La presse, 4 juillet 2005, C. Arts et spectacles: jazz
[" LA MUSIQUE QUI GUÉRIT PAGE 3 ARTS SPECTACLES OMARA PORTUONDO\u2014I MUSICI > Voir AVENTURE en page 6 ALEXANDRE VIGNEAULT ayant jamais mis les pieds dansle sableblancde Cuba, presque tout ce que je connais de l'île du commandant Castro me vient de la musique.Des rythmes bien roulés, des mélodies caressantes, des voix usées aucharmepoignant, des couleurs vives aux reflets nuancés et aussi cette incroyable lumière qui habille le film Buena Vista Social Club, de Wim Wenders.Ne sachant pas grand-chose de la vie réelle à La Havane, imaginez ma surpriselorsqu'onm'adit que lagrande Omara Portuondo devait se rendre chez une voisine pour faire cette entrevue : elle n'a pas le téléphone à la maison.N' PHOTO PIERRE-PAUL POULIN, LA PRESSE © Yuli Turovsky Omara Portuondo AVENTURE D'UN SOIR JAZZ Soleil radieux et lunes de miel ALEXANDRE VIGNEAULT Rien n'est plus agréable que de prendre l'apéro sur une terrasse, pas vrai ?Enfin, sauf s'il s'agit de la terrasse Amarula, qu'il est 19 h et qu'un soleil généreux de sa personne, comme hier par exemple, descend paresseusement derrière la petite scène en nous regardant droit dans les yeux.La solution ?Se cacher derrière plus grand que soi.Un grand échalas (comme moi.) ou, dans le cas des grands échalas, derrière un papa surmonté d'un gamin.L'idéal, c'est bien sûr de dégoter un papa aux épaules solides (ça se fatigue moins vite, j'imagine) et un enfant pas trop turbulent.Pas de chance, celui derrière lequel je me suis réfugié avait la bougeotte.Enthousiasmé par le jazz funkisant de la fanfare marseillaise Accoules Sax, il s'est mis à jouer du tambour sur la tête de sa monture, puis à lui frotter la calvitie avec entrain.Même le plus « papatient » fini par en avoir marre et envoyer son fils jouer dans le trafic.Tant pis pour moi.Un peu plus tard, au Parc des festivals, c'est Emeline Michel qui avait le soleil dans les yeux.Au propre comme au figuré.La déesse de la chanson haïtienne rayonnait.Plus énergique que le sympathique Toto Laraque, entendu et apprécié samedi à quelques pas de là, elle n'a eu aucun mal à faire remuer les festivaliers, peu importe la couleur de leur peau.Solidement ancrée dans les rythmes de son pays et ne penchant que très rarement vers la pop, elle a été émouvante et entraînante.Sa prestation enjouée (on l'a vue rigoler après avoir donné un sacré coup de hanche à l'un de ses guitaristes) a d'ailleurs été l'une des plus chaleureuses depuis le début de ce festival.Elle voulait « faire danser les coeurs et les corps », comme elle l'a dit avant d'entonner son succès A-KI- K-O, et elle y est parvenue.Du soleil plein la tête, j'ai ensuite mis le cap vers le Carrefour GM, où une petite masse de gens commençait à s'agglutiner.« On s'est trompés de scène, le Carrefour, c'est làbas », s'inquiétait un gars en jetant un oeil vers l'angle des rues Jeanne- Mance et Sainte-Catherine.« Non, c'est la bonne », insistait son amie, non sans avoir longuement comparé les indications du programme à l'installation qu'elle avait sous les yeux.Une récente série présentée à Radio- Canada (La Guerre des sexes) a beau avoir fait la preuve que les hommes possèdent un meilleur sens de l'orientation que les femmes, dans ce cas-ci, c'est elle qui avait raison.Sauvons tout de même l'honneur du monsieur : il y a une grossière erreur dans le programme.Celui-ci indique, dans la case horaire de 21 h, que le Carrefour GM se situe au coin Saint-Catherine et Jeanne-Mance, alors qu'il se trouve bien sûr un peu plus haut, au coin du boulevard de Maisonneuve.L'erreur d'impression ne semble toutefois pas causer trop de maux de tête aux festivaliers.