Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Q. Arts et spectacles: jazz
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

La presse, 2005-07-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" ai rencontré Bernard Primeau il y a cinq ans dans un logement sombre et exigu de l'est de la ville.Il y vivait seul en compagnie de celle qui est pour ainsi dire la seule femme de sa vie : une énorme batterie qui remplissait aussi bien la salle à manger que le salon.Il portait déjà plusieurs casquettes à la fois comme directeur musical, éditeur de musique et comme producteur de disques, mais malgré tous ses titres, il n'avait qu'une préoccupation : la survie de son Jazz Ensemble qui venait d'avoir 15 ans.Quinze ans pour un groupe, c'est long, mais pour un ensemble de jazz, c'est une éternité.Et pourtant depuis notre rencontre, le Jazz Ensemble de Bernard Primeau n'a pas vieilli ni perdu son âme vagabonde.Quant aux musiciens qui ont quitté le navire, ils ont immédiatement été remplacés par d'autres sans que rien n'y paraisse.Au cours des cinq dernières années, l'ensemble de sept musiciens, sous la direction de Primeau, a presque fait le tour du monde, jouant de la terre de Baffin jusqu'à Iqaluit en passant par la Hongrie, la France, la Belgique et l'Ouest canadien.Comme c'est Primeau qui s'occupe de tout, il se tape environ 15 demandes de subventions et 15 déclarations de revenus par année.Mais vous ne l'entendrez jamais se plaindre.Ce n'est pas dans sa nature ni dans celle de son idole : le motivateur américain Tony Robbins dont il a lu tous les livres et écouté toutes les cassettes.Depuis notre dernière rencontre, Primeau a quitté le petit logement sombre et vieillot de l'Est pour s'acheter une coquette maison de ville de quatre étages à Rosemont avec un jardin qui porte une pancarte du Club Med à l'entrée.C'est ici que tous les matins, devant un café, Primeau planifie sa journée en se disant qu'il est en train de vivre les meilleures années de sa vie.Les meilleures, vraiment ?«Oui absolument.Je suis en forme.J'ai encore plein d'énergie pour jouer ma batterie.Et puis avec mon ensemble, on fait de la musique de concert maintenant.On n'est plus obligés de jouer dans la fumée et les odeurs de poulet et de côtes levées.Je voyage, je rencontre du monde intéressant, je m'occupe de mes affaires, j'ai plein de projets en tête.Bref, je me prépare une belle vieillesse.» J' HIROMI LA PERFORMANTE\u2026 PAGE 3 ARTS SPECTACLES > Voir PRIMEAU en page 2 PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE © BERNARDPRIMEAU QUAND ONAIME (LE JAZZ), ONA TOUJOURS 20ANS Lorsque le batteur Bernard Primeau a appris qu'il était le lauréat 2005 du prix Oscar-Peterson pour sa contribution exceptionnelle au jazz canadien, une chose inhabituelle lui est arrivée : il a perdu la voix.Puis, celui qui bat la mesure depuis 50 ans et qui sillonne les routes avec son Jazz Ensemble depuis 20 ans a lancé à la fois ému et incrédule: c'est-tu une blague?Faut croire que non puisque le couronnement du 17e lauréat après Diana Krall, Oliver Jones, Oscar Peterson et les autres, aura lieu ce soir-même au Gesù.De quoi donner des ailes à Bernard Primeau pour les 20 prochaines années.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca JAZZ PRIMEAU suite de la page 1 Un fonceur En attendant cette belle vieillesse, Bernard Primeau mène plusieurs projets de front, travaille tout le temps et ne prend jamais de vacances.Même quand il débarque au Club Med de la Guadeloupe avec Buck Lacombe, son vieux chum guitariste de 80 ans, c'est d'abord pour offrir une heure de jazz par jour aux clients.Mais l'hiver dernier, le verbomoteur et boute-en-train professionnel de 65 ans, se sentait pour une rare fois fatigué.Il est donc parti à Cuba sans intention particulière sinon d'envoyer des cartes postales où il écrirait à tous ses amis sa phrase fétiche : « La vie est bonne et généreuse pour moi.» Pourtant, la vie l'hiver dernier n'a pas été bonne ni généreuse pour Bernard Primeau.Pendant une semaine complète, le musicien en rémission d'un cancer de la glande thyroïde a été enfermé à l'hôpital dans une chambre radioactive.Soumis à un traitement- choc qui visait à brûler toute trace de métastases, il a vécu l'enfer.Cloué à son lit, nourri par perfusion, Primeau n'avait droit à aucun visiteur, exception faite du