La presse, 8 janvier 2006, C. Arts et spectacles - Radar
[" penser L'argent fait-il le bonheur ?UN GRAND DOSSIER À LIRE, DÈS SAMEDI PROCHAIN.3369641A NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE MAKA KOTTO PAGE 16 DES NOUVELLES DE CE BON VIEUX SUD LA CHRONIQUE DE DANY LAFERRIÈRE PAGE 13 OUPS DE BEAUX SAPINS ! LES GAGNANTS DE NOTRE CONCOURS DE DESSIN PAGE 7 LECTURES ENTENDRE UN LIVRE PAGE 9 TECHNO DÉCOUVREZ LES NOUVEAUTÉS PAGE 8 L'ÉVOLUTION DES STONES PHOTOMONTAGE, LA PRESSE © SURDVD La tournéeABigger Bang des Rolling Stones s'arrêteraau Centre Bellmardi.Dans quelques mois, un an tout au plus, unDVDtémoin decenouveauspectacle sera lancé et la planète entière constatera que les Rolling Stones innovent encore.Scène hi-tech, éclairages sophistiqués, sono haut-de-gamme, écran géant révolutionnaire et gadgets de toutes sortes, les Stones nous ont habitués à tout cela depuis la tournée Steel Wheels, en 1989.Tous leurs spectacles des 17dernières années ont été archivés sur DVD, comme quelques-unes de leurs prestations les plus fascinantes des années 1968-70 où, déjà, les Stones faisaient figure de précurseurs.Pour vous aideràfaire unchoix, la Presse a revu pour vous neuf dvd mettant les stones en vedette, en pages2et3.En page 4, vous trouverez les résultats du quiz Connaissezvous vos Stones ?publié dans nos pages hier.Gérard Depardieu ARTS ET SPECTACLES HUGO DUMAS > DANS MA TÉLÉ hdumas@lapresse.ca Tout chaud, tout nouveau, tout beau Avant de se lancer sur les nouveautés hivernales de la télé québécoise, un aparté sur lasérie américaine Nip/Tuck 2, que j'ai visionnée en rafale pendant lesvacances.Ayoye.La premièresaison était saisissante, la deuxième surprend encore plus.Quelle émission délicieusement superficielleet cynique, doublée d'une trame sonore envoûtante.D'ailleurs, il existe un disque compact des chansons de la première saison.Dans mon livre à moi, comme disent les amateurs de sport, c'est un achat assuré.Et que dire des intrigues de Nip/Tuck 2 ?Spectaculaires.Les opérations pratiquées par les plasticiens Christian Troy et Sean Mc Namara défient à peu près tout ce que vous pouvez imaginer de bizarre.On pense ici à cette Italo-Américaine, défigurée par une explosion, qui subit une greffe des lèvres d'en bas sur celles.d'en haut.Les docteurs Troy et Mc Namara reconstituent aussi le clitoris d'une patiente excisée en se servant d'un bout de son orteil.Ce type d'opération existe dans la « vraie vie ».Aux États-Unis, la troisième saison de Nip/Tuck vient de se conclure avec larévélationde l'identitédu Découpeur (The Carver, en anglais), ce violeur en série qui défigure ses victimes après les avoir agressées.Un petit conseil ici: n'allez pas consulter les blogues américains traitant de télévision.On y révèle le suspense ultime, soit celui (ou celle, on ne saitpas)qui secachederrièrelemasque du Découpeur.Séries + devrait diffuser la troisième saison de Nip/Tuck l'étéprochain.Malheureusement, les coffrets DVD des saisons 1 et 2 ne contiennent pas la bande française.L'an passé, Nip/Tuck a gagné le Golden Globe delameilleuresériedramatique, battant 24 heures chrono, Perdus et Les Soprano.Revenonsmaintenantànosmoutons québécois.Avez-vous aimé les nouvelles émissions de Radio-Canada?Je suis totalement vendu aux Bougon, àMinuit le soir et à l'émission de Louis- José Houde.D'ailleurs, je braille encore en pensant à la prestation de Bertrand Fugère à Allô Boubou.Les plus perspicaces auront remarqué que notre sympathique Bert avait pré enregistré sa chanson.Ça ne l'a pas empêché de fausser encore plus que, oh non, laissez faire.Pour ce qui est du Fric Show, je ne suis pas encore certains d'apprécier la formule.L'équipe emprunte des raccourcis qui me dérangent.Et j'ai l'impression qu'il manque parfois des infos cruciales pour bien cerner les problèmes.Par contre, Marc Labrèche n'a rien perdu de sa belle folie.Patientons encore quelques semaines avant de porter unjugement définitif.DucôtédeTVA, on attend beaucoup du thriller Un homme mort, mettant en vedette Karine Vanasse et Michel Barette.Fabienne Laroucheal'habitude denoustricoterdesintrigueshaletantes.Cette fois-ci, on aura affaire à un cadavre démembré.Début en février.C'est aussi cet hiver que la suite du très éclaté Coeur a ses raisons entrera en ondes.On marque les jours sur notre calendrier.Quant au talk-show d'Éric Salvail, qu'il nous servira en tranches de 30 minutes, il débute dimanche prochain.À TQS, le gros morceau de la nouvelle saison est, bien sûr, Loft Story 2, qui jouera sept jours par semaine.Encoredeuxmoisdechicanes de sauce à spaghettis et de tentes à cul.L'identité des nouveaux lofteurs devrait être connue sous peu.Ça commence le 29 janvier.Toujours dans la grille de TQS, pas de traces du Bachelor, qui se fait maintenant taquiner dans les corridorsdes Promenades Saint-Bruno.La Presse suggère à Éric Limoges d'aller faire ses courses au centre Fairview Pointe-Claire.Dans ce coin-là, on regarde la version américaine du Bachelor.Pas de danger de se faire insulter en sortant de La Baie.Sur ce, bonne saison de télé à tous, bienauchauddansvossofas.N'oubliez quand même pas de mettre le bout du nez dehors.Dites-vous qu'il ne reste que trois mois d'hiver.LES ROLLING Sympathy For the Devil (1970) ABCKO Vidéo Début juin 1968, Jean-Luc Godard tourne pour la première fois en anglais.Il filme les Stones \u2014 et Brian Jones \u2014 en studio en train de créer Sympathy for the Devil.Il y intercale des scènes théâtralisées qui parlent politique, Black Panthers, révolution culturelle (avec une Anne Wiazemski.peu bavarde).Plutôt longuet, les Stones ont détesté.N'empêche, malgré le narrateur en voix hors champ, il est fascinant d'assister à la genèse de cette chanson phare du répertoire des Stones qui passe d'un folk à saveur protest-song à une samba endiablée.Extras : Vidéo de Sympathy for the Devil remixée par les Neptunes, bandeannonce.Voir Jagger diriger les opérations en studio Le bla-bla caricatural du reste du film The Rolling Stones Rockand Roll Circus (2000sur DVD) ABCKO Vidéo Une idée folle de Mick Jagger que les Stones ont jugée peu concluante.En décembre 1968, ils chantent pour la télé sous un chapiteau entouré de clowns et de trapézistes, ainsi que Jethro Tull, Marianne Faithfull, The Who, un pianiste classique, Taj Mahal et un groupe pas piqué des vers, The Dirty Mac: John Lennon, Eric Clapton, Mitch Mitchell et Keith Richards à la basse, auxquels se joindront, après une Yer Blues vitaminée, un violoniste français et Yoko Ono pour un délire typiquement yokoien.Les Stones interprètent quatre chansons du nouvel album Beggars' Banquet, en plus des deux inédites, Jumping Jack Flash et You Can't Always Get What You Want.Les Stones se sont trouvés un peu poches, et leur cirque a été tabletté jusqu'en 1996.Extras : Vidéo de Sympathy For the Devil remixée par Fatboy Slim, des photos, des chansons de plus, une entrevue plus récente de Pete Townshend.La dernière prestation des Stones avec Brian Jones, la seule de Tony Iommi, futur Black Sabbath, avec Jethro Tull, le dialogue tordant entre Jagger et Lennon, fils spirituel de Groucho Marx.Tout cela fait un peu party des sixties où tout est permis et rien n'est impossible, mais bon, comme il n'existe pas beaucoup de documents sur les Stones à cette époque.The Stones in the Park (1969) VCI Granada television Le 5 juillet 1969, les Stones donnent un concert gratuit à Hyde Park 48 heures après le décès de Brian Jones.Jagger lit un poème de Shelley, on relâche des papillons blancs et les Stones donnent leur premier showavec leur nouveau guitariste Mick Taylor.Pas d'écran géant, mais une scène plus élevée qu'à l'habitude et une sono qui devait permettre au demimillion de spectateurs d'entendre quelque chose.La scène est minuscule, Jagger n'a pas beaucoup d'espace pour bouger quand des percussionistes et un sorcier se joignent au groupe pour Sympathy For the Devil.Des spectateurs se jettent sur le chanteur même si des Hells pas mal moins violents que leurs cousins américains montent la garde.Les Stones sont rouillés, mais l'intro de Honky Tonk Woman, une nouvelle toune enregistrée la veille, est sexy à souhait.Entendre un fan dire des Stones qu'ils sont anti-establishment, et Jagger philosopher sur les shows gratuits et la «présence» de Brian Jones ce jour-là.Les Stones sont rouillés, justement.La télé ne nous montre pas l'un des groupes qui se produisait en première partie et dont c'était la première grande sortie: King Crimson.On ne peut lire ce DVD que sur un appareil multizones.Gimme Shelter (1970) The Criterion Collection En décembre 1969, au terme de leur tournée américaine, les Stones donnent un autre spectacle gratuit à Altamont, une piste de course en banlieue de San Francisco, qui virera beau gâchis.Et qui symbolisera la fin des sixties et de leur cortège de beaux idéaux incarné par Woodstock quelques mois plus tôt.Les frères David et Albert Maysles et Charlotte Zwerin en tireront un documentaire exemplaire qui illustre bien la désillusion des Stones, manifestement dépassés par les événements, dont le meurtre d'un jeune spectateur noir, poignardé par un des Hells Angels engagés pour assurer la sécurité.Outre le concert proprement dit, on y voit les Stones au Madison Square Garden, en studio où ils ont enregistré Wild Horses et You Gotta Move pour l'album Sticky Fingers, et surtout Jagger et Charlie Watts qui revoient les images d'Altamont à la table de montage.Extras : Commentaires éclairants des cinéastes en voix hors champ, livret de 44 pages avec des textes pas du tout complaisants, images inédites (Little Queenie, Oh Carol, Prodigal Son), émission de radio enregistrée immédiatement après le concert avec notamment le chef des Hells, nouvelle toilette visuelle haute définition et son remasterisé.Un grand documentaire, qui aurait pu être à la gloire des Stones alors au sommet de leur forme, mais qui est plutôt le témoin d'un moment-clé de la culture rock.Le désarroi de Grace Slick et du Jefferson Airplane devant la violence des Hells.Jagger qui perd le contrôle sur scène pour l'une des rares fois de sa carrière.Un moment d'anthologie: la performance torride Tina Turner qui chante I've Been Loving You Too Long.Comme tous les documents haut de gamme de la collection Criterion, ce DVD coûte cher.À DÉFAUT DE VOIR LES ROLLING STONES EN SPECTACLE, MARDI, ON PEUT TOUJOURS SE RABATTRE SUR LEURS DVD.CURIEUSEMENT, OUTRE QUELQUES CHANSONS ENREGISTRÉES POUR LA TÉLÉ CHEZ ED SULLIVAN PAR EXEMPLE, IL EXISTE PEU DE DOCUMENTS DE LA PREMIÈRE ÉPOQUE DES STONES, DE LEURS DÉBUTS À 1967.ILYAAUSSI UN CREUX ENTRE 1970 ET 1981.PAR CONTRE, LA PÉRIODE TRÈS CRÉATIVE ET TURBULENTE DE 1968-1970AINSI QUE LES ANNÉES 1990ET 2000 SONT TRÈS RICHES EN DVD DE TOUTES SORTES QUI NE SONT PAS TOUS FACILESÀ TROUVER.MAIS COMME VOUS ÊTES DÉBROUILLARDS.NOS PRÉFÉRÉS, DANS L'ORDRE: LE COFFRET OUR FLICKS, GIMME SHELTER ET THE ROLLING STONES ROCK AND ROLL CIRCUS.ALAIN DE REPENTIGNY ARTS ET SPECTACLES STONES SUR DVD Let's Spendthe Night Together (1983) EMI Les Stones confient au cinéaste Hal Ashby (Harold et Maude, Coming Home, The Last Detail) le mandat de filmer leur tournée de 1981.Ashby installe ses caméras au stade Sun Devil de Tempe, (Arizona), et dans l'aréna d'East Rutherford, au New Jersey.Le résultat est navrant à tous les égards.Jagger a beau se démener, les Stones sont peu inspirés, leur jeu est approximatif, garroché.La captation est préhistorique, trop souvent le cinéaste plaque sur la musique des images qui n'ont aucun rapport.Difficile de croire qu'à l'époque, les Stones innovaient avec une grande scène décorée de chaque côté, sans oublier les pétards et les ballounes, pour donner à «voir» à tous les spectateurs.Ce film annonçait la fin d'une autre époque dans la vie des Stones, Jagger et Richards se faisaient déjà un peu la baboune et il faudra attendre la tournée Steel Wheels huit ans plus tard pour qu'ils retrouvent la forme.Ce DVD est difficile à trouver.Comme toujours, le bassiste Bill Wyman a l'air de s'emmerder.Cette fois on le comprend.Rolling Stones Live at the Max (1999 surDVD) Mawa En 1989, les Stones sont de retour, en belle forme.Et côté moyens, ils entrent de plain pied dans l'ère moderne.Désormais toutes leurs énormes scènes seront dessinées par Mark Fisher (Pink Floyd, U2) et chaque spectateur, même perché dans les hauteurs du stade, en aura pour son argent.Innovation aussi du côté de la captation puisque c'est pour l'écran géant des cinémas IMAX que sera tourné ce film tourné lors de la virée européenne Urban Jungle de 1990.J'ai vu ce film à quelques reprises dans le Vieux-Port, c'était rien de moins qu'éblouissant! Cet aspect plus grand que nature est évidemment absent dans le DVD qu'on en a tiré.Qu'importe, la prestation des Stones est réjouissante.À partir de 1989, l'esthétique de leurs spectacles sera pas mal semblable et c'est le choix des chansons et l'inspiration du moment qui feront la valeur de l'un ou l'autre des DVD.Le clin d'oeil à Brian Jones dans Continental Drift aux accents marocains au tout début, le riff immortel et irrésistible de Start Me Up, et surprise, la version psychédélique de 2000 Light Years From Home qu'on n'espérait plus.Dernière occasion de voir Bill Wyman avec les Stones.Au fait, le voit-on vraiment?Dommage que l'écran IMAX n'entre pas dans mon salon.Rolling Stones: Voodoo Lounge (1998 surDVD) Image Entertainment Capté pour la télé américaine au stade Joe Robbie de Miami, en novembre 1994, ce DVD est moins réussi que Live at the Max même si Jagger, Richards et compagnie y sont encore meilleurs.Filmé à Miami, Voodoo Lounge montre aussi Whoopi Goldberg qui présente les Stones et s'amuse avec les choristes, Robert Cray qui vole la vedette à un Jagger pas synchro sur Stop Breaking Down de Robert Johnson, et le bon vieux Bo «boogie» Diddley qui nous sert Who Do You Love.Le set acoustique sur la petite scène, surtout pour la fort belle Sweet Virginia; l'antédiluvienne It's All Over Now et le solo de saxo de Bobby Keys sur Miss You.Ça fait trop show de télé, plusieurs images baignent dans le brouillard et je regrette l'absence de l'émouvante Memory Motel qu'ils jouaient pourtant dans cette tournée.Rolling Stones : Bridges to Babylon Tour97-98 (1998) Warner Home Video Capté pour la télé payante à St.Louis, le 12 décembre 1997, voici le show qu'on a vu quelques mois plus tard au Centre Molson et non pas au Stade olympique because le verglas.La scène est toujours colossale, et l'écran géant ovale fait penser à celui de Pink Floyd.Les Stones ont deux invités dont on a retenu les prestations sur film: Dave Matthews qui chante Wild Horses avec Jagger, et le saxophoniste de jazz Joshua Redman qui s'exécute sur l'une des plus belles chansons du répertoire stonien, Waiting On a Friend.Impeccable.Sur la petite scène au bout de la passerelle, les Stones reprennent (enfin!) Like a Rolling Stone de Dylan, qui leur va très bien, surtout avec l'harmonica de Jagger.Le répertoire ressemble à ceux des deux tournées précédentes, hits incontournables obligent.Mais il faut bien l'admettre, les Stones ne jouent jamais une toune deux fois de la même façon.Et plus ils vieillissent, meilleurs ils sont.Four Flicks TGA DVD Le nec plus ultra pour les fans des Stones.Quatre disques et plein d'extras fort intéressants.Un spectacle à l'Olympia de Paris, un deuxième au Madison Square Garden de New York, et un dernier au stade Twickenhamde Londres.Tous différents, tous excellents.J'ai un ami qui ne jure que par le show de stade: les images sont spectaculaires, Jagger travaille la foule comme unmaître, les fans chantent You Can't Always Get What You Want, et la chanteuse Lisa Fischer est ex-tra-or-di-nai-re pendant Gimme Shelter (un showstopper, disent les Américains).Un show conçu pour un stade.Moi, j'ai un faible pour celui de l'Olympia, pas tant pour le charme de la petite salle, imperceptible à l'écran, que pour les pépites que nous servent les Stones: No Expectations, Stray Cat Blues, Dance (Pt.1), That's How Strong My Love Is, le standard The Nearness of You (!), Love Train des O'Jays (!!)Wow! Le quatrième disque propose un documentaire sur le making-of de la tournée qui transcende vraiment les clichés parce que les Stones n'ont surtout pas la langue de bois: «He's my wife», dira Keith au sujet de sa relation avec Mick.Extras : Des tonnes ! Les commentaires des Stones qu'on peut regarder en vrac ou avant les chansons dont il est question; des images en coulisses; la possibilité de construire le spectacle selon nos goûts en changeant l'ordre des chansons; des chansons additionnelles, live ou en studio (des jams), dont un extrait du show de Los Angeles oùl'immense Solomon Burke chante Everybody Needs Somebody To Love avec Jagger qu'il appelle le roi du rock'n'roll en refilant sa cape qui pèse une tonne au chanteur des Stones visiblement ému.Du gâteau.Des heures et des heures de plaisir avec des Stones généreux qui ont pensé à tous leurs fans, des occasionnels aux plus mordus.Si vous n'aviez qu'un document sur les Stones à acheter sur DVD, je vous conseille fortement le coffret Four Flicks.J'ai beau chercher.