La presse, 19 mars 2005, B. Actuel
[" 3277975A HYDRA-TEMPS ÉCLAT + Une peau plus hydratée 100% Une peau plus radieuse 92% LE SECRET EST DANS LA POMME! Soin éclat hydratation intense avec Complexe ßêta-Hydrumex exclusif à Lise Watier Pourcentage de femmes en accord avec l'énoncé.3277975A SÉRIE EMBELLIR MONTRÉAL ISABELLE HACHEY BARCELONE, Espagne \u2014 Longtemps, Barcelone a tourné le dos à la mer.Entre l'ancien bastion industriel de l'Espagne et la Méditerranée, il y avait des vieux hangars, des usines polluantes, des lignes de chemin de fer.Mais, depuis la mort du franquisme, Barcelone n'a cessé de se réinventer, au point de devenir un modèle pour les autres cités du monde.Son lifting en profondeur, opéré à coups de marteaux piqueurs, n'est pas encore achevé; voilà pourtant qu'elle s'offre une nouvelle métamorphose.Comme Montréal, Barcelone n'est pasune capitale.Et commeà Montréal, la majorité de ses 1,6 million d'habitants partagent une culture et une langue (le catalan) minoritaires dans leur pays.Éternelle concurrente de Madrid, où sont logées les grandes institutions nationales, Barcelone a pourtant réussi à se développer en utilisant des événements internationaux comme moteur de relance, parvenant peu à peu à se tailler une place de choix parmi les plus belles cités du monde.La «ville des prodiges» avance par bonds, explique l'architecte Oriol Bohigas, considéré par plusieurs comme le père de la rénovation urbaine de Barcelone.«Comme ce n'est pas la véritable capitale économique, elle a besoin d'être inventive pour se développer, dit-il.C'est ainsi qu'elle a tenu les expositions universelles de 1888 et de 1929, les Jeux olympiques de 1992 et, en 2004, le Forum universel des cultures.Elle trouve toujours une excuse, une manière de se transformer.» Le forum2004\u2014qui s'est déroulé pendant 140 jours sous le signe du développement durable, de ladiversité culturelle et de la paix \u2014 était plus que jamais un prétexte utilisé pour redessiner un ancien quartier industriel de l'est de lavilleet pour récupérer l'ensemble du littoral, une opération commencée avec les JO de 1992.Le bilan du congrès fut mitigé; on a beaucoup critiqué ce forum fourretout, dégoulinant de bons sentiments et de considérations générales et consensuelles.Mais qu'importe: une fois de plus, un événement a permis à Barcelone de changer de peau.Tchernobyl catalan On a d'abord prolongé l'avenue Diagonale jusqu'à la mer, achevant ainsi un projet élaboré il y a 150 ans par Ildefonso Cerda, l'urbaniste qui a dessiné les rues quadrillées si caractéristiques de Barcelone.Jusqu'à présent, la Diagonale s'arrêtait net à la limite de Poble Nou, un faubourg industriel coupé du reste de la ville par un réseau de voies ferrées.«Cette zone était surnommée le Tchernobyl catalan», raconte Elena Marin, porte-parole du Projet 22@, une agence chargée de reconvertir le quartier aux nouvelles technologies.«Personne ne mettait les pieds à Poble Nou.» C'est ainsi que la ville a lâché ses bulldozers sur le triste faubourg, en déclin depuis la crise des années 1970.Les usines désaffectées, les immeubles d'habitation miteux, les entrepôts délabrés s'écroulent un à un sous les coups des pilons.L'idée, c'est de créer une sorte de Silicon Valley catalane.«La moitié du quartier est en rénovation.Soixante-dix entreprises se sont déjà établies et créent une dynamique toute nouvelle, mais les gros changements seront visibles dans deux ou trois ans», dit Mme Marin.Au bout de la Diagonale, là où la mer était autrefois dissimulée derrière les usines et les hangars, on a érigé le plus grand centre des congrès du sud de l'Europe, un port de plaisance, un complexe hôtelier, une piscine naturelle, un grand parc, 500 mètres de nouvelles plages et une énorme esplanade qui recouvre non seulement l'autoroute, mais aussi une usine d'épuration des eaux : une solution originale (mais plus ou moins réussie) pour permettre un accès direct à la mer.ISABELLE HACHEY Barcelone aurait-elle perdu sa vision \u2014 ou, pire, vendu son âme au diable?Plusieurs se posent la question depuis que des hôtels de luxe, des tours à bureaux, et même un affreux centre commercial se sont mis à pousser près de la mer, à la place des usines de briques rouges de Poble Nou, l'ancien faubourg industriel de l'est de la ville.S'agit-il d'une opération urbanistique ou d'une vulgaire opération immobilière ?Dans un livre intitulé Contre l'incontinence urbaine, Oriol Bohigas, l'architecte qui a piloté la renaissance de Barcelone lors des Jeux olympiques de 1992, juge que le nouvel urbanisme barcelonais souffre de plusieurs maux: spéculation, dérégulation capitaliste, absence de vision politique et de préoccupation sociale.Ça n'a pas toujours été comme ça, regrette-t-il ; après le franquisme, on a voulu faire de Barcelone une «ville civique» en construisant des parcs et des espaces publics dans la plupart des quartiers.C'est aussi dans cet esprit que les sites des JO de 1992 avaient été conçus : ouvertsàtous, etàéchelle humaine.Or le projet actuel est fort différent, note Josep Ramoneda, directeur du Centre de la culture contemporaine de Barcelone.«Il y a une participation importante du capital privé, avec des opérations spéculatives très discutables.On a même voulu aménager un parc privé autour d'une série d'appartements de luxe.La Ville, sous la pression des habitants, a obligé les promoteurs à ouvrir le parc au public!» La pression immobilière est forte.Sur les 3,2 milliards d'euros investis dans ce projet de rénovation urbaine, 30% proviennent de fonds publics, et tout le reste du privé.Les habitants du quartier se plaignent de l'explosion des prix des terrains dans le secteur.Ils réclament plus d'espaces verts et ont réussi à sauver quelques éléments de leur patrimoine industriel \u2014 des cheminées de brique qui se dressent comme autant de points d'exclamation au coeur de ce quartier qui cherche toujours son âme.QUELLE VISION?LONGTEMPS, BARCELONE A TOURNÉ LE DOS À LAMER.AUJOURD'HUI, ELLE L'EMBRASSE.NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE EN CATALOGNE RACONTE L'HISTOIRE D'UNECITÉ MODÈLE.LA PRODIGIEUSE RECONQUÊTE DU FRONT DE MER BARCELONE Océan Atlantique ESPAGNE BARCELONE PORTUGAL FRANCE LES DÉFIS QU'AFFRONTE MONTRÉAL SE SONTAUSSI POSÉS À D'AUTRES GRANDES VILLES, QUI LES ONT RELEVÉS AVECBRIO.DANS CE DEUXIÈME VOLET DE NOTRE SÉRIE EMBELLIR MONTRÉAL (CYBERPRESSE.CA/EMBELLIR) NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX NOUS FONT PART DES GRANDS ET PETITS REMÈDES APPLIQUÉS AILLEURS.DE QUOI NOUS REDONNER ESPOIR.BARCELONE À Barcelone, le quartier Poble Nou était surnommé le «Tchernobyl catalan».Ce vieux district industriel fait maintenant place à un port de plaisance, une piscine naturelle, un grand parc, 500 mètres de nouvelles plages et le plus grand centre des congrès du sud de l'Europe.Il est dominé par la tour Agbar.FRANÇOISE KAYLER UN RESTAURANT QUI FAIT RÉFLÉCHIR PAGE 9 \u203a Voir BARCELONE en page 2 POPULATION: 3 871 400(agglomération) CAPITALE: OUI (CATALOGNE) MÉTRO: (OUI, 5 LIGNES) GRANDS ÉVÉNEMENTS: JEUX OLYMPIQUES D'ÉTÉ (1992) SYMBOLES, LIEUX TOURISTIQUES: ÉGLISE SAGRADA FAMILIA, QUARTIER GOTHIQUE, PARC GÜELL PHOTO BERNAT ARMANGUE RENTER, COLLABORATION SPECIALE DU VIN LE PRIX D'UNE BOUTEILLE.PAGE 8 ISABELLE HACHEY ENVOYÉE SPÉCIALE SUÈDE STOCKHOLM\u2014Quand les habitants de Hammarby Sjöstad reçoivent à souper, ils prient humblement leurs invités d'utiliser les toilettes à la fin du repas et de s'acquitter, ainsi, d'une partie de la note.C'est du moins ce qu'on raconte, avec un brin d'humour, dans ce nouveau quartier du sud de Stockholm.Et ce n'est pas totalement fou: un millier d'appartements du secteur sont équipés de poêles à biogaz, produits à partir des matières organiques recueillies à l'usine locale de traitement des eaux usées! Bienvenue à Hammarby, ancien port industriel autrefois surnommé «Dallas» tant ses terrains étaient contaminés par le pétrole et autres produits toxiques.Aujourd'hui, le quartier strié de canaux et de rues piétonnières est devenu un modèle de cité écolo, avec ses panneaux solaires, ses bus à piles et ses maisons chauffées à même la chaleur récoltée à l'usine d'incinération des déchets.Ici, le moindre résidu est réutilisé sur place, sous forme d'énergie ou de chaleur.C'est ce qu'on appelle un «cycle écologique fermé».L'objectif est de réduire la consommation d'énergie de moitié par rapport aux autres quartiers.Et ça intéresse bien du monde.Hammarby, c'est le quartier vert d'une ville vert et bleu.À Stockholm, splendide capitale suédoise située au confluent du lac Mälaren et de la mer Baltique, l'eau est si pure que des pêcheurs taquinent la truite en plein coeur de la métropole.L'été, les citadins en quête de fraîcheur n'ont qu'à sortir de chez eux pour faire une saucette.L'ancien maire, Max Hult, avait même pris l'habitude de boire chaque jour un verre d'eau du lac qui borde l'hôtel de ville ! Une ville écolo Ça n'a pas toujours été aussi paradisiaque.«Dans les années 40, on voyait des détritus flotter dans le lac Mälaren», raconte l'échevin Cecilia Obermüller, membre du Parti vert.Puis il y a eu les années 60: l'ère de l'automobile, de Le Corbusier, des vieux quartiers rasés pour faire place aubéton.Stockholm n'yapas échappé.«Les autorités ont fait des choses terribles, mais quand elles ont voulu déraciner des arbres au centre-ville, il y a eu des émeutes, raconte Mme Obermüller.Militaires, jeunes hippies, vieilles dames.tout le monde était là pour protéger ces arbres!» Ce fut peut-être la naissance du mouvement vert suédois.Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, le pays est l'un des plus écolos au monde.Doté d'un ambitieux programme environnemental, Stockholm projette de devenir une «ville durable».Personne ne visite Stockholm sans passer par Hammarby, le plus gros projet de développement urbain que la capitale ait connudepuis des années.Plus d'un millier de politiciens et fonctionnaires municipaux des quatre coins du monde ont exploré l'an dernier le «modèle Hammarby», qui devait être un village olympique si Stockholm avait obtenu les Jeux de 2004.C'est finalement Athènes qui l'a emporté, mais, aux prises avec une explosion démographique, les autorités ont décidé de mettre en oeuvre malgré tout le projet de 3,6 milliardsde dollars.Lorsquelequartier seraachevé, dans une dizaine d'années, il comptera 20 000 résidants.Le Canada s'instruit en Suède Même les Canadiens cherchent l'inspiration suédoise.L'été dernier, une délégation de 40 décideurs municipaux a visité Stockholm.Une partie du modèle de développement durable urbain de la ville sera d'ailleurs intégrée au projet «Toronto Waterfront», qui vise à récupérer le bord du grand lac de la capitale ontarienne.Il faut dire que le Canada a du chemin à faire.Selon une étude dévastatrice publiée en 2002 par l'Université Victoria, les Canadiens génèrent plus de pollution de l'air que les Suédois, utilisent cinq fois plus d'eau, utilisent l'énergie de façon beaucoup moins efficace, génèrent plus de déchets, traitentmoins souvent leurs eaux usées, utilisent plus de pesticides et produisent plus de gaz à effet de serre.Il s'agit pourtant de deux nations nordiques, riches et industrialisées.La différence, c'est que la Suède a une volonté politique de fer.«La Suède a une ambitieuse stratégie nationale pour atteindre la durabilité en une génération, d'ici 2025.Elle a adopté des lois qui fixent des objectifs clairs», lit-on dans l'étude.À Stockholm, par exemple, une zone de péage au centre-ville sera testée à partir de l'été, malgré les vives protestations des automobilistes.Et dans le quartier Hammarby, les immeubles doivent répondre à de stricts critères environnementaux en ce qui concerne les matériaux recyclables et l'efficacité énergétique.«Seuls les politiciens peuvent forcer les constructeurs à prendre ces mesures», dit Erik Freudenthal, du centre d'information environnemental de Hammarby.On ne peut pas compter sur la conscience écologique des citoyens non plus.«Au début, on a tenté d'attirer les acheteurs en faisant la promotion des immeubles écolos, mais on a arrêté après six mois; ce n'était pas un bon argument de vente.Pour quecegenred'initiative fonctionne, il faut que les mesures écologiques soient intégrées aux immeubles, et que les gens n'aient pas à changer leur mode de vie.» À Hammarby, les résidants sont écolos sans s'en rendre compte.Britt- Yvonne Forsberg, 75 ans, a emménagé dans un appartement ensoleillé de Hammarby il y a deux ans.Elle a été attirée par les canaux qui bordent son immeuble, par la tranquillité des lieux.Et l'environnement?Elle hausse les épaules.Ce n'était pas dans ses priorités.«Ce sont de beaux appartements, mais un peu chers.» C'est vrai, leslogements de Hammarby ne sont pas à portée de toutes les bourses.«Bien sûr, ça coûte plus cher», dit M.Freudenthal, qui estime que les coûts de construction d'un immeuble écolo sont de 3% à 5% plus élevés que pour un immeuble ordinaire.«Mais il faut aussi se demander quelle sorte de ville on veut laisser à nos enfants.» Pour tout dire, les Barcelonais n'apprécient guère cette esplanade.Trop froid, disent-ils.Trop de béton.Et surtout beaucoup trop grand, avec sesdimensionséquivalentesà20terrains de soccer.Il faut comprendre que, dans cette ville, «les espaces publics sont très importants.Les gens s'en sentent propriétaires», explique Josep Ramoneda, directeur du Centre de la culture contemporaine de Barcelone.«Les Barcelonais ont une complicité très forteavecleurvilleetsestransformations.Quand on inaugure un parc, le premier week-end, 30 000 personnes vont le visiter pour voir s'il est à leur goût !» Pas comme les JO Josep Acebillo, responsable de l'urbanisme à la ville et maître d'oeuvre de la dernière métamorphose barcelonaise, ne cache pas son irritation face à ces critiques.«Bien sûr, si vous me demandez si c'est à l'échelle d'un espace public méditerranéen traditionnel, je vous répondrai non, mais ce n'était pasl'intention», dit-il, tout en soulignant que son terrain de jeu était bien ingrat.