La presse, 8 mai 2005, P. Plus
[" \u203a Voir NAZI en page 2 ÊTES-VOUS UNCRACK DE LA SECONDEGUERRE MONDIALE ?AGNÈS GRUDA iklas Frank a eu une belle vie.Journaliste réputé, il a longtemps dirigé l'un des magazines les plus en vue en Allemagne, Stern.Aujourd'hui à la retraite, il vit dans une maison de campagne et publie des livres à succès.Mais Niklas Frank est aussi rongé par un mal terrible, une blessure inguérissable qui se résume à deux prénoms : Hans et Brigitte, ses parents.Avocat personnel de Hitler, Hans Frank a été responsable de l'administration générale de la Pologne occupée, rôle qu'il a exercé avec zèle et enthousiasme.Jugé à Nuremberg, il a été pendu en 1946.Son fils cadet, Niklas, n'avait alors que 7 ans, mais il a vite compris que son père était un criminel de haut vol.« Je voyais les photos de cadavres et les articles sur la Pologne dans les journaux, et je savais que la Pologne, c'était mon père », dit-il aujourd'hui.Niklas Frank a réglé ses comptes avec son père dans un livre publié en 1987, À l'ombre du IIIe Reich.Dixhuit ans plus tard, il récidive : son nouveau livre, Ma mère allemande, est consacré au personnage de Brigitte Frank, une femme qu'il juge « amorale, dure et cruelle ».« Ma mère n'était pas une nazie, mais elle a profité sans gêne de la vie agréable que lui offrait mon père.Une femme qui n'éprouvait aucun scrupule à aller marchander de jolies fourrures dans le ghetto », dit Niklas Frank, la rage dans la voix.Pourquoi ce livre sur sa mère ?Pourquoi maintenant ?Pour Niklas Frank, c'est peut-être une façon d'expier les fautes de ses parents.Mais aussi une manière de parler des autres femmes allemandes et du rôle qu'elles ont joué pendant le IIIe Reich.MON GRAND-PÈRE N'ÉTAIT PAS NAZI Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne n'en finit plus d'ausculter son passé.Dans les livres, dans les films, dans les journaux, il ne se passe pas une journée sans que l'on évoque l'ombre du IIIe Reich.Certains trouvent que c'est assez, que tout a été dit.Pourtant, un tabou n'a pas encore été tout à fait levé : celui du rôle que les grandspères et les grands-mères des jeunes adultes d'aujourd'hui ont pu jouer dans la folie meurtrière du IIIe Reich.Le nazisme, c'est toujours un peu les autres\u2026, constate-t-on dans le troisième volet de notre série sur la guerre, 60 ans plus tard.Le général nazi Erwin Rommel passe en revue le bataillon allemandsur la Manche, le 13mars 1944.PHOTO AP BERLIN ENVOYÉE SPÉCIALE FÊTE AMÈREÀ MOSCOU Agnès Gruda PAGE 6 Résultat du test PAGES 2 ET 3 NAZI suite de la page 1 Comme Brigitte, des milliers d'Allemandes ont pu faire la belle vie pendant que les troupes de Hitler mettaient l'Europe à feu et à sang.« Et elles n'ont commencé à pleurer que lorsque les bombes se sont mises à leur tomber dessus », dit l'auteur avec amertume.Depuis des décennies, Niklas Frank martèle son message : tous les Allemands sont coupables.« Je ne peux pas oublier ce que nous avons fait.Cela me fait mal sans arrêt.Il n'y a pas une seule journée où je ne pense pas à ce que mon pays a fait aux Juifs », dit-il.Et puis encore cette phrase terrible, dite sans le moindre ménagement : « Comment me rappeler mon père ?Faut-il que je me souvienne qu'il a une fois passé sa main dans mes cheveux ?Ou dois-je plutôt penser aux montagnes de cadavres ?Entre les deux, mon choix est fait.» Forte carrure, barbiche poivre et sel, Niklas Frank a lu des extraits de son livre un soir d'avril au Musée juif de Berlin.« Je n'arrive toujours pas à comprendre comment les Allemands peuvent penser qu'il y avait les nazis d'un côté et le peuple de l'autre », lance-t-il en réponse à la question d'un auditeur.Sa phrase est accueillie par des applaudissements.Mais en privé, une jeune femme maugrée : « Ce n'est pas ma génération qui a fait ça.Je ne vois pas ce que ça donne de culpabiliser tout le monde.» Ce discours culpabilisant est d'autant plus difficile à avaler pour les jeunes Allemands convaincus que leur arbre généalogique ne compte pas la moindre croix gammée.Mais comment en être sûr ?Troudemémoire Le grand-père de Thomas a fait la guerre et a perdu une jambe au front.Qu'a-t-il vu ?Qu'a-t-il fait ?Il n'a jamais dit un mot à ce sujet.« Il y a tant de questions que j'aurai aimé lui poser, mais maintenant il est mort et c'est trop tard », regrette le spécialiste de la littérature française.Comme Thomas, qui approche de la quarantaine, toute une génération d'Allemands vit avec un album de famille en forme de gruyère : plein de trous.Ils n'ont pas voulu, ou pas osé, demander à leurs proches quel rôle au juste ils ont joué dans le carnage.Et les derniers témoins de cette sombre époque disparaissent peu à peu.Parfois, les grands-parents tiennent à raconter ce qu'ils ont vécu.Mais leurs témoignages laissent aussi des zones floues.Alfred Jung, vieil homme chaleureux et accueillant, fait partie d'une organisation qui regroupe des « Témoins de l'histoire », qui rencontrent des élèves dans les écoles.Alfred Jung avait 19 ans quand la guerre a éclaté.Il vient d'une famille communiste, donc antinazie, mais il a dû faire son « service de travail », puis son service militaire dans la Wehrmacht.Il s'est battu en Pologne en 1941, puis en Russie, en Ukraine, en Roumanie.Devant sa fille Kristiane, 53 ans, et son petit-fils Paul, 17 ans, il évoque ses années terribles.