La presse, 28 juillet 2006, Cahier A
[" RICHARDHÉTU AU PAYS DE FLOYDLANDIS PAGE A4 LEMONDEDUVÉLO SOUS LE CHOC\u2026 ENCORE UNE FOIS SPORTS PAGES 1 À 4 Le champion du Tour de France Floyd Landis a échoué à un test antidopage au terme de la 17e étape 7 PAGESÀ LIRE LEMAILLOT JAUNE N'ESTPAS TOUTBLANC PHOTO AFP, PASCAL GUYOT e suis arrivé de Paris dans la nuit, de retour du Tour de France.J'étais en train de prendre un café dans la cuisine, j'écoutais distraitement la radio.Landis positif.Quoi ! Testostérone.Quoi ! Tout de suite, ils ont fait le lien entre la défaillance de Landis dans la montée de La Toussuire et sa chevauchée fantastique du lendemain.Le raccourci suggéré était aussi clair que débile: le mercredi Landis craque.Le jeudi matin, il se fait une grosse tartine de testostérone et hop, il reprend le temps perdu et gagne l'étape.Nonos.La testostérone n'est pas une dope de «compétition » \u2014 comme la caféine ou l'éphédrine par exemple \u2014 mais une dope de «conditionnement », ses effets se font ressentir après plusieurs jours, plusieurs semaines.Voir FOGLIA en page A2 PIERRE FOGLIA Le fond Montréal vendredi 28 juillet 2006 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 75¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 122e année no 272 48 pages 5 cahiers Proche-Orient Un plaidoyer pro-israélien pour la paix DÉSÉQUILIBRE FISCAL Les leaders provinciaux plus divisés que jamais TOMMY CHOUINARD ST.JOHN'S \u2014 Campées sur leurs positions, profondément divisées, les provinces ne sont parvenues à aucun consensus sur une façon, même une seule, de régler le déséquilibre fiscal.En l'absence d'une proposition commune des provinces, le premier ministre Stephen Harper a maintenant les coudées franches pour imposer sa propre solution afin de résoudre le déséquilibre fiscal, une promesse électorale qu'il s'est engagé à réaliser au cours de la prochaine année.«On ne peut réconcilier l'irréconciliable.On s'est entendu pour dire qu'on ne s'entendait pas», a laissé tomber le président du Conseil de la fédération et premier ministre de Terre-Neuve-et- Labrador, Danny Williams, au terme d'une journée de négociations avec ses homologues provinciaux, hier.Incapables d'en arriver à un compromis, les provinces adoptent le chacun-pour-soi, comme l'a dit M.Williams.Elles plaideront leur cause tour à tour auprès d'Ottawa au cours des prochains mois, dans l'espoir d'arracher quelques milliards de dollars.Les premiers ministres provinciaux ne sont pas arrivés non plus à s'entendre pour demander d'une seule voix à Ottawa une hausse des transferts pour l'éducation postsecondaire, pas plus que son ordre de grandeur.Ils avaient pourtant réussi à le faire l'an dernier.>Voir PROVINCES en page A12 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Le seul qui n'était pas dopé cette année, c'est Lance Armstrong.Venez voir mon blogue ! cyberpresse.ca/laporte SOMMAIRE Astrologie du jour ACTUEL 6 Bandes dessinées ARTS 8 Décès ACTUEL 8 Forum A 15 Horaire télévision ARTS 6 Loteries A 12 Monde A 14 Mots croisés ARTS 8 et ACTUEL 8 Mots fléchés ARTS 8 Mot mystère ARTS 8 Observateur ACTUEL 5 Petites annonces ACTUEL 5 et AFFAIRES 4 Météo Nuageux et vents légers, maximum 28, minimum 2, plus de détails en page SPORTS 8 L-V 6 21924 98765 1 PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Environ mille personnes ont participé à une « manifestation pour la paix », hier midi, au square Dominion, au centre-ville de Montréal.Organisé par le B'nai B'rith, l'événement a été l'occasion de brandir des drapeaux israéliens, surtout, mais aussi québécois et canadiens.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a assisté à l'événement.Sa présence a d'ailleurs fait réagir les organisateurs d'une autre manifestation, pro-libanaise celle-là.Notre compte rendu en page A7.À lire aussi, nos informations sur la crise au Proche-Orient en pages A5 et A6.3406153A L'AFFAIRE LANDIS LA CHUTE LA RÉSURRECTION LA VICTOIRE LE DOUTE Une 16e étape comme un chemin de croix.À l'arrivée de la 17e étape, là où tout s'est joué.Un Américain victorieux à Paris.Le maillot jaune : gardera, gardera pas ?PHOTO REUTERS PHOTO REUTERS PHOTO AFP PHOTO AFP SIMON DROUIN Le cycliste américain Floyd Landis, vainqueur du Tour de France, a échoué à un test antidopage et risque d'être dépouillé de son titre acquis au terme d'une lutte épique.Déjà éclaboussée par une affaire de dopagela veilledu départ, la Grande Boucle, dont plusieurs estimaient la virginité refaite dans la foulée de la victoire spectaculaire de Landis, replonge dans la tourmente.Le contrôle d'un échantillon d'urine de Landis a révélé un niveau anormalement élevé de testostérone/épitestostérone (T:E), a annoncé Phonak, son équipe, dans un communiqué diffusé hier.Le coureur de 30 ans a été suspendu sur-le-champ par celle-ci en attendant une contre-analyse sur un deuxième échantillon d'urine (B), une procédure normale que le coureur a demandée.«Je suis réaliste», a cependant indiqué Landis dans une entrevue à Sports Illustrated, avouant qu'il ne se faisait aucune illusion sur la possibilité que les résultats de l'échantillon B soient différents.Landis nie toutefois catégoriquement avoir eu recours à une substance dopante.Il entend faire la preuve que son niveau élevé de testostérone est une condition plutôt commune chez les cyclistes professionnels.Il a aussi soulevé deux possibilités pour expliquer ce résultat anormal : les injections de cortisone qu'il reçoit pour soulager une hanche droite en piètre état, et un problème de glande thyroïde qui l'oblige à prendre quotidiennement des comprimés depuis environ un an.Landis a reconnu que son nom sera entaché à jamais.«Malheureusement, je ne crois pas que tout cela va disparaître, peu importe ce qui arrive maintenant, a affirmé l'Américain.Ça semble être une plus grosse histoire que de gagner le Tour.Ce sera donc difficile à faire oublier.Je n'en voudrai à personne si on ne me croit pas.» Landis prévoit se soumettre à un test endocrinien afin de prouver que son ratio T:E élevé est naturel.Pour ce faire, il a retenu les services d'un médecin espagnol du nom de Luis Hernandez, qui aurait déjà aidé d'autres cyclistes à prouver leur innocence.«Sur des centaines de cas, personne n'a jamais perdu », a affirmé Landis à Sports Illustrated.Landis souhaite bénéficier de la présomption d'innocence.«Je pense qu'il y a de bonnes chances que je puisse laver ma réputation.Tout ce que je demande, c'est qu'on me donne la chance de prouver mon innocence.Le cyclisme a la manie de faire le procès des gens dans la cour de l'opinion publique avant même qu'ils n'aient la chance de réagir.J'aimerais qu'on présume que je suis innocent jusqu'à ce qu'on prouve que je suis coupable étant donné que c'est de cette façon qu'on procède en Amérique.» Dans la légende Si ses arguments ne sont pas retenus par les autorités concer- LE VAINQUEUR DU FOGLIA suite de la page A1 Si Landis prend de la testostérone, il en prend forcément depuis un bon moment.Voyons ce qu'en pense l'incontournable Mme Ayotte, directrice du labo de contrôle du dopage de l'INRS.Elle pense que la testostérone n'est pas la dope complètement dépassée que certains imaginent.Ni si facile à détecter.Quant à savoir si elle est exogène ou endogène, ça non plus ce n'est pas évident.Pourtant tout est là, si tu la produis naturellement - endogène -, ce n'est peut-être pas du dopage.Seulement un individu sur 100 produit plus de testostérone que la norme, dit Mme Ayotte.Je suis celui-là, prétendait Floyd Landis hier soir en conférence de presse.Il a tiré ensuite dans une autre direction en disant qu'il prend des médicaments pour sa glande thyroïde et que ce sont peut-être ces médicaments qui suractivent sa production de testostérone.Et si ce n'est pas sa thyroïde, alors c'est sa hanche.Comme il l'a révélé pendant le Tour, on l'a autorisé à prendre des corticoïdes, et ce sont peut-être ces maudits corticoïdes qui sont la cause de tout.N'importe quoi, commente Mme Ayotte.Aucun rapport entre les corticoïdes et la testostérone.Bref, on est devant un cas de dopage.Non, Landis n'a pas risqué le tout pour le tout au lendemain de sa défaillance.Landis n'est pas l'imbécile que soupçonnent certains.La fameuse potion magique de sa chevauchée fantastique, c'est des conneries.C'est pas comme ça que ça marche le dopage.C'est pas de la magie.C'est une cure soigneusement programmée.Revenons au Dauphiné Libéré un mois avant le Tour de France.Landis n'avance pas, il est à pied dans tous les cols.C'est normal.Il n'est pas prêt.Il est en préparation.Préparation qu'il achèvera entre la fin du Dauphiné et le départ du Tour.Quelle préparation ?Probablement un cocktail.Les cyclistes ne prennent plus une seule dope mais plusieurs concurremment, dont les effets se multiplient.Un grand classique : testostérone- EPO-hormones de croissance.Arrive le Tour.Dès les premières difficultés, il est clair pour tout le monde que Landis est le plus fort.Le peloton le sait, le sent.Les coureurs le disent.Landis a les meilleures jambes.Landis va gagner le Tour.Et facile à part ça.Landis domine les Pyrénées, domine l'Alpe d'Huez, mais craque le lendemain dans la grande étape alpine.Dans la dernière ascension de la journée, Landis est largué, en perdition, pu de jus.Mort.Mme Ayotte qui ne connaît rien au vélo et moi qui en sais presque trop, on est pourtant d'accord sur un truc qui en étonnera plusieurs : c'est probablement à cause de la dope, mauvais dosage (trop ou pas assez), ou impossibilité de s'injecter le petit rappel nécessaire, bref c'est un problème de dopage qui a laissé Landis sans essence dans la montée vers La Toussuire.Alors que le lendemain, redevenu lui-même, il les a tous plantés sur sa valeur réelle.Sa valeur réelle de dopé-comme-les-autres, bien entendu.Pourquoi sera-t-il déclaré positif à la testostérone le soir même ?Absolument pas parce qu'il en a pris plus que d'habitude ce matin-là.Un dérèglement quelconque.Un effet inattendu du cocktail.Malchance.Hasard.Je n'en sais rien.Mais j'entends ce matin les gens dire que c'est épouvantable, c'est énorme, c'est le Tour de France.Qu'on a touché le fond.Ah bon.Ça fait sept ans que Lance Armstrong gagne le Tour de France, dopé.C'était pas le fond ?Avant lui Miguel Indurain l'a gagné cinq ans, bourré de corticoïdes.C'était correct ?En septembre dernier, Roberto Heras gagne son quatrième tour d'Espagne, mais il est déclaré positif à l'EPO et disqualifié.C'était pas le fond ?Aïtor Gonzalez, vainqueur du tour de Suisse est trouvé positif pendant le tour d'Espagne.Et Taylor Hamilton ?Peut-être le pire cas de tous, monsieur Propre, monsieur Vert qui a juré sur la tête de sa mère.L'opération Puerto vient nous révéler qu'il mentait effroyablement.Et Museeuw, considéré comme un dieu en Belgique ?Et Basso, vainqueur du tour d'Italie ?Et Ullrich et toute la gang de l'opération Puerto, on n'a pas touché le fond?Il s'est trouvé d'authentiques naïfs, et d'autres dont la naïveté est le fond de commerce - les patrons du Tour du France et du cyclisme -, pour croire que le Tour 2006, décapité au départ de ses favoris suite à l'opération Puerto, serait à l'eau claire.Sinon à l'eau claire, différent.Le début d'un temps nouveau.Le début de rien du tout ! Un Tour à l'EPO, aux hormones de croissance et à l'autotransfusion comme d'habitude.Si ce Tour a été différent du côté dopage, c'est seulement dans l'intendance du dopage.Comprenez quelques difficultés d'approvisionnement.Comprenez un modus operandi plus difficile à gérer qui a probablement causé la perte de Landis.Mais aucun changement sur le fond.Pour TOUS les coureurs qui prétendent à la victoire, pour la plupart de leurs équipiers et pour bon nombre d'autres, se doper est aussi indispensable que s'entraîner.Se doper fait partie de ce qu'ils appellent «faire le métier ».Soyons nets : lorsque l'analyse de l'échantillon B des urines de Landis aura fort probablement confirmé celle de l'échantillon A, lorsqu'on aura disqualifié Floyd Landis et déclaré vainqueur du Tour de France l'Espagnol Oscar Pereiro, le nouveau vainqueur du Tour ne sera pas moins dopé que Landis.Même chose si l'on consacrait le troisième Andreas Klöden, le quatrième Carlos Sastre, le cinquième Cadel Evans, le sixième Denis Menchov.Cela étant établi pour la millième fois, permettez-moi cette parenthèse.Je me sens devant un nouveau scandale de dopage dans le vélo comme un chroniqueur politique au Moyen-Orient devant une nouvelle flambée de violence entre Israéliens et Palestiniens : épuisé à l'idée d'avoir à en parler pour la mille et unième fois à des gens (vous) qui, tout de suite, se campent dans une position morale.Ah, les crisse de dopés.Ce qui m'épuise tant, c'est d'échouer chaque fois à vous faire entendre que ce n'est pas une affaire de morale mais de culture.AUTRES TEXTES: EN PAGE 1 À 4 DU CAHIER SPORTS Le fond PHOTO JACK GUEZ, AGENCE FRANCE-PRESSE © Moins d'une semaine après son arrivée victorieuse sur les Champs-Élysées, Floyd Landis est soupçonné de dopage.TESTEZ POSITIF Lisez les commentaires et réagissez sur www.cyberpresse.ca/landis L'AFFAIRE LANDIS PHOTO REUTERS Oscar Pereiro « Tout ce que je demande, c'est qu'on me donne la chance de prouver mon innocence.Le cyclisme a la manie de faire le procès des gens dans la cour de l'opinion publique avant même qu'ils n'aient la chance de réagir.» \u2014 FLOYD LANDIS « Je n'ai jamais vu chez un athlète masculin une augmentation du T:E (taux de testostérone par rapport à l'épitestostérone) qui n'était pas due au dopage.Si la moyenne est à 1 et qu'on se retrouve à 10, c'est du dopage.» \u2014 La Dre CHRISTIANE AYOTTE, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS « On parlait toujours du train d'avance des tricheurs par rapport à ceux qui les poursuivent.C'est de moins en moins vrai et on peut s'en réjouir.Qui peut dire aujourd'hui qu'il va passer entre les mailles du filet ?» \u2014 CHRISTIAN PRUDHOMME, directeur du Tour de France « Si je devais gagner le Tour maintenant, ce serait une victoire académique.La façon de célébrer la victoire est à Paris, ailleurs il s'agit seulement de bureaucratie.» \u2014 OSCAR PEREIRO, deuxième au Tour de France 2006 LES PROCÉDURES - L'échantillon urinaire A de Floyd Landis a révélé un taux inhabituel de testostérone/épitestostérone.L'Union cycliste internationale (UCI) a informé mercredi l'équipe Phonax, la Fédération américaine de cyclisme, l'organisation antidopage américaine (ASAD) et l'Agence mondiale antidopage (AMA).- Landis demandera une contre-expertise sur l'échantillon B, qui sera faite par le même laboratoire.En attendant, il est suspendu par Phonax.Si le test est négatif, Landis est blanchi.- Si l'échantillon B se révèle positif, Phonax appliquera le code d'éthique de l'UCI et congédiera Landis.Les sanctions disciplinaires seront prises par la Fédération américaine de cyclisme.- Landis pourra se présenter devant sa fédération en compagnie d'experts pour présenter sa défense.Il pourrait par exemple passer des tests endocriniens pour démontrer que la présence de testostérone dans son organisme est naturelle.