La presse, 27 février 2005, C. Arts et spectacles - Lectures
[" L es soupes célestes Jacqu e s Savoie Roman \u2022 280 pages \u2022 24,95 $ www.editionsfides.com Pour tous les affamés d\u2019amour MON T R É A L D I M A N C H E 27 F É V R I ER 2 0 0 5 DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE est un cinéma qui carbure le plus souvent au présent de l\u2019indicatif.Il a du mal avec le passé.Faut dire que c\u2019est un passé si récent que l\u2019Américain semble le porter sur son dos partout où il va.L\u2019Amérique ressemble à une grosse cylindrée sans rétroviseur, roulant à toute allure sur la route de l\u2019Histoire.Devant une Europe proprement médusée par ces siècles qu\u2019elle a accumulés comme des jetons de casino, la jeune Amérique préfère croire que le passé n\u2019est qu\u2019une invention du Vieux Continent.Il y a des moments aux États-Unis (la mort de Kennedy ou la guerre du Vietnam), mais le temps lui-même n\u2019existe pas.Les êtres et les choses semblent se trouver sur un même plan (entendons-nous, je n\u2019insinue pas qu\u2019il n\u2019y a pas de classes sociales) comme dans une peinture naïve.D\u2019où cette impression que la grosse cylindrée vient de surgir de nulle part pour foncer sur nous.Le cinéma américain en 10 mythes urbains : LE TEMPS \u2014 Le temps est bien l\u2019affaire du roman européen qui s\u2019est complu pendant des siècles dans ce fluide passé simple.Le cinéma américain a toujours eu des problèmes avec le flash-back qui ne fait, selon lui, qu\u2019alourdir le récit (on ne l\u2019utilise que dans les situations de traumatisme psychologique).Le cinéaste américain ressemble à ce chauffard qui rentre chez lui, à l\u2019aube, après une nuit de beuverie.Il ne lève jamais le pied de l\u2019accélérateur, même quand il s\u2019enfonce dans une ruelle sombre.On le voit tourner parfois en rond (sans jamais baisser le régime), mais il finit toujours par arriver à la maison.L\u2019impression que si on quitte l\u2019écran des yeux une seconde, il y aura un accident.Cette atmosphère crée un présent de l\u2019indicatif si chaud qu\u2019on a la sensation que tout se déroule devant nous \u2014 en direct.LES GENS\u2014Quand j\u2019ai commencé à aller au cinéma, c\u2019était encore l\u2019affaire des rois (beaucoup de films français se passaient à la cour du roi), et des dieux (la mythologie grecque étant surexploitée).Puis la Nouvelle Vague est arrivée, mais ce fut un cinéma trop criblé de références littéraires et souvent marqué par son milieu.C\u2019est dans un film américain que j\u2019ai vu pour la première fois des gens qui n\u2019étaient portés que par leur simple histoire personnelle.Aucune justification par le sang oula culture.Juste la vie palpitante qui se déroulait devant nous.> Voir PARÉ en 8 > Voir LAFERRIÈRE en 4 NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE CHRONIQUE DANY LAFERRIÈRE Mythologie urbaine dans le cinéma américain C\u2019 DEPUIS QUE LE FILM THE AVIATOR A RÉCOLTÉ 11 NOMINATIONS AUX OSCARS, UN MOT D\u2019ORDRE CIRCULE À HOLLYWOOD : INTERDICTION DE MENTIONNER MONTRÉAL.LE DIRECTEUR ARTISTIQUE CLAUDE PARÉ, QUI A SUPERVISÉ LA RÉALISATION DE 70% DES DÉCORS DE THE AVIATOR, EN SAIT QUELQUE CHOSE.DE PASSAGE À HOLLYWOOD DERNIÈREMENT, ON LUI A GENTIMENT DEMANDÉ DE TAIRE LES ORIGINES MONTRÉALAISES DU FILM DE MARTIN SCORSESE.CELA POURRAIT NUIRE À SES CHANCES AUX OSCARS.CLAUDE PARÉ N\u2019A PAS INSISTÉ.IL SAIT LE TRAVAIL TITANESQUE QU\u2019IL A ACCOMPLI AVEC500 AUTRES QUÉBÉCOIS SUR THE AVIATOR.C\u2019EST TOUT CEQUI COMPTE.DERRIÈRE LE DÉCOR DE THE AVIATOR CLAUDE PAR É e cherchez pas Claude Paré ce soir aux Oscars.Il ne sera pas assis dans la salle du Kodak Theatre à côté du concepteur visuel Dante Ferretti ni derrière le cinéaste Martin Scorsese.Il sera plutôt chez lui, dans le Vieux-Longueuil, avec sa femme et leurs jumelles de 14 ans.Même si the Aviator devait gagner l\u2019Oscar de la meilleure direction artistique, Claude Paré n\u2019aurait pas eu à se lever ni à monter sur scène pour remercier les distingués membres de l\u2019Académie.Son nom est le troisième sur la liste.Il a été sacrifié pour les besoins de la rapidité et de l\u2019efficacité télévisuelles.Il n\u2019en demeure pas moins que si jamais son patron, Dante Ferretti, gagne l\u2019Oscar pour la meilleure direction artistique, ça sera comme si le Québécois le gagnait lui aussi.«Mais j\u2019en doute, s\u2019empresse d\u2019ajouter Claude Paré, rencontré à l\u2019Express.J\u2019en doute parce qu\u2019il y a en ce moment une énorme hostilité à l\u2019endroit de ce qu\u2019ils appellent les runaway productions : les productions en fuite réalisées ailleurs qu\u2019aux États-Unis.L\u2019affaire est rendue tellement politique qu\u2019on est prêt à récompenser un film moins bon mais tourné aux États-Unis plutôt qu\u2019un film exceptionnel tournéàMontréal.» Claude Paré en a eu la preuve au neuvième gala annuel de la guilde des directeurs artistiques qui se tenait au Beverly Hilton, début février.Dante Ferretti étant retenu à Londres, Miramax a délégué Claude Paré au cas où The Aviator gagnerait ce soir-là.Mais c\u2019est le film Lemony Snicket\u2019s avec Jim Carrey qui a remporté le prix de la meilleure direction artistique.Le lauréat, Rick Heinrichs, s\u2019est avancé sur scène en déclarant : «Notre film a été réalisé selon la bonne vieille méthode américaine : entièrement en studio et entièrement à Hollywood.» La salle s\u2019est mise à l\u2019applaudir à tout rompre.Pour Claude Paré, ce fut le signe incontestable que le film de Martin Scorsese partait perdant aux Oscars malgré ses 11 nominations.Le signe aussi que les qualités indéniables de ce film sur la vie du magnat Howard Hughes n\u2019ont pas réussi à effacer son passé louche ni ses stigmates montréalais.N llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L\u2019APPAREIL : BOUFFEET BD LES ÉDITIONS DE LA PASTÈQUE PAGE 13 LECTURES PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE© «La différence entre Martin Scorsese et les autres, c\u2019est le souci quasi maniaque qu\u2019il porte à chaque chose», dit Claude Paré, qui a travaillé à la direction artistique de The Aviator.JOUER SANS MANETTE AVEC NINTENDO PAGES 9 À 12 2 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ARTS ET SPECTACLES MONTRÉAL EN LUMIÈRE Rencontre avec Christophe Girard Le semeur de Nuits blanches D\u2019abord Paris, ensuite Bruxelles, Rome, Montréal et bientôt Helsinki DANIEL LEMAY Figure de proue des verts en France et en Europe, il dirige aussi la stratégie du groupe LVMH (Moët & Chandon, Hennessy, Louis Vuitton), leader mondial du luxe.Il conjugue ses intérêts de viticulteur à Gigondas (Haut-Vaucluse, 656 hab.) à ses responsabilités de maire adjoint de Paris et responsable de la Culture, une direction comptant 4000 fonctionnaires.Le même homme qui se bat pour l\u2019homoparentalité, le droit à l\u2019euthanasie et la réforme du système carcéral français \u2014 et qui admet s\u2019en fumer un petit de temps à autre \u2014 a ouvert aux artistes contemporains « le seul espace qui reste : la nuit ».Rencontre avec Christophe Girard, créateur de Nuit blanche et bagarreur soft.« Une capitale culturelle ne peut vivre que si elle peut accueillir les nouveaux artistes et les faire découvrir.» Dans sa suite du ReineÉlizabeth, Christophe Girard pose le postulat avant de se demander, de la même voix calme, quelle idée il a eue de mettre une cravate.Le foulard, il le sait, aurait été plus approprié pour cette frisquette Nuit blanche qui a clôturé ce matin le sixième festival Montréal en lumière.«À la différence de Paris, Montréal tient sa Nuit blanche dans le froid et offre des activités tant à l\u2019extérieur qu\u2019à l\u2019intérieur », souligne- t-il, ajoutant qu\u2019à Paris, il avait arrêté son choix sur le premier week-end d\u2019octobre après une étude des données météo des 10 années précédentes.La même étude, ici, aurait mis la Nuit blanche dans la première de juillet.« Nous venions d\u2019être élus et (le maire) Bertrand Delanoë m\u2019avait donné comme mission de trouver un moyen de mieux partager la culture.» Tout en appliquant les principes d\u2019efficacité et de gestion des énergies propres à l\u2019entreprise privée : « Le mythe populaire voudrait que les fonctionnaires ne travaillent pas.C\u2019est faux : ils travaillent très bien.Nous leur demandons juste d\u2019aller un peu plus vite.Notre approche, basée sur la confiance toujours, consiste à démontrer qu\u2019il ne saurait y avoir d\u2019efficacité sans échéances.» Il y avait donc cette volonté, politique, et tous ces lieux, historiques, grandioses, parties glorieuses, dans des cas comme le Louvre ou Versailles, du patrimoine culturel mondial.Mais qu\u2019y faire ?« Nous ne voulions pas d\u2019une ville-musée.Nous voulions juste permettre au citoyen de se réapproprier son espace, de cesser d\u2019être un simple locataire de sa vie et de sa ville.Cette ville qui, en ces temps de fixation sur la sécurité personnelle, fabrique des citoyens stressés, pognés », lance en souriant cet ami personnel de Robert Charlebois et de sa femme, Laurence.En plus du québécois, Christophe Girard parle anglais, japonais, italien « et un peu français ».Le maire Delanoë aimait l\u2019approche, donc, basée sur l\u2019avant-garde artistique, l\u2019originalité, la surprise, la gratuité.Le nom, par contre \u2014 le blanc de « blanche », potentiellement exclusif \u2014, lui inspirait certaines réserves.Son adjoint le convainc du contraire et Paris vit en octobre 2002 sa première grande Nuit blanche.Une première dramatique, au cours de laquelle Bertrand Delanoë, dans les salons de l\u2019hôtel de ville, est poignardé par un désaxé homophobe.« Quand on l\u2019a emmené sur la civière, il m\u2019a dit : Il faut que Nuit blanche continue.Cet incident aurait pu se produire n\u2019importe quand et n\u2019importe où.» Et Nuit blanche a continué.Dans différentes villes et sous diverses appellations : Les Portes de la nuit à Bruxelles, Notte Bianca à Rome.Paris n\u2019exige pas de droits d\u2019auteur mais Christophe Girard se dit honoré qu\u2019on le consulte et qu\u2019on l\u2019invite : « Nuit blanche est une bonne idée que nous sommes heureux de partager.» Ici, Montréal en lumière a gardé le nom d\u2019origine pour l\u2019événement qui, en termes de participation populaire, définit le mieux ce festival composite, qui souffre encore d\u2019un manque, au plan de l\u2019unité de lieu.L\u2019an dernier, 100 000 personnes s\u2019étaient promenées entre les quelque 30 espaces de cette vivifiante manifestation multidisciplinaire.Bang nocturne dans la ville nordique.Février était vaincu.Michel Labrecque, PDG de Montréal en lumière, avait éclaté en larmes le lendemain.Qu\u2019en sera-t-il cette année ?« L\u2019an prochain, dit le globetrotter et citoyen du monde, nous allons à Helsinki.Pendant les vraies nuits blanches.» En Finlande, pendant l\u2019été, le soleil ne se couche pas pendant 73 jours.Faut être fait fort.Entre-temps, Christophe Girard aura constaté comment Montréal, capitale culturelle à sa façon, permet à ses artistes de « s\u2019emparer des lieux» où de plus en plus de citoyens ont pris la bonne habitude d\u2019aller les voir et les entendre.Dans ce type de rencontre, il est souhaitable qu\u2019une fois devienne coutume.Hier, déjà, le créateur de Nuit blanche parlait avec chaleur d\u2019« une bûche ajoutée au feu de joie » de la francophonie.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Un spectacle de M, c\u2019est aussi une mise en scène qui n\u2019a rien de machinal et qui garde l\u2019oeil alerte.M au Métropolis CHRISTIAN CÔTÉ CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE M comme magnifique, mirifique, comme simplement magique.Dans la peau de son personnage doté de super M-pouvoirs, le chanteur français Mathieu Chedid n\u2019était pas à court d\u2019entourloupettes, vendredi soir, pour terminer en beauté sa tournée Qui de nous deux sur notre sol glacé.Un grand « aime » pour le monarque de la pop francophone ! Il s\u2019agissait du deuxième passage deMet de sa bande dans notre métropole en moins d\u2019un an.Le Spectrum avait été enchanté l\u2019été dernier pendant trois soirées francofolles à guichets fermés et un album live en a même été tiré.Alors un autre passage chez nous ne pouvait que fouetter notre humeur hivernale.Et quel coup de fouet ! Non mais, sans blague, vous en connaissez beaucoup, vous, des artistes qui émergent d\u2019une guitare géante, rose et gonflable ?Quel autre musicien adore se tortiller par terre comme un scarabée renversé en faisant des solos endiablés ?Combien d\u2019artistes sur cette planète peuvent faire tomber des guitares du ciel en plein milieu d\u2019une chanson ?Qui d\u2019autre peut se targuer d\u2019être un maître du gazou ?M semble connaître tous ces petits manèges qui font qu\u2019on l\u2019aime et il les distille avec une générosité sans égal.Jamais à court de ressources divertissantes, M a même trouvé le moyen de faire apparaître trois invités spéciaux au cours de son spectacle.Trois invités que l\u2019on connaît plutôt bien ici.On vous le dit, M a des contacts dans les hautes sphères.Mest aussi un maître de la zénitude.Tout juste avant que les premiers riffs de Souvenir du futur ne résonnent, il nous avait invités à faire un des quatre ou cinq petits numéros qu\u2019il allait nous imposer au cours de ses trois heures de spectacle.« OK, c\u2019est gentil de nous montrer vos aisselles de la sorte, mais là il va falloir prendre un peu sur soi, at- il lancé de sa voix de fausset.Je veux que l\u2019on fasse le silence TOTAL.Je sais, ce n\u2019est pas facile, mais là on déboulonne, on déconnecte, d\u2019accord ?» Dès cet instant, sa majesté gominée allait sceller le sort de la soirée, moins de 20 minutes après le début du concert.Il venait de tendre la toile qui nous tiendrait tous ensemble dans ce Métropolis chauffé à rose.Tout juste auparavant, Ariane Moffatt était sur scène, guitare en main et sourire au visage pour briller sous La Bonne Étoile.Tout flottait déjà, M rayonnait, Cyril Atef, Sébastien Martel, Vincent Segal et DJ Shalom, ses complices, faisaient monter le mercure.Et la foule, elle, savourait ce nectar de pop déversé à grands traits.Lorsque Quand je vais chez elle a fait résonner ses assauts de guitare trempés d\u2019effets psychédéliques, tout ce beau monde a exulté, naturellement.Tout juste après, Onde sensuelle semblait toutefois manquer de piquant, la seule chanson sur une vingtaine présentées qui n\u2019ait pas « levé » à notre goût.Ce fut vite rattrapé par À tes souhaits avec ses rythmes chaloupés et sensuels à faire rosir de volupté.Ce qu\u2019il y a de vraiment bien avec un concert de M, c\u2019est que les oreilles ne sont pas les seules à être sollicitées.Oui, il y a de nombreux effets mordants pour plaire aux tympans, mais ce n\u2019est pas qu\u2019une orgie de sons.Une mise en scène qui n\u2019a rien de machinal est offerte pour garder l\u2019oeil alerte.On apprécie ces effets d\u2019ombres chinoises projetées sur la rosace de la grande guitare rose en décor de scène.On s\u2019amuse bien aussi de voir les musiciens prendre leur pied en se jetant dans la foule les uns après les autres.On se délecte des nombreux changements d\u2019instruments sans heurts apparents.On salue aussi ce coquet deMet ses variations de costumes.Bref, les manoeuvres de Chedid et de ses comparses s\u2019additionnent en douceur pour donner un spectacle complet.En salle, les mouvements du désir vont bon train, des ondes consensuelles fusent de toutes parts.Comme l\u2019été dernier aux FrancoFolies, M a réussi à saisir l\u2019auditoire et à le bercer d\u2019amour et de musique.Dumas dans l\u2019univers de M Mama Sam, Ma Mélodie, Le Complexe du Corn Flakes, Psyko Bug ont suivi sans presse, jusqu\u2019à ce que ce soit au tour de Gimmick de venir apporter une petite variation au déroulement de la soirée.Invitant un «inconnu» dans la foule à venir le rejoindre sur scène pour exécuter un gimmick musical, M a été allumé par une proposition bruyante venant d\u2019un coin du Métropolis.Mais que scande-t-elle, cette foule ?semblait dire M.Hubert.Sylvain ?Yvan ?Non, Dumas ! Ehoui, notre Dumas à nous ! Quand on vous dit que M a des pouvoirs surnaturels, cette fois, c\u2019est la télépathie qui a été sollicitée.Il avait réussi à faire ressortir Dumas de cette foule compacte par sa seule force psychique, croyait-on.Dumas s\u2019est pointé sur scène, un peu déstabilisé par la situation somme toute rigolote.Et quel gimmick nous a-t-il balancé ?Son Tu m\u2019aimes ou tu mens de la bande sonore du film Les Aimants.Un vrai gimmick bien baveux avec ses pan-pa-pan-pan-pan répétés à l\u2019unisson.L\u2019effet a été magistral.Dernier invité de la liste, Benoît Charest, père des Triplettes de Belleville, est venu clôturer la soirée avec sa pièce- phare.La cerise sur le gâteau.M a déballé une dernière fois son magnétique concert.Il faudra maintenant patienter un peu avant d\u2019avoir droit à une suite de son mouvement du désir musical.En attendant, il nous reste encore ses albums pour étancher notre soif de fantaisie.Moments magiques « Une capitale culturelle ne peut vivre que si elle peut accueillir les nouveaux artistes et les faire découvrir.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANSE / Passare Un rêve où il fait bon flâner STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Passare, la toute dernière création de Ginette Laurin et de sa compagnie O Vertigo, se niche au creux du souvenir, empruntant les chemins tortueux et flous de l\u2019imaginaire.Les créations de Laurin ont toujours baigné dans l\u2019onirisme.Mais ici, contrairement à Déluge ou à Chagall, par exemple, les éclairages, les costumes et le décor y sont pour bien peu.Dans Passare, cette sensation hors du temps semble, plus que jamais, intrinsèque au rythme hachuré de l\u2019oeuvre et à cette gestuelle diffuse et flottante dont seule Ginette Laurin a le secret.Parce que Passare est truffée de ruptures de rythme et de style, on pourrait lui reprocher son manque d\u2019unité.Mais ce serait oublier que Passare est une oeuvre sur la mémoire et que Ginette Laurin réussit avec brio et beaucoup de rigueur à nous transporter dans une série d\u2019univers où le temps n\u2019a rien de linéaire.Il nous échappe, se prend dans des boucles ou paraît s\u2019étirer à l\u2019infini.Laurin et ses danseurs usent de procédés imaginatifs, et parfois assez drôles, pour évoquer les souvenirs qui s\u2019embrouillent, ces rêves dans lesquels on semble répéter ad vitam aeternam la même action complètement farfelue, et un long baiser langoureux et planant rappelle le plus suave de nos rêves érotiques.Tout fuit ici, même la danse.Elle se déploie en petites poches d\u2019actions simultanées \u2014 duo, trio, quatuor ou sections de groupe\u2014 qui se fondent sans cesse les unes dans les autres sans qu\u2019on s\u2019en aperçoive.Et dès que les corps se font plus énergiques, plus volontaires, les voilà tout à coup emportés par un ressac qui leur fait perdre le nord.Passare est une oeuvre insaisissable qui se métamorphose constamment.Mais elle laisse tout de même des traces, comme ces rêves qui nous habitent longtemps après le réveil ou ces êtres depuis longtemps disparus dont le souvenir reste gravé dans nos mémoires.Le mouvement d\u2019un bras laisse des traits de lumière fluorescente dans l\u2019espace et les déplacements des danseurs sur le sol sont consignés de façon minutieuse sur une feuille de papier.Même le corps d\u2019un danseur laisse sa trace sur celui de son partenaire, lui imprimant une direction, une vélocité et une force bien précises.Passare se dévoile petit à petit, mystérieusement, et nous entraîne malgré nous dans les méandres d\u2019un rêve où il fait bon flâner.