La presse, 10 avril 2005, P. Plus
[" PROMESSES LE TESTDE LA RÉALITÉ PAGE 4 LE PIRE GOUVERNEMENT DE L'HISTOIRE?PAS SÛR.PAGE 5 JEAN CHAREST DEUX ANS PLUS TARD BULLETIN DE MI-MANDAT / 10 NOTE : NOTE : VINCENT MARISSAL CHRONIQUE Si vous demandez à Jean Charest de faire le bilan de santé de son gouvernement deux ans après son élection, il vous dira que les choses semblent pires qu'elles ne le sont en réalité, qu'il lui reste beaucoup de temps et que ce temps finira par lui donner raison.Malgré les sondages catastrophiques, malgré les éclaboussures du scandale des commandites, malgré les tiraillements dans son entourage, M.Charest s'accroche à sa bonne étoile.On pourra accuser le premier ministre d'être un brin débranché, mais on ne pourra jamais dire qu'il manque d'optimisme.Ça confinemême à la béatitude.Bon, au moins le moral est bon.C'est déjà ça, parce que pour le reste, c'est pas terrible.Pourtant, quand on descend la liste des promesses du gouvernement libéral (voir texte en page 4), le bilan n'est pas si mauvais, au contraire.Le problème n'est pas là, mais plutôt dans la façon de gouverner de Jean Charest.Que ce soit dans le dossier du CHUM, dans celui des écoles juives ou ceux des revendications étudiantes, du Suroît ou des hausses de tarifs d'Hydro- Québec, dans ses rapports avec les syndicats et quoi encore, le gouvernement Charest a un don infaillible pour prendre les Québécois à rebrousse-poil.Voyons donc, à partir des priorités établies par Jean Charest lui-même il y a deux ans, à quoi ressemble le bulletin du gouvernement libéral.PRIORITÉ SANTÉ Voiciceque Jean Charestdisait, en mars 2003, quelques jours avantle déclenchementdes élections :«Je propose unpacteàlapopulation du Québec.Jeveux quemon gouvernementetmoi soyons jugés là-dessus.Aubout denotre mandat, lapopulation auraàévaluer si on alivré ounon les engagementsqu'on apris en santé.» >Selon des bilans provisoires (faits, notamment, àpartir des statistiques duministère dela Santé), lasituation s'améliore sensiblementdans les urgences etdans les listes d'attenteenchirurgie.>QuantauCHUM, le débataétélong etpénible, mais unpasdécisif (dumoins, on l'espère) aenfin étéfranchi en mars.>Parcontre, trouver unmédecin defamille au Québecrelèveencore del'exploit, etlapromesse d'abolir les régies régionales apris le bord.À BAS LES IMPÔTS Àforcedetorturer les chiffres, le gouvernement Charestestarrivéàleurfaire dire n'importequoi, y compris qu'il vousavraimentoffertdes baisses d'impôts.Mais on estbien loin delapromesse initiale, soitd'alléger le fardeaufiscaldes Québécois d'unmilliarddedollars parannée pendantcinq ans.En plus, les tarifs d'Hydro-Québec, delaSAAQ etdes garderies ontaugmenté.Ilnefaut pasconfondre tarifs etimpôts, s'emportentles conseillers dupremier ministre.Vrai, mais pourlemodestecontribuable, le résultatestle même :il n'apasplusd'argentdans ses poches qu'en 2003.Probablementmoins.DÉPASSÉ, LE MODÈLE QUÉBÉCOIS Jean Charestvoulaitchambouler le modèle québécois, moderniser l'appareil gouvernemental, mettre fin àl'interventionnisme del'Étatetouvrir laporteauprivé.Onabeaucoupparlé des fameux PPP (partenariatspublic-privé), mais il ne s'estfinalementàpeuprès rien passé.Encore une fois, le gouvernement Charestn'étaitpasprêtetil abraquébien dumondepourrien.Les PPP ontdu plombdans l'aile, laSGF esttoujours làetl'interventionnisme del'Étataussi.UN QUÉBEC FORT DANS UN CANADA UNI S'il yaunsecteuroù Jean Charestarempli ses promesses, c'estbien celuides relations fédéralesprovinciales etinterprovinciales.Enfait, M.Charestaconnuplusdesuccès à Ottawaqu'à Québec aucours des deux dernières années.>Son Conseil dela Fédération asuscitébien des doutes aumomentdesacréation, mais ceregroupement des provinces estrapidementdevenuuninstrumentefficacedenégociation avec Ottawa.>Sa bataille contre le déséquilibre fiscalafaitdes petits, à Queen's Park, notamment, oùle premier ministre Dalton Mc Guinty s'estaussi mis delapartie.Québecaaussi tenuson bout etobtenu, finalement, une ententesurles congés parentaux (on diraqueles libéraux n'ontfaitquefinir cequeles péquistes avaientcommencé, mais les négos n'allaientnulle partà Ottawaetil aurafallufaire preuve deténacité).>M.Charestaaussi obtenu, àlasurprise générale, une «clause Québec»dans lafameuse entente asymétriqueensanté, négociée en septembre entre les provinces etle gouvernementfédéral.Soyons franc: on ne luiapasdonné tout le créditquiluirevenaitalors.Voilà, c'estfait.NOTE : NOTE : SUITE EN PAGES 2ET 3 PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC PLUS POUR L'AVENIR DE JEAN CHAREST LES PROCHAINS MOIS SERONT CRUCIAUX Il y a quelques semaines à peine, un grand débat s'est engagé au Québec sur le thème : le gouvernement de Jean Charest est-il le pire de l'histoire du Québec?Le fait qu'on soulève la question en dit long sur l'image de cette administration.S'il est trop tôt pour affirmer que c'est, en effet, le pire gouvernement de l'histoire, on peut dire sans trop se tromper que c'est l'un des gouvernements les plusmal partis.Pourtant, le gouvernement Charest s'est assez bien sorti du bourbier des défusions municipales, au point où on croyait que cela lui servirait de rampe pour enfin décoller.Difficile de dire comment un gouvernement peut être aussi impopulaire après seulement deux ans.Difficile aussi de mettre le doigt sur un bobo précis.On a l'impression désagréable que Jean Charest n'est pas sur la même longueur d'onde que ses concitoyens, qu'il n'est pas synchrone avec la société québécoise.C'était particulièrement frappant dans le dossier du financement des écoles juives et, plus récemment, avec la grève étudiante.Le plan vert du ministre Thomas Mulcair a été généralement bien accueilli, mais ce rare bon coup a vite été noyé par les trop nombreux ratés et par le sentiment général que ce gouvernement navigue à vue en plein brouillard.Dernier exemple en date : ce projet de priver les assistés sociaux de 150 millions.Pas fort comme idée.Tout ça pour donner aux Québécois de ridicules baisses d'impôts dont ils sont prêts à se passer.COHÉSION, COHÉRENCE, PAIX SOCIALE Les Québécois aiment les chefs politiques forts, charismatiques, déterminés, passionnés, des traits cruellement absents chez Jean Charest.