La presse, 3 juillet 2006, Arts et spectacles - Jazz
[" ARTS ET SPECTACLES DEMI EVANS: BLUES AMÉRICAIN MADE IN FRANCE PAGE 5 COSTELLO CHEZ TOUSSAINT, TOUSSAINT CHEZ COSTELLO ELVIS COSTELLO ET ALLEN TOUSSAINT ONT EN COMMUN L'AMOUR DE LA MUSIQUE.C'EST LA MUSIQUE DE LA NOUVELLE-ORLÉANS, DÉVASTÉE PAR L'OURAGAN KATRINA, QUI RÉUNIRA CE SOIR AU FESTIVAL DE JAZZ L'ÉCLECTIQUE MUSICIEN BRITANNIQUE ET LE GRAND ARTISTE LOUISIANAIS QU'IL ADMIRE DEPUIS LONGTEMPS.ALAIN BRUNET Elvis Costello a déjà travaillé auprès de Paul Mc Cartney, Brian Wilson, Burt Bacharach ou Johnny Cash, pour ne nommer que ceux-là.Cela ne suffisait pas à calmer sa productivité phénoménale : décisive fut la rencontre d'Allen Toussaint, incontournable des studios néo-orléanais, auteur d'une flopée de tubes depuis la fin des années 50 - On Your Way Down, Last Train, Soul Sister, Lover of Love et tant d'autres, dont certains signés du pseudonyme Naomi Neville.Depuis près d'un demi-siècle, Toussaint fut certes parmi les incarnations musicales de la Crescent City\u2026 qui a connu un triste sort l'an dernier, au coeur de la saison des ouragans.Transplanté provisoirement à New York pour des raisons évidentes, Allen Toussaint a accepté de collaborer avec Elvis Costello.Il y eut déclic.L'Afroaméricain et le Britannique feraient ensemble The River In Reverse, titre métaphore de la catastrophe naturelle qui a ravagé le berceau des grandes musiques populaires modernes issues de ce continent.Les Crescent City Horns, proches collaborateurs de Toussaint, se joindraient ainsi aux Imposters de Costello - Steve Nieve, claviers, Pete Thomas, batterie, Davey Faragher, basse.De nouvelles chansons seraient créées par ce tandem d'exception, des relectures de Toussaint figureraient aussi au menu.D'où cette téléconférence on ne peut plus conviviale, à la veille d'un concert en duo à la Wilfrid.«Je suis très heureux de montrer ce que je suis et où j'en suis à travers cette collaboration», amorce Allen Toussaint d'une voix calme, dont le rythme lent a certes été modulé par la chaleur et l'humidité louisianaises.Le vétéran sait néanmoins qu'il lui faut se remuer par les temps qui courent.«Je suis à bord d'un train rapide, vous savez.Je suis d'abord un homme de studio et je ne m'active généralement que lorsque le voyant rouge s'allume.Mais cette fois-ci, c'est devant le public que l'on obtient une gratification instantanée.It's a different ball game, mais je suis très heureux de vivre ce que je vis actuellement.» Et c'est un Elvis Costello profondément admiratif qui ne se fait pas prier pour parler de son collègue.«J'ai adoré m'asseoir au piano avec cet artiste, que j'admire depuis si longtemps.Jeune, j'avais découvert Allen Toussaint comme tout le monde, à la radio.Plus tard, je me suis rendu compte qu'il avait réalisé pour d'autres des disques importants.Il fait certes partie de mes modèles ; ses chansons m'ont aidé à bâtir ma propre personnalité musicale.Sa voix et son phrasé ont influencé ma façon de chanter une ballade.» > Voir COSTELLO en page 2 PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE JAZZ JAZZ TRIOJAZZ Pour nous envoyer une question: arts@lapresse.ca.Une sélection de réponses est déjà en ligne à www.cyberpresse.ca 1MUSE ETMUSIQUE Le vent, l'orage, le soccer et la Fête du Canada Day nous l'avaient presque fait oublier : on est allé voir Anjani, l'autre soir au Cabaret, où elle donnait deux concerts « privés ».où il s'agissait juste de montrer l'album Blue Alert \u2014réalisé par Cohen \u2014 pour se retrouver sur la «A List» de Sony/BMG.On ne surprendra pas grand-monde en disant que la romantic partner de Leonard Cohen est grande et élégante.Tailleur crème, cheville fine sur talon haut, la dame fait classe.Aussi posée que son compagnon de vie et auteur/réalisateur de Blue Alert, elle est plus souriante que lui, sans déborder toutefois dans le « hop-la-vie ».Les gens attendaient la « surprise » de la venue de «Leonard » mais, « trop nerveux » il est resté à la maison, juste en haut de la rue.Constat personnel : la musique (d'Anjani), quoique bien rendue ce jour-là par son trio, n'est pas à la hauteur des textes.Pour l'heure, on se surprendra personne en disant que si l'Hawaïenne de 43 ans n'était pas la «muse » de Leonard Cohen, elle n'aurait pas joui, malgré son talent, de ce traitement de faveur du FIJM, qui avait délégué André Ménard, son directeur artistique, pour la présenter.2MINOU, WOW-WOW! Journée féline, hier au FIJM.En début de soirée, Cat Power - Chan Marshall de son vrai nom - s'est produite en solo au Spectrum et n'a pas fait mentir son surnom de « reine Tristesse ».Puis à 21 h, les Australiens du Cat Empire ont dû virer la Ste-Cat à l'envers, comme ils l'avaient fait la veille au Metropolis ; ils oscillent, nous dit le Festival, entre «musique fortement latine et jazz, funk, ska, rock, soul, reggae et, pourquoi pas, hip hop».