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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2006-05-21, Collections de BAnQ.

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[" LAPRESSEÀ CANNES PAGES 2 ET 3 TECHNAUTE TEST IMPRIMANTES PHOTO OUPS ADOS RETRO PAGE 7 LECTURES VOGUE SUR LA VAGUE DA VINCICODE PAGE 9 JOURNAL D'UNÉCRIVAIN LA CHRONIQUE DE DANY LAFERRIÈRE PAGE 13 Si le gars que Benoît Dutrizac était il y a 20 ans regardait ce qu'il est devenu aujourd'hui, il n'en reviendrait pas.Il y a 20 ans, Dutrizac vivait entre ses quatremurs, lisait James Ellroy et fourbissait ses armes pour devenir écrivain de roman noirs.Aujourd'hui, l'écrivain, auteur de cinq romans, d'un scénario de film, d'une série qui a avorté et d'un essai sur le sida, s'apprête contre toute attente à animer le bulletin de nouvelles de 22 h de TQS.Nathalie Petrowski brosse le portrait d'un franctireur qui n'a pas peur des virages dangereux.À LIRE EN PAGE 14.PHOTOMONTAGE LA PRESSE © APPLE DÉVOILE SONNOUVEAU MACBOOK.NOIR ! PAGE 8 NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE UNMOUTON NOIR LE SOIR LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE CANNES Rituel cannoismaintenant bien établi : la « leçon» d'acteur, devant une salle Buñuel pleine à craquer.Vendredi, c'était à la comédienne Gena Rowlands de raconter son fabuleux destin : une grande carrière au cinéma, mais aussi une vie personnelle réussie, avec John Cassavetes, l'un des personnages les plus fascinants du cinéma américain de son époque.Et trois enfants.« Je suppose, dit-elle, qu'il faut dans le monde au moins une famille parfaite.Ce fut mon cas.Mon père était, dans le Middle West, sénateur du Parti progressiste, aujourd'hui oublié.Ma mère était artiste.Nous vivions dans un petit bled.À 14 ans, j'ai dit : je veux être actrice.Mes parents m'ont dit : tu dois étudier.À 20 ans, j'ai dit : ça y est, je vais tenter ma chance à New York.Ils m'ont dit : vas-y.» Inscrite dans une école d'art dramatique, elle enchaîne vite les petits rôles au théâtre.Mais surtout, l'époque est formidable de créativité et d'optimisme: «Nous voulions décrocher la lune.Il y avait des personnages majeurs dans le décor, Hemingway qui écrivait des scénarios\u2026» Toute jeune femme au début des années 50, Gena Rowlands ne s'imagine pas mariée une seconde: « Je voulais être actrice.Et je savais que je ne pourrais jamais faire carrière avec un mari et trois enfants.Et donc, tout ce que je voulais, c'était rester seule !» Mais le destin s'est manifesté un beau jour dans les couloirs de son école dramatique sous les traits d'un ténébreux du nom de John Cassavetes : «En le voyant, je me suis dit : non! non! non! et quatre mois plus tard nous étions mariés\u2026» John faisait une belle carrière d'acteur à la télé.Comment il a peu à peu basculé dans la réalisation de films, elle a du mal à se l'expliquer : « Je me souviens que je jouais alors une pièce de théâtre lorsqu'il a entrepris le tournage de Shadows, son premier film.On tournait chez des amis, dans la maison de ma mère, les acteurs étaient des copains, on utilisait le son réel, malgré son imperfection - mais après tout, le son n'est pas non plus parfait dans la vie.À partir de ce moment, nous avons passé notre temps à jouer pour trouver de l'argent ! » Souvenirs de John Cassavetes, qui avait pris à sa manière le virage de la nouvelle vague : caméras légères, son réel, improvisation à partir d'un simple canevas : « Il interdisait aux acteurs de discuter entre eux de leur rôle, et il piquait des colères noires si on le faisait.L'acteur devait selon lui en savoir davantage sur son propre personnage que les autres.Cela créait une tension très féconde.» Quelques beaux passages sur la vérité d'une caméra sur un visage, sur la manière dont un acteur, tout à fait pacifique par ailleurs, peut s'imaginer en assassin.Sur cette balle de 357 Magnum tirée à bout portant dans Gloria, et qui l'a laissée dure de l'oreille gauche, sur la démarche assurée qu'elle avait empruntée à John Wayne.Aux premiers rangs, des comédiens comme Ludivine Sagnier ou Hippolyte Girardot, la réalisatrice Lucrecia Martel, et bien d'autres sont venus rendre hommage à ce grand témoin d'une époque révolue.À la survivante d'un couple mythique du cinéma.Le destin fabuleux de Gena Rowlands PHOTO VALERY HACHÉ, AFP L'actrice américaine Gena Rowlands a participé au lancement du film Paris je t'aime, jeudi dernier à Cannes.Elle était alors accompagnée de l'actrice britannique Miranda Richardson, de la comédienne française Juliette Binoche et de l'acteur américain Nick Nolte.PHOTO FRANÇOIS GUILLOT, AFP Gena Rowlands s'est retrouvée sous les feux de la rampe vendredi, à Cannes.ARTS ET SPECTACLES CANNES Notre dossier spécial sur le Festival de Cannes sur www.cyberpresse.ca/cannes Pour nous envoyer une question: arts@lapresse.ca.Une sélection de réponses est déjà en ligne à www.cyberpresse.ca CANNOISERIES 2UNE LEÇON DE MODESTIE De mémoire d'observateur cannois, on n'avait jamais vu des critiques aussi unanimement mauvaises pour un film présenté à Cannes.Sur 11 journaux français recensés, neuf accordent la note zéro au Da Vinci Code.Pour une fois, critiques intello ou grand public sont d'accord pour estimer qu'il s'agit d'une sorte de gros gâteau d'anniversaire plâtreux.Cela n'a pas empêché le public français de se ruer dans les salles.Avec 233 000 spectateurs pour quelque 800 salles dans la seule journée de mercredi, DVC inflige une leçon de modestie aux critiques professionnels.Certes, c'est beaucoup moins que les 600 000 de Star Wars ou Harry Potter \u2014 mais c'étaient des films pour « jeunes».Le film de Ron Howard semble bien parti pour dépasser les 5 millions d'entrées en France.1ABSOLUTION POUR TOM HANKS Sous une tente immense en forme de pyramide du Louvre, accueillant 1500 invités mercredi soir après la projection de Da Vinci Code, le verdict épiscopal est tombé: «Le film est rocambolesque, mais pas blasphématoire.Le problème n'est pas ce qu'il invente à propos du Christ, mais que des gens le croient.» Ancien porteparole fort médiatique et mondain des évêques français, Mgr Jean-Michel Di Falco n'avait pas craint de se joindre aux fêtards et de subir le rappeur Eminem pour aller porter la bonne nouvelle : «Tu peux aller en paix, Tom Hanks», a-t-il dit au comédien «mal à l'aise» de voir un prélat en clergyman devant lui.Celui-ci s'est empressé de le rassurer.Puis de le prendre en photo avec son cellulaire.3INSUPPORTABLE CRONENBERG Ce qui est bien avec Cronenberg, c'est que spontanément il peut se monter aussi insupportable que n'importe quel réalisateur français.Dans une interview au Film français publiée hier, il explique avoir d'abord refusé une invitation de Gilles Jacob à faire partie du jury: il tournait e XistenZ.Avant d'en accepter la présidence deux ans plus tard : «Je pouvais voir tous les films et je ne donnais pas d'interview! » Pourquoi ne tourne-t-il pas à Hollywood ?«Parce que je suis un indépendant.Un jour, un assistant de Lucas m'a appelé pour me proposer de tourner Le Retour du Jedi.Je lui ai répondu que je ne tournais que mes propres scénarios et j'ai raccroché ! » Mgr Di Falco PHOTO REUTERS David Cronenberg PHOTO REUTERS RADAR FAIT RELÂCHE POUR L'ÉTÉ Le cahier Radar, avec ses chroniques hebdomadaires, fait relâche pour l'été et vous reviendra à temps pour la rentrée télé d'automne DEMAIN 20H LA PETITE SÉDUCTION AVEC DANY TURCOTTE WWW.RADIO-CANADA.CA/PETITESEDUCTION Rigaud séduit Jean-Nicolas Verreault Rigaud c'est.Plus de 6000 habitants heureux de vous recevoir ! La capitale ornithologique du Québec avec plus de 250 espèces répertoriées Le Mont Rigaud et le réseau de l'Escapade offrant 25 kilomètres de sentiers pédestres Le Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes qui accueille des visiteurs depuis 125 ans dans sa « cathédrale de verdure » La célèbre Sucrerie de la Montagne, une authentique érablière ouverte 365 jours par année Une chanson popularisée par la famille Soucy dans les années 50 Le rendez-vous d'une épreuve de la Coupe du Monde Cycliste Féminine le 30 mai prochain Situé à 45 minutes à l'ouest de Montréal Les Rigaudiens vous donnent rendez-vous.3403000A CANNES ARTS ET SPECTACLES Notre dossier spécial sur le Festival de Cannes sur www.cyberpresse.ca/cannes Marc-André Lussier La Presse Gilles Carignan Le Soleil RED ROAD Un habile suspense, dont la destination déçoit, mais dont l'itinéraire mystérieux nous tient rivés à l'écran.C'était le but ?Bien joué ! SELON CHARLIE Il n'est pas sans intérêt ce ballet masculin chorégraphié comme une somme de petits éclats de vie.Mais le scénario cultive un tas de tics propres à un certain cinéma d'auteur, qui cherche l'humain en se prenant beaucoup trop au sérieux.Lisez les critiques complètes de Gilles Carignan sur www.cyberpresse.ca/soleil CANNES LE MATCH DES CRITIQUES Red Road Selon Charlie 1/2 LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE CANNES\u2014C'est rare, mais il arrive tout de même que le festival de Cannes soit rattrapé par les af faires triviales du monde extérieur.Il faut dire que l'invité de marque sur la Croisette, hier, était un certain Al Gore, « exfutur président des États-Unis », comme il le dit lui-même avec humour.Il venait présenter Une vérité qui dérange, son documentaire- choc sur le réchauffement de la planète, à la veille de sortir en salle aux États-Unis.Di f ficile de ne pas évoquer l'éventuel virage anti-Kyoto apparemment envisagé par Steven Harper.«Il serait étonnant et désolant, a dit Al Gore, que le Canada, qui a toujours joué un rôle important en faveur des institutions internationales, de l'ONU et de la paix dans le monde, fasse ainsi machine arrière sur le protocole de Kyoto.Ce serait une décision grave de la part du gouvernement minoritaire de Steven Harper.Mais je reste convaincu que l'opinion publique au Canada peut faire efficacement pression pour empêcher ce retour en arrière.» Le « gagnant battu » de 2000 a légèrement épaissi, mais il a toujours fière allure.Il est devenu la vedette d'un film très classique mais captivant, efficace et terrifiant.Ce que beaucoup ignoraient, c'est que, depuis 2001, Al Gore avait pris son bâton de pèlerin pour sillonner les États-Unis avec une conférence-spectacle sur le réchauffement climatique.Une prestation habilement illustrée, qu'il a donnée un millier de fois dans les écoles et les universités.Davis Guggenheim l'a filmée et y a ajouté quelques éléments personnels sur Al Gore, qui rythment le documentaire.L'homme est depuis toujours un défenseur de l'environnement et a publié en 1992 un livre devenu best-seller.L'exposé qu'on le voit faire devant un auditoire universitaire est brillant et documenté, accompagné de graphiques, de photos magnifiques et parfois de dessins animés.On y voit les effets bien réels du réchauffement climatique récent : les neiges du Kilimandjaro qui ont presque disparu, les glaciers des deux pôles qui s'effritent par pans entiers, la calotte polaire qui a perdu 40 % en épaisseur.Comment, en suivant les courbes actuelles, on pourrait arriver à une élévation du niveau des océans, qui recouvriraient la moitié des Pays-Bas ou de larges portions du sous-continent indien.« Comment fera-t-on alors, avec 100 mil l ions de réfugiés ?» demandait-il hier en conférence de presse.«Nous sommes à un moment crucial de l 'Histoire, dit-i l également, où les changements s'accélèrent à une vitesse prodigieuse.À tel point que, même aux États-Unis, une prise de conscience est en train de se faire.Je crois que même des gens comme Bush et Cheney pourraient être amenés à changer leur fusil d'épaule sur le protocole de Kyoto, car on ne peut pas continuer à nier une réal ité aussi f lagrante.Kyoto n'est d'ailleurs qu'une étape : il faudra complètement changer notre mode de vie à brève échéance.Nous avons aujourd'hui le choix entre la mort de la civilisation humaine et un nouvel espoir.» De là à repartir dans une course présidentielle sur ce programme, il y a une marge : « On peut aussi défendre ses idées auprès de l 'opi n ion publique.J'ai eu 24 années de politique active, je suis fier de ce que j'y ai fait et je n'ai pas de regrets à propos de 2000.Mais je ne suis pas candidat, et rien ne me fera changer d'idée.» Al Gore, ambassadeur de la planète MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL CANNES À Cannes, il n'y a pas de place pour lanuance.Un filmne peut être autre chose que «génial » ou «nul ».Ce verdict est instantané, sans appel, et tombe dès qu'apparaît le générique de fin.À la sortie de la projection de presse de Selon Charlie, le cinquième film de Nicole Garcia, certains y allaient de commentaires aussi subtils qu'inspirés.Des « raté », «merdique» et «à chier » pouvaient se faire entendre en écho dans les couloirs alors qu'on s'apprêtait à tremper sa plume dans le vitriol.La violence des propos entendus nous inciterait à confirmer la théorie voulant qu'un film français ait toujours plus de mal qu'un autre à se faire valoir dans le contexte du festival.Autre signe qui ne trompe pas : peu de journalistes se sont montrés à la conférence de presse de l'équipe du film.La réalisatrice n'aura finalement peut-être pas plus de chance qu'elle n'en avait eu avec L'Adversaire, très fraîchement accueilli ici il y a quatre ans.Selon Charlie n'est peut-être pas «génial», mais il n'est certainement pas «nul» non plus.On compte même plusieurs beaux moments dans ce film choral conjugué au masculin, dans lequel se croisent les destins de six hommes et d'un enfant dans une petite ville de province.Un peu comme dans Le Fils préféré, l'un de ses films précédents, Nicole Garcia filme les hommes de très près.Elle les expose dans leur virilité mais aussi dans toute leur fragilité, une contradiction qui, disait-elle hier, est fascinante à explorer.Ainsi, les protagonistes de cette histoire font tous face à des moments d'incertitude.Qui seront exacerbés par le retour d'un enfant de la ville, un éminent scientifique (Patrick Pineau).Sous prétexte d'un séminaire organisé dans sa ville natale, ce dernier revient pour relancer Pierre (Benoît Magimel), un homme tout aussi brillant qui, pourtant, a préféré rester dans le patelin et enseigner dans une école secondaire.C'est du premier regard qu'échangent alors les deux hommes qu'est né ce scénario écrit à six mains en compagnie de Jacques Fieschi et Frédéric Bélier-Garcia.Lourd de sens, ce regard peut en effet laisser deviner bien des choses.Il révèle en outre à quel point les destins de ces deux hommes ont déjà été étroitement liés.L'auteure cinéaste ira bien entendu au coeur de cette relation trouble, mais elle s'attardera aussi au destin de quelques autres hommes de leur entourage.Jean- Pierre Bacri, dans le rôle du maire de la ville, arpente son registre habituel mais se révèle irrésistible ; Vincent Lindon est touchant dans le rôle ingrat du père attentionné qui s'y prend mal avec Charlie, son garçon de 11 ans (Ferdinand Martin) ; Benoît Peolvoorde est marrant dans le rôle d'un petit malfaiteur qui gagne la confiance d'une vieille dame ; et Arnaud Valois incarne un joueur de tennis qui disjoncte après avoir perdu bêtement un important match de championnat.Tout n'est pas ici maîtrisé d'égale façon, mais la réalisatrice de Place Vendôme offre là l'un de ses films les plus achevés.Le scénario évolue en tout cas de telle sorte que les parcours respectifs des personnages suscitent l'intérêt, d'autant plus qu'ils sont défendus par d'excellents acteurs.Quant au titre, qui fait référence au personnage de l'enfant, la réalisatrice le justifiait ainsi : «Charlie n'est pas le personnage principal du film mais il cristallise les valeurs d'enfance que tous ces hommes ont encore en eux.Et auxquelles ils font offense.Charlie, c'est un regard plus qu'une parole.» Un drame puissant Il faut mettre un bon moment avant d'accepter de plonger dans l'univers sombre et sordide de Red Road, le premier long métrage de la réalisatrice anglaise Andrea Arnold.On y voit d'abord une jeune femme, Jackie (Kate Dickie), travailler de longues heures face à de multiple écrans vidéo.Ceux-ci retransmettent les images captées par des caméras de surveillance situées dans les rues d'un quartier désoeuvré de Glasgow.Pendant de longues minutes, Arnold nous donne ainsi à voir, à travers ces images, la misère sociale et sexuelle qui contamine l'endroit.Le récit bascule pourtant le jour où Jackie croit reconnaître un homme qu'elle aurait souhaité ne jamais revoir, un type qui, présume-t-on, est à l'origine d'un drame qui a eu des conséquences traumatiques pour elle.Andrea Arnold, qui a obtenu l'Oscar du meilleur court métrage avec Wasp en 2003, a réalisé un film qui s'incruste sous votre épiderme sans recourir aux effets habituels ou à une trame narrative convenue.Si le début du film peut sembler glauque et ennuyeux, l'auteure cinéaste parvient pourtant à imposer son style, parsemant son film de scènes très fortes, très franches.