médecin qui venait le voir presque sous scaphandre.Malgré cela, Primeau a tenu bon, refusant de céder à la douleur et au découragement et s'accrochant à l'image d'une carte postale qu'il enverrait bientôt d'une plage cubaine.Ce refus obstiné de se plaindre du malheur ou de l'adversité, ce besoin irrépressible de voir la vie en rose et de faire pousser des fleurs dans le désert, c'est du Bernard Primeau tout craché.Le chialage, très peu pour lui.Comme il le dit si bien lui-même : « J'ai travaillé trop longtemps à changer ma cassette intérieure pour laisser les choses négatives m'affecter.Quand la vie m'amène des déceptions, au lieu de m'apitoyer sur mon pauvre sort, je retrousse mes manches et je fonce.» Avec les Violons du Roy C'est d'abord cette qualité de fonceur que le Festival de jazz de Montréal a voulu récompenser.Mais c'est aussi le courage et la débrouillardise d'un homme qui n'a pas attendu que les autres lui indiquent le chemin ni ne lui offrent de l'emploi.Il est un des rares jazzmen à s'être pris en charge et à avoir bâti, sinon un empire, au moins un ensemble qui tient la route depuis 20 ans et que les Montréalais pourront retrouver ce soir au Festival de jazz avec les Violons du Roy.L'idée de marier les sept jazzmen et les 14 violons du Roy est bien entendu de Bernard Primeau.Des idées comme celles-là, il en sort régulièrement de son chapeau mais il n'en fut pas toujours ainsi.Avant de fonder son ensemble, Bernard Primeau était un batteur de jazz qui attendait que le téléphone sonne pour gagner sa vie.Il ne crevait pas de faim mais certains jours, il se demandait comment tout cela allait finir.Batteur dans les clubs depuis l'âge de 15 ans, il avait vu trop de jazzmen vieillir dans la misère ou alors comme son maître Bob Langlois (qui a inspiré le film Jack Paradise), se tuer à faire de la musique tout en élevant cinq enfants dans un pauvre et miteux cinq et demi.« Même les cinq années où j'ai accompagné Oliver Jones tous les soirs chez Biddles, raconte-t-il, je m'inquiétais pour mon fonds de retraite.Je me demandais comme j'allais faire pour vivre à 65 ans quand plus personne ne m'engagerait et que je n'aurais plus une cenne.L'idée de finir au Cheznous des artistes me terrorisait.» Son propre agent Deux événements ont tout fait basculer.D'abord, Oliver Jones a été invité à jouer au Festival de jazz de Montréal, mais seul.Pour le batteur qui l'accompagnait fidèlement depuis cinq ans et qui attendait impatiemment une invitation du Festival, ce fut le coup de grâce.Au lieu d'aller se morfondre en cuvant son amertume, Bernard Primeau est rentré chez lui en se disant qu'il fallait qu'il passe à autre chose.L'idée de fonder son propre ensemble a vite germé.Mais comment faire pour rendre l'entreprise rentable?Et surtout, comment organiser des tournées qui lui permettraient de jouer et de se faire connaître partout au Québec « Je me souviens encore de la première année où je me suis inscrit à Rideau, le carrefour des professionnels des arts de la scène, raconte Primeau.Je me suis retrouvé entre le kiosque du Théâtre Sans Fil et celui du Théâtre Avec Fil en me demandant ce que je foutais là.Quelqu'un m'a conseillé de prendre un agent.Mais il n'y en a aucun qui s'est pointé.J'ai donc décidé que je serais mon propre agent et que je bookerais moi-même nos concerts.Tout le monde m'a dit que j'étais fou, qu'il n'y avait pas de marché pour un ensemble de jazz et que j'allais me casser la gueule.Si j'avais écouté les conseils qu'on me donnait, je ne serais pas ici aujourd'hui.Bernard Primeau se défend d'être devenu pour autant un homme d'affaires à temps plein.Même s'il passe une partie de la journée à jongler avec les chiffres et à remplir des formulaires, il joue encore trois heures de batterie par jour.Il n'en demeure pas moins que son plus grand bonheur, il le vit généralement cinq minutes avant un concert.« À ce moment-là, je regarde ma montre, je regarde le public dans la salle, je regarde mes musiciens et je me dis que si je ne m'étais pas démené, tout cela n'existerait pas.Pourquoi ?Parce que nobody cares.Si je me m'étais pas pris en charge, personne ne l'aurait fait à ma place.Personne ne m'a jamais proposé de s'occuper de moi.Mais n'allez pas croire que ça me fâche ou que ça me frustre.Au contraire.