La presse, 13 novembre 2005, P. Plus
[" AU-DELÀ DE LA COCAÏNE TOMMY CHOUINARD ELLEN JOHNSON SIRLEAF PLUS LA MAFIA, PLUS DANGEREUSE QUE LES TERRORISTES PAGE 4 PHOTOANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © PHOTOÉTIENNEMORIN, LE DROIT QUÉBEC \u2014 La consommation passée de cocaïne d'André Boisclair a monopolisé la course à la direction du Parti québécois.Les deux favoris, André Boisclair et Pauline Marois, ont exprimé des idées et pris des engagements qui ont été occultés par la controverse.André Boisclair est-il le candidat de droite que certains dépeignent?Pauline Marois fait-elle la promotion des idées de la vieille garde du PQ comme d'autres le prétendent?La Presse a analysé les engagements des deux candidats qui, selon les sondages, ont le plus de chances d'accéder au poste de chef.Un constat s'impose d'entrée de jeu: Pauline Marois et André Boisclair partagent bon nombre d'idées.Ils sont considérés comme des modérés sur la démarche d'accession à la souveraineté.Les deux veulent faire de l'éducation la priorité du Québec et décentraliser des pouvoirs vers les régions.Mais des nuances, parfois importantes, les distinguent.Et des opinions divergentes se dégagent.Par exemple, André Boisclair est moins interventionniste en matière économique que sa rivale, Pauline Marois.Voici une comparaison de leurs idées sur cinq thèmes.DOSSIERÀ LIRE ENPAGES 2 ET 3 LE PARADOXE DES AFRICAINES UNE FEMME PRÉSIDENTE AU LIBERIA Chronique d'Agnès Gruda PAGE 6 PLUS SOUVERAINETÉ ANDRÉ BOISCLAIR André Boisclair propose essentiellement ce que contient le nouveau programme du Parti québécois, adopté en juin.Sa démarche d'accession à la souveraineté se décline en «trois temps», pour reprendre son expression.D'ici les prochaines élections, il souhaite créer une large coalition de souverainistes avec le Bloc québécois.Il veut réunir aussi bien l'Option citoyenne de Françoise David que l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont.Dès la reprise du pouvoir, il souhaite préparer le référendum, qui se tiendrait «le plus tôt possible à l'intérieur du mandat», comme le prévoit le programme.Il évite ainsi de remettre en question la position de Bernard Landry, ce que d'autres candidats n'ont pas hésité à faire.Une Constitution initiale et des lois pour assurer la transition vers le statut de pays seraient alors adoptées.À la suite d'une victoire référendaire, l'Assemblée nationale adopterait une déclaration de souveraineté.PAULINE MAROIS Pauline Marois défend ses positions sur la souveraineté depuis un an et demi, donc avant même que le nouveau programme du PQ ne soit adopté et que Bernard Landry ne claque la porte.Cela dit, ses positions et le programme se ressemblent beaucoup.Avec le retour au pouvoir du PQ, elle propose de nommer un ministre responsable de l'accession à la souveraineté et d'adopter une Constitution initiale.Pauline Marois est en faveur d'utiliser les fonds publics «de façon responsable» pour préparer la souveraineté.Elle propose d'instaurer une carte d'électeur et de mettre en place un mécanisme d'observation internationale pour éviter les actes frauduleux.Elle veut aussi lancer une offensive diplomatique en vue de faire connaître l'option souverainiste et d'obtenir la reconnaissance internationale dans l'éventualité d'une victoire référendaire.Comme dans le cas d'André Boisclair, son référendum se tiendrait le plus tôt possible dans le prochain mandat péquiste.Elle est aussi en faveur de l'adoption d'une déclaration de souveraineté au lendemain d'une victoire référendaire.Pauline Marois a soulevé une controverse au sein du PQ en affirmant, le mois dernier, qu'il y aurait cinq années de «perturbations » après une victoire du OUI.FINANCES, DÉVELOPPEMENT ET SOLIDARITÉ PAULINE MAROIS Pauline Marois préconise une intervention soutenue de l'État dans l'économie.Elle se dit favorable à l'instauration de crédits d'impôt pour la deuxième et troisième transformation des matières premières en région.Elle souhaite aussi soutenir financièrement la création de «créneaux d'excellence» dans les régions et donner accès à des fonds d'investissements régionaux.Comme son rival, elle préconise une décentralisation des pouvoirs \u2014 et des moyens financiers \u2014 vers les régions.Mais elle propose en plus de créer une «assemblée des régions».Québec consulterait alors les régions lorsque vient le temps de prendre une décision qui les concerne.Pour gagner l'appui de la gauche et du mouvement syndical, Pauline Marois s'est engagée, contrairement à André Boisclair, à rétablir le libellé de l'article 45 du Code du travail, qui a été modifié à l'automne 2003 par le gouvernement Charest pour faciliter le recours à la sous-traitance.Même si elle a dénoncé les conclusions du Manifeste pour un Québec lucide, Pauline Marois défend une idée proposée par les signataires, soit d'instaurer un revenu minimum garanti.ANDRÉ BOISCLAIR André Boisclair fait écho au Manifeste pour un Québec lucide, lancé par l'ancien premier ministre Lucien Bouchard.Selon lui, la réduction de la dette \u2014 un thème tabou au PQ \u2014 doit devenir une priorité.Il s'engage à créer un fonds de remboursement de la dette qui serait financé à partir des revenus générés par une forte croissance économique (plus de 2,5%).André Boisclair propose de conclure un «pacte» avec les régions.Ce pacte confierait de nouvelles responsabilités aux municipalités et leur donnerait de nouvelles sources de revenus.En matière de lutte à la pauvreté, André Boisclair puise dans ses expériences passées pour courtiser l'électorat péquiste.Ancien ministre de la Solidarité sociale, il souhaite bonifier un programme qu'il avait mis sur pied en 2000, Solidarité jeunesse.Les jeunes assistés sociaux doivent avoir accès à davantage de ressources et à un suivi personnalisé par des intervenants des Carrefours jeunesse emploi pour retourner aux études ou se réinsérer dans le marché du travail, propose-t-il.