« Les gens se fient surtout au nom de la scène et au plan (inscrits dans le dépliant », constate David Prince, préposé au stand d'information situé tout près de l'emplacement litigieux.N'empêche, peu après le début du spectacle d'Autorickshaw, j'ai remarqué quelques retardataires, le nez dans leur programme et le visage empreint d'un expression ressemblant fort à de la perplexité.Pas de quoi monter au créneau.Encore moins si vous avez raté Autorickshaw.Il était question d'un mariage entre musique traditionnelle indienne et jazz.Sur papier, c'était bien alléchant.Suba Sankaran (chant) était entourée de trois musiciens : un joueur de tablas, un percussionniste et un bassiste.Beaucoup de rythmes, donc, et une seule voix pour porter les mélodies.Gros défi.Pour le relever, il aurait fallu une grande chanteuse.Ce n'était pas le cas.L'idée de marier scat et tablas était bonne, mais son chant manquait de finesse, de profondeur et parfois de justesse.Aucun de ces problèmes n'a été constaté au récital des Moonlight Girls.Juché sur la grande scène GM \u2014celle qui se trouve vraiment au coin de Sainte-Catherine et Jeanne- Mance\u2014 le trio vocal féminin a gentiment fait swinguer la foule, alignant les standards des années 1930 et 1940 ou des succès plus récents servis à cette sauce ancienne.La nuit, toute jeune, était encore chaude, les airs légers, ça ne pouvait que plaire et, en effet, ça plaisait.De l'esplanade de la Place des Arts à la rue Sainte-Catherine, bien des épaules roulaient et quelques petits couples se sont balancés à l'unisson pendant leur version de Blue Moon.Il me semble aussi avoir vu de larges sourires ironiques sur certains jeunes visages, lors des moments les plus mielleux.Peut-être n'est-ce que dans ma tête, peut-être avais-je pris un trop gros coup de soleil chez Emeline Michel.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Remarqué l'an dernier sur une scène de moindre envergure, le trio vocal Moonlight Girls a été promu à la plus grande scène de toutes, au coin de Sainte- Catherine et Jeanne-Mance.À la nuit tombée, elles ont doucement fait swinguer une foule imposante avec des airs vieillots.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Alléchant sur papier, le mariage entre jazz et musique indienne promis par Autorickshaw n'a pas été à la hauteur : ça manquait de finesse et, surtout, d'équilibre entre les rythmes et les mélodies.TRIOJAZZ 1 2 3 BRAVO, SAVOY ! Quand la petite salle servait de fumoir (mal aéré) au Métropolis, c'était un des lieux les plus malsains en ville.Et pas à cause de la proximité de la Main\u2026 «Déboucané», le Savoy s'avère un endroit agréable pour terminer, assis par terre devant la scène si l'on veut, une soirée au festival.Attention toutefois de ne pas confondre le Savoy avecuncocktail lounge : l'électrojazz du pianiste Guy Dubuc et de ses comparses \u2014 Jean- François Lemieux (basse), Marc Lessard (batterie), Marie-Josée Frigon (sax) et Jean-François Gagnon (trompette), ne fléchit pas d'une coche jusqu'à la fermeture.L'entrée au spectacle Happy House est gratuite mais il faut être patient\u2026 DANIEL LEMAY PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © Bill Frisell Dr.John LE SAVANT FOU Délais, séquences de guitare jouées à reculons \u2014 comme sur certains disques-cultes des vieux hippies \u2014 mélodies, bruits ou sons empruntés à d'autres oeuvres, Bill Frisell (ce soir au Spectrum à 21 h 30) ne fait pas de cas de la méthode, non plus que du genre, qui mélange le folk et le classique, les musiques du monde et le rock.Mais le magazine Downbeat de juillet pose encore la question, celle que les gens du Festival abhorrent entre toutes : Bill Frisell, le «savant fou», est-il un musicien de jazz ?