Ça aussi, ça explique beaucoup le gouffre qui le sépare de ses concitoyens.On a l'impression qu'unemoitié de Jean Charest est restéeà Ottawa et que l'autre moitié n'est pas encore arrivéeà Québec.Même ses propres députés désespèrent de voir le vrai Jean Charest se lever.Mais le temps presse.Si la situation ne s'améliore pas pour les libéraux d'ici la fin de l'année, Jean Charest est en danger, indiquent des libéraux influents.D'autres, moins patients, ont fait une croix sur leur chef et cherchent déjà un remplaçant.Àpeine deux ans après avoir pris le pouvoir (unpremiermandat), il est rare devoir unparti préparer la succession de son chef.SUIVEZ LE CHEF JEAN CHAREST DEUX ANSPLUSTARD suite de la page 1 NOTE: NOTE: DENIS LESSARD et KARIM BENESSAIEH «On garde le cap!» À chaque réunion de son caucus des députés, Jean Charest ne rate pas l'occasion de fouetter ses troupes.Il parvient, devant les élus, à conserver un enthousiasme sans mélange.Mais cette assurance est de moins enmoins contagieuse, et plusieurs sont passablement perplexes face à la stratégie d'un pilote qui, sondage après sondage, ne parvient pas à redresser l'appareil.«M.Charest il est minuit moins cinq! C'est ça que je lui dirais s'il était devant moi !» résumait cette semaine Ronald Poupart, un vétéran libéral de l'époque Bourassa.M.Poupart est charitable.Chez les autres bonzes du PLQ, on se refuse à remettre publiquement en question un premier ministre en exercice.Mais on ne s'en prive pas sous le couvert de l'anonymat.«Y a-t-il un seul dossier qui a bien fonctionné ?» résume-t-on.La même inquiétude, la même impatience sont perceptibles chez les députés.À chaque réunion de caucus, le nombre des absents augmente, confie un élu.Bien des libéraux font la même prédiction: Jean Charest devra vite trouver la recette pour renouer avec l'électorat, sinon il se trouvera en bien mauvaise posture.Il n'a en fait que quelques mois.Certains parlent de juin, d'autres de l'automne.Advenant que M.Charest parte, il faudra alors déterminer qui pourrait être calife à la place du calife.Qui serait susceptible de remplacer le premier ministre au pied levé.Brefs portraits de nos papabili.VINCENT MARISSAL PHILIPPE COUILLARD UNE RECRUE QUI OPÈRE Les caciques du PLQ ne jurent plus que par Philippe Couillard.Il faut dire qu'en«mettant son poing sur la table » dans le dossier du CHUM, il a pris la mesure de son patron.En abdiquant, Jean Charest a du même coup profondément déçu une partie de Québec inc., qui avait publiquement pris position pour le projet d'Outremont.Philippe Couillard a un jugement sûr - on ne lui connaît aucune déclaration controversée.Il sait garder son sang-froid mais ne fréquente guère le «salon des députés» et est vu comme quelqu'un d'assez froid et distant.Onracontequel'anciendéputéd'Orford, Robert Benoit, s'était même opposé à ce que sa circonscription, rurale, soit confiée à ce médecin cérébral de Sherbrooke.On le fit finalement atterrir dans le fief douillet de Mont-Royal.La popularité évidente de M.Couillard dans les sondages lui assurerait des appuis aussi importants que rapides.Sans compter qu'il reste trois ans avant les prochaines élections, font valoir des libéraux qui, déjà, voient «Philippe» dans leur soupe.PORTRAIT Philippe Couillard s'est imposé à la tête d'un ministère à haut risque, celui de la Santé.Ce neurochirurgien de 48 ans travaillait au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke quand Jean Charest le recruta.Il s'est rapidement distingué par sa profonde connaissance des dossiers et une habileté réelle dans le jeu politique.Apprécié au sein du réseau de la santé, cet homme costaud jouit d'une popularité croissante.Le récent feuilleton du CHUM, où on estime qu'il a réussi à faire plier Jean Charest en faveur du site du 1000, rue Saint-Denis, en a fait un sérieux rival pour son propre chef.M.Couillard ne s'est jamais ouvertement dit intéressé à prendre la tête du Parti libéral.Il ne dispose d'aucune machine politique au sein de la formation.YVES SÉGUIN DES CHIFFRES ET DES PRINCIPES Yves Séguin se voit remplacer le premier ministre et n'a rien à perdre.Limogé des Finances, le député d'Outremont deviendra un cilice pour Jean Charest.Les journalistes sollicitent déjà ses réactions au premier budget de Michel Audet.Naviguant totalement à l'instinct sans trop de stratégie, M.Séguin est parvenu par son départ à assombrir un remaniement qui voulait marquer la relance du gouvernement Charest.Sans une hésitation il a brandi des citations de Robert Bourassa, un mot de passe chez bien des libéraux qui en on soupé du virage « néo-conservateur » qu'on leur a fait avaler pour atteindre le pouvoir.Son principal handicap : il n'est pas perçu comme un homme d'équipe.On ne lui connaît guère d'appuis.PORTRAIT Salué comme le candidat vedette de Jean Charest au printemps 2003, le fiscaliste Yves Séguin est tombé en disgrâce moins de deux ans plus tard.Néà Val-d'Or en 1951, avocat de formation, il entre en politique en 1985, mais claque la porte du gouvernement Bourassa en 1990 pour protester contre sa décision d'harmoniser la taxe de vente québécoise à la TPS.De retour aux affaires, M.Charest lui confie le ministère des Finances en 2003.Mais ses nombreuses déclarations lui créent des inimitiés au sein du cabinet, et le premier ministre lui retire les Finances lors duremaniement