ÉDUCATION ANDRÉ BOISCLAIR Les engagements en espèces sonnantes et trébuchantes se sont faits rares au cours de la campagne à la direction du PQ.Mais André Boisclair en a pris un qui a fait jaser.Il entend allouer progressivement le tiers du budget de l'État à l'éducation.Ce secteur accapare présentement près du quart du budget, avec des dépenses de 12 milliards.André Boisclair a toutefois connu des difficultés à préciser cet engagement.Selon lui, cette promesse revient à augmenter d'un milliard de dollars par année les dépenses en éducation.Mais lors du débat sur l'éducation, Pauline Marois lui a rappelé que ce serait plutôt 4 milliards de plus qu'il faudrait investir pour que les dépenses en éducation représentent le tiers du budget.Quoi qu'il en soit, André Boisclair estime que ce réinvestissement permettra de maintenir le gel des droits de scolarité.Si le Québec devient souverain, il entend même lancer un débat sur l'instauration de la gratuité scolaire.Cet engagement lui a permis de gagner l'appui d'anciens leaders étudiants.PAULINE MAROIS Contrairement à André Boisclair, Pauline Marois ne chiffre pas ses engagements visant à «financer adéquatement la formation continue » et à «investir dans l'éducation supérieure».Elle promet, elle aussi, de maintenir le gel des droits de scolarité.Pour valoriser l'école publique, elle s'est dite, du bout des lèvres, ouverte à réduire le financement public des écoles privées.Elle souhaite également améliorer les services pour les élèves en difficulté d'apprentissage, le thème central de la présente négociation entre Québec et les professeurs.Elle préconise une meilleure coordination de l'action des différents degrés d'enseignement, un enjeu au coeur du rapport Gervais, qui vient d'être présenté au gouvernement Charest.ENVIRONNEMENT PAULINE MAROIS Pauline Marois s'inspire ici du modèle albertain.Elle veut en effet créer un fonds vert, à l'image du Heritage Fund de l'Alberta.Ce fonds serait financé par les revenus tirés de la nationalisation de l'embouteillage d'eau et de l'énergie éolienne.L'argent amassé servirait au développement économique et durable des régions.Pauline Marois créerait deux nouvelles sociétés d'État, Eau- Québec, qui aurait le mandat de protéger cette ressource, et Éole- Québec, qui aurait le monopole de la production et de la distribution de l'énergie éolienne.Elle s'engage à investir 17 milliards de dollars en 10 ans pour produire 10 000 mégawatts d'électricité provenant de l'énergie éolienne.Le Québec profiterait selon elle d'entrées fiscales de 3,7 milliards en 10 ans et de profits d'exploitation cumulatifs d'environ trois milliards.Alors que le gouvernement Charest laisse l'entreprise privée exploiter cette filière, Pauline Marois croit que l'État devrait s'en charger luimême.ANDRÉ BOISCLAIR L'ancien ministre de l'Environnement s'est prononcé en faveur de l'instauration d'une redevance sur l'utilisation de l'eau à des fins commerciales et industrielles.Cette mesure serait le prolongement de la Politique nationale de l'eau, qu'il a présentée en 2002.André Boisclair s'est toutefois prononcé contre la nationalisation de l'eau.La Loi québécoise sur l'environnement doit selon lui avoir plus de dents.Il veut mettre en place des mesures de contrôle régulières dans l'espoir de réduire les émissions polluantes des entreprises.André Boisclair s'est dit ouvert à donner de nouvelles sources de revenus aux villes pour financer le transport en commun.MAROIS - BOISCLAIR : 17 juin 2005 PHOTO CP 22 juin 2005 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © 20 septembre 2005 PHOTO CP 11 octobre 2005 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © UN TEXTE DE TOMMY CHOUINARD, DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC PLUS SANTÉ ANDRÉ BOISCLAIR Ce n'est que quelques minutes avant le début du dernier débat, à Gatineau, que le clan Boisclair a présenté à La Presse ses engagements en matière de santé.Ceux-ci n'étaient pas prêts avant, même si la campagne tire à sa fin.Alors que ses adversaires prétendent qu'il est favorable au privé en santé, André Boisclair dit défendre un réseau public et un accès aux soins universel et gratuit.Il souhaite «consolider» les services de proximité offerts par les Centres de services de santé et de services sociaux, les groupes de médecine familiale et les autres acteurs des services de première ligne.Le Québec doit faire selon lui le «virage de la prévention».PAULINE MAROIS Si elle accède au pouvoir, Pauline Marois entend lancer une Commission nationale citoyenne sur la santé afin de débattre, notamment, de la création d'une «caisse perte d'autonomie», une mesure proposée dans le rapport Ménard pour faire face à la hausse des coûts de santé et au vieillissement de la population.Sans grande surprise, elle rejette l'idée d'un système de santé à deux vitesses.Plutôt que de faire appel au privé, il faut à ses yeux conclure des partenariats avec des coopératives, des organismes à but non lucratif et des groupes d'économie sociale.Contrairement à ce que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, vient de décider, Pauline Marois s'est engagée à augmenter le nombre de places dans les établissements de soins de longue durée.L'État doit également offrir davantage de services à domicile aux personnes âgées, croit-elle.Pauline Marois entend consacrer 5% du budget de la santé à la prévention.Elle veut prendre les moyens pour que chaque Québécois ait accès à un médecin de famille.QUÉBEC\u2014À compter d'aujourd'hui 8h et jusqu'à mardi 17h, les 139 988 membres du Parti québécois votent par téléphone pour élire leur prochain chef.Comme dans Star Académie.Une première au Québec et même au Canada.Le vote électronique a connu des ratés aux élections municipales du 6 novembre.Le système téléphonique du PQ pourrait-il, lui aussi, flancher ?