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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2006-05-19, Collections de BAnQ.

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[" LE VICAIRE DE L'OPUS DEI AU CANADA, FRÉDÉRICK DOLLAN MORILLES PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE ANDRÉE RUFFO ALIMENTATION CHAMPIGNONS DE PRINTEMPS ACTUEL PAGES 1 À 3 SOCIÉTÉ LE MYSTÈRE OPUS DEI AU CANADA PAGES A2 ET A3 NORBOURG MÊME LES MORTS ÉTAIENT MIS À CONTRIBUTION LA PRESSE AFFAIRES PAGE 1 CANNES FAMILIA ET LA NEUVAINE SUR LES ÉCRANS DE L'HEXAGONE ARTS ET SPECTACLES PAGE 3 JUSTICE Elle n'avait de juge que le titre LACHRONIQUE D'YVES BOISVERT PAGE A5 Montréal vendredi 19mai 2006 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 75¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 122e année no 206 50pages 5 cahiers ENCORE PLUS DE PROFS SANS PERMIS MARIE ALLARD Le nombre de professeurs sans permis a bondi de 817% en cinq ans, dans les écoles du Québec.En raison de la grave pénurie d'enseignants qualifiés, le ministère de l'Éducation a accordé cette année 1054 « tolérances d'engagement », qui permettent d'embaucher des gens sans formation en pédagogie.Ce nombre devrait encore gonfler, puisqu'il ne comprend pas les demandes faites en mai et en juin.Il s'agit d'une hausse de 47% par rapport à l'année dernière, jugée record avec ses 716 profs sans brevet d'enseignement.>Voir PROFS en page A18 Immigration Un handicapé et sa vieille mère expulsés PHOTO ARMAND TROTTIER' LA PRESSE © Elena Gouseva, à droite, s'effondre lorsqu'elle pense que le 31 mai prochain, sa mère, Alla, et son frère, Vladislav, devront s'envoler pour Moscou.«C'est pratiquement la peine demort pour eux» KATIA GAGNON Elena Gouseva en est bien consciente : elle demande une faveur au gouvernement du Canada.Elle lui demande d'accepter qu'une vieille dame de 70 ans, sa mère, et un monsieur de 45 ans qui joue encore avec des petits camions, son frère gravement handicapé, puissent vivre avec elle, ici, à Montréal.Tous les trois, ils attendent une réponse depuis maintenant six ans.Le 9 mai dernier, Immigration Canada a fait tomber le couperet.C'est non.Expulsion dans trois semaines pour la vieille dame, le monsieur et ses petits camions.« Comment vais-je pouvoir dire à mon fils que le Canada ne veut pas de sa grand-mère et de son oncle ?» se demande Mme Gouseva.>Voir EXPULSION en page A11 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE « Terminus ! » \u2014Le train de la juge Ruffo.SOMMAIRE Astrologie du jour Non disp.Bandes dessinées ACTUEL 6 Décès ACTUEL 10 Forum A 16 et 17 Horaire cinémas ARTS 6 et 7 Horaire télévision ARTS 4 Loteries A 12 Monde A 14 et 15 Mots croisés ACTUEL 6 Mot mystère ACTUEL 6 Mots fléchés ACTUEL 6 Observateur ACTUEL 7 Petites annonces ACTUEL 7 et AFFAIRES 4 Vins et mets ACTUEL 5 Météo Pluie en matinée.Pluie forte ensuite, maximum 15, minimum 10, plus de détails en page SPORTS 5 L-V 6 21924 98765 1 De l'eau dans le gaz à la SQ Les policiers en moyens de pression narguent leur directeur NICOLAS BÉRUBÉ En pleines négociations, les policiers de la Sûreté du Québec ont trouvé un moyen inusité pour braver la direction : ils signent le nom de leur grand pat r o n, No rmand Pr oul x , lorsqu'ils paient le plein d'essence de leur voiture de police.Ainsi, depuis plusieurs mois, des milliers de factures d'essence au nom de M.Proulx affluent au quartier général de la SQ, ce qui cause plusieurs maux de tête aux administrateurs du service de police.>Voir SQ en page A12 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © OPUS DEI UN GROUPE SECRET PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE Au Canada, l'Opus Dei compte 20 prêtres et 600 membres, dont 220 au Québec, et plus de 1500 « coopérateurs ».Sur notre photo, la chapelle de l'Opus Dei, avenue des Pins, à Montréal.LE MYSTÈRE Da Vinci Code prend d'assaut les écrans de cinéma aujourd'hui même, ici comme sur le reste de la planète.Le film, tiré du roman de Dan Brown, remet en cause les dogmes de l'Église catholique.Il présente aussi sous un éclairage plus que défavorable une institution catholique, l'Opus Dei.Ses membres y sont dépeints au mieux comme des comploteurs voulant cacher la vraie vie de Jésus, au pire comme des meurtriers sadomasochistes.Qu'en est-il exactement ?MATHIEU PERREAULT Les moeurs de l'Opus Dei placent clairement l'organisation à l'écart de l'Occident moderne.Certains de ses membres portent deux heures par jour le cilice, un anneau fait d'étoffe rêche ou hérissé de petits pics, autour de la cuisse.Une fois par semaine, ils se flagellent « doucement» avec des cordes.Leur siège social américain, avenue Lexington à New York, a deux entrées, l'une pour les femmes et l'autre pour les hommes.L'Opus Dei a été tour à tour accusée de manipuler spirituellement des mineurs et des membres fragiles, de les couper de leur famille ou de leur payer un salaire de famine pour des travaux domestiques épuisants.Au printemps 2005, les médias ont révélé qu'une juge française enquêtait depuis 2002 sur une école d'hôtellerie gérée par des membres de l'Opus Dei, qui auraient embrigadé des adolescentes à la manière d'une secte.Deux associations d'ex-membres opposées à l'Opus Dei ont vu le jour en Espagne et aux États-Unis.Sa manie du secret a donné lieu à des accusations de conspiration d'extrême droite: beaucoup de ses critiques l'associent à une « mafia catholique » qui finance des politiciens catholiques orthodoxes à l'aide des dons de riches sympathisants.L'Opus Dei aurait tenté de bâillonner certains critiques, notamment chez les jésuites, un ordre aussi fondé en Espagne et qui a souvent croisé le fer avec elle.« L'Opus Dei est l'équivalent catholique d'une bière Guinness », relativise John Allen, le vaticaniste de l'hebdomadaire américain The National Catholic Reporter, en marge d'une récente conférence à Montréal où il parlait de son livre Opus Dei (en traduction chez Stanké).« C'est trop corsé pour la plupart des gens.Mais il y a des personnes qui aiment réellement ce genre d'engagement.Je ne pense pas que l'Opus Dei soit une usine à fondamentalistes, mais elle attire des gens déjà très fidèles à la doctrine catholique.» L'opinion de M.Allen, dont le livre est généralement favorable à l'Opus Dei, est partiellement corroborée par James Martin, qui a écrit plusieurs articles sur le sujet dans le magazine jésuite America.« L'Opus Dei s'est beaucoup améliorée depuis une dizaine d'années », dit l'abbé Martin, en entrevue depuis New York.« Je reçois beaucoup moins d'appels 3401553A Une présence notable dans les écoles et universités MATHIEU PERREAULT Des écoles secondaires, des ccolonies de vacances pour adolescents, des programmes d'aide aux devoirs et aux enfants défavorisés, des résidences universitaires : les activités éducatives de l'Opus Dei sont nombreuses au Canada.À Montréal seulement, l'Opus Dei, ses membres ou ses « coopérateurs » s'occupent de deux résidences universitaires : pour les garçons près de l'Université Mc Gill, pour les filles près de l'UdeM.Sans compter un programme de tutorat pour jeunes du secondaire, et d'un séminaire d'une semaine pour préparer les adolescents aux études postsecondaires et à devenir « de bons pères de famille ».La directrice du bureau de presse de l'Opus Dei, Isabelle Saint-Maurice, assure que les programmes pour adolescents ne visent pas à recruter de futurs membres.« Sur les 500 jeunes suivis depuis 10 ans par le programme de tutorat à Toronto, aucun n'est devenu membre ou coopérateur », affirme-t-elle.« Par contre, c'est sûr que plusieurs jeunes se sont rapprochés de leur foi.» En Ontario, l'Opus Dei compte de plus une école pour filles, Hawthorne, à Toronto (qui va de la maternelle à l'université), une résidence universitaire aux règles très strictes, ainsi qu'une colonie de vacances, Chilawee Trails, qui offre de la « formation spirituelle et morale ».Sur le site de la colonie, on peut lire qu'une ancienne élève a gagné un prix à un concours appelé Un prêtre qui a eu un impact sur ma vie.Au Canada, l'Opus Dei compte 20 prêtres et 600 membres, dont 220 au Québec, et plus de 1500 « coopérateurs ».Le groupe est arrivé au Canada en 1957, à l'invitation du cardinal Paul-Émile Léger, qui venait de faire un voyage en Espagne.La paroisse Saint-Ambroise, dans la Petite-Patrie, a été confiée en 1989 à un prêtre de l'Opus Dei par l'archevêché de Montréal.Il y a sept centres à Montréal, quatre pour les femmes et trois pour les hommes, dont le siège social de l'avenue des Pins.L'Opus Dei a aussi fait construire, au coût de 10 millions, un centre de retraite à Coteau-du- Lac, le manoir Beaujeu.L'une des accusations les plus courantes contre l'Opus Dei est qu'elle « contrôle» plusieurs politiciens, juges et dirigeants d'entreprise.Selon Mme Saint-Maurice, seuls deux politiciens municipaux, dont l'exconseillère montréalaise Louise O'Sullivan, et deux hauts cadres montréalais, dont une avocate de la Sun Life, sont coopérateurs.« Il y a aussi mon frère Yves, qui dirige une commission scolaire près de Québec », dit-elle.L'Opus Dei s'appuie sur plusieurs organismes de charité, dont la plus importante est la Fondation pour la culture et l'éducation, selon Mme Saint-Maurice.Selon le gouvernement canadien, cet organisme avait en 2004 trois millions de revenus, essentiellement des dons, 16 millions d'actifs et 10 millions de passif.Selon un récent article de Canwest News Service, l'Opus Dei compterait une dizaine d'autres organismes de charité au pays.Cela pourrait porter ses actifs entre 20 et 50 millions, ce qui serait compatible avec la taille de l'Opus Dei ailleurs en Amérique du Nord.Aux États-Unis, selon le vaticaniste John Allen, l'Opus Dei a 3000 membres, 85 000 coopérateurs et 344 millions $US d'actifs.Mais ce chiffre sous-estime la réelle capacité financière de l'Opus Dei, selon l'abbé James Martin, de la revue jésuite America, puisque ses coopérateurs connaissent souvent des gens riches disposés à financer certains projets.Le groupe est arrivé au Canada en 1957, à l'invitation du cardinal Paul-Émile Léger.DA VINCI CODE Avez-vous vu le film Da Vinci Code?Faites votre critique sur www.cyberpresse.ca OPUS DEI UN GROUPE SECRET PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE Un détail de l'autel montrant le sigle de l'Opus Dei dans la chapelle de l'organisation, à Montréal.OPUS DEI de plaintes d'ex-membres, ou des parents de membres.Mais il reste qu'il s'agit d'un groupe qui est en brèche avec le monde moderne.Je ne parle pas seulement des mortifications corporelles, auxquelles on donne trop d'importance, mais du contrôle de la vie des membres : la séparation entre hommes et femmes, le contrôle des lectures et de la vie spirituelle, l'ouverture des lettres que reçoivent les numéraires (des célibataires), le fait que les domestiques soient seulement des femmes.» Le vicaire de l'Opus Dei au Canada, Frederick Dolan, reconnaît que des erreurs ont pu être commises par des membres.« Les critiques d'ex-membres sont un reflet de la jeunesse de l'Opus Dei, explique-t-il.Ces critiques ont mené à des changements dans la manière dont nous procédons à la formation spirituelle des membres.Un peu d'histoire L'Opus Dei a été fondée en 1928 dans le nord de l'Espagne par un prêtre navarrais, Josemaria Escrivà de Balaguer.Son objectif était la « sanctification par le travail », une formule élégamment traduite par un récent article de la revue de gauche Harper : « Moderniser le capitalisme catholique à partir des valeurs traditionnelles espagnoles, comme l'honneur, la hiérarchie et la discipline.» Seulement 2 à 3 % de ses membres sont prêtres, 20%sont « numéraires », c'est-à-dire qu'ils sont célibataires et vivent dans des centres de l'Opus Dei.Il y a aussi des « coopérateurs », qui collaborent régulièrement à ses activités.Une catégorie spéciale de numéraires, uniquement composée de femmes, est chargée de l'entretien de ces centres.L'Opus Dei les présente comme des reines du foyer, mais ses critiques considèrent qu'il s'agit d'esclaves sous-payées.Peu à peu, l'Opus Dei s'est étendue à toute la planète, et compte maintenant 83 000 membres, 164 000 coopérateurs et près d'un million de sympathisants.Deux cardinaux en sont membres, et une vingtaine d'autres seraient des alliés sporadiques, ce qui lui donne une certaine influence sur le sixième du collège des cardinaux, qui élit le pape.Benoît XVI a reçu en 1998 un doctorat honorifique de l'Université de Navarre, gérée par l'Opus Dei.Elle est devenue en 1982 une « prélature personnelle » du pape, une catégorie administrative qui la place hors de portée des évêques des différents pays.Il s'agit d'un statut unique dans le monde catholique, qui a alimenté les rumeurs sur le « pouvoir occulte » de l'Opus Dei.Mgr Escrivà est mort en 1975, a été béatifié en 1992 et canonisé en 2002.Dans son livre Making Saints, paru en 1996, le vaticaniste de Newsweek Kenneth Woodward a affirmé que la béatification a été entachée d'irrégularités.Des critiques qui affirmaient que Mgr Escrivà avait été un pilier du franquisme, qu'il était paranoïaque et manipulateur et qu'il admirait Hitler, auraient été ignorées.Selon John Allen, l'Opus Dei a eu une attitude musclée durant le procès en béatification, mais n'a pas enfreint de règles.Il reste la question du secret : l'Opus Dei ne publie pas de listes de membres, et quand on en demande le nombre, les coopérateurs sont souvent exclus.Ses organismes ont souvent des noms laïques, comme le centre Riverview à Montréal, de sorte qu'on ne fait pas immédiatement le lien avec la religion.Le Code Da Vinci: entre le vrai et le faux Dans le livre: l'Opus Dei compte parmi ses membres un tueur sadique et masochiste, le moine Silas, qui protège le secret du Saint-Graal et de l'enfant que Jésus a eu avec Marie- Madeleine.Dans la réalité : Silas n'a pas d'équivalent dans l'Opus Dei réel.Environ 20 % des membres de l'Opus Dei sont célibataires, travaillent dans des entreprises et n'ont donc pas de vie monastique, ni ne portent d'habits monastiques.Entre 2 et 3% des membres sont prêtres, donc plus proches du personnage de Silas ; mais, en théorie, ils ont beaucoup d'interactions avec le monde laïque, notamment en tant que conseillers spirituels.L'Opus Dei a indiqué aux médias qu'elle ne compte qu'un membre de ce nom, Silas Agbim, un courtier en Bourse d'origine nigériane qui vit à New York et est marié.Dans le livre : les membres de l'Opus Dei se fouettent jusqu'au sang et portent un cilice qui leur entaille profondément la peau.Dans la réalité : la réalité est beaucoup moins sanglante.« On ne voit jamais de sang », dit Marco Carroggio, porte-parole de l'Opus Dei à Rome.« Pour moi, les petites mortifications sont beaucoup plus éprouvantes : par exemple, être patient avec quelqu'un qui nous énerve, ne pas manger ce qu'on aime, sourire quand on est fatigué ou de mauvaise humeur.» Dans le livre : le siège social mondial est à New York, avenue Lexington.Dans la réalité : il est à Rome.Le gratte-ciel de l'avenue Lexington, construit en 2000 au coût de 47 millions $US au coin de la 34e Rue, est le siège social américain.Dans le livre : les hommes entrent au siège social par l'avenue Lexington, les femmes par une rue latérale.Dans la réalité : c'est le contraire : les femmes entrent par l'avenue Lexington.Et encore, les sexes sont parfois mélangés s'il y a des obligations d'affaires.L'entrée séparée pour les sexes ne vaut que pour les pensionnaires des résidences \u2014 celle pour les hommes est située dans la rue latérale, et celle pour les femmes avenue Lexington.Dans le livre : l'Opus Dei est devenue une « prélature » personnelle du pape, c'est-à-dire une catégorie administrative qui lui accorde beaucoup de liberté, parce que l'Opus Dei est venue à la rescousse de Jean-Paul II quand la Banque du Vatican menaçait de faire faillite, au début des années 80 ; l'Opus Dei a renfloué les coffres de la Banque du Vatican grâce à des dons secrets de ses membres et coopérateurs.Dans la réalité : la Banque du Vatican a bel et bien connu de graves difficultés financières à ce moment-là.Mais rien ne permet de conclure que l'Opus Dei a joué un rôle dans cette affaire.L'accusation reste circonstancielle.Aucune preuve n'est venue l'appuyer.Une occasion de grandir La controverse entourant la sortie du film sera-t-elle néfaste pour l'Opus Dei ?Son vicaire au Canada, Frederick Dolan, ne le croit pas.