ÉMISSION TÉLÉSPECTATEURS À RETENIR TÉLÉSCOPE \u2014Hugo Dumas LUNDI LES BOUGON SRC 21h 1 843000 Ils sont de retour, pour un dernier tour de piste.Et vous les attendiez avec une cote d'écoute qui a frôlé les deux millions.MINUIT LE SOIR SRC 21h 30953000 Le premier épisode de la nouvelle saison a attiré moins de téléspectateurs que la moyenne de tous les épisodes de la première saison (1 263 000).MARDI LA FACTURE SRC 19h30 900 000 L'excellent reportage sur le faux héritage coincé au Togo donne à la SRC ses meilleurs chiffres de la soirée.HOCKEY CANADIENS-PENGUINS RDS 19h 703 000 La venue de la jeune vedette Sidney Crosbyà Montréal a amené beaucoup de trafic télévisuel à RDS.En fin dematch, environ 1 033 000 téléspectateurs étaient rivés à leur petit écran.MERCREDI LES POUPÉES RUSSES TVA, 20h 1147 000 Le téléroman de TVA devance de justesse Le Match des étoiles de Radio-Canada, qui a eu 1 137 000 téléspectateurs.La bataille entre les deux émissions se poursuivra tout l'hiver, c'est garanti.JEUDI ICI LOUIS-JOSÉ HOUDE SRC 21h 1 563 000 Solide départ pour la nouvelle émission qui déterre nos trésors télévisuels oubliés.Par contre, il faudra voir comment Louis-José Houde se débrouillera quandTVA sortira ses gros canons tels Un homme mort.LE PRÊTRE À L'INDEX Aux États-Unis, quatre stations affiliéesàNBCrefusent de diffuser The Book of Daniel, la nouvelle télésérie du réseau mettant en vedette Aidan Quinn dans le rôle d'unprêtre épiscopalien.Les directeurs des stations de Little Rock (Arkansas), Terre Haute (Indiana), Beaumont (Texas) et Meridian (Mississippi) craignent de choquer leur public avec l'histoire de ce prêtre qui abuse des médicaments antidouleur, qui a un fils gai, un autre qui couche à gauche et à droite, une fille droguée et une femme alcoolique\u2026 PHOTO AP PHOTO ARCHIVE LA PRESSE Aidan Quinn VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H30 a DÉCOUVERTE Charles Tisseyre présente l'incontournable revue scientifique de l'année 2005.Catastrophes, robots martiens, grippe aviaire.19H r CÉLÉBRATION 2006 Un gros tirage de 90minutes qui fera un millionnaire ! On a mis le paquet sur les variétés avec France D'Amour, Stefie Shock, Natasha St-Pier, Sylvain Cossette, Nicola Ciccone, Andrée Watters, Marie- Mai, Stéphanie Lapointe, Isabelle Boulay, la troupe de Dracula.19H30 a ET DIEU CRÉA.LAFLAQUE Gérard soumet Paul Martin au détecteur de mensonges et présente la bande-annonce du film Bobino-The Movie ! 20H a TOUT LE MONDE EN PARLE \u2014LES MEILLEURS MOMENTS Une brochette d'extraits \u2014 Chantal Renaud, Renaud, Michel Vastel, Gilles Proulx, Robin Aubert, la mairesse Boucher, Marjo et d'autres \u2014 que vous reverrez avec plaisir ou consternation, selon le propos.Dany offre ses cartes en rafale et l'équipe, ses coups de coeur, dont Fred Pellerin et Marc Labrèche.20H30 r LIBÉRÉE, LE CHOIX DE NATHALIE SIMARD Documentaire biographique qui raconte l'histoire bouleversante de Nathalie Simard.En compagnie de Claude Charron, la jeune femme refait le parcours de sa vie et retourne sur certains lieux qui ont marqué son destin.Première de deux parties.Àsuivre le 15 janvier.21H30 r LA FIÈVRE DU DIMANCHE SOIR Version française de la téléréalité So You Think You Can Dance qui déniche les meilleurs danseurs.Ce soir : les auditions à New York et Chicago.Le Téléjournal Découverte / Revue scientifique de l'année 2005 Et Dieu créa Laflaque Tout le monde en parle / Les Meilleurs Moments Le Téléjournal Pleins Feux / L'Autre visage de Don Giovanni LA VIE EST BELLE (3) Le TVA 18 heures Spécial Bloopers TVA Célébration 2006 / France D'Amour, Sylvain Cossette, Stefie Shock, Natasha St-Pier Libérée - Le Choix de Nathalie Simard (1/2) La Fièvre du dimanche soir / Début Le TVA PATCH ADAMS (5) avec Robin Williams (23:04) LE MÉDAILLON (5) avec Jackie Chan, Lee Evans MAUVAIS GARÇONS II (6) avec Will Smith, Martin Lawrence Automania Les Aven tures de Lucky Luke LE CHIEN, LE GÉNÉRAL ET LES OISEAUX (4) Dessins animés MOI CÉSAR, 10 ANS 1/2,1M39 (4) avec Jules Sitruk, Mabo Kouyaté COCOON (4) avec Brian Dennehy, Wilford Brimley (21:48) CTV News E.Spotlight Law& Order: Criminal Intent Cold Case Desperate Housewives Grey's Anatomy (22:01) CTV News CTV News CTV News SNOW DOGS (5) (17:00) Marketplace BEND IT LIKE BECKHAM (4) avec Parminder Nagra Sunday Night Reflections CBC Sports ABC News Ebert &.America's Funniest Home Videos Extreme Makeover: Home Edition Desperate Housewives Grey's Anatomy (22:01) Alias NFL Football / Steelers - Bengals (16:30) Cold Case CSI:New York CSI:Miami News News News NBC News Dateline NBC The West Wing Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan G.Michaels Ballykissangel Summer Wine Keeping up Nature / Life in Death Valley Masterpiece Theatre / Henry VIII (1/2) FIDDLER ON THE ROOF (3) avec Chaim Topol World News Foreign.Boomers! 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Bengals (16:30) The War at Home Family Guy American Dad Crossing Jordan Past Lives Global Sports Trouvailles et Trésors Focus / Feux de forêt (1/2) Pare-chocs à pare-chocs Compte à rebours Tournants de l'Histoire Avions Band of Brothers Conquest War Wrecks of the Coral Seas THE THIN RED LINE (2) avec Sean Penn, Jim Caviezel L'Académie .the Pops Musicographie / Z.Richard Acoustiques: Les Respectables En concert:Norah Jones Musicographie / Z.Richard .le monde?Made in.Top5M+.Top5M+.Dans la peau.Babu à planche Exposé: Simple Plan Nu Musik M.Boilard Mike Ward Fou raide Jackass Noir de monde Hellas Spectrum Extreme Makeover:Home Edition .arménien In Montreal Surface Teleritmo World News .the Ballot the fifth estate CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night The Passionate Eye: Guerilla:The Taking of Patty Hearst Les Coulisses du pouvoir Le Monde 5 sur 5 Ushuaïa Nature Le Téléjournal Le Point Sharon-Arafat: et la paix?Le Téléjournal Second Regard NFL Football / Steelers - Bengals (16:30) Sports 30 Golf PGA / Championnat Mercedes - dernière ronde Sports 30 Jeux extrêmes d'hiver LA LOI DU COCHON (17:00) Porté disparu Sue Thomas, l'oeil du FBI Victimes du passé LA LOI DU COCHON (5) avec Isabel Richer, Sylvain Marcel .(16:15) Rires en famille Au revoir, Elvis La Femme de mon meilleur ami (21:35) Alexandre AliG Little Britain DANGEROUS OFFENDER (4) avec Brooke Johnson, Sara Botsford Trailer Park Boys Xmas Special Six Feet under .(23:15) Battlestar Galactica Smallville 5ive Days to Midnight THE ASTRONAUT'SWIFE (5) avec Charlize Theron, Johnny Depp .(23:15) Sportsnetnews Canadian Poker Tour World Curling Tour Sportsnetnews Grand Galop Volt Panorama Les Gens.Hammamet.romains LES DISPARUS DE SAINT-AGIL (4) avec Erich von Stroheim L'Ordre de Jacques-Cartier Miami Ink / Diffusion de onze émissions.(11:00) Sports Disasters Miami Ink Sportscentre PGA Golf / Mercedes Championships - dernière ronde .Primetime Sportscentre 6TEEN Carl au carré Billy.Titans Batman Les Simpson StationX South Park La Côte.Les Simpson Polyvalente Arrière-Sc.Journal FR2 Vivement dimanche / Sylvie Joly LA BÊTE DU GÉVAUDAN (4) avec S.Stévenin Job.(22:05) Le Journal Passep Art Panorama XS Stress Rough.Newton: A Tale of Two Isaacs FUN TIME FOR SWINGERS (4) avec David Jason, Bruce Alexander Winning Diplomatic Film 101 Un don pour la vie Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage Dre Nadia.Guy Corneau.confidence LES DANGERS DE L'AMOUR (5) avec Joe Penny, Jenny Robertson Esprit libre .dada Baromètre Moi & Cie Parole et Vie Que-ritmo Livre Show Doc Lapointe Boxe Rock Parents.Degrassi Degrassi 25e anniversaire 70 Il était une.Anormal Réal-TV Loup-garou A VERY BRADY SEQUEL (5) avec Shelley Long, Gary Cole Mystery.Ghost.Spy.Prank Patrol 15/Love My Family Bob (23:35) Cour à \"Scrap\" Autopsie d'un désastre Les Stupéfiants Délire Techno INVASION LOS ANGELES (5) avec Roddy Piper, Keith David Le Grand Journal CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV VD VDO CÂBLE PBS CTV :S+: :SE: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :NW: :HI: :HIST: :MMAX: :MP: :MTL: :RDI: :RDS: CBC ABC CBS NBC TVA TQS TQc CÂBLE PBS CTV VD VDO SRC 60 Minutes Connaissez-vous vraiment vos Stones?ARTS ETSPECTACLES > Brian Jones a trouvé le nom des Rolling Stones dans une chanson de quel artiste ?a - Dans la chanson Rollin' Stone de Muddy Waters.>Deux des trois guitar heroes des Yardbirds, rivaux des Stones au cours des années 60, ont joué sur une chanson studio des Stones.Lequel ne l'a pas fait ?b - Jeff Beck.Page a joué sur l'album Dirty Work et, selon son biographe David Perreault, Clapton a joué «discrètement» sur Love In Vain, en 1969.>Quel cinéaste de la Nouvelle Vague française a filmé les Stones alors qu'ils enregistraient la chanson Sympathy for the Devil ?c - Jean-Luc Godard.> Lors du concert gratuit à Hyde Park en juillet 1969, Mick Jagger a lu, à lamémoire de Brian Jones, décédé trois jours plus tôt, un texte d'un poète anglais.De qui s'agit-il ?e - Percy Bisshe Shelley.Jagger a lu son poème Adonais, écrit à la suite de la mort de John Keats.>Mick Jagger n'a jamais chanté sur disque avec l'un des artistes suivants.Lequel ?b- Bob Dylan.Marianne Faithfull était parmi les choeurs sur Sympathy For the Devil.> En décembre 1968, les Stones enregistrent pour la télé leur Rock and Roll Circus qui ne sortira qu'en 1996.Lequel des artistes suivants n'y participait pas ?d- Ringo Starr.Le piège ?Tony Iommi y jouait pour la seule et unique fois avec Jethro Tull avant de fonder Black Sabbath.>Qui a dit aumagazine français Rock and Folk que Keith Richards était le «plusmauvais guitariste du rock» ?b- Eric Clapton, au journaliste Philippe Rault, alors qu'il faisait partie du trio Cream.> Lequel des artistes québécois suivants n'a jamais fait la première partie des Stones ?e- Nanette Workman, mais elle a fait les choeurs sur deux chansons de l'album Let It Bleed.> Parallèlement à sa carrière de chanteur, Mick Jagger a tourné dans plusieurs productions sauf l'une des suivantes.Laquelle ?d- The Harder They Come, un film reggae mettant en vedette Jimmy Cliff.>Qui était surnommé le sixième Rolling Stones ?a- Ian Stewart.Membre du groupe d'origine, dégommé par l'agent du groupe parce qu'il n'avait pas le look, il continuera à jouer du piano avec eux jusqu'à sa mort.> Les Stones ont reçu en cadeau une chanson de leurs grands rivaux, les Beatles.Laquelle ?b- I Wanna Be Your Man, deuxième 45-tours des Stones, que les Beatles ont enregistrée eux aussi.> Lequel des artistes suivants a enregistré une chanson écrite par les Stones ?c- Richard Anthony.Il a repris Out of Time dont le titre a été traduit (?) par Baby.>Avant d'engager Mick Taylor pour remplacer Brian Jones, Mick Jagger a proposé à un autre guitariste de faire partie des Stones.Lequel ?a- Eric Clapton, en avril 1969.Clapton refuse parce qu'il met sur pied le groupe Blind Faith avec Steve Winwood.>Qui joue de la batterie sur l'une des plus célèbres chansons des Stones, You Can't Always Get What You Want ?e- Jimmy Miller, leur réalisateur et un excellent batteur à ses heures.>Qui fait les choeurs sur la maquette de la chanson It's Only Rock'n'Roll ?b- David Bowie, qui était chez Ronnie Wood ce jourlà.Keith Richards l'a modifiée par la suite.> Enmars 1977, Margaret Trudeau, première dame du Canada, a fait lamanchette en frayant avec les Stones au El Mocambo de Toronto.Qui l'avait invitée?e- Ronnie Wood.>Quel est l'albumdes Stones qui s'est le mieux vendu ?d- Some Girls, à environ huit millions d'exemplaires.>Charlie Watts était dans la jeune vingtaine quand il a écrit un livre pour enfants en hommage à l'un de ses musiciens préférés.Lequel ?c- Charlie Parker.Publié en 1964, le livre Ode to a High- Flying Bird faisait référence au surnom de Parker, Bird.> Parmi les artistes suivants, qui ne s'est jamais produit en première partie des Stones à Montréal ?e- Sheryl Crow.Stevie Wonder (1972), Living Colour (1989), Spin Doctors (1994) et Wide Mouth Mason (1998) ont tous joué avant les Stonesà Montréal.> Parmi les jazzmen suivants, lequel n'a jamais joué sur un albumdes Stones ?a- Allan Holdsworth.VOICI LES RÉPONSES AU QUIZ SUR LES STONES PUBLIÉ DANS LE CAHIER ARTS ET SPECTACLES D'HIER.AVECCINQ BONNES RÉPONSES, VOUS ÊTES DANS LA MOYENNE.DIX, VOUS CONNAISSEZ LES STONES.QUINZE, VOUS ÊTES TRÈS FORTS.VINGT?BILLWYMAN, SORS DECECORPS ! ALAIN DE REPENTIGNY PHOTO CP PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © Johnny Hallyday veut revenir à ses racines ASSOCIATED PRESS PARIS \u2014 Johnny Hallyday, qui vient de signer chez Warner après 44 ans passés chez Universal, va enregistrer l'an prochain à Chicago tout un album de blues pour revenir à ses « racines », explique le chanteur dans une interview accordée à Paris au Journal du dimanche.Sans révéler le montant du contrat qui le lie désormais au quatrième groupe de musique mondial, Hallyday précise qu'il a « signé chez Warner pour trois albums studio au moins ».« J'ai gagné notamment le droit d'enregistrer en 2007 cet album de blues qu'Universal me refusait depuis des années », se félicite-t-il.Le chanteur affirme qu'au terme de son contrat avec Warner, personne ne pourra lui imposer un auteur dont il ne voudrait pas.« Non, ce sera de mon domaine.Je vais avoir une liberté totale qui va me permettre de revenir à mes racines », explique-t-il.Et, pour lui, ses racines, cela veut dire le blues.« Au milieu des années 70, lorsque j'ai écrit Toute la musique que j'aime, personne alors ne croyait dans le potentiel de ce titre, se souvient le rocker.Aujourd'hui, pas une chanson ne me résume mieux », assure-t-il.Concernant ce prochain album tout blues, Hallyday « voudrait qu'il soit enregistré à Chicago, mais pas de manière traditionnelle avec une petite formation.En fait, je voudrais chanter un peu crooner, entouré d'un big band ; des chansons accentuées d'accords dissonants et parcourues de cuivres.Je veux donner au blues une chance d'être entendu du plus grand nombre, après l'avoir mis au goût du jour et du public.» PHOTO RAYNALD LAVOIE, LE SOLEIL © Le directeur général de BUG.tv, François Savard, et le directeur de l'assurance-qualité, Harold Pilote.La mondialisation selon BUG.tv Une jeune entreprise de Lévis conquiert la planète avec ses logiciels Remplissez ce bon de particpation et envoyez-le à l'adresse suivante: CACHÉ / ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM C.P.575, SUCCURSALE PLACE D'ARMES, MONTRÉAL, QUÉBEC H2Y 3H8 Nom: Adresse: Ville: Code postal : Téléphone (jour): Téléphone (soir) : Courriel : À L'AFFICHE DÈS LE 20 JANVIER ! CETTE PROMOTION EST PUBLIÉE DANS LA PRESSE LES 6-7-8 JANVIER 2006 .LE TIRAGE DES 100 LAISSEZ-PASSER DOUBLES AURA LIEU LE 12 JANVIER 2005.LES GAGNANTS RECEVRONT LEUR PRIX PAR LA POSTE.SEULS LES COUPONS ENVOYÉS PAR LA POSTE SERONT ACCEPTÉS.RÈGLEMENTS DE LA PROMOTION DISPONIBLES CHEZ ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM.DANIEL AUTEUIL JULIETTE BINOCHE vous invitent à la première! UN FILM DE MICHAEL HANEKE FESTIVAL DE CANNES 2005 PRIX DE LA MEILLEURE MISE EN SCÈNE PRIX FIPRESCI PRIX DU JURY OECUMÉNIQUE « Un moment de cinéma inoubliable.Poignant, brillant et magistral.» - Marc Cassivi, La Presse « Splendide! » - Jean-Luc Douin, Le Monde « Sublime! » - Gilles Carignan, Le Soleil « Remarquable Daniel Auteuil.» - Odile Tremblay, Le Devoir 3369095A DAPHNÉ BÉDARD LE SOLEIL Une jeune entreprise de Lévis fait sa marque dans le monde de la télévision.La station NBC et l'ancien vice-président des États- Unis, Al Gore, ont littéralement craqué pour Broadcast Unifying Gears, aussi appelée BUG.tv.Véritable petite fourmilière de talents, BUG.tv se spécialise dans la conception de logiciels de mise en ondes et de production destinés aux stations de télévision.On peut trouver leurs systèmes aux États-Unis, au Mexique, en Autriche, en Suisse, au Pakistan, en Turquie, aux Émirats arabes unis, etc.« On a le vent dans les voiles », admet le directeur général, François Savard.Deux gros contrats sont tombés récemment sur les bureaux de la petite compagnie créée en 2003.D'abord, le réseau de télévision NBC, qui diffusera les Jeux olympiques de Turin en février, utilisera une technologie de télévision haute définition conçue par BUG.tv.« On bâtit des outils de travail flexibles, explique M.Savard.On conçoit des logiciels selon ce que les stations veulent faire.Chaque station a des besoins différents et une façon différente de faire de la télévision.» Les possibilités sont donc pratiquement infinies.BUG.tv propose aux stations une solution de rechange aux systèmes onéreux et peu flexibles des grands fabricants.