Ça me rend très fier.» Ce soir au Gesù, ce fils du Faubourg à mélasse, né dans une famille de 11 enfants, sera plus fier que jamais.Fier de constater qu'il ne faut pas nécessairement être arrangeur ou compositeur de jazz pour avoir droit aux honneurs.Fier de savoir que toutes ces années de défrichage et de dur labeur sur la planète jazz ont porté leurs fruits.Un peu plus et Bernard Primeau enverrait une carte postale à tous ses amis pour leur répéter à quel point la vie est bonne et généreuse pour lui.BERNARD PRIMEAU et le Montréal Jazz Ensemble se produisent avec Les Violons du Roy ce soir, 18 h, au Gesù.Quand on aime (le jazz), on a toujours 20 ans « Quand la vie m'amène des déceptions, au lieu de m'apitoyer sur mon pauvre sort, je retrousse mes manches et je fonce.» TRIOJAZZ 1 2 3 DOUBLES CROCHES Le guitariste Pat Metheny se joindra à Toots Thielemans pour quelques pièces au cours du concert que le vénérable harmoniciste donnera mercredi prochain au Théâtre Maisonneuve.Notre collègue Alain Brunet avait donné quatre étoiles et demie au CD Jumping the Creek du saxo Charles Lloyd qui jouait hier au Spectrum; dans notre numéro de jeudi, toutefois, une étoile, subrepticement, avait sauté\u2026 Sam Moore et Carla Thomas ne chanteront pas au spectacleconcept Voices of Soul, présenté demain à Wilfrid-Pelletier (20h 30) avecorchestre, chorale et danseurs.Ms.Thomas sera remplacée par Ann Peebles qui vient de lancer Acoustic Soul Tour.SONNY LA CLOCHE «Un jour, quelqu'un va écrire un blues qui racontera l'histoire d'un boxeur.Y'aura un peu de guitare, de la trompette douce, et une cloche.» \u2014 Sonny Liston (1962) cité à la fin de la pièce qui porte son nom, dans le CD Shangrila, du guitariste Mark Knopfler qui joue au FIJM (Wilfrid-Pelletier, 20h30).Né dans une famille de 25 enfants, Liston a appris la boxe en prison avant de devenir champion mondial des poids lourds en battant Floyd Patterson (1962).Deux ans plus tard, il ne répondra pas à l'appel de ladite cloche pour le 8e round contre Cassius Clay alias Muhammad Ali.Au match-revanche Liston s'est «étendu» à la suite d'un coup fantôme du «Plus Grand» et sa carrière était finie.Dans les histoires de boxeurs, préférons la version reggae que Pierre Bertrand a faite de Méo Penché (paroles et musique de Jérôme Lemay) celui qui «aimait tapocher les gars du quartier»\u2026 AH ! WAIN ?«Pas d'Amérique, pas de jazz.J'en ai vu essayer de connecter le jazz à d'autres pays ou continents \u2014 à l'Afrique, entre autres \u2014 mais le jazz n'a rien à voir avec l'Afrique !» \u2014 Le batteur Art Blakey (1919-1990), leader des fameux Jazz Messengers (1954-1990), une «école» hard bop qui a vu émerger des noms comme Wayne Shorter, les frères Wynton et Branford Marsalis et Terence Blanchard (le trompettiste se produit au Spectrum jeudi prochain).Position assez tranchée pour un homme qui s'est converti à l'islam à la fin des années 40 \u2014 sous le nom d'Abdullah Ibn Buhaina\u2014après un voyage\u2026 en Afrique où il s'est initié à la percussion polyrythmique qu'il a de suite intégrée à son jeu.En février 1962, il enregistrera un grand disque intitulé The African Beat, avec The Afro-Drum Ensemble, composé de percussionnistes de quatre pays africains en plus du multi-instrumentiste (sax, flûte, etc.) Yusef Lateef et du bassiste Ahmed Abdul-Malik.Rien à voir avec l'Afrique?Faudrait aussi en parler à Randy Weston qui joue ce soir au Spectrumavec son African Rhythms Trio.(voir aussi notre article en page 4).DANIEL LEMAY Sonny Liston PHOTO AP N:\\BI\\BIP\\Classé OCR\\2005TXT\\07-09 JAZZ Randy Weston, Candido.et la mère Afrique ALAIN BRUNET Voici que revient à Montréal un authentique pionnier, parmi les vénérables septjazzénaires invités au 26e Festival international de jazz de Montréal : le pianiste Randy Weston, 79 ans, compositeur, improvisateur, ethnomusicologue, pédagogue, pionnier de la fusion entre jazz et musiques du monde, un processus initié au début des années 50 alors que le périodique Down Beat le consacrait « nouveau talent du piano ».Ce jazz world new-yorkais, il faut dire, n'émergeait pas de nulle part.Dès le milieu des années 40, le trompettiste visionnaire Dizzy Gillespie avait plongé dans la sauce (salsa.) en embauchant le percussionniste cubain Chano Pozo, décédé en 1948 d'un coup de feu à la suite d'une banale altercation au Rio Café.Hormis cette fin tragique, Weston avait été profondément marqué par la rencontre entre le jazz et ces percussions africaines si bien préservées dans la culture afro-cubaine.