«Il ne faut pas oublier quenous devions composer avec une usine d'épuration et une autoroute!» Reste que ce projet ne suscite pas autant d'enthousiasme que celui des Jeux olympiques \u2014 loin de là.Quand Barcelone a soumis sa candidature, dans les années 80, elle émergeait de 40 ans de dictature franquiste, pendant laquelle la ville s'était développée de façon anarchique, désordonnée et brutale.Il fallait profiter de l'occasion pour reconquérir le front de mer et recoudre le tissu urbain, explique l'architecte Oriol Bohigas, tête de proue de cette grande révolution urbanistique.On a déménagé le port industriel à l'ouest.Ona démoli unquartier délabré pour construire le village olympique, en plein centre-ville plutôt qu'en périphérie, comme le font plusieurs autres villes hôtesses des JO.Enfin, on a érigé une autoroute périphérique, en grande partie souterraine, considérée comme une véritable réussite urbanistique.«Toute la ville était un chantier! », rappelle M.Ramoneda, qui se souvient de l'excitation, de la fièvre générale qui s'était emparée des Barcelonais, à peine libérés du régime du général Franco.«C'était comme une génération qui construit sa maison.» Une maison que l'on visite aujourd'hui avec beaucoup de bonheur.DES ORDURES AVALÉES À 70 KM/H DANS DES CONDUITES SOUTERRAINES.DES POÊLES DÉPENDANTS DES TOILETTES.UN MAIRE QUI BUVAIT CHAQUE MATIN L'EAU DU LAC BORDANT L'HÔTEL DE VILLE! BIENVENUE À STOCKHOLM, UNE CITÉ REPEINTE ENVERT ET BLEU PAR LES POLITICIENS.La reconquête du front de mer BARCELONE suite de la page 1 ENVERT ET BLEU STOCKHOLM Le quartier moderne de Hammarby, qui remplace l'ancien port industriel, applique les dernières trouvailles en matière d'environnement et d'économies d'énergie.PHOTO MARK EARTHY, AP Faites-nous part de vos réactions à commentaires@lapresse.ca EMBELLIRMONTRÉAL VEN> La ville hybride SAM> Les belles étrangères DIM> Le rêve accessible LUN> Les solutions MAR> Les idées des lecteurs Ne manquez pas les propositions de nos finalistes, mardi, et votez pour le projet le plus prometteur à www.cyberpresse.ca/embellir SÉRIE EMBELLIR MONTRÉAL LAMAISONVANHORNE Spécialement construite pour le président du Canadian Pacific, cette somptueuse demeure située au coin des rues Sherbrooke et Stanley est tombée sous le pic des démolisseurs le 8 septembre 1973 pour faire place à un édifice plutôt insignifiant.Ce drame a toutefois fait en sorte que plusieurs maisons ont pu être inscrites au classement de la Commission des biens culturels du Québec. RIMA ELKOURI Bien que le projet d'habitations sans voiture ait connu un certain succès à Amsterdam, l'idée n'a pas vraiment fait boule de neige.«Malheureusement, le développement durable n'est plus pour les politiciens un thème qui permet de marquer des points», observe Jeroen Verhulst, élu du Parti vert.Malgré le scepticisme des politiciens, des experts voient dans ce concept le meilleur antidote à la domination destructrice de la voiture dans les villes d'Europe.Au-delà des grands principes, le projet a le mérite de tout simplement viser juste, note Luca Bertolini, professeur d'urbanisme à l'Université d'Amsterdam et lui-même résidant du GWL-Terrein.«Il y a beaucoup de demande pour ce type d'habitations.Pas tant à cause de l'idéal écolo qui porte le projet.Mais parce qu'il s'agit là d'un bon environnement urbain pour les familles.La plupart d'entre elles déménagent en banlieue.Mais si vous leur donnez ce choix, elles voudront rester en ville.» Ce type de projet rassemble tous les avantages de la ville sans ses inconvénients.Mais pour en tirer profit il faut pouvoir, comme à Amsterdam, compter sur un bon système de transport en commun ainsi que sur des services et des commerces de proximité.Le même projet planté en banlieue, dans un environnement où tout est conçu en fonction de la voiture, serait sans intérêt.Le concept serait-il viableà Montréal ?Jérôme Vaillancourt, directeur de Vivre en ville, organisme québécois prônant le développement durable des agglomérations, croit que oui.«Montréal est une des villes en Amérique où le taux de possession de voitures est le plus bas», souligne-t-il.«Et dans le fond, un quartier sans voiture est juste un quartier où on a une meilleure qualité de vie.» Le projet d'habitations sans voiture d'Amsterdam est l'une des initiatives qui ont intéressé l'équipe de Vivre en ville dans sa recherche de solutions de développement durable à l'étranger.Les élus et les administrateurs montréalais seront-ils inspirés?Apriori, le terrain est propice.Ne resterait plus qu'à y semer quelques graines d'Amsterdam.AMSTERDAM INTERDIT AUX VOITURES ISABELLE HACHEY Ce serait undrame pour les écureuils gris de Montréal.Pour à peu près tous les autres, ce serait merveilleux: une ville sans sacs verts qui traînent dans nos ruelles et régurgitent leur contenu malodorant, l'été, sur nos balcons.Dans plusieurs quartiers de Stockholm, c'est une réalité.La «collecte automatisée des déchets» a été créée il y a plus de 30 ans par l'entreprise suédoise Envac.Engros, les citoyensdéposent leurs déchets dans une borne sur la voie publique, ou dans un videordures à l'intérieur des immeubles.Les sacs sont aspirés dans des conduites souterraines, à 70km/h, avant de tomber dans un grand conteneur, au point de collecte central.«Les nouvelles technologies ont permis des progrès dans plusieurs domaines, mais bizarrement, la collecte des ordures n'a pas changé depuis des centaines d'années, souligne Jonas Törnblom, d'Envac.Déposer les ordures dans les rues pour qu'elles soient ramassées, ce n'est pas très hygiénique.» Avec le système Envac, plus d'odeurs, plus de bennes à ordures pour sillonner les quartiers.et plus d'éboueurs.Le système, entièrement automatisé, est contrôlé à distance.La technologie, qui permet aussi la récupération, coûte cher à implanter (environ 3400$ par logement desservi), mais les frais d'exploitation sont beaucoupmoins élevés, fait valoir M.Törnblom.LES POUBELLES DE L'AVENIR LA VOITURE EST-ELLE UNE DROGUE DONT LE CITADIN NORMALEMENT CONSTITUÉ ARRIVE À SE PASSER?IL SEMBLE BIEN QUE OUI, S'IL FAUT EN CROIRE UNE EXPÉRIENCE MENÉE AUX PAYSBAS.MÊME QU'UNE FOIS «SEVRÉS» DE LEUR VÉHICULE, LES RÉSIDANTS SE RÉJOUISSENT DE POUVOIR FAIRE L'ESSENTIEL DE LEURS DÉPLACEMENTSÀ PIED OUÀVÉLO.STOCKHOLM SUÈDE FINLANDE STOCKHOLM Mer Baltique AMSTERDAM ALLEMAGNE PAYS-BAS AMSTERDAM Mer du Nord UN PROJET À IMPORTER?LA RUMEUR VEUT QUE LE QUARTIER SOIT DEVENU LE THÉÂTRE D'UN VÉRITABLE BABY-BOOM\u2026 PLUS DE 40% DES MÉNAGES INCLUENT DES ENFANTSDEMOINSDE18ANS.CAPITALE: OUI (SUÈDE) MÉTRO: OUI (INAUGURATION 1950) GRANDS ÉVÉNEMENTS INTERNATIONAUX: REMISE DES PRIX NOBEL, JEUX OLYMPIQUES D'ÉTÉ (1912) SYMBOLES, LIEUX TOURISTIQUES: ZOO SKANSEN, PARC GRÖNA LUND POPULATION: 1 091 338 (agglomération) CAPITALE: OUI (CAPITALE POLITIQUE DES PAYS-BAS) MÉTRO: OUI (TRAMWAY AUSSI) GRANDS ÉVÉNEMENTS INTERNATIONAUX: JEUX OLYMPIQUES D'ÉTÉ (1928) SYMBOLES, LIEUX TOURISTIQUES: CANAUX, MAISON D'ANNE FRANK, RIJKSMUSEUM RIMA ELKOURI ENVOYÉE SPÉCIALE PAYS-BAS AMSTERDAM \u2014 «Nous voulons créer un projet d'habitations sans voiture et écologique.Seriez-vous intéressés à y participer ?» Quand un groupe de citoyens d'Amsterdama fait paraître cette petite annonce dans le journal local, il était loin de se douter de l'intérêt que susciterait son projet.Pas moins de 6000 personnes ont répondu à l'appel.C'est ainsi qu'est né, en 1998, le premier projet d'habitations sans voiture («car-free housing») des Pays- Bas.L'idée?Créer une zone résidentielle où les résidants s'engagent, en signant un contrat d'intentions, à respecter la politique verte et sans voiture de l'endroit.