«À un moment donné, je me suis dit que je n'étais peut-être pas un jazzman\u2026 et que ça n'avait aucune importance.Récemment, je me percevais plus comme un musicien de jazz.Je n'ai jamais joué avec Miles ni avec Sonny Rollins mais mon approche de la musique découle de la leur.Une chose est certaine : il n'y aurait pas de Charlie Parker s'il avait suivi les règles édictées quand il avait 18 ans\u2026» DOUBLES CROCHES Tango Flamenco, présenté à guichets fermés au Théâtre Jean-Duceppe tous les jours à 20 h 30 (sauf demain), s'avère le hit du premier week-end du FIJM.Tellement qu'on s'est vu «obligé» d'ajouter trois supplémentaires: vendredi à 17 h et dimanche à 16 h et 20 h.Pour info : 871-1881\u2026 Il n'y a pas vraiment de concept «4 juillet» au FIJM, qui n'en programme pas moins quelques grands noms américains en ce jour de la fête nationale des États-Unis : Dr.John, Madeleine Peyroux, Neville Brothers, Bill Frisell, Odeon Pope (voir l'article d'Alain Brunet en page 4).D'autres moins connus : Ray Lamontagne (voir la critique de son disque Trouble en page 5), Eddie Shaw et, pour la première fois dans le «village utopique» d'Alain Simard, The Bomb Squad\u2026. N:\\BI\\BIP\\Classé OCR\\2005TXT\\07-09 JAZZ ODEAN POPE Au choeur.du saxophone ALAIN BRUNET Cet accent afro-américain très prononcé, cette bonhomie dans le ton semblent précéder la lutte pour les droits civiques.La placidité d'Odean Pope, 67 ans, est aussi marquée par un humanisme chrétien des plus sincères.Ce qui justifie parfaitement le retour à Montréal de ce souffleur généreux et de son Saxophone Choir.On avait d'abord connu Odean Pope avec Max Roach, géant de la batterie depuis l'aube du jazz moderne, qui l'avait embauché à titre de soliste principal.Très coltranien avions-nous noté à la fin des années 80, c'en était même étrange tant il incarnait le prophète disparu.Puis on a apprécié grandement ce digne successeur, notamment avec son Saxophone Choir venu en 1993 pour nous servir une superbe allégorie chorale où la voix humaine faisait place à celle du saxophone.Odean Pope est de cette tradition de puissants tenormen ayant vécu ou amorcé leur carrière à Philadelphie, les plus célèbres étant John Coltrane et Michael Brecker.Pope était enfant lorsque sa famille avait déserté les esprits sudistes de la Caroline du Sud pour s'installer à Philly, moins ségrégationniste à l'époque.Inscrit au Benjamin Franklin High School, il jouait déjà parmi de futures pointures du jazz, dont le saxophoniste et compositeur Benny Golson.Plus tard, il fit la connaissance d'autres Philadelphians en voie de devenir des légendes, dont les frères Heath (Jimmy, Percy et Albert) ou le batteur Philly Joe Jones.Et revoilà le choeur de saxophones 12 ans après qu'on l'eut grandement apprécié pour la première fois au festival de Montréal.Le Choir, rappelle le musicien, avait été imaginé en 1978.