« Le pire, c'était en Roumanie.L'armée allemande reculait en pratiquant la technique de la terre brûlée.Nous mettions le feu à des villages déserts.Même les maisons où nous venions de passer la nuit », raconte-t-il.Lors de ces années sur les fronts de l'Est, a-t-il eu connaissance du Mon grand-père n'était pas nazi ANDRÉ DUCHESNE Les résultats obtenus par les cégépiens à qui La Presse a soumis un test de connaissances générales sur la Seconde Guerre mondiale ne surprennent pas Roch Legault, professeur d'histoire et doyen associé aux études supérieures et à la recherche du Collège militaire royal du Canada de Kingston.« On remarque très bien l'influence américaine à travers les réponses, dit-il.Dans les questions ayant un rapport avec les États-Unis, le taux de bonnes réponses est élevé, remarque- t-il.C'est la même chose chez mes étudiants (le CMR forme des officiers de la Défense nationale) dont la spécialité est la guerre de Sécession américaine ! » Mais comment expliquer que tant d'élèves n'aient pu désigner Mackenzie King comme leader canadien au début du conflit?C'est le constat qu'au Québec on enseigne d'abord l'histoire du Québec.« Vous auriez obtenu un meilleur taux au Canada anglais », dit M.Legault.Ajoutons que le Québec n'a pas participé avec le même enthousiasme à l'effort de guerre, notamment dans le domaine de la mobilisation des troupes, la crise de la conscription faisant foi.Doit-on s'inquiéter de la préservation de la mémoire collective ?L'histoire militaire canadienne sera-t-elle reléguée aux oubliettes une fois terminées les cérémonies marquant les 60 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale ?M.Legault ne le croit pas.En France, fait-il remarquer, la Première Guerre mondiale est encore très présente dans la mémoire collective.Les anciens combattants de ce conflit sont pratiquement tous morts aujourd'hui et les événements de la guerre 1914-1918 n'ont pas été oubliés.À ce chapitre, mentionnons que le Canada possède 13 monuments commémoratifs nationaux de la Grande Guerre, surtout en France et en Belgique, dont le plus connu est celui de la crête de Vimy.Ces monuments n'ont pas d'équivalent pour la Seconde Guerre mondiale.Cependant, on remarque que les gouvernements et des organismes privés multiplient les gestes depuis quelques années afin de mettre en lumière l'histoire militaire canadienne.L'ouverture du nouvel édifice du Musée canadien de la guerre, en fin de semaine à Ottawa, en est un exemple.Mais ajoutons aussi l'ouverture du Centre Juno Beach en Normandie en 2004, la réfection des mémoriaux canadiens en Europe, le musée du Centre commémoratif de l'Holocauste à Montréal en 2003, etc.Enfin, M.Legault nous a trouvé un peu sévères dans la correction à la question 9.Bien sûr, Auschwitz se trouve en Pologne.Mais comme celle-ci a été envahie par l'Allemagne le 1er septembre 1939, la ville s'est retrouvée à faire partie du territoire allemand.Les élèves ayant donc répondu « Allemagne » n'avaient pas tout à fait tort, dit-il.Influence américaine, timidité canadienne TEST SUR LA 2E GUERRE MONDIALE LE MOMENT DE VÉRITÉ ! Le moment est venu de savoir si vous êtes un crack de la Seconde Guerre mondiale ou si vous avez relégué le plus important conflit de l'Histoire aux oubliettes de votre mémoire.Voici les questions que nous vous avons posées hier, suivies des bonnes réponses et des résultats obtenus par 164 élèves des cégeps Ahuntsic, Édouard-Montpetit, Maisonneuve et Vieux Montréal.Tous étaient inscrits dans les cours de français de première année, obligatoires quelle que soit la spécialité.Quel pays a attaqué les États- Unis à Pearl Harbour ?RÉPONSE Le Japon TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 142 / 164 ou 86,6% 5> La Seconde Guerre mondiale a débuté lorsque les troupes de Hitler ont envahi un pays voisin de l'Allemagne.Lequel ?RÉPONSE La Pologne TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 67 / 164 ou 40,1% 4> Identifiez parmi ces pays ceux qui ont été occupés par les troupes allemandes au cours de la Seconde Guerre mondiale : la France, la Pologne, le Canada, le Japon RÉPONSE France et Pologne TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 134 / 164 ou 81,7 % 3> Identifiez les leaders des pays suivants au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale : Allemagne, Italie, Canada.RÉPONSE Adolf Hitler, Benito Mussolini, William Lyon Mackenzie King TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 22 / 164 ou 13,4%(1) 2> En quelle année la Seconde Guerre mondiale a-t-elle débuté et en quelle année s'est-elle terminée ?RÉPONSE Début : 1939 Fin : 1945 TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 124 / 164 ou 75,6% 1> Pearl Harbor William Lyon Mackenzie King Musée canadien de la guerre La France a capitulé le 23 juin 1940.Le lendemain, Adolph Hitler posait devant la tour Eiffel en compagnie d'Albert Speer, son ministre de l'armement et architecte en chef, à gauche, et de Arno Breker, professeur d'art visuel à Berlin et sculpteur favori du Führer.« Ce n'est pas ma génération qui a fait ça.Je ne vois pas ce que ça donne de culpabiliser tout le monde.» PHOTO AP PHOTO REUTERS PHOTO AP PHOTO LA PRESSE © SÉRIE 60 ANS APRÈS MONTRÉAL EN GUERRE APRÈS LES TRAINS, LES CHARS D'ASSAUT Les ateliers Angus, qui fabriquaient des trains dans le quartier Rosemont, furent réaménagés au cours de la guerre pour construire des chars d'assaut destinés aux armées américaine, soviétique et anglaise.Un premier char, le Valentine, destiné au front de l'Est, fut produit à 1420 exemplaires.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © sort infligé aux Juifs ?Une fois, dans la région de Zakopane, dans le sud de la Pologne, Alfred Jung dit avoir croisé des Juifs qui ont ôté leur chapeau devant lui.Il s'est senti mal à l'aise et leur a demandé pourquoi ils faisaient ça.