La presse, 17 septembre 2006, P. Plus
[" PLUS DIMANCHE AFGHANISTAN UNE FRONTIÈRE SANS LOI PAGE 5 TRAGÉDIE DE DAWSON LE CHANTEUR DE MEGADETH DÉFEND SES CHANSONS PAGE 4 En juin 2003, deux agents et un employé de la police sont abattus froidement par Devin Moore, un jeune tout à fait ordinaire, qui n'avait pas de dossier criminel.Dans les mois précédents, Moore avait passé des heures et des heures à jouer avec la dernière version du jeu Grand Theft Auto, où le joueur personnifie un truand qui abat, décapite ou écrase des policiers.Kimveer Gill était aussi un adepte des jeux violents.Dans la suite de la tragédie du collège Dawson, le débat sur la violence des jeux vidéo revient à l'avant-plan de l'actualité.UNDOSSIER À LIRE EN PAGES 2 ET 3 Grand Theft Auto : San Andreas SOURCE: ROCKSTAR PLUS KATIA GAGNON En ce matin de juin 2003, deux officiers de police de la ville de Fayette, en Alabama, viennent d'arrêter un jeune homme de 18 ans, Devin Moore, soupçonné d'avoir volé une voiture.Ils l'emmènent au poste.Soudain, Moore saisit l'arme de l'agent Andrew Strickland.En moins d'une minute, il abat froidement les deux policiers et un autre employé du poste.En s'enfuyant, il crie : «La vie est un jeu vidéo.Tout le monde doit mourir un jour.» Dans les mois précédant cet horrible triple meurtre, Devin Moore, un jeune tout à fait ordinaire, qui n'avait pas de dossier criminel, avait passé des heures et des heures à jouer avec la dernière version du jeu Grand Theft Auto, où le joueur personnifie un truand qui abat, décapite ou écrase des policiers.«Devin Moore s'était littéralement entraîné à tuer depuis des mois.On lui avait fourni un simulateur de meurtre », estime l'avocat américain Jack Thompson.Me Thomson, qui pourfend depuis des années la violence dans les médias, a intenté, au nom de la famille d'une des victimes, une poursuite de 600 millions contre le fabricant de Grand Theft Auto et Wal-Mart, où le jeu avait été acheté.Montréal, un peu plus de trois ans plus tard.Kimveer Gill, 25 ans, grand amateur de jeux vidéo violents, entre au collège Dawson et tire sur 19 élèves.Son jeu préféré était Super Columbine massacre, qui recrée de façon minutieuse la dernière journée d'Eric Harris, l'un des tueurs de l'école secondaire de Columbine.Cela nous amène à la question suivante : est-il possible que l'usage intensif de jeux vidéos saturés de violence ait joué un rôle dans les événements tragiques de cette semaine?Dangereux, les jeux vidéos ?Des études américaines récentes semblent suggérer que oui.«Les jeux vidéo sont un forum où les jeunes apprennent et pratiquent des attitudes agressives », estime Craig Anderson, psychologue à l'Université de l'Iowa , qui a réalisé une étude en 2003 auprès de 227 jeunes sur les jeux vidéo violents.Selon lui, les jeux vidéos sont plus dangereux que la télévision ou les films violents, précisément à cause de leur caractère interactif.«La nature même des jeux vidéo est une nature d'apprentissage.» Une autre étude, beaucoup plus ambitieuse, réalisée à l'Université du Michigan auprès d'une cohorte de 500 jeunes que les chercheurs ont suivis pendant plus de 40 ans, démontre que le visionnement d'émissions de télévision violentes au cours de l'enfance a réellement un impact sur les comportements à l'âge adulte.Les garçons qui adoraient, tout petits, les émissions violentes sont en effet devenus des hommes qui risquaient trois fois plus d'adopter des attitudes agressives avec leur femme ou leurs enfants.«La partie de notre cerveau qui coordonne les pensées rationnelles, qui considère les conséquences, cette partie du cerveau est en LES JEUX VIDÉO VIOLENTS, En passant des heures et des heures à jouer avec la dernière version du jeu Grand Theft Auto, «Devin Moore s'était littéralement entraîné à tuer depuis des mois.On lui avait fourni un simulateur de meurtre.» JEUX ET FILMS INCRIMINÉS LA PRESSE L'univers des jeux vidéo met en scène des mondes étranges souvent inspirés par la mythologie, le rêve, mais aussi les cauchemars et les drames de notre société moderne.Pas étonnant qu'un événement comme la tuerie survenue à l'école secondaire Columbine, le 20 avril 1999, ait été repris dans un des jeux vidéo les plus populaires auprès d'une clientèle friande de violence et de sensations fortes.Surnommé Super Columbine Massacre et accessible par Internet, ce jeu était apparemment l'un des préférés de Kimveer Gill.Le scénario se présente comme une reconstitution de la dernière journée des deux tueurs, Eric Harris et Dylan Klebold.Le concepteur, Danny Ledonne, 24 ans, du Colorado, se décrit comme un artiste.Pour lui, le jeu est destiné à provoquer une réflexion sur de tels événements.«Un tel jeu repousse la définition classique de ce qu'on doit trouver dans un jeu vidéo, reconnaît- il sur son site Internet.Après l'avoir exploré, je suis convaincu qu'on acquiert une meilleure compréhension de ce qui s'est produit ce jour-là à Columbine.» À cette fin, Ledonne explique avoir accumulé tous les renseignements existant sur la tragédie, s'inspirant des journaux et des documents laissés Harris et Klebold, mais aussi des images et des reportages sur la tuerie.Les amateurs de jeux vidéo modernes seront sans doute surpris et déçus par le niveau technique très primaire de Super Columbine Massacre.À l'exception des extraits de films, les images sont en deux dimensions, les personnages sont minuscules et se déplacent à la façon des robots des jeux Pac-Man.Selon Ledonne, le succès du jeu s'explique davantage par sa démarche artistique et sociologique.