« Certes, il est regrettable que le Code Da Vinci soit aussi erroné dans son portrait de l'Église catholique.Mais pour l'Opus Dei, le livre et le film constituent une occasion d'éduquer le public sur nous-mêmes.Je me souviens d'une histoire de notre fondateur, saint Josemaria.Il disait que les attaques contre l'Opus Dei ne faisaient que la faire grandir.» PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE La rose ligne qui se dirige vers l'obélisque de l'église Saint-Sulpice, à Paris, et avec laquelle les lecteurs du Code Da Vinci sont familiers. LE CANADA EN AFGHANISTAN PORTRAIT Un sourire dans la poussière afghane MALORIE BEAUCHEMIN Nichola Goddard aimait les enfants, surtout ceux d'Afghanistan, qu'elle voulait tant aider.Elle aimait les animaux, et ne manquait pas une occasion de prendre des nouvelles de ses deux chats et deux chiens, à la maison.Elle aimait bien lire et boire son café Tim Hortons, tous les matins.Mais ce qu'elle aimait avant tout, c'était son travail, au sein des Forces militaires canadiennes en Afghanistan.Elle a été tuée au combat, mercredi, près de Kandahar, par des insurgés afghans.Une grenade, lancée par une fusée, a atteint le véhicule blindé léger où elle se trouvait.De son propre aveu, à la caméra de CTV, il y a quelques semaines, elle était entrée dans l'armée pour payer ses études \u2014 un diplôme en anglais \u2014, mais au fil du temps, elle était « tombée amoureuse » du métier et en avait fait une carrière, déclarait- elle alors, tout sourire.Son sourire, c'est d'ailleurs ce dont tous ceux qui l'ont côtoyée parlaient, hier, en se remémorant la capitaine d'artillerie de 26 ans.Elle portait l'uniforme avec fierté, heureuse de pouvoir aider la population afghane du mieux qu'elle le pouvait, afin d'améliorer les « conditions désespérées » là-bas.Mais elle était bien consciente des risques associés à son travail.Ses parents, Sally et Tim Goddard, ont mentionné en conférence de presse, hier, que Nichola avait pris bien soin de voir toute sa famille et ses amis avant de partir pour l'Afghanistan.« Elle était heureuse dans les montagnes afghanes.Elle n'a jamais été très pousseuse de crayon.Elle voulait réellement être un officier de combat », a souligné M.Goddard.Nichola était la plus âgée des trois filles du couple.Sa mission, au sein des forces canadiennes, était d'observer la position des rebelles et d'appeler en renfort des bataillons d'artillerie ou du soutien aérien, si nécessaire.Décrite comme courageuse, généreuse, mais aussi extravertie et joviale, elle était respectée de ses pairs et de ses subordonnés, pour qui elle s'inquiétait sans cesse.Malgré la fatigue, malgré le danger persistant, elle gardait son sang-froid, restait toujours positive et déclarait, l'hiver dernier, à la caméra de CTV : « Somme toute, c'est juste formidable d'être ici à faire notre boulot.» Les violents affrontements opposant les militaires de l'armée afghane et de la coalition aux insurgés de Panjwai, à 24 km à l'ouest de Kandahar, qui ont coûté la vie à la capitaine Goddard, se sont intensifiés au cours de la journée d'hier et ont fait plus de 100 morts en moins de 24 heures, la plupart au sein des insurgés.Nichola Goddard était mariée depuis trois ans et demi à Jason Beam, mais n'avait pas d'enfant.Le couple prévoyait fonder une famille d'ici quelques années.Avant son départ en janvier, ils avaient évoqué, ensemble, l'éventualité qu'elle ne revienne jamais d'Afghanistan.« Elle aimait son job.Elle aimait ce qu'elle faisait.Elle était contente d'aller en Afghanistan », a déclaré au Globe and Mail Jason Beam, de Shilo, au Manitoba, où le couple habitait.Son corps sera rapatrié aujourd'hui.Les funérailles auront lieu à l'église anglicane de Calgary, où habitent ses parents.Un service commémoratif devrait aussi avoir lieu à la base militaire de Shilo.Avec la Presse Canadienne et CTV.ca NICHOLA GODDARD > Née en 1980.> Fille de Sally et Timothy Goddard, professeur à l'Université de Calgary.> Mariée à James Beam, depuis 2002.> Résidante de Shilo, au Manitoba.>Membre du premier bataillon de la Royal Canadian Horse Artillery.> En mission en Afghanistan depuis janvier 2006.> Tué le 17mai, à 18h55, heure de Kandahar, par une grenade lancée par des rebelles afghans.« Elle était heureuse dans les montagnes afghanes.Elle voulait réellement être un officier de combat.» PHOTOMURRAY BREWSTER, ARCHIVES PC La capitaine Nichola Goddard entourée de ses frères d'armes Bryan Fleming et Mark Peebles, en avril dernier en Afghanistan.Sa mission, au sein des forces canadiennes, était d'observer la position des rebelles et d'appeler des renforts en cas de besoin.Les soldats satisfaits Des morts inévitables, croit Roméo Dallaire PRESSE CANADIENNE BRAMPTON, Ont.\u2014 Les Canadiens doivent s'attendre à d'autres morts de soldats alors que les militaires du Canada prennent part à des missions de maintien de la paix à l'étranger, a déclaré hier un des militaires les plus connus au pays, le lieutenant- général à la retraite Roméo Dallaire.Maintenant sénateur libéral, M.Dallaire a affirmé à un groupe d'élèves d'une école secondaire que les tensions raciales entre pays avaient effacé la ligne séparant les bons des méchants, empêchant ainsi les Canadiens déployés dans des pays comme l'Afghanistan de se limiter au simple maintien de la paix.« Nous sommes appelés à faire de la résolution de conflits », a-til dit.Pour ce faire, les Canadiens doivent non seulement fournir de l'aide humanitaire et du soutien diplomatique, mais ils doivent aussi protéger les modérés qui tentent d'établir la démocratie, a-t-il dit.L'ex-lieutenant-général a affirmé qu'il était important de soutenir les 2200 soldats canadiens, déjà en Afghanistan, qui ont été envoyés par le gouvernement libéral précédent.M.Dallaire a par ailleurs accusé le premier ministre conservateur Stephen Harper d'avoir joué à un jeu dangereux en forçant un vote précipité sur ce prolongement de la mission.« C'était déplacé de jouer avec l'engagement de l'appareil politique de notre pays envers des soldats qui sont sur le terrain en train de se battre », a dit M.Dallaire.L'ex-militaire a réclamé du gouvernement une participation canadienne à l'opération de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, une région du Soudan où des rebelles ont tué 200 000 personnes depuis 2003.PRESSE CANADIENNE KANDAHAR \u2014 Les soldats canadiens en Afghanistan ont bien accueilli, hier, le vote des Communes qui a prolongé leur mission de deux ans, même si la plupart d'entre eux savaient que cela signifiait qu'ils seront de retour dans ce pays agité.« Cela veut dire qu'après cette période de service, je vais probablement revenir dans deux ans », a affirmé l'adjudant Bruno Wissell.« Ça va être similaire à la Bosnie, où nous sommes restés pendant 10 ans et où nous avions des gens qui en étaient à trois ou quatre périodes de service », a-t-il ajouté.Les soldats ont salué la décision des élus.« Je crois tout simplement que cela va de soit », a affirmé l'un d'eux, le sergent Scott O'Neill.« Cette mission ne sera pas terminée de sitôt.Quiconque étant venu ici sur le terrain sait que nous commençons à peine à faire des progrès et qu'il va nous falloir continuer jusqu'à ce que ce soit terminé », a-t-il ajouté.Bien qu'il s'attende à prendre sa retraite avant qu'on lui demande de retourner en Afghanistan, M.O'Neill a dit croire que plusieurs de ses collègues finiront par être familiers avec le pays chaud et poussiéreux.Le déploiement des troupes canadiennes en Afghanistan devait au départ durer de février de cette année au même mois de 2007.Ce n'était pas suffisant, a estimé le major Bob Herold.« D'après ce que j'ai vu, il n'y aura pas de solution rapide.Il va falloir une solution à long terme.Quelqu'un devra donc être ici pendant les deux prochaines années.Il est également possible que quelqu'un doive être ici longtemps après », a-t-il dit.Les libéraux pansent leurs plaies JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Les députés libéraux ont tenté de panser leurs plaies, hier, après le vote déchirant tenu mercredi soir sur le prolongation de deux ans de la mission canadienne en Afghanistan.Les députés libéraux ont été les seuls à se diviser sur cette question.En tout, 24 députés libéraux, dont Michael Ignatieff et Scott Brison, deux candidats à la direction du Parti libéral, ont appuyé la motion du gouvernement Harper de prolonger la mission jusqu'en février 2009.La motion a été adoptée par une mince majorité, 149 à 145.Le chef par intérim du Parti libéral, Bill Graham, s'est aussi rangé du côté du gouvernement, même s'il avait dénoncé la motion durant le débat de six heures tenu au Communes mercredi.M.Graham était ministre de la Défense dans l'ancien gouvernement libéral de Paul Martin.Toutefois, cinq autres candidats à la succession de Paul Martin\u2014Stéphane Dion, Maurizio Bevilacqua, Joe Volpe, Carolyn Bennett et Ken Dryden\u2014ont choisi de voter contre la motion.La mission canadienne risque donc de devenir une source de tension durant la course à la direction du PLC, qui connaîtra son dénouement le 2 décembre à Montréal.Au moins deux candidats, Joe Volpe et l'ancien ministre de l'Éducation Gerard Kennedy, ont déjà fait savoir que le Canada ne devrait pas continuer cette mission.Paradoxalement, la présente mission des troupes canadiennes dans la région de Kandahar, la région la plus dangereuse de l'Afghanistan, avait été annoncée par l'ancien gouvernement libéral l'an dernier.En outre, les soldats canadiens y ont été déployés sans que les députés aient un mot à dire à la Chambre des communes.Les 50 députés du Bloc québécois présents aux Communes et les 29 députés néo-démocrates ont voté contre la motion, refusant de donner « un chèque en blanc » au gouvernement Harper.L'ancien premier ministre Paul Martin était à Toronto au moment du vote.Au bout du compte, ce sont les 24 députés libéraux qui ont fait pencher la balance en faveur du gouvernement Harper.Onze de ces députés libéraux appuient Michael Ignatieff dans la course à la direction du PLC.Contre le processus Hier, plusieurs députés libéraux ont eu du mal à expliquer pourquoi ils ont voté contre la prolongation d'une mission en Afghanistan qu'ils ont eux-mêmes lancée.Ils ont aussi tenté de minimiser les divisions au sein du parti.« Plusieurs d'entre ont voté contre la motion parce que nous n'étions pas d'accord avec la façon dont le gouvernement a piloté ce dossier.Je crois que si nous avions eu plus de temps pour débattre de cette mission, disons une semaine, le Bloc par exemple aurait probablement voté en faveur.Je pense que c'est une leçon que nous devons retenir dans un Parlement où le gouvernement est minoritaire », a déclaré Bill Graham.Le député libéral John Mc Callum, qui a aussi été ministre de la Défense et qui a voté contre la prolongation de la mission, a soutenu que les députés libéraux pouvaient voter selon leur conscience et qu'il n'existe donc aucune division au sein du parti.« C'était un vote libre.Mais les libéraux sont unis et appuient nos soldats et la mission.Nous avons déploré la manière de faire les choses du gouvernement.(.) J'ai voté contre le processus, pas contre la prolongation », a déclaré M.Mc Callum, qui appuie Michael Ignatieff dans la course à la direction du PLC.Le député Ken Dryden a aussi expliqué sa décision de voter contre la motion en qualifiant le « processus de complètement inacceptable.Le gouvernement nous accorde seulement six heures pour débattre d'une question aussi importante que celle de l'Afghanistan.Le premier ministre n'est même pas demeuré aux Communes pour écouter ce qu'avaient à dire les autres députés », a-t-il dit.Pour sa part, le gouvernement afghan a salué hier la décision du Canada de prolonger de deux ans sa mission militaire.« Ensemble nous avons réussi à accomplir beaucoup de choses dans la guerre contre le terrorisme et le renforcement de la démocratie en Afghanistan, mais la route devant nous reste encore longue et pleine d'obstacles », a déclaré à l'agence AFP Naveed Ahmad Moez, le porte- parole du ministère afghan des Affaires étrangères.« Plusieurs d'entre nous ont voté contre la motion parce que nous n'étions pas d'accord avec la façon dont le gouvernement a piloté ce dossier.» YVES BOISVERT Elle n'avait de juge que le titre On ne m'en voudra pas, j'espère, de commencer par l'aspect humain de la démission de la juge Andrée Ruffo.Qu'adviendra-t-il de ses avocats?Sombreront-ils dans l'indigence ?On s'habitue, j'imagine, à manufacturer des arguments juridiques aux frais du contribuable, on y prend goût ! Les deuxièmes victimes seront les médias.Depuis que je suis journaliste, Andrée Ruffo est un chouchou des médias.Elle combine la défense des enfants, la dénonciation des politiciens indifférents et la révolte contre un système bureaucratique et inhumain.Qui dit mieux ?Comme les autres, à la fin des années 80, il me semblait que cette femme-là était en chicane avec l'establishment juridico-social pour les bonnes raisons.Après tout, la protection de la jeunesse n'était pas un sujet très à la mode il y a 20 ans.Elle osait prendre position pour dénoncer les manques de ressources.Puis m'est apparu son incroyable manque de jugement.Aller parler d'une affaire qu'elle est en train de juger dans les médias, au point où les gens impliqués se reconnaissent, est évidemment une erreur, même si on prétend le faire pour la cause des enfants.Un juge n'aide personne s'il est obligé de se récuser à cause de ses commentaires, parce qu'on a l'impression qu'il a jugé l'affaire d'avance.Envoyer des enfants au bureau de la ministre des Services sociaux sous prétexte que la DPJ fait fi de ses ordonnances, c'était spectaculaire, mais totalement illégal.S'il fallait que les juges qui estiment défendre une bonne cause se mettent à inventer des ordonnances, on n'en aurait pas fini.C'était aussi se servir des enfants en prétendant les défendre.Mais tellement sympathique ! On l'a vue plus tard jouer au commissaire-enquêteur et obliger un centre jeunesse à fournir tous les C.V.de ses employés le lendemain matin.Pourquoi ?Elle remettait en doute la compétence de certains travailleurs sociaux.Un peu plus tard, le narcissisme et la prétention du personnage sont ressortis.Si Andrée Ruffo était sur le point d'être destituée, ce n'est pas seulement à cause de ses fautes répétées.C'est aussi, surtout même, parce qu'elle ne se reconnaît pas la moindre faute.Elle se perçoit comme une perpétuelle victime.Quand on lui a reproché d'avoir fait des publicités pour VIA Rail (sans rémunération), elle n'a évidemment pas compris.Que voulez- vous, elle aime le train, « ça fait partie de notre héritage ».Elle ne ferait pas de publicité pour Coca- Cola, « parce qu'il y a de la compétition ».On se demande pourquoi VIA fait de la pub, s'il n'y a pas de concurrence, et on se demande ce que les compagnies d'autocars en pensent ; mais de toute manière, Andrée Ruffo est incapable de faire quoi que ce soit de mal, parce que tout ce qu'elle fait, c'est pour les enfants ! Dans son dernier dossier, on a démontré qu'elle avait entendu comme témoin une psychologue qui est son amie sans le déclarer aux parties.Or, cette psychologue recommandait le placement d'enfants dans une famille pour un an ; l'autre expert suggérait une période de 14 ans.Son opinion était donc hautement importante et au coeur du litige.Deuxième erreur, plus grave, la juge Ruffo a rencontré cette amie deux fois, sans la présence des parties, pendant les audiences.Il est évidemment inadmissible qu'un juge rencontre les témoins pendant un procès en dehors de la salle d'audience, et à l'insu des gens impliqués.Même si c'est pour parler de la pluie et du beau temps.Quelle confiance auront les parents en ce juge, s'ils savent qu'il rencontre un témoin important seul à seul ?C'est tellement évident, clair et incontestable, que de ne pas même reconnaître qu'il y a un problème la disqualifie comme juge.Mais non, la juge Ruffo, l'amie des enfants, est incapable de dire : je pensais que ce n'était pas grave, mais je vois qu'il y a un problème.Impossible ! Elle est la vertu incarnée.Il n'y avait évidemment aucun problème non plus pour elle à faire suspendre son audience disciplinaire à ce sujet pour des raisons de santé.et de se présenter le soir même à TQS pour dire que ce qui lui arrive, « c'est un scandale ! » C'est ainsi qu'au fil des ans, elle s'est fabriqué un personnage médiatique fulgurant, inattaquable, qui «dit les vraies affaires ».L'émotion vertueuse qu'elle dégage balaie tout sur son passage.Les faits, d'abord, qui sont clairement exposés dans le jugement de la Cour d'appel du 9 décembre 2005 (voir sur jugements.qc.ca), que la Cour suprême a décidé hier de ne pas réexaminer.Mais bien sûr aussi les notions fondamentales de réserve, de modération, d'impartialité.Toutes choses terriblement grises et antiques, surtout à notre époque où il faut mettre ses tripes sur la table et s'exprimer impérativement.Imaginons, demain, un juge de la chambre criminelle qui se lance dans une campagne contre la police, qu'il accuse d'incompétence crasse.Il y a des cas, vous savez ! Si ce juge multiplie les conférences, les interventions médiatiques, commente des causes non terminées, rencontre des témoins en privé, que dira-ton ?Ou si un autre devient unmilitant de la sévérité des tribunaux, se répand en déclarations incendiaires contre le système de justice qui laisse courir les criminels?On dira qu'ils n'ont pas ce qu'il faut pour être juge.Car toute cette affaire commencée il y a 18 ans nous ramène à cette question très vieille et très simple : qu'est-ce qu'un juge ?C'est une personne impartiale qui tranche des litiges selon la loi, de manière désintéressée.Devant lui, on ne doit pas craindre de ne pas être entendu, ou d'être bousculé parce qu'on est du «mauvais bord », du bord des « non-enfants » par exemple.Andrée Ruffo vient de démissionner comme juge, mais elle l'était si peu qu'elle n'a fait qu'officialiser une situation qui dure depuis 20 ans.