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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2005-04-17, Collections de BAnQ.

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[" LECTURE RENCONTRE AVEC MARGARET ATWOOD PAGE 1 SPORTS PLUS SIDNEY CROSBY VU PARNEUF SPÉCIALISTES PAGES 1, 4 ET 5 À VOS PLANCHES ! À LIRE DANS LE CAHIER LECTURES SÉRIE RAGEÀ L'ARÉNA 2.UN PROBLÈME GÉNÉRALISÉ CAHIER PLUS Montréal dimanche 17 avril 2005 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 75¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées Si des élections fédérales ont lieu en juin LAPIERRE ÉVOQUE LA SUSPENSION DE LA COMMISSION GOMERY CAROLINE TOUZIN Le lieutenant politique de Paul Martin au Québec, Jean Lapierre, a évoqué la possibilité que les audiences de la commission Gomery soient suspendues si des élections ont lieu en juin.Il a fait planer cette menace hier, en marge d'une rencontre de la commission électorale de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada (PLC), à Montréal.Ainsi, si la vérité n'était pas faite sur le scandale des commandites, la faute en incomberait aux conservateurs.« Est-ce que vous pensez que la Commission peut continuer dans un contexte électoral ?>Voir LAPIERRE en page A11 121e année no 174 72 pages 6 cahiers Passages nuageux, Max.20 Min.1 Un air de printemps! Les Montréalais reprennent possession de leurs terrasses PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Les Montréalais ont profité d'une température presque estivale hier pour sortir dans la rue et se la couler douce sous le chaud soleil.À la place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, les marcheurs ont eu l'air d'apprécier les talents d'un chanteur de rue heureux de reprendre du service.MARIE-CLAUDE MALBOEUF Dans des motels de Drummondville.Dans de tranquilles bungalows de Granby.Ou sur les matelas de L'Orage, qui s'autoproclame « boîte à fantasmes », en plein coeur de Montréal.Les échangistes québécois ne manquent plus de lieux de rencontre depuis qu'une demi-douzaine de descentes policières les ont aidés à s'emparer de tous les micros.Demain matin, les adeptes de l'amour en groupe ont rendez-vous à la Cour suprême.Leur but : convaincre le plus haut tribunal du pays que leurs partouzes sont légales et que leurs clubs ne sont donc pas des maisons de débauche.Il faut dire que depuis un an, c'est la confusion totale, la Cour d'appel du Québec ayant rendu coup sur coup deux jugements qui se contredisent.Le premier affirme qu'il était indécent de participer à une partouze au troisième étage du club L'Orage, même derrière une porte verrouillée.>Voir COUR en page A11 Les échangistes se frottent à la Cour suprême La société canadienne est-elle prête à tolérer l'échangisme ?Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Avant d'élire le nouveau pape, j'attendrais.Avec Jean-Paul II, on ne sait jamais.Ce ne serait pas la première fois qu'on le dit mort et qu'il revient.Météo Passages nuageux, maximum 20, minimum 1, plus de détails en page SPORTS 9 SOMMAIRE Astrologie du jour AFFAIRES 14 Bandes dessinées ACTUEL 7 Bridge AFFAIRES 15 Décès AFFAIRES 15 Feuilleton ACTUEL 7 Forum A 13 et 14 Génies en herbe LECTURES 6 Grille thématique LECTURES 6 Horaire télévision LECTURES 14 La presse d'ailleurs A 16 Loteries A 11 Mots croisés ACTUEL 7 Mot mystère AFFAIRES 15 Observateur AFFAIRES 12 Petites annonces AFFAIRES 12 à AFFAIRES 14 Théocratesàl'oeuvre Au Moyen-Orient, les États-Unis luttent contre les régimes théocratiques.Ils chassent les talibans du pouvoir en Afghanistan et encouragent les Iraniens à renvoyer les ayatollahs à leur Coran.En Irak, c'est la même chose : ils ne veulent pas d'un gouvernement prônant l'application de la charia, la loi islamique.Or, pendant ce temps, les États- Unis sont eux-mêmes en voie de devenir une théocratie.Ce n'est plus de l'hyperbole, c'est la réalité à la suite de la réélection de George W.Bush à la Maison-Blanche.Récemment, l'affaire Terri Schiavo a révélé la parfaite symbiose entre les républicains au pouvoir à Washington et les fondamentalistes religieux du pays.>Voir ÉTATS-UNIS en page A10 RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK 1 26999$ - Appareil photo numérique - Résolution de 4 mégapixels - Zoom 4x optique - 20 modes de prise de vue - Écran ACL de 1,8\" 37999$ Projecteur LV-S3 BEAUBIEN Val i d e j u s q u' a u 1 e r mai 2005 Les photos peuvent d i f f é r e r - Boîtier reflex numérique - Résolution de 8 mégapixels - Avec objectif 18-55 mm - Capteur CMOS - ISO de 100 à 1600 1 22999$ - Résolution sVGA 600x800 (XGA disponible en compression) - 1250 lumens ANSI - Portatif et léger OBTENEZ UN ÉCRAN 50x50 3281516A VISITE DE LA CHAPELLE SIXTINE PAGE A6 CONCLAVE Pour joindre notre journaliste : caroline.touzin@lapresse.ca PROSTITUTION DE LA RUE À LA PRISON CAROLINE TOUZIN Un jeudi soir de la fin mars, une vingtaine de prostituées et d'ex-travailleuses du sexe sont postées aucoin des rues Ontario et Saint- André, au centre-ville.Certaines ont mis leur décolleté plongeant, leur jupe au ras des fesses et leur boa coloré.Elles ne sont pas là pour faire le trottoir, mais pour dénoncer la répression policière.À Montréal, le nombre de chefs d'accusation pour sollicitation en vertu du Code criminel a explosé.Il est passé de 264 (38 prostituées et 226 clients)en2001à1079(825prostituées et 254 clients) en 2004.«On ne veut plus nos soeurs, nos mères, nos filles, nos amies, nos blondes, nos amoures, en prison.» Ce cri d'alarme se retrouve sur la couverture de la revue Con Stellation «Spécial prison», que les travailleuses du sexe ont lancé ce soir-là au bar l'Alizé, au coin des rues Ontario et Saint-André.Les témoignages sont troublantsdanscetterevuesemestrielle publiée par le groupe Stella, fondé par et pour les travailleuses du sexe.La Louve est «quadrilatère» pour deux ans, c'est-à-dire qu'elle est devenue persona non grata dans le quadrilatère formé par les rues de la Commune, Sherbrooke, Berri et Viau.Même si ses enfants y habitent.C'est un ordre de la Cour.«Je n'ai même pas le droit de circuler sur ce territoire pour aller lesvoir.Si jeme fais prendre, je retourne en prison.Çamedéstabilise émotionnellement, je vis beaucoup d'anxiété et de nervosité et j'ai plus peur qu'avant», écrit-elle.La grande majorité des filles sont devenues «quadrilatères», dénonce la directricede Stella, Claire Thiboutot, présente lors du lancement.Leur vie a basculé depuis que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mis en place un plan d'action en 2001.Avant, la répression s'exerçait autrement.Pour les dissuader de faire le trottoir, la police donnait aux filles des contraventions pour des infractions aux règlements municipaux, comme jeter un mégot de cigarette par terre.Ainsi, elles n'écopaient pas d'un casier judiciaire.Aujourd'hui, c'est la ligne dure: direction Tanguay (prison pour femmes) en quatre étapes.À la première infraction, les prostituées reçoivent un avertissement verbal.À la deuxième, elles sont arrêtées, puis libérées avec citation à comparaître.La troisième fois, elles doivent éviter un certain territoire dans l'attente de leur comparution.Àla quatrième, c'est la détention.Effet du temps Si plusieurs prostituées sont bannies du quadrilatère, ce serait «l'effet du temps».«Il y a plus de filles qui sont rendues à leur troisième ou quatrième infraction», selon l'inspecteur Mario Leclerc du SPVM, responsable du dossierdelaprostitutiondansle secteur Sud.Si elles ne font pas de sollicitation, les travailleuses du sexe peuvent tout de même voir leur famille et se rendre dans les organismes communautaires qui se trouvent dans le fameux quadrilatère, ajoute-t-il.Faux, réplique l'organisme Stella.«Les policiers ne se mettent pas à demander aux filles ce qu'elles font dans le quadrilatère.Ils les arrêtent, point final», dit Valérie Boucher, exprostituée devenue intervenante chez Stella.Pour éviter de se faire arrêter, les filles prennent plus de risques en travaillant dans des coins sombres et isolés.Elles sentent que les menaces viennent de toutes parts.Diane a été arrêtée l'été dernier dans la voiture d'un agent double.«C'est rendu que j'embarque plus dans un char avec un client.Mon dernier blow job, je l'ai fait sous une galerie.Ça commence à être dangereux», raconte à La Presse la femme dans la cinquantaine, qui pense à se «recycler dans un salon de massage ».Les clients aussi ont davantage peur de se faire coincer.«Ils vont sur Internet ou dans les salons demassage pour trouver des filles.Dans les rues, il reste juste la racaille», ajoute Roxane Nadeau, autre ex-prostituée devenue intervenante.Stella distribue chaque mois aux prostituées une liste des mauvais clients.Depuis que la police a augmenté la répression, la liste s'allonge et les crimes qui y sont signalés sont de plus en plus violents, déplore-t-elle.«Pas dansma cour» Devant les plaintes de plus en plus nombreuses des citoyens, la police se devait d'accentuer la répression, selon l'inspecteur Leclerc.«Les citoyens sont très irrités par la narcoprostitution.C'est rendu que les prostituées ont des relations sexuelles dans le fond des cours au vu et su de tous», dit-il.À la Ville, on trouve ce problème dérangeant.«Notre message est qu'on ne veut pas en voir dans les secteurs résidentiels.On ne veut pas en voir, point», dit le directeur de la sécurité publique de la Ville de Montréal, Peter Yeomans.Toutefois, M.Yeomans croit qu'il doit y avoir un «équilibre» entre la répression contre les prostituées et celle contre les clients.Même si le beau temps revient, il n'y aura pas nécessairement plus de fleurs sur le macadam.Celles qui persistent à sillonner les trottoirs sont actuellement en prison ou pratiquent leur métier dans des coins sombres, à leurs risques et périls, dit Claire Thiboutot.Pour l'ancienne danseuse devenue directrice de Stella, la décriminalisation est la seule solution pour sortir les prostituées de cette précarité.Les noms des prostituées ont été changés à leur demande.LES PROSTITUÉES SONT CHASSÉES DES RUES DE MONTRÉAL.ELLES SE RETRANCHENT DANS LES ARRIÈRE-COURS ET MÊME SOUS LES BALCONS DE MONSIEUR ET MADAME TOUT-LE-MONDE POUR PRATIQUER LEUR MÉTIER.LA PEUR D'ÊTRE INCARCÉRÉES LES TENAILLE.AVEC RAISON: LE NOMBRE DE CHEFS D'ACCUSATION POUR SOLLICITATION A EXPLOSÉ EN QUATRE ANS.L'organisme Stella vient en aide aux prostituées depuis 10 ans à Montréal.Il évalue qu'environ 10% des travailleuses du sexe font le trottoir.Au total, entre 5000 et 10 000 personnes feraient le commerce du sexe à Montréal, ce qui comprend aussi les agences d'escortes, les salons demassage, les bars de danseuses et l'industrie de la pornographie.PHOTO IVANOH DEMERS LA PRESSE© PROSTITUTION DE LA RUE À LA PRISON LE SYNDROME DE LA PORTE TOURNANTE ARRÊTÉES ET INCARCÉRÉES À RÉPÉTITION, LES PROSTITUÉES PRENNENT PLUS DE RISQUES QUE JAMAIS POUR ÉVITER LES REGARDS DES POLICIERS.PHOTO IVANOH DEMERS LA PRESSE© PHOTO ÉRIC ST-PIERRE LA PRESSE© SYNDROME DE LA PORTE TOURNANTE Le syndrome de la porte tournante, un cercle vicieux dans lequel les prostituées sont arrêtées et incarcérées à répétition, touche presque uniquement la prostitution de rue.Plus particulièrement, il s'agirait surtout de narco-prostitution et de prostitution occasionnelle, toutes deux qualifiées de prostitution de survie dans les milieux juridique et policier.Source: Rapport sur la prostitution à Montréal, École de criminologie de l'Université de Montréal, 14 décembre 2004.CAROLINE TOUZIN L'intensification de la répression policière contre la prostitution de rue dans la métropole a de nombreux effets négatifs sur la vie de ces filles qui pratiquent le plus vieux métier du monde.Elles sont aujourd'hui atteintes du «syndrome de la porte tournante», prises dans un cercle vicieux où elles sont arrêtées et incarcérées à répétition.C'est le constat que font des intervenants des milieus juridique, policier et communautaire, dans une recherche sur le sujet menée par des étudiantes à la maîtrise de l'École de criminologie de l'Université de Montréal, dont La Presse a obtenu copie.La cause du syndrome: l'inexistence de services entre le moment où les prostituées sont arrêtées et celui où elles reçoivent leur peine.Inquiète, c'est la police elle-même qui a demandé aux étudiantes de se pencher sur le problème.Dix-huit personnes (policiers, avocats, travailleurs communautaires et prostituées), traditionnellement peu enclines à travailler ensemble, ont participé à la recherche.Le 21 mars dernier, les étudiantes leur ont soumis les résultats.Elles suggèrent en priorité que des intervenants psychosociaux et un expert juridique qui connaissent la réalité des travailleurs du sexe soient présents en permanence à la cour municipale.«Les compressions à l'aide juridique, le manque de ressources du milieu communautaire ainsi que le changement dans lesméthodes répressives employées par les policiers ont créé un trou de services béant», explique l'une des cinq auteures de l'étude, Audrée Courchesne.Besoin de vulgarisation «Souvent les travailleuses du sexe brisent les conditions qui leur ont été imposées en cour ou ne les comprennent pas.J'ai entendu parler de filles qui ont fait entre 30 et 40 séjours en prison en un an», explique-t-elle.Un accompagnement en cour devient primordial, car les policiers arrêtent de plus en plus les filles pour de sollicitation (voir autre texte).L'accueil a été favorable chez les différents intervenants.Le projet devrait être mis en application progressivement cette année, au rythme des sources de financement trouvées.Indice que le besoin de combler le trou est criant: «C'est la première fois que je vois les policiers et le milieu communautaire se parler.D'habitude, ils ne collaborent pas ensemble parce qu'ils ont l'impression que l'un détruit le travail de l'autre et vice versa», affirme la criminologue spécialisée dans le domaine des jeunes en difficulté et directrice de ce projet demaîtrise, Marie- Marthe Cousineau.Autre trou Les 24 heures qui suivent la sortie de prison sont aussi critiques.Il y a là un autre manque de services sur lequel les chercheuses se sont penchées.Si les prostituées sont libérées au bout de quelques jours ou quelques semaines (la peine maximale d'une condamnation pour sollicitation est de six mois), le milieu carcéral n'a pas le temps de bâtir de plan d'intervention pour éviter qu'elles ne reprennent le chemin du trottoir.