defévrier dernier.Relégué depuis à l'arrière-ban, il demeure, au gré des sondages, le candidat le plus sérieux à la succession après Philippe Couillard.JEAN-MARC FOURNIER POMPIER DE SERVICE Jean-Marc Fournier aurait le talent mais pas la détermination, et sa femme n'aime guère la vie publique.Mais son nom est toutefois mentionné par certains.PORTRAIT Daniel Johnson et Jean Charest en ont fait leur homme de confiance, lui confiant les mandats brûlants depuis 1994.C'est lui qui a hérité du dossier constitutionnel dans les moisprécédantleréférendum de 1995.Plus récemment, il a tenté de sortir son gouvernement du bourbier des défusions municipales.En février dernier, au moment où la grogne étudiante s'amplifie, on le nomme ministre de l'Éducation.Né en 1959à Châteauguay, élu pour la première fois en 1994, cet avocat s'est bâti une réputation detravailleur infatigable etàl'écoute de son entourage.Loyal à Jean Charest, il ne se lancera vraisemblablement pas dans la course tant que son chef sera en place.PIERRE PARADIS LE RETOUR AUX VALEURS LIBÉRALES Pierre Paradis prépare quant à lui sa vengeance.Pour la première fois il y a quelques semaines, il a pris la parole à un caucus des députés; c'était pour critiquer la décision quant aux bourses d'études.Les initiés ont compris que c'était une déclaration de guerre.Paradis ne parle pas pour rien.S'il ouvre son jeu, c'est qu'il a décidé de passer à l'attaque, explique-t-on.M.Paradispeut compter sur une poignée de disciples, unclaninébranlablequil'aaccompagné tout au long de sa carrière.Il n'aurait guère de chances d'obtenir les commandes du PLQ, mais un prochain chef ne pourra, comme l'a fait à ses risques Jean Charest, ne pas tenir compte du baron de Bedford.PORTRAIT Pierre Paradis a été ministre dans tous les gouvernements libéraux entre 1985 et 1994.Sa bonne étoile a toutefois considérablement pâli depuis avril 2003, puisque Jean Charest ne lui a donné aucun titre ni ministère.Il demeure un symbole pour nombre de libéraux nostalgiques de l'ère Bourassa, qui voient en lui un défenseur des valeurs libérales plus convaincant que Jean Charest.Né en Estrie en 1950, ce licencié en droit, transfuge de l'Union nationale, a été élu sans interruption dans Brome-Missisquoi depuis 1980.CLAUDE BÉCHARD RENDEZ-VOUS EN 2010 Claude Béchard, enfin.Le nouveau ministre du Développement économique est unpoliticienparticulièrement talentueux si on tient compte desonjeuneâge.Iln'acommis qu'une gaffe, décocher un coupdepiedàsonex-collègue Yves Séguin qui était déjà au tapis le jour du remaniement.Depuis il a mille fois expliqué que cette attaque vicieuse lui avait été inspirée par le cabinet de M.Charest.PORTRAIT Il y a 10 ans, Claude Béchard faisait ses premièresarmesenpolitiqueàtitredeconseiller au cabinet de Daniel Johnson.Il deviendra Missions commerciales en Chine et en Inde, nouvelle tournée avec le premier ministre français, visites aux États-Unis, l'agenda international de Jean Charest sera chargé au cours des prochains mois (il est déjà planifié jusqu'en février 2006!).Si jamais les choses tournent très mal pour lui à Québec, Jean Charest pourra toujours se tourner vers une carrière internationale, un domaine qui lui réussit mieux que le poste de premierministre.Souvent accusé, à tort, d'être moudevant Ottawa, Jean Charest mène la bataille pour que le Québec occupe une place plus grande dans les grands forums internationaux, notamment dans le domaine culturel.À en juger par l'agacement des libéraux à Ottawa, Jean Charest doit être sur la bonne voie.Les péquistes ont réussi, lors de ladernièrecampagne électorale, à imposer le thème de la conciliation travail-famille.Entraîné de force sur ce terrain très populaire, Jean Charest se devait de réagir.Ce qu'il a fait en promettant le gel des garderies à 5$ par jour.Une fois aupouvoir, il s'est empressé de revenir sur sapromesse etaaugmenté letarifà7$.Personne ne pouvait décemment exiger le gel à 5$.Pourquoi l'avoir promis, alors?Par pur électoralisme ?Et pourquoi prendre le réseau des centres de la petite enfance de front?Parce que c'était l'héritage du PQ?Ou parce que les libéraux n'avaient pas de politique de la famille et qu'ils improvisaient?Ou parce que dans l'esprit conservateur de Jean Charest, le privé fait nécessairement mieux que l'État, y compris dans les services à la petite enfance?Ou toute ces réponses?Quand l'économie va mal, on blâme généralement le gouvernement, même si ce n'est pas sa faute, d'ailleurs.Quand elle va bien, il faut bien lui donner un peu de crédit, même s'il n'a pas grand-chose à voir là-dedans.L'économie du Québec pourrait tourner mieux, mais elle n'est pas en plus mauvaise santé qu'il y a deux ans.Heureusement pour Jean Charest.Il ne manquerait plus qu'une haussemarquée duchômage ou une récession pour l'achever.NOUS SOMMES PRÊTS! Est-il vraiment nécessaire d'en rajouter?LE QUÉBECDANS LEMONDE QUELLE FAMILLE ?LE BILANÉCONOMIQUE NOTE: NOTE: NOTE: NOTE: Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca BULLETIN DE MI-MANDAT / 10 BIEN DES LIBÉRAUXFONT LA MÊME PRÉDICTION: JEAN CHAREST DEVRA VITE TROUVER LA RECETTE POURRENOUER AVEC L'ÉLECTORAT, SINON IL SETROUVERA EN BIEN MAUVAISE POSTURE.ENCHIFFRES DATE DES DERNIÈRES ÉLECTIONS 14 avril 2003 DÉPUTÉS ÉLUS PLQ: 76 PQ: 45 ADQ: 4 DATE DES PROCHAINES ÉLECTIONS Selon la tradition : printemps 2007 Dernière limite: 17avril 2008 député de Kamouraska-Témiscouata en 1997 ethériteraen2003duportefeuilledel'Emploi, de la Solidarité et de la Famille.Il se démarque par son franc parler et est l'un des politiciens les plus en vue de la nouvelle garde libérale.Il est né à Saint-Philippe-de-Néri, dans le Bas-Saint-Laurent, en 1969, et a reçu un doctorat en administration publique de l'Université Laval en 1999.On lui prête des ambitions à la