La presse, 12 mars 2006, Cahier A
[" I IlI ll GRIPPE AVIAIRE CRAINTE FONDÉE OUPARANOÏA ?PLUS PAGES2À5 NATHALIE PETROWSKI MARIE-JOSÉE CROZE NE REGRETTE PAS LE QUÉBEC RADAR PAGE 7 ASSURANCES QUANDON CRAINT LE PIRE À VOSAFFAIRES PAGES 1 ET 3 SURVIVRE AUX HORMONES VILLENEUVE PARTENMILIEU DEPELOTON F1 SÉRIE / BIENVENUE EN ADONÉSIE ACTUEL PAGES 1 À 5 JACQUES VILLENEUVE LA PRESSE AU GRAND PRIX DE BARHEÏN SPORTS PAGES 1 ET 5 PHOTO KAMRAN JEBREILI, AP Montréal dimanche 12mars 2006 Le plus grand quotidien français d'Amérique 75¢ taxes en sus - Édition provinciale 85¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 122e année no 140 74 pages 6 cahiers L'ancien numéro 5 du Canadien s'éteint le jour de sa consécration BOUM BOUM GEOFFRION REJOINT LES IMMORTELS MALORIE BEAUCHEMIN Quel triste jour pour le monde du hockey ! L'inventeur du lancer frappé, la légende du hockey, l'ex-joueur vedette du Canadien et ancien entraîneur Bernard « Boum Boum » Geoffrion s'est éteint, hier matin, dans son lit d'hôpital à Atlanta.Le jour même, au Centre Bell de Montréal, le chandail no 5 qu'il portait allait être symboliquement hissé au plafond.À 6 h 30, hier matin, Boum Boum a accroché définitivement ses patins à l'âge de 75 ans.Son dernier adversaire, qui l'aura finalement vaincu, aura été un cancer de l'estomac.La maladie s'était déclarée au grand jour récemment et n'a laissé à Boum Boum que peu de chances de se battre.La veille, ses fils Robert et Danny avaient expliqué aux médias que l'état de santé de leur père s'était grandement détérioré au cours des deux derniers jours, laissant présager que sa mort était imminente.>Voir GEOFFRION en page A2 PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE© La femme de Bernard Geoffrion, Marlene, a hissé la bannière no 5 jusqu'au plafond du Centre Bell, hier, épaulée par ses trois enfants, Linda, Robert et Danny.Boum Boum rejoint ainsi le père de Marlene, Howie Morenz, célèbre joueur du Canadien dans les années 20 et 30.Milosevic trouvé mort dans sa cellule Accusé de crimes contre l'humanité, l'ex-dirigeant yougoslave n'aura pas à répondre de ses actes FRÉDÉRIC BICHON AGENCE FRANCE-PRESSE LA HAYE \u2014 Slobodan Milosevic, acteur-clé des guerres des Balkans des années 90, a été trouvé mort hier dans sa cellule.Il avait 64 ans.Ce décès prive la justice d'un dénouement après quatre ans de procès et suscite un début de polémique avec des proches de l'ancien président yougoslave.« Slobodan Milosevic a été trouvé sans vie dans son lit, dans sa cellule du centre de détention des Nations unies à Scheveningen », a annoncé dans un communiqué le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.>Voir MILOSEVIC en page A10 AUTRE TEXTE Qui était Milosevic?en page A11 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Que les environnementalistes achètent la montagne, parce que les promoteurs ont déjà acheté le gouvernement.L'heure de lamafia Météo Nuageux avec averses, maximum 7, minimum 2, plus de détails en page SPORTS 9 DIM 6 21924 12352 3 SOMMAIRE Astrologie du jour ACTUEL 9 Àtire-d'aile ACTUEL 14 Bandes dessinées ACTUEL 9 Bridge ACTUEL 12 Décès ACTUEL 11 Forum A 13 à 15 Génies en herbe LECTURES 16 Grille thématique LECTURES 16 Horaire télévision ARTS 4 Loteries A 10 Monde A 11 et 12 Mots croisés ACTUEL 9 Mot mystère ACTUEL 13 Observateur ACTUEL 9 Personnalité A 16 Petites annonces ACTUEL 10 RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK « George from Canada » n'était pas beau à voir, étendu dans une ruelle du Bronx, le corps criblé de balles.En voyant la photo agrandie du mafioso assassiné, les membres d'un jury de New York ont froncé les sourcils, cette semaine.« George from Canada », c'est le surnom de Gerlando Sciascia, un lieutenant de la famille Bonnano.Avant de mourir, il gérait de New York les activités canadiennes du clan Rizzuto, dont le siège est à Montréal.Pourquoi a-t-il été liquidé, le 18 mars 1999 ?Il a signé son arrêt de mort en se plaignant au parrain légendaire des Bonnano, Joe Massino, de la cocaïnomanie d'un autre lieutenant.De façon implicite, il venait de critiquer l'autorité de Massino, dont le clan désapprouve l'usage des drogues.Or, Massino faisait ce qu'il voulait à l'époque.Il a donc gardé son capo coké et condamné l'autre.Le meurtre de «George from Canada » refait surface dans le procès du successeur de Massino, Vincent « Vinny Gorgeous » Basciano, et d'un acolyte.Accusé de divers crimes, Basciano aurait notamment tenté d'organiser l'assassinat du procureur fédéral Greg Andres, dont le zèle judiciaire rappelle celui de Rudolph Giuliani dans les années 1980.Après avoir envoyé Basciano en prison, Andres, fin trentaine, rêve de mener à Brooklyn le procès de Vito Rizzuto, le parrain de la mafia canadienne.>Voir HÉTU en page A9 48999$ 1 39999$ BEAUBIEN Val i d e j u s q u ' a u 26 mars 2006 Les p h o t o s peuvent d i f f é r e r - Résolution 6 mégapixels - Objectif 18-70 mm - Autofocus sur 5 zones - Écran ACL de 2\u201d - Cadence ultra-rapide de 3 vps Recevez en prime une carte mémoire 512 Mb et un sac de transport - Technologie Wi-Fi - Prise de vue en continue - Clips vidéo haut de gamme VGA - Écran ACL de 2,5\u201d - Pict Bridge Coolpix P1 D70s 88999$ - 6 mégapixels - Objectif 18-55mm inclus - Autofocus sur 5 zones - Flash intégré i-TTL - 7 modes «Vari-programme» Recevez en prime un sac de transport D50 3373277A CINQUIÈME JEU BLANC POUR HUET SPORTS PAGES 1 ET 3 RANGERS 0 CANADIEN 1 BERNARD GEOFFRION 1931 -2006 PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Avant le match d'hier soir, deux amateurs se sont recueillis devant un bronze représentant Bernard Geoffrion dans l'enceinte du Centre Bell.Dernier hommage au Boomer Ses anciens coéquipiers se souviennent du hockeyeur sérieux.à l'humour débordant MALORIE BEAUCHEMIN Un boute-en-train, un chanteur, un homme à l'humour débordant, mais un hockeyeur sérieux, un joueur d'équipe, qui jouait pour compter et pour gagner.Voilà comment les anciens coéquipiers, la famille et les amis de Bernard Geoffrion l'ont décrit, hier, alors que les réactions ont été nombreuses à l'annonce du décès de cette légende du hockey.Compte tenu des circonstances, ils étaient plusieurs anciens joueurs du Canadien de Montréal, amis et chroniqueurs sportifs, à assister à la cérémonie de retrait du chandail numéro 5, hier soir, au Centre Bell.« Boomer, c'était un des gars les plus joyeux de l'équipe, particulièrement quand il comptait des buts, là il était très très heureux, s'est souvenu Dollard St-Laurent, ancien joueur du Canadien et coéquipier de Geoffrion.Il était un homme bien, un homme de famille, et un joueur de hockey exceptionnel, croyez-moi.» « Je suis convaincu qu'il aurait chanté ce soir.Il avait une belle voix, il chantait tout le temps, personne ne l'écoutait, mais il chantait beaucoup », a plaisanté M.St-Laurent.« C'était un joueur d'équipe », a ajouté Jean-Guy Talbot, autre ex-Canadien, à l'issue de la cérémonie.Phil Goyette, ancien coéquipier de Geoffrion, aurait tant aimé que le Boomer soit présent.« C'est un moment qu'il attendait depuis si longtemps (le retrait de son chandail) », a-t-il dit, en se rappelant de bons souvenirs des années où il a côtoyé Boum Boum.Marcel Bonin, qui a été le coéquipier de Geoffrion pendant cinq ans, dans les années 50, se rappelait, hier, d'un homme nerveux avant les parties, mais qui aimait détendre l'atmosphère.« Il chantait, il dansait, c'était un vrai boute-en-train, un bon vivant, a souligné l'ancien joueur.Dans l'équipe, on était tous des frères, on ne s'est jamais chicanés.Ça m'a fait beaucoup de peine d'apprendre sa mort.» Dickie Moore, pour sa part, se rappellera un grand ami, un grand homme, et il espère que la dynastie Geoffrion sera prolongée avec Blake, le petit-fils de Bernard, qui pourrait, dès l'année prochaine, devenir le quatrième membre de la famille Geoffrion-Morenz à jouer dans la Ligue nationale.« J'ai dit à Pierre Boivin : Repêchez-le, et il sera le numéro 75 », a raconté M.Moore.Hommages officiels Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a même voulu souligner, dans un communiqué, la carrière exceptionnelle de l'ancien joueur-vedette du Canadien.« Le Boomer est décédé le jour où l'on retire son numéro.Cette cérémonie donnera l'occasion aux partisans et à tous les Québécois de témoigner à quel point cette légende de notre sport national a marqué l'histoire du hockey et du Québec », a tenu à souligner M.Charest.Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a lui aussi offert ses condoléances aux proches, en soulignant la perte d'un « grand hockeyeur et un grand homme qui a su inspirer les Québécois et innover dans son sport ».Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est dit profondément attristé par le décès de Bernard Geoffrion, qui est né et a vécu la majeure partie de sa vie à Montréal.« En plus d'avoir remporté la Coupe Stanley à six reprises et plusieurs autres honneurs, il a été l'idole de plusieurs de nos concitoyens.Les Montréalais, les Québécois et les Canadiens garderont de lui un souvenir impérissable », a déclaré M.Tremblay.« Il chantait, il dansait, c'était un vrai boute-en-train, un bon vivant.Dans l'équipe, on était tous des frères, on ne s'est jamais chicanés.» BOUM BOUM GEOFFRION EN CHIFFRES > 6 coupes Stanley > 393 buts en carrière > 429 passes > 689 minutes de pénalité > 883 matchs > 14 saisons avec le Canadien de Montréal (1950-1964) > 2 saisons avec les Rangers de New York (1966-1968) > 1952 : Il reçoit le trophée Calder (recrue de l'année).> 1955 : Il reçoit le trophée Hart (joueur le plus utile à son équipe) et le trophée Art Ross (meilleur marqueur de la ligue).> 1961 : Il reçoit un deuxième trophée Art Ross.> 1972 : Il est intronisé au Temple de la renommée.> 1972 : Il devient le premier entraîneur des Flames d'Atlanta.> 1979 : Il devient entraîneurchef du Canadien de Montréal, mais doit quitter son poste après 30 parties, pour des raisons de santé.> 2006 : Le Canadien de Montréal retire son chandail no 5 (il s'agit du 10 e chandail retiré par le Canadien).Boum Boum Geoffrion rejoint les immortels GEOFFRION suite de la page A1 Il y a deux semaines, lorsque le « Boomer » a été opéré pour ce que l'on croyait être un ulcère d'estomac, les médecins ont découvert qu'un cancer s'était propagé et qu'il n'y avait plus rien à faire.« Tout s'est passé si vite, a raconté hier le fils aîné du hockeyeur, Robert.Mercredi, il disait encore qu'il viendrait à Montréal pour la cérémonie.Et puis en 48 heures, tout a basculé.Il souhaitait tellement être présent pour le retrait de son chandail no cinq, hier au Centre Bell, que les médecins lui avaient administré un soluté afin qu'il reprenne des forces et puisse venir à Montréal.En vain.Le soluté a causé une infection et il a fallu le retirer.Des coïncidences Mais avant de quitter ce monde, Boum Boum, toujours lucide, avait envoyé ses fils en mission : le représenter à Montréal pour la cérémonie qu'il attendait tant, celle de sa consécration parmi les « immortels » du hockey à Montréal.Ce qu'ils ont fait, accompagnés même de la femme du Boomer, Marlene, et de sa fille, arrivées directement d'Atlanta hier après-midi.Toute la famille était donc réunie pour le dernier hommage des partisans du Canadien.À la demande de la famille, la cérémonie n'avait pas été beaucoup modifiée malgré le décès survenu en matinée.« Ils voulaient une célébration, et c'est ce qu'ils ont eu », s'est réjoui Dollard St-Laurent, ancien coéquipier de Bernard Geoffrion dans le Tricolore.Il n'y avait que les larmes des membres de la famille pour trahir cette coïncidence regrettable.Geoffrion avait été très touché, l'automne dernier, à l'annonce du retrait de son chandail.C'était le dernier objectif qu'il s'était fixé, un honneur qu'il pensait mérité, même s'il avait déclaré en conférence de presse, le 15 octobre : « Jamais je n'aurais cru que le Canadien retirerait mon sweater.» Ému, il l'aurait été d'autant plus hier.Celui qui a gagné six coupes Stanley avec le Tricolore, dont cinq consécutives, est donc immortalisé au Centre Bell.Mais plusieurs se souviendront aussi que le blagueur invétéré ne pouvait partir de ce monde sans laisser derrière lui tout un tas de coïncidences.Il est mort le jour du 10e anniversaire de la fermeture du Forum.Il est mort exactement à la date où étaient célébrées au Forum les funérailles de son beau-père, le joueur du Canadien Howie Morenz, il y a 69 ans.Côte à côte, deux bannières flottent maintenant au plafond du Centre Bell : le 7 (Morenz) et le 5 (Geoffrion).Ensemble, ils forment le nombre 75, l'âge qu'avait Boum Boum.Nommé tour à tour recrue par excellence, meilleur marqueur à deux reprises, joueur le plus utile à son équipe, Geoffrion a connu sa meilleure année en 1961 alors qu'il est devenu le deuxième joueur de l'histoire de la Ligue nationale, après Maurice Richard, à compter 50 buts en une saison.En 1972, première consécration : Boum Boum est intronisé au Temple de la renommée du hockey.Il aura manqué la deuxième mais aura au moins pu s'en réjouir pendant quelques mois après l'annonce de l'événement, en octobre dernier.Des critiques Pour troubler cette journée de commémorations, des critiques ont commencé à se multiplier, en milieu de journée.On a dit que le Canadien de Montréal avait attendu beaucoup trop longtemps avant de retirer le chandail du Boomer.Le dernier match de hockey de Geoffrion pour le Tricolore remonte à 1964, il y a 42 ans.Si l'annonce de cette consécration a été faite l'automne dernier, la cérémonie avait été prévue hier pour une raison bien précise: Boum Boum Geoffrion a terminé sa carrière chez les Rangers de New York (de 1966 à 1968), après 14 saisons avec le Canadien.Hier, Montréal recevait la visite des mêmes Rangers, un clin d'oeil que Boum Boum avait beaucoup apprécié.Le Canadien lui a rendu hommage à sa façon en remportant la partie 1-0.Bernard Geoffrion sera exposé dans les prochains jours et les funérailles devraient avoir lieu mercredi à Atlanta.AUTRES TEXTES Page 2 du cahier Sports . BERNARD GEOFFRION 1931 -2006 UNHOMMEDE PAROLE Le chandail de Boum Boum Geoffrion hissé au plafond du Centre Bell le soir même de sa mort MALORIE BEAUCHEMIN Lors d'une de leurs premières sorties, Bernard Geoffrion a dit à celle qui deviendrait plus tard sa femme, Marlene, qu'un jour, son chandail trônerait au plafond du Forum de Montréal, aux côtés de celui de son père à elle, Howie Morenz, le célèbre numéro 7 du Canadien de 1923 à 1934.