À cet égard, on soulignera une scène à caractère sexuel très puissante, qui s'intègre au récit de façon précise et éloquente dans la mesure où les personnages se révèlent alors dans toute leur vulnérabilité.À l'arrivée, les motivations de la jeune femme étonnent autant qu'elles émeuvent.Et on sort de Red Road sonné tout autant qu'impressionné.Soulignons par ailleurs que Red Road est le premier volet d'un triptyque nommé Advanced Party, mis en oeuvre notamment par Lars Von Trier.Le Britannique Morag Mc Kinnon et le Danois Mikkel Norgaard signeront les deux autres volets de ce triptyque.À l'instar d'Arnold, ils devront obligatoirement tourner en Écosse et mettre en scène dans leurs films les mêmes personnages, interprétés par les mêmes comédiens : Kate Dickie, Tony Curran, Martin Compston et Natalie Press.Ça tombe bien, ils sont tous excellents.Aujourd'hui et demain En compétition aujourd'hui et demain : Iklimler (Les Climats), du Turc Nuri Bilge Ceylan; Southland Tales de l'Américain Richard Kelly; Laitakaupungin Valot (Les Lumières du faubourg), du Finlandais Aki Kaurismaki; et Il Caimano (Le Caïman), de l'Italien Nanni Moretti.Les frais d'hébergement sont payés par le Festival de Cannes.59E FESTIVAL DE CANNES / COMPÉTITION Le Choeur des hommes PHOTO KIRSTY WIGGLESWORTH, ASSOCIATED PRESS Nicole Garcia entourée de deux de ses hommes, Ferdinand Martin et Benoit Poelvoorde.3404900A ARTS ET SPECTACLES THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H:30 yTVA SUCRÉ SALÉ Guy Jodoin lance sa cinquième saison estivale avec André-Philippe Gagnon.En reportage: Denise Filiatrault fête ses 75 ans à la première de My Fair Lady et, on aura tout vu, Pierre Falardeau fait du kayak avec Maryse Roberge! 19H 30 yEV FOU DU CAMPING Stéphane Breton propose la découverte d'un petit paradis pour les enfants à Notre-Dame-des-Pins et d'un autre pour les plus grands à Saint-Rosaire.19H:30 ySRC LA CHAMBRE 13 Destins croisés : Sylvain se prépare à passer sa première nuit avec une femme, tandis qu'Andréanne doit aider quelqu'un en détresse à New Delhi.Réalisation de Philippe Gagnon et scénario de Richard Rangers.19H 30 yARTV VISITE LIBRE L'animatrice de La Fosse aux lionnes, Joanne Despins, ouvre les portes de sa belle maison aux 48 fenêtres à Marieville.20 H ySRC LA PETITE SÉDUCTION Qui séduira qui ?Jean-Nicolas Verreault est en visite chez les Rigaudiens en Montérégie.20 H yABC OPRAH WINFREY'S LEGENDS BALL Il y a quelques mois, Oprah Winfrey honorait 25 femmes noires qui ont brillé dans divers domaines.Parmi elles : Gladys Knight, Patti La Belle, Diana Ross, Roberta Flack et Tina Turner.Les meilleurs moments de cette célébration avec une pléiade de stars.20 H yTVA MA MAISON RONA Une étape excitante de la rénovation : les salles familiales.Avec le bar, le cinéma maison, la télé haut de gamme\u2026 21H ySRC BONS BAISERS DE FRANCE Au tour de Guylaine Tremblay de passer la semaine avec France Beaudoin.Invités : Dany Turcotte, le coloré conteur Fred Pellerin et Yann Perreau.THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 10 H ySRC LE JOUR DU SEIGNEUR Une messe spéciale à l'Oratoire pour célébrer le 50 e anniversaire des Petits Chanteurs du Mont-Royal.20 H ySRC LOUISE ARBOUR: UN COMBAT POUR LA JUSTICE Charles Binamé a réalisé cet excellent film sur l'histoire de la juge Louise Arbour, nommée procureure générale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, et sa lutte pour que les criminels de guerre, dont Milosevic, répondent de leurs actes devant un tribunal.Avec Wendy Crewson dans le rôle-titre.21H yABC DESPERATE HOUSEWIVES Une belle finale de saison de deux heures comme on les aime : une nouvelle laisse Bree sous le choc, Lynette découvre le secret de Tom et Susan se résigne à vivre dans une caravane ! 21H yARTV DA VINCI CODE: RÉALITÉ OU FICTION?Depuis la parution du livre de Dan Brown, on ne compte plus les ouvrages explicatifs sur les théories de ce roman.Marie-Madeleine et Jésus étaient-ils mariés ?Le Prieuré de Sion a-t-il existé ?De Vinci cache-t-il des codes dans ses toiles ?Beaucoup de questions, de théories et de tentatives de réponses\u2026 21H yTVA CINÉ-DIMANCHE: K-PAX, L'HOMME QUI VIENT DE LOIN Un patient cherche à convaincre son médecin qu'il est un extraterrestre sur le point de retourner sur sa planète.Surtout pour le duel d'acteurs entre Kevin Spacey et Jeff Bridges.21H yCD UNE FEMME DANS LA MOSQUÉE La cinéaste Zarqa Nawaz tente de comprendre pourquoi la religion islamique ne permet pas aux femmes de prier aux côtés des hommes.Où cette barrière discriminatoire trouve-t-elle son fondement ?VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION - LUNDI VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION - DIMANCHE CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV VD VDO CÂBLE PBS CTV :S+: :SE: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :NW: :HI: :HIST: :MMAX: :MP: :MTL: :RDI: :RDS: CBC ABC CBS NBC TVA TQS TQc CÂBLE PBS CTV VD VDO SRC Le Téléjournal Découverte / L'iceberg qui coula le Titanic Et Dieu créa.Laflaque LOUISE ARBOUR: UN COMBAT POUR LA JUSTICE avec Wendy Crewson, Stipe Erceg Le Téléjournal L'est rencontre l'ouest sur la route de la soie L'INCONNU DU NORD-EXPRESS Le TVA 18 heures Drôles de vidéos L'École des fans Demandes spéciales / Corneille, Wilfred Le Bouthillier, Johanne Blouin K-PAX: L'HOMME QUI VIENT DE LOIN (4) avec Kevin Spacey, Jeff Bridges Le TVA LES DENTS DE LAMER (2) avec Roy Scheider, Richard Dreyfuss L'ARME FATALE (4) avec Mel Gibson, Danny Glover MORTAL KOMBAT 2: L'ANÉANTISSEMENT (6) (23:22) Malcolm Il va y avoir du sport! / Chloé Sainte-Marie Toute une vie / Betty Goodwin, le coeur à l'âme WOODY ALLEN: SA VIE, SES FILMS (4) Documentaire SITCOM (5) avec Evelyne Dandry, François Marthouret (22:42) CTV News On Assignment CSI: Miami Cold Case Desperate Housewives - Season Finale CTV News CTV News CTV News FIEVEL GOES WEST (4) (17:00) Hockey / Séries éliminatoires: Oilers - Mighty Ducks Reflections ABC News Ebert & Roeper Extreme Makeover:Home Edition / Finale Desperate Housewives - Season Finale Alias News CBS News 60 Minutes Cold Case - Season Finale CSI: Miami CSI: New York News .Raymond NBC News Dateline NBC 10.5 APOCALYPSE avec Kim Delaney, Beau Bridges (1/2) George.Ballykissangel Summer Wine Keeping up Nature / Dolphin Defender Mystery / Jericho: Killing of Johnny Swan (2/2) IN THE HEAT OF THE NIGHT (3) avec Sidney Poitier, Rod Steiger BBC News Foreign.Boomers! Real Simple Call of the Loon .Earth Encore! Concert World News Ind.Lens Sell this House Flip this House The BTK Killer Speaks Intervention CSI: Miami Pour l'amour du country Les Beatles (2/5) Viens voir les comédiens Toute une soirée De Vinci Toute une soirée De Vinci Diane Keaton: Bravo! Profile Arts, Minds The Artist's The Colour of Memory FATAL ATTRACTION (5) avec Michael Douglas, Glenn Close INDECENT.Québec en Humour Docu-d / Les Maisons hantées Sans détour Mission Cascades Traque au prédateur .communicateurs (17:00) Enseigner.Bilan.Des enfants.Prévenir le harcèlement psychologique au travail Des livres.Les Récits évangéliques Myth Busters Daily Planet Discovery Presents / Tiger Bite - Grizzly Attack Myth Busters / Breaking Glass Daily Planet Airport Miami Roses des Sables Soif de.Giro d'Italie / Cyclisme Danse, passion du monde Capitales du Pacifique .Sadie (18:06) Darcy's (18:33) .so Raven .(19:25) O'Grady (19:49) .(20:42) LAST DANCE (5) avec Rob Morrow, Sharon Stone CABIN BOY (6) avec Chris Elliott, Ritch Brinkley What I Like.Twins The Simpsons The Simpsons Family Guy - Season Finale Charmed - Season Finale Charmed House.National From the Ground up.Crossing Jordan Past Lives Global.Trouvailles./ Longueuil Tragédies / 9.11 Pare-chocs à pare-chocs Compte à rebours Tournants de l'Histoire Avions Servants of Evil Worst Jobs in History Margaret: Royal Rebel THE QUEEN'S SISTER (4) avec Lucy Cohu, Toby Stephens Margaret: Royal Rebel L'Académie .the Pops Musico./ Chloé Sainte-Marie Acoustiques: Patrick Norman En concert: Abba Musico./ Chloé Sainte-Marie .le monde?Made in.Top5.anglo Top.franco .Top5.com Embraye avec Babu Exposé / Green Day Pop! Matche.Roule.Embraye avec Babu Noir de monde Extreme Makeover:Home Edition .arménien In Montreal The Shield Teleritmo World News .Our World Passion & Fury.The Story of God CBC News.The Passionate Eye / Bowling for Columbine Les Coulisses du pouvoir Le Monde .artistes Ushiaïa Nature Le Téléjournal Le Point Kidnapping à Sao Paulo Le Téléjournal Sec.Regard Hockey (16:00) Sports 30 Hockey / Séries éliminatoires: Oilers - Mighty Ducks Sports 30 Doc Simplement Zoé Hommes en quarantaine Femme$ de footballeurs Sans laisser de trace SOEUR THÉRÈSE.COM.Childstar (18:15) La Marche de l'empereur Je reste! .(23:15) Slings and Arrows THE VIRGIN QUEEN OF ST.FRANCIS HIGH (6) Trailer Billable.AliG Curb your Enthusiasm (22:35) .(23:16) Battlestar Galactica The Virtual.Video Game.Stargate Atlantis THE ADVENTURES OF PLUTO NASH (6) avec Eddie Murphy TITAN A.E.(4) Dessins animés Hockey (16:00) Sportsnetnews Baseball / Yankees - Mets Sportsnetnews Degrassi.Volt Panorama Tshinanu L'Empreinte des dinosaures JÉRICHO (4) avec Louis Seigner, Pierre Brasseur Rythmes du monde Overhaulin' / Diffusion de huit émissions.(13:00) Man whose Arms Exploded Very Best of the World's.Overhaulin' Sportscentre That's Hockey Sportscentre Boxing 6TEEN Bratz Billy, Mandy La Classe.Skyland Futurama Les Simpson Les Griffin South Park La Côte.Les Simpson Polyvalente .Americas Journal FR2 Vivement dimanche / Enrico Macias TROIS FEMMES.UN SOIR D'ÉTÉ (1/4) .(22:05) .(22:35) Passep Art Panorama Vox Rough.Leonardo: A Dream of Flight ANOTHER LIFE avec David Jason, Bruce Alexander The Idealist: James Beveridge Diplomatic Film 101 Interventions miracles Décore ta vie Métamorphose .des noces Dre Nadia.Guy Corneau.LES SOUPÇONS DE MARY (6) avec Melissa Joan Hart .(17:30) Sans filtre Livre Show Le bon air.Doc Lapointe Baromètre Parole et Vie Boxe Rock Horoscope.Parents.Degrassi.Degrassi 25e anniversaire 70 Il était une.Anormal Réal-TV Loup-garou WILLYWONKA AND THE CHOCOLATE FACTORY (4) avec Gene Wilder Hollywood's Ghost.Mystery.15/Love Ready or not Bob & Margaret Cour à \"Scrap\" Autopsie d'un désastre Bolides Délire techno STAR TREK: LA CONQUÊTE DU NOUVEAUMONDE (4) Le Grand Journal (22:52) Marketplace Venture Sunday Night World Hockey / Match pour la médaille d'or: équipes à confirmer Golf PGA / Tournoi Colonial - dernière ronde CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV VD VDO CÂBLE PBS CTV :S+: :SE: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :NW: :HI: :HIST: :MMAX: :MP: :MTL: :RDI: :RDS: CBC ABC CBS NBC TVA TQS TQc CÂBLE PBS CTV VD VDO SRC Le Téléjournal Des squelettes.La Chambre no 13 La Petite Séduction / Jean- Nicolas Verreault - Rigaud Bons baisers de France / Guylaine Tremblay Le Téléjournal/Le Point Au-dessus de la mêlée Des kiwis et des hommes Le TVA 18 heures Sucré Salé Côté cours.côté jardins Où sont passées nos idoles?Ma maison Rona Monk Le TVA 22 heures Sucré Salé Michèle Richard Le Grand Journal (16:30) Flash / Céline Dion Un monde bête, bête.L'Audition RIVALES (6) avec Marnette Patterson, Jennifer Finnigan Le Grand Journal 110% Voyeur Macaroni tout garni Ramdam Méchant contraste! M'as-tu lu?/ Marc Vachon Promenades d'architectes D'ici et d'ailleurs Doc Monde / Extremis - L'Enfance assassinée Points chauds / Russie: l'ours sort de sa tanière LA VOIE DU SAMOURAÏ (3) avec Forest Whitaker CTV News Access H.e Talk CSI: New York Medium CSI: Miami - Season Finale CTV News CTV News eTalk Jeopardy CBC News Canada Now DUCT TAPE FOREVER (6) avec Steve Smith, Patrick Mc Kenna The National The National .Friends ABC News Friends Will & Grace Oprah Winfrey's Legends Ball Alias - Series Finale Sex and.Nightline News CBS News E.T.King of.Old Christine 2 1/2 Men Old Christine CSI: Miami - Season Finale News Late.(23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.Deal or No Deal The Apprentice Medium - Season Finale .(23:35) The Newshour World News Profile Antiques Roadshow / Providence, Rhode Island American Experience / Man Behind Hitler Vital Signs Business Charlie Rose BBC News Bus.Report The Newshour Crater Lake World News American Justice Cold Case Files The First 48 Movie Real Illuminating Angels & Demons .de scène Voices of Soul Visite libre Les Beatles (2/5) ZIEGFELD FOLLIES (4) avec Fred Astaire, William Powell .country Street Legal Videos Freedom Wireframe EVERYTHING I HAVE IS YOURS (5) avec Marge Champion Law & Order Expéditions d'enfer Biographies / Richard Blass Légendes urbaines / Enfants Enquêteurs d'accidents Un tueur si proche Experts en crime Le Monde à la carte .face au défi chinois .États-Unis Cynisme et Politique Capharnaüm Beau temps .grands communicateurs The Greatest Ever Daily Planet Myth Busters Dirty Jobs / Pig Farmer Canada's worst Handyman Daily Planet Les pieds.Pilot Guides .camping .à table Giro d'Italie / Mergozzo - Brescia Vins du monde Enquête.Asslama Ned's Declassified School Survival Guide Popular 8 Simple.Radio Free.Simpsons .70s Show Simpsons Seinfeld 24 - Season Finale 7th Heaven Everwood News Diva on.ET Canada E.T.24 The Apprentice 5 24 / Dernière News Final Sports Pare-chocs à pare-chocs Compte à rebours Tragédies JAG RICHARD III (4) avec Ian Mc Kellen, Annette Bening The Queen Mother.JAG Diana:The Night she Died Diana's Legacy King Charles & Queen Camilla JAG Max 80 .nos idoles .choix.com Histoires.Pour une histoire d'un soir.101 maladresses de la mode .Malibu La richesse.L'Académie .the Pops Top5.anglo Top.franco Infoplus M.Net .clips Presque.VJ Mathieu Rockde Babu .Barker Tommy Lee Viva la Bam Fou raide! Eco Moda I The Insider .a Half Men Sino Mtl Ni Hao Le Pont .Vietnam .Rabbin Cosmopolis .arménien Late.