direction du parti à long terme.ET SI LA RELÈVE VENAIT DE L'EXTÉRIEURDU PLQ?JEAN LAPIERRE L'actuel ministre fédéral des Transports, Jean Lapierre, a flirté avec la possibilité de se présenter à la tête du Parti libéral du Québec au milieu des années 90.Des libéraux considéraient que, commechef, il amènerait un nouveau souffle au parti.C'était avant le couronnement de Jean Charest.PIERRE PETTIGREW Pierre Pettigrew, actuelministre des Affaires étrangères à Ottawa, aétépressentipourremplacer Jean Charest en juin 2002.Le PLQvenait de subir quatre défaites en autant d'élections partielles.Leprincipal intéressé s'était montré évasif.Ce comptable de formation, né en 1951 à Québec, est député de la circonscription fédérale de Papineau depuis 1996.PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC PLUS DEUX ANS APRÈS L'ARRIVÉE AU POUVOIR DU GOUVERNEMENT CHAREST, QU'EN EST-IL DES PROMESSES DE LA DERNIÈRE CAMPAGNE ÉLECTORALE ?COMBIEN ONT ÉTÉ RÉALISÉES, RENIÉES OU SONT SIMPLEMENT EN ATTENTE ?KARIM BENESSAIEH A REMONTÉ LE TEMPS POUR NOUS ET COMPARÉ LES ENGAGEMENTS D'ALORS AVEC LA RÉALITÉ D'AUJOURD'HUI.ENTRE LES PROMESSES ET LA RÉALITÉ > Réduire d'unmilliard par année pendant cinq ans le fardeau fiscal des particuliers, et ramener le taux de taxation des Québécois à la moyenne canadienne.Les deux premiers budgets ont retourné environ un milliard aux contribuables.Ces baisses ont toutefois été accompagnées de hausses de tarification \u2014 électricité et garderies notamment.> Demander un vote secret lors des accréditations syndicales.Le gouvernement n'a encore rien fait.> «Stabiliser» la hausse des primes d'assurancemédicaments.La contribution est passée de 422$à 494$ entre l'arrivée au pouvoir du gouvernement Charest et le 1er juillet 2004.> Mise sur pied de services de mentorat et d'aide aux devoirs.Le budget 2004-2005 proposait des miettes, 10 millions, pour l'aide aux devoirs.Aucune mention du mentorat.> Maintenir les services de garde à 5$ par jour.Le tarif est passé à 7$ dès novembre 2003.> Réduire le nombre d'organismes, de ministères et de sociétés d'État, en revoir tous les mandats.La révision devrait aboutir à l'abolition d'une vingtaine de petits comités.Aucun grand organisme ou ministère n'est visé.SANTÉ > Abolir les régies régionales.Les 18 régies ont été remplacées par 15 agences intégrant les CLSC, les CHSLD et les hôpitaux d'un même territoire.> Hausser le budget de la Santé de 6,23 milliards en six ans, + 2,2 milliards (à 20,1 milliards en 2004), hausse de 12,2% > Abolir les quotas imposés aux spécialistes.> Hausser le nombre d'admissions dans les facultés de médecine, embaucher plus de médecins, permettre le recrutement de plus de médecins étrangers.> Les admissions sont passées de 668 en 2002-2003 à 734 l'année suivante.Le nombre de médecins a augmenté de 136 en 2004, et se maintient à 16 000.135 médecins étrangers ont été admis en 2004, en légère hausse.DIVERS > Gel des dépenses des ministères, à l'exception de la Santé et de l'Éducation.> Hausses de 5,1% et 3,7% pour la Santé et l'Éducation dans le budget 2004-2005.La croissance des autres ministères a été limitée à0,5%.> Ouvrir les discussions avec les élus locaux.> Création des Conférences régionales des élus.> Tenir une enquête publique sur l'état des forêts et nommer un Vérificateur des forêts.La commission Coulombe a recommandé de réduire les coupes de résineux et de nommer un «chef forestier».En cours de réalisation.> Création de3000nouvelles places dans les garderies privées la première année et de 15 000 nouvelles places à terme dans le réseau.Depuis le 31 mars 2003, on compte 21 617 places supplémentaires.Plus des trois quarts \u2014 soit 16 430 \u2014 de ces nouvelles places relèvent des CPE.> La Révision du Code du travail pour faciliter la sous-traitance.PROMESSES BRISÉES PROMESSES TENUES PROMESSES EN ATTENTE ÉDUCATION > Porter de 23,5à 25 le nombre d'heures d'enseignement au primaire à compter de septembre 2006.> Enseignement de l'anglais dès la première année primaire à compter de septembre 2006.> Produire un bulletin des écoles.On peut consulter les statistiques de chaque école \u2014 sans classement\u2014au site www.meq.gouv.qc.ca/donneesparecole > Augmenter de 240millions le budget des universités en cinq ans.Les budgets de 2003 et 2004 ont déjà accru le financement des universités de 205millions.> Maintien du gel des droits de scolarité à l'université.Statu quo jusqu'à présent.> Faire des partenariats public-privé un «levier de développement».Les projets de PPP sont encore embryonnaires et fortement contestés.> Santé : réduire les listes d'attente en faisant appel aux cliniques privées et spécialisées.Le nombre de patients sur les listes d'attente est passé de 117501 le 30 mars 2003 à 114 462 le 5 janvier 2005, une baisse de 2,6%.> Créer un ordre professionnel des enseignants.Le gouvernement a reculé devant la levée de boucliers des profs mais reste décidé à l'instaurer.> Mise en place d'un gouvernement en ligne.Ajout de quelques services et désignation d'un ministre délégué au gouvernement en ligne.> Automobile : abolir le régime sans égard à la responsabilité (no fault).Une commission parlementaire pourrait étudier la question d'ici juin.