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © La toute dernière création de Ginette Laurin et de sa compagnie O Vertigo se niche au creux du souvenir, empruntant les chemins tortueux et flous de l\u2019imaginaire. L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .LA 77e SOIRÉE DESOSCARS ARTS ET SPECTACLES .Cinq films, cinq journalistes, unOscar.CINQ FILMS, CINQ JOURNALISTES, UNE MISSION: DÉFENDRE CHACUN UN CANDIDAT À L\u2019OSCAR DU MEILLEUR LONG MÉTRAGE.À DÉFAUT DE POUVOIR CONVAINCRE LES MEMBRES DE L\u2019ACADÉMIE DE VOTER DU BON BORD \u2014 APRÈS TOUT, LES BULLETINS SONT DÉJÀ COMPILÉS \u2014, NOS JOURNALISTES VOUS PERSUADERONT PEUT-ÊTRE D\u2019ALLER VOIR LEUR FILM PRÉFÉRÉ OU DU MOINS, DE L\u2019ENCOURAGER, CE SOIR, LORS DE LA REMISE DES OSCARS (CTV 20H30).RAY MILLION DOLLAR BABY DANIEL LEMAY RICHARD LABBÉ FINDING NEVERLAND THE AVIATOR SIDEWAYS SONIA SARFATI NATHALIE PETROWSKI MARC CASSIVI Le film n\u2019est pas sans défaut.En deux heures et demie, Ray fait dans le longuet mais si le réalisateur Taylor Hackford\u2014 un homme patient: il travaillait à Ray depuis 15 ans \u2014 l\u2019avait réduit à 2 h 10, disons, ç\u2019aurait voulu dire 20 minutes de musique en moins.Et le monde y aurait perdu au change.Pas juste parce qu\u2019il y aurait eu moins de chansons.La musique de Ray \u2014 la musique de Ray Charles \u2014 est plus qu\u2019un agencement de notes formant une mélodie, plus, même, qu\u2019une avancée stylistique mariant le sacré et le profane dans ce qu\u2019on appellera la soul music.Cette musique-là est un instrument de définition de l\u2019homme sinon du bonheur: musique combattante, musique sensuelle, musique exutoire, musique-prière, musique salvatrice.La musique représente le legs principal de Ray Charles au monde et, en particulier, à la société américaine, qui peut en tirer des signifiances de tous ordres.Elle ne fut toutefois qu\u2019une des assises de la vie de Ray Charles Robinson.Et c\u2019est encore une force du film d\u2019avoir montré les autres.Sans se lancer dans le déboulonnage de statue, Ray déballe des vérités dérangeantes sur ce personnage d\u2019exception.Qui ne se nourrisssait pas moins du plus ordinaire des trios, cocktail classique que d\u2019autres, des morts-jeunes pour la plupart, amèneront au rang de cliché: sex, drugs, rock\u2019n\u2019roll.Pour emporter.Ray Charles le musiciens de génie était aussi un mari adultère et héroïnomane.S\u2019il s\u2019est délivré de l\u2019esclavage de la drogue dure \u2014 le film nous le montre se faisant buster à son retour de Montréal en 1966 \u2014, il est resté jusqu\u2019à la fin le tombeur impénitent qu\u2019il avait toujours été.Ray Charles a laissé 12 enfants «connus».Quant à Jamie Foxx, il apporte au rôle-titre une «vérité» telle que les bookies ont arrêté de prendre les gageures sur ses chances de gagner l\u2019Oscar du meilleur acteur.L\u2019Aviateur, portant sur la vie de Howard Hugues \u2014 légende américaine lui aussi mais plus blanche, plus hollywoodienne \u2014 va probablement gagner l\u2019Oscar du meilleur film mais Ray lui survivra au panthéon des classiques.Parce que la musique volera toujours plus haut que n\u2019importe quel avion.Mais bien sûr que ce film-là mérite l\u2019Oscar du meilleur film.Pourquoi?Parce que c\u2019est comme ça, bon.Les films de boxe, Hollywood a l\u2019habitude de les rater.Lamentablement.Alors quand il y en a un bon, avec une histoire du tonnerre en plus, il faut bien s\u2019énerver un peu.On pourrait écrire des lignes et des lignes sur la performance du vieux Clint Eastwood, pas mal solide ici.Même chose pour miss Hilary Swank, ou pour le sage Morgan Freeman, parfait en boxeur retraité.Mais ce qui étonne vraiment dans Million Dollar Baby, c\u2019est la boxe.La précision des scènes, l\u2019exactitude des coups.On croit au moindre uppercut, au moindre crochet de gauche.On se surprend à avoir mal.En fait, on dirait carrément que ces dames se tapent dessus pour vrai.Ce n\u2019est pas un détail.À Hollywood, les scènes de boxe sont souvent nulles.Raging Bull est excellent, mais personne n\u2019a jamais vraiment boxé comme ça.Rocky?Si Stallone avait boxé de cette façon dans la vraie vie, il se serait fait tuer (ce qui aurait peut-être été une bonne chose, finalement, parce que ça nous aurait évité Rocky IV et Rocky V).En plus, il y a ce fameux punch, qui arrive vers la fin du film et qui nous jette sur le cul.Ce punch-là, vraiment, on ne le voit pas venir.Pas du tout.La dernière fois qu\u2019on a été aussi surpris par un truc hollywoodien, c\u2019est.c\u2019est.Voyez, on ne s\u2019en rappelle même plus.On en profite par ailleurs pour faire taire les rumeurs: non, on ne finit pas par apprendre que Hilary Swank est un homme, et puis non, elle n\u2019est pas la fille de Darth Vader.Elle est seulement la vedette du film de l\u2019année.«Défendre Finding Neverland pour l\u2019Oscar du meilleur film?Tu l\u2019as facile!» se sont esclaffé les copains en me suggérant d\u2019enligner les «Johnny Depp est beau, beau, beau, beau.» Ainsi de suite jusqu\u2019à l\u2019obtention de la longueur de texte désirée.Petits comiques! D\u2019accord, ils n\u2019ont pas entièrement tort quant à ma perception de l\u2019interprète de J.M.Barrie mais.bon, les Oscars, c\u2019est quand même du.comment dire?Sérieux?Sans commentaire.Il est toutefois très vrai qu\u2019il y a de la beauté dans le long métrage de Marc Forster.Oui, celle de Johnny.qui trahit ainsi involontairement le créateur de Peter Pan, un maigrichon qui mesurait à peine 1m52.Ce n\u2019est de la faute ni de l\u2019un ni de l\u2019autre.Et là ne réside pas l\u2019entière et très grande beauté du film, qui est dans ses atmosphères, sa manière de mettre les personnages en relation sans sombrer dans le gnangnan malgré le drame.Et sa façon de capter le merveilleux et de l\u2019insuffler dans la réalité\u2014elle aussi admirablement recréée: le Londres edwardien du début du 20e siècle est criant de vérité.Servies dans cet écrin qui a un pied dans l\u2019imaginaire et l\u2019autre, dans l\u2019histoire, certaines scènes semblent frappées par la grâce.Celle, par exemple, où Barrie et son épouse rejoignent leurs chambres respectives.La dame pénètre dans une pièce «normale».Derrière sa porte à lui se trouve la campagne, l\u2019évasion.L\u2019ailleurs.Le moment en dit tellement long sur l\u2019état d\u2019esprit de l\u2019homme! Une image qui vaut mille mots.Une scène qui en vaut unmillion.Il y en a plusieurs du genre dans Finding Neverland.Elles pourraient faire décoller le public (et les membres de l\u2019Académie?) en direction de «la deuxième étoile à droite et tout droit vers le matin».En compagnie de Johnny, ça ne nuirait pas.Dès les premières images du film The Aviator, on est subjugué par la beauté des images, envoûté par la fluidité chorégraphique des caméras, ébahi par la richesse de la production et par l\u2019opulence de chaque détail des décors.Il s\u2019agit peut-êtred\u2019un film de commande pour Martin Scorsese mais il s\u2019en est acquitté avec un surplus de brio et la maîtrise d\u2019un grand maître.Si l\u2019on s\u2019en tient au plan strictement cinématographique, en oubliant les trous du scénario qui passent sous silence les épisodes moins reluisants de la vie de Howard Hughes, on est face à une oeuvre quasi parfaite où l\u2019oeil du spectateur est constamment stimulé et ébloui.Que la réussite de cette cathédrale visuelle soit en grande partie imputable à la qualité de l\u2019armée de techniciens québécois qui y ont participé n\u2019est pas étranger à notre enthousiasme.Parmi la profusion de films américains qui ont été tournés chez nous, The Aviator est dans une classe à part.Si d\u2019aussi beaux projets atterrissaient plus souvent chez nous, on aurait une place réservée chaque année aux Oscars.Deux mille quatren\u2019est pasuneannéedegrands crusàHollywood.Une bonne année, sans plus.Lorsque le favori à l\u2019Oscar dumeilleur long métrage est un film de commande, c\u2019est que les auteurs n\u2019ont pas été à leur mieux.Ce soir, il n\u2019y aura pas de champion du boxoffice du type Gladiator, Titanic ou Lord of the Rings pour tout rafler à la soirée des Academy Awards.Il ne devrait pas non plus y avoir tropdecontroverse, lesfilmslesplussusceptibles de provoquer des remous ayant été écartés dès la sélection des finalistes (La Passion du Christ, Farenheit 911).À cette fête qui devrait couronner plusieurs films, l\u2019invité surprise est sans contredit Sideways d\u2019Alexander Payne, un cinéaste qui a imposé son style minimaliste et son humour caustique avec des films comme Citizen Ruth, Election et About Schmidt.Ce road movie californien est le négligé de la plus prestigieuse catégorie des Oscars, même s\u2019il est le favori de bien des critiques.Et pour cause.Autour de ces deux vieux copains qui partent à la découverte de la route des vins avant le mariage du plus volage, Alexander Payne a conçu une comédie dramatique tout en nuances, à la fois drôle et pathétique, ravissante de subtilité et de finesse.Sideways n\u2019est pas un grand film.C\u2019est une oeuvre sans prétention, efficace, qui laisse toute la place aux acteurs.Onsalue d\u2019ailleurs les nominations de Thomas Haden Church et de Virginia Madsen dans les catégories de meilleurs seconds rôles, même si on s\u2019explique mal l\u2019oubli de Paul Giamatti dans la catégorie du meilleur acteur.Il campe un loser dépressif maniaque de vin avec une telle justesse qu\u2019on le confond avec son personnage.Pour la seule prestation de Giamatti, Sideways mérite l\u2019Oscar du meilleur film.Une petite année, un petit film qui en cache un grand.L\u2019équation parfaite. 4 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ARTS ET SPECTACLES Première représentation publique au Palais des congrès de Paris SPECTACLES CINÉMAS INDÉPENDANTS 5 X 2 (CINQ FOIS DEUX) Cinéma Beaubien: 18h, 21h50.Ex-Centris: 15h, 17h05, 19h10, 21h15.CE QU\u2019IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 18h30.INSIDE DEEP THROAT Cinéma du Parc (1): 14h, 15h50, 17h40, 19h30, 21h20.LA MALA EDUCACION (LA MAUVAISE ÉDUCATION) Ex-Centris: 15h15, 21h30.LE PÈRE DE GRACILE Ex-Centris: 17h45, 21h25.LES TORTUES VOLENT AUSSI (LAKPOSHTHA HÂM PARVAZ MIKONAND) Ex-Centris: 12h15, 14h05, 16h, 19h25.LIFE AQUATIC WITH STEVE ZISSOU Cinéma du Parc (3): 21h50.MAMAN LAST CALL Cinéma Beaubien: 16h30, 20h, 22h.T\u2019CHOUPI, LE FILM Ex-Centris - salle Fellini: 11h.THE ASSASSINATION OF RICHARD NIXON (L\u2019ASSASSINAT DE RICHARD NIXON) Ex-Centris: 17h20, 19h30.THE AVIATOR Cinéma du Parc (3): 18h40.THE HOUSE OF FLYING DAGGERS Cinéma du Parc: 16h20, 21h05.TURTLES CAN FLY Cinéma du Parc (2): 13h15, 15h10, 17h15, 19h10.VIPÈRE AU POING Cinéma Beaubien: 19h50, 22h.MUSIQUE ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE Robert Patrick Girard, organiste.Boëly, Boellmann, Liszt, Widor: 16h.Spirituart.SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE Le Nozze di Figaro (Mozart).Atelier d\u2019opéra de l\u2019Université Montréal.Mise en scène: Benoît Brière.Direction musicale: Jean-François Rivest: 19h30.COLLÈGE LAVAL (Saint-Vincent-de-Paul) Tosca (Puccini).Théâtre d\u2019art lyrique de Laval: 14h.WESTMOUNT PARK UNITED CHURCH (4695, de Maisonneuve O.) Danielle Pullen, soprano, Catherine Pycock, mezzo-soprano, Lynette Wahlstrom, organiste.Stabat Mater (Pergolesi): 16h.POLLACK HALL DE L\u2019UNIVERSITÉ McGILL Trio Jacques-Thibaud et Anton Kuerti, pianiste.Quatuor op.87 (Dvorak), Quatuor op.26 (Brahms): 15h30.LMMC.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Martin Robidoux, claveciniste.Bach, Fr.et L.Couperin: 15h30.La revanche de Don Juan LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS Tout peut arriver à Paris, y compris les bonnes surprises.Il y a 10 jours encore, le monde si confraternel du show-business parisien ne donnait pas cher de la peau de Don Juan, qui devait débuter le 24 février au Palais des congrès de Paris et occuper pendant deux mois entiers cette salle immense, qui possède 1800 places en version concert et 3600 en version large.Or, contre toute attente, la première véritable représentation publique, vendredi soir \u2014 en attendant la première mondaine et médiatique de mardi\u2014 s\u2019est terminée sur une véritable ovation.Avec une salle « concert» quasiment remplie, c\u2019est-à-dire devant plus de 1500 spectateurs.Et, à la fin du spectacle, le producteur Charles Talar, homme à broyer du noir même quand tout va bien, était aux anges et nous assurait, la main sur le coeur : « La vente de billets a triplé depuis deux jours, avec le boucheà- oreille.On passera très bientôt à la version large de la salle, et il est clair désormais que nous irons jusqu\u2019au 16 avril, tel que prévu au départ.» Après avoir beaucoup médit de ce spectacle qui s\u2019en allait droit à la catastrophe, on se demande maintenant si Don Juan, livret et musique de Félix Gray, mise en scène de Gilles Maheu et distribution quasi identique à celle du Québec, n\u2019est pas en voie de devenir le mini- événement de la saison.« Les producteurs de comédies musicales comptent maintenant sur Don Juan pour mettre un terme à la série noire des 18 derniers mois », dit encore Charles Talar, décidément optimiste.Une série noire pour les musicals à Paris, en tout cas, ça ne faisait aucun doute.Traditionnellement boudé en France, le genre avait soudain connu une glorieuse réhabilitation avec Starmania, suivi par l\u2019apothéose de Notre-Dame de Paris.Dans la foulée, Roméo et Juliette et Les Dix Commandements avaient également connu un important succès, aussi bien en salle qu\u2019avec la vente d\u2019albums.À partir du demi-échec de Cindy, à l\u2019automne 2002, presque tous les spectacles, dont certains à très gros budget, ont été des fiascos.Chicago, au printemps dernier, a très mal marché au Casino de Paris.Gladiateur, pourtant cosigné par Elie Chouraquie et Maxime Le Forestier, a fait un bide monumental au Palais des sports.Échec cuisant également pour Les Enfants du soleil et Les Demoiselles de Rochefort tandis que les représentations de Bagdad Café, à Paris, étaient reportées à une date ultérieure non précisée.À Paris, quand le vent tourne, les amis et le soutien se font plus rares.Alors que Cindy avait bénéficié d\u2019un partenariat avec TF1 (première chaîne de télé, 35 % de parts de marché), qui lui avait consacré une soirée entière durant les heures de grande écoute un vendredi soir, Don Juan, une production encore plus importante et onéreuse, n\u2019avait trouvé «que » M6, une chaîne de télé privée trois fois moins importante, et dont l\u2019image « jeune» ne colle pas forcément avec un spectacle musical de ce genre.À Paris, moins on en parle et moins on en parle : la couverture médias restait presque inexistante à trois jours du début des représentations.Cercle vicieux : faute de médias, les ventes de l\u2019album étaient à zéro, et même l\u2019enregistrement simple Changer, coincé à la quatrième place des ventes, n\u2019avait pas la faveur des radios.Il y a 10 jours, d\u2019ailleurs, à l\u2019émission de Thierry Ardisson, Félix Gray, entouré de Marie-Ève Janvier et de Jean-François Breau, était expédié en moins de 10 minutes.En réponse à Thierry Ardisson, qui prédisait un gros bide, Félix Gray a dit : « Eh bien, si ça ne marche pas en France, ça a marché au Québec et ça marchera dans d\u2019autres pays.» Ajoutant, avec un humour au quatrième degré, ce petit mensonge qui ne coûte pas cher et qui peut toujours rapporter : « D\u2019ailleurs, Broadway s\u2019y intéresse.» Bref, lui-même semblait prévoir un piètre résultat.Petit frémissement, jeudi, avec la parution d\u2019articles soudain très élogieux dans France Soir et, surtout, dans le très influent journal régional Le Parisien.Et donc, vendredi soir, en l\u2019absence d\u2019un véritable battage médiatique, une salle de 1800 places remplie à 90 %.Un public « ordinaire » qui, ne connaissant rien du spectacle à l\u2019avance, a pourtant « embarqué » très rapidement.Dès le premier grand numéro de flamenco \u2014vraiment magnifique \u2014, les ovations se sont faites plus fréquentes.Et c\u2019est sur une ovation de 10 minutes que s\u2019est terminée la soirée.Pour cette représentation, il y avait dans la salle non seulement Didier Barbelivien, grand copain de Félix Gray, mais aussi Michel Field, animateur connu d\u2019émissions culturelles à la télé, qui se disait « impressionné par la qualité du spectacle, par les voix et, surtout, par la mise en scène ».À Paris, le vent peut changer aussi vite qu\u2019il avait tourné la première fois.Et le bouche-à-oreille peut aller très vite.Mardi soir, il est prévu que la première médiatique sera brillante et attirera de nombreuses vedettes, à commencer par Patrick Bruel.Puisque le bruit court que le spectacle est de grande qualité et que la salle est pleine, on a de bonnes chances de voir rappliquer les grands médias, à commencer par les chaînes de télévision, et de voir décoller l\u2019album chez les disquaires.À ce moment-là, on pourra dire que Don Juan aura obtenu sa revanche.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © La distribution du Don Juan parisien est quasi identique à celle du Québec.Avec Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier, le spectacle semble en voie de devenir le mini-événement de la saison dans la capitale française.