«Pas d'autos, donc moins de pollution, moins d'odeurs de tuyaux d'échappement.Ici, les enfants peuvent jouer en paix», résume Joze van Stigt, une des instigatrices du projet dans le district de Westerpark, un quartier d'Amsterdam qui, de par sa distance du centre-ville, est comparable à ce qu'est Villeray ici.Baptisé GWL-Terrain, l'endroit fait six hectares et accueille quelque 600 ménages.La moitié des appartements sont des logements sociaux.L'autre moitié, des propriétés privées.Pour y décourager le plus possible l'usage de l'automobile, on ne trouve qu'un seul espace de stationnement pour trois logements.Et ces espaces sont situés en marge du complexe, afin de nuire le moins possible à la quiétude des lieux.Seuls les véhicules d'urgence sont autorisés à circuler dans la zone sans voiture.«Trois mois après mon arrivée ici, je me suis débarrassé de mon auto et je ne m'en ennuie pas!» dit Henk Bertelkamp, un retraité de la marine hollandaise rencontré dans le très joli café-restaurant Amsterdam, situé au coeur du projet d'habitations.Fait à noter, le succès duprojet repose sur le renoncement volontaire des résidants à posséder une auto.Le contrat qu'ils doivent signer en emménageant dans la zone sans voiture n'en interdit pas explicitement la possession.«C'est juridiquement impossible, explique l'instigatrice du projet.Même si une personne renonce de son plein gré à la voiture, on n'a pas le droit de lui faire signer un contrat en ce sens.» En contrepartie, tout est fait pour inciter fortement les gens à vivre sans voiture privée.Les résidants ont entre autres la possibilité d'adhérer à un programme d'auto-partage, souligne Henk Bertelkamp.«En cas d'urgence ou si j'ai à transporter quelque chose de lourd, je sais que je peux toujours emprunter un véhicule.» Dans les faits, l'auto-partage est tel un programme de méthadone pour les ex-automobilistes pas encore tout à fait «sevrés» de leur voiture.Car la plupart des résidants n'en ont tout simplement pas besoin.La majorité d'entre eux se déplacent à pied ou à vélo.Et comme l'endroit est desservi parunsystème de transport en commun efficace et qu'il dispose de pistes cyclables, la quasi-absence de voitures n'y est pas perçue comme un handicap.Bulle verte dans la ville Normes de construction écologiques, toits verts, consommation réduite d'eau, jardins communautaires, gestion des déchets\u2026Tout dans ce projet d'habitations sans voiture a été conçu dans une perspective de développement durable.«Je n'avais jamais recyclé quoi que ce soit avant d'habiter ici!» dit Henk Bertelkamp, qui ne connaissait rien des visées écologiques du projet quand il l'a visité pour la première fois.Finalement, dit-il, il est devenu écolo sans le savoir.«Ce que j'aime surtout ici, c'est la qualité de vie, dit Corine Marseille, travailleusesocialede42ans.Mesenfants peuvent jouer dans un environnement sûr et tranquille.» Avec ses jardins et ses grandes aires de jeux, l'endroit est telle une bulle verte au milieu de la ville, ajoute-t-elle, en nous faisant visiter son jardin.«Même si j'habite dans un appartement, je peux planter mes choux et faire pousser des fraises.» Corine Marseille va jusqu'à dire que le projet d'habitations sans voiture a changé sa vie.«Le sens de la communauté est plus fort ici, dit-elle.On partage des valeurs communes.On devient plus conscient de notre environnement.» CONSTRUIRE VERS L'INTÉRIEUR ISABELLE HACHEY Le quartier Hammarby s'inscrit dans la stratégie urbanistique de «construire vers l'intérieur» de Stockholm afin d'éviter l'étalement urbain.Aux prises avec une forte expansion démographique, la capitale suédoise prévoit construire entre 40 000 et 70000 nouveaux logements en réutilisant des terrains industriels désaffectés et en augmentant la densité des zones urbaines plutôt qu'en continuant de s'étendre à la campagne.Pour y parvenir, chaque mètre carré compte.Des terrains de stationnement seront par exemple démolis pour ériger des appartements.«Nous prévoyons même construire des villas sur les toits des maisons», dit la conseillère municipale Cecilia Obermüller.Ce n'est pas très bon marché, mais c'est une belle idée !» LE CHÂTEAU DE RAMEZAY Deux projets de démolition ont visé le Château de Ramezay, le premier au 19e siècle et le second dans les années 20.Sa démolition aurait permis le passage d'une route.Son classement en 1929, le premier dans l'histoire de la Commission des biens culturels, l'a finalement sauvé.2.Les belles étrangères PHOTO JAN BOEVE, COLLABORATION SPECIALE Westerpark, le nouveau quartier vert d'Amsterdam, permet aux familles avec enfants de vivre en ville avec les avantages de la banlieue.POPULATION: 1 850 467(agglomération) SÉRIE EMBELLIR MONTRÉAL L'HÔTEL WINDSOR Trônant au coin de René-Lévesque et Peel, l'hôtel Windsor a perdu de gros morceaux lorsque, dans les années 60, on décida d'en démolir une grande partie.Transformée en stationnement pendant quelques années, la partie vacante a cédé sa place à un édifice à bureaux.En plus de stabiliser la température ambiante, les toits verdoyants contribuent à embellir Tokyo, où les espaces verts font cruellement défaut.PHOTO REUTERS TOKYO CULTIVE SES TOITS.ET RESPIRE TOKYO EST L'UNE DES PLUS GRANDES VILLES AU MONDE, L'UNE DE CELLES OÙ LE MÈTRE CARRÉ SE VEND LE PLUS CHER.C'EST AUSSI UNE VILLE QUI S'AFFAIRE À CORRIGER LES ERREURS DU PASSÉ.AINSI, POUR RÉDUIRE LA CHALEUR ET MULTIPLIER LES ESPACES VERTS, LA CAPITALE NIPPONE OBLIGE MAINTENANT LES NOUVEAUX ÉDIFICES À CULTIVER LEUR TOIT.LEVEZ LA TÊTE: OASIS HAUTDEVANT! NATHALIE COLLARD ENVOYÉE SPÉCIALE JAPON TOKYO\u2014 «À votre gauche, vous avezunjardin traditionnel japonais.Àvotre droite, une petite rizière.» Non, il ne s'agit pas de la visite d'une ferme japonaise ni d'une balade dans une lointaine campagne bucolique.Nous sommes en plein coeur de Tokyo, plus précisément dans Roppongi Hills, un quartier huppé de la ville, favori des étrangers et des jeunes gens riches, qui le fréquentent à toute heure du jour et de la nuit pour ses restaurants et ses bars branchés.Niché entre un complexe commercialde luxeet des appartements haut de gamme, le «toit vert» du complexe Keyakizaka, un des plus beaux de Tokyo, est unbel exemple de l'expérience qui se déroule depuis quatre ans dans la capitale nippone.Sur ce toit, on trouve un grand jardin, un potager, un petit plan d'eau et une rizière.