> Instaurer une formule de scrutin proportionnel.Un projet de loi déposé en décembre prévoit un système mixte, qui ne sera pas appliqué avant 2011.PHOTO PC PHOTO PC PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © PLUS PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE Splendeurs et misères : Jean Lesage, flanqué de ses ministres René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie, lors de la réélection de l'équipe libérale en novembre 1962 (photo de gauche) ; Robert Bourassa assiste avec son homologue fédéral Pierre-Elliott Trudeau aux funérailles de son ministre Pierre Laporte, à l'automne de 1970 (photo de droite).Splendeurs et misères des anciens gouvernements Pour certains, le gouvernement Charest est le pire de toute l'histoire du Québec.Ce n'est toutefois pas la première administration qui connaît des moments difficiles, comme en témoigne ce court rappel historique sur les grandeurs et misères des gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution tranquille.ANDRÉ DUCHESNE JEAN LESAGE Parti libéral du Québec 1960-1966 Le grand bond en avant Quarante ans après son règne, le père de la Révolution tranquille présente un bilan impressionnant.Son gouvernement a créé les ministères de l'Éducation et de la Culture, le Régime des rentes du Québec, la Caisse de dépôt et placement et la Société générale de financement.Sous l'influence de René Lévesque, il nationalise des compagnies d'électricité.Des impairs ?Sans doute un excès de confiance et une attitude que certains qualifiaient d'arrogante.Il est défait au scrutin de juin 1966, en dépit d'un nombre de voix plus élevé que l'Union nationale.DANIEL JOHNSON PÈRE Union nationale 1966-1968 Égalité ou indépendance Johnson poursuit les réformes jusqu'à son décès, le 26 septembre 1968.Il caresse l'idée de récupérer d'Ottawa tous les impôts directs, en vain.M.Johnson crée le ministère des Affaires intergouvernementales, et lui donne un mandat international.Le Québec (sans Ottawa) participera ainsi à une conférence sur l'éducation à Libreville, au Gabon.JEAN-JACQUES BERTRAND Union nationale 1968-1970 Le piège linguistique On lui doit la création du ministère de l'Immigration, de l'Université du Québec, de la Société québécoise d'initiatives pétrolières (SOQUIP) et du ministère des Communications.L'adoption de la loi 63, qui accordait aux parents le libre choix du français ou de l'anglais comme langue d'enseignement, attisera la colère des nationalistes et ternira la fin de son mandat à coups de manifestations et de pétitions.ROBERT BOURASSA Parti libéral du Québec 1970-1976 Cauchemars à répétition Le premier gouvernement de Robert Bourassa fut marqué par le développement de la Baie-James et le sauvetage des Jeux olympiques de Montréal en 1976.Autres innovations : la mise sur pied du régime d'assurance maladie et l'aide juridique.Son gouvernement devra cependant composer avec la crise d'octobre 1970, une crise sociale en 1972, le saccage de la Baie-James, l'adoption de la controversée loi 22 sur la langue française, jugée trop timide par les nationalistes, et son refus de signer la Charte de Victoria qui provoqua la colère des fédéralistes.RENÉ LÉVESQUE Parti québécois 1976-1981 et 1981-1985 La lune de miel et la descente aux enfers Loi 101, assurance automobile, Loi sur la protection du territoire agricole, assainissement du financement électoral.Le premier mandat de René Lévesque est prolifique.Mais après l'échec du OUI au référendum de 1980 et la nuit des longs couteaux de novembre 1981, où le Québec se retrouve isolé sur la question constitutionnelle, il amorce une longue traversée du désert : ralentissement économique, surchauffe des taux d'intérêt, décret gelant les salaires dans la fonction publique.PIERRE MARC JOHNSON Parti québécois Passage éphémère Durant son très court mandat de 70 jours, à la fin de 1985, Pierre Marc Johnson annonce la construction d'une usine d'assemblage de voitures Hyundai à Bromont.Trop peu trop tard pour un gouvernement usé par neuf ans de pouvoir.ROBERT BOURASSA Parti libéral du Québec 1985-1994 La Constitution dans les câbles Le second mandat de Robert Bourassa est largement dominé par la question constitutionnelle : d'abord l'accord avorté du lac Meech, suivi de l'entente de Charlottetown, rejetée par référendum.Ce deuxième mandat est aussi marqué par la crise autochtone de l'été 1990 et par la réforme de la fiscalité municipale, souvent décriée.DANIEL JOHNSON FILS Parti libéral du Québec Un gouvernement fatigué Son règne sera presque aussi éphémère que celui de son frère : huit mois et deux semaines.M.Johnson a dû porter comme un boulet neuf années d'administration libérale, marquées par un chômage élevé et d'importantes hausses de taxes et d'impôts.D'importantes compressions dans la fonction publique et certaines privatisations controversées (Mont Sainte-Anne, Sidbec- Dosco) ont scellé le sort de M.Johnson.JACQUES PARIZEAU Parti québécois 1994-1996 Une amère défaite De son court mandat d'un an, on retient l'abandon du projet de développement hydroélectrique de Grande-Baleine, la disparition des Nordiques de Québec et l'aménagement d'une résidence de fonction pour le premier ministre à Québec.Mais, surtout, la défaite de justesse du OUI au référendum de 1995.LUCIEN BOUCHARD Parti québécois 1996-2001 Des années de tiraillements Une des réalisations qui marqueront les cinq années de Lucien Bouchard fut l'adoption de la loi antidéficit.Il a souvent été à couteaux tirés avec l'aile radicale du Parti québécois, et a aussi dû affronter la crise du verglas de janvier 1998.On lui doit l'adoption de la Loi sur l'équité salariale, la création du régime d'assurance médicaments et les garderies à cinq dollars.BERNARD LANDRY Parti québécois 2001-2003 L'usure du pouvoir M.Landry règle le vieux contentieux avec les orphelins de Duplessis et signe la paix des Braves avec les nations cries.La création d'emplois va bon train, mais la piètre performance de la Caisse de dépôt et placement, couplée aux coûts pharaoniques de la construction de son nouveau siège social, retiennent l'attention.Tout comme les fusions municipales forcées, qui ont coûté un certain nombre de circonscriptions au Parti québécois.COURRIEL Pour joindre notre journaliste: andre.duchesne@lapresse.ca CLAUDE PICHER Baisses d'impôts: un engagement non tenu S'il est une promesse qui a fait couler beaucoup d'encre lors de la campagne électorale d'il y a deux ans, c'est bien celle de Jean Charest visant à baisser les impôts des Québécois d'un milliard par année pendant cinq ans.Au moment où Michel Audet, le nouveau ministre des Finances, planche sur le prochain budget, cette promesse semble plus éloignée que jamais.Deux semaines à peine après sa nomination, le ministre lui-même a déclaré que l'engagement des libéraux visait simplement à ramener le fardeau fiscal des Québécois au niveau de la moyenne canadienne.