«Il n'y a aucune possibilité que ça ne marche pas.On a testé le système», assure la présidente de l'élection au PQ, Lyne Marcoux.Le PQ a retenu les services de Multicom, une filiale de Quebecor, pour organiser son vote téléphonique.«On a la technologie la plus sûre.Et nos infrastructures sont très sécuritaires », martèle la directrice de Multicom, Marie-André Lessard.Créée en 1987, la compagnie a organisé la campagne de financement lors du déluge au Saguenay et mis sur pied une foule de lignes interactives.C'est elle qui, depuis trois ans, gère le vote téléphonique à l'émission Star Académie.Pour exercer leur droit de vote, les membres du PQ doivent composer un numéro sans frais.Un message préenregistré les invite à entrer leur numéro de carte de membre, puis leur code d'accès secret, qu'ils ont reçu par la poste il y a deux semaines.Comme le veut le mode de scrutin préférentiel choisi par le PQ, les membres doivent voter, parmi les neuf candidats, pour leur premier choix au poste de chef.Les candidats sont identifiés par un numéro qui leur a été attribué par ordre alphabétique (1 pour Louis Bernard jusqu'à 9 pour Jean- Claude St-André).Les membres doivent également indiquer leurs deuxième, troisième et quatrième choix.Chaque fois, ils doivent confirmer leur choix.Il n'est pas possible de voter deux fois pour le même candidat.Lorsque le vote est terminé \u2014 l'opération dure environ six minutes \u2014, les membres reçoivent un numéro pour confirmer que leurs choix ont été enregistrés.Chaque militant ne vote qu'une seule fois.La ligne téléphonique peut gérer 1000 appels à la fois.Si plus de membres appellent en même temps, ils devront retéléphoner un peu plus tard.Si certains tentent de bloquer les lignes, ils seront détectés et éjectés.Un numéro d'aide (1- 888-LEPARTI) est mis à la disposition des membres qui éprouvent des difficultés.C'est un serveur central qui compile les données.En cas de problèmes, d'autres serveurs peuvent prendre le relais.Multicom dispose de mesures de sécurité strictes, insiste Marie- André Lessard.Le PQ a mis à l'épreuve le système téléphonique le 22 septembre.Environ 450 militants issus des organisations de tous les candidats ont pu voter par téléphone.Au lieu des neuf candidats, ils avaient le choix entre neuf couleurs.«Aucun problème n'a été décelé», souligne Lyne Marcoux.Ce n'est qu'après ce test concluant que le PQ a signé le contrat avec Multicom.Or l'ancien ministre Paul Bégin, qui a participé au test, a affirmé cette semaine que lorsqu'il a fait son quatrième choix, le rose, le système téléphonique lui a dit qu'il avait appuyé sur le numéro correspondant au rouge.Il avait pourtant déjà sélectionné cette couleur dans un choix précédent.Informé de cette erreur, le PQ a répondu que c'est la première fois que l'organisation en entendait parler et qu'aucun problème n'est survenu lors du test.TOMMY CHOUINARD LESMEMBRES DU PQ ÉLISENT LEUR CHEF PAR TÉLÉPHONE LESYSTÈMETÉLÉPHONIQUE EST-ILSÛR?PAULINEMAROIS > Finances, Économie et Recherche\u20142002-2003 > Industrie et Commerce\u20142002 > Économie sociale\u20142001-2003 > Recherche, Science et Technologie\u20142001-2002 > Économie et Finances\u20142001-2002 > Vice-premièreministre\u20142001-2003 > Santé et Services sociaux \u2014 1998-2001 > Éducation \u2014 1996-1998 > Responsable de la Montérégie \u2014 1996-2003 > Famille et Enfance \u2014 1996-2001 > Revenu \u2014 1995-1996 > Finances \u2014 1995-1996 > Conseil du Trésor \u2014 1994-1995 > Administration et Fonction publique \u2014 1994-1995 > Responsable de l'Outaouais \u2014 1983-1985 > Main-d'oeuvre et Sécurité du revenu \u2014 1983-1985 > Condition féminine \u2014 1981-1983 ANDRÉBOISCLAIR > Affaires municipales\u20142002-2003 > Environnement\u20142001-2003 > Régie des installations olympiques \u2014 1999-2003 > Solidarité sociale \u2014 1998-2001 > Relations avec les citoyens et Immigration \u2014 1996-1998 LEURS RESPONSABILITÉS MINISTÉRIELLES LABATAILLEDESIDÉES 16 septembre 2005 PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © 18 septembre 2005 PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA 8 novembre 2005 PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © 10 novembre 2005 PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE © PLUS PHOTOS AFP L'endroit : Naples.La date : 27 décembre 2004.Le corps recouvert d'une toile est celui d'Emanuele Leoni, 130e victime à ce moment-là d'une guerre de clans au sein de la mafia sicilienne.La mafia, plus dangereuse que les terroristes ANDRÉ CÉDILOT Les grandes organisations criminelles \u2014 la mafia sicilienne en particulier \u2014 constituent une plus grande menace que le terrorisme.Selon le commissaire Jean- François Gayraud, de la police nationale française, les mafias \u2014 il en identifie neuf \u2014 n'ont jamais été si puissantes, efficaces et omniprésentes dans le monde tant sur le plan économique, politique que social.La raison : le nombre grandissant de pays démocratiques ou en voie de l'être.