La presse, 3 avril 2005, Cahier A
[" Montréal dimanche 3 avril 2005 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 75¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 121e année no 160 96 pages 5 cahiers Pluvieux, Max.10Min.3 1 26999$ - Appareil photo numérique - Résolution de 4 mégapixels - Zoom 4x optique - 20 modes de prise de vue - Écran ACL de 1,8\" 37999$ BEAUBIEN Val i d e j u s q u' a u 17 avr i l 2005 Les photos peuvent d i f f é r e r - Boîtier reflex numérique - Résolution de 8 mégapixels - Avec objectif 18-55 mm - Capteur CMOS - ISO de 100 à 1600 23999$ - Résolution 9 600 x 2 400 ppp - Goutelettes de 1 picolitre - Encre ContrastPLUS - Photo sans marge 4'' x 6'' en 36 sec.3281511A NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX > ROME > CRACOVIE > PARIS > NEW YORK > WASHINGTON Acteur de l'histoire 1920-2005 Jean-Paul II a été miné par la maladie comme le Christ a porté sa croix.Hier, son calvaire a pris fin.À 21h37, heure de Rome, l'inlassable pèlerin a entamé son dernier voyage.JEAN-PAUL II ESTMORT RETOUR SUR LES ACTES D'UNE VIE GRAND FORMAT 44 PAGES DONT UN CAHIER HOMMAGE À CONSERVER À LIRE LA CHRONIQUE DE STÉPHANE LAPORTE A7 NOS LECTEURS RÉAGISSENT PAGES FORUMA24 À A27 PHOTO MAX ROSSI, REUTERS «IL ÉTAIT UN INFATIGABLE AVOCAT DE LA PAIX.» \u2014Kofi Annan secrétaire général de l'ONU «CE SOIR, NOUS NOUS SENTONS TOUS ORPHELINS.» \u2014Le cardinal Leonardo Sandri sous-secrétaire d'État au Vatican «UN CHEF SPIRITUEL ET UN VÉRITABLE APÔTRE DE LA PAIX.» \u2014Paul Martin premier ministre du Canada JEAN-PAUL II 1920-2005 ISABELLE HACHEY vec sérénité, le pape Jean-Paul II attendait la mort.Allongé dans un grand lit blanc orienté vers la place Saint-Pierre, où 60 000 fidèles priaient et chantaient pour lui, il est resté lucide jusqu'à la fin.Sa fièvre n'était pas tombée depuis le matin.Son souffle était faible, presque imperceptible.À 21h37, il a rendu l'âme en tenant la main de son secrétaire particulier, celui qui l'a accompagné durant tout son remarquable pontificat, l'archevêque polonais Stanislaw Dziwisz.Les cloches des églises de Rome se sont mises à sonner.Parmi les fidèles réunis sur la place, plusieurs se sont effondrés en larmes.La foule a longuement applaudi, un signe de respect en Italie, où trois jours de deuil ont été décrétés.Des dizaines de milliers de personnes ont continué d'affluer jusqu'à 1h du matin, puis la foule a commencé à se clairsemer.«Ce soir, nous nous sentons tous orphelins», a déclaré le cardinal Leonardo Sandri, sous-secrétaired'État au Vatican.Vingt-six ans après son élection au Saint-Siège, le père spirituel d'unmilliard de catholiques dans le monde a perdulabataille contre lamaladie de Parkinson, qui le rongeait depuis une décennie, mettant ainsi un terme au troisième pontificat de l'Histoire en termes de durée.La dépouille mortelle sera exposée dès demain à la basilique Saint-Pierre.Les funérailles ne devraient pas avoir lieu avant jeudi.La municipalité de Rome s'attend à un flot de pèlerins etaprisdesdispositionspour accueillir des dizaines de milliers de personnes.Tous les hôpitaux de Rome ont été mis en état d'alerte.La mort du pape a suscité des réactions des leaders politiques et religieux du monde entier.«Il était un infatigable avocat de la paix, un véritable pionnier du dialogue interreligieux», a dit le secrétairegénéral de l'ONU, Kofi Annan.«L'Église a perdu son berger, le monde a perdu un défenseur de la liberté», a renchéri le président américain, GeorgeW.Bush.Le souverain pontife, qui s'était excusé au nom de l'Église pour les malheurs infligés aux juifs au fil des siècles, sera regretté à Jérusalem.«Israël, le peuple juif et le monde entier ont perdu aujourd'hui un grand défenseur de la réconciliation et de la fraternité entre les religions», a dit le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom.À Varsovie, plusieurs fidèles sont tombés à genoux, fous de douleur, quand ils ont appris que «leur» pape n'était plus.Les Polonais vouaient un culte à Karol Wojtyla, qu'ils considéraient comme un symbole de résistance contre l'ancien régime soviétique.«La Pologne et les Polonais ont une dette particulière envers Jean- Paul II.Il n'y aurait pas eu de Pologne libre sans un pape polonais», a dit le président, Aleksander Kwasniewski, qui a salué «le plus éminent compatriote» de Pologne.1995 NEW YORK 2003 VATICAN 2005 VATICAN PHOTO PAOLO COCCO AFP PHOTO GARY HERSHORN REUTERS PHOTO MASSIMO SAMBUCETTI AFP La fin d'une époque JEAN-PAUL II 1920-2005 À VARSOVIE, PLUSIEURS FIDÈLES SONT TOMBÉS À GENOUX, FOUS DE DOULEUR, QUAND ILS ONT APPRIS QUE «LEUR» PAPE N'ÉTAIT PLUS.À Berlin, le chancelier Gerhard Schröder a estimé que le pape avait «écrit l'Histoire: par son action et son influence, il a changé notre monde».À Moscou, le président Vladimir Poutine a rendu hommage à «une figure exceptionnelle de notre temps, à laquelle est associée une ère tout entière».Un bulletin de santé diffusé deux heures avant la mort du pape affirmait qu'il était dans un état «gravissime» mais qu'il répondait encore aux sollicitations des visiteurs, qui ont défilé à son chevet jusqu'à la toute fin.Jean-Paul II a reçu l'extrême onction unpeuplus d'une heure avant son trépas, a précisé le Vatican.Le souverain pontife était à l'agonie depuis jeudi soir.Une infection urinaire avait déclenché une septicémie et il avait subi un arrêt cardiaque.Sa santé avait ensuite rapidement décliné.Premier pape slave de l'histoire de la chrétienté, Karol Wojtyla s'est imposé comme chef spirituel doublé d'un homme d'action, un inlassable pèlerin qui a visité pas moins de 129 pays.Il a survécu à une tentative d'assassinat en 1981 et a été témoin de plusieurs bouleversements dans le monde, dont l'effondrement du communisme et la propagation de l'épidémie du sida.Pour ses critiques, c'était un ultraconservateur, intraitable sur les questions d'avortement et de contraception.Mais aujourd'hui, l'heure est au chagrin, de Manille à Montréal.Même Cuba, l'un des derniers bastions communistes de la planète, a décrété un deuil officiel de trois jours en hommage à ce grand homme, qui aura profondément marqué un quart de siècle d'histoire.avec AFP, AP et BBC News Quand les cloches de Rome se sont mises à sonner, hier soir, les coeurs des fidèles réunis sur la place Saint-Pierre se sont figés.C'était la fin.La fin de l'agonie.La fin d'un long pontificat.La fin que l'on savait toute proche.N'empêche : la Ville éternelle, comme le reste du monde, pleure Jean-Paul II.2003 MADRID 1998 CUBA PHOTO DOMENICO STINELLIS AP PHOTO VINCENZO PINTO AFP JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO MAX ROSSI, REUTERS Peu après l'annonce de la mort du pape, hier soir, jusqu'à 100 000 personnes étaient réunies place Saint-Pierre, au Vatican.L'attente Le pape Jean-Paul II est mort paisiblement hier au son des prières de milliers de fidèles réunis sous ses fenêtres, place Saint-Pierre.La foule était là depuis des heures pour accompagner le souverain pontif dans son dernier voyage.Et parce qu'une page d'histoire était sur le point de se tourner.Nos envoyés spéciaux racontent la longue veillée.STÉPHANE PAQUET ET HUGO DUMAS CITÉ DU VATICAN \u2014 L'attente.Une longue attente sur la place Saint- Pierre, où chrétiens et touristes venus de partout ont fixé pendant des heures et des heures les fenêtres de la chambre du pape Jean- Paul II.C'était, bien sûr, avant l'annonce de la mort du souverain pontif.Carmen Righetti, qui habite Genève, est l'une de ces fidèles dont les yeux ne quittent pas une seconde la petite fenêtre illuminée.« Je sais qu'il est là.Je suis ici pour lui », dit-elle.Quand la cloche de la basilique sonne, tous les quarts d'heure, immanquablement, des gens regardent leur montre pour s'assurer qu'il ne s'agit pas de l'annonce de la mort du Saint-Père.Et plus les aiguilles avancent, plus la foule grandit, pour atteindre des dizaines de milliers de personnes.Des jeunes forment des cercles, chantant comme on peut le faire autour d'un feu de camp.« Vive le pape, vive le pape, toujours avec nous », scandent, en italien, des centaines de pèlerins, en tapant des mains.Des scouts sont aussi là, dans l'habit qu'on leur connaît.Et des chants tristes ou joyeux fusent aux quatre coins de ce populaire lieu de rassemblement.D'autres pèlerins prient en silence, les grains du chapelet coulant entre leurs doigts.Puis il y a des touristes, en très grand nombre, qui ne veulent tout simplement pas rater cette page d'histoire qui est en train de se tourner.François Belker, 23 ans, de Clermont- Ferrand, en France, fait partie de ce qu'il appelle « la génération JMJ », les Journées mondiales de la jeunesse, qui ont réuni de jeunes catholiques du monde entier.Vendredi soir, avec des amis, il a décidé de sauter dans sa voiture et de rouler pendant 13 heures entre Paris et Rome parce que « c'est notre rôle de catholique de le célébrer ».Il parle sans ambages de la foi et de la voie tracée par les saints de l 'Église catholique, comme d'autres jeunes de sa génération causent du party du vendredi soir ou de leur dernier jean à la mode.« En 1990, avec la chute du mur de Berlin, les Allemands ont célébré la fin d'un monde.Nous, nous sommes ici pour célébrer l'espérance d'un monde nouveau.Le pape mourant donnait même l'impression d'avoir réussi à unir Français et Américains.Certains, du moins.Hier, des étudiants du collège catholique Christendom, à Front Royal, en Virginie, n'ont quitté la place Saint-Pierre que pour casser la croûte.« Je me sens attiré vers lui.C'est le seul pape que j'ai connu dans ma vie.Et il a toujours aimé les jeunes.Il a tellement fait pour l'Église.Il a visité plusieurs pays, dont les États-Unis, à plusieurs reprises.Il aimait tous les gens, peu importe leur religion », indique Andy Day, âgé de 21 ans, étudiant en théologie.On croirait l'entendre parler d'une star du rock.Son compagnon d'études, Joe Kucharski, 21 ans, opine du bonnet.« Le pape nous a toujours montré que c'était possible d'être jeune et d'avoir la foi.Ce n'est pas facile, mais c'est un beau défi », raconte le jeune Américain, qui vit à Rome depuis deux mois pour perfectionner son italien et ses connaissances religieuses.Un peu à l'écart du groupe, Sean Kiely, 18 ans, a de la difficulté à décrire ses sentiments envers Jean-Paul II, encore à l'agonie.« Sa mort est extrêmement triste mais, en même temps, c'est quasiment une délivrance.Il a tellement souffert », note-t-il.Parmi le flot des pèlerins, une importante délégation de Pologne, le pays d'origine de Karol Wojtyla.Arrivées vendredi, les jumelles Anna et Katarina Artymiak, 24 ans, qui vivent à Lublin, en Pologne, ont passé une partie de l'après-midi agenouillées au pied des fenêtres des appartements papaux.« Le pape dit qu'il est prêt à partir.Moi, je veux être ici et prier pendant qu'il est encore vivant.C'est probablement la dernière fois », explique Anna d'une voix étouffée.À ses côtés, sa jumelle, Katarina, poursuit sa prière.Un peu plus loin, le père Henry Kuman, originaire de Rzeszow, en Pologne, récite un rosaire avec un groupe de religieuses de Cracovie.« J'ai l'impression que toute la Pologne prie pour le pape présentement », souligne-t-il.Même en dehors de l'ancien bloc communiste, des chrétiens venus prier pour le premier pape non italien en plus de 450 ans soulignent sa contribution aux grands débats de la politique mondiale.« Un pape qui respecte les juifs et les musulmans, on n'avait jamais vu ça.Et ce n'est pas qu'une question de religion, c'est aussi une question de politique, dit Claudio Casale, un Romain de 18 ans.Après lui, plus rien ne sera pareil.» D'autres préféraient rester seuls avec leurs prières.« Oui, je parle anglais, mais en ce moment, je préfère ne pas parler », dit un de ceux-là, cachant ses yeux derrière de larges lunettes noires.« Moi, je trouve qu'ils devraient le laisser mourir en paix », se plaint pour sa part Milène Catala, 23 ans, une Française qui étudie à Rome.Non religieuse, non croyante, elle se trouve tout de même elle aussi devant les fenêtres en train de devenir le symbole du chemin de croix du pape.« C'est affreux de dire ça, confie-t-elle, mais c'est aussi un spectacle.Forcément, on ne vivra pas la mort du pape d'un point de vue religieux, mais on le vivra d'un point de vue historique.Tard hier soir, un autre rosaire collectif a été récité place Saint- Pierre.Les voix de milliers de pèlerins s'élevaient jusqu'aux appartements privés de Jean-Paul II.« Le pape nous a toujours montré que c'était possible d'être jeune et d'avoir la foi.Ce n'est pas facile, mais c'est un beau défi.» PHOTO DYLAN MARTINEZ, REUTERS Un homme qui vient d'apprendre la mort du pape s'agenouille pour prier sous les fenêtres des appartements papaux.« Un pape qui respecte les juifs et les musulmans, on n'avait jamais vu ça.» JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTOGIULIO NAPOLITANO, AFP La place Saint-Pierre était partagée entre plusieurs sentiments, hier soir.La tristesse, bien sûr.Comme celle de cet homme.Mais aussi le soulagement, face à un pape dont la souffrance venait enfin de prendre fin.Tonnerre d'applaudissements Une marée de fidèles réunis place Saint-Pierre ovationne Jean-Paul II après l'annonce de sa mort STÉPHANE PAQUET ET HUGO DUMAS CITÉ DU VATICAN \u2014 « Quand on est arrivés à la place Saint-Pierre, les gens applaudissaient.C'est là que j'ai compris que le pape était mort.» Une façon, explique Daniele Santoro, que les fidèles ont trouvée pour remercier ce pape venu de Pologne il y a un peu plus de 26 ans.« Peut-être aussi qu'il nous attendait avant de mourir.Hier soir, après l'annonce de la mort du pape, la place Saint-Pierre était partagée entre deux sentiments fort différents.D'abord, la tristesse, bien sûr.Celle de plusieurs dizaines de milliers de fidèles qui se sont déplacés après l'annonce que tout le monde attendait sans trop savoir quand elle arriverait.Michael Szewemin, 26 ans, agitait sans cesse son drapeau polonais, auquel il avait noué un long ruban noir.Ses larmes sont les seules explications qu'il offrait de sa présence à Rome.Mais il y avait aussi un sentiment de délivrance face à ce pape dont l'énergie débordante s'était évaporée avec le temps.« C'est une bonne nouvelle parce qu'il a fini de souffrir.Mais, en même temps, on aurait espéré un miracle », confiait Stefano Borrelli, 30 ans, alors que les cloches de la basilique se faisaient entendre.« C'est une mauvaise nouvelle, c'est sûr, ajoutait Maria Ramini, 50 ans, venue seule sur la grande place ronde devant la basilique du même nom.Pour lui, je pense toutefois que c'est bien qu'il ait terminé ses souffrances.» Mme Ramini, qui habite tout près du Vatican, vient de perdre un voisin qui n'était pas trop malcommode.« Il ne restait pas souvent dans le Vatican, comme les autres papes, dit-elle.Il a beaucoup voyagé et porté la parole de Dieu aux gens.Il était près des jeunes, il les aimait beaucoup.Partout sur la place Saint-Pierre, des fidèles ont commencé à apporter des images religieuses et des lampions.Des fleurs y sont aussi accrochées.Un groupe de marcheurs en montagne a même laissé en guise d'offrande un verre de lait et des biscuits, comme les enfants le font pour le père Noël.Cadeau de ravitaillement pour ce pape qui aimait tant la montagne.Et puis il y a tous ces gens qui ne se lassent pas de regarder les fenêtres encore illuminées des appartements papaux.On les scrute de tous les angles, on prend même des photos en pleine nuit, comme si ses petites fenêtres étaient devenues le symbole de la lente agonie qui se déroulait derrière elles.Quand le corps du pape sera sorti de l'appartement, les lumières seront éteintes et ne seront rallumées que lorsqu'un autre pape aura été élu par le conclave.Ce collège électoral doit commencer ses délibérations d'ici 15 à 20 jours.En attendant, des badauds sortent leur téléphone cellulaire, passent un coup de fil ou fixent ce moment d'histoire en photos numériques qu'ils envoient tout de suite, pour qu'on les conserve bien.En fait, deux heures après l'annonce de la mort du pape, les fidèles continuaient à affluer pendant que d'autres, les yeux rougis, laissaient leur place.Près de l'une des deux grandes fontaines de la place, des pèlerins polonais occupaient toujours le même endroit que 12 heures auparavant, continuant à égrener leur chapelet.Un groupe de jeunes dans la vingtaine avait fait le trajet en train de Milan (dans le nord de l'Italie).Déterminés à ne rien manquer, ils avaient même apporté leur sac de couchage pour se reposer sur la place Saint-Pierre.Maria Victoria et son ami Giovanni Paolo (Jean-Paul, en italien) prévoyaient passer la nuit dehors, comme des centaines d'autres.« Nous allons veiller le pape.Nous voulons être le plus près possible de lui.C'est difficile de ne pas être triste présentement.C'est comme si j'avais perdu mon grandpère », explique Giovanni, emmitouflé dans une couverture.En début de nuit, la foule se dispersait lentement tandis que des fidèles se glissaient dans leur sac de couchage.Et les « Vive le pape ! » continuaient de résonner partout place Saint-Pierre sous des tonnerres d'applaudissements.Ce qui s'annonçait comme une veillée triste s'était finalement transformé en nuit de partage et de solidarité.En plus des fleurs et des cierges qui brûlent autour de la place Saint-Pierre, un groupe de marcheurs en montagne a laissé en guise d'offrande un verre de lait et des biscuits, comme les enfants le font pour le père Noël.La capitale italienne tourne au ralenti Des médias partout HUGO DUMAS ET STÉPHANE PAQUET CITÉ DU VATICAN \u2014 Jamais la mort d'un pape n'aura été vécue en direct par autant de gens.Jean-Paul II, dont le pontificat s'est déroulé en étroite relation avec les caméras de télévision, continue de susciter l'intérêt des médias des quatre coins du monde.Impossible de marcher un mètre autour de la basilique Saint-Pierre sans croiser un micro, une caméra de télévision ou quelqu'un ayant un calepin dans les mains.Le pape Jean-Paul II n'était pas encore mort que déjà des milliers de journalistes de partout étaient à Rome.Sur les trottoirs, des reporters accostent des pèlerins dans toutes les langues: français, anglais, italien, espagnol, allemand ou, bien sûr, polonais.Partout où ils trouvent un coin pour s'asseoir, tenter de faire leur travail, de comprendre ce qui se passe dans la tête et le coeur de ces milliers de fidèles venus dire adieu à leur pape.Les reporters de la presse écrite gribouillent leurs notes du mieux qu'ils le peuvent pendant que certains collègues de la radio s'installent directement par terre pour travailler, envoyer leurs extraits sonores quelque part sur la planète.Au bout de la via della Conciliazione, qui mène tout droit au Vatican et qui est présentement fermée à la circulation, des dizaines et des dizaines de cars de reportage s'entassent dans un minuscule périmètre.Les journalistes, grimpés sur des échafaudages de fortune, font leur topo et tentent de ne pas se laisser déconcentrer par les badauds.Pour obtenir une accréditation auprès du Vatican, notamment pour assister aux funérailles du Saint-Père, les journalistes doivent attendre des heures en file et présenter une série de documents officiels: photos, photocopies de passeport et lettre de l'employeur sont de rigueur.Les hôtels aux alentours du Vatican ont été envahis par la faune médiatique, qui planifie la couverture de la mort du souverain pontife depuis des mois déjà.Ces hôtels louent leurs toits à des prix exorbitants, sachant très bien que les télés n'hésiteront pas à allonger des liasses de billets pour obtenir les meilleures images des funérailles.Question d'argent, on constate facilement que CNN dispose de budgets considérables.Les plus grands correspondants et têtes d'affiche de la chaîne \u2014Bill Hemmer, Christiane Amanpour, Aaron Brown, entre autres\u2014, tous dépêchés à Rome, se relaient à l'écran.STÉPHANE PAQUET ET HUGO DUMAS ROME \u2014 Quand le pape va mal, même la religion du soccer écope.Dans un geste extraordinaire, toutes les compétitions sportives prévues hier et aujourd'hui ont été annulées dans la capitale italienne.Signe du cafard ambiant, les joueurs du Lazio, l'équipe romaine de soccer \u2014 de football, comme on dit dans le reste du monde \u2014, ont dû ranger leur ballon pour deux jours.« C'est une question de respect », explique Domizia De Rosa, qui travaille dans une boutique du centre-ville.Elle-même a constaté que ses compatriotes sont loin d'avoir le coeur à la fête.et aux achats, ces derniers jours.« C'est très tranquille.Il y a aussi moins de circulation dans la rue », ajoute-t-elle, en montrant la via Cavour, une artère passante du centre de Rome.Elle a aussi noté que les hautparleurs du métro s'étaient tus : pas question de faire entendre de la musique aux passagers en ces temps tristes, explique-t-elle.« Ce pape était très aimé, tant des jeunes que des vieux.» Un peu plus bas, la boutique God Save The Look affiche fièrement son drapeau gai dans la porte.Le gérant, Max Marinelli, avoue sa tristesse, même si Jean- Paul II a souvent soulevé l'ire des leaders de sa communauté pour ses positions conservatrices sur la définition du mariage, notamment.« Je suis catholique de toute façon, dit-il, et je crois en Dieu.» Et de toute évidence, il n'est pas le seul gai à se sentir « très triste » ces jours-ci.Son magasin est aussi plus calme depuis deux jours.« Tu vas sentir un calme dans la ville jusqu'à ce qu'il trépasse », avait souligné Dita Guth, son amie new-yorkaise, qui vit à Rome depuis quatre ans.Et qui ne se gêne pas pour critiquer le conservatisme de la société italienne.« Ce dont ce pays a besoin, c'est d'un pape noir et gai ! » lance-telle.Mis à part dans la zone du Vatican, qui bourdonne d'activité, les affaires ne tournent pas autant qu'à l'accoutumée à Rome.« Je travaille dans un restaurant et, depuis mercredi, oui, il y a moins de monde », poursuit Zinni Enza.Elle aussi a remarqué que les Romains sortent moins.Assise derrière son comptoir de bijoux en toc, Sabrina Xia trouve le temps long.Sa petite boutique de souvenirs est déserte, alors qu'elle ne dérougit pas d'habitude.« Il n'y a plus personne.Les clients sont tous au Vatican », dit-elle.« Il n'y a plus personne.Les clients sont tous au Vatican.» JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO GIULIO BROGLIO, AP Le pape Jean-Paul II sur le trône pontifical, à la veille de son 70e anniversaire de naissance, en 1990.Un deuil sous la pluie RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK Peu après la confirmation de la mort du pape Jean-Paul II, le ciel de New York s'est ouvert, déversant une pluie diluvienne sur les catholiques et autres visiteurs qui se pressaient aux portes de la cathédrale Saint-Patrick.À l'intérieur de la vaste cathédrale, la nouvelle s'est vite répandue parmi les fidèles et les touristes, qui l'ont accueillie avec un mélange de tristesse et de soulagement.« Il a tellement souffert, ces derniers jours, a dit Ruth Philips, New-Yorkaise d'origine brésilienne, en allumant un lampion.Il nous a quittés pour un monde meilleur et je suis sûre qu'il sera accueilli à bras ouverts.» « Il a été un pape merveilleux, a pour part déclaré Rosario Delgado, New-Yorkais d'origine dominicaine, dont le visage était couvert de larmes.Il a été un homme du peuple.Il a voyagé partout dans le monde pour nous.Il me manquera.» Les personnalités new-yorkaises des mondes religieux et politique n'ont pas tardé à se faire entendre pour rendre hommage au défunt pape, qui a fait de son vivant deux visites spectaculaires à New York, en 1979 et en 1995.« Jean-Paul II est bien connu des New-Yorkais, a déclaré le cardinal Edward Egan, primat de la ville.Il nous a rendu visite deux fois à titre de pontife et, chaque fois, il a rassuré et encouragé tous ceux qui ont entendu ses paroles et qui ont été touchés par son esprit.» La sénatrice de New York, Hillary Clinton, a pour sa part évoqué ses rencontres avec le pape du temps où elle était la première dame des États-Unis.« Je chérirai toujours ces visites », a-t-elle dit.Selon elle, « Jean-Paul II a terminé son travail sur Terre et il est retourné à un Dieu, qu'il a aimé et qu'il a servi de toutes ses forces ».De son côté, l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani s'est souvenu de la grande messe célébrée par le pape à Central Park.« Il était un grand homme, un grand chrétien et un grand leader », a-t-il dit.Son successeur, Michael Bloomberg, a annoncé la mise en berne des drapeaux de la ville en l'honneur du pape.Selon le maire, qui a été élevé dans une famille juive, Jean-Paul II aura été « une source constante de lumière dans un monde souvent sombre et tumultueux ».Dans la ville cosmopolite par excellence, Jean-Paul II n'aura pas touché que les catholiques.« Il était un homme extraordinaire, a déclaré Sergei Pampou, New-Yorkais d'origine russe.À ma connaissance, il a été le premier pape à voyager autant pour parler de paix et de justice.J'ai des amis russes qui étaient allés le voir en Pologne en 1991.Et ils n'étaient pas catholiques.» Dans leurs commentaires sur l'héritage du pape, plusieurs New-Yorkais ont mentionné l'attrait universel de son message.« Il a touché toutes les cultures », a déclaré Rick Suta, un catholique du New Jersey venu se recueillir à la cathédrale Saint-Patrick.Mais le pape Jean-Paul II laisse une Église qui a perdu plusieurs fidèles aux États- Unis en raison du scandale des prêtres pédophiles, a rappelé Ruth Philips.« Il ne doit plus y avoir de tolérance pour ça, a-t-elle dit.Et s'il faut permettre aux prêtres de se marier pour arrêter les agressions, qu'on le fasse.» Les personnalités des mondes religieux et politique n'ont pas tardé à rendre hommage au défunt pape.Souvenirs romains RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK \u2014 En 1992, une fascination pour les choses romaines et papales me conduisit dans la Ville éternelle pour un séjour prolongé.Or, peu après mon arrivée, au milieu du mois de juillet, on apprit que Jean-Paul II était malade : il avait dans l'intestin une tumeur de la grosseur d'un pamplemousse.La presse romaine, fidèle à ellemême, s'emballa, laissant craindre le pire pour la santé du souverain pontife.Étant moi-même journaliste de profession, c'est-à-dire un peu vautour, je ne pus réprimer la pensée que j'aurais peut-être à couvrir l'élection d'un nouveau pape.Je venais de relire avec plaisir le roman à moitié prophétique de Morris West, Les Souliers de saint Pierre, publié en 1968.Le pape est mort.Quatre-vingtcinq cardinaux arrivent à Rome.Avec l'aide du cardinal Leone, le cardinal camerlingue Rinaldi s'arrange pour faire prévaloir la candidature de l'Ukrainien Cyrille Lakota, qui a vécu dans les geôles russes.Son passé garantit qu'il saura s'évader de la cage dorée du Vatican pour aller vers la foule et la diriger.Cyrille chausse les souliers de saint Pierre, nourrissant l'ambition de moderniser l'Église pour l'intégrer plus profondément dans le monde moderne, mais l'aggiornamento est-il possible ?Virée passionnante dans les mieux romains et les intrigues vaticanes.Y a-t-il meilleure histoire pour un journaliste Le 15 juillet 1992, à la polyclinique Gemelli de Rome, le pape Jean-Paul II subit une intervention chirurgicale.Un porte-parole du Vatican précisa que la tumeur du pape était bénigne.Rome poussa un soupir de soulagement.Quant à moi, je tentai de percer les mystères du Vatican en compagnie du cardinal Édouard Gagnon, vétéran de la curie romaine et ami de Jean-Paul II.Par une journée ensoleillée de décembre, nous nous rencontrâmes dans un restaurant du quartier Trastevere, près du palais Saint-Calixte, où le cardinal avait présidé pendant sept ans le Conseil pontifical pour la famille.À 74 ans, ce Gaspésien élevé à Montréal était alors le seul cardinal canadien à pouvoir prendre part à un conclave (la limite d'âge est de 80 ans).« J'espère bien n'avoir jamais à le faire, dit le cardinal Gagnon en attaquant le turbot que le cameriere venait de déposer devant lui.C'est une très grosse responsabilité.Si je devais prendre part à un conclave, j'entrerais dans la chapelle Sixtine avec zéro prédiction ou préférence.Je vois présentement des personnes qui se détachent par certains aspects, mais aucune qui ait l'ensemble des qualités requises, dont la sainteté, la vie intérieure.Si le pape ne consacrait pas des heures à la prière, il ne passerait pas à travers toutes les difficultés de sa charge.» Au cours du repas, le cardinal tint à préciser que ses années au sommet de la hiérarchie de l'Église catholique ne lui avaient pas monté à la tête.Il conduisait toujours sa propre petite voiture dans le trafic démentiel de Rome, il préparait lui-même ses repas du matin et du soir dans son petit appartement de la via di Porta Angelica, près des musées de la Cité du Vatican, et il ne dédaignait pas, en après-midi, se détendre un peu en regardant une émission de variétés de la télévision française, La Chance aux chansons.Mais il ne cacha pas sa fierté de s'être vu confier des mandats difficiles à Rome.En 1972, le pape Paul VI lui avait demandé notamment de présider une commission sur le fonctionnement de la curie romaine.Il a retiré de cette tâche un sentiment d'admiration pour le travail fait au Vatican, et considérait comme une « grande injustice » la boutade attribuée à Jean XXIII, à qui on avait demandé combien de personnes travaillaient à la curie romaine.Il avait répondu : « La moitié.« C'est une injustice qui dépeignait un peu Jean XXIII lui-même, me dit le cardinal Gagnon.Il avait de grandes qualités, mais il ne se faisait pas mourir à l'ouvrage avant de devenir pape.» De son enquête, Édouard Gagnon avait aussi retiré le sentiment que « la curie n'est pas un système hiérarchique mais aristocratique ».Son franc-parler ne lui a pas valu que des amis.Néanmoins, le pape Jean-Paul II le nomma en 1983 à la tête du Conseil pontifical pour la famille, un des « ministères » de la curie romaine, en plus de lui conférer la pourpre cardinalice.Même devant les autres cardinaux du gouvernement pontifical, précisa le cardinal Gagnon, le pape polonais ne se gênait pas pour lui manifester « une certaine affection ».