Était-ce réaliste, pour M.Charest, de promettre de telles baisses d'impôts?Dans leur programme électoral, les libéraux s'engagent en toutes lettres à ramener le fardeau fiscal des Québécois au niveau de la moyenne canadienne en cinq ans.Un peu plus loin, le programme se fait plus précis : « Un gouvernement du Parti libéral enclenchera, dès le dépôt de son premier budget, un plan de réduction de l'impôt des particuliers d'un milliard de dollars par année pendant cinq ans.» Cet objectif n'était pas aussi irréaliste qu'on pourrait le croire.Sur une base cumulative, il s'agissait d'une baisse de 15 milliards.Deux ans plus tôt, le ministre fédéral des Finances de l'époque, Paul Martin, avait annoncé des baisses d'impôts de 100 milliards en cinq ans, et personne n'a contesté ses chiffres.En Ontario, le gouvernement de Mike Harris avait réussi à tenir le pari de baisser les impôts de 30% au cours d'un premier mandat.La plupart des autres gouvernements provinciaux, y compris les néo-démocrates en Saskatchewan et les péquistes au Québec, ont également annoncé des baisses d'impôts à la même époque.Il apparaît évident aujourd'hui que certains y sont allés un peu fort.Mais cela, on ne le savait pas encore il y a deux ans, et le contexte était nettement favorable aux baisses d'impôts.Les libéraux ne faisaient en somme que suivre la vague populaire de l'époque.Selon leur document, les revenus budgétaires du gouvernement québécois devraient augmenter en moyenne de 4,5 % par année entre 2004-2005 et 2008-2009.Cela rapporterait 2,5 milliards de plus la première année, et 2,9 milliards de plus en 2008-2009.Ces projections épousent d'assez près les résultats des années précédentes.Entre 1997-1998 et 2003-2004, les revenus du gouvernement ont augmenté en moyenne de 4,6 % par année.Ces chiffres comprennent les revenus autonomes (taxes et impôts, dividendes des sociétés d'État) et les transferts fédéraux.Autrement dit, du simple fait de la croissance économique, les recettes du gouvernement augmentent automatiquement.En n'effectuant aucun remboursement de la dette et en gelant les dépenses de tous les ministères (à l'exception de la Santé et de l'Éducation), les libéraux pouvaient raisonnablement espérer dégager une marge de manoeuvre suffisante pour financer leur promesse.Les libéraux se sont aperçus qu'il n'était pas si facile que cela de geler les budgets de tous les ministères, de composer avec l'explosion des dépenses de santé et des paiements de péréquation moins élevés que prévus.C'est ainsi que la stratégie a plus ou moins marché la première année.Dans son budget de mars 2004, le ministre des Finances de l'époque, Yves Séguin, annonçait des baisses d'impôts de un milliard, avec une importante réserve : elles n'allaient entrer en vigueur qu'un an plus tard, en 2005.D'autre part, les authentiques baisses d'impôts ne totalisaient que 219 millions ; le reste du milliard était englouti dans des programmes sociaux.Au total, le ministre a effectivement réussi à dégager un milliard, mais il ne s'en est pas servi pour baisser les impôts, du moins pas dans le sens décrit dans le programme libéral.Il s'agit donc d'une promesse non tenue.Cette année, le ministre Audet gratte ses fonds de tiroirs en espérant dégager assez d'argent pour annoncer des baisses d'impôts.Par exemple, tous les contribuables détenant un emploi pouvaient, il y a de cela des années, déduire 1000 $ de leur revenu imposable.Cette déduction a été supprimée.Au ministère des Finances du Québec, on jongle avec l'idée de la rétablir.Reste qu'après deux ans de pouvoir, les libéraux n'ont pas encore rempli leur promesse, et cela semble bien mal parti pour les années à venir.Après deux ans de pouvoir, les libéraux n'ont pas encore rempli leur promesse, et cela semble bien mal parti pour les années à venir. PLUS P renez un couple au bord de la crise de nerfs.Lui veut absolument vivre en banlieue avec la tondeuse, le chien et le barbecue.Elle préfère leur condo en ville avec le gym et une vue sur les toits.Le conflit s'envenime, les portes claquent et les enfants pleurent.Alertés par le bruit, les voisins font irruption, cassent quelques meubles, séparent les belligérants puis imposent leurs conditions: désormais, fini la chicane.Pour l'instant, la famille reste dans le condo, sous supervision étroite d'un commando de palier.Pour le litige de fond, on verra plus tard.Le temps passe.L'homme veut toujours son bungalow, la femme refuse de bouger.Exception faite de quelques coups de pied sous la table, tout semble calme.Mais attendez que les voisins s'en aillent.La comparaison a ses limites, bien sûr, mais c'est un peu la situation qui a cours au Kosovo, six ans après l'intervention militaire de l'OTAN qui a mis fin au conflit entre la minoritéserbeet lamajoritéalbanaise de cette province du sud de la Serbie.Les Serbes, qui composent 10% de sa population, la considèrent comme le berceau de leur culture.Les Albanais, longtemps réprimés par Belgrade, aspirent à l'indépendance.