« Comme toujours, papa a tenu sa promesse », a raconté son fils Danny au moment de rendre hommage à l'un des plus grands joueurs de l'histoire du Canadien de Montréal.Le Centre Bell, plein à craquer hier, a honoré la carrière de Bernard «Boum Boum » Geoffrion, décédé paisiblement le matin même.Exceptionnellement, toute la famille du « Boomer» était au centre de la glace pour la cérémonie.Même sa femme et sa fille, Linda, qui était restées à Atlanta pour veiller l'ancien joueur du Canadien dans ses derniers moments.Il y avait aussi Danny et Robert, les deux fils du couple, arrivés plus tôt cette semaine à Montréal en prévision de l'événement.Et puis les petits-enfants.Pour l'occasion, les joueurs actuels du Canadien avaient tous revêtu un chandail no 5, celui de Geoffrion.Le club, qui voulait souligner le courage, la persévérance et la détermination du hockeyeur, a atteint son objectif.D'abord, un court métrage a présenté des témoignages de ses anciens coéquipiers, des photos, des images des matchs, mais aussi de l'homme.Huit anciens du Canadien assistaient à la cérémonie au centre de la patinoire : Émile « Butch » Bouchard, dont la santé semble vacillante, Dollard St-Laurent, fraîchement revenu de la Floride, André Pronovost, Marcel Bonin, Dickie Moore, Phil Goyette, Jean-Guy Talbot et Henri Richard.Au moment de hisser la bannière portant le numéro 5, Marlene retenait difficilement ses larmes.Linda, elle, a craqué, comme la plupart des petits-enfants de Boum Boum Geoffrion, qui essuyaient péniblement leurs larmes.Des larmes de bonheur, pour la consécration d'une légende du hockey, mais des larmes de tristesse aussi, parce que celui qui avait tant rêvé de cette cérémonie n'a pas pu y assister.Tous ont salué de la main le chandail qui montait vers le plafond du Centre Bell.À mi-chemin, le numéro 5 du Boomer a rejoint, comme l'avait souhaité Geoffrion avant sa mort, le numéro 7 de son beau-père.Ils resteront donc ainsi, côte à côte, immortalisés pour toujours dans le monde du hockey, non pas au Forum, mais au Centre Bell.« Ç'a été une très belle cérémonie, a souligné l'ancien coéquipier de Geoffrion, Jean-Guy Talbot.Et on doit saluer le courage de toute la famille Geoffrion de s'être présentée ici ce soir, compte tenu des circonstances.» Très touché par une cérémonie qu'il a décrite comme inoubliable, l'ancien joueur du Canadien Dickie Moore, qui a joué 12 saisons avec le Boomer, a abondé dans le même sens.« Sa famille est exactement comme lui: courageuse, forte, avec le sens de l'humour et du devoir.Finalement, il ne manquait qu'une seule personne à cette cérémonie : Boum Boum lui-même.« Soyez sans crainte, a dit son fils aîné, Robert.Il est là et il nous regarde.» « Sa famille est exactement comme lui : courageuse, forte, avec le sens de l'humour et du devoir.» PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Au centre de la patinoire du Centre Bell, huit anciens coéquipiers de Bernard Geoffrion ont assisté à la touchante cérémonie du retrait du numéro 5.De gauche à droite : Émile « Butch » Bouchard, André Pronovost, Marcel Bonin, Dollard St-Laurent, Henri Richard, Dickie Moore, Phil Goyette et Jean-Guy Talbot.Chez les immortels Le Boomer est mort.Le jour même où, enfin, on allait retirer le chandail no 5 et le suspendre au plafond du Centre Bell, entre celui de son coéquipier et ami Jean Béliveau et celui de son beau-père, Howie Morentz.On a tellement attendu pour enfin donner son dû à Bernard Geoffrion qu'il est mort avant que le chandail ne monte rejoindre les autres immortels du Canadien.Mais s'il est resté conscient jusqu'à la fin, alors il est parti en sachant que justice lui était rendue.About time ! Le Boomer, c'était un homme comme on n'en fait plus aujourd'hui.Un angoissé qui cachait son tourment derrière des blagues et une bonne humeur irrésistible, un homme généreux qui aurait donné sa chemise pour offrir un café à un démuni au coin de la rue, un père fier et un mari amoureux, qui a regretté jusqu'au dernier souffle de sa vie d'avoir été injuste envers son fils, Danny, quand il a dirigé le Canadien et son garçon en 1979.C'est par la radio et Le Petit Journal que j'ai d'abord connu Bernard Geoffrion.Son lancer frappé, une pinotte comparé à celui des joueurs modernes, était légendaire avant même que le Boum ne complète sa première saison avec le Canadien.Il avait d'ailleurs mérité le trophée Calder.Et en mars 1955, on a débattu pendant au moins une dizaine de récréations dans la cour du collège Saint-Jean-Baptiste pour savoir si Geoffrion avait bien fait ou non de devancer Maurice Richard.Chez nous, on a cessé d'acheter du ketchup Campbell et on est passé au Heinz le mois suivant.Mais je n'en ai jamais voulu au Boomer.Je me disais que, lorsqu'il faisait une passe à un de ses coéquipiers, il ne pouvait pas savoir si le Canadien allait compter sur le jeu.Et puis, ce gaillard avait tout de même cassé à coups de marteau un plâtre qui protégeait une jambe fracturée ! C'est que le Boum était pressé de revenir au jeu.Quelques années plus tard, Geoffrion a enregistré C'est pas sérieux, un succès des Chats Sauvages, et on l'a trouvé bien bon, dans ma classe du Petit Séminaire.Quand, des années plus tard, je l'ai rencontré à Atlanta, j'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami.Il faut dire que 20 ans de lecture de ses exploits et de ses frasques me l'avaient rendu familier.Il n'était plus coach des Flames, mais il avait ses entrées partout à Atlanta.Il m'avait raconté des histoires en les ponctuant de mimiques et de gestes d'une drôlerie à faire pisser dans les culottes, et j'étais tombé sous son charme.Pour le reste de mes jours.Quand il accepté le poste d'entraîneur du Canadien, où il succédait à Scotty Bowman, j'ai su avant la fin du camp d'entraînement qu'il ne terminerait pas la saison.Il était trop intense, il était incapable d'accepter les petites mollesses que les joueurs tentent de cacher pendant un match, il prenait tout trop à coeur.Dans l'avion, quand on revenait d'un match à l'étranger, Geoffrion faisait et refaisait des trios.Dix, 20, 30 fois dans une envolée entre New York et Montréal.Un midi, on s'était retrouvés au Texan, à un coin de rue du Forum, pour une entrevue.Il m'avait dit que tout allait bien de toute façon parce qu'il était en paix avec Lui.Il avait ouvert sa mallette et en avait sorti une petite Bible toute racornie à force d'être lue : « Vois-tu, je l'ai trouvé, Lui.Il peut m'arriver n'importe quoi, il va prendre soin de moi.Je Lui ai donné ma vie.Le reste, c'est pas grave », m'avait-il dit.Le soir de sa démission, j'étais allé chez lui.Il était assis à la table de la salle à manger avec sa belle Marlene et son fils Danny.Il avait de la peine mais il était quand même fier : « On ne pourra jamais effacer mon nom.Bernard Geoffrion, coach du Canadien pendant 30 matchs.» Puis, il s'était tourné vers Danny et, les larmes aux yeux, il s'était excusé : « C'est mon seul regret.J'ai pas été juste envers Danny.J'avais trop peur qu'on m'accuse de favoritisme », avait-il dit.Marlene était venue derrière lui et lui avait posé les deux mains sur les épaules.Ça l'avait apaisé.Un soir de jour de l'An, nous étions à Manalapan, près de West Palm Beach, pour fêter l'an nouveau.Ça se passait au Ritz-Carlton et même si c'était le Ritz, le party ne levait pas très fort.Et puis, vers 11 h, le Boomer était entré dans la salle.Ç'avait été instantané.Les invités étaient tout excités.Ils adoraient le Boum.Ils étaient plusieurs à l'aimer puisque Geoffrion avait passé une demi-heure de table en table à serrer les mains des gens qui l'attrapaient.Il était d'une humeur radieuse même s'il se déplaçait avec une canne, et il était venu rencontrer les gens de Prévost avec un grand sourire.Le Boum était aussi populaire aux États-Unis qu'au Canada.Pendant des années, il avait tourné des publicités pour la bière Miller, et sa bouille gravée de rides profondes et rieuses ne passait pas inaperçue.C'est un euphémisme.Quand il est venu à Montréal, l'automne dernier, nous avons jasé un bon moment.Ses enfants avaient bien réussi et ils étaient sa fierté.Cet homme au grand coeur était resté fidèle à ce Jésus qu'il avait découvert à 40 ans.À Jésus et à ses amis.Il les faisait encore rire, et Dickie Moore et Jean Béliveau rajeunissaient à ses côtés.J'écris ces lignes et c'est une vie qui défile dans ma tête.Dix ans, couché devant le poêle à bois, écoutant la voix de Michel Normandin à la radio.Geoffrion qui lance et compte.Trente ans, à Atlanta avec le Canadien, mangeant du poulet à la sudiste avec le Boum.Cinquante ans à Manalapan, la veille du jour de l'An, riant de ses blagues.Hier, le Boum est mort.Son chandail est monté chez les Immortels.« Onnepourrajamais effacermonnom.Bernard Geoffrion, coachdu Canadien pendant 30matchs.» RÉJEAN TREMBLAY Boum! Boum! STÉPHANE LAPORTE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE C'est un souvenir plein de buée.Un souvenir hors foyer.Je me souviens de ce soir-là comme on se rappelle un rêve au petit matin.Ce n'est pas un film.Ce sont des images arrêtées.Saccadées.C'est la première fois que je suis allé au hockey.Au vieux Forum.Ou plutôt au vieux vieux Forum.En 1966.Avant qu'on le rénove.Il y avait encore des colonnes dans les gradins.Je me souviens d'abord de la lumière.Je me souviens surtout de la lumière.Une lumière blanche très forte.Comme dans les films de Spielberg.J'ai 5 ans.Je tiens la main de mon père pour me rendre à mon siège.Les petites marches sont glissantes et à pic.Mon père porte un chapeau comme celui de l'instructeur du Canadien, Toe Blake.C'est un match Canadien-Rangers.Une soirée spéciale.Bernard Geoffrion revient jouer à Montréal pour la première fois depuis sa retraite.Mais cette fois, il ne porte pas le chandail bleu, blanc, rouge.Les couleurs se sont inversées, il porte le chandail rouge, blanc, bleu.Celui des Rangers de New York.Les gens crient Boum ! Boum ! Je ne comprends pas pourquoi.Mon père me l'explique.Le lancer frappé de Bernard Geoffrion est si puissant qu'il fait boum ! boum ! J'ai les yeux grands comme la patinoire.Boum ! boum ! Son lancer fait boum ! boum ! Wow! Durant tout le match, je n'ai fait que ça : attendre que le lancer de Bernard Geoffrion fasse boum ! boum ! J'étais venu voir jouer mon idole Jean Béliveau.Et soudain, le programme avait changé.Un autre joueur captait toute mon attention.Mon père m'a même dit que Geoffrion avait inventé le lancer frappé.Un inventeur ! Comme De Vinci.Je ne me peux plus ! Quel héros ! Il n'y a qu'un problème : mon Hercule joue pour les méchants.Pour ceux qui veulent battre mes Canadiens.Mais c'est pas grave, car son lancer fait boum ! boum ! quand il frappe la bande.Donc lorsqu'il passe à côté du filet.Je peux souhaiter entendre le bruit magique sans que cela nuise à mon club.Sur le bout de mon siège, les oreilles grandes ouvertes, je suis prêt.Je suis aux aguets.J'enregistre dans ma tête chaque son.Les « Coke, Pepsi, Seven Up ! » criés par les vendeurs.Les ritournelles de l'organiste : « Halte là ! Halte là ! Halte là ! Les Canadiens sont là ! » Le bruit des patins sur la glace, le son sourd du corps des joueurs entrant en contact avec la bande.Et chaque fois que Geoffrion touche à la rondelle, je me prépare à entendre le boum ! boum ! du super héros.Mais il y a toujours quelqu'un pour le couvrir, pour l'empêcher de lancer.Il y a bien eu une fois en fin de première où il a pu tirer, mais c'était un petit lancer du poignet de rien du tout.Il a fait poc ! Un petit poc ! Normal pour une puck.Peut-être que mon père m'a raconté des sornettes.Comme avec sa fée des dents.Je sais bien que c'est maman qui place l'argent sous l'oreiller.Mais je fais comme si je ne le savais pas, pour pouvoir profiter du « trente-sous » et m'acheter trois paquets de cartes de hockey.Peut-être que le lancer de Bernard Geoffrion ne fait pas boum ! boum ! Qu'il fait le même bruit que tous les lancers.Je commençais à perdre la foi quand tout à coup Geoffrion reçoit une passe sur le flanc gauche.Il lève son bâton très haut dans les airs et frappe la rondelle.Elle se dirige à toute vitesse vers le gardien du Canadien (je crois que c'était Charlie Hodge).La rondelle passe à quelques pouces du poteau et frappe la bande, derrière.Mes oreilles sont ouvertes comme jamais elle ne l'ont été de leur vie.Et j'entends.Et j'entends, mon père me dire : « As-tu entendu ?Ça fait boum ! boum ! » Tous les spectateurs se mettent à crier : « Boum ! Boum ! » Sur le coup, je n'étais pas certain si ça avait vraiment fait boum ! boum ! J'aurais plus opté pour bang ! Un bang sec.Mais en y repensant bien, oui, c'est vraiment boum ! boum ! Les oreilles de mon père et celles des milliers de spectateurs ne peuvent se tromper ! Quand Batman donne un coup de poing, ça fait pow! Quand Tarzan appelle les animaux, ça fait « aaaahwaaahwaaahwaaa ! ».Et quand Bernard Geoffrion fait un lancer frappé, ça fait boum ! boum ! Il y avait une nouvelle légende dans ma tête d'enfant.Une légende de hockey.Je suis rentré à la maison.Il était tard.Il a fallu que j'aille me coucher.Mais le lendemain, à l'aurore, j'étais dans la cave, en train de jouer au hockey.En train de lancer des rondelles sur le mur.Pour qu'elles fassent boum ! boum ! À entendre mon père crier de faire moins de bruit, je devais moi aussi être un petit Geoffrion.Je devais moi aussi avoir le pouvoir du boum ! boum ! Ne me demandez pas comment le premier match de hockey que j'ai vu en personne s'est terminé.Je crois que c'est un à un.Je ne suis pas certain.Et ça importe peu.Pour moi, ce fut plus qu'un match de hockey.Ce fut une expérience mystique, un «sons et lumières ».Boum-Boum et la grosse lumière blanche.Hier, Bernard Geoffrion nous a quittés.J'offre mes condoléances à toute sa famille et à tous ses fans.Et je nous souhaite un bon jour, au ciel ou dans une autre dimension, d'entendre à nouveau le boum ! boum ! de sa légende, le boum ! boum ! de son coeur.