« Notre but est que la télé n'ait plus de limite.C'est la libération de l'imagination », illustre M.Savard.L'autre important contrat est celui de la station Current TV, qui utilise entièrement les outils fournis par BUG.tv.Cette chaîne, située à San Francisco, a été fondée par plusieurs entrepreneurs et spécialistes des médias, dont Al Gore, ex-vice-président des États- Unis.Current TV est « une vitrine à l'intention de monsieur et madame Tout-le-Monde », indique M.Savard.La programmation est en effet constituée presque uniquement de films tournés par les téléspectateurs.La station diffuse sur le câble à 20 millions de foyers.Current TV s'inscrit dans une tendance qui sera de plus en plus forte au cours des prochaines années, croit M.Savard, soit la télévision faite pour et par les téléspectateurs.« Les téléspectateurs décideront de A à Z ce qu'ils veulent voir », affirme-t-il.Plus près de nous, BUG.tv s'occupe du système de présentation graphique du spectacle Showman, mettant en vedette Martin Fontaine.La télé de l'avenir Avec toutes ces occasions d'affaires, BUG.tv prévoit augmenter son nombre d'employés de sept à 50.L'équipe est principalement formée de programmeurs et d'ingénieurs.« En télé, il faut que ça fonctionne.Que notre compagnie soit à Lévis n'a pas d'importance pour ceux qui achètent notre produit, assure M.Savard.De toute façon, chaque fois qu'on dit qu'on est de la région de Québec, on a des commentaires positifs.» Et à quoi ressemblera la télévision de l'avenir ?«Pendant des années, il y a eu une guerre de contenus entre les stations.La guerre va maintenant se déplacer vers les contenants, prévoit M.Savard.La télé, il faut que ce soit un show.Claire Lamarche, ce n'est pas un spectacle visuel ! Avec le nombre de stations qu'il y a aujourd'hui, il faut une télé dynamique, qui bouge.» « On conçoit des logiciels selon ce que les stations veulent faire.Chaque station a des besoins différents et une façon différente de faire de la télévision.» Robert De Niro retourne derrière la caméra ASSOCIATED PRESS SAINT-DOMINGUE \u2014 Robert De Niro entreprend cette semaine le tournage en République dominicaine de son deuxième film en tant que réalisateur, The Good Shepherd, avec Angelina Jolie et Matt Damon dans les rôles principaux.Vendredi, Robert De Niro a rencontré le président dominicain, Leonel Fernandez, au palais présidentiel, où il doit tourner quelques scènes, selon l'Office dominicain du cinéma.The Good Shepherd raconte l'histoire de la CIA, l'agence américaine de renseignement.Matt Damon incarne James Wilson, un des agents fondateurs de la CIA, et Angelina Jolie joue sa femme.La production devrait rester en République dominicaine environ une semaine.Matt Damon est déjà sur place, Angelina Jolie est attendue aujourd'hui.Robert De Niro, 62 ans, a déjà réalisé Il était une fois le Bronx en 1993.ARTS ET SPECTACLES STÉPHANIE BÉRUBÉ > MÉDIAS ÉLECTRONIQUES sberube@lapresse.ca Populaire, la radio par satellite ?onnaissez-vous quelqu'un qui s'est abonné à la radio par satellite durant le temps des Fêtes?Non?Vous ne connaissez pas la radio par satellite?Quoi qu'en disent les fournisseurs de service de radio par abonnement, il n'y a pas eu de ruée vers les appareils pour Noël.Et le service connaît de sérieux ratés.Il y a deux types de consommateurs pour la radio par abonnement, explique le vendeur d'un magasin Future Shop de Montréal.Celuiqui trouve leproduit intéressant mais qui veut attendre un peu pour voir s'il y aura engouement, et celui qui a reçu un appareil en cadeau.Dans cette deuxième catégorie, plusieurs ont déjà rapporté leur appareil pour le changer contre un iPod.Leproblème, explique unvendeur, à La Source cette fois, c'est que l'équipement de la radio par satellite n'est pas facile d'utilisation.Plusieurs acheteurs frustrés rapportent leurs récepteurs pour cette raison.Effectivement, l'équipement nécessaire pour cette radio de l'avenir nous ramène un peu vers le passé.Au bureau, pour avoir accès à la «centaine de chaînes exclusives», il faut installer la petite antenne qui capte le signal du satellite.Il vaut mieux la mettre en direction sud et en hauteur, pour éviter les interférences, mais pas à côté d'un grand building qui pourrait faire barrière entre le ciel et la terre.Cette antenne est liée, par fil, à l'appareil radio, qui est la plupart du temps lui-même branché pour ne pas perdre de puissance.Si vous travaillez en communauté, vous porterez aussi des écouteurs.Dans ce cas, branché de partout, il ne faut pas quitter le bureau trop rapidement, car tous ces bidules se retrouvent pêle-mêle, par terre.Un avantage, si vous cherchez de la compagnie: l'attirail susciterasansaucundoute lacuriosité des collègues, inquiets de vous voir tester cequ'ils croient êtredumatériel médical.Et la programmation?Elle tient ses promesses.Multiplicité des chaînes et diversité en contenu musical.Mais même dans les meilleures conditions, la réception n'est pas sans faille.Au beau milieu d'une chanson de Cindy Lauper, sur la chaîne consacrée aux succès des années 80, le son peut faillir.Comme si on passait dans un tunnel, avec quelques éclaircies.Si on peut tolérer des bruits de friture lors d'unmatch du Canadien à CKAC, on est autrement moins tolérant quand on a payé plus de 400$ pour un appareil, si on s'est procuré lemodèle qui convient pour lamaison, lapromenade oulavoiture.À cela, il faut ajouter des frais d'activation et d'abonnement mensuel.Tout va bien dans le meilleur des mondes, rassurent les directeurs des deux fournisseurs de radio par satellite, Sirius et XM.Et même bien mieux que prévu.«Nous avons doublé le nombre d'employés francophones que nous avions engagés tant la demande était forte», indique Andréanne Sasseville, directrice du développement des talents et de la programmation chez Sirius, qui ne dévoile aucun chiffre.Chez XM aussi, les choses vont mieux que prévu, dit-on.L'objectif canadien est maintenant d'obtenir 75 000 abonnés au 31 août 2006.À ce moment, vous en connaîtrez certainement un.EN BREF PAULINE MARTIN est de retour avec l'équipe de C'est bien meilleur le matin dès demain, à la Première Chaîne de Radio-Canada.La comédienne y présente la météo depuis cinq ans, mais avait pris une demisaison de pause.Sa remplaçante, Véronique Mayrand, retourne au Téléjournal du week-end, à la télévision.RADIOLIBRE.CA est née.La nouvelle radio d'Astral, diffusée uniquement en ligne, par abonnement, offre à ses auditeurs des émissions selon leurs préférences musicales.À écouter sur l'ordinateur, au bureau ou à la maison.L'équipe est si confiante en son service qu'elle offre un essai gratuit de 30 jours, au www.radiolibre.ca UNE DIPLÔMÉE de la Star Académie 2004, Émily Bégin, devient officiellement animatrice de radio, sur le réseau Énergie.La chanteuse et danseuse avait coanimé une émission consacrée à Star Académie l'automne dernier; elle prend maintenant les commandes du décompte francophone, le samedi de 20h à 21h.ANDRÉ MÉNARD quitte les ondes de Couleur Jazz, où il animait une émission dominicale et une quotidienne, le retour à la maison.Il reste président et directeur artistique de la station jazz de l'Équipe Spectra et animera parfois des émissions spéciales.Yves Laramée commencera désormais son Jazz Bar Blues à 16h. Mort de l'écrivain Heinrich Harrer ASSOCIATED PRESS VIENNE \u2014 L'alpiniste et écrivain autrichien Heinrich Harrer, rendu célèbre par son amitié avec le dalaï lama, amitié que le public a pu apprécier dans le film Sept ans au Tibet, est mort hier.Il avait 93 ans.La famille Harrer, qui réside dans la province de Carinthie, n'a pas précisé la cause du décès, se bornant à indiquer que « dans une grande paix, il avait réalisé son expédition finale ».Militaire dans l'armée allemande sous le IIIe Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait été fait prisonnier par les Britanniques et interné dans un camp en Inde d'où il avait réussi à s'évader.Il s'était réfugié au Tibet après avoir franchi l'Himalaya.À Lhassa, il s'était lié au dalaï lama, dont il avait été l'un des précepteurs.C'est l'acteur américain Brad Pitt qui incarnait son personnage dans le film réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1997 et dont le scénario s'est appuyé sur les mémoires de Heinrich Harrer publiées en 1953.Celles-ci racontent comment il avait fui Lhassa après la conquête chinoise du Tibet.Son amitié avec le dalaï-lama a inspiré le film Sept ans au Tibet PHOTOMIRO KUZMANOVIC, ARCHIVES REUTERS Heinrich Harrer et le dalaï lama s'étaient rencontrés en octobre 2002, lors d'une visite en Autriche du célèbre moine tibétain.SPECTACLES VIOLENCE À L'AFFICHE! Consultez le Répertoire des Cinémas ou www.universalpictures.ca pour l'horaire des films VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE BANDE SONORE DISPONIBLE SUR ÉTIQUETTE DECCA (Version française) TIME M AGAZINE « LA P LU S AUDA C I E U S E R É A L I S ATION D E STEVEN S P I E L B E R G JUSQU'À PRÉSENT.U N CHEF- D ' OEUVRE.» EN NOMINATION AUX GOLDEN GLOBESMD MEILLEUR RÉALISATEUR STEVEN SPIELBERG MEILLEUR SCÉNARIO TONY KUSHNER et ERIC ROTH Consultez le Répertoire des Cinémas ou www.universalpictures.ca pour l'horaire des films À L'AFFICHE! VERSION FRANÇAISE RGFMDRUMMONDVILLE VERSION ORIGINALE ANGLAISE © 2005 UNIVERSAL STUDIOS DU RÉALISATEUR DU FILM \u201cLE SEIGNEUR DES ANNEAUX\u201d (Version Française) 3371966A CINÉMAS INDÉPENDANTS ATELIER DE BRUITAGE AVEC FÉE BÉATRICE Cinéma ONF: 13h.JOYEUX NOËL (V.F.) Cinéma Impérial: 13h30, 16h30, 19h15, 21h30.SILENCE, ON COURT! Cinéma ONF: 16h et 19h.VARIÉTÉS CABARET DU CASINO Rock à l'opéra II : 20h30.Kevin Thomas «DÉLICIEUSEMENT DRÔLE.» «Version française de \u2039Cheaper by the Dozen 2\u203a» CINEPLEX DIVERTISSEMENT BOUCHERVILLE CINEPLEX DIVERTISSEMENT CHÂTEAUGUAY ENCORE CINEPLEX DIVERTISSEMENT PLAZA DELSON CINEPLEX DIVERTISSEMENT CARREFOUR DORION CINÉ-ENTREPRISE ÉLYSÉE GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINEPLEX DIVERTISSEMENT LASALLE (Place) CINEPLEX DIVERTISSEMENT STARCITÉ MONTRÉAL LES CINÉMAS GUZZO PARADIS MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINEPLEX DIVERTISSEMENT QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINEPLEX DIVERTISSEMENT ST-BRUNO CINEPLEX DIVERTISSEMENT VICTORIAVILLE LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 MÉGA-PLEXTMGUZZO DEUX-MONTAGNES 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO MARCHÉ CENTRAL 18 CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME VERSION FRANÇAISE Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le www.enprimeur.ca CINEPLEX DIVERTISSEMENT CÔTE-DES-NEIGES LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINEPLEX DIVERTISSEMENT LASALLE (Place) CINEPLEX DIVERTISSEMENT COLOSSUS LAVAL MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 CINEPLEX DIVERTISSEMENT PARAMOUNT CINEPLEX DIVERTISSEMENT COLISÉE KIRKLAND MÉGA-PLEXTMGUZZO DEUX-MONTAGNES 14 MÉGA-PLEXTM GUZZO MARCHÉ CENTRAL 18 VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY GVISA GÉNÉRAL 3372040A VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE VOYEZ-LE MAINTENANT! (Version Françaisede The Chroniclesof Narnia:The Lion, The Witchand The Wardrobe) NARNIAMD ©DISNEY/WALDEN « DEUX FOIS BRAVO.MD » EBERT & ROEPER « La comédieromantique la plus drôle et la plus agréabledepuis Shakespeareet Juliette.» Jeffrey Lyons, NBC-TV/Reel Talk « Un vrai regal; à la fois SEXY, DRÔLE et INTELLIGENT.» Leonard Maltin, Entertainment Tonight « BRAVO! » Richard Roeper, Ebert & RoeperMD « UN SUCCÈS INATTENDU! » Claudia Puig, USA Today « CASANOVA est toute une comédie! » Jay Carr, AM New York VERSION FRANÇAISE RGFMDRUMMONDVILLE VERSION ORIGINALE ANGLAISE VOYEZ-LE MAINTENANT! ((VVeerrssiioonn FFrraannççaaiissee)) 3371933A UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉE NATIONAL BOARD OF REVIEW BROADCAST FILM CRITICS ASSOCIATION TIME MAGAZINE NOMINATIONSAUXGOLDENGLOBES MEILLEURE ACTRICE DRAME 2 ZIYI ZHANG DONT GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENTÀ L'AFFICHE Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le Sony Pictures Releasing.ca version française de MEMOIRS OF AGEISHA , RICHARD CORLISS «.UNE HISTOIRE D'AMOUR SOMPTUEUSEMENT ÉMOUVANTE.\u2039GEISHA\u203a ESTUNE GEISHA: UNE OEUVRE D'ARTREMPLIED'ÉMOTION, qui nous divertit pour quelques HEURES, PUIS DISPARAÎTDANSLANUIT, EN RAVISSANTNOTRECOEUR.» VOYEZ LA COMÉDIE NO.1 AU CANADA! version française de FUN WITH DICK & JANE GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le Sony Pictures Releasing.ca 3372046A ARTS ET SPECTACLES ALAIN BRUNET > CYBERCULTURE abrunet@lapresse.ca Vers la licence globale?Depuis quelques semaines en France, le projet de loi sur «les droits d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information» fait l'objet de points de vue contradictoires, particulièrement sur la notion de licence globale dont il est question aujourd'hui dans cette chronique.Et dont il sera souvent question en 2006.Danslanuitdu21au22décembre, donc, des députés français de toutes tendances ont adopté contre l'avis du ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, deux amendements visant à autoriser le téléchargement d'oeuvres numérisées (musique, cinéma, télé, jeux, etc.) via Internet pour un usage privé, en contrepartie d'une rémunération destinée aux créateurs.Ainsi, les consommateurs devraient s'acquitter d'une « licence globale optionnelle», moyennant un supplément à leur abonnement Internet.Plus concrètement, cette portion d'élus «rebelles» s'est opposée aux notions de verrouillage et de contrôle de la copie privée.Ce débat a clairement transcendé les positions politiques, car des députés de droite se sont joints aux socialistes (euxmêmesdiviséssur laquestion) contre leur propre gouvernement ! Inutile d'ajouter que ce chaos parlementaire a bouleversé les lignes politiques habituelles.qui auront tôt fait de revenir à la normale.Considérant que le vote a été pris à la va-vite dans une Assemblée nationale en partie désertée, le ministre de la Culture imposera la reprisedudébat sur lalicenceglobale dès la mi-janvier, après quoi un vote pourrait être repris.Les services du premier ministre et du ministre de la Culture profiteront de ce délai pour retravailler le texte de loi afin de convaincre une majorité de parlementaires.Il y a fort à parier qu'on ne se prononcera pas en faveur d'une licence globale aussi ouverte et si peu engageante pour ses éventuels utilisateurs.Pourquoi ?Parce que les liens entre les politiciens et les plus puissant lobbys du divertissement sont trop serrés pour qu'on assiste à un tel revirement de situation.D'autant plus que de puissantes sociétés de perception du droit d'auteur s'opposent aussi à la licence globale.Plus concrètement, les grands distributeurs de musique et les éditeurs les plus prospères dans le contexte actuel n'arrivent pas à admettre l'effet paradoxal de la technologie numérique : le coût de distribution devient minime, les copies des consommateurs deviennent parfaites et beaucoup moins chères.Pris de panique, les décideurs de la culture ont désigné un nouveau marché noir, fort différent de celui qu'on imagine depuis des lustres.La vente de CD dupliquéspar de véritablesfraudeurs sur des supports vierges et vendus dans les marchés aux puces est un bon exemple du marché noir traditionnel.Or ce nouveau marché noir que décrivent les majors du divertissement n'a pas pour objet d'enrichir les contrevenants.majoritairement disposés à rémunérer la création ! C'est sur la façon de rémunérer que personne ne s'entend.Puisque leurs profits proviennent essentiellement de la distribution, les majors craignent de perdre leur pouvoir d'influence en s'adaptant à un système de rémunération qui pourrait ébranler provisoirement l'économie.L'adoption d'une licence globale telle que votée chez les cousins en décembre dernier fragiliserait considérablement Sony- BMG, Universal, Disney, MGM, et autres Warner de ce monde.Et les créateurs?L'accès illimité aux contenus rémunérés par une licence globale pourrait les enrichir davantage que dans le système actuel du droit d'auteur.