(23:35) World News The End CBC News .Our World CBC News:The Hour CBC News:The National The Passionate Eye CBC News:The Hour Journal RDI Capital Actions Le Monde La Part.Le Milliardaire contre Poutine Le Téléjournal/Le Point La Part.Le Monde Le Téléjournal/Le Point Sports 30.Sports 30 Hockey / Séries éliminatoires: Sabres - Hurricanes Sports 30 Hockey / Moncton - Peterborough Porté disparu Hommes en quarantaine Amy Les Experts Femme$ de footballeurs Six pieds sous terre Les Dalton Podium (19:25) Enchaîné Simplement.Mario Jean (22:45) Doc Lexx Da Vinci's Inquest Trailer .(21:31) Dead Like me (22:01) CSI (23:01) FARSCAPE: THE PEACEKEEPER WARS avec Ben Browder, Claudia Black The 4400 DAYLIGHT (5) Baseball (16:00) Hockey / Coupe Memorial:Moncton - Peterborough Sportsnetnews Sports.Rivaux.Volt Panorama Tournants de l'histoire MALPERTUIS (4) avec Mathieu Carrière, Susan Hampshire Panorama While you were out Jamie's School Lunch Project Honey we're Killing the Kids! Shalom in the Home Honey we're Killing the Kids! Off the Record Sportscentre Hockey / Séries éliminatoires: Sabres - Hurricanes WWE Raw Totally Spies Delilah &.6TEEN Scooby.La Classe.Futurama Les Simpson Henri pis.South Park Les Griffin Futurama Henri pis.Cible (17:55) Journal FR2 Vie privée, vie publique / Vive la diversité! Double.De virtuel à réel Le Journal Une ville.Questions.Big Bang Time Warp.For King and Empire.Studio 2 DEATH OF A STRANGER (2/2) Black Coffee (1/3) Studio 2 Métamorphose Nicolas et.Décore ta vie Manon.Interventions miracles Jeux de société Décore ta vie Métamorphose .la cigogne Oui, je le veux! Doc Lapointe Conne Xion Le Guide de l'auto Sans filtre Louise à votre service Le Guide de l'auto Trajectoire Horoscope.(17:30) Une grenade.Degrassi.j'aime Touche pas.Parents.70 Charmed Degrassi.Montana Anormal Being Ian Martin.X-Men.Monster.Spongebob Sabrina.15/Love Committed My Family Bob (22:35) .(23:05) .(23:35) Poltergeist .nerdz .c'est fait Star Trek:Voyager Star Trek: Enterprise Cour à \"Scrap\" La Porte des étoiles Red Green's Hindsight is 20/20 That's Hockey Little People, Big World ARTS ET SPECTACLES SYLVIE ST-JACQUES CRITIQUE Du feel good théâtre.Voilà comment on pourrait qualifier la version Filiatrault de My Fair Lady.Ambitieux, était le projet de monter cette comédie musicale d'Alan Jay Lerner, 50 ans après sa création sur Broadway.Mais Denise Filiatrault a gagné son pari.En autant que le genre nous plaise, on se laisse facilement charmer par cette pièce portée par des comédiens, danseurs et chanteurs vigoureux.Avec ses froufrous et son humour bon enfant, My Fair Lady, adaptation de Pygmalion de George Bernard Shaw, incarne à merveille l'esprit de la comédie musicale des années 50.La mise en scène de Denise Filiatrault, pour le Rideau Vert, porte cet esthétisme que l'on retrouve avec plaisir quand, par hasard, en regardant la télé, on tombe sur Mary Poppins ou The Sounds of Music.Dans le contexte de Londres, au siècle dernier, cette histoire débute par une gageure entre le linguiste Henry Higgins et son acolyte, le colonel Pickering.Higgins se met au défi de transformer en lady Eliza Doolittle, miséreuse vendeuse de fleurs au langage vulgaire.Eliza Doolittle, campée par une Catherine Sénart vive et badine, encaisse les insultes de Higgins (Benoît Gouin, solide) et se prête à toutes sortes d'exercices bizarres pour rehausser son langage.Non seulement apprend-t-elle à s'exprimer clairement.Elle prend conscience de sa valeur et refuse qu'on la traite comme une inférieure.Autour d'eux, une distribution dynamique enchaîne à toute allure les répliques savoureuses et souvent très drôles.Jacques Girard est tout à fait désopilant, dans le rôle d'Alfred P.Doolittle, le père saoûlon de la bonne Eliza.Il est hilarant, dans une chorégraphie loufoque sur l'air de Avec un p'tit peu d'chance.La scène de la course de chevaux, où Higgins met à l'épreuve les apprentissages de sa pupille sortie pour la première fois en société, démontre les talents comiques de Catherine Sénart.Cela prend toutefois un moment, avant de laisser tomber quelques résistances.Comme l'a voulu la traduction d'Yves Morin, les personnages issus des bas-fonds (dont Eliza Doolittle) parlent un joual très prononcé.Denise Filiatrault ne voulait pas de la traduction française où Eliza parle le parigot.Ce choix artistique se défend.Mais l'accent joual (et trop exagéré) de Catherine Sénart évoque davantage les bars de St-Jérôme que les basfonds de Londres.En revanche, cette dernière joue et chante avec une telle candeur, qu'on lui pardonne ce léger irritant.Cela dit, le timbre limpide de la voix de Sénart convient tout à fait aux airs de la comédie musicale.Pierre Collin, en bienveillant colonel Pickering, se tire très bien d'affaire et Benoît Gouin démontre avec fermeté son talent pour la ritournelle.On sent que Denise Filiatrault a voulu rester le plus près possible de l'esprit de cette pièce qui, comme elle l'a souvent répété, l'a tant marquée dans les années 50.Bien que conventionnel, le décor rotatif qui illustre des scènes dans l'appartement de Higgins, dans une ruelle de Londres ou aux abords d'un pub est efficace.La pièce, qui dure 2 h 30, pourrait être allégée de quelques scènes.En contrepartie, on regrette que Madame Filiatrault ait omis la scène du grand bal.Oh bien sûr, la conclusion de cette improbable idylle entre le misogyne érudit Higgins et Eliza, la pauvresse au tempérament bouillant, réduit à néant 40 ans de féminisme.Même qu'on trouve un peu dommage que libérée de son accent joual et de ses manières grossières, elle tombe dans les bras de Pygmalion plutôt que de faire sa vie seule, comme une grande.Et que penserait Michel Tremblay de cette histoire d'apprentissage, où l'affranchissement passe par l'acquisition du français international ?Mais bon, la magie opère.Festive, débordante et joyeuse.On ne s'ennuie pas dans cette comédie musicale au rythme déferlant.Les chorégraphies sont réussies, les blagues ne tombent jamais à plat et on en sort avec un grand sourire.Que demander de plus, à une comédie musicale typique des années 50 ?MY FAIR LADY.Mise en scène de Denise Filiatrault, paroles et livre d'Alan Jay Lerner.Au Théâtre du Rideau Vert du 16 mai au 17 juin.Informations et réservations: (514) 844-1793 ou par la billeterie Juste pour rire, (514) 845-2322.THÉÂTRE/ My Fair Lady Broadway, PQ PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Voilà peut-être ce qu'attendait Dame Nature pour cesser de nous tomber dessus ?Bon, pour l'heure, le service météorologique affiche encore un nuage, mais ceux de l'équipe des Piknics Électroniks sont de réputés veinards et le soleil finit toujours (si, si !) par trouver son chemin jusqu'au Stabile de Calder du parc Jean-Drapeau.Dès demain, c'est parti pour une autre belle saison de musique électronique et de bronzage! Si le ciel peut nous donner un peu de répit, l'Américain Jeff Samuel, Akufen et Bleuchut ouvriront les festivités - en cas de pluie, le piknic est remis à lundi, congé de la fête de Dollar/Reine.La programmation des populaires Piknics Électroniks est particulièrement relevée cette année, laissant une belle part à des dimanches dédiés aux labels.Archipel le 28 mai (avec le patron Pheek en duo avec l'Américain Jason Corder, Social System, le Français Krikor, Mateo Murphy, Baya), Musique Risquée le 2 juillet (l'Argentin Ernesto, Vincent Lemieux, Steve Beaupré, Deadbeat), Trigger Recordings le 23 juillet, puis Epsilonlab, Iturenem et Ninja Tune.De plus, les 4 et 5 juin, les Piknics Électroniks recevront les invités du festival MUTEK; Richie Hawtin (Plastikman) sera d'ailleurs de la partie le 5 juin.Enfin, l'équipe des Piknics étend désormais ses activités jusqu'à l'esplanade de la Place des Arts en présentant du 23 mai au 1er juin une série d'Audiolunchs avec huit DJ locaux.Ce mardi, Soul Sista est aux commandes du système de son.Lui succèdera Éloi Brunelle, Ernesto, Stéphane Cocke, Soundshaper, Ghislain Poirier, Maüs et Scott C.www.piknickelectronik.com Le retour des Piknics Électroniks ! TENDANCES Tous les jours dans PHOTO SUZANNE O'NEILL, RIDEAU VERT Avec ses froufrous et son humour bon enfant, My Fair Lady, adaptation de Pygmalion de Georges Bernard Shaw, incarne à merveille l'esprit de la comédie musicale des années 50.INNVVITEENNT 40 FAMILLEES À ASSISTEERR À L'AVVANNT-PRREEMIÈÈRREE DDUU FILM LEES BBAGNNOLEES et AAVV AA N TT- PP RR EE MM II ÈÈ RR EE :: L E SS BB AA GG N O L E SS GGrroouupee Poopccoorrnn, , 22338888 Beeaauubieenn EEsstt, , MMoonnttrrééaal, , QQuuéébeecc, , H22GG 33H22 NOMM AADRREESSSSEE VILLLLEE CCODEE POSSTTAALL ÂÂGEE TTÉÉLL.JOUURR TTÉÉLL.SSOIRR prière d'écrire lisiblement LE MERCREDI 7 JUIN 2006 À 19 H AU CINÉMA STAR CITÉ DE MONTRÉAL (4825 ave.Pierre de Coubertin rue Émery, Montréal) Pour participer: Remplir le coupon ci-joint et le poster à l'adresse indiquée le coupon sera publié les 20, 21 et 23 mai 2006.Le tirage aura lieu le 30 mai 2006 40 gagnants recevront une invitation pour quatres personnes par la poste.La valeur des prix est d'environ 1600$ aucun achat requis les fac-similés ne sont pas acceptés.Règlements disponibles chez Groupe Popcorn.PPaarrmmii lleess ggaaggnnaanntss, 44 ppeerrssoonnnneess cchhaanncceeuusseess aauurroonnt llaa cchhaannccee ddee faaiirree uunn toouurr eenn PPoorrsshhee 991111 llee ssooiirr ddee ll'aavvaannt-pprreemmiièèrree, ggrraacciieeuusseetéé ddee 3406175A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUES ACTUELLES Retour dans le maquis ALAIN BRUNET VICTORIAVILLE \u2014 Nous voilà repoussés aux extrêmes.Musiques extrêmes.Mélomanes extrêmes.Météo extrême.Flotte extrême.Les pluies torrentielles qui s'abattent sur la région des Bois-Francs sont d'ailleurs à l'image des intempéries auxquelles font face les concerts de qualité consacrés à l'avant-garde.À sa 23e année d'existence, le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, tout comme plusieurs autres festivals de même cousinage, se voit contraint de prendre le maquis à la suite du retrait progressif des institutions qui le soutenaient depuis nombre d'années.« La radio publique n'y est plus, une disparition échelonnée au cours des trois dernières années.Nous devons de plus en plus susciter l'intérêt par des moyens plus underground comme Internet ou même le bouche à oreille », déplore Michel Levasseur, directeur artistique et fondateur du FIMAV.Le phénomène n'a rien de québécois ou canadien, force est de constater.En France, par exemple, c'est idem.Les festivals cousins du FIMAV y sont aux prises avec un retrait progressif des appuis publics, des radios nationales aux programmes gouvernementaux en passant par les grands médias.Musique Action, Densités, Parthenay, Besançon, Saint-Étienne, Gare aux oreilles, voilà autant de festivals de création sonore qui sont retournés dans l'underground français.« En France, il y avait une structure de soutien très solide qui ne cesse de décliner depuis une dizaine d'années, au profit d'activités culturelles liées au showbusiness.La radio d'État, par exemple, s'est totalement retirée de notre festival.On prétexte le problème économique.Les petites aventures musicales, en ce sens, ont beaucoup plus de mal à survivre, elles peuvent compter sur moins de moyens alors qu'il existe une activité musicale beaucoup plus riche qu'à l'époque où nous avons entrepris ces aventures », explique Dominique Répécaud, guitariste et patron de Musique Action de Vandoeuvre- lès-Nancy, que le festival de Victo considère comme son jumeau puisque sa programmation y est comparable.et que Musique Action célébrera aussi son 23e anniversaire dans quelques jours.À l'instar de Michel Levasseur, Répécaud n'a pas dérogé de sa ligne originelle malgré la conjoncture.Qui plus est, il a poursuivi sa propre démarche de création, dont nous avons entendu les émanations probantes dans la nuit de vendredi à hier : avant-rock tout ce qu'il y a de puissant, esthétique sauvage pour instruments rock et chanteur.Comme ses collègues du groupe Étage 34 (Répécaud, guitare, Daniel Koskowitz, batterie, Olivier Paquotte, basse), le Basque Beniat Achiary connaît la définition d'un traitement-choc.Technique vocale irréprochable, puissance à revendre, sens de l'hécatombe et de l'onomatopée.Rien de tel avant d'aller au plumard ! Post-Crimson Plus tôt dans la soirée de vendredi, les festivaliers ont eu droit à tout un épisode post-Crimson.Deux duos rassemblés en un seul détachement : les Finlandais Kimmo Pohjonen (accordéon, voix, électronique) et Samuli Kosminen (percussions, électronique) se retrouvaient sur la scène du Colisée des Bois-Francs avec les Texans Trey Gunn (guitare Warr) et Pat Mastelotto (batterie), ultime section rythmique de King Crimson, qui a suspendu indéfiniment ses activités.Devant un auditoire constitué de «vieux» amateurs de rock progressif (de toute évidence, la «marque » Crimson conserve son pouvoir d'attraction !) et de plus jeunes fans, ce quartette KTU a offert l'une des performances les plus mémorables de l'histoire du FIMAV.World, prog, musique improvisée, explorations électroniques constituent les ingrédients de cet amalgame formidable.Attisés par la sauvagerie, l'hyperactivité et le lyrisme de Kimmo Pohjonen, ces musiciens savent allier discipline et liberté, virtuosité et souplesse, structure et improvisation.Armé de sa guitare Warr, instrument à cordes favorisant le lien entre une attitude virtuose et toutes les libertés permises par la lutherie électronique, Gunn a complété brillamment les propositions de Pohjonen tout en contribuant aux polyrythmes de Mastelotto et Kosminen.Cette musique était d'autant plus fédératrice qu'elle n'excluait pas la mélodie poignante et la virilité festive de l'esthétique rock.Le free jazz en 2006 Plus tôt, au cinéma Laurier, le concept Mandarin Movie nous a clairement montré où se trouve le free jazz en 2006.Sous la direction du trompettiste Rob Mazurek, l'ensemble Mandarin Movie (de Chicago) nous a donné 85 minutes la pédale dans le tapis.L'impulsion de Frank Rosaly était franchement admirable.Ce batteur n'a cessé de relancer ses collègues en pratiquant un style survolté, viscéral, pour employer des euphémismes.Outre ce formidable percussionniste, que d'excellents musiciens : deux basses, une électrique et une acoustique, une guitare électrique et une trompette.