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : stephane@stephanelaporte.com EN BREF Grippe aviaire L'arrivée du printemps au Canada va constituer un test sérieux pour l'apparition éventuelle de la grippe aviaire, en raison du retour des oiseaux migrateurs.Voilà ce que soutient le microbiologiste Karl Weiss, de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.Le Dr Weiss souligne que le Canada a été épargné par le virus H5N1 de la grippe aviaire jusqu'à présent, en raison de la barrière océanique qui le sépare de l'Europe et de l'Asie.Mais cette situation ne durera pas éternellement.Le Dr Weiss souligne que le danger potentiel de transmission du virus aux humains est encore très faible.Presse Canadienne Réouverture de la station Papineau La station de métro Papineau, qui était fermée les week-ends en raison de travaux, est maintenant rouverte.Les usagers doivent utiliser une entrée temporaire du côté ouest.Les travaux visent à aménager une salle pour les équipements de télémétrie, de radiocommunication, de vidéosurveillance, de sonorisation, de téléphonie et de réseautique.Raymond Gervais Orford: la SSJB contre la vente La Sosiété Saint-Jean-Baptiste a dénoncé hier la vente d'une partie du parc du mont Orford à l'entreprise privée et s'est engagée à combattre le projet.Par ailleurs, la SSJB, dont c'était vendredi la 172e assemblée générale annuelle, a aussi voté en faveur d'un retour en force du thème de la langue.Les délégués ont réclamé l'application véritable de la loi concernant la langue de travail.Raymond Gervais Le soldat attaqué à la hache prend du mieux L'état de santé du soldat canadien attaqué à la hache la semaine dernière en Afghanistan s'est légèrement amélioré.Même si sont état est toujours considéré comme critique, le capitaine Trevor Greene a ouvert les yeux pour la première fois depuis l'agression.Le militaire de 41 ans est soigné dans un hôpital militaire américain, en Allemagne.Le capitaine Greene participait à une réunion avec des villageois lorsqu'un individu l'a frappé à la tête avec une hache.L'agresseur a été tué par d'autres soldats présents.Presse Canadienne ACTUALITÉS BERNARD GEOFFRION Revivez sa carrière en photos www.cyberpresse.ca MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE Jean Charest rencontre Gérard Latortue Les pratiques irrégulières persistent DEAN BEEBY PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Une vérification nouvellement rendue publique laisse entendre que la vaste refonte des pratiques gouvernementales en matière d'attribution de contrats, provoquée par le scandale du programme des commandites, n'a eu que peu d'impact.Cette vérification interne des services de communications et de mise en marché du ministère fédéral de l'Industrie a permis de constater des paiements incorrects, des fractionnements de marché illégaux, l'attribution de contrats à des fournisseurs exclusifs sans justification, entre autres irrégularités.Les enquêteurs se sont penchés sur 40 contrats accordés pendant une période de 18 mois, à compter d'avril 2003.Quelques semaines plus tard, en mai 2003, la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, dans son premier rapport sur le programme de commandite, affirmait que de hauts responsables du gouvernement avaient enfreint presque toutes les règles dans leur façon de gérer les ententes de publicité et de mise en marché.Le document, qui provoqua une tempête politique de deux ans, s'attardait principalement aux pratiques en vigueur au ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux.Plus tard ce même mois, le 23 mai, le premier ministre d'alors, Jean Chrétien, annonçait la mise en place d'une série de mesures strictes visant à faire le ménage à la grandeur du gouvernement en ce qui a trait à l'attribution des contrats.Toutefois, le message ne semble pas s'être rendu jusqu'au ministère de l'Industrie.Les vérificateurs ont en effet constaté que de nombreuses irrégularités y ont été commises pendant les 18 mois suivants.« Quatorze des ententes ayant fait l'objet d'une révision ne comportaient aucune justification écrite en ce qui concerne leur attribution à un fournisseur exclusif », est-il écrit dans le rapport de vérification, obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.« Six des contrats présentaient des paiements à l'encontre des politiques et lignes de conduite (.).Deux autres contenaient des factures sans description du travail effectué.» Les vérificateurs ont également constaté l'existence de contrats suspects accordés à un même fournisseur, le total des factures ayant été manipulé afin que chacune d'entre elles demeure sous le seuil des 25 000 $, somme au-delà de laquelle les ministères sont tenus de procéder à des appels d'offres.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Le premier ministre Jean Charest s'est entretenu, hier à Montréal, avec le premier ministre par intérim d'Haïti, Gérard Latortue, pour une rencontre cordiale.La veille, l'ambassade haïtienne à Ottawa avait reçu M.Latortue pour une cérémonie au Centre national des arts.Hier, une cinquantaine de membres de la communauté haïtienne de Montréal et de sympathisants s'étaient rassemblés devant les bureaux de Jean Charest, au coin des rues Sherbrooke et Mc Gill College, pour dénoncer cette rencontre, scandant des slogans tel que « Latortue assassin, Jean Charest, complice ».Organisée par Résistance haïtienne au Québec (RHQ) et Haïti Action Montréal (HAM), cette manifestation souhaitait dénoncer la politique de M.Latortue et sa nomination controversée au poste de premier ministre après le départ de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.« Pour nous, Gérard Latortue est une criminel contre l'humanité et un génocidaire.Il a les mains tachées du sang du peuple haïtien », a expliqué hier à La Presse le porte-parole de RQH, Serge Bouchereau.Les manifestants reprochent à M.Latortue d'avoir instauré le chaos en Haïti, où règnent les arrestations arbitraires, la détention de prisonniers politiques, les exécutions sans procès, les viols et les massacres.L'OMC attend toujours un «déclic» du G6 à Londres PATRICK BAERT AGENCE FRANCE-PRESSE LONDRES \u2014 Les discussions à Londres entre six grands acteurs de l'OMC n'ont pas débouché sur le « déclic » espéré pour libéraliser les échanges mondiaux, à moins de deux mois d'une échéance cruciale pour le commerce des produits agricoles.Les ministres du Commerce du G6 (Australie, Brésil, États-Unis, Inde, Japon, Union européenne), réunis depuis vendredi soir dans la capitale britannique, devaient se séparer dans la nuit sans avoir accompli de « percée majeure », comme l'a reconnu le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, hôte de la rencontre.Lors d'une conférence de presse commune, le représentant de Bruxelles a cependant assuré que les Six avaient « effectué des progrès sur un certain nombre de questions », mais sans préciser lesquelles.Un accord entre les six grandes puissances réunies à Londres était considéré comme un préalable indispensable à l'émergence d'un compromis entre les 149 pays membres de l'OMC, qui doivent absolument conclure à la fin de l'année cinq années de négociations sur la baisse des barrières douanières dans le monde.« La discussion a été très utile car nous avions des chiffres », s'est félicité le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, alors que des simulations chiffrées viennent d'être calculées sur 1200 produits pour étudier l'impact de baisses des droits de douane sur les échanges d'une dizaine de pays-clés, dont ceux du G6.Les 149 pays membres de l'OMC ont jusqu'à fin avril pour parvenir à un accord chiffré de baisse des droits de douane appliqués tant aux produits agricoles qu'aux produits industriels.Une autre réunion du G6 pourrait être organisée début avril à New York dans l'espoir de débloquer la discussion.Les positions n'ont guère avancé depuis la conférence ministérielle de l'OMC à Hong Kong qui a convenu en décembre dernier d'éliminer les subventions aux exportations agricoles au plus tard en 2013.Les pays pauvres souhaitent que les pays développés réduisent leurs autres subventions et les droits de douane appliqués aux produits agricoles, mais le Nord exige la réciprocité pour les produits industriels et les services.Avant la réunion, Américains et Européens avaient averti qu'ils n'entendaient pas présenter de nouvelle offre en matière agricole.« J'arrive à imaginer la teneur générale d'un futur accord, mais je n'ai pas vu, et je ne vois pas, se produire le déclic » qui permettra de débloquer la négociation, a déploré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim.3384780A BERNARD GEOFFRION Revivez sa carrière en photos www.cyberpresse.ca ACTUALITÉS ACTUALITÉS Hommage au pacifiste américain tué en Irak La coulée des érables.version montréalaise PC et AP TORONTO \u2014 Quelque 40 amis et collègues ont rendu hommage hier au pacifiste américain assassiné en Irak, tandis que les préoccupations se faisaient croissantes quant au sort réservé aux deux Canadiens et au Britannique enlevés en même temps que lui.Des membres des Christian Peacemaker Teams ont déposé une rose rouge dans le jardin de la Paix du square Nathan Phillips, à Toronto, et brandi de grandes photographies des quatre hommes, tout en chantant un hymne en l'honneur de Tom Fox, qui était âgé de 54 ans.Un responsable militaire américain à Bagdad a confirmé vendredi que la dépouille de M.Fox avait été récupérée par les forces américaines, jeudi soir.Le corps se trouvait près d'une voie de chemin de fer dans l'ouest de Bagdad.Il portait des blessures par balles à la tête et à la poitrine, a fait savoir le ministère irakien de l'Intérieur.On ignore encore où se trouvent les trois collègues de M.Fox.Le Torontois James Loney, 41 ans, Harmeet Singh Sooden, 32 ans, anciennement de Montréal, ainsi que le Britannique Norman Kember, âgé de 74 ans, ont été enlevés le 26 novembre à Bagdad par un mouvement jusque-là inconnu, les Brigades des épées de la vertu.Mardi, le réseau d'information de langue arabe Al-Jazira a montré une bande vidéo silencieuse des trois autres otages, qui demandaient prétendument à leurs gouvernements et aux pays du Golfe d'oeuvrer à leur libération.Les quatre hommes avaient été vus ensemble pour la dernière fois dans une vidéo, également diffusée par Al-Jazira, le 28 janvier.Elle était datée de sept jours plus tôt.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Le soleil était au rendez-vous hier et les érables coulaient à l'Érablière urbaine, au parc Beaudet, non loin de la station de métro Du Collège, dans l'arrondissement de Saint-Laurent à Montréal.Cette érablière installée en pleine ville donne un avant-goût du printemps tout en permettant aux Montréalais de découvrir comment on fabrique le sirop d'érable.Ce à quoi se sont adonnées Élodie Crevier et Sophie Laniel qui ont procédé à la cueillette de l'eau d'érable.La journée a été splendide ; le mercure a atteint 9 oC.Le record pour un 11 mars, enregistré en 1977, était de 10,8oC.Il n'en sera malheureusement pas de même pour les quatre prochains jours alors que le parapluie sera de mise : Environnement Canada prévoit de la pluie, et la température oscillera entre 4 et 9 degrés.Manif pour la libre expression PRESSE CANADIENNE TORONTO \u2014 Des manifestants se sont rassemblés hier en face du consulat du Danemark à Toronto afin de se prononcer en faveur du droit à la libre expression et de la publication des caricatures de Mahomet qui ont suscité controverse et violences dans le monde entier ces dernières semaines.Publiées pour la première fois dans les pages du quotidien danois Jyllands-Posten en septembre, ces caricatures ont été dénoncées par des musulmans pour avoir dépeint Mahomet en terroriste.Certaines manifestations dans le monde islamique ont tourné à la violence et ont coûté la vie à au moins 45 personnes.Dans l'une des caricatures, Mahomet porte un turban en forme de bombe surmontée d'une mèche.Les musulmans jugent blasphématoire toute représentation physique du prophète.Les caricatures ont été publiées dans d'autres pays depuis leur apparition initiale dans le quotidien danois, mais les protestataires continuent de viser le Danemark.Certains s'en sont pris aux ambassades danoises dans des pays musulmans, brûlant le drapeau danois et appelant au boycottage des produits exportés par le Danemark.« Certains d'entre nous ne resterons pas là à ne rien faire tandis qu'un principe fondamental de toute société libre est menacé violemment et de façon insensée », a lancé Daniel Dale, l'un des organisateurs de la manifestation, en présence de 100 à 150 personnes.EN BREF Harper poursuivi par son ex-cuisinier Stephen Harper est poursuivi en justice par son ancien cuisinier, qui affirme que le premier ministre fédéral ne l'a jamais payé pour des services de garde d'enfant, pour avoir lavé la voiture familiale et pour avoir enterré la dépouille de l'un des chats de Mme Harper.Employé à Stornoway \u2014la résidence officielle du chef de l'opposition\u2014 pendant plus de quatre ans, Henrik Lundsgaard tente d'obtenir une indemnité de 250 000$ pour salaire perdu, traumatisme et atteinte à sa réputation.M.Lundsgaard prétend que M.Harper et son épouse, Laureen, lui ont laissé croire qu'il deviendrait cuisinier en chef au 24, promenade Sussex, la demeure du premier ministre, si jamais les conservateurs prenaient le pouvoir.Il a toutefois reçu une lettre de congédiement, le 23 janvier, jour de la victoire électorale de M.Harper.d'après PC Synagogue incendiée Un incendie a éclaté vers 18 h 45 vendredi à l'intérieur de la synagogue Merkaz, à l'intersection des rues Van Horne et Légaré, dans le quartier Côte-des-Neiges.Une quinzaine de personnes se trouvaient à l'intérieur.À l'arrivée des pompiers, les flammes s'étaient déjà propagées au deuxième étage.Deux hommes âgés de 50 et de 70 ans, emprisonnés à l'étage, ont dû sauter pour échapper aux flammes et se sont blessés grièvement.Cette synagogue a été la cible de vandales à trois reprises au cours du dernier mois mais, selon les pompiers, le sinistre serait dû à une défectuosité électrique.Raymond Gervais CETTE SEMAINE VOUS PROPOSE.Radio-Canada RDI 22H LE TÉLÉJOURNAL/ L E POI N T LUNDI 18H30 L ' H EU RE D ES COMP T E S TOUTE LA SEMAINE 9H L ES CHAN SONS D E S O P H I E LUNDI 20H «LES PAUVRES , UN MAR C H É R E N TA BL E » EN LIGNE À www.radio-canada.ca/ paralympiques L ES JEUX PARALYMPI QUES DE TUR I N Quatre ans après le départ des Talibans, Céline Galipeau retourne en Afghanistan pour voir si la vie des habitants a changé.Des reportages exclusifs jusqu'au 19 mars.Aux Grands Reportages : les pauvres ont toujours besoin d'argent.Aux États-Unis, certains l'ont compris et ont créé un système abusif qui les appauvrit davantage.Jusqu'au 19 mars, tout sur la délégation canadienne aux Jeux paralympiques : nouvelles et résultats, fiches d'athlètes, photos des diverses compétitions\u2026 Michael Wilson est le nouvel ambassadeur du Canada à Washington.L'équipe de Jean Racine passe en revue les défis commerciaux auxquels il devra faire face.À Paris, dans le cadre de la Semaine de la Francophonie, Sophie Durocher rencontre les Aufray, Duteil, Fugain qui parlent de leurs chansons «coup de coeur».POUR TOUS LES DÉTAILS CONCERNANT L'ENSEMBLE DE LA PROGRAMMATION DE RADIO-CANADA, CONSULTEZ NOTRE SITE AU WWW.RADIO-CANADA.CA 3387896A . Ons'occupedevous 10 grands magasins braultetmartineau.com nn ee VV ttee s u e h rree HEURES D'OUVERTURE: Lundi au vendredi 9h à 21h Samedi 9h à 17h Dimanche 10h à 17 h Desjardins partenaire officiel de Brault & Martineau Prix en vigueur jusqu'au dimanche 12 mars 2006.Quantités limitées sur certains articles.Achat minimum requis de 299$ avant taxes pour les appareils électroniques et de 499$ avant taxes pour les meubles, matelas, accessoires de décoration et électroménagers.Ne payez que les taxes de vente au moment de l'achat.Sujet à l'approbation du crédit.Le montant de votre achat sera réparti en 50 versements égaux, sans frais ni intérêt, débutant le mois suivant votre achat.Valable pour les produits en inventaire seulement.Non valable aux Centres de liquidation (C.D.L.).Détails en magasin.