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : yves.boisvert@lapresse.ca Si Andrée Ruffoétait sur le point d'êtredestituée, cen'est pas seulementàcausedeses fautes répétées.C'est aussi, surtoutmême, parcequ'elle ne sereconnaît pas lamoindre faute.La juge Ruffo démissionne TRISTAN PÉLOQUIN La Cour suprême du Canada refuse d'entendre l'appel de la juge Andrée Ruffo, qui cherchait à renverser une décision de la Cour d'appel du Québec recommandant sa destitution.Plutôt que de devenir la quatrième juge de l'histoire du Québec à être démise de ses fonctions, la volubile magistrate a remis sa démission hier.En conférence de presse, Mme Ruffo, qui siégeait à la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, a affirmé que sa démission lui permettrait d'avoir enfin les mains libres pour défendre les enfants « de façon plus efficace et plus agréable ».Elle a du même souffle dénoncé « le tribalisme de la magistrature », un phénomène qui, selon elle, force les juges à être «silencieux et complices » d'injustices commises à l'endroit des enfants.Le plus haut tribunal n'a pas indiqué, hier, pourquoi il n'entendra pas l'appel de Mme Ruffo.Et il a été impossible de connaître précisément combien la défense de Mme Ruffo, entièrement assumée par l'État québécois, a coûté aux contribuables.« Il s'agit d'informations strictement confidentielles qui relèvent du secret professionnel entre Mme Ruffo et ses avocats », a affirmé une porteparole du ministère de la Justice, Johanne Marceau.En 2004, La Presse avait révélé grâce à la Loi sur l'accès à l'information que ces frais s'élevaient à 2 millions, dont 1 million qui a été versé aux seuls avocats de la magistrate.À titre de comparaison, Québec a versé 809 341 $ pour défendre la totalité des 42 autres juges ayant dû comparaître devant le Conseil de la magistrature depuis sa création en 1978.Le ministère de la Justice affirme que des décisions jurisprudentielles survenues depuis l'enquête de La Presse interdisent maintenant de fournir une mise à jour sur les frais engendrés par la contestation Mme Ruffo.Joint hier, l'avocat qui a rédigé pour Mme Ruffo la demande d'en appeler devant le plus haut tribunal, Me Louis Masson, du cabinet Joli-Coeur, Lacasse, Geoffrion, Jetté, St-Pierre, a assuré qu'il « n'y a pas eu beaucoup de développements à ce niveau » depuis que La Presse a publié son enquête.Mme Ruffo, dont la participation à une publicité télé de VIA Rail avait défrayé la chronique en 2001, s'est fait reprocher par le Conseil de la magistrature plusieurs manquements déontologiques.Ses confrères lui reprochaient notamment d'avoir commenté publiquement des dossiers dont elle était saisie et d'avoir gardé sous silence une relation d'amitié qui la liait à une personne témoignant devant elle.Sa destitution a été recommandée en 2004, mais le ministère de la Justice, à qui revenait la décision de maintenir la juge en poste ou non, a renvoyé l'affaire devant la Cour d'appel.De façon unanime, en décembre 2005, les cinq juges de cette instance ont maintenu la décision du Conseil de la magistrature de destituer Mme Ruffo.Hier, Mme Ruffo a indiqué devant les journalistes qu'elle entend poursuivre son combat pour la défense des enfants, sans toutefois préciser la forme de son engagement.Elle a aussi affirmé avoir l'intention de retourner éventuellement en France, son pays d'origine.La sénatrice libérale Céline Hervieux- Payette, qui a pris publiquement la défense Mme Ruffo par le passé, a qualifié la démission de la juge de « lourde perte ».« C'est assez triste de savoir que la championne des questions qui concernent la défense des enfants soit obligée de se mettre ainsi à l'écart pour une question qui n'est selon moi pas très grave.Je comprends que l'application de la justice nécessite dans certains cas un devoir de réserve et que cela implique une grande neutralité pour assurer l'égalité aux deux parties.Mais lorsqu'il est question d'enfants de moins de 18 ans, il n'y a qu'une partie qui compte, qu'un seul gagnant possible, c'est l'enfant », estime la sénatrice.Âgée de 63 ans, Mme Ruffo était admissible à la retraite dans 18 mois.QUÉBEC PLACE STE-FOY, GALERIES DE LA CAPITALE, VIEUX-QUÉBEC MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO LAVAL CARREFOUR LAVAL SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE RAYURES GRAVÉES LE COMPLET 169.95 RAYURES SATINÉES LA CHEMISE 59.95 COTON MERCERISÉ LE POLO 29.95 Économisez 50% sur un polo qui peut se porter sous les vestons avec sa texture raffinée et sa tenue impeccable.Coupe ample, une poche plaquée.Gris, blanc, ciel, noir, sable, olive, marine, rouge, bleu, jaune, orange.P.m.g.tg.ttg.Rég.60.00 Économisez 31% sur une chemise classe affaires pure mode qui se distingue par son fin tissage de rayures en relief subtil qui forment un dessin à la diagonale sur les côtés et sur les poignets.Pur coton de qualité supérieure.Blanc, ciel, rose.14 1/2 à 17 1/2 manches régulières et longues.Rég.88.00 Une valeur Simons exceptionnelle pour un complet parfaitement coupé dans un mélange confort stretch.Style 2 boutons, revers à crans aigus, fentes latérales, poches à rabat passepoilé, pantalon sans plis.Rayures gris argent sur fond noir.36 à 46.Rég.199.00 Une exclusivité du 31.Chemise 59.95, cravate 59.95 3404941A POLITIQUE PHOTO BOB SKINNER, LA PRESSE © Pour les adversaires de la vente du mont Orford, c'est un cadeau de 67 millions de dollars que s'apprête à faire le gouvernement Charest au promoteur immobilier André L'Espérance en lui vendant des terrains pour qu'il puisse construire 800 appartements en copropriété dans le parc du Mont-Orford.VENTE D'ORFORD Un cadeau de 67 millions aux promoteurs, disent les écologistes DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014 Un proche lieutenant de Jean Charest a agi comme lobbyiste pour le groupe d'André L'Espérance, dans le dossier de la privatisation partielle du parc du Mont-Orford.Ces interventions, des coups de téléphone au cabinet du ministre de l'Environnement, n'ont pas été inscrites au registre des lobbyistes parce qu'elles se limitaient à de la collecte d'information, a expliqué hier François Pilote.M.Pilote était l'un des principaux organisateurs québécois de Jean Charest aux élections fédérales de 1997, et a joué le même rôle, pour le nouveau chef libéral, aux élections provinciales de 1998.« J'ai fait trois coups de fil à Stéphane Gosselin », le chef de cabinet de Thomas Mulcair, puis de Claude Béchard à l'Environnement.« On m'a demandé un coup de main.Tout ce que j'ai su, c'est que le dossier était gelé à Québec, et j'ai transmis le message à André L'Espérance », a dit M.Pilote.« Je n'ai pas demandé d'intervention dans le dossier, mais un état de situation, je n'avais pas besoin de l'inscrire », ajoute-t-il.De plus, il n'y avait pas de rémunération attendue du groupe d'André L'Espérance, assure M.Pilote.Des sources proches du dossier soulignent que les coups de fil du lobbyiste, dès la fin de 2005, avaient mis en état d'alerte le cabinet de M.Mulcair, éjecté de son poste en février pour avoir refusé d'obtempérer aux demandes du cabinet de M.Charest dans ce dossier.Pour bien marquer la fin de l'ère Mulcair à l'Environnement, un de ses collaborateurs de longue date, le sous-ministre adjoint Louis Roy, a appris hier que son contrat ne serait pas renouvelé.M.Mulcair l'avait emmené à l'Environnement après l'avoir côtoyé pendant des années à l'Office des professions.Pour les adversaires de la vente du mont Orford, c'est un cadeau de 67 millions de dollars que s'apprête à faire le gouvernement Charest au promoteur immobilier André L'Espérance en lui vendant des terrains pour qu'il puisse construire 800 appartements en copropriété dans le parc du Mont- Orford.Le groupe SOS parc Orford base son évaluation des profits potentiels sur la valeur de condominiums proches du parc.Selon Claude Dallaire, coordonnateur de SOS parc Orford, le projet de loi 23 déposé par le ministre Claude Béchard paraît « taillé sur mesure » pour le projet d'André L'Espérance.Les dispositions prévues pour protéger le détenteur du bail à long terme \u2014M.L'Espérance a un contrat de 50 ans pour le centre de ski et le golf\u2014 sont si généreuses qu'elles disqualifient dans les faits tous les autres acheteurs potentiels, estime M.Dallaire.Tout autre acheteur devra d'abord allonger 20 millions au groupe de M.L'Espérance pour le dédommager d'investissements importants effectués pour le centre de ski.Ancien député libéral et ex-président du PLQ, Robert Benoît, s'interroge : « On peut se demander qui, au gouvernement, avait autorisé de telles dépenses, et dans quel but.» De plus, selon M.Benoît, le gouvernement Charest faisait fi des recommandations du BAPE, qui préconisait une concertation au niveau régional avant de donner le feu vert à un tel projet.Le groupe doit tenir une manifestation devant l'Assemblée nationale, le samedi 3 juin.Répliquant immédiatement en point de presse, le ministre Béchard a dit voir « une bonne nouvelle » dans les prévisions de profits faites par les opposants au projet.«Si c'est si payant, les condos, il n'y a sûrement pas juste une personne qui va déposer une offre.Et elle ne sera pas de 2 millions.Il y a plein de monde qui ont le goût de faire 67 millions », a dit M.Béchard.Pour lui, le report réclamé par SOS parc Orford est inacceptable.En fait, les adversaires tentent ainsi, indirectement, de faire mourir le projet.« Cela fait des années que les gens nous demandent une solution.Or, il n'y a pas eu de consensus, pas de solution amenée par la région depuis quatre ans », a dit M.Béchard.Boisclair froisse la FTQ DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014 Alliés objectifs du Parti québécois, les dirigeants de la FTQ ont été refroidis tout récemment par André Boiclair, qui a carrément refusé de modifier de nouveau l'article 45 du Code du travail s'il est élu premier ministre.Dans une réunion du conseil général de la FTQ, la semaine dernière à Québec, M.Boisclair a souligné sans détour qu'il n'était pas question pour lui de rétablir l'article 45 dans sa forme originale (le libellé avait été modifié à la fin de 2003 par le gouvernement Charest afin de favoriser la sous-traitance).« Pour lui, la page est tournée », a confié une source syndicale, pour qui cette fin de non-recevoir a jeté un froid dans une rencontre qui, sur d'autres sujets, s'est déroulée « correctement ».Plus de 150 dirigeants de la FTQ se réunissent en conseil général deux ou trois fois par année ; c'est ce groupe que M.Boisclair a rencontré à huis clos la semaine dernière.La discussion sur l'article 45 est survenue en tout début de rencontre et a contribué à refroidir l'atmosphère.Cette disposition avait été «rentrée dans la gorge» des syndicats, et le président de la FTQ, Henri Massé, avait été l'un des plus véhéments opposants aux amendements annoncés par le gouvernement libéral.Dans l'entourage de M.Boisclair, on minimise l'affrontement.Il n'y a pas eu de fin de non-recevoir de la part de M.Boisclair, insiste-t-on.Le PQ «démonise» la communauté juive, selon les libéraux TOMMY CHOUINARD QUÉBEC \u2014 Les libéraux de Jean Charest accusent les députés du Parti québécois d'être racistes et antisémites, déplore la leader parlementaire de l'opposition officielle, Diane Lemieux, qui rejette ces allégations.À la sortie du Salon bleu de l'Assemblée nationale, hier, le député libéral de confession juive Russell Copeman a reproché au PQ de « démoniser » la communauté juive et de colporter « des préjugés très malheureux ».Quelques minutes plus tôt, le PQ a mitraillé de questions la ministre de la Famille, Carole Théberge, sur les circonstances entourant l'attribution d'un bureau coordonnateur des garderies en milieu familial à l'organisme Gan Unifié, issu de la communauté juive.Exaspéré, le vice-premier ministre et leader du gouvernement, Jacques Dupuis, s'est levé pour condamner l'insistance de l'opposition.« Dans les deux dernières journées de la période de questions, il y a eu probablement 45 minutes de questions incessantes sur ce sujet particulier.Je me demande, moi, ce que cache cet intérêt pour la communauté juive en particulier », a-t-il lancé, provoquant les hauts cris des péquistes.Un peu plus tard, Carole Théberge a renchéri : « Je vais vous dire que cette insistance-là me porte vraiment à réfléchir sur les objectifs réels de tout ça.» Ces deux déclarations, que tous ont vues comme des accusations d'antisémitisme à peine voilées, ont mis le feu aux poudres.La période des questions s'est terminée dans le désordre.Lors d'un point de presse, Diane Lemieux a déploré que deux ministres aient accusé à mots couverts les députés de son parti d'être racistes et antisémites.Selon elle, des députés libéraux sont allés jusqu'à porter ces accusations ouvertement.«J'ai entendu toutes sortes de mots dans le Salon bleu, comme raciste.Ce n'est pas acceptable », a-t-elle lancé.« Je suis prêt à bien des choses dans la joute politique, mais pas à ce qu'on sous-entende de quelque manière que ce soit que je poserais des questions à des fins de racisme », a ajouté le critique péquiste en matière de services de garde, Richard Legendre.Rappelons que le gouvernement Charest a modifié le découpage du territoire couvert par le centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne, le 3 avril, c'est-àdire après la date limite pour le dépôt des candidatures des centres de la petite enfance (CPE) qui souhaitaient devenir bureaux coordonnateurs.À l'origine, ce territoire de Montréal devait être divisé en trois districts.Le gouvernement a décidé de le découper en deux districts, qui ont été confiés au CPE Jardins de fruits et au CPE du Parc.Or, le regroupement de CPE Gan Unifié, qui est administré par la Jewish Family Services, est devenu bureau coordonnateur lui aussi.Il a obtenu autorité sur l'ensemble du CSSS afin de gérer les garderies familiales juives.Le PQ déplore que le gouvernement Charest ait « changé les règles du jeu » après la date limite pour le dépôt des mises en candidature.« C'est le seul cas au Québec.La ministre a fait une exception », a affirmé Richard Legendre.Carole Théberge nie avoir accordé un privilège à la communauté juive et martèle qu'elle a respecté la loi sur les services de garde.Mme Lemieux a rappelé que la directrice de cabinet de Mme Théberge a déclaré avoir subi des « représentations empressées» de la communauté juive.Depuis mercredi, le PQ cherche à savoir quelles personnes ont fait ces démarches et si elles sont inscrites au registre des lobbyistes comme le prescrit la loi.« C'est vrai que c'est un dossier délicat.Mais ce n'est pas vrai qu'on va éviter de parler de ce dossier parce qu'il est délicat », a dit Mme Lemieux.Selon elle, le gouvernement Charest met lui-même la communauté juive dans une « situation délicate » en n'agissant pas « en toute transparence ». POLITIQUE KYOTO Harper et Howard, même combat GILLES TOUPIN OTTAWA \u2014 Le premier ministre Stephen Harper s'est trouvé un frère d'armes hier : son homologue australien, John Howard, l'a ouvertement soutenu dans sa politique sur les changements climatiques.Dans un discours historique devant les deux chambres du Parlement réunis dans l'enceinte des Communes, le premier ministre australien a soutenu que les objectifs du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) ne pourront jamais être atteints « si les grands pays pollueurs comme les États-Unis, la Chine et l'Inde ne participent pas complètement au processus », une position identique à celle du gouvernement Harper.John Howard, qui était hier le premier premier ministre australien à parler aux Communes depuis John Curtin en 1944, a déclaré que c'était à cause de cette absence des grands pollueurs dans le pacte que l'Australie ne l'avait pas signé, même s'il était persuadé que son pays parviendrait à atteindre les objectifs de réduction des GES fixés par Kyoto.