À condition que les modalités de la rémunération soient équitables et précises pour tous les maillons de la chaîne numérique et qu'elles fassent l'objet d'ententes internationales.Cen'est pas pourdemain laveille.L'amendement français sur lalicence globale devrait être passablement modifié cet hiver, on trouvera bien le moyen de ménager la chèvre et le chou.On gage là-dessus ?L'ESSENTIEL.Tous les jours dans ous avez été plus de 2600 à participer à notre concours Dessine ton sapin et notre jury a passé plusieurs heures à identifier les plus intéressants, puis à sélectionner les gagnants.La tâche n'a pas été facile tant les dessins étaient superbes.Les lecteurs de Oups nous ont étonnés par la variété des moyens utilisés pour décorer leur chefs-d'oeuvre.Collage, découpage, coloriage, dessin, peinture, nous en avons vu de toutes les couleurs, c'est le cas de le dire.En définitive, nous avons confié à nos graphistes le soin de choisir les dessins que vous voyez dans cette page.Dans la catégorie 0-8 ans, la gagnante est JULIETTE ASSELIN, trois ans et demi, de Terrebonne ; dans la catégorie des 8-12, le choix s'est porté sur JUSTINE MARLEAUDAUNAIS, 11 ans, de Saint-Jeansur- Richelieu.Toutes deux recevront un ensemble d'artiste, gracieuseté d'Omer De Serres.Notre jury a aussi été impressionné par les dessins de deux duos de soeurs\u2014Sarah (8 ans) et Léane (7 ans) Klinkow, de Saintt-Lambert, et Émilie (3 1/2 ans) et Stéphanie (5 1/2 ans) Durand, d'Anjou \u2014, dont nous reproduisons également les sapins.Stéphanie avait d'ailleurs été notre lauréate l'année dernière, comme quoi son ensemble d'artiste a été utile! L'équipe de Oups félicite les gagnants et tous nos lecteurs qui ont mis beaucoup d'énergie à produire de si beaux dessins.Les beaux LES GAGNANTS DE NOTRE CONCOURS DE DESSIN Désignezvotre jeune vedettepréférée Plusqu'une semaine pournousaider àdésigner la Personnalité Oups del'année 2005.Cinq jeunes artistes originaux sonten licepoursuccéder à Alexandre Despatie et Izabelle Desjardins.Cesont: Vousdeveznousécrire àoups.concours@lapresse.ca, en précisant votre préféré(e) etles raisons devotre choix.Parmi tousles participantsausondage, nousferons tirer auhasardunexemplaire delatrame sonore dufilm Get Richor Die Tryin', de50Cent.Retrouvez-nousdimanche prochain pourledévoilementdela Personnalité Oups 2005etdugagnantducd.PIERRE BOUVIER, chanteur de Simple Plan MARIE-MAI, chanteuse MATHIEU MARCOTTE VJ à Musique Plus MIRIANNE BRÛLÉ, comédienne de la série Ramdam MIKE WARD, humoriste et animateur.ÉMILIE (3 1/2 ans) et STÉPHANIE (5 1/2 ans) DURAND, d'Anjou JULIETTE ASSELIN, trois ans et demi, de Terrebonne JUSTINE MARLEAU-DAUNAIS, 11 ans, de Saint-Jean-sur-Richelieu SARAH (8 ans) et LÉANE (7 ans) KLINKOW, de Saint-Lambert SSAAPPIINNSS!! JEU VIDEO DIVERTISSEMENT ARTS ET SPECTACLES Sapiens, Le jeu tribal Chasseurs-cueilleurs en ligne ALAIN MC KENNA COLLABORATION SPÉCIALE L'événement annuel le plus important pour l'industrie de l'électronique nord-américaine, le Consumer Electronics Show (CES), a eu lieu cette semaine à Las Vegas et a permis de constater que le divertissement numérique et les technologies sans fil sont deux phénomènes qui ont pris une ampleur inouïe au cours de la dernière année.Selon toute vraisemblance, ils seront encore plus imposants en 2006.Voici quelques nouveautés, dévoilées au CES, qui le prouvent bien.Sony Play Station 3 La société Sony a profité du CES pour mettre en vitrine un exemplaire fonctionnel de la prochaine console Play Station, la troisième du nom.Dans un boîtier au fini métallisé clair, Sony est parvenue à glisser un puissant processeur, appelé «Cell», d'une puissance de 2 Teraflops.Un lecteur Blu-ray est aussi de mise, afin de pouvoir lire ces nouveaux disques d'une capacité bien supérieure à celle des DVD traditionnels.Naturellement, unportdeconnexionpourunréseauinformatique, permettant d'accéder à Internet, et une sortie audiovisuelle à haute définition équiperont la PS3 dès sa sortie, prévue pour le printemps.Appareil numérique Kodak V570àdeux lentilles Les appareils photo numériques compacts que l'on connaît présentement ont généralement le défaut de ne pas pouvoir faire, avec une seule lentille fixe, des prises de vue en grand angle et des zooms de bonne qualité.C'est pourquoi Kodak s'est résolu à installer deux lentilles sur le même appareil, appelé Easyshare V570.Cela permet au photographe amateur qui le désire de prendre des clichés en grand angle, à l'aide d'une lentille de 23 mm, ou d'effectuer des zooms jusqu'à 3x grâce à l'autre lentille, une 39-117 mm.Grâce au grand angle, le V570 peut réaliser des clichés panoramiques de 180 degrés, avec seulement trois photos mises bout à bout (un logiciel se charge de les aligner correctement).En vente dès la fin janvier au Canada, l'appareil photo Kodak Easyshare V570 coûtera 500 $.NokiaN92 Nokia a lancé de nombreux modèles d'appareils téléphoniques cellulaires au cours des derniers mois, mais rares sont ceux qui ont créé autant d'émoi que le N92, un téléphone muni d'un écran couleur de 2,8 pouces de diagonale sur lequel il est possible de capter les ondes télévisuelles.Naturellement, on pourrait aussi s'abonner à unservice comme ceux qu'offrent déjà Telus ou Bell Mobilité.Il serait également possible d'y télécharger des extraits vidéo à partir d'unordinateur personnel, pour les regarder par la suite.Une petite lentille permet enfin de réaliser soi-même de petits vidéoclips.En plus de ses fonctions audiovisuelles, le N92 est en mesure d'emmagasiner et de jouer jusqu'à 1500 chansons numériques, lesquelles doivent être installées sur une carte-mémoire amovible.Casques d'écoute sans fil Deux marques peu connues mais tout de même implantées au Canada ont lancé leur premier exemplaire de casque d'écoute sans fil qui se connecte, grâce au protocole Bluetooth, soit à un ordinateur personnel, soit à un baladeur numérique, soit, pourquoi pas, carrément à un téléphone cellulaire.Il s'agit de Plantronics et d'Iogear.Le modèle de Plantronics est un peu plus imposant et s'adresse avant tout à ceux qui aiment bien écouter de la musique emmagasinée sur leur ordinateur.Il est aussi muni d'un micro, pour qu'il soit possible de s'en servir comme appareil de téléphonie IP.Iogear, pour sa part, offre son casque d'écoute sans fil avec un connecteur conçu pour être branché sur un i Pod, d'Apple, ou sur un téléphone cellulaire.Les deux modèles coûteront pour environ 250 $.ToshibaDVD-HD Toshiba, l'une des sociétés derrière le format de disques DVD-HD, a levé le voile sur son premier lecteur compatible avec ces disques de haute définition, ainsi que sur le premier bloc-notes également compatible avec le format DVD-HD.Le lecteur, destiné à remplacer le lecteur DVD qui trône dans le salon de nombreux foyers nord-américains, peut aussi lire les DVD et disques compacts traditionnels, et son prix de détail est annoncé à 500 $US (625 $).Le bloc-notes Qosmio DVDHD, pour sa part, est muni d'un lecteur DVD-HD qui peut aussi lire et graver des DVD.Les logiciels permettant de jouer des films tirés de ces disques, avec un son ambiophonique, sont inclus dans cet appareil.Le système d'exploitation Windows Media Center Edition, de Microsoft, est aussi de mise.Le prix de détail de cet appareil n'a pas encore été annoncé.Le Consumer Electronics Show met l'accent sur le divertissement FÉLIX LOCAS COLLABORATION SPÉCIALE À l'automne dernier, Télé-Québec diffusait Homo Sapiens, undocu-fiction retraçant le mode de vie des ancêtres de l'homme il y a quelque 200 000 ans.Mais l'aventure ne s'arrête pas là, car l'émission de télé a aussi son jeu vidéo : Sapiens, Le jeu tribal.Une belle façon de découvrir les jeux en ligne et de revivre un moment clé de la préhistoire.Sapiens, Le jeu tribal est offert gratuitement sur le site Internet de Télé-Québec.Il s'agit d'un jeu massivement multijoueurs en 3D.Une fois l'application installée et lancée, onyincarne unhomo sapiens et on rejoint une tribu de joueurs au sein de laquelle la coopération et l'entraide sont les principaux moyens de survie.Les personnages évoluent dans un territoire sauvage rempli de ressources et de dangers.Le défi est alors de se procurer de la nourriture, de se fabriquer des outils et de s'épanouir spirituellement en participant à cinq mini-jeux : la taille de silex, la chasse, la cueillette, les quiz et les duels de tam-tam.Des jeux qui demandent parfois de la stratégie, parfois du rythme oude la précision.Les jeux sont d'ailleurs tous reliés entre eux.Par exemple, réussir à tailler un silex permettra, plus tard, d'êtreplus efficace à la chasse.Et comme dans tout bon jeu multijoueurs en ligne, les participants peuvent communiquer entre eux par l'entremise d'une fenêtre de clavardage.Cette dernière permet d'échanger des trucs et de former des groupes pour participer à des jeux collectifs, comme une partie de chasse par exemple, qui peut réunir jusqu'à huit joueurs.Le principe est simple.On crée d'abord un personnage, puis on explore une carte principale, dans un mode de jeu à la troisième personne, et sur laquelle se trouvent des ressources naturelles ainsi que les accès aux différents mini-jeux.En réussissant les épreuves, on obtient des points de tribu qui déterminent notre rang dans la communauté.«Les homos sapiens devaient coopérer pour survivre, explique Yan Pepin, concepteur et designer de Sapiens.Ainsi, dansle jeu, laviande que l'on ramène de la chasse ne nous appartient pas.Elle est mise en commun et redistribuée aux joueurs selon leur rang (cueilleur, éclaireur, chasseur), en fonction des points de tribu ramassés lors des différentes activités.» Undes aspects les plus captivants de Sapiens réside dans le fait que les personnages n'ont pas la vie facile.Ainsi, les joueurs doivent impérativement «prendre soin» de leur personnage de temps en temps afin qu'il ne manque pas de nourriture, notamment.Si un personnage est négligé, il entrera éventuellement en état de famine, ce qui amoindrira ses performances dans les différents jeux.De plus, les personnages prennent de l'âge avec le temps.Il faut être efficace pour monter en rang et faire sa place dans la tribu avant qu'une inévitable mort par vieillesse ne nous rattrape.Unpersonnage peut vivreentre unmoisetunmoiset demi, environ.«Les personnages morts resteront dans la liste des anciens : le «sanctuaire des vénérables ancêtres», accessible à partir du menu principal du jeu, précise Yan Pepin.Mais les points spirituels sont comme des vies, ils permettent de survivre «miraculeusement » lorsqu'on est confronté à une mort certaine.C'est unaspect important qui était montré dans le documentaire télé : l'homo sapiens est le premier hominidé qui s'est mis à voir le monde symbolique et spirituel.C'est ce qu'on a voulu traduire dans le jeu.» Les jeux multijoueurs en ligne sont souvent coûteux et demandent un important investissement de temps.Sapiens : Le jeu tribal est donc une excellente façon de découvrir le genre tout en s'intéressant à une étonnante période de la préhistoire.Pour télécharger Sapiens, visitez le www.telequebec.qc.ca/sapiens/ La nouvelle console de jeuvidéo que Sonylanceraauprintemps, la Play Station 3, possèdetous les atoutspour rivaliser avec lanouvelle Xbox360, de Microsoft.PHOTOSONY PHOTOKODAK PHOTONOKIA La télévision mobile prendra d'assaut le Canada, en 2006.C'est une tendancequ'incarne très bien le nouveau téléphone N92, de Nokia, le premier du genre à pouvoir aussi capter les ondes télévisuelles.Avec ses deux lentilles, l'appareil photo numérique Easyshare V570, de Kodak, est en mesure de prendre des photos en grand angle, sans avoiràse passer d'unzoom optique3x. PHOTO MARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE Gérard Depardieu a fait salle comble récemment avec sa lecture de saint Augustin à la basilique Notre-Dame de Montréal.ENTENDRE UN LIVRE Les lectures publiques se font de plus en plus audibles.Évidemment, Gérard Depardieu lisant saint Augustin à la basilique Notre-Dame a illustré le phénomène avec éclat.Mais le reste de l'année, sur le plancher des vaches, des auteurs et comédiens d'ici et d'ailleurs s'adonnent à cet exercice lors de festivals ou de rencontres.Pourquoi écouter ce qu'on peut lire ?SYLVIE ST-JACQUES Par un jeudi midi de septembre, quelques dizaines d'habitués du Festival international de littérature sont rassemblés dans le petit Studio- Théâtre de la Place des Arts.Un sandwich à la main, les yeux rivés sur la scène, ils se délectent de la prestation d'Anne-Marie Cadieux.Celle-ci est venue y lire des extraits de L'Avalée des avalés, de Réjean Ducharme, et Je voudrais me déposer la tête, de Jonathan Harnois.Durant les minutes qui précèdent, Cadieux fait des allers-retours de la scène aux coulisses, salue de la main une connaissance dans la salle, révise rapidement son texte.Une fois lancée, Anne-Marie Cadieux donne une couleur inédite à ces deux oeuvres.Impétueuse en Bérénice Enberg, elle se glisse dans la peau de cette petite fille avalée par l'amour, par la beauté de sa mère, par « l'adulterie ».Mélancolique en Ludovic (le narrateur de Je voudrais me déposer la tête), elle donne ensuite vie à la tristesse du récit d'Harnois.En sortant de la salle, on n'a qu'une idée en tête : relire Ducharme et s'initier à Harnois.« C'est rare, pour un comédien, de pouvoir être en contact avec le public dans un cadre aussi informel.Mais c'est ce qu'on voudrait toujours faire au théâtre », dit la comédienne, après sa prestation.La soupe du cuisinier Quelques semaines plus tard, toujours au Studio-Théâtre de la PDA, c'est au tour de Suzanne Jacob de se faire entendre lors d'une soirée où elle a carte blanche.Accompagnée d'un pianiste, l'auteure lit des pièces choisies, dont un extrait de son dernier roman, Fugueuse.Encore une fois, les lecteurs se laissent volontiers dériver dans l'imaginaire dramatique de Jacob, qui en n'est pas à sa première lecture publique.« Lire en public, c'est comme un cuisinier qui fait de la soupe.On nourrit les autres mais en fin de compte, ce ne sont que les autres qui ont mangé ! » ironise-t-elle.L'oreille littéraire « Si les lectures publiques prolifèrent autant, c'est probablement lié au fait qu'il y a de moins en moins de place pour la littérature dans les médias », avance Stéphane Lépine.Ce dernier est codirecteur du Studio littéraire, une série de spectacles et rencontres autour de la littérature.Au Canada anglais et aux États- Unis, les librairies et bibliothèques ont depuis longtemps instauré la tradition de la lecture publique pour favoriser la rencontre entre auteurs et lecteurs.En France, de grands noms comme Gérard Depardieu et Fabrice Lucchini attirent les foules.Depuis quelques années, le Québec prend aussi goût aux lectures grâce à des événements comme le Festival international de la littérature, les Correspondances d'Eastman et le festival Metropolis bleu.« Comme pour le spoken word, le phénomène des lectures publiques est en croissance », confirme Linda Leith, directrice du festival Metropolis bleu.« Je pense que les écrivains cherchent toutes les façons possibles de communiquer ce qu'ils font, qu'il s'agisse de fiction, de poésie, de textes publiés ou non.» À l'image de la diversité de la littérature, chaque lecture est unique et teintée de la personnalité de son orateur.« J'ai assisté il y a quelques années à une soirée littéraire où Yann Martel devait lire un extrait de son roman Paul en Finlande.Mais il n'a pas lu, il n'avait aucun papier devant lui.Il a pris le micro et a repris les mots du livre comme ils avaient été édités.C'était fascinant d'être témoin d'une telle performance », raconte Linda Leith.Les livres sans les lunettes « Tout le monde aime se faire raconter une histoire », lance Stéphane Lépine, évoquant ainsi la raison la plus évidente de l'attrait des lectures publiques.Notre goût pour les textes « parlés » ne date pourtant pas d'hier.À la radio québécoise, les lectures ont une tradition radiophonique vieille de plusieurs décennies.Encore aujourd'hui, des émissions comme Vous m'en lirez tant (le dimanches à la Première Chaîne de Radio-Canada) habituent notre oreille à écouter des textes.Ce n'était donc qu'une question de temps avant qu'Internet emboîte le pas.Autre temps, autre technologie : c'est désormais au tour d'Internet de devenir la tribune de choix pour les lectures publiques.