- La Fédération rend son jugement et applique, si nécessaire, les sanctions disciplinaires recommandées par l'UCI.S'il est déclaré coupable, Landis sera dépouillé de son titre au Tour de France et suspendu pour deux ans.L'AMA peut de son côté faire appel devant le Tribunal arbitral du sport si elle juge que la décision finale n'est pas conforme avec le code mondial antidopage.Stéphanie Morin nées, Landis pourrait perdre son titre de gagnant du Tour de France au profit de son dauphin, l'Espagnol Oscar Pereiro.Landis deviendrait alors le premier vainqueur du Tour à être déchu de son titre après la fin de l'épreuve.En 1978, le Belge Michel Pollentier, alors porteur du maillot jaune, avait été exclu du Tour à six jours de l'arrivée.Il avait caché une poire contenant une urine exempte de substance interdite.Au lendemain d'une terrible défaillance, Landis est entré dans la légende du Tour en remportant la 17e étape au terme d'un raid en solo de 130 kilomètres.L'échantillon positif a été prélevé le soir même de cette victoire.Deux jours plus tard, Landis a remis la main sur le maillot jaune de leader de manière définitive en finissant troisième d'un contre-la-montre.Les rumeurs au sujet d'un contrôle positif de Landis ont commencé à émerger mercredi.L'Union cycliste internationale (UCI) a d'abord annoncé un résultat anormal à un test de dopage mené lors du Tour de France.Le même jour, Landis a raté une course aux Pays-Bas.Il a aussi annulé sa présence à une course présentée hier au Danemark.Les dirigeants de Phonak ont exprimé leur surprise totale face à ce test positif ainsi que leur confiance envers leur coureur-vedette.«Nous sommes surpris du résultat, mais nous appliquons la procédure du code d'éthique que nous avons signé.Floyd va demander la contre-analyse, mais on ne va plus l'aligner sur les courses jusqu'au moment où l'affaire sera tirée au clair.Si le résultat de l'échantillon B confirme le premier résultat, il y aura licenciement », a déclaré le directeur de l'équipe Phonak, John Lelangue.Le Tour de France s'était amorcé sous un nuage noir quand, la veille du départ, 13 coureurs avaient été exclus, dont les favoris Jan Ullrich, Ivan Basso et Francisco Mancebo.Ils seraient impliqués dans un réseau de dopage mis au jour par la police espagnole dans le cadre de l'opération Puerto.Le fameux raid de Landis, le 20 juillet jusqu'à Morzine, annonçait une embellie en jaune.Revoilà la plus célèbre course cycliste du monde dans une zone grise.«Malheureusement, je ne crois pas que tout cela va disparaître, peu importe ce qui arrive maintenant.Ça semble être une plus grosse histoire que de gagner le Tour.Ce sera donc difficile à faire oublier.Je n'en voudrai à personne si on ne me croit pas.» TOUR PRIS EN DÉFAUT SIMON DROUIN Floyd Landis devra fouiller dans son passé s'il souhaite faire la preuve de son innocence.Christiane Ayotte, directrice du Laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-institut Armand-Frappier, rejette catégoriquement deux arguments invoqués pour sa défense par le cycliste américain dans une entrevue accordée au magazine Sports Illustrated.Des injections de cortisone pour atténuer la douleur à une hanche nécrosée et des comprimés avalés pour réguler son niveau d'hormones thyroïdiennes pourraient expliquer son test positif, selon Landis.«Ça n'a pas de rapport, a tranché la Dre Ayotte lors d'un entretien téléphonique, hier.Advenant le cas où on serait devant un taux de testostérone naturellement élevé - et que Landis n'aurait jamais été au courant -, on peut comprendre son désarroi.Cela dit, après les investigations de base, s'il s'agit vraiment d'un cas de dopage, on a droit aux explications usuelles.Ni la cortisone ni l'hormone thyroïdienne n'ont un rôle à jouer dans l'excrétion de la testostérone.» Un athlète est déclaré positif à la testostérone quand son ratio testostérone/ épitestostérone (T:E) est plus élevé que 4:1.En général, l'être humain normal a un ratio de T:E de 1:1.Selon la Dre Ayotte, il est courant de voir des athlètes mâles avec un ratio plus élevé que 4:1.Sur 32 000 échantillons d'urine d'athlètes masculins, on a déterminé que 1% était au-dessus de 4:1, d'où la prudence.«Si Landis a effectivement un ratio de T:E naturellement plus élevé que la moyenne des gens, il sera bien facile de l'établir à partir de ses échantillons urinaires prélevés au cours des dernières années », précise Mme Ayotte.«On a toute cette information.Ce sont des données mesurées systématiquement.Ils vont regarder les résultats du T:E dans les autres tests.On fait ça automatiquement et on a tout ça en banque.C'est la première chose que l'on doit faire dans un cas de testostérone.» «Je n'ai jamais vu chez un athlète masculin une augmentation du T:E et de la testostérone qui n'était pas due au dopage.Si la moyenne est à 1:1 et qu'on se retrouve à 10, c'est du dopage.Il ne peut y avoir de variations significatives de façon naturelle.» Landis prévoit se soumettre à un test endocrinien diligenté par un médecin espagnol du nom de Luis Hernandez.Au moins deux coureurs ont pu être innocentés grâce à cette méthode.En 1999, le Colombien Santiago Botero a réussi à prouver que ses taux élevés de testostérone étaient naturels.Le médecin l'ayant aidé dans ses démarches n'est nul autre qu'Eufemiano Fuentes, le même qui est au centre du présumé réseau de dopage sanguin en Espagne.L'Espagnol Inigo Landaluze, vainqueur du Critérium du Dauphiné en 2005, n'a pas été suspendu par sa fédération malgré un contrôle positif à la testostérone.Il a d'ailleurs pris part au dernier Tour de France, terminant troisième de la 10e étape.L'Union cycliste internationale a cependant fait appel de cette absence de sanction devant le Tribunal arbitral du sport.Explications douteuses « Je n'ai jamais vu chez un athlète masculin une augmentation du ratio testostérone/épitestostérone qui n'était pas due au dopage.Si la moyenne est à 1:1 et qu'on se retrouve à 10, c'est du dopage.Il ne peut y avoir de variations significatives de façon naturelle.» PHOTO JAVIER SORIANO, AGENCE FRANCE-PRESSE Abattu et vidé sur la ligne d'arrivée de la 16e étape, Floyd Landis reprendra dès le lendemain plus de huit minutes à ses principaux rivaux.Un contraste impressionnant. ANABELLE NICOUD Floyd Landis n'est pas un homme ordinaire.La vie de cet Américain de 30 ans, sorti de nulle part, a été une succession de bons et de mauvais coups.Côté bons coups, ses victoires au Tour de France, au Tour de Géorgie et au Tour de Californie.Côté mauvais coups, son échec aux tests antidopage.Discret et intègre, Floyd Landis a de l'ambition.Avant le départ du Tour, il fait déjà connaître son intention de remporter la prestigieuse épreuve.Il préfère tabler sur ses récentes victoires au Tour de Californie, au Tour de Géorgie et au Criterium du Dauphiné, plutôt que mettre l'accent sur ses limites.Blessé à la hanche depuis une chute en 2003, Floyd Landis s'est habitué à la douleur, et à monter sur son vélo par la gauche.Il a même accepté la perspective d'une opération qui pourrait lui interdire les compétitions.Rien ne semble toutefois entamer la détermination du champion en sursis.Quand il s'écroule pendant le Tour, le 19 juillet, ce n'est que pour mieux se relever.Le lendemain, il remporte l'étape décisive de Morzine et s'assure la victoire.Il est salué comme le nouvel espoir américain.Mieux : l'anti-Armstrong.Le septuple champion du Tour, accusé d'être froid, égoïste et orgueilleux, met ses coéquipiers à rude épreuve, alors que Landis se montre généreux.Pour avoir été l'un d'entre eux, Landis ne le sait que trop bien.«Il est difficile d'être ami avec Lance », avait-il déclaré après le Tour.Armstrong croit pourtant en Landis.En 2002, il repère le coureur, l'intègre dans l'US Postal et le sort des eaux - la faillite de l'ancienne équipe de Landis l'avait laissé criblé de dettes.Pendant deux ans, Landis apprend dans l'ombre d'Armstrong, participe à son premier Tour, puis quitte l'US Postal pour Phonak.Armstrong lui fera payer le prix de sa trahison.Avec le départ à la retraite d'Armstrong et le retrait des deux favoris du Tour, Ullrich et Basso, Landis voit son heure de gloire arriver.Tout est prêt pour ce que le quotidien sportif L'Équipe a baptisé le «come-back du siècle ».Élevé dans une famille mennonite, Landis ne croit pourtant pas aux miracles.Sa carrière sportive, il la doit plus à ses entraînements qu'à ses prières.Il a dû tourner le dos aux principes rigoristes de sa communauté pour réaliser son rêve.Adolescent, il s'entraîne le soir, en survêtement, seule concession familiale faite à la modernité.Il claque la porte de la ferme familiale à 20 ans, s'envole vers la Californie.Il se prépare avec son entraîneur pendant huit ans.Le rêve de l'Américain s'est réalisé dimanche.Il y a bien eu des drapeaux américains sur les Champs-Élysées.Un baiser avec sa femme Amber sur le podium est venu compléter l'image d'Épinal.La consécration aura duré moins de quatre jours.Floyd Landis, miraculé déchu L'AFFAIRE LANDIS RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE FARMERSVILLE, Pennsylvanie \u2014 Il est passé 17 h et Calvin Groff, qui a grandi avec Floyd Landis au pays des amish et des mennonites, ne connaît pas encore la nouvelle : le vainqueur du Tour de France a échoué à un test antidopage.En cette fin de journée caniculaire, il travaille à son parterre avec sa femme et leurs quatre enfants.Âgé de 30 ans, il n'a ni télévision, ni radio, ni ordinateur, juste un téléphone cellulaire pour gérer son entreprise d'ébénisterie.Joufflue comme son mari, Mme Groff porte une robe longue et le bonnet des mennonites.Elle baisse les yeux lorsqu'elle voit apparaître un journaliste en culotte courte.D'autres femmes mennonites passent sur la route, roulant à bicyclette, robes longues au vent et bonnets bien attachés.Plus tard, elles seront suivies d'amish se déplaçant à bord d'un buggy tiré par un cheval.Ceux-là sont encore plus éloignés de la modernité que les mennonites.Entre les gratte-ciel de New York et les collines du Lancaster, comté de la Pennsylvanie, il y a un monde de malentendus.Et pourtant, il n'y a que deux heures et demie de route.«Que pensez-vous de ce qui arrive à Floyd ?» demande le journaliste à Calvin.Le mennonite hausse les épaules.Il pense que les médias sont descendus sur Farmersville pour saluer le héros local.D'où il se tient, il peut voir les cars de reportage et les journalistes rassemblés sur le terrain avoisinant la maison des Landis.Du jamais vu à Farmersville, minuscule village composé d'une dizaine de maisons et d'une intersection, perdu au milieu de champs de maïs déjà à hauteur d'homme.«C'est juste une course cycliste, répond Calvin en haussant les épaules.Je n'ai jamais été un fanatique de sport.» Calvin finira par comprendre que son ami d'enfance, avec lequel il a étudié la Bible le dimanche, est accusé d'avoir triché au Tour de France.«Cela me touche beaucoup plus que sa victoire, dit-il en regardant ses deux aînés, qui suivent la conversation.Floyd vient d'une famille chrétienne.» Les Landis sont restés terrés dans leur maison blanche.Ils n'ont pas retiré toutes les affiches plantées parmi leurs fleurs.L'une dit : «À Dieu la gloire ».Une autre : «Oui, Floyd».Et une autre : «La gloire des jeunes hommes est dans leur force ».Ils ont cependant enlevé l'affiche, posée par un voisin, qui proclamait : «Floyd's the man».S'il y a un message contraire à la confession mennonite, c'est bien celui-là.«Les mennonites ne repoussent pas seulement la modernité, ils combattent l'individualité », fait remarquer Dwight Roth, professeur de religion au Hesston College, près de Wichita, au Kansas.En vacances dans son pays natal, le professeur Roth s'est retrouvé devant la maison des Landis hier après-midi.Au pays des mennonites et des amish, pas besoin du téléphone pour prendre contact avec un expert.Il suffit du hasard.«Certains mennonites penseront que Floyd a été puni pour son arrogance, dit-il.Quant à moi, s'il échoue au deuxième contrôle, je serai très déçu.» Né dans la confession mennonite, Dwight Roth a suivi Floyd Landis dans la modernité.Même si sa barbe et son chapeau de paille lui donnent des allures d'amish, le professeur croit, entre autres notions modernes, à l'université, lieu interdit aux bons amish et aux autres mennonites.Robert Lichty, homme d'affaires à la retraite, en est un autre qui a abandonné la foi de ses ancêtres, en l'occurrence des Suisses.Il n'a pas quitté la région, toutefois, et il connaît aussi bien les Landis que leur univers religieux.« Je sais que le pasteur de l'église Martindale n'a pas apprécié qu'ils parlent autant aux médias », dit-il.Dimanche dernier, Paul et Arlene Landis n'ont pas vu le triomphe de leur fils à la télévision.Enfourchant leurs bicyclettes, ils sont allés à l'église Martindale, comme d'habitude.Après la messe, Arlene a accueilli ses voisins et les journalistes dans son salon.«Nous savions dans notre coeur qu'il gagnerait, a déclaré Arlene, coiffée de son bonnet mennonite.Il n'est pas du genre à se contenter de la deuxième place.» Sauf les dimanches, Arlene a pu suivre le Tour de France en allant chez une voisine, qui a la télévision.Hier, Arlene Landis n'a parlé qu'à un journaliste.Elle ne blâmera pas son fils s'il a pris un produit pour soulager une douleur à la hanche.Mais si son fils a dûment triché, «il ne mérite pas de gagner », a-t-elle dit au cours d'un entretien téléphonique avec l'Associated Press.Et d'ajouter : « Il est toujours mon fils merveilleux.Si cela s'est passé, je l'aime autant que s'il l'avait gagné.» Et encore : «La tentation était forte.» Campés à l'extérieur de la maison blanche, les médias en voulaient plus.Un peu avant 17 h, une amie de la famille Landis est sortie de la maison pour lire un court message.«Floyd a téléphoné à sa mère et lui a assuré qu'il était propre», a déclaré Tammy Martin.Un policier montait la garde devant la maison des Landis.Et sur l'asphalte de l'unique intersection de Farmersville, on peut lire, en énormes lettres jaunes : « Floyd Landis, World Winner of Tour de France 2006, -10:00 to +.59, USA».Dix, c'est le nombre de minutes que Landis a abandonnées à ses rivaux lors de la 16e étape.Le lendemain soir, après son retour phénoménal, il a été contrôlé pour la testostérone.Et il a remporté le Tour avec une avance de 59 secondes sur son plus proche rival.Peu après sa victoire, des affiches sont apparues sur les devantures de la petite caserne des pompiers et de l'auberge de Farmersville.Elles célébraient le triomphe du Hometown hero.«Personne n'avait jamais parlé de Farmersville avant Floyd», a commenté Ivy Collins, en fumant une cigarette sur son balcon.«C'était agréable d'être connu comme le patelin du vainqueur du Tour de France.Ce ne serait pas agréable d'être connu comme le patelin d'un tricheur.S'il a fait quelque chose de mal, il mérite de perdre.» Loin d'être coiffée du bonnet mennonite, Ivy portait des jeans et un t-shirt du groupe rock Aerosmith.À Dieu la gloire Petit voyage dans la contrée de Floyd Landis, chez les mennonites PHOTO AFP© Paul et Arlene Landis devant leur maison au lendemain de la victoire de leur fils Floyd Landis au Tour de France.« Il est toujours mon fils merveilleux.Si cela s'est passé, je l'aime autant que s'il l'avait gagné.» PHOTO REUTERS© Lance Armstrong, qui a gagné le Tour de France pour la septième fois en 2005, avait pris Floyd Landis sous son aile en 2002.