«Dans ce jeu, je mets en scène l'une des journées les plus sombres de l'histoire moderne et je demande aux joueurs : êtesvous prêts à vous regarder dans le miroir?» Dénoncé par de nombreuses associations de parents et institutions scolaires, le jeu reste accessible gratuitement sur Internet.- Avec la Presse Canadienne Revivre Columbine ?Le créateur du jeu Super Columbine Massacre, Danny Ledonne, a publié un communiqué sur le site du jeu pour expliquer sa position sur la tragédie du collège Dawson: «Je suis, comme la plupart des gens, attristé par la fusillade qui s'est produite au collège Dawson.J'offre mes condoléances à tous ceux qui ont été affectés par cette tragédie.Dans les médias, j'ai essayé d'expliquer que la tuerie de Columbine avait été une sonnette d'alarme non seulement pour notre société, mais aussi pour moi-même, très directement, parce que j'ai suivi le même chemin à une certaine époque.J'ai trouvé d'autres manières de m'exprimer, comme le cinéma ou le théâtre.Malheureusement, des gens comme Harris et Klebold (les auteurs de la tuerie de Columbine) et apparemment Gill, n'en ont pas trouvé.» JEU VIDÉO Une mise au point PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © La série de jeux vidéo Grand Theft Auto est décriée pour sa violence.Les jeunes meurtriers qui disent s'en être inspirés ne font qu'ajouter à la controverse.On a reproché à ces films et jeux vidéo d'avoir incité au meurtre.Juin 2005 Devin Moore, 18 ans, de Birmingham en Alabama, a été condamné à mort pour avoir tué deux policiers et un répartiteur.Il s'était ensuite enfui dans la voiture de patrouille.Les familles des victimes disent qu'il s'est inspiré d'un scénario de Grand Theft Auto: Vice City.Juillet 2004 Un ado britannique a avoué avoir tué un enfant de 14 ans à coups de marteau.Ses avocats disent qu'il s'est inspiré du très violent vidéo Manhunt, dans lequel plus le crime est vicieux, plus le joueur obtient de points.Juin 2003 Le film d'animation Neon Genesis Evangelion a été montré du doigt à la suite du meurtre d'une Japonaise à coups de bâton de baseball par son fils.Il a été condamné à 14 ans de prison.Juin 2002 Les demi-frères William et Joshua Buckner, du Tennessee, ont dit aux enquêteurs que s'ils avaient tué un homme et une femme, c'était après avoir joué au jeu vidéo Grand Theft Auto III.Décembre 2002 L'Écossais Allan Menzies, 22 ans, a tué son coloc et bu son sang après avoir vu Queen of the Damned.Il croyait que ça le rendrait immortel.Il s'est suicidé en prison.Avril 1999 L'école secondaire de Columbine, au Colorado, est devenue tristement célèbre à cause de deux élèves, Eric Harris et Dylan Klebold, qui y ont tué 12 personnes et en ont blessé 24 autres avant de se suicider.Ils étaient fans des films The Basketball et The Matrix, ainsi que des musiciens Marilyn Manson et KMFDM.Février 1993 Deux Britanniques de 10 ans, Jon Venables et Robert Thompson, ont enlevé et assassiné un bambin, James Patrick Bulger.On a dit qu'un des garçons avait écouté Child's Play 3, où un meurtre semblable survient.-D'après PC et le National Post PHOTO TIRÉES DE LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE COLUMBINEGAME.COM Le jeu vidéo Super Columbine Massacre est montré du doigt depuis que l'on sait que Kimveer Gill en était un adepte. PLUS DES SIMULATEURS DE MEURTRE?construction durant les années de l'adolescence.Et quand un jeune dont le cerveau est en développement, qui est déjà très agressif, passe des heures et des heures à répéter des gestes d'extrême violence, il pourrait effectivement être amené à répéter dans la réalité ces gestes qui sont devenus, pour lui, une habitude », écrit David Walsh, un psychologue américain qui a rédigé un livre sur la question.« Les jeux vidéo créent une désensibilisation à la violence.Pour avoir un thrill, il faut toujours plus de violence.Il faut que ça saigne plus, que les têtes soient arrachées », constate Egide Royer, psychologue québécois spécialisé dans la violence scolaire.Évidemment, tous les jeunes mordus de jeux vidéo ne tomberont pas dans la violence.Mais, chez un individu fragile, ou élevé dans une atmosphère d'agressivité, ils peuvent servir de « déclencheur », croit-il.«Mélangez tout ça dans un individu, et le vernis social qui empêche le passage à l'acte devient très, très mince.» Drogués du jeu vidéo Pas tellement rassurant, quand on sait que les trois quarts des familles américaines avec enfants possèdent une console de jeu vidéo.Les deux tiers des étudiants de collège ou d'université américains disent qu'ils jouent aux jeux vidéo de façon régulière, en moyenne 13 heures par semaine pour les garçons.L'industrie du jeu vidéo dans le monde représente une bagatelle de 20 milliards de dollars.Et, ces dernières années, la dépendance aux jeux vidéos est devenue un problème réel : la première clinique de désintoxication a vu le jour en juin dernier à Amsterdam.