>Voir ENTENDRE en page 10 PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Françoise Faucher et Gérard Poirier, qui ont toujours pris plaisir à cette rencontre différente avec le public, sont des habitués de la lecture littéraire.PHOTO PIERRE CREPO Devant des auditeurs transportés, Anne-Marie Cadieux donne une couleur inédite aux personnages de L'Avalée des avalés et de Je voudrais me déposer la tête.Offert en librairie et sur www.cyberpresse.ca/ librairie fête ses10ans! Le guide La Sélection Chartier aété couronné le 3novembre le meilleur livre sur les vins au Canada lors du concours Cuisine Canada 2005 FILL293P LECTURES LECTURES LITTÉRATURE FRANÇAISE Autoportrait au marteau-pilon LUCIE CÔTÉ Plus d'une fois, Christian Bobin s'est fait demander : « Comment peut-on vivre et écrire dans ce trou perdu du Creusot ?» Avec Prisonnier au berceau, il répond à cette question, évoquant sa vie dans la petite ville industrielle du centre-Est de la France où il est né en 1951, qu'il n'a pratiquement jamais quittée, et qui est à ses yeux parée « de la plus sûre beauté, dévolue aux recalés, aux illettrés, et aux boiteux de toutes sortes ».Le ton est donné dès les premières pages, et les lecteurs de Bobin reconnaîtront bien celui qui s'est toujours appliqué à trouver la beauté dans les choses les plus humbles : « J'écris ce livre pour tous ces gens qui ont une vie simple et très belle, mais qui finissent par en douter parce qu'on ne leur propose que du spectaculaire », précise-t-il.Des images d'autres oeuvres de Christian Bobin sont regroupées dans ce livreinventaire, les hortensias de la cour, la neige, la grand-mère maternelle internée pendant 40 ans, dont il a fait sa « marraine de guerre » à ses débuts d'écrivain, le grand-père paternel, manoeuvre, usé par son travail à l'usine.Elles lui servent à expliquer sa manière de voir le monde, celui qu'il est aujourd'hui.Et il y a aussi le père, personnage discret, qui souffrira plus tard de la maladie d'Alzheimer et à qui, après La Présence pure (1999), un nouvel hommage touchant est rendu.L'écrivain avait déjà proposé il y a plus de 10 ans chez Gallimard son Autoportrait au radiateur, journal d'une année.Cette fois, c'est la belle collection Traits et portraits du Mercure de France, dans laquelle figure notamment L'Africain de J.M.G.Le Clézio, qui accueille ses souvenirs et ce portrait singulièrement poétique d'une ville qui, prévient-il, ne se trouve sur aucune carte.Il est aussi beaucoup question, dans Prisonnier au berceau, de la solitude, de l'enfermement du petit garçon « captif », « reclus », « pénitent », « éloigné de tout », lisant dans sa chambre même par les plus beaux jours d'été et qui, devenu écrivain, sans avoir « jamais quitté la rue du 4-Septembre (a commencé) à recevoir des lettres de Lorraine, de l'Aube, et même parfois du Japon ».Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que plusieurs des illustrations de ce livre concernent Emily Dickinson, un des grands poètes américains du XIXe siècle.Elle serait comme la petite soeur d'écriture de Christian Bobin, et il la découvrira avec ravissement parce qu'elle s'est volontairement retirée du monde comme lui.On retrouve aussi des photographies anciennes du Creusot, par exemple celle, insolite, d'un marteau- pilon de 100 tonnes, emblème de la ville-usine, que l'écrivain compare au presse-papiers d'un géant.Enfin, par opposition au morne quotidien, le ciel est omniprésent dans ce livre qui éclaire l'oeuvre de Bobin d'une bien jolie façon.Les anges y sont plutôt encombrants \u2014 on les a toujours dans les jambes\u2014 mais ce serait dommage de se laisser rebuter par eux.FFF PRISONNIER AU BERCEAU Christian Bobin, Mercure de France, 104pages PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE © L'animateur Bernard Pivot et l'écrivain Bret Easton Ellis ont fait quelques confidences au magazine Lire, qui célèbre actuellement son 30e anniversaire.FLASHES LECTURES Pivot nous aime À la question que lui pose le magazine Lire « Qui sont vos héros, aujourd'hui ?» Bernard Pivot répond : « Les francophones du Canada.» Et à cette autre faisant partie du même questionnaire inventé d'ailleurs par Pivot sur le modèle du questionnaire de Proust : « Votre film culte ?» il dit : « Les Invasions barbares, de Denys Arcand », ajoutant que « pendant longtemps, ce fut Les Vacances de M.Hulot, de Jacques Tati.Je deviens sérieux.» De son côté, Bret Easton Ellis, dont le Lunar Park est considéré comme un chefd'oeuvre par le même magazine, révèle qu'il a deux maîtres en littérature : Philip Roth et Stephen King, « tous les deux sont très sous-estimés », croit-il.Dans son plus récent numéro, Lire, fondé par Bernard Pivot et Jean-Louis Servan- Shreiber, célèbre ses 30 ans en choisissant, pour chaque année depuis 1975, les livres qui ont marqué l'équipe.En voici quelques titres : La Vie devant soi, d'Émile Ajar-Romain Gary (1975) ; La Vie mode d'emploi, de George Perec (1978) ; Rue des boutiques obscures, de Patrick Modiano (1978) ; Le Poisson-Scorpion, de Nicolas Bouvier (un des plus grands écrivains voyageurs avec Jack London) (1982) ; La Défaite de la pensée, d'Alain Finkielkraut (1987) ; La Première Gorgée de bière, de Philippe Delerm (1997) ; Les Particules élémentaires, de Michel Houellebecq (1998) ; La Vie sexuelle de Catherine M., de Catherine Millet (2001).Sexe et littérature Tête à tête, d'Hazel Rowley (Harper Collins) raconte, en anglais, les relations sexuelles de Simone de Beauvoir et Jean- Paul Sartre, entre eux et avec les autres.L'essai serait, selon le Los Angeles Times, le « surprise page-turner of the season », autrement dit « le livre \u2014 on ne s'y attendait pas \u2014 le plus captivant de la saison ».Selon l'auteure citée par le journaliste, De Beauvoir aurait sans doute préféré la monogamie à cette liberté totale que chacun accordait à l'autre.Pour se consoler, elle prit des amants, dont Claude Lanzman, de 17 ans plus jeune qu'elle, et n'a pas détesté aimer ses étudiantes.Quant à Sartre, de son propre aveu, il n'était pas particulièrement porté sur la copulation, plutôt sur les préliminaires.Mais nous savions déjà tout cela ici en Amérique française, bien sûr.Jocelyne Lepage .Appel à tous : quelle serait la meilleure traduction pour « page-turner » ?Répondre à jlepage@lapresse.ca Entendre un livre ENTENDRE suite de la page 9 Créé en août par le Montréalais Hugh Mc Guire, le site Librivox (www.librivox.org) diffuse entre autres des versions audio de classiques de la littérature.Le principe : chaque internaute choisit un chapitre d'une oeuvre et enregistre une lecture qu'il diffuse ensuite sur le site.Parmi ses lecteurs, Librivox compte une mère au foyer, une poignée d'accros à la techno et plusieurs amoureux des livres.Il va sans dire que les livres sélectionnés sont du domaine public, c'est-à-dire exempts de droits d'auteur.À ce jour, The Secret Agent de Joseph Conrad et le Frankenstein de Mary Shelley s'ajoutent à la dizaine d'ouvrages audibles diffusés sur Librivox.La liste devrait prochainement se franciser, avec l'ajout des Liaisons dangereuses de Laclos.« Je trouve que l'écoute d'un livre est un processus très différent de la lecture, observe Hugh Mc Guire.Personnellement, j'aime écouter un livre audio pendant que je conduis ma voiture.» Auteur et lecteur, deux solitudes « Les lecteurs trouvent fascinant d'entendre la voix d'un écrivain qu'ils apprécient », note Linda Leith.En revanche, tous les écrivains rêvent sans doute, un jour ou l'autre, d'entrer dans la tête de leurs lecteurs, pour savoir comment sont imaginés leurs récits.C'est un peu ce qui arrive lorsqu'un auteur entend ses mots racontés par un comédien de talent.Jonathan Harnois a trouvé surréaliste d'entendre Anne-Marie Cadieux s'approprier son récit.« Son interprétation était juste, sans être ce à quoi je m'attendais.J'ai écrit ce roman à haute voix, avec une couleur complètement différente de celle qu'a donnée Anne-Marie, que j'ai pourtant adorée », confiait le jeune auteur, quelques minutes après la représentation.Quant à Réjean Ducharme, on soupçonne qu'il aurait souri en entendant la voix de Cadieux dans la peau de Bérénice Einberg.«C'est rare pour un comédien de pouvoir être en contact avec le public dans un cadre aussi informel.Mais c'est ce qu'on voudrait toujours faire au théâtre.» AU PIED DE LA LETTRE Les petites nouvelles du monde littéraire MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE PHOTO PIERRE MCCANN, LA PRESSE© PHOTO SOPHIE BERNIER JEAN-FRANÇOIS PICHETTEACRAQUÉ POUR.Les Morts de la Saint-Jean, du Suédois Henning Menkell.«Ça m'a donné envie de lire tous ses autres romans.Ce que j'aime, c'est que c'est un suspense policier super bien écrit, avec une multitude de personnages et une touchante histoire de relation père-enfant.Et puis, il me semble que l'on se reconnaît, dans cet universlà.C'est un pays nordique, comme le nôtre, et beaucoup de choses nous sont familières.De plus j'aime beaucoup le personnage du vieux policier, le commissaire Kurt Wallander, avec son côté très cool.Je viens de commencer L'Homme qui souriait, conclut le comédien, qui sera de la nouvelle série de Fabienne Larouche, Un homme mort, réalisée par Sophie Lorain, et de Nos étés, réalisée par Alain Desrochers, écrite par Anne Boyer et Michel d'Astous, tous deux à TVA.BLOGUE ACADÉMIE 2006 Grande première sur la blogosphère: deux blogueurs de longue date, Lady Guy et Edouard Hardcore, ont inauguré, cette année, le Gala des blogues d'or «le premier gala où blogueuses et blogueurs (sont) célébrés par leurs pairs».Les participants avaient jusqu'au 3 janvier pour voter pour le blogue de l'année, le blogue le plus sexy, le blogue lemieux écrit, le plus original, le plus polémique, etc.Parmi les gagnants, Lolita en poudre, de l'écrivain Patrick Brisebois, qui remporte la palme dans trois catégories : blogue de l'année ; blogue le plus polémique et blogue le plus surestimé (!).Daniel Rondeau (J'écris parce que je chantemal) reçoit le prix du blogue le mieux écrit, et Stéphane Dompierre (ikea boy), le prix du blogue le plus original.Pour tout savoir : http://www.20six.fr/blogueacademie LE POINT SUR LA PASTÈQUE Dans Le Point du jeudi 15 décembre 2005, le célèbre Alain Ducasse fait l'éloge de L'Appareil, cet «ouvrage collectif, original, tout entier dédié à la jeune garde de cuisiniers montréalais», publié par les éditions montréalaises La Pastèque.«Des recettes aux influences d'ici et d'ailleurs, s'emballe-t-il, et qui soulignent les richesses du Québec.Un pays de cocagne, dit la Belle Province, réputé pour son homard des Îles de la Madeleine, son foie gras de canard, son gibier, orignal et caribou, son omble chevalier du Nunavik, ses fromages, dont le Migneron de Charlevoix ici apprêté en grilled cheese.» Bref, le grand chef a aimé.À VOS RADIOS Ce dimanche, le 8 janvier, l'émission radiophonique Vous m'en lirez tant, animée par Raymond Cloutier, recevra Jean-François Bernard, auteur de Il fait trop clair pour dormir, et Jonathan Barbe, auteur des Dessous d'une galaxie, deux talentueuses recrues des éditions Joey Cornu, cette «couveuse pour les jeunes auteurs à qui poussent des idées», qui depuis quelques années publie des écrivains de 14 à 24 ans.Fraîcheur assurée.À compter de 16h, à la radio de Radio-Canada. Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter LECTURES Chassez le religieux et les fantômes reviennent ELIAS LEVY COLLABORATION SPÉCIALE De nouvelles croyances ont chassé les anciennes.Aujourd'hui, sauf exception, c'est moins les religions qui menacent nos libertés que des « croyances contemporaines déguisées en savoirs ».Ainsi, la science, les techniques, la publicité, l'économie, les médias.sont devenus de véritables idoles.Ces « nouveaux cléricalismes » tablent désormais sur leurs « prêtres » et « diacres », dont les discours sont assénés et reçus sans aucun esprit critique, comme parole d'Évangile, soutient l'écrivain et journaliste Jean- Claude Guillebaud dans son ouvrage le plus récent, La Force de conviction, publié récemment aux Éditions du Seuil.Un essai brillant dans lequel l'auteur de La Tyrannie du plaisir et du Goût de l'avenir poursuit son travail de décryptage du monde contemporain.« J'essaie de traiter dans ce livre de cet étrange phénomène dans nos sociétés modernes que sont ces croyances qui se déguisent en savoirs, de le mettre un peu à plat.On est un peu comme dans un bal masqué.Le discours dominant dit : « Les croyances c'est quelque chose d'archaïque, maintenant ce qui compte c'est le savoir.» Le savoir de l'économie, le savoir de la technique, le savoir transgénique.Le fait de donner à ces secteurs-là le statut de savoir, ça leur permet de toiser avec un brin de condescendance les croyances et de les considérer comme des choses vétustes.Mais ce n'est qu'un mensonge, un subterfuge », affirme Jean-Claude Guillebaud, qui était de passage au Québec il y a quelques semaines pour présenter son nouvel essai.Par exemple, ajoute-t-il, dans l'économie il y a autant de croyances, voire de superstitions, que dans le religieux.On veut nous faire croire que l'économie politique est une science, comme les mathématiques, à laquelle il faut obéir parce que 2+2 = 4.« C'est idiot de penser ça ! L'économie politique, y compris le libéralisme, au regard de ses fondateurs, dont Adam Smith.c'est d'abord un choix éthique.On choisit une option économique pour aboutir à un résultat précis concernant l'homme.Ce n'est pas un processus sans sujet, ni une mécanique », rappelle-t-il.Le même raisonnement peut être fait aussi à propos de la technique.Chaque technique est conçue en fonction de plusieurs préalables : pourquoi configurer un objet technique de telle ou telle façon ?Parce qu'on lui a incorporé au départ des choix éthiques, des choix politiques, des choix sociaux, note-t-il.Pourquoi veut-on faire un téléphone portable qui permet d'obéir à telle fonction ?Parce qu'on aura préalablement pris des décisions qui relèvent de la croyance, du choix politique.« Toute technique contient en elle-même une part de croyance.Elle n'est pas pure objectivité.Ça veut dire aussi que face à la technique l'homme n'est pas assigné à la soumission.Il est assigné à la réaction critique.Nous sommes environnés de savoirs qui sont de faux savoirs, qui ne sont que des croyances déguisées en savoir, renchérit-il.Si nous voulons vraiment faire un effort de résistance aux dogmatismes, il faudra aussi affronter ces « nouveaux cléricalismes » et pas seulement celui des rabbins, des curés, des imams.» Troublante jeunesse Pour Jean-Claude Guillebaud, les répercussions sur la jeunesse de ces « nouvelles croyances » inéluctables sont délétères.Aujourd'hui, les jeunes ont perdu leurs repères.Ils ont coupé le fil de la transmission.« Nous voyons apparaître une génération de jeunes qui sont à la fois plus libres qu'aucun individu ne l'a jamais été face à toutes les croyances possibles, à toutes les options de vie.Cette liberté, cette autonomie, c'est une conquête formidable.Je n'ai pas du tout envie de la remettre en question.Mais, en même temps, les jeunes d'aujourd'hui sont littéralement perdus parce qu'on ne leur a pas transmis une culture religieuse, quitte à ce qu'ils se révoltent contre elle, mais qu'ils aient au moins un rapport dialectique avec cette transmission.On ne leur a pas transmis non plus une culture ouvrière, parce que celle-ci a disparu dans nos sociétés, ni une culture régionale.On ne leur a transmis qu'une espèce d'accumulation du savoir.Et, ils sont aujourd'hui face à leur propre liberté dans un état de désarroi.Ils n'ont plus de repères, ni de mémoire, ni de culture \u2014 une culture religieuse par exemple.Dans un tel état de vacuité, ils deviennent alors les proies toutes désignées pour toutes les superstitions, toutes les croyances idolâtres, les plus folles, parce qu'ils n'ont plus de moyens de défense.» Ainsi, ces jeunes désarçonnés seront capables demain de s'enthousiasmer pour Raël, pour le paranormal, et même pour les fantômes.Le succès fulgurant qu'a connu en France et en Europe la télésérie américaine X Files est, selon lui, symptomatique de ce phénomène.Sur le fond, insiste-t-il, cette série est « grotesque, ridicule ».Elle fait penser aux tables tournantes au XIXe siècle, à l'occultisme, aux sociétés de théosophie.Mais, en même temps, comme c'est présenté sous une enveloppe très moderne, ce genre d'idolâtrie archaïque fait retour, et les jeunes tombent dans le panneau.« Quand on fait des sondages auprès des lycéens et qu'on s'aperçoit qu'ils sont une majorité à croire aux fantômes, on se demande alors si on a bien eu raison de les couper des grandes traditions monothéistes qu'on pouvait critiquer, qu'on contestait, mais qui au moins charriaient avec elles des siècles de commentaires, d'interprétations, de débats.En chassant le religieux institutionnel, on a favorisé le retour des idoles.Moi, je crois que les idoles peuvent être demain encore plus meurtrières que l'était le religieux, y compris sous ses formes pathologiques.Il n'y a qu'à voir le type de croyances auxquelles sont capables d'adhérer aujourd'hui les jeunes.C'est troublant ! » FFFF LA FORCE DE CONVICTION Jean-Claude Guillebaud Éditions du Seuil, 2005, 390pages PHOTOTHÈQUE LA PRESSE © Jean-Claude Guillebaud : « J'essaie de traiter dans ce livre de cet étrange phénomène dans nos sociétés modernes que sont ces croyances qui se déguisent en savoirs, de le mettre un peu à plat.» NOËL AUDET L'amour, l'écriture, l'amitié Le romancier Noël Audet, dont l'oeuvre la plus populaire est sans doute L'Ombre de l'épervier, nous a quittés très discrètement le 29 décembre, à l'âge de 68 ans.Réginald Martel, qui l'a bien connu et bien lu, lui rend ici hommage.RÉGINALD MARTEL L'homme charmant pouvait s'indigner.De l'institution littéraire québécoise, coupable selon lui d'occulter notre littérature, il a dit déjà qu'elle était « pourrie, toute ».Noël Audet, plus et mieux que d'autres, a voulu définir le rôle des écrivains dans la construction d'une culture.Il en avait contre ceux qui n'ont de modèles qu'à Paris ou à New York, comme si le Québec n'avait rien à offrir.