« J'ai grandi dans une atmosphère religieuse, se souvient-il.J'ai été rapidement impliqué dans le chant choral alors que ma mère touchait l'orgue et jouait du piano à l'église baptiste du quartier.Ces choeurs puissants, si fervents, me fascinaient chaque fois que j'allais à la messe, ils m'ont inspiré au point d'imaginer qu'un ensemble de saxophones pouvait en reproduire l'esprit.J'avais d'abord essayé avec d'autres instruments mais, lorsque j'ai réuni exclusivement des saxophones, j'ai réalisé que c'était la voie à suivre.Cet effet choral est unique, ça n'a rien à voir avec un big band.» Trois altos, cinq ténors et un baryton forment le Saxophone Choir, dont Odean Pope est le soliste essentiel.D'autres solos sont à prévoir ce soir mais, fondamentalement, les autres souffleurs soutiennent le saxophone.popal.La plupart des compositions et arrangements sont créés par le leader, auxquels s'ajoutent quelques versions adaptées à cette instrumentation particulière.«À travers l'harmonie, la mélodie et le rythme, fait valoir l'interviewé, j'essaie de reprendre l'esthétique des plus grands (Trane, Sonny Rollins, etc.) pour l'embellir comme je le peux.La musique des années 40, 50 et 60 représente pour moi le troisième grand système de l'histoire du jazz, je me réclame du quatrième.Ce système actualisé de composition et d'interaction enrichit le genre de nouvelles composantes harmoniques et rythmiques.La musique que j'essaie de créer est différente en ce sens.» Le Saxophone Choir, souligne en outre son concepteur, ne procède pas à une simple évocation profane.« Je vais toujours à l'église, j'aime m'y recueillir et partager avec les fidèles, qui me semblent y former une grande famille.Mon ensemble se produit régulièrement à l'église, d'ailleurs.Il y a quelque chose de mystique dans ce choeur de saxophones.» .Odean Pope et son Saxophone Choir se produisent ce soir, à 22 h 30, au Gesù.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Trois altos, cinq ténors et un baryton forment le Saxophone Choir, dont Odean Pope est le soliste essentiel.« Ces choeurs puissants, si fervents, me fascinaient chaque fois que j'allais à la messe, ils m'ont inspiré au point d'imaginer qu'un ensemble de saxophones pouvait en reproduire l'esprit.» LE GUIDE DU FESTIVALIER CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE MÉTROPOLIS SAVOY CLUB SODA MONUMENTNATIONAL GESÙ - Centre de créativité SPECTRUM Club jazz CANADA TRUST Scène Blues STELLA ARTOIS Scène Carrefour LOTO-QUÉBEC GENERAL MOTORS Scène BELL\u2014SAMSUNG LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ Terrasse AMARULA HÔTEL HYATT Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent r ue Saint-Urbain ruede Bleurry Scène extérieure Salle de concert Métro La parade Loto-Québec Le village du Festival NOTRE VIRÉE LUNDI 4JUILLET Scène GENERAL MOTORS avenue du Président-Kennedy MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL RAY LAMONTAGNE Vous savez, lorsque vous débarquez chez un vendeur de disques d'occasion et que vous y trouvez un disque exceptionnel que lemarchand ne connaît pas et qu'il liquide à un prix ridicule ?C'estexactementlecasavec Ray Lamontagne\u2026 présentégratis sur une scène extérieure.Nouveau barde de la chanson folk-pop, l'Américain Lamontagne remporte beaucoup de succès en Europe\u2014et bientôt ici, pour sûr.Àvoir ! > Scène Bell-Samsung, 20h et 22h.LAURENT DE WILDE Un habitué, pourrions-nous dire, du festival, oùle pianiste s'est déjàillustré par ses croisements réussis entre le jazz classique, les rythmes électros et les nouvelles technologies.En quartette, c'est avec plaisir que nous le reverrons sous les étoiles.> Scène Stella Artois, 22h.EDDIESHAW Quel que soit le nom du musicien invité à se produire sur la scène blues, vous pouvez être sûr que les fans y seront de toute façon.Aujourd'hui cependant, gageons que les mélomanes avertis arriveront tôt : le saxophoniste de Chicago Eddie Shaw, ex-accompagnateur de Howlin'Wolf célébré des connaisseurs, revient chez nous après sept ans d'absence.