À la fin des années 90, le conflit du Kosovo avait terminé le cycle des guerres des Balkans qui ont fait éclater l'ex-Yougoslavie.Une tutelle internationale a mis le bouillon kosovar aufrais.Mais depuis quelque temps, les signes d'instabilité se multiplient.Il y a un an, une explosion de violence a fait 19 morts et un millier de blessés.Début mars, le président du Kosovo, l'intellectuel albanais Ibrahim Rugova, a échappé de peu à un attentat à la bombe.En octobre, les Serbes ont boycotté les élections provinciales.Ils n'ont aucun représentant au gouvernement.La cassure est complète; la blessure n'a jamais été cicatrisée.C'est dans ce contexte explosif que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a inculpé, début mars, le premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, accusé de crimes de guerre.Paradoxalement, au cours des derniers mois, cet homme de 36 ans, qui a dirigé un commando militaire pendant le conflit, avait réussi à insuffler un peu d'espoir dans ce coin de pays, considéré comme le «trou noir de l'Europe».Mais au lendemain de son inculpation, Ramush Haradinaj a démissionné.Depuis, tout le Kosovo retient son souffle.«Si le Kosovo garde sa structure politique et économique actuelle, nous aurons une explosion sociale dans les six mois», affirmait un éditeur kosovar, Veton Surroi, peu de temps avant l'inculpation de Ramush Haradinaj.Désormais, une petite étincelle suffirait pour embraser cette province collée sur d'autres pays instables: la Bosnie, l'Albanie, la Macédoine.Avec tous les risques de contagion que cela implique.Des milices armées se sont formées dans l'ouest de la province, raconte Alex Anderson, représentant de l'International Crisis Group au Kosovo.Pour l'instant, ces hommes attendent de voir s'ils peuvent tirer profit du vacuum politique actuel.Les plus cyniques pensent que seule une éruption de violence forcera la communauté internationale à amorcer enfin les négociations sur le statut final du Kosovo ! Or, violence oupas, c'est l'impasse.Le gouvernement de Belgrade veut garder le Kosovo.La population albanaiseneveut rien de moins qu'un pays.Quant à la minorité serbe, elle vit en grande partie dans des enclaves qui, en cas de sécession de la province, voudront se rattacher à la Serbie.Or, pour Alex Anderson, la partition, c'est le pire des scénarios: «Rappelez-vous l'Inde et le Pakistan», dit-il.«Je crois qu'il y a une limite à garder un endroit dans les limbes», avait noté l'envoyé spécial de l'ONU, Soren Jesen-Petersen, après une visite au Kosovo l'été dernier.Le constat, à plusieurs nuances près, vaut aussi pour le Proche- Orient, où le processus de paix amorcé en 1993 était fondé sur la théorie des petits pas, selon laquelle les discussions sur les enjeux de fond étaient sans cesse repoussées à plus tard.Pour reprendre l'analogie du couple, il y a eu une médiation dans laquelle on a réglé quelques vétilles et décidé qui va sortir les poubelles ou acheter le papier hygiénique.Mais dès qu'on a touché au coeur du litige, tout a explosé.Aujourd'hui, plusieurs croient que cette stratégie a été une erreur et qu'il aurait mieux valu prendre de front les questions fondamentales.Deux exemples, même constat: les grands conflits ne disparaissent pas parce qu'on les balaie sous le tapis.Au mieux, ils se figent.Au pire, ils dégénèrent.Comme les couples.Après deux mois d'impasse, les politiciens irakiens se sont finalement entendus, cette semaine, sur le choix d'un nouveau président.Mais le chemin vers la démocratie est encore long.Long et dangereux.Où en sommes-nous dans le processus politique irakien ?Le 6 avril, le Parlement, issu du scrutin du 30 janvier, a choisi le leader kurde Jalal Talabani comme nouveau président de l'Irak \u2014 un poste influent, bien que largement honorifique.M.Talabani, 72 ans, est ainsi devenu le premier Kurde à la tête de ce pays majoritairement arabe.Cette décision met un terme à neuf semaines d'impasse, pendant lesquelles les factions chiite et kurde, principales forces politiques du pays, n'arrivaient à s'entendre ni sur le choix d'un président ni sur la composition d'un gouvernement \u2014d'autant moins qu'elles devaient y inclure les Arabes sunnites, prédominants à l'époque de Saddam Hussein, mais marginalisés après avoir boycotté les élections de janvier.Qu'est-ce qui explique une si longue impasse ?La Constitution intérimaire irakienne, adoptée l'an dernier par des leaders sélectionnés par les forces d'occupation, exige que les deux tiers des 275 parlementaires s'entendent sur le choix du président et du cabinet.Cette mesure confère énormément de pouvoir aux minorités.Certains y voient une tentative américaine d'imposer un modèle néocolonial, question de continuer à influer sur le cours des choses.Pour la militante de gauche Naomi Klein, Washington est «terrifié par la perspective d'un Irak dirigé par une majorité d'Irakiens».Voilà pourquoi il a donné à ses alliés kurdes le pouvoir de faire échouer les décisions parlementaires qui auraient le malheur de l'indisposer.Les défenseurs du système estiment pour leur part que c'est la seule façon de parvenir à un compromis entre des groupes ethniques et religieux qui ont longtemps été divisés.Il n'est d'ailleurs pas inhabituel de garantir certains pouvoirs aux minorités des pays jadis déchirés par les guerres ou les dictatures.C'est le cas, par exemple, au Liban, en Serbie et dans plusieurs pays d'Europe de l'Est.Deux ans après la chute de Bagdad, assiste-t-on au début de la fin de l'insurrection ?Il est trop tôt pour le dire.Les optimistes espèrent que le scrutin de janvier, combiné à la consolidation des forces de sécurité irakiennes, viendront à bout d'une rébellion qui ne bénéficie pas du réel soutien de la population puisqu'elle n'offre pas de solution rechange.Les pessimistes jugent que les insurgés conservent la capacité de causer d'énormes dégâts et que les institutions irakiennes sont encore trop faibles pour les combattre avec efficacité.Bien que les autorités américaines affirment