À l'heure où le gouvernement Harper affirme sur la scène internationale qu'il est irréaliste, en raison du bilan catastrophique des libéraux en la matière, de respecter les engagements canadiens pris à Kyoto, John Howard a tenté de convaincre le Parlement que l'approche australienne \u2014 la même que celle des conservateurs \u2014 était la plus viable.« C'est pour ces raisons, a-t-il dit, que l'Australie s'est jointe au Partenariat Asie-Pacifique (comme souhaite le faire Ottawa), un partenariat qui rassemble les États- Unis, le Japon, l'Indonésie, la Chine et la Corée.C'est un partenariat qui ne cherche pas seulement à réduire les GES mais aussi à stimuler le développement économique.M.Harper, visiblement ravi des propos de son invité, n'a d'ailleurs pas manqué dans sa présentation de M.Howard de souligner les similitudes entre les politiques de ce dernier et celles de son gouvernement.Les mêmes valeurs « Finalement, grâce au leadership du premier ministre, l'Australie a consolidé sa place de leader international, a affirmé M.Harper.Qu'il s'agisse de préserver les droits de la personne au Timor oriental, de prendre part à la lutte mondiale contre le terrorisme ou de manifester un formidable leadership régional et international, lors du tsunami dévastateur de décembre 2004, l'Australie défend bravement les valeurs qui lui sont chères : la démocratie, les droits de la personne et un monde plus sûr pour les générations à venir.Ces valeurs sont aussi celles de ce gouvernement et de l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes.» John Howard lui a d'ailleurs bien rendu la monnaie de sa pièce en donnant encore son aval à l'une des politiques les plus importantes de M.Harper, l'engagement canadien militaire en Afghanistan.« Je rends hommage à l'énorme contribution de la nation canadienne pour ses efforts en Afghanistan, a déclaré le premier ministre australien, et je pleure les pertes et la tristesse qui accablent ces derniers jours des familles canadiennes.» M.Howard n'a pas manqué non plus de soutenir indirectement le rapprochement du gouvernement conservateur avec les États-Unis, en faisant un éloge bien appuyé de notre voisin du Sud, en particulier de sa lutte contre le terrorisme.Des enfants des Lumières « Le terrorisme, a-t-il dit aux Communes, ne peut être défait que par une politique étrangère plus forte et plus agressive.» Le premier ministre australien a notamment insisté sur la nécessité de démocratiser les pays islamiques.« Les États-Unis, a-t-il ajouté, ont rendu le monde plus sécuritaire en confrontant les terroristes en Afghanistan et en Irak.Les États- Unis ont été une puissance remarquable pour faire le bien dans le monde.» M.Howard a longuement insisté sur les similitudes qui existent entre l'Australie et le Canada, sur les valeurs partagées, notamment la démocratie parlementaire à la Westminster et le fédéralisme.« Nous sommes tous les deux des enfants des Lumières, cette période de quête rationnelle, de progrès et de modernité qui a vu le jour en Europe mais qui a trouvé un terrain extrêmement fertile au Nouveau Monde.» « Si je pouvais définir notre relation, a-t-il conclu, je dirais que nous avons beaucoup de choses en commun mais que nous ne faisons pas affaire ensemble autant que nous le devrions.» Sur un ton plus léger, John Howard a reproché aux Canadiens de n'avoir jamais épousé le cricket, tout en félicitant les Oilers d'Edmonton pour avoir atteint la demifinale de la Coupe Stanley.« Je leur souhaite du succès contre les équipes qui sont au sud de la frontière », a-t-il lancé, au grand plaisir des députés et des sénateurs.DEUX AMIS John Howard est le seul leader étranger que connaissait Stephen Harper avant de devenir premier ministre.Les deux hommes se sont rencontrés à Washington, l'été dernier, lors d'une réunion de l'Union démocratique internationale.Des liens solides se sont créés entre eux, d'autant plus que John Howard épouse l'idéologie conservatrice et il gouverne, commeM.Harper, selon une approche de centre droite.Stephen Harper a d'ailleurs mené sa dernière campagne électorale en écoutant attentivement les conseils de Brian Loughnane, le directeur fédéral au Parti libéral de John Howard, dépêché expressément à plusieurs reprises au Canada par son patron.Harper a ainsi modelé sa campagne sur les campagnes de John Howard, qui a remporté chez lui quatre élections consécutives.« Grâce au leadership du premier ministre, l'Australie a consolidé sa place de leader international », a affirmé M.Harper.PHOTO JONATHANHAYWARD, PC Le premier ministre canadien Stephen Harper (à droite) est allé hier accueillir son homologue John Howard à l'aéroport d'Ottawa.REGISTRE DES ARMES À FEU Le rôle de l'ex-ministre Mc Lellan examiné JIM BROWN PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 L'ex-ministre de la Sécurité publique, Anne Mc Lellan, avait été informé dès le début de 2004 du possible dépassement des coûts du registre des armes à feu, mais il n'est pas certain qu'elle ait joué un rôle dans la stratégie subséquente pour camoufler les coûts, a dit, hier, Peter Kasurak à un comité parlementaire.« Le document écrit est vraiment insuffisant », a indiqué Peter Kasurak, un employé du bureau de la vérificatrice générale, Sheila Fraser.Il a affirmé que Mme Mc Lellan avait été mise au courant que le Centre canadien des armes à feu faisait face à des coûts imprévus pour l'achat d'ordinateurs pouvant entraîner le dépassement du budget maximum prévu par le gouvernement.Le Centre canadien des armes à feu a d'abord proposé de déposer une requête au Parlement pour couvrir les coûts.Les cadres de la fonction publique ont plutôt décidé de reporter les 21,8 millions prévus pour la mise au point du parc informatique à l'année financière suivante.Cette décision a été prise par le gouvernement de Paul Martin juste avant le déclenchement de la campagne électorale.Désinformation Sheila Fraser a indiqué dans son rapport présenté cette semaine que cette décision était un exemple de la désinformation opérée par le gouvernement libéral afin de cacher au Parlement les véritables coûts du registre des armes à feu.À la suite du dépôt du rapport de la vérificatrice générale, le premier ministre conservateur, Stephen Harper, a annoncé une séries de mesures de réglementation.Un projet de loi demandant l'abolition du registre sera présenté plus tard cette année.Pressé de questions par le député conservateur David Sweet, M.Kasurak a dit qu'il ne pouvait dire ce qui est arrivé « car les dossiers sont vraiment incomplets ».Cette question est primordiale car l'ex-ministre libéral de la Justice, Martin Cauchon, avait promis que les coûts du contesté registre ne dépasseraient pas 100 millions pour l'année fiscale 2003-2004.Responsabilité: un projet de loi qui constitue un recul PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Le projet de loi conservateur sur la responsabilité, qui constitue la pièce maîtresse de la campagne pour un gouvernement transparent, constitue un recul et ne permettra pas de favoriser une plus grande ouverture, a dit hier le commissaire à l'information du Canada.John Reid, qui veille à l'application de la Loi sur l'accès à l'information et qui traite les plaintes, a expliqué à un comité des Communes que le projet de loi allait retarder les efforts pour révéler les secrets du gouvernement.M.Reid a proposé plusieurs amendements afin d'éliminer les dérogations qui pourraient permettre à certaines agences gouvernementales et aux sociétés d'État de dérober certains documents du regard du public. ACTUALITÉS AVENIR DES HABITATIONS JEANNE-MANCE POMPIERS DE MONTRÉAL Les groupes sociaux attendent Restructuration nécessaire HUGO DE GRANDPRÉ Les associations qui militent en faveur du logement social se disent inquiètes, mais non surprises, de l'annonce faite par la Ville de Montréal de tenir une consultation publique sur l'avenir des Habitations Jeanne-Mance (HJM).« Je suis inquiet pour ces 800 logements, pour les gens qui y demeurent et pour le précédent que ça pourrait créer », a déclaré hier le président du FRAPRU, François Saillant.Mais, selon lui, il était prévisible que la question referait surface tôt ou tard.L'entente selon laquelle le gouvernement finance 75 % de l'exploitation du complexe de logements arrive à terme en 2009.Or, HJM a accumulé pour la seule année 2006 un déficit d'exploitation de 5,6 millions, a fait valoir sa directrice générale adjointe, Danièle Juteau.Chaque année, 4 millions sont dépensés pour rénover ces vieux immeubles.« Il n'est pas question de démolition actuellement, a malgré tout insisté le responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville, Cosmo Maciocia.On parle uniquement d'essayer de rendre ces logements plus agréables pour ceux qui les habitent.Pas question non plus de changer la vocation des lieux, assuret- il.Zoné « résidentiel », le secteur est occupé depuis 1957 par des logements sociaux.La Ville ne retire actuellement que 700 000 $ en impôt foncier pour l'endroit, évalué à quelque 35 millions.Avec son emplacement de choix, entre les rues Saint-Dominique, Sanguinet, Ontario et Sainte-Catherine, il est clair que cet endroit pourrait rapporter beaucoup plus à la Ville.« Je le répète, les gens qui habitent là vont y rester », a commencé par dire M.Maciocia.Et il a ajouté : « Mais il y a des terrains qui sont vacants actuellement.Est-ce qu'on pourrait construire, est-ce qu'on pourrait faire de la mixité sociale ?À ce moment-là, c'est clair que les revenus augmenteraient.» En tout, 1687 résidants habitent les HJM, répartis sur une superficie de 1 km carré, ce qui en fait le plus grand complexe du genre au Québec.La densité demeure près de cinq fois inférieure à celle du reste de l'arrondissement de Ville-Marie, où 75 880 personnes cohabitent sur 14,49 km2.Par mixité sociale, M.Maciocia entend l'ajout d'autres types de logements aux 788 appartements sociaux existants, que ce soient des logements abordables ou des habitations destinées aux familles à faible revenu, comme le programme Accès condo.Pas de déménagement ! Les consultations publiques, que l'on espère tenir d'ici la fin de l'année, seront donc suivies de près par les différents groupes d'intérêt.Du côté des militants pro-logement social, c'est le spectre des promoteurs immobiliers qui fait peur.« On veut que les Habitations Jeanne-Mance demeurent et qu'on les entretienne », a dit Gaétan Roberge, du Comité logement Centre- Sud, ajoutant que de densifier la population du secteur pourrait être envisageable.« Mais on ne veut pas que pour des intérêts économiques, on sacrifie toute la valeur sociale du projet », a-t-il ajouté.« Que je sache, aucun entrepreneur ni aucun organisme ne nous a contactés », a répondu M.Maciocia à ce propos.Chez les résidants, on s'inquiétait plutôt hier d'un possible déménagement.« Ça fait 43 ans que j'habite ici, a lancé Yvette Pouliot, une femme de 66 ans.J'ai élevé mes trois enfants ici.Je ne changerais pas de place pour rien au monde ! Il n'y en a plus, d'endroit comme celui-là, à Montréal.» MALORIE BEAUCHEMIN Le Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal entreprendra prochainement une importante restructuration qui pourrait, à terme, permettre l'embauche de près de 500 nouveaux pompiers et des investissements de 60 à 100 millions.«À la suite des fusions municipales, on n'avait pas un service équilibré partout », raconte Michel Crevier, président des employés du Service sécurité incendie de la métropole.Une étude a donc été faite en vue de « renforcer la sécurité incendie sur toute l'île ».Le plan prévoit la construction de 12 nouvelles casernes, dont 11 dans l'ouest de l'île et une à Rivière-des- Prairies.Environ 500 nouveaux pompiers pourraient être embauchés et certaines casernes déjà existantes pourraient déménager.La mise en marche de la restructuration pourrait commencer au début de 2007.Patronat et groupes communautaires: des propos « indécents » BRUNO BISSON La coalition d'organismes communautaires qui a mené la bataille contre le déménagement du Casino au bassin Peel, au sud-ouest de Montréal, trouve «indécents» les propos du président du Conseil du patronat du Québec, Michel Kelly- Gagnon, qui réduit leur action à celle de fauteurs de troubles.Une porte-parole d'Action Gardien, Karine Triollet, a préféré ne pas s'étendre hier sur le contenu d'une lettre ouverte du jeune président du CPQ, qui a qualifié les groupes communautaires de « professionnels de la contestation », en plus de leur reprocher l'échec de ce mégaprojet de 1,2 milliard.« On ne voudrait pas leur donner une importance qu'ils n'ont pas, a déclaré Mme Triollet.Nous constatons seulement que cette lettre n'a pas été publiée.C'est le point de vue d'un idéologue de droite néolibéral à l'extrême, et il ne semble pas partagé par l'ensemble du CPQ.J'en conclu que c'est un point de vue isolé.Nous prenons bonne note du fait que certaines personnes voudraient nier aux gens ordinaires leur droit de dire ce qu'ils pensent.» La Presse rapportait hier que dans une lettre ouverte expédiée à plusieurs dizaines d'associations et de gens d'affaires du Québec, pour solliciter leur appui, M.Kelly- Gagnon accusait l'ensemble des groupes communautaires de « nuire à la prospérité générale ».Selon lui, ces groupes, qui recevraient un total de 631 millions de subventions par année, seraient « payés par l'État pour dire à l'État quoi faire » et jouiraient d 'une « in f luence politique excessive » dans les grands projets de développement économique.Cette lettre ouverte, qui réclamait la relance du projet du bassin Peel, n'a toutefois jamais été publiée, parce que plusieurs membres du CPQ s'y sont opposés.Dans une entrevue au journaliste Paul Arcand, à son émission de radio matinale, le président du CPQ a reconnu qu'il n'aurait pas dû établir de liens entre le dossier du Casino, la campagne d'Action Gardien, et les subventions versées à l'ensemble des groupes communautaires du Québec par l'État.Jointe hier par La Presse, Mme Triollet s'est dite peu étonnée du fait qu'on réclame la relance de ce projet.Elle estime toutefois que si le projet de déménagement du Casino a échoué, ce n'est pas seulement à cause des pétitions, des manifestations et des conférences de presse de la coalition.« C'est peut-être aussi parce que ce n'était pas un bon projet, dit-elle.La Direction de la santé publique et les services de police ont rendu des rapports très défavorables au Casino.Ces rapports ont sans doute eu un effet majeur sur la décision de l'abandonner.Mais le dénouement du dossier est le résultat d'une authentique victoire citoyenne parce que si les gens n'avaient pas posé des questions et exprimé ce qu'ils avaient à dire, je ne suis pas convaincue que les rapports de la Santé publique et de la police auraient eu le même impact.» À compter de vendredi, tant qu'il y en aura! VASTE SÉLECTION de vêtements, vêtements de nuit et sous-vêtements printemps/été pour femme Applicable sur les prix originaux.Prix étiquetés.Le choix varie selon le magasin.Tant qu'il y en aura.Aucun bon d'achat différé.PRIX ORIGINAL 29,97 $ AVANT 20 $ MAINTENANT 10 $ PRIX ORIGINAL 19,97 $ AVANT 10 $ MAINTENANT 7$ Prix en vigueur jusqu'au 31 juillet 2006 ou tant qu'il y en aura.10%de rabais sur vos achats toute la journée, dans n'importe quel magasin du groupe Hbc lorsque vous ouvrez un compte Hbc.Sur approbation du crédit seulement.Les achats doivent être réglés avec la carte de crédit Hbc.Certaines exceptions s'appliquent.Consultez un associé à la vente pour les précisions.NOUVELLES RÉDUCTIONS! jusqu'à65% de rabais Voici ce que vous verrez : 3405640A . ACTUALITÉS PROCÈS POUR FRAUDE DE CHARLES GUITÉ «J'étais au courant des contrats, mais vaguement de leur contenu», dit Alain Richard ANDRÉ CÉDILOT « Quand tu es vice-président d'une entreprise en pleine expansion qui facture 100 millions par année, tu ne contestes pas quand ton grand patron dit que tu as fais des heures dans un contrat.» À entendre le bref mais coloré témoignage du publicitaire Alain Richard, hier, au procès pour fraude de l'ex-haut fonctionnaire Charles Guité, on croyait revoir le film américain The Firm, dans lequel des avocats sont forcés de faire de la surfacturation.