> Scène Blues Stella Artois, 21h (aussi au Spectrumà minuit 30).Philippe Renaud Collaboration spéciale 11h La Petite École du jazz Grande place du complexe Desjardins gratuit 12h Accoules Sax Terrasse Amarula gratuit 13h Hot Pepper Dixie Terrasse Amarula gratuit 13h30 La Petite École du jazz Grande place du complexe Desjardins gratuit 15h A.L.Blue Devils école secondaire André-Laurendeau Scène General Motors gratuit 16h Hot Pepper Dixie Scène Bell-Samsung gratuit 16h Ciné-jazz ~ Louis Sclavis : Ellington on the Air / Snip Cinémathèque québécoise billets 17h Bourbon Street Scène CBC Television gratuit 17h30 La Parade Loto-Québec Départ scène Bell-Samsung gratuit 18h Ciné-jazz ~ Dizzy Gillepsie-Max Roach Duo / Fantom's Party Cinémathèque québécoise billets 18h Matthias Lupri Scène General Motors gratuit 18h Samina Savoy - Métropolis gratuit avec laissez-passer 18h Dr.John Théâtre Maisonneuve - PdA billets 18h Saloua ~ Érik Truffaz Spectrum de Montréal billets 18h Anthologie du blues ~ Stephen Barry Band Gesù - Centre de créativité billets 18h30 Khac Chi Carrefour General Motors gratuit 19h L'esprit de la Nouvelle-Orléans Terrasse Amarula gratuit 19h Simmm ~ rencontre avec l'artiste : John Mc Laughlin Cinquième salle de la Place des Arts gratuit 19h Jimmy James Scène blues Stella Artois gratuit 19h Michel Héroux Quintet Club jazz Banque TD Canada Trust gratuit 19h Le Montreal Jazz Club Bateau Cavalier Maxim billets 19h Madeleine Peyroux Club Soda complet 19h30 Ba Cissoko Scène Stella Artois gratuit 20h Geoff Young Trio Scène CBC Television gratuit 20h Ray Lamontagne Scène Bell-Samsung gratuit 20h Café Soul Scène Loto-Québec gratuit 20h30 Omara Portuondo avec I Musici de Montréal ~ Première partie : BC avec Bet.e et Carlos Placeres Salle Wilfrid-Pelletier - PdA billets 20h30 Tango Flamenco Théâtre Jean-Duceppe - PdA complet 21h The Bomb Squad Scène General Motors gratuit 21h Eddie Shaw Scène blues Stella Artois gratuit 21h Andy Narrell Sakesho Carrefour General Motors gratuit 21h Queen Mab Trio Salle Beverly Webster Rolph - MAC billets 21h Neville Brothers ~ première partie : Mumbo Jumbo Voodoo Combo Métropolis billets 21h30 Bill Frisell Quintet Spectrum de Montréal billets 22h Ray Lamontagne Scène Bell-Samsung gratuit 22h Geoff Young Trio Scène CBC Television gratuit 22h Café Soul Scène Loto-Québec gratuit 22h Laurent de Wilde Scène Stella Artois gratuit 22h Michel Héroux Quintet Club jazz Banque TD Canada Trust gratuit 22h30 Odean Pope et le Saxophone Choir Gesù - Centre de créativité billets 23h The Bomb Squad Scène General Motors gratuit 23h Jimmy James Scène blues Stella Artois gratuit 23h Thuryn Von Pranke Trio avec Morgan Moore et Martin Auguste Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance billets 00h Federico Aubele / DJ Panko / Ojos De Brujo Club Soda billets 00h30 Eddy Shaw Spectrum de Montréal gratuit LUNDI 4 JUILLET HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU Scène CBC TELEVISION boulevard de Maisonneuve Scène STELLA ARTOIS SALLE WILFRID-PELLETIER rue Jeanne-Mance 3329638A L A P R E S S E LUNDI 4 JUILLET J A Z Z 5 JAZZ PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Federico Aubele, auteur d'un sympathique et confortable album intitule Gran Hotel Buenos Aires, se produit ce soir en trio au Club Soda.FEDERICO AUBELE Maitre a danser?ALEXANDRE VIGNEAULT Cousin germain de Gotan Project, Federico Aubele s'amuse lui aussi a detourner le tango.Son approche n'a cependant