« Je me rendais compte que cette fusion (alors appelée cubop) était naturelle, qu'elle évoquait la beauté et la profondeur de la civilisation africaine.Depuis lors, j'ai toujours travaillé avec des percussions africaines.Plus d'un demi-siècle après cette illumination, Randy Weston continue de construire sur les mêmes bases : il se présente ce soir avec un maître nuyorican de la percussion afro-cubaine, le légendaire Candido.« Sa forme est excellente malgré ses 84 ans ! Candido vit à Manhattan et il joue encore merveilleusement.Vous savez, il fut le premier percussionniste latin à perfectionner une technique à trois congas, le premier à développer l'indépendance coordonnée des mains sur différents tambours.Ensemble, nous retournerons aux sources des rythmes africains.Car Candido demeure un des plus beaux exemples de la présence africaine dans le Nouveau Monde », assure Randy Weston joint à Brooklyn.L'esprit de notre interviewé est toujours vif, les doigts du colosse répondent toujours à une pensée brillante, profondément originale.Le respectable jazzman a récupéré la maison familiale où son père tenait jadis un restaurant fréquenté par tous les hip cats du voisinage, incluant des musiciens célèbres.« J'ai toujours eu le sentiment qu'il me fallait garder la maison familiale.J'aime Brooklyn, j'aime New York car tout y converge encore.On peut assister à un concert de bebop un soir, l'avant-garde est au programme du lendemain, la calypso le soir suivant, puis on se retrouve chez les Cubains avant de passer le matin de dimanche à écouter les spirituals.Ça n'arrête jamais! Je m'estime comblé d'avoir baigné dans toute cette culture et fréquenté les meilleurs musiciens dès mon enfance.» Weston n'est pas chauvin pour autant, près de deux décennies vécues à l'étranger en témoignent.«J'ai passé 10 ans en France et 8 ans au Maroc.J'ai appris le français pour manger, boire, dormir, savoir où je vais (rires).Par l'entremise d'organismes français, d'ailleurs, j'ai eu la chance d'aller jouer à Tahiti, au Sénégal et dans les Antilles françaises.Depuis 10 ans, Randy Weston a travaillé plus ou moins en catimini, dans de modestes conditions.Il n'attribue pas cette baisse de régime à son vieillissement ou à quelque déclin de créativité.« Il n'y a plus d'importants labels de jazz pour soutenir notre travail, déplore-t-il.C'est très triste, mais j'enregistre quand même lorsque je le peux.Ancient Future, mon dernier disque, a été enregistré en 2002 sur étiquette Mutable, j'ai aussi fait un DVD de mon sextette enregistré à Sainte-Lucie, sans compter un CD double de piano solo.Mais.actuellement je n'ai pas de contrat de disques.« Tout est devenu question d'argent et de rentabilité à court terme, nous vivons dans un monde de technologies et de matérialisme.Pendant une bonne partie de mon existence, les arts ont occupé une place importante, on dirait que ça régresse », dit-il.Les origines africaines Depuis ses débuts, Randy Weston s'intéresse à l'Afrique qu'il considère comme le continent mère de toutes les musiques.« Ma contribution, tient-il à préciser, est aussi celle de ma propre communauté.J'étais encore enfant lorsque mon père me payait des leçons de piano à 50 cents l'heure.Parallèlement, il m'incitait à découvrir mes origines africaines.Il m'avait fait réaliser que l'Afrique avait généré de grandes civilisations avant que les choses ne se gâtent, c'est-à-dire avant la traite des esclaves coïncidant avec les invasions européennes.« La musique africaine fut ainsi mon principal territoire d'observation hors du jazz.Plus tard, la rencontre du musicologue Marshall Stearns (fondateur de l'Institute of Jazz Studies) a été pour moi cruciale car il avait entre autres établi des liens importants entre le jazz et les musiques ouest africaines.Il fut, par la suite, tout indiqué pour moi d'apprendre la musique de mes ancêtres, de visiter 18 pays d'Afrique, d'y découvrir leurs musiques traditionnelles et réaliser qu'elles avaient influencé les musiques de la planète entière.Pendant longtemps, nous avons appris une langue sans en connaître la langue mère.Ma contribution, je crois a, été de faire connaître l'héritage de l'Afrique aux amateurs de jazz du monde entier.» Randy Weston et Candido se produisent ce soir au Spectrum, à 21h30.Alex Blake sera à la contrebasse, Neil Clarke aux percussions.