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Mythologie urbaine dans le cinéma américain LAFERRIÈRE suite de la page 1 L\u2019histoire d\u2019amour d\u2019une serveuse de bar et d\u2019un boucher pouvait donc rivaliser avec celle des princes.Et je les entendais, ces gens de la rue, raconter ces choses de la vie courante avec un accent naturel.J\u2019avais l\u2019habitude, auparavant, de sortir du cinéma avec quelques répliques en tête.Mais là, rien.Il a fallu un certain temps avant que je comprenne que le cinéma venait ainsi de se laver de tout habillage historique, intellectuel, culturel, pour devenir un véritable art populaire.Ils mangent comme nous, ils parlent comme nous, ils souffrent comme nous.Aucun voile entre ces gens qui vivent à l\u2019écran et nous.L\u2019ARGENT \u2014 Le rapport qu\u2019on entretient avec le temps n\u2019est pas loin de celui qu\u2019on a avec l\u2019argent.L\u2019aristocrate peut dilapider son argent, car le temps coule déjà en lui (ce fameux sang bleu).Le nouveau riche croit qu\u2019il pourra acheter le temps avec de l\u2019argent.C\u2019est peutêtre là la raison de cette valse de millions dans le cinéma américain.Cet argent permet de faire des films de plus en plus coûteux, ce qui a pour but ultime de rendre le cinéma pratiquement inaccessible aux pays et aux individus moins riches.Mais où va cet argent ?Tout simplement dans le compte en banque des stars.Le cinéma devient alors une machine à fabriquer des stars.Ce n\u2019est plus l\u2019intérêt de l\u2019histoire qui compte, mais les stars qui jouent dans le film.Et plus le cachet de la star est lourd, plus le film a des chances d\u2019attirer le grand public.On se dit que pour coûter si cher, cet acteur, souvent pas plus talentueux qu\u2019un autre, doit être un demi-dieu : l\u2019acte d\u2019aller au cinéma ne différant pas de celui d\u2019aller à la messe.LA STAR \u2014 Au lieu de rester engluée dans une ligne droite et horizontale (cette ennuyeuse vision du temps inventée par l\u2019Europe où le passé précède le présent qui, lui, vient naturellement avant le futur), l\u2019Amérique a préféré épingler son destin dans la voûte céleste.C\u2019est pourtant Horace qui, le premier, a senti qu\u2019il pourrait y avoir un rapport entre une étoile brillante dans le firmament et l\u2019éclat d\u2019un destin individuel sur terre.L\u2019Amérique a tenté de rafraîchir cette vieille idée en y accrochant une histoire collective, la sienne.On ne veut plus de cette notion bourgeoise du temps où le passé semble avoir plus d\u2019importance que l\u2019avenir.Le temps est aujourd\u2019hui une étoile là-haut.L\u2019exemple parfait de cette notion, c\u2019est Marlon Brando qui a été un acteur exceptionnel avant de devenir une star.Une star c\u2019est quelqu\u2019un qui n\u2019absorbe plus, elle se contenter de briller.Brando, vers la fin (déjà au milieu), a voulu ardemment de cette situation : celle de n\u2019avoir plus à jouer, mais à être.Il ne voulait plus plaire, croyant que c\u2019était là une attitude de subalterne.Le droit de déplaire n\u2019est permis qu\u2019aux princes.Brando voulait être une étoile, pensant échapper ainsi aux règles archaïques établies sur terre.De Niro suit ce chemin dangereux : d\u2019abord se faire pour ensuite se défaire.La tentation d\u2019organiser soi-même sa chute.C\u2019est un jeu qui mène souvent au suicide.LE LIVRE \u2014 L\u2019une des différences fondamentales entre le cinéma américain et le cinéma européen, c\u2019est la présence de l\u2019objet livre.C\u2019est rare de voir un film français sans que n\u2019apparaisse dans un coin de l\u2019écran, à un moment ou à un autre, un livre.On voit parfois quelqu\u2019un, assis dans un parc ou dans un café, en train de lire.Le héros (j\u2019aime beaucoup cette expression qui remonte à mon adolescence) finit toujours par glisser un bouquin dans la poche de son veston.Le livre est pour l\u2019Européen un objet de la vie courante.Alors qu\u2019on peut traverser un film américain sans rencontrer le moindre livre.Il n\u2019y a que dans les films de Woody Allen qu\u2019on croise parfois des lecteurs dans de charmantes librairies de Manhattan.LE RESTAURANT \u2014 Cette convivialité dans le restaurant (surtout le restaurant italien) que le regard américain rejette.Ce sont les films de mafia qui ont réconcilié le cinéma américain avec le restaurant.C\u2019est difficile de créer cette ambiance asphyxiante propre au cinéma urbain américain quand la caméra capte une rangée de plats de spaghetti.Seuls les cinéastes italiens (Coppola, Scorsese) savent filmer un restaurant familial bondé sans perdre de vue le but : une fusillade, à la fin, où le sang ressemble à la sauce spaghetti.Par contre, on privilégie le bar.Le bar, c\u2019est ce mélange mortel d\u2019alcool et de solitude.Un territoire d\u2019hommes silencieux.Le restaurant est donc italien ; et le bar, américain.LE CHAPEAU \u2014 Je me souviens qu\u2019enfant, j\u2019étais allé voir un film américain, et que j\u2019en étais ressorti impressionné par le nombre de personnes qui portaient un chapeau dans le film.Je me suis rappelé cette histoire en voyant plus tard les rappeurs avec leur casquette vissée sur le crâne.Les Américains aiment avoir quelque chose sur la tête.Et, dans certaines circonstances (à la pêche par exemple), le sommet de l\u2019élégance c\u2019est de porter le chapeau le plus ridicule et l\u2019imperméable le plus chiffonné.LA STATION D\u2019ESSENCE \u2014 Il y a toujours, dans presque chaque film, une vieille voiture qui entre, la nuit, dans une station d\u2019essence.Je me suis demandé la raison de cette scène récurrente ?Je crois que c\u2019est une image qui remonte à l\u2019enfance de presque chaque Américain.Quand on voyage de nuit sur de si longues routes désertes, il arrive toujours ce moment où l\u2019on voit, au loin, ce point lumineux : une station d\u2019essence.On y trouve souvent un homme seul travaillant à la fois à la pompe et à la caisse.Il peut arriver que dans la voiture se trouve un futur réalisateur (le jeune De Palma silencieux assis sur la banquette arrière).Des années plus tard, celui-ci se rappellera de cette scène comme d\u2019un moment à la fois poétique et poignant de son enfance.LE VERRE DE WHISKY \u2014 Je me suis toujours demandé la raison d\u2019un tel rituel.Dès que l\u2019homme franchit la porte, la femme lui prépare tout de suite l\u2019incontournable verre de whisky en glissant dedans deux glaçons.Était-ce de la publicité déguisée ?Mais du jour au lendemain, tout cela était devenu d\u2019un tel ringard: l\u2019homme qui entre dans la pièce en jetant nonchalamment son chapeau sur le portemanteau avant de contourner le divan pour se diriger vers le milieu du salon où une femme bien coiffée s\u2019amène tranquillement vers lui avec un grand verre d\u2019alcool.Ce ballet était devenu si naturel qu\u2019on avait fini par penser que c\u2019était la seule façon de découvrir un salon dans un film américain.Un jeune réalisateur rebelle pouvait toujours apporter de subtiles modifications à une telle scène, mais même pour les plus grands, elle semblait inévitable.Voilà un rituel que le féminisme a contribué à effacer de nos écrans.L\u2019OSCAR \u2014 En Europe, en France surtout, on ne comprend pas la fascination qu\u2019exerce la cérémonie des Oscars sur les Américains.La critique ne diffère pas au fil des années : spectacle trop long, sans aucune originalité et terriblement ennuyeux.Mais l\u2019ennui est précisément le vide aspirant (la force de l\u2019habitude) niché au coeur de tout rituel.Ce qui étonne, c\u2019est le fait que des millions de gens restent englués devant leur télé pour regarder pendant trois heures d\u2019autres gens remercier leur mère, leur dieu et leur producteur.Et on se demande pourquoi personne ne tente, comme on le fait parfois en France, de faire un petit discours qui pourrait se démarquer un peu du lot commun ?N\u2019y a-til donc personne aux États- Unis un tant soit peu cultivé ?La raison, c\u2019est qu\u2019un César ne change pas votre vie, tandis qu\u2019un Oscar a de bonnes chances de le faire.Recevoir un César, c\u2019est avoir la possibilité de se faire remarquer devant des millions de Français.Un inconnu qui a gagné un César pour un rôle de soutien pourrait remporter le pactole s\u2019il se démarque par un brillant discours humaniste.Aux États-Unis, c\u2019est le travail de l\u2019acteur ou du réalisateur qui compte et non son habileté à discourir.En fait, on ne l\u2019écoute pas.On le regarde, et on l\u2019admire.Son discours était déjà dans le film.C\u2019est pour cela que je n\u2019avais pas compris le petit scandale qu\u2019avait provoqué ici « le non-discours » de Denys Arcand l\u2019année dernière.Il avait bien vu l\u2019affaire : seuls les petits joueurs tentent encore, arrivés au sommet, de vendre quelque chose.Je vois d\u2019ici l\u2019étonnement provoqué dans certains milieux d\u2019affaires américains par cet inconnu qui s\u2019est permis de dédaigner le plus puissant micro du monde.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : dany.laferriere@lapresse.ca Il a fallu un certain temps avant que je comprenne que le cinéma venait ainsi de se laver de tout habillage historique, intellectuel, culturel, pour devenir un véritable art populaire. .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LA 30 e NUIT DES CÉSAR ARTS ET SPECTACLES L\u2019Esquive élu meilleur filmde l\u2019année Le match attendu entre Un long dimanche de fiançailles et Les Choristes n\u2019a pas eu lieu MARC-ANDRÉ LUSSIER On annonçait un «choc de titans » entre Un long dimanche de fiançailles et Les Choristes, les deux productions françaises les plus populaires en 2004 qui, fortes de leurs nombreuses nominations (12 pour l\u2019une et huit pour l\u2019autre), étaient données favorites au départ de la course aux César.Les artisans du cinéma français auront pourtant préféré L\u2019Esquive, un film «révélation » qui a enchanté la critique.Déjà présenté au Festival du nouveau cinéma l\u2019automne dernier, cet excellent film devrait en principe prendre l\u2019affiche à Montréal le 25 mars.Réalisé par Abdellatif Kechiche (La Faute à Voltaire), L\u2019Esquive a transformé en César quatre de ses six nominations, raflant notamment sous le nez des favoris les trois plus importants trophées : film, réalisation et scénario (les trois qu\u2019avait enlevés Les Invasions barbares l\u2019an dernier).La jeune Sara Forestier, vedette du film, a quant à elle été élue meilleur espoir féminin.Ainsi, les membres de l\u2019Académie des arts et techniques du cinéma ont été grandement séduits par le vibrant portrait de l\u2019adolescence que propose le cinéaste Kechiche dans L\u2019Esquive.Il est vrai qu\u2019avec l\u2019esprit de Marivaux qui, à travers la pièce Les Jeux de l\u2019amour et du hasard, flotte sur la banlieue parisienne, le charme poétique de ce film très attachant opère magnifiquement.« Ça va être lourd à porter ! » a déclaré l\u2019auteur cinéaste en recevant le César de la meilleure réalisation des mains de Pedro Almodovar.« La réjouissance est là, je savoure », a-t-il ajouté.La remise des César a en tout cas donné lieu hier soir à de très nombreuses surprises, les membres de l\u2019Académie ayant visiblement préféré soutenir un cinéma plus artisanal.Ainsi, Yolande Moreau, dont le film autant que la personne sont parfaitement inconnus au Québec, a été sacrée meilleure actrice pour le rôle quasi autobiographique qu\u2019elle tient dans Quand la mer monte, un road-movie sensible qui a aussi décroché, devant Les Choristes, le César de la meilleure première oeuvre de fiction.S\u2019inspirant de son propre spectacle, Yolande Moreau incarne dans ce film, qu\u2019elle a coréalisé avec Gilles Porte, une comédienne en tournée qui rencontre, dans les Flandres, un créateur de marionnettes géantes avec qui elle fera un bout de chemin.Chant d\u2019amour pour tous ces artistes qui exercent encore leur métier en plaçant la création à l\u2019avant-plan, Quand la mer monte a indéniablement beaucoup de coeur.Les colistières de la lauréate, rappelons- le, étaient Maggie Cheung, Emmanuelle Devos, Audrey Tautou et Karin Viard.« Je vais le scier en deux et le partager avec mon compère (l\u2019acteur) Wim Willaert, et moi je le mettrai sur mon appui de fenêtre côté rue.Merci à tous », a déclaré Yolande Moreau en recevant son César des mains de Jean-Paul Rouve et de Gérard Depardieu.L\u2019hommage qu\u2019ont rendu Moreau et Porte à leur producteur Humbert Balsan, disparu récemment, a aussi été très émouvant.Aux dernières nouvelles, aucun distributeur québécois n\u2019avait encore acquis les droits de Quand la mer monte (un beau film, pourtant !).Mathieu Amalric, vraiment remarquable, a sauvé l\u2019honneur de Rois et Reine, le plus accessible des films d\u2019Arnaud Desplechins (La Sentinelle), en allant chercher le César du meilleur acteur.On espère voir un jour cet excellent film sur les écrans québécois mais encore là, aucun distributeur d\u2019ici ne s\u2019y intéresse pour l\u2019instant.Ne reste plus qu\u2019à souhaiter que Rois et Reine trouve une place quelque part dans les trois festivals de cinéma que compte désormais Montréal.Des trophées pour tout le monde Si les prix importants lui ont échappé, Un long dimanche de fiançailles repart quand même avec cinq César, dont celui de la meilleure actrice dans un second rôle (Marion Cotillard) et celui du meilleur espoir masculin (Gaspard Ulliel).Sur le plan technique, la superproduction de Jean-Pierre Jeunet a été primée pour la photographie, les décors et les costumes.Les Choristes ont sauvé la mise en raflant deux César ; celui \u2014attendu\u2014 de la meilleure musique (Bruno Coulais) et celui du meilleur son.Clovis Cornillac a par ailleurs obtenu le César du meilleur acteur dans un second rôle grâce à son personnage de joueur de soccer vedette dans Mensonges et Trahisons, un film dans lequel il donne notamment la réplique à Marie-Josée Croze.Just a Kiss, de Ken Loach, et La vie est un miracle, d\u2019Emir Kusturica, ont obtenu ex aequo le César du meilleur film de l\u2019Union européenne.Pour sa part, Lost in Translation, de Sofia Coppola, sorti l\u2019an dernier dans l\u2019Hexagone, a été récompensé comme meilleur film étranger.Deux frères, de Jean-Jacques Annaud, ferme la marche avec le César du meilleur montage.Cité huit fois, 36, Quai des Orfèvres a été complètement écarté du palmarès.Les artisans de ce très beau polar, dont l\u2019intrigue s\u2019articule autour d\u2019une rencontre au sommet entre Daniel Auteuil et Gérard Depardieu, pourront toutefois se consoler en sachant qu\u2019une entente a finalement été conclue avec un distributeur québécois.Aucune date de sortie n\u2019est encore toutefois établie.Animée avec élégance par Gad Elmaleh, la soirée, qui s\u2019est déroulée au Théâtre du Châtelet à Paris, était présidée par Isabelle Adjani.« La Nuit des César fera, je l\u2019espère, du bruit contre l\u2019oubli, contre le silence », a gravement déclaré l\u2019actrice dans son discours d\u2019ouverture, où elle a tenu à mentionner Florence Aubenas, la journaliste du journal Libération « portée disparue en Irak depuis 51 jours », de même que « tous les otages qui ont été arrachés à leur vie, à leur liberté ».«Moi l\u2019Algérienne, moi l\u2019Allemande, moi la Française, je suis obsédée par la peur, par les relents antisémites, racistes, alors que nous venons de célébrer la commémoration de la libération d\u2019Auschwitz.Nous ne commémorerons jamais assez ce génocide, tous les génocides », a-t-elle également affirmé.Des César d\u2019honneur ont été remis à Will Smith, qui, après son passage remarqué au Festival de Berlin, poursuit sa tournée européenne, et à Jacques Dutronc.COURRIEL Pour joindre notre journaliste : mlussier@lapresse.ca PHOTO REMY DE LA MAUVINIÈRE, AP Yolande Moreau et Mathieu Amalric ont décroché les plus grands honneurs individuels.FFFF « À DONNER L'ENVIE DE FAIRE DES BÉBÉS » - YVES BERGERAS, LE DROIT « MAMAN LAST CALL SE RÉVÈLE UN FILM CHARMANT, AMUSANT ET TOUCHANT.CE QUE NOS VOISINS DU SUD APPELLERAIENT UN FEEL GOOD MOVIE.» - PAUL VILLENEUVE, LE JOURNAL DE MONTRÉAL SCÉNARIO DE NATHALIE PETROWSKI D\u2019APRÈS LE ROMAN «MAMAN LAST CALL» DE NATHALIE PETROWSKI - ÉDITIONS DU BORÉAL UNE RÉALISATION DE FRANÇOIS BOUVIER CHRISTIAN LAROUCHE ET PIERRE GENDRON PRÉSENTENT SOPHIE LORAIN PATRICK HUARD ANNE-MARIE CADIEUX STÉPHANE DEMERS www.christalfilms.com/officialsites/mamanlastcall www.danielandthesuperdogs.com Les stars les plus cool en ville! un film de André Melançon produit par Chantal Lafleur et Rock Demers Rock Demers présente Annie BOVAIRD Macha GRENON Patrick GOYETTE Claire BLOOM et Matthew HARBOUR « Une histoire intelligente, racontée avec tact et sensibilité\u2026 » - Paul Toutant, Radio-Canada LE FILM PARFAIT POUR LE CONGÉ SCOLAIRE ! « Tony Jaa impressionne.vraiment ! » - Michel Therrien, LLEESS CCRRIITTIIQQUUEESS EETT LLEE PPUUBBLLIICC SSOONNTT UUNNAANNIIMMEESS !! GVISA GÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! GVISA GÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! GVISA GÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! wwwwww.oonnggbbaakkmmoovviiee.ccoomm L E GU E R R I E R version française 3296894A 3297447A .Faites relâche à la Maison Théâtre ! Le Rossignol et l\u2019Empereur de Chine De GÉRARD BIBEAU d\u2019après l\u2019oeuvre de Hans Christian Andersen Une création du THÉÂTRE DE SABLE Du 16 février au 6 mars 2005 Représentations pendant la semaine de relâche scolaire Billets en vente au (514) 288-7211 La Maison québécoise du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse 245, rue Ontario Est, Montréal www.maisontheatre.qc.ca ÂGE MINIMUM 5 à 9 © C.Morel 3297016A Réponse : Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Tél.domicile :( ) Courriel : Tél.travail :( ) Date à laquelle la question a été posée en ondes : Remplissez ce bulletin de participation et postez-le avant le 1er mars 2005 (cachet de la poste faisant foi) à : DESTINATION ÉGYPTE Pour participer, répondez à la question posée en ondes les samedis et dimanches à 8h15 et 9h15 sur le bulletin de participation publié dans La Presse.Concours «Destination Égypte», Radio-Canada - 21e étage 1400, boul.René-Lévesque Est, Montréal (Québec) H2L 2M2 Concours réservé aux 18 ans et plus.Fac-similés non acceptés.Le prix consiste en un voyage en Égypte pour deux personnes, à l'automne 2005 ou au printemps 2006, d'une valeur de 7000 $.Dates du voyage selon les disponibilités.Certaines conditions s'appliquent.Aucun équivalent en argent.Règlements complets à Radio-Canada et sur www.radio-canada.ca/radio Je suis intéressé(e) à recevoir de la documentation de Radio-Canada, de La Presse, du Musée des beaux-arts de Montréal et de rêvatours.conc ours Jusqu'au 27 février, écoutez Joël Le Bigot le week-end dès 7h au 95,1 FM, lisez La Presse et courez la chance de gagner un voyage en Égypte.AVEC JOËL LE BIGOT É GY P T E É T E R N E L L E 3290804A 3292250 . VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION .6 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES .Daniel Auteuil, affranchi QComment jugez-vous si vous êtes à la hauteur d\u2019un rôle ?Faites-vous facilement preuve d\u2019autocritique ?RJe suis plutôt bon public.