«Les filles sortent avec leurs maigres avoirs dans un petit sac brun.Elles sont quadrilatère, sans un sou.Souvent elles ont perdu leur appartement.Elles ne sont pas plus avancées qu'avant l'incarcération.Elles vont retourner rapidement sur la rue», explique Mme Cousineau.C'est le cas de Josée, 24 ans, qui se prostitue depuis environ cinq ans.La jeune femme s'est fait arrêter cinq fois pour sollicitation (en vertu du Code criminel) lors d'opérations d'agents doubles.Elle leur reproche de faire eux-mêmes de la sollicitation, alors qu'avant, ils attendaient que la prostituée propose ses services pour lui passer les menottes.Josée fait actuellement l'objet d'un mandat d'arrêt, car elle ne s'est pas présentée à la Cour municipale à la suite de contraventions non payées.Selon elle, les travailleuses du sexe les plus «poquées» sont les plus «harcelées» par la police.Elle a rendu ce témoignage dans le cadre de l'étude de l'École de criminologie.«C'est la première fois que je vois les policiers et le milieu communautaire se parler.D'habitude, ils ne collaborent pas ensemble parce qu'ils ont l'impression que l'un détruit le travail de l'autre et vice versa.» ACTUALITÉS Les étudiants préparent leurs examens à la dernière minute Éducation: fort mandat de grève RAYMOND GERVAIS Plus de 83% des 11 000 membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) du secteur de l'éducation se sont prononcés la semaine dernière en faveur de moyens de pression pouvant aller jusqu'au déclenchement de la grève au moment jugé opportun.Le SCFP regroupe les employés de soutien ainsi que le personnel technique et administratif de 14 commissions scolaires et de quatre collèges, en plus du syndicat des professionnels de Laval-Rive-Nord.Le message lancé par les syndiqués est sans équivoque : les membres du SCFP n'ont pas l'intention de s'en laisser imposer par Québec.Les perturbations qui touchent le monde de l'éducation depuis un certain temps risquent donc de prendre de l'ampleur.Le plan d'action adopté par les syndiqués, lequel les mènera jusqu'à l'automne, prévoit une escalade des moyens de pression allant de la visibilité sur les lieux de travail jusqu'à des actions originales plus dérangeantes pour l'employeur.Selon le vice-président du secteur de l'éducation, Claude Bélanger, l'appui massif au plan d'action démontre bien l'état d'esprit des syndiqués.« Nos conditions de travail se sont détériorées et on a l'impression que le gouvernement Charest se moque de nous.Mais il devra se réveiller et comprendre le message, nous pouvons déclencher des mouvements de grève à tout moment si nous ne sommes pas satisfaits des négociations à la table nationale et sectorielle.En plus des quatre collèges, c'est 828 établissements scolaires qui pourraient être touchés », a déclaré hier Claude Bélanger par voie de communiqué.En plus des professionnels de Laval-Rive-Nord, le SCFP représente notamment les employés de soutien de plusieurs cégeps et collèges dont le cégep Maisonneuve, le collège Marie- Victorin et les commissions scolaires de la Rivière-du-Nord et des Grandes-Seigneuries.RAYMOND GERVAIS Deux étudiants universitaires canadiens sur trois (68 %) ne commencent à se préparer à leurs examens qu'une semaine à l'avance, le quart d'entre eux ne commençant que trois jours avant le jour J.C'est ce que révèle un sondage Ipsos- Reid réalisé pour le compte des Centres Kumon de mathématiques et d'anglais entre le 9 et le 23 février dernier, auprès de 597 étudiants universitaires canadiens âgés de 30 ans et moins.Le sondage démontre aussi que près de la moitié des étudiants universitaires (43 %) reconnaissent qu'ils ne commencent jamais à étudier assez tôt pour les examens, tandis que le quart (27 %) avouent qu'ils passent des nuits blanches à étudier.Le tiers des répondants disent qu'ils s'adonnent au « bourrage de crâne », ce que les étudiants eux-mêmes définissent comme l'étude à la dernière minute, qu'il s'agisse de quelques heures avant un examen, la nuit précédente, le jour précédent ou trois jours avant.« Cette enquête révèle que les étudiants jonglent avec plusieurs priorités \u2014la famille, le travail, la vie sociale ainsi que les travaux universitaires.Il est facile de voir comment les études peuvent être repoussées à la dernière minute », soutient la Dre Donna Mc Ghie-Richmond, spécialiste en éducation des centres Kumon.Selon la spécialiste, il peut sembler que quelques jours de préparation à un examen soient suffisants, «mais les étudiants se préparent généralement à cinq examens à la fois et c'est là que les problèmes surviennent ».Ce sondage est le premier au genre à scruter en détail les habitudes des étudiants universitaires canadiens et à examiner l'étendue et la dynamique du stress lié aux examens et les façons dont les étudiants y font face.L'étude précise que personne n'échappe au stress des examens.Aucun des répondants au sondage ne se décrit comme étant libre de stress, tandis que 40% affirment souffrir d'un degré important de stress.Les étudiants les plus stressés sont ceux de la Saskatchewan et du Manitoba (52 %), suivis par ceux de l'Ontario (47 %).Les moins stressés sont au Québec, où seulement 27% des étudiants se disent ressentir un degré élevé de stress.Dans une proportion de 59%, les étudiants québécois se disent moins stressés avant les examens, comparativement à 70% des étudiants des autres provinces.En outre, au Québec, 63% des étudiants considèrent qu'ils ont de bonnes habitudes d'étude, alors qu'en Colombie-Britannique le pourcentage baisse à 46%et à 44%en Ontario.Chez les filles, plus de 44% disent éprouver un haut degré de stress, alors que chez les garçons le pourcentage baisse à 34.Quarante-huit pour cent des étudiants interrogés soutiennent qu'ils ressentent plus de stress dans les heures qui précèdent immédiatement un examen, alors que 32% en éprouvent davantage pendant leurs heures d'études.Les principales causes du stress avant les examens sont: avoir trop d'examens à étudier (20 %), la pression de la réussite (19 %) et la nécessité d'équilibrer les études avec les autres responsabilités (18 %).Toujours selon la Dre Mc Ghie-Richmond, « équilibrer le temps d'étude avec les autres activités, se détendre un peu et trouver un bon endroit pour étudier contribuent beaucoup à aider les étudiants à en venir à bout ».Le stress se manifeste de différentes façons chez les étudiants.Il va de la nervosité et de l'anxiété (29%) à l'insomnie (27 %), à la fatigue ou à l'épuisement (15%).Certains ont des maux d'estomac (13 %), d'autres sont de mauvaise humeur (11 %) ou transpirent de façon excessive (5%).Les résultats du sondage sont fiables à 4 points de pourcentage près, 19 fois sur 20.Les résultats complets sont disponibles sur le site d'Ipsos-Reid à www.ipsos.ca.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Beaucoup de responsabilités et si peu de temps pour les terrasses.Photos à titre indicatif seulement.Paiements de 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VOUS AVEZ RAISON DE L'AIMER.SOLDE PRINTANIER 3307940A Ma filleule, Michael Jackson et moi STÉPHANE LAPORTE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Un vendredi soir, en 1984.Mon frère Bertrand et ma belle-soeur Marie-Andrée descendent l'escalier.Ils font souvent ça.Ils habitent en haut de chez nous.En haut de chez mes parents.Mon frère a dans ses bras sa petite merveille.Son bébé.Sa fille.Sa plus vieille.Ma filleule.Marjolaine, qui a presque 3 ans.Ma belle-soeur a dans ses bras l'autre merveille.Un autre beau bébé.Une autre belle fille.Leur plus jeune.Valérie, qui a 1 an.Ils viennent nous porter leurs trésors.Bertrand et Marie-Andrée s'en vont au cinéma avec ma mère et ma soeur, voir un film avec Baryshnikov, le danseur de ballet.Papa et moi, on reste à la maison.On garde les deux petites.Grosse mission.D'habitude, quand mon frère et ma belle-soeur sortent, il y a toujours ma mère ou ma soeur pour veiller sur les poupons.Cette fois, ce sont les hommes qui sont de garde.Attention ! Papa s'occupe de la plus jeune.Et il s'en occupe très bien.Plus le bébé est bébé, plus mon père a le tour.C'est quand les enfants se mettent à parler que ça se complique pour mon paternel.Mais quand ils dorment presque tout le temps et qu'ils ne disent pas un mot\u2014au fond, quand ils font la même chose que lui\u2014, les enfants et papa sont en symbiose totale.Papa est couché sur son lit avec Valérie dans ses bras.Ce sera leur grosse activité de la soirée.Moi, je m'occupe de la plus vieille.On s'amuse dans le salon.Je dois la coucher à 20 h, il nous reste une heure pour faire les fous.On joue à Michael Jackson.Marjo est Michael.Et moi, je suis Tito, le frère gros de Michael.On fait les chorégraphies des Jackson Five.Elle, elle les fait très bien.Et moi, je les fais tout croche.En Tito.En nono.Et ça fait rire Marjo.ABC ! I Want you Back ! Blame it on the Boogie ! On enchaîne tous les succès en déconnant.Marjo adore Michael Jackson depuis qu'elle est toute petite.Je la berce en chantant Beat it.Parlant de berceuse, c'est l'heure.Faut que j'aille la coucher.Marjo ne veut pas.Elle me regarde avec ses grands yeux : \u2014Parrain, encore Mickey Jackton ! Encore ! \u2014Le show est fini, Marjo ! Mickey Jackton, faut qu'il fasse dodo.\u2014Noooon ! Et elle se met à pleurer.À pleurer ! Mais à pleurer ! Je suis désemparé.Je ne peux pas aller la porter à sa mère.Ni à ma mère.Ni à ma soeur.D'habitude, ce sont elles qui règlent les crises de larmes.Il faut que je me débrouille comme un grand.J'ai le goût de me mettre à pleurer moi aussi.« Marjo, arrête ! » Je me mets à faire des singeries.À tirer la langue.À faire du moonwalk en tombant sur le derrière.Rien n'y fait.La vallée de larmes continue à se remplir.J'entends la voix de mon père venir du fond de sa chambre : « Stéphane, ça va ?» Je suis mieux de régler le problème, et vite.Si les cris de Marjo réveillent Valérie dans les bras de papa, ça va être l'enfer.Et mon père ne me le pardonnera pas.Que faire ?Que faire ?\u2014Marjo, si on regarde la cassette de Michael Jackson, est-ce qu'après on s'en va se coucher sans dire un mot ?\u2014Oui.L'inondation est arrêtée.D'un coup sec.Plus de larmes.Juste un beau grand sourire.Comme un arcen- ciel après la pluie.Je suis presque fier de mon coup.Presque, parce que je ne suis pas censé faire ça.Ma belle-soeur ne veut pas que Marjo regarde la cassette de Michael Jackson.Elle dit qu'elle est trop petite pour regarder le vidéo Thriller.Voyons donc ! Un loup-garou avec une voix de Mini-Fée ! Y a rien là ! Et puis, je n'ai pas le choix, c'est tout ce que j'ai trouvé pour pouvoir coucher Marjo.Je mets la cassette dans le magnétoscope et je m'assois à côté de ma filleule.Elle est heureuse.Elle sait que sa mère est contre.Elle savoure chaque seconde.Michael est au cinéma.Il mange du pop-corn en regardant un film de peur.Sa blonde sursaute.Michael rit.Puis il va la reconduire chez elle.Ils se promènent main dans la main.Michael a l'air amoureux.C'est un bon acteur.Il fait des petits pas de danse autour de sa douce.Marjo est subjuguée.Marjo le trouve beau.\u2014Bon, c'est assez, on va se coucher.\u2014 Encore, parrain, encore.Parrain sait ce qui s'en vient.Mais il est trop faible pour mettre son pied à terre.Soudain, Michael Jackson a comme un crampe.Ses yeux deviennent jaunes.Les yeux de Marjo s'agrandissent.Michael se couvre de poil.Marjo frissonne.Michael pousse un grand cri.Marjo a la bouche grande ouverte.Puis les morts sortent de leurs tombes.Et Michael se met à danser avec eux.C'est trop.Marjo se met à pleurer comme si on lui arrachait un bras.« Mickey Jackton, méchant ! Mickey Jackton, méchant.Bouhouhouhou ! » Elle est traumatisée.Tantôt, les larmes, c'était de la petite bière.Elle est en transe.J'éteins le magnétoscope.Mon père arrive dans le salon avec Valérie dans les bras, qui pleure aussi.\u2014Qu'est-ce qui se passe ?Tu lui as fait mal ?\u2014Non, c'est Michael Jackson qui lui a fait mal.Je prends ma filleule par la main et la monte dans sa chambre.En la consolant : « Mickey Jackton est pas vraiment rendu méchant.C'est un déguisement.Comme à l'Halloween.» Elle renifle.Je lui chante une bonne vieille berceuse.Au clair de la lune.Elle s'endort.Yes ! Mission accomplie.Bertrand, Marie-Andrée, maman et Dominique reviennent du cinéma.Ni vu ni connu.Tout a bien été.Les filles ont été sages.Tout est parfait.Malheureusement, l'histoire ne se termine pas ici.Cette nuit-là, Marjo s'est réveillée en pleurant.Et en criant, très fort.Elle voyait Michael Jackson en mort-vivant dans sa fenêtre.Ma belle-soeur a tout de suite compris que parrain avait montré à sa fille la cassette interdite.Elle était pas contente.Surtout que, durant un mois, Marjo s'est réveillée toutes les nuits en pleurant.En rêvant au méchant Michael Jackson.Parrain n'était pas fier de lui.J'étais le coupable.Mais j'avais appris ma leçon.Valérie n'a jamais vu le vidéoclip Thriller de Michael Jackson.Ni ses deux petites soeurs, qui sont nées plus tard.Même pas à l'âge de 15 ans.Je ne prenais plus de risque.Michael Jackson était devenu interdit aux enfants chez les Laporte.Force est d'admettre qu'il aurait dû en être ainsi dans toutes les maisons.Surtout en Californie.