À ce degré de mélange, certains vont dire que c'est n'importe quoi ; La Presse, par contre, a rencontré un monsieur prêt à se battre pour prouver que c'est du jazz.Chose certaine, avec The Cat Empire, les souris dansent.Matous et autres chats de ruelle, eux, se sont rassemblés du côté de Fabulous Lolo pour les lolos de qui certains étaient prêts à miauler leur dernier miaulement.D'après nos recherches, le dernier spectacle à connotation féline aura lieu vendredi prochain avec le groupe de Moncton Glamour Puss, qui vient de lancer Bluesman Prayer.« Aide-moi, oh! Lord ! Je vois des chats noirs et ça leur porte malchance.» Minou-minou, wow-wow ! 3JAZZ-EXPRESS Vu samedi : une plaque de l'État de New York immatriculée «QC LIBRE».Entendu : le bat teur Jean Nadeau (Diane Dufresne, Claude Dubois), jeudi après le show des Neville Brothers : «Un groove comme ça, tu prends pas ça sur la Côte-Nord.» Dégus té au Club Soda : la lager hol landai se Heineken dans sa nouvelle bouteille en aluminium (recyclée par le coprésentateur Alcan).Classe.Mais pas drôle pour la canette.Anjani Thomas PHOTO CP ARCHIVE, AARON HARRIS COSTELLO suite de la page 1 L'amour de la musique À son tour, Allen Toussaint résume le lien qui s'est tissé avec Costello : «D'abord, nous avons en commun l'amour de la musique et, dans le cas qui nous occupe, la musique de La Nouvelle- Orléans.Et aussi l'intérêt pour la condition de ses gens.Audelà de l'ouragan Katrina, vous savez, il y a un drame humain.Personnellement, j'ai senti qu'il fallait saisir cette occasion pour participer à la reconstruction de ma ville.Aussitôt que je pourrai retrouver mon voisinage, d'ailleurs, j'y retournerai.Pour l'instant, ma maison n'est pas encore habitable », raconte notre Louisianais aux lointaines origines créoles.Et Costello d'apporter son grain de sel sur cet épisode douloureux : «Pour moi, cet ouragan ne fut pas qu'une catastrophe naturelle; c'est aussi un grand échec humain dans la façon d'y remédier.» Broken Promised Land, dit la chanson\u2026 Quoi qu'il en soit, des événements contraignants auront été une fois de plus à l'origine d'un cycle de création.«Je suis aussi très heureux et d'autant plus flatté qu'Allen Toussaint ait apprécié mon travail dans ce contexte.Ce fut une expérience extraordinaire de composer de nouvelles chansons avec lui et de les joindre à nos répertoires respectifs.» Et M.Toussaint de lui renvoyer la politesse : «J'ai ressenti beaucoup de respect de sa part et j'ai essayé d'en faire autant à son endroit.Son engagement est vraiment exceptionnel.Tout ce qu'il entreprend est créé avec coeur, âme et intégrité.» Essentiellement, The River in Reverse repose sur un travail de création commun ou encore des relectures de joyaux tirés du répertoire d'Allen Toussaint.Sur scène, cependant, il y a plus.« Il fallait faire en sorte que cette musique d'Allen Toussaint soit convenablement présentée à mon public\u2026 qui ne le connaît peut-être pas assez.Dans cette optique, nous interprétons des chansons connues d'Allen qui n'on pas été enregistrées sur The River In Reverse.Et il y a ces neuf chansons de mon propre répertoire réarrangées par Allen ; cette tournée était aussi l'occasion de lui proposer des chansons méconnues de mon propre répertoire - King of America, Poison Rose, etc.Il a écrit des arrangements saisissants, il a donné son maximum dans chaque proposition, ce qui me mène à penser qu'il est le musicien idéal avec qui travailler », soutient Elvis Costello.«Ce disque, estime-t-il en outre, est le point de départ d'une collaboration.Plusieurs de ces chansons ont déjà évolué depuis leur création en studio.» Voilà donc une corde de plus à l'arc de Declan Mc Manus, alias Elvis Costello.« J'ai travaillé avec des orchestres symphoniques, des orchestres de chambre, des quatuors à corde, des big bands de jazz ou des groupes rock, mais ces nombreuses collaborations ne se fondent pas sur un objectif d'éclectisme», tient à préciser le mari de Diana Krall - avec qui il tient à passer un maximum de temps au terme de cette tournée estivale.