À l'instar d'anciens collègues de Groupaction, Richard a reconnu avoir rempli des relevés de temps en marge de l'étude de visibilité du gouvernement fédéral, même s'il n'a jamais travaillé sur ce dossier.« J'ai fait zéro heure », a-t-il dit sans détour après qu'on lui eut montré un document voulant qu'il ait consacré 374 heures à ce travail, en 1996.« J'étais au courant des contrats, mais vaguement de leur contenu.J'en ai entendu parler lors de dîners aux ailes de poulet avec Jean Lambert », a-t-il précisé, en parlant de son vis-à-vis de Groupaction qui a rédigé un des rapports bidons remis au gouvernement fédéral.Véritable moulin à paroles, Alain Richard s'est montré ironique à propos du taux horaire de 150 $ accolé à son nom.« C'est quand même flatteur, car c'est le même tarif que le président, Jean Brault ! » a-t-il commenté.Il a tout de même reconnu devant le jury s'être senti mal à l'aise dans cette magouille.Cela explique aussi qu'il se soit assuré qu'on ne pourrait l'accuser de quoi que ce soit avant de collaborer avec la GRC, à l'automne 2002.« C'est là, 10 jours plus tard, qu'on m'est revenu avec les feuilles de temps, et une somme de 56 000 $ chargée en mon nom », a rappelé Richard.Un ancien de BCP Communication, il est devenu vice-président de Groupaction en 1996.Il a quitté l'agence après seulement un an.En verve jusque-là, Richard a paru désarçonné quand le juge Fraser Martin a refusé de le reconnaître comme témoin expert afin qu'il puisse décrire plus largement le petit monde de la publicité au Québec.Pour le reste, l'avocat de la poursuite, Me Jacques Dagenais, a passé la journée à interroger de nouveaux témoins sur l eur participation à la confection des rapports ou du paiement de factures.Un expert de la Vieille Capitale s'est notamment étonné de la ressemblance entre un rapport qu'il avait fourni à Groupaction en 1998 et celui parvenu au gouvernement fédéral quelques mois plus tard.« Quand j'ai vu le rapport, je pensais que c'était le mien », a dit le politologue Marcel Giner.En réalité, les deux rapports portaient à peu près les mêmes titres et présentaient le même schéma de travail, mais ils étaient différents.« C'est un rapport de type social très pauvre analytiquement.Il a été fait à partir de plusieurs autres rapports.Le contenu, je ne sais pas d'où il vient », a indiqué le spécialiste.L'ancienne adjointe administrative de Jean Brault a par ailleurs raconté avoir rédigé au nom de Charles Guité une lettre adressée à Groupaction.« Il était dans mon bureau, devant moi, et j'ai dactylographié le texte qu'il m'a dicté », se souvient Diane Donnelly.Le document fait état de modifications au mode de facturation, « mais le montant total du contrat restera inchangé », précise-t-on au dernier paragraphe.Guité, qui se défend seul, fait face à cinq accusations de fraude.Son procès reprend aujourd'hui avec le témoignage attendu du fonctionnaire Mario Parent, proche collaborateur de l'accusé au programmes de commandites.PHOTO RYAN REMIORZ, CP Charles Guité, qui se défend seul, fait face à cinq accusations de fraude.Son procès reprend aujourd'hui avec le témoignage attendu du fonctionnaire Mario Parent.Un criminaliste «vendu» par son frère Aimeriez-vous économiser 20$ ?Vous le pouvez.Économisez 20$ sur un vol aller-retour en choisissant notre bas tarif Tango, en n'apportant qu'un bagage de cabine (qui répond à nos normes) et en n'effectuant aucune modification à votre itinéraire.Avec le Rabais Go, voyagez à votre façon.Rabais Go offert seulement sur 3404964A JEAN-PAUL CHARBONNEAU L'informateur Luc Bellemare a joué rôle de premier plan dans l'arrestation de son frère, le criminaliste trifluvien Roger Bellemare, lors d'une rafle policière survenue jeudi dernier.L'opération a permis d'appréhender une trentaine de personnes, qui tremperaient dans un vaste trafic de cocaïne.Parmi les suspects, le Hells Angels Mario Brouillette, en cavale depuis des années.Selon ce que La Presse a appris de différentes sources hier, Luc Bellemare, qui a eu quelques démêlés avec la police et qui est bien connu au palais de justice de Trois-Rivières, est passé dans les rangs de l'escouade régionale mixte qui lutte contre le crime organisé.Il est devenu un informateur « codé » et aurait enregistré des conversations incriminant son frère, qui défend notamment des motards en Mauricie.Hier, au palais de justice de Trois- Rivières, la rumeur voulant que le criminaliste ait été vendu par son frère a couru toute la journée.Aucun avocat ni policier n'a cependant voulu la confirmer.Par contre, des proches des forces policières au fait de ce qui se passe dans la lutte contre le crime organisé ont affirmé à La Presse, en requérant l'anonymat, que Luc Bellemare était effectivement une taupe utilisée dans la première phase de l'opération Fusion, qui s'est soldée notamment par l'arrestation de Me Roger Bellemare.Joint au téléphone hier, l'avocat de l'accusé, Me Michel Lebrun, s'est refusé à tout commentaire.Quant à Me Jacques Casgrain, qui occupe pour la Couronne, il a indiqué plus tôt cette semaine qu'il n'avait rien à ajouter dans ce dossier pour le moment.Transparence Me Bellemare va revenir en cour aujourd'hui pour son enquête de mise en liberté sous caution, et une ordonnance de non-publication sera demandée au juge.Par souci de transparence, l'accusé étant fort connu des magistrats locaux à cause de ses fonctions, le juge de la Cour du Québec qui va agir dans ce dossier provient d'un autre district judiciaire.Il est presque assuré qu'advenant le refus de ce juge d'accorder une mise en liberté au criminaliste, son avocat interjettera appel devant la Cour supérieure.Me Bellemare est accusé de trafic de cocaïne et de complot pour importation de cocaïne durant la période du 2 mars au 9 mai 2006.Mardi, les parents de Me Bellemare ont attendu toute la journée au palais de justice dans l'espoir de le voir.Mais, à la suite d'une entente entre les avocats des deux parties, l'accusé ne s'est pas présenté dans la salle d'audience.M.et Mme Bellemare ont seulement appris que leur fils aurait son enquête de mise en liberté sous caution aujourd'hui.Hells Angels Deux cents policiers (de la SQ, de la GRC, de Montréal et d'autres villes) ont participé à la première phase de l'opération Fusion, qui a conduit à l'arrestation de 27 individus.L'un des suspects arrêtés, Mario Brouillette, est l'un des rares membres de la section des Hells Angels de Trois-Rivières qui avaient échappé aux raids policiers des dernières années.Il a été épinglé dans la région de Montréal, et il serait l'une des têtes dirigeantes du réseau.Parmi les personnes traduites devant les tribunaux, il y a également un ancien policier, Richard Sanschagrin, et un homme d'affaires bien connu de Québec, Tommy Nittolo.Cet homme, qui aurait importé des centaines de kilos de cocaïne par le truchement de sa compagnie d'import- export, aurait été piégé par un complice devenu l'une des taupes qui ont permis le démantèlement du réseau.Sanschagrin, Nittolo et Yvan Cech, Montréalais arrêté en République dominicaine, sont accusés d'importation de cocaïne.EN BREF Il paie cher son incartade Le policier imposteur qui a tenté de kidnapper une jeune femme pour laquelle il avait le béguin a payé cher son incartade : le tribunal l'a condamné à deux ans moins un jour de prison à purger dans la collectivité, assortis d'une probation de trois ans et de l'interdiction de posséder une arme à feu.D'après la preuve soumise devant le tribunal par Me Marcel Patenaude, du ministère public, Kilsdonk portait l'uniforme de la police quand il a fait irruption ce jour-là dans l'appartement d'une jeune femme, à Saint-Philippe-de- Laprairie, en Montérégie.Prétextant détenir un mandat d'arrestation contre elle, Kilsdonk a voulu l'emmener de force avec lui, mais la jeune femme, flairant sans doute un guet-apens, s'est empressée d'alerter son copain qui est rentré en vitesse à la maison, suivi par une auto de la Régie intermunicipale de police de Roussillon.Marcel Laroche TRISTAN PÉLOQUIN Les élus de Longueuil ont mis un peu d'eau dans leur vin.Dans un ultime effort pour éviter l'imposition par Québec d'un budget d'agglomération aux cinq villes reconstituées de la Rive-Sud, ils ont accepté hier de réduire le fardeau fiscal des citoyens de 5 millions supplémentaires.La Ville de Longueuil, modifiant ainsi légèrement à l'avantage des citoyens la proposition de taxation émise par le médiateur Jean Pronovost, a aussi accepté de céder une partie de son parc industriel aux quatre villes défusionnées qui composent l'agglomération de Longueuil (Brossard, Saint-Bruno, Saint-Lambert et Boucherville).En échange de ces concessions, Longueuil voudrait s'asseoir avec les maires des quatre villes défusionnées pour discuter de la question de la double majorité.Ce principe central dans le fonctionnement du conseil d'agglomération accorde à Longueuil et aux villes défusionnées un poids égal lors des votes.« La double majorité n'est pas fonctionnelle.Il est impératif que nous trouvions un mécanisme qui marche mieux », a affirmé en conférence de presse le vice-président du comité exécutif de Longueuil, Jacques Goyette.Boucherville Incapables de s'entendre sur le fonctionnement et les questions financières entourant le conseil d'agglomération du Grand Longueuil, les cinq municipalités pourraient se faire imposer un budget par la ministre Nathalie Normandeau dès la semaine prochaine.« Des fonctionnaires du Ministère travaillent présentement sur différents scénarios.C'est une question de jours, pas une questions de semaines, avant que la ministre décide si elle doit imposer un de ces scénario », a indiqué hier son porte-parole, Jonathan Trudeau, tout en précisant que la démarche entreprise par Longueuil est bien accueillie par la ministre.La proposition a toutefois été moins bien accueillie par la mairesse de Boucherville, Francine Gadbois.«Je n'y vois pas une grande avancée.Il est hors de question pour nous d'abandonner le principe de la double majorité », a-t-elle insisté en entrevue téléphonique.Mme Gadbois, qui estime que la réduction de taxes de 5 millions proposée par Longueuil est insuffisante, s'est dite ouverte à rencontrer les représentants de Longueuil pour tenter de dénouer l'impasse.PRESSE CANADIENNE QUÉBEC \u2014 Le gouvernement Charest est déterminé à régler le dossier de l'équité salariale avant l'été, espérant ainsi être en mesure d'expédier aux femmes visées un chèque dès l'automne.Les discussions sur l'équité salariale ont été entreprises il y a déjà cinq ans et il n'y a toujours pas de règlement en vue.Pour accélérer les choses, le gouvernement a obtenu l'accord de l'opposition et des centrales syndicales pour déposer un projet de loi qui vise à clarifier un certain nombre de points en suspens.À terme, les femmes qui auront droit à un redressement salarial pourront se partager 1,5 milliard, somme qui dort dans les coffres du Trésor public dans l'attente d'un règlement entre les parties.Il s'agit de sommes importantes « qui sont dues aux femmes ; ce n'est pas un cadeau, c'est un droit », a rappelé la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, hier, lors d'un point de presse.Quelques minutes plus tôt, son collègue du Travail, Laurent Lessard, avait déposé le projet de loi 28 à l'Assemblée nationale, qui vient modifier la Loi sur l'équité salariale, et qui aura pour effet, espère-t-on, d'accélérer le processus.Essentiellement, le projet de loi indique que deux femmes occupant la même fonction, mais qui sont membres d'accréditations syndicales différentes seront « évaluées en fonction du même comparateur » masculin.ACTUALITÉS BUDGET ÉQUITÉ SALARIALE Longueuil tente de sauver les meubles Un projet de loi pour régler le dossier avant l'été un exemple?voici le principe.prix original 50 $ rabais de 75 % -37, 50 $ vous ne payezque 12,50 $ Exceptions à l'offre de 15 % de rabais : produits cosmétiques et parfumés, montres Gucci, appareils électroniques, musique, films, jeux vidéo, ordinateurs, logiciels, gros électros, meubles, duos-sommeil, articles « Nouvellement réduit » et ceux de la boutique Bleu jean et des rayons concédés.D'autres exceptions s'appliquent.Précisions en magasin.Le choix varie selon le magasin.Les rabais sont sur nos prix ordinaires, sauf avis contraire.Exceptions : articles « Bon prix la Baie tous les jours », « Nouvellement réduit », « Achat-choc », « Offre spéciale de la direction », Salviati, Home Studio, Liz Claiborne Home, Vera Wang, Gluckstein Home, ceux des rayons concédés, de la collection olympique et de la Fondation Hbc et mode maison Mantles.Les mentions « ACHAT-CHOC » et « Offre spéciale de la direction » indiquent que nous avons trouvé une aubaine incroyable dont nous voulons vous faire profiter.Si nous indiquons un PRIX DE COMPARAISON, il s'agit du prix qu'un autre détaillant canadien a établi pour un article de qualité identique ou comparable.Notez que pour les articles « Achat-choc », « Offre spéciale de la direction » et ceux de L'Entrepôt du style en magasin, les quantités sont limitées, le choix varie selon le magasin et aucuns bons d'achat différé ni articles de substitution ne sont offerts.La mention « PRIX CISEAUX » signifie que le bas prix au quotidien existant est temporairement réduit.Précisions en magasin.DU VENDREDI 19 AU DIMANCHE 21 MAI Recevez ce cadeau de 6 pièces avec tout achat de 30 $ ou plus de produits BIOTHERM Jusqu'au dimanche 4 juin.Une prime par personne.Tant qu'il y en aura.SEULEMENT À LA BAIE sur les prix de solde et de liquidation et 15 % de rabais sur les prix ordinaires en réglant avec votre carte de crédit Hbc, durant les 3 premières heures Précisions ci-dessous.ARRIVEZ TÔT le samedi 20 mai! 15% 40% de rabais Mode et jeans pour elle HOLLYWOOD et BUFFALO Mode pour lui CK JEANS et CHAPS DENIM 50 % à 60 % de rabais Bagages SKYWAY, SAMSONITE, EDDIE BAUER, TRAVELPRO, AIR CANADA et autres.Exception : articles dont le prix se termine par 97 ¢ ou 99 ¢.35% de rabais à l'achat de 3 articles ou plus Sous-vêtements pour lui HARVEY WOODS, JOE BOXER et PRODIGE.30 % de rabais : 2 articles 25 % de rabais : un article Mode estivale pour elle Tenues de nuit et dessous dans le lot JUSQU'À Sur les prix originaux étiquetés.Le choix varie selon le magasin.Tant qu'il y en aura.75% Aucun bon d'achat différé.de rabais 2 000 000 $ d'articles choisis! C'est le temps de magasiner.de rabais additionnel 30 %de rabais à l'achat de 3 articles ou plus Accessoires pour elle et lui 20 % de rabais : 2 articles 15 % de rabais : un article Exceptions : parapluies, lunettes de soleil de plus de 100 $, articles BIANCA NYGARD pour elle et TOMMY HILFIGER pour lui et ceux dont le prix se termine par 99 ¢.ais JUSQU'À 45 % de rabais Choix de chaussures de ville et tout-aller pour lui CLARKS, BOSTONIAN, WOLVERINE, HUSH PUPPIES et ALFRED SUNG Ord.109 $ à 125 $.Le choix varie selon le magasin.UN JOUR SEULEMENT! Le samedi 20 mai 55% de rabais Poêle Privilege de T-FAL, 24 cm Ord.89,99 $.Solde 39,99 $.Poêle Encore de T-FAL, 27 cm Ord.59,99 $.Solde 26,97 $.30% de rabais Complets, vestons sport et blazers NAUTICA pour lui Vestons sport et pantalons de ville MANTLESMC Chemises de ville et cravates pour lui 45 % de rabais Bracelets à zircons cubiques, diamants et gemmes 55 % de rabais Bijoux Diamond Fascination en or à 14 ct 3404664A Le nombre de «superinfirmières» en hausse au Canada PRESSE CANADIENNE Le nombre d'infirmières praticiennes, ces « superinfirmières » qui peuvent prescrire des médicaments et des examens diagnostiques, est en hausse partout au pays.Le Québec, cependant, affiche un important retard à ce chapitre, mais un retard qu'il a récemment pris les moyens de corriger.L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a révélé, hier dans un rapport, que le Canada comptait 1026 infirmières praticiennes en 2005.Ce nombre se compare à 878 en 2004 et à 725 en 2003.On peut constater une croissance dans toutes les provinces.Près des deux tiers de ces infirmières praticiennes oeuvrent en Ontario.En retard sur les autres provinces, le Québec a récemment entrepris des démarches de reconnaissance de ces infirmières praticiennes, se concentrant au départ sur les infirmières praticiennes spécialisées.On y a officiellement reconnu les infirmières praticiennes spécialisées en cardiologie, en néonatalogie et en néphrologie.Mais le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, ne souhaite pas s'arrêter là.La nouvelle loi, au Québec, permet à ces infirmières praticiennes de prescrire des examens diagnostiques, de prescrire des médicaments, des prescrire certains traitements médicaux, par exemple.Ces infirmières praticiennes, qui ont un diplôme de maîtrise, sont souvent vues comme un moyen de pallier le manque de médecins.En 1870, Julia Ward Howe appelait à instituer une Fête des mères qui soit résolument anti-guerre.Dans cet esprit, pensons aux mères irakiennes qui subissent quotidiennement les conséquences dévastatrices de l'occupation étrangère de leur pays.Que les femmes et les hommes de partout leur offrent une solidarité agissante et conséquente.Il y a quelques jours, c'était la Fête des mères.Un projet conjoint d'Objection de conscience et du Comité de solidarité / Trois-Rivières \u201cNous, femmes d'un pays serons trop tendres envers celles d'un autre pays pour laisser nos fils s'entraîner à blesser les leurs\u201d Julia Ward Howe 3406365A SUITE DE LA UNE «C'est pratiquement la peine demort pour eux» EXPULSION suite de la page A1 Une femme effondrée Elena Gouseva, jeune femme élégante qui vit dans un appartement coquet de Verdun, s'effondre lorsqu'elle pense au 31 mai prochain, date à laquelle sa mère, Alla, et son frère, Vladislav, devront s'envoler pour Moscou.Mme Gouseva a immigré au Canada il y a 15 ans.Elle a fait nombre de petits boulots, puis des études en dessin de mode, et travaille maintenant pour une entreprise de fourrure.En 2000, elle a fait venir sa mère, âgée de 65 ans à l'époque, et son frère, lourdement handicapé.Vladislav ne parle pas, et est incapable de manger, de marcher ou d'aller aux toilettes seul.En sol canadien, la mère et le fils présentent une demande de statut de réfugié.Rejetée.C'est la seconde demande, présentée en vertu de motifs humanitaires, qu'Immigration Canada vient de refuser.Il aura donc fallu six ans pour qu'ils obtiennent un non ferme.