pas grand-chose a voir avec celle du trio francais a qui les Montrealais ont reserve un accueil triomphal, il y a deux etes, au Metropolis.Plutot que de decortiquer le tango et de lui coller une rythmique d'inspiration house pour accelerer artificiellement son pouls, le guitariste originaire de Buenos Aires se plait a lui insuffler des lignes de basse bien charnues et a lui faire ralentir le pas.L'esthetique de Gran Hotel Buenos Aires s'illustre et s'explique encore mieux si on precise la chose suivante : ce disque a paru chez Eighteenth Street Lounge Music, l'etiquette de Rob Garza et Eric Hilton, alias Thievery Corporation.Fortement impregnee de l'approche chic, branchee et indolente du duo de Washington, la latinite de Federico Aubele se limite d'ailleurs souvent a quelques clins d'oeil sonores.Un bandoneon peu bavard ici, une trompette la, et voila qu'on se sent dans la capitale argentine ou egare dans un western mexicain.Grand admirateur de Piazzolla .qui ne l'est pas ?., le guitariste argentin transplante a Barcelone possede, semble-til, une bonne collection de vinyles dans laquelle il a pige pas mal d'elements pour ensuite les manipuler dans tous les sens.Une fois cette matiere bien petrie, Federico Aubele ne peut se retenir d'y ajouter de la guitare, son instrument de predilection.Des accords souvent repetitifs qui collent parfaitement a une basse empruntee au dub.On ne sait trop comment ces musiques moelleuses et un brin paresseuses passeront la rampe sur scene.Gotan Project a reussi la transition, mais il lui suffisait de laisser parler ses influences house et de donner le plancher a son bandoneoniste.Federico Aubele et ses deux collaboratrices (une clavieriste et une percussionniste), qui se produisent a minuit ce soir, parviendront-ils a faire danser le Club Soda sans augmenter la cadence ?Sais pas.Peut-etre sentira-t-on l'influence de Kid Loco, avec qui l'Argentin concocte son deuxieme disque.A moins qu'il ne lui prenne l'envie de profiter de son passage a Montreal pour faire.du jazz ?Un bandoneon peu bavard ici, une trompette la, et voila qu'on se sent dans la capitale argentine ou egare dans un western mexicain.Ray Lamontagne Trouble RCA/BMG Folk lumineux Citoyen americain, Ray Lamontagne vient honorer ses racines francaises a Montreal.Pour les amateurs de folk l'ayant decouvert au cours des derniers mois, c'est du grand luxe que d'assister a une premiere performance sans debourser un rond .ce soir, 20 h et 22 h, scene Bell-Samsung.Car cet artiste est hautement inspire.Sa voix graveleuse et haut perchee revele la profondeur des vieilles ames, ses melodies sont poignantes pour la plupart, l'hypersensibilite de son expression et sa simplicite lumineuse vous traversent les pores.La voix est son arme principale, ses propos intimes atteignent le plexus, ses coups de gratte temoignent de belles harmonies (Joni Mitchell, Neil Young et autres bonzes derriere la cravate), ses arrangements sont bellement retro, servis sans pretention.On pense au meilleur folk-pop des annees 60 a l'ecoute de Trouble et, pourtant, on n'a pas l'impression que cette recrue se vautre dans la nostalgie.Tres peu d'artistes, en fait, sont capables de reprendre une forme eprouvee et d'ainsi nous laisser une telle impression de fraicheur.Lamontagne doit aussi la qualite de cet enregistrement a son collegue Ethan Johns, qui a notamment travaille aupres de Ryan Adams et Kings of Leon.Est-il besoin d'ajouter que ce disque intergenerationnel risque de faire l'unanimite lors de vos rencontres familiales ?La simplicite