« Dans les réunions des chefs de dicastère, raconta-t-il, j'étais le dernier ou l'avant-dernier à prendre la parole.Comme j'ai une formation différente des autres, je m'exprimais habituellement d'une façon qui tranchait par rapport à celle des autres cardinaux.Presque toujours, en sortant, le pape me tapait sur l'épaule.J'étais content de ça.» Après avoir trempé ses lèvres dans un verre de vin blanc de la région romaine, le cardinal ajouta : « Quand je vais chez le pape pour partager son repas, chose qu'il aime, je lui dis les choses telles que je les conçois, très franchement, même un peu en le taquinant.Il aime ça.» Aujourd'hui, ayant passé le cap des 80 ans, le cardinal Gagnon vit dans la maison des sulpiciens à Montréal.Se peut-il qu'il ne regrette pas de ne pas pouvoir participer à l'élection du prochain pape JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO BOB SKINNER, LA PRESSE© Des travailleurs s'affairaient à installer des filtres pourpres sur les ampoules de la croix du mont Royal, hierà Montréal.La croix sera illuminée de pourpre jusqu'à ce que les cardinaux choisissent le nouveau pape.Hommages sentis au Canada MARIO FONTAINE La mort du pape a suscité un vaste courant de sympathie dans la classe politique hier, tant au Québec qu'au Canada.De nombreuses personnalités se sont dites profondément attristées par le décès du souverain pontife, et quelques-unes se rendront même à Rome pour assister à ses funérailles.Le premier ministre du Canada, Paul Martin, a exprimé ses regrets et rappelé que le pape, durant son long pontificat, avait saisi toutes les occasions de promouvoir la réconciliation à l'échelle internationale ainsi que le respect des valeurs démocratiques et des droits de la personne.« Il a exercé une influence extraordinaire dans le monde, non seulement en sa qualité de chef spirituel mais aussi en tant que véritable apôtre de la paix », a déclaré M.Martin.À Québec, le premier ministre Jean Charest a dit pour sa part : « Le monde vient de perdre un homme qui a particulièrement et profondément marqué son époque.M.Charest a également souligné le rôle qu'a joué le défunt pape dans les événements qui ont marqué son pontificat.« L'histoire retiendra de sa vie l'influence déterminante qu'il a exercée en faveur de la liberté et de la paix », a ajouté le premier ministre, qui représentera le Québec aux funérailles.Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a déclaré de son côté avoir appris la nouvelle avec une profonde tristesse : « Nous partageons la douleur de tous ceux qui, dans le monde entier, ont été témoins du courage de cet homme dans son combat spirituel et humanitaire, comme dans son combat contre la maladie.M.Landry avait rencontré le pape en 1984, lorsque ce dernier était venu en voyage apostolique au Québec, en compagnie d'autres membres du gouvernement québécois et de personnalités comme l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau.Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, s'est joint au mouvement de sympathie, qualifiant le pape de personnage majeur.« Ses accomplissements sont innombrables et son héritage sera l'inspiration de tous ceux qui voudront emprunter le chemin qu'il a lui-même tracé, a-t-il dit.Reconnu comme un grand pèlerin de la paix et défenseur des droits de l'Homme, on se rappellera de lui pour son ouverture sur le monde et son amour pour la jeunesse.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est pour sa part remémoré le passage du pape dans la métropole en 1984, qui a selon lui marqué le coeur de toute la population.« Durant près de 30 ans, le pape Jean-Paul II n'a cessé d'oeuvrer pour la paix et la justice.Ses messages, qu'il a portés aux quatre coins du monde, ont démontré à quel point il voulait faire de l'Église une institution ouverte et solidaire », a déclaré le maire, qui assistera lui aussi aux funérailles à Rome.La gouverneure générale, Adrienne Clarkson, a rappelé quant à elle que Jean-Paul II a « défendu la doctrine de son Église avec une conviction inébranlable.Tout au long de sa vie, il a imploré la réconciliation et la solidarité entre les religions du monde ».« Touchant d'authenticité, il aura poursuivi sa mission de vie en allant parfois même au-delà du supportable, confrontant les préjugés véhiculés autour de la maladie », a souligné de son côté Lise Thibault, lieutenante-gouverneure du Québec.CÉLINE DION ATTRISTÉE La chanteuse Céline Dion, dont l'interprétation de la chanson Une colombe avait marqué la visite du pape à Montréal en 1984, a indiqué que sa rencontre avec Jean-Paul II avait été un des grands moments de sa vie.« Il se dégageait de lui une force et un charisme incroyables.C'était le pape de la réconciliation et de l'unité des peuples.C'est pour cela qu'il a été aimé, respecté et vénéré de tous », a-t-elle déclaré hier par voie de communiqué.Mme Dion a reconnu que la mort du pape l'avait attristée mais elle s'est dite heureuse de « savoir qu'il ne souffre plus ».Selon la chanteuse, Jean-Paul II « laisse à tous un message de force, de courage et d'amour ».Presse Canadienne « L'histoire retiendra de sa vie l'influence déterminante qu'il a exercée en faveur de la liberté et de la paix.» \u2014 Jean Charest Attendre la mort STÉPHANE LAPORTE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Samedi après-midi.Il est un peu passé 13h.Je m'installe à mon ordinateur pour vous écrire cette chronique.La télé est à RDI.Bernard Derome est en émission spéciale.On attend la mort du pape d'un instant à l'autre depuis hier soir.On voit des gens réunis devant Saint- Pierre de Rome.Debout.Qui attendent.Comme nous.Bernard Derome et ses invités cherchent quelque chose à dire.Mais il n'y a rien à dire quand on attend la mort.Je baisse le volume.Et un souvenir monte dans mon coeur.Et un souvenir vient me nouer les tripes.Je me rappelle la fois où j'ai attendu la mort.Ce n'était pas celle du Saint-Père.C'était celle de mon père.Il n'y avait pas d'émission spéciale, pas de caméras, pas de foule rassemblée devant l'Hôtel-Dieu.Il n'y avait que mon père et moi dans une chambre d'hôpital.Mon père était sous morphine.Inconscient.Depuis le matin.J'avais passé la journée avec ma mère et ma soeur, à ses côtés.Puis, autour de minuit, ma mère et ma soeur étaient rentrées chez elles se reposer un peu.Je n'avais pas voulu m'en aller.J'avais du temps à rattraper.Dominique et maman vivaient avec papa.Moi, je ne le voyais pas assez souvent.Alors je me suis installé pour le regarder.Toute la nuit.J'ai mis ma chaise à côté de son lit.Et je n'ai fait que ça.Le regarder mourir.Sans dire un mot.Sans même prier.Sans même penser.Comme si tout mon cerveau, tout mon coeur, tout mon corps ne s'appliquaient qu'à faire une seule chose : le regarder.Allongé sur le dos, les yeux fermés, on n'aurait pas dit qu'il était en train de mourir.On aurait dit qu'il était en train dormir.Comme les samedis soir de mon enfance, devant le hockey, allongé sur son canapé vert.La seule différence, c'est que moi, au lieu de regarder le match, je le regardais, lui.Je suis resté comme ça.À le fixer.Sur pause.Durant des heures.Sans émotion.Prostré.Gelé.Quand on attend la mort, on arrête de vivre.Puis tout d'un coup, sans y penser, comme un réflexe, j'ai pris sa main.Je l'ai serrée.Et j'ai senti que sa main me serrait aussi.Et c'est là que la vie est revenue en moi.Et c'est là que j'ai craqué.Je me suis levé.Je me suis mis à parler.À chuchoter.Mais à chuchoter de plus en plus fort ! Je lui ai dit que je l'aimais, que je ne voulais pas qu'il parte.De rester encore un peu.J'ai cogné sur les barreaux de son lit.J'ai pleuré.J'ai crié : « Pourquoi ?» Papa a continué de dormir.Je me suis calmé.Je me suis assis.Papa avait encore raison.La meilleure réponse à « pourquoi », c'est le silence.Alors j'ai regardé dehors.Alors j'ai regardé la nuit.Le ciel noir et le mur sombre de l'autre aile de l'hôpital.Mon regard s'est attardé à la fenêtre d'une chambre éclairée.Il y avait la tête d'une fille qui montait et qui descendait.Bref qui sautait.Ça m'a pris quelques minutes avant de comprendre ce qu'elle était en train de faire.Pendant que je veillais mon père, dans une autre chambre de l'Hôtel-Dieu, une patiente, une infirmière, une médecin, je ne sais pas, faisait l'amour.J'étais découragé.Je ne voulais pas voir ça ! Je me sentais dans un mauvais film italien.Je savais que, pour le reste de ma vie, chaque fois que je penserais à la dernière nuit que j'ai passée avec mon père, cette scène loufoque reviendrait à ma mémoire.Cette tête qui montait et qui descendait dans la fenêtre.Cette scène « pas rapport ».Cette scène de Bleu nuit en pleine tragédie.J'ai baissé les yeux.Et j'ai recommencé à regarder mon père.Mon père si prude.Si puritain.Avec qui je n'avais jamais parlé de fesses.Même pas de mollet.J'ai imaginé ce qu'il m'aurait dit s'il avait vu ça avec moi : « C'est pas ce que tu penses.Ça doit être un traitement médical.Une sorte de clapping extrême.Tu penses trop à ça, mon gars.» J'ai souri.J'ai collé mon visage sur la main de mon père.Et je suis resté comme ça le reste de la nuit.La mort n'a pas osé venir.On était trop bien.Puis quand le jour s'est pointé, j'ai levé les yeux et j'ai vu un bout de soleil dehors.J'ai vu aussi qu'il ne se passait plus rien dans la chambre d'en face.J'ai mis une autre serviette d'eau froide sur le front de papa.Ma mère est arrivée.Elle voulait me remplacer.Je n'ai pas voulu.Je n'étais pas fatigué, même si je n'avais pas dormi.On aurait dit que j'avais dormi dans mon papa.À travers lui.Qu'il m'avait donné un peu de son repos.Cette nuit en apnée, cette nuit à attendre la mort a fait de moi quelqu'un de plus fort.Quelqu'un qui n'a plus besoin de demander pourquoi.C'est comme si j'avais compris quelque chose.J'ai passé toute la journée à l'hôpital.Et, à la fin de l'aprèsmidi, la mort est arrivée.Mon père est parti.J'ai pleuré.Puis j'ai pris maman dans mes bras.Puis je suis allé l'annoncer à ma soeur.Puis j'ai appelé mon frère au Nouveau- Brunswick.J'ai pris soin de ceux que j'aime.C'est comme si j'avais compris que c'était mon tour d'être un père.Il est 15h30.Je suis en train de taper ce souvenir sur mon clavier d'ordinateur.Je lève les yeux pour regarder la télé.Le son est toujours coupé.Mais c'est écrit en bas de l'écran : « Jean-Paul II est décédé à 21h37, heure de Rome.» Le monde n'attend plus.Son père est parti.C'est maintenant à lui d'en devenir un.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur: stephane@stephanelaporte.com . JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP Un photo de Jean-Paul II entourée de lampions place Saint-Pierre.LES CÉRÉMONIES Le Québec marquera de diverses façons le décès de Jean-Paul II.La croix du mont Royal est déjà passée à la couleur pourpre et le demeurera jusqu'à ce qu'un nouveau pape soit élu.Conformément à la liturgie, trois messes doivent être dites au décès d'un pape, ce qui sera fait à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde.En outre, les quatre basiliques de Montréal tiendront toutes des cérémonies particulières pour souligner le décès de Jean-Paul II.À Québec, Mgr Marc Ouellet présidera la messe à la cathédrale Notre-Dame-de- Québec à 9 h 30 ce matin.À la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde >Messe aujourd'hui à 11 h, présidée par Mgr Anthony Mancini, évêque auxiliaire de Montréal et vicaire général du diocèse.>Mercredi, 19 h 30 : messe présidée par Mgr Mancini.> Jeudi, 19h30 : veillée de prière pour les jeunes.> Vendredi, 19 h 30 : troisième messe dédiée au pape.Oratoire Saint-Joseph >Messes dominicales à 7 h, 8 h, 9 h 30, 16 h 30 et 20h dans la crypte et à 11 h (avec la participation des Petits Chanteurs du Mont-Royal) et à 12 h 30 dans la basilique.>Messe commémorative pour le pape mercredi à 20 h, avec les Petits Chanteurs du Mont- Royal.Basilique Notre-Dame Messes dominicales à 8 h, 9 h 30, 11 h (grand-messe avec chorale) et 17 h.Lundi, 19h30 : fête du chapelet, qui sera en grande partie dédiée au pape.La messe commémorative pour Jean- Paul II se déroulera cette semaine à un moment qui reste à déterminer.Basilique Saint-Patrick Messes dominicales à 9 h, 11 h, 12 h 30 et 17 h.Recueillement à Montréal Marie-Reine-du-Monde proche de Saint-Pierre de Rome LOUISE LEDUC « La cathédrale Marie-Reine-du- Monde, c'est pour moi ce qui se rapproche le plus de Saint-Pierre de Rome ! » À l'instar de Justine Sentenne, des centaines de croyants ont convergé, hier à 17 h, vers la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, où, à peine deux heures après l'annonce de la mort du pape, était célébrée une messe en son honneur, coprésidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte, Mgr Brendan O'Brien (président de la Conférence des évêques catholiques de Montréal), l'évêque montréalais Jude Saint-Antoine et Mgr Jean-Louis Plouffe, évêque de Sault-Sainte-Marie.Dans son homélie, Mgr Turcotte a rappelé cette dernière prière écrite de la main de Jean-Paul II : « Je suis heureux et vous devriez l'être aussi.Prions ensemble dans la joie.» « Quelle belle prière dite par quelqu'un qui s'apprête à quitter la vie », a dit Mgr Turcotte.À la fin de la messe, Mgr O'Brien a souligné pour sa part que « l'Église et le monde ont perdu un homme de foi, de conviction, de grand courage et de vision, qui a manifesté un grand humanisme ».Un petit signet Chacun avait ses raisons de parcourir de nombreux kilomètres pour aller assister à la messe à la cathédrale plutôt que dans sa paroisse.« Ils ont dit à la télévision qu'ils allaient distribuer un petit signet, j'espère bien avoir le mien », a dit Maurice Lachance.De fait, le diocèse de Montréal a imprimé 4000 signets portant la photo de Jean-Paul II et des prières pour lui comme pour son successeur, dont on espère qu'il aura « l'esprit de l'Évangile ».Alexandra Karatchevskaya n'a pas hésité à dire, après la messe, que le pape Jean-Paul II lui avait donné « l'étincelle » qui l'a ramenée vers Dieu.« Je suis allée aux Journées mondiales de la jeunesse, à Toronto, et ça a changé ma vie.Depuis, je vis avec Dieu et je fréquente un groupe de chrétiens aux JMJ.» Elle aurait préféré être place Saint-Pierre, mais elle dit y être spirituellement.« Je regarde souvent les images diffusées par la caméra Web installée place Saint- Pierre, et ça me donne un peu l'impression de m'y trouver.» Pietro Rinollini se réjouissait, pour sa part, que le pape ait su séduire autant de jeunes, pratiquants ou pas.« Mon fils m'a téléphoné tout à l'heure pour me dire que Jean-Paul II était mort, et son attention m'a touché : j'étais content de voir qu'il saisissait toute l'importance de l'événement.Lorraine Lefebvre a quant à elle souligné à quel point elle allait s'ennuyer de Jean-Paul II.« Je n'oublierai jamais quand il est venu au parc Jarry.J'étais ouvreuse, et à nous, les ouvreuses, on avait donné un petit banc en carton.Je l'ai gardé en souvenir.» « J'ai beaucoup pleuré quand j'ai appris la mort du pape, a dit François Gingras, encore ébranlé.Jean-Paul II symbolisait l'action dans l'amour.J'ai beaucoup prié pour lui tout à l'heure : il y avait une belle énergie dans la cathédrale.» PHOTODOMENICO STINELLIS, AP Les fidèles de Montréal ont rendu hier un témoignage ému à la mémoire de Jean-Paul II.Les communautés catholiques saluent un géant SOPHIE BROUILLET Traditionnelles ou avant-gardistes, les communautés catholiques du Québec rendent un hommage unanime au pape Jean-Paul II.Toutes résument son pontificat en évoquant son « option pour la vie » et son fort leadership spirituel, reléguant au second rang des critiques sur un style de gouvernement que certains jugent trop autoritaire.« Dans la culture médiatique moderne, il a été une véritable publicité du Christ », croit Dominic Le Rouzes, prêtre de 31 ans membre de la Famille Marie-Jeunesse, une nouvelle communauté de jeunes de Sherbrooke.Il s'est tellement donné que c'est l'admiration qui prédomine pour moi.» M.Le Rouzes est marqué autant par les enseignements du pape que par sa personne, et surtout par la cohérence entre les deux, manifestée selon lui par ses nombreux voyages, sa « ténacité à aimer » et « sa fermeté devant de fortes contestations, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'Église ».D'autres nouvelles communautés, souvent de type charismatique, rendent de la même manière les hommages les plus élogieux au Québec.« Il lègue une Église qui sait ce qu'elle veut, que ça plaise ou non », dit Alexandre Gauvin, responsable du regroupement Les Béatitudes, qui rassemble des couples laïques et des prêtres.« Un roc, résume Hélène Guilbault, une laïque qui dirige au Québec la communauté du Chemin Neuf.Il a donné des lignes directrices parfois dures, mais c'était à nous, sur le terrain, de les adapter aux gens à accueillir.» Les ordres traditionnels rendent aussi au pape un hommage ardent mais plus nuancé.« Il a toujours été en faveur de la vie », évalue Michel Côté, du conseil provincial des dominicains, qui souligne ses combats éthiques, politiques et sociaux.« Qu'on soit ou non d'accord avec lui, il a toujours été un gardien de la dignité humaine », soutient le supérieur des jésuites québécois, Daniel Le Blond.Peu de doléances chez les leaders catholiques d'ici quant aux positions controversées du pape, par exemple sur l'avortement.Mais MM.Côté et Le Blond déplorent une attitude centralisatrice qui a, selon eux, empêché des discussions ouvertes et occulté la diversité de l'Église.Ils souhaitent un successeur plus « collégial ».« Ce qui est malheureux avec sa forte personnalité, c'est qu'elle laisse à tort l'impression que certains débats sont clos, renchérit le président de la Conférence religieuse canadienne, Alain Ambeault.L'ordination des hommes mariés, par exemple.Ça a existé dans l'Église primitive.» Ces leaders espèrent que le futur pape sera plus axé sur le dialogue avec le reste de l'Église et qu'il aura des « antennes » sur le monde moderne. JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO MAL LANGSDON, ARCHIVES REUTERS En 1978, le jeune pape Jean-Paul II salue la foule après avoir rendu visite au cardinal polonais Andrej Maria Deskur, hospitalisé à Rome.L'hypothèse latino-américaine Le conclave de 2005 pourrait élire un premier pape non européen MATHIEU PERREAULT Durant le pontificat de Jean-Paul II, l'Amérique latine a pris de plus en plus d'importance pour le catholicisme.Avec plus d'un demimilliard de fidèles, soit plus de la moitié des ouailles du pape, le continent jouera un rôle déterminant dans l'élection du prochain pape.Plusieurs vaticanistes prédisent que 2005 marquera l'élection d'un premier pape non européen.Que signifierait un pape latinoaméricain pour l'Église catholique ?L'expérience des 25 dernières années est paradoxale : d'un côté, Jean-Paul II a engagé et gagné un bras de fer avec des théologiens marxistes réunis dans le groupe de la théologie de la libération ; de l'autre, les cardinaux latino-américains se sont illustrés par des positions très nettes en matière de « justice sociale », s'élevant contre l'écart entre riches et pauvres.Pour compliquer le tout, l'Église latinoaméricaine s'est illustrée par un certain conservatisme moral, notamment en ce qui concerne la prêtrise des femmes, la sexualité et le mariage des prêtres.« D'un point de vue occidental, l'Église latino-américaine est conservatrice », explique Daniel Cere, directeur du centre d'études religieuses Newman à l'Université Mc Gill.« Mais il ne faut pas oublier que ce qui est important pour l'Amérique latine, comme pour d'autres pays défavorisés en Afrique, c'est la justice sociale, le partage des richesses et les iniquités liées au commerce international.» Prenons l'exemple du cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo, qui est président du Conseil pontifical pour la famille.En 2003, il s'est illustré en affirmant que les condoms ne protégeaient pas contre le sida, parce que ce virus pouvait passer par les pores des préservatifs.Il déformait des études scientifiques pour servir sa croisade en faveur de l'abstinence et contre le contrôle des naissances.En ce sens, l'Amérique latine est un miroir fidèle de Jean-Paul II.« Jean-Paul II a souvent été qualifié abusivement de conservateur », écrit Thomas Reese, l'éditeur du magazine jésuite America, dans un éditorial envoyé aux médias après la mort du pape.« Oui, il insistait sur l'enseignement traditionnel de l'Église.Mais quiconque l'écoutait attentivement réalisait qu'il ne correspondait pas à l'image nord-américaine du conservatisme : il était à la gauche des démocrates libéraux quand il s'opposait à la peine capitale et à la guerre en Irak, et dans son soutien à l'aide internationale et aux Nations unies.» D'ailleurs, il y a beaucoup de points communs entre la théologie de la libération, qu'a combattu Jean-Paul II, et sa propre doctrine de justice sociale.« Ce que Jean- Paul II refusait dans la théologie de la libération, c'est la justification de la violence, et aussi la réduction du message de Jésus- Christ à une salvation politique, explique M.Cere.Mais il était d'accord avec l'idée du partage des richesses de la planète, des pays.» Dans le quotidien romain La Repubblica, le vaticaniste Marco Politi soulignait qu'un pape latino-américain permettrait de marquer l'« internationalisation » de l'Église : « Ce serait le passage définitif d'un épicentre européen à un épicentre au tiersmonde, une région où foi et justice sociale résonnent à l'unisson.Un pape sud-américain serait un pasteur engagé dans la réalité dramatique, tumultueuse de la mondialisation.LES QUALITÉS D'UN PAPE 1 \u2014 Son âge : s'il est jeune, il laissera sa marque dans l'histoire de l'Église ; s'il est vieux, ce sera un pape de transition.2\u2014 Son pays d'origine : Italien, il s'inscrit dans la continuité d'une Église traditionnellement italienne, gouvernée de Rome ; s'il vient d'un autre pays d'Europe, il peut plus efficacement contrer la désaffection des églises en Occident ; s'il est Européen de l'Est, il pourra plus facilement faire la réconciliation avec les orthodoxes ; s'il est originaire du tiers-monde, il marque le déplacement du centre de gravité du catholicisme de l'Europe vers les plus pauvres de la planète.3\u2014 Sa formation : s'il est théologien, il pourra mettre davantage l'accent sur la doctrine et sera probablement traditionaliste ; s'il provient de mouvements qui comptent des laïcs, il pourrait favoriser une certaine décentralisation de l'Église.4 \u2014 Ses interventions passées : Jean- Paul II était très médiatique.Si un cardinal plus discret est élu au conclave, cela pourrait signifier un retour à une papauté plus discrète, plus distante.« Ce serait le passage définitif d'un épicentre européen à un épicentre au tiers-monde, une région où foi et justice sociale résonnent à l'unisson.Un pape sud-américain serait un pasteur engagé dans la réalité dramatique, tumultueuse de la mondialisation.» F.LÉVEILLÉE rima.elkouri@lapresse.ca ai rêvé du pape avant-hier.J'étais assise en face de lui.Et je lui demandais: «Pourquoi?» Pourquoi cette mascarade à votre chevet?Pourquoi ne pas tirer les rideaux, éteindre la lumière et dire aux médias du monde: «Ça suffit»?Il y avait quelque chose d'indécent dans cette agonie en direct, dans cette succession de bulletins de santé trop détaillés.Quelque chose qui m'a mise profondément mal à l'aise.On a tué le pape plusieurs fois avant même qu'il ne meure.Il était déjà mort avant même de mourir.Sans doute était-ce là une fin qui convenait tout à fait à ce pape hypermédiatisé qu'on compare souvent à une rock star.Il reste qu'il y a des moments où la télévision en direct atteint des sommets d'absurdité.La longue agonie du pape en était une désolante démonstration.Est-il possible de mourir dignement quand toutes les caméras de télé du monde sont braquées sur soi?S'il avait été en pleine possession de ses moyens, Jean- Paul II aurait-il vraiment béni ce cirque médiatique?La mort n'est jamais une fête.Mais sous les projecteurs du tsunami médiatique, elle donne un spectacle de très mauvais goût.Après Terri Schiavo unplugged, le pape.Un mort en chasse un autre.Allez, au suivant.Il y avait quelque chose d'indécent dans cette agonie en direct, disais-je.Mais aussi quelque chose de profondément paradoxal dans tous les épanchements que cette mort suscite.Bien sûr, la disparition du pape marque la fin d'une époque.Bien sûr, même dans notre société aux églises désertées, il demeure un puissant symbole.Il n'y avait qu'à voir les fidèles qui se recueillaient hier à l'oratoire Saint-Joseph.Il n'y a qu'à lire la tristesse dans les yeux des gens de la communauté polonaise, pour qui il représente la résistance.Il n'y a qu'à entendre tous ces catholiques venus d'ailleurs, comme mes parents, qui avaient l'impression, hier, d'avoir perdu un proche.Ceux qui le pleurent voient en lui un puissant symbole de foi, de paix, de compassion.Mais pour beaucoup aussi Jean-Paul II est surtout le symbole d'une Église dépassée.On ne le dira pas trop fort ces jours-ci.Il n'est pas de bon ton de critiquer unmort.Mais n'est-il pas aussi de mauvais ton, au nomdurespect, demanquerdelucidité?D'oublier que cepape de la compassion avait tout de même des idées plus que rétrogrades et conservatrices sur bien des sujets?Le monde a perdu un «défenseur de la liberté», disait George Bush hier.La conception de la liberté du pape n'incluait toutefois pas celle d'être homosexuel.Elle n'incluait pas non plus le droit à la contraception et à l'avortement.Au-delà du battage médiatique, que signifie vraiment la mort du pape dans notre ville aux cent clochers petit à petit convertis en condos?En levant les yeux vers la croix du mont Royal, qui sera illuminée de pourpre dans les prochains jours, je ne peux m'empêcher de penser à tous ces paradoxes.J' Quelque chose d'indécent JEAN-PAUL II 1920-2005 VINCENT MARISSAL Un Chrétien chez Jean-Paul II Quand Jean Chrétien a commencé sa longue carrière politique, il y a plus de 40 ans, les curés du Québec ne manquaient jamais une occasion de rappeler aux fidèles que le ciel est bleu, mais que l'enfer est rouge.Catholique de confession, mais d'abord libéral de conviction, Jean Chrétien avait pris le clergé de front pour défendre ses idéaux de jeune homme avec le front de boeuf qui allait lui permettre de durer si longtemps en politique.Si bien que, à la fin de sa carrière, l'évêque de Calgary, Fred Henry, lui avait reproché de ne pas « comprendre ce que signifie être un bon catholique » et l'avait prévenu qu'il « mettait en jeu son salut éternel », autrement dit qu'il risquait de brûler en enfer parce qu'il voulait légaliser le mariage gai.Le pape Jean-Paul II n'est jamais allé jusqu'à promettre les flammes de l'enfer aux dirigeants politiques catholiques qui osaient remettre en question la définition traditionnelle du mariage, mais son opposition au mariage gai était néanmoins sans équivoque.En septembre dernier, quand Jean-Paul II a reçu les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Canada au Vatican, Donald Smith, il lui a rappelé que le mariage gai crée « une fausse compréhension de la nature du mariage ».En 2003, au moment où Jean Chrétien tentait de convaincre son caucus que la société avait évolué et qu'il était du devoir du gouvernement de protéger les droits des homosexuels, le Vatican exhortait les dirigeants politiques catholiques du monde entier à s'opposer « de manière claire et incisive » à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles.Le texte approuvé par le pape était on ne peut plus explicite : « Dans le cas où serait proposé, pour la première fois à l'Assemblée législative, un projet de loi favorable à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, le parlementaire catholique a le devoir moral d'exprimer clairement son désaccord et de voter contre ce projet de loi.Accorder le suffrage de son vote à un texte législatif aussi nuisible pour le bien commun de la société serait un acte gravement immoral.(.) Le mariage n'existe qu'entre deux personnes de sexe différent.» Avec de telles différences idéologiques, Jean-Paul II et Jean Chrétien avaient tout pour ne pas s'entendre.Et pourtant, M.Chrétien a entretenu avec le pape et le Saint-Siège des liens plus étroits que n'importe lequel de ses prédécesseurs.Il a rencontré le pape trois fois au Vatican et au moins deux autres fois (il ne se souvient plus exactement) au Canada.« Pour un Chrétien, c'est normal de rencontrer le pape », badinait souvent Jean Chrétien, qui ne s'est toutefois jamais défini comme un catholique pratiquant, contrairement à Paul Martin.Une légende qui habite l'imaginaire des journalistes parlementaires à Ottawa veut d'ailleurs que, en sortant d'une audience avec le pape, en 1998, Jean Chrétien ait lancé une de ces expressions absurdes dont il avait le secret.« On a eu une rencontre de 20 minutes et on a parlé pendant une demi-heure », avait-il dit, visiblement ému de sa rencontre avec le Saint-Père.Faisant une rare exception à son devoir de réserve, Jean Chrétien a accepté hier soir de parler de Jean- Paul II lors d'un entretien téléphonique.« Le pape a été un des grands personnages des dernières décennies, dit-il.Il était charismatique, déterminé, parfois controversé, mais certainement courageux.Il était courageux dans ses opinions, mais aussi physiquement, parce qu'il était malade depuis longtemps.» Lors de ses entretiens privés avec Jean Chrétien, le pape n'a jamais directement abordé les questions délicates comme le mariage gai ou l'avortement.« Il ne m'a jamais fait de reproches, il savait que j'étais catholique romain, mais il savait aussi que, comme premier ministre, je ne devais pas imposer mes croyances à mon pays, parce qu'on trouve toutes les religions et tous les courants de pensée au Canada.» Le pape, se souvient Jean Chrétien, était très impressionné par la tolérance entre les groupes ethniques et religieux au Canada.