« Ils m'ont dit qu'autrement, ils se feraient battre.» Une autre fois, en Ukraine, il a su que des Juifs avaient été enfermés dans une maison et brûlés vifs par des SS.Mais lui-même, que pensait-il des Juifs dans les années 30, alors qu'ils étaient massivement persécutés en Allemagne ?« Vous savez, je suis catholique et je ne connaissais pas de Juifs dans mon entourage.Et puis, la religion nous disait qu'ils ont tué Jésus.» Nous sommes en terrain délicat et le fil de la conversation s'arrête là : ce n'est pas de cet aspect de l'histoire que l'ancien soldat Alfred Jung veut témoigner dans les écoles.Zones floues De telles zones floues sont assez typiques dans la mémoire familiale allemande, selon une récente étude de l'historien Harald Welzer, publiée sous le titre Mon grand-père n'était pas un nazi.Harald Welzer a longuement interviewé 40 familles allemandes.D'abord des entrevues de groupe avec les représentants de trois générations, puis des entretiens individuels - question de vérifier ce que les jeunes ont retenu des confessions de leurs aînés.Souvent, les plus vieux relataient le passé en enjolivant un peu les faits.Par exemple, ils se décrivaient comme des « résistants » au régime nazi quand, en fait, ils n'avaient fait qu'héberger quelques réfugiés juifs une fois la guerre terminée.Ces contradictions ressortaient clairement dans les entrevues de groupe.Mais surprise : les jeunes adultes avaient tendance à ne pas les enregistrer et à ne conserver que la version la plus noble de l'histoire, celle où leurs ancêtres avaient eu un comportement courageux.Paradoxalement, note Harald Welzer, plus les jeunes en savent sur l'horreur du IIIe Reich, plus ils ressentent le besoin d'idéaliser leurs grands-parents.L'histoire collective entre en collision frontale avec la mémoire des familles.Les jeunes Allemands en savent long sur les horreurs du nazisme.Même si cette période de l'histoire n'est enseignée de façon approfondie que vers le milieu du secondaire, elle est omniprésente dans les lectures obligatoires ou dans les cours de formation civique dès que l'on met les pieds à l'école.Résultat : les jeunes tentent désespérément de préserver l'image de leurs grands-parents.Est-ce mal ?Faut-il à tout prix que l'horreur du nazisme s'incarne dans le visage familier d'un gentil grand-papa ?Pas nécessairement, croit Harald Welzer.« Qu'est-ce que cela peut donner de savoir que notre grandpère était un tueur ?» demande-t-il.Selon lui, il est tout à fait compréhensible, et peut-être même rassurant, que les jeunes Allemands s'identifient à des personnages positifs - même s'ils sont un peu arrangés avec le gars des vues\u2026 Niklas Frank, qui porte depuis 60 ans le lourd héritage de ses parents, croit au contraire qu'il faut tout savoir, ne rien édulcorer.C'est le seul moyen, selon lui, de ne pas oublier.Et surtout, d'éviter de retomber dans les mêmes pièges.ANDRÉ DUCHESNE On invoque souvent l'importance pour un peuple ou une nation d'entretenir sa mémoire collective.Les cours d'histoire, les musées ou encore la commémoration d'événements historiques, comme le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, sont autant de gestes destinés à préserver cettemémoire.Dans cette optique, qu'en est-il des connaissances des jeunes sur ce conflit ?Pour le savoir, nous avons soumis un questionnaire à des élèves de quatre cégeps publics de la région de Montréal : Ahuntsic, Vieux Montréal, Maisonneuve-Rosemont, Édouard-Montpetit.Avec la collaboration de professeurs, nous avons soumis le questionnaire aux jeunes de classes de français de première année de cégep, parce qu'ils proviennent de tous les horizons (sciences humaines, sciences pures, techniques).Il ne s'agissait pas d'une compétition sur des compétences générales.Le but n'était pas non plus d'établir des comparaisons entre ces collèges.Les résultats que l'on trouve dans le tableau publié ici représentent simplement, et sans prétentions scientifiques, la compilation des 164 questionnaires.La moyenne générale oscille entre 58 % et 60 %, au bord de la note de passage, donc.Sur 164 questionnaires, neuf ont obtenu un score parfait.Question nº 1 : dates du conflit Un bon score, avec 75,6 % de taux de réussite.À noter quelques réponses surprenantes : 1914-1945 ; 1945-1955 ; 1945-1959\u2026 Question nº 2 : les leaders des pays Que Hitler soit bien connu va de soit.Et le taux de bonnes réponses sur Mussolini surprend agréablement.Mais l'ignorance qui entoure Mackenzie King, le premier ministre canadien de l'époque, est bien moins réjouissante et est responsable de l'anémique taux de réussite de 13,5 % à cette question.Aux nombreuses cases laissées vides se sont ajoutées quelques perles : Trudeau, Bourassa, Mulroney, Malloney (sic), Johnson, et même Reagan et Louis-H.La Fontaine ont été nommés.Question nº 3 : les pays occupés par l'Allemagne Un excellent taux de bonnes réponses, soit 81,7 %.Question nº4: le pays envahi par l'Allemagne au début du conflit Oups ! Nous avons eu droit à presque tous les pays d'Europe et quelques autres : la France, le Luxembourg, la Russie, le Portugal, l'Ukraine, la Prusse, la Belgique.40,1 % des cégépiens étaient toutefois au courant que c'était de la Pologne qu'il s'agissait.Question nº5: pays ayant attaqué les États-Unis à Pearl Harbour Le Japon, bien sûr, a été nommé dans 86,6 % des cas.Quelques cas de réponses erronées : Chine, Allemagne, Vietnam\u2026 Question nº6: pays ayant largué la bombe atomique sur Hiroshima Encore du succès : 82,9 % de bonnes réponses.Russie, Chine, Allemagne, Japon ( ! ! !) ont aussi été nommés à quelques reprises.Question nº 7 : leader soviétique à Yalta Bien des réponses fantaisistes ici.Comme Lénine, qui était mort depuis 1924, et Poutine qui, lui, n'était pas encore né ! Nous avons aussi