(Rires.) Non, disons que sur un plateau de cinéma, face à une caméra, je fais ce qu\u2019il faut pour qu\u2019on n\u2019ait pas à reprendre la scène.Je fais en sorte qu\u2019on obtienne un résultat dès les premières prises, pour que le tournage ne traîne pas.Je me donne à fond ! Je vais aussi loin que je peux, jusqu\u2019à.mon seuil d\u2019incompétence ! (Rires.) Après, cela ne dépend plus de moi.Le soir, quand je rentre chez moi, je ne me refais pas le film de la journée, je ne rejoue pas les scènes ; j\u2019ai le sentiment du travail accompli.Comme un artisan, j\u2019ai livré mon travail, et je ne reviens pas dessus.QLe trac, vous l\u2019avez toujours ?ROui.De plus en plus, même.Mais c\u2019est aussi davantage, à la fois, de peur et de confiance en soi.J\u2019arrive sur le plateau sans idée préconçue, parce que l\u2019expérience m\u2019a appris que chaque fois qu\u2019on imagine une scène, elle va être tournée différemment.Je suis donc prêt et ouvert, ce qui me donne une grande liberté pour jouer.Seul le temps peut permettre d\u2019arriver à cela.D\u2019ailleurs, depuis quelques années, je connais une sorte de liberté de jeu absolue.Si j\u2019en disais plus, je risquerais de passer pour un mec prétentieux, mais j\u2019assume : je suis affranchi ! Studio Daniel Auteuil lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Ben Affleck, Superman.Deux ans après Daredevil, Ben Affleck interprétera de nouveau, mais indirectement, un super-héros : Superman.En fait, dans Truth, Justice and the American Way il prêtera ses traits au comédien George Reeves, première incarnation du célèbre justicier volant à la télévision ; il aura pour partenaires de jeu Diane Lane et Adrien Brody.Ce long métrage reviendra sur la carrière de l\u2019acteur George Reeves, révélé par Autant en emporte le vent et consacré par la série télévisée Superman dans les années 50.Son ascension fut brutalement interrompue par son soi-disant suicide, Toni Mannix (Diane Lane), la femme d\u2019Eddie Mannix, l\u2019un des dirigeants des studios MGM de l\u2019époque, étant soupçonnée de l\u2019avoir assassiné.Adrien Brody interprétera pour sa part le détective chargé d\u2019enquêter sur cette affaire.Et de quatre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio sont décidément inséparables.Après Gangs of New York, L\u2019Aviateur et le remake d\u2019Infernal affairs intitulé The Departed, ils envisagent de travailler à un quatrième film, une nouvelle version de L\u2019Ange ivre, un drame japonais réalisé en 1948 par Akira Kurosawa.L\u2019action du films original se déroule au Japon, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Un jeune truand blessé se lie d\u2019amitié avec un médecin qui le soigne et lui apprend qu\u2019il est tuberculeux.John Logan, le scénariste de L\u2019Aviateur, travaille actuellement sur une modernisation du scénario.Une histoire de puces Christian Clavier aura Daniel Auteuil pour partenaire dans L\u2019Entente cordiale.Dans cette comédie adaptée de The Interpretator, un traducteur se retrouve engagé dans une transaction impliquant un ancien diplomate commandité par les services secrets français et un ex-membre du KGB, le but étant de récupérer une puce électronique éradiquant toute forme de douleur mais explosant au bout d\u2019une douzaine d\u2019heures.Zone libre Le comédien et réalisateur Christophe Malavoy, qu\u2019on n\u2019a pas vu au cinéma depuis Le Dernier Jour, réalisera Zone libre, avec Mathilde Seigner ; Zone libre est inspiré de la pièce de théâtre de Jean-Claude Grumberg qui lui a valu le Molière du meilleur auteur dramatique en 1991.Cette oeuvre raconte la conditions des juifs de Pologne.E X P R E S S Meg Ryan incarnera une star hollywoodienne dans The Role of a Lifetime, une comédie romantique dont l\u2019action se déroulera à Broadway.Dans ce long métrage, un metteur en scène britannique souhaite reprendre une pièce de Shakespeare à Broadway.Mais les investisseurs imposent une condition: qu\u2019une star hollywoodienne tienne le rôle principal.John Cusack et Morgan Freeman (Danny the Dog) joueront encore ensemble dans The Contract, le nouveau thriller de Bruce Beresford.Le film racontera l\u2019histoire d\u2019une famille dont le grand-père, le père et le fils croisent la route d\u2019un tueur à gages.Juliette Binoche tourne Mary d\u2019Abel Ferrara où elle tient le rôle d\u2019une actrice qui doit interpréter sainte Marie- Madeleine.À ses côtés, on retrouve Forest Whitaker, un présentateur de télévision qui trouve dans les thèmes religieux matière à ses émissions de talk-show.Sources : Variety, CinéLive, Movieline The Hollywood Reporter, Première Ben Affleck TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 53 8 8 VD VDO 15 17 24 45 Qui dit vin.SIGNS AND WONDERS (3) Avec Charlotte Rampling ELDORADO (4) avec Pascale Bussières À la di Stasio Écran libre Maux d\u2019amour Il va y avoir du sport! Maudits locataires?Maudits Français?3269684A THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 16H30 ARTV QUELLE FAMILLE ! QUELLE HISTOIRE ! Deux millions de gens ont suivi Quelle famille ! entre 1969 et 1974.Janette Bertrand, Martin et Isabelle Lajeunesse, Ghislaine Paradis et Joanne Verne racontent leurs souvenirs.Suivent quatre épisodes originaux de la série.19H D THE BARBARA WALTERS SPECIAL Jamie Foxx y va de révélations sur son enfance.L\u2019humoriste Will Ferrell et la Desperate Housewives Teri Hatcher répondent aussi à Barbara.19H30 r LES OLIVIER 2005 Martin Matte, en nomination comme humoriste de l\u2019année avec Jean-Michel Anctil, Lise Dion, Mario Jean et Louis-José Houde, anime la septième édition de ce gala qui récompense les humoristes.Le père des Bougon, François Avard, participe aux textes.20H a TOUT LE MONDE EN PARLE Les Trois Accords sont chez Guy A.avec Pascale Bussières, Michel Louvain, le chanteur M, l\u2019agent négociateur Gilles Lupien et l\u2019as de l\u2019infiltration Éric Nadeau.20H ltD OSCAR COUNTDOWN Pour les boulimiques du tapis rouge qui ne veulent pas rater un potin, un scandale, une robe, une déclaration et, peut-être, un mamelon.20H30 ltD THE 77th ANNUAL ACADEMY AWARDS Chris Rock anime la soirée du cinéma hollywoodien devant la crème de la crème.Ils seront tous là : Prince, Sean Penn, DiCaprio, Dustin Hoffman, Jamie Foxx, Travolta, Robin Williams.On sait quand ça commence, on sait jamais quand ça finit ! .Le Téléjournal Découverte / Le psychologue et le garçon sans pénis Et Dieu créa.Laflaque Tout le monde en parle / Les Trois Accords, Pascale Bussières,Michel Louvain Le Téléjournal Pleins Feux / La Francophonie chante Félix Leclerc LE SALAIRE DE LA PEUR (2) Le TVA 18 heures Juste pour rire - Gala multianimateurs Les Olivier 2005 Le TVA ROCKY II (5) avec Sylvester Stallone,Talia Shire (22:25) Qui dit vin.Écran libre Il va y avoir du sport! / Macha Grenon ELDORADO (4) avec Pascale Bussières, Robert Brouillette SIGNS&WONDERS (3) avec Stellan Skarsgard, Charlotte Rampling (21:57) AUSTIN POWERS CONTRE L'HOMME AU MEMBRE D'OR (4) avec Mike Myers, Beyoncé Knowles LE GRAND COUP (4) avec Robert De Niro, Edward Norton Faut le voir pour le croire (22:36) Le Grand Journal (23:36) News CTV at the Oscars BarbaraWalters Special Oscar Countdown The 77th Annual Academy Awards CTV News THE ARISTOCATS (4) (17:00) Marketplace Venture (19:27) 4:50 FROM PADDINGTON (4) avec Geraldine McEwan, PamFerris Sunday Night Mary Walsh Reflections ABC News .Athlete BarbaraWalters Special Oscar Countdown The 77th Annual Academy Awards Will & Grace News CBS News 60 Minutes Cold Case COLLATERAL DAMAGE (5) avec Arnold Scharzenegger News (23:08) .(23:38) NBC News Dateline NBC Law& Order.(20:06) Law& Order (21:07) Law& Order: SVU (22:08) .(23:38) Ballykissangel .Wine Waiting.Nature / White Sharks - Red Triangle Masterpiece Theatre / Goodbye Mr.Chips BROADCAST NEWS (4) BBC News Wall Street Classic Gospel BBC News WITNESS (4) Find & Design JamSessions Dog the Bounty Hunter CSI Miami Quelle famille! (17:00) Orgueil et Préjugés (5/6) L'Actors Studio / Johnny Depp Thema:Don Quichotte Thema:Don Quichotte .(23:35) Dead Famous Arts&Minds Windows.Shaping Art The Artist's.CASINO (3) avec Robert De Niro, Joe Pesci Québec en humour Docu-d / Mohammed Ali - Une vie de combats Sans détour / Citizen Black 48 heures Pour une agriculture équitable Lachimie.COM Home Biz TV Planète Terre Contexte.des psychotropes L'ère du développement.Initiation à l'astronomie Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Animal Face-off MythBusters / Brown Note Daily Planet Itinéraires de rêve / Californie Asslama .l'Espagne .des restos .le spa Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides / Vienne Documentaires européens Disney (18:06) Mentors (18:33) Radio Free.(19:50) Are you Afraid of the Dark (20:16) THE PELICAN BRIEF (4) avec Julia Roberts, Denzel Washington .(23:18) .(14:00) What I Like INDEPENDENCE DAY (5) avecWill Smith, Bill Pullman Summerland: Beginnings Global News .Sunday Kinf of the.Malcolm.The Simpsons Arrested.Family Guy Simpsons Crossing Jordan .Sunday Sports Trouvailles./ Rimouski Made in Québec / Vétérinaire Pare-chocs à pare-chocs JAG LES CHEYENNES (3) avec RichardWidmark, Carroll Baker The Sea Hunters Antiques Roadshow Monarchy INVESTIGATION OF A CITIZEN ABOVE SUSPICION (3) avec Gian Maria Volonte Manhunt Style Star Fashion File Taking it off So Chic Sexy Girl Crash Test Mommy .on Top Skin Deep Taking it off Les Idoles.nos idoles Nostalgia / Beau Dommage Musicographie / Isabelle Boulay Week-end.Elton John Week-end.Elton John Musicographie / Isabelle Boulay Top5M+.Top5M+.Ashlee.Babu à planche Crampe.Viva la Bam Les pourris.Pauvres.Les Jeunes.Le Mike.Pimp mon char Noir de monde American Dreams Hellas Spectrum .arménien Acasa Navy NCIS Teleritmo BBC News The Desk the fifth estate CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night The Passionate Eye Showcase Hemispheres Michaëlle Le Journal La Part.Ushuaïa Nature LeTéléjournal Le Point 5 sur 5 Téléjournal Sec.Regard En forme.Sports 30 Claude Mailhot questionne Challenge, sapeurs-pompiers Les hommes forts canadiens Sports 30 Championnats mondiaux de hockey pee-wee Les Soeurs McLeod Saint-Tropez, sous le soleil Pour la cause L'Oeil du crime L'Heure de vérité Les Experts SilentWitness HARVEST (5) avec Ted Shackelford, Rebecca Jenkins Trailer Park Boys Six Feet under .(23:20) Battlestar Galactica Smallville Star Trek: Enterprise BLADE (4) avecWesley Snipes, N'busheWright VAMPIRELLA NBA (16:00) Sportsnetnews CHL Hockey / Moose Jaw- Medicine Hat Sportsnetnews Sacred Ride Degrassi.Télé-litté Panorama Éclaireurs Musique de chambre.LE CAVE SE REBIFFE (4) avec Jean Gabin,Maurice Biraud Rythmes du monde Faking it Stunt (14:00) Trading Spaces: Family What were you Thinking?Area 51: Fact or Fiction Trading Spaces: Family .(15:00) Sportscentre Oak Bluffs Monster Shark.Timeless I'd do Anything Sportscentre PGA Golf 6teen .le meilleur Zéroman Duck.Les Simpson Futurama Duck.Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama .(17:30) Journal FR2 Vivement dimanche / Philippe Candeloro Écrans.Culture et Dépendances Le Journal Bibliotheca Kiosque Workforce Serious.Vox Renegadepress CHILD'S PLAY avecWarren Clarke, Colin Buchanan The Holier it Gets Diplomatic.Film 101 Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose .Ménage Dre Nadia.en toute confidence C'est pourtant vrai Le sexe dans tous ses ébats .(17:30) Planifiez.Esprit libre .École Parole et Vie Ma maison À l'heure de Montréal BoxeRock Parents.Les jumelles Le Temple de la renommée .(16:00) Garfield.Gilmore Girls YTV's Hit List Girlz TV Fries with that 15/Love Radio Active Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Gamerz La Patente E.Sexe Tru Calling CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: - :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: t l CBC h ABC D CBS b NBC g J O aq v cj or yA EM zH K VD VDO 4 4 7 7 CANAUX VD VDO 8 8 5 5 11 11 45 61 13 13 22 22 21 21 18 23 43 64 46 24 73 39 31 31 72 34 20 20 47 26 37 37 23 51 67 36 46 3 3 25 53 33 33 24 52 26 54 44 18 16 16 9 9 35 44 74 56 15 15 34 45 28 28 39 27 40 40 32 38 38 19 19 48 25 30 30 32 48 49 47 14 14 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 71 29 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 7 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Révolutions nationales JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE OTTAWA \u2014 Après Montréal, c\u2019est dans la capitale nationale que les années 60 poursuivent leur retour en force.Depuis un mois, deux expos plutôt qu\u2019une \u2014 et même trois, avec celle sur le design tout juste inaugurée à Gatineau \u2014, reviennent sur l\u2019époque et sur l\u2019essor au Canada de nouveaux langages artistiques.Bien des gens s\u2019étaient étonnés à l\u2019automne 2003 du peu d\u2019exemples locaux dans Village global : les années soixante, exposition montée par le Musée des beaux-arts de Montréal.Ce n\u2019était que la première expo d\u2019une longue série consacrée par les musées du pays à une décennie- clé.Les artistes canadiens, c\u2019est à Ottawa qu\u2019on leur rendrait hommage.Voici donc Les Années soixante au Canada, qui a pris l\u2019affiche au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), et Les Années soixante, la question de la photographie, que propose son voisin, le Musée canadien de la photographie contemporaine.Avec quelque 80 oeuvres, le tour d\u2019horizon du MBAC se veut général et rassembleur.C\u2019est à la fois sa force et sa faiblesse.Éclatée et hétéroclite, organisée un tant soi peu par thèmes (« Le retour de Dada », « Sensibilités pop », « Art conceptuel ».), Les Années soixante au Canada donne une idée des innovations plastiques et de l\u2019audace des projets de tous et chacun.Sauf que certains choix, autant dans la présentation que dans la sélection des oeuvres, laissent sceptique.Le parcours s\u2019ouvre tout de même avec une pièce qui bouscule, encore aujourd\u2019hui, nos habitudes.Housse de Les Levine, artiste de Toronto fasciné par les matériaux industriels, est une immense structure argentée qui parle autant d\u2019environnement que de perception.De facture éphémère, reconstituée pour l\u2019occasion dans le petit vestibule en guise d\u2019apéro, la structure se gonfle et se dégonfle.Elle écrase presque le visiteur, tel un Big Brother, d\u2019autant plus que des caméras et des micros captent et diffusent l\u2019image et les paroles de chaque passant.Pancanadienne, l\u2019expo doit jongler avec les deux solitudes \u2014et même avec les Premières Nations, bien que le politically correct soit une pratique plus récente.Si des jumelages s\u2019imposaient (Serge Lemoyne et Greg Curnoe sont un peu le pendant l\u2019un de l\u2019autre tellement leurs oeuvres cultivent des similitudes), d\u2019autres n\u2019étaient pas nécessaires.La petite salle « Perception, perception, perception » rassemble six oeuvres portant sur des explorations « visuelles ».Mais entre les études chromatiques d\u2019Yves Gaucher et les essais brumeux de Charles Gagnon d\u2019un côté (tous les deux inspirés par la musique) et, de l\u2019autre, les jeux de perception signés Michael Snow, il y a tout un spectre.Entre ces extrêmes, les exercices sur toile psychédéliques de Marcel Barbeau et de Brian Fischer, forts similaires, s\u2019avèrent peu significatifs.Époque mouvementée, révoltes politiques et avancées scientifiques, l\u2019expo puise dans ces vecteurs.Mais l\u2019esprit de contestation, de remise en question, brille par son absence.Au mieux, on vénère l\u2019explosion picturale et la sculpture sans socle ; au pire, le ludique et le spectaculaire gagnent du terrain.Joyce Wieland, féministe avant l\u2019heure, donne de quoi sourire avec un diptyque de 1968, bilinguisme à la Trudeau oblige.Sur fond de coton embelli de coeurs et de couleurs gaies, son Reason over Passion, devenu en français La Raison avant la passion, joue quand même sur plus d\u2019un paradoxes.Ce n\u2019est pas le cas de l\u2019installation cubique d\u2019un certain Michael Hayden, Machine à têtes, dont les procédés illusionnistes sont, sinon simplistes, à tout le moins fort désuets.Les nostalgiques, et les amateurs de rock, se délecteront davantage avec la compilation d\u2019extraits de 300 succès de la décennie à écouter individuellement.Il n\u2019y a que 10 secondes par tube.Ça illustre l\u2019ensemble de l\u2019expo : un collage de pièces et d\u2019univers qu\u2019on effleure au passage.Et la photo ?Exclusivement photographique, moins disparate donc, l\u2019autre expo est autrement plus sobre et plus efficace.À l\u2019exception d\u2019une pièce de Serge Tousignant qui accueille et qui décoiffe le visiteur, l\u2019accrochage ne révolutionne rien.Presque chronologique, il ne fait que démontrer l\u2019idée que, dans les années 60, le photographe est passé d\u2019un statut d\u2019humaniste observateur à un rôle plus impliqué et personnel.Le parcours est subtilement progressif, nous amenant tranquillement vers une photographie plus formaliste et éclatée.Ainsi, les premières oeuvres, de Pierre Gaudard et Sam Tata, s\u2019inscrivent dans la continuité d\u2019une tradition documentaire.La figure humaine disparaît ensuite au profit de l\u2019architecture et du paysage (les vitrines urbaines à la John Flanders).Puis, dans l\u2019ultime section, c\u2019est l\u2019éclatement entre un AA Bronson, qui se sert de son appareil pour se multiplier à l\u2019infini, et un Pierre Ayot, qui exploite le réalisme de l\u2019image au bénéfice de ses trompel\u2019oeil.Bref, cette expo, à l\u2019instar de la monumentale série de type land art de Bill Vazan (Ligne transacandienne), couvre la création coast to coast de manière plus significative.Voici, nous dit-on, ce qui a été imaginé au Canada.LES ANNÉES SOIXANTE AU CANADA, Musée des beaux-arts du Canada, et LES ANNÉES SOIXANTE, LA QUESTION DE LA PHOTOGRAPHIE, Musée canadien de la photographie contemporaine, jusqu\u2019au 24 avril.Ouvert du mercredi au dimanche.Info : 1-888-319-2787.PHOTO FOURNIE PAR LE MBAC De Guido Molinari, une acrylique sur toile de 1967.Cesoir Télé-Québec ça change de la télé 17 h 18 h À la di Stasio Les braisés avec Normand Daneau.Osso bucco, porc à l\u2019abricot.19 h Il va y avoir du sport! Les droits des locataires.Complexés face à la France ?Claire Pelletier.Le grenache.Qui dit vin.Animation : Chrystine Brouillet Animation : Marie-France Bazzo Invitée : Macha Grenon 3270023A PHOTO FOURNIE PAR LE MBAC De Joyce Wieland, l\u2019oeuvre en coton piqué intitulée La Raison avant la passion.disney.com/heffalump (Version française de Pooh's Heffalump Movie ) GVISA GÉNÉRAL ©Disney « LE MEILLEUR FILM DE L\u2019ANNÉE! DON CHEADLE EST FANTASTIQUE.» -RICHArd roeper, EBERT & ROEPER «#### » -CLAUDIA PUIG, USA TODAY 3MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL $ KEIR PEARSON & TERRY GEORGE MEILLEURE ACTRICE DE SOUTIEN \u2022SOPHIE OKONEDO MEILLEUR ACTEUR \u2022DONCHEADLE NOMINATIONS AUX OSCARSMD À L\u2019AFFICHE! GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ AUX ENFANTS CINEPLEX ODEON CAVENDISH AMC THEATRES FORUM \" CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE\" CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS 3296610A CHIROLOGIE CLAIRVOYANCE PARANORMAL MÉDITATION SPIRITUALITÉ RÉINCARNATION LIVRES MÉDIUMS ASTROLOGIE SANTÉ HEALING AURAS TAROT 41e SALON INTERNATIONAL DE l\u2019ÉSOTÉRISME de Montréal Prix d\u2019entrée : Adultes : 9 $ Aîné(e)s : 6 $ (Taxes incluses) 4 mars 16 h - 23 h 5 mars 11 h - 22 h 6 mars 11 h - 19 h \u2022 Conférences et démonstrations \u2022 MARCHÉ BONSECOURS 350, rue St-Paul Est Vieux-Montréal P Champ-de-Mars Édifice Chaussegros-de-Léry Vieux-Port de Montréal 3294868 3294870 3296892A Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le www.enprimeur.ca CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND CINÉMAS AMC LE FORUM 22 CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE CINÉMA GALERIES GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL LES CINÉMAS GUZZO PARADIS MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CAPITOL ST-JEAN CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA LAURIER VICTORIAVILLE GVISA GÉNÉRAL LA MEILLEURE COMÉDIE DE L\u2019ANNÉE 5 NOMINATIONS AUX OSCAR® INCLUANT MEILLEUR FILM DISTRIBUÉ PAR TWENTIETH CENTURY FOX.Version française de«SIDEWAYS» DU RÉALISATEUR DE ÉLECTION ET MONSIEUR SCHMIDT CINÉMAS AMC LE FORUM 22 CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE 13 ANS + Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le www.enprimeur.ca version française de «BECAUSE OF WINN-DIXIE» «Un conte réconfortant.» Leah Rozen, 3296886A .PHOTO FOURNIE PAR LE MBAC Une oeuvre de 1968 de Claude Tousignant. .8 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 27 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS ET SPECTACLES Derrière le décor de The Aviator PARÉ suite de la page 1 Claude Paré a entrepris la réalisation des décors du film The Aviator en mars 2003.Même avec les dessins et les maquettes de Dante Ferretti et une enveloppe budgétaire de 10 millions, tout était à faire.Mais surtout à bien faire.Car Martin Scorsese n\u2019est pas le genre de cinéaste qui tourne à la va-vite ou à l\u2019aveuglette.Pour ce maître du cinéma, chaque petit détail compte : les fleurs de la tapisserie comme les chaussures du dernier figurant.En un temps record \u2014sept mois \u2014, l\u2019équipe pure laine québécoise de Paré a construit un immense cabaret \u2014 le célèbre Coconut Grove \u2014, la façade du Grauman\u2019s Chinese Theatre de Los Angeles, le bureau, la salle de projection et de montage de Howard Hughes, sa maison de campagne, ses hangars, sa flotte d\u2019avions, sans oublier l\u2019intérieur et l\u2019extérieur du Spruce Goose, l\u2019énorme baudruche volante qui, à l\u2019époque, était le plus gros objet volant au monde.