nous aimons les livres, elle nous a légué sa bibliothèque.Il faut aller la chercher, ce qui gâche une fin de semaine.On met tout cela dans des boîtes, sans trop regarder, qu'on dépose dans la cave.Puis un jour, on ouvre les boîtes pour découvrir non pas simplement des livres, mais une certaine sensibilité au monde.On apporte quelques bouquins à l'étage.Des visiteurs s'étonnent que nous connaissions tels auteurs.Des livres qu'on ne trouve plus dans les librairies.Les journaux n'en parlent plus depuis un moment, et pourtant, ils gardent encore quelques lecteurs.Je connais quelques écrivains qu'on croit définitivement finis, et qui ont plus de lecteurs que certains dont on parle chaque jour dans les journaux.Il y en a d'autres qui continuent leur voyage dans d'autres langues, alors que leurs premiers lecteurs les ont déjà oubliés.Frantz Fanon, le grand écrivain de la décolonisation est, aujourd'hui, oublié en France, mais formidablement lu aux États-Unis.Si la France n'a presque plus de colonies, les États-Unis ont encore les Noirs américains.La trace d'un livre \u2014 Il faudrait raconter l'histoire d'un livre en retraçant tous ceux qui l'ont lu.On laisse sûrement ses empreintes sur un livre qu'on a feuilleté.Et peutêtre aussi un peu de notre vie quotidienne : une tache de café par-ci, de la sauce spaghetti par-là.Pour bien connaître une époque, il faudrait choisir un livre de poche, de préférence un roman policier.Car Proust dans la collection La Pléiade quitte rarement sa cage dorée.C'est que dans l'univers du livre aussi, il existe des classes sociales.Le livre volé \u2014 Ai-je déjà volé un livre ?Ne pas rendre un livre emprunté peut-il être considéré comme un vol ?Et si c'était le livre qui voulait changer de maître ?Un livre est fait pour être lu, alors si on ne le caresse pas des yeux, il s'étiole.Moi, j'ai toujours fait attention à rendre un livre emprunté.Il y a une différence à faire entre un livre que son propriétaire aime tellement qu'il ne peut résister à l'envie de le faire découvrir à quelqu'un d'autre, et un autre, qui n'a jamais été ouvert et qui attend impatiemment son lecteur.Dans le premier cas, il y a abus de confiance (le seul péché avec la délation que même le libéral saint Paul condamne), mais il y a matière à discussion pour le second cas.Ma bibliothèque regorge de livres que je ne me souviens pas avoir achetés.Le lecteur illuminé \u2014 La soirée s'étire, et on commence à s'ennuyer ferme.Dehors, il fait ce froid de canard.Soudain, un des invités lance le nom d'un obscur poète estonien que vous croyiez être le seul à connaître.Vous vous retrouvez dans un coin à évoquer l'oeuvre et la vie de ce poète mort trop jeune.Ce n'est pas Rimbaud, mais chaque pays à au moins son Nelligan.Vous vous saoulez à mort pour fêter un tel événement.Et c'est peut-être le début d'une amitié littéraire.Le malheur global Je trouve qu'on passe trop de temps à chiffrer depuis le 26 décembre, alors qu'il s'agit d'abord, dans cette affaire, de la simple douleur humaine.Et cette vision épicière de la mort \u2014tant pour la Thaïlande, tant pour l'Indonésie, tant pour le Sri Lanka\u2014 ne fait que nous la rendre encore plus exotique.Si la presse, surtout électronique, a paresseusement utilisé, du moins au début, ce vocabulaire propre au showbiz (le hit-parade des pertes de vie), et si les gouvernants engourdis par les ripailles des fêtes de fin d'année ont semblé lents à évaluer l'ampleur et la portée de cette tragédie, les peuples d'Occident ont tout de suite compris l'enjeu humain qui se jouait là, dans l'océan Indien.Il faudra imputer cette rapidité à, au moins, deux choses (à part cet élan spontané et sincère vers l'autre que l'on appelle la générosité) : l'immigration et la mondialité.Le penseur martiniquais Édouard Glissant fait une différence entre mondialisation et mondialité.Quand votre voisin est un Tamoul, le Sri Lanka vous paraît moins loin.Et pour la mondialité : à force d'entendre dire que le monde est un (souvent pour de basses raisons économiques), eh bien, on commence peut-être à le croire.Le seul point faible dans cette histoire : d'où vient cette manie de faire savoir, chiffre à l'appui, qu'on a tendu la main à quelqu'un en détresse ?Le fait-on pour exciter d'autres à donner, ou est-ce juste un manque d'élégance ?On devrait se rappeler que le mot « générosité » ne s'emploie que pour parler de ce que l'autre a fait pour nous, et non de ce que nous avons fait pour l'autre.C'est presque une faute de grammaire que de dire : « je me trouve généreux ».Foglia l'a déjà souligné, je crois.COURRIEL Pour joindre Dany Laferrière: dany.laferriere@lapresse.ca Comment le livre circule-t-il dans la vie?Sugerman, un proche des Doors, est décédé ASSOCIATED PRESS WEST HOLLYWOOD \u2014 Danny Sugerman, groupie des Doors devenu leur imprésario, est mort chez lui mercredi dernier, d'un cancer du poumon, selon un communiqué publié sur le site Internet du groupe de rock.Il était âgé de 50 ans.Sugerman, qui avait coécrit la biographie de Jim Morrison, Personne ne sortira d'ici vivant (1980), était le confident du chanteur et des autres musiciens des Doors.Il a été consultant pour le film The Doors, d'Oliver Stone (1991, avec Val Kilmer), et a produit deux recueils de textes de chansons, de poèmes de Morrison et d'articles sur le groupe.Il a aussi écrit un livre sur les Guns N'Roses intitulé Appetite for Destruction. ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Figure SPECTACLES CINÉMAS INDÉPENDANTS CANNES ADVERTISING FESTIVAL Cinéma du Parc (3): 19h20.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 16h30, 18h.CLOSER Cinéma du Parc (2): 17h10, 21h10.DIG Cinéma du Parc (3): 21h15.GUERRE DES TUQUES (LA) Ex-Centris - Salle Fellini: 11h.HISTOIRES BELGES ONF: 19h.I HEART HUCKABEES Cinéma du Parc (3): 17h10.LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES (UN) (A VERY LONG ENGAGEMENT) Cinéma Beaubien: 12h30, 15h30, 18h30, 21h30 ; Ex-Centris: 14h, 16h30, 19h, 21h30.MA VIE EN CINÉMASCOPE Cinéma Beaubien: 13h, 15h, 17h, 19h, 21h.MARIAGES! Cinéma Beaubien: 12h15, 14h15, 19h30, 21h30.OR (MON TRÉSOR) Ex-Centris - Cinéma Parallèle: 13h, 17h15, 19h15.SEA INSIDE (THE) Cinéma du Parc (1): 14h15, 16h40, 19h05, 21h25.SEX IS COMEDY Cinéma du Parc (2): 15h15, 19h15.VIE EST UN MIRACLE (LA) Ex-Centris: 12h30, 15h20, 18h10, 21h05.Cinéma du Parc (3): 15h.DANSE STUDIO 303 (372, Ste-Catherine O.- 303) L'instinct et encore, impro: 16h.VARIÉTÉS CABARET DU CASINO Broadway, comédie musicale.Du mar.au dim.: 21h.THÉÂTRE DE LA VILLE (150, rue de Gentilly E., Longueuil) Isabelle Boulay: 20h.Fascinant portrait de Bacon ÈVE DUMAS CRITIQUE Ils sont deux sur scène, mais un seul d'entre eux, Denis Lavant, a le privilège de la parole.Figure est un « dialogue à une voix » selon les mots de Pierre Charras, qui a écrit la pièce à partir de son propre livre, Francis Bacon, le ring de la douleur, et des entretiens du peintre avec l'auteur Michel Archimbaud, interrompus par la mort de Bacon en 1992.C'est un autoportrait en mouvement, aussi impressionnant, complexe et grimaçant que les toiles du peintre.Le comédien et danseur Valéry Volf est un figurant doté d'une présence indéniable.Il est tour à tour modèle et amant, les deux se confondant régulièrement dans la vie de l'artiste.C'est à lui que s'adresse le peintre.Pour pouvoir un jour le représenter sur la toile, il doit d'abord s'entretenir avec lui.En une série de dialogues à sens unique, le peintre se livre sur une foule de choses : sa démarche artistique, ses influences (de Picasso à Eisenstein), ses parents, ses amants, les images et les gens\u2014souvent de parfaits inconnus \u2014qui ont fait évoluer son regard, la critique et le spectateur, etc.C'est le portrait d'un homme fasciné et fascinant qui émerge de cette quinzaine de tableaux.Obsessionnel et halluciné, certes, mais beaucoup moins torturé que ce à quoi on aurait pu s'attendre, le Bacon de Denis Lavant évite les clichés de l'artiste tourmenté.Il est un peu dandy, mais ne se prend pas au sérieux.L'aspect physique fait aussi partie du jeu.Acteur et figurant se soumettent à des contorsions qui ne manquent pas de rappeler les corps distordus que peignait Francis Bacon.Outre les performances irréprochables et la qualité littéraire du texte de Pierre Charras, la mise en scène de Lukas Hemleb est tout simplement épatante.L'auteur voyait sa pièce dans l'atelier de l'artiste, encombré de papiers, de photos, de tissus, de pots et de pinceaux.Le metteur en scène propose plutôt un espace clinique qui ressemble davantage à un laboratoire qu'à un atelier.L'aire de jeu est traversée de bandes élastiques, tel un ring asymétrique.Des miroirs et des loupes déforment momentanément les corps et les visages des acteurs.Un plexiglas reçoit l'empreinte d'un profil.Le décor est en mouvement et appelle des actions qui évoquent de manière non illustrative l'esprit des toiles de Francis Bacon.Figure, spectacle créé à Lausanne, en Suisse, puis tourné en France, en 2003, est manifestement l'aboutissement du travail d'une poignée de passionnés.On le sait au désir que le spectacle fait naître en soi d'en savoir plus sur cet être excessif et paradoxal que fut Francis Bacon.Il s'agit d'une oeuvre humaine et ouverte de par son approche non biographique, ce qui en fait également une défense passionnée de la liberté de l'artiste, quel qu'il soit.FIGURE de Pierre Charras.Mise en scène: Lukas Hemleb.Avec: Denis Lavant et Valéry Volf.Scénographie et costumes: Jane Joyet.Son: Frédéric Morier.Une production du Théâtre Vidy- Lausane présentée à l'Usine Cjusqu'au 15 janvier.PHOTO FOURNIE PAR L'USINE C Dans cet autoportrait en mouvement, le Bacon de Denis Lavant évite les clichés de l'artiste tourmenté.3283360A Rockeuse de la casbah IRSHAD MANJI suite de la page 7 Pour l'adolescente curieuse et fougueuse en rupture de ban avec un père violent, le choix fut relativement simple, d'autant plus que l'imam de l'endroit l'a foutue à la porte de la madrassa au grand désespoir de sa mère.Cette expulsion ne l'a pas coupée de sa foi pour autant.Plutôt le contraire.Puisque l'imam refusait de répondre à ses questions, Irshad a décidé de trouver ses propres réponses dans le Coran, qu'elle s'est mise à lire, à relire, à étudier, jour après jour, page après page, décortiquant chaque verset et questionnant inlassablement son bon sens.Au cours des deux années qui ont suivi son expulsion, Irshad a continué à fréquenter une mosquée près de Vancouver, jusqu'au jour où elle s'est rendu compte que la mosquée n'était que le prolongement de la madrassa.