«Nous avons vu des jeunes incapables de communiquer de vive voix avec quelqu'un parce qu'ils ont passé les trois dernières années à clavarder.Leur réseau social est totalement inexistant », explique Keith Bakker, le directeur de la clinique.Certains enfants qui consultent la clinique sont très jeunes : l'un d'eux n'a même pas 8 ans.Certains de ces «drogués» des jeux vidéo peuvent passer jusqu'à 14 heures par jour devant leur écran et se bourrent parfois d'amphétamines pour pouvoir jouer plus longtemps.Des psychologues ont étudié ces jeunes cyberdépendants des jeux vidéo ou de l'Internet.Ils en ont dressé un profil qui ressemble étrangement à celui du tireur de Dawson, qui avait très peu d'amis mais posait fièrement sur son site internet en brandissant des armes.Le cyberdépendant est un grand sol itai re , de sexe masculin, qui perd ses inhibitions lorsqu'il est en ligne.L'isolement social est le facteur majeur qui pourrait conduire à la cyberdépendance.À l'automne 2005, Devin Moore, l'auteur du massacre survenu dans le poste de police de Fayette, a été reconnu coupable des trois meurtres.Il a été condamné à la peine de mort.À 20 ans.La décision du jury a été portée en appel par ses avocats.L'histoire ne dit pas s'il joue toujours à Grand Theft Auto.Pour des psychologues, « les jeux vidéo sont un forum où les jeunes apprennent et pratiquent des attitudes agressives.(.) La nature même des jeux vidéo est une nature d'apprentissage.Ils créent une désensibilisation à la violence.» KATIA GAGNON Susan et Thomas Klebold ont-ils pris connaissance, cette semaine, de la fusillade survenue à Dawson sur les ondes des grandes chaînes de télévision américaines?Si c'est le cas, ils sont probablement les mieux placés pour comprendre ce que vivent Gurinder Gill et Parvinder Sandhu, les parents de Kimveer Gill.Car leur vie à eux aussi a été bouleversée quand leur fils, un matin d'avril, est devenu un tueur.Susan et Thomas Klebold sont les parents de Dylan Klebold, qui, avec son ami Eric Harris, a abattu 13 personnes à l'école secondaire de Columbine le 20 avril 1999.Ce jour-là, un « ouragan», une « pluie de feu » a dévasté leur petite résidence de Littleton, ontils révélé, il y a deux ans, dans la première et unique entrevue qu'ils ont accordée à un média, le New York Times.«C'est vous qu'ils vont haïr » Dès le premier soir, leur avocat les avait avertis : les prochaines années allaient être extrêmement difficiles.«Dylan n'est plus là.Les gens ne peuvent plus le haïr.C'est donc vous qu'ils vont haïr.» Sa prédiction s'est réalisée, racontent les Klebold dans cette entrevue, imprégnée de tristesse et d'impuissance.Encore aujourd'hui, les commerçants sursautent lorsqu'ils lisent leur nom sur une carte de crédit.Les Klebold ont été montrés du doigt, insultés, tenus responsables des actes de leur fils.Ils ont cependant tenu à demeurer dans la même maison.À côté des mêmes voisins.Susan Klebold travaille dans un collège local, le même qu'avant la tragédie.«Dylan aurait pu tuer les enfants des gens avec qui je travaille actuellement », confie-t-elle.Cinq ans plus tard, les Klebold ne pouvaient toujours pas s'expliquer le geste de leur fils.«Dylan n'a pas fait cela à cause de la façon dont il a été élevé», croit Susan Klebold.Mais ils s'en veulent terriblement de n'avoir pas décelé de signes avant-coureurs du drame.«Dylan était désespéré.Il a souffert horriblement avant de mourir.Je ne me pardonnerai jamais de ne pas l'avoir vu», dit sa mère.Parents d'un tueur PHOTO AP Le périple mortel d'Eric Harris et de Dylan Klebold à l'école Columbine, le 20 avril 1999, a fait tomber une « pluie de feu» sur la vie de leurs parents.«Je ne me pardonnerai jamais de ne pas avoir vu (son désespoir) », a affirmé la mère de Klebold dans une entrevue accordée au New York Times cinq ans après la tuerie.PHOTO JONATHON ALFORD, AP «La vie est un jeu vidéo.Tout le monde doit mourir un jour.» C'est ce qu'a crié Devin Moore après avoir abattu froidement deux policiers et un répartiteur à Fayette, en Alabama, en 2003. PLUS THOMAS GERVAIS «8h50 Humeur: Folle (crazy) Music:Megadeth -Àtoutlemonde 10h50 Humeur: Pas d'humeur :( Music : Megadeth - À tout le monde » Ces derniers mots, inscrits dans le blogue de l'auteur de la tuerie au collège Dawson, resteront gravés à jamais dans la mémoire de Dave Mustaine, chanteur et guitariste principal de Megadeth.Il sait qu'à au moins deux reprises, juste avant la tragédie, la mélancolie lourde de sens de sa pièce a résonné dans le coeur de Kimveer Gill.Un requiem pour le repos anticipé de son âme et de celle qu'il a entraînée avec lui.«À tout le monde À tous mes amis Je vous aime Je dois partir These are the last words I'll ever speak And they'll set me free.(Ce sont les derniers mots que je prononcerai Et ils me libéreront.) » «J'ai été atterré par la nouvelle, a confié le chanteur de passage à Salt Lake City pour sa tournée américaine.J'ai immédiatement eu une pensée pour Montréal parce que j'ai une relation particulière avec cette ville.» Le 14 janvier 1998, le fondateur du genre trash metal, accompagné de son groupe, avait donné un concert bénéfice au profit des victimes du verglas et invité ses fans à apporter des denrées non périssables avec eux au Métropolis.La générosité de son geste avait alors contribué à créer des liens affectifs profonds entre lui et le public québécois.Aujourd'hui, Dave Mustaine sent qu'il doit défendre sa passion pour le métal contre tous ceux qui pourraient faire entre sa musique et les victimes du 13 septembre une relation de cause à effet.«Ce type a commis un acte d'une grande lâcheté.Il n'est pas du tout représentatif des fans de heavy metal.Maintenant, tout le monde donne son opinion sur ce qui s'est passé dans la tête de ce psychopathe et ça, ça me rend malade ! Je prierais plutôt pour les victimes et leur famille », s'indigne le Californien reconnu pour son tempérament bouillant.