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : stephane@stephanelaporte.com Michael Jackson était devenu interdit aux enfants chez les Laporte.Force est d'admettre qu'il aurait dû en être ainsi dans toutes les maisons.Surtout en Californie.3301933A Pour atteindre un but\u2026 3310396A ACTUALITÉS La chapelle Sixtine n'a pas échappé au progrès MATHIEU PERREAULT ENVOYÉ SPÉCIAL ROME \u2014 La cheminée de laiton brillant monte le long des fausses draperies peintes sur le mur, puis du tableau de Michel-Ange qui représente Moïse prêchant aux juifs esclaves en Égypte.Ensuite, elle sort par un carreau manquant de la fenêtre quadrillée de plomb qui domine de 10 mètres la chapelle Sixtine.En bas de la cheminée se trouvent les deux poêles de fonte où seront brûlés les bulletins de vote du conclave, qui commence demain.Hier après-midi, le Saint-Siège a invité 80 journalistes, dont les noms ont été tirés au sort, à visiter la chapelle, où tout est prêt pour accueillir les 115 cardinaux qui éliront le prochain pape.Douze tables sont disposées le long des murs nord et sud, en deux rangées de trois.Les chaises sont en bois, avec un siège de velours beige.Deux nappes recouvrent les tables : celle du dessous est d'un rouge sombre ; et celle du dessus, plus petite, est marron avec des bords brodés.Jusqu'en 1978, les cardinaux étaient installés dans des fauteuils en rangée simple, comme ceux où s'assoient les moines dans le choeur des églises d'abbayes.On peut le voir dans le film américain de 1968 The Shoes of the Fisherman (Les Souliers de saint Pierre), qui raconte l'élection d'un pape russe, et dans une photo du conclave de 1914 se trouvant dans le catalogue de l'exposition sur les trésors du Vatican, qui aura lieu cet été à la basilique Notre-Dame.Mais l'augmentation rapide du nombre de cardinaux, de 82 à 115 entre 1963 et 2005, a forcé la rationalisation de l'espace.Notamment, le plancher a été relevé d'un mètre sur la moitié ouest de la chapelle parce que des bancs de pierre, le long des murs, faisaient perdre un petit mètre de chaque côté.Une rampe mène à la portion surélevée de la chapelle, ce qui rappelle que certains cardinaux se déplacent en chaise roulante.Au milieu, entre les deux rangées de tables, une Bible est installée sur un riche lutrin orné de pierres bleues, sur une table aux fines pattes recourbées.Au fond, sous le tableau du Jugement dernier de Michel- Ange, un autel et la table où s'assoiront les six cardinaux chargés de surveiller le bon déroulement du vote.Personne n'assistera au conclave, hormis les cardinaux électeurs.Mais six chaises sont tout de même installées en bas du plancher surélevé, et une loge, sur le mur nord, abrite des équipements de sonorisation.Dans le grand hall qui mène à la chapelle, deux caméras attendent de mystérieux interlocuteurs.Fini la fumée grise Les deux poêles sont installés sur une plaque de métal doré en forme de L, dans le coin sud-est de la chapelle.Ils ne sont pas pareils : l'un a des coins carrés, l'autre est rond.Les bulletins à brûler sont insérés par une petite porte sur le haut de chaque poêle, alors que le feu comme tel est attisé par une porte plus basse.En 1978, aux deux conclaves, la fumée sortait toujours grise : le préposé aux poêles n'avait pas su doser la paille et la chaux nécessaires pour donner une fumée noire après des votes sans résultat, et une fumée blanche après l'élection du pape.De nouveaux produits chimiques ont été intégrés cette fois-ci, mais le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls, n'a pas voulu en révéler la teneur : « Soyez sans crainte, cette fois-ci la fumée sera vraiment noire ou blanche », a affirmé M.Navarro-Valls, dans une conférence de presse hier midi.Pour faire bonne mesure, la basilique sonnera ses cloches quand la fumée blanche sortira.La tradition de la fumée blanche ou noire remonte au conclave de 1903.Avant, la fumée générée par les bulletins brûlés n'était pas évacuée par une cheminée.Mais les responsables des oeuvres d'art du Vatican se sont rendu compte qu'elle endommageait les fresques de Michel-Ange.La cheminée est donc apparue.Le laiton est une innovation encore plus récente : dans le film The Shoes of the Fisherman, généralement considéré comme très fidèle aux détails du conclave, la cheminée était en aluminium.C'est à de petits détails comme celui-là qu'on constate que, même au Vatican, il y a de la place pour le progrès.PHOTO THOMAS COEX, AFP Le cardinal Dario Castrillon Hoyos quitte l'hôtel Paul-VI après avoir participé hier à la 12 e et dernière réunion officielle des cardinaux depuis le décès du pape.Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucicalpa, au Honduras, 62 ans Le cardinal antimondialisation À compter de demain, les cardinaux de l'Église catholique seront réunis en conclave pour choisir un nouveau pape.Jusqu'à l'élection, La Presse poursuit sa série de portraits des candidats les plus en vue.MATHIEU PERREAULT ENVOYÉ SPÉCIAL ROME «Je suis contre la mondialisation qui multiplie la pauvreté dans le monde, et en faveur de la mondialisation de la solidarité, de la justice et de l'amour.» Comme s'il voulait énoncer son programme électoral, le cardinal hondurien Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga a fait ce commentaire à la presse de son pays juste avant de partir pour le conclave.Mgr Maradiaga est archevêque de Tegucicalpa, la capitale du Honduras, l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine.Au fil des ans, il s'est fait une renommée de champion de la lutte contre la mondialisation.Président de la Conférence épiscopale de l'Amérique latine (CELAM) pendant quatre ans, à la fin des années 90, il a utilisé cette tribune pour dénoncer l'écart, grandissant, selon lui, entre l'Occident riche et le tiers-monde pauvre.« Mgr Maradiaga est très populaire en Amérique latine pour ses positions contre la mondialisation », explique Sergio Mora, vaticaniste argentin spécialiste de l'Amérique latine pour le quotidien espagnol ABC.«À part l'annulation de la dette du tiers-monde, il ne propose pas vraiment un programme économique différent ; il ne fait que dénoncer la permanence de la pauvreté.Mais ce n'est pas grave parce que, dans un continent où les écarts sociaux sont si grands, les luttes sociales ont des objectifs simples.» Le cardinal hondurien s'est aussi acquis beaucoup de sympathie en s'associant aux démarches de béatification d'Oscar Romero, l'ex-archevêque du San Salvador, assassiné par un gouvernement militaire de droite en 1980.De nombreux catholiques estiment que Jean-Paul II n'a pas accordé assez de soutien à Mgr Romero.Son opposition aux trafiquants de drogue colombiens, qui utilisent le Honduras comme plaque tournante, lui a valu des menaces de mort, et le kidnapping de son concierge.Musique et physique Mgr Maradiaga, qui est salésien, a une feuille de route éclectique.Il a été professeur de chimie, de physique et de musique dans les années 60, puis de théologie dans les années 70, dans divers pays de l'Amérique centrale.Il a étudié la musique durant six ans, en Amérique latine et aux États-Unis, et est titulaire d'un certificat de psychologie autrichien.À partir de la fin des années 70, il a connu une phase pastorale tout aussi chargée : évêque auxiliaire au Honduras, son pays natal, en 1978, puis archevêque en 1993, en plus de diverses tâches à la CELAM dans les années 80 et 90.En d'autres mots, il connaît bien son Église.La Presse a pu constater son énergie durant une catéchèse aux Journées mondiales de la jeunesse de Toronto, à l'été 2002.Des centaines de jeunes Sud-Américains, qui agitaient des dizaines de drapeaux, buvaient ses paroles, prononcées avec force et un sens rhétorique très dramatique.Par deux fois, il a chanté a cappella, prenant même le temps d'enseigner à la foule trois strophes au rythme vaguement salsa.Mgr Maradiaga a déploré la « privatisation de la foi » et a proposé à son public d'emprunter « un chemin de conversion, de confession, de pardon et de réconciliation », des mots qui ont des connotations politiques dans un continent marqué par des dictatures sanglantes.La verve de Mgr Maradiaga est un atout indéniable en Amérique latine, où les prédicateurs évangéliques font des ravages dans les rangs de l'Église catholique.Mais le cardinal hondurien est peu au fait de la sensibilité occidentale.Par exemple, durant le scandale de pédophilie qui a secoué l'Église américaine en 2002, il a accusé les médias protestants de s'en prendre injustement à l'Église catholique, allant même jusqu'à comparer le traitement de l'Église par les médias aux persécutions antichrétiennes de Néron, d'Hitler et de Staline.De plus, il a donné l'impression d'être antisémite, en avançant que les médias américains voulaient punir l'Église parce qu'elle soutenait les Palestiniens contre Israël.Mgr Maradiaga n'a jamais renié ses accusations, mais les a par la suite liées à ses convictions altermondialistes.Dans une entrevue avec l'hebdomadaire américain National Catholic Reporter, il a expliqué que l'attention portée aux scandales sexuels aux États-Unis était démesurée quand on les compare à d'autres problèmes graves comme le sida en Afrique, la violence des trafiquants de drogue latino- américains, le travail des enfants en Asie et la pauvreté générale dans le tiers-monde.Ses multiples voyages l'ont rendu polyglotte.Cette semaine, La Presse a rencontré un haut prélat sud-américain et lui a demandé si la candidature du cardinal brésilien Claudio Hummes, qui parle allemand, pourrait bénéficier du fait que les prochaines Journées mondiales de la jeunesse, cet été, ont lieu à Cologne.« Mais vous savez, Mgr Maradiaga parle aussi allemand, et très bien », a dit le haut prélat.« Mgr Maradiaga est très populaire en Amérique latine pour ses positions contre la mondialisation.» DANIEL LEMAY Jean-Paul II, entre autres records, possède celui du nombre de canonisations et de béatifications.En 26 ans et demi de pontificat, ce pape a placé sur l'autel 482 saints et 1338 bienheureux ; c'est plus de nouveaux saints en un quart de siècle qu'au cours des quatre siècles précédents, soit depuis l'institution de la Congrégation pour les causes des saints par Clément VIII (Aldobrandini, 1592-1605).Beaucoup d'observateurs ont vu dans cette multitude la marque d'un fin tacticien, les saints \u2014 les martyrs surtout, qui comptent pour les quatre cinquièmes\u2014 ayant l'heur de plaire au peuple, tant dans le berceau européen de l'Église que dans les nouvelles enclaves catholiques en Asie et en Afrique (bien que le nombre de baptisés africains ait doublé sous le dernier pontificat, ils ne représentent toujours que moins de 15% de la population).Les spécialistes notent par ailleurs une « démocratisation » sensible de la sainteté, où les femmes et les laïcs mariés ont de tout temps eu la part congrue par rapport aux clercs (mâles et célibataires).Jean-Paul II a canonisé le premier couple, le premier gitan et l'ensemble de l'église gréco-catholique d'Ukraine.La plus connue du nouveau catalogue est certainement mère Teresa, fondatrice des missionnaires de la Charité (4000 membres dans 120 pays) et Prix Nobel de la paix (1979) qui a passé sa vie en Inde.Morte en 1997, elle a été béatifiée en 2003.On a entendu moins de bravos quand le pape a canonisé (2002) le fondateur de l'Opus Dei, l'Espagnol Escriva de Balaguer.Cette organisation quasi secrète, ultraconservatrice et « dangereusement efficace » a été fondée en 1926 pour bonifier le rôle des laïcs dans l'Église catholique.L'Opus Dei (l'Oeuvre de Dieu, 80 000 membres dans le monde) est fortement implantée au Vatican et plusieurs de ses membres faisaient partie du premier cercle de Jean- Paul II, dont le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls.Notons aussi que deux des 116 cardinauxélecteurs qui choisiront le nouveau pape sont de « l'Opus » : le Péruvien Cipriani et l'Espagnol Herranz.La France, « fille aînée de l'Église », compte pour sa part 30 saints et 196 bienheureux de plus qu'en 1978 ; de plus, le pape-pèlerin a donné à sainte Thérèse de Lisieux, la plus connue des saintes françaises, le titre de « docteur de l'Église », qu'elle partage avec seulement 33 autres personnages de l'histoire de la catholicité.Jean-Paul II, par ailleurs, a fait un bienheureux de son « prédécesseur de sainte mémoire », Jean XXIII (Roncalli, 1958-1963), celui que l'on appelait « le bon pape ».Se sont aussi ouverts les procès de béatification de Jean-Paul 1er (Luciani, 1978) dont le pontificat de 32 jours n'aura pas beaucoup marqué le monde, et de Paul VI (Montini, 1963-1978), qui a passé sa carrière entière au Vatican et dont on se souvient surtout pour son encyclique Humanae Vitae (1968) contre le contrôle des naissances.Plus de 2000 causes de béatification et de canonisation sont ouvertes à la « Fabrique des saints », comme on surnomme la Congrégation idoine.Celle du bienheu reux f rè re André (1845-1937), le fondateur de l'oratoire Saint-Joseph qu'a béatifié Jean- Paul II en 1982, est du nombre.Jusqu'au 11e siècle, le pape déléguait à certains membres de l'épiscopat des pouvoirs limités quant à la béatification ; plus tard, ce sont les conciles qui traitaient de ces questions.La Catholic Encyclopaedia nous dit toutefois que, depuis Urbain VII (Barberini, 1623-1644), le pape détient, seul, le pouvoir suprême en ces matières.Depuis ce temps, un seul pape a été déclaré saint: Pie X (Sarto, 1903-1914), canonisé par Pie XII en 1954.Et loin de l'unanime ferveur, comprend-on, Pie X ayant fermement combattu le modernisme, voire la démocratie.La semaine dernière, le monde apprenait, de la bouche même du secrétaire de la « Fabrique », le Polonais Newak, que Jean-Paul II pourrait être canonisé dès octobre 2005 à la suite d'une procédure accélérée, comme cela a été le cas pour mère Teresa.D'habitude, les causes ne peuvent s'ouvrir que cinq ans après la mort du sujet.La cause sera belle.pour l'avocat du diable, comme on appelle l'ecclésiastique chargé de contester les mérites des candidats à la canonisation.Le pontificat de Jean-Paul II, il n'est que de lire la presse internationale pour s'en rendre compte, n'a pas convaincu toutes les brebis de son troupeau, loin s'en faut.On rapporte même qu'une pétition contre cette procédure exceptionnelle circule en ce moment dans le Sacré Collège.Dans les rangs, les positions s'affirment aussi ; le jésuite Henri Madelin, ex-rédacteur en chef de la revue Études, traitant de la « sainte inflation » la semaine dernière dans Le Point : « Héroïcité au coeur de la banalité des jours ou offrande suprême dans la brutalité d'un moment fou de l'Histoire, c'est toujours la sainteté qui se révèle, celle qui ne se donne pas à elle-même sa propre auréole.» .DEMAIN : Des histoires de pape COURRIEL Pour joindre notre journaliste : dlemay@lapresse.ca Des saints pour tout le monde ACTUALITÉS Charest reprend confiance devant ses troupes RAYMOND GERVAIS Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dressé un bilan de mimandat positif hier à Sherbrooke, non sans écorcher les syndicats au passage.Au congrès régional de son parti dans sa circonscription des Cantonsde- l'Est, le chef du Parti libéral du Québec a rappelé que son gouvernement avait investi 2,2 milliards de dollars dans le réseau de la santé.Il a aussi fait état d'investissements de 709 millions de dollars dans le domaine de l'éducation.Visiblement à l'aise et confiant devant plus de 150 militants, M.Charest a fouetté ses troupes et rappelé que son gouvernement avait agi là où ses prédécesseurs avaient refusé de se mouiller.« Si l'on veut faire avancer le Québec, si l'on veut redonner au Québec toute la place qui lui revient, il faut se battre.Il faut avoir le courage de faire face aux grands changements.Il faut être capable de nommer les choses et de démontrer le leadership et le courage que les Québécois attendent de nous », a déclaré le premier ministre.M.Charest a toutefois évité de parler des sondages qui placent son parti en mauvaise posture par rapport au Parti québécois.Le chef du PLQ ne s'est pas gêné pour attaquer la façon de gouverner de son prédécesseur Bernard Landry, qui, selon lui, a gouverné uniquement en pensant à la séparation du Québec.M.Charest estime que, quoi qu'en pensent les syndicats, son bilan de mi-mandat est l'un des meilleurs de l'histoire du Québec.M.Charest a aussi rappelé les engagements qu'il avait pris lors de la dernière campagne électorale, affirmant avoir obtenu de la population le mandat de réduire la taille de l'État et d'investir en santé et en éducation.Il a soutenu que le Parti québécois avait laissé un déficit de 4,3 milliards de dollars lorsqu'il a quitté le pouvoir, tout en cachant ces chiffres dans son budget du 11 mars 2003.Il a aussi déclaré que la fusion des accréditations syndicales dans le réseau de la santé était une bonne décision : selon lui, il était grand temps que l'argent aille aux services de santé plutôt qu'à la bureaucratie syndicale.