À cette instrumentation typique du jazz, Mazurek colle un assortiment de bidules électroniques afin de créer une couche supplémentaire.Décapant, dites-vous ?D'autres murs de son ont été érigés à Victoriaville.Hier après-midi au cinéma Laurier, par exemple, trois Norvégiens nous ont suggéré l'idée qu'ils se font d'un fleuve tranquille.Tout s'est révélé dans un continuum apparemment linéaire à travers lequel des nuances bourgeonnent.Au centre du trio, le percussionniste Ingar Zach multiplie les roulements de caisse claire et génère des effets électroniques créés sur place et souvent mis en boucle.Pendant que son acolyte Tony Kluften trace des lignes simples à la contrebasse, Ivar Grydeland colore le tout avec une panoplie d'instruments normalement associés au country ou au bluegrass : pedal steel, banjo, etc.Rien de marquant, toutefois.La suite le sera encore moins.Dans un Colisée des Bois-Francs peu peuplé, un trio a secoué les troupes en leur assénant une prévisible bastonnade.Pour cette démonstration de force, le batteur helvète Michael Wertmuller et son compatriote Marino Pliakas se sont joints au bidouilleur électronique japonais KK Null, dont les invectives n'étaient pas sans rappeler celles du colonel Saïto dans Le Pont de la rivière Kwaï.Inutile d'ajouter que le pont finira par sauter, comme dans le film.Ainsi va la vie dans le maquis.Le 23e FIMAV se poursuit aujourd'hui et demain.Pour plus d'information : www.fimav.qc.ca . JADE BÉRUBÉ collaboration spéciale JADE BÉRUBÉ collaboration spéciale SÉBASTIEN (nom fictif):J'aime Mötley Crüe, les Scorpions.Jepréfère lamusiquedes années 80.Lemeilleuraétéfaitil ya25-30 ans eton diraitqu'on ne peut plusfaire dela musiquecomme ça aujourd'hui.Onnepeut pasréinventer laroue.SÉBASTIEN (nom fictif) :Etnousenparlons ensemble !(rires).Ma mère écoutaitdu Black Sabbath.Mon père, du Van Halen.Etj'adore ça!C'estla musiquequijouaitàlaradio quandj'étais petit.Alors, il yapeut-être un petitcôténostalgique.Aussi, je suis tristeparcequepluspersonne n'écoute le folklore.Dans magénération, ças'estcomplètementperdu.Moi j'aime la Bottine souriante, la Volée decastors.J'aime même la Bolduc! FRANCIS :J'écoute Bob Marley.Parcequec'estplusrelax.Cesontdes amis plusvieux quim'ontfaitdécouvrir ça.Jecrois quelamusique d'aujourd'huiestàchier.Trop commerciale.Etc'esttout pareil, le rap, les filles, le bling bling.Même le métalestdevenucommercial.Même le punk ! SULEYMAN :Lamusiqued'aujourd'huin'inventerien.C'estduvraiplagiatdela musiquerétro.Moi j'aime le vieux rock.Etj'aime Cat Stevens.Etje trouvequela musiquequisefaitprésentement, c'estdelacopie mais en moins bon.DAVID :J'écoutedu Queen.J'aime aussi beaucouples Beatles.J'aidécouvert ces groupes par Internet.Aujourd'hui, c'estle rapquiestàlamode.Mais avant, on entendaitplusdeguitares.Jepréfère aussi les paroles des anciens groupes queles paroles des groupes d'aujourd'hui.Cenesontpasles mêmes thèmes.Àl'époque, c'étaitrelax.Iln'yavaitaucunproblème dans lavie.Le genre «flower power », quoi.MAXIME :J'écoutedurock, les Beatles, Pink Floyd.J'écouteeffectivement lamusiquequ'écoutemon père (rires).Onenparle ensemble.Ons'amuse des fois àdécortiquer les tounes.J'écouteaussi delamusiquedes années 80.Pourmemettre debonne humeur.Comme duvieux Michael Jackson, parexemple.La musiquedemagénération n'estpasinnovatrice.Ondirait quemagénération faitdelamusiquepournerien dire.TRISTAN :Maintenant, on vamettre surunplateaudes groupes quinesaventquetrois accords.Avant, les musiciens quel'on mettaitsurune scène étaienttousdes virtuoses.Led Zeppelin, parexemple.Ils se regardaient, ils partaientsurune toune quepersonne ne connaîtmais ça sonnaitbien.Ils avaientle talentpourlefaire.Maintenant, l'important n'estpluslavirtuositédumusicien mais l'image.ANTOINE: J'écoute Genesis et Depeche mode.Mon père était un grand fan de Depeche Mode (rires).On en parle des fois.Je pense qu'il est fier.La musique d'aujourd'hui ressemble beaucoup à la musique du passé.Alors pourquoi ne pas écouter ceux qui ont réellement trouvé les sons?C'est le fun de découvrir les sources.MARC-ANTOINE :Jeviens dedécouvrir Styx.Mon père etmon beau-père écoutentdu Styx.C'estle funde voir quedeux générations peuventaimer le même groupe.Surtout quandtoi, tu viens àen connaître plus qu'eux, même si c'estlamusiquedeleurtemps! (rires).Ça établitaussi une belle relation departager la musique.TU ÉCOUTES LA MUSIQUE QUE TES PARENTS ÉCOUTAIENT! ÉCOUTEURS ÉNORMES AU COU, ADIDAS TOP TEN AUX PIEDS, COUPE «AFRO».RÉTRO LES ADOS !MAIS QU'EN EST-IL DE LA MUSIQUE ?LES ADOS DÉLAISSENT-ILS LES GROUPES MUSICAUX DE LEUR GÉNÉRATION?IL SEMBLE QUE OUI.VOYONS POURQUOI.SÉBASTIEN (nom fictif) :Lamusiquedupassé étaitplus spécialisée alors qu'aujourd'hui, il yades groupes quifontdetout.Jenesais passic'estunplusouunmoins.Jetrouveça le fun d'écouter ungroupe d'aujourd'huietdepouvoir trouver toutes ses nombreuses influences.Mais en même temps, c'estfacile devoir leurs inspirations.ALEXANDRE: Moi j'aime Harmonium.J'aipassél'étédernieràécouter ça.J'aime lamusique, les paroles.j'aime le feeling quandje l'écoute.C'est relax.Jetrouvelamusiquede magénération unpeurépétitive.C'est souventlamême chose.TÊTE RÉTRO SPORTS RÉTRO De l'afro (avec le traditionnel peigne planté dans la chevelure) à la coupe Farah Fawcett (et toutes ses déclinaisons).On parle même du grand retour de la coupe Longueuil (long à l'arrière et court à l'avant).Ah oui?! Pas besoin de vous faire un dessin.C'est le retour de la planche et du break dance.Les filles, vous devez aussi courir vous inscrire à un cours de ballet jazz! Car c'est le retour des leggings, ces collants à porter sous le grand chandail de coton, en vitrine dans toutes les boutiques à la mode ces jours-ci.Mais vous l'avez sûrement remarqué.C'est Nike le premier qui, en 1994, a décidé de relancer ses vieux modèles de Jordan.Sans savoir que plus de 10ans plus tard, il aurait peut-être favorisé une véritable tendance.Maintenant, Adidas (et ses Top Ten) et Converse (et ses Weapon High et ses All Star) pour ne nommer que ceux-là sont redevenus des essentiels chez les jeunes.RÉTRO TECHNO PIEDS RÉTRO Le phénomène rétro s'adapte aussi aux nouvelles technologies.Un exemple?Le Retropod.Il s'agit d'un étui pour i Pod fabriqué à partir de la carcasse d'un vieux Walkman jaune.L'objet s'achète encore sur Internet mais aux dernières nouvelles, le Retropod a été interdit par Sony, le père du Walkman, ce qui complique un peu les choses.C'est aussi le grand retour du «ghetto blaster», appareil portatif équipé de hautparleurs que l'on portait à l'époque sur l'épaule pendant les compétitions de break dance dans les quartiers noirs des États- Unis.Le Ijam fait donc son entrée.Un «ghetto blaster» pour.MP3.DICTÉE PAUL GÉRIN-LAJOIE C'est ce dimanche 21 mai qu'a lieu la Grande Finale internationale de la dictée Paul Gérin- Lajoie, cette célèbre dictée permettant aux écoles d'amasser des fonds et offrant la chance aux enfants d'améliorer leur maîtrise du français.Cette finale se déroulera dès 9 h ce matin à la salle Claude-Champagne de l'Université de Montréal où une centaine de jeunes provenant du Canada, des États-Unis et du Sénégal tenteront de remporter la palme de Montréal! Pour cette occasion, c'est la comédienne Élyse Aussant (Watatatow) qui lira la difficile dictée.Grégory Charles en fera quant à lui une interprétation chantée (!).Les percussionnistes de la formation Zuruba feront eux aussi la fête au champion sous l'animation du comédien François-Étienne Paré.Pour sa 15e année, la Dictée P.G.L.aura rassemblé plus de 170 000 enfants du niveau primaire de plus de 1000 écoles au Canada! Ils ont à ce jour ramassé plus de 1 175 000$! La moitié des fonds ainsi ramassés seront répartis entre les projets scolaires de chaque école et des projets d'alphabétisation en Haïti, au Burkina Faso, au Mali, au Bénin et au Sénégal.Envie de participer à votre façon?Le site de la Fondation vous propose de tester vos connaissances grâce à la Dictée en ligne.www.fondationpgl.ca.Bonne chance à tous! ARTS ET SPECTACLES ALAIN McKENNA COLLABORATION SPÉCIALE alain.mckenna@lapresse.ca La photographie numérique n'a pas toujours fait bon ménage avec les imprimantes de bureau, surtout celles à jet d'encre.Les couleurs inégales, le papier qui gondole et, avant longtemps, les images qui ternissent sont au moins trois bonnes raisons d'éviter cette combinaison.Heureusement, les fabricants l'ont eux-mêmes constaté et offrent désormais des imprimantes à jet d'encre d'entrée de gamme plus performantes et demeilleure qualité.Canon Pixma iP6600D En plus d'un large écran à cristaux liquides de 3,5 pouces, l'imprimante Pixma iP6600D possède deux ports de lecture pour cartes-mémoire, un port USB pour le protocole Pict Bridge et un port infrarouge.Pour imprimer ses photos numériques, pas besoin de passer par un PC, donc, même si on peut la connecter à un ordinateur personnel par le port USB.Différents format de papier peuvent être utilisés sur cette imprimante, des petits formats de photo (le format 4 x 6 étant le plus courant) au format 8,5 x 14.Deux bacs séparés permettent de l'utiliser à la fois comme imprimante photo et comme imprimante de bureau, sans continuellement avoir à changer le papier d'alimentation.Une caractéristique intéressante de cet appareil est qu'il est en mesure d'imprimer recto-verso.Autre trait remarquable, les six cartouches d'encre individuelles, jumelées aux nouvelles buses d'impression à jet d'encre utilisées sur cette Pixma, créent des couleurs riches et égales sans que ce soit trop cher: une cartouche coûte environ 20$.Cela dit, au total, la Pixma iP6600D est la plus coûteuse des trois imprimantes essayées ici.Ce n'est pas la plus rapide, mais elle paraît durable et ses impressions sont de très bonne qualité.Epson Stylus PhotoR340 L'imprimante Stylus R340 est probablement la génération la mieux conçue des imprimantes photo à jet d'encre de la marque Epson.En plus, son prix de détail est plus bas que ses deux semblables essayées ci-contre, tandis que le coût de remplacement des six cartouches d'encre (dont une pour le noir) est presque aussi bas que celui des cartouches HP.Côté connectivité, elle n'a rien à envier aux autres: trois ports de lecture pour cartes-mémoire, un port Pict Bridge pour imprimer directement à partir d'un appareil photo compatible et un port USB, à partir duquel on peut aussi transférer des images d'un appareil photo à une clé USB ou à un graveur de disques compacts, sans impression.L'alimentation de papier de l'imprimante Epson n'est malheureusement pas aussi permissive que d'autres modèles concurrents: un seul bac de 120 feuilles est offert.Par contre, elle est la seule à pouvoir imprimer directement sur un CD ou un DVD conçu à cet effet, une fonction amusante et pratique.Les impressions couleur sur papier glacé produites par la Stylus R340 sont de qualité tout à fait acceptable.Remarquez, elle n'est pas aussi rapide qu'on le souhaiterait, dans ce contexte.Pour un usage de bureau non plus, elle ne fait pas très bonne figure.Mais pour des photos grand format aux couleurs éclatantes, elle est tout à fait recommandable.Polyvalence remarquable; elle imprime même sur des CD et DVD! Le temps d'impression de ce modèle est plus long que la moyenne.Epson Stylus Photo R340 > Imprimante photo à jet d'encre (8,5 x 11) > Six cartouches d'encre couleur séparées > Vitesse: 1 min 15 (4 x 6 couleur) > 220 $ > www.epson.ca Imprime de superbes photos couleur, recto-verso en plus.C'est l'imprimante la plus onéreuse des trois essayées ici.Canon Pixma iP6600D > Imprimante photo à jet d'encre (8,5 x 11) >6cartouches d'encre couleur séparées > Vitesse : 46sec.(4x 6 couleur) > 300 $ > www.canon.ca HPPhotosmart 8250 L'imprimante photo Photosmart 8250 de la société HP est une première pour la marque américaine.D'abord, elle utilise des cartouches d'encre séparées individuellement.Aussi, celles-ci sont indépendantes des buses d'impression, ce qui les rend plus abordables.C'est peut-être ce qui rend cette imprimante plus rapide, aussi.Une photo couleur de format traditionnel (4 x 6) s'imprime en un temps record: moins de 30 secondes, en tout! Pour monter son propre album photo sans y passer la semaine, c'est une caractéristique très attrayante.Comme ses semblables signées Canon et Epson, la Photosmart 8250 peut imprimer à partir d'une carte-mémoire, d'un appareil photo compatible Pict Bridge ou d'un port USB 2.0.Un petit écran couleur sur le dessus de l'appareil permet de choisir et d'ajuster les images avant de lancer l'impression.Sur papier glacé comme sur papier ordinaire, cette imprimante a la fâcheuse manie de produire des couleurs plus saturées que désiré.Le détail en prend pour son rhume, même lors d'impressions en noir et blanc.Cela dit, HP recommande d'utiliser son propre papier photo qui, dit-elle, est adapté à cette situation.Ça reste à prouver.Quoiqu'il en soit, les impressions produites sont satisfaisantes et, surtout, sont peucoûteuses.Pour unvolume d'impression élevé, la 8250 est un modèle à considérer sérieusement.La rapidité d'impression est impressionnante.Les couleurs sont souvent trop saturées, cequi élimine les détails plus subtils.HP Photosmart 8250 > Imprimante photo à jet d'encre (8,5 x 11) > Six cartouches d'encre couleur séparées > Vitesse: 28 sec (4 x 6 couleur) > 250$ > www.hp.ca Des imprimantes photo rapides, polyvalentes et abordables Gardez le contact avec la technologie sur www.technaute.com TECHNAUTE Apple a poursuivi sa révolution Intel, cette semaine, en présentant sa nouvelle gamme de portables populaires Mac Book.Destinés à remplacer les modèles d'entrée de gamme i Book, les nouveaux Mac Book misent sur les processeurs Intel Core Duo d'une puissance de 1,8 ou 2,0 gigahertz.Désormais, seuls les modèles de bureau haut de gamme Power Mac G5 conservent les processeurs PowerPC.Apple devrait dévoiler les nouveaux modèles à processeurs Intel avant la fin de l'année.Les nouveaux portables disposent d'un écran de 13 pouces et d'une caméra i Sight intégrée qui permet de particper à des clavardages vidéo.Le logiciel Front Row et une petite commande à distance (fournis avec l'appareil) permettent de consulter ses biliothèques électroniques de photos, vidéos ou musiques sans avoir à utiliser le clavier ou la souris.Les Mac Book sont offerts en blanc, comme les anciens i Book, mais aussi dans un boîtier noir assez séduisant.Le modèle de base se vend 1249$ au Canada, tandis que la version la plus performante coûte 1649$.On peut comparer les différentes versions et options à l'adresse: www.apple.com/ca/fr/macbook.Succès d'estime monstre sur la Xbox 360, Ghost Recon Advanced Warfighter (GRAW), développé dans les studios français d'Ubisoft, vient de fai re son appar i tion sur PC.L'éditeur a eu la brillante idée d'appor ter des modifications importantes à la version pour console apparue à la mi-mars, en d o n n a nt b e a u c o up pl u s d'importance aux volets tactique et stratégique du jeu.Une carte satellite extrêmement détaillée et access ibl e en temps ré e l permet d'organiser rapidement des attaques «intelligentes».Les cartes urbaines ont aussi été considérablement agrandies et les immeubles sont plus détaillés, offrant davantage de points de couverture pour se mettre à l'abri des tirs ennemis rendus efficaces par une intelligence artificielle satisfaisantes, quoique parfois un peu minimaliste.Le Mexico post révolutionnaire de 2013 recréé es t bourré de textures \u2014 les arbres perdent leur feuilles au gré des bourrasques de vent, la poussière jaillit sous l'impact des balles et les débris jonchent les rues.Tout cela se fait cependant à un prix lourd pour l e proc e s s e u r et la ca r t e gr aphique .En bas d 'un PentiumIV doté d'un CPU de 2 GHz, de 512 Mb de mémoire vive et d'une carte vidéo de 128 Mb capable de gérer la technologie Pixel Shader 2,0, oubliez cela.Même sur une machine haut de gamme datant de novembre, il a fal lu revoir la configuration graphique légèrement à la baisse pour obtenir des mouvements parfaitement fluides.Fait à noter, GRAW est un des premiers jeux PC