« Aller à la mosquée, écrit-elle dans son livre, m'a permis de trouver mon identité de musulmane, mais cela m'a aussi obligée à sacrifier cette autre partie, également sacrée, de moi-même : la pensée.» Irshad a délaissé progressivement la mosquée pour la prière solitaire.Conversation libre avec le Créateur Vingt-deux ans plus tard, et malgré son homosexualité avouée et affichée, Irshad Manji se définit toujours comme musulmane.Elle ne boit pas, ne fume pas, ne mange pas de porc, respecte les rituels du ramadan et prie encore tous les jours, mais pas prostrée sur un petit tapis de velours.« Disons que j'entretiens une conversation libre et continue avec mon Créateur, lance-t-elle.Ça me suffit.» Ses prières n'empêchent pas les foudres intégristes ni les menaces de mort de faire chaque jour leur chemin jusqu'à son s i te (www.muslim-refusenik.com).Elle les laisse glisser comme l'eau sur le parapluie de son indifférence.Et tant pis si on la juge et si on l'attaque sur sa sexualité, sa religion et ses idées politiques pro-israéliennes.Si grande est sa témérité qu'elle s'est rendue en Palestine en 2003 interviewer un des grands prêtres du djihad islamique, qui, devant ses questions persistantes sur les incohérences du Coran, a préféré à la fin se défiler.Dans le même ordre d'idées, Irshad aurait aimé rencontrer Mohammed Atta avant les attentats du 11 septembre.« Non pas que je crois que j'aurais pu lui faire changer d'idée.De toute façon, ce type-là n'avait aucune idée à lui, aucune pensée.Son cerveau avait été lavé comme il faut, mais j'aurais juste aimé lui poser quelques questions, rien que pour créer en lui un moment d'inconfort, aussi furtif soit-il.» Est-elle folle ou suicidaire ?Entretient- elle une envie refoulée de fatwa, comme celle qui s'est abattue sur l'écrivain Salman Rushdie et qui, jusqu'à maintenant, lui a été épargnée ?Mais surtout, comment fait-elle pour vivre au milieu de tant d'ostracisme, d'hostilité et de violence sans jamais craquer ?« Certains jours, il m'arrive de craquer, avoue-t-elle.Ces jours-là, j'ai seulement envie de pleurer, mais ça ne dure jamais très longtemps parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui m'encouragent, beaucoup de musulmans qui ont été touchés par ce que j'ai écrit et qui, comme moi, croient à une réforme du Coran.Les autres, je n'ai rien à faire de leurs jugements et je ne veux surtout pas faire partie de leur club.Qu'ils disent ce qu'ils veulent, moi je me sens bien en mon âme et conscience, c'est tout ce qui compte.» Parmi tous les sobriquets dont elle a été affublée, je lui demande lequel elle préfère.Elle choisit « cauchemar de ben Laden » avec une lueur malicieuse au fond des yeux.Autant dire que si Irshad Manji pouvait empêcher ben Laden de dormir certaines nuits, elle serait la plus heureuse des musulmanes.COURRIEL Pour joindre Nathalie Petrowski: nathalie.petrowski@lapresse.ca .DERNIER FILM The Magdalene Sisters, de Peter Mullan.DERNIER LIVRE Letters to a Young Contrarian, du journaliste et écrivain Christopher Hitchens.Chez Basic Books.DERNIER DISQUE Une compilation de musiques du monde.UNE OEUVRE CHOC La cathédrale Sagrada Familia dessinée par Gaudi à Barcelone.UN ARTISTE INSPIRANT Ar Rumy, poète bagdadi du 13e siècle.SI ELLE ÉTAIT UNE VILLE New York SI ELLE ÉTAIT UN PERSONNAGE HISTORIQUE Un mélange de Martin Luther King et de Malcolm X.Martin Luther King pour sa non-violence, et Malcolm X parce qu'il n'a jamais cherché à faire les compromis d'un politicien. ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Un fils se souvient Onze ans après la disparition d'Audrey Hepburn, elle reste une icône de la légende hollywoodienne.Son fils, Sean Hepburn Ferrer, lui rend hommage dans un livre tendre et émouvant, Un fils se souvient ; il s'est aussi confié au magazine Studio.QDans votre livre, vous évoquez le manque de confiance en elle de votre mère en tant qu'actrice.RAu départ, Audrey avait une formation de danseuse.Elle est arrivée au cinéma par hasard, après avoir été mannequin à Londres.Mais elle ne se sentait pas préparée pour être devant la caméra, d'autant qu'elle avait un immense respect pour les grandes actrices de l'époque : Katharine Hepburn, Bette Davis.Elle disait qu'à son arrivée sur le plateau de Vacances romaines, elle n'était vraiment pas prête.Même si elle ne l'admettait pas, Audrey possédait quelque chose d'inné que les gens ont perçu.Mais elle ne se trouvait pas assez bien, pas assez belle.Elle se jugeait trop mince, le nez busqué, la tête « carrée ».QOn a d'Audrey Hepburn une image de joie de vivre juvénile.Or, vous révélez que votre mère était triste.ROn ne peut connaître de grande joie sans avoir connu de grande tristesse.Audrey avait connu l'affreuse réalité de la guerre en Hollande, où elle avait passé son enfance, pendant l'occupation nazie.Elle avait été marquée par l'abandon de son père, quand elle avait 6 ans ; cela lui brisa le coeur à jamais, et rendit difficiles ses relations avec les hommes.Elle connut plusieurs fausses couches traumatisantes et vécut très mal l'échec de ses mariages, surtout le second (avec le psychiatre italien Andrea Dotti).Et plus tard, bien sûr, c'est l'impuissance des hommes à sauver les enfants du monde qui la rendit triste.Audrey Hepburn Vanessa Paradis a confié au magazine Première que le cinéma, à côté de la chanson, c'est des vacances.Les acteurs seraient-ils des fainéants ?