« Nous sommes le premier gouvernement en 30 ans qui a eu le courage d'affronter les leaders syndicaux sur cette question et de dire que c'était assez.Le ministre des Finances, Michel Audet, présentera son budget jeudi, lequel pourrait être crucial pour le gouvernement.Jean Charest assure que ce dernier maintient le cap sur les priorités que sont les domaines de la santé et de l'éducation.Il y a deux ans, le PLQ avait promis de réduire de 1 milliard de dollars les impôt des Québécois, une promesse dont la réalisation se fait toujours attendre.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Leministre Pettigrew pressenti par l'OEA PRESSE CANADIENNE L'Organisation des États américains (OEA), dans une impasse quant au choix de son prochain secrétaire général, examinerait la possibilité de nommer le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, afin de trouver un compromis.Vendredi, le bureau du ministre a publié un communiqué qui laissait la porte ouverte à la candidature du ministre dans l'éventualité où l es a p p u is se multiplieraient.Il s'agirait d'une option intéressante pour un député libéral dont la réélection pourrait être difficile.Aucun Canadien n'a jamais présidé l'organisation continentale, formée de 34 pays membres.M.Pettigrew s'est quant à lui déjà montré intéressé par une fonction dans une organisation internationale à la suite de son passage aux Affaires étrangères.Une source à Ottawa a indiqué que M.Pettigrew ne cherche pas à obtenir le poste et que le délai rendait sa candidature difficile, étant donné que le deuxième vote des 34 membres de l'OAS, pour le choix d'un secrétaire général, est prévu pour le 2 mai.La première tentative a échoué, avec un résultat égal de 17 voix contre 17, au terme de cinq tours de scrutin.Mais devant un enjeu électoral dont l'issue est pour lui incertaine, a indiqué une autre source, M.Pettigrew devrait étudier la possibilité de se joindre à l'organisation, dont le siège est à Washington.Pierre Pettigrew est connu des cercles politiques latino-américains et il parle l'espagnol.Sa candidature serait par ailleurs bien accueillie à Washington puisqu'il est perçu comme une personne qui pourrait promouvoir la démocratie en Amérique latine.Si des élections devaient avoir lieu bientôt, plusieurs analystes estiment qu'il sera difficile pour M.Pettigrew de se faire réélire sous la bannière libérale dans sa circonscription de Papineau, à Montréal.Les intentions de vote pour le PLC au Québec ne cessent de baisser, selon plusieurs sondages.Aux élections de juin 2004, la majorité de M.Pettigrew était de moins de 400 votes dans Papineau, devant Martine Carrière, candidate du Bloc québécois.PHOTO HARAZ GHANBARI.AP © Vendredi, Amtrak a découvert des problèmes de freins sur les trains Acela Express, de fabrication canadienne.Amtrak aux prises avec des trains canadiens défectueux Des mesures pour éviter de nouveaux Vioxx et Bextra ASSOCIATED PRESS WASHINGTON \u2014 Amtrak a réussi à réunir suffisamment de wagons et d'équipements pour assurer, samedi, les quatre liaisons Washington- Boston prévues à l'horaire pour ses trains Acela Express.Vendredi, des problèmes de freins ont été découverts sur les trains de fabrication canadienne, ce qui a forcé le transporteur ferroviaire à suspendre le service de transport à grande vitesse.Cette interruption de service, décrétée dans le nord-est des États- Unis, devrait durer au moins jusqu'à mercredi.Elle pourrait se prolonger pendant plus de deux mois.Aujourd'hui, Amtrak a l'intention d'assurer avec d'autres trains trois des 10 liaisons prévues avec les Acela, a déclaré Tracy Connell, porte-parole de l'entreprise.Amtrak effectue avec ses trains Acela 15 liaisons hebdomadaires entre New York et Washington et 11 entre New York et Boston.Mme Connell a indiqué que Amtrak décidera de la façon dont le service sera assuré pour les départs prévus demain.Les trains Acela sont construits par Bombardier, de Montréal, et leurs freins sont garantis.Bombardier a commencé à remplacer certaines pièces en plus d'affecter à la tâche du personnel supplémentaire, qui travaille 24 heures sur 24 à Washington, New York et Boston pour réparer les freins défectueux, a indiqué hier une porte-parole de l'entreprise, Hélène Gagnon.Des fissures ont été constatées sur 300 des 1440 freins à disques que comptent les wagons de la flotte.Chacun des 20 trains Acela d'Amtrak dispose de 20 freins à disques.Les trains Acela Express assurent environ 20% des trajets le long du corridor reliant Boston à Washington en passant par New York.En semaine, ils transportent de 9000 à 10 000 personnes chaque jour.Selon Mme Gagnon, Bombardier n'a pas encore déterminé la cause des fissures constatées sur les freins.PRESSE CANADIENNE VANCOUVER \u2014 Une série de mesures pour améliorer la sécurité des médicaments au Canada, dont un forum pour faire part d'inquiétudes à propos des médicaments contre l'arthrite, ont été annoncées hier par le ministre fédéral de la Santé, Ujjal Dosanjh.Le gouvernement a aussi l'intention d'avoir, dès cet été, un nouveau bureau d'ombudsman au ministère, a indiqué M.Dosanjh aux délégués du Canadian Therapeutics Congress.L'ombudsman aurait pour tâche de recevoir les commentaires concernant la façon dont Santé Canada s'acquitte de ses responsabilités en vertu de la Loi sur les aliments et drogues.« La sécurité est au sommet de mes priorités », a dit le ministre.M.Dosanjh a indiqué qu'Ottawa inaugurera bientôt une base de données contenant des renseignements sur les médicaments pour que les avis de conformité soient plus transparents dès les premiers stades des essais cliniques.\u2026pour traverser des moments difficiles\u2026 3310400A Prix et offre en vigueur jusqu'au dimanche 17 avril 2005.Quantité limitée sur certains articles.Achat minimum requis de 299$ avant taxes pour les appareils électroniques et de 499$ avant taxes pour les meubles, matelas, accessoires de décoration et électroménagers.Ne payez que les taxes de vente au 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dernier, et rendu public vendredi.En 2001, le dernier recensement ne faisait référence qu'aux relations de même sexe en union libre.C'était avant les contestations judiciaires qui, dans plusieurs provinces, ont contribué à modifier la définition traditionnelle du mariage.Depuis, environ 3000 couples de même sexe ont choisi de s'unir officiellement dans sept provinces du pays.Le porte-parole de l'agence fédérale, Doug Norris, a expliqué que ce changement ne fait que tenir compte d'une nouvelle réalité législative apparue à travers le Canada depuis le dernier recensement, il y a quatre ans.« À cette époque (en 2001), il n'y avait pas de conjoints mariés de même sexe et avec ce qui s'est produit dans l'intervalle, nous l'avons ajouté au questionnaire, a-t-il dit.Nous pourrons ainsi utiliser cette information qui nous permettra de connaître le nombre réel de partenaires de même sexe.» LOUISE COUSINEAU TÉLÉVISION La lumière s'est allumée vendredi soir à Radio-Canada et les patrons ont décidé en catastrophe que diffuser une reprise de la nouvelle émission Tout le monde tout nu le dimanche après-midi n'avait pas d'allure.La reprise était prévue dans la grille d'été.À 14h30 aujourd'hui, vous verrez donc une grande entrevue de Michaëlle Jean.Si vous vous prépariez à voir ou à revoir Isabelle Maréchal debout sur une table proclamer qu'elle se trouve belle et se vanter de ses orgasmes multiples, oubliez ça.Michaëlle n'est pas exhibitionniste et, si elle monte quelque part à la télé, c'est dans les hautes sphères de la connaissance.Son premier invité, Daniel Pinard, vous parlera tout de même de cochonneries puisqu'il sera question des erreurs de nos gouvernements tellement éblouis par les mirages de la mondialisation qu'ils subventionnent largement l'élevage du porc chez nous.Industrie polluante s'il en est, qui fait bien l'affaire des acheteurs japonais mais pas vraiment celle de notre agriculture, où il s'est perdu 6000 emplois.Et de bien d'autres choses encore.Un propos qui devrait vous informer davantage que les confessions de Michèle Richard sur l'importance de son cul.En catastrophe, la télévision principale de Radio-Canada est allée piger dans les émissions de RDI où Michaëlle Jean présente tous les vendredis soirs une grande entrevue d'une heure non entrecoupée de pauses publicitaires.Attention toutefois: Daniel Pinard sera coupé cet après-midi de publicités parce qu'il était impossible, selon Mme Jean, d'y échapper la première semaine.À compter de dimanche prochain, il n'y aura plus d'interruptions commerciales.Radio-Canada pourra s'imaginer pendant une heure qu'elle est vraiment dans son mandat culturel.Michaëlle se réjouit : on lui a garanti que 14 de ses grandes entrevues seraient diffusées les dimanches après-midi.Des rediffusions de RDI.L'animatrice était enchantée d'apprendre vendredi de son patron Louis Lalande, le numéro un de l'information, que ses entrevues passeraient à la première chaîne.« Nous recevons toutes les semaines beaucoup de courriels de spectateurs inspirés à poursuivre leur réflexion », disait-elle hier.Il a été impossible d'obtenir des commentaires de la direction des programmes de Radio-Canada sur Tout le monde tout nu et son avenir dans la grille d'été.3338, rue Bélair(514) 722-8741 www.pianobouthillier.qc.ca Robert Bouthillier Musique LIQUIDATION de pianos partir de Plus de 100 modèles 1 250$ Garantie incluse 3310184A COMMENCEZ VOS EXERCICES SUR LE BON PIED LA PLUS LARGE SÉLECTION À MONTRÉAL (PLUS DE 50 MODÈLES EN MAGASIN) (Hommes et femmes) Course W856WB (Hommes et femmes) Marche WW747DR New Balance Canada est fière d'appuyer la Fondation canadienne du cancer.Beaubien Votre spécialiste depuis 1985 6579, rue Saint-Denis Montréal (514) 272-9267 Spécialiste de l'ajustement DES LARGEURS DE CHAUSSURES POUR TOUS VOS BESOINS: COURSE, MARCHE, MULTISPORTS OU TOUT ALLER.Stationnement réservé Un festival interculturel d'été est crééà Montréal RAYMOND GERVAIS L'administration du maire Gérald Tremblay a annoncé hier la création du Festival interculturel de Montréal, qui aura lieu du 25 juin au 14 août à l'île Notre-Dame.Il s'agit du tout premier festival interculturel à Montréal.Afin d'en assurer le succès, la Ville y injecte 1,3 million de dollars.Cette année, les communautés caribéennes et latinoaméricaines de 36 pays seront en vedette.La participation financière de la Ville servira notamment à l'aménagement du site, lequel comprendra une scène, la sonorisation, l'éclairage de base, les services techniques, les toilettes, les tables et les chaises, la sécurité privée, la billetterie ainsi que les clôtures et barricades requises.Marcel Tremblay, conseiller associé au maire pour les relations interculturelles, a indiqué hier que l'ancien site de l'Expo 67 était unique en son genre, tant par sa beauté que par son emplacement, au milieu du Saint- Laurent.« L'objectif de la Ville est de fournir aux organisations du festival un site, un lieu.Nos parcs sont de plus en plus engorgés.En choisissant l'île Notre-Dame, les communautés organisatrices n'auront pas à s'inquiéter de la capacité du site.On espère que ce nouveau festival montréalais deviendra aussi couru que le Festival de jazz ou le festival Juste pour rire.» Durant les Championnats du monde de sports aquatiques, les festivités se transporteront au parc Angrignon pour les volets Trinidad- Tobago et merengue du festival.Michel Prescott, vice-président du comité exécutif et responsable des sports et des loisirs, a déclaré que le nouveau festival rejoignait la volonté de la Ville d'offrir à toutes les communautés culturelles un lieu exceptionnel où elles pourront tenir leur fête nationale ou annuelle.« Le Festival va permettre à des milliers de personnes de découvrir la beauté et la convivialité de ce site unique ».\u2026on a tous besoin de soutien.3310401A ACTUALITÉS Théocratesàl'oeuvre Procurez-vous M A G A Z I N E S O U V E N I R N O M B R E U S ES PH O T OS IN É D I T E S LE HÂTEZ-VOUS! QUANTITÉ LIMITÉE Présenté par 3310174A ÉTATS-UNIS suite de la page 1 Quand ils ont eu à choisir entre la Bible et la Constitution, ils ont opté pour Dieu, qui ne serait pas seulement opposé à l'avortement et à l'homosexualité, mais également à l'euthanasie.S'il faut se fier aux sondages, les Américains, républicains et démocrates confondus, ont réprouvé majoritairement l'intrusion du président et du Congrès dans l'affaire Schiavo, un drame familial qui avait fait l'objet de nombreux appels devant les tribunaux de Floride.L'épisode at- il refroidi les ardeurs des fondamentalistes et de leurs alliés à Washington ?On aurait pu le penser, mais c'est le contraire qui se produit.L'affaire Schiavo a décuplé la colère que la droite religieuse entretient depuis des années contre le pouvoir judiciaire, qui a interdit la prière dans les écoles publiques, légalisé l'avortement, invalidé la loi du Texas contre la sodomie et approuvé les mariages homosexuels au Massachusetts.Aux yeux des fondamentalistes, ce pouvoir judiciaire est devenu une « tyrannie », une idée qui revient souvent dans leur discours.Ainsi, au lendemain de la mort de Terri Schiavo, Tom De Lay, chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, a promis, sur un ton menaçant : « Nous allons nous occuper de cette justice arrogante, incontrôlée, ne rendant aucun compte, qui a fait un pied de nez au Congrès et au président ! » La déclaration de De Lay a suscité des réactions outrées, car elle remettait en question un des principes fondamentaux de la Constitution américaine, celui de la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire.Les républicains dominent déjà l'exécutif et le législatif, mais cela ne suffit pas aux théocrates, qui veulent des juges au service de leurs convictions religieuses.Dans cette croisade, ils ont non seulement l'appui de De Lay, mais également de Bill Frist, chef de la majorité républicaine au Sénat et candidat probable à l'élection présidentielle de 2008.Pour favoriser la nomination de juges fédéraux ultraconservateurs, le sénateur du Tennessee est prêt à bouleverser un règlement du Sénat vieux de 200 ans, qui permet à une minorité de 41 sénateurs d'empêcher un vote sur un projet de loi ou une nomination.Depuis le premier mandat de Bush, la minorité démocrate du Sénat s'appuie sur ce règlement, appelé filibuster, pour bloquer la nomination d'une dizaine de juges fédéraux choisis par le président pour faire plaisir à la droite religieuse.