«Les fans de musique métal vont aux concerts pour se libérer de leur agressivité, poursuit le chanteur.J'adore quand les jeunes hurlent et se bousc u l ent e t retournent à la maison en sueu r.Bi en s û r , parfois il y a des bleus et des coups, mais quand ils sortent du show, c'est bras dessus bras dessous en chantant les chansons qu'ils aiment ! » Avec la même verve, le fondateur de Megadeth a prêché pour ses vieux succès comme Killing is my business\u2026 and business is good (1985) et Symphony of destruction (1992).Malgré les titres hautement évocateurs, aucune de ses chansons n'incite selon lui à la violence gratuite.Elles permettent plutôt de dénoncer la violence perpétrée par la société qui nous entoure.Pour parler plus précisément de À tout le monde, l'auteur-compositeur se défend bien d'y voir une allusion au suicide.«Cette chanson représente le point de vue de ma mère, qui est morte.Elle venait me visiter en rêve pour me dire qu'elle m'aimait et c'est tout !» Les paroles en français lui ont été inspirées d'une relation amoureuse avec une québécoise qui lui parlait souvent dans cette langue qu'il trouve si belle.«Je n'aurais jamais, au grand jamais, composé cette chanson si j'avais su qu'elle pourrait être mêlée à quelque chose comme ça », ajoute-t-il, chagriné.Il donnera un spectacle à Montréal le 27 septembre.«J'ai hâte d'être à Montréal pour aider à la guérison.» Quand l'oeuvre échappe à son créateur Le sens profond d'un poème, même trash metal , échappe souvent à son créateur.Chose certaine, la pièce de l'album Youthanasia, paru en 1994, était pleine de symboles pour Kimveer Gill.Elle n'a sans doute fait que représenter son état d'âme, comme toute bonne musique sait le faire, rien de plus.Le désespoir qui émane souvent de ses pièces, Dave Mustaine l'attribue au profond mal de vivre qu'il ressentait dans sa jeunesse.Un mal que Gill aurait pu bien comprendre.«Tristesse, souffrance, peines d'amour.» C'est ce qui a poussé l'artiste à écrire des textes comme À tout le monde ou Tornado of Souls, un chef-d'oeuvre du métal «mélodramatique » qu'il a composé en 1990 au terme d'une relation amoureuse tumultueuse.«Mais j 'ai subi une profonde transformation et je ne suis plus le même type qu'avant », dit-il avec assurance.Depuis 2002, le musicien dit avoir « trouvé ce qui lui manquait », notamment dans sa foi renouvelée en Dieu.Il se promène quelquefois accompagné d'un conseiller spirituel et il parle de son passé de toxicomane et de ses tendances agressives comme d'erreurs de jeunesse : avec détachement.Il s'en est sorti, lui.Aujourd'hui, c'est d'une voix posée et convaincante que Dave Mustaine exprime son désarroi devant la tragédie du collège Dawson.Il n'est lui-même plus très jeune pour une rockstar.Par une sombre coïncidence, il a d'ailleurs célébré son 45e anniversaire le jour que la fusillade.Fusillade au collège Dawson «J'ai été atterré par la nouvelle » Le leader de Megadeth regrette d'avoir écrit les paroles d'une chanson fétiche de Kimveer Gill THOMAS GERVAIS Dans son récent long métrage Métal : voyage au coeur de la bête, l'anthropologue et cinéaste canadien Sam Dunn s'intéresse à ce qui définit la culture des headbangers : ses origines, son identité, et les controverses qu'elle suscite.Cet «anthropo-métal-ologue» a accepté de répondre par écrit aux questions de La Presse.Q Les amateurs de métal ont-ils des traits sociaux, psychologiques et spirituels semblables?R La culture métal est devenue un phénomène mondial qui rejoint des gens de tous les milieux culturels, religieux, raciaux, ethniques, économiques, etc.Il est donc impossible de dresser un portrait du fan typique.Q Pourquoi pensez-vous que les fans de métal sont attirés par une musique, des paroles et une imagerie souvent violentes?R Tous les jeunes éprouvent de la curiosité à propos de la violence et de la mort, pas seulement les amateurs de métal.Mais c'est probablement le seul type de musique qui offre au jeune une chance de se questionner sur la violence dans la société.Étant moimême fan du métal depuis plus de 20 ans, cette culture m'a permis de comprendre que la violence est une réalité et qu'il est important de s'attaquer à ses causes.Q La violence engendre-t-elle la violence dans la culture métal?R Cette musique permet aux jeunes d'exprimer leurs émotions.Nous ressentons tous de la colère et de l'agressivité, des émotions universelles.La culture métal est un endroit propice pour les libérer de manière productive, sécuritaire et contrôlée.Q Pourquoi la culture métal se définit-elle en opposition à la culture cool chez les jeunes?R La culture métal procure un sentiment d'appartenance dans un monde souvent confus et chaotique à certains jeunes qui recherchent ce qui est unique, inspirant.Entretien avec un « anthropo-métal-ologue » THOMAS GERVAIS Des années de réclusion et de frustration peuvent-elles transformer un caractère doux en être d'une rare violence ?Des études récentes montrent qu'on ne devient pas violent.On naît ainsi.Au secondaire, Kimveer Gill a été décrit par son entourage et ses quelques amis comme quelqu'un de solitaire, introverti, que personne ne remarquait vraiment.Tel un exilé du réel, il passait la plupart de son temps dans un univers virtuel macabre à aduler la mort, la musique gothique ou métal et les jeux vidéo violents.Mais pour Richard E.Tremblay, directeur de la chaire canadienne d'études sur le développement de l 'enfant , toute cette imagerie violente ne saurait transformer un enfant pacifique en monstre.Il faut d'abord avoir un penchant inné pour l'agression.