«Je ne suis pas ethnomusicologue, je suis auteur, compositeur et chanteur.J'aime les styles rock, country, classique, jazz, enfin\u2026 Je ne fais qu'obéir à ma curiosité.J'aime la musique, point à la ligne! La musique est le mot clé.» Elvis Costello et Allen Toussaint se produisent à la salle Wilfrid- Pelletier, ce soir, à 20 h.Costello chez Toussaint, Toussaint chez Costello PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Alexandre Chevalier, 13 ans, reçoit une leçon de guitare très particulière de la part d'un amuseur public.Leçon de guitare J A Z Z 3 JAZZ JAZZ Lisez notre couverture complète du Festival de jazz sur www.cyberpresse.ca PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Corinne Bailey-Rae ne gagnera pas le prix d'originalité avec sa soul pour adultes contemporains, mais on peut tout de même saluer son charisme sur scène.ALEXANDRE VIGNEAULT Cat Power au Spectrum à l'heure de l'apéro, Corinne Bailey-Rae au Club Soda après souper et Martha Wainwright au Métropolis pour commencer la nuit.Trois univers, trois manières d'habiter la scène et surtout trois auteurescompositrices- interprètes de qualité.Hier, par la force des choses, mais avant tout pour le plaisir, c'était ma soirée de filles.Du dernier passage en ville de Chan Marshall, alias Cat Power, on m'avait fait un résumé qu'il est possible de condenser en une phrase: madame avait offert un concert erratique.L'observation vaut encore pour celui qu'elle a présenté, en solo, hier soir.Ce qui ne veut pas dire que c'était raté, au contraire.Dès que Cat Power est apparue sur scène au beau milieu du blabla protocolaire (pas de droit de fumer, pas le droit de filmer, pas le droit de\u2026) en faisant la révérence, il était clair que la soirée ne serait pas ordinaire.«Je vais jouer quelques chansons ici (elle montre le piano) et d'autres là (elle pointe sa guitare).Je vais utiliser mes mains pour jouer du piano et de la guitare, a-t-elle expliqué.Et avec ma bouche, je vais chanter là-dedans (le micro, bien sûr).» Ce qu'elle a fait.Assise au piano, elle a commencé avec The Greatest, sous une douche de lumière blanche.Son jeu au piano est comme sa voix : vulnérable et gorgé de tristesse.Une bien étrange force se dégage tout de même de cette interprète qui ne suit d'autres règles que celles que lui dicte son instinct à chaque instant.Elle a escamoté la fin de The Greatest (elle a subitement enlevé sa blouse), comme elle s'arrêtera plus tard au beau milieu d'une chanson, irritée par le seul spectateur de tout le Spectrum qui s'obstine à taper dans ses mains pour marquer le rythme.Mais malgré son côté brouillon - et peut-être précisément à cause de lui- ce concert a donné l'impression de toucher à la vérité de cette songwriter originale.Sa voix nue, son jeu dépouillé au piano comme à la guitare, tout donnait l'impression de se trouver dans l'intimité de la créatrice.C'était vrai lorsqu'elle interprétait ses chansons (dont Love & Communication et I Don't Blame You) ou quand elle a fait House Of the Rising Sun ou Satisfaction des Stones, méconnaissable.Il n'y a absolument rien d'intellectuel dans sa manière.Les choses arrivent et l'émotion aussi.Corinne Bailey-Rae, c'est le contraire.«Prenez vos aises et relaxez », a-t-elle suggéré avant de chanter sa première note.Son univers est tellement arrangé et peaufiné qu'il n'y a rien d'autre à faire, en effet, que de se laisser porter par sa voix souple, belle et généreuse.Elle ne gagnera pas le prix d'originalité avec sa soul pour adultes contemporains, mais elle ne sera pas non plus en lice pour celui de la facilité.Elle possède un magnétisme évident et se révèle une interprète adroite, comme en a témoigné sa reprise réussie de Since I've Been Loving You, de Led Zep.Moelleuse au début, la chanson s'est achevée sur un mouvement élégamment emporté.Les emportements, Martha Wainwright connaît ça.Ses chansons sont pleines de coups de gueule bouleversants.Que dire de cet autre enfant prodige du clan Wainwright-Mc Garrigle sinon qu'elle ne cesse de gagner en prestance et en assurance depuis la sortie de son premier disque ?Hier au Métropolis, Martha était particulièrement belle à voir: souveraine, heureuse, ouverte.De toute beauté.J'aurais bien fini la soirée avec elle sans cette damnée heure de tombée.Radiohead pour piano Ma soirée de filles n'en était pas vraiment une puisque, en fin d'après-midi, j'ai attrapé un bout du récital que le pianiste Christopher O'Reily consacre au répertoire de Radiohead (deux autres représentations ont lieu aujourd'hui).Faire de la musique «classique» avec du rock est une sacrée lubie.Il faut juger du résultat au cas par cas.Des pièces comme Sail To the Moon et Karma Police, où le piano occupe déjà une grande place, se prêtent très bien à ce genre d'exercice.Thinking About You, tirée de Pablo Honey, a été surprenante.Mais le pianiste se montre peut-être trop ambitieux lorsqu'il entreprend un morceau comme 2+2 = 5.Sa main gauche a beau tourbillonner sur le clavier, il y a des limites à ce qu'un piano peut suggérer comme énergie ou emportement rock\u2026 Soirée de filles ALAIN BRUNET La musique improvisée ne part jamais de rien.Ici et maintenant, elle puise dans les références de l'improvisateur, emmagasinées une vie durant.Sa dimension aléatoire peut faire partie d'une structure préétablie, elle peut occuper une part plus ou moins importante de cette musique qu'on nomme encore