À une époque où les républicains sont dominants à Washington, le pouvoir d'obstruction est le seul qui lui reste.Et Frist veut le lui enlever ! Une poignée de sénateurs républicains, dont John Mc Cain, se sont élevés contre l'élimination du filibuster, une mesure « nucléaire », selon le mot des démocrates.Mais Frist a choisi le camp des fondamentalistes, qui ont fait de la nomination de juges ultraconservateurs leur nouvelle priorité.Frist joue peut-être avec le feu.Dimanche prochain, il participera à une publicité télévisée qui sera diffusée simultanément dans plusieurs églises ainsi que sur des chaînes et des sites chrétiens.Derrière cette campagne, appelée Justice Sunday, il y a un lobby religieux, le Family Research Council, qui réclame lui aussi l'abolition du filibuster.Selon le groupe, cette règle du Sénat est aujourd'hui appliquée contre les croyants.Les démocrates n'ont pas tardé à accuser Frist d'exploiter la religion à des fins partisanes.« Je ne peux pas imaginer que Dieu, avec tout ce qu'il ou elle a à affronter, va prendre le temps de débattre le filibuster au paradis ! » a déclaré le sénateur Richard Durbin, de l'Illinois.Harry Reid, chef de la minorité démocrate au Sénat, a pour sa part appelé les républicains modérés à « reprendre leur parti ».Mais l'heure est à l'extrémisme chez les républicains du Congrès et les fondamentalistes.Après l'affaire Schiavo, un des leaders les plus en vue de la droite religieuse, le révérend James Dobson, a comparé les juges fédéraux aux membres du Ku Klux Klan : « J'ai entendu l'autre jour un pasteur parler du mal et de la grande injustice des hommes en robe blanche qui parcouraient le Sud et brimaient les droits civils.Aujourd'hui, nous avons des hommes en robe noire.» Tout ça n'est que le prélude à la « Troisième Guerre mondiale », pour employer l'expression d'un fondamentaliste à propos de la lutte qui s'engagera dès l'annonce de la prochaine vacance à la Cour suprême des États-Unis.Les théocrates voudront un juge qui fera pencher la balance du côté de la Bible.Pendant ce temps, au Moyen- Orient.Parce que par milliers, employés et retraités de Bell des quatre coins du pays, vous vous investissez pour faire une différence dans votre communauté.Parce que vous consacrez si généreusement temps et savoir-faire à de si nombreuses causes et initiatives communautaires.Parce que le soutien que vous apportez est inestimable.Nous tenons, en cette Semaine nationale de l'action bénévole (17 au 23 avril), à vous témoigner combien nous sommes sincèrement admiratifs et très fiers de chacune et chacun d'entre vous.bell.ca/communaute 3310402A SUITESDE LA UNE POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 LAPIERRE suite de la page A1 Ça serait quand même assez surprenant.Est-ce que ça servirait bien la justice d'avoir une commission qui devient l'objet d'une campagne électorale chaque jour, au gré des témoignages?Est-ce que ce serait juste pour les témoins, qui ont une présomption d'innocence, en principe ?Je ne sais pas, ce sera au juge Gomery de décider », a-t-il dit à la sortie de sa rencontre dans les bureaux du PLC.Questionné par La Presse, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a plus tard qualifié cette déclaration de « farfelue ».«Que Jean Lapierre cesse ses déclarations plus farfelues les unes que les autres et qu'il fasse donc son travail de ministre des Transports correctement, par exemple en réglant la question de Bombardier.Si la commission Gomery était suspendue au moment du déclenchement des élections, les témoignages considérés comme « incriminants » seraient déjà terminés.Selon l'horaire établi, les dernières agences de publicité doivent comparaître d'ici le 13 mai.Ensuite, la vérificatrice générale du Canada reviendra devant la Commission.Les analystes politiques prédisent que les élections pourraient être déclenchées dans un mois, donc après le 13 mai.À condition que le Parti conservateur (PC) annonce mercredi qu'il renverse le gouvernement.Des munitions Deux autres sondages publiés hier sont venus donner des munitions aux conservateurs, déjà clairement en mode électoral.Une enquête menée par Ipsos-Reid pour le compte du quotidien The Globe and Mail et du réseau CTV leur accorde 36% des votes au Canada, soit neuf points de plus qu'aux libéraux.Un sondage Compas mené pour The Gazette et Can West Global leur donne 34%, contre 30% pour le PLC.Au Québec, les bloquistes récoltent 60% des intentions de vote, toujours selon ce dernier sondage.Malgré ces résultats, M.Duceppe dit ne « rien tenir pour acquis ».Le recrutement de 21 candidats dans les circonscriptions libérales (le Bloc a fait élire 54 députés sur une possibilité de 75 l'an dernier) n'est toutefois pas difficile, ajoute-t-il.Le slogan de la campagne est même déjà choisi.Les thèmes aussi.Il sera question du scandale des commandites, mais aussi de relations internationales, de mondialisation, d'assurance emploi et d'environnement, énumère-t-il.Les libéraux aussi se disent prêts, même s'ils ne veulent pas d'élections.Les révélations de la commission Gomery ne nuiraient pas au financement de la campagne, selon Jean Lapierre.Pour le recrutement des candidats, ce serait une autre histoire.À la commission électorale d'hier, une trentaine de militants et députés libéraux québécois en ont discuté.« C'est plus difficile que dans certaines autres élections, mais on est au début du processus.Le fait qu'on soit dans la tempête Gomery, oui, doit affecter (le recrutement) d'une certaine façon, parce qu'il y a un peu une hystérie collective autour de tout ça », a expliqué le député Pablo Rodriguez, président du PLC-Québec, à sa sortie de la rencontre.Coprésidente de la campagne nationale et ministre libérale, Lucienne Robillard a comparé la dernière campagne électorale à celle que son parti s'apprête possiblement à vivre dans quelques semaines.« Je dirais qu'on est dans la même eau chaude que l'an dernier, ce qui veut dire qu'il faut se battre sur le terrain pour aller gagner cette élection-là », a-t-elle affirmé, confiante de pouvoir à tout le moins égaler le nombre de libéraux élus en 2004 au Québec, soit 21.Les ténors libéraux ne se disent pas préoccupés outre mesure par les derniers sondages.Le sondage du Globe and Mail accorde 25% des voix au PLC au Québec, alors que celui de The Gazette leur donne 16 %.« C'est un peu des sables mouvants à ce moment- ci.Je ne pense pas que les opinions soient formées », a dit Jean Lapier r e .Les conservateurs obtiendraient 15% des appuis dans la Belle Province.Un pourcentage impossible, selon Jean Lapierre : « Les conservateurs, on le sait, n'existent pas au Québec.» La crainte de voir les conservateurs s'emparer du pouvoir se fait tout de même sentir dans les rangs libéraux.« Si on laisse le pays à l'extrême droite canadienne, qui va ramener la question du bouclier antimissile parce que quelqu'un s'est assis dans une boîte et a dit un paquet de trucs non prouvés, je trouve que c'est excessivement dangereux pour l'avenir du pays et pour l'unité nationale », a dit M.Rodriguez, faisant référence au témoignage de Jean Brault à la commission Gomery.Les libéraux voudraient que les conservateurs ne fassent pas preuve d'« opportunisme politique » et attendent les conclusions de cette commission avant de déclencher des élections.Lapierre évoque la suspension de la commission Gomery Les échangistes se frottent à la Cour suprême COUR suite de la page A1 Le second ne voit rien d'inacceptable dans le fait de se masturber et d'avoir des relations sexuelles derrière un rideau sur une piste de danse, comme cela se produisait au défunt Coeur à corps du boulevard Pie-IX.Qu'en penseront les neuf juges de la Cour suprême ?Chose certaine, ils ne pourront pas s'en remettre à leur idée du bon goût, répond Me Robert La Haye, qui doit plaider l'une des deux causes en matinée, demain.« Sinon, les règles changeraient au gré des juges, et les citoyens ne sauraient plus quels comportements sont acceptables.» Pour se révéler indécent, l'échangisme doit dépasser le seuil de tolérance de la société canadienne compte tenu de l'évolution des mentalités, précise l'avocat.« Dans les années 50 et 60, les sex shops ne pouvaient pas mettre de revues en vitrine sans voir débarquer la police, rappelle-t-il.Aujourd'hui, la majorité des gens sont prêts à tolérer l'amour en groupe, même si cela ne leur dit rien pour eux-mêmes.Aux yeux du psychologue et sexologue montréalais Michel Campbell, qui a témoigné pour la défense en tant qu'expert des moeurs sexuelles, la chose est claire.« L'échangisme n'a rien à voir avec la pédophilie.Ça ne bouleverse pas les gens », assure le clinicien.Dans les journaux, d'autres psychologues ont préféré sonner l'alarme.L'échangisme est une fuite, un gaspillage et une menace pour le couple, estiment-ils.Un autre parle de déséquilibre et de « comportement animal ».Quoi qu'il en soit, la police a sans doute nui à sa cause avec ses descentes très médiatisées, qui auront en fin de compte attiré des milliers de curieux.Depuis, des centaines de reportages \u2014 dont plusieurs écrits à la première personne \u2014ont donné encore plus de visibilité au phénomène.Radio-Canada a pris le parti d'en rire dans des émissions grand public comme Un gars, une fille.Et l'agence Guidatour n'hésite pas à titiller ses clients en plaçant L'Orage (en dehors des heures d'ouverture) au coeur de sa visite thématique Montréal, le sexe et la cité.En juin prochain, 40 retraités du domaine de l'éducation s'y rendront ainsi en autocar, annonce la présidente de l'agence, Louise Hébert.L'été dernier, une firme y a envoyé 80 avocats stagiaires.« Ce n'est pas un hasard si l'échangisme est vendeur, ça intrigue plus que ça choque », conclut l'ancien propriétaire de L'Orage, Jean-Paul Labaye, qui a fait ses premières armes à Paris, où la chose est admise depuis longtemps.Au Québec, un sondage CROP réalisé en 2001 révèle que les trois quarts des adultes sont prêts à tolérer l'échangisme, tandis que 14%songent à l'essayer.Dégradant?Sondage ou non, la partie n'est pas gagné pour les échangistes.Car la Cour suprême doit aussi se demander si leurs rencontres déshumanisent la femme et risquent d'engendrer un «comportement antisocial ».En 1997, ces craintes ont poussé les juges à conclure qu'une danseuse ne pouvait faire une fellation au beau milieu d'une boîte de nuit.Or, les femmes que la police a vues à L'Orage pouvaient avoir des relations avec cinq hommes en même temps, devant 15 voyeurs qui se masturbent.La différence, argue Me La Haye, c'est que les clubs échangistes sont beaucoup plus sélectifs.« Tout se passe entre adultes majeurs et vaccinés, qui n'entrent pas sans avoir reçu plusieurs mises en garde, qui ne font rien contre leur gré et qui se réfugient dans un lieu verrouillé pour avoir des relations.» Chose certaine, « les juges ne diront jamais que l'amour en groupe est illégal », dit-il.Si la Cour déclare les échangistes indécents, ils devront essentiellement revoir leur façon d'opérer.D'après l'avocat, une dizaine d'aspirants tenanciers l'ont d'ailleurs déjà consulté et attendent que le tribunal se prononce pour ouvrir un club.Les décisions de la Cour auront aussi un impact sur quelque 200 clients arrêtés lors des sept descentes de 1998, 1999 et 2003, accusés de s'être trouvés dans une maison de débauche.Sans parler des cinq tenanciers dont la cause est encore en suspens devant les tribunaux inférieurs, qui attendent la décision de la Cour suprême pour savoir quelles règles appliquer.AUTRE TEXTE Demain : La clientèle des clubs échangistes LA COUR SUPRÊME ET LA LIBERTÉ SEXUELLE Avant de présenter à la Cour suprême sa toute première cause sur l'échangisme, le Québec lui a soumis deux des trois litiges clés sur les bars de danseuses nues.La masturbation en duo, au bar Pussycat de la rue Ontario (1993) Une danseuse qui se déshabille dans un local privé devant un homme qui se masturbe ne commet pas un acte indécent.La masturbation devant tous, au Cheaters' Tavern de Toronto (1997) Une danseuse qui se caresse les parties génitales devant toute l'assistance et caresse les clients consentants commet un acte indécent.Cela dégrade les femmes, banalise la sexualité et prédispose les gens à « agir de manière antisociale », a estimé la Cour.Les danses-contacts, au bar Le Jean-Pierre de Joliette (1999) La danse à 10$ dans un isoloir entre adultes consentants, avec des attouchements limités aux seins et aux fesses des danseuses, n'est pas un acte indécent ni un acte de prostitution.436, rue Victoria, St-Lambert (450) 465-8647 1269, rue Van Horne, Outremont (514) 277-5772 Reproduction de meubles d'époque (sur mesure) Armoire audio-vidéo Mobiliers de salle à manger et de chambre.Lampes et accessoires Ouvert 7 jours 100 $ DE RABAIS avec achat de 1000 $ et plus 60, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec ) Tél.: (514 ) 845-3194 Fondé en 1909 UN PAPE INOUBLIABLE! 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À en croire les médias ces derniers mois, le mâle québécois ne s'est jamais porté si mal.De Jeff Fillion à Guy Cloutier, en passant par les entrepreneurs invités à témoigner devant le juge John Gomery et les légendes Viagra, la déchéance médiatique d'hommes jadis couverts de gloire et de richesse vers le statut de parias ou d'hommes-sandwichs n'a échappé à personne.Ces hommes publics, qui sont aussi pour la plupart des pères de famille, auraient dû avoir pour mission d'incarner le bon exemple aux yeux de leurs proches, de les précéder sur le chemin de l'honnêteté et du civisme.Au lieu de cela, ils ont montré à la télé et dans tous les journaux que la calomnie, la fourberie, la fraude (ou simplement l'appât du gain dans le cas des hockeyeurs) pouvaient être des moyens de gagner quelques échelons dans la grande lutte pour une place au soleil.Rappelons qu'à la suite de dénonciations publiques de deux jeunes femmes qui en avaient assez des affronts qu'elles avaient subis, le producteur Guy Cloutier et l'animateur Jean-François Fillion sont tombés dans l'opprobre.Ces hommes paient maintenant leur dette à la société : l'un est en prison et l'autre a perdu son trône de roi des ondes dans la région de Québec.Bien entendu, des scandales, il y en a toujours eu, et le Québec n'a pas le monopole en la matière.Mais il semble que la modernité ait produit ici, plus qu'ailleurs, des fruits amers en matière de modèles masculins.