«Ce que l'on sait, explique le professeur de pédiatrie, c'est que les gens qui ont une histoire de violence s'associent à des gens violents et sont attirés par des activités violentes.» Les plus agressifs ?Les enfants de 2 à 4 ans Depui s l e début de se s recherches, ce spécialiste de l'agressivité chez l'enfant a observé plus de 35 000 jeunes régulièrement, de la naissance jusqu'à l'âge adulte, afin de dépister les caractères rageurs.Selon ses conclusions, les êtres humains atteignent le sommet de leur agressivité dans la petite enfance, entre 2 et 4 ans.Quelques cas exceptionnels manifestent leur véhémence encore plus tôt.Dès les premières années du primaire, la plupart des enfants auront pourtant maîtrisé leurs pulsions destructrices une fois pour toutes.Ils auront appris à se dominer grâce à un environnement familial qui leur fournira d'autres façons d'exprimer leurs frustrations.«On ne connaît à peu près pas de cas, à moins d'un dérangement sérieux au cerveau, de jeunes qui n'ont pas eu de problèmes de violence et qui deviennent subitement violents, souligne le chercheur.Dans nos études, lorsqu'on regarde les adultes violents, ils avaient tous un historique de violence à l'enfance.» À l'adolescence, il devient beaucoup plus ardu de distinguer une rébellion passagère d'un cas de violence chronique.«C'est normal d'être agressif à l'adolescence, explique Pierre Desjardins, directeur de la qualité de la pratique à l'Ordre des psychologues du Québec.Toutes nos émotions sont à leur paroxysme.C'est pour ça qu'on a de la difficulté à repérer les grands désordres comme la psychose ou la schizophrénie à la puberté.» C'est donc avant l'âge ingrat qu'on est le plus susceptible de dépister les tendances violentes.Questionné par La Presse, Richard E.Tremblay n'a pu se prononcer avec certitude sur le cas de Gill par manque d'information.Il soupçonne par contre, comme dans tous les cas qu'il a étudiés, que celuici avait de la difficulté à contenir sa colère depuis sa plus tendre enfance.«Malheureusement, on ne prend pas ça suf fisamment au sérieux et on laisse les choses se passer.Dès le début du primaire, il faudrait dépister ces enfants et leur donner une attention particulière.» L'être humain naît violent, mais c'est un défi de société que de le faire changer.Naît-on violent ?PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE, © Megadeth sera en spectacle le 27 septembre à Montréal.«J'ai hâte d'être à Montréal pour aider à la guérison», a indiqué Dave Mustaine en entrevue à La Presse.« Je n'aurais jamais, au grand jamais, composé cette chanson si j'avais su qu'elle pourrait être mêlée à quelque chose comme ça » Toute cette imagerie violente ne saurait transformer un enfant pacifique en monstre.Il faut d'abord avoir un penchant inné pour l'agression. PLUS DAVID ROHDE NEW YORK TIMES NEWS SERVICE Au cours de la dernière année, pendant que l'Iran, l'Irak et le Liban accaparaient les grands titres, l'espoir d'une pacification d'un front largement méconnu dans la guerre contre le terrorisme, la frontière pakistanoafghane, s'est peu à peu envolé.Mardi dernier, le gouvernement du Pakistan a signé une «trêve» avec les combattants ayant tenu tête aux militaires qui tentaient de prendre le contrôle de cette région de la taille du Delaware.Cette entente, qui autorise les résistants à rester dans la région à la condition de s'engager à cesser leurs attaques, a immédiatement éveillé les craintes des analystes américains.Plusieurs croient qu'Al-Qaeda a fait de ce territoire frontalier une base d'opération pour la préparation d'attaques terroristes internationales, y compris peutêtre l'attentat contre le métro de Londres en juillet 2005.Par ailleurs, les leaders talibans se seraient établis dans une autre zone frontalière d'où ils mènent des at taques en spi rale en Afghanistan.«Cette zone est liée au terrorisme international, dit Robert Grenier, ex-grand patron du contre-terrorisme à la CIA.Elle est liée aux événements actuels en Afghanistan.Al-Qaeda y a vraiment établi son centre de gravité dans la région.» La trêve conclue la semaine dernière concerne le Waziristan du Nord, du côté pakistanais de la frontière.Les principaux leaders d'Al-Qaeda et du mouvement taliban se seraient réfugiés dans cette région et dans d'autres zones frontalières au Pakistan après la chute des talibans en 2001.Oussama ben Laden et son bras droit, Ayman al-Zawahri, restent toujours introuvables, mais les autorités américaines croient qu'ils se cachent quelque part le long de la frontière.Après deux tentatives d'assassinat contre le président Pervez Musharraf en décembre 2003, attribuées à des groupes qui se terraient dans ces régions, les autorités pakistanaises y ont intensifié leur effort militaire pour soumettre les rebelles.Mais après avoir subi plusieurs pertes en 2004 et au début 2005, elles ont entrepris des négociations avec eux.L'an dernier, le Pakistan a conclu un traité distinct avec un groupe de résistants dans le Waziristan du Sud, mais l'accord n'a pas suffi à mettre un terme aux assassinats de partisans du gouvernement.