jazz.Dans le quartette du saxophoniste Wayne Shorter, qui nous a servi des compositions fabuleuses depuis le début de sa carrière, l'improvisation est devenue le seul et unique vecteur de la création sonore.Il a tout fait, Wayne Shorter.Hard bop chez les Jazz Messengers, jazz ultramoderne dans le fameux quintette de Miles Davis, remarquable carrière solo en parallèle (tous ces disques fabuleux chez Blue Note), aux premières loges du jazz fusion avec Miles Davis puis avec Joe Zawinul dans Weather Report, compositeur et leader ambitieux depuis les années 80.Or, depuis 2001, le quartette de cet architecte féru de structures complexes fait dans l'improvisation absolue: aucune structure préétablie, aucun thème prescrit, aucun rythme prévu, aucune progression harmonique, absence quasi totale de consigne.À chaque représentation, personne de ce quartette ne sait quel sera le point de départ de ces longs mouvements, éléments constitutifs d'une fresque créée en temps réel.C'était samedi la troisième escale montréalaise de cet ensemble depuis sa formation, au tournant de la décennie.Les résultats avaient été si concluants dès le début que le septuagénaire en a fait son vaisseau amiral.Et pour cause: au Théâtre Maisonneuve, nous avons assisté avant-hier à la quintessence de la musique improvisée sous la gouverne de Wayne Shorter (au ténor et au soprano), assisté du pianiste Danilo Perez, du contrebassiste John Patitucci, du batteur Brian Blade.Tous des créateurs d'exception en plus d'être de mirobolants techniciens.Il faut une relation exceptionnelle entre des musiciens improvisateurs pour qu'un tel édifice se construise devant nous.Il faut la complicité parfaite de ses artisans, il leur faut une écoute mutuelle parfaite.C'est ce à quoi nous avons eu droit.Sauf au rappel, aucun thème mélodique ne nous a été exposé.Aucun rythme n'a été soutenu du début à la fin d'un de ces « mouvements ».Aucune progression harmonique n'a été tenue pour acquise.Aucun des solistes ne cherchait à s'illustrer individuellement - certains auront même pu voir dans la relative discrétion de Wayne Shorter une performance en-deçà de ses possibilités.En fait, le débit du vocabulaire de chacun fut variable : parfois de petits effets, parfois de grandes salves, parfois un discours complémentaire à celui du collègue qui se positionnait à l'avant de l'oeuvre.Travail d'équipe avant tout.Improvisée à 100 %, cette musique puise dans toutes les esthétiques du jazz moderne ou contemporain.Ni bop, ni modale, ni swing, ni funk, ni free, ni européenne, ni américaine, ni africaine, ni orientale, et pourtant tout cela à la fois.En un peu plus d'une heure, nous avons eu l'impression de traverser tout l'univers de Wayne Shorter, de vivre en rafale l'existence d'un des plus grands maîtres de la musique moderne, tous genres confondus.Ce quartette, à mon sens le plus marquant de la planète jazz ces dernières années, continue de nous faire basculer dans l'inédit et le ravissement.Esbjörn Svensson: la composition d'abord Un peu plus tard au Spectrum, la musique improvisée prenait d'autres tournures chez le pianiste suédois Esbjörn Svensson, qui avait créé une forte impression deux années consécutives au début de cette décennie.On avait applaudi la qualité du groove, la haute émotivité de ses thèmes, la diversité des références - jazz, mais aussi inspiré des nouvelles tendances de la musique, l'électro notamment.De retour à Montréal samedi, le leader et ses musiciens (le contrebassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Öström) ont opté pour des stratégies différentes, telles qu'annoncées dans le disque Viaticum, lancé par le Esbjörn Svensson Trio en 2005.Cet ensemble semble opter désormais pour la simplicité des thèmes, pour des improvisations moins prolixes.Il semble aussi mettre l'accent sur des effets de textures (piano préparé, effets électroniques discrets) et des dynamiques rythmiques plus collectives.Svensson et ses collègues traversent donc une phase où la composition l'emporte largement sur la performance individuelle ou quelque étalage de virtuosité.Chaque intervention est ici au service d'un projet commun, celui d'une musique instrumentale qui se rapproche souvent de la forme chanson.En début de festival, l'improvisation aura été spasmodique chez Masada, fameux groupe du saxophoniste John Zorn en version acoustique.Ce détachement d'élite a tenu ses promesses jeudi au Théâtre Maisonneuve.Un peu trop rapide (plus ou moins 80 minutes) en ce qui me concerne, mais très intense.Cette mixtion explosive accueillait les mélodies de tradition juive, souvent très orientales de facture.Le contexte n'en demeurait pas moins jazz - ces convulsions instrumentales ne sont pas sans rappeler le langage d'Ornette Coleman, d'ailleurs.Bien que Masada