« Il ne s'agit pas de dénigrer le métier d'acteur, qui est évidemment difficile, moralement et parfois physiquement, a-t-elle répondu.Ce que je veux dire, c'est que, sur un tournage, vous êtes en vacances de votre propre personnalité.Il y a une forme d'oubli et de repos de l'esprit.Vous êtes quelqu'un d'autre, pris en charge, vous travaillez au sein d'une équipe, il est question d'échanges.Vous n'avez pas tout le poids des responsabilités sur vos épaules, il est partagé avec le réalisateur, le chef op, etc.En revanche, quand vous chantez sur scène, si vous n'avez plus de voix, si une corde de guitare casse et si la chanson foire, c'est de votre faute.Les spectateurs viennent voir la chanteuse et juste la chanteuse, même si elle n'est pas toute seule pour faire le spectacle.» Halle Berry « Il n'est pas question pour moi de me mettre sur un piédestal à attendre uniquement les rôles à Oscars ! Je suis prête à en prendre toutes sortes d'autres, du moment qu'ils représentent un défi inédit.Qu'il s'agisse d'un film pop-corn comme Catwoman, de téléfilms ou de projets que je compte produire.La question est ensuite de trouver comment poursuivre ce chemin, de penser aux prochains obstacles.Avec quel défi ?Je me suis dit que l'idéal serait de prouver qu'en tant qu'actrice de couleur, je pourrais être capable de faire se précipiter le public à la sortie d'un film où je suis en tête d'affiche, d'être rentable pour un studio au box-office.C'est avec ça qu'on obtient ce pouvoir et plus de rôles.Alors Catwoman était le moyen idéal à mes yeux d'y parvenir.Isabelle Huppert « J'ai un souvenir hyperprécis de moi à l'adolescence.Je n'avais pas de visage.Pour moi, mon visage était blanc.Il y avait un contour et au milieu quelque chose de flou.Un visage tout blanc, tout pâle : mes cils étaient blancs, ma peau était pâle.Ce n'était pas une source d'angoisse ni un manque.J'étais comme une page blanche.Mon visage est un outil de transmission plutôt qu'une projection précise.Et ça me permet de le faire traverser par ce que je veux.Quand je vois des visages d'actrices beaucoup plus définis que le mien, je vois ce que ça peut avoir d'encombrant.Je ne suis pas encombrée de moi-même.Entre guillemets E X P R E S S Nicole Kidman ne sait plus où donner de la tête.Déjà engagée sur les projets The Producers, Eucalyptus et The Lady from Shanghai, l'actrice australienne est pressentie pour jouer le rôle principal de Wedding Season ; elle y incarnerait une femme cynique qui, avec son compagnon de longue date, se félicite de ne pas être mariée.Mais le doute s'installera dans leur couple lorsqu'ils assisteront à de nombreux mariages heureux.Plutôt discrète depuis ses démêlés avec la justice pour une affaire de vol à l'étalage, Winona Ryder va retrouver le réalisateur Michael Lehmann, qui a contribué à la faire connaître avec Fatal Games (1991) ; cette fois, dans Mary Warner, elle tiendra le rôle d'une actrice à qui il arrive toutes sortes de mésaventures après qu'elle eut mangé des gâteaux au cannabis.Sources: Movieline, People, Paris Match, Studio Vanessa Paradis TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 VD VDO Lucky Luke Il va y avoir du sport! LA MER (4) de Baltasar Kormakur CINÉ-CADEAU CHEVROLET Bécassine et le trésor viking (4) LES BEAUX DIMANCHES (4) avec Jean Duceppe et Denise Filiatrault À la di Stasio Citron que c'est bon! 3269629A VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H MMX LES IDOLES DE NOS IDOLES Une nouvelle série de rencontres entre une personnalité québécoise et son idole.Ce soir: Boom Desjardins s'entretient avec celui qui l'a inspiré.19H r CÉLÉBRATION 2005 Un tirage de Loto-Québec qui se donne des airs de spectacle.Avec Marie-Élaine Thibert, Jean-Pierre Ferland, Johanne Blouin et Vic Vogel, Sylvain Cossette, Mes Aïeux, André- Philippe Gagnon.20H K CINÉMA: FRÉQUENCES Lors d'une tempête solaire, un policier parvient à communiquer par radio avec son père décédé et découvre qu'il peut modifier le passé.Science-fiction avec Dennis Quaid.20H a TOUT LE MONDE EN PARLE Garou, Isabelle Boulay, Claude Legault, Claude Poirier, Irshad Manji et un couple qui a survécu au tsunami se retrouvent sur le plateau de Guy A.Lepage.21H bt THE 31st PEOPLE'S CHOICE AWARDS Le gala Metro Star version américaine couronne les plus populaires dans les catégories télévision, cinéma et musique.La soirée est animée par Jason Alexander et Malcolm-Jamal Warner.21H TV5 CAMPUS Est-il possible de réglementer la mort?Un débat sur l'euthanasie avec Marie Humbert (qui a aidé son fils à mourir), le journaliste François de Closets, Christine Boutin, Guy Bedos, le Dr Chaussoy et Nathalie Rheims.22H30 a PLEINS FEUX Paule Baillargeon a rencontré le chorégraphe Jean-Pierre Perreault un peu avant sa mort et trace un émouvant portrait de cet artiste.Le Téléjournal Découverte / La Nature insolite Et Dieu créa.Laflaque Tout le monde en parle / Garou, Isabelle Boulay, Claude Poirier Le Téléjournal Pleins Feux / Le petit Jean- Pierre, le grand Perreault LATCHO DROM (3) Le TVA 18 heures Spéciale Bloopers Célébration 2005 / Marie-Élaine Thibert, Johanne Blouin, Sylvain Cossette, Normand Brathwaite Juste pour rire / Patrick Huard et Peter Mac Leod ESCORTE MALGRÉ LUI (5) avec Andy Garcia, Olivia Williams Lucky Luke BÉCASSINE - LE TRÉSOR VIKING (4) Dessins animés LES BEAUX DIMANCHES (4) avec Jean Duceppe, Catherine Bégin Rumeurs.(21:41) Il va y avoir du sport! / Chantal Hébert LA MER (4) avec Gunnar Eyjolfsson LES HORLOGERS DU TEMPS (5) avec Jesse Bradford, Paula Garces FRÉQUENCES (4) avec Dennis Quaid, Jim Caviezel Un monde bizarre Le Grand Journal News E.T.Desperate Housewives Cold Case People's Choice Awards CTV News News News WHAT ABOUT BOB?