« On disposait d\u2019environ un million de dollars par décor, raconte Paré.Construire la maison de H.H.a coûté environ 800 000 $.Ça, c\u2019est sans compter les meubles, les tapis et les lampes art déco venus par conteneur de Los Angeles et dont la valeur était estimée à 450 000 $.» Paré avait sous ses ordres une armée d\u2019environ 125 menuisiers, dont Réjean Brochu, son fidèle complice depuis 30 ans.Environ 200 autres ouvriers venaient compléter une équipe qui, pendant sept mois, a travaillé sept jours sur sept et parfois jour et nuit, pour respecter les échéances.Le jour où le Coconut Grove, une des pièces de résistance du décor, fut enfin prêt, Claude Paré s\u2019est tourné vers ses coéquipiers.« Regardez- le bien, leur a-t-il lancé, c\u2019est pas un décor, c\u2019est un événement scénographique.Vous ne verrez peut-être plus jamais quelque chose d\u2019aussi grandiose de votre vie ! » Pourtant Paré n\u2019en était pas à son premier film américain ni à son premier décor de millionnaire.Il venait de terminer le tournage à Montréal du film-castastrophe The Day After Tomorrow, avec une enveloppe budgétaire de 26 millions seulement pour les décors.Avant cela, il avait travaillé pour Sir Richard Attenborough (Grey Owl), Jean-Jacques Annaud (Seven Years in Tibet), Frank Oz (The Score) et Phillip Noyce (The Bone Collector).Mais Martin Scorsese, à ses yeux, est un maître et la crème des réalisateurs.« Après lui, je vois difficilement comment on peut monter plus haut.La différence entre lui et les autres, c\u2019est le souci quasi maniaque qu\u2019il porte à chaque chose.Le regarder travailler est un immense privilège dont je ne me suis pas privé.» Autre privilège dont il se souviendra longtemps, celui d\u2019avoir côtoyé Marlon Brando pendant le tournage à Montréal du film The Score.« Le regarder jouer était fascinant.Il les écrasait tous : De Niro comme Edward Norton, mais surtout, le réalisateur qu\u2019il a foutu à la porte du plateau.Ce dernier dirigeait de son Winnebago à l\u2019extérieur et parlait aux acteurs à travers un système d\u2019intercom.Quand Brando est parti au bout de trois semaines, tout le plateau a poussé un immense soupir de soulagement.» Claude Paré a débuté dans le cinéma à Montréal il y a 30 ans.Grâce à un stage offert par l\u2019ONF, il s\u2019est retrouvé comme accessoiriste sur Le Temps de l\u2019Avant, un film d\u2019Anne Claire Poirier avec Michel Brault à la caméra.Le cinéma québécois, encore très marqué par le documentaire et le cinéma-vérité, se préoccupait peu de décors et de direction artistique dans ce temps-là.Mais les choses se sont mises à changer.Des films d\u2019époque comme J.A.Martin, photographe ou Cordélia, les deux signés par Jean Beaudin, ont subitement mis en relief la nécessité de concevoir un monde visuel qui serait inventé ou reconstruit de toutes pièces.Des projets Lentement mais sûrement, Claude Paré apprenait son métier sans autre formation que celle que lui offraient les plateaux de cinéastes comme Robin Spry et Marc-André Forcier.Lorsque les équipes américaines sont arrivées avec leur armée à Montréal, Paré s\u2019est vite joint à leurs rangs.Bientôt, il était tellement pris qu\u2019il ne pouvait plus assurer la direction artistique des films québécois.« Mes deux derniers films québécois, c\u2019est Les Boys 1, dont j\u2019ai dessiné le logo, et La Comtesse de Bâton Rouge avec Forcier.Ça me désole un peu dans la mesure où il y a un tas de films d\u2019ici sur lesquels j\u2019aurais volontiers travaillé.Mais on croit que je suis rendu trop cher, alors on ne m\u2019appelle pas.Pourtant je vis ici à l\u2019année.» Après The Aviator, le directeur artistique a décidé de prendre un long congé.pour écrire un scénario de film.La fréquentation quotidienne des cinéastes lui a donné la piqûre.Il a déjà réalisé deux courts métrages dont un a été primé à l\u2019étranger.Il a maintenant envie de s\u2019attaquer à un long métrage de fiction qu\u2019il réalisera lui-même et dont évidemment il signera la direction artistique.Il a aussi profité de son dernier séjour à Hollywood pour tenter de convaincre les studios Fox de venir à Montréal tourner un film de 80 millions.Pour l\u2019instant, le projet est orphelin d\u2019un réalisateur comme d\u2019un acteur principal.Cela n\u2019a pas empêché Paré de lire le scénario et de commencer à concevoir les décors.Si jamais le projet aboutit en ville, ce sera la première fois qu\u2019un studio américain confie la direction artistique au complet à un Québécois.Paré a bon espoir que le projet se réalise.Évidemment, si The Aviator gagne l\u2019Oscar de la meilleure direction artistique ce soir, cela risque d\u2019accélérer les choses.Mais Claude Paré ne veut pas trop miser là-dessus.Sans compter que connaissant Dante Ferretti comme Martin Scorsese, il doute que l\u2019un des deux ait la présence d\u2019esprit de remercier les gens de Montréal.Qu\u2019à cela ne tienne.Peu importe ce que The Aviator remporte ce soir, Montréal, Claude Paré et 500 autres Québécois y seront un peu pour quelque chose.Et ça, personne ne pourra le leur enlever.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : nathalie.petrowski@lapresse.ca RÉÉDITIONS Spécial spatial! JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Carnet de bord du capitaine.Coefficient espacetemps 1968.Pendant que M.Spock est allé faire du shopping sur Vulcain, une petite étiquette de disque m\u2019a invité, moi, James T.Kirk, à revenir sur Terre pour enregistrer un album de musique pop.Ils me trouvent très intense comme commandant du USS Enterprise et m\u2019ont dit que je ferais un bon chanteur.Comme j\u2019étais en permission, j\u2019ai accepté.Je dois dire que cette aventure est une des plus étranges qui me soient arrivé.J\u2019ai plein de grandes qualités.Mon sens de la justice, mon esprit décisionnel, mes coups de gueule toujours bien placés et mon bedon rentré à l\u2019intérieur.Mais je dois reconnaître qu\u2019en musique, je ne l\u2019ai pas trop.En fait, je préfère parler que chanter.Mes cours de théâtre à l\u2019Université McGill m\u2019ont donné un sens du tragique tout à fait shakespearien.Ma façon de déclamer est fulgurante d\u2019intensité.Surtout quand je profite des services d\u2019un orchestre psyché-symphonique.En fait, j\u2019en pleure moi-même.Écoutez bien ma version de Lucy in the Sky with Diamonds.Je suis tellement en feu qu\u2019il y a risque d\u2019incendie.Et celle de Mr Tambourine Man, ahurissante de virilité.Je me calme un peu sur ce classique de Jobim (How Insensitive) mais là encore, je dois dire que je me surpasse.Les poings serrés, la mâchoire itou.La sueur sur mon front.Les muscles en alerte.La théâtralité exacerbée.Oui, la nuance a un nom : James T.Kirk.Comment ça, pas subtil ?Comment ça, je surjoue ?On ne commande pas un vaisseau spatial avec de la finesse, vous saurez.Je suis humain, c\u2019est ma plus grande force.Et je pense à Spock qui n\u2019a pas d\u2019émotions.Vibrera-t-il au son de mon disque ?Rééditera-t-on cet album ?L\u2019avenir le dira.Cosmos 2005 Si vous avez entre 30 et 40 ans, Cosmos 1999 vous dira sûrement quelque chose.Cette série culte, produite par Gerry Anderson, a fait la joie des amateurs de science-fiction , entre 1973 et 1976.Elle racontait les péripéties d\u2019une communauté de scientifiques coincée sur une base lunaire parce que la Terre avait explosé (en 1999).Intéressante prémonition, qui ne s\u2019est pas concrétisée.En tout cas, pas encore.De l\u2019émission, de vagues images.On revoit les combinaisons beiges en fortrel, les moustaches, les vaisseaux de forme phallique, l\u2019oeil mouillé de Barbra Bain, les sourcils froncés de Martin Landau.Pour la musique, par contre, c\u2019est plus clair.Comment oublier ce générique apocalyptique signé Barry Gray, truffé d\u2019explosions et de vaisseaux en détresse ?Comment oublier cette furieuse livraison de wah wah de guitare fuzz ?Le tout ne dure qu\u2019une minute.Mais : wow! Plus funky que ça tu meurs.La déception : le reste du disque n\u2019a rien à voir.Hormis deux ou trois joyaux aux effets sonores cosmopsychédéliques, on plonge assez vite dans la musique de film typique, avec violons, ambiances dramatiques et citations de grands classiques.Un bien petit bémol du reste, pour une réédition aussi attendue.À noter que le CD ne couvre que la première saison.Le générique de la saison suivante, signé Derek Wadsworth, était beaucoup moins percutant.D\u2019ailleurs, qui s\u2019en souvient ?Après avoir été évincé de la série, Barry Gray n\u2019a plus jamais composé pour la télé.THE TRANSFORMED MAN WilliamShatner - Captain Kirk of Star Trek Chronicles/Geffen/Universal SPACE 1999 Original television soundtrack composed and conducted by BarryGray ITC/Fusion III version originale anglaise G PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! VISA GÉNÉRAL QUAND EST-CE QU\u2019ON ARRIVE?version française de «ARE WE THERE YET?» Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le SonyPicturesReleasing.ca PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le SonyPicturesReleasing.ca G PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! VISA GÉNÉRAL Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le SonyPicturesReleasing.ca Voyez les OSCARS® ce soir sur le réseau CTV \u2022 20h30 Voyez les OSCARS® ce soir sur le réseau CTV \u2022 20h30 Voyez les OSCARS® ce soir sur le réseau CTV \u2022 20h30 13 HORREUR ANS + Le cauchemar devient réalité.version française de BOOGEYMAN Voyez les OSCARS® ce soir sur le réseau CTV \u2022 20h30 PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le SonyPicturesReleasing.ca 13 ANS + CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉMAS AMC LE FORUM 22 / / SON DIGITAL Le film no 1 auCanada! Voyez les OSCARS® le 27 février sur le réseau CTV \u2022 20h30 version française «Le meilleur film familial depuis \u2039Maman, J\u2019ai raté l\u2019avion\u203a.» Mike Sargent, WBAI-FM 3296882A CÉLÉBRITÉS.tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?celebrite27/02/05 95 ANS - ÇA SE FÊTE Bonne fête à Grand-Maman ALINE DES LONGCHAMPS De ta petite-fille Chantal, de tes nièces et de tous ceux qui t'aiment.RAOUL GOBEIL, 27 FÉVRIER 2005: 85 ANS À un mari, un papa, un grand-papa extraordinaire! Félicitations et merci pour ces belles années! De ton épouse, tes filles et de tous ceux qui t'aiment.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L\u2019actrice Lauren Bacall publie la suite de ses mémoires AGENCE FRANCE-PRESSE NEW YORK \u2014 L\u2019actrice américaine Lauren Bacall va publier cette semaine une suite à ses mémoires où elle reviendra sur son mariage avec Humphrey Bogart, a-t-elle indiqué dans un entretien accordé vendredi au New York Times.Ce livre, dont le titre anglais est By Myself and Then Some, est une suite de ses mémoires intitulés, en français, Par moi-même, et publiés en 1979.Lauren Bacall a expliqué qu\u2019elle avait eu l\u2019idée d\u2019écrire une suite à ses souvenirs en recevant du courrier de jeunes admirateurs qui l\u2019ont découverte dans ses films diffusés en DVD et qui voulaient en savoir plus sur sa vie.« Quand j\u2019ai un répit dans ma vie, j\u2019écris, et cela arrive assez souvent », a confié la star, qui a ajouté avec amertume, en évoquant une vie « de conte de fées », que « rien n\u2019est aussi bien qu\u2019au commencement ».Dans ses mémoires, l\u2019actrice revient sur son mariage avec Bogart et raconte sa douleur quand l\u2019acteur est mort d\u2019un cancer en 1957.Elle évoque aussi la disparition de Katherine Hepburn et de Gregory Peck.DERNIER FILM Sideways, d\u2019Alexander Payne, en nomination aux Oscars pour le meilleur film de l\u2019année.DERNIER DISQUE Jorane, The You and the Now DERNIER LIVRE Charles le téméraire, d\u2019Yves Beauchemin.Chez Fides.DERNIER SPECTACLE Jorane à La Tulipe.OEUVRE CHOC L\u2019Ange exterminateur, de Luis Bunuel, et Affreux, sales et méchants d\u2019Ettore Scola.ARTISTE INSPIRANT Robert Lepage pour sa simplicité éclairante.S\u2019IL ÉTAIT UNE VILLE Montréal.S\u2019IL N\u2019ÉTAIT PAS DIRECTEUR ARTISTIQUE, IL SERAIT.Chirurgien, pour sauver des vies. .A R T S & SP E C T A C L E S 9 OUBLIEZ LES BABY SPICE, VOICI LES FILLES PAGE 2 www.cyberpresse.ca/oups MON T R É A L D I M A N C H E 27 F É V R I E R 2 0 0 5 Un jour, peut-être, les manettes de jeux vidéo illustreront les livres d'histoire, avec les machines à écrire et les gramophones.Ce n'est sûrement pas pour demain, mais d'ici là, on peut tout de même compter surNintendo pour concevoir de nouvelles façons de jouer aux jeux de console.Jouer sansmanetteavecNintendo \u2014UN TEXTE DE FÉLIX LOCAS À LIRE EN PAGE 3 \u2014 10 L A P R E S S E MON T R É A L D I M A N C H E 27 F É V R I E R 2 0 0 5 11 PAGE 2 PAGE 3 www.cyberpresse.ca/oups www.cyberpresse.ca/oups Les Filles (les ex Baby Spice) poursuivent leur aventure musicale.Après plus de 650 concerts au Québec, les jeunes chanteuses ont lancé leur premier album Danse ta vie, le 9 février dernier.Venez clavarder avec deux d'entre elles, Alexe et Sara, sur www.cyberpresse.ca/clavardage, le mardi 1er mars à 12h30.Et courez la chance de gagner unalbumautographié ou unt-shirt des Filles ! NETE DÉCOUVRE PASD\u2019UNFIL DORIANE LABROSSE COLLABORATION SPÉCIALE Le printemps arrive à grands pas.J'aime beaucoup cette saison, mais le hic, c'est qu'on doit encore porter les chandails chauds en laine selon les recommandations de nos parents.J'ai la solutionpour vous.En plus, elle fera plaisir à maman et papa.Ce printemps, le chandail long revient à la mode alors, les filles, oubliez les chandails bedaine.Essayer plutôt un chandail qui arrive environ à la hanche comme Beyoncé.Plusieurs magasins offrent ce style de chandails.De plus, vos parents seront ravis de vous voir partir pour l'école sans craindre que vous preniez froid.Je vous propose d'aller chez AmericanEagle et Space FB.Le premier vend de très beaux chandails en laine ou en coton de ce genre.Le second offre des chandails en coton de toutes les couleurs.Pour ajouter un peu de fantaisie à votre look, vous pouvez mettre une large ceinture ou un foulard coloré sur les hanches.PHOTOS AMERICAN EAGLE OUBLIONS LES BABY SPICE,VOICI Le s Les Filles MÉLISSA VIAU COLLABORATION SPÉCIALE Vous souvenez-vous, à la fin des années 90, des cinq petites filles du Québec qui raffolaient du groupe Les Spice Girls?Elles ont fini par devenir les Baby Spice! Pour elles, c'était un véritable jeu d'incarner des personnages aussi populaires.Pendant cinq ans, le jeu est devenu leur école du show-business et le groupe a pris de plus en plus d'ampleur (elles ont donné plus de 650 spectacles au Québec et vendu plus de 200000 vidéos!) Elles grandissaient et évoluaient en même temps que leurs fans jusqu'au jour où elles décidèrent de s'éclipser.Le temps était venu de relever unnouveaudéfi.Un an et demi s'est écoulé depuis la fin des Baby Spice.Les cinq filles ont grandi.Âgées de 17 à 19 ans, elles n'ont négligé ni leurs études ni l'entraînement nécessaire pour garder la forme et la voix.Il y a quelques mois, on leur a offert un contrat.Du sérieux! Ce n'était plus un jeu qu'on leur proposait, mais un engagement qui exigerait beaucoup de travail.Deux d'entre elles, Laurie et Marylou, ont décidé de quitter le monde artistique.Le processus des auditions s'est aussitôt mis en marche pour trouver deux recrues douées qui rejoindraient les trois ex-Baby Spice.À ces auditions, Sara et Katie ont été remarquées parmi plus de 200 jeunes filles.Avec Pamela, Alexe et Mary, elles forment maintenant le groupe Les Filles.Le 9 février, elles ont lancé leur premier album Danse ta vie ! avec Sonny Black (coréalisateur des albums de Corneille et de K'maro).Passionnées par la musique, la danse et le chant, elles se considèrent presque comme des soeurs.Aidées de Quentin Lamotta, Les Filles écrivent leurs chansons, ce à quoi elles tenaient mordicus.Pour le groupe, il est très important que les ados se reconnaissent dans les histoires qu'il chante.Mais que seraient-elles devenues si elles n'étaient pas chanteuses?Deux d'entre elles ont répondu à cette question.Alexe, qui étudie en sciences humaines, songeait à se diriger en criminologie.Sara, elle, étudie en théâtre et, si un jour le groupe s'éteint, elle aimerait rester dans le domaine des arts ou devenir professeur de maternelle, car elle adore les enfants: «Ils sont vrais!» dit-elle.Pour tout connaître sur les goûts, les rêves, les qualités et les défauts des cinq chanteuses, ainsi que les détails sur leur tournée promotionnelle, consultez le site: www.lesfilles.ca K A T I E A L E X E P A M E L A S A R A M A R Y CLAVARDEZAVEC LES FILLES SURCYBERPRESSE ! Jouer sansmanette avecNintendo FÉLIX LOCAS COLLABORATION SPÉCIALE Les jeux vidéo sont de plus en plus complexes et ils exigent des consoles de plus en plus puissantes.Mais la puissance n\u2019est pas tout, encore faut-il innover.À ce petit jeu, les «sorciers» de Nintendo ont toujours été au premier rang pour nous faire découvrir de nouvellesmanières de nous amuser.«Trop de développeurs n'ont qu'un seul but en tête: plus de polygones, plus de pixels, explique Pierre-Paul Trépanier, directeur marketing chez Nintendo.C'est bien, mais sans l'esprit innovateur et créatif de Nintendo, peut-être n'aurions-nous pas aujourd'hui la manette sans fil, la prise à quatre joueurs ou la manette vibrante.» Développer et exploiter de nouveaux accessoires de jeux vidéo est un pari risqué; tous ne connaissant pas le succès espéré.Mais avec la console Nintendo DS et le tam-tam interactif DK Bongos, la compagnie japonaise semble avoir misé juste.La Nintendo DS comprend deux écrans couleur, celui du bas fonctionnant avec un stylet, comme les agendas électroniques de poche.Oups a eu la chance d'essayer deux nouveaux jeux DS qui seront mis sur le marché d'ici unmois.Dans Yoshi Touchand Go, le but dujeuest de dessiner des parois de nuages sur lesquels Baby Mario glissera ougrimperaafin d'éviter lesobstaclesqui sedresseront devant lui.Par exemple, si une mine se trouve sur son chemin, le joueur pourratracerune ligne diagonale que le héros dévalera pour changer sa trajectoire et se diriger plutôt vers les pièces de monnaie présentes ailleurs dans l'écran.Si le trait manque de précision, il suffit de souffler sur Nintendo DS, qui comprend un microphone intégré, et la paroi nuageuse disparaîtra aussitôt.Yoshi Touch and Go est captivant et son contrôle est intuitif.