«On invite les enfants du quartier à venir planter du riz, qu'ils viennent récolter à la fin de la saison.Ils en font des boules et les mangent sur place.Ils trouvent cela très amusant», explique la jeune femme qui anime le tour guidé de Roppongi Hills, seule façon d'accéder à ce fameux toit autrement fermé au public.Certains édifices publics, des musées ainsi que des hôpitaux, ont également pris le virage vert.C'est le cas, entreautres, de l'hôpital international St.Luke.Le toit y a été transformé en immense jardin avec chemin pavé, où les patients peuvent prendre l'air et même suivre des cours de jardinage! Réduire la chaleur Adoptée en 2001, la politique des toits verts de Tokyovised'abord à réduire le problème de chaleur intense qui empoisonne la vie des Tokyoïtes durant la saison estivale.Elle oblige tout nouvel édifice d'une superficie de 1000 mètres carrés et plus (250 mètres carrés lorsqu'il s'agit d'un édifice financé par les deniers publics) à consacrer 20% de la superficie de son toit à la verdure (arbres, fleurs ou pelouse).Ces végétaux absorbent la chaleur et contrent la réflexion des rayons du soleil.«Au cours des 100 dernières années, la température moyenne est passée de 14 à environ 16,3 degrés», note Yudo Nishida, qui est responsable de l'application de la politique au bureau de l'environnement du gouvernement métropolitain de Tokyo.L'été, on observe plusieurs zones de chaleur intense.La température moyenne peut facilement atteindre 38degréset, selon une étude menée par l'Australian Broadcasting Company (ABC), elle pourrait grimper jusqu'à 43ºC d'ici 2030! «La nuit, on parle de températures tropicales, poursuit Yudo Nishida.Le mercure refuse de descendre sous la barre des 25º.C'est unphénomène très inquiétant.» À un point tel que, au cours des dernières années, on a même vu apparaître certaines espèces de plantes tropicales ainsi que des insectes jusque-là inconnus des habitants de Tokyo.Or selon l'Organization for Landscape & Urban Greenery Technology Development, si la moitié des toits de Tokyo étaient transformés en jardins, la température baisserait de 0,84ºC, réduisant ainsi les dépenses en frais de climatisation de 110 millions de yens (1,28 million de dollars canadiens) par jour ! Des critères précis Avant d'entreprendre les travaux, le constructeur d'un nouvel édifice doit soumettre son plan au bureau de l'environnement de Tokyo, qui l'évaluera à l'aide d'un système de pointage basé sur plusieurs critères: laperformanceénergétique (isolation, économie et renouvellement de l'énergie), l'utilisation de matériaux recyclés de longue durée, etc.Les plans soumis par le constructeur sont publics et les citoyens sont invités à les consulter, sur place ou en visitant le site Internet du gouvernement métropolitain de Tokyo.Une fois le plan approuvé, le constructeur a droit à des subventions.La Ville songe aussi à offrir une réduction fiscale en contrepartie de l'achat de l'équipement spécialisé nécessaire à la construction de toits verts.Bref, la volonté politique est là.Et le nouveau règlement donne des résultats: entre 2001 et 2003, on a aménagé 36 hectares de toits verts dans la ville.En plus de réduire ou, à tout le moins, de stabiliser la température ambiante, ces toits verdoyants contribuent à embellir Tokyo, où les espaces verts publics font cruellement défaut.L'immense parc qui occupe le centre de la ville est la propriété de l'empereur et n'est pratiquement pas accessible au public.«C'est désolant, regrette le professeur Yukio Nishimura, de l'Université de Tokyo, une sommité mondiale en matière de protection du patrimoine.Jusqu'au 9e siècle, l'empereur habitait Kyoto.Ce n'est pas très populaire de dire cela chez nous, mais il devrait y retourner et cet immense parc devrait être accessible à tous.» Vers verts Pour l'instant, Tokyo compte seulement trois mètres carrés de parc par habitant, alors que New York et Londres en ont 10 fois plus.«La ville est en déficit de verdure, confirme Yudo Nishida, qui a été séduite par l'idée des toits verts lorsqu'elle étudiait la planification urbaine à l'Université Harvard.Prochaine étape, à laquelle Mme Nishida travaille sans relâche: étendre la politique des toits verts aux édifices déjà existants.«C'est un projet qui se heurte à de nombreux obstacles, reconnaît la jeune femme.Les toits de ces édifices n'ont pas été construits dans l'optique de soutenir un jardin; ils ne répondent pas aux normes techniques qu'exige une telle installation, alors il faut trouver des façons de les transformer sans que cela coûte une fortune.» Afin d'établir de nouveaux critères qui guideront les propriétaires de ces immeubles, Yudo Nishida a donc entrepris un projet pilote sur l'un des toits de l'édifice dugouvernementmétropolitain de Tokyo, un ensemble que les Tokyoïtesadorentdétester.Conçu par l'architecte Kenzo Tange, il est situé dans le quartier Shinjuku, au coeur de la capitale.Le toit vert en question occupe 890 mètres carrés et accueille 20 000 plantes de 19 variétés différentes.L'expérience est-elle concluante?«J'ai dû faire face à quelques problèmes, avoue Yudo Nishida en éclatant de rire.Des petits vers se sont infiltrés partout dans l'édifice du gouvernement de Tokyo, jusque dans la salle de congrès.Il y a également eu des infiltrations d'eau.Disons que je ne suis peut-être pas l'employée la plus populaire de l'édifice en ce moment.» CERTAINS ÉDIFICES PUBLICS, DES MUSÉES AINSI QUE DES HÔPITAUX, ONT ÉGALEMENT PRIS LE VIRAGE VERT.NATHALIE COLLARD TOKYO\u2014 Comment remettre de l'ordre dans le fouillis visuel de Tokyo?Comment imposer un minimum de planification dans une ville qui s'est développée de façon anarchique depuis la Seconde Guerre mondiale?«Il y a plusieurs obstacles, répond Yukio Nishimura, professeur à la faculté de génie de l'Université de Tokyo.Nous avons tendance à démolir les maisons, qu'elles aient ou non une valeur historique ou patrimoniale.Quand les gens héritent d'une maison, les impôts sont tellement élevés que les héritiers préfèrent vendre.Les acheteurs démolissent et reconstruisent sur le terrain, qui, lui, vaut très cher.» Autre problème : les maisons de Tokyo ont une durée de vie d'environ une trentaine d'années.