À en juger par les personnages que nous renvoient de nous-mêmes les dramaturges et romanciers, l'homme d'ici est le plus souvent un être faible, lâche, fourbe ou cruel.Qui aurait voulu incarner dans la vraie vie les hommes de Mon oncle Antoine (Claude Jutra, 1971), Mourir à tue-tête (Anne-Claire Poirier, 1979), Les Plouffe (Gilles Carle, 1981), Les Bons Débarras (Francis Mankiewicz, 1984), Le Matou (Jean Beaudin, 1985), Jésus de Montréal (Denys Arcand, 1989), Maria Chapdelaine (Gilles Carle, 1983), Séraphin (Charles Binamé, 2002) ?Aucun de ces films ne met en vedette un héros authentique qui aurait joué sans complexe son rôle de protecteur ou de père aimant et dévoué.On pourrait ajouter à cette liste noire les tristes personnages masculins de Marcel Dubé, Michel Tremblay ou Victor Lévy-Beaulieu.Certains diront que de jeunes auteurs comme Stéphane Bouguignon (La vie, la vie) ou Isabelle Langlois (Rumeurs) ont mis en scène un nouveau modèle d'hommes, mais Bunker, de Luc Dionne, et surtout Les Bougon, de François Avard, ont ramené le naturel au galop.Tel père, tel fils Avec une cote d'écoute qui a dépassé les deux millions de téléspectateurs, Les Bougon ont donné une leçon d'humilité à tous les petits fraudeurs qui sévissent sur le marché noir.Embouteillage d'eau du robinet, malversations sur les chantiers de construction, proxénétisme, trafic d'identité, extorsion, vol, rien n'arrêtait nos escrocs à camisole, aux heures de grande écoute.Évidemment, la famille Bougon compte deux femmes qui ne donnent pas leur place en matière d'immoralité.Mais le cerveau de la famille demeure le personnage incarné par Rémy Girard : Paul Bougon.La société d'État nous apprend que, à la suite d'une mésaventure sur son lieu de travail, cet assisté social déluré et anarchiste a éliminé de son existence tous ses anciens comportements de bon citoyen.« Dans le fond, Paul Bougon, c'est un Québécois comme un autre qui, un jour, s'est dit : « Qu'ossa donne de marcher drète si ceux qui te l'ordonnent marchent tout croche ?», peut-on lire textuellement sur le site de Radio-Canada.Si c'est ça le nouveau père, j'aime encore mieux Papa a raison.Heureusement, la série de François Avard comporte un second niveau.Au terme de la série, le téléspectateur comprend que Paul Bougon est à la tête d'une famille qui abuse du système mais qui abuse d'abord d'elle-même.Ainsi, la famille Bougon n'échappe pas aux problèmes de toxicomanie, de dépression et de suicide auxquels les véritables miséreux de notre collectivité sont aux prises dans la réalité.Mais dans le Centre-sud, à Parc-Extension et à Hochelaga-Maisonneuve, les personnages n'ont pas de scripteurs pour leur assurer une fin heureuse.« C'est aussi ça, la vie », dit le sous-titre de l'émission Les Bougon.Quand on pense que quelques minutes après le téléroman, au Téléjournal de 22h, on retrouvait le même mépris pour des valeurs comme l'honnêté, le civisme, l'altruisme.À voir défiler devant le juge Gomery les André Ouellet, Jean Lafleur, Gilles-André Gosselin, Jean Brault et Charles Guité, on avait l'impression d'assister à de nouveaux épisodes des Bougon.Ils étaient mieux habillés peut-être, mais n'en pensaient pas moins.Éric Lafleur, le 10 mars dernier, révélait devant cette commission d'enquête que sa société s'était enrichie démesurément après que son père lui eut indiqué le plus court chemin vers la prospérité.« Tel père tel fils » titrait Le Devoir à la suite de sa comparution.Cette expression est très révélatrice.Les hommes publics, qu'ils soient le fruit de l'imagination d'un auteur ou le produit de la manne fédérale, ont une influence certaine sur les générations à venir.À voir défiler autant de traficoteurs, peut-on véritablement s'attendre à ce que nos fils s'engagent à fond dans un projet de société ?À mon avis, les modèles masculins négatifs sont plutôt responsables des déboires de nos garçons.Une historienne de l'art, Louise Vigneault, a réfléchi sur la symbolique du héros canadien qui, selon elle, manque cruellement aux deux peuples fondateurs.« Il demeure laborieux de trouver des héros qui puissent rencontrer l'unanimité des différentes communautés, écrivait-elle récemment dans La Presse.Quant aux figures politiques modernes \u2014 King, Laurier, etc.\u2014, elles auraient échoué dans leur tentative d'unifier le pays ou d'acquérir un statut véritablement héroïque.» Pour Mme Vigneault, cette absence de héros nationaux s'illustre de façon particulière sur notre monnaie et nos billets de banque.En effet, quand la Monnaie royale canadienne a redessiné ses billets et frappé de nouvelles pièces, elle a choisi des ani- maux et des sculptures plutôt que des hommes et des femmes.Rien de mieux que des castors et des ours polaires pour représenter la nation.Les héros ne sont pas simplement importants lorsqu'il faut imprimer des visages sur les dollars.Ils offrent aux jeunes la possibilité de rêver et développent en eux l'ambition de se dépasser.Un peuple privé de héros est un peuple sans espoir.PHOTO PC-RADIO\u2014CANADA© « Dans le fond, Paul Bougon, c'est un Québécois comme un autre qui, un jour, s'est dit : Qu'ossa donne de marcher drète si ceux qui te l'ordonnent marchent tout croche ?Heureusement, la série de François Avard comporte un second niveau.Au terme de la série, le téléspectateur comprend que Paul Bougon est à la tête d'une famille qui abuse du système mais qui abuse d'abord d'elle-même », À en juger par les personnages note l'auteur.quenous renvoient de nousmêmes les dramaturges et romanciers, l'hommed'ici est le plus souvent unêtre faible, lâche, fourbeoucruel.FORUM Dur, dur de devenir écrivain au Québec MICHEL INE DUFF Mme Duff est auteure.Elle a publié, entre autres, « Clé de coeur », « Plume et pinceaux », « Mon grand », et « Les lendemains de novembre ».Je rêvais d'être publiée.Là s'arrêtait mon ambition : voir le manuscrit sur lequel je bûchais depuis un an transformé en livre, un vrai ! Et quand j'ai finalement aperçu Clé de coeur pour la première fois dans une librairie, en février 2000, j'ai pleuré d'émotion devant tout le monde.C'est à ce moment-là seulement que j'ai pris conscience d'une dimension évidente à laquelle je n'avais pas concrètement songé : pour survivre, un livre doit être lu, et pour être lu, il doit être vendu.La librairie dans laquelle je me trouvais possédait un seul exemplaire de mon roman.Inséré à côté des écrits de Réjean Ducharme, la tranche verte ne faisait qu'un pouce de large.Sur des tables, tout autour, des piles de best-sellers américains, de romans québécois ou français populaires, des biographies de vedettes de la télévision ou de la politique et, il me semble, des millions d'autres livres faisaient concurrence au mien.Qui entrerait dans ce lieu et choisirait mon livre ?Je venais soudainement de réaliser la dureté de devenir écrivain au Québec.Après cinq ans, non seulement je suis arrivée à vendre quelques milliers d'exemplaires de ce premier roman, mais j'ai réussi à en publier trois autres.On a même réédité les deux premiers.Mais à quel prix ! Je ne compte plus les journées passées dans les salons du livre du Québec, les séances de dédicaces dans les librairies, les conférences ici et là, parfois rémunérées, parfois bénévoles, pour me faire connaître.Récemment, au Salon du livre de Québec, des milliers de visiteurs ont défilé devant ma maison d'édition et, à de nombreuses reprises, on s'est exclamé, à la vue des mes quatre « chefs-d'oeuvre » étalés sur la table : « Vous devez bien vivre de votre plume, madame ! » Devant la réaction générale de surprise et de stupéfaction quand je leur traduisais la réalité des écrivains du Québec, j'ai compris que la plupart des lecteurs ne sont pas au courant, et c'est pourquoi je me permets d'en parler.Pour que l'on sache, enfin, que l'achat d'un roman à 21,95$ dans une librairie ou un salon du livre, ne procure que 2,19 $ à son auteur.Et qu'on peut diviser ce montant par quatre quand il est acheté à un certain club de lecture ! Pour que l'on sache aussi que le séjour de la plupart des auteurs dans les salons du livre de Québec, Jonquière, Sherbrooke, Rimouski, Montréal, Sept Îles, Hull, Québec et Trois-Rivières sont à leurs frais: hôtels, repas, transports, essence et stationnement.À noter qu'on vendait le café 2,15 $ à la cafétéria du Salon de Québec, en fin de semaine ! Malgré cela, les auteurs que je côtoie dans les salons du livre ont le feu sacré et continuent à se produire vaille que vaille, penchés en solitaires sur leurs manuscrits durant les centaines d'heures, voire les milliers d'heures requises pour les mener à terme.Ils ont mon admiration et ma considération car ils représentent le miroir de notre société, ils véhiculent notre histoire, nos valeurs, nos ambitions, nos idées, nos fantasmes, notre vision des choses, et je me sens privilégiée de pouvoir partager leur passion.Je trouve étrange, cependant, que dans une société capitaliste comme la nôtre, l'auteure que je suis, malgré ses publications et la vingtaine de cours individuels de piano qu'elle donne par semaine, n'arrive pas à vivre décemment sans l'assistance d'un mari coopératif.Il faut que l'on sache que l'achat d'unromanà 21,95 $dans une librairie ouunsalon dulivre, ne procureque2,19 $àson auteur. FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAUX Comme un collabo kgagnon@lapresse.ca KATIA GAGNON Il y avait quelque chose de révoltant dans ces images.Le président de la Fédération étudiante universitaire, Pier-André Bouchard, venu manifester devant le bureau du premier ministre Charest, harcelé physiquement par d'autres protestataires.On l'a chahuté fort, on lui a crié des injures, on lui a lancé de la boue.Les policiers ont dû le sortir de ce mauvais pas.Ces gestes, venant de qui que ce soit, sont inexcusables.Ces manifestants agressifs étaient-ils issus de la CASSEE ?C'est une possibilité : rappelonsnous qu'à l'issue de la grève étudiante, quelques membres de cette aile radicale du mouvement étudiant s'étaient introduit à la FEUQ pour saccager les locaux.Au début du mouvement de grève, certains d'entre eux avaient semé le désordre dans le bureau de comté du ministre de l'Éducation.Et ils s'étonnent ensuite d'être exclus des négociations avec le gouvernement Ces étudiants reprochent au gouvernement Charest son intransigeance.Or ils affichent exactement la même, mais à l'envers.Qu'aurait-il fallu pour que la CASSEE soit satisfaite de l'entente avec le gouvernement ?La gratuité totale à l'université ! À l'inverse de cette attitude dogmatique, la FEUQ a adopté une position ferme, mais pragmatique.Les résultats sont là : sauf pour l'an prochain, les étudiants ont récupéré la totalité des 103 millions coupés.Et il n'a jamais été question de toucher au gel des droits de scolarité.Pier-André Bouchard est donc loin, très loin, de s'être écrasé devant le gouvernement.Et quand bien même cela aurait été le cas, cela donne-t-il le droit aux mécontents de le traiter comme un collabo ?Dans une société démocratique, les opinions les plus diverses doivent pouvoir s'exprimer dans le calme.Même les Loco Locass, qu'on ne peut pas soupçonner de collusion avec les forces obscures du néolibéralisme, avaient lancé, lors de leur spectacle devant une foule étudiante, qu'il importait de gagner la bataille de l'opinion publique.« Vous êtes cassés, mais pas des casseurs », avait lancé le chanteur.L'accueil de la foule avait été, disons, mitigé.Manifestement, le message n'a pas passé.Unmoteur moins puissant Serge Paquette, collaboration spéciale DROITS RÉSERVÉS D'UN CANADA À L'AUTRE L'exemple de Wood Buffalo Lemarché immobilier est en effervescence.Tout le monde semble vouloir s'acheter unemaison.àtout prix, ce qui suscite autant de questions quede craintes.La Presse publie ici le deuxième d'une série de quatre éditoriaux sur le sujet.mboisver@lapresse.ca MICHÈLE BOISVERT Un sondage récent mené pour le compte de BMO Groupe financier révélait qu'un acheteur sur six éprouvait certaines difficultés à joindre les deux bouts une fois passé chez le notaire.Ces acheteurs, attirés par les promesses du marché immobilier et subissant certainement la pression ambiante pour devenir propriétaires, ont négligé de prendre en compte toutes les dépenses liées à l'achat d'une maison.Certains d'entre eux, trop étranglés par leurs mensualités, devront malheureusement se résigner à remettre leur maison sur le marché.Si de telles situations sont symptomatiques d'un marché de l'habitation qui a atteint son sommet, elles ne sont pas pour autant un prélude de son effondrement.Rappelons-nous d'abord comment l'immobilier est devenu pour plusieurs un refuge après que l'éclatement de la bulle technologique et la mise au jour des scandales financiers aient refroidi l'ardeur des investisseurs.L'adoption d'une politique monétaire accommodante, pour aiguillonner une économie en perte de vitesse, a favorisé les achats de toutes sortes, dont celui d'une nouvelle propriété.Avec des taux hypothécaires à des niveaux historiquement bas, le marché immobilier est devenu une nouvelle source de richesse et l'un des principaux moteurs de l'économie nord-américaine.Aujourd'hui, le marché est loin d'être aussi abordable qu'il y a cinq ans et plusieurs se demandent si nous sommes entrés dans une bulle immobilière qui pourrait éclater.