«Certaines personnes, comme ma fille, sont habiles avec le crayon, explique Pierre-Paul Trépanier.Il est maintenant possible d'exploiter ce talent artistique dans des jeux vidéo.» Toujours sur DS, Wario Ware Touched reprend le principe de son prédécesseur sur Game- BoyAdvance.Il s'agit de centaines de jeux éclair ne durant que quelques secondes chacunetproposant desdéfisstimulants et spontanés.Là encore, l'écran tactile DS contribue à offrir une toute nouvelle expérience de jeu.Avec le stylet, le joueur devra couper des légumes en plein vol, actionner le moulinet d'une canne à pêche ou même dérouler un rouleau de papier hygiénique.Le jeu Donkey Kong Jungle Beat de Gamecube, se joue quant à lui avec les tam-tamDK Bongos.Grâce à ces deux tambours, on dirige les mouvements et les attaques de Donkey Kong dans une jungle grouillante d'embûches.À plusieurs occasions, on y rencontre d'ailleurs des plus gros que soi auxquels on donne des crochets de droite ou de gauche.«J'ai une satisfaction à taper pour vrai, affirme Pierre-Paul Trépanier, ça défoule vraiment.» Selon lui, la philosophie de Nintendo est claire: «Il faut être en mesure de penser les jeux vidéo autrement, savoir repartir à zéro et voir ce qu'il est possible de faire.» 1985 } ROB, LE ROBOT À l'époque, tout le monde voulait le ROB de Nintendo.Les rares privilégiés qui le possédaient pouvaient alors diriger le personnage d'un jeu à l'écran en fonction des tâches accomplies par l'automate de plastique.Un peu trop avant son temps, le sympathique robot n'a fonctionné qu'avec deux jeux, Gyromite et Stack-Up, avant de prendre une retraite prématurée.1985 } LE ZAPPER GUN Le Zapper Gun était un pistolet qui permettait de tirer sur diverses cibles défilant à l'écran, comme les canards du jeu Duck Hunt ou les boîtes de conserve de Hogan's Alley.Célèbre et efficace, l'accessoire a inspiré de nombreux pistolets semblables sur différentes consoles d'hier et d'aujourd'hui.1989 } LE POWER GLOVE Le Power Glove avait des airs futuristes à l'époque de Robocop.Ce gant interactif pour Nintendo permettait au joueur de diriger les éléments à l'écran en bougeant la main et en appuyant sur des touches disposées sur son avant-bras.Certains friands d'informatique tentent encore aujourd'hui de percer les mystères de cet accessoire légendaire.Quelques classiques YOSHI TOUCH AND GO WARIO WARE TOUCHED DONKEY KONG JUNGLE BEAT PHOTOS OCTANT MUSIQUE PHOTO OCTANTMUSIQUE GRAPHISME DAVID LAMBERT, LAPRESSE © .Titeuf Kid Paddle TIRÉ DE KID PADDLE 9, DE MIDAM©DUPUIS, 2000 > Suivez les aventures de Kid Paddle dans ses albums en vente dans toutes les bonnes librairies.TIRÉ DE TITEUF , DE ZEP,©GLÉNAT, 2000 12 PAGE 4 www.cyberpresse.ca/oups L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 2 7 F É V R I E R 2 0 0 5 FORUM VOS SSUUGGGGEESSTTIIOONNSS POURLECONGÉ SCOLAIRE Merci à tous ceux qui nous ont écrit pour nous faire part de leurs suggestions de sorties pendant le congé scolaire.Nous ne pouvions évidemment publier tous vos messages, mais voici quelques-uns des plus intéressants.Bonjour! Moi, durant les vacances, je veux surtout m'amuser avec mes amies.Nous irons voir un match d'improvisation.J'espère juste qu'on n'aura pas à lancer des claques! En passant, j'adore le cahier Oups et j'aimerais qu'il soit publié plus d'une fois par semaine.\u2014Laurence Avec toute la neige qu'on a reçue dans les Laurentides et en Estrie, on ne peut pas passer à côtéd'une journéede ski alpin, de snowboard, de ski de fond, de glissade ou de raquette.Nous, nous irons faire du ski.\u2014Leauleau3 Moi, je trouve que le congé scolaire est une bonne occasion pour lire des choses plus amusantes que nos livres scolaires.On a tellement de choses à lire et à écrire à l'école qu'on n'a pas toujours envie de se plonger dans une bonne bande dessinée ou un roman fantastique.Cette semaine, je vais ressortir mes BD et lire pour m'amuser.Et si j'ai le temps, je vais me rendre dans une grande librairie pour voir les nouveautés et préparer ma liste de cadeaux pour ma fête, en mai.\u2014Maximin Ce n'était pas dans vos suggestions, mais je pense que les jeunes vont bien aimer l'exposition Eau génie, à la Biosphère de l'île Sainte-Hélène.On y apprend plein de choses tout en s'amusant beaucoup.Un conseil, apportez un chandail de rechange! \u2014Louison Moi, chaque année pendant le congé scolaire, je prends un peu de temps pour appeler les amies que je vois moins souvent parce qu'elles ne vont plus à la même école que moi ou parce qu'elles ont déménagé.Avec une autre amie, on va organiser une petite fête pour une fille qui était dans notre classe l'an dernier et qui vit maintenant en France.Elle sera en visite à Montréal cette semaine.On est bien contentes de la revoir.\u2014Julie Vous avez été fort nombreux à participer à notre concours «Visitez les Robofolies ».Tout le monde a répondu correctement à la question : le film Les Chimpanzés sauvages, de Jane Goodall (actuellement à l'affiche du cinéma IMAX du Centre des sciences), a bien été tourné en Afrique.Nous avons donc procédé par tirage au sort pour départager les gagnants.Les voici: Marc-AndréMilette, de Boucherville Marie Véronneau, de Montréal Olivier Perras, de Brossard DanikaDallaire, de Laval Marc Vaillancourt, de Granby Chacun recevra une paire de laissez-passer pour Les Robofolies et les autres expositions du Centre des sciences de Montréal.En prime, Maude April, de Rivière-du- Loup, recevra un t-shirt de l'exposition Le Génie du génome, gracieuseté du Centre des sciences, comme les laissez-passer.CONCOURS Robof LES GAGNANTS Robof ol ies Le petit chien-robot Aïbo Merci à tous ceux qui ont participé auconcours. llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES PETITES NOUVELLES DU MONDE DU LIVRE PAGE 8 \u203a Voir PASSION en page 2 n jour de l\u2019automne 1997, au Salon du livre de Montréal, deux amis, fans de bédés, assistent à une table ronde sur la bande dessinée au Québec.L\u2019ambiance est morose, le portrait est fade, l\u2019avenir, incertain.Pourtant, Frédéric Gauthier et Martin Brault, alors libraires à la défunte Mouette Rieuse, spécialisée dans la bande dessinée, sont convaincus qu\u2019au contraire, le neuvième art est en pleine ébullition.«En Europe, raconte Martin Brault, on voyait naître de nouvelles structures d\u2019édition comme L\u2019Association, où l\u2019on sortait des sentiers battus.Cette production- là, que l\u2019on importait ici, sortait des normes, jouait avec la pagination, le format, le noir et blanc.C\u2019était un choc, et il n\u2019y avait pas ça ici.Le marché était fermé.» «Cette nouvelle forme de bédé, plus intimiste, autobiographique ou de reportage, ne s\u2019adressait pas à des gens qui lisaient exclusivement de la bédé, renchérit Frédéric Gauthier, mais à ceux qui lisaient aussi des romans, des essais, à des lecteurs en général.Le public était là, chez nous, il suffisait de le former.» Les deux compères, forts de leur expérience de libraires, fréquentaient beaucoup d\u2019auteurs, tant au Québec qu\u2019en Europe.Le milieu, ils commençaient à le connaître.Ils ont mis tous leurs rêves dans le même panier, ont fait un emprunt de 16 000$ que leurs parents ont endossé, ont travaillé pendant un an sur leur plan d\u2019affaires.Quelques mois plus tard naissaient les éditions de La Pastèque (un nom inspiré du titre d\u2019un des romans américains préférés de Frédéric, Le Sucre de la pastèque, de Richard Brautigan).Coup d\u2019envoi: une revue, Spountik no 1 (aujourd\u2019hui introuvable, gardez précieusement vos exemplaires!), réunissant les travaux d\u2019une dizaine d\u2019auteurs qui sont, pour la plupart, restés fidèles à la maison.Hasards et coïncidences Alors que le lancement de Spoutnik battait son plein, un jeune homme qui passait par là entre et va se présenter aux nouveaux éditeurs.U MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE 1.Olivier de Montigny, cuisinier vu par Jochen Gerner 2.Ian Perreault, cuisinier vu par Mélanie Baillairgé 3.Thierry Baron, cuisinier vu par Rémy Simard 4.Stelio Perombelon, cuisinier vu par Michel Rabagliati 5.Jean-Philippe St-Denis, cuisinier vu par Simon Bossé 6.Charles-Emmanuel Pariseau, cuisinier vu par Jean-François Martin 7.Patrice Demers, cuisinier vu par Isabelle Arsenault 8.Jean-François Vachon, cuisinier vu par Nicolas Robel 9.Yann Turcotte, cuisinier vu par François Ayroles 10.Michel Ross, cuisinier vu par Émile Bravo FRUITS LES ÉDITIONS DE LA PASTÈQUE EST-CE A) UN LIVRE DE RECETTES?B) UN LIVRE D'ART?C) UN ALBUM DE BANDES DESSINÉES?TOUTES CES RÉPONSES À LA FOIS.LA PASTÈQUE, CETTE DYNAMIQUE MAISON D'ÉDITION, VIENT DE FAIRE PARAÎTRE L'APPAREIL, UN LIVRE DE RECETTES DE JEUNES GRANDS CHEFS QUÉBÉCOIS ILLUSTRÉ AVEC BEAUCOUP D'ORIGINALITÉ PAR AUTANT DE JEUNES DESSINATEURS.LA PRESSE A RENCONTRÉ LES ÉDITEURS FRÉDÉRIC GAUTHIER ET MARTIN BRAULT.PASSION LES DE LA 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 9 .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 13 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3289450A . .14 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Un dico lacunaire RÉGINALD MARTEL Établir la liste des 100 Romans québécois qu\u2019il faut lire, c\u2019est un exercice périlleux.Les Éditions Nota bene rééditent l\u2019ouvrage de Jacques Martineau, paru une première fois en 1994.De malheureux écrivains ont été chassés de l\u2019édition originale, peut-être avec raison.D\u2019autres, qui n\u2019en étaient pas, figurent dans la nouvelle.La spectre est large, depuis le premier roman québécois, Le Chercheur de trésors ou l\u2019influence d\u2019un livre de Philippe Aubert de Gaspé fils, paru en 1837, jusqu\u2019au Voyage au Portugal avec un Allemand de Louis Gauthier, paru en 2002.En avant-propos, l\u2019auteur affirme « assumer entièrement ses choix », sans insister assez sur la subjectivité de ces choix et le parti pris esthétique qu\u2019ils pourraient dénoter.Il se contente d\u2019écrire, comme si cela pouvait désamorcer toute critique, qu\u2019« on devra reconnaître que la très grande majorité des oeuvres qui ont obtenu (.) la faveur du public lecteur aussi bien que de la critique apparaissent ici ».Il s\u2019agirait donc d\u2019un simple palmarès des succès littéraires apparus dans la lorgnette de M.Jacques Martineau ?Si les professeurs de littérature de l\u2019ordre secondaire ou universitaire font de 100 Romans québécois qu\u2019il faut lire le répertoire nécessaire et suffisant des sommets de notre littérature, leurs élèves seront privés de textes au moins aussi importants, et souvent plus, que plusieurs de ceux qu\u2019a retenus l\u2019auteur.Il ne s\u2019agit pas de chasser les élus, mais d\u2019entrouvrir la porte aux écrivains recalés.Cent titres, c\u2019est peu.Pourquoi pas 150 ou 200 ou 300 ?Ceux qui ne disposent pas de ressources documentaires plus vastes apprendraient ainsi qu\u2019il existe d\u2019autres romanciers remarquables.Citons à tout hasard, au risque d\u2019en oublier autant ou plus, les noms de Louise Maheux-Forcier, Suzanne Jacob, Christiane Frenette, Madeleine Monette , Yolande Villemaire, Nicole Brossard, Madeleine Gagnon, Louise Dupré, Christiane Lahaie ou Francine D\u2019Amour.Et les oeuvres de Louis Hamelin, Jean Bédard, Victor- Lévy Beaulieu, Hugues Corriveau, Pierre Tourangeau, François Barcelo, Pierre Yergeau, Gilbert LaRocque, Daniel Poliquin ou Jean Basile, ce serait du pipi de fauvette ?FF 100 ROMANS QUÉBÉCOIS QU\u2019IL FAUT LIRE Jacques Martineau Nota bene, 192pages PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Martin Brault (à droite), qui vient tout juste d\u2019avoir 32 ans, et Frédéric, qui en a 29, doivent « gérer la croissance » de leur petite maison.« On est rendus à 28 titres, explique Martin.Les affaires vont très bien.» Fruits de la passion PASSION suite de la page 7 « J\u2019aurais peut-être un petit quelque chose pour vous, avance-t-il.48 pages.Ça vous intéresserait ?» Le jeune homme s\u2019appelle Michel Rabagliati.Son manuscrit, intitulé Paul à la campagne, deviendra le premier succès de vente de la maison.Après Paul à la campagne, suivront Paul a un travail d\u2019été, puis Paul en appartement.Et en avril paraîtra Paul dans le métro.«Michel est notre locomotive, pour l\u2019instant », confient les deux éditeurs.Le but premier des éditions de La Pastèque était de « faire apparaître une nouvelle bande dessinée au Québec », ainsi que l\u2019explique Martin Brault.Mais les éditeurs voulaient aussi travailler avec des auteurs étrangers\u2014«ça nous permet de faire des ventes solides en Europe.Durant nos premières années, poursuit Brault, on vendait à peu près 80% de notre production en Europe.Aujourd\u2019hui c\u2019est différent, notamment grâce au succès que connaît Michel Rabagliati au Québec.» Aujourd\u2019hui, Martin Brault, qui vient tout juste d\u2019avoir 32 ans, et Frédéric, qui en a 29, doivent « gérer la croissance » de leur petite maison.« On est rendus à 28 titres, explique Martin.Les affaires vont très bien.» Vingt-huit titres, et plein de projets excitants, dont celui, à long terme, de « prendre en main le patrimoine de la bédé québécoise.Il y a une quantité phénoménale de trucs qu\u2019il faut faire connaître, s\u2019indigne Martin.Des livres épuisés, jamais réédités.Par exemple, c\u2019est scandaleux, inadmissible, qu\u2019il n\u2019existe pas de rééditions d\u2019Onésime (d\u2019Albert Chartier, qui publiait dans le Bulletin des agriculteurs dans les années 40) ».Mais ce que les deux amis souhaitent, surtout, c\u2019est sortir la bédé des rayons spécialisés.Leur dernière oeuvre, L\u2019Appareil, un livre de recettes illustré par des auteurs de bandes dessinées, est un premier pas dans cette direction.« On veut aller dans d\u2019autres sections de la librairie.Amener la bande dessinée dans des endroits où on ne la retrouve pas habituellement.Rien ne nous empêche, un jour, de faire du livre d\u2019art.Ou, pourquoi pas (on en rêve !), un guide touristique en bande dessinée ! » llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll La Pastèque vue par Michel Rabagliati « Je dirais que la principale qualité de la Pastèque est sa vision.Ça se voit au premier coup d\u2019oeil lorsqu\u2019on regarde sa collection.Il y a une ligne éditoriale claire et une volonté évidente de sortir des sentiers battus.C\u2019est idéal pour un auteur de se retrouver dans une collection homogène comme celle-là.Une autre qualité est leur culot.Fred et Martin n\u2019ont aucun problème à aller quérir les meilleurs talents partout au monde s\u2019ils ont un projet particulier comme L\u2019Appareil.C\u2019est là un signe de leur audace et de leur ouverture sur le monde.Troisièmement, je vous dirais que je suis heureux d\u2019être publié par La Pastèque à cause de l\u2019enthousiasme de ses éditeurs.Après des années de chiâlage déprimant sur la question qu\u2019il ne se passerait jamais rien en BD au Québec, La Pastèque a simplement décidé de passer outre et de faire sa petite affaire.Et ça marche très bien, la réponse des lecteurs en fait foi.» .Michel Rabagliati est l\u2019auteur de Paul à la campagne ; Paul en appartement ; Paul a un travail d\u2019été et, à paraître en avril : Paul dans le métro.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll FFFF L\u2019APPAREIL Collectif, La Pastèque, 2005 Est-ce a) Un livre de recettes ?b) Un livre d\u2019art?c) Un album de bande dessinée?Toutes ces réponses à la fois ! L\u2019Appareil est ce clair objet né du désir de deux jeunes éditeurs de faire sortir la bédé des sentiers battus.Pari tenu, et haut la main.Car L\u2019Appareil est non seulement un beau livre, un solide bouquin qu\u2019il fait bon manipuler, mais on y fait de multiples découvertes, et pas que culinaires.Dirigé par Charles-Emmanuel Pariseau, jeune chef du restaurant Leméac, rue Laurier Ouest, à Montréal, L\u2019Appareil présente une dizaine de menus (comprenant l\u2019entrée, le plat de résistance et le dessert) élaborés par une dizaine de jeunes chefs de talent, que les éditeurs de La Pastèque ont jumelés avec des auteurs de bande dessinée.Ainsi, Michel Rabagliati, auteur de Paul en appartement, s\u2019inspire des inventions culinaires de Stelio Perombelon, du restaurant Les Chèvres, pour mettre en scène un couple d\u2019animateurs des années 50 (CKAC présente Radio-Cuisine avec Lucie et le grain de sel de Paul) ; la plume fine d\u2019Isabelle Arsenault a imaginé une bande de retraités blasés s\u2019amusant à confectionner le Coco Ugli de Patrice Demers (pâtissier et copropriétaire des Chèvres).Avec Flocon de nuage, Nicolas Robel fait ressortir le caractère poétique du menu de Jean-François Vachon, du Café Ferreira ; Rémy Simard raconte avec un humour féroce L\u2019Histoire du Filet de doré poêlé, du Foie gras de canard et de la Tourte au chocolat, de Thierry Baron, du restaurant Vasco de Gama.Entre les trouvailles des chefs Olivier de Montigny (étonnante mise en scène de Jochen Gerner) ; Ian Perreault (illustrées par la plume cruelle et cocasse de Mélanie Baillargé), Michel Ross (irrésistible Émile Bravo) et Jean- Philippe St-Denis (Simon Bossé et ses inquiétants et loufoques personnages), Charles-Emmanuel Pariseau présente ses propres recettes, illustrées, elles, par Jean- François Martin.Un livre beau, bon, pas cher (39,99 $), qui promet des heures de plaisir.AU PIED DE LA LETTRE Les petites nouvelles du monde littéraire ARRIVÉE Anges et démons (JCLattès), version française du «nouveau» Dan Brown \u2014 qui est en fait un roman que l'auteur de Da Vinci Code a écrit avant le bouquin qui l'a mis sur toutes les cartes\u2014arrivera dans les librairies le 9 mars.APPRIS Le thème des troisièmes Correspondances d'Eastman, qui se tiendront du 18 au 21 août, sera le rêve.Le lieu s'y prête! Seront alors soulignés le 20e anniversaire de la disparition de Jacques Ferron et le 100e de la publication des poèmes de Nelligan.Parmi les invités, Josée Blanchette, Denise Bombardier, David Homel, Naïm Kattan, Robert Lalonde, Wajdi Mouawad, Marie-Louise Gay et la muse de l'événement, Louise Portal.ILS CRAQUENT POUR.Trois romans pour trois époques de la vie de ce grand lecteur qu'est le comédien Normand Daneau: pour l'enfance, Le Petit Prince, de Saint-Exupéry, «le premier livre que j'ai lu tout seul»; pour l'adolescence, Les Frères Karamasov, de Dostoïevski, «un roman grandiose et complexe qui m'a éveillé à la littérature plus sérieuse»; et pour l'âge adulte, Outremonde, de Don De Lillo, «dont j'admire la forme narrative déconstruite mais qui est surtout le premier roman contemporain récent qui m'a donné l'impression de comprendre le monde dans lequel je vis».LU «Je me suis demandé qu\u2019elle était la chose la plus affreuse que je serais capable de faire.J'ai trouvé cela, les poupées.» - Henning Mankell à Libération, au sujet de son nouveau polar, L'homme qui souriait.Affreuses, les poupées?Ceux qui suivent L'Héritière de Grande Ourse savent que les créateurs de la télésérie partagent cette idée.ENTENDU «Je suis heureux de la tenue de cet événement qui porte sur la littérature, en cette période où l'on sous-estime la place que la littérature occupe sur les ondes de la radio publique.Il y a, en fait, beaucoup de place pour elle.Il suffit de nous écouter pour s'en rendre compte.» - Sylvain Lafrance, vice-président de la Radio française de Radio-Canada, au lancement du Combat des livres (du 14 au 18 mars à Indicatif présent).TOUT EN HAUT DES PALMARÈS NewYork Times (13 février) The Last Juror, de John Grisham Frankenstein: Prodigal Son, de Dean Koontz 3rdDegree, de James Patterson et Andrew Gross FNAC en France Traité d'athéologie, de Michel Onfray Da Vinci Code, de Dan Brown (format poche) Harry Potter and the Half-Blood Prince de J.K.Rowling (en précommande) Renaud-Bray auQuébec Da Vinci Code, de Dan Brown Dans la jungle du placement de Jarislowski/Toomey Àla Di Stasio, de Josée Di Stasio SONIA SARFATI sonia.sarfati@lapresse.ca Dan Brown NormandDaneau Josée Di Stasio .