\u2020Marques et modèles sélectionnés.BROSSARD Tél.: (450) 619-6777 9500, boul.Taschereau (coin boul.Rivard) GATINEAU Tél.: (819) 561-5007 1 877 755-2555 500, boul.de la Gappe (face aux Prom.de l'Outaouais) KIRKLAND Tél.: (514) 697-9228 16 975, route Transcanadienne (sortie 50 de la Transcanadienne) LASALLE Tél.: (514) 364-6110 7272, boul.Newman (près du Carrefour Angrignon) LAVAL Tél.: (450) 682-2516 500, boul.Le Corbusier (coin boul.de la Concorde) REPENTIGNY Tél.: (450) 470-0815 145, rue de Lafayette (près du boul.Brien) ROCK FOREST Tél.: (819) 562-4242 1 800 267-4240 4275, boul.Bourque (coin rue Grégoire) SAINT-HUBERT Tél.: (450) 676-1911 1351, boul.des Promenades (près des Prom.St-Bruno) SAINT-LÉONARD Tél.: (514) 254-9455 6700, rue Jean-Talon Est (près des Galeries d'Anjou) SAINTE-THÉRÈSE Tél.: (450) 430-0555 125, boul.Desjardins Est (coin boul.Curé-Labelle) Livraison gratuite 7 jours sur 7 dans un rayon de 200 km Détails en magasin Mobilier de salle à manger de style contemporain en placage de chêne 107 x 157cm (42 x 62po) et rallonge de 46cm (18 po) incluse Livraison gratuite Téléviseur au plasma de 42po Résolution 852 x 480, filtre à peigne numérique 3D, rapport de 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« Junior » Gotti, fils du célèbre parrain du clan Gambino, s'est également retrouvé en cour fédérale cette semaine.Au même moment se mettait en branle le procès de deux anciens détectives de New York, Louis Eppolito et Stephen Caracappa, accusés d'avoir commis huit meurtres pour le compte du clan Lucchese.Qui a besoin de Tony Soprano, dont le clan fictif reprend du service ce soir à la chaîne HBO ?On serait tenté de répondre : pas New York, où la réalité dépasse souvent la fiction.Mais la fascination locale semble inépuisable pour les histoires de mafiosi.Les New-Yorkais passeront ainsi du feuilleton de la famille Gotti à celui de la famille Soprano.Reste à déterminer lequel est supérieur.Celui des Gotti a déjà produit des moments mémorables.L'un deux est survenu il y a deux semaines lorsqu'un témoin a révélé que John Gotti père avait eu une fille avec une de ses maîtresses, qui vit à Staten Island, l'un des arrondissements de New York.Gotti père, soit dit en passant, est décédé en prison en 2002, 10 ans après sa condamnation à perpétuité.Or, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire cheese, les paparazzis ont foncé sur Staten Island pour photographier l'enfant « illégitime » du parrain, aujourd'hui âgée de 19 ans.La photo de l'étudiante en dentisterie s'est retrouvée à la une des tabloïds.« Je me sens mal pour ma fille », a déclaré la mère, Shannon Connelly, à la presse new-yorkaise.« Nous sommes en 2006.Nous voulons passer à autre chose.» L'épisode a suscité une réaction inattendue chez les femmes du clan Gotti.Au lieu de se terrer dans leur maison respective, elles \u2014 la veuve, ses filles et une de ses petites-filles\u2014 sont allées assister au procès de Junior, comme pour défendre l'intégrité de Gotti père.Du jamais vu dans les annales de la mafia, où les femmes ont toujours été invisibles.Âgé de 42 ans, père de cinq enfants, Junior Gotti était accusé d'être le nouveau parrain du clan Gambino.À ce titre, il aurait notamment ordonné l'agression de Curtis Sliwa, fondateur des Guardian Angels, un groupe voué à la défense de la sécurité des personnes.En 1992, Sliwa a reçu trois balles, représailles présumées pour ses critiques à la radio contre Gotti père.Atteint aux jambes et à l'abdomen, il s'en était sorti et avait immédiatement accusé Junior.Sliwa est toujours le coanimateur d'une émission matinale à la radio new-yorkaise.Fait remarquable, son partenaire, Ron Kuby, avocat et défenseur des droits civiques, a été appelé à la barre par l'avocat de Gotti fils.Il a été interrogé sur une conversation qu'il a eue en 1999 avec l'héritier du clan Gambino.À l'époque, Junior venait de plaider coupable de divers crimes, pour lesquels il a passé six ans en prison.« Il m'a dit qu'il en avait assez de cette vie, a rappelé Kuby.Il voulait en finir.» Selon l'avocat de Gotti, ce témoignage prouve que Junior a bel et bien renoncé, il y a près de huit ans, au trône des Gambino et à la vie mafieuse.Vrai ou faux, cet argument a joué un rôle déterminant dans l'annulation du procès, vendredi.Après moins de deux jours de délibérations, le jury a transmis une note au juge dans laquelle il disait être dans une impasse totale.Le gouvernement a demandé aussitôt un nouveau procès.En sortant de la cour, vendredi, Sliwa a déclaré que le témoignage de Kuby lui avait fait plus mal encore que l'agression dont il a été victime en 1992.Les deux hommes devraient avoir des retrouvailles intéressantes à la radio, demain matin.EN BREF SUITE DE LA UNE L'heure de lamafia Vache folle aux États-Unis?Les services vétérinaires américains enquêtent sur un possible cas de maladie de la vache folle, a déclaré hier un haut responsable de ces services du ministère de l'Agriculture (USDA), John Clifford.Selon ce responsable, une analyse effectuée dans le cadre du programme de surveillance de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle), a donné des résultats douteux.Les résultats définitifs seront publiés dans quatre à cinq jours.L'animal suspect n'est entré ni dans la chaîne alimentaire humaine ni dans la chaîne alimentaire animale.Agence France-Presse Deux incendies font 15 morts aux États-Unis Deux incendies ont fait 15 morts, dont 10 enfants, hier, dans deux États américains, ont annoncé les autorités locales.Dans l'est du Tennessee, un feu a tué hier matin neuf membres de la même famille, dont six enfants, selon le shérif Mike Neal, du comté de Rhea.Le sinistre apparaît accidentel.Le second incendie s'est produit dans l'Indiana.Le feu a apparemment pris dans un poêle à bois et a tué un couple et ses quatre enfants, selon le sergent Jeff Franklin, de la police de l'État.Associated Press Perquisition chez un millionnaire canadien La police judiciaire du Costa Rica a perquisitionné vendredi à la propriété du millionnaire canadien Calvin Ayre, patron d'une société de paris sportifs en ligne.Elle a saisi des documents, des ordinateurs et des armes.PDG du site Bodog.com, M.Ayre, classé par la revue américaine Forbes au 746e rang des personnes les plus riches de la planète, fait l'objet d'une enquête pour des violations de la loi sur les jeux.Selon la presse locale, son entreprise constitue l'une des principales du secteur au Costa Rica, avec un million de paris par an et des bénéfices d'environ 200 millions $ en 2005.Agence France-Presse Déserteur canadien arrêté Un Canadien d'origine américaine a été arrêté à la frontière entre les deux pays pour avoir déserté l'armée américaine durant la guerre du Vietnam, a annoncé hier la Campagne d'appui aux objecteurs de conscience.Allen Abney est arrivé au Canada avec sa famille en 1959 à l'âge de 10 ans.Il s'est enrôlé dans le corps des Marines américains en 1968, mais il a déserté quelques mois plus tard et est rentré dans son pays d'adoption.« Nous ferons tout ce que nous pouvons pour l'aider à retrouver sa liberté », a déclaré Lee Zaslofsky, coordonnateur de la Campagne d'appui aux objecteurs de conscience.Allen Abney vivait en Colombie-Britannique et franchissait souvent la frontière américaine pour se rendre en Idaho y faire des courses.Agence France-Presse TOUS LES MATELAS PEUVENT ÊTRE ACHETÉS SÉPARÉMENT Un seul numéro pour appeler la succursale la plus près 1-877-266-4387 MATELAS SUR MESURE AUSSI DISPONIBLES Matelas, têtes et pieds de lits Jusqu'à 70% de rabais Plateau régulier 429$ NOUS PAYONS LES DEUX TAXES Posture Deluxe Euro plateau coussin Plateau coussin 579$ NOUS PAYONS LES DEUX TAXES Matelas grand lit 949$ NOUS PAYONS LES DEUX TAXES Ensembles formats simple, double et très grand également disponibles JUSQU'À 36 MOIS PAIEMENTS ÉGAUX Sans intérêt NOUS PAYONS LES 2 TAXES + plan de financement Aucun dépôt Aucun intérêt Option1 Option 2 MATELAS LIQUIDATION Ortho F-110 À ressorts Serta Serta Mat Tech Mat Tech Serta Sealy Euro Ferme Écono Ferme moelleux Extra ferme Plateau coussin Maxi-ferme P.coussin Simple 119$ 129$ 169$ 189$ 239$ 289$ 329$ 389$ 449$ Double 149$ 159$ 199$ 239$ 329$ 359$ 399$ 469$ 529$ 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(Offre non applicable aux enfants de 6 à 12 ans) Présentez ce bon-rabais aux guichets du Palais des Congrès de Montréal.Ce bon-rabais ne peut être jumelé à d'autres promotions et n'a aucune valeur marchande.Un seul bon-rabais par personne.Aucune reproduction ne sera acceptée.de rabais COUPS sont dans Vosmeilleurs NOS ALLÉES PALAIS DES CONGRÈS 17\u203a18\u203a19 MARS 2006 3383757A .Abonnez-vous au site de nouvelles financières et économiques le plus consulté au Québec.C'EST GRATUIT SUITE DE LA UNE MILOSEVIC suite de la page A1 « Je regrette profondément ce qui est arrivé pour tous les témoins, tous les survivants et toutes les victimes qui attendaient justice », a déclaré la procureure du TPI, Carla Del Ponte.« Nous attendons le résultat de l'autopsie pour connaître la cause de la mort.Nous y verrons plus clair dans les jours à venir », a-t-elle ajouté.Le TPI jugeait l'ancien président yougoslave pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.Il espérait boucler le procès au milieu de 2006.Alors que Belgrade exigeait rapidement « un rapport détaillé », un conseiller juridique de M.Milosevic, Zdenko Tomanovic, a affirmé hier soir que son client lui avait déclaré avant sa mort qu'on avait tenté de l'empoisonner.Il a demandé que l'autopsie soit effectuée à Moscou.« Une autopsie complète et un examen toxicologique ont été ordonnés » à La Haye, a cependant indiqué le TPI.Le corps a été transporté en fin de journée à l'institut médico-légal néerlandais à la Haye, selon l'agence néerlandaise ANP.Le médecin-chef du Conseil national (serbe) de coopération avec le TPI pourra assister à l'autopsie, qui doit commencer ce matin, a déclaré le Tribunal.Accusé par le frère de M.Milosevic à Moscou, par son ancien parti à Belgrade et par de simples citoyens serbes, le TPI a assuré n'avoir « rien à se reprocher ».« Le TPI prend le plus grand soin de ses accusés, et de celui-ci en particulier », a assuré un porteparole, Christian Chartier.Le Tribunal n'en est pas moins sur la sellette avec la mort d'un quatrième de ses détenus.Lundi, l'ex-chef des Serbes de Croatie, Milan Babic, s'est suicidé, tout comme un autre Serbe de Croatie, Slavko Dokmanovic, en juin 1998.En août de la même année, un Serbe de Bosnie, Milan Kovacevic, est mort de mort naturelle.L'ancien homme fort de Belgrade souffrait notamment de troubles cardiovasculaires.« Il n'y a pas de signe qu'il se soit suicidé », a souligné un porte-parole du TPI.Steven Kaye, l'un de ses avocats, a indiqué à la BBC que son client l'avait assuré « il y a quelques semaines qu'il n'avait aucune intention de mettre fin à ses jours ».Le tribunal pour l'ex-Yougoslavie avait rejeté fin février une demande de mise en liberté provisoire déposée par les avocats de M.Milosevic, désireux de se faire soigner en Russie.Moscou a dit regretter cette décision hier.Le procès de M.Milosevic avait été plusieurs fois suspendu pour raisons de santé depuis son début, le 12 février 2002.Slobodan Milosevic répondait de plus de 60 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour son rôle dans les guerres en Croatie (1991-1995), en Bosnie (1992-1995) et au Kosovo (1998-1999).Il était aussi accusé de génocide pour sa responsabilité dans le massacre de quelque 8000 garçons et hommes musulmans réfugiés dans l'enclave de Srebrenica, en 1995.Aussitôt sa mort connue, des mère et veuves des musulmans massacrés à Srebrenica ont affirmé regretter qu'il échappe à une condamnation.« C'est dommage, il ne sera jamais condamné et nous n'entendrons pas le verdict », a déclaré Hajra Catic, présidente d'une association de femmes de Srebrenica.« Cependant, il semble que Dieu l'ait puni », a ajouté Mme Catic.De nombreux dirigeants internationaux ont eux aussi regretté que M.Milosevic soit mort avant de connaître le verdict de la justice internationale.Ils ont aussi souhaité que sa disparition aide la Serbie et les Balkans à tourner la page d'années de conflits et de divisions.Slobodan Milosevic, né à Pozarevac (est de la Serbie) le 20 août 1941, a gravi peu à peu les échelons de la nomenklatura pour accéder en 1986 au poste de président du parti communiste de Serbie.Profitant de l'affaiblissement du pouvoir fédéral, il a entamé une véritable croisade en faveur de l'union de tous les Serbes, jusqu'à devenir président de Serbie en 1990.Bien que largement considéré en Occident comme le principal responsable des guerres qui ont suivi le démantèlement de la Yougoslavie en 1991-1992, il s'est retrouvé en 1995 l'unique interlocuteur, côté serbe, capable de négocier l'accord de paix de Dayton (États-Unis).Mais, à l'intérieur, son hostilité à la démocratisation a fait naître une opposition grandissante.Il a troqué en juillet 1997 son poste de président de la Serbie contre celui de président de la République fédérale de Yougoslavie (RFY\u2014Serbie et Monténégro).Sa politique de répression sanglante au Kosovo a entraîné en mars 1999 l'intervention des forces aériennes de l'OTAN en RFY.Il a été chassé du pouvoir par un soulèvement populaire le 5 octobre 2000, et a été arrêté le 1er avril 2001.Sa mort porte un coup majeur au TPI, car ce procès-fleuve était au centre de presque toutes les autres affaires.Milosevic trouvé mort dans sa cellule PHOTOMIKICA PETROVIC, ARCHIVES AP Sur cette photo prise le 23 juillet 1997, Slobodan Milosevic, alors devenu président de la République fédérale de Yougoslavie, est accompagné de sa femme, Mirjana Markivic, de sa fille Marija et de son fils Marko.Ils s'appellent Ève, Édouard, Sandrine, ils sont âgés de quelques jours à deux ans.Ils sont enjoués, en santé et plein de vie mais ils se retrouvent dans l'impossibilité temporaire de vivre dans leur milieu familial.Nous aidons leur mère et leur père dans l'espoir que leur capacité parentale leur permettra un jour d'assumer la croissance de leur enfant.Durant l'année qui vient, ces petits ont besoin de mamans et de papas substituts en mesure de leur offrir un milieu chaleureux, aimant et stimulant.Les parents d'accueil que nous recherchons devront avoir l'énergie et la disponibilité pour les accompagner dans leurs besoins quotidiens et aussi dans les rencontres avec les services médicaux.Si vous habitez sur l'Île de Montréal et que vous avez la disponibilité pour accueillir temporairement un de ces enfants, communiquez avec madame Denyse Guay au (514) 385-2318 UN TOIT POUR MOI BÉBÉ, 0 -2 ANS 3375091A ESTIMATION GRATUITE sur place ou à domicile, apportez une photo! REMBOURRAGES IOLA SPÉCIAL AINÉS RESTAURATION DE VOS MEUBLES 5816, Charleroi, Montréal-Nord (514) 253-1400 remjiola@qc.aira.com Lun.au ven.8 h à 17 h et sur rendez-vous « Le réveil d'une personne d'Abord enrichit le printemps » Journée provinciale de MPDA'Q 17 mars 2006 Veux-tu connaître les activités de cette journée?Connaître des personnes comme toi?Recevoir de l'information et promouvoir tes droits.Contacte la Fédération des Mouvements Personne d'Abord du Québec, organisme de promotion et de défense des droits par et pour les personnes vivant avec une « déficience intellectuelle » au (514) 723-7507.