«Après la guerre, onaconstruit desmaisonspeucoûteuses, explique le professeur de planification urbaine, qui est égalementvice-président du Conseil International desmonuments et des sites (ICOMOS).La moitié de la ville avait été détruite, on a reconstruit rapidement en utilisant des matériaux de qualité médiocre.» «Dans les années 60 et 70, on a assisté à l'arrivée massive des gens de la campagne, poursuit le professeur Nishimura.Il a fallu installer des infrastructures.On s'est retrouvé avec un problème de densité de population, puis de congestion routière.Il est devenu de plus en plus difficile de planifier le développement de façon harmonieuse.» Freiner la construction sauvage Jusqu'à l'été dernier, les règlements encadrant la construction de nouveaux édifices n'avaient pas beaucoup de dents.Rien n'empêchait par exemple un promoteur d'ériger une tour à bureaux derrière un temple ancien.Et pour sauver certains vieux édifices du pic des démolisseurs, on a accouché de solutions parfois bizarres, comme cet édifice en construction lors du passage de La Presse sur le campus de l'Université de Tokyo, érigé sur pilotis par-dessus l'édifice historique.Dans une société reconnue pour sa quête d'harmonie, c'est la plupart du temps le chaos.Les choses pourraient toutefois changer.Le 17 juin dernier, le Japon a adopté deux nouvelles lois, beaucoup plus sévères, qui encadrent la construction de nouveaux édifices tant à la ville qu'à la campagne.Dorénavant, les promoteurs devront soumettre leurs plans avant de pouvoir commencer les travaux.«La hauteur, la superficie, la couleur et la forme du bâtiment seront examinés de près, affirme le professeur Nishimura, qui a participé à l'élaboration de la loi.Avant, il n'y avait pas de sanctions pour les promoteurs délinquants.Cette nouvelle loi impose des normes et fournit aux autorités un appui judiciaire.» Ceux qui ne se soumettront pas à la loi risquent une amende ainsi qu'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an.Une autre loi régira l'affichage, une bonne nouvelle pour les habitants de grandes villes comme Tokyo et Osaka, dont la vue est carrément polluée par l'orgie de panneaux et d'enseignes.EMBELLIR TOKYO UN PÂTÉDE MAISONS À LAFOIS POPULATION: 33 413 000 (AGGLOMÉRATION) CAPITALE : OUI MÉTRO: OUI (AUSSI MONORAIL) GRANDS ÉVÉNEMENTS INTERNATIONAUX: JEUX OLYMPIQUES D'ÉTÉ (1964) SYMBOLES, LIEUX TOURISTIQUES: TEMPLE ASAKUSA, AVENUE MEIJI, COMPLEXE ROPPONGI HILLS Mer du Japon JAPON TOKYO LEPROJETDEDÉMOLITIONDEL'HÔTEL RASCO On a déjà envisagé la démolition de cet hôtel construit en 1834 (où Charles Dickens descendit) et longtemps considéré comme le plus luxueux du pays afin d'agrandir le stationnement situé près du Château de Ramezay.2.Les belles étrangères Portland fourmille d'organismes qui veulent un développement urbain harmonieux.Ville américaine typique, elle est devenue une métropole dynamique, qui a de l'énergie à revendre mais aussi de quoi inspirer les flâneurs.PHOTO GREG WAHL STEPHENS, COLLABORATION SPÉCIALE MIEUX QUE LE RÊVE AMÉRICAIN ALEXANDRE SIROIS ENVOYÉ SPÉCIAL PORTLAND, Oregon - Pendant un bref instant, en ce frisquet lundi soir de janvier, on a l'impression d'assister à une conférence des Grands Explorateurs.Une quarantaine de personnes s'extasient devant l'image d'une rue italienne bondée, projetée sur le mur nu d'un local en rénovation dans le sud-est de la ville.Ces spectateurs ne sont toutefois pas alléchés par la perspective d'un voyage à Rome.Ce qui suscite leur enthousiasme, c'est l'idée de faire naître des places publiques à Portland, en Oregon.Des lieux de rencontre dont les grandes capitales européennes regorgent, mais qui sont denrée rare aux États-Unis.Bob Newfait partie de ce groupe de jeunes - ils ont presque tous moins de 35 ans.Lui-même trentenaire, coiffé d'une tuque verte en tricot, il aurait un visage de poupon sans sa moustache et sa barbiche.M.New est le gestionnaire de l'organisme The City Repair Project, hôte de cette rencontre d'information.«Le rêve américain traditionnel, c'est d'avoir une maison, des enfants, une auto et un emploi stable.Je pense que les gens réalisent de plus en plus que la vie, c'est davantage que ça.C'est aussi avoir un sens de la communauté», dit-il.La marque de commerce de son organisme, c'est la «réparation d'intersections ».Une dizaine l'ont été depuis la fin des années 90.La recette est simple : on pousse les habitants d'un quartieràseregrouper pour transformer une intersection en place publique.À celle où Bob Newnous mène au lendemain de larencontre, par exemple, un immense soleil a été peint sur l'asphalte.Aux quatre coins, on a installé des barils de plastique dans lesquels on a semé des plantes.Sur le terrain de maisons avoisinantes, une fontaine et des bancs ont été construits.Et un tableau d'affichage vitré permet maintenant la diffusion de messages d'intérêt public.Amoureux de leur ville Le City Repair Project est loin d'être l'exception qui confirme la règle à Portland.Cette ville de la côte Ouest fourmille d'organismes qui veulent undéveloppement urbain harmonieux.Les citoyens de Portland aiment leur ville, et bon nombre d'entre eux font preuve d'un grand intérêt pour tout ce qui la touche.«Ce qui me frappe, c'est que les gens ont l'impression de faire partie de cet endroit», dit Connie Ozawa, professeur au département d'études urbaines et planification de la Portland State University.Mme Ozawa est arrivée à Portland il y a une dizaine d'années, et semble encore sous le choc de ce qu'elle y a découvert.Elle raconte entre autres comment elle a failli tomber de sa chaise lorsque son dentiste lui a demandé son avis sur la façon dont la ville limite la croissance urbaine.«J'étais complètement ébahie.Même ma famille en Californie ne sait à peu près pas ce que je fais dans la vie, ni ce qu'est la planification urbaine », dit-elle.Récemment, un observateur de la société américaine, Robert Putnam, rapportait que les habitants de Portland sont de trois à quatre fois plus susceptibles que les autres Américains de s'investir dans leur communauté.Tous les experts rencontrés par La Presse à Portland, sans exception, ont affirmé que cet engagement est l'une des raisons premières du dynamisme de cette ville de plus de 600 000 habitants et de sa métamorphose des 30 dernières années.«Dans les années 70, Portland était une ville américaine typique, traversant une périodedifficile.Degrandes parties de son centre-ville étaient en voie d'être transformées en stationnements dans le but d'imiter la banlieue qui attirait les citoyens», raconte Ethan Seltzer, directeur du département où travaille Mme Ozawa.Aujourd'hui, c'est devenuunemétropole dynamique, qui a de l'énergie à revendre, mais aussi de quoi inspirer les flâneurs.Une ville dont le centre est un véritable pôle d'attraction, et pas seulement en semaine avant 17h, ce qui est fort peu commun aux États- Unis.Limiter l'étalement urbain Tout à Portland semble susceptible d'être cité en modèle pour le reste du pays.Ses quartiers industriels ont été revitalisés, et on se bat maintenant pouryhabiter.Son systèmede transport en commun (autobus, tramway et train léger) est d'une efficacité telle qu'il a fait chuter le nombre de kilomètres parcourus annuellement par les automobiles.Sans compter que ses espaces verts, font l'envie de bien d'autresmétropoles.Le tout assorti de nombreux cafés et microbrasseries, et de la plus importante librairie des États-Unis.On pourrait croire que tout a été pensé à Portland pour le bien-être des habitants et le bon fonctionnement de la vie urbaine, et on n'aurait pas tort.Encouragés par les citoyens, l'État et la ville ont fait de la planification du développement urbain une priorité, ce qui est un autre des secrets du succès de la ville.Ainsi, au début des années 70, l'Oregon a sommé les villes d'instaurer ce qu'on appelle les Urban Growth Boundaries, destiné à imposer des limites géographiques à leur développement.