déniché quelques Gorbatchev, Khrouchtchev, Eltsine et Raspoutine.Mais surtout, beaucoup d'espaces laissés vides.Mention à la personne qui a écrit : « Le type moustache - Staline » avec un dessin assez fidèle en prime.Taux de réussite : 34,1%.Question nº8: nombre de personnes tuées durant le conflit Étonnant le nombre d'élèves qui ont encerclé la réponse « entre 1 million et 10 millions ».Taux de réussite : 42,7 %.Question nº9: pays où se trouve Auschwitz Le désert.En un sens, le taux de réussite (28,7 %) est encore plus désolant qu'à la question nº 2, où plusieurs avaient au moins deux bonnes réponses sur trois.Il faut dire qu'avec un nom pareil, plusieurs ont nommé des pays périphériques, l'Allemagne et l'Autriche comptant parmi les plus nombreux.Question nº 10: symbole visuel de l'Allemagne nazie La meilleure note avec 93,9 %.Comme notre question était « Quel était le symbole visuel », plusieurs ont tout simplement dessiné la croix gammée ou svastika.Compte tenu de la formulation, nous avons donné le point.Chez ceux qui ont écrit le nom, nous avons aussi fait abstraction du festival de fautes orthographiques : quelques « crois » et beaucoup de « gamée » entre autres.Connaissances générales : les montagnes russes Peu avant la fin de la guerre, les leaders de trois grandes puissances se sont rencontrés à Yalta, en Ukraine, pour décider du partage de leurs sphères d'influence après la fin du conflit.Qui était le leader de l'Union soviétique présent à cette rencontre ?RÉPONSE Joseph Staline TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 56 / 164 ou 34,1% 7> Quel pays a lancé une bombe atomique sur Hiroshima en 1945 ?RÉPONSE Les États-Unis TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 136 / 164 ou 82,9% 6> Dans quel pays se trouvait le camp de concentration d'Auschwitz ?RÉPONSE En Pologne TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 47 / 164 ou 28,7 % 9> 8> Combien de personnes, approximativement, ont été tuées pendant la Seconde Guerre mondiale ?Choix de réponses : entre 100 000 et 400 000 ; entre 1 million et 10 millions ; entre 20 millions et 60 millions RÉPONSE Entre 20 millions et 60 millions TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 70 / 164 ou 42,7 % Quel était le symbole visuel de l'Allemagne nazie ?RÉPONSE La croix gammée ou svastika TAUX DE RÉPONSES EXACTES DES CÉGÉPIENS 154 / 164 ou 93,9%(2) 10> (1) Curieusement, à cette question, une majorité d'élèves ont réussi à nommer Hitler et Mussolini mais pas Mackenzie King.Nous avons été sévères dans la correction en ne comptant que les réponses complètes.(2) Comme nous demandions le symbole visuel, plusieurs ont dessiné la croix gammée sans autre détail.Nous avons accepté cette réponse.Auschwitz Joseph Staline Toute une génération d'Allemands vit avec un albumde famille en forme de gruyère : plein de trous.Hiroshima PHOTO AP PHOTO AP PHOTO AP 3.Histoires de famille MONTRÉAL EN GUERRE LÉA ROBACK ET L'USINE RCA VICTOR Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'usine RCA Victor, dans Saint-Henri, emploie quelque 4000 personnes affectées à la fabrication d'instruments de communication pour les forces armées.Embauchée en 1941, la militante Léa Roback déplore les piètres conditions de travail.Avec l'aide de la syndicaliste Madeleine Parent, elle fera imprimer et introduira en douce dans l'usine un tract destiné à encourager les travailleurs à se syndiquer.Pari gagné : les deux femmes obtiennent au-delà de 95 % de signatures. La petite Viennoise à la valise brune En 1940, l'armée allemande envahit les Pays-Bas, qu'elle occupe jusqu'à l'automne 1944.Quatre ans plus tard, la paix revenue, des milliers de jeunes Allemands et Autrichiens sont accueillis dans des familles néerlandaises.Ils n'ont plus de parents, ou ceux-ci n'ont pas les moyens de les faire vivre.Traudi Berndl est l'un de ces « enfants de l'ennemi ».Viennoise de 8 ans, elle passe quelques semaines chez les Vanderheyden, à Oisterwijk.La famille compte six enfants, dont Kees, 14 ans, qui vit aujourd'hui en Montérégie.Il y a quelques années, Kees s'est mis à la recherche de Traudi.et l'a retrouvée.Voici son histoire.ANDRÉ DUCHESNE Berndl.Traudi s'appelait Traudi Berndl.Ce nom de famille, c'était la pièce que Kees Vanderheyden cherchait depuis des années pour reconstituer une partie de son adolescence aux Pays-Bas.Mais d'abord, retour à 1948.La famille de Kees avait ouvert la porte de sa maison à une petite fille « blême et timide », au tempérament vif et aux beaux yeux.Elle s'appelait Traudi.Quand ce résidant de Mont-Saint-Hilaire, aujourd'hui directeur du Centre de conservation de la nature, s'est mis en quête de la retrouver, il n'avait que son prénom comme indice.Émigré avec sa famille au Canada en mars 1954, M.Vanderheyden avait peu à peu effacé de sa mémoire le souvenir de la petite fille venue d'Autriche, un pays ennemi durant la guerre.Dans les années 1990, il écrivit un petit ouvrage, La guerre dans ma cour, dans lequel il raconte la vie sous l'Occupation, ces longs mois où la maison familiale fut tour à tour occupée par les soldats allemands et canadiens.