« Oui, ma mère est vieille.Oui, mon frère est handicapé.Oui, ils seront un poids pour la société.Je ne sais pas combien de temps il leur reste à vivre.Je veux seulement qu'ils puissent finir leur vie ici, avec moi.Cette décision, c'est pratiquement la peine de mort pour eux », plaide Mme Gouseva.Lorsqu'il voit sa soeur éclater en sanglots, Vladislav, assis calmement dans un fauteuil de la salle à manger, commence à s'agiter.Il prend la main de sa mère, la caresse.Elle lui chuchote quelques mots en russe.Dans la maison, la grande bibliothèque est tapissée de photographies de la petite famille.Grandmaman Alla qui porte à bout de bras le petit Anthony.Vladislav à 5 ans, petit blond aux cheveux sagement lissés.C'est évident : les Gouseva forment une famille unie.Et pourtant, le fonctionnaire d'Immigration Canada qui a tranché leur cas, estime « qu'il n'y pas de lien émotionnel significatif» entre Vladislav, sa soeur et son neveu.En conséquence, poursuit-il, « une séparation de la famille sera peut-être difficile, mais ne serait pas une mesure excessive ».Cet extrait du jugement a révolté Mme Gouseva.«C'est dur et c'est injuste.On ne peut pas dire une chose comme ça sans avoir jamais rencontré les personnes en cause.Au moins, rencontrez-moi, regardez- moi dans les yeux, voyez qui je suis.Non.Pas d'entrevue.Et ça tombe, comme ça: nous pensons que les membres de votre famille ne sont pas assez proches.» Son avocat, Peter Schamps, avait pourtant plaidé pour une rencontre avec les autorités, ce qui se produit rarement dans le cas de demandeurs de statut de réfugié.Immigration Canada a refusé.« Souvent, ce genre de décision est pris en ne regardant que du papier.C'est difficile de saisir les liens émotionnels avec du papier », commente-t-il.Et ce jugement est d'autant plus dur, estime Mme Gouseva, qu'il minimise le sort qui attend Alla et Vladislav en Russie.« Les handicapés, en Russie, sont vus comme des parasites de la société.Et les soins qu'on leur prodigue sont en fonction de ça.Si ma mère meurt, et que mon frère se retrouve en institution, il en mourra.Nous avons visité une fois une institution.Cette image ne m'a jamais quittée.Jamais nous n'avons voulu le placer », croit-elle.Pour appuyer cet aspect de la cause, son avocat a documenté les atteintes aux droits des personnes handicapées en sol russe.Des rapports récents d'Amnistie internationale, du groupe Human Rights Watch, ainsi que de divers médias démontraient que cette situation était extrêmement préoccupante.Les orphelinats russes où sont notamment hébergés les enfants handicapés présentent « un degré choquant de cruauté et de négligence », soulignait notamment un document de Human Rights Watch.Réponse des autorités : « Le traitement réservé à une personne handicapée n'est pas considéré comme une atteinte sérieuse aux droits de la personne.» Nous avons contacté les autorités d'Immigration Canada, qui se sont refusées à tout commentaire sur le cas des Gouseva.1re 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e 10e année Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché.OBLIGATIONS À TAUX PROGRESSIF Capital garanti à 100% par le gouvernement du Québec.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 $.Taux avantageux garantis pour 10 ans.ÉPARGNE PLACEMENTS QUÉBEC 1 800 463-5229 Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de mai, de 10 h à 16 h.Passez nous voir au 2000, av.Mc Gill College, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.www.epq.gouv.qc.ca la première année, pour les nouveaux fonds REER.BONI DE 1% SOYEZ AUDACIEUX: INVESTISSEZ SANS RISQUE 3,50 3,90 4,10 4,20 4,30 4,40 4,50 4,60 4,70 7,00 % 3402534A «Je ne sais pas combien de temps il leur reste à vivre.Je veux seulement qu'ils puissent finir leur vie ici, avec moi.» Valide jusqu'au 22 mai 2006.Limite d'un bon par personne.Ce bon ne peut être combiné avec aucune autre offre et ne s'applique pas aux achats antérieurs ni aux petits électros domestiques, de cuisine et de soins personnels, aux articles des rayons concédés, aux cartes-cadeaux Hbc et aux achats en ligne d'articles inscrits à un registre de cadeaux.P4.3-P4.4(17/05/06-22/05/06) Offre valide jusqu au 22 mai 2006, dans tous les magasins Déco Découverte.ça fait changement! 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ACTUALITÉS Le registre des armes à feu sauve des vies KATIA GAGNON Quand la vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec a reçu, en janvier 2005, un courriel menaçant, signé par un homme qui s'autoproclamait « réincarnation de Marc Lépine », elle a immédiatement porté plainte à la police.Mais Donald Doyle, le signataire de la missive, était-il simplement un mauvais farceur ?Pour le savoir, la police a consulté le registre des armes à feu.Les agents ont découvert que Doyle possédait deux armes de chasse.Disons que sa menace a soudainement été prise très au sérieux.Doyle a été arrêté et a purgé 10 mois de prison.C'est dans ce genre de situation, qui se produit quotidiennement dans le travail policier, que le registre des armes à feu démontre son utilité, ont plaidé hier les membres de la Coalition pour le contrôle des armes, qui rassemble, outre deux fraternités de policiers, les centres de prévention du suicide et des membres de la famille de victimes de Polytechnique.Les policiers de tout le pays consultent le registre pas moins de 5000 fois par jour.Un exemple ?À l'hiver 2003, les policiers du Service de police de Montréal sont intervenus dans une histoire de violence conjugale.La conjointe craignait le retour de son mari, hospitalisé pour une courte période.En consultant le registre, les policiers ont pu savoir que l'homme détenait un véritable arsenal : 26 armes de poing, 16 armes de chasse et 45 000 balles.Les armes ont été immédiatement saisies.Si la fouille avait été infructueuse, les policiers auraient pu faire pression sur l'homme pour trouver les armes.Sans le registre, il aurait été impossible de savoir que cet homme détenait un tel arsenal.Un non-sens Or, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a annoncé mercredi qu'il émasculait, à toute fins pratiques, le registre créé en 1995, à la suite d'un rapport de la vérificatrice générale qui démontrait que le registre a coûté près de 1 milliard en 10 ans.En effet, M.Day n'obligera plus les propriétaires d'armes de chasse, qui comptent pour 90% des armes inscrites au registre, à les enregistrer.Cette décision est un non-sens, croient les représentants de la coalition, qui estiment que ce registre prévient chaque année des dizaines de meurtres ou de suicides.Les décès par armes à feu sont tombés de 40 % depuis 10 ans, grâce en partie au registre, estiment-ils.« Par exemple, lors de la mise en liberté d'un prévenu, s'il y a interdiction de posséder des armes à feu, on peut vérifier si les armes remises sont bel et bien celles qu'il possède », souligne le président de la Fraternité des policiers du Québec, Denis Côté.Le registre a également permis d'éviter plus de 1000 suicides par année au Canada, ajoute Robert Simon, de l'Association des centres de prévention du suicide.En conséquence, les membres de la coalition demandent le maintien « total et intégral » du registre.Ils promettent une bataille en règle au ministre Day et à son patron, Stephen Harper, puisque, selon eux, cette décision n'a été prise que pour plaire au lobby des armes canadien.« Ce n'est pas une décision prise en fonction des coûts.Ce n'est pas une décision prise en fonction de la sécurité publique.C'est une décision purement politique », lance Wendy Cukier, présidente de la coalition.En retirant les armes de chasse du registre, le gouvernement n'économisera en effet que 10 millions de dollars par année, puisque la part du lion du budget \u2014 72 millions sur 82\u2014 sert à émettre des permis pour les détenteurs d'armes.Ces permis demeureront obligatoires.Les membres de la Coalition pour le contrôle des armes demandent le maintien « total et intégral » du registre.Ils promettent une bataille en règle au ministre Day et à son patron, Stephen Harper, puisque, selon eux, cette décision n'a été prise que pour plaire au lobby des armes canadien.De l'eau dans le gaz à la SQ SQ suite de la page A1 Les policiers ont également cessé de compiler le kilométrage parcouru, ce qui crée un surplus de travail pour les officiers, qui doivent vérifier eux-mêmes le kilométrage sur le tableau de bord des véhicules.Moyens de pression Sans contrat de travail depuis juin 2002, les 5000 agents syndiqués de la SQ ont entrepris ces moyens de pression à la demande de leur syndicat, a-t-on appris.Des négociations intensives sont en cours entre l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) et le ministère de la Sécurité publique.Selon le directeur des communications de la SQ, Michel Martin, les signatures faites par les policiers n'occasionnent pas de perte financière pour le corps de police.« Ça alourdit le côté administratif, mais ça ne nous coûte pas plus cher pour l'essence en bout de ligne.Et le paiement des sommes dues aux commerçants n'est pas affecté.» Chaque voiture de police de la SQ est munie d'une carte de crédit La Capitale qui n'est pas nominative, mais qui est liée par numéro au véhicule.Les policiers doivent normalement signer leur nom après avoir payé pour l'essence, et compiler les reçus et le kilométrage effectué lors de leur quart de travail.Or, depuis des mois, les policiers signent « Normand Proulx» et jettent leur copie de la facture à la poubelle.Le suivi du kilométrage n'est pas fait systématiquement.La direction générale a mis en place des mesures de contrôle afin de s'assurer que les achats d'essence par les policiers servent effectivement aux voitures.« Nous ne tolérerons aucun abus, et nous n'hésiterons pas à commander une enquête si une situation problématique venait à se présenter », souligne M.Martin, rappelant que la méthode avait déjà été employée par des agents lors d'une négociation précédente, sous l'égide du directeur Florent Gagné.Geste illégal ?N'est-il pas illégal pour les policiers d'usurper la signature de leur directeur?Si oui, la SQ n'a-t-elle pas le devoir de poursuivre les contrevenants « Ce n'est pas un geste illégal.Il n'y a pas d'intention criminelle ou de gain personnel dans tout cela.C'est administratif », explique le porte-parole Michel Martin.Selon le criminaliste Jean-Claude Hébert, par contre, la question est beaucoup plus difficile à trancher.« Il peut s'agir d'une fraude dans le sens où le policier signe un nom qui n'est pas le sien, avec l'intention claire de causer un désavantage à la personne dont il signe le nom.Je trouve qu'il y a une marge de risque à faire ça, ce n'est pas si tranché.Surtout qu'une fraude, dit-il, ne veut pas nécessairement dire que le fraudeur s'enrichit aux dépens de quelqu'un.« Une fraude, ce n'est pas uniquement une fraude économique où quelqu'un s'en met plein les poches.Une fraude, c'est un geste contraire à la loi.C'est toujours risqué de signer le nom de quelqu'un d'autre.Si un citoyen privé décidait de porter plainte, je ne sais pas ce qu'un juge pourrait décider.Le président de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), Jean-Guy Dagenais, n'a pu être joint hier.Il est en séance de négociation intensive avec Québec et ne répond à aucune question des médias.Progrès dans les négos Par ailleurs, les négociations entre Québec et les syndicats représentant les 5000 agents de la SQ ont progressé hier.Depuis plusieurs jours, l'évaluation financière d'assouplissements dans les conditions de travail des syndiqués est au centre des échanges.Un comité ministériel où se retrouvent la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme- Forget, et le responsable de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a fait le point mercredi.« Les ententes, avec la SQ ou avec les médecins devront se faire à l'intérieur du cadre financier.Les policiers ne méritent pas plus, ils vont entrer dans le cadre financier », a dit Mme Jérôme-Forget, rappelant que certains groupes, les femmes et les infirmières, ont eu plus que les 2% appliqués à l'ensemble des employés de l'État par une loi spéciale en décembre dernier.\u2014avec la collaboration de Denis Lessard à Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.2006-05-17 Tirage du 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 2/6+ Complémentaire : GAGNANTS LOTS Ventes totales : 12 706 948 $ 2006-05-17 Tirage du 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 Complémentaire : GAGNANTS LOTS Ventes totales : 446 913,50 $ Tirage du Tirage du Tirage du 2006-05-18 2006-05-17 2006-05-18 602 NUMÉRO 962697 NUMÉRO Tirage du 2006-05-18 Lettre gagnante K 09 8 000 000 $ 3 614 535,00 $ 129 090,50 $ 1 762,60 $ 68,00 $ 10,00 $ 5,00 $ 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ Prochain gros lot (appr.) : 2006-05-18 Tirage du 12 14 16 18 20 22 30 34 35 36 2006-05-18 06 SEPTEMBRE 08 CAPRICORNE Tirage du Jour - Mois - Année - Signe PARIEZ SUR LES SÉRIES ÉLIMINATOIRES DE HOCKEY ! DEMANDEZ LE PROGRAMME 2.AVIS D'ASSEMBLÉE PUBLIQUE Les présentes constituent un avis officiel annonçant l'assemblée publique de Technologies du développement durable Canada (TDDC), qui aura lieu mercredi 21 juin 2006 de 16 h à 18 h au salon Laurier de l'hôtel Ottawa Marriott, au 100, rue Kent, Ottawa (Ontario).TDDC est une initiative du gouvernement du Canada qui gère un fonds de 550 millions $ pour financer le développement et la démonstration de technologies propres et trouver des solutions aux problèmes de changement climatique, de pureté de l'air, ainsi que de propreté de l'eau et de salubrité des sols, qui seront bénéfiques pour la santé des Canadiens, leur environnement et la vie économique du pays.Un organisme autonome sans but lucratif, TDDC constitue le principal catalyseur en vue de créer une infrastructure technologique du développement durable au Canada.Notre Rapport annuel 2005 est accessible à www.sdtc.ca 3405658A Bienvenue aux orthèses Messieurs, vous sacrifiez vos goûts pour votre confort ?Pouliot, le spécialiste des pieds depuis plus de 30 ans, peut vous aider.Dernières tendances, importations exclusives.Ses maîtreschausseurs vous offrent la plus belle et la plus vaste sélection de chaussures pour orthèses sur le marché.Faites-vous du bien, venez chez Pouliot aujourd'hui.Québec Rimouski Gatineau Montréal : 4596, boulevard St-Laurent 514 848.0100 1 877 967.0100 3387376A Tous les samedis dans TOUS LES SCÉNARIOS\u2026 Utilisez nos outils de recherche d'emplois pour dénicher un poste chez l'un des 50 employeurs les plus en vue au pays.Retraite.Repartez en lune de miel.Le succès ne fait pas de vous un bébé gâté.Obtenez le droit de travailler de la maison.Vos enfants vous fabriquent un trophée.Vous réalisez que vous n'avez pas d'ennemis.On s'arrache déjà le droit de publier vos Mémoires.Vous oubliez d'utiliser les outils de Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAUX Un vote de conscience apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE Les députés fédéraux avaient l'occasion mercredi soir de