que les attentats suicide ont diminué depuis les élections, l'organisme irakien Body Count (non officiel) estime que le nombre de victimes civiles est passé de 328 à 543 entre novembre et février.Depuis quelques semaines, l'Irak est aussi le champ de bataille de groupes d'insurgés plus imposants que jamais.Il est vrai, toutefois, que les victimes sont de moins en moins nombreuses dans les rangs de l'armée américaine: 125 soldats tués en novembre, contre 19 en mars.Cette baisse s'explique par le fait que les États-Unis cèdent peu à peu le terrain aux forces de sécurité irakienne, qui déplorent au moins 106 morts en février.Quelle sera la suite des choses ?Le premier ministre de l'Irak sera le chiite Ibrahim Jafari, l'undes dirigeants duparti islamiste Dawa.La principale tâche de son gouvernement de transition sera de rédiger une Constitution permanente d'ici la fin du mois d'août, et d'ouvrir la voie aux élections de décembre.Il lui faudra de la patience et du courage car, à en juger par le chemin parcouru jusqu'ici, sa route sera semée des pires embûches.ISABELLE HACHEY Irak: une route semée d'embûches L'ACTUALITÉ EN QUESTIONS Les conflits sont-ils solubles dans le temps?La chronique ironique qui voit et entend tout.à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS 2 Nombre de têtes d'un bébé égyptien, Manar, qui vient de subir avec succès une opération pour retrouver une apparence normale.On lui dira plus tard que deux têtes valent mieux qu'une.Nombre d'articles écrits sur le pape Jean-Paul II au lendemain de sa mort.Nombre de coups de fouet auxquels ont été condamnés quatre hommes appréhendés par la police saoudienne lors d'un rassemblement homosexuel à Djeddah.DES OH! ET DES BAH! ILS, ELLES ONTDIT.Avec la collaboration de Marc Thibodeau, Marie Allard, Vincent Marissal, AFP, AP et BBC.Imagé «La prochaine fois que je fais l'amour, j'aimerais bien que ce ne soit pas à Bordeaux avec quelqu'un qui s'appelle Ti-Louis.» \u2014Un employé non identifié d'une agence de publicité québécoise expliquant à son patron qu'il ne veut pas prendre part à des activités malhonnêtes.Émerveillé «Et dire qu'ils sont tous à moi.Il y a eu simplement une délocalisation de l'arrière vers l'avant.» \u2014Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, parlant de ses nouveaux implants capillaires qui feraient, selon lui, des jaloux parmi ses homologues européens.Intriguant «S'ê trê z'inportan de prévenir lê z'insandi pars k'il i a bokou de viktim dê feu chak ané.» \u2014Extrait du site de la Ville de Montréal traduit en «orthographie alternative» pour les personnes souffrant «d'incapacités intellectuelles».PHOTO CP PHOTO REUTERS QUÉBEC Modernisation tranquille Avec la grève des étudiants et les moyens de pression des enseignants, l'ex-ministre de l'Éducation Pierre Reid ne doit pas regretter ses anciennes responsabilités.Reste à voir ce qu'il fait à la tête du nouveau ministère des Services gouvernementaux (MSG), qu'il ne faut pas confondre avec l'autre MSG, ou glutamate monosodique, un rehausseur de saveur souvent utilisé dans les restaurants chinois.Le MSG «a pour mission de faire progresser activement et concrètement la modernisation de l'État», explique son site Internet.Àpart cette brève description, on y trouve la biographie deM.Reid et du ministre délégué, des liens vers quelques sites gouvernementaux et.c'est à peu près tout.Savoureux.ALLEMAGNE Solde d'emplois Vous cherchez une façon de sabrer vos coûts de main-d'oeuvre ?Tournez-vous vers www.jobdumping.de, un site Internet unique qui permet de mettre aux enchères des emplois.La personne qui se dit prête à occuper un poste donné pour le plus faible salaire emporte la mise.Depuis sa création en novembre, il aurait permis à quelque 13 000 personnes de trouver un emploi.«Le coût du travail est invraisemblablement élevé en Allemagne, comparé aux autres pays d'Europe.Il faut une révision complète», s'est justifié son créateur, Fabian Loew, dans l'hebdomadaire Die Zeit.«On dirait unmarché aux esclaves», a dénoncé un politicien.Bien vu.ÉTATS-UNIS Artiste pénétrant Un adepte de graffitis anglais a réussi à exposer ses oeuvres dans quatre des musées les plus renommés de New York en les introduisant à l'insu des gardiens de sécurité.Banksy, qui n'a pas divulgué son vrai nom, a notamment introduit dans le Metropolitan Museum of Art une coccinelle portant des missiles sur son dos qui est demeurée accrochée plusieurs jours dans le «hall de la biodiversité».Il a aussi réussi à afficher au Brooklyn Museumune toile représentant un officier militaire qui pose, une cannette de peinture à la main, face à des graffitis antiguerre.L'artiste, qui a déjà réussi une manoeuvre similaire au musée du Louvre, à Paris, et à la Tate Gallery de Londres, n'a pas voulu tenter le même manège au Guggenheim.«J'aurais été obligé d'exposer entre deux Picasso.Je ne suis pas assez bon pour ça», a-t-il déclaré.Modeste, va.EN HAUSSE.EN BAISSE » JOHNGOMERY Le sympathique explorateur des turpitudes politico-publicitaires québécoises a l'ordonnance de nonpublication limitant la diffusion des témoignages de certains acteurs clés du scandale des commandites.S'il continue comme ça, il va devenir aussi populaire que Jean Brault.» DANIEL TURP Le député de Mercier sort un livre Nous, peuple du Québec, où il présente un projet de constitution pour un éventuel Québec souverain avec, en page frontispice, une grande photo de.lui-même.«L'État, c'est moi !», comme disait Louis XIV ?AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE agruda@lapresse.ca SERBIEMONTÉNÉGRO BOSNIEHERZÉGOVINE MACÉDOINE BULGARIE ITALIE GRÈCE CROATIE ROUMANIE SLOVÉNIE HONGRIE ALBANIE Mer Adriatique KOSOVO Belgrade Sarajevo Zagreb Sofia Tirana Pristina "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.