«Je ne suis pas sûr qu'il y ait moins de morts violentes dans la région», dit Xenia Dormandy, ex-directrice du Conseil national de sécurité pour le sud de l'Asie.La conclusion de pareilles trêves, dit-elle, « comporte des risques parce qu'on n'a pas vraiment les moyens de s'assurer qu'elles sont respectées ».Quelque 300 kilomètres plus au sud, les leaders talibans auraient établi une base d'opération dans la ville pakistanaise de Quetta et dans les environs, selon les analystes américains.Les autorités afghanes affirment que les talibans ont, ce printemps, planifié et lancé depuis cette région des attaques contre le sud de l'Afghanistan.Le Pakistan ferme les yeux sur les activités des talibans, estiment les autorités américaines, principalement parce qu'il les considère comme un moyen d'endiguer l'influence croissante de l'Inde en Afghanistan.Les Pakistanais estiment depuis longtemps que leur survie dépend de leurs bonnes relations avec l'Afghanistan et craignent que l'Inde ne tente d'encercler leur pays.Dans le même temps, une insurrection dans la province du Baloutchistan monopolise l'armée pakistanaise.La communauté baloutche se plaint de ce que le gouvernement militaire pakistanais ne lui verse pas sa juste part des bénéfices tirés des activités d'exploration gazière dans la province.Le mois dernier, l'assassinat d'un chef de clan rebelle a provoqué des émeutes dans plusieurs villes.«Le Pakistan s'affaire essentiellement à mettre un terme à une guerre civile au Baluchistan », dit Mme Dormandy, aujourd'hui analyste à la Kennedy School of Government, à l'Université Harvard.En même temps, il tente de contrôler ses frontières avec l'Inde et l'Afghanistan, et de mater les talibans et Al-Qaeda.» Les forces de l'OTAN, qui ont pris cet été la relève de l'armée américaine dans le sud de l'Afghanistan, ont été déconcertées par l'ampleur et la puissance du mouvement d'insurrection des talibans.Le nombre d'attaques de convois a doublé cette année, celui des attentats suicide a triplé.Le 8 septembre, une attaque suicide à Kaboul a tué au moins deux soldats américains et 14 civils afghans.Depuis le début de l'année, les affrontements violents dans l'est et le sud de l'Afghanisatan ont fait plus d'une centaine de morts au sein des forces américaines et de l'OTAN, soit presque deux fois plus qu'au cours de la même période en 2005.Depuis le 1er août seulement, l'OTAN a perdu 28 soldats.Les analystes estiment que les conditions prévalant dans la région frontalière ont tout d'un cocktail explosif : absence d'autorité gouvernementale, abondance d'armes et durcissement du militantisme islamique.Jusque dans les années 80, la région était sous la coupe de chefs de clan qui maintenaient les populations locales dans l'isolement et la pauvreté, mais assuraient une certaine stabilité.Le jihad antisoviétique soutenu par les États-Unis à partir des années 80 a commencé à éroder les structures claniques traditionnelles.Généreusement financées et armées, les organisations islamistes ont ainsi pu ouvrir des dizaines de camps d'entraînement, de mosquées radicales et d'écoles religieuses conservatrices le long de la frontière.Et c'est dans cette région qu'est né le mouvement taliban.Aujourd'hui , dit l'exresponsable du contre-terrorisme à la CIA, Robert Grenier, seul le développement économique à long terme permettra d'endiguer la pauvreté et d'établir quelque autorité gouvernementale dans les régions rurales des deux côtés de la frontière pakistanoafghane «Mais c'est un processus qui prendra quelques générations », a précisé M.Grenier.Les habitant s du sud de l'Afghanistan disent craindre que les États-Unis et l'OTAN ne se désengagent du long et coûteux processus de stabilisation de la région frontalière.Cette année, les États-Unis ont réduit de 30% leur aide financière à l'Afghanistan.Al-Qaeda et les talibans font sans doute le pari que le temps joue en leur faveur.AFGHANISTAN Al-Qaeda a trouvé son centre de gravité PHOTO ANJUM NAVEED, ASSOCIATED PRESS Un soldat de l'armée pakistanaise surveille la frontière pakistano-afghane.Les analystes estiment que les conditions prévalant dans la région frontalière ont tout d'un cocktail explosif : absence d'autorité gouvernementale, abondance d'armes et durcissement du militantisme islamique.Plusieurs croient qu'Al-Qaeda a fait de la frontière pakistano-afghane une base d'opération pour la préparation d'attaques terroristes internationales, y compris peut-être l'attentat contre le métro de Londres en juillet 2005.HERAT QUETTA MAZAR-E-CHARIF HELMAND KANDAHAR ORUZGAN ZABOUL PAKTIKA KABOUL GHAZNI KHÔST BALOUTCHISTAN WAZIRISTAN DUNORD WAZIRISTAN DUSUD PAKISTAN AFGHANISTAN OUZBÉKISTAN TADJIKISTAN TURKMÉNISTAN LASHKARGAH ROUTE RECONSTRUITE KANDAHAR PAKTIA NANGRAHAR TRAFIC TALIBAN WANA ZONESTRIBALES KOUNAR SOURCES : THENEWYORK TIMES En 2006, la production de l'opium dans la province de Helmand a augmenté de 160%, contribuant de façon significative à une augmentation de 50%dans l'ensemble du pays.Les talibans auraient formé une alliance avec les trafiquants de drogue en 2005.Zones où la production d'opiumest élevée SUDDEL'AFGHANISTANETQUETTA 2001 : Des dirigeants talibans se réfugient dans la région de Quetta, au Pakistan 2001-2006 : Les autorités pakistanaises ferment les yeux sur les activités des talibans 2002-2003 : Les Américains et leurs alliés mettent en place un plan de reconstruction critiqué pour sa lenteur et ses faibles ressources.Les chefs tribaux afghans en profitent pour reprendre le contrôle de plusieurs régions rurales.La culture de l'opium et la corruption des autorités officielles connaissent une forte croissance.2003-2005 : Les États-Unis accroissent leur programme d'aide en quintuplant leurs dépenses et en doublant le nombre de soldats en Afghanistan.Leurs alliés, le Canada notamment, emboîtent le pas.Des élections présidentielles et législatives font croître les espoirs de paix et de stabilité.2006 : Des rebelles talibans reprennent les attaques dans le sud de l'Afghanistan.Les autorités dénoncent le rôle du Pakistan dans ces attaques.ESTDEL'AFGHANISTAN ETWAZIRISTAN 2001 : Des dirigeants talibans et d' Al-Qaeda se réfugient dans ces régions frontalières.2003 : Une tentative déjouée d'assassinat du président pakistanais Pervez Musharraf trouve sa source dans le Waziristan du Sud.2004 : L'armée pakistanaise tente de reprendre le contrôle du Waziristan du Sud, mais elle subit de lourdes pertes.2005 : Les autorités pakistanaises concluent une trêve avec les rebelles du Waziristan du Sud.Les services de renseignements britanniques croient que deux des hommes impliqués dans les attentats de Londres, en juillet 2005, ont séjourné au Pakistan peu de temps auparavant.2006 : Les attaques se poursuivent en Afghanistan à partir de bases rebelles situées dans le Sud du Waziristan.Les autorités pakistanaises concluent une trêve avec les rebelles du Waziristan du Nord.Les services de renseignements britanniques enquêtent pour confirmer que certains des hommes impliqués dans le complot londonien de juillet 2006 visant des vols États-Unis\u2014Grande-Bretagne avaient séjourné au Pakistan peu de temps auparavant.UNEFRONTIÈRE REBELLE Plusieurs analystes croient qu'Oussama ben Laden est caché dans les montagnes de la province de Kounar ou dans les régions voisines du Pakistan 0 200 km La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS COLOMBIE Le sexe ou les armes, il faut choisir C'est en substance le message délivré par des dizaines de Colombiennes de la ville de Pereira à l'endroit de leurs gangsters de conjoints, dans le but de les inciter à déposer les armes.Née d'une rencontre avec les autorités locales, leur initiative, baptisée «La grève des jambes croisées», répond à la violence qui perdure dans cette ville réputée être l'une des plus dangereuses au pays.Appuyées par le maire dans leur démarche, elles veulent faire savoir aux membres de gangs que «la violence n'est pas sexy».On ignore encore si cet embargo sur le sexe s'est avéré dissuasif.ÉTATS-UNIS Quand contravention rime avec corruption Contraventions, suite et fin.Les économistes Raymond Fisman et Edward Miguel, respectivement de l'Université de Columbia et de l'Université de Californie, ont établi une corrélation entre le nombre d'infractions commises dans les rues de New York par les diplomates de l'ONU et le degré de corruption qui règne dans leur pays.Selon les deux chercheurs, plus le niveau de corruption est bas dans leur pays, plus ils ont un comportement responsable et respectueux à l'étranger.Et inversement.Ainsi par exemple, entre 1997 et 2002, les diplomates tchadiens auraient accumulé 124 contraventions de stationnement impayées, comparativement à aucune de la part des Canadiens et des Britanniques.L'IMAGE Idylle ou simples relations diplomatiques ?La machine à rumeurs s'est emballée cette semaine dans certains médias américains au sujet des relations qu'entretiennent Peter Mac Kay et Condoleezza Rice après qu'ils se sont revus lors de la visite officielle de Mme Rice en Nouvelle-Écosse (photo).Certains leur prêtaient une attirance réciproque.On savait que le ministre des Affaires étrangères canadien vouait une grande admiration à la secrétaire d'État américaine, mais de là à imaginer des relations plus étroites\u2026 Quoi qu'il en soit, le porte-parole du département d'État, Sean Mc Cormack, a reprécisé que la principale intéressée avait simplement «de bonnes relations de travail».Il n'empêche que ce genre d'image \u2014 qui vaut mille mots ?\u2014 ne peut qu'alimenter des discussions.ILS, ELLES ONT DIT Insuffisance « L'historiographie a proposé 19 interprétations différentes.» \u2014 L'AVOCAT DE GUIDO MUSSOLINI, petit-fils du dictateur italien, justifiant la demande de son client d'exhumer les restes du Duce afin de faire enfin la lumière sur les circonstances de sa mort.Différence « Il y a deux types de coureurs : ceux qui trichent et ceux qui essaient juste de survivre.» \u2014 FRANKIE ANDREU, ancien coéquipier de Lance Armstrong, reconnaissant avoir pris de l'EPO pendant la préparation du Tour de France 1999.EN HAUSSE, EN BAISSE » MAHMOUD ABBAS \u2026 et son premier ministre, Ismaïl Haniyeh, ont peut-être fait un pas important vers la reprise du dialogue avec Israël en annonçant la formation d'un gouvernement d'union nationale.» BENOÎT XVI Pour avoir cité dans un discours une lettre d'un empereur byzantin du XIVe siècle, qui qualifiait l'islam de «diabolique et inhumain», déclenchant ainsi une polémique dans le monde musulman.R ifat Sabah dirige depuis une dizaine d'années le Centre de créativité des enseignants à Ramallah, la grande ville de la Cisjordanie.Doté d'un nom ronflant, cet organisme a un dada : l'éducation civique.Son matériel pédagogique dénonce la violence, fait la promotion de l'égalité entre les filles et les garçons et dispense tout plein d'autres enseignements dont les élèves palestiniens ont grand besoin.Le centre, financé en grande partie par des fonds internationaux, est affilié au ministère de l'Éducation palestinien.Comme tous les organismes liés à l'Autorité palestinienne, il a perdu toutes ses subventions internationales depuis que le Hamas, parti islamiste radical, a remporté les législatives palestiniennes de janvier.