« J'ai parlé de Traudi dans le dernier chapitre, raconte M.Vanderheyden, 72 ans.Après la publication, j'ai fait le tour de plusieurs écoles et les enfants me demandaient si j'avais des nouvelles d'elle.L'idée de la retrouver a commencé à me hanter.» Une gamine Traudi n'est qu'une gamine lorsqu'elle débarque dans le village d'Oisterwijk, dans le sud du pays, le jeudi 18 mars 1948.Elle ne parle que l'allemand.Sa richesse se résume à une petite valise brune bourrée de vêtements rapiécés et à un carton accroché à son cou, où les autorités de la Croix- Rouge ont inscrit son nom, son lieu d'origine et son état de santé.Traudi est une enfant de l'ennemi, une de ces « nez pâles », comme les appellent les Néerlandais, à propos de ces jeunes d'Allemagne et d'Autriche.Lorsqu'ils n'étaient pas orphelins, leurs familles étaient trop pauvres pour subvenir à leurs besoins essentiels.Leur séjour à l'étranger devait leur permettre de refaire leurs forces.Ils sont arrivés par centaines à bord des Kinderzug, les trains d'enfants.Leur passage restait discret car l'accueil n'était pas unanime chez les Néerlandais, pour qui un bon Allemand était un Allemand mort.C'est la Croix-Rouge et les Églises néerlandaises qui eurent l'idée de ce parrainage et en orchestrèrent les grandes lignes.Entre 40 000 et 60 000 enfants allemands et autrichiens furent ainsi accueillis par des familles des Pays-Bas.Traudi apprend le néerlandais.La petite a du caractère.Lorsqu'elle se fâche, elle fait sa valise et va se cacher dans le fossé.N'empêche.Des liens se créent.La petite Viennoise revient séjourner à quelques reprises à Oisterwijk.Elle figure sur les photos de famille.Mais, en 1954, la famille Vanderheyden émigre et le contact est perdu.Le coffre-fort Les premiers efforts de Kees pour retrouver Traudi sont vains.Il écrit à la Croix-Rouge, mais on ne peut l'aider.En 2000, à la mort de sa mère, Kees trouve dans son petit coffre-fort une photo jaunie de Traudi le jour de sa première communion.Au verso, il y a un nom : Berndl.Et celui d'une ville : Vienne.Il reprend ses recherches.Finalement, en avril 2004, il reçoit une lettre de la Croix-Rouge autrichienne : Traudi Berndl demeure à Vienne et accepte de donner son adresse.Cinquante-six ans ont passé.Kees Vanderheyden avait des fils à rattacher avec son passé.Retrouver Traudi lui a permis de sceller cet effort de réconciliation que sa mère avait entrepris.Il est en train d'écrire cette histoire, qui sera publiée l'an prochain.« À travers Traudi, j'ai découvert ce qu'elle a vécu enfant, et combien la misère de l'enfant de l'ennemi est la même que la tienne.Si cela peut donner la même idée à d'autres peuples encore en conflit, tant mieux », dit-il.Traudi Berndl a grandi et vécu à Vienne.Elle a appris le métier de coiffeuse.Elle s'est mariée en 1970 et n'a pas eu d'enfants.Sa propre mère vit toujours.Elle et Kees Vanderheyden s'écrivent régulièrement et se parlent au téléphone.Ils espèrent se revoir un jour.BOULEVERSEMENTS TOUS AZIMUTS Innovations technologiques, changements sociaux, bouleversements géopolitiques, on ne compte plus les conséquences en tout ou en partie attribuables à la Seconde Guerre mondiale.En voici quelques exemples.> Importante explosion démographique dans le monde > Arrivée massive des femmes sur le marché du travail > Développement et utilisation de l'énergie nucléaire >Mise au point des fusées (dans la foulée des V1 et V2 allemands), ce qui a mené à l'exploration spatiale et aux missiles balistiques intercontinentaux > Invention du radar > Création de l'Organisation des nations unies (ONU) > Création d'un État juif (Israël) et d'un État arabe (Palestine), pendant que Jérusalem était placée sous autorité internationale > Au Canada, création de l'assurance chômage et du régime des allocations familiales > Au Québec, adoption du droit de vote des femmes > Émergence des deux superpuissances (États-Unis et URSS) > Création en 1943 du premier ordinateur sans pièces mécaniques, l'Electronic Numerical Integrator and Computer (ENIAC), fait de 18 000 lampes et occupant 1500 mètres carrés PHOTO FOURNIE PAR KEES VANDERHEYDEN © La famille Vanderheyden, d'Oisterwijk (Pays-Bas), a accueilli la petite Autrichienne Traudi Berndl (à gauche) à quelques reprises entre 1948 et 1954.PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Kees Vanderheyden, ci-dessus, avait des fils à rattacher avec son passé.Retrouver Traudi Berndl lui a permis de sceller cet effort de réconciliation que sa mère avait entrepris.Il est en train d'écrire cette histoire, qui sera publiée l'an prochain.SÉRIE 60 ANS APRÈS MONTRÉAL EN GUERRE LE PROJET MANHATTAN À L'UdeM Pendant la guerre, les États-Unis mirent sur pied un vaste programme de recherche secret, le projet Manhattan, destiné à développer l'arme nucléaire.L'Université de Montréal y a collaboré.Un des chercheurs québécois, Pierre Demers, découvre une nouvelle série d'éléments radioactifs.Pierre Demers PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © PHOTO PRESSE CANADIENNE « Je collectionne tous les avis de décès des anciens combattants qui sont publiés dans le journal de leur association.Cela me donne de précieuses données », dit John Boers, représentant de Liberation Children au Canada.Un trou noir en héritage de la libération Les soldats alliés ont laissé la liberté aux nations européennes en guerre et.bon nombre d'héritiers, dont certains les recherchent encore, 60 ans plus tard.Même si les pères sont souvent octogénaires aujourd'hui, de nouveaux cas de réunification sont rapportés chaque année ! ANDRÉ DUCHESNE C'était après la guerre.Wolfgang Oude-Aost avait 6 ou 7 ans.Il vivait avec sa mère et ses grands-parents aux Pays-Bas.Un jour, il a demandé à sa mère s'il avait un père.« Elle m'a dit oui.Elle m'a montré une photo.Une belle photo d'un homme debout devant un tank.Voilà, c'est ton père qu'elle m'a dit.» Pour lui, cela suffisait.Mais avec les années, Wolfgang a posé de nouvelles questions.Il voulait plus de détails.Sa mère lui a expliqué.