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Depuis ses débuts, Randy Weston s'intéresse à l'Afrique, qu'il considère comme la mère de toutes les musiques.« Ma contribution, je crois a, été de faire connaître l'héritage de l'Afrique aux amateurs de jazz du monde entier », dit celui qui sera sur la scène du Spectrum ce soir, en compagnie de Candido, dans un spectacle hommage à Chano Pozo.LE GUIDE DU FESTIVALIER CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE MÉTROPOLIS SAVOY CLUB SODA MONUMENTNATIONAL GESÙ - Centre de créativité SPECTRUM Club jazz CANADA TRUST Scène Blues STELLA ARTOIS Scène Carrefour LOTO-QUÉBEC GENERAL MOTORS Scène BELL\u2014SAMSUNG LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ Scène STELLA ARTOIS Terrasse AMARULA HÔTEL HYATT Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry Scène extérieure Salle de concert Métro La parade Loto-Québec Le village du Festival NOTRE VIRÉE KING SUNSHINE Cette petite scène érigée au coin de la rue Saint-Urbain et l'avenue du Président-Kennedy est en passe de devenir un lieu de rendezvous sympa pour les amateurs de grooves légers et dansants.Ce soir, un collectif torontois, King Sunshine, qui brasse les influences soul, funk et house avec entrain.> Scène Loto-Quebec, 20h et 22h.GANGBÉ BRASS BAND Les musiciens du Gangbé Brass Band ont fait une brève apparition extérieure hier, mais c'est ce soir que l'orchestre béninois prendra son véritable bain de foule.Les brass band qu'on nous propose sur la scène principale sont hétéroclites, celui-ci n'y échappe pas, mélangeant la musique traditionnelle au jazz.> Grande scène GM , 21h et 23h VANESSA RODRIGUES Amateurs de Hammond B3, au garde à vous ! L'organiste montréalaise Vanessa Rodrigues \u2014 en nomination pour le Grand Prix Jazz et le prix Étoiles \u2014 se produira ce soir en trio (Denis Lévesque à la batterie, Donna Grantis à la guitare).Jazz et funk vous chatouillent les tripes avec la même agilité que Vanessa caresse les touches de son instrument.> Club Jazz (près du TNM), 19h et 22h.Philippe Renaud Collaboration spéciale SAMEDI 2JUILLET B Scène CBC TELEVISION 11h La Petite École du jazz Grande place du complexe Desjardins gratuit 12h L'esprit de la Nouvelle-Orléans Terrasse Amarula gratuit 13h Accoules Sax Terrasse Amarula gratuit 13h30 La Petite École du jazz Grande place du complexe Desjardins gratuit 15h Bémol 9 Scène General Motors gratuit 16h Accoules Sax Scène Bell-Samsung gratuit 16h Ciné-jazz ~ La Leçon de musique : John Lewis / The Tender Game Cinémathèque québécoise billets 17h Hot Pepper Dixie Scène CBC Television gratuit 17h30 La Parade Loto-Québec Départ Scène Bell-Samsung gratuit 18h Samina Savoy - Métropolis gratuit avec laissez-passer 18h Hugh Fraser and VEJI Scène General Motors gratuit 18h Ciné-jazz ~ La Leçon de musique : Sonny Rollins / Concerto pour mitraillettes / Begone Dull Care Cinémathèque québécoise billets 18h Bobby Mcferrin et invités-surprises Théâtre Maisonneuve - PDA complet 18h Ron Sexsmith et invité spécial Alex Cuba Duo Spectrum de Montréal billets 18h Bernard Primeau Montréal Jazz ensemble et les Violons du Roy Gesù - Centre de créativité billets 18h30 Son of Dave Carrefour General Motors gratuit 19h Bourbon Street Terrasse Amarula gratuit 19h William Street Blues Band Scène blues Stella Artois gratuit 19h Vanessa Rodrigues Soul Project Club jazz Banque TD Canada Trust gratuit 19h Lizz Wright Club Soda billets 19h30 Sheva Scène Stella Artois gratuit 19h30 Zakir Hussain avec Charles Lloyd et Eric Harland Monument-National billets 20h Alex Bellegarde Scène CBC Television gratuit 20h JulieC Scène Bell-Samsung gratuit 20h King Sunshine Scène Loto-Québec gratuit 20h30 Mark Knopfler Salle Wilfrid-Pelletier - PDA billets 20h30 Tango Flamenco Théâtre Jean-Duceppe - PDA complet 21h Gangbé Brass Band Scène General Motors gratuit 21h Fathead Scène blues Stella Artois gratuit 21h Toto Laraque & The Harmonics Carrefour General Motors gratuit 21h HUMCRUSH Salle Beverly Webster Rolph - Mac billets 21h Medeski, Martin and Wood - première partie : Young Philadelphians Métropolis billets 21h30 Randy Weston's African Rhythms Trio avec Candido : Hommage à Chano Pozo Spectrum