« Il est difficile d'être ami avec Lance », avait déclaré Landis. AU LIBAN L'armée israélienne a resserré l'étau autour de la ville de Bint Jbeil, bastion du Hezbollah, infligeant «des dommages stratégiques énormes », selon l'État hébreu.L'aviation israélienne a bombardé la plaine de la Bekaa, dans l'est et le sud du Liban.Au moins 10 civils, dont un Nigérian, ont été tués dans les bombardements israéliens, hier, portant à 424, dont 377 civils, le nombre de morts depuis le début du conflit.Le ministre libanais de la Santé soutient toutefois que jusqu'à 600 civils auraient été tués, dont de 150 à 200 seraient encore ensevelis sous les décombres d'immeubles effondrés.Un effort de dernière minute a permis d'évacuer du Liban plus de 1700 ressortissants canadiens.EN ISRAËL Le cabinet israélien de sécurité a décidé d'intensifier les bombardements aériens sur des bastions du Hezbollah, plutôt que d'étendre l'offensive terrestre.L'État hébreu a considéré l'absence de demande de cessez-le-feu par la conférence de Rome comme une « autorisation pour continuer » ses opérations au Liban, interprétation qu'a récusée l'Union européenne.Des dizaines de roquettes du Hezbollah ont atteint le nord d'Israël, hier.Une d'elles a atterri sur une usine chimique à Kiryat Shemona.Le bilan s'élevait hier à 52 morts du côté israélien.DANS LA BANDE DE GAZA Cinq Palestiniens ont été tués et 23 personnes blessées dans des tirs israéliens, l'armée poursuivant son offensive dans l'est de la bande de Gaza.Environ 143 Palestiniens, pour la grande majorité des civils, ont trouvé la mort depuis le lancement de l'offensive israélienne, le 28 juin.AU CANADA Les partis de l'opposition à Ottawa ont fustigé la réaction du premier ministre Stephen Harper à la mort présumée d'un soldat canadien non armé qui travaillait comme observateur de l'ONU dans le sud du Liban.La femme du Casque bleu canadien tué dans les bombardements israéliens croit que l'attaque de l'État hébreu était intentionnelle et a demandé des explications.AILLEURS DANS LE MONDE Le numéro 2 d'Al-Qaeda, Ayman al-Zawahiri, a appelé tous les musulmans à la guerre sainte contre Israël, dans la première intervention publique de l'organisation depuis le début du conflit.Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit « profondément choqué et bouleversé » par les tirs israéliens qui ont coûté la vie à quatre observateurs de l'ONU mardi, dans une déclaration très édulcorée par rapport aux précédentes, à la demande des Américains.LES FAITS SAILLANTS JOUR 16 LE PROCHE-ORIENT EN GUERRE HUGO MEUNIER Tout a pourtant bien commencé.Comme les évacuations de ressortissants canadiens coincés au Liban tirent à leur fin, personne n'a eu à patienter des heures à Beyrouth avant de grimper à bord d'un navire affrété par le gouvernement canadien en direction de Mersin, en Turquie.C'est donc presque avec le sourire que 400 personnes ont posé le pied sur le navire, un vieux traversier turc plein à craquer.En cas de naufrage, les quelques bateaux pneumatiques disponibles n'auraient pas pu sauver la moitié des passagers.Tant les autorités canadiennes que l'équipage turc prévoyaient une traversée d'environ 10 heures.Le navire a levé l'ancre vers 16 h, au son des bombardements israéliens.Des colonnes de fumée s'échappaient de Beyrouth.À environ une heure des côtes libanaises, le séjour en mer a viré au cauchemar.Des membres de l'équipage, unilingue turc, ont informé des passagers que la traversée durerait finalement une vingtaine d'heures.Mécontents, les gens ont tenté de savoir pourquoi la durée du voyage avait soudainement doublé.Impossible de le savoir, puisque aucun représentant du gouvernement canadien n'a fait le voyage avec les passagers.Aucun médecin, infirmier ou psychologue non plus.C'est donc dans ces conditions que les évacués, dont plusieurs enfants et personnes âgées et une poignée de femmes enceintes, ont quitté le port de Beyrouth.La suite jusqu'en Turquie est une succession d'images pathétiques.Pour comprendre, une description du bateau s'impose: une section intérieure, où environ 200 personnes s'entassaient dans des sièges ressemblant à ceux des avions.Aux extrémités, quelques tables entourées de banquettes.Pour ceux qui n'ont pas été assez rapides pour se dénicher une place à l'intérieur, il y avait toujours les ponts inférieurs et supérieurs.Côté hygiène, huit toilettes turques étaient à la disposition des passagers.En quelques heures, ces trous dans le plancher étaient remplis d'excréments et de vomissures.La plupart des passagers ont été malades.On pouvait facilement avoir la nausée en passant devant les toilettes.Les premiers spasmes collectifs de colère se sont fait sentir vers 21 h.Les gens dénonçaient la climatisation déficiente dans les espaces intérieurs.Il devait y faire plus de 35 degrés.Bouts de carton, passeports et livres servaient d'éventail.Plus tard, des membres de l'équipage ont préparé des sandwichs au fromage, vendus deux dollars américains.Mais six heures après le départ, les passagers étaient plus nombreux à réclamer un sac en plastique pour vomir qu'un sandwich.Quant aux bouteilles d'eau fournies par les autorités canadiennes, elles étaient délibérément laissées hors du frigo par l'équipage turc.Ce dernier profitait du fait que l'eau canadienne était chaude comme du thé pour vendre son eau réfrigérée aux passagers déshydratés.Quelques heures avant d'atteindre les côtes turques, il n'y avait plus une goutte à bord.Entre-temps, les gens ont dû prendre leur mal en patience.Éparpillés dans tous les recoins, les corps étendus sur les planchers de béton rappelaient les boat people.Lorsque le bateau a finalement accosté en Turquie, des membres de l'ambassade canadienne sont venus accueillir les passagers furieux et exténués.Les autorités semblaient elles aussi étonnées des tristes conditions dans lesquelles leurs ressortissants venaient de voyager.En quittant le port, on pouvait voir une scène qui parlait d'ellemême: d'un côté du quai, le vieux rafiot canadien, et de l'autre, un gigantesque navire militaire français.Une fois en Turquie, l'évacuation des réfugiés a fonctionné rondement.Le personnel canadien se montre très disponible et bien organisé.Les gens sont conduits par autobus dans un centre de transit climatisé avec douche et nourriture, d'où ils attendent leur vol vers le Canada.Même s'il s'agit d'une situation d'urgence, certains évacués se lamentent auprès des autorités canadiennes pour avoir une chambre d'hôtel, un vol plus rapide, etc.Selon un membre de l'ambassade rencontré à Beyrouth, quelques évacués profitaient carrément de la crise pour aller visiter de la famille gratuitement au Canada.Rapatriement de ressortissants canadiens Vingt heures de misère en mer PHOTO STEVE RUSSELL, TORONTO STAR C'est une traversée cauchemardesque qui attendait les quelque 400 évacués canadiens qui ont quitté le port de Beyrouth à bord d'un vieux traversier turc plein à craquer.MALORIE BEAUCHEMIN Estimant avoir obtenu le feu vert de la communauté internationale pour continuer son offensive, Israël a intensifié ses frappes aériennes sur le sud du Liban, hier, resserrant l'étau sur des bastions du Hezbollah, au 16e jour de ce conflit.Tsahal annonçait en fin de journée avoir mené 120 attaques contre des objectifs du Hezbollah.L'aviation libanaise a pilonné, hier soir, la plaine orientale de la Békaa, où se trouvent des bastions de l'organisation armée.D'intenses affrontements se sont poursuivis sur plusieurs fronts du sud du Liban, dont Bint Jbeil, où les forces israéliennes ont pénétré, mais où elles auraient perdu huit soldats dans la journée de mercredi, leur plus lourd tribut depuis le début de l'offensive, le 12 juillet.Le chef d'état-major israélien Dan Haloutz a affirmé que «les dommages infligés au Hezbollah, au niveau stratégique, sont énormes ».L'organisation chiite aurait quant à elle envoyé plusieurs dizaines de roquettes sur le nord d'Israël, sans toutefois faire de victimes.À la suite de l'échec de la conférence internationale de Rome, où les dirigeants des pays influents n'ont pas réussi à s'entendre sur un appel à un cessez-le-feu immédiat, le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, a jugé que l'État hébreu avait ainsi «obtenu l'autorisation pour continuer ses opérations jusqu'à ce que le Hezbollah ne soit plus présent dans le sud du Liban».L'Union européenne a estimé qu'Israël avait mal interprété les résultats de la conférence sur le Proche-Orient, et qu'en aucun cas la position exprimée par les dirigeants ne pouvait être vue comme une autorisation à continuer les combats.Néanmoins, Tsahal a décidé hier de mobiliser des milliers de réservistes afin de briser la résistance du Hezbollah.Le cabinet israélien de sécurité a toutefois choisi d'intensifier les bombardements aériens, plutôt que d'étendre l'offensive terrestre.Un sondage publié hier par le quotidien hébreu Maariv a estimé que 82 % des Israéliens étaient en faveur de la poursuite de l'offensive au Liban.Après la mort mardi de quatre observateurs de l'ONU dans un bombardement israélien sur le poste de Khiam, dans le sud du Liban, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit «profondément choqué et bouleversé», dans une déclaration qui ne condamne pas Israël, contrastant avec la position adoptée par le secrétaire général Kofi Annan cette semaine.Al-Qaeda réagit Pour la première fois dans ce conflit, l'organisation terroriste d'Oussama ben Laden a réagi, hier, à l'offensive israélienne en sol libanais, en menaçant l'État hébreu de représailles.Le numéro 2 d'Al-Qaeda, Ayman al-Zawahiri a appelé les musulmans, toutes confessions confondues, à s'unir dans une guerre sainte, un jihad, contre Israël.«Nous ne pouvons pas regarder ces roquettes pleuvoir sur nos frères à Gaza et au Liban et rester inactifs et soumis », a souligné al-Zawahiri dans un message vidéo diffusé par la chaîne panarabe Al-Jazira.Un autre message, provenant cette fois-ci d'Oussama ben Laden, est attendu dans les prochains jours, selon l'agence indépendante Intel Center, qui fournit de l'information sur le terrorisme au gouvernement et aux médias américains.Le bilan s'alourdit Plus les jours passent, plus le bilan s'alourdit des deux côtés du conflit.Si le bilan officiel des victimes de l'offensive israélienne s'élevait hier à 424, dont 349 civils, le ministre libanais de la Santé, Muhammed Jawad Khalifeh, a plutôt estimé que le nombre de morts se chiffrait à 600, dont une cinquantaine de personnes qui seraient encore ensevelies sous les décombres d'immeubles effondrés et plus de 150 portées disparues.Du côté israélien, 52 personnes ont perdu la vie, dont 18 civils tués par les roquettes du Hezbollah et une trentaine de militaires.Le Hezbollah aurait tiré plus de 1400 roquettes sur Israël depuis le début de l'offensive de l'État hébreu qui a suivi la capture de deux soldats par l'organisation chiite.Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, CNN.com et Aljazeera.net L'offensive israélienne s'intensifie Le cabinet israélien de sécurité a choisi d'intensifier les bombardements aériens.OTTAWA RENONCE À ENVOYER DES NAVIRES Un effort de dernière minute a permis hier d'évacuer plus de 1700 ressortissants canadiens du Liban, qui ont grimpé à bord de quatre navires à destination de la Turquie ou de Chypre.Selon les soldats sur place, il s'agirait de la plus vaste opération d'évacuation en une journée depuis les premiers moments de l'exode, la semaine dernière.Le nombre de Canadiens ayant quitté le Liban atteindrait maintenant 11 500, sur les 40 000 qui se trouvaient dans le pays au début de la crise.Par ailleurs, le Canada a renoncé à envoyer trois navires militaires au Liban, le gouvernement conservateur jugeant qu'il n'y avait aucun besoin immédiat d'une force navale dans la région méditerranéenne pour y évacuer des Canadiens, a souligné un porte-parole militaire.\u2014 Presse Canadienne Vingt heures de misère.Voilà qui résume le rapatriement par mer de quelque 400 ressortissants canadiens coincés à Beyrouth, auquel La Presse a pris part il y a deux jours.Autopsie d'une traversée cauchemardesque. JOUR 16 LE PROCHE-ORIENT EN GUERRE LAURA-JULIE PERREAULT Les 19 et 20 juillet, l'armée israélienne a déversé 20 tonnes de bombes sur un bunker du Hezbollah, croyant mordicus que son dirigeant, Hassan Nasrallah, s'y trouvait en compagnie de sa garde rapprochée.Le lendemain, ce dernier lançait un communiqué de presse en guise de pied de nez : le leadership de l'organisation chiite libanaise était intact.Le Hezbollah allait encore une fois survivre à la puissance de son ennemi, ne faisant pas mentir sa réputation de résistant coriace.«Le Hezbollah demeure un adversaire aussi intransigeant qu'avant le déclenchement des hostilités.Il ne montre aucune signe de faiblesse », a écrit cette semaine Amos Harel, spécialiste des questions militaires, dans le journal israélien Haaretz.L'histoire se répète.Malgré des moyens militaires inférieurs, le Hezbollah a réussi à tenir tête à l'État hébreu, de sa création en 1982 jusqu'au retrait d'Israël en 2000.Le soutien de la République islamique d'Iran n'est pas étranger à la résistance du mouvement.Bon an, mal an, le Hezbollah reçoit entre 100 et 300 millions de l'Iran.La Syrie enrichit aussi les coffres de l'organisation.Même si l'Iran nie armer le Hezbollah, quelques récentes surprises militaires indiquent le contraire.En plus de 12 000 roquettes sol-sol (la plupart sont des Katiouchas), le Hezbollah a en sa possession des missiles iraniens Zelsol-1, avec une portée de 150 km, ainsi que des missiles téléguidés C-802.Racines profondes Mais selon les experts du Moyen-Orient, la vraie force du Hezbollah ne réside pas dans son armement, mais dans son enracinement profond dans le sud du Liban, région qu'habite une écrasante majorité de musulmans chiites.«Le Hezbollah est au Liban ce que le Parti québécois est au Québec.Pourriez-vous détruire le Parti québécois en utilisant des moyens militaires ?Non, c'est inconcevable », explique Rex Brynen, professeur de sciences politiques à l'Université Mc Gill.Il pousse l'image plus loin: «Le Hezbollah, ce n'est pas le Front de libération du Québec.Vous ne pouvez pas arrêter ou éliminer 15 personnes et l'organisation s'écroule.» I l ajoute cependant qu'au niveau organisationnel, le Hezbollah soutient mal les comparaisons.Créé en 1982 en tant que mouvement de résistance chiite à l'occupation israélienne du sud du Liban, le Hezbollah, ou Parti de Dieu, a conservé son aile militaire après la fin de la guerre, tout en devenant un parti politique islamiste établi.Depuis 1992, il a en effet des représentants au Parlement libanais.En 2005, il a raflé 14 des 128 sièges de la législature et un poste de ministre.Le parti soutient aussi un immense réseau de services publics.«Dans le sud du Liban, quand vous êtes chiite, vous grandissez avec le Hezbollah.L'État libanais n'est pas un État-providence, et c'est le Hezbollah qui s'occupe de la population chiite, de la naissance à la mort.Les hôpitaux, les écoles, la collecte des ordures, les services publics, c'est eux », explique Marie-Joëlle Zahar, chercheuse à l'Université de Montréal.