« Après le fractionnement des pays (d'Europe de l'Est), on est à l'étape de la criminalisation du monde », dit-il.Étant donné que les principaux pays de l'Occident sont déjà gangrenés, Gayraud s'inquiète, car l'Europe risque d'ouvrir ses portes à des pays « très instables sur le plan politique et contaminés par la mafia albanophone », tels l'Albanie, la Bosnie- Herzégovine, la Croatie, la Macédoine, la Serbie-Kosovo et le Monténégro, ainsi que la Turquie.Or, constate-t-il, « les plus fervents (défenseurs) de ces avancées démocratiques sont les États-Unis et le Canada, dont l'insouciance à la chose mafieuse est un fait historique ».Dans le livre intitulé Le Monde des mafias, qu'il vient de publier, le policier-criminologue met aussi en cause les systèmes bancaires et les grands organismes internationaux qu'il accuse d'être «des complices par cécité ».« Comme les mafias, ils sont assoiffés de pouvoir et d'argent », écrit-il sans détour.Sicilia Libera Selon lui, les groupes terroristes et les mafieux ont un point commun : ils forment deux sociétés secrètes.Les seconds sont plus inquiétants, car ils peuvent rester dans l'ombre.Contrairement aux terroristes, les mafieux ne sont pas obligés de faire des coups d'éclat pour se faire valoir.«Les mafieux incarnent jusqu'à la caricature le criminel socialement inséré et finalement invisible.Dans un nombre croissant de pays, ils ont la capacité de conditionner des secteurs cruciaux de la vie publique », dit-il, en illustrant son propos de cas notoires en Italie.« En Sicile, on ne peut plus remporter une élection ou un grand contrat sans passer par la mafia », avance-t-il.Selon le spécialiste français, la création ou l'acquisition d'entreprises légales est un autre moyen pour la mafia de s'assurer du « contrôle politicosocial d'un territoire ».À la suite de la clameur populaire qui a suivi l'assassinat des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, en 1992, la mafia sicilienne a fondé son propre parti politique.De tendance nationaliste, le Sicilia Libera était dirigé par le clan corléonais, en contrôle de Cosa Nostra depuis les années 80 en Italie.En 1993, ce parti a recueilli 9% des votes dans la province de Catane, en Sicile.Le repenti Antonino Giuffrè, qui a été le chauffeur du chef actuel de Cosa Nostra, Bernardo Provenzano, est allé encore plus loin en associant son patron au parti Forza Italia, du président Silvio Berlusconi.En échange du soutien des mafieux aux élections législatives de 1994 et 2001, le gouvernement italien, faitil valoir, a revu la loi sur les repentis, réduit les peines de prison et assoupli les conditions de détention des membres de Cosa Nostra condamnés dans les maxiprocès.Par un curieux hasard, avec l'arrestation de Toto Riina en 1993, Cosa Nostra a mis fin à sa campagne de terrorisme en cessant de tuer des juges et de mettre des bombes partout dans le pays.Selon M.Gayraud, les mafiosi font maintenant plus d'argent avec les appels d'offres publics truqués que le trafic de stupéfiants.La pression judiciaire est aussi moindre que dans le commerce de drogue.Bref, le nouveau mot d'ordre de Cosa Nostra est de se faire oublier ! Narcoterrorisme Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont ouvert grandes les portes à l'expansion du crime organisé.« L'Union soviétique hier, Oussama ben Laden aujourd'hui, offrent aux mafias une occasion de prospérer en relative impunité », estime le commissaire Gayraud.La raison est simple, poursuit-il : « L'État ne sait s'occuper sérieusement que d'un ennemi à la fois.Et, généralement, du plus voyant en priorité.Ou du moins gênant.» Ce point de vue est partagé par le journaliste ontarien Antonio Nicaso, spécialiste du crime organisé.« Dans bon nombre de pays, dont les États-Unis et le Canada, on a transféré plein de ressources à la lutte contre le terrorisme.Or, la plupart de ces policiers, analystes, agents de douanes et as du renseignement viennent de la lutte contre le trafic de drogue », écrit-il dans le livre Angels, Mobsters & Narco-Terrorists, lancé la semaine dernière à Montréal.Il a ajouté, au cours d'une entrevue à La Presse, que « les terroristes se financent souvent par le trafic de drogue.Ils obtiennent des mafieux des armes qu'ils paient avec de la drogue ».Selon lui, l'exemple vient des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et des talibans d'Afghanistan.Ces deux groupes ont la main haute dans leur pays sur la cocaïne et l'opium.« Les terroristes FARC ont remplacé les cartels colombiens.Ils ont des contacts avec le crime organisé, et personne ne dit rien.C'est à la fois scandaleux et terrifiant », conclut Nicaso.LES NEUF MAFIAS Selon le commissaire Jean-François Gayraud, les neuf « mafias du monde » sont issues d'Europe, d'Amérique et d'Asie.Il les identifie comme suit : \u2014La Cosa Nostra de Sicile (Italie) \u2014La mafia italo-américaine (États- Unis) \u2014La Ndrangheta de Calabre (Italie) \u2014La Camorra de Campanie (Italie) \u2014La Sacra Corona Unita des Pouilles (Italie) \u2014Les Triades (Chine) \u2014Les Yakusas (Japon) \u2014La mafia albanophone (Albanie, Kosovo) \u2014La Maffya turque (Turquie) Deux livres à peine sortis des presses en viennent au même constat : non seulement les grandes organisations criminelles ne sont pas mortes, mais les mafias sont au contraire en mode expansion.Au Canada comme ailleurs.Elles infiltrent les réseaux économiques établis, étendent leurs tentacules, augmentent leurs profits.Au point de constituer une plus grande menace que le terrorisme.Réflexion sur ces puissantes organisations.