«C'est le Hamas qui est content», constate ironiquement Rifat Sabah.Car le message disséminé par son centre est à mille lieues de l'obsession intégriste du Hamas.En lui coupant les vivres, la communauté internationale l'empêche de poursuivre sa lutte contre les islamistes.Lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a un mois, Rifat était inquiet.Il appréhendait une islamisation progressive des programmes scolaires.Comment allait-il pouvoir contrer ce phénomène, maintenant que son tiroir caisse était vide ?Le centre de Rifat Sabah est en quelque sorte la victime paradoxale du boycottage décrété à l'endroit de l'Autorité palestinienne après la victoire du Hamas aux législatives du 25 janvier.Depuis ce vote, la communauté internationale a coupé les vivres à l'Autorité palestinienne.Résultat : en huit mois, les employés de la fonction publique palestinienne ont reçu l'équivalent d'un mois et demi de salaire.Dans la bande de Gaza, c'est presque la moitié de tous ceux qui occupent un emploi qui sont privés de revenus.Les résultats de cette politique sont désastreux.Dans un reportage publié cette semaine, le New York Times constate que, pour la première fois, des enfants de Gaza montrent des signes de malnutrition.Le Hamas, rappelons-le, a signé la majorité des attentats terroristes contre Israël.En l'ostracisant, la communauté internationale espérait le pousser dans ses derniers retranchements.Incapable de gouverner, il allait peut-être s'effondrer.Ou alors il allait amorcer un virage idéologique radical, reconnaître explicitement Israël et renoncer à la violence.Le bras de fer perdure depuis huit mois.Cette semaine, il a produit un résultat mitoyen.Lundi, le Hamas s'est entendu avec le Fatah, parti du président Mahmoud Abbas, pour former un gouvernement d'unité nationale.Même s'il a remporté la vaste majorité des sièges, le Hamas accepte donc de partager le pouvoir avec des politiciens jugés plus fréquentables par la communauté internationale.Pour parvenir à cet accord, le Hamas a dû mettre un peu d'eau dans son vin.Par exemple, il a accepté de « reconnaître la réalité politique de la région » \u2014 c'est évidemment loin d'une reconnaissance explicite de l'État d'Israël.Le Hamas s'est aussi dit prêt à cesser ses attaques sur Israël, mais s'est laissé une porte ouverte pour des opérations violentes en Cisjordanie.Compromis insuffisant, a jugé Israël.L'Europe a accueilli la nouvelle favorablement mais maintient pour l'instant une attitude attentiste.Le Canada, qui avait été le premier pays, après Israël, à couper tous les ponts avec l'Autorité palestinienne, s'est contenté de « prendre note » de ce dénouement.Les négociations entre le Fatah et le Hamas ne sont pas terminées.Les deux partis doivent encore distribuer les responsabilités ministérielles, par exemple.Mais même si leur mariage demeure incomplet, même si leur accord ne répond pas aux grandes conditions posées par la communauté internationale, un pas vient d'être franchi pour sortir d'une situation impossible.C'est d'ailleurs peut-être, pour l'instant, le seul pas que le Hamas pouvait se permettre de franchir.« Le Hamas a pratiquement rendu les armes », déplore un commentateur palestinien dans le journal Al Ayyam.Jusqu'où le Hamas pouvait-il céder aux pressions sans pousser ses adeptes dans les bras d'un groupe encore plus radical, le Djihad islamique par exemple ?Que faire devant cette petite avancée dans un horizon politique plutôt sombre?On peut bien sûr maintenir son boycottage et tenter d'arracher d'autres promesses aux islamistes du Hamas.Mais on pourrait aussi miser sur cette ouverture pour reprendre peu à peu le dialogue avec l'Autorité palestinienne.En n'oubliant pas que le premier scénario risque d'accentuer encore davantage la radicalisation de la société palestinienne.Tandis que le second redonnerait des outils à des gens comme Rifat Sabah, qui souhaitent combattre l'islamisme de l'intérieur.PLUS AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE agruda@lapresse.ca LES CARICATURES DE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.Un mariage de raison Pour la première fois, des enfants de Gaza montrent des signes de malnutrition.Le programme alimentaire mondial vient en aide à 220 000 personnes dans la bande de Gaza \u2014 une augmentation de 25 % depuis mars.Les Nations unies fournissent de l'aide alimentaire à plus de 800 000 personnes, soit 100 000 de plus qu'il y a six mois.DES OH! ET DES BAH! PHOTO CP Peter Mac Kay et Condoleezza Rice Avec la collaboration d'Agnès Gruda, BBC, Associated Press, The Economist, Courrier International et Libération PHOTO REUTERS PHOTO AFP LE SOLEIL LA TRIBUNE 18 Plus de 18 millions de dollars américains.C'est ce qu'ont accumulé jusqu'à ce jour les 1700 diplomates de l'ONU en contraventions impayées de toute sorte.La Ville de New York fulmine.70 C'est le nombre d'hôtesses au physique agréable, expertes en kung-fu ou en taekwondo, que la compagnie aérienne chinoise Sichuan Airlines a l'intention de recruter.Ces «drôles de dames» devront également savoir chanter et danser.Entre Chine et Corée, voyagez en toute quiétude.Après tout, entre deux plateaux-repas et trois terroristes, pourquoi pas ?LE DROIT "]
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