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.1 Lexus RX 400h hybride chaque jour du 1er au 30 mars 2006 (non décomposable) 1 Lexus hybride 2006 (ou 75 000 $) Tirage du 2006-03-11 212B611 2006-03-01 556A058 2006-03-05 157B679 2006-03-02 390B709 2006-03-06 607B806 2006-03-09 566B166 2006-03-03 309B523 2006-03-07 357A645 2006-03-10 237A695 2006-03-04 593B786 2006-03-08 550B528 Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du Tirage du Tirage du Tirage du NUMÉRO Tirage du NUMÉRO Tirage du Ventes totales : Prochain gros lot (appr.) : Tirage du Complémentaire : GAGNANTS LOTS 2006-03-11 2006-03-11 2006-03-11 2006-03-11 2006-03-11 2006-03-10 2006-03-10 Participation gratuite 7/7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 12 756 046 $ 5 000 000,00 $ 29 381,00 $ 1 958,70 $ 102,30 $ 10,00 $ 10,00 $ Complémentaire: Complémentaire: 10 000 000 $ 2006-03-11 08 FÉVRIER 66 SAGITTAIRE Tirage du Jour - Mois - Année - Signe PARIEZ SUR LE HOCKEY ! DEMANDEZ LE PROGRAMME 1 OU 6.ENGAGEMENTS CIRCUITS L'ITALIE 3479$ 16 JOURS / 25 REPAS DÉPART GARANTI 13 MAI AU COEUR DE LA RUSSIE 4169$ 14 JOURS / 35 REPAS NOUVEAU GARANTI 17 MAI PORTUGAL ST-JACQUES COMPOSTELLE 2839$ 14 JOURS / 22 REPAS DÉPART 14 MAI RUSSIE PAR SES FLEUVES 14 JOURS / 35 REPAS 3349$ CABINE PONT PRINCIPAL DÉPART GARANTI 8 MAI PRIX CHOC! MOSCOU À LA MER BALTIQUE 13 JOURS / 32 REPAS 3639$ CABINE PONT PRINCIPAL DÉPART GARANTI 5 JUILLET AUTRES DÉPARTS GARANTIS 26 AAOOÛÛTT TOOURRNNÉÉEE ALPINNEE 4009$ 16 JOOURRS / 26 RREEPAS 02 SSEEPPTT MAGGIEE BRRITTANNNNIQQUEE 4409$ 16 JOOURRS / 23 RREEPAS 05 SSEEPPTT GRRÈÈCCEE ANNTTIQQUEE 3639$ 17 JOOURRS / 32 RREEPAS 09 SSEEPPTT PARRIS DÉÉCCOOUVVEERRTTEE 2339$ 9 JOOURRS / 11 RREEPAS 14 SSEEPPTT EURROOPEE DDEE L'ESTT 4569$ 17 JOOURRS / 22 RREEPAS 16 SSEEPPTT DOOUCCEEURRS DDEE FRRANNCCEE 4339$ / 20 RREEPAS Maximum de 35 personnes Groupe accompagné de Montréal Guide Européen diplômé Tarifs compétitifs Compagnies aériennes régulières Pas ou très peu d'excursions facultatives Hébergement en hôtels de catégories supérieure et intermédiaire Exclusivement chez votre agent de voyages Exotik Tours est récipiendaire du trophée Partenaire de l'année Prix par pers., occ.double, toutes taxes comprises.Tarifs Super Réservez-Tôt (rés.avant 25 mars 2006).Réductions comprises.Les prix n'incluent pas la contribution des clients au Fond d'indemnisation des clients des agents de voyages de 3.50$ par 1000$.Détenteur d'un permis du Québec.EUROPE CIRCUITS RUSSIE CROISIÈRES FLUVIALES www.exotiktours.com 3389143A Philippe Kirsch réélu président de la CPI CÉLÉBRITÉS.FÉLICITATIONS À MADELEINE TAILLEFER ET ANDRÉ BÉLAIR Pour leur 60e anniversaire de mariage (16 mars 1946) Mille bisous ! Le « clan » Bélair tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celeb_060312 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER ?AGENCE FRANCE-PRESSE LA HAYE \u2014 Le Canadien Philippe Kirsch a été réélu à la présidence de la Cour pénale internationale (CPI) pour un nouveau mandat de trois ans, a-t-on appris hier.« Au cours de leur session plénière, les juges de la CPI ont élu hier à la majorité absolue le juge Philippe Kirsch pour un terme de trois ans », a annoncé la Cour.La Cour pénale internationale, qui siège à La Haye (Pays-Bas), a été créée par l'adoption du Statut de Rome, le 17 juillet 1998.Il s'agit du premier tribunal international permanent, chargé de juger les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le crime de génocide.En octobre 2005, la CPI a émis ses premiers mandats d'arrêt contre cinq responsables de la rébellion ougandaise, l'Armée de résistance du seigneur (LRA), accusés de crimes contre l'humanité et de crimes de guerres commis depuis juillet 2002. Slobodan Milosevic: le grand perdant AGNÈS GRUDA Nous sommes à La Haye, au premier jour du procès de Slobodan Milosevic \u2014 le premier chef d'État jamais jugé par un tribunal international.En ce matin de février 2002, les procureurs du Tribunal international pénal pour l'ex-Yougoslavie se relaient pour tracer le portrait d'un dictateur sans scrupules qui, de la Slovénie au Kosovo, en passant par la Croatie et la Bosnie, a entraîné son peuple dans quatre guerres fratricides.« Tout, chez l'accusé Milosevic, est un instrument au service de sa quête de pouvoir », tranche la procureure générale, Carla del Ponte.Derrière la vitre qui l'isole des dizaines de journalistes venus assister à ce procès historique, l'accusé affiche un air placide.Vêtu d'un complet sombre, d'une chemise bleue et d'une cravate à rayures, il prend parfois quelques notes, avant de reposer son crayon et de jeter devant lui un regard vide.Puis les procureurs font jouer la bande vidéo d'un discours qu'il a prononcé 14 ans plus tôt dans une petite bourgade du Kosovo, face à un public en délire.Devant ces images, le visage de Slobodan Milosevic s'illumine tout à coup d'un large sourire.Comme on sourit quand on pense à nos plus beaux souvenirs.Les plus belles années En cette journée de printemps en 1987, Slobodan Milosevic amorce les plus belles années de sa vie.À l'époque, il n'est encore qu'un terne bureaucrate du Parti communiste yougoslave.La Yougoslavie constitue encore une fédération de six républiques, l'un des pays les moins répressifs derrière le rideau de fer.Et Le Kosovo n'est qu'une région pauvre et méconnue du sud de la Serbie, habitée principalement par des Albanais.C'est ce jour-là, le 24 avril 1987, que tout bascule.Et que Slobodan Milosevic se construit le tremplin qui va le projeter vers le pouvoir.« Personne n'a le droit de frapper notre peuple, plus jamais on ne vous frappera », martèle-t-il du haut d'un balcon devant 15 000 manifestants agressifs, issus de la minorité serbe du Kosovo.Ce jour-là, les Serbes ont célébré la « grand-messe » de leur nationalisme, selon les mots de Peter Leuprecht, juriste montréalais qui a suivi de près la désagrégation de la Yougoslavie.Et la grand-messe avait son prêtre : Slobodan Milosevic.Pour « l'accusé Milosevic », les images de Kosovo Polje évoquent ses premiers jours de gloire.Pour les procureurs de La Haye, et pour une majorité de ceux qui ont survécu aux guerres des Balkans, elles constituent plutôt le premier signe annonciateur de l'enfer.Un enfant triste Au départ, rien ne prédisposait Slobodan Milosevic à devenir un grand tribun.À l'époque où il lance ses phrases incendiaires, il a 45 ans et tente, tant bien que mal, de grimper les échelons de la nomenklatura communiste, où on l'affuble d'un surnom plutôt condescendant : « le petit Sloba ».Pas de quoi enflammer les foules.Quand il était vraiment petit, « Sloba» a vécu une enfance triste et solitaire.Né en 1941 dans la petite ville serbe de Pozarevac, il était un enfant taciturne qui détestait l'activité physique.Au moment où les garçons de son âge jouent au ballon, il préfère s'enfermer pour lire les oeuvres de Lénine.Premier de classe, il inspire les moqueries, c'est le nerd par excellence.Son enfance est surtout marquée par la santé mentale fragile de son père \u2014 un prêtre orthodoxe en guerre contre le monde entier.Cet homme étrange prêche parfois devant des rangées de stèles qui ressemblent à des hommes en marche.Et c'est devant ce public de pierre qu'il se tire un jour une balle dans la tête, alors que son fils Slobodan est âgé de 21 ans.Sa mère se suicidera quelques années plus tard.Un événement viendra éclairer cet univers sombre : sa rencontre avec Mira Markovic, avec qui il vivra une relation fusionnelle et qui le poussera à voler vers le pouvoir.Sa piste de décollage : le nationalisme serbe.« Slobodan Milosevic a utilisé le nationalisme pour remplacer l'idéologie communiste », dit Reneo Lukic, professeur au département d'histoire de l'Université Laval et auteur de L'Agonie yougoslave.Après le discours de Kosovo Polje, Slobodan Milosevic est devenu un nouvel homme, selon Florence Hartmann, auteure d'une biographie de l'ancien maître des Balkans.« Ceux qui le côtoyaient observèrent alors chez lui un véritable changement psychologique », écritelle dans son livre.Gonflé à bloc par ce nouvel élan, Milosevic accède à la présidence serbe en 1989, puis à la présidence de la fédération yougoslave.Il adopte une série de mesures pour asseoir le pouvoir central à Belgrade.En 1991, la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance.Et l'armée yougoslave vole soi-disant au secours des minorités serbes en Croatie, puis en Bosnie, puis au Kosovo.« Plus jamais on ne vous frappera », scande régulièrement le grand leader de cet empire enmiettes.Slobodan Milosevic finira par perdre toutes ses guerres.En octobre 2000, il est évincé du pouvoir de la République fédérale yougoslave \u2014 qui n'est plus composée que de la Serbie et du Monténégro.Et en mars 2001, il est arrêté à Belgrade.Toujours populaire Pendant quatre ans, Slobodan Milosevic s'est défendu seul, sans avocat, des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide pour le rôle qu'il a joué dans trois conflits : en Croatie, en Bosnie et au Kosovo.Méthodique, il arrivait au tribunal avec sa mallette, prenait des notes et contre-interrogeait impitoyablement les témoins de l'accusation.Arrogant, il se plaisait à défier le tribunal.Au début du procès, il refusait de mettre les écouteurs pour entendre les témoignages.Il a fallu installer des haut-parleurs dans la salle d'audience, et il s'amusait à demander qu'on monte le volume \u2014 ce qui dérangeait tout le monde.Avec le temps, les médias ont fini par bouder cet interminable procès.Mais Slobodan Milosevic jouait son rôle de héros pour un autre public : son peuple.Rediffusées à Belgrade, ses prestations devant le tribunal de La Haye lui ont valu de rester vivant dans le paysage politique yougoslave.C'est en bonne partie grâce à ce procès inachevé que Slobodan Milosevic, l'homme qui a perdu toutes ses batailles, continue à exercer un ascendant sur son peuple, estime Reneo Lukic.«Ce procès a prolongé son rayonnement, c'est une véritable catastrophe », juge-t-il.C'est peut-être aussi ce qui risque d'arriver avec le procès de Saddam Hussein \u2014 qui lui aussi s'amuse à défier le tribunal à Bagdad.PHOTO D'ARCHIVES, RAIMER KLOSTEIER, AP Slobodan Milosevic a traversé des moments importants, comme la défense du point de vue de son gouvernement en octobre 1995, lors de pourparlers de paix tenus à Genève.Titulaires de permis, agences de la SAQ, Comptoirs Vin en vrac, SAQ Dépôt et SAQ.com exclus.18 ans et plus.Les cartes gagnantes seront offertes les 10, 11 et 12 mars 2006 avec tout achat de 100$ et plus, jusqu'à épuisement des cartes.Règlement disponible en succursale.Aucun achat requis pour recevoir une carte gagnante mais certaines conditions s'appliquent.Achats non cumulatifs.Limite d'une carte par client, par jour.Non applicable à l'achat de chèques-cadeaux, de cartes-cadeaux et de bons-cadeaux des Connaisseurs.3388547A Pour toute l'actualité internationale, consultez notre section www.cyberpresse.ca/monde MONDE MONDE LE TOUR DU GLOBE COLOMBIE Veille de scrutin meurtrière Au moins 10 personnes (huit soldats, un policier et un civil), ont été tuées vendredi dans des attaques attribuées par les autorités à la guérilla des Forces armées révolutionaires de Colombie (FARC) avant les élections législatives d'aujourd'hui, a-t-on appris de sources officielles.Le président colombien, Alvaro Uribe, a annoncé qu'un jeune homme appartenant aux équipes d'éradication des cultures illicites de coca était mort lors de l'explosion d'une mine antipersonnelle déposée par la guérilla marxiste.d'après AFP PALESTINE Le Fatah conteste le Hamas Le mouvement Fatah, du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, a rejeté hier le programme de gouvernement du Hamas et s'est dit prêt à former le prochain cabinet si le groupe radical n'y parvenait pas.« Nous avons rejeté leur programme de gouvernement car il ne répond pas aux demandes du président Mahmoud Abbas », a déclaré à l'AFP le chef du groupe parlementaire du Fatah, Azzam al-Ahmad.« Les positions du Hamas sont restées telles quelles », a-t-il dit.« Le Hamas n'a pas présenté, lors des précédentes réunions, un programme qui permettrait de former un gouvernement de coalition ».d'après AFP MAISON-BLANCHE Coup dur pour Bush Le président américain, George W.Bush, a déclaré hier avoir été « sous le choc » quand il a appris l'arrestation d'un ancien haut conseiller, une affaire qui risque de ternir encore l'image de la Maison-Blanche et de la majorité républicaine en cette année électorale.Selon le Washington Post, Claude Allen, qui a démissionné en février de son poste de conseiller de M.Bush pour la politique intérieure, a été arrêté la semaine passée pour avoir escroqué de 5000 $ les magasins de grande distribution Target et Hecht.Il est passible de 15 ans de prison pour chacune des deux charges qui devraient être retenues contre lui.d'après AFP AFGHANISTAN Cinq tués, deux décapités Deux soldats et trois policiers, dont deux enlevés et décapités, ont été tués dans plusieurs attaques dans le sud afghan, ont indiqué hier à l'AFP les autorités afghanes.Deux policiers ont été tués et cinq blessés par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans la très instable province d'Helmand, où les attaques attribuées aux re belles talibans contre les autorités se multiplient, selon le chef de la police provinciale, Abdul Rah man Saber.Les cadavres décapités de deux policiers réservistes enlevés la veille dans un village proche de Lashkar Gah ont été trouvés hier dans la ville, a indiqué le porte-parole de la province, Moheedin Khan.d'après AFP ESPAGNE Le souvenir de la terreur Les autorités espagnoles ont rendu hier à Madrid un sobre et silencieux hommage aux victimes des attentats islamistes du 11 mars 2004 dans la capi tale espagnole, en présence du chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.Deux écoliers, une fillette algérienne et un garçon espa gnol, ont inauguré à la mi-journée une courte cé rémonie de commémoration dans le parc du Reti ro en déposant une gerbe de fleurs en mémoire des 191 victimes des pires attentats ayant jamais frappé l'Espagne.d'après AFP Bush accuse l'Iran d'attiser les violences en Irak LAURENT LOZANO AGENCE FRANCE-PRESSE WASHINGTON \u2014 Le président américain George W.Bush a accusé hier l'Iran d'attiser les violences chez son voisin irakien.M.Bush, dont la stratégie à l'approche du troisième anniversaire de l'invasion de l'Irak a encore été sapée par la récente flambée de violences, a aussi fixé pour objectif aux forces de sécurité irakiennes de contrôler davantage de territoire que la coalition d'ici à fin 2006.Mais il n'a pas pour autant ouvert de perspective claire sur le niveau des troupes américaines en Irak.Quand « un pays étranger exerce une influence contribuant à l'agitation ou toute sorte d'influence, (quand) les Iraniens essaient d'influer sur l'issue du processus politique ou sur (.) l'état de la sécurité, nous leur faisons connaître notre mécontentement », a déclaré M.Bush devant la presse, à l'issue d'une réunion de travail à la Maison Blanche.