manifester concrètement leur appui à la mission canadienne en Afghanistan et, surtout, de protéger l'Opération Archer contre les aléas d'une politique qui sera forcément partisane à l'excès au cours des prochains mois.Les élus qui ont voté contre la prolongation de deux ans de la mission ont malheureusement préféré leurs intérêts politiques à court terme et fermé les yeux sur le sort du peuple afghan et sur les exigences de la sécurité internationale.Tout le monde a compris qu'en forçant la tenue d'un vote dès ce printemps sur cette question, le premier ministre Stephen Harper cherchait à mettre son gouvernement minoritaire à l'abri des contrecoups politiques que pourrait engendrer l'augmentation du nombre de victimes au sein des troupes canadiennes.La manoeuvre \u2014 partisane à n'en point douter \u2014 a coincé les libéraux et les bloquistes qui n'avaient cessé de réclamer un vote sur la mission tout en jurant leur soutien indéfectible aux soldats.On comprend la colère de l'opposition.Toutefois, lorsque vient le temps de voter sur une question aussi importante, il faut se prononcer sur le fond, écouter sa conscience \u2014 c'était la directive donnée aux députés libéraux \u2014 plutôt que sa rage d'avoir été déjoué par l'adversaire.Or, sur le fond, il n'y a pas de doute que la mission du Canada en Afghanistan est justifiée et juste.En terre afghane, les militaires canadiens ne mettent pas en oeuvre les politiques des États-Unis mais celles des Nations unies.Lors d'une récente conférence à Londres, la communauté internationale et le gouvernement Karzaï ont convenu que les forces de l'OTAN devront rester sur place au moins jusqu'en 2010.Dès lors, il était évident que le Canada ne pourrait pas se retirer aussi tôt que 2007 sans causer préjudice à l'oeuvre de reconstruction.Le Bloc québécois et une majorité de libéraux ont soutenu ne pas pouvoir approuver la prolongation de la mission parce qu'il leur manquait de l'information.Mais les assurances qu'ils demandaient, personne ne pouvait les leur fournir parce que nul ne peut prévoir ce qui se passera en Afghanistan.Dans de telles circonstances, cette exigence d'informations supplémentaires avait toutes les apparences d'un prétexte pour ne pas avoir à voter en faveur d'une mission aussi impopulaire qu'essentielle.En rejetant la motion du gouvernement, les bloquistes et les libéraux ont choisi la voie la plus partisane et la plus couarde : proclamer leur appui aux troupes \u2014 insérer ici quelques larmes de crocodile \u2014 sans pour autant traduire cet appui en votes.Les paroles s'envolent, les votes restent.Cela permettra à l'opposition, si les choses tournent mal en Afghanistan, de chercher à en tirer avantage politiquement.Heureusement quelques libéraux, notamment Bill Graham, Michael Ignatieff et Scott Brison, ont eu le courage de leurs convictions.Si les Communes avaient appuyé par une forte majorité la prolongation de l'Opération Archer, les parlementaires auraient pu consacrer leurs énergies à convaincre les Canadiens du bienfondé de cette mission, bien-fondé que plusieurs ne voient pas parce qu'aveuglés par leur haine de George Bush.Il est évidemment plus facile pour des politiciens d'opposition de rester assis entre deux chaises.Le gouvernement, lui, n'a pas ce luxe.Nos soldats encore moins.L'oppositionafermé les yeux sur le sort dupeuple afghan.Le Soleil DROITS RÉSERVÉS LA BOÎTE AUX LETTRES > Pour nous écrire : forum@lapresse.ca Aucun passe-droit Au même titre que les 378 autres candidats, le bureau coordonnateur GAN Unifié a soumis sa candidature selon les prescriptions de la loi et dans les délais prescrits.Notre candidature a été acceptée parce qu'elle reflète notre capacité de fournir les meilleurs services de qualité qui prennent en compte le contexte culturel du territoire tel que stipulé à l'article 43 de la loi.Nous n'avons bénéficié d'aucun privilège particulier.Nous sommes choqués et profondément attristés par la réaction de l'opposition à l'Assemblée nationale mercredi.Par ailleurs, en tentant d'insinuer un scandale alors qu'absolument rien ne l'indique, les journaux salissent l'excellent travail effectué dans ce dossier.Notre organisation n'a fait que suivre et appliquer les directives de la ministre qui étaient disponibles à tous.Toute suggestion d'influence est une insulte aux travailleurs et aux bénévoles qui évoluent dans le milieu et qui ont travaillé sans ménager leurs efforts à cette candidature.Chana Rosenberg directrice, Association des CPE de la communauté juive .Enfin ! Les suprêmes juges de la cour du même nom ont enfin rendu une décision correcte en refusant d'entendre la cause de la « pauvre » juge Ruffo.Personne ne me fera verser des larmes de crocodile sur les malheurs de cette personne qui a fait dépenser plus d'un million pour faire valoir qu'elle avait raison envers et contre tous.Étant la seule à avoir le bon pas, elle a à plusieurs reprises confondu et volontairement intégré son combat pour la défense des enfants avec son propre combat vis-à-vis l'establishment judiciaire qui l'a fort bien servi en payant systématiquement ses nombreuses contestations judiciaires.Autant Me Ruffo fut une excellente avocate pour enfants, autant elle fut une piètre juge.En tant que juge, elle a fait fi des règles déontologiques de base en ce qui concerne l'impartialité, se permettant de recevoir, seule, à son bureau une personne-amie qui devait témoigner devant elle dans une cause judiciaire.Juste cette faute grave est suffisante pour la démettre de ses fonctions ! Quant aux médias, ils auraient intérêt à cesser de flatter dans le sens du poil cette pleureuse professionnelle pour qui, la dépense de millions (à nos frais) uniquement dans le but de faire valoir son point de vue, n'a aucune importance vis-à-vis la pauvreté des enfants qu'elle prétend défendre envers et contre tous.Serge Longval Longueuil .Triomphe de l'establishment Et voilà, l'establishment a triomphé ! La juge Ruffo n'est plus là pour défendre les petits et les démunis, surtout que ceux-ci sont jeunes.Les vaillants travailleurs (syndiqués) de la DPJ ne seront plus tenus de faire leur travail comme il doit être fait, l'empêcheuse de danser en rond n'est plus là.Je veux malgré tout, madame la juge, vous remercier de tous les efforts que vous avez mis à essayer d'humaniser une société en débâcle.J'espère juste que vous ne serez pas oubliée et qu'à chaque fois qu'un fonctionnaire aura le goût de rire dans sa barbe devant votre retrait, qu'il ou elle ressente un petit frisson dans le dos.René Noël Sainte-Thérèse .D'éternels geignards C'est avec intérêt que j'ai lu l'article du président du Conseil du patronat, M.Michel Kelly-Gagnon, et je partage tout à fait son opinion.Des groupes qui critiquent incessamment sans jamais proposer de solution, j'en ai plus qu'assez.Je ne savais pas que je les payais pour le faire et cela me déconcerte.Je ne comprends pas que nos taxes servent à financer ces éternels geignards.C'est ce que l'on appelle une mauvaise gestion de mon argent.Je ne comprends pas non plus que les médias leur donnent tant de visibilité.Lise Gagnon Laval Le savoir privilégié mroy@lapresse.ca MARIO ROY Malgré les critiques négatives, le film Da Vinci Code, de Ron Howard, va probablement faire exploser le box office mondial.Et ce, sans doute à cause du battage médiatique, ce qu'on dit toujours dans ces cas-là.comme s'il s'agissait là d'un sombre complot ourdi entre Wall Street et Sunset Boulevard ! Mais la véritable raison qui va faire du film un succès, comme ça été le cas du livre de Dan Brown qui l'a inspiré, c'est que les gens adorent les complots, précisément.Ainsi que le mystère, la « face cachée » des choses, l'« envers du décor ».Le tout procurant l'intense satisfaction d'avoir démasqué des conjurés qui, inévitablement, sont des puissants de ce monde (une arrière- loge de l'Église catholique dans le cas de Da Vinci Code ).Ce goût pour le non-réel est peut-être la soupape psychologique la plus efficace pour aider à supporter les injustices, petites et grandes, réelles ou supposées, que chacun vit presque inévitablement \u2014 et, au surplus, c'est diablement amusant.De fait, le loisir ésotéro-complotiste, selon l'expression forgée par le philosophe et politologue français Pierre-André Taguieff, possède une longue histoire.Mais peut-être connaît-il un regain, en réaction à l'anonymat et à la banalité de l'expérience de vie qu'imposent les civilisations avancées, riches et urbaines.C'est ce que laisse entendre Taguieff lorsqu'il écrit (dans La Foire aux illuminés) que le consommateur de culture ésotéro-complotiste « est à l'ordinaire séduit par la promesse de faire partie d'une élite, l'élite de ceux qui savent ».Car il s'agit d'un savoir sensé être privilégié, bien entendu, même s'il est distribué en quantité industrielle par les plus puissantes multinationales.Taguieff ajoute que la possession de ce savoir est aussi vue par les consommateurs de théories du complot comme étant, en soi, un combat en bonne et due forme.De sorte que cette connaissance permet non seulement l'accès aux cercles supérieurs de l'élite, mais aussi aux courageux commandos de la résistance.Ainsi, si le film de Howard est sans doute le phénomène de l'année au grand écran, le documentaire du jeune réalisateur américain Dylan Avery sur les événements du 11 septembre 2001 est, lui, l'événement de l'année sur le Web.Devenu le produit-vedette du géant Google, le film Loose Change met toute l'efficacité de l'imagerie américaine au service d'une théorie du complot plus énorme encore que celle concoctée par l'auteur français du best-seller mondial L'Effroyable imposture, Thierry Meyssan.Loose Change touche une actualité plus immédiate que celle du statut marital de Jésus (!) et vise des conjurés plus puissants que ceux de l'Opus Dei.De sorte qu'il constitue un divertissement plus profondément satisfaisant encore que Da Vinci Code .En fait, il s'agit d'un puissant psychotrope dont la Maison-Blanche ne pourra certainement pas interrompre le trafic en rendant publiques, dans un geste d'une naïveté dérisoire, des images indéchiffrables d'une ombre blanche faisant exploser le Pentagone ! APPEL À TOUS CYBERPRESSE Un code secret?Laxisme canadien Le loisir« ésotérocomplotiste »vient en réactionàl'anonymat età labanalitéde l'expériencede vie qu'impose lamodernité.L'oeuvre de Dan Brown, le Da Vinci Code, vendue à quelque 40 millions d'exemplaires, ainsi que la sortie du film du même nom, ces jours-ci, suscitent un intérêt planétaire autour de la naissance du christianisme et de l'évolution de l'Église catholique à travers les siècles.Croyezvous à la thèse voulant que Jésus ait eu un enfant ?Pensez- vous que des secrets majeurs ont toujours été cachés aux croyants ?Selon vous, un grand bouleversement pourrait-il découler de la connaissance d'un code secret dont la clé est détenue par les hautes autorités de Rome ?Endossez-vous la théorie selon laquelle l'Opus Dei a toujours joué un rôle obscur et majeur dans l'évolution du catholicisme tout au long des siècles ?Écrivez-nous nombreux.Les meilleurs textes, idéalement de moins de 300 mots, seront publiés la semaine prochaine.Notre adresse : forum@lapresse.ca Lisez sur Cyberpresse.ca/opinions un texte intégral de Maria-Luisa Monreal, directrice générale de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), qui blâme sévèrement l'inaction canadienne dans le dossier du Darfour.Mme Monreal affirme : « L'hésitation constante du Canada à intervenir de façon plus ferme \u2014 notamment par l'envoi de troupes\u2014 dans ce que de nombreux experts dénoncent comme le premier génocide du XXIe siècle, jette des doutes sur l'engagement réel du Canada dans le processus de paix au Darfour.Nos gouvernements vont-ils rester inactifs devant le conflit le plus meurtrier depuis le génocide du Rwanda ?Quand le Canada va-t-il clairement prendre position pour soutenir cette nouvelle mission potentiellement dangereuse de l'ONU ?» Àlire et à commenter sur : Cyberpresse.ca/opinions Les cols bleus: des victimes?ALAIN DUBUC COLLABORATION SPÉCIALE On se souvient peut-être du fait que, lorsqu'est sortie cette incroyable histoire où des cols bleus avaient bouché neuf nids-de-poule en 10 journées de travail, le président de leur syndicat, Michel Parent, s'était empressé de crier au « harcèlement psychologique ».La table était mise.Il est donc difficile de ne pas voir la publication d'une étude universitaire qui démontre l'importance du harcèlement psychologique dont sont victimes les cols bleus comme rien d'autre qu'une assez grossière opération de propagande.Officiellement, il s'agit d'une étude scientifique indépendante, financée, selon le communiqué du Syndicat canadien de la fonction publique, par le Service aux collectivités de l'UQAM, et menée par une autorité en la matière, M.Angelo Soares, professeur au département d'organisation et ressources humaines de l'UQAM.Les bulletins du local 301 du SCFP, le syndicat des cols bleus, disent le contraire.Ils montrent clairement que cette enquête est un projet du comité d'accès à l'égalité du syndicat, qu'il a obtenu du financement du service aux collectivité de l'UQAM grâce à l'appui de la FTQ.Ils indiquent aussi que le syndicat a fortement incité ses membres à répondre au questionnaire de l'enquête et a même offert de les aider : « Si vous rencontrez des difficultés pour répondre au questionnaire.nous pouvons vous accommoder.Parlez-en à votre délégué.» Ils soulignent aussi que cette enquête s'inscrivait dans une stratégie.« Les résultats de cette étude permettront de définir de nouvelles bases de discussion avec l'employeur.» Voilà pour l'indépendance.Quant à la rigueur, on peut noter que M.Angelo Soares, spécialiste du harcèlement, est vraiment l'homme qu'un syndicat doit engager pour trouver du harcèlement.À un tel point que le Journal de Montréal a découvert que la rigueur du chercheur a été mise en cause plus d'une fois à la Commission des lésions professionnelles, et qu'un arbitre, dans un grief d'employés d'Hydro-Québec, lui a retiré son statut d'expert.La liberté universitaire est une belle et grande chose.Mais dans ce cas-ci, nous sommes en présence d'une étude réalisée par un mercenaire, qui a été présentée sans la transparence nécessaire sur l'identité de ses commanditaires.On peut en outre se demander au nom de quelle logique l'UQAM, avec des fonds publics, se retrouve à financer les cols bleus.Les six pages d'introduction, signées par M.Soares, ne laissent d'ailleurs subsister aucun doute ; on est dans la propagande, plutôt que dans la science.L'auteur trace un portrait à faire pleurer du sort des cols bleus, la fierté effritée par les fusions, le statut social au bas de l'échelle organisationnelle, la stigmatisation, les contraintes de la supervision, ainsi que l'obligation de travailler à l'extérieur, dans le froid ou la chaleur, que l'universitaire appelle les « agressions environnementales ».Tant qu'à beurrer, beurrons épais.L'étude, à travers des questionnaires, découvre que 22,5 % des cols bleus subissent du harcèlement psychologique, et qu'un autre 20,9 % en a subi dans les 12 derniers mois, pour un total de 43,4 %, dont les expressions les plus fréquentes sont : faire parler dans son dos, insinuations, un supérieur qui empêche d'exprimer ses opinions, rumeurs, regards négatifs.Curieusement, les harceleurs sont plus souvent des collègues, 50,3% que des supérieurs, 38,2 %.Le résultat, selon l'étude, c'est un taux de détresse élevé qui se manifeste par de la dépression et même du désespoir.Oublions ces résultats qui ne veulent rien dire.La vérité, c'est très probablement que les cols bleus travaillent dans un environnement invivable, les premières victimes d'un climat pourri, et que cela affecte leur santé mentale.Mais pour leur venir en aide, il faudra autre chose que ce genre d'étude complaisante qui a repris mot à mot le discours particulièrement primaire de ce syndicat.En voici un exemple suave.L'une des sources importantes de détresse psychologique des cols bleus, selon le chercheur, c'est la stigmatisation, le fait qu'ils soient un objet de dérision : « Le dénigrement est une forme de harcèlement psychologique lorsqu'il est répété dans le temps.» Et comme le harcèlement est illégal, conclut-il, « Il est aussi temps que l'employeur prenne des mesures pour arrêter le processus de dénigrement de ses employés.Ainsi, non seulement la Ville de Montréal doit arrêter les dénigrements, mais doit aussi surveiller et intervenir quand n'importe quel autre acteur social, (citoyen, médias, etc.) fait du dénigrement des ressources humaines de la Ville de Montréal.L'employeur a l'obligation de protéger ces employés et non de les exposer à la violence psychologique.» Morale de cette histoire, il faut mettre les médias au pas.Il faut aussi que le maire Gérald Tremblay dénonce rapidement et avec vigueur cette chronique.Car il faut la voir pour ce qu'elle est : un geste de violence.COURRIEL Pour joindre Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca «Je ne sais pas quelle couleur prendra mon engagement envers les enfants, mais je sais que ce sera toujours la cause dema vie» \u2014Andrée Ruffo Nous publions ici un extrait de ladéclaration de Mme Andrée Ruffo, hier, aumoment d'annoncer sadémission comme juge de la Chambrede lajeunesse.Les enfants ont toujours été au centre de ma vie, tant lors de mes études en pédagogie et en éducation, qu'en droit et par mes recherches.Les enfants ont toujours été au centre de ma carrière puisque j'ai été pendant dix ans avocate d'enfants et que j'ai ouvert le premier bureau représentant seulement des enfants au Québec.Et j'ai continué ainsi depuis 20 ans comme juge.Je suis consciente du rôle du juge.Je déplore qu'actuellement, les juges ne puissent bénéficier de l'indépendance nécessaire pour dire et faire respecter les droits des enfants.La situation des enfants au Québec est telle que je l'ai toujours soutenue.Elle empire d'année en année.