« En Sicile, on ne peut plus remporter une élection ou un grand contrat sans passer par la mafia.» Montréal : un laboratoire pour le crime organisé ANDRÉ CÉDILOT Selon l'expert Antonio Nicaso, Montréal est un véritable laboratoire pour le crime organisé.« Les gangsters montréalais ont toujours été en avance sur ceux des autres provinces, et la mafia est loin d'être étrangère à cette situation.Elle agit comme une sorte de rassembleur », dit-il.Ce n'est pas d'hier que la mafia montréalaise, le gang de l'Ouest, les Hells Angels, les « familles» colombiennes et autres entretiennent des liens entre eux.« Tout en restant indépendants l'un de l'autre, ils s'associent dans les importations de drogues, fixent les prix et se partagent la distribution », note l'ancien conseiller du Sénat américain sur la Cosa Nostra sicilienne.Selon lui, les gangs montréalais font de plus en plus sentir leur présence dans les autres provinces.Comme à Montréal, ils tendent à nouer des alliances avec les criminels locaux.Le clan Caruana/ Cuntrera/Rizzuto, par exemple, n'est pas étranger à l'expansion des Hells Angels en Ontario, dit M.Nicaso.« Nouveaux marchés égalent plus d'argent, plus de pouvoirs et plus de possibilités de blanchir les narcodollars », rappelle-t-il avec insistance.Autre similitude avec ce qui se passe ici: les criminels ontariens commencent à se servir des gangs de rue pour faire leur besogne.« Encore là, que ce soient les Italiens, les Asiatiques ou les motards, les groupes sont basés sur des ethnies différentes mais ils coopèrent », explique M.Nicaso.Selon lui, le phénomène est le même dans toutes les grandes villes du pays, de Halifax à Vancouver, en passant par Montréal, Ottawa et Toronto.« Ces alliances se traduisent par la multiplication de tentacules dans toutes les sphères de la société \u2014 politique, économique et judiciaire.Avec tous les risques de corruption que cela comporte d'un bout à l'autre du pays », s'inquiète l'auteur.« L'influence du crime organisé est déjà importante au Canada.Plus on laisse le crime organisé se structurer, plus nos institutions sont menacées.C'est le signe d'un plus grand péril », enchaîne l'ex-journaliste du Corriere Italiano de la Ville reine.Selon lui, il y a urgence d'agir, surtout à Montréal, Toronto et Ottawa, où les mafiosi investissent énormément dans des entreprises légitimes.C'est ainsi, selon M.Nicaso, que les « entrepreneurs mafieux », comme il les appelle, se retrouvent en contact, directement ou indirectement, avec des banquiers, des avocats, des fiscalistes, des comptables, des hommes d'affaires, des publicitaires et même des politiciens.« La présence de la mafia dans une ville est un indice indéniable de la corruption du pouvoir politique.» La guerre des motards, qui a duré de 1994 à 2001, a permis à la mafia montréalaise de prendre encore plus d'ampleur.« Toute l'attention de la police portait sur les motards.Aujourd'hui, ce sont les gangs de rue.Ce n'est pas pour rien que le clan Rizzuto s'est tant développé à Toronto, autant par ses activités licites qu'illicites », souligne M.Nicaso.Les dernières grandes enquêtes sur la mafia à Montréal et Toronto remontent à 1994 et 1998.Le Monde des mafias, Jean-François Gayraud, chez Odile Jacob, Paris, 2005.Angels, Mobsters&Narco-Terrorists, Antonio Nicaso et Lee Lamothe, chez Wiley Canada, Toronto, 2005. PLUS PHOTO MARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE Au pied d'un imposant glacier, la technicienne de la faune Marie-Christine Cadieux, de l'Université Laval, s'assure que les jeunes oies sont réunies avec les adultes, après la fin de l'opération de baguage, sur l'île Bylot, au Nunavut.La grande oie des neiges gagne à la loto du climat Le réchauffement climatique sonne peut-être le glas de l'ours polaire, mais il fait jusqu'ici le bonheur de la grande oie des neiges.En effet, il fait plus chaud dans les quartiers d'hiver de l'oie, au sud des États-Unis, au Québec, pendant la grande migration, et surtout dans l'Arctique, où elle se reproduit.L'oie semble très bien s'en porter.Excursion là où l'oie niche.CHARLES CÔTÉ ÎLE BYLOT, Nunavut \u2014 Les cris des oies blanches résonnent dans l'air frais de la vallée.Le soleil du milieu du mois d'août plombe sur deux glaciers.Au loin, un iceberg a jeté l'ancre dans les eaux bleues du détroit.Le paysage est spectaculaire, mais les scientifiques n'ont pas le temps de l'admirer.Ils viennent d'emprisonner 350 oies dans un enclos démontable.Le temps presse.Ils doivent identifier le sexe des oies, les mesurer, les peser et leur poser une bague d'identification.Et tout recommencer avec un autre troupeau plus tard dans la journée.Les scientifiques sont occupés, mais les oies aussi ont fort à faire.« Quand les oeufs éclosent, explique le naturaliste Austin Read, les oies se rassemblent dans les vallées.Certaines peuvent marcher jusqu'à 30 kilomètres à la recherche de pâturages.Et elles peuvent brouter 24 heures sur 24.» Heureusement pour les oies et les humains, les journées sont encore très longues.Mais, il y a 10 jours, pour la première fois depuis la mi-mai, le soleil s'est couché.La fin du court été arctique approche.Bientôt, la migration reprendra.En route vers le sud, les oies s'arrêteront entre autres au cap Tourmente, et ailleurs au Québec.Puis elles continueront leur voyage aussi loin qu'en Caroline du Nord.Elles sont de plus en plus nombreuses à réussir ce périple de 4000 kilomètres, affirme Gilles Gauthier, chef scientifique du camp de l'île Bylot et professeur de biologie à l'Université Laval.Et selon lui, l'oie blanche prospère entre autres parce qu'elle a reçu un coup de pouce du réchauffement climatique.