lumineuse Pas de valeur ajoutee a ce folk Alai n Brunet . JAZZ PHOTO REUTERS Omara Portuondo, qui se produit ce soir a la salle Wilfrid-Pelletier avec l'orchestre I Musici, dit beaucoup aimer chanter a Cuba.Ca recharge mes piles, dit-elle, ca me redonne de l'energie pour ensuite porter ma culture ailleurs dans le monde.Aventure d'un soir AVENTURE suite de la page 1 Ce n'etait toutefois qu'un irritant mineur.La grande chanteuse de bolero, decouverte a la faveur d'un duo avec Compay Segundo (Veinte Anos, sur Buena Vista.), etait au rendez-vous avec une petite heure de retard .elle ne savait pas qu'elle avait une entrevue a jure sa voisine.De ce cote-ci de l'Amerique, la situation a ete bien plus compliquee : en repoussant la conversation d'une heure, j'ai perdu mon traducteur (l'espagnol cubain et moi, ca ne colle pas) et me suis ronge les ongles des deux mains avant de trouver une amie argentine qui, fort heureusement, a deja eu un amoureux cubain.Omara Portuondo ne s'est pas formalisee outre mesure de ce cafouillage technique.L'interprete septuagenaire a meme affirme qu'elle etait toujours prete a accorder des entrevues aux medias canadiens.Jeudi apresmidi, elle se rejouissait d'ailleurs de revenir a Montreal.Je n'y suis pas venue depuis deux ans , a-t-elle note.Elle a chante a la salle Wilfrid-Pelletier a l'ete 2003, a l'occasion d'un programme double en compagnie de la Sud-Africaine Myriam Makeba.J'apprecie beaucoup le contact avec le public de Montreal, souligne Omara Portuondo.Peut-etre est-ce en raison de la parente linguistique .le francais et l'espagnol sont des langues latines ., mais le public y est accessible et aussi tres receptif a la musique cubaine.L'effet Buena Vista aidant, la diva de La Havane avait recu un accueil bien plus chaleureux que sa consoeur sud-africaine, il y a deux ans.Avant le Club Longtemps avant de voir son talent reconnu a l'echelle mondiale grace au celebre enregistrement pilote par Ry Cooder .lequel a aussi revele Compay Segundo, Ibrahim Ferrer et les autres sympathiques papis cubains ., Omara Portuondo s'etait deja taille une place dans le coeur des Cubains en popularisant une version cubanisee et jazzee de la bossa nova, bientot baptisee filin.Il semble que nombre de ses compatriotes la designent aujourd'hui encore par le surnom acquis a cette epoque : la fiancee du filin .Elle a ensuite passe 15 ans (de 1952 a 1967) dans un quatuor vocal baptise Cuarteto Las D'Aida, au sein duquel se trouvait aussi Elena Burke, grande figure de la musique cubaine decedee il y a trois ans.C'a ete un moment tres important pour la musique cubaine , dit Omara Portuondo a propos de ce groupe, avec lequel elle a beaucoup voyage.Elena Burke etait une grande dame.Une femme de coeur qui avait beaucoup de talent.J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour elle.Elle a continue a voyager dans les annees 1970, chantant notamment avec l'Orquestra Aragon, et a enregistre bien des disques jusqu'a la fin des annees 1980.La critique en retient principalement deux : Palabras et, en collaboration avec Chucho Valdes, Desafios.C'est d'ailleurs en enregistrant un enieme disque a La Havane qu'Omara Portuondo a ete invitee a participer a Buena Vista Social Club, en 1996, l'album qui allait changer sa vie et celle de plusieurs de ses compatriotes.Buena Vista Social Club a ete une reussite pour tout le monde, affirme-t-elle.Pas seulement pour les musiciens, mais aussi les auteurs des chansons.Ce disque a permis a la musique cubaine d'obtenir une reconnaissance a l'echelle internationale.Avant