de Montréal billets 22h JulieC Scène Bell-Samsung gratuit 22h King Sunshine Scène Loto-Québec gratuit 22h Plaster Scène Stella Artois gratuit 22h Vanessa Rodriguez Soul Project Club jazz Banque TD Canada Trust gratuit 22h Alex Bellegarde Scène CBC Television gratuit 22h30 Geri Allen Trio Gesù - Centre de créativité billets 23h Gangbé Brass Band Scène General Motors gratuit 23h William Street Blues Band Scène blues Stella Artois gratuit 23h Thuryn Von Pranke Trio avec Morgan Moore et Martin Auguste Hyatt Regency, Salon Jeanne-Mance billets 00h Happy House Savoy - Métropolis gratuit 00h Holy Fuck / Sean Kosa Club Soda billets 00h30 Fathead Spectrum de Montréal gratuit SAMEDI 2 JUILLET HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU SALLE WILFRID-PELLETIER Scène GENERAL MOTORS boulevard de Maisonneuve avenue du Président-Kennedy MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL L A P R E S S E MONTREAL SAMEDI 2 JUILLET 2005 J A Z Z 5 JAZZ Bernard Primeau Jazz Ensemble Liaisons 1.2 Swing'in Time / Select Dans les regles de l'art L'an dernier, Bernard Primeau, laureat du prix Oscar- Peterson 2005, adjoignait a son ensemble l'excellent guitariste belge Philip Catherine dans le cadre du FIJM.Creees sur mesure pour l'ensemble du batteur, les compositions du tromboniste Hugh Fraser, du trompettiste Bill Mahar, du trompettiste Alan Penfold ainsi que de Philip Catherine en respectent la ferveur et la sincerite.Entrepreneur par excellence du jazz d'ici, Bernard Primeau y fait encore preuve de dynamisme en reunissant de tres bons musiciens locaux parmi lesquels de jeunes professionnels finissent immanquablement par s'affirmer.Cette fois, on y remarque la precision et la robustesse du saxophoniste tenor Bruno Lamarche ainsi que la technique remarquable du contrebassiste Dave Watts.Comme c'est le cas dans tous les projets artistiques de Bernard Primeau, professionnalisme et rigueur sont des exigences absolues.Fait dans les regles de l'art jazzistique, ce disque se veut ainsi une belle celebration pour un leader qui a su se prendre en main et dont la formation est devenue une veritable institution locale.La rencontre de Philip Catherine Singularite bien relative Alai n Brunet Abonnez-vous au site de nouvelles financieres et economiques le plus consulte au Quebec.C'EST GRATUIT RIMA ELKOURI > LA VIE LA VILLE rima.elkouri@lapresse.ca e m'etais promis de garder mon flegme, de faire comme si de rien n'etait, le nez enfoui dans mon calepin, a la maniere de tout bon professionnel de l'information qui se respecte.Mais moins de cinq minutes apres lui avoir serre la main, j'ai craque.Je l'ai appele Passe-Montagne.Jacques L'Heureux enal'habitude.La nostalgie quasi pathologique de la generation Passe-Partout, il connait.Qu'il le veuille ou non, son personnagemythique lepoursuit partout.Vraiment partout Parfois meme au galop.Meme a cheval au Costa Rica, alors qu'il se croyait absolument meconnaissable avec son chapeau de paille enfonce sur la tete et une barbe de plusieurs jours, le comedien n'a pu echapper au radar d'une nostalgique de Passe- Partout en vacances.Passe- Montagne! Le heros de mon enfance! a-t-elle lance au comedien abasourdi.Pour touteune generation, Jacques L'Heureux est donc condamne a rester Passe-Montagne, l'homme au papillon, aux souliers neufs et aux beaux vestons.Mais pour les plus jeunes, adeptes du Festival de jazz depuis l'enfance, il est avant tout Re Mi Do Re, sympathique cancre en bermudas de la Petite Ecole du jazz, qui redouble son annee depuis maintenant plus de 15 ans.La Petite Ecole du jazz, c'est donc l'histoire de Re Mi Do Re, un sousdoue qui aimerait aimer le jazz, mais ne sait trop comment s'y prendre.C'est sans doute aussi l'histoire de nous tous, festivaliers profanes, qui allons au Festival de jazz plus pour le festival que pour le jazz.La Petite Ecole du jazz, c'est surtout, apres 17 ans d'existence, la plus vieille attraction du festival.Une institution de renom qui refuse de faire du sous-jazz ou du jazz pour enfants.Et c'est bien la l'interet de la chose.Les musiciens qu'elle regroupe, diriges par l'excellent pianiste James Gelfand et partageant la scene avec la Bande Magnetik, ne sont pas des sous-musiciens ou de simples amuseurs publics.Ce sont des pros, des vrais, parmi les meilleurs en ville, qui ne prennent pas les enfants