soit devenu un quartette classique du jazz contemporain, même si la formule et le personnel (Dave Douglas, trompette, Joey Baron, batterie, Greg Cohen, contrebasse) n'ont pas foncièrement changé au fil du temps et ce malgré une pièce inédite au répertoire (donnée au premier rappel), cela vaut encore la peine d'assister à une telle déflagration.WAYNE SHORTER L'improvisation absolue PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Dans le quartette du saxophoniste Wayne Shorter, qui nous a servi des compositions fabuleuses depuis le début de sa carrière, l'improvisation est devenue le seul et unique vecteur de la création sonore. JAZZ LE GUIDE DU FESTIVALIER Rue Sainte-Catherine Boulevard Saint-Laurent Rue Saint-Urbain Rue Jeanne-Mance Rue de Bleurry Avenue du Président-Kennedy Scène extérieure Salle de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival Boulevard de Maisonneuve CABARET JUSTE POUR RIRE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE MÉTROPOLIS SAVOY CLUB SODA MONUMENTNATIONAL GESÙ \u2014 Centre de créativité SPECTRUM CLUB JAZZ TD CANADA TRUST Scène SAMSUNG Carrefour GM Scène GM Scène LOTOQUÉBEC Scène CBC TELEVISION Scène \u2014 BEST BUY BELL Scène ALCAN GRANDE PLACE DU COMPLEXE DESJARDINS Terrasse AMARULA HYATT REGENCY MONTRÉAL THÉÂTRE MUSÉE MAISONNEUVE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL SALLE WILFRID-PELLETIER CINQUIÈME SALLE THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE SUSI HYLDGAARD Plus proche de la pop que du jazz à proprement parler, la chanteuse danoise s'est concocté un univers musical plutôt joli et confortable.Du R&B jazzy porté sur les cordes et pas réfractaire aux ambiances électroniques, pourrait-on dire.Pour ceux qui aiment se faire bercer.> Scène Alcan à 20 h et 22 h.DEMI EVANS Un voix chaude, ronde et nuancée.Du blues, du country et du gospel.Demi Evans, ancienne choriste de Stevie Wonder née à Dallas et désormais installée en France, propose une musique qui vient de l'âme.L'un des rendez-vous incontournables de la programmation extérieure.Scène General Motors à 21h et 23 h \u2014 Alexandre Vigneault NOTRE VIRÉE NOJAZZ No Jazz avait offert une prestation éclatante il y a quelques années au parc des Festivals.Son jazz électronique est-il toujours aussi pétaradant ?C'est ce qu'on saura ce soir puisque les Français sont de retour en ville.> Scène Samsung à 20 h et 22 h B C 11h La Petite École du Jazz Grande-Place du complexe Desjardins Gratuit Midi L'esprit de La Nouvelle-Orléans Terrasse Amarula Gratuit 13h Swing Tonique Terrasse Amarula Gratuit 13h30 La Petite École du Jazz Grande-Place du complexe Desjardins Gratuit 15h A.L.Blues Band de l'école secondaire André-Laurendeau Scène GM Gratuit 16h Accoules Sax Scène Alcan Gratuit 16h St.Louis Blues \u2014 Black Ballad Cinémathèque québécoise Billets 17h Christopher O'Riley Chapelle historique du Bon-Pasteur Billets 17h Gadjia-Gadjo Scène CBC Television \u2014 Best Buy Gratuit 17h30 La parade Loto-Québec avec Zuruba Départ scène Alcan Gratuit 18h Alister Spense Scène GM Gratuit 18h Christine Jensen Quintet Gesù \u2014 Centre de créativité Billets 18h Jamie Cullum \u2014 Première partie : Sonya Kitchell Théâtre Maisonneuve \u2014 PdA Billets 18h Jimmy Dorsey and his Orchestra \u2014 Charlie Haden Cinémathèque québécoise Billets 18h Seu Jorge \u2014 Première partie : Jehro Spectrum de Montréal Billets 18h30 Amalgàma Carrefour GM Gratuit 18h30 Jesse Cook \u2014 Première partie : Papaduke Métropolis Complet 19h Accoules Sax Terrasse Amarula Gratuit 19h Le Bateau est en Fête avec Dorothée Berryman Bateau Cavalier Maxim Billets 19h Michelle Grégoire Quintet Club Jazz TD Canada Trust Gratuit 19h Molly Johnson & Quartet Club Soda Billets 19h The JW-Jones Blues Band Scène Loto-Québec Gratuit 19h Willow Savoy du Métropolis Gratuit 1 19h30 Maraca Scène Bell Gratuit 20h Elvis Costello&The Imposters featuring the piano and songs of Allen Toussaint Salle Wilfrid-Pelletier \u2014 PdA Billets 20h Marianne Trudel Scène CBC Television \u2014 Best Buy Gratuit 20h No Jazz Scène Samsung Gratuit 20h Susi Hyldgaard Scène Alcan Gratuit 21h Carnaval Skin Musée d'art comtemporain de Montréal Billets 21h Demi Evans Scène GM Gratuit 21h Lubo Alexandrov \u2014 Kaba Horo Carrefour GM Gratuit 21h Pat The White Scène Loto-Québec Gratuit 21h30 Jesse Cook \u2014 Première partie : Papaduke Métropolis Complet 22h Christopher O'Riley Chapelle historique du Bon-Pasteur Billets 22h K'Naan Scène Bell Gratuit 22h Marianne Trudel Scène CBC Television \u2014 Best Buy Gratuit 22h Michelle Grégoire Quintet Club Jazz TD Canada Trust Gratuit 22h No Jazz Scène Samsung Gratuit 22h Romano-Sclavis-Texier Spectrum de Montréal Billets 22h Susi Hyldgaard Scène Alcan Gratuit 22h30 The Bad Plus Gesù \u2014 Centre de créativité