compatibles avec les cartes de calcul physique PhysX d'AGEIA, dont nous avons parlé récemment dans ces pages.Un petit plus qui ajoute une touche de réalisme supplémentaire à un jeu qui s'approche dangereusement du photoréalisme.Des tests approfondis de performance publiés cette semaine sur le site de Tom's hardware laissent cependant entendre que l'achat de la carte PhysX (300$) est loin d'être nécessaire pour apprécier pleinement Ghost Recon Advanced Warfighter.Un Mac noir! Apple dévoile ses nouveaux portables GHOST RECON: ADVANCED WARFIGHTER ARRIVÉ SUR PC J.D.BIERSDORFER NEW YORK TIMES NEWS SERVICE TRISTAN PÉLOQUIN Retrouvez Manon Le Blanc dans lundi 19 h 30 et mercredi 19 h à EN KIOSQUE DÈS MAINTENANT! Manon Le Blanc inspiration Pour en profiter cyberpresse.ca/privileges 216P LECTURES Exceptionnel /Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter PHOTO PATRICK HERTZOG, AFP À chaque grande occasion, les pèlerins s'amassent sur la place Saint-Pierre de Rome, emblème de l'emprise de l'Église catholique sur ses fidèles.La sortie du Code Da Vinci en film après qu'il eut été un best-seller en librairie entraînera-t-elle un intérêt accru pour la religion et ses dessous ?NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPÉCIALE Au moment où le film envahit les écrans, Dan Brown a déjà vendu plus de 40 millions d'exemplaires de son best-seller Da Vinci Code.Cet événement très médiatisé va sans doute relancer la vente du livre dans le monde entier, au grand dam de la hiérarchie catholique en général et d'un cardinal du Vatican en particulier, qui a sévèrement condamné le livre avant de vitupérer contre la sortie du film.Près de 50 ouvrages ont été écrits dans divers pays pour dénoncer qui les erreurs historiques, qui les hérésies contenues dans l'opus de Dan Brown.Les malheureux ! Ils n'ont encore rien vu.Il leur faudra ressusciter l'Inquisition pour s'opposer à la vague déferlante de « thrillers théologiques » subversifs dans la lignée du Da Vinci Code qui ont au moins un thème commun: la remise en question des dogmes fondamentaux de la chrétienté et une critique acerbe des excès de la papauté.Une porte sur l'Enfer La Porte du silence, de Henri Bellotto, met en scène le journaliste John Cattuso, qui est envoyé en Italie pour faire un documentaire sur le grand jubilé du millénaire.Accompagné par Nancy Shepard, une jeune et belle stagiaire, Fox s'intéresse particulièrement à l'étrange maladie qui a frappé l'ingénieur Sorsi, responsable du système de surveillance du Vatican.La mort brutale et suspecte de Sorsi convainc le journaliste que, pendant l'exercice de ses fonctions, l'ingénieur a vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir et que les autorités religieuses veulent à tout prix cacher.Les recherches de Fox vont l'amener à découvrir la porte du silence, gardienne d'un terrible secret dont l'éventuelle révélation pourrait bien ébranler toute l'Église.Quand il franchit le seuil, l'enfer se déchaîne.À la fois roman historique (l'histoire de Jésus sauce Bellotto, les Cathares, les Templiers, etc.) et thriller théologique, ce récit ne manque ni d'intérêt ni de suspense, avec en plus, un dénouement crève-coeur qui rachète en partie la partie la plus faible du roman, soit des personnages stéréotypés (un beau journaliste ténébreux, une belle stagiaire, un chef de la sécurité présenté comme un nazi, un prélat concupiscent, etc).Je ne vous révélerai pas ce qui se cache derrière la porte.Mais sachez tout de même qu'il y a quelques siècles, ce récit aurait valu à son auteur une petite visite douloureuse dans les cachots de l'Inquisition avec, en prime, un joli bûcher ! Où le mystère s'épaissit.Il est encore question de la « véritable » histoire de Jésus dans Le Secret du treizième apôtre, de Michel Benoit.Moine bénédictin pendant près de 20 ans, ce «prisonnier de l'Église» a quelques comptes à régler avec l'institution et s'en donne à coeur joie dans ce récit peu orthodoxe qui commence par un meurtre.Quel était le terrible secret découvert par le père Andrei, secret qui lui a valu d'être balancé par la fenêtre du train Paris-Rome par des malfrats ?C'est ce que veut découvrir le père Nil, qui réfute la version officielle du suicide.Il reprend l'enquête menée par son ami, ce qui ne fait l'affaire ni du puissant cardinal Catzinger (qui nous fait penser à qui vous savez.) ni de la Société Saint-Pie V, qui veille à protéger certains secrets.Ce que le père Nil découvre concerne un 13e apôtre, présent à la Cène.Il a rédigé une épître qui raconte comment se sont vraiment déroulés les derniers jours de Jésus et les circonstances exactes de sa mort.De quoi inquiéter les religieux de toute confession et déplaire aux chrétiens doctrinaires.Ce thriller historique, apparemment bien documenté, incite donc à la réflexion car son « secret » est bien plus dangereux, bien plus subversif que quelques ridicules caricatures de Mahomet.>Voir VINCI en page 10 Vogue sur la vague Da Vinci Code Le succès du Da Vinci Code a engendré une flopée de thrillers théologiques en tous genres.En voici quelques-uns, rescapés par notre collaborateur Norbert Spehner.De quoi réveiller les Inquisiteurs et rallumer la flamme des bûchers. LECTURES VINCI Suite de la page 9 Dans La Cène secrète, le bestseller de Javier Sierra publié dans 24 pays, nous retrouvons Léonard de Vinci et sa manie des codes secrets.L'action se passe à Milan, en 1497, au monastère de Santa Marin della Grazie, alors que l'artiste met la dernière main à sa nouvelle fresque qui suscite bien des questions et beaucoup de méfiance.Car on dit que cette Cène propagerait des idées hérétiques ! Envoyé par Rome, le père Leyre, farouche inquisiteur (et narrateur du roman) vient mener son enquête qui prend une tournure criminelle quand deux moines, modèles du peintre, sont assassinés dans des circonstances qui rappellent étrangement les coutumes cathares.Ce que va découvrir le père Leyre va transformer sa vie.Plus roman historique que thriller, La Cène secrète est la plus achevée des trois oeuvres, avec un style plus littéraire, un rythme plus lent et une intrigue complexe où abondent codes secrets et énigmes.Avis aux amateurs du genre.Dans la même veine iconoclaste, on peut citer aussi Le Dernier Testament, de Philip Roy (Au diable vauvert), un thriller époustouflant à propos du testament de Jésus, ainsi qu'un certain nombre de romans en attente de traduction dont The Third Secret, de Steve Berry, The Last Cato, de Matilde Asensi, ou Map of Bones, de James Rollin.Un esprit un peu paranoïaque, ou un adepte des conspirations globales, serait en droit de se demander si toutes ces fictions qui s'en prennent avec virulence aux doctrines fondamentales de l'Église ne sont pas financées par.Al-Qaeda, dans le but évident de déstabiliser l'Occident chrétien! Beau sujet de roman.FFF ½ LA PORTE DU SILENCE Henri Bellotto Éditions JCL, 482 pages FFF ½ LE SECRET DU TREIZIÈME APÔTRE Michel Benoît Albin Michel, 378 pages FFF LA CÈNE SECRÈTE Javier Sierra Plon, 374 pages Vogue sur la vague Da Vinci Code ROMAN FFFF LA REINE CRUCIFIÉE Gilbert Sinoué Albin Michel, 2006, 398 pages Le dernier l ivre de Gi lber t Sinoué, La Reine crucifiée, est un superbe roman historique et un thriller métaphysique haletant.Une fois qu'on a ce roman entre les mains, on n'arrive plus à le lâcher ! C'est l'histoire d'une des plus bouleversantes passions amoureuses du monde chrétien.Celle que vécurent en 1340 Dom Pedro, héritier de la couronne du Portugal, marié à l'infante d'Espagne Constance de Castille, et Inès de Castro, bâtarde de roi.Pedro, éperdument amoureux, épousera secrètement Inès après la mort de sa femme.Le roi Alphonse IV, père de Pedro, fou de rage en apprenant que son fils a épousé en catimini cette femme qu'i l exècre profondément , fera assassiner Inès\u2026 Dans cette puissante fresque, Gilbert Sinoué reconstitue avec brio une époque tumultueuse de passions et de déchéances, de guerres et de déchirures.Elias Levy collaboration spéciale ENTRETIENS FFFF ANDYWARHOL: ENTRETIENS 1962/1987 Kenneth Goldsmith Éditions Grasset, 405 pages Énigmatique Andy Warhol, apparemment presque aussi plat en personne que ses toiles les plus célèbres, mais aussi, comme elles, très mystérieusement charismatique.Warhol embrassait tout et tout le monde, sans aucun élan de passion toutefois, lui qui considérait qu'il n'y a aucune différence entre vivre et regarder la télévision, lui qui imaginait un avenir où les gens seraient capables de faire au moins deux choses en même temps, machinalement, comme faire l'amour en lisant les nouvelles.Grasset traduit pour le lectorat francophone le recueil d'entretiens intitulé I'll Be Your Mirror dans lequel le critique musical du New York Times, Kenneth Goldsmith, avait ramassé et tassé une impressionnante quantité d'entrevues accordées par Warhol à divers magazines, à des collègues et à des amis, entre 1962 et 1987.Les disciples du roi du pop art n'y apprendront peutêtre pas grand-chose de nouveau sur leur idole, mais le peintre en vient lentement à apprivoiser les médias et s'ouvre un peu sur des sujets aussi rébarbatifs à ses yeux que la politique et la sexualité.Aleksi K.Lepage, collaboration spéciale JEUNESSE FFF ½ LEMAÎTRE DES BOURRASQUES Laurent Mc Allister Médiaspaul, 165 pages (dès 11 ans) Les oeuvres de Laurent Mc Allister sont le fruit du travail de deux auteurs confirmés et occupés, Yves Meynard et Jean-Louis Trudel, et.elles sont livrées au compte-gouttes : le troisième tome des Îles du Zodiaque, Le Maître des bourrasques, nous arrive cinq ans après la publication du Messager des orages et trois ans après celle de Sur le chemin des tornades.On y suit Pétrel, qui a grandi dans un genre de Venise multipliée à l'infini, construite sur la Lente aux eaux menaçantes.Qui sont le moindre des dangers que le garçon aura à affronter lorsqu'il partira à la recherche de son père.Parce qu'il possède le don de prévoir les tempêtes.Dans un monde où les navigateurs sont tout-puissants, ce pouvoir est inestimable.Pétrel sera donc pourchassé.Fait esclave.Laurent Mc Allister (se) joue ici des codes de la fantasy pour bâtir un monde crédible où magiciens et créatures insolites côtoient les humains.Et joue avec ses lecteurs en laissant ses personnages, à la fin de chaque livre, dans des situations qui les laissent en haleine.Celle qui clôt Le Maître des bourrasques est particulièrement vicieuse.À quand la suite ?Sonia Sar fati BEAU LIVRE FFFF EN CHEMIN AVEC RENÉ DEROUIN Manon Régimbald L'Hexagone, 189 pages Le bel ouvrage que Manon Regimbald consacre au sculpteur- graveur René Derouin est passé inaperçu quand il est sorti l'automne dernier en même temps que 10 000 autres livres qui atterrissaient dans nos librairies.En chemin avec René Derouin, aux éditions de l'Hexagone, refait le parcours de cet artiste étonnant qui a pris une voie détournée, passant par le Mexique, pour construire une oeuvre dont on prend mieux conscience de l'envergure.Une envergure mieux connue des Mexicains que des Canadiens, eux qui viennent d'honorer cet artiste.On y découvre que, fidèle à une conception de l'artiste plus fréquente là-bas, René Derouin ne fait pas que construire des objets, il estime qu'il a aussi un rôle à jouer dans la société.D'où les symposiums qu'il organise à tous les deux ans chez lui, à Val-David.Il y a entre la vie et l'oeuvre de Derouin des liens tissés serré que Mme Regimbald, aidée de Montserrat- Gali Boadella, nous font mieux comprendre.L'ouvrage contient de nombreuses illustrations d'oeuvres de Derouin mais aussi de lieux, d'événements, de bâtiments et autres qui l'ont inspiré.Jocelyne Lepage ROMAN FFF ÉCORCHÉES Sylvie Frigon Éditions du remue-ménage, 2006, 93 pages Sylvie Frigon est criminologue.Elle a publié quelques essais remarqués sur la prison et les femmes.Mais cette fois, c'est par le biais de la fiction qu'elle revient nous parler de l'univers carcéral au féminin.Dans Écorchées, un court roman préfacé par Chrystine Brouillet, Sylvie Frigon raconte le quotidien de femmes qui peuplent les prisons.Les infirmières, psychologues, travailleuses sociales, mais aussi, surtout, celles qui s'étiolent entre les murs de leur cellule.Juliette, qui étouffe littéralement.Carmen, dont la vie tourne autour des rares visites de son enfant.Johanne, qui a tué son mari.Des femmes « qui peuvent sauter à tout moment.Comme des mines antipersonnel.Des femmes écorchées.Des vies éventrées ».Écrit dans un style dépourvu d'ornements, mais pas exempt de poésie, Écorchées nous ouvre les portes d'un milieu que l'auteure connaît manifestement par coeur.Émouvant.Marie Claude Fortin AU PIED DE LA LETTRE SONIA SARFATI sonia.sarfati@lapresse.ca Les petites nouvelles du monde littéraire ÉRIC BERNIER A CRAQUÉ POUR.tellement de livres que, plus que tout autre invité à cette chronique, il trouve délicat de faire un choix.Et c'est avec une passion contagieuse qu'il finit par évoquer Histoire de l'oeil, de Georges Bataille, ce texte inclassable où l'auteur explore, cinglant « l'érotisme, la jeunesse, les limites de la liberté, le moral et l'immoral.Je l'ai lu à 16 ans et je le porte encore en moi » ; La Nuit, «qu'Élie Wiesel a écrit 20 ans après être sorti des camps de concentration, .et qui prouve qu'il n'y a pas de limite à ce que l'être humain peut faire à l'être humain » ; L'Avalée des avalés, de Réjean Ducharme, «que j'ai lu en deux jours, dans un parc d'Amsterdam».Celui qui remonte mercredi sur la scène du Monument-National pour reprendre.ses rôles dans Le Mystère d'Irma Vep, pourrait en nommer bien d'autres.D'Emmanuel Bove, en particulier Mes amis.De Paul Auster, surtout Moon Palace.Passionné ?C'est un euphémisme.APPRIS Érik L'Homme est à l'origine d'une oeuvre forte et diversifiée destinée aux jeunes : après la trilogie de fantasy «Le Livre des étoiles » et avant la série fantastique «Phaenomen» \u2014 dont le premier tome nous arrivera à la fin juin \u2014, il a signé un superbe diptyque de science-fiction, «Les Maîtres des brisants».auquel il retournera prochainement : il est en effet en train d'écrire le scénario d'une bande dessinée qui sera illustrée par Benjamin Carré (l'illustrateur des deux romans) et reviendra ainsi \u2014 ô joie ! \u2014 sur le destin du capitaine Vranken de Xaintrailles, Xâvier, Mörgane et les autres.HONORÉ L'Association des auteurs de la Montérégie a décerné ses prix littéraires 2006.Dans la catégorie roman, Gilles Jobidon a reçu le prix du jury pour L'Âme frère (VLB) et Pauline Gill, celui du public pour Marie-Antoinette, la dame de la riviève Rouge (Québec Amérique).Dans la catégorie littérature jeunesse, Danielle Simard a tout raflé en remportant le prix du jury pour L'Esprit du vent (Soulières) et le prix du public pour Maîtresse en détresse (Soulières).ENTENDU Dans une lettre aux Français publiée dans Libération, Monique Proulx se moquait des rapports de nos « cousins » avec la francophonie.