« Depuis les années 60, partout sur les aires de distribution des oies, tant sur la côte Est des États-Unis l'hiver, au Québec au printemps et dans l'Arctique l'été, la température s'est réchauffée de 1 à 2 degrés depuis une trentaine d'années.Et les hivers plus cléments ont contribué à la survie des oies.» Au cours des prochaines années, les scientifiques essaieront de savoir si l'oie des neiges continuera de prospérer, ou si elle sera victime des effets pervers du réchauffement, notamment dans l'Arctique.Cela veut dire que les recherches vont s'intensifier ici à l'île Bylot.Pas de prédateur Un peu plus tôt ce matin, une poignée d'étudiants et de techniciens de la faune a rassemblé un troupeau d'oies, environ 150 adultes et 200 jeunes, dans une vallée que les Inuits appellent Qinniqtuu.Le groupe caquetant s'est docilement laissé guider jusque dans l'enclos.Parce qu'ici, les oies ne volent pas l'été.Elles n'en n'ont d'ailleurs pas besoin: aucun prédateur ne les guette.Si ce n'est le renard arctique, à peine plus gros qu'un chat et contre lequel elles se défendent très bien.« Quand les oies adultes arrivent ici, elles perdent leurs plumes de vol, explique M.Reed.Les plumes repoussent à temps pour le premier envol des jeunes.» M.Reed étudie l'oie blanche à l'île Bylot depuis 1979.Aujourd'hui retraité du Service canadien de la faune, il revient comme bénévole pour aider à capturer chaque année entre 4000 et 5000 oies.Sur les quelque 830 000 oies dénombrées chaque printemps au Québec, 15% volent ensuite vers l'île Bylot.Cette île de 180 kilomètres de long sur 100 kilomètres de large est située à 700 kilomètres au nord du cercle arctique.Déjà reconnue comme un refuge d'oiseaux migrateurs, elle fait partie depuis 1999 du parc national Sirmilik, l'un des trois parcs créés au Nunavut, dans la foulée d'une entente sur les revendications territoriales des Inuits.Depuis 18 ans chaque été, une douzaine de scientifiques passent près de trois mois dans un campement pour étudier la grande oie des neiges.À partir de la fin mai, ils observent jusqu'à 400 nids, puis ils suivent les jeunes après l'éclosion.Ensuite, dans la première quinzaine d'août, c'est l'opération annuelle de baguage des oies.Grâce à tout cet investissement scientifique, l'île Bylot est l'un des rares endroits dans l'Arctique où il est possible d'étudier l'impact du réchauffement sur les écosystèmes.On sait que des trois régions importantes pour les oies, c'est l'Arctique qui s'est le plus réchauffé.« Dans l'Arctique, on note un réchauffement de 1,8 degré l'été en 26 ans, précise M.Gauthier.Au Québec, on parle de 1 ou 1,5 degré au printemps.Sur la côte Est, de la Caroline jusqu'au New Jersey, c'est 1,5 degré plus chaud l'hiver sur 30 ans.» À première vue, ce réchauffement peut avoir un impact positif.Quand il fait trop froid, la ponte est retardée et les jeunes peuvent manquer de temps pour prendre des forces avant leur première migration.Mais le temps plus chaud pourrait aussi avoir des effets pervers.Ici, les plantes essaient de tirer profit de la courte saison de croissance, sous un soleil qui ne se couche pas entre la mi-mai et le début août.Normalement, les plantes de l'îlot Bylot sont prêtes juste à temps pour nourrir les oies.Mais cette harmonie est peut-être menacée par le réchauffement, explique M.Gauthier.« Pour les oies, tout est fixé dans le temps : formation des oeufs, durée de l'incubation, temps de croissance.Par contre, les plantes réagissent à la température en poussant plus vite.» « On a démontré dans nos travaux l'an dernier que la croissance des jeunes est bonne quand ils naissent au moment où les plantes sont à leur meilleur.On craint qu'avec le réchauffement climatique, le pic nutritif des plantes survienne trop tôt pour les oisons.Le début juillet est critique.Les expériences làdessus vont avoir lieu au cours des deux ou trois prochaines années.PHOTO MARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE Cédric Juillet, étudiant en biologie à l'Université Laval, remet une oie adulte dans un enclos après l'avoir baguée.En plus de poser une bague à la patte des oies, les scientifiques choisissent chaque année 400 femelles pour leur passer un collier jaune.Au cours des prochaines années, les scientifiques essaieront de savoir si l'oie des neiges continuera de prospérer, ou si elle sera victime des effets pervers du réchauffement, notamment dans l'Arctique. Le paradoxe des Africaines La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS DES OH! ET DES BAH! ILS, ELLES ONT DIT.Avec la collaboration de Marc Thibodeau, Agnès Gruda, Philippe Mercure, AFP, AP et BBC ÉTATS-UNIS Un article du Washington Post confirme, avec moult détails, l'existence d'un réseau planétaire de prisons secrètes de la CIA où sont détenus en secret des dizaines de présumés terroristes, sans égard aux dispositions du droit international.Le quotidien ajoute que ces réticents personnages subissent des interrogatoires musclés afin de les inviter à témoigner de leur vécu.Comment réagit le leader républicain du Sénat, William Frist ?Part-il en croisade pour faire toute la lumière sur cette affaire ?Non, il veut surtout savoir qui est le traître qui a eu le culot de laisser filtrer cette information aux médias.Il a bien raison.C'est inacceptable de manifester autant de mépris pour les institutions américaines.RUSSIE Offre alléchante Dans un courriel transmis cette semaine à des employés de La Presse, une certaine Larisa Nitskaya, se décrivant