«La planification a été efficace pour mettre sur pied un système de transport régional et pour fournir des normes de développement adaptés à la croissance de la population, généralement rapide sur la côte Ouest», explique David Bragdon, le président de Metro, l'agence régionale qui gère ce programme.«Contenir le développement en limitant la croissance urbaine est la vraie distinction avec d'autres villes des États-Unis, qui se sont étendues sur une large zone géographique.Ici, cela a été contenu et canalisé vers la ville-centre pour assurer sa revitalisation », préciseM.Bragdon.Cela signifie aussi que des efforts inouïs sont déployés pour faire grimper la densité de population de la zone urbaine, ce qui a bien sûr un impact sur son dynamisme.Un parc, pas d'autoroute Portland s'est aussi doté d'un plan pour le développement de son centreville, ce qui a également été «extrêmement important», indique M.Seltzer.Là encore, la mobilisation citoyenne a joué un rôle crucial.C'est qu'à la fin des années 60 on a cherché à élargir Harbor Drive, une autoroute située en bordure de la rivière Willamette qui coule au centre de la métropole.De nombreux habitants ont protesté haut et fort contre cette modification.Avec succès.Non seulement le changement n'a pas été autorisé, mais les auteurs du plan de développement ont proposé de remplacer l'autoroute par un parc.C'est aujourd'hui l'un des endroits les plus agréables de Portland.Parallèlement, dans les années 70, un projet d'agrandissement d'un stationnement de deux étages en plein coeur du centre-ville a été éliminé.On a plutôt rasé le complexe pour le remplacer par une place publique, le Pioneer Square.Il s'agit maintenant d'un lieu de rassemblement populaire.Il y a quelques années, on a célébré le 25e anniversaire du plan de développement ducentre-ville, revu et amélioré dans les années 90.«Imaginez : 500 personnes se sont rassemblées pour commémorer non pas un événement politique ou une inauguration, mais l'anniversaire d'un plan», s'exclame M.Seltzer.Il en parle encore aujourd'hui non seulement comme la preuve du succès duplan, mais comme si c'était aussi le symbole ultime du caractère unique de Portland et de ses citoyens.RARES SONT LES VILLES AMÉRICAINES OÙ IL FAIT AUSSI BON VIVRE QU'À PORTLAND.CETTE MÉTROPOLE, QU'ON JUGEAIT QUELCONQUE IL Y A À PEINE 30 ANS, S'EST MÉTAMORPHOSÉE.À LA BASE DE CE SUCCÈS : UNE PLANIFICATION RÉUSSIE, MAIS AUSSI UNE VÉRITABLE HISTOIRE D'AMOUR ENTRE LES HABITANTS ET LEUR VILLE.TOUT À PORTLAND SEMBLE SUSCEPTIBLE D'ÊTRE CITÉ EN MODÈLE POUR LE RESTE DU PAYS.SES QUARTIERS INDUSTRIELS ONT ÉTÉ REVITALISÉS, ET ON SE BAT MAINTENANT POUR Y HABITER.C'est le nombre de villes qui ont participé l'an dernier à la journée sans voiture.Cet événement international, lancé par la France en 1998, est surtout célébré en Europe.En dehors du Japon, du Canada et du Brésil, l'Asie et l'Amérique continuent d'ignorer cetteindispensablefêtepiétonnière.POPULATION: 2 275 095(agglomération) CAPITALE : NON MÉTRO: NON (SYSTÈME LÉGER SUR RAIL ET TRAMWAY) GRANDS ÉVÉNEMENTS I NTERNATIONAUX: NON SYMBOLES, LIEUX TOURISTIQUES: MONT ST-HELENS (À L'HORIZON), JARDINS ORIENTAUX PORTLAND Océan Atlantique ÉTATS-UNIS PORTLAND ACTUEL Alexandra et Jérôme RAFAELE GERMAIN JE T'AIME MOI NON PLUS COLLABORATION SPÉCIALE Prenez d'abord une femme.Faisons-la jeune, et plutôt jolie \u2014 en fait, elle serait belle, même très belle si elle n'avait pas ce petit air un peu coincé qui la caractérise si bien.Sa mère le lui a toujours dit, d'ailleurs: « Alexandra, laisse-toi donc aller un peu plus.» D'après moi, la mère d'Alexandra ne savait peut-être même pas exactement ce qu'elle voulait dire par « laisse-toi aller ».Voulait-elle que sa fille se sente plus libre, qu'elle ose plus de choses, qu'elle cesse de s'imposer des barrières ?Un peu de tout cela, sans doute.Je ne crois pas pourtant que ce soit par manque de volonté ou par crainte qu'Alexandra a toujours préféré la réserve à l'abandon.Non, elle est tout simplement mieux ainsi.Elle aime sa petite vie calme et rangée, et entretient un certain mépris (sur lequel elle « travaille », par contre : Alexandra a toujours méprisé le mépris) pour ce qu'elle appelle, selon une expression dont elle n'est pas peu fière « le tout-crochisme ».Si vous voulez la visualiser, je vous la décrirais ainsi : elle a des traits fins, et est toute menue, cinq pieds trois et à peine 105 livres, un beau petit corps qu'elle n'arrive même pas à cacher dans les tailleurs cintrés qu'elle porte pour aller travailler à son bureau du centre-ville, dans une grande banque.Elle est brune, de cheveu, d'oeil et de peau\u2014à la petite école de Joliette où elle a fait son primaire, les autres enfants l'appelaient « la squaw ».À quelqu'un qui tiendrait à un peu mieux la connaître, je dirais qu'elle aime Marie Laberge et Anna Gavalda, mais que son roman préféré reste Volkswagen Blues.Elle aime la musique des îles et la danse, mais pas trop souvent.Elle a essayé d'apprendre à faire à manger, mais c'est une activité qui l'ennuie un peu \u2014ainsi même si elle fait attention à son alimentation, elle a tendance à collectionner les cartons vides de surgelés et les factures de restaurant.Elle adore le cinéma.Souvent, elle y va seule, pour pleurer à son aise.Maintenant prenez un homme.Le genre qu'on ne remarque pas vraiment, du moins pas au premier coup d'oeil.Il a un petit ventre sans être gros, et plus un poil sur le caillou malgré ses 33 ans.Pourtant, en s'approchant, on sera frappé par le souple dessin de ses lèvres et par la couleur de ses yeux : une sorte de vert bouteille qu'on voit rarement, qui ne tient ni du bleu ni du brun \u2014 une couleur unique.Jérôme, appelons-le ainsi, est avocat.Il n'a jamais cru avoir beaucoup d'envergure.Adolescent, alors que ses camarades faisaient leur premières expériences avec la drogue, la bière et les filles, Jérôme lisait le Seigneur des Anneaux dans sa chambre.Pour la septième fois.Sa mère lui criait souvent de sortir de là, ou à la rigueur d'aérer ce « trou qui sent les pieds », mais Jérôme refusait : il était bien dans la moite quiétude de sa chambre, dans le refuge peuplé d'elfes qu'il s'était construit (elfes qui, selon moi, étaient généralement féminins et venaient le visiter tard le soir, dans la généreuse pénombre de son imagination).Tout cela pour vous dire que Jérôme, au bout du compte, a été drôlement surpris d'être recruté par une des meilleures firmes d'avocats de Montréal.Il n'aurait jamais cru, c'est ce qu'il s'évertue à répéter à ses amis.Et si vous le voyiez, vous penseriez la même chose.Jérôme est ce genre d'homme qui crée autour de sa personne un consensus : « Il n'a l'air de rien.» Que pourrais-je vous dire de plus à son sujet ?Qu'il aime le bon vin et les chocolats fins, les feux de foyer et la musique