« Nous en appelons aux (pays) voisins (.) pour permettre à l'Irak de développer une démocratie, et cela vaut pour l'Iran aussi bien que pour la Syrie », at- il dit.M.Bush venait de participer à une réunion de travail avec le général Montgomery Meigs, à la tête d'un nouveau commandement chargé de combattre les « engins explosifs improvisés ».Ces engins artisanaux, actionnés par télécommande, sont devenus au cours des derniers mois la principale cause des morts de soldats américains en Irak.Selon le site du ministère de la Défense, 2308 soldats américains ont été tués en Irak depuis mars 2003.M.Bush n'a pas explicitement accusé les Iraniens de faire passer en Irak du matériel pour la confection de ces engins.Mais les Américains et les Britanniques l'ont déjà fait à plusieurs reprises.Selon M.Bush, ces engins servent à « ébranler notre volonté » et à « convaincre le peuple américain que nous ne pouvons pas gagner en Irak ».En dépit de l'embrasement qui a suivi le dynamitage d'un des hauts lieux de l'islam chiite le 22 février, M.Bush s'est déclaré «optimiste » pour l'avenir de l'Irak.Il assuré que les auteurs de cet attentat n'avaient pas réussi à créer une guerre civile : « Cela n'a pas marché.» Malgré les profondes dissensions, il a aussi dit croire que les différentes communautés irakiennes parviendraient à former un gouvernement d'unité.L'un des motifs de confiance de M.Bush est la montée en puissance des forces de sécurité irakiennes.« Notre objectif est de faire en sorte que les Irakiens contrôlent davantage de territoire que les forces de la coalition d'ici à la fin de l'année », a-t-il dit dans son adresse radiophonique hebdomadaire.M.Bush, pressé par une majorité de l'opinion américaine de diminuer le nombre de soldats en Irak ou de les retirer totalement, selon les sondages, a toujours lié l'évolution du contingent à la situation sur le terrain et à la faculté des forces irakiennes d'assumer la sécurité du pays.L'aggravation récente des violences a rendu quasiment impossible une réduction dans l'immédiat des effectifs américains, d'environ 135 000 hommes.Dans son message radiophonique, M.Bush s'est gardé d'évoquer ouvertement une évolution du contingent.M.Bush a reconnu que « la situation en Irak (restait) tendue », que l'administration «prenait très au sérieux les nouvelles d'enlèvements et d'exécutions », et que les Américains devaient se préparer à de nouveaux « sacrifices ».Il se prépare à délivrer à partir de demain une nouvelle série de discours pour convaincre des Américains de plus en plus sceptiques du bien-fondé de l'invasion de l'Irak et du maintien des troupes.« Au milieu des nouvelles d'attentats à la voiture piégée, d'enlèvements et de meurtres brutaux, je comprends que beaucoup de nos concitoyens se demandent si toute cette mission en valait la peine.Je crois fermement que notre pays se porte mieux du fait que Saddam Hussein n'est plus au pouvoir », a-t-il dit.(NDLR : la situation en Irak, la gestion de l'après-Katrina et finalement l'affaire du Dubaï Ports World ont sérieusement entamé la crédibilité du chef de la Maison- Blanche.Le Financial Times faisait état hier d'un sondage AP / Ipsos indiquant que les deux tiers du peuple états-unien pensent que leur pays est sur la mauvaise voie.Le doute rejoint aussi les républicains.) PHOTO CARLOS JULIO MARTINEZ, AFP Patrouille militaire de veille de scrutin hier en périphérie de Cali, en Colombie.Le président admet que « la situation en Irak reste tendue » et dit que les Américains doivent se préparer à de nouveaux « sacrifices ».PHOTO NATACHA PISARENKO, AP Le président du Congrès chilien, Eduardo Frei, a procédé hier à l'assermentation de la nouvelle présidente du Chili, Michelle Bachelet, première femme à se retrouver à la tête de ce pays.Trente chefs d'État pour l'intronisation de Michelle Bachelet à la tête du Chili VALPARAISO, Chili \u2014 La socialiste Michelle Bachelet a été intronisée hier présidente du Chili, devenant la première femme de l'histoire à accéder au poste de chef de l'État dans son pays, et la sixième en Amérique latine.Michelle Bachelet, 54 ans, a été investie pour un mandat de quatre ans au Congrès national (parlement) à Valparaiso, à 110 km à l'ouest de Santiago, en présence de plus de 30 chefs d'État et dirigeants d'Amérique latine, Afrique et Europe et des délégations de quelque 120 pays.La nouvelle présidente succède au socialiste Ricardo Lagos.Sa prestation de serment a été recueillie par l'ancien chef d'État démocrate-chrétien, Eduardo Frei, élu dans la matinée à la présidence du Sénat.Vêtue d'un tailleur blanc et visiblement émue, Mme Bachelet, qui a revêtu l'écharpe tricolore du chef de l'État, a été vivement applaudie par l'assistance à son arrivée dans le salon d'honneur du Congrès.Un important dispositif de sécurité comprenant plus de 3000 policiers a été déployé à l'occasion de cette investiture, couverte par plus de 1200 journalistes.Candidate de la Concertation démocratique, la coalition de centre-gauche au pouvoir depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), Mme Bachelet a été élue le 15 janvier au second tour de la présidentielle avec 53,5 % des voix.Représentant les États-Unis, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a salué un « jour fabuleux pour les femmes du monde entier ».Mme Rice a rencontré à cette occasion pour la première fois le président bolivien Evo Morales, premier amérindien élu du pays andin et ancien chef des planteurs de coca dont il réclame la dépénalisation au grand dam des États- Unis.La chef de la diplomatie américaine pourrait également croiser la bête noire de la Maison-Blanche dans la région, le président du Venezuela Hugo Chavez.Outre Mme Rice, de nombreuses délégations étrangères étaient menées par des femmes, à l'image de la ministre française de la Défense, Michèle Alliot- Marie, ou du premier ministre néo-zélandais, Helen Clark.Evo Morales a jugé sa propre présence « historique », les deux pays andins n'ayant plus de relations diplomatiques depuis 1978 en raison d'un vieux conflit frontalier.PHOTO PEDRO ARMESTRE, AFP Cérémonie du souvenir hier à Madrid. FORUM Sorry, I Don't Speak French Nous vous présentons dans cette page deux extraits du livre Sorry, I Don't Speak French, du journaliste du Toronto Star, Graham Fraser (Mc Clelland & Stewart), qui sera en librairie dans quelques jours.M.Fraser a longtemps couvert la politique québécoise et a notamment publié une histoire du Parti québécois.La traduction est de La Presse.Qu'a-t-on fait depuis 1995?Le Canada anglais semble toujours avoir une décennie de retard dans sa perception du Québec GRAHAM FRASER Il est possible de voir dans l'histoire récente de l'interaction entre les majorités linguistiques du Canada une série de quasicollisions entre satellites ayant des orbites différentes.Avec chaque quasi-collision, il y a réévaluation, recalibrage et tentative d'éviter les collisions à l'avenir.Un malaise politique a mené à la création de la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme ; l'intensification de ce malaise a mené à l'acceptation générale des recommandations de la Commission.L'élection du Parti québécois a fait taire plusieurs des objections à la politique linguistique fédérale, et le référendum de 1980 a rendu possible le rapatriement de la Constitution.La mort de l'accord du lac Meech en 1990 a accentué le sentiment d'amertume au Québec ; le reste du Canada, ayant frôlé la mort en 1995, est devenu plus anxieux.Le Canada anglais semble toujours avoir une décennie de retard dans sa perception du Québec, y voyant une province dominée par les prêtres au milieu de la Révolution tranquille, et réagissant au gouvernement du Parti québécois comme s'il avait détourné un avion.Les Canadiens anglais ont de la difficulté à comprendre l'ambiguïté de l'opinion québécoise à l'endroit du reste du Canada.Ils préfèrent n'y voir qu'une division dure entre « séparatistes » et « fédéralistes ».Mais le Québec n'est pas un monde noir et blanc : il y existe toute une gamme d'opinions changeantes, souvent contradictoires, coiffées d'une foi irrésistible en l'importance d'assurer l'essor du Québec en tant que société francophone.Toute tentative d'esquiver cette réalité, et d'englober les Canadiens francophones dans une mosaïque canadienne multicolore est exaspérante \u2014 comme le serait toute suggestion par un étranger que les Canadiens anglais ne seraient que des Américains avec un accent anglais différent.Dans les mois et les années qui ont suivi la mince victoire référendaire en 1995, le gouvernement libéral de Jean Chrétien a adopté une stratégie à deux volets.Le premier consistait en une série de concessions ou de transferts d'autorité au Québec, doublée d'un plan concentré de visibilité accrue pour les symboles fédéraux au Québec, également appelé programme de commandites.Le second volet, le Plan B, comprenait une réponse plus musclée à la position du Québec voulant que, en droit international, une simple majorité référendaire \u2014 50% plus un \u2014 soit suffisante pour permettre au Québec d'accéder à l'indépendance.Il en est résulté le renvoi à la Cour suprême et la Loi sur la clarté, qui définissait les conditions en vertu desquelles le Québec pourrait accéder à l'indépendance.Mais tout impact positif a été anéanti par les révélations au sujet de la corruption sordide et du favoritisme entourant le programme de commandites.Pas d'efforts Le plus intéressant, cependant, c'est ce qui ne s'est pas fait durant cette période.Il n'y a pas eu d'effort pour augmenter les contacts entre le reste du Canada et le Québec.Aucun programme d'études québécoises n'a été créé ailleurs au Canada dans le but de renseigner des étudiants de premier cycle sur le Québec contemporain et d'inciter de jeunes universitaires québécois à étudier et à travailler dans des universités de langue anglaise.(.) Il n'y a eu aucun effort systématique pour introduire l'équivalent d'une année de stage à l'étranger pour permettre aux étudiants d'universités de langue française et de langue anglaise de séjourner plus facilement dans une institution de l'autre langue officielle.Il n'y a eu, dans les municipalités de langue anglaise hors Québec, aucun mouvement de jumelage ou d'échanges avec des municipalités québécoises.On n'a pas tenté d'augmenter les liens entre les organisations non gouvernementales de langue anglaise et de langue française.Il n'y a eu aucun effort systématique pour faire savoir aux Québécois unilingues qu'ils peuvent être servis en français dans les parcs nationaux du Canada \u2014 et aucun effort renouvelé pour s'assurer que ça soit bien le cas.(.) Le gouvernement fédéral continue d'inscrire des cadres d'âge moyen à des programmes d'apprentissage du français.Au fil des ans, le gouvernement s'est plié en quatre pour éviter d'offenser les anglophones unilingues et a continué d'intégrer les formations en milieu de travail, aux frais de l'État.« C'est la seule compétence exigée dans la Fonction publique pour laquelle vous embauchez des gens et les formez ENSUITE à l'ouvrage.Vous voulez un ingénieur ?Vous allez chercher un ingénieur », me confiait Diana Monnet, responsable du dossier des langues officielles à l'Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique du Canada.Le Canada ne nomme pas des juges pour ensuite les inscrire à la faculté de droit.Et pourtant, depuis trois décennies, le gouvernement nomme des fonctionnaires qui doivent être capables de comprendre le pays pour faire leur boulot, puis les envoie apprendre le français.À l'inverse, l'administration publique reste le seul secteur où les universités produisent des professionnels incapables de satisfaire aux exigences de leur futur employeur.Si les écoles d'architecture produisaient des diplômés incapables de réaliser des dessins architecturaux, ou si les facultés de génie diplômaient des étudiants incapables d'utiliser un ordinateur, l'industrie interviendrait immédiatement et ferait comprendre aux universités qu'une telle situation est inacceptable.Et pourtant les écoles de journalisme produisent des diplômés incapables de comprendre le premier ministre quand il parle à ses électeurs, ou la gouverneure générale quand elle parle français.La plupart des facultés de droit, départements de science politique et programmes d'administration publique dans les universités canadiennesanglaises refilent joyeusement la formation linguistique au gouvernement fédéral \u2014 qui l'entreprend à l'âge et au stade où elle coûte le plus cher, et où elle a tendance à être le moins efficace.Le résultat, c'est qu'il y a moins de gens bilingues au Canada qu'en Grande-Bretagne \u2014 le pays de l'Europe qui possède le moins de compétences en langues secondes.(.) La plupart des facultés de droit, départements de science politiqueet programmes d'administrationpubliquedans les universités canadiennesanglaises refilent joyeusement laformation linguistiqueau gouvernement fédéral.PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE© André Laurendeau et Davidson Dunton se demandaient : « Les Canadiens de langue anglaise et de langue française peuvent-ils vivre ensemble, et veulent-ils le faire ?» Malgré l'ironie de la chose, la statue de René Lévesque, inventeur du « Beau risque », trônant devant un drapeau canadien, à New Carlisle, son village natal, ne fournit sûrement pas une réponse satisfaisante.Des efforts contre-productifs Rien ne semble indiquer que le gouvernement fédéral ait une stratégie référendaire (.) Par le passé, on a fait valoir que les Canadiens anglais devaient apprendre le français par égard pour les Québécois ou pour l'unité nationale.Mais non, bon sang, nous devons le faire pour nous-mêmes ! Apprendre une autre langue, c'est un pas vers la compréhension du reste de la planète, pas seulement du pays dans lequel nous vivons.En ne faisant pas du français un élément important de la vie au Canada, nous limitons notre capacité de communiquer avec l'ensemble du pays, et avec le reste du monde.L'idée que nous devrions d'abord apprendre le chinois est erronée ; l'un peut mener à l'autre.Au lieu d'abandonner le français, nous pouvons l'embrasser, en faire un élément à part entière de l'identité du pays et cesser de gaspiller les ressources que nous avons investies depuis 40 ans.Il est révélateur de constater que la proportion de Canadiens anglais bilingues est la plus élevée entre l'âge de 15 et 19 ans : ils passent ensuite le reste de leur vie à oublier ce qu'ils ont appris.Dans la décennie qui a suivi le référendum de 1995, nombre d'efforts visant à rapprocher les Québécois et le reste du pays, et notamment le programme de commandites, se sont avérés contre- productifs.La controverse entourant la nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale, à l'été 2005, illustre une fois de plus le fossé entre le Canada anglais et le Canada français.Mme Jean ainsi que ses antécédents étaient d'abord inconnus, puis déconcertants pour une grande partie du Canada hors Québec, qui avait de la difficulté à comprendre les ambiguïtés de son passé.Puis, lors de son assermentation, quand elle a affirmé que c'en était fini des deux solitudes, des chroniqueurs canadiensanglais normalement