À la fin du conflit et dans les mois subséquents, les soldats canadiens, américains et anglais ont fraternisé avec les Néerlandaises.La mère de Wolfgang a connu Larry, un soldat américain.Ils s'aimaient.Elle est tombée enceinte.Démobilisées, les troupes américaines ont plié bagage.Le jeune amoureux est parti.Et n'a jamais donné de nouvelles.La mère de Wolfgang a écrit à Larry, lui a envoyé des photos, mais il n'a pas répondu.Une photo, une vieille adresse Wolfgang a conservé la photo et une vieille adresse de Larry en Virginie occidentale.À l'adolescence, il lui a écrit.Pas de réponse.À 23 ans, lorsqu'il s'est marié, il a encore écrit.Rien.À la naissance de ses enfants, il a envoyé des photos.Silence.À la quarantaine, Wolfgang a sombré dans une dépression.« Durant cette période sombre, j'ai senti au fond de moi que je devais savoir qui est mon père, où est mon père.J'avais besoin de lui pour être heureux.» Cette fois Wolfgang a persisté.Et à l'aide de contacts, il a retrouvé Larry.C'était un homme très pauvre, vivant seul dans un petit meublé, sans téléphone ni voiture.« Lorsqu'il est venu nous répondre, je lui ai dit : Je suis ton fils Wolfgang.Il n'a pas dit c'est faux ou c'est vrai.Il nous a fait entrer chez lui.On a pris un verre.Il m'a demandé pourquoi je l'avais recherché.Plus tard, dans la journée, ils sont allés manger dans un restaurant du coin avant d'aller visiter Fay, la soeur de Larry.Wolfgang poursuit : « Après quelques minutes chez elle, Fay a dit : Larry, qui sont ces gens ?Des amis ?Et la pour la première fois, il a dit : Non.C'est mon fils.C'était tout un sentiment.Après cela, Larry a amené Wolfgang un peu partout en ville, le présentant à des connaissances médusées : « Hé ! C'est mon fils ! Je te présente mon garçon.» Un enfant de la libération Wolfgang Oude-Aost est un enfant de la Libération.Un de ces enfants nés de l'union, parfois durable, mais trop souvent éphémère, d'un soldat allié et d'une mère anglaise, française, belge ou néerlandaise.En Angleterre, où les troupes alliées étaient stationnées avant le débarquement de Normandie, plus de 20 000 enfants de la Libération sont nés.Aux Pays-Bas, on en compte autour de 7000.Certains ont connu leurs deux parents, mais la majorité ont été et sont encore en quête de leur père biologique.Plusieurs se pointent chaque année aux parades d'anciens combattants avec des banderoles « Où est mon père ?».D'autres sont allés sur le plateau de l'émission de télé néerlandaise Spoorloos \u2014 l'équivalent des Retrouvailles de Claire Lamarche \u2014où ils ont témoigné.Deux associations Au fil des ans, deux associations, Project Roots et Liberation Children (dont Wolfgang est le secrétaire), se sont consacrées à retracer les pères biologiques de ces enfants.« C'est gens-là ont un trou noir dans leur vie et ils veulent le remplir », dit Olga Rains, 79 ans, résidante de Haarlem, aux Pays- Bas, qui a fondé Project Roots avec son mari Lloyd, soldat canadien rencontré à la Libération.L'indice principal, c'est le nom complet de la personne recherchée.Avec cela, les responsables fouillent dans leurs banques de données, naviguent sur Internet.« Je collectionne tous les avis de décès des anciens combattants qui sont publiés dans le journal de leur association.Cela me donne de précieuses données », dit John Boers, représentant de Liberation Children au Canada.Le ministère des Anciens Combattants peut aussi aider, sans pour autant donner de renseignements en raison de la Loi sur la protection de la vie privée.« Nous appelons l'ancien combattant concerné ou ses descendants et leur demandons s'ils veulent entrer en contact avec le requérant », dit Janice Summerby, du ministère.Nouvelles réunions Au fil des ans, quelques milliers de familles ont été réunies.Et même si le temps passe, même si la moyenne d'âge des anciens combattants dépasse les 80 ans, de nouveaux cas, de nouvelles réunions sont rapportés chaque année.Le père de Wolfgang est encore en vie.Il a 80 ans.Wolfgang va le visiter une fois ou deux par année.Son père lui écrit toutes les trois semaines.Il ne s'est jamais remarié, ni sa mère, qui est morte il y a longtemps.Wolfgang aime son père.Sans condition.Et maintenant sans question.« C'est un bon gars.» ÉRIC CLAPTON, ENFANT DE LA LIBÉRATION Le général Roméo Dallaire est un enfant de la Libération.Son père a rencontré sa mère aux Pays-Bas et leur fils est né le 25 juin 1946 à Denekamp.Le guitariste anglais Eric Clapton est aussi un de ces enfants.Son père biologique, Edward Fryer, était originaire de Montréal.Au fil des ans, Clapton a tenté vainement de retracer son paternel, mais c'est finalement un journaliste du Ottawa Citizen qui a remonté la source en 1998.La réunion n'a cependant pas eu lieu, M.Fryer étant décédé depuis trois ans.Larry a amené Wolfgang un peu partout en ville, le présentant à des connaissances médusées : « Hé ! C'est mon fils ! Je te présente mon garçon.» Faites-nous part de vos réactions à commentaires@lapresse.ca SÉRIE 60 ANS APRÈS VEN> Deux destins SAM> Mémoires DIM> Histoires de famille LUN> Tourner la page 3.Histoires de famille MONTRÉAL EN GUERRE LES AVIONS CANSO DE LA VICKERS Aujourd'hui disparues, les usines de la Canadian Vickers à Montréal construisirent 369 hydravions pour les armées de l'air canadienne, britannique et américaine entre 1942 et 1945.Durant la guerre, l'ensemble de l'industrie aéronautique canadienne mobilisa 116 000 travailleurs, dont 30 000 femmes, qui construisirent 16 418 avions.