« C'est de ça qu'il me parlait le plus lors de nos rencontres, en français, puisqu'il parlait un excellent français.Il connaissait bien la situation au Canada, il avait un intérêt particulier pour les autochtones.Le lien le plus étroit entre les deux hommes s'est tissé du côté de la grande diplomatie internationale.La visite officielle de Jean Chrétien à Cuba en 1998, sans aucun doute l'un des meilleurs coups diplomatiques de l'ancien premier ministre, avait été préparée en collaboration avec le Saint-Siège.« Le pape y était allé avant moi et nous avions eu des échanges avec le Vatican pour savoir si ça valait la peine d'organiser une mission politique là-bas, raconte M.Chrétien.Le pape a voulu bâtir des ponts toute sa vie.On n'a pas vu les résultats que l'on espérait à Cuba, mais moi je pense toujours que le dialogue est mieux que l'isolement.Lors de la dernière visite officielle de Jean Chrétien au Vatican, en mai 1998, Jean-Paul II s'était engagé auprès de lui à faire pression sur les États-Unis pour qu'ils lèvent l'embargo contre Cuba.Jean-Paul II avait aussi fait la promotion du traité d'Ottawa contre les mines antipersonnel et s'était opposé, comme Jean Chrétien, à l'invasion américaine en Irak.Même si leurs positions sociales étaient aux antipodes dans bien des dossiers, Jean-Paul II et Jean Chrétien avaient aussi bien des points en commun.On dit que le défunt pape était têtu.Il avait des idées bien arrêtées et personne n'allait le déloger de son (saint) siège.Ça ne vous rappelle pas quelqu'un COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca Jean-Paul II et Jean Chrétienavaient tout pour ne pas s'entendre.Et pourtant, M.Chrétienaentretenu avec le pape et le Saint-Siègedes liens plus étroits quen'importe lequel de ses prédécesseurs.PHOTO PLINIO LEPRI, AP Le pape Jean-Paul II se recueille devant une foule de croyants à l'occasion de l'une des audiences hebdomadaires tenues à sa résidence d'été de Castelgandolfo, en Italie, en 2003.Un pape proche de Dieu Les archevêques québécois gardent de Jean-Paul II le souvenir d'un grand homme LOUISE LEDUC La qualité première de Jean-Paul II demeure « sa sainteté », croit le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.Selon lui, cette proximité avec Dieu est aussi ce qui devra caractériser son successeur.Mgr Turcotte venait tout juste de terminer la conférence de presse au cours de laquelle il commentait cette digne agonie du pape quand la nouvelle est tombée : Jean-Paul II est mort.« C'est ma secrétaire qui me l'a annoncé, a expliqué Mgr Turcotte à La Presse.Le pape est mort entouré des gens qu'il aimait et que je connais bien : son secrétaire, Stanislaw, les soeurs qui s'occupaient de lui, son médecin.Ces gens-là étaient devenus au fil des ans de très bons amis.» Dans son agonie et dans sa mort, le pape laisse des images très fortes : Mgr Marc Ouellet, archevêque de Québec, a évoqué l'ultime bénédiction publique de Jean-Paul II, à Pâques, « une bénédiction silencieuse ».« Jusqu'au bout, le pape a béni l'humanité au nom de Dieu », a-t-il dit, la voix nouée par l'émotion.Mgr Turcotte, lui, s'est dit touché de voir cette foule dense se presser sous les fenêtres du pape agonisant pour le soutenir dans la prière.Des gens qui ne pouvaient pas le voir mais qui trouvaient réconfortant de se savoir assez près de lui à la toute fin de son parcours.«On tient tellement à être près des gens que l'on aime dans leurs derniers moments.» Pour Mgr Turcotte, Jean-Paul II est tout simplement « le plus grand homme» qu'il a jamais connu.Un homme fier de sa personne, un athlète robuste dans ses jeunes années, « qui a dû trouver très difficile de donner sa souffrance en spectacle » mais qui l'a fait pour dire à la face du monde « que tout être humain mérite la plus haute considération », de sa naissance jusqu'à ce que Dieu le ramène à lui.C'est justement pour cela que Mgr Turcotte affirme n'avoir jamais cru un seul instant à toutes ces rumeurs voulant qu'il puisse démissionner.À Québec, quand un journaliste a demandé à Mgr Ouellet ce qui le bouleversait le plus, il a répondu, non sans mal : « Ce qui me touche le plus aujourd'hui, c'est l'histoire de cet homme et l'histoire de son pays, ce pays marqué par le mystère de la Croix et dont la foi catholique a pu faire tomber le communisme.Non, ce n'est pas un hasard si ce peuple a donné un pape à l'Église.» C'est souvent dans les petites choses que Jean-Paul II a montré sa grande humanité, a encore dit Mgr Ouellet.« J'ai vu des femmes assister aux audiences papales avec leurs nourrissons, sachant pertinemment qu'il allait s'arrêter devant elles pour embrasser leurs enfants.» Mgr Ouellet a rencontré Jean-Paul II pour la dernière fois en janvier, lors d'une audience tenue dans le cadre de la Commission pour l'Amérique latine.« Je l'ai remercié d'avoir désigné Québec pour tenir le Congrès eucharistique de 2008 et je lui ai manifesté le souhait qu'il puisse nous accompagner.Je l'ai vu se redresser, me regarder et me dire en italien : Espérons-le ! » La « sainteté » d'abord Quel devra être le profil du prochain pape ?Mgr Ouellet et Mgr Turcotte s'envoleront tous deux aujourd'hui ou demain pour Rome, pour assister aux funérailles et aux différentes célébrations mais aussi pour voter pour le prochain pontife.Croyant que l'heure n'est pas aux intrigues, Mgr Ouellet a tout simplement dit que « toutes les hypothèses sont ouvertes» quant à l'origine ou à l'âge du successeur de Jean-Paul II.Après avoir eu un pape très oecuménique et très porté sur la critique du capitalisme, comme l'a souligné Mgr Turcotte, l'Église serait-elle maintenant bien servie par un pape progressiste ?À ce sujet, Mgr Turcotte a été catégorique : les qualités humaines et le leadership d'un pape marquent l'Église, mais la doctrine catholique ne se change pas comme ça, au gré de ses dirigeants.Mgr Turcotte, qui dit n'avoir pas encore décidé pour qui il allait voter, signale qu'il votera pour celui qui semble avoir le meilleur « contact avec Dieu » et qui se rapproche de la sainteté manifestée par Jean-Paul II.« Je suis cardinal depuis 1994, je connais donc très bien plusieurs de mes confrères, et plusieurs d'entre eux sont des hommes admirables.» Dans son agonie et dans sa mort, le pape laisse des images très fortes, selon Mgr Marc Ouellet. JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO PAWEL KOPCZYNSKI, REUTERS Après l'annonce de la mort de Jean-Paul II, des ouvriers s'affairent à déployer une immense affiche représentant le Saint-Père sur un mur de l'hôtel de ville de Cracovie, en Pologne.La Pologne pleure son pape Le gouvernement décrète un deuil national jusqu'aux funérailles du Saint-Père AGNÈS GRUDA ENVOYÉE SPÉCIALE POLOGNE CRACOVIE \u2014 D'abord, les chants se sont tus.Puis il y a eu un lourd silence.Enfin, la voix d'un prêtre a annoncé : « Le Saint-Père a rejoint le Seigneur.» À ces mots, les centaines de Polonais qui se recueillaient depuis plusieurs heures à la lueur des bougies, devant l'immeuble de l'archevêché de Cracovie, sont tombés à genoux, certains essuyant une larme alors que d'autres sanglotaient sans retenue.Puis l'archevêque de Cracovie, Mgr Franciszek Macharski, est sorti de la curie pour s'agenouiller dans la rue parmi les gens.Cela faisait trois jours que les fidèles se relayaient devant la fenêtre de cet édifice jaune pâle, d'où le pape Jean-Paul II, qui a été archevêque de Cracovie pendant 15 ans, s'adressait à la population lors de ses pèlerinages dans son pays natal.Attendue, l'annonce de sa mort n'en a pas moins causé un choc.« C'est comme si on m'avait coupé quelque chose », a confié Maria, décoratrice dans la cinquantaine venue donner son soutien au pape, hier soir.« Ce matin, ma fille de 29 ans me disait qu'elle ne pouvait même pas imaginer sa vie sans Jean-Paul II.Pour elle, il a toujours été là.Maintenant, c'est comme si une étape venait de finir.» Jean-Paul II a rendu l'âme à 21 h 37, mais ce n'est que peu après 22h que l'information a été communiquée aux habitants de cette ville historique du sud de la Pologne.Dès l'annonce de la nouvelle, la cloche de Sigismond, dans la grande cathédrale de Wawel, a retenti à travers Cracovie, signalant qu'un événement exceptionnel venait de se produire.Aussitôt, les Cracoviens sont descendus massivement vers la vieille ville, où une odeur d'encens flottait dans l'air.Certains se sont dirigés vers l'archevêché et l'église des Franciscains qui y fait face ; d'autres ont marché jusqu'à l'église de la Vierge-Marie, au coeur de la grande place du Marché.Dans la foule qui affluait vers la vieille ville, il y avait quelques religieuses, des vieux, mais aussi un grand nombre de jeunes gens, des couples qui s'étreignaient, des groupes d'adolescentes aux yeux pleins d'eau.« Nous serons la génération de ceux que Jean-Paul II a aimés et qui l'aimaient, qui l'aiment encore.Mais maintenant s'ouvre un nouveau chapitre de notre vie », a dit le prêtre Piotr Iwanek aux gens réunis devant l'archevêché.À 23 h, des messes étaient célébrées dans les principales églises de la ville.Il y avait tant de monde que les églises débordaient et que des fidèles en étaient réduits à prier agenouillés sur le trottoir.La mort du pape ne laissait personne indifférent.Bartlomiej Brodzki, jeune punk aux cheveux striés de blond et de brun, les lèvres et les narines percées, était assis devant l'église de la Vierge-Marie et regardait gravement devant lui.« Nous sommes tous touchés, cet homme a fait tant de bien, c'est un saint », disait- il.Les ministres réunis d'urgence La mort de Karol Wojtyla a secoué la Pologne entière.Le Conseil des ministres, réuni d'urgence au milieu de la nuit, a décrété un deuil national à compter de cette nuit jusqu'aux funérailles du Saint-Père.Il a aussi appelé le pays entier \u2014 les médias, les équipes sportives et les industries culturelles\u2014 à conserver une « attitude digne » au cours de cette période, selon les mots du premier ministre, Marek Belka.Ce dernier n'a cependant pas cru bon d'interdire quelque activité que ce soit, laissant les Polonais à leur jugement.Déjà hier, la télévision publique a cessé de diffuser toute publicité à compter de 13 h, de nombreuses émissions de variété ont été annulées et les matches sportifs étaient précédés de séances de prières.Mais à Cracovie, ville où Karol Wojtyla a vécu pendant 40 ans, d'abord comme simple étudiant amateur de théâtre, puis comme prêtre, évêque, archevêque et cardinal, la nouvelle de son décès a été ressentie avec une douleur particulière.Beaucoup d'habitants de cette ville ont connu personnellement le pape à un moment où un autre de ces quatre décennies.C'est le cas de Witold Kurczynski, publicitaire rencontré sur la place du Marché, dont la fille a été confirmée par Karol Wojtyla.Une dame raconte avoir été mariée par le prêtre Wojtyla, qui a aussi baptisé sa fille.Architecte, le grand-père de Marcin Grega a dessiné une église pour le futur pape.Ce sont ces liens et souvenirs personnels qui remontaient à la mémoire des Cracoviens au cours de la journée d'hier, alors que la ville était plongée dans une sorte d'attente irréelle.La vie suivait son cours, l'hommestatue faisait son numéro aux touristes sur la place du Marché, les calèches faisaient faire des tours de ville et les terrasses étaient pleines en cette journée fraîche de printemps.Mais dès que l'on entendait une cloche, les gens se regardaient en se demandant si ça y était.« Je n'ai pas de mots pour exprimer ma tristesse», notait en fin d'après-midi une jeune étudiante en relations internationales, Ewelina Bialik, née deux ans après l'élection du premier pape slave.Que représentait le pape pour elle ?« Une autorité morale, une voie à suivre, même si je n'y arrive pas toujours.» Une autorité qu'il aura exercée jusqu'à son tout dernier souffle, selon l'un de ses proches collaborateurs, Marek Skwarnicki, qui l'a suivi dans de nombreux pèlerinages, notamment au Canada en 1984.Selon M.Skwarnicki, ce n'est pas un hasard si l'agonie de Karol Wojtyla a été suivie d'aussi près par la planète entière.« Il voulait montrer ce que peuvent être le courage et la souffrance.C'était sa dernière occasion de donner l'exemple.» « Karol Wojtyla voulait montrer ce que peuvent être le courage et la souffrance.C'était sa dernière occasion de donner l'exemple.» ANDRÉ DUCHESNE Secrétaire particulier du pape Jean- Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz avait pris tellement d'importance \u2014et d'influence\u2014 au cours des dernières années qu'il avait un accès direct à ses appartements privés sans avoir à passer par les couloirs du Vatican, affirme le journaliste et écrivain spécialiste du catholicisme Jacques Duquesne.Selon lui, il ne fait aucun doute que, avec la mort de Jean-Paul II, son secrétaire se retrouvera au chômage dès ce matin.Il sera même prié de quitter le Vatican illico.Mais il aura eu le temps d'influer non seulement sur l'administration des affaires courantes, mais sur l'orientation du pontificat.« C'est un peu lui qui a gouverné l'Église depuis quelques années, soutient M.Duquesne, joint par téléphone à Paris.Tout se faisait au nom du pape, mais tout le monde savait que c'était Mgr Dziwisz qui poussait à des nominations d'évêques, de cardinaux, etc.» Évidemment, sa philosophie se moulait parfaitement à celle de Jean- Paul II.« Les deux hommes avaient un rapport plus proche encore que père et fils, je dirais presque fusionnel.Ils ont fait du sport, du ski ensemble », rappelle M.Duquesne.Il poursuit : « Il y avait des moments où Jean-Paul II était moins lucide et n'avait pas la capacité de bien gérer toutes les affaires de l'Église.C'est Stanislaw Dziwisz qui lui conseillait alors de signer ou de ne pas signer des lettres.Et c'était lui qui décidait des audiences à accorder ou non, etc.» Même le numéro 2 de la Curie et secrétaire d'État, le cardinal Eduardo Martinez Sodano, devait passer par Mgr Dziwisz pour avoir accès au pape, soutient Jacques Duquesne, une situation totalement anormale.Né à Raba Wyzna (Pologne), le 27 avril 1939, Stanislaw Dziwisz se trouve à la tête de ce que l'on appelle « le clan des Polonais », une garde rapprochée de Jean-Paul II, qui comprend quelques autres ecclésiastiques travaillant dans son entourage.Secrétaire de Jean-Paul II depuis le milieu des années 60, il a bien sûr suivi Karol Wojtyla à Rome lorsque celui-ci est devenu pape, en octobre 1978.Peu connu du public, il n'était pourtant jamais loin du pape.C'est dans ses bras que le Saint-Père est tombé lorsqu'il a été victime des balles d'Ali Agça, en mai 1981, place Saint-Pierre.Au cours des derniers mois, plusieurs médias, dont Time Magazine, L'Hebdo et Le Nouvel Observateur, ont consacré des articles à « cet homme derrière le pape », « aussi discret qu'omniprésent », éminence grise dont l'influence s'est accrue au fil du déclin de la santé du Saint-Père.Si le temps des règlements de comptes est venu, comme le soutient Jacques Duquesne, ce genre de situation n'est pas inhabituelle au terme d'un pontificat, les membres de la garde rapprochée du défunt étant souvent \u2014pour ne pas dire toujours\u2014 appelés à se retirer.Mais, chose particulière dans le cas de Mgr Stanislaw Dziwisz, le pape l'avait déjà nommé évêque puis archevêque.« On ne pourra pas le traiter comme un simple secrétaire », ajoute l'analyste.Certains craignent même qu'il soit celui que Jean-Paul II a nommé cardinal in pectore (dans sa conscience) il y a deux ans mais dont le nom est demeuré secret jusqu'à ce jour.Le nom n'est dévoilé que lorsque le pape le décide ou laisse des instructions en ce sens.Il se pourrait aussi que l'élu vienne de Chine ou d'un pays où les droits de l'homme sont sévèrement restreints.Intrigues, passage secret et règlements de compte Mgr Dziwisz et «le clan des Polonais» en menaient large au Vatican JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO ODD ANDERSEN, AGENCE FRANCE-PRESSE Durant une célébration hier à la cathédrale de Westminster, à Londres, une femme conservait précieusement dans ses mains un portrait du pape.Dans bien des lieux de culte de par le monde, catholiques et protestants partageaient la même peine.Profonde tristesse dans la capitale américaine ALEXANDRE SIROIS WASHINGTON « C'était un leader profondément religieux.C'est une période très difficile », lance d'emblée Altaga Davis lorsqu'on lui demande ce que représentait Jean-Paul II à ses yeux.Aussitôt, sa voix s'étrangle et elle doit se retenir pour ne pas pleurer.Comme quelques milliers d'habitants de Washington et des environs, cette élégante dame au teint basané avait bravé la trombe d'eau qui s'abattait sur la capitale américaine hier après-midi pour prendre part à la plus importante cérémonie de la journée consacrée au Saint-Père dans la région.La messe à laquelle Mme Davis assistait se déroulait à la basilique de l'Immaculée-Conception du sanctuaire national, à Washington.Cette église catholique, la plus importante des Amériques, peut accueillir quelque 6000 fidèles.Hier, elle était remplie d'Américains de tous âges et de toutes origines.À l'instar de plusieurs personnes rencontrées sur place, cette dame de 46 ans était profondément triste.« Il est exceptionnel.Je pense qu'il a ramené les Américains aux fondements de notre religion et nous a fait comprendre l'importance de l'eucharistie et celle de chérir notre religion », a-t-elle dit après s'être ressaisie.« Ça me donne envie de pleurer, c'est vraiment très triste, a pour sa part déclaré Jane Leonard, âgée de 79 ans, sur le parvis de la basilique.C'est le meilleur pape que nous ayons jamais eu.» C'est qu'il pouvait communiquer avec tout le monde sans exception et accordait une attention particulière aux pauvres, a-t-elle expliqué.De plus, « ce en quoi il croyait n'a jamais changé ».La messe était célébrée par l'archevêque de Washington, Theodore Mc Carrick.Il a loué les nombreuses qualités du pape lors de son homélie et, plus tard, au cours d'un point de presse qui a suivi l'annonce de la mort du pape.L'archevêque a lui aussi souligné l'amour manifesté par le pape pour les moins bien nantis et son rêve de « faire disparaître l'écart entre les riches et les pauvres ».Il a également insisté sur la façon dont le Saint-Père a tendu la main à tous, catholiques ou non.Preuve ultime que les efforts de Jean-Paul II en ce sens n'ont pas été vains, il n'y avait pas que des catholiques hier à la basilique.Par exemple, Michael Bassett, un protestant de 36 ans originaire de Virginie, s'était déplacé pour l'occasion.« Je ne suis pas catholique, mais j'avais vraiment beaucoup de respect pour lui en tant que leader qui représentait le bien dans nos vies.Il symbolisait vraiment les bons aspects de l'être humain », a dit ce jeune homme au sujet du pape.Plusieurs messes ont également été célébrées hier pour Jean-Paul II à la cathédrale St.Matthew, plus petite mais plus « historique » que la basilique.La Presse a d'ailleurs assisté à l'une d'entre elles, tôt hier matin.Là aussi, l'émotion était palpable.Michael Dompas, un Américain d'origine indonésienne établi dans la capitale depuis 30 ans, s'est mis à pleurer au terme de cette célébration.« C'est important d'avoir un leader comme lui pour nous représenter et nous faire sentir bien même si on est une minorité catholique dans un pays qui est le plus important pays musulman », a dit cet homme de 48 ans, des sanglots dans la voix, au sujet de son pays natal déjà visité par Jean- Paul II.M.Dompas a aussi lancé des fleurs au Saint-Père pour ses multiples voyages grâce auxquels il a véhiculé les enseignements de l'Église d'un bout à l'autre de la planète.« Et aussi parce qu'il a clarifié ces enseignements, a-t-il dit.Il est possible de ne pas être d'accord avec cela, mais au moins, c'est clair.» « Je ne suis pas catholique, mais j'avais vraiment beaucoup de respect pour lui en tant que leader qui représentait le bien dans nos vies.Il symbolisait vraiment les bons aspects de l'être humain.» LES RELIGIONS AUX ÉTATS- UNIS En 2002 Protestants : 52% Catholiques : 24 % Mormons: 2% Juifs : 1 % Musulmans : 1 % Autres : 10% Athés ou sans confession : 10 % Source: CIA «Un défenseur de la liberté s'est éteint» ALEXANDRE SIROIS WASHINGTON \u2014 George W.Bush a rendu hommage à Jean-Paul II hier en soulignant tout particulièrement les efforts de ce «héros de notre temps» pour faire progresser la liberté et pour « bâtir une culture de la vie ».« L'Église catholique a perdu son berger, le monde a perdu un défenseur de la liberté humaine.Un bon et fidèle serviteur de Dieu a été rappelé à la maison », a dit le président américain lors d'une allocution à la Maison- Blanche prononcée pour l'occasion.Accompagné par sa femme, Laura, Bush a affirmé que le pape qui s'est éteint hier aura été du début à la fin de son règne un «témoin de la dignité de la vie humaine ».Comme l'avait fait la veille sa secrétaire d'État, Condoleezza Rice, le président n'a pas manqué de rappeler le rôle joué par le pape dans l'effondrement du communisme.« Dans sa Pologne natale, ce témoin a lancé une révolution démocratique qui a balayé l'Europe de l'Est et changé le cours de l'histoire », a dit le président.Bush a prôné à de nombreuses reprises l'établissement d'une « culture de la vie» ces derniers jours, alors qu'il tentait d'empêcher la mort de la Floridienne Terri Schiavo.Dans son discours d'hier, il a souligné que le pape lui-même avait fixé cet objectif.Les médias américains répètent depuis hier que l'expression «culture de la vie » a en fait été empruntée au pape par le président américain, qui l'utilise aussi fréquemment pour marquer son opposition à l'avortement.« Nous nous souviendrons toujours du prêtre humble, sage et sans peur qui est devenu un des grands leaders moraux de l'histoire », a ajouté Bush.Le président républicain, l'un des plus religieux de tous les leaders de son pays, avait donc beaucoup de points en commun avec le Saint-Père, idéologiquement parlant.Ce qui n'avait pas empêché le pape de le réprimander et de dénoncer sa décision d'envahir l'Irak il y a deux ans.Bush a néanmoins dit hier que le pape aura inspiré des millions d'Américains et a affirmé qu'il avait un lien particulier avec les États-Unis, pays qu'aucun souverain pontife n'aura visité plus souvent que Jean-Paul II.« Lors de ses visites en notre pays, le pape a parlé de notre Constitution providentielle, des vérités incontestables sur la dignité humaine de notre déclaration et des richesses de la liberté qui en découle.Ce sont ces vérités, a-t-il dit, qui ont conduit les peuples du monde à regarder l'Amérique avec espoir et respect », a déclaré Bush.Sa secrétaire d'État s'est pour sa part dite « profondément attristée » par la mort du Saint-Père.« Au cours de sa papauté de 26 ans, la défense des droits et de la dignité de la personne par le pape Jean-Paul II n'a jamais fléchi », a déclaré Rice dans un communiqué diffusé en début de soirée.« La sagesse et l'universalité de son enseignement continueront à guider tous ceux d'entre nous qui, comme le pape Jean-Paul II, croient en la liberté et la foi », a ajouté la secrétaire d'État.PHOTOMANNIE GARCIA, REUTERS George W.Bush et sa femme Laura ont assisté hier à la messe célébrée à la basilique de l'Immaculée Conception, à Washington, à la mémoire de Jean-Paul II.Le président américain a salué l'archevêque de Washington, Theodore Mc Carrick. Prix en vigueur jusqu'au dimanche 3 avril 2005.Quantité limitée sur certains articles.Achat minimum requis de 299$ avant taxes pour les appareils électroniques et de 499$ avant taxes pour les meubles, matelas, accessoires de décoration et électroménagers.Ne payez que les taxes de vente au moment de l'achat.Sujet à l'approbation du crédit.Le montant de votre achat sera réparti en 36 versements égaux, sans frais, ni intérêt débutant le mois suivant votre achat.Conditions en magasin.Valable pour les produits en inventaire seulement.Non valable aux Centres de liquidation (C.D.L.).Une entreprise de chez nous, pour vous ! HEURES D'OUVERTURE : Lundi au vendredi 9h à 21h Samedi 9h à 17h Dimanche 10h à 17h 10 GRANDS MAGASINS BROSSARD Tél.: (450) 619-6777 9500, boul.Taschereau (coin boul.Rivard) GATINEAU Tél.: (819) 561-5007 1 877 755-2555 500, boul.de la Gappe (face aux Promenades de l'Outaouais) KIRKLAND Tél.: (514) 697-9228 16 975, route Transcanadienne (sortie 50 de la Transcanadienne) LASALLE Tél.: (514) 364-6110 7272, boul.Newman (près du Carrefour Angrignon) LAVAL Tél.: (450) 682-2516 500, boul.Le Corbusier (coin boul.de la Concorde) REPENTIGNY Tél.: (450) 470-0815 145, rue de Lafayette (près du boul.Brien) ROCK FOREST Tél.: (819) 562-4242 1 800 267-4240 4275, boul.Bourque (coin rue Grégoire) SAINT-HUBERT Tél.: (450) 676-1911 1351, boul.des Promenades (près des Promenades Saint-Bruno) SAINT-LÉONARD Tél.: (514) 254-9455 6700, rue Jean-Talon Est (près des Galeries d'Anjou) SAINTE-THÉRÈSE Tél.: (450) 430-0555 125, boul.Desjardins Est (coin boul.Curé-Labelle) LIVRAISON GRATUITE DANS UN RAYON DE 200 KM Conditions en magasin.AUCUN INTÉRÊT À PAYER JUSQU'EN MARS 2008 36 AVEC VERSEMENTS ÉGAUX SANS FRAIS NI INTÉRÊT SUR LES MEUBLES, MATELAS, ÉLECTROMÉNAGERS ET APPAREILS ÉLECTRONIQUES En collaboration avec \u2020 Pour participer au concours, un achat minimum de 100$ avant taxes est requis.Pour être déclaré finaliste, chaque participant devra avoir répondu correctement à une question d'habileté mathématique.Règlements et détails en magasin.Un coupon de participation par tranche d'achat de 100 $ Lecteur de DVD progressif Compatible avec disques DVD/Vidéo, DVD-R/DVD-RW/ CD-RW/CD-R /CD, boîtier très mince, peut lire les fichiers MP3.12 mois de garantie Téléviseur à écran plat de 32 po Filtre peigne numérique à 3 lignes, masque perforé Invar, entrée vidéo à composants.12 mois de garantie Aussi offert : 27 po 11,08$/mois ou 399$ Téléviseur à projection DLPMD de 56 po avec piédestal Rapport de contraste de 2500:1, mode de visionnement 3:2, format numérique 1280 X 720.Livraison gratuite.12 mois de garantie.Appareil photo numérique de 5,2 mégapixels avec écran ACL TFT de 2,0 po Zoom optique 3,2x, zoom numérique 3,9x.Carte mémoire xD incluse.12 mois de garantie Aussi offerts : 4,1 mégapixels 8,31$/mois ou 299$ 6,3 mégapixels 13,86$/mois ou 499$ Ensemble cinéma maison de 650 watts au total Récepteur audio-vidéo avec décodeur Dolby Digital/DTS et Dolby Pro-Logic ll intégrés, 5 haut-parleurs et un subwoofer de 150 watts.Livraison gratuite.12 mois de garantie.Ensemble cinéma maison de 350 watts au total Récepteur audio-vidéo, décodeurs Dolby Digital/DTS et Dolby Pro-Logic II intégrés, lecteur de DVD progressif, 5 haut-parleurs et un subwoofer amplifié de 100 watts.Livraison gratuite.12 mois de garantie.Téléphone sans fil de 2,4 GHz Dix positions de composition rapide, avertissement sonore de batterie faible, localisateur de combiné.12 mois de garantie ou649$ 1803$ 32 po /mois ÉCRAN PLAT 79$ ÉCRAN FORMAT 16:9 À PROJECTION ou3999$ 11108$ /mois GRATUIT! 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JEAN-PAUL II 1920-2005 LE COLLÈGE DES CARDINAUX ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ALLEMAGNE ALLEMAGNE ESPAGNE ESPAGNE PORTUGAL IRLANDE AUTRICHE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ALLEMAGNE ALLEMAGNE ESPAGNE ESPAGNE PORTUGAL IRLANDE AUTRICHE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ALLEMAGNE ALLEMAGNE ESPAGNE ESPAGNE UKRAINE GR.-BRETAGNE RÉP.TCHÈQUE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ALLEMAGNE ALLEMAGNE ESPAGNE ESPAGNE UKRAINE GR.-BRETAGNE RÉP.TCHÈQUE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE POLOGNE POLOGNE POLOGNE FRANCE FRANCE FRANCE SUISSE HONGRIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE POLOGNE POLOGNE SLOVAQUIE FRANCE FRANCE PAYS-BAS SUISSE HONGRIE ITALIE ITALIE ITALIE ITALIE BOSNIE -H.POLOGNE POLOGNE SLOVAQUIE FRANCE FRANCE PAYS-BAS SUISSE CROATIE TONINI Ersilio 90 ans CANESTRI Giovanni 86 ans MONDUZZI Dino 82 ans CÉ Marco 79 ans MARCHISANO Francesco 75 ans MARTINO Renato Raffæle 72 ans ANTONELLI Ennio 68 ans CAPRIO Giuseppe 90 ans CHELI Giovanni 86 ans LAGHI Pio 82 ans CACCIAVILLAN Agostino 79 ans DE GIORGI Salvatore 74 ans POLETTO Severino 71 ans NICORA Attilio 67 ans INNOCENTI Antonio 89 ans FELICI Angelo 85 ans ANTONETTI Lorenzo 82 ans MARTINI Carlo Maria 78 ans GIORDANO Michele 74 ans RE Giovanni Battista 71 ans SCOLA Angelo 63 ans ANGELINI Fiorenzo 88 ans TUCCI Roberto 83 ans SILVESTRINI Achille 81 ans SODANO Angelo 78 ans RUINI Camillo 74 ans TETTAMANZI Dionigi 70 ans SEPE Crescenzio 61 ans POGGI Luigi 87 ans FURNO Carlo 83 ans PIOVANELLI Silvano 81 ans BIFFI Giacomo 77 ans SEBASTIANI Sergio 73 ans BERTONE Tarcisio 70 ans PULJIC Vinko 59 ans PAPPALARDO Salvatore 86 ans NOÈ Virgilio 82 ans SALDARINI Giovanni 80 ans POMPEDDA Mario Francesco 75 ans KOZOWIECKI Adam 93 ans MACHARSKI Franciszek 77 ans GLEMP Józef 75 ans MAYER Paul Augustin 93 ans RATZINGER Joseph 77 ans KASPER Walter 71 ans STERZINSKY Georg Maximilian 69 ans NAGY Stanislas 83 ans GULBINOWICZ Henryk Roman 81 ans GROCHOLEWSKI Zenon 65 ans SCHEFFCZYK Leo 85 ans WETTER Friedrich 77 ans MEISNER Joachim 71ans LEHMANN Karl 68 ans DESKUR Andrzej Maria 81 ans KOREC Ján Chryzostom 81 ans TOMKO Jozef 80 ans SUQUÍA GOICCECHEA Angel 88 ans ÁLVAREZ MARTÍNEZ Francisco 79 ans MARTÍNEZ SOMALO Eduardo 77 ans AMIGO VALLEJO Carlos 70 ans HONORÉ Jean 84 ans POUPARD Paul 74 ans TAURAN Jean-Louis 61 ans JAVIERRE ORTAS Antonio María 84 ans CARLES GORDÓ Ricardo María 78 ans HERRANZ Julián 74 ans ROUCOVARELA Antonio María 68 ans ETCHEGARAY Roger 82 ans PANAFIEU Bernard 74 ans BARBARIN Philippe 54 ans SARAIVAMARTINS José 73 ans da CRUZ POLICARPO José 69 ans JAWORSKI Marian 78 ans HUSAR Lubomyr 72 ans LUSTIGER Jean-Marie 78 ans WILLEBRANDS Johannes 95 ans SIMONIS Adrianus Johannes 73 ans DALY Cahal Brendan 87 ans CONNELL Desmond 78 ans MURPHY-O'CONNOR Cormac 72 ans O'BRIEN Keith Michael Patrick 66 ans COTTIER Georges Marie Martin 82 ans AGUSTONI Gilberto 82 ans SCHWERY Henri 72 ans STICKLER Alfons Maria 94 ans SCHÖNBORN Christoph 60 ans SPIDLÍK Tomás 85 ans VLK Miloslav 72 ans PASKAI László 77 ans ERDO Péter 52 ans BOZANIC Josip 55 ans - Cardinal électeur Le conclave: une lutte idéologique CARDINAUX ÉLECTEURS PAR CONTINENT AMÉRIQUE DU NORD Cardinaux de 80 ans et plus 4 Cardinaux électeurs 14 TOTAL 18 AMÉRIQUE LATINE Cardinaux de 80 ans et plus 10 Cardinaux électeurs 21 TOTAL 31 EUROPE Cardinaux de 80 ans et plus 37 Cardinaux électeurs 58 TOTAL 95 AFRIQUE Cardinaux de 80 ans et plus 5 Cardinaux électeurs 11 TOTAL 16 ASIE Cardinaux de 80 ans et plus 7 Cardinaux électeurs 11 TOTAL 18 OCÉANIE Cardinaux de 80 ans et plus 3 Cardinaux électeurs 2 TOTAL 5 p ITALIE p EUROPE DE L'OUEST (sans Italie) p EUROPE DE L'EST p AFRIQUE p ASIE p OCÉANIE p AMÉRIQUE LATINE p CANADA ET LES ÉTATS-UNIS RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE des cardinaux électeurs aux derniers conclaves 6% 2% 6% 3 % 2 % 5% 2 % 7 % 12 % 7% 2 % 1% 1% 8% 10% 6% 9% 3 % 10% 10% 10% 2 % 62 cardinaux 51 cardinaux 80 cardinaux 111 (sept.), 112 (oct.) 117 cardinaux 26% 56% 25% 16% 33% 15% 35% 29% 24% 20 % 17% 17% 22 % 11 % 18 % 12 % TOTAL Cardinaux de 80 ans et plus Cardinaux électeurs Cardinaux totaux Le correspondant romain de l'hebdomadaire américain New Catholic Reporter, John Allen, a dressé en 2002, dans son livre Conclave, une liste de quatre « partis politiques » divisant le collège des cardinaux, qui éliront le prochain pape au cours d'un conclave.MATHIEU PERREAULT M.Allen s'en sert pour décrire les grands débats idéologiques qui détermineront qui sera le prochain pape, au-delà de son âge et de sa nationalité.