(17:00) Marketplace Venture MEN WITH BROOMS (5) avec Paul Gross, Molly Parker Sunday Night Mary Walsh Reflections ABC News .Athlete Home Videos Extreme Makeover Desperate Housewives Boston Legal Will & Grace .(16:30) News 60 Minutes Cold Case 31st Annual People's Choice Awards News .Raymond News NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Ballykissangel .Wine Waiting.Nature / Violent Hawaii Masterpiece Theatre / He Knewhe was Wright IT'S A MAD, MAD, MAD, MAD WORLD (4) BBC News Wall Street Classic Gospel Masterpiece Theatre Ballroom Dancing Basics BBC News .Lens Find & Design Airline Dog the.SCENT OFA WOMAN (4) avec Al Pacino, Chris O'Donnell CSI:Miami Relais.Les Fous.Ces enfants d'ailleurs L'Actors Studio / Ed Norton Thema: l'engagement ROMERO (4) avec Raul Julia, Richard Jordan Dead Famous Arts&Minds Landscape.The Return MONSTER'S BALL (4) avec Billy Bob Thornton, Halle Berry JOE (3) avec Dennis Patrick Grand Rire Bleue Docu-d / Démolition explosive Sans détour NYPD Blue 48 heures Des livres.Les Durs à.Les Conférences.Spry Les Conférences de.Entre l'arbre et l'école Centre.de l'automobile Lachimie.com Clochers.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Blueprint for Disaster Myth Busters Daily Planet Itinéraires de rêve / Orlando Asslama .l'Espagne .des restos .le spa Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides Documentaires européens .(17:39) .(18:33) Radio Free.(19:25) .(19:50) .(20:42) MR.DESTINY (4) avec James Belushi DEFENDING YOUR LIFE (4) (22:31) NFL Football / Séries éliminatoires:Vikings - Packers (16:30) 24 Charmed The Mountain Crossing Jordan Global Sunday Global Sports Trouvailles./ Montréal Made in Québec Pare-chocs à pare-chocs JAG CHAPLIN (5) avec Robert Downey Jr., Geraldine Chaplin The Sea Hunters Antiques Roadshow The Boy who would be King SALVADOR (4) avec James Woods, Elpedia Carrillo Style Star Fashion File Sexy Girl English.Little Miracles Crash Test Mommy Sexy Girl Skin Deep Med.Surgeons Les Idoles.nos idoles Nostalgie / Le Québec 1976 Musicographie / OK nous v'là Week-end de stars / The Beach Boys Musicographie / OK nous v'là Top5M+.Top5M+.Ashlee.Babu à planche Crampe.Viva la Bam Les pourris.Pauvres Filles Les Jeunes.Le Mike.Pimp mon char Noir de monde American Dreams Extreme Makeover .arménien Acasa Boston Legal Teleritmo BBC News Country.the fifth estate CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night The Passionate Eye / Star War Dreams Hemispheres Second Regard Le Téléjournal Le Journal RDI La Part.Ushuaïa Nature Le Téléjournal Le Point 5 sur 5 Le Journal La Part.NFL Football / Vikings - Packers (16:30) Golf PGA / Championnat Mercedes - dernière ronde Sports 30 Golf NFL Football / Broncos - Colts Les Soeurs Mc Leod Saint-Tropez, sous le soleil Pour la cause L'Oeil du crime L'Heure de vérité Les Experts Prime Suspect DEADLY CURRENTS (6) avec Jeff Fahey, Kim Coates Trailer Park Boys Six Feet Under .(23:15) Ghost.Scanning.Smallville Star Trek: Enterprise CAPE FEAR (3) ave Robert De Niro, Nick Nolte Sportsnetnews Crankworx.NBA XL NBA Basketball / Pacers - Suns Sportsnetnews Crankworx.Au bout.Presserebelle Panorama Les Éclaireurs Musique de chambre.NANA (2) avec Catherine Hessling, Jean Angelo Rythmes du monde David Blaine - Street Magic Trading Spaces: Family Motorcycle Girl Motorcycle Mavericks Overhaulin' Trading Spaces: Family Sportscentre PGA Golf / Mercedes Championship - dernière ronde .Primetime Sportscentre Eteen .le meilleur Zéroman Duck.Les Simpson Futurama Grim & Evil Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama Passepart Journal FR2 Vivement dimanche / Muriel Robin Écrans.Campus / L'Euthanasie Le Journal Kiosque Workforce Rough.Vox Out there AN ADVANCEMENT OF LEARNING (4) avec Warren Clarke Planet Parent Diplomatic.Film 101 Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage Dre Nadia.toute confidence Une chance qu'on s'aime! Le sexe dans tous ses ébats Révélation Planifiez.Boxe Rock Parole et Vie Ma maison Point de vue 100% écolo City Life Gilmore Girls A+ Le Temple de la renommée Drake & Josh 15/Love Gilmore Girls YTV's Hit List Girlz TV Fries with.15/Love Radio Active Fries with that Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Futur extrême La Patente E.Sexe Tru Calling Le TVA (23:45) CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE « Do I really need to suck an art critique to get a review ?» Doit-on traduire ?Par son ton cru, provocateur et un brin extravagant, cette phrase-oeuvre de Mathieu Beauséjour résume à elle seule une exposition portant sur les dessous du milieu de l'art et, en particulier, sur les conditions de création.Dans Comment devenir artiste, sept créateurs de plusieurs générations témoignent, au moyen d'oeuvres et d'objets, de leur expérience, de leur vécu : les photographes Clara Gutsche, Yan Giguère, Nicolas Baier et Alain Paiement, la vidéaste-performeuse Manon de Pauw, la peintre Marie-Claude Bouthillier et le plus touche-à-tout, Mathieu Beauséjour.Bien établis et reconnus pour la force de leur signature, aucun n'a pour autant connu instantanément gloire et célébrité.