comme la secrétaire personnelle de l'oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, affirme avoir besoin d'aide à l'étranger pour «reprofiler» une somme de 86 millions de dollars.L'argent explique la sympathique dame, lui aurait été confié en désespoir de cause parM.Khodorkovski, qui est incarcéré en Sibérie, gracieuseté du très démocratique président russe Vladimir Poutine.Sa sympathique collaboratrice se dit prête à payer 10%du total en frais de gestion à son futur collaborateur en sol étranger, ce qui représente une coquette somme de près de 9 millions.Venez nous dire après ça que l'on ne vous met pas sur des coups fumants.AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE agruda@lapresse.ca Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca QUE SONT-ILS DEVENUS ?Courrier pêle-mêle Hier, on étalait leur vie sur toutes les tribunes.Aujourd'hui, ils ont disparu de l'écran radar.Ou presque.Pourtant, ceux qui nous ont fait vibrer, rager, pleurer ou baver d'envie sont toujours là.On les a rattrapés.Bienvenue au club des retrouvés.«L PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © Robert Demontigny 0 23 Nombre d'années durant lesquelles un imposteur s'est fait passer avec succès pour un lord anglais.décédé en 1962 à l'âge de6mois.Prix demandé sur e Bay pour une luxueuse maison de Denver.La somme inclut la propriétaire, Deborah Hale, qui cherche désespérément un homme à marier.Nombre de neurones dans le cerveau des douaniers de l'aéroport de Boston qui ont décidécette semaine de soumettre à une fouille au corps le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed El-Baradei, récent lauréat du prix Nobel de la paix.EN HAUSSE.EN BAISSE » LE SOUTIEN-GORGE Une firme japonaise commercialise une nouvelle version chauffantedecelégendaire article vestimentaire afin de réduire les besoins de chauffage et, indirectement, les émissions de gaz à effet de serre.Une telle créativité laisse pantois.» L'ÊTRE HUMAIN Des chercheurs anglais affirment que plusieurs records du monde d'athlétisme ne pourront pratiquement plus être améliorés en raison des limites physiologiques de l'espèce.Ça rend modeste.» SAINT-NICOLAS Lesmultiples incarnations du sympathique vieillard qui sillonnent les rues de Zurich à l'approche de Noël n'auront plus le loisir de prendre des enfants sur leurs genoux.La «société zurichoise des Saint- Nicolas» \u2014 il paraît que ça existe \u2014 veut éviter d'éventuelles accusations de pédophilie.PHOTO IVANOH DEMERS, LAPRESSE© PHOTO AFP ANDREW H.WALKER, GETTY IMAGES PHOTO AFP Pat Robertson Cinq femmes exercent actuellement les fonctions de chef d'État dans le monde.Ce sont: > Chandrika Kumaratunga, au Sri Lanka > Gloria Arroyo, aux Philippines > Tarja Halonen, en Finlande > Mary Mc Aleese, en Irlande > Vaira Vike-Freiberga, en Lettonie «En Afrique, aujourd'hui, les gens font» davantage confiance aux femmes qu'aux hommes.es hommes ont tous ruiné cepays, cettefoisessayons une femme.» C'est avec ce curieux slogan qu'Ellen Johnson Sirleaf a remporté cette semaine l'élection présidentielle au Liberia \u2014 ce pays africain qui émerge, complètement ravagé, de 14 ans de guerre civile.Son rival, le footballeur George Weah, conteste le résultat du scrutin.Mais selon les observateurs, le vote s'est déroulé selon les règles de l'art.Et l'économistede 67 ans, la grandmère décrite comme une dame de fer» pour sa ténacité et sa détermination, est en voie demarquer unprécédent: l'élection d'une femme àlatêted'unpays africain.S'agit-il d'un événement fortuit, d'une aberration politique sur un continent qui a l'habitude de traiter ses femmes à la dure?Pas vraiment.Oui, les femmes africaines sont excisées, battues, attelées à des maternités répétitives.Mais paradoxalement, il leur arrive de jouer des rôles de à faire pâlir d'envie bien des Occidentales.Et Ellen Johnson Sirleaf ne sort pas d'une boîte à surprise, loin de là.Des exemples?Avec 49% de députées, le Rwanda a le taux de femmes parlementaires parmi les plus élevés au monde.À titre de comparaison, aux dernières élections fédérales, la représentation féminine à Ottawa a glissé sous les 20%.Sans exercermassivement des rôles de premier plan, ces femmes se retrouvent parfois.juste à côté.En Afrique du Sud, en Gambie, au Mozambique et au Zimbabwe, la vice-présidence échoit à une femme.L'Ougandaise Specioza Wandira Kazibwe, vice-présidente pendant près d'une décennie, avait d'ailleurs profité de sa tribune pour annoncer qu'elle quittait son mari parce qu'il la brutalisait.Depuis une quinzaine d'années, d'autres pays africains ont misé sur des leaders féminins.Et c'est une Africaine, la Kenyane Wangari Maathai, qui a reçu l'an dernier le prix Nobel de la paix.Ellen Johnson Sirleaf, qui porte ces succès un pas plus loin, arrive à la présidence de son pays avec un bagage impressionnant.Diplômée d'économie de Harvard, elle a dirigé le volet africain du Programme de développement des Nations unies.Son opposition à la dictature militaire de Samuel Doe lui avait valu d'échouer en prison, dans les années 80.Par la suite, elle a eu la mauvaise idée de s'allier brièvement avec Charles Taylor \u2014 le dictateur qui a plongé le pays dans un conflit meurtrier, le laissant détruit et exsangue.C'est d'ailleurs cet écart politique qui a pesé le plus lourdement contre Ellen Johnson Sirleaf.En plus des préjugés traditionnels à l'égard des femmes.