Billets 23h Demi Evans Scène GM Gratuit 23h John Roney Trio Hyatt Regency Montréal Gratuit 2 23h Pat The White Scène Loto-Québec Gratuit Minuit Nils Petter Molvaer \u2014 Frivolous Club Soda Billets Minuit Phantom Power Combo Deluxe Savoy du Métropolis Gratuit 1 Gratuit avec laissez-passer 2 Gratuit sur présentation de la Carte des Amis LUNDI 3 JUILLET HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Les membres de la formation new-yorkaise Carnival Skin font partie des plus intéressantes sélections de la série jazz contemporain que présente cette année le Festival de jazz de Montréal.De gauche à droite : le batteur Klaus Kugel, le contrebassiste Hilliard Greene, le guitariste Bruce Eisenbeil, le trompettiste Peter Evans et le clarinettiste Perry Robinson.Le groupe se produit ce soir au Musée d'art contemporain, à 21h 30.ALAIN BRUNET Carnival Skin est un ensemble typique du jazz d'avant-garde qui renaît aux USA depuis quelques années, à la suite d'un long passage à vide.Dans ce pays peu enclin à financer la recherche fondamentale en art, les années 90 ont été particulièrement ingrates pour les descendants des Ornette Coleman, Albert Ayler et autres Cecil Taylor, qui voient enfin poindre de nouveaux auditoires de ce côté de l'Atlantique.Questionnés au téléphone, le guitariste américain Bruce Eisenbeil et le batteur allemand Klaus Kugel font partie de cette formation new-yorkaise, parmi les plus intéressantes sélections de la série jazz contemporain- ce soir au Musée d'art contemporain, à 21h 30.Q Comment évolue la condition des jazzmen d'avant-garde aux États-Unis ?R Les occasions de jouer sont de plus en plus nombreuses.J'ai déménagé à New York il y a une dizaine d'années, c'était alors un véritable combat.Ça l'est moins, mais cela demeure toujours difficile.Vous savez, on peut jouer sept soirs par semaine\u2026 en touchant des cachets ridicules.C'est gratifiant, remarquez, mais nous devons nous concentrer sur la qualité de notre musique en choisissant les meilleures occasions de la jouer.Autre démarche importante, il nous importe de multiplier les collaborations avec d'autres musiciens, aux États-Unis comme à l'étranger.Q Quel est le projet artistique de Carnival Skin?R Notre philosophie se fonde sur l'exploitation artistique des paradoxes et des extrêmes avec pour objectif ultime l'atteinte d'un équilibre entre les forces en présence.Chacune de nos pièces est jouée avec un sens élevé du risque.Nous essayons d'aller au maximum de nos possibilités dans cette optique.Q Pou r r i e z- vous commenter davantage cette vue de l'esprit ?R Nous sommes à la recherche d'un vocabulaire moderne qui tient compte de la réalité du moment, et chaque moment comporte des forces qui s'affrontent ou convergent.D'où cette idée de paradoxes et d'extrêmes.Prenons, par exemple, la perception de notre propre musique : certains amateurs ont une grande expérience en musique instrumentale contemporaine ; ils peuvent très bien saisir les enjeux de notre travail, tandis que d'autres peuvent débarquer d'un concert d'Elvis Costello et avoir le sentiment de vivre une expérience on ne peut plus déroutante.Nous devons néanmoins nous adresser à ces deux perceptions extrêmes\u2026 et à tous ces amateurs situés quelque part au milieu du spectre.Q Sur quelles personnalités peut compter Carnival Skin?R À cinq musiciens improvisateurs, nous estimons avoir une constellation idéale.Ce qui fonctionne d'autant plus dans ce cadre, c'est la fusion de musiciens issus de deux générations différentes qui s'appliquent à faire converger leur culture musicale respective.Par exemple, notre contrebassiste, Hilliard Greene, a un jeu très standard qui fonctionne parfaitement dans ce groupe.Ce fondement favorise l'envol d'autres musiciens de la formation.Q Les mauvaises langues du jazz «normal » se plaisent à affirmer que le jazz contemporain demeure le refuge d'intellos devenus musiciens autodidactes.Qu'en pensez-vous ?R Nous n'avons que faire de ces considérations.Nous préférons nous en tenir à cette idée : chaque membre de Carnival Skin est un monstre improvisateur ! Dès que nous nous apprêtons à jouer, chacun d'entre nous est en feu.C'est aussi simple que ça.Cinq questions à Carnival Skin PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Transformé en mascotte du festival par la magie d'un artiste de rue, le jeune Lujah Dauphin-Rénélique, 5 ans, a beaucoup aimé sa sortie du dimanche au Festival international de jazz de Montréal. JAZZ ALEXANDRE VIGNEAULT Du coffre, un timbre chaud et un son blues teinté de country, Demi Evans passe d'emblée pour une typique soul woman du sud des États-Unis.La tentation est forte de classer le dossier vite fait, bien fait.Mais lorsqu'on va au-delà des apparences, son parcours correspond à tout sauf au cliché de l'Afro-Américaine élevée à chanter dans le choeur de l'église baptiste locale alors qu'elle rêvait en secret de suivre les traces d'Aretha Franklin.Il y a un peu de ça, bien sûr, dans son histoire.Demi Evans a grandi dans le nord de Dallas en pleine explosion soul.Sa grand-mère fréquentait assidûment l'église et faisait partie du choeur.