sceptiques ont applaudi et ce fut au tour des journalistes et intellectuels québécois de sourciller, et au tour des indépendantistes de l'attaquer.Dix années ont passé depuis le dernier référendum, et plusieurs réalités fondamentales qui ont ouvert la voie à cette issue amère et fractionnelle demeurent inchangées.Les sondages démontrent que l'appui à la souveraineté demeure élevé : 55% des Québécois \u2014 soit bien plus de 60% des francophones\u2014répondent qu'ils voteraient « oui » dans un prochain référendum; ils préféreraient donc un Québec indépendant.Le gouvernement Charest demeure impopulaire et le Parti québécois est bien décidé à organiser un référendum sur l'indépendance aussi vite que possible après les prochaines élections.Mais cet appui à la souveraineté comporte des ambiguïtés\u2014plusieurs Québécois voulant conserver un lien avec le reste du Canada \u2014 et ces ambiguïtés suscitent incompréhension et ressentiment chez les Canadiens du reste du pays.Rien ne semble indiquer que le gouvernement fédéral ait une stratégie référendaire, ou une stratégie à plus long terme pour établir une connexion entre l'ensemble du pays et les Québécois francophones et leur sentiment de l'avenir.Alors que se dresse la menace d'un autre référendumau Québec, la question fondamentale qu'André Laurendeau et Davidson Dunton ont si souvent posée retrouve toute sa pertinence : « Les Canadiens de langue anglaise et de langue française peuvent-ils vivre ensemble, et veulent-ils le faire ?» La question demeure actuelle, quatre décennies plus tard.La réponse déterminera si le Canada survit, et comment. FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAUX L'âge ingrat nathalie.collard@lapresse.ca NATHALIE COLLARD Les clichés à propos de l'adolescence ne manquent pas: l'image du grand gringalet boutonneux qui dort jusqu'à midi ou qui passe la journée affalé aux commandes d'un jeu vidéo ; la jeune fille pubère, les hormones collées au plafond, qui feuillette des magazines insipides et qui passe des heures à l'ordinateur à clavarder avec ses amies.Ces stéréotypes, même s'ils ne représentent pas fidèlement la réalité, sont tenaces.Il n'y a pas si longtemps que la société considère l'adolescence comme une étape significative de la vie.Auparavant, à peine sortis de l'enfance, les jeunes allaient travailler la terre ou rejoignaient leurs parents à l'atelier.Ils se mariaient jeunes et avaient de nombreux enfants.On associe l'« apparition » de l'adolescence aux phénomènes d'urbanisation et de scolarisation.Aujourd'hui, les jeunes étudient plus longtemps et quittent le nid familial beaucoup plus tard.Résultat : leur entrée dans le monde des adultes a été repoussée de quelques années.Cette période de transition correspond à des changements physiques, biologiques et psychiques importants, comme le démontre le dossier publié dans nos pages ce week-end.Des travaux de recherche en psychologie, en neuropsychologie, en biologie, etc., nous aident à mieux comprendre cette transition mouvementée qui creuse parfois un fossé entre le monde des adultes et celui des ados.On a notamment découvert que les adolescents ont une horloge biologique différente de celle de leurs parents.Non seulement ont-ils besoin de plus d'heures de sommeil mais en outre, leur période de sommeil est décalée, ce qui expliquerait pourquoi ils se couchent et se lèvent si tard.Le comportement erratique associé à l'adolescence aurait, lui aussi, une explication scientifique.Il semble que le développement plus lent du lobe frontal du cerveau rende la prise de décision et l'organisation de la pensée plus difficiles.Enfin, des recherches en imagerie médicale réalisées en 2001 par une équipe de chercheurs américains ont permis de constater que, contrairement à tout ce qui s'était écrit jusqu'ici, tout n'est pas joué avant 6 ans.Au tout début de l'adolescence, le cerveau est malléable, il peut encore se développer et il ne faut donc ménager aucun effort pour le stimuler.Ces nouvelles connaissances à propos de l'adolescence vont-elles faciliter la communication entre les parents et leurs « jeunes » ?C'est à souhaiter.Car contrairement à la croyance populaire, l'adolescence n'est pas qu'un long party perpétuel.Pour certains, c'est aussi une période de souffrance psychologique durant laquelle le soutien parental est important.En 2005, l'Organisation mondiale de la santé a signalé que, à l'échelle de la planète, 4 % des 12-17 ans et 9% des 18 ans étaient touchés par la dépression.Dans ce contexte, pas surprenant que le suicide représente la troisième cause de décès chez les jeunes dans le monde.Espérons que les recherches portant sur l'adolescence aideront les parents à mieux décoder le comportement parfois déroutant de leurs enfants.Et les jeunes à mieux se comprendre.Serge Paquette, collaboration spéciale DROITS RÉSERVÉS D'UN CANADA À L'AUTRE Un nouveau triangle Après Montréal-Ottawa- Toronto, c'est au tour du triangle Calgary- Edmonton-Vancouver demontrer les dents BRIAN LEE CROWLEY L'auteur est président de l'Atlantic Institute for Market Studies (www.aims.ca), ungroupe de réflexion sur la politique sociale et économique établià Halifax.Naguère, il n'y avait qu'un seul triangle qui comptait au Canada : Montréal-Ottawa-Toronto, où le poids politique, économique et celui de la population du pays étaient concentrés.Mais les dernières élections fédérales ont souligné l'émergence d'un nouveau triangle concurrent en pleine lancée: Calgary-Edmonton- Vancouver.Si le XXe siècle a appartenu au Canada, selon le célèbre mot de Sir Wilfrid Laurier, le XXIe appartient à l'Ouest.Au moment où l'Asie est en plein essor et où les États-Unis s'inquiètent pour leur sécurité, un boom de ressources naturelles d'une ampleur inimaginable déferle sur l'Ouest.Les vastes réserves de charbon, de gaz naturel, de pétrole conventionnel et brut de synthèse, de diamants, d'uranium, de potasse et de cuivre alimentent les conversations dans le monde.L'Alberta contient autant de pétrole que l'Arabie saoudite ; on y trouve la primauté du droit, des impôts peu élevés et une formidable éthique de travail.Les projections touchant l'énergie et liées uniquement aux projets de construction en Alberta au cours des prochaines décennies atteignent cent milliards de dollars.Fort Mc Murray, capitale des sables bitumineux, ne pousse pas assez vite, aussi faut-il construire des pistes d'atterrissage aux abords de la ville pour accueillir les travailleurs venus de l'est de la Colombie-Britannique.Pour sa part, la Colombie-Britannique possède du pétrole au large de ses côtes ainsi que du gaz naturel, du charbon, du cuivre et bien d'autres choses encore.Les Olympiques s'en viennent, ce qui alimente la croissance dans les secteurs de la construction et de l'habitation.Les immigrants suivent les occasions qui se présentent à l'Ouest.La mondialisation va contraindre l'industrie manufacturière du centre du Canada à fournir de l'emploi à moins de gens ; les travailleurs se dirigeront vers l'Ouest en plus grand nombre encore.Déjà, on a constaté au dernier recensement que le taux de croissance de la population albertaine était deux fois supérieur à celui de l'Ontario, alors qu'il était étale au Québec.Ces tendances s'accélèrent.L'Ouest a plus de députés que le Québec depuis des années.Bientôt, le poids parlementaire de la région supplantera celui de l'Ontario.Alors, pourquoi diable l'Alberta souhaite-t-il une réforme du Sénat ?Il y a 25 ans, une poussée de croissance similaire dans le domaine des ressources naturelles en Alberta avait été stoppée net par le Programme énergétique nationale (PEN), une initiative maladroite.Résultat ?Un sentiment d'aliénation et de colère qui a embrasé l'Ouest.Désespérant de pouvoir influencer les politiques des libéraux, l'Ouest s'est rallié d'abord aux conservateurs de Brian Mulroney puis, au Reform.De plus, l'Alberta a couvé des plans pour remanier la structure constitutionnelle du Canada de manière à rendre impossible l'adoption de futurs PEN.Le plus connu de ces projets est le Sénat « triple-EEE » : égal, élu, efficace.Mais ironiquement, un tel changement accorderait aujourd'hui un pouvoir supplémentaire non pas au nouvel Ouest, mais au vieil Est, la base du pouvoir déclinant du Parti libéral.Dans un Sénat EEE, par exemple, les provinces qui reçoivent des paiements de péréquation disposeraient d'une forte majorité, ce qui leur permettrait de bloquer une réforme fiscale sérieuse.Cela aurait aussi pour effet de créer une puissante institution favorisant des transferts depuis un Ouest de plus en plus riche.Un allié de taille Quoi qu'il en soit, l'Alberta et l'Ouest peuvent maintenant compter sur un allié qu'ils n'avaient pas lors de l'époque du PEN : Washington.Les Américains sont emballés à l'idée d'avoir de telles ressources énergiques à leurs portes et ils s'opposeraient énergiquement à toute po l i tique suscept ible d'étouffer leur mise en valeur.La réforme du Sénat sert principalement les intérêts des petites provinces et non pas des grandes.La Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec sont hautement sceptiques.Un Alberta bien au fait de son propre pouvoir joindrait leurs rangs.Le Québec ne veut aucune égalité avec les provinces minuscules dans un puissant organisme élu, mais il souhaite que la division fédérale-provinciale des pouvoirs soit respectée, tempérant ainsi le récent enthousiasme d'Ottawa dans ses tentatives de tâter des domaines de compétence provinciale.Cette attitude convient aussi à l'Alberta et à la Colombie-Britannique.La réforme du Sénat est une stratégie de pis-aller pour des gens qui pensent être incapables d'obtenir du pouvoir politique.L'Alberta et l'Ouest sont maintenant des gagnants politiques.En outre, si vous élisez des sénateurs sans amender la Constitution, vous conservez l'énorme déséquilibre dans le nombre des sénateurs parmi les provinces, le colossal pouvoir théorique du Sénat et la nomination à vie des sénateurs.C'est une recette idéale pour un désastre : un Sénat puissant sans beaucoup de responsabilités et sans imputabilité.L'Alberta ne devrait pas souhaiter cela et le reste du pays non plus.QU'EN PENSEZ-VOUS ?forum@lapresse.ca La chicane dans la cabane akrol@lapresse.ca ARIANE KROL Le temps des sucres, qui débute ces jours- ci, est un merveilleux prétexte pour aller à la campagne et se régaler jusqu'à l'excès.Mais dans l'industrie de l'érable, plusieurs n'ont pas le coeur à la fête, rappelle La Semaine verte dans un reportage diffusé aujourd'hui à 12h30 à la télévision de Radio- Canada.Plus de 50 millions de livres de sirop, l'équivalent d'une récolte moyenne, s'empilent dans des entrepôts en attendant de trouver preneur.Certains barils sont là depuis six ans.Dans l'espoir de ramener la situation à la normale, les acériculteurs doivent cette année encore limiter leur produc t i o n à 75 % d e l a moyenne de leurs deux meilleures années.Un contingentement qui en fait grogner plusieurs.Avons - n o u s trop de sirop d'érable ?La production, il est vrai, a beaucoup augmenté depuis les années 90.La question paraît tout de même étrange puisque près de 80 % de la récolte mondiale provient du Québec.Les acériculteurs d'ici jouissent d'une quasi-exclusivité sur ce délice haut de gamme réputé bien au-delà de nos frontières.Il faut donc plutôt se demander pourquoi nous n'arrivons pas à en vendre davantage.La Fédération des producteurs acéricoles, qui fait partie de la puissante Union des producteurs agricoles, pense régler le problème avec son agence de vente.Ce système de mise en marché créé en 2002 a le monopole du sirop en vrac.Un arrangement qui fait aussi beaucoup de mécontents.L'agence de vente n'est pourtant pas dénuée de sens.Pour la majorité des producteurs, l'acériculture est une activité complémentaire.Ils ont bien d'autres choses à faire que de négocier le prix de leur sirop.Le contrôle qu'exerce l'agence évite que certains coupent les prix au détriment des autres.La Fédération fait aussi de la promotion au Japon.Cette stratégie que les seuls transformateurs pouvaient se payer auparavant commence déjà à porter ses fruits.Cependant, le nouveau système engendre aussi des absurdités.La Semaine verte montre un producteur-transformateur qui écoule ses produits lui-même, et qui pourrait en vendre davantage si le contingentement ne l'obligeait pas à limiter sa récolte.Un industriel doit s'approvisionner à l'extérieur, car la Fédération n'a pas, dans ses immenses surplus, le sirop foncé dont il a besoin : les acériculteurs privilégient le sirop clair, payé plus cher.Il y a aussi des acériculteurs québécois qui vendent leur sirop en contrebande au N o u v e a u - Brunswick pour échapper au contingentement.Du délire pur ! La Fédération a démarré plusieurs projets pour améliorer la situation.Si les prochaines récoltes ne sont pas trop abondantes, les problèmes de surplus et de contingentement seront réglés d'ici quelques années, affirme-t-elle.Il faut espérer qu'elle ait raison, parce que d'autres défis l'attendent.On trouve dans plusieurs pays des ersatz de sirop d'érable qui nuisent à l'image du vrai produit.Il faudra trouver le moyen de contrer ces pratiques si on veut stimuler l'exportation.Et il est urgent de mettre fin à cet absurde système de classification par couleur qui occulte la caractéristique la plus importante du sirop : son goût.La création de l'agence de vente a déchiré l'industrie.Si la Fédération ne fait pas la preuve de son utilité, force sera de conclure qu'il s'agissait d'une erreur.Aumoment oùl'Asie est en pleinessor et oùles États-Unis s'inquiètent pour leur sécurité, un boomderessources naturelles d'une ampleur inimaginable déferle sur l'Ouest. «J'en ai ras le bol!» MARCEL DUGAS L'auteur résideà Montréal.Nous sommes aujourd'hui le 22 septembre 2008.C'est jour d'élections au Canada.La campagne électorale qui s'achève n'a pas été aussi longue que celle de 2005-2006, fort heureusement.En fait, cette première campagne depuis la grande réforme du mode de scrutin de 2007 a été la plus courte de l'histoire : huit jours.Lundi dernier, chaque électeur canadien a reçu une enveloppe portant le sceau du directeur général des élections.On y trouvait cinq cahiers, exposant les plates-formes des cinq grands partis en lice.Pas de slogans, pas d'attaques contre les autres formations politiques, pas de photos de politiciens tenant des enfants de toutes les couleurs par la main.Seulement les engagements, les orientations, les grands principes qui vont guider l'action des partis tels que mis en page par le DGE lui-même.Le tout accompagné de la liste des candidats dans les 308 circonscriptions du pays et le curriculum vitae de ceux et celles qui cherchent à se faire élire dans leur circonscription.Ce fut un exercice assez exigeant que de se taper la lecture de toute cette documentation.Mais il y va de la santé de notre démocratie.Et de toute manière, c'était le seul moyen dont les électeurs disposaient pour se renseigner sur le choix qu'ils s'apprêtent à faire.La nouvelle réforme a interdit toute forme de publicité électorale.Pas d'affiches criardes sur tous les poteaux, pas d'annonces mensongères dans les médias écrits ou électroniques et surtout, pas de caravanes qui sillonnent le pays dans tous les sens.En fait, les chefs n'ont eu droit qu'à deux sorties publiques durant la campagne.Mercredi, il y a eu l'entrevue des chefs.