« Ce sont des groupes poreux plus que des partis bien définis », a précisé le vaticanistede 40ans, en entrevue dans son bureauderrière le Vatican.Les partis qu'a distinguésM.Allen sont : la « Patrouille frontalière », le « Sel de la terre » et la « Réforme ».Le vaticaniste américain a de plus divisé le parti «Sel de la terre » en deux « ailes », l'une de droite, « intégriste », et l'autre de gauche.La Patrouille frontalière Les cardinaux de la Patrouille frontalière sont « des conservateurs inquiets de l'impact du relativisme et de la sécularisation sur l'Église, explique M.Allen.Si la vérité correspond à un jugement subjectif, pourquoi les catholiques devraientils se sentir obligés de suivre les politiques du Vatican sur la contraception, le divorce et l'homosexualité?Si les hindous et les bouddhistes sont dans un aussi droit chemin que les catholiques, à quoi riment les efforts pour les convertir ?La crainte principale de ce parti est que le catholicisme s'assimile graduellement à la culture environnante : l'Église cessera d'avoir des exigences pour ses fidèles et, finalement, n'aura plus rien à offrir.Ces cardinaux s'inquiètent de voir des prêtres donner la communion à des divorcés remariés ou bénir des unions homosexuelles.» Le remède proposé par la Patrouille frontalière est la « clarté doctrinale ».« Ces cardinaux savent qu'en qualifiant l'homosexualité d'abomination et les familles monoparentales d'indésirables, ou qu'en affirmant que les catholiques ont raison et les hindous tort, ils ne gagneront pas de concours de popularité dans un monde où la tolérance est la vertu la plus recherchée.Mais ils considèrent que la fidélité est plus importante que la popularité.» La « charte » du parti de la Patrouille frontalière est l'encyclique de 2001 Dominus Iesus, écrite par le cardinal allemand Joseph Ratzinger, qui rejette le « relativisme religieux » et réaffirme la supériorité du catholicisme sur les autres religions.Selon M.Allen, la Patrouille frontalière se méfie particulièrement du zèle missionnaire de l'islam : le cardinal Giacomo Biffi, archevêque de Bologne, a déjà affirmé que l'Italie devrait restreindre l'immigration musulmane pour préserver son identité catholique.La Patrouille frontalière se méfie aussi des innovations liturgiques, qu'il s'agisse de la distribution des hosties par des laïcs ou des traductions de la Bible qui remplacent le mot « homme » par « être humain » et évitent d'utiliser le masculin en parlant de Dieu.Le cardinal chilien, Jorge Medina Estévez, était jusqu'à récemment responsable de la Congrégation pour le culte divin, qui s'immisce de plus en plus dans les décisions liturgiques des diocèses, selon M.Allen.Les cardinaux de ce groupe ne s'entendent pas sur l'impact des changements qu'ils proposent.«Certains cardinaux, dont le Slovaque Jozef Tomko, estiment que le monde répondra de manière positive à une Église plus dynamique, plus confiante, qui propose un modèle différent de la culture populaire », explique M.Allen.De son côté, le cardinal Ratzinger pense que l'Église doit accepter d'être un « grain de moutarde, (\u2026), une série de petit groupes à l'apparence insignifiante, qui mènent néanmoins un combat intense contre le mal et apportent le bien au monde ».Le Sel de la terre L'undes thèmes de ladernièreJMJ était Vous êtes le sel de la terre.Tirée de l'Évangile selon saint Matthieu, l'image rappelle que la foi doit avoir un impact sur le monde.Les révolutionnaires catholiques ont souvent cité l'image du Sel de la terre.Mais les « intégristes », qui souhaitent un mondeplusenaccordaveclesenseignements de l'Église, se réclament aussi de la métaphore de saint Matthieu - c'était le cas de l'Église espagnole sous le dictateur Franco.La droite et la gauche du Sel de la terre ont en commun une volonté d'« abaisser les barrières entre l'Église et la société », selon M.Allen, contrairement à la Patrouille frontalière, qui veut protéger l'Église des influences de la modernité.Les condamnations de la pilule du lendemain, de la contraception, de l'avortement, du mariage homosexuel, sont autant de campagnes de l'aile intégriste du parti du Sel de la terre, selon M.Allen.Tout comme l'appui aux bons d'éducation (vouchers) aux États-Unis, qui permettent à l'État de financer l'école catholique par la bande.Même la démocratie a des odeurs de soufre pour les intégristes.« Personne parmi les cardinaux ne veut revenir au fascisme, mais les intégristes n'aiment pas tellement que les valeurs catholiques cèdent le pas à l'opinion du plus petit dénominateur commun, dit M.Allen.C'est ainsi qu'ils qualifient souvent la démocratie.» L'autre aile de groupe du Sel de la terre s'intéressedavantage à la justice sociale et économique.« L'aile gauche s'intéresse davantage aux causes de Les cardinaux n'ont pas le droit de vote après 80 ans, mais ils demeurent influents dans les importantes négociations de pré-conclave.Les cardinaux agés de 80 ans et plus n'ont pas le droit de vote. JEAN-PAUL II 1920-2005 BELGIQUE ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS BRÉSIL BRÉSIL NIGERIA NIGERIA OUGANDA AFRIQUE DU SUD INDE INDE LITUANIE ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS PORTO RICO BRÉSIL BRÉSIL ANGOLA BÉNIN MAURICE INDE INDE INDE LETTONIE ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS HONDURAS BRÉSIL BRÉSIL CAMEROUN MOZAMBIQUE ÉGYPTE PHILIPPINES VIETNAM JAPON BIÉLORUSSIE ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS ÉTATS-UNIS CUBA BRÉSIL BRÉSIL VENEZUELA RÉP.DÉM.CONGO GHANA PHILIPPINES VIETNAM JAPON CANADA CANADA MEXIQUE MEXIQUE COLOMBIE ARGENTINE CHILI ÉQUATEUR MADAGASCAR SOUDAN PHILIPPINES TAÏWAN AUSTRALIE CANADA CANADA MEXIQUE MEXIQUE COLOMBIE ARGENTINE CHILI BOLIVIE TANZANZIE SYRIE INDONÉSIE THAÏLANDE AUSTRALIE CANADA RÉP.DOM.MEXIQUE GUATEMALA COLOMBIE ARGENTINE NICARAGUA PÉROU CÔTE-D'IVOIRE LIBAN CORÉE N.-ZÉLANDE AUSTRALIE DANNEELS Godfried 71 ans BACKIS Audrys Juozas 68 ans PUJATS Janis 74 ans SWIATEK Kazimierz 90 ans VACHON Louis-Albert 93 ans AMBROZIC Aloysius Matthew 75 ans OUELLET Marc 60 ans DULLES Avery 86 ans MAIDA Adam Joseph 74 ans LAW Bernard Francis 73 ans RIGALI Justin Francis 69 ans GAGNON Edouard 87 ans TURCOTTE Jean-Claude 68 ans LÓPEZ RODRÍGUEZ Nicolás de Jesús 68 ans BEVILACQUA Anthony Joseph 81 ans McCARRICK Theodore Edgar 74 ans EGAN Edward Michæl 72 ans MAHONY Roger Michæl 68 ans CORRIPIO AHUMADA Ernesto 85 ans LOZANO BARRAGÁN Javier 72 ans RIVERA CARRERA Norberto 62 ans BAUM William Wakefield 78 ans KEELER William Henry 73 ans STAFFORD James Francis 72 ans GEORGE Francis Eugene 68 ans SUÁREZ RIVERA Adolfo Antonio 78 ans SANDOVAL ÍÑIGUEZ Juan 71 ans QUEZADA TORUÑO Rodolfo 72 ans SZOKA Edmund Casimir 77 ans APONTE MARTÍNEZ Luis 82 ans RODRÍGUEZMARADIAGA Oscar Andrés 62 ans ORTEGAY ALAMINO Jaime Lucas 68 ans CASTRILLÓN HOYOS Darío 75 ans RUBIANO SÁENZ Pedro 72 ans LÓPEZ TRUJILLO Alfonso 69 ans SALES Eugênio de ARAÚJO 84 ans ARAÚJO Serafim FERNANDES de 80 ans FALCÃO FREIRE José 79 ans AGNELO Geraldo Majella 71 ans PRIMATESTA Raúl Francisco 85 ans MEJÍA Jorge María 72 ans BERGOGLIO Jorge Mario 68 ans ARNS Paulo Evaristo 83 ans LORSCHEIDER Aloísio 80 ans SCHEID Eusébio Oscar 72 ans HUMMES Cláudio 70 ans MEDINA ESTÉVEZ Jorge Arturo 78 ans ERRÁZURIZ OSSA Francisco Javier 71 ans OBANDO BRAVO Miguel 79 ans ARINZE Francis 72 ans do NASCIMENTO Alexandre 80 ans TUMI Christian Wiyghan 74 ans CASTILLO LARA Rosalio José 82 ans GONZÁLEZ ZUMÁRRAGA Antonio José 80 ans TERRAZAS SANDOVAL Julio 68 ans CIPRIANI THORNE Juan Luis 61 ans OKOGIE Anthony Olubunmi 68 ans GANTIN Bernardin 82 ans SANTOS Alexandre José Maria dos 80 ans ETSOU-NZABIBAMUNGWABI Frédéric 74 ans RAZAFINDRATANDRA Armand Gaétan 79 ans PENGO Polycarp 60 ans AGRÉ Bernard 78 ans WAMALA Emmanuel 78 ans MARGÉOT Jean 89 ans GHATTAS Stéphanos II 85 ans TURKSON Peter Kodwo Appiah 56 ans ZUBEIRWAKO Gabriel 64 ans DAOUD Ignace Moussa I 74 ans SFEIR Nasrallah Pierre 84 ans NAPIER Wilfrid Fox 63 ans PIMENTA Simon Ignatius 84 ans SÁNCHEZ José T.84 ans SIN Jaime L.76 ans VIDAL Ricardo J.74 ans DARMAATMADJA Julius Riyadi 70 ans KIM SOU-HWAN Stephen 82 ans LOURDUSAMY D.Simon 81 ans DIAS Ivan 68 ans PHAM DÌNH TUNG Paul Joseph 85 ans PHAM MINH MÂN Jean-Baptiste 71 ans SHAN KUO-HSI Paul 81 ans KITBUNCHU Michæl Michai 76 ans WILLIAMS Thomas Stafford 74 ans VITHAYATHIL Varkey 77 ans TOPPO Telesphore Placidus 65 ans SHIRAYANAGI Peter Seiichi 76 ans HAMAO Stephen Fumio 74 ans CLANCY Edward Bede 81 ans CASSIDY Edward Idris 80 ans PELL George 63 ans SAMOA TAOFINU'U Pio 81 ans Parti de la Patrouille frontalière Parti Sel de la terre (intégriste) Parti Réformiste Parti Sel de la terre (gauche) JOSEF RATZINGER Né en Bavière en 1927.Ordonné prêtre en 1951, il devient archevêque de Munich en 1977, et est promu cardinal en 1977 par Paul VI ; il est l'un des trois derniers cardinal à avoir le droit de vote qui n'ont pas été nommés par Jean-Paul II.Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 1980, il est l'auteur des sanctions qui ont maté les théologiens de la libération en Amérique latine, et des contestataires comme l'Allemand Hans Küng, qui a étudié avec lui à la faculté de théologie de Tübingen.Il est ami de Karol Wojtyla depuis le concile Vatican II, et serait un « pape de transition » qui prolongerait de quelques années l'action de Jean- Paul II.Il est l'auteur de l'encyclique Dominus Iesus, qui a en 2000 réaffirmé la suprématie de l'Église catholique, compliquant les relations avec les Églises protestantes.Mais il est parfois pragmatique : il a réussi en 2004 à éviter de prendre parti dans la controverse améri-caine sur l'interdiction de la communion envers les hommes politiques favorables à l'avortement.ANGELO SCOLA Né à Mantova, dans le nord-est de l'Italie, en 1941.Ordonné prêtre en 1970, il devient patriarche de Venise en 2002, et est promu cardinal en 2003 par Jean-Paul II.Son nom est apparu récemment sur les listes de papabili, entre autres parce que trois des huit papes du 20e siècle ont été patriarche de Venise.Il est tout d'abord théologien, ayant dirigé l'Université du Latran, à Rome, durant sept ans.Il est associé au mouvement Communion et Libération, assez populaire chez les jeunes catholiques engagés.Il est considéré conservateur, mais ouvert à une discussion des idées progressistes : il a souvent évoqué la nécessité pour l'Église de proposer des modèles catholiques adaptés à la société moderne, par exemple une conception de la féminité qui pourrait faire compétition avec le féminisme ; de la même façon, il est parfois critique envers les modèles de tolérance morale et religieuse des sociétés démocratiques.Les observateurs comparent parfois son approche à celle de la droite religieuse américaine, quoiqu'avec plus de rigueur intellectuelle.Il est responsable du procès de béatification de Jean- Paul 1er, qui a été patriarche de Venise comme lui.OSCAR ANDRÉS RODRIGUEZ MARADIAGA Né en 1942 au Honduras.Ordonné prêtre en 1970, évêque en 1978, cardinal en 2001.Archevêque de Tegucigalpa depuis 1993.Salésien (une communauté proche des pauvres), parlant cinq langues, pianiste, psychothérapeute, professeur de mathémathiques et de sciences, théologien, Rodriguez Maradiaga a déjà dirigé l'Institut de philosophie salésien.Même les théologiens de la libération de tendance marxiste ont un certain respect pour lui.À titre de président du Conseil épiscopal latino-américain, il réclame régulièrement l'annulation de la dette internationale des pays pauvres.Il reconnaît qu'il faut aussi lutter contre la corruption, à l'origine selon lui des dettes nationales en Amérique latine.«Le nouveau colonialisme est basé sur l'argent», a-t-il déclaré durant le consistoire.Il réclame aussi plus de prêtres pour son continent : sans catéchisme, les hérésies fleuriront chez les catholiques, croit-il.CHRISTOPH SCHÖNBORN Né en 1945 dans l'aristocratie austro-hongroise (il a deux cardinaux parmi ses ancêtres).Ordonné prêtre en 1970, évêque en 1991, cardinal en 1998.Nommé archevêque de Vienne en 1995, à la suite d'un scandale de pédophilie impliquant son prédécesseur.Polyglotte et théologien, il a participé de 1987 à 1992 à la rédaction du catéchisme qui a battu des records de librairie.Le cardinal Schönborn a réussi à apaiser les tensions dans l'Église autrichienne après le scandale de pédophilie, mais il a mal paru en procédant à une purge cavalière à son archevêché.Prêt à affronter le passé, qu'il s'agisse du travail forcé des Juifs pendant la guerre ou de l'«indifférence» de l'Église pour les orthodoxes durant le joug communiste.Il aime parler de Vienne comme d'un pont oecuménique entre l'Ouest et l'Est, qu'il voit comme une inspiration pour sortir de la «crise de la liturgie».Son jeune âge pourrait être un handicap.DIONIGI TETTAMANZI Né près de Milan en 1934.Ordonné prêtre en 1957, évêque en 1989, cardinal en 1998.Archevêque de Gênes depuis 1998.Habile, il a su ménager plusieurs camps: il a montré des qualités pastorales à titre d'évêque d'Ancône et est spécialiste de théologie morale, un domaine réservé aux conservateurs sous Jean-Paul II ; en même temps, il est favorable à des réformes décentralisatrices - la fameuse collégialité -, y voyant le seul moyen de «convertir les baptisés».Camarade de classe du cardinal Giovanni Battista Re, nouveau préfet de la Congrégation pour les évêques, un poste influent.Durant le sommet du G8 à Gênes, l'été dernier, il a appuyé les manifestants antimondialisation.Il voit en ces derniers les successeurs de la Journée mondiale de la jeunesse de 2000 à Rome.Sans nommer le cardinal Tettamanzi, le sénateur italien Francesco Cossiga a dénoncé les «toges pourpres» (communistes) qui ont appuyé le mouvement antimondialisation.FRANCIS ARINZE Né en 1932, fils d'un chef de clan animiste du Nigeria.Ordonné prêtre en 1958, évêque en 1965, archevêque d'Onitsha en 1967, cardinal en 1985.Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, il s'occupe notamment des relations avec l'islam, depuis 1985.Le cardinal Arinze fuit la presse et n'aime pas voir les mauvais côtés de la religion : dans un message aux musulmans en 1996, à l'occasion de la fin du ramadam, il a affirmé que «le conflit douloureux en Bosnie- Herzégovine a été faussement interprété comme une confrontation islamo-chrétienne», tout comme la guerre au sud du Soudan.Il connaît bien l'islam: le Nigeria est en majorité musulman - une statistique contestée par le cardinal Arinze.Il parle souvent de la nécessité pour le catholicisme d'intégrer des éléments de la culture africaine: «Nous considérons le culte comme l'expression de la joie, et un léger balancement du corps ne nous paraît pas contreindiqué.LA SUCCESSION DU PAPE www.paddypower.com (22 mars, 2005) Le parieurs professionnels s'intéressent aussi aux papabili : le site de paris irlandais Paddy Power énumère une vingtaine de candidats à la papauté, et évalue leurs chances d'être élu.PLACEZ VOS MISES Dionigi TETTAMANZI Italie 5 - 2 Francis ARINZE Nigeria 11 - 4 Oscar RODRIGUEZ MARADIAGA Honduras 4 - 1 Joseph RATZINGER Allemagne 7 - 1 Jaime Lucas ORTEGA Y ALAMINO Cuba 15 - 2 Ennio ANTONELLI Italie 8 - 1 Giacomo BIFFI Italie 10- 1 Claudio HUMMES Brésil 8 - 1 Christoph SCHÖNBORN Autriche 12 - 1 Jean-Marie LUSTIGER France 12 - 1 Source ; Segretati da Dio, tutti i conclavi del '900; un livre de Cesare De Agostini la pauvreté et du racisme qu'au soutien de l'État pour les valeurs et l'Église catholiques », dit M.Allen.L'effacement de la dette du tiersmonde est au programme.La mondialisation aussi : tout juste avant la réunion du G8 à Gênes, en juillet 2001, 3000 catholiques s'étaient réunis pour dénoncer les iniquités qu'entraîne la mondialisation.«Les deux ailes du Sel de la terre ne sont pas clairement définies, note M.Allen.L'archevêque de Gênes, Dionigi Tettamanzi, a déclaré au forum catholique qu' «un enfant africain qui meurt du sida compte plus que l'univers entier », mais quand il a su que des religieux ont aidé à organiser les manifs contre le G8, il a exprimé le souhait qu'ils consacrent plutôt leurs énergies à susciter des vocations.» Les réformistes Le parti Réformiste s'intéresse à l'organisation interne de l'Église plutôtqu'àsesrelationsaveclemonde extérieur.Ses revendications sont simples, quoique d'une aridité bien vaticane : « collégialité » et « autonomie nationale ».La curie romaine, le gouvernement du Vatican, est l'ennemi numéro un des réformistes.«Ils veulent une décentralisation de l'Église, explique M.Allen.Par exemple, que les Églises nationales aient le droit de fairedes expériences, d'avoir des règles pouvant aller jusqu'au mariage des prêtres.Le but est de diminuer le pouvoir de la curie pourqu'elle soit auservicedes Églises nationales au lieu d'être leur maître.Si la curie était plus humble, l'effort oecuménique serait par le fait même plus facile, parce que la primauté de Rome est quelque chose qui agace beaucoup les autres Églises chrétiennes.Les réformistes considèrent que l'élan de Vatican II s'est essoufflé et qu'on assiste même à un retour en arrière.« L'un des grands changements de Vatican II, souligne M.Allen, était la création de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui devait persuader les théologiens déviants par la discussion plutôt qu'interdire tout ce qui s'écartait de la droite ligne.La manifestation la plus visible a été la disparition de l'Index.Mais cette transformation n'est pas complète : les théologiens sur lesquels enquête la Congrégation, comme Hans Küng, n'ont pas souvent accès à leur dossier et ne sont parfois même pas prévenus.» CONCLAVES DU 20e SIÈCLE 6 jours, 7 tours de votes - Saint Pie IX 5 jours, 10 tours de votes - Benoît XV 5 jours, 14 tours de votes - Pie XI 2 jours, 3 tours de votes - Pie XII 4 jours, 11 tours de votes - Jean XXIII 3 jours, 6 tours de votes - Paul VI 1978 (août) 2 jours, 4 tours de votes - Jean-Paul Ier 1978 (octobre) 3 jours, 8 tours de votes - Jean-Paul II JEAN-PAUL II 1920-2005 JEAN-PAUL II 1920-2005 DES SOMBREROS POUR UN JEUNE PAPE PHOTOS DE MICHEL GRAVEL, LA PRESSE Voyageur infatigable, Jean-Paul II a porté la bonne parole dans le monde entier dès son accession sur le trône de saint Pierre.Il a en effet entrepris son premier périple international en 1979 par une visite à Saint-Domingue, au Mexique (nos photos) et aux Bahamas, et n'a jamais cessé par la suite.Il a fait pas moins de 104 voyages à l'étranger durant son pontificat, sans compter ceux en Italie. JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO VINCENZO PINTO, REUTERS C'est un Jean-Paul II déjà vieilli qui s'est présenté à Cracovie, dans sa Pologne natale, pour y célébrer la messe, le 18 août 2002.«Notre Saint-Père voit Dieu en face» LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS « On a appris la nouvelle ici même, pendant la veillée, explique Philippe, 28 ans, venu de Nantes.On se levait pour entonner Je veux voir Dieu lorsqu'un prêtre s'est avancé et a dit : Maintenant, notre Saint-Père voit Dieu en face.Contraste.Le samedi soir, le quartier de Saint-Germain-des- Prés est l'un des plus fréquentés de la capitale et, hier soir, les terrasses étaient bondées.Mais c'est dans la célèbre église installée sur la place que l'archevêque de Paris avait décidé d'organiser, à partir de la fin de l'après-midi, une veillée de prières.Elle se poursuivait toujours lorsque, une ou deux minutes avant 22 h, le flash d'information est tombé presque en même temps sur toutes les radios et télévisions: Jean-Paul II s'était éteint à 21 h 37.Il devait y avoir à ce moment-là 600 ou 700 fidèles dans l'église.Une heure plus tard, la foule avait doublé et rempli l'église.À la sortie, vers 23 h 30, en compagnie de Philippe, il y a quelques amies en plus.Anne-Marie et Françoise, 25 et 27 ans, ont appris la nouvelle chez des amis où elles se trouvaient.Vingt minutes plus tard, elles étaient à Saint- Germain.Elles sont, comme les autres jeunes du groupe, catholiques pratiquantes.Tous ont participé, au moins une fois, aux Journées mondiales de la jeunesse.« Nous sommes véritablement la génération de Jean-Paul II, dit Anne-Marie.Nous n'avons jamais connu que lui en tant que chef de l'Église.Un pape conservateur ?Non, il nous a simplement transmis des exigences morales.Et il n'y a rien dans son discours qui me dérange.Il a réaffirmé les principes de l'amour et de la fidélité, et il a eu raison de le faire.» Un peu plus loin, un jeune couple va maintenant rentrer à la maison « en priant » : « Le pape n'a jamais interdit le préservatif, dit Jean-Charles, il s'est contenté d'indiquer la voie, celle de la chasteté et de la fidélité.» Philippe, venu à Paris afin de trouver un avion pour Rome, est optimiste pour l'avenir : « Une personnalité hors du commun ?Bien sûr.Mais l'Église continue, je n'ai pas d'inquiétude.Jean- Paul II n'était pas offensif, il était engagé, il allait vers les gens, il embrassait les enfants cancéreux, et je souhaite que son successeur fasse de même.» À 23 h 30, un prêtre est venu annoncer la fin de la prière, qui reprendrait le lendemain, avant d'entonner un dernier Salve Regina.À Notre-Dame-de-Paris À Notre-Dame-de-Paris, dans l'île de la Cité, la cathédrale a ouvert ses deux portails monumentaux dès l'annonce de la mort, tandis que résonnait le bourdon.Sur la façade, des affiches annonçaient que l'église resterait ouverte toute la nuit.À minuit et demi, on y trouvait une foule compacte d'au moins 4000 personnes de tous âges et de toutes conditions.Un certain nombre de curieux et de touristes, mais surtout beaucoup de fidèles ou de croyants, immobiles sur leur banc et plongés dans la méditation, beaucoup agenouillés dans les allées latérales ou autour de l'autel central.À droite de l'autel, justement, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, suivait la cérémonie dans le recueillement.Pour la foule qui n'avait pas trouvé de place à s'asseoir et se massait à l'arrière ou sur les côtés, une quinzaine d'écrans retransmettaient les faits et gestes de cinq officiants, qui se relayaient pour lire des passages des Évangiles ou dire des prières.Masquée par la pénombre, une soprano interprétait de très beaux chants sacrés accompagnés à l'orgue.À la sortie, des gens les plus divers.Beaucoup de jeunes, la plupart appartenant, comme à l'église Saint-Germain, à des mouvements catholiques très pratiquants.Diane, une jeune fille très BCBG de 23 ans : « Il est mort.Je suis aussitôt venue.C'était le chef de l'Église et il transmettait des valeurs fortes.» Mais aussi un couple de bourgeois irlandais, fin de la cinquantaine, venus « tout naturellement » en apprenant que les portes de Notre-Dame étaient ouvertes.Bruno, instituteur de 48 ans de la banlieue parisienne, venait de passer une heure à suivre la cérémonie, bien qu'il ne soit « absolument pas religieux, simplement concerné par les trois religions du Livre ».« Lorsque j'ai entendu la nouvelle à la télé, dit-il, je savais que je devais venir ici.Ça m'a pris une demi-heure.Il y a certains aspects de l'enseignement de Jean-Paul II que je désapprouvais totalement, par exemple sur l'avortement, même s'il se contentait de réaffirmer la doctrine traditionnelle.Mais en même temps, c'était une grande personnalité, un humaniste.Et, ce soir, il se dégageait une grande force de cette foule.J'ai trouvé très beau d'apercevoir un couple de musulmans avec leur enfant.Peutêtre que les humains ont besoin de sacré.» Hier soir, le président de la République a fait mettre les drapeaux en berne pour 24 heures.Et Mgr Barbarin, primat des Gaules, a demandé aux catholiques d'allumer des cierges au cours de la journée, dans les églises, mais également dans tous les lieux publics où cela serait possible.L'Église continue, je n'ai pas d'inquiétude.Jean- Paul II n'était pas offensif, il était engagé, il allait vers les gens, il embrassait les enfants cancéreux, et je souhaite que son successeur fasse de même.Le secrétaire particulier de Jean XXIII se souvient ÉRIC CLÉMENT L'agonie de Jean-Paul II a ramené Mgr Loris Francesco Capovilla 42 ans en arrière alors qu'il avait assisté à celle qui emporta en trois jours le pape Jean XXIII, dont il était le secrétaire particulier.La Presse a joint Mgr Capovilla, âgé de 90 ans, à Sotto il Monte, dans la province de Bergame, en Italie, le village où il vit et où est né Jean XXIII.Il comprend très bien ce qu'a pu vivre l'archevêque polonais Stanislaw Dziwisz, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, dans ces heures difficiles.En effet, Mgr Capovilla n'a pas quitté un instant le pape Jean XXIII entre le 1er et le 3 juin 1963, date à laquelle il est mort d'un cancer de la prostate.« Jean XXIII a subi une longue agonie, car il avait un coeur fort, dit Mgr Capovilla.Ses conditions cardiovasculaires étaient si fortes qu'on ne pouvait savoir l'heure de sa mort.C'est toujours ce que Dieu veut.C'est lui qui dispose de nous.C'est Jésus qui attend son vicaire pour l'embrasser pour toute l'éternité.» Pour Mgr Capovilla, le rôle du secrétaire particulier dans les derniers instants de vie d'un pape est très important.Ce fidèle d'entre les fidèles l'accompagne totalement : « C'est comme un fils qui est à côté de son père, dit-il.J'ai assisté Jean XXIII, je l'ai accompagné, j'ai prié pour lui, j'ai souffert avec lui et j'ai accepté sa souffrance.La souffrance ne fait jamais désespérer le chrétien, car il sait que le Seigneur lui ouvre les bras et lui tend les mains.» À la mort de Jean XXIII, il est resté quatre ans au service de Paul VI.Il pense que les fidèles ont entouré avec grâce le pape Jean-Paul II dans ces moments difficiles.« J'ai constaté avant tout la dévotion du monde catholique et le respect de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté, qui ont montré tant de reconnaissance et de dévotion », ditil.Mgr Loris Capovilla a connu Jean-Paul II à la fin des années 50, quand ce dernier était évêque auxiliaire de Cracovie.« Je l'ai revu à Rome au concile Vatican II en tant qu'administrateur de son diocèse, puis en 1964, quand il est devenu archevêque de Cracovie.Je l'ai revu ensuite souvent, notamment quand il est venu à Loreto alors que j'étais archevêque.Il avait visité le cimetière des soldats polonais.» Mgr Capovilla dit que Jean-Paul lui a enseigné la dignité de la personne.« J'ai apprécié la grandeur de son intelligence, sa capacité à comprendre les problèmes et le fait qu'il ait poursuivi l'oeuvre de Vatican II.Jean XXIII avait basé le concile Vatican II sur la fidélité et le renouveau.Il disait que si l'Église est seulement fidèle, elle deviendra un musée et que si elle n'entreprend que du renouveau, ce sera l'anarchie.En unissant fidélité et renouveau, nous parcourons le chemin enseigné par Jésus.» Quel que soit le successeur de Jean-Paul II, Mgr Capovilla dit déjà accorder à celui qui remplira la suprême tâche « obédience, vénération, amour et une grande gratitude ».« Quel que soit le pays d'où il vient, nous sommes une grande famille et nous savons que le chef de l'Église s'appelle vicaire de Jésus.Personnellement, je suis très serein.J'ai eu un grand respect et beaucoup d'affection pour les papes que j'ai connus et même pour ceux qui ont précédé ma vie.» Mgrns Capovilla a vécu la longue agonie qu'avait traversé ce pape à la santé de fer JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © Une messe a dite donnée en l'honneur du pape à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, hier.Quand la télévision unit le monde SEIZE MINUTES SUR UN FIL DE PRESSE L'agence France-Presse a été la première à annoncer la mort du pape sur le fil de presse à Montréal.Voici, intégralement, les titres des dépêches acheminées au moment de son décès (heure de Montréal).14h43:32 Abbas décidé à imposer la sécurité à Ramallah.14h47:16 Les émirats et le Yémen signent un pacte de sécurité.14h52:53 BULLETIN Le coeur du pape est en train de lâcher.14h53:35 Au moins 18 soldats américains et 12 prisonniers blessés à Abou Ghraib.14h53:37 FLASH Le pape est mort.14h54:54 BULLETIN Le pape Jean-Paul II est mort à 21h37, a annoncé le Vatican.14h56:40 Le pape Jean-Paul II est mort samedi soir au Vatican à l'âge de 84 ans à la suite d'une longue agonie, a annoncé le Vatican.NATHALIE COLLARD L'attente a finalement cédé la place à l'émotion.En ondes depuis le matin, les Bernard Derome, Pierre Bruneau et compagnie ont enfin pu annoncer la mort du pape en milieu d'après-midi hier.Soudain, il n'était plus question de bulletin de santé mais plutôt de bilan de carrière, de souvenirs, d'anecdotes et d'analyses.La planète média vivait à l'heure de Rome.