« Je ne suis pas ethnocentriste, disait-il.Il faut que le monde nous reste ouvert.Je suis contre l'ailleurisme érigé en idéologie.» Ses racines gaspésiennes étaient profondes et surtout, durables.Il ne les revendiquait pas, comme cela arrive, pour montrer qu'il était parti de loin \u2014 et arrivé Dieu sait où.Le pays natal nourrissait son être et son oeuvre, sans repli sur soi, sans ronron satisfait.Il proposait aux autres écrivains d'imiter ceux de l'Amérique latine et de participer à notre propre révolution culturelle.Ce vaste projet, il y a contribué à la mesure de ses moyens et de sa passion, qui étaient grands.Dans Écrire de la fiction au Québec (Éditions Québec Amérique), il plaide pour une écriture qui soit une fabrique de sens et une entreprise de séduction.Son propos n'a rien de théorique et il ne sert surtout pas à étaler la culture savante qui est aussi la sienne.Aux aspirants écrivains, il explique sans prétention la cuisine du métier, en insistant sur la dimension artisanale.Vingtcinq ans après sa publication originale, l'ouvrage demeure un vade-mecum indispensable.Un vaste public a pu apprécier à la télévision L'Ombre de l'épervier (Éditions Québec Amérique), une oeuvre de portée universelle.Le souffle épique de Noël Audet s'y exprimait dans nos propres mots.D'autres oeuvres, Frontières ou Tableaux d'Amérique par exemple, montrent comment l'écrivain savait interpréter le monde qui nous entoure et qui risque de nous écraser, si nous nous écrasons.Son dernier essai, Écrire ce qu'il nous reste de liberté (Éditions Trois-Pistoles), est tout autant un éloge de la littérature que l'aveu d'une inquiétude face aux impérialismes qui menacent.Volontiers taquin et d'humeur généralement joyeuse, Noël Audet était parfois sévère envers ses amis, surtout ceux qu'il estimait le plus.Jamais cependant il ne cherchait à blesser ou diminuer les autres.Il cultivait l'amitié avec une ferveur égale, ce qu'illustre un courriel daté du 3 décembre 2005.Avec la parfaite élégance qui était la sienne, il s'apprêtait à prendre congé.« Je profite de l'énergie qui me reste pour vous remercier de l'amitié et de l'affection que vous m'avez toujours témoignées au cours de ces belles longues années.Ma vie aura été grandement améliorée et rendue encore plus heureuse grâce à tous ces moments de bonheur que nous aurons partagés.J'aurai eu plusieurs grandes passions dans ma vie, parmi lesquelles je plaçais ex aequo au premier rang l'amour, l'écriture et l'amitié.» Volontiers taquin et d'humeur généralement joyeuse, Noël Audet était parfois sévère envers ses amis, surtout ceux qu'il estimait le plus.Jamais cependant il ne cherchait à blesser ou diminuer les autres. LECTURES TÉMOIGNAGE FFFF1/2 LE CRI DE LA TAÏGA Aron Gabor Traduit et adapté du hongrois par Mathias Kolos Éditions du Rocher, 702 pages Trois cents grammes de pain et deux gamelles de soupe par jour.Voilà le carburant nécessaire pour faire fonctionner un homme-tracteur, le fourrage essentiel à l'homme- cheval pour traîner les arbres dans la taïga.Toute la philosophie de la survie dans un camp de Sibérie, on l'a annoncé au nouveau forçat, va désormais tourner autour de cette consommation.À l'idée de ces grammes, le bagnard, devenu une machine silencieuse et obéissante, va en avoir les yeux mouillés.Il sera prêt à vendre son âme, son corps, son pays et son honneur pour toucher sa ration.Dans ce récit exceptionnel sur le Goulag soviétique, le Hongrois Aron Gabor raconte sa lutte pour faire mentir cette prédiction.Le public de langue française doit à l'acharnement d'un Montréalais d'origine hongroise, Mathias Kolos, de pouvoir enfin lire ce texte au souffle maîtrisé.Un témoignage qui s'inscrit dans la lignée de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljénitsyne.Yves Lavertu collaboration spéciale GASTRONOMIE FFF1/2 COCHON & FILS Stéphane Reynaud Marabout C'est, évidemment, un livre sur le cochon.Un livre sous couverture rose.Un très beau livre qui raconte une histoire d'aujourd'hui et d'hier.Qui traite d'un sujet vieux comme les vieux pays.Le cochon a assuré la nourriture de base essentielle à la survie de bien des communautés, et c'est peut-être pour cela qu'on l'a déjà appelé « monsieur » ! Disgracié par les porcheries, on n'a plus ce respect pour lui.Sauf l'auteur de ce livre.Mais le cochon dont il parle n'existe plus que dans un petit village des hauts plateaux de l'Ardèche, dans une France profonde qui conserve les traditions.Celle, en particulier, de la « tuaille » d'une bête nourrie de choux et de pommes de terre, puis de tout ce qui s'ensuit.Même si les recettes sont belles, ce livre est surtout un document précieux pour la mémoire de la gastronomie.Françoise Kayler ESSAI FFF DIPLOMATIES EN GUERRE Sous la direction d'Alex Macleod et David Morin Athéna Éditions, 256pages C'était mal parti.Avec ses «moments unipolaires », « régulation internationale », « interlude multilatéral » et autre charabia postdoctoral, on craignait avoir à conclure que Diplomaties en guerre \u2014 Sept États face à la crise irakienne ne s'adresse qu'aux initiés.Mais non ! Sans être l'ouvrage le plus accessible sur le sujet que nous ayons eu sous la main, le recueil nous apprend des choses fort intéressantes sur tout le ballet diplomatique et politique ayant précédé l'entrée ou non en guerre de six pays aux côtés des États-Unis contre l'Irak en mars 2003.Ainsi, au Canada, le gouvernement Chrétien a joué la stratégie de la procrastination afin de minimiser les coûts politiques et économiques de son choix.Mais on s'amuse aussi à lire combien les États-Unis ont utilisé la rhétorique très canadienne sur le caractère spécial de la relation canado-américaine pour imposer de nouvelles règles continentales en matière de surveillance et de sécurité.André Duchesne ESSAI FFFF LE PARFUM, DES ORIGINES À NOS JOURS Annick Le Guérer Odile Jacob, 407 pages Ce remarquable ouvrage de l'anthropologue et philosophe Annick Le Guérer est de loin le livre le plus complet sur l'histoire et le rôle moderne de la parfumerie publié ces dernières années.Dans ce livre (dépourvu des incontournables photos de flacons), rien n'a été laissé au hasard : l'élan sacré du parfum, sa grande époque, l'arrivée de la chimie, l'intervention (fâcheuse) du marketing, les matières premières aujourd'hui disparues.De plus, l'auteure fait une rigoureuse analyse de l'état actuel des choses en abordant la mondialisation de la parfumerie (la mauvaise chose) mais aussi le rôle des nouveaux parfumeurs indépendants qui se battent pour une parfumerie libre et de qualité (la bonne affaire).Si vous ne devez posséder qu'un seul livre sur « la sueur des dieux », c'est celui-là.Mario Girard JEUNESSE FFF1/2 LA SAGA DU GRAND CORBEAU Sharon Stewart Boréal, 427 pages (dès 11 ans) Un peu comme Kenneth Oppel nous a fait découvrir le monde des chauves-souris avec Silverwing, Sharon Stewart ouvre la porte de celui des corbeaux avec La Saga du grand corbeau.Mais en poussant plus loin encore l'anthropomorphisation : elle a étudié le comportement des corbeaux et utilisé ce savoir pour élaborer les règles sociales et même une mythologie « corbines ».Là-dessus, elle a bâti une quête classique et prenante.Celle de Tok, injustement exilé, qui, pour reprendre sa place dans le clan, devra réaliser un exploit : retrouver les Princes Gris, autrefois alliés de son peuple \u2014 et dont, par respect pour les lecteurs, on taira l'identité.Découvrir la ville à travers les yeux d'un oiseau, se faire faire une critique sur la répartition des richesses par un corbeau, sont parmi les expériences étonnantes que permet ce roman riche en aventures et en valeurs.Sonia Sarfati LITTÉRATURE DU VOISIN Le nouveau western d'Annie Proulx SONIA SARFATI La romancière américaine Annie Proulx est l'auteure de la nouvelle Brokeback Moutain, cette magnifique histoire d'amour récemment portée à l'écran par Ang Lee.Oui, celle des deux cow-boys gais.Qui, dans sa forme littéraire, ouvrait le très beau recueil de nouvelles Les Pieds dans la boue.Des histoires qui se déroulaient dans l'ouest des États-Unis.Comme Un as dans la manche (Grasset), le nouveau western (contemporain, celui-là) de l'auteure de Noeuds et dénouement \u2014 pour lequel elle a remporté le prix Pulitzer et le National Book Award.Un an plus tôt, en 1992, son premier livre, Cartes postales, lui avait valu le Pen/Faulkner Award.Le succès et la notoriété avaient frappé.Annie Proulx avait 57 ans.Une carrière tardive mais une des cartes fortes de la littérature américaine.Elle en fait la démonstration dans Un as dans la manche.Cette fois-ci, elle pose son regard sur le nord du Texas.Cette région appelée le Panhandle.Le manche de casserole.Il suffit de jeter un oeil sur une carte de l'État pour comprendre pourquoi.Servant de fil conducteur à cette chronique écolo, Bob Dollar.Il a 24 ans.Abandonné à 8 ans par ses parents partis en exploration en Alaska, d'où ils ne sont jamais revenus, le garçon a été élevé par son oncle Tam, un brocanteur des environs de Denver qui a vécu un temps avec « un compagnon » \u2014 dont on ne saura que peu de choses, juste assez, à la manière d'Annie Proulx.Après avoir accumulé les petits boulots, Bob est engagé par Mondiale de la Couenne.Une multinationale qui fait fortune en implantant des porcheries industrielles.Pas trop la bienvenue dans le décor, quoi ! Pour déjouer les environnementalistes et trouver de nouveaux terrains où s'installer, l'entreprise engage de jeunes gens sympathiques \u2014 et naïfs, de préférence \u2014 pour qu'ils aillent, sous de faux prétextes, tâter le terrain auprès de personnes âgées qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts et sont prêtes à vendre le ranch dont elles ont la charge ; à des personnes plus jeunes qui n'ont pas l'expérience ou le désir de se faire fermier ou éleveur ; etc.C'est auprès de ces gens que Bob Dollar est envoyé.Soi-disant en quête de terrains pour faire construire des résidences de luxe.Sauf que Bob est non seulement naïf, mais il est honnête.Il se liera vraiment d'amitié avec ces hommes et ces femmes que son employeur veut flouer.On imagine le sens que tout cela va prendre.Ce que l'on devinait moins, et qui fait le charme irrésistible de ce roman, c'est la manière dont Annie Proulx utilise cette trame et ce personnage pour présenter une série de portraits de ces gens qui croisent la route de Bob.Ils ont une mentalité.on ne peut même plus dire vieux jeu, mais archaïque.Ils peuvent être ultraconformistes, souvent racistes.Mais il y a cet attachement à leur terre et cet humour très particulier qui, quelque part, les rendent humains sous l'oeil acéré d'Annie Proulx, qui sait rire des travers et mettre en exergue le caractère involontairement original de certains.D'autant que tout ce à quoi tiennent ces gens est en train de disparaître.Leurs plaines bienaimées sont maintenant plantées de derricks et d'éoliennes.Quant au vent qui les balaie, il est de plus en plus porteur des émanations des porcheries.Jamais l'argent n'a eu autant d'odeur.Un as dans la manche raconte tout cela.Et, en jouant cet as-là, Annie Proulx remporte la manche.FFF1/2 UN AS DANS LA MANCHE Annie Proulx Grasset, 433 pages PHOTOASSOCIATED PRESS Annie Proulx sur sa propriété à Vershire, dans l'État du Vermont, à l'époque où a été publié Brokeback Mountain.C'était en 1994.telequebec.tv Télé-Québec Concours Gagnez la bibliothèque de Pierreet Sylvie Lundi 19h30à Télé-Québec En rappel mardi 10h30et 23h, Du 9 au 29 janvier, un indice apparaîtra à l'écran.mercredi 14 h et dimanche 15h30 Inscrivez-le sur le bulletin de participation ci-contre, ainsi que la date de diffusion de l'émission M'as-tu lu?Postez-le à : Concours Gagnez la bibliothèque de Pierre et Sylvie, Télé-Québec, Case postale 310, Succursale C, Montréal (Québec) H2L 4K3 Vous pouvez également vous inscrire sur telequebec.tv/mastulu Tirage: 24 février 2006 Le grandprix 2prix secondaires Une magnifique bibliothèque, de la boutique un bon d'achat de 150 $ Bois Urbainsà Montréal, garnie d'une centaine de livres un bon d'achat de 100 $ Valeur approximative : 3 000 $ Échangeables chez les libraires, membres de l'Association des libraires du Québec.Valeur totale approximative des prix : 3 250 $ Les règlements du concours : chez Cirrus Communications inc.et à Télé-Québec.Bulletin de participation Nom Âge Adresse Ville Code postal No de tél.(rés.) No de tél.(bur.) Indice Date de diffusion de l'émission Un seul bulletin de participation par enveloppe.Les fac-similés de bulletin de participation reproduits à lamain ou mécaniquement et les lettres manuscrites nesontpasacceptés.18ans.Résidentsdu Québecseulement.Aucunachatrequis.3370252A . LECTURES Des nouvelles de ce bon vieux Sud DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE J'ai passé la période des Fêtes chez ma fille, dans la petite ville de Smyrna, en banlieue d'Atlanta.C'est ici, dans le « Deep South », que l'Amérique cachait autrefois ses démons.Le Nord, ouvert sur le monde.Le Sud, tourné vers lui-même.Division facile que certains historiens contestent d'ailleurs.On compare alors le travail inhumain dans les plantations du Sud durant l'esclavage aux usines broyeuses de vie du Nord.En fait, la guerre de Sécession n'avait d'autre but que de faire entrer les États-Unis dans cette modernité symbolisée par le travail impersonnel mais rémunéré.L'esclave, étant un bien meuble, ne bénéficie d'aucun salaire.Il jouit seulement de la protection du maître, car « le bois d'ébène » coûte cher.Ce qui est étonnant, c'est qu'il a fallu convaincre aussi l'esclave que de devenir ouvrier était une promotion, tant les conditions semblaient similaires.L'ouvrier blanc, lui, s'est senti plutôt trahi par son clan.Mais pour le système industriel, aveugle et obsédé par le rendement, l'ouvrier blanc ne compte pas plus que l'ouvrier noir.C'est la fin du racisme d'État et le début d'un racisme illégal mais toléré par un ordre qui y trouve son compte (une classe ouvrière racialement divisée).Les Blancs pauvres obligés de vivre dans la même aire que les Noirs, avec tout de même certains aménagements (des toilettes séparées) pour éviter une trop grande promiscuité, devront défendre eux-mêmes leurs privilèges perdus.D'où l'émergence du Ku Klux Klan tentant désespérément de faire revivre une époque révolue.Le racisme primaire était devenu contre-productif.C'est l'appât du gain qui a inventé le racisme, c'est aussi lui qui le détruira.De la plantation au ghetto J'ai visité dernièrement, en Caroline du Nord, près de Raleigh, une petite ferme, celle justement où les deux états-majors s'étaient rencontrés pour signer la reddition de l'armée sudiste et la fin de cette guerre fratricide.Une grande case pour les maîtres, une moyenne pour les esclaves qui devaient être beaucoup plus nombreux que les maîtres, et une petite case, pas trop loin, qui sert de cuisine.Les toilettes, au fond.Des arbres autour, peut-être ces magnolias où Billie Holiday a vu naguère des « fruits étranges » qui étaient en fait des nègres pendus.Pas de chaînes, ni d'instruments de torture, dans cette ferme, aucun de ces objets qui font le folklore de l'esclavage.Car ce n'est pas la torture qui définit l'esclavage mais plutôt le fait incroyable qu'un homme puisse être la propriété d'un autre.Au fond les maîtres et les esclaves menaient une vie rude de paysans profondément croyants.L'église, jamais trop loin.Et si les deux groupes y vont séparément, ils se rejoignent pourtant dans la même foi.Le maître et l'esclave priant le même Dieu \u2014 en matière de cynisme, ce sera difficile de faire mieux.Au Nord, c'est le travail dans les usines.L'ouvrier est un esclave avec une chaîne un peu plus longue que celle de l'esclave de plantation.Une chaîne qui lui permet de se rendre, la journée de travail terminée, jusqu'aux baraques crasseuses du ghetto.Le ghetto étant l'endroit où se terrent « les damnés de la terre », selon l'expression de l'essayiste martiniquais Frantz Fanon.En plus des conditions infrahumaines, il leur faut aussi subir le discours optimiste de ces humanistes à la noix qui n'arrêtent pas de psalmodier que l'Amérique est toujours prête à donner sa chance à ceux qui veulent vraiment travailler.Oser dire cela à d'anciens esclaves devenus ouvriers \u2014 le discours libéral peut être aussi cynique que la promesse divine.Toute cette boue Dans ce joli quartier où vit ma fille, on voit des Noirs et des Blancs.Je les rencontre en allant à la buanderie où les gens vous regardent comme si vous étiez un mur lisse.Où est donc passé l'accueil proverbial du Sud ?Noirs et Blancs obligés de laver leur linge sale dans la même eau.Une promiscuité qui doit répugner à certains.Nous sommes dans le Sud, mais aussi à Atlanta où vit la plus puissante communauté noire des États-Unis.L'argent efface parfois les frontières, sans pour autant nous guérir des blessures