«Le voir comme une marionnette pure et simple de l'Iran et de la Syrie est dangereux.C'est ignorer la réalité sur le terrain », ajoute Mme Zahar.Un phénix qui renaît de ses cendres Le soutien et les effectifs du Hezbollah sont presque impossibles à chiffrer.Et c'est particulièrement vrai de l'aile militaire, qui a fait du secret et de la discipline de parti ses règles d'or.Selon certaines estimations, le noyau dur des combattants armés serait composé de tout juste 600 hommes, qui y consacrent leur vie.Mais les rangs des milices se gonflent à la vitesse de la lumière en temps de crise.«Ils fonctionnent un peu comme le Viet-cong.Les gens se battent dans leur propre village.Ils connaissent le terrain», explique Sami Aoun, professeur à l'Université de Sherbrooke.Il n'est pas inhabituel qu'un professionnel à temps plein devienne combattant en temps de conflit.S'il est tué, ses fils prennent sa place.Dans le sud du Liban, où la guerre est une réalité du quotidien depuis plus de 20 ans, le Hezbollah prépare d'ailleurs sa relève dès le plus jeune âge.Des photos, prises par la photographe américaine Alexandra Avakian, montrent des enfants de moins de 10 ans, habillés en treillis, qui prêtent serment au jihad (la guerre sainte) et au martyrologe.Ces jeunes appartiennent aux Scouts Al-Mahdi, une organisation liée au Hezbollah, qui apprend aux enfants les fondements de l'idéologie chiite et de la pensée du Hezbollah.Cette pensée a beaucoup évolué depuis la création du mouvement, au lendemain de la Révolution islamique d'Iran.Si le Hezbollah voulait à l'origine créer une république islamique au Liban, sur le modèle iranien, il a abandonné cette idée depuis, reconnaissant que le Liban est un pays multiconfessionnel.La disparition d'Israël fait cependant toujours partie de son programme, relayé aux plus jeunes.Une autre photo d'Alexandra Avakian montre un adolescent qui, lors d'un camp d'été des Scouts Al-Mahdi, a choisi de faire comme projet artistique une étoile de David en pierre.Tentative de rapprochement avec le pays voisin ?Pas du tout.Les autres jeunes qui voulaient entrer dans la tente de l'adolescent se voyaient contraints de piétiner le symbole du judaïsme.Organisation terroriste ?Le Hezbollah est-il une organisation terroriste ?Le sujet déchire les grandes puissances occidentales.Seuls le Canada, Israël, les États-Unis et l'Australie lui collent cette étiquette.Les États- Unis ne l'ont ajouté à leur liste d'organisations terroristes qu'en 2001, au lendemain du 11 septembre.Le Hezbollah a cependant dénoncé l'attentat en sol américain et la décapitation d'otages par Al-Qaeda en Irak.Plusieurs actes terroristes sont attribués au Hezbollah ou à des sous-groupes qui agissent en son nom.L'organisation aurait notamment participé à l'enlèvement de plus de 30 journalistes et diplomates pendant la guerre du Liban.Le chercheur français Michel Seurat est mort en captivité.L'organisation n'a jamais revendiqué ces rapts.Ils sont aussi soupçonnés d'avoir organisé les attentats suicide dirigés contre l'ambassade américaine et contre les baraques des Marines américains en 1983 à Beyrouth.Trois membres du Hezbollah sont sur le liste des terroristes recherchés par le FBI à la suite du détournement du vol TWA 847, en 1985.Deux attentats contre l'ambassade israélienne et le centre culturel israélien de Buenos Aires en Argentine, en 1992 et 1994, lui sont aussi attribués.Le Hezbollah rejette en bloc ces accusations.Indestructible, le Hezbollah?Le Parti de Dieu tient tête à l'État hébreu depuis 1982 Hier, l'armée israélienne a resserré l'étau autour de la ville de Bint-Jbeil, l'un des principaux bastions du Hezbollah.Le ministre israélien de la Défense, qui a perdu au moins neuf hommes lors de l'assaut, dit avoir infligé des «dommages stratégiques énormes » à l'organisation chiite libanaise.Néanmoins, malgré les bombardements intenses, la ville ne se rend pas.Le Hezbollah est-il indestructible ?PHOTO AFP© Dans les décombres causés par une bombe israélienne prèes de Beyrouth, un homme brandit une image du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, témoignage de l'enracinement du parti au Liban.THE NEW YORK TIMES HAÏFA, Israël\u2014 Haïfa, une ville de 250 000 habitants accrochée aux flancs d'une montagne, ressemblait mercredi à un plateau de tournage de Hollywood pendant une grève d'acteurs.Les rues étaient pratiquement désertes, les boutiques et les stations-service fermées, et les feux de circulation complétaient leurs cycles sans raison particulière.Il y a déjà eu des périodes de menace auparavant, mais les missiles n'avaient jamais atteint Haïfa.Aujourd'hui, le Hezbollah utilise des missiles syriens et iraniens plus évolués et de plus grande portée, de sorte que cette ville multiethnique, l'un des joyaux d'Israël, devient soudainement vulnérable.Les projectiles ont forcé les résidants à courir aux abris ou à quitter la ville, et nombre de ceux qui sont restés ont envoyé leurs enfants vers le sud, là où les missiles ne se sont pas encore rendus.Meirav Ben Simchon, 30 ans, vient de passer 13 jours ici, et elle est d'humeur à se battre.«Nous pouvons vivre cela pendant 10 ans s'il le faut, lance-t-elle.Nous sommes une nation de puissance et de croyance », ajoute-t-elle en se baissant pour toucher le sol craquelé.« Personne ne nous prendra cette terre, dit-elle.Personne.» Cette partie de la ville, un quartier pauvre appelé Kiryat Eleazer, abrite de nombreux immigrants venus du nord de l'Afrique et de la Russie, qui occupent des appartements bon marché.Ils partagent un abri souterrain froid et humide construit dans les années 50.Une roquette s'est abattue à deux pâtés de maisons de là il y a deux jours, fracassant des fenêtres et causant des blessures légères à deux personnes.Lorsque les sirènes se font entendre, les résidants courent vers la porte de l'abri.Marina Abayev, 40 ans, est arrivée en Israël il y a 10 ans en provenance de Bakou, en Azerbaïdjan, avec son mari et ses parents.«Après deux semaines, je ne peux plus maîtriser mes enfants », explique-t-elle en montrant Sabrina, 7 ans, et Eyal, 5 ans, qui s'égaillent dans la cour près de la porte de l'abri.La veille, elle avait laissé les enfants dormir à la maison, mais une sirène les a effrayés et ils sont descendus à l'abri.Ce n'est pas l'Israël auquel elle s'attendait, dit-elle, mais ses enfants, qui sont nés ici, sont israéliens.Ses yeux s'humectent et elle ajoute : «S'il y avait un autre endroit pour eux, je partirais.En vérité, il n'y a pas de lendemain pour ce pays, il n'y a que l'aujourd'hui.Je dois l'avouer : c'est trop dangereux ici.» Georgette Gaon, 40 ans, s'agite sur le matelas posé à même le sol de l'abri.«Israël est toujours vulnérable avec toute cette terreur, dit-elle.Vous pouvez prendre le bus et puis, boum! Maintenant, avec cette guerre, nous espérons que c'est un bon pas et que nous en finirons avec ces fous du Hezbollah.» Mme Gaon est du camp des faucons.«L'armée ne s'en tire pas mal, dit-elle, mais ils auraient dû commencer par la Syrie.Nous devons leur donner des leçons.» Au Centre médical Rambam, à Haïfa, qui se trouve aux abords du port fermé et déserté de la ville, les hélicoptères ramènent des soldats israéliens blessés au Liban.Il y en a plus d'une vingtaine.Les médecins du Rambam, l'un des hôpitaux les mieux équipés du nord d'Israël, font état du stress que vivent les habitants.L'hôpital a réservé une « salle de choc» dans une ancienne cafétéria, où les résidants qui ont connu de près une attaque à la roquette peuvent venir se détendre, parler à des thérapeutes, obtenir des médicaments et se calmer.Vulnérable Haïfa « Le Hezbollah est au Liban ce que le Parti québécois est au Québec.Pourriez-vous détruire le Parti québécois en utilisant des moyens militaires ?Non, c'est inconcevable.» JOUR 16 LE PROCHE-ORIENT EN GUERRE NATHAËLLE MORISSETTE Le chefdu Parti libéral, Bill Graham, n'apasmâché sesmots à l'endroit du premier ministre Harper en le qualifiant d'irresponsable pour avoir remis en question la pertinence de la présenced'une mission de l'ONU au Liban.De plus, selon un récent coup de sonde Decima, le gouvernement Harper perd des plumes au Québec par rapport aux appuis qu'il récoltait en mai.Le sondage a été mené du 20 au 23 juillet derniers, en pleine crise libanaise.Au Québec, le PC recueille 23 % des appuis, une baisse de six points par rapport à il y a deux mois.Le Bloc en récolte pour sa part 43 %, une hausse de cinq points.Les libéraux et les néo-démocrates obtiennent respectivement 18% et 8% des appuis.À l'échelle nationale, les conservateurs obtiennent 36 % des intentions de vote, comparativement à 30 % pour les libéraux et 17 % pour le NPD.À la suite du décès mardi de quatre observateurs de l'ONU - dont un Canadien - lors de bombardements par l'armée israélienne dans le sud du Liban, M.Harper avait cherché à comprendre pour quelles raisons des effectifs des Casques bleus se trouvaient toujours dans cette région du pays qui s'est transformée en véritable zone de guerre.Ces propos ont fait bondir le chef de l'opposition, Bill Graham.«Je crois que c'est complètement irresponsable », a-t-il lancé hier lors d'un point de presse à Montréal à l'issue d'une rencontre avec le Sierra Club du Québec.«M.Harper fait preuve d'irresponsabilité en remettant en cause la position traditionnelle que le Canada a toujours eue et qui vise à contribuer à la paix.Ce que j'ai trouvé inacceptable, c'est qu'il s'est demandé pourquoi on était là, pourquoi l'ONU était là.Il semble avoir beaucoup blâmé le soldat et l'ONU d'être là mais le soldat était là parce que le Canada a toujours eu un rôle de (pacificateur).» Il a également rappelé que le soldat se trouvait sur place à la demande du Canada.Par ailleurs, alors que le premier ministre Harper refuse de condamner Israël pour ces bombardements, M.Graham s'est bien gardé de prendre position à ce sujet.«Ce que nous devons faire, c'est de demander une enquête pour savoir (ce qui s'est passé), a-t-il déclaré.Il faut avoir tous les éléments avant de condamner des gens.J'ai pleinement confiance et j'ai beaucoup de respect pour le système judiciaire israélien.» Par ailleurs, les bloquistes ont eux aussi critiqué l'attitude du premier ministre à la suite de la mort des quatre observateurs de l'ONU.Dans un communiqué de presse publié mercredi, la porte-parole du Bloc en matière d'affaires étrangères, Francine Lalonde, a demandé à M.Harper «de réviser immédiatement sa position et de faire savoir le mécontentement du Canada au regard de la manière qu'Israël mène ses opérations militaires au Liban».De son côté, le premier ministre n'a fait aucune autre déclaration hier, et ce, malgré la grogne semée par ses propos.Pendant ce temps, les ressortissants canadiens qui se trouvaient au Liban continuent de rentrer au bercail.Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, et son homologue du Québec, Jacques Dupuis, se sont rendus à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour accueillir ceux qui étaient de retour hier.Ottawa et Québec envisagent la possibilité de partager les coûts engendrés par la mise en place de mesures d'accueil pour les ressortissants.Enfin, Cynthia Hess-von Kruedener, la femme du Casque bleu de Kingston en mission d'observation dans le sud du Liban porté disparu et présumé mort depuis les bombardements de mardi, a blâmé Israël, hier, pour ce qu'elle considère être une attaque intentionnelle de l'État hébreu.«Les Israéliens avaient des missiles guidés et ont décidé de bombarder ce site avec trois missiles », a-t-elle déclaré.Le major Paeta Hess-von Kruedener, âgé de 43 ans, participait à une mission d'observation de l'ONU dans la ville de Khiam, lorsque des bombes israéliennes ont détruit le poste, tuant avec lui trois autres observateurs, d'origine chinoise, autrichienne et finlandaise.Interrogée pour savoir si les Casques bleus auraient dû évacuer la zone, Mme Hess-von Kruedener a répondu : «Ce sont des soldats de l'ONU clairement identifiés.Ça aurait dû être un endroit sécuritaire.Ce site n'aurait pas dû être bombardé.» Puisque le corps de son mari n'a pas encore été retrouvé et identifié parmi les décombres, elle espère toujours qu'il soit en vie.Avec la collaboration de Malorie Beauchemin et PC Harper qualifié d'« irresponsable » Le chef des libéraux fédéraux dénonce les propos du premier ministre sur le travail de l'ONU PHOTO KARAMALLAH DAHER, REUTERS © Des soldats des Nations unies en provenance d'Inde transportent le corps d'un observateur de l'ONU tué dans un raid israélien vers un hôpital de Marjaoun dans le sud du Liban.CRISE AU MOYEN-ORIENT Suivez l'évolution des événements sur www.cyberpresse.ca/monde JOONEED KHAN ANALYSE Face à l'intensité des combats, l'Australie a ramené hier à Beyrouth 12 militaires qui ont aidé à évacuer 4400 de ses citoyens pris sous les bombes israéliennes visant le Hezbollah.Onze autres soldats australiens servant dans l'ONU pour la supervision de la trêve (ONUST) restent toutefois dans le sud du Liban.Mais le ministre des Affaires étrangères Alexander Downer a déclaré qu'envoyer des troupes pour maintenir la paix dans cette région serait « une mission suicide » en l'absence d'un cessez-le-feu.La position de l'Australie, alliée fidèle des États-Unis, farouche partisan du «droit d'Israël à se défendre », n'est pas une critique de la destruction par Israël du poste de l'ONU à Khiam, qui a causé la mort de quatre observateurs, dont un Canadien.L'incident rappelle le massacre de Cana, le 18 avril 1996, alors que 106 civils libanais fuyant les bombes israéliennes étaient tués dans la base de l'ONU où ils s'étaient réfugiés.Il y eut 116 blessés.Voulant condamner Israël, Boutros-Ghali fut éjecté par les États-Unis de son poste de secrétaire général de l'ONU.Pour l'Australie, il s'agit plutôt d'un repli pour permettre à Israël d'« exterminer le Hezbollah ».C'est un aveu qu'un cessez-lefeu n'est pas envisagé pour le moment.C'est un signal qu'Israël peut frapper à sa guise.«Il est important que les Australiens apprécient, malgré l'affront que représentent pour nous les actions d'Israël, que (l'État juif) se bat contre le Hezbollah et le Hamas, voués à sa destruction avec l'aide de la Syrie et de l'Iran», a déclaré le ministre de la Défense Brendan Nelson à la télévision australienne ABC.Un Australien détenant la nationalité israélienne et enrôlé dans l'armée, Assaf Namer, figurait parmi les neuf soldats israéliens tués mercredi à Bint Jbeil, soulignent les médias, en citant le ministre Downer.La position de l'Australie cadre bien avec le texte laborieux du Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est déclaré hier «profondément choqué » par le drame de Khiam, mais qui ne comporte ni le mot «condamnation» ni aucun appel au cessez-le-feu.Déjà, la conférence de Rome avait omis mercredi d'appeler à un cessez-le-feu immédiat.Hier, le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tumioja, parlant au nom de l'Union européenne, était contraint de préciser qu'Israël avait «mal interprété» le texte de Rome en y voyant une «carte blanche pour poursuivre son offensive ».Ce f lottement des puissances occidentales cadre, lui, avec l'unilatéralisme du leadership états-unien depuis les attentats du 11 septembre 2001, renforcé par la doctrine de «frappe préventive » depuis l'invasion de l'Irak.L'axe Washington-Londres La Chine, qui a aussi perdu un homme à Khiam, avait proposé un texte plus musclé.Elle a menacé hier de riposter face aux Occidentaux à l'occasion de négociations sur d'autres sujets difficiles, comme le programme nucléaire iranien et nord-coréen.La Russie soutenait le texte chinois avec « la majorité des membres du Conseil» et exigeait un cessez-le-feu immédiat.«Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont bloqué », a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Moscou.Washington et Londres affrontaient entre-temps une affaire de transport d'armes à Israël : selon la presse, deux avions A310 chargés de bombes GBU28 à guidage laser pour Israël ont fait escale le week-end dernier à l'aéroport de Prestwick.Philip Zelikow, du secrétariat d'État, était par ailleurs à Bruxelles pour discuter d'une future force pour le Liban avec l'OTAN et l'UE, tandis que l'ambassadeur états-unien à l'ONU, John Bolton, affirmait au Sénat que « le Liban pourrait, comme l'Irak, devenir un exemple de démocratie pour le Moyen-Orient ».Avec AFP, AP, Reuters, Haaretz, Xinhua, abc.net et The Guardian Carte blanche à Israël RICHARD BIRON Un millier de personnes, dont le maire Gérald Tremblay, ont pris part à la manifestation «pour la paix » organisée par B'nai Brith, une organisation pro-israélienne, hier au square Dominion.Au cours du rassemblement, des orateurs ont répété à de nombreuses reprises que la manifestation n'était pas hostile aux Libanais en général.«Ce sont des victimes innocentes.Ils sont occupés par le Hezbollah et l'Iran.Cette occupation doit cesser », estime le rabbin montréalais Reuben Poupko.Certains disent que la riposte israélienne était disproportionnée, et c'est vrai.Si nous avions eu un souci de proportionnalité, nous aurions bombardé directement des civils sans avertir et nous aurions agi comme le Hezbollah.» «Je suis un survivant de l'Holocauste, et les paroles du président de l'Iran sont du même type que celles d'Hitler, a renchéri Thomas O.Hecht, membre du conseil d'administration de l'Institut canadien de recherches sur le judaïsme.Elles mettent en danger non seulement le peuple juif, mais toutes les nations.» Pour sa part, le maire Tremblay, n'a pas pris la parole, contrairement à plusieurs invités à ses côtés, et a refusé de prendre parti dans le conflit, marchant visiblement sur des oeufs.Après la manifestation, le premier magistrat a été interrogé sur la signification de sa présence à un événement organisé par une association pro-israélienne.«Je suis ici parce que c'est un rassemblement pour la paix », s'est contenté de dire le maire, qui a aussi participé à une messe de maronites libanais le week-end dernier.M.Tremblay a également refusé de se prononcer sur l'opportunité d'un cessez-le-feu ou sur la proportionnalité de la riposte israélienne à l'enlèvement de deux de ses soldats.«Il ne m'appartient pas de porter un tel jugement », a-t-il déclaré.Manifestation pro-libanaise à Ottawa La présence du maire a fait vivement réagir les organisateurs d'une autre manifestation, prolibanaise celle-là, tenue devant le siège du ministère des Affaires étrangères à Ottawa.« Je suis choqué, sans paroles de voir que le maire s'est joint à une manifestation du B'nai Brith», a affirmé Ahmad Mustafa, de Tadamon!, un collectif de solidarité entre mouvements sociaux montréalais et libanais.«Les gens du B'nai Brith font de la manipulation lorsqu'ils se disent pour la paix, a ajouté M.Mustafa.Nous aussi, nous sommes pour la paix, mais pas à la façon américaine.Nous souhaitons une paix juste, sans oppression et sans occupation.» Quelques centaines de personnes, dont plusieurs venues de Montréal par autocars, ont quant à elles pris part à la manifestation pro-libanaise d'Ottawa.Elles ont remis une lettre au représentant du ministre Peter Mac Kay, dans laquelle elles dénoncent le «parti pris » du gouvernement Harper.Rassemblement pour la paix du B'nai Brith à Montréal OUTGAMES ARIANE LACOURSIÈRE Les commerçants ne seront pas les seuls à profiter de la venue des Outgames à Montréal.Les travailleurs du sexe comptent également augmenter leurs tarifs pendant les deux semaines de compétitions.«Généralement, les gars les plus «cheap» demandent 20 $ ou 25$ par client.Moi, je demande à peu près 40 $.Pendant les Outgames, on va pouvoir exiger le même prix qu'on demande habituellement aux Américains, soit 100 $», dit Félix, un prostitué rencontré hier à l'angle des rues Sainte-Catherine et Champlain.Selon Félix, la hausse des tarifs est tout à fait pertinente.«Montréal est l'une des villes américaines où la prostitution coûte le moins cher.On peut bien augmenter un peu nos prix », soutient-il.Les agences d'escortes pourraient aussi profiter de l'arrivée massive de touristes à Montréal.«Mon agence a déjà monté ses prix.C'est bon pour moi ! » affirme Tommy.Selon lui, les salons de massages « spéciaux » et les bars de danseurs feront aussi des affaires en or.Si l'arrivée des Outgames fait saliver plusieurs travailleurs du sexe, d'autres doutent faire plus d'argent.«Il va y avoir tellement de beaux gars partout en ville que les gens n'auront pas besoin de venir nous voir pour se satisfaire.Ils vont juste « cruiser » ! croit Philippe.Quoiqu'il y ait toujours des gens prêts à payer pour quelque chose de rapide et de pas compliqué.» Malgré l'attrait financier lié aux Outgames, les travailleurs du sexe de l'étranger n'ont pas envahi les rues de Montréal dans l'espoir de s'enrichir.«On est pas mal tout le temps les mêmes réguliers.Je n'ai pas vu d'étrangers et je pense vraiment pas qu'il va y en avoir », dit Félix.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a pas non plus remarqué l'arrivée d'étrangers.Au cours des deux prochaines semaines, les policiers du SPVM seront plus nombreux à patrouiller le quartier gai.«Mais personne n'a reçu la consigne de faire plus de répression.Les policiers interviennent toujours de la même façon», affirme le porte-parole du SPVM, Daniel Rondeau.Les prostitués ne sont pas de cet avis.«Les policiers nous surveillent beaucoup plus.Ils ont déjà nettoyé un peu le secteur », prétend Félix.«Depuis que les Outgames ont été annoncés, les travailleurs du sexe nous rapportent de plus en plus de cas de répression policière », affirme Gilles Tardif, coordonnateur des programmes cliniques pour l'organisme communautaire Cactus.LES TARIFS SEXUELS À LA HAUSSE Les travailleurs du sexe veulent tirer leur épingle des Jeux MARIO GIRARD Parmi les nombreux thèmes abordés au cours de la première journée de la Conférence internationale sur les droits des lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT), ceux de l'homoparentalité et du transsexualisme ont dévoilé quelques pans de leur réalité.Conclusion: les conjointes lesbiennes font d'excellentes belles- mères et le transsexualisme souffre de son isolement.Phénomène peu ex ploré jusqu'ici , l'homoparental ité intéresse de plus en plus les chercheurs.Hier matin, des étudiants de l'UQAM sont venus présenter des données préliminaires liées à des travaux en chantier.En introduction, Danielle Julien, professeure de psychologie à l'UQAM, a expliqué que la plupart des études réalisées jusqu'ici sur le sujet ont été faites pour le compte des juristes.Il est grand temps selon elle qu'on aille plus loin.Mais déjà, des conclusions se profilent à l'horizon.Belles-mères lesbiennes «Il ne fait aucun doute qu'il n'y a aucune différence quant à la compétence parentale des homosexuels », dit-elle.Certaines études relèvent toutefois qu'il y a davantage de femmes en détresse parmi les mères lesbiennes et que les filles élevées par des lesbiennes étaient plus enclines à explorer la bisexualité que les autres filles hétérosexuelles.Émilie Jouvin s'est attardée à comparer des familles recomposées, d'une part de mères lesbiennes et d'autre part de parents hétérosexuels.Elle a entre autres découvert que les belles-mères lesbiennes avaient une meilleure relation avec les enfants de leur conjointe que dans le cas du beau-parent hétérosexuel.Son étude démontrera que le bien-être des enfants élevés par des parents gais est aussi probable qu'avec des parents hétérosexuels.Alexandre L'Archevêque s'est intéressé à l'implication des pères gais auprès de leurs enfants.Comme la plupart ont eu leur enfant au moment d'une relation hétérosexuelle, il a remarqué que les hommes qui n'avaient pas encore vécu leur coming-out avaient une relation plus difficile et distante avec leurs enfants.Leur collègue Johanna Vyncke a comme champ d'intérêt l'homophobie dont peuvent être victimes les enfants élevés par des parents homosexuels.Sur les enfants consultés, 67 % affirment n'avoir jamais été victimes de discrimination à cet égard.Près de 30 % d'entre eux ont toutefois répondu avoir connu une forme d'homophobie « rarement » ou «de temps en temps ».L'isolement des transsexuels Plus tard en après-midi, Julie- Maude Beauchesne, présidente de la Coalition des transsexuel(les)s du Québec, a animé un atelier à propos des difficultés rencontrées par les transgenres lorsqu'il s'agit de se rassembler et de revendiquer leurs droits.«Le problème c'est qu'une fois qu'ils ont subi leur transformation, les transsexuels adoptent un mode de vie qui les rend invisibles », dit-elle avant de parler d'études internationales qui prétendent qu'une personne sur 2000 serait transsexuelle.Selon la jeune femme de 32 ans, qui a connu une transformation il y a quelques années, le comingout des transsexuels est beaucoup plus important que celui des gais.«Il se fait instantanément auprès de la famille, des amis et des collègues de bureau.Voilà pourquoi plusieurs transsexuels désirent retrouver une forme d'anonymat après ce choc.» Une mobilisation des transsexuels permettrait une meilleure revendication des droits.Pour l'instant, le gouvernement québécois défraie les coûts reliés à une transformation lorsque celleci est pratiquée dans un hôpital public.«Le hic, c'est qu'il est impossible de trouver des spécialistes dans ces hôpitaux, dit Mme Beauchesne.Il faut aller dans des cliniques privées.» Une opération permettant à un homme de devenir une femme coûte de 15 000 $ à 25 000 $, celle d'une femme qui veut devenir un homme de 35 000 $ à 70 000 $.CONFÉRENCE SUR LES DROITS DES LGBT L'homoparentalité et le transsexualisme sous la loupe PHOTO YVANOH DEMERS, LA PRESSE © L'arrivée des Outgames crée aussi des attentes du côté des travailleurs du sexe.La thématique est d'ailleurs reprise avec humour sur un panneau publicitaire commandité par COCQ-Sida, qui montre des équipements sportifs en forme de pénis : une queue de billard, un volant de badminton, une rame d'aviron et un bâton de baseball.Le slogan: «Équipé pour les Jeux ?». OUTGAMES MARIO GIRARD En pleine ouverture des Outgames, une campagne publicitaire pour le moins percutante a fait son entrée à Montréal.Elle a été conçue par la firme Marketel, à la demande de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida).Ses différents messages reprennent certains symboles du monde olympique en les intégrant à la réalité gaie.Sur la thématique « Équipé pour les jeux ?», la campagne se divise en trois volets.D'abord une série de huit photographies présentent des équipements sportifs dotés d'une connotation phallique à peine voilée.Un manche de raquette de tennis, un volant de badminton et le bout d'une queue de billard rappellent immédiatement la forme d'un sexe masculin.Sachets de condoms Le second volet montre des pic togrammes symbol isant certaines disciplines sportives (lutte gréco-romaine, cyclisme, aviron, dynamophilie).Ceux-ci adoptent des positions sexuelles sans équivoque et apparaissent sur des sachets de condoms.Une version animée de ce volet a également été réalisée.Habituée à recevoir des plaintes et des critiques négatives pour ses campagnes publicitaires, la COCQ-Sida avoue que pour l'instant la campagne est bien accueillie.«Nous n'avons reçu aucun commentaire négatif jusqu'à maintenant », dit Lise Pineau, directrice générale de l'organisme.Message festif Conçue avec la collaboration de l'agence Marketel, cette campagne se veut moins dramatique que les précédentes.« Comme c'était pour les Outgames, on a voulu faire quelque chose de festif », dit Laetitia Leclerc, superviseuse de l'agence Marketel, qui ajoute que le travail du photographe, Jean-François Gratton, est jusqu'ici très remarqué.Campagne peu coûteuse Cette campagne, qui a coûté 60 000 $, peut être vue sur des panneaux, dans des magazines, mais aussi dans les bars et saunas gais.Elle a été financée par le ministère de la Santé et des Services sociaux.«Vu la qualité de la campagne, c'est très peu, dit Lise Pineau.C'est possible grâce à Marketel, qui nous offre depuis trois ans sa collaboration.» Une campagne antisida percutante pour marquer l'événement «Comme c'était pour les Outgames, on a voulu faire quelque chose de festif.» - Laetitia Leclerc, superviseuse de l'agence Marketel ARIANE LACOURSIÈRE L'offensive promotionnelle des Outgames a fonctionné.Quelques heures après l'annonce que les billets pour la cérémonie d'ouverture se vendraient à deux pour le prix d'un, plusieurs personnes ont réservé leurs places dans les gradins du Stade olympique.«Les ventes se déroulent très bien maintenant », confirme Pascal Dessurault, des Outgames.En fin d'après-midi hier, les gens étaient nombreux à attendre aux guichets du Stade pour se procurer leurs billets.Les autres trois fêtes officielles des Outgames, portant le nom de Mind, Body et Soul, n'auront pas besoin d'effectuer une « vente de feu ».Les billets s'écoulent déjà à un bon rythme.«Pour le premier party qui aura lieu au Métropolis, 1500 billets sur 2200 sont déjà vendus.Les gais sont des gens de party.Je suis confiant que la place va se remplir très vite», dit l'organisateur des trois événements, Robert Vézina.Président-fondateur du festival Black & Blue, un rave qui se tient chaque année au Stade olympique, Robert Vézina promet des soirées enlevantes.«Le dernier party, Soul, devrait être quelque chose.Il va y avoir des performances live et plein d'effets spéciaux.Certains éléments se promèneront au plafond sur des rails », décrit l'organisateur.La soirée aura lieu dans la salle d'exposition du Palais des congrès et pourra accueillir jusqu'à 10 000 personnes.Jusqu'à maintenant, 5000 billets ont été vendus.«L'industrie des partys raves est ainsi.Les gens achètent vraiment à la dernière minute», soutient Robert Vézina.Même si les billets se vendent 95$ chacun, il croit que la salle sera pleine à craquer le 5 août.Les passants interrogés hier dans le quartier gai semblent lui donner raison.«Je n'irai pas aux cérémonies d'ouverture, mais j'irai au Soul parce que ce sera un vrai party », dit Diego.De toutes les personnes interrogées, seul Pierre Thibodeau n'avait pas l'intention de participer à au moins une des fêtes des Outgames.«Je fuis pour la campagne.J'ai l'impression que les gens qui vont y aller viennent tous du village gai.Ça fait un peu ghetto.Je préfère le calme de mon chalet », dit-il.VENTE DE BILLETS Une promo qui lève 3412624A EN BREF Les conservateurs seront là À la suite de la parution de notre article d'hier sur la participation des politiciens aux Outgames, plusieurs d'entre eux ont tenu à confirmer leur présence à l'événement.Sur la scène fédérale, le député du Nouveau Parti démocratique Bill Siksay, militant de longue date des droits des gais et lesbiennes, sera présent.Au Parti conservateur, le ministre des Travaux publics, Michael Fortier, a finalement confirmé qu'il sera aux cérémonies d'ouverture.Au Québec, Manon Massé et François Saillant représenteront Québec solidaire.