« J'avais envie de leur tendre un miroir, de leur dire : Regardez comme vous êtes ridicules .Eux, ils ont trouvé ça très amusant.Il m'ont dit : Merci pour votre texte d'insultes, il est parfait », a raconté la romancière en entrevue à La Presse.ATTENDU La Rose pourpre et le Lys de Michel Faber n'a qu'un défaut : dans sa version originale, il pèse deux tonnes et demie.Ou presque.Un défaut auquel les éditions du Boréal viennent de remédier en lançant cette formidable oeuvre historique en deux tomes de format poche.Bien plus facile, ainsi, de glisser la chose dans le sac ou les bagages et de se déplacer \u2014 dans le temps mais, surtout, physiquement \u2014 avec William le parfumeur et Sugar, la très érotique prostituée dont il a fait sa maîtresse dans le Londres des années 1870.PHOTOMARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© Monique Proulx Éric Bernier PHOTO LODIE BERNIER LECTURES MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Trois ans presque jour pour jour après Console-moi, cet étonnant road book qui n'a reçu ni l'attention ni les prix qu'il méritait, Marie Gagnier revient à la charge.Avec un autre roman plein de vie, même si la mort le hante et le traverse.Tout s'en va s'ouvre sur une scène tragique et spectaculaire.Un homme est perché au sommet du pont Laviolette, à Trois-Rivières (où l'auteure habite, et où elle a enseigné la littérature pendant de nombreuses années).Sur la banderole qu'il a accrochée au-dessus du tablier du pont, plutôt que le «papa t'aime» auquel on pourrait s'attendre, cette formule sibylline : «Chez les oisillons des neiges, il faut marcher pour survivre.» Une phrase, on l'apprendra plus tard, tirée d'une des chroniques ornithologiques de notre collègue Pierre Gingras (À tire-d'aile, La Presse, dimanche 28 avril 2002).Que signifie cette étrange mise en scène ?À qui appartient ce petit sac d'école rose fluo, en forme de coeur, que le «forcené», comme on l'appelle, a suspendu au bout d'une corde de plusieurs mètres ?Sautera-t-il ?Redescendra-t-il sur terre ?Le destin de Mortimer se dessine morceau par morceau, à mesure que l'on tourne les quelque 250 pages bien tassées que compte Tout s'en va.Petit à petit, nous seront révélés les liens qui unissent, de près ou de très loin, les personnages qu'éclaire tour à tour, comme un projecteur, la plume de Marie Gagnier.Ce journaliste qui assiste à la scène, impuissant et malheureux.Son épouse, qui suit les nouvelles, à la télé.Magoo, un petit garçon dont la vie fait de grands remous, surtout quand sa mère, à l'énergie destructrice, dévastatrice, boit trop de bières.Le vieil ami de Magoo, son voisin du haut, un homme qui souffre d'obésité morbide, et dont le départ pour l'hôpital, où il devra subir une chirurgie de l'estomac, suscitera, dans le quartier, tout un émoi.Enfin Mira, cette jeune acrobate, qui s'échine à préparer, pour le cirque qui l'emploie, un numéro de haute voltige qui pourrait révolutionner le monde du trapèze.Sur la musique d'Avec le temps, de Ferré, Mira a l'impression de jouer sa vie.Dans les placards de tous ces personnages, des squelettes, parfois tout petits.Et dans leurs albums aux souvenirs, des catastrophes plus ou moins naturelles, glissements de terrain, inondations, folie héréditaire, meurtres d'enfants.L'auteure d'Une île à la dérive (1991) et de La Quête de Melville (1998) ne fait pas dans le roman intimiste.L'économie de moyens, le style minimaliste, c'est sur d'autres rayons qu'on les trouvera.La langue de Marie Gagnier est foisonnante, ornée de métaphores, de figures de style, d'élégantes arabesques.Mais jamais surchargée.Avec le temps est une oeuvre polyphonique, ambitieuse, réussie, qui déroutera peut-être quelques lecteurs, par sa noirceur, sa densité, mais qui suscitera l'admiration chez la majorité.Un petit bémol : les dialogues, la plupart du temps très justes, sont par moments trop littéraires pour être vrais.Mais le reste du temps, tout se tient, dans cette construction complexe et originale.L'or dérobé Il y a un peu plus d'un an, la toute jeune Émilie Andrewes séduisait les lecteurs avec Les Mouches pauvres d'Ésope, un premier roman rafraîchissant, détonnant, fort prometteur.Les attentes étaient élevées.Son deuxième roman, une plaquette au titre rébarbatif, donne la parole à un vieil homme, Gratz, qui entreprend de raconter sa vie à l'oreille de son petit-fils endormi, Eldon.Une vie en quatre étapes, marquée par des rencontres déterminantes.L'époque de ses 12 ans, de ses 20 ans, de ses 40 ans puis de ses 60 ans.Son enfance, dans une auberge isolée au bord d'une route perdue.Le premier amour de ses 12 ans.Sa découverte de la mort.Ses rencontres avec des gens et créatures de plus en plus étranges à mesure que nous avançons dans son récit.Eldon d'or nous mène dans un univers peuplé de bêtes fantastiques et d'hommes sauvages.Un monde où nous sommes abandonnés sans aucune explication.Si la langue, encore une fois, y est chantante, inventive et pleine de trouvailles, nous nous égarons dans ce récit très court, et qui semble pourtant long.Dommage, mais pas catastrophique.Émilie Andrewes a plus d'un tour dans son sac.On la retrouvera avec plaisir au prochain roman.FF½ ELDON D'OR Émilie Andrewes XYZ, 2006, 102 pages FFFF TOUT S'EN VA Marie Gagnier Boréal, 2006, 258 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Avec le temps va, tout s'en va PHOTO FOURNIE PAR DIFFUSION DIMEDIA Même si la mort le hante et le traverse, le nouveau roman de Marie Gagnier est tout de même plein de vie.Luc Brisson vient de passer 20 ans à traduire Platon et à coordonner la publication des oeuvres complètes en 27 volumes.PARIS COLLABORATION SPÉCIALE Né il y a 60 ans à Saint-Esprit, dans une famille de six enfants dont le père était ouvrier-boulanger, Luc Brisson est aujourd'hui à Paris ce qu'on pourrait appeler une vedette pour happy few.L'été dernier, lorsque l'hebdo Le Point consacrait un cahier spécial aux philosophes grecs, il était l'un des trois spécialistes interviewés.Ces dernières semaines, Le Monde lui a consacré une page entière, et Libération trois pages.Pas tout à fait à lui, mais à l'oeuvre dont il a été le principal coordonnateur et le plus important traducteur : la publication intégrale en 27 volumes des oeuvres de Platon.Un travail qui s'est étalé sur plus de 20 ans.Et qui vient de se terminer avec la publication des deux tomes des Lois, une traduction à laquelle, avec Jean-François Pradeau, il vient de consacrer les six dernières années de sa vie.À lui seul, Luc Brisson a signé la traduction de neuf des 27 tomes.Cette «grande aventure éditoriale », comme l'écrit Le Monde, était « un pari savant », c'est devenu un « succès populaire».La dernière édition des oeuvres complètes de Platon \u2014 plus de 2000 pages dans la Pléiade \u2014 datait de 1950 : «La traduction de Léon Robin était magnifique, explique Luc Brisson.Mais le goût de l'époque voulait que les traductions donnent une impression d'étrangeté, que ça sonne grec.En fait, c'est incompréhensible pour des lecteurs d'aujourd'hui.» En1984, il est engagé avec Monique Canto-Sperber, aujourd'hui directrice de l'École normale supérieure, dans ce vaste projet des éditions Garnier-Flammarion.Le premier volume paraît en 1987.Le cycle achevé en février dernier avec les Lois, la nouvelle édition a déjà vendu près d'un million d'exemplaires.«C'est un résultat incroyable ! s'exclame le platonicien Brisson à la terrasse du Rallye, un vieux café des quais de la Seine, face à l'île Saint-Louis.Quand je pense que Timée, un dialogue secondaire sur lequel j'avais fait mon doctorat, a vendu 15 000 exemplaires, alors qu'il traite de l'usage des mathématiques, un texte complètement anachronique, mais qui a déterminé toute l'histoire de la physique\u2026 Et Gorgias a vendu plus de 300 000 !» Après un cours classique au séminaire de Terrebonne \u2014 une «prison sinistre» pour les pensionnaires, mais des cours de grec de haut niveau ! \u2014, Luc Brisson fait une maîtrise en philo à l'Université de Montréal.«Mais la philo dépendait encore de la faculté de théologie, et les thèses de doctorat devaient être bien-pensantes.J'aurais pu aller à Toronto, qui avait un niveau remarquable.Je suis allé à Paris.Et, quand j'ai fini ma thèse à Nanterre, en 1971, les rares places à l'UQAM étaient déjà occupées.C'est comme ça que je suis entré au CNRS en 1974.Parce que j'avais une solide formation en grec ancien, et que je pouvais m'attaquer à des textes difficiles datant de 400 ans avant Jésus-Christ, j'avais acquis une certaine notoriété.Et c'est pour cette raison que Garnier-Flammarion a fait appel à moi.Et à Monique Canto.» Pendant une vingtaine d'années, Brisson a donc effectué un voyage à l'intérieur du premier texte monumental de l'histoire à avoir traversé 25 siècles dans son intégralité: «Des textes antérieurs à Platon, il ne reste rien ou des fragments : Parménide, Héraclite et les autres présocratiques.Même d'Aristote, qui fut l'élève de Platon, on n'a retrouvé que 20 des 150 textes.Mais les écoles platoniciennes étaient de grande qualité, reproduisaient plus de 2000 pages de dialogues avec une grande précision, et ont survécu jusqu'à la chute de l'Empire byzantin.C'est pourquoi aujourd'hui je travaille à la Bibliothèque nationale de Paris sur l'une des deux copies byzantines du IXe siècle, l'autre se trouvant au British Museum.Sur des parchemins d'une très grande beauté\u2026» Le résultat de ce travail colossal : des concerts de louanges dans la grande presse pour la qualité et la «fluidité» du nouveau texte, mais aussi pour l'appareil critique, aussi impressionnant que dans une édition de la Pléiade.La place de Platon dans l'histoire de la philosophie ?«Pour l'essentiel, la philosophie européenne a été une suite d'annotations ou de réponses à Platon», écrit Libération.Et ce, même si l'auteur du mythe de la caverne, ayant posé le principe d'une réalité idéale dont les humains et les objets n'étaient que des représentations passagères, a par la suite été considéré comme le penseur de la société parfaite et du totalitarisme: «Il est vrai que Platon était un adversaire de la démocratie directe à l'athénienne, explique Luc Brisson.Il se méfiait du gouvernement par les passions et l'éloquence, et souhaitait un gouvernement par les savants.Il est vrai aussi que, pour arriver à la cité parfaite, il imaginait des comités chargés de contrôler les écarts de richesse et même la qualité des rapports sexuels\u2026 Karl Popper a écrit là-dessus en 1945 un essai célèbre.Pour moi, ce débat sur l'antidémocratisme de Platon est d'un anachronisme total.Disons que Platon, avec son ampleur inégalée, reste la pierre angulaire de la philosophie occidentale.» LES LOIS, DEUX TOMES Traductions de Luc Brisson et Jean-François Pradeau, Garnier Flammarion, 900 pages.De Saint-Esprit au Banquet de Platon PHOTO ISTOCK Platon (429 à 347 avant J.C.) est considéré comme le père de la philosophie occidentale.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE «Pour l'essentiel, la philosophie européenne a été une suite d'annotations ou de réponses à Platon.» E- IDENTIFICATION PAR INDICES 1- Il naît en 1494 à Trébizonde, Turquie, et est décédé en 1566 à Zigetvar, Hongrie.2- Fils du sultan Sélim 1er, il s'exerce à l'art de gouverner dans les provinces de Saroukhan et européennes de l'Empire avant de monter sur le trône en 1520.3- Son règne marque l'apogée de l'Empire ottoman tant au niveau territorial, qu'artistique et intellectuel.De 1521 à sa mort, il mène 13 expéditions, dix en Europe et trois en Asie.Conquérant en outre de la Hongrie orientale, il mène ses troupes jusqu'au siège de Vienne en 1529 et, à sa mort, la totalité du monde arabo-musulman, exception faite du Maroc, se trouvait sous domination turque ottomane.4- Surnommé Kanuni, le législateur, il promulgue d'innombrables règlements, dont le code Kanuname, et augment le nombre de fonctionnaires, afin d'améliorer l'administration des provinces.Allié des Français contre Charles Quint, il oct r o i e à ceux- ci de s capitalulations.5- En matière artistique, il finance la construction des mosquées de Shahzadé et de Soliman à Istambul, et de Sélim à Édirné.On reconnaît à l'une de ses femmes, Roxelane, Khourrem, une grande influence, notamment dans l'accession au trône de son fils Sélim (II).GÉNI E S EN HERBE #1198 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- JAPON 1- Quel type de théâtre de divertissement japonais, signifiant art du chant et de la danse, émergea après le nô ?2- De quelle philosophie issue de la Chine et prônant la loyauté et l'obéissance les shoguns japonais s'inspirèrent-ils afin d'instaurer la paix sociale et un code moral ?3- Comment appelait-on les seigneurs régionaux japonais, vassaux médiévaux du shogun, qui faisaient régner l'ordre dans leurs fiefs grâce aux samouraïs 4- Selon la rigide échelle sociale japonaise des 17e et 18e siècles, quelle classe, comptant parmi ses membres des familles riches telles que les Sumitomo et les Mitsui, était pourtant au bas de l'échelle sociale et totalement écartée de la direction du pays ?5- Comment nomme-t-on ces poèmes japonais de trois vers qui visent à suggérer une émotion à l'aide d'images naturelles, et pour lesquels le poète Matsuo Basho est reconnu ?C- INDUSTRIE DE L'ALIMENTATION 1- Dans la revente et la fabrication de quel produit alimentaire J.L.Kraft s'est-il lancé au début du 20e siècle en Illinois, avant de devenir une multinationale commercialisant une vaste gamme de produits ?2- Quels trois frères d'origine bavaroise ont ouvert fin 19e siècle une boucherie à Chicago, qui est graduellement devenue l'entreprise chef de file dans l'industrie de la viande transformée aux États-Unis, entreprise qui est restée indépendante jusqu'à sa vente en 1981 à General Foods Corporation 3- Ce regroupement de 114 boulangeries, effectué en 1898, a connu une expansion grâce à l'invention de l'emballage Inner- Seal, qui permettait de conserver les biscuits plus longtemps, et commercialise entre autres les biscuits Ritz et Oreo.4- Dans quel pays l'immigrant écossais William Christie avaitt- il établi sa première boulangerie/ biscuiterie au milieu du 19e siècle, avant qu'elle ne soit vendue à l'entreprise Nabisco en 1928 ?5- Quelle compagnie multinationale de tabac d'origine britannique a peu à peu acquis les entreprises Kraft Inc., la General Foods Corporation et Nabisco vers la fin du 20e siècle ?Il a démissionné.F- CHARADE 1- Mon premier est le premier mot du dictionnaire.2- Mon second est l'onomatopée qui indique l'ouverture d'une bouteille de champagne.3- Mon troisième signifie loi en latin.4- Mon quatrième est le symbole chimique de l'iode.5- Mon tout est une perte de connaissance soudaine généralement due à une hémorragie cérébrale.G- BIOLOGIE HUMAINE 1- À combien de semaines de grossesse peut-on parler d'un fotus, et non plus d'un embryon 2- Dans quelle partie de l'oreille se situent les osselets, le marteau, l'étrier et l'enclume ?3- Quelle est la zone de notre corps la plus sensible au niveau tactile, avec quelque 2300 terminaisons nerveuses par cm2 ?4- Quel facteur sanguin est mis en cause dans l'incompatibilité materno-fotale, qui peut créer une maladie hémolytique chez le nouveau-né si les systèmes sanguins de la mère et du fotus entrent en contact ?5- Quelle est cette maladie, nommée scientifiquement érythème i n f e c t i eux, et populairement \u2018 maladie de la joue giflée \u2018, qui peut être dangereuse pour la santé du fotus en cas de contamination durant la grossesse ?D- ASSOCIATIONS Associez le peintre à son mouvement.1- Derain a) Réalisme 2- Courbet b) Cubisme 3- Sisley