À mon avis, elle est désastreuse et il est à toutes fins pratiques inutile de le dire puisque les organismes gouvernementaux ne font pas en sorte que les ressources soient disponibles aux enfants.Est-ce qu'on demande à des juges d'être silencieux, passifs, absents ?Est-ce qu'on demande à des juges d'être complices par leur silence ?Alors probablement que mes collègues ont répondu oui, puisqu'ils ont décidé, non pas que ce que je faisais n'était pas acceptable, mais que ce que j'ai fait n'était pas quelque chose qui était acceptable pour la confrérie des juges.(.) Alors la situation des enfants est désastreuse au Québec.Je peux témoigner qu'elle est aussi pénible au Yukon, qui me demande d'intervenir actuellement, ou en Colombie-Britannique ou au Manitoba.La situation est semblable partout.Et que dire au niveau international ! Alors on n'a même plus d'émotions quand on lit des chiffres comme : un million d'enfants qui meurent par-ci, un million qui meurent par-là.Des remèdes ou des médicaments qui sont retirés parce qu'il faut faire plus d'argent ailleurs en les vendant.On n'a même plus d'émotions.Alors je pense qu'il y a certainement un sursaut éthique qui devrait nous envahir tous et chacun pour qu'on puisse vraiment se battre pour les enfants.Je voudrais aussi mentionner qu'il m'apparaît important de redire la nécessaire indépendance des juges.Lorsque la loi demande à des juges de décider dans l'intérêt des enfants et dans le respect de leurs droits, ceux-ci doivent respecter leur serment d'office et ne pas faire de compromis déshonorants en rendant des décisions qui sont conformes aux ressources qui existent et que l'État choisit bien de donner aux enfants.Je vais, dans les années qui viennent, poursuivre ma lutte pour les enfants.Je ne sais pas quelle couleur prendra cet engagement.Je sais que ce sera toujours la cause de ma vie et j'espère pouvoir continuer de façon plus efficace, de façon plus agréable, ai-je besoin de le dire ?Je pense que personne ne choisit d'être accusé pendant 20 ans.Personne ne choisit de vivre ce que j'ai vécu.Par contre, je dois vous dire que je quitte la magistrature avec un sentiment de satisfaction, avec un sentiment de respect pour les enfants et leurs parents, avec un sentiment de gratitude pour tous ceux qui se sont levés pour faire en sorte que les droits des enfants soient respectés.(.) PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE© Andrée Ruffo FORUM Une lutte à poursuivre Le sacre est-il québécois?Il est vrai que l'usage de termes religieux comme interjections expressives caractérise notre société CLAUDE POIRIER L'auteur est professeur de linguistique françaiseàl'Université Laval et directeur du Trésor de la langue française au Québec.Dans les articles portant sur la campagne de publicité de l'archevêché de Montréal visant à redonner aux mots tabernacle, ciboire, etc.leur véritable sens, on a pu laisser croire que la pratique du juron d'origine religieuse était proprement québécoise.Une mise en perspective n'est peut-être pas inutile.Il est vrai que l'usage de ces termes religieux comme interjections expressives caractérise notre société.Et surtout, l'explosion de ces interjections en chapelets d'injures, en créations néologiques (l'interjection devenant adjectif, adverbe ou verbe) et en procédés superlatifs est bel et bien québécoise.Nos voisins acadiens ne connaissent cette habitude que par l'intermédiaire de Québécois ou par la télé, le cinéma et la littérature.Du point de vue strictement linguistique, ce phénomène révèle à quel point notre français était modelable, ouvert à l'innovation, ce qui se vérifie également avec le phénomène de l'anglicisme (un mot comme « tough » ou « toffe » pouvant donner « toffable »).La pression de la religion et la menace de l'anglais ayant été perçues par les Québécois comme deux formes d'oppression, on peut se demander si l'adversité n'a pas été une condition favorable à la création néologique ! Dans le cas du sacre religieux, cependant, on devrait parler non pas d'une innovation pure et simple, mais bien d'une reviviscence et d'une amplification d'un phénomène plus ancien.Le blasphème remonte sans doute à l'Antiquité.Sur le sol de France, il en est question dès le haut Moyen Âge.D'une façon, les blasphèmes étaient plus audacieux parce qu'on s'attaquait à Dieu lui-même, à son fils, à la vierge Marie et aux saints.Et surtout, on encourait des peines sévères, encore aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, comme la mise au pilori, la torture (langue coupée ou percée avec un fer chaud), voire la condamnation à mort.(.) Milieu du XIXe siècle Le blasphème proprement québécois aurait, quant à lui, pris naissance vers le milieu du XIXe siècle, à l'époque justement où le juron ancien était en voie de s'atténuer, de perdre son pouvoir de provocation et son efficacité expressive.Les Québécois ont exploité le même thème, en donnant une nouvelle vie au procédé par la diversification des formules.On s'attaque toujours au Christ et à la Vierge, mais bien souvent on se limite aux objets du culte (le ciboire, le tabernacle, l'hostie, le saint-chrême).Compte tenu que, selon la tendance ancienne, on visait Dieu lui-même, on peut estimer que le blasphème québécois constitue une version moins virulente du phénomène.Par contre, on lui a restitué sa force en recourant à une dérivation et à une syntaxe qui frappent l'imagination.Pour le reste, on observe au Québec le même processus que dans la France ancienne.Sévèrement réprimé au départ, au point que le coupable pouvait se retrouver devant les tribunaux et recevoir une sanction pénale, le blasphème québécois a donné lieu à des substituts adoucis qui sont même devenus une source de comique dans la bouche d'un Yvon Deschamps, comme les tabarnouche, câline, calvase et autres.En somme, le juron religieux aurait toujours existé au Québec : depuis l'époque de la Nouvelle-France sous une forme héritée telle quelle de France, depuis le XIXe siècle dans une version revue et adaptée.Jusqu'à la Révolution tranquille, cette habitude, condamnée par l'Église sous peine de péché mortel, a été désavouée par l'opinion publique.(.) À travers les transformations profondes que subit la société québécoise à partir des années 1960, les blasphèmes religieux se transformeront peu à peu en simples jurons, socialement répréhensibles certes, mais qui sont de moins en mois perçus comme des atteintes à la religion.La campagne de l'archevêché de Montréal confirme cette évolution : l'Église sent maintenant le besoin d'enseigner le sens véritable des mots religieux que l'on a abaissés au rang de jurons, signe que les sacreurs ne font plus nécessairement le lien avec les référents d'origine quand ils conjuguent leurs interjections.On se trouve donc en présence d'une double terminologie, l'une religieuse, l'autre profane, qui sont bien distinguées par la prononciation des mots.C'est cette distanciation qui permet justement de mettre l'accent sur l'explication des termes du culte plutôt que sur la lutte aux jurons d'origine religieuse.L'idée a pu paraître surprenante au départ, mais l'approche positive qui a été adoptée devrait contribuer à faire passer le message.L'Églisesent maintenant le besoind'enseigner le sens véritable des mots religieux que l'onaabaissés au rang de jurons, signe que les sacreurs ne font plus nécessairement le lien avec les référents d'origine.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 ACTUALITÉS PÉNURIE D'ENSEIGNANTS Des permis temporaires dès septembre MARIE ALLARD Afin de contrer la pénurie d'enseignants, le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, va assouplir les règles d'entrée dans la profession dès la prochaine rentrée.Faire un baccalauréat en pédagogie de quatre ans \u2014 obl igatoire depuis 1995 \u2014 ne sera plus nécessaire pour obtenir une « autorisation provisoire d'enseigner » valide jusqu'en 2010.Les candidats ayant un baccalauréat dans une matière enseignée (français, maths, biologie, etc.) pourront être embauchés à la condition qu'ils suivent l'équivalent de deux ans de pédagogie.Ceux qui enseignent au cégep devront effectuer 15 crédits universitaires et faire un stage.Enfin, les étudiants en quatrième année du bac en pédagogie pourront faire le saut en classe, en promettant de finir leurs cours en deux ans.« Ces nouvelles dispositions devraient permettre de stabiliser et même de diminuer le nombre de tolérances d'engagement accordées aux organismes scolaires », a fait valoir Marie-France Boulay, agente d'information au ministère de l'Éducation.Publié dans la Gazette officielle en mars, ce règlement devrait être adopté « à la fin de mai, pour entrer en vigueur deux semaines plus tard », a-t-elle précisé.Ce projet ne fait pourtant pas l'unanimité, comme on l'a constaté lors des 45 jours de consultation tenus ce printemps.Le Conseil supérieur de l'éducation a notamment appelé à la prudence, en insistant sur l'importance de la formation en pédagogie.Jean-Pierre Charland, vice-doyen de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, partage ce point de vue.« Le ministre tient un double discours, a-t-il dit à La Presse.Il exige un baccalauréat en pédagogie de quatre ans, avec des stages, mais dès qu'il y a une pénurie, il abandonne ses beaux principes.En a-t-on besoin ou n'en a-t-on pas besoin, de ce baccalauréat ?» Au contraire, les commissions scolaires et les collèges privés sont plutôt satisfaits.La Fédération des établissements d'enseignement privés a simplement demandé aux universités de s'ajuster en offrant des cours les week-ends et l'été, en plus de souhaiter que ces mesures ne s'arrêtent pas en 2010.Ces commentaires et recommandations ont été analysés par M.Fournier, qui a indiqué la semaine dernière qu'il ferait quelques modifications au projet.PRENEZ GOÛT À NOS CONSEILS Titulaires de permis, agences de la SAQ, Comptoirs Vin en vrac et SAQ Dépôt exclus.Promotion également offerte dans SAQ.com.Cette offre s'applique uniquement aux bouteilles de vin et de spiritueux de 10$ et plus chacune après toute autre réduction.Les formats de 3 L et de 4 L, les coolers, les bières et les colis-cadeaux ne sont pas inclus dans cette promotion.Achats non cumulatifs.Les produits commandés par l'entremise du service des commandes privées sont exclus de cette promotion.Cette promotion s'applique aux produits offerts en succursale du 19 au 22 mai 2006.3405373A « Le ministre tient un double discours.Il exige un baccalauréat en pédagogie de quatre ans, avec des stages, mais dès qu'il y a une pénurie, il abandonne ses beaux principes.» Encore plus de profs sans permis PROFS suite de la page A1 En 2000-2001, on en comptait à peine 155 tant au primaire qu'au secondaire, mais ce nombre a rapidement grimpé à 200, 400 puis 700.Les maths, l'anglais langue seconde, les sciences et le français sont les matières où la pénurie est la plus grande.« Les tolérances d'engagement accordées aux organismes scolaires sont en nette progression depuis 2003-2004 », a reconnu Marie-France Boulay, agente d'information au Ministère.Deux motifs sont en cause : « l'accroissement temporaire de 2007-2008 » et « les nouvelles dispositions du Régime pédagogique qui influencent la demande dans certaines matières », at- elle précisé.Ce n'est pas fini Ce n'est pas fini : il faudra 2200 profs de plus en septembre prochain, en raison de l'ajout de 90 minutes de classe par semaine au primaire et de l'enseignement de l'anglais dès la première année.Cela ne comprend ni les postes créés par la réforme du secondaire (plus de profs de français, d'histoire et d'art) ni ceux laissés vacants par les départs à la retraite, les démissions et les congés de maternité.Le réseau public, qui a dû embaucher 928 profs sans brevet cette année, reconnaît qu'il y a urgence.Dans un avis déposé au Ministère en avril, la Fédération des commissions scolaires n'hésite pas à parler de « pénurie réelle pour les prochaines années ».« Les commissions scolaires éprouvent des difficultés à recruter des personnes qualifiées pour l'enseignement dans la plupart des régions et en nombres croissants », y précise-t-on.Le ministre Jean-Marc Fournier a proposé une piste de solution, qui doit être adoptée d'ici la fin du mois de mai (voir texte ci-dessus).La région métropolitaine est la plus touchée Ce n'est pas en régions que la pénurie est la plus grave, mais autour de Montréal.La palme est remportée par la Commission scolaire de Laval (78 tolérances), suivie de celle de la Pointe-de-l'Île (63) et de la Seigneurie- des-Mille-Îles (61).Il est à noter qu'il ne s'agit pas de suppléants, mais bien de gens acceptant des contrats d'enseignement.Avec ses 126 profs sans brevet, le privé n'est pas épargné, même si la progression y est moins forte qu'au public (+27% par rapport à l'an dernier).Les collèges Regina Assumpta, Maïmonide et Duval de Montréal sont les plus touchés (de six à huit tolérances chacun), suivis de Bourget à Rigaud et de l'école Montessori de Saint-Nicolas (cinq chacun).Si les écoles et collèges embauchent des candidats sans brevet, c'est évidemment faute d'en trouver des qualifiés.« C'est exactement ça », a dit hier Jean- Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d'enseignement privés et directeur du collège Bourget.Lui-même a dû engager cinq profs sans brevet, en arts, espagnol, enseignement religieux, biologie et sciences physiques.Il s'agit de gens qualifiés dans la matière, qui n'ont toutefois pas fait le baccalauréat en pédagogie de quatre ans obligatoire depuis 1995, ou encore de profs venus de l'extérieur du Québec.«Chez nous, celui qui enseigne la biologie a une maîtrise en biologie, a indiqué M.St-Jacques.Il est très impliqué dans l'école, on voit qu'il est dans son élément.Mais il arrive à la quarantaine et il dit : je ne referai pas quatre ans d'université.D'autres cas \u2014 profs improvisés qui ne connaissent pas la matière, gens incapables de gérer une classe \u2014 sont moins heureux.« Il y a des situations un peu incontrôlables et désolantes », a dit Jacques Jacob, président du Groupe des responsables en mathématiques au secondaire.Plus de 200 profs de maths sans brevet ont été embauchés cette année, ce qui dépasse toutes les autres matières.PROFS SANS PERMIS Où y a-t-il le plus de profs sans permis?Au public 1.Commission scolaire de Laval: 78 2.Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île (est de Montréal): 63 3.Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (Saint-Eustache): 61 4.Commission scolaire des Affluents (Repentigny): 60 5.Commission scolaire Kativik (Nunavik): 50 Au privé 1.Regina Assumpta (Montréal) : 8 2.École Maïmonide (Saint-Laurent): 7 3.École sec.Duval (Montréal): 6 4.Collège Bourget (Rigaud): 5 4-Montessori de Saint-Nicolas: 5 Les cinq matières où il y a le plus de tolérances d'engagement 1.Mathématiques: 207 2.Anglais langue seconde: 144 3.Adaptation scolaire: 142 3.Sciences: 142 4.Français langue d'enseignement: 94 Tolérances d'engagement (nombre de profs sans permis) 2000-2001: 115 2001-2002: 175 2002-2003: 192 2003-2004: 409 2004-2005: 716 2005-2006: 1054 (jusqu'en mai) Hausse de 817%en cinq ans Source: Tolérances d'engagement à la formation générale des jeunes (public et privé), août 2005 à mai 2006, ministère de l'Éducation."]
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