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © PLUS VARSOVIE\u2014 Y aller ou pas ?Le président polonais Aleksander Kwasniewski a longtemps hésité avant de décider s'il se rendrait à Moscou, le 9 mai, pour participer à la célébration soulignant le 60e anniversaire de la victoire alliée contre l'Allemagne nazie.En refusant l'invitation, il aurait privé son pays d'une présence à un événement qui rappelle l'un des moments les plus douloureux de son histoire.Mais en l'acceptant, il risquait de cautionner l'ordre mondial qui a succédé à la défaite du IIIe Reich et qui a soumis la Pologne, ainsi qu'une grande partie de l'Europe, à une nouvelle tyrannie : celle de l'Union soviétique.Que faire?Le dilemme, loin de faire référence à de lointains drames historiques, se pose en Pologne en termes d'actualité, de batailles politiques on ne peut plus contemporaines et de blessures encore bien vives.Unedecesblessures, c'est lemassacre de quelque 22 000 officiers polonais dans le village russe de Katyn.Ces hommes ont été arrêtés par le NKVD, le sinistre servicede sécuritéde Staline, en septembre 1939, lorsque l'Armée rouge, suivant le pacte conclu avec l'Allemagne nazie, a envahi la Pologne.Leur exécution a été découverte en 1943, une fois que l'URSS, trahie par Hitler, s'est retrouvée ducôté des alliés.Longtemps, Moscou a attribué le massacre aux Allemands.Ce n'est qu'en 1990 que Mikhaïl Gorbatchev a admis la responsabilité soviétique.Depuis, l'enquête russe a conclu à un crime de droit commun tombant sous le coup de la prescription.La Pologne a voulu trouver les noms des coupables.Pour cela, il lui fallait obtenir tous les documents relatifs à cette histoire.Début mars, Moscou lui a dit niet \u2014 une décision qui a suscité la fureur des Polonais.Aller à Moscou, c'était accepter que ce crime ne soit jamais élucidé.Mais plus que ça : c'était aussi cautionner une version rose de l'histoire, celle qui ne montre que le rôle héroïque de l'Armée rouge qui a réussi à stopper, puis à refouler les troupes nazies.Mais qui passe sous silence tout le reste : l'alliance avec Hitler avant la guerre, et le partage du monde après.Le président Kwasniewski a finalement décidé d'aller à Moscou, soulevant une tempête politique dans son pays.«Mon grand-père aussi s'est réjoui de la victoire alliée, mais pendant quelques jours seulement, jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter par les Russes», a protesté un politicien de l'opposition.Pour calmer les critiques, Aleksander Kwasniewski a décidé de devancer son voyaged'une journée et de commémorer, à sa manière, les souffrances infligées à son pays pendant 45 ans par son puissant voisin.Le dilemme s'est posé dans les mêmes termes aux trois pays baltes \u2014 la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie \u2014 qui ont été annexés par l'URSS au début de la guerre.La Lituanie et l'Estonie n'iront pas à Moscou.La présidente lettonne, Vaira Vike- Freiberga, elle, a choisi d'accepter l'invitation.«On ne peut pas refuser de participer à des forums internationaux qui concernent notre passé», écrit-elle dans un texte expliquant sa décision.Mais elle y ajoute que pour la Lettonie, la fin de la Seconde Guerre mondiale n'a eu lieu qu'en mai.1990, lorsque son pays s'est enfin arraché à l'empire soviétique.Comme le président Kwasniewski, elle compte profiter de sa présence à Moscou pour réclamer des excuses.Protester par absence, ou être là pour tenter de régler les comptes d'une histoire toujours actuelle?La Pologne et la Lettonie ont opté pour la seconde solution.Mais leurs chefs d'État risquent bien de rentrer les mains vides.La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine a rivé le clou à tous les détracteurs de l'empire soviétique en affirmant que l'éclatement de l'URSS constituait l'une des pires catastrophes géopolitiques du XXe siècle.C'esttu assez clair ?Le rôle de l'Union soviétique dans la Seconde Guerre mondiale est une histoire à deux faces.Recto, une campagne militaire héroïque, des souffrances terribles, des morts par millions.Verso, une alliancehonteuse avec Hitler et quatre décennies de dictature sur une grande partie de l'Europe.Non seulement Vladimir Poutine ne semontre-t-il aucunement prêt à lever le voile sur ce côté sombre de l'histoire, mais en plus, en exaltant l'héroïsme de l'Armée rouge, il tente de réhabiliter le stalinisme.On est loin, très loin, d'un acte de contrition.Les absents ont toujours tort, dit l'adage.Les chefs d'État, qui boudent les fêtes du 9 mai, n'accompliront pas grand-chose par leur absence.Mais il ne suffira pas d'être présent pour avoir raison.QUE SONT-ILS DEVENUS ?Fête amère à Moscou La chronique ironique qui voit et entend tout.à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS 5001 Somme, en dollars, payée par le casino en ligne Golden Palace pour se procurer le test de grossesse de la chanteuse Britney Spears.Nombre approximatif d'articles et de topos médiatiques consacrés à ce damné casino en raison de toutes les babioles exotiques que ses dirigeants achètent à gros prix.On a compris le truc, c'est bon, stop !!! (Référencemédiatique No 1 456 786) Somme, toujours en dollars, payée par le même casino pour se procurer une vieille Volkswagen ayant (peut-être) appartenu au pape Benoît XVI.DES OH! ET DES BAH! ILS, ELLES ONTDIT.Avec la collaboration de Marc Thibodeau, Michèle Ouimet, Louise Leduc, AFP, AP et BBC Consterné «Qu'est-ce qui se passe?On déifie les dirigeants d'entreprise !!!» \u2014Le défenseur des petits actionnaires, YVES MICHAUD, qui songe à poursuivre le conseil d'administration de Bombardier pour avoir accepté de verser une indemnité de départ de 5,84 millions à l'ex-président de la compagnie, Paul Tellier.Convaincu «Comme Nord-Américain, je considère que nous pouvons faire confiance au gouvernement américain pour l'usage des munitions que nous lui fournissons.» \u2014Le président de SNC-Lavalin, JACQUES LAMARRE, répondant aux détracteurs de l'entreprise, qui produit, par l'une de ses filiales, des munitions