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 15 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES ESSAI Lemeilleur ouvrage sur la Cosa Nostra ANDRÉ CÉDILOT « Pour combattre la Cosa Nostra, il faut d\u2019abord la comprendre de l\u2019intérieur », a déjà dit le célèbre juge Giovanni Falcone, assassiné en Sicile en 1992, alors qu\u2019il était sur la piste des politiciens mafieux.Dans le livre Gangsters et Hommes d\u2019honneur, qui sera en librairie au début de mars, Pierre de Champlain ne va pas aussi loin, mais le message reste sensiblement le même : dans ce monde où tout est d\u2019une logique et d\u2019une rationalité implacables, chaque parole, chaque geste a une signification.En retournant dans l\u2019histoire de la Mafia américaine \u2014 inévitablement, il fait le lien avec les débuts de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique \u2014 l\u2019auteur nous montre le fonctionnement complexe de cette organisation aujourd\u2019hui sans frontières, ses valeurs, ses rites, ses codes de langage et son système obscur de pouvoir et de profit qu\u2019elle perpétue de génération en génération depuis des décennies.De prime abord, on peut penser qu\u2019il n\u2019y a là rien de vraiment neuf.Le véritable tour de force de M.de Champlain est de faire comprendre ce qu\u2019il appelle lui-même « la structure, les règles et les protocoles » de la Cosa Nostra en décrivant les rôles et les responsabilités de chacun des membres, à l\u2019aide d\u2019innombrables exemples qui ont marqué les annales judiciaires, à New York ou ailleurs.Dans certains cas, il en fait la démonstration en se servant de cas d\u2019exception.Selon lui, aucune publication n\u2019a encore jamais traité, comme il le fait, de l\u2019existence et des buts recherchés par les normes on ne peut plus rigides de la mafia.Tout ce qu\u2019il avance est documenté par une longue liste de références qui couvre une trentaine de pages à la fin de son livre.Passionné du crime organisé \u2014 c\u2019est son cinquième bouquin sur le sujet depuis 1979 \u2014 M.de Champlain affirme avoir lu une centaine d\u2019ouvrages historiques sur les mafias américaines et siciliennes.C\u2019est sans compter les biographies de gangsters et les études sur les impacts sociaux de la mafia.Âgé de 58 ans, l\u2019auteur travaille depuis 10 ans comme analyste de renseignements au quartier général de la GRC, à Ottawa.C\u2019est d\u2019ailleurs son « serment de discrétion », a-t-il fait dire à La Presse par la relationniste de sa maison d\u2019édition, qui l\u2019empêche de relater ce qui se passe à Montréal.Si ce n\u2019est quelques allusions à des affaires passées, en grande partie liées à la famille Cotroni, il ne parle que très peu du clan Caruana- Cuntrera-Rizzuto, dont l\u2019influence est pourtant reconnue presque partout sur la planète.N\u2019empêche, s\u2019il est un livre bien fait et vulgarisé sur la mafia, c\u2019est celui-là.Il a été publié en anglais l\u2019an dernier.Dans les faits, il constitue un parfait complément au livre culte sur la mafia que le juge Giovanni Falcone a écrit en 1992 avec l\u2019écrivaine et journaliste politique, Marcelle Padovani, et dont le titre est Cosa Nostra, les juges et les hommes d\u2019honneur, aux éditions No/Austral.À conseiller à tous qui ont intérêt à se méfier de la pieuvre, en particulier les politiciens.FFFF GANGSTERS ET HOMMES D\u2019HONNEUR Décodez la mafia Pierre deChamplain Éditions de l\u2019Homme, 260 pages PHOTO PABLOVALLOURIS, AP © Le résultat de enquête de Norman Mailer (à gauche) sur Picasso est une réussite : un très grand livre bourré de renseignements et d\u2019images sur la naissance d\u2019un génie et sur les 20 années les plus féroces de l\u2019art occidental, qui l\u2019ont transformé par une manoeuvre de subversion absolue.PHOTO FREDERICK M.BROWN, GETTY IMAGES © Picasso, selon Norman Mailer JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Norman Mailer s\u2019est jeté à corps perdu dans cette aventure, celle d\u2019un jeune artiste qui allait devenir le plus grand peintre et sculpteur du siècle no 20, et allait bouleverser la notion de Beauté qui depuis Aristote, peut-être, était tapie dans notre subconscient collectif.La Beauté glaciale, la Beauté gelée depuis des siècles.On comprend bien que Mailer, l\u2019un des plus grands écrivains américains, ait été agacé par la notion du Beau et du Laid.Qu\u2019il ait voulu savoir, comprendre pourquoi et comment Pablo Picasso a traité de ce problème insoluble.Et qu\u2019il soit allé aux sources : Picasso en jeune homme douloureux.Le résultat de cette enquête \u2014 car Mailer est avant tout un chercheur, un reporter, un journaliste et un admirable conteur \u2014 est une réussite : un très grand livre bourré de renseignements et d\u2019images sur la naissance d\u2019un génie et sur les 20 années les plus féroces de l\u2019art occidental, qui l\u2019ont transformé par une manoeuvre de subversion absolue.Bourré d\u2019anecdotes, ce livre : la naissance, l\u2019enfance, la jeunesse, le dessin, la peinture, la montée à Paris, les aventures, les rencontres, la misère, les terreurs secrètes ou avouées, la recherche sans fin.On en citera une seule, parce qu\u2019elle est symbolique.Fatigué de Paris où cela ne marche pas fort, où il a failli se suicider avec son ami Max Jacob, Pablo s\u2019en revient chez lui, dans sa famille, et se couche et s\u2019endort.Le matin, au réveil, il constate que sa mère a brossé ses vêtements.Elle a enlevé «la poussière de Paris » ! Une rage effroyable le saisit.Les coups de sang du jeune artiste ne se comptent plus depuis longtemps, et la poussière de Paris, dites donc, est sans doute «chargée de qualités spéciales » ! Alors Mailer commente, va au fond des désirs et des superstitions du peintre, tourne autour des influences diverses qui l\u2019obsèdent, la musique et les masques africains, les papiers jaunis, la misère, la poussière, la couleur bleue, Montparnasse.Et les femmes ?Bien sûr, les femmes.Là, Normand Mailer sera à son affaire, à l\u2019affaire qui le passionne, lui : l\u2019influence des femmes sur les génies naissants.On pourrait le suivre sur ce terrain déjà labouré, mais on ne manquera pas d\u2019être à notre tour passionné par ce que l\u2019auteur met en scène et cherche, et trouve.Mailer n\u2019est pas un critique d\u2019art.Il s\u2019en défend bien.Rien d\u2019un de ces exégètes qui se prennent les pieds dans les fleurs du tapis.D\u2019autant que, avec Picasso, ce serait des fleurs cubiques ! Mailer est un romancier, un créateur, un fabricant, un artisan.Un inventeur de fleurs de tapis, pour que les autres s\u2019y prennent les pieds.Comme Picasso.Ce qui le passionne, c\u2019est la création.Comment ce jeune Espagnol, moitié catalan, moitié malaguène, moitié parisien depuis peu (ce qui fait beaucoup) a-t-il fait lorsqu\u2019il était jeune pour trouver (« je ne cherche pas, je trouve », dira-t-il plus tard) et ensuite, pour faire ?Ses fréquentations, bien sûr, vont le pousser.Apollinaire, Braque, tant d\u2019autres, tous les autres.Mais aussi et surtout, les femmes.Le moteur le plus puissant, pour Pablo, ce sont les femmes.Particulièrement Fernande Olivier « la première de ses sept maîtresses et épouses majeures » dont Mailer ira chercher les textes dans ces Souvenirs intimes qui prendront autant d\u2019importance que les déclarations, plus tard, des grands spécialistes comme Cabanne, Penrose, Richardson.Comment un jeune homme de 19 ans va-t-il être poussé en avant par la découverte obsessive de la féminité, de sa mère, de sa petite soeur, de ses premières amours ?Et par la découverte d\u2019un bordel de Barcelone, rue d\u2019Avignon, où il trouvera les modèles de ce tableau, Les Demoiselles d\u2019Avignon, ce tableau qui fera la révolution du cubisme \u2014 la révélation, doit-on dire ?À son tour, Mailer va inventer, créer, le personnage du jeune Picasso « créateur et destructeur ».Il va lui donner vie.Il va montrer comment Picasso déforme, défigure, brise la Beauté qui le fascine pour se libérer de ses obsessions jusqu\u2019à les rendre palpables, visibles.FFFF PORTRAIT DE PICASSO EN JEUNE HOMME Norman Mailer Avec nombreuses illustrations en couleurs Denoël, Paris, 384 pages llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Une écriture toute en nuances et subtilités RÉGINALD MARTEL Le feu a été la hantise de nos ancêtres.Il est maintenant banalisé.Il en reste pourtant, dans la conscience collective, des marques profondes.Les vieux se rappellent l\u2019incendie de Rimouski en 1950.Il détruisit une partie de la ville, y compris des édifices à vocation religieuse, ce qui fit dire à des impies qu\u2019il s\u2019agissait là de la vengeance de Dieu ! Le Québec tout entier avait été profondément marqué par cette catastrophe.Aussi longtemps que les écrivains se mêlent d\u2019interpréter l\u2019Histoire, tout n\u2019est pas perdu.Les événements se reconstituent dans le creuset de l\u2019art, moins dans une visée factuelle que par leur prolongement dans le destin des personnages.Ceux qui nous intéressent ici ont subi « la nuit rouge » après laquelle rien ne sera plus pareil.Christiane Frenette dit peu de chose de l\u2019incendie lui-même, elle dit tout de la façon dont il a pu infléchir le destin de quelques victimes.Elle le fait en mineur, avec une infinie discrétion, par la grâce d\u2019une écriture toute en nuances et subtilités.Bien des années après l\u2019incendie, Lou, fille de Romain, notable du lieu, médecin de son état, s\u2019enfuit, adolescente encore, vers Toronto où elle est presque kidnappée par Joe, un beau cowboy.Il lui offre une belle vie, et le bonheur en plus.L\u2019errance du couple en Amérique les ramène plus tard dans le Bas-Saint-Laurent.Par cette nouvelle fugue, Lou mesure sa propre transformation et celle de son lieu originel.Le sort de Thomas est tout autre.Il était l\u2019ami de Romain, au temps de l\u2019enfance et des genoux écorchés.L\u2019incendie l\u2019a troublé profondément et il a perdu la mémoire.Accueilli chez le médecin, Thomas ne se rappelle toujours pas les liens qui l\u2019ont uni à celuilà.Il feint le contraire, sans même avoir à mentir, et il se consacre à la réalisation d\u2019un magnifique jardin.On assiste alors à une subtile guerre de séduction.Romain veut Thomas pour lui seul, tandis que sa femme Marie se rapproche de plus en plus de cet homme dont la seule présence éveille en elle des désirs qu\u2019elle ignore d\u2019abord, qu\u2019elle accueille ensuite et qui exigent satisfaction.Ils vivront une vibrante étreinte, une seule, vécue comme une liturgie désespérée.Thomas repartira.Déjà, adolescent, il « voulait défricher seul un chemin qui ne menait nulle part ».Lou ne renouera pas avec sa famille.Avec Joe, elle maintient le cap et le couple.Faut-il une fuite première pour aller vraiment au bout de soi-même ?On est ici dans le non-dit, que Mme Frenette frôle à peine, laissant le lecteur combler les espace blancs.Telle est sa manière, explorer sentiments et ressentiments avec une extrême délicatesse, à distance presque, pour ne pas brouiller davantage les eaux troubles dans lesquelles se débat la mémoire.La construction d\u2019Après la nuit rouge est audacieuse.Un demi-siècle presque sépare le temps de la narration neutre et celui du récit de Lou.Les transitions se font sans heurt, menées par une sorte de nécessité.Elles mettent en perspective le présent et le passé, le réel et l\u2019imaginaire, les perceptions divergentes d\u2019un même événement.Tout baigne dans une atmosphère prégnante, extrêmement dense, d\u2019où le roman tire sa puissance retenue et sa beauté.FFFF APRÈS LA NUIT ROUGE Christiane Frenette Boréal, 196pages FILL117 . .16 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R E AL DI M A N C HE 27 F E V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES Label et etiquette PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITES Le francais a emprunte le mot label a lfanglais au debut du 20e siecle.La langue anglaise lfavait elle-meme puise dans le vieux francais quelques siecles plus tot.Cet emprunt est justifie quand il designe la á marque apposee sur un produit pour en certifier la qualite, lforigine ou les conditions de travail â.Un label peut garantir, par exemple, le respect des normes de qualite, des normes biologiques, des normes syndicales, etc.Ce sens est largement repandu depuis les annees 60.En revanche, le terme label est un emprunt inutile au sens de marque ou dfetiquette.> Un produit sans nom de marque.> Une marque deposee.> Un militant ecologiste sans etiquette.Precisons cependant que label est passe dans lfusage pour designer une á societe editrice de disques â ou la á marque deposee par cette societe â.On aurait pu faire lfeconomie de ces emprunts sans doute, mais label fait vachement plus branche.> Lundval a su reprendre le flambeau du label (ou de la maison) Blue Note.> Un disque sous le label (ou sous lfetiquette) Blue Note.Gradue et gros QJe ne suis plus capable dfentendre sur les ondes le mot gradue au lieu de diplome chaque fois que lfon parle de nos finissants.Dfautre part, je suis triste de voir que le mot gros prend tant dfimportance : est-ce du a lfinfluence de lfanglais big ou a notre vocabulaire qui est trop pauvre ?On entend constamment á un gros budget, un gros probleme, un gros film â.Qufen est-il de mots comme serieux, considerable, grand, grandiose ?Francine Gervais, Pointe-Claire Prof de francais langue seconde au college John Abbott REn francais, le á titulaire dfun grade â est effectivement un diplome, et non un gradue ou un finissant.Le diplome recoit son diplome a la collation des grades sfil vient de terminer ses etudes universitaires, ou a lfoccasion dfune remise des diplomes sfil vient de terminer ses etudes collegiales ou secondaires.En aucun cas, il ne sfagit dfune ceremonie de graduation.Le bal qui suit cette ceremonie est un bal de fin dfetudes, et non un bal de graduation ou de finissants.Par ailleurs, jfaime bien votre remarque sur lfadjectif gros.Il semble bien que lfinfluence de lfanglais soit en cause.Dans beaucoup de cas, il serait plus francais dfemployer grand ou encore, selon le contexte, considerable, enorme, demesure, grave, important, super, etc.> Une grande societe, un enorme budget, un grave probleme, une superproduction.En outre, gros est une mauvaise traduction de big pour decrire un athlete qui nfa pas une once de graisse, mais qui est plutot grand et costaud.Jus de pomme(s) QLe mot pomme est-il au singulier ou au pluriel dans la locution jus de pomme(s) ?Peutetre suis-je dans les pommes, mais je constate que les deux formes sont tres repandues.Sylvain Poirier RLfusage est un peu hesitant, mais le singulier est plus frequent (jus de pomme, de pamplemousse, dforange, de raisin).On ecrit cependant jus de fruits et jus de legumes.La prononciation de six et dix (prise 2) Ma reponse baclee sur la prononciation de six et de dix ayant suscite un grand emoi, voici les precisions publiees cette semaine sur le blogue : Six et dix se prononcent sis et dis quand il sfagit du nom masculin (le six de pique, le dix du mois).Quand il sfagit de lfadjectif numeral, on dit egalement sis et dis en fin de phrase ou devant une pause (Je crois en avoir vu six.Il y en a dix, au moins.).En revanche, on prononce si et di devant une consonne ou un h aspire (six pommes, dix homards).Et finalement, on dit siz et diz devant une voyelle ou un h muet (six enfants, dix hommes).Petits pieges Voici les pieges de la derniere chronique : 1.Elle a mangee une cantaloupe ce matin.2.Il aimerait vivre en Floride a lfannee longue.Il ne fallait pas mettre mange au feminin, car le complement direct est situe apres le verbe, et non avant.Le mot cantaloup est masculin.Il sfecrit dfailleurs sans e et le p final est muet.La locution a lfannee longue est un calque de all year long.En francais correct, on dira plutot a longueur dfannee ou toute lfannee.Il aurait donc fallu ecrire : 1.Elle a mange un cantaloup ce matin.2.Il aimerait vivre en Floride a longueur dfannee (toute lfannee).Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune au moins une faute.Quelles sont-elles ?1.LfAntartique sera de plus en plus surveillee.2.Ces avions de combat percent la barriere du son.Les reponses la semaine prochaine.Paul Roux est lfauteur du Lexique des difficultes du francais dans les medias, aux editions La Presse.Faites-lui parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel a amoureux@ cyberpresse.ca, par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9, ou encore en ecrivant directement sur la page www.cyberpresse.ca/amoureux, ou vous trouverez le blogue des Amoureux du francais.CINEMA Le grand soir numerique LUC PERREAULT Lfempire hollywoodien a amorce son declin.Cfest Herve Fischer qui predit dfici 10 ans son chant du cygne dans un petit essai dfun interet crucial pour ceux qui ont a coeur lfavenir du septieme art.Le Declin de lfempire hollywoodien .un titre en forme de clin dfoeil a Denys Arcand .sfinteresse au numerique qui a deja depuis plusieurs annees revolutionne le cinema a lfetape de la production et de la postproduction, et qui promet dfici peu de chambarder tout le secteur de la distribution et de lfexploitation.Parce que Hollywood ne peut raisonnablement, sans compromettre la mainmise qufil exerce sur son empire, abandonner la pellicule argentique et diffuser ses films par satellite dans un reseau planetaire de salles numeriques, une faille est en train de se creuser dans lfindustrie du cinema ou pourront sfengouffrer les amoureux du cinema dfauteur et du cinema independant.Profitant du vide cree par les grands studios, ils sfappretent a amenager des petites salles numeriques ou les films qui aujourdfhui ne trouvent pas preneurs, qui restent sur les tablettes, les essais plus personnels, toutes ces oeuvres delaissees parce que privees de public, auront enfin droit de cite.Fischer annonce un avenir chantant pour ces petites salles comme le Cartier de Quebec ainsi que pour le systeme DigiScreen que Daniel Langlois, lfun des gourous de cette revolution, prepare en secret dans ses bureaux dfEx-Centris.Ailleurs dans le monde, on assiste aussi a une grande effervescence.Nul doute que le numerique va changer la face du cinema.Il va entre autres favoriser la resurgence des cinemas nationaux, renverser une tendance hegemonique.La these dfHerve Fischer est certes fascinante.Son livre a lfeffet dfun baume sur les plaies des cinephiles frustres.Il me semble cependant un peu trop optimiste a lfegard dfHollywood.On ne compte pas les exemples ou celui-ci a deja demontre sa capacite de rebondir.FFF1.2 LE DECLIN DE LfEMPIRE HOLLYWOODIEN Herve Fischer VLB Editeur, 168p.