«Elle sera incapable d'affronter les anciens combattants de la guerre civile », craignait-on dans les campagnes.Mais au deuxième tour, entre le footballeur peu instruit et proche du peuple et l'économiste occidentalisée issue de l'élite du pays, les Libériens ont choisi la seconde.La grand-mère divorcée plutôt que le sportif.La femme d'expérience plutôt que la vedette.Qu'attendent donc les Africains en général et les Libériens en particulier de ces femmes qui se hissent aux plus hauts paliers du pouvoir, malgré tous les obstacles culturels auxquels elles se heurtent en chemin?«En Afrique, aujourd'hui, les gens font davantage confiance aux femmes qu'aux hommes », constate une sociologue norvégienne, Gisela Geisler, auteure d'un livre sur les femmes sud-africaines.Pourquoi ?Parce que l'Afrique est corrompue à la moelle et que les électeurs africains ont soif d'intégrité, explique-t-elle dans une entrevue au Christian Science Monitor.Les femmes seraient congénitalement moins corrompues que les hommes ?Bien sûr que non.Tout comme elles ne sont pas immunisées contre les erreurs de jugement, comme le montre l'exemple même de la future présidente du Liberia.Seulement, jusqu'à maintenant, en Afrique, lesfemmesquiont compté ont pour laplupart misésur l'intégrité.Et les modèles là-bas, ce sont ces femmes qui travaillent dans des ONG, s'occupent d'alphabétisation ou de microcrédit, essaient envers et contre tous de donner une meilleure vie à leurs enfants.Elles ne sont pas imperméables à la corruption, loin de là, mais la plupart d'entre elles ont emprunté jusqu'à maintenant un autre chemin.«Si je suis élue, disait récemment Ellen Johnson Sirleaf au journal Le Monde, cela me donnerait une énorme responsabilité pour toutes celles qui attendent derrière la porte.On verrait alors concrètement à quel point les femmes africaines contribuent au développement de ce continent.» Avec un pays détruit, des infrastructures anéanties et un taux de chômage de 80%, Mme la présidente aura largement l'occasion d'en faire la démonstration.Vous vous demandez où sont passées ces personnes qui ont défrayé la chronique et qui se sont éclipsées depuis ?Écrivez-nous, et nous tenterons de les retrouver.mamiot@lapresse.ca MARIE-ANDRÉE AMIOT mamiot@lapresse.ca Vous êtes nombreux à nous écrire et nous apprécions vos suggestions.Parfois, vos requêtes sont simples et trouvent leur place dans cette chronique.D'autres fois.c'est un peu plus compliqué.Certains «retrouvés» préféreraient rester perdus.Voici le résultat de trois de nos enquêtes à partir de vos suggestions qui n'ont pas donné de grands résultats.Les valises rouges Même si elle lit assidûment cette chronique (et a fourni ellemême quelques suggestions de recherche), Micheline Lévesque a refusé de répondre à notre demande d'entrevue.Celle qui avait fait les manchettes avec sa soeur Laurence en 1986 après avoir été accusée puis acquittée de complot et d'importation d'héroïne cachée au fond de valises rouges, préfère sa tranquillité.«Cette affaire est morte et enterrée», nous a-t-elle répété.Laurence, sa soeur, est morte en 1994 d'un cancer de la peau.Elle avait 64 ans.Micheline a maintenant 72 ans.Elle dit ne s'être jamais cachée, mais ne veut pas remuer de mauvais souvenirs.Par contre, nous avons retenu sa suggestion de retrouver Jacques Fauteux ! Le nomade Pas moyen non plus de parler à Pascal Hudon.Le jeune homme, que la justice mexicaine avait condamné en 1999 à la prison pour avoir «trouvé» et gardé des statuettes archéologiques de grande valeur, est toujours en voyage.En entrevue, sa mère, Jocelyne Dion, explique que la mésaventure de son fils n'a pas refroidi ses ardeurs de nomade.Il est allé en Égypte, en Turquie, en Israël, en Amazonie, au Pérou, en Inde.Pascal parcourt le monde comme d'autres les centres commerciaux.«Il va où il doit être, dit Mme Dion.Il est à l'école de la vie.» L'incident n'a pas laissé trop de séquelles, croitelle.Il avait été relâché grâce, en partie, aux médias qui avaient fait connaître les déboires du jeune homme de Greenfield Park.Pascal a maintenant 27 ans et sa mère promet qu'il nous rappellera même si elle ignore où il est.Nous ne désespérons donc pas.Rien n'est impossible ?Robert Demontigny est celui qui a suscité le plus d'intérêt de votre part depuis le début de cette chronique.Malheureusement, il n'accorde aucune entrevue.Dommage pour ses admirateurs qui sont très, très nombreux.L'ex-chanteur des années 60 a «préféré tourner la page», affirme une connaissance.L'étiquette Mérite vient de rééditer trois de ses disques.L'interprète de Un baiser de toi et Eso beso dirige maintenant une entreprise de copies de plans pour architectes et ingénieurs.Il a 66 ans.Menaçant «S'il y a un désastre dans votre région, ne vous tournez pas vers Dieu: vous venez de le chasser de votre ville.» \u2014Le prédicateur évangélique PAT ROBERTSON, fustigeant la population de la ville de Dover, en Pennsylvanie, pour avoir voté contre des administrateurs scolaires favorables au dessein intelligent, une théorie qui prétend démontrer, sur des bases scientifiques, l'apport divin dans l'évolution.Philosophe «Mieux vaut trop tard que jamais.» \u2014THOMAS GAGNON, président de PG Élections, expliquant pourquoi sa compagnie a modifié le site Web chargé d'afficher les résultats des élections municipales après la soirée électorale de dimanche dernier.Progressiste «Les tendances qui ne seraient l'expression que d'un problème transitoire, comme celui d'une adolescence non encore achevée, doivent avoir été totalement surmontées au moins trois années avant l'ordination diaconale.» \u2014Extrait d'une nouvelle directive du Vatican visant à empêcher les homosexuels d'accéder à la prêtrise."]
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