À la radio, au moins trois chaînes (Radio-Canada, CKAC, 98,5), ont diffusé des émissions spéciales, et les tribunes téléphoniques ont permis aux auditeurs d'exprimer leurs sentiments face à la disparition du Saint-Père.À la télévision, les présentateurs Bernard Derome et Pierre Bruneau ainsi que le commentateur Claude Charron se sont livrés à un véritable marathon de l'animation, vissés sur leur chaise sans prendre le temps \u2014 c'est du moins l'impression qu'ils donnaient\u2014 d'arrêter pour manger une bouchée ou se reposer un peu.Même Jean-Luc Mongrain a pris l'antenne quelques heures en fin d'après-midi, alors qu'en début de soirée Simon Durivage (où était Céline Galipeau ?) prenait la relève de Derome à Radio-Canada.Sur toutes les chaînes, le même style : sobre, calme, respectueux.Avec parfois, il faut le dire, une ferveur qui donnait l'impression d'être à l'écoute de Radio-Vatican ou de Radio Ville-Marie.On mettra cet enthousiasme sur le compte de l'émotion.Des moments forts C'est un euphémisme de dire que personne n'a été « pris de court » par l'annonce du décès du pape.Les médias étaient aux aguets depuis jeudi, tout le monde était on ne peut plus prêt à couvrir l'événement.Au Québec, TVA a diffusé en exclusivité la conférence de presse du premier ministre du Canada, Paul Martin, en direct de Bromont, vers 17 h 30.TVA et Radio-Canada ont toutes deux obtenu une entrevue avec l'ex-premier ministre, Jean Chrétien qui avait rangé son animosité à l'endroit des médias pour l'occasion.De son côté, Radio-Canada, avec son vaste réseau de correspondants étrangers, était la mieux placée pour nous offrir les réactions en provenance d'un peu partout : Vietnam, Sénégal, Argentine, Mexique, Pologne, etc.Malgré cet impressionnant tour du monde, l'émission spéciale de Radio-Canada ne nous montrait pas souvent des images de Rome (on s'est rattrapé en soirée, mais la place Saint- Pierre était vide) et a même raté le moment fort de la journée, lorsque, quelques minutes après 17 h 30, les dizaines de milliers de personnes réunies sous les fenêtres de Jean-Paul II ont chanté le Notre Père avant d'applaudir longuement « leur » pape disparu.Difficile de garder les yeux secs devant cette foule recueillie et émue.Or, ces images fortes, c'est sur les ondes de CNN qu'on a pu les voir.Radio-Canada n'était pas là et TVA les a diffusées quelques minutes plus tard.La chaîne d'information continue américaine a d'ailleurs offert une excellente couverture, et ce, toute la journée (aux États-Unis, les catholiques représentent un cinquième de la population), avec notamment la reporter-vedette Christiane Amanpour, envoyée spéciale à Rome.CNN offrait aussi à ses téléspectateurs quelque chose que les chaînes de télévision québécoises ont beaucoup négligé : des sous-titres qui reviennent souvent pour nous indiquer l'identité de la personne qui est interviewée.Tellement pratique.Les salles de nouvelles du monde entier auront bien entendu tout le temps voulu pour peaufiner leur couverture puisque les obsèques de Jean-Paul II doivent durer neuf jours et qu'elles seront suivies de l'élection d'un nouveau pape.Comme disent les animateurs à la fin de leur émission : restez à l'écoute ! Sur toutes les chaînes, le même style : sobre, calme, respectueux.Avec parfois une ferveur qui donnait l'impression d'être à l'écoute de Radio-Vatican.Les nouvelles technologies au service de la foi AGENCE FRANCE-PRESSE Courriels, SMS ou simples appels passés avec un téléphone cellulaire : tout ce que proposent les nouvelles technologies a été utilisé hier soir par les croyants du monde entier pour se retrouver et prier après l'annonce de la mort du pape.« Le Saint-Père est décédé hier soir à 21 h 37 dans son appartement privé.Toutes les procédures prévues par la Constitution apostolique (Universi Dominici Gregis) promulguée par Jean Paul II, le 22 février 1996, ont été mises en oeuvre », tel était le texte laconique du courriel envoyé hier soir par le Vatican aux journalistes pour les prévenir du décès du souverain pontife.Le message avait été précédé d'une alerte sous forme d'un SMS envoyé sur les téléphones cellulaires.Les croyants ont eu recours aux mêmes moyens de communication pour se prévenir et se réunir en un temps record dans des églises, des cathédrales ou sur des places pour prier et rendre hommage au pape.En Espagne, au moins 2000 personnes se sont retrouvées sur la Plaza de Colon, à Madrid.Dès qu'ils ont appris le décès du souverain pontife, les Madrilènes se sont dirigés vers la place en se prévenant par SMS et par courriel.« Quand le pape mourra, sortons dans la rue pour lui rendre l'hommage de tendresse et d'affection qu'il mérite.À Madrid, tous à la Plaza de Colon ! Ailleurs également.Faites suivre », indiquait un courriel qui circulait en début d'après-midi sur Internet.À Zagreb, nombre de Croates, dont plusieurs jeunes, ont utilisé leur téléphone cellulaire pour s'informer de la mort du pape par SMS.« C'est fini.Le pape est mort ! » a écrit Dragan, un jeune ingénieur, à son ami Hrvoje juste après avoir entendu l'information diffusée par une chaîne de télévision internationale.« Rendezvous tout de suite à la cathédrale », lui a répondu Hrvoje.Les ressortissants étrangers en poste à Zagreb ont aussi utilisé ce moyen pour communiquer avec des amis se trouvant dans d'autres pays.« Cher ami, ce message est pour te dire à quel point je partage ta tristesse après le décès du pape.Pour nous, c'est lui qui a renversé le communisme », a écrit Cristina, une Roumaine, chrétienne orthodoxe à Piotr, son ami polonais résidant à Varsovie.« Nous sommes consternés », lui a répondu Piotr.Le recours aux nouvelles technologies, qui permettra également aux fidèles belges d'adresser leurs condoléances sur le site Internet www.catho.be, semble conférer une nouvelle dimension aux relations que Jean-Paul II entretenait avec la jeunesse.Des jeunes utilisateurs privilégiés d'Internet et de téléphones cellulaires sont sortis en masse dans les rues hier soir pour prier pour le Saint-Père. JEAN-PAUL II 1920-2005 Les rencontres sportives reportées ASSOCIATED PRESS ROME \u2014 Le Comité olympique italien (CONI) a décidé de suspendre toutes les compétitions sportives programmées ce week-end, en signe de respect pour le pape Jean-Paul II, qui est décédé hier à 21 h 37.Cette décision, annoncée par le président du CONI, Gianni Petrucci, concerne notamment des rencontres du championnat de football de Série A, des matches des championnats de basket et de volley-ball ainsi que le monde du sport amateur.Dans un communiqué officiel, le CONI a précisé avoir demandé à toutes les fédérations de suspendre immédiatement tous les événements programmés pendant le week-end « compte tenu des derniers bulletins médicaux faisant état.de la fin imminente du Saint-Père.» Vendredi, les entraîneurs du Milan AC et de la Juventus de Turin avaient déjà lancé un appel pour la suspension des rencontres.Nouveau traitement expérimental pour le chez les jeunes âgés entre 4 et 17 ans Le médicament déjà commercialisé sera offert gratuitement et vous recevrez une compensation financière pour vos frais de déplacement.Pour plus de renseignements : (514) 521-3111 psoriasis Un groupe de dermatologues de Laval dirige présentement une étude de recherche spécialement conçue pour les jeunes atteints de psoriasis.EXIGENCES REQUISES: être âgé entre 4 et 17 ans; présenter un psoriasis sévère.PHOTOCRISTINA QUICLER, AGENCE FRANCE-PRESSE Une femme pleure le pape Jean Paul II à la cathédrale de Séville.Le choix du successeur: un ballet très codifié D'APRÈS LE NEW YORK TIMES La mort d'un pape amorce un processus hautement ritualisé, de tradition séculaire et profondément humaine, qui donne lieu néanmoins à un marchandage politique et à des jeux de coalition.La gouvernance de la religion d'un milliard d'adeptes dans le monde entre en phase de suspension des activités.La supervision des activités de l'Église revient au Collège des cardinaux, qui assume la tâche de la transition mais est interdit de décisions importantes, à commencer par un changement des règles régissant la succession.Plusieurs fonctionnaires du Vatican mettent en place la chorégraphie des rites funéraires et de la désignation du successeur.Les règles qu'ils devront appliquer sont hautement codifiées, résultats d'abus auxquels se sont livrés par le passé des cardinaux en de telles circonstances.Ces règles visent à assurer une transition dans le secret et l'ordre.La façon dont ces cardinaux arriveront- ils à désigner le prochain pape demeure un secret dans l'immédiat.L'expérience démontre qu'il faudra quelques années avant qu'on le sache.Mutations La mort d'un pape signifie que les chefs des agences vaticanes, y compris les cardinaux, perdent leur emploi, encore qu'ils veillent aux affaires courantes.Les nonces apostoliques \u2014ambassadeurs du Vatican à l'étranger\u2014 restent en poste.Quelques autres conservent leurs pouvoirs, comme le camerlingue de la Sainte Église, et celui qui est responsable des confessionnaux, comme d'ailleurs le vicaire général du diocèse de Rome, Camillo Ruini.Le camerlingue, le cardinal Eduardo Martinez Somalo, un Espagnol de 78 ans, devient administrateur du Vatican et l'un des rares fonctionnaires assumant les pleins pouvoirs.L'accompagnent le cardinal Angelo Sodano, un Italien de 77 ans, à titre de secrétaire d'État, et le doyen du Collège des cardinaux, le cardinal Joseph Ratzinger, 77 ans, un Allemand.Ce dernier convoquera et présidera les rencontres des cardinaux à Rome pour les décisions importantes.À leur première réunion, les cardinaux prendront connaissance d'un document sur la succession qu'a rédigé Jean-Paul II en 1996, Universi Dominici Gregis (Berger de tout le troupeau du Seigneur).Des parties font l'objet d'une lecture publique.Les cardinaux jurent d'obéir et de garder le secret.À partir de là, les cardinaux vont se rencontrer tous les jours, y compris le jour des funérailles.Le conclave Après les funérailles débute le conclave, la procédure hautement secrète du vote, gérée conjointement par les camerlingues, le secrétaire d'État et l'administrateur.Le conclave a une longue tradition mais n'a pas toujours existé.À plusieurs reprises durant le premier millénaire, les papes ont choisi leur successeur : les Romains et leurs prêtres votaient, pendant que les empereurs, les rois et les factions nobles imposaient leurs vues.Au conclave de 1903, plusieurs cardinaux ont été outrés de ce que l'empereur d'Autriche, Franz Josef, tente de s'objecter à la candidature d'un cardinal jugé hostile à son empire.Même si la politicaillerie est interdite, dans les jours précédant un conclave, les cardinaux pratiquent le lobbyisme auprès de leurs collègues à la faveur des repas, par des entrevues accordées aux médias et à l'occasion des homélies rituelles.Le lobbyisme durera tout le temps du conclave.Des gestes déplacés peuvent coûter des votes, comme d'ailleurs une rumeur maligne indiquant, par exemple, qu'un candidat compte des malades mentaux dans sa famille.On dit qu'un cardinal très conservateur, Giuseppe Siri, aurait perdu des votes lors de l'élection de Jean-Paul II après s'en être pris, dans une entrevue à un journal, à Jean XXIII et à Paul VI.Les cardinaux ont reçu des traductions de l'entrevue sans que l'on sache trop comment, encore qu'on suspecte l'intervention du cardinal progressiste Giovanni Benelli.Au même conclave, un partisan du cardinal Karol Wojtyla (le futur Jean-Paul II) avait murmuré à l'oreille du cardinal Mario Casariego, du Guatemala, le nom de Woti- la.Dur d'oreille, le cardinal Casariego a voulu voter, au désarroi général, pour le cardinal « Bottiglia » \u2014 le mot italien pour « bouteille ».Après le dernier vote, le cardinal Casariego est venu offrir ses hommages à Jean-Paul II, qui lui a souri en lui disant : « Vous savez maintenant qui est Bottiglia.» 3302847A Le Salon National du Grand Air FOU DUPLEIN AIR?PASSEZ AU VÉLO TOURISME ESCALADE KAYAK L'ENDROIT IDÉAL POUR PLANIFIER, MAGASINER ET RÉSERVER VOS VACANCES-FAMILLE ESTIVALES! À NE PAS MANQUER Vivez l'aventure d'arbre en arbre le jumpaï, les démonstrations de kayak EN PLUS LES ENFANTS PEUVENT TAQUINER LA TRUITE GRATUITEMENT DANS L'AMÉNAGEMENT NATUREL DU SAGUENAY-LAC-ST-JEAN SUR PLACE LES CHEVAUX VEDETTES ÉBÈNE ET GÉNÉRAL DU FILM NOUVELLE-FRANCE VENEZ EN GROUPE JOUER AU PAINT-BALL Le Salon National du Grand Air CONFÉRENCES D'YVAN MARTINEAU ET DE LUC BEAUDET MARCEL BOUCHARD PRÉSENT AU SALON LE PLUS GRAND SALON DE PLEIN AIR AU QUÉBEC! DISTRIBUTION DE GUIDES TOURISTIQUES 2005 DE PLUS DE 15 RÉGIONS SUR PLACE, 30 000 PIEDS CARRÉS DE VÉHICULES RÉCRÉATIFS ET DE BATEAUX Grand Air! HEURES D'OUVERTURE Vendredi 1 avril 10 h à 22 h Samedi 2 avril 9 h à 21 h Dimanche 3 avril 9 h à 17 h COÛT DES BILLETS Adulte 10,00 $ Âge d'or 9,00 $ Étudiant 9,00 $ 5 à 11 ans 4,00 $ moins de 5 ans Gratuit La billetterie fermera une heure avant la clôture du Salon INFORMATION Montréal : (514) 252-4659 METRO PIE IX DU 1er AU 3 AVRIL 2005 AU STADE OLYMPIQUE 3302789A . JEAN-PAUL II 1920-2005 Des voyages Une vie saluée par des gens dans 129 pays de toutes confessions Entre son élection au pontificat en 1978 et sa mort, Jean-Paul II a entrepris 243 voyages, dont 104 hors d'Italie, qui l'ont mené dans 129 pays différents.En voici la liste : > 1979: Mexique, Saint-Domingue, Pologne, Irlande, États-Unis, Turquie > 1980 : Zaïre, Kenya, Ghana, Congo, Haute Volta (Burkina-Faso), Côte d'Ivoire, France, Brésil, Allemagne > 1981: Philippines, Japon, États- Unis > 1982 : Nigeria, Bénin, Gabon, Guinée Équatoriale, Portugal, Grande- Bretagne, Argentine, Suisse, Espagne, San Marin, Brésil > 1983 : Portugal, Costa Rica, Nicaragua, Panama, Salvador, Guatemala, Honduras, Belize, Haïti, Pologne, France, Autriche > 1984: Corée du Sud, Papouasie- Nouvelle- Guinée, îles Salomon, États- Unis, Thaïlande, Suisse, Canada, Espagne, Saint-Domingue, Porto Rico > 1985 : Venezuela, Équateur, Pérou, Trinidad-Tobago, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Togo, Côte d'Ivoire, Cameroun, Centrafrique, Zaïre, Kenya, Maroc, Suisse, Liechtenstein > 1986 : Inde, Colombie, Sainte- Lucie, France, Bengladesh, Singapour, Fidji, Nouvelle-Zélande, Australie, Seychelles > 1987: Uruguay, Chili, Argentine, Allemagne, Pologne, États-Unis, Canada > 1988 : Uruguay, Bolivie, Pérou, Paraguay, Autriche, Zimbabwe, Botswana, Lesotho, Swaziland, Mozambique, France > 1989: Madagascar, France, Zambie, Malawi, Norvège, Islande, Finlande, Danemark, Suède, Espagne, Corée du Sud, Indonésie, Timor-Est, Île Maurice > 1990: Cap Vert, Guinée Bissau, Mali, Burkina Faso, Tchad, Tchécoslovaquie, Mexique, Curaçao, Malte, Tanzanie, Burundi, Rwanda, Côte d'Ivoire > 1991 : Portugal, Pologne, Hongrie, Brésil > 1992: Sénégal, Gambie, Guinée, Angola, Sao Tomé et Principe, Saint- Domingue > 1993: Bénin, Ouganda, Soudan, Albanie, Espagne, Jamaïque, Mexique, États-Unis, Lituanie, Lettonie, Estonie > 1994 : Croatie > 1995: Philippines, Papouasie- Nouvelle- Guinée, Australie, Sri Lanka, République tchèque, Pologne, Belgique, Slovaquie, Cameroun, Afrique du Sud, Kenya, États-Unis > 1996: Guatemala, Nicaragua, Salvador, Venezuela, Tunisie, Slovénie, Allemagne, Hongrie, France > 1997 : Bosnie, République tchèque, Liban, Pologne, France, Brésil > 1998: Cuba, Nigeria, Autriche, Croatie > 1999: Mexique, États-Unis, Roumanie, Pologne, Slovénie, Inde, Géorgie > 2000: Égypte, Jordanie, Israël et Territoires palestiniens, Portugal > 2001 : Grèce, Syrie, Malte, Ukraine, Kazakhstan, Arménie > 2002 : Azerbaïdjan, Bulgarie, Canada, Guatemala, Mexique, Pologne > 2003: Espagne, Croatie, Bosnie, Slovaquie > 2004 : Suisse, France HUGO MEUNIER Qu'ils prient Shiva, Bouddha ou Allah, les fidèles issus de différentes communautés religieuses implantées au Québec ont salué l'homme de paix qu'était Jean- Paul II.Au Temple bouddhiste tibétain de Montréal, on reconnaît d'emblée les qualités de meneur du défunt pape.« On le considère comme la figure suprême de la religion catholique, c'est un bienfaiteur de l'humanité ! » lance Ngoc Pham, moine et bénévole au temple.Dans la journée d'hier, quelques fidèles bouddhistes se sont recueillis pour prier à la mémoire du pape.Ngoc Pham est convaincu que le Saint-Père atteindra le « nirvana catholique », le paradis.« On va prier pour que le prochain monde qu'il visitera soit encore meilleur que celui-ci », indique M.Pham Il ajoute que l'ensemble de la communauté bouddhiste de Montréal a été bouleversée par la lente agonie du pape.« Ça nous a fait mal au coeur, on a beaucoup de respect pour lui », souligne le moine.Inclusive, la philosophie bouddhiste préconise l'ouverture envers les autres religions.« Tous les êtres vivants partagent le même environnement et doivent vivre en paix, qu'ils soient musulmans, catholiques ou bouddhistes », a résumé Ngoc Pham.Sous les nombreux temples et pagodes construits un peu partout, Montréal abrite près de 40 000 bouddhistes.Un pape ouvert sur le monde La communauté hindoue sympathise aussi avec les millions de fidèles endeuillés par la mort du Saint-Père.« Nous sommes profondément tristes et nous avons souvent prié pour lui au cours des derniers jours », confie Tharuadarajah Scangarappilli, président de la Saiva Mission of Quebec, temple situé à Montréal.Selon lui, les hindous vouent un profond respect au pape, en raison des nombreux voyages qu'il a entrepris dans des pays de cultes différents ou en voies de développement.« Il était ouvert aux autres, aussi présent au Sri Lanka qu'en Inde, aux côtés de mère Teresa.On aimerait qu'il y ait un autre pape comme lui », admet M.Scangarappilli.Le fait qu'hindous et catholiques ne prient pas les mêmes dieux n'empêche pas le président du temple de reconnaître un homme au service de la paix.« C'est pour ça qu'on le respecte », renchérit-il.Les Shiva, Hanuman, Ganesh, Vishnu, Krishna et les centaines d'autres dieux indiens sont vénérés par plus de 20 000 fidèles dans la métropole québécoise.Ensemble pour la paix Parce que la paix est l'essence de toute religion, les musulmans se joignent aux autres croyants pour pleurer la mort du pape.« Ce que je crois, c'est qu'on veut tous la paix sur la Terre mais plusieurs interprètent encore mal le véritable message des écrits », a dit Abdoul Gabbar, de la mosquée Masjid, à Montréal.Sans parler au nom de sa communauté, qui compte 110 000 fidèles, M.Gabbar dresse pour sa part un bilan positif du pontificat de Jean-Paul II.«C'est une bonne personne, qui a travaillé pour l'humanité, et c'est pourquoi je prie pour lui », résume-t-il.PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Le pape Jean-Paul II peu après son élection, le 16 octobre 1978, salue la foule du balcon de la basilique Saint- Pierre.Il a su comme nul autre pape rapprocher les gens de foi, quelque soit leur confession.«Il était ouvert aux autres, aussi présent au Sri Lanka qu'en Inde, aux côtés de mère Teresa.» Si vous habitez sur l'Île de Montréal (514) et désirez accueillir Marc ou un adolescent en besoin de placement, vous pouvez contacter Mme Denyse Guay au (514) 385-2318.Marc est un jeune adolescent de 13 ans qui quittera le Bas du Fleuve en juin pour se rapprocher de son père qui vit à Montréal.En reprenant graduellement contact avec son père, Marc aura besoin de vivre dans un milieu qui veillera à l'ensemble de ses besoins et l'appuiera dans cette démarche.Marc est enjoué et apprécie la présence d'adultes.Il aime le basket-ball et fréquente les cadets.Son manque de confiance fait en sorte qu'il a souvent de la difficulté à se faire des amis.Il aura donc besoin d'un accompagnement chaleureux et sécurisant pour s'acclimater à sa nouvelle vie à Montréal.MMaarrcc, , 1133 aannss 3296307A 3301897A FILL285 JEAN-PAUL II 1920-2005 PHOTO LUCA BRUNO, AP Une fidèle italienne accueille avec tristesse la nouvelle de la mort du pape, place Saint-Pierre, dans la cité du Vatican.Un refuge nouveau et amélioré pour le prochain conclave AGENCE FRANCE-PRESSE CITÉ DU VATICAN \u2014 Les cardinaux électeurs venus du monde entier pour désigner le successeur de Jean-Paul II seront logés dans la maison Sainte-Marthe, résidence dont les appartements sont équipés de cabinets de toilette individuels, dernier cadeau du pape défunt.L'information peut paraître anodine, mais elle est importante pour les prélats, personnes âgées et à la santé fragile.Le pape avait sans doute à l'esprit l'inconfort vécu lors des deux conclaves de 1978 \u2014l'année des trois papes\u2014 lorsqu'il a décidé de lancer, en 1994, le chantier de la résidence Sainte-Marthe, située derrière la salle d'audiences Paul-VI, inaugurée en 1996.Les cardinaux membres de la Curie ont pour leur part un appartement privé dans le Vatican.L'attribution des logements se fait par tirage au sort.En août 1978, lors d'une visite des « cellules» aménagées au Vatican pour le conclave qui avait désigné Jean-Paul Ier, un journaliste de l'AFP avait noté l'humidité et l'obscurité des lieux, les fenêtres plombées par un sceau en étain et aux vitres blanchies, les lits en ferblanc d'une largeur de 70 centimètres, la table de nuit avec une cuvette, un broc et, surtout, le pot de chambre dissimulé sous la courtepointe, car l'étage ne comptait que six salles d'eau.Cent vingt cardinaux électeurs \u2014chiffre fixé par Paul VI \u2014 étaient logés ainsi.Plusieurs d'entre eux étaient septuagénaires.Pour eux, se rendre aux toilettes en pleine nuit était une véritable épreuve, surtout quand ils trouvaient l'endroit déjà occupé, ont raconté depuis leurs collègues dont la cellule était située près des salles d'eau.La limite d'âge pour être électeur est de 80 ans.La nouvelle résidence Sainte-Marthe est une véritable révolution en matière de confort et de décoration.Un buste en bronze de Jean-Paul II accueille les visiteurs dans le hall d'entrée très lumineux, au sol en marbre et décoré de meubles anciens.Les 107 petits appartements et les 23 chambres individuelles ont toutes un cabinet de toilette, et les plus vastes ont également un bureau.Tous sont équipés d'un téléviseur, un appareil qui sera enlevé lors du conclave, comme les radios, les téléphones cellulaires et autres objets pouvant permettre la transmission de la nouvelle avant la désignation du nouveau pape, annoncée par une fumée blanche.Trois jours de deuil à Cuba «Sur le plan doctrinal et moral, le pape avait un côté ultraconservateur et assez directif» AGENCE FRANCE PRESSE LA HAVANE \u2014 Cuba a décrété un deuil officiel de trois jours et la suspension de toutes les activités festives et sportives durant cette période, en hommage au pape Jean Paul II décédé hier, a-t-on annoncé de source officielle à la télévision.Le décret, signé par le président Fidel Castro, a été lu en ouverture du journal à la télévision, quelques heures après que le ministre des Affaires étrangères Felipe Perez Roque eut exprimé les condoléances du « gouvernement et du peuple de Cuba» à la communauté catholique, après l'annonce du décès du souverain pontife.Le Conseil d'État, principal organe exécutif du gouvernement communiste, a décrété ce deuil de trois jours à partir de dimanche et a ordonné de mettre les drapeaux en berne sur les bâtiments publics et militaires de tout le pays.Le pape a été « une personnalité de dimension mondiale au cours de ses quelque 26 années de pontificat et un lutteur infatigable en faveur de la paix », a indiqué le Conseil d'Etat.Jean Paul II « s'est distingué par son action en faveur de la résolution des nombreux fléaux sociaux qui affectent l'humanité, il a critiqué le néolibéralisme et a été contre la guerre », a-t-il ajouté.Le décret a rappelé que Cuba et le Saint-Siège « entretiennent depuis 1935 des relations diplomatiques ininterrompues, basées sur le principe du respect mutuel ».Après la lecture du texte, une « note officielle » a annoncé la suspension de toute célébration festive prévue dans le pays et l'annulation des matchs du championnat cubain de base-ball, actuellement en phase finale.L'abbé Raymond Gravel souhaite qu'un nouveau concile adapte le discours religieux aux réalités d'aujourd'hui HUGO MEUNIER L'abbé Raymond Gravel, connu pour s'être publiquement prononcé en faveur du mariage entre conjoints du même sexe, estime qu'un nouveau concile devrait se former autour du prochain pape afin de mieux adapter le discours religieux aux réalités d'aujourd'hui.Le prêtre de la petite paroisse de Saint-Joachim-de-La-Plaine a maintes fois fait les manchettes pour ses positions progressistes, qui détonnent avec le discours conservateur du Vatican.L'abbé Gravel croit que plusieurs membres du clergé sont en faveur du mariage entre conjoints du même sexe, mais seulement derrière des portes closes.Loin de se réjouir de la mort du souverain pontife, le prêtre croit néanmoins qu'il faut mettre en perspective la fièvre religieuse qui s'empare des gens et qui tend à conférer un rôle mystique à Jean- Paul II.L'abbé Gravel estime qu'on exagère l'importance accordée à l'agonie et à la mort du pape.« Les médias encouragent les gens à voir le pape comme un phénomène.C'est un être humain, on en fait une idole », déplore l'abbé.À titre d'exemple, il souligne que le téléphone ne dérougit pas à la paroisse depuis quelques jours.« L'église va déborder en fin de semaine », prévoit le prêtre.S'il reconnaît en Jean-Paul II un grand pape, l'abbé Gravel a observé un recul sous sa gouverne.« Sur le plan doctrinal et moral, il avait un côté ultraconservateur et assez directif », confie-t-il.Si plusieurs théologiens s'entendent sur le conservatisme du pape, les hommes d'Église en parlent du bout des lèvres.« Je suis peut-être le seul qui en parle, mais je ne suis pas seul à le penser », a nuancé Raymond Gravel.Un mutisme qui traduit le malaise bien réel du clergé sur des sujets comme l'avortement, le mariage gai et l'ordination des femmes.Le pape Jean-Paul II refusait catégoriquement d'en débattre, indique l'abbé Gravel.« Alors qu'il était question de discuter de l'ordination des femmes, le pape avait répondu : Je ne veux même pas en entendre parler », raconte le prêtre.Dans une lettre publiée dans nos pages en décembre, le curé de Saint-Joachim-de-La-Plaine avait écrit : « Les évêques s'enferment dans leurs doctrines archaïques et désuètes, définies à une autre époque et devenues impertinentes pour la majorité.» Retour en arrière Raymond Gravel salue le travail de titan réalisé par le pape à son arrivée au Vatican.Selon lui, c'est en fin de parcours que les choses se sont gâtées.« Au début, il n'hésitait pas à s'opposer aux dictatures, mais à la fin, il revenait en arrière.» Ce mouton noir de l'Église catholique au Québec a rencontré le pape en privé en 1991.« Il était très charismatique, il m'a fixé dans les yeux et quelque chose a passé », se rappelle l'abbé Gravel.LE CONCILE Assemblée d'évêques et de théologiens qui décident des questions de doctrine et de discipline ecclésiastique.Source: Le Petit Larousse illustré, édition Arrestation de catholiques en Chine ASSOCIATED PRESS CITÉ DU VATICAN \u2014 Le Vatican a annoncé hier que les autorités chinoises avaient fait arrêter des dignitaires de l'Église catholique locale non officielle.L'arrestation la plus récente concerne un prêtre appréhendé mercredi dans le Hebei, diocèse dont l'évêque nommé par Rome sans l'approbation de Pékin avait été arrêté le 3 janvier.Le communiqué du Vatican indique en outre que l'archevêque de Wenzhou, Mgr James Lin Xili, un prélat de 86 ans, a été appréhendé le 20 mars et un responsable laïc deux jours plus tard.