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll BIOGRAPHIE FFF1.2 LfAVIATEUR - LA VRAIE VIE DE HOWARD HUGHES Charles Higham, traduit de lfanglais parGuy Casaril Calmann-Levy, 298 pages Le merveilleux film de Scorsese, The Aviator qui devrait gagner son lot dfOscars ce soir.vient de remettre lfexcentrique Howard Hughes a lfavant-scene.On en a profite pour reediter la traduction de la biographie que lui avait consacree Charles Higham, sous le titre The Secret Life, qui a dfailleurs inspire le cineaste.Mais le livre va plus loin que le film, jusqufa la mort de Hughes.On y apprend que le milliardaire etait bisexuel et qufil est probablement mort du sida, qufil detestait les Juifs et les Noirs, qufil a ete mele de tres pres au scandale du Watergate et qufil a frequente le dictateur Somoza, enfin, qufil etait aussi pervers que genial.Une preuve eclatante que la realite depasse parfois la fiction ! Gerald LeBlanc ROMAN FFFF LES CARNETS DE CORA Louise Lacoursiere Libre Expression, 680pages Le troisieme roman de la saga dfAnne Stillman nous presente Cora Urquhart Potter, la mere dfAnne qui, tout au long de sa vie, sfest confiee a son journal intime, dfou le titre : Les Carnets de Cora.Et disons-le tout de suite, cfest le meilleur tome de la trilogie.Louise Lacoursiere semble enfin avoir jete un pont entre les rives qui separaient trop souvent lfhistorienne et la romanciere.On retrouve ici Anne Stillman vers la fin de sa vie, puis tres subtilement lfauteure eclipse graduellement son heroine des deux precedents ouvrages pour faire place a une femme hors du commun et nous transporter en plein 19e siecle, en Louisiane ou Cora a vecu une partie de sa jeunesse, puis a New York, Paris et Londres, ou lfon rencontrera ces personnages mythiques de la litterature, du theatre et de la politique qufetaient Alexandre Dumas fils, Sarah Bernhardt, Oscar Wilde ou Edouard VII.Mario Dufresne, collaboration speciale ROMAN FFFF LA MORT DfOLGA MARIA Horacio CastellanosMoya Les Allusifs, 164pages Ce tout petit roman est un bijou, un bonbon acidule, un haletant tour de montagnes russes.Quelque part en Amerique latine (au Salvador ?), une bourgeoise reactionnaire et hysterique raconte a une copine, dans un long et delirant monologue, ses etats dfame, ses soupcons et ses craintes a la suite du meurtre de sa meilleure amie, assassinee dfun coup de revolver par un inconnu.A travers cette folle logorrhee, lfauteur parvient a raconter une enquete policiere qui se complique a mesure que sfemmelent les ficelles politiques et les intrigues amoureuses, a brosser de la bourgeoisie un portrait dfune feroce ironie et a depeindre la chute de la narratrice dans un delire paranoiaque de plus en plus devastateur.On passe en quelques heures a travers ce dense et rejouissant petit bouquin, qufon a aussitot envie de relire.Fabienne Couturier HUMOUR FF1.2 LES TRIBULATIONS DfUNE JEUNE DIVORCEE Agnes Abecassis FleuveNoir, 306 pages Les celibataires a cheval sur la vingtaine et la trentaine ont les journaux de Bridget Jones et autres Soutien-gorge rose et veston noir pour se tenir compagnie.Les adolescentes peuvent scruter a la loupe les etats dfame de Georgia Nicholson.Les wonder-women pourvues dfun mari et dfenfants se reconnaissent dans les pages de Je me demande comment elle fait.Il manquait une jeune divorcee dans le paysage.Agnes Abecassis remedie a cela avec Les Tribulations dfune jeune divorcee.Un livre sympathique, qui suit a la lettre la recette du genre : portrait de la dame et de son entourage (en particulier de lfex), echanges avec les copines (lors de soupers ou par courriel), rendez-vous á arranges â par les amis bien intentionnes, etc.Ca ne revolutionne rien mais ca permettra a certaine de se comparer .donc, de se consoler ! Sonia Sarfati PHOTO PIERRE McCANN, ARCHIVES LA PRESSE c Herve Fisher Rencontre autour du livre jeunesse du moisc Jean Fugere rencontre Dominique Demers te dira tout ce que tu veux savoir sur Mademoiselle Charlotte et sa nouvelle vie de concierge.Apres la rencontre, il y aura une seance de dedicace.Le dimanche 6 mars chez Renaud-Bray, succursale Champigny 4380, rue St-Denis.Metro Mont-Royal.Des 14 h Cfest un rendez-vous, dimanche prochain.www.renaud-bray.com Dominique Demers 3296022A . .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 27 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 17 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES L\u2019Ijtihad ou penser librement CURIOSITÉ La dure école de la voix JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE Irshad Manji est du genre à polariser les opinions.Dans le lot des courriels reçus au Club de lecture, pas un seul musulman déclaré qui lui soit favorable : « En tant que musulman, je me désolidarise totalement de l\u2019attitude victimisante et pseudo-héroïque de l\u2019auteure.» \u2014 Salah Basalamah.La majorité, des femmes surtout, se porte néanmoins à sa défense, admire et rend hommage : « Manji est brillante, terriblement intelligente, douée d\u2019un humour décapant et se sert de son immense talent pour nous donner plus d\u2019humanité.» \u2014 Christiane Dubreuil.Assurément, le personnage plaît plus que ses propos.Comme le docteur Amir Kadir l\u2019avait fait dans nos pages\u2014 ce qui a suscité de virulentes répliques \u2014, on reproche à Irshad Manji son manque de rigueur, sa mauvaise foi, voire son arrogance.« Cette journaliste ne possède d\u2019ailleurs pas la connaissance, la formation ni les qualifications nécessaires pour ce faire (.) Le regard condescendant de I.Manji ne rend absolument pas justice à toutes ces musulmanes qui se battent courageusement contre toutes les injustices pour se faire une place dans les sociétés peu égalitaires.» \u2014Ines B.R.Curieusement, très souvent, c\u2019est le Coran, autant sinon plus que l\u2019auteure, qui est pris à partie.Normand Rousseau, qui a enseigné cinq ans au Maroc et a visité plusieurs pays musulmans écrit : « Je suis déçu que Mme Manji n\u2019ait pas eu le courage de dénoncer le Coran lui-même.Le discours des musulmans actuellement a le défaut de dire que le Coran est parfait, mais que ce sont les extrémistes, fondamentalistes qui déforment son message.C\u2019est faux.(.) Le Coran recommande de tuer les infidèles, de faire la guerre sainte, de frapper les femmes, de réduire en esclavage.C\u2019est donc un livre profondément immoral.» Notre livre du mois aura donc suscité des réactions extrêmement contrastées.Comme en a témoigné aussi notre débat-rencontre chez Renaud-Bray-Champigny, dimanche dernier, devant plus de 200 personnes.De toute évidence, c\u2019est le sort que l\u2019islam et surtout l\u2019islamisme réservent aux femmes qui exacerbe le plus nos sensibilités.Port du voile, lapidation, répudiation, polygamie, spoliation d\u2019héritage, tout cela est vécu comme autant de dérogations à notre Charte des droits et libertés, individuelles et collectives.« Existe-t-il une religion qui ait jamais bien traité les femmes ?» demandait Richard Martineau.Cinq ou six femmes voilées sont venues témoigner de leur foi et répondre à la colère de notre paneliste, l\u2019humoriste Nabila Ben Youssef qui réclamait le droit, en 2005, d\u2019être belle et de le montrer.D enis Beaulé, qui se livre dans son courriel à une analyse poussée du livre, écrit : « La libération musulmane sera féminine ou ne sera point.» De toute évidence, au dire d\u2019Irshad Manji elle-même, beaucoup des principaux enjeux se situent sur ce terrain.Et c\u2019est du côté de l\u2019Ijtihad \u2014 la tradition de la pensée musulmane libre, indépendante \u2014 qu\u2019il faut se tourner, car l\u2019espoir y pointe.« Souhaitons que certains aient le courage de remettre les choses en question et de rebâtir leur maison.Au besoin, nous sommes prêts à leur donner un coup de main pour monter les murs ! » écrit Evelyne Gauthier, notre gagnante du mois de février, qui recevra un bon d\u2019achat de 200 $ en livres chez Renaud-Bray.Lisez sa lettre sur cyberpresse.ca/lectures à la rubrique Forum.Toutes vos lettres devraient aussi s\u2019y trouver.JOCELYNE LEPAGE « J\u2019ai suivi mon régime vocal comme une maniaque et j\u2019y ai pris plaisir.Je commençais par des inspirations et des élongations, des torsions du cou.Puis je réchauffais ma voix, je prenais une note et je la tenais le plus longtemps possible, sans forcer jusqu\u2019au bout de mon souffle.Je faisais voyager ma voix dans mon corps, voix de tête, voix du nez, voix de gorge, voix du ventre.Je pensais à des couleurs et des textures que j\u2019essayais de traduire dans ma voix.Je poussais en crescendo des séries de sons, en appuyant de plus en plus fort sur chaque note, en changeant de rythme et de tonalité.Et je recommençais interminablement en continuant d\u2019y mettre du coeur, de la passion : c\u2019est ça le secret.» \u2014 Céline Dion Céline Dion est la plus célèbre des chanteurs et chanteuses dont on trouve les témoignages dans un ouvrage intitulé Chanter de tout son corps, qui arrive en librairie cette semaine.Les autres ne sont pas pour autant dépourvus de voix : Bruno Pelletier, Luce Dufault, Marie-Michèle DesRosiers, Laurence Jalbert, Nanette Workman, Daniel Lavoie, Lulu Hughes, Ariane Moffatt.Cet ouvrage sérieux et savant, comptant de nombreuses illustrations scientifiques de même que quelques photos de la gorge qui donnent le vertige, est l\u2019oeuvre de l\u2019oto-rhino-laryngologiste réputée, Françoise Chagnon, et du professeur de chant très connue dans le milieu, Johanne Raby, qui est aussi professeur de gymnastique vocale pour Star Académie.Le livre s\u2019adresse, paraît-il, à tous ces jeunes qui rêvent de devenir chanteurs et chanteuses populaires ou de jazz et qui s\u2019égosillent en croyant que plus on crie, meilleur on est.Ils finissent par s\u2019abîmer la voix, un instrument fort complexe qui demande la participation du reste du corps pour être à son mieux.Mais ce sont les témoignages, sans doute, qui toucheront les lecteurs.On y découvre des artistes qui parlent avec attendrissement de leur voix, des voyages à l\u2019intérieur du corps qu\u2019elle leur permet de faire, des soins qu\u2019ils lui apportent, des exercices qu\u2019ils lui font faire et de la découverte d\u2019eux-mêmes qu\u2019elle leur permet de réaliser.Quant à l\u2019ouvrage luimême \u2014 très instructif \u2014 il semble promis à un avenir de manuel scolaire pour les écoles de chant comme celle qu\u2019a fondée Mme Raby elle-même, mais il intéressera sûrement tous les professionnels de la chanson.Le livre sera d\u2019ailleurs lancé comme on lance un disque, mardi, au cours d\u2019un gros party de vedettes au Lion d\u2019or.CHANTER DE TOUT SON CORPS Dre FrançoiseChagnon et Johanne Raby Ed.Berger, 189 pages « Le regard condescendant de I.Manji ne rend absolument pas justice à toutes ces musulmanes qui se battent courageusement contre toutes les injustices pour se faire une place dans les sociétés peu égalitaires.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3283092A Collection Folio Contre la télé, pour le livre SONIA SARFATI On ne pourra pas accuser Gallimard de manquer d\u2019originalité dans la campagne québécoise destinée à faire la promotion de la collection Folio \u2014ce, au détriment de la télévision : à partir de demain, jusqu\u2019au 31 août, toute personne qui achètera deux titres des collections Folio se verra remettre une trousse de décrochage télévisuel inspirée par les programmes utilisés pour aider les gens à cesser de fumer.À l\u2019intérieur de l\u2019enveloppe frappée du sceau « Un Folio lu, une émission stupide pas vue », le mode d\u2019emploi du programme, un livre de la collection Folio 2 euros, un parasite autocollant à coller sur l\u2019écran de la télévision, un signet de lecture qui permet de calculer le nombre de jours d\u2019abstinence télévisuelle et Télé- Stop, un délirant « magazine horaire des lecteurs » inspiré des horaires télé.On y trouve la programmation complète de neuf canaux « littéraires » permettant un choix éclairé de lecture.Quelques exemples : Folio, pour les grands auteurs de la littérature mondiale ; BonheurMax, pour les histoires d\u2019amour ; AcnéTélé, pour ceux qui ne veulent rien savoir des lectures suggérées par les parents ; CrocTV, pour des récits conçus pour les enfants de 5 à 10 ans ; Vu mais pas lu, pour des romans qui ont « subi » une adaptation cinématographique ou télévisuelle.Le résultat est original, vendeur aussi (c\u2019est le but).Mais également très drôle à.lire.Le décrochage commencerait-il là ?Préface de Jacques Languirand Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Michel Saint-Germain et Élise de Bellefeuille Essai · 304 pages · 27,95 $ Un livre audacieux et original qui remonte aux racines du christianisme tom harpur Le Christ païen Retrouver la lumière perdue 3297002A lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Bande dessinée FFF LES DÉJANTÉES 4 Maïtena ÉditionsMetailié, 51 pages Tu as l\u2019âge de ta mère quand elle t\u2019a eue ?Pire, tu es déjà mère et tu sens ta jeunesse fichue ?Les squeegies t\u2019appellent madame et ça te fait mal ?Tu te sens si éternellement jeune dans un corps si inéluctablement vieillissant ?Chérie, va donc lire un peu de Maïtena.C\u2019est du tonifiant.Maïtena, déjà mère et déjà moins jeune que toi, est cette populaire cartooniste argentine qui s\u2019amuse à dépeindre en gros traits, et en fines farces, le monde mystérieux des jeunes femmes adultes, qui reluquent les autres mecs, qui tâchent péniblement de suivre les diktats de la mode, qui guettent la culotte de cheval et la cellulite et qui se demandent à chaque instant « Pourquoi moi ?Pourquoi maintenant ?» Le quatrième album de la série « Les Déjantées » vient de paraître aux éditions Metailié.Jolie madame, achète ça.Fais-le lire à ton beau, il en apprendra sur toi.« Oui, on craque pour Maïtena », écrirait-on dans Elle Québec.\u2014Aleksi K.Lepage, collaboration spéciale . QUE PENSEZ-VOUS DE LA TÉLÉ?Elle est nulle.Avec parfois des rayons de lumière.VOUS SENTEZ-VOUS EN COMPÉTITION?J\u2019admire facilement et je n\u2019ai pas peur de dire aux gens qu\u2019ils sont bons.POURQUOI N\u2019AVEZ-VOUS PAS SOURI AUX JUTRA, LORSQU\u2019ON A ANNONCÉ QUE VOUS GAGNIEZ?Je suis réservé.J\u2019ai vraiment été très surpris de gagner.Content pour le film et pour l\u2019équipe mais, en même temps (car je suis orgueilleux), je réfléchissais à ce que j\u2019allais dire sur scène.COMMENT TRAVAILLEZ-VOUS UN FILM?Il faut se laisser porter par son instinct et, comme réalisateur, ne pas toujours devoir s\u2019expliquer.Instaurer la confiance.LA PERSONNALITÉ DDEE LLAA SSEEMMAAIINNEE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L\u2019INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L\u2019EXCELLENCE NAÎT DE L\u2019EFFORT ALCAN Il aime se faire raconter toutes les histoires, même celles à dormir debout.Il est bon public.Au cours d\u2019une époque pas si lointaine (celle de son adolescence), il a vu autant de films qu\u2019il était possible d\u2019en voir sans se brûler les yeux.Il écrivait beaucoup aussi et envisageait de devenir journaliste.Mais, petit à petit, la culture cinématographique a fait son oeuvre.Francis Leclerc a dès lors choisi le cinéma, au grand dam de sa mère, qui le voyait déjà médecin.Ce fut un bon choix.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Francis Leclerc PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © S ANNE RICHER on film Mémoires affectives a remporté quatre prix Jutra la semaine dernière, dont celui de la meilleure réalisation.«Pour un film singulier qui ne se répétera pas», dit-il.À 34 ans, c\u2019est déjà une consécration lourde de conséquences qui lui donnera la volonté de continuer à se dépasser, «à faire le prochain film meilleur que le dernier, à surprendre».La Presse reconnaît son immense talent en le consacrant Personnalité de la semaine.Le fils de.«Je tiens à ce que vous sachiez que mon père était pourri en photo.» Voilà qui «rend à César» ce qui lui revient de droit û en l\u2019occurrence à la mère de Francis, et non pas à Félix Leclerc, pour une fois.Se retrouver dans le sillage d\u2019un mythe n\u2019a pas toujours été facile à porter.«Mais maintenant que j\u2019ai une reconnaissance pour mes propres affaires, ça va mieux.» Il a conservé des éclats impressionnistes de l\u2019énergie de son enfance, de sa famille marginale, d\u2019une éducation pas comme les autres.Ça chantait, ça veillait tard.«La mémoire revient de bien des manières; à Paris à 5 ans, l\u2019odeur des pavés mouillés.Une nuit, en plein Vieux-Québec, j\u2019ai eu un flash back de cette odeur.» Le réalisateur d\u2019aujourd\u2019hui se redécouvre aussi rassembleur qu\u2019il l\u2019était à 12 ans comme chef de son équipe de baseball.«Quand on fait un film, l\u2019équipe doit avoir confiance en toi, et l\u2019atmosphère qui règne sur le plateau vient essentiellement du réalisateur.» Un gars actif, de bande, qui aime avant tout le plaisir de travailler en équipe, celui d\u2019avancer ensemble.Un gars contemplatif, qui peut passer trois ou quatre jours sans parler à personne.«Je suis un inquiet.Pas unangoissé, mais j\u2019aime bien les angoissés», dit-il en riant.Le roi Léo Avec la reconnaissance accordée à son film, il vient de voir la lumière au bout du tunnel, la fin de 10 années de combats, pour se faire comprendre surtout.«C\u2019est épuisant, cette bataille.» Surtout, précise-t-il, contre le nivellement par le bas, toujours vive chez ceux qui ne voient que le gain.Un artiste a besoin d\u2019avoir les coudées franches.Les trophées apportent la notoriété, mais surtout la liberté de création, si fragile, si émouvante.«Mais quand on crée, on se sent vivant.» La vie de tous les jours prend d\u2019autres aspects, quelquefois même ludiques.Il aime pelleter, patiner vêtu d\u2019un chandail de hockey des années 70, jouer dehors.Il aimerait peut-être un jour se retrouver assis sur une banquise dans le Grand Nord.Huit mois d\u2019obscurité ne lui font pas peur.Ni la crise d\u2019asthme qui le menacerait dans de telles conditions.Ce qu\u2019il craint, par ailleurs, c\u2019est ce qui pourrait arriver à ceux qu\u2019il aime.Un petit bobo et il imagine les pires scénarios.«Oui, je suis père poule», confie-t-il sans fausse honte.Léo, son fils de 4 ans, a changé sa vision du monde.«J\u2019ai développé ma sensibilité face aux enfants, je n\u2019ai plus peur d\u2019eux.Je les trouve même parfois plus intelligents que bien des adultes.» Écrire un scénario est la partie difficile à réaliser.«T\u2019es tout seul dans ton monde.» Sa mission?Susciter des réactions, des émotions.«Je suis un peu un chroniqueur de notre temps.Et je ne me sens à l\u2019aise dans aucune catégorie.Jeme réserve le droit de raconter, de peindre autrement une autre facette de la vie, de montrer autre chose que le plat quotidien.Une culture vivante donne un peuple vivant, en santé.» «Je suis un peu un chroniqueur de notre temps.Je me réserve le droit de montrer autre chose que le plat quotidien.Une culture vivante donne un peuple vivant, en santé.» .18 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 27 F É V R I ER 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3244848A 3294427 ."]
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