À tour de rôle, les leaders des cinq grandes formations politiques ont été mis sur le grill par quelques-uns des plus éminents journalistes du pays, en direct à la télévision.Puis jeudi, les candidats au poste de premier ministre se sont affrontés lors du grand débat.Pour le reste, rien.Pas de sondages Les opposants à la réforme craignaient que cette nouvelle façon de faire amène la campagne à « passer dans le beurre » comme on dit, mais c'est tout le contraire qui s'est produit.On a mis au défi l'électeur de se faire une opinion personnelle, au lieu de l'inonder de spins et de rhétorique partisane et les citoyens ont répondu à l'appel.Le silence médiatique entourant la campagne (la couverture a été minimale, comme il n'y avait pratiquement rien à couvrir) a créé un climat propice à une réflexion sereine sur les enjeux et les orientations de chacun.De plus, comme les citoyens n'étaient pas saturés d'information électorale, ils semblaient beaucoup plus disposés à discuter politique avec la famille, les collègues de travail, ou parfois même avec de parfaits inconnus, que par le passé.Personne ne peux prédire si le taux de participation sera plus élevé que lors des élections antérieures.Mais je crois bien que les électeurs feront un choix plus éclairé que par le passé.Sans parler du fait qu'on ne pourra pas se contenter de « voter du bon bord », car la réforme a imposé un embargo total sur les sondages, ces soi-disant coups de sondes qui forment l'opinion publique bien plus qu'ils n'en prennent le pouls, pendant les quatre semaines précédant le vote.Pas d'argent Mais peu importe ce qui se produira ce soir, la réforme aura au moins pour effet d'assainir l'exercice du pouvoir.Comme les partis politiques n'ont pas eu besoin de se constituer une caisse électorale de plusieurs millions de dollars en vue de la campagne, ils n'ont pas contracté de dettes face aux lobbyistes de tout acabit qui contribuaient à leurs trésors de guerre par le passé.Croyez-moi, il y a bien peu de Canadiens qui souhaiteraient retourner aux campagnes électorales d'autrefois.MARI E -CLAUDE CHAMPAGNE L'auteuredemeureà Saint-Hubert.J'en ai ras le bol.Ras le bol de me faire harceler au sujet de mon obésité.Ras le bol de me sentir à part des autres, moins belle, moins en santé, responsable de coûts de santé exorbitants.Ras le bol de cette société soi-disant parfaite.Dans un récent article de journal, on mentionnait que 23% des Canadiens étaient obèses en 2004.Et puis ?Qu'est-ce que ça peut faire ?Est-ce qu'on sait aussi combien sont alcooliques ?Combien ne mangent pas de pain complet ?Combien osent prendre plus de deux cafés par jour ?Non mais tant qu'à être ridicule, allons-y à fond.Écrivons les règles de la société parfaite et appliquons-les.Lapidons sur la place publique ceux qui ne sont pas parfaits, qui n'ont pas su maintenir leur poids santé.J'ai passé mon adolescence et une partie de ma vie adulte à me battre contre les images de poupée Barbie que les revues de mode me renvoyaient, pour apprendre à m'aimer et à avoir une bonne estime de moi-même, malgré mon surplus de poids.Maintenant que je suis à l'aube de la quarantaine, il apparaît que tout ce combat est à recommencer.Culpabilité Je dois à présent me battre contre un sentiment de culpabilité qu'on essaie de me faire ressentir à grands coups de statistiques.C'est de ma faute si le système de santé va si mal ! La société québécoise a fait le choix de soins de santé gratuits pour tous, alors assumons-le et arrêtons de vouloir être parfaits pour régler la mauvaise gestion du système de santé.De plus, il est peut-être temps aussi d'assumer les choix faits dans les années passées.On a mis sur pied le GTPPP (Groupe de travail provincial sur la problématique du poids).C'est quoi ça ?Un regroupement « d'obésitophobes » financés à même mes impôts.Eh ! bien je dis NON, je ne veux pas de ce genre d'organisme.Les personnes obèses n'ont pas de maladie contagieuse ou épidémique, elles sont juste plus grosses que d'autres, plus gourmandes, plus vivantes peut-être.Alors pourquoi un groupe de travail ?Avons-nous des oeillères pour ne pas voir les problèmes urgents qui sont présents pour chercher une société parfaite « physiquement» mais malade « mentalement » ?Car la pression est forte pour toute personne non parfaite aux yeux de la société.Beaucoup de stress, mauvais pour la santé ça aussi.Téléréalité Je dis ras le bol aussi « à la téléréalité » qui exploite les faiblesses des gens.Sommes- nous obligés d'imiter les États-Unis et de diffuser les Qui perd gagne ou Miss Swan ?Sommes-nous obligés de produire des émissions comme SOS beauté pour abuser encore des complexes des femmes?À quand la société telle qu'elle est et non selon les critères de quelques illuminés qui croient détenir la vérité ?Je ne veux plus être une statistique, je ne veux plus me sentir coupable et je ne veux plus qu'on attaque ce que je suis.Laissez donc les gens vivre et être heureux au lieu de nous bombarder de statistiques et de remords.Attaquons- nous aux vrais problèmes sur cette Terre.Àtitre d'auteur de la lettre primée de la semaine, Mme Champagne recevra une copie laminée de cette page.Utopie électorale?LETTREDE LA SEMAINE PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE© Marie-Claude Champagne.DIANE LESAGE L'auteure est présidentede la Coalition Corps-Accord (www.corpsaccord.com), unorganisme qui fait la promotion de lasantéàtous les poids.L'article intitulé « Maigrir sans faim » paru dans vos pages, le 27 janvier dernier, présentait un certain nombre des pistes pour une meilleure gestion de la santé et du poids.Parmi celles-ci le fait que l'on devrait manger quand on a faim et s'arrêter quand on est rassasié et qu'il n'y a pas d'aliments interdits pourvu qu'on respecte cette règle.On ne peut être contre la vertu.Je souhaite à tout le monde qui a besoin de maigrir d'y arriver le plus en douceur possible.Et pourtant ce n'est pas si simple.Nombre de personnes, surtout des femmes, en sont arrivées à dérégler leurs mécanismes de faim et de satiété par le recours à répétition à des régimes hypocaloriques.Ce n'est pas étonnant dans notre culture si obsédée par la minceur.Paradoxalement, nous vivons dans un environnement obésogène.Nous sommes constamment incités à consommer en quantité énorme des aliments à grande densité calorique.De plus, le manque généralisé de temps nous vole trop souvent les occasions d'être actifs.Résultat, de plus en plus de gens sont en situation de surpoids et d'obésité.Or, on a découvert il y a une dizaine d'années que le tissus adipeux est lui-même une glande qui a un rôle prépondérant dans le déclenchement des signaux de faim et de satiété.De fait reste-t-il beaucoup de gens dont le « pondérostat» fonctionne impeccablement dans de telles conditions puisque à 57 %, semble-t-il, nous sommes trop gros ?Personnellement, je suis passée d'une taille 22 à une taille 16.Je maintiens ce nouveau format corporel depuis plus de quatre ans par une bonne alimentation et une heure quotidienne d'activité physique.Pour ce faire, je dois en permanence «tempérer» ma faim.Il existe de mauvais aliments et je les évite.Chaque jour, j'essaie de trouver un équilibre entre besoins, renoncements et plaisirs.J'y gagne plus d'énergie et d'aisance à pratiquer les sports que j'aime.À 56 ans, je suis en forme et en pleine santé.Il me semble qu'il serait plus honnête de ne pas occulter le fait que, pour bon nombre de personnes, il y a une certaine souffrance inhérente à cette démarche de vouloir changer ses habitudes de vie, pour la vie.Les gens s'y engageraient avec plus de réalisme et cesseraient de croire aux solutions de facilité.À VOTRE TOUR «Tempérer» sa faim Si on ne peut plus se fier à la cote «G».PIERRE A.DURIVAGE J'emmène mes enfants de 6 et 9 ans au cinéma trois ou quatre fois par année pour voir des films dont la cote de censure est « G » pour général.Évidemment, les salles de cinéma veulent annoncer les films à venir, ce que je comprends et accepte.Mais comment se fait-il que les salles que nous enrichissons ont le droit de diffuser des publicités de films cotés « 13+ » ou « 18+ » pour adultes avant la diffusion d'un film « G » ?C'est tout à fait aberrant ! La semaine dernière, alors que nous allions voir Les Chevaliers du ciel (« G »), mes enfants se sont vus imposer des pubs d'une extrême violence et d'une vulgarité sans pareille au cinéma de Sainte-Adèle pour les films pour adultes La Rage de l'ange et Un dimanche à Kigali.La même chose s'est produite dans d'autres cinémas, notamment à Saint-Jérôme, dans le temps des Fêtes et c'est probablement le cas dans toutes les salles.Un film pour enfant ?Est-ce trop demander à nos gouvernements de mettre leurs culottes et d'obliger les propriétaires de salles sans scrupules à censurer les publicités en fonction des cotes de films ?Au fait, est-ce que le bureau de la censure est aussi dans le champ pour les cotes données ?Le film « Les Chevaliers du ciel (Cote « G ») que nous avons vu comportait des scènes n'appartenant pas à l'enfance : > quatre meurtres à courte distance avec fusil ; > une explosion de véhicule commandée à distance lors de laquelle le gars qui a tué la bonne femme juste avant y laisse sa peau ; > une fille qui se fait battre après avoir craché au visage d'un terroriste et qui se fait « garocher » dans la caisse du camion ; > un pilote qui se fait rouer de coup de pieds un peu partout ; > une pilote pas mal sexy merci qui commence un strip-tease, qui se frotte les seins sans qu'on les voie et qui arrêtera son numéro juste avant qu'on voie ses fesses.VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 3365539A LA PERSONNALITÉ ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Une banque qui fait de l'argent, c'est normal et souhaitable, pense-t-on.Sa rentabilité rejaillit sur tout le monde, disent les experts.Dans ce cas, le président et chef de la direction de la Banque Nationale, Réal Raymond, mérite une médaille d'or.L'assemblée annuelle, qui a eu lieu mercredi dernier, a été pour lui l'occasion de parler du principe d'équilibre qui est au coeur de sa réussite.Il l'explique ainsi: il faut mener de front le rendement aux actionnaires, l'offre de service diversifiée, le personnel mobilisé et compétent, et l'engagement dans la collectivité.Réal Raymond « La banque peut-elle être humaine ?C'est à travers ses employés qu'elle y parvient.Ils doivent être convaincus qu'ils travaillent pour le client.L'important est de contribuer, peu importe qui on est, peu importe nos moyens.» DDEE LLAA SSEEMMAAIINNEE ANNE RICHER our l'année 2005, la Banque Nationale affiche un rendement de 25,1%, mieux que les cinq autres grandes banques canadiennes au cours des cinq dernières années.C'est un coup de maître.Mais on ne peut pas obtenir untel succès si le capitaine n'a pas une vision claire de l'horizon.Et c'est à Réal Raymond que revient une grande part du mérite.Il faut rappeler qu'il a aussi été nommé, à la suite d'un sondage, PDG de l'année 2005 par La Presse.Pour cette performance qui se poursuit depuis sa nomination en mars 2002, Radio-Canada et La Presse accordent à M.Raymond le titre de Personnalité de la semaine.«Je connais bien la banque, j'en ai fait le tour», déclare-t-il.En acceptant la présidence, il savait ce qu'il voulait en faire.Il avait l'intime convictionde trouver dans l'entreprise les talents nécessaires à la réalisation de ses objectifs.«Afin de faire progresser la banque, de l'amener plus loin.» Un autre destin Dès l'âge de 12 ans, Réal Raymond était soucieux de ne pas être une charge pour ses parents et travaillait.En 1970, à 20 ans, il étudiait en administration à l'Université Laval, à Québec, et cherchait un emploi temporaire.C'est ainsi qu'il est entré à la Banque Provinciale, à la succursale du 2, rue de la Fabrique.«J'ai aimé ça tout de suite, côtoyer les clients, les employés, les investisseurs.» C'est donc avec plaisir qu'il a entrepris sa carrière.Son intelligence a fait le reste.Il est né à Saint-Donat, pays de «lacs et de montagnes», dans une famille de cinq garçons dont il est l'aîné.«Une famille de gens manuels», raconte-t-il.Son père a vu que cet enfant ne suivrait pas les traces familiales et qu'il était destiné à autre chose.Il l'a donc fait travailler sur de la machinerie lourde, en soudure, etc.«Pour bien me faire comprendre que ce n'était pas ma voie», dit-il en riant.Réal Raymond n'a jamais eu véritablement de «plande carrière».«Àcette époque, occuper un poste supérieur restait du domaine du rêve.Sans relations, sans argent de famille, je n'avais pas beaucoup d'atouts.» Alors il a exploité ses qualités.«J'ai pris des risques», reconnaît-il.Il a foncé.Et rapidement gravi les échelons.À 27 ans, il est devenu l'un des plus jeunes directeurs de succursale de la Banque Nationale.«J'avoue que ce que j'ai toujours craint le plus dans ma vie, c'est l'échec.» Un sorte de trac qui le pousse à se dépasser.Un homme engagé «C'est possible de rester le gars de Paul et de Marie, le petit Raymond du coin.» Ses origines modestes expliquent en grande partie l'équilibre de sa personnalité et sa simplicité.À 53 ans, le grand gestionnaire, rationnel, posé, décidé, exige «des contacts directs et francs de la part de ses collaborateurs».En même temps qu'il est conscient de l'importance de sa mission de PDG, il reste sensible à la condition humaine et connaît l'image mécanique et indifférente que peut donner une banque aujourd'hui.«Surtout avec les nouvelles technologies, qui effacent en grande partie les rapports humains.La banque peut-elle être humaine?C'est à travers ses employés qu'elle y parvient.Ils doivent être convaincus qu'ils travaillent pour le client.» Lui-même ne tient pas à être mis en valeur et ne se sent pas à l'aise dans une tour d'ivoire.Il essaie de rester le plus près possible de la base en visitant des succursales en région, notamment.En participant activement aux multiples campagnes de financement pour lesquelles on le sollicite.De longues heures de travail érodent l'énergie mais il fait le plein par des activités ludiques ou contemplatives: «Jeter ma ligne à pêche au bout de mon quai», dit-il en rêvant.Ou des activités intellectuelles, lire une biographie de Talleyrand, par exemple.S'intéresser aux arts en général.Apprendre à connaître les gens d'ici et d'ailleurs.Et tenter par tous les moyens de ne pas perdre le sens de la vie.«L'important est de contribuer, peu importe qui on est, peu importe nos moyens.Si on a l'impression d'aider, de faire quelque chose d'utile et de bon, on se réalise soi-même.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE LA PRESSE© "]
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