destinées aux forces américaines.Convaincant «J'ai fait un tas de choses dans ma carrière qui violaient les règles, mais si quelqu'un m'avait demandé de faire ça, j'aurais refusé même au risque de perdre mon poste.» \u2014L'ex-haut fonctionnaire responsable du programme de commandites, CHARLES GUITÉ, qui nie avoir demandé à l'agence Groupaction de faire parvenir une somme de 50000$ au Parti libéral.PHOTO, LA PRESSE © PHOTO AFP BANGLADESH So, so, so, solidarité ! Grand émoi au Bangladesh après qu'une pauvre femme (le pays en compte quelques-unes) eut offert dans une annonce de vendre un de ses yeux pour pouvoir récolter de quoi se loger et nourrir sa fille.La BBC, qui a diffusé un reportage sur sa situation précaire, a été submergée d'offres d'aide émanant de pays riches.La classe politique locale s'est aussi mis en tête de la tirer du pétrin.L'histoire n'est pas sans rappeler celle de cette jeune Péruvienne qui voulait «vendre» sa virginité pour 1,5 million de dollars.Là encore, la réaction fut énorme.Pendant ce temps, personne ne s'émeut du fait que Gaston Gingras, fier citoyen du Plateau Mont-Royal, est forcé de vendre son i-Pod et son DVD pour financer l'essence de son Hummer.Le monde est vraiment injuste.AFRIQUE DU SUD Un peu d'écoute La population sud-africaine est sur le qui-vive à la suite d'une bagarre survenue entre un automobiliste et un voleur qui cherchait à s'enfuir avec son téléphone cellulaire.Le conducteur agressé, qui n'entendait pas se séparer du précieux objet sans livrer bataille, a tenté d'empoigner son agresseur et lui a arraché une oreille sans réussir à stopper sa fuite.Jugeant que le troc oreille-téléphone n'était pas équitable, il s'est rendu au poste de police le plus proche, où l'appendice est depuis conservé comme pièce à conviction.La police demande aux citoyens de garder un oeil sur les personnes qui n'ont qu'une oreille.Pendant ce temps, aux États-Unis, un homme de la Caroline du Nord qui a trouvé un doigt sectionné dans un dessert glacé au chocolat refuse de le rendre à son propriétaire\u2014un employé du fabricant du produit victime d'un accident \u2014 parce qu'il en a besoin pour étayer sa poursuite en dommages et intérêts.EN HAUSSE.EN BAISSE » BENOÎT DUTRIZAC Le «franc-tireur», qui ne faisait pas dans la nuance, vient de se faire «franc-tirer» par Télé-Québec.Ça semble douloureux.PHOTO, LA PRESSE © » JACQUES CORRIVEAU Cet ami de longue date de Jean Chrétien, qui n'avait souvenir de rien de compromettant lors de son premier passage devant la commission Gomery, a été mis en cause cette semaine par l'ancien directeur du PLC-Québec, Michel Béliveau.Il gagne un deuxième tour sous les feux de la rampe.AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE agruda@lapresse.ca NOMBREDEMORTS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE : 55 MILLIONS 21millions (12%de la population) 6millions (14%de la population) 7millions (10%de la population) A u Canada, on a l'habitude de voir nos politiciens faire lapaireavec les stars.Pierre Elliott Trudeau et Barbra Streisand, Bernard Landryet Chantal Renaud, Kim Campbell et Hershey Felder.Hershey qui ?Felder comme dans le pianiste et comédien montréalais qui fait fureur ces jours-ci dans un one man showà Chicago.Et qui est l'heureux mari de celle qui a dirigé le pays en 1993 le temps d'un clin d'oeil.Mais maintenant, c'est lui qui vit sous les projecteurs.Mme Campbell aussi un peu, quand même.À 58 ans, après une carrière mouvementée en politique, elle occupe le poste de secrétaire générale du Club de Madrid.L'association, fondée en 2001, regroupe d'exchefs d'État qui réinventent la démocratie et discutent parfois de terrorisme.Un job qui la tient passablement occupée.Par exemple, il y a un mois, elle a assisté à la conférence de Madrid avec 200 autres experts, politiciens et universitaires.Le genre de discussions?Le Brésilien Fernando Cardoso, qui coprésidait avec Bill Clinton, discutait des mérites des droit s de l'homme et se demandait si on devait les sacrifier au nom de la lutte antiterroriste.Gros contrat.Pendant que sa femme va et vient de Chicago à Madrid, Felder interprète Gershwin à guichets fermés au Royal George Theatre de la ville où il vente tout le temps.Ce qu'il accomplit brillamment depuis des années, clament les critiques.Il a une génération de moins qu'elle (36 ans) et a grandi à Montréal.Kim Campbell et lui se sont rencontrés à Los Angeles en 1995.Elle était consule générale du Canada et lui avait besoin d'un passeport.Le reste, comme on dit, est passé à l'histoire.Le couple vit à Chicago, dans une suite du Four Seasons Hotel.Tous deux ont un chien, Chance, et leur pied-à-terre est tout près du grand lac.Ensemble, ils ont écrit une comédie musicale (Noah's Ark) et elle a vu son mari déguisé en Gershwin dans George Gershwin Alone «au moins 100 fois».Le prochain projet de Felder le verra transformé en Chopin.Il bavardera avec George Sand et Eugène Delacroix.La vie paisible, donc.À part, bien sûr, ces petites incursions à Madrid et au théâtre.Vous vous demandez où sont passées ces personnes qui ont fait lesmanchettes et qui se sont éclipsées depuis ?Écriveznous et nous tenterons de les retracer.mamiot@lapresse.ca MARIE-ANDRÉE AMIOT L'ex-premier ministre et son mari PHOTO AFP Kim Campbell Hier, on étalait leur vie sur toutes les tribunes.Aujourd'hui, ils ont disparu de l'écran radar.Ou presque.Pourtant, ceux qui nous ont fait vibrer, rager, pleurer ou baver d'envie sont toujours là.On les a retracés.Bienvenue au club des retrouvés.Nombre de Russes tués: Nombre de Polonais tués : Nombre d'Allemands tués: "]
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