À cette interrogation, les experts répondent non.Si le marché immobilier ne s'écrasera pas, son rythme de croissance ira cependant en s'amenuisant.Dans certaines parties du pays, ce phénomène est déjà bien amorcé.Au premier trimestre, le prix des maisons était toujours en hausse par rapport à l'année passée, mais la progression des prix avait une cadence moins trépidante.On remarque également que les maisons mises en vente demeurent en moyenne un peu plus longtemps sur le marché qu'il y a un an.D'autre part, bien que la Banque du Canada ne semble pas pressée de modifier son taux directeur, il est clair que lorsqu'elle bougera, ce sera pour le hausser.Une politique monétaire plus restrictive sera un frein supplémentaire à l'appétit des éventuels acheteurs.Que l'atterrissage en douceur du marché immobilier demeure le scénario le plus vraisemblable ne veut pas dire pour autant que notre économie ne s'en ressentira pas.Prenons l'exemple du marché du travail.L'an passé, le secteur de la construction a été responsable de 30 % de tous les emplois créés au pays.Cette vigueur a permis de contrebalancer les pertes subies dans le secteur manufacturier, durement éprouvé par la concurrence des pays émergents et la force du huard.Cette situation est sur le point de basculer.Au Québec par exemple, depuis trois mois, le nombre de travailleurs sur les chantiers est en baisse.Si l'immobilier est toujours un moteur économique, il a perdu de sa puissance, du moins pour ce qui est du secteur résidentiel.Le secteur industriel prendra-t-il le relais?C'est certainement ce que souhaitent tout ceux qui vivent des retombées de la construction.On y assiste à une évolution étonnante du programme fédéral destiné à venir en aide aux villes et aux collectivités SATYA DAS ET KEN CHAPMAN Les auteurs dirigent Cambridge Strategies Inc., groupe-conseil albertain en politique publique.Stephen Mandel, maire d'Edmonton, en a étonné plus d'un récemment lorsqu'il a souligné devant un auditoire de représentants de sociétés de premier ordre que sa priorité était d'améliorer la vie et le sort des autochtones vivant en ville et d'adopter des mesures pour venir en aide aux sans-abri.Outre le fait que cette évocation d'une « société juste » ait été lancée par un maire actif en développement immobilier, l'auditoire en a été réduit à se demander pourquoi cette question relevait de la Ville ?Après tout, le statut des autochtones relève principalement de l'autorité fédérale et le logement pour les sans-abri est une question à laquelle les gouvernements national et provinciaux devraient s'attaquer dans le cadre de leurs compétences.C'est devenu l'affaire de la Ville parce que les gouvernements supérieurs ont réduit leurs dépenses et ont « pelleté » les responsabilités dans la cour des gouvernements locaux.Le Canada a équilibré son budget en réduisant les sommes versées aux provinces qui, à leur tour, ont diminué les transferts aux municipalités.Au même moment, de plus en plus de gens ont envahi les villes, ce qui a fait monter la pression pour fournir les services de base, y compris les services sociaux.La région métropolitaine d'Edmonton, qui compte plus d'un million d'habitants et dont l'économie atteint 42 milliards (soit plus que le PIB de six provinces) est peut-être mieux en mesure que d'autres villes de former une collectivité dynamique et inclusive.Toutefois, c'est le « comment » qui constitue la grande question, en particulier lorsque vient le temps de former des partenariats avec les autres gouvernements.Ce «comment» concerne les méandres dans lesquels il faut naviguer au sein du programme fédéral touchant les villes et les collectivités, tout spécialement quand il faut travailler de concert avec des provinces telles que l'Alberta et le Québec, qui ont un sens plus aigu de leurs compétences.Ottawa, qui nage dans les surplus, ne peut tout simplement faire irruption dans le décor et conclure des marchés directement avec les municipalités sans encourir la colère de ces gouvernements provinciaux.Une réponse élégante à la question de savoir comment réaliser ce projet nous est fournie non pas par des villes métropolitaines, mais par une collectivité remarquable.Il s'agit de Wood Buffalo, qui comprend toutes les collectivités à l'intérieur et autour du secteur des sables bitumineux de l'Alberta, une région aussi étendue que le Nouveau-Brunswick.Il y a dix ans, cette agglomération économique régionale a décidé de se regrouper en une seule ville.Aux prises avec un gonflement de la population, les travailleurs étant attirés par l'exploitation des sables bitumineux, la municipalité a désespérément besoin d'aide pour combler ses lacunes au chapitre des infrastructures.La situation de cette municipalité par rapport à l'Alberta et au Canada était semblable à celle d'un enfant de parents divorcés qui a besoin d'argent pour fréquenter l'université.Les parents divorcés doivent contribuer, mais comment s'assurer qu'ils collaborent et coopèrent pour s'acquitter de leur responsabilité partagée?L'un des parents peut-il être le premier à se manifester sans provoquer de ressentiment ou d'agressivité de la part de l'autre ?Imaginez la complexité encore plus grande si les « parents » étaient en conflit quant aux questions de compétence constitutionnelle.Alors, la municipalité a fait preuve d'initiative en invitant les deux « parents » à la même table.Elle a fait appel à l'Alberta et à Ottawa pour qu'ils se joignent à elle pour conclure un accord tripartite de développement régional destiné à fournir les infrastructures publiques nécessaires pour assurer l'exploitation durable et responsable des sables bitumineux.Cette initiative, qui est encore en voie de réalisation par les hauts fonctionnaires des trois niveaux de gouvernement, définit clairement les rôles et les responsabilités de chacun et établit sans ambiguïté les limites de compétences et la raison d'être des engagements mutuels.De cette manière, chaque « parent» susceptible de s'engager dans des chicanes sait quand et comment s'engager, et aussi quand se tenir à l'écart.En fait, l'accord proposé a suscité suffisamment d'intérêt pour que la mairesse de Wood Buffalo, Melissa Blake, originaire du Québec, se rende prochainement à Ottawa pour discuter avec John Godfrey, ministre fédéral des Infrastructures, et avec des hauts fonctionnaires.En accord avec les définitions des infrastructures qui ont cours au XXIe siècle, la région souhaite beaucoup plus que des usines d'épuration d'eau et des routes.Les écoles doivent offrir davantage de cours en français pour répondre aux besoins du nombre de plus en plus grand de francophones qui profitent des occasions d'emploi.Les immigrants du monde entier ont aussi besoin d'aide pour s'établir et de cours de langue pour leur famille.Ce modèle émergent de l'exercice tripartite des pouvoirs pourrait permettre à des régions économiques partageant les mêmes intérêts de négocier avec succès pour obtenir des investissements de leurs partenaires gouvernementaux.Si la mairesse Blake réussit son pari, ce sera une évolution étonnante du programme du gouvernement fédéral destiné à venir en aide aux villes et aux collectivités.La situationde Wood Buffalo par rapport à l'Albertaet au Canadaest semblableàcelled'un enfant de parents divorcés quiabesoin d'argent pour fréquenter l'université.Une peur pour une autre Je suis de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.Je suis père de quatre enfants qui vont à l'école française et je suis aussi le voisin de trois familles d'enfants qui vont à l'école anglaise.J'ai simplement envie de dire au Conseil supérieur de l'éducation que mes enfants sont aussi intelligents que ceux de mes voisins.Ceux-ci apprennent le français à partir de la première année.Pour deux de ces familles, les enfants ne parlaient même pas anglais avant d'entrer à la maternelle.Et tant qu'à croire au péril dans l'apprentissage fondamental de la langue première, j'aurais davantage peur de la nouvelle orthographe que de l'enseignement de l'anglais en première année.Stéphane Desjardins .Petite question J'ai une question à poser.Les routes sont en piteux état.Les hôpitaux, ce n'est pas mieux.On a peu ou pas de fonds pour les étudiants.Que l'on réponde simplement et honnêtement à la question suivante : comment arrive-t-on à trouver des fonds publics pour produire des émissions aussi édifiantes que En attendant Ben Laden et Tout le monde tout nu ?Marc Tremblay .PRIX?À TOUT UNE MAISON GABRIEL LANDRY L'auteur est Montréalais.J'arrive d'un court voyage à Baie-Saint-Paul.Deux jours de planche à neige au Massif avec mon fils Julien.Tel était le plan.Fiston vient d'avoir 21 ans, l'occasion était belle pour passer quelques jours avec lui et de partager de beaux moments père-fils.On passe la nuit à l'hôtel Baie-Saint-Paul et on se lève tôt pour se rendre sur les pentes.Superbe de belle journée ensoleillée, 7 ou 8 degrés, pas un nuage dans le ciel.L'endroit est magnifique, le bonheur total quoi ! Après la toute première descente, mon fils se plaint de douleurs au cou et rapidement ça ne fait qu'empirer.Je l'emmène au CLSC de Baie-Saint- Paul, question de s'assurer que ce n'est rien de grave.Arrivés sur place, on nous dit qu'il n'y a pas de médecin (!) et, après un bref examen, l'infirmière de garde nous dit qu'il vaudrait mieux aller passer des radiographies à l'hôpital.On arrive à l'hôpital à 12h45, Julien fait son inscription et nous sommes dans la salle d'attente de l'urgence à 13h.Vers 17h30, trois personnes seulement ont été appelées et près de la moitié des gens qui attendaient avec nous sont partis, sans recevoir de soins, à bout de patience.Julien est en douleur et il a faim, moi aussi d'ailleurs.Je m'approche des portes vitrées au bout de la salle pour examiner ce qui se passe de l'autre côté.Pendant une bonne quinzaine de minutes, j'y observe trois membres du personnel infirmier jaser, bien adossés à un comptoir.À un moment donné, ils regardent dans ma direction et la discussion s'anime, une infirmière visiblement agacée par mon attention vient alors d'un pas décidé à ma rencontre.Que puis-je faire pour vous aider ?Je lui demande si nous en avons encore pour longtemps.Elle me répond qu'elle ne sait pas.J'insiste, lui expliquant qu'en près de cinq heures d'attente, trois personnes seulement ont été appelées.8h30 d'attente C'est normal, c'est comme ça dans les hôpitaux, me dit-elle.Elle poursuit en m'expliquant la signification du mot triage ! Je lui demande ce qu'ils peuvent bien trier puisque plus de la moitié des gens quittent sans recevoir de soins.Elle me regarde et dit d'un ton caustique : « Au moins deux heures ! » Elle me tourne le dos et s'en va.Il est presque 18h, nous quittons donc pour aller manger.De retour vers 19h, Julien ne sera finalement appelé qu'à 21h30.Après 8 heures et demie d'attente.Il attendra un autre 45 minutes dans une autre pièce avant d'être examiné.Neuf heures d'attente et une salle d'urgence qui se vide de moitié sans que les gens ne reçoivent aucun soin, vous trouvez ça normal vous ?Pas moi.Les animaux sont mieux traités chez le vétérinaire.Québécois, en tant que citoyens les plus taxés d'Amérique, nous sommes certainement en droit de nous attendre à de meilleurs services de santé que ça ! Il y a assurément quelqu'un qui ne fait pas sa job quelque part.Il est plus que temps que le ministre de la Santé se rende compte des problèmes et les règle une fois pour toutes.À défaut de quoi, ce sera à lui de porter le fardeau de l'incompétence.MAXIME PEDNEAUD-JOBIN L'auteur habiteà Gatineau, secteur Buckingham.Coucou bébé.C'est confirmé, nous avons finalement un garçon ! Maman et moi, on t'a déjà fait deux soeurs, alors c'est génial d'ajouter un petit gars à la bande ! Mais estce vraiment génial d'être un garçon Tu sais, les garçons et leurs papas vont très mal.Les papas travaillent comme des fous, ne se soignent pas, remplissent les prisons, meurent plus jeunes, notamment par suicide.On dit que nous sommes violents, irresponsables, que nous ne communiquons pas (ou mal !), que nous sommes de mauvais pères, etc.À la télé, nous jouons trop souvent des rôles de nuls, de lâches, de vaincus.Les garçons réussissent moins bien à l'école, décrochent nettement plus que les filles, sont gavés de Ritalin.pas drôle hein ?Je voulais t'en avertir.Mais, tu sais, les filles et leurs mamans vont très mal, elles aussi.Ce n'est pas la télé québécoise, c'est Hollywood qui projette d'elles une image préhistorique.Elles sont beaucoup plus pauvres que nous, sont sous-représentées dans des domaines cruciaux comme l'économie et la politique, elles constituent l'immense majorité des familles monoparentales, les fillettes n'ont pas le temps de grandir qu'elles sont déjà sexualisées et trop d'adolescentes subissent ce qu'on appelle horriblement la « violence amoureuse ».Donc, être une fille, ce n'est pas la joie non plus.Alors quoi faire ?Quitter le pays?Tu sais, les malheurs des hommes et des femmes d'ici, ça reste quand même la misère des riches.Résumons.Être un homme, c'est nul.Être une femme, c'est dur.Être ailleurs, c'est pire.Allez, ne te décourage pas, fiston.Tout ça, c'est ce qu'on lit dans les journaux.C'est le monde vu à travers des lunettes rouge sang.Voici maintenant le point de vue de ta petite famille.Une autre vision Nous vivons sur une jolie planète multicolore.Aujourd'hui, le ciel est traversé par plein de nuages blancs qui, je l'espère, seront tout roses ce soir.Les océans, les montagnes, les déserts, les forêts, bref la terre est superbe, pleine d'animaux tout doux, tout poilus.Du ciel tombe parfois de l'eau, ou encore de la neige, une matière dont on fait des bonhommes (ça prend une carotte pour faire le nez).Et l'humanité sait être aussi merveilleuse que la nature : les livres, la musique, la peinture, la danse, le cinéma, te feront rêver aussi.Mais surtout, il y a plein de petits comme toi qui rient tout le temps.Tes soeurs, par exemple, sont hilarantes.Au début, elles voulaient t'appeler Chien ou Vache.Maintenant c'est Mayonnaise ou Ketchup.On n'a pas fini d'en rire un coup tous les cinq au cours des prochaines années ! Et il y a ta maman.Elle est si belle que ça vaut la peine de naître juste pour la voir.Oui, oui, tu as raison, ni la beauté du ciel, ni celle de ta mère, n'effacent la souffrance.Nous avons donc l'obligation de la combattre.Je vois que tu t'endors.J'ai presque fini.Je souhaite que mes enfants voient la vie comme elle est, enivrante pour nous et terrible pour combien d'autres.Qu'ils sachent que toutes les souffrances doivent être combattues, qu'elles soient masculines, féminines, d'ici où d'ailleurs.Puis je leur souhaite d'avoir du courage, car c'est l'absence de courage, d'abord chez les citoyens, qui explique les malheurs dont je t'ai parlé.Avant d'être des garçons, des filles, des riches ou des pauvres, vous êtes des êtres humains, mes enfants, et ça, c'est une chance inouïe.Comme le dit Souchon, « Rien, rien, rien ne vaut la vie », et cette vie vient avec des responsabilités immenses que nous assumerons tous ensemble.On en reparlera fiston.Àtitre d'auteur de la lettre primée de la semaine, M.Pedneault-Jobin recevra une copie laminée de cette page.Urgence, quelle urgence?PHOTO SYLVAIN MARIER, COLLABORATION SPÉCIALE© Maxime Pedneault-Jobin et Pascale Landry entourés de leurs enfants, le nouveau-né Jules et ses deux soeurs Marguerite et Clémentine.Pauvre toi! tu seras un homme.Vers un concile permanent JACQUES LÉGER L'auteur habiteà Morin- Heights.La gouvernance du monde, sur un plan laïc ou religieux, est à repenser en profondeur.Tous les citoyens doivent refuser l'obscurantisme et la mainmise de tous les pouvoirs sur la destinée humaine.En ce qui concerne l'Église catholique romaine, à l'heure du choix d'un nouveau souverain pontife, ses dirigeants doivent avoir la lucidité et le courage d'une profonde et permanente remise en question.La dénomination même de « souverain pontife » est une insulte au message évangélique fait d'humilité et d'accompagnement de toutes les joies et de toutes les dérives de la vie.Personne ne peut maintenant prétendre au titre dominateur de souverain et de pontife.