« Il n'y a pas de recette unique, écrit Nicolas Mavrikakis, critique du Voir qui fait ici ses débuts comme commissaire, mais de multiples parcours.» Des parcours faits d'embûches, de lettres de refus ou d'incitatifs à abandonner.Comment devenir artiste ne tombe pas dans le discours prétentieux, pas plus qu'il ne fait dans la pédagogie facile.Ironique, le titre donne le ton.Humour, autodérision et remises en question ne manquent pas.Étalés en deux lieux, la maison de la culture Plateau-Mont-Royal et le marginal, mais charmant, Musée des maîtres et artisans du Québec (intégré au cégep Saint-Laurent), l'expo est un assemblage de travaux \u2014eux-mêmes collages d'oeuvres\u2014 et de commentaires du commissaire.En complément des pièces exposées, Nicolas Mavrikakis a invité ses sept « protégés » (dans son travail à Voir, il les a tous déjà défendus) à dévoiler une partie de leur intimité.Le critique peut vouloir s'affranchir de l'« équation trop simpliste » voulant qu'art égale vie, il doit admettre « avoir senti chez tous ces artistes une forme d'autofiction ».Comme s'il s'agissait du côté verso à un recto public que sont les oeuvres et les biographies, une rotonde fermée regroupe une panoplie d'objets témoins.Marie-Claude Bouthillier présente des croquis, Yan Giguère, ses outils (des caméras), d'autres des coupures de presse, des livres, des pièces d'identité, des notes.Dans un document vidéo, les sept artistes, interviewés dans ce qu'on devine être leur atelier, répondent à diverses questions concernant leur métier.Faut-il faire partie d'une mafia pour réussir, leur demande le commissaire ?Pas d'une mafia, corrigent-ils, d'un réseau.La boutade de Beauséjour, citée plus haut, effleure les relations copain- copain qui se tissent entre les différents acteurs du « réseau ».C'est un des tabous abordés, que d'autres comme Nicolas Baier expriment autrement.Dans Omerta, oeuvre de 2004, les invités à un vernissage sont étêtés.Mieux vaut ne pas divulguer ces petites rencontres de famille.On n'explique pas en long et en large comment fonctionne le milieu, l'idée étant davantage de donner des pistes sous forme de rétrospectives.À l'instar de Yan Giguère qui juxtapose sa première oeuvre, une photo primée dans un concours qui l'a incité à faire carrière, à une plus récente, les artistes proposent une vue de l'évolution de leur signature.Il en ressort, dans ces mosaïques, une présence très forte de la vie de l'artiste : les voyages d'un Alain Paiement, le travail de Clara Gutsche avec son conjoint, les autoreprésentations de Marie-Claude Bouthillier.C'est chez Manon de Pauw, la cadette du groupe, que cette infiltration du quotidien dans la création est le plus palpable.Non seulement ses vidéos en font leur sujet (du montage d'expo au travail de bureau), elle propose une murale faite de post-it (ceux que l'on colle partout pour identifier un dossier ou laisser un message à un collègue) fort révélatrice.Sept artistes, sept parcours.Pas un n'est meilleur qu'un autre.Mais pourquoi eux ont-ils percé le réseau et pas d'autres ?Personne ne peut le dire, chaque artiste tirant tout de même des « leçons ».Faire et persister, suggère Mathieu Beauséjour.Vaste programme.COMMENT DEVENIR ARTISTE, maison de la culture Plateau-Mont- Royal (465, avenue du Mont-Royal) et Musée des maîtres et artisans du Québec (615, avenue Sainte-Croix), jusqu'au 23 janvier.Info: 514 872-2266 ou 514 747-7367.L'abc de la création PHOTO FOURNIE PAR L'ARTISTE Dans le cadre de l'exposition Comment devenir artiste, on peut voir cette oeuvre de Nicolas Baier, intitulée Omerta (2004), où les invités à un vernissage sont étêtés.Télé-Québec ça change de la télé Cesoir 17h À la di Stasio Citron jaune ou vert, de l'entrée au dessert.22 h Il va y avoir du sport! Bébés en garderie et faits divers dans les médias.Animation : Marie-France Bazzo Invitée : Chantal Hébert 3269725A «Un pur délice.Le producteur James L.Brooks est plus qu'un scénariste, il est un maître de la comédie.» Peter Travers, ROLLING STONE «\u2039SPANGLISH\u203a S'ÉLÈVE TRIOMPHALEMENT AU DESSUS DES AUTRES COMÉDIES AMÉRICAINES.» Rex Reed, THE NEW YORK OBSERVER «\u2039Spanglish\u203a est l'un de ces rares films qui combinent de façon exceptionnelle l'humour et le drame.» Richard Roeper, WBBM-TV CHICAGO v.f.de «CLOSER» MEILLEUR FILM NOMINATIONS AUXGOLDEN GLOBES DRAME 5 DONT ® CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES À L'AFFICHE! CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca 13 ANS + J'en perds mon latin! «DEUX FOIS BRAVO!» EBERT & ROEPER Version Française CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES À L'AFFICHE! CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca GVISA GÉNÉRAL version française de «FAT ALBERT» «DES RIRES À PROFUSION!» DESSON THOMSON, THE WASHINGTON POST «DÉLICIEUX.SAIN.FANTASTIQUE!» COLIN COVERT, MINNEAPOLIS STAR TRIBUNE «UN CADEAU DU TEMPS DES FÊTES POUR TOUTE LA FAMILLE!» JIM FERGUSON, KGUN/ABC, TUCSON CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉ-ENTREPRISE ÉLISÉE GRANBY VERSION FRANÇAISE CINÉMA LAURIER VICTORIAVILLE CINÉMA ST-EUSTACHE G PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! VISA GÉNÉRAL AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE 3283715A NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBE meilleur film MEILLEUR ACTEUR $ DON CHEADLE MEILLEURE CHANSON ORIGINALE $ \u201cMILLION VOICES\u201d INTERPRÉTÉE PARWYCLEF JEAN DRAME DRAME ® 3 ©HFPA À L'AFFICHE! GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ AUX ENFANTS CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14\" AMC THEATRES MD FORUM \" CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL \" VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉE NATIONAL BOARD OF REVIEW « DEUX FOIS BRAVO! » -EBERT & ROEPER « UN FILM D'UN RARE COURAGE LAISSANT UN SOUVENIR IMPÉRISSABLE DANS LE COEUR.» -PETER TRAVERS, ROLLING STONE « DON CHEADLE EST MAGNIFIQUE! » -Stephen Holden, THE NEW YORK TIMES « L'INTERPRÉTATION DE BILL MURRAY EST UN TRIOMPHE! » -A.O.Scott « AMUSANT ET PLEIN DE SURPRISES.» -Leonard Maltin ENTERTAINMENT TONIGHT « OUTRANCIER ET HILARANT! » -Thelma Adams (Version originale anglaise) GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS Distributed by BUENA VISTA PICTURES DISTRIBUTION ©TOUCHSTONE PICTURES -Glenn Kenny VERSION ORIGINALE ANGLAISE FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18 FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL AMC THEATRES FORUM 3283895A Tous les jours dans À VOS MARQUES À TIRE D'AILE Pétronille, Bibi, Cocotte et les autres PIERRE GINGRAS Étonnantes, ces gélinottes huppées ! C'est à se demander si nos prochains oiseaux domestiques ne seront pas des perdrix, du moins si je me fie aux témoignages parvenus à La Presse à la suite de la chronique sur Pétronille.Tanguay, cette gélinotte huppée qui s'était liée d'amitié avec les frères Tanguay de la région de Trois-Rivières.J'avais conclu cette histoire en mentionnant que le phénomène est assez répandu chez cette espèce, sans qu'on sache trop pourquoi d'ailleurs.Eh ! bien, pas moins de six nouveaux cas ont été soumis à notre attention depuis.Parmi eux, celui d'une gélinotte qui aime se promener en toutterrain et une autre qui accourt lorsque dame Éva revient de Floride.Renversant ! Germain Grimard, de Donnacona, dans Portneuf, signale que, depuis l'automne, une gélinotte vient lui tenir compagnie régulièrement là où il coupe du bois de chauffage.« Elle est très sympathique et se comporte comme votre interlocuteur vous le rapportait.Et elle est toujours vivante », dit-il.Alexandre Tachereau, amateur de chasse de Saint-Hyacinthe, n'a jamais été témoin d'une telle manifestation, mais de bons amis lui ont raconté deux aventures semblables.Dans le premier cas, dans la région de Granby, la gélinotte s'est présentée spontanément et s'est laissée peu à peu apprivoiser.Si bien que la perdrix Bibi partait même en balade en toutterrain avec son copain.L'autre cas est survenu à La Minerve.Un chasseur de chevreuil à l'affût a eu la surprise de sa vie en voyant une gélinotte s'approcher de lui, allant même jusqu'à se percher sur sa carabine, une scène qui s'est répétée par la suite à quelques reprises.Par ailleurs, Jean Desrochers et son fils Yvan, de Boucherville, ont fait la connaissance de leur gélinotte l'été dernier, dans un petit bois de Varennes.Après quelques rencontres seulement, l'oiseau est devenu très familier, grimpant sur la tête, les épaules ou le dos de ses nouveaux amis.«C'était incroyable, l'oiseau restait sur notre dos même quand nous étions en train de couper du bois à la tronçonneuse, mentionne Jean Desrochers.À tel point, que nous nous sommes demandé s'il ne s'agissait pas d'un oiseau domestiqué.Mais jamais la perdrix n'a voulu manger ce qu'on lui offrait, même si elle entrait volontiers dans la petite cabane où nous étions installés.» Histoire étonnante aussi que celle de Roger Beausoleil, de Rawdon, arpenteur- géomètre à la retraite.Étonnante puisque les rencontres intimes avec « sa » gélinotte, Cocotte, se sont poursuivies durant cinq ans.Il avait d'ailleurs identifié sa petite amie en lui passant une bague de plastique noir à la patte.Le premier contact avait eu lieu en janvier 1994, rappelle-t-il.Roger Beausoleil circule alors en motoneige dans un grand bois près de chez lui.Puis apparaît une gélinotte.Il poursuit lentement sa route et, 30 mètres plus loin, il aperçoit une autre gélinotte ! Il fait encore quelques dizaines de mètres : encore une gélinotte ! « Je n'en revenais pas : autant de gélinottes sur une si courte distance ! Je reprends mon chemin lentement.Et là, je réalise que c'est toujours la même gélinotte qui court comme une bonne pour tenter de me rejoindre.» Le contact est établi et, le lendemain, Cocotte est encore sur place à tournoyer autour de lui, en dépit du bruit de la tronçonneuse et des arbres qui sont abattus.Les relations vont se poursuivre durant tout l'été.« Elle adorait la laitue fraîche et était folle des framboises.Elle venait toujours au son de ma voix, détachait les lacets de nos bottes, faisait la belle.Elle montait même sur le véhicule tout-terrain pour faire des promenades, une activité qu'elle appréciait.Elle me suivait même jusqu'à la maison.» Mais Cocotte n'a jamais aimé les femmes et refusait de se montrer si l'une d'elles accompagnait l'élu de son coeur.Elle détestait aussi un des collègues de M.Beausoleil qui avait eu la mauvaise idée de la prendre dans ses mains à quelques reprises.Quand il se présentait dans le bois, l'oiseau lui montait sur le crâne et le piquait vivement.«Mais en mai 1999, Cocotte avait le plumage ébouriffé et semblait fatiguée, plus vieille.L'hiver avait probablement été difficile.Nous ne l'avons jamais revue par la suite.» Jacko attend son retour Quant à l'histoire d'amour d'Éva Daoust-Gaudet, elle se poursuit toujours même si les premières fréquentations ont commencé en juin 2000.Et même si, avec son conjoint, elle passe les trois premiers mois de l'année en Floride.