Buena Vista Social Club, les gens avaient une connaissance tres etroite de la musique cubaine.Une affaire de metissage L'an dernier, Omara Portuondo faisait paraitre son deuxieme disque solo diffuse a l'echelle internationale par Warner, Flor de Amor, ou les violons occupent une place de choix.Sa transposition scenique a Montreal insistera d'ailleurs sur cet aspect puisque la mamie cubaine et son groupe seront appuyes par 16 musiciens de l'orchestre de musique de chambre I Musici, sous la direction de Yuli Turovsky.J'ai deja fait ce genre d'experience a Cuba et, l'an dernier, a Berlin dans un concert qui reunissait quatre femmes : une Allemande, une Americaine, une Anglaise et moi.La musique n'a pas de frontieres.Il est possible de les meler toutes, qu'il s'agisse de folklore, de musique classique ou de musique populaire.En principe, j'aime beaucoup ce genre de collaborations entre la musique folklorique et la musique classique, dit pour sa part Yuli Turovsky, qui vient d'ailleurs de terminer l'enregistrement d'un disque de musique espagnole.Dans la musique cubaine, latine ou bresilienne, le rythme est tres important.Les cordes contribuent a apporter plus de lyrisme, a allonger la phrase musicale et a la rendre plus souple.Le concert de ce soir sera principalement constitue de pieces tirees de Flor de Amor, un album qu'on peut lire comme une lettre d'amour a Cuba.Il y a des chansons sur Cuba, ses saveurs et ses odeurs, mais surtout sur ma ville, La Havane, precise Omara Portuondo.J'adore le paysage, en particulier le Malecon, ou l'on peut voir le soleil tomber dans la mer.Mais Flor de Amor est d'abord un disque sur l'amour.Le reste du programme sera notamment constitue de chansons des annees 1930, dont l'une s'intitule Tabou et aborde la question du metissage.Sautant d'emblee aux conclusions, on s'imagine que cette chanson possede une resonance particuliere pour Omara Portuondo, elle-meme issue d'un couple mixte (sa mere, Espagnole, a tout quitte pour suivre un musicien noir).C'est mon cas, reconnait-elle, mais le metissage est aussi a la base de la culture cubaine.Plus encore, c'est l'humanite entiere qui s'est construite grace au metissage des cultures, des langues et des races.Occasion unique Faisant echo au propos de la chanson, le concert de ce soir sera aussi le resultat d'un metissage un peu improvise.I Musici et les musiciens cubains se sont rencontres pour la premiere fois hier.Omara Portuondo ne s'inquiete guere.La musique n'a pas besoin de preparation , laisse-t-elle tomber.C'est le point de vue des gens qui font de la musique folklorique, estime Yuli Turovsky, un sourire dans la voix.C'est comprehensible puisque la majorite d'entre eux sont nes avec cette musique- la.Diriger un orchestre de 16 musiciens demande forcement de la preparation.Mais il est tres important de garder une approche spontanee, precise toutefois le chef d'orchestre.Meme en musique classique il m'arrive de changer des choses le soir du concert, j'adore ca.Il faut donc etre prepares pour l'inconnu.N'est-ce pas la que reside le defi .et l'interet .des aventures d'un soir ?C'est l'humanite entiere qui s'est construite grace au metissage des cultures, des langues et des races.Il est possible de les meler toutes, qu'il s'agisse de folklore, de musique classique ou de musique populaire.), ' ./ .( & .- 0 , % .- / ) .0 /(-.(-.' .0 $# , .$# .' & .0 $# , .( ' & % .- .$# ) ' % ./ -/' .- + ) % ./ + ) ( .+ ., + ( & 8=5;< 78:4 5;< ;=4 5(, ?'# 3 6?4?'# \"# A?#?-2 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