pour des idiots.Ils ne chantent pas des aneries infantiles.Ils font du jazz, un point c'est tout.Bref, la Petite Ecole du jazz n'est pas si petite qu'elle en a l'air.C'est une grande ecole publique qui, chaque annee, offre le premier spectacle gratuit du Festival de jazz.Celui qui, en quelque sorte, reveille le festival, lui annonce que les invites ont deja envahi le salon et que la fete peut enfin commencer.Cette annee n'y faisait pas exception.Jeudi, des 11h, alors que le festival encore tout jeune avait sa petite voix enrouee du matin, le complexe Desjardins accueillait, sur les matelas bleus poses par terre, ses premiers petits festivaliers.A mes cotes Amelianne, 3 ans, blondinette de Boucherville haute comme trois pommes, qui en etait deja a sa deuxieme annee a la Petite ecole du jazz.Bon public, la fillette.Debout dudebutalafin duspectacle, les yeux rives sur la scene, elle se dandinait.Un peu plus et elle sortait son briquet.Quand Re Mi Do Re s'est adresse a la foule a la recherche d'une chanson a jazzer, Amelianne a tout de suite eu une idee.Je rentre dans l'etable pour tirer ma vache, pas capable de tirer ma vache, at- elle chante dans le micro tendu par Re Mi Do Re.Les musiciens sur scene ont rattrape la chanson au bond pour l'interpreter en version jazz.As-tu entendu la chanson?a-t-elle lance a sa mere, le regard tout fier.Amelianne etait comblee.Sa grande soeur Naomie, 6 ans, qui bercait leur plus petite soeur Marie- Esther, 5 mois, tout autant.Elles ont meme eu droit a un diplome honoris causa de la Littitus schola du Jazzus.Une seule fausse note pour Amelianne.Elle aurait aime serrer la main de la vedette du spectacle, Ste-Cat, ce chat bleu geant qui fait des claquettes.Mais quand elle est arrivee au pied de la scene, le chat avait disparu.Il devait aller chez le veterinaire, lui a-t-on dit.C'est quoi cette idee d'aller chez le veterinaire quand une foule d'admirateurs vous attend?avait l'air de se demander la fillette.En bonne professionnelle de l'information, j'ai cette fois-ci fait enquete.J'ai pu mettre la main au collet du chat, a sa sortie de chez le veterinaire.Il m'a avoue que le stress de la premiere lui avait donne tres chaud.Ste-Cat (alias Bernard Bourgault, choregraphe de la Petite Ecole et professeur de claquettes dans ses temps moins felins) suffoquait litteralement sous son gros costume de peluche.Voila pourquoi il a du courir chez le veterinaire.Mais rassurez-vous, Ste-Cat prend du mieux.L'ecole des fans PHOTO MICHEL GRAVEL, LA PRESSEc APARTE ANNEE DE LA CREATION DE LA PETITE ECOLE DU JAZZ NOMBRE DE SPECTACLES DONNES CHAQUE ANNEE PAR LA PETITE ECOLE DU JAZZ LE SPECTACLE GRATUIT DE LA PETITE ECOLE DU JAZZ A LIEU DEUX FOIS PAR JOUR, JUSQU'AU 10 JUILLET.A 11H ET 13H30 A LA GRANDE PLACE DU COMPLEXE DESJARDINS (A L'INTERIEUR) Avec : Jacques L'Heureux, Victor-Jacques Menard, Bernard Bourgault, James Gelfand (piano), Michel Donato (contrebasse), Andre Leroux (saxophone), James Hillman (batterie) et la Bande Magnetik (Jacinthe Gauthier, Martin Durand, Claude Vallieres, Lana Carbonneau, Celine Belair) et les costumes d'Anne-Marie Veevatte.Jacques L'Heureux, alias Passe-Montagne en spectacle au complexe Desjardins. JAZZ Le meilleur est à venir PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE De l'intense Mavis Staples hier soir à l'indéfectible Guy Nadon sur l'esplanade jeudi dernier, des rues de Bombay aux avenues Detroit, de la musique tsigane au country, du gros soleil aux bourrasques et aux averses, le 26e Festival international de jazz a joué au ping-pong avec nos sens lors de ses deux premières soirées.Vidons le calepin des notes griffonnées depuis le jour 1.Hier soir, le monsieur à la caisse du Montréal Pool Room (une excellente source de vitamines sur le chemin de la salle de rédaction) semblait un peu mou.Comme ses pains, tiens.« C'est moins occupé qu'hier.Sur le site, c'est comment ?» me demande- t-il, inquiet pour sa caisse.Tout de même assez bondé, malgré le ciel orangé qui nous menaçait vers 20h30.Ne vous inquiétez pas, les clients vont venir.Vous l'avez vu, au moins, le ciel bizarre ?C'est à ce momentlà, vous aussi, que vous avez regretté de ne pas avoir écouté Miss Météo, qui nous jurait que des orages allaient se pointer ?Lorsque Gadji-Gadjo a débuté son concert sur la petite scène de l'esplanade de la Place des Arts, vers 19h, nul ne croyait avoir besoin d'un parapluie.Le soleil était aussi radieux que les passionnés élans tziganes de l'orchestre montréalais.Il n'y avait rien de tellement novateur dans le son du groupe, qui tangue entre klezmer et musique de gitans, à laquelle tiennent quelques greffons de jazz et de musique traditionnelle d'ici.Mais l'interprétation était si généreuse (très bons Jean-Sébastien Leblanc à la clarinette et Mélanie Bergeron à l'accordéon) que Gadji-Gadjo éblouissait.