« Je ne suis pas venu en ce monde pour être servi mais pour servir ».J'en appelle pour ma part à une sorte de concile permanent, mis sur pied dans chaque diocèse où fidèles et « infidèles» sont invités, dans des formes à préciser, à prendre la parole qui libère et invite à la réflexion, sans aucune tentation de la part des évêques de condamnation et d'exclusion.Sans cet engagement inconfortable et profondément exigeant, je crains que cette église universelle ne signe à plus ou moins long terme les documents de son incapacité à accompagner décemment la pluralité et la diversité des générations présentes et à venir.Dogmes à repenser Il faudra repenser en profondeur les dogmes, les légendes et les règlements entourant par exemple l'infaillibilité pontificale, l'Immaculée Conception, le célibat ecclésiastique, l'opposition au sacerdoce des femmes, l'intransigeance face au contrôle des naissances et à l'avortement, le rejet de l'usage des contraceptifs, l'exclusion théorique des divorcés à certains sacrements, etc.Il faudra expliquer toutes les sources bibliques conduisant à tant d'aberrations.Cette Église doit aussi, de toute urgence, accompagner les inquiétudes touchant les problèmes écologiques et l'avenir des écosystèmes qui, lentement meurtris, risquent d'étouffer toutes les formes de vie sur terre et rendre problématique l'avenir des enfants qui viendront après nous.Sans cet essentiel courage, le message évangélique issu des béatitudes et du respect de l'homme, risque de se figer pour longtemps dans l'éphémère et le tape à l'oeil des autorités ecclésiastiques successives.À VOTRE TOUR Ode au printemps JEAN-FRANÇOIS BEAUCHEMIN L'auteur demeureà Sainte-Anne- des-Lacs.C'est la 45e fois que je vois le printemps succéder à l'hiver.Pourtant, c'est toujours en moi le même étonnement joyeux, le même saisissement, non seulement de l'esprit, mais du corps tout entier, comme distrait tout à coup de l'enfermement où l'avait plongé la rudesse du froid.Il me semble qu'il y a dans cette joie renouvelée un refus : le corps ne veut pas s'habituer à cette sorte de mort que lui dépeignait l'hiver, et que nous concevons peut-être comme un présage, le rêve trop réel de notre propre fin à venir.Le corps, dirait-on, comprend ces choses-là, et se réjouit spontanément de la clémence que lui accorde désormais le ciel par le déversement de pluies plus chaudes, par l'or plus nombreux qu'échappe le soleil.Aussi, peut-être le corps est-il davantage que ce que nous percevons de lui.Peut-être est-il formé d'un sol que nous ne soupçonnons pas, mais dont nous pressentons néanmoins en nous-mêmes le pays éphémère.J'ai ressenti très souvent cela, et chaque retour des beaux jours me fait penser à une forme d'absolution que le printemps m'accorderait, retardant ainsi l'inévitable condamnation de ce corps que j'habite aujourd'hui avec peut-être trop de dévotion.Au-delà même de l'ardeur dont il est le sourcier, le printemps tiendrait donc, enclose dans sa fleur, une promesse : celle d'une sorte d'éternité toute terrestre, c'està- dire établissant, par la vivacité qu'elle répand sur le coeur et sur les choses du monde, une joie qui ne s'émeut plus de sa mort inéluctable, inscrite dans la chair.Dans la forêt qui allonge ses branches jusqu'au toit de notre maison, un arbre est tombé, abattu cet hiver par le vent et le poids de la neige.Des bourgeons, pourtant, s'acharnent à vivre sur ce grand corps brisé, prêts à révéler au monde, d'un jour à l'autre, leur cargaison d'espérance.Ce sol méconnu dont je parle et qui pourrait bien constituer l'essentiel de ce que nous sommes, me paraît laisser croître à sa surface de pareils arbres.Je ne sais pas jusqu'où plongent leurs racines.Mais je veux croire à la joie que j'éprouvais ce matin encore quand j'ai senti au milieu de moi-même, comme une pousse impérissable, que le ciel renouvelait son serment. LE TOUR DU GLOBE Chine Manifestations avant la visite du chef de la diplomatie japonaise ÉQUATEUR Le président lève l'état d'urgence Le président de l'Équateur, Lucio Gutierrez, a levé hier l'état d'urgence qui était entré en vigueur la veille, a annoncé le chef de l'État équatorien qui fait face à une fronde sociale et à des adversaires politiques qui lui reprochent son incapacité à réorganiser la Cour suprême.M.Gutierrez avait décrété vendredi l'état d'urgence à Quito et dans la province de Pichincha, proche de la capitale, en affirmant vouloir ramener le calme après plusieurs jours de manifestations, et avait annoncé en même temps la dissolution de la Cour suprême de justice (CSJ).La restructuration, le 8 décembre dernier, de la Cour suprême avait été considérée par l'opposition comme une prise de contrôle de la CSJ par le pouvoir en place et avait déclenché les troubles sociaux et politiques que traverse actuellement le pays.AFP IRAK Charnier découvert Les corps de 41 Koweitiens sans doute tués lors de la première guerre du Golfe ont été découverts dans une fosse commune dans le sud de l'Irak, a annoncé hier le ministre irakien des Droits de l'homme.Depuis le renversement du régime de Saddam Hussein il y a deux ans, pas moins de 295 charniers ont été découverts à travers le pays.Ces découvertes vont permettre d'étayer les accusations de crimes de guerre portées contre l'ancien président irakien et ses principaux ministres.Le Tribunal spécial irakien qui sera chargé de les juger est encore dans sa phase d'instruction du dossier.d'après AP HAÏTI Une fusillade fait cinq morts Une fusillade a éclaté vendredi à Port-au-Prince, lorsque la police haïtienne, appuyée par les forces de maintien de la paix des Nations unies, a encerclé un bidonville contrôlé par des gangs armés.Au moins cinq personnes ont été tuées.Entre cinq et dix civils armés sont morts dans la fusillade qui a opposé pendant plusieurs heures la police et les suspects, décrits comme faisant partie d'un gang, selon Elouafi Boulbars, un porte-parole militaire de l'ONU.d'après AP PHOTO LIU JIN, AFP Des manifestations anti-japonaises rassemblant samedi des milliers de personnes dans plusieurs villes chinoises ont été émaillées à Shanghai de violences dont le Japon a exigé la fin, à la veille d'une visite à Pékin de son ministre des Affaires étrangères.Pour le deuxième week-end consécutif, des Chinois sont massivement descendus dans la rue pour réclamer que le Japon change d'attitude face à son passé militariste, s'opposer à la revendication de Tokyo d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU ou appeler au boycottage de produits japonais.Des défilés ont eu lieu hier à Shanghai (notre photo), où environ 10 000 personnes ont marché sur le consulat du Japon, à Hangzhou, la riche capitale de la province orientale du Zhejiang, et à Tianjin, dans le nord, grande ville portuaire à un peu plus de 100 km de Pékin.Le G7 promet d'agir fermement pour préserver la croissance CHRISTOPHE VOGT AGENCE FRANCE-PRESSE WASHINGTON \u2014 Les sept pays les plus riches du monde ont promis d'agir « vigoureusement» pour préserver la croissance mondiale fragilisée par la flambée des prix du brut, les déficits américains et la croissance anémique en Europe et au Japon, lors de leur réunion hier à Washington.« La croissance mondiale est restée robuste et les perspectives continuent de signaler une croissance solide pour 2005 », ont constaté les grands argentiers du G7, mais ils ont mis en garde : « Les prix du pétrole sont un frein et la croissance est moins équilibrée qu'auparavant.» Le pétrole a été le sujet principal des discussions, a reconnu un haut responsable américain, alors que le prix du baril de brut vaut toujours aux alentours de 50 dollars.Les bourses ont, il est vrai, accentué la pression sur le G7 pour qu'il passe à l'action.Wall Street a connu vendredi sa journée la plus noire en deux ans pour retrouver ses niveaux de l'automne 2004, car les marchés financiers ont peur d'un ralentissement plus prononcé de l'économie, surtout aux États-Unis.« Une action vigoureuse est nécessaire pour combattre les déséquilibres mondiaux et générer de la croissance : la consolidation budgétaire aux États-Unis, la poursuite des réformes structurelles en Europe, et de nouvelles réformes structurelles, y compris la consolidation budgétaire, au Japon », dit le communiqué final.Pour Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, le temps presse, mais il estime « que ce G7 a pris conscience du sentiment d'urgence dans la mise en oeuvre » de réformes.Le secrétaire américain au Trésor, John Snow, a répété devant ses collègues l'engagement des États-Unis à réduire de moitié leur déficit budgétaire record d'ici 2009.Avec le déficit commercial américain, c'est un sujet de préoccupation permanent pour les partenaires des États-Unis, qui craignent un ajustement violent de la première économie du monde.Mais M.Snow a souligné que « l'économie américaine a toujours des fondements robustes ».Le programme de M.Snow « est extrêmement important pour avoir un meilleur rééquilibrage, en particulier sur les taux de change entre le dollar et l'euro.Ça, c'est indispensable », a insisté le ministre français des Finances, Thierry Breton, nommé en février, dont c'était le premier G7.Quant aux Européens, ils ont tenté de prouver leur bonne volonté en rappelant qu'ils avaient relancé l'agenda de Lisbonne, un programme de réformes économiques destinées à stimuler la croissance.Mais les progrès jusque-là ont été très lents.Si les sept sont d'accord pour reconnaître que la flambée du brut a « un effet négatif sur la croissance américaine et sur la croissance mondiale », selon M.Snow, ils divergent en revanche sur les moyens de s'en protéger.Là où les Américains, premiers consommateurs mondiaux, insistent pour l'essentiel sur l'augmentation de l'offre, les Européens plaident pour des économies d'énergie.Tout l'Ouest ressent la pression chinoise Bien que l'Américain moyen soit près de ses sous, il pratique une consommation débridée, rendue possible par des salaires qu'envie la majorité de notre planète.Un fait nouveau vient d'apparaître cependant qui, pour peu qu'il rejoigne l'imagination populaire de nos voisins, est de nature à ébranler la confiance légendaire qui sous-tend ce consumérisme : en 2004, nous apprenait mardi le New York Times (NYT) dans ses pages économiques, le salaire réel des Américains, inflation prise en compte, a baissé par rapport à l'année précédente.Un accident comme la hausse du prix du pétrole peut être en cause, mais des causes plus structurelles et de longue durée, comme la concurrence devenue chronique de la Chine ou de l'Inde, sont de nature à faire se reproduire le phénomène, année après année.Chose certaine, l'avènement de la Chine comme grand acteur économique exerce une pression considérable sur la pratique salariale et aucun revirement ne s'annonce sous ce rapport.Au contraire.Après des années d'immenses déficits commerciaux avec la Chine, les États-Unis pourraient connaître le pire en 2005 : pour les deux premiers mois de 2005, les exportations chinoises vers les États-Unis se sont déjà accrues de 36,8 % (malgré la faiblesse du dollar), pendant que les exportations américaines vers la Chine baissaient de 9,7 %, indique le département du Commerce, cité par le New York Times.Succès d'exportations Les exportations chinoises sont d'ailleurs en hausse un peu partout dans le monde en ces premiers mois de 2005 : de 42 % en Grande- Bretagne, de 44% en Allemagne, de 59% en Italie, de 75 % en Espagne et en Indonésie, par rapport à la même période l'an dernier.(Les exportations chinoises ont aussi augmenté de 59 % au Canada en 2005 \u2014pièces de locomotive en hausse notamment \u2014, mais le Canada est globalement moins sensible au phénomène dans la mesure où le surplus global de sa balance commerciale a augmenté de 11,6% en février par rapport à janvier.) Les exportations chinoises dans le monde ont crû de 36% durant les deux premiers mois de 2005 et les importations chinoises, de seulement 8 %.De fait, les importations chinoises de voitures et de machinerie légère \u2014secteurs où les industriels de l'Ouest se sentaient bien en selle\u2014 ont baissé cette année, ces mêmes industriels de l'Ouest ayant ouvert des usines en Chine.d'où ils comptent exporter de plus en plus d'ailleurs.Faible réaction politique La seule réaction politique consistante qui s'exprime aux États-Unis, notent les reporters Keith Bradsher et David Barboza, du NYT, c'est le projet de loi mijoté au Sénat qui imposerait un tarif général de 27,5 % sur toutes les importations chinoises dans six mois, si Pékin refuse d'ici là de laisser flotter sa monnaie, le yuan, présentement fixé à 8,28 au dollar.Mais ce projet de loi paraît voué à l'oubli parce que l'administration Bush s'y oppose fermement.La Maison-Blanche envisage plus modestement d'imposer des restrictions aux importations de textiles chinois, initiative qu'explore aussi entretemps l'Union européenne.Sauf que pour l'Europe, le problème commercial avec la Chine dépasse largement le textile, là aussi.Ordinateurs et équipements de bureau chinois envahissent l'Allemagne et l'Italie.En janvier et février 2004, les exportations allemandes de machinerie lourde et d'équipement industriel vers la Chine enregistraient un surplus commercial de 1,24 milliard de dollars américains ; durant la même période en 2005, ce fut un déficit de 316 millions.Les économistes constatent que l'économie chinoise commence à tirer profit des énormes investissements manufacturiers faits par les multinationales occidentales le long de la côte orientale de la Chine ces dernières années.C'est en tout cas l'avis de Stephen Roach, économiste en chef chez Morgan Stanley, cité par le New York Times.Si la Maison-Blanche ne paraît pas encline à heurter de front les multinationales qui ont massivement investi en Chine, elle pourrait par contre jouer la carte militaire.Le Boston Globe publiait en manchette, dimanche dernier, un rapport en gestation au Pentagone indiquant que Pékin renforce considérablement son dispositif militaire autour de Taiwan au point d'en venir sous peu à pouvoir empêcher les États-Unis de défendre Taiwan.Les coups de coeur de Washington pour la « sécurité » de cette région ne sont pas neufs et ne vont pas disparaître, mais The Economist explore pour sa part une autre avenue de règlement des tensions commerciales sino-américaines : la Chine mijoterait en douce une réévaluation du yuan.Ce serait une opération d'envergure sur les changes et déjà un amalgame de banques s'y préparerait dont deux banques chinoises (Pékin veut prévenir la grande arnaque) et sept groupes étrangers: HSBC, Citigroup, Deutsche Bank, ABN Amro, ING, Royal Bank of Scotland et la Banque de Montréal.La Chine poursuit inlassablement sa quête de marchés étrangers qui attendent \u2014 aussi inlassablement \u2014 une hausse du yuan MONDE LA PRESSE D'AILLEURS RÉAL PELLETIER "]
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