«Mais je n'y participais pas, précise la chanteuse.J'étais déjà adulte lorsque j'ai commencé à chanter.J'en avais le désir depuis l'enfance, mais je n'avais pas la motivation, l'énergie et l'appui nécessaires.J'imagine que j'ai mis du temps à devenir suffisamment intéressante pour que les gens m'encouragent.» L'appui des pairs et des producteurs, elle l'a trouvé en France, où elle est établie depuis quelques années.Comment une fille élevée dans un ghetto texan finit-elle par s'installer à Paris ?«Oh! C'est une longue histoire», s'exclame-t-elle, avant de raconter qu'une série de rencontres fructueuses l'a menée jusqu'à deux musiciens avec qui elle a développé une grande complicité : Fred Morisset, son compositeur attitré, et le réputé harmoniciste Jean-Jacques Milteau.«Je vous passe les détails, précise-t-elle, parce que je ne crois pas qu'ils soient pertinents.» Les « détails » qu'elle passe, et qu'on trouve sur le site Internet de sal, rempliraient aisément trois pages de journal.Avant d'atterrir en France, Demi Evans avait déjà pas mal bourlingué en Europe.Devenue mannequin en Californie, elle s'était fait remarquer à New York, au milieu des années 1980, pour ses imitations apparemment comiques de Grace Jones.Combinant ces deux métiers, elle a visité l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne où elle a enregistré des chansons avec Sven Väth, l'une figures de proue de la techno trance au milieu des années 1990.On est loin de la soul sudiste.Curieusement, c'est auprès de musiciens français que l'Américaine a renoué avec ses racines musicales.«Mon boulot, c'est d'écrire les textes, précise-t-elle.Fred Morisset, lui, apporte sa vision de mon américanité.» Fender Rhodes, orgue coulant, guitares humides ou poussiéreuses, selon les moments, tous les ingrédients contribuent à créer un univers blues (dans un sens très large), très américain, mais pas complètement.Il y a un je-ne-sais-quoi de fantasmé dans ce blues à l'américaine.Demi Evans acquiesce «Et vous savez quoi ?J'aime ça.Je trouve merveilleux que les Européens aient leur propre vision du blues, insiste-t-elle.Jean-Jacques Milteau est un visionnaire du blues.Il est Français, blanc et il connaît le blues mieux que moi ! Il possède sa touche européenne qu'il ajoute à mon éducation américaine.C'est un beau mélange.Ce que j'aimerais, dans le futur, c'est d'avoir autant de musiciens américains qu'européens dans mon groupe.Ce serait magnifique! » Grande scène GM à 21h et 23 h.DEMI EVANS Une Américaine à Paris PHOTO FOURNIE PAR FUSION3 Le parcours de Demi Evans correspond à tout sauf au cliché de l'Afro-Américaine élevée à chanter dans le choeur de l'église baptiste locale.Christine Jensen Look Left FFFF Effendi Christine Jensen a fait d'énormes progrès en tant qu'instrumentiste.Ça saute aux oreilles, son jeu aux saxophones soprano et alto s'est hissé au rang des meilleurs souffleurs de la scène montréalaise.Voilà un des principaux constats après écoute de l'album Look Left, dont la pièce-titre évoque une prise de position progressiste de la musicienne à la suite de l'intervention anglo-américaine en Irak.Au-delà de ces considérations, la qualité de son écriture est toujours aussi remarquable, la cohésion acquise par son ensemble l'est tout autant - Fraser Hollins, contrebasse, Ken Bibace, guitare, Greg Ritchie, batterie, Dave Restivo, piano.En partie, la matière de ce nouvel album résulte d'un séjour à Paris en 2002, d'où les pièces Promenade et Keeping Up Appearances.Upper-Fargo, la première au menu, nous fait sauter d'un continent à l'autre, nous plonge ainsi dans des sonorités évocatrices de Pat Metheny et de Dewey Redman - tous deux issus de l'intérieur des terres.Le blues modal For Tom Harrell s'inspire à son tour de la musique de ce trompettiste si singulier.Le contrepoint de A Tree Thing est dédié à Jimmy Giuffre et Lee Konitz, parmi les grands artisans cool et parmi les instigateurs du jazz de chambre.Capers Papers s'inspire d'ailleurs du travail du Québécois François Théberge.Voilà un autre chapitre important dans la vie artistique de Christine Jensen, dont le travail prend de plus en plus l'allure d'une oeuvre.La qualité de l'écriture, la cohésion Manque une pointe de folie Alai n Brunet L'allure d'une oeuvre PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Après tout ce qu'on a enduré, qu'on n'en entende pas un se plaindre de la météo! Soit, la canicule ne frappait pas le centre-ville