baroque.Qu'il garde dans ses bureaux de petites figurines d'étain représentant ses personnages préférés du Seigneur des Anneaux, de Dune et de Hyperion.Qu'il adore faire à manger, la fin de semaine, quand il peut enfin se détendre et recevoir ceux qu'il aime.Jérôme et Alexandra se sont rencontrés à l'université, en 1995, lors d'une soirée « pizza bière » qui réunissait des étudiants de divers départements.Ce n'était pas la première à laquelle ils assistaient \u2014 ils aimaient tous les deux l'espèce d'anonymat qui venait avec ces soirées, le fait que passé une certaine heure, tout le monde se ressemblait plus ou moins.Si on me demandait mon avis, je dirais que c'est Alexandra qui a vu Jérôme en premier.Qu'elle l'a aperçu près du bar et qu'elle lui a souri poliment \u2014 puis qu'elle a remarqué la couleur de ses yeux, ou alors la douceur de son sourire, et qu'elle a choisi de l'aborder.Alexandra ne voulait pas avoir l'air de draguer Jérôme, de cela je suis certaine.Elle voulait simplement engager la conversation avec ce jeune homme qui, comme elle, ne semblait pas exactement à sa place au milieu de la frénésie alcoolisée de cette soirée.Mais ne vous méprenez pas : Alexandra et Jérôme ne sont pas devenus amants ce jour-là.Ni le jour suivant d'ailleurs, et encore moins le mois d'après.Par contre, ils sont devenus de grands amis.Ils se faisaient rire, tous les deux \u2014 ils parlaient de leurs difficultés respectives à « faire partie de la gang », de leur indifférence face à ce grégarisme étudiant qui, selon votre point de vue, leur répugnait ou leur faisait peur.Il leur a fallu une bonne année avant de se retrouver ensemble.Imaginons que ça s'est passé chez Jérôme, après un bon souper préparé par lui.Qu'ils ont commencé à regarder un des films préférés d'Alexandra et qu'ils se sont embrassés au beau milieu d'une scène, parce qu'ils n'en pouvaient plus, tout les deux, de ces moments passés seul à seule avec en tête une même idée : « Je ne serai jamais aussi bien avec quelqu'un d'autre.» C'est une idée qui les a menés loin : au bout de trois ans de relation, ils se sont acheté une maison, dans un nouveau quartier de Terrebonne.Ils étaient bien ensemble, absolument bien.Et Jérôme le répétait à qui voulait bien l'entendre : je vis avec ma meilleure amie.Et d'après moi, c'est lui aussi qui a été le premier à avoir un doute.Il voyait leur maison propre et rangée, leurs soirées prévisibles et plaisantes, leur cacatoès névrosé qui s'arrachait compulsivement les plumes, leur confort facile, et les regards parfois absents d'Alexandra quand il lui parlait, le matin, alors qu'elle faisait ses mots croisés.Elle avait ses doutes, elle aussi, mais ils étaient moins précis.Je pense qu'elle se serait contentée longtemps de ce doux arrangement qu'ils avaient, n'eût été sa mère qui lui répétait souvent «ma fille, tu ne peux pas faire ta vie avec ton meilleur ami» \u2014et là-dessus, Alexandra trouvait que sa mère avait sans doute raison.C'était une idée qui lui faisait de la peine, qui la blessait profondément, parce qu'elle se répétait 20 fois par jour qu'elle aimait Jérôme complètement, parfaitement, et si simplement \u2014même si elle le voyait devenir vague quand elle parlait d'enfants à venir et qu'elle s'apercevait que ça la soulageait, parce qu'elle aussi avait de la difficulté à s'imaginer enceinte de lui.Et pourtant, se disaient-ils tous les deux dans leurs solitudes, nous sommes si bien ensemble.Si bien.Mais une phrase s'ajoutait toujours : « Nous ne sommes QUE bien.» Ils ne le disaient pas tous les deux, mais ils rêvaient d'histoires belles comme au cinéma, belles comme ses elfes à lui et comme ses histoires déchirantes à elle.Ont-ils eu tort de se séparer ?Je dirais qu'ils vont se poser longtemps la question \u2014toute leur vie peut-être, selon ce que l'avenir leur réserve.Mais pour le moment, je crois qu'ils s'endorment le coeur étrangement plein.Questions ?Commentaires ?Vous pouvez écrire à Rafaële Germain à actuel@lapresse.ca ou au 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y1K9 Alexandrane voulait pas avoir l'air de draguer Jérôme, de celaje suis certaine.Ellevoulait simplement engager laconversationavec ce jeune hommequi, comme elle, ne semblait pas exactementàsaplace aumilieude lafrénésie alcoolisée de cettesoirée.Un amour né de la tragédie du tsunami Appelez-nous en premier 1 866 461-2232 Du lundi au vendredi, 8 h 30 à 18 h, HNE Visitez notre site www.acfc.gc.ca LA SOURCE objective de renseignements financiers Avant de prendre une décision importante au sujet d'un compte, d'une carte de crédit ou d'un autre produit financier, vous devriez connaître tous vos droits et obtenir des renseignements objectifs.L'Agence de la consommation en matière financière du Canada est une source impartiale de renseignements GRATUITS qui offre aux consommateurs canadiens, comme vous, les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées en matière financière.BRANCHEZ-VOUS À LA SOURCE.3299894A AGENCE FRANCE-PRESSE BANGKOK \u2014 L'étudiante britannique d'Oxford et l'instructeur thaïlandais de varappe n'avaient a priori ni les mêmes buts ni les mêmes ambitions dans la vie, mais depuis qu'il l'a soignée après le tsunami dans l'île de Phi Phi, ils s'aiment et ne rêvent que de vivre ensemble.La rencontre de l'habitant de l'île thaïlandaise, Pratheep Janthamanee, et de Naomi Bowman, étudiante d'Oxford qu'il a secourue à l'hôpital, était aussi improbable que la survie de la jeune Britannique.Mais depuis qu'elle a frôlé la mort, ils veulent tous les deux bâtir leur avenir dans l'île de Phi Phi.« Nous sommes très amoureux », explique à l'AFP Pratheep, 30 ans, alors qu'il vient d'obtenir un visa à l'ambassade de Grande-Bretagne pour rejoindre la jeune femme.Naomi Bowman se trouvait seule en vacances dans l'île le 19 décembre lorsqu'elle a rencontré Pratheep.« Elle était très jolie, si ouverte, si sympathique, se souvient Pratheep, je lui ai offert une bière et on a discuté », dit-il.Au moment où naissait leur histoire d'amour, la catastrophe a frappé l'île.Naomi se trouvait sur la plage quand les murs de vagues se sont abattus sur l'île.Pratheep, qui était au village dans sa boutique, n'a rien eu.Dès que les eaux ont reflué, il s'est lancé dans la recherche frénétique de son amie, refusant d'envisager le pire.Finalement, le 29 décembre, il l'a retrouvée dans un hôpital à plus de 300 km.Pratheep, qui n'a jamais fini le lycée, n'est pas inquiet du fossé culturel avec la future diplômée de l'une des plus prestigieuses universités au monde.« Cela n'a aucune importance pour nous, assure-t-il, nous sommes différents mais nous devons trouver un moyen de vivre ensemble.Je suis certain qu'on peut y arriver.» / 322 021,1113 ?2;1A2&9 603 &/'A/43 %& , &52 6& - @03 &/'A/43 0/4 &/42& 5 VC?=?>EL AF: D5 4O=1CAF5 @1C 61>ED C5E:C5C?>E 45 35 DO;?FC F>5 5H@OC:5>35 :>?F25 4:D3:@5 AF: EOC5DD5 E?FE 5> 4O3?FGC1>E 45 >?FG51FH 1=:DT '=18:>5 VC?=?>E C58C?F@5
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