de l'histoire.Un passé si proche pour les uns, et déjà lointain pour les autres.On sait que la victime ressent le temps différemment du bourreau.Deux fleuves de sang arrosent discrètement le présent américain : l'esclavage des Noirs et le génocide indien.Ce n'est que vers la fin des années 60 que la ségrégation est devenue illégale.Un professeur de l'Université Duke, en Caroline du Nord, m'a signalé dernièrement que le Ku Klux Klan faisait encore des raids jusqu'à Raleigh.La nostalgie des grandes maisons à colonnades blanches.Nous sommes bien au pays de Scarlett O'Hara.On vous dira que tout cela n'est que du passé ou de la fiction.Et qu'aujourd'hui la puissante bourgeoisie noire est devenue cet acteur si important dans le développement de la région.Mais c'est grâce à certaines traces que le vent a oublié d'emporter qu'on découvre la bête ténébreuse, encore tapie au fond de l'inconscient collectif, mais toujours prompte à remonter à la surface pour éclabousser l'Amérique de toute cette boue que celle-ci cherche tant à refouler.La frontière Le troisième jour, ma fille étant partie travailler au centre-ville d'Atlanta, je suis sorti faire une promenade dans les environs.C'est un coin boisé qui doit être magnifique en automne.Smyrna, comme Julia Roberts (une fille du pays), semble à la fois simple et désaxée.Des arbres qui s'élancent vers le ciel avec une insouciance juvénile.Le chant du vent.Tout cela n'est offert qu'aux voitures exclusivement.Je n'ai jamais vu un endroit aussi hostile au piéton.On ne vous interdit pas la marche, on ne vous donne simplement aucun moyen pour la pratiquer.Ce qui fait que les gens prennent leur voiture pour aller à la buanderie, ou à leur casier postal souvent situé à l'entrée du « Development ».Il n'y a aucun moyen de faire une promenade.Aucun trottoir.Un homme à pied ne peut être qu'un étranger, et l'étranger n'apporte que du bruit et de la fureur dans ce Sud faulknérien.Note : ne pas se laisser impressionner par les buildings de Coca-Cola ou de CNN, car on n'a qu'à gratter le vernis de l'asphalte pour que le maïs repousse.Le but de tout cela?Rendre toujours repérable celui qui n'a pas de voiture.Lors de l'occupation haïtienne par les États-Unis (1915-1929), un général américain résumait ainsi la question sociale : « En Haïti, il y a deux classes d'hommes, ceux qui vont nu-pieds et ceux qui portent des chaussures.» Dans ce Sud des États-Unis, il y a deux groupes : ceux qui possèdent une voiture et les autres.On sait depuis les inondations de La Nouvelle-Orléans (c'est déjà du passé) que seuls ceux qui ont des voitures ont pu quitter la ville à temps.Rues peu éclairées.Voitures luxueuses.Phares puissants qui aveuglent.Des gens, minés par la solitude et la peur, qui entendent refaire le monde à leur façon.Leur pouvoir a augmenté considérablement depuis l'arrivée de Bush à la présidence.C'est ce qu'a vu ce jeune réalisateur, le nouveau Golden Boy de l'Amérique, un certain M.Night Shyamalan.Dans le bunker Ne pouvant pas marcher, j'ai décidé de garder la chambre durant tout mon séjour, sourd au chant des baleines du plus grand aquarium du monde que vient d'inaugurer Atlanta.On a fait une razzia au supermarché.Ma fille adore ma salade (pomme de terre, tomate, oignon et une sauce mayonnaise).Son choix est fait depuis environ un mois \u2014 15 films touchant tous les genres.Nous voilà bon pour un siège de longue durée.Son appartement donne sur un boisé sombre et humide.Est-ce pourquoi elle a développé ce goût démesuré pour les films de M.Night Shyamalan ?On a commencé en douceur par un charmant petit film qui se passe dans un port : Dear Frankie de Shona Auerbach.Je n'ai été amoureux, dans mon adolescence, que de deux actrices, dont l'une est une Anglaise (Glenda Jackson) ; l'autre, c'est Romy Schneider.Cette nouvelle actrice m'a vraiment plu.Bon, on a continué avec Strictly Ballroom, de Baz Luhrmann, que j'ai adoré.Puis vint le moment de la salade \u2014 j'ai ajouté de l'avocat.Et tout de suite après le repas, on a vu d'affilée trois des quatre films de Shyamalan (Sixth Sense, The Village et Signs).Ma préférence va à Sixth Sense, et c'est son premier film aussi.Ça s'est un peu relâché après.L'impression tout de même qu'il tente de nous dire quelque chose à propos de cette Amérique si bourdonnante de secrets.Nous avons tranquillement attendu que le soir tombe pour regarder Dr Strangelove, de Kubrick, que je n'avais jamais vu.Quel vaste éclat de rire ! Puis on s'est couchés avec un sourire.Je me suis mis à penser que si l'Amérique s'est prise d'une telle passion pour le cinéma (cette rose pourpre), c'est sûrement pour éviter la vie.Dans La Nuit américaine, Truffaut dit bien que le cinéma, c'est mieux que la vie.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : dlaferri@lapresse.ca 3370100A LITTÉRATURE DU VOISIN L'esclave d'un esclave DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE On dit toujours que le maître le plus dur est un ancien esclave.Pourtant, dans Le Monde connu, le nouveau roman d'Edward P.Jones, des maîtres et des esclaves coexistent, et parfois changent de rôle.Car Jones, un jeune auteur noir américain, est tombé sur un détail véridique de l'histoire du Sud.Plusieurs Noirs ayant acheté leur liberté sont devenus propriétaires d'esclaves noirs eux-mêmes.De ce phénomène étrange mais vrai, Jones a travaillé un roman à voix multiples, et il a réussi.Nous sommes en Virginie, dans les années 1850.Donc, avant la guerre de Sécession, la guerre civile américaine.L'État de la Virginie est du côté du Sud, des États esclavagistes, ce qui n'a pas empêché Henry Townsend, cordonnier de renom, fermier et propriétaire terrien, ancien esclave et homme libre, de prospérer et d'être maître de son destin.Ancien esclave, il vit comme un homme libre.Mais pas tout à fait libre, bien sûr, car il ne peut changer la couleur de sa peau.Il doit son état à son ancien maître, William Robbins, un Blanc qui croit plus à la qualité de l'individu qu'à la race.Robbins initie Townsend aux chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale, et lui permet d'accéder à son statut.La relation entre Robbins et Townsend semble en être une d'égal à égal \u2014avec cette particularité : ce dernier était esclave du premier.Mais lorsque Townsend meurt, le chaos s'installe dans son domaine, car lui seul savait imposer l'harmonie sur ses terres.Sa veuve Caldonia n'a pas la force qu'il faut pour gérer le bien familial.Certains esclaves noirs de Townsend prennent le chemin de la liberté, vers le Nord.D'autres profitent de la mort de leur maître pour semer le désordre sur la ferme anciennement si paisible.Le Monde connu est le récit de la désintégration d'une société qui, finalement, ne tenait que par un fil, et qui disparaîtra avec la guerre.L'écriture de Jones mélange lyrisme et vérité historique.L'amour charnel traverse ce roman comme un courant irrésistible, mais étant donné les relations de pouvoir entre classes et races, cet amour est rarement désintéressé.La culture des esclaves \u2014leurs croyances, leur musique\u2014 ajoute des profondeurs aux personnages.Chez Jones, l'esclave est un individu, un être humain à part entière, et non pas la simple victime d'une perversion sociale.Tout comme l'amour, la cruauté traverse ce livre, car comment dominer sans violence ?Le Monde connu est le deuxième roman sur l'esclavage que j'ai lu dernièrement, avec Maîtresse, de Valerie Martin.Ces deux livres prouvent que le thème a encore beaucoup à nous apprendre sur nos sociétés où, dit-on, tout le monde est libre.FFFF LE MONDE CONNU Edward P.Jones, traduit par Nadine Gassie Albin Michel, 513pages Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Àéviter La Sang-mêlé du bayou GÉRALD LeBLANC Les ouragans de l'automne ont remis à l'avant-scène cette ancienne terre française nommée Louisiane.C'était aussi un ouragan qui figurait au coeur du roman de Lili Maxime, Ouragan sur le bayou, qui vient de recevoir le prix France- Acadie.Premier d'une trilogie sur « Ma chère Louisiane », ce livre poursuit son retour nostalgique sur le pays de marécages avec La Sang-mêlé du bayou, qui vient de paraître chez La Grande Marée, une maison d'édition acadienne.On y retrouve David Le- Blanc, un costaud Cadjin qui fait tourner la tête de deux Amérindiennes francophones, l'une, Houma du bayou Lafourche en Louisiane, et l'autre Montagnaise (on dit maintenant Innu) de Pointe-Bleue au Lac- Saint-Jean.David et ses femmes nous amènent aussi faire un tour chez les Mayas de Cozumel au Yucatan et les Sioux de San Diego en Californie.Lili Vaillancourt, le vrai nom de Lili Maxime, fut sociologue avant de devenir chanteuse et romancière.C'est effectivement un regard sociologique, teinté de romantisme, qu'elle jette sur les Montagnais, les Houmas et les Cadjins.Une quête d'identité de tous ces minoritaires, « un road movie à travers l'Amérique », comme le promet elle-même l'auteure.Un pari tenu à bien des égards.Telle une peintre naïve, Lili Maxime excelle à rendre présents ses héros et leur pays.Le langage lui-même contribue à faire revivre la terre et ses gens.On y retrouve maints dialogues en cadjin, un créole qui disparaît après avoir été transmis oralement pendant 300 ans.Il s'agit d'un gombo de vieux français, d'espagnol, d'américain et même de choctaw, la langue des Houmas du bayou louisianais.Un roman «à plein» d'affection, comme aurait dit la grand-mère de Zachary Richard.Une sorte de grand merci de la fille de Péribonka qui n'a jamais oublié ses merveilleuses années chez les Cadjins du Bayou Lafourche.Un retour à la simplicité paysanne qui repose des sombres portraits d'une société qui ne sait plus rêver.FFF1/2 LA SANG-MÊLÉ DU BAYOU, TOME 2 DE MA CHÈRE LOUISIANE Lili Maxime La Grande Marée, 2005, 552pages . LECTURES PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉS Le terme war room est souvent revenu depuis le début de la campagne électorale.C'est au départ un terme guerrier.Pendant la Seconde Guerre mondiale, on avait baptisé le quartier général de Churchill la war room.Le mot a été repris par Hillary Clinton en 1992, pendant la campagne présidentielle de son mari, pour désigner un «centre stratégique pour les attaques et les contre-attaques ».« Il ne faut plus seulement répondre aux attaques, a expliqué son concepteur, James Carville, il faut le faire avant même qu'elles soient diffusées ou publiées, quand le journaliste s'interroge encore sur l'écho qu'il devrait y donner.» Depuis, la war room désigne une cellule réunissant des faiseurs d'élections chargés d'analyser les discours des adversaires et d'y répliquer le plus rapidement possible, tout en tentant d'influencer les journalistes.Plusieurs traductions ont été proposées.On entend parfois salle ou centre des opérations.Il existe aussi des traductions plus proches de l'origine guerrière du terme.C'est ainsi qu'on parle de la salle d'état-major, du quartier général, de la cellule de crise, voire de la salle ou de la cellule de guerre.Mon collègue Vincent Marissal a demandé à ses lecteurs de lui suggérer une traduction.Il en a reçu plus d'une centaine.Nous avons été séduits, l'un et l'autre, par la solution proposée par Yannick Dufresne, bunker électoral, aussi imagée que war room.Mais notre enthousiasme n'est pas partagé par certains de nos lecteurs, qui reprochent à bunker son origine allemande.Il aurait sans doute été plus facile d'établir un consensus si nous avions opté pour quartier général.Spin doctor Le spin doctor est un spécialiste en communication chargé de l'image d'un parti politique.Ce sont les spin doctors, par exemple, qui, sitôt terminé un débat entre les chefs, tentent d'influencer la perception des journalistes.Cette locution anglaise s'intègre mal au français.Les non-initiés ne la comprennent d'ailleurs pas.Comment la traduire ?Le Grand Dictionnaire et le Termium ont proposé doreur d'image, une expression parfois (mais rarement) employée dans La Presse et à Radio-Canada.On entend aussi à l'occasion conseiller en image ou en communication.Je ne m'oppose pas à ces traductions, mais elles sont un peu neutres à mon goût.Pour ma part, j'aime bien manipulateur de médias, car c'est ce que tentent de faire, souvent avec succès, les spin doctors.Mais l'appellation est sans doute trop brutale pour passer dans l'usage.Alors, allons-y pour faiseur d'image, une appellation moins artificielle que doreur d'image, mais plus imagée et plus critique que les ronflants titres de conseiller.Et vous, qu'en pensez-vous ?Scrum Dans le jargon des médias, le mot anglais scrum désigne un «commentaire arraché à un personnage public par un groupe de journalistes qui se sont rués vers lui ».On peut le traduire par commentaire à chaud ou par mêlée de presse.> Le premier ministre a refusé tout commentaire à chaud.> Jean Lapierre a dû s'expliquer au cours d'une mêlée de presse.Élection ou élections ?Qu'ils se présentent pour le Bloc, le PLC, le PC, le NPD, voire pour le Parti vert, tous les candidats vous parlent de la prochaine élection.Pourtant, il y aura 308 élections le 23 janvier dans autant de circonscriptions.On peut parler, il est vrai, de l'élection du pape par le conclave, d'un président ou d'un maire au suffrage universel.Mais on doit parler des élections municipales, provinciales ou fédérales ou législatives.> L'élection du maire a été nette.> Le résultat des élections fédérales aura une influence certaine sur les prochaines élections au Québec.Il faut dire, à la décharge des candidats, que le site d'Élections Canada (notez le pluriel) entretient l'ambiguïté, car il y est question de la 39e élection générale, un beau calque de 39th general election.Ralliement La « réunion de plusieurs personnes par un parti ou un mouvement politique » s'appelle un rassemblement ou une assemblée.Les termes ralliement et rallye sont impropres en ce sens.> Les bloquistes ont tenu un grand rassemblement.> Un millier de personnes ont participé à l'assemblée conservatrice.Recomptage Le mot recomptage est une impropriété au sens de second dépouillement ou de dépouillement judiciaire.> Les élections du 23 janvier donneront- elles lieu à de nombreux dépouillements judiciaires ?Petits pièges Les phrases suivantes comprennent au moins une faute.Quelles sont-elles ?1) Le premier ministre a promis de l'argent neuf pour les garderies.2) Le Bloc québécois a le momentum depuis le scandale des commandites.Les réponses dimanche prochain.Paul Roux est l'auteur du Lexique des difficultés du français dans les médias.Il anime, avec Fabienne Couturier, le blogue des Amoureux du français (www.cyberpresse.ca/amoureux).Joueuse de tennis d'origine tchèque E- IDENTIFICATION PAR INDICES 1- Elle est née le 18 octobre 1956 à Prague et porte le nom de son beau-père, qui devient son premier entraîneur de tennis.2- Cette gauchère devient joueuse professionnelle en 1973, un an après avoir remporté le championnat national de Tchécoslovaquie.3- Fuyant le régime soviétique pour les États-Unis en 1975 lors de sa participation au US Open, elle est naturalisée américaine en 1981.4- Elle domine les courts au milieu de la décennie 80, remportant au cours de sa carrière 18 titres du grand chelem en simple.Joueuse de double, elle détient 40 titres du grand chelem en double féminin et mixte.5- Ayant pris officiellement sa retraite en 1997, elle est cependant revenue au jeu en 2003, remportant à l'âge de 46 ans les finales de double mixte à l'Open d'Australie et à Wimbledon.GÉNI E S EN HERBE #1176 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca F- CHARADE 1- Mon premier est un type d'habitation très en vogue ces derniers temps.2- Mon second est le prénom d'une héroïne des Simpsons.3- Mon troisième est en anglais le nom de la céréale la plus consommée au monde.4- Mon tout est le nom de la nouvelle Secrétaire d'État américaine dans le cabinet de George W.Bush.G- LITTÉRATURE 1- Qui est cette auteure américaine de la saga des Enfants de la Terre, dont l'action se situe durant la préhistoire ?2- Quelle est cette famille colombienne dont la saga centenaire est racontée dans Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez 3- Quel écrivain français nobélisé a expérimenté une mise en abyme dans son roman Les faux-monnayeurs?4- Quel courant du roman québécois, exaltant la vie rurale, est dominant au 19e siècle et se retrouve illustré dans La terre paternelle de Patrice Lacombe?5- Cette oeuvre centrale de Jacques Poulin décrit le road trip de Jack Waterman à la recherche de son frère à travers l'Amérique du Nord.A- OCÉANS 1- Que sont le Benguela, le nordéquatorial et le Labrador, en lien avec l'océan Atlantique ?2- Si les courants marins de surface sont créés par les vents, ils sont néanmoins influencés par cette force issue de la rotation de la Terre.3- Quel courant marin issu de l'océan Arctique est le principal responsable de la