« On ne sait pas où il se trouve, ni les raisons de son interpellation », indique le communiqué du Vatican.La Chine a rompu avec le Vatican après la prise du pouvoir par les communistes en 1949.Le culte est uniquement autorisé dans les églises contrôlées par l'État alors que plusieurs millions de catholiques appartiennent à des congrégations non officielles, loyales à Rome. JEAN-PAUL II 1920-2005 LE PAPEDE PRÈS D'UNMILLIARD DE FIDÈLES RELIGIONS DANS LE MONDE AU CANADA AU QUÉBEC CHRÉTIENS 1,95 MILLIARD 22,81 MILLIONS 6,43MILLIONS CATHOLIQUES 981 MILLIONS 12,9MILLIONS 5,94 MILLIONS PROTESTANTS 473MILLIONS 8,65MILLIONS 336 000 ORTHODOXES 218,5MILLIONS 480000 100 000 AUTRES 282MILLIONS 780000 57 000 MUSULMANS 1,13MILLIARD 580000 109 000 SUNNITES 946MILLIONS N/D N/D CHIITES 180MILLIONS N/D N/D HINDOUS 793MILLIONS 297 000 24 500 BOUDDHISTES 325MILLIONS 300 000 41 400 CONFUCIANISTES SHINTOÏSTES ET TAOÏSTES 229MILLIONS 37 500 3 400 ANIMISTES, CULTES INDIGÈNES ET AUTRES 103 MILLIONS 64 000 3 900 JUIFS 14 MILLIONS 330 000 90000 Les statistiques concernant le nombre de fidèles des différentes religions du monde varient d'un organisme à l'autre, d'un tableau à l'autre.Mais on s'entend pour dire que, à sa mort hier, le pape Jean-Paul II régnait sur environ un milliard de personnes.Pour cette compilation de statistiques, nous avons essentiellement utilisé deux sources: L'Atlas géopolitique et culturel du Petit Robert des noms propres et les données du recensement de 2001 de Statistique Canada.Les chiffres ont été arrondis.LE PLUS PETIT ÉTAT DUMONDE ANDRÉ DUCHESNE oins d'un kilomètre carré.Moins de 1000 habitants.Et une ascendance étonnante sur un milliard d'êtres humains.Le Vatican, ou plutôt l'État de la Cité du Vatican, de son nom officiel, en mène large dans notre monde en dépit de sa taille lilliputienne.Enclavé dans les murs de la ville de Rome, dont il domine une des collines, le Vatican est un État autonome et souverain, au même titre que le Canada ou tout autre pays du monde, et détient le titre d'État souverain le plus petit de la planète.Son gouvernement est le Saint- Siège.Le chef de l'État est le pape, et le chef du gouvernement est le secrétaire d'État, en l'occurrence le cardinal Angelo Sodano.Le Vatican a été officiellement créé par les accords de Latran, signés le 11 février 1929, dans lesquels l'Italie reconnaissait que ce territoire de 0,44 kilomètre carré est souverain et possède ses propres services publics, sa monnaie, une presse et une radio.Le Vatican comprend aussi une douzaine d'édifices hors ses murs (mais dans Rome) et la résidence d'été du pape, Castelgandolfo.Avant cela, l'Église catholique régnait sur une partie beaucoup plus étendue de Rome, les États pontificaux, qui furent envahis et conquis dans la foulée de l'unification de l'Italie.Le pape de l'époque, Pie IX, se réfugia au Vatican, se considérant comme prisonnier.On lui accorda des prérogatives l'année suivante mais les questions territoriale et administrative ne furent réglées que sous le gouvernement de Mussolini, près de 60 ans plus tard.Aujourd'hui, le Vatican possède encore certains services indépendants.Par contre, il a adopté l'euro.Il ne fait toujours pas partie de l'Organisation des nations unies (ONU).PETITS ÉTATS ET ENTITÉS TERRITORIALES NOM SUPERFICIE POPULATION VATICAN 0,44 KM CARRÉ 860 HABITANTS MONACO 1,9 KM CARRÉ 32 035 HABITANTS TUVALU 26 KM CARRÉS 10 838 HABITANTS SAINT-MARIN 62 KM CARRÉS 24 894 HABITANTS LIECHTENSTEIN 160 KM CARRÉS 32 000 HABITANTS ANDORRE 466 KM CARRÉS 65 700 HABITANTS NEUF JOURS DE SERVICES FUNÈBRES, TROIS SEMAINES D'INTERRÈGNE PAS LE PLUS VIEUXPAPE Si le règne de Jean-Paul II fut l'un des plus longs de l'histoire et si ce dernier, à la fin de sa vie, montrait tous les signes d'un très grand âge, on oublie parfois que d'autres papes sont morts à un âge plus avancé.En voici quelques-uns : Agathon (pape de 678 à 681): aurait vécu entre 100 et 103 ans Léon XIII (1878-1903): mort à 93 ans et 140jours Clément X (1670-1676): 86 ans Pie IX (1846-1878): 86 ans Innocent XII (1791-1800): 85 ans EDUARDOMARTINEZ SOMALO, CAMERLINGUE C'est le cardinal d'origine espagnole Eduardo Martinez Somalo qui devient, pour la présente période de transition, le plus important personnage du Vatican puisqu'il en est le camerlingue depuis le 5 avril 1993.Né le 31mars 1927, Mgr Somalo a été fait cardinal le 28 juin 1988 par Jean-Paul II.Il a tout desuiteéténommépréfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et, plus tard, préfet de la congrégation des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique.CONSULTEZ NOTRE DOSSIER SPÉCIAL SUR LE PAPE JEAN-PAUL II À L'ADRESSE WWW.CYBERPRESSE.CA/PAPE Vous y trouverez la biographie interactive de Jean-Paul II et de nombreuses galeries photos sur son pontificat.Vous pouvez aussi lire les réactions à sa disparition de par le monde, des textes d'analyse sur son pontificat et sa succession.Cyberpresse.ca met à la disposition des lecteurs un livre d'or virtuel où chacun peut faire part de ses condoléances et lire les témoignages des internautes.ROME ITALIE CITÉDUVATICAN Entrée principale des musées du Vatican Basilique Saint-Pierre Place Saint-Pierre Chapelle Sixtine Palais apostolique Hôtel Santa Marta Cheminée de la chapelle Sixtine Auditorium Paul-VI Collège pontifical américain Collège pontifical français Château Sant'Angelo Collège pontifical canadien Hôpital Gemelli Colisée Place d'Espagne Maison mère des salésiens Collège pontifical latino-américain Institut ecclésiastique pontifical polonais Vicariat de Rome Conférence épiscopale italienne Maison mère de l'Opus Dei ANDRÉDUCHESNE vec la mort du pape Jean- Paul II s'amorce une période de transition d'aumoins trois semaines marquée de deux temps forts: les cérémonies funèbres, qui s'échelonneront sur neuf jours, et le conclave, qui conduiraàl'élection dunouveausuccesseur de saint Pierre.D'abord, il revient à un groupe restreint, la Congrégation, de voir aux affaires courantes du Saint- Siège au cours de cette période d'interrègne.L'homme fort de ce groupe est le camerlingue du Vatican, un cardinal normalement chargé de la Justice et du Trésor.Il est secondé par trois autres cardinaux durant cette période.Ànoter que, avec la mort du pape, les membres de la curie (le gouvernement pontifical) démissionnent.Les membres de la Congrégation se réunissent dans les 24 heures suivant la mort du souverain pontife.Leur première tâche est de briser l'anneau du défunt pape.Auparavant, cet «anneau du pécheur » servait de sceau; il reste donc un symbole puissant d'un pontificat.Par la suite, la Congrégation organise les cérémonies funèbres, qui ont une durée de neuf jours.C'est entre la quatrième et la sixième journée (mercredi pour Jean-Paul II) suivant son décès que les funérailles du pape sont célébrées.Jean-Paul II avait fixé les dispositions des funérailles dans sa Constitution apostolique Universi Dominici du 22 février 1996.Dans ce document, la Congrégation trouvera les volontés de Jean-Paul II.L'article 13 du document est très clair: «Les cardinaux devront (.) prendre toutes les dispositions nécessaires pour les obsèques du pontife défunt, qui devront être célébrées durant neuf jours consécutifs, et fixer le moment où elles commenceront, de telle sorte que l'inhumation ait lieu, sauf raison spéciale, entre le quatrième et le sixième jour après la mort.» C'est le testament qui indique où le pape sera inhumé.Les spéculations à ce sujet allaient bon train encore ces derniers jours puisque le souverain pontife a déjà souhaité être inhumé dans le caveau familial, à Wadowice, près de Cracovie.Toujours durant cette période de deuil, le corps du défunt est exposé dans la chapelle Clémentine de la basilique Saint-Pierre afin de permettre aux fidèles de lui rendre un dernier hommage.Au cours des derniers siècles, la majorité des papes ont été inhumés à Saint-Pierre de Rome.Leur corps est déposé dans un lourd cercueil de plomb et franchit la porte des morts, à la gauche du maître-autel, dans la basilique, au son d'une cloche.Puis le cercueil est placé dans un sarcophage demarbre avant d'être recouvert d'une grande dalle de pierre.Entre 15 et 20jours Plus loin dans la Constitution apostolique, on indique clairement que les cardinaux électeurs (ceux qui ont moins de 80 ans) devront attendre 15 jours pleins avant de procéder à l'élection du nouveau pape.Pourquoi un si long délai?Afin de permettre aux retardataires d'arriver à Rome: en 1914 et en 1922, des cardinaux américains étaient arrivés au lendemain de l'élection! Mais, après 20 jours pleins, les cardinaux seront tenus d'amorcer le conclave menant à l'élection du 263e pape.KAROL, KAROL, KAROL Autrefois, la tradition vaticane voulait que, pour confirmer la mort du pape, le camerlingue frappe trois fois sur son front avec un marteau d'argent.Maintenant, on a adopté un rituel plus doux.Le camerlingue appelle le pontife trois fois par son prénom de baptême\u2014Karol dans le cas de Jean-Paul II, né Karol Wojtyla.0 2 Km ROME CITÉ DU VATICAN Tibre 3 avril : Le camerlingue brise l'anneau de Jean-Paul II; 6au8avril : Messe funèbre de Jean-Paul II ; 17 au 22 avril : Le conclave commence; 21 au 27 avril : Le conclave se conclut; un nouveau pape est élu; Fin avril : Cérémonies célébrant le nouveau pape. FORUM Àl'école de l'humilité L'Église du Québec est entrée dans le siècle nouveau dans un état de délabrement avancé.Que pousse-t-il sous les décombres?PAUL LONGPRÉ L'auteuraété journaliste àLa Presse La déchristianisation du Québec s'est poursuivie inexorablement tout au long du pontificat de Jean-Paul II dont la visite au Canada, en 1984, avait pourtant soulevé un très vif intérêt.Il en est resté de belles images, mais le message du pape polonais n'a pas ramené les brebis au bercail.L'Église d'ici est entrée dans le siècle nouveau dans un état de délabrement avancé.Que pousse-t-il sous les décombres ?Une anecdote reflète très bien la situation.Dans son église paroissiale, une religieuse voit arriver deux jeunes garçons pour la messe dominicale : tout un événement ! Les garçons lui disent : « Nous avons fait notre première communion.Là, nous venons faire notre deuxième communion.» Fort bien.La religieuse se place à leur hauteur, de l'autre côté de l'allée centrale, en souhaitant que les deux garnements soient le plus sage possible.Cela se va plutôt bien, mais après la première lecture, un texte de saint Paul qui leur passe évidemment par-dessus la tête, les deux petits s'approchent d'elle et lui chuchotent : « On s'en va : c'est trop plate ! On reviendra une autre fois pour faire notre deuxième communion ! » Il y a fort à parier que ces enfants ne retourneront à l'église que pour la confirmation.Et encore ! Leurs parents ont tenu à les faire baptiser, même s'ils ne mettent plus les pieds à l'église depuis belle lurette.Il ne se sont pas opposés à ce qu'ils soient catéchisés, puis éventuellement confirmés.Mais ces démarches de foi n'ont pas eu d'écho dans la famille, première cellule d'église.Arrivés à l'adolescence, les jeunes comprendront d'eux-mêmes que Jésus et son royaume d'amour, c'était une belle histoire à classer avec celle du père Noël.Il fut un temps pas si lointain, à peine quatre décennies, où les prêtres encadraient étroitement et rigidement la vie des Québécois : du berceau au tombeau.Aujourd'hui, si ceux qui ont atteint l'âge de la retraite se retiraient effectivement, presque toutes les églises de Montréal fermeraient leurs portes.À la campagne, il n'est pas rare qu'il n'y ait qu'un prêtre pour trois villages.Dans ces milieux réputés traditionnels, l'église est à demi vide à la messe dominicale.On pourrait aisément y faire le décompte des moins de 50 ans.Quelques enfants accompagnent leurs grands-parents.Opération démaquillage Les évêques, les prêtres, les animatrices et les animateurs de pastorale qui s'accrochent, le font avec un dévouement remarquable.Sans trop d'illusions : l'appauvrissement en cours va se poursuivre.À terme, pauvre de fait et en esprit, peut-être cette église trouvera- t-elle une manière pertinente d'évangéliser une population qu'on a « surcatéchisée », gavée de dévotions et de religiosité.Le regretté Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil, a eu le courage d'affirmer en 1994, peu avant sa mort, que toute une génération de pasteurs catholiques québécois « avaient perdu le sens de l'Évangile ».Cela a fait du bruit, on s'en doute bien ! Il y a quelques années, René Latourelle, jésuite québécois, éminent théologien qui a enseigné pendant 30 ans à l'Université grégorienne de Rome, a qualifié ce christianisme de « maquillage ».Dans une entrevue à la Revue Notre-Dame-du-Cap, il a déclaré : « Notre morale était isolée du Christ.Il y avait beaucoup de préceptes, mais ils étaient détachés de l'Évangile.(.) Notre Dieu était un juge qui surveillait nos actions et qui était toujours prêt à nous condamner.Les portes de l'enfer étaient largement ouvertes.Celles du ciel, presque fermées.Il y avait une sorte de faux christianisme qu'il fallait démaquiller pour retrouver la fraîcheur d'un retour au Jésus des évangiles.» Un tel démaquillage se révèle ardu.C'était le but de « l'aggiornamento », le Concile Vatican II amorcé par Jean XXIII il y a près de 30 ans et mené à terme par son successeur, Paul VI.C'était aussi le thème d'un des premiers synodes de toute l'Église convoqué par ce dernier en 1974 : L'évangélisation du monde contemporain.Il est bien évident que cela reste à faire, au Québec comme dans tout l'Occident redevenu « terre de mission ».L'Évangile plutôt que le pouvoir L'épiscopat québécois voit dans l'appauvrissement une occasion de tabler sur l'Évangile plutôt que sur le pouvoir.Il s'est donné un profil bas, dirait-on, dans le langage des sciences politiques.Dans leurs déclarations officielles les évêques évitent de pontifier, même sur des sujets proprement religieux.Sur les questions sociales ou économiques, ils s'expriment comme une voix parmi d'autres, respectant en cela le caractère pluraliste de la société québécoise moderne.Ce nouveau style se trouve incarné tout à fait par le cardinal Jean-Claude Turcotte dont le leadership se situe à mi-chemin entre ce que fut Paul-Émile Léger, le flamboyant « prince de l'Église » et le style du pasteur écrasé par sa tâche que fut Paul Grégoire, son prédécesseur immédiat.Il se présente comme un pasteur engagé avec ferveur, mais s'emploie à proposer plutôt qu'à imposer.Il a un très grand impact médiatique, dans cette société qui recherche des témoins plutôt que des maîtres.Cette voie est celle de l'avenir, si on en croit le Britannique Timothy Radcliffe, maître général des dominicains.Dans une entrevue au journal parisien Le Monde, il affirmait, le printemps 2003 : « Les chances de l'Église sont réelles, si elle apprend l'humilité.Regardez l'Asie où le pourcentage de ses fidèles est extrêmement minime.Être présente sans prétention, sans grandes institutions, dans une certaine humilité, c'est une très bonne cure pour l'Église.» Au journaliste qui lui faisait valoir la difficulté de prétendre à une vérité unique après la faillite des théories totalitaires du 20e siècle, le père Radcliffe répondait : « Nous, chrétiens, nous disons que si l'homme cherche la vérité, il est capable de la reconnaître.Mais nous devons chercher à la partager avec lui de la manière la plus humble.Si notre joie est visible, nul ne craindra que l'Évangile soit une idéologie oppressive.Nous devons montrer que, loin d'être une prison, l'Évangile rend libre ».(.) « L'avenir de l'Églisepassepar l'assouplissement des règles rigides que Rome tente d'imposeruniformément.» PHOTO ARCHIVES, LAPRESSE© Jean-Paul II à la cathédrale de Oaxaca, en 1979.L'Église devraassouplir ses règles (.) Denise Lamarche, docteure en théologie et religieuse de la Congrégation Notre-Dame, a une vaste expérience de travail en pastorale.C'est elle, la religieuse qui a accueilli les deux garnements pour leur « deuxième communion ».Elle a été la collaboratrice immédiate de Mgr Bernard Hubert cité plus haut.À son avis, l'avenir de l'Église, au Québec et ailleurs, passe par l'assouplissement des règles rigides que Rome tente d'imposer uniformément dans tous les continents.« En somme, dit-elle, non sans humour, il faudrait que l'Église de Rome revienne au conseil qu'Irénée de Lyon donnait au pape Victor, au 2e siècle, au sujet de la querelle sur la date de la fête de Pâques qui divisait alors l'Orient et l'Occident : « La diversité des pratiques enracine l'unité de la foi ! » Bien des prêtres et des laïcs engagés dans la pastorale affirment la même chose : le pouvoir doit à tout prix se décentraliser dans l'Église catholique.Dans tous les domaines, sauf en ce qui a trait au noyau de la foi.L'un d'eux, le père Paul Arsenault, est animateur à Notre- Dame-du-Cap.Il affirme que les gens ont déjà réglé « en leur âme et conscience » bien des questions que les autorités vaticanes se réservent parce que trop « brûlantes ».Ces questions, comme la place des femmes dans l'Église, l'éventuel mariage des prêtres, la contraception et la morale de la sexualité, sont déjà « refroidies » chez les fidèles.Ils ne sont guère impressionnés par les documents pontificaux qui reviennent là-dessus en serrant la vis.« Ce que cherchent les fidèles, souligne le père Arsenault, c'est l'approfondissement de leur foi.Cela exige de nous deux choses : que nous pratiquions une pastorale faisant appel à leur intelligence et à leur liberté de conscience ; que nous mettions en pratique ce que nous enseignons ».Quartiers pauvres Heureusement que la vie de l'Église ne se réduit pas aux documents pontificaux, mais qu'elle sourd de l'Évangile, note de son côté Denise Lamarche.Elle voit de nombreuses repousses sous les décombres de l'église de chrétienté qui a été emportée dans la Révolution tranquille.Très profondément engagée dans l'action humanitaire, au nom de l'Évangile, elle voit autour d'elle de nombreuses expériences d'église.Dans un des quartiers les plus pauvres de l'est de Montréal, une de ses consoeurs anime La Petite Maison des Enfants Soleil, un lieu d'accueil, d'accompagnement et de prévention pour une centaine de jeunes de 6 à 15 ans.Une autre organise des stages missionnaires dans le tiers-monde pour des étudiants.Occasions de réflexion en profondeur sur les cultures des autres, sur le sens du baptême, sur les droits de la personne.Souvent, au retour, ces jeunes sont transformés.Une jeune institutrice confie : « Moi, je pensais que j'allais enseigner.Au contraire, je suis allée apprendre.Je me posais depuis longtemps la question embarrassante : « Où est Dieu ?» J'ai eu la réponse : Dans les lépreux que je suis allée soigner en Afrique ! » L'Église que j'aime.» « L'Église que j'aime, dit Denise Lamarche, c'est celle de la veuve qui fait son obole.Ces jeunes qui consacrent deux mois de leur vie à une expérience missionnaire.Ces parents qui essaient d'élever leurs enfants du mieux qu'ils peuvent dans des circonstances souvent très pénibles.Ces gens qui font du bénévolat.Qui vont bercer des enfants sidéens.Ces personnes qui organisent un magasin-partage où les pauvres peuvent aller acheter dans la dignité.Payer 10 cents une boîte de petits pois plutôt que de recevoir un panier de Noël.L'Église de Jésus, c'est une église ouverte aux pauvres.Pour moi, la mission de l'Église, c'est de garder le monde dans l'espérance du retour du Ressuscité.» PHOTOARCHIVES IVANOH DEMERS, LA PRESSE© Le pouvoir doit se décentraliser dans l'Église catholique, note l'auteur. FORUM Un sens à la souffrance Dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l'homme du Christ, une grâce spéciale Nous publions ici un extrait de la lettre apostolique Salvifici Doloris, du souverain pontife Jean-Paul II, sur le sens chrétien de la souffrance humaine, publiée le 11 février 1984.À travers les siècles et les générations humaines, on a constaté que dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l'homme du Christ, une grâce spéciale.C'est à elle que bien des saints doivent leur profonde conversion, tels saint François d'Assise, saint Ignace de Loyola, etc.Le fruit de cette conversion, c'est non seulement le fait que l'homme découvre le sens rédempteur de la souffrance, mais surtout que, dans la souffrance, il devient un homme totalement nouveau.Il y trouve comme une nouvelle dimension de toute sa vie et de sa vocation personnelle.Cette découverte confirme particulièrement la grandeur spirituelle qui, dans l'homme, dépasse le corps d'une manière absolument incomparable.Lorsque le corps est profondément atteint par la maladie, réduit à l'incapacité, lorsque la personne humaine se trouve presque dans l'impossibilité de vivre et d'agir, la maturité intérieure et la grandeur spirituelle deviennent d'autant plus évidentes, et elles constituent une leçon émouvante pour les personnes qui jouissent d'une santé normale.Conversion remarquable Cette maturité intérieure et cette grandeur spirituelle dans la souffrance sont certainement le fruit d'une conversion remarquable et d'une coopération particulière à la grâce du Rédempteur crucifié.C'est lui-même qui agit au vif des souffrances humaines par son Esprit de vérité, son Esprit consolateur.C'est lui qui transforme, en un sens, la substance même de la vie spirituelle, en donnant à la personne qui souffre une place à côté de lui.C'est lui \u2014 comme Maître et Guide intérieur \u2014 qui enseigne à ses frères et à ses soeurs qui souffrent cet admirable échange, situé au coeur même du mystère de la Rédemption.La souffrance, en soi, c'est éprouver le mal.Mais le Christ en a fait le fondement le plus solide du bien définitif, c'est-à-dire du bien du salut éternel.Par ses souffrances sur la croix, le Christ a atteint les racines mêmes du mal, c'est-à-dire celles du péché et de la mort.Il a vaincu l'auteur du mal qu'est Satan, et sa révolte permanente contre le Créateur.À ses frères et soeurs souffrants, le Christ entrouvre et déploie progressivement les horizons du Royaume de Dieu : un monde converti à son Créateur, un monde libéré du péché et qui se construit sur la puissance rédemptrice de l'amour.Et, lentement mais sûrement, le Christ introduit l'homme qui souffre dans ce monde qu'est le Royaume du Père, en un sens à travers le coeur même de sa souffrance.La souffrance, en effet, ne peut être transformée par une grâce venant du dehors, mais par une grâce intérieure.Le Christ, de par sa propre souffrance rédemptrice, se trouve au plus profond de toute souffrance humaine et peut agir de l'intérieur par la puissance de son Esprit de vérité, de son Esprit consolateur.(.) Processus intérieur Mais un tel processus intérieur ne se développe pas toujours de la même manière.Bien souvent il commence et il s'établit avec difficulté.Déjà le point de départ est différent : c'est avec des dispositions différentes que les hommes abordent leur souffrance.On peut cependant affirmer d'emblée que chaque personne entre presque toujours dans la souffrance avec une protestation tout à fait humaine et en se posant la question : « pourquoi ?».Chacun se demande quel est le sens de la souffrance et cherche une réponse à cette question au plan humain.Il adresse certainement maintes fois cette interrogation à Dieu, et il l'adresse aussi au Christ.En outre, la personne qui souffre ne peut pas ne point remarquer que celui auquel elle demande une explication souffre Lui-même et qu'Il veut lui répondre de la Croix, du plus profond de sa propre souffrance.Pourtant, il faut parfois du temps, et même beaucoup de temps, pour que cette réponse commence à être perçue intérieurement.Le Christ, en effet, ne répond ni directement ni de manière abstraite à cette interrogation humaine sur le sens de la souffrance.L'homme entend sa réponse rédemptrice au fur et à mesure qu'il devient participant des souffrances du Christ.La réponse qui vient ainsi dans cette participation, tout au long de la rencontre intérieure avec le Maître, est à son tour quelque chose de plus que la simple réponse abstraite à la question sur le sens de la souffrance.Elle est en effet, par-dessus tout, un appel.Elle est une vocation.Le Christ n'explique pas abstraitement les raisons de la souffrance, mais avant tout il dit : « Suis-moi » ! Viens ! Prends part avec ta souffrance à cette oeuvre de salut du monde qui s'accomplit par ma propre souffrance ! Par ma Croix ! Au fur et à mesure que l'homme prend sa croix, en s'unissant spirituellement à la Croix du Christ, le sens rédempteur de la souffrance se manifeste davantage à lui.L'homme ne découvre pas cette signification au niveau humain, mais au niveau de la souffrance du Christ.Mais, en même temps, de ce plan où le Christ se situe, ce sens rédempteur de la souffrance descend au niveau de l'homme et devient en quelque sorte sa réponse personnelle.C'est alors que l'homme trouve dans sa souffrance la paix intérieure et même la joie spirituelle.PHOTO PIER PAOLO, AP© Jean-Paul II, le 27 mars dernier, alors qu'il tentait de s'adresser à la foule réunie place Saint-Pierre pour entendre son message pascal.Un pape philosophe L'humanité perd l'un de ses meilleurs penseurs JEAN GRONDIN L'auteur est professeur au département de philosophie de l'Université de Montréal.Chacun sait que ce grand pape qui nous a quitté hier aura été un incomparable génie médiatique et un mystique tout à la fois, un vigoureux et efficace combattant du totalitarisme, un ami des arts et un acteur, un extraordinaire pèlerin doué de nombreux charismes, dont celui des langues, mais il ne faudrait pas oublier qu'il fut aussi, sinon d'abord, un philosophe.Après avoir été ordonné prêtre en 1946, il est allé à Rome pour y faire un doctorat sous la supervision du dominicain français Garrigou-Lagrange, l'un des grands défenseurs du thomisme, sur le thème de la foi dans l'oeuvre du mystique espagnol, saint Jean de la Croix.C'était un doctorat de théologie (1948), mais après être retourné en Pologne, il a poursuivi des études de philosophie qui l'ont amené à défendre une thèse (1953) à l'université catholique de Lublin sur l'éthique du penseur allemand Max Scheler, qui défendait une éthique des valeurs centrée sur la valeur suprême de la dignité humaine.On peut facilement y reconnaître un thème qui a dominé tout son pontificat, ses encycliques et son engagement, mais dont les racines étaient d'abord philosophiques.Il est ensuite devenu professeur d'éthique sociale et de théologie morale au séminaire de Cracovie et à l'Université de Lublin.Même après être devenu évêque en 1958, il a continué de donner des cours de philosophie.Devenu pape en 1978, il a soutenu activement la création, par ses amis polonais, d'un Institut des sciences de l'homme à Vienne qui se vouait au dialogue philosophique entre l'Est et l'Ouest.Il était né de rencontres, encouragées par le Cardinal Wojtyla, qui s'étaient tenues à Dubrovnic à la fin des années 1970 et auxquelles participaient notamment le philosophe Hans-Georg Gadamer.Intéressé par Gadamer, j'ai participé à l'une de ces rencontres au printemps de 1981, dix-huit mois après l'accession de Jean-Paul II au Saint-Siège et quelques mois seulement après le formidable sursaut du mouvement de Solidarn¢sc.Les Polonais étaient nombreux à Dubrovnic cette année-là, avides qu'ils étaient de partager leurs expériences et de savoir comment l'Ouest considérait leur mouvement.Il ne faisait aucun doute aux yeux de tous ces Polonais que ce fut la visite de Wojtyla dans sa Pologne natale en 1980 qui fut à l'origine du mouvement de libération qui allait finir par mettre un terme à la guerre froide : sa présence avait rassemblé des millions et des millions de pèlerins qui se sont alors avisés de leur force politique.Il y avait à Dubrovnic un ami très proche de Wojtyla, le Père Josef Tischner, philosophe brillant et plein d'humour, qui venait de rendre visite à son ami à Rome, tout surpris, nous disait-il, de se savoir maintenant infaillible ! C'est à l'instigation de l'Institut des sciences de l'homme, et de ses amis polonais, que des débats philosophiques ont été organisés à Castelgandolfo, sa résidence d'été, pour que le Saint-Père puisse y discuter de philosophie avec les grands penseurs de notre temps, dont Gadamer, Emmanuel Lévinas, Paul Ricoeur et le montréalais Charles Taylor.Wojtyla y confirmait sa passion de la philosophie qu'il allait étaler une nouvelle fois dans sa belle et profonde encyclique, Fides et ratio, « Foi et raison », où le disciple de Scheler rappelait l'importance de la réflexion philosophique pour notre temps.Et c'est un titre hautement philosophique qu'il a choisi de donner à son dernier livre paru cette année, Mémoire et identité, qui sera maintenant son testament.En 2002, lorsqu'il apprit la mort du philosophe Gadamer, à l'âge de 102 ans, il fit parvenir un télégramme de condoléances \u2014 geste assez exceptionnel de sa part, je suppose, car Gadamer était protestant \u2014 au président de la conférence des évêques de l'Allemagne, Karl Lehmann, lui-même élève du philosophe Martin Heidegger.Il y saluait le grand humaniste qu'il avait eu l'honneur de rencontrer à Castelgandolfo « dont il admirait l'honnêteté dans la recherche de la vérité et le respect pour les valeurs de l'héritage chrétien ».Jusqu'à la fin, il est donc resté philosophe.À nous maintenant de nous incliner devant le puissant amour de la sagesse de Karol Wojtyla, devant son honnêteté si communicative dans la recherche de la vérité et son exemplaire promotion des valeurs de notre héritage philosophique.L'humanité vient de perdre l'un de ses meilleurs penseurs.Des débats philosophiques ont étéorganisésà Castelgandolfo, sarésidenced'été, pour que le Saint-Pèrepuissey discuter de philosophieavec les grands penseurs de notretemps. FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAL Apôtre jusqu'au dernier souffle apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE Le pape Jean-Paul II est mort hier après-midi après de longues heures d'agonie.Même si, depuis vendredi, il ne restait aucun espoir de voir Karol Wojtyla vaincre la maladie, son décès a suscité une peine immense dans le monde.Une tristesse à la dimension du vide que laisse son départ.Bien des gens ont exprimé un malaise devant la nature publique de l'agonie du pape.On a reproché, certains aux médias, d'autres au Vatican, d'exploiter les dernières heures du vieillard.« Laissez-le donc mourir en paix », a-t-on entendu dire.Ce malaise, ces reproches sont compréhensibles.Ils mettent toutefois de côté une donnée cruciale : Jean-Paul II lui-même n'aurait pas toléré que les choses se passent autrement.Le pontife voulait que non seulement ses paroles, mais sa vie entière et sa mort témoignent de la nature, du sens, de la puissance de la foi.Pour le pape polonais, la foi n'était pas quelque chose de désincarné, un simple choix rationnel, à l'image d'une option politique.« Sa foi n'aura pas été une facette de sa personnalité ou une dimension de son intellect.Sa foi est lui, au plus intime de l'intime de son être », écrit son principal biographe, le théologien George Weigel.Jean-Paul II a « témoigné de toutes les fibres de son être », soulignait hier un archevêque américain.Peu de phénomènes sont plus difficiles à appréhender que la souffrance.Pourquoi les pires douleurs sont-elles souvent imposées à des gens qui n'ont fait que le bien?Pourquoi Dieu, s'il existe, autorise-t-il la souffrance ?Comme tout être humain, Karol Wojtyla s'est posé cette question à moult reprises.Dans la lettre apostolique dont nous publions aujourd'hui un extrait dans nos pages, il explique que «la réponse à l'interrogation sur la souffrance et sur le sens de la souffrance, le Christ la donne non seulement par son enseignement, c'est-à-dire par la Bonne Nouvelle, mais avant tout par sa propre souffrance ».Vendredi, le pape a demandé qu'on lui lise les passages des évangiles traitant de la Passion du Christ.Nul doute qu'il y a puisé courage et sérénité : « C'est alors que l'homme trouve dans sa souffrance la paix intérieure et même la joie spirituelle.» Les Occidentaux que nous sommes, souvent éloignés des religions dites traditionnelles, rejetteront du revers de la main la signification que donne Jean-Paul II à la souffrance: « En opérant la Rédemption par la souffrance, le Christ a élevé en même temps la souffrance humaine jusqu'à lui donner valeur de Rédemption.Tout homme peut donc, dans sa souffrance, participer à la souffrance rédemptrice du Christ.» Il nous est particulièrement difficile d'accepter qu'« à la base des souffrances humaines, il y a des compromissions de toutes sortes avec le péché », ou qu'il y ait une « nécessité de la souffrance.» C'est à nous, qui sommes plusieurs traverser la vie sans Dieu, que Jean-Paul II a lancé un défi par sa propre agonie.