- Ariane Lacoursière Parcours d'autobus modifiés Dans le cadre des activités du festival Divers-Cité, le parcours de certains circuits d'autobus de la Société de transport de Montréal (STM) sera modifié entre le 30 juillet et le 6 août.Le circuit 15, rue Sainte- Catherine, ne sera plus en service à partir de 21h le dimanche 30 juillet pour permettre la tenue du défilé.Les vélos seront par ailleurs interdits dans le métro pour la soirée du 30, le défilé contribuant à accroître l'achalandage dans le réseau.Les parcours des circuits 30, 45, 358 et 361 seront aussi modifiés à certains moments au cours de la semaine d'activités.Pour obtenir les horaires et modifications, les usagers peuvent composer le 514-288-6287 ou consulter le www.stm.info.La Presse ACTUALITÉS SÉBASTIEN RODRIGUE La prochaine élection partielle dans l'arrondissement de Rosemont -La Petite-Patrie se fera à la mitaine.Les urnes électroniques seront remplacées par des boîtes de carton, et les calculatrices automatiques laisseront place au dépouillement manuel - avec des scrutateurs en chair et en os.Après le fouillis électoral de novembre dernier lors des élections municipales, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a imposé un moratoire sur le scrutin électronique, a appris La Presse.Selon Myriam Régnier, porteparole du DGEQ, une enquête et des tests sont toujours en cours.Les conclusions étaient attendues en mai, mais des délais sont survenus.L'enquête porte sur l'ensemble des systèmes de votation électronique utilisés dans 179 municipalités lors des élections de novembre 2005.Les résultats, qui seront rendus publics à l'ouverture de la prochaine session parlementaire en octobre, détermineront l'avenir du scrutin électronique.En attendant la fin des travaux, le DGEQ n'a pas renouvelé l'entente autorisant le recours au scrutin électronique.Une porte-parole de la Ville de Montréal, Natacha Beauchesne, confirme que Montréal utilisera un mode de vote traditionnel pour élire le conseiller municipal du district de Marie-Victorin le 24 septembre prochain.Cette élection partielle a été déclenchée après la démission de Pierre Bourque, en mai dernier.La campagne électorale doit débuter le 10 août.À Montréal, on a utilisé les urnes électroniques et la compilation automatique des résultats en novembre dernier.La journée et le lendemain du scrutin ont toutefois été marqués par de nombreux problèmes techniques.Ainsi, les résultats officiels n'ont été disponibles que 24 heures après la fermeture des bureaux de scrutin, et deux candidats se croyant victorieux le soir des élections ont par la suite appris qu'ils avaient perdu.La présence de doublons dans les résultats a ensuite modifié le vainqueur à la mairie de l'arrondissement du Sud-Ouest.Le scrutin de novembre dernier a par ailleurs suscité un nombre record de 15 demandes de dépouillement judiciaire \u2014 les résultats sont toutefois demeurés identiques après les dépouillements.Dans un rapport soumis au DGEQ, la présidente des élections de la Ville de Montréal, Jacqueline Leduc, a critiqué le travail de la firme PG Élections.Elle s'interrogeait aussi sur la pertinence de tenir des élections municipales simultanément partout au Québec.M me Leduc affirmait néanmoins qu'un scrutin électronique augmentait la fiabilité des résultats et diminuait les risques d'erreurs.La Ville de Montréal a pour sa part refusé de payer une dernière tranche du contrat avec la firme PG Élections, évalué à 1,2 million de dollars.Selon la porte-parole de la Ville, des négociations sont toujours en cours entre l'administration municipale et l'entreprise à ce sujet.Au total, 83 municipalités ont fait affaire avec PG Élections pour organiser leur scrutin en novembre dernier.ÉLECTION PARTIELLE DANS ROSEMONT Les bulletins de vote seront dépouillés manuellement PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Après le fouillis électoral de novembre dernier lors des élections municipales, le Directeur général des élections du Québec a décidé d'imposer un moratoire sur le scrutin électronique.JANIE GOSSELIN Loin du glamour du Vieux-Montréal et des calèches rose bonbon, plusieurs problèmes se cachent dans l'industrie des chevaux de Montréal.La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a récemment conseillé à la Ville de détruire l'écurie Lucky Luc, a appris La Presse.«Les matériaux, c'est du bois pourri, des planchers défoncés, des toits qui coulent, des endroits potentiellement dangereux », explique l'inspectrice de la SPCA, Nathalie Bouillé.De l'extérieur, l'établissement a mauvaise mine.Revêtement rouillé, clôture tombante, brèches apparentes.Il a toutefois été impossible à La Presse de visiter l'intérieur.Le propriétaire de l'établissement, Luc Desparois, admet l'allure pitoyable de son écurie.«C'est très dû pour des rénovations, concède-t-il.Quand ça fait 12 ans qu'il y a des chevaux qui frappent dedans, c'est sûr que c'est moins attrayant que ce l'était.» Quant au toit qui coule, « ça ne coule pas sur les chevaux, ça coule derrière, sur le trottoir », assure-t-il.Il prévoit faire des rénovations à l'automne.L'écurie peut accueillir une cinquantaine de chevaux.Pourquoi ne pas avoir réglé les problèmes plus tôt ?«Quand on se fait menacer chaque année de se faire fermer, ce n'est pas le temps d'investir des 10 000 $ et des 20 000 $ de plus », explique Luc Desparois.Techniquement sans statut, il pourrait obtenir une reconnaissance sous peu grâce à un droit acquis.Des écuries sans permis Lucky Luc n'est pas le seul à exploiter une écurie sans permis sur le territoire de Montréal.Réjean Fortin a fondé la sienne l'an dernier, à la suite d'une mésentente avec M.Desparois.Son dossier est actuellement à l'étude à l'arrondissement du Sud-Ouest.« Pour l'instant , la Ville me laisse tranquille », dit-il.Tout près de l'écurie de M.Fortin, celle de Leo Leonard a obtenu une reconnaissance de droits acquis.L'octogénaire a cependant accepté une offre d'achat, et fermera ses portes à l'automne.Le nouvel acquéreur détruira vraisemblablement les stalles.Il reste une seule écurie qui a obtenu un permis après avoir fourni des attestations d'experts.L'Écurie de Montréal a ouvert ses portes il y a une dizaine d'années, à Pointe-Saint-Charles.Son propriétaire, Jean-Simon Desparois, est en colère.«Cela me crée un grand préjudice, parce que j'ai des coûts reliés à toutes ces installations-là et à l'entretien rigoureux que la Ville exige que je fasse », ditil.L'inspectrice de la SPCA le confirme.À la Ville, un comité a été formé pour régler les problèmes touchant l'industrie des chevaux de calèche.Mis sur pied il y a un an, le comité est responsable du rachat des 12 permis de véhicules hippomobiles annoncé en juin dernier.La surpopulation des fiacres dans le Vieux-Montréal n'est qu'un des problèmes auxquels le groupe a l'intention de s'attaquer.«C'est sûr que le souhait du Sud-Ouest est de diminuer le nombre d'écuries », a expliqué Gilles Morel, qui fait partie du comité.Créer une seule écurie ?L'idée a déjà été repoussée il y a quelques années, faute de budget.INDUSTRIE DES CHEVAUX Des écuries ont fort mauvaise mine GABRIEL BÉLAND Les contribuables n'ont pas fini de payer pour la modernisation des urgences de l'Hôpital général du Lakeshore.Les travaux avaient déjà coûté 10 millions de dollars de plus que prévu.Et voilà que l'entrepreneur poursuit l'établissement pour encore 10 millions.La liste des suppléments réclamés est longue: frais d'augmentation des coûts de matériaux, de main-d'oeuvre, d'intérêts, de prolongation des travaux, de travaux d'hiver\u2026 Au total, c'est plus de 9,6 millions qu'exige le consortium G.A.S.L'entreprise juge qu'elle a dû effectuer des travaux qui n'étaient pas prévus.En fait, l'hôpital situé à Pointe-Claire a donné 490 ordres de changement.Plusieurs de ces modifications ont été établies « sans négociation », affirme le consortium.Dans sa poursuite déposée la semaine dernière, G.A.S.accuse l'hôpital d'avoir agi « de façon arbitraire » en fixant le prix des changements au détriment de l'entreprise.Si la cour accepte la demande du plaignant, la modernisation du service des urgences aura coûté 76 millions.L'étude initiale prévoyait plutôt un budget de 54 millions.Il s'agirait donc d'un dépassement de coûts de 40 %.Entreprise en 2000, la rénovation des urgences devait être achevée en août 2004.Elle a été terminée 16 mois plus tard.Le consortium refuse d'en prendre la responsabilité.Il blâme l'hôpital tout en lui demandant d'en assumer les frais.«Projets mal définis » En juin, le vérificateur général du Québec avait dénoncé les dépassements de coûts.Il avait analysé neuf projets ruineux dans le réseau de la santé, dont celui du Lakeshore.«Souvent, les projets sont mal définis.Leur définition se fait pendant le projet.On dit : tant qu'à y être, on va faire ceci; tant qu'à y être, on va faire cela », a souligné Renaud Lachance.De son côté, l'Hôpital général de Lakeshore espère pouvoir s'entendre avec le promoteur.«On s'oriente vers la médiation.Si les deux parties s'entendent, tout va bien aller », explique le directeur technique du Lakeshore, Denis Dufour.Il n'a pas voulu commenter les dépassements de coûts.D'autres dépassements de coûts à l'Hôpital du Lakeshore Si la cour tranche en faveur du plaignant, la «modernisation » du service des urgences aura coûté 40 % de plus que prévu.EN BREF Trafiquants de crack arrêtés à Laval Un homme de 39 ans, identifié comme la tête dirigeante d'un réseau de trafiquants de crack opérant à Laval, a été appréhendé tôt hier, en même temps que sept autres individus reliés à cette organisation criminelle.Au moins 700 roches de crack ainsi que deux armes à feu et 80 000 $ en argent ont également été saisis lors de sept perquisitions dans des résidences du secteur du boulevard Labelle, dans le quartier Chomedey, à Laval.Les suspects, quatre hommes et quatre femmes, comparaîtront aujourd'hui au palais de justice de Laval pour faire face à des accusations de possession et trafic de stupéfiants.Marcel Laroche Réseaux démantelés à Vancouver Les policiers de Vancouver ont démantelé deux réseaux de trafiquants de cocaïne qui expédiaient la drogue vers Montréal et Toronto Les autorités ont saisi une imposante quantité de cocaïne, soit 110 kilogrammes.Cinq personnes ont été appréhendées et un mandat d'arrêt a été lancé contre un sixième suspect.L'enquête s'est amorcée à la suite d'une saisie de drogue à la frontière canado-américaine.Les trafiquants importaient la drogue des États-Unis et l'expédiaient vers l'Est dans des véhicules modifiés et par des vols commerciaux.Presse Canadienne première classe.La quiétude.Inspirée par Birks.Exclusif à Birks, étui de voyage en cuir noir pour bijoux, avec intérieur en suède, 175$.Magasinez avec nous en ligne ou en vous rendant au Birks le plus près de chez vous.Visitez le www.birks.com ou composez le 1.800.682.2622.3416536A V ente d'entrepôt du 27 au 30 juillet V ente d'entrepôt du 27 au 30 juillet -de -à À Mirabel : 12400, De L'Avenir, Sortie 31 de l'autoroute 15 Nord Tél.: (450) 435-6046 www.jardindeville.com La sélection de produits et les rabais varient d'un magasin à l'autre.Offre valable jusqu'à épuisement des stocks.Renseignements dans les magasins RONA participants et sur rona.ca.Découvrez un choix d'articles différents dans chaque magasin et multipliez les bonnes aubaines! md/mc Marque déposée/de commerce d'AIR MILES International Trading B.V., employée en vertu d'une licence par Loyalty Management Group Canada Inc.et RONA inc.3416752A ACTUALITÉS EN BREF Interdiction de publier maintenue Les médias des deux côtés de la frontière ont fait part de leur déception, hier, après qu'un juge de l'Ontario eut maintenu une interdiction de publication touchant les éléments de preuve soumis lors des audiences sur le cautionnement de 17 personnes accusées d'avoir comploté afin de commettre des attentats sur le sol canadien.Dans une décision de 80 pages, le juge Bruce Durno, de la Cour supérieure de justice, a indiqué que l'interdiction devait demeurer en vigueur afin de préserver le droit des suspects à un procès juste.Les organes de presse entendent examiner la décision du juge Durno et les options qui s'offrent à eux.Douze hommes et cinq adolescents ont été arrêtés, le 2 juin, et accusés avoir pris part aux activités d'un groupe terroriste, entre autres délits de nature terroriste.\u2014PC L'obésité complique les radiographies Les hôpitaux nord-américains ont de plus en plus de mal à trouver des solutions au problème des patients obèses qui sont trop gros pour être diagnostiqués à l'aide de divers appareils d'imagerie médicale.Une nouvelle étude publiée dans le numéro du mois d'août du magazine Radiology explique que plusieurs patients dont le poids dépasse les 350 livres (159 kg) n'entrent tout simplement pas dans certains appareils.Dans certains cas, même lorsqu'une lecture peut être faite, les radiologistes ont du mal à interpréter les résultats en raison de la trop grande densité des tissus adipeux.L'auteur de l'étude, le docteur Raul Uppot, radiologiste au Massachusetts General Hospital, ajoute que la qualité est parfois à ce point mauvaise que les petites tumeurs échappent aux médecins.\u2014PC Le Canada, 10e pays du bonheur Le Canada se retrouve parmi les 10 premiers pays d'une «carte mondiale du bonheur », qui établit un classement de 178 pays, de l'Albanie au Zimbabwe, en fonction du sentiment de bien-être de leurs populations.Classé 10e au monde, le Canada se distingue tout particulièrement au chapitre de trois importants critères de bonheur, soit la santé, la richesse et l'accès à l'éducation, selon l'un des créateurs de cette carte, Adrian White, de l'Université de Leicester, en Angleterre.M.White, psychologue de formation, a dit croire que la carte était la première à illustrer les degrés de bonheur et de bien-être à une échelle mondiale.Le Danemark se trouve au sommet du classement, loin devant les États-Unis (23e), le Royaume- Uni (41e), l'Espagne (46e), l'Italie (50e), la France (62e), la Chine (82e), le Japon (90e), l'Inde (125e) et la Russie (125e).\u2014PC Candidat à la CSM condamné Un candidat à un poste au conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal a été condamné, en vertu de la Loi sur les élections scolaires, à payer une amende de 250 $ et à rembourser des frais juridiques.Candidat aux élections scolaires du 16 novembre 2003, Marcellin Noël était accusé d'avoir omis de transmettre au Directeur général de la commission scolaire son rapport financier additionnel attestant qu'il avait acquitté toutes ses dettes liées à ses dépenses électorales, ce qui constitue une infraction.\u2014 La Presse SUITE DE LA UNE Les leaders provinciaux plus divisés que jamais PÉRÉQUATION 101 La péréquation est un programme fédéral inscrit dans la constitution canadienne.Elle vise à redistribuer la richesse entre les provinces afin qu'elles puissent offrir des services publics comparables.Les provinces qui ont des revenus inférieurs à la moyenne reçoivent de la péréquation.Le Québec touche cette année 5,5 milliards de dollars (725$ par habitant) grâce à ce programme.Partie de pêche à Anticosti Le PQ somme Charest de rendre des comptes PROVINCES suite de la page A1 Enfin, ils n'ont pas réussi à faire consensus pour exiger une bonification de la péréquation ou encore un transfert de points d'impôt.En début d'après-midi, le premier ministre Jean Charest ne comptait déjà plus sur un consensus concernant la nécessité de réformer la péréquation.Il a cherché une fois de plus à réduire les attentes, déjà bien basses.La rencontre sera un «succès» à ses yeux si elle permet à tout le moins de réaffirmer « l'importance de la péréquation au Canada ».