À moins que ce ne soit le soleil qui se couchait lentement derrière eux.M'enfin, c'était séduisant, et tellement approprié pour ce début de week-end ! C'est un peu plus tard que ça s'est gâté, lorsque le ciel s'est caramélisé.En sortant de la deuxième invitation du phénoménal Zakir Hussain (qui recevait cette fois des maîtres percussionnistes, en plus de Ustad Sultan Khan), le plafond se divisait en deux : côté orange et côté gris.Ça sentait un peu le désespoir au pied de la scène principale.Voir une foule courir à l'abri pendant que Michael Jerome Browne and the Twin Rivers String Band diffusait une country-soul apaisante s'est avéré un bien étrange spectacle qui, heureusement, ne s'est pas éternisé.Finalement, le parapluie n'a pas été nécessaire.En fait, on aurait pu parier que la « passion afro-cubaine » du Montréal Jazz Big Band aurait tôt fait de dissiper la mauvaise humeur météorologique.Dirigé par Philippe Hudon, l'ensemble a offert une performance d'une très grande classe, entraînante et appliquée.Quand le M.J.B.B.s'attaque au répertoire cubain, ce n'est pas pour frimer : les festivaliers, à nouveau en nombre devant le complexe Desjardins, étaient captifs des rythmes et du grand raffinement des arrangements.Il aurait fallu mettre cette valeur sûre sur la scène principale aux heures cruciales (21h et 23h) hier soir, en échange du Jaipur Kawa Brass Band.Ce dernier était certainement fascinant, fanfare indienne dont les instrumentistes adaptent des airs orientaux à la rigidité de la marche militaire.Mais justement, c'était rigide.Pas un soupçon de groove là-dedans, ce qui n'aide pas à faire avaler des mélodies peu communes.Le public était pantois.Des deux premières soirées de jazz (qui laissent croire que le meilleur est encore à venir), je retiendrai deux performances : celle de Zakir Hussain d'hier, et le tour de chant de la grande Mavis Staples, juste avant celle des Blind Boys of Alabama, hier au Métropolis.Une légende, faut-il le rappeler, que cette Lady Staples, membre émérite des Staples Singers, formation de Chicago qui, après des débuts dans le gospel, s'est exprimée dans les langues de la soul et du R&B.Dans la famille, c'est Mavis Staples qui avait la plus puissante voix, une voix dont elle joue comme d'un saxophone avec un souffle rugissant qui n'a rien perdu de sa superbe avec le temps.« That's all right, j'ai déjà été une Beyoncé ! » a-t-elle lancé au parterre du Métropolis, qui, en choeur, se laissait envoûter par les élans de soul et de gospel de la chanteuse.PHOTO PIERRE-PAUL POULIN, LA PRESSE © Mélanie Bergeron, à l'accordéon, et Jean-Sébastien Leblanc, à la clarinette, ont livré une interprétation généreuse, hier, au point que Gadji-Gadjo éblouissait.3329107A JAZZ Pink Martini.double RENSEIGNEMENTS : GRATUIT ! CE MARDI À21H30 93329479A PHOTODAVID BOILY, LA PRESSE © De l'aveu de la chanteuse China Forbes, le groupe Pink Martini ne s'attendait pas à la réception enthousiaste \u2014 c'est un euphémisme \u2014 que lui a faite le Métropolis jeudi soir.En une heure et demie, entre Le Boléro de Ravel et Brazil , les 11 musiciens et chanteurs du collectif éclaté de Portland, Oregon, ont séduit ce public de tout âge avec leur musique lounge intemporelle, leurs textes en anglais, en italien, en espagnol ou en croate, et leurs présentations faites dans un français délicieusement gauche.Trois questions subsistent.Comment diable s'y prennent-ils pour écrire des chansons dont on jurerait qu'elles sont des classiques d'une autre époque ?Comment Dieu est-ce possible qu'un New-Yorkais ait pu résister au charme de China Forbes ?Enfin, trop kitsch ou pas assez, Pink Martini ?Juste ce qu'il fallait pour répandre la bonne humeur en cette première soirée du 26 e Festival de jazz.3329604A TENDANCES Tous les jours dans "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.