c) Postimpressionnisme 4- Gleizes d) Fauvisme 5- Cézanne e) Impressionnisme H- MOTS COMMENÇANT PAR LA LETTRE « J » 1- Type d'automobile tout terrain, dont le nom est issu du terme General purpose vehicle.2- C'est ce type de gouvernement autoritaire militaire qui gouverne au Myanmar.3- Expression composée de trois mots qui signifie une personne prête à aller jusqu'aux extrêmes limites.4- Pratique agricole issue du Moyen-ge qui consiste à laisser une partie des terres non cultivées pour permettre au sol de s'enrichir.5- C'est un prénom masculin qui peut aussi désigner un proxé- Sheila Copps nète.SOLUTION DANS LA PAGE DES BANDES DESSINÉES B- ACTUALITÉ 1- Dans quels deux quotidiens appartenant au groupe Québécor Sheila Copps signe-t-elle hebdomadairement des chroniques politiques ?2- Quel premier roman de Marc Lévy, publié en 2000, a été adapté au cinéma en 2005 par Dreamworks et met en vedette Reese Witherspoon et Mark Ruffalo ?3- Quel est le nom du chef de l'Agence fédérale de gestion des crises qui a démissionné en raison des critiques nombreuses sur la lenteur des secours apportés suite à l'ouragan Katrina 4- Quelle maison d'édition québécoise a payé les frais d'avocat et de retour au pays de Sophie Dubé, emprisonnée au Qatar pour avoir encaissé de faux chèques de voyage, en échange d'un contrat d'exclusivité sur son récit ?5- Quelle deux compagnies de maillots, l'une montréalaise et leader du domaine au Canada, et l'autre lavalloise et reconnue pour ses maillots de luxe, se sont unies en septembre 2005 ?LECTURES ELIAS LEVY COLLABORATION SPÉCIALE Décidément, fustiger les religions est devenu ces temps-ci un « sport » intellectuel très à la mode.Après le philosophe français Michel Onfray, qui a vilipendé avec véhémence le christianisme, le judaïsme et l'islam dans son essai décapant Traité de philosophie (Éditions Grasset, 2005), c'est au tour d'un intellectuel québécois, l'artiste et philosophe Hervé Fischer, de clouer au pilori toutes les religions et leurs hérauts.Son dernier livre, Nous serons des dieux, qui vient de paraître chez VLB, est un réquisitoire cinglant contre les croyances religieuses, à ses yeux, source de conflits, de violences, de régression sociale\u2026 L'auteur s'escrime à déboulonner les mythes des religions, voire transcendances, en utilisant une méthode analytique, la mythanalyse, qu'il a forgée au début des années 80.Mais ce livre n'est pas uniquement un pamphlet contre les religions.Hervé Fischer étaye des réflexions brillantes, et des plus tonifiantes, sur l'avenir de l'humanité, le sens de la vie, l'étiolement de l'éthique, la notion, trop galvaudée, de bonheur, les dérives du progrès scientifique et technique.Après avoir fait une radioscopie bien sombre de l'état du monde et de la civilisation occidentale, le philosophe propose quelques pistes de solution pour « réenchanter le monde » et affranchir l'humanité de la désespérance qui l'accable.D'après l'auteur du Choc du numérique et de Cyber Prométhée, il est impératif et urgent de recréer un autre monde plus fraternel et plus équitable, dans tous les sens du terme.«C'est la création du monde qu'il nous faut désormais assumer pleinement nous-mêmes, pour que l'humanité, sortant du long cauchemar de ses religions, de ses guerres et de ses misères, esquisse son premier sourire de délivrance et se lève pour bâtir l'avenir », propose-t-il avec insistance.Il faut que l'homme se réconcilie avec lui-même, et mette fin à cette « schizophrénie religieuse » qui oppose l'âme à la chair.«Nous devrions cesser de nous faire violence à nous-mêmes pour garantir notre salut dans l'au-delà, selon un calcul dont la médiocrité n'a d'égale que la pathologie », renchérit-il.Ce livre recèle des pages passionnantes sur la nature et les grands défis écologiques auxquels l'humanité est confrontée aujourd'hui.« La nature n'est pas d'un autre ordre que l'humanité.En reconnaissant son état d'osmose avec elle, l'homme prend conscience de sa nouvelle puissance et de sa nouvelle liberté ; de sa vocation à partager avec elle son propre destin », soutient Hervé Fischer.Sans vouloir jouer au prophète de malheur, ce penseur anticonventionnel, considéré comme le père du multimédia au Québec, est résolument convaincu que l'humanité ne pourra survivre longtemps dans un monde aussi désenchanté.Et, avertit-il, si son Histoire continue à délirer fébrilement dans le non-sens, la violence, l'injustice et la trivialité, il y a tout lieu de craindre qu'elle régresse dans un nouvel obscurantisme.« Il est d'autant plus important de promouvoir une autre vision du monde, donc une croyance puissante, mais qui puisse, celle-là, nous libérer.Elle ne peut naître qu'avec de nouveaux mythes porteurs des valeurs morales qu'exige notre époque.» À une époque morose de questionnements lancinants et de grandes incertitudes, où l'humanité et l'homme lui-même sont minés et menacés dans leurs fondements, Hervé Fischer nous propose de tabler sur la valeur la plus simple, la plus convaincante et la plus universelle apte à redéfinir clairement et loyalement le «principe d'humanité » : la foi en l'homme.Toute une gageure ! FFF ½ NOUS SERONS DES DIEUX Hervé Fischer VLB Éditeur, 2006, 282 pages ESSAI Le principe d'humanité JOCELYNE LEPAGE Le journaliste Richard Hétu a choisi la forme romancière pour écrire l'histoire de Jean Vaillancourt, journaliste dans les années 50, qui rêvait de devenir écrivain après avoir connu un succès critique avec une première oeuvre, Les Canadiens errants, publiée en 1954.Il n'y aura pas de deuxième roman.Vaillancourt \u2014 Israël Pagé dans Rendez-vous à l'Étoile, mourra en 1960.L'histoire de Jean Vaillancourt, alias Israël Pagé, est fascinante.En elle-même, elle apporte un nouvel éclairage sur une période que l'on a l'habitude de qualifier rapidement de Grande Noirceur, deux mots qui ont grandement servi aux Libéraux de l'après-Duplessis.Vaillancourt-Pagé, un jeune homme très doué, rebelle, amateur de grande musique et de grande littérature \u2014 une sorte d'Ovide Plouffe montréalais moins gnangnan que le personnage de Roger Lemelin \u2014 fit volontairement la guerre, de dure manière, et la décrivit d'une façon assez convaincante pour remporter le Prix du Cercle du livre de France, un prix prestigieux à l'époque.Tout au long de l'histoire romancée, on sent le journaliste Hétu suivre les pistes que sa recherche lui fait découvrir : la vie quotidienne, rue Adam, dans les années 30 ; la vie au collège Sainte-Croix ; le jazz à Montréal directement branché sur New York grâce aux Noirs des Chemins de fer ; la vie des Canadiens-Français dans l'armée (souvent humiliante); la vie, en fait surtout la mort, les morts, à la guerre, la boucherie; la vie poétique et culturelle enfin, autour de Gaston Miron et d'Albert Dumouchel et tous ces événements annonciateurs de la Révolution tranquille, dont le manifeste Refus global.Tout cela est fascinant et ferait un film étonnant.Maintenant, essayez d'inscrire toutes ces pistes et de les faire aboutir dans un seul roman.C'est une tâche énorme.Le journaliste Hétu a eu du mal à faire le grand sacrifice : laisser tomber de la matière pour donner plus de crédibilité aux personnages, assurer plus d'aisance aux dialogues, permettre, enfin, à la vie du roman de couler naturellement.Mais quelle histoire ! FFF RENDEZ-VOUS À L'ÉTOILE Richard Hétu VLB Éditeur 331 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le roman d'un journaliste (bis) PHOTO PIERRE MCCANN, LA PRESSE Hervé Fischer, pionnier du multimédia au Québec, déboulonne les mythes des religions. LECTURES Bien sûr que c'est un mari (Leonard Woolf) qui parle du journal de sa femme: «J'ai lu attentivement les 26 volumes du Journal de Virginia Woolf\u2026» C'est surtout l'adverbe «attentivement » qui impressionne.Je ne sais pas si le Journal de VW est paru intégralement en français, mais je ne suis pas sûr que j'aie envie de lire les 26 volumes.Virginia Woolf m'intéresse, mais pas à ce point.Au fond, je suis un lecteur paresseux.Ce n'est pas la première fois que je recule devant une montagne.Il y a quelques années, je m'étais mis en tête de lire le Journal de Léautaud au complet.J'étais à Miami à l'époque, j'avais du temps, et pourtant ça ne s'est pas fait.J'ai dû me rabattre sur le gros volume Journal littéraire, (1968 et 1998 pour la présente édition, 927 pages) qu'en a tiré Pascal Pia.Bon, on est loin des 19 volumes que le vieux misanthrope a patiemment concoctés entre deux courses pour acheter du mou pour ses chats et ce petit boulot qui lui bouffe son temps au Mercure de France.Et là, je viens de recevoir par la poste les mémoires de Gore Vidal, dont la plus grande fierté reste le fait qu'il ait survécu à la plupart de ses contemporains (Truman Capote, Tennessee Williams, Paul Bowles, etc).Vous avez compris que je suis plongé dans les journaux littéraires (Woolf, Léautaud et Vidal), ces jours-ci.C'est amusant de découvrir qu'un journal qui est sensé raconter la partie la plus « vraie» de la vie d'un auteur se révèle en fin de compte aussi fictionnel qu'un roman.Toute écriture exige une certaine mise en scène des événements et même des émotions.Les faits sont peut-être vrais, mais pas leur agencement.Si les romans de Virginia Woolf nous renseignent sur ses délires métaphysiques, son journal nous parle surtout des petits drames de cette existence complètement tournée vers la littérature.Mais c'est dans ce tas de petits secrets que Virginia Woolf va puiser pour construire une oeuvre solide.Le corps nourrit l'esprit.Si la vie est une balade en voiture, alors les romans nous parlent des paysages et de leurs effets sur la sensibilité du chauffeur tandis que le journal s'intéresse aux problèmes de moteur, de piston et de gazoline, sans oublier le prochain resto sur la route.Ne pas dédaigner le prochain restaurant sur la route.L'écrivain américain Gore Vidal vient de publier ses mémoires Palimpseste (Galaade Éditions, 2006).Trop centré sur lui-même, et de la pire manière qui soit.On le disait intelligent, mais ça ne se voit pas ici.Gore Vidal accorde une trop grande importance à ses origines patriciennes.L'arbre généalogique cache la forêt de ses livres.Et après sa famille (Eleanor Roosevelt, Jackie Kennedy, les deux sénateurs Al Gore), viennent ensuite les monstres littéraires et les rock stars.Et enfin les grandes demeures.Un véritable bottin du gotha.Imaginez comment doit se sentir un pauvre poète de province à lire ça.Bon, faut pas oublier qu'il est l'auteur de ce livre qui aurait pu changer le ton rose bonbon des années 50 (Un garçon près de la rivière, 1948).L'homosexualité vue par un jeune homme de la bonne bourgeoisie américaine.Ce n'était pas seulement un bon livre, mais un livre utile.Finalement, Vidal ne s'est pas maintenu au niveau de ses petits copains (Mailer, Capote, Tennessee Williams ou même Carson Mc Cullers).Virginia Woolf est un esprit sarcastique, féroce et aigu.Son oeil se veut juste.Il faut la suivre dans sa visite à Thomas Hardy.Un regard froid et passionné qui n'entend rater aucun détail.Woolf parle longuement de son travail dans ce livre furieusement intelligent Journal d'un écrivain, 10/18, 1984, 574 pages).On la voit peiner sur l'établi.Bien sûr, on n'arrive pas à la suivre au fond de la mine.C'est sa chambre secrète.Là où elle cache ses souffrances.Et on voit aussi Leonard, son mari et premier lecteur, à ses côtés.L'un des plus beaux couples littéraires.C'est passionnant de voir cette femme qui aurait pu être une mondaine, car elle est aussi snob que Vidal, devenir à force de vrai courage l'un des plus intrépides esprits de son époque.Léautaud (sur qui je reviendrai une autre fois) est mon préféré.Et il est en train de prendre place à côté de Borges.Oui, je sais qu'il a écrit des horreurs sur les Juifs, comme Borges sur les Noirs d'ailleurs.Bon, voilà, je lui pardonne.Parce qu'il m'a fait cadeau de sa spontanéité.Je n'ai vu chez personne un style aussi limpide et naturel.Pas une ride avec le temps.C'est et ce sera toujours Léautaud qui parle.Ne jamais oublier qu'un grand écrivain se cache derrière cet homme coloré.Lamachine bleue Je m'étais promis de ne pas me mêler de cette histoire, n'ayant jamais compris pourquoi le Québec s'était entiché à ce point du Parti conservateur.À gauche comme à droite d'ailleurs.Et ça ne fait que commencer.Une certaine élite politique et intellectuelle a légitimé de manière si irresponsable cette droite dure.J'ai entendu tous les arguments, et je ne comprends toujours pas.Surtout quand on me dit que c'était pour sanctionner les libéraux.J'ai plutôt l'impression qu'on est en train de se punir nous-mêmes.Le discours conservateur risque de réveiller les vieux démons tapis au fond du puits.On a l'air d'oublier ce qu'il a fallu de travail pour construire une société attentive aux plus démunis.Mais tout cela, vous verrez, sera balayé par le bulldozer bleu.Ce qui est arrivé dernièrement à l'aéroport de Toronto, à l'ancien président du Sénégal et actuel secrétaire général de la Francophonie Abou Diouf, n'est pas, à mon avis, un incident passager mais bien le début d'une nouvelle manière de faire.L'arrogance et la vulgarité viennent de s'installer ici.Je ne parle pas de ce qui s'est passé à l'aéroport, mais plutôt de la réaction du gouvernement, qui refuse de présenter des excuses à un chef d'État humilié et au peuple sénégalais insulté.Pourquoi des « regrets » et non des « excuses » ?Et surtout pourquoi s'obstiner à ce point comme si notre dignité en dépendait ?Imaginez que cela était arrivé à Carter ou à Clinton et que les États- Unis exigeaient des excuses.On aurait trouvé, je crois, un terme bien plus fort pour exprimer notre désolation.C'est le genre de pouvoir qui ne parle qu'à un pouvoir encore plus puissant que lui.Harper n'écoute que Bush.Un pouvoir sourd mais pas aveugle, car il garde les yeux ouverts sur ses intérêts financiers.Ce ne sera sûrement pas ce spectacle d'amateurs que les libéraux nous ont offert dernièrement avec l'affaire des commandites.Ce sera pire.Car ce n'est pas seulement notre argent qui les intéresse, mais quelque chose de plus profond et de plus sérieux : nos valeurs.Cette machine bien huilée va tout détruire sur son passage.Et c'est déjà commencé.Ce visage froid, cette démarche chaloupée, cette intelligence politique redoutable, tout celamedonne le frisson.Harper : le réalisme politique d'un Clinton et l'absence totale d'état d'âme d'un Poutine.La machine rêvée.Elle peut se détraquer bien sûr, mais avant que cela n'arrive, les dégâts seront irréparables.Je dois avouer que j'ai un peu peur cette fois.Peur parce que les gens qui m'avaient assuré qu'ils étaient en contrôle de la situation ont été écrasés avant même que la vraie bataille ne commence.La classe politique québécoise est sens dessus dessous alors que le gouvernement conservateur n'est même pas encore majoritaire.Qui va pouvoir faire face à un gouvernement conservateur majoritaire dirigé par un Harper gonflé à bloc ?Montréal vu par trois poètes Je cherchais un bref poème (ou un extrait).Un poème qui se boit comme une bière froide en pleine canicule.J'ai toujours eu du mal à lire un recueil en entier.Trop dense.Pas obligé de tout lire d'une traite.On se saoulerait vite fait.