« Les discussions ont été franches.Ç'a permis de mettre cartes sur table », a affirmé Jean Charest.« Il n'y a pas une solution qui est satisfaisante pour tout le monde.Les positions sont irréconciliables.Les intérêts de chacun sont divergents », a affirmé Danny Williams.Le Québec, le Manitoba, le Nouveau- Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Îledu- Prince-Édouard (avec l'appui des trois territoires) ont réclamé une nouvelle formule de péréquation qui comptabilise les revenus des 10 provinces.Ces cinq bénéficiaires du programme fédéral souhaitent que la nouvelle formule continue de tenir compte de la totalité des revenus tirés de l'exploitation des ressources naturelles non renouvelables, comme le pétrole.Le système actuel tient compte des revenus de cinq provinces seulement.Il exclut la riche Alberta et ses revenus pétroliers.L'Alberta\u2014trop riche pour recevoir de la péréquation \u2014 et la Saskatchewan se sont opposées à ce que les revenus des ressources naturelles non renouvelables soient compris dans le calcul, une position partagée par Stephen Harper.« Il n'y aura pas d'entente à ce sujet », a laissé tomber un Jean Charest défaitiste dès le milieu de la journée.Selon la délégation québécoise, l'Ontario a rejeté avec fermeté toute bonification de la péréquation, dont il ne touche pas un sou.Le premier ministre ontarien Dalton Mc Guinty s'est néanmoins dit prêt à discuter d'une hausse de la péréquation à la condition que ses homologues reconnaissent que sa province subit un « traitement inéquitable » en matière de transferts fédéraux pour la santé et l'éducation.Québec nie l'existence de cette injustice.Les délégations ontarienne et québécoise se sont accusées mutuellement d'avoir fait échouer les négociations.Le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, estime quant à lui qu'une réforme de la péréquation ne figure pas parmi ses priorités.Il souhaite plutôt qu'Ottawa réduise ses taxes et ses impôts pour alléger le fardeau fiscal de l'ensemble des Canadiens.Les négociations se poursuivaient en coulisses hier soir, mais les chances de dénouer l'impasse étaient à peu près nulles.Aujourd'hui, lors de la dernière journée de la rencontre, les discussions porteront sur d'autres sujets, dont l'énergie.MARTIN OUELLET PRESSE CANADIENNE QUÉBEC \u2014 Le premier ministre Jean Charest devra rendre des comptes pour sa décision d'organiser en catimini une partie de pêche aux frais des contribuables pour des personnalités politiques et leurs familles, a prévenu hier l'opposition péquiste.« Pourquoi organiser une rencontre derrière des portes closes alors que ce sont les contribuables qui paient la facture pour les invités, les conjoints et les enfants ?Tout cela soulève bien des questions d'éthique », a commenté le député Stéphane Bergeron au cours d'un entretien avec la Presse Canadienne.Le premier ministre Charest sera l'hôte ce weekend dans le décor enchanteur de l'île d'Anticosti d'une « rencontre informelle », à laquelle ont été conviés certains de ses homologues provinciaux de même que des gouverneurs d'États américains ainsi que l'ambassadeur des États-Unis au Canada, David Wilkins.Attendus dès aujourd'hui, les convives et leurs familles participeront notamment à une partie de pêche sur le territoire de la pourvoirie Cerf-Sau, dont l'actionnaire principal, selon le Parti québécois (PQ), est le riche homme d'affaires Marcel Dutil.Assumé par les contribuables, le coût du séjour devrait tourner autour d'une quinzaine de milliers de dollars, a indiqué mercredi au quotidien La Presse Hugo d'Amours, l'attaché de presse du premier ministre Charest.Le forfait comprend l'hébergement, les repas et les activités récréatives.La rencontre a été tenue secrète par l'entourage du premier ministre jusqu'à ce qu'une fuite lève le voile sur l'initiative.Le PQ n'est pas opposé à ce que le premier ministre entretienne des relations cordiales avec ses voisins, a pris soin de préciser M.Bergeron.Néanmoins, la volonté du gouvernement de garder la rencontre secrète a rendu le député suspicieux.«À partir de l'instant où les contribuables paient la note, il faut faire montre de la plus grande transparence.M.Charest doit maintenant lever le doute.Quel est l'objectif de la rencontre ?Quels sont les sujets qu'il entend aborder ?Va-til discuter du dossier du bois d'oeuvre ?» a lancé le député de Verchères.M.Bergeron s'interroge également sur la décision du gouvernement de faire appel aux services d'une entreprise privée, alors que la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), un organisme public, administre de nombreux sites récréatifs.« Pourquoi aller chez M.Dutil et faire assumer les coûts de toute la ribambelle par les contribuables ?» se demande le député.PLACE À L'AUTOMNE\u2026 200 000 000 $ DE MARCHANDISES À LIQUIDER! ADDITIONNEL DE 30 % TOUS LES ARTICLES À PRIX DÉJÀ RÉDUIT (JUSQU'À 60 % DE RABAIS AU TOTAL) MODE POUR TOUS, SOUS-VÊTEMENTS POUR LUI, DESSOUS POUR ELLE, ACCESSOIRESPOUR ELLE, SACS À MAIN ET CHAUSSURESPOUR ELLE e x emple v oic ilepr inc ipe p r ix o r igina l100 $ p r ix déjà r édu it60 $ r aba is a ddit ionnel de 30 %- 18 $ ne p a y e zqu e 4 2 $ PLUS DESARTICLESSAISONNIERS, DESMEUBLESETDE LADÉCOENSOLDE! RABAIS PLUS JUSQU'À 50 % Appareils électroniques et tout ceci à prix de liquidation : articles ménagers, linge de maison et meubles de jardin de rabais 50 % Tous les meubles de chambre à coucher et de salle à manger sans suite Duos-sommeil : modèles de rayon sans suite RABAIS ADDITIONNEL DE 20 % Meubles de séjour à prix déjà réduit RABAIS ADDITIONNEL DE 15 % Gros électros à prix déjà réduit RABAIS ADDITIONNEL DE 50 % Bijoux mode et montres à prix de liquidation Sur nos derniers prix étiquetés.10% de rabais additionnel sur les prix de solde et de liquidation et 10 %de rabais sur les prix ordinaires en réglant avec votre carte de crédit Hbc les vendredi 28 et samedi 29 juillet Exceptions ci-dessous.Exceptions à l'offre de 10 % : cosmétiques, produits parfumés, montres Gucci, boutique Bleu jean, appareils électroniques, musique, films, jeux vidéo, logiciels, ordinateurs, gros électros, meubles, duos-sommeil, barbecues, articles « Nouvellement réduit » et ceux des rayons concédés.D'autres exceptions s'appliquent.Précisions en magasin.Le choix varie selon le magasin.Les rabais sont sur nos prix ordinaires, sauf avis contraire.Exceptions : articles « Bon prix la Baie tous les jours », « Nouvellement réduit », « Achat-choc », « Offre spéciale de la direction », Salviati, Vera Wang, ceux de la Fondation Hbc et des rayons concédés et collection olympique.Aucuns bons d'achat différé ni articles de substitution ne sont offerts.Précisions en magasin.3418025A VENTE DE PIANOS à l'ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D'INDY + 100 PIANOS NEUFS ET USAGÉS RENOUVELLEMENT D'INVENTAIRE DE L'ÉCOLE DE MUSIQUE Du 10 au 13 août 2006 Sur rendez-vous seulement : (514) 276-3333 Collaboration Kawai Canada Musique et le Centre musical Italmélodie En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.2006-07-27 Résultats des tirages du: Ventes totales : 442 480,00 $ 1 000 000,00 $ 01 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ Ventes totales : Prochain gros lot (approx.) : 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 2/6+ GAGNANTS 76 570 5,00 $ 8 000 000 $ 12 723 318 $ 3 498 546,00 $ 02 124 948,00 $ 1 517,90 $ 53,60 $ 10,00 $ LOTS GAGNANTS LOTS 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 compl.compl.05 MAI 64 SAGITTAIRE Jour - Mois - Année - Signe Lettre gagnante Résultats des tirages du: 2006-07-26 décomposable dans les deux sens 500 000 $ décomposable dans les deux sens 500 000 $ NOUVEAU! GROS LOT DE 500 000 $ MONDE Les nouvelles internationales en continu sur cyberpresse.ca/monde LE TOUR DU GLOBE ÉTATS-UNIS Tueur en série présumé Près de la moitié des 54 femmes dont les autorités de Los Angeles craignaient qu'elles aient été victimes d'un tueur en série sont vivantes, mais l'une d'entre elles pourrait avoir été retrouvée décapitée il y a 28 ans, a-t-on appris hier auprès de la police.Celle-ci avait publié mardi un avis de recherche sur ces femmes dont les photos avaient été trouvées au domicile d'un homme condamné à mort en 1988 pour un double meurtre quatre ans plus tôt.Elle craignait que ces femmes aient été tuées entre 1977 et 1984 par Bill Bradford, 60 ans, aujourd'hui dans le couloir de la mort à San Quentin.AFP GAZA Quatre Palestiniens tués Trois Palestiniens ont été tués hier par des tirs d'obus israéliens dans la bande de Gaza, au lendemain de l'une des journées les plus sanglantes de l'offensive lancée il y a un mois.Deux des victimes, Aid Koulab, 16 ans, et Youssef Chouaib, 23 ans, ont été tués dans le quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, où l'armée mène une incursion pour retrouver un soldat enlevé le 25 juin, et mettre fin aux tirs de roquettes.Un autre Palestinien a été tué près de Jérusalem par des gardes-frontières israéliens après qu'il eut ouvert le feu contre eux, selon la police israélienne.Plus de 3000 Palestiniens ont manifesté à Tulkarem, en Cisjordanie, pour dénoncer les offensives israéliennes au Liban et dans la bande de Gaza.AFP ÉTATS-UNIS Autre tueur en série ?Robert Charles Browne, en prison à vie pour meurtre, affirme avoir tué 48 personnes entre 1970 et 1995 aux États-Unis et en Corée du Sud, ce qui ferait de lui l'un des pires tueurs en série de son pays, a révélé hier la police du Colorado.Browne, 53 ans, a plaidé coupable hier d'un deuxième meurtre, celui d'une adolescente en 1987, et affirmé qu'il avait tué 48 personnes.En Corée du Sud, il était stationné comme soldat.AFP HAÏTI Yvon Neptune libéré L'ancien premier ministre Yvon Neptune, détenu depuis juin 2004 pour son implication présumée dans un massacre d'opposants à l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, a été libéré hier.Âgé d'une soixantaine d'années, Neptune avait fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre sa détention et exiger sa remise en liberté.Plusieurs ex-responsables et proches de l'ancien régime sont toujours détenus sans procès.AFP SOMALIE Démissions en masse Dix-huit ministres et secrétaires d'État du fragile « gouvernement de transition » somalien ont démissionné hier pour dénoncer la politique du premier ministre Ali Mohamed Gedi, notamment au sujet du soutien militaire éthiopien.Ces démissions sont intervenues alors que le Parlement de transition devait examiner une motion protestant contre la présence de troupes éthiopiennes en Somalie et contre la politique pro-éthiopienne de Gedi.AFP ÉTATS-UNIS Des F16 au Pakistan?Les États-Unis doivent interdire la vente au Pakistan d'avions de guerre F16 tant que ce pays n'aura pas renoncé à construire un puissant réacteur nucléaire, affirme le représentant démocrate Ed Markey, qui a présenté hier un projet de loi en ce sens.Adversaire d'une course aux armements nucléaires en Asie du Sud, Markey s'est opposé hier à l'accord de coopération nucléaire conclu entre le président George W.Bush et le premier ministre indien Manmohan Singh.AFP PHOTO JIM YOUNG, REUTERS Le président des États-Unis, GeorgeW.Bush, répondait aux questions, hier, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche.PHOTO REUTERS Robert Charles Browne JOONEED KHAN Le sénateur républicain Arlen Specter vient de lancer un véritable défi à l'administration Bushensoumettant unprojet de loi qui vise à limiter et encadrer une pratique de la Maison-Blanche qui consiste à signer des lois tout en se donnant le droit de les contourner.Le débat, qui prend l'allure d'une controverse à trois mois des législatives de mi-mandat aux États-Unis, tourne autour des Signing Statements («notes de signature»), des notes juridiques que le chef de l'organe exécutif annexe aux lois votées par le Congrès lorsqu'il les signe.Selon le projet de loi, les tribunaux pourront dorénavant ignorer les notes de signature en évaluant une loi, et les deux Chambres du Congrès pourront contester toute note de signature en justice.« La Constitution est claire : le président ne peut pas utiliser ces notes de signature pour contourner les lois, invalider les dispositions qu'il n'aime pas ou réécrire les statuts comme bon lui semble », a dit le sénateur de Pennsylvanie, qui préside l'influente Commission judiciaire du Sénat.«Le président a le choix : ou il signe la loi ou il y met son veto, auquel cas le Congrès a une chance de renverser son veto.Toute action de sa part pour éviscérer les lois est une usurpation de l'autorité législative et une menace à l'équilibre des pouvoirs enchâssé dans la Constitution», a poursuivi Specter.Les opinions recueillies au Capitole indiquent que le projet de loi peut faire le plein des voix démocrates, mais que la majorité républicaine ne lui est guère acquise.«Les notes de signature sont constitutionnelles », affirme Bill Frist, chef de la majorité au Sénat.Son collègue Trent Lott estime que Bush a émis « trop de notes de signature», mais dit s'opposer à un défi judiciaire « à ce stade».L'administration, par la voix de ses conseillers juridiques et du secrétariat à la Justice, maintient que les notes de signature sont constitutionnelles et conformes à une tradition qui remonte au début de la République.Elle ajoute que ces notes visent à guider les tribunaux et éclairer le public, surtout quand les lois sont ambiguës.Une équipe de chercheurs réunie par l'Association du Barreau états-unien (ABA), à la demande du sénateur Specter, en est venue à la conclusion opposée.Selon ces experts, en cinq ans et demi de présidence, George W.Bush a dérogé aux lois plus de fois que tous ses prédécesseurs réunis.Il a utilisé son veto une seule fois, tout récemment, lorsqu'il a bloqué une loi autorisant le financement de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.«Il n'est pas le premier président à déroger aux lois.Mais il a poussé cette pratique à un niveau dangereusement élevé.Cela a un impact sur la séparation des pouvoirs.Si elle n'est pas freinée, cela endommagera notre système et notre Constitution», a déclaré Neal Sonnet, un ancien procureur fédéral qui présidait l'enquête de l'ABA.Loi sur la torture La loi la plus citée est l'amendement Mc Cain, qui interdit à tout fonctionnaire de torturer un détenu.En signant cette loi en décembre, Bush s'est réservé le droit d'autoriser la torture « si elle peut faire avancer la lutte contre le terrorisme».D'autres lois touchant à l'utilisation de renseignements confidentiels et au droit du Congrès d'être informé de la collecte de renseignements ont subi le même sort.La Loi sur l'autorisation du renseignement de 2002 prévoit en effet des rapports réguliers au Congrès ; la note de signature précise cependant qu'en vertu de ses droits constitutionnels, Bush peut retenir des informations «au nom de la sécurité nationale ».