froideur des eaux le long des côtes de Terre-Neuve ?4- Quel courant marin doux, issu de la mer des Antilles, véhicule sa chaleur à l'Europe occidentale et permettait autrefois aux navigateurs européens de retourner sur le vieux continent 5- Comment nomme-t-on ces prototypes d'éoliennes visant à utiliser la puissance des courants marins afin de produire de l'électricité ?D- ASSOCIATIONS Associez l'alcool à son pays.1- Ouzo 2- Vodka 3- Sangria 4- Sherry 5- Whisky a) Espagne-Portugal b) Grèce c) Espagne d) Royaume-Uni e) Pologne H- MOTS COMMENÇANT PAR LA LETTRE \u2018 B \u2018 1- C'est un type de pétanque italienne se jouant avec des boules de couleur.2- C'est un dessert ou un camp fortifié romain se trouvant aux abords du village des Gaulois.3- La construction de ce complexe hydroélectrique fut décidée par le gouvernement Bourassa en 1972 et entraîna le règlement de la question des territoires cris.4- Ce muscle sert à fléchir l'avant-bras sur le bras.5- C'est l'actuel nom de la Russie blanche, devenue une ex-République soviétique.C- FROMAGE 1- À quelle période rattache-t-on la fabrication des premiers fromages, en raison de la découverte de faisselles vieilles de 5000 ans ?2- Lequel de ces fromages n'est pas fait avec du lait de chèvre : Cabécou, Picodon, Rocamadour, Ricotta, Chabis.3- Quelle étape de la fabrication du fromage de chèvre sert à séparer le petit lait des matières grasses et des protéines coagulées ?4- Quelle est cette enzyme animale, sécrétée par les veaux et les agneaux, indispensable au caillage du lait et par conséquent à la fabrication du fromage 5- De quelle région française est principalement originaire le fromage à pâte molle appelé camembert ?Ancien chanteur du groupe Boomtown Rats GEN08JR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES B- ACTUALITÉ 1- Quelles deux artères montréalaises ont été bloquées par les pluies diluviennes au printemps et à l'été 2005 ?2- Par combien de voix les Shriners ont-ils décidé de conserver leur hôpital pour enfants à Montréal lors de leur congrès de juillet 2005 ?3- Quelle est la première chose que Karla Homolka désire faire à sa sortie de prison, selon ses dires en entrevue à Radio-Canada 4- Quel pays du golfe persique a finalement interdit les enfants jockeys suite à de nombreuses pressions internationales ?5- Quel ancien chanteur du groupe Boomtown Rats est l'organisateur des concerts Live 8 afin de venir en aide à l'Afrique ?War room, spin doctor et scrum POÉSIE Vibrant et touchant Une musique lente et précise, faite de petits riens et d'évocations, monte du Piano mélancolique qu'Élise Turcotte nous invite à entendre dans son nouveau recueil.« Quelques notes de musique, alors.J'imagine des gouttes de sang, dripping du ciel, idéogrammes fichés, au fond de la rue noire.» C'est cette tonalité grave et subtile que l'on découvre à travers la lecture de ces poèmes qui sont autant d'« autoportraits » rendant par touches la fragilité de « Toute une vie imaginée sous l'eau, et le langage défait comme des draps ».Entre les tableaux d'une déroute et l'image du père, une voix dit la suite et la tendresse de « Mille silences » surgis du présent.« Je suis prête pour les souvenirs », écrit Élise Turcotte.Et la musique glisse, « tendre oraison » d'« Une ode à la survie ».C'est vibrant, c'est touchant et beau comme un « Piano lent.Délivré.» qui dit « Il faut continuer ».Claude Beausol e i l co l laborat ion spéciale FFFF PIANO MÉLANCOLIQUE Élise Turcotte Éditions du Noroît, 96pages TÊTES D'AFFICHE Les P'tits Lutins reçoivent 5000$ de l'encan de La Presse Plusieurs activités bénéfice ont atteint et même dépassé le million de dollars de recette, dont le tournoi de golf du CHUM et celui de l'Institut des Cèdres contre le cancer de l'hôpital Royal Victoria.Leucan (enfants atteints de cancer) a aussi réalisé sa plus lucrative activité (plus d'un million) sous la présidence d'honneur de Guy Laliberté et de André Desmarais.L'Institut de cardiologie de Montréal a lui aussi récolté son million grâce à une rencontre gastronomique pour amateurs de bons vins.C'est cependant la cause de lutte au cancer du sein qui a été la plus choyée cette année, recueillant plusieurs millions pour la recherche et le soutien des femmes atteintes.On a ainsi amassé 9 millions pour l'Hôpital général juif, qui mène par ailleurs discrètement une campagne de 200 millions pour un centre intégré du cancer.La cause du cancer du sein a profité, tout comme l'hôpital Sainte- Justine, du soutien du couple Céline Dion et René Angélil.Les causes des enfants ont suscité un tel élan de générosité que l'hôpital Sainte-Justine a enregistré un surplus de dons de 25 millions pour son ambitieuse campagne majeure de 100 millions.L'Université Mc Gill a été particulièrement choyée cette année : l'homme d'affaires torontois Marcel Desautels lui a donné 22 millions pour la faculté de gestion, alors que Seymour Schulich a fait un don de 20 millions à la faculté de musique et David O'Brien un don de trois millions.Par ailleurs, l'UQAM a passé en 2005 le cap des 50 millions de dollars amassés dans le cadre d'une campagne de souscription menée par Réal Raymond (Banque Nationale).Enfin, l'Université de Montréal a reçu un don personnel de 5 millions du couple Michel Saucier et Gisèle Beaulieu.Les campagnes de financement comptent le plus souvent sur la notoriété d'hommes d'affaires ou de vedettes.Mais les petits organismes communautaires doivent se rabattre sur de plus modestes sources de financement: des groupes d'employés, tels ceux de La Presse ou de BMO Banque de Montréal, qui privilégient de petit dons à de petites boîtes.Ces rentrées comptent énormément pour les entreprises qui n'ont pas le soutien de Centraide.On constate que les compagnies ont remplacé l'Église comme collecteurs de dons, et on voit de plus en plus des chaînes de restaurants et de grands magasins devenir pourvoyeurs pour des organismes communautaires.PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE L'encan de Noël de La Presse a permis de récolter 5000 $, qui ont été remis à l'organisme Les P'tits Lutins.Les P'tits Lutins, reconnaissables à leur chapeau caractéristique, distribuent des cadeaux de Noël aux personnes dans le besoin et affectées par le VIH-sida.Ci-dessus en, arrière : Sylvain Duhamel, Louise Hétu, Annie Bourgeois, Isabelle Rivest et Catherine Schlager.À l'avant : Antoine Gélinas, Manon Michaud, Geneviève Gélinas, Julien Chung et Michel Cusson.Bilan de la générosité des Québécois On constate que les compagnies ont remplacé l'Église comme collecteurs de dons.Hôpital du Haut-Richelieu Présenté par RBC Banque Royale et tenu sous la présidence d'honneur de la présidente de cette institution bancaire, Micheline Martin, le Bal des prix d'excellence du Centre de santé et de services sociaux Haut-Richelieu a généré des profits de 135 000 $ pour l'Hôpital du Haut-Richelieu.Par ailleurs, le Salon des vins et fromages de la Fondation de l'Hôpital du Haut- Richelieu a réalisé son objectif d'amasser 50 000 $ pour l'achat d'instruments chirurgicaux pour l'hôpital grâce à ses commanditaires : les caisses Desjardins, la SAQ, Pasquier tout en fraîcheur, Décocentre Bouvreuil et le groupe Gravel.Hôpital de Verdun Le tournoi de golf de la Fondation du centre hospitalier de Verdun, qui s'est tenu sous la présidence d'honneur de Naznine Virjee (RBC), a rapporté 35 000 $.Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme Visant 4,6 millions, la campagne de financement 2004-2009 de la Fondation Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme s'est fait promettre 390 000 $ par le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'hôpital.Une dégustation de vins organisée par la Fondation Richelieu de Saint-Jérôme a recueilli 18 000 $ pour acheter une table chauffante pour BEN GARFIELD ARTS ET SPECTACLES PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Élu député du Bloc québécois en 2004, Maka Kotto sollicite actuellement un nouveau mandat.Acteur, auteur et metteur en scène, il est prêt à mettre sa carrière professionnelle sur la glace pour mieux servir ses concitoyens.Pour un temps du moins.MAKA KOTTO ACTEUR.DE L'OPPOSITION Premier député noir à siéger pour le Bloc québécois aux Communes, Maka Kotto porte aussi un autre titre : celui de seul acteur professionnel élu au Parlement canadien.Mais 16 mois après son élection dans Saint-Lambert et moins de trois semaines avant l'issue des prochaines élections qu'il espère remporter dans Lemoyne, l'acteur a refusé une vingtaine de rôles et n'a accepté de tourner que dans un seul film : Un dimanche à Kigali, du réalisateur Robert Favreau.Portrait d'un acteur si engagé qu'il n'a plus le temps de jouer.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE La loi sur le mariage gai a été la cerise sur le sundae.Pas seulement pour la droite religieuse et conservatrice du pays mais aussi pour l'équipe de tournage du film Un dimanche à Kigali.Installée dans la capitale rwandaise depuis deux mois, l'équipe attendait avec impatience l'arrivée de Maka Kotto, choisi pour incarner le rôle de Landau, un tenancier de bar devenu chef de l'opposition officielle tutsie pendant le génocide.Pour accommoder l'horaire passablement chargé du député bloquiste, les producteurs ont décalé les journées de tournage et fait en sorte que les scènes de Landau, rebaptisé Manu pour des raisons légales, soient toutes regroupées et tournées dans la même semaine.Maka Kotto avait son billet d'avion, sa réservation d'hôtel et n'attendait que le signal de la cloche sonnant la fin de la session parlementaire pour faire sa valise et s'envoler pour le Rwanda.Mais à cause de la loi sur le mariage gai, la session a été prolongée.D'abord d'un jour, puis de deux, puis de trois.À Kigali, l'équipe de production a commencé à s'arracher les cheveux en voyant fondre aussi bien son calendrier de tournage que son budget.Pendant ce temps-là à Ottawa, Maka Kotto comptait les heures et se rongeait les sangs.Dans un ultime élan de solidarité cinématographique, il est allé voir son whip en chef et lui a exposé son problème ainsi que celui de toute l'équipe de cinéma dont il se sentait responsable.Le whip a accepté de lui donner son congé mais à une seule condition : avant de partir, Maka Kotto devait convaincre un député du Bloc plus conservateur que les autres de ne pas venir voter le jour J.L'histoire ne dit pas qui était ce député bloquiste ni quels arguments Maka Kotto a déployés pour le convaincre de rester chez lui le jour J.L'histoire dit seulement que l'acteur s'est envolé pour le Rwanda avec la conscience en paix et le sentiment du devoir accompli.Un sacerdoce Ce petit contretemps dans la vie de Maka Kotto illustre bien pourquoi l'acteur, qui est aussi auteur et metteur en scène, a décidé de mettre sa carrière professionnelle sur la glace.Pour un temps du moins.« Je ne dis pas qu'un jour je ne reviendrai pas au jeu, à la mise en scène et à l'écriture, mais pour l'instant, je n'ai tout simplement pas le temps.Je suis à Ottawa quatre ou cinq jours par semaine et je le vis comme un sacerdoce.Je me lève le matin, je vais au bureau, je m'occupe de mes dossiers sur la culture, je vais à mes rendez- vous, puis je me dirige vers la Chambre pour la période des questions.La fin de semaine, je fais des activités dans mon comté.Je ne vais jamais dans les cocktails et je refuse tous les voyages parlementaires.Et tout cela me convient parfaitement parce que j'aime ce que je fais et surtout, j'aime ce que je défends.» Aime-t-il autant la vie parlementaire, qui n'est pas précisément la vie la plus excitante qu'un acteur \u2014surtout un acteur de l'Opposition\u2014 puisse mener ?«Ce que j'aime surtout, c'est m'investir dans une mission citoyenne.J'ai été un artiste engagé et je le suis encore.Mais je suis aussi un citoyen qui a envie de faire sa part pour défendre sa maison, le Québec.Il est clair que je ne pourrais pas faire ça toute ma vie, parce que je m'investis trop dans cette cause, mais, pour l'instant, je fais ma part.Le jour où ça sera fini, je sais que je pourrai dormir en paix.» On peut presque affirmer qu'il en fut toujours ainsi puisque, dès l'adolescence au Cameroun, son pays natal, Maka Kotto avait déjà la fibre militante et la main habituée à distribuer des tracts antidictature.À l'époque, il se destinait à être prêtre.Mais l'appel des arts, doublé de l'appel de la France, où il a étudié le droit à Nanterre, puis les sciences politiques à Bordeaux, en ont décidé autrement.En 1989, alors qu'il est en train de se faire un nom comme acteur au cinéma français, il rencontre Dany Laferrière.Ce dernier lui fait deux propositions : jouer le rôle de Bouba dans Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer et en profiter pour venir s'installer dans le Nouveau Monde, là où l'air circule mieux que dans les vieux pays et où tout est encore possible.Proposition acceptée.La pire des insultes Maka Kotto débarque au Québec, et tout particulièrement dans la ville de Québec, en 1990.Très vite, il devient membre.du Parti libéral de Daniel Johnson.Il le restera jusqu'au jour où nul autre qu'Elvis Gratton (alias Julien Poulin), rencontré sur le plateau de la série Super sans plomb, le convaincra que la vraie vie est au Parti québécois avec les souverainistes.En 1995, il a déjà une femme et quatre enfants, mais il n'a pas le droit de voter au référendum.Cela ne l'empêche pas de poser des pancartes du Oui dans son quartier, qui est aussi celui de son chef, Gilles Duceppe.Il devient officiellement citoyen canadien en juillet 1996 sans se douter que la politique va prendre de plus en plus de place dans sa vie.En 2003, il se présente sous la bannière péquiste dans Viau, un comté pauvre et multiethnique où il mise sur le vote haïtien, qui lui échappera.Refusé pour son premier rôle à l'Assemblée nationale, il déclare le soir même de sa défaite à Pierre Bruneau, sur les ondes de TVA, que son aventure politique est loin d'être terminée et qu'il va se tenir prêt dans les coulisses de l'arène pour mieux rebondir.On connaît la suite de l'histoire.Élu dans Saint-Lambert à l'été 2004 sous la bannière bloquiste avec une majorité de 5370 voix, sa victoire crée une onde de choc chez les troupes libérales qui voient en lui l'effritement de leur monopole multiethnique.Ce soir-là, l'attaché de presse de sa rivale libérale Yolande Thibeault le traite de nègre devant une poignée de journalistes.Même si celui-ci s'est excusé par la suite, Maka Kotto n'a jamais digéré l'incident.Encore aujourd'hui, dans son bureau de comté avec vue imprenable sur le boulevard Taschereau, il m'explique que ce mot est la pire des insultes qu'on puisse lui faire.« Je suis radicalement opposé à ce mot, tout comme au mouvement de gens comme Senghor ou Aimé Césaire, qui ont cherché à l'aplanir en mettant de l'avant le concept de la négritude.À chaque fois que j'entends ce mot, j'ai une réaction épidermique parce que je connais son essence et que je sais qu'elle n'a rien de positif.Passe encore quand un écrivain comme Dany Laferrière l'emploie avec autodérision, mais quand Balzac demande à Eugène Sue comment va son nègre, en faisant référence au Guadeloupéen qui écrit à sa place, tout ce que j'entends c'est de la condescendance et je ne le supporte pas.» Dans son bureau de comté, autant qu'à la Chambre des communes, Maka Kotto ne sonne jamais tout à fait comme les autres.Sa fréquentation des scènes et des grands textes lui a laissé un ton un brin théâtral, qui gagne en émotion à mesure que ses phrases s'allongent.Contrairement à plusieurs politiciens qui fonctionnent avec un vocabulaire limité, Maka Kotto n'a pas peur des mots, ni des grandes phrases ronflantes.Les comptes rendus de ses interventions en Chambre en regorgent.Mais parler avec emphase ne l'empêche pas d'écouter ses adversaires ni de juger le jeu.« Il y a beaucoup de comédiens au Parlement, et la plupart sont très mauvais.J'ai été témoin de tellement de colères artificielles et d'effets de manches que je ne les compte plus.Et ce qui me frappe le plus chez nos adversaires, c'est qu'ils sont décrochés de la réalité, sans doute à cause de leurs trop longues années au pouvoir.Mais en même temps, j'apprends beaucoup sur la nature humaine, sur la politique, sur la démocratie, sur tout en fait.» Maka Kotto ne fait pas qu'apprendre.Il prend des notes et tient un journal de sa vie parlementaire.Un jour, il dit qu'il écrira un livre ou peut-être une pièce.En attendant, il lui reste une élection à gagner et pas une minute à perdre.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : nathalie.petrowski@lapresse.ca « Il y a beaucoup de comédiens au Parlement, et la plupart sont très mauvais.J'ai été témoin de tellement de colères artificielles et d'effets de manches que je ne les compte plus.» "]
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