À mon avis c'est presque aussi difficile de lire de la poésie que d'en écrire.C'est pourquoi la poésie ne trouve de lecteurs que chez les poètes.J'ai déniché ce petit livre Montréal vu par ses poètes, Mémoire d'encrier, 2006) sous une pile, sur ma table de chevet.Des poètes venant de partout (Mexique, Haïti, Italie, Angleterre, Grenade, Cuba, Grèce, Égypte, Équateur, Chili, Ukraine, Roumanie, Irak) qui parlent de leur ville adoptive.Est-ce ce cocktail (rhum Barbancourt, jus de citron, sucre, glaçon) qui m'a poussé vers ces trois poètes venant d'Haïti ?La nostalgie reste tenace, bien qu'on tente désespérément de lui tordre le cou.D'abord Fayolle Jean: «Confidence de gratte-ciel A mon étoile filante Où je tiens l'épouse des frimas Faisant la lippe au venir de l'été» Ensuite Lenous Suprice: «Par chance Il y a les mûres sauvages de ce petit café rosemontois Pour apaiser les bateaux de certains soirs Dans les ports de ma tête en ton passé» Enfin, Gary Klang: «J'essaie j'essaie mais rien n'y fait la vie est là pourtant plus belle que dans l'île morte ou dans la ville lointaine».Journal d'un écrivain C'est amusant de découvrir qu'un journal qui est sensé raconter la partie la plus « vraie» de la vie d'un auteur se révèle en fin de compte aussi fictionnel qu'un roman.DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE C'est l'un de ces personnages mystérieux que l'on retrouve parfois dans l'histoire littéraire française.De l'après-guerre jusqu'à la fin des années 60, Dominique Aury aura été surtout une éminence grise, à la direction de la NRF, au prix Fémina et au comité de lecture Gallimard.Maîtresse officielle et discrète de Jean Paulhan, grande bourgeoise toujours vêtue de noir, moitié séductrice, moitié mère supérieure, elle avait fort peu publié, mis à part des articles dans les revues littéraires ou\u2026 une Anthologie de la poésie religieuse française, en 1943.Cette carrière dans l'ombre aurait fait la matière de quelque publication confidentielle, sans plus, s'il n'y avait pas ce petit détail supplémentaire: Dominique Aury fut également l'auteure clandestine d'Histoire d'O, le roman érotique le plus sulfureux et célèbre du XXe siècle.Écrit en trois mois en 1951, dans un style très froid et dépouillé digne des Liaisons dangereuses de Laclos, ce récit étonnamment scandaleux est expédié, un chapitre après l'autre, à Jean Paulhan qui, à la fin, demanda à Dominique Aury de lui en faire la lecture à haute voix.Avant d'en écrire la préface tout aussi provocatrice, intitulée Le Bonheur dans l'esclavage.Accepté avec enthousiasme par Jean- Jacques Pauvert, tiré à 2000 exemplaires, le roman paraît en juin 1954 et il s'en vend un millier à peine au cours des 12 mois suivants.C'est l'attribution du prix des Deux Magots, en janvier 1955, qui attire l'attention des médias.Et de la justice, qui engage en juin des poursuites pour «outrage aux bonnes moeurs ».Jean Paulhan se retrouve entendu par la Brigade mondaine.La procédure finira par se perdre dans les sables mouvants et mourir de sa belle mort en 1957.Mais le livre sera «interdit d'affichage, de publicité et de vente aux mineurs » jusqu'à sa publication en livre de poche en 1974.Dominique Aury et Jean Paulhan, complices dans la Résistance, avaient le goût du secret.À quelques rares exceptions près - dont Édith Thomas romancière et communiste, amie intime de Dominique -, même le plus proche entourage fut laissé dans l'ignorance.Une foule de noms furent avancés, Jean Paulhan, Mandiargues\u2026 ou Dominique Aury, mais l'opinion quasi unanime estimait que «ce livre ne pouvait avoir été écrit que par un homme».Au milieu des années 70, avec la publication de O m'a dit - entretiens avec Régine Deforges - l'identité de Réage était devenue dans le monde de l'édition un secret de Polichinelle.Il fallut attendre une interview de 1993 avec le New Yorker - elle avait 86 ans ! - pour que Dominique Aury passe aux aveux, au détour d'une phrase.La journaliste littéraire Angie David lui consacre ces jours-ci une énorme biographie de 560 pages, parfois brouillonne, avec de longues digressions sur Jean Paulhan, mais aussi d'anciens proches d'Aury, Maurice Blanchot, venu de l'extrême droite des années 30, ou Édith Thomas, communiste puritaine\u2026 qui fut longtemps l'amante de Dominique Aury.On y trouve de manière décousue le portrait des années 30, de l'Occupation, puis de l'Après-guerre.Enfin et surtout le portrait d'une jeune bourgeoise qui s'appelait Anne Desclos de son vrai nom, frayait avec l'extrême droite jusqu'à la Guerre, avant de basculer dans la résistance.Une jeune femme aux moeurs très libres, bien vite divorcée de son premier mari, bisexuelle\u2026 et qui était fascinée par la vie religieuse et les mystiques.«Elle n'a finalement jamais dit pourquoi elle avait écrit Histoire d'O, dit Angie David.Pour faire plaisir à Paulhan, sans doute.Par fascination pour les Liaisons dangereuses, ou alors l'érotisme mystique ?» Une chose est certaine: la publication récente par Pauvert des oeuvres complètes de Sade lui fournissait en quelque sorte un alibi et un paravent, Mais la motivation était peut-être plus profonde : « Pauline Réage, écrira en 1954 Mandiargues avec un certain goût pour la provocation, est aussi purement exempte de morale que La Religieuse portugaise ou sainte Thérèse d'Avila\u2026» FFF DOMINIQUE AURY Angie David Ed.Léo Scheer, 560 pages, Paris, 2006 DOMINIQUE AURY Auteure du sulfureux Histoire d'O PHOTO FOURNIE PAR FLAMMARION Dominique Aury, photographiée à la fin des années 40.3370152A ARTS ET SPECTACLES NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE Dutrizac alimente souvent ce genre de malentendus sans doute parce que sa réputation de bougon, d'ours mal léché et de franctireur le précède partout où il passe et fait naître chez les autres une inquiétude, une méfiance ou la peur toute simple de se faire planter.En réalité, Dutrizac est moins menaçant et à rebrousse-poil qu'il n'y paraît.Et ce n'est pas un hasard si la direction de TQS veut lui confier son téléjournal de 22 h en septembre.Car malgré les coups de gueule, les déclarations à l'emporte-pièce et les sacres, Dutrizac campe à la télé un personnage attachant, un peu tout croche, mais porteur du gros bon sens et d'une certaine authenticité.Pour tout dire, la grande surprise de ce nouveau mariage, ce n'est pas que TQS ait proposé mais que Dutrizac ait accepté.Car l'image qu'il projette, celle de pur et dur, du no bullshit, de type de contenu qui refuse de jouer à la vedette, semble en parfaite contradiction avec un réseau qui table sur le sensationnalisme et le vedettariat et dont le public est loin des écrivains, des intellectuels et des iconoclastes que Dutrizac rejoignait à Télé-Québec aux Francs-Tireurs.Mais le positionnement sociologique de TQS ne semble pas déranger l'homme de 44 ans, né à Ahuntsic, coin Olympia et Henri-Bourassa, le cadet des quatre fils d'André Dutrizac, un vendeur de bois et de matériaux de construction.Dutrizac est fier de ses origines prolétaires et encore plus fier du parcours étrange qui l'a mené en moins de 10 ans de l'écriture à la télé non conventionnelle, à la radio d'opinion et finalement aux nouvelles du soir.«Écoute, c'est simple, dit Dutrizac.Il y a trois spots comme celuilà au Québec.Y'en a un à Sophie, un autre à Bernard et on m'a offert le troisième.Je vois pas pourquoi je l'aurais refusé et d'autant plus que je ne veux pas faire le 22 h pour me ramasser avec un trophée de supermarché.Moi, ce qui me fait bander, c'est les enjeux sociaux.Les chiens écrasés et les accidents de tondeuse, je m'en occuperai pas.Moi, j'entends me servir du pouvoir des médias et de la portée d'une antenne pour faire avancer une couple de choses.Et surtout pas pour faire la promotion de nombrils », dit-il avant de commander la bière dont il rêve depuis qu'il est sorti de studio.Le personnage Si je l'avais écouté, nous serions en ce moment au paradis du smoked meat dans un endroit crade et moche que Dutrizac affectionne.Heureusement, je l'ai convaincu de m'accompagner à la brasserie Holder, quitte à l'entendre pester sur le caractère branché du lieu.Pourtant en entrant, le maître d'hôtel l'accueille comme un habitué, signe que souvent Dutrizac chiale pour la forme ou alors pour être conforme à son personnage.Pour ce qui est de ce fameux personnage, j'ai tout fait pour que Dutrizac me dise qui il était.Rien à faire.«Y'en a pas de personnage, répète-t-il.Celui que tu vois à la télé, c'est le même que dans la vie.La seule différence, c'est que j'ai commencé à sourire à la télé mais c'est pas fabriqué.C'est juste que je suis de meilleure humeur, pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles.Et puis c'est la première année que je suis maquillé et que je suis beau bonhomme mais je porte encore mes jeans parce que des pantalons de banquier, je suis pas capable.» Quand Dutrizac évoque sa bonne humeur, il ne ment pas.Depuis un an, c'est-à-dire à partir du moment où il a accepté de remplacer Gilles Proulx (tout en refusant d'être son clone) le midi à TQS, la vie s'est mise à lui sourire.Mais la route pour y parvenir a été cahoteuse.On se souviendra qu'il n'y a pas si longtemps, Dutrizac faisait les manchettes pour des nouvelles moins joyeuses.Au printemps 2005, il était viré de Télé-Québec sans trop d'explications après avoir coanimé pendant sept ans Les Francs-Tireurs.« J'ai été crissé dehors comme un malpropre, raconte-t-il sur un ton amer.Après tout ce que je leur ai donné comme loyauté, comme services, comme documentaires, que la direction n'ait pas la décence de me convoquer pour me virer, je trouve ça bas.» On n'a jamais trop su quelle était la raison officielle de son congédiement mais officieusement, il semble que ça soit le documentaire Manon qui ait mis le feu aux poudres.Rappelons que Manon , un docu-vérité sur le suicide assisté réalisé par Dutrizac et André St- Pierre, portait sur Manon Brunelle, une ancienne employée de Télé-Québec atteinte de sclérose en plaques.À la fin du film, on la voyait mourir à la caméra devant nos yeux dans une clinique à Zurich où l'on pratique le suicide assisté.Dutrizac, qui a accompagné Manon jusqu'à sa mort, a été accusé par une certaine opinion publique d'avoir encouragé un voyeurisme morbide qu'il réfute avec énergie.À la controverse de Manon, il faut ajouter ses déboires avec les musulmans après avoir déclaré à Amir Khadir aux Francs-Tireurs des choses pas gentilles sur leur religion.Pour sa peine, Dutrizac a récolté une montagne de plaintes et quelques menaces de mort.Depuis, il se promène avec un bâton de baseball dans sa voiture.Mais Dutrizac est habitué à ne pas faire l'unanimité et à régler ses comptes sur la place publique.En 1999, après que sa série Haute Surveillance eut été mise sur la glace non sans avoir englouti deux millions en fonds publics, il y est allé d'une violente charge contre la télé d'ici, déclarant que la télé québécoise est paralysée par des diffuseurs andropausés qui nous servent année après année les mêmes maudits téléromans écrits selon des critères dépassés et vieux de 30 ans.L'amour de la télé Dutrizac n'a pas écrit de série, de scénario ou de roman depuis.La question, pourtant, demeure.Pourquoi après avoir rêvé de devenir écrivain et avoir réalisé son rêve, tout abandonner pour les mirages de la télé ?«C'est vrai, concède-t-il, je voulais écrire des livres, je les ai écrits et j'ai crevé de faim parce que je n'écris pas pour les matantes d'Elle Québec et que la littérature au Québec c'est une affaire de bonnes femmes.Moi, j'écris des affaires violentes, noires et sexuelles qui poignent pas avec les femmes.Mais il n'y a pas que cela.Quand t'es rendu que t'as accès à une piquerie, à un chef d'entreprise ou à une entrevue avec le premier ministre, pourquoi continuer à écrire des livres tout seul comme un chien chez toi ?Moi, cette solitude, je n'étais plus capable de la supporter.» L'autre facteur déterminant de son étrange trajectoire, c'est son amour de la télé.Dutrizac jure que d'aussi loin qu'il se souvienne, la télé le fascinait et le fascine encore.Et même s'il ne veut pas les nommer, ses modèles ces jours-ci sont Anderson Cooper de CNN, Bill Maher, Jon Stewart du Daily Show et surtout Howie Mandel de l'émission Deal Or No Deal, un quiz parfaitement débile qu'il adore.«J'aime ça la télé quand c'est bien utilisé, poursuit-il.J'aime l'idée de rentrer chez les gens et de leur parler, mais je sais aussi qu'on peut faire des sottises avec.La télé instantanée à la Benoît Gagnon, ça ne nous amène pas très loin.Ce que j'aime des boss de TQS, c'est qu'ils ont eu l'audace de choisir un gars comme moi.Je suis pas très beau, je ne suis pas un vrai animateur.Y'a tellement d'affaires tout croches dans mon affaire et pourtant ils ont décidé de parier sur moi.» Dutrizac répète plusieurs fois pendant l'entrevue qu'il ne veut pas faire de la télé pour nourrir son nombril et devenir une vedette.De la part de quelqu'un qui occupera le petit écran cinq soirs par semaine, cela sonne un peu faux.Mais il insiste: «La télé, ce n'est pas toute ma vie.Si pour en faire, je dois aller contre mon éthique, eh bien j'en ferai pas c'est tout.Pour l'instant, je me contente d'identifier les pièges.Le piège de la démagogie, celui du nombril, de la suffisance, le piège du justicier.Être conscient de ces pièges-là et s'en méfier, c'est déjà beaucoup.» Reste que la meilleure façon de combattre les pièges de la télé, c'est de s'en retirer.C'est ce que Benoît Dutrizac se prépare à faire.«Je finis mon émission du midi le 2 juin et personne ne me verra avant la rentrée.Ça va faire du bien à tout le monde, moi le premier.Je commence à être tanné de m'entendre.» Dutrizac, qui est peu porté sur les confidences publiques, refuse de dire où il passera ses vacances avec sa famille.En revanche, il jure qu'il va profiter du répit pour écrire un roman qui bouclera la trilogie du personnage de Kafka Kalmar, un journaliste qui avait abandonné le clavier d'ordinateur pour un micro de radio.Cette fois, on imagine que Kafka va abandonner la radio pour la télé.Quant à savoir ce qu'il y découvrira ou ce qu'il y accomplira, le mystère demeure entier.COURRIEL Pour rejoindre notre chroniqueuse : nathalie.petrowski@lapresse.ca BENOÎT DUTRIZAC Un mouton noir le soir «Ce que j'aime des boss de TQS, c'est qu'ils ont eu l'audace de choisir un gars comme moi.Je suis pas très beau, je ne suis pas un vrai animateur.» Au photographe qui vient de lui demander de poser pour la caméra, Benoît Dutrizac est d'une franchise brutale.« J'haïs me faire photographier.J'haïs ça comme c'est pas possible », dit-il d'entrée de jeu, l'air tendu et le visage crispé.Déstabilisé, le photographe mitraille à toute vitesse Dutrizac sans saisir que celui qui grogne ainsi ne fait qu'exprimer haut et fort sa hantise, mais qu'il est tout à fait disposé à ce qu'il prenne autant de photos qu'il faut.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © «Je ne veux pas faire le 22 h pour me ramasser avec un trophée de supermarché.Moi, ce qui me fait bander, c'est les enjeux sociaux.Les chiens écrasés et les accidents de tondeuse, je m'en occuperai pas », affirme Benoit Dutrizac à qui la direction de TQS veut confier son téléjournal de 22 h en septembre."]
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