À nous qui n'avons pu trouver de sens à la souffrance (et, de façon générale, à la vie), il a voulu montrer que la Foi offre une issue permettant de « surmonter le sentiment de l'inutilité de la souffrance ».Parce qu'il participe à la mission rédemptrice du Christ, celui qui souffre devient « utile » ; mieux, « il accomplit un service irremplaçable ».Cette réponse en laissera plusieurs sur leur faim; mais au moins, c'est une réponse.C'est l'existence de cette réponse que Jean-Paul II a rappelée au monde, en mourant à la fois dans la souffrance et dans la sérénité.Ce faisant, il a accompli sa mission jusqu'au bout, obéissant à Dieu comme l'avait fait Jésus (« Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »).Jusqu'à son dernier souffle, Jean-Paul Il aura été l'apôtre du Christ.C'estànous, qui sommes plusieursàtraverser lavie sans Dieu, que Jean-Paul IIalancéundéfi par sa propreagonie.Serge Paquette, collaboration spéciale DROITS RÉSERVÉS Un homme est mort.P IERRE FORTIER L'auteur demeureà Bécancour.Un homme, un Polonais nommé Karol Wojtila, vient de mourir.En octobre 1978, des hommes de l'Église catholique romaine l'avaient choisi pour accéder à la papauté.Cet homme, un homme comme vous et moi, quittait désormais l'anonymat et entrait dans l'Histoire.Aux discours des uns, qui feront ces jours-ci l'éloge des qualités humaines, intellectuelles, morales et spirituelles de ce Karol Wojtyla, s'opposeront, à n'en pas douter, ceux des autres, qui se complairont à dénoncer les faiblesses et les limites du même homme.Élevé, louangé, encensé par les uns, il sera déprécié, abaissé, voire discrédité par les autres.Faut-il rappeler que l'homme d'il y a deux mille ans, ce Jésus dont Karol Wojtila se proclamait le successeur et serviteur, tout aussi connu et admiré qu'il ait pu être par plusieurs, n'en mourut pas moins sur une croix, supplice infamant, pour avoir suscité, par ses paroles et ses actes, l'opposition la plus vive de certains de ses concitoyens politiquement influents.Si le Maître fut à ce point une pierre d'achoppement en son temps, ne nous étonnons pas que le serviteur puisse l'être également pour des hommes du nôtre ! Pour l'instant, reconnaîtrons-nous du moins, sinon l'homme de foi aux principes moraux et religieux inflexibles (trop, selon plusieurs), du moins l'homme de paix et de prière qu'il fut parmi nous ?Aura-t-il échoué, et sa vie fut-elle vaine, comme celle de son Maître l'aurait été, s'interrogeront plusieurs ?Nous savons cependant quel sort l'Histoire a réservé à ce Jésus, dont la vie s'était abruptement terminée dans l'apparente infamie de la croix, et l'immense figure inspiratrice qu'il est devenu par la suite, du moins en Occident.Mais son message s'est-il imposé pour autant ?Sommes-nous aujourd'hui plus près d'une vie telle que ce juif de Nazareth l'aurait souhaitée, et son disciple polonais à sa suite ?Du moins l'un comme l'autre, ou plutôt l'un à l'exemple de l'autre, auront tenté d'en montrer la voie aux hommes leurs frères.LA BOÎTE AUX LETTRES > Pour nous écrire : forum@lapresse.ca Le plus grand pape de l'histoire Même pour les incroyants et les non-pratiquants, le pape Jean-Paul II restera le plus grand pape de l'histoire pour une raison que l'on oublie le plus souvent : il fut le premier pape, après 2000 ans, à avoir demandé pardon plus de 200 fois pour les crimes et les erreurs de l'Église et des chrétiens : croisades, Inquisition, antisémitisme, index, excommunications, condamnation de la science, chasse aux sorcières, infériorisation de la femme et esclavage.Après Jean-Paul II, l'histoire de l'Église, passée, présente et à venir, ne sera jamais plus la même.Normand Rousseau Gatineau .« J'aimerais mourir comme lui » J'ai bien de la peine que Jean-Paul II soit décédé.Il était mon « cher pape » à moi aussi, un peu comme un père spirituel plein de bon sens.Ça m'a fait pleurer.Mais, il a rempli sa mission, obéissant à Dieu notre Père, jusqu'au bout.Moi aussi, j'aimerais mourir comme lui, chez moi, entourée de ma famille et de mes amis.Il a été un modèle de persévérance et d'amour pour le monde entier, même pour les croyants d'autres religions et aussi pour le non-croyants.Il aura une grande place auprès du Père dans le Royaume des cieux.J'y crois ! Diane Lafond .Un homme entier et cohérent Personne ne peut douter que ce pape était un être exceptionnel, un homme hors du commun, un géant.Mais l'homme demeurait humain, humble.Les superlatifs abondent pour le décrire.Pour moi, ce qui m'a le plus frappé chez lui, c'est sa grande cohérence et constance dans la pensée et l'action.L'homme n'était pas un roseau changeant.Cette unicité était fondée sur une très forte formation philosophique et théologique, une puissante intelligence, une foi profonde, à la fois mystique et populaire, une quasi obsession pour la prière et une expérience de vie exceptionnelle.C'est ce caractère entier qui a fait qu'il a été aimé par certains et détesté par d'autres.Dans un monde où le relativisme et l'incohérence souvent dominent, Jean-Paul II allait à contrecourant.Il le savait très bien, ce qui ne l'empêchait pas de témoigner.Il aimait trop le monde, tout le monde, pour se réfugier dans le silence.Michel Lebel Entrelacs .Oeuvre de paix Puisse notre Saint-Père reposer en paix.Je peux dire qu'il a été l'unique pape que j'aie vraiment connu (Paul VI et Jean-Paul 1er sont décédés alors que je n'avais que six ans) et aussi l'architecte d'une grande oeuvre de paix et de tolérance à travers le monde.Son départ me rend triste, mais au moins, son souvenir demeurera gravé en nos mémoires pour longtemps.Puisse son oeuvre être perpétuée par ses successeurs.Gilbert Ouellet Sainte-Foy .Spectacle indigne C'est avec une immense tristesse et une certaine honte que nous avons été témoins d'un voyeurisme et d'un sensationnalisme jusqu'ici inégalés.Avec la mort du pape, hier, et celle de Terri Schiavo, quelques jours plus tôt, se sont terminées deux téléréalités des plus méprisables.Pendant qu'aux États- Unis on s'acharnait à terminer une vie d'une façon ignoble, Rome s'acharnait à garder en vie un pape amoindri par la maladie, le temps de laisser passer les fêtes pascales.Sommes-nous à ce point insensibles et hypocrites au point de démontrer un mépris flagrant de la vie et de la dignité humaine ?Pendant que Madame Shiavo agonisait en direct sous prétexte qu'elle aurait voulu quitter ce monde dans la dignité, quelqu'un quelque part tirait les ficelles pour nous montrer un homme souffrant et brisé.Deux spectacles indignes d'une société civilisée.Ginette Charbonneau Bois-des-Filion .Moderne et universel On se rappellera de Jean-Paul II comme un pape moderne et universel aux principes traditionnels qui avait une main de fer.Son remplaçant aura un mandat crucial pour la religion catholique et devra gagner le coeur de ses fidèles.Il est maintenant délivré de ses souffrances corporelles et on l'applaudit pour son oeuvre grandiose.Roger Boisvert Présence active et intense Le pape est parti vers les demeures éternelles.Nous aurons pu le suivre jusque dans ses derniers moments.De nombreux témoignages auront permis de faire des mises au point salutaires et bénéfiques.Certes, les médias nous ont informé à la seconde.Ce que je retiens de toutes ces images, c'est la présence active et intense de cet homme qui nous poursuit jusque dans ses dernières heures.Ce fut un saint.Même si je ne partageais pas toutes ses décisions, j'avoue qu'un homme de cette trempe aura bouleversé non pas seulement les chrétiens mais tous ceux qui travaillent à l'amélioration du monde.Anita Vaillancourt Montréal .La mort fait partie de la vie Elles manquaient de dignité ces images où l'on poussait le fauteuil (gériatrique) du pape vers la fenêtre, nous présentant un être souffrant et grimaçant.Ces images ressemblaient à une mauvaise représentation, à un mauvais spectacle une fois les volets fermés.La dignité commandait au contraire beaucoup de respect de son état.C'est dans son lit, avec tous les soins de confort autour de lui que sa dignité aurait été préservée.Ainsi, on nous a présenté un mort-vivant.Par la suite, même aux portes de la mort, les mots masquaient encore la réalité.On parlait d'état critique, d'état gravissime.Ces termes sont porteurs de rémission alors que la réalité était toute autre.On a tardé a utiliser les vrais mots : le pape est à l'agonie, le pape est mourant.La mort fait partie de la vie.Il n'y a rien de dégradant à être à l'article de la mort.Lyse Deslauriers PHOTO MASSIMO SAMBUCETTI, AP© FORUM Qui remplacera Karol Wojtyla?Le conclave qui s'ouvrira bientôt, comme la plupart de ceux qui l'ont précédé, demeure hautement imprévisible GILLES ROUTHIER L'auteur est professeur titulaireàla faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval.Un adage veut que «Qui entre pape au conclave en ressort cardinal ! » Cela en dit assez quant au caractère imprévisible d'un des plus anciens processus électoral de l'Occident.Paradoxalement, c'est l'Église catholique, à qui l'on crédite généralement un déficit démocratique, qui demeure la gardienne de ce processus électoral qui a traversé les siècles depuis 1059.Il ne s'agit pourtant pas là de l'unique paradoxe : autant le conclave est prévisible dans son fonctionnement, autant il demeure imprévisible dans sa dynamique et dans son issue.En effet, le conclave et la procédure d'élection des papes sont réglés comme une feuille de musique par la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis par laquelle Jean-Paul II remettait à jour les lois qui règlent le pourvoi du siège de Rome lorsqu'il devient vacant.Apparemment, le prochain conclave se déroulera de manière assez semblable à ceux qui l'ont précédé.Pourtant, cette fois, la donne sera assez différente.D'une part, la plupart des cardinaux électeurs auront été choisis par un seul pape, ce qui n'est pas commun.Pour ce motif, à première vue, on pourrait croire que la succession est complètement verrouillée et sera sans surprise.Un collège pluraliste Rien n'est moins sûr.D'une part, il est commun de dire que, le lendemain du décès d'un pontife, chaque cardinal reprend sa liberté.D'autre part, il ne faut jamais oublier que ce sont les cardinaux créés par le long pontificat de Pie XII qui ont élu Jean XXIII.Pacelli n'avait donc pas réussi à verrouiller sa succession et sans doute Jean-Paul II non plus.Chose sans doute plus importante encore, le collège électoral actuel est très pluraliste et on n'a sans doute jamais été en présence d'un collège aussi bigarré.Un nombre plus important de nations est représenté (environ 70) et un nombre de plus en plus important de cardinaux vivent dans des pays où le catholicisme est minoritaire et ont une expérience du contact quotidien avec des religions non-chrétiennes.Lorsqu'on pense que la part des Italiens, voire des Européens, est considérablement différente de ce qu'elle était, on mesure à quel point les jeux sont loin d'être faits.Il faut savoir que, jusqu'à Jean XXIII, les Italiens formaient plus de la moitié du collège des cardinaux.Cette proportion avait déjà été réduite au quart par Paul VI, le conclave qui élit Jean-Paul II.Ce n'est pas un simple hasard si le conclave de 1978 a élu un pape non-italien.La donne n'était simplement plus la même.Aujourd'hui, les Italiens ne forment plus que le tiers du collège et les Européens comptent pour un peu moins que la moitié des cardinaux électeurs.Une telle situation laisse ouverte la succession, quand on sait, le concile Vatican II l'a bien montré et tous les synodes des évêques depuis 1967 l'ont abondamment illustré, les préoccupations et les sensibilités des cardinaux diffèrent notamment en fonction de leur origine, même s'il ne faut pas tout réduire à ce seul facteur.Enfin, on a affaire à un collège de cardinaux qui se connaissent peu.Certes, certains se connaissent bien, en particulier ceux qui vivent à Rome et qui oeuvrent à la curie.Ces gens se fréquentent souvent et ont l'habitude de travailler ensemble.Du reste, ce sont les cardinaux de curie qui sont les plus connus, puisqu'ils sont, en raison de leur fonction plus exposés.Quant aux autres, ils se sont tous déjà rencontrés une fois ou l'autre et certains, collaborateurs de l'un ou l'autre des dicastères romains, se sont fréquentés.Rien cependant de commun par rapport au collège d'électeurs qui élirent Paul VI, Jean-Paul 1er et Jean-Paul II.Ces cardinaux s'étaient fréquentés tout au long des quatre années du concile Vatican II (six années si l'on compte la période préparatoire).Ils s'étaient côtoyés au quotidien, à Rome, au restaurant ou dans leurs lieux romains d'habitation, dans l'assemblée conciliaire, où ils avaient appris à apprécier les positions des uns et des autres sur les divers problèmes qui agitaient l'Église catholique, ou dans les commissions où ils devaient faire valoir leur point de vue et défendre les positions qu'ils voulaient voir s'imposer.Mgr Wojtyla Mgr Wojtyla, par exemple, avait souvent pris la parole dans l'assemblée, en plus d'avoir été membre de la commission conciliaire chargée d'élaborer la Constitution sur l'Église dans le monde de ce temps.Par la suite, il avait participé à tous les synodes des évêques convoqués par Paul VI (1967, 1979, 1971, 1974 et 1977).Chose plus importante encore, il avait été le rapporteur spécial au synode de 1974, ce qui lui avait donné une grande visibilité, sans compter qu'il avait été invité à prêcher la retraite de carême au Vatican en 1976, ce qui avait conduit à une publication intitulée Signe de contradiction.Il devient alors évident qu'on n'a pas élu, en 1978, un inconnu, pariant sur une figure nouvelle dont on ne connaissait pas les orientations de fond.Au contraire ! Cela suggère que, quelle que soit la provenance du prochain pape, il s'agira vraisemblablement d'une figure connue, même si cette personne n'a pas fait les manchettes à la télévision de nos pays.Rien qu'à penser qu'un candidat doit obtenir les deux tiers des votes pour être élu, on peut d'avance penser qu'un inconnu n'arriverait jamais à rassembler autour de son nomautant d'électeurs.(.) PHOTO PLINIO LEPRI, AP© Le prochain conclave se déroulera de manière assez semblable à ceux qui l'ont précédé.Pourtant, cette fois, la donne sera différente.La plupart des cardinaux électeurs auront été choisis par un seul pape, ce qui n'est pas commun.Rumeurs et bruits de corridor.APPEL À TOUS (.) Une figure connue, ne veut pas dire une personnalité qui figure au haut de l'affiche.Il y a en effet des figures de proue qui ne sont jamais devenues pape.On connaît, par exemple, le titre suggestif de la biographie du cardinal Siri, Il papa non electo.À l'ouverture d'un conclave, les esprits sont généralement obnubilés par une seule question : qui a la possibilité de devenir pape ou qui sont les papabile.L'exercice qui consiste à dresser des listes de papabile à partir des rumeurs et des bruits de corridors distrait sans doute l'esprit d'une question plus importante encore : qui sont les King makers.En effet, il n'est pas rare que les « candidats » les plus en vue ou les coryphées d'une ou l'autre tendance ne soient jamais élus.Figures de proue d'une mouvance, ils sont parfois trop identifiés à un parti pour rassembler autour de leur nom la majorité qualifiée des deux tiers, majorité qui n'est pas facile à obtenir.Devant l'impasse, ils doivent retirer leur candidature et c'est alors que d'autres noms peuvent émerger.C'est à ce moment que le conclave commence pour le vrai.C'est exactement ce qui s'est passé au moment de l'élection de Wojtyla, les votes se divisant sur deux candidats italiens, aucun ne pouvant espérer atteindre cependant la majorité qualifiée.C'est à ce moment qu'interviennent les King makers, i.e.le conseil de personnalités influentes et écoutées, personnalités qui sont hors course (pour toutes sortes de raisons), mais qui peuvent orienter l'opinion des électeurs en direction de personnes auxquelles on n'avait pas pensé d'emblée.Profil du prochain pape Peut-on imaginer le profil du prochain pape ?Est bien malin celui qui pourrait répondre à cette question car, au final, tout demeure possible.On pourrait parier cependant que, au moins au cours des premiers tours de scrutin, les voix se porteront plutôt en direction d'un cardinal d'un âge assez avancé.On ne voudra probablement pas avoir, deux fois de suite, un très long pontificat et, faut-il le rappeler, le cardinal Wojtyla avait été, à 58 ans, le plus jeune cardinal à être élu pape depuis Pie IX, en 1846.Au regard de l'histoire, ce cas de figure demeure donc exceptionnel et on ne répétera vraisemblablement pas deux fois d'affilée le même scénario.Il se pourrait aussi que l'on désire voir sur le siège de Rome un homme qui connaît bien la curie et qui arriverait à maîtriser cet appareil complexe où les contrepoids sont nombreux et les coulisses complexes non moins nombreuses.Idéalement, on choisira quelqu'un qui a une bonne expérience pastorale, un bon polyglotte, à l'aise avec les médias, sans se préoccuper outre mesure de sa nation d'origine.Y a-t-il un candidat qui rassemble toutes ces qualités?Probablement pas.De plus, après quelques jours de scrutin, tous ces critères qui valent au point de départ peuvent être revus, si bien que, s'il y avait impasse, on pourrait finalement s'entendre sur un candidat qui ne correspond en rien à ce portrait et faire consensus autour d'un candidat qui possède un tout autre profil.Cela est bien possible, surtout si le consensus ne se dégage pas facilement autour d'un candidat qui pourrait correspondre à ce profil.Décidément, tout est possible et ce conclave, comme la plupart de ceux qui l'ont précédé, demeure hautement imprévisible.Onnevoudra probablement pas avoir, deux fois de suite, untrès long pontificat.Vos espoirs pour la succession?Le décès de Jean-Paul II laisse un vide immense non seulement à la tête de l'Église catholique, mais aussi dans le leadership moral de l'humanité.Quelles devraient être, selon vous, les principales qualités de son successeur ?À quels problèmes devrait-il s'attaquer en priorité ?Le prochain pape pourra-t-il redonner de la vigueur au catholicisme en Occident, notamment au Québec ?Écrivez-nous en grand nombre.Un échantillon des lettres les plus pertinentes (idéalement moins de 300 mots) sera publié au cours des prochains jours.Notre adresse : forum@lapresse.ca . ACTUALITÉS Leonard Cohen Nobel de littérature?Landry condamne la gestion de Charest NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE LÉVIS \u2014 Le premier ministre Jean Charest va passer à l'histoire pour deux raisons, croit le chef du Parti québécois, Bernard Landry.D'une part, M.Charest sera le premier premier ministre depuis 50 ans, c'est-à-dire depuis l'Union nationale des années 1960, à ne pas être réélu pour un deuxième mandat consécutif à la tête du Québec.D'autre part, il sera le dernier dirigeant « provincial » du Québec, car le prochain élu deviendra, au cours de son mandat, le premier ministre d'un État souverain.À l'occasion du congrès régional du Parti québécois pour la région Chaudière-Appalaches, le chef du Parti québécois s'est livré à une attaque en règle contre le premier ministre Jean Charest.« On n'a jamais vu un gouvernement si mal dirigé.S'il y avait des élections demain matin, le Parti libéral serait balayé », a dit M.Landry devant quelque 200 militants réunis dans l'arrondissement de Charny dans la nouvelle ville de Lévis.M.Landry a cité le dernier numéro de la revue Commerce, qui attribue à Jean Charest « le prix Citron du plus mauvais gestionnaire ».Le Parti québécois compte bien remporter les huit circonscriptions électorales de la région de Chaudière- Appalaches à l'occasion du prochain scrutin général, juge M.Landry.Le PQ ne détient aucune de ces circonscriptions actuellement, dont cinq sont tenues par les Libéraux de Jean Charest et trois par l'Action démocratique de Mario Dumont.« Il faudra parcourir rang par rang, maison par maison pour reprendre cette région, qui est si symbolique de l'entrepreneuriat québécois.Il faudra en cela imiter l'audace d'Édouard Lacroix », a soutenu le leader péquiste.Lacroix, député beauceron du Bloc populaire en 1944, s'était signalé par son indépendance d'esprit et par son dynamisme comme homme d'affaires.M.Landry a aussi signalé que les déboires du gouvernement libéral à Ottawa et le « scandale antidémocratique » que constitue le dossier des commandites contribue à créer une conjoncture favorable au Parti québécois et au mouvement souverainiste.À la suite du congrès du Parti québécois, en juin prochain, le PQ refera son unité, croit le chef péquiste.« On ressortira du congrès avec l'unité sur les idées et sur le leadership », a-t-il dit.M.Landry a admis que des querelles avaient déchiré le parti depuis quelques mois, mais il considère que c'est « normal » dans un parti d'idées.René Lévesque avait été lui-même contesté par certains de ses députés juste avant l'élection de 1976, mais cela ne l'a pas empêché de l'emporter, a-t-il rappelé.Le chef de l'opposition a décrit « l'ordre de marche » des troupes souverainistes pour les prochaines années : sa formation politique remportera les prochaines élections, puis tiendra un référendum « le plus tôt possible lors du prochain mandat » afin de faire accéder le Québec au concert des nations.Cela permettra au Québec de participer à la mondialisation, « qui requiert, pour réussir, la présence de nations fortes et diversifiées ».ALEXANDRE ROBILLARD PRESSE CANADIENNE Une campagne dont l'objectif est de promouvoir la candidature du chanteur canadien Léonard Cohen aux prix Nobel de littérature a été lancée, hier, dans le cadre d'un événement littéraire.« Plusieurs personnes, dont des récipiendaires du prix Nobel, ont reconnu son talent, a déclaré Paul Kennedy, qui est à l'origine de la campagne.Même s'il écrit en anglais, il est connu dans le monde entier.Son écriture a des qualités universelles.» Hier, M.Kennedy, animateur de radio à CBC, était à Montréal à l'occasion du festival de littérature Metropolis Bleu.Avec le dramaturge et poète Michel Garneau \u2014traducteur de M.Cohen \u2014, la chanteuse Karen Young, le professeur Edward Palumbo et l'écrivain George Elliott Clarke, il a participé à une table ronde dont l'objectif était de lancer une campagne pour intéresser l'académie suédoise qui décerne les prix Nobel à la candidature du poète montréalais.L'oeuvre de Leonard Cohen, en plus d'une quinzaine de disques qui l'ont fait connaître, se compose de neuf recueils de poèmes deux romans, écrits depuis 1956.Selon M.Kennedy, ce sont avant tout ses poèmes qui devraient lui valoir la reconnaissance de l'académie et permettre qu'il figure à côté de géants comme le poète chilien Pablo Neruda.« Ses chansons sont avant tout des poèmes qui témoignent de son génie et je crois que Neruda aurait été fier d'avoir écrit certains de ses vers », estime-t-il.M.Kennedy affirme que des récipiendaires du Nobel de littérature ont reconnu l'influence de l'oeuvre de Leonard Cohen sur leur travail, dont le Portuguais José Saramago, à qui le prix a été attribué en 1998.L'écrivain Saul Bellow, né à Lachine mais qui a grandi et vécu aux États-Unis, est le seul Canadien à avoir reçu, en 1976, le prix Nobel de littérature.M.Kennedy soutient que la candidature de M.Cohen serait plus significative.« Leonard Cohen, représente bien Montréal, il a encore un appartement dans la ville, a dit M.Kennedy, qui a découvert dans les années 1960 l'auteur des chansons Suzanne et Famous Blue Raincoat.Son oeuvre est profondément canadienne, notamment du fait qu'il est sérieux sans se prendre trop au sérieux.Il a l'humour canadien.» Au cours des prochains mois, l'animateur de Ideas, diffusée sur les ondes de CBC Radio One, sollicitera les appuis d'écrivains, de professeurs et d'autres lauréats du Nobel de littérature.Actuellement, une pétition dont il ignore l'origine circule aussi sur Internet pour recueillir des appuis, a-t-il dit.En septembre prochain, Paul Kennedy enverra à Stockholm une lettre suggérant officiellement la candidature de Leonard Cohen.Habituellement, l'académie prend un peu plus d'un an pour rendre sa décision.Pour le professeur de littérature Jean-François Chassay, qui enseigne à l'Université du Québec à Montréal, la candidature de Leonard Cohen au prix Nobel de littérature est justifiée.« Son oeuvre est très diversifiée et elle a une grande valeur littéraire », a-t-il dit hier.Selon M.Chassay, ses deux romans, écrits dans les années 1960, étaient très avant-gardistes et soulevaient des questions relativement peu courantes dans la littérature québécoise, notamment en abordant une symbolique et une mythologie amérindiennes.Le coeur de l'oeuvre de Cohen se trouve cependant dans sa poésie, affirme l'universitaire.Quant aux chances de remporter le prix, accompagné d'une bourse de plus de 1 million de dollars, M.Chassay estime qu'elles sont bonnes, même si la concurrence est vive.« L'académie tient beaucoup à son indépendance, mais une campagne ne jouera pas en défaveur d'un candidat », a-t-il dit, précisantque le nombre d'appuis ne sera pas nécessairement une garantie de succès.Le fait que Leonard Cohen soit un chanteur populaire ne devrait pas lui nuire, croit-il.« Je pense que c'est un atout pour l'ensemble de son oeuvre », a-t-il dit.Pour le moment, Leonard Cohen n'a pas été officiellement mis au courant de l'initiative actuelle, a dit Paul Kennedy.Selon lui, le chanteur, qui continue de séjourner régulièrement dans un monastère zen, en Californie, en aura peut-être des échos par les journaux.Le 18 avril prochain, M.Kennedy diffusera à son émission un compte rendu de la table ronde d'hier.CÉLÉBRITÉS.FÉLICITATIONS CATHERINE ! Pour l'obtention de ta maîtrise ès Science, Pathologie et Biologie Cellulaire.Nous sommes fiers de toi.De tes parents, Lucie Latraverse et Maurice Rhéaume.20,000 JOURS passés ensemble depuis votre mariage le 1er juillet 1950 BRAVO grand-papa et grand-maman, Huguette et Denis Lebeau De vos cinq (5) enfants, leur conjoint, huit (8) petits-enfants et leur compagnon et vos deux (2) arrière-petits-fils.VOUS ÊTES UN MERVEILLEUX EXEMPLE D'AMOUR ON VOUS AIME TRÈS FORT.REJEANNE TURCOT BLAIS HEUREUX 80e ANNIVERSAIRE De la part de tous tes enfants qui t'aiment.JOYEUX 60e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE MARCELLE ET YVAN POMERLEAU Vos enfants et petits-enfants.MARIE-JOSÉE BOILARD ET NATHALIE LATOURELLE BONNE FÊTE ET BIENVENUE DANS LE CLUB DES «40» Vos amies «golfeuses - Foursome»: Michele et Suzanne.VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrite03/04/05 Devenir son propre ( 5 1 4 ) 3 5 1 - 1 0 8 0 avocat Me Pierre Marquis, dir.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO NUMÉRO Tirage du Tirage du Tirage du Tirage du Ventes totales : Prochain gros lot (appr.) : Participation gratuite Complémentaire : 7/7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 GAGNANTS LOTS Complémentaire : Complémentaire : (35) 2005-04-02 2005-04-02 Tirage du 2005-04-02 Tirage du 2005-04-01 Tirage du 2005-04-01 (11) 2005-04-02 2005-04-02 (17) 18 848 358 $ 12 500 000 $ 10 000 000,00 $ 87 919,00 $ 2 442,20 $ 157,50 $ 10,00 $ 10,00 $ PROCHAIN GROS LOT LE 8 AVRIL 2005 12 500 000 $ Étude sur le PSORIASIS DU CUIR CHEVELU Un nouveau traitement expérimental en gel est actuellement à l'étude par notre équipe de dermatologues de Montréal.Pour participer, vous devez : avoir au moins 18 ans; avoir du psoriasis au cuir chevelu.Pour de plus amples renseignements, appelez-nous au : (514) 521-3111 Le traitement est sans frais et on vous dédommagera pour vos frais de transport. ACTUALITÉS Entente de principe entre le gouvernement et les étudiants L'ENTENTE DE PRINCIPE Dès septembre prochain, 70 millions seront réinvestis en bourses dans le programme d'aide financière.Chaque année, durant les quatre années suivantes, le gouvernement québécois, avec l'aide du fédéral, remettra les 103 millions de dollars de bourses.> 2004-2005 : 0$ > 2005-2006 : 41,5M$ de Québec et 28,5M$ d'Ottawa > 2006-2007 : 53M$ de Québec et 50M$ d'Ottawa > 2007-2008 : 69,5M$ de Québec et 33,5M$ d'Ottawa > 2008-2009 : 82,5M$ de Québec et 20,5M$ d'Ottawa > 2009-2010: 95.5M$ de Québec et 7,5M$ d'Ottawa Le vrai test s'en vient CAROLINE TOUZIN Après cinq semaines de grève, les deux principales fédérations étudiantes ont décidé de mettre de l'eau dans leur vin.Elles récupéreront leurs 103 millions de dollars de bourses tant réclamés mais seulement à compter de l'année 2006-2007.Cette entente de principe, conclue vendredi avec le ministère de l'Éducation, doit maintenant passer l'examen final : être approuvée en assemblées générales par les quelque 185 000 étudiants en grève.Rien n'est acquis.Si les leaders de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont approuvé l'entente hier en congrès à Rimouski, ceux de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) refusent de recommander quoi que ce soit à leurs membres.De plus, ces deux fédérations ne représentent pas l'ensemble du mouvement de grève.Quelque 50 000 grévistes sont membres de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE).Cette dernière, également en congrès, a dénoncé hier cette « entente à rabais ».Elle refuse de la recommander à ses membres.Vingt mille autres grévistes sont membres d'associations indépendantes.Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, s'est présenté devant la presse, hier matin à Montréal, pour donner les détails de l'entente, dont trois journaux, notamment La Presse, avaient obtenu des bribes la veille.Aucun argent frais du côté de Québec.M.Fournier maintient son offre de 342 millions en cinq ans, annoncée le 15 mars dernier.Il renonce toutefois à la mise en place d'un programme de remise de dettes.Tout l'argent ira dans les bourses d'études.D'où vient donc l'argent supplémentaire ?Ce sont les deux fédérations étudiantes qui sont allées cogner à la porte de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire pour finalement récolter 10 millions par an pendant quatre ans.De plus, le ministère de l'Éducation ira chercher 25 millions de dollars par an, durant la même période, par l'entremise du Programme canadien de prêts aux étudiants.Cette somme provient de la hausse du financement de ce programme, annoncée dans le dernier budget Goodale, et dont le Ministère n'avait pas tenu compte dans son offre du 15 mars.M.Fournier pense que l'entente de principe mettra fin à la crise.« Si pour les leaders étudiants, c'est une bonne chose, je crois que tout le monde tirera la même conclusion », a-t-il dit en conférence de presse.« Je suis heureux qu'il y ait un dénouement qui permet de répondre à des besoins pour les étudiants dans le respect de la marge de manoeuvre au gouvernement du Québec.Comme vous le savez, nos marges de manoeuvres ne sont pas si grandes que ça et, pour pouvoir répondre à la demande, il fallait dégager d'autres sources (de financement) », a-t-il ajouté, encourageant du même souffle les étudiants à retourner le plus tôt possible en classe.Si l'entente de principe est acceptée, la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire créera un programme pilote de bourses d'études pour les plus démunis qui sera administré par l'Aide financière aux études.Elle y versera 10 millions par an, qui s'ajoutent aux 70 millions de dollars annuels qu'elle retenait depuis un an.Le gouvernement du Québec avait alors mis fin à son entente avec la Fondation en supprimant les fameux 103 millions de dollars de bourses.« La Fondation a trouvé que, pour le bien des étudiants, ça valait la peine d'avancer des sous supplémentaires.La perspective n'était pas très drôle.Si la hausse du plafond de prêts avait continué, les gens se seraient endettés davantage et si la grève continuait, ils auraient pu perdre leur trimestre », a expliqué à La Presse Norman Riddell, directeur principal.À la Fédération des cégeps, même si l'entente paraît intéressante, l'inquiétude subsiste.« La FECQ représente seulement 14 des 34 cégeps en grève.Comment va-t-on pouvoir rejoindre les autres pour qu'ils comprennent bien l'offre ?» se demande le président de la Fédération, Gaëtan Boucher.Les étudiants de six cégeps devront reprendre leur trimestre le 15 août.Ces cégeps ne pourront pas offrir les 82 jours de cours prévus par la Loi sans dépasser la date butoir du 15 juin, au-delà de laquelle le gouvernement devrait débourser 100 000 $ de plus par jour.Pas question pour le ministre de dépenser une telle somme.Le trimestre sera reporté, point final.Les deux principales fédérations étudiantes se disent déçues de ne pas être allées chercher le réinvestissement de 103 millions dès l'année prochaine.« On est allés au maximum de ce qu'on pouvait aller chercher », indique le président de la FEUQ, Pier-André Bouchard.Selon le jeune homme de 25 ans, la grève actuelle va empêcher quiconque dans le futur de traiter sa génération d'« individualiste ».LES BOURSES DU MILLÉNAIRE La Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire est un organisme privé, créé en 1998 en vertu d'une loi du Parlement.Chaque année, elle distribue 300 millions de dollars en bourses diverses, dont des bourses d'excellence destinées à favoriser la poursuite d'études postsecondaires.Au trimestre d'automne 2005, elle implantera un nouveau programme de bourses accordées aux étudiants les plus démunis dans deux provinces canadiennes : le Québec et la Colombie-Britannique.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le Québec n'a pas les moyens de baisser les impôts, selon Alban d'Amours Manif des intervenantes en petite enfance HÉLÈNE BARIL Alors que le ministre des Finances du Québec est en pleine préparation de son budget, le grand patron du Mouvement Desjardins, Alban d'Amours, n'y va pas par quatre chemins: « Nous n'avons pas les moyens de baisser les impôts au Québec », a-t-il soutenu hier après les assemblées annuelles de Desjardins.Alban d'Amours reconnaît que la réduction de la charge fiscale des Québécois est un objectif souhaitable, mais il soutient qu'il est impossible à atteindre « dans l'environnement d'aujourd'hui ».En plus de demander au gouvernement libéral de ne pas donner suite à sa promesse, le président et chef de la direction de Desjardins l'exhorte à prendre plutôt des mesures pour réduire la dette publique, « une véritable bombe sociale à retardement », dit-il.M.d'Amours a déjà suggéré de créer avec les profits d'Hydro-Québec un fonds consacré au remboursement de la dette.La taxe sur le capital S'il est contre la baisse des impôts des particuliers dans le contexte actuel, Alban d'Amours estime que le gouvernement devrait par contre réduire la taxe sur le capital que doivent payer les entreprises.Cette taxe, qui s'applique qu'il y ait ou non des profits à la fin de l'année, a des travers nuisibles à la croissance des entreprises, estiment M.d'Amours et la majorité des gens d'affaires du Québec.La réduction de la taxe sur le capital pourrait être compensée par une augmentation du taux d'impôt des entreprises, suggère même M.d'Amours.Desjardins n'échapperait pas à une augmentation du fardeau fiscal des entreprises puisque, malgré son caractère coopératif, le réseau des caisses et l'ensemble de ses sociétés sont imposés de la même façon et au même taux que les autres entreprises du Québec.Le club des millionnaires À titre de contribuable, Alban d'Amours n'a rien à gagner non plus en demandant au gouvernement Charest de ne pas réduire les impôts des particuliers.Il fait partie de ceux qui gagnent plus d'un million de dollars par année, un club dont les membres ne sont pas nombreux au Québec.En 2004, le président de Desjardins a touché une rémunération globale de 1,25 million de dollars, a-t-on appris hier.Cette rémunération se compose d'un salaire de 856 788$ et d'une prime de 397 108 $.Il s'agit d'une augmentation de 50 000 $ ou de 4% comparativement à la rémunération reçue l'an dernier.C'est la troisième année consécutive que la rémunération du président de Desjardins dépasse le cap du million de dollars.Il a été rejoint dans le club des millionnaires par Monique Leroux, présidente et chef de la direction des filiales d'assurances et de courtage du mouvement coopératif, dont la rémunération totale a franchi pour la première fois en 2004 le seuil du million de dollars.Mme Leroux a reçu 530 173 $ en salaire, 236 139 $ de prime à la performance et 318 106 $ en bonification à long terme, pour un total de 1,08 million de dollars.Les autres salariés les mieux payés de Desjardins sont, dans l'ordre, Bertrand Laferrière, président et chef de l'exploitation du réseau des caisses (943 284 $), Jean-Pierre de Montigny, président et chef de l'exploitation de Valeurs mobilières Desjardins (735 911 $) et Jean-Guy Langelier, président et chef de l'exploitation de la Caisse centrale Desjardins (694 562 $).Desjardins a enregistré en 2004 des profits records d'un peu plus d'un milliard de dollars, en hausse de 28% sur l'exercice précédent.C'est la première fois que le bénéfice net du mouvement franchit le seuil du million de dollars.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © Environ 150 travailleuses membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), sont descendues dans la rue, hier midi, pour manifester contre les offres patronales dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement.Les manifestantes s'étaient donné rendez-vous devant les bureaux montréalais du Conseil du Trésor, boulevard René-Lévesque.Après plusieurs mois de négociations, les milliers d'éducatrices, d'intervenantes, de cuisinières et autres syndiquées jugent les dernières offres « insuffisantes et méprisantes ».La FIPEQ revendique de meilleures conditions de travail et des engagements fermes de la part du gouvernement, afin qu'il consolide le réseau public des CPE en plus de renoncer à son intention de faire des coupes dans le réseau.Les membres de la FIPEQ seront bientôt appelées à se prononcer sur le mandat de trois journées de grève adopté l'an dernier en assemblée générale.Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Quand Jean-Paul II est arrivé au ciel, il s'est agenouillé pour embrasser le sol, mais il n'y en avait pas.Alors il a ri.Et Dieu aussi.Desjardins offre ses services aux clients de l'Alliance, en Ontario Météo Pluvieux, maximum 10, minimum 3, plus de détails en page SPORTS 11 SOMMAIRE Astrologie du jour ACTUEL 18 Àtire-d'aile.ACTUEL 20 Bandes dessinées ACTUEL 15 Bridge ACTUEL 18 Décès ACTUEL 19 Feuilleton ACTUEL 15 Forum A 24 à 27 Génies en herbe LECTURES 6 Grille thématique LECTURES 6 Horaire télévision ARTS 14 La presse d'ailleurs A 30 Loteries A 28 Mots croisés ACTUEL 15 Mot mystère ACTUEL 19 Observateur ACTUEL 16 Petites annonces ACTUEL 16 et ACTUEL 18 PRESSE CANADIENNE Le Mouvement des caisses Desjardins a conclu une entente pour offrir ses services financiers aux clients de l'Alliance des caisses populaires de l'Ontario, a annoncé hier Alban D'Amours, président et chef de la direction de la coopérative.En vertu de cette entente, d'une durée de cinq ans, les succursales de l'Alliance utiliseront le système informatisé de Desjardins, auquel sont rattachés les différents produits financiers de la coopérative québécoise.Ils seront ainsi offerts aux 70 000 clients des 13 caisses francophones établies dans 20 municipalités du Nord de l'Ontario.Aucune pression n'est exercée pour que la coopérative ontarienne, dont l'actif s'élève à 800 millions de dollars, s'affilie à l'institution québécoise, a précisé M.D'Amours.« C'est par ce genre de partenariat, respectueux des organisations, que nous souhaitons nous rapprocher davantage des « credit unions» canadiennes et ainsi renforcer le rôle que doit jouer le mouvement coopératif canadien sur l'échiquier des services financiers au pays », a-t-il déclaré.M.D'Amours a fait cette annonce devant 2500 représentants des caisses de toutes les régions du Québec, réunis à Montréal à l'occasion des assises annuelles du Mouvement des caisses Desjardins.L'entente avec l'Alliance s'inscrit dans une stratégie qui vise à augmenter à 25% la proportion des affaires réalisées par Desjardins à l'extérieur du Québec.La coopérative québécoise réalise déjà 19% de son chiffre d'affaires à l'extérieur du Québec par l'intermédiaire, entre autres, de ses associations avec la Fédération des caisses populaires de l'Ontario, la Fédération des caisses populaires acadiennes, la Fédération des caisses populaires du Manitoba et la Desjardins .Credit Union. ZIMBABWE Les pleins pouvoirs pour Robert Mugabe JÉRÔME CARTILLIER AGENCE FRANCE-PRESSE HARARE \u2014 Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis 25 ans, a remporté deux tiers des sièges au Parlement, ce qui lui permet de modifier la constitution à sa guise, mais l'opposition et les observateurs d'Afrique australe ont émis des doutes sur les résultats.« Mugabe va faire ce qu'il voudra, (le Zimbabwe) est sa propriété privée », a affirmé le leader de l'opposition, Morgan Tsvangirai, rejetant le résultat du scrutin marqué selon lui par des « fraudes massives écoeurantes ».Plusieurs pays occidentaux ont également dénoncé la façon dont le processus électoral avait été mené.L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu- PF) a remporté 74 sièges, contre 40 au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, selon des résultats partiels communiqués hier par la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC).Additionnés aux 30 sièges désignés par le chef de l'État aux termes de la Constitution, le parti au pouvoir obtient la majorité des deux tiers, nécessaire pour toute modification de la Constitution.Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980, a appelé l'opposition à accepter la défaite de manière «sportive », à l'issue de ces élections qui se sont déroulées dans le calme, contrairement aux scrutins législatif de 2000 et présidentiel de 2002.« Je veux dire au MDC que dans toute bataille, dans tout jeu, il y a un seul vainqueur et que celui qui a perdu, même s'il est déçu, ne doit pas voir cela comme la fin du monde », a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Harare.Le perdant ne doit pas chercher « toutes sortes d'excuses qui pourraient compliquer les relations », a-t-il ajouté.Les observateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ont indiqué hier soir qu'il se posaient des « questions majeures » sur les résultats dans 32 circonscriptions, soit plus d'une sur quatre.« Les résultats que les candidats eux-mêmes ont signés dans les bureaux de vote n'étaient pas les mêmes que les résultats annoncés à la télévision nationale », a expliqué Nomfanelo Kota, porte-parole des observateurs.Interrogé hier sur les projets de son parti et d'éventuelles actions de masse dans les jours à venir, Tsvangirai a refusé de se prononcer à ce stade.« Nous consultons nos structures », a-t-il simplement affirmé.Le chef de l'État a, à cet égard, adressé une sévère mise en garde à l'opposition.« Nous pouvons organiser une action de masse contre leur action de masse et il y aurait alors un conflit, un sérieux conflit », a-t-il lancé.La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a estimé que « bien que la campagne et le jour de l'élection se soient déroulés de manière généralement pacifique », le processus électoral n'avait été « ni libre, ni équitable ».Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a dénoncé de « sérieuses irrégularités », estimant que Mugabe avait « une nouvelle fois privé les citoyens ordinaires du Zimbabwe d'une élection libre et équitable, prolongeant ainsi la crise économique et politique qu'il inflige à son pays ».Adoptant une position symétriquement opposée, les observateurs sud-africains ont estimé que les élections reflétaient « la libre volonté » du peuple, refusant de « spéculer » sur les fraudes dénoncées par l'opposition.Fort de cette plus grande marge de manoeuvre que lui offre le résultat du scrutin, Mugabe pourrait en profiter pour préparer sa retraite, prévue en 2008 à l'issue de son mandat.Selon certains analystes, il pourrait notamment créer un poste de premier ministre, abandonnant ainsi la gestion directe des affaires et devenant un président au rôle plus protocolaire, ce qui pourrait faciliter les contacts avec la communauté internationale en froid avec le régime Mugabe depuis cinq ans.Dans la capitale Harare, la situation était calme hier.La police a mis en garde fermement « les personnes éventuellement tentées par des actes de violence ».PHOTO AP Le président du Zimbabwe, réélu avec son parti aux élections de la semaine dernière, s'est adressé à la presse hier dans la capitale, Hararé.GI et détenus blessés dans une attaque contre Abou Ghraib SAM DAGHER AGENCE FRANCE-PRESSE BAGDAD \u2014 Vingt soldats américains et 12 prisonniers ont été blessés lors d'une attaque d'envergure hier soir contre la prison d'Abou Ghraib, à l'ouest de Bagdad, rendue tristement célèbre par les sévices commis sur des prisonniers.« Nous avons fait face à une attaque très coordonnée de 40 minutes à laquelle ont participé 40 à 60 insurgés », a affirmé le lieutenant-colonel Guy Rudisill, porte-parole de l'armée américaine pour les affaires pénitentiaires en Irak.« Les combats ont commencé à 19 h après l'explosion d'une voiture piégée contre l'angle nord-est de la prison, suivie par des tirs de mortiers, de roquettes antichars et d'armes légères, dont certains provenaient de bâtiments voisins », at- il précisé.Une seconde voiture piégée a alors explosé et les insurgés ont commencé à attaquer l'angle sud-est de la prison.Au moins un rebelle a été tué, a-t-il précisé.Un communiqué de l'armée américaine a précisé que «l'assaut a échoué et (que) les forces américaines ont réussi à sécuriser le secteur ».Depuis les élections générales du 30 janvier, il s'agit de l'assaut le plus important contre cette prison où sont détenus près de 3500 personnes et où il y a tout juste un an éclatait un scandale sur les mauvais traitements subis par les détenus.Par ailleurs, quatre policiers et un civil irakiens ont trouvé la mort dans l'explosion d'une voiture piégée dans la matinée à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Bagdad, selon une source militaire.En outre, six civils, dont un enfant, ont été blessés par l'explosion d'une voiture piégée à l'approche d'une patrouille de la force multinationale, à Mossoul (nord), selon un communiqué américain.Sur le plan politique, le ministre sortant de l'Industrie, Hajem al- Hassani, paraissait favori pour devenir aujourd'hui le premier président de l'Assemblée nationale de l'après-Saddam Hussein.Aes et la liste kurde avec 77 sièges se sont mises d'accord sur son nom.« Tant l'AUI que les Kurdes pressent Hajem al-Hassani d'accepter la présidence et si cela peut aider à résoudre la crise, nous nous en félicitons », a affirmé à l'AFP Ahmad Nadji, porte-parole du chef de l'État sortant Ghazi al-Yaouar.Il est un des cinq députés élus sur la liste Iraqiyoun dirigée par M.Yaouar.« Nous pensons que nos frères sunnites veulent Hajem al-Hassani et qu'il y a un consensus entre l'AUI, les Kurdes et la liste irakienne (du premier ministre sortant Iyad Allaoui) », a affirmé un député chiite, Ali al-Dabbagh.L'AUI a rejeté jeudi la candidature du député Michaan Joubouri en raison de ses liens avec l'ancien régime.Ce dernier affirme avoir le soutien d'une « majorité des formations sunnites », mais sa personnalité est contestée par d'autres responsables de cette communauté.M.Joubouri a indiqué à l'AFP qu'il maintenait sa candidature et plusieurs milliers de ses partisans ont défilé dans la ville de Tikrit (180 km au nord de Bagdad), ancien fief de Saddam Hussein.La présidence de la chambre doit revenir à un sunnite, alors que les postes d'adjoints seront attribués à un chiite et à un membre de la liste kurde.Selon Jawad al-Maliki, un haut responsable de l'AUI, le candidat chiite sera Hussein Chahristani, un scientifique nucléaire emprisonné sous le régime de Saddam Hussein.L'autre poste d'adjoint devrait aller au juge kurde Dara Noureddine, qui avait participé au Conseil de gouvernement créé par la coalition après la chute du régime de Saddam Hussein.Par ailleurs, le sunnite Adnane Pachachi, 81 ans, a annoncé qu'il était candidat au poste de vice-président de l'État, pour lequel il sera en compétition avec le chef de l'État sortant, Ghazi al-Yaouar Une culture conservatrice en expansion Àpartir des meurtres en milieu scolaire, un politologue se plaint, dans le Chic ago Tr ibune, de la « fascination anormale » qu'exerce la mort dans la culture américaine.À partir de l'affaire Terri Schiavo, un chroniqueur du New York Times se plaint, lui, d'un courant conservateur extrémiste en expansion aux États-Unis, qui se recrute principalement dans la majorité à la fois raciale \u2014blanche \u2014 et religieuse \u2014la communauté chrétienne.Le président des États- Unis entre-temps vogue allègrement sur la popularité que lui confère cette majorité blanche, chrétienne et conservatrice.(On verra, dans la chronique de demain, comment se développe ce conservatisme chrétien.) Ce qui frappe d'abord le politologue Louis René Beres, de l'Université Purdue, c'est que toute une Amérique paraît vivre aujourd'hui du mot d'ordre lancé en 1936 par le général franquiste Millan Astray : « Viva la muerte » ou « Vive la mort ».Les Américains, dit-il, en sont arrivés à apercevoir et à valoriser la mort à tous les détours de leur vie.Un assassinat dans une école les surprend d'autant moins que le cinéma, la musique, la télé, la rue leur offrent régulièrement le spectacle de la mort, dans des versions plus brutales, macabres et perverses les unes que les autres.« Le problème de l'Amérique, estime M.Beres, n'est pas fondamentalement le gouvernement, les écoles ou l'économie.C'est plutôt que nous habitons dans une société qui cultive une fascination anormale devant la mort : voici une société nécrophile, profondément troublée, souvent malheureuse et largement dysfonctionnelle.» L'auteur en veut pour illustration une enquête universitaire auprès d'élèves du primaire à qui on a demandé d'écrire un « essai créatif » de leur cru.Une part importante des élèves ont produit des essais sur la mort et le démembrement, incluant des illustrations de mutilation de héros familiers de Disney ou de Sesame Street.Cet appel de la mort, estime M.Beres, traduit la puissance d'attraction, pour ne pas dire de la dictature, de la « société de masse » sur les individus, une société de masse qui n'est plus tolérée mais célébrée, à laquelle l'individu est contraint « d'appartenir» faute de quoi c'est l'exclusion.Cette société de masse nourrit des valeurs telles qu'il en découle une phobie de l'authenticité en même temps qu'une passion pour tout ce qui engendre une excitation mordante.Les vrais sentiments pourtant exigent que les individus puissent se manifester sans devoir se considérer au préalable comme « membres » d'une société.Le cas Terri Schiavo Cette complicité avec la puissance de la société de masse que M.Beres observe à l'occasion des assassinats dans les écoles, le chroniqueur Paul Krugman, du New York Times, la décèle, lui, dans les événements qui ont entouré la mort de Terri Schiavo.Le juge George Greer, qui a exercé dans ce dossier, se déplace désormais avec des gardes du corps.Randall Terry, porteparole des Schindler, la famille de Terri Schiavo, a eu comme associé rapproché dans un mouvement anti- avortement un homme qui fait de la prison pour avoir tué un médecin.Le chroniqueur montre du doigt le mouvement conservateur et illustre les agressions \u2014 pas nécessairement violentes à ce moment-ci \u2014qu'il exerce sur la société américaine : >>Trente et un pour cent des professeurs sondés par l'Association nationale des professeurs de science affirment subir des pressions pour que le créationnisme (opposé à l'évolutionnisme) fasse partie du programme scolaire.>>Un nombre croissant de pharmaciens aux États-Unis (fait rapporté par le Washington Post) refusent, sur une base religieuse, de remplir des ordonnances de pilules anticonceptionnelles ou dites « du lendemain », ce qui est illégal.>>Il existe une tendance nationale à favoriser les lois orientées vers « la conscience » ou le « droit au refus ».Pareilles lois existent déjà au Mississippi et dans l'Illinois qui permettent aux médecins et autres professionnels de la santé de priver un patient de tout service.>>Mais le grand combat des extrémistes consistera à éliminer le recours parlementaire appelé le filibuster, procédure par laquelle les liberals, par exemple, sont en mesure de gêner la nomination exclusive de juges conservateurs par des élus majoritairement conservateurs.Dans l'intervalle, le leader de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Tom De Lay, affirme candidement vouloir apporter « une perspective biblique » à la vie politique américaine.Krugman ne croit pas que les liberals d'Amérique en soient venus à redouter d'être assassinés.Mais il croit qu'on peut en arriver à ça si les ordres professionnels comme celui des médecins ou les familles politiques comme les démocrates et les politiciens modérés en général ne veillent pas au grain.DEMAIN : comment se développe, de façon douce et civilisée, le conservatisme chrétien moderne aux États-Unis.Aux États-Unis, les meurtres d'écoliers et l'affaire Schiavo portent les germes d'un conservatisme qui en inquiète plusieurs LA PRESSE D'AILLEURS RÉAL PELLETIER MONDE ASSOCIATED PRESS TAMPA, Floride \u2014 L'autopsie de Terri Schiavo est terminée.Le corps de la jeune femme, morte jeudi après 15 ans dans un état végétatif et une intense bataille juridique, peut désormais être rendu à son mari, qui compte procéder à une crémation avant d'inhumer les cendres dans un lieu non précisé.Ses parents, eux, prévoient organiser une autre cérémonie de funérailles de leur côté.Les résultats de l'autopsie, qui a été achevée vendredi, ne seront pas rendus publics avant plusieurs semaines, selon les services du médecin légiste.Terri Schiavo a été au coeur d'une longue bataille juridique entre son mari et ses parents, qui contestaient le retrait de la sonde alimentant la jeune femme de 41 ans.Elle est morte 13 jours après le retrait de cette sonde, la justice ayant donné raison à son mari.Michael Schiavo espère que l'autopsie permettra de régler les questions sur l'état médical de sa femme, mais les avis des médecins divergent à ce sujet.En attendant, les parents de Terri, Bob et Mary Schindler, et son prévoient des funérailles séparées pour la jeune femme.Les Schindler ont prévu une messe mardi, qui sera précédée par un rassemblement de condoléances et de solidarité.Selon sa famille, Michael Schiavo envisage de porter les cendres de son épouse en Pennsylvanie, où elle a grandi.Mais ses parents et sa fratrie veulent l'inhumer en Floride, pour pouvoir aller sur sa tombe.La querelle se poursuit donc.Mais les Schindler admettent que Michael Schiavo aura le dernier mot, précise leur avocat, David Gibbs.Avec le Soutien aux enfants, c'est tout le Québec qui grandit.Vous pouvez aussi obtenir vos versements : chaque mois, par dépôt direct.Il suffit de communiquer avec la Régie des rentes du Québec au 1 800 667-9625.850 000 familles du Québec recevront le second versement à compter du 1er avril.Le montant varie d'une famille à l'autre en fonction du revenu familial, du nombre d'enfants de moins de 18 ans et du type de famille.Une aide financière supplémentaire peut être accordée pour les enfants handicapés.DEUX EXEMPLES DE VERSEMENTS : Couple avec deux enfants www.rrq.gouv.qc.ca Revenu annuel 15 000 $ 25 000 $ 35 000 $ 40 000 $ 60 000 $ Montant trimestriel 750 $ 750 $ 750 $ 750 $ 578 $ Montant total pour 2005 3 000 $ 3 000 $ 3 000 $ 3 000 $ 2 312 $ Famille monoparentale avec un enfant Revenu annuel 15 000 $ 25 000 $ 35 000 $ 40 000 $ 60 000 $ Montant trimestriel 675 $ 675 $ 641 $ 591 $ 391 $ Montant total pour 2005 2 700 $ 2 700 $ 2 564 $ 2 364 $ 1 564 $ 3305494A ACTUALITÉS Deux cérémonies séparées pour les funérailles de Terri Schiavo EN BREF Tiédeur chez les péquistes Proche conseiller de Bernard Landry, Harold Lebel a dû envoyer mercredi dernier une lettre circulaire à tous les employé inscrits sur la liste de paye du PQ pour les inciter à se porter volontaires comme bénévoles au congrès.« De temps en temps il faut se rappeler que, sans le Parti, nous ne serions pas là », souligne-t-il.Il rappelle que le cabinet du chef de l'opposition, Bernard Landry, compte 18 employés, l'aile parlementaire, 25 salariés, et que pas moins de 131 salariés de l'Assemblée nationale travaillent pour les députés péquistes dans les circonscriptions.Le service de recherche du PQ compte 25 personnes et cinq employés se trouvent au bureau de la leader parlementaire, Diane Lemieux.De ces 209 employés politiques au PQ, seulement neuf se sont inscrits comme bénévoles au congrès.«Convenons que ce n'est pas beaucoup », écrit M.Lebel.Joint par La Presse, il a souligné que ce faible nombre s'explique par le fait qu'il y a bien du temps encore, le congrès étant en juin.Puis, quelques heures plus tard, conscient que La Presse allait rapporter ce peu d'enthousiasme, il a ajouté par courriel que son rappel de mercredi avait subitement convaincu 55 personnes de se porter volontaires comme bénévoles au congrès de juin.Denis Lessard 8 $ contre les défusions Le parti du maire Gérald Tremblay, l'Union des citoyens et des citoyennes de l'île de Montréal, a reçu de la Ville l'an dernier une somme de 911 401 $ pour son fonds de roulement et la recherche.Près de 800 000$ ont été utilisés pour faire campagne contre les défusions en 2004.Ces chiffres ont été dévoilés vendredi, lors du dépôt des états financiers des partis politiques municipaux.Chaque année, le 1er avril, tous les partis politiques doivent déposer leurs états financiers.L'Union des citoyens et des citoyennes de l'île de Montréal a réalisé un revenu de 2 190 000 $ en 2004, dont près de la moitié provient indirectement des contribuables puisque la Ville a versé au parti 911 401 $.Le parti a aussi recueilli 763 765 $ en dons de plus de 100$ et a terminé son année financière avec un déficit de 316 761 $.En revanche, le parti de Pierre Bourque, Vision Montréal, a déclaré 393 385$ en dons de plus de 100 $ en 2004 et un déficit de 383 486 $.Durant la campagne précédant le référendum sur les défusions, le parti du maire Tremblay a prêté 394 675 $ au comité du Non.Cette somme est trois fois plus importante que celle dépensée par les comités du Oui pour inciter les Montréalais à voter pour la défusion, soit 142 143 $.Raymond Gervais Tous les jours dans POUR SE FAIRE UNE IDÉE Jean-Paul II LE PÈLERIN DE L'ÉGLISE La vie et l'oeuvre du pape en textes et en photos 6,95 $ LE MAGAZINE SOUVENIR À CONSERVER Jean-paul II - le pèlerin de l'église LA VIE ET L'OEUVRE DU PAPE en kiosque dès maintenant SON ÉLECTION SES VISITES AU CANADA SES VOYAGES AUTOUR DU MONDE SA VIEÀ ROME ET À SARÉSIDENCE D'ÉTÉ LES GRANDS THÈMES DE SON PONTIFICAT NOMBREUSES PHOTOS INÉDITES "]
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