hier soir, et on a même vu quelques techniciens courir chercher une bâche pour abriter la console de son à la vue des gros nuages gris qui s'étaient invités.Mais la bonne brise qui a soufflé toute la soirée les a vite délogés, et les festivaliers, nombreux pour un dimanche soir, ont joyeusement goûté aux saveurs musicales à l'affiche.On peut d'ores et déjà affirmer que le groupe australien Cat Empire est l'une des révélations de ce 27e Festival de jazz.Quelques mois à peine après son concert inaugural au Café Campus, l'habile quintette avait rempli samedi dernier le Métropolis -certes, avec l'aide de Bedouin Soundclash.Hier, le groupe a fait une fameuse démonstration de son savoir-faire en offrant deux concerts surprise sur la grande scène, à 21h et 23 h.Il y avait un monde fou, curieux de voir comment se débrouillent ces inconnus.De l'avant de la grande scène jusqu'aux portes du Complexe Desjardins, la foule était compacte et très attentive aux grooves déployés par l'empire félin.Comme lors de la performance de samedi, Cat Empire a meublé ses heures de spectacle de longs jams où la salsa, le funk, la pop, le jazz et les musiques jamaïcaines tourbillonnaient sans perdre une mesure.La formation atypique- pas de guitare, mais un DJ, un batteur, un bassiste, un claviériste, un chanteur-percussionniste et un chanteur-trompettiste- peut presque prétendre avoir présenté un spectacle plus enlevant que celui qu'ont offert les Neville Brothers en ouverture de festival sur la même scène! Danser avec Lolo Mais pour tout vous dire, je n'en avais que pour la Fabuleuse Lolo et ses cheveux trois couleurs platine-rouge-noir, son gros saxophone au cou et sa petite robe moulante rouge pompier.Sans oublier ses musiciens, excellents (le vétéran bassiste Errol Walters avait un son énorme!), et son goûteux répertoire.Devant la scène, le mélomane, touriste de la pop jamaïcaine ou averti, ne s'est pas fait prier pour danser.Lorraine Muller et sa bande ont fait le choix délibéré de privilégier le riche répertoire de Phyllis Dillon, surnommée The Queen of Rocksteady.L'interprétation de Don't Stay Away, avec son rythme chaloupé et relevé, frôlait la perfection.Juste après, Get On the Right Track, chantée en duo avec le jeune guitariste, était ravissante.Le fan en moi réclamait au moins une chanson des Ken Boothe et Alton Ellis.J'ai plutôt eu une succulente version de You're Gonna Need Me (d'Errol Dunkley), ainsi qu'au classique Shanty Town, du regretté Desmond Dekker (décédé le 25 mai dernier), avec nul autre que l'inventeur du rocksteady, Lynn Taitt, à la guitare ! Ah, et Tide is High, des Paragons, qui a connu un second souffle grâce à Blondie.L'interprétation de Lolo avait d'ailleurs plus à voir avec celle de Debbie Harry que de John Holt : comme pour certaines autres chansons, les arrangements avaient été passablement revus.Légère déception.Mais la majorité des versions offertes hier soir sur l'avenue du Président-Kennedy étaient irréprochables, surtout lorsque le claviériste préférait jouer sur le baby piano mis à sa disposition.En terminant, il ne faut pas oublier la performance, fort agréable, qu'ont offerte les quatre musiciens du Phantom Power Combo Deluxe, sur la scène du parc Fred-Barry.Des grooves modernes, quelquefois appuyés de boucles rythmiques programmées, un jeu tout aussi frais qui ne s'efface jamais derrière les détails synthétiques.À la fois intelligent et très accessible.Le Combo donnera une autre série de concerts gratuits au Savoy, dès minuit, de mercredi à samedi prochain.Petit scoop: on raconte entre les branches qu'Ariane Moffatt pourrait aller jammer avec les gars demain soir, et que Yann Perreau y serait jeudi.À bon entendeur\u2026 arrivez tôt ! P.S.: Mélange de jazzman: contrairement à ce que j'ai écrit hier, ce n'est pas Alain Caron mais bien Michel Cusson qui a réalisé l'album Voodoo de Térez Moncalm, avec beaucoup de goût et de délicatesse d'ailleurs.Et je n'écris pas ça pour me faire pardonner, non, non! JAZZ La féline révélation! PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Occupant la scène principale hier soir, le groupe australien Cat Empire et son chanteur, Felix Riebl, ont fait vibrer la foule avec des rythmes de hip hop, de jazz latin et de pop.À peu près inconnus chez nous jusqu'ici, voilà que ces musiciens s'avèrent l'une des grandes révélations du Festival de jazz 2006.ALCAN ET LE JAZZ L'ACCORD PARFAIT DU 29 JUIN AU 9 JUILLET 2006 www.alcan.com Alcan revient à l'avant-scène de la vie culturelle montréalaise à titre de coprésentateur du Festival International de Jazz de Montréal.Une façon de plus de s'impliquer au sein de notre communauté tout en faisant rayonner talent et créativité, d'ici et d'ailleurs.3411782A "]
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