«Nous sommes à un tournant de notre histoire, où les Américains ont un président qui veut accaparer des pouvoirs incontrôlés », a dit le sénateur démocrate Patrick Leahy.Avec boston.com, mercurynews, Washington Post, CNN et BBC Bush contourne-t-il les lois votées par le Congrès ?Un sénateur républicain conteste l'utilisation que fait le président des « notes de signature » annexées aux lois « Le président ne peut pas utiliser ces notes de signature pour contourner les lois, invalider les dispositions qu'il n'aime pas ou réécrire les statuts comme bon lui semble », a dit Arlen Specter, le sénateur républicain qui préside l'influente Commission judiciaire du Sénat.D'APRÈS AFP ET AP KABOUL\u2014Un hélicoptère civil affrété pour le transport de «matériels » s'est écrasé hier dans l'est de l'Afghanistan, tuant les 16 occupants à bord, dont deux militaires néerlandais.«C'est un accident, dû à de mauvaises conditions météorologiques, dans une région montagneuse », a déclaré à La Haye le général Ruud de Pruyssenaere de la Woestijne, du ministère de la Défense néerlandais.Selon lui, «il n'y a, pour l'instant, pas d'indications que le crash est une conséquence de tirs ennemis ».« Il y avait 16 personnes à bord, de diverses nationalités.Il n'y a pas de survivant », a déclaré le colonel Tom Collins, porte-parole de la coalition étrangère, à Kaboul.Douze des corps ont déjà pu être récupérés, a-t-il précisé.L'hélicoptère, un appareil de fabrication russe de type MI-8, était exploité par une firme spécialisée dans le transport de matériels et de fioul entre Kaboul et Khost, a indiqué la coalition dans un communiqué.Parmi les passagers se trouvaient un lieutenant-colonel et un sergent néerlandais chargés d'observer les systèmes de sécurité d'un camp militaire, a indiqué à La Haye le ministère néerlandais de la Défense.Deux soldats pakistanais sont morts et trois autres ont été blessés entretemps dans une explosion qui a touché leur convoi au Nord-Waziristan, région tribale du Pakistan voisine de l'Afghanistan, a-t-on appris de source officielle à Islamabad.L'attaque a eu lieu alors qu'un cessezle- feu entre les rebelles pro-talibans et l'armée pakistanaise est en vigueur depuis fin juin, dans le cadre des efforts du gouvernement pour pacifier cette région.Retour des talibans L'émissaire de l'ONU en Afghanistan, Tom Koenigs, a mis en garde la veille contre la résurgence de «combattants étrangers », qui représente une sérieuse menace dans la lutte contre les talibans.Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé elle aussi sa préoccupation face au regain d'activité des talibans et appelé à un soutien militaire et politique plus important au gouvernement afghan.Un hélicoptère s'écrase en Afghanistan : 16 morts FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAL Bienvenue aux OG akrol@lapresse.ca ARIANE KROL Le mois dernier, 10 Camerounais ont été libérés après avoir passé un an en prison parce qu'ils étaient homosexuels.Il y a à peine un an, deux jeunes de 16 et 18 ans ont été pendus sur une place publique en Iran pour le même motif.Comme l'a rappelé la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, plus de 80 pays membres de l'ONU criminalisent encore les pratiques homosexuelles.Montréal peut donc être fier de son ouverture envers ceux qui s'identifient désormais comme GLBT (gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres).C'est d'ailleurs ce qui en fait un hôte tout naturel pour les premiers Outgames, qui débuteront officiellement demain soir.(Les Montréalais, qui sont aussi très fiers de leur différence, auraient bien aimé pouvoir appeler ces jeux par un nom français.Comme les organisateurs n'en ont pas proposé, nous les appellerons simplement OG.) Le succès de l'événement a toutefois suscité beaucoup de questions au cours des derniers jours.Le nombre de visiteurs et les retombées économiques seront-ils à la hauteur des prévisions?Ce sont tout de même quatre millions de dollars de fonds publics, le quart du budget, qui ont été investis dans l'aventure.La cérémonie d'ouverture n'attirant pas les foules prévues, les billets ont été soldés.Cette décision, un aveu gênant pour les organisateurs, n'était peut-être pas la plus facile à prendre, mais c'était la bonne : à moitié vide, ce stade est l'endroit le plus lugubre en ville.Il faut aussi s'attendre à ce qu'il y ait des gradins vides durant les compétitions.Les Mondiaux de natation, qui étaient d'un calibre autrement plus relevé, ont à peine vendu les deux tiers des billets prévus.Tout cela serait assez inquiétant si Montréal prévoyait répéter l'expérience chaque année, comme le Festival de jazz.Ce n'est pas le cas puisque Copenhague prendra le relais en 2009.On sait déjà que l'événement fera ses frais \u2014 c'est déjà mieux que la FINA.Reste à voir s'il sera populaire.Cela dit, du strict point de vue économique, c'est-à-dire touristique, ces OG semblent plutôt une bonne affaire.Même avec un public moindre que prévu, les Jeux gais de Chicago ont donné à la ville une aura de tolérance qu'elle aurait difficilement pu acquérir autrement.Montréal a déjà une réputation bien établie, mais le marché LGBT est de plus en plus courtisé.La visibilité internationale que lui procureront les OG n'est donc pas à dédaigner.Contrairement à ce que son nom indique, le volet le plus intéressant de ces jeux n'est pas sportif ou culturel, mais socio-politique.La conférence internationale sur les droits de la personne qui se termine demain au Palais des congrès est l'un des plus importants événements du genre jamais organisé.Les caméras s'intéresseront probablement davantage au spectacle de Mascarade sur glace qu'à ces austères débats sur le droit international, mais c'est bel et bien là que les OG ont le plus de chances de faire avancer leur cause.Il suffit d'écouter le remarquable conférencier qu'est devenu Mark Tewksbury, et de mesurer le travail que l'ex-nageur olympique a accompli depuis qu'il a fait sa sortie, pour comprendre à quel point la discrimination basée sur l'orientation sexuelle est contreproductive.Notre société est la preuve vivante qu'il y a tout à gagner, et rien à perdre, à mettre tous les citoyens sur un pied d'égalité.Si les OG permettent à Montréal de relayer ce message, ils auront contribué de façon vraiment positive à sa visibilité.serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS OPINION Quelle force?Quelmandat?L'idée de déployer une force internationale au Liban du Sud soulève des questions nombreuses et complexes STÉPHANE PF I STER Membredu Réseaufrancophone de recherche sur les opérations de paix de l'Universitéde Montréal, l'auteur aservi en 2001-2002 comme officier humanitairede laFINUL.Il est présentement chercheur àl'Institut européen de l'Université de Genève.Une intervention militaire au Sud-Liban est au coeur de l'ordre du jour diplomatique.Pourtant, une telle intervention pose de nombreux défis à la communauté internationale.Le décès mardi de quatre observateurs de l'ONU nous le rappelle cruellement : projeter des soldats de la paix dans une zone de conflit est toujours risqué et coûteux en vies humaines.En espérant que le conflit ne s'étende pas à tout le Proche- Orient, il faut tout d'abord distinguer deux scénarios.Le premier \u2014 le moins probable \u2014 suppose un cessez-le-feu rapide.On pourrait décider ensuite de renforcer la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), mais en restant dans le schéma classique d'une mission de Casques bleus.Cette solution est rejetée par Israël, qui n'a cessé de reprocher à l'ONU sa passivité.Le second scénario prend en revanche acte de la volonté israélienne (et américaine) de neutraliser au préalable le Hezbollah avec, si besoin, une occupation temporaire du Sud- Liban.Cela laisserait le temps à la communauté internationale de prévoir un plan d'ensemble pour la sortie de crise tout en accordant aux états-majors des délais pour monter ex nihilo et par étapes une opération à haut risque.De nombreuses questions se posent néanmoins.Ni les Européens, ni les États-Unis, ni enfin Israël ne sont favorables à une force placée sous commandement onusien direct.On s'achemine alors vers une force dont le mandat serait « délégué » par l'ONU grâce à une résolution du Conseil de sécurité.Cette force serait constituée sur une base ad hoc ou confiée à une organisation internationale.Le recours à une force arabe semble exclu.Restent l'OTAN et l'Union européenne.Mais, dans ce cas, quel serait l'avenir des soldats et des observateurs militaires de l'ONU déjà présents ?S'agira-til en outre d'une force de paix ou d'une force de stabilisation pouvant éventuellement se passer du consentement de tous les belligérants ?Un mandat robuste va de soi.De toute évidence, la force ne recevra pas la mission d'imposer la paix.Cela supposerait d'appliquer une forte pression sur les deux parties pour les contraindre à arrêter les hostilités.Le poids militaire, la singularité d'Israël et le soutien américain à Tel-Aviv empêchent d'envisager toute action de ce type.La force aura-t-elle alors une mission traditionnelle d'interposition afin de garantir un cessez-le-feu (zone tampon avec une possible zone démilitarisée) ?Le dispositif choisi sur le plan tactique serait- il d'ailleurs un dispositif d'interposition simple ou double?Dit autrement, serait-il tourné essentiellement vers la partie libanaise ou serait-il déployé symétriquement pour dissuader tant le Hezbollah que Tsahal ?Une interposition double est peu plausible et on notera que le déploiement de la force se fera vraisemblablement sur le seul territoire libanais.La mission confiée pourrait donc être, de facto, une mission d'interdiction visant à empêcher le Hezbollah de se réinstaller au sud.La force internationale risquerait alors d'être accusée de jouer le rôle de « garde-frontière » de l'État hébreu.À défaut de désarmer le Hezbollah, la force pourrait en outre faciliter le désarmement de la milice chiite par les autorités libanaises.Cependant, comment empêcher le Hezbollah de reconstituer son arsenal à Beyrouth et dans la plaine de la Bekaa ?Se pose ainsi la question de la limite géographique du déploiement : faudra-t-il contrôler aussi la frontière syro-libanaise ?Les risques liés à une intervention militaire sont par conséquent multiples.Comment rester crédible et donner une image d'impartialité vis-à-vis des deux parties en présence ?Comment en particulier ne pas apparaître comme une armée d'occupation face au Hezbollah qui a une longue expérience en matière de guérilla ?Affaibli, voire dépossédé de ses moyens militaires conventionnels, le mouvement ne risque-t-il pas de se lancer dans une fuite en avant en menant une « politique du pire » sur le modèle irakien ?Les chrétiens, sunnites et druzes du Sud-Liban seraient tout spécialement menacés.Plus largement, le fragile équilibre communautaire du pays tout entier pourrait voler en éclats.On comprend dès lors les fortes réticences des pays sollicités pour envoyer des troupes.Le préalable à toute action efficace est la définition de ce que les militaires appellent l'état final recherché.Ce dernier ne peut s'inscrire que dans le cadre d'un plan politique global avec une stratégie de désengagement et un calendrier précis.Si elle est décidée, la montée en puissance de la force se comptera par conséquent en semaines sinon en mois.Une implication forte de l'Union européenne présenterait de nombreux atouts.L'Union affiche en effet son ambition d'intervenir de façon « intégrée » dans les zones d'instabilité.Alors qu'elle met volontiers en avant sa large gamme d'instruments politiques, économiques et humanitaires disponibles, elle dispose également de capacités militaires non négligeables.Elle pourrait choisir de les engager de façon autonome ou avec le soutien de l'OTAN.Les États membres de l'UE auront-ils assez de courage pour mettre tout leur poids dans la résolution du conflit israélo-libanais?On ne saurait espérer mieux.LA BOÎTE AUX LETTRES Comme Québec 1984?Du point de vue de la communication, les Outgames ont manqué le bateau.À cet égard en effet, les Outgames nous rappellent Québec 1984 : des prévisions de participation sans fondement (l'histoire des réservations d'hôtels nous rappelle l'intention du chef de police de Québec d'ouvrir des stationnements à Drummondville pour contenir les foules !), un événement que personne n'arrive tout simplement pas à définir.simplement, une programmation multiforme et complètement éclatée, des invitations sur plusieurs emplacements, etc.Les Outgames sont comme des jeux olympiques mais pas tout à fait, des fêtes de la communauté gaie mais aussi pour les autres, des échanges sérieux avec des invités de marque mais pas une conférence internationale, des spectacles avec des artistes qui valent le déplacement mais qui servent aussi de cérémonies d'ouverture et de fermeture des jeux, le tout dans une programmation d'activités festives qui caractérise les étés de Montréal depuis 25 ans.Le public comprendra-t-il l'événement ?Répondra-t-il à l'invitation pour faire de cette manifestation unique un succès de foule et de guichet ?Nous connaîtrons la réponse dans quelques heures.Souhaitons ardemment que nos intuitions ne soient pas fondées.Ce serait dommage pour l'image de Montréal.Gilles Trudeau, communicateur Yolande Tremblay, productrice d'événements .Les jeux de la solidarité Montréal accueille les premiers Outgames mondiaux.Un aperçu rapide de ces jeux pourrait nous laisser croire qu'ils sont réservés uniquement aux personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT).Ce qui aurait le malencontreux effet de renforcer la perception de ghettoïsation souvent associée aux personnes LGBT.Mais est-ce bien le cas ?Cette préconception est fortement ébranlée lorsque nous examinons plus attentivement la philosophie sous-jacente qui s'appuie sur « les principes de la Participation et de la célébration, du Respect et de l'équité, de l'Innovation, la Diversité et l'Égalité (PRIDE), les jeux sont ouverts à tous, sans égard quant à l'orientation sexuelle, l'âge, le sexe, l'origine ethnique, la race, la religion, l'adhésion politique, la nationalité, les aptitudes sportives et artistiques, l'état de santé ou le statut sérologique.» (Citation tirée du site officiel) Les Outgames s'inscrivent en faux par rapport à la culture patriarcale, hiérarchique et néolibérale conditionnant l'ensemble des sociétés occidentales.Ils privilégient l'inclusion de toutes et tous à plusieurs niveaux tant sur le plan sportif que culturel.À la différence des Jeux olympiques, qui peuvent être perçus comme une « célébration » (qu'on pourrait même qualifier de « religieuse ») des valeurs de compétitivité et de performance caractéristiques du néolibéralisme, les Outgames s'axent surtout sur la solidarité et sur la diversité humaine.Ils offrent la possibilité de sensibiliser la majorité de la population aux difficultés rencontrées par les personnes LGBT qui luttent toujours pour le respect de la dignité non seulement pour elles-mêmes, mais également pour l'ensemble des êtres humains.Patrice Perreault Ni les Européens, ni les États-Unis, ni enfin Israël ne sont favorablesà une forceplacée sous commandement onusien direct.VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 "]
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