« C'est immanquable, chaque fois, le lendemain de notre retour, je n'ai qu'à me présenter dans le bois tout près et appeler mon petit Jacko, et voilà qu'au bout de 10 ou 15 minutes, le temps de descendre de la montagne, la gélinotte vient à ma rencontre et se met à manger dans ma main.» Le bois tout près, c'est à Duhamel- Ouest, dans le Témiscamingue, dans la banlieue de Ville-Marie, insiste-telle.Jacko s'est d'abord manifesté dans le jardin.Il semblait intrigué par le va-et-vient du râteau.Son amour pour le jardinage ou pour la jardinière s'est poursuivi durant tout l'été.« L'oiseau aimait jouer autour de moi, mais il me picorait le doigt avec vigueur si je lui tendais la main.Et ça fait mal car le bec est très tranchant.Si je tentais de le prendre, il me frappait avec ses ailes.Là encore, c'est comme s'il me battait avec des bouts de bois.» Mais cette amitié particulière se poursuit néanmoins.Au cours des années, la gélinotte s'est montrée beaucoup plus amicale, n'hésitant pas à monter sur la tête de son amie pour lui enlever son chapeau.Elle adore les fraises, les framboises, mais Éva Daoust-Gaudet a réussi, après plusieurs subterfuges, à soustraire sa bleuetière à l'appétit de sa protégée.Un printemps, le gallinacé est en transe alors qu'il fait la cour à une autre gélinotte.On le voit aussi tambouriner pour signaler sa présence et sa disponibilité créatrice.Nul doute, Jacko est bien un mâle.Et entreprenant avec ça ! En 2003, il a séduit au moins deux femelles et on a compté au moins 20 bébés gélinottes sur son territoire.Aujourd'hui, Jacko a au moins 5 ans et demi et il est toujours en pleine forme, du moins aux dernières nouvelles.Sera-t-il au rendezvous à la fin de mars?Je vous en donnerai des nouvelles.Rappelons que la gelinotte huppée est un oiseau sédentaire, plutôt solitaire, qui passe sa vie sur un territoire assez restreint, habituellement moins de 100 hectares.Des scientifiques estiment qu'au cours de l'hiver, le taux de mortalité peut atteindre 60 %.Par ailleurs, en milieu naturel, un cas de longévité record de huit ans et six mois a déjà été enregistré.PHOTO FOURNIE PAR RÉJEAN GAUDET © Jacko mangeant dans la main d'Éva Daoust-Gaudet, le lendemain de son retour de Floride, après trois mois d'absence.PHOTO FOURNIE PAR JEAN DESROCHERS © Après quelques rencontres seulement, la gélinotte huppée de Jean Desrochers, à Varennes, se montre très familière.PHOTO FOURNIE PAR JEAN DESROCHERS © Ce n'est pas tous les jours qu'une gélinotte huppée s'invite à faire un tour de tout-terrain, mentionne Yvan Desrochers.LE CARNET D'OBSERVATION PIERRE GINGRAS Si la centaine de colombophiles québécois qui participent régulièrement à des courses estiment que les pertes sont en hausse constante, on ignore toutefois si les rapaces sont en cause, comme c'est le cas en Grande-Bretagne.À la suite d'une chronique sur ce sujet en septembre dernier, Guy Fitzgerald, responsable de l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie, entrait en contact avec quelques-uns de ses confrères en Europe pour tenter d'élucider certains aspects de la situation.L'un d'eux a raconté que, dans le nord de l'Espagne, par exemple, il a souvent trouvé des bagues d'identification de pigeons autour des nids de faucons pèlerins.Il s'agit du principal rapace mis en cause par les 55 000 colombophiles britanniques qui voient leurs coureurs aériens décimés à chaque course.Par contre, un de ses correspondants néerlandais écrit que, dans les dunes boisées du nord-ouest des Pays-Bas, on a découvert au cours des 10 dernières années plus de 600 de ces bagues près des nids d'autours des palombes, une espèce qu'on trouve aussi un peu partout au Québec même si elle n'est jamais abondante.Nichant surtout dans les grandes forêts de feuillus, ce grand rapace est habituellement observé dans la grande région métropolitaine de la fin de septembre à la mi-décembre, lit-on dans l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.En période de disette, il est souvent attiré par les parcs urbains et on le surprend parfois à poursuivre les pigeons jusque dans leurs pigeonniers.QJ'habite Montréal-Nord et, ce matin, j'ai surpris un épervier qui tenait un oiseau dans ses serres.J'ai réussi à le faire fuir, mais il a malheureusement transporté sa victime avec lui.Plus tard, je l'ai retrouvé au même endroit en train de manger tranquillement une autre petite proie.Je ne voudrais pas qu'il prenne l'habitude de venir se nourrir chez nous puisque nous avons des centaines d'oiseaux qui viennent à la mangeoire chaque jour.Que me conseillez-vous ?RIl faut bien que le rapace se nourrisse lui aussi.Et il mangera chez vous ou ailleurs.En attirant un grand nombre d'oiseaux dans votre mangeoire, vous lui préparez la table.Mais pourquoi ne pas la partager.Si vous avez des centaines de visiteurs chaque jour, la disparition de quelques-uns d'entre eux, de temps à autre, ne devrait guère altérer votre bonheur.Les colombophiles et les rapaces PHOTO FOURNIE PAR ANTONIORIZI © Un autour des palombes au boisé Papineau, en novembre dernier.Cette espèce forestière passe l'hiver avec nous et profite souvent de la présence de mangeoires pour s'offrir un bon repas."]
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